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"Une nouvelle Renaissance"

Par Le 29/09/2016

Spiritual grow compressor

 

Vivons-nous une nouvelle Renaissance?

 

Nous sommes entrés dans une époque de bouleversements.

 

http://www.cles.com/enquetes/article/vivons-nous-une-nouvelle-renaissance

par Patrice van Eersel

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L’idée nous trottait dans la tête bien avant le printemps arabe. Les booms chinois, indien ou brésilien, y avaient contribué, mais pas seulement. C’est toute l’époque contemporaine qui nous pousse à nous demander : « Et si derrière le tohu-bohu général fermentait en réalité une Renaissance mondiale ? » Savoir ce que l’histoire dira de nous dans quelques siècles est une question impossible.

 

On peut s’amuser à la poser à l’envers : si nous remontions le temps avec une caméra, pour aller interviewer des Italiens ou des Flamands de la fin du xve siècle, comment définiraient-ils leur Renaissance ? Sans doute seraient-ils bien embarrassés. Ce mot, rinascita en italien, ne désignait alors, pour une élite, que la redécouverte des lettres et des arts de l’Antiquité et pas du tout le bouleversement général qu’allaient provoquer l’invention de l’imprimerie, la découverte de l’Amérique ou, bientôt, la révolution cosmologique de Copernic. Et par-dessus tout cela, ou par en dessous, l’émergence du projet radical de la liberté individuelle. Les parallèles avec notre temps sont tentants. Internet amplifie les communications humaines comme jadis l’imprimerie, mais de façon exponentielle. Le surgissement des nouvelles puissances économiques chamboule les équilibres géopolitiques et déplace le centre de gravité du monde. Quant à la liberté individuelle, elle a imposé le marché mondial avec sa puissance et ses injustices. Il a suffi de moins que cela à la Renaissance pour faire bifurquer l’histoire. Pas d’angélisme : tout cela se produit, comme il y a cinq cents ans, dans le fracas et la tourmente d’un accouchement parfois monstrueux. A l’époque, début de l’holocauste des Amérindiens et guerres de religion ; aujourd’hui, destruction de la biosphère, doutes sur le nucléaire, crises énergétique et alimentaire, pour ne prendre que quelques exemples, tous terribles. Pour comprendre où ces parallèles peuvent nous mener, nous avons consulté différents penseurs, historiens, anthropologues, prospectivistes, philosophes. La plupart ont plutôt bien accueilli notre métaphore d’une « nouvelle Renaissance ». L’écrivain et sémiologue Umberto Eco fut le seul à la refuser net : notre époque lui fait plutôt penser à la chute de l’Empire romain. A l’inverse, le philosophe Michel Serres, approuvé par l’historien Jean Delumeau, estime qu’il faut remonter beaucoup plus loin, à la révolution néolithique d’il y a dix mille ans, pour trouver une mutation aussi puissante que celle que nous traversons (lire les encadrés). Entre ces deux extrêmes, ces penseurs de notre temps esquissent la « nouvelle Renaissance » autour de six axes :
 

•  des moyens de communication qui télescopent l’espace-temps ;

•  un basculement géopolitique qui remodèle la planète ;

•  une mondialisation inexorable et encore dissymétrique ; 

•  une prise de conscience de la finitude des ressources et le rallongement de la vie ;

•  une généralisation du doute ;

•  une remise en question éthique de l’individualisme exacerbé.

 

 

1  Les nouvelles technologies de communication télescopent l’espace-temps et modifient les bases de la civilisation

 

« Internet ne raccourcit pas l’espace-temps entre émetteurs et récepteurs, s’exclame Michel Serres, il le supprime ! » Les conséquences de cette ubiquité instantanée sont gigantesques. Conséquences évidentes : le « village global » est devenu une réalité quotidienne, nous sommes en rapport avec la planète entière à tout instant et les enfants nés dans ce contexte font preuve d’un talent multitâches et d’une polychronicité dont on ne savait pas l’humain capable. Conséquences plus masquées, sur lesquelles Michel Serres insiste : « Nos adresses ne sont plus postales ou locales, mais IP, c’est-à-dire virtuelles, si bien que les bases mêmes de notre droit, par essence territorial, et de notre contrat social deviennent obsolètes. »

 

Tout aussi spectaculaire : la vitesse à laquelle nos contemporains, quel que soit leur niveau socioculturel, s’adaptent à ces nouvelles technologies. Ce sera peut-être le premier trait que retiendront les historiens futurs de la Renaissance au xxie siècle. Le pragmatisme avec lequel les jeunesses arabes ont su s’en servir en 2011 nous a coupé le souffle. Financièrement à la portée de la majorité des humains, Web, téléphone cellulaire, Twitter créent le maillage numérique de cette « noosphère » enfin matérialisée. La notion même de culture en est profondément rénovée. La Toile ne représente-t-elle pas un inimaginable bond en avant dans la démocratisation du savoir universel, devenu coopératif.

L’irruption d’une nouvelle technologie de communication métamorphose la connaissance et les rapports humains des sociétés qu’elle touche. Mais jamais cette loi ne s’était appliquée avec une telle force. La diffusion de l’imprimerie à caractères métalliques mobiles, inventée par Gutenberg en 1454, avait été rapide : moins d’un siècle plus tard, on imprimait de Tanger à Uppsala et de Dublin à Istanbul. Internet, lui, a étendu ses réseaux au monde entier en moins de quinze ans ! Fondateur de l’association internationale Prospective 2100, Thierry Gaudin compare les deux phénomènes : « Initialement inventée pour diffuser la Bible, l’imprimerie a abouti en deux cents ans à créer dans toute l’Europe une classe de petits bourgeois libres-penseurs qui, sans emploi et frustrés, allaient devenir les rédacteurs des “Cahiers de doléances” de 1789. Internet, destiné à l’origine à des militaires et à des scientifiques, a favorisé l’émergence, en quelques années, d’une génération mondiale d’internautes, ouverts au modernisme qui, même sans emploi, s’apprêtent à révolutionner le monde actuel. » Vingt ans plus tôt, ces générations arabes frustrées, pour rester sur cet exemple, semblaient n’avoir comme seul exutoire que l’intégrisme islamique.

Toujours en comparaison avec l’imprimerie, l’économiste et écrivain Jacques Attali relève un paradoxe : « Les stratèges du temps de Gutenberg avaient fait deux prédictions. La première : grâce à l’imprimerie, on allait multiplier les Bibles et tout le monde allait devenir catholique. La deuxième : on allait pouvoir généraliser l’usage de la langue de l’empire, le latin, et les langues nationales allaient disparaître. Or, que s’est-il passé ? Lisant la Bible, les gens se sont rendu compte que ça n’avait rien à voir avec le discours des prêtres, ce qui a favorisé le protestantisme. Et très vite sont apparues les premières grammaires en langues vernaculaires qui allaient faire disparaître le latin. Tirons-en un théorème : on croit les nouvelles technologies de communication au service des puissants, alors qu’en fait, elles les renversent. C’est le cas pour Internet : apparemment vecteur de la culture américaine et de l’anglais dans le monde, il sert tout autant à l’essor des cultures et des langues locales. Ce paradoxe en rejoint un autre, plus global : nous assistons actuellement à une extension mondiale des valeurs occidentales, à commencer par le droit à la liberté individuelle, et cette extension fait que l’Occident va cesser d’être spécifique et dominant. »

Observateur de l’usage du temps et de l’accélération, Jean-Louis Servan-Schreiber ajoute : « Nous assistons à la fin de la malédiction de la Tour de Babel. Wikipedia existe en 281 langues à ce jour, et parallèlement, des logiciels de traduction vocale instantanée vont nous permettre de communiquer avec tous les citoyens du monde. » Comme si les changements apportés par les nouvelles technologies touchaient bel et bien aux fondements de la civilisation. 

 

 

2. L’irrésistible ascension des pays émergents bouleverse l’équilibre géopolitique d’un monde devenu hypercomplexe 

 

Le sigle Basic (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine) synthétise l’irruption soudaine sur la scène mondiale des pays émergents : ils nous obligent à tout revoir car, de plus en plus, les vrais « pays industrialisés », ce sont eux. Et les Occidentaux vieillissants voient avec anxiété leurs activités productives se délocaliser vers ces nouveaux eldorados. Basculement géopolitique majeur. Certes, devenir l’usine du monde ne vous donne pas forcément les clés des futurs concepts innovants. Et la côte ouest des Etats-Unis demeure pour l’instant la principale source de créativité mondiale. Mais l’idée qu’une seule hyperpuissance puisse régenter le monde a fait long feu. « Le G8, devenu  G20, masque un G2 », s’amuse à dire Jacques Attali qui précise : « Mais en réalité, même le G2, c’est-à-dire le tandem Etats-Unis-Chine, ne tient pas les clés du monde, devenu multipolaire et hypercomplexe. Seule une gouvernance planétaire serait en mesure de le gérer.  »

 

Attali, dont le nouveau livre « Demain qui gouvernera le monde ? » (Fayard, 2011) porte justement sur l’histoire de l’idée de gouvernement mondial, poursuit : « Le poids énorme et croissant de la Chine moderne ne doit pas nous paralyser. Savez-vous qu’à l’époque de la Renaissance, les Chinois étaient déjà la première puissance du monde, en terme de PIB ? Ils le sont restés jusqu’au xixe siècle et sont aujourd’hui en passe de le redevenir, après un siècle d’éclipse. Pourtant, la modernité n’est pas sortie de chez eux, mais des minuscules Etats morcelés de l’Italie du Nord et des Flandres, plus vifs et inventifs que les lourds empires chinois ou ottoman. Cette vision devrait nous réconforter : ce n’est pas parce qu’on est petit qu’on se fait forcément écraser. »

Oui, mais d’où jaillit aujourd’hui la vivacité et l’inventivité ? Voilà des années qu’Edgar Morin rêve d’une « Renaissance de la pensée » qui transformerait en spirale créative le tourbillon confus où se mêlent actuellement l’économique, le social, le politique et le culturel. « Dans les années 1980, nous dit-il, j’ai cru que l’Europe serait le creuset de cette Renaissance. Mais j’ai déchanté. Aujourd’hui, je suis frappé par le contraste entre l’inertie européenne et la vitalité des pays émergents, notamment de l’Amérique latine. Les nouvelles idées pédagogiques, les approches transdisciplinaires, toute la pensée complexe s’incarnent bien mieux au Brésil, au Mexique ou en Bolivie que chez nous. Là-bas, ils savent construire de nouvelles visions en piochant ce qu’il y a de meilleur ailleurs. C’est vrai du haut au bas de l’échelle sociale. J’ai vu, dans les favelas, des gens pauvres pratiquant l’architecture écologique, le microcrédit, l’alphabétisation transgénérationnelle, l’art-thérapie en prévention de la délinquance… qui sont autant de façons de relever le défi des temps à venir. »

 

 

3. La mondialisation ne s’arrête pas, mais plus économique que politique, elle souffre d’un déficit de gouvernance 

 

On peut l’aimer, parce qu’on se sent « citoyen du monde », appartenant à la même Terre-patrie, comme disent Morin et les cosmonautes. Ou la haïr, parce qu’elle uniformise tout et que, de plus en plus, les cinq continents mangent pareil, s’habillent pareil, polluent avec les mêmes voitures, s’abrutissent devant les mêmes télés, sont manipulés par les mêmes multinationales. Et l’on peut, avec Régis Debray, faire « l’éloge des frontières » (Gallimard, 2011) en rappelant que la vie n’existerait pas sans l’enveloppe de chaque membrane. Mais, du fait du marché global auquel n’échappe plus guère que la Corée du Nord, la mondialisation règne en maître. Il faut dire qu’elle est vieille comme la vie, elle aussi. Les humains viennent tous d’Afrique et n’ont cessé, depuis, de circuler. Avec la civilisation, ses promoteurs ont été les guerriers, les missionnaires et les savants, mais surtout les marchands. « A la Renaissance, note l’historien Patrick Boucheron, le commerce entre l’Europe et l’Asie est déjà dense. A l’époque, le lieu d’échange numéro un est l’ensemble mer de Chine - océan Indien. » Mais les Asiates ne sont pas mégalos. L’amiral Zheng He arrête en 1433 son exploration de l’Afrique, que les Chinois ne transforment donc pas en conquête coloniale, comme le feront les Européens. Pour le pire et le meilleur. « Nos ancêtres, rappelle Jean Delumeau, ont su user des inventions des autres cultures. La poudre chinoise pour feu d’artifice est devenue poudre à canon et le zéro, inventé par les Indiens, a permis la résolution des équations de troisième et quatrième degrés, sans lesquelles la révolution industrielle aurait été impossible. »

 

Cinq siècles après, où en est-on ? « Nous sommes confrontés à une triple mondialisation, répond l’expert en écologie Pierre Radanne : celle de l’information, qui a permis à l’argent de circuler instantanément, ce qui a fait exploser le système financier ; celle de l’industrie, permise par l’ouverture de la Russie et de la Chine, conduisant à une concurrence effrénée, face à des ressources de plus en plus rares ; celle, enfin, des enjeux écologiques, dont les échéances se rapprochent dangereusement. Or, si les vieux Etats nationaux restent des acteurs forts, éventuellement guerriers, pour l’accès aux ressources, les deux autres mondialisations – la finance et l’environnement – leur échappent : l’argent et les vents se rient des frontières ! Dans les deux cas, seule une gouvernance internationale pourrait prétendre à une stratégie efficace. (Voir CLES n°70) » 

Le xxie siècle verra-t-il s’imposer un gouvernement mondial ? La question est dans toutes les têtes. « Cela suppose une mondialisation accrue et non pas diminuée », estime Jean-Louis
Servan-Schreiber qui décrit une problématique à deux niveaux : « La mondialisation actuelle est économique et laisse les mains quasiment libres aux opérateurs industriels, commerciaux et, plus encore, financiers. Le besoin d’une gouvernance mondiale est loin d’être reconnu par tous. Circonscrites dans des frontières nationales, les instances politiques sont incapables de réguler des flux économiques devenus incontrôlables. Nous sommes donc à mi-chemin d’une vraie mondialisation, qui supposerait la mise en commun des ressources, mais cadrée. Un pied sur le frein et l’autre sur l’accélérateur, nous sommes dans une situation bancale, à très mauvais rendement. »

 

 

4 . Nous savons désormais notre monde fini : la prise de conscience de nos limites écologiques devient un facteur décisif

 

Après Christophe Colomb et Copernic, les humains découvrirent, stupéfaits, que la Terre n’était pas le centre de l’univers et qu’on pouvait en faire le tour en quelques mois. Aujourd’hui, nous découvrons ébahis que derrière nos apparences civilisées, nos comportements sont prédateurs (sans retenue) de ressources que nous pensions illimitées. La société industrielle a apporté au monde un confort, certes mal réparti, mais dont même le minimum aurait fait rêver nos ancêtres. Pour ce faire, nous avons quasiment épuisé les ressources planétaires, biologiques aussi bien que minérales. Or, les humains n’ont jamais été aussi nombreux… Conséquence : nous risquons de pouvoir bientôt vérifier in vivo la formule de Paul Valéry sur la mortalité des civilisations ; certaines voix « réalistes » utilisent l’image de l’île de Pâques pour décrire notre avenir. Notre monde, avec effroi, se découvre mortel. Déjà des milliers d’espèces ont disparu. Boulimique et court-termiste, inapte à intégrer ses dégâts collatéraux sur l’environnement, le marché libéral ne prend toujours pas en compte ces finitudes. Que faire ?

Thierry Gaudin n’hésite pas : « Nous allons certainement voir, d’ici 2020, des navires de l’Otan arraisonner des chalutiers pour protéger les poissons, et des casques bleus repeints en vert s’opposer aux multinationales qui détruisent les forêts tropicales pour piller le bois et étendre leurs élevages bovins. Cela représenterait une mondialisation du système du garde forestier, inventé par Philippe Le Bel en 1300 pour résister au déboisement anarchique de la France. Bref, nous ne pourrons sans doute pas éviter, à l’échelle mondiale, des contraintes autoritaires. » 

Ce thème revient donc à nouveau. Dressant la liste des menaces qui vont sans doute obliger les humains à s’unir et à instaurer une vraie gouvernance mondiale, dotée d’un triple pouvoir, législatif, exécutif (donc d’une force armée) et judiciaire, Jacques Attali cite pêle-mêle : « Le nucléaire (civil et militaire), les flux financiers, les épidémies, les météorites (une très grosse nous arrive dessus en 2036) et, bien sûr, l’environnement (c’est-à-dire toutes les ressources, en air, eau, biodiversité…). » Une évolution qui semble inéluctable à la plupart des prospectivistes et comporte forcément des risques de dérives, avec apparition de nouveaux totalitarismes, d’écoterroristes et de fanatiques du genre « khmers verts ».


 

 

5 . Les certitudes idéologiques et religieuses s’évanouissent, le doute se généralise. L’humanité deviendrait-elle adulte ?

 

Contrairement à l’idée que nous nous en faisons généralement, l’esprit de la Renaissance fut imprégné de doute Patrick Boucheron fait le lien avec aujourd’hui : « Même très différents d’eux, nous avons en commun avec les gens du xvie siècle le fait d’entrer à la fois dans une immense incertitude et dans un élan universaliste, gros d’une nouvelle civilisation. Les deux fonctionnent ensemble : le moteur principal de la Renaissance a été l’inquiétude, notamment devant la découverte que l’humain était un barbare – pensez à Montaigne ou à Las Casas défendant l’humanité des Amérindiens. Ne sommes-nous pas atteints de la même paradoxale et, espérons-le, fructueuse “fragilité humaniste” ? » 

 

Nous doutons effectivement de tout : religions, idéologies, sciences, technologies, progrès, humanité, rien n’échappe à la remise en question. Mais Edgar Morin corrige : « Plutôt que de parler de doute, concept peu constructif, je préfère dire qu’avec la Renaissance s’est généralisée la pensée interrogative qui est à la fois critique, autocritique et dynamique. C’est d’elle que nous avons le plus besoin aujourd’hui. Qu’est-ce que la vie, la mort, l’amour, Dieu, le réel… ? Reposons-nous toutes les grandes questions ! » Pierre Radanne précise : « Le doute principal vient du politique : en période de grande transition comme aujourd’hui, les gouvernants ont déjà fort à faire pour limiter la violence latente ; leur demander d’avoir en outre une vision imaginative de la mutation serait irréaliste. C’est aux experts et aux artistes de faire ce travail. Les sociétés finissantes théorisent surtout leur mort, pas la naissance de celles qui vont les remplacer. »

Mais le doute, et même l’angoisse, peuvent devenir des moteurs de création puissants, marquant, enfin, le passage à l’âge adulte de notre espèce. Les exemples abondent. Les chants des esclaves noirs d’Amérique ont influencé les musiques du monde entier – au-delà de leurs souffrances, diasporas et réfugiés sont porteurs d’échanges culturels féconds. Il n’y aurait pas d’agriculture bio d’avant-garde si l’agriculture industrielle n’avait pas atteint des sommets de dénaturation et de pollution. La découverte éminemment civilisatrice du nouvel « art de mourir » que permettent les soins palliatifs est née des horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Quand il verra vraiment le jour, le « Green Deal », fondé sur des technologies biocompatibles, aura été le fruit de la crise globale de la société industrielle. « Le doute et l’angoisse, ajoute Pierre Radanne, constituent le ciment des grandes conférences internationales de Rio, Kyoto, Copenhague et bientôt « Rio+20 »… qui ont pu décevoir, mais qui marquent le début historique du rassemblement de toute l’humanité autour d’une même nouvelle éthique. » 

 

 

6. Une nouvelle éthique émerge, doublant la liberté individuelle d’un sens altruiste de la responsabilité

 

Nées dans le chaos de la Renaissance, explicitées au siècle des Lumières, confirmées en 1948 dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, les valeurs de la modernité sont aujourd’hui revendiquées, sinon appliquées, dans la quasi totalité des pays. Mais du triptyque des révolutionnaires français, « Liberté-Egalité-Fraternité », seul le premier terme a été systématiquement mis en œuvre par les sociétés occidentales qui servent de modèle au monde. Le second ne l’a été que partiellement, dans les politiques sociales-démocrates déployées à partir des années 1930. Le troisième est demeuré une utopie. « Le résultat, dit Michel Serres, a été le triomphe de l’individu, ce qui est très beau. Mais cet individu a peu à peu fait éclater tout esprit de groupe, ce qui est mortel. Nous sommes donc à la recherche d’un nouveau lien social que j’évoque dans mon livre “Le Temps des crises” (Le Pommier, 2009). » 

« Après quatre-vingts ans de barbarie guerrière et totalitaire (des guerres mondiales du xxe siècle jusqu’à la fin du soviétisme), dit Jacques Attali, c’est-à-dire après notre “guerre de Cent Ans”, une Renaissance nouvelle point peut-être à l’horizon, dont le rôle sera de promouvoir, au-delà de l’individualisme, un sens nouveau, que j’appellerais volontiers l’altruisme. »

Chacun avec ses mots, tous les penseurs aujourd’hui impliqués dans ce débat convergent vers cette idée. Le diplomate Stéphane Hessel en appelle au sens de la « responsabilité » des nouvelles générations. Le prospectiviste Jeremy Rifkin invite ces dernières à redécouvrir « l’empathie », sans laquelle aucune société n’est possible. L’économiste Joseph E. Stiglitz espère que l’humanité aura l’intelligence de remplacer la croissance quantitative par une « croissance qualitative » plus humaine. Pierre Radanne milite pour que la société de consommation soit remplacée par une « société de la relation ». Le bio-cybernéticien Joël de Rosnay voit se constituer une « intelligence collective symbiotique ». Quant à Edgar Morin, il rappelle ce vers d’Hölderlin : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve », pour dire que l’improbable s’est souvent réalisé au fil de l’histoire et qu’aujourd’hui, l’improbable attendu est un mouvement planétaire de participation au sauvetage de la biosphère.

 

Espoirs naïfs ? Pas certain. Dans l’esprit des nouvelles générations, et quoi que disent les esprits chagrins sur la jeunesse (éternellement) en perdition, beaucoup des idées qui affleurent dans cette enquête sont de pures évidences. Pour beaucoup de ceux qui ont grandi avec Internet, à l’heure où tigres, éléphants et baleines ont quasiment disparu de la planète et où la question est de savoir si l’on pourra boire et respirer demain, le vieux souci égoïste de leurs aînés de se ménager un confort individuel et de faire la guerre pour le défendre ne suffit pas. Chaque enquête montre combien ils sont prêts à se mobiliser pour des causes d’intérêt général. Le besoin de sens prime sur celui de confort. Au bout de cette enquête, on cerne mieux ce que sera cette nouvelle Renaissance. Pas forcément un progrès, mais un changement en profondeur dans tous les aspects de la vie au xxie siècle. Le pire ne peut être exclu. Le meilleur est possible, mais seulement au prix de nos efforts collectifs. "

 

"L'entraide, un facteur de l'évolution" de Kropotkine

Par Le 28/09/2016

L'entraide : Un facteur de l'évolution

INFOSCRITIQUES (4)CITATIONS (18)

 

 

L'entraide : Un facteur de l'évolution par Kropotkine
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Pablo Servigne (Préfacier, etc.)L. Bréal (Traducteur)

ISBN : 293040261X 
Éditeur : ADEN EDITIONS (2009)


Note moyenne : 4.24/5 (sur 21 notes)

Résumé :

Pierre Kropotkine (1842-1921) proposait ici, exemples à l'appui, une conception du progrès dans la nature et la société fondée sur l'entraide et la sociabilité. Homme de son temps, il faisait certes preuve du même scientisme naïf que les savants qu'il pourfendait, mais il a le mérite d'avoir mis en lumière des comportements animaux fascinants et des réalités historiques et culturelles trop souvent oubliées.

 

                                    

CRITIQUES, ANALYSES & AVIS (4)AJOUTER UNE CRITIQUE

Luniver
Luniver07 novembre 2012
  • Livres 5.00/5

Kropotkine a écrit cet essai environ 40 ans après « l'origine des espèces » de Darwin. Depuis lors, beaucoup de théories économiques, sociales et politiques se sont emparés de sa théorie de la sélection naturelle, ou du moins de son vocabulaire, pour mettre en avant la loi du plus fort.
Kropotkine prend ici le contre-pied de ce courant : les espèces et les individus ne sont pas en guerre perpétuelle les uns contre les autres, mais au contraire, seule la capacité d'entraide et de solidarité permet à une espèce de résister aux attaques extérieures.
La première partie est centrée sur les animaux : l'auteur donne de nombreux exemples d'animaux qui se vivent ensembles pour protéger les mères pendant la période des naissances, pour chasser en groupe, pour se défendre contre des adversaires plus forts en un contre un mais totalement impuissants face à un groupe soudé.
Dans les sociétés humaines, l'entraide a toujours été de mise également : que le groupe soit la tribu, la famille, le village ou la guilde, il a toujours cherché à limiter les conflits, protéger ses membres de la misère et de la faim. Dans cette seconde partie, 
Kropotkine nous fournit toujours autant d'exemples : chartes de guilde, lois, serments, … L'ensemble donne une image bien plus civilisée de l'antiquité et du moyen-âge que celle qu'on s'en fait encore aujourd'hui.
Au final, l'être humain est altruiste, non pas pour respecter des règles divines, ou la loi, ou parce qu'il a une vertu supérieure à la moyenne, mais parce qu'il ne peut finalement pas faire autrement : l'entraide est "inscrite dans ses gènes" depuis des millions d'années.
Seuls les exemples de solidarité ont été étudiés dans cet essai, les comportements égoïstes ont été laissés de côté, ce qui peut donner une impression d'optimisme naïf au texte. 
Kropotkine en est parfaitement conscient, et explique qu'ils ont été très (ou trop) traités, et qu'il est nécessaire de rétablir la balance.
Si vous êtes sujet aux crises de misanthropie, conservez cet ouvrage sous le coude, il vous fera le plus grand bien.

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tonny
tonny01 février 2016
  • Livres 3.00/5

extrait de l'introduction de Isabelle Pivert dans l'édition de 2010 aux éditions Sextant :
"Souvent mal lue, la théorie de Darwin, appliquée aux sociétés humaines sous le nom de darwinisme social, validerait les crises capitalistes et leurs vagues d'exclusions, voire d'éliminations, comme une évolution nécessaire et saine pour la société. Contre ce camouflage d'une sélection impitoyable de l'homme par l'homme, les écrits du géographe 
Kropotkinepuisent dans les exemples de la vie quotidienne : selon lui, les sociétés humaines, de tout temps, ont pratiqué l'entraide, sous diverses formes. Et c'est justement cette pratique, cette disposition, alliée sûrement à une prise de conscience, qui a permis aux êtres humains de surmonter les périodes difficiles, de refuser la soumission aux pouvoirs coercitifs, de prendre en main leur destin et tenter de vivre libres et dignes. Aujourd'hui encore, certains croient ou veulent faire croire que la lutte pour les moyens d'existence, la compétition pour tout et entre tous, permet de sélectionner les aptes, ceux qui savent s'adapter, et d'éliminer les autres, et que rien ne pourrait ni ne devrait s'opposer à cette prétendue sélection naturelle."
sinon le reste du livre rappelle que l'on devrait surveiller les hommes qui sont contre les sauveteurs de terrain de toutes sortes qu'il soit, sous peine de laisser des civilisations entières s'anéantir.

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enkidu_
enkidu_03 juillet 2014
  • Livres 5.00/5

L'un des pères de l'anarchisme nous livre là un livre presque "spirituel" : en s'opposant aux ambassadeurs du "darwinisme social", c'est-à-dire ceux qui posent comme prémisse que la lutte est l'équation perpétuelle des individus, Kropotkine, en se basant sur Darwin aussi bien que des preuves empiriques dans le monde de la faune et celui des hommes, prouve que, au contraire, c'est l'entre-aide qui est la récurrence dans nos rapports à l'Autre ; les hommes, qu'ils aient été en famille, clan, communauté rurale, guilde urbaine, ... n'ont jamais arrêté de s'aider les uns les autres, de fructifier un esprit de solidarité aux dépends des fluctuations économiques ambiantes. 
Cet ouvrage est, réellement, une démonstration de "écologie humaniste" qui a émaillé les relations des animaux et hommes entre eux, depuis la nuit des temps, et nie la "métaphysique" belliqueuse de ceux qui voudraient que la violence ait été le monocle exclusif par lequel l'humanité a observé le "différent".

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lerital31
lerital3119 septembre 2013
  • Livres 3.00/5

Dans notre vie quotidienne, à travers nos rencontres, les événements qui nous entourent de plus ou moins loin, nous sommes tellement conditionné à vivre avec une vision permanente de "la guerre de tous contre tous" (vision malheureusement défendable) que la lecture de ce livre m'a fait tout simplement du bien. Je n'irai pas jusqu'à dire que l'entraide surpasse l'adaptation individuelle dans les critères d'évolution des espèces mais cette notion est trop souvent balayée.

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CITATIONS & EXTRAITS (18) Voir plusAJOUTER UNE CITATION

Luniver Luniver07 novembre 2012

L’absorption de toutes les fonctions par l’État favorisa nécessairement le développement d’un individualisme effréné, et borné à la fois dans ses vues. A mesure que le nombre des obligations envers l’État allait croissant, les citoyens se sentaient dispensés de leurs obligations les uns envers les autres. Dans la guilde — et, au moyen âge, chacun appartenait à quelque guilde ou fraternité — deux « frères » étaient obligés de veiller chacun à leur tour un frère qui était tombé malade ; aujourd’hui on considère comme suffisant de donner à son voisin l’adresse de l’hôpital public le plus proche. Dans la société barbare, le seul fait d’assister à un combat entre deux hommes, survenu à la suite d’une querelle, et de ne pas empêcher qu’il ait une issue fatale, exposait à des poursuites comme meurtrier ; mais avec la théorie de l’État protecteur de tous, le spectateur n’a pas besoin de s’en mêler : c’est à l’agent de police d’intervenir, ou non. Et tandis qu’en pays sauvage, chez les Hottentots par exemple, il serait scandaleux de manger sans avoir appelé à haute voix trois fois pour demander s’il n’y a personne qui désire partager votre nourriture, tout ce qu’un citoyen respectable doit faire aujourd’hui est de payer l’impôt et de laisser les affamés s’arranger comme ils peuvent. Aussi la théorie, selon laquelle les hommes peuvent et doivent chercher leur propre bonheur dans le mépris des besoins des autres, triomphe-t-elle aujourd’hui sur toute la ligne — en droit, en science, en religion.

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Adraste Adraste10 janvier 2015

Quant soudain progrès industriel qui s'est produit pendant notre siècle, et que l'on attribue généralement au triomphe de l'individualisme et de la concurrence, il a une origine beaucoup plus profonde. Les grandes découvertes du XVe siècle, particulièrement celle de la pression atmosphérique, ainsi qu'une série d'autres, ainsi qu'une série d'autres découvertes en physique et en astronomie, furent faites sous le régime de la cité du Moyen Âge. Mais une fois ces découvertes faites, l'invention du moteur à vapeur et toute la révolution qu'impliquait la conquête de cette nouvelle force motrice devaient suivre nécessairement. Si les cités du Moyen Âge avaient duré pour mener leurs découvertes jusqu'à ce point, les conséquences éthiques de la révolution effectué par la vapeur auraient pu être différentes ; mais la même révolution dans l'industrie et dans les sciences auraient eu lieu inévitablement. On peut même se demander si la décadences générale des industries, qui suivit la ruine des cités libres et qui fut si frappante dans la première partie du XVIIIe siècle, ne retarda pas considérablement l'apparition de la machine à vapeur, ainsi que la révolution industrielle qui en fut la conséquence. Lorsque nous considérons la rapidité étonnante du progrès industriel du XIIIe au XVe siècle dans le tissage des étoffes ; le travail des métaux, l'architecture et la navigation – et que nous songeons aux découvertes scientifiques auxquelles mena ce progrès industriel à la fin du XVe siècle, nous sommes amenés à nous demander si l'humanité ne fut pas retardée dans la possession de tous les avantages de ces conquêtes par la dépression générale des arts et des industries en Europe qui suivit la décadence des cités médiévales. La disparition de l'ouvrier artiste, la ruine des grandes cités et la cessation de leurs relations ne pouvaient certainement pas favoriser la révolution industrielle. Nous savons, en effet, que James Watt perdit vingt ans ou plus de sa vie à rendre son invention utilisable, parce qu'il ne pouvait trouver au XVIIIe siècle ce qu'il aurait trouvé si facilement dans la Florence ou la Bruges du Moyen Âge – des artisans capables de comprendre ses indications, de les exécuter en métal et de leur donner le fini artistique et la précision que demande la machine à vapeur. 
Attribuer le progrès industriel de notre siècle à cette lutte de chacun contre tous qu'il a proclamée, c'est raisonner comme un homme qui, ne sachant pas les causes de la pluie, l'attribue à la victime qu'il a immolée devant son idole d’argile. Pour le progrès industriel comme pour toute autre conquête sur la nature, l'entraide et les bons rapports entre les hommes sont certainement, comme ils l'ont toujours été, beaucoup plus avantageux que la lutte réciproque.

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Luniver Luniver30 octobre 2012

Lorsque nos savants occidentaux se trouvent en présence de ces faits, ils ne peuvent les comprendre. Cela leur paraît inconciliable avec un haut développement de la moralité dans la tribu, et ils préfèrent jeter un doute sur l’exactitude d’observations dignes de foi, au lieu d’essayer d’expliquer l’existence parallèle de deux séries de faits : à savoir une haute moralité dans la tribu, en même temps que l’abandon des parents et l’infanticide. Mais si ces mêmes Européens avaient à dire à un sauvage que des gens, extrêmement aimables, aimant tendrement leurs enfants, et si impressionnables qu’ils pleurent lorsqu’ils voient une infortune simulée sur la scène, vivent en Europe à quelques pas de taudis où des enfants meurent littéralement de faim, le sauvage à son tour ne les comprendrait pas.

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Luniver Luniver07 novembre 2012

Il y a plus encore ; non seulement beaucoup des aspirations de nos radicaux modernes étaient déjà réalisées au moyen âge, mais des idées que l’on traite maintenant d’utopies étaient acceptées alors comme d’indiscutables réalités. Ainsi, on rit de nous lorsque nous disons que le travail doit être agréable, mais « chacun doit se plaire à son travail », dit une ordonnance de Kuttenberg au moyen âge, « et personne ne pourra, tout en ne faisant rien, s’approprier ce que les autres ont produit par leur application et leur travail, puisque les lois doivent protéger l’application et le travail ». En présence des discussions actuelles sur la journée de huit heures, il sera bon aussi de rappeler une ordonnance de Ferdinand Ier relative aux mines impériales de charbon, qui réglait la journée du mineur à huit heures, « comme c’était la coutume autrefois », et il était défendu de travailler l’après-midi du samedi.

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Luniver Luniver25 octobre 2012

Quand nos récoltes sont rentrées et qu’il reste peu à butiner dans nos prairies et nos champs, les abeilles voleuses se rencontrent plus fréquemment ; d’autre part, autour des plantations de cannes à sucre des Indes occidentales et des raffineries d’Europe le vol, la paresse et très souvent l’ivrognerie deviennent tout à fait habituels chez les abeilles. Nous voyons ainsi que les instincts anti-sociaux existent parmi les mellifères ; mais la sélection naturelle doit constamment les éliminer, car à la longue la pratique de la solidarité se montre bien plus avantageuse pour l’espèce que le développement des individus doués d’instincts de pillage. « Les plus rusés et les plus malins » sont éliminés en faveur de ceux qui comprennent les avantages de la vie sociale et du soutien mutuel.

L'union yogique

Par Le 27/09/2016

Green

 

La voie du yoga : transformation et évolution

SWAMI DEVANATH SARASWATI

 

"La pratique du yoga donne des outils destinés à affiner nos moyens de connaissance et de perception, du plus immédiat, le corps physique, jusqu’au plus complexe, le mental. C’est ce qui explique la diversité des exercices qui vont travailler sur chacun de nos corps.

Pour agir sur le premier corps, celui de chair et de nourriture, on a recourt au hatha yoga qui utilise des postures appelées aussi asanas. Les pratiques physiques s’intéressent à l’aisance, à l’harmonie et à l’équilibre de notre première dimension et complètent ce travail par d’autres techniques, les shat karmas, qui nettoient tout le système interne.

Le hatha yoga s’occupe du niveau physique et le rend à la fois plus résistant et réceptif.

Pour travailler sur l’enveloppe suivant, le corps énergétique, il y a d’autres moyens. L’énergie est plus subtile que le corps mais toujours tangible. Elle est très facilement captée par la respiration.

De nombreux exercices utilisent à cette fin le souffle, c’est ce qu’on appelle le pranayama.

Dans ce cas, la respiration sert à renforcer la capacité vitale, notre capital énergétique. Il nous faut en effet une plus grande quantité d’énergie pour que notre recherche s’approfondisse et dépasse le niveau ordinaire.

Au corps mental, manomayakosha, s’appliquent toutes les pratiques de méditation. Elles peuvent être très méthodiques comme lorsqu’elles suivent la progression du raja yoga ou bien très diversifiées quand elles appartiennent aux tantras.

Swami Satyananda est un grand spécialiste des techniques de méditation tantrique. Il en existe de très nombreuses dont l’objectif est un meilleur contrôle des pensées et des émotions, non pour les réprimer mais pour en comprendre le fonctionnement. Contrôler signifie, dans ce contexte, apprendre à être le maître dans sa propre maison, c'est-à-dire ne plus être l’esclave de son mental mais à en avoir une connaissance et une compréhension supérieures. Les pratiques qui utilisent le mental sont plus exactement destinées à nous préparer progressivement à vivre l’état de méditation.

Le yoga travaille sur ces trois niveaux. Il emploie des exercices soit physiques, soit respiratoires, soit mentaux ou les associe entre eux, afin d’agir sur les trois premiers corps, ceux dont nous avons une expérience immédiate. Cela signifie qu’on utilise seulement ce que l’on connaît, ce que l’on sent ou que l’on perçoit, sans parler de transcendance.

En affinant ces corps, ces enveloppes qui sont en interrelation les unes avec les autres, on augmente considérablement la capacité énergétique, l’endurance, la conscience et la sensibilité intérieure. Ce qui nous permet de pénétrer dans le quatrième corps, vijyanamayakosha ou corps psychique, intuitif.

Plus subtil que les trois premiers, on y trouve le réseau des nadis, des chakras et des granthis.

C’est un niveau plus raffiné que celui du mental mais qui appartient encore au tangible dans la mesure où l’on peut l’atteindre par l’association et la combinaison de pratiques qui agissent sur les trois premiers corps. Là s’arrête le travail du yoga.

Il est impossible d’influer de façon directe sur le cinquième corps, anandamayakosha, ou corps de félicité. Il n’appartient pas à ce que nous pouvons toucher et manipuler, il dépasse la sphère de notre volonté et échappe à l’emprise d’une technique. Il représente l’aboutissement du processus de purification intérieure mais n’en est ni la conséquence, ni le résultat, parce qu’il n’est pas du ressort de la volonté humaine.

On va ainsi travailler sur trois corps, puis sur quatre en associant les trois premiers. Le cinquième est en fait le but de notre quête, l’union yogique.

Selon ce principe, on part du plus grossier, le corps physique, on passe par l’intermédiaire du souffle, puis on arrive aux pratiques mentales, des plus simples, celle du mantra yoga par exemple, aux plus complexes, celles appartenant au kundalini yoga. »

 

Le jeûne thérapeutique en Allemagne

Par Le 27/09/2016

Pour se soigner, les Allemands se prennent au jeûne

 

http://www.lapresse.ca/vivre/sante/201404/10/01-4756325-pour-se-soigner-les-allemands-se-prennent-au-jeune.php

Son menu quotidien à la clinique: une infusion... (PHOTO CHRISTOF STACHE, AFP)

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Son menu quotidien à la clinique: une infusion le matin, un jus de fruit à midi, et après une randonnée de deux heures, un bouillon, un peu de miel et au moins deux litres d'eau par jour. Au total, jamais plus de 200 à 250 kilocalories, dix fois moins que l'apport énergétique quotidien conseillé pour un homme de son âge.

PHOTO CHRISTOF STACHE, AFP

 

ELOI ROUYER
Agence France-Presse
ÜBERLINGEN

Toujours controversé au sein du monde médical, le jeûne thérapeutique est une pratique établie en Allemagne, pays pionnier en la matière, où sont proposées de nombreuses cures, parfois même remboursées par l'assurance maladie.

«Essayez une semaine, rien qu'une semaine. Après vous verrez», sourit Michael Van Almsick, 57 ans, qui a pris l'habitude de jeûner un mois par an à la clinique Buchinger-Wilhelmi, au bord du lac de Constance (sud) près de la Suisse.

Ce patron d'une importante agence de relations publiques de Munich, qui organise notamment les prochains concerts de la tournée des Rolling Stones en Allemagne, vient y traiter son problème de surpoids ainsi que les affections chroniques qui l'accompagnent.

Il a abandonné ses médicaments contre l'hypertension et modifié son comportement alimentaire. Ses séjours de jeûne ont démarré il y a une vingtaine d'années, et il ne comprend pas qu'on puisse trouver cela dangereux.

 

Son menu quotidien à la clinique: une infusion le matin, un jus de fruit à midi, et après une randonnée de deux heures, un bouillon, un peu de miel et au moins deux litres d'eau par jour. Au total, jamais plus de 200 à 250 kilocalories, dix fois moins que l'apport énergétique quotidien conseillé pour un homme de son âge.

Otto Buchinger (1878-1966), qui a donné son nom à la clinique, a expérimenté le jeûne pour guérir une polyarthrite rhumatoïde qui l'avait forcé à quitter en 1917 son poste de médecin dans la marine pour cause d'invalidité. Sa méthode est aujourd'hui la plus pratiquée en Allemagne.

Pour ses défenseurs, le jeûne permet de prévenir les maladies cardiovasculaires, d'agir sur l'asthme, l'arthrose, les maladies chroniques du système digestif, certaines infections chroniques du système respiratoire, ou encore les états dépressifs.

Si les études scientifiques fiables ne sont pas légion sur le sujet, l'une d'elles établissait l'effet du jeûne sur l'arthrite rhumatismale dans la revue de référence Lancet en 1991. D'autres concluent aussi à l'efficacité du jeûne, mais il s'agit le plus souvent d'études cliniques à petite échelle.

«Le jeûne stimule les forces de régénération propres de l'organisme», explique à l'AFP Françoise Wilhelmi de Toledo, directrice de la clinique qui dispose aussi d'une antenne à Marbella (Espagne).

«Cela fait 60 ans que la clinique d'Überlingen existe, 40 ans pour celle de Marbella, nous avons chaque année 3000-3500 patients dans chaque établissement: 250 000 cures de jeûne sans complication, ce n'est pas une étude scientifique, mais c'est un fait statistique», souligne le médecin-chef, Stefan Drinda.

En Allemagne, le jeûne a fait son chemin. Le livre «Comment revivre par le jeûne» d'Hellmut Lützner, un ancien de chez Buchinger, s'est vendu à plus de deux millions d'exemplaires depuis sa parution dans les années 70 et est régulièrement réédité.

«La société allemande a franchi le pas, estime Mme Wilhelmi de Toledo, vous ne trouvez plus personne qui vous dise: ''le jeûne, c'est aberrant''».

Le savoir sur le jeûne est dispensé au sein de structures hospitalières universitaires, comme à Essen, Iena et depuis 50 ans dans le célèbre établissement de la Charité à Berlin.

Les Allemands ont toujours été attirés par les pratiques de santé alternatives, explique le professeur Andreas Michalsen qui dirige le service de médecines naturelles de cet hôpital considéré comme le plus grand d'Europe. Il y pratique des cures de jeûne de 12 à 14 jours, remboursées par le système public d'assurance maladie.

«Les plantes, le bio, le végétarisme, le yoga, vivre sainement, nous les Allemands, nous sommes un peu possédés», rigole-t-il, faisant remonter cette curiosité aux Romantiques «qui déjà croyaient à la puissance de l'autoguérison» et à des mouvements comme le «Lebensreform» (réforme de la vie) qui prônait à la fin du 19e siècle le retour à la nature face aux dangers de l'industrialisation galopante.

«La situation que nous connaissons aujourd'hui, c'est-à-dire ingurgiter à intervalles réguliers une nourriture riche en calories, il faut bien voir que c'est quelque chose de récent dans l'histoire de l'évolution humaine», insiste-t-il.

Pour lui, l'écho récent de nouvelles recherches comme celle du professeur californien Valter Longo, qui a montré en 2008 que le jeûne protégeait les cellules saines de souris contre les effets toxiques d'une chimiothérapie, a encore accru l'intérêt des Allemands.

Depuis 25 ans, estime-t-il, «si on prend le diabète, les rhumatismes, l'hypertension, médicalement, pas grand-chose n'a été fait, il y a encore et toujours de nouveaux médicaments, qui sont encore et toujours retirés du marché parce qu'ils ont trop d'effets secondaires».

«La récurrence de ces maladies devient plus grande, car les gens deviennent plus vieux», constate-t-il. «Je suis absolument persuadé que dans dix ans, le jeûne va devenir quelque chose de vraiment important, tout simplement parce que la médecine traditionnelle n'a pas de réponse à offrir».

Contre le principe anthropique

Par Le 26/09/2016

 

 

Il est clair en tout cas que je me suis lancé dans un sujet qui déchaîne les passions... C'est impressionnant le nombre d'articles sur la Toile. 

Des avis tranchés, des luttes farouches, des démonstrations et contre arguments...etc etc...

Tout un Univers à parcourir, justement !

C'est "divinement" passionnant :)


 


 

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L’Histoire à l’envers - Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…

samedi 13 juin 2015, par Robert Paris

Lee Smolin dans « Rien ne va plus en physique » :

« Le principe anthropique auquel se réfère Susskind est une vieille idée introduite et explorée par les cosmologues depuis les années 1970, selon laquelle la vie ne peut apparaître que dans une gamme très étroite des paramètres physiques possibles ; pourtant, malgré cette étroitesse, assez bizarrement, nous voilà comme si l’univers avait été intentionnellement créé pour nous accueillir (d’où le terme « anthropique »). La version particulière qu’invoque Susskind est un scénario cosmologique, qui a été soutenu pendant un certain temps par Andrei Lindé, appelé « inflation éternelle ». Selon le scénario, la phase d’inflation rapide à la naissance de l’univers aurait produit non pas un, mais une population infinie d’univers… Il en résulterait une vaste population d’univers, chacun régi par une théorie des cordes sélectionnée aléatoirement dans le paysage des théories. Quelque part dans cette chose qu’on appelle « multivers », se trouve chacune des théories possibles appartenant au paysage. Il me semble tout à fait regrettable que Susskind et d’autrs aient adhéré au principe anthropique, car il s’agit d’une base très pauvre pour fonder une démarche scientifique… Certains physiciens disent que le principe anthropique faible doit être pris au sérieux, car dans le passé il a produit de véritables prédictions. Je parle ici de quelques collègues pour qui j’ai la plus grande admiration : pas seulement Susskind, mais aussi Steven Weinberg, le physicien qui, avec Abdus Salam, a unifié les forces électromagnétiques avec celles des interactions nucléaires faibles. Il est alors d’autant plus pénible pour moi de constater que dans tous les cas que j’ai étudiés, ces arguments étaient fallacieux… L’argument commence ainsi : pour que la vie puisse exister, il faut du carbone… On sait que le carbone ne peut pas avoir été créé durant le Big Bang ; par conséquent, il a dû être créé dans les étoiles. Fred Hoyle a remarqué que le carbone ne pouvait être produit dans les étoiles qu’à condition qu’il y ait dans les noyaux de carbone un état résonnant. Il a ensuite évoqué cette prédiction devant un groupe d’expérimentateurs, qui ont effectivement découvert cet état. La réussite de la prédiction de Hoyle est parfois évoquée pour soutenir l’efficacité du principe anthropique. Mais l’argument fondé sur l’existence de la vie, exposé précédemmement, n’a pas de relation logique avec le reste de l’argumentation de ce paragraphe. Ce qu’a accompli Hoyle n’a été que de raisonner à partir de l’observation que l’univers est rempli de carbone, d’où ila tiré une conclusion fondée sur la nécessité d’un processus qui produirait tout ce carbone. Le fait que nous-mêmes et les autres créatures vivantes soient faites de carbone n’est pas nécessaire dans cet argument. Un autre exeple qu’on cite souvent du principe anthropique est une prédiction concernant la constante cosmologique, qui a été énoncé dans un article célèbre de Steven Weinberg, en 1987. Dans cet article, Weinberg affirmait que la constante cosmologique devait être inférieure à une certaine valeur, puisque, dans le cas contraire, l’univers aurait été en expansion trop rapide pour que les galaxies puissent être formées… Mais, avec cet argument scientifique valide, Weinberg est allé beaucoup plus loin. Supposons qu’il y ait le multivers, a-t-il dit, et supposons que les valeurs de la constante cosmologique soient distribuées au hasard entre les univers de ce multivers. Dans ce cas-là, parmi tous les univers potentiellement vrais, la valeur type de la constante cosmologique serait de l’ordre de grandeur de celle qui est la plus élevée mais qui reste encore cohérente avec la formation des galaxies… Dans le cadre du modèle standard de la physique des particules élémentaires, il existe des constantes qui n’ont simplement pas la valeur à laquelle on s’attendrait si elles étaient choisies au moyen d’une distribution aléatoire parmi les univers potentiellement vrais. On aurait dû s’attendre à ce que les masses des quarks et des leptons, sauf pour la première génération, soient distribuées au hasard ; or, on trouve des relations entre elles. On aurait dû s’attendre à ce que certaines symétries des particules élémentaires soient brisées par les interactions nucléaires fortes d’une façon beaucoup plus importante que ce qu’il se passe en réalité. On aurait dû s’attendre à ce que le proton se décompose beaucoup plus rapidement que ce que nous constatons dans les expériences en cours. En fait, je ne connais aucune prédiction réussie faite d’après un raisonnement fondé sur le multivers avec la distribution aléatoire des lois… Bien que le principe anthropique n’ait pas produit de prédictions véritables et ne semble pas pouvoir en produire prochainement, Susskind, Weinberg et d’autres théoriciens de premier plan l’ont considéré comme une révolution non seulement en physique, mais également dans notre conception de ce qu’est une théorie physique. »

 

Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…

Si le « dessein intelligent » (Intelligent Design en anglais) est la manière de réintroduire dieu dans l’évolution de la vie, le « principe anthropique » est la même démarche en physique et en cosmologie.

En tout cas, il est clair que la démarche actuelle de l’idéologie bourgeoise consiste à se rapprocher des religions pour se protéger des risques politiques et sociaux d’un monde déstabilisé par la crise mondiale. Et c’est vrai en sciences comme dans les autres domaines de l’idéologie, des média, de la politique et de l’Etat. La religion revient partout en force sous l’égide des classes dirigeantes bien plus que du fait des opinions publiques. Et nous allons voir que cela n’est pas vraiment fondé sur des progrès scientifiques ! Cela ne provient pas seulement de quelques auteurs du type de Huber Reeves ou seulement d’organismes scientifico-religieux comme l’Université Interdisciplinaire de Paris ou encore de scientifiques qui sont des religieux comme le physicien religieux adepte du principe anthropique David Deutsch ou l’astronome prêtre jésuite George Coyne. La revue « Sciences Humaines » écrit ainsi : « Depuis le XIXe siècle, on pensait que la science allait irrémédiablement remplacer les superstitions, la technique supplanter la magie, la médecine détrôner les prières, la politique prendre le pas sur le messianisme, etc. Tout semblait condamner la religion. Les faits tendaient d’ailleurs à confirmer le diagnostic : dans la plupart des pays occidentaux, on assistait à un déclin continu de la participation religieuse, à la laïcisation progressive des Etats. En un mot : la religion ne pouvait résister à la modernité. La théorie de la « sécularisation » était même partagée par la plupart des spécialistes - ce qui était rare en sciences humaines. Or, depuis trente ans au moins, les sociologues ont dû se rendre à l’évidence : ils s’étaient trompés. » Ce n’est pas l’opinion religieuse qui l’a emporté sur l’opinion irreligieuse car l’opinion dominante est celle de la classe dominante. Cette dernière s’est donc convaincue qu’elle avait à nouveau absolument besoin de l’ « opium du peuple ». Il faut remarquer que cela ne provient pas des régions dites arriérées du monde ni spécialement du monde musulman. C’est aux USA qu’a lieu la plus grande offensive des religions au sein des sciences…. Aux Etats-Unis, le darwinisme est particulièrement ciblé mais il n’est pas le seul : la psychanalyse l’est tout autant ainsi que le matérialisme au sein de la physique et de la cosmologie.

L’idée consiste à redonner vie à la notion de création programmée d’avance du monde par un esprit supérieur, esprit qui avait l’intention de créer l’homme et a conçu le monde matériel comme « un jardin pour l’homme ». Pour étayer soi-disant « scientifiquement » cette thèse théologique, il s’agit une fois encore de partir du fait que le monde qui existe aujourd’hui est impossible sans les propriétés physiques de celui d’hier pour affirmer que le monde d’hier a été pensé pour produire celui d’aujourd’hui. La création prévoyait donc l’homme, la conscience, la pensée, la capacité scientifique d’observer le monde. Le créationnisme est donc revenu en sciences. Faut-il crier « Hosanna ! »... ou « horreur ! » ? Est-ce dû à des découvertes scientifiques ou à des luttes philosophiques et sociales ? N’est-ce pas l’évolution de la société bourgeoise qui produit ce type d’évolution, en même temps que la religion est en train de démolir, ou à peu près, la psychanalyse de Freud car elle l’estime trop irreligieuse ?

« Seuls les croyants qui demandent à la science de leur remplacer le catéchisme auquel ils ont renoncé, verront d’un mauvais oeil qu’un savant poursuive et développe ou même qu’il modifie ses idées. » (Sigmund Freud / 1856-1839 / Au-delà du principe de plaisir)

« Dans la phase animiste, c’est à lui-même que l’homme attribue la toute-puissance ; dans la phase religieuse, il l’a cédée aux dieux, sans toutefois y renoncer sérieusement, car il s’est réservé le pouvoir d’influencer les dieux de façon à les faire agir conformément à ses désirs. Dans la conception scientifique du monde, il n’y a plus place pour la toute-puissance de l’homme, qui a reconnu sa petitesse et s’est résigné à la mort, comme il s’est soumis à toutes les nécessités naturelles. » (Sigmund Freud / 1856-1839 / Totem et tabou / 1913)

Il est aussi mensonger de prétendre que l’étude de l’évolution mène inévitablement au dessin intelligent que d’affirmer que l’étude de la conscience humaine mène au créationnisme ou encore que l’étude de la cosmologie débouche sans contestation possible sur le principe anthropique.

Albert Einstein :

« Ce que vous avez lu sur mes convictions religieuses était un mensonge, bien sûr, un mensonge qui est répété systématiquement. Je ne crois pas en un Dieu personnel et je n’ai jamais dit le contraire de cela, je l’ai plutôt exprimé clairement. S’il y a quelque chose en moi que l’on puisse appeler "religieux" ce serait alors mon admiration sans bornes pour les structures de l’univers pour autant que notre science puisse le révéler. »

« Le mot Dieu n’évoque, pour moi, rien d’autre que l’expression et le résultat de la faiblesse humaine, et la Bible, une collection de légendes honorables, mais primitives et assez naïves. »

Pas plus que Freud partant de l’inconscient ou qu’Einstein de la physique, Darwin, lui, ne tirait pas une telle conclusion de l’évolution de la vie :

« La science et le Christ n’ont rien à voir l’un avec l’autre, sinon dans la mesure où l’habitude de la recherche scientifique enseigne la prudence au moment d’accepter une preuve quelle qu’elle soit. En ce qui me concerne, je ne crois pas qu’une révélation ait été faite. »

(Charles Darwin / 1809-1882 / juin 1879)

« Le vrai matérialisme fait de Dieu une impossibilité, de la révélation une vue de l’esprit, et de la vie future une absurdité. »

(Charles Darwin / 1809-1882 / juin 1879) « J’en étais progressivement venu, à cette époque, à voir que l’Ancien Testament, de par son histoire du monde manifestement fausse, avec la tour de Babel, l’arc-en-ciel comme signe, etc., et son attribution à Dieu des sentiments d’un tyran assoiffé de vengeance, n’était pas plus digne de foi que les livres sacrés des hindous, ou les croyances de n’importe quel barbare. Une question s’imposait alors continuellement à mon esprit, et refusait d’en être bannie : est-il croyable que si Dieu avait dans l’instant, à révéler aux hindous, il permettrait que cela soit lié à la croyance de Vishnou, Shiva, etc., comme le christianisme est lié à l’Ancien Testament ? Cela me paraissait tout à fait incroyable. »(Charles Darwin / 1809-1882)

La biologie ne mène pas plus inéluctablement à la création divine que la physique. Le biologiste François Jacob rappelle dans « La logique du vivant » :« Ce qu’a démontré la biologie, c’est qu’il n’existe pas d’entité métaphysique qui se cache derrière le mot de vie. Le pouvoir de s’assembler, de se reproduire même appartient aux éléments qui composent la matière. » Et le physicien Cohen-Tannoudji rajoute dans son ouvrage « Matière-espace-temps » que « Notre dialogue avec la nature est bien mené à l’intérieur de la nature et ici la nature ne répond positivement qu’à ceux qui explicitement reconnaissent qu’ils lui appartiennent. »

La métaphysique créationniste est battue en brèche par la découverte de l’ « auto-organisation de la matière », de l’« émergence des structures dissipatives », de la source génétique de l’ « horloge biologique de l’hominisation » et du lien entre cerveau physique et conscience. L’une des conséquences cruciales de ces nouvelles connaissances est qu’il n’y a plus d’opposition entre la conscience (mécanisme donnant du sens aux événements réels), la vie (mécanisme extrayant une commande de production des interactions moléculaires en désordre) et la matière (définie comme le mécanisme donnant de l’ordre transitoire au désordre du vide).

Si certains raisonnements des adeptes du « Principe anthropique » montrent que la vie serait impossible sans les propriétés que possède la matière, cela ne veut pas dire qu’il faille en tirer un scénario créationniste selon lequel le monde que nous étudions n’est qu’un monde conçu pour l’homme. Et même pas que c’est un monde conçu pour créer la vie. On pourrait, au contraire, en tirer des raisonnements philosophiques bien différents : par exemple que la matière n’est pas aussi inerte qu’on le croyait et que le vivant n’est pas une exception et même que l’humain n’est pas une exception.

Bien des scientifiques ou des philosophes continuent (ou recommencent) à placer la conscience humaine comme le centre de l’Univers et comme son but et non comme un des aléas historiques de la dynamique du changement. Le fait de parler des "constantes" de l’Univers comme d’une création en témoigne. Les dissertations sur la valeur précise des constantes universelles sous-entend que ces constantes auraient été choisies par une force surnaturelle pour permettre que se constitue le monde actuel. Mais, même si les auteurs qui mettent en avant ce principe dit anthropique, c’est-à-dire une volonté avant le Big Bang d’en tirer l’Homme (sic !), on peut se permettre de trouver bien compliqué les volontés de cet esprit supérieur qui fait attendre autant de temps et dépendre aussi de tant de hasards (comme la disparition des dinosaures) la création d’un être conscient qu’il aurait prétenduement voulu créer dès le « début ».

Loin de donner davantage raison aux créationnistes, les connaissances scientifiques dont nous disposons nous en dispensent. Et d’abord parce que de multiples domaines des sciences montrent l’absence de but dans les transformations de la matière. C’est en agissant en tous sens que les transformations acquièrent un sens, un ordre, une organisation. L’exemple le plus frappant est celui du cerveau fondé la multiplication de cellules, les neurones, de manière désordonnée et sur la connexion de tous les neurones entre eux, sans recherche préalable d’un quelconque schéma, d’un programme préétabli. C’est la destruction par apoptose de toutes les liaisons et de toutes les cellules qui ne sont pas connectées au corps qui permet au corps de fabriquer le cerveau dont il a besoin. Les autres cellules et liaisons sont systématiquement autodétruites. Le plan se construit par lui-même et pas par un créateur et c’est le désordre qui mène à l’ordre et pas un ordonnateur supérieur qui introduit l’ordre dans le chaos préalable, contrairement à la vision biblique. Les termes de « création naturelle », ou d’« organisation spontanée », (production brutale d’une structure qui n’était pas précédemment conçue) ne doivent pas prêter à confusion. En physique, les termes d’auto-organisation, de création naturelle ou d’énergence, font donc référence à un processus dans lequel l’organisation interne d’un système, habituellement un système hors équilibre, augmente automatiquement sans être dirigée par une source extérieure. Typiquement, les systèmes auto-organisés ont des propriétés émergentes. Cela n’a rien à voir avec l’idée d’un pouvoir créateur, métaphysique ou extra physique.

« Le « principe anthropique », énoncé en 1974 par B. Carter de l’Observatoire de Meudon, affirme que les constantes fondamentales ont la valeur qu’elles ont pour permettre l’apparition de l’homme. C’est dire que l’Univers aurait été produit POUR l’Homme. Et pourquoi le monde y compris l’homme, ne serait-il pas un jardin prévu pour le cafard ou pour la bactérie ? Pourquoi pas POUR le carbone, POUR le mercure, POUR le virus ? C’est un choix philosophique d’isoler ainsi la vie, l’homme et la conscience humaine, de les séparer, de les opposer, d’en faire un monde à part, dont l’apparition serait étonnante par rapport au reste du monde, nécessiterait une raison particulière.

Cela signifie que les constantes qui déterminent les fondements de la physique ont été déterminées il y a des milliards d’années avec une précision extraordinaire uniquement pour permettre la vie consciente bien plus tard. Et où cette volonté préexistante de construire la pensée consciente aurait-elle été inscrite ?

Nous sommes déterministes et nous pensons que les phénomènes obéissent à des lois et donc il est évident que l’univers actuel est le produit des conditions précédentes mais pas seulement car il est aussi le produit de l’histoire, des hasards, des combats, des situations inattendues...

Tout d’abord parler de principe anthropique, c’est sortir l’homme de l’ensemble, ce qui n’est pas le résultat d’une observation du monde mais d’un choix philosophique.

C’est également un choix philosophique de penser que tout ce qui existe était indispensable pour en arriver à la situation actuelle.

Qui dit « créé POUR » dit un créateur, même si une partie des partisans du principe anthropique se défendent de rouler pour les religions. Et, surtout, concevoir les lois de la nature comme des règles POUR arriver à un but, c’est renoncer à la démarche scientifique qui consiste à étudier COMMENT fonctionne la nature et non à lui prêter une volonté.

Les notions d’émergence et de transition, qui se développent en physique, n’apportent nullement de l’eau au moulin du créationnisme. Elles fondent des créations (apparitions et disparitions) sans créateur, sans conception préétablie, sans dieu. La physique est maintenant le témoin de créations et de disparitions de particules de matière et de lumière qui n’ont rien de magique ni de mystique ou de religieux. Dans l’univers de la matière inerte, vivante, animale, humaine, sociale et politique, on trouve sans cesse des créations, c’est-à-dire de la nouveauté qui ne trouve pas ses racines dans l’univers précédent. Mais ces créations n’ont rien de mystérieux, d’étrange, de contre-nature. Elles ne nécessitent pas une pensée spiritualiste, idéaliste, métaphysique et religieuse.

La métaphysique créationniste est battue en brèche par la découverte de l’ « auto-organisation de la matière », de l’« émergence des structures dissipatives », de la source génétique de l’ « horloge biologique de l’hominisation » et du lien entre cerveau physique et conscience. L’une des conséquences cruciales de ces nouvelles connaissances est qu’il n’y a plus d’opposition entre la conscience (mécanisme donnant du sens aux événements réels), la vie (mécanisme extrayant une commande de production des interactions moléculaires en désordre) et la matière (définie comme le mécanisme donnant de l’ordre transitoire au désordre du vide).

Le paléontologue Stephen Jay Gould écrit ainsi dans « Le renard et le hérisson » : « Les propriétés qui apparaissent dans un système complexe sous l’effet des interactions non linéaires de ses composants sont dites émergentes – puisqu’elles n’apparaissent pas à un autre niveau et ne sont révélées qu’à ce niveau de complexité. (...) L’émergence n’est donc pas un principe mystique ou anti-scientifique, ni une notion susceptible d’avoir des échos dans le champ religieux (...) C’est une affirmation scientifique sur la nature des systèmes complexes. »

Le « principe anthropique » signifie que les conditions intiales de l’Univers auraient été choisies exactement (par qui ?) pour que l’homme puisse apparaître. En réalité, à tous les niveaux où l’on étudie la matière, la vie et l’homme, on n’a trouvé preuve d’aucune sorte d’une telle intentionnalité. Seulement le fait que le présent découle du passé, sans la moindre preuve que le présent était la seule évolution possible, bien au contraire. Rajouter une telle intentionnalité sous le prétexte qu’un changement des conditions initiales rendrait impossible notre univers est absurde. Il y a de multiples exemples de phénomènes dans lesquels un tout petit changement des condtions initiales modifie complètement le cours de choses sans pour autant qu’il faille y voir une intentionalité cachée…

A contrario, une grande partie des efforts de la science, sur le plan philosophique et théorique, consiste à tenter d’éviter de transformer la vision du monde par la place particulière de l’observateur. La principale des erreurs d’optique consiste en la matière à voir le monde comme s’il était objectivement vu par l’homme et, pire encore, comme s’il avait comme but la création de l’homme et son existence. C’est justement pour détruire ce type d’image que Darwin a fait tout son travail et pas seulement pour chercher les bases de l’évolution.

On sait que bien des images anciennes du monde reposaient sur la vue depuis sa fenêtre. Une exposition intitulée « cartes et figures de la terre » montrait même de multiples manières des hommes dans l’Histoire de voir le monde depuis sa petite lucarne. C’est une vision qui fausse considérablement l’optique.

Il y a bien d’autres erreurs que l’optique anthropologique. On peut voir le monde depuis le vivant, depuis la matière, depuis la Terre, depuis notre galaxie, la Voie Lactée, depuis notre époque. Ce sont autant de déformations de la réalité objective.

Comme il nous a fallu intellectuellement nous extraire de notre galaxie pour imaginer sa forme, nous extraire de notre position de matière pour envisager le vide quantique, il nous est nécessaire de notre position de matière marcroscopique pour observer les particules quantiques et de notre position d’être vivant pour comprendre le fonctionnement biologique et pour étudier les animaux. On peut dire que ces déformations ont un point commun : celui de privilégié le point où nous nous situons en considérant qu’il est particulièrement exceptionnel.

La méthode scientifique consistera, au contraire, à ne privilégier aucun point de vue particulier et à chercher des lois générales puisque le tout est un seul monde. Il faudra donc trouver en sciences la possibilité que les cas particuliers obéissent quand même aux lois générales car ces derniers doivent s’intégrer à ce monde. Si on oppose diamétralement la matière au reste du vide quantique, l’écoulement du temps à l’espace-temps du vide, notre époque aux autres époques de l’histoire de l’Univers, la vie à la matière inerte, l’homme au reste du vivant, la conscience au fonctionnement général du cerveau, on se retrouve en plein dans ce que l’on appelle le « principe anthropologique », qui est donc un concentré religieux de toutes ces erreurs consistant à placer l’observateur et le penseur au centre du monde qu’il observe et pense…

Inutile de rajouter que nous sommes radicalement opposés à ce type de point de vue…

Les adeptes du principe anthropique affirment que « Pour être favorable à la vie, l’univers doit être très particulier. » Je suis à la fois d’accord et pas d’accord. La vie telle que nous la connaissons, oui. Mais, dans ces conditions, cela devient une tautologie et, comme toutes celles-ci, cela se mord la queue ! Pour avoir tout ce que nous avons, il a fallu tout ce qu’il y a eu. Eh oui ! Sans doute ! Mais LA VIE, je ne sais pas ce que c’est exactement. Je connais seulement "la vie telle que nous la connaissons ici sur Terre". Est-ce qu’il pourrait exister de toutes autres sortes de vie ? Aucune idée sur la question. On ne dispose même pas de critères sûrs du vivant. Nous n’avons sous les yeux qu’une vie et ses diverses variétés et qu’une matière (celle du vide) et ses diverses formes. Rien n’empêche en soi qu’il y en ait d’autres mais comment raisonner sur ce qu’on ne sait absolument pas ?

On ne peut en tout cas pas raisonner scientifiquement en disant qu’aucune forme de vie n’aurait été possible dans d’autres conditions.

On peut dire qu’une forme de vie fondée sur l’ADN, l’ARN, les protéines et les cellules (pour résumer) n’aurait pas été possible ? Oui ! C’est tout mais cela ne dit pas tout.

Encore une fois, il faut voir ce que l’on peur affirmer en faisant tourner le film de l’Histoire à l’envers.

Là-dessus, on peut lire l’ouvrage de Stephen Jay Gould, « La vie est belle » :

« L’ordre est largement le produit de la contingence. (…) Tout déroulement de l’histoire, altéré d’un iota apparemment insignifiant à son commencement, aurait donné un aboutissement également sensé et totalement différent, mais extrêmement déplaisant pour notre vanité, puisqu’il n’inclurait pas de vie consciente d’elle-même. (…) Des milliers et des milliers de fois, il s’en est fallu de peu pour que nous soyons purement et simplement effacés du film de la vie. (...) Homo sapiens est un détail dans l’histoire de la vie, et n’en incarne pas une tendance. »

Au départ, le raisonnement anthropique met l’accent sur le fait que la vie ne peut pas apparaître dans n’importe quelles circonstances et que par conséquent, du fait même que nous existons, nous devons « vérifier » que les conditions nécessaires à l’apparition de la vie sont réalisées. Par exemple, les atomes lourds, tels que le carbone, l’azote ou le soufre, sont des éléments indispensables à la matière vivante. Et comme ces composés atomiques ne peuvent se forger qu’à l’intérieur des étoiles, nous pouvons affirmer que le monde est « forcément » plus vieux que l’âge moyen d’une étoile, c’est-à-dire qu’il a une bonne dizaine de milliards d’années.

Cependant, on comprend bien qu’aucune « contrainte » n’est exercée a posteriori par la vie sur notre Univers. Si de contrainte on tient à parler, elle est de l’ordre de la déduction logique d’un Sherlock Holmes se permettant de « déduire » d’effets constatés la nécessité pour certaines causes d’être réalisées. Pour prendre une comparaison : comme seules les femmes enfantent, nous pouvons en déduire que la personne qui a donné naissance a tel bébé est « nécessairement » une femme. Il ne viendrait pourtant à l’idée de personne de prétendre que ce qui a déterminé le sexe de cette personne une génération auparavant, lors de sa conception par son père et sa mère, c’est la naissance aujourd’hui constatée du bébé !

En affirmant que notre Univers est conditionné par notre présence, le principe anthropique mêle les effets et les causes et, renversant l’ordre normal de la causalité, s’affirme ipso facto anti-scientifique. La tentation de remplacer l’explication en terme de causalité par l’explication en terme de finalité a toujours existé. Cette tentation est d’autant plus forte que la première échoue momentanément, ce qui est aujourd’hui le cas, car devant la question de la naissance du monde notre science est complètement désarmée. Pire, elle sait que ses outils sont impuissants à descendre en dessous des limites fatidiques de temps et d’espace appelées « limites de Planck ». En deçà, il nous faudrait une physique toute nouvelle faisant table rase de tous les concepts auxquels nous nous sommes habitués.

Face au défi que représente l’origine du monde, la science, si elle veut rester science, ne peut se retrancher derrière des explications toutes faites et se contenter d’annoncer : si le monde est ce qu’il est, c’est parce qu’il nous contient ! Un tel « principe », qui cherche à combler à bon compte le vide de la théorie, signe en fait l’abdication de toute recherche. Et c’est face à cette attitude inacceptable qu’il faut afficher clairement son camp.

Les remarques sur les paramètres fondamentaux de la physique, ou constantes universelles, et sur le fait qu’on ne pourrait pas concevoir ce monde (et notamment l’apparition des galaxies, des molécules, des macromolécules, de la vie et de l’homme) si ces paramètres étaient un tout petit peu changées sont tirées dans le sens d’un raisonnement absurde, anti-scientifique et mystique. Cela ne démontre que l’unité de l’univers matériel dont le vivant n’est qu’un sous-produit, l’inerte apparent de la matière non-vivante n’étant qu’une illusion et cette matière possédant certes la capacité de produire le vivant sans que cette propriété prenne un caractère extrordinaire, supra-naturel et surnaturel.

D’ailleurs, ce qu’a montré la physique quantique, c’est que la matière n’a rien d’inerte, que le vide lui-même n’est ni le néant ni l’inerte, que l’auto-organisation, l’auto régulation, l’auto activation, l’auto rythmicité, l’auto structuration, l’auto formation d’échelon hiérarchiques nouveaux appartiennent aux propriétés dialectiques de la matière non-vivante et n’ont pas attendu l’apparition de la vie pour se dévoiler. Le passage de l’ « inerte » au vivant s’est produit par toute une série de révolutions qui ne sont qu’une toute petite partie des grandes révolutions de l’Histoire de la matière de l’Univers. La vie ne s’oppose pas diamétralement à la non-vie et il n’y a aucune raison d’être particulièrement étonnés que les constantes caractéristiques de la mtière soient liées inséparablement au mode d’organisation des molécules, des galaxies et de la vie car c’est sur les bases de la matière que l’auto-orgarnisation travaille. Cela ne signifie pas qu’on soit contraint d’admettre que la suite des événements historique de l’histoire de la matière soit préprogrammée à l’avance, que les étapes soient préétablies par un esprit supérieur supranaturel. Le fait que la matière, telle qu’elle existe, et que la vie, telle qu’elle existe, n’aurait pas pu exister sans les étapes de l’Histoire de l’Univers, avec notamment les constantes universelles aux valeurs qui existent soient indispensables au monde atuel ne nous dit absolument rien sur ce qui se serait passé dans le cas où des hasards différents avaient ffait diverger cette histoire, sur le type de matière ou le type de vie, ou le type d’univers que cela aurait pu donner. On ne peut en particulier absolument pas dire qu’un petit changement aurait rendu impossible une autre organisation, une autre vie, un autre type d’homme. Nous n’avons aucun élément pour raisonner scientifiquement ainsi.

Un raisonnement du type : voici ce qui se passerait si on change les paramètres fondamentaux de la physique n’a aucun sens physique car un tel changement n’est expérimentalement pas possible et que le raisonnement abstrait n’est pas non plus dans le cadre de la logique scientifique, même s’il est utilisé par nombre d’auteurs eux-mêmes scientifiques. On peut seulement constater que ces constantes semblent inchangées dans l’univers et dans l’histoire de celui-ci et donc inchangeables. Le « qu’est-ce qui se serait apssé si… » ne peut pas nous mener à des conceptions valides sur le monde.

Discuter de la mise en place des constantes universelles, de l’apparition des molécules, des macromolécules, du vivant, de l’homme et de sa conscience nécessiterait que l’on dispose de plusieurs types historiques de ces développement, ce qui n’est nullement le cas.

Dire que la vie telle qu’on la connaît serait impossible sans le monde matériel tel qu’on le connaît, c’est enfoncer une porte ouverte !

Ceux qui rasonnent autrement s’adonnent à ce que l’on appelle l’idéalisme philosophique, courant qui loin de régresser, augmente que ce soit parmi les scientifiques, les philosophes, les enseignants ou les média, parce qu’il est favorisé par les classes dirigeantes et pas parce qu’il est favorisé par des découvertes scientifiques.

Nous n’avons, pour le moment, aucun moyen de raisonner sur la mise en place des constantes universelles car nous ne savons absolument rien sur une telle émergence, que nous ne savons pas comment ces constantes sont reliées entre elles, si elles datent de telle ou telle phase de l’univers, s’il y a un ordre de leur apparition et quelles relations sont établies entre elles. Cela permet certes que toutes les imaginations débridées se jettent sur le thème, mais surement pas un raisonnement scientifique là-dessus.

La remarque selon laquelle tout eptit changement ds conditions initiales rendrait le monde actuel impossible ne fait que souligner que l’univers est sujet à une propriété dite du « chaos déterministe » qui est celle de la « sensibilité aux conditions initiales ». Or, dans le chaos déterministe, les changements des paramètres initiaux qui sont réalisables entraînent des suites assez rapidement très divergentes sans pour autant que cela signifie que ces suites soient préétablies dans l’état initial. Au contraire, l’état initial possède de multiples potentialités de développement ultérieur et n’a en rien tranché entre ces diverses options. Le chaos déterministe, causé par cette sensibilité aux conditions initiales des systèmes non-linéaires amortis entretenus, est justement le type même de mélange dialectique de hasard et de nécessité dans lequel le hasard est le fondement de la loi et la loi reproduit du hasard.

Il peut y avoir de nombreux mondes possibles sur d’autres bases matérielles légèrement différentes mais nous n’en savons rien et nous ne pouvons donc même pas disserter dessus.

La seule conséquence de la remarque en question est donc seulement celle de l’unité du monde, du caractère inséparable (inopposable diamétralement) de ses diverses formes et niveaux d’auto-organisation.

Il est étrange que ce soit justement la meilleure démonstration du fait que l’univers est un qui serve à opposer diamétralement matière vivante et non vivante, l’homme au reste de l’univers, et la conscience à la non conscience de la matière, comme le fait le « principe anthropque ».

Il faudrait plutôt remarquer que les lois de la matière inerte ont un caractère dynamique, capable d’auto-organisation, d’auto-structuration, de fondement de structures et de lois nouvelles, permettant à l’histoire de connaître des bifurcations inattendues et imprédictibles, qui ne sont nullement (même en germe) prévues dans l’univers antérieur.

Le dualisme (opposition diamétrale entre monde matériel et monde humain conscient) des partisans du « principe anthropique » ne provient pas des observations, des mesures, des lois mathématiques, contrairement à ce qu’affirment leurs auteurs divers. C’est au contraire a un a priori philosophique qui fonde ces affirmations qui ne sont nullement corroborrées par la science.

La conception matérialiste et dialecticienne du monde est bien plus proche des découvertes des sciences que toutes ces élucubrations idéalistes mais elle n’a pas, pour des raisons politiques et sociales évidentes, le bonheur de plaire aux classes dirigeantes et donc d’être diffusée par leurs média, leurs éditeurs, leur presse, et de connaître, du coup, une large diffusion et un succès auprès des auteurs eux-mêmes. Quand un scientifique ou un journaliste baptise le boson de Higgs de « particule de dieu », il est relayé des centaines de milliers de fois à la minute et pas lorsqu’il explique que cela suppose que la matière fugitive (extraordinairement dynamique et agitée, se transformant brutalement sans cesse) du vide quantique est le fondement de la matière inerte.

Dire, par exemple, que la vie nécessite le carbone qui ne peut être élaboré que par des étoiles parvenues à un stade bien défini de leur évolution stellaire, que ce stade n’est possible que si l’univers a certaines caractéristiques ne justifie nullement de dire que le monde a été bâti pour avoir les caractéristiques permettant la vie. Pas plus que, si une tuile vous tombe sur la tête, cela signifie que le monde ait été bâti pour parvenir à cette situation, même si, avec des constantes différentes de la Terre, la gravitation serait différente et la tuile ne tomberait pas ! C’est une inversion de raisonnement qui n’a pas de sens logique. Si on peut démontrer que sans une cause A un effet B serait impossible, cela ne sous-entend nullement que la cause A ait été produite pour obtenir l’effet B… Les adeptes du principe anthropique affirment que l’existence de la vie et de l’homme aurait pour conséquence… la nécessité que préexiste un monde compatible avec la vie. Il ya là un renversement qui nécessiterait une suppression du sens de l’écoulement du temps qui ne peut pas exister au niveau macroscopique et astronomique. L’apparition de l’homme ne peut pas avoir des conséquences sur le choix des constantes universelles qui sont des conditions initiales. Il y a là une incontestable erreur de raisonnement, inattendue pour des scientifiques. Elle témoigne que, tous grands physiciens qu’ils soient, le fait qu’ils soient peu formés en philosophie des sciences a de redoutables conséquences dans leurs erreurs de conception globale.

Le « principe anthropique » est un retour, au sein des sciences et des philosophies, de l’idéalisme, du finalisme, du mysticisme, de la métaphysique, des parasciences, de la magie, du créationnisme et des religions du même type que le « dessein intelligent ».

Le point commun de tous ces auteurs est de « trouver fou qu’un univers ait produit une conscience capable de l’étudier. » C’est la conscience humaine qui leur paraît de l’ordre du fantastique et, loin de partir de la matière pour comprendre la conscience humaine, ils en tirent comme conclusion qu’il doit y avoir une origine surnaturelle !!!!

Idéalisme et dualisme caractérisent la pensée fondamentale de Brandon Carter, à l’origine de toutes les versions du principe anthropique : « Nous pensons donc l’univers est. »

Au sein de cette « thèse anthropique », il y a des versions très diverses, dites « fortes » ou « faibles » :

Carter développe le principe dit « faible » :

« Notre position dans l’Univers est nécessairement privilégiée en ce sens qu’elle doit être compatible avec notre existence en tant qu’observateurs. »

Et il développe aussi le principe dit « fort » :

« L’Univers (et donc les paramètres fondamentaux dont celui-ci dépend), doit être tel qu’il permette la naissance d’observateurs en sont sein, à un certain stade de sont développement… Les constantes fondamentales de la physique semblent être parfaitement ajustées pour favoriser l’apparition de la vie… Si telle ou telle constante avait été légèrement différente, les étoiles ne se seraient pas formées, ou bien la synthèse des éléments chimiques qui nous composent n’aurait pas démarré, ou bien les supernovae qui les dispersent dans l’espace n’existeraient pas… Pourquoi un tel ajustement des constantes physiques ? Certains esprits religieux répondent que c’est parce qu’un être divin les a ajustées afin que nous apparaissions… »

Par la suite, on va trouver le principe anthropique d’autosélection, celui de participation, celui de contingence, celui de conscience, qui sont des variétés diverses mais dont aucune n’a davantage une démarche vraiment scientifique….

 

"Dieu n'est pas phénoménal"

Par Le 26/09/2016

Dieu n'est pas phénoménal

 

http://patriceweisz.blogspot.fr/2006/12/notes-bibliographiques.html

 

"Bonjour et bienvenue sur ce blog

 

Si vous refusez comme moi la nécessité scientifique d'un monde absurde ;

Si vous n'acceptez pas que le hasard soit considéré comme une cause agissante ;

Si vous tentez d'imaginer que notre monde (non restreint à l'univers observable) est causal mais que vous tenez aussi à votre libre-arbitre ;

Si vous n’aimez pas faire intervenir de façon trop triviale un Dieu à la volonté insondable pour expliquer ce qui vous échappe ;

Si ce que je vous dis ici vous parle ;

Alors soyez les bienvenus :

nous sommes sur la même longueur d'onde pour tenter d'imaginer, ensemble, autre chose réconciliant ce que nous proposent la science et la religion d'aujourd'hui dans leur opposition manichéenne."


Patrice Weisz

5- Hasard et Principe Anthropique

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"Ce que pensait Roger" de John Updike

Il est temps de parler un peu de ces livres merveilleux cités en référence à la fin de cet ouvrage. Je n’ai pas mis tous les livres que j’ai lus, simplement j’ai essayé de me souvenir de ceux qui m’ont marqué d’un intérêt particulier. Ils sont pour moi l’occasion de m’en servir comme point de départ pour développer quelques réflexions.
Parmi les nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique que j’ai mis dans la bibliographie, il y a curieusement 2 ou 3 romans amusants ou instructifs et « Ce que pensait Roger » de John Updike en fait partie. 

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John Updike
Pourquoi ce choix ?
En fait à côté de l’intrigue divertissante qui tourne en gros autour de la libido d’un quinquagénaire, il y a un débat fort intéressant entre un professeur de théologie étant frappé du doute et un scientifique qui essaie de prouver l’existence de Dieu à travers la singularité « anormale » des principales constantes rencontrées en physique. Nous parlerons effectivement de ce point de vue dans le chapitre consacré aux unités de Planck.

Des valeurs inexplicables

Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Cela me donne ici l’occasion d’exposer quelques questions non résolues posées par la cosmologie moderne et qui demandent quelques éclaircissements.
Notre univers observable est caractérisé par un ensemble de constantes universelles et les valeurs mesurées de ses composants. Il s’agit de c la vitesse de la lumière, de h la constante de Planck, de la masse de l’électron, etc... Toutes ces valeurs sont mesurées et définissent un modèle mathématique de l’univers qui permet d’en faire des simulations informatiques. Si on modifie l’une de ses valeurs d’une petite quantité, alors on obtient un univers totalement différent du notre.
Et on ne trouve aucune explication plausible à l’obtention de ces valeurs.
C’est comme si elles avaient été judicieusement choisies parmi les milliards de milliards de combinaisons possibles. Donc cela frappe l’entendement. La probabilité de tomber par hasard sur des valeurs qui marchent est si faible que cela rend le hasard douteux....

Tout ouvrage démontre un ouvrier

Donc le scientifique de John Updike y voit là autre chose que le hasard : la trace de Dieu et ainsi une preuve « observable » de son existence. 
Ce raisonnement est une version plus moderne du Grand Horloger de Voltaire.
livre patrice6_html_4e35bd94François Marie Arouet dit Voltaire (1694-1778)






 

En apercevant l’ordre, les lois mécaniques et géométriques qui règnent dans l’univers, je suis saisi d’admiration et de respect. Si les ouvrages des hommes me forcent à reconnaître en nous une intelligence, je dois en reconnaître une bien supérieure agissant dans la multitude de tant d’ouvrages. J’admets cette intelligence suprême sans craindre que jamais on puisse me faire changer d’opinion. Rien n’ébranle en moi cet axiome : tout ouvrage démontre un ouvrier «

Le seul raisonnement trouvé pour expliquer cela par les scientifiques non croyants est ce que l’on appelle le principe anthropique : j'y reviendrais, mais pour l'instant, il suffit de se dire que ce principe définit le raisonnement suivant :
Les seules valeurs possibles des constantes de notre univers sont celles permettant l’avènement de l’homme car sinon il ne serait pas là en train d'en parler. 
i.e. : D'autres valeurs définissent peut-être d'autres univers dans lesquels la race humaine n'existe pas, et donc personne n'y formule ce type de question !
A l’ère du déterminisme on voit là une entorse à tous les raisonnements modernes et à toute la rationalité ambiante.
On peut aussi y lire un raisonnement « fataliste » qui trouve la cause du Big-Bang dans son futur « humain ».
Les valeurs physiques adoptées dès la genèse de l’univers (la théorie du Big-Bang) sont justifiées par ce qui va s’y passer quelques milliards d’années après, créant ainsi les conditions indispensables à la vie.
Le principe de causalité nécessitant que la cause soit antérieure à l’effet paraît totalement inversé ici sans choquer personne. Ce principe est repris par les plus grands physiciens actuels qui s’en satisfont sans y voir de contradiction.

Avec le temps, tout arrive par hasard

Donc il y a deux attitudes possibles :

  1. Voir dans cette cohérence incroyable de valeurs la main de Dieu comme dans le roman de John Updike
  1. Remplacer le grand Horloger par le Hasard (comme d’habitude, non ?) en évoquant l’hypothèse d’une successions infinie d’univers sans vie auto-créés avec toutes les valeurs possibles jusqu’à tomber par hasard sur celui permettant l’avènement de la vie, mais aussi de l’homme en tant qu’observateur. 
  2. On peut aussi dans le cadre de la physique quantique, non pas mettre en série ces univers mais plutôt les mettre en parallèle (voir la Théorie des Univers parallèles* de Hugues Everett) ce qui ne change pas grand chose. L’avantage étant de réduire la durée temporelle théorique nécessaire. Tous les univers possibles co-existent (on appelle cela des multivers*), certaines valeurs des paramètres cosmologiques engendrent des mondes sans vie, et d'autres permettent la venue de l'homme : c'est dans ceux là que nous sommes et que nous regardons la valeur des constantes de l'univers, nécessairement les bonnes pour que l'homme puisse y exister.

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Hugh Everett(1930-1982)
Je vous laisse choisir l’hypothèse la plus plausible...Pour ma part je me suis lassé des raisonnements du type :

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Ce singe va-t-il réussir à écrire Notre-Dame de Paris avant de mourir ?
« Mettez un chimpanzé devant une machine à écrire, au bout d’un temps suffisamment long il finira par hasard à écrire Notre-Dame de Paris ! »
Vous y croyez-vous ?
En toute modestie, je veux bien reconnaître avoir du mal à appréhender des durées de milliards et de milliards d’années car n’étant qu’un être humain ma capacité naturelle me pousse à m’approprier des durées de l’ordre de celle d’une vie humaine.
C’est alors mon propre entendement qui trouve ses limites et qui est ainsi heurté par l’infinité potentielle du temps.
En fait, là où certains voient Dieu, d’autres remplacent cela par le Hasard, aidé par beaucoup beaucoup, beaucoup de temps, autant qu'il en faut pour couvrir toutes les possibilités... Et le tour est joué ! Avec ce principe, on prend n'importe quelle hypothèse la plus farfelue et comme dans l'infini temporel (qui n'est que théorique) tout peut et doit arriver parce que sinon ce n'est pas l'infini, alors même le plus invraisemblable doit aussi survenir. C'est exactement selon cette même explication scientifique « élaborée » que l'on prédit qu'un jour les poules auront des dents !
Cette explication n'est pas très crédible car elle reste une démonstration théorique, basée sur des concepts inventés par l’homme, qui ne peut hélas ni se prouver ni s'expérimenter. De plus elle s'articule sur l'existence théorique de l'infini du temps.
Il faudrait donc aussi que le temps puisse exister durant cette longue période d’essais successifs. J’y reviendrais. 

Les univers parallèles

A moins d'opter pour les multivers et faire le grand saut conceptuel : nous sommes présent dans une quasi-infinité d'univers ayant entre eux comme différences de toutes petites variations infinitésimales, de façon à ce que toutes ces variantes recouvrent toutes les possibilités de choix qu'offre le hasard. Du coup celui-ci s'élimine car chaque histoire d'univers devient unique. Quand il y a un choix possible, et cela peut arriver au niveau de chacune des particules de l'univers, alors celui-ci bifurque et donne plusieurs univers de façon à ce que tous les cas de figures existent vraiment. On peut voir un multivers comme un vaste complexe déjà déployé dans lequel toutes les possibilités sont déjà réalisées dans tous les univers possibles. Complexe au sein duquel nous naviguons en prenant un chemin qui ne nous montre qu'une seule réalité, les autres plans ne nous étant pas accessibles. En supposant en chaque instant un choix binaire, alors il existe deux univers réalisant ces deux choix. Donc tout arrive en même temps : il y a donc un univers dans lequel un singe a tapé notre-dame de Paris du premier coup pour, beaucoup, beaucoup d'autres univers dans lesquels ce même singe clôné n'a produit qu'une longue suite de lettres sans queue ni tête. 
La théorie des univers parallèles élimine ainsi la nécessité d'un infini temporel pour laisser au hasard aveugle le temps de fabriquer quelque chose ressemblant à ce que l'on a sous les yeux. 
Il n'y a alors qu'une seule durée de temps nécessaire : celle de l'âge de notre univers, puisque les essais ne sont pas successifs mais simultanés. Néanmoins cela est rendu possible en perdant l'unicité de notre univers et en le remplaçant par une quasi-infinité de toutes ses variations possibles. La fantastique explosion combinatoire qui en découle n'est pas forcément plus satisfaisante intellectuellement pour le commun des mortels et ne saurait guère qu'apaiser les seuls esprits pétris des hautes jongleries abstraites que les mathématiques favorisent. 

Le Googol

On estime en plaisantant que le nombre d'univers composant un multivers est un « googol » soit un 1 suivi de cent zéros : 
Un GOOGOL=
«10000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000 ».
A titre anecdotique, le googol dont le nom a été trouvé par le fils de neuf ans du mathématicien Edward Kasner a servi pour nommer le fameux moteur de rechercheGoogle. 
Edward Kasner a aussi crée le nom GOOGOLPLEX, un 1 suivi de googol zéros, mais se nombre est tellement gigantesque qu'en admettant que chaque particule de l'univers connu serve à codifier un zéro, l'univers serait encore trop petit pour pouvoir le représenter en totalité.

Ceci m’amène sans transition à une autre conversation captivante que deux protagonistes du livre de John Updike tiennent au cours d’un cocktail, dans ce roman au demeurant très croustillant (mais cette fois pour d'autres raisons nettement plus terriennes...) :

Comment tout peut exister à partir de rien ?

Dans cette conversation faussement mondaine, ce qui est intéressant et que je vous résume ici, c’est l’évocation de structures originelles de l’univers qui ont tellement peu de propriétés (en mathématique on appelle cela les ensembles de Borel) que même la distance entre deux points ne peut y être définie. Car une distance est une relation de propriété entre deux éléments d'un ensemble qui doit pour pouvoir être définie répondre à quelques critères géométriques élémentaires.
Soit d une distance sur un ensemble E permettant d'effectuer une mesure, alors pour tout couple (x,y) de points de E,
Il faut que d(x,y)=d(y,x) relation de symétrie
Il faut que si d(x,y)=0 alors x=y séparation
Il faut de plus que pour tout (x,y,z) dans E,
d(x,z) <= d(x,y) + d(y,z) inégalité triangulaire
Si on peut définir d dans E alors l'ensemble E s'appelle un espace métrique et il est mesurable. 
Mais s'il ne répond pas à cette définition, alors on est en présence d'un « espace » bizarre dont la géométrie (ou la topologie) est très anarchique.
Imaginons une sorte d'espace dans lequel on peut avoir une distance nulle entre deux éléments différents : cela veut dire qu'ils sont confondus au même endroit sans être identiques. De la même façon, si le temps n'est pas mesurable, alors aucune chronologie temporelle ne peut y être défini : tous les instants y sont confondus ou des éléments différents sont tous au même endroit, etc.. La géométrie de l'univers pré-Big-Bang ne permettrait pas encore de raisonner en terme d'espace-temps, car ni l'espace, ni le temps, au sens où nous les entendons, n'existeraient encore. On peut donc considérer que l'espace-temps de notre univers a démarré au moment du Big-Bang, à partir d'une géométrie chaotique non mesurable, donc sans dimension, à l'image d'un point purement géométrique sans étendue quantifiable.
En relativité, le temps est une distance de même nature que l’espace. L'espace-temps étant un continuum non-séparable dans lequel mathématiquement on peut se déplacer sans direction privilégiée.
Mais si on se trouve dans une sorte de magma originel non suffisamment élaboré, et que même la distance ne peut s'y définir, le temps lui-même n’existe pas encore en tant que dimension structurée.
En d’autres termes l’espace et le temps sont nés d’un même point où tout était confondu, puis une géométrie s'est déployée en augmentant de volume jusqu'à séparer les lieux et les instants, permettant bien plus tard la venue des premiers grains de matière. Ceci est bien entendu une façon de voir les choses en utilisant une image géométrique, un modèle simpliste se voulant plus pédagogique que réaliste.
Le «avant» et le «après» ne peuvent se définir que si le temps lui-même existe, c'est-à-dire si des écarts de temps peuvent être mesurés et ordonnés de façon à constituer une chronologie.

Avant le Big-Bang

Donc la question «Qu’y avait-il avant le Big-Bang ?» perd d’un certain point de vue tout son sens, 
Et là se trouve vraisemblablement aussi une des clés de compréhension de notre monde.
Comment imaginer une succession de milliards de milliards d’univers durant, chacun, des milliards d'années, fruits du hasard, et se succédant ainsi, jusqu’à tomber sur les bonnes valeurs du notre, si le temps ne pouvait pas exister avant celui ci ? 
Faut-il alors penser que tout a commencé en même temps que le temps du Big-Bang ?
Ou que le temps physique du Big-Bang n'est pas le seul temps , et qu'il s'inscrit dans un temps plus vaste et infini mais non mesurable ? Une sorte de « pré-temps » associé à aucune géométrie le rendant mesurable...
Ou alors que le temps n'existe pas tout simplement ?

Big-Bang et Big-Crunch

Mais il reste encore, car les scientifiques ont réponse à tout, la théorie des cycles de contractions et d’expansions de l’univers (Big-Bang et Big-Crunch).
A chaque contraction, l’espace et le temps re-fusionnent en un point jusqu’au prochain Big-Bang.
La contraction n’étant possible qu’au-delà d’une certaine masse d’énergie critique afin que la force d’attraction gravitationnelle puisse au bout d’un moment contrecarrer l’expansion de l’univers. 

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Calcul de la masse manquante de l'univers
D’où les programmes de recherche de la masse manquante ou de la matière noire, afin de tenter de boucler les cycles d'univers et ne pas finir dans un univers froid et immobile. Tous les calculs d'évaluation de la masse totale de la matière visible de l'univers donnent des valeurs en-deçà des valeurs critiques nécessaires au comportement cyclique de l'univers. Car si l'univers en expansion se refroidit jusqu'à un immobilisme complet, sans plus aucun mouvement, alors le temps s'arrêtera aussi car sans mouvement, pas de temps qui s'écoule...
Et il deviendrait alors assez délicat de soutenir qu'il y a eu pleins d'univers avant nous, ayant parfaitement exécuté des cycles d'expansion et de contraction jusqu'au notre (le seul que nous connaissions). Si le notre s'arrête en mourant à la fin de la première phase, et n'a pas les caractéristiques énergétiques pour se re-contracter, cela ne rend pas cette hypothèse très crédible, car cela supposerait que l'univers précédent aurait contenu plus d'énergie que le notre, ce qui remet en cause le principe de la conservation d'énergie sur lequel précisément tous les calculs d'astrophysiques reposent...A moins qu'il y ait des fuites énergétiques alimentant d'autres univers par le principe des vases communicants, auquel cas on ne peut alors rien prédire du tout !
Et sans solution physique, tout l’édifice savant s’effondre et le principe anthropique avec. 
Et le mystère des données constitutives exceptionnelles de notre univers restera alors entier ! Et lespectre de Dieu risque donc de refaire son apparition tant redoutée par les scientifiques.
En prenant un peu de recul, on se rend compte que tout cela n’est que pure spéculation théorique induite par le comportement et la limitation des modèles mathématiques d’univers, et n’a rien à voir avec sa nature réelle qu'ils ne font qu'approcher avec plus ou moins de bonheur.

Le polynôme de Lagrange

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Joseph Louis, comte de Lagrange (1736-1813)
Pour conclure : en mathématique, l’étude du polynôme de Lagrange m’a fortement interpellé.
Le brillant mathématicien Joseph Louis, comte de Lagrange a trouvé dans les années 1770, parmi d'autres résultats remarquables à son actif, comment construire une équation polynomiale à partir d’un nombre quelconque de points. La particularité de la courbe de cette équation est qu’elle passe par tous les points qui sont donnés. 

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Interpolation avec le polynôme de Lagrange
Si on a 2 points, le polynôme de Lagrange donne la droite passant par ces deux points, si on en a 3, le polynôme de Lagrange donne l’équation de la parabole passant par ces 3 points, etc.. Il s'agit donc d'une interpolation polynomiale exacte, dans la mesure où la courbe de la fonction trouvée passe systématiquement par les points qui sont donnés pour la définir.
On peut se servir de cette analogie pour mieux comprendre comment fonctionne la modélisation mathématique du monde :
L’observation scientifique des phénomènes de notre univers nous donne N points, alors les mathématiciens construisent des modèles passant par ces N points d’observation.
Les physiciens construisent des théories en utilisant ces modèles mathématiques et en les plaquant sur la réalité observée. La compatibilité des théories avec les observations existantes est testée.
Pour cela il faut que la théorie puisse prédire des données observables auxquelles on pourra la comparer. Il faut donc que cette théorie soit falsifiable au sens de Karl Popper, c'est à dire qu'il y ait un moyen de la tester et de la prendre, le cas échéant, en défaut. Il faut trouver un moyen de pouvoir laréfuter en faisant une expérience qui peut l'invalider ou la conforter.

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Karl Popper

La falsifiabilité des théories scientifiques

Cette notion de falsifiabilité (on aurait dû dire en français réfutabilité, mais le terme anglais s'est déjà imposé) est très importante, et hélas fait que nombre de théories non testables empiriquement, ne sont pas prises au sérieux ou sont reconnues comme non scientifiques. 
C'est d'ailleurs le critère de démarcation entre science et métaphysique de Karl Popper. 
En revanche les théories testables et donc réfutables, ont du coup l'avantage d'être opérationnelles, car nécessairement prédictibles.
Ensuite, si la théorie est bonne, on s’en sert pour prédire d’autres points non encore observés ; on imagine des expériences permettant de les révéler et on teste à nouveau. Si les tests s’avèrent incompatibles avec la théorie, celle-ci est invalidée , dans le cas contraire, elle est corroborée...jusqu'à tomber sur un point qui ne marche pas. Les théories sont donc en sursis permanent, elles sont vraies jusqu'à preuve du contraire !
Et voilà.
Les théories sont en quelque sorte de grands polynômes de Lagrange, construites pour être compatibles avec les données de l’observation.
Hélas, la courbe peut passer à côté d’un point existant mais non encore observé qui remettrait à lui seul radicalement en cause son équation et sa logique.

La limitation de la condition humaine

De plus dans l’immensité du monde, le nombre d’observations possibles est forcément dérisoire et limité par nos capacités d’observation. Le type de modèle mathématique que l’on peut trouver est lui aussi forcément limité par nos capacités d’entendement et l'imagination certes très fertile mais néanmoins simplement humaine des chercheurs de tous bords. Donc on ne peut rendre compte, par l'observation empirique du monde, de tout ce qu'il contient. Ce qui fait que la science n'aura jamais finie de se rapprocher de la réalité, dans une quête sans fin de l'approximation la plus fidèle possible, mais inévitablement tronquée.
La logique mathématique engendrée par les modèles existants aboutit à des hypothèses qui sont discutées et étudiées très sérieusement. 
Les limites des modèles engendrent des paradoxes qui défient l’entendement, car trop souvent ces modèles sont assimilés à la réalité. Mais un plan infini ne se réduit pas à une courbe passant par quelques points, et il y a dans le vaste univers, des points que l'on ne pourra jamais connaître, alors nos polynômes de Lagrange n'y passeront pas !
En conséquence, la réalité profonde du monde, « la chose en soi » ne peut être contenue dans les équations mathématiques passant par les quelques phénomènes qui nous sont donnés d’observer.
Pour aller encore plus loin, Emmanuel Kant a dit fort justement :

 

« L’espace et le temps sont deux modalités de notre entendement ».

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Le grand Emmanuel Kant (1724-1804)

Ce que l’on pourrait traduire par le fait que ce ne sont pas des propriétés appartenant à notre monde, mais plutôt des représentations structurellement liées à l’architecture de notre entendement et dont on ne peut pas sortir.
Donc, en synthèse :
C’est l’homme qui projette, sur le monde des phénomènes, sa propre façon d’appréhender les choses, à travers les modèles qu’il invente à partir de ses observations, pour pouvoir se les rendre compréhensibles et ainsi s’approprier la réalité sensible.
Du coup les paradoxes liés au temps, à l’infini, etc.. évoqués plus haut ne sont que pures élucubrations intellectuelles induites par le regard forcément réducteur que l’on porte sur l’Etre et non liées à sa vraie nature. Ces paradoxes sont d'origine mathématique car ils portent sur une représentation mathématique du monde.
Les réponses que l’on peut alors apporter sur le plan scientifique ou métaphysique ne peuvent être prises pour une réalité objective mais sont dictées de façon incontournable par notre condition humaine.
La réalité sensible construite par l’homme prend ainsi sa source dans les spécificités de la conscience humaine qui se retrouve alors être à l’origine de toute cosmologie possible, scientifique ou religieuse, sans pour autant que l’une ait droit de préséance sur l’autre. Les théories scientifiques deviennent donc des théories sur l'information que l'on peut extraire du monde plutôt que sur le monde lui-même.
La science est assise sur des critères d'inter-subjectivité, a une réelle opératibilité, mais en aucun cas ne peut prétendre à être objective ou posséder une quelconque vérité découlant de ses modèles.
Elle peut par contre se targuer d’avoir une cohérence interne structurelle certaine, induite par le langage mathématique, et aussi une compatibilité avec les données restreintes de l’observation de certains phénomènes, mais ne peut prétendre aller plus loin.
La science n’est qu’une point de vue particulier très convaincant de notre univers observable issu de l’esprit humain, qu’il serait absurde de rejeter, mais qui reste insuffisant pour comprendre l'essence du monde. Il est donc nécessaire d'y apporter d'autres points de vue complémentaires ne laissant pas autant la spiritualité de côté, avec comme contrainte constructive que ces différents points de vue n’entrent pas en contradiction.
Patrice Weisz

 

 

Le principe anthropique fort

Par Le 26/09/2016

C'est sidérant d'imaginer que parfois les humains qui ont un peu de temps à consacrer à la lecture ne savent pas vers quel sujet se porter au point qu'ils vont allumer la télévision. Sur la problématique du principe anthropique, il existe des quantités d'articles sur le net et sans même avoir une quelconque intention d'affirmer quoique ce soit, il semble tout de même que l'émergence de la Vie représente un sujet honorable pour qui dispose de quelques minutes, voire de quelques heures... Juste pour se poser la question : "Mais bon sang, pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien et comment c'est possible que je sois là à me poser cette question ?".........

Dans l'idée d'un hasard créateur de l'Univers, il est incontournable d'envisager dès lors l'existence d'autres Univers parallèles. (10 puissance 60)...

Dans l'idée d'une nécessité, il est inévitable d'accepter le principe créateur. Celui-ci est réprésenté par les lois physiques de la Nature et non pas un Dieu à l'image de l'homme...

http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/anthropic.html

"Si la densité critique de l'Univers avait été un tant soit peu différente, l'Univers n'aurait jamais évolué jusqu'à l'état actuel. Une seconde après le Big Bang, l'Univers était déjà en équilibre et l'écart avec le seuil critique était de 10 puissance 15... Si l'Univers est tel qu'il est aujourd'hui, c'est justement parce que les constantes de couplage qui mesurent l'influence des différentes interactions ont été ajustées avec une précision telle qu'on peut réellement se demander quel mystère se cache sous cette précision d'horloger...Hubert Reeves a démontré et d'autres astrophysiciens également, qu'à l'époque de la genèse de l'Univers, la moindre déviance des constantes de couplage aurait provoqué l'instabilité des nucléons et aurait condamné l'évolution cosmique..."

Quelle est la différence entre le principe anthropique faible et le principe anthropique fort ?

"Le principe anthropique se trouve dans la reconnaissance du fait qu’un nombre limité d’univers possibles (parmi tous les univers théoriquement possibles) sont favorables à l’émergence de la vie. Le principe dit faible propose que l’univers que nous habitons doit avoir les caractéristiques d’un univers permettant notre évolution, et donc l’observation de ce même phénomène. Ce principe est généralement admis par les philosophes et par les astronomes. Le principe dit fort, énoncé par Brandon Carter, est plus spéculatif. Étant données toutes les coïncidences dans la nature, apparemment sans connections entre elles, et qui ont donné lieu à l’émergence de la vie, l’univers DOIT promouvoir le développement des observateurs. Autrement dit, le principe anthropique fort propose une forme de destin universel où la présence éventuelle de l’observateur est nécessaire, tandis que le principe anthropique faible propose que seulement un univers habitable par la conscience pourrait être observé. "


 

http://www.atoi2voir.com/spiritualite/temoignages-sur-dieu/temoignages-existence-de-dieu-science-et-foi/1120-je-ne-crois-pas-au-hasard-dans-lunivers/

L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan explique comment il ne croit plus au hasard, mais en une intelligence qui a créé l’univers : Dieu

Trinh Xuan Thuan

L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan nous explique une constatation acceptée par tous les chercheurs, appelée principe anthropique : « l’univers se trouve avoir, très exactement, les propriétés requises pour engendrer un être capable de conscience et d’intelligence (l’homme) ».

Il se base sur un impressionnant calcul de probabilité : «Les astrophysiciens peuvent jouer aux dieux créateurs en construisant des modèles d’univers, chacun avec sa propre combinaison de constantes et de conditions initiales, grâce à la puissance des ordinateurs modernes. La question … qu’ils se sont posée pour chaque modèle d’univers est : héberge-t-il la vie et la conscience après une évolution de 13,7 milliards d’années ? La réponse est … : la vaste majorité des univers possède une combinaison perdante (…) – sauf le nôtre (…) La précision stupéfiante du réglage de la densité initiale de notre univers est comparable à celle que devrait montrer un archer pour planter une flèche dans une cible carrée d’un centimètre de côté qui serait placée aux confins de l’univers, à une distance de quelque 14 milliards d’années-lumière.»(1)

«Aucun scientifique ne contestera le réglage très précis des constantes physiques et des conditions initiales de l’univers pour permettre notre existence (…) Les débats surviennent quand il s’agit d’aller plus loin, quand on aborde le principe anthropique fort (…): ce réglage est-il dû au seul hasard ? Ou bien résulte-t-il de la nécessité, si bien que les valeurs des constantes … sont les seules permises ? Disons le tout de suite : la science est incapable de trancher entre ces deux propositions.»(2)

Trinh Xuan Thuan a pris partie pour l’hypothèse «forte»:

«Une autre raison pour laquelle je m’insurge contre l’hypothèse du hasard est que je ne puis concevoir que toute la beauté, l’harmonie et l’unité du monde soient le seul fait de la chance (…) Je pense qu’il faut parier, comme Pascal, sur l’existence d’un principe créateur (…) mais c’est un postulat que la science est incapable de démontrer, qui relève de la métaphysique».(3)

«Certains avancèrent que l’émergence de l’intelligence et de la conscience dans l’Univers n’était qu’un simple fait dû au hasard (…) L’univers n’avait que faire de notre présence. Il s’en souciait comme d’une guigne (…) Jacques Monod: ‘ L’homme est perdu dans l’immensité indifférente de l’Univers d’où il a émergé par hasard ’ (…) Steven Weinberg: ‘ Plus on comprend l’Univers, plus il nous apparaît vide de sens ‘… je ne suis pas d’accord avec cette vision désespérante du monde».(4)

La «complémentarité des approches scientifique et spirituelle est très importante. Je suis persuadé que la science n’est pas la seule fenêtre qui nous permet d’accéder au réel. Ce serait arrogant, de la part d’un scientifique, d’affirmer le contraire (…) La science nous apporte des informations, mais n’a rien à voir avec notre progrès spirituel et notre transformation intérieure (…) Confronté à des problèmes éthiques et moraux, notamment en génétique, le scientifique a besoin de la spiritualité pour l’aider à ne pas oublier son humanité»(5)


 

Le silence de la foi.

Par Le 25/09/2016

 

 

Quand je vois les adhérents aux partis politiques et leur « foi » en leur sauveur, j’aimerais pouvoir leur dire qu’il ne s’agit que de croyances.

Le croyant est inquiet et il a besoin de partager ses peurs. C’est le rôle des meetings politiques. Le croyant adopte la vision tronquée du réel diffusée par la masse et les discours « liturgiques » des leaders.

La croyance est le tuteur de ceux qui n’ont pas la foi.

La croyance se nourrit d’un espoir apporté par une projection.

La foi, elle, n’a aucun espoir, aucune attente. Elle n’existe pas dans un espace extérieur. Elle ne vibre qu’au plus profond…

 

La croyance vient pour combler un vide existentiel qui propage des peurs, des peurs nourries par un espace extérieur, une réalité qui inquiète et dont les leaders usent à bon escient pour gonfler les armées de croyants. On pourrait trouver dans l’enfance des croyants des traumatismes irrésolus.

La communauté des croyants, noyautée par les Maîtres, vient apaiser les douleurs des âmes apeurées et solitaires et dresser des lumières artificelles, des phares aveuglants.

 

Celui qui a foi accepte la solitude pour une raison très simple : il vit dans l’instant de sa foi en la vie et il est impossible d’être seul au cœur de la vie.

 

Le réel, et non une réalité fabriquée, c’est ce qui reste quand on a laissé derrière soi toute croyance.

La croyance est une réponse à la peur alors que la foi est un appétit de vivre. Non pas sur le repas à venir, dans l'illusion infantile que les famines ne reviendront jamais mais sur les nourritures qui ruissellent en nous, à chaque instant…

L'intellect entretient les croyances, qu'elles soient religieuses, scientifiques, philosophiques.

Ce sont des idées auxquelles on tient, avec acharnement, jusqu'à l'intransigeance parfois et sur lesquelles on cherche à avancer, comme une forme de dépendance, une addiction sociale et intellectuelle.

Ces croyances nourrissent l'ego, ce sont des signes d'appartenance, de reconnaissance, d'union.

Elles restent dans la dimension des "croyances", même si leurs adeptes leur trouvent d'indéniables justifications parce qu'elles sont justement de l'ordre de l'intellect...

Il suffit pour s'en convaincre de juger des changements de ces "croyances", des discussions infinies sur les religions elles-mêmes ou sur la politique... Elles sont fluctuantes parce qu'elles n'existent que par l'intellect et que l'intellect vit sous le joug des émotions. Il est normal qu'elles évoluent dans cet espace mentalisé, sinon, d'ailleurs, il s'agirait de fanatisme...Mais elles ne peuvent dès lors permettre à l'individu de nager en eaux libres.

La foi n'est pas dans cet espace parce qu'elle ne trouve pas sa source dans l'intellect. Elle est de l'ordre du ressenti, mais un ressenti qui n'est pas identifié, maîtrisable, reproductible. Les cinq sens eux-mêmes s'y affolent et dès lors qu'une tentative de contrôle est envisagée, tout se perd.

L'abandon du moi est à la source du Soi. La foi est son combustible. Il n'y a rien à faire. Seul l'abandon de l'intellect, momentané, involontaire ou pas, reste le point de départ.

Ne pas chercher revient à découvrir que c'est déjà là, comme si l'effort était un paravent au lieu du cheminement qu'on imagine.

Les voies de l'intellect sont des labyrinthes mouvants. Il n'est d'autres solutions que de tout raser. 

 

 

 

La foi, elle, n'est même pas une voie puisque cela laisserait entendre qu'il y a un horizon à conquérir.

Ce n'est pas une voie sur la montagne. C'est la montagne.

 

La foi est la certitude que je n'ai pas à chercher une réponse. Alors que la croyance m'invite à absorber celles qui me sont proposées. Il me serait facile de « croire » après avoir été envahi d'auras bleues qui me parlaient, d'avoir recommencé à marcher, d'être devenu une "énigme" médicale...

Les Églises m'invitaient.

Mais je n'ai pas de croyance.

J'ai une certitude. Celle d'un Esprit créateur, celle d'une Énergie divine, celle d'un Souffle commun à tout ce qui est.

La certitude aussi qu'il est inutile et présomptueux de vouloir obtenir une réponse autre que celle de la Vie en moi. Il n'est pas question pourtant de laxisme ou de lâcheté ou de fatalisme. Juste une bénédiction totale et constante devant cette certitude qu'il existe ce que je ne peux pas saisir mais qui pourtant vibre en moi.

Mon cerveau, sous le joug des pensées, est un organe perturbateur dans le courant de ce flux, un obstacle qui me prive du bonheur de l'eau qui tourbillonne.

Il me suffit de m'asseoir et de laisser monter les larmes.

 

 

La croyance est juste une pensée de l'amour qui s'étend comme un écran de fumée. 

L'amour de la vie est une foi qui danse comme une flamme éternelle. Sans aucun voile, sans aucune barrière, aucune retenue, aucune peur.

 

Dieu ? L'Energie ? L'Architecte ? Quelle importance ?

La croyance voudrait le nommer, le reconnaître, l'identifier, lui donner une histoire, un projet, nous transmettre des Textes, la croyance voudrait souder les âmes perdues, leur donner une direction...

Ça ne m'intéresse pas. Le chemin est en moi.

C'est ma foi. Une certitude.

 

Il existe des individus religieux qui n’ont aucune croyance. Ils sont dans la foi ou la foi est en eux. Les textes religieux ne les nourrissent pas, ils sont juste des accompagnants, des passerelles vers d’autres esprits nourris de la même foi. Ceux-là sont au-delà de l'intellect, aud-delà des mots, des paroles récitées.

Et puis, il y a des croyants qui se gaussent d’avoir la foi et qui nourrissent leurs croyances des Evangiles. Ceux-là sont dangereux dans le sens où ils portent leurs croyances comme des glaives ou pire encore comme une bonne conscience, une morale épuratrice, une confession salvatrice.

J’ai rencontré des individus porteurs de la foi. Ils étaient bien au-delà des discours liturgiques. Ils n'avaient d'ailleurs pour la plupart aucune autre religion que celle de l'amour de la vie.

C’est la Vie qu’ils bénissaient.

 

La Vie n'a pas de partis, pas d'étiquettes, pas de castes, pas de textes, pas de monuments.

Elle est là où les hommes se taisent intérieurement, s'assoient, contemplent, sans un mot, sans même une pensée.

Comme une déchirure dans le voile gris de l'ego, un rayon lumineux qui transperce les flots et irradie l'âme.

 

Les croyances sont des bruits du mental, des vacarmes qui se couvrent les uns les autres

La foi est un silence qui accueille à bras souverts ceux et celles qui s'assoient et se taisent.

 

 

"La télé des éditions Jouvence"

Par Le 21/09/2016

 

La Télé Jouvence, c’est parti !

 
 

 

Interviews d’auteurs, coulisses des Éditions Jouvence, chroniques de développement personnel : Jouvence lance cette année sa première web TV.

Restez connectés à vos auteurs préférés et recevez régulièrement de précieux conseils pour se sentir bien au quotidien !

 

 
     
     

 

Isabelle Filliozat - Comment se relever d’un échec ? 

 
     

 

Comment édite-t-on un livre ? Les coulisses des Éditions Jouvence

 
 

 

Françoise Dorn : offrez une journée de vie à ceux que vous aimez.

 

 

Maxime Ily : voyage de sagesse et spiritualité au Burkina Faso."

 
 

 

 

 

Coup de coeur Jouvence : le roman à ne pas râter. Interview de Nicolas Fougerousse.

 

 

 

 

Claire Laurant-Berthoud : la santé par l’usage de vos plantes.

 
     
 

Carole Rinaldi, intervieweuse

 

 

 

Carole Rinaldi est passionnée par le potentiel humain et le développement personnel. 

Elle crée en 2014  la TÉLÉ BIENVEILLANTE :  une webTV de bienveillance sous forme de vidéos, coaching, interviews d’experts et d’auteurs, visant à aider les femmes à aimer leur corps. La TÉLÉ BIENVEILLANTE compte aujourd’hui  + de 630 000 vues, rassemble de nombreux experts internationaux autour du message de l’amour de soi, de l’authenticité et de l’humanité.

Carole Rinaldi et Jouvence se sont associés pour créer la Télé Jouvence.

Une autre vie communale.

Par Le 21/09/2016

Un petit village de Dordogne inverse l’exode rural avec le « bio » et la qualité de vie

Publié le :Last updated:

dordogne

Guillaume Claude, le jardinier en chef du village Saint-Pierre-de-Frugie enlève les mauvaises herbes devant l’église, le 12 septembre 2016.
© AFP/Archives PASCAL LACHENAUD

Saint-Pierre-de-Frugie (France) (AFP) – Interdiction des pesticides, bistrot-épicerie « bio », école Montessori: en voie de désertification voici seulement quelques années, le village de Saint-Pierre-de-Frugie (Dordogne), aux confins du Périgord Vert, a radicalement inversé la tendance en misant sur l’écologie et la qualité de vie.

« Quand j’ai été élu (en 2008), le premier constat que j’ai fait, c’est que la commune où j’avais grandi avait changé », raconte Gilbert Chabaud, maire de cette commune de 400 habitants.

Comme ailleurs, les maisons s’étaient vidées, des anciens étaient morts et les jeunes étaient partis « à la ville », emportant avec eux emplois et enfants. En 2007, le rectorat fermait l’école et le seul bistrot, qui assurait aussi la cantine scolaire, mettait rapidement la clef sous la porte.

« On était là, derrière les fenêtres avec Véronique, mon assistante. Les rues étaient désertes. On s’est dit: +on doit bien pouvoir faire quelque chose+ », se souvient l’ancien concessionnaire automobile converti à l’écologie.

Pour enrayer ce déclin, le maire et son équipe décident de faire un pied-de-nez à cette « civilisation de l’hyper », source de tous les maux des villageois. Saint-Pierre-de-Frugie va prendre son temps là où tout le monde va vite et se lancer dans une transition écologique exemplaire.

Première décision: supprimer tous les pesticides et traitements phytosanitaires. Une décision visionnaire – elle s’appliquera à toutes les collectivités locales à partir du 1er janvier -, que les habitants accueillent d’abord avec scepticisme.

« Il a fallu renverser les mentalités, prouver que le monde est un écosystème global où tout est imbriqué. La nature est conçue pour nous aider. Il suffit juste de l’aider un peu nous aussi », sourit Guillaume, le jardinier en chef du village.

Huit ans après, pas une haie ou un bosquet de Saint-Pierre dont les fleurs ne soient visitées par des dizaines de papillons, abeilles et autres insectes pollinisateurs. « Ils font le boulot », résume le jardinier.

Ce premier pari remporté, Gilbert Chabaud crée, dès 2010, un jardin partagé qui accueille les visiteurs à l’entrée du village. On peut s’y initier à la permaculture et se fournir en fruits, légumes et plantes médicinales. Un jardin arrosé par un bélier hydraulique, procédé presque aussi vieux que la roue, qui utilise la force de l’eau pour propulser, depuis l’étang situé en contrebas, de quoi arroser les plantes.

« En améliorant l’environnement, en rachetant les zones humides tout autour de la commune, on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire pour l’écotourisme », explique le maire. Neuf sentiers de randonnée ont été ouverts et le petit patrimoine a été rénové en matériaux 100% écologiques.

Après les papillons, ce sont les randonneurs qui sont revenus à Saint-Pierre. Pour les accueillir, Gilbert Chabaud a réhabilité l’école abandonnée pour en faire un gîte rural, lui aussi 100% écolo.

En 2013, la commune rénove son bistrot, confié en gérance à un entrepreneur venu spécialement s’installer à Saint-Pierre-de-Frugie et qui fait le bonheur des randonneurs affamés. Et pour ses administrés, le maire a poussé à l’ouverture d’une épicerie bio où les agriculteurs locaux vendent eux-mêmes leur production.

« C’est un cercle vertueux », s’enthousiasme Véronique Friconnet, la secrétaire de mairie, et désormais il ne se passe « pas un jour sans que des gens appellent pour nous demander s’il y a des maisons à vendre à Saint-Pierre ».

Restait à rouvrir l’école. Devant les refus du rectorat, Gilbert Chabaud a mis à contribution une enseignante qui souhaitait quitter l’Education nationale pour créer une école Montessori (pédagogie alternative). Elle a doublé ses effectifs à la rentrée et accueille désormais une vingtaine d’enfants.

Accompagné par le Parc naturel régional Périgord-Limousin, le village est cité en exemple et sollicité par d’autres communes pour faire partager son savoir-faire.

Et après? « Demain, j’imagine un village autonome en énergie, une autre vision de l’espace public qui donne la priorité aux piétons, rend possible les rencontres », répond M. Chabaud.

« Mais aussi un +musée à l’envers+ où, au lieu de raconter +comme c’était mieux avant+, on montrera comme l’avenir peut être joyeux à l’aune de notre expérience », lance-t-il.

© AFP

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L'autophagie dans le jeûne (2)

Par Le 20/09/2016

MÉTABOLISME, SPIRITUALITÉ ET ALIMENTATION

LE JEÛNE ET LA MORT CELLULAIRE

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Le jeûne, plus qu’une coutume ancestrale, est une pratique instinctive largement utilisée dans le monde animal.

Nous vivons dans l’opulence avec l’idée que nous devons chaque jour manger sinon nous souffrirons de carences et serons malades. Ne pouvant plus profiter de pauses alimentaires, notre corps ne peut plus trouver l’énergie, la force, le temps de se mettre en mode nettoyage. Si nous voulons inverser la croissance vertigineuse des maladies environnementales, bien-sûr nous devons d’abord couper le plus possible les sources de toxiques mais aussi offrir à notre corps ce repos nécessaire.

Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faille mortifier le corps pour atteindre le nirvana. Comme Hildegarde de Bingen qui avait remarqué que le jeûne et la prière ne permettaient pas de guérir les malades, je pense que plutôt que d’arrêter de nourrir son corps, donc tous les micro-organismes, il est préférable de supprimer la nourriture des mauvaises bactéries et autres agents pathogènes pour ne sustenter que les bons micro-organismes.

À la lueur des dernières recherches sur le jeûne, la restriction calorique, la réduction de la consommation des produits animaux qui montrent les bienfaits sur la santé, nous pouvons comprendre que de ne plus pratiquer les rituels nous a été dommageable.

Quand je me suis lancée dans ces changements d’hygiène alimentaire et de vie, j’espérais réussir par cette méthode à m’éloigner des douleurs physiques et améliorer mon psychisme, de là où j’étais je ne pouvais même pas entrevoir ce que j’atteindrais plus tard. La récompense à mes efforts a été bien au-delà de mes espérances.

Que dit la science sur le sujet ?

Les cellules malades sont capables d’utiliser différentes sortes de suicide pour nous sauver et on sait que justement dans différentes maladies, comme le cancer, la maladie d’Alzheimer, de Parkinson, différentes maladies neurodégénératives ou la myofasciite et beaucoup d’autres c’est la survie de ces cellules endommagées qui entraîne la pathologie.

La survenue de la mort cellulaire comme un événement physiologique dans des organismes multicellulaires est connue depuis plus de 150 ans.

L’autophagie est un mécanisme d’auto-digestion.
Mais l’autophagie constitue aussi une stratégie adaptative importante (survie) de la cellule en réponse aux défis métaboliques telles que la privation de glucose ou d’acides aminés, ou à la famine en général.
L’autophagie permet de détruire les protéines et les mitochondries endommagées, ce qui est fondamental dans la suppression tumorale ou la protection des neurones.
Seulement voilà, comme mentionné plus haut dans plusieurs pathologies le processus est bloqué et la mort de la cellule (apoptose) ne fait pas suite à l’autophagie car ces systèmes sont en fait dépendants et non pas des procédés réellement différents.

Dans le cadre du cancer, il a été montré qu’en réponse à un stress, à une chimiothérapie, l’autophagie peut parfois éviter l’apoptose(mort cellulaire) et permettre la survie de la cellule et ainsi la progression de la tumeur. La science poursuit les recherches et espère trouver le traitement qui permettrait d’inhiber l’autophagie afin de laisser la pleine expression à l’apoptose.
Il n’est d’ailleurs pas étonnant (au moins pour moi) de voir que le candida a la capacité d’inhiber l’apoptose.

Comment y remédier?

Ceux qui connaissent le jeûne savent que celui-ci induit l’autophagie mais pas forcément l’apoptose qui est plutôt ce que l’on recherche. Alors jeûner totalement est-il la meilleure solution si cela n’entraîne pas la mort des cellules malades, que cela peut présenter différents problèmes comme celui de pousser le candida à changer de forme et jeter des spores partout, celui de libérer des toxiques en trop fortes quantités et de prendre des risques pour les organes d’élimination (les émonctoires), celui de faire trop monter le taux de glutamate(très mauvais pour les neurones) , celui de renforcer encore la flore pathogène, celui de vous affaiblir encore plus si vous êtes déjà malade etc…? Pourquoi pas des changements progressifs ou unediète cétogène verte?

Alors, plein pot sur les légumes verts qui offrent vitamines, minéraux, acides aminés et la reine des détoxicants: la chlorophylle.

Le bien-être commence dans les intestins et dans votre assiette.

Faites une pause à l’autodestruction.

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Maladies environnementales

Gwénola Le Dref

L'autophagie dans le jeûne (1)

Par Le 20/09/2016

Le jeûne pour rajeunir nos cellules

Sachons en profiter pour rajeunir notre corps !

>, Médecines naturelles>Le jeûne pour rajeunir nos cellules

des cellules

On sait depuis peu que nos cellules sont capables de régénérer leurs parties abîmées ou usées par le temps. Notre corps entier bénéficie de ce « rajeunissement cellulaire ». Nous pouvons déclencher nous-mêmes ce processus par des jeûnes courts, comme nous allons le voir.

L’autophagie : un processus de régénération au sein de nos cellules

Littéralement, ce mot signifie que nos cellules se « mangent elles-mêmes ». En fait, elles disloquent en elles des particules usées ou étrangères (grâce à des enzymes) pour les utiliser éventuellement plus tard. Dans certains cas, elles peuvent « faire du neuf avec du vieux ».

L’autophagie de corps étrangers dans la maladie

L’autophagie (ou autolyse) permet aux cellules d’éliminer des corps ou substances indésirables qui ont pu pénétrer dans les cellules : virus, bactéries, toxines, protéines dégénérées…(1) Elle est impliquée dans des maladies infectieuses, des troubles neurodégénératifs, le cancer (2), etc…

L’autophagie sans maladie un vrai rajeunissement cellulaire

Chaque jour, sur les millions de réactions qui se produisent dans nos cellules, certaines ont des « ratés » et produisent des composants anormaux ou trop usagés. Lors de l’autophagie de ces composants détériorés, une sorte de « recyclage des pièces défectueuses » de la cellule se fait.

L’autophagie est aussi décrite comme une source alternative d’énergie pour la cellule, mise en oeuvre lors de certains stress comme le jeûne, la baisse du sucre dans le sang ou le manque d’oxygène… En clair, pendant ces périodes de stress, la cellule génère de l’énergie avec ses déchets.

Une cellule sait se réparer toute seuleoutils de reparation de la cellule

Parmi les composants importants de la cellule vous avez peut-être entendu parler des mitochondries, ces « petites chaudières » qui brûlent oxygène et nutriments pour produire l’énergie de notre corps.

Etant le siège de fortes réactions oxydantes, leur mauvais fonctionnement ou leur détérioration est très préjudiciable à notre santé. En effet, des radicaux libres peuvent alors être produits en excès et abimer à leur tour d’autres éléments de la cellule, voire son ADN (qui contient nos gênes), et sortir hors de la cellule pour attaquer d’autres tissus. Ces réactions d’oxydation se poursuivent jusqu’à ce que notre système antioxydant les neutralisent.
Des études ont montré des corrélations entre ces phénomènes et l’accélération du vieillissement, le cancer et des maladies dégénératives.

Jeûne et autophagie soutiennent la santé

L’autophagie a suscité beaucoup d’intérêt chez les chercheurs depuis sa découverte.

Jeûne et détoxication

En plus de stopper toute possibilité d’ingérer des toxines, le jeûne, activant l’autophagie, aurait donc une action détoxicante à l’intérieur même de nos cellules. C’est intéressant car la majorité des techniques de détoxication visent plutôt l’élimination des toxines contenues dans le sang ou dans le milieu où baignent nos cellules (qui les nourrit). Celle-ci se fait alors par les organes d’élimination (foie, rein, colon…). L’autophagie, elle, nettoie et restaure en même temps l’intérieur des cellules.

Autophagie et maladies dégénératives

Des études sur les maladies neurodégénératives ont montré que les neurones pouvaient éliminer leurs toxines et régénérer leurs mitochondries abimées lors d’un jeûne intermittent (ou alterné). ce type de jeûne déclenche l’autophagie au niveau du cerveau et serait nettement plus efficace pour cela que les autres diètes restrictives (3). L’autolyse peut s’attaquer aux dépôts intracellulaires qui s’observent avec le vieillissement, en particulier dans des maladies comme Alzheimer.

Il a aussi été montré que l’autophagie pouvait améliorer l’état de reins abimés par le diabète(4).

Jeûner pour activer l’autophagie contre le vieillissement

Sachant qu’une période de jeûne peut favoriser les phénomènes d’autophagie et que celle-ci évite d’accélérer le vieillissement et certains phénomènes d’oxydation, il n’y avait qu’un pas pour dire que le jeûne pouvait être considéré comme une technique anti-âge.

Le jeûne pour rajeunir ?

Dans son 3° livre, le Dr H. Shinya parle d' »enzyme de rajeunissement » et cite les recherches sur l’autophagie du Pr Mizushima de Tokyo. Il préconise, de son côté, des mini-jeûnes de 16 à 24 h. Il se base aussi sur les études du Pr Panda (La Jolla Californie) qui a montré ce qui suit.

Les souris qui mangent riche en graisses et en calories, à quelque moment de la journée, pendant 100 jours, voient leurs paramètres de santé se détériorer (obésité, excès de graisses et de sucres dans le sang, problèmes hépatiques…). En revanche, des souris qui mangent exactement la même chose, en même quantité mais pendant seulement 8 heures de la journée et qui jeûnent pendant les 16 autres heures n’ont pas eu ces troubles et ont même vu leur forme s’améliorer. A priori, le métabolisme du corps est positivement modifié par des périodes de jeûne bref (en tout cas pour les souris).

Ceci paraît intéressant, d’autant plus que le Pr Malene Hansen a montré que des périodes de jeûne, induisant l’autophagie chez le ver, pouvaient rallonger sa durée de vie de 25% ! Gardons quand même présent à l’esprit qu’il s’agit (comme bien souvent) d’études sur des animaux.

D’autres études vont dans ce sens (5)(6).
Enfin, il semblerait que la plupart des techniques qui ont réussi à rallonger l’espérance de vie dans les modèles expérimentaux de manipulations génétiques, substances chimiques (comme resvératrol, lithium, rapamycine…), stimulent finalement l’autophagie.

Jeûne et traditions

On peut tout de même noter que la plupart des populations très riches en centenaires connait des périodes de disette où l’on peut ne pas manger tous les jours ou à tous les repas. Cela contribuerait-il à leur santé d’acier et à leur longévité ? C’est possible.

La plupart des religions demande des périodes de restriction alimentaire ou de jeûne. Ceci-dit, il s’agit le plus souvent d’une journée de jeûne, ou bien de jeûne alternatif comme dans le ramadan où il est permis de manger la nuit. Si l’on ôte les heures de sommeil, on est proche de jeûnes de 16 à 18 heures.

La médecine traditionnelle ayurvédique préconise rarement des jeûnes longs. En revanche, elle emploie des jeûnes de 24 heures (toujours à adapter selon la constitution et la sensibilité de chacun) pour améliorer bon nombre de troubles de santé. Ou encore, elle préconise un jour de jeûne par semaine lors de périodes de détoxication, ou tout simplement pour augmenter santé et longévité.

Notons enfin que la médecine naturopathique enseigne depuis longtemps que lors d’un jeûne, l’organisme puise intelligemment dans ses réserves. Elle dit qu’il puise tout d’abord dans la graisse, puis les tissus détériorés, puis les tissus les moins importants, etc… Une fois de plus la science nous dit que ces concepts n’étaient pas qu’imaginaires…

Pour abonder dans ce sens, une étude de 2013 montre aussi que 24 heures de jeûne peuvent augmenter nos taux d’hormone de croissance (jusqu’à 20 fois!) et diminuer les signes de risque cardiovasculaire et diabétiques.

Comment déclencher l’autophagie dans ses cellules en pratique ?

horloge 8 heures pour mangerLe jeûne intermittent

En fonction de ce qui a été vu ici, il y a deux possibilités simples :

– des jeûnes de 16 heures en sautant soir le petit déjeuner, soit le repas du soir et en mangeant assez léger au repas précédant le jeûne, afin que sa digestion soit la plus courte possible (ceci pourrait se faire aisément une à 3 fois par semaine). Bien entendu on peut boire de l’eau à volonté.

– des jeûnes de 24 heures 1 fois par semaine ou par quinzaine par exemple.

La durée et la répétition de ces jeûnes devraient s’adapter à chaque situation et à chaque personne selon sa constitution, comme toujours. Certaines personnes très fragiles ne devraient le faire que sous avis médical.

 

Jeûner pour se soigner

Par Le 20/09/2016

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Accueil  Blog  Conseils pour Jeûner  Comment le corps s'adapte au jeûne ?

Comment le corps s'adapte au jeûne ?

  • Comment est-il possible que l’on reste en vie alors que nous ne mangeons pas lorsque nous jeûnons ?   
  • Comment est-il possible que nous nous sentons de mieux en mieux lorsque nous jeûnons ?    
  • Pourquoi nos cellules continuent de fonctionner alors qu’elles ne peuvent pas vivre une fraction de seconde sans nourriture ?
  • Comment le corps se nourrit pendant un jeûne ?    
  • Pourquoi les tumeurs, mastoses, scléroses, tissus vieillis, disparaissent durant un jeûne ?
  • Pourquoi les organes vitaux, tels que le cœur et le cerveau ne perdent pas un milligramme ? 
  • Pourquoi dans certains cas l’ouïe s’améliore, la vue s’améliore, notre peau devient plus douce, notre visage devient plus coloré, nous guérissons de notre asthme, bronchite, mastose du sein, ulcère…

     
Mais tout d’abord le jeûne hydrique c’est quoi ?
 
C’est l’abstention volontaire de nourriture à l’exception de l’eau !
 
On peut rester plusieurs semaines sans manger, mais seulement quelques jours sans boire. Nous n’avons pas de réserve d’eau. Néanmoins dans nos tissus il y a des réserves de nourriture.
 
Pourquoi, ce qui à première vue peut paraître absurde, se passer de nourriture peut en réalité nous permettre d’être en meilleur santé, voire de guérir dans certain cas ?

     
Comment expliquer cela ? Quelle en est la raison ? Si le jeûne améliore notre santé voir guérit, comment est-ce possible ? Par quel mécanisme ?
    
Précautions
 
Avant de parler du jeûne, il est important de vous dire de ne pas vous lancer dans un jeûne sans demander conseil à un médecin qui connait le jeûne.
 
Par ailleurs il est préférable de faire des jeûnes courts et réguliers (5 à 10 jours) que des jeûnes longs héroïques. Bien que pour les cancers et tumeurs il faut prévoir plusieurs jeûnes longs. Il faudra alors se faire conseiller.
 

Alors pourquoi le jeûne peut améliorer notre santé ?

 

I - Le premier mécanisme par lequel le jeûne peut guérir, c’est le repos physiologique

  • Une personne est atteinte, par exemple, d’un ulcère gastroduodénal. Lorsqu’elle mange, il y a sécrétion de plusieurs litres de sucs gastriques par jour (la sécrétion d’acide). L’acide chloridrique de notre estomac est très acide
  • (pH de 1,5 à 2).


Nous avons le même pH gastrique que les grands fauves !
     

  • Cette sécrétion très acide va empêcher la guérison de notre ulcère. L’ulcère se produit car il y a d’une part un manque de facteurs protecteurs (bicarbonate et mucine) et d’autre part  sécrétion d’acide chlorhydrique. Les gens qui font un ulcère manquent soit de bicarbonate et de mucine, soit ils produisent en excès de l’acide chlorhydrique. Trois fois par jour l’estomac est donc corrodé par sa propre sécrétion. Lorsque l’individu jeûne, les premiers jours il va y avoir une exacerbation de la maladie à cause de la sécrétion acide. Cela risque donc d’aggraver l’ulcère sur 24 à 48 heures. Néanmoins, ensuite l’estomac s’arrête spontanément de sécréter. Il réduit donc ses secrétions gastriques et arrête de se contracter. La lésion arrête donc de subir des contractions et de l’afflux d’acide. Mise au repos la muqueuse va enfin pouvoir se cicatriser. On comprend ainsi comment le jeûne permet de guérir un ulcère de l’estomac.

  • Autre exemple, Le cœur ! Le cœur se contracte selon les individus de 60 à 80 fois par minutes. Imaginons une personne souffrant d’insuffisance cardiaque.


Si on la personne jeûne, que va-t-il se passer ?
     

  • Le rythme des pulsations va diminuer de 10 à 20 pulsations à la minute. Un cœur qui évacuait donc 100 centimètres cubes de sang à chaque contraction (ne prenez pas les chiffres à la lettre c’est pour démontrer l’effet du jeûne, ce n’est pas un cours de mathématiques). Ce qui fait 6 litres de sang par minute. Soit encore en une journée 8 640 litres de sang propulsé par le cœur !


"Une belle machine n’est ce pas ?"
     

  • Imaginez-vous diminuer les pulsations cardiaques de 20 pulsations à la minute. Vous réduisez dans votre journée de 25 % l’effort du cœur. Au lieu de 8 640 litres de sang, il n’y en aura que 6 480 litres. Le cœur fait ainsi une économie de 2,1 tonnes dans sa propulsion de sang par jour. Autrement dit le cœur se repose.


"Le cœur est dans une chaise longue durant le jeûne !"

  • Comme le sang est débarrassé de ses déchets par le jeûne et qu’il est beaucoup plus fluide, plus léger, moins dense, le cœur cumule les économies. Au final Il ne fait plus que 40 à 50 %  de son travail habituel. On conçoit donc pourquoi dans ces conditions, il puisse s’auto-guérir.

  • Tous les organes pendant le jeûne se mettent au repos. Le tube digestif, qui secrétait 7 à 10 litres de secrétions par jour, va se mettre en repos fonctionnel. La muqueuse intestinale va devenir excrétante. Au lieu de faire passer des nutriments dans le sang pour nourrir les cellules, elle va filtrer le sang. L’intestin devient alors un organe filtre pendant le jeûne. A l’état normal, l’intestin est déjà un organe filtre. Néanmoins la filtration du sang par le colon est faible en dehors du jeûne. Pendant le jeûne, elle va s’activer, le colon devient ainsi un émonctoire supplémentaire. Le rein se met au repos, l’intestin se met au repos, le cœur se met au repos, l’estomac se met au repos. Et si l'on garde une activité douce et non stressante, c’est la quasi-totalité des organes qui se mettent au repos. C’est pourquoi le jeûne est considéré comme un repos physiologique. Les organes se reposent…

II - Le deuxième mécanisme par lequel agit le jeûne, c’est l’activation des émonctoires
 

  • Faites vous-même l’expérience de ne pas manger un soir ou prenez un repas de velouté de pomme de terre. Le lendemain jeûnez toute la journée et le soir examinez votre langue. Elle est recouverte d’une matière blanche verdâtre, vous avez mauvaise haleine, vos urines sont très foncées.


 
Que s’est-il donc passé ?
     

  • Toute la vitalité qui était distribuée à mastiquer, à absorber, à digérer, toute cette vitalité, n’est pas utilisée à ces fins. Elle devient disponible sur le plan de l'élimination. Les reins s’activent (les urines sont foncées), les poumons éliminent les toxines du sang (on a une mauvaise haleine), la peau élimine (la sueur devient forte). Ce sont les caractéristiques d’un corps qui se détoxine. Le jeûne guérit car il détoxique.

  • La santé, c’est l’équilibre entre la production et l’élimination des déchets. La santé c’est 5 ouvriers qui entrent les déchets (toxines exogènes, additifs de synthèse, toxines intestinales, catabolites cellulaires, excès alimentaires) et 5 ouvriers qui sortent les déchets (foie, colon, reins, poumons, peau). Pendant le jeûne il y a moins de déchets produits. Il n’y a plus que les résidus de métabolisme et les cadavres cellulaires. Il n’y a donc plus que 2 ouvriers qui entrent les déchets et toujours 5 qui éliminent les déchets. De plus ces 5 ouvriers reçoivent 3 fois plus de vitalité, aussi  ils s’activent. Forcément l’organisme se désintoxique. La production de déchets est réduite et l’élimination est augmentée.


Même s’il y avait une forte accumulation de déchets, comme la sortie des déchets devient plus rapide que l’entrée, le corps se nettoie !
     

  • Après  quelques jours de jeûne, le gros des déchets étant éliminé, les émonctoires se mettent eux aussi en repos et se mettent en phase avec la production de déchets. Ils n’éliminent alors que le peu de déchets produits par le corps (cellules mortes et résidus du métabolisme).


La vitalité est alors disponible pour bouger plus ! Nous avons une forte vitalité et nos sens sont hyper actifs !

 

III - Le troisième mécanisme c’est l’autolyse contrôlée des tissus vieillis, malades et tumoraux

  • Les 100 000 milliards de cellules dont nous sommes formés ne peuvent pas rester une fraction de seconde en vie, sans glucose, sans acide gras, sans vitamines, sans acides aminées, sans glycérol, sans minéraux ou sans oligo éléments.


Même pas une seconde !

  • On reste en vie alors que nous ne mangeons plus ! Comment cela se fait-il ? Il y a un mystère…


En réalité ce mystère n’est qu’apparent !

  • Tout simplement, quand nous jeûnons les cellules sont quand même nourries. Le corps reçoit de la nourriture non pas à travers le tube digestif, mais il reçoit de la nourriture de lui-même. Le corps s’autophage. Il s’auto-digère, il s’autolyse. Quand on jeûne, au lieu que des enzymes soient déversées dans le tube digestif, des enzymes sont secrétées par toutes nos cellules et déversées dans le sang. Ces enzymes-là sont douées d’une intelligence spéciale, elles vont attaquer certains tissus pour nourrir les autres. C’est-à-dire que le tissu musculaire va être auto digéré pour donner des acides aminés. Les protéines vont être transformées en pectines puis en acides aminés qui vont nourrir les tissus vitaux. Le tissu graisseux est transformé en acide gras et en glycérol. Dans les cinq premiers jours de jeûne c’est la protéolyse, la lyse du tissu musculaire qui domine. Après cinq jours de jeûne c’est la lipolyse, l’autolyse du tissu graisseux qui domine.

  • Mais ce qui subit l’autolyse avant tout, et c’est pour cela que le jeûne guérit, ce sont les tissus vieillis, sclérosés, tumoraux. L’intelligence cellulaire et enzymatique de notre corps va attaquer en nous ces tissus dégénérés. Et les acides aminés de cette autophagie, de cette autolyse des tissus malades vont servir à nourrir les tissus vitaux. C’est cela qui est extraordinaire !


Le processus protéolytique est dirigé avec une intelligence fantastique !

  • Même après trois semaines de jeûne, le cœur n’a pas perdu un milligramme, le cerveau n’a pas perdu un milligramme, les glandes endocrines n’ont pas perdu un milligramme. Les tissus subissent l’autolyse en raison inverse de leur importance pour pérenniser la vie. Plus le tissu est vital pour la conservation de la vie, plus ce tissu est nourri et protégé. Plus le tissu est pathologique ou non essentiel et plus il subit l’autolyse. Le processus est dirigé avec une intelligence fantastique !


Les mastoses du sein par exemples disparaissent durant un jeûne !

  • Après un jeûne assez long, les gros organes comme le foie et les reins subissent une autolyse. Ils perdent 25 à 30 % de leur poids mais c’est sans danger. Lorsqu’un foie perd 50% de son volume, il lui faudra seulement deux mois pour se reconstruire, le foie se régénère très vite.

  • C’est pour cela que dans des cas bien précis, les personnes retrouvent l’ouïe, d’autres améliorent leur vue. Ce n’est possible bien entendu que lorsque les dégâts ne sont pas irréversibles et lorsqu’ils sont apparus progressivement.

 
Pour quelles maladies ?

 

  • Le jeûne fonctionne bien pour tous types d'asthmes, les bronchites chroniques, les maladies de peau, les problèmes cardio-vasculaires, les maladies articulaires, les maladies du tube digestif et du foie, les problèmes cutanés, le vieillissement et la plupart des maladies chroniques.
     

Les contre-indications ?
 

  • Les contre-indications au jeûne sont le diabète, la tuberculose évolutive, la myopathie, l’obésité avec insuffisance émonctorielle, la peur du jeûne. Il faut toujours vérifier avec votre médecin traitant que vous n’avez pas de contre-indications au jeûne.

 
Petite histoire :

 

  • Dans la nature les animaux jeûnent pour accompagner les grandes transformations. Le têtard pour se transformer en grenouille va jeûner, il  autolyse sa queue pour former ses pattes. La chenille devient chrysalide, tous ses tissus subissent alors l’autolyse pour former le papillon.
Pourquoi le jeûne est bon pour la santé?
Pourquoi faire un jeûne ? Que ce passe-t-il dans notre corps lorsque nous jeûnons ? Comment est-il possible que l'on reste en vie alors que nous ne mangeons pas lorsque nous jeûnons ? Comment les cellules...

Comment jeûner:

Comment jeûner? Que faire durant un jeûne?

Commentaires  

"Le yoga du corps et de l'esprit".

Par Le 06/09/2016

 

 

9782263054662

Résumé

Grâce à la pratique du yoga, façonnez-vous un corps tout à la fois fort et souple, un mental dynamique et une véritable sérénité intérieure.

Présentation

Ecrit par les enseignants les plus prestigieux de l'école Sivananda de Yoga Vedanta, de réputation internationale, ce guide complet et illustré vous explique :

- les postures classiques avec des photographies et des instructions étape par étape

et

- les bénéfices physiques et mentaux de chaque posture ainsi que des conseils avisés sur les erreurs à éviter

mais aussi :

- comment pratiquer grâce à des cycles de 20, 40 et 60 minutes adaptés à votre niveau

- le rôle essentiel de la méditation et des exercices de respiration ainsi que les stratégies permettant de développer vos pouvoirs de concentration

- comment passer à une alimentation plus saine et réaliser quarante délicieuses recettes

 

 

Bien au-delà de la vision simpliste de l'Occident, le yoga et sa pratique sont expliqués en détail dans cet excellent ouvrage. Du débutant au confirmé, chaque étape est analysée dans sa dynamique physique tout autant que spirituelle (alimentation, méditation, relaxation...)

Quant à l'idée que le yoga consiste à s'asseoir en lotus et à respirer béatement, il suffit, par exemple, d'essayer la "posture du danseur" pour prendre conscience de l'énorme travail physique et de concentration, de maîtrise intérieure et de conscience de son corps pour réaliser pleinement l'immense chemin à parcourir pour ceux et celles qui désirent dépasser le cadre étroit de leur "méconnaissance personnelle"...

 

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Notre corps.

Par Le 05/09/2016

 

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Le Tantra Te Fait Confiance – Totalement

OSHO

« Cette vision du Tantra est une de plus grandes visions jamais rêvée par l’être humain : une religion sans prêtres, une religion sans temples, une religion sans organisations ; une religion qui ne détruit pas l’individu mais qui respecte énormément l’individualité, une religion qui fait confiance à l’homme et à la femme de la rue. Et cette confiance est très profonde. Le Tantra fait confiance à ton corps ; aucune autre religion ne fait confiance à ton corps. Quand les religions ne font pas confiance à ton corps, elles créent une séparation entre ton corps et toi. Elles te rendent ennemie de ton corps, elles commencent à détruire la sagesse du corps.

Le Tantra fait confiance à ton corps. Le Tantra fait confiance à tes sens. Le Tantra fait confiance à ton énergie. Le Tantra te fait confiance – totalement. Le Tantra ne nie rien, mais il transforme tout.

Comment faire pour parvenir à cette vision du Tantra ? Voilà le plan pour vous exciter, pour vous changer et pour vous avancer au-delà.

Premièrement le corps : ton corps est ta base, il est ton terrain. Te rendre opposé à ton corps c’est te détruire, c’est te rendre schizophrénique, c’est te rendre misérable, c’est créer l’enfer. Tu es ton corps. Evidemment, tu est plus que ton corps, mais de ce « plus » on parlera plus tard. D’abord tu es un corps. Ton corps est ta vérité fondamentale, alors ne t’oppose jamais à ton corps. Chaque fois que tu t’opposes à ton corps, tu t’opposes à Dieu. Chaque fois que tu ne respectes pas ton corps, tu perds le contact avec la réalité, car ton corps est ton lien, ton corps est ton pont. Ton corps est ton temple.

Le Tantra enseigne la révérence à l’égard du corps, l’amour, le respect pour le corps et l’expression de la gratitude pour le corps. Le corps est une merveille. Le mystère du corps est le plus grand de tous. »

Osho, This Very Body the Buddha, Vol. 1


 

Je suis assez consterné quand je regarde les gens dans les magasins où je fais les courses de voir l'état physique d'une bonne partie de la population au niveau de l'indice de masse corporelle (IMC) et ça m'interpelle grandement.

Je suis allé chercher des informations sur ces données étant donné que mon médecin était quelque peu inquiet de mon "état de maigreur" selon ses propos et j'ai découvert que cette IMC avait augmenté ces dernières années dans la population française. Je suis effectivement à la limite de la zone de maigreur et je m'en porte pourtant parfaitement bien. Notre dernière sortie en montagne cumulait 2000 mètres de dénivelée positif, huit heures trente de marche soutenue et une trentaine de kilomètres. 

Ce qui m'interpelle, c'est donc cette "norme" acceptée par le monde médical d'un côté et de l'autre le nombre conséquent de personnes en surpoids. Des gens de mon âge qui parcourent les montagnes, sur de longues distances, je trouve que ça devient rare... Je suis d'ailleurs sidéré de la "désertification" des sommets ces dix dernières années. L'effort physique long est de moins en moins pratiqué et c'est certain qu'avec un IMC dépassant allégrement ce que le corps est censé supporter, les sorties en montagne relèvent de l'improbable. C'est comme un sac à dos qu'on ne peut jamais poser.

Qu'en est-il dès lors de ce lien avec le corps, de sa connaissance, de son respect ? J'ai l'impression d'assister à grande échelle à une forme d'abandon aux normes matérielles de la société de consommation, une forme d'addiction à des produits alimentaires de basse qualité et dans des quantités qui dépassent les besoins vitaux. Il y a, à mes yeux, dans cette problématique un désamour évident envers ce corps que nous habitons.

Et c'est triste, considérablement triste.

Notre rapport à l'alimentation censée, essentiellement, combler nos besoins vitaux, se doit d'être analysée. Lucidement. Vient-elle combler un manque d'ordre psychologique ou uniquement physique ?

Peut-elle s'attribuer le droit de tuer ?

L'alimentation carnée est-elle indispensable ?

Quel est, dans ce cas, le regard que nous portons sur le droit à la vie ?

L'alimentation végétarienne peut-elle suffire ?

Les immenses problèmes liés aux surfaces agricoles réservées à l'alimentation des animaux que les humains consomment est-elle acceptable au regard du nombre d'humains souffrant de malnutrition ? 

Qu'en est-il de l'absorption de pesticides et autres produits dangereux ?

Qu'en est-il des addictions au sucre, au sel et à tous les éléments rajoutées dans les plats industriels ? 

Qu'en est-il du conditionnement alimentaire issu des multinationales, répété inlassablement par des médias complices, soutenu parfois par quelques "éminents scientifiques" ou par quelques politiciens en mal de dessous de table (le ministre de l'agriculture est très fort dans le domaine) ?

D'innombrables questions qui concernent notre corps...

Le Tantrisme est une voie qui y répond.


 

 

Tableau de l'IMC

 

image: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d2/Tableau_imc.PNG

Tableau imc.PNG

 

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CALCUL IMC (INDICE DE MASSE CORPORELLE)

EFFECTUER LE CALCUL DE VOTRE IMC

Indiquez votre poids (kg) et taille (en cm) pour calculer votre Indice de Masse Corporelle

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VOS RÉSULTATS

Votre IMC est en attente de calcul. Nous fournirons une interprétation visuelle immédiate

IMC0550

Nous vous proposons aussi d'autres calculs de « poids idéal théorique ».
(moins populaires que l'IMC, mais qui pourront aussi vous aider)

  

INTERPRÉTATION DE L'INDICE DE MASSE CORPORELLE

L'interprétation se fait selon la classification de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Valeur de l'IMC Interprétation (selon l'OMS)
Inférieur à 16 Anorexie ou dénutrition
Entre 16.5 et 18.5 Maigreur
Entre 18.5 et 25 Corpulence normale
Entre 25 et 30 Surpoids
Entre 30 et 35 Obésité modérée (Classe 1)
Entre 35 et 40 Obésité élevé (Classe 2)
Supérieur à 40 Obésite morbide ou massive

 

ORIGINES ET UTILITÉ DE L'IMC

 

L’IMC permet de déterminer de manière objective la corpulence d’une personne.

C'est au mathématicien et statisticien Adolphe Quetelet (1796-1874) que l'on doit cet indice. Toutefois, le terme « Indice de Masse Corporelle » n'apparaît qu'en 1972 (1), soit bien après la création de ce qui se dénommait à l'origine « Indice de Quetelet ».

Depuis 1997, l'OMS utilise cet indice afin d'établir une classification standard de référence en matière de surcharge pondérale, qui puisse être utilisée de manière internationale.

Cette classification (voir tableau ci-dessus) a pour rôle d'évaluer les risques liés au surpoids. Le fait de calculer de manière régulière son IMC présente donc un intérêt : repérer ses propres évolutions de poids et les interpréter en accord avec les informations fournies par l'OMS.

FORMULE IMC

Le calcul de l’IMC est relativement simple puisqu’il ne nécessite que deux critères : votre taille (en cm) et votre poids (en kg). La formule mathématique exacte est la suivante :

 

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Formule de l'Indice de Masse Corporelle

Attention toutefois, cette formule de l’IMC n’est valable que pour les adultes âgés de 18 à 65 ans. Ainsi, les enfants, les adolescents, les personnes âgées, mais également les femmes enceintes ou les personnes très musclées, doivent s'orienter vers des formules différentes (2). Concernant les enfants, vous pouvez consulter notre page dédiée au calcul de l'IMC chez l'enfant.

AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DE L'IMC

Les avantages de l'IMC sont les suivants :

  • Facilité de calcul qui ne nécessite que le poids et la taille, à travers une formule simple (voir formule ci-dessus).
  • Indicateur généralisé de manière « internationale », permettant donc de faire des statistiques à l'échelle mondiale.

Mais cette facilité de calcul ainsi que cette généralisation internationale font apparaitre les inconvénients suivants :

  • La silhouette n'est pas prise en compte.
  • L'histoire du poids n'est pas prise en compte.
  • Des éléments déterminants comme le sexe, l'âge ou encore l'origine ethnique ne sont pas pris en compte.

Ces inconvénients peuvent donc introduire des biais dans le résultat de l'IMC.

Pour plus d'informations sur les avantages et les limites de cet indice, nous vous invitons à consulter notre dossier détaillé (1).

IMC : UN INDICE POUR VOTRE SANTÉ

Un IMC dit normal est compris entre 18,5 et 24,9 kg/m². Si votre résultat est inférieur à 18,5, votre corpulence est considérée comme maigre. Au-delà de 24,9, vous êtes soit en surpoids (entre 25 et 30), soit en obésité (>30), soit en obésité massive (>40). C’est à travers cette lecture qu’intervient toute l’utilité de calculer son IMC.

image: http://www.calculersonimc.fr/images/imcicon.png

Calculez votre IMC
Consultez nos autres
calculateurs de poids idéaux

Un IMC élevé accroît les risques de survenue de certaines maladies, notamment cardio-vasculaires, pulmonaires ou des articulations. Néanmoins, sachez que l’IMC n’est qu’un simple indice qui doit être une alerte pour vous inciter à prendre rendez-vous chez un médecin généraliste. Ce dernier saura vous exposer les risques éventuels encourus.

SOURCES ET RÉFÉRENCES

(1) Vous retrouverez toutes les différentes sources médicales utilisées dans le cadre de nos présentations de l'IMC à l'issu de notre dossier spécialisé sur l'IMC.

(2) Il existe pour cela d'autres calculateurs afin d'estimer son poids idéal théorique.

Dernière mise à jour de cette page : le 25 Novembre 2015


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L'épigénétique.

Par Le 05/09/2016

Voilà une des problématiques liées à notre alimentation et aux conséquences que cela peut avoir. Il est évident également que la pratique du sport, la méditation, le yoga contribuent à régler ou même à empêcher des problèmes conduisant à des dérèglements susceptibles d'aboutir à des atteintes génétiques. 


Aujourd'hui la définition la plus courante de l'épigénétique est : “l'étude des changements héréditaires dans la fonction des gènes, ayant lieu sans altération de la séquence de l'ADN”. Pour prendre une métaphore, la génétique renvoie à l'écriture des gènes, l'épigénétique à leur lecture.

http://forums.futura-sciences.com/biologie/471125-lepigenetique.html

 

L'Epigénétique . 

Résumé très succinct : 
La génétique, c’est ce que la cellule peut faire une fois pour toute (c'est-à-dire bien souvent tout et son contraire),mais qu’elle ne fait pas réellement . 
La génétique est quasi stable dans le temps . 
L’épigénétique, c’est ce que la cellule peut tirer de son bagage génétique en fonction des circonstances . 
L’épigénétisme est fort variable dans le temps en fonction des circonstances . Il peut passer de génération en génération, il peut au cours du temps et chez un même individu progresser dans un sens puis dans un autre (y compris le retour en arrière) .

Quelques exemples d’expression de l’épigénétisme : 
• La chenille qui se transforme en papillon (le bagage génétique est exactement le même ,mais l’un est une chenille et l’autre un papillon) . 
• La masse graisseuse qui détermine le sexe chez le Merou . 
• La température qui détermine aussi le sexe chez certaines grenouilles . 
• Deux jumeau vrais ont exactement le même bagage génétique tout au long de leur vie ,et on à la naissance exactement le même bagage epigenetique. 
En début de vie ils sont identiques . 
Au cours de leur vie, ils peuvent différer sur bien des points en fonction du milieu dans lequel ils vivent ,et l’indice de méthylation du bagage épigénétique en est le reflet direct . 
• Jusqu’au stade blastula de l’organogénèse,, les cellules sont omnipotentes mais à partir du stade blastula elles sont prédéterminées . 
• Certaines graines doivent être vernalisées (surgelées) pour pouvoir germer . Sans le gel par de germination. 
Quand on fait la synthèse « de tout » ,les conclusions sont assez surprenantes : 
• La génétique ne code finalement pas grand chose, mais ce qu’elle code est essentiel un peu comme les grandes bases de données en informatique . Elle est en cela « irremplaçable ». 
• L’épigénétique est responsable de la quasi-totalité de la différence entre les individus et ce sont des caractères acquis suite aux pressions de l’environnement . 


L’échec économique du séquençage génétique . 
Le séquençage génétique est actuellement terminé . 
Il a duré des années et n’a aboutit à presque rien de « palpable » ; il n’explique qu’une toute petite partie des affections dont on sait pertinemment qu’elles sont génétiques . 
La régulation (et donc la dérégulation) doit forcément se trouver « ailleurs » . 


Le succès médical du séquençage génétique . 
A côté de l’échec économique du séquençage, ce même séquençage a été extrêmement productif en termes scientifiques sur ce qu’est un gêne . 

Le gène « théorique » est extrêmement facile à comprendre ,mais ce n’est qu’une vue de l’esprit …): 
Il fonctionne de la façon suivante : 
• Sur un seul chromosome 
• Il y a une séquence d’ADN 
• Qui code pour une seule protéine 
• Et qui contient juste avant ce codage, une séquence régulatrice permettant ou interdisant sa lecture 

Le gêne « réel » est assez différent …. 
• Il peut être constitués de multiples séquences dispersées sur les divers chromosomes pour produire toujours une seule protéine. 
• Les éléments régulateurs peuvent être situés « n’importe où » sur l’ensemble des chromosomes . 
• Des fragments de séquences (qui dans le schéma de base ne sont lus que pour faire un seul type de protéine) peuvent en fait être lus pour créer des protéines différentes (un peu comme si pour construire des voitures differentes,on se servait toujours d’une même séquence de base pour construire une voiture et ensuite,pour « personaliser la voiture », que l’on se servait de séquences différentes pour construire des voitures de marques différentes,et de modèles et de couleurs différentes ). 
Le nombre de gènes est assez petit : de l’ordre de 20.000. 
Le nombre de protéines différentes possibles est immense : de l’ordre de plusieurs millions 


Le support génétique et le support épigénétique : 
Le support génétique, c’est l’ADN . 
Sauf mutations (rare) ou altération des copies, le bagage génétique reste rigoureusement le même toute la vie de l’individu . 

Le support épigénétique,c’est les histones ; des protéines enveloppant l’ADN et pouvant permettre ou interdire de lire un segment d’ADN . 
Ces protéines peuvent changer de configuration assez facilement en cours de vie en fonction des circonstances extérieures , et donc rendre possible ou impossible quelque chose en cours de vie . 
Comme ces modifications sont en grande partie fonction de l’environnement, c’est en quelques sortes la mémoire de l’acquis . 

Le bagage génétique d’un individu est pour ainsi dire « fixe » tout au long de sa vie . 
Ce bagage est énorme mais pas infini . 
Il est possible de cartographier l’intégralité du génome, et cela a d’ailleurs été fait . 
Par contre le bagage épigénétique bouge tout le temps. Ce bagage est infini et il est impossible d’en dresser une base de données complètes . 


La génétique de l’épigénétique . 
L’épigénétique permet de changer la cellule, voire l’individu en fonction de circonstances extérieures 
Mais ces transformations si elles sont dues globalement à l’environnement au sens large, survivent à une nouvelle modification de cet environnement et se transmettent elles aussi génétiquement ! 
L’épigénome comme le génome peut avoir des mutations, mais ces mutations sont beaucoup plus fréquentes dans l’épigénome que dans le génome . 


"La survie génétique de l'acquis!" . 
D’une certaine façon l’épigénétique fixe des caractères qui ne sont pas héréditaires . 
Cette fixation est souvent très importante voire vitale pour la survie dans un milieu donné . 
L’épigénétisme est particulièrement important pour la survie des plantes qui ne peuvent survivre qu’en s’adaptant tandis que l’animal peut survivre en partant plus loin … 

On remarque cette variation dans le comportement différent des plantes en fonction de leurs lieux d’implantation : bord de mer, région humide, région sèche, etc .. 
C’est génétiquement la même plante mais elle peut être géante ici et naine là . 


Où se trouve la régulation ? 
La régulation se trouve à la fois dans le génome et dans l’épigénome . 
Le génome a des zones codant des activateurs ou des inhibiteurs . 
L’épigénome aussi . 
La régulation est faite par des enzymes qui peuvent ajoutent à la molécule d’ADN ou aux histones (les protéines d’enveloppe de l’ADN) divers types de radicaux : (groupes methyl,acétyl,phosphoryl …). 

Ceci a pour effet de changer la configuration spatiale de l’histone considéré et le faire masquer ou démasquer la s équence d’ADN nécéssaire . 
Mais le démasquage ce n’est que la première étape,il faut aussi que sur l’ADN il y ait autorisation de copie ,et cela aussi est donné via un groupe méthyl, acéthyl, phosphoryl… 


Comment fonctionne la régulation de l’épigénome ? 
Des modifications peuvent survenir dans l’épigénome et avoir un effet activateur ou inhibiteur sur un gène . 
Cet effet activateur ou inhibiteur est fonction de ce gène là bien précis et pas d’un autre ; la même modification peut avoir un effet activateur sur un gêne et inhibiteur sur un autre gêne . 


Darwin et l’épigénétisme . 
La théorie de Darwin bien que séduisante n’était pas « possible » en tous les cas telle qu’exprimée initialement pour des raisons de temps : il était impossible par exemple que le bec d’un oiseau change de forme en fonction des circonstances et de la pression génétique dans un laps de temps court (quelques dizaines d’années),si ce changement de bec était fonction des seules mutations (phénomène rare, rarement bénéfique et rarement transmissible (puisque le message devait être changé dans une cellule de la lignée sexuelle (spermatozoïdes ou ovules) si on voulait qu’il passe à la génération suivante) . 
Cela ne change en rien la théorie de Darwin qui reste totalement valable comme charpente de l’ensemble du raisonnement 



L’avenir de l’épigénétique . 
L’avenir est illimité point de vue médical : 
• Comprendre le vieillissement : pourquoi une cellule au départ pluripotente devient par la suite spécialisée . ; 
• Permettre la synthèse ou la régénération d’organes malades ou traumatisés . 
• Comprendre la cause intime des cancers ,éviter qu’ils surviennent ,créer de nouveaux médicaments pour renforcer le bagage génétique existant,et adapter les médicaments à la personne considérée en fonction de ses capacités génétiques et épigénétiques . 

Les complications politiques et juridiques aussi sont illimitées …il semble en effet établis que certains caractères soient dus aux conditions de vie au sens large :,et agisse non seulement sur l’individu mais aussi sur sa descendance 
• Pollution 
• Ambiance générale : quiétude, stress… 

• Alimentation 




Références : 

http://www.i-sis.org.uk/fromGenomicsToEpigenomics.php 
http://epigenome.eu:80/fr/1,1,0

 

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Le jeûne et l'hormèse

Par Le 05/09/2016

 

 

 

 

Est-ce que le jeûne est sûr et EFFICACE ? 

http://devenez-sportif.com/est-ce-que-le-jeune-est-sur-et-efficace/

Billet publié dans Nutrition le  par 


Le jeûne intermittent est une pratique de plus en plus en vogue.

Faisons le point sur ce qu’il peut vous apporter.

Voyons ensemble point par point pourquoi jeûner, comment le faire et si le jeûne s’adresse aussi à vous.

Le jeûne intermittent expliqué à votre grand-mère ?

Rassurez-vous immédiatement, le jeûne intermittent est un mode d’alimentation particulièrement physiologique. Il n’est pas synonyme de frustration ni de privations pour les personnes qui le pratiquent régulièrement bien au contraire. En quoi cela consiste ? Avec un jeûne intermittent, il s’agit que vous alterniez des phases de prise alimentaire avec des moments de récupération du système digestif.

A travers le monde, beaucoup de personnes jeûnent régulièrement. Instinctivement les enfants et les animaux jeûnent lorsqu’ils sont malades. Il n’y a que les parents lobotomisés par les messages publicitaires et la peur ambiante pour les forcer à aller à l’encontre de leur instinct et de manger pour soi-disant prendre des forces !

La forme la plus populaire du jeûne intermittent est le 16/8. En pratique, vous mangez toutes les 16 heures dans un intervalle de 8 heures pendant lequel vous consommez ce que vous voulez. C’est certainement une des formes les plus simples à mettre en pratique pour les débutants.

Beaucoup de gens admettent se sentir plus léger, avoir plus d’énergie, les idées plus claires et évidemment plus de temps libre en jeûnant.

Une précision tout de même indispensable : bien entendu, aucun aliment est autorisé pendant le jeûne si ce n’est l’eau (éventuellement le thé vert ou le café)

Pourquoi jeûner ?

A l’instar des enfants et des animaux, les humains ont jeûné depuis plusieurs milliers d’années. Pour trois raisons principales. Pour des convictions religieuses, en cas de maladie ou simplement en absence de nourriture. Si votre corps fait des réserves de graisses, c’est pour les utiliser.

Le confort de nos vies ne nous amène jamais dans des situations où nous devons justement dépenser ces stocks d’énergie supplémentaire.

Dans le monde dans lequel vous vivez jeûner est une pratique sur laquelle vous ne devriez pas faire l’impasse. Pourquoi ? En jeûnant avec une intensité adaptée vous intervenez au niveau de 3 processus.

  • Le principe de l’ hormèse. 
  • Que dit ce principe ? Lorsqu’un organisme est soumis à un stress adapté à sa capacité de réaction, il améliore son fonctionnement. Pratiquement, vous améliorez les processus cellulaires au niveau de la mitochondrie. L’organisme humain répond particulièrement bien à deux types de stress (le stress positif) en s’adaptant : le jeûne et l’exercice à haute intensité (crosstraining, paleofit, crossfit, circuit métaboliques, interval training, etc…
  • )
  • La détoxination en libérant de l’énergie nerveuse. Lors du jeûne les produits toxiques stockés dans vos graisses sont éliminés par les principaux émonctoires de votre corps (peau, foie, poumon, intestin et reins). C’est pourquoi il est particulièrement intéressant de stimuler leur fonctionnement par des pratiques hygiénistes, naturopathiques et de l’exercice physique.
  • Les processus physiologique
    • Hormone de croissance humaine : les niveaux de l’hormone de croissance montent en flèche en jeûne ce qui est particulièrement intéressant pour gagner de la masse maigre et perdre de la masse grasse et booster la synthèse protéique.
    • Insuline : les niveaux d’insuline baissent de façon spectaculaire et la sensibilité à l’insuline est améliorée pendant le jeûne. Vous bénéficiez aussi d’une plus grande difficulté à stocker les graisses et un accès plus simple à la graisse corporelle. L’insuline est nettement impliquée dans les processus de stockage des graisses. Cela n’est plus à démontrer.
    • Inflammation : plusieurs études montrent la réduction des marqueurs de l’inflammation, un facteur clé de nombreuses maladies chroniques, du cancer et impliqué dans la prise de poids par la dérégulation du fonctionnement de l’hormone leptine.
    • L’expression des gènes : il y a des changements dans la fonction des gènes liés à la longévité et à la protection contre la maladie. A ce jour, l’unique facteur non génétique capable d’agir sur l’espérance de vie est le jeûne.
    • Réparation cellulaire : Lorsque vous jeûnez, vos cellules déclenchent des processus de réparation cellulaire. Cela comprend l’autophagie, où les cellules digèrent et éliminent les protéines dysfonctionnelles et anciennes.
    • Certaines recherches suggèrent également que le jeûne peut aider à protéger contre les maladies, y compris les maladies cardiaques, le diabète de type 2, le cancer, la maladie d’Alzheimer et d’autres
    • Santé cardiaque : Le jeûne intermittent peut réduire le cholestérol LDL, les triglycérides sanguins et les marqueurs inflammatoires
    • La santé du cerveau : le jeûne intermittent augmente une hormone du cerveau appelée BDNF, et peut contribuer à la croissance de nouvelles cellules nerveuses Les neurones ont la capacité d’être produits par le corps en jeûne. C’est un mythe que votre nombre de neurones est limité.
    • Anti-vieillissement : Le jeûne intermittent peut prolonger la durée de vie chez les rats. Des études ont montré que des rats à jeun vivent jusqu’à 36-83% plus longtemps

Contrairement à ce qu’en dit la sagesse populaire, manger régulièrement et se restreindre en calorie ralentit le métabolisme donc augmente la prise de graisse. En période de jeune le métabolisme augmente à contrario.

D’un point de vue physiologique il faut compter environ entre 12 et 24h selon les individus pour commencer à utiliser réellement le glycogène musculaire comme source de carburant une fois que le sucre dans le sang a été épuisé.

Au-delà de deux jours, le corps commence à utiliser les graisses de stockage pour produire des corps cétoniques qui serviront d’énergie. En ce qui me concerne, je n’ai pas assez pratiqué le jeûne au-delà de 3 jours pour m’exprimer pratiquement sur les phénomènes qui ont lieu à ce moment dont la formation des corps cétoniques notamment.

Bien entendu, le jeûne intermittent est un excellent hack pour rendre votre vie plus simple. Et ne plus vous prendre la tête en cuisinant sainement plusieurs fois par jour pour le petit-déjeuner, le midi, les collations et le repas du soir.

Imaginez aussi le nombre d’heures que vous libérez à l’échelle d’une semaine, d’un mois et d’une année en supprimant au moins les repas de la matinée et du midi. Cela vous laisse le temps de faire tellement d’autres choses.


Les jeûnes intermittents les plus populaires

  • Un repas par jour : Avec le 16/8, cette méthode d’un repas par jour est celle que je pratique au quotidien pour tous les bénéfices qu’elle m’apporte. Il s’agit de consommer un repas par jour selon un intervalle de 24 heures.

Exemple : manger tous les jours entre 19 et 21 heures par exemple jusqu’au lendemain.

Une fois que vous maitrisez un repas par jour, vous pouvez éventuellement manger une fois tous les deux jours

  • La méthode 16/8 : Cette stratégie est la plus populaire non pas parce qu’elle est la meilleure mais parce qu’elle est la plus accessible sans grands efforts. Je la pratique de temps en temps en ne mangeant qu’entre 16 et théoriquement minuit (bien que je m’arrête de manger souvent avant minuit). Ensuite, il s’agit de jeûner pour au moins 16 heures jusqu’au lendemain 16 heures.
  • La warriot diet : popularisé par l’expert du fitness israélien Ori Hofmekler, la warrior diet est très accesible. Elle consiste à manger de petites quantités de fruits et légumes pendant la journée et un grand repas le soir. L’alimentation que préconise Ori est de type ancestral (paléo). Pour moi il ne s’agit pas d’un jeûne, je l’ai pratiqué plusieurs mois. Mais je suis naturellement retourné à mes habitudes d’un repas par jour tant je trouvais cela contraignant de préparer des collations dont je pouvais facilement me passer. Cela ne concerne que mon expérience subjective bien sûr. La Warrior Diet est je trouve une excellente façon de débuter pour la plupart des gens parce qu’elle est encore plus accessible que le 16/8. Faites le test.


Le jeûne pour Qui ?

Vous me direz que si vous ne mangez pas vous allez vous affaiblir, n’est-ce pas ? C’est une idée.

En réalité, en période de jeûne la production d’adrénaline est boostée et votre corps est en éveil, votre système nerveux sympathique fonctionne mieux.

Et si vous aviez faim le matin en vous réveillant ?

Vous vous sentez agitez, faible ou épuisé après quelques heures sans manger ?

Ce ne sont que les symptômes d’une addiction à la nourriture.

Si c’est l’appétit qui vous guide, vous pourriez attendre quelques heures avant de vous réalimenter sans risquer pour votre santé.

Si vous avez le besoin de manger immédiatement, c’est le symptôme clair de l’addiction, la crise de manque comme l’explique Herbet Shelton dans le jeûne.

J’espère que cet article vous inspirera à essayer de combiner le jeûne intermittent avec votre alimentation ancestrale pour potentialiser les résultats des deux approches et profiter de tous leurs bénéfices. Une contre-indication tout de même.

Ne jeûnez pas si vous avez peur ! Vous ne devez en aucun être forcé à jeûner mais accueillir ce formidable cadeau de la nature.

Et comme toujours allez-y progressivement les amis.

N’hésitez pas à me poser en commentaire toutes les questions qui vous viennent en tête par rapport au jeûne. Je vous répondrai aussitôt que possible.

–Les meilleures de toutes les médecines sont le jeûne et le repos – Benjamin Franklin

Les modalités narratives

Par Le 03/09/2016

 

 

 

 LES MODALITÉS DE LA NARRATION
(NE PAS CONFONDRE POSITION DU NARRATEUR ET POINTS DE VUE NARRATIFS)


http://xn--coursdefranais-qjb.net/narration.htm

1)    La position du narrateur

         La position du narrateur, c'est la place qu'il occupe par rapport à l'histoire : ou bien il la raconte du dehors, ou bien il participe à cette histoire en tant que personnage.

a)    Le narrateur extérieur à l'histoire (narrateur hétérodiégétique).

-         Même extérieur à l'histoire, le narrateur peut livrer dans sa narration des traces de sa présence : le récit au sens strict laisse alors place au discours ; des indices d'énonciation signalent la présence de quelqu'un qui juge les personnages, organise le récit, propose des réflexions. Ces manifestations du narrateur sont fréquentes dans les romans de Stendhal ou de Balzac.

-         Mais pour entretenir davantage l'illusion réaliste, le romancier peut choisir de dissimuler la présence du narrateur : les faits semblent alors se raconter d'eux-mêmes, sur le mode du récit pur (3e personne, temps du passé), les marques du discours n'apparaissent que dans les dialogues. Cette tendance s'impose dans les romans de Flaubert ou de Zola.

b)    Le narrateur-personnage (narrateur homodiégétique).

-         Le narrateur raconte sa propre histoire : le héros rapporte l'aventure qu'il a vécue. Le lecteur peut ainsi avoir l'impression d'entrer de plain-pied dans l'histoire (voir L'Etranger).

-         Le narrateur peut aussi raconter des faits dont il n'a pas été l'acteur principal mais simplement un témoin, à distance du héros que l'on découvre alors de manière indirecte (voir Le Grand Meaulnes).

         Le romancier opte parfois pour un dispositif complexe qui combine ces différentes possibilités : un premier narrateur laisse la parole à un second ; le narrateur que l'on croyait «au dehors» révèle qu'il a participé aux faits, etc. De telles structures peuvent difficilement être repérées dans les limites d'un extrait, mais il est important de les identifier dans une œuvre complète.

2)    Les points de vue narratifs

         On entend par point de vue, la perspective selon laquelle les événements de l'histoire sont perçus et présentés. Si le narrateur-personnage rapporte généralement les faits en fonction du point de vue limité qui est le sien, le narrateur situé hors de l'histoire peut choisir entre trois types de points de vue.

a)    Le point de vue omniscient.

         Les informations données par le narrateur dépassent le savoir et les possibilités de perception des personnages (le lecteur en sait plus que le personnage).

         Le narrateur ne se limite pas à un point de vue déterminé : il raconte à la manière d'un historien qui sait tout, change librement d'angle de vue, dévoile les pensées secrètes des personnages, peut se déplacer d'un lieu de l'action à l'autre et effectuer des retours en arrière.

         Cette technique ouvre de vastes possibilités à l'analyse psychologique, mais comporte des risques d'invraisemblance puisqu'elle suppose un narrateur aux pouvoirs surhumains.

b)    Le point de vue interne.

         Les informations données par le narrateur coïncident avec le savoir d'un personnage (le lecteur en sait autant que le personnage).

         Les faits racontés sont perçus et interprétés à travers le point de vue d'un personnage précis. La réalité décrite est limitée par les possibilités d'une perception subjective, que ce soit celle d'un narrateur-personnage ou d'un personnage qui n'est pas narrateur.

         Cette technique impose des contraintes, mais rend vraisemblables les informations communiquées par le narrateur, puisque celles-ci passent par un point de vue humain limité dans lequel le lecteur peut facilement se reconnaître.

c)     Le point de vue externe.

         Les informations données par le narrateur restent en deçà de ce que sait le personnage. (le lecteur en sait moins que le personnage).

         N'est décrit et raconté que ce qui peut être vu de l'extérieur, à partir d'une position neutre. Les faits et gestes sont présentés d'un point de vue purement objectif, tels qu'ils pourraient être enregistrés par l'œil d'une caméra, sans l'interprétation d'une conscience. On ne connaît donc pas les pensées des personnages décrits.

         Cette technique est fréquemment pratiquée au début d'un roman, lors de l'entrée en scène de l'« inconnu » sur lequel le romancier veut attirer l'attention. On la rencontre surtout dans les romans contemporains, en partie sous l'influence du cinéma.

         Les textes narratifs présentent souvent des variations de point de vue : le point de vue externe peut être une stratégie provisoire (début de Germinal) ; plusieurs points de vue internes différents peuvent se succéder (dans un roman par lettres)... Il ne faudra donc pas s'empresser d'étendre à tout un roman la technique repérée dans un extrait ; inversement, la connaissance du roman intégral aide à mieux analyser le point de vue utilisé dans un passage.

 


 

 

La narration cinématographique (KUNDALINI)

 

 

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Je n'utilise quasiment jamais de prénoms dans mes romans dès lors qu'il s'agit d'une structure narrative indirecte.

Je travaille essentiellement sur la narration directe mais à la 3 ème personne.

Je n'existe pas en tant qu'écrivain dans l'histoire. Je n'aime pas l'omniscience de l'auteur.

Ce qui m'intéresse, c'est de donner à voir à travers les yeux des personnages. Je n'écris donc jamais :

"Sat marchait depuis des heures dans l'étroite vallée et il observait les crêtes enneigées. Il se tourna vers Maud.

-C'est vraiment beau, s'exclama-t-il."

car dans ce cas-là, ça n'est pas lui qui raconte sa propre histoire mais un auteur qui l'observe et qui décrit ce qu'il voit. Mais ce que voit l'auteur, ça ne m'intéresse pas. C'est le personnage que je veux voir et c'est en lui que je veux "vivre" l'histoire.

Sur l'ensemble d'un récit, je cherche à créer un transfert entre les personnages et le lecteur. C'est une écriture sur laquelle je travaille depuis longtemps et mes trois autres romans publiés sont construits sur cette structure narrative.

Personnellement, je ne lis plus de romans en narration indirecte.

C'est comme si au cinéma, une voix off venait en permanence expliquer aux spectateurs, les actes des personnages. Comme si le spectateur n'avait pas la capacité à "entrer" dans la peau des personnages, comme si les descriptions narratives se révélaient indispensables.

À mon sens, c'est juste une marque de distanciation et ça ne répond pas à l'exigence de vie que je tiens à marquer. Ce qui m'importe donc, ça n'est pas de me positionner comme écrivain mais comme caméraman...J'accompagne les personnages mais ils sont eux-mêmes les acteurs. Je ne leur donne pas vie. Ils la racontent...

 


KUNDALINI

Elle prit la route et suivit attentivement l’itinéraire qu’elle avait préparé.

Joyeuse et impatiente. Elle imaginait déjà la fraîcheur de l’eau et la beauté des roches, le plaisir du soleil et le bonheur du silence.

Elle gara son véhicule sur le bas-côté. Au pied d’une falaise. Juste de la place pour un véhicule. Elle ne risquait vraiment pas d’être dérangée.

Elle prit son sac à dos, vérifia rapidement le contenu, ferma les portes, rangea les clés et s’engagea sur la route. Le chemin s’ouvrait cent mètres plus loin. Elle longea le rail de sécurité qui dominait le ravin.

Elle entendit l’eau qui courait devant elle. Le torrent.

Une entaille dans la paroi, une brèche cisaillée par le flot qui passait sous la route en grondant.

Un sentier s’engageait sur la rive droite. L’eau emportée par la pente cascadait avec fracas.

Des bouillons de bulles dessinaient des arabesques mouvantes autour des blocs épars, des carillons liquides qui semblaient animés d’une euphorie contagieuse.

Elle observa l’entaille, le coup de sabre dans la montagne, comme l’entrée d’un royaume perdu.

Elle se surprit à sourire.

 

L’impression inexplicable que cette faille l’invitait, qu’elle y trouverait des réponses et la paix intérieure.

 

Elle s’amusa à franchir un gué sur des blocs erratiques, lisses comme des boules de bowling. Des sauts maîtrisés, l’euphorie du corps en action, la joie du jeu, l’enfance dans un corps d’adulte. Elle s’amusa aussitôt de sa force et de sa souplesse, de sa capacité à étudier une réception en un seul regard.

Le plaisir de l’enchaînement, d’un bloc à un autre, au-dessus du flot bouillonnant.

S’amuser.

Depuis combien de temps n’avait-elle pas éprouvé ce simple bonheur ? Juste pour elle, toute seule.

Elle s’en voulut d’avoir été aussi impitoyable, d’avoir succombé à la colère jusqu’à en oublier tout le reste.

Elle se promit que ça n’arriverait plus, que de ce jour, elle accueillerait tous les bonheurs.


 

Si je remplace le pronom "elle" par le prénom "Maud", l'effet, à mes yeux, n'est plus du tout le même.

Le lecteur ou la lectrice n'est plus en lien direct mais sous l'emprise de l'auteur qui indique ce qui doit être vu, compris, perçu, ressenti...

Dans "la narration cinématographique", la caméra filme ce que le personnage ressent, éprouve, vit, expérimente à travers ses pensées. Le personnage est en observation de lui-même. Il n'est pas décrit par un narrateur. Il est juste "filmé"...

Je cherche à exprimer par conséquent ce qui se passe en lui de façon à ce que ce soit ce "Il" qui intervienne.

Il me semble que la narration indirecte, c'est à dire l'auteur omniscient, marque une rupture entre le personnage et le lecteur car l'auteur intervient dès lors comme un intermédiaire alors qu'une narration cinématographique cherche à instaurer une "communion". Quand on regarde un film, la caméra n'intervient pas comme intermédiaire. Elle est "invisible", elle n'est qu'un outil et non un architecte.

Bien entendu qu'il existe des différences immenses entre la caméra d'un Malick et celle d'un J.M Poiré...L'objectif n'est pas le même...

J.M Poiré guide chaque regard. Malick suggère, propose, invite, crée une introspection, une observation intime, existentielle, philosophique et l'usage de la voix Off est primordial. 

Aucun jugement de valeurs de ma part. "Les visiteurs (1)" de J.M Poiré m'ont bien fait rire :)

La narration de Malick, quant à elle, me bouleverse...

 

J'aimerais un jour parvenir à une écriture aussi profonde.

J'aimerais en fait disparaître intégralement en tant qu'écrivain et que les personnages que je "filme" existent par eux-mêmes.

 

Quand il s'agit d'un dialogue, j'insère un prénom, généralement en fin de phrase mais à l'intérieur même du dialogue, et non comme une extension de l'auteur.

 

« Qu’est-ce qui m’arrive Sat ? J’ai parfois l’impression de ne plus être moi, j’ai des pensées qui viennent et je ne les comprends même pas, j’ai des sensations que je ne reconnais pas, il y a tellement de choses étranges, je ne peux même plus les énumérer. Qu’est-ce qui m’arrive, Sat ? »

 

Il devina l’inquiétude, il perçut cette rupture dans la voix, ce décrochement empli d’incertitudes, lorsque les mots semblent troubler la parole, lorsqu’ils agissent comme une boisson acide et enrayent les cordes vocales.

Il fallait donner des réponses. Le moment était venu. Il le savait.

 

« Une autre réalité Maud, c’est tout, l’ouverture des fenêtres, une conscience nouvelle qui prend conscience d’elle-même. Il n’y a rien d’inquiétant là-dedans, sauf si vous décidez d’en tirer des suppositions qui viendront nourrir vos peurs.

-C’est trop flou pour pouvoir me satisfaire, Sat. Je suis désolé mais j’ai besoin de comprendre.

-Vous voulez comprendre parce que c’est un fonctionnement archaïque, parce que la dimension intellectuelle sert de références alors qu’elle n’est qu’une partie de la structure. »

Elle sentait monter de la colère, un énervement profond dont elle ne voulait pas mais qui s’imposait comme un parasite accroché à ses neurones.

« C’est très bien Maud que la pression monte en vous, il faudra beaucoup de puissance, beaucoup d’énergie pour parvenir à entrer dans la danse. Mais avant de danser, il faut apprendre l’immobilité. »

Elle abandonna toute volonté de réponses. Elle n’obtiendrait pas celles qui l’auraient comblée et elle devinait que tout cela était planifié.


 

De cette façon, les dialogues sont juste "filmés" et non "racontés" par un auteur qui serait spectateur de la scène.

Il y a parfois un temps d'adaptation, quelques lignes ou quelques pages, selon la plasticité neuronale du lecteur :) 


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Le biomimétisme

Par Le 02/09/2016

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas entendu une conférence aussi fascinante, un intervenant aussi passionnant, clair, pédagogique, une idée aussi enthousiasmante de l'osmose possible entre la Nature et l'humain. 

Il est clair également que depuis l'êre industrielle, nous nous sommes totalement trompés.

Des individus comme Idriss.J. Aberkane me comble de bonheur.

Et si la connaissance était le nouveau pétrole ?

"La nature est une bibliothèque, lisez-la au lieu de la brûler." 
 

Idriss Aberkane nous parle d'économie de la connaissance et de biomimétisme. 
Une idée folle vous dites ? Elle est pourtant bien mise en pratique par la Corée du Sud qui est le seul pays au monde à avoir son ministère de l'économie de la connaissance et qui exporte aujourd'hui 20% plus que la Russie, avec pourtant 171 fois moins de territoire...

 

Le site d'Idriss Aberkane : http://idrissaberkane.org/index.php/fr/

 

IDRISS ABERKANE, 29 ANS, CHERCHEUR SANS LIMITES

 • ON EN PARLE •  34

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Il a grandi dans Le Val-de-Marne, banlieue pavillonnaire du sud de Paris. A appréhendé les mathématiques grâce aux jeux vidéo. À 29 ans, ce self-made-man de la génération 3.0 est un enseignant d’un genre inhabituel. Chercheur, penseur et éditorialiste, il rend compréhensible la science. Comme ce soir sur TF1, aux côtés de Christophe Dechavanne.
Il irrite déjà son petit monde. Suscite la jalousie de ses pairs. « J’ai des ennemis », confesse-t-il, fixant ses interlocuteurs de son regard noisette grillée. « En France, seulement », ajoute-t-il, avec une moue de dépit. Idriss Aberkane a de quoi agacer. À 29 ans, il est titulaire de trois doctorats. Et son titre est long comme le Danube : professeur à Centrale-Supélec, chercheur à Polytechnique, chercheur affilié à Stanford (États Unis) et ambassadeur de l’Unitwin (un réseau d’universités, sous le patronage de l’Unesco), section « systèmes complexes ». Le jeune homme est une tête. Une tête bien faite. Il agace surtout ses confrères parce qu’avec lui, les maths, la science, le cerveau, sont des sujets compréhensibles par le plus grand nombre. On lui reproche des présentations trop simples. « Nous sommes complexés de la pédagogie », répond l’intéressé. Aux États-Unis, où il passe beaucoup de son temps, le chercheur ne reçoit pas le même accueil. « Là-bas, on dit « populariser ». Pour les Américains, des gens comme moi sont là pour aider. En France, on dit « vulgariser ». Pour certains, c’est vulgaire. » En mars dernier, cinq millions de téléspectateurs ont découvert le joli minois du neuroscientifique sur TF1. Idriss Aberkane décryptait les performances de candidats aux facultés hors normes, dans Les Extra-ordinaires, un divertissement produit par Endemol France et présenté par Christophe Dechavanne, avec Marine Lorphelin, Miss France 2013. « Le flux de connaissance est proportionnel à l’attention, multipliée par le temps », explique-t-il pour justifier sa participation. Le programme télé est reconduit ce vendredi soir. Sa frimousse a fait la Une de l’hebdomadaire Le Point le 30 octobre 2014, sous le titre : « Comment développer son intelligence ». Idriss Aberkane présentait neuf méthodes pour muscler son cerveau. Depuis, le penseur partage, tous les quinze jours dans le magazine, ses analyses de l’actualité. Tout petit, il a abordé les mathématiques par le prisme des jeux vidéo. « J’ai découvert les consoles Nintendo et PlayStation à l’école. Nous y avions accès dans des temps de loisirs. » Il développera plus tard la thèse selon laquelle « le jeu peut permettre une approche des maths différente ». L’enseignant a grandi avec son frère aîné Selim dans le Val de Marne, banlieue pavillonnaire au sud de Paris. Leurs parents y sont instituteurs maîtres formateurs à l’IUFM. « Ils m’ont toujours encouragé. J’ai aimé l’école dès le départ. Hier comme aujourd’hui, je me nourris d’un buffet de connaissances, à volonté. » Ce musulman soufi a rejoint un lycée catholique puis l’université d’Orsay, à Paris.
« Une nouvelle Renaissance »
« La connaissance, c’est comme la connerie : elle est infinie. » Le jeune homme a le sens de la formule. « Partager une somme d’argent, c’est la diviser ; partager une information, c’est la multiplier », dit-il encore. Rafraîchissant. Ce jour-là, il intervient devant des dirigeants adhérents de l’Association progrès du management (APM). Ils sont une vingtaine, à se retrouver près de Rennes, pour une journée de formation. Debout devant un grand écran, l’orateur use d’images et de mots intelligibles. Pas de verbiage. Le discours n’est ni creux, ni spécieux. L’expert montre que, 500 ans après, nous assistons à « notre nouvelle Renaissance ». Après l’imprimerie, le monde change davantage encore, avec Internet. Après la découverte des Amériques, la tête est tournée vers l’espace et les étoiles. « L’avenir économique mondial appartiendra à ceux qui sauront faire circuler la connaissance à la fois beaucoup mieux et beaucoup plus vite », professe-t-il, défendant un nouvel Eldorado : une économie de la connaissance. Le jeune homme impressionne. « J’ai le double de son âge et je peux vous dire qu’il a les pieds sur terre, observe René Hamard, directeur d’une entreprise spécialisée dans la construction métallique, entre Rennes et Fougères. La réflexion collective est la condition de la réussite. Avec les cadres de mon entreprise, tous ingénieurs, nous nous penchons ensemble sur l’avenir de l’entreprise. » Régis Le Roux, à la tête d’une société développant des équipements dans le secteur de la télé numérique, à Cesson-Sévigné, partage l’analyse du penseur : « Nous ne sommes qu’au balbutiement des inventions. Des révolutions arrivent dans le domaine de la biotechnologie, du biomédical. C’est enthousiasmant, non ? » L’agenda d’Idriss est vissé à la minute. Hier à Shanghai et Istanbul, demain à Johannesburg et San Francisco. Sur terre comme dans les avions, il a en tête des héros, Francisco Javier Varela, neurobiologiste et philosophe chilien, le polymathe (érudit) irlandais Richard Francis Burton, le mythique patron d’Apple, Steve Jobs… Des héros et des révolutions.

Publié le 20 Novembre 2015
Angélique CLÉRET. Photo : Philippe RENAULT.

Privé/Public

Par Le 01/09/2016

JUIN07

 

Sauver l’école, pour tous !

Education

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Tribune publiée dans le Figaro daté du 7 juin 2016.

L’enseignement privé va bien : c’est ce qui ressort du dernier congrès de l’APEL (Association de parents d’élèves de l’enseignement libre), qui s’est conclu ce dimanche dans une ambiance d’optimisme quasi unanime. Tout semble réuni pour favoriser le secteur privé sous contrat, à commencer par l’effondrement de l’enseignement public. L’échec manifeste des dernières réformes scolaires constitue la principale clé de l’attractivité des établissements privés, qui ont la chance d’éviter les mesures que l’Etat impose à leurs voisins du public. Ils ont ainsi été à l’abri de la calamiteuse réforme des rythmes scolaires, et leur liberté de recrutement constitue dans bien des territoires un échappatoire au piège de la carte scolaire. L’apparente santé du privé est donc essentiellement la conséquence de la descente aux enfers que subit l’enseignement public.

Cette situation devient un scandale lorsque, non contents de bénéficier de cet état de fait, les dirigeants du privé encouragent les réformes qui minent l’enseignement public, pour trouver ensuite dans leur autonomie les moyens d’en amortir chez eux les effets dévastateurs… Les dernières évolutions imposées par le ministère (réforme du collège et réforme des programmes) ont eu, on le sait, peu de partisans enthousiastes. La quasi-totalité des syndicats enseignants comme beaucoup de parents d’élèves, de nombreux intellectuels de premier plan et le Conseil supérieur de l’éducation lui-même s’y sont opposés. Il aura fallu que ce soit l’enseignement dit « libre » qui donne de la voix pour soutenir le ministère, plutôt sur le mode de l’enthousiasme spontané que du soutien argumenté. L’APEL a dit « accueillir avec beaucoup d’espoir la volonté de la Ministre de réformer le collège » – et pour fonder tant d’espoir, s’est contentée d’un lien sur son site internet renvoyant à l’argumentaire du gouvernement. Pour une telle « liberté », que ne nous ôte-t-on tout à fait la peine de penser, aurait dit Tocqueville… Alors que la contestation montait, la présidente de l’APEL a décidé, en guise de concession aux parents mécontents, de créer, cela ne s’invente pas, des « comités de suivi » de la réforme du collège – est-ce pour « suivre les réformes » qu’une mobilisation historique a sauvé l’école libre en 1984 ?

Sur le terrain, si le privé suit toujours le ministère, il le suit pourtant de loin. À la rentrée prochaine, de nombreux établissements privés proposeront aux familles toutes les options que la réforme du collège a pu supprimer avec la bénédiction de l’APEL… L’incohérence n’est pas d’offrir le meilleur enseignement, mais de le garder pour soi après avoir encouragé sa destruction pour les autres. Les classes bilangues ? Le latin et le grec ? Proposés en option hors contrat, c’est à dire de façon payante, en plus des frais d’inscription. La baisse des dotations horaires attribuées par le ministère ? On trouvera toujours une solution pour la compenser sur fonds propres s’il le faut. Et naturellement, les nouveaux dispositifs pédagogiques, comme les fameux enseignements pratiques interdisciplinaires, seront adaptés pour se conformer à la vigilance des parents, soucieux de l’acquisition des savoirs fondamentaux par leurs enfants, et capables de les accompagner pour cela – y compris financièrement, en recourant au business en pleine croissance des cours supplémentaires… Les équipes pédagogiques de ces établissements ont bien raison de rivaliser d’inventivité pour continuer d’offrir le meilleur à leurs élèves. Bien sûr, ce ne sera pas possible partout : bien des établissements privés accueillent dans des secteurs paupérisés des jeunes de tous les milieux. Sans moyens conséquents, ils subiront le désastre comme les autres. Mais partout ailleurs, combien de collèges privés trouveront dans ces dernières réformes l’occasion de capter pour de bon toutes les familles un peu favorisées, prêtes à payer pour éviter à leur enfant un naufrage qui condamne définitivement les élèves du public – auxquels on retire tout ce qui pouvait constituer des occasions de survie scolaire ?

Si loin de l’aspiration des parents et du travail des professeurs, qui se battent avec raison pour garder un enseignement de qualité, les représentants du privé auront donc essentiellement contribué à noyer encore un peu plus les collèges publics, qui perdent là leurs derniers leviers d’attractivité. C’est un scandale pour tout citoyen ; ce devrait être aussi un scandale pour tout chrétien, car l’idéal de l’enseignement catholique est à l’évidence profondément dévoyé lorsqu’il multiplie les propositions commerciales pour faire un marché de tout l’héritage dont il a lui-même encouragé la déconstruction. Les élèves issus d’un enseignement public en ruines, à l’exception de quelques sanctuaires intouchables, semblent désormais définitivement empêchés de vaincre leur relégation scolaire, culturelle, sociale, à cause d’une réforme imposée au nom de « l’égalité » par des responsables politiques de gauche, avec le soutien de cet enseignement privé où beaucoup d’entre eux inscrivent d’ailleurs leurs enfants, parce qu’il consolide comme jamais son monopole en matière de reproduction des élites.

C’est de l’avenir de la société qu’il s’agit – et aussi de l’avenir de l’enseignement libre, car l’hypocrisie risque de devenir si intenable qu’elle conduira tôt ou tard à l’explosion d’un système si manifestement injuste. Le ministère doit tirer des leçons de la situation, non pas en tentant par la coercition d’empêcher le privé de sauver le latin ou de contourner les EPI, mais en rendant cette chance à tous les élèves. Il est encore temps de retirer ces réformes : l’enseignement public peut et doit être un lieu d’excellence, partout, au service de tous les élèves, et pour accompagner toutes les formes de réussite !

Il est urgent aussi que l’enseignement privé se ressaisisse : derrière l’autosatisfaction de façade, il y a le versant intérieur de ce scandale démocratique – l’incroyable monopole statutaire d’une association de parents qui, dans une fiction de démocratie, se protège de sa base derrière ses statuts, et prend position au nom des centaines de milliers de familles qui la font vivre sur le terrain sans même les avoir consultées… Puisque le renouvellement ne vient pas de l’intérieur, l’espoir vient des périphéries – par exemple de la fondation d’une nouvelle association de parents d’élèves authentiquement attachés au sens pédagogique de la transmission, ou du développement des écoles Espérance Banlieues qui, retrouvant l’inspiration et l’audace perdues par les administrations jumelles du public et du privé, remettent une liberté pédagogique authentique au service des plus déshérités.

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