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Indications et contre indications au jeûne

Par Le 05/10/2016

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Accueil  Cure de jeûne  Indications et contre-indications au jeûne

INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS AU JEÛNE

Le jeûne est indiqué pour :

Ci-joint une liste non exhaustive des maladies pour lesquelles le jeûne se montre efficace. 

Comme le dit le proverbe allemand :

"Une maladie qui ne peut être soignée par le jeûne ne peut être soignée par rien d'autre."

Le jeûne en détoxiquant, détoxifiant et "détoxinant" permet une bonne assimilation des matériaux nutritifs nécessaires au corps. C'est pourquoi après quelques jours de jeûne les ongles cassants ou friables deviennent solides et résistants. C'est aussi pourquoi une personne fatiguée retrouve la vitalité après un jeûne.

En dehors des contre-indications au jeûne, il est très intéressant de jeûner pour se soigner et améliorer sa santé pour un grand nombre de maladies. Dans l'éventail  de celles-ci (ou symptômes), certaines seront améliorées ou stabilisées, d'autres soignées et beaucoup de symptômes disparaitront.

Nous sommes tous uniques. Et les résultats pour l'un ne sont pas identiques pour l'autre. En effet, plusieurs paramètres entrent en compte dans l'amélioration de sa santé en dehors des bénéfices indiscutables d'un jeûne sur le plan physique et physiologique : l'état émotionnel, la  confiance en soi et en sa capacité et ses propres ressources à s'auto-réguler, l'application d'un réglage alimentaire adapté à chacun, l'activité physique... 

Nous observons que le jeûne sera d'autant plus efficace s'il est associé à une réflexion globale sur notre hygiène de vie : notre hygiène alimentaire, notre hygiène émotionnelle (nos pensées, nos croyances, nos peurs, nos limites, notre stress...) et notre hygiène en lien avec notre activité physique. Il s'agit de la santé du corps et de l'esprit absolument indissociable.

En effet, si la maladie s'installe, c'est le plus souvent causée par des erreurs répétées. Il est très important de réfléchir à la globalité de notre hygiène. Le jeûne alors se révèle être un tremplin vers une nouvelle façon de prendre soin de sa santé, se soigner lorsque la maladie est apparue et aussi éviter qu'elle ne réapparaisse. Même si le jeûne en lui-même est très efficace, il est absolument necéssaire de changer son hygiène de vie de façon globale.

Voir quelques témoignages d'auto-guérison en bas de page. Les personnes qui témoignent sur ce site ne présentent pas la  garantie scientifique que cela fonctionnera pour vous. Mais cela vaut la peine d'essayer !

Abcès

Acné

Acouphènes

Agueusie (Amélioration du sens du goût)

Allaitement (Stoppe naturellement la montée de lait)

Allergies

Alzheimer

Aménorrhée

Amygdalite

Anémie

Angine

Angine de poitrine (angor)

Aphtes

Apnée du sommeil

Appétit

Athérosclérose 

Artérite

Arthrite

Arthrose

Asthme

Atonie gastrique digestion lente

Audition (amélioration de l'audition)

Ballonnements

Bartholinite

Beauté (peau tendue et rajeunissement)

Bipolarité

Bouffées de chaleur

Boutons de fièvre

Bradycardie

Bronchites (aiguës et chroniques)

Burn-out

Calculs biliaires

Calculs rénaux

Cancer

Candidose

Cardiovasculaires (maladies cardiovasculaires)

Cataracte

Cellulite

Chimiothérapie (amélioration des effets secondaire : fatigue, chute de cheveux, vomissements...)

Chocs psychologiques

Cholestérol

Circulation (trouble de la circulation artérielle)

Cirrhose du foie

Colibacillose

Colites

Colopathies

Concentration

Conjonctivites

Constipation

Couperose

Crises hémorroïdaires

Crohn (maladie de Crohn)

Cycles menstruel irrégulier ou abondant

Cystites

Dartres

Décalcification

Déminéralisation

Dents

Dépendances

Dépression

Diabète type 2

Diarrhée

Digestion

Diverticules

Douleurs articulaires et musculaires

Douleurs cervicales

Drainage

Drogues (sevrage)

Dysménorrhées

Eczéma

Emphysème

Engelures

Entorse

Épuisement physique et psychique

Éruptions

Escarres

Excroissances de peau

Extrémités froides

Fatigue chronique

Fécondité

Fibromes

Fibromyalgie

Fièvre

Fistules anales

Flatulences

Foie (hépatite C, cancer)

Foulure

Frigidité

Furonculose

Ganglions

Gastrite

Gencives

Glaucome

Goitres

Gorge

Goutte

Grippe

Gros bras

Grossesse (avant fécondation)

Hématome

Hémorroïdes

Hépatite virale

Herpès

Hyperactivité

Hypercalcémie

Hypertension

Hypertrophie de la prostate

Impuissance

Incontinence urinaire

Infections chroniques

Inflammation du tube digestif

Insomnie

Insuffisance cardiaque

Insuffisance veineuse

Jambes enflées

Jambes lourdes

Jambes sans repos

Kératites

Kystes

Laryngite chronique

Les troubles du rythme cardiaque

Libido (augmente la libido)

Lipomes

Maigreur (prise du poids après le jeûne)

Maigrir

Maladie de Lyme

Maladie mentale

Maladies auto-immunes

Mastose

Médicament (sevrage)

Mémoire

Ménopause

Migraine

Mycoses

Nervosité

Névralgies dentaires

Névralgies faciales

Névrites Obésité

Odorat (amélioration de l'odorat)

Œdème

Ongles (plus durs avec le jeûne)

Ostéoporose

Otites à répétition

Ovaires (douleurs, kystes)

Ovulation

Parkinson

Parodontose

Peau (plus luminseuse)

Petite urémie

Plaies variqueuses

Poids

Polyarthrite rhumatoïde

Polypes de la muqueuse nasale

Polypes du nez

Prostate hypertrophie

Prostate PSA (cancer de la prostate)

Psoriasis

Rajeunissement

Rectocolite

Règles absentes

Règles douloureuses

Régulation du poids

Rétention d'eau

Rétinopathie

Rhinite allergique

Rhinite chronique

Rhinite infectieuse

Rhumatisme articulaire aïgue

Rhumatismes

Rhumes

Rides

Sciatalgie

Sclérose en plaques

Sécheresse vaginale

Seins (cancer, kystes, mastose)

Sinusite chronique

Spasmophilie (avec réglage alimentaire)

Spondylarthrite

Spondylarthrite ankylosante

Stérilité

Stress

Sueur

Surpoids (régulation du poids)

Syndrome de Dupuytren

Syndrome de Raynauld

Syndrome prémenstruel

Tabagisme (Sevrage)

Taches de vieillesse

Tachycardie

Tendinite

Trachéite chronique

Transpiration

Trouble gastrique

Tumeurs

Ulcère au gastro-duodenal

Ulcère variqueux

Urticaire

Varices

Varicocèles

Verrues

Vieillissement cérébral

Vue (amélioration de la vue)

Zona

Maria Buchinger, qui a assisté son père pendant de nombreuses années, lui a un jour posé cette question :  "Que dois-je répondre à tous ceux et celles qui veulent savoir ce que le jeûne peut guérir ?" Et Otto Buchinger répondit : "Demande-moi plutôt ce que le jeûne ne peut pas guérir !  Ce ne sont que quelques maladies : tuberculose, hyperthyroïdie... Dans tous les autres cas, et notamment en cas de maladies chroniques, le jeûne vaut la peine d'être essayé.

Contre-indications au jeûne :

Ci-joints les contre-indications au jeûne, contactez-nous si vous souhaitez vous assurer que vous pouvez jeûner :

    Malades épuisés, dévitalisés, grands sous-vitaux anergiques

    Tuberculose pulmonaire

    Myopathie pseudo-paralytique grave (dégénérescence musculaire)

    Diabète maigre, (type1-insulino-dépendant)

    Grande faiblesse avec insuffisance émonctorielle

    Phobie du jeûne

    Néphropathies

    Malades sous médication chimique lourde (voir selon les cas)

    Grossesse (voir selon le cas)

    Carences aiguës en minéraux (voir selon le cas)

    Carence ou faible taux d'albumine, dans ce cas corriger les carences avant de jeûner.

Le jeûne n'est pas efficace pour :

  1. les personnes qui gardent une mauvaise hygiène de vie entre les jeûnes. En effet les effets bénéfiques du jeûne disparaissent pour les personnes qui après un jeûne se nourrissent mal ou suivent une mauvaise hygiène de vie.
  2. s'il est réalisé et vécu sous la contrainte, la peur, le challenge, ou pour faire plaisir à un ami ou conjoint trop bien intentionné. Les ressentiments, les émotions négatives engendrées alors freinent voire inhibe les bénéfices qu'apporte le jeûne. 

Témoignages d'auto-guérison par le jeûne :

Vous trouverez sur le site des témoignages de personnes ayant retrouvé leur santé grâce au jeûne et au changement d'alimentation : Témoignages de jeûneurs ayant retrouvé la santé.

D'autres témoignages sont parus dans les publications de Shelton ainsi que ceux de Nicole Boudreau. Shelton parle de plus de 10 000 personnes ayant retrouvé la santé à travers le jeûne. En Russie et en Allemagne il existe plus de 10 000 cas d'auto-guérison par le jeûne.

 

Pas de bio dans les cantines

Par Le 05/10/2016

La liste des sénateurs qui ne veulent pas de bio dans les cantines

Publié Le 28 Mai 2016 à 12h45

 

Mais qui sont ces sénateurs qui ne veulent pas de bio pour nos enfants ? L'association Agir pour l'Environnement vient de publier la liste des 188 sénateurs qui ont rejeté l'amendement fixant un seuil de 20% de produits bio en restauration collective d'ici à 2020.

L'association Agir pour l'environnement a publié la liste des sénateurs qui ont voté contre l'amendement rétablissant le seuil de 20% d'aliments issus de l'agriculture biologique dans les cantines publiques (écoles, hôpitaux, maisons de retraites)

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Le 9 mars 2016, la proposition de loi " visant à favoriser l'ancrage territorial de l'alimentation " de la députée Brigitte Allain, n'a pas été votée au Sénat. Le texte, pourtant adopté à l'unanimité à l'Assemblée nationale, obligeait à introduire 40% de produits locaux et 20% de produits bio dans la restauration collective publique (écoles, maisons de retraite, hôpitaux,..). 188 sénateurs ont voté contre, 149 ont voté pour (6 sénateurs n'ont pas pris part aux votes et 5 se sont abstenus).

Un décision incompréhensible alors même que 76% des Français souhaitent l'introduction de produits bio en restauration collective (sondage IFOP effectué en janvier 2016) ! D'autant plus que, selon les derniers chiffres de l'Agence bio, les ventes de produits biologiques ont connu une hausse de 14,7% en 2015. Les surfaces en bio ont également bondi de 23,1% en France en 2015, atteignant 1 375 328 hectares.

Pour dénoncer les sénateurs qui "ont préféré satisfaire les intérêts bien compris du lobby de l'agrochimie", l'association Agir pour l'Environnement a décidé de publier la liste des 188 sénateurs "anti-bio" qui se sont opposés à l'introduction de 20% de bio en restauration collective publique.

La liste est disponible sur le site reponses.agirpourlenvironnement.org/cantinebio-senateurs. Un moteur de recherche permet de sélectionner votre département pour voir ce qu'ont voté vos sénateurs.

Dans cette liste, on trouve notamment :

- François Baroin, le président de l'Association des maires de France (AMF) et sénateur de l'Aube (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine)

- Philippe Bas, Sénateur de la Manche (Normandie)

- Serge Dassault, célèbre chef d'entreprise dans l'industrie aéronautique et l'armement, Sénateur de l'Essonne et 5ème fortune de France en 2015 avec une fortune estimée à plus de 17,5 milliards d'euros (selon le journal français Challenges)

- Daniel Chasseing, sénateur de la Corrèze (Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes)

- Jean-Claude Gaudin, le Maire de Marseille et sénateur des Bouches-du-Rhône (Provence-Alpes-Côte d'Azur)

- Robert Hue, ancien président du Parti Communiste et Sénateur du Val-d'Oise (Ile-de-France)

- Brigitte Micouleau, Sénatrice de la Haute-Garonne, adjointe au maire de Toulouse chargée des Seniors, et conseillère métropolitaine de Toulouse Métropole.

- Louis Nègre, Sénateur des Alpes-Maritimes (Provence-Alpes-Côte d'Azur), qui est également l'un des rapporteurs de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte

- Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre sous Jacques Chirac, et Sénateur de la Vienne (Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes)

- Charles Revet, Sénateur de Seine-Maritime, ancien agriculteur de profession et membre du Groupe d'études "Économie agricole alimentaire" au Sénat

- Catherine Troendlé, Sénateur du Haut-Rhin (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine), nommée déléguée nationale des Républicains chargée de la famille par Nicolas Sarkozy en 2015

- Caroline Cayeux, Sénateur de l'Oise (Nord-Pas-de-Calais-Picardie), Maire de Beauvais, fille du docteur Pierre Fournier, ancien président du Conseil de l'Ordre des Pharmaciens

- Alain Chatillon, Sénateur de la Haute-Garonne (Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées), qui a fondé en 1972 le groupe Nutrition & Santé, premier fabricant français d'aliments diététiques et biologiques

- Françoise Laborde, Sénatrice de Haute-Garonne, ancienne institutrice et directrice d'école maternelle

- Valerie Létard, Sénatrice du Nord (Nord-Pas-de-Calais-Picardie), ancienne secrétaire d'État auprès du ministre de l'Écologie (en 2009 et 2010) et chargée des Technologies vertes et des Négociations sur le climat

- Pierre Médevielle, Sénateur de la Haute-Garonne (Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées), membre du Haut Conseil des Biotechnologies en charge notamment d'éclairer la décision publique concernant les organismes génétiquement modifiés (OGM).

- Jean François Husson,  Sénateur de la Meurthe-et-Moselle (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine). En 2012, il a fait partie de la mission commune dʼinformation parlementaire sur les pesticides et leur impact sur la santé et lʼenvironnement. Il préside, depuis février 2015, la commission d'enquête sur le coût économique et financier de la pollution de l'air. Il a été nommé par le président du Sénat membre du comité pour l'économie verte.

- Jacques Genest, sénateur de l'Ardèche (Auvergne-Rhône-Alpes), membre du groupe Chasse et Pêche du Sénat, qui a également voté contre la loi pour la reconquête (la protection et la restauration) de la biodiversité, de la nature et des paysages

A noter : Chantal Jouanno, Sénatrice de Paris (Ile-de-France), ancienne secrétaire d'État chargée de l'Écologie, co-fondatrice de l'Institut de l'économie circulaire... n'a pas voté.

"Les parents apprécieront à sa juste valeur le jeu de postures d'une majorité de sénateurs qui se traduit par un rejet d'un objectif qui aurait amené une nourriture de qualité, bio et locale dans l'assiette de leur enfant. A ce jour, la part de la bio en restauration collective ne représente que 2,7% des achats alimentaires, seuil que les sénateurs considèrent manifestement comme " globalement suffisant " !" commente l'association Agir pour l'Environnement dans un communiqué. "Le rejet, par les sénateurs, de ce seuil de 20 % d'aliments bio en restauration collective n'est finalement qu'un épiphénomène, le râle d'un monde qui se meurt. La démocratie réelle est en train de prendre le pas sur ces artifices et faux-semblants démocratiques. Avec la constance et la détermination de celles et ceux qui ont la certitude que le productivisme agricole vit ses dernières heures, que notre avenir mérite mieux que des antibiotiques, des fermes-usines, des pesticides, de la souffrance animale, mal-être professionnel et malbouffe généralisée, nous continuerons à nous engager sans faillir ni faiblir pour une planète vivable. N'hésitez pas à partager ce trombinoscope des anti-bio du Sénat. C'est notre façon d'assurer un minimum de publicité autour de ces votes et se rappeler au bon souvenir d'élus empoussiérés dans des certitudes d'un autre temps".

Stella Giani

 

Vaut mieux en rire

Par Le 05/10/2016

Education : parlez-vous le nouveau programme ?

Par  et  —  (mis à jour à )

A Paris le 1er septembre 2014.
A Paris le 1er septembre 2014. Photo Thomas Samson. AFP

 

Rendus publics mi-avril, les textes, qui doivent encore être amendés avant leur entrée en vigueur à la rentrée 2016, ont été moqués pour leur vocabulaire jargonnant. Venez tester votre compréhension de la novlangue éducative.

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     Education : parlez-vous le nouveau programme ?

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«Jargon», «termes abscons», «vacuité du vocabulaire» : depuis leur publication, le 13 avril, les nouveaux programmes scolaires font l’objet de critiques virulentes pour leur manque de clarté. Elaborés par le Conseil supérieur des programmes, ces textes, censés guider les enseignants, entreront en vigueur à la rentrée 2016.

Mais avant cela, ils doivent encore être présentés aux profs, entre le 11 mai et le 12 juin, pour être amendés. Nul doute que des clarifications seront nécessaires.

Ainsi, la section qui concerne l’enseignement du sport est pour le moins alambiquée. Lundi, le journal de 20 heures de France 2 consacrait un reportage à une obscure formule, régulièrement reprise depuis, qui invite à «traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête» dans un «milieu aquatique profond standardisé». Comprendre : nager dans une piscine.

Les profs d’EPS ont peu apprécié ce coup de projecteur. Le Snep-FSU, syndicat majoritaire, a ainsi adressé une lettre ouverte à David Pujadas, pour dénoncer une «critique, soi-disant humoristique, ciblée uniquement» sur sa discipline, sur la chaîne publique et dans d’autres médias. Le courrier s’insurge d'«une forme de condescendance et d’ignorance bienséante lorsqu’il s’agit d’EPS et de sport à l’école. Un enseignement se préoccupant du corps (donc considéré comme de bas niveau intellectuel ?) devrait forcément s’écrire dans un langage trivial et non se théoriser».

Si on parle de «milieu standardisé», c’est pour «rendre explicite le fait qu’on n’apprend pas à nager en rivière par exemple», poursuit le courrier. Cela peut être «bien sûr une piscine, mais aussi un bord de mer calme, sans courant, délimité comme dans les DOM», explique le syndicat. Il existe aussi «des piscines ou des bassins» où «on a pied ! Or, apprendre à nager nécessite de se confronter à la profondeur», ajoute-t-il. «Les programmes devraient d’abord être écrits pour les enseignants», leurs «premiers utilisateurs», pas pour le grand public, estime le syndicat.

Néanmoins, la ministre de l’Education, Najat Vallaud -Belkacem, et le Conseil supérieur des programmes ont depuis reconnu que ces textes devraient être écrits «dans une langue que tout le monde peut comprendre», selon les termes de la ministre, dans un entretien auPoint. 

Bon élève, Libération s’est plongé dans les programmes de collège, et en a extrait quelques formules énigmatiques. Saurez-vous les décrypter ?

Virginie Ballet , Gurvan Kristanadjaja

Collusions contre le jeûne

Par Le 04/10/2016

On touche ici à un problème majeur au regard des multinationales agroalimentaires et de leurs comparses pharmaceutiques. Pas question de tirer la sonnette d'alarme au vu du "grand public" et sans une recherche personnelle touchant ce désastre, pas grand-chose ne sort...Les collusions sont très puissantes et profondes et le grand-public a un sacré chemin pour s'en extraire. 



"Le groupe d'experts britannique Global Panel a publié une étude, relayée par Le Point, détaillant les effets dévastateurs de l'obésité sur la santé publique et l'économie des Etats concernés. Les conclusions indiquent que le pourcentage de personnes en surpoids risque de passer de 1,33 milliard en 2005 à 3.28 milliards en 2030. D'après les chiffres de l'organisation mondiale de la santé (OMS), le surpoids est un fléau sanitaire qui concerne à l'heure actuelle plus de 1,9 milliard de personnes dans le monde, dont 600 millions d'obèses avérés.

Si la lutte contre le tabagisme, l'alcool et les relations sexuelles non-protégées sont au coeur des préoccupations de santé publique, le nombre de morts liées à ces trois facteurs seraient en réalité inférieur à celui lié à l'obésité. En cause, le grand nombre de conséquences sanitaires d'une mauvaise alimentation sur l'organisme (diabète, maladies cardio-vasculaires, hypertension artérielle, cholestérol)..."

 

Jeûne intermittent

Jeûner est une Hérésie selon le Corps Médical Français

Author Un article de Jérémy Anso   Comments 39 commentaires

jeune-intermittent-monde-nutritionniste-inra

2 semaines plus tôt, j’étais sur mon ordinateur portable entouré d’amis pour participer à des batailles sanguinaires virtuelles, quand l’un de mes amis me signale la parution d’un article sur le jeûne dans le très célèbre journal Le Monde (en me faisant croire que j’y étais cité au passage, le fourbe).

Après la lecture de cet article, intitulé « Le jeûne, en vogue mais controversé, est-il si bon pour la santé ? », je suis finalement heureux de ne pas avoir été cité. Explications.

Le corps médical français contre le jeûne ?

 

Dans cet article signé de la journaliste Angela Bolis, nous apprenons que le corps médical français, représenté par un médecin et un nutritionniste, ne « croît guère aux vertus du jeûne ».

D’après notre journaliste du Monde, toute personne qui se soumet à un jeûne sur plusieurs jours (jusqu’à 7 jours) souffrira de « nausées, maux de tête et de ventre, crampes, essoufflements, palpitations […] » allant même jusqu’à l’évanouissement au bout de 2 à 3 jours nous dit-elle.

La journaliste a sollicité le Dr Laurence Plumey, un médecin nutritionniste, pour donner son avis sur le bienfondé d’un jeûne, thérapeutique ou non (intermittent ?). Le docteur est catégorique :

c’est une hérésie.

Mme Plumey considère que « le corps humain est conçu pour recevoir de la nourriture toutes les quatre heures » et qu’il faut privilégier « le bon sens alimentaire, la constance, l’équilibre ».

La 2ème personne contactée par Mme Bolis pour écrire cet article est M. Daniel Tomé, qualifié de « nutritionniste à l’INRA ».

M. Tomé, comme Mme Plumey, n’est pas franchement pour le jeûne, il pense d’ailleurs que cette pratique apporte des risques de carences et possède la « fâcheuse tendance à provoquer l' »effet yo-yo » ». Il conclut que « les bienfaits du jeûne peuvent en effet tout simplement s’expliquer par la perte de poids occasionnée », un « bienfaits de courte durée » nous rappelle le nutritionniste.

Pour résumer, d’après notre journaliste et les professionnels contactés, le jeûne rendrait malade (au moins au moment de sa réalisation), avec des maux de ventre ou de tête et même des évanouissements. Celui-ci serait également contre nature car l’Homme est conçu pour manger toutes les 4 heures, et finalement, il ne permettrait que de perdre du poids avec un effet « yo-yo » en bout de course !

Qu’en est-il réellement de cette question de jeûne ? Qui sont ces professionnels contactés par la journaliste ? Ont-ils des connaissances sur le jeûne, ces bienfaits et ces contraintes ? Faut-il réellement manger toutes les 4 heures ?

On va creuser un peu plus que M. Bolis, du moins, on va essayer.

…Réponse à l’article du Monde sur le jeûne…

L’article du Monde apparait vraisemblablement à sens unique. Les deux professionnels sollicités, et même la journaliste, n’apportent aucun élément positif sur le jeûne. Le billet d’aujourd’hui vise à défendre cette pratique très ancienne, à la défendre contre les idées reçues et les attaques sans réelles fondement.

1er Point : L’avis d’un seul médecin reflète celui du corps médical

Je vous le rappelle, « globalement, le corps médical ne croit guère aux vertus du jeûne », d’après notre journaliste du Monde. Dans notre situation, le corps médical mentionné est représenté par un médecin nutritionniste et un nutritionniste de l’INRA.

Un nutritionniste à l’INRA ? Vraiment ? Le terme nutritionniste et INRA (pour l’Institut National de la Recherche Agronomique) dans la même phrase pourrait en faire sourire plus d’un, car l’INRA est à vocation scientifique tandis que le nutritionniste est plutôt à vocation médical.

Malheureusement pour la journaliste du Monde, le terme de « nutritionniste » est contrôlé par la législation, et n’existe pas sous cette forme seule. En France il est impossible de détenir le titre de nutritionniste, seuls les médecins qui ont suivi une formation supplémentaire en nutrition (comme Mme Plumey) peuvent jouir du titre de « médecin nutritionniste ».

De façon plus général, les diététiciens sont aujourd’hui appelés diététiciens nutritionnistes, et jamais l’un sans l’autre !

Pour revenir sur notre « nutritionniste de l’INRA », l’Agence européenne de la sécurité alimentaire (EFSA) mentionne officiellement le parcours professionnel de M. Tomé, et ne met à aucun moment en évidence l’obtention d’un diplôme de diététicien nutritionniste, ou un parcours de médecin suivi d’une formation en diététique.

M. Tomé est en réalité un scientifique, il est le directeur d’une d’unité de recherche à l’INRA (Physiologie de la Nutrition et du Comportement Alimentaire). Même si les recherches de M. Tomé peuvent avoir des implications dans le domaine médical, il n’est ni nutritionniste, ni médecin et n’appartient donc pas au corps médical.

Finalement, le corps médical mentionné par Angela Boris n’est représenté que par un seul médecin nutritionniste, et en matière de représentativité, on fait tout de même mieux.

2ème Point : Il faut manger toutes les 4 heures

Voici l’affirmation du médecin nutritionniste la plus intrigante dans cet article sur le jeûne. Nous avons l’impression ici qu’il faut absolument désintégrer l’idée de sauter des repas, ou de ne pas manger, car comme notre organisme serait fait pour manger toutes les 4 heures, il faudrait donc lui donner à manger toutes les 4 heures.

Si vous prenez votre petit-déjeuner à 7h du matin, votre prochain repas devrait se situer aux alentours de 11h. Toujours selon ce schéma, vous devriez manger à 15h (un goûter en somme) puis à 19h le soir. Si vous avez le malheur de vous coucher tard, un 5ème repas peut être envisagé à 23h juste avant de dormir.

J’ai eu l’occasion d’échanger quelques emails avec M. Plumey à propos de sa position dans l’article du Monde. Dans cet échange, très courtois et intéressant, M. Plumey m’explique pourquoi il faudrait manger toutes les 4 heures, et tiens le même discours que dans l’article du Monde.

Mais je me pose réellement la question…doit-on réellement manger toutes les 4 heures ou dès que notre ventre « grogne » ?

Non. Les évidences psychologiques.

Les progrès de l’agroalimentaire, dans la texture et le goût des aliments, mais également les progrès du marketing, avec des publicités toujours mieux ciblées et mieux conçues, participent à générer une « faim » psychologique omniprésente.

Aujourd’hui, il est bien difficile de faire la différence entre une vraie faim physiologique, le cri des cellules de notre corps, avec une faim psychologique, le cri des cellules de notre cerveau pour obtenir leur « shoot » quotidien.

La publicité participe activement à nous montrer en permanence les produits les plus attractifs (généralement les plus sucrés, salés, gras ou industriels) pour nous créer une envie de manger. Le chercheur américain Brian Wansik a démontré par le passé que le simple fait de voir (et d’en avoir accès) des sucreries déclenchent des fringales et augmentent dramatiquement le nombre de calories ingérées [1].

Il suffit de se promener dans la rue le matin, et d’humer les émanations idylliques des boulangeries pour avoir faim, même après avoir pris un petit-déjeuner (ces odeurs peuvent malgré tout en repousser certains).

Il est donc évident qu’à notre époque, nos sens n’ont jamais été autant sollicités, et agressés pour tenter de nous faire succomber à chaque instant. Rare sont donc les personnes qui parviennent à faire la différence entre une vraie faim physiologique (le besoin de manger) et une faim psychologique, induit par notre environnement.

Non. Les évidences biologiques

Est-ce que la science plaide en faveur d’une multitude de repas ou pas ? Justement, cela tombe bien car j’ai récemment critiqué une étude épidémiologique publiée par l’école de santé publique de Harvard qui s’est intéressée à la fréquence des crises cardiaques et la fréquence des prises alimentaires [2] (voire la note n°1 en bas de page).

Dans ce papier, les scientifiques n’ont pas pu établir de différence entre les risques de maladies coronariennes et la fréquence des repas, allant de 1 à 2 repas par jour à plus de 6. Autrement dit, manger entre 1 à 2 fois par jour ne changerait rien que de manger 4,5 ou 6 fois par jour pour la santé cardiovasculaire.

D’ailleurs les professionnels de la musculation avertis affrontent régulièrement ce mythe des multiples repas par jour censés maintenir un fort métabolisme. Ils citent fréquemment une méta-analyse datant de 1997 qui affirme que les études sérieuses et indépendantes sur ce sujet ne montrent aucun effet sur le métabolisme du nombre de repas pris dans la journée [3]

Conclusions et recommandations

Il est plutôt regrettable de voir dans l’article du Monde une seule position anti-jeûne de certains professionnels de la santé et du monde scientifique. Même si les longs jeûnes ne sont pas discutés en détail sur ce blog, nous défendons activement le jeûne intermittent (de 16h à 24h de jeûne, parfois plus) qui présente de nombreux avantages sur la santé.

L’article du Monde fait selon moi un terrible amalgame entre les jeûnes thérapeutiques commerciaux, à tendance spirituelles, avec les jeûnes alternatifs (intermittent ou non) qui se basent sur de la science, et de l’expérience. J’ai bien peur que les lecteurs de cet article classent, à tords, les jeûnes dans leur globalité dans la catégorie mystique et dangereux.

Et pourtant, au cours de mes recherches sur le jeûne et de mes expérimentations, une forme particulière (intermittente) présente de nombreux avantages, tant au niveau physiologique, cérébrale que corporel.

L’article du Monde vous parait-il objectif et juste ?


Note et références

Note 1. La critique de l’étude de Harvard est disponible ici. Cette critique démontre que les modèles complets des scientifiques ne mettent pas évidence un rôle protecteur des petits-déjeuner sur la fréquence des crises cardiaques.

1. Wansink, B., J.E. Painter, and Y.-K. Lee, The office candy dish: proximity’s influence on estimated and actual consumption. International Journal of Obesity, 2006. 30(5): p. 871-875.

2. Tucker, K.L., et al., Effects of beer, wine, and liquor intakes on bone mineral density in older men and women. The American Journal of Clinical Nutrition, 2009. 89(4): p. 1188-1196.

3. Bland, R.G. and L. Desutter-Grandcolas, An annotated list of Orthoptera from St Eustatius and Saba, Dutch West Indies, with descriptions of two new cricket species (Trigonidiidae, Mogoplistidae). Journal of Orthoptera Research, 2003. 12(2): p. 115-126.

 

 

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39 commentaires

  • michel PERRIER 10 septembre 2013 à 20 h 17 min

    http://www.arte.tv/fr/le-jeune-une-nouvelle-therapie/6412060.html
    tout est dit des milliers de cas en Russie en Allemagne recencés par des professeurs des medecins mais on est dans des pays ou le pouvoir des labos est moindre
    Vive la France:)
    continue a nous délivrer des réfexions de ce type
    merci
    Michel

    Répondre

  • Mil 10 septembre 2013 à 20 h 32 min

    C’est vraiment d’la merde ce genre d’article..
    Ça fait 2 ans que je pratique le jeune intermittent (16h par jour), jmentraine 5 jours par semaine.
    82 kg de muscle , poids stable depuis des années..
    Aucune carence ni faiblesse quelconque…

    Le plus important est le total calorique apporté chq jour et non la frequence des repas…
    Car c’est clair que s’il se base sur une personne qui bouffe 3 repas de 500kcal chacun et fais un jeune intermittent avec 1 repas de 500kcal par jour…au lieu d’un repas de 1500kcal…il aura forcement les symptomes mentionnés plus haut

    Répondre

    • Mil 11 septembre 2013 à 19 h 43 min

      Oui Sylvain, la marche ça peut aider à ameliorer tes capacités de proprioception du pied.
      La course à pied ( nus ou avc chaussures minimalistes) reste l’ideal , fais une recherche sur le « pose running » ya plein de site et video qui t’expliqueront comment aborder la course pied nu

      Regulierement, jai des remarques sur ma pratique du jeune intermittent, ou ma pratique sportive avec chaussure minimaliste type 5fingers,inov8,…

      Le corps humain a toujours ete habitué a jeuner, rappelez vous de nos ancetres, qui allait chasser tte la journée, et manger seulement le soir… Et couraient pied nu !!

      Répondre

  • DanielleW 10 septembre 2013 à 20 h 53 min

    Et les crises curatives???
    Les malaises sont souvent dus aux toxines extraites des réserves diverses et variées que le le corps élimine à l’occasion du jeûne.
    Cela dit, même si je suis convaincue de longue date par ses bienfaits, je n’ai jamais réussi à faire un jeûne, mais je reste volontiers sans manger jusqu’en milieu d’après-midi.

    Dans le dernier magazine Nexus, un dossier est consacré au respirianisme, ou prânisme.
    Plus fort que le jeûne!!!

    http://www.nexus.fr/index.php?PHPSESSID=11f913a563238e7a5e1dba8c92dc9243

    Et bien sûr d’autres articles passionnants sur la pilule et les mensonges qu’on nous fait avaler depuis 60 ans, ainsi que sur les vaccins!

    Répondre

  • Cloclo 10 septembre 2013 à 21 h 05 min

    Quand les médias s’occuperont-ils intelligemment du contenu de leur colonnes « journalistiques » ?
    Depuis votre dernier article relatif au jeûne, je m’y suis mis et, sur les deux tests de 24 heures, aucun problème de quelque nature que ce soit. Je vais d’ailleurs continuer de jeûner une fois par semaine.
    Merci à vous pour vos articles.

    Répondre

  • Agnes 10 septembre 2013 à 21 h 50 min

    Bonjour,
    Je ne comprends pas bien votre article. Je suis allée lire celui du Monde, et je ne le trouve pas du tout à charge contre le jeûne. Bien au contraire.

    Vous démarrez votre article en déformant le texte : l’évanouissement dont parle la journaliste est celui des symptômes (nausées, étourdissements, etc), pas l’évanouissement du jeûneur. Ce qu’on peut d’ailleurs lire un peu partout dans les témoignages de jeûneurs, il paraît qu’une fois l’acidose du 3ème jour passée, on retrouve la pêche.

    Je suis d’accord sur le fait que la position du corps médical français concernant toute pratique n’incluant pas l’industrie pharmaceutique est, d’une manière générale, plus que déplorable et démontre une mauvaise foi évidente.

    Bref, je trouve quand même que l’auteur de l’article du Monde a une vision positive du jeûne, et minimise les contre-indications infondées des médecins.

    Répondre

    • Jérémy 11 septembre 2013 à 8 h 50 min

      Bonjour Agnès,

      Tu as tout à fait raison pour le début de l’article ! C’est une belle étourderie de ma part dans la lecture de l’article. Mea culpa pour la journaliste et les autres !

      Je te confirme bien qu’après le 3 jours, les symptômes dérangeants disparaissent (d’après le témoignage de Léa, une jeûneuse du blog)

      Merci de ton intervention. J

      Répondre

    • Léa 12 septembre 2013 à 2 h 29 min

      Bonjour Agnès et Jérémy

      Je me suis fait les mêmes réflexions que toi, Agnès, lorsque j’ai lu l’article du Monde en entier et finalement cet article me parait laisser une impression globale plutôt positive du jeûne (si l’on ne tient pas compte du titre), notamment en commençant par affirmer qu’  » il est possible de ne rien manger pendant une semaine sans dépérir, tout en marchant plusieurs heures par jour  » et en finissant sur une note plutôt positive qui invite à la réflexion avec la métaphore de Panacée et Hygie. Pour ce qui est de l’évanouissement, j’avais compris la même chose que Jérémy :-/ … Mais c’est finalement tout à l’honneur de la journaliste de parler du fait que les « effets secondaires » du jeûne disparaissent au bout de 3 jours et je confirme !

      En revanche, je suis d’accord toi, Jérémy, sur les 2 principaux points que tu soulignes.
      Du coup, pour répondre à ta question  » L’article du Monde vous parait-il objectif et juste ? « , l’article manque effectivement d’objectivité dans le fait de ne citer qu’1 médecin pour représenter le corps médical.
      Pour ce qui est de la nécessité de manger toutes les 4h, la journaliste ne fait que CITER le médecin en question donc je ne considère pas que cela soit un manque d’objectivité de sa part. On peut donc reprocher à la journaliste de ne citer uniquement les propos du Dr Plumey, qui, en plus, affirment une absurdité (à mon sens, mais je crois qu’on est d’accord sur ce point). En parlant d’absurdités, l’effet yoyo dont parle le « nutritionniste de l’INRA » est aussi selon moi une absurdité : les quelques personnes que je connaisse qui pratiquent ou on pratiqué le jeune n’ont jamais subit d’effet yoyo et les jeunes de plusieurs jours peuvent même être une solution à long terme pour perdre du (beaucoup de) poids (ma mère a réussi à perdre 18kg de manière régulière, sans effet yoyo, en un an grâce au jeûne, ce qu’elle n’avait jamais réussi à faire en faisant des régimes).
      Pour finir, ce qui m’a finalement le plus déçu dans cet article, c’est son titre ! Il me déçoit beaucoup car il fournit d’emblée une vision négative du jeûne en suggérant qu’il serait mauvais pour la santé et ne reflète donc pas, d’après moi, le message général du texte. Et c’est bien dommage car les personnes qui ne lisent que le titre sont beaucoup plus nombreuses que celles qui lisent l’article en entier !

      Léa

      Répondre

      • Léa 12 septembre 2013 à 2 h 35 min

        PS à Jérémy : je crois qu’il y a une erreur dans ta ref n°3 ;-)

        Répondre

  • Jerome 10 septembre 2013 à 21 h 59 min

    Bonjour Jérémy,

    Merci pour cette analyse juste et documentée contrairement à certains journalistes qui nous manipulent avec des informations à sens unique.

    La question serait de savoir si ces donneurs d’avis (ou de leçons) ont déjà essayé le jeûne pour pouvoir parler de ses effets, je n’en suis pas certains!

    Penses tu que la mono-diète (fruits ou légumes) peut être une alternative au jeune pour commencer?

    Répondre

  • Laponico 10 septembre 2013 à 22 h 55 min

    C’est intéressant.
    C’est comme la course (running) avec des chaussures dites « minimalistes » (oui, rien a voir avec le jeune, ou le repas). La majorité des médecins sont contres, et pensent qu’il faut courir avec des chaussures amorties sinon il y a des blessures.
    Mais les pro minimalistes insistent sur le fait que les blessures sont causées par une façon de courir, et qu’en minimaliste, on réapprend à courir. On ne se blesse donc pu…pareil, car le fait d’avoir habitué son pied a courir avec des chaussures avec beaucoup d’amortis (pour le sport et tous les jours, avec souvent des talons en plus) fait qu’on a tout à réapprendre : mollets a remuscler, pieds à fortifier…donc risques de blessures !
    Il suffit donc de faire une transition, indispensable et réapprendre à courir (j’ai écris un article sur mon site si vous voulez plus d’explications).
    Bref, pour faire le lien avec le jeune et cet article, c’est ce côté je donne mon avis, je suis sur de mon avis, mais au final je ne me suis pas renseigné plus que ça, et surtout je ne donne pas toute les informations…
    Bref, merci pour cet article (et ces articles en général), c’est génial de pouvoir avoir ces critiques !

    Répondre

    • Sylvain 11 septembre 2013 à 0 h 47 min

      Je m’intéresse justement à la transition vers la course à pieds (comme) pieds nus.

      Marcher pieds nus, très souvent, est-ce que ça peut aider ? Enfin, j’ai une paire de vibramFF pour la ville, que je mets pour aller au boulot.

      J’ai tenté de courir avec mes vibramFF 5 mn, j’arrive pas à chopper le coup sain, j’ai lu Born to run, le bouquin de Dubois et Brossard, mais dur dur d’y arriver.

      Répondre

      • Laponico 16 septembre 2013 à 23 h 17 min

        J’ai vu plusieurs fois qu’il fallait effectivement déjà commencer par marcher le plus souvent pieds nus. Chez moi, je ne met plus de chaussons, j’essaye un max d’être en chaussettes, et cet été dehors j’ai essayé de rester au maximum pieds nus, où en tongs.
        Après quand tu cours, il ne faut pas courir comme avec des chaussures: poser l’avant du pied et non le talon, faire des petites foulées. Un peu comme le font naturellement les enfants finalement ! perso, je courrais plus ou moins comme ça avec mes chaussures à amorti !
        Ne pas essayer d’aller trop vite, mais plutôt faire des petites séances avec les Vibram sur du macadam où tu ne devras penser qu’a tes pieds !

        Répondre

  • Bonnie Dubé 11 septembre 2013 à 5 h 27 min

    Intéressant ton article tout le monde devrais faire un jeune une fois par semaine de toute
    façon une bonne fois la nourriture va manquer et ils auront pas le choix.

    Ça rends pas malade même le pape François nous a demander de faire le jeune pour ce qui
    arrive en Syrie. Tout le monde seraient malade si on pouvait pas .

    Répondre

  • ANSO Monique de Plum 11 septembre 2013 à 11 h 15 min

    Je pense sérieusement que l’on est bien plus malade en mangeant trop que jeuner un ou plusieurs jours quand on jeûne on est bien on élimine toutes ses cochonneries accumulées par de la nourriture plus ou moins « saine » en fait le corps respire et se sent bien il devient plus léger mais dans mon cas ce n’est pas du tout pour mincir car de ce côté là ca va c’est une philosophie de la vie tout comme le naturisme la permaculture etc esprit sain dans corps sain c’est la devis n’est ce pas?

    Répondre

  • Françoise 11 septembre 2013 à 19 h 24 min

    Bonjour, je m’intéresse beaucoup à la nutrition et lis depuis peu vos articles. Concernant la préconisation de manger toutes les 4 h, elle s’adresse surtout à des personnes qui ne gèrent pas toujours bien les quantités ni leur sentiment de satiété. Il vaut mieux une collation protéinée en milieu d’après midi, plutôt que de grignoter n’importe quoi à 18h, de préférence du gras et du sucré, ou manger trop au repas suivant.
    Votre blog s’adresse surtout à des personnes qui sont à l’écoute des signaux de leur corps , ce qui n’est malheureusement pas le cas de la majorité des gens.
    S’il vous plaît, prenez un peu de recul. A être trop excessif, vous risquez de vous décrédibiliser.
    Cordialement

    Répondre

    • Jérémy 11 septembre 2013 à 19 h 55 min

      Bonjour Françoise,

      Je comprends bien vos remarques, et je dirais que non, mon blog et mes articles ne s’adressent pas uniquement aux personnes à l’écoute de leur corps. Le blog s’adresse à n’importe qui capable de se poser des questions sur son alimentation, son comportement ou autre.

      Je suis surpris de lire la recommandation de prendre une collation protéinée en milieu d’après-midi.. Un oeuf ? De la viande ? Je ne pense honnêtement pas qu’il y est beaucoup de personnes qui souhaitent et qui voudraient bien prendre « une collation protéinée ». Avez-vous des exemples en particulier ?

      Le sentiment de satiété se travaille comme tout. Apprendre à manger lentement, reposer une fourchette entre deux bouchés, prendre au moins 20 minutes pour manger… Ce n’est pas quelque chose d’insurmontable, mais qui peut se réaliser progressivement, et par tout le monde. Quand je dis tout le monde, je parle bien entendu de la majorité, et non des cas exceptionnel qui ne pourront jamais surmonter ces obstacles à cause de problèmes psycho, profonds, multiples et que sais-je encore

      Répondre

      • Françoise 11 septembre 2013 à 22 h 03 min

        Il n’y a pas que dans la viande et les œufs qu’il y a des protéines! On peut prendre du fromage blanc si on consomme des produits laitiers ( entre 7 et 8 g pour 100g) ou bien 3 ou 4 noix…
        On peut aussi prendre des encas Herbalife qui apporte 10g de protéines par portion.
        Je suis coach nutrition et je suis assez surprise et consternée du manque de connaissance des personnes concernant l’alimentation. Et assez peu sont en demande de comprendre, la plupart souhaite surtout un resultat, càd une perte de poids. Il y a un grand travail d’information à faire. L’industrie agro-alimentaire a encore de beaux jours devant elle.

        Répondre

        • Jérémy 12 septembre 2013 à 9 h 44 min

          Françoise,

          Un fromage blanc au travail, en pleine après-midi ? Est-ce réalisable par la majorité des personnes qui travaillent en France ?

          Mon blog se place, ou tente, de s’ancrer dans la réalité que vivent les consommateurs au quotidien. J’ose vous rappeler que les noix ne contiennent que peu de protéines, c’est principalement un apport gras et faut-il encore que ces noix soient nature,

Le "conatus" de Spinoza

Par Le 04/10/2016

« On ne désire pas une chose parce qu'elle est bonne, c'est parce que nous la désirons que nous la trouvons bonne ». Spinoza


C'est donc bien le désir qui produit les valeurs et non l'inverse. Mais alors, si on transpose cette idée fondamentale au rapport entre l'élève et l'école, dès lors que le désir n'existe pas ou PLUS, il arrive immanquablement, comme l'explique le philosophe, que la tristesse (affect) l'emporte sur la joie et bien souvent, cette tristesse ne sera pas exprimée ouvertement. L'enfant en la réprimant succombera à la colère. (agitation, rébellion, déconcentration, désinvestissement, perturbation...)....

"Le concept de conatus est lié, chez Spinoza au couple constitué de deux affects joie et tristesse. Tout « facteur » qui vient augmenter notre puissance d'exister, et donc favoriser notre conatus, provoque inévitablement en nous un affect de joie. Inversement, tout facteur réduisant notre puissance d'exister provoque immanquablement de la tristesse." http://sfreydier.canalblog.com/archives/2012/02/17/24909495.html


 

Je me souviens d'une discussion en classe, c'était en 2010.......

 

 

Le désir de l'école.

  •  

"Mais moi, l'école, ça ne me manque pas du tout. Et je ne la désire pas."

Inutile de préciser que cette phrase lancée par un élève me tourneboule depuis deux jours.

S'il n'y a pas de manque, il ne peut y avoir de désir. Mais pourquoi ce manque ne s'éveille-t-il pas ?

Je ne garde que la conclusion d'un long échange avec les enfants. Une idée principale qui est ressortie de façon générale.

Le plus difficile avec l'école, c'est de n'être jamais autorisé à profiter du présent...

Dès qu'un apprentissage est fini, un autre commence.

Dès qu'une leçon est apprise, une autre arrive.

Dès qu'un contrôle est passé, un autre se prépare.

Dès qu'une année est finie, une autre se présente.

Il n'y a pas de présent dans cette course en avant, ce qui revient à priver l'enfant de la satisfaction. D'autant plus qu'il n'y avait pas en lui de manque ni par conséquent de désir. L'école n'est qu'un labeur constant qui n'autorise que subrepticement le contentement. La pression revient immanquablement à la charge.

On voit dès lors l'importance du Maître. Il est le seul à pouvoir déclencher ce manque essentiel. Qu'un désir s'éveille, que le labeur devienne plaisir, que l'énergie ne soit pas constamment projetée vers l'avenir mais dans la jouissance de l'instant, dans le bonheur d'apprendre, sans qu'aucune sanction ne vienne salir ce bonheur.

On voit dès lors l'incongruité du systéme. Des notes, des contrôles, des bulletins, des appréciations, des sanctions arbitraires, des jugements subjectifs, tous les "Peut mieux faire" qui rappellent que la vie est à venir, que le futur est un présent insaisissable, qu'il faut travailler encore et encore pour s'approcher de ce fameux seuil de réussite cher au système.

"Tu seras un Homme mon fils," disait Kipling.

-Est-ce que ça donne le droit au système de m'arracher à ma vie d'enfant."

L'enfant est là. Et pas dans cet avenir d'adulte.   

Ce sytème révèle avant tout l'incapacité des adultes à générer en l'enfant un manque de connaissances, un désir d'apprendre, une énergie à utiliser pour être celui qui sait et en profite et non, uniquement, celui qui doit savoir, le regard fixé vers l'horizon à atteindre.

On en revient à cet épouvantable espoir que l'on martèle dans des esprits malléables. Cette idée que la vie est à venir, qu'il faut gagner sa vie, qu'il faut préparer sa retraite, qu'il faut réserver son caveau. Jusqu'à en oublier d'être là.  

L'école en devient finalement un aprrentissage de toutes les dérives spirituelles de l'individu.

Ça me mine au plus profond.

Pour ma part, je pense que le mal est fait à l'école élémentaire, qu'il est renforcé par le collège et trouve son aboutissement au lycée. C'est une oeuvre de désintégration de l'individu.

Comment des parents pourraient-ils s'investir dans le respect de l'école quand ils ont eux-mêmes été démolis par cette école, qu'ils le sont encore par le jugement inique d'une partie des enseignants? Il faut arrêter de dire que les parents n'éduquent pas leurs enfants. Aucun parent n'est satisfait de la révolte et de l'échec scolaire de leurs enfants. Eux aussi, ils en souffrent. Et de toute façon, mettre les parents au pilori ne les incitera jamais à soutenir les professeurs. Celui qui est condamné ne sera jamais le soutien de ses juges.

Que l'école reconnaisse ses erreurs serait déjà un pas immense, qu'elle reconnaisse qu'elle n'est plus un sanctuaire mais un tribunal, qu'elle admette qu'elle doit revoir à la base même son fonctionnement, que les enseignants apprennent à vivre avec les jeunes et non "contre" les jeunes.
 

Le projet de classe est le seul moyen de créer le "manque" favorable à un désir. Que ce projet soit associé à la vie du jeune et non le support à un enseignement didactique. C'est la motivation le moteur et non la peur de la sanction à travers la compétition. Il n'y a aucune sanction à donner quand on travaille en osmose. C'est un accompagnement et non un rapport de force.

Je n'ai plus confiance dans la majorité des enseignants. Ils sont bien plus responsables de la situation que les familles elles-mêmes. Le rejet du problème sur les autres est une pratique ancestrale. Ça n'a jamais rien changé. Lorsque des parents sont obligés d'aller chercher de l'aide en dehors de l'institution, c'est que celle-ci n'assure plus sa mission. 

Il ne s'agit plus de changer de techniques d'apprentissage, de calendrier scolaire, de formation des professeurs mais bien d'établir QUI mérite d'entrer dans cette fonction ? C'est au départ que ça se joue. Mais pour établir quels sont les critères de sélection des futurs enseignants, encore faut-il que le projet éducatif soit entièrement reconstruit. Et ça, personne ne le veut.

  

Le fait par exemple que les enseignants soient recrutés avec un master est un non sens absolu étant donné qu'on va chercher les enseignants parmi ceux qui ont supporté le système...Et qui ont oublié depuis longtemps leur propre parcours à l'école élémentaire. Recruter après le BAC était bien plus favorable...Et largement suffisant, techniquement, pour enseigner à de jeunes enfants. Une formation dans la psychologie de l'enfance me semble être un critère essentiel aujourd'hui. Au lieu de cela on retrouve des adultes ayant passé un master en SVT, histoire, Anglais, mathématiques, lettres modernes, architecture byzantine ou reproduction des mouches drosophiles......

Où est l'intérêt ? Est-ce que ces gens se sont interrogés sur l'importance spirituelle de ce métier, sur le développement de l'enfant, sur l'accompagnement indispensable et non l'élaboration de critères sélectifs ? On nous demande de faire des évaluations alors qu'on ne connaît même pas les enfants qu'on évalue...On ne connaît que leur capacité à entrer dans un cadre restrictif.

La complexification artificielle des méthodes du primaire est une absurdité. Ça n'a rien de compliqué d'apprendre à lire, à compter. Ça n'est pas la technique qui importe mais l'énergie, l'amour, la patience, l'attention, l'empathie qu'on y met. Ça ne sert à rien de faire de la linguistique avant, absolument à rien. Comme ça ne sert à rien de faire des maths en fac pour aller apprendre la multiplication. C'est comme si on demandait à un bûcheron de savoir faire un meuble Louis XVI avant de tronçonner un chêne.
C'est la formation de "l'individu-enseignant" qu'il faut entièrement reprendre, le contenant et pas le contenu. 


 

Le haut niveau d'étude éloigne l'individu de la sphère enfantine. Dès lors, il agit comme un technicien certain de ses compétences intellectuelles au lieu d'être un individu aimant et sensible à cette sphère enfantine. L'essentiel dans un apprentissage est de comprendre le fonctionnement de l'enfant au lieu de vouloir le faire entrer dans un fonctionnemendt d'adulte. Ressentir l'enfant au lieu d'être un technicien. Entrer dans sa sphère au lieu de chercher à le faire entrer dans un espace hermétique pour lui. L'enseignant qui comprend l'enfant l'amène à se comprendre lui-même. Dès lors, il ne s'agit pas d'être enfermé dans un fonctionnement stéréotypé mais de briser en soi ce carcan de certitudes. Plus on croit savoir et moins on est apte à apprendre. Apprendre pour soi comme apprendre aux autres. Il faut se vider de soi pour devenir "l'enfant" et l'amener en tant que compagnon de cordée à avancer. Il n'y a pas le maître et loin derrière lui un groupe d'enfants épuisés mais un ensemble homogène avançant conjointement vers un but.

Le maître qui fait la trace en oubliant la réalité du groupe affaiblit la classe entière parce qu'elle n'existe pas. Elle n'est plus qu'un ensemble de techniques privée de sa condition humaine.

Le bonheur de suivre un Guide de Hautes Montagnes, c'est de se servir des connaissances qu'il dispense pour apprécier encore davantage la beauté des lieux et de se sentir soi-même en "croissance", en progrès, en marche et non à l'arrêt ou même en marche arrière. S'il n'y a pas de la part du Guide le moindre amour envers ses "clients", la moindre bienveillance, le respect le plus profond, malgré les faiblesses, les peurs, les incertitudes ou l'inconscience, alors, il n'y a pas de cordées. Il n'y a que des individus qui cherchent à sortir de cette situation le plus vite possible... 


Antonio Damasio : émotions et sentiments

Par Le 03/10/2016

Antonio Damasio.

 

L’erreur de Descartes (1995) ; 

 

Le sentiment même de soi (1999) ; 

 

Spinoza avait raison (2003)

 

https://osp.revues.org/748

Paris : Odile Jacob

Arnaud Grandguillaume and Charles Piroux

p. 477-479

Bibliographical reference

Paris : Odile Jacob

Paris : Odile Jacob

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1) Dans son premier livre qui l’a fait connaître au grand public, intitulé « L’erreur de Descartes », Antonio Damasio traite du rôle de l’émotion et du sentiment dans la prise de décision, en faisant référence à la théorie fonctionnaliste de W. James. Son deuxième livre, « le sentiment même de soi », nous éclaire sur le rôle des émotions et des sentiments dans la construction du soi. Enfin, dans son dernier ouvrage, « Spinoza avait raison », l’auteur concentre son propos sur les sentiments eux-mêmes ; il s’efforce de les définir et d’expliquer leur contribution à l’expérience humaine.

2) Dans « l’erreur de Descartes », A. Damasio apporte une vision originale sur la manière dont les émotions se manifestent dans les inter-relations étroites qu’entretiennent le corps et le cerveau dans la perception des objets. En s’appuyant sur l’étude de cas « Phinéas Gage », l’auteur se propose de montrer comment les émotions permettent de nous adapter à l’environnement et pourquoi « pour le bon et le moins bon » elles font partie de la raison (contrairement à ce qu’indique une certaine culture classique cartésienne, d’où le titre évocateur du livre). Phinéas Gage travaillait dans la construction des chemins de fer de l’Ouest américain au siècle dernier. À la suite d’un accident d’explosif, une barre à mine lui traversa la boîte crânienne. Gage sortit miraculeusement vivant de ce drame, mais en changeant radicalement de personnalité : l’homme, qui était apprécié et respecté avant l’accident, devint, à la suite de celui-ci, asocial et très mal habile dans ses choix de vie. En étudiant les conséquences neuropsychologiques de la lésion cérébrale de Gage, il apparaît que celui-ci avait perdu le respect des conventions sociales et des règles morales antérieurement apprises, alors même que ni les fonctions intellectuelles fondamentales, ni le langage n’avaient semblé compromis. Pour Damasio, le « cas Gage » illustre idéalement comment la lésion d’une partie de la région préfrontale (ventro-médiane) perturbe significativement l’émotivité, ce type d’atteinte ayant pour conséquences d’abolir la capacité de bien programmer ses actions dans l’avenir, de se conduire adroitement en fonction des règles sociales antérieurement apprises et enfin de faire des choix susceptibles d’être plus avantageux pour sa survie. Ainsi, grâce à l’apport de la neuropathologie, on peut appuyer l’idée selon laquelle le cerveau a pour caractéristique de permettre d’anticiper l’avenir et de former des plans d’action, ceci en s’appuyant sur l’orchestration fine de l’émotion. En effet, l’émotion donnerait du poids aux différentes solutions d’avenir en termes de survie et d’intérêt propre, ceci en s’appuyant sur le marquage émotionnel factuel acquis par la personne et sur le marquage émotionnel inné de son espèce. Pour étayer sa démonstration générale, Damasio avance, dans la première partie de son livre, que les circuits neuronaux, qui sont à la base de la perception des émotions, sont localisés dans le système limbique, mais aussi dans certaines zones du cortex pré-frontal, tout autant que dans les régions du cerveau où se projettent et sont intégrés les signaux en provenance du corps. Dans une seconde partie, l’auteur tente de montrer que la perception des émotions correspondrait à l’information sensorielle provenant d’une certaine partie du paysage corporel, à un instant t. La juxtaposition de cet état à un événement non corporel, la perception d’un objet extérieur par exemple, revêtirait alors cet évènement d’une « qualité » bonne ou mauvaise en fonction de l’information provenant du corps : la capacité de percevoir des émotions représentant un mécanisme d’évaluation de la qualité des relations entre l’organisme et les objets (concrets ou abstraits), une valeur cognitive serait donc attribuée aux émotions, selon cette théorie dite « des moyens somatiques ». Enfin, dans la troisième partie de l’ouvrage, Damasio termine sa démonstration en précisant comment le corps fournit un contenu fondamental aux représentations mentales. Celui-ci constitue le cadre de référence de notre représentation du monde, de notre relation à ce dernier : les représentations fondamentales du corps en train d’agir forment un cadre spatial et temporel stable, sur lequel les autres représentations pourraient s’appuyer. Ainsi, le fait d’exister précéderait celui de penser, contrairement à ce qu’indique la pensée cartésienne.

3) Malgré l’originalité de « L’erreur de Descartes » et la richesse de son exposé, la théorie d’Antonio Damasio n’allait pas jusqu’au bout de l’explication du ressenti émotionnel car elle n’expliquait pas comment le sentiment devient connu de l’organisme qui ressent. Dans son deuxième livre, intitulé « Le sentiment même de soi », Damasio s’attache à combler cette lacune : il se propose de comprendre comment les individus s’avancent dans la pleine lumière de la conscience, en examinant les circonstances biologiques et émotionnelles qui permettent la transition cruciale de l’état d’insu à l’état de connaissance, et ceci en prenant pour toile de fond le sentiment même de soi, partie indispensable de l’esprit conscient. Pour comprendre ce processus fluctuant, le neuropsychologue affine la conceptualisation du soi pour les notions de « proto soi » (le soi le plus primaire, inconscient et qui s’inscrit dans tout le corps de façon dynamique grâce aux structures cérébrales vitales et anciennes au niveau phylogénétique), de « soi central » (en simplifiant : le soi ressenti actuel « ici et maintenant ») et de « soi autobiographique » (le soi passé et futur, enrichi de toute la perspective individuelle et factuelle) ; les deux premiers soi (proto soi et soi central) constituant la « conscience noyau » et les deux derniers soi (soi central et soi autobiographique) constituant la « conscience étendue ». En s’appuyant sur les principes de l’homéostasie, Damasio pense que la conscience – définie pour les besoins opérationnels de ses recherches comme la connaissance immédiate que possède un organisme de soi et de ce qui l’environne – est une plaque tournante dans l’évolution, en continuité des processus émotionnels. Dans le prolongement de ces derniers en effet, les processus conscients sont chargés de permettre à l’organisme individuel de faire face à des évolutions imprévues dans son environnement, de sorte que les conditions fondamentales de la survie continuent d’être remplies. En s’appuyant sur le corps biologique, l’esprit tire son origine du fonctionnement narratif du cerveau, qui établit des comptes-rendus, des relations entre l’organisme et les objets (les objets traités par l’organisme fonctionnant à l’intérieur de celui-ci comme des inducteurs émotionnels de conscience, l’esprit quant à lui correspondant à l’animation vive et synthétique des relations du corps à l’objet). Ainsi, raconter des histoires semble une caractéristique inconsciente et naturelle du cerveau, qui replace alors l’organisme et les objets de conscience dans un contexte personnel et subjectif, le ressenti intime du sentiment même de soi, en fonction du marquage somatique émotionnel passé (génétique et acquis), mais aussi, c’est un point important, en fonction des perspectives d’avenir. Selon cette logique temporelle mixte, les modifications du soi au cours d’une vie ne dépendraient pas seulement du remodelage conscient et inconscient du passé, mais aussi de la mise en place de la reconfiguration des perspectives d’avenir, l’un des facteurs clefs de l’évolution du soi tenant à l’équilibre qui s’instaure entre ces deux déterminations, le passé vécu et l’anticipation du futur. En poursuivant cette perspective d’homéostasie corporelle et mentale, les scénarii qui s’établissent sous forme de désirs, de souhaits, d’objectifs et d’obligations exercent à chaque instant une influence. Ils contribuent aussi à remodeler les expériences du passé, consciemment et inconsciemment, ainsi que la personne que chacun pense être, instant après instant. Ainsi, grâce à la richesse de l’imagination humaine, le scénario de la vie de chaque individu s’écrit en versions multiples, tout en s’accordant constamment dans l’ombre avec la sélection qui convient le mieux à un soi unique et unifié. Grâce au sentiment même de soi, le soi et la subjectivité prennent forme au contact de l’objet. Ces sentiments s’enrichissent avec l’échange, l’expérience et la culture, mais ils s’enracinent toujours profondément dans le corps biologique et se développent donc toujours sous ses auspices. Ce mécanisme subtil, qui évalue la probabilité que les scénarii retenus favorisent la continuité historique du soi à travers le temps, permet aux créatures dotées d’une conscience évoluée de faire le lien entre le monde de la régulation homéostatique et celui des créations imaginaires, et ainsi d’étendre leur pouvoir d’anticipation et de créativité afin de vivre de façon satisfaisante, voire de changer les conditions de leur existence.

4) Dans son troisième ouvrage intitulé « Spinoza avait raison », Antonio Damasio reprend sa théorie évolutionniste et homéostatique de l’émotion pour affiner la compréhension des sentiments et leur signification universelle. L’auteur poursuit le développement de sa thèse dans deux directions. D’abord, il fait référence aux découvertes neuroscientifiques les plus récentes. Ensuite, il établit un lien original avec la philosophie de Spinoza. À travers ces deux éclairages, Damasio reprend l’idée essentielle selon laquelle la vie représente un acte complexe où les sentiments sont l’expression de la lutte pour atteindre l’équilibre. L’esprit existe pour le corps : ils composent ensemble un organisme qui tend à se préserver et à atteindre le bien-être via les émotions et les sentiments (« the brain’s body-furnished, body-minded mind is a servant of the whole body »). Le sentiment même de soi oriente le processus de planification mentale vers la satisfaction de ce besoin essentiel, qui s’apparente au fameux « conatus » spinoziste. Le neuropsychologue américain d’origine portugaise, pragmatique mais humaniste, rejoint ainsi partiellement la philosophie de Spinoza qui fait des émotions et des sentiments un moyen de nourrir la vie. À la toute fin de l’ouvrage, Damasio envisage de façon positive mais mesurée quelques avancées en matière thérapeutique et même sociale que pourraient permettre les neurosciences nouvelles.

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References

Bibliographical reference

Arnaud Grandguillaume and Charles Piroux, « A. Damasio. L’erreur de Descartes(1995) ; Le sentiment même de soi (1999) ; Spinoza avait raison (2003) »,L'orientation scolaire et professionnelle, 33/3 | 2004, 477-479.

Electronic reference

Arnaud Grandguillaume and Charles Piroux, « A. Damasio. L’erreur de Descartes(1995) ; Le sentiment même de soi (1999) ; Spinoza avait raison (2003) »,L'orientation scolaire et professionnelle [Online], 33/3 | 2004, Online since 28 September 2009, connection on 03 October 2016. URL : http://osp.revues.org/748

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© Tous droits réservés

Sur l'empathie et la CNV (vidéo)

Par Le 03/10/2016

 

L'empathie et la CNV (Communication Non Violente)

Ce qui devrait être connu de tous les enseignants

Ce qui devrait être enseigné dans la formation continue.

Ce qui devrait être enseigné à tous les parents.

 

Ce que les Ministres successifs de l'éducation nationale s'efforcent d'ignorer. Ils en connaissent bien entendu les fondements mais savent que pour les appliquer, il faudrait revoir intégralement le fonctionnement de l'institution.

Quand j'ai commencé ma carrière d'instituteur, vingt-cinq élèves dans une classe, c'était un "gros effectif" et les classes à cours multiples n'atteignaient jamais ce seuil. Aujourd'hui, c'est devenu une "chance", là où le seuil de trente enfants est devenu la "norme" et parfois avec deux ou même trois cours.

Alors, dans ces conditions, tout ce qui est dit ici, sur l'empathie et la CNV relève de l'utopie, et même avec toute la volonté du monde. 

Nobel de médecine : l'autophagie

Par Le 03/10/2016

J'ai présenté brièvement le principe de l'autophagie dans le cas du jeûne et c'est très bien que ça soit mis sous les feux des projecteurs.

 

L'autophagie dans le jeûne (1)

L'autophagie dans le jeûne (2)


 

Nobel de médecine : qu'est-ce que l'autophagie ?

 

INTERVIEW. Patrick Auberger explique pourquoi les travaux de Yoshinori Ohsumi vont révolutionner le traitement des cancers et des maladies neurodégénératives.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR 

Modifié le  - Publié le  | Le Point.fr

Le Japonais Yoshinori Ohsumi est le Prix Nobel de médecine 2016 pour ses travaux sur l'autophagie.

Le Japonais Yoshinori Ohsumi est le Prix Nobel de médecine 2016 pour ses travaux sur l'autophagie. © Junko Ozaki/AP/SIPA

 

L'autophagie est un mot peu connu du grand public. Pour les scientifiques du monde entier, en revanche, ce vocable est source d'intérêt croissant depuis des années. Car, comme l'a souligné le jury Nobel, « les mutations des gènes de l'autophagie peuvent provoquer des maladies et le processus autophagique est impliqué dans plusieurs affections comme le cancer et les maladies neurologiques ». Explications avec Patrick Auberger, directeur de recherche Inserm, qui dirige le C3M à Nice (Centre méditerranéen de médecine moléculaire) et travaille notamment sur le cancer et les maladies métaboliques.

Le Point.fr : L'attribution du prix Nobel de médecine 2016 à Yoshinori Ohsumi vous a-t-elle surprise ?

Patrick Auberger : Pas du tout. Yoshinori Ohsumi fait partie des chercheurs les plus reconnus dans le domaine de l'autophagie. L'intérêt pour ce processus cellulaire ne cesse de croître dans le monde depuis quelques années. Sa compréhension va permettre des avancées spectaculaires dans plusieurs domaines des pathologies humains, dont le cancer et les maladies neurodégénératives. Yoshinori Ohsumi a découvert de nombreuses protéines qui participent à ce processus, les protéines ATG. Il a montré que l'autophagie se passait en plusieurs étapes avec des formations de complexes protéiques qu'il a bien caractérisés. Il a été un contributeur extrêmement important dans le domaine.

Peut-on comparer l'autophagie à l'apoptose, dont on parle beaucoup depuis un certain temps ?

Non, même si ces deux processus de dégradation coopèrent très souvent dans une cellule. L'apoptose, c'est la mort cellulaire programmée, un peu comme la chute des feuilles en automne. Autophagie, ça veut dire se digérer soi-même. Ce mécanisme est aussi programmé, mais il est très différent. L'autophagie est activée par exemple par un jeûne, donc un stress nutritionnel. Il se forme alors dans la cellule des membranes et des vésicules dans lesquelles les protéines seront dégradées. Le matériel cellulaire va être « intelligemment » dégradé et restitué sous la forme d'acides aminés, de lipides, de sucres, pour permettre à la cellule d'enclencher un certain nombre de processus et donc de survivre dans des conditions difficiles. C'est pareil lors d'une chimiothérapie anticancéreuse. En d'autres termes, avec ce mécanisme, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

 La question est de savoir quand il faut favoriser l'autophagie ou au contraire l’inhiber 

Ces travaux vont-ils aider à mieux soigner certaines maladies ?

Oui, mais il ne faut pas oublier que l'autophagie peut avoir à la fois un rôle bénéfique ou un rôle délétère. Toute la question est de savoir quand il faut la favoriser ou au contraire l'inhiber, à quel moment et pour quel type de pathologie. Par exemple, en cas de cancer, il est utile de la bloquer. Plusieurs essais cliniques sont en cours avec des inhibiteurs de l'autophagie en complément de chimiothérapies classiques. Idem pour lutter contre les rejets de greffes d'organes. En revanche, dans les maladies neurodégénératives, il y a formation d'agrégats protéiques qui sont éliminés par autophagie, et là, ce processus est peut-être bénéfique. Il faut l'activer. Reste maintenant à bien connaître les éventuels effets secondaires de ces actions sur les mécanismes d'autophagie.

"L'éducation nationale en procès"

Par Le 02/10/2016

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 Prince EA - J'appelle à la barre M. Education Nationale.

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Les Créatifs culturels

Par Le 02/10/2016

 

Les créatifs culturels

CULTURE

 

Les créatifs culturels

 

Émergence d'une nouvelle culture

 

par Patrice van Eersel

21544

Une étude américaine sur les “acteurs de changement de société”, menée auprès de plus de cent mille personnes pendant une quinzaine d'années par une équipe dirigée par le sociologue Paul H. Ray (université du Michigan) et la psychologue Sherry Ruth Anderson (université de Toronto), affirme dans un ouvrage renversant - L'émergence des Créatifs Culturels - qu'en opposition abrupte avec la politique menée à Washington, un quart environ des citoyens américains vivrait d'ores et déjà dans un système de valeurs et de comportements complètement nouveau, ouvert à l'écologie, à la solidarité, aux valeurs féminines et à l'éveil intérieur. Catégoriquement niés par les politiques et par l'ensemble des médias (aux USA comme en Europe), ces “créateurs de nouvelles cultures” constitueraient le départ d'une civilisation post-moderne aussi importante que le fut le modernisme il y a cinq cent ans.

La première énormité qui frappe est le “non-événement” que fut la parution de ce livre, début 2001, en France. Transposée dans un domaine familier aux médias, une telle enquête aurait fait un tabac : 24 % des citoyens américains (parmi les plus créatifs) ne fonctionneraient plus désormais selon le modèle occidental “moderniste” (individualisme, capitalisme et divertissement), mais d'une façon radicalement autre. C'est une information considérable, qui mériterait qu'on la vérifie, qu'on la critique... Il n'en a rien été. Silence radio. Cela correspond à l'une des informations de fond que l'enquête rapporte : imbibés de la conviction que le modernisme est la seule manière normale d'être au monde, médias et politiques n'ont rien capté du phénomène.

Ne vous est-il jamais arrivé - quand il est question des valeurs fondamentales auxquelles votre cheminement vous a finalement conduit - de vous sentir nié par le monde alentour ? C'est ce qui se produit, disent Ray et Anderson, quand on passe à un type de culture résolument nouveau : l'ancien système, non seulement ne comprend pas, mais ne voit carrément rien.

Cela dit, les intéressés eux-mêmes ne connaissent pas leur force non plus. Interrogés sur le nombre de gens qui, à leur avis, partagent leurs valeurs et leurs comportements, les “Créatifs Culturels” (CC, expression la moins imparfaitement traduite de Cultural Creatives) se sous-estiment dramatiquement : ils se croient, en moyenne, 5 % de la population alors qu'ils seraient cinq fois plus nombreux, selon notamment l'institut de sondage American Lives (entre 1986 et 1999).

Qui sont les “Créatifs Culturels” ?

Les CC sont des gens qui mettent en application quatre types de valeurs :

  • - Implication personnelle dans la société par des engagements solidaires, locaux et globaux, immédiats et à long terme ;
  • - Vision féminine des relations et des choses ;
  • - Intégration de l'écologie, de l'alimentation bio, des méthodes naturelles de santé ;
  • - Importance du développement personnel, de l'introspection, des nouvelles spiritualités.

Psychologiquement, les CC ont un point commun important : ils ne supportent plus d'être divisés, coupés, en contradiction avec eux-mêmes - ce qui caractérise d'ailleurs tout début de nouveau mouvement de société. Leurs mots clés sont : cohérence, congruence, interaction, synergie. Que l'on puisse prôner le respect des équilibres écologiques et ne pas en tenir compte dans sa propre vie quotidienne leur est devenu insupportable. Sincèrement croire que seuls des comportements plus solidaires pourraient sortir l'humanité de la catastrophe... et ne pas s'engager soi-même dans ce sens les horripile. Quant à prêcher l'éveil d'une vie intérieure et baratiner sur la spiritualité tout en continuant à se comporter, au travail, dans la cité, chez soi, comme les générations précédentes leur paraît grotesque. Dire ce que l'on fait, faire ce que l'on dit, c'est leur devise, et l'enquête de Ray et Anderson montre, dans son suivi à long terme, qu'il ne s'agit pas là de vains mots.

Analyse démographique...

Les CC se répartiraient en deux populations d'environ 23 millions d'adultes chacune :

  • - Un noyau central dit “avancé”, préoccupé à la fois de justice sociale, d'engagement écologique et de développement “psycho-spirituel” : pour ceux-là, le sacré inclut d'emblée l'épanouissement individuel et la solidarité sociale et politique (à 91 %, ils estiment très importants d'aider les autres) ;
  • - Une périphérie dite “écologiste”, qui aurait tendance à ne faire que lentement, avec beaucoup de prudence, le lien entre l'engagement social et la vie intérieure, ou entre l'écologie et la spiritualité (ce second groupe est de 15 % plus masculin que le premier).

Sociologiquement, on les trouve dans toutes les couches et tous les âges de la population, même s'ils sont incontestablement : un peu plus cultivés que la moyenne des Américains, légèrement plus riches et plus urbains. Seule corrélation vraiment forte : 60 % sont des femmes (67 % pour le noyau “avancé”). Par ailleurs, chaque année la part des 18-24 ans augmente. Pour les animateurs de l'enquête, aucun doute : il s'agit là d'un nouveau courant fondamental de la société occidentale.

L'un des premiers mérites du travail de Ray est de se replacer dans un contexte sociologique et psychologique, avec une analyse des deux courants jusqu'ici majeurs dans la société américaine, les “Modernistes” et les “Traditionalistes”.

  • Les Modernistes dominent actuellement le monde. Estimés à 48 % de la population américaine (environ 93 millions d'adultes - chiffres de 1999). Ils participent de la poussée lente et formidablement puissante qui, en cinq cents ans, a créé le monde où nous vivons. Eux qui furent considérés, vers 1750, du temps d'Adam Smith, comme des “excentriques inoffensifs” sont devenus totalement dominants et désormais dangereux. Leurs valeurs : gagner et posséder beaucoup d'argent ; gravir les échelons de la réussite professionnelle ; être le plus libre possible ; avoir beaucoup de choix (au travail et comme consommateur) ; être toujours au fait des nouveautés ; participer au progrès économique et technologique de la nation ; se divertir, notamment grâce aux médias, chacun à sa guise ; soigner son corps comme une belle machine ; faire confiance soit à la loi du marché soit à l'État-providence.
  • Quelques-unes de leurs idées types : Le temps c'est de l'argent ; Analyser les choses en les décomposant en différentes parties est le meilleur moyen de résoudre un problème ; ou encore, Il est raisonnable de diviser sa vie en sphères distinctes et séparées : le travail, la famille, les amis, l'amour, l'éducation, la politique, la religion. Leurs rejets : à peu près toutes les valeurs et préoccupations des indigènes, des ruraux, des Traditionnalistes, des New Age, des mystiques et des religieux.
  • De leur côté, les Traditionalistes (24 % de la population, 46 millions d'adultes) sont en réalité tous des néo-traditionalistes, des réactionnaires au sens étymologique du mot, apparus de diverses réactions contre le modernisme, à partir du XIXe siècle (aux États-Unis après la guerre de Sécession surtout). Se référant sans cesse à un ancien temps idéal et essentiellement imaginaire, leurs valeurs s'expriment dans des idées comme : Les patriarches devraient à nouveau dominer la vie familiale ; les hommes et les femmes doivent s'en tenir à leurs rôles traditionnels. Ou encore, La protection des libertés individuelles et civiques est moins importante que la lutte contre les comportements immoraux.

Bien sûr, ces schémas sont grossiers. Les modernistes en particulier, ne forment pas un groupe compact. L'étude de Ray et Anderson les divise en quatre sous-groupes : les Modernistes conservateurs Pragmatiques (8 % de la population, soit 15 millions d'adultes), qui dirigent une bonne part du business mondial, incarnent totalementl'American Way et en profitent le plus ; les Modernistes conventionnels (12 %, 23 millions), plus intellos que les premiers, moins riches, plus cyniques, très individualistes ; les Laborieux (13 %, 25 millions), souvent d'origine étrangère, qui veulent absolument croire au rêve américain, branchés à fond sur la promotion sociale ; enfin les Modernistes aliénés (15 %, 29 millions), nettement plus modestes, employés ou ouvriers, menacés par toute crise, souvent amers ou en colère. Dans l'ensemble, ils travaillent de plus en plus, au bord de l'asphyxie : pour les même salaires, huit semaines de travail en plus par an entre 1969 et 1999 !

Quant aux Traditionalistes, ils ne sont pas forcément aussi épouvantables que le laissent supposer leurs slogans vengeurs - leur sens de la solidarité est souvent plus fort que celui des Modernistes (les ouvriers catholiques conservateurs peuvent s'avérer bien plus généreux que les bourgeois libéraux).

Les Créatifs Culturels, eux, refusent de choisir pour l'un ou l'autre de ces deux camps. S'ils se sentent les enfants des modernistes - et pas des traditionalistes réactionnaires - , ils savent que l'évolution ne s'est jamais effectuée en faisant table rase du passé, mais en intégrant l'intelligence combinée des stades précédents. L'idée de “métissage culturel” à travers l'espace et le temps - nous reliant aux autres sociétés, notamment aux cultures primordiales vivant encore en symbiose avec la nature - leur est chère, alors qu'elle révulse les réacs et fait sourire les modernes.

D'où sortent-ils ?

La genèse des Créatifs Culturels n'a rien de mystérieux. Leur émergence semble cependant avoir traversé une sorte de tunnel d'une vingtaine d'années - de la fin des années 70 à la fin des années 90 - au cours desquelles, notamment du fait de la chute de l'empire soviétique, le modernisme s'est cru autorisé à caracoler, comme s'il n'existait désormais plus que lui, face à quelques poches traditionnalistes en voie d'extinction. C'était oublier que les humains ne sont pas forcément amnésiques et qu'un ensemble de mouvements apparus dans les années 60 avaient laissé des germes puissants dans la conscience collective. L'émergence des Créatifs Culturels montre en effet de façon claire une convergence irrésistible entre les “descendants” des mouvements :

  • - pour les droits civiques,
  • - féministes,
  • - de soutien aux peuples colonisés,
  • - pacifistes,
  • - écologistes,
  • - pour l'éveil de la conscience,
  • - de psychothérapie humaniste.

Il est impossible de donner ici ne serait-ce qu'un résumé des innombrables informations apportées par Paul Ray et Sherry Ruth Anderson dans leur étude. Particulièrement surprenante (du moins pour nous, Européens, qui ne pouvons nous empêcher de caricaturer les Américains, surtout après l'arrogante décision de leurs gouvernants de ne pas signer les traités anti-pollution), est la lucidité des CC vis-à-vis :

  • - des médias (généralement reconnus comme tellement imbibés d'idéologie moderniste qu'ils ne se rendent même plus compte qu'ils intoxiquent autant qu'ils informent) ;
  • - des leurres de la pub et de la société de consommation, qui ont fini par tout chosifier en spectacle ;
  • - des manipulations des grands groupes économiques, qui sabotent les alternatives économiques “douces” (on lira le cas exemplaire de l'hypercar, voiture écologique à hydrogène) ou qui, plus pervers, sponsorisent des actions écologique ou d'éveil de conscience psycho-somatique, alors qu'ils sont par ailleurs, sous des biais plus importants, d'énormes pollueurs, assassins de biodiversité et pourvoyeurs en cancers de toutes sortes (des cas précis sont cités, cibles par exemple du mouvement des femmes ayant souffert d'un cancer du sein).

Le ressort spirituel des Créatifs Culturels

Essentielle à ceux que l'enquête présente comme les plus dynamiques du mouvement, l'approche spirituelle est certainement la plus difficile à intégrer dans la grille moderniste des médias et des politiques. Pourtant, s'il a fallu vingt ans pour que les mouvements “contre la guerre” deviennent des mouvements “pour la paix”, ou les mouvements “anti-mecs” des mouvements “pour de nouvelles relations hommes/femmes”, c'est que le catalyseur de ces métamorphoses est très souvent venu de la spiritualité et de la psychologie humaniste, dont l'intégration ne peut se faire que lentement.

« En effet, écrivent Ray et Anderson, il faut beaucoup de temps pour bien saisir la substance de l'enseignement des mouvements d'éveil de la conscience. On peut se mettre à de nouvelles idées, s'initier à de nouvelles techniques ou se trouver un nouveau hobby en quelques semaines, mais il faut des années, voire des décennies pour se changer soi-même [...]. Quand on met côte à côte la popularité croissante d'un mouvement et la lenteur de son cycle d'apprentissage, il est facile de s'arrêter uniquement aux excès de la vulgarisation, de la spiritualité “syncrétique” et de la psychologie de comptoir dont certains médias adorent se gausser.

Mais confondre ainsi la surface du mouvement et sa substance profonde est une erreur. Si l'on veut vraiment comprendre ce qui se passe, il est nécessaire de bien faire la différence entre la masse croissante de ceux qui sont à la recherche de nouvelles sensations, d'un parfum nouveau pour leur vie d'une part, et d'autre part les adeptes de longue date, qui ont appris petit à petit à vivre une vie “authentique”, à profondément transformer leur existence en fonction de ce qu'ils ont appris. Les deux ensembles ont grandi durant ces quarante dernières années, mais ce sont surtout les débutants qui sont les plus visibles, avec leur population en perpétuelle croissance. »

Et maintenant ?

La grande faiblesse des CC, aux yeux de Paul Ray et Sherry Ruth Anderson : leur manque de conscience d'eux-mêmes en tant que groupe. Vu qu'il s'agit des personnes les plus dynamiques et les plus innovantes du pays... c'est qu'il y a un léger problème ! D'où le désir irrésistible des deux auteurs (qui quittent alors délibérément leur statut d'observateurs pour devenir acteurs) d'inviter les CC àpérenniser leurs efforts en passant au stade institutionnel - avec une chance de convaincre, du coup, de larges rangs modernistes, voire traditionnalistes. Seulement voilà : institutionnaliser des créateurs, n'est-ce pas contradictoire ? Conscients du hiatus, Ray et Anderson imaginent néanmoins toutes sortes de concrétisations possibles de l'univers CC : des écoles, des universités, des centres ouverts aux gamins des rues, des réseaux connectés à la planète entière... leur livre fourmille de suggestions.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Vous sentez-vous créateur de nouvelles cultures ? 

A lire : L'émergence des Créatifs Culturels, de Paul H. Ray et Sherry Ruth Anderson, éd. Souflle d'Or

Mots-Clés : Culture du monde

"Kogis, le message des derniers hommes"

Par Le 02/10/2016

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INFORMATIONS

  • Durée : 00h 56m
  • Date de sortie : 30/11/06
  • ASIN : 1
  • Partenaire : ARTIC PRODUCTIONS, GEDEON PROGRAMMES

 

 

Boutique » Films

 

Kogis, le message des derniers hommes

 

Réalisé par Eric Julien

 

LE FILM en bref

Dans le nord de la Colombie, les Kogis sont les derniers héritiers des grandes civilisations précolombiennes et se nomment « les gardiens de l'équilibre ». Ils considèrent leur relation avec la nature comme faisant partie, à l'instar des hommes, d'un ensemble complexe dont les composantes interagissent en permanence les unes par rapport aux autres. Pour eux, l'homme et la nature sont indissociables. De cet équilibre naturel, découle l'ordre social et politique. Réalisé à leur demande par le cinéaste Eric Julien, qui les connaît depuis près de vingt ans, le film retrace les efforts de ce peuple de la Sierra Nevada pour retrouver sa mémoire perdue et la transmettre aux nouvelles générations. Avec l'aide de Gentil Cruz Patino, un métis venu de la ville, le peuple des Kogis retrouve peu à peu ses terres qu'il a rachetées et les objets rituels de ses ancêtres. Face au monde moderne de ceux que les Kogis appellent « les petits frères' », ils ont choisi de rester « Indiens ». Mais leur système est fragile, menacé par le gouvernement et les intérêts de la culture du coca. Leur combat pour tenter de survivre les mène à Paris, afin de tenter d'être entendus par la communauté internationale.

 

 

“Kogis, le message des derniers hommes”

 

Verbalisation, gestion du non-dit et anticipation des déséquilibres dans la culture des Kogis

 

Les Kogis attachent une attention particulière à la verbalisation, à la gestion des conflits et autres tensions portées par le groupe. Il y a tension, conflits, lorsque l’énergie (la parole, le souffle...) ne circule plus, lorsque les règles ne sont plus acceptées, respectées et mises en pratique, lorsque le profane envahit et domine le sacré. Tous les Kogis n’acceptent pas les règles et les contraintes des “lois de la mère”. Certains peuvent choisir de ne pas les respecter, voire de les rejeter, ce qui, pour les membres de la communauté, constitue un délit majeur. Entendons-nous bien : pour les Kogis, les lois universelles de la terre mère sont des lois vécues de l’intérieur qui garantissent l’équilibre et la continuité de la vie.

La survie de la communauté, son équilibre, passe par leur respect, un respect qui s’incarne dans une attitude, une posture “juste” par rapport aux êtres et au monde. Que cette posture de partage, d’écoute et de respect ne soit plus vécue et mise en pratique et c’est l’ensemble de la communauté qui se trouve menacée. Les personnes concernées vont alors être invitées à parler, puis à parler encore, et ce, afin de pouvoir identifier l’origine de ce manque de respect, de ce déséquilibre.

“Les personnes concernées vont voir le mamu et lui demande si elles peuvent parler, échanger avec lui. Elles lui demandent alors d’être interrogée sur leurs derniers actes et les pensées qui les animaient lorsqu’elles les ont réalisés. C’est le mamu qui dirige cet échange. (...)”

C’est le respect des lois de la communauté qui évite la domination de l’individualisme, de la compétitivité, du non-dit et de la souffrance. Individus, familles, clans, communauté, à chacun de ces niveaux sont mises en place des procédures de verbalisation et de gestion des déséquilibres qui permettent d’éviter les ruptures et d’accompagner les membres du groupe dans les changements auxquels ils se trouvent confrontés.

S’il y a un point qui différencie nos sociétés occidentales de celle des Kogis, c’est bien celui de la verbalisation, de cette préoccupation permanente d’éviter les noeuds, les blocages, les non-dits qui déséquilibrent les hommes et les organisations. Cette volonté de faire circuler les mots, les énergies, les émotions, comme la terre qui se doit d’assurer la circulation de l’air, de l’eau, des courants et de l’énergie.

 

La non verbalisation entraîne la cristallisation de la colère, de la peur, de la souffrance, une cristallisation qui s’auto alimente jusqu’à la rupture.

 

Là où les Kogis essaient d’anticiper ces ruptures, nos sociétés les subissent.

Dans nos sociétés occidentales (entreprises, familles, organisations entendues au sens large du terme), il est très difficile pour les acteurs concernés de dire et de verbaliser leurs sentiments, peurs, limites, enjeux.

Manque d’humilité, lâcheté, ignorance, colère, jalousie, parfois même indifférence, parce que non identifiés et non gérés, la diversité des sentiments humains nourrit et déforme les relations jusqu’à provoquer des déséquilibres majeurs qui peuvent s’incarner soit dans des conflits larvés ou violents, soit dans la création d’espaces de “non-dits” rapidement nourris par les interprétations, projections qui amplifient les phénomènes et les rumeurs.

Apprendre à identifier ces situations personnelles ou collectives, reconnaître les sensations, émotions, enjeux, sentiments qui les font vivre, leur origine profonde, le contexte dans lequel elles s’inscrivent, les verbaliser, les exprimer, les partager, les gérer et gérer les réactions que cela peut susciter représente sans doute l’un des enjeux majeurs de nos sociétés occidentales. (...)

Encore et toujours dire, partager, faire circuler pour préserver l’équilibre du tout, du groupe et de l’individu.

 

Extrait 3 : Si l’on pouvait résumer quelques-uns des axes de réflexion, quelques-unes des passerelles qu’il doit être possible d’établir entre la culture Kogis et nos sociétés, j’en retiendrais six.

 

1. Chaque individu doit être reconnu comme faisant partie d’un tout.

 Chez les Kogis, à travers sa fonction, son rôle par rapport à la communauté, chacun a sa place. À ce titre, chacun a droit à la parole. Dans une telle société, il ne peut pas y avoir d’exclus ; pour fonctionner de manière équilibrée, le système a besoin de l’ensemble de ses composantes, même celles qui ne seraient pas forcément dans la norme, puisqu’elles renseignent le système sur la norme.

Cette reconnaissance et le respect associé sont fondateurs de l’identité de chaque membre de la communauté. Chaque partie du système me reconnaît comme étant une partie nécessaire pour le fonctionnement du tout.

 

2. La notion de faute, présente dans les sociétés occidentales, est totalement inexistante.

Il s’agit plus de déséquilibres physiques, psychologiques, sociaux, qui, une fois rétablis ne sont pas portés comme des sentences tout au long d’une vie.

 

3. Le monde est compris comme un tout vivant et fragile dont les composantes sont en permanente interaction, ce qui oblige chacun à se sentir responsable de l’ensemble. Ce sont les liens de l’expérience sacralisée qui réunissent l’ensemble et lui donnent sens. Ce monde ne sépare pas, il réunit. La nature entière y est incluse : animaux, maïs, fleurs, nuages, pierres... Quand les Kogis se présentent en disant “Nous sommes des Kagabas...”, c’est à cet ensemble, ce tout, qu’ils font référence.

 

4. Les problèmes, les difficultés doivent être formulés pour éviter les non-dits qui nuisent à l’harmonie des êtres et des lieux.

 Ce travail de “confession”, de verbalisation du corps au coeur, puis à l’esprit et à la parole, se doit d’être réalisé tant sur le plan des mots que sur celui du coeur et de l’énergie.

 

5. L’interrelation, l’interdépendance lient les connaissances conceptuelles et expérimentales, coeur, conscience et esprits, hommes, nature et objet. Tout est équilibre entre un ensemble de composantes vivantes qui ont chacune un rôle et une fonction. L’ensemble ne fonctionne que parce que chacune des parties est reliée aux autres et remplit au mieux son rôle.

 

6. Leur système de compréhension du monde est un système fragile qui se doit d’être préservé et entretenu.

C‘est pourquoi ce même système permet de gérer en permanence les problèmes de pouvoir et de dogmatisme liés à tout groupe social structuré autour d’un projet collectif. De fait, leur système est en permanente évolution, et ce, afin de maintenir un équilibre subtil entre les forces internes et externes qui interagissent sur leur société où le changement, la confrontation des contraires et des subjectivités sont vécus comme des composantes essentielles de la vie.

 

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Le clan, la famille, l'Etat.

Par Le 01/10/2016

 

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"Les Lumières, c'est la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable. L'état de tutelle est l'incapacité à se servir de son entendement sans la conduite d'un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s'en servir sans la conduite d'un autre...Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières. Paresse et lâcheté sont les causes qui font qu'un si grand nombre d'hommes, après que la nature les eut affranchis depuis longtemps d'une conduite étrangère, restent cependant volontiers toute leur vie dans un état de tutelle, et qui font qu'il est si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d'être sous tutelle. Si j'ai un livre qui a de l'entendement à ma place, un directeur de conscience qui  a de la conscience  à ma place, un médecin qui juge à ma place de mon régime alimentaire, alors je n'ai pas à fournir moi-même d'efforts."

KANT


La problématique posée par ce texte concerne la situation des hommes lorsque celle-ci ressemble davantage à une soumission passive qu'à une liberté issue de leur entendement. Kant considère que les hommes sont responsables de cette situation et que cette "mise sous tutelle" est la conséquence de leur incapacité à user de leur "entendement" mais plus encore de la conséquence de leur "lâcheté". Il semblerait selon ce texte que les hommes ne sont pas asservis par la force d'une puissance étrangère mais, à l'origine, en raison de leur propre abandon, de leur "paresse."

On peut s'interroger sur cette situation de soumission. Est-elle réelle ? Concerne-t-elle tous les individus ? Existe-t-il une responsabilité de la part des victimes elles-mêmes ?

L'auteur ne laisse aucun doute sur son jugement. Pour lui, il n'y a aucune interrogation mais un état de fait général, universel. Le ton cynique, sarcastique est destiné à montrer de façon crue cette propension des hommes à se vautrer dans la bassesse.

Le fait d'opposer des termes aussi forts que "paresse" et "courage" est révélateur.

Kant parle de courage car il est indéniable pour lui que cette situation réclame une prise de position pleine et entière, non seulement une prise de conscience mais un engagement à travers des actes. Puisque l'homme est "responsable" de cette soumission passive, il doit par-delà son entendement initial être responsable de sa révolte. L'entendement n'est pas suffisant. Il n'est qu'une étape intellectuelle. La cause ne vient pas d'une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution qui devrait en résulter.

Les hommes délèguent leurs décisions et leurs actes à d'autres hommes qui leur paraissent plus aptes à les guider et à les prendre en charge. Ce raisonnement, car il s'agit bien d'un raisonnement, aussi primaire soit-il, est à la source de la soumission et du pouvoir.

Même si je ne sais pas soigner une dent cariée et que je me dois m'en remettre au dentiste, je peux assumer l'entretien de mes dents et veiller à la qualité des aliments que je consomme. Le fait de m'en remettre selon les situations à des gens plus performants que moi dans certains domaines ne signifie pas pour autant que ce choix doit s'étendre à l'ensemble de mon existence et surtout pas aux domaines existentiels.

C'est là qu'il faut rester vigilant pour ne pas sombrer dans une complaisance assassine envers cette paresse et cette lâcheté.

Il y a dans "Le Bon, la Brute et le Truand" une réplique culte.

"Le monde se partage en deux catégories. Il y a ceux qui ont une arme et il y a ceux qui creusent. Toi, tu creuses. "

Selon Kant, on peut rajouter que ceux qui possèdent une arme et donc le pouvoir en disposent parce que ceux qui creusent les ont autorisés par leur soumission originelle à user d'une arme.

Si on prolonge la réflexion, les dictateurs ne sont pas des hommes plus puissants mais simplement des hommes qui ont saisi l'opportunité que la masse leur offrait. C'est la masse par son comportement lâche et servile qui donne le pouvoir aux dictateurs. Il n'est pas permis de critiquer les dictateurs avant même d'avoir pris conscience de ce comportement. La seule solution pour s'extraire de ce rapport de faible à fort, est d'avoir le courage de se servir de son propre entendement et non de se contenter d'un entendement servile. Il ne suffit pas d'analyser une situation. Il faut œuvrer à son évolution. 

L'asservissement est généré aussi par le silence. Pour combattre, il faut d'abord saisir l'ensemble de ses insuffisances.

Une autre question surgit dès lors. Pourquoi les hommes en sont-ils arrivés là ? Est-ce un état naturel dont se servent les Puissants?  Mais dans ce cas-là, pourquoi les Puissants n'en sont-ils pas eux aussi les victimes ? Comment sont-ils devenus Puissants si cet état de laxisme existentiel est un état naturel ? Les Puissants sont bien pourtant des hommes.

La problématique ainsi posée met en évidence la part sociale de l'homme. Son statut de citoyen, c'est à dire un individu inséré dans un microcosme relationnel. Les Puissants œuvrent à la pérennité de leur statut. Par héritage bien entendu mais bien plus encore par l'éducation. De la même façon, les asservis sont conditionnés à une existence soumise. Les Puissants se chargeront de les y maintenir par d'habiles subterfuges et en se servant de la paresse et de la lâcheté de la masse.

Il n'y a rien de naturel. Tout est éducatif. Certains vont naître avec une cuillère d'argent dans la bouche et l'environnement va se charger de leur apprendre à s'en servir. Les asservis se contenteront de les envier et de geindre. 

Les Philosophes des Lumières ont mis en avant le droit des hommes à être responsables lorsque ce droit finissait par apparaître comme insaisissable.

 

Jean Jacques Rousseau disait « qu’on perd dans l’asservissement jusqu’au désir d’en sortir. »

 

L’asservissement corrompt les âmes, contraintes à de multiples compromissions pour subvenir à l’essentiel. Toute l’énergie des individus s’y perd. La peur de la perte des biens vitaux devient générale et les individus en viennent à percevoir la masse environnante comme l’adversaire à combattre. Les Puissants entretiennent cette peur et l’amplifient si nécessaire. Elle sert leurs intérêts. Lorsque la contestation des uns finit par gêner les autres, les Puissants interviennent et deviennent dès lors des Sauveurs… C’est en cela que les Puissants aiment que des désordres surviennent et s’il n’y en a pas en cours, ils se débrouillent pour en créer…

L’entendement devient dès lors la source des actes. Il faut parvenir à cet état d’observation macroscopique, une élévation au-dessus de la masse pour prendre conscience des entrelacs instaurés par la matrice, cette entité constituée par des individus anonymes, travaillant dans les palais. Une fois cette observation validée, chaque individu ayant effectué sa propre analyse et pris conscience de l’émergence d’une pensée commune, les individus éveillés peuvent entamer une tâche évolutionniste. Il ne s’agit pas de chercher des guides mais de favoriser par un travail intérieur son propre éclairage au risque d’être éblouis et par conséquent manipulés par les tenants des lampions…

Les Philosophes des Lumières prônaient la raison comme étendard. Il faut y adjoindre le courage.

Il reste ensuite à ne pas tomber dans l’euphorie magnifiée par des individus avides qui cherchent à se présenter comme les nouveaux Guides. Combien de Révolutions portées par les peuples et tombées aux mains des Puissants ?

La France en est un "bel" exemple.     

Que reste-t-il de cet héritage ?

Une démocratie ?

Où ça ?

Je lis un ouvrage majeur de Kropotkine actuellement : « L’entraide, un facteur de l’évolution ».

Il y a une analyse historique qui m’interpelle fortement. Les différents peuples éparpillés sur la planète ont connu une « évolution » analysée par les anthropologues. Le clan représentait le noyau central des existences, par-delà la notion de familles. Ce clan gérait de façon commune tous les problèmes. Puis, au fil du temps, cette gestion commune a été dévoyée par des individus qui se sont placés comme « Guides ». On a vu apparaître le renforcement de la famille et par là même l’émergence de la notion de gouvernance étatique. C’est ce que l’ensemble de l’humanité connaît aujourd’hui à l’exception de Peuples Premiers (les Kogis par exemple).

Je vois par contre poindre à divers endroits des volontés de recréer cette entité du « clan » et les éco-villages tout comme les communautés de toutes sortes sont des exemples de cette résurgence de la gestion commune des existences. Il ne s’agit pas pour autant de nier l’importance du noyau familial mais de restaurer une gestion partagée des existences (alimentaire, énergétique, écologique, économique, éducative…)

Il se pourrait bien que le refus de plus en plus fort de la mainmise de « l’Etat » sur les peuples sonne le réveil des consciences et la volonté de redevenir des clans autonomes.

Certains s’y opposeront en arguant que les clans seront en compétition et que les guerres se succèderont.

Alors je les invite à lire Kropotkine…

Il y a dans l’histoire de l’humanité des vérités que les pourvoyeurs « d’Etats » avaient tout intérêt à effacer des mémoires.

"Une nouvelle Renaissance"

Par Le 29/09/2016

Spiritual grow compressor

 

Vivons-nous une nouvelle Renaissance?

 

Nous sommes entrés dans une époque de bouleversements.

 

http://www.cles.com/enquetes/article/vivons-nous-une-nouvelle-renaissance

par Patrice van Eersel

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L’idée nous trottait dans la tête bien avant le printemps arabe. Les booms chinois, indien ou brésilien, y avaient contribué, mais pas seulement. C’est toute l’époque contemporaine qui nous pousse à nous demander : « Et si derrière le tohu-bohu général fermentait en réalité une Renaissance mondiale ? » Savoir ce que l’histoire dira de nous dans quelques siècles est une question impossible.

 

On peut s’amuser à la poser à l’envers : si nous remontions le temps avec une caméra, pour aller interviewer des Italiens ou des Flamands de la fin du xve siècle, comment définiraient-ils leur Renaissance ? Sans doute seraient-ils bien embarrassés. Ce mot, rinascita en italien, ne désignait alors, pour une élite, que la redécouverte des lettres et des arts de l’Antiquité et pas du tout le bouleversement général qu’allaient provoquer l’invention de l’imprimerie, la découverte de l’Amérique ou, bientôt, la révolution cosmologique de Copernic. Et par-dessus tout cela, ou par en dessous, l’émergence du projet radical de la liberté individuelle. Les parallèles avec notre temps sont tentants. Internet amplifie les communications humaines comme jadis l’imprimerie, mais de façon exponentielle. Le surgissement des nouvelles puissances économiques chamboule les équilibres géopolitiques et déplace le centre de gravité du monde. Quant à la liberté individuelle, elle a imposé le marché mondial avec sa puissance et ses injustices. Il a suffi de moins que cela à la Renaissance pour faire bifurquer l’histoire. Pas d’angélisme : tout cela se produit, comme il y a cinq cents ans, dans le fracas et la tourmente d’un accouchement parfois monstrueux. A l’époque, début de l’holocauste des Amérindiens et guerres de religion ; aujourd’hui, destruction de la biosphère, doutes sur le nucléaire, crises énergétique et alimentaire, pour ne prendre que quelques exemples, tous terribles. Pour comprendre où ces parallèles peuvent nous mener, nous avons consulté différents penseurs, historiens, anthropologues, prospectivistes, philosophes. La plupart ont plutôt bien accueilli notre métaphore d’une « nouvelle Renaissance ». L’écrivain et sémiologue Umberto Eco fut le seul à la refuser net : notre époque lui fait plutôt penser à la chute de l’Empire romain. A l’inverse, le philosophe Michel Serres, approuvé par l’historien Jean Delumeau, estime qu’il faut remonter beaucoup plus loin, à la révolution néolithique d’il y a dix mille ans, pour trouver une mutation aussi puissante que celle que nous traversons (lire les encadrés). Entre ces deux extrêmes, ces penseurs de notre temps esquissent la « nouvelle Renaissance » autour de six axes :
 

•  des moyens de communication qui télescopent l’espace-temps ;

•  un basculement géopolitique qui remodèle la planète ;

•  une mondialisation inexorable et encore dissymétrique ; 

•  une prise de conscience de la finitude des ressources et le rallongement de la vie ;

•  une généralisation du doute ;

•  une remise en question éthique de l’individualisme exacerbé.

 

 

1  Les nouvelles technologies de communication télescopent l’espace-temps et modifient les bases de la civilisation

 

« Internet ne raccourcit pas l’espace-temps entre émetteurs et récepteurs, s’exclame Michel Serres, il le supprime ! » Les conséquences de cette ubiquité instantanée sont gigantesques. Conséquences évidentes : le « village global » est devenu une réalité quotidienne, nous sommes en rapport avec la planète entière à tout instant et les enfants nés dans ce contexte font preuve d’un talent multitâches et d’une polychronicité dont on ne savait pas l’humain capable. Conséquences plus masquées, sur lesquelles Michel Serres insiste : « Nos adresses ne sont plus postales ou locales, mais IP, c’est-à-dire virtuelles, si bien que les bases mêmes de notre droit, par essence territorial, et de notre contrat social deviennent obsolètes. »

 

Tout aussi spectaculaire : la vitesse à laquelle nos contemporains, quel que soit leur niveau socioculturel, s’adaptent à ces nouvelles technologies. Ce sera peut-être le premier trait que retiendront les historiens futurs de la Renaissance au xxie siècle. Le pragmatisme avec lequel les jeunesses arabes ont su s’en servir en 2011 nous a coupé le souffle. Financièrement à la portée de la majorité des humains, Web, téléphone cellulaire, Twitter créent le maillage numérique de cette « noosphère » enfin matérialisée. La notion même de culture en est profondément rénovée. La Toile ne représente-t-elle pas un inimaginable bond en avant dans la démocratisation du savoir universel, devenu coopératif.

L’irruption d’une nouvelle technologie de communication métamorphose la connaissance et les rapports humains des sociétés qu’elle touche. Mais jamais cette loi ne s’était appliquée avec une telle force. La diffusion de l’imprimerie à caractères métalliques mobiles, inventée par Gutenberg en 1454, avait été rapide : moins d’un siècle plus tard, on imprimait de Tanger à Uppsala et de Dublin à Istanbul. Internet, lui, a étendu ses réseaux au monde entier en moins de quinze ans ! Fondateur de l’association internationale Prospective 2100, Thierry Gaudin compare les deux phénomènes : « Initialement inventée pour diffuser la Bible, l’imprimerie a abouti en deux cents ans à créer dans toute l’Europe une classe de petits bourgeois libres-penseurs qui, sans emploi et frustrés, allaient devenir les rédacteurs des “Cahiers de doléances” de 1789. Internet, destiné à l’origine à des militaires et à des scientifiques, a favorisé l’émergence, en quelques années, d’une génération mondiale d’internautes, ouverts au modernisme qui, même sans emploi, s’apprêtent à révolutionner le monde actuel. » Vingt ans plus tôt, ces générations arabes frustrées, pour rester sur cet exemple, semblaient n’avoir comme seul exutoire que l’intégrisme islamique.

Toujours en comparaison avec l’imprimerie, l’économiste et écrivain Jacques Attali relève un paradoxe : « Les stratèges du temps de Gutenberg avaient fait deux prédictions. La première : grâce à l’imprimerie, on allait multiplier les Bibles et tout le monde allait devenir catholique. La deuxième : on allait pouvoir généraliser l’usage de la langue de l’empire, le latin, et les langues nationales allaient disparaître. Or, que s’est-il passé ? Lisant la Bible, les gens se sont rendu compte que ça n’avait rien à voir avec le discours des prêtres, ce qui a favorisé le protestantisme. Et très vite sont apparues les premières grammaires en langues vernaculaires qui allaient faire disparaître le latin. Tirons-en un théorème : on croit les nouvelles technologies de communication au service des puissants, alors qu’en fait, elles les renversent. C’est le cas pour Internet : apparemment vecteur de la culture américaine et de l’anglais dans le monde, il sert tout autant à l’essor des cultures et des langues locales. Ce paradoxe en rejoint un autre, plus global : nous assistons actuellement à une extension mondiale des valeurs occidentales, à commencer par le droit à la liberté individuelle, et cette extension fait que l’Occident va cesser d’être spécifique et dominant. »

Observateur de l’usage du temps et de l’accélération, Jean-Louis Servan-Schreiber ajoute : « Nous assistons à la fin de la malédiction de la Tour de Babel. Wikipedia existe en 281 langues à ce jour, et parallèlement, des logiciels de traduction vocale instantanée vont nous permettre de communiquer avec tous les citoyens du monde. » Comme si les changements apportés par les nouvelles technologies touchaient bel et bien aux fondements de la civilisation. 

 

 

2. L’irrésistible ascension des pays émergents bouleverse l’équilibre géopolitique d’un monde devenu hypercomplexe 

 

Le sigle Basic (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine) synthétise l’irruption soudaine sur la scène mondiale des pays émergents : ils nous obligent à tout revoir car, de plus en plus, les vrais « pays industrialisés », ce sont eux. Et les Occidentaux vieillissants voient avec anxiété leurs activités productives se délocaliser vers ces nouveaux eldorados. Basculement géopolitique majeur. Certes, devenir l’usine du monde ne vous donne pas forcément les clés des futurs concepts innovants. Et la côte ouest des Etats-Unis demeure pour l’instant la principale source de créativité mondiale. Mais l’idée qu’une seule hyperpuissance puisse régenter le monde a fait long feu. « Le G8, devenu  G20, masque un G2 », s’amuse à dire Jacques Attali qui précise : « Mais en réalité, même le G2, c’est-à-dire le tandem Etats-Unis-Chine, ne tient pas les clés du monde, devenu multipolaire et hypercomplexe. Seule une gouvernance planétaire serait en mesure de le gérer.  »

 

Attali, dont le nouveau livre « Demain qui gouvernera le monde ? » (Fayard, 2011) porte justement sur l’histoire de l’idée de gouvernement mondial, poursuit : « Le poids énorme et croissant de la Chine moderne ne doit pas nous paralyser. Savez-vous qu’à l’époque de la Renaissance, les Chinois étaient déjà la première puissance du monde, en terme de PIB ? Ils le sont restés jusqu’au xixe siècle et sont aujourd’hui en passe de le redevenir, après un siècle d’éclipse. Pourtant, la modernité n’est pas sortie de chez eux, mais des minuscules Etats morcelés de l’Italie du Nord et des Flandres, plus vifs et inventifs que les lourds empires chinois ou ottoman. Cette vision devrait nous réconforter : ce n’est pas parce qu’on est petit qu’on se fait forcément écraser. »

Oui, mais d’où jaillit aujourd’hui la vivacité et l’inventivité ? Voilà des années qu’Edgar Morin rêve d’une « Renaissance de la pensée » qui transformerait en spirale créative le tourbillon confus où se mêlent actuellement l’économique, le social, le politique et le culturel. « Dans les années 1980, nous dit-il, j’ai cru que l’Europe serait le creuset de cette Renaissance. Mais j’ai déchanté. Aujourd’hui, je suis frappé par le contraste entre l’inertie européenne et la vitalité des pays émergents, notamment de l’Amérique latine. Les nouvelles idées pédagogiques, les approches transdisciplinaires, toute la pensée complexe s’incarnent bien mieux au Brésil, au Mexique ou en Bolivie que chez nous. Là-bas, ils savent construire de nouvelles visions en piochant ce qu’il y a de meilleur ailleurs. C’est vrai du haut au bas de l’échelle sociale. J’ai vu, dans les favelas, des gens pauvres pratiquant l’architecture écologique, le microcrédit, l’alphabétisation transgénérationnelle, l’art-thérapie en prévention de la délinquance… qui sont autant de façons de relever le défi des temps à venir. »

 

 

3. La mondialisation ne s’arrête pas, mais plus économique que politique, elle souffre d’un déficit de gouvernance 

 

On peut l’aimer, parce qu’on se sent « citoyen du monde », appartenant à la même Terre-patrie, comme disent Morin et les cosmonautes. Ou la haïr, parce qu’elle uniformise tout et que, de plus en plus, les cinq continents mangent pareil, s’habillent pareil, polluent avec les mêmes voitures, s’abrutissent devant les mêmes télés, sont manipulés par les mêmes multinationales. Et l’on peut, avec Régis Debray, faire « l’éloge des frontières » (Gallimard, 2011) en rappelant que la vie n’existerait pas sans l’enveloppe de chaque membrane. Mais, du fait du marché global auquel n’échappe plus guère que la Corée du Nord, la mondialisation règne en maître. Il faut dire qu’elle est vieille comme la vie, elle aussi. Les humains viennent tous d’Afrique et n’ont cessé, depuis, de circuler. Avec la civilisation, ses promoteurs ont été les guerriers, les missionnaires et les savants, mais surtout les marchands. « A la Renaissance, note l’historien Patrick Boucheron, le commerce entre l’Europe et l’Asie est déjà dense. A l’époque, le lieu d’échange numéro un est l’ensemble mer de Chine - océan Indien. » Mais les Asiates ne sont pas mégalos. L’amiral Zheng He arrête en 1433 son exploration de l’Afrique, que les Chinois ne transforment donc pas en conquête coloniale, comme le feront les Européens. Pour le pire et le meilleur. « Nos ancêtres, rappelle Jean Delumeau, ont su user des inventions des autres cultures. La poudre chinoise pour feu d’artifice est devenue poudre à canon et le zéro, inventé par les Indiens, a permis la résolution des équations de troisième et quatrième degrés, sans lesquelles la révolution industrielle aurait été impossible. »

 

Cinq siècles après, où en est-on ? « Nous sommes confrontés à une triple mondialisation, répond l’expert en écologie Pierre Radanne : celle de l’information, qui a permis à l’argent de circuler instantanément, ce qui a fait exploser le système financier ; celle de l’industrie, permise par l’ouverture de la Russie et de la Chine, conduisant à une concurrence effrénée, face à des ressources de plus en plus rares ; celle, enfin, des enjeux écologiques, dont les échéances se rapprochent dangereusement. Or, si les vieux Etats nationaux restent des acteurs forts, éventuellement guerriers, pour l’accès aux ressources, les deux autres mondialisations – la finance et l’environnement – leur échappent : l’argent et les vents se rient des frontières ! Dans les deux cas, seule une gouvernance internationale pourrait prétendre à une stratégie efficace. (Voir CLES n°70) » 

Le xxie siècle verra-t-il s’imposer un gouvernement mondial ? La question est dans toutes les têtes. « Cela suppose une mondialisation accrue et non pas diminuée », estime Jean-Louis
Servan-Schreiber qui décrit une problématique à deux niveaux : « La mondialisation actuelle est économique et laisse les mains quasiment libres aux opérateurs industriels, commerciaux et, plus encore, financiers. Le besoin d’une gouvernance mondiale est loin d’être reconnu par tous. Circonscrites dans des frontières nationales, les instances politiques sont incapables de réguler des flux économiques devenus incontrôlables. Nous sommes donc à mi-chemin d’une vraie mondialisation, qui supposerait la mise en commun des ressources, mais cadrée. Un pied sur le frein et l’autre sur l’accélérateur, nous sommes dans une situation bancale, à très mauvais rendement. »

 

 

4 . Nous savons désormais notre monde fini : la prise de conscience de nos limites écologiques devient un facteur décisif

 

Après Christophe Colomb et Copernic, les humains découvrirent, stupéfaits, que la Terre n’était pas le centre de l’univers et qu’on pouvait en faire le tour en quelques mois. Aujourd’hui, nous découvrons ébahis que derrière nos apparences civilisées, nos comportements sont prédateurs (sans retenue) de ressources que nous pensions illimitées. La société industrielle a apporté au monde un confort, certes mal réparti, mais dont même le minimum aurait fait rêver nos ancêtres. Pour ce faire, nous avons quasiment épuisé les ressources planétaires, biologiques aussi bien que minérales. Or, les humains n’ont jamais été aussi nombreux… Conséquence : nous risquons de pouvoir bientôt vérifier in vivo la formule de Paul Valéry sur la mortalité des civilisations ; certaines voix « réalistes » utilisent l’image de l’île de Pâques pour décrire notre avenir. Notre monde, avec effroi, se découvre mortel. Déjà des milliers d’espèces ont disparu. Boulimique et court-termiste, inapte à intégrer ses dégâts collatéraux sur l’environnement, le marché libéral ne prend toujours pas en compte ces finitudes. Que faire ?

Thierry Gaudin n’hésite pas : « Nous allons certainement voir, d’ici 2020, des navires de l’Otan arraisonner des chalutiers pour protéger les poissons, et des casques bleus repeints en vert s’opposer aux multinationales qui détruisent les forêts tropicales pour piller le bois et étendre leurs élevages bovins. Cela représenterait une mondialisation du système du garde forestier, inventé par Philippe Le Bel en 1300 pour résister au déboisement anarchique de la France. Bref, nous ne pourrons sans doute pas éviter, à l’échelle mondiale, des contraintes autoritaires. » 

Ce thème revient donc à nouveau. Dressant la liste des menaces qui vont sans doute obliger les humains à s’unir et à instaurer une vraie gouvernance mondiale, dotée d’un triple pouvoir, législatif, exécutif (donc d’une force armée) et judiciaire, Jacques Attali cite pêle-mêle : « Le nucléaire (civil et militaire), les flux financiers, les épidémies, les météorites (une très grosse nous arrive dessus en 2036) et, bien sûr, l’environnement (c’est-à-dire toutes les ressources, en air, eau, biodiversité…). » Une évolution qui semble inéluctable à la plupart des prospectivistes et comporte forcément des risques de dérives, avec apparition de nouveaux totalitarismes, d’écoterroristes et de fanatiques du genre « khmers verts ».


 

 

5 . Les certitudes idéologiques et religieuses s’évanouissent, le doute se généralise. L’humanité deviendrait-elle adulte ?

 

Contrairement à l’idée que nous nous en faisons généralement, l’esprit de la Renaissance fut imprégné de doute Patrick Boucheron fait le lien avec aujourd’hui : « Même très différents d’eux, nous avons en commun avec les gens du xvie siècle le fait d’entrer à la fois dans une immense incertitude et dans un élan universaliste, gros d’une nouvelle civilisation. Les deux fonctionnent ensemble : le moteur principal de la Renaissance a été l’inquiétude, notamment devant la découverte que l’humain était un barbare – pensez à Montaigne ou à Las Casas défendant l’humanité des Amérindiens. Ne sommes-nous pas atteints de la même paradoxale et, espérons-le, fructueuse “fragilité humaniste” ? » 

 

Nous doutons effectivement de tout : religions, idéologies, sciences, technologies, progrès, humanité, rien n’échappe à la remise en question. Mais Edgar Morin corrige : « Plutôt que de parler de doute, concept peu constructif, je préfère dire qu’avec la Renaissance s’est généralisée la pensée interrogative qui est à la fois critique, autocritique et dynamique. C’est d’elle que nous avons le plus besoin aujourd’hui. Qu’est-ce que la vie, la mort, l’amour, Dieu, le réel… ? Reposons-nous toutes les grandes questions ! » Pierre Radanne précise : « Le doute principal vient du politique : en période de grande transition comme aujourd’hui, les gouvernants ont déjà fort à faire pour limiter la violence latente ; leur demander d’avoir en outre une vision imaginative de la mutation serait irréaliste. C’est aux experts et aux artistes de faire ce travail. Les sociétés finissantes théorisent surtout leur mort, pas la naissance de celles qui vont les remplacer. »

Mais le doute, et même l’angoisse, peuvent devenir des moteurs de création puissants, marquant, enfin, le passage à l’âge adulte de notre espèce. Les exemples abondent. Les chants des esclaves noirs d’Amérique ont influencé les musiques du monde entier – au-delà de leurs souffrances, diasporas et réfugiés sont porteurs d’échanges culturels féconds. Il n’y aurait pas d’agriculture bio d’avant-garde si l’agriculture industrielle n’avait pas atteint des sommets de dénaturation et de pollution. La découverte éminemment civilisatrice du nouvel « art de mourir » que permettent les soins palliatifs est née des horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Quand il verra vraiment le jour, le « Green Deal », fondé sur des technologies biocompatibles, aura été le fruit de la crise globale de la société industrielle. « Le doute et l’angoisse, ajoute Pierre Radanne, constituent le ciment des grandes conférences internationales de Rio, Kyoto, Copenhague et bientôt « Rio+20 »… qui ont pu décevoir, mais qui marquent le début historique du rassemblement de toute l’humanité autour d’une même nouvelle éthique. » 

 

 

6. Une nouvelle éthique émerge, doublant la liberté individuelle d’un sens altruiste de la responsabilité

 

Nées dans le chaos de la Renaissance, explicitées au siècle des Lumières, confirmées en 1948 dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, les valeurs de la modernité sont aujourd’hui revendiquées, sinon appliquées, dans la quasi totalité des pays. Mais du triptyque des révolutionnaires français, « Liberté-Egalité-Fraternité », seul le premier terme a été systématiquement mis en œuvre par les sociétés occidentales qui servent de modèle au monde. Le second ne l’a été que partiellement, dans les politiques sociales-démocrates déployées à partir des années 1930. Le troisième est demeuré une utopie. « Le résultat, dit Michel Serres, a été le triomphe de l’individu, ce qui est très beau. Mais cet individu a peu à peu fait éclater tout esprit de groupe, ce qui est mortel. Nous sommes donc à la recherche d’un nouveau lien social que j’évoque dans mon livre “Le Temps des crises” (Le Pommier, 2009). » 

« Après quatre-vingts ans de barbarie guerrière et totalitaire (des guerres mondiales du xxe siècle jusqu’à la fin du soviétisme), dit Jacques Attali, c’est-à-dire après notre “guerre de Cent Ans”, une Renaissance nouvelle point peut-être à l’horizon, dont le rôle sera de promouvoir, au-delà de l’individualisme, un sens nouveau, que j’appellerais volontiers l’altruisme. »

Chacun avec ses mots, tous les penseurs aujourd’hui impliqués dans ce débat convergent vers cette idée. Le diplomate Stéphane Hessel en appelle au sens de la « responsabilité » des nouvelles générations. Le prospectiviste Jeremy Rifkin invite ces dernières à redécouvrir « l’empathie », sans laquelle aucune société n’est possible. L’économiste Joseph E. Stiglitz espère que l’humanité aura l’intelligence de remplacer la croissance quantitative par une « croissance qualitative » plus humaine. Pierre Radanne milite pour que la société de consommation soit remplacée par une « société de la relation ». Le bio-cybernéticien Joël de Rosnay voit se constituer une « intelligence collective symbiotique ». Quant à Edgar Morin, il rappelle ce vers d’Hölderlin : « Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve », pour dire que l’improbable s’est souvent réalisé au fil de l’histoire et qu’aujourd’hui, l’improbable attendu est un mouvement planétaire de participation au sauvetage de la biosphère.

 

Espoirs naïfs ? Pas certain. Dans l’esprit des nouvelles générations, et quoi que disent les esprits chagrins sur la jeunesse (éternellement) en perdition, beaucoup des idées qui affleurent dans cette enquête sont de pures évidences. Pour beaucoup de ceux qui ont grandi avec Internet, à l’heure où tigres, éléphants et baleines ont quasiment disparu de la planète et où la question est de savoir si l’on pourra boire et respirer demain, le vieux souci égoïste de leurs aînés de se ménager un confort individuel et de faire la guerre pour le défendre ne suffit pas. Chaque enquête montre combien ils sont prêts à se mobiliser pour des causes d’intérêt général. Le besoin de sens prime sur celui de confort. Au bout de cette enquête, on cerne mieux ce que sera cette nouvelle Renaissance. Pas forcément un progrès, mais un changement en profondeur dans tous les aspects de la vie au xxie siècle. Le pire ne peut être exclu. Le meilleur est possible, mais seulement au prix de nos efforts collectifs. "

 

"L'entraide, un facteur de l'évolution" de Kropotkine

Par Le 28/09/2016

L'entraide : Un facteur de l'évolution

INFOSCRITIQUES (4)CITATIONS (18)

 

 

L'entraide : Un facteur de l'évolution par Kropotkine
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Pablo Servigne (Préfacier, etc.)L. Bréal (Traducteur)

ISBN : 293040261X 
Éditeur : ADEN EDITIONS (2009)


Note moyenne : 4.24/5 (sur 21 notes)

Résumé :

Pierre Kropotkine (1842-1921) proposait ici, exemples à l'appui, une conception du progrès dans la nature et la société fondée sur l'entraide et la sociabilité. Homme de son temps, il faisait certes preuve du même scientisme naïf que les savants qu'il pourfendait, mais il a le mérite d'avoir mis en lumière des comportements animaux fascinants et des réalités historiques et culturelles trop souvent oubliées.

 

                                    

CRITIQUES, ANALYSES & AVIS (4)AJOUTER UNE CRITIQUE

Luniver
Luniver07 novembre 2012
  • Livres 5.00/5

Kropotkine a écrit cet essai environ 40 ans après « l'origine des espèces » de Darwin. Depuis lors, beaucoup de théories économiques, sociales et politiques se sont emparés de sa théorie de la sélection naturelle, ou du moins de son vocabulaire, pour mettre en avant la loi du plus fort.
Kropotkine prend ici le contre-pied de ce courant : les espèces et les individus ne sont pas en guerre perpétuelle les uns contre les autres, mais au contraire, seule la capacité d'entraide et de solidarité permet à une espèce de résister aux attaques extérieures.
La première partie est centrée sur les animaux : l'auteur donne de nombreux exemples d'animaux qui se vivent ensembles pour protéger les mères pendant la période des naissances, pour chasser en groupe, pour se défendre contre des adversaires plus forts en un contre un mais totalement impuissants face à un groupe soudé.
Dans les sociétés humaines, l'entraide a toujours été de mise également : que le groupe soit la tribu, la famille, le village ou la guilde, il a toujours cherché à limiter les conflits, protéger ses membres de la misère et de la faim. Dans cette seconde partie, 
Kropotkine nous fournit toujours autant d'exemples : chartes de guilde, lois, serments, … L'ensemble donne une image bien plus civilisée de l'antiquité et du moyen-âge que celle qu'on s'en fait encore aujourd'hui.
Au final, l'être humain est altruiste, non pas pour respecter des règles divines, ou la loi, ou parce qu'il a une vertu supérieure à la moyenne, mais parce qu'il ne peut finalement pas faire autrement : l'entraide est "inscrite dans ses gènes" depuis des millions d'années.
Seuls les exemples de solidarité ont été étudiés dans cet essai, les comportements égoïstes ont été laissés de côté, ce qui peut donner une impression d'optimisme naïf au texte. 
Kropotkine en est parfaitement conscient, et explique qu'ils ont été très (ou trop) traités, et qu'il est nécessaire de rétablir la balance.
Si vous êtes sujet aux crises de misanthropie, conservez cet ouvrage sous le coude, il vous fera le plus grand bien.

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tonny
tonny01 février 2016
  • Livres 3.00/5

extrait de l'introduction de Isabelle Pivert dans l'édition de 2010 aux éditions Sextant :
"Souvent mal lue, la théorie de Darwin, appliquée aux sociétés humaines sous le nom de darwinisme social, validerait les crises capitalistes et leurs vagues d'exclusions, voire d'éliminations, comme une évolution nécessaire et saine pour la société. Contre ce camouflage d'une sélection impitoyable de l'homme par l'homme, les écrits du géographe 
Kropotkinepuisent dans les exemples de la vie quotidienne : selon lui, les sociétés humaines, de tout temps, ont pratiqué l'entraide, sous diverses formes. Et c'est justement cette pratique, cette disposition, alliée sûrement à une prise de conscience, qui a permis aux êtres humains de surmonter les périodes difficiles, de refuser la soumission aux pouvoirs coercitifs, de prendre en main leur destin et tenter de vivre libres et dignes. Aujourd'hui encore, certains croient ou veulent faire croire que la lutte pour les moyens d'existence, la compétition pour tout et entre tous, permet de sélectionner les aptes, ceux qui savent s'adapter, et d'éliminer les autres, et que rien ne pourrait ni ne devrait s'opposer à cette prétendue sélection naturelle."
sinon le reste du livre rappelle que l'on devrait surveiller les hommes qui sont contre les sauveteurs de terrain de toutes sortes qu'il soit, sous peine de laisser des civilisations entières s'anéantir.

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enkidu_
enkidu_03 juillet 2014
  • Livres 5.00/5

L'un des pères de l'anarchisme nous livre là un livre presque "spirituel" : en s'opposant aux ambassadeurs du "darwinisme social", c'est-à-dire ceux qui posent comme prémisse que la lutte est l'équation perpétuelle des individus, Kropotkine, en se basant sur Darwin aussi bien que des preuves empiriques dans le monde de la faune et celui des hommes, prouve que, au contraire, c'est l'entre-aide qui est la récurrence dans nos rapports à l'Autre ; les hommes, qu'ils aient été en famille, clan, communauté rurale, guilde urbaine, ... n'ont jamais arrêté de s'aider les uns les autres, de fructifier un esprit de solidarité aux dépends des fluctuations économiques ambiantes. 
Cet ouvrage est, réellement, une démonstration de "écologie humaniste" qui a émaillé les relations des animaux et hommes entre eux, depuis la nuit des temps, et nie la "métaphysique" belliqueuse de ceux qui voudraient que la violence ait été le monocle exclusif par lequel l'humanité a observé le "différent".

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lerital31
lerital3119 septembre 2013
  • Livres 3.00/5

Dans notre vie quotidienne, à travers nos rencontres, les événements qui nous entourent de plus ou moins loin, nous sommes tellement conditionné à vivre avec une vision permanente de "la guerre de tous contre tous" (vision malheureusement défendable) que la lecture de ce livre m'a fait tout simplement du bien. Je n'irai pas jusqu'à dire que l'entraide surpasse l'adaptation individuelle dans les critères d'évolution des espèces mais cette notion est trop souvent balayée.

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CITATIONS & EXTRAITS (18) Voir plusAJOUTER UNE CITATION

Luniver Luniver07 novembre 2012

L’absorption de toutes les fonctions par l’État favorisa nécessairement le développement d’un individualisme effréné, et borné à la fois dans ses vues. A mesure que le nombre des obligations envers l’État allait croissant, les citoyens se sentaient dispensés de leurs obligations les uns envers les autres. Dans la guilde — et, au moyen âge, chacun appartenait à quelque guilde ou fraternité — deux « frères » étaient obligés de veiller chacun à leur tour un frère qui était tombé malade ; aujourd’hui on considère comme suffisant de donner à son voisin l’adresse de l’hôpital public le plus proche. Dans la société barbare, le seul fait d’assister à un combat entre deux hommes, survenu à la suite d’une querelle, et de ne pas empêcher qu’il ait une issue fatale, exposait à des poursuites comme meurtrier ; mais avec la théorie de l’État protecteur de tous, le spectateur n’a pas besoin de s’en mêler : c’est à l’agent de police d’intervenir, ou non. Et tandis qu’en pays sauvage, chez les Hottentots par exemple, il serait scandaleux de manger sans avoir appelé à haute voix trois fois pour demander s’il n’y a personne qui désire partager votre nourriture, tout ce qu’un citoyen respectable doit faire aujourd’hui est de payer l’impôt et de laisser les affamés s’arranger comme ils peuvent. Aussi la théorie, selon laquelle les hommes peuvent et doivent chercher leur propre bonheur dans le mépris des besoins des autres, triomphe-t-elle aujourd’hui sur toute la ligne — en droit, en science, en religion.

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Adraste Adraste10 janvier 2015

Quant soudain progrès industriel qui s'est produit pendant notre siècle, et que l'on attribue généralement au triomphe de l'individualisme et de la concurrence, il a une origine beaucoup plus profonde. Les grandes découvertes du XVe siècle, particulièrement celle de la pression atmosphérique, ainsi qu'une série d'autres, ainsi qu'une série d'autres découvertes en physique et en astronomie, furent faites sous le régime de la cité du Moyen Âge. Mais une fois ces découvertes faites, l'invention du moteur à vapeur et toute la révolution qu'impliquait la conquête de cette nouvelle force motrice devaient suivre nécessairement. Si les cités du Moyen Âge avaient duré pour mener leurs découvertes jusqu'à ce point, les conséquences éthiques de la révolution effectué par la vapeur auraient pu être différentes ; mais la même révolution dans l'industrie et dans les sciences auraient eu lieu inévitablement. On peut même se demander si la décadences générale des industries, qui suivit la ruine des cités libres et qui fut si frappante dans la première partie du XVIIIe siècle, ne retarda pas considérablement l'apparition de la machine à vapeur, ainsi que la révolution industrielle qui en fut la conséquence. Lorsque nous considérons la rapidité étonnante du progrès industriel du XIIIe au XVe siècle dans le tissage des étoffes ; le travail des métaux, l'architecture et la navigation – et que nous songeons aux découvertes scientifiques auxquelles mena ce progrès industriel à la fin du XVe siècle, nous sommes amenés à nous demander si l'humanité ne fut pas retardée dans la possession de tous les avantages de ces conquêtes par la dépression générale des arts et des industries en Europe qui suivit la décadence des cités médiévales. La disparition de l'ouvrier artiste, la ruine des grandes cités et la cessation de leurs relations ne pouvaient certainement pas favoriser la révolution industrielle. Nous savons, en effet, que James Watt perdit vingt ans ou plus de sa vie à rendre son invention utilisable, parce qu'il ne pouvait trouver au XVIIIe siècle ce qu'il aurait trouvé si facilement dans la Florence ou la Bruges du Moyen Âge – des artisans capables de comprendre ses indications, de les exécuter en métal et de leur donner le fini artistique et la précision que demande la machine à vapeur. 
Attribuer le progrès industriel de notre siècle à cette lutte de chacun contre tous qu'il a proclamée, c'est raisonner comme un homme qui, ne sachant pas les causes de la pluie, l'attribue à la victime qu'il a immolée devant son idole d’argile. Pour le progrès industriel comme pour toute autre conquête sur la nature, l'entraide et les bons rapports entre les hommes sont certainement, comme ils l'ont toujours été, beaucoup plus avantageux que la lutte réciproque.

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Luniver Luniver30 octobre 2012

Lorsque nos savants occidentaux se trouvent en présence de ces faits, ils ne peuvent les comprendre. Cela leur paraît inconciliable avec un haut développement de la moralité dans la tribu, et ils préfèrent jeter un doute sur l’exactitude d’observations dignes de foi, au lieu d’essayer d’expliquer l’existence parallèle de deux séries de faits : à savoir une haute moralité dans la tribu, en même temps que l’abandon des parents et l’infanticide. Mais si ces mêmes Européens avaient à dire à un sauvage que des gens, extrêmement aimables, aimant tendrement leurs enfants, et si impressionnables qu’ils pleurent lorsqu’ils voient une infortune simulée sur la scène, vivent en Europe à quelques pas de taudis où des enfants meurent littéralement de faim, le sauvage à son tour ne les comprendrait pas.

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Luniver Luniver07 novembre 2012

Il y a plus encore ; non seulement beaucoup des aspirations de nos radicaux modernes étaient déjà réalisées au moyen âge, mais des idées que l’on traite maintenant d’utopies étaient acceptées alors comme d’indiscutables réalités. Ainsi, on rit de nous lorsque nous disons que le travail doit être agréable, mais « chacun doit se plaire à son travail », dit une ordonnance de Kuttenberg au moyen âge, « et personne ne pourra, tout en ne faisant rien, s’approprier ce que les autres ont produit par leur application et leur travail, puisque les lois doivent protéger l’application et le travail ». En présence des discussions actuelles sur la journée de huit heures, il sera bon aussi de rappeler une ordonnance de Ferdinand Ier relative aux mines impériales de charbon, qui réglait la journée du mineur à huit heures, « comme c’était la coutume autrefois », et il était défendu de travailler l’après-midi du samedi.

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Luniver Luniver25 octobre 2012

Quand nos récoltes sont rentrées et qu’il reste peu à butiner dans nos prairies et nos champs, les abeilles voleuses se rencontrent plus fréquemment ; d’autre part, autour des plantations de cannes à sucre des Indes occidentales et des raffineries d’Europe le vol, la paresse et très souvent l’ivrognerie deviennent tout à fait habituels chez les abeilles. Nous voyons ainsi que les instincts anti-sociaux existent parmi les mellifères ; mais la sélection naturelle doit constamment les éliminer, car à la longue la pratique de la solidarité se montre bien plus avantageuse pour l’espèce que le développement des individus doués d’instincts de pillage. « Les plus rusés et les plus malins » sont éliminés en faveur de ceux qui comprennent les avantages de la vie sociale et du soutien mutuel.

L'union yogique

Par Le 27/09/2016

Green

 

La voie du yoga : transformation et évolution

SWAMI DEVANATH SARASWATI

 

"La pratique du yoga donne des outils destinés à affiner nos moyens de connaissance et de perception, du plus immédiat, le corps physique, jusqu’au plus complexe, le mental. C’est ce qui explique la diversité des exercices qui vont travailler sur chacun de nos corps.

Pour agir sur le premier corps, celui de chair et de nourriture, on a recourt au hatha yoga qui utilise des postures appelées aussi asanas. Les pratiques physiques s’intéressent à l’aisance, à l’harmonie et à l’équilibre de notre première dimension et complètent ce travail par d’autres techniques, les shat karmas, qui nettoient tout le système interne.

Le hatha yoga s’occupe du niveau physique et le rend à la fois plus résistant et réceptif.

Pour travailler sur l’enveloppe suivant, le corps énergétique, il y a d’autres moyens. L’énergie est plus subtile que le corps mais toujours tangible. Elle est très facilement captée par la respiration.

De nombreux exercices utilisent à cette fin le souffle, c’est ce qu’on appelle le pranayama.

Dans ce cas, la respiration sert à renforcer la capacité vitale, notre capital énergétique. Il nous faut en effet une plus grande quantité d’énergie pour que notre recherche s’approfondisse et dépasse le niveau ordinaire.

Au corps mental, manomayakosha, s’appliquent toutes les pratiques de méditation. Elles peuvent être très méthodiques comme lorsqu’elles suivent la progression du raja yoga ou bien très diversifiées quand elles appartiennent aux tantras.

Swami Satyananda est un grand spécialiste des techniques de méditation tantrique. Il en existe de très nombreuses dont l’objectif est un meilleur contrôle des pensées et des émotions, non pour les réprimer mais pour en comprendre le fonctionnement. Contrôler signifie, dans ce contexte, apprendre à être le maître dans sa propre maison, c'est-à-dire ne plus être l’esclave de son mental mais à en avoir une connaissance et une compréhension supérieures. Les pratiques qui utilisent le mental sont plus exactement destinées à nous préparer progressivement à vivre l’état de méditation.

Le yoga travaille sur ces trois niveaux. Il emploie des exercices soit physiques, soit respiratoires, soit mentaux ou les associe entre eux, afin d’agir sur les trois premiers corps, ceux dont nous avons une expérience immédiate. Cela signifie qu’on utilise seulement ce que l’on connaît, ce que l’on sent ou que l’on perçoit, sans parler de transcendance.

En affinant ces corps, ces enveloppes qui sont en interrelation les unes avec les autres, on augmente considérablement la capacité énergétique, l’endurance, la conscience et la sensibilité intérieure. Ce qui nous permet de pénétrer dans le quatrième corps, vijyanamayakosha ou corps psychique, intuitif.

Plus subtil que les trois premiers, on y trouve le réseau des nadis, des chakras et des granthis.

C’est un niveau plus raffiné que celui du mental mais qui appartient encore au tangible dans la mesure où l’on peut l’atteindre par l’association et la combinaison de pratiques qui agissent sur les trois premiers corps. Là s’arrête le travail du yoga.

Il est impossible d’influer de façon directe sur le cinquième corps, anandamayakosha, ou corps de félicité. Il n’appartient pas à ce que nous pouvons toucher et manipuler, il dépasse la sphère de notre volonté et échappe à l’emprise d’une technique. Il représente l’aboutissement du processus de purification intérieure mais n’en est ni la conséquence, ni le résultat, parce qu’il n’est pas du ressort de la volonté humaine.

On va ainsi travailler sur trois corps, puis sur quatre en associant les trois premiers. Le cinquième est en fait le but de notre quête, l’union yogique.

Selon ce principe, on part du plus grossier, le corps physique, on passe par l’intermédiaire du souffle, puis on arrive aux pratiques mentales, des plus simples, celle du mantra yoga par exemple, aux plus complexes, celles appartenant au kundalini yoga. »

 

Le jeûne thérapeutique en Allemagne

Par Le 27/09/2016

Pour se soigner, les Allemands se prennent au jeûne

 

http://www.lapresse.ca/vivre/sante/201404/10/01-4756325-pour-se-soigner-les-allemands-se-prennent-au-jeune.php

Son menu quotidien à la clinique: une infusion... (PHOTO CHRISTOF STACHE, AFP)

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Son menu quotidien à la clinique: une infusion le matin, un jus de fruit à midi, et après une randonnée de deux heures, un bouillon, un peu de miel et au moins deux litres d'eau par jour. Au total, jamais plus de 200 à 250 kilocalories, dix fois moins que l'apport énergétique quotidien conseillé pour un homme de son âge.

PHOTO CHRISTOF STACHE, AFP

 

ELOI ROUYER
Agence France-Presse
ÜBERLINGEN

Toujours controversé au sein du monde médical, le jeûne thérapeutique est une pratique établie en Allemagne, pays pionnier en la matière, où sont proposées de nombreuses cures, parfois même remboursées par l'assurance maladie.

«Essayez une semaine, rien qu'une semaine. Après vous verrez», sourit Michael Van Almsick, 57 ans, qui a pris l'habitude de jeûner un mois par an à la clinique Buchinger-Wilhelmi, au bord du lac de Constance (sud) près de la Suisse.

Ce patron d'une importante agence de relations publiques de Munich, qui organise notamment les prochains concerts de la tournée des Rolling Stones en Allemagne, vient y traiter son problème de surpoids ainsi que les affections chroniques qui l'accompagnent.

Il a abandonné ses médicaments contre l'hypertension et modifié son comportement alimentaire. Ses séjours de jeûne ont démarré il y a une vingtaine d'années, et il ne comprend pas qu'on puisse trouver cela dangereux.

 

Son menu quotidien à la clinique: une infusion le matin, un jus de fruit à midi, et après une randonnée de deux heures, un bouillon, un peu de miel et au moins deux litres d'eau par jour. Au total, jamais plus de 200 à 250 kilocalories, dix fois moins que l'apport énergétique quotidien conseillé pour un homme de son âge.

Otto Buchinger (1878-1966), qui a donné son nom à la clinique, a expérimenté le jeûne pour guérir une polyarthrite rhumatoïde qui l'avait forcé à quitter en 1917 son poste de médecin dans la marine pour cause d'invalidité. Sa méthode est aujourd'hui la plus pratiquée en Allemagne.

Pour ses défenseurs, le jeûne permet de prévenir les maladies cardiovasculaires, d'agir sur l'asthme, l'arthrose, les maladies chroniques du système digestif, certaines infections chroniques du système respiratoire, ou encore les états dépressifs.

Si les études scientifiques fiables ne sont pas légion sur le sujet, l'une d'elles établissait l'effet du jeûne sur l'arthrite rhumatismale dans la revue de référence Lancet en 1991. D'autres concluent aussi à l'efficacité du jeûne, mais il s'agit le plus souvent d'études cliniques à petite échelle.

«Le jeûne stimule les forces de régénération propres de l'organisme», explique à l'AFP Françoise Wilhelmi de Toledo, directrice de la clinique qui dispose aussi d'une antenne à Marbella (Espagne).

«Cela fait 60 ans que la clinique d'Überlingen existe, 40 ans pour celle de Marbella, nous avons chaque année 3000-3500 patients dans chaque établissement: 250 000 cures de jeûne sans complication, ce n'est pas une étude scientifique, mais c'est un fait statistique», souligne le médecin-chef, Stefan Drinda.

En Allemagne, le jeûne a fait son chemin. Le livre «Comment revivre par le jeûne» d'Hellmut Lützner, un ancien de chez Buchinger, s'est vendu à plus de deux millions d'exemplaires depuis sa parution dans les années 70 et est régulièrement réédité.

«La société allemande a franchi le pas, estime Mme Wilhelmi de Toledo, vous ne trouvez plus personne qui vous dise: ''le jeûne, c'est aberrant''».

Le savoir sur le jeûne est dispensé au sein de structures hospitalières universitaires, comme à Essen, Iena et depuis 50 ans dans le célèbre établissement de la Charité à Berlin.

Les Allemands ont toujours été attirés par les pratiques de santé alternatives, explique le professeur Andreas Michalsen qui dirige le service de médecines naturelles de cet hôpital considéré comme le plus grand d'Europe. Il y pratique des cures de jeûne de 12 à 14 jours, remboursées par le système public d'assurance maladie.

«Les plantes, le bio, le végétarisme, le yoga, vivre sainement, nous les Allemands, nous sommes un peu possédés», rigole-t-il, faisant remonter cette curiosité aux Romantiques «qui déjà croyaient à la puissance de l'autoguérison» et à des mouvements comme le «Lebensreform» (réforme de la vie) qui prônait à la fin du 19e siècle le retour à la nature face aux dangers de l'industrialisation galopante.

«La situation que nous connaissons aujourd'hui, c'est-à-dire ingurgiter à intervalles réguliers une nourriture riche en calories, il faut bien voir que c'est quelque chose de récent dans l'histoire de l'évolution humaine», insiste-t-il.

Pour lui, l'écho récent de nouvelles recherches comme celle du professeur californien Valter Longo, qui a montré en 2008 que le jeûne protégeait les cellules saines de souris contre les effets toxiques d'une chimiothérapie, a encore accru l'intérêt des Allemands.

Depuis 25 ans, estime-t-il, «si on prend le diabète, les rhumatismes, l'hypertension, médicalement, pas grand-chose n'a été fait, il y a encore et toujours de nouveaux médicaments, qui sont encore et toujours retirés du marché parce qu'ils ont trop d'effets secondaires».

«La récurrence de ces maladies devient plus grande, car les gens deviennent plus vieux», constate-t-il. «Je suis absolument persuadé que dans dix ans, le jeûne va devenir quelque chose de vraiment important, tout simplement parce que la médecine traditionnelle n'a pas de réponse à offrir».

Contre le principe anthropique

Par Le 26/09/2016

 

 

Il est clair en tout cas que je me suis lancé dans un sujet qui déchaîne les passions... C'est impressionnant le nombre d'articles sur la Toile. 

Des avis tranchés, des luttes farouches, des démonstrations et contre arguments...etc etc...

Tout un Univers à parcourir, justement !

C'est "divinement" passionnant :)


 


 

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L’Histoire à l’envers - Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…

samedi 13 juin 2015, par Robert Paris

Lee Smolin dans « Rien ne va plus en physique » :

« Le principe anthropique auquel se réfère Susskind est une vieille idée introduite et explorée par les cosmologues depuis les années 1970, selon laquelle la vie ne peut apparaître que dans une gamme très étroite des paramètres physiques possibles ; pourtant, malgré cette étroitesse, assez bizarrement, nous voilà comme si l’univers avait été intentionnellement créé pour nous accueillir (d’où le terme « anthropique »). La version particulière qu’invoque Susskind est un scénario cosmologique, qui a été soutenu pendant un certain temps par Andrei Lindé, appelé « inflation éternelle ». Selon le scénario, la phase d’inflation rapide à la naissance de l’univers aurait produit non pas un, mais une population infinie d’univers… Il en résulterait une vaste population d’univers, chacun régi par une théorie des cordes sélectionnée aléatoirement dans le paysage des théories. Quelque part dans cette chose qu’on appelle « multivers », se trouve chacune des théories possibles appartenant au paysage. Il me semble tout à fait regrettable que Susskind et d’autrs aient adhéré au principe anthropique, car il s’agit d’une base très pauvre pour fonder une démarche scientifique… Certains physiciens disent que le principe anthropique faible doit être pris au sérieux, car dans le passé il a produit de véritables prédictions. Je parle ici de quelques collègues pour qui j’ai la plus grande admiration : pas seulement Susskind, mais aussi Steven Weinberg, le physicien qui, avec Abdus Salam, a unifié les forces électromagnétiques avec celles des interactions nucléaires faibles. Il est alors d’autant plus pénible pour moi de constater que dans tous les cas que j’ai étudiés, ces arguments étaient fallacieux… L’argument commence ainsi : pour que la vie puisse exister, il faut du carbone… On sait que le carbone ne peut pas avoir été créé durant le Big Bang ; par conséquent, il a dû être créé dans les étoiles. Fred Hoyle a remarqué que le carbone ne pouvait être produit dans les étoiles qu’à condition qu’il y ait dans les noyaux de carbone un état résonnant. Il a ensuite évoqué cette prédiction devant un groupe d’expérimentateurs, qui ont effectivement découvert cet état. La réussite de la prédiction de Hoyle est parfois évoquée pour soutenir l’efficacité du principe anthropique. Mais l’argument fondé sur l’existence de la vie, exposé précédemmement, n’a pas de relation logique avec le reste de l’argumentation de ce paragraphe. Ce qu’a accompli Hoyle n’a été que de raisonner à partir de l’observation que l’univers est rempli de carbone, d’où ila tiré une conclusion fondée sur la nécessité d’un processus qui produirait tout ce carbone. Le fait que nous-mêmes et les autres créatures vivantes soient faites de carbone n’est pas nécessaire dans cet argument. Un autre exeple qu’on cite souvent du principe anthropique est une prédiction concernant la constante cosmologique, qui a été énoncé dans un article célèbre de Steven Weinberg, en 1987. Dans cet article, Weinberg affirmait que la constante cosmologique devait être inférieure à une certaine valeur, puisque, dans le cas contraire, l’univers aurait été en expansion trop rapide pour que les galaxies puissent être formées… Mais, avec cet argument scientifique valide, Weinberg est allé beaucoup plus loin. Supposons qu’il y ait le multivers, a-t-il dit, et supposons que les valeurs de la constante cosmologique soient distribuées au hasard entre les univers de ce multivers. Dans ce cas-là, parmi tous les univers potentiellement vrais, la valeur type de la constante cosmologique serait de l’ordre de grandeur de celle qui est la plus élevée mais qui reste encore cohérente avec la formation des galaxies… Dans le cadre du modèle standard de la physique des particules élémentaires, il existe des constantes qui n’ont simplement pas la valeur à laquelle on s’attendrait si elles étaient choisies au moyen d’une distribution aléatoire parmi les univers potentiellement vrais. On aurait dû s’attendre à ce que les masses des quarks et des leptons, sauf pour la première génération, soient distribuées au hasard ; or, on trouve des relations entre elles. On aurait dû s’attendre à ce que certaines symétries des particules élémentaires soient brisées par les interactions nucléaires fortes d’une façon beaucoup plus importante que ce qu’il se passe en réalité. On aurait dû s’attendre à ce que le proton se décompose beaucoup plus rapidement que ce que nous constatons dans les expériences en cours. En fait, je ne connais aucune prédiction réussie faite d’après un raisonnement fondé sur le multivers avec la distribution aléatoire des lois… Bien que le principe anthropique n’ait pas produit de prédictions véritables et ne semble pas pouvoir en produire prochainement, Susskind, Weinberg et d’autres théoriciens de premier plan l’ont considéré comme une révolution non seulement en physique, mais également dans notre conception de ce qu’est une théorie physique. »

 

Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…

Si le « dessein intelligent » (Intelligent Design en anglais) est la manière de réintroduire dieu dans l’évolution de la vie, le « principe anthropique » est la même démarche en physique et en cosmologie.

En tout cas, il est clair que la démarche actuelle de l’idéologie bourgeoise consiste à se rapprocher des religions pour se protéger des risques politiques et sociaux d’un monde déstabilisé par la crise mondiale. Et c’est vrai en sciences comme dans les autres domaines de l’idéologie, des média, de la politique et de l’Etat. La religion revient partout en force sous l’égide des classes dirigeantes bien plus que du fait des opinions publiques. Et nous allons voir que cela n’est pas vraiment fondé sur des progrès scientifiques ! Cela ne provient pas seulement de quelques auteurs du type de Huber Reeves ou seulement d’organismes scientifico-religieux comme l’Université Interdisciplinaire de Paris ou encore de scientifiques qui sont des religieux comme le physicien religieux adepte du principe anthropique David Deutsch ou l’astronome prêtre jésuite George Coyne. La revue « Sciences Humaines » écrit ainsi : « Depuis le XIXe siècle, on pensait que la science allait irrémédiablement remplacer les superstitions, la technique supplanter la magie, la médecine détrôner les prières, la politique prendre le pas sur le messianisme, etc. Tout semblait condamner la religion. Les faits tendaient d’ailleurs à confirmer le diagnostic : dans la plupart des pays occidentaux, on assistait à un déclin continu de la participation religieuse, à la laïcisation progressive des Etats. En un mot : la religion ne pouvait résister à la modernité. La théorie de la « sécularisation » était même partagée par la plupart des spécialistes - ce qui était rare en sciences humaines. Or, depuis trente ans au moins, les sociologues ont dû se rendre à l’évidence : ils s’étaient trompés. » Ce n’est pas l’opinion religieuse qui l’a emporté sur l’opinion irreligieuse car l’opinion dominante est celle de la classe dominante. Cette dernière s’est donc convaincue qu’elle avait à nouveau absolument besoin de l’ « opium du peuple ». Il faut remarquer que cela ne provient pas des régions dites arriérées du monde ni spécialement du monde musulman. C’est aux USA qu’a lieu la plus grande offensive des religions au sein des sciences…. Aux Etats-Unis, le darwinisme est particulièrement ciblé mais il n’est pas le seul : la psychanalyse l’est tout autant ainsi que le matérialisme au sein de la physique et de la cosmologie.

L’idée consiste à redonner vie à la notion de création programmée d’avance du monde par un esprit supérieur, esprit qui avait l’intention de créer l’homme et a conçu le monde matériel comme « un jardin pour l’homme ». Pour étayer soi-disant « scientifiquement » cette thèse théologique, il s’agit une fois encore de partir du fait que le monde qui existe aujourd’hui est impossible sans les propriétés physiques de celui d’hier pour affirmer que le monde d’hier a été pensé pour produire celui d’aujourd’hui. La création prévoyait donc l’homme, la conscience, la pensée, la capacité scientifique d’observer le monde. Le créationnisme est donc revenu en sciences. Faut-il crier « Hosanna ! »... ou « horreur ! » ? Est-ce dû à des découvertes scientifiques ou à des luttes philosophiques et sociales ? N’est-ce pas l’évolution de la société bourgeoise qui produit ce type d’évolution, en même temps que la religion est en train de démolir, ou à peu près, la psychanalyse de Freud car elle l’estime trop irreligieuse ?

« Seuls les croyants qui demandent à la science de leur remplacer le catéchisme auquel ils ont renoncé, verront d’un mauvais oeil qu’un savant poursuive et développe ou même qu’il modifie ses idées. » (Sigmund Freud / 1856-1839 / Au-delà du principe de plaisir)

« Dans la phase animiste, c’est à lui-même que l’homme attribue la toute-puissance ; dans la phase religieuse, il l’a cédée aux dieux, sans toutefois y renoncer sérieusement, car il s’est réservé le pouvoir d’influencer les dieux de façon à les faire agir conformément à ses désirs. Dans la conception scientifique du monde, il n’y a plus place pour la toute-puissance de l’homme, qui a reconnu sa petitesse et s’est résigné à la mort, comme il s’est soumis à toutes les nécessités naturelles. » (Sigmund Freud / 1856-1839 / Totem et tabou / 1913)

Il est aussi mensonger de prétendre que l’étude de l’évolution mène inévitablement au dessin intelligent que d’affirmer que l’étude de la conscience humaine mène au créationnisme ou encore que l’étude de la cosmologie débouche sans contestation possible sur le principe anthropique.

Albert Einstein :

« Ce que vous avez lu sur mes convictions religieuses était un mensonge, bien sûr, un mensonge qui est répété systématiquement. Je ne crois pas en un Dieu personnel et je n’ai jamais dit le contraire de cela, je l’ai plutôt exprimé clairement. S’il y a quelque chose en moi que l’on puisse appeler "religieux" ce serait alors mon admiration sans bornes pour les structures de l’univers pour autant que notre science puisse le révéler. »

« Le mot Dieu n’évoque, pour moi, rien d’autre que l’expression et le résultat de la faiblesse humaine, et la Bible, une collection de légendes honorables, mais primitives et assez naïves. »

Pas plus que Freud partant de l’inconscient ou qu’Einstein de la physique, Darwin, lui, ne tirait pas une telle conclusion de l’évolution de la vie :

« La science et le Christ n’ont rien à voir l’un avec l’autre, sinon dans la mesure où l’habitude de la recherche scientifique enseigne la prudence au moment d’accepter une preuve quelle qu’elle soit. En ce qui me concerne, je ne crois pas qu’une révélation ait été faite. »

(Charles Darwin / 1809-1882 / juin 1879)

« Le vrai matérialisme fait de Dieu une impossibilité, de la révélation une vue de l’esprit, et de la vie future une absurdité. »

(Charles Darwin / 1809-1882 / juin 1879) « J’en étais progressivement venu, à cette époque, à voir que l’Ancien Testament, de par son histoire du monde manifestement fausse, avec la tour de Babel, l’arc-en-ciel comme signe, etc., et son attribution à Dieu des sentiments d’un tyran assoiffé de vengeance, n’était pas plus digne de foi que les livres sacrés des hindous, ou les croyances de n’importe quel barbare. Une question s’imposait alors continuellement à mon esprit, et refusait d’en être bannie : est-il croyable que si Dieu avait dans l’instant, à révéler aux hindous, il permettrait que cela soit lié à la croyance de Vishnou, Shiva, etc., comme le christianisme est lié à l’Ancien Testament ? Cela me paraissait tout à fait incroyable. »(Charles Darwin / 1809-1882)

La biologie ne mène pas plus inéluctablement à la création divine que la physique. Le biologiste François Jacob rappelle dans « La logique du vivant » :« Ce qu’a démontré la biologie, c’est qu’il n’existe pas d’entité métaphysique qui se cache derrière le mot de vie. Le pouvoir de s’assembler, de se reproduire même appartient aux éléments qui composent la matière. » Et le physicien Cohen-Tannoudji rajoute dans son ouvrage « Matière-espace-temps » que « Notre dialogue avec la nature est bien mené à l’intérieur de la nature et ici la nature ne répond positivement qu’à ceux qui explicitement reconnaissent qu’ils lui appartiennent. »

La métaphysique créationniste est battue en brèche par la découverte de l’ « auto-organisation de la matière », de l’« émergence des structures dissipatives », de la source génétique de l’ « horloge biologique de l’hominisation » et du lien entre cerveau physique et conscience. L’une des conséquences cruciales de ces nouvelles connaissances est qu’il n’y a plus d’opposition entre la conscience (mécanisme donnant du sens aux événements réels), la vie (mécanisme extrayant une commande de production des interactions moléculaires en désordre) et la matière (définie comme le mécanisme donnant de l’ordre transitoire au désordre du vide).

Si certains raisonnements des adeptes du « Principe anthropique » montrent que la vie serait impossible sans les propriétés que possède la matière, cela ne veut pas dire qu’il faille en tirer un scénario créationniste selon lequel le monde que nous étudions n’est qu’un monde conçu pour l’homme. Et même pas que c’est un monde conçu pour créer la vie. On pourrait, au contraire, en tirer des raisonnements philosophiques bien différents : par exemple que la matière n’est pas aussi inerte qu’on le croyait et que le vivant n’est pas une exception et même que l’humain n’est pas une exception.

Bien des scientifiques ou des philosophes continuent (ou recommencent) à placer la conscience humaine comme le centre de l’Univers et comme son but et non comme un des aléas historiques de la dynamique du changement. Le fait de parler des "constantes" de l’Univers comme d’une création en témoigne. Les dissertations sur la valeur précise des constantes universelles sous-entend que ces constantes auraient été choisies par une force surnaturelle pour permettre que se constitue le monde actuel. Mais, même si les auteurs qui mettent en avant ce principe dit anthropique, c’est-à-dire une volonté avant le Big Bang d’en tirer l’Homme (sic !), on peut se permettre de trouver bien compliqué les volontés de cet esprit supérieur qui fait attendre autant de temps et dépendre aussi de tant de hasards (comme la disparition des dinosaures) la création d’un être conscient qu’il aurait prétenduement voulu créer dès le « début ».

Loin de donner davantage raison aux créationnistes, les connaissances scientifiques dont nous disposons nous en dispensent. Et d’abord parce que de multiples domaines des sciences montrent l’absence de but dans les transformations de la matière. C’est en agissant en tous sens que les transformations acquièrent un sens, un ordre, une organisation. L’exemple le plus frappant est celui du cerveau fondé la multiplication de cellules, les neurones, de manière désordonnée et sur la connexion de tous les neurones entre eux, sans recherche préalable d’un quelconque schéma, d’un programme préétabli. C’est la destruction par apoptose de toutes les liaisons et de toutes les cellules qui ne sont pas connectées au corps qui permet au corps de fabriquer le cerveau dont il a besoin. Les autres cellules et liaisons sont systématiquement autodétruites. Le plan se construit par lui-même et pas par un créateur et c’est le désordre qui mène à l’ordre et pas un ordonnateur supérieur qui introduit l’ordre dans le chaos préalable, contrairement à la vision biblique. Les termes de « création naturelle », ou d’« organisation spontanée », (production brutale d’une structure qui n’était pas précédemment conçue) ne doivent pas prêter à confusion. En physique, les termes d’auto-organisation, de création naturelle ou d’énergence, font donc référence à un processus dans lequel l’organisation interne d’un système, habituellement un système hors équilibre, augmente automatiquement sans être dirigée par une source extérieure. Typiquement, les systèmes auto-organisés ont des propriétés émergentes. Cela n’a rien à voir avec l’idée d’un pouvoir créateur, métaphysique ou extra physique.

« Le « principe anthropique », énoncé en 1974 par B. Carter de l’Observatoire de Meudon, affirme que les constantes fondamentales ont la valeur qu’elles ont pour permettre l’apparition de l’homme. C’est dire que l’Univers aurait été produit POUR l’Homme. Et pourquoi le monde y compris l’homme, ne serait-il pas un jardin prévu pour le cafard ou pour la bactérie ? Pourquoi pas POUR le carbone, POUR le mercure, POUR le virus ? C’est un choix philosophique d’isoler ainsi la vie, l’homme et la conscience humaine, de les séparer, de les opposer, d’en faire un monde à part, dont l’apparition serait étonnante par rapport au reste du monde, nécessiterait une raison particulière.

Cela signifie que les constantes qui déterminent les fondements de la physique ont été déterminées il y a des milliards d’années avec une précision extraordinaire uniquement pour permettre la vie consciente bien plus tard. Et où cette volonté préexistante de construire la pensée consciente aurait-elle été inscrite ?

Nous sommes déterministes et nous pensons que les phénomènes obéissent à des lois et donc il est évident que l’univers actuel est le produit des conditions précédentes mais pas seulement car il est aussi le produit de l’histoire, des hasards, des combats, des situations inattendues...

Tout d’abord parler de principe anthropique, c’est sortir l’homme de l’ensemble, ce qui n’est pas le résultat d’une observation du monde mais d’un choix philosophique.

C’est également un choix philosophique de penser que tout ce qui existe était indispensable pour en arriver à la situation actuelle.

Qui dit « créé POUR » dit un créateur, même si une partie des partisans du principe anthropique se défendent de rouler pour les religions. Et, surtout, concevoir les lois de la nature comme des règles POUR arriver à un but, c’est renoncer à la démarche scientifique qui consiste à étudier COMMENT fonctionne la nature et non à lui prêter une volonté.

Les notions d’émergence et de transition, qui se développent en physique, n’apportent nullement de l’eau au moulin du créationnisme. Elles fondent des créations (apparitions et disparitions) sans créateur, sans conception préétablie, sans dieu. La physique est maintenant le témoin de créations et de disparitions de particules de matière et de lumière qui n’ont rien de magique ni de mystique ou de religieux. Dans l’univers de la matière inerte, vivante, animale, humaine, sociale et politique, on trouve sans cesse des créations, c’est-à-dire de la nouveauté qui ne trouve pas ses racines dans l’univers précédent. Mais ces créations n’ont rien de mystérieux, d’étrange, de contre-nature. Elles ne nécessitent pas une pensée spiritualiste, idéaliste, métaphysique et religieuse.

La métaphysique créationniste est battue en brèche par la découverte de l’ « auto-organisation de la matière », de l’« émergence des structures dissipatives », de la source génétique de l’ « horloge biologique de l’hominisation » et du lien entre cerveau physique et conscience. L’une des conséquences cruciales de ces nouvelles connaissances est qu’il n’y a plus d’opposition entre la conscience (mécanisme donnant du sens aux événements réels), la vie (mécanisme extrayant une commande de production des interactions moléculaires en désordre) et la matière (définie comme le mécanisme donnant de l’ordre transitoire au désordre du vide).

Le paléontologue Stephen Jay Gould écrit ainsi dans « Le renard et le hérisson » : « Les propriétés qui apparaissent dans un système complexe sous l’effet des interactions non linéaires de ses composants sont dites émergentes – puisqu’elles n’apparaissent pas à un autre niveau et ne sont révélées qu’à ce niveau de complexité. (...) L’émergence n’est donc pas un principe mystique ou anti-scientifique, ni une notion susceptible d’avoir des échos dans le champ religieux (...) C’est une affirmation scientifique sur la nature des systèmes complexes. »

Le « principe anthropique » signifie que les conditions intiales de l’Univers auraient été choisies exactement (par qui ?) pour que l’homme puisse apparaître. En réalité, à tous les niveaux où l’on étudie la matière, la vie et l’homme, on n’a trouvé preuve d’aucune sorte d’une telle intentionnalité. Seulement le fait que le présent découle du passé, sans la moindre preuve que le présent était la seule évolution possible, bien au contraire. Rajouter une telle intentionnalité sous le prétexte qu’un changement des conditions initiales rendrait impossible notre univers est absurde. Il y a de multiples exemples de phénomènes dans lesquels un tout petit changement des condtions initiales modifie complètement le cours de choses sans pour autant qu’il faille y voir une intentionalité cachée…

A contrario, une grande partie des efforts de la science, sur le plan philosophique et théorique, consiste à tenter d’éviter de transformer la vision du monde par la place particulière de l’observateur. La principale des erreurs d’optique consiste en la matière à voir le monde comme s’il était objectivement vu par l’homme et, pire encore, comme s’il avait comme but la création de l’homme et son existence. C’est justement pour détruire ce type d’image que Darwin a fait tout son travail et pas seulement pour chercher les bases de l’évolution.

On sait que bien des images anciennes du monde reposaient sur la vue depuis sa fenêtre. Une exposition intitulée « cartes et figures de la terre » montrait même de multiples manières des hommes dans l’Histoire de voir le monde depuis sa petite lucarne. C’est une vision qui fausse considérablement l’optique.

Il y a bien d’autres erreurs que l’optique anthropologique. On peut voir le monde depuis le vivant, depuis la matière, depuis la Terre, depuis notre galaxie, la Voie Lactée, depuis notre époque. Ce sont autant de déformations de la réalité objective.

Comme il nous a fallu intellectuellement nous extraire de notre galaxie pour imaginer sa forme, nous extraire de notre position de matière pour envisager le vide quantique, il nous est nécessaire de notre position de matière marcroscopique pour observer les particules quantiques et de notre position d’être vivant pour comprendre le fonctionnement biologique et pour étudier les animaux. On peut dire que ces déformations ont un point commun : celui de privilégié le point où nous nous situons en considérant qu’il est particulièrement exceptionnel.

La méthode scientifique consistera, au contraire, à ne privilégier aucun point de vue particulier et à chercher des lois générales puisque le tout est un seul monde. Il faudra donc trouver en sciences la possibilité que les cas particuliers obéissent quand même aux lois générales car ces derniers doivent s’intégrer à ce monde. Si on oppose diamétralement la matière au reste du vide quantique, l’écoulement du temps à l’espace-temps du vide, notre époque aux autres époques de l’histoire de l’Univers, la vie à la matière inerte, l’homme au reste du vivant, la conscience au fonctionnement général du cerveau, on se retrouve en plein dans ce que l’on appelle le « principe anthropologique », qui est donc un concentré religieux de toutes ces erreurs consistant à placer l’observateur et le penseur au centre du monde qu’il observe et pense…

Inutile de rajouter que nous sommes radicalement opposés à ce type de point de vue…

Les adeptes du principe anthropique affirment que « Pour être favorable à la vie, l’univers doit être très particulier. » Je suis à la fois d’accord et pas d’accord. La vie telle que nous la connaissons, oui. Mais, dans ces conditions, cela devient une tautologie et, comme toutes celles-ci, cela se mord la queue ! Pour avoir tout ce que nous avons, il a fallu tout ce qu’il y a eu. Eh oui ! Sans doute ! Mais LA VIE, je ne sais pas ce que c’est exactement. Je connais seulement "la vie telle que nous la connaissons ici sur Terre". Est-ce qu’il pourrait exister de toutes autres sortes de vie ? Aucune idée sur la question. On ne dispose même pas de critères sûrs du vivant. Nous n’avons sous les yeux qu’une vie et ses diverses variétés et qu’une matière (celle du vide) et ses diverses formes. Rien n’empêche en soi qu’il y en ait d’autres mais comment raisonner sur ce qu’on ne sait absolument pas ?

On ne peut en tout cas pas raisonner scientifiquement en disant qu’aucune forme de vie n’aurait été possible dans d’autres conditions.

On peut dire qu’une forme de vie fondée sur l’ADN, l’ARN, les protéines et les cellules (pour résumer) n’aurait pas été possible ? Oui ! C’est tout mais cela ne dit pas tout.

Encore une fois, il faut voir ce que l’on peur affirmer en faisant tourner le film de l’Histoire à l’envers.

Là-dessus, on peut lire l’ouvrage de Stephen Jay Gould, « La vie est belle » :

« L’ordre est largement le produit de la contingence. (…) Tout déroulement de l’histoire, altéré d’un iota apparemment insignifiant à son commencement, aurait donné un aboutissement également sensé et totalement différent, mais extrêmement déplaisant pour notre vanité, puisqu’il n’inclurait pas de vie consciente d’elle-même. (…) Des milliers et des milliers de fois, il s’en est fallu de peu pour que nous soyons purement et simplement effacés du film de la vie. (...) Homo sapiens est un détail dans l’histoire de la vie, et n’en incarne pas une tendance. »

Au départ, le raisonnement anthropique met l’accent sur le fait que la vie ne peut pas apparaître dans n’importe quelles circonstances et que par conséquent, du fait même que nous existons, nous devons « vérifier » que les conditions nécessaires à l’apparition de la vie sont réalisées. Par exemple, les atomes lourds, tels que le carbone, l’azote ou le soufre, sont des éléments indispensables à la matière vivante. Et comme ces composés atomiques ne peuvent se forger qu’à l’intérieur des étoiles, nous pouvons affirmer que le monde est « forcément » plus vieux que l’âge moyen d’une étoile, c’est-à-dire qu’il a une bonne dizaine de milliards d’années.

Cependant, on comprend bien qu’aucune « contrainte » n’est exercée a posteriori par la vie sur notre Univers. Si de contrainte on tient à parler, elle est de l’ordre de la déduction logique d’un Sherlock Holmes se permettant de « déduire » d’effets constatés la nécessité pour certaines causes d’être réalisées. Pour prendre une comparaison : comme seules les femmes enfantent, nous pouvons en déduire que la personne qui a donné naissance a tel bébé est « nécessairement » une femme. Il ne viendrait pourtant à l’idée de personne de prétendre que ce qui a déterminé le sexe de cette personne une génération auparavant, lors de sa conception par son père et sa mère, c’est la naissance aujourd’hui constatée du bébé !

En affirmant que notre Univers est conditionné par notre présence, le principe anthropique mêle les effets et les causes et, renversant l’ordre normal de la causalité, s’affirme ipso facto anti-scientifique. La tentation de remplacer l’explication en terme de causalité par l’explication en terme de finalité a toujours existé. Cette tentation est d’autant plus forte que la première échoue momentanément, ce qui est aujourd’hui le cas, car devant la question de la naissance du monde notre science est complètement désarmée. Pire, elle sait que ses outils sont impuissants à descendre en dessous des limites fatidiques de temps et d’espace appelées « limites de Planck ». En deçà, il nous faudrait une physique toute nouvelle faisant table rase de tous les concepts auxquels nous nous sommes habitués.

Face au défi que représente l’origine du monde, la science, si elle veut rester science, ne peut se retrancher derrière des explications toutes faites et se contenter d’annoncer : si le monde est ce qu’il est, c’est parce qu’il nous contient ! Un tel « principe », qui cherche à combler à bon compte le vide de la théorie, signe en fait l’abdication de toute recherche. Et c’est face à cette attitude inacceptable qu’il faut afficher clairement son camp.

Les remarques sur les paramètres fondamentaux de la physique, ou constantes universelles, et sur le fait qu’on ne pourrait pas concevoir ce monde (et notamment l’apparition des galaxies, des molécules, des macromolécules, de la vie et de l’homme) si ces paramètres étaient un tout petit peu changées sont tirées dans le sens d’un raisonnement absurde, anti-scientifique et mystique. Cela ne démontre que l’unité de l’univers matériel dont le vivant n’est qu’un sous-produit, l’inerte apparent de la matière non-vivante n’étant qu’une illusion et cette matière possédant certes la capacité de produire le vivant sans que cette propriété prenne un caractère extrordinaire, supra-naturel et surnaturel.

D’ailleurs, ce qu’a montré la physique quantique, c’est que la matière n’a rien d’inerte, que le vide lui-même n’est ni le néant ni l’inerte, que l’auto-organisation, l’auto régulation, l’auto activation, l’auto rythmicité, l’auto structuration, l’auto formation d’échelon hiérarchiques nouveaux appartiennent aux propriétés dialectiques de la matière non-vivante et n’ont pas attendu l’apparition de la vie pour se dévoiler. Le passage de l’ « inerte » au vivant s’est produit par toute une série de révolutions qui ne sont qu’une toute petite partie des grandes révolutions de l’Histoire de la matière de l’Univers. La vie ne s’oppose pas diamétralement à la non-vie et il n’y a aucune raison d’être particulièrement étonnés que les constantes caractéristiques de la mtière soient liées inséparablement au mode d’organisation des molécules, des galaxies et de la vie car c’est sur les bases de la matière que l’auto-orgarnisation travaille. Cela ne signifie pas qu’on soit contraint d’admettre que la suite des événements historique de l’histoire de la matière soit préprogrammée à l’avance, que les étapes soient préétablies par un esprit supérieur supranaturel. Le fait que la matière, telle qu’elle existe, et que la vie, telle qu’elle existe, n’aurait pas pu exister sans les étapes de l’Histoire de l’Univers, avec notamment les constantes universelles aux valeurs qui existent soient indispensables au monde atuel ne nous dit absolument rien sur ce qui se serait passé dans le cas où des hasards différents avaient ffait diverger cette histoire, sur le type de matière ou le type de vie, ou le type d’univers que cela aurait pu donner. On ne peut en particulier absolument pas dire qu’un petit changement aurait rendu impossible une autre organisation, une autre vie, un autre type d’homme. Nous n’avons aucun élément pour raisonner scientifiquement ainsi.

Un raisonnement du type : voici ce qui se passerait si on change les paramètres fondamentaux de la physique n’a aucun sens physique car un tel changement n’est expérimentalement pas possible et que le raisonnement abstrait n’est pas non plus dans le cadre de la logique scientifique, même s’il est utilisé par nombre d’auteurs eux-mêmes scientifiques. On peut seulement constater que ces constantes semblent inchangées dans l’univers et dans l’histoire de celui-ci et donc inchangeables. Le « qu’est-ce qui se serait apssé si… » ne peut pas nous mener à des conceptions valides sur le monde.

Discuter de la mise en place des constantes universelles, de l’apparition des molécules, des macromolécules, du vivant, de l’homme et de sa conscience nécessiterait que l’on dispose de plusieurs types historiques de ces développement, ce qui n’est nullement le cas.

Dire que la vie telle qu’on la connaît serait impossible sans le monde matériel tel qu’on le connaît, c’est enfoncer une porte ouverte !

Ceux qui rasonnent autrement s’adonnent à ce que l’on appelle l’idéalisme philosophique, courant qui loin de régresser, augmente que ce soit parmi les scientifiques, les philosophes, les enseignants ou les média, parce qu’il est favorisé par les classes dirigeantes et pas parce qu’il est favorisé par des découvertes scientifiques.

Nous n’avons, pour le moment, aucun moyen de raisonner sur la mise en place des constantes universelles car nous ne savons absolument rien sur une telle émergence, que nous ne savons pas comment ces constantes sont reliées entre elles, si elles datent de telle ou telle phase de l’univers, s’il y a un ordre de leur apparition et quelles relations sont établies entre elles. Cela permet certes que toutes les imaginations débridées se jettent sur le thème, mais surement pas un raisonnement scientifique là-dessus.

La remarque selon laquelle tout eptit changement ds conditions initiales rendrait le monde actuel impossible ne fait que souligner que l’univers est sujet à une propriété dite du « chaos déterministe » qui est celle de la « sensibilité aux conditions initiales ». Or, dans le chaos déterministe, les changements des paramètres initiaux qui sont réalisables entraînent des suites assez rapidement très divergentes sans pour autant que cela signifie que ces suites soient préétablies dans l’état initial. Au contraire, l’état initial possède de multiples potentialités de développement ultérieur et n’a en rien tranché entre ces diverses options. Le chaos déterministe, causé par cette sensibilité aux conditions initiales des systèmes non-linéaires amortis entretenus, est justement le type même de mélange dialectique de hasard et de nécessité dans lequel le hasard est le fondement de la loi et la loi reproduit du hasard.

Il peut y avoir de nombreux mondes possibles sur d’autres bases matérielles légèrement différentes mais nous n’en savons rien et nous ne pouvons donc même pas disserter dessus.

La seule conséquence de la remarque en question est donc seulement celle de l’unité du monde, du caractère inséparable (inopposable diamétralement) de ses diverses formes et niveaux d’auto-organisation.

Il est étrange que ce soit justement la meilleure démonstration du fait que l’univers est un qui serve à opposer diamétralement matière vivante et non vivante, l’homme au reste de l’univers, et la conscience à la non conscience de la matière, comme le fait le « principe anthropque ».

Il faudrait plutôt remarquer que les lois de la matière inerte ont un caractère dynamique, capable d’auto-organisation, d’auto-structuration, de fondement de structures et de lois nouvelles, permettant à l’histoire de connaître des bifurcations inattendues et imprédictibles, qui ne sont nullement (même en germe) prévues dans l’univers antérieur.

Le dualisme (opposition diamétrale entre monde matériel et monde humain conscient) des partisans du « principe anthropique » ne provient pas des observations, des mesures, des lois mathématiques, contrairement à ce qu’affirment leurs auteurs divers. C’est au contraire a un a priori philosophique qui fonde ces affirmations qui ne sont nullement corroborrées par la science.

La conception matérialiste et dialecticienne du monde est bien plus proche des découvertes des sciences que toutes ces élucubrations idéalistes mais elle n’a pas, pour des raisons politiques et sociales évidentes, le bonheur de plaire aux classes dirigeantes et donc d’être diffusée par leurs média, leurs éditeurs, leur presse, et de connaître, du coup, une large diffusion et un succès auprès des auteurs eux-mêmes. Quand un scientifique ou un journaliste baptise le boson de Higgs de « particule de dieu », il est relayé des centaines de milliers de fois à la minute et pas lorsqu’il explique que cela suppose que la matière fugitive (extraordinairement dynamique et agitée, se transformant brutalement sans cesse) du vide quantique est le fondement de la matière inerte.

Dire, par exemple, que la vie nécessite le carbone qui ne peut être élaboré que par des étoiles parvenues à un stade bien défini de leur évolution stellaire, que ce stade n’est possible que si l’univers a certaines caractéristiques ne justifie nullement de dire que le monde a été bâti pour avoir les caractéristiques permettant la vie. Pas plus que, si une tuile vous tombe sur la tête, cela signifie que le monde ait été bâti pour parvenir à cette situation, même si, avec des constantes différentes de la Terre, la gravitation serait différente et la tuile ne tomberait pas ! C’est une inversion de raisonnement qui n’a pas de sens logique. Si on peut démontrer que sans une cause A un effet B serait impossible, cela ne sous-entend nullement que la cause A ait été produite pour obtenir l’effet B… Les adeptes du principe anthropique affirment que l’existence de la vie et de l’homme aurait pour conséquence… la nécessité que préexiste un monde compatible avec la vie. Il ya là un renversement qui nécessiterait une suppression du sens de l’écoulement du temps qui ne peut pas exister au niveau macroscopique et astronomique. L’apparition de l’homme ne peut pas avoir des conséquences sur le choix des constantes universelles qui sont des conditions initiales. Il y a là une incontestable erreur de raisonnement, inattendue pour des scientifiques. Elle témoigne que, tous grands physiciens qu’ils soient, le fait qu’ils soient peu formés en philosophie des sciences a de redoutables conséquences dans leurs erreurs de conception globale.

Le « principe anthropique » est un retour, au sein des sciences et des philosophies, de l’idéalisme, du finalisme, du mysticisme, de la métaphysique, des parasciences, de la magie, du créationnisme et des religions du même type que le « dessein intelligent ».

Le point commun de tous ces auteurs est de « trouver fou qu’un univers ait produit une conscience capable de l’étudier. » C’est la conscience humaine qui leur paraît de l’ordre du fantastique et, loin de partir de la matière pour comprendre la conscience humaine, ils en tirent comme conclusion qu’il doit y avoir une origine surnaturelle !!!!

Idéalisme et dualisme caractérisent la pensée fondamentale de Brandon Carter, à l’origine de toutes les versions du principe anthropique : « Nous pensons donc l’univers est. »

Au sein de cette « thèse anthropique », il y a des versions très diverses, dites « fortes » ou « faibles » :

Carter développe le principe dit « faible » :

« Notre position dans l’Univers est nécessairement privilégiée en ce sens qu’elle doit être compatible avec notre existence en tant qu’observateurs. »

Et il développe aussi le principe dit « fort » :

« L’Univers (et donc les paramètres fondamentaux dont celui-ci dépend), doit être tel qu’il permette la naissance d’observateurs en sont sein, à un certain stade de sont développement… Les constantes fondamentales de la physique semblent être parfaitement ajustées pour favoriser l’apparition de la vie… Si telle ou telle constante avait été légèrement différente, les étoiles ne se seraient pas formées, ou bien la synthèse des éléments chimiques qui nous composent n’aurait pas démarré, ou bien les supernovae qui les dispersent dans l’espace n’existeraient pas… Pourquoi un tel ajustement des constantes physiques ? Certains esprits religieux répondent que c’est parce qu’un être divin les a ajustées afin que nous apparaissions… »

Par la suite, on va trouver le principe anthropique d’autosélection, celui de participation, celui de contingence, celui de conscience, qui sont des variétés diverses mais dont aucune n’a davantage une démarche vraiment scientifique….

 

"Dieu n'est pas phénoménal"

Par Le 26/09/2016

Dieu n'est pas phénoménal

 

http://patriceweisz.blogspot.fr/2006/12/notes-bibliographiques.html

 

"Bonjour et bienvenue sur ce blog

 

Si vous refusez comme moi la nécessité scientifique d'un monde absurde ;

Si vous n'acceptez pas que le hasard soit considéré comme une cause agissante ;

Si vous tentez d'imaginer que notre monde (non restreint à l'univers observable) est causal mais que vous tenez aussi à votre libre-arbitre ;

Si vous n’aimez pas faire intervenir de façon trop triviale un Dieu à la volonté insondable pour expliquer ce qui vous échappe ;

Si ce que je vous dis ici vous parle ;

Alors soyez les bienvenus :

nous sommes sur la même longueur d'onde pour tenter d'imaginer, ensemble, autre chose réconciliant ce que nous proposent la science et la religion d'aujourd'hui dans leur opposition manichéenne."


Patrice Weisz

5- Hasard et Principe Anthropique

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"Ce que pensait Roger" de John Updike

Il est temps de parler un peu de ces livres merveilleux cités en référence à la fin de cet ouvrage. Je n’ai pas mis tous les livres que j’ai lus, simplement j’ai essayé de me souvenir de ceux qui m’ont marqué d’un intérêt particulier. Ils sont pour moi l’occasion de m’en servir comme point de départ pour développer quelques réflexions.
Parmi les nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique que j’ai mis dans la bibliographie, il y a curieusement 2 ou 3 romans amusants ou instructifs et « Ce que pensait Roger » de John Updike en fait partie. 

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John Updike
Pourquoi ce choix ?
En fait à côté de l’intrigue divertissante qui tourne en gros autour de la libido d’un quinquagénaire, il y a un débat fort intéressant entre un professeur de théologie étant frappé du doute et un scientifique qui essaie de prouver l’existence de Dieu à travers la singularité « anormale » des principales constantes rencontrées en physique. Nous parlerons effectivement de ce point de vue dans le chapitre consacré aux unités de Planck.

Des valeurs inexplicables

Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Cela me donne ici l’occasion d’exposer quelques questions non résolues posées par la cosmologie moderne et qui demandent quelques éclaircissements.
Notre univers observable est caractérisé par un ensemble de constantes universelles et les valeurs mesurées de ses composants. Il s’agit de c la vitesse de la lumière, de h la constante de Planck, de la masse de l’électron, etc... Toutes ces valeurs sont mesurées et définissent un modèle mathématique de l’univers qui permet d’en faire des simulations informatiques. Si on modifie l’une de ses valeurs d’une petite quantité, alors on obtient un univers totalement différent du notre.
Et on ne trouve aucune explication plausible à l’obtention de ces valeurs.
C’est comme si elles avaient été judicieusement choisies parmi les milliards de milliards de combinaisons possibles. Donc cela frappe l’entendement. La probabilité de tomber par hasard sur des valeurs qui marchent est si faible que cela rend le hasard douteux....

Tout ouvrage démontre un ouvrier

Donc le scientifique de John Updike y voit là autre chose que le hasard : la trace de Dieu et ainsi une preuve « observable » de son existence. 
Ce raisonnement est une version plus moderne du Grand Horloger de Voltaire.
livre patrice6_html_4e35bd94François Marie Arouet dit Voltaire (1694-1778)






 

En apercevant l’ordre, les lois mécaniques et géométriques qui règnent dans l’univers, je suis saisi d’admiration et de respect. Si les ouvrages des hommes me forcent à reconnaître en nous une intelligence, je dois en reconnaître une bien supérieure agissant dans la multitude de tant d’ouvrages. J’admets cette intelligence suprême sans craindre que jamais on puisse me faire changer d’opinion. Rien n’ébranle en moi cet axiome : tout ouvrage démontre un ouvrier «

Le seul raisonnement trouvé pour expliquer cela par les scientifiques non croyants est ce que l’on appelle le principe anthropique : j'y reviendrais, mais pour l'instant, il suffit de se dire que ce principe définit le raisonnement suivant :
Les seules valeurs possibles des constantes de notre univers sont celles permettant l’avènement de l’homme car sinon il ne serait pas là en train d'en parler. 
i.e. : D'autres valeurs définissent peut-être d'autres univers dans lesquels la race humaine n'existe pas, et donc personne n'y formule ce type de question !
A l’ère du déterminisme on voit là une entorse à tous les raisonnements modernes et à toute la rationalité ambiante.
On peut aussi y lire un raisonnement « fataliste » qui trouve la cause du Big-Bang dans son futur « humain ».
Les valeurs physiques adoptées dès la genèse de l’univers (la théorie du Big-Bang) sont justifiées par ce qui va s’y passer quelques milliards d’années après, créant ainsi les conditions indispensables à la vie.
Le principe de causalité nécessitant que la cause soit antérieure à l’effet paraît totalement inversé ici sans choquer personne. Ce principe est repris par les plus grands physiciens actuels qui s’en satisfont sans y voir de contradiction.

Avec le temps, tout arrive par hasard

Donc il y a deux attitudes possibles :

  1. Voir dans cette cohérence incroyable de valeurs la main de Dieu comme dans le roman de John Updike
  1. Remplacer le grand Horloger par le Hasard (comme d’habitude, non ?) en évoquant l’hypothèse d’une successions infinie d’univers sans vie auto-créés avec toutes les valeurs possibles jusqu’à tomber par hasard sur celui permettant l’avènement de la vie, mais aussi de l’homme en tant qu’observateur. 
  2. On peut aussi dans le cadre de la physique quantique, non pas mettre en série ces univers mais plutôt les mettre en parallèle (voir la Théorie des Univers parallèles* de Hugues Everett) ce qui ne change pas grand chose. L’avantage étant de réduire la durée temporelle théorique nécessaire. Tous les univers possibles co-existent (on appelle cela des multivers*), certaines valeurs des paramètres cosmologiques engendrent des mondes sans vie, et d'autres permettent la venue de l'homme : c'est dans ceux là que nous sommes et que nous regardons la valeur des constantes de l'univers, nécessairement les bonnes pour que l'homme puisse y exister.

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Hugh Everett(1930-1982)
Je vous laisse choisir l’hypothèse la plus plausible...Pour ma part je me suis lassé des raisonnements du type :

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Ce singe va-t-il réussir à écrire Notre-Dame de Paris avant de mourir ?
« Mettez un chimpanzé devant une machine à écrire, au bout d’un temps suffisamment long il finira par hasard à écrire Notre-Dame de Paris ! »
Vous y croyez-vous ?
En toute modestie, je veux bien reconnaître avoir du mal à appréhender des durées de milliards et de milliards d’années car n’étant qu’un être humain ma capacité naturelle me pousse à m’approprier des durées de l’ordre de celle d’une vie humaine.
C’est alors mon propre entendement qui trouve ses limites et qui est ainsi heurté par l’infinité potentielle du temps.
En fait, là où certains voient Dieu, d’autres remplacent cela par le Hasard, aidé par beaucoup beaucoup, beaucoup de temps, autant qu'il en faut pour couvrir toutes les possibilités... Et le tour est joué ! Avec ce principe, on prend n'importe quelle hypothèse la plus farfelue et comme dans l'infini temporel (qui n'est que théorique) tout peut et doit arriver parce que sinon ce n'est pas l'infini, alors même le plus invraisemblable doit aussi survenir. C'est exactement selon cette même explication scientifique « élaborée » que l'on prédit qu'un jour les poules auront des dents !
Cette explication n'est pas très crédible car elle reste une démonstration théorique, basée sur des concepts inventés par l’homme, qui ne peut hélas ni se prouver ni s'expérimenter. De plus elle s'articule sur l'existence théorique de l'infini du temps.
Il faudrait donc aussi que le temps puisse exister durant cette longue période d’essais successifs. J’y reviendrais. 

Les univers parallèles

A moins d'opter pour les multivers et faire le grand saut conceptuel : nous sommes présent dans une quasi-infinité d'univers ayant entre eux comme différences de toutes petites variations infinitésimales, de façon à ce que toutes ces variantes recouvrent toutes les possibilités de choix qu'offre le hasard. Du coup celui-ci s'élimine car chaque histoire d'univers devient unique. Quand il y a un choix possible, et cela peut arriver au niveau de chacune des particules de l'univers, alors celui-ci bifurque et donne plusieurs univers de façon à ce que tous les cas de figures existent vraiment. On peut voir un multivers comme un vaste complexe déjà déployé dans lequel toutes les possibilités sont déjà réalisées dans tous les univers possibles. Complexe au sein duquel nous naviguons en prenant un chemin qui ne nous montre qu'une seule réalité, les autres plans ne nous étant pas accessibles. En supposant en chaque instant un choix binaire, alors il existe deux univers réalisant ces deux choix. Donc tout arrive en même temps : il y a donc un univers dans lequel un singe a tapé notre-dame de Paris du premier coup pour, beaucoup, beaucoup d'autres univers dans lesquels ce même singe clôné n'a produit qu'une longue suite de lettres sans queue ni tête. 
La théorie des univers parallèles élimine ainsi la nécessité d'un infini temporel pour laisser au hasard aveugle le temps de fabriquer quelque chose ressemblant à ce que l'on a sous les yeux. 
Il n'y a alors qu'une seule durée de temps nécessaire : celle de l'âge de notre univers, puisque les essais ne sont pas successifs mais simultanés. Néanmoins cela est rendu possible en perdant l'unicité de notre univers et en le remplaçant par une quasi-infinité de toutes ses variations possibles. La fantastique explosion combinatoire qui en découle n'est pas forcément plus satisfaisante intellectuellement pour le commun des mortels et ne saurait guère qu'apaiser les seuls esprits pétris des hautes jongleries abstraites que les mathématiques favorisent. 

Le Googol

On estime en plaisantant que le nombre d'univers composant un multivers est un « googol » soit un 1 suivi de cent zéros : 
Un GOOGOL=
«10000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000 ».
A titre anecdotique, le googol dont le nom a été trouvé par le fils de neuf ans du mathématicien Edward Kasner a servi pour nommer le fameux moteur de rechercheGoogle. 
Edward Kasner a aussi crée le nom GOOGOLPLEX, un 1 suivi de googol zéros, mais se nombre est tellement gigantesque qu'en admettant que chaque particule de l'univers connu serve à codifier un zéro, l'univers serait encore trop petit pour pouvoir le représenter en totalité.

Ceci m’amène sans transition à une autre conversation captivante que deux protagonistes du livre de John Updike tiennent au cours d’un cocktail, dans ce roman au demeurant très croustillant (mais cette fois pour d'autres raisons nettement plus terriennes...) :

Comment tout peut exister à partir de rien ?

Dans cette conversation faussement mondaine, ce qui est intéressant et que je vous résume ici, c’est l’évocation de structures originelles de l’univers qui ont tellement peu de propriétés (en mathématique on appelle cela les ensembles de Borel) que même la distance entre deux points ne peut y être définie. Car une distance est une relation de propriété entre deux éléments d'un ensemble qui doit pour pouvoir être définie répondre à quelques critères géométriques élémentaires.
Soit d une distance sur un ensemble E permettant d'effectuer une mesure, alors pour tout couple (x,y) de points de E,
Il faut que d(x,y)=d(y,x) relation de symétrie
Il faut que si d(x,y)=0 alors x=y séparation
Il faut de plus que pour tout (x,y,z) dans E,
d(x,z) <= d(x,y) + d(y,z) inégalité triangulaire
Si on peut définir d dans E alors l'ensemble E s'appelle un espace métrique et il est mesurable. 
Mais s'il ne répond pas à cette définition, alors on est en présence d'un « espace » bizarre dont la géométrie (ou la topologie) est très anarchique.
Imaginons une sorte d'espace dans lequel on peut avoir une distance nulle entre deux éléments différents : cela veut dire qu'ils sont confondus au même endroit sans être identiques. De la même façon, si le temps n'est pas mesurable, alors aucune chronologie temporelle ne peut y être défini : tous les instants y sont confondus ou des éléments différents sont tous au même endroit, etc.. La géométrie de l'univers pré-Big-Bang ne permettrait pas encore de raisonner en terme d'espace-temps, car ni l'espace, ni le temps, au sens où nous les entendons, n'existeraient encore. On peut donc considérer que l'espace-temps de notre univers a démarré au moment du Big-Bang, à partir d'une géométrie chaotique non mesurable, donc sans dimension, à l'image d'un point purement géométrique sans étendue quantifiable.
En relativité, le temps est une distance de même nature que l’espace. L'espace-temps étant un continuum non-séparable dans lequel mathématiquement on peut se déplacer sans direction privilégiée.
Mais si on se trouve dans une sorte de magma originel non suffisamment élaboré, et que même la distance ne peut s'y définir, le temps lui-même n’existe pas encore en tant que dimension structurée.
En d’autres termes l’espace et le temps sont nés d’un même point où tout était confondu, puis une géométrie s'est déployée en augmentant de volume jusqu'à séparer les lieux et les instants, permettant bien plus tard la venue des premiers grains de matière. Ceci est bien entendu une façon de voir les choses en utilisant une image géométrique, un modèle simpliste se voulant plus pédagogique que réaliste.
Le «avant» et le «après» ne peuvent se définir que si le temps lui-même existe, c'est-à-dire si des écarts de temps peuvent être mesurés et ordonnés de façon à constituer une chronologie.

Avant le Big-Bang

Donc la question «Qu’y avait-il avant le Big-Bang ?» perd d’un certain point de vue tout son sens, 
Et là se trouve vraisemblablement aussi une des clés de compréhension de notre monde.
Comment imaginer une succession de milliards de milliards d’univers durant, chacun, des milliards d'années, fruits du hasard, et se succédant ainsi, jusqu’à tomber sur les bonnes valeurs du notre, si le temps ne pouvait pas exister avant celui ci ? 
Faut-il alors penser que tout a commencé en même temps que le temps du Big-Bang ?
Ou que le temps physique du Big-Bang n'est pas le seul temps , et qu'il s'inscrit dans un temps plus vaste et infini mais non mesurable ? Une sorte de « pré-temps » associé à aucune géométrie le rendant mesurable...
Ou alors que le temps n'existe pas tout simplement ?

Big-Bang et Big-Crunch

Mais il reste encore, car les scientifiques ont réponse à tout, la théorie des cycles de contractions et d’expansions de l’univers (Big-Bang et Big-Crunch).
A chaque contraction, l’espace et le temps re-fusionnent en un point jusqu’au prochain Big-Bang.
La contraction n’étant possible qu’au-delà d’une certaine masse d’énergie critique afin que la force d’attraction gravitationnelle puisse au bout d’un moment contrecarrer l’expansion de l’univers. 

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Calcul de la masse manquante de l'univers
D’où les programmes de recherche de la masse manquante ou de la matière noire, afin de tenter de boucler les cycles d'univers et ne pas finir dans un univers froid et immobile. Tous les calculs d'évaluation de la masse totale de la matière visible de l'univers donnent des valeurs en-deçà des valeurs critiques nécessaires au comportement cyclique de l'univers. Car si l'univers en expansion se refroidit jusqu'à un immobilisme complet, sans plus aucun mouvement, alors le temps s'arrêtera aussi car sans mouvement, pas de temps qui s'écoule...
Et il deviendrait alors assez délicat de soutenir qu'il y a eu pleins d'univers avant nous, ayant parfaitement exécuté des cycles d'expansion et de contraction jusqu'au notre (le seul que nous connaissions). Si le notre s'arrête en mourant à la fin de la première phase, et n'a pas les caractéristiques énergétiques pour se re-contracter, cela ne rend pas cette hypothèse très crédible, car cela supposerait que l'univers précédent aurait contenu plus d'énergie que le notre, ce qui remet en cause le principe de la conservation d'énergie sur lequel précisément tous les calculs d'astrophysiques reposent...A moins qu'il y ait des fuites énergétiques alimentant d'autres univers par le principe des vases communicants, auquel cas on ne peut alors rien prédire du tout !
Et sans solution physique, tout l’édifice savant s’effondre et le principe anthropique avec. 
Et le mystère des données constitutives exceptionnelles de notre univers restera alors entier ! Et lespectre de Dieu risque donc de refaire son apparition tant redoutée par les scientifiques.
En prenant un peu de recul, on se rend compte que tout cela n’est que pure spéculation théorique induite par le comportement et la limitation des modèles mathématiques d’univers, et n’a rien à voir avec sa nature réelle qu'ils ne font qu'approcher avec plus ou moins de bonheur.

Le polynôme de Lagrange

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Joseph Louis, comte de Lagrange (1736-1813)
Pour conclure : en mathématique, l’étude du polynôme de Lagrange m’a fortement interpellé.
Le brillant mathématicien Joseph Louis, comte de Lagrange a trouvé dans les années 1770, parmi d'autres résultats remarquables à son actif, comment construire une équation polynomiale à partir d’un nombre quelconque de points. La particularité de la courbe de cette équation est qu’elle passe par tous les points qui sont donnés. 

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Interpolation avec le polynôme de Lagrange
Si on a 2 points, le polynôme de Lagrange donne la droite passant par ces deux points, si on en a 3, le polynôme de Lagrange donne l’équation de la parabole passant par ces 3 points, etc.. Il s'agit donc d'une interpolation polynomiale exacte, dans la mesure où la courbe de la fonction trouvée passe systématiquement par les points qui sont donnés pour la définir.
On peut se servir de cette analogie pour mieux comprendre comment fonctionne la modélisation mathématique du monde :
L’observation scientifique des phénomènes de notre univers nous donne N points, alors les mathématiciens construisent des modèles passant par ces N points d’observation.
Les physiciens construisent des théories en utilisant ces modèles mathématiques et en les plaquant sur la réalité observée. La compatibilité des théories avec les observations existantes est testée.
Pour cela il faut que la théorie puisse prédire des données observables auxquelles on pourra la comparer. Il faut donc que cette théorie soit falsifiable au sens de Karl Popper, c'est à dire qu'il y ait un moyen de la tester et de la prendre, le cas échéant, en défaut. Il faut trouver un moyen de pouvoir laréfuter en faisant une expérience qui peut l'invalider ou la conforter.

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Karl Popper

La falsifiabilité des théories scientifiques

Cette notion de falsifiabilité (on aurait dû dire en français réfutabilité, mais le terme anglais s'est déjà imposé) est très importante, et hélas fait que nombre de théories non testables empiriquement, ne sont pas prises au sérieux ou sont reconnues comme non scientifiques. 
C'est d'ailleurs le critère de démarcation entre science et métaphysique de Karl Popper. 
En revanche les théories testables et donc réfutables, ont du coup l'avantage d'être opérationnelles, car nécessairement prédictibles.
Ensuite, si la théorie est bonne, on s’en sert pour prédire d’autres points non encore observés ; on imagine des expériences permettant de les révéler et on teste à nouveau. Si les tests s’avèrent incompatibles avec la théorie, celle-ci est invalidée , dans le cas contraire, elle est corroborée...jusqu'à tomber sur un point qui ne marche pas. Les théories sont donc en sursis permanent, elles sont vraies jusqu'à preuve du contraire !
Et voilà.
Les théories sont en quelque sorte de grands polynômes de Lagrange, construites pour être compatibles avec les données de l’observation.
Hélas, la courbe peut passer à côté d’un point existant mais non encore observé qui remettrait à lui seul radicalement en cause son équation et sa logique.

La limitation de la condition humaine

De plus dans l’immensité du monde, le nombre d’observations possibles est forcément dérisoire et limité par nos capacités d’observation. Le type de modèle mathématique que l’on peut trouver est lui aussi forcément limité par nos capacités d’entendement et l'imagination certes très fertile mais néanmoins simplement humaine des chercheurs de tous bords. Donc on ne peut rendre compte, par l'observation empirique du monde, de tout ce qu'il contient. Ce qui fait que la science n'aura jamais finie de se rapprocher de la réalité, dans une quête sans fin de l'approximation la plus fidèle possible, mais inévitablement tronquée.
La logique mathématique engendrée par les modèles existants aboutit à des hypothèses qui sont discutées et étudiées très sérieusement. 
Les limites des modèles engendrent des paradoxes qui défient l’entendement, car trop souvent ces modèles sont assimilés à la réalité. Mais un plan infini ne se réduit pas à une courbe passant par quelques points, et il y a dans le vaste univers, des points que l'on ne pourra jamais connaître, alors nos polynômes de Lagrange n'y passeront pas !
En conséquence, la réalité profonde du monde, « la chose en soi » ne peut être contenue dans les équations mathématiques passant par les quelques phénomènes qui nous sont donnés d’observer.
Pour aller encore plus loin, Emmanuel Kant a dit fort justement :

 

« L’espace et le temps sont deux modalités de notre entendement ».

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Le grand Emmanuel Kant (1724-1804)

Ce que l’on pourrait traduire par le fait que ce ne sont pas des propriétés appartenant à notre monde, mais plutôt des représentations structurellement liées à l’architecture de notre entendement et dont on ne peut pas sortir.
Donc, en synthèse :
C’est l’homme qui projette, sur le monde des phénomènes, sa propre façon d’appréhender les choses, à travers les modèles qu’il invente à partir de ses observations, pour pouvoir se les rendre compréhensibles et ainsi s’approprier la réalité sensible.
Du coup les paradoxes liés au temps, à l’infini, etc.. évoqués plus haut ne sont que pures élucubrations intellectuelles induites par le regard forcément réducteur que l’on porte sur l’Etre et non liées à sa vraie nature. Ces paradoxes sont d'origine mathématique car ils portent sur une représentation mathématique du monde.
Les réponses que l’on peut alors apporter sur le plan scientifique ou métaphysique ne peuvent être prises pour une réalité objective mais sont dictées de façon incontournable par notre condition humaine.
La réalité sensible construite par l’homme prend ainsi sa source dans les spécificités de la conscience humaine qui se retrouve alors être à l’origine de toute cosmologie possible, scientifique ou religieuse, sans pour autant que l’une ait droit de préséance sur l’autre. Les théories scientifiques deviennent donc des théories sur l'information que l'on peut extraire du monde plutôt que sur le monde lui-même.
La science est assise sur des critères d'inter-subjectivité, a une réelle opératibilité, mais en aucun cas ne peut prétendre à être objective ou posséder une quelconque vérité découlant de ses modèles.
Elle peut par contre se targuer d’avoir une cohérence interne structurelle certaine, induite par le langage mathématique, et aussi une compatibilité avec les données restreintes de l’observation de certains phénomènes, mais ne peut prétendre aller plus loin.
La science n’est qu’une point de vue particulier très convaincant de notre univers observable issu de l’esprit humain, qu’il serait absurde de rejeter, mais qui reste insuffisant pour comprendre l'essence du monde. Il est donc nécessaire d'y apporter d'autres points de vue complémentaires ne laissant pas autant la spiritualité de côté, avec comme contrainte constructive que ces différents points de vue n’entrent pas en contradiction.
Patrice Weisz

 

 

Le principe anthropique fort

Par Le 26/09/2016

C'est sidérant d'imaginer que parfois les humains qui ont un peu de temps à consacrer à la lecture ne savent pas vers quel sujet se porter au point qu'ils vont allumer la télévision. Sur la problématique du principe anthropique, il existe des quantités d'articles sur le net et sans même avoir une quelconque intention d'affirmer quoique ce soit, il semble tout de même que l'émergence de la Vie représente un sujet honorable pour qui dispose de quelques minutes, voire de quelques heures... Juste pour se poser la question : "Mais bon sang, pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien et comment c'est possible que je sois là à me poser cette question ?".........

Dans l'idée d'un hasard créateur de l'Univers, il est incontournable d'envisager dès lors l'existence d'autres Univers parallèles. (10 puissance 60)...

Dans l'idée d'une nécessité, il est inévitable d'accepter le principe créateur. Celui-ci est réprésenté par les lois physiques de la Nature et non pas un Dieu à l'image de l'homme...

http://www.sceptiques.qc.ca/dictionnaire/anthropic.html

"Si la densité critique de l'Univers avait été un tant soit peu différente, l'Univers n'aurait jamais évolué jusqu'à l'état actuel. Une seconde après le Big Bang, l'Univers était déjà en équilibre et l'écart avec le seuil critique était de 10 puissance 15... Si l'Univers est tel qu'il est aujourd'hui, c'est justement parce que les constantes de couplage qui mesurent l'influence des différentes interactions ont été ajustées avec une précision telle qu'on peut réellement se demander quel mystère se cache sous cette précision d'horloger...Hubert Reeves a démontré et d'autres astrophysiciens également, qu'à l'époque de la genèse de l'Univers, la moindre déviance des constantes de couplage aurait provoqué l'instabilité des nucléons et aurait condamné l'évolution cosmique..."

Quelle est la différence entre le principe anthropique faible et le principe anthropique fort ?

"Le principe anthropique se trouve dans la reconnaissance du fait qu’un nombre limité d’univers possibles (parmi tous les univers théoriquement possibles) sont favorables à l’émergence de la vie. Le principe dit faible propose que l’univers que nous habitons doit avoir les caractéristiques d’un univers permettant notre évolution, et donc l’observation de ce même phénomène. Ce principe est généralement admis par les philosophes et par les astronomes. Le principe dit fort, énoncé par Brandon Carter, est plus spéculatif. Étant données toutes les coïncidences dans la nature, apparemment sans connections entre elles, et qui ont donné lieu à l’émergence de la vie, l’univers DOIT promouvoir le développement des observateurs. Autrement dit, le principe anthropique fort propose une forme de destin universel où la présence éventuelle de l’observateur est nécessaire, tandis que le principe anthropique faible propose que seulement un univers habitable par la conscience pourrait être observé. "


 

http://www.atoi2voir.com/spiritualite/temoignages-sur-dieu/temoignages-existence-de-dieu-science-et-foi/1120-je-ne-crois-pas-au-hasard-dans-lunivers/

L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan explique comment il ne croit plus au hasard, mais en une intelligence qui a créé l’univers : Dieu

Trinh Xuan Thuan

L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan nous explique une constatation acceptée par tous les chercheurs, appelée principe anthropique : « l’univers se trouve avoir, très exactement, les propriétés requises pour engendrer un être capable de conscience et d’intelligence (l’homme) ».

Il se base sur un impressionnant calcul de probabilité : «Les astrophysiciens peuvent jouer aux dieux créateurs en construisant des modèles d’univers, chacun avec sa propre combinaison de constantes et de conditions initiales, grâce à la puissance des ordinateurs modernes. La question … qu’ils se sont posée pour chaque modèle d’univers est : héberge-t-il la vie et la conscience après une évolution de 13,7 milliards d’années ? La réponse est … : la vaste majorité des univers possède une combinaison perdante (…) – sauf le nôtre (…) La précision stupéfiante du réglage de la densité initiale de notre univers est comparable à celle que devrait montrer un archer pour planter une flèche dans une cible carrée d’un centimètre de côté qui serait placée aux confins de l’univers, à une distance de quelque 14 milliards d’années-lumière.»(1)

«Aucun scientifique ne contestera le réglage très précis des constantes physiques et des conditions initiales de l’univers pour permettre notre existence (…) Les débats surviennent quand il s’agit d’aller plus loin, quand on aborde le principe anthropique fort (…): ce réglage est-il dû au seul hasard ? Ou bien résulte-t-il de la nécessité, si bien que les valeurs des constantes … sont les seules permises ? Disons le tout de suite : la science est incapable de trancher entre ces deux propositions.»(2)

Trinh Xuan Thuan a pris partie pour l’hypothèse «forte»:

«Une autre raison pour laquelle je m’insurge contre l’hypothèse du hasard est que je ne puis concevoir que toute la beauté, l’harmonie et l’unité du monde soient le seul fait de la chance (…) Je pense qu’il faut parier, comme Pascal, sur l’existence d’un principe créateur (…) mais c’est un postulat que la science est incapable de démontrer, qui relève de la métaphysique».(3)

«Certains avancèrent que l’émergence de l’intelligence et de la conscience dans l’Univers n’était qu’un simple fait dû au hasard (…) L’univers n’avait que faire de notre présence. Il s’en souciait comme d’une guigne (…) Jacques Monod: ‘ L’homme est perdu dans l’immensité indifférente de l’Univers d’où il a émergé par hasard ’ (…) Steven Weinberg: ‘ Plus on comprend l’Univers, plus il nous apparaît vide de sens ‘… je ne suis pas d’accord avec cette vision désespérante du monde».(4)

La «complémentarité des approches scientifique et spirituelle est très importante. Je suis persuadé que la science n’est pas la seule fenêtre qui nous permet d’accéder au réel. Ce serait arrogant, de la part d’un scientifique, d’affirmer le contraire (…) La science nous apporte des informations, mais n’a rien à voir avec notre progrès spirituel et notre transformation intérieure (…) Confronté à des problèmes éthiques et moraux, notamment en génétique, le scientifique a besoin de la spiritualité pour l’aider à ne pas oublier son humanité»(5)


 

Le silence de la foi.

Par Le 25/09/2016

 

 

Quand je vois les adhérents aux partis politiques et leur « foi » en leur sauveur, j’aimerais pouvoir leur dire qu’il ne s’agit que de croyances.

Le croyant est inquiet et il a besoin de partager ses peurs. C’est le rôle des meetings politiques. Le croyant adopte la vision tronquée du réel diffusée par la masse et les discours « liturgiques » des leaders.

La croyance est le tuteur de ceux qui n’ont pas la foi.

La croyance se nourrit d’un espoir apporté par une projection.

La foi, elle, n’a aucun espoir, aucune attente. Elle n’existe pas dans un espace extérieur. Elle ne vibre qu’au plus profond…

 

La croyance vient pour combler un vide existentiel qui propage des peurs, des peurs nourries par un espace extérieur, une réalité qui inquiète et dont les leaders usent à bon escient pour gonfler les armées de croyants. On pourrait trouver dans l’enfance des croyants des traumatismes irrésolus.

La communauté des croyants, noyautée par les Maîtres, vient apaiser les douleurs des âmes apeurées et solitaires et dresser des lumières artificelles, des phares aveuglants.

 

Celui qui a foi accepte la solitude pour une raison très simple : il vit dans l’instant de sa foi en la vie et il est impossible d’être seul au cœur de la vie.

 

Le réel, et non une réalité fabriquée, c’est ce qui reste quand on a laissé derrière soi toute croyance.

La croyance est une réponse à la peur alors que la foi est un appétit de vivre. Non pas sur le repas à venir, dans l'illusion infantile que les famines ne reviendront jamais mais sur les nourritures qui ruissellent en nous, à chaque instant…

L'intellect entretient les croyances, qu'elles soient religieuses, scientifiques, philosophiques.

Ce sont des idées auxquelles on tient, avec acharnement, jusqu'à l'intransigeance parfois et sur lesquelles on cherche à avancer, comme une forme de dépendance, une addiction sociale et intellectuelle.

Ces croyances nourrissent l'ego, ce sont des signes d'appartenance, de reconnaissance, d'union.

Elles restent dans la dimension des "croyances", même si leurs adeptes leur trouvent d'indéniables justifications parce qu'elles sont justement de l'ordre de l'intellect...

Il suffit pour s'en convaincre de juger des changements de ces "croyances", des discussions infinies sur les religions elles-mêmes ou sur la politique... Elles sont fluctuantes parce qu'elles n'existent que par l'intellect et que l'intellect vit sous le joug des émotions. Il est normal qu'elles évoluent dans cet espace mentalisé, sinon, d'ailleurs, il s'agirait de fanatisme...Mais elles ne peuvent dès lors permettre à l'individu de nager en eaux libres.

La foi n'est pas dans cet espace parce qu'elle ne trouve pas sa source dans l'intellect. Elle est de l'ordre du ressenti, mais un ressenti qui n'est pas identifié, maîtrisable, reproductible. Les cinq sens eux-mêmes s'y affolent et dès lors qu'une tentative de contrôle est envisagée, tout se perd.

L'abandon du moi est à la source du Soi. La foi est son combustible. Il n'y a rien à faire. Seul l'abandon de l'intellect, momentané, involontaire ou pas, reste le point de départ.

Ne pas chercher revient à découvrir que c'est déjà là, comme si l'effort était un paravent au lieu du cheminement qu'on imagine.

Les voies de l'intellect sont des labyrinthes mouvants. Il n'est d'autres solutions que de tout raser. 

 

 

 

La foi, elle, n'est même pas une voie puisque cela laisserait entendre qu'il y a un horizon à conquérir.

Ce n'est pas une voie sur la montagne. C'est la montagne.

 

La foi est la certitude que je n'ai pas à chercher une réponse. Alors que la croyance m'invite à absorber celles qui me sont proposées. Il me serait facile de « croire » après avoir été envahi d'auras bleues qui me parlaient, d'avoir recommencé à marcher, d'être devenu une "énigme" médicale...

Les Églises m'invitaient.

Mais je n'ai pas de croyance.

J'ai une certitude. Celle d'un Esprit créateur, celle d'une Énergie divine, celle d'un Souffle commun à tout ce qui est.

La certitude aussi qu'il est inutile et présomptueux de vouloir obtenir une réponse autre que celle de la Vie en moi. Il n'est pas question pourtant de laxisme ou de lâcheté ou de fatalisme. Juste une bénédiction totale et constante devant cette certitude qu'il existe ce que je ne peux pas saisir mais qui pourtant vibre en moi.

Mon cerveau, sous le joug des pensées, est un organe perturbateur dans le courant de ce flux, un obstacle qui me prive du bonheur de l'eau qui tourbillonne.

Il me suffit de m'asseoir et de laisser monter les larmes.

 

 

La croyance est juste une pensée de l'amour qui s'étend comme un écran de fumée. 

L'amour de la vie est une foi qui danse comme une flamme éternelle. Sans aucun voile, sans aucune barrière, aucune retenue, aucune peur.

 

Dieu ? L'Energie ? L'Architecte ? Quelle importance ?

La croyance voudrait le nommer, le reconnaître, l'identifier, lui donner une histoire, un projet, nous transmettre des Textes, la croyance voudrait souder les âmes perdues, leur donner une direction...

Ça ne m'intéresse pas. Le chemin est en moi.

C'est ma foi. Une certitude.

 

Il existe des individus religieux qui n’ont aucune croyance. Ils sont dans la foi ou la foi est en eux. Les textes religieux ne les nourrissent pas, ils sont juste des accompagnants, des passerelles vers d’autres esprits nourris de la même foi. Ceux-là sont au-delà de l'intellect, aud-delà des mots, des paroles récitées.

Et puis, il y a des croyants qui se gaussent d’avoir la foi et qui nourrissent leurs croyances des Evangiles. Ceux-là sont dangereux dans le sens où ils portent leurs croyances comme des glaives ou pire encore comme une bonne conscience, une morale épuratrice, une confession salvatrice.

J’ai rencontré des individus porteurs de la foi. Ils étaient bien au-delà des discours liturgiques. Ils n'avaient d'ailleurs pour la plupart aucune autre religion que celle de l'amour de la vie.

C’est la Vie qu’ils bénissaient.

 

La Vie n'a pas de partis, pas d'étiquettes, pas de castes, pas de textes, pas de monuments.

Elle est là où les hommes se taisent intérieurement, s'assoient, contemplent, sans un mot, sans même une pensée.

Comme une déchirure dans le voile gris de l'ego, un rayon lumineux qui transperce les flots et irradie l'âme.

 

Les croyances sont des bruits du mental, des vacarmes qui se couvrent les uns les autres

La foi est un silence qui accueille à bras souverts ceux et celles qui s'assoient et se taisent.

 

 

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