Articles de la-haut
Le survivalisme (5)
On a ici une vision assez parlante des réactions de la population en cas de "craintes, de rumeurs ou d'éléments tangibles" laissant à croire qu'une pénurie majeure pourrait survenir.
Les zones urbaines sont bien évidemment les premières concernées étant donné que la popuulation n'a pas de capacité à se nourrir de façon autonome.
On peut dès lors imaginer aisément ce qui adviendrait en cas de crise réelle...
A chacun de voir s'il est justifié de l'envisager ou si ça relève d'une pathologie apocalyptique...
Les grandes surfaces prises d'assaut
Peu après l'invasion du Koweït par les forces irakiennes, l'ambassadeur d'Irak en Grèce avait affirmé, au cours d'une conférence de presse, que son pays utiliserait des armes chimiques en cas d'attaque : "Nous avons en notre possession des armes chimiques très puissantes et nous les utiliserons si l'on nous attaque." De ce fait, les médias du monde entier ont présenté la guerre du Golfe comme un conflit généralisé, où le terrorisme, les pénuries d'essence ou d'aliments de base et les attaques nucléaires, bactériologiques ou chimiques allaient être inévitables.
Les Français, qui ont connu les pénuries et les tickets de rationnement pendant plus de 6 ans, suite à l'occupation allemande de leur pays de 1940 à 1945, prennent peur, et s'imaginent vivre la Troisième Guerre Mondiale. De ce fait, dès la fin du mois de décembre 1990, les Français stockent certaines denrées, qui avaient disparues des étalages dans les années 1940 : le sucre, l'huile et les pâtes, qui sont désormais pratiquement introuvables en rayons en ce début d’année 1991...
Les chiffres datent de la première quinzaine de janvier 1991
Les autorités françaises
« Il n’y a aucun risque de pénurie alimentaire ou de rupture d’approvisionnement à craindre en France. Il n’y a donc pas lieu de constituer des stocks personnels de produits ». Véronique Neiertz, secrétaire chargée de la Consommation, a beau essayer de rappeler les Français à la raison, le raz de marée sur les produits de première nécessité se poursuit. Selon les principales enseignes, on fait plus de provisions dans le Midi que dans le Nord de la France.
Les pénuries
Le magasin Auchan de Nice, par exemple, a été littéralement dévalisé, tandis que les hypermarchés situés dans la moitié nord du pays connaissaient une fréquentation à peine supérieure à la moyenne. La société Casino confirme le phénomène et tente une explication : « Les régions du Sud ont une population plus âgée. Or ce sont précisément les personnes d’un certain âge, ayant connu les privations de la dernière guerre mondiale, qui font des stocks. Dans le Midi, les populations immigrées d’Afrique du Nord, se sentant probablement menacées, remplissent les Caddies plus que de coutume. » En moyenne, les ventes des produits de grande consommation ont augmenté de 10 à 15 % chez Auchan, de 20 à 30 % chez Ed, de 30 % chez Euromarché, de 65 % chez Continent. Au hit parade des produits pris d’assaut : le sucre, l’huile, la farine, les pâtes.
Ainsi, dans un magasin Ed du XIIème arrondissement de Paris, les clients ont acheté en moyenne 6 boîtes de conserve au lieu d’une seule habituellement, et 15 paquets de riz à la place des 4 traditionnels. La liste des denrées les plus convoitées est d’autant plus surprenante que tous ces produits sont fabriqués à partir de matières premières de France, d’Europe ou de coins du globe très indirectement concernés par la guerre du Golfe.
Selon un spécialiste, il faudrait que les transports soient bloqués plusieurs mois pour que nous venions à manquer. « Dans le cas du sucre, la panique ne rime vraiment à rien dans la mesure où nous savons maintenant fabriquer des produits de substitution – comme l’Aspartam – entièrement en laboratoire » explique-t-on chez Casino.
De nouvelles catégories de produits commencent à attirer les clients affolés : les surgelés. « L’augmentation des ventes de produits frais et, notamment de surgelés, tourne autour de 40 % contre 65 % à l’épicerie » s’étonne un responsable des magasins Continent. Tout se passe comme si les français remplissaient leurs congélateurs dans la perspective de difficultés d’approvisionnement ou de hausse des prix due aux événements du Golfe. Mais la moindre coupure d’électricité, provoquée ou non par la situation, endommagerait toutes leurs provisions…
Toujours selon Continent, les Français se mettent à stocker également les carburants : le 15 janvier 1991, la distribution d’essence à grimpé de 40 %. On a même vu des automobilistes remplir des bouteilles de plastique. Un comportement extrêmement dangereux, que la société a rapidement interdit.
La "fièvre acheteuse"
Traditionnellement, le mois de janvier est un mois creux pour les commerçants. Normal, les lendemains de fêtes et les impôts ralentissent considérablement la consommation. Mais en ce début d'année 1991, crise du Golfe oblige, certaines denrées alimentaires de base se vendent comme des petits pains.
« C'est dingue, je n'avais jamais vu ça, explique Robert Le Brun, responsable des relations avec la clientèle du Monoprix du boulevard Haussmann, à Paris. Samedi matin, le rayon des eaux minérales a été littéralement dévalisé. Peu importait la marque. Les clients se sont rués sur Evian, Vittel ou Badoit, délaissant au besoin leur eau habituelle. »
Une fidèle cliente du magasin confirme : « Vers 10h30, les rayons étaient pratiquement vides. Heureusement, il n'a pas fallu attendre longtemps pour qu'ils soient à nouveau approvisionnés. » Robert Le Brun n'est pas inquiet et ne prévoit aucune mesure particulière pour faire face à l'accroissement des demandes. « Même en cas de conflit, nous ne changerons rien à nos commandes, précise-t-il, dans la mesure où nos produits sont fabriqués en France. De toute façon, il nous serait matériellement impossible de stocker davantage de marchandises. »
Comme pour justifier leur "fièvre acheteuse", les clients "assoiffés" expliquent, sérieusement, qu'ils craignent un empoisonnement de l'eau de Paris par des terroristes irakiens. Mais le lait, les pâtes, la farine, l'huile, les conserves et surtout le sucre courraient-ils le même danger? En tout cas, les caissières des grandes surfaces voient, dès le samedi 12 janvier, défiler des Caddies entiers chargés de produits de première nécessité. Bien au-delà des courses hebdomadaires traditionnelles. "Les gens n'hésitent pas à emporter jusqu'à 60 packs de lait!" note un vendeur d'un hypermarché du XVème arrondissement de Paris.
Les fourmis, essentiellement les personnes âgées qui ont connu l'Occupation, donnent aux jeunes cigales des conseils de prudence. "Je n'aurais pas pensé toute seule à faire des provisions, explique une jeune femme en poussant un chariot plein à ras bord, si ma mère ne me l'avait pas soufflé. Pour le moment, je n'achète pas grand chose : 5 paquets de pâtes, 3 de vermicelles, autant de riz et de farine." Sans oublier quelques petits pots pour bébé, des litres d'huile et des pains de Végétaline, parce que "ça se conserve plus longtemps".
La "razzia" concerne essentiellement les grands magasins (les boutiques de quartier étant épargnées), l'alimentation et les produits d'entretien. Aucun vent de panique ne souffle sur les vêtements ou les autres rayons. A l'étage de la literie des Galeries Lafayette, par exemple, on "ne remarque aucun changement par rapport aux mois de janvier précédents".
Pourtant, la pénurie alimentaire ne peut avoir lieu puisque les ruptures de stock ne gardent qu’un caractère temporaire, car la plupart des grandes surfaces avaient légèrement anticipé la demande. Toutes se veulent rassurantes : elles comptent sur la limitation des moyens financiers et des capacités de stockage des consommateurs. En effet, ni les budgets ni les appartements, en particulier à Paris, ne sont extensibles à l’infini. Les consommateurs n’ont aucun intérêt à ces comportements excessifs, car les professionnels pourraient bien en profiter de manière intempestive. Pour cela, Véronique Neiertz conseille à tous les consommateurs de consulter le Minitel 36-14 code Consom.
Autres signes du malaise ambiant
Mais la crainte suscitée par les derniers épisodes de la crise du Golfe ne s'exprime pas uniquement à travers les achats démesurés. Pour sa promotion sur le miel, Monoprix avait disposé un mannequin déguisé en apiculteur (visage masqué, gants, outils étranges...) à l'entrée du magasin. Gênés par la ressemblance de la tenue d'apiculteur avec les combinaisons distribuées en cas de guerre chimique, des clients ont gentiment réclamé qu'il soit retiré. L'inquiétante silhouette a été mise de côté.
L’augmentation des ventes d’armes à feu provoque également l’inquiétude des autorités. Ainsi, les villes de Nice, Grasse, les départements de l'Hérault et du Vaucluse font face à un raz-de-marée sur les ventes d’armes à feu. Les responsables des magasins Auchan et Euromarché d'Avignon ont, de leur propre initiative, fermé momentanément leur rayon d'armurerie. Pour stopper l'hémorragie, le ministère de l'Intérieur a envoyé en catastrophe aux préfets une circulaire interdisant le renouvellement ou la délivrance de ports d'armes de première et quatrième catégories (tir sportif et défense).
Autre symptôme d'inquiétude : en une seule journée, un cabinet de voyance parisien a recensé plusieurs demandes concernant l'évolution de la crise du Golfe. "Une femme de militaire et un homme d'affaires travaillant dans l'or m'ont notamment consulté sur la suite des événements dans le Golfe Persique" confesse un extralucide. Sans pour autant préciser quelle réponse il leur a apportée...
Le survivalisme (4)
Voilà un autre thème particulièrement d'actualité... Le terrorisme biologique.
Nous vivons dans un monde éminemment dangereux et il serait illusoire, encore une fois, de penser que cela ira mieux dans quelques temps...
La question qui se pose est donc la suivante : "Qu'est-ce que je devrais faire si cela arrivait ? "
Et l'erreur monumentale serait de penser que ça ne peut pas arriver...
http://www.academie-medecine.fr/publication100035704/
Accueil › La réponse sanitaire au risque biologique terroriste
Bull. Acad. Natle Méd., 2007, 191, no 6, 993-1003, séance du 12 juin 2007
SÉANCE THÉMATIQUE SUR « LA RÉPONSE SANITAIRE AU DÉFI DU TERRORISME HORS CONFLIT ARMÉ »
La réponse sanitaire au risque biologique terroriste
Mots-clés : anthrax.organismes genetiquement modifiés. surveillance environnement.. terrorisme biologique. variole
Healthcare response to bioterrorism
Keywords (Index medicus) : bioterrorism. carbuncle. environmental monitoring.. organisms, genetically modified. smallpox
Jean-Étienne Touze, François Bricaire, Daniel Garin
Résumé
Le risque biologique agressif fait appel à des agents pathogènes hautement virulents, susceptibles d’induire au sein des populations un état de panique et une désorganisation socio-économique. Si certains agents historiques (charbon, peste, toxine botulinique…) sont faciles à produire, il n’en est pas de même pour d’autres agents pathogènes (virus des fièvres hémorragiques par ex) dont la culture nécessite une infrastructure sophistiquée et un support étatique. Le bioterrorisme pourrait évoluer demain vers l’utilisation de nouveaux pathogènes génétiquement modifiés dont l’obtention pourrait être facilitée par l’essor et la diffusion des nouvelles technologies. Dans ce contexte, il convient de compléter notre capacité de réaction en optimisant notre dispositif d’alerte et notre capacité diagnostique. La surveillance épidémiologique en temps réel et la création d’un réseau de laboratoires de haute sécurité couvrant tout le territoire national permettront d’avoir une réponse adaptée face à toute nouvelle maladie infectieuse qu’elle soit émergente ou provoquée. Le regroupement des compétences cliniques et de recherche au sein d’infectiopôles apporteront à la microbiologie une nouvelle dynamique
INTRODUCTION
Le risque biologique qu’il soit émergent ou provoqué, est devenu une préoccupation majeure car il fait référence à des agents d’une grande virulence, hautement pathogènes et dont certains ont dans un passé récent, déclenché des épidémies sévères.
Surtout, ce type de menace réveille dans notre inconscient collectif des peurs ancestrales. Il génère au sein des populations un état de panique et peut être la cause d’une désorganisation socio-économique de grande ampleur. Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), l’épidémie de grippe H5N1 et les attentats à l’anthrax qui ont touché les Etats unis en octobre 2001, en sont des exemples démonstratifs.
Face à cette menace, les pouvoirs publics sont désormais confrontés à plusieurs interrogations. Quel est le risque réel du bioterrorisme et quelle importance lui accorder par rapport aux autres périls collectifs ? Quelle est notre capacité de réaction vis-à-vis de ces agents pathogènes et à ceux du futur ? Quelles recommandations peut-on proposer dans la réponse sanitaire au risque biologique intentionnel ?
LES AGENTS BIOLOGIQUES HISTORIQUES.
Les données de l’histoire et des dernières décennies ont permis d’établir une liste des agents pathogènes vivants ou non, issus du monde animal, végétal ou microbien auxquels s’associent des substances toxiques chimiques, potentiellement utilisables à des fins militaires ou terroristes.
L’emploi et l’efficacité de ces moyens agressifs impliquent un certain nombre de critères. Si la virulence et la toxicité sont déterminantes, il faut aussi prendre en compte les contraintes techniques (fabrication, vectorisation, dispersion), le concept d’emploi, la réponse de l’hôte, le pouvoir épidémiogène et de nombreux facteurs environnementaux [1, 2].
Le Center Disease Control (CDC) a ainsi retenu une liste de deux classes d’agents :
— classe A : Bacillus anthracis agent du charbon , Yersinia pestis agent de la peste, les orthopoxvirus ( variola major , Monkey Pox , Camel Pox , la toxine botulinique, les virus des fièvres hémorragiques (virus Lassa, Ebola, Marburg, Rift Valley, Crimée-Congo) ;
— classe B : Francisella tularensis responsable de la tularémie, Burkholderia mallei agent de la mélioidose,
Coxiella burnetii responsable de la fièvre Q, les rickettsioses (
Rickettsia prowaseki, conorii …), la brucellose, Vibrio cholerae et la ricine.
Dans cette liste, de nombreux agents peuvent être acquis avec une technologie rudimentaire. C’est le cas en particulier de Bacillus anthracis, Yersinia pestis, la toxine botulinique , les rikettsies ( R. prowaseki, R. conorii, R. ricketsii ) et Coxiella burnetti . Ces derniers peuvent être facilement cultivés et produits en grande quantité par un laboratoire modestement équipé. Leurs spores sont peu altérées par la chaleur, la dessiccation et les rayons UV. Ils ont une résistance prolongée dans le milieu extérieur et peuvent être utilisés à des fins terroristes. Il n’en est pas de même pour d’autres (virus des fièvres hémorragiques, Burkholderia ,…) qui nécessitent des chercheurs de haut niveau et des laboratoires de technologie avancée inaccessibles à des groupes isolés et dépourvus de support étatique [3].
La variole constitue un cas particulier. Cette maladie qui a été dans le passé un des pires fléaux qu’ait connu l’humanité, a été éradiquée en 1978, grâce à la large campagne vaccinale menée par l’OMS. Toutefois, des quantités importantes de souches virales ont été conservées aux Etats Unis et en Russie et la découverte de programmes russes secrets, d’emploi militaire, ont fait craindre leur possible utilisation par des états « proliférants » ou par des groupes terroristes. La mortalité induite par ce virus est dans des populations non immunisées, de 20 à 50 %. En revanche, ses effets seraient limités dans des populations plus âgées, ayant été vaccinées au moins une fois dans leur vie [4, 5]. Face à ce risque hypothétique, la France s’est préparée dès 2002, en reconstituant un stock vaccinal à partir des premiers vaccins historiques, produits jusqu’au début des années 80 auxquels ont été associés des vaccins de deuxième génération utilisant les mêmes souches (souche Lister, NYCBH). L’emploi d’aiguilles bifurquées et les nouvelles présentations (150 à 500 doses) ont permis à l’Etat de disposer de plus de 70 millions de doses. Cette démarche capacitaire a été complétée par la création en 2003, d’une équipe vaccinale spécifique, capable en présence d’une variole confirmée sur le territoire national, d’immuniser en moins de 14 jours, toute la population. Cette disposition est actuellement écartée en l’absence de menace identifiée, en raison des risques vaccinaux prévisibles et d’inévitables complications pouvant survenir chez des personnes allergiques ou immunodéprimées (estimés à plus de 2 millions). Les vaccins de troisième génération obtenus par synthèse génétique ou par passages cellulaires répétés devraient être théoriquement dénués d’effets indésirables mais les données obtenues avec la seule souche disponible MVA (Modified Vaccinia Ankara) très atténuée et non réplicative restent encore limitées [6].
LES MODALITÉS D’EMPLOI.
Les conséquences sanitaires de l’utilisation d’une arme biologique dépendent largement de son concept d’emploi et de la vulnérabilité des populations concernées. En effet, pour qu’une maladie infectieuse touche le maximum d’individus ou ait toutes les chances de déclencher une épidémie, il faut une population vierge et réceptive.
Pour y parvenir, l’agresseur éventuel se heurtera inévitablement à deux écueils. Le premier est qu’il lui sera impossible d’avoir une connaissance préalable du niveau immunitaire des habitants du pays ciblé avec pour corollaire, l’imprévisibilité de la réaction de l’hôte vis à vis des agents pathogènes. Le second est que si l’on souhaite un plein succès à la diffusion d’une épidémie, il faut tenir compte de l’écologie de la zone, des conditions climatiques (humidité, vents, hygrométrie, chaleur, rayons UV …), de la présence pour certains germes d’animaux réservoirs et ou de vecteurs.
Tous ces facteurs qui conditionnent la survie et la diffusion des agents dans l’environnement sont difficiles à prévoir dans une démarche terroriste.
Il est malgré tout possible pour l’agresseur, de s’affranchir des modèles épidémiologiques en dispersant artificiellement par aérosols des agents biologiques. De nombreux scénarios d’attaque sont régulièrement évoqués : contaminations de la chaîne alimentaire, des systèmes de confinement ou de ventilation de lieux publics, épandage d’aérosols infectieux. Dans ces hypothèses, on individualise des germes qui associent des conditions de production facile et une grande résistance ( bacillus anthracis, coxiella burnetii, Rickettsia prowaseki …) et d’autres plus fragiles comme yersinia pestis . Pour ces agents pathogènes, la dissémination par voie aérienne (aérosols, épandage) est le plus souvent évoquée mais sa réalisation est complexe.
L’hypothèse la plus plausible est la contamination des systèmes d’aération de lieux publics (métro par ex) mais pour y parvenir de grandes quantités devront être introduites en raison de la vitesse de dilution de l’agent dans des courants d’air importants. Il faudrait aussi que les particules pathogènes soient suffisamment fines (1 à 5 microns) et d’un faible pouvoir électrostatique pour qu’elles pénètrent le poumon profond. Même si ces conditions étaient réunies, le nombre de victimes serait probablement limité, mais la répercussion médiatique et la panique de la population occasionneraient de lourdes perturbations [3]. Ce fût le cas en 2001, lorsque les Etats Unis furent touchés par une vague d’attentats utilisant des lettres et colis piégés avec de la poudre d’anthrax. Le produit utilisé avait été efficace (plusieurs cas de charbon pulmonaire) parce que les contraintes de l’aérosolisation avaient été franchies par un laboratoire américain de haute technologie. Les dégâts causés par cette attaque, faibles en terme de morbi-mortalité (22 cas de charbon, 5 décès), furent considérables par les répercussions socio-économiques : désorganisation du travail parlementaire et du tri postal, plusieurs dizaines de millions de dollars dévolus à la décontamination et à l’antibiothérapie préventive de la population.
A côté des agents microbiens, certaines toxines et composés chimiques peuvent être adaptés à des fins terroristes. Dans ce domaine, la ricine et la toxine botulinique (surtout A, B ou E) sont le plus souvent citées. La première a déjà été utilisée ponctuellement comme arme biologique antipersonnelle (on se souvient de l’assassinat en 1978 de Gregory Markov, journaliste bulgare avec un parapluie contenant à son extrémité une seringue de ricine). La seconde est l’un des plus puissants poisons actuellement connus. Nous n’avons pour le combattre aucun antidote spécifique et peu de stocks d’anatoxines disponibles. La toxine botulinique pourrait être dispersée par aérosol mais cette éventualité suppose une technique de dissémination n’altérant pas son activité. Son introduction dans les circuits d’eau potable ou dans la chaîne alimentaire (grande distribution, restauration collective) souvent évoquée, provoquerait des toxi-infections redoutables. Toutefois, il convient de tempérer la dangerosité de tels scénarios en rappelant que la toxine botulinique est sensible à la chaleur, aux oxydants et à la chloration de l’eau, significativement augmentée dans les réseaux d’adduction depuis 2002.
LES NOUVELLES RÉALITÉS DU RISQUE BIOLOGIQUE Les organismes génétiquement modifiés
En portant un regard sur l’avenir, il est possible d’imaginer les futures menaces terroristes. Les progrès spectaculaires réalisés dans le domaine du génie génétique sont d’indéniables avancées bénéfiques pour l’humanité mais peuvent aussi être détournées à des fins agressives. A très long terme, la progression et la généralisation incontrôlée de ces nouvelles biotechnologies pourraient déboucher sur une palette de menaces potentielles. Il est ainsi facile d’introduire des plasmides de résistance dans des souches bactériennes ou d’amplifier la virulence d’un agent pathogène en modifiant son génome. Cela a déjà été réalisé en 2001, lorsqu’une équipe australienne a intégré accidentellement le génome de l’interleukine-4 dans une souche de poxvirus, la rendant particulièrement virulente, résistante aux anti-viraux et capable de tuer toutes les souris infectées, même celles préalablement immunisées [7]. Les perspectives ouvertes par cette expérimentation sont inquiétantes par leurs applications à des fins belliqueuses. Une telle hypothèse est a priori, purement théorique car elle ne peut être envisagée sans une structure de haut niveau technique, difficilement accessible à un groupe terroriste isolé. De plus, il est possible que ces organismes génétiquement modifiés, soumis à une concurrence microbienne ne puissent survivre dans le milieu extérieur.
L’agroterrorisme est un autre sujet de préoccupation envisagé par de nombreux
Etats. L’épidémie de fièvre aphteuse survenue en 2001 au Royaume Uni et celle récente de grippe aviaire, bien qu’elles n’aient pas été intentionnellement provoquées, ont montré toutes les répercussions d’une maladie infectieuse sur le monde animal et sur la chaîne alimentaire et qu’il pouvait être plus facile de s’attaquer à la filière animale qu’aux personnes. L’histoire nous rapporte de possibles contaminations délibérées de l’agriculture ou du bétail. Les USA furent ainsi accusés par la Chine et la Corée d’avoir introduit des plantes toxiques sur leurs territoires. On leur attribue aussi l’épidémie de peste porcine qui décima le cheptel porcin de Cuba en 1971. De leur côté, les USA accusèrent l’URSS d’avoir utilisé entre 1978 et 1980 des toxines (aflatoxines, mycotoxines ?) contre les tribus Mong du Laos. Toutes ces allégations n’ont jamais été confirmées mais dans ces exemples les conséquences sociétales et économiques ont été chaque fois désastreuses [1]. Un tel risque ne peut être aujourd’hui exclu, mais son impact serait pour nos sociétés probablement limité par les mesures drastiques de sécurité et de contrôle de la chaîne alimentaire.
QUELLE EST NOTRE CAPACITÉ DE RÉACTION ?
Face à la menace bioterroriste, les pouvoirs publics ont pris trois grandes dispositions : la création d’un ensemble de mesures médicales, le renforcement du système d’alerte et la création d’un réseau de laboratoires capable d’assurer en permanence, sur tout le territoire, une chaîne diagnostique. Toutes ces actions s’intègrent dans le plan de réponse gouvernemental BIOTOX.
Les mesures médicales
Dès 2001 et jusqu’en 2005, un effort budgétaire significatif a été consacré à la constitution de stocks d’antibiotiques (cyclines, quinolones de 3eme génération) et de vaccin antivariolique. Elles ont été récemment complétées par des stocks importants d’oseltamivir et de masques de protection pour faire face à une éventuelle pandémie grippale. Ce changement de priorités est habituel en santé publique car l’Etat doit répondre dès la survenue d’un événement, pour rassurer rapidement la population apeurée par la presse, avant d’être amené à réagir quelques mois plus tard, devant d’autres circonstances. Une telle approche peut être dangereuse car elle aboutit à une banalisation des risques et pour la population, à une perte des postures de sécurité [8]. Le principal point positif est que ces nouvelles maladies émergentes, qui ont occupé l’actualité ces dernières années, ont permis d’établir des plans nationaux de lutte contre la variole, le SRAS et la grippe aviaire qui complètent le dispositif BIOTOX. Ils prennent en compte : les nouveaux niveaux d’alerte définis par l’OMS, les rôles de chaque intervenant aux échelons ministériel, zonal et départemental, la formalisation des principes d’information et de communication en direction du public et des professionnels. Ces dispositions ont surtout l’avantage d’être évolutives et adaptables à toute menace liée à un nouvel agent infectieux.
Le réseau d’alerte épidémiologique
Le système de surveillance épidémiologique actuellement opérationnel en France, repose sur le signalement sans délai à l’autorité sanitaire, des maladies à déclaration obligatoire. Leur liste a été complétée par les infections pouvant être liées à une attaque biologique. L’Institut de veille sanitaire a complété son système d’alerte par la mise en place au sein des cellules interrégionales d’épidémiologie (CIRE), de postes spécialisés sur le bioterrorisme. Par ailleurs nos réseaux de veille épidémiologique sont en relation permanente avec les grands organismes internationaux de surveillance de l’OMS, du CDC d’Atlanta et du système « Bichat » (Biochemical and Chemical Attack Threat) mis en place par l’union Européenne à Luxembourg.
Cette organisation permet un échange permanent des données et le déclenchement à tout moment, des alertes spécifiques.
Le réseau de laboratoires
A la suite des attaques avec du bacille du charbon survenus aux États-Unis en octobre 2001, la France et le Royaume Uni ont été concernés par une vague d’alerte utilisant des enveloppes et des colis contenant des poudres suspectes de contenir du Bacillus anthracis . Plusieurs milliers de prélèvements ont du être analysés dans des laboratoires de haute sécurité, paralysant pendant plusieurs mois, l’activité de plusieurs centres de recherche militaires et civils. Le nombre et la diversité de ces alertes a mis en évidence de nombreuses failles dans la chaîne d’identification :
surcharge majeure des circuits de laboratoires, absence de procédure de tri et de suivi des envois suspects. C’est pour cette raison que le Secrétariat Général pour la Défense Nationale (SGDN) a mis en place en décembre 2004, une coordination scientifique du réseau des laboratoires experts. Sa mission est de répondre à plusieurs objectifs :
— établir une cartographie des compétences dans le domaine du risque biologique agressif ;
— améliorer et compléter le maillage territorial en laboratoires, les uns de haute sécurité (niveaux 2 et 3) et les autres spécialisés dans l’étude des toxines et des agents pathogènes orphelins (ricine, burkholderia ). L’objectif est aussi de disposer d’un laboratoire de référence par zone de défense et de ne laisser aucune grande agglomération en dehors du réseau d’alerte biologique ;
— standardiser les procédures techniques et les protocoles de prise en charge, obtenir une accréditation et une certification des laboratoires experts par un contrôle des bonnes pratiques et de la qualité ;
— valider de nouveaux outils d’identification des agents pathogènes (techniques PCR quantitative ou en temps réel, biopuces avec sondes ADN ou ARN, typage moléculaire…) ;
— organiser des formations de techniciens et des exercices d’alerte ;
— exprimer les besoins en recherche-développement qui pourraient conduire à l’amélioration des techniques.
L’architecture instaurée assure une couverture nationale du diagnostic des prélèvements provenant de l’environnement, des réseaux d’adduction d’eau et de la chaîne alimentaire ainsi que des échantillons biologiques prélevés chez des malades ou des personnes potentiellement exposées à un danger identifié. L’organisation mise en place est décentralisée sur les laboratoires de référence des sept zones de défense avec comme maillon ultime d’identification, le laboratoire P4 (INSERM-Mérieux) de Lyon. La coordination du réseau est assurée par le SGDN. Ce nouveau dispositif actuellement opérationnel, est d’une conception très proche de ceux qui existent dans d’autres pays en particulier en Grande Bretagne et aux USA.
LES LIMITES DE LA RÉPONSE AU BIOTERRORISME L’alerte épidémiologique.
L’identification des maladies émergentes et des groupements épidémiques est souvent faite a posteriori, sur la base des déclarations des systèmes d’alerte et de surveillance épidémiologique, utilisés par la plupart des pays. Or, l’absence fré- quente de spécificité de la phase initiale des maladies infectieuses peut dans le cas d’une attaque bioterroriste, être à l’origine d’un retard diagnostique lourd de conséquences. C’est dire tout l’intérêt d’une déclaration par syndromes qui complé- terait efficacement le dispositif de surveillance [9,10]. Ce procédé a permis la détection précoce de l’épidémie de West Nile qui a touché l’état du Maryland entre 1999 et 2001. Dans cette approche, le recours à la surveillance épidémiologique en temps réel permet d’identifier et de résoudre très précocement tout événement inopiné susceptible d’avoir un impact sur la collectivité. Ces nouveaux outils de surveillance épidémiologique utilisent la transmission satellitaire et le suivi temporo-spatial. Les données recueillies sont confrontées à des paramètres environnementaux (pluviométrie, température, hygrométrie, importance et direction des vents…) et aux flux migratoires humains, animaux et vectoriels. Il est alors possible grâce à des modèles bio-mathématiques de prévoir la dynamique d’une maladie transmissible et d’intervenir très précocement. Cette surveillance automatisée et en temps réel a été récemment instaurée par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) au sein des hôpitaux de Paris. Son principe est de recueillir et d’analyser les syndromes qui correspondent aux phases prodromiques des principaux agents du bioterrorisme (syndromes digestifs, respiratoires, cutanés, neurologiques). Ce dispositif a vocation à terme d’être généralisé à l’ensemble du territoire.
Des compétences dispersées
Toutes les actions concernant le bioterrorisme comme celles en cours de développement, ont trait aux relations entre l’homme et les agents pathogènes. Dans la prévention de ce danger, il convient de garder en mémoire plusieurs notions. La première, est qu’il n’existe aucune frontière entre le risque biologique naturel et intentionnel. La seconde, est que les maladies émergentes sont pour la plupart issues du monde animal et inévitablement appelées à se développer. La dernière, est l’absence, en dépit des dispositions prises par le SGDN, de synergies dans le domaine de la recherche, qu’il s’agisse des structures étatiques (INSERM, CNRS, Université) ou du partenariat privé- public. Les secteurs vétérinaires et l’INRA sont peu sollicités pour l’expertise microbiologique alors que les moyens dont ils disposent (nombreux experts, laboratoires de haute sécurité, animaleries) compléteraient utilement le dispositif mis en place pour la veille et la recherche sur les maladies infectieuses. C’est dire tout l’intérêt d’établir une étroite synergie entre la pathologie humaine, vétérinaire et le monde agricole. La création de véritables « infectiopoles » regroupant toutes les compétences permettrait de corriger cette lacune et d’apporter à la recherche en microbiologie, une nouvelle dynamique [11].
L’absence de posture de défense
Il n’existe en France aucune politique préventive efficace dans la lutte contre les agents du terrorisme. La posture nationale de défense doit concerner tous les citoyens. Si le plan Vigipirate est bien connu, la culture de prévention est insuffisamment instaurée. Elle doit concerner tous les agents du risque qu’ils soient biologiques, chimiques ou radionucléaires. Dans la suite des attaques terroristes de 2001, des efforts ont été faits avec la réalisation d’exercices de défense et de sécurité, en France et en Europe, ayant pour objectifs de valider les circuits de commandement, de tester le fonctionnement de la chaîne opérationnelle et les équipements, de préparer une politique de communication face à une menace identifiée. Ce sont les exercice variole (mai 2004), pandémie grippale (juin 2005) et à propos des autres formes d’agression, les exercices METROTOX 2003, 2004, 2005 et EURATOX 2002.
Ces expériences qui ont impliqué les acteurs de premier secours, n’ont malheureusement pas été suffisamment portées à la connaissance de la population. Celle-ci ne pourra avoir de réaction adaptée que si elle est suffisamment préparée. Les citoyens doivent bénéficier eux aussi d’exercices, d’une pédagogie du risque et d’un apprentissage des postures de sécurité. Le rôle de l’école et des enseignants est sur ce point, essentiel. En sensibilisant les élèves aux dangers et aux mesures de prudence qu’il convient d’adopter face à une menace non identifiée, la réaction de panique, objectif prioritaire de tout acte terroriste, pourrait être limitée. Des formations ont déjà été initiées par l’Education nationale et sont dans certains départements, renforcées par les actions des trinômes académiques (IHEDN-Défense-Education nationale).
Elles devront être généralisées et institutionnalisées. Dans le prolongement de ces démarches, les médias doivent être aussi impliquées. Ils ne doivent pas se limiter à la recherche du « scoop », mais doivent aussi délivrer des messages pédagogiques et scientifiquement validés. Il convient enfin de rappeler que la vigilance doit être permanente et régulièrement entretenue par les pouvoirs publics surtout pendant les périodes de répit comme c’est actuellement le cas. Force est de constater que depuis trois ans, le risque hypothétique de pandémie grippale H5N1 a éloigné de nos esprits, la crainte du bioterrorisme.
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Toutes les dispositions développées ci-dessus (veille épidémiologique, réseau de laboratoires, contre mesures médicales, collaboration internationale) nous permettent de mieux réagir à une éventuelle menace biologique quelle que soit sa nature.
Il serait toutefois imprudent d’affirmer que nous sommes prêt à faire face à une attaque bioterroriste. En effet, notre capacité médicamenteuse est limitée aux stocks nationaux de cyclines et de vaccins antivarioliques. répartis et troNous ne disposons à ce jour, ni d’antitoxines botuliniques, ni de molécules antivirales efficaces en raison du peu d’efforts que leur consacre la recherche industrielle. D’un point de vue épidémiologique, le système d’alerte est dans l’incapacité de détecter très précocement tout phénomène anormal pouvant avoir un impact en santé publique. Enfin, la recherche est éclatée, les moyens qui lui sont consacrés inégalement p souvent focalisés sur les soucis du moment.
Le SRAS, les épidémies de grippe aviaire H5N1 et de Chikungunya à la Réunion nous ont bien montré que la réponse sanitaire était à chaque fois retardée et disproportionnée. En revanche, les plans nationaux qui ont été mis en place ces dernières années nous ont permis de réorganiser nos moyens de lutte et d’avoir une réponse adaptée lorsque nous serons demain confrontés à une nouvelle menace biologique émergente ou provoquée. En définitive, il convient de garder à l’esprit que la menace bioterroriste est toujours présente même si elle a été reléguée au second plan par l’émergence de nouveaux agents infectieux.
Alors ? Le survivalisme ? Une abberation ou une prise de conscience de la situation ?
On peut envisager également, en dehors du risque terroriste, un "accident" .... On en trouve des traces sur le Net... On dirait vraiment un scénario pour le cinéma... Et c'est pourtant réel...
La mystérieuse disparition de 2 349 tubes contenant du virus SRAS
Le risque infectieux de ces éprouvettes issues d'un laboratoire de l'Institut Pasteur est « nul », selon un comité d'experts réuni à la demande du ministère de la santé.
LE MONDE | • Mis à jour le | Par Elise Godeau
image: http://s2.lemde.fr/image/2014/04/15/534x267/4401271_3_da4f_deux-mille-trois-cent-quarante-neuf-tubes_88e2fdf996a898d968e0b67624b218ac.jpg
Comment 2 349 tubes contenant des fragments du virus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ont-ils pu disparaître d'un laboratoire de l'Institut Pasteur ? Et le coronavirus SRAS, potentiellement perdu dans la nature, pourrait-il faire de nouvelles victimes, onze ans après la pandémie qui avait infecté 8 000 personnes et causé la mort de plus de 800 malades ?
La réponse à la seconde question est claire : d'après le comité d'experts réuni à la demande du ministère de la santé, le risque infectieux est « nul » car les éprouvettes égarées ne contenaient qu'une partie du virus. Incomplet, celui-ci est inoffensif, y compris en cas de contact, de transmission aérienne ou d'ingestion.
Passée la question de la dangerosité, celle de savoir comment l'institution a pu perdre plusieurs milliers de tubes de SRAS demeure. Plus de deux mois après l'inquiétante découverte – et quelques jours après en avoir fait l'annonce officielle par communiqué de presse –, l'Institut Pasteur n'est toujours pas en mesure d'expliquer avec certitude ce qui a pu se produire.
« UNE SITUATION INACCEPTABLE ET INCROYABLE »
Fin janvier, des membres du personnel effectuent l'inventaire annuel quand ils remarquent une anomalie. Dans le congélateur d'un laboratoire P3 – un type de laboratoire très sécurisé où sont manipulés des virus pouvant entraîner des pathologies graves – à l'endroit où auraient du se trouver 2 349 petits tubes de quelques centimètres de hauteur, il n'y a rien. Les échantillons inscrits dans la base de données sont introuvables.
Deux mois plus tard, Christian Bréchot, le directeur général de l'Institut Pasteur, reste sidéré : « C'est une situation inacceptable et incroyable ! » Aussitôt après la constatation de l'absence des tubes, l'institut lance une enquête.
Pendant plusieurs semaines, le matériel, les personnes et les procédures sont passés en revue. « On a cherché ces boîtes [les échantillons étaient disposés dans 29 boîtes] partout. On a repris les listes de toutes les personnes qui avaient travaillé ici depuis un an et demi, y compris les stagiaires. On a analysé les profils pour vérifier qu'il n'y ait pas eu de conflit », détaille le directeur général.
Cependant, l'hypothèse d'un acte malveillant est « hautement improbable » d'après Christian Bréchot. D'abord parce que la réglementation en matière de micro-organismes et toxines hautement pathogènes (MOT) – famille à laquelle appartient le SRAS – est très contraignante.
« ON DOIT TOUT ENVISAGER »
Comme l'explique un chercheur qui souhaite garder l'anonymat, « quand on travaille sur les MOT, l'étiquetage des tubes est fait de telle manière qu'une personne étrangère au laboratoire, qui n'a pas accès à la base de données, ne peut pas savoir ce que les éprouvettes contiennent ».
Autre point qui discrédite la thèse d'une manipulation malveillante : on ne peut sortir d'un laboratoire classé P3 qu'en passant par un sas de désinfection. Le virus n'y aurait pas survécu. Et puis, plus simplement, il y a la question de l'accès. Sur les 2 500 personnes qui travaillent au sein de l'Institut Pasteur, seules 150 travaillent sur les MOT et ont accès aux différents laboratoires P3. Pour y entrer, il faut passer par le service personnel.
Malgré tous ces éléments, la piste d'un acte malveillant n'est pas complètement écartée à ce stade. L'institut a d'ailleurs déposé une plainte contre X. « On doit tout envisager », indique Christian Bréchot, même si d'après lui, l'hypothèse la plus probable est celle d'une erreur survenue lors d'un transfert entre deux congélateurs. Pour comprendre, il faut remonter à la fin de l'année 2012. A ce moment là, les 2 349 tubes de SRAS ont été changés de congélateur à cause d'un problème de décongélation.
« LES ÉCHANTILLONS ONT PU ÊTRE DÉTRUITS PAR INADVERTANCE »
L'institut a bien la trace des éprouvettes après le trajet aller, mais la faille pourrait se trouver au niveau du trajet retour : « Nous pensons qu'une erreur a pu se produire en mars 2013, lorsque les tubes ont réintégré le congélateur d'origine, explique le directeur. Les échantillons ont pu être détruits par inadvertance. Nous cherchons à savoir quand a eu lieu ce deuxième trajet.» Il s'agirait donc d'une erreur humaine, d'une personne qui aurait oublié de mentionner dans le cahier prévu à cet effet qu'elle avait jeté quelque chose.
Comme le prévoit la procédure, après l'enquête interne, l'Institut Pasteur a informé l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Celle-ci a ouvert à son tour une enquête la semaine dernière. Dans ce cadre, des scientifiques de l'institut ont été auditionnés. Les investigations de l'ANSM devraient permettre de pointer les dysfonctionnements en matière de traçabilité et de proposer des mesures correctives pour éviter que cette situation sans précédent ne se reproduise.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/04/15/la-mysterieuse-disparition-de-2-349-tubes-contenant-du-virus-sras_4401244_3224.html#GRBeXbgJxfmTMxED.99
Le survivalisme (3)
Voilà un exemple parmi beaucoup d'autres qui met en avant la nécessaire préparation à un accident majeur. L'accident nucléaire.
Les Suisses disposent d'un très grand nombre d'abris nucléaires, civils ou gouvernemantaux. Des informations sont données aux habitants et chacun est invité à réfléchir à la situation, à se tenir informé, à anticiper... Est-ce que les Suisses sont un peuple de paranoïaques ?... C'est en cela que je pense que la population française vit dans une illusoire sécurité en accordant aux instances dirigeantes, la responsabilité de la sécurité dans le cas de "risques majeurs".
Je suis allé lire plusieurs documents gouvernementaux de France sur les "risques majeurs" et le plan ORSEC
A la page 16 (la dernière...), il est écrit :
Connaissez-vous les risques auxquels vous pouvez être confrontés ?
Connaissez-vous vos interlocuteurs en cas de situation d'urgence ?
Votre rôle dans le dispositif ORSEC ?
Avez-vous préparé votre organisation ?
Informé et formé votre personnel, vos administrés, vos proches ?
Réalisé des exercices ?
file:///C:/Users/PC/Downloads/plaquette%20ORSEC.pdf
Il est intéressant d'aller lire également le site de l"ASN" (agence de sécurité nucléaire" et on constate que les informations aux populations sont totalement absentes. Elles seront sous la responsabilité du Préfet de région...On invite simplement les gens concernés à prendre des pastilles d'iode et à fermer les fenêtres...
La sûreté des centrales nucléaires

SOMMAIRE
Le parc français des centrales nucléairesComment est assurée la sûretéEn fonctionnement normalEn cas d’incident ou d’accidentPériodes de maintenanceLes éléments du réacteurAgressions naturellesRadioprotection et protection de l'environnementComment améliorer la sûreté
La France est l’un des pays dotés du plus grand nombre de centrales nucléaires au monde. Pour s’assurer de leur fonctionnement dans des conditions optimales de sûreté, l’Etat a chargé un organisme public indépendant, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), de contrôler leur sûreté.
Centre d'urgence de l'ASN lors d'un exercice de crise
En cas d’incident dans une centrale nucléaire (par exemple en cas de rupture d’une tuyauterie du circuit primaire), il revient à l’exploitant de ramener le réacteur dans un état stable et de l’y maintenir. Bien que tout soit fait pour éviter leur occurrence, un accident grave pourrait conduire à ne plus pouvoir refroidir le combustible nucléaire dans la cuve du réacteur. Cette situation peu probable pourrait conduire à une fusion du combustible et à des rejets dans l’enceinte de confinement puis à l’extérieur, et avoir des conséquences pour la santé du public et pour l’environnement.
Jusqu’à l’accident de Three Mile Island, le 29 mars 1979, aux Etats-Unis, l’exploitant devait mettre en œuvre une approche dite « événementielle » pour corriger les anomalies de fonctionnement. Elle consistait, pour chaque type d’incident ou accident, à réagir en menant à bien une suite d’actions prédéterminées. Mais cette approche ne permet pas de gérer les situations complexes où l’événement à l’origine du problème se complique de défaillances matérielles ou humaines.
Cette approche a donc été remplacée progressivement par une autre : l’approche par état. Elle consiste à appliquer des stratégies de conduite (c’est-à-dire de pilotage) du réacteur en fonction de l’état réel de la chaudière, quels que soient les événements qui ont conduit à cet état. Un diagnostic permanent permet, si l’état se dégrade, d’abandonner la procédure en cours et d’en appliquer une autre, plus adaptée.
Contrôler, communiquer, informer
De son côté, l’ASN participe à la gestion des situations d’urgence. Elle vérifie et s’assure qu’EDF maîtrise l’incident et en limite les conséquences.
L’ASN apporte son concours au gouvernement et communique au préfet son avis sur les mesures à prendre pour assurer la protection de la population. Ainsi le préfet pourra prendre les décisions de protection sanitaire les plus appropriées. Il demandera par exemple aux riverains de rester chez eux, dans une pièce calfeutrée, le temps que la situation se stabilise.
L’ASN informe également les médias et le public sur l’événement en cours, en coordination avec les autres acteurs, comme le préfet ou l’exploitant. Elle fournit tous les renseignements utiles au Gouvernement ainsi qu’aux Autorités de sûreté nucléaire des pays frontaliers.
Un centre d’urgence sécurisé
Pour mener à bien ses missions, l’ASN dispose de son propre centre d’urgence relié aux installations nucléaires par des lignes dédiées sécurisées. Il lui permet d’alerter rapidement ses agents et d’échanger des informations avec ses interlocuteurs (exploitant, services de l’Etat, Commission européenne, etc.) de la manière la plus fiable.
Le centre d’urgence a été activé en conditions réelles à plusieurs reprises ces dernière années : par exemple en 1999, lorsque la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) a été inondée lors d’une des deux « grandes tempêtes » de décembre. Ou encore en 2007, à l’occasion d’une panne électrique survenue dans la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly (Loiret). Plus récemment, le centre d’urgence a été gréé :
- en 2012 : contamination quai Claude Bernard à Lyon ;
- en 2013 : entrée de manifestants Greenpeace du Tricastin) ;
- en 2014 : entrée de manifestants Greenpeace (centrale nucléaire de Fessenheim) ;
- en 2015 : ouverture d’une vanne (centrale nucléaire de Cattenom).
Le centre d’urgence est également utilisé à l’occasion d’exercices plus d’une dizaine de fois par an. Ainsi l’ASN s’assure-t-elle régulièrement que son organisation est adaptée à tous les scénarii de crise.
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On pourrait penser que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes...Des gens compétents sont formés et leurs décisions iront dans le sens de la population.
Alors, il faut aller chercher les dernières informations sur "l'EPR" de Flamanville et là, on s'aperçoit qu'un élément crucial entre en jeu : l'argent... Et on parle de milliards...
Anomalies sur la cuve de l'EPR de Flamanville : des documents accablent encore EDF et AREVA

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Nos confrères de France Inter produisent des échanges de lettres qui confirment qu'EDF et Areva "avaient été alertées dès 2005 des dysfonctionnements" de l'usine du Creusot où a été fabriquée la cuve qui équipe le réacteur de l'EPR de Flamanville.
Par Pierre-Marie Puaud
Quelques semaines plus tard, nos confrères du Canard Enchaîné révèlent que ces anomalies étaient connues "de longue date". L'industriel aurait procédé à des tests sur l'acier destiné à la fabrication du fond et du couvercle de la cuve en 2006. Ces tests auraient révélé une concentration trop importante de carbone dans l'acier, une concentration susceptible d'affecter la résistance de la cuve de l'EPR de Flamanville.
Voici le récit qu'en faisait Alexandra Huctin le 8 juillet 2015
Défaut de la cuve de l'EPR: Areva savait depuis 2006 selon le Canard enchaîné
France Inter accable EDF et Areva
Dans une enquête dont la version radiophonique sera diffusée ce samedi 1er avril dans l'émission Secrets d'Info, nos confrères de France Inter parlent d'une "incroyable négligeance". Ils publient sur leur site internet des échanges de courriers qui datent de 2005 et 2006. L'ASN avertit déjà EDF des doutes que lui inspire la forge du Creusot.
Et nos confrères de France Inter de s'interroger : "Pourquoi avoir confié la réalisation de la cuve de l'EPR à un site industriel aussi éloigné des standards habituels du nucléaire ?"
Un responsable de Greenpeace avance cette hypothèse : "Peut-être que l'utilité de construire cet EPR aurait été questionnée à nouveau. On n'était pas en mesure d'avoir un industriel français capable de fournir des pièces, et peut-être que l'intérêt de l'EPR qui visait à avoir un produit français aurait été remis en cause." Des propos qui résonnent étrangement "avec cette explication qu'EDF nous a livrée", souligne France Inter : "le gouvernement français et EDF partageaient en 2006 l’intérêt de garder la filière française opérationnelle en France. Avec le renouveau du nucléaire qui se profilait à ce moment-là, EDF a souhaité renforcer des moyens de production en France pour mieux maîtriser sa capacité de réalisation de projets industriels"
Sylvain Tronchet, journaliste à France Inter, auteur de l'enquête pour Secrets d'Info :
EPR de Flamanville : les dessous de notre enquête par franceinter
Démarrage du réacteur EPR prévu en 2018... si la cuve est jugée conforme
Au mois de novembre 2016, à l'occasion d'une visite du chantier à Flamanville, EDF a confirmé une mise en service des installations à la fin de l'année 2018.Un programme d'essais était alors en cours afin de démontrer la résistance du couvercle et du fond de la cuve de l'EPR, dont l'acier présente une concentration excessive en carbone susceptible d'amoindrir sa résistance. "Aujourd'hui, 90% des résultats sont conformes et les 10% restants de toute manière sont dans des zones où la concentration en carbone était beaucoup plus faible, et sont aussi tous conformes", assurait Laurent Thieffry, directeur du projet Flamanville 3.
L'Autorité de Sûreté Nucléaire (qui a publié la liste des anomalies sur son site internet) devrait se prononcer dans le courant de l'année sur la conformité de cette pièce essentielle qui contient le combustible nucléaire. Interrogé sur France Inter, son directeur, Pierre-Franck Chevret ne le cachait pas : "les pressions sont fortes"...
Démarrage du réacteur en 2018...C'est demain...sachant qu'EDF est tellement endettée qu'on se demande encore comment elle a le droit de fonctionner et n'est pas interdit bancaire, il y a de quoi rire...Ou s'inquiéter...EDF n'a plus le choix. Elle doit aller jusqu'au bout. Les Anglais ont acheté ce réacteur. La Finlande et l'Inde également.
La France compte 60 réacteurs nucléaires répartis dans 20 centrales en activité, en règle générale un zone d’exclusion se situe dans un rayon de 30 km défini en cas d’accident, cependant d’autres préconisent d’évacuer une zone de 80 km autour de la centrale.

"Les consignes spécifiques en cas d’accident
Dès le début de l’accident la première consigne sera d’absorber des pastilles d’iode et de se confiner, en évitant de faire rentrer des poussières radioactives dans la pièce confinée si on doit en sortir. Essayez de se protéger au maximum, passer par une pièce tampon, se laver les parties apparentes du corps, et changer de vêtements…
L’évacuation peut être ensuite commandée par les autorités si vous résidez dans une zone sensible. Dans ce cas il convient d’agir conformément aux consignes données par ces mêmes autorités."
Il faut s'intéresser également au démantèlement des centrales les plus anciennes. L'exemple de Brennilis, en Bretagne, est particulièrement révélateur du désastre et de l'importance considérable des coûts et de la durée. On comprend mieux l'acharnement à ne pas mettre fin à la centrale de Fessenheim alors que les caisses d'EDF sont déjà plus que trouées.
Cette centrale a fonctionné de 1962 à 1985 et depuis, elle est en phase de démontage...

Centrale nucléaire de Brennilis : un cadavre encombrant
Des militants anti-nucléaire ont manifesté devant la centrale de Brennilis (Finistère), samedi 23 avril, à l'occasion du 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Pas pour réclamer sa fermeture : construite en 1962 par le Commissariat à l'énergie atomique, elle a été mise à l'arrêt en 1985. A l'époque, cette décision donne le coup d'envoi du premier chantier de démantèlement jamais réalisé en France. Depuis, la centrale bretonne est en quelque sorte morte-vivante : elle n'a rien produit depuis des lustres, mais nécessite encore une étroite surveillance.
Alors que la France ambitionne de réduire de 50% la part du nucléaire d'ici 2025 et projette de fermer en 2018 la doyenne des centrales en activité, à Fessenheim (Haut-Rhin), francetv info s'est penché sur le cas de Brennilis.
Défis techniques, débats éthiques, écologiques et politiques : à elle seule, la centrale des Monts d'Arrée représente toute la complexité de l'après-nucléaire dans cette France aux 58 réacteurs — et peut-être, un jour, autant de "cadavres" industriels sur les bras.
DIX-HUIT ANS D'ACTIVITÉ ET QUARANTE-SEPT POUR DÉMANTELER
"Regardez autour de vous. C'est pas magnifique ? Cette vue sur le lac Saint-Michel et sur le mont, là, au loin ? Par ce temps !" En cette fin d'après-midi de mars à Brennilis (Finistère), les rayons du soleil dessinent des étoiles à la surface de l'eau. La bise est douce et le ciel découvert. François, un retraité venu pêcher dans ce coin paisible, a raison. C'est magnifique. Pourtant, à quelques centaines de mètres de sa chaise pliante s'élève un bâtiment en béton, au cœur de nombreuses polémiques depuis plus de trente ans : la centrale nucléaire. Ou plutôt ce qu'il en reste, quelques bâtiments et surtout son enceinte de confinement, que l'on aperçoit depuis la route et les villages alentours.
Au cœur du Finistère, les Monts d'Arrée évoquent l'Irlande et son Connemara. Des anciennes montagnes, de la lande, des tourbières, cent nuances de verts et des lacs. Dans la mythologie celte, c'est au milieu de ces terres désertes que rode l'Ankou, chargé "d'emmener les défunts dans l'au-delà." "La porte de l'Enfer", rappellent toujours les locaux — ici, François — aux journalistes qui écrivent régulièrement sur cette centrale coincée dans les limbes. Car à défaut de produire de l'électricité (l'équivalent de la consommation annuelle de la ville de Paris sur toute sa durée d'exploitation), elle fait couler de l'encre. Mise en exploitation en 1967, cette centrale expérimentale est la seule en France à fonctionner avec un réacteur à eau lourde. Mais le test n'est pas concluant. Pendant dix-huit ans, le site fonctionne par intermittence, avant d'être abandonné au profit d'une technologie jugée plus stable et plus rentable :le réacteur à eau pressurisée.
Après sa fermeture, en 1985, des employés sont restés sur le site, notamment pour mettre à l'arrêt le réacteur et évacuer le combustible. La phase 2 du démantèlement a débuté en 1997. Mais au bout de dix ans, le Conseil d'Etat, sollicité par le réseau Sortir du nucléaire, annule le décret qui autorise la procédure de démantèlement. Il pointe un manque de transparence et exige une enquête publique. Le chantier ne redémarre qu'en 2011. Aujourd'hui, EDF estime que le démantèlement complet pourrait être achevé en 2032 — soit quarante-sept ans après sa mise à l'arrêt.
"C'ÉTAIT EXCITANT DE BOSSER SUR UNE TECHNOLOGIE DE POINTE"
En attendant, la centrale "fait juste partie du paysage", confirme Samuel, 14 ans. "Elle ne dérange pas, elle est là, c'est tout." Les jeunes du coin l'ont toujours connue et se moquent des touristes "qui demandent si le poisson est radioactif". La plupart l'ont déjà visitée — il n'est pas rare, comme ce jour, de voir un bus scolaire quitter l'enceinte — mais n'y travailleront pas, contrairement à beaucoup de leurs aînés. "Mon beau-père aussi a travaillé un peu à la centrale", assure l'adolescent avant de démarrer sa moto. "Il a dit qu'il n'avait jamais vu d'endroit aussi sûr et bien gardé".
"Ici, il y a une minorité de personnes opposées au nucléaire et beaucoup de gens qui, sans être forcément pour, s'en moquent, tout simplement", déplore Bernadette Lalouhette, militante écologiste, riveraine de la centrale et membre de l'association Vivre dans les Monts d'Arrée. Elle est membre du comité local d'information, créé pour suivre l'évolution du démantèlement. Elle déplore qu'"en France, on a foi en la science et EDF ; il y a une confiance aveugle, irrationnelle". "Et puis, c'était l'employeur du coin, alors on n'y touche pas. La centrale est à l'arrêt, mais il y a beaucoup de sous-traitance, il y a des besoins de gardiennage, de maintenance, etc. Je me souviens de vieux du coin qui disaient que ce n'était pas si grave d'avoir ce bâtiment qui ruine le paysage, tant que ça faisait du boulot et que ça permettait à leurs enfants de ne pas avoir à partir."
Par exemple, François, le pêcheur amateur, a fait sa carrière comme gardien de la paix en région parisienne. Mais lorsqu'il est rentré "au pays", dans les années 1980, l'octogénaire a ouvert un gîte avec son épouse, où il a reçu "des gens qui venaient de loin pour travailler dans la centrale et qui restaient parfois plusieurs semaines". A l'origine, son implantation est vécue comme "un cadeau" dans cette région que les jeunes fuient, faute d'opportunités. "On était hyper fiers de travailler ici", se souvient Michel Marzin. "C'était la modernité. La ferme de ma grand-mère n'avait pas l'électricité, alors tout ça, c'était un symbole de puissance", assure l'ancien technicien, retraité du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) installé à Morlaix. "On était très motivés. C'était excitant de bosser sur une technologie de pointe. Mais rapidement, il y a eu des problèmes. C'était terrible pour nous qui voulions vraiment que ça fonctionne. On a fini par reconnaître que la filière à eau lourde n'était pas bonne et que c'était dangereux — notamment à cause du tritium."
"LA PRÉHISTOIRE DU DÉMANTÈLEMENT"
"Mon travail, c'était de nourrir la bête", résume Michel Marzin, 78 ans et un profil atypique de retraité du nucléaire farouchement anti-atome. Du temps de l'exploitation, son équipe avait pour tâche de charger le combustible dans le réacteur et de décharger le combustible usé. Pour cette seconde mission, "il fallait utiliser un ordinateur qui commandait une machine de 87 tonnes", se rappelle-t-il, en montrant quelques photos d'époque. "Un humain qui se serait approché serait mort en 24 heures". Aussi, il martèle son obsession et celle de ses collègues pour les procédures de sécurité. "On était bien suivis, contrôlés tout le temps, mais très peu informés", estime-t-il, tapotant du doigt un bilan de santé vieux de quarante ans, conservé dans un dossier.
Employé par le CEA, il a connu, à Brennilis, ce qu'il appelle aujourd'hui "la préhistoire du démantèlement". Il énumère les incidents et motifs d'inquiétude : "traces de césium sous l'ancienne piscine", "fuite d'eau lourde", "pollution au tritium depuis le réacteur dans la nappe phréatique", etc. Lorsqu'il part à la retraite, dans les années 1990, sa vigilance s'est déjà muée en militantisme. Devenu anti-nucléaire, il observe à la loupe la suite des opérations et s'interroge sur les conséquences de la centrale sur l'environnement et la santé — la sienne autant que celle de ses anciens camarades. "Quand je suis parti à la retraite, des collègues m'ont dit : 'Il y a des gens qui meurent à Huelgoat'", une commune située à quelques kilomètres de là. Avec une liste de noms, héritée de son passé de délégué du personnel, il mène l'enquête, convaincu que les morts précoces frappent davantage les salariés du nucléaire.
"Le plus jeune, il a été emporté par un cancer du pancréas. Il est parti à la retraite vers 55 ans. A 57, il était mort." Le sujet reste sensible dans les villages. Pour la plupart, les médecins préfèrent ne pas l'aborder, estime Michel Marzin, tandis que les anciens employés et leurs familles "n'abordent pas ce sujet, c'est tabou." Il raconte : "Juste avant de mourir, un ancien de la centrale m'a invité à boire le café chez lui. Jamais il n'a fait allusion à son cancer, ni au fait qu'il puisse être lié à son travail. En fait, il a demandé à voir une vieille photo. Je crois qu'il était fier."
"UNE CENTRALE SANS CONTAMINATION, ÇA N'EXISTE PAS"
Michel Marzin tient à distinguer "contamination" et "irradiation". "On parle de contamination lorsque la source radioactive pénètre à l’intérieur du corps des personnes exposées, soit par inhalation, soit par consommation de produits contaminés", selon l'institut de radioprotection et de sûreté du nucléaire. Dans le cas d'une irradiation, "la source radioactive est située à l’extérieur du corps". "Comme à Tchernobyl. Plus on s'éloigne du réacteur, moins on risque d'être irradié", résume le retraité. "On n'a peut-être pas été irradiés, mais une centrale sans contamination, ça n'existe pas", poursuit-il, catégorique. Il pointe des "rejets très importants de tritium", un isotope de l'hydrogène, pendant les années d'activité de la centrale.
Dans un rapport de 2007, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) épingle la centrale de Brennilis : "Il semble que la centrale a effectué des rejets radioactifs pendant plusieurs années sans autorisation formelle des pouvoirs publics et, en tout cas, sans consultation des populations soumises aux rejets." En 1982, la Criirad confirme notamment des rejets de tritium culminant à 161 milliards de bécquerels ("35 fois plus que la centrale de Saint-Alban", en Isère, en 2001, poursuit le rapport). Or, "le tritium tue vingt ans après. C'est de l'hydrogène, il entre dans la constitution du corps et c'est là qu'il peut déclancher des cancers", s'inquiète Michel Marzin. "Il est aussi très difficile à détecter. A la centrale, on ne le détectait que quand la dose maximale autorisée était dépassé dix fois. Là, les alarmes se mettaient en route, on sécurisait et puis… Eh bien, on allait pisser dans un gobelet."
Depuis que le combustible a été évacué lors de la première phase du démentèlement, achevé en 1997, 99% de la radioactivité du site a disparu, assure EDF. Cependant, Michel Marzin, comme tous les militants engagés ici contre le nucléaire, assure que la centrale présente encore un danger, notamment pour l'environnement. En 2006, Sortir du nucléaire Cornouaille a fait analyser des plantes aquatiques prélevées aux abords de la centrale, dans le chenal de rejet des eaux. Le laboratoire de la Criirad y a trouvé du césium 137 et du cobalt 60. Bien obligée de reconnaître le rôle de la centrale, EDF a depuis assaini le chenal.
"LA SÉCURITÉ EST NOTRE PRIORITÉ ABSOLUE"
En cette fin mars, la pluie tombée la veille empêche le retraité d'approcher l'endroit où les prélèvements ont été effectués. Le petit chemin, impraticable, n'est plus qu'une flaque de boue. Mais le retraité, qui a grimpé sur un talus, relève toutefois, au loin, "quelque chose de nouveau depuis la dernière fois". Car le site a bien changé — il change constamment, à vrai dire. En ce moment, le démantèlement de la station de traitement des eaux usées est en cours, sous confinement. Quand bien même la centrale est à l'arrêt, elle n'en est pas moins un chantier, qui a employé 21 salariés d'EDF et "environ 80" prestataires en 2015, selon le dernier communiqué de l'entreprise.
EDF y dresse le bilan de l'année écoulée : trois inspections de l'Agence de sûreté du nucléaire (ASN), 12 exercices de gestions d'incidents… et un incident. Plus précisément : un incendie. En septembre, un feu s'est déclaré dans un atelier de conditionnement des déchets à l’intérieur de l’enceinte du réacteur de la centrale. "C’est un sas en plastique qui serait à l’origine de l’incendie, le toit de ce sas s’est écroulé et les fumées de l’incendie se sont répandues à l’intérieur du dôme", expliquait à la presse le directeur de cabinet du préfet du Finistère. Si "aucun rejet radioactif n’a été mesuré" par l’ASN, quatre personnes ont été légèrement intoxiquées, sans présenter toutefois de contamination externe. Pour Michel Marzin, qui estime que "rien n'est anodin dans une centrale nucléaire", ce type d'incident pose la question de la sécurité des travailleurs.
Gilles Giron, directeur adjoint pour la Direction projets déconstructions et déchets d'EDF, "à Brennilis comme dans toute installation nucléaire, la sûreté, la sécurité des intervenants et la maîtrise de l’impact sur l’environnement sont nos priorités absolues". EDF y "applique les mêmes règles que sur un site en exploitation", rassure-t-il, rappelant que 4 000 prélèvements ont été effectués en 2015 sur le site et alentours — "que ce soit dans le sol, dans l’air, dans l’herbe, dans la production agricole et notamment dans le lait". Analysés par des laboratoire agréés par l’Agence de sûreté du nucléaire, ils attestent que "les rejets de la centrale se situent très nettement en deçà des normes réglementaires", explique Gilles Giron.
"BRENNILIS EST UNE CENTRALE À PART"
Al'avenir, EDF entend bien mener au bout ce démantèlement compliqué. Dans les cinq à dix ans, la dernière étape du demantèlement, à savoir le cœur du réacteur, sera lancée. L'entreprise compte déposer, en 2018, un nouveau dossier de démantèlement complet. Il sera alors temps de s'attaquer au réacteur. "Un défi technologique", abonde Gilles Giron. "Brennilis est une centrale à part. C’est un réacteur à eau lourde : une technologie unique en France, rare est complexe, et dont le démantèlement nécessite des études préalables poussées, ainsi que le développement de différents modes d’intervention",détaille-t-il, citant "des travaux télé-opérés, effectués à distance pour garantir la sécurité totale des intervenants". En effet, "Brennilis n’est pas représentative de ce que sera le demantèlement du parc nucléaire actuel, constitué de réacteurs à eau pressurisée", explique le spécialiste. En outre, ailleurs en France, à Chooz A (Ardennes), "nous avons attaqué la phase de démantèlement complet, qui concerne le réacteur à proprement dit".
Si Brennilis exige du travail "sur-mesure", elle partage un même fardeau avec ses cousines qui tournent, elles, à l'eau pressurisée : la question des déchets. Ce sont eux qui, en 2011, ont privé EDF d'une autorisation de démantèlement complet. Pour Gilles Giron, le dossier de la firme était solide, mais il n’a pas été validé par l’ASN "en raison de l’indisponibilité d’Iceda", le petit nom de ce qui doit être une "installation de conditionnement et d’entreposage des déchets de moyenne et longue activité".
Autrement dit : l'entreprise pouvait démanteler le réacteur, mais n'était pas en mesure de stocker ces déchets, susceptibles de rester dangereux pendant des milliers d'années. En construction à la centrale du Bugey, dans l'Ain, Iceda doit être opérationnelle l'an prochain. Mais elle est pour le moins controversée. Surtout, elle s'implante sur un site qui fait déjà l'objet d'une plainte, déposée en mars par la ville et le canton de Genève (Suisse) pour "mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux".
Pour le voisinage, les restes de Brennilis, comme tous les déchets radioactifs, ne sont pas les bienvenus. Dans le paysage des monts d'Arrée, ce cadavre est encombrant. Mais son cercueil, en construction à l'autre bout de la France, l'est, semble-t-il, tout autant.
La nécessité de réfléchir à cette notion et pratique du survivalisme, personnellement, elle me semble absolument vitale...
Le survivalisme (2)
Cet article présente l'attitude de certains milliardaires de la planète, principalement des USA, au regard d'une possible dégradation de la situation planétaire : la FUITE.
Ces privilégiés souhaitent uniquement profiter aussi longtemps que possible des "bienfaits" qu'ils retirent de la société moderne et lorsque celle-ci partira en décrépitude, ils s'attacheront uniquement à sauver leur peau. On est du début à la fin dans un égoïsme destructeur.
Pour nous, c'est exactement l'inverse de cette "philosophie" survivaliste.
Il ne s'agit pas d'attendre les signes précurseurs d'une dégradation majeure mais d'agir à se propre mesure pour que ça n'arrive pas.
Deuxièmement, il s'agit de se préparer à vivre autrement si jamais ça arrive.
Encore une fois, j'ai lu moults ouvrages sociologiques sur les catastrophes, qu'elles soient naturelles, accidentelles ou volontaires. Il est certain et c'est d'ailleurs d'une logique implacable que les dégâts sur les populations sont d'autant plus élevés que cette population a vécu dans une illusoire croyance que rien ne changerait jamais.
Monter à bord d'un ferry et repérer les compartiments contenant les gilets de sauvetage, c'est un réflexe...Courir à la salle de jeux ou au buffet permanent, c'est infantile.
Infantile : le terme est justifié au regard de l'agissement planétaire des individus aujourd'hui. Beaucoup de plaintes mais une incapacité à rechercher ses propres responsabilités.
Se plaindre du réchauffement climatique et manger encore et toujours de la viande issue de l'industrie agro alimentaire, c'est totalement infantile. Si vous lisez ce blog régulièrement, vous avez vu passer suffisamment d'études sur le sujet.
Le survivalisme, pour ma femme, mes enfants et moi, c'est donc la nécessité de s'extraire au mieux de tous les éléments destructeurs de la planète, pour l'humanité entière. Il ne s'agit pas de chercher un refuge afin de survivre mais d'agir pour que le refuge ne serve jamais à rien...
S'il doit être utilisé, il sera prêt mais ça sera alors le signe que nos efforts n'auront pas été à la mesure du désastre. Et nous savons très bien que nos actes seuls ne peuvent rien contre la mise en danger de la vie et qu'il est impératif de partager nos idées et amener quelques individus à réfléchir...
Il existe de nombreux groupes sur les réseaux sociaux usant du terme "survivalisme".
Certains rassemblent des allumés, des déglingués, des fous de la gâchette, des fans de "walking dead" et autres fins cataclysmiques.
D'autres rassemblent des adeptes de permaculture, de techniques de survie, de "bushcraft", de métodes variées et ingénieuses pour viser l'autonomie intégrale et ne pas participer à l'épuisement de la planète.
Ceux-là nous intéressent.
http://www.latribune.fr/opinions/editos/la-derive-survivaliste-des-super-riches-americains-634730.html
Alors que Donald Trump divise la société américaine et reprend la course aux armements, les milliardaires de Wall Street et la Silicon Valley ne pensent qu'à une seule chose : où se planquer si jamais advenait l'apocalypse, qu'elle soit nucléaire, climatique ou surtout sociale et politique.
En ces temps troublés où un tweet de Donald Trump suffit pour faire trembler la planète, à quoi pensent les super-riches ? Au Dow Jones qui vient de dépasser pour la première fois de son histoire le mur des 20.000 points ? Au prochain iPhone d'Apple qui serait tout en verre et se chargerait par induction. Non, pas du tout, les gens les plus riches de la planète, en particulier aux États-Unis, n'ont qu'une seule chose en tête : où se réfugier au cas où cela tournerait mal...
Le « survivalism », qui consiste à se préparer à survivre à la fin de la civilisation, fait des ravages chez les « rich & wealthy ». Ils sont tellement déprimés que le très sérieux magazine The New Yorker vient d'y consacrer un dossier. Sous la signature de l'un de ses journalistes vedette, Evan Osnos, l'article, titré en anglais « Doomsday prep for the super-rich » raconte comment « ils », les « Preppers », se préparent à fuir en cas d'apocalypse, qu'il soit nucléaire, climatique ou social et politique.
Il faut dire qu'il y a de quoi se faire peur : début janvier, le comité scientifique en charge de l'horloge de l'apocalypse (« Doomsday clock ») a avancé de 30 secondes, à 2 minutes et 30 secondes avant minuit, l'heure de la fin du monde. Une conséquence « de la forte montée du nationalisme, des déclarations du président Trump sur les armes nucléaires, du réchauffement climatique, de la détérioration de la sécurité mondiale dans un contexte de technologies de plus en plus sophistiquées ainsi que l'ignorance grandissante de l'expertise scientifique ». Bref, jamais, depuis 1953, quand la « Doomsday clock » était réglée à 2 minutes, lors de la création de la bombe H, nous n'avons été plus près de la fin de l'humanité.
La seule obsession est de se préparer au pire, raconte Evan Osnos dans son papier. Ainsi, Steve Huffman, 33 ans, l'un des co-fondateur du site communautaire Reddit, a-t-il décidé de se faire opérer de la myopie pour éviter d'avoir à porter des lunettes ou des lentilles de contact si les temps se troublent (« Without them, I'm fucked », explique-t-il)... Alors que l'élection de Trump divise le pays et fait craindre jusqu'à une « guerre civile », d'autres consacrent leur temps et leur argent à se bâtir un refuge inviolable. Ainsi Antonio Garcia Martinez, ex-dirigeant de Facebook, a acheté un terrain sur une ile déserte du Pacifique qu'il a équipé en énergie solaire et en armes et munitions. En fait, d'après l'enquête du New Yorker, plus de la moitié des plus riches Américains auraient déjà prévu leurs arrières en cas de crise. L'un d'entre eux a toujours un hélicoptère à disposition avec le plein pour se rendre dans son bunker. Dans le Kansas, le Survival Condo Project de Larry Hall propose des appartements de luxe dans un ancien silo de missiles Atlas. Le lieu le plus «hype» pour ces « réfugiés de luxe du futur » : la Nouvelle-Zélande, lieu de tournage du film « Le seigneur des anneaux ». Quiconque s'y rend en voyage s'entend dire par ses amis : « ça y est, tu t'achètes une assurance contre l'apocalypse... ».
La cause des tourments des « preppers » (voir par exemple le site prepperwebsite.com pour apprendre à cultiver ses légumes, construire son abri, vivre frugalement...), c'est bien entendu la conscience très vive qu'ils ont des inégalités extrêmes en particulier aux États-Unis. Selon une étude de Piketty, 170 millions de personnes gagnent, en moyenne, autant aujourd'hui qu'en 1980. Robert Johnson, un financier repenti qui a travaillé pour Georges Soros, estime que « 25 gérants de fonds spéculatifs gagnent autant que tous les instituteurs américains ». Rien d'étonnant à ce que certains de ces riches Américains avertis craignent qu'il se passe en 2017 aux États-Unis quelque chose qui pourrait ressembler à la révolution russe de 1917... Bernie Sanders en est en quelque sorte l'annonciateur alors que la contestation de la politique de Donald Trump fait renaître un socialisme américain inspiré du mouvement des 99%.
Le paradoxe de ce mouvement survivaliste, c'est que plutôt que de proposer de faire quelque chose pour résoudre la question des inégalités et donc éloigner au moins le risque d'explosion sociale, la seule réponse envisagée est de se protéger individuellement. Plutôt que d'accepter par exemple de payer un peu plus d'impôts, sur le revenu ou sur les successions, ou de développer une sécurité sociale pour tous, l'Amérique prend le chemin exactement inverse. Donald Trump veut supprimer l'Obamacare, baisser les impôts des plus riches ; il conteste la réalité du réchauffement climatique, interdit l'entrée des États-Unis aux ressortissants de certains pays et construit un mur avec le Mexique. Une protection illusoire et inefficace, néfaste à long terme pour la prospérité des États-Unis comme du reste du monde. Aussi illusoire que la fausse sécurité que s'achètent à prix d'or les « Preppers » dans leurs bunkers de luxe.
Le survivalisme (1)
"Je me définis comme un survivaliste de manière récente, en raison de la définition que je fais mienne de ce concept : un survivaliste, pour moi, c’est quelqu’un qui perçoit dans son environnement une menace qu’il estime de nature à mettre sa vie en péril, et qui agit en prenant en compte cette menace afin de tenter d’en limiter les conséquences pour lui et pour les autres.
Disons que d’après cette définition, on est survivaliste si la menace est réelle, et paranoïaque si la menace est imaginaire. Cela n’exclut pas qu’un survivaliste soit en plus paranoïaque.
Je suis personnellement porté à croire que l’heure n’est plus à l’insouciance."
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/qu-est-ce-que-le-survivalisme-133677
Il y a quelques temps déjà que Nathalie, nos trois enfants (jeunes adultes) et moi, nous nous sommes fortement penchés sur la question...
Il est clair pour nous que le monde occidental vit dans une totale illusion de sécurité. Je ne parle pas ici uniquement du terrorisme mais de l'idée infantile que nos gouvernants sont aptes à gérer des situations de crises majeures et que tout a été pensé pour que les populations urbaines et rurales ne soient pas impactées durablement par des situations conflictuelles, accidentelles, naturelles ou guerrières.
Juste un exemple : La ville de Paris a trois jours de réserves alimentaires. C'est le problème du "flux tendu" géré par les transports routiers. Que ces transports soient perturbés, voire inopérants et c'est la razzia dans les magasins.
C'est d'ailleurs une situation très symbolique au regard de l'ensemble du fonctionnement économique actuel dans les sociétés dites "modernes". Tant que ça fonctionne, tout va bien...
Quelques recherches sur le cyclone Katrina et ce qui s'est passé à la Nouvelle Orléans donne une idée du fil du rasoir sur lequel nous évoluons.
Le survivalisme
188 987 vues il y a 5 ans
Pour en savoir plus, visitez le blog:
http://lesurvivaliste.blogs...
La démarche du survivaliste n'est pas la promesse d'une catastrophe, ou l'espoir inconscient d'une implosion de la fabrique pour pouvoir enfin revêtir nos parades camouflées et sortir le calibre 12 tacticool, mais bien la construction d'un mode de vie qui nous invite a matérialiser toujours un peu plus d'indépendance, de résilience et de liberté.
Le survivalisme est le reflet physique, presque symbolique, d'une prise de conscience particulière, qui exprime non pas l'idée de s'affranchir du système par la destruction de celui-ci, comme un enfant frustré et ne pouvant pas briller ou s'assumer devant les règles de jeu en place, mais bien par la construction, en parallèle, d'une manière de vivre que nous pouvons comprendre et qui nous est utile au quotidien.
Je ne m'intéresse pas a la Permaculture pour survivre a la faim dans le cadre d'un effondrement total et systémique du monde tel que nous le connaissons, je m'y intéresse pour contribuer a la construction d'une vie locale, saine et cohérente avec mon environnement, pour pouvoir manger des aliments sains, pour limiter le trajet de certains produits, et m'affranchir (c'est a dire avoir la liberté de choisir de participer ou non) de l'agri-business, de la monoculture et de la destruction de nos sols.
Je ne m'intéresse pas a la chasse pour le plaisir de tuer un animal, ou pour pouvoir me nourrir après une apocalypse quelconque, je m'y intéresse pour m'affranchir de la manière actuelle dont nous concevons l'élevage, et de la déconnexion programmée et hypocrite de notre rapport a la mort.
Je ne m'intéresse pas a des énergies alternatives pour pouvoir continuer d'utiliser mon frigo quand la troisième guerre mondiale éclate, je m'y intéresse pour réduire l'impact de mes factures mensuelles sur mes finances, pour ne pas être dépendant du système pour mon électricité en cas de pannes, pour m'affranchir du monopole énergétique de compagnies douteuses et de certains enjeux écologiques que devrons subir nos enfants...
Je ne m'intéresse pas a l'hygiène et la santé pour pouvoir me faire des points de sutures après une fusillade quand l'effondrement de l'économie globale nous aura plongée au 18eme siècle...je le fais pour pouvoir intelligemment porter assistance a une personne blessée, a mon voisin, pour pouvoir fabriquer mon propre savon bio sans tests sur les animaux, pour pouvoir éviter de tomber malade et m'interdire la productivité, pour faire des économies, pour peut être réduire l'impact sur le monde hospitalier du pouvoir des grandes compagnies pharmaceutiques...
Je ne fais pas de la récupération des eaux de pluie pour pouvoir continuer de boire durant la prochaine pandémie, je le fais pour réduire le gaspillage ambiant d'une ressource critique, pour réduire mes factures, pour arroser mes légumes, pour ne pas être dépendant du système si il y a une coupure, parce que c'est facile et que ça a du sens.
Je ne m'intéresse pas aux armes a feu pour tuer quelques pilleurs de riz durant une guerre civile, je m'y intéresse pour avoir un moyen adapté de défendre la vie de mes proches dans un cadre extrêmement précis et stricte, pour pouvoir récolter ma propre viande, aussi dans un cadre extrêmement précis et stricte, pour contribuer a un certain équilibre de la force, et finalement pour le plaisir que me procure le tir le dimanche entre amis.
Je ne fais pas des réserves de nourriture pour pouvoir bouffer quand tout le monde a faim, je le fais pour m'affranchir d'un système de distribution "juste-a-temps", pour faire des économies, pour mitiger les fluctuations de prix causées par la spéculation sur les produits de base, pour ne pas avoir a prendre la voiture le dimanche matin quand je m'aperçois que je n'ai plus de sucre ou de sel, et donc payer plus de taxes, utiliser plus d'essence...
Quelques photos de l"aménagement de la maison.

Comme nous sommes végétariens depuis trois ans, nous avons considérablement investi en temps et en énergie pour viser l'autonomie alimentaire. Deux serres s'ajoutent au potager et nous en sommes à 3500 litres d'eau de pluie dans un ensemble de cinq citernes. Cette eau de pluie serait rendue potable par ébullition ou l'emploi de capsules de "micropur".
J'ai également creusé une cave dans le vide sanitaire, 13 mètres cube de terre sortis ou déplacés et divers aménagements pour entreposer nos récoltes au frais.
Nous n'employons aucun produit chimique mais usons de toutes les méthodes issues de la permaculture.
Nous sommes très attachés à l'entretien physique et à l'endurance afin d'être le plus libres possibles au regard d'une aide extérieure.
De très nombreuses lectures portant sur l'attitude des populations en situation de crises majeures nous amènent à penser également que la nécessité de devoir défendre ces réserves alimentaires imposent une préparation spécifique...
Je sais qu'en écrivant ces lignes de nombreuses personnes n'y verront qu'une paranoïa chronique. C'est également le terme qui m'a été attribué il y a trois ans lorsque j'ai tenté de décrire l'évolution de l'enseignement en France sous le joug de la Réforme du précédent gouvernement... On sait ce qu'il en est aujourd'hui. La marge entre la paranoïa et la lucidité dépend bien souvent de l'interprétation d'autrui...Je sais que je ne suis nullement atteint de peurs insoumises. Je tente juste d'anticiper...
La question essentielle est de savoir s'il est justifié de s'en remettre à des instances gouvernementales et de leur attribuer une totale confiance ou si ce rapport au "Père nourricier" est désormais révolu. Comme dit précédemment, nous pensons que le temps de l'insouciance est terminé.
Il est par conséquent essentiel pour nous de nous extraire au mieux de cette situation de dépendance, tout en essayant de ne pas participer à ce désastre écologique et aux menaces planétaires qui en découlent.
Le choix du végétarisme est bien évidemment associé à cette attention constante. L'industrie alimentaire carnée exploite des ressources considérables en terre, en eau et contribuent de façon dramatique à la pollution de la planète.
Il ne s'agissait pas uniquement d'un choix lié à notre propre santé mais d'une vision beaucoup plus large.
S'y ajoute bien entendu, le refus catégorique de cautionner la souffrance animale.
Décapitaliser les consciences
À propos de : Jérôme Baschet, Adieux au capitalisme. Autonomie, société du bien vivre et multiplicité des mondes, La Découverte
par Federico Tarragoni , le 18 février 2015
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Le capitalisme contemporain est auto-destructeur. Le médiéviste Jérôme Baschet en expose les raisons et dessine les voies de la société qui pourrait lui succéder. Une réflexion sur le « bien vivre » qui emprunte les sentiers de l’utopie pour penser l’émancipation.
Recensé : Jérôme Baschet, Adieux au capitalisme. Autonomie, société du bien vivre et multiplicité des mondes, Paris, La Découverte, 2014, 160 p., 15 €.
Le constat dressé par Jérôme Baschet dans Adieux au capitalisme est sans appel : le capitalisme néolibéral serait entré dans une crise structurelle : accroissement de l’exploitation du travail (p. 35-39), tyrannie de l’urgence (p. 42-43), formatage concurrentiel des subjectivités (p. 39-42), marchandisation généralisée de la vie (p. 43-47) et prédation des ressources naturelles de la planète. Voici selon J. Baschet, spécialiste d’histoire médiévale et penseur des formes d’émancipation contemporaines, les traits saillants d’une crise qui se déploie sous nos yeux, à l’échelle du globe. Comment en sortir ? Quels référents imaginer pour « décapitaliser les consciences » (p. 173) ?
J. Baschet choisit la voie de l’utopie. Afin d’établir une critique du caractère humanicide du capitalisme contemporain, il entreprend de le mesurer aux possibles concrets qui le travaillent. Son analyse conjugue ainsi trois régimes temporels : le passé ou la longue durée de vie des rapports sociaux capitalistes et des réalités socialement constituées ; le présent (ou plutôt le « présentisme ») s’imposant sous la forme du TINA (There is no alternative) comme une norme d’action a priori indépassable ; le futur, construit comme une projection utopique. Il n’en fallait pas moins pour aborder l’épineux problème de l’avenir du capitalisme, sans mythes ou faux espoirs.
Du « capitalisme humanicide » à l’avenir d’une société autonome : l’expérience zapatiste
L’avenir du capitalisme est ainsi mesuré aux formes d’organisation alternatives qui en fissurent l’hégémonie. Ces expériences prennent pied sur les nombreuses contradictions que manifeste le capitalisme tardif, dans ses phases critiques comme celle en cours depuis 2008 (p. 24). L’auteur commence par repérer une transformation majeure des sociétés capitalistes contemporaines, suivant à la fois, dans la lignée de Foucault, les régimes de gouvernementalité qui les caractérisent, et l’autonomie de leur organisation sociale par rapport à la logique économique (selon Polanyi) :
« Au total, on glisse du capitalisme disciplinaire des États-nations, où, tout en s’épaulant mutuellement, les sphères de l’économie et de l’État répondaient à des normes propres et influaient de manière différenciée le champ social, à un capitalisme sécuritaire mondialisé, caractérisé par une forme managériale de l’État et un formatage de plus en plus généralisé des conduites sociales par la logique de l’économie » (p. 31).
Le nouveau capitalisme néolibéral constituerait ainsi, en quelque sorte, l’apogée de la « Grande transformation » de Polanyi, et en même temps une rupture par rapport à la forme capitaliste elle-même, sous la forme d’une transformation radicale de l’organisation sociale moderne (le rapport entre l’économique, le social et l’étatique). C’est cette rupture qui permet d’étayer la transition vers une société post-capitaliste. Mais comment ?
Avant même de plonger dans les formes d’organisation alternative au « capitalisme humanicide », J. Baschet présente une issue structurée au capitalisme : les Juntas del buen gobierno (Conseils de bon gouvernement) zapatistes, désignées comme une « utopie réelle » (p. 54). Mouvement social inauguré le 1er janvier 1994 après l’entrée en vigueur de l’Accord de libre échange nord-américain, signé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, le zapatisme conjugue la revendication des droits des groupes indigènes et l’opposition structurelle aux formes de domination capitalistes. Représenté par le charismatique et médiatique « Sous-commandant Marcos », ce mouvement anti-système s’est déployé sous la forme d’une organisation sociale alternative dans le territoire du Chiapas, progressivement soustrait au contrôle militaire de l’État mexicain. L’exemple zapatiste fournit à l’auteur matière à réfléchir pour esquisser les formes de la société post-capitaliste future, ce qui suppose de conjuguer une critique des rapports de domination capitalistes présents et une imagination utopique d’un « possible » à venir.
Les Conseils zapatistes apparaissent ainsi comme des « formes non étatiques de gouvernement », qui se caractérisent par l’étroite imbrication d’une dimension d’horizontalité (coopération, discussion, partage) et de verticalité (autorité, influence). L’une de leurs caractéristiques fondamentales, génératrice d’autonomie, est le mandar obedeciendo (« gouverner en obéissant »), diffus dans toutes les pratiques sociales et quotidiennes (familiales, de voisinage, coopératives, productives, éducatives, politiques). Entre l’opposition organisée de la société à l’État et la revitalisation de la pratique démocratique, Baschet esquisse ainsi une politique opposée au capitalisme. La réflexion de l’auteur semble reproduire ici la méthode de P. Clastres [1] qui repérait dans les sociétés amérindiennes des Guayaki les formes d’un pouvoir irréductible à la gouvernementalité étatique et fondé sur l’autonomie de la société vis-à-vis de l’accumulation primitive du capital.
Le principe du mandar obedeciendo permet ainsi de revenir de manière critique sur notre pratique de la démocratie, prise dans les rouages de la délégation représentative, de la bureaucratie étatique et de l’« expertocratie » (p. 71-72). Les Conseils montrent en effet que l’essence même de la démocratie tient, pour utiliser la formule de Rancière, au « gouvernement de n’importe qui » [2]. Baschet prend appui sur ce constat pour penser les frontières de la démocratie post-capitaliste, en assumant (de façon un peu rapide) le primat de la tendance humaine à la coopération vis-à-vis de l’attitude intéressée [3].
Une nouvelle organisation politique cohérente avec ce postulat devrait être fondée sur l’autonomie locale, le contrôle « par le bas » du pouvoir, la circulation des mandats et la rotation des charges, une gestion du commun partagée à différentes échelles (local, supra-local et global) et surtout une opposition de principe à toute captation du pouvoir par l’État. Cette forme d’organisation est une utopie pratique : elle ne peut se réaliser, comme le souligne l’auteur à maintes reprises, que dans un ensemble de luttes, de litiges, de conflits préservant des espaces d’autonomie de la domination de l’État et du capitalisme (p. 78-84).
Les formes de l’organisation post-capitaliste : le « bien vivre »
J. Baschet souligne que l’enjeu d’une démocratisation véritable, assise sur le principe de l’autonomie locale, est également de nature économico-productive. Il s’agit dès lors de privilégier l’autoproduction et « les circuits les plus courts possibles entre producteurs et consommateurs » (p. 79-80), tout en maintenant l’échelle supra-locale pour certaines compétences (transports et communications à grande distance, développement de certaines productions, compensation des déséquilibres régionaux, préservation de la biosphère). Cette nouvelle organisation collective devrait permettre de réimbriquer le social, le politique et l’économico-productif (p. 85-117), tout en contrant le désenchantement et la « perte de sens » inhérents à la civilisation capitaliste [4].
Si l’autonomie politique reste à construire, les bases matérielles de la société post-capitaliste sont toutefois déjà là : l’augmentation de la productivité du travail dans les dernières décennies permet désormais d’affronter, avec un nouveau « réalisme utopique », la question de la libération du travail. Celle-ci doit se produire en inversant, sur la base d’une redéfinition collective du commun [5], les logiques mêmes de la division du travail. La société post-capitaliste de demain se produira dans une « dé-différenciation progressive » des sphères de production et d’échange, en suivant le principe d’une redéfinition, selon les critères du commun, de la division du travail social. L’auteur le montre en déclinant les conséquences imaginaires d’une élimination de la sphère répressive, du système financier, de certains secteurs industriels et de service, comme la publicité et du marketing (p. 90-91), d’une reconfiguration d’envergure des modalités de circulation des hommes et des marchandises (p. 92) et d’une politique de la décroissance (p. 93). Cette refonte de l’organisation productive entraînera une nouvelle relation collective au temps, le temps de travail devenant désormais un des temps socialement qualifiés : l’individu post-capitaliste consacrera son temps de vie à des tâches multiples, en s’investissant tant dans la production que dans la gestion de la cité, tant dans les tâches de justice et de police [6] que dans l’entretien des infrastructures locales. Seules l’éducation, en partie « déscolarisée » (p. 100), et la santé, dépouillée de « l’hypertechnicisme de la médecine capitaliste » (ibid.), continueront à fonctionner comme des sphères différenciées.
Les formes de cette nouvelle organisation productive devant être arrêtées collectivement, dans les différents échelons décisionnels pertinents (locaux et supra-locaux), il est impossible, dit l’auteur, de dessiner a priori un modèle d’organisation. Les lignes structurantes de la société post-capitaliste sont l’autonomie locale, l’autoproduction et la déspécialisation productive, l’assujettissement de l’économique au politique, la réduction du temps de travail dans l’économie du temps de vie et la libération d’un temps disponible (p. 105-109), l’assomption collective de tous les choix de production et de consommation. Mais il n’est pas possible d’imaginer les normes (formelles et informelles) qui permettront à ces différentes exigences de fonctionner ensemble. De telles normes, supposant une refonte du droit, devraient résoudre les tensions qui demeurent dans la société post-capitaliste : les conflits entre les différentes échelles politiques (local et supra-local), la possible reproduction des inégalités entre groupes ou régions et la présence de domaines non déspécialisés (la médecine et la recherche) à l’intérieur d’une société totalement opposée à la perspective de la division du travail (p. 103-104).
Baschet remplace dès lors l’impossible codification des normes de la société post-capitaliste à venir par la définition d’un éthos qui lui serait propre, un « esprit » au sens wébérien [7]. C’est à l’intérieur de cette problématique que prend tout son sens l’analyse du concept amérindien de « bien vivir ». En tant qu’ensemble de valeurs opposées au culte du quantitatif, de la marchandise, de la « production-pour-la-production », le « bien vivre » permet de « faire des choix relatifs à la forme même de la vie vécue le cœur sensible de l’organisation collective » (p. 130). Ces valeurs sont assises sur la définition même de la vie du « bien vivre » : une vie caractérisée par la pluralité de ses formes culturelles (p. 132-141) et par ses interdépendances entre humain et non-humain (p. 147-149), et qui est opposée à tout ce qui la nie. Ainsi défini, ce « bien vivre » constitue bien l’analogue idéel de l’ancien « ascétisme intramondain » du capitalisme en voie de constitution, analysé par Max Weber.
Les frontières de l’émancipation dans la société post-capitaliste
Ce qui précède montre bien à quel point l’enjeu de la réflexion de Baschet sur l’avenir du capitalisme est davantage normatif que positif. Il ne s’agit pas, dans ses intentions, d’apprécier les possibilités d’émergence d’une telle organisation sociale alternative, en évaluant, de manière comparative, les affinités électives entre l’utopie zapatiste, d’un côté, et les expériences anti-capitalistes parsemant notre organisation sociale, de l’autre [8]. Ce point est rapidement évacué de l’analyse au profit d’un repositionnement normatif : nous serions entrés, par le degré d’exploitation sociale présente et l’accroissement de la conflictualité, dans une période de transition post-capitaliste ; il ne resterait donc qu’à accélérer le processus en engageant une réflexion collective sur la meilleure organisation politique à adopter dans la société à venir. Or, concrètement, cette réflexion se traduit par la démonstration suivante : il s’agit d’imaginer une organisation sociale néo-zapatiste (dont on tend à gommer les propriétés contextuelles et les spécificités, comme la forme communautaire du lien social) généralisée à l’échelle de la planète. Les réflexions sur le « bien vivir » sont également tributaires de cette méthode ; bien que l’auteur fasse état, au passage, de quelques tensions internes caractérisant le modèle amérindien, il s’agit in fine d’en faire une « source d’inspiration » pour la transition post-capitaliste :
« Sans faire des peuples indigènes une énième version de la perfection du bon sauvage, leur conception plus écocentrée du rapport à la Terre Mère et leur sens du collectif (qui n’exclut ni la différenciation sociale, ni les hiérarchies de statut, de prestige ou de genre, mais s’enracine néanmoins dans la possession collective de la terre et les pratiques coutumiers d’entraide) pourraient constituer une source d’inspiration, ou plutôt un utile point d’appui pour une humanité occidentalisée dont les valeurs fondamentales, comme l’individualisme compétitif et l’instrumentalisation de la nature, ont partie liée avec la crise de civilisation à laquelle est confrontée » (p. 126).
Est-il permis de penser que les modalités d’une émancipation post-capitaliste puissent se rapprocher d’expériences organisationnelles s’ancrant dans un mode de vie communautaire, dans un certain rapport à la terre et à la tradition, dans une ritualité partagée ? Si le but de l’auteur est d’organiser la sortie du capitalisme, comme Gramsci proposait, dans ses Cahiers de prison, d’organiser le pessimisme face à l’échec révolutionnaire, l’assise empirique du projet semble ainsi se dérober. Le renouveau de la critique sociale des années 1990-2000, dont l’un des enjeux a été précisément de réarticuler les formes savantes de critique et les expériences d’injustice ordinaire, n’est pas ici suffisamment exploité dans le cadre d’une réflexion sur les catégories présidant la « sortie du capitalisme » [9].
Aussi le statut de l’exemple zapatiste et amérindien demeure-t-il ambivalent. On oscille en permanence, malgré les mises en garde de l’auteur, entre le modèle, le cas analytique et l’idéal pratique (la référence pour la praxis). Ainsi, pour décrire le fonctionnement des Conseils de bon gouvernement, Baschet recourt à des textes produits par l’Ejército Zapatista de Liberación nacional (Armée zapatiste de libération nationale) ou à des extraits repris de travaux ethnographiques de seconde main. Ce type de démonstration manque évidemment de rigueur et de distanciation analytique vis-à-vis du matériau empirique présenté. Il eût été utile de confronter les formes de l’autonomie politique repérables dans les Conseils, avec les pratiques quotidiennes, dans la sphère de la famille, des sociabilités, de la socialisation éducative, de la vie communautaire, du rapport aux institutions et au droit, qui les font vivre au jour le jour. Quitte, ensuite, à construire des passerelles sociologiques entre dynamiques émancipatoires ici et là-bas. L’absence d’une telle réflexion, qui eût nourri le dispositif analytique de l’auteur et renforcé la thèse, fait pencher le lecteur vers une sorte de « modèle zapatiste/indigéniste » que l’auteur n’assume pas complètement. Ce modèle, caractérisé par des formes d’organisation spécifiques, des modalités de distribution du pouvoir, des types de lien social, des modalités éducatives et pédagogiques, des types de rapport à l’autre, à l’enfance, à soi, au temps, à l’espace, pourrait ne pas se « greffer » parfaitement à notre capitalisme en voie de transition. Ou du moins pourrait-il produire des surprises, quant aux modalités concrètes d’émancipation des individus ou aux lignes directrices des conflits à venir…Il semblerait que derrière ce problème il y ait plus généralement un malentendu autour du concept même d’utopie, dont l’usage en sciences sociales ne peut pas faire l’économie d’une certaine vigilance épistémologique. Le pari d’Adieux au capitalisme est de construire une utopie zapatiste qui puisse éclairer, sous le double mode de la critique et de l’alternative, les ravages sociaux, éthiques et politiques du capitalisme. En ce sens, l’utopie renvoie bien, comme le soulignait Elias, à un procédé spécifique de connaissance dans le domaine des sciences sociales [10]. Toutefois, la proximité au modèle semble sacrifier la critique à la volonté assumée de changer les rapports sociaux : ainsi la capacité de l’observateur à restituer les « possibles » qui traversent le monde social, dans leur pluralité irréductible, cède-t-elle, de son côté, à la volonté de faire coller la réalité au modèle.
Cette critique ne réduit pas toutefois l’apport d’Adieux au capitalisme à la construction de référents pratiques pour l’émancipation. C’est sans doute sur le terrain de la réflexion normative et de l’imagination conceptuelle que ce livre apporte une pièce importante au débat sur les alternatives à la société capitaliste présente, et aux formes de l’émancipation à venir.

LA-HAUT : Commentaire (4)

Si le coeur vous en dit, vous pouvez ajouter un commentaire sur ce site. Babelio est une référence dans le registre littéraire et les lecteurs et lectrices attachent beaucoup d'importance aux avis. Merci.
ISBN : 9791094725436
Éditeur : LES ÉDITIONS DU 38 (27/04/2015)
Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
25 juillet 1995. Jean, guide de haute montagne, est avec Blandine dans le RER. Il l’aime. Ils arrivent à la station Saint Michel.
Attentat.
Sa dernière image de Blandine sera celle de son visage ensanglanté, de son regard vide, de la tache carmin qui s’étend sur sa poitrine. Et de l’Océan d’âmes où elle a disparu.
Il se réveille à l’hôpital. Il comprend. Le vacarme de l’explosion, l’effroyable douleur, les cris et... >Voir plus
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Attentat dans le RER à la station Saint Michel. de passage à Paris, Jean, guide de haute montagne, est grièvement blessé. Blandine, la femme qui l'accompagne, déchiquetée par l'explosion de la bombe, meurt immédiatement. Quand Jean se réveille sur un lit d'hôpital, c'est pour apprendre qu'il a été amputé sous le genou et qu'il ne reverra plus jamais celle qu'il aimait. Il est désespéré. Il sait, qu'avec une jambe en moins, il ne pourra plus jamais exercer son métier. Dès son retour en Savoie, il se remet à marcher et même à grimper avec sa prothèse. Un beau jour, il fait la connaissance d'Isabelle, jeune et charmante bibliothécaire blonde qui, comme lui, s'intéresse aux questions de spiritualité.
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Raid à vélo : le Diois
Nathalie et moi, nous avons fait le tour du Diois à vélo ces jours-ci.
300 kms, avec les sacoches, tente, duvet et tout le barda. Une région magnifique, des cols et des descentes, des paysages naturels, vierges de toute urbanisation, des hameaux dans des coins perdus, des rencontres avec des producteurs bios, des discussions passionnantes, des nuits sous la tente à écouter la vie de la forêt, des baignades dans des rivières, torrents, bassines, une eau turquoise et parfois argileuse, grand soleil sur tout le parcours, une chapelle datant du XI siècle et son cimetière envahi par les fleurs, des orchidées, le chant des oiseaux, le silence aussi, des heures à pédaler en écoutant de la musique ou juste le ronronnement du dérailleur, des routes départementales vides de circulation, les kilomètres qui défilent comme des bonheurs qui s'alignent sur le compteur.
Je suis toujours ému par la force physique et le mental de la femme de ma vie. Pédaler par 38 degrés, dans des cols de dix et même vingt kilomètres avec une douzaine de kilos dans les sacoches, le tout à 55 ans,dormir sous la tente dans le confort spartiate de la nature, savoir trouver les plantes comestibles pour accompagner les pâtes ou le riz, sourire à la vie à chaque coup de pédale, se laver dans les ruisseaux, aimer les montagnes comme au premier jour... Je bénis le jour de notre rencontre...
De mon côté, je me reconstruis patiemment. Physiquement. J'ai pris cher comme disent mes garçons durant ces trois dernières années et les dégâts collatéraux, liés à une somatisation effrénée, laisseront des traces définitives...
Des vacances à vélo : Il y a un aspect financier qui est grandement intéressant en dehors de tout le reste. Se mettre en autonomie revient à ne rien payer en logement durant toute la durée, à ne rien dépenser en essence et à limiter les dépenses alimentaires au minimum énergétique. Le coût de départ se répartit entre l'achat du vélo puis tous les accessoires nécessaires. Un VTT d'occasion dans les 1000 euros se trouvent sur le Bon Coin ou dans des magasins disposant d'un rayon "occasion". La fourche suspendue n'est pas une obligation par contre, il faut inévitablement chercher des développements conséquents : 3 plateaux et 9 pignons et surtout un gros développement pour les montées (32/34). Les sacoches doivent être solides et étanches et disposer d'un gros volume de chargement. La marque Vaude est reconnue pour sa qualité. (les miennes ont quinze ans). Le porte-bagages doit être costaud...et bien fixé.
Il reste ensuite à acheter une tente (attention au poids...), un duvet d'été, un tapis de sol, un réchaud, une popote, une lampe frontale. Avec 500 euros, on part avec du matériel qui ne fera pas défaut. Budget total : environ 1500 euros. Sachant qu'il s'agira du même matériel pendant des années, la rentabilité est vite assurée. L'entretien du vélo (chambres à air, patins de freins, câbles, pneus, chaîne, compteur...) fait partie du coût de n'importe quel vélo. Nathalie et moi, on a le même VTT depuis quinze ans. Il faudra ajouter également l'achat des cartes IGN au 1/25000éme 1 cm=250 mètres pour les parcours (les chemins, pistes, prairies, bois etc y sont tracés, environ 10 euros la carte). Il est possible de trouver également des guides détaillés sur certains itinéraires balisés. Au niveau alimentation, c'est clair que l'objectif n'est pas d'aller au restaurant mais de savoir se contenter de ce qu'on trouve et plus encore de ce qu'on peut transporter. Pour notre part, on se contente de peu (riz, pâtes, tomates, couscous, plantes sauvages, concombres, oignons, échalotes...) mais cela n'enlève nullement le plaisir du repas. Quand on pédale pendant six à sept heures par jour, le repas est toujours un moment agréable ! Pour l'eau, en France, on en trouve dans les villages, fontaines, lavoirs, toilettes publiques et si nécessaire, on va demander dans un bar ou restaurant. On ne nous a jamais refusé de faire le plein des bidons et des quatre bouteilles pour le soir. (boisson et toilettes si on n'a pas trouvé de ruisseau.) On se lave donc dans les points d'eau qu'on déniche le soir (rivières, ruisseaux, torrents, lacs) et sinon, c'est à la bouteille (1 litre suffit pour deux personnes). C'est aussi un moyen d'apprendre à ne pas gaspiller. Il existe de multiples itinéraires connus ou à inventer, qu'ils soient routiers (départementales) ou sur les chemins. Les pneus ne seront pas les mêmes selon l'itinéraire. Les pneus VTT fortement crantés ne sont guère agréables sur le goudron et il vaut mieux se tourner vers des pneus "mixtes" de type "marathon" Schwalbe). Ils permettent d'entrer dans les chemins de forêts ou les pistes pour chercher un bivouac et de rouler sur les routes sans perdre trop d'énergie. Les enfants peuvent tout à fait participer à ce type de raid en portant au moins un duvet, leur tapis de sol et quelques habits. Notre première traversée du Jura, de Montbéliard à Nantua, ( 500 km) nos trois enfants étaient avec nous et Léo, le plus jeune, avait dix ans. Maintenant, c'est clair qu'il faut un minimum d'entraînement pour que le plaisir de rouler ne devienne pas un calvaire.
Notre raid le plus ardu et aussi le plus beau, c'était la GTMC, Grande Traversée du Massif Central, de Clermont-Ferrand à Montpellier. 700 kms en VTT et quelques passages goudronnés. La traversée du Jura par les Hauts plateaux est magnifique également. Mais il y a des itinéraires moins physiques comme le "Tour de Bourgogne" ou "la VélOcéan" le long de la côte Atlantique. Ensuite, rien n'empêche de se créer son propre itinéraire.



















Lectures
Quelques-unes de mes lectures passées et de mes relectures à venir.
Jiddu Krishnamurti
Mary Lutyens (Éditeur scientifique)Carlo Suarès (Traducteur)
ISBN : 2253138207
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (27/09/1995)
Note moyenne : 4.24/5 (sur 137 notes)
Résumé :
Voici le traité de la seule révolution qui vaille : la libération intérieure. L'homme en cage, prisonnier des dogmatismes et des conformismes de pensée, est une ombre illusoire.
De l'exigence spirituelle présente de façon plus ou moins confuse dans chaque être humain, jusqu'à cette authentique libération, nous sommes conviés ici à parcourir toutes les étapes : se connaître soi-même, surmonter la peur, découvrir peu à peu le silence et la plénitude.
Réalisé à partir des conférences du grand philosophe indien, ce livre constitue une initiation accessible et brève à une philosophie dont la renommée et l'influence, au fil des générations, n'ont fait que grandir.
Anthony De Mello
Paule Pierre (Traducteur)
ISBN : 2226116672
Éditeur : ALBIN MICHEL (04/11/2002)
Note moyenne : 4.34/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Toute l'œuvre d'Anthony de Mello (1931-1987), prêtre jésuite indien, qui fit également profession de psychologue et psychothérapeute, est consacrée à la libération intérieure. Quand la conscience s'éveille se présente comme un recueil d'histoires courtes, de fables ou de paraboles qui, influencées par les spiritualités bouddhiste ou taoïste, tracent les voies d'une sagesse originale et efficace. S'appuyant sur son expérience d'animateur de retraites spirituelles, Anthony de Mello s'adresse ici directement à son lecteur, dans un style vif et familier. Il aborde les thèmes essentiels qui pourraient l'éclairer sur l'éveil à soi, condition d'harmonie intérieure et de bonheur. Il le poursuit jusque dans ses derniers retranchements psychologiques avec une perspicacité teintée d'ironie et de tendresse. Ce livre sera un compagnon de route précieux pour qui veut cheminer vers la connaissance de soi.
ISBN : 2920987461
Éditeur : ARIANE (18/11/2000)
Note moyenne : 4.08/5 (sur 340 notes)
Résumé :
Ce livre nous présente plusieurs défis : si nous réussissons à être totalement présent et à faire un pas à la fois dans le moment présent, si nous réussissons aussi à vraiment appréhender les réalités que sont notre corps énergétique, le lâcher-prise, le pardon et le non-manifeste, c'est que nous saurons nous ouvrir au pouvoir transformateur de l'instant présent.
Clarissa Pinkola Estés
Marie-France Girod (Traducteur)
ISBN : 2253147850
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (17/10/2001)
Note moyenne : 4.12/5 (sur 247 notes)
Résumé :
Chaque femme porte en elle une force naturelle, instinctive, riche de dons créateurs et d'un savoir immémorial. Mais la société et la culture ont trop souvent muselé cette " Femme sauvage" afin de la faire entrer dans le moule réducteur des rôles assignés. Psychanalyste et conteuse, fascinée par les mythes et les légendes, auteur également du Jardinier de l'Eden, Clarissa Pinkola Estés nous propose de retrouver cette part enfouie, pleine de vitalité et de générosité, vibrante, donneuse de vie. A travers des "fouilles psycho-archéologiques" des ruines de l'inconscient féminin, en faisant appel au traditions et aux représentations les plus diverses, de la Vierge Marie à Vénus, de Barbe-Bleu à la petite marchande d'allumettes, elle ouvre la route et démontre qu'il ne tient qu'à chacune de retrouver en elle la Femme sauvage.
Best-seller aux Etats-Unis, ce livre exceptionnel est destiné à faire date dans l'évolution contemporaine de l'identité féminine.
Jiddu Krishnamurti
Carlo Suarès (Traducteur)Aldous Huxley (Préfacier, etc.)
ISBN : 2253138215
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (30/11/-1)
Note moyenne : 4.18/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Si l'on ne se comprend pas soi-même, il est impossible de penser " vrai " ; à chacun de faire d'abord la lumière en lui-même.
Telle est la " première et dernière liberté " dont nous entretient ce livre, qui résume toute la pensée et l'enseignement du grand philosophe indien. Sans nous enfermer dans aucun système, nous invitant au contraire à une mise en question permanente, il aborde les problèmes fondamentaux de la vie avec le seul souci de rendre l'homme plus libre. C'est sans doute pourquoi le rayonnement de Krishnamurti ne cesse de croître, de génération en génération, dans un monde et une société de plus en plus en proie à l'inquiétude spirituelle
Jiddu Krishnamurti
Colette Joyeux (Traducteur)
ISBN : 2253109878
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (13/10/2004)
Note moyenne : 4.16/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Qu’est-ce que l’amour ? La possession, le plaisir, la certitude de réciprocité ? Qu’appelons-nous «solitude», et pourquoi en souffrons-nous ?
En s’adressant aux auditoires les plus divers, en Inde, aux Etats-Unis ou en Angleterre, Jiddu Krishnamurti n’a cessé de revenir sur ces thèmes. Loin de nous im-poser un système, et en procédant le plus souvent par questions, il nous conduit pas à pas sur le chemin d’une véritable émancipation. C’est en se libérant des blessures du passé, aussi bien que des satisfactions et des plaisirs que chacun de nous brûle de retrouver, que notre esprit peut reconquérir l’innocence et la disponibilité. Alors seulement nous saurons quelle valeur et quelle place donner à la sexualité comme à l’amitié, à la tendresse comme à la connaissance. Et nous pourrons aimer vraiment…
Disparu en 1986, l’auteur de L’Eveil de l’intelligence et de Se libérer du connu laisse à un xxie siècle plus que jamais épris de spiritualité et de paix un message philosophique accessible à chacun, et d’une portée universelle.
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Jiddu Krishnamurti
Colette Joyeux (Traducteur)
ISBN : 2253147524
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (01/12/1999)
Note moyenne : 4.32/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Quinze ans après la mort de Krishnamurti, sa pensée demeure une référence dès lors qu'on parle de spiritualité et de méditation. Loin de prétendre à fonder une Église ou une secte, ce philosophe inclassable invite chacun de nous à prendre conscience des multiples conditionnements qui l'environnent (idéologies, croyances, modèles sociaux) afin de s'en dégager et de trouver en lui-même la source de sa liberté. Le Livre de la méditation et de la vie offre un ample panorama des thèmes les plus souvent abordés dans cet enseignement : la souffrance, le désir, l'amour, la mort. Les chapitres de l'ouvrage correspondent aux mois de l'année et comportent chacun quatre thèmes de réflexion. C'est la manière idéale de découvrir la pensée de Krishnamurti.
Jiddu Krishnamurti
Mary Lutyens (Éditeur scientifique)Carlo Suarès (Traducteur)
ISBN : 2253138789
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (01/12/1995)
Note moyenne : 4.21/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Durant des décennies, de l?Inde à l?Amérique et à l?Europe, Krishnamurti n?a cessé de dénoncer l?illusion de ces «drogues dorées» que sont les religions, les doctrines politiques aussi bien que la consommation matérielle, également impuissantes à répondre aux besoins spirituels de l?homme.Dans ce livre paru en 1970 et d?une actualité toujours brûlante, il nous incite une fois de plus à nous libérer des discours ou des morales préétablis, à écouter notre silence intérieur et celui de la nature.«Ce qui est créateur est toujours destructeur», affirmait-il. En menant une critique radicale des formes modernes de l'asservissement, son ?uvre dégage des perspectives dont la ruine actuelle des grandes idéologies ne fait que souligner la pertinence.
Jiddu Krishnamurti
Colette Joyeux (Traducteur)
ISBN : 2757801171
Éditeur : SEUIL (15/03/2007)
Note moyenne : 4.16/5 (sur 88 notes)
Résumé :
L'enseignement de Krishnamurti repose sur la conviction que les transformations de la société ne peuvent se faire qu'au terme d'une transformation des individus.
Critique vis-à-vis des religions et des sectes, Krishnamurti n'aura de cesse de répéter que le bonheur passe par le refus de tout type d'autorité.
C'est le sens des multiples conférences qu'il a données pendant des dizaines d'années, partout dans le monde."Dès l'instant où vous suivez quelqu'un, vous cessez de suivre la Vérité. "Le Sens du bonheur - un best-seller mondial - nous permet de voir le monde autrement.
Sans parti pris, universelle, la parole de Krishnamurti nous fait découvrir les racines mêmes de nos problèmes personnels et de ceux de la société qui nous entoure.
Il nous apprend l'art de voir et d'écouter avec notre cœur. Et à découvrir la Vérité qui est en nous.
ISBN : 2259212484
Éditeur : PLON (04/11/2010)
Existe en édition audio
Note moyenne : 3.93/5 (sur 322 notes)
Résumé :
" De tous mes livres de philosophie et de spiritualité, celui-ci est certainement le plus accessible, mais sans doute aussi le plus utile. Car ce n'est pas un savoir théorique que je cherche à transmettre, mais une connaissance pratique, la plus essentielle qui soit : comment mener une vie bonne, heureuse, en harmonie avec soi-même et avec les autres. Ce que je dis ici avec des mots simples et des exemples concrets, comme au cours d'une conversation avec un ami, est le fruit de trente années de recherches et d'expériences. Mon témoignage personnel importerait peu s'il n'était éclairé par la pensée des philosophes et des sages de l'humanité qui ont marqué ma vie : le Bouddha, Confucius, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Jésus, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas parmi d'autres.
Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c'est passer de l'ignorance à la connaissance, de la peur à l'amour ".
Miguel Ruiz
Olivier Clerc (Traducteur)
ISBN : 2883534616
Éditeur : JOUVENCE (05/12/2005)
Existe en édition audio
Note moyenne : 4.04/5 (sur 490 notes)
Résumé :
Castaneda a fait découvrir au grand public les enseignements des chamans mexicains qui ont pour origine la tradition toltèque, gardienne des connaissances de Quetzacoatl, le serpent à plumes. Dans ce livre, Don Miguel révèle la source des croyances limitatrices qui nous privent de joie et créent des souffrances inutiles. Il montre en des termes très simples comment on peut se libérer du conditionnement collectif - le « rêve de la planète », basé sur la peur - afin de retrouver la dimension d'amour inconditionnel qui est à notre origine et constitue le fondement des enseignements toltèques que Castenada fut le premier à faire découvrir au grand public. Don Miguel révèle ici 4 clés simples pour transformer sa vie et ses relations, tirées de la sagesse toltèque. Leur application au quotidien permet de transformer rapidement notre vie en une expérience de liberté, de vrai bonheur et d'amour. Le monde fascinant de la Connaissance véritable et incarnée est enfin à la portée de chacun.
ISBN : 9782940430147
Éditeur : AMBRE (08/03/2010)
Note moyenne : 3.94/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Plus de 3 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Il y a fort longtemps, un vaillant chevalier combattait les méchants, tuait des dragons et sauvait les demoiselles en détresse. Il se croyait bon, gentil et plein d'amour. Il était très fier de sa magnifique armure qui brillait de mille feux, et ne la quittait jamais, même pour dormir. Seulement, un beau jour, en voulant l'enlever, il se retrouva coincé... Ainsi commença pour lui une quête initiatique, à la recherche de sa véritable identité, au gré de rencontres insolites et d'épreuves riches d'enseignement. En parvenant au "Sommet de la Vérité", il deviendra alors ce qu'il n'avait jamais cessé d'être, un homme au coeur pur, libre de toute illusion et de peur. Cette nouvelle quête du Graal, d'un humour délicieux, fait partie de ces "grands petits livres" comme Le Petit Prince et Jonathan Livingston le goéland. La limpidité, la profondeur du Chevalier à l'armure rouillée, qui parle au coeur et à l'âme, en font un conte d'une portée universelle.
Svami Prajnanpad
Arnaud Desjardins (Auteur du commentaire)Véronique Desjardins (Éditeur scientifique)
ISBN : 2710326019
Éditeur : LA TABLE RONDE (10/07/2003)
Note moyenne : 4.38/5 (sur 8 notes)
Résumé :
« La voie proposée par Swâmi Prajnânpad consiste à entendre avec un coeur et un esprit ouvert des affirmations souvent inattendues, déroutantes, parois même choquantes au premier abord, d'y réfléchir, avec toutes les ressources de notre intelligence et à voir, eu dehors de nous et en nous-même, si ce que nous observons confirme ou ,on la vérité de ces paroles. Ce dont nous sommes intimement convaincus, pas parce qu'un maître nous l'a dit mais parce qu'il a réussi à nous le montrer, transforme tout naturellement notre perception de la réalité quotidienne et modifie notre manière d'y répondre. » - Arnaud Desjardins.
Gilles Farcet
Kenneth White (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2226048472
Éditeur : ALBIN MICHEL (11/09/1990)
Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Ecrivain et philosophe considéré aujourd'hui comme l'un des grands " classiques " de la culture américaine, Henry Thoreau (1817-1862) fut redécouvert récemment par les jeunes générations à travers un film culte " Le Cercle des poètes disparus " dont il est la principale référence avec Walt Whitman. Loin d'être un " littérateur ", ce personnage singulier se construisit une cabane sur la rive de l'étang de Walden, dans les bois du Massachussetts, et y demeura seul des années durant, à l'écoute de lui-même et du dehors. Son chef d'oeuvre Walden - ou la vie dans les bois -, constitue le compte rendu de cette entreprise d'éveil. Inspirateur de Gandhi, Tolstoï, Martin Luther King, mais aussi de Yeats, Henry Miller, Gary Snider, Jack Kérouac, Thoreau figure au Panthéon des écrivains de la nature et de la non-violence. Les hindous saluent en lui un sannyasin (éveillé) du Nouveau monde. Lu avec admiration par Gide, Proust et Michaux, placé par Kenneth White au centre du réseau des " figures du dehors ", Thoreau indique des pistes à tous ceux qui aspirent à une vie plus dense. Ses cheminements sont ceux de notre temps. Dans ce livre très documenté, émaillé de nombreuses citations, Gilles Farcet propose une vivante approche de l'auteur de Walden, centrée sur l'expérience spirituelle de Thoreau et sur sa communion avec la nature, rapprochant notamment sa quête de celle des maîtres hindous, anciens ou contemporains. Présenté par Arnaud Desjardins, un des grands maîtres spirituels français, préfacé par Maurice Gonnaud, Président d'Honneur de l'Association Française d'études Amércaines, l'ouvrage comprend un long entretien avec l'écrivain Kenneth White.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
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Les chemins de la sagesse |
ISBN : 2266157558
Éditeur : POCKET (10/05/2006)
Note moyenne : 3.83/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Rédigés entre 1968 et 1972 à partir de notes prises par l'auteur auprès de son guide, Swâmi Prajnanpad (l891-1974), les trois tomes des Chemins de la Sagesse, aujourd'hui en un seul volume, restituent sous la forme d'un exposé rigoureux les découvertes d'un disciple à la recherche du Soi. Alors réalisateur à la Télévision française, Arnaud Desjardins y expose l'enseignement qu'il s'appliquait lui-même à mettre en pratique jour après jour. Source indispensable aux lecteurs désireux d'aborder ou de cerner dans son essence la démarche qu'il propose, cet ouvrage ouvre une voie concrète et nous rend accessibles, ici et maintenant, les vérités centrales de la métaphysique hindoue. Tous les aspects de notre nature trouvent leur place et leur fonction provisoire dans la voie qu'Arnaud Desjardins a élue pour lui-même, l'adhyatma yoga, dont les disciplines sont compatibles avec les conditions de vie des Occidentaux modernes. Rien de ce qui se manifeste en nous n'est rejeté : tout est assumé, intégré et transformé. L'accent mis par l'auteur sur la connaissance de soi et des mécanismes mentaux intéressera tous ceux que préoccupent les recherches contemporaines de la psychologie des profondeurs. Bien au-delà de l'Inde et des enseignements proprement orientaux, cette trilogie est en somme un traité de sagesse à l'usage des " hommes de bonne volonté ". On y retrouvera les échos d'une connaissance universelle, à laquelle peuvent puiser aussi bien agnostiques que croyants.
L'audace de vivre |
Arnaud DesjardinsVéronique Loiseleur
Véronique Loiseleur (Collaborateur)
ISBN : 2266094548
Éditeur : POCKET (06/01/2000)
Note moyenne : 3.96/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Autrefois grand voyageur, réalisateur pour la télévision de films sur les spiritualités vivantes de l'Orient, films qui ont fait date, auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont l'impact ne cesse de croître, Arnaud Desjardins vit aujourd'hui en Ardèche où il se consacre à transmettre ce qui lui fut jadis enseigné. Pourquoi les êtres humains ont-ils peur de mourir ? Parce qu'ils n'ont pas vraiment vécu.
Et quelle malédiction les a empêchés d'exister pleinement, sinon la peur de vivre ? Sans doute notre civilisation ne nous aide-t-elle guère à oser être et exprimer ce que nous sommes réellement, en dépit de son apparente permissivité. L'importance exagérée accordée dans notre société aux valeurs purement intellectuelles et au savoir abstrait ne favorise pas la culture et la croissance du sentiment.
La prolifération des modèles souvent éphémères et superficiels proposés par les médias ajoute à la confusion. Il est devenu plus que jamais difficile de parvenir à être ce que l'on est, et non une imitation. Aussi, nombre de personnes ne s'engagent-elles qu'à moitié dans l'aventure de l'existence, elles avancent avec timidité, tout en se sentant frustrées, ne sachant où puiser, le simple courage d'être. Dans la lignée des précédents ouvrages d'Arnaud Desjardins, ce livre se veut un appel à une vie pleine, intense, à la mesure de chacun d'entre nous.
Il s'adresse à ceux et à celles qui aspirent à trouver et à retrouver en eux-mêmes l'audace de vivre.
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L'Art de la réalisation |
Chandra Swami
Yvan Amar (Autre)
ISBN : 2226024689
Éditeur : ALBIN MICHEL (24/09/1985)
Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
La démarche à laquelle nous convie Chandra Swami, authentique sage hindou, est simplement la vérification concrète, pratique, dans notre vie quotidienne, ici, maintenant, de cette vérité éternelle que les sages d'âge en âge, d'Orient ou d'Occident ne cessent d'énoncer, et dont lui-même est le témoignage vivant :
"Vous êtes Être-Conscience-Joie, au-delà de la peur, de la souffrance, de la dualité du moi."
Dans ce petit traité de sagesse sont donnés et longuement commentés les différents moyens propres à développer le silence intérieur, lieu clé de l'éveil à cette réalité. C'est sobre, précis, clair et marqué tout au long du sceau de l'authenticité.
Le reste est entre nos mains.
Pratique de l'expérience spirituelle |
Karlfried Graf Dürckheim
Catherine de Bose (Traducteur)
ISBN : 2268003779
Éditeur : LES EDITIONS DU ROCHER (01/05/1989)
Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Pratique de l'expérience spirituelle
De la Bavière au Japon, de Maître Eckart au Tao Te King, de la psychologie expérimentale à l'Initiation, ce livre retrace le prodigieux cheminement spirituel de Karlfried Graf Dürckheim qui chercha la grande aventure de l'Esprit, la quête de la « conscience absolue », de la sérénité et de l'harmonie intérieure.
Du Japon, où il séjourne dix ans, il rapporte la pratique de la méditation Zazen, celles de l'aïkido et du tirc à l'arc.
La spiritualité est avant tout affaire de vécu, un fait d'expérience : tel est pour Dürckheim l'un des principaux messages de l'Orient à un Occident qui a perdu l'Esprit.
L'Occident pourtant a eu ses maîtres spirituels, et il ne s'agit en aucun cas de les renier - Eckart, en particulier, dont Dürckheim nous dit qu'il a été pour lui essentiel dans sa rencontre du Zen. Mais, à la manière orientale, il nous faudrait désormais les considérer plus comme des maîtres à vivre que comme des maîtres à penser.
Manuel de l'anti-sagesse : Traité de l'échec sur la voie spirituelle |
ISBN : 2354900201
Éditeur : LES EDITIONS DU RELIÉ (02/06/2008)
Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Cet excellent petit traité satirique sur les raisons des échecs que l'on peut rencontrer lors d'un cheminement spirituel a pour base l'enseignement proposé par Arnaud Desjardins, dont Gilles Farcet est un proche collaborateur. Il nous éclaire sur tous les pièges susceptibles d'égarer le chercheur spirituel sincère, et ce quelle que soit la voie sur laquelle il est engagé. Ce manuel met en lumière les armes dont dispose le mental pour nous faire dévier à chaque instant de notre intention première qui devrait être : devenir un être humain digne de ce nom, un être libre. Voici un livre qui nous aide à redevenir des amants de la vie.
Le courage : La joie de vivre dangereusement |
ISBN : 2889114597
Éditeur : JOUVENCE (16/08/2013)
Note moyenne : 4.19/5 (sur 8 notes)
Résumé :
D'où viennent les peurs, comment les comprendre et comment trouver le courage d'y faire face ? Tels sont les thèmes évoqués dans ce livre qui est une leçon de vie "droit dans les yeux".
Être confronté à l'incertitude et aux changements est en réalité une opportunité de célébration. Plutôt que d'essayer de s'accrocher au familier, au connu, nous pouvons apprendre à apprécier ces situations comme des occasions d'aventures et d'approfondissements de la compréhension que nous avons de nous-mêmes, des autres et du monde qui nous entoure. Le courage commence par une exploration en profondeur de la façon dont celui-ci s'exprime dans notre vie quotidienne. Il sera abordé ici le courage de changer quand cela s'avère nécessaire, le courage de s'affirmer contre l'opinion des autres, et le courage d'accueillir l'inconnu en dépit de nos peurs - dans nos relations, dans nos carrières, ou dans ce constant voyage de la compréhension de qui nous sommes.
«Le courage n'est pas l'absence de peur.
C'est plutôt et justement la volonté d'y faire face.»
OSHO
OSHO est un des enseignants spirituels les plus provocateurs du XXe siècle et devient après sa mort en 1990, enfin reconnu comme un maître spirituel de référence.
Par son mode de pensée déstabilisant, il incite à une remise en cause permanente des certitudes et à une nouvelle prise de conscience plus autonome. Les Éditions Jouvence ont édité quatre de ses livres : La liberté, Être en pleine conscience, Sous la couette et Le courage, dont voilà la version Poche.
De l'enfant à l'adulte.

Jarwal le lutin :
« Dans votre monde, lorsque vous naissez, vos parents ont peur pour vous et vous transmettent inconsciemment cette émotion profonde. C’est la peur de la mort et elle prend le pas sur l’amour de la vie. Vous allez apprendre avec cette peur et elle vous poussera inconsciemment à vous détacher de la Vie jusqu’à croire que vous êtes différents, meilleurs, insignifiants, bêtes, intelligents, paresseux, courageux, forte tête, soumis, rebelle, rêveur, que vous êtes votre nom, votre image, votre réputation. Tout cela peut exister effectivement mais tout cela vous éloigne de la source, tout le drame est là. Vos conditions de vie ne sont pas la Vie et dès que vous êtes coupés de cette Vie, vous vous contentez d’exister. Et c’est un effroyable gâchis. C’est comme si vous vous intéressiez à l’Océan en vous préoccupant uniquement d’une des gouttes d’eau qui le composent. Vous ne connaîtrez alors jamais l’Océan et vous n’aurez qu’une vue parcellaire de la Vie. Ce qui manque à votre Monde, c’est la capacité à vous élever.»
Cette semaine, Rémi et Léo, les deux frères, sont montés au Mont-Blanc, par les Trois Monts (Tacul/ Maudit/Mont-Blanc). Piolets, crampons et skis, puis descente par la Face Nord à travers le dédale des crevasses et des séracs.
Des souvenirs pour une vie entière et pour nous, parents, ce bonheur d'avoir su transmettre cette amour des montagnes, le goût de l'effort, la volonté, l'engagement, la détermination, la conscentration, la connaissance de soi. Le désir de "s'élever", toujours plus haut, de s'explorer en usant des montagnes et de leur beauté.
Bien sûr que nous étions "tendus" et impatients d'avoir de leurs nouvelles. On sait ce qu'il en est là-haut et les risques encourus mais nos peurs, nous les avons gardées car sinon, il aurait été absurde lorsqu'ils étaient enfants de les avoir emmenés en altitude. Il aurait été tout aussi absurde de "charger" les garçons de nos inquiétudes. Nous les avons encouragés, connaissant parfaitement leur entraînement et l'exigence de leur préparation. Ils sont eux aussi intégralement végétariens, ils connaissent les bienfaits du jeûne, ils courent en montagne aussi souvent que possible. Une hygiène de vie intégrale, une hygiène spirituelle qui nous comble de bonheur.
Transmission des valeurs validée.
Nourriture émotionnelle et carence affective
https://nospensees.fr/lalimentation-emotionnelle-la-nourriture-qui-comble-le-vide/
L’alimentation émotionnelle, la nourriture qui « comble le vide »
4, août 2016 dans Psychologie12848 Partagés

Manger des sucreries après une rupture amoureuse, dévorer de la nourriture pendant des moments de tension, dépasser les quantités suffisantes pour notre corps, etc.
Voilà ce qu’est l’alimentation émotionnelle, une habitude pour laquelle il n’y a pas meilleure définition que les exemples.
Nous croyons qu’“être des personnes normales” équivaut à être en état d’alerte par rapport à la nourriture, que nous devons avoir peur du chocolat et de la crème, persuadés que si nous pouvions arriver à maîtriser “cette féroce faim intérieure”, nous parviendrions à l’harmonie.
Nous oublions là que souvent, manger devient une métaphore de la façon dont nous vivons et de la manière dont nous gérons nos émotions.
Pourtant, dans de nombreux cas d’ingestion compulsive, la nourriture fonctionne comme un rideau de fumée qui nous empêche de voir le vrai problème : la perte de contrôle émotionnel par le besoin de combler le vide relatif à d’autres domaines de notre vie.

La relation entre les carences affectives et la nourriture
La nourriture peut devenir un substitut d’équilibre émotionnel.
Combien de fois avons-nous payé nos frustrations en nous empiffrant ou en mangeant une glace ou un chocolat ?
La compulsion qui nous guide au moment de manger est très souvent le désespoir au niveau émotionnel.
Les régimes ne fonctionnent pas parce que la nourriture et le poids sont les symptômes, pas le problème.
Disons que le fait de se concentrer sur le poids est une manière de ne pas prêter attention aux raisons pour lesquelles tant de personnes se jettent sur la nourriture quand elles ont faim.
Ceci, naturellement, est renforcé par notre société, qui focalise son attention sur les kilos en trop et sur les calories consommées.
On dirait que la perte de poids et l’obtention d’une belle silhouette provoqueraient chez nous la libération émotionnelle des événements douloureux qui nous tourmentent actuellement.
Geneen Roth, auteure spécialisée, met l’accent sur le fait que la prise de poids est, en soi, un symptôme. Même si nous arrivons à la faire diminuer, nous continuerons à générer de grandes fluctuations.
Je vous fais partager un passage qui illustre très bien cette question :
Quelqu’un assista une fois à un de mes séminaires après avoir perdu trente-quatre kilos en faisant un régime. Cette femme s’est mise devant cent cinquante personnes et elle a dit d’une voix tremblante :
— C’est comme si on m’avait dépouillée. On m’a volé le plus beau de mes rêves. Je croyais vraiment qu’en perdant du poids, ma vie changerait. Mais ce qui a changé en moi est seulement extérieur. L’intérieur est toujours le même. Ma mère est toujours décédée, et je suis toujours sûre que mon père me battait quand j’étais petite. Je suis toujours en colère et je me sens seule, et maintenant, je n’ai plus l’espoir de maigrir.

Le cercle vicieux de l’alimentation émotionnelle
D’une certaine manière, la préoccupation de notre corps masque des préoccupations bien plus profondes, qui alimentent un cercle vicieux d’inquiétudes qui ne se résolvent pas et qui freinent notre capacité à grandir et à nous développer.
Pour certains auteurs, le véritable problème de la prise de poids et de l’alimentation émotionnelle est que la nourriture devient un substitut de l’amour.
Ainsi, comme l’affirme Geneen Roth : “Si nous cessons d’alimenter l’enfant maltraité qu’il y a à l’intérieur de l’adulte solitaire, nous pourrons nourrir l’amour et donner lieu à l’intimité.
De cette manière, nous libérerons la douleur de la vie passée et nous nous installerons définitivement dans le présent.
Il n’y a qu’en nous réservant un espace pour l’intimité et l’amour que nous apprendrons à apprécier la nourriture et que nous cesserons de nous en servir comme d’un substitut.”
À certains moments, nous croyons que manger nous sauvera de nous-mêmes, de la haine que nous ressentons, de l’angoisse d’être qui nous sommes et de ce que cela provoque chez nous, et que nous ne souhaitons pas. C’est une espèce de pensée magique qui renforce un cercle vicieux qui nous tourmente.
Quand nous mangeons de manière déséquilibrée, nous ne prenons pas soin de nous et de notre présent.
Mais comme nous le disons, nous soulager à travers la nourriture et prendre du poids est, très souvent, juste un symptôme qui se recrée dans un cercle vicieux.
Alors, ce faisant, chaque fois que nous mangeons de manière compulsive, nous renforçons la croyance selon laquelle la seule façon d’avoir ce que nous voulons est de nous l’octroyer nous-mêmes grâce à la nutrition.

C’est pourquoi chaque fois que nous nous adonnons à une ingestion excessive à la suite d’un déséquilibre émotionnel, nous renforçons ce désespoir associé à notre problème, ce qui provoque une pagaille encore plus grande.
C’est un cercle vicieux en tous points qui se nourrit lui-même du besoin de manger, tout en cachant ainsi le problème de fond.
L’alimentation émotionnelle, surnutrition ou déséquilibre nutritionnel nous sert souvent d’appui imaginaire, c’est-à-dire que nous pouvons arriver à utiliser la nourriture pour maintenir debout les quatre murs de notre maison.
Prendre et perdre du poids ou être toujours au régime, c’est comme être constamment sur une montagne russe émotionnelle.
Une personne qui se sert de la nourriture pour se protéger s’enivre sans cesse à travers le chaos, l’intensité émotionnelle et le dramatisme.
Parce que comme nous l’avons dit, manger de façon compulsive reflète la mise en scène de la souffrance.
IMC et alimentation
IMC : indice de masse corporelle
Il y a un énorme problème de santé qui se profile avec une ampleur dont on n'imagine pas encore vraiment les conséquences et tout est lié à l'alimentation...
Actuellement, j'ai un IMC de 18 et pour le milieu médical, je suis en "état de maigreur". Ce matin, je me suis pourtant avalé 80 km de vélo, à fond, avant d'aller travailler au potager, hier deux heures de tennis, avant-hier, 1800 m de dénivelée en montagne et je travaille tous les jours dans le potager ou je fends du bois ou je creuse ma cave à la pioche et à la pelle et sans ressentir le moindre effet négatif au regard de cet "état de maigreur"....
Par contre, si j'observe les personnes que je croise dans la vie quotidienne et notamment les gens de mon âge, je constate un état de surpoids très fréquent, hommes et femmes mélangés. Même constat chez des individus plus jeunes, même constat chez des adolescents... Et de plus en plus chez de jeunes enfants.
Et là, je n'ai pas l'impression que le milieu médical soit très enclin à tirer la sonnette d'alarme, en tout cas, pas avec la même application que lorsque l'IMC est soi-disant "trop bas"....Et pourtant, il existe de plus en plus d'études scientifiques, dans divers pays, qui pointent une menace réelle, à l'échelle d'une pandémie..." La maladie du foie gras" (NASH, acronyme anglo-saxon) n'est pas une illusion. Et maintenant, viennent s'ajouter des risques de dégénérescence cérébrale, de démence, d'augmentation exponentielle de maladie liée au vieillissement, amplifiées par des pratiques alimentaires totalement toxiques..... On va où là ?.........
Ce qui m'interpelle, c'est de voir que cet IMC a évolué dans les cinquante dernières années, une évolution qui suggérerait que l'IMC actuel est beaucoup plus "conciliant" et que des individus en surpoids il y a cinquante ans sont considérés aujourd'hui comme étant en bonne santé. Je n'aime guère ce que cela signifie : la consommation alimentaire est encouragée et la "norme" est relevée afin que les individus ne se sentent pas "hors cadre". Si cela n'avait pas d'incidence sur leur santé, il n'y aurait aucun problème mais ça n'est nullement le cas.
La maladie du "foie gras" contribue à l'apparition de cirrhose du foie et à long terme à la nécessité d'une greffe. L'animateur Pierre Ménès en est devenu le porte parole après avoir failli mourir.
Pour quelles raisons, cet état de fait n'est pas plus fortement dénoncé, pour quelles raisons les alertes du milieu médical ne se font pas plus pressantes ? Qui freine de la sorte la prise de conscience des populations ?
Les lobbies agro-alimentaires ne le souhaitent pas.
Les laboratoires pharmaceutiques pas davantage.
Il faut imaginer les sommes que tout cela représente.
Il faut observer également les résistances de la population sur les régimes végétariens et les "traditions alimentaires carnées", les résistances sur la pratique du jeûne, pourtant connu depuis des siècles et sans que rien ne soit jamais venu en prouver la novicité, dès lors que c'est une méthode raisonnée, justifiée, encadrée, documentée.
Comment peut-on considérer que la nourriture censée promouvoir notre santé finisse par y porter atteinte ?
De la même façon, comment accepter le fait que l'alimentation humaine contribue avec une telle violence à la souffrance animale et à la dégradation de l'espace naturel ?
N'y a-t-il pas là une réflexion indispensable, vitale ?...
"150 millions d'animaux tués par heure pour la consommation humaine." Je ne sais pas trop comment des gens parviennent à établir un tel constat mais en tout cas, ce qui est certain, au-delà des chiffres, c'est que l'humain produit sur la planète une quantité de souffrance inimaginable....
LA-HAUT
"Si, sur cette Terre ensanglantée, chaque être vivant qui meurt poussait un cri puissant à l’instant où il succombe, qu’il soit animal, végétal ou humain, ce monde ne serait qu’un atroce hurlement indéfiniment prolongé et nous mutilerions certainement nos oreilles, préférant être sourds."
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http://www.santemagazine.fr/actualite-avc-et-demence-des-nouveaux-risques-attribues-aux-boissons-sucrees-77779.html
Les sodas classiques et light sont-ils mauvais pour le cerveau ? La question se pose après la publication de deux études menées par une même équipe de chercheurs américains qui mettent en garde contre ces deux types de boissons, et plus généralement contre l'excès de sucre. Qu'elles soient light ou classiques, les effets des boissons sucrées sur l'organisme font souvent l'objet d'études scientifiques pour connaître leur impact sur le long terme. Caries, surpoids, diabète... outre ces risques bien connus, des chercheurs de l'université de Boston évoquent un autre dommage, qui concerne cette fois le cerveau. Leur étude montre en effet que les personnes qui consomment fréquemment des boissons sucrées classiques (boissons gazeuses, sodas et jus de fruits) sont plus susceptibles de présenter une mémoire moins développée, un volume global du cerveau moins important et un hippocampe plus petit, une zone du cerveau importante pour l'apprentissage et la mémoire. Mais il n'est pas conseillé de se "rabattre" sur les sodas light car dans une autre étude, les chercheurs pointent des risques propres. Les adeptes de ces boissons seraient presque trois fois plus susceptibles de développer un accident vasculaire cérébral et une démence que celles qui n'en consomment pas. Les chercheurs sont prompts à souligner que ces résultats, qui apparaissent dans les journaux "Alzheimer & Dementia" et "Stroke", démontrent une corrélation mais pas de véritable lien de cause-à-effet. Plus de recherches sont nécessaires pour déterminer comment ces boissons endommagent le cerveau et si ces dommages peuvent être causés par une maladie vasculaire ou un diabète sous-jacent. "Ces études ne sont pas exhaustives, mais ce sont des données solides et une suggestion très forte, déclare Sudha Seshadri, professeur de neurologie à la Faculté de médecine de l'Université de Boston. Il semble qu'il n'y ait pas d'avantages à consommer des boissons sucrées, et la substitution du sucre par des édulcorants artificiels ne semble pas aider". Les boissons sucrées, principale source d'expositionLes chercheurs sont partis du constat que l'excès de sucre a longtemps été associé à des maladies cardiovasculaires et métaboliques, mais ses effets sur le cerveau humain sont peu documentés. Bien que le risque concerne le sucre en général, ils ont choisi de se concentrer sur l'impact des boissons sucrées, principale source d'exposition. Pour la première étude, les chercheurs ont examiné les données, y compris celles issues d'analyses d'imagerie par résonance magnétique (IRM) et de résultats de tests cognitifs, auprès d'environ 4 000 personnes inscrites dans des cohortes de santé. Ils se sont particulièrement intéressés aux personnes qui ont consommé plus de deux boissons sucrées par jour ou plus de trois sodas par semaine. Parmi celles-ci ils ont constaté de multiples signes de vieillissement accéléré du cerveau, y compris un volume général du cerveau plus faible, une mémoire épisodique plus pauvre et un hippocampe rétréci, soit des éléments qui constituent des facteurs de risque de survenue de la maladie d'Alzheimer à un stade précoce. Gare aux édulcorants artificielsLes chercheurs ont également constaté qu'une consommation élevée de sodas diététiques, au moins une par jour, était associée à un volume plus petit du cerveau. Dans la deuxième étude, les chercheurs ont utilisé les données de santé des mêmes personnes membres de ces cohortes, mais seulement des plus âgées et ont regardé spécifiquement si les participants avaient subi un AVC ou avaient été diagnostiqués avec une démence. Après avoir mesuré l'apport de boissons des bénévoles sur sept ans, les chercheurs les ont ensuite surveillé pendant 10 ans, cherchant des signes d'accident vasculaire cérébral chez 2 888 personnes de plus de 45 ans ou de démence chez 1 484 participants de plus de 60 ans. Leurs conclusions ont établi que les personnes qui ont bu au moins un soda diététique par jour étaient presque trois fois plus susceptibles de développer un AVC et une démence. Les chercheurs ne sont cependant pas parvenus à savoir quel rôle le diabète pouvait jouer dans la survenue de ces pathologies: ce dernier constitue un facteur de risque connu pour ces deux maladies. Mais les diabétiques ont davantage tendance à consommer des sodas light pour limiter leur consommation de sucre. Diverses hypothèses sont avancées sur la façon dont les édulcorants artificiels peuvent causer ces dommages, notamment le fait qu'ils auraient la capacité de modifier la composition de la flore intestinale, une partie de l'organisme directement liée au cerveau. http://www.conseil-economique-et-social.fr/steatose-hepatique-causes-symptomes-traitements/ Stéatose hépatique – Causes, symptômes et traitements
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La stéatose hépatique ou foie gras non alcoolique est la cause la plus fréquente des maladies chroniques du foie dans le monde occidental. C’est une maladie assez courante dans les pays développés, qui affecte surtout les hommes entre 40 et 60 ans. Il a une incidence de 15% à 35% selon les pays, qui a augmenté au cours des dernières décennies en raison de la présence accrue de diabète de type 2 et de l’obésité. Toutes les informations importantes sur la stéatose hépatiqueLa stéatose hépatique est une maladie qui consiste en l’accumulation progressive de graisse dans les hépatocytes et qui empêche le corps d’accomplir correctement ses fonctions. Le diabète de type 2, l’obésité ou l’hypertension sont les facteurs qui facilitent le développement de foie gras ou de la stéatose hépatique. La stéatose hépatique ne montre aucun symptôme visible. Habituellement, elle est découverte fortuitement suite à une douleur sourde dans la région du foie, une fatigue et dans certains cas une augmentation de la taille du foie qui peut révéler son apparence. Qu’est-ce que le foie gras?Le foie est un viscère avec diverses fonctions, y compris la production de protéines, le stockage du glycogène et la sécrétion de la bile, qui sont nécessaires pour la digestion des corps gras. La cellule principale du foie est l’hépatocyte, une cellule capable de stocker à la fois du glucose et des lipides (graisses). Si ces excès de graisse s’accumulent, un moment peut arriver où les cellules n’accomplissent plus correctement leur fonction. Lorsque ce moment se produit, et que la cause de cette augmentation de lipides intracellulaires n’est pas l’alcool, il est dit que le patient a une stéatose hépatique ou un foie gras. Comment se produit la stéatose hépatique ?C’est une maladie qui se produit dans le foie en bonne santé et qui ne provient pas de la consommation excessive d’alcool. Il s’agit clairement d’un hépatotoxique. Progressivement, l’accumulation de la graisse dans les hépatocytes est due à une production excessive pendant son utilisation, ce qui provoque une augmentation de la sensibilité à des facteurs qui peuvent causer des dommages au foie et entrainer finalement une inflammation et une fibrose, empêchant le corps d’accomplir correctement leurs obligations. Les principaux facteurs qui prédisposent ou facilitent la stéatose hépatique sont : − L’obésité, − Le diabète de type 2 et la résistance à l’insuline, − La dyslipidémie, − L’hypertension, − Certains médicaments tels que l’amiodarone, les antirétroviraux, les corticoïdes, le diltiazem, le tamoxifène, etc. − Diverses maladies telles que l’apnée obstructive du sommeil (AOS), le syndrome des ovaires polykystiques, l’hypothyroïdie , la perte de poids importante, la résection intestinale, etc. Les symptômes de la stéatose hépatiqueLa maladie du foie gras ne provoque généralement pas de signes évidents ou encombrants. La plupart du temps, sa découverte est fortuite lors d’une exécution d’un test d’imagerie abdominale (échographie ou tomodensitométrie -TAC-) pour d’autres raisons. Toutefois, dans certains cas, le patient peut avoir une douleur sourde au niveau abdominal, dans la région du foie, avec un peu plus de fatigue que d’habitude. Il peut aussi ressentir une hépatomégalie. Une augmentation de la taille du foie peut être perçue en palpant l’abdomen. La plupart des patients atteints de la stéatose hépatique sont stables et la maladie ne dégénère pas en hépatite. Mais dans les cas résiduels, on peut constater une insuffisance hépatique. La coexistence de l’obésité et du diabète de type 2 favorise la progression de la maladie. Il a été découvert que les patients souffrants de foie gras peuvent avoir des complications cardiovasculaires plus fréquentes. Le diagnostic de la stéatose hépatiqueLa maladie est habituellement découverte fortuitement. Un examen de l’abdomen du patient peut être flou. Il se peut que le médecin remarque une augmentation de la taille du foie ou que le patient se plaigne d’une douleur à la palpation de la région du foie. Au cours de l’analyse de sang, on peut voir une élévation des enzymes hépatiques (ALT, AST et GGT), une diminution du cholestérol de haute densité (HDL) et une augmentation des triglycérides, avec des niveaux de glucose dans le sang. L’échographie abdominale est la meilleure technique d’imagerie, à cause de sa simplicité. Ce test invasif permet d’évaluer les résultats typiques de la stéatose hépatique. Le CT (scanner) et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) peuvent également être utiles pour diagnostiquer la stéatose hépatique. Cependant, le diagnostic définitif sera donné par une biopsie du foie. Mais, puisque cette maladie a généralement une évolution bénigne, le test présente des risques et ne devrait être effectué que si le patient montre des facteurs de risque sur la progression de la maladie, tels que l’âge avancé, l’obésité sévère, le diabète ou des modifications importantes des enzymes hépatiques. L’étude des tissus permet d’évaluer le degré de l’inflammation et la fibrose. Il est important d’établir le diagnostic en excluant avant tout les causes possibles de l’hépatite et le dysfonctionnement du foie comme : − La stéatose alcoolique, − L’utilisation de médicaments hépatotoxiques, − Les maladies du foie auto-immunes, − L’hémochromatose, − La maladie de Wilson. Le traitement de la stéatose hépatiqueLa stéatose hépatique est une maladie essentiellement bénigne et son traitement est basé sur la détection de la maladie pour ralentir la progression des facteurs de risque et les corriger le plus tôt possible. Il est souhaitable que le patient qui est en surpoids ou obèse essaie de réduire son indice de masse corporelle (IMC) avec une alimentation saine et une pratique modérée d’exercice aérobique (course, vélo, aviron…). En cas de diabète ou de dyslipidémie, un contrôle métabolique adéquat et une utilisation de médicaments prescrits par un spécialiste, tels que les glitazones ou les antidiabètes biguanides et les statines hypolipidémiants, sont recommandés. Les précautionsEn dépit que la stéatose hépatique soit une maladie bénigne, il faut essayer de réduire la consommation de graisses et de sucres qui peut conduire à l’obésité et au diabète de type 2 et de faire une activité physique modérée. |
Nouvelle année
Je me souhaite un bel instant présent
Je me souhaite de n'avoir aucun espoir qui ne soit que chimère.
Je me souhaite de ne pas rêver éveillé.
Et si je m'en tiens à ces directives, je n'ai rien finalement à me souhaiter puisque tout sera réglé.
Je souhaite aux gens que j'aime qu'ils n'aient pas besoin de mes souhaits pour être en paix.
Je souhaite aux gens que j'aime qu'ils n'aient même pas besoin de mon amour.
Je souhaite aux gens que j'aime de n'avoir rien à se souhaiter eux-mêmes.
Et si tout cela n'est pas possible, n'est pas réalisable, que les épreuves sont trop lourdes ou les besoins encore très présents, je souhaite aux gens que j'aime tout ce qu'ils aimeraient que je leur souhaite.
Pour le reste de l'Humanité, je n'ai rien à dire. Ça n'est pas de mon ressort et ça serait m'octroyer un pouvoir prétentieux.
Le piège climatique
Pergélisol, le piège climatique
26.01.2015, par

Résultat de la fonte du pergélisol, les mares de thermokarst (ici sous la neige) seraient plusieurs millions en Arctique, sur une superficie de plusieurs centaines de kilomètres carrés.
L. CAILLOCE/ CNRS PHOTOTHEQUE
Typique des régions arctiques, le pergélisol, le sol gelé depuis des milliers d’années, dégèle peu à peu sous l’effet du réchauffement climatique. Ce faisant, il libère de puissants gaz à effet de serre. « CNRS Le journal » s’est rendu au Nunavik, dans l’Arctique canadien, pour mieux comprendre ce phénomène largement sous-estimé par les modèles climatiques.
Les Inuits le savent bien, eux qui sont coutumiers des longues attentes dans les aéroports de la région. Voyager dans le Nord demande une bonne dose de patience. C’est à notre tour d’en faire l’expérience, en ce matin de décembre : le vol d’Air Inuit sur lequel nous avons embarqué à Montréal fait un atterrissage forcé à 150 kilomètres à peine de notre destination, Kuujjuarapik. Dans ce village inuit situé au sud de la baie d’Hudson, à l’embouchure de la rivière à la Baleine, le blizzard fait rage et empêche tout trafic aérien. Des conditions inhabituelles à cette époque de l’année. « À cause du changement climatique, la glace de mer tarde à se former sur la baie, ce qui crée une grande instabilité des masses d’air », nous explique-t-on.
Le plus gros réservoir de carbone continental
C’est loin d’être la seule conséquence des bouleversements climatiques dans le Nunavik, cette région arctique du Québec peuplée à 90 % d’Inuits. Ici, non seulement la banquise se réduit d’année en année, mais le pergélisol, le sol gelé en permanence, caractéristique des régions arctiques (permafrost, dans sa version anglo-saxonne), commence lui aussi à dégeler… Un vrai problème pour les infrastructures des quatorze municipalités de la région – routes d’accès et pistes d’aéroport défoncées, maisons qui voient le sol se déliter sous leurs fondations –, mais aussi pour le devenir climatique de la planète. C’est pour en savoir plus sur ce phénomène inquiétant que nous avons fait le voyage avec Florent Dominé : ce chercheur au laboratoire franco-canadien Takuvik a initié un vaste projet de recherche sur le pergélisol, le projet APT (Acceleration of Permafrost Thaw by Snow-Vegetation Interaction), réunissant pas moins de huit laboratoires français et canadiens1.

Répartition du pergélisol dans l'hémisphère nord. De bleu foncé à bleu clair : pergélisol continu (90% de la surface), pergélisol discontinu et pergélisol sporadique (- de 10% de la surface). En rouge : Kuujjuarapik.
H. AHLENIUS/UNEP/GRID-ARENDAL
Si la totalité du carbone du pergélisol venait à être relâchée, cela aurait des conséquences dramatiques pour le réchauffement climatique.
Le pergélisol représente 25 % des terres émergées dans l’hémisphère Nord, soit l’équivalent de la superficie du Canada. C’est le plus gros réservoir de carbone continental de la planète, devant les réserves de combustible fossile que sont le pétrole, le gaz et le charbon : « 1 700 milliards de tonnes de carbone d’origine végétale s’y sont accumulées depuis la dernière glaciation, explique Florent Dominé. C’est deux fois plus de carbone que n’en contient actuellement l’atmosphère ! » Problème, avec la hausse des températures atmosphériques, le pergélisol tend à se réchauffer, voire à dégeler par endroits – « au Nunavik, on a enregistré une hausse de 2 °C de la température du sol à 4 mètres de profondeur entre 1992 et 2010 », rappelle le Québécois Michel Allard, chercheur à Takuvik et partie prenante du projet APT. Or, en dégelant, le pergélisol libère dans l’atmosphère du dioxyde de carbone (CO2) et du méthane, deux puissants gaz à effet de serre.
« Si la totalité du carbone emprisonné dans le pergélisol venait à être relâchée, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le réchauffement climatique », explique Florent Dominé, qui évoque une augmentation de 5 à 8 °C de la température d’ici à 2100, quand le pire scénario du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec)2 se situe aujourd’hui à 4 °C, faute de prendre encore en compte ces processus complexes, mis au jour récemment.
Trois sites sous haute surveillance
« Il est urgent d’intégrer le pergélisol aux modèles climatiques, martèle le chercheur. Pour ce faire, il faut connaître précisément l’évolution de son régime de température en fonction des conditions extérieures telles que la température de l’air, la vitesse du vent, la nature du sol, mais aussi, et on le sait moins, les caractéristiques du manteau neigeux qui le recouvre l’hiver… » Deuxième axe de recherche indissociable du premier : connaître et modéliser les processus de relargage des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. « Tout ce qu’on sait aujourd’hui, c’est qu’on est face à une redoutable boucle de rétroaction positive, poursuit le chercheur. Plus la température de l’air augmente, plus le pergélisol fond, plus la quantité de gaz à effet de serre augmente dans l’atmosphère, ce qui entraîne une nouvelle hausse de la température de l’air, et ainsi de suite… »

Le manteau neigeux influe directement sur la température du pergélisol. Florent Dominé, chercheur à Takuvik, effectue des mesures dans la région de Kuujjuarapik.
L. CAILLOCE/CNRS PHOTOTHEQUE
A Kuujjuarapik, 90% du pergélisol a fondu ces dernières décennies.
Trois sites ont été retenus pour mener cette étude de trois ans : l’île Bylot, le plus septentrional (73° de latitude nord), situé dans une région de pergélisol continu caractérisée par un paysage de toundra herbeuse ; Umiujaq (56° N), un village côtier situé dans une région de pergélisol discontinu présentant une alternance de forêt boréale et de toundra arbustive ; et enfin, Kuujjuarapik, le site le plus méridional (55° N), caractérisé par un paysage de pergélisol sporadique, qui fait la part belle à la forêt boréale et aux conifères – le but de notre voyage !
Le lendemain, le blizzard a fait place à un grand soleil. Nous survolons la baie d’Hudson à peine ridée par les premiers gels et plongeons vers Kuujjuarapik. Pas le temps de souffler au village : nous montons aussitôt dans l’hélicoptère qui doit nous emmener sur les buttes de pergélisol situées à quelques kilomètres de là. L’engin n’est pas une coquetterie : en Arctique, il n’y a tout simplement pas de routes ! Depuis le ciel, nous découvrons les palses, ces buttes de tourbe gonflées par la glace, et les mares créées par la fonte du pergélisol, aussi appelées mares de thermokarst, alignées comme autant de pots de peinture blanche. Les buttes sont en réalité les derniers reliquats du pergélisol qui existait autrefois à Kuujjuarapik, et dont 90 % a fondu ces dernières décennies. Nous nous posons sur l’une d’elles et déchargeons le matériel. Le thermomètre confirme que nous ne sommes pas là pour nous amuser : il fait – 23 °C ! Le temps de préparer les instruments, les appareils photo et les smartphones se figent : « problème de refroidissement », affiche un téléphone auquel le froid a fait visiblement perdre la tête.

Kuujjuarapik est situé dans une zone de pergélisol sporadique. On aperçoit ici les buttes de pergélisol caractéristiques de la région, aussi appelées palses.
L. CAILLOCE/CNRS PHOTOTHEQUE
Des hauteurs de neige trop importantes
Chaudement emmitouflé dans sa veste en duvet d’oie, bonnet vissé sur la tête, Florent Dominé est, lui, dans son élément. « La neige est un très bon isolant, proche des performances du polystyrène ou… d’une bonne doudoune, explique le chercheur. L’hiver, elle fait tampon entre le pergélisol et l’air extérieur et empêche le sol de se refroidir autant que ce dernier. Ses propriétés isolantes varient néanmoins en fonction de son épaisseur, de sa densité et de sa structure. Une couche de neige très épaisse sera plus isolante qu’une couche plus fine ; une neige peu dense préservera plus du froid qu’une neige plus compacte. » Le chercheur dégaine sa sonde à neige – il mesure 12 centimètres à peine d’épaisseur au sommet de la palse –, et enfonce une sonde de température dans la neige. À l’interface pergélisol-neige, la température atteint – 9 °C, soit 15 °C de plus que la température atmosphérique ! Grâce à une petite pelle de contenance connue (100 cm3), il ramasse la poudre blanche et la pèse sur la balance extraite de ses valises à instruments. De tête, il calcule sa densité. « Elle est encore assez légère », commente le chercheur. Nouvelle démonstration au pied de la palse, où la neige, nettement plus épaisse, s’est accumulée sur 80 centimètres de hauteur. La température du pergélisol au contact avec la neige y est de – 1 °C, proche du dégel !
L'hiver, la neige fait tampon entre le pergélisol et l'air extérieur et empêche le sol de se refroidir autant que ce dernier.
La démonstration n’est pas innocente : avec le changement climatique, on enregistre non seulement une hausse de la température de l’air, mais également une augmentation du régime des précipitations (pluie et neige), du fait d’une plus grande évaporation. « C’est contre-intuitif, car tout le monde en Arctique peut constater que le nombre de jours de neige a diminué, explique le chercheur. Pourtant, lorsque la neige tombe, c’est en quantité bien plus importante qu’avant. Les hauteurs de neige tendent donc à augmenter, ce qui a un effet direct sur le réchauffement du pergélisol. ».
Autre facteur à prendre en compte pour une meilleure compréhension des effets du manteau neigeux : la végétation. Avec la hausse des températures atmosphériques, la couverture végétale s’accroît, tandis que les arbres et les arbustes migrent vers le nord. Or plus de végétation signifie des hauteurs de neige plus importantes. « La neige soufflée par le vent a tendance à s’accumuler en présence de végétation, au pied des arbres notamment », explique Florent Dominé. En outre, la végétation, de couleur sombre, diminue le pouvoir réfléchissant de la neige (celle-ci renvoie donc moins de chaleur et de rayonnement solaire vers l’espace) et modifie en profondeur ses propriétés optiques – autant de paramètres qui seront mesurés précisément dans le cadre du projet APT.

Résultat de la fonte du pergélisol, les mares de thermokarst (ici en été) émettent de puissants gaz à effet de serre : CO2 et méthane.
CENTRE D'ETUDES NORDIQUES/TAKUVIK
Le rôle décisif des mares de thermokarst
L’hélicoptère est de retour, prêt à nous ramener au village. La nuit ne va pas tarder à tomber et nous n’aurons malheureusement pas le temps de faire un arrêt près des mares de thermokarst. Déjà pris dans la glace à cette période de l’année, ces véritables bioréacteurs sont au cœur du processus de relargage du carbone gelé. Lorsque le pergélisol dégèle, des morceaux de sol se détachent et tombent dans l’eau, apportant nutriments et carbone aux bactéries et au plancton présents dans la mare, qui les dégradent en CO2 (dans les couches d’eau proches de la surface) et en méthane ou CH4 (dans le fond privé d’oxygène de la mare). « Des chercheurs ont analysé le méthane libéré par ces mares en plusieurs endroits de l'Arctique, rapporte Warwick Vincent, le directeur scientifique du Centre d’études nordiques, qui gère notamment les bases scientifiques de l’île Bylot, Umiujaq et Kuujjuarapik. Dans certaines, le carbone est âgé de plus de 20 000 ans ! Cela signifie que c’est le vieux carbone stocké dans le pergélisol qui est en train d’être relargué dans l’atmosphère. Pas vraiment une bonne nouvelle pour la planète… »
C'est le vieux carbone qui est en train d'être relargué dans l'atmosphère.
Le travail de modélisation des émissions gazeuses promet en tout cas d’être ardu. « Il existe des millions de ces mares en Arctique, sur une superficie de plusieurs centaines de kilomètres carrés », estime Warwick Vincent. Le plus étonnant, c’est que ces mares de fonte n’ont pas toujours joué contre nous : dans les premiers milliers d’années qui ont suivi la fin de la dernière glaciation (il y a 15 000 ans), elles auraient contribué à réchauffer notre atmosphère encore glaciale, avant de se combler progressivement.

Situé à 55° de latitude nord, Kuujjuarapik est le village le plus "méridional" de l'arctique.
L. CAILLOCE/CNRS PHOTOTHEQUE
De retour à Kuujjuarapik, où nous nous installons pour la nuit dans les bâtiments du Centre d’études nordiques, une nouvelle achève de nous glacer les os, déjà bien rafraîchis par un après-midi sur la neige : un ours polaire a été aperçu en plein village, la nuit précédente, et les enfants sont privés de sortie jusqu’à nouvel ordre… « Quand j’étais enfant, dans les années 1950, des choses pareilles ne se produisaient pas », nous affirme Alec Tuckatuck, un chasseur inuit rencontré au Centre. C’est une conséquence de plus du changement climatique sur les régions arctiques : du fait de la diminution et de la fragilisation de la banquise, son habitat naturel, le géant blanc se met en effet à longer les côtes et entre dans les villages pour chercher de la nourriture… Le lendemain, le blizzard blanchit à nouveau le village. Il nous faudra patienter pour rentrer à Montréal. L’ours blanc, lui, a été abattu par les chasseurs.
Notes
Le méthane
Explosions de méthane : risque d’emballement du réchauffement climatique
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Le 7 juil 2015
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Rédigé par Camille Tourneboeuf
Été 2015, une équipe de chercheurs russes localise plusieurs cratères de 80 mètres de diamètre dans la région de Yamal, en Sibérie. Ces cratères seraient le résultat direct du réchauffement climatique, la hausse des températures entraînant un dégel inhabituel du permafrost, ou pergélisol, ce sol sensé rester gelé en permanence, et libérant le méthane emprisonné jusque là dans la glace. Le risque d’un emballement du phénomène du réchauffement climatique est réel.
Des explosions de méthane dans le nord de la Russie
Les trous constatés par les chercheurs russes seraient le résultat d’explosions souterraines de gaz, dont le méthane. Pour l’équipe de chercheurs, cette découverte ne serait que le début de découvertes semblables à venir.
Les conséquences pour cette région du globe sont majeures, tant pour la sécurité des personnes dont les habitations menacent de s’écrouler si ce phénomène se poursuit, que pour la vie économique locale, si les voies de transports ne sont plus accessibles. Les éleveurs de rennes voient déjà leurs routes de transhumance disparaître avec la fonte du permafrost et des hivers trop doux qui ne permettent pas qu’une croûte de glace suffisamment solide se forme pour permettre le passage des rennes.
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Maisons s’écroulent avec la fonte du permafrost © Pi-Lens / Shutterstock.com – maisons permafrost
Au-delà des conséquences régionales, un risque d’emballement du climat
Le méthane est un gaz à effet de serre puissant, 25 fois plus important que le CO2, et les activités humaines ont comme conséquence une augmentation de la quantité de ce gaz dans l’atmosphère.
Or, cette libération de méthane fait peser une incertitude forte sur l’accélération du réchauffement climatique, par des boucles de rétroaction dites positives, car se renforçant mutuellement. Pour dire les choses plus simplement : nous entrons dans un cercle vicieux, c’est-à-dire d’amplification du phénomène observé par la répétition de l’action.
Dans le cas présent, le réchauffement climatique entraîne la fonte du pergélisol avec comme conséquence la libération du méthane qui à son tour accélère le rythme du réchauffement climatique, accélérant d’autant plus la fonte du permafrost et la libération massive du méthane, etc.
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Trous de fonte de permafrost dans le nord du Canada, près du Groenland. Permafrost thaw ponds in Hudson Bay Canada near Greenland” de S.Jurvetson. License sous CC BY 2.0 via Wikimedia Commons
Le pergélisol désigne la partie d’un sol gelé en permanence, au moins pendant deux ans, et de ce fait imperméable. Ses formations, sa persistance ou disparition, et son épaisseur sont très étroitement liées aux changements climatiques.
Un risque encore mal mesuré
Le méthane, tout comme le CO2, est présent naturellement sur notre planète. Mais, à l’inverse du CO2, son cycle et ses interactions avec les différents éléments de notre planète (le sous-sol, la biomasse, l’atmosphère) sont encore mal compris, mais tout à fait inquiétants.
Il est en effet certain que les activités humaines entraînent un déséquilibre de ce cycle naturel en libérant une quantité de méthane en surplus. La quantité de méthane dans l’atmosphère a augmenté de plus de 150 % depuis la révolution industrielle.
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Les cratères dans le pergélisol dus aux explosions de gaz, dont le méthane.
Pour mieux évaluer les interactions entre le méthane et les autres éléments de la planète et son impact sur le réchauffement, l’Académie des Technologies a fait le point sur les connaissances actuelles(2) car si le GIEC a intégré les émissions de méthane dans son dernier rapport les boucles de rétroactions possibles ne sont à ce jour pas prises en compte dans les différents scénarios.
Les rétractions associées au dégel du pergélisol pourraient intervenir sur l’échelle du siècle. Si la fonte du pergélisol est relativement certaine au-dessus d’un seuil de réchauffement climatique dont tout laisse à penser qu’il risque d’être atteint, sa vitesse et la quantité de carbone qui sera émise, en particulier sous forme de méthane, restent très difficiles à évaluer.
Académie des Technologies, janvier 2015
Jusqu’à 70 % de permafrost pourrait disparaître, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme
Selon les scientifiques, les zones de sol gelé couvrent environ 25 % des terres de l’hémisphère Nord, allant de Amérique du Nord en passant par la Sibérie. D’ici à la fin du siècle, les zones couvertes par le pergélisol devraient diminuer de 30 à 70 %, selon le volume des émissions de gaz à effet de serre provoquées par les activités humaines. Si la communauté internationale parvient à se fixer des objectifs permettant de limiter la hausse du réchauffement à 2°C, les chercheurs prédisent dans les scénarios optimistes une perte de 30 % du permafrost. Mais cette proportion pourrait grimper à 70 % dans les scénarios les plus pessimistes.
Dans la prestigieuse revue scientifique Nature, en avril de cette année(3), le bilan dressé par les scientifiques est pour le moins alarmant et souligne le risque d’emballement.
Selon Susan Natali, chercheuse du Woods Hole Research Center et coauteur des travaux publiés par Nature : « Il y a 1.500 milliards de tonnes de gaz à effet de serre gelé et emprisonné dans le permafrost. Le volume de CO2 accumulé depuis plusieurs milliers d’années dans les terres du permafrost est environ deux fois plus important que celui présent dans l’atmosphère (…) Selon nos estimations, 130 à 160 gigatonnes de gaz à effet de serre pourraient être libérées dans l’atmosphère d’ici à 2100 » du fait de ce dégel.
Lire page suivante : Les différentes sources de méthane ; les solutions
En savoir plus sur http://www.consoglobe.com/methane-emballement-rechauffement-cg#J8mRIQqb4gxrYrrP.99
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Le 7 juil 2015
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Les différentes sources de méthane liées aux activités humaines
Il existe quatre grandes sources d’émission de méthane liées aux activités humaines :
- l’élevage et la culture,
- les feux de végétation,
- l‘extraction et la distribution des énergies fossiles,
- les décharges.
Concernant l’élevage, les émissions de méthane sont dues tout particulièrement à la digestion des ruminants qui libère du méthane. Une des solutions passe par une amélioration de l’efficacité nutritionnelle, ainsi que par la recherche d’un bilan neutre en analysant les émissions de méthane dans le système complet d´élevage. Par exemple, le méthane rejeté par des ruminants élevés à l’herbe correspondra au méthane absorbé par la prairie et le sol, tout les deux puits de méthane, aboutissant à un équilibre entre le méthane prélevé et le méthane rejeté dans l’atmosphère.
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Pour l’agriculture, se sont tout particulièrement les rizières qui sont sources de rejets de méthane. D’autant plus quand elles sont réalisées sur un terrain préalablement sec. En effet, c’est la décomposition de la matière végétale dans un milieu sans oxygène qui aboutit à une libération du méthane. Afin de réduire la quantité de méthane émis, il est nécessaire de drainer l’eau régulièrement durant le phase de culture.
La combustion de la biomasse et les décharges répondent aux même principes de décomposition de la matière organique sans oxygène ou partiellement sans oxygène qui aboutit aux rejets de méthane dans l’atmosphère. Le principe pour les décharges est tout d’abord de confiner cette décomposition. Le méthane est ensuite capté et utilisé comme combustible. Des usines de méthanisation récupèrent ainsi le méthane pour produire chaleur et/ou électricité.
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Pour les feux de végétation, la réduction des rejets de méthane passe par un changement des pratiques agricoles afin de réduire la culture sur brûlis, tandis que les mesures de prévention pour limiter les feux de forêts doivent être constamment rappelées.
Enfin, dans le cas de l’exploitation des énergies fossiles – pétrole, gaz de schiste, etc. -, c’est la libération du méthane préalablement emprisonné dans les roches qui favorise le rejet du méthane dans l’atmosphère. Les efforts aujourd’hui consistent à récupérer le méthane qui là encore peut servir de combustible.
Un nouveau dégagement de méthane avec les puits abandonnés de gaz de schiste
S’ajoute à cette longue liste, une nouvelle source importante de méthane. C’est ce qu’ont découvert récemment des chercheurs de l’Université de Princeton avec les puits abandonnés de gaz de schiste et de pétrole dont plusieurs remontent au 19e siècle. Or ces fuites ne sont pas incluses dans le calcul des émissions de gaz à effet de serre des données gouvernementales des USA, alors que les chercheurs estiment qu’elles comptent dans la contribution globale à l’effet de serre.
Des puits de méthane à ne pas négliger
Si les activités humaines sont responsables d’émissions de méthane en excès, elles peuvent aussi contribuer à former des puits de méthane, tout particulièrement en favorisant l’absorption du méthane par les plantes et le sol. En effet, le premier puits de méthane est le sol. Mais la nature de celui-ci influence fortement sa qualité à absorber le méthane. Ainsi, un sol totalement goudronné n’aura aucune capacité d’absorption, alors qu’à l’inverse les sols forestiers sont des puits importants de méthane.
L’aménagement du territoire, la préservation de sol agraires, des jachères et de zones forestières sont également nécessaires pour réduire la quantité de méthane aujourd’hui libérées dans l’atmosphère et ainsi limiter le risque d’emballement du climat.
A lire aussi :
Références :
- On peut lire leur rapport intitulé Le méthane : d´où vient-il et quel est son impact sur le climat ?
- On peut lire leur rapport intitulé Le méthane : d´où vient-il et quel est son impact sur le climat ?
- Climate change and the permafrost carbon feedback, Nature 520,171-179
En savoir plus sur http://www.consoglobe.com/methane-emballement-rechauffement-cg/2#3lpxQ9qwe5VHU7Oo.99
Anticipation du désastre
Il y a presque trois ans maintenant, j'avais écrit ici qu'un des objectifs de la "Réforme des rythmes scolaires" était de faire entrer le secteur privé dans l'éducation nationale et qu'à terme, les entreprises prendraient une participation financière conséquente des frais avec d'évidentes contreparties commerciales.
On m'a répondu que j'étais parano.
Apple fait polémique en proposant des sorties de classe dans ses magasins
Par Jean-Marc De Jaeger • Publié le
La firme américaine propose aux enseignants et à leurs élèves une «expérience pédagogique inoubliable» dans ses Apple Store. Le corps enseignant dénonce un piège commercial.
Après le zoo, le musée ou le cinéma, voici les sorties de classe... à l’Apple Store. Sur son site internet, la firme américaine invite les enseignants du primaire et du secondaire à faire découvrir ses points de vente à leurs élèves, comme le révèle Franceinfo. Apple leur promet une «expérience pédagogique inoubliable» d’une durée de 60 à 90 minutes. Les élèves pourront «réaliser sur place des projets originaux qui compléteront les travaux effectués en classe».
Sur sa page d’inscription, Apple demande notamment la tranche d’âge des participants (dès 5 ans) et se renseigne sur «les technologies que vous [les enseignants] utilisez en classe» (Mac, PC, iPad, tablette). Parmi les 21 Apple Store présents en France, huit sont ouverts à ces visites, dont cinq à Paris et en Île-de-France. «À l’issue de la séance, les élèves auront compris à quel point les produits Apple peuvent leur ouvrir le champ des possibles. De leur côté, les enseignants repartiront avec des élèves surmotivés et une foule d’idées pour continuer à les stimuler en classe», ajoute Apple.
Les enseignants dénoncent une confusion des genres
Les vacances n’ont pas empêché le personnel éducatif de critiquer vivement cette proposition de sortie. Paul Vannier, enseignant et secrétaire national à l’éducation au Parti de gauche, a expliqué ce matin à Franceinfo que «les élèves n’ont rien à faire sur le temps scolaire dans un magasin». Il demande à la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, d’interdire ce type de sortie. «Les enseignants utilisent leur liberté pédagogique de façon pertinente pour éviter les pièges commerciaux. Faisons-leur confiance», a répondu son cabinet dans un tweet.
.@Vannier75 Les enseignants utilisent leur liberté pédagogique de façon pertinente pr éviter les pièges commerciaux. Faisons-leur confiance.
.@DirectNVB J'ai tte confiance ds les enseignants. C'est vs que j'interpelle. Quel est l'apport pédagogique d'1 moment promotion marchande?
Pour sa part, Paul Devin, syndicaliste FSU et inspecteur de l’Éducation nationale, estime sur son blog que les sorties de classe chez Apple contreviennent au «Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire» daté de 2001. Selon lui, accepter une sortie de classe dans un Apple Store reviendrait à enfreindre la neutralité commerciale du service public.
Ce n’est pas la première fois que les relations entre les entreprises privées et le milieu scolaire déclenchent la polémique. L’une des plus connues concerne le partenariat entre l’Éducation nationale et Microsoft conclu en 2015. Il consiste en une mise à disposition gratuite de certains logiciels pour les élèves et la formation numérique des enseignants. Les éditeurs de logiciels libres étaient montés au créneau... en vain: en septembre, le tribunal de grande instance de Paris a confirmé la légalité de l’accord.
Se "Dé-penser"
Les yeux fermés, ne rien penser, se laisser couler, ne même pas penser à la musique, ne pas identifier les instruments, ne pas anticiper sur les notes, juste être là, ignorer la mémoire qui commente la mélodie et libère les souvenirs, rien, juste être là, sans être le "moi", si une pensée survient se concentrer alors sur la respiration, suivre la houle, ne pas chercher à contrôler le souffle, juste le regarder intérieurement, l'aimer lui qui ne cesse pas, si la pensée s'accroche encore et qu'elle n'est qu'une pierre jetée dans l'eau du lac, alors accompagner cet air dans l'intégralité du corps, dans le courant du sang, visualiser chaque fibre, ne pas chercher à la nommer, ne pas l'identifier avec des mots mais juste vivre le ressenti, juste ce souffle en vous, cette paix immense, cette étendue océanique où vous flottez, loin de tout, juste en vous, le temps n'existe plus parce que vous ne savez plus le nommer, il n'y a pas d'heures, ni de secondes et puis, avec une délicieuse attention, discrètement, comme une vapeur invisible engloutie par le vide, il n'y aura plus de matière, vous vous en apercevrez dans l'incapacité de situer le moment où le processus s'est enclenché et vous ne pourrez vous empêcher de commenter la surprise, et puis le silence vous enveloppera, il n'y aura plus de matière, aucune pesanteur, un état inconnu, plus de corps, plus de contact avec vos habits, juste ce souffle libre dans lequel vous êtes, ce souffle comme un placenta qui bat, ce souffle qui vous respire et se nourrit de votre bonheur, la vie s'aime en vous quand vous baignez dans l'amour intérieur, cette euphorie tendre, la vie en vous qui vous aime et se réjouit d'être là.
Fermes d'avenir
Découvrir des projets agroécologiques
Pétition - 10 Propositions pour une transition agricole
Après un an de recherches, ponctué de rencontres et de retours d'expérience, l'association Fermes d'Avenir publie un plaidoyer de 150 pages pour chiffrer les "externalités négatives" de l'agriculture chimique qui domine nos campagnes.
Ce plaidoyer nous a permis d'identifier 10 propositions de lois qui permettraient de changer radicalement, et rapidement, nos modèles de productions.
De nombreuses personnalités, experts de l'agriculture, philosophes, représentants d'organisations, directeurs d'entreprises, artistes, ont décidé de signer cette pétition et nous vous invitons à faire de même, pour montrer aux femmes et hommes politiques que ce sujet est prioritaire pour nous, qu'il est primordial de repenser notre alimentation, la production sur les territoires, pour déployer des pratiques responsables, à même de préserver notre santé, nos emplois, et de régénérer les écosystèmes.
Georges Orwell : "1984"

"Nous ne cherchons pas le pouvoir en vue de nos propres fins, mais pour le bien de la majorité tel que nous le définissons. Les hommes, ces créatures frêles et lâches, ne peuvent endurer la liberté ni faire face à la vérité. Ils doivent être dirigés par ceux qui sont plus forts qu'eux. L'espèce humaine a le choix entre la liberté et le bonheur, or le bonheur vaut mieux."
"
"Ce pouvoir est aussi le pouvoir sur d'autres êtres humains, sur les corps mais surtout sur les esprits. Le pouvoir sur la matière n'est pas important, notre maîtrise de la matière est déjà absolue. Ce qui importe c'est de commander à l'esprit. La réalité est à l'intérieur du crâne... Le réel pouvoir, le pouvoir pour lequel nous devons lutter jour et nuit, est le pouvoir non sur les choses, mais sur les hommes. Comment assure-t-on le pouvoir sur un autre? En le faisant souffrir. L'obéissance ne suffit pas. Comment, s'il ne souffre pas, peut-on être certain qu'il obéit, non à sa volonté, mais à la nôtre?"
"Le pouvoir est d'infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l'esprit humain en morceaux que l'on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l'on a choisies. Commencez-vous à voir quel sorte de monde nous créons? Un monde de crainte, de trahison, de tourment. Un monde d'écraseurs et d'écrasés, un monde qui au fur et à mesure qu'il s'affinera deviendra plus impitoyable. Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance. Notre civilisation est fondée sur la haine; il n'y aura pas d'autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l'humiliation. Nous détruirons tout le reste."
"Nous avons coupé les liens entre l'enfant et les parents, entre l'homme et l'homme, entre l'homme et la femme. Mais plus tard, il n'y aura ni femme ni ami. Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères, comme on enlève leurs oeufs aux poules. La procréation sera une formalité annuelle, comme le renouvellement de la carte d'alimentation. Il n'y aura plus de loyauté que pour le pouvoir. Tous les plaisirs de l'émulation seront détruits remplacés par l'ivresse toujours croissante du pouvoir, qui s'affinera de plus en plus. Il y aura à chaque instant, le frisson de la victoire, la sensation de piétiner un ennemi impuissant... Autant qu'un monde de triomphe ce sera un monde de terreur... Nous commanderons à la vie à tous ses niveaux."
"Vous imaginez qu'il y a quelque chose qui s'appelle la nature humaine qui sera outragée par ce que nous faisons et se retournera contre nous. Mais nous créons la nature humaine. L'homme est infiniment malléable.
"1984" Georges Orwell.
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On ne peut plus d'actualité...La course au "bonheur modélisé" est une disparition programmée de la liberté.
L'aperception
L’aperception originaire
Nous l’existence consciente disions qu’avec l’homme apparaît le mental. Si l’animal existe, sent et connaît, l’homme en plus sait qu’il connaît. Nous disons (en principe) que l’homme est conscient, ou du moins il peut être conscient de lui-même, c’est-à-dire lucide. La précaution oratoire veut dire ici que la lumière de la conscience est loin d’être toujours actualisée. De fait, la plupart des hommes sombrent dans leurs pensées plutôt qu’ils ne les pensent vraiment. Nos pensées pensées répétitives et non délibérées nous tirent vers l’inconscience. Et pourtant ce sont bien des pensées. Toutefois, la
potentialité demeure en tout homme d’être conscient de lui-même. Elle est la conscience elle-même, c’est-à-dire plus que lavigilance engagée dans le rapport sujet/objet. Par exemple le qui-vive face à un danger. La conscience-de-soi accompagne la conscience-de-quelque-chose, mais elle n’est pas une conscience d’objet.
Cependant, la nature du sujet conscient est subtile, elle ne se réduit pas à une question de logique ni de grammaire. Aussi étrange que cela paraisse, l’apparition dans l’état de veille d’un sujet qui dit « moi » n’est en aucune façon la preuve d’une forme élevée de conscience, mais juste l’entrée en scène de l’ego. Que l’ego monopolise toute notre attention ne veut pas dire que nous soyons davantage conscient, c’est même exactement le contraire. Plus la conscience égotique se manifeste et plus l’occultation du champ de conscience est forte, car elle voile la présence. Inversement, avec un sens de l’ego moins insistant, un ego presque transparent, la présence est davantage manifeste. C’est alors seulement de l’éveil qu’émerge le sujet véritable, plus large et plus profond que les accointances limitatives de l’ego. Nous le voyons par exemple dans la communication, plus nous sommes présent, moins nous y mettons d’ego, et meilleure est la relation, plus le partage est riche et doué de sens.
Donc, si ce n’est pas se planter en tant qu’ego face à un autre, se pose alors la question de savoir ce qu’il faut entendre par conscience de soi. Une pensée ? Un concept ? Une intuition parmi d’autres ? Est-ce une sorte d’intuition qui nous accompagne et n’est jamais perdue ? Qu’est ce que l’aperception originaire ? Kant a indéniablement touché du doigt le problème. Il emploie les expression « aperception pure », « aperception originaire » ou « aperception transcendantale » pour désigner cette conscience une et identique par laquelle le divers des impressions est rattachée à l’unité du je.
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A. L’aperception empirique et l’ego
Dans le développement du cours, comme nous l‘avons vu, il faut parler d’un je. du je suis qui n’est pas le moimais le précède. Impossible de dire qu’il s’agit d’une simple pensée parmi d’autres, « une » pensée dans le défiléinterminable de nos pensées. Il devrait être clair à tout esprit véritablement attentif que penser beaucoup et cogiter sans arrêt ne nous rend pas plus conscient, c’est-à-dire pleinement présent ici et maintenant. Et pourtant, ce défilé des pensées qui sans arrêt se retourne sur lui- même pour se hausser le col, pour s’affirmer face à un autre, pour se plaindre, ce défilé des pensées qui prend pour centre notre petite personne est précisément l’ego. Le moi empirique. Mais en tant qu’ego, c’est-à-dire identifié à l’ego, avons-nous une conscience de nous-même ?
1) Très honnêtement, il faut reconnaître que non. A la place, et c’est différent, nous avons un souci éperdu de nous définir et de nous faire valoir. Donc dans la pensée et par concepts. Il est très important -pour la première fois peut être-, de pouvoir l’observer. Rien de plus banal et de plus commun, de plus universel. Sans aucun rapport avec quelque degré de culture que ce soit chez l’être humain. L’ego n’est pas une dotation spéciale pour scientifiques, une propriété des savants, un attribut du bon sens, ni un concept spéculatif, une invention des philosophes, et pas davantage un noble idéal à réaliser, une création de la morale, ni une invention religieuse. L’ego est le sujet le plus trivial qui
soit, le moins aperçu et le moins bien compris. Les guerriers de Gensis Khan étaient tout autant doués d’un ego que leur maître conquérant, autant que les vendeurs de drogue dans les bas-fond de Brooklyn, pas moins, ni plus, que les petites mains des usines de Corée, les étudiants dans toutes les universités du monde, les hommes et les femmes présent dans des communautés religieuses ou s’agitant dans des quartiers d’affaire. L’esprit humain, en se donnant une image de lui-même fait naître l’entité ego, et nous dépensons une énergie folle dans toutes nos activités pour chérir, préserver, renforcer, nourrir, l’image que nous avons de nous-même.L’ensemble de ces processus se situe dans ce que nous pouvons appeler la conscience normale. Que dans cette image figure un fauteuil à l’assemblée, un conseil d’administration, à la tête d’une église ou une place reconnue dans un gang, psychologiquement c’est la même chose, encore de l’ego. Qu’entre en jeu une motivation liée à la libido, une référence au jugement d’un père ou d’une mère, qu’il y ait une place obsessionnelle pour les jugements d’autrui, les remarques insidieuses, les flatteries ou les humiliations, cela va de soi ; c’est encore de la nourriture pour la défense et la préservation de l’image du moi. C’est de l’ego au sens ordinaire du terme ; et tout ce trafic qui tourne autour de « moi » peut très bien opérer de manière subconsciente, sans que le prétendu « moi » ait la moindre idée de son propre fonctionnement mental. C’est la conscience normale qui n’est rien d’autre que l’inconscience ordinaire dans laquelle de prime abord nous pensons en tant qu’être humain, nous cherchons en scientifique, nous calculons en économiste, nous décidons en politique, nous planifions et dominons avec de l’argent etc. En fait, à bien y regarder, le meilleur de l’humain surgit précisément quand il s’élève
pour une fois au-dessus de cette conscience normale, dans un accomplissement qui touche à l’universel. Dans ce qui ....
Maintenant, comprenons bien, l’auto-définition ne nous fait pas avancer d’un pouce. Contrairement à ce que l’on croit dans l’opinion, l’auto-définition n’est pas la conscience de soi. Elle n’est pas non plus la connaissance de soi. Elle s’inscrit dans le registre de l’affirmation du moi et elle est égocentrique. Pourtant, dans ce que l’on appelle d’ordinaire «l’examen de conscience », on admet que la réflexion nous révèle tel que nous sommes. En faisant dans une introspection le tour de nos « qualités » et de nos « défauts », on pense (c’est une idée tellement courante) qu’on arrivera à « mieux se définir », le souci de définition exacte devenant « la conscience de soi ». Du moins c’est ce que l’on croit. Suis-je un concept mathématique auquel il faudrait rapporter une définition exacte ? L’exactitude d’une définition de soi, n’est-ce pas une tentative de
clouer l’animal dans la boîte pour en finir et dire fièrement « moi, je suis comme ça » ? Raide comme un piquet. Apparemment oui ou en tout cas c’est bien dans cette croyance que fonctionne l’introspection, du plus ordinaire des jugements que l’on porte sur soi aux formes plus sophistiquées et littéraires. Quand vais-je enfin parvenir à me définir ? A trouver « moi » ? A définir « moi » ? Donner la réponse ultime à la question : « qui suis-je ? » Dans la déclaration « moi, je suis comme çà » il y a une étonnante prétention. « Il faut me prendre comme ça, je suis jalouse, agressive, bornée… mais je le revendique, c’est « moi ». « Je suis menteur, lâche, et vaniteux… mais je le revendique, c’est « moi » ». « J’ai enfin trouvé mon moi précieux et définitif ! Et je le revendique. (c’est à vous de le supporter, moi, je ne changerai pas) ». Prodige d’égocentrisme! Miracle de l’auto-définition : figer la conscience dans l’ego et la revendiquer comme telle. Aveuglement et aveuglement renforcé. Ignorance de Soi.
... j
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2) Le concept d’aperception a été formé par Leibniz pour dire perception accompagnée de conscience. Ce que Leibniz souligne, c’est que toute perception en général n’est pas nécessairement consciente. « Il y a mille marques qui font juger qu'il y a à tout moment une infinité de perceptions en nous, mais sans aperception et sans
réflexion, c'est-à-dire des changements dans l'âme même dont nous ne nous apercevons pas ». (texte) Le terme choisi précédemment dans le cours était celui de sensation, que nous avons distingué de perception qui, elle, comporte une « distinction ». L’exemple donné par Leibniz est celui du jeu des habitudes qui font qu’obsédé par nos pensées, nous sommes distraits, nous avançant sans prêter attention à rien, alors qu’en fait à chaque instant nous vivons dans un flux constant de sensations. « C'est ainsi que l'accoutumance fait que nous ne prenons pas garde au mouvement d'un moulin ou à une chute d'eau, quand nous avons habité tout auprès depuis quelque temps. Ce n'est pas que ce mouvement ne frappe toujours nos organes, et qu'il ne se passe encore quelque chose dans l'âme qui y réponde, à cause de l'harmonie de l'âme et du corps, mais ces impressions qui sont dans l'âme et dans le corps, destituées des attraits de la nouveauté, ne sont pas assez fortes pour s'attirer notre attention et notre mémoire, attachées à des objets plus occupants ». Remarquons la subtilité des observations de Leibniz : les sensations demeurent en toile de fond, mais c’est bien notre activité mentale ego-centrée qui nous occupe alors, voilant immédiatement la présence sensible que pourrait découvrir l’attention, ou mieux encore, comme nous l’avons montré, l’attention panoramique de la présence. Autre point important, Leibniz évoque aussitôt la mémoire, or effectivement, la pensée pour penser et identifier a besoin de la mémoire et c’est par elle qu’il y a perception. La perception ordinaire donne lieu effectivement lieu à une identification. C’est bien que l’on appelle aperception empirique. Là encore, il faut le souligner, rien de très mystérieux, ni de particulièrement "philosophique", c’est le lot habituel de toute perception humaine, toute perception de ce genre est enveloppée de concepts.
La thèse de Leibniz consiste à soutenir qu’il existe cependant une marge de « petites perceptions » inconscientes, un flou impressionniste qui n’est pas le conscient, mais participe de la perception à l’étage de la sensation inconsciente. Leibniz recourt à une analogie : « Pour juger encore mieux des petites perceptions que nous ne saurions distinguer dans la foule, j'ai coutume de me servir de l'exemple du mugissement ou du bruit de la mer dont on est frappé quand on est au rivage. Pour entendre ce bruit comme l'on fait, il faut bien qu'on entende les parties qui composent ce tout, c'est-à-dire les bruits de chaque vague, quoique chacun de ces petits bruits ne se fasse connaître que dans l'assemblage confus de tous les autres ensemble, c'est-à-dire dans ce mugissement même, et ne se remarquerait pas si cette vague qui le fait était seule ». Le « mugissement » de l’océan est confus, mais le bruit d’une vague est distinct. Entre les « petites perceptions » et l’aperception d’un objet, quel qu’il soit, Leibniz marque une différence d’intensité. Plus exactement, soit nous ne mettons pas en œuvre notre capacité d’attention, auquel cas le flou impressionniste de la sensation demeure, soit nous exerçons notre pensée et il y a perception. « Souvent quand nous ne sommes plus admonestés pour ainsi dire et avertis de prendre garde, à quelques-unes de nos propres perceptions présentes, nous les laissons passer sans réflexion et
même sans être remarquées ; mais si
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3) Maintenant, que veut dire aperception empirique de soi–même? Ici le « mugissement » en toile de fond ne serait rien d’autre que noise in the head, le bruit dans la tête de la pensée habituelle, le bourdonnement continu du mental qui est le lot ordinaire de notre condition dans la conscience normale. Il y aurait aperception empirique de soi-même quand le sujet fait véritablement usage de sa pensée, au lieu de se laisser emporter dans son bourdonnement continu, en faisant acte de réflexion sur lui-même. En termes techniques, cela s’appelle se livrer à une forme d'introspection.
Dès lors, le moi se divise en observateur/ observé et tente de se saisir comme un objet qu’il peut définir. D’un point de vue psychologique on aura la dualité moi analysant/moi analysé. D’un point de vue moral on aura la dualité moi juge/moi condamné. Ou encore, le moi qui joue à se poser comme caractérologue et regarde d’en haut un moi
en dessous qu’il définit comme « passionné », « émotif », « sentimental », à savoir lui-même. Un moi dressé à la performance qui prononce une évaluation sur un moi jugé bon, pas assez bon ou nul, conformément aux exigences imposées. Ce qui est la « connaissance de soi » dans le sport : connaître ses limites. Dans l’examen de conscience religieux le moi juge est d’un côté du confessionnal, le moi pêcheur de l’autre. Le moi idéal, par la réflexion, prend position face au moi réel et le juge de ses intentions, de ses paroles et de ses actes. On dira alors que « l’âme se repend » après s’être égarée dans le péché, l’égarement est le péché lui-même, tandis que le salut est la contrition face à la reconnaissance du péché en tant que tel. Etc. on peut continuer indéfiniment avec toutes les formes de « connaissance de soi » jusque dans les magazines, où « connais-toi toi-même devient : « testez vos performances sexuelles ». C’est toujours le même registre empirique, même s’il faudrait mieux parler de psychologique.
L’aperception empirique se situe donc dans l’expérience, il faut ajouter dans l’expérience empirique pour bien comprendre ce que cela veut dire (l’expérience empirique n’est qu'une forme de l’expérience humaine) et en Occident on donne une extension très large à ce concept. Sous l’influence des empiristes anglais, Locke et surtout Hume qui a influencé Kant. Est empirique tout ce qui relève de la constatation par les sens, de l’observation ordinaire, dans une signification plutôt basique. Ce qui concerne avant tout l’œil de chair selon Ken Wilber. Il faudrait y inclure la démarche des sciences de la Nature, mais puisque nous sommes ici dans le domaine de la subjectivité, on ne retiendra de savoir empirique que l’observation en matière des comportements, des conduites que l’on juge, qualités et défauts que l’on cherche, pensées, humeurs, émotions, traits du caractères et du tempérament, aptitudes que l’on veut cerner, les méandres du cœur humain comme dit Hegel. (texte)
Une remarque, toujours avec Ken Wilber : les méthodes « empiriques » valent dans le domaine de l’objectivité (le quadrant SD) mais deviennent![]()
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B. Le sujet pur, monade spirituelle
Leibniz dit que « nous ne sommes qu’empiriques dans les trois quarts de nos actions.» Chez la plupart des hommes la pensée tourne et vire au gré de l’association des idées. Nous enregistrons des perceptions de toutes sortes sans savoir si elles sont vraies, fausses, ou illusoires. Nous brassons des concepts à la pelle, mais des concepts vides d’un principe supérieur de discernement. Le courant de nos pensées saute deci-delà, ce qui pourtant tient lieu de compréhension pour la plupart des hommes. Que nous soyons empiriques veut aussi dire que notre pensée est une répétition sans fin d’associations habituelles venues du passé, de désirs, de préjugés, d’idées préconçues ou de préférences inculquées. Chercher l’unité du Soi dans les pensées est donc tout simplement comique. Cela n’existe pas. Il faut dire « il pense » comme on dit « il pleut » dit W. James. De plus, quand bien même l’ego chercherait à se composer une unité, il la tirerait de la mémoire, mais la mémoire est pleine de trous, elle est parfaitement incapable de composer une unité réelle. Quand elle est fragmentée apparaissent despersonnalités multiples. Une « aperception empirique de soi-même » ne peut être qu’un défilé de postures et de personnages, un kaléidoscope d’impressions diverses, un courant d’air d’influences ou un paquet deconditionnements hétéroclites. Et pourtant, pour qu’une expérience soit possible, il faut qu’elle apparaisse à quelqu’un, dans ces conditions le sujet réel, Je, peut-il encore être empirique ?
1) Nous avons vu que Kant, fait usage de l’expression « aperception empirique de soi-même », et il semble bien qu’il n’envisage la connaissance de soi que sur ce mode. On peut le voir dans son Anthropologie du Point de vue pragmatique. La preuve en est qu’il distingue l’aperception empirique de soi de l’aperception transcendantale, (texte) tout en disant que seule la première aurait valeur de connaissance, tandis la conscience de soi n’est pas une connaissance. Le sous-entendu est clair : la connaissance de soi s’appuie sur « l’aperception empirique de soi » mis en forme par une psychologie, d’ailleurs très peu élaborée chez Kant. Du coup, l’aperception transcendantale a paru négligeable aux yeux de bien des lecteurs de Kant, évacuée sous prétexte qu’elle n’était pas une « connaissance de soi ». Invitation indirecte à se replier sur l’individualité psychologique, ses détours et ses travers : l’idiosyncrasie de l’ego. Et on passe alors complètement à côté de l’essentiel.
Si l’aperception empirique est un fait d’expérience, l’aperception transcendantale n’est pas une expérience empirique, la réponse que donne Kant est qu’elle précède
toute expérience en la rendant possible. Le sens de l’Identité est immanent à toute la création, c’est l’ipséité pure qui jamais ne quitte le sujet, car précisément c’est bien ce par quoi le sujet ne peut se séparer de lui-même et s’éprouve comme Soi. Là se termine la philosophie de la représentation de Kant et commence la philosophie de la Vie de Michel Henry.
Mais il s’en faut de beaucoup que Kant ait compris toute la portée de sa découverte, car ce qu’il retient, c’est avant tout un principe « logique ». Il faut jusque dans l’expérimentation en physique que le divers de l’expérience soit ramené à une unité. Kant est fasciné par Newton et l’œuvre inaugurée par Galilée, même quand il évoque l’aperception pure, c’est encore avec des exemples de physique ou de mathématique. Il veut montrer que dans le savoir scientifique, la raison ne trouve que ce qu’elle a produit selon ses propres plans. Elle ne va pas glaner au hasard l’universel dans la Nature. Ce n’est pas en regardant les pommes tomber que l’on inventera la théorie de la gravité. C’est aussi l’histoire célèbre de l’expérience de Galilée des boules sur le plan incliné. La raison porte en elle le principe d’unité de la Conscience, principe qui ne saurait se trouver dans le divers des données empiriques, la raison ne peut même pas l’inventer, elle trouve l’Unité pure en Soi, dans la spontanéité pure de l’aperception originaire. Là même où réside le Je du je pense qui porte le divers des pensées. Nous pouvons en dire autant dans le domaine des mathématiques, l’aperception pure fournit l’archétype de l’Unité qui préordonne les règles du nombre, fournit les schèmes directeur fondamentaux de la géométrie et de la représentation de l’espace. C’est sur le
fondement de l’aperception pure qu’il est possible...
En toute rigueur, il faudra dire que l’Identité pure du Je suis est par la pensée projetée dans le divers des représentations, donnant lieu à une conceptualisation de l’identique. Mieux, l’Identité pure est de ce fait spontanément accaparée par le moi empirique qui se drape de ses atours, se proclamant à son corps défendant siège de l’identité. L’ahamkara, l’ego, joue à être aham, Je. Mais cela, Kant ne le comprend pas, il n’est pas psychologue et il n’est pas, disons, un chercheur spirituel. Il en reste à l’idée d’un principe formel. Ce qu’il retient, c’est tout à la fois que les formes logiques du jugement, et celles de l’intuition de l’espace et du temps proviennent de l’esprit et de l’esprit seulement, elles constituent toute aperception empirique, mais elles ont leur siège dans l’aperception originaire sans laquelle elles ne pourraient tout simplement pas exister. L’esprit préforme l’univers qu’il connaît, il
le constitue de l’intérieur, mais il n’a pas d’ordinaire conscience de le faire. Si nous poussions un peu plus loin avec David Bohm, dans La Plénitude de l’Univers, nous dirions que la Conscience, Une en tant qu’Esprit, perçoit à travers le système nerveux humain qui est le nôtre, une représentation holographique de l’Univers qu’elle constitue de l’intérieur. Ce monde qu’elle appelle « objectif » à l’état de veille.
Le mental peut toujours chercher une unité au dehors, il se trompe de direction et s’égare, l’unité principielle est au-dedans et à la source de l’esprit. Elle réside dans le je suis, matrice de toute pensée, mais la catastrophe métaphysique, c’est que je suis est très vite occulté et il devient le je pense qui prend sa place. Et on obtient la formule trompeuse, l’erreur de Descartes, « je pense donc je suis » où on attribue à tort une conscience de soi à la pensée, pour la retourner fièrement vers le « je suis » en croyant l’avoir inventé ; d’où une somme colossale de méprises dans toute la philosophie en Occident. L’aperception originaire je suis est l’évidence même de la donation à Soi, l’évidence absolue et la clarté originelle dans laquelle la pensée a séjour. La pensée mère si on veut de toutes les pensées filles. Bien sûr Kant tombe dans le panneau en maintenant une ambiguïté. Il écrit : « Le je pense doit pouvoir accompagner toutes mes représentations; car autrement serait représenté en moi quelque chose qui ne pourrait pas du tout être pensé, ce qui revient à dire ou que la représentation serait impossible, ou que, du moins, elle ne serait rien pour moi ». Le Je est toujours présent et l’aperception transcendantale, bien que jamais remarquée (parce qu’elle n’est pas une expérience) accompagne toute représentation. Une représentation est toujours représentation de quelqu’un, et tout objet de conscience n’existe que pour un sujet.
2) Dire de la représentation « elle ne serait rien pour moi » est superflu. Il n’y a rien du tout en l’absence du sujet, ni pensée, ni sentiment, ni expérience. Ce qui se produit dans le sommeil profond. Du côté du « divers », il y a ce que Kant appelle la « sensibilité » qui fait référence aux sens, et non à l’auto-affection du sujet en lui-même. Ce que dit Michel Henry. Kant admet que le Je transcendantal se manifeste comme « un acte de la spontanéité », ne provenant pas de la « sensibilité », mais jaillissant de Soi-même. Nous avons employé précédemment les termes de pulsation de la Conscience en tant que Je. La suite du texte de Kant devient désormais plus claire : « Je la nommeaperception pure pour la distinguer de l'aperception empirique, ou encore aperception originaire parce qu'elle est cette conscience de soi qui, en produisant la représentation je pense, doit pouvoir accompagner toutes les autres, et qui est une et identique en toute conscience ». Cette conscience-de-soi est une et identique en toute conscience, elle est la Conscience, elle produit la représentation je pense. A part Karl Jaspers, très peu de commentateurs ont mis le doigt sur l’importance de ce texte. Il ne veut pas dire que je suis une représentation, la représentation « je pense » découle de mon être comme l’attribut découle de la substance, ou comme l’ombre n’a d’existence que par l’arbre qu’elle projette. Elle est fondée sur : « l'unité transcendantale de la conscience de soi » et de là vient « la possibilité de la connaissance a priori qui en dérive ». Ce que nous avons examiné plus haut.
Pour que les perles du collier tiennent ensemble, un fil doit les traverser. Le fil de l’unité transcendantale de la conscience-de-soi tient ensemble toute conscience-de-quelque-chose, tout « divers » des impressions. « Les diverses représentations qui sont données dans une certaine intuition ne seraient pas toutes ensemble mes représentations si elles n'appartenaient pas toutes ensemble à une conscience de soi ». Mais attention, dans toute cette analyse nous n’avons nullement parlé du moi empirique au sens ordinaire. Celui là
n’est qu’une pensée parmi d’autres, une pensée recourbée sur elle-même devenue une entité, qu’après avoir enfanté, nous avons cru devoir maintenir de gré ou de force. Une pensée qui apparaît dans l’état de veille fait son tour de manège et disparaît dans le sommeil. Ce n’est pas la conscience transcendantale. Le Je.
Bien que ténue et inaperçue l’aperception originaire est fondamentale, un peu comme l’écran blanc sur lequel se projette le film de la phénoménalité. Si d’aventure nous en venions à l’oublier, si d’un trait comme Sartre nous biffions la conscience-de-soi, il ne resterait que la conscience-de-quelque-chose et nous ne verrions plus la conscience que comme un courant d’air (texte). On peut même tomber encore plus bas : ne voir dans l’homme que des « comportements » du behaviorisme, à l’image des réactions stimulus-réponse mécaniques de l’animal. De l’animal-machine humain sans âme ni esprit. Une chose, le corps, avec ses réactions où la
conscience à la limite n’est plus qu’une ombre... Quand l’être humain ne se sent plus exister dans la Plénitude de la Vie, quand il est devenu « fonctionnel » dans la plupart de ses activités et qu’il ne fait plus que s’activer dans un non-sens abyssal, quand, dépourvu de Passion, il ne se sent plus vivre au sein de la Vie, le sentiment de l’Être dissipée, la conscience se réduit à l’objet. Le voilement du Soi est presque complet et la vie perd son Sens, car c’est par la conscience-de-soi que l’homme est en contact avec lui-même, avec l’âme, la monadespirituelle qui préside à sa vie psychique.
C. Les trois états et la conscience transcendantale
L’expression « aperception originaire » peut paraître très abstraite et technique, d’aucuns ne se sentiront pas concernés et diront qu’il s’agit là d’un « problème de philosophe » ; mais c’est une méprise tragique, l’aperception pure est en rapport direct avec le vif du vécu de la conscience : l’éveil à Soi dans le sens intime. Qu’un homme, guère plus conscient qu’une botte de foin, ou une potée de souris, vivant sa vie par inadvertance, s’éveille, qu’il éprouve pour la première fois le sentiment formidable de se sentir exister, et il saura tout de suite l’importance ce que nous voulons dire. Faire de la conscience-de-soi un principe purement "formel" en éliminant sa dimension vécue, est au minimum une erreur ; au pire, un meurtre métaphysique, se tuer soi-même par négligence,
ne pas être attentif à soi. A la présence à soi. « Écrabouiller son âme » comme dit Stephen Jourdain.
1) Il est indispensable pour y voir plus clair de considérer attentivement les états de conscience. Nous devrons y revenir souvent. Les trois états relatifs (texte) que nous traversons de manière cyclique sont la veille, le rêve et le sommeil profond. Il est important d’en saisir la texture. Parler de « la conscience » en l’air, de manière abstraite, c’est se payer de mots, non seulement nous ne voyons pas de quoi il retourne, mais nous sommes surtout trop éloigné du vécu. Or quand nous parlons de conscience, il s’agit d’expériences conscientes, qui toutes font référence à un état. Le plus souvent
Un sacré gâchis
J'aime le reportage et je hais les hommes qui y apparaissent. Ce qui est effrayant, c'est d'imaginer que ces "sous-hommes" ont été mis au monde par les Femmes. Un sacré gâchis.
Sexisme en banlieues : Caroline Sinz, journaliste à France 2 veut « briser la loi du silence »
by Sol
Vous connaissez toutes Caroline Sinz mais vous avez sans doute oublié son nom. C’est elle, cette journaliste qui avait été lynchée et agressée sexuellement par une meute d’hommes sur la place Tahrir au Caire en 2011. Malgré son traumatisme, elle avait eu le courage de témoigner de l’horreur.
Hier dans son reportage explosif réalisé pour France 2, elle s’est attaquée au tabou des pressions subies par les femmes en banlieue. Harcèlement de rue, cafés interdits aux femmes, censure vestimentaires : dans de nombreux quartiers à forte population arabo-musulmane, les femmes sont de plus en plus rejetées de l’espace public.
Dans une interview pour France Infos, elle revient sur les difficultés qu’elle a rencontrées pour enquêter sur ce sujet politiquement sensible :
Franceinfo : Quelle est la genèse de votre reportage ?
Caroline Sinz : Il s’agit au départ d’une demande de David Pujadas en vue d’un sujet sur les femmes dans l’espace public. Je sais que cette question est délicate. Au fil de mes recherches, j’ai pris conscience que le problème est plus lié à la culture, à la tradition et à la religion quand on est dans certains quartiers.
Mais il faut avoir à l’esprit que les femmes ont des problèmes partout. J’ai moi-même été victime de viol, dans le cadre de mon travail [en Egypte, en 2011]. J’ai vécu ce que vivent de nombreuses femmes victimes de violences sexuelles : on met en doute notre parole, on nous met à l’écart, on nous reproche d’avoir parlé… Mon reportage est filmé dans des banlieues, mais on pourrait aussi parler de certaines campagnes en France.
Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de votre enquête ?
Lorsque j’ai commencé, j’ai été surprise par le nombre de refus que j’ai essuyés, de la part de femmes qui sont pourtant membres d’associations mais qui n’ont pas envie de passer à la télévision. Elles ont peur, elles ont déjà manifesté dans de nombreuses villes et elles ont été insultées et agressées. Alors pour ne pas subir des pressions ou des menaces, elles se taisent ou s’autocensurent.
J’ai contacté des femmes à Aubervilliers, à Toulouse, des femmes du Planning familial qui m’ont confirmé un recul des droits partout en France… Mais toujours ce refus de parler. Il fallait briser cette loi du silence. Et j’ai fini par rencontrer des militantes de La Brigade des mères à Sevran et des femmes pas encore très organisées dans la banlieue lyonnaise.
Ne craignez-vous pas d’être accusée de dresser un portrait caricatural des banlieues ?
J’espère que je n’ai pas été caricaturale. Je n’ai pas pointé du doigt, j’ai posé les choses. A chacun de se faire son idée. Je ne regarde pas les choses avec une orientation politique mais il fallait dire ‘attention, regardez le sort de ces femmes’. Depuis 2005 et les émeutes des banlieues, les médias y retournent trop peu… Mais la réalité est là. Des femmes de tous les bords politiques, du FN, d’extrême gauche, du PS ou de droite, manifestent et luttent contre la peur pour dénoncer la réduction de leurs libertés.
Je ne suis pas surprise par l’ampleur des réactions. La question concerne beaucoup de femmes, insultées, harcelées, agressées. C’est un sujet quotidien. La liberté et le droit des femmes, les injustices qu’elles subissent, sont toujours des sujets.
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