Je ne comprends pas comment des professeurs ont pu déconseiller à ce jeune homme de continuer les études qui lui plaisaient après un tel parcours. Je ne comprends pas comment des "professionnels de l'enseignement" puissent ne pas percevoir le potentiel d'un individu et se tromper à ce point.
La seule explication que je trouve prend sa source dans les conditions de travail imposées aux enseignants. C'est certain qu'avec des classes de plus de trente élèves, il est très difficile de les connaître tous. Mais, là, tout de même, avec ce jeune Brésilien, on entre dans le domaine du haut potentiel. Comment est-il possible que des enseignants n'en prennent pas conscience ?...
Personnellement, je trouve ça gravissime parce que si on étend cette incapacité à reconnaître les aptitudes exceptionnelles, on peut se demander si leurs fonctionnements ne sont pas principalement délétères sur une bonne partie des élèves. Pour aller vers le meilleur de soi, il faut être bien accompagné. Le temps de devenir adulte.
Felipe Levtchenko, un Brésilien de 20 ans, a décroché son bac scientifique à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avec une moyenne de 19,26/20, rapporte L'Indépendant vendredi 7 juillet. Une performance d'autant plus remarquable que le jeune homme est arrivé dans l'Hexagone en janvier 2015 sans parler le moindre mot de français.
"Tout est parti d’un échange linguistique, raconte Felipe Levtchenko au quotidien régional. Je voulais découvrir l’Hexagone car mon grand-père est né à Toulouse." Après avoir fait appel à une association pour l'aider à trouver une famille d'accueil en France, il arrive à Perpignan en provenance de São Paulo alors qu'il est tout juste majeur.
Ses débuts au lycée sont délicats en raison de la barrière de la langue. En fin de première S, son niveau en français n'est pas jugé assez bon pour se risquer à tenter les épreuves de français. Mais plutôt que d'abandonner, Felipe Levtchenko préfère redoubler, en passant en filière économique et sociale (ES).
De São Paulo à Sciences Po
Le pari est largement remporté, puisque le Brésilien décroche finalement la note de 20/20 à l'oral de français. Il insiste alors pour retrouver la filière S."Beaucoup de profs me l’ont déconseillé, mais les mathématiques m’ont trop manqué", explique l'intéressé.
Avec 19,26 de moyenne au bac, ce choix était visiblement le bon. A la rentrée, le prodige brésilien intégrera Sciences Po à Paris, tout en étant inscrit en licence à la Sorbonne "pour ne pas abandonner les maths".
Je travaille à l'écriture de la suite de l'histoire "Les héros sont tous morts" et l'actualité du monde moderne est une source inépuisable d'idées de scénario...
C'est effrayant d'imaginer l'accumulation de risques générée par le "progrès" et c'est de tous temps que l'homme s'est appliqué à corriger ses erreurs une fois qu'elles étaient mises en lumière...
Dans le cadre de l'intelligence artificielle, de l'internet des objets, des réseaux sociaux, de l'extrème dépendance des marchés au bon fonctionnement des ordinateurs et des connexions, il est clair que les épées de Damoclès se multiplient... Les maisons connectées, les appareils médicaux individuels connectés, les vêtements, les montres, les voitures, toute la high tech et tout ce qui n'a pas encore été imaginé, tout cela représente déjà pour des "hackers" un espace considérablement important et fragile...
Plus de 50 milliards d'appareils devraient être utilisés par les consommateurs d'ici 2020, selon les analystes de l'industrie et les entreprises de haute technologie. Cependant, ce boom prévu dans l'Internet des choses (IOT) nécessitera la mise en œuvre de mesures de sécurité pour protéger l'ensemble de l'écosystème IoT.
L'année dernière, le Département américain de la sécurité intérieure a publié un rapport intitulé «Principes stratégiques pour la sécurité de l'Internet des choses», qui dit que l'écosystème IoT introduit des risques qui incluent des acteurs malveillants manipulant le flux d'informations vers et à partir d'appareils connectés au réseau ou de falsification Avec les périphériques eux-mêmes, ce qui peut entraîner le vol de données sensibles et la perte de confidentialité des consommateurs, l'interruption des opérations commerciales, le ralentissement de la fonctionnalité Internet grâce à des attaques distribuées à grande échelle de déni de service et des perturbations potentielles aux infrastructures critiques.
"Le temps d'adresser la sécurité IoT est maintenant. Beaucoup de vulnérabilités dans IoT pourraient être atténuées grâce à des pratiques de sécurité reconnues, mais trop de produits aujourd'hui n'incluent pas même des mesures de sécurité de base. Il y a un manque d'incitations pour les développeurs à sécuriser adéquatement les produits, car ils ne supportent pas nécessairement les coûts de ne pas le faire. Bien que les avantages de l'IOT soient indéniables, la réalité est que la sécurité ne fait pas obstacle à l'innovation », indique le rapport.
Le rapport du gouvernement a également établi un certain nombre de recommandations pour sécuriser l'IoT, y compris:
- Incorporer la sécurité à la phase de conception
- Mise à jour de sécurité et gestion des vulnérabilités
- S'appuyer sur des pratiques de sécurité éprouvées
- Prioriser les mesures de sécurité en fonction de l'impact potentiel
- Promouvoir la transparence à travers IoT, et
- Connectez-vous soigneusement et délibérément
Ces principes sont conçus pour améliorer la sécurité d'IoT dans toute la gamme des activités de conception, de fabrication et de déploiement. L'adoption généralisée de ces principes stratégiques et des pratiques suggérées associées améliorerait considérablement la position de sécurité d'IOT. Il n'existe cependant aucune solution unique pour atténuer les risques de sécurité liés à l'IOT », a ajouté le rapport.
"L'Internet émergent des choses a un énorme potentiel, mais aussi d'énormes dangers. Comme nous l'avons vu avec le ver Internet infectant les premiers ordinateurs en réseau en 1988, Nimda en 2001 et les attaques par injection SQL depuis la fin des années 2000, de nouvelles applications et logiciels présentent d'énormes menaces pour la sécurité ", a déclaré l'Université de Stanford dans un livre blanc. "Les nouveaux systèmes et protocoles, développés rapidement et grâce à des efforts de base, ne prévoient pas ces menaces, de sorte qu'il faut des décennies pour réagir et sécuriser ces systèmes. Pour l'Internet des choses, ce danger est encore plus grave en raison de l'échelle et de l'interaction avec le monde physique. Les menaces Internet aujourd'hui volent des cartes de crédit. Les menaces sur Internet demain vont désactiver les systèmes de sécurité à domicile, les champs d'inondation et perturber les hôpitaux. "
Le livre blanc a également déclaré que les approches existantes pour les systèmes informatiques sécurisés sont insuffisantes pour ces nouvelles applications cyber-physiques, car elles possèdent des modèles de confiance et des architectures réseau très différents, des réseaux de zones locales omniprésentes, des périphériques personnels mobiles, des serveurs et des sites Web applications.
"Les applications IoT auront besoin de nouveaux protocoles cryptographiques capables de fonctionner sur de minuscules appareils à faible puissance, mais aussi d'augmenter les stocks énormes dans le cloud", a ajouté le livre blanc.
Une attaque de sécurité récente a révélé la nécessité d'aborder la sécurité IoT. Dyn, une société qui surveille et achemine le trafic Internet, a subi une grave attaque de déni de service distribué en octobre 2016 qui a inondé ses serveurs avec tant de fausses demandes d'informations qu'elles ne pouvaient pas répondre à celles-ci, provoquant la panne des serveurs. Les pirates inconnus ont retiré le réseau de routage de l'entreprise, ce qui leur a permis de frapper de nombreux sites Web populaires tels que Amazon.com, Twitter et Netflix hors ligne.
En piratant des périphériques IoT non sécurisés, principalement des caméras de surveillance domestiques, les pirates informatiques ont pris le contrôle de ces dispositifs pour attaquer d'autres appareils sur le réseau, qui ont servi de passerelle pour supprimer les routeurs de l'entreprise et attaquer toute l'infrastructure de l'entreprise, y compris les sites Web populaires.
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Des statistiques IoT stupéfiantes et pourtant inconnues
L’IoT connecte déjà des millions d’objets à internet, permettant de suivre et d’analyser les données comme jamais auparavant. Mais d’après Acquity Group, 87% des personnes qui lisent cet article ne savent pas ce que le terme « internet des objets » représente.
Pour mieux comprendre ce que l’IoT peut offrir, regardons quelques statistiques pour en avoir une vue d’ensemble.
1) En 2008 déjà, il y avait plus d’objets connectés à internet que de personnes et la progression n’est pas terminée. En effet selon Cisco Systems, d’ici 2020, 50 milliards d’objets seront connectés à internet, accompagnés de 19 billions de dollars de profits et d’économies durant la prochaine décennie.
2) Aujourd’hui, un américain sur deux ne sait pas que des thermostats et des réfrigérateurs intelligents sont déjà sur le marché.
3) Avec le dernier protocole d’adresses internet (IPv6), il y a assez d’adresses internet pour chaque atome du globe terrestre, d’après Cisco. Autrement dit, les entreprises peuvent construire en masse des petits appareils qui se connectent à internet sans jamais être à court d’adresse IP.
4) Les maisons connectées représenteront une grande partie de l’IoT. D’ici 2019, les compagnies vont investir 1,9 milliard de dollars dans les appareils de maison connectée, rapportant près de 490 milliards de dollars de recettes. Google et Samsung se sont déjà lancés. Google a acheté le fabricant de thermostats connectés, Nest Labs, l’année dernière pour 3,2 milliards de dollars, et Samsung a mis la main sur l’entreprise de maison connectée, SmartThings, pour 200 millions de dollars.
5) Les consommateurs américains sont sensibles à la technologie portable (ou wearable). Actuellement, seulement 7% des consommateurs possèdent un appareil de technologie portable, mais nous en compterons 28% d’ici la fin de l’année prochaine.
6) Dans cinq ans, plus de 20% des consommateurs américain possèderont leur réfrigérateur et leur montre connectés. Un chiffre important qu’il est tout de même nécessaire de prendre avec des pincettes.
7) Les vêtements connectés sont plus proches qu’on ne le croit. D’ici 2020, 14% des consommateurs pensent en acheter.
8) Les gens s’inquiètent déjà de la sécurité IoT. C’est pourquoi 69% des consommateurs américains pensent qu’ils devraient posséder toutes les données personnelles de tous leurs appareils connectés.
9) L’IoT ne concerne pas que les appareils high-tech. Une entreprise allemande utilise des capteurs connectés sur le bétail pour prévenir les fermiers lorsque leurs animaux sont malades ou en gestation. Chaque vache envoie près de 200 Mo de données par an.
10) 60% des Américains souhaitent partager leurs données depuis leur voiture avec le constructeur automobile s’ils gagnent une révision gratuite en retour. Mais les constructeurs ne sont pas les seuls intéressés par les données de votre voiture, les publicitaires cherchent déjà à les obtenir.
11) Gartner, une entreprise de conseil et de recherche, prévoit qu’un véhicule sur cinq sur la route sera connecté à internet d’ici 2020. Une prévision réaliste puisque la marque Mercedes-Benz est d’ores et déjà partenaire de Nest qui permet aux voitures d’ajuster le thermostat à la température lorsque le conducteur rentre ou part de chez lui. C’est une bonne chose pour Sierra Wireless qui compte déjà Ford, BMW, Tesla, Volvo et Toyota parmi ses clients.
12) Les véhicules autonomes sont une part importante de l’IoT. Le mois dernier une Audi A7 a parcouru plus de 850 kilomètres (de San Francisco à Las Vegas) presque entièrement par ses propres moyens. La voiture utilise des processeurs NVIDIA en tant que composants du « cerveau derrière le système ».
13) General Electric pense qu’avoir recourt à l’internet industriel (terme employé par les entreprises pour parler de l’IoT) pour augmenter d’un seul pour cent l’efficacité d’exploration et de développement pétrolier et gazier permettrait d’économiser 90 milliards de dollars.
14) En 2008, une entreprise du nom de Proteus Digital Health a obtenu un brevet américain pour une pilule que l’on peut avaler, comportant un minuscule capteur. Le capteur transmet des données concernant la prise de médicaments du patient, et fonctionne avec un dispositif portable pour informer la famille de l’individu s’il ne prend pas ses médicaments au bon moment.
15) Les États-Unis ne dominent pas le marché de l’internet des objets. D’après un rapport publié par GSMA en été dernier, 27% des connexions M2M s’effectuent en Chine, 29% dans toute l’Europe, et 19% aux États-Unis. La Chine a prévu d’investir 603 milliards de dollars dans les connexions M2M, entre 2010 et 2020.
16) Les consommateurs ne sont pas les seuls à s’inquiéter de la quantité de données que produira l’IoT. Lors d’un discours en janvier dernier, la Présidente de la FTC (agence fédérale américaine du commerce), Edith Ramirez a souligné trois points au sujet de l’IoT qui inquiètent le gouvernement américain : la récolte de données omniprésente, l’utilisation de données fortuites, et (bien sûr) la sécurité.
17) Malwarebytes Labs prédit que cette année nous serons témoins de la première attaque majeure sur les appareils IoT. « Les médias ainsi que la population entendront parler de la première attaque majeure de piratage des appareils connectés à internet (parmi ceux qui ne l’étaient pas auparavant). » déclare l’entreprise dans un article de blog. Comme c’est rassurant.
Bien sûr, il est possible que ces prévisions ne soient pas le miroir strict de la vérité. Mais dans tous les cas un constat s’impose : l’IoT va changer nos vies.
On pourrait penser que c'est une évidence et que les situations qui répondent à cette exigence sont facilement identifiables mais elles sont en fait très partagées selon la conscience de l'individu et ses valeurs.
Prenons le cas d'un chimiste travaillant pour Monsanto. S'il parvient à mettre au point une molécule répondant au cahier des charges de l'entreprise, il sera considéré comme un très bon élément, il sera reconnu, gagnera un bon salaire, il pourra subvenir largement à ses besoins et à ceux de ses proches, il ne manquera de rien, il aura une image très forte dans la société, la réussite professionnelle, un haut niveau de vie... On peut élargir cet exemple à beaucoup, beaucoup d'autres secteurs professionnels.
Si je reprends les termes de M macron :" Il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien", il est impossible d'établir objectivement ce que signifie la "réussite sociale" car les formatages, conditionnements et valeurs qui y sont représentées ne sont pas nécessairement des "choses justes"...
L'individu qui a imaginé les mines antipersonnelles et a participé à leur mise au point... Il est considéré par son entreprise comme un "bon" élément.
L'exploitant agricole qui enferme des milliers de vaches dans des usines est considéré comme un "bon" exploitant au regard des prix qu'il pratique et les consommateurs s'en réjouissent et par leurs achats irréfléchis contribuent à son maintien et même à son développement.
L'ingénieur qui a travaillé sur l'élaboration de l'EPR chez Areva est considéré comme un "bon" élément et il est très bien rémunéré. Son niveau social est élevé et sa reconnaissance ne souffre d'aucune critique.
Le député qui s'accoquine avec les lobbies alimentaires ou pharmaceutiques le fait sans aucun problème moral étant donné qu'il a été élu. Il se considère comme la voix du peuple. Il est au "service de la nation" et ses actes se dédouanent par là-même. C'est stupéfiant mais un bon nombre de ses individus a une capacité étonnante à justifier l'innomable.
Je pourrais continuer ainsi fort longtemps. Les exemples qui concernent cette fameuse "bonté" sont beaucoup trop sujets à des dérives néfastes pour être validés.
Si je cherche deux exemples très représentatifs du problème, je choisirais l'individu qui touche le RSA et n'a pas d'emploi durable mais uniquement des emplois précaires, mal payés, incertains et déconsidérés par la société civile. De l'autre côté, je choisis le financier qui conseille des individus riches et n'ayant aucune difficulté à survivre.
Le premier est souvent considéré comme un "profiteur, une sangsue, un assisté."
Le deuxième, alors qu'il contribue à des fuites de capitaux absolument gigantesques, est apprécié de ses clients, son train de vie est digne d'un TGV, sa reconnaissance indéniable, il n'est poursuivi par aucun organisme d'état, les administrations ne lui réclament pas trois fois les mêmes papiers, il n'a lui-même aucun problème de conscience étant donné qu'il ne fait qu'obéir aux demandes de ses clients, il n'est pas responsable de l'incurie volontaire de l'état et des intérêts personnels des députés qui votent les lois censées empêcher les fuites de capitaux et par conséquent l'appauvrissement du pays avec toutes les conséquences sur les populations et notamment celles qui sont le plus dans le besoin matériel.
Lorsqu'un état capitaliste manque d'argent, il considère que les populations riches doivent être préservées étant donné qu'elles contribuent fortement au PIB du pays alors que les couches sociales défavorisées ne sont que des taches de crépis sur la citadelle des nantis.
Lorsqu'un état, par son président lui-même, considère qu'une personne qui réussit sa vie est avant tout un consommateur et un créateur de richesses, cet état n'a que faire de ceux qui ne sont rien, sauf à les convaincre en périodes électorales, que tout sera fait pour améliorer leurs situations...
Il y a des allocataires du RSA qui ont déjà réussi leur vie parce que leur niveau de réflexion sur le fonctionnement de la société les a amenés à réaliser qu'il leur était impossible de se dissoudre existentiellement dans le mécanisme d'exploitation du travailleur et de la hiérarchie sociale, que les valeurs humaines de respect de la vie et de l'attention portée aux actes quotidiens avaient davantage d'importance que la taille de leur maison, de leur voiture, du prix de leurs vêtements, de leurs dépenses hebdomadaires en futilités à la mode.
Il y a des allocataires du RSA qui pourraient pourtant vivre un peu moins difficilement, financièrement, si l'état décidait que la perte de milliards dans les paradis fiscaux sont une plaie ouverte qui saigne le pays. Non pas qu'il s'agirait simplement d'augmenter les allocations mais surtout de créer des emplois... Il est trop facile d'accuser l'allocataire du RSA de ne "rien" faire. C'est un raccourci digne de l'Inquisition.
"Tu n'es pas un bon consommateur au regard de notre Dieu "Croissance" et tu seras puni pour ta paresse, mécréant. "
Il ne dépense rien inutilement pourtant, son train de vie ne le lui permet pas, il ne consomme pas à tout-va, au rythme des modes et de l'abandon général aux valeurs marchandes, il ne prend pas l'avion pour aller signer des contrats mirobolants sans imaginer un seul instant le niveau de pollution généré par un avion de ligne, il ne contribue pas à la destruction de l'état par la perte annuelle de 60 milliards de détournements légaux dans les paradis financiers, il ne fabrique rien qui puisse porter atteinte à la vie pour des enrichissements personnels, il exploite parfois un petit potager et se réjouit de ce que la terre lui donne, ses relations sociales sont nourries par des valeurs solidaires et empathiques... Il y a une erreur gravissime sur la cible...
Bien sûr qu'on peut trouver des individus antipathiques parmi les allocataires du RSA, des gens n'ayant aucunement réfléchi à leurs choix de vie, des individus errant dans des existences figées, des individus ne cherchant qu'à prolonger une existence remplie d'envies et de frustrations, bien sûr qu'il y a là, tout comme dans les populations aisées, des individus capables de vivre dans une totale observation de soi...
Mais de toute façon, cela ne change en rien que l'expression "réussir sa vie" comporte des interprétations faussées par des éducations formatées au service des valeurs marchandes, que le monde occidental n'est absolument pas une référence dans l'échelle du bonheur des populations et que la course à la croissance, qu'elle soit étatique ou individuelle, est un pis-aller insignifiant au regard de la réussite existentielle.
Entre l'avoir et l'être, la marge est gigantesque, tellement vaste que beaucoup décident, par faiblesse, de travailler à "l'avoir". Le chemin est tout tracé.
Pour ce qui est de "l'être", le chemin doit être construit par chacun et la tâche est bien plus exigeante.
Je ne suis pas agriculteur mais je suis consommateur et par mes choix écologiques, je peux intervenir sur ce désastre. Le régime végétarien contribue à l'entretien des sols alors que le régime carné encourage l'agriculture intensive et l'appauvrissement des sols. Il n'y a que le lobby pétrolier et chimique (engrais) qui soit gagnant. Il n'est qu'à regarder la situation financière d'une bonne partie des exploitants agricoles : ils ont perdu leur qualité de vie, le sens de leur travail, leur rôle dans la société, leur image et leur reconnaissance et jusqu'à leur respect de la terre qui permet de vivre...La mécanisation outrancière et l'usage des intrants n'ont même pas allégé la charge de travail et elle a en plus ajouté un stress constant et l'impression très claire d'être piégé par un système tout puissant. Aujourd'hui, je plains sincèrement tous ceux qui souhaitent s'extraire de ce système et entrer dans un mode de vie et de travail différent. Les barrières financières pour franchir le pas sont redoutables... Les financiers fabriquent le monde et nous n'en sommes que les victimes. Il s'agit donc d'établir des choix et de s'y tenir, coûte que coûte.
L’agriculture conventionnelle et mécanisée a un effet délétère sur les sols en appauvrissant durablement leur taux de matière organique et en abîmant leur stabilité structurale, expliquent les auteurs de cette tribune. Qui défendent, a contrario, les pratiques vertueuses de l’agriculture de conservation et de l’agroforesterie.
Alain Canet est directeur d’Arbre & Paysage 32 et président de l’Association française d’agroforesterie (Afaf) ; Konrad Schreiber est agronome, spécialisé dans la technique du semis direct et les couverts végétaux.
À la suite de la publication d’une tribune sur la crise du sol sur le site de Reporterre, certains scientifiques se sont insurgés de l’assertion selon laquelle 95 % des sols perdaient de la matière organique, en particulier en grandes cultures. Il est vrai qu’aucun article scientifique ne mentionne ce chiffre ni ne propose une analyse des conséquences des pratiques agricoles mises en place dans l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui sur les stocks de matières organiques des sols. Et pourtant, force est de constater que, bien qu’approximatives, ces valeurs approchent sans doute la réalité observée sur le terrain : il suffit d’enquêter chez les paysans.
N’en déplaise à certains, la crise agricole est bien une crise du sol. Il semble de plus en plus clair que les fuites d’intrants vers les nappes et l’érosion des sols vers les rivières signalent une forte baisse de la stabilité structurale des sols, corrélée à une importante diminution des taux de matière organique. Charge à la science d’établir des chiffres fiables et une chronologie historique en lien avec les pratiques agricoles concernant le travail du sol. Au-delà des polémiques, il est aujourd’hui certain que les pratiques agricoles conventionnelles actuelles développées depuis plus de 50 ans posent d’énormes problèmes économiques et environnementaux. Compte tenu du parfait recouvrement des cartes « érosion » et « nitrates » établies par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), il est évident que la perte de matière organique constitue le plus gros problème environnemental de l’agriculture.
Il n’est pourtant pas difficile, en regardant la couleur de nos rivières, de voir que c’est la terre qui s’en va vers la mer
Comment expliquer cet état de fait ? Peu couverts et fortement travaillés, les sols cultivés ne cessent de perdre de la matière organique par minéralisation, ce qui contribue à l’émission de gaz à effet de serre et au réchauffement climatique. Mais les effets sur le sol lui-même et sa fertilité ne sont pas moins délétères. C’est la spirale de dégradation.
La richesse des sols s’échappe vers les rivières, comme ici l’estuaire de l’Adour, à la frontières des Landes et des Pyrénées-Atlantiques.
Tout d’abord, essayons de comprendre les mécanismes qui sous-tendent ce constat. Si les chiffres exacts restent difficiles à établir, il est aujourd’hui certain que la diminution des stocks de matière organique dans les sols est due à deux facteurs essentiels :
La faiblesse des retours de biomasse au champ. C’est la plante, vivante puis morte, qui alimente les chaînes trophiques du sol et lui apporte du carbone sous forme de sucres issus de la photosynthèse. Une grande partie de ce carbone est utilisé par le métabolisme des organismes ainsi nourris (bactéries, champignons, acariens, insectes…), tandis qu’une autre est stockée, notamment sous forme d’humus (humification). Or, les pratiques agricoles actuelles rapportent de moins en moins de carbone au champ : plantes naines, export des résidus de culture, intercultures de type Cipan (pour « culture intermédiaire piège à nitrates ») avec peu de végétation, retrait des animaux et de la prairie des rotations… Dans les systèmes céréaliers, le sol est nu entre trois mois (rotations blé/orge/colza) et six mois (rotations maïs/maïs ou blé/tournesol) dans l’année. Quel gâchis de la seule énergie renouvelable disponible en agriculture : le soleil.
La forte perturbation mécanique du sol par les machines agricoles. Labour, outils animés, déchaumages répétés, mais également binage et hersage : en plus de dégrader l’habitat de nombreux habitants du sol essentiels à son bon fonctionnement, le travail du sol accélère l’oxydation de la matière organique et donc la minéralisation de l’humus, qui se transforme bien vite en CO2 dans l’atmosphère et en nitrates dans les nappes. Enfin, lorsque l’on travaille le sol, cela signifie qu’il n’y a pas dans le champ une plante en train de pousser, de capter l’énergie renouvelable du soleil, de structurer le sol et de nourrir ses habitants : le soleil stérilise les horizons superficiels du sol laissé à nu et les « ingénieurs du sol » ne travaillent plus.
Nous sommes aujourd’hui arrivés à des taux de matière organique dans les sols tellement bas que nous ne voyons plus d’évolution. Il est devenu très difficile de déstocker le peu qui reste fossilisé, immobilisé entre les feuillets d’argile et inutile aux cultures. Mais cela n’empêche pas certains d’en conclure que les pratiques actuelles n’ont pas d’effet mesurable sur les stocks de carbone organique. Il n’est pourtant pas difficile, en regardant la couleur de nos rivières, de voir que c’est la terre qui s’en va vers la mer et que ce phénomène ne s’observe jamais sur prairie ou dans la forêt.
Miser sur le végétal pour produire des humus stables et nourrir la vie du sol toute l’année
En conséquence de cet appauvrissement, les sols sont plus sensibles à l’érosion, à la battance, leur réserve utile en eau est plus faible, et leur fertilité se réduit à peau de chagrin. Même certaines prairies ne poussent plus en été. Un fort apport d’intrants devient alors nécessaire pour sustenter les cultures qui se développent sur ces terres devenues pauvres en nutriments, en champignons favorables et en mycorhizes.
N’en déplaise aux acteurs du développement agricole, pour stocker du carbone en agriculture et produire des sols fertiles, il faut augmenter les entrées de matière organique dans le système et réduire les sorties, notamment par la réduction ou la suppression du travail du sol. C’est le double objectif de l’agriculture de conservation et de l’agroforesterie.
En agroforesterie, un sol n’est jamais laissé nu. Les semis se font directement sur la végétation de la prairie, qui sera écrasée pour nourrir le sol.
En couvrant les sols toute l’année et en augmentant la production de photosynthèse in situ, en ne sortant que le grain du champ, ces pratiques misent sur le végétal pour produire des humus stables et nourrir la vie du sol toute l’année. Oui, l’agriculture peut produire autant, voire plus de biomasse que les écosystèmes forestiers (jusqu’à douze tonnes de matière sèche par hectare et par an sous nos latitudes). Plus l’on produit de biomasse dont seul le grain est exporté, plus l’on stocke de carbone tout en augmentant l’activité biologique et la fertilité des sols, mais à la seule condition de développer les bonnes pratiques agricoles. Un moyen de réconcilier production et environnement ? C’est le travail engagé par de très nombreux agriculteurs partout en France. C’est ce que montrent les résultats du programme Agre’eau. Qu’attendons-nous pour développer, transposer et amplifier ?
Des bacheliers avec mention "très bien" refusent la bourse au mérite promise par Laurent Wauquiez
Ils ont eu mention "très bien" au bac et devraient donc recevoir de la part de la région Auvergne-Rhône-Alpes une "bourse au mérite" de 500 euros. Ces quatre jeunes diplômés s'engagent à la reverser à des associations pour protester contre la politique de Laurent Wauquiez.
Des lycéens devant les résultats du bac (Sipa)
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Mardi soir, à la veille des résultats du baccalauréat 2017, Emma, Jules, Lola et Robin publient une tribune sur Médiacités Lyon, site d’enquête et d’investigation local, en annonçant qu'ils refusent la "bourse au mérite" prévue par la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour les bacheliers ayant obtenu la mention "très bien". Ils souhaitent reverser le montant de cette bourse, de 500 euros, à des associations, dont les subventions régionales ont été réduites depuis 2016 et l’arrivée à la tête de l’exécutif local de Laurent Wauquiez.
Contacté mercredi, Robin annonce que les quatre membres du collectif ont obtenu la mention "très bien", et que des dizaines d'autres bacheliers dans le même cas se joindraient à leur démarche. L'initiative, partie de ces quatre lycéens, a généré de nombreuses réactions et soutiens de la part d'autres bacheliers de la région. Ces jeunes critiquent le "mérite" que prétend récompenser cette bourse, considérant qu’il ne peut se mesurer à partir d'un résultat et d'une mention, qui ne suffisent pas à refléter le "travail, le sérieux et l'investissement d'un élève".
Ils sont contre le "mérite" vanté par la Région
C'est un acte politique pour ces lycéens. Ils estiment que cette bourse est injuste et que son coût à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, estimé à 3 millions d'euros, pourrait être utilisé autrement afin de venir en aide aux associations locales défendant des "missions d'intérêt général" dont les subventions régionales ont subi d'importantes diminutions depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la présidence de la région. L'opposition au sein du conseil régional estime que ces coupes s'évaluent à hauteur de 50 à 75% des subventions initiales et qu'elles auraient donné lieu à près de 580 licenciements au sein du milieu associatif. Parmi les associations concernées par ces baisses de subvention, on trouve le Graine Rhône-Alpes (Réseau régional pour l'éducation à l'environnement), le Transfo (Agence régionale de développement culturel en Auvergne), la MRIE (Maison régionale d'information sur l'exclusion), SOS Racisme, les MJC (Maisons des jeunes et de la culture).
C'est plus particulièrement à ces MJC que les lycéens entendent reverser leurs bourses, la Fédération des MJC Rhône-Alpes ayant été liquidée en 2016, après la baisse des subventions publiques. Robin, mention "très bien" en poche, entend, avec ses camarades, dénoncer cette "politique préjudiciable" et soutenir les associations qui luttent en faveur de l'environnement, de la culture et de l'inclusion sociale. Il déclare ne pas avoir un "besoin vital" de cette bourse et regrette que, dans sa région, les bourses au "mérite" ne soient pas versées en fonction de critères sociaux. C'est ce qui se fait par exemple dans la Région Ile-de-France, dont la "bourse au mérite" de 900 euros est prévue pour les bacheliers qui obtiennent la mention "très bien", à condition qu'ils soient boursiers.
Certains membres du collectif de lycéens ont un contact direct avec les associations régionales concernées par cette baisse des subventions publiques, par des membres de leurs familles notamment. Ils ont été sensibles aux manifestations qui se sont tenues devant le siège du Conseil Régional en avril dernier, à l’initiative du Collectif associatif Vent d’Assos (cité dans la tribune), contestant la politique de son président, Laurent Wauquiez. "Nous n'avons reçu aucune réaction" de ce dernier, souligne Robin, mais cela importe peu pour le collectif de lycéens, dont la démarche a eu un large écho en l'espace de seulement 24 heures. Il s'agit, selon leurs mots, d'agir dans une "optique de renforcement du lien social et de la solidarité par la rencontre et l'insertion sociale". "On a bien conscience que notre contribution ne parviendra pas à venir en aide à toutes les associations concernées, estime Robin, et que les montants versés ne seront pas très conséquents", mais le message de fond porté par ces nouveaux bacheliers est, lui, largement entendu.
Une longue sortie à vélo aujourd’hui, grosse chaleur et un parcours très cassant, plusieurs bosses, certaines sur quatre kilomètres. Objectif du jour : à fond.
Et l’observation de soi.
On pourrait croire que pour faire du vélo, il suffit de pédaler. C’est indispensable bien évidemment mais c’est tout ce qui va s’ajouter à cet effort qui est redoutablement important.
Dans une bosse, on appuie avec le ventre, abdominaux serrés pour accompagner la poussée des jambes.
Quand on appuie sur la pédale gauche, on fait l’effort inverse avec la pédale droite. Il s’agit de la remonter et non seulement d’en accompagner le mouvement. La tension de la cuisse qui tire la pédale vers le haut va s’ajouter à l’autre cuisse qui appuie vers le bas. C’est le double pédalage et c’est une technique qui met les jambes en feu.
Ne jamais crisper la nuque en remontant les épaules, toujours penser à relâcher le haut du dos et à ne pas consommer inutilement de l’énergie.
Respirer en ouvrant le diaphragme, sentir que la cage thoracique s’écarte intégralement, que le sternum est comme étiré, gonfler le ventre et le rentrer, serrer les abdominaux dès que les bras tirent sur le guidon pour renforcer l’appui des cuisses.
Et quand tout ça est en place, laisser les yeux fixer le goudron, sans jamais figer l’image, comme une hypnose délicieuse, suspendre les pensées, revenir quelque secondes vers l’observation du corps en action et puis quand la bosse arrive, que la pente s’incline et que le souffle se fait entendre, lorsque l’intégralité du corps est emporté dans une euphorie puissante, que cette force en soi envahit l’âme elle-même et semble répandre dans les muscles, une énergie pétillante, un courant de marée, un vent continu, alors, se choisir une musique, un morceau lent et apaisé et qui gonfle lentement dans un crescendo répétitif, un ensemble complexe porté par un leitmotiv entêtant, comme un souffle qui doit se faire entendre, un mantra de poumons en feu, se gorger à grands bouillons de l’haleine oxygénée des grands arbres et les remercier, plonger ses yeux de nouveau sur le goudron et avaler la route, chaque muscle engagé dans une mission suprême, pousser, tirer, serrer, encore et encore, les yeux dans le flou, la tête baissée, juste lancer quelques regards rapides, ne jamais penser à la pente, ne rien préserver, lâcher toutes les forces dans la lutte, arracher la viande, déchirer les résistances, synchroniser ses souffles sur la batterie qui vient de se lancer dans la montée, se nourrir de sa puissance, rire de cette énergie divine en soi, l’aimer comme au premier jour, en pleurer de bonheur et mêler les larmes à la sueur, jouir de la force, l’enlacer comme une amante, la couvrir de baisers, l’honorer jusqu’à l’explosion finale.
Et passer le sommet de la bosse dans un cri de bonheur.
Alors donc, le nouveau ministre de l'éducation nationale a fait publier un décret autorisant les communes à choisir le calendrier scolaire et l'organisation qui leur semble la plus appropriée.
Je vois donc des communes qui se plaignent que tous les efforts produits soient sous la menace d'un effaçage brutal et d'autres qui se réjouissent de pouvoir revenir à un système qui leur convenait.
Je comprends aisément au regard de ce qui a été mis en place dans certains communes, de l'énergie dépensée, des sommes engagées, de la détermination réelle à agir pour le bien des enfants que cette proposition contienne un certain déni du travail, une mise en doute des progrès réalisés depuis le début de cette réforme à ce jour. Il est toujours douloureux, pour qui que ce soit, de voir son engagement balayé d'un revers de mots...
Je comprends aisément que certaines communes souhaitent et choisissent dès aujourd'hui un retour à l'ancien calendrier au regard des difficultés organisationnelles et des dépenses incompatibles avec leurs budgets, des difficultés à trouver du personnel compétent, des familles qui se plaignent de la fatigue des enfants.
Je comprends que certains enseignants se réjouissent à l'idée de ne plus voir dormir les enfants sur les tables en fin de semaine.
Je comprends le positionnement de tout le monde en fait.
Sauf de ceux qui se fichent de tout bien évidemment.
Mais le problème n'est pas là...
Il y a longtemps que je pense que ce pataquès n'a toujours été qu'un cache-misère, un paravent destiné à concentrer les énergies, qu'elles soient positives ou non, qu'elles soient enthousiastes ou sceptiques.
L'essentiel :
les effectifs
les programmes
la formation des enseignants
la réflexion fondamentale sur le sens de l'enseignement
le contenant avant le contenu
l'être avant l'avoir
le savoir être avant le savoir faire
la solidarité et l'empathie
la connaissance de soi
l'observation de la vie commune
la communication non-violente
le projet humain à l'échelle de la planète et non uniquement de l'individu
Tout cela est encore une fois contenu, effacé, caché.
Tout le monde va se "battre" pour faire entendre son opinion sur les "rythmes de l'enfant"...
Les communes qui vont vouloir conserver le calendrier actuel vont chercher à améliorer encore l'organisation instaurée mais sans se poser la question du point de départ :
Etait-ce utile de mettre cette Réforme en place ?
Si la réponse est négative, fondamentalement au regard des autres priorités, est-il justifié de vouloir y dépenser encore davantage de temps et d'énergie ?
Le gouvernement ne joue-t-il pas justement sur cette conscience professionnelle de chacun pour maintenir les énergies dans un cadre retreint mais qui par l'opposition des groupes entretient la "guerre des égos" ?.........................................................
Et les enfants ? Non pas les élèves dans un calendrier mais les enfants dans leur réalité profonde, dans la nécessaire exploration qu'ils doivent mener en eux ?
Comment s'y prend-on ? Comment inviter, sans aucune pression néfaste, un enfant à grandir par lui-même à travers la culture, l'enseignement, l'école ?
Est-ce qu'un calendrier scolaire est à même de proposer une réponse ?
"Les milliards de caméras, thermostats intelligents et autres téléviseurs reliés au réseau sont autant de bases pour mener des attaques massives contre des sites web ou des serveurs. Des attaques susceptibles de couper l’accès internet à des pays entiers.
Quoi de plus innocent d’une ampoule Hue de Philips, dont on peut contrôler l’allumage, l’intensité lumineuse et la couleur depuis son smartphone ? Sauf qu’en infectant quelques-unes de ces bêtes ampoules avec un code malveillant, il serait possible de contaminer une ville grande comme Paris par réaction en chaîne, permettant d’allumer ou d’éteindre simultanément toutes les lumières, ont montré des chercheurs américains.
Faire sauter internet avec des millions d’attaques simultanées
Pirater une caméra connectée permet certes d’espionner les allers et venues de son voisin. Mais le véritable intérêt des cybercriminels n’est pas là : eux poursuivent un objectif bien plus ambitieux : faire sauter l’internet mondial. Leur tactique : «recruter» des dispositifs IoT pour lancer des attaques massives contre des sites web ou des serveurs, visant à les rendre inopérants. Ce que l’on appelle une attaque par déni de service (DDoS).
Le 21 octobre 2016, de nombreux sites (Airbnb, Twitter, Reddit…) ont ainsi été inaccessibles durant plusieurs heures. L’attaque, menée par une armada de 500 000 appareils piratés, a visé le service Dyn, servant à associer les noms de domaine aux adresses IP. En septembre, l’hébergeur français OVH a subi la plus grosse attaque DDoS de son histoire, lancée par un botnet constitué de 145 607 caméras connectées hackées. Un botnet surpuissant, capable de générer un trafic atteignant 1,5 To par seconde. De quoi faire tomber n’importe quel site en quelques minutes.
En 2016, la puissance moyenne des attaques a atteint 800 Gbps (gigabits par seconde), contre 500 Gbps en 2015, d’après l’entreprise de sécurité Arbor Networks. Les hackers auront bientôt la puissance nécessaire pour faire tomber l’intégralité d’internet, s’inquiètent les experts. Avec un débit de 10 Tb/s, celle des câbles sous-marins, on peut ainsi tout simplement couper l’accès internet à un pays entier, comme ce fut le cas du Liberia en octobre dernier. Bruce Schneier, l’un des meilleurs expert sur la cybersécurité, avertit sur son blog qu’un «acteur étatique» mènerait des tests de résistance sur certaines infrastructures fondamentales de l’internet, soupçonnant les Chinois ou les Russes.
Des botnets de plus en plus puissants et intelligents
Le botnet le plus connu touchant l’internet des objets (IoT) s’appelle Mirai. Le malware qu’il porte possède dans son code un outil qui scanne automatiquement des milliers d’adresses IP à la recherche d’objets connectés (caméras, imprimantes, routeurs…). Il teste alors une série d’identifiants par défaut et infecte le nouveau dispositif. Aujourd’hui Mirai est sur le déclin, mais d’autres botnets encore plus puissants et intelligents arrivent sur le marché : Persirai, Leek ou encore BrickerBot. Certains peuvent rester «dormants» et se réactiver même lorsqu’on réinstalle l’appareil et qu’on change son mot de passe.
Avec plus de 30 milliards d’objets connectés à internet en 2022, d’après Ericsson, la menace ne va faire que s’accroître. En 2016, 45% des entreprises et institutions publiques et 21% des data centers ont ainsi connu plus de 10 attaques DDoS par mois, d’après Arbor Networks. Des attaques qui engendrent une perte de 500 dollars pour chaque minute d’interruption du service.
Des «cyber crash tests» obligatoire pour l’IoT
Tout cela en raison du manque criant de sécurité de cette flopée d’objets connectés. «Il faut moins de trois minutes à un hacker pour prendre le contrôle d’un nouvel objet mis en réseau», indique Samy Kamkar, un éminent consultant en sécurité informatique. Non seulement les utilisateurs modifient rarement leurs mots de passe par défaut, mais les fabricants sont bien peu soucieux des aspects liés à la sécurité. «Tous ces objets reposent sur des systèmes qui partagent les mêmes vulnérabilités», avance Gérome Billois, expert en cybersécurité au cabinet Wavestone. «Aujourd’hui, c’est comme si on vendait des voitures sans faire de crash test. Il faudrait rendre obligatoire des tests de cyberrésistance pour mettre en vente un objet connecté». Il en va de l’avenir même de la Toile.
«Il y a quatre grandes questions : d’où venons-nous? qui sommes-nous? où allons-nous? et qu’est qu’on va manger ce soir?» Woody Allen, Hannah et ses sœurs, 1986
Vulnérabilité
En cas de blocus (routier ou autre), la ville ne possède que 3 jours de réserves. Les parisiens sont d’autant plus vulnérables que les produits viennent souvent de très loin et passent quasi systématiquement par la case Rungis et accumulent les food miles (kilomètres alimentaires). Ce sont souvent plusieurs milliers de kilomètres (3500 pour un pot de yogourt) qui sont parcourus par les aliments, sans compter le déplacement du consommateur au supermarché, bien souvent en voiture. Au final le produit consomme plus d’énergie pour son déplacement, qu’il n’en apporte à son consommateur. Et cela a des conséquences sur les déchets : en europe, 160 kg de déchets d’emballage dont les 2/3 sont d’origine alimentaire. Approximativement, un tiers des impacts environnementaux d’un ménage sont liés à la consommation de nourriture et de boisson.
Relocalisation
La relocalisation de la production, les circuits courts sont un des fondements d’une ville résiliente.
L’agriculture urbaine est pratiquée par plus de 800 millions d’habitants, 200 millions réalisent de la production de marché, 150 milions la pratiquent à plein temps (revue vertigo, janv 2011). ce qui représente 15 % de la production mondiale de nourriture.
Paris Intra muros, par sa densité n’offre que peu de place pour une autosuffisance alimentaire, les jardins partagés ont plus pour objectif de créer de la convivialité, que d’assurer sa subsistance, la solution est à trouver au delà, à l’échelon régional, par une coopération étroite entre consommateurs locaux et producteurs. C’est bien à cette échelle (la biorégion) que devra être considérée l’autosuffisance locale des parisiens, en créant des liens supra locaux, où l’échelle pourra varier en fonction des produits ou services considérés.
Le développement des AMAP en est la préfiguration. Leur nombre augmente, mais peine à répondre à la demande, faute de producteurs et de terrains disponibles. Il y a actuellement plus de 100 AMAP en ile de France. Le nombre de paniers moyens étant de 50, cela représente environ 5000 familles. Ce qui reste marginal.
D’autant que les espaces agricoles représentent plus de 45 % du territoire d’île de France (CESR) et sont parmi les plus fertiles d’Europe. Ces terres sont cependant principalement tournées vers le conventionnel. 60 000 ha/an de terres agricoles qui disparaissent, En France, une ferme disparait toutes les 15 minutes.
Le problème est principalement lié au fait que les produits sont souvent destinés à l’export, peu tournés vers le marché local. Le problème du prix des terres agricoles reste un frein à l’installation. Il s’agit alors de réserver l’achat des terres à vocation agricole aux acteurs agricoles biologiques, tournés vers le marché local. Un développement à grande échelle est possible pour des solutions de type Amap comme le montre l’exemple japonais (tekkei) ou 1/3 des aliments consommés proviennent des tekkei. A condition que l’accès à la terre soit rendu possible.
D’autres solutions devront être menées en parallèle pour assurer l’autosuffisance de Paris. Il s’agit tout d’abord de se poser une question fondamentale : de quelle surface a t-on besoin pour assurer sa propre subsistance (et celle de sa famille?).
La surface couramment admise pour répondre aux besoins d’une famille de 4 personnes est de 250m2, ou 35 à 40 m2 par personne selon certaines sources, moins si le jardin est en permaculture et bien conçu. C’est bien sur encore moins si parallèlement il s’approvisionne pour certains produits dans une amap, s’il est impliqué dans un jardin partagé dans son quartier, ou s’il s’associe à d’autres jardiniers pour échanger les surplus.
Un droit à la terre
Cette surface est globalement peu, mais difficile à offrir aux parisiens. Il est par ailleurs aujourd’hui difficile de concevoir que chaque parisien souhaite mettre ses mains à la terre pour assurer sa subsistance.
Mais ne serait-il pas normal que chaque habitant de paris, ou plus généralement un immeuble collectif se voit attribuer une parcelle? Dont la surface serait équivalente à la surface minimale de subsistance?. C’est à dire remettre au goût du jours les jardins familiaux.
L’intérêt serait multiple : limiter l’étalement urbain en contre-carrant les inconvénients liés à l’habitat collectif (l’absence de jardin) et diminuant l’avantage comparatif du pavillon au milieu de sa parcelle (et son jardin qui bien souvent n’est qu’une pelouse).
Concrètement, attribuer ou donner accès à 50m2 (soyons généreux) à chacun 2.2 milions de parisiens intramuros reviendrait à 11 000 ha, soit quasiment la superficie de paris intramuros (quand même!), 3 fois la superficie de l’aéroport Charles de Gaulle (que la ville post carbon devra récupérer), ou par personne le double d’une place de parking (ratio de 25m2, englobant la voie d’accès à ce parking).
Cette attribution pourrait être étendue à l’ensemble des franciliens vivant en logement collectif (72% des logements en Ile de France).
11 000 ha c’est aussi l’équivalent d’une ceinture verte (ou plutôt maraîchère) localisée à environ 10 km de Paris, d’une circonférence de 110 km et d’1km d’épaisseur. Ce pourrait être la limite de l’agglomération.
Mettre en oeuvre
L‘acteur clé de cette politique serait la région. La région attribuerait d’office, dés la naissance, jusqu’à la mort un droit à la terre. Une terre qu’elle aura préalablement et progressivement acquise; La région possède déjà les outils les PRIF agricole, mis en place par l’Agence des Espaces Verts, accompagnée de la Safer, 16000 ha ont actuellement été acquis.
Un acteur existe et peut permettre la mise la mise en oeuvre du projet, en assurant la connexion entre propriétaires et demandeurs (producteurs potentiels) : Terre de Liens.
Le vendredi 27 janvier 2017, à la Ferme de Paris, Anne Hidalgo a annoncé un ensemble de mesures pour renforcer le soutien de la Ville de Paris aux agriculteurs et à une alimentation durable, avec notamment plus de liens entre la capitale et le monde rural. Une communication a été présentée lors du Conseil de Paris du 29 janvier.
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Paris accentue son soutien aux agriculteurs et à une alimentation durable
Paris incubateur de l’agriculture urbaine
La Ville s’est fixée comme objectif la création, d’ici à 2020, de 100 hectares de nouveaux «espaces verts» sur des toits-terrasses ou même des façades, dont un tiers de ces surfaces sera consacré à la production agricole.
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Paris développe des mesures incitatives, auprès des propriétaires publics et privés, aussi bien sur le patrimoine existant que sur les constructions neuves, à travers un appui technique à la végétalisation, un plan local d’urbanisme en évolution, la création prochaine d’une plateforme collaborative en ligne, et un «permis de végétaliser» pour les Parisiens afin qu’ils puissent agir au sein de l’espace public.
Des mesures pour promouvoir l'agriculture urbaine
Parisculteurs
L’appel à projets « Parisculteurs » est le programme phare qui contribue au développement de l'agriculture urbaine, que ce soit sur les équipements publics ou sur les bâtiments privés de tous types : il s’agit d’irriguer l’ensemble du territoire. Son ambition est d’offrir davantage d’espaces et de projets aux agriculteurs urbains au cœur de notre ville, pour rendre Paris plus végétale, créer des îlots de fraîcheur urbains, contribuer à la protection et au développement de la biodiversité, et tisser des liens entre agriculteurs urbains et agriculteurs de petite et grande couronne.
Un nouvel appel à projets « Parisculteurs 2 » sera lancé en 2017. Il se donnera comme objectifs supplémentaires de réaliser des projets sur des copropriétés, et d’associer davantage les agriculteurs de grande couronne pour contribuer au développement des productions locales et aux échanges urbains – ruraux.
Création de nouvelles fermes urbaines
De nouvelles fermes urbaines pédagogiques plus vastes, installées dans de grands espaces verts parisiens intra-muros seront créées en 2017 en complément de la Ferme de Paris qui était jusqu’à ce jour la seule ferme parisienne.
Les Parisiens acteurs de la végétalisation dans la capitale
Depuis 2003, dans le cadre du programme municipal « Main verte », la Ville aménage des jardins partagés et encourage la création de nouveaux jardins.
Le fort intérêt des Parisiens pour ces jardins s’est confirmé lors du Budget Participatif 2015 avec le vote de 10 nouveaux jardins partagés et avec le projet « Cultiver en ville ». Au total ce sont plus d’une vingtaine de jardins partagés qui seront créés en 2017.
La plateforme numérique « Végétalisons Paris », qui sera lancée au printemps, fédérera toutes ces démarches. Elle s’adressera aux Parisiennes et Parisiens (particuliers, associatifs, entreprises, bailleurs, copropriétés, syndics…).
Plus de formation et d'apprentissage en agriculture urbaine
L'accent sera mis sur la formation et l'apprentissage en agriculture urbaine.
L' Ecole Du Breuil, en coordination avec la Ferme de Paris, souhaite mettre en place une offre de formation en permaculture. Cette école développera des actions de formation en agriculture urbaine dans le cadre de son nouveau projet pédagogique.
Un plan d’actions en faveur des métiers du développement durable va être lancé dans lequel figurera l’agriculture urbaine sur le modèle de « Paris code ».
Développement de partenariats avec les acteurs du monde agricole de la petite et grande couronne
L’agriculture urbaine parisienne a vocation à se développer en partenariat avec les agriculteurs de petite et grande couronne pour partager les savoir-faire, offrir un débouché économique aux producteurs de pleine terre, et aider les projets d’agriculture urbaine à trouver un équilibre économique.
Des partenariats vont être développés en 2017 avec la Chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile-de-France, les acteurs du Pôle Abiosol (Champs des possibles, GAB Ile-de-France…) et l'Association Française d’agriculture urbaine professionnelle (AFAUP).
Le projet Solidarité Paris-Campagne qui sera initié au cours du premier trimestre 2017 participe à cette volonté forte de tisser des liens entre la ville et la campagne.
Mise en place d'une stratégie alimentaire territoriale
36% des émissions de gaz à effet de serre sont issues de l’alimentation en France. Améliorer l’empreinte environnementale de l’alimentation parisienne permet donc de contribuer de manière significative à la transition écologique du territoire.
Dans cet objectif, la Ville engage un travail d’élaboration d’une stratégie alimentaire territoriale en concertation avec les acteurs du territoire parisien agissant au sein du système alimentaire de la production agricole à la valorisation des déchets :
des représentants des agriculteurs (Chambres d’agriculture, Groupement des agriculteurs bio…),
des transformateurs (Association régionale des industries agro-alimentaires…),
des distributeurs (marchés parisiens, artisans-commerçants…),
des consommateurs, logisticiens, collectivités, institutionnels…
Eau de Paris partenaire des agriculteurs
Eau de Paris les accompagne vers des systèmes agricoles favorables à l’environnement. Cette entreprise publique en charge de la production et de la distribution de l’eau dans Paris acquiert des terrains avec la mise en place de baux ruraux environnementaux et aide à la structuration des filières d’agriculture biologique via des aides financières.
Une stratégie zéro déchet
Un plan compost 2016-2020 sera lancé en février 2017. Il repose sur quatre axes complémentaires :
l’amplification du compostage collectif en pieds d’immeubles (objectif : multiplier par trois le nombre de sites)
le maillage du territoire en composteurs de quartier (objectif : 20 sites en 2020)
la recherche de matière sèche et d’exutoires pour le compost produit en excès
le soutien au lombricompostage individuel.
Paris soutient également le projet multi-partenarial de création d’une usine de méthanisation avec retour à la terre, porté notamment par GrDF et la Chambre d’agriculture à Gennevilliers (Hauts-de-Seine).
D'autres projets pour dynamiser l'agriculture urbaine à Paris
La culture de l’orge et du houblon dans le Bois de Vincennes en vue de produire et de brasser une bière de Paris.
La protection de l’appellation « Miel de Paris » auprès de l’Institut national de la Propriété industrielle.
création des Trophées de l’agriculture urbaine en 2017
Organisation de l’événement « les 48 heures de l'agriculture urbaine » qui se déroulera les 18 et 19 mars 2017.
Lancement du projet Solidarité Paris-Campagne au cours du premier trimestre 2017 pour créer des partenariats type jumelages entre Paris et des villes de zones rurales ou péri-urbaines,
Première édition de « BiodiversiTerre », véritable salon de l’agriculture urbaine du 5 au 7 juin 2017 avenue Foch.
La signature de partenariats avec des acteurs clés du financement participatif - les plateformes de crowdfounding MiiMOSA et ULULE - afin de dynamiser le financement de projets dédié aux acteurs de l’agriculture et de l’alimentation.
La signature d’un partenariat avec la Garde républicaine pour développer des projets d’agriculture urbaine et valoriser la masse de fumier retirée chaque année (6.000 tonnes) et qui ne fait pas l’objet à ce jour d’une valorisation.
La signature d’un accord cadre de partenariats sera signé avec AgroParisTech en 2017
Donner à tous l’accès à une alimentation de qualité
L’accès de tous les Parisiens à une alimentation saine et de qualité est au cœur de l’action de la Ville. Cette action repose sur l'installation de commerces alimentaires de proximité, le soutien aux marchés alimentaires, à la consommation responsable, à la lutte contre le gaspillage alimentaire, à l’achat public de produits issus d’une agriculture durable.
Les actions en faveur d'une alimentation saine et durable
Pour soutenir les commerce et la distribution de proximité , la Ville encourage l’innovation, l’émergence de nouveaux modes de consommation et le développement d’une logistique durable.
Un plan alimentation durable pour protéger la santé et l'environnement
Paris est le premier acheteur public de produits Bio en France. Avec le « Plan alimentation durable 2015-2020 » initié par l’Exécutif parisien et adopté à l’unanimité le 1er juillet 2015, la Ville de Paris s’est fixée pour objectif d’atteindre 50% minimum d’alimentation biologique, durable et labellisée dans sa restauration collective et de faciliter l’accès à l’offre locale d’ici 2020.
Soutien aux commerces et à la distribution de proximité
La Ville de Paris est la première en France à mettre en œuvre un contrat Paris'Commerces qui vise à soutenir l’installation des artisans et commerces de proximité proposant une alimentation saine, durable et de qualité (Circuits courts, bio, AMAP, vente directe…)..
Avec 71 marchés alimentaires découverts et les 11 marchés alimentaires couverts, ces marchés sont au cœur de la stratégie municipale en matière d'alimentation durable. Des producteurs locaux vont s'installer sur les marchés (un par arrondissement). Trois nouveaux marchés biologiques s’ajouteront par ailleurs bientôt aux trois existants : marché Raspail (6e), marché Batignolles (17e) et marché Brancusi (14e).
À cela s’ajoute la création de nouvelles halles alimentaires (10e et 14e) et enfin un « Quai fermier », marché réservé aux producteurs locaux, sera créé dans la continuité de la reconquête des rives de la Seine.
La Ville soutient le développement d’une nouvelle économie collaborative et coopérative de l’alimentation, qui contribue activement à promouvoir les produits de l’agriculture francilienne à un prix accessible.
Emergence de nouveaux modes de consommation
En janvier 2016 la Ville a lancé la plateforme d'innovation Smart Food Paris qui vise à développer de nouveaux usages de production et de consommation de notre alimentation.
la Ville de Paris va lancer un nouvel appel à projets portant sur la création de nouveaux emplacements pour les Food trucks, en plus des treize emplacements déjà existants.
La capitale s’engage avec l’Agence nationale des solidarités actives pour fédérer et développer les initiatives de lutte contre le gaspillage alimentaire. Objectif : devenir un leader mondial de la société du durable.
Développement d'une logistique durable
L’hôtel logistique multimodal de Chapelle International constituera l’une des premières portes d’entrée des marchandises dans Paris. Acheminées par voie ferroviaire, les marchandises seront chargées sur des véhicules respectueux de l’environnement pour être livrées au cœur des quartiers.
Paris a modifié son Plan local d’urbanisme pour changer la Ville. Cette modification permet d'encourager la végétalisation et l’agriculture urbaine et développer la logistique urbaine .
Selon l’agence Reuters, l’Autorité de sûreté nucléaire s’apprête à donner son feu vert pour l’utilisation de la cuve du nouveau réacteur nucléaire de Flamanville. Cet avis est capital pour permettre un démarrage en 2018.
Les réacteurs 1, 2 et 3 de Flamanville, le 16 novembre 2016. / CHARLY TRIBALLEAU/AFP
La cuve du réacteur nucléaire qu’EDF construit à Flamanville, dans la Manche, est apte à être utilisée, estime un rapport de l’Institut national de radioprotection est de sûreté nucléaire (IRSN). Malgré la présence de concentrations excessives de carbone pouvant affaiblir l’acier de la cuve du réacteur, celui-ci peut être exploité en toute sécurité, même s’il devra être surveillé pendant toute sa durée de vie, dit le rapport.
L’agence Reuters en a obtenu une copie et en publie des extraits : « Le rapporteur considère que l’anomalie ne remet pas en cause l’aptitude au service du fond de la cuve sous réserve que les contrôles prévus par EDF soient adaptés de manière à pouvoir détecter l’ensemble des défauts », dit le texte.
L’IRSN demande en outre que ces contrôles qu’elle réclame soient effectués de manière anticipée par rapport à la première visite normalement prévue au bout de 10 ans : « L’utilisation du couvercle actuel de la cuve du réacteur EPR de Flamanville ne saurait être envisagée au-delà de quelques années de fonctionnement sans que les contrôles nécessaires n’aient été mis en œuvre », y est-il écrit. (J'aurais aimé savoir ce qui sera envisagé quand il faudra changer ce couvercle ou même la cuve entière...)
Décision officielle en juillet
L’IRSN, est le service technique de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Il a été consulté pour donner un avis sur les travaux de construction du réacteur nucléaire de nouvelle génération, de type EPR (réacteur à eau pressurisée), à Flamanville.
Fin 2014, Areva a en effet détecté une concentration excessive en carbone dans l’acier du fond et du couvercle de la cuve, une pièce essentielle pour la sécurité. La cuve sert de barrière contre la radioactivité.
Des tests ont été conduits pour vérifier que, malgré cette anomalie, la cuve présentera toutes les garanties de sûreté lors du fonctionnement. Un groupe d’experts indépendants doit maintenant débattre de ce rapport, les 26 et 27 juin, pour formuler une opinion. Puis l’ASN, s’appuyant sur ces différents avis, doit rendre une décision au début du mois de juillet.
Un avis négatif sur la possibilité d’utiliser la cuve aurait obligé à de lourds travaux. C’était donc des milliards d’euros supplémentaires et plusieurs années de retard pour ce chantier qui a déjà connu un allongement des délais et une envolée des coûts.
L’EPR de Flamanville est en voie d’achèvement. Il doit en principe démarrer à la fin de 2018. Cet avis était donc très attendu, d’autant plus qu’il est également essentiel pour permettre la remise en ordre de la filière nucléaire française. Il est en effet une condition sine qua non pour que la Commission européenne donne son accord au rachat de l’activité réacteurs d’Areva, qui a conçu l’EPR, par EDF, prévu à la fin de 2017.
Ce rachat a été acté alors qu’Areva a subi de lourdes pertes, ces dernières années. L’État, son principal actionnaire, a donc décidé à la fois une recapitalisation et la cession de certaines activités à EDF, à la fois partenaire historique et concurrent.
(Peut-on considérer qu'aucun élément financier entre EDF, Areva et l'Etat n'est venu contrecarrer l'indispensable certitude de cette "sécurité" ?)
Il y a dans cet article quelques éléments très révélateurs de la problématique alimentaire.
Les stocks de nourriture mondiaux au plus bas : la pénurie alimentaire menace-t-elle la planète ?
A l'occasion de la journée mondiale de l'alimentation, l'ONU a proposé une discussion autour de la pénurie alimentaire dans le monde, alors que certaines réserves de denrées s'amenuisent.
L'ONU met en garde contre le risque de pénurie. Crédit Reuters
Atlantico: A l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre, des discussions ont été menées au siège des Nations unies afin de dresser un bilan sur la pénurie alimentaire et le rôle du système alimentaire mondial dans sa progression. L’année dernière, l’organisation prévoyait un abaissement critique des stocks de grains en 2013. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le risque de pénurie alimentaire est-il bien réel à l’heure actuelle ?
Jean-Marc Boussard : Je ne pense pas que le risque de pénurie alimentaire soit plus grand en 2014 qu’en 2013, mais je ne pense pas non plus qu’il soit plus faible. En fait, les pénuries alimentaires dans le monde actuel sont imprévisibles, et c’est bien là le problème.
En revanche, ce risque est bien plus grand pour les années 2010-2020 qu’il n’était en 1980-2000, en particulier pour la raison que vous évoquez, la baisse des stocks publics.
Aussi, qu’entend on par « pénurie » ? Je suppose que vous envisagez une baisse un peu significative de la production mondiale de denrées de bases, les céréales, le sucre, les pommes de terre. Une pénurie dans ce domaine peut ricocher sur les productions de viande, de lait, d’œufs et de fromages, puisque, pour avoir ces produits, il faut nourrir les animaux avec des denrées de base. (J'ajouterais que la surface agricole destinée à l'alimentation des bovins couvre les trois quarts des surfaces exploitées en France... C'est consternant quand on connaît les dégâts et conjointement l'impossibilité de produire davantage de végétaux pour l'alimentation humaine...)
Les risques climatiques pourraient-ils avoir un réel impact sur le risque de pénurie alimentaire, notamment si les stocks d’alimentation ne sont pas suffisants ?
Je ne crois pas, dans le monde actuel, que le mauvais temps, ou aucun autre accident naturel puisse provoquer une pénurie mondiale. Certes, de tels phénomènes peuvent faire très mal à un agriculteur donné, ou même à une région assez vaste. Mais cela ne s’étend pas au niveau mondial, car, quand le temps est plus mauvais que la normale à un endroit, il est meilleur dans un autre, et cela se compense. (Là, il se pose bien entendu le problème du réchauffement climatique au niveau planétaire et par conséquent, l'annulation de cet "équilibre" entre les zones agricoles de la planète : voir article suivant.)
Dès lors que l’on peut transporter les marchandises dans de gros camions ou d’énormes bateaux, il n’y a plus de problème.
(Là se pose le problème de l'approvisionnement en carburant et l'hypothèse plus que probable du pic pétrolier et de ses conséquences sur le coût. L'usage du "flux tendu" va inévitablement être impacté par les coûts de ces transports. Il faut donc envisager une hausse exponentielle des prix.)
D'ailleurs, c’est ce raisonnement qui a en grande partie justifié le mouvement de libéralisation de l’agriculture que nous connaissons depuis vingt ans, et tout spécialement l’abandon des politiques de stockage : pourquoi stocker à grand frais puisqu’il est si facile de transporter à moindre coût ? Pourquoi compter sur l’État, puisque c’est l’intérêt des commerçants d’effectuer les transports nécessaires ?
Qu’est-ce qui explique cette situation ?Comment expliquer qu’au XXIe siècle le risque de pénurie existe toujours ? Avons-nous oublié l’importance de la notion de stock ?
Les variations de production et les variations de prix qu’elles entraînent ne sont pas dues au temps qu’il fait, mais à l’imperfection des marchés. Dans la plupart des secteurs économiques, lorsque les prix deviennent un peu élevés à cause d’une production trop faible, il y a bientôt des gens pour s’en apercevoir. Ceux-là augmentent la production, et tout rentre dans l’ordre. Mais ce n’est pas le cas en agriculture, parce que les délais de production sont très longs (un an pour la plupart des plantes, plusieurs années pour les cultures arbustives), alors que les besoins sont impératifs et immédiats (on ne peut pas remettre son dîner à l’année prochaine). Les consommateurs ont donc largement le temps de mourir de faim avant que les « signaux du marché » aient produit leurs effets en incitant les producteurs à augmenter leurs livraisons.
Pire encore : après une légère pénurie qui a fait monter les prix, il arrive très souvent que la production qui arrive sur les marchés soit pléthorique, parce que les producteurs ont « sur réagi » , et augmenté leur production plus qu’il n’était nécessaire. Les prix, alors, s’effondrent, ruinant les producteurs. Et comme, alors, ces derniers ne peuvent plus produire, c’est la production qui s’effondre à nouveau... Cela peut durer ainsi avec des « hauts » et des « bas » pendant longtemps. C’est pour cela que l’on dit que les prix agricoles libres sont « volatils ».
(Imaginons dès lors une production de plus en plus aléatoire en raison du climat. Non seulement, les coûts de production vont augmenter mais ils s'ajouteront aux coûts de transports...) Il va devenir très honéreux de se nourrir...
Aujourd’hui, quel est le rôle du système alimentaire mondial dans la résolution de la crise alimentaire ? Comment éviter une pénurie ?
Bien sûr, le système alimentaire mondial a pour vocation d’éviter les pénuries et d’assurer à tous une alimentation saine à prix raisonnable. Mais la question est de savoir comment. Le marché, s’il fonctionne correctement, est évidemment la réponse. Mais fonctionne-t-il dans l’agriculture ?
Après la seconde guerre mondiale, les économistes, qui se souvenaient de la grande crise de 1929, répondaient à cette question par la négative. Pour éviter les alternances de pléthores et de pénuries dont je viens de parler, ils avaient élaboré des mesures comme les prix garantis, les stocks publics, et d’autres dispositifs analogues. Ces politiques coûtaient un peu cher, mais elles étaient efficaces ;jamais les risques de famines locales n’ont été aussi faibles, ni les prix alimentaires aussi bas que dans les années 60-90, et cela, dans le monde entier.
Ces leçons de la grande crise ont été oubliées à partir des années 80. Les économistes influents de l’époque ont obtenu la suppression de tous ces dispositifs jugés coûteux et inutiles. (J'ajouterais juste que ces "économistes" étaient avant tout au service des systèmes financiers...)
Les mêmes causes dans les mêmes conditions produisant les mêmes effets, on se retrouve maintenant avec la volatilité qui prévalait à la fin du 19e siècle, et qui a causé tant de malheurs sous forme de famines et de guerres.
Quelles sont les zones géographiques menacées par la pénurie ?
Dans un monde mondialisé, le risque est mondial. Dans les pays riches, en particulier ceux qui produisent une part importante de leur alimentation, les populations souffriront de hausses des prix alimentaires finaux qui seront fâcheuses, mais supportables. Ce sont les populations pauvres des pays pauvres qui souffriront réellement. Et le vrai risque, alors, est double : d’abord, l’explosion révolutionnaire du mécontentement social – par exemple, la généralisation des « printemps arabes ». Ensuite, l’apparition d’épidémies qui se développeront sur les corps malnutris, et qui, lorsque les bactéries se seront réveillées, se transmettront au monde entier sans distinction de richesse.
L’Europe, de ce point de vue est plutôt à classer dans le lot des pays riches, même s’il y a des pauvres en Europe. Ce qui est le plus préoccupant, dans notre cas, c’est le fait que l’Europe est très loin d’être autosuffisante en produits alimentaires, et doit par conséquent compter sur des importations en particulier d’aliments du bétail. (D'où l'intérêt majeur, au niveau planétaire, du régime végétarien...)En cas de pénurie mondiale, il ne suffirait pas de prohiber les exportations pour échapper aux hausses de prix, qui nous toucheraient de plein fouet...
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L'humanité ne pourra échapper à une réflexion PLANETAIRE de son alimentation. Et très vite.
En 2100, les trois quarts de l'humanité risquent de mourir de chaud
Un tiers de l'humanité est actuellement exposé à des vagues de chaleur potentiellement mortelles, révèle une étude. Et si rien ne change, d'ici la fin du siècle, la situation sera bien pire...
En 2000, le seuil fatidique de température et d’humidité a été franchi pendant au moins vingt jours, sur 13 % de la surface du globe.
C'est une étude qui a de quoi faire effrayer, après la décision de Donald Trump, début juin 2017, de quitter l'accord de Paris : si les émissions de carbone continuent d'augmenter au rythme actuel, 74 % de la population mondiale sera exposée à des vagues de chaleur potentiellement mortelles d'ici 2100 ! Un véritable "coup de massue" annoncé par des chercheurs de l'Université d'Hawaii, à Manoa, dans la revue Nature Climate Change. "Et même si les émissions de gaz à effet de serre se réduisaient de manière drastique d'ici la fin du siècle, 48 % la population humaine mondiale serait tout de même touchée", ajoutent les chercheurs dans un communiqué. Actuellement, c'est déjà un individu sur trois qui risque de "mourir de chaud"...
Une chaleur potentiellement mortelle pendant 20 jours
Pour parvenir à ce constat terrible, l'équipe de chercheurs a examiné la littérature scientifique pour repérer les cas de mortalité supplémentaire associés à 783 épisodes de chaleur, entre 1980 et 2014 : par exemple, la canicule de 2003, qui a provoqué une surmortalité de 70.000 personnes en Europe (15.000 rien qu'en France), celle de Moscou en 2010 (touchant 10.000 personnes), celle de Chicago en 1995 (700 personnes)... Au total, les vagues de chaleur recensées dans l'étude incluent 164 villes localisées dans 36 pays.
Les chercheurs ont croisé ces données avec les différents paramètres météorologiques enregistrées lors de ces épisodes de canicule : la température de l'air, le taux d'humidité, la vitesse du vent... Ils en ont déduit que le couple température-humidité était le facteur déterminant à rendre une vague de chaleur "potentiellement mortelle". Au-delà d'un certain seuil, la capacité de thermorégulation de l'organisme (maintenant une température autour de 37°C) est altérée, au risque de provoquer chez l'individu un état d'hyperthermie. En 2000, le seuil fatidique de température et d'humidité a été franchi pendant au moins vingt jours sur 13 % environ de la surface du globe, où vit 30 % de la population mondiale.
Et dans le futur ? Tout dépendra de l'évolution des émissions de gaz à effet de serre. Dans le scénario le plus optimiste du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), ces rejets carbonés auront été réduits de manière drastique au point de limiter le réchauffement à 1°C à la fin du siècle. Dans ces conditions, la zone à risque s'étendrait sur 27 % du globe et concernerait 48 % des 11 milliards de Terriens. Si, au contraire, l'on se base sur le scénario le plus pessimiste, dans lequel les gaz à effets de serre continuent d'augmenter au rythme actuel, le réchauffement moyen monte à 3,7 °C en 2100, 47 % du territoire sera touché, soit 74 % des individus. La vidéo ci-dessous illustre le scénario le plus pessimiste.
"Il ne nous reste plus qu'à choisir entre le mauvais et le terrible"
Comme l'illustre la vidéo ci-dessus, toutes les régions du monde ne sont pas concernées de manière égale. Bien que les modèles des climatologues prévoient des hausses de température plus marquées dans les hautes latitudes, "les régions tropicales sont exposées toute l'année à des températures et une humidité élevées, alors que pour les latitudes plus au nord, le risque d'un épisode de chaleur potentiellement mortel se limite à l'été", précisent les chercheurs. En revanche, partout dans le monde, le vieillissement de la population aggrave la menace, de plus que la concentration croissante des individus dans les zones urbaines, sujettes aux phénomènes d'îlots de chaleur (concentrations de chaleur liées à l'absence de nature). Les chercheurs ont rendu leurs données disponibles sur un site web qui permet de connaître, ville par ville, le nombre de jours dans une année où le couple température-humidité est au-delà seuil critique. Dans le pire scénario du GIEC, ce pallier sera dépassé pendant six jours en France métropolitaine, 53 jours à New York, et... tous les jours à Cayenne !
Bien entendu, beaucoup d'incertitudes demeurent quand à l'évolution démographique et urbanistique du monde jusqu'en 2100, ainsi que sur l'adoption de politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Mais les chercheurs espèrent que leurs travaux permettent de voir émerger une prise de conscience sur l'urgence pour les régions tropicales, alors qu'actuellement, "c'est le réchauffement des pôles qui demeure le changement climatique le plus emblématique", note Iain Caldwell, co-auteur de ces travaux. "En ce qui concerne les vagues de chaleur, nous sommes à court d'options pour l'avenir, il ne nous reste plus qu'à choisir entre le mauvais et le terrible, alerte Camilo Mora, autre co-auteur de l'étude. Beaucoup de personnes paient déjà le "prix ultime", et la situation pourrait être bien pire si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas considérablement réduites."
On a ici une vision assez parlante des réactions de la population en cas de "craintes, de rumeurs ou d'éléments tangibles" laissant à croire qu'une pénurie majeure pourrait survenir.
Les zones urbaines sont bien évidemment les premières concernées étant donné que la popuulation n'a pas de capacité à se nourrir de façon autonome.
On peut dès lors imaginer aisément ce qui adviendrait en cas de crise réelle...
A chacun de voir s'il est justifié de l'envisager ou si ça relève d'une pathologie apocalyptique...
Les grandes surfaces prises d'assaut
Peu après l'invasion du Koweït par les forces irakiennes, l'ambassadeur d'Irak en Grèce avait affirmé, au cours d'une conférence de presse, que son pays utiliserait des armes chimiques en cas d'attaque : "Nous avons en notre possession des armes chimiques très puissantes et nous les utiliserons si l'on nous attaque." De ce fait, les médias du monde entier ont présenté la guerre du Golfe comme un conflit généralisé, où le terrorisme, les pénuries d'essence ou d'aliments de base et les attaques nucléaires, bactériologiques ou chimiques allaient être inévitables. Les Français, qui ont connu les pénuries et les tickets de rationnement pendant plus de 6 ans, suite à l'occupation allemande de leur pays de 1940 à 1945, prennent peur, et s'imaginent vivre la Troisième Guerre Mondiale. De ce fait, dès la fin du mois de décembre 1990, les Français stockent certaines denrées, qui avaient disparues des étalages dans les années 1940 : le sucre, l'huile et les pâtes, qui sont désormais pratiquement introuvables en rayons en ce début d’année 1991...
Les chiffres datent de la première quinzaine de janvier 1991
Les autorités françaises « Il n’y a aucun risque de pénurie alimentaire ou de rupture d’approvisionnement à craindre en France. Il n’y a donc pas lieu de constituer des stocks personnels de produits ». Véronique Neiertz, secrétaire chargée de la Consommation, a beau essayer de rappeler les Français à la raison, le raz de marée sur les produits de première nécessité se poursuit. Selon les principales enseignes, on fait plus de provisions dans le Midi que dans le Nord de la France.
Les pénuries Le magasin Auchande Nice, par exemple, a été littéralement dévalisé, tandis que les hypermarchés situés dans la moitié nord du pays connaissaient une fréquentation à peine supérieure à la moyenne. La société Casino confirme le phénomène et tente une explication : « Les régions du Sud ont une population plus âgée. Or ce sont précisément les personnes d’un certain âge, ayant connu les privations de la dernière guerre mondiale, qui font des stocks. Dans le Midi, les populations immigrées d’Afrique du Nord, se sentant probablement menacées, remplissent les Caddies plus que de coutume. » En moyenne, les ventes des produits de grande consommation ont augmenté de 10 à 15 % chez Auchan, de 20 à 30 % chez Ed, de 30 % chez Euromarché, de 65 % chez Continent. Au hit parade des produits pris d’assaut : le sucre, l’huile, la farine, les pâtes.
Ainsi, dans un magasin Ed du XIIème arrondissement de Paris, les clients ont acheté en moyenne 6 boîtes de conserve au lieu d’une seule habituellement, et 15 paquets de riz à la place des 4 traditionnels. La liste des denrées les plus convoitées est d’autant plus surprenante que tous ces produits sont fabriqués à partir de matières premières de France, d’Europe ou de coins du globe très indirectement concernés par la guerre du Golfe.
Selon un spécialiste, il faudrait que les transports soient bloqués plusieurs mois pour que nous venions à manquer. « Dans le cas du sucre, la panique ne rime vraiment à rien dans la mesure où nous savons maintenant fabriquer des produits de substitution – comme l’Aspartam – entièrement en laboratoire » explique-t-on chez Casino.
De nouvelles catégories de produits commencent à attirer les clients affolés : les surgelés. « L’augmentation des ventes de produits frais et, notamment de surgelés, tourne autour de 40 % contre 65 % à l’épicerie » s’étonne un responsable des magasins Continent. Tout se passe comme si les français remplissaient leurs congélateurs dans la perspective de difficultés d’approvisionnement ou de hausse des prix due aux événements du Golfe. Mais la moindre coupure d’électricité, provoquée ou non par la situation, endommagerait toutes leurs provisions…
Toujours selon Continent, les Français se mettent à stocker également les carburants : le 15 janvier 1991, la distribution d’essence à grimpé de 40 %. On a même vu des automobilistes remplir des bouteilles de plastique. Un comportement extrêmement dangereux, que la société a rapidement interdit.
La "fièvre acheteuse" Traditionnellement, le mois de janvier est un mois creux pour les commerçants. Normal, les lendemains de fêtes et les impôts ralentissent considérablement la consommation. Mais en ce début d'année 1991, crise du Golfe oblige, certaines denrées alimentaires de base se vendent comme des petits pains. « C'est dingue, je n'avais jamais vu ça, explique Robert Le Brun, responsable des relations avec la clientèle du Monoprix du boulevard Haussmann, à Paris. Samedi matin, le rayon des eaux minérales a été littéralement dévalisé. Peu importait la marque. Les clients se sont rués sur Evian, Vittel ou Badoit, délaissant au besoin leur eau habituelle. » Une fidèle cliente du magasin confirme : « Vers 10h30, les rayons étaient pratiquement vides. Heureusement, il n'a pas fallu attendre longtemps pour qu'ils soient à nouveau approvisionnés. » Robert Le Brun n'est pas inquiet et ne prévoit aucune mesure particulière pour faire face à l'accroissement des demandes. « Même en cas de conflit, nous ne changerons rien à nos commandes, précise-t-il, dans la mesure où nos produits sont fabriqués en France. De toute façon, il nous serait matériellement impossible de stocker davantage de marchandises. »
Comme pour justifier leur "fièvre acheteuse", les clients "assoiffés" expliquent, sérieusement, qu'ils craignent un empoisonnement de l'eau de Paris par des terroristes irakiens. Mais le lait, les pâtes, la farine, l'huile, les conserves et surtout le sucre courraient-ils le même danger? En tout cas, les caissières des grandes surfaces voient, dès le samedi 12 janvier, défiler des Caddies entiers chargés de produits de première nécessité. Bien au-delà des courses hebdomadaires traditionnelles. "Les gens n'hésitent pas à emporter jusqu'à 60 packs de lait!" note un vendeur d'un hypermarché du XVème arrondissement de Paris. Les fourmis, essentiellement les personnes âgées qui ont connu l'Occupation, donnent aux jeunes cigales des conseils de prudence. "Je n'aurais pas pensé toute seule à faire des provisions, explique une jeune femme en poussant un chariot plein à ras bord, si ma mère ne me l'avait pas soufflé. Pour le moment, je n'achète pas grand chose : 5 paquets de pâtes, 3 de vermicelles, autant de riz et de farine." Sans oublier quelques petits pots pour bébé, des litres d'huile et des pains de Végétaline, parce que "ça se conserve plus longtemps". La "razzia" concerne essentiellement les grands magasins (les boutiques de quartier étant épargnées), l'alimentation et les produits d'entretien. Aucun vent de panique ne souffle sur les vêtements ou les autres rayons. A l'étage de la literie des Galeries Lafayette, par exemple, on "ne remarque aucun changement par rapport aux mois de janvier précédents".
Pourtant, la pénurie alimentaire ne peut avoir lieu puisque les ruptures de stock ne gardent qu’un caractère temporaire, car la plupart des grandes surfaces avaient légèrement anticipé la demande. Toutes se veulent rassurantes : elles comptent sur la limitation des moyens financiers et des capacités de stockage des consommateurs. En effet, ni les budgets ni les appartements, en particulier à Paris, ne sont extensibles à l’infini. Les consommateurs n’ont aucun intérêt à ces comportements excessifs, car les professionnels pourraient bien en profiter de manière intempestive. Pour cela, Véronique Neiertz conseille à tous les consommateurs de consulter le Minitel 36-14 code Consom.
Autres signes du malaise ambiant Mais la crainte suscitée par les derniers épisodes de la crise du Golfe ne s'exprime pas uniquement à travers les achats démesurés. Pour sa promotion sur le miel, Monoprixavait disposé un mannequin déguisé en apiculteur (visage masqué, gants, outils étranges...) à l'entrée du magasin. Gênés par la ressemblance de la tenue d'apiculteur avec les combinaisons distribuées en cas de guerre chimique, des clients ont gentiment réclamé qu'il soit retiré. L'inquiétante silhouette a été mise de côté.
L’augmentation des ventes d’armes à feu provoque également l’inquiétude des autorités. Ainsi, les villes de Nice, Grasse, les départements de l'Hérault et du Vaucluse font face à un raz-de-marée sur les ventes d’armes à feu. Les responsables des magasins Auchan et Euromarchéd'Avignon ont, de leur propre initiative, fermé momentanément leur rayon d'armurerie. Pour stopper l'hémorragie, le ministère de l'Intérieur a envoyé en catastrophe aux préfets une circulaire interdisant le renouvellement ou la délivrance de ports d'armes de première et quatrième catégories (tir sportif et défense). Autre symptôme d'inquiétude : en une seule journée, un cabinet de voyance parisien a recensé plusieurs demandes concernant l'évolution de la crise du Golfe. "Une femme de militaire et un homme d'affaires travaillant dans l'or m'ont notamment consulté sur la suite des événements dans le Golfe Persique" confesse un extralucide. Sans pour autant préciser quelle réponse il leur a apportée...
Jean-Étienne Touze, François Bricaire, Daniel Garin
Résumé
Le risque biologique agressif fait appel à des agents pathogènes hautement virulents, susceptibles d’induire au sein des populations un état de panique et une désorganisation socio-économique. Si certains agents historiques (charbon, peste, toxine botulinique…) sont faciles à produire, il n’en est pas de même pour d’autres agents pathogènes (virus des fièvres hémorragiques par ex) dont la culture nécessite une infrastructure sophistiquée et un support étatique. Le bioterrorisme pourrait évoluer demain vers l’utilisation de nouveaux pathogènes génétiquement modifiés dont l’obtention pourrait être facilitée par l’essor et la diffusion des nouvelles technologies. Dans ce contexte, il convient de compléter notre capacité de réaction en optimisant notre dispositif d’alerte et notre capacité diagnostique. La surveillance épidémiologique en temps réel et la création d’un réseau de laboratoires de haute sécurité couvrant tout le territoire national permettront d’avoir une réponse adaptée face à toute nouvelle maladie infectieuse qu’elle soit émergente ou provoquée. Le regroupement des compétences cliniques et de recherche au sein d’infectiopôles apporteront à la microbiologie une nouvelle dynamique
INTRODUCTION
Le risque biologique qu’il soit émergent ou provoqué, est devenu une préoccupation majeure car il fait référence à des agents d’une grande virulence, hautement pathogènes et dont certains ont dans un passé récent, déclenché des épidémies sévères.
Surtout, ce type de menace réveille dans notre inconscient collectif des peurs ancestrales. Il génère au sein des populations un état de panique et peut être la cause d’une désorganisation socio-économique de grande ampleur. Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), l’épidémie de grippe H5N1 et les attentats à l’anthrax qui ont touché les Etats unis en octobre 2001, en sont des exemples démonstratifs.
Face à cette menace, les pouvoirs publics sont désormais confrontés à plusieurs interrogations. Quel est le risque réel du bioterrorisme et quelle importance lui accorder par rapport aux autres périls collectifs ? Quelle est notre capacité de réaction vis-à-vis de ces agents pathogènes et à ceux du futur ? Quelles recommandations peut-on proposer dans la réponse sanitaire au risque biologique intentionnel ?
LES AGENTS BIOLOGIQUES HISTORIQUES.
Les données de l’histoire et des dernières décennies ont permis d’établir une liste des agents pathogènes vivants ou non, issus du monde animal, végétal ou microbien auxquels s’associent des substances toxiques chimiques, potentiellement utilisables à des fins militaires ou terroristes.
L’emploi et l’efficacité de ces moyens agressifs impliquent un certain nombre de critères. Si la virulence et la toxicité sont déterminantes, il faut aussi prendre en compte les contraintes techniques (fabrication, vectorisation, dispersion), le concept d’emploi, la réponse de l’hôte, le pouvoir épidémiogène et de nombreux facteurs environnementaux [1, 2].
Le Center Disease Control (CDC) a ainsi retenu une liste de deux classes d’agents :
— classe A : Bacillus anthracis agent du charbon , Yersinia pestis agent de la peste, les orthopoxvirus ( variola major , Monkey Pox , Camel Pox , la toxine botulinique, les virus des fièvres hémorragiques (virus Lassa, Ebola, Marburg, Rift Valley, Crimée-Congo) ;
— classe B : Francisella tularensis responsable de la tularémie, Burkholderia mallei agent de la mélioidose,
Coxiella burnetii responsable de la fièvre Q, les rickettsioses (
Rickettsia prowaseki, conorii …), la brucellose, Vibrio cholerae et la ricine.
Dans cette liste, de nombreux agents peuvent être acquis avec une technologie rudimentaire. C’est le cas en particulier de Bacillus anthracis, Yersinia pestis, la toxine botulinique , les rikettsies ( R. prowaseki, R. conorii, R. ricketsii ) et Coxiella burnetti . Ces derniers peuvent être facilement cultivés et produits en grande quantité par un laboratoire modestement équipé. Leurs spores sont peu altérées par la chaleur, la dessiccation et les rayons UV. Ils ont une résistance prolongée dans le milieu extérieur et peuvent être utilisés à des fins terroristes. Il n’en est pas de même pour d’autres (virus des fièvres hémorragiques, Burkholderia ,…) qui nécessitent des chercheurs de haut niveau et des laboratoires de technologie avancée inaccessibles à des groupes isolés et dépourvus de support étatique [3].
La variole constitue un cas particulier. Cette maladie qui a été dans le passé un des pires fléaux qu’ait connu l’humanité, a été éradiquée en 1978, grâce à la large campagne vaccinale menée par l’OMS. Toutefois, des quantités importantes de souches virales ont été conservées aux Etats Unis et en Russie et la découverte de programmes russes secrets, d’emploi militaire, ont fait craindre leur possible utilisation par des états « proliférants » ou par des groupes terroristes. La mortalité induite par ce virus est dans des populations non immunisées, de 20 à 50 %. En revanche, ses effets seraient limités dans des populations plus âgées, ayant été vaccinées au moins une fois dans leur vie [4, 5]. Face à ce risque hypothétique, la France s’est préparée dès 2002, en reconstituant un stock vaccinal à partir des premiers vaccins historiques, produits jusqu’au début des années 80 auxquels ont été associés des vaccins de deuxième génération utilisant les mêmes souches (souche Lister, NYCBH). L’emploi d’aiguilles bifurquées et les nouvelles présentations (150 à 500 doses) ont permis à l’Etat de disposer de plus de 70 millions de doses. Cette démarche capacitaire a été complétée par la création en 2003, d’une équipe vaccinale spécifique, capable en présence d’une variole confirmée sur le territoire national, d’immuniser en moins de 14 jours, toute la population. Cette disposition est actuellement écartée en l’absence de menace identifiée, en raison des risques vaccinaux prévisibles et d’inévitables complications pouvant survenir chez des personnes allergiques ou immunodéprimées (estimés à plus de 2 millions). Les vaccins de troisième génération obtenus par synthèse génétique ou par passages cellulaires répétés devraient être théoriquement dénués d’effets indésirables mais les données obtenues avec la seule souche disponible MVA (Modified Vaccinia Ankara) très atténuée et non réplicative restent encore limitées [6].
LES MODALITÉS D’EMPLOI.
Les conséquences sanitaires de l’utilisation d’une arme biologique dépendent largement de son concept d’emploi et de la vulnérabilité des populations concernées. En effet, pour qu’une maladie infectieuse touche le maximum d’individus ou ait toutes les chances de déclencher une épidémie, il faut une population vierge et réceptive.
Pour y parvenir, l’agresseur éventuel se heurtera inévitablement à deux écueils. Le premier est qu’il lui sera impossible d’avoir une connaissance préalable du niveau immunitaire des habitants du pays ciblé avec pour corollaire, l’imprévisibilité de la réaction de l’hôte vis à vis des agents pathogènes. Le second est que si l’on souhaite un plein succès à la diffusion d’une épidémie, il faut tenir compte de l’écologie de la zone, des conditions climatiques (humidité, vents, hygrométrie, chaleur, rayons UV …), de la présence pour certains germes d’animaux réservoirs et ou de vecteurs.
Tous ces facteurs qui conditionnent la survie et la diffusion des agents dans l’environnement sont difficiles à prévoir dans une démarche terroriste.
Il est malgré tout possible pour l’agresseur, de s’affranchir des modèles épidémiologiques en dispersant artificiellement par aérosols des agents biologiques. De nombreux scénarios d’attaque sont régulièrement évoqués : contaminations de la chaîne alimentaire, des systèmes de confinement ou de ventilation de lieux publics, épandage d’aérosols infectieux. Dans ces hypothèses, on individualise des germes qui associent des conditions de production facile et une grande résistance ( bacillus anthracis, coxiella burnetii, Rickettsia prowaseki …) et d’autres plus fragiles comme yersinia pestis . Pour ces agents pathogènes, la dissémination par voie aérienne (aérosols, épandage) est le plus souvent évoquée mais sa réalisation est complexe.
L’hypothèse la plus plausible est la contamination des systèmes d’aération de lieux publics (métro par ex) mais pour y parvenir de grandes quantités devront être introduites en raison de la vitesse de dilution de l’agent dans des courants d’air importants. Il faudrait aussi que les particules pathogènes soient suffisamment fines (1 à 5 microns) et d’un faible pouvoir électrostatique pour qu’elles pénètrent le poumon profond. Même si ces conditions étaient réunies, le nombre de victimes serait probablement limité, mais la répercussion médiatique et la panique de la population occasionneraient de lourdes perturbations [3]. Ce fût le cas en 2001, lorsque les Etats Unis furent touchés par une vague d’attentats utilisant des lettres et colis piégés avec de la poudre d’anthrax. Le produit utilisé avait été efficace (plusieurs cas de charbon pulmonaire) parce que les contraintes de l’aérosolisation avaient été franchies par un laboratoire américain de haute technologie. Les dégâts causés par cette attaque, faibles en terme de morbi-mortalité (22 cas de charbon, 5 décès), furent considérables par les répercussions socio-économiques : désorganisation du travail parlementaire et du tri postal, plusieurs dizaines de millions de dollars dévolus à la décontamination et à l’antibiothérapie préventive de la population.
A côté des agents microbiens, certaines toxines et composés chimiques peuvent être adaptés à des fins terroristes. Dans ce domaine, la ricine et la toxine botulinique (surtout A, B ou E) sont le plus souvent citées. La première a déjà été utilisée ponctuellement comme arme biologique antipersonnelle (on se souvient de l’assassinat en 1978 de Gregory Markov, journaliste bulgare avec un parapluie contenant à son extrémité une seringue de ricine). La seconde est l’un des plus puissants poisons actuellement connus. Nous n’avons pour le combattre aucun antidote spécifique et peu de stocks d’anatoxines disponibles. La toxine botulinique pourrait être dispersée par aérosol mais cette éventualité suppose une technique de dissémination n’altérant pas son activité. Son introduction dans les circuits d’eau potable ou dans la chaîne alimentaire (grande distribution, restauration collective) souvent évoquée, provoquerait des toxi-infections redoutables. Toutefois, il convient de tempérer la dangerosité de tels scénarios en rappelant que la toxine botulinique est sensible à la chaleur, aux oxydants et à la chloration de l’eau, significativement augmentée dans les réseaux d’adduction depuis 2002.
LES NOUVELLES RÉALITÉS DU RISQUE BIOLOGIQUE Les organismes génétiquement modifiés
En portant un regard sur l’avenir, il est possible d’imaginer les futures menaces terroristes. Les progrès spectaculaires réalisés dans le domaine du génie génétique sont d’indéniables avancées bénéfiques pour l’humanité mais peuvent aussi être détournées à des fins agressives. A très long terme, la progression et la généralisation incontrôlée de ces nouvelles biotechnologies pourraient déboucher sur une palette de menaces potentielles. Il est ainsi facile d’introduire des plasmides de résistance dans des souches bactériennes ou d’amplifier la virulence d’un agent pathogène en modifiant son génome. Cela a déjà été réalisé en 2001, lorsqu’une équipe australienne a intégré accidentellement le génome de l’interleukine-4 dans une souche de poxvirus, la rendant particulièrement virulente, résistante aux anti-viraux et capable de tuer toutes les souris infectées, même celles préalablement immunisées [7]. Les perspectives ouvertes par cette expérimentation sont inquiétantes par leurs applications à des fins belliqueuses. Une telle hypothèse est a priori, purement théorique car elle ne peut être envisagée sans une structure de haut niveau technique, difficilement accessible à un groupe terroriste isolé. De plus, il est possible que ces organismes génétiquement modifiés, soumis à une concurrence microbienne ne puissent survivre dans le milieu extérieur.
L’agroterrorisme est un autre sujet de préoccupation envisagé par de nombreux
Etats. L’épidémie de fièvre aphteuse survenue en 2001 au Royaume Uni et celle récente de grippe aviaire, bien qu’elles n’aient pas été intentionnellement provoquées, ont montré toutes les répercussions d’une maladie infectieuse sur le monde animal et sur la chaîne alimentaire et qu’il pouvait être plus facile de s’attaquer à la filière animale qu’aux personnes. L’histoire nous rapporte de possibles contaminations délibérées de l’agriculture ou du bétail. Les USA furent ainsi accusés par la Chine et la Corée d’avoir introduit des plantes toxiques sur leurs territoires. On leur attribue aussi l’épidémie de peste porcine qui décima le cheptel porcin de Cuba en 1971. De leur côté, les USA accusèrent l’URSS d’avoir utilisé entre 1978 et 1980 des toxines (aflatoxines, mycotoxines ?) contre les tribus Mong du Laos. Toutes ces allégations n’ont jamais été confirmées mais dans ces exemples les conséquences sociétales et économiques ont été chaque fois désastreuses [1]. Un tel risque ne peut être aujourd’hui exclu, mais son impact serait pour nos sociétés probablement limité par les mesures drastiques de sécurité et de contrôle de la chaîne alimentaire.
QUELLE EST NOTRE CAPACITÉ DE RÉACTION ?
Face à la menace bioterroriste, les pouvoirs publics ont pris trois grandes dispositions : la création d’un ensemble de mesures médicales, le renforcement du système d’alerte et la création d’un réseau de laboratoires capable d’assurer en permanence, sur tout le territoire, une chaîne diagnostique. Toutes ces actions s’intègrent dans le plan de réponse gouvernemental BIOTOX.
Les mesures médicales
Dès 2001 et jusqu’en 2005, un effort budgétaire significatif a été consacré à la constitution de stocks d’antibiotiques (cyclines, quinolones de 3eme génération) et de vaccin antivariolique. Elles ont été récemment complétées par des stocks importants d’oseltamivir et de masques de protection pour faire face à une éventuelle pandémie grippale. Ce changement de priorités est habituel en santé publique car l’Etat doit répondre dès la survenue d’un événement, pour rassurer rapidement la population apeurée par la presse, avant d’être amené à réagir quelques mois plus tard, devant d’autres circonstances. Une telle approche peut être dangereuse car elle aboutit à une banalisation des risques et pour la population, à une perte des postures de sécurité [8]. Le principal point positif est que ces nouvelles maladies émergentes, qui ont occupé l’actualité ces dernières années, ont permis d’établir des plans nationaux de lutte contre la variole, le SRAS et la grippe aviaire qui complètent le dispositif BIOTOX. Ils prennent en compte : les nouveaux niveaux d’alerte définis par l’OMS, les rôles de chaque intervenant aux échelons ministériel, zonal et départemental, la formalisation des principes d’information et de communication en direction du public et des professionnels. Ces dispositions ont surtout l’avantage d’être évolutives et adaptables à toute menace liée à un nouvel agent infectieux.
Le réseau d’alerte épidémiologique
Le système de surveillance épidémiologique actuellement opérationnel en France, repose sur le signalement sans délai à l’autorité sanitaire, des maladies à déclaration obligatoire. Leur liste a été complétée par les infections pouvant être liées à une attaque biologique. L’Institut de veille sanitaire a complété son système d’alerte par la mise en place au sein des cellules interrégionales d’épidémiologie (CIRE), de postes spécialisés sur le bioterrorisme. Par ailleurs nos réseaux de veille épidémiologique sont en relation permanente avec les grands organismes internationaux de surveillance de l’OMS, du CDC d’Atlanta et du système « Bichat » (Biochemical and Chemical Attack Threat) mis en place par l’union Européenne à Luxembourg.
Cette organisation permet un échange permanent des données et le déclenchement à tout moment, des alertes spécifiques.
Le réseau de laboratoires
A la suite des attaques avec du bacille du charbon survenus aux États-Unis en octobre 2001, la France et le Royaume Uni ont été concernés par une vague d’alerte utilisant des enveloppes et des colis contenant des poudres suspectes de contenir du Bacillus anthracis . Plusieurs milliers de prélèvements ont du être analysés dans des laboratoires de haute sécurité, paralysant pendant plusieurs mois, l’activité de plusieurs centres de recherche militaires et civils. Le nombre et la diversité de ces alertes a mis en évidence de nombreuses failles dans la chaîne d’identification :
surcharge majeure des circuits de laboratoires, absence de procédure de tri et de suivi des envois suspects. C’est pour cette raison que le Secrétariat Général pour la Défense Nationale (SGDN) a mis en place en décembre 2004, une coordination scientifique du réseau des laboratoires experts. Sa mission est de répondre à plusieurs objectifs :
— établir une cartographie des compétences dans le domaine du risque biologique agressif ;
— améliorer et compléter le maillage territorial en laboratoires, les uns de haute sécurité (niveaux 2 et 3) et les autres spécialisés dans l’étude des toxines et des agents pathogènes orphelins (ricine, burkholderia ). L’objectif est aussi de disposer d’un laboratoire de référence par zone de défense et de ne laisser aucune grande agglomération en dehors du réseau d’alerte biologique ;
— standardiser les procédures techniques et les protocoles de prise en charge, obtenir une accréditation et une certification des laboratoires experts par un contrôle des bonnes pratiques et de la qualité ;
— valider de nouveaux outils d’identification des agents pathogènes (techniques PCR quantitative ou en temps réel, biopuces avec sondes ADN ou ARN, typage moléculaire…) ;
— organiser des formations de techniciens et des exercices d’alerte ;
— exprimer les besoins en recherche-développement qui pourraient conduire à l’amélioration des techniques.
L’architecture instaurée assure une couverture nationale du diagnostic des prélèvements provenant de l’environnement, des réseaux d’adduction d’eau et de la chaîne alimentaire ainsi que des échantillons biologiques prélevés chez des malades ou des personnes potentiellement exposées à un danger identifié. L’organisation mise en place est décentralisée sur les laboratoires de référence des sept zones de défense avec comme maillon ultime d’identification, le laboratoire P4 (INSERM-Mérieux) de Lyon. La coordination du réseau est assurée par le SGDN. Ce nouveau dispositif actuellement opérationnel, est d’une conception très proche de ceux qui existent dans d’autres pays en particulier en Grande Bretagne et aux USA.
LES LIMITES DE LA RÉPONSE AU BIOTERRORISME L’alerte épidémiologique.
L’identification des maladies émergentes et des groupements épidémiques est souvent faite a posteriori, sur la base des déclarations des systèmes d’alerte et de surveillance épidémiologique, utilisés par la plupart des pays. Or, l’absence fré- quente de spécificité de la phase initiale des maladies infectieuses peut dans le cas d’une attaque bioterroriste, être à l’origine d’un retard diagnostique lourd de conséquences. C’est dire tout l’intérêt d’une déclaration par syndromes qui complé- terait efficacement le dispositif de surveillance [9,10]. Ce procédé a permis la détection précoce de l’épidémie de West Nile qui a touché l’état du Maryland entre 1999 et 2001. Dans cette approche, le recours à la surveillance épidémiologique en temps réel permet d’identifier et de résoudre très précocement tout événement inopiné susceptible d’avoir un impact sur la collectivité. Ces nouveaux outils de surveillance épidémiologique utilisent la transmission satellitaire et le suivi temporo-spatial. Les données recueillies sont confrontées à des paramètres environnementaux (pluviométrie, température, hygrométrie, importance et direction des vents…) et aux flux migratoires humains, animaux et vectoriels. Il est alors possible grâce à des modèles bio-mathématiques de prévoir la dynamique d’une maladie transmissible et d’intervenir très précocement. Cette surveillance automatisée et en temps réel a été récemment instaurée par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) au sein des hôpitaux de Paris. Son principe est de recueillir et d’analyser les syndromes qui correspondent aux phases prodromiques des principaux agents du bioterrorisme (syndromes digestifs, respiratoires, cutanés, neurologiques). Ce dispositif a vocation à terme d’être généralisé à l’ensemble du territoire.
Des compétences dispersées
Toutes les actions concernant le bioterrorisme comme celles en cours de développement, ont trait aux relations entre l’homme et les agents pathogènes. Dans la prévention de ce danger, il convient de garder en mémoire plusieurs notions. La première, est qu’il n’existe aucune frontière entre le risque biologique naturel et intentionnel. La seconde, est que les maladies émergentes sont pour la plupart issues du monde animal et inévitablement appelées à se développer. La dernière, est l’absence, en dépit des dispositions prises par le SGDN, de synergies dans le domaine de la recherche, qu’il s’agisse des structures étatiques (INSERM, CNRS, Université) ou du partenariat privé- public. Les secteurs vétérinaires et l’INRA sont peu sollicités pour l’expertise microbiologique alors que les moyens dont ils disposent (nombreux experts, laboratoires de haute sécurité, animaleries) compléteraient utilement le dispositif mis en place pour la veille et la recherche sur les maladies infectieuses. C’est dire tout l’intérêt d’établir une étroite synergie entre la pathologie humaine, vétérinaire et le monde agricole. La création de véritables « infectiopoles » regroupant toutes les compétences permettrait de corriger cette lacune et d’apporter à la recherche en microbiologie, une nouvelle dynamique [11].
L’absence de posture de défense
Il n’existe en France aucune politique préventive efficace dans la lutte contre les agents du terrorisme. La posture nationale de défense doit concerner tous les citoyens. Si le plan Vigipirate est bien connu, la culture de prévention est insuffisamment instaurée. Elle doit concerner tous les agents du risque qu’ils soient biologiques, chimiques ou radionucléaires. Dans la suite des attaques terroristes de 2001, des efforts ont été faits avec la réalisation d’exercices de défense et de sécurité, en France et en Europe, ayant pour objectifs de valider les circuits de commandement, de tester le fonctionnement de la chaîne opérationnelle et les équipements, de préparer une politique de communication face à une menace identifiée. Ce sont les exercice variole (mai 2004), pandémie grippale (juin 2005) et à propos des autres formes d’agression, les exercices METROTOX 2003, 2004, 2005 et EURATOX 2002.
Ces expériences qui ont impliqué les acteurs de premier secours, n’ont malheureusement pas été suffisamment portées à la connaissance de la population. Celle-ci ne pourra avoir de réaction adaptée que si elle est suffisamment préparée. Les citoyens doivent bénéficier eux aussi d’exercices, d’une pédagogie du risque et d’un apprentissage des postures de sécurité. Le rôle de l’école et des enseignants est sur ce point, essentiel. En sensibilisant les élèves aux dangers et aux mesures de prudence qu’il convient d’adopter face à une menace non identifiée, la réaction de panique, objectif prioritaire de tout acte terroriste, pourrait être limitée. Des formations ont déjà été initiées par l’Education nationale et sont dans certains départements, renforcées par les actions des trinômes académiques (IHEDN-Défense-Education nationale).
Elles devront être généralisées et institutionnalisées. Dans le prolongement de ces démarches, les médias doivent être aussi impliquées. Ils ne doivent pas se limiter à la recherche du « scoop », mais doivent aussi délivrer des messages pédagogiques et scientifiquement validés. Il convient enfin de rappeler que la vigilance doit être permanente et régulièrement entretenue par les pouvoirs publics surtout pendant les périodes de répit comme c’est actuellement le cas. Force est de constater que depuis trois ans, le risque hypothétique de pandémie grippale H5N1 a éloigné de nos esprits, la crainte du bioterrorisme.
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Toutes les dispositions développées ci-dessus (veille épidémiologique, réseau de laboratoires, contre mesures médicales, collaboration internationale) nous permettent de mieux réagir à une éventuelle menace biologique quelle que soit sa nature.
Il serait toutefois imprudent d’affirmer que nous sommes prêt à faire face à une attaque bioterroriste. En effet, notre capacité médicamenteuse est limitée aux stocks nationaux de cyclines et de vaccins antivarioliques. répartis et troNous ne disposons à ce jour, ni d’antitoxines botuliniques, ni de molécules antivirales efficaces en raison du peu d’efforts que leur consacre la recherche industrielle. D’un point de vue épidémiologique, le système d’alerte est dans l’incapacité de détecter très précocement tout phénomène anormal pouvant avoir un impact en santé publique. Enfin, la recherche est éclatée, les moyens qui lui sont consacrés inégalement p souvent focalisés sur les soucis du moment.
Le SRAS, les épidémies de grippe aviaire H5N1 et de Chikungunya à la Réunion nous ont bien montré que la réponse sanitaire était à chaque fois retardée et disproportionnée. En revanche, les plans nationaux qui ont été mis en place ces dernières années nous ont permis de réorganiser nos moyens de lutte et d’avoir une réponse adaptée lorsque nous serons demain confrontés à une nouvelle menace biologique émergente ou provoquée. En définitive, il convient de garder à l’esprit que la menace bioterroriste est toujours présente même si elle a été reléguée au second plan par l’émergence de nouveaux agents infectieux.
Alors ? Le survivalisme ? Une abberation ou une prise de conscience de la situation ?
On peut envisager également, en dehors du risque terroriste, un "accident" .... On en trouve des traces sur le Net... On dirait vraiment un scénario pour le cinéma... Et c'est pourtant réel...
La mystérieuse disparition de 2 349 tubes contenant du virus SRAS
Le risque infectieux de ces éprouvettes issues d'un laboratoire de l'Institut Pasteur est « nul », selon un comité d'experts réuni à la demande du ministère de la santé.
Deux mille trois cent quarante-neuf tubes contenant des fragments du virus SRAS ont disparu d'un laboratoire de l'Institut Pasteur. AFP/PHILIPPE LOPEZ
Comment 2 349 tubes contenant des fragments du virus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ont-ils pu disparaître d'un laboratoire de l'Institut Pasteur ? Et le coronavirus SRAS, potentiellement perdu dans la nature, pourrait-il faire de nouvelles victimes, onze ans après la pandémie qui avait infecté 8 000 personnes et causé la mort de plus de 800 malades ?
La réponse à la seconde question est claire : d'après le comité d'experts réuni à la demande du ministère de la santé, le risque infectieux est « nul » car les éprouvettes égarées ne contenaient qu'une partie du virus. Incomplet, celui-ci est inoffensif, y compris en cas de contact, de transmission aérienne ou d'ingestion.
Passée la question de la dangerosité, celle de savoir comment l'institution a pu perdre plusieurs milliers de tubes de SRAS demeure. Plus de deux mois après l'inquiétante découverte – et quelques jours après en avoir fait l'annonce officielle par communiqué de presse –, l'Institut Pasteur n'est toujours pas en mesure d'expliquer avec certitude ce qui a pu se produire.
« UNE SITUATION INACCEPTABLE ET INCROYABLE »
Fin janvier, des membres du personnel effectuent l'inventaire annuel quand ils remarquent une anomalie. Dans le congélateur d'un laboratoire P3 – un type de laboratoire très sécurisé où sont manipulés des virus pouvant entraîner des pathologies graves – à l'endroit où auraient du se trouver 2 349 petits tubes de quelques centimètres de hauteur, il n'y a rien. Les échantillons inscrits dans la base de données sont introuvables.
Deux mois plus tard, Christian Bréchot, le directeur général de l'Institut Pasteur, reste sidéré : « C'est une situation inacceptable et incroyable ! » Aussitôt après la constatation de l'absence des tubes, l'institut lance une enquête.
Pendant plusieurs semaines, le matériel, les personnes et les procédures sont passés en revue. « On a cherché ces boîtes [les échantillons étaient disposés dans 29 boîtes] partout. On a repris les listes de toutes les personnes qui avaient travaillé ici depuis un an et demi, y compris les stagiaires. On a analysé les profils pour vérifier qu'il n'y ait pas eu de conflit », détaille le directeur général.
Cependant, l'hypothèse d'un acte malveillant est « hautement improbable » d'après Christian Bréchot. D'abord parce que la réglementation en matière de micro-organismes et toxines hautement pathogènes (MOT) – famille à laquelle appartient le SRAS – est très contraignante.
Comme l'explique un chercheur qui souhaite garder l'anonymat, « quand on travaille sur les MOT, l'étiquetage des tubes est fait de telle manière qu'une personne étrangère au laboratoire, qui n'a pas accès à la base de données, ne peut pas savoir ce que les éprouvettes contiennent ».
Autre point qui discrédite la thèse d'une manipulation malveillante : on ne peut sortir d'un laboratoire classé P3 qu'en passant par un sas de désinfection. Le virus n'y aurait pas survécu. Et puis, plus simplement, il y a la question de l'accès. Sur les 2 500 personnes qui travaillent au sein de l'Institut Pasteur, seules 150 travaillent sur les MOT et ont accès aux différents laboratoires P3. Pour y entrer, il faut passer par le service personnel.
Malgré tous ces éléments, la piste d'un acte malveillant n'est pas complètement écartée à ce stade. L'institut a d'ailleurs déposé une plainte contre X. « On doit tout envisager », indique Christian Bréchot, même si d'après lui, l'hypothèse la plus probable est celle d'une erreur survenue lors d'un transfert entre deux congélateurs. Pour comprendre, il faut remonter à la fin de l'année 2012. A ce moment là, les 2 349 tubes de SRAS ont été changés de congélateur à cause d'un problème de décongélation.
« LES ÉCHANTILLONS ONT PU ÊTRE DÉTRUITS PAR INADVERTANCE »
L'institut a bien la trace des éprouvettes après le trajet aller, mais la faille pourrait se trouver au niveau du trajet retour : « Nous pensons qu'une erreur a pu se produire en mars 2013, lorsque les tubes ont réintégré le congélateur d'origine, explique le directeur. Les échantillons ont pu être détruits par inadvertance. Nous cherchons à savoir quand a eu lieu ce deuxième trajet.» Il s'agirait donc d'une erreur humaine, d'une personne qui aurait oublié de mentionner dans le cahier prévu à cet effet qu'elle avait jeté quelque chose.
Comme le prévoit la procédure, après l'enquête interne, l'Institut Pasteur a informé l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Celle-ci a ouvert à son tour une enquête la semaine dernière. Dans ce cadre, des scientifiques de l'institut ont été auditionnés. Les investigations de l'ANSM devraient permettre de pointer les dysfonctionnements en matière de traçabilité et de proposer des mesures correctives pour éviter que cette situation sans précédent ne se reproduise.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/04/15/la-mysterieuse-disparition-de-2-349-tubes-contenant-du-virus-sras_4401244_3224.html#GRBeXbgJxfmTMxED.99
Voilà un exemple parmi beaucoup d'autres qui met en avant la nécessaire préparation à un accident majeur. L'accident nucléaire.
Les Suisses disposent d'un très grand nombre d'abris nucléaires, civils ou gouvernemantaux. Des informations sont données aux habitants et chacun est invité à réfléchir à la situation, à se tenir informé, à anticiper... Est-ce que les Suisses sont un peuple de paranoïaques ?... C'est en cela que je pense que la population française vit dans une illusoire sécurité en accordant aux instances dirigeantes, la responsabilité de la sécurité dans le cas de "risques majeurs".
Je suis allé lire plusieurs documents gouvernementaux de France sur les "risques majeurs" et le plan ORSEC
A la page 16 (la dernière...), il est écrit :
Connaissez-vous les risques auxquels vous pouvez être confrontés ?
Connaissez-vous vos interlocuteurs en cas de situation d'urgence ?
Votre rôle dans le dispositif ORSEC ?
Avez-vous préparé votre organisation ?
Informé et formé votre personnel, vos administrés, vos proches ?
Il est intéressant d'aller lire également le site de l"ASN" (agence de sécurité nucléaire" et on constate que les informations aux populations sont totalement absentes. Elles seront sous la responsabilité du Préfet de région...On invite simplement les gens concernés à prendre des pastilles d'iode et à fermer les fenêtres...
La France est l’un des pays dotés du plus grand nombre de centrales nucléaires au monde. Pour s’assurer de leur fonctionnement dans des conditions optimales de sûreté, l’Etat a chargé un organisme public indépendant, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), de contrôler leur sûreté.
En cas d’incident ou d’accident
Centre d'urgence de l'ASN lors d'un exercice de crise
En cas d’incident dans une centrale nucléaire (par exemple en cas de rupture d’une tuyauterie du circuit primaire), il revient à l’exploitant de ramener le réacteur dans un état stable et de l’y maintenir. Bien que tout soit fait pour éviter leur occurrence, un accident grave pourrait conduire à ne plus pouvoir refroidir le combustible nucléaire dans la cuve du réacteur. Cette situation peu probable pourrait conduire à une fusion du combustible et à des rejets dans l’enceinte de confinement puis à l’extérieur, et avoir des conséquences pour la santé du public et pour l’environnement.
Jusqu’à l’accident de Three Mile Island, le 29 mars 1979, aux Etats-Unis, l’exploitant devait mettre en œuvre une approche dite « événementielle » pour corriger les anomalies de fonctionnement. Elle consistait, pour chaque type d’incident ou accident, à réagir en menant à bien une suite d’actions prédéterminées. Mais cette approche ne permet pas de gérer les situations complexes où l’événement à l’origine du problème se complique de défaillances matérielles ou humaines.
Cette approche a donc été remplacée progressivement par une autre : l’approche par état. Elle consiste à appliquer des stratégies de conduite (c’est-à-dire de pilotage) du réacteur en fonction de l’état réel de la chaudière, quels que soient les événements qui ont conduit à cet état. Un diagnostic permanent permet, si l’état se dégrade, d’abandonner la procédure en cours et d’en appliquer une autre, plus adaptée.
Contrôler, communiquer, informer
De son côté, l’ASN participe à la gestion des situations d’urgence. Elle vérifie et s’assure qu’EDF maîtrise l’incident et en limite les conséquences.
L’ASN apporte son concours au gouvernement et communique au préfet son avis sur les mesures à prendre pour assurer la protection de la population. Ainsi le préfet pourra prendre les décisions de protection sanitaire les plus appropriées. Il demandera par exemple aux riverains de rester chez eux, dans une pièce calfeutrée, le temps que la situation se stabilise.
L’ASN informe également les médias et le public sur l’événement en cours, en coordination avec les autres acteurs, comme le préfet ou l’exploitant. Elle fournit tous les renseignements utiles au Gouvernement ainsi qu’aux Autorités de sûreté nucléaire des pays frontaliers.
Un centre d’urgence sécurisé
Pour mener à bien ses missions, l’ASN dispose de son propre centre d’urgence relié aux installations nucléaires par des lignes dédiées sécurisées. Il lui permet d’alerter rapidement ses agents et d’échanger des informations avec ses interlocuteurs (exploitant, services de l’Etat, Commission européenne, etc.) de la manière la plus fiable.
Le centre d’urgence a été activé en conditions réelles à plusieurs reprises ces dernière années : par exemple en 1999, lorsque la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) a été inondée lors d’une des deux « grandes tempêtes » de décembre. Ou encore en 2007, à l’occasion d’une panne électrique survenue dans la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly (Loiret). Plus récemment, le centre d’urgence a été gréé :
en 2012 : contamination quai Claude Bernard à Lyon ;
en 2013 : entrée de manifestants Greenpeace du Tricastin) ;
en 2014 : entrée de manifestants Greenpeace (centrale nucléaire de Fessenheim) ;
en 2015 : ouverture d’une vanne (centrale nucléaire de Cattenom).
Le centre d’urgence est également utilisé à l’occasion d’exercices plus d’une dizaine de fois par an. Ainsi l’ASN s’assure-t-elle régulièrement que son organisation est adaptée à tous les scénarii de crise.
On pourrait penser que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes...Des gens compétents sont formés et leurs décisions iront dans le sens de la population.
Alors, il faut aller chercher les dernières informations sur "l'EPR" de Flamanville et là, on s'aperçoit qu'un élément crucial entre en jeu : l'argent... Et on parle de milliards...
Anomalies sur la cuve de l'EPR de Flamanville : des documents accablent encore EDF et AREVA
Nos confrères de France Inter produisent des échanges de lettres qui confirment qu'EDF et Areva "avaient été alertées dès 2005 des dysfonctionnements" de l'usine du Creusot où a été fabriquée la cuve qui équipe le réacteur de l'EPR de Flamanville.
Quelques semaines plus tard, nos confrères du Canard Enchaîné révèlent que ces anomalies étaient connues "de longue date". L'industriel aurait procédé à des tests sur l'acier destiné à la fabrication du fond et du couvercle de la cuve en 2006. Ces tests auraient révélé une concentration trop importante de carbone dans l'acier, une concentration susceptible d'affecter la résistance de la cuve de l'EPR de Flamanville.
Voici le récit qu'en faisait Alexandra Huctin le 8 juillet 2015
Et nos confrères de France Inter de s'interroger : "Pourquoi avoir confié la réalisation de la cuve de l'EPR à un site industriel aussi éloigné des standards habituels du nucléaire ?"
Un responsable de Greenpeace avance cette hypothèse : "Peut-être que l'utilité de construire cet EPR aurait été questionnée à nouveau. On n'était pas en mesure d'avoir un industriel français capable de fournir des pièces, et peut-être que l'intérêt de l'EPR qui visait à avoir un produit français aurait été remis en cause." Des propos qui résonnent étrangement "avec cette explication qu'EDF nous a livrée", souligne France Inter : "le gouvernement français et EDF partageaient en 2006 l’intérêt de garder la filière française opérationnelle en France. Avec le renouveau du nucléaire qui se profilait à ce moment-là, EDF a souhaité renforcer des moyens de production en France pour mieux maîtriser sa capacité de réalisation de projets industriels"
Sylvain Tronchet, journaliste à France Inter, auteur de l'enquête pour Secrets d'Info :
Démarrage du réacteur EPR prévu en 2018... si la cuve est jugée conforme
Au mois de novembre 2016, à l'occasion d'une visite du chantier à Flamanville, EDF a confirmé une mise en service des installations à la fin de l'année 2018.Un programme d'essais était alors en cours afin de démontrer la résistance du couvercle et du fond de la cuve de l'EPR, dont l'acier présente une concentration excessive en carbone susceptible d'amoindrir sa résistance. "Aujourd'hui, 90% des résultats sont conformes et les 10% restants de toute manière sont dans des zones où la concentration en carbone était beaucoup plus faible, et sont aussi tous conformes", assurait Laurent Thieffry, directeur du projet Flamanville 3.
L'Autorité de Sûreté Nucléaire (qui a publié la liste des anomalies sur son site internet) devrait se prononcer dans le courant de l'année sur la conformité de cette pièce essentielle qui contient le combustible nucléaire. Interrogé sur France Inter, son directeur, Pierre-Franck Chevret ne le cachait pas : "les pressions sont fortes"...
Démarrage du réacteur en 2018...C'est demain...sachant qu'EDF est tellement endettée qu'on se demande encore comment elle a le droit de fonctionner et n'est pas interdit bancaire, il y a de quoi rire...Ou s'inquiéter...EDF n'a plus le choix. Elle doit aller jusqu'au bout. Les Anglais ont acheté ce réacteur. La Finlande et l'Inde également.
La France compte 60 réacteurs nucléaires répartis dans 20 centrales en activité, en règle générale un zone d’exclusion se situe dans un rayon de 30 km défini en cas d’accident, cependant d’autres préconisent d’évacuer une zone de 80 km autour de la centrale.
"Les consignes spécifiques en cas d’accident
Dès le début de l’accident la première consigne sera d’absorber des pastilles d’iode et de se confiner, en évitant de faire rentrer des poussières radioactives dans la pièce confinée si on doit en sortir. Essayez de se protéger au maximum, passer par une pièce tampon, se laver les parties apparentes du corps, et changer de vêtements…
L’évacuation peut être ensuite commandée par les autorités si vous résidez dans une zone sensible. Dans ce cas il convient d’agir conformément aux consignes données par ces mêmes autorités."
Il faut s'intéresser également au démantèlement des centrales les plus anciennes. L'exemple de Brennilis, en Bretagne, est particulièrement révélateur du désastre et de l'importance considérable des coûts et de la durée. On comprend mieux l'acharnement à ne pas mettre fin à la centrale de Fessenheim alors que les caisses d'EDF sont déjà plus que trouées.
Cette centrale a fonctionné de 1962 à 1985 et depuis, elle est en phase de démontage...
Centrale nucléaire de Brennilis : un cadavre encombrant
Des militants anti-nucléaire ont manifesté devant la centrale de Brennilis (Finistère), samedi 23 avril, à l'occasion du 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Pas pour réclamer sa fermeture : construite en 1962 par le Commissariat à l'énergie atomique, elle a été mise à l'arrêt en 1985. A l'époque, cette décision donne le coup d'envoi du premier chantier de démantèlement jamais réalisé en France. Depuis, la centrale bretonne est en quelque sorte morte-vivante : elle n'a rien produit depuis des lustres, mais nécessite encore une étroite surveillance.
Alors que la France ambitionne de réduire de 50% la part du nucléaire d'ici 2025 et projette de fermer en 2018 la doyenne des centrales en activité, à Fessenheim (Haut-Rhin), francetv info s'est penché sur le cas de Brennilis.
Défis techniques, débats éthiques, écologiques et politiques : à elle seule, la centrale des Monts d'Arrée représente toute la complexité de l'après-nucléaire dans cette France aux 58 réacteurs — et peut-être, un jour, autant de "cadavres" industriels sur les bras.
. (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)
DIX-HUIT ANS D'ACTIVITÉ ET QUARANTE-SEPT POUR DÉMANTELER
"Regardez autour de vous. C'est pas magnifique ? Cette vue sur le lac Saint-Michel et sur le mont, là, au loin ? Par ce temps !" En cette fin d'après-midi de mars à Brennilis (Finistère), les rayons du soleil dessinent des étoiles à la surface de l'eau. La bise est douce et le ciel découvert. François, un retraité venu pêcher dans ce coin paisible, a raison. C'est magnifique. Pourtant, à quelques centaines de mètres de sa chaise pliante s'élève un bâtiment en béton, au cœur de nombreuses polémiques depuis plus de trente ans : la centrale nucléaire. Ou plutôt ce qu'il en reste, quelques bâtiments et surtout son enceinte de confinement, que l'on aperçoit depuis la route et les villages alentours.
Au cœur du Finistère, les Monts d'Arrée évoquent l'Irlande et son Connemara. Des anciennes montagnes, de la lande, des tourbières, cent nuances de verts et des lacs. Dans la mythologie celte, c'est au milieu de ces terres désertes que rode l'Ankou, chargé "d'emmener les défunts dans l'au-delà." "La porte de l'Enfer", rappellent toujours les locaux — ici, François — aux journalistes qui écrivent régulièrement sur cette centrale coincée dans les limbes. Car à défaut de produire de l'électricité (l'équivalent de la consommation annuelle de la ville de Paris sur toute sa durée d'exploitation), elle fait couler de l'encre. Mise en exploitation en 1967, cette centrale expérimentale est la seule en France à fonctionner avec un réacteur à eau lourde. Mais le test n'est pas concluant. Pendant dix-huit ans, le site fonctionne par intermittence, avant d'être abandonné au profit d'une technologie jugée plus stable et plus rentable :le réacteur à eau pressurisée.
Après sa fermeture, en 1985, des employés sont restés sur le site, notamment pour mettre à l'arrêt le réacteur et évacuer le combustible. La phase 2 du démantèlement a débuté en 1997. Mais au bout de dix ans, le Conseil d'Etat, sollicité par le réseau Sortir du nucléaire, annule le décret qui autorise la procédure de démantèlement. Il pointe un manque de transparence et exige une enquête publique. Le chantier ne redémarre qu'en 2011. Aujourd'hui, EDF estime que le démantèlement complet pourrait être achevé en 2032 — soit quarante-sept ans après sa mise à l'arrêt.
. (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)
"C'ÉTAIT EXCITANT DE BOSSER SUR UNE TECHNOLOGIE DE POINTE"
En attendant, la centrale "fait juste partie du paysage", confirme Samuel, 14 ans. "Elle ne dérange pas, elle est là, c'est tout." Les jeunes du coin l'ont toujours connue et se moquent des touristes "qui demandent si le poisson est radioactif". La plupart l'ont déjà visitée — il n'est pas rare, comme ce jour, de voir un bus scolaire quitter l'enceinte — mais n'y travailleront pas, contrairement à beaucoup de leurs aînés. "Mon beau-père aussi a travaillé un peu à la centrale", assure l'adolescent avant de démarrer sa moto. "Il a dit qu'il n'avait jamais vu d'endroit aussi sûr et bien gardé".
"Ici, il y a une minorité de personnes opposées au nucléaire et beaucoup de gens qui, sans être forcément pour, s'en moquent, tout simplement", déplore Bernadette Lalouhette, militante écologiste, riveraine de la centrale et membre de l'association Vivre dans les Monts d'Arrée. Elle est membre du comité local d'information, créé pour suivre l'évolution du démantèlement. Elle déplore qu'"en France, on a foi en la science et EDF ; il y a une confiance aveugle, irrationnelle". "Et puis, c'était l'employeur du coin, alors on n'y touche pas. La centrale est à l'arrêt, mais il y a beaucoup de sous-traitance, il y a des besoins de gardiennage, de maintenance, etc. Je me souviens de vieux du coin qui disaient que ce n'était pas si grave d'avoir ce bâtiment qui ruine le paysage, tant que ça faisait du boulot et que ça permettait à leurs enfants de ne pas avoir à partir."
Par exemple, François, le pêcheur amateur, a fait sa carrière comme gardien de la paix en région parisienne. Mais lorsqu'il est rentré "au pays", dans les années 1980, l'octogénaire a ouvert un gîte avec son épouse, où il a reçu "des gens qui venaient de loin pour travailler dans la centrale et qui restaient parfois plusieurs semaines". A l'origine, son implantation est vécue comme "un cadeau" dans cette région que les jeunes fuient, faute d'opportunités. "On était hyper fiers de travailler ici", se souvient Michel Marzin. "C'était la modernité. La ferme de ma grand-mère n'avait pas l'électricité, alors tout ça, c'était un symbole de puissance", assure l'ancien technicien, retraité du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) installé à Morlaix. "On était très motivés. C'était excitant de bosser sur une technologie de pointe. Mais rapidement, il y a eu des problèmes. C'était terrible pour nous qui voulions vraiment que ça fonctionne. On a fini par reconnaître que la filière à eau lourde n'était pas bonne et que c'était dangereux — notamment à cause du tritium."
. (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)
"LA PRÉHISTOIRE DU DÉMANTÈLEMENT"
"Mon travail, c'était de nourrir la bête", résume Michel Marzin, 78 ans et un profil atypique de retraité du nucléaire farouchement anti-atome. Du temps de l'exploitation, son équipe avait pour tâche de charger le combustible dans le réacteur et de décharger le combustible usé. Pour cette seconde mission, "il fallait utiliser un ordinateur qui commandait une machine de 87 tonnes", se rappelle-t-il, en montrant quelques photos d'époque. "Un humain qui se serait approché serait mort en 24 heures". Aussi, il martèle son obsession et celle de ses collègues pour les procédures de sécurité. "On était bien suivis, contrôlés tout le temps, mais très peu informés", estime-t-il, tapotant du doigt un bilan de santé vieux de quarante ans, conservé dans un dossier.
Employé par le CEA, il a connu, à Brennilis, ce qu'il appelle aujourd'hui "la préhistoire du démantèlement".Ilénumère les incidents et motifs d'inquiétude : "traces de césium sous l'ancienne piscine", "fuite d'eau lourde", "pollution au tritium depuis le réacteur dans la nappe phréatique", etc. Lorsqu'il part à la retraite, dans les années 1990, sa vigilance s'est déjà muée en militantisme. Devenu anti-nucléaire, il observe à la loupe la suite des opérations et s'interroge sur les conséquences de la centrale sur l'environnement et la santé — la sienne autant que celle de ses anciens camarades. "Quand je suis parti à la retraite, des collègues m'ont dit : 'Il y a des gens qui meurent à Huelgoat'", une commune située à quelques kilomètres de là. Avec une liste de noms, héritée de son passé de délégué du personnel, il mène l'enquête, convaincu que les morts précoces frappent davantage les salariés du nucléaire.
"Le plus jeune, il a été emporté par un cancer du pancréas. Il est parti à la retraite vers 55 ans. A 57, il était mort." Le sujet reste sensible dans les villages. Pour la plupart, les médecins préfèrent ne pas l'aborder, estime Michel Marzin, tandis que les anciens employés et leurs familles "n'abordent pas ce sujet, c'est tabou." Il raconte : "Juste avant de mourir, un ancien de la centrale m'a invité à boire le café chez lui. Jamais il n'a fait allusion à son cancer, ni au fait qu'il puisse être lié à son travail. En fait, il a demandé à voir une vieille photo. Je crois qu'il était fier."
. (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)
"UNE CENTRALE SANS CONTAMINATION, ÇA N'EXISTE PAS"
Michel Marzin tient à distinguer "contamination" et "irradiation". "On parle de contamination lorsque la source radioactive pénètre à l’intérieur du corps des personnes exposées, soit par inhalation, soit par consommation de produits contaminés", selon l'institut de radioprotection et de sûreté du nucléaire. Dans le cas d'une irradiation, "la source radioactive est située à l’extérieur du corps". "Comme à Tchernobyl. Plus on s'éloigne du réacteur, moins on risque d'être irradié", résume le retraité. "On n'a peut-être pas été irradiés, mais une centrale sans contamination, ça n'existe pas", poursuit-il, catégorique. Il pointe des "rejets très importants de tritium", un isotope de l'hydrogène, pendant les années d'activité de la centrale.
Dans un rapport de 2007, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) épingle la centrale de Brennilis : "Il semble que la centrale a effectué des rejets radioactifs pendant plusieurs années sans autorisation formelle des pouvoirs publics et, en tout cas, sans consultation des populations soumises aux rejets." En 1982, la Criirad confirme notamment des rejets de tritium culminant à 161 milliards de bécquerels ("35 fois plus que la centrale de Saint-Alban", en Isère, en 2001, poursuit le rapport). Or, "le tritium tue vingt ans après. C'est de l'hydrogène, il entre dans la constitution du corps et c'est là qu'il peut déclancher des cancers", s'inquiète Michel Marzin. "Il est aussi très difficile à détecter. A la centrale, on ne le détectait que quand la dose maximale autorisée était dépassé dix fois. Là, les alarmes se mettaient en route, on sécurisait et puis… Eh bien, on allait pisser dans un gobelet."
Depuis que le combustible a été évacué lors de la première phase du démentèlement, achevé en 1997, 99% de la radioactivité du site a disparu, assure EDF. Cependant, Michel Marzin, comme tous les militants engagés ici contre le nucléaire, assure que la centrale présente encore un danger, notamment pour l'environnement. En 2006, Sortir du nucléaire Cornouaille a fait analyser des plantes aquatiques prélevées aux abords de la centrale, dans le chenal de rejet des eaux. Le laboratoire de la Criirad y a trouvé du césium 137 et du cobalt 60. Bien obligée de reconnaître le rôle de la centrale, EDF a depuis assaini le chenal.
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"LA SÉCURITÉ EST NOTRE PRIORITÉ ABSOLUE"
En cette fin mars, la pluie tombée la veille empêche le retraité d'approcher l'endroit où les prélèvements ont été effectués. Le petit chemin, impraticable, n'est plus qu'une flaque de boue. Mais le retraité, qui a grimpé sur un talus, relève toutefois, au loin, "quelque chose de nouveau depuis la dernière fois". Car le site a bien changé — il change constamment, à vrai dire. En ce moment, le démantèlement de la station de traitement des eaux usées est en cours, sous confinement. Quand bien même la centrale est à l'arrêt, elle n'en est pas moins un chantier, qui a employé 21 salariés d'EDF et "environ 80" prestataires en 2015, selon le dernier communiqué de l'entreprise.
EDF y dresse le bilan de l'année écoulée : trois inspections de l'Agence de sûreté du nucléaire (ASN), 12 exercices de gestions d'incidents… et un incident. Plus précisément : un incendie. En septembre, un feu s'est déclaré dans un atelier de conditionnement des déchets à l’intérieur de l’enceinte du réacteur de la centrale. "C’est un sas en plastique qui serait à l’origine de l’incendie, le toit de ce sas s’est écroulé et les fumées de l’incendie se sont répandues à l’intérieur du dôme", expliquait à la presse le directeur de cabinet du préfet du Finistère. Si "aucun rejet radioactif n’a été mesuré" par l’ASN, quatre personnes ont été légèrement intoxiquées, sans présenter toutefois de contamination externe. Pour Michel Marzin, qui estime que "rien n'est anodin dans une centrale nucléaire", ce type d'incident pose la question de la sécurité des travailleurs.
Gilles Giron, directeur adjoint pour la Direction projets déconstructions et déchets d'EDF, "à Brennilis comme dans toute installation nucléaire, la sûreté, la sécurité des intervenants et la maîtrise de l’impact sur l’environnement sont nos priorités absolues". EDF y "applique les mêmes règles que sur un site en exploitation",rassure-t-il,rappelant que 4 000 prélèvements ont été effectués en 2015 sur le site et alentours — "que ce soit dans le sol, dans l’air, dans l’herbe, dans la production agricole et notamment dans le lait". Analysés par des laboratoire agréés par l’Agence de sûreté du nucléaire, ils attestent que "lesrejets de la centrale se situent très nettement en deçà des normes réglementaires", explique Gilles Giron.
. (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)
"BRENNILIS EST UNE CENTRALE À PART"
Al'avenir, EDF entend bien mener au bout ce démantèlement compliqué. Dans les cinq à dix ans, la dernière étape du demantèlement, à savoir le cœur du réacteur, sera lancée. L'entreprise compte déposer, en 2018, un nouveau dossier de démantèlement complet. Il sera alors temps de s'attaquer au réacteur. "Un défi technologique", abonde Gilles Giron. "Brennilis est une centrale à part. C’est un réacteur à eau lourde : une technologie unique en France, rare est complexe, et dont le démantèlement nécessite des études préalables poussées, ainsi que le développement de différents modes d’intervention",détaille-t-il, citant "des travaux télé-opérés, effectués à distance pour garantir la sécurité totale des intervenants". En effet, "Brennilis n’est pas représentative de ce que sera le demantèlement du parc nucléaire actuel, constitué de réacteurs à eau pressurisée", explique le spécialiste. En outre, ailleurs en France, à Chooz A (Ardennes), "nous avons attaqué la phase de démantèlement complet, qui concerne le réacteur à proprement dit".
Si Brennilis exige du travail "sur-mesure",elle partage un même fardeau avec ses cousines qui tournent, elles, à l'eau pressurisée : la question des déchets. Ce sont eux qui, en 2011, ont privé EDF d'une autorisation de démantèlement complet. Pour Gilles Giron, le dossier de la firme était solide, mais il n’a pas été validé par l’ASN "en raison de l’indisponibilité d’Iceda", le petit nom de ce qui doit être une "installation de conditionnement et d’entreposage des déchets de moyenne et longue activité".
Autrement dit : l'entreprise pouvait démanteler le réacteur, mais n'était pas en mesure de stocker ces déchets, susceptibles de rester dangereux pendant des milliers d'années. En construction à la centrale du Bugey, dans l'Ain, Iceda doit être opérationnelle l'an prochain. Mais elle est pour le moins controversée. Surtout, elle s'implante sur un site qui fait déjà l'objet d'une plainte, déposée en mars par la ville et le canton de Genève (Suisse) pour "mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux".
Pour le voisinage, les restes de Brennilis, comme tous les déchets radioactifs, ne sont pas les bienvenus. Dans le paysage des monts d'Arrée, ce cadavre est encombrant. Mais son cercueil, en construction à l'autre bout de la France, l'est, semble-t-il, tout autant.
La nécessité de réfléchir à cette notion et pratique du survivalisme, personnellement, elle me semble absolument vitale...
Cet article présente l'attitude de certains milliardaires de la planète, principalement des USA, au regard d'une possible dégradation de la situation planétaire : la FUITE.
Ces privilégiés souhaitent uniquement profiter aussi longtemps que possible des "bienfaits" qu'ils retirent de la société moderne et lorsque celle-ci partira en décrépitude, ils s'attacheront uniquement à sauver leur peau. On est du début à la fin dans un égoïsme destructeur.
Pour nous, c'est exactement l'inverse de cette "philosophie" survivaliste.
Il ne s'agit pas d'attendre les signes précurseurs d'une dégradation majeure mais d'agir à se propre mesure pour que ça n'arrive pas.
Deuxièmement, il s'agit de se préparer à vivre autrement si jamais ça arrive.
Encore une fois, j'ai lu moults ouvrages sociologiques sur les catastrophes, qu'elles soient naturelles, accidentelles ou volontaires. Il est certain et c'est d'ailleurs d'une logique implacable que les dégâts sur les populations sont d'autant plus élevés que cette population a vécu dans une illusoire croyance que rien ne changerait jamais.
Monter à bord d'un ferry et repérer les compartiments contenant les gilets de sauvetage, c'est un réflexe...Courir à la salle de jeux ou au buffet permanent, c'est infantile.
Infantile : le terme est justifié au regard de l'agissement planétaire des individus aujourd'hui. Beaucoup de plaintes mais une incapacité à rechercher ses propres responsabilités.
Se plaindre du réchauffement climatique et manger encore et toujours de la viande issue de l'industrie agro alimentaire, c'est totalement infantile. Si vous lisez ce blog régulièrement, vous avez vu passer suffisamment d'études sur le sujet.
Le survivalisme, pour ma femme, mes enfants et moi, c'est donc la nécessité de s'extraire au mieux de tous les éléments destructeurs de la planète, pour l'humanité entière. Il ne s'agit pas de chercher un refuge afin de survivre mais d'agir pour que le refuge ne serve jamais à rien...
S'il doit être utilisé, il sera prêt mais ça sera alors le signe que nos efforts n'auront pas été à la mesure du désastre. Et nous savons très bien que nos actes seuls ne peuvent rien contre la mise en danger de la vie et qu'il est impératif de partager nos idées et amener quelques individus à réfléchir...
Il existe de nombreux groupes sur les réseaux sociaux usant du terme "survivalisme".
Certains rassemblent des allumés, des déglingués, des fous de la gâchette, des fans de "walking dead" et autres fins cataclysmiques.
D'autres rassemblent des adeptes de permaculture, de techniques de survie, de "bushcraft", de métodes variées et ingénieuses pour viser l'autonomie intégrale et ne pas participer à l'épuisement de la planète.
Alors que Donald Trump divise la société américaine et reprend la course aux armements, les milliardaires de Wall Street et la Silicon Valley ne pensent qu'à une seule chose : où se planquer si jamais advenait l'apocalypse, qu'elle soit nucléaire, climatique ou surtout sociale et politique.
En ces temps troublés où un tweet de Donald Trump suffit pour faire trembler la planète, à quoi pensent les super-riches ? Au Dow Jones qui vient de dépasser pour la première fois de son histoire le mur des 20.000 points ? Au prochain iPhone d'Apple qui serait tout en verre et se chargerait par induction. Non, pas du tout, les gens les plus riches de la planète, en particulier aux États-Unis, n'ont qu'une seule chose en tête : où se réfugier au cas où cela tournerait mal...
Le « survivalism », qui consiste à se préparer à survivre à la fin de la civilisation, fait des ravages chez les « rich & wealthy ». Ils sont tellement déprimés que le très sérieux magazine The New Yorker vient d'y consacrer un dossier. Sous la signature de l'un de ses journalistes vedette, Evan Osnos, l'article, titré en anglais « Doomsday prep for the super-rich » raconte comment « ils », les « Preppers », se préparent à fuir en cas d'apocalypse, qu'il soit nucléaire, climatique ou social et politique.
Il faut dire qu'il y a de quoi se faire peur : début janvier, le comité scientifique en charge de l'horloge de l'apocalypse (« Doomsday clock ») a avancé de 30 secondes, à 2 minutes et 30 secondes avant minuit, l'heure de la fin du monde. Une conséquence « de la forte montée du nationalisme, des déclarations du président Trump sur les armes nucléaires, du réchauffement climatique, de la détérioration de la sécurité mondiale dans un contexte de technologies de plus en plus sophistiquées ainsi que l'ignorance grandissante de l'expertise scientifique ». Bref, jamais, depuis 1953, quand la « Doomsday clock » était réglée à 2 minutes, lors de la création de la bombe H, nous n'avons été plus près de la fin de l'humanité.
La seule obsession est de se préparer au pire, raconte Evan Osnos dans son papier. Ainsi, Steve Huffman, 33 ans, l'un des co-fondateur du site communautaire Reddit, a-t-il décidé de se faire opérer de la myopie pour éviter d'avoir à porter des lunettes ou des lentilles de contact si les temps se troublent (« Without them, I'm fucked », explique-t-il)... Alors que l'élection de Trump divise le pays et fait craindre jusqu'à une « guerre civile », d'autres consacrent leur temps et leur argent à se bâtir un refuge inviolable. Ainsi Antonio Garcia Martinez, ex-dirigeant de Facebook, a acheté un terrain sur une ile déserte du Pacifique qu'il a équipé en énergie solaire et en armes et munitions. En fait, d'après l'enquête du New Yorker, plus de la moitié des plus riches Américains auraient déjà prévu leurs arrières en cas de crise. L'un d'entre eux a toujours un hélicoptère à disposition avec le plein pour se rendre dans son bunker. Dans le Kansas, le Survival Condo Project de Larry Hall propose des appartements de luxe dans un ancien silo de missiles Atlas. Le lieu le plus «hype» pour ces « réfugiés de luxe du futur » : la Nouvelle-Zélande, lieu de tournage du film « Le seigneur des anneaux ». Quiconque s'y rend en voyage s'entend dire par ses amis : « ça y est, tu t'achètes une assurance contre l'apocalypse... ».
La cause des tourments des « preppers » (voir par exemple le site prepperwebsite.com pour apprendre à cultiver ses légumes, construire son abri, vivre frugalement...), c'est bien entendu la conscience très vive qu'ils ont des inégalités extrêmes en particulier aux États-Unis. Selon une étude de Piketty, 170 millions de personnes gagnent, en moyenne, autant aujourd'hui qu'en 1980. Robert Johnson, un financier repenti qui a travaillé pour Georges Soros, estime que « 25 gérants de fonds spéculatifs gagnent autant que tous les instituteurs américains ». Rien d'étonnant à ce que certains de ces riches Américains avertis craignent qu'il se passe en 2017 aux États-Unis quelque chose qui pourrait ressembler à la révolution russe de 1917... Bernie Sanders en est en quelque sorte l'annonciateur alors que la contestation de la politique de Donald Trump fait renaître un socialisme américain inspiré du mouvement des 99%.
Le paradoxe de ce mouvement survivaliste, c'est que plutôt que de proposer de faire quelque chose pour résoudre la question des inégalités et donc éloigner au moins le risque d'explosion sociale, la seule réponse envisagée est de se protéger individuellement. Plutôt que d'accepter par exemple de payer un peu plus d'impôts, sur le revenu ou sur les successions, ou de développer une sécurité sociale pour tous, l'Amérique prend le chemin exactement inverse. Donald Trump veut supprimer l'Obamacare, baisser les impôts des plus riches ; il conteste la réalité du réchauffement climatique, interdit l'entrée des États-Unis aux ressortissants de certains pays et construit un mur avec le Mexique. Une protection illusoire et inefficace, néfaste à long terme pour la prospérité des États-Unis comme du reste du monde. Aussi illusoire que la fausse sécurité que s'achètent à prix d'or les « Preppers » dans leurs bunkers de luxe.
"Je me définis comme un survivaliste de manière récente, en raison de la définition que je fais mienne de ce concept : un survivaliste, pour moi, c’est quelqu’un qui perçoit dans son environnement une menace qu’il estime de nature à mettre sa vie en péril, et qui agit en prenant en compte cette menace afin de tenter d’en limiter les conséquences pour lui et pour les autres.
Disons que d’après cette définition, on est survivaliste si la menace est réelle, et paranoïaque si la menace est imaginaire. Cela n’exclut pas qu’un survivaliste soit en plus paranoïaque.
Je suis personnellement porté à croire que l’heure n’est plus à l’insouciance."
Il y a quelques temps déjà que Nathalie, nos trois enfants (jeunes adultes) et moi, nous nous sommes fortement penchés sur la question...
Il est clair pour nous que le monde occidental vit dans une totale illusion de sécurité. Je ne parle pas ici uniquement du terrorisme mais de l'idée infantile que nos gouvernants sont aptes à gérer des situations de crises majeures et que tout a été pensé pour que les populations urbaines et rurales ne soient pas impactées durablement par des situations conflictuelles, accidentelles, naturelles ou guerrières.
Juste un exemple : La ville de Paris a trois jours de réserves alimentaires. C'est le problème du "flux tendu" géré par les transports routiers. Que ces transports soient perturbés, voire inopérants et c'est la razzia dans les magasins.
C'est d'ailleurs une situation très symbolique au regard de l'ensemble du fonctionnement économique actuel dans les sociétés dites "modernes". Tant que ça fonctionne, tout va bien...
Quelques recherches sur le cyclone Katrina et ce qui s'est passé à la Nouvelle Orléans donne une idée du fil du rasoir sur lequel nous évoluons.
La démarche du survivaliste n'est pas la promesse d'une catastrophe, ou l'espoir inconscient d'une implosion de la fabrique pour pouvoir enfin revêtir nos parades camouflées et sortir le calibre 12 tacticool, mais bien la construction d'un mode de vie qui nous invite a matérialiser toujours un peu plus d'indépendance, de résilience et de liberté.
Le survivalisme est le reflet physique, presque symbolique, d'une prise de conscience particulière, qui exprime non pas l'idée de s'affranchir du système par la destruction de celui-ci, comme un enfant frustré et ne pouvant pas briller ou s'assumer devant les règles de jeu en place, mais bien par la construction, en parallèle, d'une manière de vivre que nous pouvons comprendre et qui nous est utile au quotidien.
Je ne m'intéresse pas a la Permaculture pour survivre a la faim dans le cadre d'un effondrement total et systémique du monde tel que nous le connaissons, je m'y intéresse pour contribuer a la construction d'une vie locale, saine et cohérente avec mon environnement, pour pouvoir manger des aliments sains, pour limiter le trajet de certains produits, et m'affranchir (c'est a dire avoir la liberté de choisir de participer ou non) de l'agri-business, de la monoculture et de la destruction de nos sols.
Je ne m'intéresse pas a la chasse pour le plaisir de tuer un animal, ou pour pouvoir me nourrir après une apocalypse quelconque, je m'y intéresse pour m'affranchir de la manière actuelle dont nous concevons l'élevage, et de la déconnexion programmée et hypocrite de notre rapport a la mort.
Je ne m'intéresse pas a des énergies alternatives pour pouvoir continuer d'utiliser mon frigo quand la troisième guerre mondiale éclate, je m'y intéresse pour réduire l'impact de mes factures mensuelles sur mes finances, pour ne pas être dépendant du système pour mon électricité en cas de pannes, pour m'affranchir du monopole énergétique de compagnies douteuses et de certains enjeux écologiques que devrons subir nos enfants...
Je ne m'intéresse pas a l'hygiène et la santé pour pouvoir me faire des points de sutures après une fusillade quand l'effondrement de l'économie globale nous aura plongée au 18eme siècle...je le fais pour pouvoir intelligemment porter assistance a une personne blessée, a mon voisin, pour pouvoir fabriquer mon propre savon bio sans tests sur les animaux, pour pouvoir éviter de tomber malade et m'interdire la productivité, pour faire des économies, pour peut être réduire l'impact sur le monde hospitalier du pouvoir des grandes compagnies pharmaceutiques...
Je ne fais pas de la récupération des eaux de pluie pour pouvoir continuer de boire durant la prochaine pandémie, je le fais pour réduire le gaspillage ambiant d'une ressource critique, pour réduire mes factures, pour arroser mes légumes, pour ne pas être dépendant du système si il y a une coupure, parce que c'est facile et que ça a du sens.
Je ne m'intéresse pas aux armes a feu pour tuer quelques pilleurs de riz durant une guerre civile, je m'y intéresse pour avoir un moyen adapté de défendre la vie de mes proches dans un cadre extrêmement précis et stricte, pour pouvoir récolter ma propre viande, aussi dans un cadre extrêmement précis et stricte, pour contribuer a un certain équilibre de la force, et finalement pour le plaisir que me procure le tir le dimanche entre amis.
Je ne fais pas des réserves de nourriture pour pouvoir bouffer quand tout le monde a faim, je le fais pour m'affranchir d'un système de distribution "juste-a-temps", pour faire des économies, pour mitiger les fluctuations de prix causées par la spéculation sur les produits de base, pour ne pas avoir a prendre la voiture le dimanche matin quand je m'aperçois que je n'ai plus de sucre ou de sel, et donc payer plus de taxes, utiliser plus d'essence...
Quelques photos de l"aménagement de la maison.
Comme nous sommes végétariens depuis trois ans, nous avons considérablement investi en temps et en énergie pour viser l'autonomie alimentaire. Deux serres s'ajoutent au potager et nous en sommes à 3500 litres d'eau de pluie dans un ensemble de cinq citernes. Cette eau de pluie serait rendue potable par ébullition ou l'emploi de capsules de "micropur".
J'ai également creusé une cave dans le vide sanitaire, 13 mètres cube de terre sortis ou déplacés et divers aménagements pour entreposer nos récoltes au frais.
Nous n'employons aucun produit chimique mais usons de toutes les méthodes issues de la permaculture.
Nous sommes très attachés à l'entretien physique et à l'endurance afin d'être le plus libres possibles au regard d'une aide extérieure.
De très nombreuses lectures portant sur l'attitude des populations en situation de crises majeures nous amènent à penser également que la nécessité de devoir défendre ces réserves alimentaires imposent une préparation spécifique...
Je sais qu'en écrivant ces lignes de nombreuses personnes n'y verront qu'une paranoïa chronique. C'est également le terme qui m'a été attribué il y a trois ans lorsque j'ai tenté de décrire l'évolution de l'enseignement en France sous le joug de la Réforme du précédent gouvernement... On sait ce qu'il en est aujourd'hui. La marge entre la paranoïa et la lucidité dépend bien souvent de l'interprétation d'autrui...Je sais que je ne suis nullement atteint de peurs insoumises. Je tente juste d'anticiper...
La question essentielle est de savoir s'il est justifié de s'en remettre à des instances gouvernementales et de leur attribuer une totale confiance ou si ce rapport au "Père nourricier" est désormais révolu. Comme dit précédemment, nous pensons que le temps de l'insouciance est terminé.
Il est par conséquent essentiel pour nous de nous extraire au mieux de cette situation de dépendance, tout en essayant de ne pas participer à ce désastre écologique et aux menaces planétaires qui en découlent.
Le choix du végétarisme est bien évidemment associé à cette attention constante. L'industrie alimentaire carnée exploite des ressources considérables en terre, en eau et contribuent de façon dramatique à la pollution de la planète.
Il ne s'agissait pas uniquement d'un choix lié à notre propre santé mais d'une vision beaucoup plus large.
S'y ajoute bien entendu, le refus catégorique de cautionner la souffrance animale.
Décapitaliser les consciences
À propos de : Jérôme Baschet, Adieux au capitalisme. Autonomie, société du bien vivre et multiplicité des mondes, La Découverte
Le capitalisme contemporain est auto-destructeur. Le médiéviste Jérôme Baschet en expose les raisons et dessine les voies de la société qui pourrait lui succéder. Une réflexion sur le « bien vivre » qui emprunte les sentiers de l’utopie pour penser l’émancipation.
Recensé : Jérôme Baschet, Adieux au capitalisme. Autonomie, société du bien vivre et multiplicité des mondes, Paris, La Découverte, 2014, 160 p., 15 €.
Le constat dressé par Jérôme Baschet dans Adieux au capitalisme est sans appel : le capitalisme néolibéral serait entré dans une crise structurelle : accroissement de l’exploitation du travail (p. 35-39), tyrannie de l’urgence (p. 42-43), formatage concurrentiel des subjectivités (p. 39-42), marchandisation généralisée de la vie (p. 43-47) et prédation des ressources naturelles de la planète. Voici selon J. Baschet, spécialiste d’histoire médiévale et penseur des formes d’émancipation contemporaines, les traits saillants d’une crise qui se déploie sous nos yeux, à l’échelle du globe. Comment en sortir ? Quels référents imaginer pour « décapitaliser les consciences » (p. 173) ?
J. Baschet choisit la voie de l’utopie. Afin d’établir une critique du caractère humanicide du capitalisme contemporain, il entreprend de le mesurer aux possibles concrets qui le travaillent. Son analyse conjugue ainsi trois régimes temporels : le passé ou la longue durée de vie des rapports sociaux capitalistes et des réalités socialement constituées ; le présent (ou plutôt le « présentisme ») s’imposant sous la forme du TINA (There is no alternative) comme une norme d’action a priori indépassable ; le futur, construit comme une projection utopique. Il n’en fallait pas moins pour aborder l’épineux problème de l’avenir du capitalisme, sans mythes ou faux espoirs.
Du « capitalisme humanicide » à l’avenir d’une société autonome : l’expérience zapatiste
L’avenir du capitalisme est ainsi mesuré aux formes d’organisation alternatives qui en fissurent l’hégémonie. Ces expériences prennent pied sur les nombreuses contradictions que manifeste le capitalisme tardif, dans ses phases critiques comme celle en cours depuis 2008 (p. 24). L’auteur commence par repérer une transformation majeure des sociétés capitalistes contemporaines, suivant à la fois, dans la lignée de Foucault, les régimes de gouvernementalité qui les caractérisent, et l’autonomie de leur organisation sociale par rapport à la logique économique (selon Polanyi) :
« Au total, on glisse du capitalisme disciplinaire des États-nations, où, tout en s’épaulant mutuellement, les sphères de l’économie et de l’État répondaient à des normes propres et influaient de manière différenciée le champ social, à un capitalisme sécuritaire mondialisé, caractérisé par une forme managériale de l’État et un formatage de plus en plus généralisé des conduites sociales par la logique de l’économie » (p. 31).
Le nouveau capitalisme néolibéral constituerait ainsi, en quelque sorte, l’apogée de la « Grande transformation » de Polanyi, et en même temps une rupture par rapport à la forme capitaliste elle-même, sous la forme d’une transformation radicale de l’organisation sociale moderne (le rapport entre l’économique, le social et l’étatique). C’est cette rupture qui permet d’étayer la transition vers une société post-capitaliste. Mais comment ?
Avant même de plonger dans les formes d’organisation alternative au « capitalisme humanicide », J. Baschet présente une issue structurée au capitalisme : les Juntas del buen gobierno (Conseils de bon gouvernement) zapatistes, désignées comme une « utopie réelle » (p. 54). Mouvement social inauguré le 1er janvier 1994 après l’entrée en vigueur de l’Accord de libre échange nord-américain, signé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, le zapatisme conjugue la revendication des droits des groupes indigènes et l’opposition structurelle aux formes de domination capitalistes. Représenté par le charismatique et médiatique « Sous-commandant Marcos », ce mouvement anti-système s’est déployé sous la forme d’une organisation sociale alternative dans le territoire du Chiapas, progressivement soustrait au contrôle militaire de l’État mexicain. L’exemple zapatiste fournit à l’auteur matière à réfléchir pour esquisser les formes de la société post-capitaliste future, ce qui suppose de conjuguer une critique des rapports de domination capitalistes présents et une imagination utopique d’un « possible » à venir.
Les Conseils zapatistes apparaissent ainsi comme des « formes non étatiques de gouvernement », qui se caractérisent par l’étroite imbrication d’une dimension d’horizontalité (coopération, discussion, partage) et de verticalité (autorité, influence). L’une de leurs caractéristiques fondamentales, génératrice d’autonomie, est le mandar obedeciendo (« gouverner en obéissant »), diffus dans toutes les pratiques sociales et quotidiennes (familiales, de voisinage, coopératives, productives, éducatives, politiques). Entre l’opposition organisée de la société à l’État et la revitalisation de la pratique démocratique, Baschet esquisse ainsi une politique opposée au capitalisme. La réflexion de l’auteur semble reproduire ici la méthode de P. Clastres [1] qui repérait dans les sociétés amérindiennes des Guayaki les formes d’un pouvoir irréductible à la gouvernementalité étatique et fondé sur l’autonomie de la société vis-à-vis de l’accumulation primitive du capital.
Le principe du mandar obedeciendo permet ainsi de revenir de manière critique sur notre pratique de la démocratie, prise dans les rouages de la délégation représentative, de la bureaucratie étatique et de l’« expertocratie » (p. 71-72). Les Conseils montrent en effet que l’essence même de la démocratie tient, pour utiliser la formule de Rancière, au « gouvernement de n’importe qui » [2]. Baschet prend appui sur ce constat pour penser les frontières de la démocratie post-capitaliste, en assumant (de façon un peu rapide) le primat de la tendance humaine à la coopération vis-à-vis de l’attitude intéressée [3].
Une nouvelle organisation politique cohérente avec ce postulat devrait être fondée sur l’autonomie locale, le contrôle « par le bas » du pouvoir, la circulation des mandats et la rotation des charges, une gestion du commun partagée à différentes échelles (local, supra-local et global) et surtout une opposition de principe à toute captation du pouvoir par l’État. Cette forme d’organisation est une utopie pratique : elle ne peut se réaliser, comme le souligne l’auteur à maintes reprises, que dans un ensemble de luttes, de litiges, de conflits préservant des espaces d’autonomie de la domination de l’État et du capitalisme (p. 78-84).
Les formes de l’organisation post-capitaliste : le « bien vivre »
J. Baschet souligne que l’enjeu d’une démocratisation véritable, assise sur le principe de l’autonomie locale, est également de nature économico-productive. Il s’agit dès lors de privilégier l’autoproduction et « les circuits les plus courts possibles entre producteurs et consommateurs » (p. 79-80), tout en maintenant l’échelle supra-locale pour certaines compétences (transports et communications à grande distance, développement de certaines productions, compensation des déséquilibres régionaux, préservation de la biosphère). Cette nouvelle organisation collective devrait permettre de réimbriquer le social, le politique et l’économico-productif (p. 85-117), tout en contrant le désenchantement et la « perte de sens » inhérents à la civilisation capitaliste [4].
Si l’autonomie politique reste à construire, les bases matérielles de la société post-capitaliste sont toutefois déjà là : l’augmentation de la productivité du travail dans les dernières décennies permet désormais d’affronter, avec un nouveau « réalisme utopique », la question de la libération du travail. Celle-ci doit se produire en inversant, sur la base d’une redéfinition collective du commun [5], les logiques mêmes de la division du travail. La société post-capitaliste de demain se produira dans une « dé-différenciation progressive » des sphères de production et d’échange, en suivant le principe d’une redéfinition, selon les critères du commun, de la division du travail social. L’auteur le montre en déclinant les conséquences imaginaires d’une élimination de la sphère répressive, du système financier, de certains secteurs industriels et de service, comme la publicité et du marketing (p. 90-91), d’une reconfiguration d’envergure des modalités de circulation des hommes et des marchandises (p. 92) et d’une politique de la décroissance (p. 93). Cette refonte de l’organisation productive entraînera une nouvelle relation collective au temps, le temps de travail devenant désormais un des temps socialement qualifiés : l’individu post-capitaliste consacrera son temps de vie à des tâches multiples, en s’investissant tant dans la production que dans la gestion de la cité, tant dans les tâches de justice et de police [6] que dans l’entretien des infrastructures locales. Seules l’éducation, en partie « déscolarisée » (p. 100), et la santé, dépouillée de « l’hypertechnicisme de la médecine capitaliste » (ibid.), continueront à fonctionner comme des sphères différenciées.
Les formes de cette nouvelle organisation productive devant être arrêtées collectivement, dans les différents échelons décisionnels pertinents (locaux et supra-locaux), il est impossible, dit l’auteur, de dessiner a priori un modèle d’organisation. Les lignes structurantes de la société post-capitaliste sont l’autonomie locale, l’autoproduction et la déspécialisation productive, l’assujettissement de l’économique au politique, la réduction du temps de travail dans l’économie du temps de vie et la libération d’un temps disponible (p. 105-109), l’assomption collective de tous les choix de production et de consommation. Mais il n’est pas possible d’imaginer les normes (formelles et informelles) qui permettront à ces différentes exigences de fonctionner ensemble. De telles normes, supposant une refonte du droit, devraient résoudre les tensions qui demeurent dans la société post-capitaliste : les conflits entre les différentes échelles politiques (local et supra-local), la possible reproduction des inégalités entre groupes ou régions et la présence de domaines non déspécialisés (la médecine et la recherche) à l’intérieur d’une société totalement opposée à la perspective de la division du travail (p. 103-104).
Baschet remplace dès lors l’impossible codification des normes de la société post-capitaliste à venir par la définition d’un éthos qui lui serait propre, un « esprit » au sens wébérien [7]. C’est à l’intérieur de cette problématique que prend tout son sens l’analyse du concept amérindien de « bien vivir ». En tant qu’ensemble de valeurs opposées au culte du quantitatif, de la marchandise, de la « production-pour-la-production », le « bien vivre » permet de « faire des choix relatifs à la forme même de la vie vécue le cœur sensible de l’organisation collective » (p. 130). Ces valeurs sont assises sur la définition même de la vie du « bien vivre » : une vie caractérisée par la pluralité de ses formes culturelles (p. 132-141) et par ses interdépendances entre humain et non-humain (p. 147-149), et qui est opposée à tout ce qui la nie. Ainsi défini, ce « bien vivre » constitue bien l’analogue idéel de l’ancien « ascétisme intramondain » du capitalisme en voie de constitution, analysé par Max Weber.
Les frontières de l’émancipation dans la société post-capitaliste
Ce qui précède montre bien à quel point l’enjeu de la réflexion de Baschet sur l’avenir du capitalisme est davantage normatif que positif. Il ne s’agit pas, dans ses intentions, d’apprécier les possibilités d’émergence d’une telle organisation sociale alternative, en évaluant, de manière comparative, les affinités électives entre l’utopie zapatiste, d’un côté, et les expériences anti-capitalistes parsemant notre organisation sociale, de l’autre [8]. Ce point est rapidement évacué de l’analyse au profit d’un repositionnement normatif : nous serions entrés, par le degré d’exploitation sociale présente et l’accroissement de la conflictualité, dans une période de transition post-capitaliste ; il ne resterait donc qu’à accélérer le processus en engageant une réflexion collective sur la meilleure organisation politique à adopter dans la société à venir. Or, concrètement, cette réflexion se traduit par la démonstration suivante : il s’agit d’imaginer une organisation sociale néo-zapatiste (dont on tend à gommer les propriétés contextuelles et les spécificités, comme la forme communautaire du lien social) généralisée à l’échelle de la planète. Les réflexions sur le « bien vivir » sont également tributaires de cette méthode ; bien que l’auteur fasse état, au passage, de quelques tensions internes caractérisant le modèle amérindien, il s’agit in fine d’en faire une « source d’inspiration » pour la transition post-capitaliste :
« Sans faire des peuples indigènes une énième version de la perfection du bon sauvage, leur conception plus écocentrée du rapport à la Terre Mère et leur sens du collectif (qui n’exclut ni la différenciation sociale, ni les hiérarchies de statut, de prestige ou de genre, mais s’enracine néanmoins dans la possession collective de la terre et les pratiques coutumiers d’entraide) pourraient constituer une source d’inspiration, ou plutôt un utile point d’appui pour une humanité occidentalisée dont les valeurs fondamentales, comme l’individualisme compétitif et l’instrumentalisation de la nature, ont partie liée avec la crise de civilisation à laquelle est confrontée » (p. 126).
Est-il permis de penser que les modalités d’une émancipation post-capitaliste puissent se rapprocher d’expériences organisationnelles s’ancrant dans un mode de vie communautaire, dans un certain rapport à la terre et à la tradition, dans une ritualité partagée ? Si le but de l’auteur est d’organiser la sortie du capitalisme, comme Gramsci proposait, dans ses Cahiers de prison, d’organiser le pessimisme face à l’échec révolutionnaire, l’assise empirique du projet semble ainsi se dérober. Le renouveau de la critique sociale des années 1990-2000, dont l’un des enjeux a été précisément de réarticuler les formes savantes de critique et les expériences d’injustice ordinaire, n’est pas ici suffisamment exploité dans le cadre d’une réflexion sur les catégories présidant la « sortie du capitalisme » [9].
Aussi le statut de l’exemple zapatiste et amérindien demeure-t-il ambivalent. On oscille en permanence, malgré les mises en garde de l’auteur, entre le modèle, le cas analytique et l’idéal pratique (la référence pour la praxis). Ainsi, pour décrire le fonctionnement des Conseils de bon gouvernement, Baschet recourt à des textes produits par l’Ejército Zapatista de Liberación nacional (Armée zapatiste de libération nationale) ou à des extraits repris de travaux ethnographiques de seconde main. Ce type de démonstration manque évidemment de rigueur et de distanciation analytique vis-à-vis du matériau empirique présenté. Il eût été utile de confronter les formes de l’autonomie politique repérables dans les Conseils, avec les pratiques quotidiennes, dans la sphère de la famille, des sociabilités, de la socialisation éducative, de la vie communautaire, du rapport aux institutions et au droit, qui les font vivre au jour le jour. Quitte, ensuite, à construire des passerelles sociologiques entre dynamiques émancipatoires ici et là-bas. L’absence d’une telle réflexion, qui eût nourri le dispositif analytique de l’auteur et renforcé la thèse, fait pencher le lecteur vers une sorte de « modèle zapatiste/indigéniste » que l’auteur n’assume pas complètement. Ce modèle, caractérisé par des formes d’organisation spécifiques, des modalités de distribution du pouvoir, des types de lien social, des modalités éducatives et pédagogiques, des types de rapport à l’autre, à l’enfance, à soi, au temps, à l’espace, pourrait ne pas se « greffer » parfaitement à notre capitalisme en voie de transition. Ou du moins pourrait-il produire des surprises, quant aux modalités concrètes d’émancipation des individus ou aux lignes directrices des conflits à venir…Il semblerait que derrière ce problème il y ait plus généralement un malentendu autour du concept même d’utopie, dont l’usage en sciences sociales ne peut pas faire l’économie d’une certaine vigilance épistémologique. Le pari d’Adieux au capitalisme est de construire une utopie zapatiste qui puisse éclairer, sous le double mode de la critique et de l’alternative, les ravages sociaux, éthiques et politiques du capitalisme. En ce sens, l’utopie renvoie bien, comme le soulignait Elias, à un procédé spécifique de connaissance dans le domaine des sciences sociales [10]. Toutefois, la proximité au modèle semble sacrifier la critique à la volonté assumée de changer les rapports sociaux : ainsi la capacité de l’observateur à restituer les « possibles » qui traversent le monde social, dans leur pluralité irréductible, cède-t-elle, de son côté, à la volonté de faire coller la réalité au modèle.
Cette critique ne réduit pas toutefois l’apport d’Adieux au capitalisme à la construction de référents pratiques pour l’émancipation. C’est sans doute sur le terrain de la réflexion normative et de l’imagination conceptuelle que ce livre apporte une pièce importante au débat sur les alternatives à la société capitaliste présente, et aux formes de l’émancipation à venir.
Si le coeur vous en dit, vous pouvez ajouter un commentaire sur ce site. Babelio est une référence dans le registre littéraire et les lecteurs et lectrices attachent beaucoup d'importance aux avis. Merci.
25 juillet 1995. Jean, guide de haute montagne, est avec Blandine dans le RER. Il l’aime. Ils arrivent à la station Saint Michel.
Attentat.
Sa dernière image de Blandine sera celle de son visage ensanglanté, de son regard vide, de la tache carmin qui s’étend sur sa poitrine. Et de l’Océan d’âmes où elle a disparu.
Il se réveille à l’hôpital. Il comprend. Le vacarme de l’explosion, l’effroyable douleur, les cris et... >Voir plus
Attentat dans le RER à la station Saint Michel. de passage à Paris, Jean, guide de haute montagne, est grièvement blessé. Blandine, la femme qui l'accompagne, déchiquetée par l'explosion de la bombe, meurt immédiatement. Quand Jean se réveille sur un lit d'hôpital, c'est pour apprendre qu'il a été amputé sous le genou et qu'il ne reverra plus jamais celle qu'il aimait. Il est désespéré. Il sait, qu'avec une jambe en moins, il ne pourra plus jamais exercer son métier. Dès son retour en Savoie, il se remet à marcher et même à grimper avec sa prothèse. Un beau jour, il fait la connaissance d'Isabelle, jeune et charmante bibliothécaire blonde qui, comme lui, s'intéresse aux questions de spiritualité.
« Là-haut » est un roman émouvant et prenant qui aborde un thème difficile et assez rarement traité, celui du handicap et d'un handicap particulièrement cruel et injuste, celui qui est causé par un attentat terroriste. le lecteur suit pas à pas le héros dans sa longue et lente progression pour échapper par le haut à l'enfer dans lequel il a été plongé. Tout est si minutieusement détaillé par l'auteur, si finement observé qu'on se dit que ça sent le vécu. Même si l'auteur dérive un peu beaucoup dans la métaphysique (recherche de preuves de l'existence de Dieu, citations de paroles de sagesse hindoue) et affiche un anticléricalisme militant, l'ouvrage reste un témoignage puissant qui ne pourra laisser personne indifférent. D'autant plus que Thierry Ledru, qui possède un style très personnel, très efficace et de très bonne facture, sait rendre son propos particulièrement percutant. Un très bel hymne à la résilience, au courage et à l'amour.
Lien : HTTP://LEMAMMOUTHMATUE.SKYNE..
Nathalie et moi, nous avons fait le tour du Diois à vélo ces jours-ci.
300 kms, avec les sacoches, tente, duvet et tout le barda. Une région magnifique, des cols et des descentes, des paysages naturels, vierges de toute urbanisation, des hameaux dans des coins perdus, des rencontres avec des producteurs bios, des discussions passionnantes, des nuits sous la tente à écouter la vie de la forêt, des baignades dans des rivières, torrents, bassines, une eau turquoise et parfois argileuse, grand soleil sur tout le parcours, une chapelle datant du XI siècle et son cimetière envahi par les fleurs, des orchidées, le chant des oiseaux, le silence aussi, des heures à pédaler en écoutant de la musique ou juste le ronronnement du dérailleur, des routes départementales vides de circulation, les kilomètres qui défilent comme des bonheurs qui s'alignent sur le compteur.
Je suis toujours ému par la force physique et le mental de la femme de ma vie. Pédaler par 38 degrés, dans des cols de dix et même vingt kilomètres avec une douzaine de kilos dans les sacoches, le tout à 55 ans,dormir sous la tente dans le confort spartiate de la nature, savoir trouver les plantes comestibles pour accompagner les pâtes ou le riz, sourire à la vie à chaque coup de pédale, se laver dans les ruisseaux, aimer les montagnes comme au premier jour... Je bénis le jour de notre rencontre...
De mon côté, je me reconstruis patiemment. Physiquement. J'ai pris cher comme disent mes garçons durant ces trois dernières années et les dégâts collatéraux, liés à une somatisation effrénée, laisseront des traces définitives...
Des vacances à vélo : Il y a un aspect financier qui est grandement intéressant en dehors de tout le reste. Se mettre en autonomie revient à ne rien payer en logement durant toute la durée, à ne rien dépenser en essence et à limiter les dépenses alimentaires au minimum énergétique. Le coût de départ se répartit entre l'achat du vélo puis tous les accessoires nécessaires. Un VTT d'occasion dans les 1000 euros se trouvent sur le Bon Coin ou dans des magasins disposant d'un rayon "occasion". La fourche suspendue n'est pas une obligation par contre, il faut inévitablement chercher des développements conséquents : 3 plateaux et 9 pignons et surtout un gros développement pour les montées (32/34). Les sacoches doivent être solides et étanches et disposer d'un gros volume de chargement. La marque Vaude est reconnue pour sa qualité. (les miennes ont quinze ans). Le porte-bagages doit être costaud...et bien fixé.
Il reste ensuite à acheter une tente (attention au poids...), un duvet d'été, un tapis de sol, un réchaud, une popote, une lampe frontale. Avec 500 euros, on part avec du matériel qui ne fera pas défaut. Budget total : environ 1500 euros. Sachant qu'il s'agira du même matériel pendant des années, la rentabilité est vite assurée. L'entretien du vélo (chambres à air, patins de freins, câbles, pneus, chaîne, compteur...) fait partie du coût de n'importe quel vélo. Nathalie et moi, on a le même VTT depuis quinze ans. Il faudra ajouter également l'achat des cartes IGN au 1/25000éme 1 cm=250 mètres pour les parcours (les chemins, pistes, prairies, bois etc y sont tracés, environ 10 euros la carte). Il est possible de trouver également des guides détaillés sur certains itinéraires balisés. Au niveau alimentation, c'est clair que l'objectif n'est pas d'aller au restaurant mais de savoir se contenter de ce qu'on trouve et plus encore de ce qu'on peut transporter. Pour notre part, on se contente de peu (riz, pâtes, tomates, couscous, plantes sauvages, concombres, oignons, échalotes...) mais cela n'enlève nullement le plaisir du repas. Quand on pédale pendant six à sept heures par jour, le repas est toujours un moment agréable ! Pour l'eau, en France, on en trouve dans les villages, fontaines, lavoirs, toilettes publiques et si nécessaire, on va demander dans un bar ou restaurant. On ne nous a jamais refusé de faire le plein des bidons et des quatre bouteilles pour le soir. (boisson et toilettes si on n'a pas trouvé de ruisseau.) On se lave donc dans les points d'eau qu'on déniche le soir (rivières, ruisseaux, torrents, lacs) et sinon, c'est à la bouteille (1 litre suffit pour deux personnes). C'est aussi un moyen d'apprendre à ne pas gaspiller. Il existe de multiples itinéraires connus ou à inventer, qu'ils soient routiers (départementales) ou sur les chemins. Les pneus ne seront pas les mêmes selon l'itinéraire. Les pneus VTT fortement crantés ne sont guère agréables sur le goudron et il vaut mieux se tourner vers des pneus "mixtes" de type "marathon" Schwalbe). Ils permettent d'entrer dans les chemins de forêts ou les pistes pour chercher un bivouac et de rouler sur les routes sans perdre trop d'énergie. Les enfants peuvent tout à fait participer à ce type de raid en portant au moins un duvet, leur tapis de sol et quelques habits. Notre première traversée du Jura, de Montbéliard à Nantua, ( 500 km) nos trois enfants étaient avec nous et Léo, le plus jeune, avait dix ans. Maintenant, c'est clair qu'il faut un minimum d'entraînement pour que le plaisir de rouler ne devienne pas un calvaire.
Notre raid le plus ardu et aussi le plus beau, c'était la GTMC, Grande Traversée du Massif Central, de Clermont-Ferrand à Montpellier. 700 kms en VTT et quelques passages goudronnés. La traversée du Jura par les Hauts plateaux est magnifique également. Mais il y a des itinéraires moins physiques comme le "Tour de Bourgogne" ou "la VélOcéan" le long de la côte Atlantique. Ensuite, rien n'empêche de se créer son propre itinéraire.
Voici le traité de la seule révolution qui vaille : la libération intérieure. L'homme en cage, prisonnier des dogmatismes et des conformismes de pensée, est une ombre illusoire.
De l'exigence spirituelle présente de façon plus ou moins confuse dans chaque être humain, jusqu'à cette authentique libération, nous sommes conviés ici à parcourir toutes les étapes : se connaître soi-même, surmonter la peur, découvrir peu à peu le silence et la plénitude.
Réalisé à partir des conférences du grand philosophe indien, ce livre constitue une initiation accessible et brève à une philosophie dont la renommée et l'influence, au fil des générations, n'ont fait que grandir.
ISBN : 2226116672
Éditeur : ALBIN MICHEL (04/11/2002)
Note moyenne : 4.34/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Toute l'œuvre d'Anthony de Mello (1931-1987), prêtre jésuite indien, qui fit également profession de psychologue et psychothérapeute, est consacrée à la libération intérieure. Quand la conscience s'éveille se présente comme un recueil d'histoires courtes, de fables ou de paraboles qui, influencées par les spiritualités bouddhiste ou taoïste, tracent les voies d'une sagesse originale et efficace. S'appuyant sur son expérience d'animateur de retraites spirituelles, Anthony de Mello s'adresse ici directement à son lecteur, dans un style vif et familier. Il aborde les thèmes essentiels qui pourraient l'éclairer sur l'éveil à soi, condition d'harmonie intérieure et de bonheur. Il le poursuit jusque dans ses derniers retranchements psychologiques avec une perspicacité teintée d'ironie et de tendresse. Ce livre sera un compagnon de route précieux pour qui veut cheminer vers la connaissance de soi.
Ce livre nous présente plusieurs défis : si nous réussissons à être totalement présent et à faire un pas à la fois dans le moment présent, si nous réussissons aussi à vraiment appréhender les réalités que sont notre corps énergétique, le lâcher-prise, le pardon et le non-manifeste, c'est que nous saurons nous ouvrir au pouvoir transformateur de l'instant présent.
Chaque femme porte en elle une force naturelle, instinctive, riche de dons créateurs et d'un savoir immémorial. Mais la société et la culture ont trop souvent muselé cette " Femme sauvage" afin de la faire entrer dans le moule réducteur des rôles assignés. Psychanalyste et conteuse, fascinée par les mythes et les légendes, auteur également du Jardinier de l'Eden, Clarissa Pinkola Estés nous propose de retrouver cette part enfouie, pleine de vitalité et de générosité, vibrante, donneuse de vie. A travers des "fouilles psycho-archéologiques" des ruines de l'inconscient féminin, en faisant appel au traditions et aux représentations les plus diverses, de la Vierge Marie à Vénus, de Barbe-Bleu à la petite marchande d'allumettes, elle ouvre la route et démontre qu'il ne tient qu'à chacune de retrouver en elle la Femme sauvage.
Best-seller aux Etats-Unis, ce livre exceptionnel est destiné à faire date dans l'évolution contemporaine de l'identité féminine.
Si l'on ne se comprend pas soi-même, il est impossible de penser " vrai " ; à chacun de faire d'abord la lumière en lui-même.
Telle est la " première et dernière liberté " dont nous entretient ce livre, qui résume toute la pensée et l'enseignement du grand philosophe indien. Sans nous enfermer dans aucun système, nous invitant au contraire à une mise en question permanente, il aborde les problèmes fondamentaux de la vie avec le seul souci de rendre l'homme plus libre. C'est sans doute pourquoi le rayonnement de Krishnamurti ne cesse de croître, de génération en génération, dans un monde et une société de plus en plus en proie à l'inquiétude spirituelle
Qu’est-ce que l’amour ? La possession, le plaisir, la certitude de réciprocité ? Qu’appelons-nous «solitude», et pourquoi en souffrons-nous ?
En s’adressant aux auditoires les plus divers, en Inde, aux Etats-Unis ou en Angleterre, Jiddu Krishnamurti n’a cessé de revenir sur ces thèmes. Loin de nous im-poser un système, et en procédant le plus souvent par questions, il nous conduit pas à pas sur le chemin d’une véritable émancipation. C’est en se libérant des blessures du passé, aussi bien que des satisfactions et des plaisirs que chacun de nous brûle de retrouver, que notre esprit peut reconquérir l’innocence et la disponibilité. Alors seulement nous saurons quelle valeur et quelle place donner à la sexualité comme à l’amitié, à la tendresse comme à la connaissance. Et nous pourrons aimer vraiment…
Disparu en 1986, l’auteur de L’Eveil de l’intelligence et de Se libérer du connu laisse à un xxie siècle plus que jamais épris de spiritualité et de paix un message philosophique accessible à chacun, et d’une portée universelle.
Quinze ans après la mort de Krishnamurti, sa pensée demeure une référence dès lors qu'on parle de spiritualité et de méditation. Loin de prétendre à fonder une Église ou une secte, ce philosophe inclassable invite chacun de nous à prendre conscience des multiples conditionnements qui l'environnent (idéologies, croyances, modèles sociaux) afin de s'en dégager et de trouver en lui-même la source de sa liberté. Le Livre de la méditation et de la vie offre un ample panorama des thèmes les plus souvent abordés dans cet enseignement : la souffrance, le désir, l'amour, la mort. Les chapitres de l'ouvrage correspondent aux mois de l'année et comportent chacun quatre thèmes de réflexion. C'est la manière idéale de découvrir la pensée de Krishnamurti.
Durant des décennies, de l?Inde à l?Amérique et à l?Europe, Krishnamurti n?a cessé de dénoncer l?illusion de ces «drogues dorées» que sont les religions, les doctrines politiques aussi bien que la consommation matérielle, également impuissantes à répondre aux besoins spirituels de l?homme.Dans ce livre paru en 1970 et d?une actualité toujours brûlante, il nous incite une fois de plus à nous libérer des discours ou des morales préétablis, à écouter notre silence intérieur et celui de la nature.«Ce qui est créateur est toujours destructeur», affirmait-il. En menant une critique radicale des formes modernes de l'asservissement, son ?uvre dégage des perspectives dont la ruine actuelle des grandes idéologies ne fait que souligner la pertinence.
L'enseignement de Krishnamurti repose sur la conviction que les transformations de la société ne peuvent se faire qu'au terme d'une transformation des individus.
Critique vis-à-vis des religions et des sectes, Krishnamurti n'aura de cesse de répéter que le bonheur passe par le refus de tout type d'autorité.
C'est le sens des multiples conférences qu'il a données pendant des dizaines d'années, partout dans le monde."Dès l'instant où vous suivez quelqu'un, vous cessez de suivre la Vérité. "Le Sens du bonheur - un best-seller mondial - nous permet de voir le monde autrement.
Sans parti pris, universelle, la parole de Krishnamurti nous fait découvrir les racines mêmes de nos problèmes personnels et de ceux de la société qui nous entoure.
Il nous apprend l'art de voir et d'écouter avec notre cœur. Et à découvrir la Vérité qui est en nous.
" De tous mes livres de philosophie et de spiritualité, celui-ci est certainement le plus accessible, mais sans doute aussi le plus utile. Car ce n'est pas un savoir théorique que je cherche à transmettre, mais une connaissance pratique, la plus essentielle qui soit : comment mener une vie bonne, heureuse, en harmonie avec soi-même et avec les autres. Ce que je dis ici avec des mots simples et des exemples concrets, comme au cours d'une conversation avec un ami, est le fruit de trente années de recherches et d'expériences. Mon témoignage personnel importerait peu s'il n'était éclairé par la pensée des philosophes et des sages de l'humanité qui ont marqué ma vie : le Bouddha, Confucius, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Jésus, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas parmi d'autres.
Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c'est passer de l'ignorance à la connaissance, de la peur à l'amour ".
Castaneda a fait découvrir au grand public les enseignements des chamans mexicains qui ont pour origine la tradition toltèque, gardienne des connaissances de Quetzacoatl, le serpent à plumes. Dans ce livre, Don Miguel révèle la source des croyances limitatrices qui nous privent de joie et créent des souffrances inutiles. Il montre en des termes très simples comment on peut se libérer du conditionnement collectif - le « rêve de la planète », basé sur la peur - afin de retrouver la dimension d'amour inconditionnel qui est à notre origine et constitue le fondement des enseignements toltèques que Castenada fut le premier à faire découvrir au grand public. Don Miguel révèle ici 4 clés simples pour transformer sa vie et ses relations, tirées de la sagesse toltèque. Leur application au quotidien permet de transformer rapidement notre vie en une expérience de liberté, de vrai bonheur et d'amour. Le monde fascinant de la Connaissance véritable et incarnée est enfin à la portée de chacun.
Plus de 3 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Il y a fort longtemps, un vaillant chevalier combattait les méchants, tuait des dragons et sauvait les demoiselles en détresse. Il se croyait bon, gentil et plein d'amour. Il était très fier de sa magnifique armure qui brillait de mille feux, et ne la quittait jamais, même pour dormir. Seulement, un beau jour, en voulant l'enlever, il se retrouva coincé... Ainsi commença pour lui une quête initiatique, à la recherche de sa véritable identité, au gré de rencontres insolites et d'épreuves riches d'enseignement. En parvenant au "Sommet de la Vérité", il deviendra alors ce qu'il n'avait jamais cessé d'être, un homme au coeur pur, libre de toute illusion et de peur. Cette nouvelle quête du Graal, d'un humour délicieux, fait partie de ces "grands petits livres" comme Le Petit Prince et Jonathan Livingston le goéland. La limpidité, la profondeur du Chevalier à l'armure rouillée, qui parle au coeur et à l'âme, en font un conte d'une portée universelle.
« La voie proposée par Swâmi Prajnânpad consiste à entendre avec un coeur et un esprit ouvert des affirmations souvent inattendues, déroutantes, parois même choquantes au premier abord, d'y réfléchir, avec toutes les ressources de notre intelligence et à voir, eu dehors de nous et en nous-même, si ce que nous observons confirme ou ,on la vérité de ces paroles. Ce dont nous sommes intimement convaincus, pas parce qu'un maître nous l'a dit mais parce qu'il a réussi à nous le montrer, transforme tout naturellement notre perception de la réalité quotidienne et modifie notre manière d'y répondre. » - Arnaud Desjardins.
ISBN : 2226048472
Éditeur : ALBIN MICHEL (11/09/1990)
Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Ecrivain et philosophe considéré aujourd'hui comme l'un des grands " classiques " de la culture américaine, Henry Thoreau (1817-1862) fut redécouvert récemment par les jeunes générations à travers un film culte " Le Cercle des poètes disparus " dont il est la principale référence avec Walt Whitman. Loin d'être un " littérateur ", ce personnage singulier se construisit une cabane sur la rive de l'étang de Walden, dans les bois du Massachussetts, et y demeura seul des années durant, à l'écoute de lui-même et du dehors. Son chef d'oeuvre Walden - ou la vie dans les bois -, constitue le compte rendu de cette entreprise d'éveil. Inspirateur de Gandhi, Tolstoï, Martin Luther King, mais aussi de Yeats, Henry Miller, Gary Snider, Jack Kérouac, Thoreau figure au Panthéon des écrivains de la nature et de la non-violence. Les hindous saluent en lui un sannyasin (éveillé) du Nouveau monde. Lu avec admiration par Gide, Proust et Michaux, placé par Kenneth White au centre du réseau des " figures du dehors ", Thoreau indique des pistes à tous ceux qui aspirent à une vie plus dense. Ses cheminements sont ceux de notre temps. Dans ce livre très documenté, émaillé de nombreuses citations, Gilles Farcet propose une vivante approche de l'auteur de Walden, centrée sur l'expérience spirituelle de Thoreau et sur sa communion avec la nature, rapprochant notamment sa quête de celle des maîtres hindous, anciens ou contemporains. Présenté par Arnaud Desjardins, un des grands maîtres spirituels français, préfacé par Maurice Gonnaud, Président d'Honneur de l'Association Française d'études Amércaines, l'ouvrage comprend un long entretien avec l'écrivain Kenneth White.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Rédigés entre 1968 et 1972 à partir de notes prises par l'auteur auprès de son guide, Swâmi Prajnanpad (l891-1974), les trois tomes des Chemins de la Sagesse, aujourd'hui en un seul volume, restituent sous la forme d'un exposé rigoureux les découvertes d'un disciple à la recherche du Soi. Alors réalisateur à la Télévision française, Arnaud Desjardins y expose l'enseignement qu'il s'appliquait lui-même à mettre en pratique jour après jour. Source indispensable aux lecteurs désireux d'aborder ou de cerner dans son essence la démarche qu'il propose, cet ouvrage ouvre une voie concrète et nous rend accessibles, ici et maintenant, les vérités centrales de la métaphysique hindoue. Tous les aspects de notre nature trouvent leur place et leur fonction provisoire dans la voie qu'Arnaud Desjardins a élue pour lui-même, l'adhyatma yoga, dont les disciplines sont compatibles avec les conditions de vie des Occidentaux modernes. Rien de ce qui se manifeste en nous n'est rejeté : tout est assumé, intégré et transformé. L'accent mis par l'auteur sur la connaissance de soi et des mécanismes mentaux intéressera tous ceux que préoccupent les recherches contemporaines de la psychologie des profondeurs. Bien au-delà de l'Inde et des enseignements proprement orientaux, cette trilogie est en somme un traité de sagesse à l'usage des " hommes de bonne volonté ". On y retrouvera les échos d'une connaissance universelle, à laquelle peuvent puiser aussi bien agnostiques que croyants.
Autrefois grand voyageur, réalisateur pour la télévision de films sur les spiritualités vivantes de l'Orient, films qui ont fait date, auteur d'une vingtaine d'ouvrages dont l'impact ne cesse de croître, Arnaud Desjardins vit aujourd'hui en Ardèche où il se consacre à transmettre ce qui lui fut jadis enseigné. Pourquoi les êtres humains ont-ils peur de mourir ? Parce qu'ils n'ont pas vraiment vécu.
Et quelle malédiction les a empêchés d'exister pleinement, sinon la peur de vivre ? Sans doute notre civilisation ne nous aide-t-elle guère à oser être et exprimer ce que nous sommes réellement, en dépit de son apparente permissivité. L'importance exagérée accordée dans notre société aux valeurs purement intellectuelles et au savoir abstrait ne favorise pas la culture et la croissance du sentiment.
La prolifération des modèles souvent éphémères et superficiels proposés par les médias ajoute à la confusion. Il est devenu plus que jamais difficile de parvenir à être ce que l'on est, et non une imitation. Aussi, nombre de personnes ne s'engagent-elles qu'à moitié dans l'aventure de l'existence, elles avancent avec timidité, tout en se sentant frustrées, ne sachant où puiser, le simple courage d'être. Dans la lignée des précédents ouvrages d'Arnaud Desjardins, ce livre se veut un appel à une vie pleine, intense, à la mesure de chacun d'entre nous.
Il s'adresse à ceux et à celles qui aspirent à trouver et à retrouver en eux-mêmes l'audace de vivre.
ISBN : 2226024689
Éditeur : ALBIN MICHEL (24/09/1985)
Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
La démarche à laquelle nous convie Chandra Swami, authentique sage hindou, est simplement la vérification concrète, pratique, dans notre vie quotidienne, ici, maintenant, de cette vérité éternelle que les sages d'âge en âge, d'Orient ou d'Occident ne cessent d'énoncer, et dont lui-même est le témoignage vivant :
"Vous êtes Être-Conscience-Joie, au-delà de la peur, de la souffrance, de la dualité du moi."
Dans ce petit traité de sagesse sont donnés et longuement commentés les différents moyens propres à développer le silence intérieur, lieu clé de l'éveil à cette réalité. C'est sobre, précis, clair et marqué tout au long du sceau de l'authenticité.
Le reste est entre nos mains.
De la Bavière au Japon, de Maître Eckart au Tao Te King, de la psychologie expérimentale à l'Initiation, ce livre retrace le prodigieux cheminement spirituel de Karlfried Graf Dürckheim qui chercha la grande aventure de l'Esprit, la quête de la « conscience absolue », de la sérénité et de l'harmonie intérieure.
Du Japon, où il séjourne dix ans, il rapporte la pratique de la méditation Zazen, celles de l'aïkido et du tirc à l'arc.
La spiritualité est avant tout affaire de vécu, un fait d'expérience : tel est pour Dürckheim l'un des principaux messages de l'Orient à un Occident qui a perdu l'Esprit.
L'Occident pourtant a eu ses maîtres spirituels, et il ne s'agit en aucun cas de les renier - Eckart, en particulier, dont Dürckheim nous dit qu'il a été pour lui essentiel dans sa rencontre du Zen. Mais, à la manière orientale, il nous faudrait désormais les considérer plus comme des maîtres à vivre que comme des maîtres à penser.
Cet excellent petit traité satirique sur les raisons des échecs que l'on peut rencontrer lors d'un cheminement spirituel a pour base l'enseignement proposé par Arnaud Desjardins, dont Gilles Farcet est un proche collaborateur. Il nous éclaire sur tous les pièges susceptibles d'égarer le chercheur spirituel sincère, et ce quelle que soit la voie sur laquelle il est engagé. Ce manuel met en lumière les armes dont dispose le mental pour nous faire dévier à chaque instant de notre intention première qui devrait être : devenir un être humain digne de ce nom, un être libre. Voici un livre qui nous aide à redevenir des amants de la vie.
D'où viennent les peurs, comment les comprendre et comment trouver le courage d'y faire face ? Tels sont les thèmes évoqués dans ce livre qui est une leçon de vie "droit dans les yeux".
Être confronté à l'incertitude et aux changements est en réalité une opportunité de célébration. Plutôt que d'essayer de s'accrocher au familier, au connu, nous pouvons apprendre à apprécier ces situations comme des occasions d'aventures et d'approfondissements de la compréhension que nous avons de nous-mêmes, des autres et du monde qui nous entoure. Le courage commence par une exploration en profondeur de la façon dont celui-ci s'exprime dans notre vie quotidienne. Il sera abordé ici le courage de changer quand cela s'avère nécessaire, le courage de s'affirmer contre l'opinion des autres, et le courage d'accueillir l'inconnu en dépit de nos peurs - dans nos relations, dans nos carrières, ou dans ce constant voyage de la compréhension de qui nous sommes.
«Le courage n'est pas l'absence de peur.
C'est plutôt et justement la volonté d'y faire face.»
OSHO
OSHO est un des enseignants spirituels les plus provocateurs du XXe siècle et devient après sa mort en 1990, enfin reconnu comme un maître spirituel de référence.
Par son mode de pensée déstabilisant, il incite à une remise en cause permanente des certitudes et à une nouvelle prise de conscience plus autonome. Les Éditions Jouvence ont édité quatre de ses livres : La liberté, Être en pleine conscience, Sous la couette et Le courage, dont voilà la version Poche.