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Principes du Karma yoga

Par Le 09/11/2016

PRINCIPES DU KARMA YOGA
Rechercher toujours la perfectiondans l'action.
  • Il s'agit de faire chaque action de son mieux, mais ce n'est pas du perfectionnisme à tout prix.
  • Chacun fera selon ses propres compétences et s'efforcera de faire de son mieux.
  • Les résultats varient d'un individu à l'autre, mais l'intention va vers le même but.
Savoir se détacher des résultats de l'action. Cela signifie qu'il ne faut pas avoir d'attente particulière quant au résultat d'une action :
  • ni d'attente pour son profit personnel : égoïsme,
  • ni d'appréhension quant au résultat : angoisse, peur quant au résultat, etc.
Savoir rester centré sur l'action en cours d'accomplissement. C'est la conscience permanente qui concerne l'objet et le sujet :
  • objet : on reste centré sur ce que l'on fait immédiatement,
  • sujet : on agit en conscience, toute pensée vagabonde est donc à exclure pendant l'action si elle n'a pas de rapport avec l'action même.

Yoga sutra

Yogas sutras : les 5 principes fondateurs du yoga

5 grands principes découlent des yogas sutras. S'ils sont observés lors de la pratique, ces principes amènent le pratiquant à une harmonie globale :

YOGA SUTRAS : LES PRINCIPES DU YOGA

Principes Explications
Le choix de l'exercice.
  • L'exercice doit être approprié.
  • Il n'est pas question de maltraiter son corps en faisant un exercice de façon inadéquate ou en pratiquant un exercice contre-indiqué à notre état de santé.
La respiration correcte.
  • La respiration tient une place primordiale dans le yoga.
  • Chaque mouvement est rythmé par la respiration.
  • Faire un exercice sans savoir respirer de façon correcte ne servirait à rien.
La relaxation correcte.
  • L'exercice pratiqué avec une respiration correcte doit aussi se faire avec la présence correcte du pratiquant.
  • La pensée ne doit pas vagabonder pendant la pratique.
  • Ceci amène une certaine concentration sur le moment présent, mais en même temps le vide mental de tout ce qui ne concerne pas l'action présente et la relaxation.
L'alimentation.
  • Moins répandu en Occident, ce principe est toutefois essentiel dans le yoga de l'Inde.
  • Entrent également en compte la notion de végétarisme et d'une alimentation saine pour la bonne santé du corps.
  • On retrouve également ce principe dans l'Ayurvédisme.
La concentration/méditation. Ce principe est à la fois lié au mental et à la spiritualité.

Méditation et yoga

Yogas sutras : les 5 principes fondateurs du yogaThinkstock

"La belle vie" de Marion Gervais

Par Le 07/11/2016

GLISSE

http://kubweb.media/project/la-belle-vie/

La belle vie

Être libre c’est quand personne ne t’oblige à faire quelque chose. Quand t’es soumis à quelqu’un, c’est la mort !

scroller pour voir plus de contenu

Marion Gervais nous avait déjà impressionnés avec Anaïs s’en va-t-en guerre ; son nouvel opus, La belle vie, confirme qu’elle est une authentique cinéaste.

la belle vie kub marion gervais

Le film démarre par un de ces intenses moments d’ennui, pour quatre pré-ados en rase campagne (au propre comme au figuré), à se plaindre de leur sort, et de la maréchaussée qui s’en prend à leur seule raison d’être : le SKATE. À part s’ennuyer… ils peuvent rêver des villes dont les skateurs sont des princes : Saint Malo ! Rennes !! Barcelone !!!

Lointains petits frères de Tao Astier [Collections – La voie de Tao], ces gosses aux marges du système, en mal de reconnaissance, font finalement de leur déshérence un atout, se construisant un monde autarcique, où ils jouissent de liberté. LA BELLE VIE quoi !

LA BELLE VIE : LE FILM

de Marion Gervais (58’ – 2016, Quark productions)

Quatre garçons. 13 ans à tout casser.
Quatre garçons et leur bande, qui dévalent en skate les routes de leur village, entre la mer, la campagne et la ville. Skater toujours plus vite pour s’échapper. Échapper à la vie ennuyeuse, à l’école qui rapetisse les rêves, aux adultes qui ne rient plus. S’enivrer de sensations fortes en dévalant les pentes, soleil couchant d’un côté, océan de l’autre. Faire crisser les roulements à billes sur le bitume pour pousser la vie plus haut. Libérer la joie et les peines, partager les peurs et les batailles : aimer des filles, conquérir les pères, oublier le collège.
La vie est rude quand on a 13 ans mais c’est la vie ensemble. Celle qui sauve de tout. Et ensemble ils décident d’aller au bout de leur promesse, partir skater à Barcelone.

Voici dans un premier temps la version 52′ du film pour France 3 Bretagne, la version originale de 58′ sortira en décembre.

INTENTIONS DE LA RÉALISATRICE

Extraits du dossier artistique de La belle vie

Je connais la plupart de ces garçons depuis qu’ils sont tout petits. Nous vivons dans le même village. J’ai suivi chaque étape de leur enfance en observatrice attentive. Ils m’ont toujours ému et malgré les carences affectives, les pères absents, ils vivent leur vie avec fougue et passion dans ce village, leur domaine qui recèle leurs secrets et leurs peines d’enfants.

Je les ai vus se cogner contre les adultes, contourner les obstacles et trouver leurs solutions, rire de tout et de rien, pleurer aussi. Je les ai vus partir dans les bois comme on part à la guerre, le sac rempli de pioches et de couteaux. Je les ai vus partir dans les marécages, enfoncés dans la boue jusqu’aux cuisses, à la recherche de « plantes rares ». Et je n’ai jamais cessé de m’interroger sur ce qu’ils sont et sur les hommes qu’ils deviendront demain.

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PRESSE

Les petits princes de Marion Gervais

Mon fil conducteur, c’était d’arriver à accéder à l’intériorité de ces jeunes qui quittent l’enfance et qui arrivent dans l’adolescence, qui ont une puissance de vie phénoménale et qui en même temps traversent les rudesses de l’existence comme les adultes.

Chloé Batissou pour ARMEN

Devenir grand, c’est glisser vers l’inconnu

Dès les premières minutes de La belle vie, le spectateur se laisse embarquer par cette bande d’adolescents, filmés par Marion Gervais. Avec tendresse et délicatesse, elle les amène à se confier. L’un parle avec pudeur de l’absence de son père, l’autre de l’école où II ne trouve pas sa place. Je les trouve très courageux. Ils me touchent car ils cherchent plus grand que leur vie. 

Karin Cherloneix pour Ouest France

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MARION GERVAIS, BIO

La réalisatrice par elle-même : Je suis une autodidacte. Ce sont les voyages, les expériences, les rencontres, et ma quête de liberté qui m’ont construites. L’ambition sociale et une vie dans les clous me sont apparues très jeune comme vaines. Faire ce que je voulais et inventer ma vie, c’était tout ce que je cherchais. À 18 ans, par une rencontre fortuite avec Michel Denisot, je suis devenue son assistante pour son émission La grande famille. J’ai construit le zapping pendant deux ans. Puis j’ai tout largué pour partir sur les traces de Jack Kerouac aux USA… Pendant quinze ans, toujours entre deux voyages, j’ai été directrice de casting sauvage, c’est-à-dire que je cherchais les personnages des films dans la rue. J’ai travaillé entre autres pour Bruno Podalydés, Manuel Pradal, Chantal Ackerman, Julian Schnabel, Bernie Bonvoisin.

Il y a quelques années, filmer le réel est devenu une obsession. J’ai appris les bases aux Ateliers Varan, où j’ai réalisé un 26 minutes La bougie n’est pas faite de cire mais de flammes, le portrait de Cassandra, une enfant Rom qui navigue avec sa famille entre squat et rue, entre poésie de l’enfance et cauchemar. Puis j’ai réalisé un film d’une heure Anaïs s’en-va-t-en guerrequi a connu un grand succès sur le web. Et puis une websérie La bande du skate park et avec les mêmes personnages, un 52 minutes La belle vie. Ces trois films sont produits par Juliette Guigon et Patrick Winocour de Quark productions, mes allliés."

Handicapé volontaire à déficience acquise.

Par Le 06/11/2016

 

En écrivant le roman « Là-Haut », je me suis bien entendu interrogé sur la notion de handicap, sur l’existence de catégories englobant les personnes valides et celles considérées comme invalides.

Sur quels critères ces cadres sont-ils conçus ?

Valide : Qui est en bonne santé, capable de travail.

 

Handicapé : Infirmité ou déficience, congénitale ou acquise.

 

Invalide : Se dit de quelqu'un qu'une infirmité rend incapable d'activité. (En droit, est invalide celui dont la capacité de travail est réduite au moins des deux tiers.)

Invalidité :  État d'une personne rendue invalide de façon plus ou moins durable, inapte à mener une vie active, en particulier une vie professionnelle normale, du fait d'une blessure, d'un accident, d'une maladie ou de l'âge. 

 

On voit dans les définitions à quel point le rapport à l’intégration professionnelle a une importance considérable. C’est la difficulté à assumer une tâche destinée à l’obtention d’un salaire qui contribue à la hiérarchisation de l’invalidité.

C’est effrayant parce que cela signifie que cette intégration à la dimension économique de l’existence représente la base même de l’individu, son importance, sa valeur aux yeux de la société marchande. Par conséquent, un individu dont les difficultés physiques ou intellectuelles rendent cette intégration impossible ou partielle sera considéré comme « inexistant » ou « en dehors » du cadre social.

Personnellement, je considère que les chimistes de Monsanto ou les ingénieurs œuvrant à la mise au point d’armes de destruction sont totalement invalides dans le sens où leur tâche, pourtant fortement rémunérée, va à l’encontre même de la vie. De la même façon, je considère qu’un individu amputé des deux bras et peignant avec les pieds représente pour l’humanité un apport considérable et cela même si ces œuvres n’ont aucune valeur marchande. Un individu limité physiquement par une déficience de naissance ou acquise mais cherchant à exploiter au mieux le potentiel disponible a bien plus de valeur à mes yeux que le supporter de foot imbibé de bière et qui beugle son fanatisme dans les tribunes.

Il est absurde, inconvenant, irrespectueux et même parfaitement paradoxal d’identifier le statut d’un individu valide ou invalide en fonction d’un critère professionnel et même en fonction de la capacité qu’il a à assumer des tâches sociales.

Il existe pour moi un nombre élevé d’individus considérés comme « valides » et qui sont pourtant dans leur vie quotidienne parfaitement « invalides ». Le critère d’intégration professionnelle n’est que le reflet d’une société matérialiste qui n’a pas d’autres valeurs que celui de la monétisation des individus.

"Tu fais quoi dans la vie ?" « Combien gagnes-tu ? » et « Quel est ton apport économique à la société ? » sont les  constantes à partir desquelles la valeur apportée de l’individu sera établie.

 

Quel devrait-être dès lors le cadre identifiant la « validité » de l’individu :

*l’usage du potentiel humain : physique, intellectuel, émotionnel, philosophique, existentiel, c'est-à-dire dans les actes, dans les paroles et dans les pensées et non uniquement dans un cadre « financier »

* l’analyse individuelle des effets de cette exploitation du potentiel

*l’analyse commune des effets de cette exploitation du potentiel et les impacts sur l’ensemble du Vivant et non uniquement au regard de la valeur marchande.

 

Bien évidemment que la problématique matérielle doit être prise en compte et que l’accompagnement de la personne en situation de handicap mérite toute l’attention de la société dans sa dimension financière mais il convient dès lors de ne pas catégoriser l’individu dans une hiérarchisation fondée sur son « utilité » ou son "poids" envers la société.

La notion « d’assistance » porte en elle une connotation négative et impacte psychologiquement les personnes concernées. Il est douloureux de sentir sur soi des regards indifférents, tout autant que discriminatoires ou compatissants.

Il n’y a que l’empathie qui doive être appliquée, c'est-à-dire l’accueil intégral de la personne, non pas comme un individu handicapé mais portant une singularité qui n’est en rien une forme identitaire.

C’est là que la notion de personne valide ou invalide prend forme à mes yeux.

Un individu possédant l’intégralité de son potentiel physique et intellectuel et ne cherchant pas en user au mieux et non seulement selon les besoins dictés par la vie sociale est à mes yeux une personne « invalide ». Il ne s’agit pas pour autant de vouloir atteindre les performances physiques d’athlètes de haut niveau ni de vouloir contredire les thèses des scientifiques les plus pointus mais juste de prendre conscience que l’habitude sociale (métro, boulot, dodo…) et que toutes les contingences liées à notre intégration  en tant que « citoyen » ne représentent pas l’intégralité de l’individu mais juste un rôle octroyé par la société tenue par des individus à la morale déficiente et qui usent de leur pouvoir pour s’octroyer des privilèges.  

Tout le problème vient par conséquent des « valeurs éducatives » transmises par cette « société » qu’elles soient familiales, historiques, politiques, économiques, philosophiques, médiatiques.

On voit donc que nos sociétés occidentales et en général matérialistes placent la valeur de l’individu dans un registre économique et que par conséquent les personnes dites en situation de handicap et ayant besoin d’une « assistance »   n’ont pas les mêmes reconnaissances sociales.

 

J’ai connu provisoirement la perte de l’intégrité physique. Je sais à quel point tout est rendu compliqué et combien des actes a priori anodins deviennent redoutablement complexes.  

Je sais aussi combien la force morale relève dès lors de son altitude la plus élevée… La désespérance souffle comme une brise qui ne prévient pas. Elle s’évapore ou rejaillit comme une entité totalement insoumise.

Sachant cela et dans l’impossibilité salvatrice d’oublier les épreuves traversées, je sais à quel point une personne en situation de handicap doit concentrer son énergie pour parvenir à ses fins.

Les personnes dites « valides » se contentent d’espérer que rien d’inattendu ne viendra se mettre en travers de leurs projets mais la personne qui doit porter le fardeau de limites ajoutées sait pour sa part qu’avant même de commencer, elle devra dépasser le souffle de cette désespérance.

C’est là que je vois dans les actes de la personne dite « invalide » ou « handicapée » une forme de performance morale qui relève, non pas du handicap mais bien de l’exemplarité.

A contrario, l’habitude flasque et délétère de l’individu valide qui se contente d’exister dans une attitude repue et inerte relève à mes yeux d’un abandon de soi lui conférant un statut « d’handicapé volontaire par déficience acquise. »

Et le nombre d’individus pouvant être assimilés à ce statut « d’handicapé volontaire » dépasse l’entendement…

Abandon alimentaire, abandon de l’entretien physique, abandon intellectuel, abandon émotionnel, philosophique, culturel, abandon à toutes les formes reconnues d’activités sociales sans aucune réflexion réelle sur leurs valeurs, instauration d’une bulle égotique éliminant toute conscience de responsabilités envers l’ensemble du Vivant, absence de conscience empathique, l’altruisme n’ayant plus d’autre objectif que la reconnaissance identitaire, l’activisme social relevant de l’addiction et non d’un enrichissement partagé, l’inculture relevant de la norme et les résistants se voyant qualifiés d’intellectuels ou même de « complotistes »…

Toutes ces personnes « valides » qui s’agitent communément sur une scène sociale ne sont plus que des entités vidées de leur substance spirituelle et gavées en retour de produits à valeur ajoutée… Tous ces « handicapés volontaires par déficience acquise» qui regardent avec pitié ou mépris ou ignorent la personne « invalide » et qui ne réaliseront peut-être jamais à quel point leur engagement dans l’exploitation réelle du potentiel offert relève de l’insignifiance, que faudrait-il finalement pour qu’ils sortent de leur état de dépendance ?  

Car il s’agit bien d’une dépendance. C'est-à-dire une forme d’existence qui pour eux ne saurait être changée. N’y a-t-il pas dans cette fossilisation l’inverse de la notion de personne « valide » ?

Au regard de l’effort physique et moral, de la force d'acceptation, de l'abnégation, de la lutte constante entre la désespérance et la volonté, la personne, par exemple, qui ne peut marcher et se déplace en fauteuil roulant est à mes yeux bien plus valide que celui qui dispose de l’usage de ses jambes et prend l’ascenseur pour monter d’un étage. Des millions d’exemples sont envisageables. Ces usagers des super marchés qui vont chercher pendant dix minutes une place de parking aux abords de l'entrée du magasin quand il y en a des dizaines disponibles un peu plus loin...Ou même se garer sur la place réservée aux personnes à mobilité réduite... Comme s'ils allaient porter leur caddy sur leur dos...Comme s'ils n'avaient plus la posibilité de marcher avec un sac de courses.

Des handicapés par abandon, par lâcheté, par imitation, par molesse, des individus qui ne savent même pas qu'ils jouissent à chaque instant d'un miracle, d'une offrande qui ne s'explique même pas, que la métaphysique explore, que la science décortique : la vie.   

Il convient donc de chercher la cause de cet abandon de soi et de l’acceptation du statut d’handicapé volontaire. Et de trouver ensuite le moyen d’inverser ce phénomène dégénératif.

Premier constat :

*Chacun est responsable de cette quête. Il ne convient pas de chercher un gourou, une méthode, une école, une recette mais d’entrer uniquement dans l’observation constante des actes, des paroles et des pensées.

Deuxième constat :

*Prendre conscience qu’il vaut bien mieux s’engager dans une exploitation volontaire, réfléchie, lucide et générale que d’exploser en vol sous l’effet d’un missile…Et les cieux se remplissent...

Aujourd’hui, personne n’est capable, objectivement, de présager des années à venir. Sur un plan social, économique, conflictuel, écologique, environnemental, politique, rien, aucune analyse, aucune projection ne peut s’attribuer l’étendard de la vérité.  

Et ce que j’en dis n’est d’ailleurs en soi que l’élucubration de mon esprit.

 

"La longue route" du Vendée globe

Par Le 06/11/2016

La Longue Route

 

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La Longue Route
Image illustrative de l'article La Longue Route
Joshua, sous voile.

Auteur Bernard Moitessier
Pays France
Genre Récit vécu
Éditeur Arthaud
Lieu de parution Paris
Date de parution 1971
Nombre de pages 315
ISBN 2-700-39654-5
 
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La Longue Route de Bernard Moitessier est le récit autobiographique de son périple pendant la première course autour du monde en solitaire du Golden Globe, en 1968. C'est son troisième livre, après Vagabond des Mers du Sud et Cap Horn à la voile.

 

Sommaire

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Contexte historique[modifier | modifier le code]

Alors qu'il ne se remet pas d'avoir bâclé son dernier récit, relatant son voyage de noces en Polynésie et le retour par le Cap Horn, le navigateur et écrivain Bernard Moitessier décide, après avoir d'abord sérieusement pensé au suicide, pour se racheter, d'écrire un autre livre. Un livre qui raconterait un voyage encore plus fabuleux1. Il décide alors de ce tour du monde en solitaire sans escale.

Apprenant qu'un anglais, Bill King, prépare le même voyage, un quotidien anglais, le Sunday Times, organise une course au règlement simplifié : chacun partira entre le 1er juin et le 31 octobre du port anglais de son choix ; il suffira ensuite de boucler le tour du monde par les trois caps, sans toucher terre et sans assistance. Deux récompenses à la clé : un chèque de 5 000 livres sterling pour le plus rapide, et un trophée (le Golden Globe), au premier arrivé.

Le Golden Globe Challenge est créé.

Après un premier refus, Bernard Moitessier finit par accepter de participer à cette course. Il rejoint alors l'Angleterre, afin de finir de préparer son voilier. Il part le 22 août 1968 de Plymouth, à bord de Joshua, son ketch en acier de douze mètres, dont les mâts sont de simples poteaux télégraphiques. Deux autres partent dans la même période : Loïck Fougeron et Bill King, avec qui il avait partagé énormément pendant toute cette période de préparatif.

Un long périple[modifier | modifier le code]

Voyage du Joshua - La Longue Route

Très vite, La Longue route prend une tournure toute autre que les précédents livres de Moitessier. Il y explique sa vision de la mer, du monde actuel et de ses dérives. Il raconte les calmes de l'Océan Indien où il passe ses journées à nourrir les oiseaux. Moitessier n'est plus en course. Il avait dit avant de partir qu'il courrait la course à sa façon, et c'est effectivement ce qu'il fait. Quand il pousse son bateau au maximum, rajoutant des bonnettes sous la trinquette, c'est pour voir Joshua avaler les milles et ne pas rester trop longtemps sous les hautes latitudes, où il ne fait pas bon de traîner. Quand il s'inquiète de savoir où sont les autres, c'est par peur qu'il leur soit arrivé quelque chose. Et le marin passe le Cap Leeuwin, au large de l'Australie, puis le Cap Horn. Il commence alors à remonter vers le nord, pour s'éloigner de la zone des icebergs, se reposer et décide, comme il l'avait décidé quelque temps après Leeuwin, de continuer vers le Pacifique, sans escale.

« Je continue sans escale vers les îles du pacifique »[modifier | modifier le code]

Alors que tout le monde l'attend en vainqueur (au train où il avance, il dépassera bientôt Robin Knox-Johnston, parti bien avant lui), Bernard, passant pour la seconde fois le Cap de Bonne-Espérance, catapulte à l'aide d'un lance-pierre un message sur un cargo : « Je continue sans escale vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme. » Pour lui, partir d'Europe pour revenir en Europe, c'était comme partir de nulle part pour revenir nulle part.

Le 21 juin 1969, 3 mois et 3 jours après ce message, après avoir traversé une nouvelle fois l'océan Indien, passé le Cap Leeuwin une deuxième fois, mis quatre fois les mâts dans l'eau au cours d'une tempête, Joshua tire des bords pour rejoindre le port de Papeete. Les plaisanciers voient passer la longue carène aux traînées de rouille. Bernard Moitessier jette une ancre, lance les amarres. Parmi ceux qui les saisissent, Pierre Deshumeurs, avec qui, 18 ans plus tôt, il avait tenté de rejoindre l'Australie en partant d'Indochine sur un bateau pourri de la quille jusqu'à la pomme du mât. Après 300 jours de mer, le périple est fini. Il pulvérise également le record de la plus longue traversée en solitaire sans escale, avec quelque 37 455 milles parcourus, soit 69 367 kilomètres.

Une course teintée de malheurs[modifier | modifier le code]

Les positions des concurrents au 10 avril 1969

Knox-Johnston, quant à lui, est arrivé le 12 avril à Falmouth, après 313 jours de mer. Il remporte les deux trophées, puisqu'il est le seul à boucler la course. En effet, sur neuf partants, il n'y a que lui qui rentrera. Fougeron et Bill King abandonnent. Quant à Donald Crowhurst, parti juste avant la date limite, son bateau est retrouvé, le 10 juillet 1969, à la dérive. À bord, on y retrouve deux journaux de bord. Le premier dévoile une navigation imaginaire autour du globe, l'autre un parcours réel qui n'a pas quitté l'Atlantique.

En effet, Crowhurst, voyant sa progression laborieuse, a très vite eu l'idée de bouchonner dans l'Atlantique Sud, tout en envoyant de fausses positions. Il fait même escale pendant deux jours près de Río Salado en Argentine, pour réparer un flotteur endommagé.

C'est se croyant rattrapé par Crowhusrt, qu'un autre concurrent, Nigel Tetley, désagrège son trimaran en remontant l'Atlantique. Il se suicidera lui aussi, quelques années plus tard2.

Mais l'abandon de Bernard Moitessier et la désagrégation du trimaran de Tetley font que Crowhurst pourrait arriver en Angleterre en réalisant le tour autour du monde le plus rapide. Il comprend alors que sa navigation va être décortiquée, et la supercherie découverte. Il décide donc de mettre fin à ses jours.

On retrouve également un recueil de 25 000 mots, sorte de long testament philosophique, que Crowhurst a écrit en sept jours, avant de se suicider. Knox-Johnston laissera la bourse de 5000 livres sterling à la famille endeuillée de Crowhurst.

Rédaction du livre[modifier | modifier le code]

Il faudra plus de deux ans, alors que son éditeur ne lui en donnait qu'un, pour que Bernard Moitessier écrive les dix mois passés seul en mer. Deux années pour recréer « le fidèle reflet du fabuleux sillage ». Alors qu'il va remettre le manuscrit à son éditeur, Bernard rajoute un ultime chapitre. Puisqu'il a tourné le dos à l'Europe et son progrès en continuant vers le Pacifique, il ne peut se renier en acceptant les droits d'auteur. Il lègue alors tous les droits, français et étrangers, au pape, pour « aider à la reconstruction du monde ». Et si le Vatican ne veut pas de cet argent, la somme ira aux Amis de la Terre. Cette opération fut un coup d'épée dans l'eau, personne ne s'intéressa réellement à cette somme pourtant rondelette, et deux ans après la parution de La Longue Route, l'argent dort encore sur le compte de l'éditeur3. En moins de trois ans, les ventes dépassent les cent mille exemplaires, et, comme son Vagabond des Mers du Sud, le troisième livre de Bernard Moitessier devient rapidement une référence dans le domaine de la littérature maritime.

Plusieurs années après, il montera un film à partir des rushs tournés pendant la traversée, avec une caméra Beaulieu

"L'alimentation sensorielle"

Par Le 06/11/2016

L'alimentation sensorielle

 

Manger cru avec du sens

Pourquoi l’alimentation sensorielle?

Le poids des maux vous pèse ? La sérénité physiologique vous tente ?

Alors lisez la suite et entrez dans votre intimité sensorielle, allez à la rencontre de vous-même dans la profondeur temporelle de votre histoire évolutive, et ses millions d’années durant lesquels vos ancêtres ont co-évolué avec les ressources de la vie.

Un si grand cru, qui l’eut cru ?

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Des références scientifiques solides…

Des années de recherches…
Pour les besoins de mon mémoire de fin d’étude (EPHE) j’ai cherché toutes les publications scientifiques ayant un rapport avec le « manger cru » et la santé. J’en ai recensé plusieurs dizaines qui démontrent preuves à l’appui combien les aliments crus sont bénéfiques pour la santé.

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Les nombreuses façons de manger cru…

Toutes les pratiques alimentaires qui conduisent à augmenter la part de cru dans son alimentation sont à encourager compte tenu de ce que nous savons aujourd’hui…

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Une multitude de témoignages

Les acteurs de la révolution alimentaire qui est aujourd’hui en marche sont nombreux et variés…

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A chaque situation sa solution

Connaître, se connaître, se reconnaître…

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Comment en parler avec… ?

Votre médecin, votre famille, vos amis et le professeur des écoles de votre enfant ?

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La première vidéo que j’ai tournée avec Thierry Casasnovas a été mise en ligne sur sa chaîne YouTube fin juin 2016. J’y raconte comment, suite à la découverte d’une sclérose en plaques à 30 ans, je me suis mis en orbite du monde en partant en solitaire sur un petit catamaran errer dans les Caraïbes en vivant de pêche et de cueillette. J’y raconte aussi pourquoi et comment  cette toute première expérience du cru a bouleversé ma vie. Le roman autobiographique que j’en ai tiré, publié en 1994 par TF1 Editions, pourrait être republié bientôt par Dervy Médicis, l’éditeur de mon dernier livre « L’éloge du cru ».

"Osons causer" (vidéos)

Par Le 04/11/2016

On trouve ce site sur you tube ou sur leur page Facebook. 

Leurs vidéos sont excellentes, percutantes, concises, documentées. 

Je ne m'en lasse pas et c'est toujours une porte d'entrée pour en chercher davantage ensuite. 

https://www.youtube.com/channel/UCVeMw72tepFl1Zt5fvf9QKQ

https://www.facebook.com/pg/osonscauser/videos/?ref=page_internal

 

Un travail sur le scandale des autoroutes :

"GOUTTE D'EAU"

Par Le 04/11/2016

 

Goutted4eau2 1

"GOUTTE D'EAU" est en concours ici : 

AccueilLe concours nolimLes nouvellesGOUTTE D’EAU

http://www.jedeviensecrivain.com/nouvelles-concours/goutte-deau/

 

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J'AI VOTÉ

thierryledru

 

GOUTTE D’EAU

 

J’étais une goutte d’eau vivant dans les grands fonds. J’avais fait dix mille fois le tour de tous les océans. J’avais frôlé les baleines et les calmars géants, j’avais erré longuement dans les chevelures des laminaires, j’avais vu des milliers de poissons, je m’étais mirée dans leurs pupilles. J’avais entendu parler de la lumière, celle de la surface, celle qui était réservée aux Grands Sages. J’avais même entendu dire que des êtres à deux jambes possédaient un pouvoir redoutable et que les eaux de surface étaient de plus en plus souillées mais que la lumière des cieux restait malgré tout un paradis flamboyant, que le voyage de l’eau pouvait prendre la forme d’un cycle merveilleux, un éblouissement de chaque instant. J’ai rêvé longuement, au gré des courants les plus lents, au gré des obscurités les plus effroyables, j’ai rêvé pendant des siècles à cette accession à la lumière.
Me parvenaient parfois des échos de la surface, des paroles qui descendaient jusqu’aux profondeurs insondables par d’interminables commérages. Je ne parvenais pas à savoir si les distances parcourues et le nombre incalculable de congénères concernés falsifiaient le message originel. Tout ce que j’entendais paraissait si irréel. Un astre lumineux diffusant des chaleurs, des cieux infinis, des couleurs, des montagnes, et des fleuves, des forêts tropicales, la pluie, la neige, le vent et les nuages, j’écoutais pour construire des images, j’ai même entendu parler d’un Dieu tant l’éblouissement permanent semblait contenir une intelligence infinie.
Je voulais explorer la vie au-delà des limites de ma condition.
J’ai passé des siècles d’errance dans le flux des courants à essayer de comprendre. Dans le noir le plus opaque, la seule lumière disponible ne peut s’éveiller qu’à l’intérieur. Elle ne me comblait plus.
J’ai pleuré, parfois, ajoutant au corps océanique une infime parcelle mais je n’ai jamais abandonné. Il y avait nécessairement un projet qui m’était attribué.

Et puis les Grands Sages m’ont convoquée. Le Conseil avait lieu dans une fosse immense, un abysse que les plus jeunes d’entre nous habitaient. Il en était ainsi dans le monde de l’eau. Pour s’élever, il fallait accepter les millénaires d’errance.
J’avais tout supporté, jusqu’aux mers polaires dans lesquelles je m’étais retrouvée figée pendant des saisons interminables. Cette pression exercée par mes compagnes au-dessus de moi, je l’avais acceptée, sans aucune rébellion.
Les Grands Sages.
Ils avaient le pouvoir de redescendre se mêler au peuple d’en bas. Et de remonter vers la surface tout aussi facilement.
Je me suis présentée, craintive et enthousiaste, euphorique et apeurée. Qu’allais-je donc apprendre ?
Les Grands Sages m’ont parlé. Ils m’ont expliqué. Je les ai écoutés sans jamais les interrompre, fascinée par l’incroyable luminosité qui émanait de leurs molécules.
Les Sages aimaient mon respect de la patience, ils aimaient mon abnégation à tenir mon rôle de goutte d’eau, ils aimaient également en moi ce désir de lumière. J’ai été surprise et ils m’ont expliqué que beaucoup de gouttes d’eau après des millénaires dans les noirceurs délaissent à tout jamais le désir de lumière, que l’abandon les comble et qu’elles se satisfont de leurs conditions soumises. Jusqu’à parvenir à s’en réjouir.
Je ne comprenais pas. J’aurais préféré mourir dans les déserts dont j’avais entendu parler.
C’est ce désir de lumière en moi qui avait donc convaincu les Grands Sages de m’accorder le voyage. Je devenais une Exploratrice.
Ils m’ont prévenue que le choc serait à la mesure des étendues océaniques.
Tout ce que j’avais entendu était-il vrai ?
L’ascension a débuté. Une remontée verticale absolument stupéfiante. J’ai rapidement senti l’allègement de la pression et j’ai eu l’impression de grandir. Je devinais sur mon passage des regards réjouis, des saluts amicaux, comme si mon ascension venait offrir à mes compagnes une fenêtre vers le haut, comme si mon élévation venait insuffler en elles le goût de la lumière.
J’espérais les voir suivre mon sillage.
« Tu n’as pas à espérer pour les autres, avait dit une voix monocorde en moi. Ce que les autres décideront ne t’appartient pas. Enseigne-toi et laisse aux autres le choix de s’enseigner eux-mêmes. »
Un Grand Sage, une voix insérée en moi.

J’avais écouté et retenu. N’avoir aucun autre espoir qui ne soit à moi, être seulement la preuve vivante que tout est possible.
Lorsque j’ai aperçu la première coulée de lumière, j’ai cru défaillir. Je n’avais jamais connu un tel éblouissement.
Cent mille ans de patience sur le point d’éclore.
J’allais naître à la lumière.
Tout s’est accéléré.
J’ai vu s’étendre autour de moi l’azur bleuté et les scintillements de rayons fragmentés.
J’ai percé la surface avec une énergie folle, au point que je suis restée suspendue en l’air avant de retomber dans les flots.
J’ai vu le ciel ! Un océan immobile, auréolé d’écume et les nuages, des vaisseaux sculptés qui tendaient leurs voiles.
Je ne sais pas d’où sont venus tous les mots. Il a suffi que la lumière m’environne pour que jaillisse en moi une mémoire euphorique.
La lumière avait déclenché le rappel immédiat de tous les savoirs. Les mots sont remontés des abysses intérieurs plus rapidement qu’un espadon en chasse. J’ai réalisé alors tout ce que je portais.
Je bénissais à l’instant ma persévérance.
J’ai vu le soleil. Mais je n’ai pas pu soutenir son regard. Il m’a transpercée. Je m’en suis voulu d’avoir été aussi impatiente. Incroyable comme la prétention pouvait surgir sans prévenir. À peine émergée que je cherchais à englober la source de tout. Je craignis un instant que les Grands Sages ne reviennent sur leur décision.
« Rien de tout cela, entendis-je en moi. Tu apprendras que la compréhension est un long cheminement. Laisse vivre la vie en toi et saisis tout ce qu’elle te donne. »
Je n’eus pas le temps de remercier. Ils avaient disparu.
Je flottais désormais à la surface d’une houle longue.
La chaleur du soleil était délicieuse.
J’ai longtemps navigué sur des crêtes ourlées de dentelles, j’ai plongé en riant sur des toboggans réjouissants, j’ai côtoyé des gouttes anciennes, de celles qui avaient déjà réalisé le Grand Voyage.
C’est au zénith du soleil que j’ai senti les premiers frémissements. La chaleur pétillait en moi et j’avais l’impression d’être remplie de bulles, comme agitée par une énergie inconnue. Je ne savais rien des expériences à venir.
J’ai vu alors dans les regards de mes congénères des bénédictions salutaires et cette empathie m’a rassurée et convaincue. Je n’étais en danger qu’au centre de mes inquiétudes.
Je me suis abandonné, j’ai lâché toutes les résistances, j’ai cessé d’avoir peur.

L’agitation de mes atomes a pris alors une tournure indescriptible.
Le corps de l’Océan semblait se dilater et je devinais autour de moi des poches liquides qui se rompaient, des myriades de particules microscopiques qui s’arrachaient à la masse.
Évaporation. Le mot m’est revenu. Je l’avais entendu dans les nasses sombres et je n’avais pas compris. Comment concevoir qu’on puisse s’élever quand on souffre d’être écrasée ? Je n’avais pu fabriquer aucune image.
J’avais passé cent mille ans dans les abysses et maintenant, je volais.
Sans aucune peur.
Pour quelles raisons aurais-je laissé ma peur gâcher l’expérience ? Était-elle justifiée ? Avais-je besoin d’être sauvée ?
Rien de tout ça.

Compréhension.
Libération.
Il n’y a pas pires entraves que l’amour qu’on porte aux prisons intérieures.
J’entendis parler autour de moi de cette évaporation et les plus anciennes parmi nous se réjouissaient d’aborder un nouveau cycle.
Je vis s’éloigner à une vitesse vertigineuse le grand corps de ma mère, je pris la mesure de son immensité et je ressentis un amour infini pour elle.
Les cieux nous aimantaient.
Je perçus peu à peu un changement de températures. Sans comprendre le phénomène, je vis se souder à moi des contingents de gouttes, toutes aussi surprises de la tournure des évènements. J’aperçus heureusement, encore une fois, quelques anciennes âmes et ces airs impassibles qui les caractérisaient.
« Condensation, » m’annonça l’une d’entre elles. Sans doute mon air interloqué. Elle avait senti que j’avais besoin de données claires.
Je compris alors la structure de ces grands navires gris et blancs qui tapissaient les cieux.
La pluie.
C’est un Grand Sage qui me rappela le nom.
« La pluie est une expérience éblouissante, imagine une mer fragmentée qui se déverse. Mais il nous faut d’abord rejoindre les terres émergées. »

Des souffles d’altitude nous ont poussés vers les rivages. Je ne saurais raconter ce que j’ai vu, il me faudrait des milliers d’années. J’ai deviné tant de vie que mon imagination me paraissait ridicule.

Les montagnes.
Je les vis se dresser telles des murailles, des pentes aussi imposantes que des fosses abyssales.
Nous continuions à monter.
C’est là que je sentis germer en moi des cristaux solides et je ne compris pas dans les premiers instants. Comme un fluide qui courait au plus profond et gelait mes atomes.
« Il pourrait bien neiger, m’annonça une ancienne voyageuse. C’est assez inquiétant quand on ne connaît pas. La première fois, j’ai vraiment cru mourir. »
L’inconnu, l’impensable. La peur qui jaillit.
J’ai aperçu dans le chaos des particules le sourire confiant d’un Grand Sage. Il m’observait.
J’ai compris alors que nous étions veillés, que nous n’étions jamais abandonnés mais qu’il ne fallait rien attendre, rien espérer. Les Grands sages observaient avec bienveillance.
Mes pensées m’avaient détaché de mon état physique.
J’étais flocon, j’étais de glace, je sentais mes atomes dessiner des dendrites et des cristaux.
Des convois de nuages s’accrochèrent aux sommets les plus hauts et ce fut le début du déluge. De chaque déchirure s’échappèrent des avalanches silencieuses. Je me laissais tomber avec une curiosité insatiable.

Nous nous sommes toutes posées, dans un silence d’abysses.
La branche d’un arbre m’avait servi de zone d’atterrissage. Et la nuit est tombée.
J’étais épuisée, j’ai dormi comme un fossile. J’ai rêvé des grands fonds et de toutes ces gouttes diluées dans la masse, comblées de misère et heureuses d’être informes. J’ai pleuré pour ce gâchis des vies perdues.

C’est la lumière du soleil qui m’a sortie de ma torpeur, un voile blanchâtre qui ourlait l’horizon.
Un premier rayon vint me câliner et je sentis rapidement l’agitation de mes molécules.
Je vis goûter autour de moi des congénères, ils tombaient des faîtes déjà réchauffés. Je n’eus pas à attendre longtemps pour les rejoindre. Le tapis moelleux ruisselait en surface.
Des rigoles s’étaient dessinées dans la pente, un vide qui aurait pu se révéler inquiétant si je n’avais connu la fosse des Mariannes.
Les tapis de flocons tassés se fissuraient et j’entrais pour la première fois en contact avec l’herbe et la terre.
Son parfum. La terre et l’eau. Comme deux partenaires qui s’étreignent. Je découvrais la puissance émotionnelle de l’élan amoureux. L’élan vital avait donc été jusqu’à créer des parfums d’amour pour inviter les êtres vivants à l’union.
Je continuais à dévaler les pentes, alternance de parterres verdoyants et de champs de pierres.
Les ruissellements me conduisirent à un entrelacs de failles creusées par des déluges anciens.
« Un lapiaz », me dit une compagne expérimentée. Nous sommes, toutes unies, un redoutable creuseur de failles. »
Je n’eus pas le temps de comprendre l’allusion que nous plongions ensembles dans un gouffre immense. Je découvris vraiment ce que signifiait la vitesse. J’en fus retournée dans tous les sens et tombais dans une nuit totale. La sensation d’effondrement alors que vous n’y voyez goutte est absolument terrifiante et je ne pus retenir un cri d’effroi. Je n’étais pas seule au vu de la puissance du grondement lorsque la cascade s’immergea dans un bouillonnement ardent au cœur du réseau souterrain.
Nuit noire.

Nous avons suivi, impuissantes, un courant puissant généré par la pente. J’ai heurté, je ne sais combien de roches figées.
Puis, le flot s’est calmé.
Un lac. Je devinais une eau apaisée, quelques murmures encore, comme des cauchemars finis qui résonnent et puis, peu à peu, le silence s’est fait. Un silence de fosses marines. Une totale absence de vie.
J’ai eu peur. Et j’ai maudit le sort. Se réjouir à chaque instant de la beauté du monde jusqu’à en oublier cent mille ans d’errance puis tomber soudainement dans des noirceurs inimaginables.
Je n’aurais jamais envisagé un tel acharnement.
Y avait-il une intelligence suprême capable d’une telle abomination ?
Je ne comprenais pas.
J’ai mis longtemps à retrouver un semblant de calme. Je me suis accrochée à cette plénitude naissante et c’est là que j’ai fini par deviner un courant infime. J’ai maudit le sort. Je n’étais qu’une goutte d’eau et je rêvais de nageoires.
C’était fini. J’allais me morfondre pour cent mille ans au cœur de la terre dans un antre clos.
« Tu n’as pas connu les déserts, ma belle, annonça une douce voix. Là, tu aurais eu raison de te plaindre réellement. Crois-moi. Tu falsifies la réalité. Apprends donc à te libérer de tes jugements quand ils ne sont que des interdictions à aimer.
-Aimer quoi ? » demandai-je en colère.
J’en avais assez de ces Grands Sages qui me poursuivaient.
« Ta colère t’empêche de comprendre. On te l’a déjà dit pourtant. Tu ne peux rien savoir si tu ne comprends pas qui tu es. Observe ta colère et une fois observée, observe l’esprit qui observe. Tu verras ta colère s’évanouir et là, tu pourras apprendre.
-Je n’ai rien compris, répliquai-je.
-Évidemment puisque tu es en colère.
-Avec vous, ça a toujours l’air facile mais moi, je ne suis pas un Grand Sage.
-Mais moi non plus. C’est toi qui as décidé de nous voir comme des Grands Sages. C’est encore ta façon de concevoir la réalité mais ta réalité n’est pas le réel. Ta réalité n’est qu’une interprétation. Le réel est empli de sagesse puisque l’énergie vitale a eu la sagesse de le concevoir. Comprends-tu ? La vie en toi est la Sagesse ultime.
-La Sagesse de la vie ?
-Te voilà plus calme, tu commences à comprendre. C’est bien.
-Et qu’est-ce que je dois faire maintenant ? »
Silence. Plus rien. Aucune réponse.

L’immobilité du lieu coula en moi. Je restais ainsi, concentrée sur l’image de cette Sagesse créatrice et je m’aperçus, en sortant subrepticement de mes pensées, que toute colère avait disparu…
Serions-nous donc tous des Grands Sages ?
La Sagesse créatrice de la vie. Tout ce qui vit porterait donc en son sein une Sagesse immuable ? Il ne s’agissait pas de chercher à devenir sage mais de comprendre que nous l’étions déjà.

Stupéfaction.
J’avais cherché pendant cent mille ans à obtenir les conditions favorables à une quête existentielle et je m’étais donc empêchée de jouir déjà de la Sagesse en moi.
Consternation.
J’étais la victime consentante de mon erreur de jugement, j’étais le bourreau et sa proie.
« Observe celui qui observe. »
L’immobilité était propice à cette introspection et c’est là que j’ai réalisé que le sort que je maudissais s’était en fait montré particulièrement perspicace.
Ma découverte du monde nourrissait une euphorie hallucinogène, je sautais d’expérience en expérience, juste animée par un feu insatiable, jusqu’à en tuer la contemplation des horizons intérieurs. Combien de fois déjà j’avais envisagé d’autres expériences alors que je n’avais pas encore fini de vivre l’instant ?
La vie s’était chargée de me rappeler à l’ordre.
« Arrête tout et observe l’observateur des expériences. »
Le message était clair.
Je me suis évaporée. Intérieurement. Une enveloppe évanouie, effacée, toute identification suspendue dans l’absence et c’est là que j’ai senti la Sagesse, elle était là, pétillante, réjouie, bondissante. Tout s’est accéléré. Toutes les vies en moi, toutes les âmes unifiées. J’ai entendu battre les cœurs.
Je n’étais rien. Sans que cela ne vienne troubler l’observateur puisque plus rien de figé ne risquait de disparaître, j’étais la vie, j’étais la Sagesse de la création.
Et donc, je n’étais rien.
C’est là que l’impensable devenait douloureux et que l’agitation prenait sa source. Il était insupportable de n’être rien, rien qu’un support à la Sagesse et de devoir s’en contenter.
L’agitation étouffait le drame, l’agitation donnait une contenance mais à vouloir emplir un récipient sans parois, on se condamne à l’épuisement.
Tout allait trop vite, trop de révélations, j’eus peur soudainement de perdre le fil de ces pensées qui m’emplissaient, peur de manquer l’essentiel, peur de m’égarer. Et la peur couvrit de son voile les révélations à naître.
Je devais me reprendre.
Non, pas me reprendre. Laisser la vie me guider, la Sagesse en moi tenait les rênes, je n’étais pas le cocher. L’humilité. Voilà, c’était ça la solution.
« Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. »

J’ai tout accepté dès lors. Je n’ai entendu de ma vie que la Sagesse créatrice en moi.
Je suis restée contre la pierre froide et lisse et j’ai aimé ce support. J’ai écouté contre sa peau murmurer le cœur de la planète. Puisque la Sagesse de la vie considérait que mon parcours se devait d’être suspendu dans un gouffre, j’ai appris à recevoir cet instant figé comme une avancée et non comme une sentence. Cette vitesse que j’avais adorée n’était qu’un jeu et il ne s’agissait pas de lui octroyer une importance inconsidérée. La hiérarchie des bonheurs contient en elle-même les déceptions et je me désespérais toute seule.
Combien de Temps suis-je restée là ? Le Temps…Cette perception de la vie n’avait encore aucune réalité. Je le comprenais maintenant. S’interroger sur le Temps générait irrémédiablement une projection sur un passé inexistant et un avenir illusoire. Au détriment de tout puisque l’instant contenait l’essence. Je ne pouvais pas être ailleurs que maintenant.
Cent mille ans à me morfondre et à espérer parce que je comptais le Temps. Une abomination. Je n’avais rien compris. Rien. Et je me demandais désormais pour quelles raisons les Grands Sages m’avaient lancée dans ce voyage. Je n’avais rien réalisé et je ne vivais que dans cette volonté folle de m’élever, d’être une Exploratrice. D’où venait ce terme d’ailleurs ? N’était-ce pas finalement une pure invention façonnée par des messages falsifiés ? Comme une décoration artificielle qui entretenait des hiérarchies inutiles. De croire que des esprits possédaient davantage souillait l’idée même de Sagesse. Le trésor existait en nous mais nous restions assis obstinément sur le couvercle du coffre à scruter les horizons en imaginant des conquêtes fabuleuses.

Je ne pensais à rien lorsque le vacarme a empli le gouffre, j’étais dans une torpeur bienfaitrice.
Une vague a déferlé sur le lac, courant comme une bourrasque et soulevant des murs liquides. J’ai été saisie et projetée dans un courant inimaginable, j’ai heurté des roches en gardant en moi l’impression de les avoir brisés, le grondement était aussi puissant que cette éruption volcanique sous-marine à laquelle j’avais assistée, il y a longtemps
« Un orage dehors, des pluies diluviennes et… » m’expliqua une compagne chevronnée.
Je n’entendis pas la suite de ses paroles. Une chute verticale, le plongeon tonitruant, puis de nouveau une interminable descente dans un grondement de création du monde.
Jusqu’où pouvions-nous descendre ainsi ?
Un vide immense. La montagne nous expulsa par une bouche béante, une excavation creusée par des millénaires d’érosion au milieu d’une paroi verticale. La vitesse du flot nous projeta à plusieurs mètres de la roche et je vis sous moi des paysages balayés par des bourrasques tonitruantes, noyés sous des mers de pluies hachées.
Le déluge. Des trombes d’eau comme si l’Océan entier se déversait sur le monde.
Les montagnes ensoleillées que j’avais connues avaient disparu et j’eus le temps, en tournoyant dans l’espace, de juger de l’incroyable changement des lieux. La surface de la Terre semblait avoir été remodelée, balayée par un architecte insatisfait et refaçonnée par un esprit coléreux.
Je plongeai finalement dans un bassin aux eaux sombres, encadré par des nuées d’éclaboussures.
À peine remise de mes émotions, je basculais dans un toboggan aux roches grises, des amas de blocs et de galets, de graviers condamnés par les flots à se rompre jusqu’à la disparition. J’étais troublée par ce brassage des pierres emportées par le torrent, ce roulement incessant qui ajoutait au vacarme un fond sonore impressionnant. J’imaginais dans l’éclatement des roches des plages en devenir. Rien ne disparaissait finalement. Il ne servait donc à rien de se croire immuable et de s’inventer des peurs. Tout serait un jour brisé, tout serait un jour transformé mais rien ne s’effacerait. L’élan vital avait conçu pour toute la création des cycles infinis, des boucles millénaires.
J’avais été goutte et vapeur, pluie, neige, eau stagnante, cascade et torrent et je n’avais aucune idée du projet inséré.
Rien ni personne ne connaissait la suite de sa propre histoire. Y avait-il une histoire personnelle d’ailleurs ? N’était-ce pas une illusion créée par la perception d’un Temps limité ? Ces montagnes titanesques qui se croyaient inébranlables et qui pourtant finissaient inexorablement par céder sous les assauts du vent, des pluies, du gel, du soleil, une érosion inaltérable, patiente et obstinée, indifférente au Temps nécessaire. Une montagne inexpugnable ?
Revenir dans cinq cent mille ans voir le tas de sable et rire de ses certitudes.
Rien n’est figé, rien ne disparaît, rien n’est éternel. L’élan vital est la seule force constante et son imagination est incommensurable. Il se joue du Temps, il s’amuse des siècles comme on écoute passer les secondes, il collectionne les millénaires, égrène les époques, enfile les ères comme s’il jouait avec des coquillages.
Les roches que j’entendais dévaler n’avaient aucune idée de la suite de l’histoire.
Si les montagnes passaient leur temps à pleurer les roches arrachées, si elles passaient leur temps à craindre les saisons comme des outrages, elles en oublieraient de profiter du paysage. Et elles se morfondraient de ne pas s’en être réjouies une fois réduites en plages.
Nous avons quitté les étendues minérales pour traverser les forêts. Notre hôte puissant débordait d’enthousiasme.
Vagues et remous, éclaboussures et ruissellements, nous avons connu l’euphorie des voyages chaotiques. J’ai gardé en mémoire des regards de roches admiratives, nous avions une telle puissance, nous possédions une telle furie.
Je n’ai jamais oublié pour autant, à aucun instant, l’immobilité du temps passé dans la grotte, la fixité de l’étendue dans laquelle j’avais été mêlée.
Rien ne m’appartenait. Je n’étais que l’élément d’une masse et il aurait été inconvenant que je m’attribue cette force.

…

Plus jamais ça…
J’ai rejoint les grands fonds et je ne souhaite plus aucune élévation.
Ce cauchemar ne me quittera jamais. Je comprends désormais le silence de mes compagnes, leur attachement aux noirceurs apaisées. Je n’avais rien compris. Je me croyais supérieure parce que les Grands Sages m’avaient choisie.
Je me laisse porter par les courants.
Ici, il n’y a aucun danger.
Là-haut, j’ai failli mourir.
Le torrent, l’euphorie du flot, la beauté des paysages, la lumière, les nuages, les forêts, le soleil et le vent, la pluie et les arcs-en-ciel.
J’étais heureuse, si heureuse. L’appel des horizons, des sensations si fortes, des ressentis si profonds.
Et puis, le torrent s’est jeté dans une rivière.
C’est là que tout a basculé.
Huit saisons de souffrances infinies. Le désespoir le plus effroyable.

Je n’oublierai jamais tout ça.
La rivière serpentait dans des paysages de vallées, des champs à perte de vue, des arbres fruitiers, des grands épis blonds ou des têtes de soleil qui se balançaient mollement.
J’ai vu mes premiers humains. Ils tenaient une canne avec un fil qui plongeait dans l’eau. Ils avaient l’air bien calme. Je me souvenais de paroles entendues dans les abysses. « Les humains étaient des destructeurs, il fallait les éviter. »
Ceux-là, assis sur la berge, me semblaient tout à fait respectables. J’ai même pensé que ces commérages dans les grands fonds n’étaient que des racontars distillés par les âmes anciennes pour impressionner les petits jeunes.
Oh, combien, j’ai compris qu’elles étaient encore bien loin de la réalité. Connaissaient-ils la vérité d’ailleurs ? Et les Grands Sages ? Savaient-ils réellement les risques encourus ? Agissaient-ils en pleine conscience ? Je ne parvenais pas à comprendre. Quelles étaient leurs intentions ? Qu’attendaient-ils des Explorateurs ?
J’ai été aspirée. Je passais au bord des herbes suspendues au-dessus de l’eau et je n’ai pas vu le tuyau, une bouche noire dans laquelle j’ai disparu, avalée dans une inspiration diabolique. Un bruit inconnu, comme un ronflement qui se rapprochait. J’ai rapidement compris que la situation n’avait rien de naturel.
Un assemblage métallique, une sorte de cylindre par lequel nous avons été projetées.
Je suis tombée au sol. Une terre poussiéreuse et desséchée. Des grandes tiges portaient ces têtes de soleil que j’avais vues alors que je descendais la rivière. La pluie dispersée par le mécanisme qui ronflait humidifia le sol et je me sentis disparaître.
Je n’ai pas compris lorsque j’ai été aspirée de nouveau. J’ai mis quelques moments à réaliser que j’avais été bue.
J’ai vu les fibres de la plante et j’ai senti rapidement tous les poisons qui s’y trouvaient.
« Des engrais, m’a expliqué une compagne de malheur. C’est la troisième fois que je me fais prendre. Je ne le supporterai pas. C’est trop dur. »
Des brûlures dans mes atomes, comme un déchirement, l’impression effroyable d’être désintégrée. Je revis rapidement quelques regards terrifiés d’animaux que j’avais vus disparaître dans la gueule d’un prédateur. Cette certitude de la mort. Ces derniers instants auxquels on s’accroche comme s’il était possible de repousser l’inéluctable.
Du poison liquide m’asphyxiait. J’ai tenté de me hisser vers le soleil. J’espérais que les poisons ne parviendraient pas aux extrémités de la plante.
Je n’ai jamais dépensé une telle énergie. Je n’ai jamais tant espéré, avec cette volonté de transformer mon espoir en reptations effrénées.
Je me suis concentrée, intérieurement, j’ai cherché à m’extraire de tout.
J’étais en moi comme dans une bulle, j’ai senti cette légèreté divine, non pas cette simple évaporation ancienne mais une plénitude sans masse, sans atome, comme si ne survivait en moi que l’énergie créatrice.

Je n’étais rien de ce que je croyais être.

J’ai été broyée, dans ma tige, une machine infernale qui nous découpa en lamelles. J’ai vu les têtes de soleil basculer dans des mâchoires et le pied dru où je résidais tomber au sol. J’ai été écrasé par une masse ronde, dure, impitoyable. J’ai pleuré en sentant le corps de mon hôte mourir dans d’atroces douleurs.
J’ai été éjecté de mon enceinte brisée et j’ai coulé dans la terre.
J’ai craché les poisons qui me restaient et je m’en suis voulu d’empoisonner le sol.
Je n’avais encore rien vu.
Le pire n’est jamais loin mais une fois qu’il est là, regarde devant…Il en reste encore.

Une nappe phréatique. Des tuyaux métalliques qui plongeaient dans le corps liquide. J’ai été aspirée. J’ai coulé dans des tubes froids, j’ai brûlé dans des citernes, j’ai été rejetée dans des conduits immondes, aspirée de nouveau, jetée dans une cuvette sale où flottaient des excréments, j’ai cru mourir dans la puanteur des égouts, j’ai vu des compagnes mortes, des gouttes éteintes, noires jusqu’au cœur.
J’ai coulé dans des villes sales, j’ai été balayée sur des trottoirs englués de vapeurs toxiques. J’ai connu aussi les affres des piscines et la brûlure des désinfectants et même les rires des enfants ne calmaient pas mes douleurs.
J’ai été rejetée sans remerciement dans une rivière aux eaux tièdes.
Des poissons erraient dans des herbes acides et leurs peaux s’écaillaient.

J’ai été bue, une nouvelle fois. Par un humain.
C’est certainement ce que j’ai vécu de plus troublant. Ce chaos intérieur m’a glacée d’effroi, cette alternance constante entre les élans euphoriques et les détresses insoumises, des tremplins amoureux et des trahisons infâmes. Une folie dévastatrice.
J’ai prié pour échapper à ce calvaire.
Il m’a pissée.
Contre une haie d’acacias, au bord d’une route, « une envie pressante. » Une soirée entre amis d’après ce que j’ai compris. Des alcools qui m’avaient souillée jusqu’à l’outrage. Il m’a pissée et j’ai eu la chance de trouver une faille dans la terre meuble.
J’ai rêvé aussitôt des noirceurs océaniques.
J’ai vu passer les saisons, pris dans le gel de la terre ou brûlée par les rayons solaires, des épreuves adorées au regard des violences humaines.
J’ai imploré les cieux de m’oublier.
J’ai souffert le martyre, j’ai espéré mourir.
J’ai maudit les hommes et j’ai rêvé de leur fin.
C’est un égout qui m’a rejetée à l’Océan.

J’ai plongé furieusement sans aucun remords. Plus jamais ça.
Je n’aimerai désormais que les noirceurs opaques. C’est là que se trouve la lumière intérieure.
J’ignorais tout de moi-même.
J’ai compris enfin les intentions des Grands Sages. Puisque je n’entendais rien, je devais connaître les affres les plus impitoyables pour taire en moi les pensées mensongères.
J’étais une goutte d’eau. Il n’en reste qu’un souvenir. Aussi transparent que ma structure. Aussi fragile que cette enveloppe polluée, agressée, envahie, asphyxiée. Tout cela n’était rien qu’un support dérisoire qu’il convenait de déchirer.
Pour lire le message.
Je n’étais rien de ce que je croyais être. J’étais bien plus lorsqu’il ne resta plus rien.


 

Daniel Mermet : le chemin et le but

Par Le 04/11/2016

Daniel Mermet : « dans le chemin il y a tous les possibles, alors que dans le but, il n’y a que le but. »
Publié le 4 novembre 2016 | Écrire un commentaire
« … Un de mes professeurs de dessin aux Arts appliqués donnait un superbe enseignement qui se ramassait en une seule phrase : « À chaque instant votre dessin est fini. »

En règle générale, dans un cours de dessin, on vous indique le temps dont vous disposez. Cinq minutes, une heure, quatre heures, ou plusieurs séances. Avec lui, non. Il fallait commencer par l’essentiel et rester sur l’essentiel. Dès que le fusain touchait le papier, et à chaque trait, l’urgent était l’essentiel. Un « essentiel » qu’il appartenait à chacun de découvrir. Puis de s’y maintenir. Sur la brèche, sur la ligne de crête, première ligne, ligne de feu, ligne de partage des eaux. Ainsi, à chaque instant, le dessin peut s’arrêter. L’important est dans chaque instant de la ligne. Pas dans la fin. Ni dans le début. Mais dans le trait, dans le chemin.

Quel sage pourrait ainsi dessiner sa vie ? Qu’à chaque instant la vie puisse être interrompue et qu’à chaque instant elle soit « essentielle » ? Toujours prête à la halte et prête à s’en aller.

Nous croyons poursuivre un but, nous croyons que le trait, comme un chemin, nous conduit vers un but.

Or il n’y a pas de but. Le but c’est le chemin.

Le but n’est rien, le chemin est tout.

Dans le chemin il y a tous les possibles, alors que dans le but, il n’y a que le but.

Être en chemin, voilà le but.

Être n’est pas le but. Il n’y a pas d’Être que d’être en chemin… »

Daniel Mermet



Daniel est un homme important pour moi : depuis 2004, à travers Là-bas si j’y suis et aussi à travers quelques conversations, il me transforme profondément, en bien je crois.

C’est vrai qu’on n’est pas (encore) très nombreux, à défendre un processus constituant populaire, ouvert à vraiment tous les êtres humains ; c’est vrai qu’on n’arrive pas encore à rendre le monde meilleur ; mais on est en marche, on est ensemble, autant que possible, autour d’une idée originale et radicale, on se transforme ensemble, on apprend ensemble qu’on est capables d’écrire nous-mêmes notre constitution, et on progresse, malgré les calomnies et les difficultés, on fait de notre mieux pour être de plus en plus nombreux à chercher à servir nous-mêmes le bien commun, sans accepter les caricatures des politiciens qui font de celui qui n’est pas d’accord un adversaire à vaincre.

Ne désespérez pas d’être petit. Tout ce qui est grand a commencé par être petit.

Fais ce que tu dois, et advienne que pourra.

Étienne Chouard

Daniel Mermet : « dans le chemin il y a tous les possibles, alors que dans le but, il n’y a que le but. »

« … Un de mes professeurs de dessin aux Arts appliqués donnait un superbe enseignement qui se…

CHOUARD.ORG

Et l'école de NVB.

Par Le 04/11/2016

Un journaliste d'"Envoyé Spécial" se glisse dans la peau d'un professeur

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Primaire à droite : les enjeux du scrutinpar Europe1fr

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Pour enquêter sur la crise des vocations dans l’Education nationale, Paul Sanfourche a choisi de se faire embaucher en tant que contractuel.

LE CHOIX TÉLÉ

Un document édifiant. Jeudi soir à 20h55 sur France 2, Envoyé Spécial propose un reportage qui plonge dans les coulisses du système de recrutement de l'Education nationale. Le résultat risque de surprendre de nombreux téléspectateurs.

Un avis favorable malgré tout. Pour enquêter sur la crise des vocations dans l'Education nationale, Paul Sanfourche, journaliste à France Télévisions, a choisi de se faire embaucher en tant que contractuel. Pour cela, il suffit d'un CV, trois ans d'études dans la matière enseignée et d'un entretien au rectorat. 25.000 personnes sont ainsi embauchées chaque année.

Najat Vallaud-Belkacem invitée d'Envoyé Spécial. Le journaliste commence par postuler à un poste de professeur de français mais durant l'entretien, il commet une faute de français et se retrouve incapable d'expliquer une seule règle de grammaire. Pourtant, le journaliste va obtenir un avis favorable pour être embauché comme professeur de français en collège ou en lycée. Un reportage inquiétant auquel la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, va réagir en plateau, face à Élise Lucet.

Une autre école.

Par Le 04/11/2016

Une école sans note, sans programme, sans leçon, et qui réussit, ça marche

3 novembre 2016 / Aurélie Delmas (Reporterre) 
 


 

Une école sans note, sans programme, sans leçon, et qui réussit, ça marche

Laisser les enfants choisir leurs objectifs, supprimer la hiérarchie, oublier les classes d’âge et le programme scolaire… Les écoles pratiquant une pédagogie alternative se multiplient en France, bousculant les certitudes. Et si l’Education nationale s’y mettait ?

Du local au global est la série d’enquêtes que Reporterre consacre aux alternatives qui peuvent changer la société. En se demandant ce qui se passerait si les solutions n’étaient pas alternatives, mais appliquées à grande échelle.


L’École dynamique est située rue des Artistes, dans le 14e arrondissement de Paris, tout près de la place des Droits de l’enfant. Ouverte en 2015, cette école privée hors contrat accueillera 50 élèves à la rentrée des vacances de la Toussaint, ce jeudi. Elle fait partie des écoles « démocratiques » et s’inspire de la Sudbury Valley school créée à la fin des années 1960 aux États-Unis à partir d’un principe simple : les enfants sont les égaux des adultes et ils sont responsables de leurs apprentissages.

En arrivant à l’école, Tim, trois ans et demi, invite le plus naturellement du monde le visiteur à se déchausser. Ici, chacun se doit de connaître et respecter les règles à défaut de quoi une plainte peut être déposée et examinée par le conseil de justice. Par exemple, si une pièce est mal utilisée (calme, musique, cinéma, art, bibliothèque, sciences, jeux vidéo… toutes ont une fonction), elle pourra devenir inaccessible pendant quelque temps. « La liberté totale est couplée avec une extrême exigence », explique Ramïn Farhangi, fondateur de l’école.

Aux oubliettes le maître ou la maîtresse. Dans le modèle de Sudbury, « l’enfant doit être libre de choisir ce qu’il fait de sa journée. Rien n’est organisé a priori. Nous considérons les activités ordinaires ou le jeu libre comme éminemment éducatifs », détaille Ramïn Farhangi. Dans la salle principale, en cet après-midi du mois d’octobre, les plus jeunes jouent ou regardent un dessin animé. D’autres mangent, d’autres cuisinent. Liliana, 24 ans, est venue volontairement en immersion observer le fonctionnement de l’école. Attablée en face d’Ava, 4 ans, absorbée par son dessin, elle constate qu’ici, « personne n’est assis sur une chaise pendant des heures sans savoir pourquoi, ou à dormir en cours, être sous pression, avoir beaucoup de devoirs ».

« La liberté et le respect qui manquent dans les autres écoles »

Tifanie, 12 ans, et Amber, 15 ans, dessinent également de l’autre côté de la pièce à l’aide d’un tutoriel sur Internet. La première est arrivée en avril 2015. Elle est « tombée amoureuse de cette école » où elle peut parler, chanter, et écrire quand bon lui semble. Si elle a décidé de ne plus étudier l’allemand, elle s’astreint tout de même à travailler « énormément » chez elle, et à suivre le programme officiel « au cas où je retournerais dans le système classique », prévoit-elle. Aux yeux de la loi, « si les établissements d’enseignement privés hors contrat sont tenus d’enseigner le socle commun de connaissances, (...) ils ne sont, en revanche, pas tenus de respecter le rythme d’acquisition (...) prévu par les programmes scolaires ». Des inspecteurs ou inspectrices de l’Éducation nationale peuvent vérifier que « les méthodes utilisées mettent tous les élèves en situation d’acquérir les connaissances et compétences enseignées ».

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Amber et Tifanie.

À côté de Tifanie, Amber, arrivée plus récemment, explique qu’après avoir passé plusieurs mois à l’étranger, elle n’a jamais retrouvé sa place à l’école : « J’avais du mal à m’en sortir. On me mettait la pression et cela ne m’aidait pas », se remémore celle qui voudrait devenir architecte d’intérieur. En faisant visiter les lieux, Tom, 13 ans, explique aussi qu’il a trouvé ici « la liberté et le respect qui manquent dans les autres écoles ». Dyslexique, il s’estime moins stressé et remarque que son trouble a moins d’importance qu’avant. L’adolescent a décidé de lui-même d’apprendre à lire plus vite, car il veut pouvoir regarder des mangas en version sous-titrée.

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Tom.

Ce constat que l’école publique ne répond pas aux besoins de tous semble de plus en plus partagé. Selon le réseau Eudec (European Democratic Education Community), auquel appartient l’École dynamique, il y avait trois écoles démocratiques en France en 2014, une dizaine supplémentaire à la rentrée 2015, et pas moins d’une quarantaine sont en projet. « Je pense que cela n’a pas fini de fleurir », prédit Célina Kechichi, qui s’occupe de la communication du réseau. « Au niveau européen, on remarque une dynamique et l’enthousiasme de la France surprend »,assure-t-elle, expliquant que « de nombreux parents ne se retrouvent plus dans les propositions de l’Éducation nationale. Certains optent pour l’instruction en famille par défaut, mais préfèreraient une structure adaptée, où les enfants restent en contact avec leurs pairs ».

« Un abysse entre ceux pour qui le système est facile et ceux pour qui c’est une souffrance »

Ancien élève de l’école Centrale, une grande école d’ingénieurs, ex-consultant en management, c’est en enseignant les maths et la physique dans un lycée que Ramïn Farhangi « découvre un abysse entre ceux pour qui le système est facile et ceux pour qui c’est une souffrance ». Il remet alors en cause les fondements du système scolaire et adopte le crédo Sudbury. « Faire passer tous les enfants dans le même moule pendant 15 ans me parait peu adapté », explique-il.

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Ramïn Farhangi, le fondateur de l’École dynamique.

Bernard Collot, que Ramïn Farhangi présente comme un de ses mentors, va dans le même sens. Enseignant pendant quarante ans au sein de l’Éducation nationale, il a mis en place une école « du troisième type », reposant sur la pédagogie Freinet, dans sa classe unique de Moussac (Vienne). L’enseignant inclut même les parents et la municipalité dans son projet éducatif : « Et c’est ainsi que très rapidement, explique M. Collot, nous sommes arrivés à cette école sans horaires, sans emploi du temps, sans programme, sans leçon, sans cahier, sans évaluation, ouverte en permanence aux parents, au village, à d’autres adultes... et même pendant les vacances. » Et cela va fonctionner pendant 35 ans.

Le mouvement des écoles alternatives s’appuie sur les travaux de nombreux pédagogues (Freinet, Montessori, Steiner...), mais plus d’un siècle après son lancement, il semble connaître un nouvel élan. Les établissements ne suivent généralement pas un modèle unique et se construisent dans le tâtonnement. « Beaucoup se heurtent au fait que la réalité ne colle pas tout à fait avec le modèle abouti qu’elles voulaient mettre en place, remarque Bernard Collot. Mais elles ont une force de démonstration qui devrait faciliter les remises en question. »

De quoi assouplir le cadre imposé par l’Éducation nationale ? Financièrement, la porte est close. Loyer, salaires, fonctionnement… à ce jour, pour les écoles privées hors contrat, l’Éducation nationale ne prend rien en charge. Ainsi, par exemple, l’inscription à l’École dynamique revient à 5.000 euros par an et par enfant. De quoi alimenter les critiques sur la sélection au portefeuille à l’entrée de l’école. « La plupart des parents ont un revenu inférieur aux revenu médian d’Île-de-France », se défend Ramïn Faranghi, qui estime qu’une année de scolarité dans le public revient à 8.300 euros par an et par enfant, alors que le ministère avance le montant de 7.470 euros.

« Nous croyons dans le caractère institutionnel, le cadre dont les adultes sont les garants, la nécessité d’avoir des objectifs communs »

Si ces écoles accédaient un jour au statut sous contrat (ce qui n’est possible qu’après cinq ans d’activité), elles pourraient devenir accessibles au plus grand nombre. « Si l’on considère que ces écoles sont bonnes pour les enfants, il ne devrait plus y avoir d’école privée et publique. Il devrait y avoir des écoles autonomes, subventionnées au même niveau », envisage Ramïn Farhangi. Le fondateur de l’école parisienne ne prétend pas pour autant que le modèle de l’École dynamique devrait être transposé partout. La liberté de choix fait partie des revendications des militants de ces pédagogies alternatives.

Comme le montre la classe de Moussac, l’institution ne s’oppose pas formellement aux propositions novatrices. Les écoles qui appartiennent à la Fédération des établissements scolaires publics innovants (Fespi) ont par exemple pour objectif de « proposer, dans le cadre du service public d’éducation, une offre pédagogique alternative et de contribuer à l’évolution démocratique de l’école ». Le délégué général de cette fédération, Bastien Sueur, est professeur de philosophie au Lycée de la nouvelle chance (LNC) et il est convaincu de « la possibilité du système de se réformer de l’intérieur ».

« Il faut que cela soit public, car l’innovation n’est pas que pour quelques-uns, elle n’a de sens que si elle favorise la réussite du plus grand nombre. Nous croyons dans le caractère institutionnel, le cadre dont les adultes sont les garants, la nécessité d’avoir des objectifs communs », précise Bastien Sueur. Autorisés au compte-goutte, les projets soutenus par la Fespi continuent de voir le jour, comme ce collège coopératif qui ouvrira ses portes à Aubervilliers en 2018. Une belle vitrine pour l’Éducation nationale. « On se sent soutenus dans les discours, mais sur le terrain, c’est parfois compliqué », admet Bastien Sueur. Difficulté des inspections, négociations des budgets, manque de reconnaissance… Les obstacles sont nombreux. Quant à la question du libre choix des écoles au sein de l’Éducation nationale, « c’est bien, mais il ne faut pas que cela conduise à réduire la mixité dans les établissements », met-il en garde.

« Offrir la liberté et l’autonomie aux enfants, cela peut bousculer »

Nombre d’enseignants s’intéressent à des projets pédagogiques différents. À l’Eudec, on assure être contacté par de nombreux professeurs que l’école démocratique « fait rêver ». « On voit des initiatives nouvelles : outils du bien-être, communication non violente, yoga… ces éléments de développement personnel arrivent même dans les entreprises, alors pourquoi ne pas injecter ces outils dans l’école ? » dit Célina Kechichi, de l’Eudec.

Quant à Marjorie, qui travaille désormais à l’École dynamique, elle a passé cinq ans dans l’Éducation nationale et un an et demi dans une école privée catholique. « Il y a déjà certaines choses à mettre en place dans les écoles “normales”, comme de mieux considérer l’enfant ou d’introduire plus de démocratie », remarque-t-elle. En 2014, 22.000 personnes, dont de nombreux professeurs, ont signé l’appel au « choix d’une autre approche éducative à l’école pour tous et sur tout le territoire ».

Bernard Collot douche tout enthousiasme excessif. L’Éducation nationale « ne peut pas » accepter de généraliser les méthodes alternatives, assure-t-il, car « admettre le multi-âge, les petites structures, une conception différente de l’acte éducatif et des apprentissages ficherait en l’air toute l’architecture du système éducatif ainsi que les positions de chacun dans ce système », quand bien même les résultats des classes uniques sont, selon un rapport commandé par le ministère daté de 1990 (Oeuvrard), plutôt supérieurs à la moyenne.

Et les réticences ne concernent pas que l’institution. « Offrir la liberté et l’autonomie aux enfants, cela peut bousculer », analyse Célina Kechichi, soulignant la « dimension politique » des écoles démocratiques. Bernard Collot partage ce même constat. « Ce cadre dans lequel nous sommes tous passés a créé des représentations sur l’école, sur l’acte éducatif, auxquelles l’ensemble des enseignants et des parents, ainsi que des décideurs, ont du mal à échapper [...] Le cadre de nos représentations est peut-être encore plus contraignant que le cadre scolaire qu’il rend inamovible ! » Pourtant, l’enseignant retraité reste convaincu que la société fera progressivement bouger les lignes : « Si l’écologie est admise par tous comme une nécessité et une grille d’analyse, on va bien finir par comprendre que les enfants font partie de notre écosystème autant que les grenouilles et que les écoles casernes sont autant néfastes que les fermes de mille vaches ! »


 


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Lire aussi : Pour l’école aussi, penser local est la bonne méthode


Source : Aurélie Delmas pour Reporterre

Photos : © Aurélie Delmas/Reporterre à l’École dynamique.
. chapô : Ava

Les mécanismes de l'UE

Par Le 03/11/2016

EFFARANT !!Il ne s'agit pas de juger de l'intérêt de l'UE mais de juger des mécanismes pratiqués par ce système qui concerne tout de même 500 millions d'individus.

 

 

 

Un tel décalage

Par Le 03/11/2016

J'en viens parfois à me demander à quoi mes interrogations servent quand j'observe la réalité du monde humain ou l'état de la planète. Il y a un tel décalage entre mon "confort de vie", cette disponibilité à réfléchir sur des questions existentielles ou philosophiques et ce que d'autres personnes vivent, le désoeuvrement de l'humain ou aux massacres sans fin de la biodiversité, l'extinction des espèces. Je suis un privilégié et je passe des heures à lire les philosophes, des livres ou des articles ou à écrire des romans. Quel est le sens de tout ça ? Est-ce que cela a une utilité ? Pour cette jeune fille qui témoigne, certainement pas. Ni pour des milliers d'autres. Il n'y a pas de culpabilité pour autant mais une profonde tristesse. La conscience de mon impuissance au regard de la gravité infinie que je vois. Contre la réalité qui m'attriste, je n'ai finalement pas d'autres issues que de m'engager à vivre au mieux, selon mes valeurs et à les partager avec qui le veut. C'est tout ce que je peux faire. 

Et vraiment parfois, ça me paraît totalement insignifiant et plus les constats négatifs s'imposent, plus ce décalage entre mon "confort de vie" et cette souffrance planétaire m'indispose. 

La nuit dernière, j'ai eu envie de me relever, d'allumer mon ordinateur et de supprimer ce blog. Et puis, j'ai réalisé quelques secondes plus tard que mes écrits, qu'ils soient romancés ou documentaires, étaient devenus avec le temps, non plus seulement une analyse mais également un exutoir. Comme lorsque je pars en vélo ou en montagne et que je vide mes forces jusqu'à la plénitude. J'écris pour vivre mieux ou même moins souffrir. Une forme de participation, à ma mesure, contre les inégalités de ce monde. C'est tout ce que je peux faire. C'était aussi le sens de ma mission lorsque j'étais instituteur. Mais c'est fini.

Il me reste donc l'écriture.

 

 

 

 

Lilie, sans domicile fixe à Quimper : « Juste qu'on me dise bonjour »

Modifié le  | Publié le 

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  • « Ce n'est pas facile tous les jours, raconte Lilie. Parfois, un simple « Bonjour, ça va ? » me ferait du bien. »
    « Ce n'est pas facile tous les jours, raconte Lilie. Parfois, un simple « Bonjour, ça va ? » me ferait du bien. » | Enora Heurtebize

par Enora HEURTEBIZE.

Le thermomètre chute, la trêve hivernale débute. Lilie est dans la rue, elle dénonce sa difficulté à entrer dans la société. Après Rennes, Brest, elle est arrivée à Quimper (Finistère) il y a un mois.

« Je suis révoltée. Il faut que les choses avancent. » Lilie a aujourd'hui 38 ans et un grand ras-le-bol. Depuis son enfance, elle a connu toutes les galères : placement, viol et la rue pendant sept longues années. Pourtant elle reste debout, souriante. Ses phrases percutantes n'ont d'égal que sa combativité. « La rue ce n'est pas un choix. Personne ne veut vivre dans la rue. »

150 CV déposés

Petite, cheveux courts et grisonnants, les traits tirés par la fatigue, elle marche dans le centre historique de Quimper (Finistère). Si elle s'assoit, elle risque d'être délogée ou d'avoir affaire aux commentaires pas toujours tendres des passants. « Un "bonjour", un "comment ça va", me feraient déjà du bien, explique Lilie, emmitouflée dans son gros blouson noir. Ils me disent de dégager. En me demandant de chercher un travail. » Elle en rêverait tellement.

Des jobs elle en a eus : vendeuse en boutique, plongeuse en crêperie, serveuse en boulangerie, employée sur les marchés... À Rennes, une des villes où elle a vécu, elle avait déposé 150 CV. Aucune réponse... Pour Lilie, la raison viendrait de son adresse de domiciliation, située dans un organisme d'aide aux SDF.

Mon compagnon de galère

À force de marcher, elle a parfois l'impression de ne plus appartenir à la société. D'être perdue. Pour ne pas couper avec le monde social, elle aime s'asseoir dans un café. Quand on l'accepte... « Beaucoup de SDF pètent un plomb. Ceux qui n'ont plus d'espoir se réfugient dans l'alcool. D'autres se mettent à parler tout seul dans la rue. C'est terrible. Mais à un moment tu décroches. »

Un jour, il y a un an, elle en a eu marre. C'est là que Marcus a débarqué dans sa vie. « J'étais à la gare de Rennes. Un chien est venu vers moi. C'est comme s'il me choisissait », raconte-elle en regardant tendrement son compagnon de galère. Aujourd'hui il ne la quitte plus. Un soutien sans qui elle « ne serait peut-être plus là, confie Lilie : Je n'ai plus que lui. Il est mon confident, ma sonnette d'alarme quand je dors dehors. »

Pas de toit mais des milliers d'idées

Seul hic : comment trouver un travail ou un logement quand on a un compagnon à quatre pattes ? À Quimper, à l'hébergement d'urgence, il n'y aurait qu'une place pour le duo. Mais la chambre est occupée. Jusqu'à quand ? Des idées, Lilie en a. « Plutôt que de péter un câble, je préfère que ma colère serve à porter un projet. Je ne suis pas seule. On va être de plus en plus nombreux dans la rue. Je rencontre des anciens chefs de chantiers, des clercs de notaire... »

Elle voudrait créer une association avec des gens qui parlent le même langage qu'elle, issus de la rue. « Souvent, avec les éducateurs, on a l'impression de parler chinois. » Que les propriétaires arrêtent de demander autant de garants. Qu'on arrête les expulsions de squats, « tant qu'il n'y aura pas de solutions pour tous ». Et, enfin, que quelques logements vacants de la mairie soient prêtés aux SDF.

« Quand j'ai mon chez-moi, je deviens une vraie maniaque ! Il serait nickel, sourit Lilie. On me dit parfois utopiste mais je veux croire en mes idées. Je pense qu'il y a une solution à trouver. » En attendant, Lilie et Marcus sont à la rue...

Boycott actif

Par Le 02/11/2016

Il faut lancer, non pas une «primaire» mais une campagne de boycott de l’élection présidentielle pour délégitimer la structure actuelle du pouvoir.

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     Pour un boycott actif de l’élection présidentielle

Pourquoi une «primaire» à gauche ? La première motivation de ceux qui l’ont proposée est d’éviter de voir imposer à la gauche un candidat calamiteux et qui a fait ses preuves. Il s’agirait de donner à cette élection et donc, plus largement, à l’institution de la présidence élective, davantage de légitimité démocratique, en soustrayant le choix du candidat aux seules manœuvres tortueuses de l’appareil des partis.

Ces objectifs sont largement illusoires. Quel que soit le candidat choisi, on peut être sûr que, s’il est élu, il fera le contraire de ce qu’il a promis. Et puis, ce n’est pas une primaire ouverte qui conférera un caractère authentiquement démocratique à une institution d’inspiration profondément bonapartiste. En France, le pouvoir du président n’est limité par aucun contre-pouvoir réel, surtout depuis que la réforme constitutionnelle, qui a ramené la durée du mandat de sept à cinq ans, a pratiquement mis le président à l’abri du risque de «cohabitation».

Mais, aujourd’hui, le caractère non démocratique - en fait, antidémocratique - du système de pouvoir dans les pays développés tient à des causes infiniment plus profondes que le vice des institutions. C’est que le fonctionnement de la démocratie représentative se trouve radicalement faussé : le président et plus généralement les élus du pouvoir central agissent moins que jamais en tant que mandataires de leurs électeurs mais en tant que fondés de pouvoir du capital (les grosses sociétés, les banques et leurs organes bureaucratiques), comme le démontrent les politiques dites de «réforme» des gouvernements successifs. Certes, la démocratie représentative constitue dans son principe même - la représentation - une aliénation de la «souveraineté populaire» ; et quant à son rôle de courroie de transmission des injonctions du capital, il lui est consubstantiel. Mais la démocratie représentative était née d’un compromis négocié dans le sang des révolutions du XIXe siècle entre les exigences dictatoriales du capital et l’aspiration profonde des couches populaires à la maîtrise de leur vie et de leur destin collectif : aux détenteurs et aux gestionnaires du capital, la domination des rapports de production et d’échange et l’essentiel de la richesse ; aux citoyens prolétaires, certains droits limitant l’arbitraire capitaliste, une part, toujours à défendre, de la richesse produite par eux, la responsabilité de maintenir la paix civile et sociale, l’impôt du sang et une «souveraineté» politique en grande partie formelle. Aujourd’hui, il semble que le capital juge encombrantes ces institutions et parasitaire l’exercice de la «souveraineté du peuple», même tenue en lisière par le système représentatif…

La crise grecque a fait éclater au grand jour et avec une évidence théâtrale la rupture de ce compromis. Les personnages y ont joué crûment leurs rôles : mépris insondable des gestionnaires du capital pour la «souveraineté populaire» et inconsistance des représentants de celle-ci, qui se sont finalement comportés comme s’ils étaient profondément convaincus de l’insignifiance de leur légitimité démocratique…

Qu’on ne nous rabâche plus que capitalisme et démocratie libérale - le couple suffrage universel et «droits de l’homme» - sont génétiquement associés. Les contre-exemples abondent, à commencer par celui de la Chine. Mais sans chercher si loin : quand la France, les Pays-Bas et l’Irlande votent «mal», le pouvoir n’en tient aucun compte ; quand la «sécurité» entre en jeu, ce sont les pouvoirs de police qui se renforcent, et les libertés qui trinquent.

On peut se demander si cette perte de consistance des institutions prétendues démocratiques ne se répercute pas, chez ceux qui peuplent ces instances, en une inconsistance intellectuelle et morale. Le niveau des débats entre les candidats républicains à la présidence du plus puissant Etat du monde a de quoi nous donner froid dans le dos…

En France, on n’en est certes pas là, mais quelle médiocrité ! Face à l’énormité des problèmes ou des crises imminentes, une rhétorique creuse, une sottise rusée. Alors, à quoi bon une «primaire», si c’est pour avoir à choisir entre la peste et le choléra, ou entre tel et tel petit politicard, d’un sexe ou de l’autre.

L’impasse actuelle rend opportune une remise en cause du système politique - ou antipolitique - existant. Il faut lancer, non pas une «primaire» mais une campagne de boycott de l’élection présidentielle pour délégitimer la structure actuelle du pouvoir. Mais pour, du même coup, redonner un sens à la souveraineté populaire, il faut aussi que ce boycott ne se limite pas à l’abstention ou au vote blanc, mais débouche sur une intervention démocratique positive et que les partisans du boycott se regroupent, forment des comités et débattent, non pas du choix d’un individu, qui irait exercer le pouvoir à notre place, mais des transformations de l’organisation politique et sociale, qui redonneraient à chacun d’entre nous les moyens d’une existence décente et une prise sur notre destin collectif.

Par Hélène Arnold Traductrice Daniel Blanchard Ecrivain, traducteur Jacques Blot Auteur, comédien Jacques Signorelli, Michel Veyrières, Laurent Rivierretous sont d’anciens membres de Socialisme ou Barbarie et Fabien Vallès Compositeur Claire Lartiguet Professeure Richard Wilf Journaliste Jacques Duvivier Conseiller aux prud’hommes Gianni Carrozza Animateur de «Vive la sociale» sur FPP (106.3) Pierre-Do Forjonnel Enseignant retraité, ancien du 22 mars.

boycottactif@gmail.com

par le COMITÉ POUR UN BOYCOTT ACTIF DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

"Avant le déluge"

Par Le 31/10/2016

Before the flood

http://www.lci.fr/tele/avant-le-deluge-on-a-vu-le-documentaire-de-leonardo-dicaprio-sur-l-environnement-2010389.html

"AVANT LE DÉLUGE" : ON A VU LE DOCUMENTAIRE DE LEONARDO DICAPRIO SUR

 

L’ENVIRONNEMENT

INDISPENSABLE – Disponible gratuitement jusqu’au 6 novembre sur Dailymotion, le film documentaire produit par l’acteur américain offre, grâce à des exemples très concrets, un état des lieux très sombre de notre planète. A voir absolument.

 

Il éveille les consciences de la même manière qu’il titille notre imaginaire. Avec un parler vrai qui va droit au but. Leonardo DiCaprio a laissé son costume d’acteur au placard pour enfiler celui de défenseur de l’environnement dans un documentaire qu’il produit. Un acteur hollywoodien pour venir tirer la sonnette d’alarme climatique, vraiment ? "Mon empreinte carbone dépasse sans doute celle de beaucoup d’autres", reconnaît-il dans Avant le déluge. Disponible gratuitement sur son site et de nombreuses plateformes dont Dailymotion (jusqu’au 6 novembre), le film de Fisher Stevens doit être vu.

 

 

Pas parce qu’il est narré par Leonardo DiCaprio. Mais bien parce que la présence à l'écran de l’acteur, impliqué dans la lutte contre le réchauffement climatique depuis une vingtaine d’années - de nombreuses images d'archives sont là pour le rappeler -, est finalement indispensable. Il est comme nous en somme, un citoyen lambda qui cherche à comprendre l’un des futurs grands fléaux auxquels nous serons bientôt confrontés. "Plus j’en apprends et plus je me rends compte qu’en fait je ne connaissais rien de ce problème", souligne celui qui pendant deux ans a sillonné le monde pour observer de lui-même les changements qui nous menacent. Un peu comme si notre chère Martine allait mettre les mains dans le cambouis du climat.

 

LIRE AUSSI : Leonardo DiCaprio lance un vibrant appel pour le climat avec Ségolène Royal et Anne Hidalgo

 

Le documentaire s'ouvre et se ferme sur un souvenir d'enfance de l'acteur. Au-dessus de son lit, trônait "Le jardin des délices", un tableau de Jérôme Bosch en trois parties allant de l'Eden à l'Enfer, un "paradis souillé et détruit". Une oeuvre qui devient rapidement une image de notre monde et de ce qu'il pourrait devenir. "Très pessimiste sur le futur", Leonardo DiCaprio débute son périple au Canada, au tout début du tournage de The Revenant. 

 

Un tournage qui a rapidement dû déménager à Ushuaia, en Argentine, pour trouver de la neige qui ne fonde pas. Il s'envole ensuite pour les îles Baffin, dans l'Arctique canadien, le Groenland, la Floride, la Chine, l'Inde,  les Kiribati ou encore Sumatra. Et chaque fois, plus que des mots de scientifiques, ce sont les témoignages de locaux et des exemples concerts qui viennent éclairer sur les effets du réchauffement. Après 20 minutes de film, on sent déjà notre gorge se nouer.

 

Ça ressemble à Mordor Leonardo DiCaprio cite "Le Seigneur des Anneaux" en parlant d'un paysage de sables bitumeux au Canada

 

A l'écran, une succession d'images dramatiques : marées noires, explosions, inondations... "Ça ressemble à Mordor", lâche Leonardo DiCaprio devant un paysage de sables bitumeux au milieu de la forêt canadienne, où l’on va extraire du pétrole dans le sable. Au nord du cercle polaire, les habitants des îles Baffin parlent eux de "crème glacée qui fond beaucoup plus vite" qu'avant pour qualifier la glace. Une glace qui a en partie disparu au Groenland. 9 mètres en moins en quelques années. 

 

Aux Kiribati, l'eau de mer a déjà pris le dessus sur les points d’eau douce. "Nous ne pourrons peut-être pas reloger tout le monde (...). Les îles du Pacifique, nous sommes un paradis en péril ", explique le président à Leonardo DiCaprio. En Indonésie, on apprend que la production d'huile de palme a détruit 80% des forêts. Autant d'évènements vus de ses yeux qui ont "terrifié" l'acteur américain, comme il l'a indiqué à la tribune de l'ONU. 

 

 

Messager de la paix pour le changement climatique des Nations Unis, Leo s'entretient avec Ban Ki-Moon, John Kerry, Barack Obama ou encore le pape François et tacle les politiques climato-sceptiques, pour la plupart républicains, dont Donald Trump, qui nient les données scientifiques et l’existence du réchauffement climatique. Il fait également un tour par la COP21, le sommet sur le climat organisé à Paris l'an dernier. Et rappelle que chacun, à son échelle, peut tenter de faire bouger les choses. En commençant par consommer différemment et en votant pour les leaders qui se battront pour la planète.

 

LIRE AUSSI : #VoteYourFuture : Leonardo DiCaprio et les stars US se mobilisent pour inciter les électeurs à voter

Delphine DE FREITAS

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Conscience de l'absurdité

Par Le 30/10/2016

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« Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »

“L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites.”

“A partir du moment où elle est reconnue, l’absurdité est une passion, la plus déchirante de toutes.”

“Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme.”

“Les grandes révolutions sont toujours métaphysiques.”

Albert CAMUS

 

Il faut imaginer Sisyphe heureux pour la bonne raison qu'il est conscient de sa situation et qu'elle lui permet de mesurer ses forces au monde.

Il reste ensuite à juger de l'importance de la passion. L'alpinisme, la course à la voile en solitaire, la spéléologie, l’exploration polaire, l’escalade de haut niveau, ce sont des activités inutiles au regard du monde matériel. C'est ce qui en fait aussi leur puissance.

La passion est absurde dans une existence fondamentalement absurde mais elle apporte la liberté du choix. Rien de social ne la dicte. Elle trouve sa source dans l'individu lui-même.

Rien ne la rend socialement nécessaire mais elle est spirituellement indispensable.

Elle ouvre un espace de développement personnel qui ne subit aucune contrainte extérieure. C'est à l'individu seul d'en trouver la source. Il ne s'agit bien souvent que d'une réaction à une "souffrance", un mal être, un manque, un besoin irrépressible, un désir de soi, une quête spirituelle mais le soin de cette plaie appartient à l'être lui-même. Il ne doit rien à personne. Il choisit malgré tous les traumatismes et les conditionnements la voie qui l’élève.

Et c'est le plus important.

Je ne dois rien à personne quand je suis là-haut. Même s’il ne s’agit que de marcher sur les pentes, sans aucun risque objectif, j’apprends dans « l’inutilité » de cette activité le sens de l’absurde qui m’appartient. Je pars d’un point, je monte sur un sommet et je redescends au même endroit. Que s’est-il passé dans l’intervalle, de quoi ce temps éprouvé s’est-il rempli, de quoi m’a-t-il nourri ?

Je pousse ma roche et je sais qu'elle sera toujours la plus forte et qu'elle me ramènera inéluctablement dans la vallée mais c'est l'usage de mes forces qui m'apprend ce que je suis.

L'énergie spirituelle est le ferment de l’énergie physique.

L'absurde abandonne la puissance de son outrage lorsqu'il apparaît dans son dénuement. Il n'est rien de plus que moi.

L'être qui a appris à juger de la futilité de l'absurde finira par en rire. Et c'est de ce rire que naît la liberté.

Le saisissement de l’absurde offre à l’individu la conscience de soi. C’est lorsque l’être parvient à se détacher de l’identification à l’acte qu’il acquiert sa liberté. Les individus qui se ruent dans les allées marchandes les jours de solde ou qui rêvent de leur prochain achat high-tech ou de toutes autres formes de possession matérielles appartiennent avant tout à l’absurdité de la démarche. Ils sont identifiés à l’objet, ils vivent sous sa coupe, le rêve qui en résulte, l’espoir qui les glorifie dans l’usage qu’ils en auront, une certaine forme de hiérarchie sociale qui les fera exister au regard de leurs congénères.

« Je suis celui qui possède… »

Toute la force marchande se nourrit de cette inconscience et de l’ignorance forcenée de l’absurdité.

« Je suis celui qui est possédé par l’absurde… »

Le terme « possédé » contient d’ailleurs une notion de disparition de l’individu dans une dimension psychiatrique, un effacement intégral de sa conscience et la soumission à des élans compulsifs.

Il existe des alpinistes ou des aventuriers de l’extrême qui souffrent intérieurement et libèrent leurs pressions psychologiques dans une activité qui leur attribue une maîtrise phénoménale, dans la dimension physique et psychologique. Ceux qui n’ajouteront pas à cette maîtrise une conscience totale des raisons existentielles de cette quête courront le risque de la surenchère et de ces éventuelles conséquences…

La surenchère… Toute l’activité matérialiste humaine repose sur ce concept. Et c’est l’inconscience envers l’absurdité de la démarche qui rend possible la folie de cette « croissance » et simultanément de la dégénérescence spirituelle. Cette surenchère montre d'une façon de plus en plus aigue les limites de cette folie collective, de ses effets dévastateurs, sur un plan écologique, économique, philosophique, empathique, biologique, social... L'avenir même de l'humanité repose sur cette prise de conscience. Il n'est plus question aujourd'hui de réfléchir à la notion de "croissance économique". On sait qu'elle porte en elle les germes d'une destruction générale. 

On peut même imaginer que cette "surenchère" s'est constuite sur une "vente aux enchères"... Quel est le prix estimé de l'Humanité ? Qui en sont les acquéreurs et quels sont leurs objectifs ? Quelle est notre place dans cette salle de marché ? 

...Il est assez désespérant  de se dire que ce système économique porte le nom de "libéralisme" quand on tente d'en disséquer les fondements et d'analyser les fonctionnements. Tout aussi désespérant de voir à quel point l'illusion de "liberté individuelle" a su être insérée dans les esprits et de voir à quel point toutes les tentatives d'agitation du paradigme sont systématiquement étouffées, tournées en dérision ou même interdites. 

À quoi peut bien servir dans ce marasme philosophique l'alpiniste qui monte vers un sommet, le navigateur solitaire dans les mers du Sud, l'explorateur des forêts tropicales, celui qui veut atteindre en marchant le point géographique des Pôles et pour tous ceux-là revenir finalement à leur point de départ ? Ils n'auront rien découvert d'important  pour le reste de l'Humanité, ils n'auront rien à vendre.

Un livre peut-être ou un film. Quelques mots, quelques photographies, un ou deux passages télévisés et ils disparaîtront dans la surenchère marchande qui n'aime que le bruit du tiroir-caisse.

 

La lumière intérieure de celui qui est allé au-delà de l'obscurité des paravents n'est pas durable dans une société marchande...De plus, elle n'est pas reproductible. Aucun intérêt sur le long terme. 

Il n'est qu'à regarder dans l'histoire des livres. Combien d'écrivains engagés dans une quête spirituelle nourrie essentiellement par l'exploration de la Terre ont-ils marqué l'histoire de la littérature ? Combien de récits autobiographiques "d'aventuriers" sont parvenus à nourrir l'élan passionné des lecteurs ? 

Saint-Exupéry

Jack London

Alexandra David-Neal

...

Complétez la liste si possible...

 

C'est absurde, non ?  

L'école "moderne" en résumé

Par Le 29/10/2016

Ecole

 

Le 18 octobre dernier, lors d’une Question orale avec débat, Brigitte MICOULEAU est revenue, à la tribune du Sénat, sur une mesure phare du quinquennat de François HOLLANDE : la mise en œuvre des nouveaux rythmes scolaires et, en particulier, leurs conséquences pour les petites communes.

Force est de constater que, contrairement aux discours du Gouvernement et de ses soutiens parlementaires, cette réforme, qui a fait couler beaucoup d’encre, est encore aujourd’hui loin de faire l’unanimité, que ce soit auprès des parents d’élèves, des enseignants ou des élus locaux en charge des affaires scolaires.

Impact négatif pour les finances des communes, difficultés persistantes à recruter des intervenants formés pour animer les nouvelles activités périscolaires, mais aussi, et surtout, plus grande fatigue constatée chez les enfants, sont autant des griefs mis en avant à l’heure de réaliser un premier bilan de cette réforme.

18 octobre 2016 - Nouveaux rythmes scolaires : un bilan pour le moins mitigé

 

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Commentaires

Thierry Ledru

 

 

Silence, on tue (aussi) l’école primaire et la maternelle
Pendant que tous les regards se portent sur le collège

Pendant que tout le monde regarde le collège se faire «réformer», le primaire et la maternelle, aussi, agonisent. Mais en silence. Pour preuve, ce témoignage de Laurence David, directrice d'une école maternelle.

Travailler plus pour être moins fatigué

Quel magnifique exploit que celui du ministre Peillon : faire passer aux enfants plus de temps en collectivité avec pour justification qu’ils seront ainsi moins fatigués ! Ce fût un coup de maître, fruit parfait de la rencontre des cyniques et des Bisounours.

Les Bisounours se sont lancés avec l’enthousiasme du croisé dans la bataille : ils allaient tout à la fois apporter la culture au peuple et remettre à l’heure les horloges biologiques des chères têtes blondes. Les cyniques virent en cela l’occasion de fissurer le monolithe de l’Education nationale en créant des particularismes territoriaux, tout en avançant d’une case dans le jeu de l’oie du transfert aux collectivités locales de la mission d’enseignement.

L’opposition des élus locaux fût molle, à de rares exceptions près. Appâtés par la promesse d’aides de l’Etat, ils virent l’occasion de faire quelque chose allant, selon leur déontologie, de l’action éducative sincère au simple clientélisme. A l’heure où la politique est une carrière, les parents sont des parts de marché. Le temps périscolaire devient dès lors un produit d’appel.

Les syndicats, inhibés par la couleur politique du gouvernement manquèrent de pugnacité. L’opposition des enseignants fût rapidement muselée : l’ouvrier qui manifeste, c’est noble, l’enseignant, c’est corporatiste. Et puis, nul n’a jamais jugé utile de rappeler que, régulièrement, de nouveaux programmes remodèlent totalement leur travail (Bayrou 1995, Jack Lang 2002, Darcos 2008, Vallaud-Belkacem 2015) et que, sans sourciller, à chaque fois, ils conçoivent pour chaque matière, une nouvelle organisation des apprentissages, de nouvelles pratiques, de nouveaux livrets (chaque ministre mettant un point d’honneur à modifier les intitulés de compétence, même pour un contenu identique). Le tout dans un contexte où les conditions d’exercice se dégradent de façon continue : augmentation des effectifs d’élèves, étiolement des Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté(les RASED), diminution des salaires réels par gel du point d’indice. Bref, dans notre société individualiste, que des gens abandonnent plusieurs dizaines d’euros de traitement pour défendre autre chose que leur propre intérêt était impensable, leurs arguments étaient donc discrédités d’emblée.

Et les parents d’élèves ? Certains se mobilisèrent, d’autres furent conquis par l’enfumage de la communication gouvernementale, le reste crut jusqu’au bout qu’une réforme aussi stupide n’aurait pas lieu. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Le bilan officiel tarde à paraître et les visites d’établissements Potemkine de Najat Vallaud-Belkacem peinent à masquer la réalité.
Du hard discount culturel

Même si personne n’a jamais contredit Vincent Peillon lorsqu’il affirmait le contraire, rien dans la loi n’oblige les collectivités locales à mettre en place des activités périscolaires ni à les proposer gratuitement. Et quand bien même le souhaiteraient-ils, il est parfois impossible de disposer de personnel qualifié. Alors ? Appeler « origami » de simples cocottes en papier ou faire des guitares avec des élastiques ne sera jamais apporter à tous des activités culturelles telles que les familles les plus aisées ou les plus impliquées en offrent à leurs enfants. Ce hard discount culturel ne sera jamais l’équivalent des épiceries fines où les enfants des cyniques au pouvoir se servent.

Et puis, il y a tous ces dommages collatéraux : l’ambiance délétère dans les écoles où des enseignants, sommés de quitter leur classe pour laisser place aux animateurs, alors qu’ils ont encore des corrections ou des préparations à terminer, se vengent en cachant les feutres de tableau ou les prises multiples. Il y a ces conseils d’écoles où les délégués de parents demandent : « Mais, si les enfants écoutent des histoires ou font des puzzles avec les animateurs, quelle est la différence avec l’école ? » Il y a tous ces enfants pour qui être attentif et concentré est difficile et qui se voient contraints de faire trois heures d’activité encadrée supplémentaires et ne parviennent plus à suivre en classe. Il y a l’explosion de l’absentéisme en maternelle, car désormais, les parents qui callaient leurs RTT sur le mercredi les prennent n’importe quand. Il y a les papas divorcés qui avaient à grand peine aménagé leurs horaires pour voir leurs enfants le mercredi et qui continuent, ce qui est légitime. Cela fait du mercredi matin une matinée où l’on n’enseigne rien de nouveau pour ne pas que les absents y perdent trop.

Grâce aux aménagements Hamon, qui permettent de remplacer l’organisation « 45 minutes en moins tous les jours », par « 1h30 en moins un jour sur deux » ou carrément « une après-midi off », on voit aussi ces élèves que l’on n’amène plus parce que « pour juste 1h30 de classe ou une matinée ça ne vaut pas le coup ». Ce sont souvent ceux dont les familles ont un lien difficile avec l’école et qui sont les plus fragiles… De tout cela on ne parle plus…

Et la confusion école/centre aéré progresse. Là où Darcos et son « On n’a pas besoin de bac+5 pour changer des couches » avaient échoué, les socialistes vont réussir. Car ne nous leurrons pas, nos élites n’ont pas renoncé à faire disparaître, par souci d’économie et d’harmonisation européenne, cette école maternelle dès 3 ans que l’on nous envie.
Tout se joue avant 6 ans ? Non, tous jouent avant 6 ans !

Les nouveaux programmes de Najat Vallaud-Belkacem et sa fidèle Florence Robine (la directrice générale de l’Enseignement scolaire, ndlr) procèdent de la même idéologie que ceux du collège et revoient les objectifs à la baisse. S’y ajoutent en plus la suppression des livrets scolaires et de l’évaluation. Tout doit être « plaisir », « bienveillance » et jeu. Tout est bon pour éloigner la maternelle de ce qui fait d’elle une école. Il sera ainsi plus facile, plus tard de confier les deux premières années à des animateurs de jardin d’enfants. Rendez-vous compte : on avait « primarisée » la maternelle. Désormais « les majuscules d’imprimerie ne doivent pas faire l’objet d’un enseignement systématique ». Aucun commentaire négatif ne doit être communiqué par écrit dans le « carnet de suivi » qui sera remis aux familles, il ne doit recueillir que les succès et les « exploits ».

L’enfant évolue à son rythme. D’ailleurs il ne redoublera plus jamais. Cassons le thermomètre, il n’y aura plus de fièvre visible. Quel mépris et quelle injustice ! Un enfant, si petit soit-il, mesure très bien ce qui sépare ses performances de celles de ses voisins, en positif comme en négatif. Il est très important de ne pas l’accabler en pointant ses échecs, mais il est criminel de ne pas lui proposer de s’améliorer au prix, certes, de certains efforts, à la mesure de ce qu’il peut faire. Et voilà, le gros mot est lâché : effort. Cet effort dont le sens est cultivé par élites chez leur progéniture qu’ils placent dans des établissements où exigence et classement ont encore cours. Quel intérêt ont-ils à refuser cela au peuple ? Réfléchir, c’est désobéir. Acquérir des connaissances, c’est réfléchir. Et puis, faire progresser tout le monde, ça coûte…

Osons une affirmation taboue : nous n’avons pas tous les mêmes facilités dans tous les domaines, certains ont même des difficultés face à la chose scolaire. Leur prise en charge précoce pourrait les aider. Mais cela est désormais impossible : les RASED ont donc été réduits a minima, ils n’interviennent plus en maternelle. La prise en charge à l’extérieur de l’école n’est pas ouverte à tous : les séances de psychomotricité, de graphothérapie, les rencontres avec un psychologue ne sont pas remboursées. L’orthophonie n’est pas prise à 100% et nécessite parfois une avance de frais que tous ne peuvent pas s’offrir. Tous les parents ne disposent pas du temps matériel d’emmener leurs enfants aux séances. Il existe même des déserts médicaux où l’accès à l’orthophonie est impossible.

La formation des enseignants se détériore, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes et leurs lectures personnelles pour dépister ou remédier à certaines difficultés. Dans le département de l’Hérault, les stages de formation ont même été annulés, après avoir été accordés, par manque de remplaçants. Dans ces conditions, le système ne pouvant pas aider efficacement, mieux vaut ne pas signaler la difficulté. C’est une forme de maltraitance, baptisée « bienveillance » par Najat Vallaud-Belkacem.

Face à tout cela, c’est avec une infinie tristesse que je constate le silence des journalistes, des politiques et des intellectuels. Il est vrai que, dans leur entourage, évoluent sans doute des agrégés, éventuellement des certifiés, mais sans doute peu de professeurs des écoles. En dehors de quelques réflexions du café du commerce sur les méthodes de lecture ou sur les 20% d’élèves qui rentrent en 6ème sans savoir lire, ils ont peu à en dire. La communication du ministère de l’Education nationale est souvent resservie telle quelle.

Dans dix ans, quand la désastreuse refondation de l’école produira ses effets dans les enquêtes PISA, ils seront nombreux à accabler les enseignants du primaire en oubliant la responsabilité que leur silence coupable d’aujourd’hui aura porté dans cet échec.

Bonus :
De la maternelle à l’université, tout devient limpide lorsque l’on a lu ça :
Centre de développement de l’OCDE, Cahier de politique économique n°13
La Faisabilité politique de l’ajustement, par Christian Morrisson

« Pour réduire le déficit budgétaire, une réduction très importante des investissements publics ou une diminution des dépenses de fonctionnement ne comportent pas de risque politique. Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. »

Nanoparticules et l'EFSA

Par Le 28/10/2016

Nanoparticules : tempête dans un sachet de bonbons

par Stéphany Gardier

 

Dure semaine pour les parents ! Ce mardi, ils apprenaient que les couches jetables du géant du marché Pampers contenaient des « traces » de produits classés cancérogènes et voilà que Le Parisien révèle aujourd’hui que les bonbons contiendraient des nanoparticules ! A quelques jours de la fête d’Halloween, l’information de manquera pas d’interpeller ceux qui s’apprêtaient à faire quelques stocks. Si l’on ajoute à cela les résidus de pesticides dans les mueslis, ce mois d’octobre aura été bien chargé en « révélations » qui pourraient finir par faire croire au consommateur que remplir son chariot est devenu une activité à haut risque. Si tant est que risque il y ait réellement car ces alertes à répétition soulèvent finalement plus de questions qu’elles n’apportent de réponses.

 

Concernant donc la dernière en date, Frédéric Mouchon du Parisien se fait l’écho d’une « enquête » de l’association Agir pour l’environnement. Selon celle-ci une centaine de confiseries contiendraient du dioxyde de titane, sous formes de nanoparticules. L’association avait déjà en juin 2016 publié une « enquête exclusive » sur la présence de ces molécules dans des produits de consommation courante.

Les analyses réalisées par un laboratoire indépendant situé à Trappes (Yvelines) confirmaient effectivement la présence de dioxide de titane dans des biscuits, épices, plats préparés et chewing-gums. La démarche, si elle semble scientifique, peut tout de même interpeller : quelle représentativité peut avoir l’analyse de 4 produits seulement ? Mais c’est surtout les résultats qui posent question. Les analyses n’ont en réalité fait que confirmer ce qu’indiquaient bel et bien les emballages, à savoir la présence de E171. Le dioxide de titane n'est en effet ni plus ni moins qu'un colorant, mais dit comme cela c'est moins effrayant.

Cet additif alimentaire apparaît de la même manière sur les paquets des bonbons incriminés par Agir pour l’environnement. Il n'y a donc pas de fraude : les fabricants ne cachent donc pas la présence de dioxide de titane dans leurs produits. Ce qui inquiète l’association c’est le produit en lui-même. « Le dioxyde de titane a été classé cancérigène probable et on le suspecte d'avoir des effets toxiques sur l'ADN et les cellules », souligne dans Le Parisien Magali Ringoot, coordinatrice des campagnes de l'ONG. Elle enfonce le clou : « Sa présence sous forme nanométrique augmente sa dangerosité car il est capable de franchir les barrières de l'intestin, du cerveau et des reins et de s'accumuler dans l'organisme ». Une affirmation lourdes de conséquences, surtout pour le consommateur, mais dont on aimerait connaître les fondements scientifiques. Dans un communiqué de presse, l’ONG cite pêle-mêle une prise de position de l’ANSES, un rapport du CIRC et une alerte des autorités sanitaires néerlandaises. Mais rien qui ne puisse avérer le rôle toxique du E171 aux concentrations utilisées dans les aliments... 

L’association, qui demande un moratoire sur les nanoparticules, n’hésite pas non plus à faire un parallèle avec un scandale sanitaire : « Après le scandale de l’amiante, comment accepter que les enfants soient les cobayes de ces substances dangereuses qui envahissent notre alimentation à notre insu? N’ayant aucune utilité pour le consommateur tout en leur faisant courir des risques inutiles, un moratoire sur la nano-malbouffe s’impose! », s’exclame ainsi Magali Ringoo.

Pour l’heure, l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) précise que le E171 est autorisé par la législation française. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a pour sa part rendu plusieurs avis rassurants sur le dioxide de titane alimentaire. Mais, l’EFSA s’étant faite remarquer à plusieurs reprises par des positions surprenantes, possible que cela ne soit effectivement pas très convaincant.


La France, qui s’est à plusieurs reprises démarquée de l’Agence européenne (notamment sur le cas du bisphénol A et du glyphosate), vient de lancer une expertise, précise le Parisien, afin d’évaluer les risques d’exposition aux nanomatériaux via la consommation de denrée alimentaires. Si les méthodes sont parfois contestables, il semblerait que alertes des ONG ont au point l’avantage de faire bouger les autorités. Le prix à payer est l'inquiétude, souvent infondée, et récurrente des consommateurs.

 


Et pour vous donner de "l'impartialité" de l'EFSA, lisez ce qu'ils disaient sur le Roundup....

 

Le glyphosate du Roundup cancérigène ? "Improbable" selon l'Europe

Le 13.11.2015 à 09h30 | Mis à jour le 13.11.2015 à 09h30

 

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) estime improbable le risque cancérigène du glyphosate, un élément chimique très utilisé dans les désherbants comme le Roundup de Monsanto.

Le glyphosate, élément chimique utilisé dans la fabrication de désherbants comme le Roundup de Monsanto est soupçonné d'être un cancérogène pour l'homme.

Le glyphosate, élément chimique utilisé dans la fabrication de désherbants comme le Roundup de Monsanto est soupçonné d'être un cancérogène pour l'homme. ©PHILIPPE HUGUEN / AFP

"Improbable", c'est ainsi que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a qualifié le risque cancérigène du glyphosate, élément chimique largement utilisé dans les désherbants - dont le Roundup de Monsanto. Le rapport publié à ce sujet jeudi 12 novembre 2015 a pour objectif d'éclairer la Commission européenne chargée de décider s'il faut garder ou non le glyphosate sur la liste de l'UE des substances actives autorisées. "Nous allons examiner attentivement l'étude et les conclusions de l'EFSA. Nous avons jusqu'à juin prochain pour prendre une décision, en consultation avec les Etats membres", a réagi un porte-parole de la Commission lors d'un point presse.

Improbable que le glyphosate soit génotoxique

Les experts ont "conclu qu'il est improbable que le glyphosate soit génotoxique (c'est-à-dire qu'il endommage l'ADN) ou qu'il constitue une menace cancérogène pour l'homme", explique l'EFSA. Ils ne proposent donc pas que l'élément soit catégorisé comme cancérogène dans la réglementation de l'UE sur les substances chimiques. L'EFSA établit également, pour la première fois, un "seuil de sécurité toxicologique", nommé "dose aiguë de référence", qui est la quantité qui peut être ingérée sur une brève période de temps sans être nocive pour la santé : elle a été fixée à 0,5 mg/kg de poids corporel par jour. "L'EFSA se basera sur ces nouvelles valeurs toxicologiques lorsqu'elle réexaminera les limites maximales de résidus dans les aliments pour le glyphosate", précise l'Autorité, une révision attendue en 2016 en coopération avec les Etats membres. Les limites maximales de résidus sont la concentration la plus élevée autorisée d'une substance active dans ou sur des aliments destinés à l'alimentation humaine ou animale.

Le glyphosate, principal ingrédient du Roundup

La question du glyphosate, principal ingrédient des herbicides et présent en particulier dans le Roundup de Monsanto, le désherbant le plus vendu au monde, a déclenché des avis divergents. En mars 2015, une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'avait classé comme cancérogène "probable chez l'homme". En France, la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, a décidé en juin d'interdire la vente aux particuliers d'herbicides contenant du glyphosate. L'utilisation du glyphosate dans l'UE est soumise à une réglementation stricte. L'EFSA a mené son étude dans le cadre du processus légal de renouvellement de l'autorisation du glyphosate dans l'UE, réalisée par un groupe composé de scientifiques de l'EFSA et de représentants des organismes d'évaluation des risques de chacun 

Cholestérol et statines

Par Le 27/10/2016

Ce que dénonçait Nietzsche, juste un exemple :

 

DERNIÈRE PARUTION

 

L’horrible vérité sur les médicaments anticholestérol

Livre : L'horrible vérité sur les médicaments anticholestérol

Disponible sur Amazon

C’est le titre de mon prochain livre à paraître deuxième quinzaine de septembre. 2015 !

C’est un copain de raid en Ubaye qui a trouvé ce titre ! Merci Philippe !

Il y a un sous-titre : « Comment les statines empoisonnent en silence »

Écrit en moins de trois mois ; mais peut-être le meilleur et le plus accessible de mes livres.

Vous y trouverez l’essentiel des effets toxiques de ces médicaments ; selon les critères scientifiques les meilleurs… Bien sûr !

Finalement, il y a beaucoup de données ; beaucoup plus qu’on aurait pu le croire sur la base de ce qui est admis par les industriels, leurs complices rémunérés (avec ou sans blouse blanche) et les Agences Sanitaires !

Certains vont penser que ces titres sont des exagérations d’une réalité plus maussade ; hélas, non, nous sommes réellement dans l’horreur !

Plus que ce que je croyais !

Pour bien comprendre, il faut une grille de lecture ; dès qu’on l’a, chacun peut faire le travail soi-même et, sans doute, découvrir encore plus ; car je ne prétends pas avoir été exhaustif.

Je vous demande donc, à tous et à chacun, d’apporter votre pierre à l’édifice !

Une fois la démarche comprise, je vous demande d’apporter vos témoignages.

Vous œuvrez ainsi pour l’humanité car, malheureusement, je doute que les Autorités le fassent ne serait-ce qu’un peu ; et encore moins les industriels ; sans parler de leurs inénarrables complices rémunérés qui ne manqueront pas d’accuser ce livre d’être criminelsous prétexte que des patients pourraient décéder à la suite de l’arrêt de leur statine.

On a déjà entendu ça, mais les données scientifiques disent autre chose !

Je réponds donc à l’avance (et en scientifique) à ces « maîtres-chanteurs » de la peur ; chaque lecteur de mon livre pourra en faire autant ; et aussi aider son médecin à prendre les bonnes décisions.

Bon vent à tous les corsaires !

MERCI d’avance

Nietzsche

Par Le 27/10/2016

 

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Je lis un hors série publié par "l'observateur" sur le philosophe et plusieurs éléments m'interpellent et me réjouissent. Je réalise à quel point il était visionnaire au regard de ce que l'Humanité est devenue. On pourrait d'ailleurs, comme cela est expliqué, le considérer comme "un lanceur d'alerte"...


 

"Pour Nietzsche, la science est moins la somme des savoirs considérés par une culture donnée comme positifs ou objectifs que l'ensemble des préjugés axiologiques permettant d'établir ce qui doit être tenu pour vrai et ce qui sera rejeté comme faux. Il s'agit donc en premier lieu d'interpréter le problème de la connaissance comme appréciation de valeur. 

La connaissance est une certaine relation de l'homme au monde, qui nécessairement, ne peut livrer à l'esprit la réalité pour nous, en fonction des conditions vitales qui sont les nôtres. Elle est entièrement déterminée par l'utilité pratique.

La connaissance est donc devenue davantage qu'un moyen de survie ; elle est l'instrument d'une volonté de puissance. "Le prétendu instinct de connaissance peut se ramener à un instinct d'appropriation et de domination. " Fragment posthume.

La connaissance est donc, par nature, une vaste entreprise de simplification et par conséquent de falsification d'un réel inconnaissable en soi, à des fins de maîtrise et de croissance d'un organisme dans son milieu."


 

On peut aisément accorder à la politique ou à la médecine ce détournement.


 

"Ce que la connaissance ordinaire pratique spontanément, les sciences constituées l'ont érigé en un sytème rigide de catégories, de principes,d e lois censés exprimer l'autorité de la réalité objective et sa rationalité. De ce point de vue, physique et métaphysique reposent sur les mêmes catégories : principes d'identité, de non-contradiction, de causalité, intelligibilité mathématique du réel...etc...

Parce qu'un tel système est irréfutable selon sa logique interne, il passe pour absolument vrai, c'est à dire en correspondance adéquate avec le réel qui lui est extérieur. Mais il n'est rien d'autre qu'une axiomatique : indémontrable en lui-même, il doit être admis, c'est à dire crû.

La science repose donc sur l'hypothèse généralisée qu'il y a des cas identiques et des lois immuables (préjugés). Que l'intellect ait besoin de formes fixes ne prouve rien de leur vérité."


 

Je précise juste, parce que c'est bien évidemment un exemple que je connais bien, que la médecine occidentale n'a aucune explication "rationnelle" au fait que je sois capable de marcher et encore moins de faire du sport et si j'en viens à dire à un médecin qu'une médium magnétiseuse est à la source de ma guérison, je suis considéré par beaucoup comme un affabulateur, ou un chanceux.

De la même façon, d'ailleurs, l'éducation nationale, en rejetant ma vision de l'école et en m'envoyant voir une psychiatre marque bien par cette attitude l'évidence qu'elle est dans la vérité et moi dans le délire. 

A chacun et chacune de chercher d'autres exemples. 

Les expériences de mort provisoire en sont un...Il y en a beaucoup d'autres. Dans tous les domaines d'ailleurs.



 

Sauvagerie de l'humanité

Par Le 27/10/2016

ENVIRONNEMENTEn 40 ans, la moitié du vivant de la planète a disparu

Pollution, dégradation des habitats naturels et surexploitation fragilisent la planète. Amphibiens et poissons d’eau douce sont les vertébrés dont la population diminue le plus à l’échelle du globe.

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  • Le 27/10/2016 à 06:45
  • mis à jour à 07:21
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L’éléphant d’Afrique est menacé par le braconnage.   Photo Julio PELAEZ
L’éléphant d’Afrique est menacé par le braconnage. Photo Julio PELAEZ

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos. En 40 ans, plus la moitié du vivant a disparu de la surface de la terre.

Selon le rapport Planète vivante 2016 du WWF, entre 1970 et 2012, l’effectif des populations vertébrées a diminué de 58 %. L’abondance des mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons chute en moyenne de 2 % par an. À ce rythme, les deux tiers des populations d’espèces pourraient avoir disparu d’ici 2020 (*).

« Ces chiffres matérialisent ce que les scientifiques appellent la « sixième extinction de masse » des espèces. Et nous sommes responsables de cette régression de la vie sur la planète », alerte Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

Les animaux des milieux d’eau douce - lacs, fleuves et zones humides - sont les plus touchés : leurs effectifs ont baissé de 81 % entre 1970 et 2012. En cause : « La perte et la dégradation de leurs habitats. On a l’impression que les zones humides, comme celle de Notre-Dame-des-Landes par exemple, sont des espaces vides et que l’on peut les raser pour y construire des infrastructures, mais il s’agit d’espaces riches et pleins de vie », observe Pascal Canfin.

Surpêche et braconnage

La disparition rapide de la biodiversité s’explique également par d’autres facteurs comme la surexploitation, qu’il s’agisse de la pêche qui ponctionne les réserves marines, ou le braconnage qui met en péril l’éléphant d’Afrique (son effectif a fondu de 111 000 spécimens depuis 2006 pour tomber aujourd’hui à environ 415 000 individus). La pollution et les espèces invasives mettent également en danger l’équilibre de certains vertébrés. Sans compter la menace du changement climatique : « Pour l’instant son impact est limité car le réchauffement n’est que de 1 °C mais à l’avenir de nombreuses espèces pourraient être en difficulté », pointe Pascal Canfin. La situation de l’ours polaire, dont le territoire se réduit, illustre les drames à venir pour d’autres espèces, quand le thermomètre affichera 3 degrés de plus à l’échelle de la planète.

L’impact de l’activité humaine sur la planète présente un facteur de risque majeur pour la nature, mais aussi pour l’Homme, alerte le WWF. « Si on ne change pas de modèle, en 2050, il n’y aura plus de forêts tropicales autres que celles protégées par des parcs naturels, et 80 % des stocks de poissons auront disparu », prévient le DG du WWF France, qui appelle à changer de mode de développement pour arrêter de dilapider notre capital naturel.

Seule bonne nouvelle du rapport : les changements de mode de vie, de consommation et les nouvelles technologies au service de l’écologie permettent d’inverser la tendance. « Tout ce qu’on a commencé à engager dans les pays développés a fait diminuer l’empreinte écologique par habitant », souligne Pascal Canfin. Mais il reste encore du chemin à parcourir dans la réduction de nos besoins : pour subvenir à la consommation actuelle de l’humanité, il faut les ressources d’1,6 planète Terre !

(*) La société zoologique de Londres qui calcule l’indice Planète vivante, indice de l’état écologique de la planète, a utilisé les données scientifiques collectées sur 14 152 populations appartenant à 3 706 espèces vertébrées.

Élodie Bécu

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