Là-Haut

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Montagne.

Par Le 19/08/2016

Là-Haut. J'y passe beaucoup de temps et c'est un grand bonheur.

Aucunement envie d'écrire. Un besoin qui s'est effacé.

J'avais commencé un nouveau roman et je l'ai mis à la corbeille il y a deux jours. C'est la première fois que ça m'arrive et je n'y reviendrai pas. 

Il est clair aujourd'hui que ce temps passé à écrire des histoires doit servir à autre chose et ça n'est pas les sujets qui manquent.

 

Je me suis appliqué depuis plusieurs mois à retrouver mon "physique" et à marcher en montagne. Ce fut long et laborieux mais j'ai la chance d'avoir déjà vécu la perte de mon intégrité. L'expérience n'est utile qu'au moment où elle se répète et que la leçon apprise peut être appliquée. 

Le bonheur d'un corps affûté qui répond à mes désirs d'efforts intenses est désormais plus puissant que le bonheur de l'écriture.

 

La montagne est une nécessité à laquelle je ne résiste pas.

Il y a quelques jours, Léo, le plus jeune de nos "enfants" a réalisé avec un ami la traversée intégrale de la chaîne de Belledonne par les cols et les sommets. Plus de 7000 mètres de dénivelée en 24 heures non stop dans un Massif très, très peu parcouru, hors sentier, avec un engagement intense et un complet isolement. Un périple magnifique et la lumière de ses yeux à l'arrivée témoignait du voyage intérieur.

Avec Nathalie, on leur a monté un ravitaillement et on les a retrouvés à mi-parcours à 21 heures au pied d'un des nombreux cols. Un très beau moment partagé. Et une descente de nuit avec les lampes frontales sous la lune et les étoiles. 

Magique.

Cette vie, physique, émotionnelle, aimante, intense, cette osmose avec la Nature, le silence, la pureté de ces instants, loin du monde chaotique des hommes, c'est là qu'est mon chemin actuel. 

Pour ce qui est de l'avenir, ça ne m'intéresse pas, il n'a aucune réalité. 

 

 

 

 

NOIRCEUR DES CIMES : Commentaire (1)

Par Le 16/08/2016

Laura est une lectrice fidèle et enthousiaste et je la remercie du temps qu'elle consacre à commenter mes romans d'une si belle façon :) 

 

« NOIRCEUR DES CIMES » de Thierry LEDRU édité chez ALTAL EDITIONS.

 

 

 http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/

 

Encore un livre de Thierry LEDRU, le 3ème édité. Je ne m’en lasse pas, bien au contraire.

 

 

Celui-là a le même sujet de base que « Vertiges », la montagne. Cette fois, c’est le K2. K2 ? Un résultat de maths ? Je vous mets un minimum d’explications si vous êtes comme moi, totalement ignorante sur les montagnes.

Le K2 fait partie de la chaine de l’Himalaya. 2e plus haut sommet du monde. Sur la frontière entre le Pakistan et la Région autonome du Xinjiang, en Chine. Le '8 000' le plus difficile à gravir. Le sommet est presque aussi dangereux à la descente (40 % des morts) qu'à la montée (60 % des morts).

Ca donne envie ! 

Le must pour ces fous d’alpinistes, c’est de gravir les 14 sommets qui sont au-dessus de 8000 m.

Revenons au livre : 4 amis, Etienne, Axel, Luc et Tanguy vont grimper le K2.

Au cours du livre, on apprend à connaître chacun d’eux. Le seul qui ait une amie fixe dans sa vie est Luc. Sandra. Elle l’a accompagné jusqu’à un camp de base pour l’attendre et écrire. Les deux ont une opinion très négative sur leur couple et leur avenir ensemble.  

L’auteur nous fait entendre les pensées de chacun, au fur et à mesure des difficultés pour lui et de l’attente pour elle. Thierry Ledru décrit très bien les états d’âmes. On croit qu’on est spectateur et qu’on le restera mais son écriture ciselée nous invite à réfléchir sur notre propre vie et c’est passionnant.

Comment une relation évolue, qu’elles en sont les conséquences ?

De la même manière, les quatre hommes partent avec ce qu’ils croient être leur personnalité et les ingrédients violents de la montagne va nous dévoiler d’autres facettes.

 Chaque place de la cordée a un sens que chacun vit à sa manière, et les changements sont rarement les bienvenus. Quel est le rôle de chacun ? Pourquoi est-on attaché à sa place ?

La recherche du dépassement de soi. C’est officiellement ce que les alpinistes recherchent en se lançant ces défis de toujours plus haut, toujours plus difficile, toujours plus risqué. Est-ce uniquement masculin ? N’y-a-t-il qu’en montagne que ce défi est possible ? N’avons-nous aucune occasion dans la vie de la vallée ?

Dépassement de soi, on devrait peut-être plutôt dire, recherche de soi, ou dépassement de notre zone de confort ? Sortir de nos habitudes, casser nos raisonnements, ouvrir notre esprit, loin des pressions sociales et de celles que l’on se met soi-même.

Vous l’avez compris, impossible de lire un livre de Thierry Ledru sans remuer ses méninges, on réfléchit sur de nombreux sujets, des sujets importants qui nous touchent tous.

Comme dans « Vertiges », Thierry Ledru nous tient en haleine durant toute cette expédition avec un suspens incroyable, plus solide que dans de nombreux polars.

Ses livres sont un univers, son écriture nous guide à travers des voies différentes, on en ressort différent, avec des idées nouvelles, des questions.

Un matin (25/07) j’ai entendu à une émission sur la philosophie sur France-Inter,  l’invité dire« Les textes de Socrate incitent à la réflexion », j’appliquerais cette phrase aux livres de Thierry Ledru.

 

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08:17 Publié dans Le talent des autres | Lien permanent | Commentaires (0)

Keith Jarret : The Köln concert

Par Le 05/08/2016

Il est de ces musiques qui jaillissent parfois d'une mémoire si profonde qu'on pourrait la croire perdue à tout jamais. Et il suffit de quelques notes, ranimées sans qu'on ne sache pourquoi, pour que chaque image, chaque sensation, chaque pensée se dresse comme une forêt vierge...

 

 LES ÉVEILLÉS

27 août. Le jour de son anniversaire, dans la chambre d’hôpital, au chevet de son frère.

Ses parents lui avaient donné de quoi acheter un disque. Keith Jarret. The Köln Concert. Il en rêvait depuis longtemps.

 

« Vas-y mon chéri, prends ton temps, promène-toi, écoute des disques, ça fait si longtemps que tu es là. »

Cette voix adorée.

« Merci Maman. »

Il avait glissé le billet dans sa poche. Il avait embrassé ses parents.

 

« À tout à l’heure Christian, avait-il dit en se tournant vers son frère. Je vais chercher Keith Jarret. »

Il espérait qu’intérieurement l’évocation du piano cristallin le réjouisse, que la pureté des notes l’investisse, adoucisse ses luttes.

« T’inquiète, je te le prêterai ! »

 

Deux mois qu’il n’avait pas quitté son frère, deux mois qu’il n’était quasiment pas sorti de l’hôpital. Il avait veillé son frère comme on surveille une bougie et il avait fait de son amour pour lui une réserve de cire, l’interdiction de l’usure des forces, l’interdiction de l’affaiblissement de la flamme. Il ne savait pas si cela avait contribué au maintien de la lumière dans l’âme de Christian mais il percevait dans son propre espace intérieur l’émergence d’une force qui le bouleversait, une révélation dont il ne pouvait encore mesurer l’importance.

 

En quittant le couloir des urgences, il avait réalisé qu’il allait sortir de l’enceinte de l’hôpital.

Il s’était arrêté, le cœur battant.

Une autre vie. Un autre monde.

Des gens heureux, affairés, perturbés, inquiets, amoureux, insouciants, des voitures, des vitrines, le bruit de la ville, les couleurs, des odeurs.

Plus de murs aux peintures délavées, les effluves écœurants des désinfectants, les blouses des infirmières, les visages abattus des visiteurs, les voix mesurées ou les pleurs, le roulement des chariots, les appels dans les chambres, les sonneries sur le panneau lumineux des salles de veille, les émanations rebutantes des nourritures industrielles, les fenêtres closes, les horizons limités, le silence interminable des nuits, l’ombre invisible de la mort.

 

Il avait traversé le parc puis l’immense parking. Son trouble avait enflé conjointement à la rumeur des rues, à cette approche délicate, il avait pensé au prisonnier qu’on lâche dans la ville après des années d’enfermement.

Premier trottoir. Il s’était dirigé vers le centre-ville.

Un autre monde.

Il ne pouvait s’empêcher de dévisager les passants. Tous ces gens pressés qui ne savaient rien de l’hôpital, qui ne voulaient sûrement pas en entendre parler, qui géraient leurs existences agitées comme si tout devait durer.

Un groupe de jeunes croisés sur un passage piétons. Ils riaient. Il suffisait pourtant d’un chauffard pour que certaines vies s’arrêtent, que d’autres soient projetées dans un monde de douleurs, d’opérations, de rééducations, de médicaments, de dépendance, de dépressions. Ils ne savaient rien de la vie. Parce qu’ils ignoraient que la mort les guettait. Et pire que la mort encore, la souffrance. Il avait senti avec une force immense qu’il n’appartenait plus à ces groupes humains, à cette frivolité juvénile, qu’il ne pouvait plus supporter cet aveuglement entretenu, il avait eu envie de crier, de leur dire de se taire, de penser à tous les corps brisés qui luttaient jours et nuits sans connaître l’issue du combat, qui s’accrochaient désespérément au goutte à goutte suspendu au-dessus du lit, l’attente d’une opération de la dernière chance, le corps qui se morcelle, la lucidité de l’esprit qui enregistre chaque dégradation, chaque symptôme, la moindre douleur autopsiée, les médecins qui défilent avec leurs contingents d’adorateurs, leurs dossiers et leur suffisance, leur inhumanité diplômée.

Il avait baissé les yeux, il n’était plus de ce monde.

Ils mourraient tous un jour, demain ou dans vingt ans, quelle importance, la mort était déjà dans leurs cellules, elle les dévorait, insidieusement, nous n’étions jamais seul, la mort était une compagne fidèle.

Lui, il savait.

Centre-ville, rue de Siam. Il descendait vers le port militaire. Des parfums iodés. Le cri d’un goéland par-dessus les toits.

C’est là qu’il l’avait vue.

Elle marchait vers lui. Une tenue, une grâce, une fluidité qui l’avait bouleversé. Un choc inattendu, inespéré, comme si elle évoluait au cœur du monde sans en être aucunement atteinte, comme si le monde n’avait aucune emprise sur elle. Toutes les pensées avaient jailli comme un éclair, une fulgurance qui avait effacé en lui deux mois de cauchemar.

Une longue robe blanche, une chemisette bleu ciel, froissée comme du papier crépon, elle marchait les yeux baissés, de longs cheveux blonds flottant sur ses épaules, le balancement mélodieux de ses bras, la rondeur de ses seins sous le tissu, nus pieds dans des sandales à lanières qui remontaient sur ses chevilles, dix mètres, il allait la croiser, il s’était arrêté pour retarder l’échéance, le souffle coupé, plus de bruits, plus de mouvements, la ville avait disparu, il ne restait qu’une bulle protectrice, un espace protégé, elle avait levé le visage, elle l’avait regardé, la profondeur d’océan de ses yeux, immenses, bleus, lumineux, il n’avait plus bougé, catalepsie contemplative, elle avait souri, un soleil sur la peau lisse de ses joues, une fleur épanouie, le galbe rosé de ses lèvres, toute la beauté du monde, une envie immense de pleurer, de tomber dans ses bras et de pleurer, de vider toute cette horreur accumulée auprès de son frère, là, sur l’épaule de cette jeune fille, sans bouger, respirer le parfum de sa peau, s’enivrer de douceur, laisser couler les douleurs et s’abandonner à la quiétude, aucun désir, juste la paix, tout oublier.

« Bonjour. »

Elle était passée en l’enlaçant de sa voix.

Le miel de ses notes avait ruisselé en lui et s’était lové au creux de sa mémoire.

 

Il pourrait la retrouver aujourd’hui au milieu d’une foule, juste sa voix, deux notes comme une mélodie soyeuse, une caresse indicible, au-delà des choses connues.

 

Il s’était adossé à une vitrine, les jambes tremblantes, il ne savait même pas s’il avait répondu, il l’avait regardée s’éloigner, elle flottait au milieu des arabesques de sa robe, suspendue par la grâce, intouchable, intemporelle, une fée.

Un cadeau d’ange.

 

 

Retour.

Il avait acheté le disque tant désiré. Il avait demandé à en écouter les premières notes dans le magasin.

Dom… dom… dom, dom, dom…

Cristallin.

 

 

Les bâtiments de l’hôpital. Si grands.

Il s’était arrêté dans la traversée du parking. Il avait levé les yeux.

Combien d’âmes en souffrance, combien de corps brisés, de vies sur le départ ? Certains en sortaient, aussitôt remplacés, certains y restaient, on les descendait à la morgue, la famille venait chercher le corps, une camionnette noire, le cimetière, des fleurs, des prières, le trou dans la terre, les proches qui pleurent.

Évaluer le nombre de fenêtres. Le nombre de patients. Deux par chambre, le plus souvent.

Combien allait mourir avant la fin de la journée ?

 

Il avait repris son avancée vers la ligne de front, le couloir d’entrée des urgences puis l’escalier vers le service de neurochirurgie.

Les cris, les pleurs, les drames, les horreurs, tout était contenu dans les murs blancs, il le sentait, rien ne disparaîtrait jamais, il faudrait raser et brûler chaque pierre, tout réduire en poussière puis tout disperser dans l’océan.

 

La jeune fille flottait dans son âme.

Elle dansait sur les notes de piano.

La grâce d'un ange.



 

Apprentissage de la norme

Par Le 05/08/2016

Brain Games : Une expérience sociale folle sur l'influence du groupe

Comment naît une norme sociale ? Sommes-nous si influençables ? Une caméra cachée folle et géniale de Brain Games refait surface et nous interroge.

Par Harold Paris -

 

Voici une vidéo particulièrement étonnante qui est en train de refaire surface sur Facebook. Celle-ci présente une expérience sociale réalisée en caméra cachée dans le cadre de l’émission Brain Games sur le National Geographic Channel.

Pour cette expérience, un groupe de complices est installé dans une salle d’attente. À chaque retentissement d’un « bip », le groupe se lève et se rassoit. Rapidement, ils sont rejoints par une femme qui s’apprête à être piégée.

Tout d’abord perplexe, la jeune femme va rapidement se conformer aux actions du groupe… et ce n’est pas tout. Regardez (la vidéo est en anglais, les explications sont juste en dessous).

Au bout de 3 sonneries, alors qu’elle ne sait absolument pas pourquoi elle le fait, la jeune femme se met à se lever avec le reste du groupe. Cela ne vous arriverait sans doute jamais, non ? Et pourtant…

La vidéo prend alors une tournure encore plus hallucinante. Au fur et à mesure, les complices sont appelés un par un et quittent la salle. Ceux qui restent continuent leur manège… jusqu’à ce que la femme se retrouve seule (vers 1:00), toujours filmée. Une nouvelle sonnerie retentit et la femme continue de se lever et se rasseoir !

Crédit photo : Joe Gabriel / Vimeo
Crédit photo : Joe Gabriel / Vimeo

Le dilemme du prisonnier

Par Le 05/08/2016


 


Deux suspects sont arrêtés par la police. Ils sont coupables mais les agents n'ont pas assez de preuves pour les inculper.

Ils les interrogent séparément et leur font à chacun la même proposition. 

«Si tu dénonces ton complice et qu'il ne te dénonce pas, tu seras remis en liberté et l'autre écopera de 8 ans de prison.

Si tu le dénonces et qu’il en fait autant, vous écoperez tous les deux de 5 ans de prison.

Si personne ne se dénonce, vous aurez chacun 1 an de prison. » 

 

Les prisonniers, ne pouvant communiquer entre eux, réfléchissent chacun de leur côté. 

« Dans le cas où il me dénonce et que de mon côté je me tais, je prends 8 ans de prison.

S’il me dénonce et que j’en fais autant, je ne ferai plus que 5 ans.  

Dans le cas où il ne me dénonce pas et que je me tais, je prends 1 an de prison mais si c’est moi qui le dénonce, je serai libre. 

« Quel que soit son choix, j'ai donc intérêt à le dénoncer. » 


 

Si chacun des complices fait ce raisonnement, les deux vont probablement choisir de se dénoncer mutuellement, ce choix étant le plus rationnel, c'est-à-dire excluant au mieux les incertitudes.

Conformément à l'énoncé, ils écoperont dès lors de 5 ans de prison chacun.

Or, s'ils étaient tous deux restés silencieux, ils n'auraient écopé que de 1 an chacun.

Ainsi, lorsque chacun poursuit son intérêt individuel, le résultat obtenu n'est pas optimal.

C'est même dans ce cas le plus mauvais résultat collectif (obtenu en additionnant les années de prison des deux prisonniers.) 

Cette histoire illustre bien ce que peut être l'enfermement dans le mental.

Isolé et ne disposant que de son raisonnement pour tenter de minimiser sa peine, chaque prisonnier se condamne au plus mauvais choix.

Pour véritablement minimiser sa peine, il lui manque quelque chose qui n'est pas du domaine du raisonnement, mais de l'ordre de la confiance en son complice.

 

Bien entendu, au cinéma, si le rôle d’un des malfaiteurs est joué par Robert de Niro, il ne dira rien et prendra huit ans étant donné que son complice le « balancera. » :) 

 

Qu’en est-il maintenant si au lieu de prendre en exemple des malfaiteurs qui tentent de s’en sortir au mieux, on extrapole cette problématique du dilemme à l’individu au sein de la société humaine d’un côté et du phénomène vivant à l’échelle de la Terre.

Personne n’est « coupable » d’actes répréhensibles au regard de la loi humaine mais chacun est plus ou moins responsable des effets délétères sur le vivant.

La « réflexion » de base est que chacun profitant du système, il n’y a pas de raison que je n’en fasse pas autant.

Pourquoi est-ce que je me priverai de ce qui est proposé à la masse ?

Cette attitude n’est possible qu’au regard de l’absence de prise en considération de la vie elle-même.

Ces derniers jours, la chaleur ambiante amenait un grand nombre d’automobilistes à rouler avec les vitres fermées et la climatisation en marche. Climatisation dont on connaît les effets néfastes sur l’atmosphère et le réchauffement climatique.

Chacun est donc « prisonnier de la chaleur » et choisit la voie technologique dont la masse dispose pour se « libérer » même si cela condamne tous les autres. L’important pour chacun étant de ne pas souffrir dans l’instant même si cela renforce la gravité de la peine à long terme.

L’absence de culpabilité ou de conflit moral vient de ce que chacun profite simplement de ce qui lui est proposé, sans en être « l’instigateur » et du fait que tout le monde agit de la même façon. (Ce qui est faux bien entendu mais juste déculpabilisant.)

Autre exemple : l’alimentation et la situation de l’animal.

Le régime omnivore étant considéré comme la « norme », (la norme représentant l’enceinte carcérale…), chacun se libère de la culpabilité de la souffrance animale en arguant le fait que cette norme, si elle existe, est fondamentalement justifiée et incontournable. Fin de la réflexion.

L’exploitation animale à des fins alimentaires est un des facteurs les plus aggravants de l’équilibre de la planète.

C’est une réalité, un fait éprouvé.

Oui, mais « tout le monde fait comme ça depuis toujours donc il n’y a pas de raison que je n’en profite pas. »

On est donc ici dans le cas des prisonniers qui nient les actes répréhensibles de leurs "complices" pour pouvoir continuer à profiter eux-mêmes du système.

La norme les déresponsabilise intégralement.

C’est le même phénomène qui poussent des millions de consommateurs à se ruer dans les magasins à l’ouverture des soldes jusqu’à se battre si nécessaire pour obtenir leurs biens. Ils sont prisonniers d’un système qui les conduit à la folie mais il leur serait plus insupportable encore de savoir que d’autres prisonniers en profitent et pas eux.

La pokémania actuelle agit sur le même principe. Le phénomène de masse n’existe pas a priori. Il sera généré par les tenants du marketing et une fois lancé, il s’entretiendra de lui-même en rameutant toujours plus de prisonniers.

Le jeu n’existerait pas si l’idée de compétition n’était pas considérée comme la norme… Le système scolaire et tout le système économique sont évidemment passés par là pour asseoir la norme dans l’esprit des individus.

On me dira qu’il n’y a pas d’impact sur le vivant et je répondrai alors que l’extraction des « terres rares » pour la fabrication des microprocesseurs a un impact redoutablement destructeur sur la planète. (Mon ordinateur portable en contient aussi…)

 On ne connaît pas réellement les effets des ondes à long terme.

On peut juger par contre très facilement des effets sur les liens humains à travers ce jeu…

Sans parler bien entendu des effets abrutissants sur la sphère intellectuelle…Mais existe-t-elle encore ?

 

On pourrait trouver des milliers d’exemples dans lesquels le dilemme du prisonnier prend forme. Mais il est une conclusion qui s’impose dans de nombreux cas : La sphère égotique l’emportera dans la majorité des cas avec, de surcroit, une bénédiction du système économique qui se nourrit bien évidemment de cette absence de considération de la sphère commune.

Chaque prisonnier cherchera le meilleur pour lui.

C’est la norme.

Une norme qui mène la plus grande partie de l’humanité à la dévastation du phénomène vivant, du plancton à l’atmosphère. Dévastation planétaire qui est le reflet de la dévastation intérieure de l’humain.

Alors maintenant se pose la question de l’avenir de l’Humain.

Pour avancer lucidement dans la voie de l’éveil des consciences, il faut avant tout prendre en considération le fait que le groupe humain ne peut pas évoluer en se posant comme juge et partie, c'est-à-dire sans octroyer à la Terre ce statut d’être vivant nécessaire à la mise en place d’une « table ronde » (et non d’un « tribunal »)

Ma réflexion n’a aucun intérêt en soi tant qu’elle n’est reçue que comme une forme d’opposition à la norme car l’humain qui se sent visé entrera dans une posture défensive qui ne résoudra rien.

Il faut donc qu’une autre entité intervienne pour passer de deux points symétriques qui s’opposent à la formation d’un triangle afin de briser dans l’œuf les habitudes d’opposition des deux parties.

Le phénomène vivant, à l’échelle de la Terre, est à mes yeux, le sommet du triangle. Tant que cette entité ne sera pas conscientisée dans l’esprit de chacun, l’humanité continuera à vivre au-delà de ses moyens, dans la folie individuelle de la norme.

Nous sommes "prisonniers" d'une norme destructrice.

Ceux qui l'acceptent veulent juste continuer à en bénéficier, c'est à dire à rendre la "peine" la plus douce possible.

Ceux qui la dénoncent sont déconsidérés par ceux qui se sentent jugés et on peut s'interroger sur les effets positifs de ces "conflits d'idées " sur l'ensemble de l'Humanité. 

Il manque donc à mes yeux un intervenant supplémentaire qui viendrait apaiser les tensions par sa présence : la Terre.

Celle que les Peuples Premiers appellent notre Mère.

Celle que les esprits religieux ont nommé Dieu.

Une entité vivante sur laquelle nous évoluons. Non pas juste un territoire à exploiter mais un partenaire d'existence.

Si la réflexion de chaque "prisonnier" s'établit dans cette dimension spirituelle, on peut imaginer que les décisions de chacun évolueront de façon à ce que la Vie perdure.

De toute façon, il s'agira à un moment donné d'un choix délibéré ou d'une obligation vitale selon le temps que ça prendra.


 

 

Respiration de cohérence cardiaque

Par Le 01/08/2016

NETTOYAGE DES MÉMOIRES PSYCHOSOMATIQUES

 

Méditation : Vers la cohérence cardiaque.

Cohérence cardiaque (santé)

 

L’exercice dit de COHÉRENCE CARDIAQUE expliqué

 

Par Dacheng le vendredi 22 avril 2016, 22:00 - Nettoyage des mémoires psychosomatiques- Lien permanent

images.jpgCelui-ci consiste à respirer « profondément » environ 18 fois, 18 cycles inspire/expire (5 secondes/5 secondes) durant 3 minutes. Cela donne le rythme de base de la respiration profonde. On peut le faire en conduisant et dans toute activité de la vie quotidienne. L’idéal serait de pratiquer pendant 20 minutes par jour.

Cela va favoriser un équilibre des systèmes sympathique et parasympathique (yin/yang, le "sourire intérieur" de la médecine chinoise) Le résultat est une harmonisation cœur/cerveau c’est la cohérence cardiaque, la régularisation des différentes fonctions corporelles tels que les systèmes nerveux, immunitaire, cardiaque, respiratoire, digestif ainsi que la tension artérielle et mentale.

C'est l'explication des bienfaits des méthodes et exercices de méditation, relaxation, du qi gong, des postures de santé, etc. C’est une prévention contre les maladies et un ralentissement du vieillissement C'est se soigner gratuitement sans médicaments, de façon autonome

C'est cela la respiration consciente C'est cela être ici et maintenant C’est cela s’aimer soi-même

Au bout de quelques minutes de pratique, avec la sensation de bien-être, le sourire apparaît sur notre visage naturellement...

Les nerfs des systèmes nerveux sympathique et parasympathique constituent le système nerveux végétatif (ou autonome) qui est responsable des fonctions automatiques de l'organisme (par exemples digestion et transpiration). Par leurs actions opposées, les systèmes sympathique et parasympathique contrôlent l'activité de plusieurs organes et fonctions. Leurs cellules nerveuses (neurones) innervent les cellules des muscles lisses (présents dans la paroi de nombreux organes), du muscle cardiaque, des glandes et des cellules du système immunitaire.

Le système nerveux sympathique

L'activation du système nerveux sympathique prépare l'organisme à l'activité. Devant un stress important, il orchestre la réponse de fuite ou de lutte. Il dilate les bronches, accélère l'activité cardiaque et respiratoire, augmente la tension artérielle, dilate les pupilles et augmente la transpiration. Il diminue l'activité digestive. Ce système est associé à l'activité de deux neurotransmetteurs: la noradrénaline et l'adrénaline.

Le système nerveux parasympathique

L'activation du système nerveux parasympathique amène un ralentissement général des fonctions de l'organisme. Le rythme cardiaque et l'activité respiratoire sont ralentis et la tension artérielle diminuée. La fonction digestive et l'appétit sexuel sont favorisés. Ce système est associé au neurotransmetteur acétylcholine.ob_e8b9f9_sna-ok.jpg

La discussion continue ailleurs

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"Casques Bleus spirituels"

Par Le 01/08/2016

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Dans cet ouvrage, "Aux origines de la vie", Marcel Locquin retrace chronologiquement toutes les étapes de l'évolution depuis "l'océan d'énergie indifférencié" jusqu'à "l'homme pensant". 

L'ontogenèse récapitule la phylogenèse.

 

Ontogenèse et phylogenèse

 

"Notre intelligence biologique régresse car elle a perdu ses racines du fait de l'urbanisation qui a coupé l'homme des réalités naturelles de son environnement. Il doit dont réfléchir au fait qu'un individu, où qu'il vive, récapitule au cours de ses développements toutes les étapes parcourues par ses ancêtres mais en accéléré."

 

De la préhistoire du nouveau-né à l'époque contemporaine de l'âge adulte.

Mais il arrive par conséquent, comme dans toutes périodes évolutives, un point ultime que la vie peut dépasser.

Si je considère que l'âge contemporain qui a vu l'évolution d'une grande partie de l'Humanité prend sa source avec la "révolution industrielle", je peux voir les individus constituant cette Humanité comme les extensions de ce progrès technologique qui contribue désormais à la destruction planétaire de la vie au regard de l'exploitation éffrénée des ressources. Les dégâts collatéraux concerne désormais l'ensemble de la chaîne du Vivant, du plancton à l'atmosphère.

Mais simultanément, ce progrès technologique a créé une extension de la communication qui elle aussi est devenue planétaire. Les réseaux sociaux représentent donc aujourd'hui la possibilité de l'émergence d'une conscience unifiée sur un plan informatif.

L'évolution de cette conscience prend une forme de plus en plus spirituelle à travers l'importance prise par l'observation interne de chaque individu et le partage grandissant de cette observation existentielle.

Il apparaît donc que les individus détiennent l'énergie permettant de franchir un nouveau palier s'ils prennent conscience de l'importance et de l'urgence de cette évolution spirituelle.

Il ne s'agit pas uniquement d'évoluer favorablement dans sa propre existence mais d'en référer à l'ensemble des individus susceptibles de participer à ce mouvement. Non pas dans une intention égotique de servir de modèle ou de référence mais par un simple et spontané amour envers cette Humanité.

Je n'aime pas ce que font la plupart des hommes ou femmes politiques, la plupart des financiers, la plupart des industriels, la plupart des chimistes, des techniciens etc etc mais je ne peux pas condamner l'intégralité de ces diverses sphères économiques ou technologiques dans un mouvement de colère qui ne ferait que générer un état dépressif alors que je profite, moi aussi, de tout ce qui a été créé par ces hommes et ces femmes. Il existe des milliers d'exemples positifs dans l'évolution de l'Humanité.

Il convient donc d'en extraire, non seulement ce qui se révèle destructeur mais également ce qui contribue à une évolution favorable à l'émergence d'une nouvelle ère.

 

Il ne s'agit pas pour chaque individu d'attendre qu'une évolution se fasse mais de déclencher en soi cette évolution et de la partager.

L'ensemble ne transforme pas l'entité unique ; c'est l'inverse qui se produit.

Chaque entité unique engagée dans un mouvement commun génère une évolution. Il n'y a pas d'évolution spontanée jaillie de nulle part.

Un ciel bleu ne se couvre pas en un instant de nuages jaillis du néant ; c'est l'accumulation d'entités nuageuses individuelles qui finit par emplir le ciel. Il aura fallu au préalable que s'enclenche le cycle de l'eau pour que la bénédiction de la pluie participe à la vie.

L'évolution spirituelle de l'Humanité est une accumulation de nuages nourriciers. Leur multiplication contribuera à ce dispersement prolifique des idées comme des pluies salvatrices.  

On pourrait imaginer dans un registre similaire des champs de fleurs qui dispersent leurs pollens.  

Qu'en est-il dès lors de ce partage ? Quel doit être son contenu? Quelle forme doit-il prendre ?

Il est évident que l’information doit être entière et non sélectionnée en fonction d’une intention qui deviendrait parcellaire et limitante…

Informer sur l’état de la planète, l’épouvantable maltraitance animale, la dévastation des forêts primaires, l’extinction effroyable des espèces, les drames humains et tout le contingent quotidien de souffrances est une nécessité.

S’arrêter là serait une erreur terrible puisque cela insérerait dans la conscience des individus une idée très sombre de l’évolution et on ne peut que craindre les effets de cette noirceur planétaire sur le Vivant.

Quelle évolution pourrions-nous attendre en sombrant continuellement dans le désespoir ?

Les réseaux sociaux doivent donc proposer des alternatives, non pas pour critiquer uniquement une société perverse mais pour bâtir un autre processus.

"On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rendra inutile l'ancien." Buckminster Fuller

La multiplication des sites, blogs, forums et autres supports explorant la dimension spirituelle, réflexive et agissante, est une nécessité qu'il faut développer, encore et encore.

C'est là que prend forme la clé permettant d'ouvrir la porte d'un nouvel horizon. 

Les individus, qui par le mimétisme de l'insignifiance matérialiste, se contentent de succomber béatement aux mirages d'un monde moderne qui se pense éternel ne doivent pas être combattus comme des adversaires car cela contribuerait à l'épuisement de l'énergie spirituelle réflexive et agissante. Et il est fort probable que ceux-là ne changent en rien leurs comportements mais qu'au contraire ce "conflit" les renforce dans leurs errances.

Le guerrier qui lutte n'a aucune disponibilité pour bâtir un monde meilleur. Il obéit aux ordres et s'efforce de survivre.

Ceux qui ont eu la chance ou la force de se tenir à distance des champs de bataille peuvent de leur côté construire cette alternative qui à travers l'extension des partages contribue à agrandir "l'armée" des constructeurs d'un autre monde.

Comme des "casques bleus spirituels."

Regarder loin devant, chacun pour soi et se retrouver tous ensemble dans un horizon unifié.

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Douleurs fantômes : INREES

Par Le 31/07/2016

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PSYCHOLOGIES

Douleurs fantômes

 

Des amputés se plaignent d’avoir mal aux membres qu’ils n’ont plus. 
Et si ces douleurs fantômes s’expliquaient par l’existence de corps subtils résiduels ?

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A la suite d’un accident, Ursula Lemarchand, comédienne, est amputée des 2 bras. Comme 80 % des personnes ayant perdu un membre, elle se retrouve avec des sensations étranges et parfois douloureuses jusque dans les doigts qui pourtant n’existent plus. « Je ressens mes bras comme s’ils étaient encore là. Au début, j’avais même l’impression de pouvoir bouger mes doigts. Déjà, c’est déroutant en soi mais le problème c’est surtout les douleurs fantômes. Cela fait comme des décharges électriques.» Comment est-il possible de ressentir une partie anatomique physiquement absente ? Surtout, comment soigner quelque chose d’impalpable ?

Curieusement, des pistes prometteuses pourraient se trouver du côté des corps subtils. À l’IRMA (l’Institut Robert Merle d’Aubigné), le plus grand centre européen de rééducation pour amputés, la méthode Surrender produit des résultats étonnants dans le traitement des douleurs fantômes. Cette approche d’inspiration ostéopathique, fondée par l’ancien comédien Seymour Brussel et le Dr Rodolphe Meyer, vise à stimuler nos capacités de régulation jusque dans nos champs énergétiques, immatériels.


 

De mystérieuses douleurs


Décrites dans la littérature médicale dès le XVIe siècle par Ambroise Paré, les douleurs neuropathiques dites fantômes, sont un casse-tête. La science explique que puisque la zone du cerveau correspondant au membre perdu, elle, ne disparaît pas, le système nerveux agit comme si le membre était encore là. Le corps médical propose alors soit une forte sédation médicamenteuse, soit parfois une « thérapie par le miroir ». Cette dernière consiste à leurrer le cerveau en faisant se refléter par un système de miroirs le membre existant à la place du membre manquant. Le système nerveux central pense que la partie amputée existe encore et cela le calmerait. Cette approche procure un soulagement pour beaucoup. Cependant, elle ne peut par exemple pas s’appliquer à Ursula qui a perdu ses 2 bras. Il faudrait qu’elle en ait encore au moins un pour pouvoir créer un reflet à la place de l’autre.

L’explication purement neuronale des douleurs fantômes est-elle suffisante ? Pas sûr. Déjà, les découvertes récentes en neurosciences ne valident pas entièrement la correspondance des parties du corps avec une zone précise du cerveau. Son fonctionnement serait beaucoup plus complexe et plastique que cela. Par ailleurs, des facteurs plus subjectifs, comme les circonstances extérieures et les états émotionnels du patient, semblent largement moduler ces sensations. 

Il y a une vraie composante psychologique dans les douleurs fantômes.

« Il y a une vraie composante psychologique dans les douleurs fantômes. Quand les gens sont stressés, angoissés, la douleur augmente », souligne le Dr Christophe Pham, médecin rééducateur, ancien chef de l’unité d’appareillage à l’IRMA. Ainsi, le phénomène ne serait pas seulement créé dans le cerveau. Si celui-ci reste le support activé selon les circonstances, la source des stimuli pourrait se trouver ailleurs.

 

Des corps énergétiques ?


« Rien ne se produit dans la nature sans échange énergétique et il n’y a aucune exception à cette règle. Cela n’a rien de mystique, c’est maintenant largement démontré par la science », informe le Dr James Oschman, auteur de Energy Medicine, The Scientific Basis. Nous le savons maintenant : le cerveau communique notamment via son champ électromagnétique, qui dépasse largement la boîte crânienne. Par ailleurs, l’institut HeartMath aux États-Unis a aussi mesuré le champ électromagnétique du coeur : il s’étend sur un rayon de plus de 3 mètres, donc bien au-delà du corps physique. Sommes-nous entourés d’« enveloppes énergétiques » réellement effectives ? La notion de corps immatériel a été envisagée par de nombreuses cultures depuis des milliers d’années. Les textes védiques notamment font état de structures auriques de plus en plus subtiles autour du corps physique. Ces enveloppes communiqueraient constamment avec notre biologie. Plus récemment, la photographie Kirlian, technique découverte en 1939, puis la caméra GDV (pour gas discharge visualization) du Dr Konstantin Korotkov, ont produit des clichés qui semblent révéler au moins une partie de cette énergie maintenant mesurée par la science.

Incidemment, ces dispositifs montrent que lorsque nous enlevons une feuille sur une plante, un champ énergétique de la forme de la feuille persiste pendant un certain temps. Une trace énergétique semble se maintenir bien que la manifestation physique ne soit plus présente. Les êtres humains seraient-ils sujets au même phénomène résiduel ? « Au vu de notre pratique clinique, c’est une évidence », affirme Seymour Brussel. « Il y a une énergie qui est toujours là, c’est sûr, je le sens. Mes prothèses sont en plastique, elles ne me donnent aucune sensation tactile. Pourtant, lorsque quelqu’un me prend la main, je le ressens vraiment », atteste Ursula Lemarchand. Au début, ses amis s’amusaient même à lui toucher les doigts sans qu’elle ne les voie, mais la jeune actrice réagissait bien souvent. Autre phénomène étrange, Ursula raconte qu’après son accident, elle s’est sentie comme « décalée » de son corps physique, « au point que, quand j’étais allongée au centre de la table de soin, j’avais l’impression que j’étais au bord et que j’allais tomber », détaille-t-elle. Pour Seymour Brussel, le phénomène n’est pas rare en 

Je vois souvent des gens qui sont désaxés énergétiquement après des traumatismes.

cas de choc. « Je vois souvent des gens qui sont désaxés énergétiquement après des traumatismes. On pourrait dire que leur corps énergétique est à côté de leurs baskets », sourit l’ancien comédien.

 

Rééquilibrer le subtil


Ainsi ces champs résiduels pourraient être une des causes des douleurs fantômes. « Tout porte à penser que le champ énergétique est encore perturbé par l’absence du membre », suggère Seymour Brussel. En travaillant sur les fluides et l’énergie du corps, la méthode Surrender vise alors par effet de ricochet à stimuler les capacités d’autoguérison chez ses patients, à tous les niveaux de l’être jusqu’aux plans les plus immatériels. « Le thérapeute va intentionnellement dynamiser le champ du patient. Cela va déclencher des réactions naturelles d’harmonisation énergétique, y compris à l’endroit impalpable de l’amputation. Petit à petit, un rééquilibrage se fait et la douleur disparaît », détaille Seymour Brussel.

S’il est difficile d’objectiver une telle hypothèse, les résultats eux, sont bel et bien là. La méthode est saluée par les professionnels et les patients. « Avec la thérapie par le miroir, la sensation du membre va rétrécir jusqu’à ce que les orteils ou les doigts soient ressentis au niveau du moignon puis disparaissent. Avec la méthode Surrender, c’est plutôt comme si les gens ressentaient pleinement le champ de leur membre, mais sans la douleur », rapporte le Dr Pham. Un avantage ? Les prothèses nouvelle génération se branchent maintenant sur les nerfs de la personne de manière à ce qu’elle puisse les actionner directement. « Si les gens arrivent à pleinement sentir le champ de leur membre, ils bougeront mieux leur prothèse », souligne le médecin. Que penser alors des greffes d’organes ? Seymour Brussel avance qu’une harmonisation entre le corps du patient et la greffe pourrait éviter de nombreux rejets. « Surtout que dans ce cas-là, l’organe possède lui aussi son propre champ et donc la mémoire de l’ancien corps. Il est judicieux de faire en sorte que tout le monde s’entende », soutient le médecin. De son côté, Ursula Lemarchand a su rebondir. La Princesse sans bras, spectacle qu’elle a écrit en centre de rééducation, rencontre un grand succès. La morale de l’histoire ? « Peu importe les difficultés que nous pouvons rencontrer dans la vie, nous pouvons tous être heureux », conclut-elle.


 

Amputée des bras, Ursula Lemarchand, princesse de l'espoir

 

Publié le jeudi 17 mars 2016 à 19:02 par Texte : Julien SOYER. .

Actualités / France /

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Après son terrible accident de métro et sa dépression, Ursula pétille à  nouveau de vie.

Après son terrible accident de métro et sa dépression, Ursula pétille à nouveau de vie. © Marc ROGER.

Amputée des deux bras en décembre 2013 après un accident sur une voie de métro, Ursula Lemarchand, 25 ans reprend aujourd'hui le Cours Florent. Une évidence pour cette comédienne angevine qui a retrouvé le goût de la vie grâce au théâtre. Cette passion lui permet de véhiculer des messages forts et de susciter l'espoir.

Elle rayonne, Ursula. Est-ce le soleil de cette mi-mars qui inonde sa maison, au Marillais (Maine-et-Loire), entre Ancenis et Angers ? Ou ce rire qui illumine son doux visage, enveloppé dans une longue et délicate chevelure blonde ? La jeune femme de 25 ans est heureuse : ce mercredi, elle repart à Paris. Direction le Cours Florent, cette célèbre école de théâtre d'où sont issus Isabelle Adjani, Emmanuelle Devos, Daniel Auteuil ou encore Vincent Elbaz.

Il ne lui reste qu'un petit pas à franchir : le dernier module de sa formation consacré à la mise en scène. « Je ne ressens aucune pression car je sais que je peux vivre de mon métier. Mais ça me paraît indispensable d'être diplômée. » Et puis, le thème sur lequel elle doit plancher - « l'espoir » - lui parle particulièrement.

Ursula Lemarchand est une rescapée. À l'âge de 4 ans, elle a manqué de se noyer. En décembre 2013, c'est un métro qui a failli mettre fin à ses jours. « Heureusement, le chauffeur, que j'ai revu il y a peu de temps, a eu le réflexe de couper l'électricité avant que je ne tombe sur la voie. Il m'a sauvé la vie », sourit-elle, sans s'étendre sur les circonstances du drame.

Ce petit bout de femme coquette et dynamique doit être amputé des deux bras. Il lui faut plusieurs jours pour encaisser la nouvelle - « Je croyais être dans un cauchemar» - et environ un mois pour parler d'avenir. « Heureusement, j'avais la famille idéale pour surmonter cette épreuve. Ma mère et Berthille, ma jeune soeur, esthéticiennes, ont su soigner mon apparence pour me prouver que je restais belle. Mon père et Anaïs, ma soeur aînée, à qui j'ai quand même demandé de m'aider à mettre fin à mes jours, m'ont, eux, convaincue, que j'avais encore plein de belles choses à vivre. »

Tout est à réapprendre : manger, marcher et muscler le haut du corps pour supporter les prothèses de trois kilos chacune. Un travail facilité par son passé de danseuse classique et son goût pour la course à pied. Mais « son handicap n'a en rien altéré son jeu et sa prestance sur scène, estime Laëtitia, son ancienne colocataire, comédienne aussi. Elle conserve un large et beau répertoire. »

Elle écrit avec ses doigts de pied

« Depuis toute petite, elle s'illumine sur scène », raconte son père, Bruno. Cette passion la guide depuis la classe de seconde. Fan de Molière, elle est également fascinée par Salomé d'Oscar Wilde et Penthésilée de Heinrich von Kleist. Mais la scolarité est difficile. « Le déclic est arrivé lorsqu'un lycée, à Bressuire (Deux-Sèvres), a accepté malgré un bulletin peu valorisant, de la prendre en 1re L, option théâtre, raconte son père. Elle a alors éclos. » Jusqu'à intégrer le prestigieux Cours Florent.

Impossible pour Ursula, surnommée Vénus, de ne pas remonter sur les planches, malgré le handicap. La reconstruction passe par le rire. « On a très vite essayé de dédramatiser par l'humour, se rappelle François, un autre copain de promo. Via des expressions concernant les bras et les mains. Elle adorait aussi secouer ses deux pieds pour nous dire à demain. » Ses doigts de pieds avec lesquels elle écrit, sur son lit d'hôpital, un conte pour enfants intitulé La Princesse sans bras, dont elle sera l'héroïne.

L'histoire : née sans bras, une princesse rejetée par sa mère décide de quitter le château familial pour trouver la fée qui exaucera son voeu le plus cher : retrouver ses membres manquants. Un voyage initiatique au cours duquel la princesse multiplie les rencontres. Toutes sont inspirées par des personnes qu'Ursula a croisées durant son hospitalisation et son long séjour au centre de rééducation de Valenton, dans le Val-de-Marne.

« Ce projet a occupé 100 % de son temps. Elle l'a écrit, l'a mis en scène et a cherché les costumes, admire son père. Un moteur lui permettant d'oublier son handicap et de tourner la page. » Sans doute un peu trop vite. « Ursula a la particularité de mettre toute son énergie pour atteindre ses objectifs, reprend son père. C'est une force... Mais aussi une faiblesse car elle peut en oublier les limites de son corps. »

Épuisée par le rythme effréné pour tenir les dates de la pièce jouée une quinzaine de fois dans des salles accueillant jusqu'à 1 200 spectateurs, la jeune femme subit une dépression post-traumatique violente entre septembre 2015 et janvier 2016. Une rechute qui permet, enfin, d'intégrer son handicap. « Elle reste une bosseuse acharnée très pro, mais je la trouve plus lucide », juge François.

Idéal pour aborder sereinement ses projets futurs : nouvelle pièce, peinture, préparation d'un semi-marathon... Ursula entend continuer à croquer la vie à pleines dents.

Julien SOYER

JUSQU'AU BOUT : La force en soi

Par Le 31/07/2016

 

 

 

 

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"JUSQU'AU BOUT"

Il sortit et reçut la lumière du soleil comme un don.

 

Il quitta son sous-pull. Son torse devait se nourrir des ondes divines. Il aurait aimé courir nu mais les esprits pervers n’auraient pas compris.

Il partit sur la route.

Dès les premières minutes, il chercha à se concentrer sur le rythme de ses foulées, la musique de son souffle et de ses pas, le tempo de son cœur, se coupant du monde extérieur, n’acceptant que les rayons solaires et la brise fraîche, sans objectif précis, il s’enfonça dans les forêts, traversa le plateau granitique de la Pierre Levée, suivit un temps le ruisseau du Ninian, rejoignit une route qu’il ne chercha pas à reconnaître, refusant de construire un parcours, limitant le travail de son esprit à la précision de ses gestes et quand il sentit que les muscles des jambes durcissaient, que le ventre et le dos supportaient de plus en plus difficilement les chocs répétés, il s’interdit de penser à un probable retour et, peu à peu, il sentit s’installer en lui la mécanique hypnotique de la course, s’engloutissant à l’intérieur de lui-même, insensible à toutes les sensations extérieures, ne vivant que dans l’infini profondeur de son propre abîme, il ne distingua de son corps que le passage rapide devant ses yeux d’un pied puis d’un autre, le premier disparaissant, immédiatement remplacé par le second et cela sans fin, et il trouva magnifique la mélodie répétitive de ses pas sur le corps de la Terre, comme des étreintes répétées, un don d’énergie partagée, il buvait à la source de vie et s’enivrait de jouissance, cette alternance rapide et saccadée et cette absence de volonté, le corps agissant indépendamment de tout contrôle, sans crainte et donc sans fatigue, le cerveau, submergé de douleurs ayant abandonné l’habitacle, s’évaporant dans un ailleurs sans nom, il la trouva magnifique cette musique en lui, chaque foulée se répercutant dans l’inextricable fouillis de ses fibres musculaires, dans les souffles puissants jaillissant de ses poumons vivants, comme une alarme infinie qui retentit, un appel à la vie, un cri de nouveau-né qui emplirait le ciel et gonflerait les nuages, ses perles de sueur comme des semences inondant la Terre, les râles de sa gorge comme des mots d’amour et il comprit pleinement, par-delà les pensées, que les poumons, le cœur, le sang et les cellules n’existaient que dans ces instants d’extrême exploitation, que les jours calmes étaient des jours morts, des jours sans éveil, des jours d’abandon et de faiblesse, des heures disparues dans le néant de la mort, des pourritures rongeant l’extase, des impuissances de verge éteinte, des mollesses de cadavres agités dans l’attente des vers, c’était inacceptable et il ne l’accepterait plus, sa vie devait être comme cette course, sans cassure, sans déchet, sans seconde évaporée, un cri de vie dans le silence des cimetières, une rage aimante comme un hommage, il plongerait son âme dans le calice du monde jusqu’à noyer les derniers résidus des morales apprises, il couvrirait la Terre de son corps embrasé, il emplirait le vide de son amour enflammé, il sentit les larmes couler, c’était si beau ce moment de vie, enfin la vie.

 

 

Il courut si longtemps qu’il ne sut pas quand il rentra."

 

 

 

 

Jarwal le lutin : Au-delà des formes

Par Le 28/07/2016

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Il semble que ça soit trop compliqué pour de jeunes enfants. Des réflexions qui les dépassent et qui ne font pas partie de leurs préoccupations. C'est curieux mais quand je lis ça, j'entends surtout des adultes qui ont oublié les questions qu'ils se posaient quand ils étaient enfants.....

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JARWAL LE LUTIN, tome 3

« Je sais que tu avais raison Gwendoline. Il faut rejoindre les Kogis et voir ce qu’ils peuvent faire pour moi. Je ne dois pas abandonner et partir. C’est comme si je laissais ce Jarwal sur place et ne rentrait qu’avec un fantôme. Mon histoire est ici et c’est ici que je dois la retrouver. »

Elle l’embrassa sur le front. Juste un baiser plein de tendresse. 
Léontine bourdonnait de bonheur autour d’eux.

C’est là qu’ils virent certaines fougères bouger étrangement. Comme un roulis, une houle de frissons, un frémissement continu. Ils se levèrent et reculèrent de quelques pas. Les sens aux aguets. 
Sous leurs yeux ébahis, des formes s’agitèrent, une myriade de petits êtres couverts de feuillages, des fougères qui n’en étaient pas, une apparition stupéfiante. La troupe se plaça devant eux. Des corps envahis de végétation mais pourtant une forme bien identifiable. Pas plus haut que le chapeau pointu de Jarwal. Des branchages pour membres, des tiges garnis de jeunes pousses, des feuilles, des plantes, des mousses, un amalgame hétéroclite, comme un collage anarchique, mais un visage souriant et des yeux lumineux, parfaitement visibles dans l’imbroglio végétal, des prunelles luisantes comme des soleils.

« Ah ! L’amour, on ne peut y résister, annonça en sautillant un des petits êtres. 
-C’est vrai, c’est tellement bouleversant, enchaîna un deuxième.
-Le seul phénomène qui puisse nous pousser à nous montrer, renchérit un troisième. »

Des bonds qui accompagnaient chaque parole, une frénésie joyeuse, une danse pétillante.

« Qui êtes-vous ? demanda Gwendoline qui ne lâchait pas la main de son lutin hagard.
-Nous sommes la Vie, comme toi ! » lança le plus impétueux.

Des éclats de rires dans l’assemblée, des cabrioles et des roulades, des individus qui se trémoussaient en mêlant leur verdure, des galipettes et des embrassades, une agitation paroxystique.

« La Vie, nous sommes la Vie, la Vie, nous sommes la Vie, 
répétaient-ils tous, en chœur.

Jarwal, Gwendoline et Léontine n’avaient jamais vu de tels êtres. Ils connaissaient pourtant bon nombre d’individus curieux et magiques, elfes et gnomes, farfadets et korrigans mais des êtres végétaux dansant des sarabandes endiablées, ils ne l’auraient même jamais imaginé. 
Léontine se posa sur l’épaule de Gwendoline.

« Nous vous regardons depuis longtemps, mais l’amour était parti du cœur de celui-ci ! lança l’un d’eux en désignant Jarwal 
-Non, pas parti, cher ami, mais submergé de tristesse, reprit un voisin.
-Oui, la tristesse est un étouffoir de l’Amour mais l’Amour n’est jamais triste. C’est juste des feuilles mortes qui le couvrent. Laisse passer l’hiver et tu verras la pourriture des feuilles nourrir la Vie,» enchaîna un troisième.

Des éclats de rire encore, cristallins. Des carillons de notes aiguës. Les feuilles agitées de leurs corps sautillants.

« Vous voulez dire que vous ne vouliez pas vous montrer à cause de moi ? demanda Jarwal.
-Pas à cause de toi, répliqua un petit être ébouriffé comme un buisson juvénile. Tu n’es pas ce que tu penses. Ne te trompe pas. Ce que tu penses n’est qu’une dérive de l’Amour de la Vie. 
-Nous attendions que la pourriture des feuilles soit consommée, ajouta son compagnon. Et que l’Amour remonte à la surface.
-Vous n’apparaissez qu’aux êtres qui s’aiment alors, c’est ça ? interrogea Gwendoline. 
-Tous les êtres sont dans l’Amour. L’Amour, c’est la Vie, mais les pensées de votre tête vous font aimer le désordre de vos pensées. Rien à voir avec l’Amour de votre âme. Vous parvenez même parfois à aimer ce qui vous enferme. Ce sont toujours vos pensées. Et votre tête finit par aimer ce qui la ronge. C’est incroyable ça. L’Amour de la Vie n’est pas un guerrier. Il aime la sérénité. Alors, il se retire et il attend que vous arrêtiez de vous mentir. »

Des réflexions secrètes, silencieuses, une analyse minutieuse.

« Et voilà, vous vous remettez à penser ! lança joyeusement une boule de feuilles agitée. Vous êtes tout de même incorrigibles ! Laissez donc rayonner votre Amour de la Vie.
-Nous avons un grave problème, annonça Gwendoline.
-Mais non, il n’y a pas de graves problèmes, il n’y a que ce que ce vous en pensez. Sinon, cela voudrait dire que la Vie est un grave problème et quand vous pensez cela, la Vie se retire dans son coin et vous laisse exister à travers vos pensées. La Vie ne lutte pas, elle aime la sérénité, je vous l’ai dit. 
-Et bien, chers amis, intervint Jarwal, je pense que mes pensées sont un grave problème. Je pense sans cesse à ma mémoire qui a disparu.
-Mais non, elle n’a pas disparu. Elle s’est retirée dans un coin. Et comme tu étais en colère, elle avait peur. On ne réconforte pas un petit animal traumatisé avec de la colère ou de la peur. 
-Tu veux dire que je peux retrouver ma mémoire ?
-Tu ne vas pas la retrouver, c’est elle qui reviendra. Vous êtes vraiment prétentieux, vous autres, à croire que tout dépend de vos pensées et de votre volonté. C’est comme si vous étiez en Vie parce que vous l’avez voulu ! Ridicule. La Vie n’a pas eu besoin que vous pensiez à elle pour s’installer. Et vous, vous pensez que vous pouvez imposer votre volonté à la Vie. C’est incroyable ça ! 
-Regardez ces grands arbres ! proposa un petit arbrisseau. Vous croyez que c’est la volonté de la graine qui a donné ce superbe ouvrage ? Et la Vie alors ? Elle se serait installée une fois que la volonté aurait pris forme ? Ridicule. Vous observez tout à l’envers. »

Des leçons proclamées par une troupe de joyeux lurons. 
Gwendoline les observait avec fascination. Une multitude de visages dans une diversité hétéroclite. Des bouilles rondelettes ou triangulaires, des faces plates comme des assiettes, un mélange inexplicable de feuilles assemblées mais toujours ce pétillement dans leurs prunelles, deux soleils ardents qui irradiaient de bonheur.

« Vous voulez dire que nos pensées sont des œillères à la réalité de la Vie ? demanda Jarwal.
-La réalité ? Mais qu’est-ce que c’est cette réalité ? Ce que vous voyez ? Ridicule. »

L’ensemble de la troupe, dans un synchronisme parfait, s’évapora. Une multitude d’oiseaux colorés s’égailla au-dessus de leurs têtes, une nuée de piaillements dans des arabesques maîtrisées, des zébrures de corps fuselés, comme des flèches jouant un ballet de plumes. Et toujours ces yeux aussi brillants que des astres naissants, une énergie condensée, une concentration d’univers. 
Le ballet cessa d’un coup, les oiseaux disparurent et un champ de pierres inertes s’étendit à leurs pieds. Des roches lisses et immobiles, éparpillées devant les trois amis. Au même instant, sur chaque caillou, des paires d’yeux s’ouvrirent et les observèrent, des prunelles étincelantes d’où jaillissaient des rires de lumières. Des battements de paupières aussi stupéfiants que des naissances d’étoiles.
Puis, avec la même célérité, dans une simultanéité parfaite, un florilège de papillons les entoura, plus de pierres sur le sol mais une farandole radieuse, des élucubrations étourdissantes, des figures imprévisibles, toute la magie délicieuse des vols de colorés. Et sur les corps délicats rayonnaient d’une intensité éblouissante les yeux aussi perçants que des fusions de soleils.

Comme un souffle tonitruant balayant tout sur son passage, la nuée de papillons s’évanouit. Rien d’autre n’apparut. 
Les trois amis restèrent statufiés. 
« Où êtes-vous ? demanda Jarwal.
-Chut, coupa Léontine. Les hommes. »

Des bruits dans la forêt, des voix qui portaient par-delà les arbres. La troupe des Portugais avait quitté le camp des Kogis et reprenait sa progression.

Jarwal se coucha sous le parterre de fougères en se demandant s’il ne manquait pas d’écraser un de leurs étranges visiteurs. Gwendoline s’allongea à ses côtés.

« Ils ne peuvent pas nous voir. Ne bouge pas, » murmura-t-il, en posant délicatement une main sur son bras.
Gwendoline frissonna de bonheur à cette parole protectrice, à cette attention inespérée. Jarwal veillait sur elle. Jarwal reprenait vie.

Ils n’aperçurent même pas les soldats à travers l’épaisseur végétale. Ils suivirent attentivement l’extinction des voix et se relevèrent prudemment. Ils regardèrent minutieusement autour d’eux. Des plantes, des oiseaux, des papillons, des pierres…Quelles formes avaient-ils pris ? Où pouvaient-ils bien être ? 
La réalité n’était pas ce qu’ils voyaient…

Au pied d’un tronc colossal, ils virent un tapis de mousse s’agiter, des ondulations de nuages, des formes timides qui tentaient une croissance, puis des pousses opiniâtres qui se dressaient, des silhouettes redessinant l’esquisse des corps et enfin tout un petit peuple de bonhommes moussus, habillés de feuilles disparates. Les yeux flamboyants s’ouvrirent dans un seul mouvement et la troupe reconstituée, s’avança précautionneusement et les rejoignit.

« Bouh, toute cette méchanceté chez ces individus, c’est insupportable. Il nous est impossible de rester visibles dans cette ambiance morbide. Même les plantes en subissent les effets polluants mais moins tout de même que les autres formes vivantes. Chez elles, les pensées sombres s’évaporent rapidement. C’est l’Amour de la lumière qui permet ce nettoyage. 
-Vous n’avez donc aucune forme définitive ? interrogea Gwendoline.
-Une forme ? Mais pour quoi faire ? C’est absurde, se moqua un individu hirsute.
-Tout aussi absurde que cette idée que nous devons avoir un nom, enchaîna son voisin. Vous avez vraiment une idée bien curieuse de la réalité. Vous pensez que parce que vous vous êtes identifiés à votre forme et que vous vous reconnaissez à travers votre nom, vous avez fait le tour de la Vie ? Mais c’est consternant tout ça ! Vous avez conscience de l’insignifiance de votre développement ? »

Un ton nullement arrogant, juste un total ébahissement. 
Les trois amis sentaient que dans les paroles de ces petits êtres, il n’y avait aucune moquerie. Mais une absolue incompréhension.

« Un jour, vous allez mourir, vous allez perdre votre nom et votre forme. Vous aurez quitté la Vie mais la Vie, elle, n’aura rien quitté du tout. Elle n’aura pas disparu, vous comprenez ? C’est vous qui partez, c’est vous qui sortez du flux vital. La Vie continuera sa tâche créatrice, votre tour est passé. C’est ridicule dès lors de s’attacher de la sorte à cette image que la Vie vous a procurée. Il serait bien plus judicieux de saisir cette conscience de la Vie et non d’entretenir la conscience de votre forme. Cette forme n’est rien d’autre qu’une enveloppe. C’est comme si vous décidiez de vénérer votre outre et de délaisser l’eau qu’elle contient. C’est absurde. 
-Les deux sont indispensables, intervint Jarwal. 
-Bien entendu. Une outre vide ne sert à rien et de l’eau sans outre est intransportable. Mais par contre, elle a déjà une existence cette eau, vous n’êtes pas obligés de devoir la transporter, vous pouvez déjà en profiter. L’outre est secondaire si vous décidez de rester là où se trouve l’eau. Dans votre cas, c’est l’enveloppe qui compte avant ce qu’elle contient. Vous observez à l’envers.
-Vous voulez dire que vous pouvez changer de formes parce que vous êtes reliés à la Vie avant de l’être à votre forme ?
-Oui, c’est cela, magnifique, tu apprends vite cher lutin ! »

 

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Les égrégores (INREES)

Par Le 26/07/2016

 
 
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CONSCIENCE

Qu'est-ce qu'un égrégore ?

 

https://inexplore.inrees.com/articles/Egregore-conscience-partagee

 

Nous connaissons l'inconscient collectif, la mémoire collective ou encore les archétypes décrits par Jung. De bien des manières, nous nommons déjà ce phénomène mal connu et pourtant inscrit en nous : l'égrégore. Mais si nous sommes capables de générer ensemble cette conscience partagée, elle aussi a le pouvoir d'agir sur nous...

 

Un égrégore est produit par un puissant courant de pensée collective. Lorsque plusieurs personnes se focalisent ensemble sur un même objet, avec une même intensité, ils développent une énergie commune. Nous connaissons tous cet effet stimulant, éprouvé lorsque l'on partage avec d'autres un projet passionnant ou un moment fort. L'activité concentrée rassemble les intentions de chacun en une conscience collective, qui semble porter le groupe. Mais derrière l'impression personnelle, un processus réglé se déroule entre nous. 

Une émotion active les atomes de nos cellules, transformant le corps en une pile électrique, capable de fabriquer sa propre énergie. Ainsi, par la seule force d'une émotion mutuelle et sans même s'en rendre compte, nous connectons nos sources d'énergie et en créons une plus grande, globale. Comme branchés les uns sur les autres, nous vibrons sur la même longueur d'onde. La tension est alors assez haute pour qu'émerge un esprit de groupe. « Le biochimiste Rupert Sheldrake parle de champ morphogénétique. Le ressenti d'un individu exerce une force sur celui de l'autre. Ce mouvement, par résonance, va influencer leurs comportements et leurs pensées », explique Rosa Claire Detève, formatrice en psychologie quantique. Mais cet esprit de groupe n'est pas que la résultante passive d'un instinct grégaire. 

Pierre Mabille, médecin et anthropologue, proche des artistes du surréalisme, considérait que l'égrégore possède « une personnalité différente de celles des individus qui le forment ». A l'échelle individuelle par exemple, nous savons qu'une pensée enracinée depuis longtemps finit parfois par nous dépasser. Elle est en quelque sorte devenue autonome et agira sur nous aussi longtemps que nous l'alimenterons par nos croyances. De la même manière, l'égrégore est une entité vitalisée. Il agit comme un accumulateur d'énergies, nourri par les sentiments, les désirs, les idéaux ou les peurs de ses membres. Plus ces derniers sont nombreux, plus l'égrégore se renforce jusqu'à influencer leurs existences. 


 

Une connexion héritée


« Dès lors qu'au moins deux personnes partagent une vision, elles forment un égrégore. Certains auront une durée de vie courte, d'autres traverseront les siècles : une histoire d'amour peut durer quelques jours, l'égrégore de l'église catholique a plus de 2000 ans », nous dit Alain Brêthes qui a beaucoup écrit sur le phénomène. L'auteur a répertorié les égrégores en trois catégories. Les égrégores neutres sont les plus nombreux. Ce sont les amicales de quartiers, les cercles professionnels ou les groupes d'amis de longue date. Ces égrégores ne sont pas très inductifs sur le plan de la pensée. Les gens partagent des choses mais vivent leur quotidien sans que cela n'ait de réelle incidence sur leur psyché. 

Ensuite, nous trouvons les égrégores dits « limitatifs » ; ce sont les égrégores de l'égo. L'individu se doit d'adopter les croyances et schémas comportementaux du groupe. C'est le cas des partis politiques, des religions. Ces dernières sont sans doute les égrégores les plus puissants car les plus longuement et largement partagés. L'égrégore s'appuie souvent sur une représentation. Et, de tous temps, les sociétés ont associé leur conviction à une symbolique forte. Or, le symbole c'est justement l'être humain qui projette sa pensée. Il est la manifestation formelle d'une énergie latente dirigée vers son accomplissement. Typiquement, l'étoile de David, la croix latine ou le yin et le yang servent de support de visualisation et de point de contact entre les membres, qui, célébrant leur foi, cultivent ainsi leur égrégore. A l’extrémité de cette catégorie, on trouve les radicaux, les gangs et les sectes. 

Enfin, les égrégores « féconds » sont ceux qui élèvent la conscience, qui s'efforcent d'unir et de rassembler, qui expriment des valeurs de justice, d'équité et de bienveillance. Ce sont des énergies utiles à la communauté mondiale, qui prennent la forme de courants de psychologie humaniste, d'associations humanitaires ou de mouvements spirituels contemporains. 


 

Tout est égrégore


« Observez un dîner entre amis, il y a toujours celui qui fait rire, celui qui râle etc. Chacun joue un rôle qu'il quitte une fois rentré chez lui. Ils entretiennent leur égrégore. Un match de foot avec son équipe préférée, la rentrée des classes de son enfant ou un déjeuner dans la maison de famille... Nous évoluons en permanence parmi ces zones sociales invisibles, très conditionnantes. Même quelqu'un qui voudrait échapper à ce phénomène en partant vivre sur une île déserte, se relierait encore à l'égrégore des gens qui aspirent à s'isoler sur une île déserte », plaisante l'auteur. Parfois trop forte, l'empreinte peut néanmoins donner cette impression d'être englué dans l'existence d'un autre. « Pour autant, souligne Kaly, magnétiseur, il ne faut pas confondre égrégore et possession. On sort d'un égrégore en quittant les gens ou les idées qui nous y rattachent. Cela peut être difficile mais il n'y a que ça à faire ». Dans ce cas, la psychothérapie peut être un moyen pour prendre conscience du parasitage « énergétique » qu'exercent les valeurs de notre cercle ou de notre communauté. 

Mais quitter un égrégore n'est jamais que l'occasion d'en intégrer un autre. Un cheminement de vie clairvoyant permettra simplement de choisir ses sources d'inspiration, toujours avec le cœur. « Car, insiste Alain Brêthes, on ne peut pas y échapper. Tout est égrégore, c'est l'archétype universel, ce qui vient conditionner nos représentations ». Lorsque l'enfant qui naît prend son premier inspire, il se relie déjà à l'égrégore de la famille dans laquelle il arrive, mais également à l'égrégore de son pays et de l'histoire de son pays. Il inhale une quantité d'énergie collective qui ne lui appartient pas en propre et qu'il va faire sienne. « L'égrégore est la contre-partie psychique d'un groupe humain », ajoute-t-il. Il vit donc à la fois sur un plan physique, au travers des êtres qui le portent et sur un plan astral. Celui-ci est un espace intermédiaire, une sorte de canal qui nous relie à notre dimension éthérique, ultra-pronfonde. C'est par lui que communiqueraient les énergies subtiles des uns et des autres qui, unifiées, forment l'égrégore. Nul besoin donc d'être physiquement ensemble ; l'égrégore est comme le négatif de notre expérience vécue, une réalité alternative dans laquelle nous sommes en présence les uns des autres. 

Le rapport entre le caractère invisible, impalpable de cette énergie et son pouvoir bien tangible a très tôt fait sa dimension sacrée. Dans certains courants occultes, l'égrégore est un véritable support rituel. Les premiers à avoir exploré leur potentiel égrégorique furent les francs-maçons, reliés à travers le monde et les époques par leurs codes et initiations mystérieuses. Les écoles ésotériques utilisent l'égrégore comme un puissant outil divinatoire. Le chamanisme fait également de la transe et des cérémonies collectives une porte d'accès vers l'énergie universelle. Mais aujourd'hui, notre sacro-sainte science moderne tend elle aussi à s'emparer du phénomène. 


 

Aura universelle


Depuis un peu plus de quinze ans, une théorie discrète est en train de révolutionner toutes nos connaissances sur la conscience humaine. Le Global Consciousness Project (Projet de Conscience Globale) est une expérience parapsychologique débutée en 1998 au sein de la prestigieuse université de Princeton, aux États-Unis. L'initiative, qui réunit scientifiques et ingénieurs, cherche à établir l'existence d'une activité énergétique universelle, grâce à un générateur aléatoire de nombres, un petit boîtier conçu au départ pour détecter les mouvements de pensées d'un cobaye. Après en avoir éprouvé l'efficacité sur une seule personne à la fois, l'appareil, baptisé Egg, est testé sur un groupe. On réunit une trentaine de personnes et on les invite à parler et à bouger comme bon leur semble. L'appareil de mesure, placé dans un coin de la pièce, ne réagit pas. Mais quand on demande ensuite au groupe de s'asseoir et de méditer ensemble, l'appareil semble capter une synergie et amorce une courbe. La découverte fait l'effet d'une bombe dans la communauté scientifique. Bientôt, des dizaines d'autres boîtiers Egg sont envoyés aux quatre coins du globe, de l'Alaska aux Fidji, avec une question précise : est-il possible de détecter un émoi collectif à l'échelle planétaire ? Les premiers résultats sont étonnants : lors des funérailles de Lady Di, les boîtiers enregistrent jusqu'en Chine une variation du champ psychique. 

A ce jour, 65 générateurs sont positionnés dans presque autant de pays, dont deux en France. Tous reliés en réseau, ils archivent en continu l'encéphalogramme terrestre. Chaque fois qu'un événement mondial se produit, des fluctuations sont enregistrées. Plus il est fort et médiatisé, plus elles sont importantes. L'informaticien Pierre Macias héberge l'un des deux Egg français à Toulouse : « Le flot de données des capteurs tend à s'éloigner des valeurs attendues lorsque se produit un événement public qui concentre les pensées et les émotions d'un grand nombre de gens. Le jour de l'attaque terroriste du 11 septembre 2001, la probabilité pour que les capteurs enregistrent une telle variation ''par hasard'' fut de l'ordre de 1 pour 1 million... Nous ne savons pas encore comment expliquer ces relations subtiles entre des événements d'importance pour les hommes et les données obtenues mathématiquement, mais elles sont indéniables aujourd'hui. Ces résultats montrent à l'évidence que le monde physique et le monde de l'esprit humain sont liés d'une relation encore inconnue ».

 

Egrégore (1)

Egregore (2)

Conscience globale. (spiritualité/conscience)

Global Conciousness project

Théorie du champ unifié

 

Docteur Ian Stevenson : la réincarnation

Par Le 23/07/2016

"J’ai recensé 14 000 cas de réincarnation"

 

Le psychiatre américain Ian Stevenson a passé une grande de sa vie à étudier les phénomènes de réincarnation. Jusqu’à en recenser 1400 cas de par le monde ! Notre collaborateur Erik Pigani l’a rencontré à deux reprises. Il a même étudié avec lui quelques cas d’enfants qui semblaient se souvenir d’éléments d’une vie antérieure. Entretien. 

Erik Pigani

 

 

 

 

http://www.psychologies.com/Therapies/Developpement-personnel/Epanouissement/Interviews/J-ai-recense-14-000-cas-de-reincarnation

 

A DÉCOUVRIR

 

Ian Stevenson (1918-2007) était un psychiatre américain, qui a été un professeur respecté à l’université de Virgnie. Il fut le pionnier et le spécialiste mondial de l’étude des cas de réincarnation chez les enfants. A notamment publié Les enfants qui se souviennent de leur vie antérieure (Sand, 1993) ; 20 cas suggérant le phénomène de réincarnation (J’ai lu, 2007).

Psychologies : Qu’est-ce qui vous a amené à faire des recherches sur la réincarnation ?

 

Ian Stevenson : J’ai toujours été extrêmement curieux de nature, et j’avais lu beaucoup de livres sur les phénomènes paranormaux. Au début des années 1960, alors que j’étais professeur de psychiatrie à l’université de Virginie, je devenais de plus en plus perplexe devant les théories classiques, freudiennes notamment, sur la formation de la psyché humaine. Ces théories n’expliquaient pas tout. Loin de là. Parmi les très nombreuses questions que je me posais, je me demandais pourquoi certains bébés ont des phobies ou des aversions très prononcées, comme la peur irraisonnée du noir, de l’eau, de certains animaux… En lisant des ouvrages sur la réincarnation, j’ai découvert des histoires étonnantes : au Sri Lanka, un bébé avait une peur épouvantable de l’eau et criait férocement chaque fois qu’on voulait le baigner. Les parents n’y comprenaient rien. Cela a duré un certain temps, et rien ne pouvait expliquer son comportement. Mais dès qu’il a été en âge de parler, cet enfant s’est mis à raconter la vie d’une fillette de 9 ans qui, en traversant un chemin à travers des champs de riz inondés, a été renversée par un bus et s’est noyée. Comme cette histoire était bien documentée, j’étais stupéfié. Je me suis donc mis à réfléchir à cette question : pourquoi notre psyché ne se construirait-elle pas aussi à partir d’événements d’une vie passée ? Pour moi, il n’y avait rien de plus logique. Restait  à le démontrer d’une manière scientifique…

Mais, pour la science occidentale, l’idée de réincarnation n’est-elle pas une aberration ?

 

Ian Stevenson : C’est vrai. Et on peut même dire que si vous voulez étudier la réincarnation dans un cadre institutionnel, le terrain est miné d’avance ! Et ce sans compter sur le nombre très important de personnes qui ont une idée fausse du concept : elles relient la réincarnation exclusivement au bouddhisme ou à l’hindouisme, à un « karma punitif », ou même au transfert de l’âme dans un corps animal. Pourtant, pour toutes les cultures qui y croient, le concept est beaucoup plus large, beaucoup plus complexe…

Comme vous étiez un professeur de psychiatrie respecté et assez renommé aux États-Unis, on vous a quand même laissé faire vos recherches…

 

Ian Stevenson : Oui, j’ai eu cette chance, et j’ai été bien soutenu. En 1961, j’ai publié une analyse de 44 cas à partir de documents que l’on m’avait fait parvenir. Mon poste de chef du département de psychiatrie me prenait beaucoup de temps, mais j’ai ensuite reçu une subvention qui m’a permis de faire un séjour de quatre semaines en Inde pour étudier un cas. Sur place, ce n’est pas un cas que j’ai découvert, mais 25 ! C’était absolument incroyable et inespéré. Ensuite, je suis allé au Sri Lanka où j’ai pu en étudier 8 autres.

 

A DÉCOUVRIR

 

Cet entretien a été réalisé en septembre 1995 et publié dans le numéro 1354 de Psychologies Magazine. Vous pouvez en lire ici la version complète.

Pourquoi ces histoires se produisent-elles essentiellement dans les pays asiatiques ?

 

Ian Stevenson : À cause du milieu culturel. Lorsque vous vivez dans un milieu qui croit majoritairement à la réincarnation, vous n’accusez pas votre enfant de mentir ou d’inventer n’importe quoi lorsqu’il vous parle de souvenirs d’une vie antérieure. Vous l’écoutez et vous essayez de comprendre ce qu’il veut dire… Dans notre culture, les parents ne tiennent pas compte ou répriment systématiquement tous les propos qui peuvent évoquer des souvenirs d’autres vies. Aussi, l’enfant comprend-il très vite qu’il ne doit plus s’aventurer sur ce terrain et finit par ne plus parler de rien. J’ai étudié quelques cas aux États-Unis mais, pour une raison que j’ignore, les enfants américains ne donnent pas souvent de détails sur leur vie précédente. Et quand ils les fournissent, il s’agit souvent d’un cas dans lequel les deux personnalités  – l’enfant et la personne de sa vie précédente – sont de la même famille. Par exemple, en Virginie, un garçon de 4 ans parlait de la vie de son oncle, mort dans un accident de voiture quinze ans avant sa naissance. Cet enfant avait fourni beaucoup de détails sur cet oncle, et les parents ont toujours nié lui en avoir parlé, directement ou indirectement. Bien que ce cas est tout à fait plausible, être de la même famille est le point faible de ce type d’étude. En Asie, les deux personnalités se trouvent généralement dans des villages éloignés et les familles ne se connaissent pas. Cela dit, nous avons trouvé des cas intéressants partout où nous avons mené des enquêtes : en Europe, en Afrique, chez les Indiens d’Amérique du Nord…

Comment découvrez-vous vos cas ?

 

Ian Stevenson : Nous avons un réseau de chercheurs et, en Inde, la presse relate souvent ce genre d’histoire, qui se déroulent souvent selon le même schéma : un enfant entre 2 et 4 ans commence à parler à sa famille d’une vie qu’il a menée ailleurs. L’enfant est profondément attiré par les événements de sa vie passée et il insiste beaucoup pour qu’on le laisse retourner dans la famille où il prétend avoir vécu. S’il donne suffisamment de précisions sur sa vie antérieure, les parents se livrent à une enquête sur l’exactitude des propos de l’enfant. Si les vérifications aboutissent, les deux familles se rencontrent et demandent à l’enfant s’il reconnaît les lieux, les objets et les personnes de sa supposée vie antérieure.

Comment réagissent les parents ?
Ian Stevenson : Si l’évocation est celle d’une existence normale, les parents laissent dire sans intervenir. Dans le cas contraire, où il est question de meurtres, de scandales, de conflits, cela pose des p
roblèmes. Les parents ont tendance à vouloir « étouffer » ce genre d’affaire ! Certains enfants ont une telle nostalgie de leur vie passée que la situation devient alors très inconfortable.

Les jeunes enfants ont-ils un langage assez élaboré pour raconter en détail une vie passée ?

 

Ian Stevenson : Oui, car c’est une constante assez étonnante chez les enfants qui se souviennent de vies antérieures : ceux que j’ai pu rencontrer sont assez précoces, ils parlent très tôt, articulent avec facilité, et la richesse de leur vocabulaire effraie parfois certains parents ou certains adultes qui ne comprennent pas où les enfants ont appris ces mots.

Mais d’autres parents sont ravis d’avoir un enfant aussi doué !
Ian Stevenson : Certes. Mais il ne s’agit pas ici d’un simple don ni même d’un environnement familial cultivé. Se référer à un « don » est une explication trop simpliste qui, finalement, n’explique rien du tout ! Il est probable que dans la construction du langage, des facteurs supplémentaires interviennent. Notamment une structure prénatale issue d’une vie antérieure. Bien sûr, très petits, les enfants essayent de décrire leur vie antérieure comme ils le peuvent, et associent des gestes pour traduire les mots qu’ils ne connaissent pas.

Au cours de vos enquêtes, avez-vous découvert des fraudes ?
Ian Stevenson : Jamais. Du moins pas dans les cas que j’ai pu étudier. La fraude n’a absolument aucun intérêt. Pourquoi les parents s’amuseraient-il à monter de telles histoires ? Quel serait leur bénéfice ? Comment un enfant de 2 ou 3 ans pourrait-il construire des histoires aussi élaborées, avec des faits réels, inconnus de sa famille ? Au Liban, par exemple, j’ai eu la chance d’étudier le cas d’un enfant de 4 ans avant que les deux familles ne se rencontrent. Il m’a donné son précédent nom de famille et une liste de soixante-dix détails ! Lorsque je suis allé visiter son « ancienne » maison avec lui et ses parents, tout ce que nous avions noté s’est révélé exa
ct…

Avez-vous déterminé une structure psychologique spécifique commune à tous ceux qui se souviennent de leur vie antérieure ?

 

Ian Stevenson : Pas du tout. On rencontre toutes sortes de personnalités. Il y a peut-être des facteurs qui influencent la transmission de cette « mémoire », mais ils restent encore inconnus. À un certain moment, je croyais que ceux qui étaient dotés d’une mémoire exceptionnelle gardaient leurs souvenirs au-delà de la mort. J’avais en effet étudié le cas d’une jeune Libanaise qui se rappelait une telle quantité de noms et d’informations liés à son ancienne vie, que nous la considérions comme la championne de la mémoire antérieure. Lorsque je me suis renseigné sur son ancienne personnalité, j’ai appris qu’elle était connue pour son excellente mémoire, notamment des noms propres. Mais j’ai aussi trouvé une quantité de cas qui m’ont prouvé le contraire. J’avais également pensé que le degré de spiritualité y était pour quelque chose : on connaît les histoires des enfants lamas qui, au Tibet, sont d’une piété et d’une générosité précoce. Mais c’est loin d’être un point commun entre tous les enfants qui se souviennent d’une vie antérieure. Ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que nous avons fait des statistiques et que les chiffres nous montrent que, même si ce n’est pas systématique, une grande partie des cas sont reliés à une mort violente. 

Les enfants s’identifient-ils à leur « ancienne » personnalité ?

 

Ian Stevenson : Ce n’est pas systématique et le degré d’identification varie d’un enfant à l’autre. Mais ce qu’il faut savoir c’est que ces enfants-là agissent selon leurs convictions et se lancent dans des relations interpersonnelles parfois très compliquées. Ils ont souvent l’air beaucoup plus mûrs que leur âge. Leur structure psychologique est si complexe que l’idée d’une pure projection ou d’une pure identification imaginaire est invraisemblable.

Après toutes ces années de recherches et de publications, considérez-vous avoir prouvé l’existence du phénomène de la réincarnation ?
Ian Stevenson : Non. Je ne l’ai jamais prétendu. Disons plutôt que tous les cas que nous avons recensé – 14 000 environ ! –suggèrentle phénomène de réincarnation. En revanche, j’apporte la preuve que, chez certains enfants, des éléments de leur structure psychologique n’ont pu être acquis dans leur vie présente et ne sont pas dus à une transmission héréditaire. Lorsque cette structure psychologique et les éléments historiques correspondent en de nombreux points à une personne décédée, cela équivaut à une preuve de survivance de l’âme humaine après la mort physique. Pour ma part, je préfère rester prudent et dire que la réincarnation est la meilleure interprétation pour les cas les plus forts. Mais aucun cas n’est parfait et probant à 100 %.

Vous avez effectué une étude sur les sujets qui ont des marques de naissance ou des malformations congénitales…
Ian Stevenson : Oui. Cette étude que j’ai commencée il y a vingt ans fait aujourd’hui deux mille pages et présente des milliers de cas, comme celui d’un jeune Indien né avec une malformation de la main droite : il était né sans doigts. En âge de parler, il a lui-même attribué son absence de doigts à un accident survenu dans sa vie précédente : sa main avait été emportée dans une machine. Effectivement, quelques années avant sa naissance, un enfant d’un village voisin avait eu les doigts coupés dans un accident. De tels cas sont légion.

En quoi l’hypothèse de la réincarnation modifie-t-elle dans notre compréhension de l’esprit humain ?
Ian Stevenson : Les phénomènes de « marques de naissances » supposent une révision radicale des concepts conventionnels sur la relation entre le corps et l’esprit. Ensuite, si on admet que notre construction psychologique se fait non seulement dans la vie présente mais dans une ou plusieurs vies passées, il faudra aussi réviser tous les modèles psychologiques et psychanalytiques qui tentent de définir la construction psychique de l’enfant. Mais ce qui est sûr, c’est que prendre en compte le concept de la réincarnation, c’est nous ouvrir à une autre vision de notre esprit.


 

Retours de flammes (Nature)

Par Le 22/07/2016

J'ai lu que des personnes atteintes de la maladie de Lyme et quelques médecins réclamaient, à juste titre, un mouvement d'ampleur sur la recherche médicale pour lutter contre les effets dévastateurs de cette maladie. On ne peut que souscrire et espérer que ça aboutisse.

Il existe pourtant une autre réflexion indispensable : Pourquoi connaît-on une telle prolifération de ces animaux depuis quelques années ?

Les dégâts collatéraux de l'incompétence et de l'incurie de l'homme dans le maintien de l'équilibre naturel. Tout simplement. 

Maintenant, il ne s'agit pas uniquement "d'accuser" les utilisateurs de pesticides, ça serait trop facile. 

Les pesticides sont employés parce que les consommateurs achètent inconsidérément n'importe quoi.

Et nous sommes les consommateurs.

Donc, conclusion ? 

.....


LA TIQUE

PRÉDATEURS DE LA TIQUE

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La population de tiques est régulée par des prédateurs parmi lesquels on compte les mammifères insectivores, certains oiseaux, des insectes et des acariens entomophages, voire même des lézards , crapauds ou des amphibiens.

Les mammifères insectivores d’Europe sont représentés par les musaraignes, les taupes et les hérissons, souvent eux-mêmes victimes de morsures de tiques. Les musaraignes semblent jouer un rôle principal comme prédateurs des tiques.

Un étourneau
un étourneau

Certains oiseaux, comme des petits passereaux, se révèlent aussi être de grands consommateurs de tiques, notamment au moment où ils nourrissent leurs progénitures. Il n’est pas rare d’observer des étourneaux, occupés à débarrasser des bovins de leurs tiques ou d’insectes. La poule serait aussi une grande mangeuse de tique, elle pourrait ingurgiter jusqu’à 200 tiques en 3 heures quand elle est entourée de bovins ou de chèvres qui en sont infestés. D’autres espèces d’oiseaux assurent cette mission, comme le piqueboeuf à bec rouge et le piqueboeuf à bec jaune qui sont capables de manger plus de 12 000 larves de tiques ou une centaine de femelles gorgées de sang, tout cela en un jour.

un insecte faisant parti de l’espèce des carabes
un insecte faisant parti de l’espèce des carabes

Des insectes semblent aussi capables de manger une grande quantités de tiques, comme par exemple la guêpe parasitoïde ou certaines espèces de fourmis . Mais plus principalement, les espèces de carabes autochtones s’attaquent aux tiques.  Ces carabes et autres insectes préfèrent les tiques gorgées de sang à celle à jeun, sûrement en raison de leur plus grande teneur en protéines. Probablement aussi car les tiques sont plus vulnérables en muant dans la litière traversée, notamment par des carabes, que au sommet d’une brindille.

D’autres espèces rempliraient aussi cette fonction, notamment des araignées, lézards, crapauds et des insectes qui ne sont pas encore clairement définis.

le champignon entomopathogès sur un puceron
le champignon entomopathogès sur un puceron
une tique avec le champignon Metarhizium anisopliae
une tique avec le champignon Metarhizium anisopliae

Il y a aussi des microorganismes bactéries ou des champignons qui font partie des prédateurs de la tique. Ils ne les mangent pas, mais les infectes, par exemple, les champignons entomopathogènes. Ils se fixent sur la surface externe de son hôte (tique),et ont la forme de spores microscopiques (cellule ou ensemble de cellules). Ces spores se  multiplient si l’humidité et la température leur conviennent, puis ils traversent le corps de leur hôte ce qui provoque sa mort, peu de temps après. Les champignons peuvent modifier le comportement de la tique, comme par exemple dans le choix de leur hôte (mammifère). Plusieurs espèces de nématodes (ver) sont capables de tuer les tiques en les parasitant et en leur inoculant leurs bactéries symbiotes, qui infectent soit la nutrition, le développement, la reproduction ou bien l’immunité de la tique.

Donc la tique a de nombreux prédateurs, mais on peut observer une raréfaction des prédateurs au niveau de notre environnement. Les causes de cette disparition progressive sont principalement le réchauffement climatique, l’utilisation massive de fongicides et de pesticides.

"Antique réincarnation" (INREES)

Par Le 21/07/2016

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SPIRITUALITÉS

Antique réincarnation

 

http://www.inrees.com/articles/antique-reincarnation/

Métempsychose, transmigration des âmes, continuum 
de conscience... De la Grèce antique à l'Égypte ancienne, 
en passant par l'Inde millénaire, la notion de réincarnation, 
vieille comme le monde, épouse différentes formes. 
Retour vers le futur des vies antérieures.

« J’ai déjà vu le jour sous les traits d’un garçon, d’une fille, d’un buisson, d’un oiseau et d’un poisson volant. » Cette citation du philosophe grec Empédocle nous ramène dans le monde antique (aux alentours de 450 av. J.-C.) et illustre à merveille l’idée de réincarnation. Tout autour du globe, depuis l’aube de l’humanité, nombre de cultures nous parlent de la possibilité de renaître vie après vie, avec des variantes dans la vision de ce concept qui divise. Quoi qu’il en soit, la réincarnation, ou « retour dans la chair », évoque l’hypothèse d’un principe immatériel - nommé âme, conscience, énergie - accomplissant des passages de vies successives dans différents corps, humains, animaux ou végétaux selon les croyances.

Si le terme « réincarnation » aurait été créé par le père du spiritisme, Allan Kardec, en 1857 (Le Livre des Esprits), on retrouve l’adhésion à ce concept à différentes époques et en divers lieux, notamment dans la pensée grecque et en Extrême-Orient, où elle campe au cœur de l’hindouisme, du bouddhisme, du jaïnisme et du sikhisme. C’est vers la fin du XIXe siècle que la réincarnation fait un retour remarqué en Occident, sous l’impulsion d’un regain d’intérêt pour l’occultisme et l’étude approfondie des religions et philosophies venues d’Inde par les anthropologues et philosophes occidentaux, notamment Schopenhauer. 

D’où vient cette notion ? Difficile à dire, mais la quête du sens à donner à cette existence laisse émerger, inévitablement, la question de la pérennité, de savoir ce qui se passe avant la naissance et après la mort... L’hypothèse de la réincarnation traverse ainsi les religions animistes, chamaniques ou primitives, avec une valeur morale sous-jacente : il serait essentiel de mener une vie juste, la plus pure possible, pour ne pas renaître dans un corps d’animal. 

C’est principalement dans le monde grec antique que fleurit, à partir du VIe siècle av. J.-C., la notion de réincarnation et de métempsycose (qui signifie littéralement « transmigration des âmes »). Mais l’idée, en soi, ne serait pas grecque. Sans qu’on en connaisse l’origine exacte, il semble qu’on en ait déjà débattu en Égypte et en Mésopotamie. Pour être plus précis, les Égyptiens, eux, parlent de transformation des morts (surtout en oiseaux) ou de pérégrination des âmes (qui voguent, avant le Jugement des morts). Autre hypothèse : il se peut que cette croyance ait été inspirée par l’hindouisme, à la faveur d’échanges culturels (bien que dans l’Antiquité l’empire Perse fasse plutôt barrière entre le monde grec et l’Inde). 

 

L’âme poursuit son évolution d’existence en existence humaine...

Dans cette doctrine, l’âme poursuit son évolution d’existence en existence humaine (réincarnation) et peut éventuellement s’incarner dans un animal ou un végétal (métempsycose). L’orphisme, attesté dès 560 av. J.-C., soutient que « les âmes passent d’une vie en l’autre selon certaines révolutions et souvent entrent dans des corps humains ». S’il apparaît que Phérécyde de Syros, actif vers 540 av. J.-C., ait été le premier à soutenir que l’âme est immortelle et qu’elle revient successivement s’incarner sur terre, c’est au fameux concepteur du théorème géométrique que l’on doit la popularisation de ce concept de métempsycose. Pythagore, en effet, affirme se souvenir de ses vies antérieures. La légende raconte que ce dernier aurait arrêté le bras d’un homme en train de battre un chiot qu’il a reconnu comme étant l’un de ses vieux amis. Xénophane, relatant cette histoire, témoigne des mots de Pythagore : « C’est l’âme d’un de mes amis. En entendant sa voix, j’ai reconnu cette âme. » La grande notoriété de ce penseur a permis au concept de métempsycose d’avoir plusieurs vies... ou plutôt d’être approfondi par ses successeurs. Parmi les disciples de Pythagore, Empédocle, cité en début d’article, croyait dur comme fer à la métempsycose et en particulier à l’idée selon laquelle l’âme est immortelle, donc divine. Il s’est mis en tête, raconte-t-on, de démontrer cette idée en se jetant dans le cratère de l’Etna, en Sicile. Il aurait préalablement demandé à ses disciples d’attendre son retour sous une autre forme (on ne connaît pas le résultat !)... 

Pour Aristote, n’importe quelle âme, semblable à la poussière en suspension dans l’air, peut entrer dans n’importe quel corps. Platon, à travers son œuvre, fait clairement allusion à la réincarnation (Phédon, Phèdre, La République...). Pour lui, 1000 ans s’écouleraient entre une naissance et une renaissance, avec, en arrière-fond, la loi qui veut que « chaque espèce d’âme verra son lieu de destination déterminé par similitude avec son occupation ordinaire ». Ainsi, ceux qui sont débordés par les appétits grossiers du corps renaîtraient-il, selon le principe de métempsycose, en animaux libidineux, alors que ceux chez qui domine la colère se réincarneraient en animal de proie, loups, faucons, milans et ceux chez qui domine la raison reviendraient en animaux grégaires, abeilles, guêpes, fourmis. 
Ces conceptions ont été remises sur le devant de la scène entre autres par le philosophe Marsile Ficin, figure de proue humaniste de la Première Renaissance italienne (XVe siècle), dans son ouvrage-phare, Théologie platonicienne de l’immortalité de l’âme. 

 

Nous avons le choix de stagner ou de croître jusqu’à l’Éveil.

Si la notion de réincarnation nous semble relativement familière à l’aune de la pensée antique et des conceptions hindouistes et bouddhistes, la vision judaïque apparaît plus mystérieuse. Les textes de la kabbale évoquent la croyance en la transmigration des âmes ou Gilgul. Dans le Zohar ou Livre de la Splendeur - commentaire ésotérique de la Genèse révélant les traditions cachées -, la réincarnation est mentionnée plusieurs fois (notamment pour ceux qui ne se sont pas reproduits, donc reviennent). Pour les kabbalistes, c’est la Nechamah, l’âme ou la dimension spirituelle (l’une des trois entités de l’être, aux côtés de la dimension corporelle et émotionnelle), qui a une seconde chance (ou plus) de se parfaire. 
Il faut savoir que dans le monde chrétien, la métempsycose a été condamnée en 553, au concile œcuménique de Constantinople, pour défendre l’originalité de la résurrection. 

Évoquer les racines de la notion de réincarnation renvoie inévitablement à l’hindouisme et au bouddhisme, tout imprégnés d’une vision karmique de l’existence. Ainsi, dans le bouddhisme, kāmaloka est-il le « monde du désir » ; un des trois mondes, le plus bas, dans la cosmologie bouddhiste, et il est en grande partie le samsāra (en sanskrit, « ensemble de ce qui circule » ou cycle des renaissances - notion qui existe aussi dans l’hindouisme, le jaïnisme et le sikhisme). Il est lui-même constitué de six mondes (ou états mentaux), dont les trois premiers correspondent aux renaissances inférieures et les trois derniers aux renaissances plus fortunées. Les six mondes sont représentés dans l’image de la roue de la vie. Une roue qui tourne vie après vie, ère après ère... Où, selon les symboles représentés, nous avons le choix de stagner ou de croître jusqu’à l’Éveil. Soit l’extinction du feu des passions et de l’ignorance, synonyme de libération du cycle des réincarnations. Le Nirvāna !

"Voyage entre deux vies" (INREES)

Par Le 21/07/2016

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Voyage entre deux vies

 

Des récits spontanés d’enfants, des réminiscences d’adultes en thérapie et de nombreuses traditions en témoignent : une forme de conscience continuerait d’exister entre nos destinées terrestres.

 

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http://www.inrees.com/articles/voyage-entre-deux-vies/

Purnima, née au Sri Lanka, commence vers l’âge de 2 ans à raconter qu’avant, elle vendait de l’encens sur un vélo. De quel « avant » parle-t-elle ? Les enfants s’inventent des histoires, pensent les parents. À 4 ans, la petite fille visite un temple à 230 kilomètres de chez elle. « Une fois sur place, elle prétendit avoir vécu de l’autre côté de la rivière », rapporte le Dr Tucker. Par la suite, Purnima complète son récit de nombreux détails totalement cohérents. Elle insiste : elle a déjà vécu. Elle annonce avoir été un fabriquant de deux marques d’encens, que ses parents ne connaissent pas. Elle aurait vendu sa marchandise sur un vélo et aurait été tuée dans un accident de la route par un gros véhicule. Devant la persévérance de l’enfant, des proches mènent l’enquête. Que trouvent-ils ? Qu’un certain Jinadasa Perera, vendeur d’encens des marques annoncées, habitait dans le quartier désigné par la fillette. Il fut percuté par un camion et mourut 2 ans avant la naissance de Purnima. 

Si considérer l’éventualité de la réincarnation est déjà vertigineux en soi, l’histoire ne s’arrête pas là. « Purnima prétendit qu’après sa mort elle flotta dans les airs pendant plusieurs jours dans une sorte de pénombre. Elle vit ses proches pleurer et observa son corps lors des funérailles. Elle prétendit aussi que de nombreuses autres personnes flottaient comme elle. Ensuite elle vit la lumière, vers laquelle elle se dirigea. Puis elle revint dans sa nouvelle famille », expose le Dr Tucker, psychiatre spécialiste des recherches sur l’hypothèse de la réincarnation. Fabulation ? Sa description des funérailles de Jinadasa correspond à des faits réels. Cette petite fille avance avoir continué à « vivre » depuis sa dernière vie.


 

Des témoignages par milliers


« Nous ne pouvons imaginer la réincarnation sans la croyance corollaire suivante : l’esprit est associé au corps durant notre vie, celle que nous connaissons, mais il est également indépendant de ce corps au point d’en être pleinement séparable et de survivre à la mort du corps auquel il avait été associé », explique le Dr Ian Stevenson. Ce psychiatre, fondateur de la Division des études sur la perception de l’université de Virginie, est l’expert mondial des recherches sur la réincarnation. Après avoir retrouvé les familles des « anciennes personnalités », examiné les témoignages de la manière la plus rigoureuse, l’équipe du Dr Stevenson a trouvé qu’au moins 2 500 enfants ont raconté des histoires vraies. Nous ne sommes plus devant quelques cas épars. Ces bambins, parfois d’1 an et demi, ont décrit en détail la vie de personnes qui ont bel et bien existé, qui sont mortes, et qu’ils prétendent avoir été. Encore plus sidérant : 20 % d’entre eux rapportent des souvenirs de « l’entre deux vies ». 500 enfants, qui par ailleurs ont raconté des histoires authentiques, expliquent avoir flotté au-dessus des vivants, avoir vu des esprits ou des paysages merveilleux. 

« Patrick Christenson, né aux États-Unis, avait 3 marques de naissance qui correspondaient aux lésions d’un frère décédé avant qu’il ne naisse », énonce le Dr Tucker. Patrick avança avoir été au « paradis » et avoir rencontré un proche appelé « Billy le Pirate ». Celui-ci lui aurait confié s’être fait tirer dessus à bout portant et être mort dans la montagne. Patrick raconta cela à sa mère. Elle ne connaissait personne dans la famille qui avait été tué de cette façon-là. Toutefois, lorsqu’elle appela sa propre mère, celle-ci lui raconta l’histoire d’un cousin éloigné dont le surnom était « Billy le Pirate », et qui avait été assassiné dans la montagne. Y aurait-il un au-delà dans lequel nos consciences voyageraient après la mort et duquel elles pourraient revenir ? « Nous sommes obligés de concevoir un espace mental qui diffère nécessairement de l’espace physique dans lequel nous évoluons habituellement », observe le Dr Stevenson.


 

Un hypnothérapeute en contact avec l’au-delà


À la fin des années 1960, le Dr Michael Newton propose une régression hypnotique à un patient souffrant d’une douleur persistante au côté droit. Espérant trouver dans son enfance l’origine de la douleur, il lui demande de « remonter à la source du problème ».Son patient se retrouve en France au beau milieu de la Première Guerre mondiale. Engagé dans la bataille de la Somme, il meurt d’un coup de baïonnette au côté droit. La description détaillée des uniformes et de la scène se révèle historiquement exacte et la douleur du patient s’estompe rapidement suite à la séance. Piqué par la curiosité, le Dr Newton décide de continuer à explorer les « vies passées ». C’est ainsi qu’il fait « une découverte d’une importance capitale. [...] Je me suis rendu compte qu’il était possible de “voir” dans l’au-delà par l’intermédiaire de sujets sous hypnose qui me faisaient ni plus ni moins un compte rendu de leurs vécus entre leurs vies sur terre ». Il fera régresser plus de 7 000 personnes. Après 25 ans de recherches sur l’au-delà, le Dr Newton avance que les récits semblent comporter « des vérités universelles ». 

Première constatation ? Des concordances remarquables avec les récits d’expériences de mort imminente (EMI). Sensation de flotter au-dessus de son corps. Impossibilité de se saisir des objets du monde physique ou d’interagir avec les vivants. Sensation de paix plutôt que de crainte. Ces témoignages évoquent aussi « l’effet tunnel, maintenant bien connu du public » et la présence d’un ou plusieurs guides, ou d’une sorte de comité d’accueil. S’ensuit ce que le Dr Newton appelle la phase « d’orientation », une revue de vie souvent effectuée avec un guide. 

À partir de là, le chemin continuerait vers « un endroit qui favorise notre guérison ». « Je peux voir un faisceau brillant et chaud. [...] C’est comme une buée, une vapeur qui tourbillonne d’abord autour de moi puis effleure délicatement mon âme comme si c’était vivant. Ensuite, cela me pénètre comme du feu et je me sens lavé de toutes mes blessures », rapporte un des sujets. À la suite de cela, les « âmes » iraient vers un port central. « C’est comme si nous partions tous d’un ruisseau et qu’ensuite, après la mort, nous étions tous attirés vers une grande rivière. [...] Nous sommes rassemblés dans un océan où nous tournoyons au ralenti », décrit un autre sujet. Les âmes seraient enfin comme aimantées vers « leur destination finale » : un regroupement avec leur « famille d’âmes ». « Je fus surpris d’entendre parler de l’existence de groupes d’âmes qui s’aident mutuellement dans leur démarche spirituelle. Je m’étais imaginé que les esprits se contentaient de flotter sans but après avoir quitté le plan terrestre », confesse le Dr Newton. Arriverait enfin le temps de se réincarner. Les âmes décideraient de leur future identité, choisiraient le lieu et le moment de leur nouvelle naissance sur terre. « Tout est confus, je glisse dans un long tube obscur, la sensation d’une caverne, ténèbres puis chaleur ! J’ai conscience d’être dans le ventre de ma mère. Je suis dans un bébé », témoigne un dernier sujet. Les recherches sur l’hypothèse de la réincarnation nous mettent face à des données étonnantes qu’il n’est pas aisé d’interpréter. Toutefois, les experts soulignent combien les souvenirs de « l’entre deux vies » sont concordants avec les récits rapportés par les personnes ayant vécu des expériences de mort imminente (EMI). Une cohérence globale semble émerger de ces deux champs d’étude. « Les similarités indiquent que les allégations faites par les enfants qui se souviennent de l’entre deux vies ont besoin d’être considérées comme faisant partie d’un même phénomène global qui comprend aussi les EMI », stipule le Dr Tucker. Serions-nous face à un phénomène universel – aussi décrit par de grandes traditions depuis des temps immémoriaux et sur tous les continents ?

Un champ de ruines (école)

Par Le 20/07/2016

Personnellement, aujourd'hui, ce désastre me laisse indifférent.

J'ai été laminé, humilié, lâché par tout le monde, hormis la femme de ma vie et quelques proches qui savaient que je ne suis pas "fou". 

Je pèse 59 kilos. J'en faisais 74 en février 2014 quand j'ai quitté ma classe.

Je sais que j'avais raison. 

Tout ça, je l'avais prévu et écrit il y a trois ans.

Maintenant, ça me laisse stoïque. Sans aucune émotion. 

Je me reconstruis.

J'avais dit que seule la grève administrative et la désobéissance pouvaient marquer une opposition efficace. 

Qu'en est-il de tous les mouvements des syndicats ? 

Rien, néant. La désunion a servi l'Etat dans son projet de démantèlement de l'éducation. 

Je sais très bien où tout ça va nous mener.

C'est un Peuple inculte qui intéresse les gouvernements et tout ce qui peut contribuer à l'abêtissement de la masse sera exploité.

Aussi longtemps que nécessaire.

 

 

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Mémoire encombrée

Par Le 17/07/2016

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11 septembre 2001/ 14 juillet 2016.

Combien de fois nos mémoires vont-elles encore être surchargées de cauchemars ?

Il n'est même plus possible de lister chaque drame.

Mémoire encombrée. Tout se mélange.

Comme si nous devions nous habituer à augmenter inexorablement la place nécessaire. 

Et nous savons très bien qu'aucune guerre ne mettra fin à la violence. Elle nourrit uniquement la folie des prochains combattants.

Alors ?

Devons-nous accepter l'inéluctable ? Devons-nous laisser des esprits malades gouverner l'humanité entière ? 

Je ne parle pas des fous qui agissent mais des fous qui les poussent à agir, je ne parle pas des fanatiques mais de ceux qui nourrissent le fanatisme et nos dirigeants politiques sont des fanatiques du pouvoir. 

Et le pouvoir rend fou.

Et chaque folie combat celle de l'autre.

Devons-nous accepter d'être des proies impuissantes ?

Ne sommes-nous pas dès lors également responsables ?

Les plus gros succès du cinéma, des jeux vidéos ou de la littérature se nourrissent de morts.

La planète entière est le théatre quotidien d'un massacre du vivant.

Nous portons en nous le germe de la violence.

"Tu as écrasé cette chenille ? C'était facile. Maintenant, refais-la."

Lanza del Vasto.

Voilà ce qu'il manque, profondément, viscéralement, à chaque instant.

L'amour du vivant.

J'ai vu il y a quelques jours deux jeunes garçons marchant sur un trottoir. L'un d'eux a laissé traîner sa main dans une haie de lauriers et a arraché les feuilles. Le mal est fait. Le reste suivra.

 

Il faut tout effacer et recommencer à zéro. Et c'est de la responsabilité de tous.

La surcharge de la mémoire est une conséquence qui implique une transformation de conscience. Comme un empoisonnement alimentaire qui nécessiterait une modification du régime. Là, il ne s'agit pas d'une surcharge pondérale limitant les capacités physiques mais d'une surcharge émotionnelle limitant la réflexion.

Ou la déclenchant.

Il y a un choix à faire. Et c'est urgent, vital, inévitable. 

Nous sommes au point de rupture. 

 

A CŒUR OUVERT : l'amour

Par Le 16/07/2016

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"Ils arrivèrent sur la crête dénudée, juste un parterre d’herbes rases. Ils s’assirent, silencieux, les regards lointains, une plongée au plus profond, symétrie des voyages, les horizons infinis de la terre et les explorations intimes.

Contemplation.

Paul glissa sa main dans celle de Diane.

« Je n’aurais jamais imaginé ça.

-Quoi donc, Paul ?

-Une telle rencontre. Toi et la terre. Le même amour en fait, c’est ça que je réalise.

-Explique-moi.

-T’expliquer ? Je n’ai jamais rien su expliquer en dehors des chiffres de ma société.

-Tu n’en es plus là. Tu es devenu ce que tu portais en toi. »

Il la regarda. Oh, ces yeux.

Il n’avait jamais vu les yeux d’Alice. Des filtres trop épais. Ils reflétaient uniquement les possessions dont elle rêvait.

Les yeux de Diane s’ouvraient sur un univers d’étoiles.

« Je pense que l’amour réel pour une personne contient le même amour que pour cette terre, la nature épargnée. Lorsque je montais seul sur une colline, j’éprouvais une telle paix, une telle sérénité, un silence intérieur aussi vaste que celui de l’altitude. J’aurais aimé monter à quatre mille mètres. Aujourd’hui, je comprends les alpinistes. Eh bien, je ressens la même paix avec toi. Comme un détachement, une absence de trouble, une ouverture spirituelle, le saisissement de l’instant, rien, aucune pensée, aucune inquiétude, aucun remord, aucune attente. Comme lorsque je suis assis ici. La même paix. L’amour. Peut-être que les gens ne savent plus aimer parce qu’ils sont loin de la terre. Juste une supposition. L’euphorie des villes, l’agitation, le bruit, le commerce des désirs, la multiplication des manques inventés, même les relations amoureuses sont à l’image de ce chaos. Une surenchère permanente. Cette impression qui ne me quitte plus qu’on ne peut aimer que dans l’abandon de tout, jusqu’au vide, jusqu’à cette absence de soi, se laisser envahir par l’inertie. C’est sûr que ça va à l’opposé de ce monde moderne. Pas assez rentable. Rien à vendre, la perte des consommateurs, un cauchemar. »

Il s’aperçut qu’il parlait en fixant un point lointain, un mont arrondi qui se découpait sur le ciel, comme des paroles lancées dans l’azur.

« Saint-Exupéry disait que les gens qui s’aiment ne passent pas leur temps à se regarder. Ils regardent le même horizon, intervint-elle.

-Et bien, je suis d’accord avec lui puisque tu es dans cet horizon. Puisque l’amour que je porte à cette terre est le même que celui que j’ai pour toi. Je te regarde en contemplant ce monde.

-Et tu oses dire que tu ne sais pas parler ? »

Un rire bref, presque gêné.

« D’où ça vient tout ça ? demanda-t-il.

-Et à quoi ça te servirait de le savoir ? Ce qui importe, c’est que ça soit là.

-Oui, c’est vrai Diane, mais c’est tout de même effrayant de réaliser qu’on peut passer à côté de soi à ce point. J’ai cinquante-trois ans.

-Cinquante-trois ans d’apprentissage tout simplement.

-Tu veux dire que tout était déjà là ? Qu’il fallait que la croissance se termine ?

-Elle n’est pas terminée.

-Et pourquoi est-ce que ça passe par une telle rupture, pourquoi les choses ne se font-elles pas en douceur, en toute conscience ?

-Parce qu’il n’y a plus de conscience. Parce que l’ego a pris le dessus. Alors, il faut une révolte.

-Il faut que tu m’expliques ce que tu entends par ego. »

Elle s’allongea, les yeux tournés vers le ciel. Il l’imita.

« L’ego, c’est quand tu ne vois plus le ciel. Non pas le voir avec tes yeux, non pas l’identifier avec des noms de nuages mais le voir comme s’il était en toi et comme si tu y étais évanoui, liquéfié, comme si tu n’étais même pas une particule de vapeur d’eau, rien, le vide immense en toi. Si tu ne peux plus ressentir cette disparition et que tu vois le ciel comme un beau paysage, alors, c’est que tu es identifié à ton ego, c’est que tu n’existes que pour toi-même et que tout ce que tu vois, c’est pour valider ton existence. Tu ne regardes pas le ciel, tu prends juste forme à travers le plaisir que tu éprouves en regardant le ciel. Pour aimer le ciel, il faut oublier que tu le regardes. Il en est de même d’ailleurs pour la plupart des humains dans la relation amoureuse. Ils aiment l’autre pour le sentiment d’exister à travers cet amour. Et si l’amour s’étiole, chacun en voudra à l’autre de ne plus lui permettre d’exister.  

-Mais tu ne crois pas que tout le monde voit les choses comme ça Diane ?

-Pas les enfants. Tant qu’ils ne sont pas trop grands. Ceux d’ici en tout cas. Les enfants Kogis, par exemple, ne regardent pas le ciel, ils le vivent. Comme toi maintenant. »

 

Pierre Rabhi : l'école

Par Le 16/07/2016

Pierre Rabhi : « L’école devrait reconnecter l’enfant à la nature »

 

https://www.vousnousils.fr/2015/11/02/pierre-rabhi-lecole-devrait-reconnecter-lenfant-a-la-nature-578083#:~:text=Plong%C3%A9s%20dans%20un%20monde%20virtuel,l'enfant%20%C3%A0%20la%20nature.

 

2 novembre 2015 4 Réactions

Culture · Primaire

Publié par  | Nov 2, 2015 |  | 9 

Agriculteur, écrivain et penseur, pionnier de l'agroécologie, Pierre Rabhi rêve d’une école en rupture avec le système libéral. Entretien.

Pierre Rabhi

Pierre Rabhi à Monchamps Crédit photo (c) Patrick Lazic

La France accueille la COP21. En espérez-vous quelque chose ?

Je ne peux qu’être reconnaissant aux âmes sincères qui s’investissent pour tenter de donner la place que mérite cette problématique du réchauffement climatique dans le débat public. Mais je constate que nous sommes déjà à la 21e édition de ces rencontres et je n’ai pas l’impression que des décisions à la mesure des enjeux aient été prises. Je crains aussi que la régularité de ces grands rendez-vous laisse croire, dans l’opinion collective, qu’on s’occupe du problème” et que l’on peut donc tous dormir tranquille ce qui est, bien sûr, faux.

Vous appelez à une  révolution du regard que l’humanité porte sur elle-même. Quel devrait être le rôle de l’école dans celle-ci ?

Si l’être humain ne change pas lui-même, il ne pourra changer durablement le monde dont il est le responsable. Cette aspiration devrait commencer par une modification radicale de la manière dont on éduque nos enfants. D’abord en encourageant la coopération et la solidarité plutôt que la compétition, comme c’est bien trop souvent le cas à l’école. Ensuite, en sensibilisant bien davantage l’enfant à la nature notamment en lui rappelant sans cesse que c’est à elle qu’il doit la vie. Cela n’a rien d’anecdotique : je constate à quel point les jeunes générations passent de plus en plus de temps devant toutes sortes d’écrans. Ils y sont même plongés de plus en plus tôt dans leurs existences. Cela ne sera d’ailleurs pas sans conséquence sur le développement et le fonctionnement de leur cerveau. Plongés dans un monde virtuel, ils sont plus que jamais « hors sol », éloignés de la réalité vivante. Or connaître celle-ci est le premier pas indispensable pour la respecter et la protéger. L’école devrait reconnecter l’enfant à la nature.

Votre fille a enseigné puis a créé une école Montessori. Y jouez-vous un rôle ?

Non pas directement, mais le Hameau des Buis, dans lequel est intégrée l’école, est inspiré du mouvement des «Oasis en tous lieux » dont je suis à l’initiative. (NDLR Ce mouvement se présente comme « une proposition alternative de mode de vie » basée sur l’autonomie, le partage de savoir-faire et la mutualisation de certains biens comme les voitures, l’électroménager, l’outillage…). Je crois aussi que ma fille a reçu par « infiltration » ma posture personnelle concernant notre éducation. Il se trouve que je suis en total désaccord avec la philosophie qui sous-tend l’enseignement. Notre école conditionne les enfants à devenir des adultes adaptés au système. Elle les façonne pour un monde de compétition, qui malheureusement est, en effet, le nôtre. Mais ce faisant, elle oublie bien trop souvent tout ce qui est relatif à la vie non productiviste. Les écoles sont devenues des manufactures dans lesquelles l’enfant est préparé à devenir ce fameux homo economicus qui est à l’origine des maux de la Terre.

C’est un constat que vous avez fait lorsque votre fille était à l’école ?

Pierre Rabhi

Pierre Rabhi à Monchamps Crédit photo (c) Patrick Lazic

Non, cela date d’il y a bien plus longtemps ! Cette manière de faire entrer les enfants dans ce moule, je l’ai ressentie lorsque j’étais moi-même écolier. À l’époque déjà, nous étions « stimulés » autour d’un programme préétabli et dans lequel chaque enfant était mis en devoir de se couler. C’est toujours vrai aujourd’hui et ce ne sont pas les quelques heures dispensées sur la morale qui peuvent changer les choses.

Évidemment, je n’étais pas un bon élève car j’avais l’impression que tout ce qu’on me demandait était de devenir conforme au programme et à ce système basé sur la performance. Je m’ennuyais à mourir à l’école car on y parlait de tout… sauf de moi ! J’ai eu difficilement mon certificat d’études qui reste encore aujourd’hui le seul diplôme que je pourrais exhumer si on me le demandait.

Quel rôle devrait avoir l’école dans l’éveil des consciences que vous espérez ?

J’aspire à des écoles qui, bien sûr, prodigueraient l’enseignement conventionnel, mais qui, aussi, disposeraient d’un jardin où les enfants pourraient se relier au vivant en cultivant par eux-mêmes, en observant la nature et ses miracles permanents. J’aimerais aussi que chaque établissement dispose d’un atelier de travaux manuels, atelier qui ne contiendrait aucun outil perfectionné afin que ces jeunes découvrent le potentiel extraordinaire de leurs mains.

Changer l’école me semble essentiel pour envisager la construction d’un futur pour l’humanité, même si cela ne pourra pas nous dédouaner de ce que j’appelle la puissance de la modération. La croissance économique n’est pas un projet viable de société ni l’unique levier capable de nous apporter la prospérité. La surexploitation des ressources naturelles nous mène tout droit à des impasses sociales et écologiques. Cela a-t-il du sens de naître uniquement pour consommer et produire ? Cela a-t-il du sens de n’être qu’un rouage d’une machine économique infernale qui, comme un alambic produit des dollars concentrés dans les mains d’une minorité d’humains au détriment de tout le reste ?

L’école a donc un rôle majeur, celui d’ouvrir les jeunes sur le vivant. Alors ils seront mieux armés pour comprendre qu’il nous faut en finir avec nos attitudes pillardes et prédatrices, en finir avec notre boulimie de biens.

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