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Jarwal et les Kogis

Par Le 13/06/2016

 

 

Nasta parla longuement.

Kalén expliqua.

« La Vie est une pensée qui a ensemencé la Terre. C'est la pensée originelle. Les êtres humains imaginent que leurs pensées leur appartiennent, qu’ils en disposent librement. Ils ont oublié la première pensée, ils ne savent plus la ressentir. Toutes les pensées qui parcourent l’espace sont les enfants de la pensée créatrice. Ici, nous pouvons remonter à la source. 

-Nasta veut-il dire que la Vie est une pensée ?

-Oui, c’est bien cela Jarwal. Cette pensée s’est matérialisée sous des formes innombrables. Les Kogis écoutent les pensées des arbres, des nuages, des montagnes, de toutes les formes créées par la Vie. Les hommes imaginent qu’ils existent parce qu’ils pensent alors que c’est la pensée de la Vie qui vibre en eux et leur donne vie. Les hommes ont oublié l’humilité.

-Kalén, pour qu’il y ait une pensée, il faut un émetteur. Qui est à la source de la pensée de la Vie ?

-La Vie elle-même. Les Conquistadors qui nous ont maltraités disaient qu’ils étaient en mission, qu’un Dieu tout puissant les guidait. Aucun Dieu n’existe. Pas les Dieux des hommes. Ces Dieux-là ne sont que des mensonges.

-La Vie est divine, c’est cela ?

-Exactement Jarwal. Et le reste n’est qu’invention des esprits manipulateurs. La Vie est la pensée de la Vie qui se pense et toutes les formes de vies créées sont à l'image de l'infinité de ses pensées.

-Et alors les hommes qui se sont coupé des pensées diffusées par la Nature ne seront plus jamais des êtres humains ?

-Cela dépendra d’eux, Jarwal. Les Kogis sont des êtres humains mais les Conquistadors sont des hommes. Ils vivent pour les biens matériels, la puissance, le pouvoir, l’exploitation, l’asservissement. Nasta dit que l’avenir de ces hommes est très sombre. Et qu’ils jetteront sur la Vie toute entière un voile d’ombre. Leur intelligence est au service du Mal parce qu’ils ignorent la pensée de la Vie. Ils sont soumis à des pensées d’hommes.

-Quel est l’avenir de ce monde d’hommes Kalén ?

-Il n’a pas plus d’avenir que l’homme qui s’est coupé de la source. Il ne vit que dans le fardeau du passé et des erreurs commises sans pour autant prendre conscience qu’il répète à l’infini les mêmes erreurs en les habillant simplement de nouveaux apparats. Ce monde-là continuera à vouloir construire l’avenir qui correspond à son errance. Il est empoisonné par le poids de son histoire. Le voile d’ombre finira par s’étendre jusqu’à cacher la lumière du Monde et de la Vie. »

 

Ils parlèrent longuement.

Gwendoline s’était retirée dans un coin de la hutte.

Des larmes qui auraient aimé s’épandre. Une telle détresse aux paroles de Kalén.

Comme si la Vie elle-même pleurait dans son âme. Cette peur immense de ce monde à venir, cette dégénérescence inéluctable, cet oubli de la source, comment était-ce possible ? Pourquoi la Vie laissait-elle s’étendre ce désastre, pourquoi la Vie offrait-elle aux hommes cette pensée insoumise qui les menait à la destruction d’eux-mêmes ?

Elle ne comprenait pas.

 

« C’est le défi qu’ils doivent relever, murmura tendrement Léontine à son oreille. Apprendre à s’élever au-dessus de leurs pensées sombres.

-Et crois-tu qu’ils en seront capables un jour ?

-Il ne me servirait à rien de me torturer avec de telles interrogations. Étant donné que je n’y peux rien.

-C’est de l’abandon.

-Non, Gwendoline, c’est de la lucidité. Apprends à te consacrer aux choses sur lesquelles tu as une incidence possible. Le sage n’est pas celui qui donne des leçons aux autres mais celui qui écoute la voix de la Vie. Si tu écoutes les tourments des hommes, tu ne peux plus entendre la Vie et si tu ne l’entends plus, tu ne peux rien apprendre et si tu n'apprends plus tu n'as rien à montrer. Tu dois être ce que tu portes et ne pas t’alourdir. 

-En quoi cela peut-il améliorer les situations néfastes ?

-Tu n’agis pas pour améliorer les situations néfastes mais pour appliquer éventuellement à ces situations ce qui te semble juste. Si tu as une intention, tu fabriques toi-même la possibilité d’une désillusion et tu n'es plus dans l'instant. Tu essaies d'aller plus loin, là où il n'y a rien encore. Contentes-toi de faire ce que tu penses être juste. Et quand tu décides de le faire, ne fais que ça. Le reste ne t’appartient pas.

-Tu veux dire qu’en venant ici, la seule chose importante était de tenter d’aider les Kogis mais qu’il n’y a rien d’autre à vouloir ou à espérer.

-Exactement. À quoi cela servirait-il que tu t’inquiètes pour l’avenir de ce monde humain ou de celui des Kogis ? As-tu une solution à apporter ?

-Non et c’est ce qui me ronge.

-C’est toi alors qui as choisi d’être rongé, ça n’est pas l’état de ce monde qui agit sur toi mais l’émotion que tu entretiens. Et non seulement, elle ne sert à rien mais elle te prive de l’énergie dont tu pourrais user pour être ce que tu portes. Et par conséquent, tu prives ceux qui pourraient te voir vivre dans ce qui est juste. Tu te condamnes deux fois : une fois par la détresse que tu génères toi-même et ensuite par la détresse de ceux qui vivent près de toi et qui souffrent de te voir dans cet état. Est-ce que c’est ainsi que tu penses agir de façon juste ? »

 

Un trouble immense, une leçon impitoyable.

« Tu es redoutable, chère petite fée.

-C’est le rôle des vraies amies. »


 

Vol au dessus d'un nid de coucou

Par Le 13/06/2016

Quand j'ai commencé à parler de ce cahier n 13 il y a plus de deux ans maintenant, les "collègues" ont dit que j'étais "parano".

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Quand j'ai dit à l'institution que je refusais de participer à ce démantèlement de l'école, on m'a dit que j'étais dans une "grande confusion mentale".

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Et demain, après deux ans de refus d'obéissance et une plongée dans les grands fonds, je suis de nouveau "convoqué" en hôpital psychiatrique.

Mais c'est normal, je suis "parano", "complotiste" et "psychiatriquement" instable.

Tout va bien. Le système a raison et je suis juste un esprit malade....

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Najat vallaud belkacem patrimoine

 

 

 

 

 

 


 

Cet article a huit ans...

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-casse-du-service-public-d-38026

 

Auteur de l'article

Paul Villach

Paul Villach

- Né en 1945, à Quintin (Côtes-d'Armor) et décédé le 16 avril 2012 à Lyon. - Études de Lettres Classiques, d'Histoire et de Sciences Politiques (Paris) ; - 34 années d'enseignement dans le Secondaire et dans le Supérieur, en France, en Tunisie, en Algérie ; - Président d'une association de défense des droits de la personne (LE REGARD, Réseau d'Entraide pour la (...)

Une dizaine de milliers de postes supprimés à la rentrée prochaine ! Des établissements scolaires sont entrés en ébullition. Cette révolte qui couve va-t-elle ressembler aux autres ? Car on en avait bien le soupçon. Mais on ne pouvait pas le croire. Le respect de l’adversaire conduit à garder un peu de retenue à son égard. Le suspecter de tant de noirceur et de cynisme suppose qu’on le retranche de la communauté humaine. Alors on ne veut pas s’y résigner jusqu’au jour où on tient la preuve entre ses mains.

 

Mais, jusque-là, les faits ont beau s’accumuler, on se refuse à franchir le cap. On prend des précautions. On emprunte leur formule aux astrophysiciens confrontés à une série de phénomènes dont ils ne perçoivent pas l’origine ou la cause : la course erratique de cette planète est incompréhensible ? On émet alors l’hypothèse : tout se passe comme si...

Il en est de même avec l’Éducation nationale depuis une dizaine d’années au moins : tout se passe comme si... Un esprit raisonnable ne cesse, en effet, d’aller de stupéfaction en stupéfaction devant tant de conduites extravagantes. Mais les faits, qu’on le veuille ou non, s’enchaînent avec une logique qui atterre : elle va tellement à l’encontre de ce qui serait attendu.

1- Le savoir méprisé

On dirait ainsi que, paradoxalement, dans l’institution chargée de sa diffusion, le savoir est méprisé. Les élèves passent en classe supérieure sans avoir le minimum de connaissance requis. Les examens sont donnés en fonction non d’un seuil minimal de savoir, mais d’un pourcentage de candidats décidés en haut lieu qui prouve d’abord le bon fonctionnement de l’institution.

Les socles de savoir minimal sont revus à la baisse : des disciplines, comme les Lettres classiques sont délibérément éliminées, parfois au profit du sport. D’astucieuses incompatibilités sont instituées, soit entre les disciplines, soit entre les horaires : si tu fais natation, tu ne peux faire du latin ; si tu choisis allemand, tu dois renoncer au latin qui est enseigné à la même heure. Des erreurs sont sciemment glissées dans les programmes : on veille, par exemple, depuis vingt-cinq ans à ce qu’un élève ne puisse comprendre quoi que ce soit à l’information et aux médias.

2- Les conditions de travail méprisées

Au savoir méprisé paraît correspondre un égal mépris pour les conditions de travail elles-mêmes. Les fins d’années scolaires commencent dès la fin mai, parfois avant. Les conseils de classe sont précoces ou alors les examens organisés obligent à fermer l’établissement. Le mois de juin est la plupart du temps un mois qui compte pour du beurre.

Mais il en est de même dans l’année quand les conseils de classe sont fixés en novembre pour le premier trimestre, en mars pour le second. Sous prétexte d’attribuer un nombre égal de jours entre les trois trimestres, il arrive que le second trimestre commence au début décembre et le second à la mi-mars. On ignore le fonctionnement psychologique de l’élève qui après le conseil de classe qui vient de faire le bilan de son trimestre, éprouve fort normalement le besoin de souffler : les trois semaines avant les vacances de Noël ou de Printemps connaissent donc un relâchement. On ne court pas 5 km de plus après un marathon. L’élève attend le retour de janvier ou d’avril pour repartir.

Que dire de l’examen de certification d’allemand en troisième qu’on fixe un 27 mars quand il reste trois mois de travail ? Pourquoi priver les élèves de tout ce temps qui pourrait être si utile à l’assimilation ? Après l’examen, vont-ils continuer à fournir l’effort attendu ?

Le silence autour des classes n’est pas assuré : on travaille dans le bruit. Ça braille dans les couloirs ou sous les fenêtres dans la cour : des cours ne commencent pas à l’heure et le vacarme de la récréation continue. Ou alors le bruit vient de la salle voisine où un prof s’égosille dans un charivari empêchant toute attention. Et le comble, ce sont les élèves qui se plaignent en conseil de classe des « bavardages » que des professeurs ne savent pas contenir !

3- La règle méprisée

Il faut dire que le mépris de la règle peut être aussi la règle. Il suffit d’un élève dans un cours pour le perturber si toute sanction est interdite. Or le droit d’ « exclusion ponctuelle de la classe » prévu par la circulaire du 11 juillet 2000 peut être arbitrairement interdit localement aux professeurs. Une petite frappe peut se sentir soutenu par le bureau de la vie scolaire et même le chef d’établissement, et jouer l’indicateur ou le provocateur.

Mais il arrive aussi que ce soient les professeurs eux-mêmes qui ne souhaitent pas rédiger de rapport écrit sur les conduites inacceptables dont ils souffrent dans leur classe. Ils ont peur de se voir reprocher de ne pas « tenir leur classe » ou, au contraire, par compensation, ils pratiquent la surenchère dans l’humanitarisme dévoyé pour se faire valoir tant auprès de l’administration qu’à leurs propres yeux. C’est ainsi que l’on mélange voyous et élèves méritants sous la même appellation d’origine non contrôlée d’ « élèves en difficulté ».

Il n’existe, en général, dans un établissement, qu’une infime minorité d’élèves récalcitrants. Mais on les laisse prendre leurs aises et empoisonner la vie de tous. Le conseil de discipline tombe en désuétude, on préfère réunir un comité informel appelé par exemple "conseil de remédiation" : ça ne laisse pas de trace réglementaire au-dehors qui risquerait de ternir l’image de l’établissement et surtout celle de son chef soupçonné par le rectorat de ne pas savoir « tenir son établissement ».

On ne remédie donc à rien du tout. La violence s’installe durablement. Il reste à courir après les euphémismes et à appeler les agressions quotidiennes des « incivilités » pour en dissimuler la gravité. Quand on apprend qu’un professeur a giflé un élève pour avoir été injurié, c’est le professeur que son administration lynche en public et que le père de l’élève fautif traîne en justice. Et quand une professeur échappe de peu à la mort dans une tentative d’assassinat après avoir alerté sa hiérarchie comme elle l’a pu, l’administration est exonérée de toute responsabilité.

4- Le professeur méprisé

Ainsi, l’administration donne-t-elle l’exemple au besoin. Elle viole allègrement le règlement en refusant toute protection statutaire à celui qui est attaqué à l’occasion de ses fonctions, quand la loi lui en fait un devoir. Recrutés parfois sans avoir un niveau culturel décent, certains chefs d’établissement montrent par reconnaissance sans doute envers l’institution qui les a reconnus, de réelles dispositions en matière de brutalité.

Pour parvenir à leurs fins, la falsification n’est pas un problème pour eux, pas plus que la calomnie. Une sanction peut même être infligée sans raison à un professeur qui s’oppose à cette débâcle pour le faire taire. Tout paraît permis à ces responsables puisqu’ils peuvent agir en toute impunité. Ils ont l’appui non seulement de leur hiérarchie, mais même de la justice qui, par les temps qui courent, court à leur secours si d’aventure ils ont à répondre de leurs agressions devant un tribunal. Mais, même en cas de condamnation, ils restent à leur poste pour poursuivre leur triste besogne.

La stratégie machiavélique de l’OCDE

On a beau être ingénu, tant de continuité dans l’effort pour provoquer et accroître le chaos au cœur du service public d’Éducation finit par laisser supposer une stratégie délibérée de destruction. Mais l’idée paraît si folle. En fait, elle ne l’est pas. Un lecteur a laissé en commentaire d’un article précédent (1) les références d’un rapport de Christian Morrisson, expert de l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques, daté de... 1996, intitulé « La faisabilité politique de l’ajustement » (2).

Peut-être l’a-t-on remarqué, le mot « ajustement » est aujourd’hui dans toutes les bouches gouvernementales et patronales, comme le dogme d’un catéchisme. Ce mot modeste et inoffensif est, en réalité, un leurre. Il appartient à une tradition de langage politique par euphémisme compréhensible des seuls initiés, comme l’était l’expression « solution finale » de sinistre mémoire. Ce titre apparemment anodin désigne en fait une destruction en douceur du service public d’Éducation. Il vise à masquer la violence de l’objectif : « ajustement » veut dire ici destruction et « faisabilité politique » signifie prévention des révoltes susceptibles d’être provoquées par cette destruction.

En somme, ce titre mystérieux désigne tout simplement la stratégie astucieuse conçue pour opérer dans les pays de l’OCDE des contre-réformes structurelles et désengager le budget de l’État des services publics sans provoquer de révoltes populaires. Ainsi est-il recommandé non « la baisse de la quantité » qui déclencherait des révoltes, mais « la baisse de la qualité  » dans certains établissements et pas dans d’autres pour rendre insensible aux familles la destruction programmée du service public d’Éducation. Voici un extrait éloquent de la page 30 du rapport que le lecteur avait cité :
« [...] Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. »

Si l’on avait encore quelques doutes sur les raisons du chaos qui s’est installé durablement dans l’Éducation nationale depuis dix ans, ils sont levés. Il s’agit bien, comme le conseille cet expert de l’OCDE, de ruiner progressivement la qualité de l’École publique pour introduire peu à peu une privatisation qui s’imposera comme la seule planche de salut quand la vie dans les établissements ne deviendra plus supportable. À bon entendeur salut ! La casse du service public que laissaient supposer toutes ces conduites irrationnelles est bien programmée à terme selon un plan méthodiquement réfléchi depuis 1996. Les défenseurs du service public d’Éducation ont quelques raisons de s’émouvoir. Paul Villach

Cahier numéro 13 de l'OCDE

OCDE, c'est du long terme...


 

Coupés des étoiles

Par Le 12/06/2016

La symbolique est redoutable. Des milliards d'humains sont coupés de l'Univers...Coupés de leur matrice. 

Mais ce brouillard est une extension de la pollution mentale et de l'effacement de toute forme réelle de spiritualité. Des humains victimes et responsables. Et tant que la conscience de cette responsabilité ne s'installera pas, le désastre continuera. Nous sommes complices par indifférence et ignorance, par lâcheté devant les décisions individuelles à prendre et il est pourtant du devoir de tous d'observer chaque comportement, pensée, émotion au regard de la Terre. 

Les individus qui considèrent que la situation n'est pas encore si grave qu'ils ne puissent profiter des biens mis à disposition et de l'opulence qu'ils réclament et à laquelle ils sont si bien habitués, ces individus-là sont aussi responsables que les gouvernants qui s'obstinent à penser que la "croissance" doit être préservée et renforcée si possible, que l'exploitation de la planète est une nécessité, que l'extension de l'humanité est un droit.

Juridiquement, nous sommes aujourd'hui dans la situation d'une victime disposant du droit de porter plainte pour "non assistance à personne en danger". 

Mais qui va recevoir la plainte ? 


 

SCIENCES

Un tiers de la population mondiale ne voit plus la Voie lactée

Par  — 

Plus une région est rouge, plus le ciel y est pollué par la lumière artificielle.
Plus une région est rouge, plus le ciel y est pollué par la lumière artificielle. Image Science Advances, CC BY NC

 

La revue «Science» vient de publier le tout nouvel «Atlas mondial de la clarté artificielle du ciel nocturne», qui montre que la pollution lumineuse augmente chaque année. La transition de l'éclairage public vers des ampoules LED va aggraver la situation.

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     Un tiers de la population mondiale ne voit plus la Voie lactée

Les nuages qui se traînent au-dessus de Paris n’aident pas à la contemplation des astres. Mais même s’il faisait beau en cette mi-juin, on n’y verrait rien. Outre la Lune et les planètes – Mars, Jupiter et Saturne –, peut-on encore déceler plus de cinq ou six étoiles à l’œil nu depuis la capitale ? Le ciel nocturne est vide et jaune, baigné de pollution lumineuse émise par l’éclairage public, les vitrines, les bureaux restés allumés et autres panneaux publicitaires. Le phénomène prend de l’ampleur, au point que 80 % de la population mondiale vit désormais sous un ciel artificiellement lumineux. Aux Etats-Unis et en Europe, le taux monte à 99 %.

La revue Science vient de publier le tout nouvel Atlas mondial de la clarté artificielle du ciel nocturne, signé par une équipe italo-germano-israélo-américaine, qui suit la qualité du ciel depuis 2001. Les chercheurs s’appuient sur les plus récentes images satellites en haute définition et sur des mesures de clarté du ciel à différents endroits du monde, avant de compiler les résultats dans un logiciel de leur cru qui calcule la propagation de la pollution lumineuse.

La clarté du ciel nocturne en Europe.Le ciel nocturne en Europe.

Sur chacune des cartes à l’échelle d’un continent, la légende est la même :

- Les zones sombres ont un ciel d’un noir absolu, clair comme de l’eau de roche ;
- En bleu, le ciel commence à s’éclaircir vers l’horizon ;
- En vert, la pollution lumineuse monte jusqu’au zénith et le ciel est 8 à 50 % plus lumineux que dans son état naturel ;
- En jaune, le ciel naturel est «perdu» avec 50 % à 400 % de luminosité supplémentaire. Au seuil supérieur, on n’arrive plus à distinguer la grande traînée laiteuse de la Voie lactée : 35,9 % de la population mondiale est concernée ;
- En rouge, c’est pire. Les étoiles qui peuplent le ciel disparaissent. La luminosité devient si forte qu’à la limite supérieure, l’œil humain passe en mode diurne et voit avec ses cônes au lieu des bâtonnets ;
- En blanc, l’œil humain est en mode diurne. Il n’a même plus besoin de lancer son processus d’adaptation à l’obscurité, tant l’environnement est lumineux.

L’Amérique du Nord et l’Asie

Vision photopique et scotopique

La pollution lumineuse s’est intensifiée depuis un demi-siècle, avec une augmentation moyenne de 6 % chaque année en Europe et en Amérique du Nord. Et ce n’est pas près de s’arranger. L’installation progressive d’ampoules LED dans l’éclairage public des villes est aussi bénéfique pour leur facture d’électricité que néfaste à l’environnement nocturne.«En postulant que le flux photopique s’échappant vers le ciel restera égal, une LED blanche de 4 000 kelvins est environ 2,5 fois plus polluante dans la bande scotopique du spectre que l’éclairage au sodium.» 

Pour comprendre cette analyse publiée dans Science, il faut se souvenir que l’œil humain a deux modes de fonctionnement. De jour, il voit en couleurs avec ses photorécepteurs appelés cônes – c’est la vision photopique. Et quand il y a peu de lumière, il utilise plutôt ses bâtonnetsqui ne permettent qu’une vision en nuances de gris, la vision scotopique. Si les ampoules LED nous permettent donc de voir aussi bien notre chemin que les vieilles lampes au sodium, elles nous gêneront bien davantage quand nous voudrons adapter nos yeux à l’obscurité pour, par exemple, observer les étoiles.

Pollution lumineuse en Europe. A gauche, la situation en 2016. A droite, prédiction dans quelques années, après la transition aux ampoules LED.Pollution lumineuse en Europe. A gauche, la situation en 2016. A droite, prédiction dans quelques années, après la transition aux ampoules LED.

A Singapour, au Koweït et au Qatar, vision diurne 24 h/24

«La pollution lumineuse est l’une des formes les plus envahissantes d’altération environnementale, estime l’étude. Durant la nuit, elle est facilement observable à des centaines de kilomètres de sa source dans des paysages qui semblent, de jour, préservés de toute présence humaine, même dans des espaces protégés comme les parcs nationaux (les dômes lumineux de Las Vegas et Los Angeles sont par exemple visibles dans le Parc national de la vallée de la Mort en Californie).» Les chercheurs déplorent que le sujet soit encore souvent ignoré de la communauté scientifique, alors que de nombreux domaines sont touchés, de l’astronomie à l’écologie. Trompés par une lumière forte et blanche en pleine nuit, de nombreux oiseaux ont par exemple du mal à compter le temps qui passe et migrent à la mauvaise saison. Les chauves-souris sont tout autant déstabilisées, sans parler des écosystèmes sous-marins et de la santé humaine (cycles de sommeil perturbés, baisse de production de mélatonine, risques accrus de cancer…).

Si l’on regarde le pourcentage de population concernée et non le territoire, les pays les plus pollués du monde sont Singapour, le Koweït et le Qatar, où près de 100 % des habitants sont en zone blanche (vision diurne vingt-quatre heures sur vingt-quatre). En Europe, la Grèce, l’Espagne et l’Islande ne s’en sortent pas très bien. A l’inverse, les paradis du ciel nocturne s’appellent Tchad, République centrafricaine, Madagascar… et la majorité des autres pays africains.

La pollution lumineuse dans les pays du G20, en pourcentage de la population touchée.La pollution lumineuse dans les pays du G20, en pourcentage de la population touchée.

Mesurer la qualité du ciel

Pour mesurer la qualité du ciel, le principe est simple : il suffit de recenser quelques étoiles visibles à l’œil nu. Chaque étoile du ciel a une caractéristique que l’on appelle magnitude apparente – c’est sa luminosité vue depuis la Terre. Plus elle est basse, plus l’étoile est brillante. Arcturus, que l’on voit encore à Paris, a une magnitude apparente de -0,04, tandis que la petite étoile bleue d’Albiréo culmine à 5,1. L’œil humain atteint la limite de ses capacités autour d’une magnitude de 6 ou 7… mais seulement quand le ciel est pur comme du cristal. En centre-ville, on tourne plutôt vers 4.

L’échelle de Bortle permet d'évaluer la qualité du ciel noir à l’œil nu. Tableau fourni pour l'enquête «Insectes et ciel étoilé» en 2014.L’échelle de Bortle permet d’évaluer la qualité du ciel noir à l’œil nu. Tableau fourni pour l’enquête «Insectes et ciel étoilé» en 2014.

Et voilà comment, avec une liste d’étoiles sous la main accompagnées de leur magnitude théorique, on peut les chercher dans le ciel, les trouver… ou non, et estimer ainsi sa pureté. L’équipe italienne de l’atlas de la pollution lumineuse a procédé de la même façon mais en s’appuyant sur des appareils photo à capteur CCD, ainsi qu’un appareil nommé Sky Quality Meter.

Camille Gévaudan

'To find my way"

Par Le 12/06/2016

 

Grace VanderWaal

 

I DON'T KNOW MY NAME LYRICS

 

[Verse 1: Grace VanderWaal]
I don't know my name
I don't play by the rules of the game

So you say I'm just trying
Just trying


[Verse 2]
So I heard you are my sister's friend
You get along quite nicely

You ask me why I cut my hair
And changed myself completely


[Pre-Chorus]
I am lost...
Trying to get found
In an ocean of people

Please don't ask me any-

[Chorus]
But, I don't know my name
I don't play by the rules of the game

So you say I'm just trying
Just trying


[Verse 3]
I now know my name!
I don't play by the rules of the game

So you say, I'm not trying
But I'm trying
To find my way

 


 

Personnellement, cette vidéo me bouleverse jusqu'aux larmes. 

Non seulement cette petite fille et son immense talent mais bien davantage encore, l'intensité de l'amour qui émane de l'ensemble.

L'amour de la musique et du chant.

L'amour des parents et de la grande soeur.

L'amour du public, sidéré, fasciné, ébloui.

L'amour du jury qui au-delà de l'aspect technique et de la maîtrise s'envole avec l'énergie lumineuse de l'interprète.

Et tout cela réuni dans un espace clos qui s'embrase, s'enflamme, rayonne, fusionne.

Les yeux de l'enfant, ce bonheur infini qui l'envahit, cette lumière en elle, tout ce qu'elle donne et tout ce qu'elle reçoit...

J'aime les moments d'amour qui unissent les Humains.

 

 

Le Livre des morts tibétain (2) (spiritualité)

Par Le 09/06/2016

Bardo1

 

"Lorsqu'on dit d'un sage qu'il est mort à lui-même, peut-on assimiler cette expérience de la sagesse à celle de la mort ?

- En effet, c'est la mort du moi. Elle fait d'ailleurs partie du langage mystique chrétien et de l'expérience spirituelle bouddhiste. Pour un bouddhiste, la mort du moi est nécessaire dans la mesure où ce dernier constitue une réalité empirique qui est prise pour ce qu'elle n'est pas, c'est à dire une réalité autonome, existant par elle-même et formant le centre du monde. Cette identification au moi fait croire à l'individu qu'il est quelque chose d'autonome et aussi solide qu'un roc. C'est la pire des illusions mais aussi la source des passions, des conflits et le garant de tous les fantasmes. La mort de ce moi est une délivrance, une libération, la source de la béatitude puisque la disparition de quelque chose de négatif ne peut engendrer que quelque chose de positif. 

 

Quelqu'un qui suit une pratique spirituelle durant sa vie lorsqu'il accède après la mort à cette vision de "Claire Lumière" peut-il connaître l'état de béatitude découvert par le sage de son vivant ?

-Tout à fait ! la mort est un instant favorable si l'on n'en a pas peur et qu'on l'aborde avec un état d'esprit contemplatif, en étant suffisamment préparé. Si ce moment est extrêmement propice, c'est aprce que nous sommes débarassés du poids du corps et des scories du mental. Il est évident que si l'individu aborde la mort dans l'angoisse et la panique, le mental constituera un obstacle majeur rendant impossible toute reconnaissance de la "Claire Lumière"

Le travail qui doit être réalisé avant la mort, c'est avant tout de pacifier les conflits, abandonner tous les attachements qui subsistent et se réconcilier avec ses ennemis. Il s'agit surtout de se réconcilier avec soi-même pour aborder le passage de la mort dans la paix et la lucidité de l'esprit.

 

En cela, on rejoint aussi le point de vue du Docteur Kübler-Ross selon laquelle les conflits psychologiques qui ont agité l'esprit des personnes, durant leur vie, sont loin d'être atténués au moment de la mort, mais au contraire amplifiés.

-Oui et la description mythologique des conditions d'existence peut s'appliquer à nous-mêmes ici bas. Lorsque nous sommes en colère, haineux, submergés par les méotions, nous savons ce qu'est "l'enfer". Tout cela correspond à une réalité incarnée mais aussi à une structure de conscience. Je pense qu'il est important de souligner qu'elle existe dans le Bardo sur un mode de mental pur. Je sais bien que les scientistes disent qu'en dehors du cerveau point de manifestations mentales. Cette proposition est, dans l'optique traditionnelle, erronée. Le cerveau est simplement l'organe du mental, c'est lui qui permet au mental d'embrayer sur la manifestation corporelle. Cependant, ce mental existe également sans son organe..."

 

Cornu padmasambhava livre des morts tibetain

Le Livre des morts tibétain ou Bardo Thodol

 

http://www.sagesse-marseille.com/culture/la-spiritualite/le-livre-des-morts-tibetain.html

par Brigitte Boudon, enseignante en philosophie, fondatrice des Jeudis Philo à Marseille, auteur des ouvrages : Les voies de l'immortalité dans la Grèce antique, Symbolique de la Provence, Symbolisme de l’arbre, Symbolisme de la croix.

 

Le Bardo Thodol est un texte - trésor du bouddhisme tibétain, un ouvrage unique en son genre.

 

Il est en réalité beaucoup plus large qu’un livre pour les morts, car BARDOsignifie tout état intermédiaire ; donc état entre la mort et la renaissance mais de manière beaucoup plus générale, tout état de conscience intermédiaire entre deux états ( veille et rêve, veille et libération, entre deux pensées discontinues ….)

C’est donc un guide pour les VIVANTS axé sur la notion de LIBÉRATION et d'EVEIL SPIRITUEL. Son fondement philosophique est la loi du KARMA.

 

Le Bardo Thodol raconte la pérégrination de l’âme ou principe conscient dans l’au-delà. Il décrit de manière très précise trois bardos, qui durent au total 49 jours  :

Chikhai Bardo : du moment de la mort

Chonyid Bardo : état transitoire de la réalité

Sidpa Bardo : de la renaissance

 

Ainsi que les rituels funéraires adéquats pour chaque étape.

 

La provenance de ce livre n’est pas réellement connue car il s’agit vraisemblablement d’une adaptation bouddhiste d’une tradition tibétaine antérieure. Compilé au temps de Padmasambhava au VIIIème siècle. Perdu pendant plusieurs siècles, puis retrouvé

 

Bardo Thodöl signifie, en tibétain, Libération par ENTENDEMENT dans le plan suivant la mort. Il s’agit donc de savoir ce qu’il nous faut entendre/comprendre pour atteindre la libération.

 

Le Bardo Thödol décrit avec précision les états par lesquels passe le Principe Conscient de l’homme après la mort, lorsqu’il traverse les 3 états « intermédiaires ou d’incertitude ». Chacun de ces états intermédiaires est à son tour subdivsé en 2 parties très distinctes, ce qui nous fait 6 étapes, comme les 6 mondes ou lokas déjà étudiés.

 

* Chikkhai Bardo : état intermédiaire ou d’incertitude au moment de la mort :

1. le moment de la mort (environ 40')

2. la vision de la Claire Lumière primordiale, suivie de la Claire Lumière secondaire.

 

*  Chönyid Bardo : état intermédiaire ou d’incertitude de Réalité : le mandala des Divinités Paisibles et le mandala des Divinités courroucées ;

 

* Sidpa Bardo : état intermédiaire ou d’incertitude de la remontée du courant de l’existence samsarique lorsque le « Connaisseur » ou Principe Conscient cherche la renaissance : le jugement de l'âme et la recherche d'une matrice pour retourner dans le monde samsarique.

 

Les visions du Bardo ne sont que la manifestation des « formes-pensées » nées dans le mental de celui qui les perçoit. Ce sont les formes que prennent les impulsions intellectuelles et émotionelles humaines sur le plan psychologique. Ce que les hommes pensent ils le deviennent : les pensées sont la source de toute action. Ce qui a été semé sera récolté. Ces formes pensées sont illusoires et ne sont que notre propre reflet. Il n'y a pas lieu d'en être effrayés ni fascinés.

 

Dans cet état intermédiaire du Bardo, tout progrès est impossible : les actions s’accomplissent sur terre et donnent leurs fruits dans le Bardo, pour celles qui n’ont pas eu le temps de les donner du temps du vivant. Dans le Bardo, le défunt passe en revue tout ce qu’il a ressenti et pensé.

 

Les formes-pensées donneront, en fonction de la culture, la vision des déités bouddhistes, hindoues, du paradis de Mahomet, du ciel chrétien ou de Yahvé et le matérialiste athée aura des visions aussi vides de déités que dans sa conception terrestre.

 

Selon le Bardo Thödol, les expériences post-mortem sont entièrement dépendantes du contenu mental de chaque personne. L’état bardique ressemble à un état de rêve, enfantés par la mentalité du rêveur. Le Bardo Thödol explique que toute vision, sans aucune exception, est purement illusoire. Il faut comprendre cela pour atteindre la Libération. Tout l’enseignement du Bardo tend à éveiller le Connaisseur, le Principe Conscient à la Réalité. S’il y parvient, à n’importe quel moment, dans n’importe lequel des deux premiers Bardo, le Principe conscient peut connaître la Libération.

 

 

« Il est suffisant pour toi (le défunt qui les perçoit) de savoir que ces apparitions sont les réflexions de tes propres formes-pensées ». La reconnaissance complète de cette vérité par le défunt le libère et le fait entrer dans la Réalité.

Le Livre des morts tibétain (1) (spiritualité)

Par Le 08/06/2016

Bardo1

 

Entretien sur « Le livre des morts tibétain » (Bardo Thödol) avec le Docteur Jean-Pierre Schnetzler dans la revue Nouvelles Clés de décembre 1992.

 

Comment expliquer clairement le Bardo Thödol ?

-C’est compliqué simplement parce que cela se rapporte à des processus subtils, liés au passage d’un état d’être à un autre, tout aussi transitoire (le Bardo) lequel sera la « sanction » de ce qui a précédé et le début de ce qui va advenir. Le texte décrit l’abandon d’un mode de manifestation corporelle au travers du processus de la mort qui est suivi par un bref contact avec la réalité fondamentale, que les Tibétains appellent « la Claire Lumière ». cette apparition précède un mode d’existence non corporel, uniquement mental, dans lequel la conscience de l’individu va expérimenter un certain nombre des possibilités qu’elle porte en elle. Celles-ci vont s’extérioriser sous formes d’expériences, qui seront attribuées ou non à une cause extérieure. Cependant, il faut savoir qu’en réalité ces manifestations sont les propres pensées et tendances conscientes et inconscientes du défunt. De tout cela, la conscience ne se rend pas toujours compte car elle est encore chargée d’illusions. A cette zone du bardo, font suite les préliminaires de la renaissance, lorsque les désirs et les passions non résolues de l’individu l’entraînent vers un autre état de manifestation, corporelle ou non corporelle selon les cas. C’est donc un processus compliqué, quis e réfère à un mode d’existence sur lequel nous n’avons pas beaucoup de données et de compréhension, à moins de le comparer au rêve, état qui se rapproche le plus de l’expérience du Bardo.

Le Bardo Thödol, c’est donc d’abord le Bardo de la mort. C’est la dissolution de l’être corporel et la résorption de la conscience dans sa modalité fondamentale. Quand cette résorption est opérée, la mort survient et l’individu est ramené à sa manifestation uniquement spirituelle. C’est un moment crucial. Si l’individu a pratiqué la méditation au cours de sa vie, il sera peut-être capable de saisir la chance qui se présente. Car à ce moment, il est libre du corps qui le limite et des activités mentales qui sont en train de se résorber, il est alors capable de saisir même de l’esprit qui est appelé de façon imagée « la Claire Lumière ».

C’est dans la mesure où il va reconnaître l’esprit qui est aussi le sien, comme étant la réalité fondamentale, qu’il peut réaliser le nirvana. Mais s’il laisse passer cette occasion unique, au bout d’un certain temps d’inconscience, il va réapparaître en tant que manifestation purement mentale. Et là, il peut être le jouet des forces du psychisme. Il existe alors sous un mode purement psychique pendant un certain temps, confronté au meilleur et au pire. Généralement, le meilleur vient en premier avec des manifestations lumineuses ou sonores représentant les différents modes de la sagesse. Mais pour celui qui s’isole dans une identification, la sagesse peut être ressentie comme terrifiante car elle menace de dissoudre cette identification à notre ego et nous « tuer ». C’est ce qui explique la panique qui peut saisir certains êtres, devant la merveilleuse splendeur mais aussi la toute-puissance qui se révèle à leurs yeux. Bien souvent, ils ressentent  ces manifestations comme épouvantables. Au lieu de saisir l’occasion de s’identifier à cette lumière ils s’en écartent et retombent dans les manifestations inférieures de leur psychisme. Ils sont ainsi les jouets des reliquats de leur inconscient : peurs, jalousies, insatisfactions…En retrouvant ce qui a influencé et déterminé les vies précédentes, ils seront conduits vers la renaissance par le déterminisme et la contrainte. Ils retomberont dans ce que les Grecs appelaient « le cycle de de la nécessité » et que les Orientaux appellent le « samsara ».

 

 

Le Bardo Thodol est un ouvrage fondamental du bouddhisme tibétain traitant de la possibilité de libération spirituelle dans l'état intermédiaire entre la mort et la renaissance.

 

Le nom de l’ouvrage, ou plutôt celui de sa partie principale, composé de bardo (état intermédiaire), de thö (entendre) et de dol (libérer), signifie libération par l’audition pendant les stades intermédiaires [entre la mort et la renaissance].

Le Bardo Thödol ou Livre tibétain des morts est un texte décrivant les états de conscience et les perceptions se succédant pendant la période qui s’étend de la mort à la renaissance. L’étude du texte ou la récitation du principal chapitre par un lama lors de l’agonie ou après la mort est censée aider à la libération du cycle des réincarnations, ou du moins à obtenir une meilleure réincarnation.

 

Quelques mots sur l'ouvrage dans sa première édition par Jacques Bacot directeur d'études de tibétain à l'École pratique des hautes études :

Le Bardo Thodol est un traité de la mort reposant sur un fond d'animisme extrême oriental. La description, non extérieure, mais interne et vécue de l'agonie est si précise qu'on pourrait croire cette science eschatologique acquise par des humains revenus du seuil même de la mort. Le traducteur anglais, le Dr W.Y. Evans-Wentz, la croit plutôt dictée par de grands maîtres, agonisants, attentifs, qui eurent la force d'enseigner à leurs disciples le processus de leur propre fin. 
Mais les enseignements vont plus loin. Après s'être adressés au mourant, ils dirigent l'esprit du mort à travers les visions infernales qui l'épouvantent et l'égarent. Dans l'état intermédiaire — le Bardo — entre la mort et la renaissance, se développent selon un déterminisme rigoureux, les effets dont les causes furent les oeuvres durant la vie. Car, enfers, dieux infernaux et tourments sont créés par l'esprit lui-même, ils n'existent pas en dehors de lui. Ils ne sont que phantasmes, pareils aux mauvais rêves des mauvaises consciences.

 

Extrait de la préface à la seconde version (nouvelle traduction) préfacée par Anagarika Govinda, moine et pratiquant de la tradition tibétaine (auteur du Chemin des nuages blancs) :

Dans le titre du Bardo-Thodol, le mot de mort n'apparait nullement. Ce mot dévie le sens de l'oeuvre qui réside dans l'idée de libération, c'est-à-dire libération des illusions de notre conscience égocentrique qui oscille perpétuellement entre naissance et mort, être et ne pas être, espoir et doute, sans parvenir à l'éveil, à la paix du nirvana, cet état stable, loin des illusions du samsara et des états intermédiaires.(..)

Pour qui met sa confiance dans la métaphysique bouddhique, il est clair que naissance et mort ne sont pas les phénomènes uniques de la vie et de la mort, mais qu'ils interviennent en nous d'une manière ininterrompue. A chaque instant quelque chose meurt en nous et quelque chose vient à naitre. Les différents Bardos ne sont autres que les différents états de conscience de notre vie : l'état de la conscience éveillée, de la conscience de rêve, de la conscience d'agonie, de la conscience de mort et l'état de la conscience de renaissance.

Ainsi ce traité n'est pas un guide des morts, mais un guide pour tous ceux qui veulent dépasser la mort en métamorphosant son processus en un acte de libération.

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De la notion de risque ou d'inconscience.

Par Le 08/06/2016

nageurs seine

http://aujourdhuiparis.fr/inconscients-des-nageurs-se-jettent-dans-la-seine-en-crue/

"Scène surréaliste vendredi après-midi sous le pont de l’Alma à Paris.

Des nageurs ont profité de l’inondation de la voie express de la rive gauche pour se jeter à l’eau et nager dans la Seine en crue.

Ils ont ensuite entamé un crawl dans le sens du courant.

Un acte inconscient vu la force du courant et la température de l’eau en ce moment moins de 15°c."

La scène a été capturée par un journaliste de France 24 à voir ici <<

 


 Le commentaire est d'une bêtise affligeante.

L'emploi du mot "inconscient" est très révélateur.

Et ça m'interpelle grandement. 

"Inconscient ":

  • 1 ) Qui n'a plus conscience de son existence et de la réalité qui l'entoure, qui a perdu connaissance ; évanoui : Demeurer plusieurs minutes inconscient après une commotion.
  • Bon, ça n'est pas le cas.
  •  
  • 2) Qui n'a pas conscience de quelque chose, qui ne s'en rend pas compte, par insouciance, légèreté d'esprit, etc. : Enfant inconscient de ses actes.
  • Bon, ça n'est pas le cas. Ils savent ce qu'ils font, où ils vont, ils sont préparés, équipés et ont clairement l'attitude de bons nageurs. 
  •  
  • 3) Se dit d'un acte qui se produit sans que celui qui le fait en ait conscience : Mouvement inconscient.
  • Bon, ça n'est pas le cas non plus. On ne rentre pas dans une eau à 15 degrés dans un mouvement inconscient.
  •  
  • 4) Relatif à l'inconscient ; dans la seconde topique freudienne, se dit aussi bien du ça, du moi, que du surmoi.
  • Bon, ça n'est pas le cas non plus étant donné que les trois nagent avec la même vigueur : le ça, le moi et le surmoi  (et les fraises tagada. )

 

On a affaire ici à un jugement de valeurs portés par un journaliste qui ne sait peut-être pas nager et se balade au bord de la Seine en crue sans sa bouée. Quel inconscient ! 

Si on en croit cet article, il serait donc inconscient de la même façon d'aller skier un lendemain de chute de neige, d'aller faire de la voile un jour de grand vent, d'aller faire du vélo sous la pluie, d'escalader une falaise alors qu'il y a un chemin forestier qui mène en haut, de traverser la route quand le petit bonhomme est rouge, de grimper sur un muret quand il est si simple de suivre le trottoir, etc etc etc....

 

Parlons-en de l'inconscience :

Des millions d'humains se nourrissent d'aliments industriels qui détruisent la planète de par l'exploitation outrancière des ressources naturelles et des dégâts occassionnés par cette exploitation. D'où d'ailleurs l'ampleur des inondations actuelles. Totale inconscience et déni des responsabilités personnelles de chacun.

Des millions de personnes sur la planète pensent encore que le vote est le pilier de la démocratie (j'ai éclaté de rire en l'écrivant celle-là, c'est tellement gros...) Totale inconscience et obstination dans des schémas archaïques. La peur les entrave.

Des millionss de personnes s'imaginent "faire l'amour" alors qu'elles sont essentiellement emportées par une excitation sensorielle et agissent mécaniquement. Inconscience partielle et éminemment néfaste.

Des millionss d'humains pensent encore que l'industrie pharmaceutique oeuvre au bien de tous. Inconscience formatée et pérénisée par les laboratoires et leurs serviteurs. 

Des millions d'individus s'attachent encore à la notion de patrie dans la dimension sportive et sont excités à l'idée de supporter leur équipe. Pitoyable chauvinisme communautaire. Inconscience des flux guerriers du "ça". 

Etc etc etc....

J'entends bien qu'en cas d'inondations les services de secours sont fortement sollicités et qu'il est inapproprié d'aller leur rajouter du travail. 

Mais on a affaire à des nageurs qui ont prémédité leurs actes (à moins qu'ils se baladent systématiquement avec un maillot de bain et des lunettes de nage...) Il s'agit d'une prise de risque modérée et nullement d'une inconscience mais dans un contexte de peur générale qui amène l'individu lambda à s'ériger en censeur quand il voit quelqu'un agir à l'inverse de ses propres peurs. 

Et si moi, je décide que sa peur ne me concerne pas ? Je suis un inconscient ?

 

Qu'en est-il par contre des propriétaires de voitures qui vont tout tenter pour sauver leur bien ?  Inconscience totale qui leur fait penser que leur vie vaut moins qu'une voiture. Qu'en est-il de ces gens qui ralentissent sur la route pour "regarder" de l'autre côté les pompiers intervenir au risque du fameux "sur accident" si fréquent ? 

Des situations d'inconscience réelle, les actualités nous en déversent constamment.

Alors, utiliser l'expression pour qualifier des nageurs dans la Seine, je dois dire que c'est d'une incongruité totale et que si ce journaliste n'a que ça à écrire, il ferait bien d'ouvrir les yeux...Si tant est qu'il ne soit pas collés par son inconscience. (manque flagrant de réflexion au-delà du formatage de pensées)

 

Il nous est arrivé une fois de nous mettre dans une situation très critique par inconscience. Nous n'étions pas compétents, insuffisamment équipés, et surtout trompés par une connaissance de l'escalade qui nous laissait penser que le canyoning ne nous poserait pas de problème. 

A lire ici pour ceux que ça intéresse : 

DELIVRANCE (Nouvelle)

L'expérience nous a montré à quel point le potentiel physique et mental nous est partiellement inconnu et à quel point nos ressources sont immenses.

Il en a été de même des milliards de fois dans l'Histoire de l'Humanité.

Je pense que l'être humain est une entité appelée à "grandir", c'est à dire à explorer toujours plus loin, dans une totale lucidité, le champ des possibles. 

Les nageurs de la Seine ont désormais un vécu enrichissant et formateur.

Le journaliste, pour sa part, est allé ensuite s'asseoir dans le McDo du coin, il a commandé une tranche d'animal mort glissée dans une brioche industrielle, remplie de conservateurs, il a bu une canette de coca, il est rentré chez lui en taxi parce qu'il n'aime pas marcher, il a puni son fils qui a sauté les trois marches d'escalier en bas de l'immeuble au lieu de descendre en tenant la rampe, il a "baisé" sa femme en pensant que son article ferait peut-être un buzz le lendemain. Et puis au milieu de la nuit, comme il avait mal au ventre, il a pris un médicament... 

 

Une vocation brisée (école)

Par Le 07/06/2016

Un constat identique au mien, à tous points de vue : sur l'institution, sur certains parents, sur certains collègues, sur le réseau d'aide aux enseignants , sur le comportement de la hiérarchie et de l'institution, sur la vocation brisée, l'abandon de la classe, le mal-être, la culpabilité, la rage...

 

 

 

Quand l’Éducation Nationale étouffe les vocations : témoignage d’une enseignante effondrée

 

PAR CARMEN ANGOR

https://www.bastamag.net/Quand-l-Education-Nationale-etouffe-les-vocations-temoignage-d-une-enseignante

Elle y croyait. Elle s’est investie à fond dans son métier, a monté des projets originaux, a accompagné les élèves en difficulté, a aidé des enseignants fragilisés, a assumé des responsabilités en dehors de son temps de travail... Pour rien. Absence de moyens, mépris de la hiérarchie, mutations absurdes, surcharge de travail... Une jeune enseignante raconte son combat et sa souffrance croissante dans l’enseignement secondaire, où la gestion bureaucratique et les coups de com’ ont pris le pas sur la pédagogie, l’engagement des enseignants et les réalités sociales. Et ce, malgré les grands principes affichés par la réforme des collèges.

« Ce qu’on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l’écrire. » 
J. Derrida, La carte postale, 2004.

Être et vouloir

Encore enfant, à l’âge de onze ans, je décidai que je deviendrais professeure de français. C’était une décision profonde et arrêtée qui ne changea plus, sauf pour choisir d’enseigner aussi le latin et le grec. En première, je rencontrai le professeur qui marqua ma vie : Monsieur D. C’était un homme d’une cinquantaine d’années, originaire du Togo, agrégé de lettres classiques et ancien attaquant du PSG. Il était très exigeant, drôle, cultivé. Il possédait un goût réel pour la littérature française, latine et grecque. Je fus tellement passionnée par ses cours, tellement subjuguée par son travail que mon désir s’habilla d’un rêve : arriver à faire, un peu, aussi bien que lui...

Je suis devenue enseignante de lettres classiques, j’ai atteint la destination que je m’étais fixée treize ans auparavant. J’ai enseigné pendant cinq ans dans le Nord de la France. Aujourd’hui, je doute encore parfois, mais une chose est certaine : je n’enseignerai plus jamais dans l’Éducation nationale.

Monsieur D. et l’institution qu’il représentait m’ont trahie.

Année 0 : vocation

Étudiante appliquée, fraîchement sortie du concours et revenue de vacances, je fus assignée à un lycée de Lille, de bonne réputation. La réforme de l’enseignement impliquait qu’on ne me formât pas avant de m’envoyer en classe, mais plutôt au cours de l’année, le mercredi, en plus des d’un temps plein ordinaire. Je reçus l’aide d’une enseignante formidable, mais qui était affectée en collège quand je devais enseigner à des lycéens, et uniquement formée en lettres modernes, ce qui fit de mon cours de latin aux classes de premières un mystère à percer de mon côté.

Étudiante appliquée, fraîchement sortie du concours et revenue de vacances, je dus préparer, enseigner et corriger le résultat de dix-huit heures de cours par semaine en lycée, et ce sans aucun outil pédagogique ou didactique. Le travail que me demanda mon année de stage fut énorme, j’y consacrai des morceaux de nuits, mes week-ends et mes temps libres.

Malgré tous ces obstacles, je garde ancré en moi ce souvenir de certitude : j’avais trouvé ma voie. Malgré mes pleurs, ma fatigue, le surmenage et la forte impression d’indifférence de mon entourage professionnel à ce qui me pesait, j’avais en moi ce bastion de force, ce secret impérissable d’avoir confirmé ma vocation. J’aimais mes élèves, j’aimais leur envie d’apprendre, leurs remarques, leurs blagues, leur scepticisme parfois, leur enthousiasme pour nos projets. Ils me rendaient mon investissement au-delà de toute espérance. Je me sentais faite pour ce que je faisais, dans mon élément. Ma tutrice et l’inspectrice qui me visita en fin d’année furent unanimes : c’était ma vocation !

La vocation, de la même famille que vocal, est un appel : quelle joie de se sentir appartenir si fortement, être et vouloir profondément, quel terrible bonheur ! Une chance incommensurable, qui vaut bien des débuts difficiles, pensais-je.

Année 1 : désenchantement

Rentrée de septembre. Je suis mutée en collège. Aucun de mes cours de lycée n’aura d’utilité. Tout est à refaire, les programmes à découvrir, les cours à fabriquer, la pédagogie à adapter. Le collège est à 80 kilomètres de Lille, je dois prendre un métro, un train et un bus pour l’atteindre. C’est un collège en périphérie, classé sensible et violent. J’apprends que l’année précédente, une jeune fille de 6ème s’est suicidée avec le fusil de chasse de son père. Je découvre à 23 ans la misère du bassin minier, son désespoir, ses impasses culturelles et sociales. Ici, les familles ne croient plus en l’école, les élèves encore moins. Ici, des parents demandent à payer en deux fois un carnet de correspondance à 4 euros. Je prends conscience de la bulle de sécurité dans laquelle j’ai été élevée, je déchante. Mes élèves de 6ème ne savent pas ce qu’est un verbe, ils déchiffrent à peine lorsque je les fais lire.

Quelle solitude. Au gré d’un algorithme automatique, je passe d’un lycée de centre ville de Lille à un collège sensible de Lens. Je m’agrippe à la très bonne ambiance entre collègues, à la solidarité, au travail intellectuel que je peux faire, non plus sur le contenu des cours mais sur leur forme, l’aspect purement pédagogique. Comment accrocher la classe, comment mettre les élèves au travail, comment les aider à apprendre, eux qui n’ont jamais appris ?

C’est intéressant et complexe, mais ce n’est pas ce que j’aime. Les cours sont essentiellement de la grammaire, de l’orthographe, de la lecture laborieuse. Il faut faire la police, gérer les perturbateurs, cibler les grandes difficultés pour essayer de les combattre. Je revois très vite mes exigences à la baisse. Je repense à mes anciens lycéens écrivant le réquisitoire de l’Étranger, créant le procès de Médée, s’amusant à l’écriture automatique ou récitant des phrases de Cicéron en toge.

Je n’ai jamais eu d’élèves en collège, je n’ai jamais fait de cours de ce niveau, mais personne ne sera là pour m’aider ou pour me guider : ça y est, je suis « validée », je suis « à l’abri », je suis « titulaire »... Je suis seule.

Année 2 : apnée

L’avantage de connaître mon établissement, c’est que la rentrée est moins impressionnante. Cette année nous changeons de principal adjoint. Le précédent était humain, drôle et très investi dans son travail. Il est un des éléments qui a contribué à ce que l’année se passe sans que j’abandonne le combat. La nouvelle principale adjointe est une stagiaire : après 20 ans dans la grande distribution et un an d’enseignement à des BTS vente, elle a passé le concours de chef. Elle nous accueille tous le jour de la rentrée avec un diaporama : Justin Bieber, les anges de la télé-réalité, Miley Cyrus, un extrait vidéo de LOL, un film sur des adolescents. Son but : nous faire comprendre les élèves de notre collège (qu’elle n’a encore jamais vus). J’ai l’impression de rêver.

Nous lui laissons une chance, puis deux, puis dix… Rien n’y fait. L’organisation est catastrophique, la communication avec les parents est un fiasco. Elle dit être « au taquet » ou avoir « fait une couille », elle est à la mode, elle est « dans le coup »mais elle est tout sauf compétente pour gérer notre établissement, qui cumule des problématiques humaines très complexes. Néanmoins, cette principale adjointe sera titularisée sans problème car elle aura fait un travail formidable d’organisation de projets pour faire « rayonner » l’établissement : faire venir des entreprises auprès des élèves, proposer une journée portes ouvertes. Les compétences en ressources humaines passent bien après celles en communication quand il s’agit de valider un chef d’établissement…

Pour aider une de mes collègues revenant de dépression et qui ne se sent plus capable de le faire le jour de la rentrée, j’ai accepté une nouvelle mission : professeur principal. C’est une mission bien peu valorisée et très complexe. Je passe des récréations à surveiller la classe pour la punir de son comportement en arts-plastiques — et moi avec, puisque je n’ai par conséquent pas de pause. Je convoque les parents des élèves difficiles, je reçois ces mêmes élèves avec la CPE (conseillère principale d’éducation) ou l’assistante sociale, je décide avec elle entre deux bouchées à la cantine d’un plan pour essayer une énième fois de remettre H. sur la voie du travail, pour aider L. qui dort avec son beau-père, pour punir G. et que cela fasse enfin effet. Je reste tard au collège, ma semaine est une apnée de 5 jours.

Le climat en salle des profs se dégrade. Les élèves perturbateurs ou violents ont une immunité dangereuse car rien n’est fait par les chefs pour les punir lorsqu’ils vont trop loin. Deux petites de 6ème rentrent pleines de bleus d’une récréation car elles révisaient sur un banc. Un élève donne une claque derrière la tête à l’une de mes collègues, pour rire.

Je me lève à 5h15 tous les matins pour arriver à l’heure avec le métro, le train, le bus. Je rentre épuisée. Je pleure sans arrêt. Je rêve du travail toutes les nuits. Je n’ai plus goût à rien. Je ne respire plus. Je prends l’avion et me surprends à espérer de toutes mes forces qu’il s’écrase. Je décide de demander ma mutation avant de sombrer complètement. J’obtiens un établissement tout aussi difficile mais bien plus proche, l’espoir se rallume au fond de moi : peut-être n’est-il pas trop tard pour faire mon travail dans de bonnes conditions...

Année 3 : pas de responsable

La rentrée et son lot de nouveautés. J’arrive pleine d’entrain, revigorée par le changement. Je suis à presque une heure de chez moi, mais l’essentiel du trajet est en tramway : c’est le luxe ! Mon nouvel établissement est « mixte », il est composé d’élèves de milieu très modeste et très aisé à la fois. La plupart de mes latinistes sont de classe bourgeoise, inscrits au conservatoire où ils vont deux après-midi par semaine suivre des cours d’instrument et de solfège au lieu de faire arts-plastiques ou technologie. Ce sont des jeunes polis, curieux, intéressés. Ils participent, posent des questions, argumentent, s’enthousiasment. À 13 ans, ils ne se voient pas ailleurs qu’à l’école : on leur a transmis l’importance de l’instruction. Leurs parents ont le temps de s’intéresser à eux, de les suivre dans leurs résultats, d’assister aux conseils de classe et aux réunions parents-professeurs. C’est un réel bonheur de les avoir en cours. Je respire enfin.

En tant que représentante élue du personnel, je participe à de nombreuses réunions, au conseil d’administration et au conseil de discipline notamment. J’y vois dans l’un les incohérences d’une institution qui vacille, dans l’autre l’impuissance de l’école à vaincre le déterminisme social. Car, au-delà de mes cours de latin, groupe privilégié, c’est la même cour de récréation qu’à Lens, la même violence physique et verbale omniprésente, les mêmes hurlements, humiliations, bagarres. Dans les conseils de discipline où je siège, les parents semblent tristes, dépassés par leurs enfants, épuisés par leur travail quand ils en ont un, désespérés par leur quotidien quand ils n’en ont pas. Parfois, une cousine ou une sœur est là pour traduire, parfois, une cousine ou une soeur est là, à défaut d’autre chose.

Le Département crée à cette époque un programme pour financer des projets visant à combattre les difficultés scolaires. On nous propose de penser « hors des cases », on nous donne une grande liberté de budget : enfin quelque chose de possible, je me sens pousser des ailes !

Je crée un projet dans lequel je m’investis énormément : sortir les élèves les plus perturbateurs de classe une fois par semaine et les mettre tous ensemble dans un groupe dont j’aurais la charge le vendredi après-midi sur mon temps libre. Le profil de ces élèves a souvent quelques similitudes : ils ont de la répartie, ils cherchent à se distinguer, à être reconnus d’une façon ou d’une autre, ils aiment, ou prétendent aimer, le rap. Je voudrais leur faire découvrir des chansons de rap de qualité, les analyser avec eux et les aider à en écrire. Je voudrais changer un peu leur rapport au savoir, leur dégoût du savoir. Leur montrer que la langue ne sert pas qu’à faire des dictées, mais aussi à s’exprimer pour se faire entendre. Que le langage permet de maîtriser le monde dans lequel ils vont évoluer. Je rêve qu’ils apprennent à penser, qu’ils apprennent à dire plutôt qu’à parler. Je remplis des tas de papiers et j’attends, impatiente. Je me projette et cela m’aide à tenir, à dépasser la colère, la frustration quotidienne, les rappels à l’ordre constants dans la cour de récréation, les insultes, les incivilités, les bousculades auxquelles j’assiste sans cesse. Les mois passent : à chaque fois que je demande, on me dit que la sélection des dossiers prend du temps.

Conseil d’administration du mois de juin : au détour d’une phrase et devant les vingt-cinq personnes réunies, la principale déclare que tous les projets présentés sont annulés, que le Département n’a finalement pas les fonds. Assise à la table, entourée de vingt-cinq personnes qui ne savent pas ce qui se brise alors en moi, je ravale mes larmes pour pouvoir affronter les deux heures de réunion qui nous attendent.

Une phrase.

Elles m’ont vue aux réunions préparatoires, plus enthousiaste que le reste de mes collègues, investie, motivée, en pleine ébullition. Elles m’ont vu accepter de ne pas être payée les vendredis après-midi pour que le projet ne coûte pas trop cher. Elles ont vu mon espoir, elles ont vu mon attente. Mais je ne mérite pas plus que ça, une phrase au détour de l’ordre du jour de la réunion. Je ne mérite pas deux minutes en tête à tête pour reconnaître mon investissement et regretter avec moi le projet qui n’aboutira pas. La faute est au Département qui n’a pas les fonds. Mes chefs refusent de prendre la responsabilité de cet échec, et je me retrouve sans personne à blâmer, sans personne à qui exprimer ma déception, mon regret, ma frustration. La faute à personne... tant pis pour moi.

Réunion de l’équipe de lettres, début juillet. Chaque matière a besoin d’un coordinateur de discipline, tâche aussi contraignante que bénévole. En fin d’année, N. nous annonce qu’après 15 ans de coordination, elle a besoin de souffler et que quelqu’un prenne la relève. Quelqu’un accepterait-il de la remplacer ? Je vois le silence répondre à N., je vois tous mes collègues plus âgés que moi baisser les yeux, sans rien dire. Je vois tout le monde attendre, gêné, que quelqu’un d’autre réponde. Et je sens la colère monter. La colère face à tous ces responsables qui ne veulent pas accepter de l’être, qui n’osent même pas dire non à voix haute. Par provocation, par colère, par dépit, j’accepte de reprendre le poste. Grossière erreur, car je le fais pour les mauvaises raisons. Par besoin de reconnaissance, mais surtout pour leur faire honte, à eux qui ne font rien, à eux qui n’assument rien. Quelle naïveté ! Sitôt que le problème a trouvé sa solution, tout le monde s’en fout...

Année 4 : effondrement

La réforme des collèges est annoncée depuis l’année précédente mais elle se concrétise en début d’année. Changement radical du collège vendu sur tous les médias par la ministre. Aussi douée en communication qu’incompétente en pédagogie, cette jeune femme explique à qui veut l’entendre que le modèle du collège est dépassé, que les élèves s’ennuient, que les enseignants restent affiliés à d’anciennes méthodes, que les options élitistes empêchent l’apprentissage pour tous. Le latin, le grec, les classes européennes et bilangues sont supprimées. Les classes de musiciens déchargés deux après-midi par semaine pour aller au conservatoire sont maintenues, ne semblant pas faire partie de l’élitisme visé...

J’entends partout combien les disciplines que j’ai choisies, qui me passionnent, qui je le crois sincèrement sont porteuses d’émancipation pour les élèves d’origine populaire, sont ennuyeuses et dépassées. J’entends partout que nos cours sont pleins de grammaire aride et de déclinaisons obscures. Je vois mon métier voué aux gémonies, ridiculisé, méprisé.

Moi qui n’ai jamais fait de cours magistral, qui ai traduit du rap et Pharell Williams en latin, qui ai monté une pièce de théâtre en toge avec surtitrage powerpoint, je m’entends dire que je suis élitiste, ennuyeuse et dépassée. Il faut changer, faire des projets, du concret, du ludique... Ah bon ? Quelle nouveauté ! Je m’engage syndicalement pour combattre ces mensonges éhontés, pour organiser la résistance au sein du collège et auprès des parents. Je sens un nouveau souffle s’emparer de moi, je me dis que je trouverai peut-être mon épanouissement dans le travail par ce biais là, à défaut de le trouver dans l’enseignement de la littérature.

Je décide de préparer un voyage cette année : devant le danger de disparition de ma matière, devant l’envie et la gentillesse de mes élèves, je me lance dans ce projet chronophage et compliqué d’une visite de la Provence romaine.

Exposée en tant que syndicaliste, je me retrouve convoquée chez la principale pour différents motifs, je reçois des remarques déplacées et des regards désapprobateurs. J’organise une réunion syndicale qui se déroule tant bien que mal : je fais de mon mieux pour qu’on laisse parler les collègues qui défendent cette réforme que j’abhorre, afin qu’ils ne se sentent pas acculés. Le lendemain, une collègue m’agresse devant mes élèves, dans la cour, me reprochant ce que d’autres ont dit à la réunion. Elle m’impose l’entière responsabilité de tout ce qui s’y est dit.

Au bout de quelques mois, tous les voyages prévus sont annulés faute de moyens. La principale ne souhaite pas financer les voyages sur les fonds du collège, assumant sa gestion « en bon père de famille » nous dira-t-elle. Les élèves et les parents sont déçus, quant à moi...

Trop de choses s’accumulent.

J’ai trop donné, pour rien.

J’ai trop espéré, pour rien.

J’ai trop combattu, pour rien.

Je m’effondre.

Je prends rendez-vous chez la psychologue du travail pour lui exprimer mon mal-être. Pendant une heure, elle prend des notes en me demandant ce qui ne va pas. À chaque réponse que je lui donne, elle me dit ne pas comprendre. « Qu’est-ce qui ne va pas ? En quoi est-ce si grave tout ça ? Pourquoi ne pas voir le verre à moitié plein ? » Je me sens illégitime dans ma souffrance, j’ai l’impression d’être une enfant qui fait des manières. Je suis choquée par son manque de bienveillance, je pars encore plus déboussolée qu’à mon arrivée.

Il n’y a pas de réponse, il n’y a pas de solution, il n’y a pas d’écoute.

Je suis entrée dans ce métier pour faire des choses concrètes, prise d’une passion vraie, d’un désir profond. Je me suis fait abattre, année après année, jusqu’à ce qu’il ne reste en moi ni confiance, ni espoir, ni désir. Je ne sais plus qui je suis, je ne sais plus ce que je veux. C’est fini.

Nous sommes en avril et je ne retournerai plus au collège.

Comment se reconstruire, comment être et vouloir à nouveau ?

Carmen Angor

Photo : CC Nicolas Vigier

Les émotions en BD

Par Le 06/06/2016

Accueillir une émotion

 

PAR  · 28 MAI 2016

http://conscience-quantique.com/extrait-2-accueillir-une-emotion/

BD_Emotions_extraitUne 2ème histoire extraite de la BD « Emotions, enquête et mode d’emploi » qui sort en Juin ! :)

BD2_accueillir_emotion_01BD2_accueillir_emotion_02BD2_accueillir_emotion_03BD2_accueillir_emotion_04BD2_accueillir_emotion_05

Il y a bien sûr plein d’autres méthodes pour accueillir ses émotions.
Celle-ci a la mérite d’être HYPER simple et de marcher sur les petites comme sur les GROOOOSSES émotions.

Ce truc tout simple m’a aidé sur… des angoisses, colères, déprimes, paniques, sentiments d’insécurité ou de rejet,  compulsions… etc Ouaip ! Rien que ça ! 

Le foot et l'impôt

Par Le 06/06/2016

Un rappel nécessaire.

 

http://www.marianne.net/Euro-2016-pas-de-panique-c-est-un-hold-up-fiscal-_a242605.html

Lundi 03 Novembre 2014 à 19:00

Loïc Le Clerc

Ce sont nos confrères des "Échos" qui révèlent cette incroyable information : les sociétés qui organisent l'Euro 2016 en France seront exonérées d'impôts. Une sorte de cadeau concédé par la France aux chantres du "foot business". Et tant pis si les contribuables français ont mis, eux, très généreusement la main à la poche pour accueillir la compétition.

ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA

Au pays merveilleux du foot business, on n'aime pas trop l'impôt. On se souvient par exemple comment la taxe à 75 % avait fait trembler — pauvres chéris — les clubs de Ligue 1 (en réalité seulement 14 des 20 clubs étaient concernés, principalement le PSG, allez savoir pourquoi). Maintenant, ce sont Les Échos qui viennent nous apporter une nouvelle preuve de la « fiscalophobie » ambiante dans le milieu : « Les sociétés organisatrices (de l’Euro 2016) seront exonérées de tout impôt, hors TVA ».  
  
On savait déjà que la TVA serait réduite pour la vente de billets, mais là, ça va beaucoup plus loin. L'UEFA et ses filiales françaises ne verseront donc pas un euro d'impôt à l'Etat grâce à la création d'une « structure juridique ad hoc, baptisée "Euro 2016 SAS" et détenue à 95 % par l’UEFA et à 5 % par la Fédération française de football », nous dit le quotidien de l'économie ! Ou comment cette instance du foot européen a réussi à mettre la main sur tout : le beurre, l'argent du beurre, la crémerie, la crémière et ses descendants sur trois générations ! 

Car, à la limite, si cette fameuse SAS s’occupait de tout, peut-être y aurait-il moins à redire, mais elle ne fait qu’organiser l’événement. La construction des stades (Bordeaux, Lyon, Nice, Lille), c’est pour qui ? Bibi ! Et la remise aux normes des « vieilles » enceintes sportives (Marseille, Saint-Etienne, Toulouse, Lens, Paris) ? Bibi, toujours lui ! Sans compter le développement d'infrastructures permettant le transport des supporteurs jusque sur les sites sportifs. Au total, ce sont 2 milliards d’euros que la République va investir. Et l’UEFA ? 20 millions seulement... 

Pour le site Hexagones.fr, cette « gabegie financière » sous couvert de PPP pourrait d'ailleurs coûter bien plus cher que prévu au contribuable. On peut par exemple se pencher sur le cas de Bordeaux. Déjà, dans le contrat de base, la municipalité dirigée par Alain Juppé s'est engagée à verser 4 millions d'euros annuelle à la société SBA pour l'exploitation et la maintenance du stade, et ce pour trente années... Alors  bien sûr, la mairie va louer au Girondins de Bordeaux l'accès au stade pour 3,85 millions par an. Reste tout de même 150 000 euros annuels à sortir du porte-monnaie du contribuable. Et l'air de rien, ce cher Juppé vient d'annoncer des hausses d'impôts, sans faire mention aucune du nouveau stade. Et ce n'est là que l'exemple bordelais... 

Quoi qu'il en soit, partout en France, après l'Euro 2016, on bénéficiera de 100 000 places de plus pour aller voir la Ligue 1 en famille le dimanche. Etaient-elles vraiment nécessaires ? La saison dernière, le taux moyen de remplissage des stades étaient de 72,2 %, la honte de l’Europe… Quant aux retombées économiques (évaluées à 900 millions d’euros), comme elles ne concernent quasiment que la vente de billets et les droits de retransmission (faut-il rappeler à qui appartient BeIn Sport ?), le pays peut s'assoir dessus ! 

Mais pourquoi tant de soumission envers l'UEFA ? En 2010, en présentant sa candidature, la France a juré qu’elle serait fiscalement clémente en cas d’élection. Et, à l’inverse des élections démocratiques, là, les promesses sont tenues ! On pouvait toujours sourire gentiment aux revendications populaires des Brésiliens, lors de la Coupe du monde, l'été dernier... Car maintenant, c'est notre tour de casser la tirelire pour que l’Allemagne vienne nous apprendre à jouer au foot. A domicile, en plus... 

Sébastien Tonin : artiste de talent.

Par Le 05/06/2016

 

Sébastien Tonin, alias Sir Blondin, est un artiste de très grand talent. Dessins, photographies, sculptures...

J'avais déjà présenté son travail ici

Sirblondin

mais depuis le temps, ses oeuvres se sont multipliées

En voici quelques aperçus.

Cliquez sur les vignettes pour les agrandir.

 

 

 

Sirblondin - GALERIE DES PORTRAITS ARTISTIQUES

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"Casser le CDI" (vidéo politique)

Par Le 05/06/2016

Retour sur l’entretien avec Nicolas Doisy dans lequel le Chief economist de Cheuvreux avait « prophétisé » en mars 2012, avant l’élection de Hollande, la flexibilisation du marché du travail.

De l'importance des commentaires (roman)

Par Le 05/06/2016

Quand un auteur "lambda" n'a pas accès aux réseaux médiatiques les plus porteurs, il lui reste "l'avis des lecteurs" et c'est à mes yeux bien plus puissant et vrai. Il n'y a pas de "cadeaux d'ouvrages aux médias", pas d'invitations de journalistes aux dédicaces avec petits fours, rien de tout ce qui fait la promotion par les canaux vendeurs. C'est juste un "échange" entre l'auteur et le lecteur ou la lectrice. Rien de plus anxiogène pour un auteur que de ne pas avoir de commentaires puisque cela renvoie à l'idée que le roman est inconnu du lectorat, qu'il n'a peut-être même pas été lu jusqu'à la fin ou que son empreinte est insignifiante et son impact dérisoire.

Mais s'il n'y a pas de médias pour relayer l'existence du roman et pas de commentaires d'éventuels lecteurs-lectrices, que reste-t-il à l'auteur ?

Rien qu'un florilège de doutes et de questionnements. 
 

"Est-ce que oui ou non, je sais écrire une histoire ? "

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Kundalini web 1

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Noirceur des cimes 4Vertiges2

Vers la paix intérieure (spiritualité)

Par Le 04/06/2016

 

MA VIE EST LE MIROIR DE MES PENSÉES ET DE MES SENTIMENTS

Par Sam's • 21 déc, 2015 • Catégorie: ARCHIVES, EDITO, EXPLORATIONS DE CONSCIENCE •

LE POUVOIR DE L’INTENTION CONSCIENTE ET DE CES PENSÉES INCONSCIENTES

Les événements et les circonstances de votre vie reflètent très exactement les pensées et les sentiments que vous émettez au cours de vos journées. Ils en sont la projection directe. Que pensez-vous de cette affirmation ? Qu’évoque-t-elle pour vous ?

JE CONSTRUIS MA VIE PAR MES ACTIONS

Cette affirmation en préambule à cet article peut vous sembler d’une grande évidence. Car, nous le savons communément, nous vivons la vie que nous nous construisons. Elle découle de nos réflexions.

Par exemple, si j’exerce un certain métier, c’est parce que j’ai acquis les compétences correspondantes en suivant des études et des apprentissages. Si je suis artisan ou commerçant, j’ai des clients parce que je fais le nécessaire pour les attirer; je fais connaitre mes produits par une vitrine soigneusement présentée, je mets des annonces dans la presse locale et j’anime un site web. Si je suis en mesure de déguster les produits de mon jardin potager, c’est parce que j’ai bêché dur pour préparer le terrain, et que je soigne les plantes, ou tout au moins parce que j’ai demandé à un jardinier de s’en occuper. J’ai trouvé un(e) partenaire parce que j’ai osé sortir de chez moi pour faire des rencontres ou que je l’ai fait virtuellement sur un site de rencontres internet. Il est donc évident que je construis ma vie parce que j’agis. C’est d’ailleurs ce qu’on nous répète sans arrêt dans les médias et les discours: agissez, soyez acteurs! Le mot agir est devenu une clé pour mobiliser consommateurs ou bénévoles. On le retrouve dans les produits bancaires, les cartes de fidélité de magasins, les associations, les projets de sociétés…

Toutefois, ceux qui appellent à l’action oublient facilement que celle-ci est l’aboutissement d’un processus intérieur qui est complexe. Je réfléchis (vaguement) aux objectifs que je souhaite atteindre. Mes décisions résultent de mes réflexions et de mes choix. Donc mon monde personnel est effectivement le reflet de mes choix.Or chacun a fait l’expérience qu’un choix ne va pas toujours de soi. Il n’est pas forcément fluide et immédiat, mais peut venir après des phases d’hésitation. Nous pouvons être tiraillés dans un sens ou dans l’autre parce que nous nous sentons mal à l’aise, ou en faute, parce que nous avons un besoin de récompense ou de reconnaissance, parce que nous ne voulons pas être en échec, parce que nous voulons nous prouver quelque chose. Nos choix ne sont pas seulement déterminés par nos pensées, mais également par nos émotions et par les sentiments qui nous traversent.

Nos actes n’ont pas le même impact s’ils s’accompagnent de conviction, de détermination et de confiance, ou à l’opposé d’hésitation, de doute ou de rage. Bien plus, mus par certains sentiments, nous agissons quelquefois à l’encontre de nos souhaits. Ou bien, nous agissons conformément à nos décisions, mais les résultats obtenus sont contraires à ce que nous en attendions. Ainsi, nos sentiments occupent une part primordiale dans l’élaboration de notre vie. Il y a lieu d’examiner plus en détail comment des sentiments de crainte ou d’agressivité interviennent dans nos pensées et entravent la réalisation de nos souhaits.

 

 

CERTAINS ÉVÉNEMENTS ÉCHAPPENT À NOTRE VOLONTÉ

 

Lorsque des personnes évoquent fièrement comment elles ont fourni des efforts productifs grâce auxquels elles ont construit leur vie, elles ne font référence qu’aux grandes lignes de leur vie, leur métier, leur famille, leur logement, etc. Or si nous portons attention aux petits événements de notre quotidien, que pouvons-nous constater? Quelle maitrise avons-nous vis-à-vis d’eux ?

Recevons-nous à chaque instant ce que nous souhaitons de meilleur sur le plan relationnel et pour notre santé? Peut-être pensons-nous plutôt: je ne reçois pas beaucoup mais comment pourrait-il en être autrement? Je serai plus heureux au moment de ma retraite; quand les enfants seront grands, je pourrai m’occuper de moi, quand la construction de la maison sera terminée, quand les emprunts seront remboursés…

Ces pensées occupent notre esprit et nous ne percevons plus nos désirs réels, ceux qui proviennent du plus profond de nous. Des désirs de paix, de bien-être, de tranquillité, de plaisir, des envies impérieuses de sentir couler la vie en nous. Les événements se succèdent sans que nous les ayons choisis réellement, sans que nous les ayons vraiment souhaités. La majorité des événements du quotidien nous arrivent indépendamment de notre volonté. En voici des exemples.

 

Aujourd’hui, alors que je me rendais à mon travail en voiture, j’ai été retardé par des embouteillages. Un camion en cours de livraison était arrêté et barrait la rue. Hier, un automobiliste m’a insulté. La semaine dernière, alors que je commençais à trouver une solution novatrice pour une affaire commerciale, je n’ai pas pu me rendre à mon travail professionnel car ma fille était malade, et j’ai dû la garder à la maison. Je me régalais à l’idée d’aller au cours de chant le soir, mais le professeur l’a annulé. Le weekend en montagne a été annulé parce que les routes verglacées étaient trop dangereuses. Le premier jour des soldes, le vêtement que j’avais repéré était déjà vendu.

Est-ce que vous connaissez de telles déconvenues? Avez-vous vraiment l’impression que vous contrôlez votre vie?

Vous vivez en couple. Vous attendez que votre partenaire rentre du travail, et vous imaginez les échanges affectueux et tendres après son arrivée. Mais il arrive très en retard, tendu et fatigué par les soucis qu’il a eu dans la journée. Il ne vous accorde pas d’attention et se cale devant la télé. Vous aviez envie de partir en tête à tête avec votre partenaire à la campagne ce weekend, mais il ou elle fait la gueule et ce n’est pas envisageable. Vous vivez seul, et c’est peut-être ce qui vous convient le mieux. Ou bien vous êtes de ceux ou celles qui soupirent parce qu’ils ne trouvent pas de partenaire qui leur convienne. Sentez-vous que votre vie est conforme à vos souhaits?

Voici d’autres exemples. Un commerçant manque de clientèle. Et pourtant, il a mis du cœur à l’ouvrage. Il croit à ses produits, les a mis en valeur par leur présentation. Il accueille ses clients dans l’écoute et avec le sourire. Il fait preuve de compétences dans la connaissance de ses produits et dans la gestion du commerce. Ses produits sont tout-à-fait adaptés au marché et d’ailleurs, ses concurrents les vendent très bien. Une femme, belle, douce et intelligente, rencontre des hommes qui lui plaisent. Ce sont de très belles rencontres. Elle est souvent amoureuse… Et pourtant, systématiquement, tous les hommes qu’elle rencontre ne sont pas disponibles pour elle. Ils sortent avec une autre ou sont mariés. Pourquoi?

Pourquoi ça ne marche pas? Qu’est-ce qui se passe? Pourquoi les vies de ces personnes ne correspondent-elles pas à leurs actions?

On ne peut nier la valeur de l’action, elle est absolument nécessaire. Mais elle ne suffit pas. Des éléments autres que la volonté interviennent pour créer notre vie, indépendants des actes que nous posons. Ils sont plus puissants que la volonté elle-même. Ce sont des pensées inconscientes, ainsi que des émotions et des sentiments plus ou moins conscients.

Par exemple, pour cette femme citée, une pensée inconsciente est logée en elle: si je m’associe à un homme, j’abandonne ma maman, je suis indigne. Pour le commerçant, c’est un jugement qui est inscrit en lui comme un programme: si je réussis et que j’accumule des richesses, je passe dans le clan des riches, c’est une trahison familiale. Pour d’autres, ce sera: j’ai peur de ne pas tenir ma responsabilité, de ne pas être à la hauteur; je ne mérite pas d’être mis en lumière, de recevoir des éloges. Ces pensées puissantes qui agissent en nous, ce sont des croyances, des scénarios, des programmes de vie qui nous ont été inculqués dans notre enfance ou plus tard et qui se sont imprimés en nous à notre insu.

Ces scénarios nous abaissent ou nous valorisent, ce sont des programmes négatifs ou positifs (sur ce sujet voir L’enfant intérieur et le langage des émotions). L’existence de ces déconvenues nous oblige à admettre que la vie n’est pas conforme à ce que nous souhaitons et que les événements surviennent de façon incontrôlée. Mais, en toute logique, des événements tout à fait agréables et heureux peuvent aussi nous arriver de façon complètement inattendue, liés à nos scénarios positifs: le sourire d’un passant, un livre acheté par hasard, une rencontre surprenante, un coup de fil qu’on n’attendait pas, une émission de télé qui nous donne un coup de cœur pour un pays ou une activité - des coups de chance, des coups de cœur. Les événements de notre vie n’arrivent par hasard. Ils sont reliés à nos pensées (le plus souvent inconscientes) et aux émotions qui leur sont associées.

De quelle façon, par quel processus? C’est ce que nous examinons dans cet article. Nous apprendrons également comment rendre conscientes ces pensées et émotions inconscientes. Nous pourrons alors les transformer afin de créer une vie qui soit à l’image de nos aspirations les plus élevées. Une vie que nous choisissons réellement.

 

 

LES ÉVÉNEMENTS DE MA VIE SONT LA PROJECTION DE MES PENSÉES

 

Les circonstances et les conditions de notre vie ne se produisent pas selon que nous avons de la chance ou pas de chance. Pas plus qu’elles ne sont ordonnées par un Dieu ou des dieux qui nous mettent à l’épreuve, nous récompensent ou nous punissent (voir Le sens de la vie). Elles ne sont pas non plus le résultat direct de nos actions.

Ce que nous vivons dans notre quotidien, dans les domaines de notre santé, de notre profession, de nos finances, de nos relations, etc. est la représentation sous forme physique de nos pensées. Ce qui nous vivons est le résultat physique du magnétisme de notre esprit. Ce qui nous arrive, c’est nous qui le créons, consciemment ou inconsciemment. Notre esprit fonctionne comme un aimant. Il gère des pensées abstraites, des concepts, des croyances, des envies, des peurs. Ces pensées attirent la “matière” qui les revêt d’une forme physique (voir encadré Le magnétisme des émotions). Des approches scientifiques étudiant l’influence de la pensée sur l’organisation de la matière sont rapportées en fin de cet article (voirAnnexes).

 

VICTIMES DE CATASTROPHES NATURELLES, POURQUOI ?

Certains événements dramatiques semblent nous frapper de façon aléatoire et injuste encore plus que les autres: catastrophes naturelles, inondations, incendies, sécheresses, tempêtes, séismes.. La loi d’attraction magnétique s’applique-t-elle aussi dans ce cas? En quoi nos émotions négatives individuelles peuvent-elles avoir un rapport avec des catastrophes qui affectent toute une communauté? Ne sommes-nous pas alors de malheureuses victimes du sort? Le fait est que chacun se trouve dans une position spéciale et personnelle au moment d’une catastrophe et qu’il réagit à sa façon. C’est notre présence plus ou moins distante du lieu de cette catastrophe qui est en rapport avec notre état intérieur (voir Catastrophes naturelleset aussi Le sens de la vie). Ainsi, certains qui étaient endormis par des futilités médiatiques et sociales prendront conscience de ce qui est essentiel dans leur vie.

D’autres seront amenés à transformer leur vision sur la possession, l’attachement, la mort. Ceux qui sont épargnés seront touchés par la souffrance des victimes, et en eux se réveilleront des élans de solidarité et de compassion, des capacités d’initiative ou de rassembleurs, en réaction à l’égoïsme habituel. En présence de tels événements douloureux, nous avons donc le choix de céder à la peur, à la panique et au désespoir, ou bien de rester centrés sans nous laisser déstabiliser. Nous pouvons observer nos réactions et nous interroger sur la façon la plus juste d’être et d’agir. On peut aussi donner l’analogie suivante: le monde “réel” (physique) est un écran holographique en 3D tout autour de nous, sur lequel un film est projeté. Ce film est une représentation du contenu abstrait de notre esprit. La science-fiction a intuitivement saisi cette vérité et en a tiré parti dans certains ouvrages et films. Affirmer que ce que vous vivez soit la projection de vos pensées peut vous paraitre difficile à accepter, car cela semble en contradiction avec ce que vous ressentez.

Ce que je vis actuellement est pénible et douloureux, je ne le veux pas, ce n’est pas possible que ce soit moi qui le crée. Pourtant, c’est bien le cas, mais cela se passe en-dehors de votre volonté. Votre cerveau est parcouru de pensées que vous ne percevez pas, enfouies dans votre inconscient, des idées, des croyances, des jugements sur vous-même et sur le monde. Une deuxième objection peut vous venir à l’esprit. Ces phénomènes que je suis censé créer autour de moi dans le monde réel, je ne suis pas le seul à les constater, ils sont une réalité pour tout le monde. Ce sont des événements objectifs qui existent en-dehors de moi. Mes proches, ma communauté, peuvent en témoigner également. Pourquoi serait-ce moi qui les crée?

Il est exact que certains événements affectent toute la communauté familiale, la communauté locale ou nationale, ou l’humanité entière. Ils sont le produit du magnétisme de pensées émises par l’ensemble de la collectivité. Mais ce qui est crucial, c’est comment chacun ressent personnellement l’événement collectif selon sa sensibilité. L’un restera un observateur compréhensif et paisible alors qu’un autre se sentira menacé ou lésé, et qu’un autre encore se sentira stimulé pour éclaircir ou modifier certaines facettes de sa vie. Ce qui importe dans votre vie, si vous réfléchissez bien, ce n’est pas l’événement en soi, mais bien comment il vous affecte, de façon heureuse ou pénible. Vous ne créez pas l’événement collectif lui-même, mais vous créez votre situation relative à cet événement.

 

 

LA MANIFESTATION PHYSIQUE DE MES PENSÉES EST CONTRÔLÉE PAR MES SENTIMENTS

 

 

C’est notre réaction émotionnelle, la façon dont nous sommes affectés agréablement ou désagréablement, qui détermine la manifestation concrète d’une pensée inconsciente ou d’un désir conscient. La loi physique est que la pensée va être réalisée, non en accord avec la formulation du désir lui-même, mais conformément aux émotions et aux sentiments qu’il suscite intérieurement.

Voici comment. Toute pensée suscite en nous une réaction émotionnelle, même légère. Exemple: Je vais bientôt déménager. A cette idée, je peux associer le ras-le-bol de mon appartement actuel, le soulagement d’être débarrassé du bruit environnant actuel, la peur de la fatigue engendrée, l’appréhension de ce que je vais trouver dans ma nouvelle résidence, la joie d’un meilleur environnement. Donc, à une même information, nous pouvons réagir émotionnellement de façon très diverse. C’est le sentiment que nous éprouvons par rapport à notre désir qui détermine la forme matérielle qui se manifeste en réponse à ce désir.

C’est notre ressenti qui est le véritable message que nous envoyons à l’univers. La pensée d’un désir s’imprime comme un nouveau potentiel de réalisation, mais c’est le sentiment correspondant qui est notre véritable pouvoir magnétique d’attraction. Selon que le sentiment correspondant est positif ou négatif, il attirera la réalisation de la pensée ou son contraire. Il est indispensable de comprendre cette loi pour comprendre comment nous créons notre vie, le plus souvent à notre insu. Ce point fondamental n’a pas été mis en lumière ni même mentionné dans la plupart des ouvrages traitant de pensée positive, de visualisation créatrice (voir Puissance de l’imaginaire) et de loi d’attraction. C’est le message le plus important de cet article. Je le dois aux écrits de Esther et Jerry Hicks, ainsi qu’à ceux de Soria et d’autres (voir En savoir plus).

DES EXEMPLES POUR MIEUX COMPRENDRE

Si vous passez du temps à ruminer dans votre tête une chose que vous n’aimez pas, vous allez attirer la chose que vous n’aimez pas. Par exemple si vous redoutez la rencontre avec une personne détestable, et qu’à cette idée vous ressentez de la colère vis-à-vis d’elle, vous allez non seulement attirer cette rencontre, mais de plus elle sera conflictuelle. En effet, à l’idée de la rencontre, vous émettez un sentiment négatif. Vous attirez donc l’événement et l’émotion négative associée.

 

 

LE MAGNÉTISME DES ÉMOTIONS

Par quel processus une pensée peut-elle générer une manifestation concrète dans la matière? La clé est l’état vibratoire que cette pensée provoque en nous. Tout moment de vie, toute pensée, toute expérience que nous vivons engendrent une émotion en nous. Par exemple, si je vous dis: Demain je viens vous rendre visite, c’est une information que je vous donne (niveau intellectuel), qui crée une réaction émotionnelle (niveau émotionnel).

Cette émotion vous est complètement personnelle, vous pouvez en être heureux, indifférent ou contrarié. L’émotion, ou le sentiment, c’est le degré de plaisir ou de déplaisir. Les émotions les plus simples, ce sont Ça me plait ou Ça ne me plait pas. C’est agréable ou Ça me rebute. Or notre corps traduit immédiatement une réaction émotionnelle. L’émotion est un mouvement d’énergie dans le corps, qui engendre des tensions et des rigidités, ou de la détente et de la fluidité (voirPsychologie biodynamique). Si quelqu’un se trouve à côté de nous, il ressent notre état émotionnel. Il sent si nous sommes calme ou nerveux, pacifique ou en colère, grincheux ou ouvert. Notre corps émet les vibrations de notre état émotionnel, et notre environnement le perçoit.

Ces vibrations agissent comme un champ magnétique qui attire les circonstances et les événements que nous vivons. La pensée est un principe organisateur qui inscrit une trame quasi-abstraite dans la matière subtile. La manifestation concrète a lieu sous l’effet de l’attraction de la matière par l’état émotionnel. La matière physique habille la trame, lui donne forme, comme un artiste décorateur qui habille d’étoffes, de mousses et d’argile la structure en fil de fer quasi-abstraite qu’il a conçue.

Quand vous pensez à quelque chose que vous ne désirez pas, comme le cancer par exemple, et que vous ressentez l’émotion négative que vous appelez l’effroi ou la peur, les deux sont en harmonie, et ce cancer est alors en voie de se manifester… Lorsque vous pensez à quelque chose que vous désirez vraiment, une parfaite santé par exemple, et que vous sentez une émotion positive de paix et de joie, il y a harmonie et cette santé parfaite est en voie de se manifester. (E.&J.Hicks, Le pouvoir de créer)

La différence des formulations semble subtile sur le plan de l’idée, les deux exprimant le même désir, celui de la santé. Mais elles sont fondamentalement différentes sur le plan du ressenti, car l’une est négative et l’autre positive. Si vous formulez que vous voulez une santé parfaite, tout en ressentant la colère qu’elle ne vous soit pas accordée, alors les deux ne sont pas en harmonie, et votre désir ne sera pas exaucé. Si vous désirez une chose, sa manifestation dépend de l’émotion que vous éprouvez. Si vous ressentez le manque et la frustration de ne pas avoir cette chose, alors vous attirez le manque de cette chose.

Voici d’autres exemples.

Vous voulez absolument un(e) partenaire parce que vous vous sentez seul(e), vous en ressentez le manque et vous êtes triste ou en colère: attendez-vous à rencontrer des personnes qui vont créer en vous le manque, la colère et la tristesse. Et - remarquez comme c’est puissant - votre expérience vous renforcera dans votre sentiment négatif. Vous y trouverez la confirmation que personne ne veut de vous, ou que vous ne pouvez faire confiance à personne. Si vous avez tenté de vous représenter dans les détails l’objet de votre désir, vous en conclurez que la technique de visualisation ne fonctionne pas. Si vous pensez que vous n’êtes pas beau, si cela vous obsède, vous le devenez et vous attirez des remarques qui vous le confirment. Si vous constatez que vous êtes pauvre, et que vous en nourrissez du ressentiment ou de la peur, vous entretenez la pauvreté ou vous l’attirez vraiment. Au cours de nos journées, des centaines, des milliers de pensées de désirs nous traversent, très fugitives.

Plus une pensée nous revient en tête, plus elle nous occupe l’esprit, et plus elle attire sa manifestation correspondante. Si nous sommes préoccupés par la crainte de ce qui peut nous arriver de nocif, nous envoyons un message de crainte à l?Univers et il nous renvoie ce que nous voulons éviter. Mais nous pouvons apprendre à modifier nos sentiments en changeant notre regard sur les événements et les personnes. Nous pouvons l’orienter vers l’estime, la joie, la gratitude, et dans ce cas, nous attirons des événements qui nous procurent fierté, joie et gratitude.

 

L’OBSERVATION DE MA VIE ME RÉVÈLE MES SENTIMENTS INCONSCIENTS

 

Puisque les événements déplaisants de notre vie sont attirés par les sentiments négatifs qui sont associés à nos désirs, inversement nous pouvons examiner attentivement ces événements afin de découvrir quels sont les sentiments négatifs qui les ont générés. La compréhension de la relation entre les manifestations de notre vie et nos sentiments est un outil formidable. Nous pouvons en tirer parti pour connaitre les parties cachées de nous qui limitent l’expression de notre plein potentiel. Nous pouvons nous servir des circonstances de notre vie comme d’un miroir pour découvrir nos profondeurs inconscientes et au besoin les transformer.

Chaque événement désagréable qui survient à notre insu peut être considéré comme un signal. Il raconte quelque chose de nous. Nos déconvenues sont un appel de nos parties occultées qui demandent à être mises en lumière et transformées. Cet appel se reproduit tant que nous l’ignorons, tant que nous ne prenons pas le temps de le reconnaitre, le comprendre et en tirer les leçons. Ainsi, les déconvenues sont des outils majeurs de notre évolution vers un potentiel plus grand.

Or l’évolution vers la pleine réalisation de soi est l’essence de notre vie (voir Le sens de la vie). Ce sont les déconvenues qui nous causent apparemment le plus de tort ou de souffrance qui nous appellent le plus fort. Nous sommes beaucoup plus interpellés par ce qui nous tracasse, nous contrarie ou nous fait du mal que par les événements paisibles. Afin d’éclairer comment nous pouvons décoder les événements de notre vie, petits ou grands, et comprendre ce qu’ils veulent nous enseigner, voici quelques exemples.

 

 

MA PEUR DU MANQUE ATTIRE LE MANQUE

 

Reprenons le cas évoqué plus haut du commerçant qui n’a pas de clients malgré ses efforts. S’il veut comprendre les causes de sa situation, il devra examiner ce qu’il ressent par rapport à elle. Il trouvera peut-être un ensemble d’impressions diverses, mais la plus immédiate, celle qui le tracasse le plus, c’est la peur de manquer d’argent et de ne plus assurer la subsistance de sa famille. Il doit donc reconnaitre cette peur et comprendre qu’elle attire justement des situations de manque.

Suite à ses difficultés financières, il entend parler de techniques de visualisation créatrice et il entreprend de se visualiser régulièrement dans l’abondance financière. Pourtant rien ne se produit, rien ne change car il ne prend pas en compte son sentiment de manque dans sa visualisation. Il est dégoûté et découragé. Il se sent victime d’injustice sociale, abandonné par la vie. Au sentiment de manque, s’ajoutent ceux d’abandon et de dévalorisation de soi. Cela ne fait qu’attirer de nouveaux déboires d’injustice et renforcer son ressentiment vis-à-vis de son entourage, de ses concurrents et des autorités sociales.

Lorsque nous sommes en situation de manque d’argent, manque de reconnaissance ou d’attention, manque d’amour, nous ne prêtons pas suffisamment d’attention à notre sentiment intérieur de manque et de ressentiment. Le plus souvent, par réflexe, nous transférons immédiatement notre pensée sur l’extérieur. Nous accusons les autres, nos proches, les concurrents, les patrons, les hommes, les femmes, la société, le gouvernement. Cette attitude ne fait que renforcer le manque et nos ressentiments.

Pour changer la situation, nous devons reconnaitre qu’elle est issue de nous-même, qu’elle est attirée par notre sentiment de manque, de frustration, d’injustice, de dévalorisation, de peur d’abandon. Il ne sert à rien de rejeter et nier ces sentiments, bien au contraire. C’est en les accueillant sans jugement que nous pouvons les transformer en sentiments de confiance et de liberté qui attireront l’abondance, comme décrit plus bas.

SITUATIONS D’ÉCHEC ET CRAINTE DE NE PAS EN FAIRE ASSEZ

Voici un deuxième exemple. Une personne se dirige en voiture vers le lieu de son travail professionnel, lorsqu’elle est heurtée par une autre voiture qui n’a pas la priorité et qui lui provoque d’importants dégâts. Or cette personne se rendait à un rendez-vous professionnel important et elle en est très contrariée. Elle est désespérée de rater ce rendez-vous dont elle attendait tant. Elle se met en colère contre le conducteur de l’autre voiture et l’accuse de cette situation désagréable.

En reportant la faute sur l’autre, elle ne fait que renforcer son émotion négative, ce qui va lui attirer d’autres circonstances désagréables où elle aura l’occasion d’être à nouveau désespérée et en colère. Il serait beaucoup plus profitable qu’elle accueille l’événement comme un message. Sur le moment, dans le feu de l’action, elle n’est peut-être pas en mesure de le comprendre, de le décoder. Mais elle peut prendre une attitude d’écoute, d’acceptation. D’accord, cet événement veut me dire quelque chose, quelque chose de moi que je n’écoute pas et qui est important. Je vais m’y intéresser.

Ce changement de regard est crucial. Il suffit à transformer immédiatement son émotion et à briser l’enchainement de ses sentiments négatifs. Apaisée, elle attirera à elle d’autres types de solutions. Il est possible qu’un collègue passe justement à ce moment et lui vienne en aide. Ou bien, que la compagnie d’assurance lui procure immédiatement des moyens de remplacement. Plus tard dans la journée, elle pourra aller plus loin dans son évolution en portant attention à toutes les pensées récurrentes qui sont associées à l’événement. Car tant que le message ne sera pas compris, l’événement va se reproduire sous d’autres formes. Par contre, s’il est décodé et que des mesures de repositionnement sont prises, il n’a plus lieu d’être. Cette personne travaille sans relâche, sans prendre de repos, au détriment de sa santé. Pourquoi ne prend-elle pas le temps de satisfaire les besoins de son corps ?

Parce qu’elle craint que sa société ne s’en sorte pas vis-à-vis de la concurrence si elle en fait moins. Parce qu’elle craint que ses supérieurs ne la considèrent pas à sa valeur si elle ne réussit pas. Autrement dit, elle est mue par des sentiments de peur, peur de l’échec, peur de ne pas être bien considérée, et ces sentiments lui attirent des déconvenues. Ces déconvenues sont un appel salutaire de son Être intérieur qui lui demande de l’écouter. Il lui demande d’abord d’écouter le besoin de repos de son corps. Il lui demande aussi de se débarrasser des sentiments de sous-estime de soi qui la limitent. Sans voiture pendant quelques jours, elle subit une immobilité forcée qui l’obligera au repos et la mettra face-à-face avec elle-même, ce qu’elle avait toujours évité.

Chaque fois que vous ressentez une émotion négative, votre Être intérieur vous signale deux choses. D’abord, il vous dit qu’il y a là quelque chose d’important pour vous et ensuite, que vous dirigez votre attention à l’opposé de ce que vous désirez. (E.&J.Hicks, Le pouvoir de créer)

Comment décoder les messages de notre vie? Souvent, la réflexion personnelle peut suffire à comprendre le sens de nos émotions négatives. Toutefois, l’échange avec une autre personne, un ou une amie, favorise grandement la réflexion. Quelquefois, les sentiments négatifs sont complexes, douloureux ou ancrés profondément, et nous avons des résistances à les mettre à jour. Dans ce cas, l’aide d’un thérapeute formé à cette écoute peut être nécessaire pour décortiquer les sentiments négatifs, comprendre leur raison d’être, les transmuter et développer les aspects positifs de soi.

 

 

Je suis responsable de mes difficultés

 

Comprendre que les circonstances et les événements de notre vie proviennent de nous-même et pas des autres ou du hasard est une avancée cruciale dans notre évolution. C’est un changement radical du regard que nous portons sur le monde et sur nous-même. Nous ne pouvons plus accuser les autres de ne pas répondre à nos attentes et de nous nuire. Nous découvrons qu’ils ont été mis sur notre route dans une intention particulière.

Ils jouent le rôle d’acteurs qui mettraient en scène les pièces nécessaires à notre évolution (sans qu’ils le sachent). Et réciproquement, nous sommes des acteurs pour les autres. Aussi, non seulement, nous ne pouvons plus les accuser de nos difficultés, mais bien au contraire, nous pouvons les remercier de leur participation, volontaire ou non, à notre évolution.

Il est possible de remercier mentalement, mais c’est encore mieux si les circonstances nous permettent de le faire verbalement aux personnes. De la même façon, nous pouvons accueillir les défis de notre vie comme de grandes opportunités d’évolution pour nous. Ces opportunités, si elles sont saisies, nous conduisent développer nos potentiels et à nous épanouir. Nous pouvons aussi remercier ces situations.

 

 

Créez la vie magnifique dont vous rêvez

 

A ce stade de notre étude, nous savons comment tirer parti des circonstances de notre vie pour transformer nos zones d’ombre et nos émotions négatives. C’est un outil merveilleux qui peut nous emmener très loin et nous satisfaire. Or cela ne constitue qu’une première étape.

Nous pouvons aller encore plus loin dans la maitrise de notre vie afin de créer les conditions idéales de notre bonheur. Avec ce nouvel outil (le magnétisme des émotions) utilisé en CONSCIENCE, nous pouvons recevoir beaucoup plus de la vie.

La deuxième étape consiste à apprendre à utiliser cet outil pour créer la vie la meilleure dont nous puissions rêver. Si cette perspective est très prometteuse, voire excitante, elle n’est pas si facile à mettre en ?uvre. D’abord, elle va à l’encontre de nos idées habituelles. Je n’y crois pas. De plus, nous sommes tellement habitués à nous occuper de nos tâches et aléas du quotidien que cette liberté d’esprit qui nous est proposée peut nous apparaitre comme un grand vide que nous ne savons pas combler. Nous ne savons pas définir ce que nous voulons vraiment au-delà de quelques améliorations immédiates. Nous ne sommes pas éduqués pour cela. C’est un peu comme si la fée des contes vous rend visite et vous demande: “Je peux réaliser 10 v?ux pour toi. Que désires-tu?”.

 

 

RÉHABILITEZ L’IMAGINATION

 

Pas de panique, il n’y a pas urgence.

Prenez le temps de respirer. Prenez le temps de réfléchir à vos souhaits. Posez vos idées par écrit, cela leur donnera plus de consistance et d’autres idées vous viendront par association. Écrivez aussi bien les grandes lignes directrices de vos souhaits que des petits détails. Rectifiez-les, complétez-les au fur et à mesure qu’il vous vient une idée. Prenez le temps de les concocter peu à peu par touches successives, laissez-les macérer, murir, s’affiner.

Pour stimuler votre imagination et vous guider dans votre recherche, vous pouvez vous poser des questions comme celles-ci: Dans ma vie passée, quels sont les moments, les circonstances, les situations, les activités, qui m’ont apporté de la joie, de la paix, de la gaité? Dans ces moments, quels sont les ingrédients qui ont contribué à cette joie? Ne sont-ce pas ces ingrédients que je souhaite trouver dans ma vie? Qu’est-ce qui me plairait d’avoir autour de moi, de faire, de recevoir, de donner, de ressentir lorsque je suis seul? Lorsque je suis avec d’autres? Quel genre de personnes aimerais-je côtoyer, rencontrer? Dans quelles situations? Dans quelles circonstances m’arrive-t-il, même pour un bref moment, de sentir pleinement la vie, et d’oublier tous mes soucis?

LES ÉTAPES DU PROCESSUS DE CRÉATION

Comme l’univers répond à votre vibration et non à ce que vous vivez présentement, des choses étonnantes jamais vécues auparavant se manifesteront peu à peu dans votre existence. D’après nos observations, la chose qui vous fait le plus souvent trébucher est la suivante: le contraste [entre les expériences agréables et désagréables que vous vivez], pourtant nécessaire et utile pour vous aider à susciter la montée de désirs nouveaux en vous, fait souvent apparaitre toutes sortes d’énergies confuses. En général, pour savoir si vous voulez quelque chose, il vous faut déjà avoir une assez bonne idée des détails et des événements qui vous ont aidé à identifier ce que vous ne voulez pas.

Autrement dit, quand exprimez-vous avec clarté le désir d’être bien? N’est-ce pas habituellement lorsque vous ne vous sentez pas tellement bien? Quand avez-vous le plus fortement envie d’avoir davantage d’argent? Sans doute quand vous n’en avez pas assez. Ainsi, c’est lorsque la confusion règne en vous que vous avez le plus grand besoin de clarté. C’est lorsque l’accablement vous envahit que votre désir de sérénité est le plus grand. Et c’est lorsque vous vous ennuyez que votre besoin de stimulation devient le plus fort…

Le processus de créativité comporte 3 étapes. Premièrement, vous demandez, ce qui est facile puisque vous le faites constamment. Deuxièmement, une réponse est apportée à votre requête, ce qui ne vous concerne pas puisqu’elle provient de l’énergie Source. Troisièmement, vous devez consentir à recevoir ce que vous avez demandé.

Il est important de bien comprendre la différence entre la première étape et la troisième. Lorsque toute votre attention est focalisée sur une chose dont vous avez besoin ou que vous désirez vraiment, ou lorsque vous priez pour obtenir cette chose, il est fréquent que la vibration émanant de vous ne corresponde pas à la chose désirée et qu’elle soit plutôt en résonance harmonique avec l’absence de cette même chose.

Lorsque toutes vos factures arrivent en même temps, que vous n’avez pas assez d’argent pour les payer, que la panique s’empare de vous et que vous vous dites: “J’ai besoin de plus d’argent” ou, de façon plus positive, “Je veux plus d’argent”, vous en êtes alors à la première étape, celle d’exprimer votre désir. Mais vous n’êtes pas en mode réceptif, lequel correspond à la troisième étape. Vous maintenez une distance entre votre demande et vous. Vous demandez continuellement, incapable de vous arrêter, car le contraste entre la situation actuelle et la situation recherchée fait naitre un désir en vous. Vous devez trouver un moyen de vous mettre en mode réceptif, comme si vous vouliez recevoir un signal radio.

Extrait de: Créateurs d’avant-garde, E.&J. Hicks

Une fois posés vos souhaits, ne vous préoccupez pas de la façon dont l’univers va répondre. C’est un peu comme si vous lui imposiez vos idées, que vous le confiniez dans vos propres opinions, alors que l’univers a bien plus de ressources que votre cerveau ne peut concevoir. Une telle préoccupation est dictée à nouveau par vos doutes, par vos idées reçues. Comment pourrai-je trouver les moyens? Ai-je le droit? Y en aura-t-il pour tout le monde? Si vous émettez des sentiments d’inquiétude et d’incrédulité de cette sorte, rappelez-vous, ils attireront l’inquiétude et la difficulté de mise en ?uvre. Imaginez, imaginez librement, rêvez sans limite. Ne vous souciez pas de la façon dont tout cela peut être mis en place. Débridez votre imagination. L’organe de l’imagination a été endormi et vous devez le réactiver.

On vous a appris à penser logique, on vous a appris que l’imagination était pour les rêveurs, pas pour les hommes d’action. C’est tout le contraire. Tant d’entre vous ont été des rêveurs depuis leur venue en cette vie. On vous l’a reproché, on vous a même punis pour cela… Rêver fait partie de l’imagination… L’imagination n’est pas sous le contrôle du mental ici. Le mental doit être hors circuit pour que l’imagination se mette au travail. C’est de l’imagination, mais c’est réel, plus réel que la réalité humaine. Votre société vous apprend à mettre l’imagination au rebut, à la discréditer. Il est temps de lui rendre sa place légitime. (Extrait deL’imagination par G. Hoppe)

 

 

 

CONCENTREZ-VOUS SUR L’ÉTAT DE MIEUX-ÊTRE QUE VOUS DÉSIREZ

 

 

Même si vous-même ne savez pas vraiment ce que vous voulez, votre être intérieur, lui, le sait. En effet, chaque fois que vous avez été mécontent d’une situation, il a enregistré ce mécontentement et il a aussi enregistré le désir que vous aviez d’un autre type de situation, peut-être la situation opposée.

Avez-vous déjà observé par quel moyen vous pouvez vous rendre compte qu’une chose ou une situation vous plait ou non?

Par quelle faculté de notre corps sommes-nous capables de percevoir le plaisir ou le déplaisir, la satisfaction on l’insatisfaction? Avez-vous porté votre attention sur ce que vous ressentiez à ce moment dans votre corps? Si ce n’est pas le cas, je vous engage vivement à le faire, vous apprendrez beaucoup sur vous et ce que vous êtes réellement. Voici ce que découvrirez probablement. Lorsque quelque chose nous déplait, cela provoque en nous des crispations musculaires, peut-être dans la mâchoire, ou dans le ventre, dans le thorax.

En fait cela peut se traduire par des tensions en n’importe quelle partie du corps. Inversement, vous percevez que quelque chose vous convient lorsque, même seulement en l’évoquant en pensée, vous sentez de la légèreté, du soulagement, de l’ouverture, une sensation d’extension. Vos yeux se dilatent et brillent. Vos sentiments et vos sensations vous disent clairement ce qui est en accord avec vos désirs profonds et ce qui ne l’est pas.

Ce sont des outils extraordinairement puissants auxquels on n’accorde pas la valeur qu’ils méritent. Ils vous mènent à votre essence profonde (voir L’enfant intérieur et le langage des émotions) Lorsque vous désirez quelque chose, concentrez-vous sur l’état de soulagement, de légèreté, de joie ou de paix que vous désirez ressentir avec cette chose. C’est beaucoup pus important que la chose elle-même. Ce ne sont pas les actions que vous entreprendrez qui vous apporteront la réalisation satisfaisante d’un souhait, c’est l’attention que vous porterez à ce que vous désirez ressentir. La clé de la création

Sportifs par amour

Par Le 03/06/2016

C'est Roland Garros (j'aime bien le tennis) et bientôt l'euro de foot (je n'aime pas le foot) et bientôt aussi le tour de France (j'aime bien le vélo) mais tous ces sportifs, dont certains gagnent des sommes inconvenantes et imméritées, tous ces professionnels, jamais, ils n'égaleront les gens du peuple dont personne (ou presque) ne parle alors qu'ils sont de vrais et magnifiques modèles pour tous (ce qui est très rarement le cas des sportifs professionnels...)

Inondations et agricultures (Nature)

Par Le 03/06/2016

J'en ai déjà parlé ici lors des inondations dans le Var. 

On connaît l'impact de l'agriculture intensive sur les sols, ajoutée à l'urbanisation grandissante.

Il se pose malgré tout le problème de la "responsabilité indirecte" des consommatauers qui continuent à se tourner vers les aliments issus de cette agriculture dévastatrice...Tout est lié.

Que la population passe à une alimentation végétarienne et la Nature retrouvera ses capacités. L'élevage intensif réclame des cultures intensives...Tout est lié...

Absolument tout. Mais si on s'arrête aux effets sans remonter aux causes, on tourne en rond et les catastrophes se répètent. 

Certains ont perdu tous leurs biens. Il faut imaginer ce que représente de tels dégâts, émotionnellement.

Les assurances rembourseront (mal), les communes interdiront certaines zones inondables ( ou pas), des travaux d'enrochement seront faits ici ou là...

Mais qui cherchera réellement à remonter à la source du problème ? 

C'est à chacun de le faire, à chacun d'évaluer l'ampleur de son empreinte sur la Terre.

La Terre, pour sa part, n'y est pour rien. 

Les dégâts considérables des inondations ne sont que les effets de l'absence de conscience au regard de notre empreinte. Et c'est effroyable finalement. 

Après nous, le déluge ? ... Et certains de répondre, "m'en fous, je ne serai plus là".

 

L’ampleur des inondations est accentuée par les mauvaises pratiques agricoles

3 juin 2016 / Marie Astier et Émilie Massemin (Reporterre) 
 

 

L'ampleur des inondations est accentuée par les mauvaises pratiques agricoles

Après plusieurs jours de pluies torrentielles, les cours d’eau débordent et les inondations se multiplient. La faute aux éléments déchaînés ? Pas seulement. Ce phénomène naturel est aggravé par des pratiques agricoles délétères pour les sols.



Ça tombe, ça tombe, ça ne s’arrête plus. En trois jours, du dimanche 29 mai au mardi 1er juin, la Picardie, le bassin parisien et le nord de la région Centre ont reçu l’équivalent de deux mois de précipitations. A Paris, la pluviométrie a battu des records : lundi et mardi, il est tombé 61,3 millimètres d’eau, autant qu’en un mois entier ! Les conséquences ne se sont pas fait attendre : le Loing et l’Yerres, deux affluents de la Seine, sont sortis de leurs lits. Le Grand et le Petit Morin, deux affluents de la Marne, débordent aussi. A Paris, la Seine pourrait monter jusqu’à un niveau compris entre 5,30 m et 5,90 m ce vendredi 3 juin. Plusieurs villes se sont retrouvées les pieds dans l’eau : c’est le cas de Nemours (Seine-et-Marne), où 3.000 habitants ont dû être évacués du centre-ville inondé, et de Montargis (Loiret), noyé sous 1,80 mètre d’eau jeudi matin 2 juin.

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Paysage agricole inondé.



« Ce phénomène est avant tout un problème de précipitations, de pluies longues, qui durent et qui s’infiltrent dans le sol jusqu’à saturation", dit à Reporterre Ghislain de Marsily, hydrologue et professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie et à l’École des Mines de Paris. Mais pourquoi les sols saturent-ils ? Certes, ces pluies sont exceptionnelles mais, pour l’agronome Jacques Caplat, « la bétonisation, l’artificialisation des zones humides, la disparition des haies »aggravent la situation. Ce constat n’est 
pas nouveau, et a pu être fait à propos des inondations dans le Var, ou en qui concerne les zones humides. "Mais ce dont on parle très peu et qui me semble très important, c’est l’appauvrissement des sols agricoles », nous dit Jacques Caplat.


Un sol en bon état est riche en matières organiques, c’est-à-dire en petites racines, en petites bêtes et en particulier en vers de terre qui creusent des galeries. Le sol est alors poreux, plein de petits trous, qui lui permettent d’absorber l’eau. « Marcel Bouché, un agronome qui avait fait des études sur les infiltrations d’eau, a montré qu’un sol vivant pouvait absorber jusqu’à 300 millimètres d’eau par heure ! C’est beaucoup plus que ce qui est tombé ces jours-ci. A titre de comparaison, un orage méditerranéen violent, c’est 150 millimètres d’eau par heure », indique notre expert agricole.

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Le sud de la Sarthe inondé après les pluies du week-end du 28 mai.

Le problème est qu’avec l’intensification de l’agriculture, « les éponges sont devenues des toiles cirées », déplore Jacques Caplat. « On a peu d’arbres et peu de rotation des cultures, donc peu de racines. Le gigantisme des parcelles a entraîné l’utilisation de machines agricoles de plus en plus lourdes, qui tassent le sol. L’eau ne peut plus s’infiltrer ! » Les haies ont été arrachées, alors qu’elles faisaient barrage aux ruissellements. La disparition des zones humides dégrade encore la situation, car elles constituaient « des espaces-tampons capables d’absorber beaucoup plus d’eau que les endroits secs », regrette l’agronome.


Lydia Bourguignon, agronome et fondatrice du Laboratoire d’analyses microbiologiques des sols, partage ce constat accablant en s’appuyant sur l’exemple des grandes plaines céréalières de la Beauce : « Après-guerre, dit-elle, les sols de ce territoire contenaient 4 % de matière organique en moyenne. Aujourd’hui, ce taux est inférieur à 2 %. Conséquence, les sols ne pompent plus. » Elle pointe du doigt l’utilisation de produits phytosanitaires, « le Roundup qui tue la faune capable d’aérer le sol, et des engrais qui minéralisent la matière organique, la brûlent et la consomment trop vite ».

Pire, le ruissellement ne se contente pas de favoriser les inondations ; il emporte de la terre à chaque grosse averse, le sol disparaît peu à peu. « On le voit sur les photos, l’eau est chargée,observe Lydia Bourguignon. La pluie entraîne la terre, le sol s’érode, la quantité de matière organique diminue. C’est un cycle infernal. »

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Le sud de la Sarthe inondé après les pluies du week-end du 28 mai.

Gérard Michaut, agriculteur bio dans le nord de l’Yonne, l’a constaté chez d’autres : « Ça coule, ça ravine, il y a parfois des ornières de 50 centimètres de profondeur. »


Et sur ces terres agricoles abîmées, aux inondations succède la sécheresse. Le sol n’a pas retenu d’eau. « Et si dans un mois, il y a un peu de chaleur, vous allez voir que le agriculteurs vous diront qu’ils ont des sols secs », prévoit Lydia Bourguignon. Au risque, même, de devoir irriguer…

Une situation à laquelle n’aura pas à faire face Gérard Michaut : cela fait 20 ans qu’il a adopté des pratiques de culture destinées à préserver ses sols. « Je ne laboure pas et je ne laisse jamais mes sols nus. Il faut un mélange de paille et de racines en surface pour retenir la terre, explique-t-il. Je travaille aussi perpendiculairement à la pente, et en buttes, pour faire barrage et éviter l’érosion. »Autre mesure, il met jusqu’à huit cultures différentes, successivement sur une même parcelle. « A chaque changement, cela permet d’avoir des racines et des débris différents qui favorisent la retenue d’eau et la porosité des sols ».

Résultat, sur ses champs en pente, « quand il y a un début de glissement de terrain, il ne part que sur deux ou trois centimètres et s’arrête tout de suite. » Il suffit d’un brin de paille pour retenir la terre. Tous ces micro-barrages additionnés permettent à grande échelle d’éviter un désastre.

Et ces techniques, peu à peu, tracent leur sillon dans les champs. « Quand j’ai commencé, on était 1 % des agriculteurs à les pratiquer, se souvient le paysan. Aujourd’hui nous sommes 30 % à les avoir adoptées à des degrés divers. »


Lire aussi : Comment vont les sols ?


Source : Marie Astier et Émilie Massemin pour Reporterre

Photos : 
. chapô : Les sols agricoles désertés par la vie s’imperméabilisent, et donc n’absorbent plus les eaux de pluie. Pixabay (domaine public/CC0)
. Sarthe : captures d’une vidéo de LMtv Sarthe (
Youtube) et d’une vidéo du journal Le Petit Courrier - L’Écho de la Vallée du Loir (Youtube).
. paysage inondé : Pixabay (domaine public/CC0)

Pour vos vacances

Par Le 02/06/2016

Marine, notre fille, s'occupe d'un camping en Lozère pendant toute la belle saison. 

Le lac de Villefort est à quelques kilomètres et permet la baignade, les promenades, la pêche etc...

De nombreuses randonnées s'offrent aux alentours et certaines depuis le camping.

C'est un petit camping municipal pour des vacances au calme, au bord de la rivière. 

Yuka jouera volontiers avec les campeurs qui le désirent. :) 

 

Le Camping des Pervenches à Prévenchères vous accueille de Mai à Septembre. 
De nombreux emplacements ombragés au bord du Chassezac, caravanes et tipis.

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7 route du Ranc

Prévenchères

04 66 46 87 96

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Deux caravanes sont en location au camping.

 

La grande caravane est équipée pour 4 personnes (2 adultes / 2 enfants).
Elle est composée d'un salon avec banquette en U transformable (lit enfants), d'une kitchenette (évier, gaz 2 feux, grand frigo et nombreux rangements), d'un lit 2 places et d'une salle de bains (douche et lavabo). Nombreux rangements.
Les sanitaires sont à 20 mètres et une gazinière (2 feux / four) est à disposition de tous au bâtiment de l’accueil du camping.

La petite caravane est équipée pour 2 personnes.
Elle est composée d'une kitchenette (gaz 2 feux) et d'un lit 2 places.
Cette caravane n'est pas raccordée à l'eau et le frigo ne fonctionne pas.
Les sanitaires sont à 20 mètres et une gazinière (2 feux / four) est à disposition de tous au bâtiment de l’accueil du camping.

Tarifs

1 nuit Caravane 4 personnes >> 40 €
La nuit supplémentaire >> 35 €

1 nuit Caravane 2 personnes >> 20 €
La nuit supplémentaire >> 15 €

 

Pêche & Baignade. 


Randonnée & VTT
 

Canyoning & Escalade.
 

Visites de parcs animaliers, grottes, village médiéval ( la Garde Guérin)

Marchés locaux.

 

Camping au calme avec une quarantaine d'emplacements au bord du Chassezac.

 

Les tipis sont prévus pour quatre ( 2 adultes lit double & 2 enfants lit tiroir ).
La kitchenette est équipée d'un frigo, micro-ondes, cafetière et plaque de cuisson au gaz.
Les tipis sont chauffés avec un petit chauffage au gaz.
Les sanitaires sont à 20 mètres. Toilettes, douches et bacs vaisselle. – Camping de Prévenchères.

Le jeûne thérapeutique. (santé) (2)

Par Le 02/06/2016

Pour guérir, jeûner en marchant

 

1er juin 2016 / Pascal Gémaud 
 

  

    
 

Pour guérir, jeûner en marchant

L’idée d’un jeûne alimentaire total provoque encore surprise et inquiétude. Il est pourtant un moyen de se réapproprier son corps comme de le purifier, explique l’auteur de cette tribune. Qui, souffrant d’une maladie chronique, a tenté l’expérience une semaine durant et en a été transformé.

Pascal Gémaud est titulaire d’un diplôme de Sciences-Po. Après six années d’un parcours médical infructueux pour soigner une maladie chronique, il s’est tourné vers le jeûne thérapeutique assorti d’activité physique, une semaine durant, en mars 2016.


« Le temps est un grand maigre. » C’est à cette phrase étrange de Balzac que j’ai pensé en scrutant ma silhouette amincie dans le miroir de la salle de bain, mes côtes bien saillantes, mes muscles presque atrophiés, mes cinq kilos en moins et mon visage moustachu, osseux et sec comme la face calleuse des paysans jadis.

Au septième jour de jeûne, le temps s’est comme allongé, et je bascule doucement vers un état de torpeur nonchalante. La délivrance n’est plus très loin.

Le jeûne ? Oui, le jeûne complet, l’arrêt total de l’alimentation sur une période de quelques jours. L’idée provoque souvent une sorte d’étonnement, teinté d’inquiétude. Moi-même, n’ayant jamais vraiment compris l’intérêt des régimes alimentaires — trop souvent associés à la perte de poids — je dois bien avouer que le jeûne d’une semaine me paraissait saugrenu, voire dangereux.

Maintenir le corps actif pour faciliter la détoxification 

Mais il y a parfois des circonstances qui nous obligent à revoir nos a priori. À 22 ans, comme venue de nulle part, j’ai développé une maladie chronique touchant le système digestif. De nos jours, la liste de ces maladies chroniques ne cesse de s’allonger — fibromyalgie, arthrite, cholestérol, maladie de Crohn, etc. À l’heure où celles-ci explosent au sein des populations occidentales, les sciences médicales ne parviennent plus à trouver des solutions durables aux patients.

Dans mon cas, la maladie a été diagnostiquée bénigne malgré la dégradation continue de ma qualité de vie. Pendant six ans, j’ai fréquenté le corps médical et enchaîné les examens. Rien n’y a fait : je me suis vu prescrire systématiquement des médicaments, allant des antalgiques et antispasmodiques jusqu’aux sinistres anxiolytiques et autres antidépresseurs. Ce que la médecine ne sait pas soigner, elle le met sur le compte du psychologique avec sa pharmacopée adaptée.

Seul face à cette maladie étrange, j’ai donc dû chercher hors de la médecine conventionnelle. C’est ainsi que j’ai découvert les différents régimes naturels existants, parmi lesquels le jeûne alimentaire, dont le réseau de pratiquants et accompagnateurs se développent en France.

Pour l’expérience, j’ai donc suivi une semaine de jeûne avec un groupe d’une quinzaine de personnes, à Léoux, dans la Drôme provençale, chez la famille Bölling, une famille allemande établie dans la région depuis 30 ans et pionnière de la pratique du jeûne associé à la randonnée en France depuis le début des années 1990. Car, en effet, selon la méthode Buchinger, pour bien jeûner il ne s’agit pas simplement de cesser de s’alimenter, il faut aussi maintenir le corps actif pour faciliter la détoxification, entretenir l’activité musculaire et respiratoire, et se vider l’esprit grâce à l’effort du corps et au contact avec la nature [1].

Reconsidérer la nourriture et la relation qu’on entretient avec elle 

Que dit un corps qui ne reçoit pas sa dose habituelle de nourriture ? Il panique un peu, certes, mais avec une préparation minimale, la peine est supportable. Elle est passagère surtout, et un corps sans nourriture est un corps qui vit, et qui vit même plutôt bien. C’est d’ailleurs un moment où, par une sorte de réflexe archaïque, le corps entreprend de se nettoyer, comme le fait depuis si longtemps le corps des mammifères, en particulier chez les adeptes de l’hibernation, ou bien encore comme chez l’emblématique manchot empereur, qui est capable de supporter un jeûne de plusieurs mois pendant la période de nidification.

Au matin du premier jour, le vrai, c’est-à-dire celui qui suit la purge, on ressent de légers vertiges, les gestes sont anormalement lents au réveil. On se lève en trois temps, comme un fiévreux, pour marcher doucement vers la bouilloire. De l’eau chaude dans un bol et on a déjà l’impression de déjeuner quelque chose. Et puis, à peine habillé, on se met en train, on marche vers la montagne, simplement, comme un troupeau, tantôt silencieux, tantôt bêlant, véhiculant nulle part et comme indéfiniment nos corps vides, seule façon peut-être d’oublier qu’on ne mangera pas aujourd’hui, seule façon de ne penser à rien, d’occuper son corps pour reposer son esprit.

Car, c’est aussi à cela que sert l’expérience du jeûne : faire une vraie pause, durant laquelle le corps et l’esprit se reconstituent. Il s’agit, en s’en privant, de reconsidérer la nourriture et la relation qu’on entretient avec elle. Jeûner relève probablement d’une hygiène comparable à ces sursauts d’écœurement qui nous font subitement éteindre la télévision, l’ordinateur, le téléphone, et nous enjoignent de quitter ce bruit de fond, lancinant, tout aussi excessif et indigeste, pour prendre le chemin des forêts, des grands espaces, de la nature sauvage.

Un corps tout neuf, un esprit plus frais, plus vif, plus serein 

L’expérience de la faim, qui peut être pénible psychologiquement par moment, est une expérience des limites, un moyen de faire l’examen de nos priorités. La reprise alimentaire constitue par ailleurs un chapitre très important dans l’aboutissement de l’expérience. À la fin de la semaine, nous rompons collectivement le jeûne autour d’une grande table en consommant des pruneaux trempés, une pomme de terre bouillie et des crudités râpés. Un festin qui fait saliver après cette semaine fatigante. Pourtant, de ce maigre repas, je n’en viendrai même pas à bout, rapidement rassasié par quelques bouchées. Mais quelques jours plus tard, j’ai la sensation surprenante d’avoir un corps tout neuf, un esprit plus frais, plus vif, plus serein. Et je me rends compte, deux mois après, de tout l’élan et de la force que m’a apporté cette semaine sans manger. Un regain de santé qui m’a naturellement incité à adopter un régime alimentaire plus sain, réduisant les protéines animales, le sucre raffiné, les laitages et tous les excitants (café, thé noir, alcool).

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Selon la méthode Buchinger, pour bien jeûner, il faut aussi maintenir le corps actif pour faciliter la détoxification, entretenir l’activité musculaire et respiratoire, et se vider l’esprit grâce à l’effort du corps et au contact avec la nature.

Jeûner est une expérience de réappropriation de son corps, malade ou pas, ouvrant la possibilité de retrouver sa place dans un monde étrange, permettant une rupture et une grande respiration vis-à-vis d’un quotidien étouffant, vaincre les angoisses, se purifier, se rasséréner, changer ses idées noires et même, peut-être, prendre un nouveau départ. Oui, tout cela, et peut-être même davantage, un antidote à bien des maux sûrement, et qu’il faudrait essayer, au moins une fois, au moins avant d’entrer dans la logique pernicieuse des béquilles médicamenteuses, de la vie sous perfusion, ou de la vie assistée par ordinateur que nous souhaitent tous les adeptes du transhumanisme.


[1] Il est à noter que quelques maladies comme la tuberculose pulmonaire ou le diabète de type 1 sont incompatibles avec la pratique du jeûne alimentaire — il faut bien se renseigner avant de commencer un jeûne.

 


Lire aussi : Qu’est-ce que le jeûne thérapeutique ?

Jarwal le lutin (tome 3)

Par Le 01/06/2016

 

J'ai repris le travail sur l'histoire de Jarwal le lutin. Quatre tomes à relire, à corriger, à peaufiner, à élaguer ou à compléter.

Dans le tome 3, je tombe sur ce passage et je réalise à quel point, nous sommes dans la situation décrite au regard de notre système politique. 

 

 

« Kalén, tu vas redescendre au village pour chercher le lutin. Si tu le retrouves, il t’aidera à transporter le clan dans la montagne. Si tu ne le trouves pas, il nous restera la possibilité qu’il réapparaisse et qu’il t’aide dans le voyage de l’eau. Et s’il ne réapparaît jamais ou que tu trouves sa dépouille, il nous restera à attendre le départ des Espagnols. Ou à mourir d’épuisement.»

 

Nasta, le Mamu, le plus âgé, avait parlé. Il n’y avait rien à rajouter. Kalén devait obéir. Il était le fils du chaman mais le Mamu était le Guide.

Kalén devait tromper la vigilance des gardes.

Il serait tué s’il était pris. Il le savait.

« Si les soldats remarquent ton absence à la mine, je leur dirai que ta main blessée s’est infectée mais que tu reviendras après-demain. Il faudra que tu marches vite, tu as peu de temps.

-Je serai là. »

 

Kalén se leva, prit une mochilla et la remplit d’aruaca. Une outre avec de l’eau en bandoulière, quelques galettes de maïs, des bananes et un bâton de marche. Il salua l’assemblée et sortit.

Les regards des Anciens se gravèrent en lui. Ils nourriraient sa force.

 

Un feu de camp au bout de l’allée des huttes, trois silhouettes assises près du foyer. Elles lui tournaient le dos. Il aurait aimé que son cœur se taise. Il battait comme un tambour. Il observa le sol devant lui, repéra quelques cailloux qu’il devait éviter, il vérifia que sa mochilla était bien en place, que rien ne risquait de tomber, que rien ne pouvait entraver ses pas puis il se décida.

Il se glissa sans bruit dans l’ombre des murs. Il disparut rapidement, plus silencieusement qu’un vol de papillons.

Une fuite bien plus facile que ce qu’il avait imaginé. Il s’attendait à entendre un cri dans son dos, une alerte, les soldats qui le saisissent, des coups, une mort certaine mais il continua à se mouvoir dans la nuit et il s’éloigna.

Un choc en lui alors qu’il descendait le flanc de la montagne.

Sa peur n’était que le fruit de son imagination.

Une révélation soudaine. L’abattement de son clan n’était pas dû réellement au danger mais à ce qu’il imaginait du danger. Il avait suffi aux Espagnols de se montrer intraitable pour créer la peur de ce qui pourrait advenir de pire. Sans que ça ne soit une réalité. Le clan s’interdisait lui-même toute tentative d’évasion, figée par une imagination trompeuse, des visions de massacre quand il pouvait tout autant s’agir de liberté acquise. Il fallait qu’il parle de sa découverte aux Mamus et qu’ils revoient leur position. Cette situation n’était pas nécessairement une condamnation définitive.

Un trouble immense dans l’esprit de Kalén, comme une brèche dans le mur de ses certitudes et de toutes les connaissances transmises. Le clan œuvrait à la maîtrise des pensées et des émotions, à la compréhension du passé et à son exploitation, à l’exploration constante et approfondie des âmes et pourtant, lui, Kalén, il venait de découvrir, en se glissant plus silencieusement qu’une ombre, que les capacités des individus pouvaient dépasser les décisions communes, que la liberté à prendre ne devait pas s’arrêter aux peurs éprouvées ni encore moins aux drames fictifs, aux catastrophes imaginées lorsqu’elles n’étaient que des pensées collectives. C’est l’absence de repères conférés par le passé du clan qui figeait les Anciens. Aucune expérience ne leur permettait d’opter pour une voie ou son contraire. Ils n’avaient pas réellement décidé de rester inertes. L’inertie s’était imposée à eux. Il fallait désormais abandonner le fardeau de ce passé sans réponse et œuvrer à la création d’un avenir. En s’engageant dans l’instant présent avec toute l’énergie du clan."

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