Là-Haut

Articles de la-haut

Liberté fatale (Nature)

Par Le 09/03/2016

http:////visuels.l214.com/sites/blog.l214.com/2016/mars/vache-bandeau.jpg

Des vaches tuées à bout portant


partager cet article du blog de L214 

  

 

Pour les vaches « sauvages », l’actualité est une nouvelle fois sanglante : en février 2016, une vingtaine d’entre elles ont été tuées par des chasseurs.

Régulièrement, des vaches sont en effet tuées à bout portant à la frontière catalane. Leur crime ? Ne pas faire partie d’un élevage mais être « sauvages » ; autrement dit, vivre en étant indépendantes des humains. Abandonnées il y une vingtaine d’années par un éleveur cessant son activité, ces « vaches errantes » ont vu leur nombre augmenter progressivement et il est aujourd’hui estimé entre 300 et 400 animaux.

L’adaptation remarquable dont ces bovins ont su faire preuve n’est en fait pas si étonnante lorsqu’on sait qu’à l’autre bout de la frontière franco-espagnole, du côté basque, quelques 600 vaches de race betizu (prononcer bétissou) vivent de façon quasi ou totalement sauvage, essentiellement dans les Pyrénées espagnoles, une petite centaine du côté français. Certains estiment qu’elles sont les plus proches parentes des aurochs du néolithique, d’autres qu’elles seraient issues de vaches domestiques retournées il y a bien longtemps à l’état sauvage, mais cette incertitude quant à leur origine n’enlève rien à leur particularité d’être des vaches autonomes. Petites, légères et agiles, les belles Betizus sont parfaitement adaptées à leur environnement montagnard escarpé, couvert de bois et de landes. Et, elles aussi, sont « régulées » au fusil.

Vaches betizus dans une prairie

Du côté des Landes, une soixantaine de vaches de race marine connaît une semi-liberté : ce sont les rescapées de ces petites vaches alertes qui peuplaient jadis les marais, les forêts et les dunes de la région, avant d’être pour ainsi dire exterminées entre 1940 et 1950. Leur présence, attestée depuis au moins le XVIIIe siècle, serait liée à une forme d’élevage très extensif. Ces animaux sont aujourd’hui acceptés parce qu’ils vivent dans des endroits semi-marécageux où les humains vont rarement, et allaient autrefois surtout pour les tuer lorsque l’envie leur venait de les manger, ou de les capturer pour s’amuser à leurs dépens lors de courses. Aujourd’hui, soigneusement contrôlées, elles sont protégées au titre de la biodiversité et parce qu’elles participent à « la gestion des milieux humides ». De leur côté, en broutant, les vaches catalanes maintiennent les espaces ouverts, ce qui lutte contre les incendies.

Mais Betizus et vaches catalanes dérangent, leurs déplacements sont perçus par beaucoup comme des « divagations » et leur liberté semble intolérable. Lors de l’été caniculaire de 2015, des vaches catalanes se sont approchées de jardins où, à la recherche d’eau et de nourriture, elles ont brouté des fleurs et se sont aventurées dans des potagers, escaladant murets et clôtures, traversant routes et autoroutes. Elles l’ont payé de leur vie, vingt-cinq vaches, veaux et taureaux ont été tués par des chasseurs à la demande des autorités, pressées de satisfaire une population « excédée » par leurs dégradations. En février 2016, nouvelle tuerie avec vingt animaux abattus.

Vaches betizus dans un pré

Bien sûr, des vaches traversant une route ou une autoroute présentent un réel danger - pour les automobilistes et pour elles-mêmes – et il ne doit pas être bien rassurant de se trouver face à une vache sauvage dans son jardin. En octobre 2015, une vache a d’ailleurs encorné une touriste, incident finalement sans gravité et dont les détails ne sont pas donnés par les journalistes, mais qui a contribué au déclenchement du massacre.

Pour les autorités, la solution semble être au bout du fusil, pourtant elles reconnaissent être « dans le symbole, si on en abat une vingtaine sur les 300, ce n'est même pas un dixième, mais on montre aux gens qu'on tient compte de leurs remarques » : autrement dit, ces animaux ont été tués uniquement pour satisfaire rapidement un électorat mécontent.

Peut-être que, pour résoudre ce conflit d’intérêts, il n’y aurait pas une mais des solutions. Ainsi, lors de la sécheresse, abreuver et nourrir les vaches loin des habitations pourrait éviter qu’elles s’en approchent, ce qui serait d’autant plus facile qu’elles ont peur des humains – les chasseurs nourrissent d’ailleurs déjà largement le « gibier ». Un système de clôture électrifié protègerait efficacement les jardins de l’intrusion des animaux. À long terme, la stérilisation des animaux serait probablement un moyen efficace d’éviter l’accroissement indésirable des troupeaux.

Vache betizu portrait

Mais, à terme, les autorités visent plutôt leur domestication et leur réintégration dans l’élevage, autrement dit, dans le circuit de la viande. Les vaches catalanes finiraient donc leur vie dans un abattoir, comme les cinq millions de bovins tués chaque année en France.

Il semblerait ainsi que les animaux ne puissent désormais exister en France que s’ils entrent dans des catégories bien définies. Les bovins doivent être domestiqués et sous le joug humain. Les animaux dits « sauvages » sont de leur côté tolérés s’ils ne présentent aucun désagrément pour les humains (ainsi les loups sont-ils activement combattus parce qu’ils s’intéressent aux moutons, propriétés humaines destinées à l’abattoir) et parce qu’ils sont source de distraction pour les chasseurs. Quant aux espèces protégées, elles sont acceptées puisque perçues comme bénéfiques à la biodiversité, à l’environnement et souvent aussi au tourisme, mais les individus ne comptent pas et leurs populations peuvent être « régulées ». Les bouquetins du Bargy, théoriquement protégés sur tout le territoire national depuis 1981, sont par exemple actuellement massacrés par centaines sous le prétexte, très controversé, qu’ils seraient porteurs de la brucellose, maladie qui serait transmissible aux animaux d’élevage et qu’ils auraient eux-mêmes attrapés par des bovins…

Les vaches sont des animaux intelligents et sensibles, elles ressentent des émotions telles que l’affection, la rancune ou la tristesse, elles sont capables de s’organiser en troupeaux autonomes, mais cela ne les sauvera pas. Ces vaches affranchies de l’asservissement humain sont en sursis ou condamnées, à moins peut-être d’intégrer la catégorie « biodiversité » ou tout autre statut les protégeant plus ou moins efficacement des balles ou du couteau du boucher, et ce tant qu’on y trouvera un intérêt.

Vache à l'abattoir

Sources

Bernez-Vignolle Mirentxu, Le Betizu, une population bovine des montagnes basques : statut juridique et modalités de gestion, thèse, 2010.

Ils ont peur (politique)

Par Le 08/03/2016

Il n'y a dans cette interview que diverses sources de peur chez ce politicien (je n'emploie pas le terme d'homme volontairement)

Peur du Peuple.

Peur de perdre sa place.

Peur d'une force d'informations qui lui échappe : internet.

Peur du rejet de ses confrères s'il n'intervenait pas pour soutenir leur système.

Vient s'ajouter à ces peurs, les arguments habituels :

révolution, anarchie, culpabilisation des "rebelles"

valorisation du systéme actuel qui signifie que le Peuple a besoin de Maîtres.  

 

ILS ONT PEUR.....


Jean-Vincent Placé est secrétaire d'État écologiste à la Réforme de l'État
Jean-Vincent Placé est secrétaire d'État écologiste à la Réforme de l'État © 

AFP JOEL SAGET

Pour le secrétaire d'État écologiste, la pétition anti-loi du travail qui a récolté plus d'un million de signatures ne doit pas influencer la politique

Jean-Vincent Placé, secrétaire d'État écologiste à la Réforme de l'État, s'impose comme centriste. Interrogé lundi matin sur France Info, l'ancien président du groupe écologiste au Sénat n'a pas mâché ses mots au sujet de la pétition lancée contre la réforme du travail : 

"Ce ne sont pas les réseaux sociaux qui font la loi de la République, c'est le gouvernement qui présente des textes, c'est le Parlement qui va les voter, ce sont aussi les partenaires syndicaux qui vont les discuter, les renégocier". 

Selon lui, le texte proposé par Myriam El-Khomri est "nécessaire" : 

"Je défends tout à la fois le texte, parce qu'il est nécessaire, et la négociation syndicale, (...) en particulier avec celles et ceux qui veulent discuter". 

Jean-Vincent Placé va même plus loin, estimant contre-productive la mobilisation citoyenne "permanente" :

La rédaction vous conseille

"Est-ce que dans ce pays, à chaque fois qu'on est mécontent, parfois même très légitimement, on peut éviter de hurler, de jeter l'opprobre ? (...). Il y a beaucoup de choses à faire et on ne pourra pas le faire avec cette façon un peu révolution permanente, manif permanente, critique permanente. Moi je suis un réformiste radical, j'assume, et écologiste". 

Réformiste radical d'une part, mais aussi centriste de l'autre. Jean-Vincent Placé n'hésite pas à citer des politiques dont les idées sont rarement associées à celles du gouvernement actuel. 

"Je crois que j'ai toujours été centriste mais peut-être moins assumé. Je pense que nous devrions avoir une vision commune. J'ai cité souvent Jean-Pierre Raffarin, Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet, Fréderic Lefebvre. Moi je vois que ce sont des gens qui, dans le cadre de ce que nous faisons, font des propositions, parfois même sont à nous soutenir

Intimité et sexualité (sexualité sacrée)

Par Le 08/03/2016

 
 
 
 
Bien d'autres vidéos de cet homme sont disponibles et toutes sont d'un intérêt aussi profond. 
 

Anticapitaliste et anarchiste (humanisme)

Par Le 08/03/2016

Anticapitaliste et anarchiste : l’insoumission est leur mode de vie

 

par  | 3, mar 2016 | Blog | 31 commentaires

Anticapitaliste et anarchiste : l’insoumission est leur mode de vie

Une communauté pas comme les autres vit à Montois dans le Jura. Anticapitaliste et anarchiste, cette communauté s’autogère complètement. Retour sur une communauté bien méconnue du grand public ! 

Cette communauté fait partie du réseau de coopératives agricoles Longo Maï (signifiant « longtemps encore » en occitan), et est le fruit de la révolte de mai 1968 qui a secoué toute l’Europe. Longo Maï est l’une des dix coopératives du réseau. Cinq autres sont en France et d’autres encore en Allemagne, en Autriche, en Ukraine et au Costa Rica. Longo Maï compte pas moins de 200 membres : une ferme isolée à 700 mètres d’Undervelier, village jurassien de 300 habitants, aux pieds des gorges du Pichoux où une communauté vit en autarcie, coupée du monde.

Dans ce village pas comme les autres, sont prônées les valeurs humaines, l’écologie et les décisions collectives qui sont la base de toute confiance. En effet, cette communauté prend des décisions à la majorité. Pas de chef, tout le monde est au même niveau social. En 1972, des jeunes urbains venus d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse décident d’expérimenter une nouvelle façon de vivre et de faire de la politique militante, en se retirant dans une région rurale dépeuplée, pour y cultiver la terre et vivre en communauté. Il n’y a aucune hiérarchie «Nous avons un respect pour l’expérience, qui fait que nous ne sommes jamais vraiment égaux, explique Raymond Gétaz. Chacune et chacun a des compétences propres.» «Nous avons développé une qualité d’écoute et de débat», ajoute Claude Braun. «Ce n’est pas parce que nous sommes des révoltés et des anarchistes que nous ne faisons pas attention à l’autre, que nous n’avons pas des règles tacites de communication», complète Raymond Gétaz.

L’un des axes les plus importants de cette communauté est sa volonté de rencontrer des peuples de différents pays. Cela s’est traduit évidemment par l’arrivée de personnes issues de nombreux pays. À l’heure actuelle, la communauté de Longo Maï regroupe 15 nationalités.

Autre problématique développée par Longo Maï, le déséquilibre de plus en plus flagrant entre la ville et la campagne. Alors que des millions de personnes s’entassent désespérément dans les banlieues et survivent grâce au RSA ou au chômage, de l’autre côté, les campagnes se désertifient et les agriculteurs sont même invités à pratiquer la jachère. Cette situation de crise économique fait partie du discours du système dominant et le choix d’une communauté à la campagne entend montrer qu’il est possible de raisonner différemment, de vivre à la campagne, même si cela doit remettre en cause certaines façons de penser des syndicats complètement sclérosés aujourd’hui. En s’appuyant sur l’abandon du salariat et en préférant la notion d’effort librement consenti, le choix de ses activités, la communauté de Longo Mai provoque une rupture dans la logique actuelle du travail. Elle reprend aux anarchistes le fait que l’on n’est pas sur terre pour travailler et qu’il est plus important de faire la fête. Sans vivre somptueusement, une visite de la communauté montre qu’à l’évidence la communauté a su développer une certaine richesse : les bâtiments reconstruits en pierre sont magnifiques… même si l’on n’y retrouve évidemment pas tous les gadgets de la société de consommation. Sobre, mais beau.

12482342

En effet, cette communauté est d’abord un « mouvement politique » qui ne vit pas non plus coupé du monde puisque la plupart des personnes de la communauté sont engagées dans de nombreuses associations… Les jeunes de la communauté pensent déjà au futur et sont beaucoup plus impliqués dans certains domaines comme la permaculture, biodiversité, autonomie…. et luttent fermement contre les routes bétonnées, les aéroports qui se construisent….

Une communauté qui a le mérite d’avoir des valeurs, des engagements et un style de vie simple mais épanouissant. Pas de quoi faire peur à nos grandes industries du pétrole ou autres qui ravagent notre terre, tuent des gens par milliers et détruisent notre écosystème… Merci à cette communauté de nous redonner de l’espoir…

Éveillez vos consciences avec votre Livre-Journal La Relève et La Peste N°1

Crédit Photo : Gérard Bonnet

Sources : Le Temps / La Marseillaise / Longo Maï

~ Partagez ~

JARWAL LE LUTIN : Commentaire (2)

Par Le 07/03/2016

Je suis retombé sur ce long commentaire écrit par Marie-Christine Dehove, fondatrice du site

: frenchwritersworldwide.com

 

Un commentaire digne d'une analyse littéraire et c'était un grand bonheur. Je la remercie de nouveau.  

Avec un supplément sous forme de mots croisés pour les enfants lecteurs !

J'aurais bien aimé que l'histoire se prolonge, que les autres tomes soient publiés...

Encore un roman disparu, à peine mis au monde.

Je me dis qu'il faudra bien que je reprenne tout ça...Ce lutin qui a encore tellement de choses à raconter. Quatre tomes sont achevés. Rangés dans un tiroir.

 

Jarwal le lutin. tome 1

 

 ROMAN JEUNESSE de Thierry Ledru.

 http://www.frenchwritersworldwide.com

 

 

"Il suffisait d’écouter les discussions des arbres pour connaître les moindres détails de la vie de la grande forêt. Le bruissement des feuillages emplissait l’air de confidences.

Ce matin-là, il cueillait des myrtilles sous le sommet du Chapotet quand un murmure gonfla au cœur des arbustes.

Le lutin Jarwall mit ses pensées de côté, tendit l’oreille et peu à peu le message s’éclaircit.

Les grands hêtres et les châtaigniers près du torrent racontaient que trois enfants, Marine, Rémi et Léo, voulaient atteindre le sommet de la montagne."


 

Dès que vous ouvrez ce livre, un bol d’air frais et vivifiant vous envahit, vous respirez mieux, votre rythme cardiaque s’apaise comme si vous caressiez votre chat, vos pensées sont imprimées des fleurs sauvages des montagnes, vos souvenirs de promeneurs remontent à la surface et vous avez envie d’y entrer à pieds nus… 

«Gwendoline, l’amour de sa vie, elle était si inventive, chantonnait à longueur de journées, avec le vent dans les arbres, avec le silence des sous-bois, les mélodies des insectes, elle bourdonnait avec les abeilles, récitait des poésies aux fleurs, parlait aux nuages, écoutait leurs histoires dans la pluie qui tombe, leurs voyages autour de la terre, les grandes traversées au-dessus des océans, par-delà les montagnes, elle traduisait les chants des torrents, elle apprenait l’histoire du monde dans les murmures des fossiles, cueillait les plantes en les remerciant pour les tisanes et les soins qu’elle prodiguait, elle caressait les écorces et posait son oreille sur les troncs, partageant avec eux les mémoires de sève, et toujours ce rire dans ses yeux, cet éblouissement infatigable pour les beautés du monde, cet amour de la vie… »

 

Thierry Ledru dans son premier tome « Jarwal le Lutin » propose aux enfants, un parcours initiatique, un chemin de vie, sentier de montagne à travers une trouée de verdure gorgée de soleil.

Il fait découvrir aux enfants le sens caché des choses et des mots, en utilisant l’observation de phénomènes naturels simples.

Thierry Ledru, nous présente les mots comme des êtres à comprendre.

Le sens de la lumière, rayons du soleil indispensables « la vie végétale sous toutes ses formes tendait ses fibres affamées vers l’astre pour montrer aux humains la voie à suivre » mais aussi «  la lumière ( /la vérité) peut aussi être un danger, quand on ne sait pas la recevoir, certains se sont crû prêts et sont devenus fous. »

Une lumière trop forte nous aveugle, certains croient que le progrès est une lumière favorable, ils n’ont pas su apprendre l’essentiel. "Ils ont détourné la lumière et ils ont fini par penser qu’elle venait d’eux ! " .

 

Il leur fait comprendre que nos pieds nous rattachent à la terre ( attraction de la terre) mais que la tête est attirée par le ciel et que cette attirance devenant désir de curiosités intelligentes est le départ d’une évolution spirituelle.

Les commentaires des enfants sont des signes audibles de leur compréhension.

Léo : "Pourquoi ne pas parler à tout le monde ?" Marine : " Parce que nous serions pourchassés, Léo .Regarde les peuples minoritaires qui peuplent encore cette planète, ceux qui sont encore en contact avec la Nature, ceux qui l’aiment et la respectent. Ils sont parqués, humiliés, exterminés parfois, beaucoup ont même déjà totalement disparu" p 37

Rémi : « les pommes que l’on mange en montagne après l’effort sont meilleures que celles que l’on mange à la maison.. » p31 En s’investissant dans le moment présent, on ne vit pas de l’attente d’une chose que l’on espère...Restez dans l’attente c’est perdre son temps dans la fuite en avant.

Thierry Ledru  explique aux enfants que nos pensées construisent la réalité.

Marine : " Beaucoup de choses sont possibles, sauf celles qu’on juge impossibles".

Dans son livre, les enfants sont considérés comme des personnes à part entière, ils ne sont pas ‘trop petits’ pour comprendre et on ne leur dit pas : « on t’expliquera plus tard quand tu seras grand…»

Non avec Jarwal, le lutin, tous ces moments d’étonnements magiques, sont des énergies fondatrices. Un silence interrogatif, des réflexions secrètes au cœur de chacun…

En lisant Jarwal vous avez là une double lecture, à la fois vous lisez le livre de Thierry Ledru, mais aussi le Livre dont Jarwal est le gardien.

Dans le roman de Thierry on apprend que Jarwall cherche des êtres qui sont prêts à changer de vie et qui respectent la nature et à ne pas oublier le Petit Peuple.

Au moment où Jarwal ouvre son propre Livre, remède universel et voie de Sagesse, les enfants deviendront des portes-paroles qui raconteront les Histoires ( de Jarwal) et seront un relais contre l’oubli et l’effacement du Livre.

Dans ce roman il n’y pas que l’auteur qui écrit, chaque enfant qui participe en mettant ses pas dans ceux de Jarwal, est l’auteur de sa propre histoire parce qu’il a eu la liberté de choisir sa voie.

Par cette idée remarquable, Thierry Ledru, comble le fossé entre le passé et le futur, il rapproche invisiblement les générations les unes des autres. Car nous aussi lecteurs, nous faisons partis du relais et nous devenons aussi des portes-paroles, conscience remuée par les questionnements du progrès, de l’humanité lancée dans une course folle, nous sommes comme les diffuseurs d’huiles essentielles, huile de la sensibilité du Vrai Regard.

Asseyez-vous sur une grosse pierre plate à côté des enfants… des galettes de châtaignes et un mélange de fruits des bois dans un petit pot en terre, précieusement fermée par un chapeau de feuilles séchées, et lisez Jarwal racontant son histoire…

 

 

image: http://www.frenchwritersworldwide.com/images/stories/imgthledru/image3jarwallelutin1.jpg

 

 

Après votre lecture, chacun profitera de l’intermède pour changer de position et glisser un vêtement sous ses fesses, buvez une gorgée d’eau fraîche et grignotez un biscuit tout en cliquant sur le livre de Jarwal… Avez-vous bien lu, les enfants ?

 

 

Crossword Jarwal le lutin

Ton ami Jarwal te propose un jeux.

Mots croisés de Jarwal Le Lutin (Tome 1)

crosswords Jarwal

1.Roche volcanique noire ou grise que Gailhart avait trouvée.

2.Avide de savoir, de connaître, d’apprendre.

3.Nom du cheval de Marine.

4.Substance destinée à combattre les effets d’un mal ou d’un poison.

5.Chacun des changements successifs d’un phénomène.

6.Etre surnaturel – talent.

7.Indispensable, fondamentale.

8.Série, ordre liaison logique, conséquence.

9.Condamne le Livre à l’effacement.

10.Quel est le plus puissant des remèdes pour Jarwal ?

11.Quel est l’ennemi qui conduit les humains à quitter la nature ?

12.Ensembles des phénomènes qui évoluent de la naissance à la mort.

13 Celui qui est instruit d’un secret ou d’un art. – Talents innés.

15.Quel Conseil a décidé d’entrer directement en contact avec les humains ?

A. Avec sentiments. – supposition.

C. 4 ème lettre de l’alphabet grec.

H. Passage et circulation de substances entre une cellule et le milieu extérieur.

I.  Personne choisie pour sauver le Petit peuple – Donnes accès.

K. Interruption, entracte.

O. Sommeil profond, anormalement continu, avec relâchement musculaire.

Les solutions aux mots croisés de Jarwal tome 1

solutions mots croisés jarwal 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le monde vicié du pouvoir. (politique)

Par Le 07/03/2016

 

Deux ans que je ne suis plus enseignant. S'y ajoute désormais une honte de ma nationalité. Il me devient douloureux aujourd'hui d'être identifié à ce pays. Les gens qui nous gouvernent me révulsent et comme je ne peux rien faire contre eux, il me reste comme solution de m'identifier uniquement à l'humain et non plus à cette nation car ces gens-là n'ont rien d'humain. Ils ne sont que des marionnettes sordides, pitoyables, nauséabondes, pestilentielles, des esprits contaminés par la soif de pouvoir et la volonté d'enrichissement personnel, la gloriole égotique d'un monde ancien. Je rejette intégralement  ce monde vicié et pervers et je ne souhaite que son effondrement. 

 

 


 

François Hollande a remis la légion d'honneur au prince héritier d'Arabie saoudite

 Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 
François Hollande recevant le prince héritier saoudien Mohammed ben Nayef ben Abdelaziz Al Saoud à l'Elysée le 4 mars 2016.

François Hollande recevant le prince héritier saoudien Mohammed ben Nayef ben Abdelaziz Al Saoud à l'Elysée le 4 mars 2016.

 

AFP/ STEPHANE DE SAKUTIN

Mohammed ben Nayef, prince héritier d'Arabie saoudite, s'est vu remettre la légion d'honneur vendredi 4 mars par François Hollande à l'Elysée.

L'Elysée a confirmé l'information de l'agence de presse saoudienne SPA. Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Nayef, également ministre de l'Intérieur du royaume, a bien été décoré de laLégion d'honneur vendredi 4 mars par le président François Hollande, a indiqué l'Elysée ce dimanche. 

LIRE AUSSI >> Arabie Saoudite: révolution au palais des Al-Saoud 

Cette visite, inscrite à l'agenda présidentiel, n'avait fait l'objet d'aucune communication de l'Elysée vendredi. Cette décoration a suscité de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, alors que depuis le début de l'année, le régime saoudien a procédé à 70 exécutions, la dernière ayant eu lieu ce dimanche avec la décapitation d'un Saoudien condamné à mort pour meurtre. En 2015, 153 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite, selon un décompte fondé sur des chiffres officiels, un niveau inégalé depuis 20 ans dans ce royaume ultra-conservateur régi par une interprétation rigoriste de la loi islamique. 

"Une pratique protocolaire courante" selon l'Elysée

Le prince héritier a reçu cette décoration "au titre de personnalité étrangère, une pratique protocolaire courante", a souligné l'entourage de François Hollande. Le président de la République avait lui-même été "décoré de l'ordre suprême du Royaume" lors d'une de ses visites en Arabie saoudite, a-t-on rappelé de même source. La France entretient des relations très suivies avec l'Arabie saoudite, allié important en Syrie dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) et avec lequel Paris a conclu d'importants contrats d'armement. 

 

De royales allégeances (politique)

Par Le 06/03/2016

 

Tous les gens censés savent très bien que les décisions évoquées dans cet article ne sont pas dues à une éventuelle intelligence de Mme Royal mais uniquement aux diverses allégeances envers les financiers et le monde politique. 

Pitoyable. 

Je n'arrive pas à comprendre comment ces individus arrivent à se supporter eux-mêmes, comment on peut tomber aussi profondément dans la fange excrémentielle des intérêts personnels, des plans de carrière, de l'enrichissement, de l'ego, de la suffisance et du mépris ...

 

Je n'ai plus de colère, juste du dégoût. 

 

Ségolène Royal lors d'une conférence de presse à Paris, le 9 février 2016 (WITT/SIPA)

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1490531-nucleaire-biodiversite-l-ecologie-de-segolene-royal-ou-l-art-d-avoir-tout-faux.html

  

Prolonger de 10 ans la vie des centrales nucléaires françaises : en voilà, une idée qu’elle est bonne ! Intelligente, audacieuse, grosse d’un avenir radieux…

 

Tuer tous les loups : en voilà un plan qu’il est indispensable pour notre élevage ! Innovant, réfléchi, rationnel, en aucun cas démagogique…

 

Madame Ségolène Royal propose de placer nos centrales atomiques en soins intensifs. Elle ferait mieux de les transférer dans une unité de soins palliatifs. Prémices à la mort attendue d’une filière que certains, jadis, avaient pu qualifier d’"excellence" !

 

Non contente d’avoir ordonné l’exécution de 36 loups en 2015 (alors que la population de l’espèce est en régression : autour de 300 sujets), madame Royal s’apprête à entériner le fait que plus de 40 de ces animaux ont été réellement flingués cette année. Elle semble même avoir déjà accepté un contingent de massacre en augmentation de 6 (ou de 10 ?) unités pour 2016.

 

Un changement de titre ministériel inquiétant

 

Madame Royal a un problème avec la nature, avec les écosystèmes, avec la question des énergies. Examinons son cas en le replaçant dans le contexte. Lors du récent remaniement gouvernemental, cette femme politique a changé son intitulé officiel. Elle était "ministre de l’Écologie" : au moins, c’était clair. L’écologie est une science, on peut s’en inspirer, y compris dans les lieux du pouvoir. Elle s’enorgueillit à présent d’un titre plus long à écrire, mais qui n’a aucun sens : "ministre de l’Environnement".

 

Je rappelle que l’homme n’a pas un "environnement". Il fait partie d’une biosphère, d’une sphère de la vie dont il n’incarne qu’un élément, probablement pas le plus important. L’Homo sapiens ne s’agite pas comme un acteur shakespearien sur une scène de théâtre, avec en arrière-plan un décor, un "environnement" qu’il pourrait larder de coups de poignard sans en subir les conséquences. Il dépend de milliers d’interactions entre le soleil, la terre, l’eau, les flux d’énergie, les microbes, les végétaux, les animaux. S’il persiste à la jouer "perso" (en multipliant les saccages et les pollutions), cela finira mal.

 

Ce changement de titre ministériel est inquiétant. Madame Royal pratique l’"environnementalisme" aux dépens de l’écologie.

 

La biodiversité selon Royal ? Un biocarnage

  

Dans le domaine de la biodiversité, elle devient insupportable. Elle dit "amen" à toutes les requêtes de battues, piégeages, "prélèvements", "régulations" et autres "tirs d’effarouchement" formulées par le lobby hyperactif et volontiers violent des chasseurs. Elle accepte (y compris en fermant les yeux) que ceux-ci exterminent non seulement les loups et les lynx, mais les vautours, les renards, les blaireaux, les fouines, les sangliers, les corbeaux, les étourneaux, les cormorans, les goélands, les oies bernaches, demain les grues cendrées, les cigognes, les ortolans, pourquoi pas les mésanges ?

 

La bouche de notre ministre de l’Environnement a appris à formuler le mot "biodiversité". Mais on peut prononcer un mot sans le comprendre. La biodiversité selon Royal ressemble à un biocarnage.

 

Sur le nucléaire, des objectifs pas tenables

 

Au chapitre du nucléaire, notre "ministre de l’Environnement" n’est guère plus inspirée. Sa décision d’offrir aux réacteurs atomiques français un sursis de 10 ans est motivée par deux idées.

 

Primo, que la France conserve un outil de production qui a fait ses preuves, même si la loi de transition énergétique exige que la part du nucléaire dans le "paquet électricité" national passe de 75% aujourd’hui à 50% en 2025. Et, secundo, que les Français bénéficient, grâce à la bonne fée Électricité de France, d’une électricité "peu chère".

 

Ces deux objectifs ne sont, hélas, pas tenables. Pour rénover et conserver un parc nucléaire en état normal de fonctionnement, EDF devrait investir 100 milliards d’euros d’ici à 2030. Or, la firme est prise à la gorge : elle n’a plus d’argent. Pour en gagner, elle devrait augmenter fortement ses tarifs, ce qui serait contradictoire avec le "secundo" de la ministre.

 

Il faut fermer les centrales, et non les réparer !

 

La filière nucléaire française va mal. Mais qui pourrait la soigner ? EDF est gravement malade. Sa demi-sœur, Areva, se trouve à l’agonie. EDF a reçu la mission de sauver cette dernière en lui rachetant ses réacteurs… Mais la filière "révolutionnaire" EPR, dans laquelle les deux firmes sont impliquées (en Finlande, à Flamanville et ailleurs), constitue un gouffre sans fond, un tonneau des Danaïdes où les milliards d’euros perdus s’ajoutent aux milliards d’euros engloutis.

 

Madame Royal ne dit rien de la contradiction qui existe entre le projet d’abaisser de 75 à 50% la part du nucléaire dans le "paquet électricité", et la volonté de rénover le parc vieillissant de nos réacteurs. Si nous voulions respecter les objectifs pourtant modestes de la transition écologique, nous devrions fermer 17 de ces grosses machines, et non pas les réparer toutes !

 

Ségolène Royal affirme, pour conclure, qu’elle ne prendra aucune décision sans l’avis positif de l’Autorité de sûreté nucléaire (l’ASN). Encore heureux : ce n’est que la loi ! La ministre de l’Environnement n’a aucune compétence juridique pour décider dans cette matière.

 

Biodiversité, nucléaire : Ségolène Royal a tout faux

 

Madame Royal a, pour le moment, tout faux…

 

Au chapitre de la biodiversité, je lui dis : laissez vivre nos frères animaux, dont nous avons besoin pour être heureux en conservant notre âme d’enfants.

 

En matière nucléaire, je lui conseille de regarder la situation sans œillères. D’un côté, il y a le gouffre financier de la mise sous perfusion de plus d’une cinquantaine de réacteurs brinquebalants et potentiellement dangereux ; de leur passage en unité de soins intensifs… De l’autre, il existe une possibilité de regarder réellement vers l’avenir – à l’horizon de l’écologie, la vraie…

 

Si la France dispose de quelques finances, je recommande que nous les investissions résolument dans les énergies renouvelables. Celles du vent, du soleil, de la géothermie ou de la biomasse ; sans oublier celles de la mer (vagues, courants, gradients de températures ou de salinité) que, voici plus de 30 ans, nous préconisions déjà d’adopter avec le commandant Cousteau…

YVES PACCALET


 

"Je serais tellement plus utile au chômage" (société)

Par Le 06/03/2016

« Je serais tellement plus utile au chômage »

PAR JÉRÔME CHOAIN

  • Poster

  •  

Notre société marche sur la tête. Un seul objectif : le plein emploi. Sans se demander si les activités créées sont utiles à la société, ou si elles sont nuisibles. Être rentable et « booster la Sainte Croissance » est devenu plus important que de donner du sens au travail. « A chaque fois que je pensais à quelque chose d’utile à la société, c’était impossible de pouvoir en vivre », explique Jérôme Choain. Témoignage de cet ingénieur qui a décidé de vivre et travailler autrement.

Je suis exaspéré. Si, si.

Je n’entends parler que d’emploi. C’est devenu l’étalon or, la justification absolue, le fourre tout. Pas une émission, pas un discours politique sans que cela ne dirige les débats. On se moque de l’intérêt des choses, on ne compte que les emplois. Et en plus on compte mal, souvent on ment.

J’ai 45 ans, je suis né en 68, année de certains rêves. Je suis à peine plus vieux que le premier choc pétrolier, je n’ai entendu au cours de ma vie que des encravatés me dire qu’ils se battent pour la croissance et l’emploi. Et je n’ai jamais connu que le chômage de masse et la décroissance de mon environnement.

Reconnaissance sociale

On a besoin d’argent pour vivre, soit. On a besoin de faire des choses pour s’épanouir, je le pense. Mais quel rapport avec l’emploi ? Pourquoi est-il si profondément ancré en nous que c’est une valeur ? J’ai bien une idée, mais on va tomber dans le subjectif et je voudrais être consensuel aujourd’hui.

Restons-en donc aux faits. Qui pourrait dire qu’un employé de nos armuriers qui travaille pour un gras salaire sur les mines anti-personnelles ou les armes biologiques est plus utile à la société que M. René, chômeur senior sans espoir de retour à l’emploi et qui passe son temps a donner du soutien scolaire à nos enfants ?

Notre société nous éduque à lui nuire

Je suis ingénieur. On m’a donné un diplôme qui, sans me protéger de tout, me donne toutes les chances. Et je m’en suis servi : j’ai tout. En tout cas, j’ai tout ce qui pour moi fait une vie bien privilégiée, je ne souhaite rien de plus. Quand je regarde mes amis ingénieurs, l’immense majorité travaille, comme moi il y a peu, pour des grosses boites et mettent leur « génie » au service d’empires économiques sans avoir la moindre maîtrise de ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Quand tu penses que des ingénieurs travaillent à l’obsolescence programmée, et on nous dira qu’il n’y a pas de sot métier.

Il y a deux ans ma femme et moi avons pris une décision un peu folle : tout larguer pour aller s’installer au bord de la mer. La chance a été de la partie : un ami m’a offert un emploi de rêve, je travaille de chez moi sur des choses que j’aime. Le pied absolu.

Cela n’empêche que je me suis posé beaucoup de questions à cette époque sur ce que j’allais faire de ma vie. Je débarquais dans un environnement de rêve, mais quitter un boulot stable de cadre en région parisienne pour aller s’enterrer au fond du Morbihan, ce n’était pas très responsable en terme de carrière...

J’ai encore des proches qui croient que j’ai fait ça pour faire plaisir à ma Dame. Ils n’imaginent pas que c’est moi qui ai eu l’envie, celle de changer d’air, de quitter ce cirque insensé où je fanais.

Lorsque je suis arrivé, tout à mon émerveillement, j’étais plein d’envies, de volonté de faire quelque chose de bien. J’ai pensé à 10 000 trucs pour mettre mes modestes connaissances au service de la commune, de l’école, du collège, des vieux... Et le constat est simple : à chaque fois que je pensais à quelque chose d’utile à la société, c’était impossible de pouvoir en vivre. Et tous les trucs qui me semblaient avoir une chance de marcher étaient au mieux inutiles, plus souvent nuisibles. Donc hors de question.

Pourtant, il y en a des choses à faire pour booster la société. Pour ne parler que de mon domaine, les développeurs pleins d’envies et de générosité sont légions. Ils sont capables de grandes choses. Ceux qui ne connaissent pas ce monde n’imaginent peut-être pas à quel point ils sont capables d’aider la communauté dans tous les aspects de la vie quotidienne.

Mais toute cette énergie, toute cette puissance est mise au service de la marge à deux chiffres. L’immense majorité de ces artisans du futur finiront dans de tristes gratte-ciels à développer une technologie rentable pour les actionnaires, parfois nuisible, en tout cas éloignée de toute considération pour l’intérêt général. Un seul coupable : l’emploi et donc la soumission comme unique perspective de revenus. Je sais, il existe aussi des entrepreneurs. On en parlera peut-être une autre fois.

Tant qu’on nous éduquera dans l’espoir d’avoir « une belle situation » (entendez « grassement payée », pas « noble métier »), ça ne risque pas de bouger.

Être ingénieur, ce pourrait être beau. Innover, inventer pour libérer les hommes du travail abrutissant, ce serait grand. Le faire pour pousser massivement les gens au chômage, c’est une honte. J’entendais récemment Fleur Pellerin déclarer tous sourires numériques déployés que « les petits emplois c’est fini, on ne peut pas rivaliser avec les pays émergents, il faut développer les hautes technologies et les emplois hautement qualifiés ». Ah oui ? C’est une ministre socialiste qui nous chante ça ? Et on fait quoi des gens « non qualifiés » ? Tout le monde à la poubelle ? Concrètement oui, c’est bien ce que nous faisons. Et comme les dirigeants sortent exclusivement des zones « qualifiées », on continue le massacre dans des rêves illusoires de formation professionnelle qui vont élever le bon peuple.

Émancipation

J’ai travaillé 17 ans dans l’automatisation de tri postal. De merveilleuses machines qui mettent tellement de postiers au chômage. J’ai toujours eu l’utopie de la machine qui libère l’homme. Mais le temps a passé et j’ai bien dû me rendre compte que tout mon travail ne participait qu’au bénéfice exclusif de mes patrons. Et au mien, bien sûr. J’ai vraiment cru que ça changerait, que la révolution numérique mettrait un peu de temps à être comprise. Mais après toutes ces années, pas l’ombre d’un début de prise en compte de cette nouvelle réalité : l’emploi disparaît.


Tout ceci n’empêche que le bilan que je tire modestement de ma petite expérience de vieux (j’ai appris récemment qu’à 45 ans, je passais professionnellement dans la rubrique senior) est raide : nous marchons sur la tête. Au prétexte de booster la Sainte Croissance qui seule saura apporter le bonheur aux petites gens, nous avons appris à être rentables. Méritants, dit-on dans le jargon politique, ultime hypocrisie. Tout ça pour qu’au final des jeunes rêvent de devenir footballeur ou rock star de la télé réalité. Tu parles d’un mérite.

Il faut se libérer de l’emploi, je ne sais pas si c’est par le Revenu de Base, le Salaire à vie, ou d’autres propositions, mais il existe des pistes de réflexion dont on n’entend jamais parler chez Pujadas. On continue de gaspiller des milliards à subventionner des pans entiers de l’économie dont l’activité est in fine nuisible à la société, tout cela soi-disant pour l’emploi.

Si les bonnets rouges pouvaient vivre sans être « obligés » de nuire à l’environnement breton, il n’y aurait plus de bonnets rouges. Mais faut bouffer, et donc l’intérêt général se sera pour plus tard, encore une fois.

Jérôme Choain

Voir le blog de l’auteur

Photo extraite du film Brazil de Terry Gilliam (1985)
Vidéo : intervention de Paul Jorion, chercheur en sciences sociales, au cours d’une émission de Ce soir ou jamais (France 3)

10696410 702887309801344 2763377822920728155 n 1

"Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale que d'être adapté à une société malade.

KRISHNAMURTI

Un million.

Par Le 06/03/2016

Un million de pages lues sur mon blog depuis l'ouverture.

 

Libérer les pensées. (spiritualité)

 

Le premier texte.

La source du travail.

Je savais ce que je voulais établir au regard de la dimension spirituelle.

Une introspection lucide et appliquée, hors du chaos habituel des pensées insoumises.

Apprendre à m'asseoir dans le calme intérieur comme au sommet d'une montagne. Lorsque le flux des pensées a coulé dans la sueur de l'effort.

Grimper en soi avec un objectif précis, sans quitter l'axe de la voie.

Et une fois, le sommet atteint, observer les horizons et identifier la prochaine sortie. 

Parce que le monde réel est un tremplin continuel.

Rien n'est jamais fini.

Même la mort sera l'opportunité d'un sommet.

Sans pour autant que j'en connaisse déjà l'horizon offert.


 

ADDENDUM à 11h..

4500 pages lues depuis minuit avec 60 visiteurs....Euh, comment dire, ça fait 75 pages lues par visiteurs....Parfois, je me demande vraiment si le compteur n'est pas alimenté par des "robots"...Je sais que sur les moteurs de recherche, certains mots clés sont immédiatement identifiés et signalés...Terrorisme, juifs, shoah, islamistes, daesch, attentats, Valls, anarchie, Palestine, Arabes, antisémite, etc etc etc....

Je me souviens très bien qu'après les attentats de Merah, j'avais écrit plusieurs articles et que le compteur était devenu un vrai ventilateur....Deux mille pages lues par jour au lieu de 500 en moyenne.

Il s'est passé la même chose en février dernier avec 4000 pages lues par jour pendant une semaine.....J'aimerais comprendre....


 

Expériences paranormales (spiritualité)

Par Le 05/03/2016

Expériences paranormales : difficile d’en parler

Communication avec les défunts, sorties de corps, télépathie… Pas simple, pour ceux qui vivent ces phénomènes, d’oser la confidence sans craindre d’être pris pour des fous. Un groupe de psychologues propose de les écouter sans les juger.

http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Personnalite/Articles-et-Dossiers/Experiences-paranormales-difficile-d-en-parler/4Je-sais-que-mon-fils-est-vivant

Sylvain Michelet

 

Sommaire



 

Il y a vingt ans, après une chute accidentelle, je me suis soudain retrouvé hors de mon corps, observant depuis le plafond les gens qui s’affairaient autour de moi. Ensuite, ma vie a défilé devant mes yeux, j’ai eu l’impression d’entrer dans un tunnel sombre, débouchant sur une lumière bienfaisante… et j’ai réintégré mon corps ! » Il a fallu des années à Jérôme, 35 ans, cadre dans une grande organisation internationale, pour accepter de raconter ce qu’il appelle sa NDE (near death experience, « expérience de mort imminente »).

 

« Quand j’en ai discuté avec le médecin qui m’a réanimé, elle m’a dit que c’était le contrecoup du choc ou un délire provoqué par la production d’un cocktail anarchique d’hormones et de neurotransmetteurs qui se manifeste lors de certaines syncopes. J’ai eu beau rétorquer que cela n’expliquait pas comment j’avais pu la voir en train de me réanimer comme si j’étais un simple spectateur, ni comment je pouvais décrire cette scène en détail, elle n’a rien voulu entendre et m’a donné des tranquillisants. » Jérôme a donc préféré se taire – et garder pour lui les « sorties de corps intempestives » qu’il a vécues ensuite : « Au début, j’ai eu peur et j’ai tout fait pour les ignorer en me plongeant dans mes études, confie-t-il.

Comme les crises revenaient environ une fois par an, je suis allé voir un psychiatre. J’ai eu le malheur de mentionner que j’avais l’impression, dans ces moments-là, de me “projeter” dans un objet proche – par exemple, un arbre –, et de pouvoir ressentir ce qu’il percevait. Le psychiatre m’a demandé si je me droguais ! Puis il m’a prescrit des anxiolytiques, tout en me prévenant contre un désir inconscient de toute-puissance, possible précurseur d’une dissociation de ma personnalité. Je suis sorti de là terrifié, me voyant déjà schizophrène à l’asile. » Depuis, la réussite de sa carrière a rassuré Jérôme sur sa santé mentale, mais il continue à redouter le retour de ses « crises ».

L'étrange dérange

A DÉCOUVRIR

Un manuel pour mieux comprendre

Association créée en 2007, l’Institut de recherche sur les expériences extraordinaires (Inrees) compte près de deux mille membres. Il a recueilli de nombreux témoignages et a reçu le soutien de thérapeutes d’avant-garde, tel Stanislav Grof, père de la psychologie transpersonnelle. Son ambition : créer un réseau de thérapeutes ouverts à ces sujets, voire organiser un cycle de formation. Il publie ce mois-ci un livre destiné aux thérapeutes comme à tous les curieux. Rassemblant les travaux de plusieurs spécialistes et passant en revue toutes les catégories de phénomènes, ce Manuel cliniquedes expériences extraordinaires(dirigé par Stéphane Allix et Paul Bernstein, Inrees-InterÉditions, à paraître le 21 octobre) présente les différentes interprétations possibles, les mécanismes psychologiques en jeu et leurs éventuels glissements pathologiques. 
Renseignements : Inrees, 67, rue Saint-Jacques, 75005 Paris. www.inrees.com

Si ces expériences sont souvent douloureuses à vivre, c’est parce que, selon notre conception de la réalité, elles ne peuvent tout simplement pas exister. Il se produit alors, chez les témoins, ce que la psychologie appelle une « dissonance cognitive » : entre croire ce qu’ils ont vécu et croire la science qui affirme que c’est impossible, que choisir ? Le dilemme peut être si fort qu’il provoque chez certains une perte de repères que John E. Mack, professeur de psychiatrie à l’école de médecine de l’université Harvard, aux États-Unis, qualifiait de « choc ontologique » – antichambre de la vraie folie. Pourtant, « les expériences extraordinaires arrivent plus fréquemment qu’on le croit, estime Patrick Clervoy, auteur des Psys en intervention (Doin, 2009), chef du service psychiatrie de l’hôpital d’instruction des armées Sainte- Anne, à Toulon. Mais, comme les chocs traumatiques, elles laissent aux gens l’impression qu’ils ne pourront jamais en communiquer la force et la teneur, qu’il faut les avoir vécues pour comprendre . Or, elles demandent, comme les chocs traumatiques, à être intégrées psychiquement, via un récit ». Encore faut-il que quelqu’un écoute ! Mais plus l’expérience est étrange, plus elle dérange nos esprits cartésiens, et moins l’écoute est au rendez-vous. Au malaise qu’elle provoque, s’ajoute alors la douleur de ne pouvoir être entendu.

Créé il y a deux ans, l’Institut de recherche sur les expériences extraordinaires (Inrees) propose de pallier ce manque d’écoute. « Le débat entre ceux qui croient à ces phénomènes et ceux qui n’y croient pas est stérile, affi rme son fondateur, Stéphane Allix, ex-reporter de guerre, auteur de La mort n’est pas une terre étrangère(Albin Michel, 2009). Les preuves que les uns pensent apporter sont rejetées par les autres au nom des théories classiques en vigueur. Notre ambition est de fédérer des professionnels de santé, pour offrir à ceux qui vivent ces expériences un cadre leur permettant d’être écoutés dans leur dimension essentielle : la dimension humaine. »

Car il ne s’agit pas de nier que ces phénomènes puissent être liés à des troubles psychiques bien réels. « C’est précisément pour cette raison qu’il faut écouter d’abord, sans idée préconçue », explique la psychologue et psychothérapeute Isabelle de Kochko, qui étudie, à l’Inrees, les phé no mènes de hantise et de possession. Si les « sorties de corps » de Jérôme ont été diagnostiquées comme présageant une possible schizophrénie, la communication avec un défunt peut facilement être confondue avec une psychose ou un deuil morbide, la possession avec une paranoïa ou un désordre de personnalités multiples – comme le rappelle le sociologue Paul Bernstein dans le premier chapitre du manuel de l’Inrees (encadré p. 98). Quant à la télépathie, la voyance ou la précognition, elles peuvent être prises pour des troubles bipolaires (les troubles bipolaires se traduisent par une oscillation perpétuelle entre un pôle dépressif et un pôle d’hyperexcitation).

Une prise de distance

Seule une écoute attentive permet d’éviter ces diagnostics précipités, en observant la façon dont la personne relate son expérience : en présente-t-elle le souvenir avec l’émotion qui devrait lui être liée ? Cherche-t-elle à tout prix à convaincre ? Vit-elle son quotidien de façon sensée ? L’écoute sans jugement, l’ouverture d’esprit, la prise de distance face à nos a priori permettent au témoin de faire un lien entre son expérience et un éventuel trouble psychique, et d’en tirer un bénéfice personnel. « C’est un moment pathologique, pas une pathologie, souligne la psychologue et psychanalyste Djohar Si Ahmed, auteure de Comment penser le paranormal (L’Harmattan, 2006). Il peut se révéler constructif s’il est bien intégré, car il n’affecte pas la personnalité. »

Ariane, ostéopathe de 26 ans, qui a des visions depuis son adolescence, le confirme. « Les premières fois, j’ai eu très peur, raconte-t-elle, mais quand j’ai vu les réactions de ma famille – silence, regards fuyants… –, j’ai compris que je ne pouvais en parler qu’à très peu de gens. » Plus tard, Ariane s’est découverte capable de percevoir les douleurs physiques d’autrui. « Mais ce n’est qu’aujourd’hui, diplôme en poche et plus sûre de moi, que je commence à explorer ce qui est peut-être un don de guérisseuse », déclare-t-elle. La rencontre de personnes ayant vécu des expériences semblables et de chercheurs apportant différents schémas d’explication la conforte dans cette voie.

Je sais que mon fils est vivant

Directeur artistique, Christophe a perdu l’un de ses deux fils, mort à 16 ans dans un accident. Les signes étranges survenus alors ont bouleversé son esprit rationnel, mais ses proches ne l’ont pas compris.

« Trois jours après la mort d’Antoine, j’ai aperçu une petite boule lumineuse qui brillait au-dessus de mon lit. Je suis plutôt rationnel et, à l’époque, je cultivais ce que l’on pourrait appeler un “matérialisme indifférent” : Dieu, l’au-delà, la communication avec les morts et les phénomènes de ce genre me semblaient inconcevables. Mon fils était mort, point final. Ce matin-là, j’ai quand même vérifié les rideaux, la fenêtre… J’étais trop effondré pour m’étonner, m’inquiéter ou même réfléchir. Je me suis rendormi.

Le premier choc dans mes convictions est survenu trois mois plus tard. Toujours aussi malheureux, ma femme et moi étions dans la chambre d’Antoine quand j’ai reçu deux coups derrière la tête. J’ai regardé derrière moi en disant : “On m’a frappé !” “C’est peut-être Antoine”, a lancé Marianne. “Peut-être”, ai-je répondu, et on en est resté là. Croyante, quoique non pratiquante, Marianne lisait des livres sur l’après-vie, et je commençais probablement, inconsciemment, à accepter cette idée : elle adoucissait ma peine et avait le mérite d’apporter une explication – d’autant plus envisageable que ce geste “collait” avec la personnalité très “directe” d’Antoine.

Peu de temps après, Marianne m’a entraîné chez un médium. J’ai accepté d’y aller, par curiosité : peut-être cela me ferait-il du bien – j’allais tellement mal ! Mais j’étais très sceptique, pour ne pas dire critique. À tel point que je n’ai pas fait le rapprochement avec ce qui m’était arrivé quand, dès le début de la séance, le médium s’est penché en avant en disant qu’il venait de recevoir deux claques derrière la tête et qu’Antoine lui signifiait par là qu’il avait été tué sur le coup. Pour nous, ce fut d’abord un immense soulagement, car nous n’avions pas été autorisés à voir son corps et imaginions les pires scénarios. Ensuite, sans nous connaître, avec seulement la photo d’Antoine, le médium nous a dépeint sa personnalité, ses comportements, ses relations avec nous. “Talent de morphopsychologue ?” me suis-je demandé. Possible, mais comment expliquer qu’il décrive ensuite avec précision notre maison, ou l’absence de relation entre Antoine et ses grands-parents, ou encore un cadeau acheté pour sa petite amie qu’il nous enjoignait, selon le médium, de remettre à la jeune fille ?

J’étais à la fois impressionné, étonné, rassuré, soulagé. Consolé ? Non, on ne se remet jamais de la perte d’un enfant. Mais ma conception de la mort commençait à être sérieusement chamboulée, d’autant que les manifestations ont continué : bruits de pas, de portes qui claquent, objets qui disparaissent ou apparaissent, petits signes dont on peut toujours se dire qu’ils sont le fruit du hasard, mais qui finissaient par s’accumuler ! Cette “présence” me faisait du bien, mais cela n’empêchait pas les rechutes dans la souffrance, le retour des doutes, qui persisteront certainement toujours. J’ai alors essayé d’enquêter, de comprendre. Ces messages incompréhensibles sur mon téléphone portable, par exemple, pouvais-je en remonter la piste ? Peine perdue : selon mon fournisseur, ils n’avaient “aucune provenance”. Cette absence d’explication technique me donnait le droit d’adhérer à l’idée d’un clin d’oeil de mon fils, et cette idée me faisait plaisir, j’en étais parfaitement conscient.

Je regrette cependant que certains amis auxquels nous nous sommes alors confiés en soient restés à des remarques un peu condescendantes, du genre : “Si ça vous fait du bien, on est contents pour vous.” Refusant de considérer les possibilités que l’expérience ouvrait, ils ont d’abord tenté d’en réfuter la réalité. Puis, apprenant que nous allions voir des médiums et participions à des conférences, ils ont cherché à nous en dissuader, au nom du risque sectaire. Je sentais aussi que mon psychiatre ne souhaitait pas s’étendre sur ce terrain. Pourtant, et je le dois en grande partie aux personnes rencontrées à l’Inrees, même si je souffre, je sais que je ne suis pas fou. Je gère le quotidien aussi rationnellement qu’avant. Ma vie a changé, bien sûr : les petits soucis me paraissent aujourd’hui sans importance, et la réussite sociale sans intérêt. Je prêche pour davantage de tolérance, moins d’égoïsme et, sans pouvoir dire que je crois en un Dieu, je me suis ouvert à une spiritualité qui m’est propre. Je sais, pour l’avoir ressenti, que mon fils est “vivant”. Il m’arrive de penser que tous ces événements n’avaient pas d’autre but : me faire évoluer. »


 

Ex prof reconvertie (école)

Par Le 05/03/2016

Ex-prof reconvertie : « on peut changer de métier ! »

portrait-selma_2Suite du récit de Selma, l’ex-enseignante qui a monté sa boîte. Elle raconte pourquoi elle a bifurqué et son dépit devant une machine Éducation Nationale qui peut aller jusqu’à détruire les individus. Aujourd’hui, elle respire.

« C’est drôle parce que l’enseignement, un métier vécu comme difficile et mal payé, est souvent considéré comme une bonne planque. Tout le monde imagine que quand on commence à être prof, on ne quitte pas le navire. Partir « pour de vrai » suscite la stupeur, et la réprobation. Et cela, surtout au moment de démarrer le projet de reconversion.
Parmi les principales raisons qui m’ont poussée à partir, il y a d’une part l’incompatibilité totale avec un système qui ne me correspond pas. Je m’identifie à Bruno, l’ingénieur devenu sage-femme évoqué sur toutpourchanger.com qui a été rebuté par des méthodes de formation d’un autre âge : absence de confiance, trop de pression, comportements infantilisants. »

Une situation ubuesque

« Tout est quadrillé, ta « carrière » progresse avec… des notes, comme les enfants. La note et ton revenu sont limités par des échelons gravis ne manière automatique. Quelqu’un qui obtient une très bonne note devient « éligible au grand choix », mais comme il coûte plus cher, on lui baisse sa note afin de freiner l’augmentation du salaire. Ça m’est arrivé ! Une bonne technique pour démotiver les troupes…
Je ne sais pas bien pourquoi mais les enseignants sont si mal considérés que quand on leur demande ce qu’ils font dans la vie, ils s’excusent presque d’être prof.
On juge ceux qui partent comme « n’ayant pas la fibre », l’enseignement étant un métier « pas comme les autres », une sorte de « vocation » ou de sacerdoce. 50 heures de boulot par semaine payés 1 800 euros par mois pour un bac + 5 avec 8 ans d’ancienneté et la moitié des vacances passées à travailler ! »

De nouveaux horizons…

« Il y a un peu plus de deux ans, je suis passée au journal de 20h pour présenter mon projet d’entreprise. Je craignais tellement le jugement des collègues, des parents d’élèves, que je n’en ai parlé à personne ! Mais ce soir-là, la terre entière s’était donné rendez-vous devant France 2 : j’ai été surprise par les encouragements de 100 % des parents d’élèves et d’une partie de mes collègues. Ceux qui n’osaient pas le dire devant les autres, et qui m’ont félicitée à mi-voix, entre deux portes, m’ont beaucoup touchée.
J’ai entendu : « Si je savais ce que je voulais faire, je ferais comme toi, je partirais. »
Mais quand j’ai commencé à réfléchir, il  y a cinq ans, je ne savais pas ce que je voulais faire. Je savais juste que j’allais mourir d’ennui et de désespoir si je restais, à l’intérieur. C’est à peine une métaphore : la collègue avec qui je travaillais en binôme est décédée pendant l’année scolaire. C’était ma copine, elle avait 35 ans. Mon amie d’enfance a passé l’arme à gauche moins de deux mois après, elle avait 31 ans. Ce vécu-là me motive chaque matin car je sais que chaque journée peut-être un cadeau. »

Le secret

« C’est beaucoup plus facile de partir quand on a encore du plaisir à enseigner, et qu’on n’est pas plombé par le burn-out et la dépression. Je suis fière d’être partie avec de supers notes mais aussi des parents et des élèves qui me regrettent, et que j’avais plaisir à retrouver. Or je sais que dans 20 ans, je n’aurais pas eu l’énergie nécessaire pour faire en sorte qu’une trentaine d’enfants apprennent dans de bonnes conditions.
Il n’y a pas de formule magique pour aller d’un point A à un point B. Il n’y a pas de garanties non plus : on n’est pas sûr de réussir son premier projet. Mais si on continue à chercher, si on se fait accompagner, qu’on apprend de ses erreurs, on finit par trouver.
En attendant, quand on entre en classe le matin, on ne peut que se demander si dans dix ans, on se voit toujours à la même place… ou et regrettera peut-être un jour de ne pas avoir essayé un autre métier. »
Découvrez les conseils de Selma pour monter votre boîte.

Retrouvez Selma sur son blog !
Contactez  l’association www.apresprof.org qui vous accompagne dans vos projets de mobilité

- See more at: http://www.toutpourchanger.com/ex-prof-reconvertie-on-peut-changer-de-metier/#sthash.5IE37n8O.UnKaaWSR.dpuf

Liberté pédagogique (école)

Par Le 05/03/2016

Pour une anarchie éclairée de l'enseignement des lettres

FIGAROVOX/TRIBUNE - En pleins débats sur la réforme du collège, le professeur Antoine Desjardins revendique une liberté d'enseignement totale.


Antoine Desjardins est professeur de lettres, coauteur de Sauver les lettres: des professeurs accusent (Textuel), membre du Comité Orwell. Il soutient l'appel pour le rétablissement des horaires de français.


Je tiens à ma Liberté.

Raison pourquoi jamais je ne m'assujettirai à aucun «socle» ni à aucune «compétence».

Arrière, socles, compétences, et autres boutiquailleries mortifères! Arrière «projets» et «pilotage»! Arrière machins blêmes et sans âmes! Trucologie écervelante et inane! Lavage de cerveau totalitaire!

Mon projet - y compris pédagogique - est d'assassiner toutes les servitudes à venir, d'ôter le fer du pied des galériens petits et grands. De faire voir les mouettes circonflexes qui font de grands signes et écrivent des phrases trop longues, montrer aux enfants les daurades du flot bleu de Rimbaud, les poissons d'or, le rut des béhémots… ah ah! Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs, les panthères à peau d'hommes!

Ouvrir le compas des esprits par le moyen de l'apprentissage de la vraie belle langue, par le rêve éveillé de la lecture, par la maîtrise des bons instruments de la pensée.

Jamais je ne ferai d'EPI sur le régime de Madame Bovary, jamais Robinson Crusoé ne sera pour moi le prétexte à disserter sur l'habitat, le tri des ordures ni même la citoyenneté! Qu'on arrête d'insulter à l'intelligence et au goût! Qu'on cesse d'être ineptes et inaptes! Qu'on me fasse taire ces grandes têtes molles de la pédagogie low-cost la plus sinistre qui improvisent, probablement le couteau hiérarchique dans les reins, ces séquences interdisciplinaires idiotes, lauréates du concours Lépine de l'innovation absurde! Ce n'est pas possible d'être aussi passionnément attachés à liquider l'Imagination, le Beau, le Vrai et même l'Utile pour promouvoir la médiocrité et le chaos.

Autant couper aux ciseaux de cuisine les ailes des goélands!

Je préfère avoir raison avec l'enfant d'éléphant que tort avec Madame la directrice de l'enseignement scolaire, et autres gestionnaires du désastre ; je préfère les morves d'azur et les confitures exquises aux bons poètes à l'huile de foie de morue infecte (fût-elle interdisciplinaire) de Madame le Ministre, qu'on est priés d'avaler les yeux fermés.

Mes élèves n'auront pas d'iPad parce qu'ils n'en ont pas véritablement besoin. Comme les enfants de feu Steve Jobs, ils sauront très bien s'en passer.

Je refuse de travailler avec quiconque en «interdisciplinarité». Je veux travailler avec qui je veux, uniquement si l'envie m'en prend et si quelque affinité véritable, intellectuelle et culturelle se noue. Je rejette de toutes mes forces la logorrhée managériale épandue sur l'école, les sulfates et les pesticides immondes qui empoisonnent nos sources, défigurent les fruits de notre travail et de notre culture, travestissent ou édulcorent la vérité géométrique de nos campagnes, dénaturent le réel de l'instruction, trichent et truquent les récoltes, mentent sur le goût du raisin et la couleur des blés, uniformisent les rendements. Tromperie sur la marchandise, fraude, mensonge, packaging commercial, prostitution, racolage, manipulation des chiffres et des faits, monnaie de singe des diplômes, prêchi prêcha citoyen crypto-sectaire, embrigadement dans la bien pensance, je laisse tout cela aux pharisiens.

Je respecte la foi véritable, je hais les pharisiens qui n'ont que leurs grimaces et ne croient rien.

Je tiens à ma liberté dite pédagogique comme à la prunelle de mes yeux, comme à la prunelle des yeux de la chouette glaukôpis -aux yeux pers- celle de Minerve! La chouette du savoir, la chouette de la sagesse, qui prend son vol dans la nuit ...

Je hais aussi la plupart des didacticiens en chambre qui pensent pouvoir décoller artificiellement «l'apprendre à apprendre» de l'apprendre quelque chose . Apprendre est un verbe transitif direct qui crève de n'être pas complémenté, lesté, par un bon vieux complément d'objet. On apprend quelque chose bon sang! Et jamais on a vu quelqu'un apprendre en tournant en rond dans son ignorance, livré à lui même et autonome, ou bavardant dans un petit groupe.

Comme la conscience de Husserl est toujours conscience de quelque chose, on enseigne toujours quelque chose et non du vide. On donne l'alphabet grec, on fait traduire du latin.

Je ne ferai pas de grilles de mots croisés citoyens sur les ABC de l'égalité. Je ne ferai pas de «brainstorming» sur un «paper board». Je ne «finaliserai» rien. Je n'aurai pas d'»objectif» (on laisse cela à Auchan). Je ne «produirai» pas.

Mon seul objectif est d'augmenter par tous moyens la puissance d'être et d'agir (Spinoza) des élèves. Mon objectif est de rappeler à ceux-ci que l'humanité est faite de plus de morts que de vivants! Qu'il y eut un Ronsard, un Molière, un Condorcet, un Victor Hugo, un Jaurès!

Je préfère aller visiter l'Enfer de Dante qu'entrer dans un «référentiel»! Je ne sais pas ce que c'est et je ne tiens pas à le savoir. Je préfère que l'école devienne l'Abbaye de Thélème du savoir joyeux qu'une triste salle informatique offerte par Microsoft où l'enseignant deviendrait un moniteur ectoplasmique.

Je refuse d'être un exécutant avec sa feuille de route à émarger, ses cases à cocher. Je ne suis pas le poinçonneur des Lilas.

Je ne marche à aucun pas, surtout pas technocratique, bureaucratique, politique, numérique. J'em*** les gendarmes et la maréchaussée, les revizors, les torquemadas de la scientologie pédagogico-thanatophile en milieu industriel, les experts de la géolocalisation commerciale. Les administrateurs du néant posthumaniste.

Je n'aurai aucune «traçabilité» sinon dans le souvenir de mes élèves et dans les papiers de mes cours ou de mes notes.

Je pousserai parfois les élèves et les étudiants à écrire dans les marges. Je les étonnerai et je les déstabiliserai. Je leur apprendrai les meilleures prises de karaté rhétorique pour tordre les genoux de leur sous-chef de bureau tyrannique. Mes élèves veulent être des samouraïs du verbe, savoir manipuler le grand sabre de la langue, faire briller haut la puissance de la parole. Aiguiser leurs arguments, développer de longues parades complexes. Il leur faut la grammaire et tous ses exercices, il leur faut le vocabulaire, chatoyant, il leur faut la logique et le Logos.

Oui, ils veulent travailler, car ils savent que le travail est un trésor.

J'enseignerai le passé simple à tous, sans distinction d'origine et de religion! J'irai même jusqu'au subjonctif imparfait! Je ferai apprendre le Bateau ivre et goûter les préciosités de la langue de Madame de Sévigné. Je ne leur cacherai pas qu'Arthur ne savait pas se tenir à table, qu'il était provocateur et outrancier, qu'on peut avoir des semelles de vent et être pourtant un as de la grammaire et du latin: ceux à qui on apprend mal ou très imparfaitement la règle, ceux à qui on apprend le geste de la déconstruire avant même de l'avoir inculquée et d'en avoir fait comprendre le rôle et l'esprit, ceux à qui la Règle a été refusée, ne connaîtront jamais la jouissance de la transgression de celle-ci et la possibilité de subversion ne leur sera pas donnée.

Aucun excès et aucun paroxysme ne sont à redouter, aucune effraction à l'ordre du Symbolique et aucune jouissance: à peine une apparence d'égratignure. Le geste précis de la déconstruction suppose connue la logique qui a présidé à la construction. Il n'a rien à voir avec la destruction. On peut douter dès lors que nos élèves aient jamais la possibilité de rien déconstruire ni de porter un regard généalogique sur ce qu'ils font, sont, pensent, si l'on ne leur apprend pas d'abord, méthodiquement, systématiquement, progressivement comment les choses (et singulièrement la langue) sont construites. L'interdisciplinarité est une utopie universitaire quand on parle des fondements du savoir. Elle est immédiatement dévoyée.

Il est grand temps de changer de paradigme et d'aller vers une école démocratique de l'exigence pour tous, comme l'explique le sociologue et spécialiste de l'éducation Jean-Pierre Terrail dans un ouvrage récent. Et de grâce, qu'on laisse aux enseignants la maîtrise de leur enseignement.

Attention, Messieurs dames les réformateurs, si vous touchez à ma liberté pédagogique, je vais mordre usque ad sanguinem...

Si vous ne me rendez pas du temps disciplinaire, du bon temps qui dure, épais et solide, je planterai encore mes crocs très avant dans les fesses de vos zélateurs et autres missi dominici en chaise à porteurs. Je vendrai cher ma peau et celle de mes élèves.

«Les chiens enragés sont beaux» dit le poète résistant René Char.Ni Dieu Ni maître, ajouterais-je.

Je ne mangerai pas de cette absence de pain-là.

Liberté pédagogique!

Liberté!

Conscience extracorporelle (spiritualité)

Par Le 04/03/2016

 

Loi dattraction

 

Dr. Jean Jacques CHARBONIER

5 h · 

LE CONCEPT DE "CONSCIENCE EXTRACORPORELLE" AVANCE DANS LE MONDE MÉDICAL !

Un bonheur n'arrive jamais seul. Après avoir (trop brièvement hélas) exposé le concept de conscience extra corporelle dans l'émission médicale "Allo docteurs" sur France 5 hier après-midi, je viens d'apprendre que le professeur Léon, agrégé d'anesthésie réanimation au CHU de Reims souhaite que ce concept original soit exposé au Congrès Interrégional de médecine d'urgence de Nancy qui se déroulera en avril prochain. Le Dr François Lallier présentera les résultats de sa thèse de doctorat en médecine que j'ai eu le privilège de diriger. Je suis très heureux de cette bonne nouvelle. Cette thèse a demandé 3 longues années de travail acharné. 118 cas d'arrêts cardiaques ont été étudiés ; soit la plus grande étude médicale jamais réalisée sur les EMP depuis les 344 cas publiés en 2001 dans la revue The Lancet par Pim van Lommel. L'étude de 2014 de Sam Parnia n'a reposé que sur l'étude de 101 cas d'une cohorte de plus 2000 personnes (cf la publication anglaise). Cette hypothèse de conscience indépendante du cerveau est une véritable révolution dans le monde médical et on ne peut que s'en réjouir.

 


 

KUNDALINI

 

« Vous vouliez qu’on parle de la conscience cosmique, Maud ? »

Une main tendue. Il la rattrapait comme dans un film catastrophe. Elle bougea imperceptiblement la tête pour sortir de son trouble.  

« Oui, Sat, c’est vraiment quelque chose qui m’intéresse.

-Qu’est-ce que la conscience pour commencer ? Pensez à un moteur de voiture. En roulant, il produit de l’électricité. Vous en voyez les effets dans le fonctionnement de la voiture même si vous ne voyez pas l’électricité elle-même. Votre cerveau, c’est le moteur. Votre conscience, c’est l’électricité. Lorsque le moteur de la voiture est cassé, l’électricité qu’il produisait disparaît également. Les scientifiques considèrent, pour la plupart, que lorsque le cerveau ne fonctionne plus, la conscience disparaît également, eh bien, dans l’optique de la dimension cosmique, il n’en est rien. La conscience est toujours là mais vous n’êtes tout simplement plus connecté à elle.

-C’est comme si je n’avais pas de conscience propre alors ? Juste quelque chose qui vient en moi, c’est ça ?

-Ce qui est en vous, vous a été prêté. C’est votre conscience individuelle. Durant le temps de votre vie. C’est à vous de l’entretenir. Imaginez votre corps comme l’habitation, votre conscience comme le locataire et la conscience cosmique comme l’architecte de tout. De tout ce qui est.

-Et j’ai passé ma vie à entretenir mon corps. Sans vraiment m’intéresser au reste.

-Ce qui importe, c’est ce que vous vivez à l’instant Maud. Vous ne pouvez pas vivre ailleurs. Ce que vous avez été n’existe plus. En dehors de votre mémoire et de votre volonté à l’entretenir. Soit vous usez de cette expérience inscrite pour le bien de votre présent, soit vous décidez que ce passé ne peut faire autrement que d’empoisonner votre existence. Mais c’est un choix qui vous appartient.

-Oui, vous avez raison, Sat. Mes regrets sont ridicules. Continuez s’il vous plaît.

-Cette conscience en vous, elle est générée par une conscience supérieure, une intelligence qui est autour de vous, dans l’ensemble de l’Univers. Votre corps sert de passerelle, un point de contact, la matérialisation nécessaire pour que cette conscience supérieure ou originelle puisse prendre conscience d’elle-même à travers nous. Nous sommes des sujets d’expérience doués d’une conscience individuelle reliée à une intelligence qui s’observe elle-même en usant de nous.

-C’est quoi cette conscience supérieure ou c’est qui ? Dieu ?

-La Nature, tout simplement. Je n’ai pas besoin d’autres idoles. Et surtout pas celles des religions monothéistes puisqu’elle m’éloignerait au contraire de la source divine. Les croyances des peuples animistes et panthéistes me conviennent totalement. Pour moi, il y a dans tout ce qui est créé une intelligence incommensurable, au-delà de notre imagination, au-delà de notre conscience humaine alors si je veux voir cette intelligence créatrice, je m’assois et je regarde les brins d’herbe, les arbres, un torrent, un oiseau. Ou vous. »

 

Loi dattraction 300x201

Fichage des enseignants (école)

Par Le 02/03/2016

Affaire Jacques Risso : le fichage des enseignants de l’éducation nationale mis à jour

par Le point de vue du chartrain (son site) 
mardi 1er mars 2016

9Réactions

 

 

On en apprend tous les jours sur les douceurs de notre démocratie de façade. C'est le site café pédagogique qui nous révèle les suites surprenantes (à voir ?) de l'affaire Jacques Risso.

Rappel des faits : notre bonhomme est un paisible directeur d'école d'une petite commune du Vaucluse, compétent et dévoué. Il est estimé de tout le monde (ou presque). Il a toutefois deux passe-temps. Le syndicalisme alternatif, en l'occurence au Snudi-FO (le syndicat le plus "mordant" de l'éducation nationale) et le dessin de presse ; toutefois il ne publie ses croquis (comme celui qui illustre cet article) que dans la presse professionnelle. 

Comme beaucoup d'enseignants et de parents d'élèves, il a milité contre la réforme des rythmes scolaires. C'était son droit, surtout en dehors de ses heures de service. Rappelons au passage qu'il n'existe pas de devoir de réserve dans l'éducation nationale, contrairement aux idées reçues. Si la retenue s'impose devant des élèves mineurs, la déclaration des droits de l'homme et le bon sens autorisent des prises de position vis-à-vis des adultes. C'est le principe de base de la république, si ce mot a encore un sens...

Seulement voilà, rien n'est simple au pays de la liberté surveillée. Le jour de la rentrée scolaire de septembre 2013, Jacques Risso a été suspendu ! Le motif farfelu : de prétendues plaintes de parents au sujet d'un manque de surveillance de sa cour de récréation (!). De quoi faire rire jaune enseignants et parents d'éléves. On ne sanctionne jamais un instit' de façon aussi radicale pour ce genre de chose. De plus, on ignorait que les enfants du Vaucluse avaient classe au mois d'Août... 

L'enseignant a donc perdu son poste, son droit de travailler et une part de sa dignité. C'était sans compter sur la combativité de notre hussard, qui ne s'est pas laissé faire et a engagé des recours devant les tribunaux. Il vient d'obtenir gain de cause (presque trois ans après les faits et de multiples appels), en révélant au passage un bien dérangeant détail, dont beaucoup se doûtait.

Il y avait bien volonté d'exclure Jacques Risso, qui dérangeait par son action syndicale. Un prétexte suffisait pour le mettre sur la touche. Car une enquête a révélé (ou confirmé ?) l'existence d'un fichier "gris" des enseignants au sein des directions académiques. En clair, chacun est fiché et tout est répertorié (casseroles, engagements politiques, fréquentations etc.) pour servir au cas où. Une tradition héritée de l'après-guerre et de la période la plus "marxisante" de l'éducation nationale, calquée sur le mode de fonctionnement de l'ex-RDA ? Sans doute. Il y a quarante ans, il n'y avait qu'un syndicat officiel pour encadrer les profs, une hiérarchie rigide et conformiste. L'avènement d'un début de pluralisme et le renouvellement du corps enseignant avec des jeunes plus ouverts d'esprit et plus "libéraux" que par le passé est manifestement mal digéré par les vieux mandarins du ministère.

Cependant, ce fait divers ne fait que rappeler le flicage non officiel dont chacun d'entre peut faire l'objet. On s'étonnera de ce zèle à ficher et à surveiller militants et mouvements sociaux de tous horizons (de la réforme des retraites à la manif pour tous) quand l'actualité de novembre dernier a révélé les carences de nos services de renseignements. Il y a semble-t-il des priorités, et la protection de nos princes semble passer avant celle des braves citoyens. En outre, l'importance de la surveillance de l'affaire des rythmes scolaires laisse songeur. Votre narrateur a personnellement assisté au gazage par les CRS des maitresses d'écoles venues manifester devant le ministère, rue de Grenelle à Paris. Des policiers en civil assistaient aux réunions publiques sur le sujet. Et un directeur d'école a été évincé dans le Vaucluse (sans parler, du coup, des autres affaires non ressorties). Révélateur de la mauvaise-foi de nos gouvernants, en tout cas.

Quand un pouvoir se préoccupe d'abord de protéger ses rentes et ses places, rendant possible ce qui s'est passé le 13 novembre dernier, on ne peut plus parler de démocratie. Si Jacques Risso devait être sanctionné pour défaut de surveillance, qu'en était-il pour le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve après les attentats ? Le principe d'égalité, cela vous dit quelque chose ?

 


Sur le même thème

Cahier noir sur l'éducation nationale : lorsque les "profs" sont délaissés...
Appel à réformer nous-mêmes l'éducation nationale, ensemble, parents et professeurs, citoyens
Le collectif Condorcet sur trois fronts
Pendant ce temps, les enfants d'une école maternelle de Noisy-le-sec (93) sont attaqués... par les rats!
Formatés Microsoft

De la chenille au papillon (spiritualité)

Par Le 01/03/2016

"Le langage est insuffisant quand il s’agit de décrire l’impensable, quand rien dans la mémoire des paroles ne parvient à exprimer ce qui n’avait encore jamais existé."

.....
Mais alors comment l'écrire, comment exprimer ce qui relève de l'incompréhensible ?......

.....

J'essaie. Jours et nuits. Et je dois accepter le temps nécessaire. Comme une chenille dans son cocon. Elle ne sait pas ce qui l'attend. Mais elle y va. Dans une acceptation inéluctable.
Si elle décidait de forcer le processus, si elle déchirait la chrysalide, emportée par la rage de son ego... Elle succomberait, foudroyée.

....

J'écris. 
Lentement...
Je laisse grandir en moi ce qui doit advenir.

 

C'est donc possible (nature / santé)

Par Le 01/03/2016

Vincent Gosselin et sa chienne de berger, Ibra, mènent le troupeau de vaches laitières au pré, à Fervaches (Manche) le 11 février 2016.
Vincent Gosselin et sa chienne de berger, Ibra, mènent le troupeau de vaches laitières au pré, à Fervaches (Manche) le 11 février 2016. (BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO)

"Il faut accepter de produire moins" : comment deux Normands ont évité la crise grâce à l'agriculture bio

Par Benoît Zagdoun

Mis à jour le  , publié le 

Au bord de son bureau encombré, casquette sur le crâne et lunettes sur le nez, Vincent est plongé dans la facturation des commandes qui défilent sur son écran d'ordinateur. Derrière sa barbe de trois jours, Christophe, lui aussi, s'affaire : il a de la viande à livrer dans des restaurants de la région, et doit encore préparer le départ pour la vente directe sur Paris. Les deux frères sont pourtant sereins et souriants.

Dans leur ferme de Fervaches, à quelques minutes de Saint-Lô, dans la Manche, les Gosselin ont misé sur l'agriculture biologique, dans une région encore dominée par le système intensif. Un choix payant. Alors que des milliers d'agriculteurs continuent de mener des actions partout en France pour dénoncer la chute des prix et la crise agricole qui les prend à la gorge, leur petit élevage normand de vaches laitières et de cochons se porte bien.

"On travaillait énormément et on ne gagnait pas un rond"

Il n'en a pas toujours été ainsi. Lorsque les deux frères ont repris l'exploitation familiale au début des années 1990, ils ont fait comme les voisins. "On a investi et intensifié encore plus, parce que c'est ce qu'on nous avait appris à l'école. On travaillait énormément et on ne gagnait pas un rond", se souvient le cadet, Christophe, 48 ans, qui s'occupe des cochons, tandis que Vincent, l'aîné, 51 ans, prend soin des vaches.

 

Christophe Gosselin devant son étable de vaches laitières, à Fervaches (Manche) le 11 février 2016.
Christophe Gosselin devant son étable de vaches laitières, à Fervaches (Manche) le 11 février 2016. (BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO)

 

Au début des années 2000, c'est la révélation.

On a rencontré des paysans qui avaient des fermes deux fois moins grandes, qui produisaient deux fois moins, mais qui dégageaient deux fois plus de revenu !

Christophe Gosselin, agriculteur

à francetv info

Les Gosselin décident de changer de modèle. "Ça nous a demandé un effort d'adaptation." Les deux frères commencent par réduire la taille de leur cheptel de vaches à lait, diminuent la part de fourrage – "le maïs ensilage qui coûte un bras" –, et augmentent celle de pâture dans l'alimentation de leurs animaux. Peu à peu, leurs charges se mettent à diminuer quand leur revenu, lui, reprend des couleurs. "Surtout, on réduisait notre déficit de trésorerie. On avait entre 30 et 40 000 euros de découvert autorisé, on vivait avec ça depuis des années. Quand on a fermé cette ligne de crédit à la banque, on s'est senti plus légers", se souvient Christophe. Mais ils traînaient toujours comme un boulet leur élevage intensif de porcs. A l'orée des années 2010, ils ont franchi le pas : ils ont fermé leur porcherie et passé leur ferme en bio. La conversion réussie, ils ont pu reprendre l'élevage porcin.

"Ça nous permet de vivre notre métier autrement"

"L'agriculture durable est basée sur trois piliers : le social, l'économique et l'environnemental. Chacune de nos décisions doit correspondre à ces trois critères et n'en dégrader aucun", explique Christophe. Avec son frère, ils ont aussi pu embaucher deux employés qui les aident à s'occuper de leurs 80 hectares, 70 vaches et 55 truies.

"Ça nous permet de dégager du temps et de vivre notre métier autrement", vante Christophe. Les deux frères ne travaillent plus "que" 60 heures par semaine et un week-end sur trois, et peuvent même prendre trois à quatre semaines de vacances par an. Le cadet part ainsi dans quinze jours randonner en raquettes à la montagne. "En agriculture conventionnelle, une ferme comme la nôtre parvient tout juste à faire vivre un couple", avance l'éleveur.

 

Christophe Gosselin devant ses cochons dans son élevage de Fervaches (Manche) le 11 février 2016.
Christophe Gosselin devant ses cochons dans son élevage de Fervaches (Manche) le 11 février 2016. (BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO)

 

L'équation exposée par Christophe est simple : "On a moins de charges, donc on a besoin de moins de production pour dégager un même revenu ; et pour générer un même volume de production, il faut donc plus d'actifs." C'est le discours qu'il tient aux élus locaux, alors que "la Manche perd depuis plus d'une décennie 650 actifs agricoles par an". "Si vous voulez plus d'emplois dans le secteur agricole, il faut le réorienter vers une agriculture durable", plaide-t-il.

C'est un modèle qui protège l'environnement, qui crée de l'emploi et qui permet de vivre décemment.

Christophe Gosselin

francetv info

Leur choix n'a cependant pas été compris par tous et leur a valu bien des moqueries. "Ils vont peut-être s'en mordre les doigts", prédit Christophe. "Quand je regarde les agriculteurs manifester, je vois le poids de leur déficit de trésorerie dans leurs yeux. Ça me rend triste de voir des paysans qui ne sont pas heureux dans leur métier, qui ne gagnent pas leur vie et qui se mettent la corde au cou. C'est une catastrophe sociale."

Christophe, lui aussi, a participé à des manifestations, mais aux côtés des écologistes, contre la future centrale nucléaire de Flamanville et la ligne électrique à très haute tension. Les lettres EPR et THT sont encore peintes sur le mur de l'étable. Un souvenir des banderoles qu'ils avaient préparées là.

"Il faut accepter de produire moins"

"Je ne leur jette pas la pierre. C'est aussi un problème philosophique : il faut accepter de produire moins", souligne l'éleveur, alors qu'avec la fin des quotas laitiers qui limitaient la production depuis plus de trente ans, les producteurs de lait ont vu l'opportunité de produire encore et toujours plus, noyant le marché. "Certains arrivent à tirer leur épingle du jeu, parce qu'ils sont de très bons éleveurs", reconnaît toutefois l'agriculteur, quand d'autres fermes vivent sous perfusion des aides européennes de la PAC.

 

Des porcelets nouveau-nés en couveuse dans la ferme des frères Gosselin à Fervaches (Manche) le 11 février 2016.
Des porcelets nouveau-nés en couveuse dans la ferme des frères Gosselin à Fervaches (Manche) le 11 février 2016. (BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO)

 

"Mais ce qui me dérange encore plus, c'est que notre agriculture laisse un environnement dégradé aux générations futures." Dans l'élevage intensif voisin, la montagne de fumier déborde et l'éleveur a sorti son épandeur. Les champs gorgés d'eau des pluies des jours passés ne risquent pas de retenir les nitrates qui vont rouler jusqu'à la rivière en crue. Christophe dénonce "ce système qui marche en dépit du bon sens". "Il faut changer nos modes de consommation. On consomme beaucoup trop de protéines animales. Les paysans doivent l'accepter."

"Si l'agriculture intensive était capable de nourrir l'humanité, depuis cinquante ans qu'elle existe, elle y serait arrivée. Seule l'agro-écologie peut le faire."

Christophe Gosselin

francetv info

Un maître-mot : l'autonomie

Chez les Gosselin, l'autonomie est le maître-mot. "Une agriculture durable, c'est une agriculture autonome et économe", formule Christophe. Il cite les préceptes d'André Pochon, ce paysan breton chantre de l'agriculture durable, le scénario Afterres2050 bâti par l'association Solagro, et se désole de devoir encore acheter des céréales pour ses porcs. Le bois des haies sert à chauffer la maison. Les toits seront bientôt couverts de panneaux solaires pour alimenter la ferme en électricité. "C'est un investissement un peu militant" mais les deux frères "assument". Et suivent des formations pour répondre à tous leurs besoins : comptabilité, médecine vétérinaire, boucherie...

Ils vendent leur viande à la coopérative d'éleveurs bio Unebio et se sont lancés dans la vente directe pour "ne pas mettre tous les œufs dans le même panier". C'est Vincent qui cuisine. L'aîné a mis au point ses recettes de pâtés, terrines et rillettes.

Avec une quinzaine de producteurs bio de Normandie réunis au sein du groupement Bio Divers Cités, ils viennent tous les week-ends en région parisienne. Une solution qui leur permet de fixer eux-mêmes leurs prix en fonction de leurs coûts de production et non de la loi du marché. Et s'il le faut, ils sont prêts à réduire leur production, quitte à se séparer de quelques bêtes pour maintenir les prix.

 

Christophe Gosselin devant les vaches laitières de son élevage à Fervaches (Manche) le 11 février 2016.
Christophe Gosselin devant les vaches laitières de son élevage à Fervaches (Manche) le 11 février 2016. (BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO)

 

A Fervaches, toutes les vaches ont un nom. "Quand on ne gère plus que des numéros, ça n'a rien d'intéressant", commente Vincent, qui mène le troupeau au pré. Le sol est encore boueux et les sabots glissent et s'enfoncent. La chienne de berger, Ibra, se charge de faire presser le pas aux retardataires.

Chaque vache a son carnet de santé pour un meilleur suivi. Vincent stocke dans une grande boîte en carton les flacons d'huiles essentielles. Antidouleur, anti-inflammatoire... Il y en a une pour chaque pathologie. Cinq gouttes sur l'encolure suffisent. Pas besoin d'antibiotiques. "Le lendemain, à la traite, le lait est parfumé", assure l'éleveur qui n'utilise pas de robot de traite pour "ne pas perdre le contact avec les animaux".

Pour faire ses fourrages, Vincent fauche en fonction du calendrier lunaire. "Ça se ressent sur les bêtes qui mangent mieux", affirme-t-il. "Des animaux qui vivent dehors sont en meilleure santé et coûtent moins cher. Ils produisent peut-être moins, mais la qualité est meilleure. De toute façon, tout ce qui est performance, je laisse ça de côté."

Vincent Gosselin et sa chienne de berger, Ibra, mènent le troupeau de vaches laitières au pré, à Fervaches (Manche) le 11 février 2016.
Vincent Gosselin et sa chienne de berger, Ibra, mènent le troupeau de vaches laitières au pré, à Fervaches (Manche) le 11 février 2016. (BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO)

 

 

Dans la porcherie, il n'y a plus que 40 cochons, là où Christophe en entassait 100 auparavant. Les courettes ont été agrandies et les caillebotis remplacés par de la paille. "Le cahier des charges de l'agriculture biologique est complètement logique, commente l'éleveur. Il est interdit de laisser un animal seul, sauf en cas de pathologie grave et de risque de contagion, parce que les animaux ont besoin de vivre ensemble. Et les cochons doivent avoir de la paille avec laquelle jouer, sinon ils s'ennuient."

"Notre ferme a de l'avenir"

Si Vincent et Christophe comptent encore travailler une bonne quinzaine d'années, cela ne les empêche pas de préparer le futur. L'aîné a trois enfants, le cadet deux, "mais ils ne sont visiblement pas intéressés par le métier de paysan", glisse le cadet. Pourtant, la ferme des Gosselin "a de l'avenir". "A partir du moment où on a une certification bio, les portes ne se ferment plus, elles s'ouvrent." Mieux, l'exploitation est "transmissible", avancent-ils. Les deux frères ont fait réaliser une étude pour s'en assurer.

Les fermes intensives de leurs voisins sont souvent trop grandes et donc trop chères pour être reprises. La leur étant plus modeste, le coût d'installation sera limité. "Et notre système humainement soutenable permet aussi à des jeunes de s'installer", estime Christophe, qui ajoute : "Des jeunes qui fondent des familles entretiennent le milieu rural. La transmissibilité, c'est un autre facteur important d'une agriculture durable." Les Gosselin sont membres d'un réseau de fermes de démonstration, ils reçoivent les élèves du collège voisin et surtout ceux des lycées agricoles de la région. Ils leur montrent qu'une autre agriculture est possible. Un modèle qui séduit de plus en plus d'agriculteurs en pleine crise agricole.

Les voyous du poulet (santé / nature)

Par Le 29/02/2016

Les voyous du poulet industriel, de Tricatel à Beulin

 

3815 1714376745473380 1668352090581844648 n

 

http://www.marianne.net/pericolegasse/Les-voyous-du-poulet-industriel-de-Tricatel-a-Beulin_a66.html

 

De quoi voler dans les plumes des voyous qui nous grugent, nous mentent et nous intoxiquent. Laminés par la concurrence déloyale de pays producteurs de volailles industrielles qui inondent le marché européen avec leurs immondices à bas prix, les éleveurs français dépérissent. M6 diffuse dimanche soir, dans l’émission Capital (1), un terrifiant reportage nous rappelant que si la France demeure le pays du poulet de Bresse et de quelques labels rouges de renom servis sur les bonnes tables, le gros du marché porte sur des volailles produites dans des conditions abominables pour répondre aux prix écrasés de la grande distribution.

Des hangars concentrationnaires français où les volatiles contaminés croupissent dans la vermine et leurs excréments jusqu’aux usines à poulets brésiliennes où l’on fabrique de la chair blanche comme des boulons, les caméras de M6 sont allées fouiller dans les tréfonds d’un système épouvantable. Le mythe du film de Claude Zidi, L’Aile ou la cuisse, avec Coluche et Louis de Funès découvrant horrifiés une machine, dans une usine dirigée par un certain Jacques Tricatel, moulant des poulets avec de la pâte sortant d’un tube s’est fait réalité. Que les pourvoyeurs de malbouffe se rassurent, notre époque n’a pas à rougir des fantasmes de la conso fiction de 1976, elle est pire. Saturé d’antibiotiques pour cause de promiscuité, le poulet industriel consommé à grande échelle rend certaines bactéries résistantes aux traitements médicaux et provoque de plus en plus de décès. Des faits graves, étayées par le témoignage de médecins et de scientifiques confrontés à des situations alarmantes. 
  
Mais la bombe explose quand les enquêteurs de Capital, remontant la filière importatrice de poulets industriels brésiliens ou asiatiques vers la France, ruinant au passage les éleveurs français impuissants, arrivent jusqu’à l’usine Farmor, dans les Côtes d’Armor, en Bretagne. Alors qu’il se targue en plein salon de l’Agriculture 2014, de défendre les éleveurs français, les produits français et la filière agro alimentaire française, la caméra de M6 s’approche de Xavier Beulin, tout puissant président de la FNSEA, syndicat majoritaire chez les agriculteurs, pour lui soumettre un document prouvant que Farmor importe du poulet brésilien fabriqué par les usines Sadia. Le visage du leader syndical se crispe. Et pour cause : en tant que président de Sofiprotéol, holding dont dépend Glon-Sanders, c’est lui le patron de Farmor. Beulin bredouille alors quelques mots du genre « Nous ne faisons rien d’illégal » et tourne les talons. Les éleveurs aux abois qu’il est censé défendre apprécieront. Pris en flagrant délit de duplicité, le méchant industriel du film de Zidi, joué par Alain Guyomar, est conspué puis envoyé au diable. Aujourd’hui, Tricatel, c’est Xavier Beulin !

(1) Capital « Les secrets du poulet premier prix » – M6, dimanche 6 avril à 20h50.

12512265 10153613249362772 2113298106945845050 n

Comment ruiner l'école publique (école)

Par Le 29/02/2016

 

C'est amusant de voir la flopée d'articles qui sortent pour raconter ce que je disais il y a deux ans....Je les imprime et je les ajoute au fil des jours à mon dossier....500 pages de textes, d'articles, d'analyses personnelles ou trouvées sur la toile. J'aime bien maintenant poser le "pavé" sur le bureau des gens qui me convoquent. 
"Vous voulez qu'on fasse un bilan du chaos ? Pas de problème si vous avez une semaine devant vous...."

 

Cet article date de 2008. On était un bon nombre déjà à sentir le vent du lisier pédago-libéro-financier qui commençait à rendre l'air irrespirable...


 

LA LEÇON DES NÉO-LIBÉRAUX : COMMENT RUINER L'ÉCOLE PUBLIQUE?

Par Marie Perret
Samedi 3 mai 2008

Lien permanent vers cet article

 

QUATRE CONSTATS INQUIÉTANTS

 

  1. Plus de 150 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans diplôme.
  2. Le recours à des officines de soutien privé est de plus en plus systématique. Il faut savoir qu’Acadomia, entreprise spécialisée dans les cours à domicile, est désormais cotée en bourse. Il y a, de fait, une privatisation rampante de l’enseignement.
  3. L’école, depuis 30 ans, ne joue plus son rôle d’« ascenseur social ». Un exemple : il n’y a jamais eu aussi peu d’enfants d’ouvriers dans des grandes écoles comme Polytechnique ou Centrale qu’aujourd’hui.
  4. Le niveau baisse. Il y a quelques années encore, il était de bon ton de railler les professeurs élitistes et grincheux, toujours prompts à « seriner l’antienne du niveau qui baisse ». Aujourd’hui, le constat est pour ainsi dire unanime. On tire la sonnette d’alarme à tous les niveaux, et dans toutes les matières. Instituteurs, professeurs de collège et de lycée, mais également professeurs d’université : tous déplorent le peu de culture des élèves et des étudiants, leur manque de repères historiques, leur difficulté à maîtriser la langue française, à organiser leur pensée de façon rigoureuse, à exprimer leurs idées de façon fine. Les raisons de ces difficultés ne sont pas seulement exogènes et sociologiques. Si le niveau baisse, ce n’est pas seulement à cause de l’hégémonie de la société du spectacle ou de l’attitude « consommatrice » des jeunes : c’est aussi parce que l’école est de moins en moins exigeante. Bien sûr, le régime n’est pas le même partout : dans les grands lycées de centre ville, où sont généralement scolarisés les enfants de la bourgeoisie, les exigences sont restées à peu près les mêmes. Dans les quartiers populaires, en revanche, les professeurs, débordés, gèrent tant bien que mal la violence liée à l’indiscipline en occupantles élèves, à défaut de les instruire. Les parents cherchent par tous les moyens à dé-sectoriser leurs enfants ou à les inscrire, quand ils sont assez riches, dans le privé. Le contraste entre les établissements est désormais tellement marqué qu’il n’est pas excessif de parler d’une « école à deux vitesses ».

Ces quatre faits ne sont évidemment pas indépendants les uns des autres. Le quatrième constat, qui est le plus déterminant, éclaire les trois autres : c’est parce que le niveau baisse que les familles bourgeoises enrichissent les officines de soutien privé tandis que les enfants des milieux populaires vont grossir les rangs de ceux qui sortent du système scolaire sans diplôme. On ne s’étonnera donc pas que l’école joue aujourd’hui moins que jamais son rôle d’« ascenseur social ».

 

 

A QUI PROFITE LE CRIME ?

 

La question qu’il faut poser est la suivante : qui a intérêt à ruiner l’école publique ? A qui profite le crime ?

En 1996, le centre de développement de l’OCDE a publié un intéressant rapport. Le titre est sibyllin (« La faisabilité politique de l’ajustement »), le style, technocratique, l’enjeu effrayant : sous couvert d’apprendre aux gouvernements comment réduire les déficits budgétaires, son auteur, Christian Morrisson, montre comment libéraliser tous les secteurs des activités humaines en « réduisant les risques » – entendez : en évitant la révolte sociale. Soit le problème suivant : étant donné qu’il n’y a pas de libéralisation possible sans destruction des services publics, étant donné que les peuples sont généralement attachés aux services publics, trouver le moyen de supprimer les services publics tout en évitant de mettre les gens dans la rue. La solution est simple, mais il fallait l’inventer : Christian Morrisson préconise la méthode douce qui consiste à diminuer la qualité des services publics. Dans l’extrait ci-dessous, l’auteur prend l’exemple de l’école. Goûtons ce morceau d’anthologie du cynisme néo-libéral :
« Les mesures de stabilisations peu dangereuses :
Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population.
 »

Il n’y a qu’à diminuer progressivement la qualité de l’enseignement : les citoyens n’y verront que du feu. Personne ne descendra dans la rue, les gouvernants ne seront pas inquiétés, le secteur privé tirera tout le bénéfice, car les familles fuiront les établissements publics. Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Christian Morrisson décrit sans fard la réalité de l’école publique. La qualité de l’enseignement, depuis 30 ans, baisse à un point tel que les citoyens n’ont plus confiance dans leur école. Résultat : la marchandisation de l’enseignement est en marche (après celle de l’eau, après celle des énergies, après celle de la santé, etc.). L’école publique se délite progressivement. On grogne bien ici ou là, on réclame davantage de moyens, mais force est de constater que la recette Morrisson marche bien : le « risque politique » que constitue le « mécontentement général de la population » est évité.

 

LES « IDIOTS UTILES »

 

Pour résister à cette entreprise de destruction de l’école publique, il aurait fallu défendre l’idéal d’une institution forte, dévolue à la transmission de savoirs exigeants, sourde aux pressions venant de la société civile. Pour combattre efficacement Morrisson, il aurait fallu se ranger derrière Condorcet. On aurait pu croire que la gauche, fidèle aux principes de l’école républicaine, allait résister à l’offensive. Non seulement elle ne l’a pas fait, mais elle a apporté, à son corps défendant, un soutien inespéré au programme de la marchandisation de l’école. Le discours « pédagogiste » auquel une grande partie de la gauche a adhéré a eu pour principal effet de précipiter l’affaiblissement de l’institution scolaire ainsi que la baisse général du niveau. Voici quelques exemples de mesures qui ont participé à cette baisse :

  • En valorisant des qualités qui n’ont rien à voir avec les compétences qu’on doit attendre d’un professeur, on a recruté des enseignants qui n’étaient pas toujours qualifiés. On a oublié qu’avant d’être « gentil », « dynamique », d’« aimer les élèves », de « participer activement au projet d’établissement », un professeur doit se distinguer par la maîtrise des savoirs qu’il transmet.
  • En instaurant le passage automatique, on a fait en sorte que tous les élèves, même ceux qui n’ont pas le niveau, puissent passer dans la classe supérieure. Comme le redoublement est un luxe (les gestionnaires de l’éducation nationale savent que cela coûte de l’argent), on a poussé les professeurs au laxisme. Pire : on leur a retiré le droit de s’opposer au passage de tel ou tel élève dans les conseils de classe. Les parents sont généralement contents : ils pensent qu’on fait un cadeau à leurs enfants. Ils se trompent : en fait de cadeau, il ne s’agit que de faire des économies.
  • Sous le prétexte idiot que la discipline ferait violence aux élèves, qu’un cours doit être « vivant », que le cours magistral est « ringard », on a laissé le désordre s’installer dans les classes. Les professeurs constatent amèrement qu’il est de plus en plus difficile de faire la classe dans de bonnes conditions et d’instruire les élèves.
  • En bradant les diplômes qui, de fait, ont de moins en moins de valeur sur le marché du travail, on a poussé tout le monde à faire des études longues. Comme les conditions d’enseignement à l’Université sont souvent difficiles et parfois déplorables, comme les BTS et les IUT sont pleins, les parents qui ont de l’argent inscrivent leurs enfants dans des écoles supérieures privées (qui coûtent très cher). Ceux dont les parents n’ont pas les moyens se retrouvent sur le marché du travail : ils constituent alors une main d’œuvre paupérisée, qui est d’autant plus exploitable par le patronat qu’elle est peu qualifiée.
  • On a délaissé l’enseignement technique et professionnel, éternel parent pauvre de l’éducation nationale, alors qu’il peut assurer une solide formation à des élèves qui s’ennuient dans les filières générales.
  • Au nom des meilleurs sentiments du monde, on a remis en question le principe d’égalité républicaine et condamné les élèves des quartiers populaires : au lieu d’exiger d’eux ce qu’on exige dans les collèges et les lycées parisiens, on a "adapté" l’enseignement (« inutile de leur faire lire Racine, Descartes ou Montaigne : c’est trop compliqué pour eux et puis c’est tellement éloigné de leurs préoccupations »). On enseigne les humanités aux fils et aux filles de la bourgeoisie, tandis qu’on expérimente, sur les enfants des quartiers populaires, les nouvelles "pédagogies".

 

 

LES MOYENS DE RÉSISTER

 

Comment résister à cette entreprise d’affaiblissement de l’école publique ?

Voici, pour conclure, quelques pistes :

  • En renforçant l’institution scolaire : il faut instaurer de la discipline, élever le niveau des exigences, instruire les élèves (et non les occuper ou les amuser).
  • En recrutant des professeurs compétents : il faut que ceux-ci soient recrutés sur concours nationaux, pour leurs savoirs ainsi que leur capacité à les transmettre le plus clairement et le plus rigoureusement possible.
  • En concentrant les moyens dans les établissements des quartiers populaires : les professeurs les plus puissants, les mieux formés, les plus savants doivent être envoyés dans ces quartiers et exiger des élèves ce qu’ils exigeraient des élèves d’un lycée comme Henri IV.
  • En cessant d’abaisser l’enseignement technique et professionnel : il faut que les élèves puissent en tirer une formation solide grâce à laquelle ils pourront trouver du travail, mais aussi suffisamment généraliste pour qu’ils puissent changer d’entreprise.

par Marie Perret
Responsable du secteur Ecole de l'UFALvoir tous ses articles

"Je suis devenue chamane... (spiritualité)

Par Le 28/02/2016

"Je suis devenue chamane malgré moi"

SPIRITUALITÉ

 

Corine Sombrun

 

"Je suis devenue chamane malgré moi"

par Patrice van Eersel

2.2K192

Un jour, lors d’un reportage en mongolie, elle est entrée en transe et s’est transformée en louve. c’est là qu’elle a découvert son don de chamane. le pouvoir de ces prêtres-sorciers est, selon elle, de savoir faire toute la place à l’intuition dont nos sociétés modernes se sont coupées.

Comment imaginer que cette Française à la voix douce et au regard bienveillant se transforme en louve hurlant sur la steppe mongole ? L’histoire de Corine Sombrun est un grand roman.

Elevée en Afrique par des parents ouverts aux autres cultures, puis formée à la composition musicale à Nice, elle a reçu plusieurs grands prix avant de fonder son école de piano. Elle se lance ensuite dans l’art multimédia, au Canada, puis à Londres où elle s’engage dans des performances. Alors qu’elle participe à une pièce de théâtre de Ken Campbell, des producteurs de la BBC la remarquent. On l’invite à réaliser des reportages sur les peuples premiers. Elle se rend ainsi à la rencontre d’Indiens d’Amazonie. Puis elle part recueillir les chants d’un rituel chamanique mongol. Elle ignore que ce voyage va tout faire basculer.

Elle vit aujourd’hui de ses compositions musicales et de ses livres, mais est aussi à l’origine du premier protocole de recherche en neurologie sur la transe chamanique mongole. Elle dit : “Je suis une psychonaute” – entendez un pont entre la science et la plus ancienne des religions. Lorsque, en 2001, envoyée spéciale de la BBC, vous avez débarqué en Mongolie pour la première fois, tout s’est joué très vite…

Après 15 heures d’avion, 35 heures de bus et 7 heures de jeep, je me suis retrouvée en pleine steppe, parmi des éleveurs de yacks. Avec Naraa, l’interprète qui allait devenir mon amie, nous sommes allées voir Balgir, le chamane local. Un homme rare : à cette époque, il n’y avait plus que 30 chamanes pour trois millions de Mongols. Je lui ai demandé si je pouvais enregistrer son prochain rituel. Il m’a dit :« Ça risque d’énerver les esprits, je dois demander leur avis. » Il m’a alors invitée à aller couper de l’herbe pour ses bêtes, tandis qu’il s’allongeait tranquillement sous un arbre. Le soir, j’étais exténuée, mais j’avais fait mes preuves : les esprits ont été d’accord pour que j’enregistre. Quelques jours plus tard, à la nuit tombée, je me suis rendue dans sa ger (« yourte » en mongol) avec un minidisque et un micro. Là, c’est allé très vite, en effet. A peine avait-il commencé à battre son énorme tambour que je suis entrée en transe, ce qui n’était pas prévu au programme. 

Je me savais sensible, mais pas à ce point : mes parents m’avaient raconté qu’enfant, au Burkina Faso, il avait fallu me retenir pour que je ne me rue pas dans une danse sacrée locale. Chez Balgir, j’ai d’abord tremblé de tout mon corps et les gens ont cru que j’avais peur. Puis je me suis mise à hurler et je suis devenue une louve, avec l’impression d’avoir des griffes et une truffe à la place du nez. Une sensation d’une force inimaginable. Le chamane a dit ensuite à Naraa qu’il avait dû batailler dur pour me « ramener ». Il était furieux.

Pourquoi ?

Parce que nous ne l’avions pas prévenu que j’avais le don de chamane ! J’étais d’autant plus ahurie qu’il m’a fait comprendre que je ne pouvais plus repartir, qu’il fallait que l’on m’initie. Pour les Mongols, l’une des pires fautes possibles, source d’innombrables malheurs, est de ne pas cultiver un don. Si les esprits vous ont gratifié d’un talent, vous êtes obligé de le travailler. Or, il était formel, j’avais le don chamanique. Bien que sidérée, je lui ai demandé combien de temps durait une « initiation ». Il m’a répondu : « Trois ans. » J’ai rétorqué que c’était impossible, que je devais rentrer à Londres où j’avais des obligations. Mais il a secoué la tête : si je refusais, des malheurs bien pires que ceux que j’avais connus jusque-là allaient me tomber sur la tête. Je sortais d’une période très noire, où mon compagnon était décédé. Ses paroles m’ont glacée. Mais soudain, une pensée fulgurante m’a traversée : j’étais seule désormais, je n’avais plus rien à perdre. J’ai demandé : « Et si je venais faire des séjours de quelques mois, ça marcherait ? » Il a fait signe que oui. Tout s’est joué ainsi. J’avais 40 ans.

Vous êtes la première Occidentale à être devenue udgan, chamane mongole. En huit ans, il vous a donc initiée. 

Pas lui. Il a demandé aux esprits qui, d’après eux, pouvait s’occuper de moi. Un chamane ne décide rien de son propre chef. De même qu’il ne vous enseigne jamais rien directement. Combien de fois, au début, j’ai été agacée d’entendre répondre à mes questions : « Les esprits t’enseigneront. » Mais finalement, ça s’est avéré rassurant : l’ego du chamane ne compte pas, seuls les esprits qui l’habitent pendant sa transe sont décisionnaires. J’ai ainsi appris que je serais formée par une femme de l’ethnie des Tsaatans, des éleveurs de rennes qui habitent sous des tipis, à la limite de la Sibérie. Elle s’appelait Enkhetuya et allait devenir une clé de ma vie. C’est une magicienne : elle savait toujours quand j’allais arriver, alors que je débarquais d’Europe à l’improviste. J’ai d’abord cru qu’elle bluffait, mais j’ai fini par comprendre que nous étions reliées par une télépathie stupéfiante. 

Les esprits lui ayant confirmé que j’avais le don et que c’était à elle de me former, elle m’a fait faire un costume et un tambour. Le costume protège le chamane pendant son voyage au pays des esprits. Son tambour est son moteur, son cheval. C’est un instrument qui pèse presque dix kilos et je me demandais si je serais capable de le porter en frappant dessus pendant des heures. Mais la transe vous donne une force étonnante, au point que le chamane doit avoir un assistant pour l’empêcher de partir dans le décor. Et c’est donc auprès d’Enkhetuya, à la frontière sibérienne, que je me suis rendue régulièrement, pendant huit ans. 

A quoi ressemble la transe vue de l’intérieur ?

C’est mieux qu’au cinéma. Un voyage limpide, comme un rêve intense dont on se souviendrait parfaitement. Je vois le plus souvent un loup de très près, qui hurle, c’est mon animal totémique. Son cri m’indique une sorte de porte qu’il me faut passer, ce que je fais en hurlant à mon tour. Je deviens ce loup et c’est là que j’entre dans le « monde des esprits ». Les êtres et les choses m’apparaissent alors dans leur essence même – leur âme ? Cela passe par des images, des couleurs, des métamorphoses et des chaînes de causes à effets, à la fois évidentes et impossibles à expliquer. L’essentiel est que, sans le moindre mot, toute question qui me vient à l’esprit trouve aussitôt sa réponse. En fait, tout se passe comme si la transe éveillait en nous une formidable intuition.

A vous entendre, l’intuition est centrale. Est-ce cela qui intéresse les neurologues avec qui vous travaillez ?

Entre autres, oui. Evidemment, le chamane remplit sa mission sans chercher à l’analyser avec notre esprit occidental. Il doit : 1) entrer en transe pour contacter les esprits ; 2) leur poser des questions pour résoudre le problème de quelqu’un. On ne consulte un chamane que pour un problème grave : épidémie, maladie mortelle, stérilité, vol du troupeau, meurtre… Il doit alors remonter à la cause. La plus courante, c’est qu’on a dérangé l’harmonie du monde : la personne a négligé un rituel ou enfreint un tabou, elle a malmené ses animaux ou mangé une nourriture interdite, mais très souvent aussi, elle n’a juste pas écouté son intuition. C’est très grave. Les esprits nous parlent à tous, sous la forme de signes extérieurs ou d’une petite voix intérieure. Si nous n’écoutons pas ces signes ou cette voix, les esprits nous envoient une épreuve. Si notre surdité persiste, l’épreuve se durcit. Passé un certain stade, une souillure indélébile risque de se former, qui peut se transmettre sur plusieurs générations. Ils appellent cela le buzar. Seul le chamane peut le « nettoyer », en faisant appel à cette intuition redoublée qu’éveille en lui la transe. 

Pour les neurologues avec qui j’ai commencé à travailler à partir de 2006 – le docteur Pierre Etevenon, ancien directeur de recherche de l’Inserm, puis le professeur Pierre Flor-Henry, de l’Alberta Hospital d’Edmonton, au Canada – c’est cela qu’il faut étudier : la transe. Que déclenche-t-elle dans le ­cerveau ?

Vous avez réussi à vous mettre en transe avec des électrodes sur le crâne. Qu’ont découvert les ­chercheurs ?

D’abord, ils m’ont analysée à l’état de veille normale et ont constaté que je ne souffrais d’aucune pathologie, ce qui m’a rassurée ! Ensuite, j’ai appris, avec difficulté, à me mettre en transe sans tambour. Et là, ils ont découvert que mes tracés électroencéphalographiques étaient comparables à ceux d’une personne qui souffrirait à la fois de schizophrénie, de troubles maniaques et de dépression. Les trois pathologies en même temps ! Quand il a vu ça, le professeur Flor-Henry s’est écrié : « C’est une psychose généralisée ! » Son équipe était passionnée et perturbée : qui pouvait leur garantir que je n’allais pas rester bloquée dans cet état ? Balgir et Enkhetuya m’avaient prévenue, la transe comporte un risque : si le chamane est incompétent, certains peuvent y laisser leur vie ou y « perdre leur âme ». Ce qui intrigue les chercheurs, c’est qu’on puisse vous mettre dans cet état, puis vous en ramener. Ne pourrait-on pas, en les imitant, apprendre à « ramener » les personnes psychiatrisées ? Ce serait une perspective enthousiasmante. Mais pour l’instant, en observant mon cerveau, les neuropsychiatres ont surtout confirmé que la transe stimulait fortement les zones sensorielles perceptives. 

Vos cinq sens sont en hyper alerte ?

Voilà. Ce serait la raison pour laquelle l’intuition du chamane s’éveille tant : son « intelligence perceptive » prend le dessus sur son « intelligence spéculative ». L’intuition ne serait peut-être rien d’autre que cela : la capacité à percevoir un maximum d’informations qui, dans notre état ordinaire, passent inaperçues. La société moderne tend à hypertrophier l’intelligence spéculative et l’ego au détriment de l’intelligence perceptive et de l’empathie. L’expérience chamanique nous invite à changer. En transe, vous voyez que tout est interdépendant.

Mais pourquoi faut-il l’intercession d’un chamane ? Chaque humain ne dispose-t-il pas de sa propre intuition ?

Pour les historiens du chamanisme depuis Mircea Eliade, les chamanes seraient apparus au Néolithique, avec l’invention de l’élevage et de l’agriculture. Avant cela, n’importe quel humain avait sans doute une intuition et un instinct comparables à ceux des animaux. Les débuts de la civilisation auraient suscité l’émergence de l’intelligence spéculative au détriment de l’intelligence perceptive, et donc la nécessité d’une fonction spécialisée, chargée de conserver une surintuition pour protéger le groupe. Mais les chamanes auraient eux-mêmes peu à peu perdu leur puissance. Dans les années 1970, le psychologue Julian Jaynes disait que l’invention de l’écriture avait reformaté notre cerveau en changeant notre rapport à l’environnement et en diminuant notre intuition. En Mongolie, on raconte que les premiers chamanes étaient si puissants qu’ils pouvaient même entrer en contact avec Tenger, le dieu du ciel, père de tous les esprits. Aujourd’hui, ils ont appris à lire, mais savent au mieux communiquer avec des esprits mineurs, liés aux lieux, aux éléments ou aux ancêtres. 

En fait, vous avez eu le privilège de connaître les derniers chamanes mongols ?

Le stalinisme les avait déjà atrocement atteints : la pratique du chamanisme était punie de mort, avec déportation de toute la famille au goulag. Mais le libéralisme moderne les supprime avec encore plus d’efficacité. S’ils sont passés de 30 à 3 000 en douze ans, c’est que le tourisme chamanique a brusquement fleuri. On a construit des aéroports et les étrangers arrivent par centaines pour assister à de fausses cérémonies, conduites par des « chamanes » que je ne peux condamner : ils sont très pauvres, cela leur apporte un peu de confort. 

Vous-même, avec qui pratiquez-vous ? Pas avec des « touristes » occidentaux ?

Je ne pense pas que l’on puisse emprunter aussi facilement les traditions d’une autre culture. Le hasard de ma vie m’a « mongolisée » sans que je l’aie voulu. J’ai appris leur langue et, après une longue période de mise à l’épreuve pendant laquelle je devais surtout casser du bois pour le feu – afin de saper mon éventuelle poussée d’ego – j’ai découvert, en transe, quelle était ma « spécialité ». Tous les chamanes ne sont pas thérapeutes. Il s’avère que j’arrive à percevoir certains troubles de santé, ce qui semble parfois les « réparer ». Cela fait partie d’un autre protocole de recherche, clinique celui-là. 

Quelle pourrait être la suite de votre incroyable histoire ?

Tant que je le pourrai, je servirai de « psychonaute » entre la steppe et les labos. Chez les derniers chamanes mongols, une résistance s’organise contre l’effacement de la tradition. Ils demandent aux esprits de les aider à mettre un bémol à la cupidité qui s’est allumée dans tous les cœurs. Une intuition bien éveillée nous dit comment nous protéger des mauvaises influences. En cela, je crois qu’ils rejoignent une révolution silencieuse actuellement en œuvre sur toute la planète.

Mots-Clés : chamanisme, Spiritualité

  • 144
  • 145
  • 146
  • 147
  • 148
  • 149
  • 150
  • 151