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"Ma fille est morte au Bataclan"

Par Le 27/11/2015

Moi, père d'une victime, je n'irai pas aux Invalides

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Ma fille est morte au Bataclan le 13 Novembre, elle avait 17 ans.

Je n'irai pas à l'hommage qui sera rendu aux victimes à 10h30 aux Invalides parce que je considère que l'État et ses derniers dirigeants en date portent une lourde responsabilité dans ce qui s'est passé.

Une politique désastreuse a été menée par la France au Moyen-Orient depuis plusieurs années. Nicolas Sarkozy a largement contribué à la chute du régime de Khadafi en envoyant l'armée française combattre en Libye, en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU qui interdisaient toute intervention au sol. Or, plusieurs sources affirmaient à l'époque que les Forces Spéciales étaient « en apesanteur » et avaient œuvré sur le terrain. La Libye n'était pas ennemie de la France, Nicolas Sarkozy avait reçu Khadafi avec les honneurs d'un chef d'État, et ce pays est devenu depuis un cauchemar chaotique où circulent librement armes et combattants.

François Hollande et Laurent Fabius se sont ensuite acharnés contre Bachar El Assad, poussant inlassablement les puissances occidentales à intervenir militairement pour renverser le régime syrien, alors que celui ci n'était pas l'ennemi de la France. Les frappes prévues furent annulées in extremis lorsque Barack Obama refusa d'engager les États-Unis dans cette aventure.

Cette ingérence de la France dans les affaires intérieures de pays souverains a été menée avec l'argument selon lequel les dirigeants syriens et libyens massacraient leur peuple. Certes. Comme Saddam Hussein et Muammar Khadafi, Bachar el Assad est un dictateur sinistre de la pire espèce. Mais il n'est pas plus exécrable que ceux actuellement au pouvoir au Qatar et en Arabie Saoudite, avec lesquels la France entretient d'excellentes relations diplomatiques et commerciales, et qui ont financé Daesh.

Cette érosion de la compétence politique est dramatique pour notre pays. Les derniers présidents ont agi avec une légèreté inconcevable, portés par des vues à court terme. Mais cet aspect n'est pas le seul en matière de responsabilité du monde politique.

Depuis plusieurs décennies, la République a laissé se développer des zones de désespoir, que le philosophe Jean-Paul Dollé nommait avec la justesse qui le caractérisait: "Le territoire du rien". Un urbanisme inhumain, sans lieux de loisirs, de culture, sans écoles dotées de moyens à la hauteur de l'enjeu, au sein duquel aucun sentiment humaniste et citoyen ne peut éclore. "Cités Dortoirs", "Quartiers sensibles", les termes ont évolué mais le problème demeure et le personnel politique l'a toujours traité avec indifférence. Raymond Barre promit "d'enrayer la dégradation physique et sociale des grands ensembles". Bernard Tapie fut ministre de la ville, Nicolas Sarkozy annonça un plan Marshall des banlieues et nomma Fadela Amara Secrétaire d'État chargée de la politique de la ville. Patrick Kanner l'est aujourd'hui et perpétue quarante ans d'échec.

Le divorce entre les français et leurs dirigeants est accompli, le contrat social est rompu, le gouffre entre le peuple et les élites est béant. Les atteintes importantes aux libertés publiques, votées avec empressement par l'Assemblée Nationale, ne régleront rien. L'extrême droite pourra toujours surenchérir et les assassins franchir les frontières.

La France est incapable de proposer un avenir à sa jeunesse, l'Europe est incapable de dépasser son actuel enlisement dans le libéralisme. Nos élus sont incapables de proposer une vision politique. Nos intellectuels, à de rares exceptions près, sont incapables de sortir de leur lucratif état d'histrions médiatiques. Je suis atterré par mon pays dévasté et je suis dévasté par la mort de ma fille."


Bagneux : Hommage à Lola, 17 ans, victime du Bataclan

Pascale Autran | 26 Nov. 2015, 20h00 | MAJ : 26 Nov. 2015, 20h00

 

 

Bagneux, ce jeudi. Foule à l’église Saint-Hermeland pour rendre hommage à Lola Ouzounian, l’une des plus jeunes victimes des attentats de Paris.
Bagneux, ce jeudi. Foule à l’église Saint-Hermeland pour rendre hommage à Lola Ouzounian, l’une des plus jeunes victimes des attentats de Paris. (LP/P.A.)

 

Ce jeudi midi, l’église Saint-Hermeland de Bagneux est pleine, la foule déborde jusque sur le parvis où des brassées de fleurs entourent les registres de condoléances. Des centaines de personnes sont venues rendre hommage à Lola Ouzounian, 17 ans, l’une des plus jeunes victimes de la tuerie du Bataclan.

 

 

Lola Ouzounian

DR.

 

Des proches, des amis de Lola, ses camarades du lycée Sophie-Germain dans le IVe arrondissement de Paris, petits groupes soudés et trop émus pour s’exprimer. Et de nombreux habitants venus soutenir les Cohen, ses grands-parents maternels qui vivent à Bagneux, où la jeune fille aura passé une partie de son enfance. « C’est si triste », souffle une mère de famille venue par solidarité. Les élus locaux sont là, le sous-préfet d’Antony aussi, le maire du IVe arrondissement de Paris a fait le déplacement, et l’on aperçoit dans la foule l’acteur Gilbert Melki, les yeux rougis.

« Souvenons-nous que l’instruction, l’humanisme, la culture, sont les meilleurs outils contre la barbarie »

Des notes de violoncelle et d’orgue emplissent l’église pour un hommage émouvant en musique. Lola suivait les leçons de la pianiste de Bagneux Lucie Turbil, venue clore la cérémonie d’un Adagio de Bach. La musique, une passion partagée avec son père, le journaliste Eric Ouzounian, qu’elle accompagnait ce soir-là au concert du Bataclan. Lui a survécu à l’attentat. Quelques jours après le drame, il publiait sur les réseaux sociaux un texte déchirant pour annoncer la mort de sa fille : « Elle avait 17 ans. Souvenons-nous que l’instruction, l’humanisme, la culture, sont les meilleurs outils contre la barbarie. »

Dans l’église, des proches ont pris la parole, sa tante et son grand-père, « avec des mots pleins de dignité et de courage », sourit tristement Eleftérios Kechagioglou, le directeur du Plus Petit Cirque du Monde, venu assister à l’hommage. Lola fréquentait le cirque de Bagneux : « Elle venait quand elle avait entre 10 et 12 ans, c’était souvent son grand-père qui l’amenait », se souvient le directeur, qui a gardé de souriantes photos de la petite artiste. « Elle adorait le trapèze, c’était une petite fille qui avait toujours beaucoup d’entrain, et tellement de grâce… »

A l’issue de la cérémonie, un long cortège s’est formé. La foule a rejoint à pied le cimetière parisien de Bagneux, où Lola a été inhumée.

 

"Les yeux ouverts"

Par Le 26/11/2015

Thierry Ledru 

 

Photo de H2o-humanité 2.0.

 

La proposition de Marguerite Yourcenar, rédigée en 1980 pour changer le monde... 

 

«Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.

Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.

Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait.»

Marguerite Yourcenar, "Les yeux ouverts." 

Etat d'urgence

Par Le 26/11/2015

 

 

"Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux."

Benjamin Franklin

 

Perquisition administrative chez des maraîchers bio : « Ils s’attendaient à quoi, des légumes piégés ? »

PAR CAMILLE POLLONI

Le 24 novembre, le préfet de Dordogne a ordonné la perquisition d’une ferme du Périgord vert. À la recherche de « personnes, armes ou objets susceptibles d’être liés à des activités à caractère terroriste », les gendarmes ont fait chou blanc. Sur les 1 233 perquisitions administratives menées en France, les abus commencent à s’accumuler.

La ferme d’Elodie et Julien, à mi-chemin entre Périgueux et Angoulême, figure dans une plaquette de l’office de tourisme au chapitre « vente directe de fruits et légumes ». Il faut croire qu’on la trouve aussi dans les petits papiers du préfet de Dordogne. Mardi matin à 7 h 20, depuis sa chambre avec vue sur l’arrière de la maison, un ami hébergé par le couple entend des claquements de portières et aperçoit la lumière de lampes torches. C’est une perquisition administrative. « Quand on est descendus, les gendarmes étaient déjà dans la cuisine », raconte Elodie, 36 ans. Elle ne sait pas si l’ami « a ouvert ou s’ils sont entrés tout seuls », de toute façon« la porte était ouverte ». Devant elle et son compagnon Julien, 34 ans, s’alignent« une dizaine » de gendarmes de Nontron, Ribérac et Verteillac.

Comme les maraîchers bio demandent des explications, les forces de l’ordre invoquent l’état d’urgence et leur montrent un ordre de perquisition signé par le préfet Christophe Bay (voir ci-dessous). Selon ce papier, faisant référence aux attentats du 13 novembre et à « la gravité de la menace terroriste sur le territoire national », « il existe des raisons sérieuses de penser » que, chez eux, « peuvent se trouver des personnes, armes ou objets susceptibles d’être liés à des activités à caractère terroriste ». « Ils s’attendaient à quoi, des légumes piégés ? », plaisante Elodie après coup. Installés depuis trois ans et demi en Dordogne, Julien et sa compagne ont une fille de deux ans, vendent des légumes de saison à Biocoop et le samedi au marché.

« Le G8, les manifestations pour l’environnement, ça ne vous dit rien ? »

Pendant deux heures quarante, les gendarmes fouillent chaque pièce en regardant« dans les placards, les coffres, la bibliothèque, les recoins, les boîtes », détaille Elodie. Ils semblent « très intéressés par les petits carnets, les coupures de presse. Les livres, moins. » Et demandent quelle surface fait la ferme, s’il y a des appentis. L’un d’eux prend les choses particulièrement au sérieux. « Il nous dit : “le G8, les sommets européens, les manifestations pour l’environnement, ça ne vous dit rien ?”, et mentionne aussi la COP 21. Visiblement, la perquisition a un rapport avec nos activités militantes. »

Cette impression se confirme lorsque les gendarmes évoquent enfin «  un truc tangible », une action à laquelle Elodie et Julien ont participé il y a trois ans contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : le blocage du péage autoroutier de Mussidan. « Je ne pense pas avoir fait une seule manif depuis », résume la maraîchère. «  La petite a deux ans. Je ne veux pas jouer la Sainte Nitouche, mais manifestation ou pas, qu’est-ce qui justifie ça ? » Le gendarme zélé explique aux habitants de la ferme « qu’avec l’état d’urgence, tout rassemblement est interdit, et qu’organiser une manifestation est illégal ». Elodie demande : « Si vous trouvez un papier disant que j’organise une manifestation, vous m’arrêtez ? » La réponse est oui. Mais ils ne trouvent rien de tel.

Les ordinateurs de la maison sont raccordés « à un appareil qui ressemblait à un disque dur externe, apparemment pour en copier le contenu », sans même avoir besoin de demander les mots de passe. « Il y a un ordi sous Ubuntu [un logiciel libre, ndlr] , et, là, ça n’a pas marché. » « Ils ont aussi branché les téléphones portables à une machine, en expliquant que le logiciel se déclenchait en fonction de mots-clés. »Un gendarme s’autorise une petite impertinence : « Je suis pas sûr que ça marche avec le péage de Mussidan. »

« Ils nous parlent d’extrême gauche et sous-entendent qu’on est islamistes ? »

Lorsqu’ils tombent sur des autocollants de la CNT, les gendarmes demandent de quoi il s’agit. « C’est mon syndicat », répond Elodie, affiliée à la Fédération des travailleurs de la terre et de l’environnement. Pas de questions supplémentaires sur ce point. L’ami hébergé est fouillé sans insistance. Le matériel agricole ne semble pas non plus susciter leur curiosité. La conversation prend un tour plus inquiétant quand les gendarmes voient écrit « Bruxelles » dans un carnet et sur la carte d’identité de Julien, qui a travaillé en Belgique où il a encore des amis. Ils veulent savoir si le couple y va souvent. Ce signe de fébrilité agace Elodie : « On parle de quoi là ? Ils nous parlent d’extrême gauche et d’un coup sous-entendent qu’on est islamistes ? On ne sait pas ce qu’ils cherchent. » Pour seule réponse, les habitants récoltent un « voyez ça avec le préfet, nous on exécute les ordres ».

À 10 heures, après avoir fait signer un compte-rendu de perquisition reconnaissant qu’ils n’ont rien trouvé, les gendarmes repartent comme ils sont venus. Les maraîchers pensent quand même « qu’il faut que ça se sache ». Comme beaucoup de militants, ils craignent les conséquences de l’état d’urgence. « C’est vrai que notre préfet a la réputation d’être un peu rigide. Mais là on s’aperçoit que dès que la loi le permet, des individus se sentent libres de faire ce qu’ils veulent sur leur territoire. Visiblement, la brèche est ouverte. »

1 233 perquisitions, 165 interpellations, 142 gardes à vue, 230 armes saisies

La préfecture, que nous avons contactée, refuse de commenter ce cas particulier.« Nous préparons un communiqué de presse pour la fin de la semaine sur le nombre de perquisitions administratives, mais rien d’autre », nous répond-on. Lundi, un premier bilan départemental avait été rendu public : 26 perquisitions administrativesen Dordogne depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence, dans la nuit du 13 au 14 novembre. Une arme de collection, détenue illégalement, a été remise aux gendarmes et détruite. Impressionnant bilan pour la Dordogne.

Sur l’ensemble du territoire, on dénombrait mardi 1 233 perquisitions administratives, conduisant à 165 interpellations, dont 142 gardes à vue, et la saisie de 230 armes. Un certain nombre d’abus et de bizarreries sont déjà signalés : citons par exempleune fillette de 6 ans blessée à Nice, un TGV évacué pour un film d’action, un trompettiste retenu sans motif Gare du Nord, un restaurant investi par la police en plein service… Au point que les recensions de ces dérapages ont été systématisées par La Quadrature du Net et remplissent les pages des journaux.

Le ministre de l’Intérieur croit-il désormais ce qu’il lit dans la presse ? Ce mercredi, Bernard Cazeneuve a annoncé qu’il allait envoyer une circulaire à tous les préfets« pour que ces perquisitions se fassent, même si on est dans un état d’urgence, dans le respect du droit ». C’est sûr que si personne ne prévient les préfets que les droits doivent être respectés…

Camille Polloni

Photo d’illustration : CC Philippe Leroyer (manifestation lycéenne à Paris, en avril 2008)

 

"LA BANDE DU SKATE PARK"

Par Le 26/11/2015

Marion GERVAIS, la réalisatrice de ce film diffusé en épisodes avait déjà réalisé "Anaïs s'en va-t-en guerre" dont j'avais parlé sur ce blog. J'avais adoré l'histoire de cette jeune fille, infiniment déterminée, lumineuse, naturelle et j'attendais avec impatience la sortie de ce nouveau film.

Bon, personnellement, je trouve ça absolument remarquable à tous points de vue. L'image, les dialogues, la justesse des ados, le fait qu'ils ne "jouent" pas un rôle mais qu'ils vivent chaque instant qui leur est proposé, l'importance de l'amitié, des rêves de vie, des projets, de la débrouillardise, les rires, l'ennui, les discussions, le skate, le skate, la passion commune, le moteur de leur jeunesse, l'insousciance et la certitude que tout est encore possible...

S'il y a un jour, une professionnelle du cinéma qui s'intéresse à mettre en film, un de mes romans, j'aimerais infiniment que ça soit Marion GERVAIS. !

En gardant le lien vers "SOMA SKATE", vous pourrez trouver la suite dans les jours à venir.

N'hésitez pas à partager car c'est ainsi que le succès du film précédent (Anaïs...) s'est construit. Hors des réseaux médiatiques officielles. Le bouche à oreille. Ou plutôt de "coeur à coeur". 

Merci. 

 

 

LA BANDE DU SKATEPARK

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Si vous avez déjà été ado au moins une fois dans votre vie, ou si vous avez pour projet de le devenir un jour, cette géniale série documentaire de Marion Gervais sur “la bande du skatepark” va forcément vous parler. Attention cependant, ceci n’est pas une vidéo de skateboard. C’est drôle, c’est touchant, c’est criant de vérité et je ne vous en dirais pas plus pour ne pas casser l’effet de surprise. On en reparle au prochain épisode (la semaine prochaine) avec une interview de cette Marion pour comprendre ce qui l’a motivé à suivre ces jeunes gens pendant près de deux ans :

La bande du skate park 1×01 – S'INSTALLER par IRLstories

 

 


La bande du skate park 1×02 – UN PERE EN MER par IRLstories


La bande du skate park 1×03 – LES FILLES ARRIVENT par IRLstories


La bande du skate park 1×04 – ETRE FILS par IRLstories

Effroyable constat...

Par Le 25/11/2015

En 2015, une femme sur cinq victime de violences physiques en Europe

Par  et  — 

Les femmes victimes de leur partenaire
Les femmes victimes de leur partenaire BIG

 

Le 25 novembre, c’est la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, organisée par les Nations unies.

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     En 2015, une femme sur cinq victime de violences physiques en Europe

Pour certains, le 25 novembre, c’est la Sainte-Catherine, désuète fête des filles qui n’ont pas trouvé de mari à 25 ans. Pour d’autres, c’est la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, organisée par les Nations unies depuis une résolution de décembre 1999. Objectif : promouvoir le droit des femmes et, surtout, sensibiliser le public, l’informer de la situation des femmes, réaffirmer la nécessité d’un combat indispensable.

La preuve en chiffres : la forme la plus courante est la violence physique infligée par le partenaire intime. En moyenne, au moins une femme sur trois dans le monde est battue, victime de violence sexuelle ou autrement maltraitée au cours de sa vie.

Une violence mal perçue

Selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent pour une femme âgée de 15 à 44 ans un risque plus grand que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis. Une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie.

Les chiffres font froid dans le dos : rien qu’en France, une femme meurt tous les trois jours, dans tous les milieux, à la ville comme à la campagne, sous les coups de son conjoint. Alors, bien sûr que cette journée du 25 novembre «a une vraie utilité», martèle Elisabeth Morin-Chartier, députée européenne et présidente de l’European Union of Women (EUX) : «Il faut expliquer aux unes et aux autres, aux femmes et aux hommes, aux médecins et aux patients, aux enfants et aux adultes, aux employeurs et aux salariés, ce qu’est une violence. Informer, libérer la parole, protéger les femmes qui ont parlé, c’est primordial.»

Peu de recours à la police

Sinistre peloton.Une femme sur cinq en Europe a subi des violences physiques ou sexuelles, presque une sur deux des violences psychologiques, selon une enquête de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (1)menée sur 42 000 femmes et parue l’an dernier. En tête du sinistre peloton, les Pays-Bas, la Suède, la Roumanie… et la France, où une femme sur quatre dit avoir été victime de violences physiques : alors que la moyenne européenne est de 22 %, l’Hexagone affiche un score de 26 %. Il s’élève encore en Lettonie et au Danemark, qui affichent chacun 32 %, les pays du Nord de l’Europe, pourtant très en pointe en termes d’égalité homme-femme, ayant les plus mauvais chiffres. «A cause de l’alcoolisme, essentiellement, commente la députée européenne. Mais aussi parce que les femmes y sont plus sensibilisées à leurs droits fondamentaux, hésitent moins à parler que dans d’autres pays européens, se sentent plus légitimes à dénoncer les violences qu’elles ont subies.»

Il faut donc déduire que les chiffres donnés par l’enquête sont sans doute très en deçà de la réalité. Les femmes ont souvent peur de parler, parce qu’après, que va-t-il se passer ? Alors il faut informer, faire parler, soutenir.

Méconnaissance des lois

Rappeler ce qu’est une violence, d’abord, où elle commence : «Se faire bousculer, gifler, tirer les cheveux, frapper du poing, brûler avec une cigarette, énumère Elisabeth Morin-Chartier, mais aussi subir de la dépréciation récurrente, du genre "tu es nulle, tu n’arriveras jamais à rien", des comportements abusifs, par exemple se faire confisquer ses clés de voiture ou se voir interdire de voir sa famille, être victime de chantage, ou bien de comportements dominants et de violence économique.» Il s’agit aussi de reconnaître qu’on subit des violences à des signes qui ne trompent pas, comme la dépression, les troubles du sommeil, de l’anxiété ou des crises de panique. Se rendre compte qu’on a été isolée, coupée de ses proches : c’est le chemin de croix des victimes de violence conjugale, avec bien souvent les enfants au milieu (en 2014 en France, 35 sont morts dans un contexte de violence dans le couple, et 134 femmes). Le problème en Europe, poursuit la députée, «c’est le manque d’information et d’implication à tous les niveaux, social, politique».

La crise économique frappe très fortement les femmes depuis 2008, souvent en situation de précarité, de temps partiel et d’inégalité salariale criante, et contribue à la fragilité de nombre d’entre elles : «Nous sommes à un moment de recul dans l’histoire des femmes, dont la place dans la société est étroitement liée à leur éducation et à la transformation de leur savoir dans la vie économique.»

Traité d’Istanbul.Il faut donc, répète encore Elisabeth Morin-Chartier, qu’il y ait plus d’actions nationales, et surtout, pour commencer, que tous les pays européens ratifient la convention du Conseil de l’Europe sur la violence à l’égard des femmes et les violences domestiques, signée à Istanbul en 2011 par 13 pays, qui ont donc décidé de retrousser leurs manches pour venir en aide aux victimes. Parmi eux, l’Autriche, le Danemark, la Suède, l’Italie, le Portugal et la France, qui s’est décidée en juillet 2014.

Indispensable, insiste la députée : «Les femmes ont besoin d’être aidées par la justice. Si toute l’Europe signe ce traité d’Istanbul, alors on pourra commencer à être efficace et mettre en place un système européen cohérent.» D’une façon générale, conclut Elisabeth Morin-Chartier, «c’est une question d’ordre privé qui doit absolument être portée sur la place publique».

VOIR AUSSI NOTRE EXPÉRIENCE INTERACTIVE L'une d'elles

Un numéro à composer, celui de Violences femmes info : le 3919. Un site : Stop-violences-femmes.gouv.fr.

(1) L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, Fra.europa.eu

Emmanuèle Peyret , BIG

Valls vire.

Par Le 25/11/2015

[Vidéo] Le journaliste Thomas Guénolé viré de RMC à cause d’une chronique sur les attentats

 

http://gregtabibian.com/video-le-journaliste-thomas-guenole-vire-de-rmc-a-cause-dune-chronique-sur-les-attentats/

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La chronique qui a fait virer Thomas Guénolé… par pascontent-tv

 

La nouvelle lui a été annoncée par un coup de téléphone du directeur de la rédaction de RMC, Philippe Antoine. Vendredi 20 novembre, Thomas Guénolé a appris que la chronique qu’il tenait sur RMC était suspendue et même définitivement arrêtée. Cela lui a été confirmé par un mail reçu dimanche soir, comme il l’a indiqué au site Arrêt sur images.

Thomas Guénolé pouvait se croire à l’abri. Lui au moins appartenait au camp du Bien. N’hésitant pas à en rajouter chronique après chronique, il inventait chaque jour des mots nouveaux, accompagnés du suffixe -phobe pour désigner l’ennemi. C’était un bon petit soldat. Mais qui, tout à son zèle, n’a pas vu arriver l’avion…

Mais le politologue (enseignant à Sciences-Po) a tout de même tenu à vérifier par lui-même en se rendant dans les locaux de la radio, ce lundi 23 novembre. Il n’a pas eu accès au studio, comme une ultime confirmation de sa mise au ban de la radio. Quelques instants plus tard, il a évoqué une rupture définitive du contrat qui liait, selon les informations du HuffPost, sa société Vox Politica à la radio jusqu’au 24 juillet 2016.

En cause, une chronique qu’il a tenue mardi 17 novembre dans la matinale de Jean-Jacques Bourdin (voir la vidéo en haut de l’article) qui a provoqué la colère du ministère de l’Intérieur. Ce jour-là, peu après 7h20, il s’intéressait « aux accusations de dysfonctionnements dans notre sécurité intérieure qui se multiplient dans la presse », après les attentats du 13 novembre.

Le désormais ex-chroniqueur affirme aussi que, dans son mail pour lui signaler la fin de sa chronique, RMC ajoute que depuis sa chronique les journalistes de la radio subissent un black-out total de la part du ministère de l’Intérieur ou de leurs sources chez les forces de l’ordre. « Ce genre de pressions, c’est glaçant », commente-t-il…

La censure, c’est maintenant ? En tout cas, cela ressemble bien au premières mesures de restriction de la liberté de la presse provoquées par l’Etat d’urgence…

A ben non en fait ! puisque le gouvernement a annoncé qu’il supprimait les articles relatifs à la limitation de la liberté de la presse dans la loi de 55… Je dois être complotiste :)

KUNDALINI : réflexions. (3)

Par Le 24/11/2015

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« La capacité à ressentir le désir de faire l’amour provient d’une transmission qui s’effectue très tôt dans la petite enfance, avec les hommes et les femmes de notre famille qui nous aiment et plus particulièrement notre mère. »

Dr Danielle Flaumenbaum. « Femme désirée, femme désirante »

 

C’est un paramètre qu’il est impossible de nier. Toutes ces émotions reçues pendant l’enfance et l’adolescence ont construit l’individu et les effets de ces émotions, positives ou non, ont des implications profondes sur la sexualité adulte.

L’individu qui n’a pas été « aimé, choyé, accompagné, réconforté, sollicité » gardera en lui une crainte, bien souvent inconsciente. Peut-être s’agit-il même d’un désamour imaginaire, une interprétation fallacieuse d’un amour parental réel mais maladroitement transmis ou faussement perçu. Toujours ce problème généré par la transformation du réel au gré de nos fluctuations émotionnelles. Seule, une analyse personnelle ou accompagnée peut résorber les conflits intérieurs et peut-être même les absoudre. Mais s’obstiner à vouloir les oublier les nourrit au contraire de l’énergie nécessaire pour survivre…

Une fille n’ayant pas été accompagnée avec bienveillance pendant ses premières années de vie, jusqu’à l’élaboration de sa sexualité adulte, et qui n’aura pas pu élaborer en elle une confiance solide, une conscience réelle de l’intégralité de sa personne, une analyse de ses propres comportements, cette fille devenue femme, incarcérée dans une réalité douloureuse, il lui sera difficile d’entrer dans le champ de la sexualité sacrée étant donné que le vécu corporel, émotionnel et psychologique sera considérablement perturbé par ce passé douloureux.

S’ajoute à cet état d’incertitude, le poids ancestral de l’Histoire des femmes à travers les âges de l’Humanité et de l’emprise masculine sur la sexualité. Une emprise sociale, religieuse, comportementale, des attributions limitées à la reproduction et à l’éducation des enfants, une certaine forme de « soumission » à des dogmes archaïques.

Quant aux violences physiques et psychologiques faites aux femmes, chaque jour, dans le monde, elles sont innombrables et c’est un drame effroyable, la matérialisation la plus sordide de l'immaturité spirituelle de cette masse de testicules érigées en cerveaux. 

Il existe incontestablement dans l’esprit d'un grand nombre de femmes une crainte plus ou moins forte de la sexualité, comme un égrégore néfaste, transmis de génération en génération dans l’inconscient collectif.

Il en est de ces femmes, très nombreuses, qui finiront par adopter la sexualité émotionnelle des hommes en répudiant partiellement ou intégralement, la dimension spirituelle de la sexualité, alors qu’elle est originellement inscrite en eux. Puisqu'elles ont reçu la mission sacrée de porter et de donner la vie.

Il se peut, néanmoins, que cette sexualité les comble. Un certain temps…Empiler les partenaires n'y changera rien tant que la sexualité émotionnelle masculine leur servira de balises...

 

Il est évident par conséquent que l’éveil de la féminité à travers une sexualité comblée, entière et bienheureuse, est bien plus aléatoire que la masculinité dans un monde cartographié et rigidifié par les pénis des hommes…

 

Il faut prendre en considération l’ensemble de ces paramètres dans la recherche de la sexualité sacrée. Homme et Femme unifiés dans la bienveillance de l’Amour intégral, l’Amour corporel et spirituel.

Non pas un amour émotionnel, nourri par les transmissions les plus lourdes, sociales, historiques et personnelles mais un Amour libéré de toutes les entraves.

Ce changement radical ne se réalise qu’en apprenant, ensemble, à devenir conscient dans l’acte d’aimer et non à se laisser emporter par des états troubles. Il s’agit donc de faire l’amour pour l’amour, ni pour soi, ni même pour l’autre mais en unifiant les deux partenaires dans une dimension supérieure, au-delà des personnalités. Non pas dans l’oubli ou la négation des individus mais bien au contraire dans le saisissement intégral des individus.

S’oublier en tant qu’individu chargé d’une histoire pour naître à soi dans l’instant immédiat.

 

Cela représente un cheminement d’autant plus complexe que l’histoire de la personne, et en priorité de la femme, aura été alourdie par de multiples fardeaux, transmis ou vécus.

Barry Long parle de l’importance du « vagin émotionnel » et de ses troubles associés. Il est nécessaire que l’homme prenne conscience que le sexe de la femme contient, de par les émotions ancrées, un vaste lacis de résistances, peurs, craintes, ou désirs inavoués, fantasmes inassouvis, et espérances.

Il est désastreux de vouloir imposer un pénis invasif dans le corps d’une femme qui ne serait pas aimée telle qu’elle doit l’être, avec cet hommage de chaque instant pour la Féminité qu’elle porte. Son sexe est un calice et non l’orifice destiné à assouvir l’excitation de l’homme…

On ne fait pas l’amour.

C’est l’amour qui nous a fait et qui propose tout au long de notre vie terrestre de progresser dans cet espace divin.

Dans la première expression, les humains s’attribuent par ces propos le phénomène le plus extraordinaire de la Création. L’Union des individus. Tous les êtres vivants l'éprouvent et les Humains bénéficient d'un potentiel miraculeux de conscience, l'entière possession de cette expérience suprême. Une Union sacrée qui émerge de l’imagination incommensurable de la Nature divine et non de l’émotionnel basique des egos avides.

La seconde expression reconnaît, avec humilité, que « l’accord des corps » relève d’un acte suprême, un transformateur fabuleux, l’éclosion des esprits par l’entremise de la sexualité. Dire que les Humains "font l'amour", c'est affirmer follement que les rayons font le soleil...

 

Un pénis ne pénètre pas un vagin. Sinon, il ne serait question que de biologie ou d’anatomie.

Un pénis émotionnel ne pénètre pas un vagin émotionnel. Sinon, il ne s’agirait que de la rencontre de deux individus isolés dans une sexualité spirituellement immature.

Deux corps enlacés qui s'étreignent et s'accueillent, qui s'enchassent et fusionnent, non pas un sexe d'homme dans un sexe de femme mais un canal érigé plongeant dans la matrice qui éveille la lumière intérieure, le corps entier de la femme auréolé d'un Amour divin diffusant les rayons émanant de son coeur. Ni pénis, ni vagin, ni seins ou fesses, ni aucune zone érogène dressée comme un panneau indicateur mais l'entièreté des individus dans l'espace énergétique des vibrations les plus profondes, le crépitement lumineux des cellules, comme autant d'étoiles dans l'Univers.

 

Les corps vers les âmes.

 

Les préliminaires ne sont donc pas des catalogues anatomiques de caresses mais un chapelet de regards, paroles, baisers, câlins, réconforts, aides, soutiens, encouragements, félicitations, paroles aimantes, amusements, pensées, messages… à chaque instant de la journée et non une fois coulés sous la couette. L’Amour est intemporel et ne se retrouve pas à heures fixes, dans une situation connue, prêt à parcourir méthodiquement un chemin usé par des émotions anciennes. L’Amour est neuf et unique à chaque instant.

C’est un état incessamment renouvelé et pourtant immuable.

Les émotions qui en découlent ne sont pas des torrents dévastateurs et inconscients mais des opportunités pour la connaissance de soi.

Les rituels ne sont évidemment pas à bannir dès lors qu’ils contribuent à une osmose tournée vers « là-haut » et non à la simple mécanique rassurante ou dépitée de protocoles organiques.  

Ces rituels peuvent également contribuer à la durée de la rencontre, à l’établissement lent et doux de la confiance, de l’abandon, de l’accueil de la tendresse et non inévitablement de la conjonction des individus. Un rituel n’est pas nécessairement un couloir menant à la chambre à coucher, ni même à l’accouplement. Dans ce mot, il y a « couple » et il est bon d’y songer a priori. Les deux partenaires sont conviés mais l’homme doit prendre en considération que les besoins physiologiques de sa partenaire ne sont pas les siens et que la durée prolongée de l’étreinte est une constante incontournable, un cheminement patient et bienveillant…Toujours cette bienveillance envers sa « Déesse. »

Il faudrait parler aussi des transferts d’énergie, de la circulation dans les chakras, de l’éveil de la Kundalini, de l’émergence des auras, des phénomènes stupéfiants d’orgasmes énergétiques asexués, de la probable apparition de transmissions de pensées, de synchronicités de plus en plus fréquentes et diverses, des ressentis physiques inversés, homme-femme, dans une disparition partielle des identités sexuelles… Il faudrait évoquer encore tellement de choses…

 

Il y a un choix à faire. Laisser le bateau de l’existence à quai et se satisfaire des horizons limités ou accepter cette « Terra Incognita » en soi et partir à l’aventure…À deux.  


 

Si beau...

Par Le 24/11/2015

Tout est là....La beauté du monde qui nous accueille.....Le silence, la paix, les ressentis les plus profonds, l'osmose intégrale, corps et âme, se dénuder intérieurement par l'expérience corporelle et s'élever dans le chemin spirituel..... Ce que vit Maud, dans le roman en cours.....Avec un compagnon...On peut supposer que la femme de cette vidéo est également accompagnée puisque "quelqu'un" la filme. 

Je n'aurais d'ailleurs pas écrit "KUNDALINI" sans mettre en scène un couple puisque cet amour de la Nature ne peut pas, selon moi, être pleinement vécu sans un partage avec un être aimé. Il manquerait la dimension spirituelle de la sexualité. 

 

LA-HAUT : Commentaire (3)

Par Le 24/11/2015

 

LÀ-HAUT (THIERRY LEDRU)

Attentat dans le RER à la station Saint Michel. De passage à Paris, Jean, guide de haute montagne, est grièvement blessé. Blandine, la femme qui l'accompagne, déchiquetée par l'explosion de la bombe, meurt immédiatement. Quand Jean se réveille sur un lit d'hôpital, c'est pour apprendre qu'il a été amputé sous le genou et qu'il ne reverra plus jamais celle qu'il aimait. Il est désespéré. Il sait, qu'avec une jambe en moins, il ne pourra plus jamais exercer son métier. Dès son retour en Savoie, il se remet à marcher et même à grimper avec sa prothèse. Un beau jour, il fait la connaissance d'Isabelle, jeune et charmante bibliothécaire blonde qui, comme lui, s'intéresse aux questions de spiritualité.

« Là-haut » est un roman émouvant et prenant qui aborde un thème difficile et assez rarement traité, celui du handicap et d'un handicap particulièrement cruel et injuste, celui qui est causé par un attentat terroriste. Le lecteur suit pas à pas le héros dans sa longue et lente progression pour échapper par le haut à l'enfer dans lequel il a été plongé. Tout est si minutieusement détaillé par l'auteur, si finement observé qu'on se dit que ça sent le vécu. Même si l'auteur dérive un peu beaucoup dans la métaphysique (recherche de preuves de l'existence de Dieu, citations de paroles de sagesse hindoue) et affiche un anticléricalisme militant, l'ouvrage reste un témoignage puissant qui ne pourra laisser personne indifférent. D'autant plus que Thierry Ledru, qui possède un style très personnel, très efficace et de très bonne facture, sait rendre son propos particulièrement percutant. Un très bel hymne à la résilience, au courage et à l'amour.

4/5

"un témoignage puissant qui ne pourra laisser personne indifférent. D'autant plus que Thierry Ledru, qui possède un style très personnel, très efficace et de très bonne facture, sait rendre son propos particulièrement percutant. Un très bel hymne à la résilience, au courage et à l'amour." Merci à Bernard Viallet pour ce beau retour de lecture.


 

 

Très heureux pour ce retour et particulièrement pour "ce style très personnel"...Car de nombreux retours d'éditeurs ont au contraire mis en avant cette "particularité" en considérant que cette écriture était "trop ardue pour le lecteur de romans".... Très heureux de voir que ça n'est pas le ressenti de tout le monde. 

Je retourne travailler à  l'écriture de "KUNDALINI" :)

Une belle journée ! 

KUNDALINI : réflexions. (2)

Par Le 23/11/2015

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Je pense que les émotions non contrôlées ont un impact sur la réalité. Non pas directement mais par ricochet. Dès lors que nous perdons pied en nous-mêmes, dès lors que nous agissons sous le coup d’une émotion qui nous submerge ou d’une pensée récurrente, d’un phénomène interne qui nous obscurcit par sa puissance, nous modifions la réalité puisque nos actes seront entachés de notre trouble.

Quelle est cette réalité dès lors, cette réalité originelle, celle qui n’aurait pas dû être ainsi violentée ? Pour ma part, je l’appelle le Réel, avec une majuscule, et non la réalité. Le Réel obéit à l’ordre de la vie, une vie immuable, alors que notre réalité est issue de la fluctuation de nos existences. On pourrait dénombrer autant de réalités qu’il y a d’individus. Mais il n’y a qu’un Réel. 

Dans l'expérience de la sexualité, j'ai déjà parlé des émotions et de leurs effets. Le cheminement du désir et de l'excitation.

Kundalini : réflexions.

Le Réel représente, à mes yeux, l'espace inifni et intemporel de l'Amour.

Les réalités se nourrissent, par contre, de tout ce que les individus transportent. Les peurs, les échecs, les fantasmes, les attentes, les compromis, les dénis, les non-dits, les réticences, l'espérance des désirs assouvis, les retrouvailles avec des vécus bienheureux, les déceptions devant des passés réanimés... Toutes les émotions et leurs effets.

Des effets qui peuvent se révéler dévastateurs : éjaculation précoce, frigidité, vaginite, impuissance, anorgasmie...

Les effets des émotions remplissent des pages entières.

On pourrait penser que l'Amour sans émotion n'a aucune saveur mais il ne s'agit aucunement de rejeter ces émotions mais de s'en servir. Un saumon ne pourrait remonter le courant s'il n'y avait pas de rivière... Les émotions sont des flots permanents.Les observer, c'est remonter vers la Source. vers l'Amour. Pour nager, il faut les comprendre, les analyser, les disséquer...Comme le ferait un nageur cherchant à affiner sa technique... 

Dans ce travail spirituel, la pleine conscience est une nécessité absolue. L'Amour en sera l'énergie indispensable car c'est un travail de longue haleine, une autopsie du passé puisque toutes les émotions y prennent forme et nourrissent les suivantes et les suivantes et les suivantes...Il n'y a pas d'émotions spontanées, jaillies de nulle part.  

Imaginons un pénis en érection. Il est chargé de toutes les émotions du passé et de tous les effets, désir et excitation en priorité. Si l'homme ne parvient pas à rester le Maître intérieur, il se présentera, tourmenté et dans un certain état d'inconscience devant le vagin de la femme. Ce vagin subira alors les effets de toutes les émotions qui envahissent cette femme, troublée et peut-être même inquiète de l'état émotionnel de son partenaire. Tout ça est très simplifié, bien évidemment. De multiples paramètres interviennent mais ce schéma "émotion-effet" représente la clé de la salle du trésor... Rien de beau ne sera possible sans la connaissance de soi. Comme une formule magique partagée par les deux partenaires. 

Une méthode s'impose dès lors. C'est la patience et la bienveillance. Résister à l'appel immodéré de l'émotion orgasmique et de ses effets, être dans l'instant, ne jamais se projeter au-delà du ressenti immédiat, réfréner les pensées comme autant de virus, accorder à soi et à l'autre une bienveillance totale, une attention délicate, une tendresse partagée, non pas pour courir vers le final mais pour saisir chaque instant, comme autant d'orgasmes. Non pas un orgasme génital mais un orgasme énergétique, celui qui s'éveille lorsque les deux entités spirituelles s'associent dans une parade corporelle, un hommage au flux créateur qui vibre de toutes ses forces en nous. Sans que nous n'ayons la moindre idée des horizons à découvrir. 

Cet orgasme énergétique va bien au-delà du connu. Et c'est parce qu'il n'appartient pas à notre passé que les émotions n'opèrent aucune entrave sur lui. Dans le champ spirituel de l'Amour physique, les émotions deviennent des opportunités de croissance intérieure et non des freins à l'exploration. 

L'émotion amoureuse pour ne pas être une dérive au regard de la plénitude énergétique recherchée se doit de se tourner vers l'Amour de la Vie et non seulement l'amour du partenaire. Il s'agit d'entrer dans une dimension "céleste" ou "divine" pour s'extraire justement des perditions corporelles. 

Caresser l'intégralité des corps et ne pas se focaliser sur des zones érogènes, suspendre les mouvements et entrer dans une quasi immobilité, une perception affinée et non brouillonne, un saisissement du bien-être de chaque fibre, de chaque cellule. 

La visualisation peut devenir une approche très bénéfique dans une recherche de cet état. Visualiser les flux énergétiques qui circulent comme des rayonnements et s'absoudre des images sexuées qui génèrent les émotions parasites, ressentir les battements cardiaques, intensifier les respirations et les accorder, plonger dans les regards au-delà des prunelles, bénir les corps avec des huiles parfumées, de la tête aux pieds, sans aucune préférence, sans insistance intentionnelle, les doigts comme les seins ou les sexes étant caressés avec la même tendresse et la même affection, sans aucun autre désir que d'amplifier encore et encore la pleine conscience des corps...

Longuement, longuement, sans aucune précipitation, sans aucun objectif final puisque l'Amour ne subit pas le Temps et qu'il jouit de chaque instant.  

Unnamed 2

Empathie et motivation

Par Le 23/11/2015

Chris Ulmer est enseignant spécialisé : il donne des cours à des enfants en difficulté dans la ville de Jacksonville, en Floride. Ces élèves souffrent de différents troubles. Certains sont autistes, d’autres souffrent de lésions cérébrales traumatiques, d’apraxie ou encore d’agénésie du corps calleux.
 

Dans n’importe quelle classe école à travers le monde, les enseignants ont souvent l’habitude de commencer les journées par un petit rituel ou de routine. Le plus souvent, on passe en revue le programme du jour, on fait des annonces, on fait l’appel…
 

Mais dans la classe de Monsieur Ulmer, les choses se passent différemment : on commence la journée… par 10 minutes de compliments individuels !

 

« C’est génial de t’avoir dans ma classe. Je pense que tu es drôle. Tu es un super joueur de foot. Tout le monde ici t’adore… » Voici le genre de paroles que Chris Ulmer répète inlassablement à ses élèves. Chacun voit ses propres qualités personnelles réaffirmées en face de la classe, ce qui permet à chaque élève de constituer sa propre identité et de se définir pour ce qu’il est, pour les caractéristiques qui lui sont propres.

 

Avec cette démarche, Ulmer cherche avant tout à mettre en place un rapport de confiance entre les élèves, et à les aider à forger leur estime de soi, en réaffirmant constamment leurs qualités et leur valeur. Et c’est apparemment une chose dont ces élèves en difficulté ont bien besoin…

 

« Ces simples petits rappels quotidiens de leurs qualités redirigent l’attention des élèves. Ils détournent leur esprit de ce qu’ils ne peuvent pas faire, pour se concentrer sur ce qu’ils peuvent accomplir, » explique l’enseignant.

 

Et pour cause : ces enfants ont tous dû faire face à l’échec scolaire et à de grandes difficultés à l’école. À cause de leurs différents problèmes, l’éducation classique n’est pas adaptée à eux. Ce rejet du cursus classique peut être vécu de manière très traumatique par les enfants : ils ne se sentent pas à la hauteur, ont l’impression d’avoir été « punis », rejetés, mis à l’écart, parce qu’ils sont contraints d’aller dans des centres spécialisés.

 

@via Abc News


En se concentrant sur leurs talents individuels, Ulmer s’est aperçu que cela avait une incidence énorme sur l’état d’esprit des enfants, et que les résultats concrets pouvaient être rapidement observés ! Ainsi, il s’est rendu compte que les élèves se sont mis peu à peu à se complimenter les uns les autres, d’eux-mêmes. Et ils se sont même mis à complimenter leur enseignant en retour ! De même, ces échanges ont permis aux élèves de mieux se socialiser, et d’avancer d’une façon spectaculaire dans leur capacité à communiquer, à la fois de manière verbale et non-verbale !

 

La vidéo qu’il a postée sur la page Facebook de la classe est en train de devenir virale, et Chris Ulmer s’en félicite : « Je crois que si suffisamment de personnes nous suivent, cela anéantira les préjugés, et montrera la beauté de ces enfants qui ont des besoins spéciaux en matière d’éducation, » explique-t-il.

 

Lui et sa classe ont également écrit un livre racontant le quotidien des enfants. Le livre est écrit tour à tour par les enfants, puis du point de vue des familles et du point de vue d’Ulmer en sa qualité d’enseignant rendant compte de leur progression. Pour l’instant, son livre a été rejeté par les maisons d’édition, mais Ulmer garde espoir. Il explique sur sa page Facebook qu’il reste motivé et plein d’espoir lorsqu’il voit les progrès énormes de ses élèves, et la réaction des internautes intéressés par son travail.

 

« L’ignorance de ceux qui ont du mal à comprendre ces enfants est normale, et peut être excusée », écrit Ulmer.  « Mais il n’y a pas d’excuse pour le manque d’empathie. »

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Bachar al Hassad/ Berrnard Squarcini/ Daesch...

Par Le 22/11/2015

"Même sous la Constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave."

Condorcet


 

« Comment voulez-vous qu’il y ait coopération à partir du moment où vous refusez tout autre contact, où il n’est pas question de rouvrir votre ambassade et encore moins de faire une déclaration reconnaissant l’actuel régime syrien comme légitime ? À partir du moment où Hollande et Fabius font de mon élimination une condition sine qua non, ils ne peuvent pas me demander d’échanger avec eux. En fait, leur contradiction profonde, c’est qu’ils combattent le terrorisme d’une main et le soutiennent d’une autre, en fournissant armes et matériel à une opposition qui n’a strictement rien de modéré et encore moins de laïc. Nous avons actuellement en Syrie 20 000 djihadistes étrangers qui combattent au sein de Dae’ch, d’Al-Nosra ou autre, et vous savez parfaitement bien qui les finance. » [...]

L’Occident a combattu de toutes ses forces la nation arabe : aujourd’hui, elle a en face d’elle l’islamisme wahhabite et nous en payons tous le prix.»

Bachar al Assad.



 

 

 

Entretien avec Mr Bernard Squarcini

"Vous avez proposé à votre ancien service il y a deux ans de lui transmettre une liste des Français qui combattent en Syrie. Pourquoi a-t-il refusé ?

Il y a déjà deux ans, les services syriens m’avaient effectivement proposé une liste des Français combattant en Syrie. j’en avais parlé à mon ancien service qui en a rendu compte à Manuel Valls. La condition des Syriens était que la France accepte de coopérer à nouveau avec leurs services de renseignements. On m’a opposé un refus pour des raisons idéologiques.

C’est dommage car la proposition était une bonne amorce pour renouer nos relations et surtout, pour connaître, identifier et surveiller tous ces Français qui transitent entre notre pays et la Syrie. Résultat : on ne sait rien d’eux et on perd beaucoup de temps en demandant des informations aux agences allemandes, qui sont toujours restées sur place, mais aussi jordaniennes, russes, américaines et turques. On n’est absolument plus dans le concret."

 

SOCIÉTÉ

 

Vendredi 20 Novembre 2015 à 10:00 (mis à jour le 20/11/2015 à 09:42)

Bernard Squarcini : “Nous sommes entrés dans la terreur et le terrorisme de masse”

Par 

Louis de Raguenel

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Pour l'ancien patron de la DCRI, devenue DGSI, "rien n'a été fait" pour coordonner les services de renseignements. Photo © AFP

Bernard Squarcini. Directeur central du renseignement intérieur de 2008 à 2012, l’ancien préfet se livre sur l’état actuel de la menace terroriste. Pour lui, des décisions immédiates doivent être prises après les attentats.

Les services de renseignements français étaient-ils prêts ?

Clairement, oui. Il était prévu depuis les attentats de Bombay, en 2008, que de telles actions coordonnées et déterminées se produisent sur le territoire français et que la menace s’installe dans la durée. Nous savions que nous allions devoir monter en puissance pour faire face à ce type d’attentat. Il n’y a eu aucune surprise. En revanche, les services français paient les conséquences de certaines décisions politiques. Comme M. Hollande traite Bachar al-Assad de tous les adjectifs, les services syriens ne veulent plus coopérer avec les services français.

Comment travaillent nos services, alors ?

Nous sommes contraints de faire appel à des partenaires étrangers qui nous donnent les informations qu’ils souhaitent. Sans ces errements idéologiques, peut-être pourrions-nous éviter que des drames se produisent.

Vous avez proposé à votre ancien service il y a deux ans de lui transmettre une liste des Français qui combattent en Syrie. Pourquoi a-t-il refusé ?

Il y a déjà deux ans, les services syriens m’avaient effectivement proposé une liste des Français combattant en Syrie. J’en avais parlé à mon ancien service qui en a rendu compte à Manuel Valls. La condition des Syriens était que la France accepte de coopérer à nouveau avec leurs services de renseignements. On m’a opposé un refus pour des raisons idéologiques. C’est dommage car la proposition était une bonne amorce pour renouer nos relations et surtout, pour connaître, identifier et surveiller tous ces Français qui transitent entre notre pays et la Syrie. Résultat : on ne sait rien d’eux et on perd beaucoup de temps en demandant des informations aux agences allemandes, qui sont toujours restées sur place, mais aussi jordaniennes, russes, américaines et turques. On n’est absolument plus dans le concret.

Vous considérez que nous venons d’en payer les conséquences ?

Conscients de ces erreurs politiques et diplomatiques, les islamistes de Dae’ch ont commis un attentat remarquable. Parce qu’il se passe à Paris dans une région ultraprotégée, juste avant la Cop21, avec des cibles travaillées et à l’occasion du concert d’un groupe américain qui revient tout juste d’Israël. Les djihadistes ont frappé monsieur Tout-le-monde. Face à de telles attaques et compte tenu des prises de position du gouvernement, il est difficile pour les services de renseignements d’anticiper de manière précise le passage à l’acte. Des attentats sont déjoués. Mais qui sait si les commanditaires souhaitaient véritablement passer à l’acte ?

Lors des attentats de Paris, n’y a-t-il pas eu des dysfonctionnements entre la DGSI et la DGSE ?

L’enquête révèle qu’on est bien sur la piste d’une filière francobelge, connectée à la Syrie, qui a frappé méthodiquement la France. Pour la DGSI, que je connais bien pour en avoir été le directeur central, je sais qu’entre les renseignements intérieurs français et belge, les relations sont étroites. Mais je m’interroge : quel a été le travail de la DGSE sur les filières syriennes composées de Français en Europe ? Certains acteurs français du renseignement ne l’ont pas encore compris : il n’y a plus de différence aujourd’hui entre la menace intérieure et celle qui vient de l’extérieur. Il faut impérativement renforcer la coopération entre ces deux services. Il y a plusieurs mois, nous avions identifié le formateur de Mohamed Merah qui avait séjourné en Belgique. Nous savions qu’il formait tous les commandos européens et avions demandé à la DGSE de le “neutraliser” mais rien n’a été fait… Heureusement, il a finalement été “droné” par les Américains, mais bien après.

Vous dites que la Belgique est un « hub du terrorisme »…

Effectivement, ce pays est la base arrière du terrorisme en Europe. Les terroristes se donnent rendez-vous sur Internet pour partir faire le djihad et se retrouvent en Belgique pour passer à l’acte. Il faut bien comprendre que l’État belge n’a pas le même état de stabilité que ce que nous connaissons en France, même si leurs services de renseignement intérieur travaillent très bien avec nous.

Vous reprochez à la presse de raconter n’importe quoi sur les fiches S…

Oui, il faut repartir de zéro : une fiche “S” est une levée de doutes, attribuée à un individu lorsqu’il est sous les écrans radars et qu’il n’a rien fait de répréhensible pour l’interpeller. La fiche S permet d’observer cet individu pendant plusieurs mois et d’identifier s’il présente une dangerosité particulière, par son mode de vie, ses fréquentations et ses voyages, et s’il doit faire l’objet de moyens opérationnels lourds de surveillance. Elle a vocation à être actualisée par les services de l’État qui interviennent au quotidien (passages de frontière, contrôles routiers) et qui croisent cet individu. La fiche peut s’enrichir mais aussi s’appauvrir pour finalement être supprimée. Les fiches S vivent.

N’y a-t-il pas un meilleur moyen de contrôler ces personnes dangereuses ?

Face à ces gens, il faut maintenant appliquer des mesures administratives fermes. Comme on ne peut pas s’occuper de tout le monde, il ne faut plus hésiter, sous le contrôle d’un juge administratif, à assigner à résidence surveillée, à imposer le port du bracelet électronique, à retirer des passeports, à placer en centres de déradicalisation, à expulser. Cela permet une chose : savoir où ils sont et ce qu’ils font pour éviter qu’ils ne passent à l’acte.

Depuis trois ans, vous reprochez au gouvernement de perdre du temps…

C’est incompréhensible : entre l’attaque de Mohamed Merah et le travail très complet effectué par les commissions d’enquête parlementaires, et celles contre Charlie Hebdo, on a mis en exergue les besoins nécessaires à l’action des services de renseignements, mais on a perdu un temps fou pour réagir puisqu’ils n’ont été mis en place qu’en janvier 2015 ! Dans les services, un mois perdu entraîne une année de perte ! Entre-temps, l’ennemi se prépare et nous frappe.

Que faut-il faire pour éviter un nouvel attentat ?

Il faut accélérer les modes de recrutement dans le domaine des analystes. Surtout, arrêtons de faire de la communication. Les frappes annoncées dans la nuit de dimanche dernier sont importantes mais pas significatives par rapport aux personnes opérationnelles qui menacent directement l’Europe et la France. Par ailleurs, dans ses déclarations, Manuel Valls n’a rien annoncé de nouveau. La panoplie de mesures qu’il égrène existe depuis des années. En 1994, elles étaient déjà appliquées contre le GIA, le terrorisme islamiste algérien ! Arrêtons de parler. Mettons- les en place !

En matière de politique européenne, il faut créer un fichier des passagers aériens, réclamé depuis plusieurs années. Il faut impérativement rétablir les contrôles aux frontières de manière durable et mettre des moyens pour bloquer la circulation des armes qui viennent du nord et de l’est du continent. Pour mettre le terrorisme à genoux, nous devons réfléchir au rétablissement du service militaire obligatoire, car la police, la gendarmerie et l’armée sont surmobilisées partout. Sur la question du fondamentalisme, la police doit mieux contrôler les imams et ne plus hésiter, sous le contrôle de la justice, à arrêter et expulser ceux qui prêchent la haine. En outre, les responsables musulmans doivent dire haut et fort leurs positions, signaler tous les individus déviants et ne plus entretenir la moindre ambiguïté avec l’islam radical.

La période de l’après-guerre froide est finie. Nous sommes maintenant dans la terreur et le terrorisme de masse. C’est la guérilla qui arrive en France. Mais soyons réalistes, la solution n’est pas que policière ; elle est également politique et diplomatique, en liaison avec nos traditionnels alliés, l’Europe ainsi que les pays arabes.

Propos recueillis par Louis de Raguenel


SCANDALE D’ÉTAT CONFIRMÉ et amplifié : Le gouvernement est-il prêt à nous sacrifier par idéologie ?

 

D'Etienne Chouard : 
SCANDALE D’ÉTAT CONFIRMÉ et amplifié : Le gouvernement est-il prêt à nous sacrifier par idéologie ?
https://www.les-crises.fr/le-gvnmt-est-il-pret-a-nous-sacri…
À mon avis, le Blog Les-Crises.fr est le meilleur journal d'information en France. Indépendant, honnête, courageux. Bravo. 
Merci Olivier, à toi et à toute l'équipe qui bosse tous les jours sur ton précieux blog.
Faites passer.


 

Changements de comportements.

Par Le 22/11/2015

Nous gagnons !

 

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Nous gagnons !

Le journal New York Times a annoncé le dimanche 8 novembre 2015 qu’un « séisme » se produit dans les habitudes alimentaires des gens [1].

Les ventes de soda ont diminué de 25 % par personne depuis 1998, principalement remplacées par de l’eau.

Les ventes de jus d’orange se sont écroulées de 45 % sur la même période. Longtemps présenté comme une composante essentielle d’un petit-déjeuner sain, les gens ont maintenant compris que le jus d’orange est une bombe à sucre qui n’a rien de diététique.

Les ventes de céréales du petit-déjeuner, riches en sucre également, ont baissé de 25 % depuis 2000, remplacées par le yaourt et le müesli.

Les repas surgelés ont baissé de 12 % entre 2007 et 2013. Le chiffre d’affaires moyen des restaurants McDonald’s est parti dans une spirale à la baisse depuis trois ans.

Ces chiffres concernent les consommateurs américains. Mais on sait que la tendance est la même des deux côtés de l’Atlantique.

L’industrie agro-alimentaire tremble et va être obligée de se réformer si elle ne veut pas disparaître

Selon une enquête récente, 42 % des jeunes consommateurs entre 20 et 37 ans ont perdu confiance dans les grandes firmes agro-alimentaires, contre seulement 18 % dans le reste de la population.

Les produits industriels, emballés, longue conservation, sont devenus synonymes pour beaucoup de malbouffe, sucres ajoutés, graisses cuites de mauvaise qualité, additifs en tout genre.

Il était temps !

Le résultat est que les grandes firmes agro-alimentaires sont obligées de réformer leurs pratiques pour survivre :

« Le seul espoir de survie des grandes firmes agro-alimentaires historiques est de faire des changements audacieux dans les produits qui sont leur cœur de marché. Elles vont devoir réduire fortement leur teneur en sucre ; vendre des produits locaux et bios ; intégrer dans leurs produits plus de légumes, fruits et aliments sains ; créer de nouveaux produits frais. », selon l’article du New York Times.

Déjà, le résultat de ce changement de mentalité des consommateurs a des conséquences visibles dans les supermarchés. Ils sont obligés d’agrandir leurs rayons de produits frais, dont les ventes ont augmenté de 30 % depuis 2009. La consommation de légumes et fruits crus a augmenté de 10 % ces cinq dernières années.

Aliments bio vendus sans emballage plastique

Le 4 novembre 2015 a ouvert à Paris le premier magasin où 100 % des produits sont biologiques et vendus en vrac, donc sans emballage [2].

Il s’agit du magasin Biocoop 21, 14 rue du Château d’Eau dans le Xe arrondissement de Paris.

On y trouve 250 références dont bien sûr les fruits et légumes frais, les légumes secs comme les haricots rouges, lentilles, quinoa, mais aussi du miel, yaourt, huile vierge, thé, café (à moudre sur place), vin ou même liquide vaisselle.

Les consommateurs sont invités à venir avec leur propres bocaux, sacs et paniers. L’avantage du vrac est que cela permet de prendre uniquement la quantité souhaitée pour ainsi éviter la surconsommation. Les produits sont visibles. Ils ne sont pas représentés par une photo alléchante mais trompeuse sur l’emballage. Cela évite les achats d’impulsion savamment favorisés par les experts en « packaging ». Le vrac permet de réduire les déchets. Enfin, les produits coûtent en moyenne 15 à 20 % moins cher, à qualité égale.

Hausse des surfaces agricoles bio

La hausse de la demande en produits bio entraîne une hausse des surfaces agricoles qui y sont consacrées : +101 % en France entre 2007 et 2014, avec une tendance à la hausse qui se maintient.

Hausse des surfaces agricoles bio
Source : Chiffres de la bio en France en 2014

Et le phénomène se traduit même dans les statistiques de santé : aux Etats-Unis, la hausse de l’obésité et du diabète qui paraissait inexorable s’est arrêtée.

La quantité de calories consommées quotidiennement par les enfants a baissé de 9 % depuis 2003 [3]. Le taux d’obésité parmi eux a reculé de 43 % en dix ans [4].

Nous avons gagné une bataille, pas la guerre

Il serait toutefois prématuré de crier victoire. Nous avons gagné une bataille, pas la guerre.

Personnellement, je reste effrayé à la vue de ce que les gens mettent sur le tapis roulant, à la caisse, les rares fois où je me rends dans un supermarché.

Tandis que je sors œufs bio, ail, chou, poireaux, olives, sardines, féta, vinaigre de cidre, salade, pommes, amandes et chocolat noir, je vois autour de moi des caddies remplis de sacs multicolores de biscuits apéritifs, de bonbons, de yaourts aux fruits, de canettes en tout genre, de frites et pizzas surgelées et de pâtes à tartiner.

Sans doute les gens consomment-ils plus de produits frais et bio qu’il y a dix ans. Mais nous revenons de loin, de très loin.

Chaque fois j’ai envie de les inviter à partager un repas avec moi. Pour qu’ils se rendent compte, de leurs propres yeux, qu’il est tellement agréable de manger des produits simples et entiers. Que ce n’est pas plus cher, tout aussi rapide, tellement moins écœurant et meilleur pour la santé.

Mais trop d’idées reçues sur la nourriture continuent à polluer les esprits. D’ailleurs, même parmi les personnes qui cherchent à bien faire, le résultat est souvent mitigé, pour ne pas dire plus.

Les décennies de matraquage ont laissé des traces

Les décennies de matraquage publicitaire ont laissé des traces. Je citais ci-dessus les personnes qui croient mieux manger parce qu’elles prennent du yaourt et du muesli à la place de leurs Frosties, Smacks, Miel Pops ou Choco Pops.

C’est un pas dans la bonne direction, mais un petit pas.

Dans le muesli et le yaourt il y a encore trop de glucides, pas assez de protéines, pas assez de bonnes graisses ni de vitamines et oligo-éléments.

C’est pareil pour les snacks : on croit bien faire parce qu’on abandonne les Mars et les Snickers au profit de barres de céréales bio.

Malheureusement, les barres de céréales, tout bio qu’elles soient, restent encore des bombes à sucre. Elles se composent de céréales grillées, soufflées, souvent liées ensemble par du sirop : leur « index glycémique » est maximum.

Le « bon » snack, c’est la poignée de noix, noisettes, amandes, la pomme, ou quelques olives, ou même le demi-avocat avec un peu de jus de citron, voire l’œuf dur !

Mais s’il vous-plait, pas de barre de céréales sucrées !

Combien de temps faudra-t-il encore pour faire passer ces idées toutes simples chez la majorité des consommateurs ?

Dix ans ? Vingt ans ? Nos lettres d’information sont si peu diffusées… elles ne sont lues que par une toute petite élite, les gens les plus cultivés, les plus engagés, je dirais presque ceux qui en ont le moins besoin !

Comment aider les autres ? Je n’ai pas de solution miracle. Santé Nature Innovation est gratuit, je ne sais que faire de plus. Faut-il envisager de payer les gens pour qu’ils nous lisent ? Je pousse volontairement le trait. Dans ce cas, encore faudrait-il que le gouvernement nous subventionne, mais ça ne risque pas d’arriver.

Alors que faire ?

Le meilleur moyen d’accélérer les choses serait que, déjà, chacun de vous en parle un peu autour de lui, suggère à ses amis de s’inscrire gratuitement aussi.

Car ne vous y trompez pas : en faisant cela, vous aidez les autres, vous nous aidez, mais vous vous aidez aussi vous-même.

Cela ne se voit pas encore de façon claire ; mais à force de progresser, de changer nos habitudes alimentaires, nous allons obliger collectivement des pans entiers de l’industrie agro-alimentaire à se réformer.

Le mouvement a déjà commencé. Collectivement, notre contribution au bien public, à l’avenir même des générations futures, peut être immense et salvateur.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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"Si le climat était une banque..."

Par Le 22/11/2015

« Si le climat était une banque, il serait déjà sauvé » l’étonnant discours d’Hugo Chavez à la COP15

« Si le climat était une banque, il serait déjà sauvé » l’étonnant discours d’Hugo Chavez à la COP15

21 novembre 2015 / Catégories: Articles, Documentaires, Environnement, Vidéos / Tags: ,, , , , , ,  / Réclamations et signalements

À l’occasion de l’ouverture de la COP21 à Paris, retour sur le discours prononcé par Hugo Chávez, ex-président de la République du Venezuela, au Sommet Climatique des Nations Unies à Copenhague (COP15) le 16 décembre 2009. Dans cette prise de parole engagée, M. Chávez fait le lien entre inégalités sociales et changements climatiques. Selon lui, le capitalisme est intrinsèquement lié à la crise environnementale et combattre l’un ne peut se faire sans combattre l’autre. 5 « COP » plus tard, son discours, qui met en garde contre les échecs répétés des grandes conférences climatiques, semble toujours d’actualité.

Toutes les grandes conférences internationales sur le climat ont été un échec jusqu’à aujourd’hui. Lors de chaque nouvelle conférence, la panique est de plus en plus grande et des moyens plus élevés sont injectés dans des discussions dont rien ne semble aboutir. Et pour cause, les bases mêmes des rouages productivistes ne sont pas questionnés. En 2009, pour la COP15, M. Chávez prenait la parole devant les Nations Unis, à l’occasion du Sommet Climatique de Copenhague. Outre son orientation politique qui lui est propre, ainsi qu’au peuple qu’il représente (majorité chrétienne), il va tenir un discours d’une étonnante clarté sur notre incapacité à mettre en cause les rouages profonds du système qui accable l’environnement, dont la course effrénée à la croissance ininterrompue et le cercle prétendument vertueux de la production / consommation.

Surtout, il est l’un des premiers à faire le lien publiquement entre les inégalités de richesses au niveau international et les inégalités face à la crise climatique – thèse développée dans le dernier livre de Naomi Klein : Tout peut changer – Capitalisme et changement climatique). Aujourd’hui, on constate que les plus touchés par le changement climatique sont en effet les plus pauvres. Ce sont pourtant les habitants des pays… qui ont le moins contribué au réchauffement. On notera également que M. Chávez rendit un bel hommage à Hervé Kempf, directeur du journal Reporterre, devant les représentants de l’ONU.

En dehors de tout parti pris partisan, ce discours face à tous les chefs d’États semble sortir des normes en proposant une vision alternative de la question écologique : sortir du capitalisme débridé pour prendre collectivement des  décisions qui réguleraient le marché en faveur de la préservation de l’environnement. Faut-il faire émerger un éco-socialisme ? À chacun d’en juger.

« L’activité humaine actuelle dépasse le seuil du développement durable et met en danger la vie sur la planète. Mais, je tiens à le souligner, nous sommes là aussi profondément inégaux. Les 500 millions de personnes les plus riches, soit 7%, sept pour cent, de la population mondiale, ces 7% sont responsables de 50% des émissions polluantes, alors que la moitié la plus pauvre de la population de la planète – la moitié, 50% – n’émet que 7% des gaz polluants. »

 

 


Source : youtube.com

KUNDALINI : réflexions. (1)

Par Le 21/11/2015

Je n'avais pas pris mon ordinateur portable pendant mon séjour en Bretagne. 

Je n'ai donc rien écrit cette semaine. Mais beaucoup pensé et ressenti...

Je voulais approfondir les réflexions qui me guident dans l'écriture du roman en cours. 

Ce qui suit n'a pas été travaillé, littéralement. Ce sont juste des "balises" , brutes de décoffrage, qui me servent d'éclairage sur le chemin. 


 

 

L’Amour est un état. Pas simplement une émotion.

C’est en lui par contre que naissent les émotions.

Celui qui n’éprouve que des émotions n’est pas dans l’Amour. Il lui reste encore à remonter vers la Source. Comme un saumon dans le courant.

S’il n’y parvient pas, s’il se laisse emporter, si sa pugnacité à s’observer est trop fluctuante, il s’en ira au gré des eaux, vers la dilution dans l’Océan du chaos intérieur.

 

L’Amour est un état constant, immuable et qui n’a pas de Temps. Il est au-delà du Présent car ce Présent est une entité temporelle qui s’est nourri du Passé et se projette vers un Futur.

Le Présent est un espace où les émotions sont encore trop perturbantes pour l’Amour.

L’Amour ne peut exister que dans l’Instant lui-même, un Instant qui ne se compte pas en secondes mais en vibrations. Des vibrations originelles nées de l’éternité et donc de l’absence même de Temps.

Les émotions ne sont pas des vibrations. Elles se nourrissent de la personnalité de l’individu, une personnalité construite sur les expériences de l’existence. Chaque émotion est un ancrage et l’individu y consolide son ego. En mal comme en bien, au gré des tristesses et des bonheurs.  

Si je vis essentiellement dans les émotions et que je me réjouis des bonheurs, il est inévitable que j’aie à supporter les détresses. Comme une expiration après l’inspiration, la nuit après le jour, l’hiver après l’été, le repos après l’effort… Toute notre existence défile au gré des alternances. Il n’y a aucun regret à avoir, aucun reproche à faire, aucun déni à soutenir. C’est tout simplement la réalité de l’existence dans le champ des émotions.  

 

Les émotions sont des échos de notre Passé.

Il suffit qu’elles aient été douloureuses pour que la peur s’installe à chaque expérience similaire.

La peur est une émotion et la crispation, la sueur, les tremblements, la bouche sèche, le déraisonnement, ce sont des effets.

Il suffit qu’elles aient été bienheureuses pour que la confiance l’emporte. La précision des gestes et la lucidité sont des effets.    

Le Présent sera immanquablement troublé par ces échos durables.

Seul l’Amour est libre d’émotions.

Si je prends le cas du désir, il s’agit d’une émotion et l’excitation physique est son effet.

Mais si ces phénomènes ne sont pas issus d’un Amour intégral, de la plénitude et de l’absence du Temps, il ne s’agit que d’un conglomérat d’émotions et de leurs effets.

Ce désir peut être nourri de fantasmes, ce qui revient à inclure de nouveau le Temps dans l’espace intime et par là même repousser les vibrations de l’Amour. Les fantasmes sont des constructions mentalisées qui ne peuvent vibrer. Elles sont inertes et ne restent en vie qu’à travers l’emprise qu’elles exercent sur l’excitation. Il suffit d’ailleurs que cette excitation s’étiole pour que l’individu s’abandonne à de nouveaux fantasmes.

Viendra un temps où plus aucune construction mentalisée ne parviendra à maintenir l’excitation.

Au fil du temps, l’usure est une peine inéluctable. C’est comme une condamnation qui se construit jour après jour, avec un délabrement de plus en plus grand.

L'excitation éveillée par le désir génère elle-même d'autres émotions...C'est un système qui tourne en boucle, dans l'horizontalité, car aucun éveil spirituel n'est en cours. Il n'y a pas d'ascension verticale dans le protocole de "l'émotion-effet" mais inévitablement un phénomène d'usure, un engrenage infernal qui consiste à renouveler constamment le catalogue émotionnel et ses effets.

Jusqu'à l'épuisement du mental et l'affadissement corporel, l'étiolement de l'union intime.

 

Il n’y a pas d’Amour qui ne soit qu’émotions. Il n’y a pas d’Amour qui ne soit qu’excitation.

Les émotions et leurs effets sont périssables.

L’Amour, lui, est éternel. C’est une vibration qui n’a pas d’âge, qui n’en aura jamais. L’Amour est.

Et son absence ne peut être comblée. Aucun expédient n’y parviendra jamais.

 

Dans l’acte physique d’aimer, même l’émotion, même l’excitation sont des entraves.

Il s’agit d’entrer dans le champ vibratoire, de remonter à la Source.

Non pas deux corps qui s’étreignent et se caressent, non pas le protocole des « préliminaires-coït-orgasme » mais une fusion énergétique qui n’a pas d’autre intention que d’éprouver corporellement, au plus profond des cellules, le flux vibratoire, créateur de la Vie.

Il ne s’agit pas de jouir, chacun, individuellement et si possible simultanément mais de se réjouir à chaque instant de l’orgasme énergétique qui ruisselle dans chaque cellule. Ne rien vouloir, ne rien espérer, ne rien craindre, ne rien attendre, ne rien regretter. Et si possible même, n’être plus là par la pensée, n’être plus là émotionnellement, ne subir aucun ancrage, aucune retenue éducative, aucun manque archaïque, aucun trouble ancien, fermer la porte du Temps et entrer dans l’Instant.

Se "ré-jouir", c'est entrer dans une jouissance sans cesse maintenue, non pas un orgasme génital éphémère mais un embrasement intégral qui dure bien au-delà des spasmes, se "ré-jouir", c'est entrer en résonnance avec cette vibration originelle qui est la vie en nous. Il ne s'agit donc pas de courir vers l'orgasme mais d'en retarder l'échéance, de le sublimer à chaque instant, de le suspendre, de l'observer, de l'accompagner mais d'en rester le Maître.

C'est laisser la Vie jouir d'elle-même à travers nous, aussi longtemps qu'elle le souhaite.

Deux corps enchâssés, deux âmes aimantées, deux auras enlacées. Dans l'écrin de l'Amour. 

Rien d’autre. Puisque Tout est là.

Cette étreinte corporelle deviendra peu à peu un orgasme énergétique constant, une vibration ininterrompue, l'expérience de l'orgasme intérieur, spirituel, comme si l'Amour ne pouvait plus se taire, ne pouvait plus être recouvert.

Se "ré-jouir" encore et encore d'un regard, d'une parole, d'une pensée. Être dans l'orgasme de la Vie. 

 

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Ahmad Shah Massoud.

Par Le 21/11/2015

Photo de Bertrand VITU.

 

Cet homme lâchement assassiné a parcouru toutes les grandes capitales du monde, s'est rendu au Parlement Européen pour dénoncer l'islamisme de la terreur...
Ces paroles du Commandant Massoud gardent toute leur actualité. C'était pourtant il y a 17 ans ! Il était alors le seul à affronter Al Qaida et les Talibans... pendant que les grandes puissances armaient ou soutenaient Ben Laden et ses amis au Pakistan ou ailleurs... Il entreprit alors de faire le tour des capitales mondiales pour appeler à l'aide. Mais il n'eut le soutien que de quelques ONG... C'était un grand Monsieur, qui se battait pour son peuple tout en ayant conscience qu'il se battait pour la démocratie dans le monde. Il était musulman et il défendait les droits de l'homme et les droits des femmes. Il a été assassiné le 9 septembre 2001, deux jours avant le drame du 11 septembre...

"Aujourd'hui, le monde voit et perçoit clairement les résultats de méfaits aussi inconsidérés. Le monde est plongée dans les troubles, et des pays sont au bord de la guerre. La production illégale de la drogue, les activités et les organisations terroristes y sont en hausse. Des massacres de masses à motivation ethnique ou religieuse, des déplacements forcés de populations ont lieu, et les droits de l'homme et de la femme les plus élémentaires sont violés sans vergogne. Les pays d'asie centrale ont été graduellement occupé par des fanatiques, des extrémistes, des terroristes, des mercenaires, des mafias de la drogue, et des assassins professionnel...Nous considérons comme de notre devoir de défendre l'humanité contre le fléau de l'intolérance, de la violence et du fanatisme. Mais la communauté internationale et les démocraties du monde ne devraient pas perdre un temps qui est précieux, et devraient jouer leur rôle critique pour aider de toutes les manières possibles(...) à venir à bout des obstacles qui existent sur le chemin de la liberté, de la paix, de la stabilité et de la prospérité."
AHMAD SHAH MASSOUD
8 OCTOBRE 1998

 
L'assassinat du Commandant Massoud par deux journalistes a été planifié et préparé depuis de longs mois, et dans de nombreux pays. La mort du Lion du Panchir devait permettre aux Talibans de prendre le contrôle de l'intégralité de l'Afghanistan, soutenus par leurs alliés pakistanais et par les forces de Ben Laden. Un plan maléfique qui a failli fonctionner...
Ce film nous éclaire sur les circonstances de la mort du chef charismatique de la résistance afghane. Deux ans d’enquête en Europe, en Afghanistan et aux Etats-Unis, pour recueillir des images exceptionnelles et retrouver des témoins-clé du dossier.
D’Afghanistan en Tunisie, de France en Belgique, d’Angleterre au Pakistan, le film suit la dérive de ces jeunes étudiants qui sombreront dans le fondamentalisme et finiront par accomplir leur macabre mission suicide : assassiner le Commandant Massoud. Derrière ces deux hommes-marionnettes, le grand manitou s’appelle Al-Qaïda. Car cet assassinat n’a rien d’une coïncidence. Il est lié aux attentats américains. Il en est même le prélude.
 

Ancien ministre, baroudeur et écrivain, Jean-François Deniau a bien connu le Lion du Panchir. Il l'a retrouvé dans l'ouvrage que nos collaborateurs Marc Epstein et Jean-Marie Pontaut consacrent à son assassinat

Les règles d'un bon scénario ne changent pas: un décor, un personnage, une histoire. Aucun de ces éléments fondamentaux ne manque dans l'aventure du commandant Massoud, y compris sa fin dramatique. Le livre de Marc Epstein et Jean-Marie Pontaut est un témoignage qui se lit comme un roman. Il raconte d'abord la fin. La scène se passe dans une petite pièce d'une bourgade poussiéreuse, non loin de la frontière de l'ex-URSS. Massoud reçoit un ami, Khalili, qui lui lit des poèmes persans. La nuit est tombée. L'ami voudrait dormir. Mais Massoud, sous son air si discret et ses paupières à demi-voilées, est un sentimental, un passionné. Encore... Encore des poèmes. Personne ne le sait, mais c'est sa dernière nuit. Sauf, bien sûr, les deux faux journalistes qui sont venus le tuer. 

Ce paysage du Nord est plutôt triste. L'arrivée s'y fait par l'ex-URSS en hélicoptère russe. C'est la voie des Parisiens qui veulent se faire prendre en photo avec Massoud. Rien de commun avec les sites grandioses du Panchir, de l'Hindu Kuch, du Nouristan, où Kipling avait placé la plus belle de ses aventures, L'Homme qui voulut être roi, et où nous avait accueillis un commandant roux aux yeux verts, descendant d'un des soldats macédoniens d'Alexandre le Grand. Les sommets brillent à 7 000 mètres dans le ciel bleu. Nous en avions franchi les cols une nuit de décembre gelée, déguisés en Afghans. Après avoir longuement attendu dans un gourbi de la zone tribale qu'il fasse assez mauvais pour que la neige qui tombe efface nos traces. Les armes lourdes tonnaient en notre honneur. Les noms des grands commandants, dont celui de Massoud, résonnaient dans les vallées profondes. 

En septembre 2001, tout a changé. Massoud est isolé, acculé à la frontière, avec autour de lui plus d'adversaires que d'amis. 

Militairement, la situation n'est pas bonne. Politiquement non plus. Le voyage de Massoud en Europe, en avril, où il a été invité courageusement par la présidente du Parlement européen, Nicole Fontaine, ne lui a presque rien rapporté, sinon des articles. Mais, en Afghanistan, les clans sont furieux. Tous, et pas seulement les intégristes d'Al-Qaeda. 

Une valise qui ne sera jamais fouillée

La première question que posent Epstein et Pontaut est: comment? Réponse abracadabrantesque et vraie. Les témoignages sont précis. Les deux assassins qui vont le tuer sont des faux journalistes dont l'incompétence frappe tous les observateurs, notamment les reporters français ou étrangers qui étaient dans le même circuit. Ils trimbalent une caméra vidéo dont ils ne savent pas se servir et une grosse valise qui ne sera jamais fouillée, même quand ils approchent Massoud à le toucher. Ils représentent une «agence» arabe de Londres qui n'existe pas. Aucune vérification ne sera faite. Au lieu de passer, comme tous les visiteurs, par le Tadjikistan ex-soviétique, si proche, ils viennent du Pakistan, et de Kaboul, même! Ils auraient une recommandation de Sayaf, personnalité du premier cercle de l'entourage de Massoud. Le sauf-conduit pour franchir la ligne de feu leur est donné par un autre dignitaire, le général ex-communiste Bismillah Khan, qui leur prête une voiture. L'ingénieur chargé de la sécurité de Massoud ne dit rien, ne vérifie rien. Alors que Massoud était connu pour son souci, bien justifié, de la sécurité: déplacements fréquents de rendez-vous, changements d'horaires répétés, changements de lieux continuels. 

Alors? Irresponsabilité générale et quasi-décomposition du Front uni? Ou complot, avec félonie au plus haut niveau? Epstein et Pontaut ne croient pas au complot. Les exécutants sont des membres d'Al-Qaeda, cela est indiscutable. Pour le reste, on a le droit de s'interroger sur un assassinat aussi terrible, exécuté par deux nuls (l'un d'eux s'échappera, mais sera abattu par un garde dont on n'a pas retrouvé la trace). 

Se pose la deuxième question: pourquoi avoir tué Massoud? Il est vrai que sa visite en Occident a exaspéré tous les clans. Mais il ne faut pas tomber dans l'erreur grossière du portrait souvent présenté en France d'un Massoud comme une sorte de saint laïque. Massoud est musulman, et un musulman très pieux. Sa tolérance naturelle, son charme immense, son courage le mettent quand même à part des autres. Al-Qaeda ne l'a pas assassiné pour des motifs religieux. En revanche, comme le souligne le livre, le lien avec les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis est net. Les taliban, et surtout leurs tuteurs d'Al-Qaeda, ont calculé qu'il y aurait une riposte américaine sur les bases du terrorisme en Afghanistan. Il fallait démanteler le Front uni pour ne pas offrir une plate-forme sûre aux interventions militaires américaines. Cela montre une programmation assez stupéfiante. En plus, Massoud était un symbole. Sans grande force à cette date, mais un très grand symbole. Le cerveau, individuel ou collectif, qui dirige Al-Qaeda avait choisi les tours de New York parce qu'elles étaient aussi un symbole. 

Massoud a trop d'ennemis et trop peu d'amis. Ni les Américains ni les services pakistanais ne l'ont jamais soutenu. J'ai dû me battre à Washington, à Islamabad, à Peshawar pour qu'il reçoive un minimum d'aide. Les Etats-Unis ont même soutenu les plus extrémistes de ses rivaux, ce qui devrait au moins tempérer M. Bush dans ses leçons de morale. 

Au cours de l'été, donc avant les attentats de New York, une mission est venue voir Massoud à Douchanbe, au Tadjikistan. Conduite par Abdul Haq, avec deux Américains qui semblaient «proches des services». Pour lui poser la question: seriez-vous d'accord avec le retour du roi? Les Américains préparaient alors une solution d' «union nationale». Massoud avait fait la même réponse il y a douze ans: «A la rigueur, je peux m'y rallier personnellement, mais mes hommes ne l'accepteront jamais.» 

Un point d'intransigeance de Massoud n'a pas été assez souligné. Le commandant était avec clairvoyance et détermination partisan de l'unité nationale. Et très seul dans ce camp. Il était pour une république islamique, il l'a dit et répété. Mais pas pour le dépeçage du pays. Or, le problème principal de l'Afghanistan est celui des rivalités des voisins. Quatre empires bornent ses frontières, aussi fragiles qu'imprécises. A l'ouest, l'empire perse, qui s'appelle maintenant Iran. Au nord, l'empire russe. A l'est, l'empire des Indes, avec le Pakistan frontalier. Et, quatrième empire, la Chine, qu'on oublie trop. Les quatre empires n'ont cessé d'envahir l'Afghanistan ou d'être envahis par les Afghans. Avec Ben Laden apparaît un «cinquième empire», le terrorisme. 

Le livre d'Epstein et Pontaut raconte comment on devient terroriste. La part du hasard. Le rôle de Londres, plaque tournante. La rencontre d'un «frère» qui vous propose de sortir de votre solitude et de donner un sens à votre vie. La femme qui suit et parfois entraîne. Deuxième partie du livre, fascinante: la valse des faux papiers et passeports qui s'échangent trois ou quatre fois. Les clubs de jeunes, les entraînements progressifs, la volonté de sortir de la grisaille des jours. La foi nouvelle. Les hasards, aussi, de l'enquête (l'épisode de l'ordinateur acheté d'occasion dans un souk!). Comme nous sommes mal armés contre ce terrorisme-là... Il combine un cerveau à la tête, des conseillers techniques de premier ordre et un vaste et obscur réseau dormant. Tous les apprentis pilotes, qui aux Etats-Unis apprenaient à décoller et pas à atterrir sans inquiéter aucune autorité, sont décrits par leurs voisins comme de braves gens. En France, en Allemagne, en Belgique, ce sont des étudiants modèles. Et qui se méfierait d'un mollah ayant l'accent de Marseille? Une guerre longue, voilà ce qui nous attend. Et le juge Bruguière n'est pas près de manquer de pain sur la planche. 

Les Américains, par leur supériorité technique écrasante, ont gagné la première phase pratiquement sans combat. Mais, afin de ne pas trop risquer la vie des boys, ils ont pris une option doublement périlleuse: accepter, de fait, le retour des seigneurs de la guerre, payés et armés au nombre de combattants fournis. Et laisser faire, en pratique, le dépeçage du pays: à l'Iran, l'ouest, à la Russie, le nord, au Pakistan, l'est. Elément non de stabilité mais de conflit. Il ne faut jamais oublier que les succès initiaux des taliban étaient dus à la paix civile qu'ils apportaient et au maintien de l'unité nationale. 

La France devrait s'appuyer sur l'immense prestige et la profonde amitié nés de l'action des French doctors et autres volontaires humanitaires qui furent en première ligne. Pas contribuer à la guerre. Mais cela n'est pas l'objet du livre de Marc Epstein et Jean-Marie Pontaut, qui est déjà assez riche d'enseignements. 

Le rire, pour finir...

Par Le 21/11/2015

Il arrive un moment où le rire devient nécessaire, indispensable...Comme une bouffée d'air pur.

 

 
 
 

Daesh et les Saoudiens.

Par Le 21/11/2015

Les Saoudiens contre la Russie, l’Iran et les États-unis

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L’Arabie saoudite a déclenché une guerre économique contre certains producteurs de pétrole. Derrière cette stratégie se cache le véritable objectif de la maison des Saoud. Mais est-ce que cela va fonctionner ?

Le vice-président de Rosneft, Mikhail Leontyev, a déclaré ceci : « Les prix peuvent être manipulés (…). L’Arabie saoudite a commencé à accorder de grosses réductions sur le pétrole. C’est de la manipulation politique et l’Arabie saoudite se fait manipuler, ce qui pourrait finir mal. »

Une correction s’impose. Les Saoudiens ne se font pas manipuler. La maison des Saoud lance en fait des missiles Tomahawks du baratin, en répétant qu’elle est à l’aise avec le pétrole à 90 $ le baril, avec le pétrole à 80 $ le baril pour les deux prochaines années, et même avec un prix du baril oscillant entre 50 $ et 60 $ pour ses clients asiatiques et nord-américains.

La réalité, c’est que le prix du brut Brent est déjà en deçà de 90 $ le baril parce que l’économie de la Chine et de l’ensemble de l’Asie a commencé à ralentir, quoiqu’à un degré moindre qu’en Occident. La production est toutefois demeurée élevée, surtout en Arabie saoudite et au Koweït, et ce, malgré la très faible quantité de pétrole libyen et syrien sur le marché, et le fait que l’Iran a été contraint de réduire ses exportations d’un million de barils par jour en raison de la guerre économique que lui livrent les États-Unis à coup de sanctions.

La maison des Saoud emploie une stratégie de fixation des prix de prédateur, qui se résume à réduire la part de marché de ses concurrents à moyen et à long terme. En théorie, cela pourrait empoisonner la vie de bien des joueurs, tant aux USA (où le développement des énergies, la fracturation hydraulique et le forage en eau profonde deviendront non rentables) que parmi les producteurs de brut lourd et corrosif, comme l’Iran et le Venezuela. Il ne fait cependant aucun doute que c’est la Russie qui est dans la mire.

Il est bien tentant de voir dans cette stratégie qui nuit simultanément à l’Iran, à l’Irak, au Venezuela, à l’Équateur et à la Russie, un jeu de pouvoir de l’Empire du Chaos, issu d’une entente conclue entre Washington et Riyad. D’une part, le bombardement de l’EIIS/EIIL/Da’ech du calife Ibrahim se veut le prélude au bombardement des forces Bachar al-Assad. En échange, les Saoudiens compriment le prix du pétrole pour faire mal aux ennemis de l’Empire du Chaos.

En réalité, c’est beaucoup plus compliqué que cela.

Rancœur contre Washington

Le budget de 2015 de la Russie est établi en fonction d’un prix du pétrole s’élevant à au moins 100 $ le baril. Les emprunts du Kremlin auprès des habituels investisseurs étrangers en 2015 ne dépassent toutefois pas 7 milliards de dollars, auxquels s’ajoutent 27,2 milliards de dollars empruntés à l’intérieur du pays. Pas de quoi susciter un tremblement de terre économique.

De plus, le rouble a déjà perdu plus de 14 % de sa valeur par rapport au dollar US. Soit dit en passant, les devises des principaux pays du BRICS ont aussi fléchi : de 7,8 % dans le cas du réal brésilien, de 1,6 % dans le cas de la roupie indienne. La Russie n’est pas non plus fauchée, comme c’était le cas durant l’ère Eltsine. Ses réserves de devises étrangères totalisent plus de 455 milliards de dollars.

L’objectif de la maison des Saoud, qui est d’essayer de se substituer à la Russie comme principal fournisseur de pétrole de l’Union européenne, n’est rien d’autre qu’une chimère. Pour y arriver, il faudrait que les raffineries de l’Union européenne soient réaménagées de façon à pouvoir traiter le brut léger saoudien, ce qui coûte une fortune.

Sur le plan géopolitique, les choses sont plus juteuses, car au cœur de la stratégie de la maison des Saoud, il y a cette rancœur contre Washington, qui n’a pas rempli sa promesse qu’Assad doit partir et qui n’a pas assouvi l’obsession néoconservatrice de bombarder l’Iran. Pire encore (pour les Saoudiens), Washington semble pour le moment plus déterminé à faire tomber le calife Ibrahim que Bachar al-Assad, et s’apprête aussi à signer un accord sur le nucléaire avec Téhéran le 24 novembre, dans le cadre des négociations avec les pays du P5+1.

Sur le front énergétique, le pire cauchemar de la maison des Saoud serait que l’Iran et l’Irak soient bientôt en mesure de lui ravir sa place de principal producteur d’appoint dans le monde. D’où la volonté des Saoudiens de priver ces deux pays du revenu pétrolier tant désiré. La tactique pourrait fonctionner, car elle donne encore plus de mordant aux sanctions imposées contre Téhéran. Sauf que, pour compenser, Téhéran peut toujours vendre plus d’hydrocarbure à l’Asie.

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’une Arabie saoudite aux abois croit qu’en vendant son pétrole sous le prix moyen au comptant, elle pourrait forcer Moscou à abandonner son soutien à Damas et amener Washington à ne pas conclure d’accord avec Téhéran. On y décèle une manœuvre désespérée. On pourrait même y voir un louvoiement ou carrément un sabotage à l’endroit de la coalition des poltrons insignifiants dans sa campagne contre les brutes du calife.

Pour ajouter à la morosité, l’Union européenne devrait arriver tant bien que mal à passer l’hiver, même en connaissant quelques problèmes d’approvisionnement en gaz avec la Russie, à cause de l’Ukraine, sauf que le pétrole à rabais des Saoudiens ne l’empêchera pas de sombrer dans la quatrième récession en six ans, qui l’attend au tournant.

Prends le chemin de l’Est, jeune Russe

Pendant ce temps, la Russie se tourne lentement mais sûrement vers l’est. Le Vice-Premier ministre de la Chine, Wang Yang, le résume clairement : « La Chine est prête à exporter à la Russie des produits concurrentiels, comme des biens agricoles et de l’équipement pétrolier et gazier, tout en étant prête à importer des produits de l’ingénierie russe ». En ajoutant à cela la hausse des importations d’aliments en provenance d’Amérique latine, on pourrait difficilement conclure que Moscou est sur la corde raide.

À la tête d’ne délégation importante, le Premier ministre Li Keqiang vient de signer à Moscou une série d’accords de coopération touchant une foule de secteurs, comme l’énergie, les finances, la navigation par satellite et la liaison ferroviaire à grande vitesse. Pour la Chine, qui, en 2011, a dépassé l’Allemagne comme premier partenaire commercial de la Russie, les deux parties en ressortent gagnantes .

Pour leur part, les banques centrales chinoise et russe viennent de signer un accord d’échange bilatéral de leurs devises nationales s’élevant à 150 milliards de yuans, d’une durée de trois ans. Cet accord est également extensible. La City de Londres rouspète, mais c’est ce qu’elle fait tout le temps.

L’élément crucial de ce nouvel accord, c’est qu’il fait abstraction du dollar US. Pas étonnant qu’il soit devenu un élément clé de la guerre économique par procuration que se livrent les USA et l’Asie, où tous les coups sont permis. Pour Moscou, c’est un baume contre bien des effets secondaires de la stratégie saoudienne.

Le partenariat stratégique Russie-Chine continue sur sa lancée depuis la conclusion, en mai, du contrat gazier du siècle de 400 milliards de dollars échelonné sur trente ans (qui fera époque, dixit Poutine). Les répercussions économiques ne devraient pas s’arrêter là.

Il y aura forcément une harmonisation entre les nouvelles routes de la soie planifiées par la Chine et un nouveau chemin de fer transsibérien retapé. Lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) à Douchambé, le président Poutine a souligné « l’immense potentiel » qu’offre la mise en œuvre d’un « réseau de transport commun à l’OCS » reliant « le chemin de fer transsibérien et la Magistrale Baïkal-Amour » aux routes de la soie chinoises, qui serait « à l’avantage de tous les pays de l’Eurasie ».

Moscou lève progressivement les restrictions et offre maintenant à Pékin une profusion de possibilités d’investissement. Ce qui fait que peu à peu, son accès aux matières premières russes tant convoitées est facilité et il en profite pour se procurer de la technologie de pointe et des armes perfectionnées.

Pékin recevra des systèmes de missiles S-400 et des chasseurs SU-35 dès le premier trimestre de 2015. Un peu plus loin dans l’avenir, le tout nouveau sous-marin russe Amour 1650 fera son apparition, tout comme des composantes de satellites à propulsion nucléaire.

Une route pavée de yuans

Les présidents Poutine et Xi, qui se sont rencontrés déjà à neuf reprises depuis que Xi a pris le pouvoir l’an dernier, flanquent sérieusement la trouille à l’Empire du Chaos. Il y a de quoi, car la priorité numéro un qu’ils partagent, c’est de miner l’hégémonie du dollar US, plus particulièrement du pétrodollar, dans le système financier mondial.

Le yuan se négocie à la Bourse de Moscou, qui est la première bourse à l’extérieur de la Chine à négocier cette devise sur un marché réglementé. La valeur des transactions ne s’élève encore qu’à 1,1 milliard de dollars (en septembre). Les importateurs russes paient 8 % de leurs achats de biens chinois en yuans plutôt qu’en dollars, mais la croissance est rapide. L’on s’attend d’ailleurs à une croissance exponentielle lorsque Moscou se décidera enfin à accepter le yuan en vertu du contrat gazier du siècle de 400 milliards de dollars avec Gazprom.

Ainsi va le monde multipolaire. La maison des Saoud dégaine l’arme du pétrodollar ? On réplique avec une augmentation des transactions commerciales dans d’autres devises. Moscou envoie aussi un message à l’Union européenne, dont les échanges commerciaux avec la Russie ont beaucoup diminué à la suite de l’imposition de sanctions contreproductives qui l’entraînent plus rapidement dans une nouvelle récession. La guerre économique, elle se joue à deux.

La maison des Saoud croit qu’elle peut faire déferler des trombes de pétrole sur le marché avec un déferlement de baratin, pour créer l’illusion que les Saoudiens contrôlent les prix du pétrole. Ce n’est pas le cas. Cette stratégie est vouée à l’échec et Pékin montre la porte de sortie. Transiger dans d’autres devises stabilise les prix. Les seuls perdants, en fin de compte, sont ceux qui s’obstineront à négocier en dollars US.

Voir aussi, sur E&R :

Vente d'armes.

Par Le 21/11/2015

Pétrole et vente d'armes. Les raisons du chaos. 

 

Ventes d'armes : 2015, une année record pour la France

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Ventes d'armes : 2015, une année record pour la France

© MIGUEL MEDINA / AFP
Europe1

Par Alexandre Kara et L.H.

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A ce jour, la France est le deuxième exportateur mondial d'armement en 2015.

Il y a au moins un domaine dans lequel l’économie française réalise des performances exceptionnelles : les ventes d'armes. En effet, jamais la France n'en a vendu autant que cette année. Si l’on bloque les compteurs aujourd'hui, l'Hexagone est même devenu le deuxième exportateur mondial d’armement, derrière les Etats-Unis mais devant la Russie. A deux mois de la fin de l’année, le total des ventes d’armes tricolores en 2015 avoisine déjà les 16 à 17 milliards d’euros. A noter aussi : pour la première fois, la France exporte plus de matériel militaire qu'elle n'en achète pour ses besoins.

Des performances qui ont des retombées positives pour l'économie française. Ces ventes record génèrent en effet de l'emploi : près de 60.000 postes en l’espace de trois ans, non délocalisables dans leur grande majorité.

Quand le Rafale fait décoller les ventes. La principale raison de cette envolée des exportations françaises, c'est le Rafale. Cette année, sous la houlette du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, la France a conclu des contrats pour 24 appareils à l'Egypte, 24 autres au Qatar et 36 à l'Inde.

Dassault devrait engranger dans les mois qui viennent un nouveau méga-contrat : les Emirats arabes unis sont en effet en négociations pour l’achat d’une soixantaine d’appareils. Cette vente pourrait rapporter la bagatelle de 12 milliards d’euros. Des discussions sont aussi en cours avec la Malaisie. Bref, l'année 2015 a été bonne pour les ventes d'armes françaises, mais 2016 s'annonce aussi sous les meilleurs auspices.

Daesh et l'OTAN...

Par Le 21/11/2015

Daesh, la nouvelle armée secrète de l’OTAN ?


Kendal Manis

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24 septembre 2015

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Quelles relations entretiennent les Etats-Unis avec Daesh ? Un rappel historique des méthodes ambiguës de l'OTAN et la mise en perspective de la guerre contre le terrorisme soulèvent bon nombre de questions. Sans verser dans la théorie du complot simpliste, cet article nous rappelle que les grandes puissances n'ont pas de principes, seulement des intérêts. A compléter par l'analyse des causes profondes qui, tant en Occident qu'au Moyen-Orient, ont rendu possible l'accomplissement de cette stratégie du chaos. (IGA)

 

 

À l’aube du XXIème siècle, les attentats du 11 septembre à New York commis par le mouvement Al-Qaïda ont marqué un tournant historique irréversible bouleversant profondément les relations internationales. Plus récemment, les attentats qui ont frappé la France les 7 et 9 janvier 2015 ont remis à jour une des questions politiques les plus épineuses à laquelle sont confrontées les État-nations et les populations civiles qui en sont les premières victimes : le terrorisme islamiste, officiellement ennemi numéro un de l’Occident après la chute du bloc soviétique. 

Depuis 2001, des organisations similaires ou proches d’Al-Qaïda ont éclos partout à travers le monde, mettant des régions entières à feu et à sang. D’Afrique—Al-Qaïda au Maghreb islamique, Boko Haram, Al-Shabab—jusqu’au Moyen-Orient—l’Etat Islamique en Irak et au Levant, Al-Nousra—, les forces militaires, les techniques de propagande, les réseaux de recrutement ainsi que les ressources financières de ces mouvements transnationaux affichent une progression inexorable contre laquelle les États sembleraient avoir du mal à résister. 

Depuis les attentats du World Trade Center, le « monde libre » serait face à une menace d’envergure diffuse et imprévisible. Le président américain Bush parlait d’un « axe du mal » (1) contre lequel il fallait à tout prix lutter, tandis que la théorie du choc des civilisations (2) était érigée en grille de lecture légitime des relations internationales par les dirigeants politiques et les médias. Nous serions dans une guerre opposant la civilisation, incarnée par l’Occident, à la barbarie et l’obscurantisme de l’Orient musulman. Cette vision du monde réductrice marquée par un orientalisme contemporain (3) permet l’éclosion de représentations schématiques qui influencent bon nombre d’individus. 

L’inconscient collectif est marqué par l’idée d’une incompatibilité quasi naturelle entre l’Islam et l’Occident et de la crainte d’une menace terroriste de « barbus » qui veulent imposer partout la charia. En témoigne la progression des partis d’extrême-droite islamophobes en Europe. 

Quelles sont les raisons de la montée en puissance fulgurante de ces organisations qui ont comme mode d’action la violence politique ? À l’heure où le terrorisme est une préoccupation mondiale, comprendre les mouvements armées islamistes suppose une analyse de leur genèse, c’est-à-dire une étude des premières organisations de ce type dans l’histoire moderne afin de découvrir les conditions de leur apparition, leur soutien et leur objectif. 

Le secret politico-militaire le mieux gardé du XXème siècle a été révélé pour la première fois en 1990 lorsque le premier ministre italien dévoila l’existence d’une unité paramilitaire secrète liée à l’OTAN, nommée « Gladio ». Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Washington et Londres ont formé par le biais de leur services secrets un ensemble d’armées non conventionnelles et souterraines destinées à lutter contre les forces politiques de gauche. L’ancien général nazi Reinhard Gehlen a été chargé de mettre sur pied un réseau composé d’éléments d’extrême-droite dans le but de combattre par les moyens illégaux l’avancée idéologique et potentiellement militaire des Soviétiques. Il est l’instigateur des cellules terroristes secrètes Stay-Behind (4). Exerçant dans chacun des seize pays de l’OTAN ainsi que dans quatre pays neutres (Suède, Finlande, Autriche, Suisse), ces armées anticommunistes, qui agissaient à l’insu des parlements et des populations civiles, recrutaient entre autres leurs membres parmi les collaborateurs de Vichy et les monarchistes en France, les fascistes et les mafieux en Italie, les nazis en Allemagne (5) , ainsi que les ultra-nationalistes et islamistes en Turquie. 

Toute doctrine et idéologie pouvant détourner les peuples de la lutte des classes et les nations des velléités souverainistes étaient soutenues et promues. Parmi elles, le nationalisme agressif (6) en Europe de l’Ouest ainsi que le fondamentalisme religieux au Moyen-Orient étaient des armes redoutables. 

Durant la guerre froide, l’islamisme a été érigé par la Maison Blanche en alternative à la gauche et au nationalisme arabe qui revêtait un caractère socialiste et souverainiste (7) . Le terrorisme islamiste a été promu par les États-Unis en Turquie en 1978 lors du massacre anti-communiste de Maras, et à plus grande échelle deux ans plus tard en Afghanistan dans la guerre contre l’Union Soviétique. Avec le fiasco au Vietnam, l’occupation au sol d’un pays étranger était devenue trop impopulaire pour la Maison-Blanche qui a alors changé de stratégie. Plutôt que d’envoyer leurs propres soldats et voir leur image s’écorner au niveau national et international, jouer subtilement la carte de l’ingérence en s’appuyant sur des entités locales par le biais d’opérations spéciales clandestines se révélait être une option privilégiée pour les dirigeants américains. Ainsi, le premier mouvement djihadiste moderne transnational a vu le jour sous l’impulsion des Etats-Unis, par le biais de leurs alliés comme l’Arabie saoudite (8) , dictature intégriste à leur solde, qui mobilisa via ses réseaux de mosquées plus de 35 000 moudjahidines venus des quatre coins du monde, et particulièrement d’Europe. À leur tête un certain Ben Laden, proche collaborateur de la CIA. Ceci n’est plus un secret pour personne diront certains, à juste titre, sachant qu’Hillary Clinton reconnaît elle même que ce sont les USA qui ont créé Al-Qaïda (9). 

Sous la houlette de l’OTAN, au mépris des droits de l’Homme et de la démocratie, des organisations armées secrètes ont été formées, mais qu’est-ce qui nous prouve qu’il n’en existe plus aujourd’hui ? Quant est-il de Daesh ? Pour savoir qui est derrière cette organisation, il suffit de voir les intérêts de qui elle sert et qui la soutient. 

L’Iran, qui est le plus grand ennemi du couple Israël-Arabie saoudite au Moyen-Orient, voit ses deux principaux alliés de la région, à savoir l’Irak et la Syrie, se faire littéralement envahir par l’organisation djihadiste. Daesh combat tous les ennemis de l’Occident : le gouvernement syrien, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien (10) , ainsi que la branche syrienne du PKK (YPG-YPJ), grand ennemi de la Turquie. 

Il faut également avoir à l’esprit que les parrains du terrorisme islamiste - l’Arabie saoudite et le Qatar - sont de fidèles alliés de l’Occident. Au regard du rapport des pouvoirs, les États-Unis, première puissance économique (11) et militaire au monde, ont incontestablement les moyens de faire pression sur ces nations-amies afin qu’elles arrêtent de financer le terrorisme. Mais force est de constater qu’aucune politique concrète de fond n’est menée dans ce sens. 

La Turquie, qui est membre de l’OTAN et qui par conséquent ne peut conduire une politique étrangère allant à l’encontre des intérêts des pays de l’alliance, est aujourd’hui le point de passage principal des djihadistes vers la Syrie, et soutient massivement les « rebelles » de l’ASL ou les terroristes d’Al-Nosra et de Daesh (12) en leur fournissant une aide logistique et militaire (13) , notamment des armes, des camps d’entrainement à Gaziantep et Hatay, et des soins dans les hôpitaux (14). 

Fait qui peut paraître « paradoxal » ou totalement incroyable, Israël soigne des djihadistes du Front Al-Nosra sur son territoire (15) et empêche toute progression de l’armée syrienne en bombardant les positions de celle-ci. Dans un article publié sur Le Figaro, Roland Hureaux met au jour la duplicité de la politique étrangère française : « Inutile de dire que nos armes et notre appui logistique sont allés exclusivement aux djihadistes, en particulier au Front al-Nosra, nouveau nom d’al-Qaida, dont les différences avec Daesh sont bien minces. Les mêmes qui enlèvent ou massacrent les chrétiens - et d’autres. La soi-disant Armée syrienne libre qui, disait-on , était l’objet de notre sollicitude demeure un fantôme - et un alibi pour aider les islamistes » (16) . En septembre 2014, on a appris de la bouche de l’ambassadrice de l’Union européenne en Irak, Mme Jana Hyboskova, que « plusieurs membres de l’UE ont acheté du pétrole non-raffiné à l’EIIL » (17). 

Il semblerait que l’Occident réutilise la méthode afghane des années 1980 de guerre par procuration, c’est-à-dire de guerre par intermédiaire. Alors comment expliquer les bombardements de la « coalition anti-Daesh » ? A-t-elle une crédibilité ? En réalité, les Etats-Unis jouent subtilement sur deux tableaux à la fois, voulant à tout prix alimenter le complexe industrialo-militaire (18) qui pèse beaucoup dans leur économie (19) et préserver leur « identité de rôle » (20) aux yeux de l’opinion publique internationale, celle de défenseur de la liberté et de la démocratie. Ne frappant pas le coeur de l’organisation (Raqqa) et ayant une portée très limitée, ces frappes sporadiques ont comme seule finalité de feindre la guerre contre l’EI, ce qui sert dans le même temps celle-ci dans sa rhétorique de propagande anti-occidentale, permettant le recrutement de militants (21) . 

Il y a récemment des informations inédites qui ont vu le jour dans des médias de masse qu’on peut difficilement accuser de conspirationnistes. Dans un reportage sur France 2 (22) se basant sur les dires de Mike German, agent spécial pendant 25 ans ayant démissionné, on apprend que le FBI a poussé des musulmans à commettre des attentats terroristes : « L’agence attirerait des musulmans dans ses filets à l’aide d’agents infiltrés qui vont les pousser à faire l’apologie d’actes de terrorisme. Dans ces cellules identifiées par l’agence, ni armes, ni ressources, ni complot avant l’arrivée de ces informateurs (agents secrets), prêts à souffler mot pour mot à leurs contacts les délits pour lesquels ils seront condamnés. L’ancien agent explique à la journaliste Virginie Vilar la méthode mise en place par le FBI, prêt à fournir des armes, de l’argent ainsi que le plan de l’attaque. Pour lui, "c’est de la fabrication d’affaires". C’est aussi la conclusion d’un rapport de l’ONG Human Rights Watch publié le 21 juillet 2014 » . (23) 

Il semblerait que cette tactique soit aussi employée en France. Le journal Le Point, qu’on peut encore moins qualifier d’adepte de la théorie du complot, titre le 7 juin 2012 : « Mohamed Merah travaillait pour les RG » (24). On apprend dans cette affaire que Merah a été envoyé au Pakistan, en Afghanistan et en Syrie par un « ami » qui se révèle être en fait un agent des services français, qui l’a poussé à la radicalisation. On peut alors avoir des interrogations légitimes sur les attentats de Charlie Hebdo et le rôle des services secrets français. 

Hier la CIA créait de « faux mouvements de gauche qui se livraient à des exactions et des actes condamnables uniquement pour faire croire à la population, que ces actes terroristes étaient l’oeuvre de la gauche » (25) . Aujourd’hui, les services occidentaux le feraient-ils avec les islamistes, pour stigmatiser les musulmans vivant sur leur territoire ? L’organisation État Islamique serait-elle la nouvelle armée secrète de l’OTAN ayant pour but d’affaiblir à terme l’Iran ? Le terrorisme djihadiste aurait-il pu être aussi puissant sans le soutien des alliés de l’Occident ? Al-Qaïda et les organisations de ce type constitueraient-ils des prétextes pour envahir des pays (Irak, Afghanistan), des instruments pour mener des guerres par procuration (Lybie, Syrie, Yémen), au niveau domestique des justifications aux lois liberticides, des moyens de stigmatisation et d’exclusion permettant de se débarrasser de la « racaille » partant servir de chaire à canon, et de détourner l’attention du public des vrais problèmes sociaux (chômage, crise économique) en désignant des bouc-émissaires ? Tous les éléments entre nos mains tendent à répondre à ces question par l’affirmative. 

Si par hasard, certains ne sont toujours pas convaincus, résumons : les Etats-Unis ont créé dans le passé des « organisations de l’ombre » pratiquant le terrorisme, ils ont formé le premier mouvement armé islamiste transnational, leurs alliés-clients, la Turquie, l’Arabie-Saoudite, le Qatar financent les djihadistes, Israël les soigne, la France les arme, des pays de l’Union Européenne leur achète du pétrole, et des attentats terroristes sont commis en territoire occidental par des individus radicalisés et armés par ces mêmes services secrets. Pour ceux qui crient à la thèse « complotiste », rappelons que les complots font partie du répertoire d’action des services de renseignement. C’est leur métier. 

« Comment la prétendue coalition contre les égorgeurs serait-elle crédible, alors que, pour des raisons différentes, beaucoup de ses membres ont partagé avec eux (et partagent encore pour certains), des intérêts stratégiques, politiques, économiques ? » (Charb, directeur de Charlie Hebdo) 

Kendal Manis est l’auteur du mémoire de recherche « Maras 78’ : terrorisme américano-islamiste en Turquie ». 

Pour plus d’information : https://www.youtube.com/watch?v=bSl... 

Source : Investig’Action 

Notes : 

1. RIGAL-CELLARD Bernadette, « Le président Bush et la rhétorique de l’axe du mal », Études 9/2003 (Tome 399) , p. 153-162

2. HUNTINGTON Samuel, Le Choc des Civilisations, Paris, Odile Jacob, 1997, 402 pages.

3. SAID Edward, L’orientalisme. L’orient créé par l’occident, Paris, Seuil, 2005, « Introduction », 456 pages

Voir aussi Edward Said on Orientalism, [Consulté le 12/12/2014], disponible à l’adresse :https://www.youtube.com/watch?v=fVC...

4. TUNC Aziz, Maras Kiyimi Tarihsel Arka Plani ve Anatomisi, Istanbul, Belge Yayinlari, 2011, p.119

5. Le responsable de la Gestapo Klaus Barbie a été recruté par la CIA. GANSER Daniele, Les armées secrètes de l’OTAN, Plogastel, Demi-Lune, 2005, p.262

6. Il faut faire une distinction entre le nationalisme agressif, qui a un caractère raciste, et le nationalisme défensif, qu’on peut qualifier de « patriotique ».

7. COLLON Michel, LALIEU Grégoire, La Stratégie du Chaos, Impérialisme et Islam, Investig’action, 2014, p.275

8. LALIEU Grégoire, Entretiens avec Mohammed Hassan, Jihad Made In USA, Bruxelles, Investig’Action, p.222

9. Hillary Clinton : ’We Created al-Qaeda’ [Consulté le 27/03/2015], disponible à l’adresse :https://www.youtube.com/watch?v=WnL...

10. rfi, Syrie : le groupe EI envahit le camp de Yarmouk, proche de Damas [en ligne], 1er avril 2015,[Consulté le 18/04/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.rfi.fr/moyen-orient/2015...

11. En PIB par habitant.

12. La frontière entre ces différents mouvements est poreuse. En septembre 2013, plus de 40 000 hommes membres de l’ASL font défection pour intégrer le Front Al-Nosra. Georges Mabrunot, Le Figaro, Syrie : des rebelles modérés rejoignent le camp des islamistes radicaux [en ligne], 26 septembre 2013, [Consulté le 29/03/2015]. Disponible à l’adresse :http://www.lefigaro.fr/internationa...

13. Hélène Sallon, Le Monde, L’étrange soutien de la Turquie aux réseaux djihadistes de Syrie [en ligne], 24 janvier 2014, [Consulté le 18/04/2015]. Disponible à l’adresse :http://www.lemonde.fr/europe/articl...

14. Une vidéo de la chaîne de télévision turque IMC montrent la connivence entre les militants de DAESH et les soldats de l’armée turque à la frontière turquo-syrienne. Les soldats laissent passer les jihadistes vers la Syrie. IŞİD’in sınırın sıfır noktasından geçişi İMC TV kameralarında (1), [Consulté le 23/01/2015], disponible à l’adresse : http://www.dailymotion.com/video/x2... Voir aussi : Nouvelle preuve de collaboration d’Erdogan avec Daesh, [Consulté le 23/01/2015], disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=oIf...

15. i24 News, Israël soigne des djihadistes d’Al-Qaïda blessés en Syrie (Wall Street Journal) [en ligne],14 mars 2015. [Consulté le 12/04/2015]. Disponible à l’adresse :http://www.i24news.tv/fr/actu/inter...

16. Roland Hureaux, Syrie : l’incompréhensible politique étrangère de la France, [en ligne], 18 août 2015, [Consulté le 26/08/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lefigaro.fr/vox/monde/20...

17. L’Humanité, Des pays de l’Union européenne achètent du pétrole aux barbares, [en ligne], 25 septembre 2014, [Consulté le 26/08/2015]. Disponible à l’adresse :http://www.humanite.fr/blogs/des-pa...

18. Si on adopte une analyse de la politique étrangère des États-Unis par les processus organisationnels, théorisé par Graham Allison. BRAILLARD Philippe, Théories des Relations Internationales, Paris, PUF, 1977, « Modèles concep-tuels et la crise des missiles de Cuba », pp.172-196.

19. « Dans les mois qui ont suivis l’annonce d’Obama sur le bombardement des positions de l’État islamique, les cours de l’action Lockheed ont grimpé de 9,3%, ceux de General Dynamic de 4,3% et ceux de Rayteon et de Northrup Grumman de 3,8% ». LALIEU, Entretiens avec Mohammed Hassan, Jihad Made In USA, p.229

20. WENDT Alexender, « Anarchy is what States Make of it : The Social Construction of Power Politics », International Organiszation, n°46 (2), 1992, pp 391-425

21. JULES Alain, ETAT ISLAMIQUE. Bachar al-Assad : l’Etat islamique s’est renforcé grâce aux raids US [en ligne], 30 mars 2015. [Consulté le 12/04/2015]. Disponible à l’adresse :http://allainjules.com/2015/03/30/e...

22. Virginie Vilar, France 2, VIDEO. Le FBI accusé de fabriquer de faux complots terroristes [Publié le 13/02/2015], disponible à l’adresse : http://www.francetvinfo.fr/replay-m...

23. L’express, Le FBI a poussé des musulmans à commettre des attentats selon Human Rights Watch, [en ligne], 21 juillet 2014, [Consulté le 03/02/2015]. Disponible à l’adresse :http://www.lexpress.fr/actualite/mo...

24. Armel Méhari et Aziz Zemouri, Le Point, Mohamed Merah travaillait pour les RG [en ligne], 7 juin 2012, [Consulté le 01/03/2015]. Disponible à l’adresse : http://www.lepoint.fr/societe/merah... Voir aussi : Mohamed MERAH était un agent des services français selon l’avocate de sa famille… [Consulté le 24/04/2015], disponible à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=Ej4...

25. GANSER Daniele, Op. Cit., p.226

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