Là-Haut

Articles de la-haut

L'amour des âmes

Par Le 10/12/2015

"Malheur à qui n'aura aimé que des corps, des formes, des apparences 

La mort lui ôtera tout 

Tâchez d'aimer des âmes 

Vous les retrouverez "

Victor Hugo


 

Peut-on parler d'amour s'il n'y a pas de rencontres d'âmes ?

 

Green Magic Homes (simplicité volontaire)

Par Le 09/12/2015

Une maison de hobbit en kit à partir de 14 000 euros. WOW !

Vous avez toujours rêvé de devenir un Bilbo des temps modernes et de vivre aussi sous la colline ? Alors ce que propose Green Magic Homes va vous plaire !

Par  -

 

Une société de construction américaine propose désormais des maisons préfabriquées écologiques semblables à celles des héros Bilbo et de Frodon dans « Le Seigneur des Anneaux ».

Jusque-là, les maisons de hobbit ayant surgi de terre étaient toutes issues d’initiatives individuelles. Cette fois-ci, c’est la compagnie Green Magic Homes qui se charge de réaliser les habitations.

Le fabricant assemble des panneaux préfabriqués en tôle voûtée, et crée ainsi une petite maison de 38m², bénéficiant de tout le confort moderne d’un logement classique. Plusieurs maisons peuvent être assemblées afin d’agrandir l’espace. Le montage de la structure ne prend que 3 jours. Elle est ensuite recouverte de terre et de végétation, ou même d’un potager.

Il existe différents modèles de maison, adaptables selon la topographie du terrain à construire, mais aussi selon la zone climatique où celui-ci se situe. La version de base de l’habitation est en vente à partir de 14.000 euros.

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Crédit photo : Green Magic Homes

Vous voulez plus d’images ? Voilà ce que cela donne en vidéo :

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Démocratie directe en Suisse (politique)

Par Le 09/12/2015

La démocratie directe, c’est faisable ! Découvrons le Landsgemeinde de Glaris, en Suisse

DANS ALTERNATIVES, DOCUMENTAIRE, VIDÉO / PAR  / LE 9 SEPTEMBRE 2015 À 15 H 56 MIN /

 

10371374_10153516090802324_2996825410292341305_nLa démocratie directe, c’est quand les citoyens votent directement les lois auxquelles ils se soumettront par la suite. En France, nous sommes censés évoluer au sein d’une démocratie représentative, expression qui est pourtant en soi un non-sens. En effet, la démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ; et à l’inverse, la démocratie représentative supprime le gouvernement du peuple, en lui imposant d’élire des représentants qui décideront à sa place, et cela sans tenir compte de son opinion, le peuple ne pouvant rien imposer à ses représentants, comme le stipule l’article 27 de laConstitution française. Et pourtant, en 1762, c’est dans ce même pays que Jean-Jacques Rousseau dénonçait l’imposture de la démocratie représentative, et prônait l’établissement d’une démocratie directe, comme l’illustre cette citation extraite Du Contrat social :

« La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point »

Les glaronais ont bien saisi l’idée que la démocratie ne peut être que directe. Depuis 1231, ils ont formé unLandsgemeinde, c’est-à-dire une assemblée citoyenne qui se réunit chaque année, pendant plusieurs heures, afin de voter à main levée les lois cantonales. Les citoyens ont aussi la possibilité de proposer des amendements, c’est-à-dire des modifications aux textes de lois. La forme et le fonctionnement de ce Landsgemeinde seront d’ailleurs prévu dès 1848, dans la Constitution fédérale de la Suisse. Il existe 26 cantons suisses, et seulement deux d’entre eux, Glaris et Appenzell, procèdent toujours de cette façon. Autrefois, il y eut d’autres Landsgemeinde en Suisse ; toutefois, les citoyens décidèrent de soumettre au vote l’abolition de leur assemblée. Cela eut lieu à Zoug et Schwytz en 1848, à Uri en 1928, puis à la suite de scrutins secrets à Nidwald en 1996, dans les Rhodes-Extérieures en 1997 et à Obwald en 1998.

Le canton de Glaris comporte environ 40 000 habitants, dont 30 000 citoyens. Entre 5 000 et 10 000 d’entre eux participent au Landsgemeinde chaque année. On estime que le taux de participation est généralement inférieur à un tiers des citoyens. Cependant, il est important de rappeler qu’au cours d’une législature (4 ans), c’est en moyenne 80% de la population qui participe au moins une fois au Landsgemeinde. Si toute la population ne vient pas chaque année, c’est en raison des thèmes qui sont abordés, jugés plus ou moins intéressants par la population, mais aussi en raison des conditions météorologiques, le Landsgemeinde glaronais de 2015 s’étant déroulé sous la pluie.

Si les citoyens de Glaris sont autant attachés à cette tradition datant du moyen-âge, ils expliquent que c’est parce que cela leur permet d’écouter, ainsi que de participer aux discussions menées sur les lois qui seront proposées au vote, ce qui semble tout à fait rationnel. Bien que, en découvrant ces images pour la première fois, l’originalité de ce fonctionnement puisse sembler déroutante, son efficacité laisser perplexe. En allant interroger directement les glaronais, force est de constater qu’ils ne veulent pas passer à une autre forme de démocratie, que celle-ci les satisfait pleinement, et que personne ne remet en question l’existence de leur Landsgemeinde.

Le Langsdemeinde de Glaris vient démontrer une fois de plus que la démocratie directe est applicable, qu’elle l’a été et qu’elle le sera toujours, que les sociétés n’ont pas besoin de se marginaliser ou de s’ostraciser pour fonctionner ainsi ; tous les arguments utilitaristes des détracteurs de la démocratie directe s’effondrent dès lors que la preuve vivante de son applicabilité est faite (certes, sur un groupe d’individus restreint). Mais il existe aussi en France des régions, des départements, des cantons et des communes, qui permettraient, si l’on le souhaitait, la formation d’assemblées citoyennes réduites, votant les lois au niveau les concernant, se passant ainsi des représentants qui trop souvent usurpent sciemment leur volonté pour mieux la trahir.

Un reportage réalisé par Ryuu et Cause Toujours, et présenté par Arby

Droits du Peuple. (politique)

Par Le 09/12/2015

Déclaration des Droits du Peuple.

 

Le clivage actuel dans la population entre les votants et les abstentionnistes est une bénédiction pour les Politiciens car il génère soit de la culpabilité, soit de la colère, soit même du rejet et toutes ces "failles" dans la population serviront les discours moralisateurs de ces Politiciens.

Tout le monde, au niveau du peuple, aimerait trouver une solution. Mais il est certain en tout cas que les Gouvernants, quels qu'ils soient, lutteront de leur côté, par tous les moyens, pour éviter que la Population finisse par s'entendre. Contre eux.

Rétention d’informations, application exacerbée de « l’état d’urgence », manipulations financières, copinage, dessous de table, hiérarchie et pouvoir…. Ce qui leur est enseigné dans les « Grandes écoles » a depuis longtemps été testé et approuvé…

Par conséquent, les résultats des votes ne sont à leurs yeux, qu'un épiphénomène, étant donné qu'il sert, malgré tout, à la préservation du système représentatif. S'ils perdent à ce tour-là, il y aura toujours un autre passage puisque le "manège" n'arrête pas de tourner...

 

Le plus effrayant dans tout ça, c'est de voir ces Maîtres politiques critiquer ceux qui sont désemparés de choisir une voie sans issue après avoir érigé eux-mêmes pendant des décennies la construction de l'impasse elle-même. C'est comme un médecin qui irait reprocher à son patient, lassé de l'inefficacité des traitements, de se tourner vers quelqu'un d'autre. Mais qui est responsable ? Celui qui essaie de s'en sortir ou celui qui a contribué à l'extension du mal ?

Bien évidemment que lorsque le patient choisit un chirurgien tout aussi incompétent mais possédant juste une autre dialectique, les effets seront tout aussi dévastateurs. Ou même pires.

Lorsqu'on se trouve engagé dans un rond-point, ça n'est pas pour rester à l'intérieur...Et lorsque toutes les voies ont été explorées, sans le résultat attendu, il y a un moment où il faut quitter la chaussée goudronnée et s'engager à travers champs. En mode tout-terrain et même si ça secoue...

Je ne vote plus puisque ce système ne représente pas les valeurs que je défends. Voter pour des "petites" listes valide ce qui au contraire doit être transformé. C'est comme continuer à manger "un petit peu de viande" alors qu'on ne veut plus contribuer à la souffrance animale. C'est contradictoire et contreproductif. C'est tout ou rien....

À mes yeux, le vote pour les « petites listes » est un piège et il sert en définitive le système électoral qui permet à la caste des "Élus" de continuer leur manège depuis des décennies. Droite et Gauche se contrefichent des scores actuels du FN étant donné qu'ils rêvent l'une et l'autre de retrouver le FN au second tour de la présidentielle. C'est la voie royale pour la présidence et on repartira pour un tour...Un tour pour rien puisque rien n'aura changé. Et on sera de nouveau les "piégés".

Je pense que « la voie FN » devient en grande partie un vote de contestation mais ça n'est évidemment pas la bonne solution. Ils ne feront rien de bon puisqu’ils sont là pour leurs intérêts.

Les clivages dans la population seront encore plus lourds. Ambiance très sombre à venir. Sans doute faut-il passer par là pour que la population finisse par réaliser que ce système agonise.

Un député belge a proposé que le tirage au sort soit étudié pour le Sénat. L'idée progresse, lentement mais l'érosion de la confiance envers la "politique pyramidale" est exponentielle et les votes des « Régionales » le montrent clairement.

Il ne s'agit pas d'une "irresponsabilité" d'une part de la population mais d'une réelle "détresse". Que le FN s'en serve, c'était évident. Maintenant, que les medias ne soient même pas capables d'analyser réellement les scores et balancent tous les projecteurs sur le FN, c'est encore une fois pour créer ce "sursaut républicain" qui permettrait à la Droite-Gauche (unie en sous-marin) de continuer à se refiler la clé de la salle des coffres....

Bon, très bien, s'il faut en passer par là, allons-y. De toute façon, le processus de désintégration de l'oligarchie est enclenché. La démocratie représentative ne nous représente pas. Même si ça n'est pas encore bien clair pour la majorité de la population et que le "vide politique" qui semble poindre se révèle anxiogène, c'est l'information "underground" qui prendra inévitablement de l'ampleur.

Sur YouTube, les vidéos qui expliquent la "démocratie populaire" sont vues des millions de fois. Alors, je me concentre sur cette projection là et pas sur les résultats du FN. Si c'est un passage obligé pour que le Peuple comprenne que la troïka « UMPSFN » travaille au maintien de leurs propres intérêts, eh bien, allons-y.

C'est désolant, ça conduira à des situations inacceptables, ça sera une énième désillusion avec le risque qu'elle soit encore plus violente que les précédentes mais ça fait partie de la cure de désintoxication...

Maintenant, si je poste ce genre de messages, c'est aussi parce que j'en ai assez que les abstentionnistes et les non-inscrits sur les listes électorales soient montrés du doigt comme des citoyens inconscients et irresponsables.

Dans les forums où je passe, les discussions qui sont menées sur la démocratie représentative ou le tirage au sort, sont à mon avis, bien plus abouties que les discussions qui consistent à énumérer tout ce qui ne va plus dans ce pays.

Ça, c'est justement le discours tenu par les ténors des partis politiques. Ça occupe l'espace. Et ça ne sert plus à rien. Ce sont des visions microscopiques qui génèrent tellement de disputes de chiffonniers que personne ne monte sur l'escabeau pour sortir les pieds de la vase.

C'est bon, la vase, on la respire depuis des décennies. C'est clair que depuis dimanche, elle est encore plus noire que d'habitude. Et c'est bien pour ça qu'on est de plus en plus nombreux à vouloir autre chose. De radicalement différent.

C’est là que se pose par conséquent la nécessité de réfléchir à la notion des Droits de l’homme…La démocratie représentative se sert de cette charte pour pérenniser le système qui lui convient. Ce fameux « droit de vote » n’est qu’une outre vide. Il est devenu l’instrument privilégié de la domination de l’oligarchie. (pouvoir politique exercé par un petit nombre de personnes).

L’usage malhonnête de l’idée démocratique place chaque individu, isolément, dans une situation d’impuissance. Les lois écrites par les Représentants du Peuple ne servent qu’à protéger, prioritairement, le maintien des « privilèges » et le statut confortable d’Elus de la république. La césure entre les Gouvernants et le Peuple est instaurée par la démocratie elle-même. Le pouvoir rend fou. Et même le pouvoir démocratique…Qui n’en a que le nom.

Les errances et même les crimes de l’oligarchie sont par conséquent les nôtres si par la participation aux élections, le peuple cautionne un système de chaises musicales…Les têtes changent, les postes obtenus tournent, on les voit passer de Ministre de la Culture à celui des Armées, de députés à sénateurs, de conseiller régional à président d’une commission quelconque, grassement payé, et la moindre perte de mandat ouvrira une autre voie professionnelle, toujours dans ce milieu protégé de l’oligarchie.

Les « petits » soutiennent les « grands » et les « grands » corrompent les « petits »…Le système tourne en boucle. Les  « Maîtres » sont même capables de nier les résultats d’un référendum populaire et d’appliquer l’inverse de ce que le peuple a exprimé. Démocratie ?...

Il n’y a pas de démocratie réelle quand elle est « représentative. »

 

Il est donc temps de réfléchir à une charte des « Droits du peuple », un Peuple identifié et reconnu comme une Unité, un Contre-Pouvoir.

Si l’établissement d’une « Démocratie Populaire » et l’écriture d’une nouvelle Constitution représentent encore pour l’instant un défi colossal, il serait déjà possible d’apporter au niveau du pays, la conscience que le Peuple est le seul représentant de lui-même…Et que ses pouvoirs sont coercitifs au regard du Gouvernement. Une opposition populaire et unie. Aucune étiquette politique. Seul le principe de l’intérêt général fait loi.

Les Élus actuels ne sont plus des « Représentants du peuple » étant donné qu’ils fonctionnent en cercle fermé avec un pouvoir pyramidal. Rien ne remonte du Peuple. Tout descend vers lui. Mais le « droit de vote » vient faire croire que le peuple a un pouvoir. Il n’a de pouvoir que celui de choisir parmi une dizaine de personnes sorties du giron des nantis celle qui mènera la danse des serfs. 

Il suffit par exemple de se souvenir que la Commune est un massacre orchestré sous un régime de « démocratie représentative ». Même la guerre civile est une option dans une oligarchie.

Il n’est qu’à voir d’ailleurs les diatribes actuelles des Politiciens après les résultats des régionales. Identifier une partie de la population comme une masse « ennemie », c’est aussi ce que les Enarques apprennent à faire. Diviser pour mieux régner est un adage impérissable.

Bon. Le pays des « Droits de l’homme » part en vrille sous le joug séculaire d’une caste de nantis que le peuple continue à entretenir.

C’est donc une autre force politique qu’il faut engendrer.

Le Peuple.

Ni Gauche, droite, FN ou autres étiquettes et limitations de pensées mais une masse unifiée qui se dresse devant l’Etat. Cet Etat ne vit pas parmi le Peuple. Il le toise et se sert de son ignorance politique et bien entendu de ses espoirs.

On sait tous que les discours électoraux, les programmes, les projets, les Réformes, les décrets, tout ce qui fait la lie du Pouvoir n’est qu’un habillage constant d’une mainmise du pouvoir sur les décisions les plus fondamentales. Ces « droits » n’ont été attribués que pour justifier l’exploitation de la masse. Les Maîtres « élus »et les Serviteurs « électeurs »…

La Révolution française a été détournée, récupérée, anéantie. Les « privilèges » ont été déguisés sous des lois écrites par les Représentants du peuple qui ne représentent en réalité, bien évidemment, que leurs propres intérêts. La « souveraineté populaire » est un leurre.

Je suis convaincu, par exemple, qu’au seuil d’une Révolte de masse, les mouvements de pensées les plus sensés, les plus constructifs mais également les plus lucides seront présentés comme une menace pour « la souveraineté populaire »….L’Etat d’urgence peut très bien servir à ça…Il ne s’agit pas que du droit de l’individu mais bien davantage du droit de la population entière. C’est là que nous sommes dans l’erreur. Dès lors que nous ne nous sentons pas concernés par l’usage politique de la notion de démocratie, nous permettons tous les outrages. C’est l’ignorance politique qui donne vie aux démocraties falsifiées.

Une démocratie réelle peut-elle justifier l’ingérence guerrière de ses Gouvernants à des fins économiques ? Je trouve insupportable que la France soit présentée comme le pays historique des Droits de l’homme » et qu’elle soit en même temps le quatrième plus gros vendeur d’armes au monde…Le peuple a-t-il été consulté ?

Il faudrait beaucoup de temps pour établir la liste des décisions fondamentales sur lesquelles le peuple doit être consulté.

N’est-il donc pas temps de réfléchir désormais à une « Charte des Droits du Peuple » ?

Un contre-pouvoir politique.

Il n’y aura pas de reconnaissance par l’Etat. Bien évidemment. Ils ne veulent pas d’une force d’opposition apolitique. Puisque ce qui n’est pas étiqueté ne peut pas être corrompu.   

Le Peuple n’appartient qu’à lui-même et à l’intérêt général.

 

Je sais très bien que tout ça est utopique.

Pour l’instant.

Juste parce que nous n’avons pas encore touché le fond.

Mais on y va.


Thierry Ledru  Article 21
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis. 
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

C'est sur ça qu'il faut réfléchir...


Que tout le monde se réapproprie le processus constituant ! Entraînons-nous et écrivons ensemble les articles d'une nouvelle constitution citoyenne, humaniste et (réellement) démocratique. Nous pourrions, par exemple, prendre les articles des Constitutions Françaises (1789 et 1793), un par un, les analyser puis les réécrire. Pour commencer....

- Ne focalisez pas sur la date du 1er janvier 2017 ! L'évènement commence tout de suite, et est permanent ! C'est juste pour garder de la marge et de la visibilité.

Le Wiki-constitution d'Etienne Chouard :
http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Constitution_Wiki_Etienne_Chouard

....... A apprivoiser...

Le Blog du plan C :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

Le nouveau blog :
http://chouard.org/blog/

"Le Message" (politique)

Par Le 09/12/2015

 

 

"C’est une proposition concrète qui doit rassembler derrière elle les millions de citoyens dont l’impuissance politique est programmée dans la constitution." 


Oui, évidemment que c'est un chantier immense... Mais c'est comme pour les Pyramides, il a bien fallu d'abord déblayer et aplanir le lieu avant de poser la première pierre......Si nous considérons que ce chantier représentera pour les générations futures l'équivalent d'une oeuvre monumentale, ça vaut bien le coup d'y réfléchir...A moins, que de continuer à végéter ensemble sur des décombres nous suffise.

 

C’est une proposition concrète qui doit rassembler derrière elle les millions de citoyens dontl’impuissance politique est programmée dans la constitution.

Parce que ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir
“Nous voulons une Assemblée Constituante démocratique, donc tirée au sort.”

En lisant les 6 chapitres de ce site, vous comprendrez pourquoi si vous voulez changer quoi que ce soit dans le fonctionnement actuel de notre société, vous devez faire de ce messagevotre seule revendication : de son application découlera tout le reste. Afin de comprendre concrètement la force de ce message prenez maintenant quelques minutes pour lire les six chapitres du site, ils sont très courts.

Les chapitres vont à l’essentiel, néanmoins vous trouverez au sein de chaque chapitre des liens permettant de bien approfondir le sujet — notamment dans « Approfondissement » — et en bas de page des vidéos, documents et liens divers. Pour un argumentaire entièrement développé et des réponses aux objections courantes, voir LaVraieDemocratie.fr.

Découvrez maintenant ce qu’est vraiment une démocratie.


 

Partagez cet article, diffusez Le Message.

"Le deuil de la démocratie" (politique)

Par Le 09/12/2015

Il n'est qu'à tourner quelques minutes sur la Toile pour trouver moults articles sur les résultats des élections et leur analyse.

Les "citoyens" sont d'ailleurs bien plus lucides que les Politiciens. 


BY GEE dans , 

Le deuil de la démocratie représentative

D’abord, un chiffre pour remettre les pendules à l’heure : 91%. C’est le pourcentage de français qui n’a pas voté pour le FN1. Moins d’un français sur 10 a donné une voix à ce parti. Et de fait, que le FN soit « le premier parti de France » n’est pas en soi le symbole d’une droitisation ou d’une radicalisation rampante de la société français. C’est le symbole de la mort de la démocratie représentative, le signe ultime que celle-ci ne représente plus rien ni personne.

Hier, je n’ai pas voté. Je n’irai pas plus dimanche prochain. Ami votant2, je sais que, probablement, tu me méprises, tu as envie de me hurler dessus, de me dire que c’est honteux, que des gens sont morts pour que je puisse voter, qu’à cause de moi le fascisme pourrait s’installer. Je ne t’en veux pas, j’étais pareil il y a à peine 4 ans.

Les étapes du deuil

Tu connais peut-être les 5 étapes du deuil de Elisabeth Kübler-Ross. Ça n’a pas forcément une grande valeur scientifique, mais ça permet de schématiser certains mécanismes émotionnels. Laisse-moi te les énoncer :

  1. Déni
  2. Colère
  3. Marchandage
  4. Dépression
  5. Acceptation

Ami votant, je sais déjà que tu as dépassé le stade du déni : tu sais pertinemment que la démocratie représentative est morte. Sinon, tu voterais pour des idées qui te correspondent, tu voterais pour faire avancer la société, pour donner ton avis sur la direction à prendre. Mais tu ne fais pas cela : au contraire, tu votes « utile », tu votes pour faire barrage à un parti, tu votes pour « le moins pire ». C’est déjà un aveu que le système est mort.

En fait, tu oscilles entre les étapes 2 et 3. Entre la colère envers un système qui se fout de ta gueule, la colère contre les abstentionnistes qui ne jouent pas le jeu… et le marchandage. « Allez, si je vote pour le moins pire, système, tu continues à vivoter ?  Allez, peut-être que si on vote PS cette fois, il fera une vraie politique de gauche ? Allez système, tu veux pas continuer à faire semblant de marcher un peu si je fais des concessions de mon côté ? Si je mets mes convictions de côté, tu veux bien ne pas être totalement lamentable ? »

Encore une fois, je comprends le principe, j’étais au même point lors des dernières élections présidentielles. J’appelais les gens à voter, je critiquais les abstentionnistes qui se permettaient de se plaindre alors que, merde, ils n’avaient pas pris la peine de faire leur devoir de citoyen. Je savais pertinemment que le PS au pouvoir ne ferait aucun miracle, que fondamentalement rien ne changerait par rapport à l’UMP, à part à la marge. Mais il fallait bien choisir le moins pire. La démocratie représentative était déjà morte, je le savais. Le vote utile, on nous le rabâchait depuis avant même que j’ai le droit de vote. Sans parler du référendum de 2005 où ça sentait déjà fort le sapin. Mais je n’avais pas terminé mon deuil. Et puis Hollande est passé.

Les derniers coups de pelle

Je ne pourrais jamais assez remercier François Hollande. Il m’a aidé à terminer mon deuil. En me renvoyant ma voix en pleine figure, en m’appuyant bien profondément la tête dans les restes puants et décomposés de notre système politique. Le quinquennat de François Hollande aura été la plus parfaite, la plus magnifique démonstration que le vote est une arnaque et que le pouvoir du peuple est une immense illusion. Le changement, c’est maintenant ! Rappelle-toi, le PS avait tous les pouvoirs en 2012 : la présidence, l’Assemblée, les villes, les régions… merde, même le Sénat était passé à gauche ! Une première !  Les types avaient les mains libres et carte blanche pour tout. Il fallait écouter Copé, la pleureuse « profondément choquée », nous expliquer l’énorme danger que représentaient ces pleins pouvoirs. Lutter contre la finance ? Imposer les revenus du capital comme ceux du travail ? Interdire le cumul des mandats ?

LOL NOPE.

Au lieu de ça, nous aurons eu la même merde qu’avant. Parfois en pire. Course à la croissance alors même que nous produisons déjà trop pour la planète. Course au plein emploi alors que le travail est condamné à disparaître (ce qui, je le rappelle, devrait être une bonne nouvelle). Course à la productivité alors que les syndromes d’épuisement professionnel se multiplient et que le mal-être des travailleurs se généralise. Diminution de ce qu’on nous matraque comme étant « le coût du travail » mais qu’un employé sensé devrait comprendre comme « mon niveau de vie ». Détricotage méthodique des services publics qui devraient au contraire être renforcés.

Nous n’attendions rien de Hollande, il a réussi à faire pire. Des lois liberticides au nom d’une sécurité qu’elles ne garantiront même pas. Un État d’Urgence à durée indéterminée. Des militants assignés à résidence pour leurs convictions. Des manifestations politiques interdites. Des gamins mis en garde à vue parce qu’ils ne respectent pas une minute de silence. Heureusement que c’est sous un parti qui se dit « républicain » que tout cela se passe, sinon, on pourrait doucement commencer à s’inquiéter.

Vous me traitez d’irresponsable parce que je n’ai pas été voter dimanche ? Moi je me trouve irresponsable d’avoir légitimité notre gouvernement actuel en votant en 2012. Depuis 2012, j’ai fait comme beaucoup de monde : j’ai traversé le stade 4, celui de la dépression. À me dire que nous étions définitivement foutus, que même lorsqu’un parti qui se disait en opposition totale avec le précédent se vautrait à ce point dans la même politique insupportable, il n’y avait plus de solution. Que la démocratie était morte, et que nous allions crever avec elle. Ami votant, admets-le, tu as eu la même réaction. Mais comme toujours, à chaque vote, tu régresses, tu retournes à l’étape 3, au marchandage, à te dire que peut-être, on pourra incliner un peu le système en s’asseyant sur nos convictions.

Moi, j’ai passé le cap. Je suis à l’étape 5, à l’acceptation. La démocratie représentative est morte, point. Que cela soit une bonne chose ou non, l’avenir le dira, mais le fait demeure : ce système est mort. Tu penses que retourner à l’étape de marchandage, c’est garder de l’espoir et qu’accepter la mort de notre système, c’est le désespoir. Je ne suis pas d’accord. Faire son deuil, c’est bien. C’est même nécessaire pour passer à autre chose et, enfin, avancer.

La démocratie est morte, vive la démocratie !

Tu remarqueras que je persiste à ajouter « représentative » quand je parle de mort de la démocratie. Parce que je ne crois pas que la démocratie elle-même soit morte : je pense que la démocratie réelle n’a jamais vécu en France. Le système dans lequel nous vivons se rapproche plus d’une « aristocratie élective » : nous sélectionnons nos dirigeants dans un panel d’élites autoproclamées qui ne change jamais, là où la démocratie voudrait que les citoyens soient tour à tour dirigeants et dirigés. Le simple fait que l’on parle de « classe politique » est le déni même de la notion de représentation qui est censée faire fonctionner notre démocratie représentative : la logique voudrait que ces politiciens soient issus des mêmes classes qu’ils dirigent. Attention, ne crachons pas dans la soupe, notre système est bien mieux qu’une dictature, à n’en pas douter. Mais ça n’est pas une démocratie. Je te renvoie à ce sujet à ce documentaire, J’ai pas voté, que tout le monde devrait voir avant de sauter à la gorge des abstentionnistes.

Des gens sont morts pour qu’on puisse voter ? Non, ils sont morts parce qu’ils voulaient donner au peuple le droit à s’autodéterminer, parce qu’ils voulaient la démocratie. Est-ce qu’on pense sérieusement, en voyant la grande foire à neuneu que sont les campagnes électorales, que c’est pour cela que des gens sont morts ? Pour que des guignols cravatés paradent pendant des semaines pour que nous allions tous, la mort dans l’âme, désigner celui dont on espère qu’il nous entubera le moins ? Je trouve ce système bien plus insultant pour la mémoire des combattants de la démocratie que l’abstention.

Alors oui, j’ai fait mon deuil, et ça me permet d’avoir de l’espoir pour la suite. Parce que pendant que la grande imposture politicarde se poursuit sur les plateaux-télé, nous, citoyens de tous bords, essayons de trouver des solutions. Plus le temps passe, plus le nombre de gens ayant terminé leur deuil augmente, plus ces gens s’intéressent réellement à la politique et découvrent des idées nouvelles, politiques et sociétales : tirage au sort, mandats uniques et non-renouvelables, revenu de base, etc. Des solutions envisageables, des morceaux de savoir, de culture politique… de l’éducation populaire, en somme. Rien ne dit que ces solutions fonctionneront, mais tout nous dit que le système actuel ne fonctionne pas. Et lorsque ce système s’effondrera, ce sera à ces petits morceaux de savoir disséminés un peu partout dans la population qu’il faudra se raccrocher. L’urgence aujourd’hui, c’est de répandre ces idées pour préparer la suite. Ami votant, tu as tout à gagner à nous rejoindre, parce que tu as de toute évidence une conscience politique et qu’elle est gâchée, utilisée pour te battre contre des moulins à vent.

Notre système est un vieil ordinateur à moitié déglingué. Tu peux continuer d’imaginer qu’en réinstallant le même logiciel (PS ou LR, choisis ton camp camarade), il finira par fonctionner. D’autres utilisent la bonne vieille méthode de la claque sur la bécane (le vote FN) : on sait bien que ça ne sert à rien et que ça ne va certainement pas améliorer l’état de l’ordi, mais ça soulage. Certains imaginent qu’en déboulonnant l’Unité Centrale et en hackant petit à petit le système, on finira par faire bouger les choses (la députée Isabelle Attard est un bon exemple, personnellement je la surnomme l’outlier, la donnée qui ne rentre pas dans le modèle statistique du politicien). Ce n’est pas la pire des idées. On a même parlé de rebooter la France. Qui sait, si on arrive à mettre sur pied une telle stratégie en 2017, possible que je ressorte ma carte d’électeur du placard. Mais les plus nombreux, les abstentionnistes, ont laissé tomber le vieil ordinateur et cherchent juste à en trouver un nouveau qui fonctionne.

Alors on fait quoi ? Soyons clairs, je suis comme tout le monde, je n’ai aucune idée de la manière dont on peut passer à autre chose, pour instaurer une vraie démocratie. Une transition démocratique pourrait s’opérer en douceur en modifiant les institutions petit à petit : tout le monde aurait à y gagner. Politiciens compris, car l’alternative est peut-être l’explosion, et c’est une alternative à l’issue très incertaine. Mais clairement, nous ne prenons pas la direction d’une transition non-violente.

Je continue pour ma part à penser que, comme le disait Asimov, « la violence est le dernier refuge de l’incompétence ». Mais nous constatons chaque jour un peu plus notre impuissance dans ce système, et les politiciens actuels seraient bien avisés de corriger le tir avant qu’il ne soit trop tard. Avant que les citoyens ne se ruent dans ce dernier refuge.

 

Le hameau des Buis (Pierre Rabhi)

Par Le 07/12/2015

Le Hameau des Buis : l’écovillage intergénérationnel inspiré par Pierre Rabhi (mieux-vivre-autrement.com)

DANS EXTERNE / PAR  / LE 2 DÉCEMBRE 2015 À 12 H 52 MIN /

 

écovillageOn ne le présente plus, tellement Pierre Rabhi, agriculteur, philosophe et essayiste, a inspiré de nombreuses personnes devenues adeptes de ses thèses largement éprouvées. Nous vous proposons de découvrir l’une des nombreuses initiatives d’agroécologie mise en pratique, Le Hameau des Buis en Ardèche, fondé par Sophie Rabhi-Bouquet… sa fille.

Vous cherchez le Hameau des Buis ? À deux kilomètres d’ici, vous verrez des espèces de maisons en bois. C’est là !

Que pense le vieil Ardéchois qui a indiqué le chemin du Hameau des buis au visiteur ? L’histoire ne le dit pas. Mais il y a de la marge avant de convaincre les gens du cru que les habitants du hameau se livrent à de tout autres cultures que celle du cannabis, qu’ils ne s’agenouillent devant aucun gourou et qu’ils demeurent dans des logements dont certains n’ont rien à envier, au contraire, à l’habitat traditionnel.

Le regard clair de Sophie Rabhi-Bouquet, la précision de son propos, sa simple élégance, tout chez elle suffit à faire oublier une telle caricature. Quatrième des cinq enfants de Pierre et Michèle Rabhi, c’est elle qui, durant des années, a mûri le projet jusqu’à le faire aboutir, il y a dix ans, sur ces arides collines. C’est dans une dynamique constructive et ouverte que se déploie le collectif du Hameau des Buis, à l’opposé de tout repli.

Il n’est pas question pour nous d’être des marginaux, affirme-t-elle. Ma famille s’est toujours trouvée très impliquée dans la société. Mon père est dans une vie publique. Pour moi, il est très important que ce que nous faisons ici soit perçu comme une force de proposition, pas comme un radeau de naufragés qui diraient ‘‘après nous le déluge, on va sauver notre peau .

Un lieu de vie différent

Alors, de quoi s’agit-il au juste ? Un tour du propriétaire donne déjà une idée de ce lieu de vie pas comme les autres. Des panneaux expliquent dès l’entrée :

Le Hameau des Buis est un lieu de vie pédagogique, écologique et intergénérationnel qui comporte une école, des habitations, une structure d’accueil, une ferme – polyculture, petits élevages fermiers…

logement©Xavier Pagès

Et plus loin :

Le Hameau des Buis propose des solutions concrètes et reproductibles aux impasses que rencontre notre société actuelle, notamment une écologie pratique, l’intégration et la valorisation des personnes âgées, une éducation respectueuse de l’enfant et adaptée aux enjeux actuels, des modes relationnels non violents.

En poursuivant la promenade, on longe un quartier de quelques maisons en bois entourées de jardins fleuris, de tailles diverses, sans que rien ne semble rangé au carré. Plus bas, voici l’école, ancien bâtiment en pierre rehaussé d’une structure en bois derrière lequel s’étend le jardin potager des enfants, peuplé de papillons, d’où l’on jouit d’une vue étendue sur la vallée creusée par le Chassezac, un affluent de l’Ardèche.

La ferme familiale comme milieu scolaire

L’école. C’est d’elle, au fond, que tout part. Sophie Rabhi-Bouquet, qui en est la fondatrice et la directrice, raconte :SOPHIE

« L’aventure commence sur la ferme de mes parents, arrivés à deux kilomètres d’ici en 1963. Je grandissais dans un chantier permanent. Les activités s’y sont diversifiées. Un jour, ma mère, par le biais de l’association ‘‘Accueil Paysan’’, a choisi de recevoir des enfants à la ferme durant les vacances scolaires. J’avais 18 ans, ça m’a passionné. Puis j’ai pensé que la ferme pourrait constituer un milieu scolaire avec la nature comme un livre ouvert. »

Après des études en sciences du langage et dans l’audiovisuel, elle décide de revenir en 1999 et passe aux actes, ouvrant une école dans la ferme familiale. Avec un parent d’élève, elle lance ensuite l’idée d’ouvrir un nouvel endroit qui serait un carrefour de générations entre les enfants et les retraités – ceux qui ont connu l’ère industrielle, qui savent quels en sont parfois les chausse-trapes et qui voudraient transmettre leur savoir.

Elle découvre que cela répondrait à une attente :

Beaucoup rêvaient d’un lieu innovant pour les futures générations.

Sa rencontre avec Laurent Bouquet aura permis la mise en œuvre du Hameau des Buis en 2003. Cet élagueur professionnel, devenu son mari, en a assuré jusqu’ici la gestion technique et financière – après des réticences initiales. L’école primaire accueille aujourd’hui une soixantaine d’élèves ; cinquante personnes, dont vingt enfants, habitent là désormais, les personnes âgées ayant fait place à quelques familles dont les premières sont arrivées en 2008.

« Prendre soin de l’humain, c’est aussi prendre soin de l’écologie »

Il ne peut y avoir de révolution écologique sans révolution du cœur humain

commente Laurent Bouquet, qui connaissait Pierre Rabhi avant de rencontrer sa fille, aimait son côté anti-héros et avait été captivé par sa candidature à l’élection présidentielle de 2002,

 Je sortais d’un échec professionnel lié à une mésentente avec deux associés, raconte-t-il. J’ignorais jusque-là que la principale peau de banane dans les problèmes, c’est en nous qu’elle se loge.

La pierre angulaire de l’écologie, c’est l’humain, reprend sa compagne. Donc, prendre soin de l’humain, c’est aussi prendre soin de l’écologie.

Dehors, assise sous le soleil printanier à côté de l’école derrière laquelle se profilent les flancs de la vallée, en contrebas, la jeune femme précise ce qui lui tient à cœur :

Il nous faut prendre conscience que nous sommes souvent très agressifs vis-à-vis de nous-mêmes. Que ne nous faisons-nous pas endurer par certaines consommations, addictions, rythme de travail, rythme de vie ! Et du coup, quelle agressivité à l’encontre de l’autre dans des sociétés fondées sur la domination, le pouvoir, l’argent, la solitude, la violence d’un système économique qui ignore le vivant et nous rend prédateurs des ressources naturelles !

Une expérience à découvrir

Florence Rataud, 51 ans, ancienne chef d’entreprise à La Réunion, est arrivée l’an dernier avec ses deux enfants, Maxime, 12 ans, et Tania, 13 ans. Elle charge avec son fils une brouette de larges planches non rabotées qu’elle utilisera pour faire barrage aux rhizomes de bambous autour de son jardin.

Ici, ce n’est pas le monde des bisounours, lâche-t-elle. J’ai confiance. Beaucoup d’ingrédients me permettent de penser que cette expérience va perdurer.

ecovillage vue de hautL’été dernier, l’éco-village abordait une période charnière où le gros du chantier auquel ont participé la plupart des résidents fu terminé, où un collège qui compte dix-sept élèves a ouvert ses portes, où il va falloir trouver un rythme de croisière :

un temps où l’on n’est plus dans le faire mais dans l’être, résume Florence Rataud.

Un temps que Sylvette Rey, enseignante retraitée ici depuis cinq ans et qui se définit comme « un animal social », met déjà à profit pour nouer des contacts avec les Ardéchois en randonnant avec eux :

Car il est très important de changer les rumeurs.

Un montage juridique et financier sur mesure

Le Hameau des Buis est novateur jusque dans les modes de financement et les montages juridiques. Après trois ans de recherche, une solution sous forme de deux contrats liant la SC Hameau des Buis et les résidents a été trouvée.

Premier contrat : les habitants, en s’installant, apportent leur contribution financière, avec un prêt à taux zéro dont le capital est indexé sur l’indice de référence des loyers connu au moment de la signature du contrat. Cela leur permet à la fois de ne rien perdre de la somme engagée et d’éviter toute forme de spéculation.

Second contrat : il concerne ce qu’au Hameau des Buis on appelle « les charges solidaires » : l’engagement financier mensuel demandé aux résidents est proportionnel à la somme pour laquelle ils se sont engagés, qui est fonction de leur surface d’habitation, et qui correspond au marché locatif local.

Source : article paru sur lacroix.com et relayé par mieux-vivre-autrement.com

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A propos de l'auteur : 

Citoyen engagé, je m’intéresse particulièrement à l'économie et la géopolitique. Je suis convaincu qu'en se passant le mot nous finirons par réveiller les français qui hibernent depuis trop longtemps et à reprendre la main sur nos institutions. Parce que nous ne pouvons pas laisser une partie de l'humanité sur le bord de la route, parce qu'un citoyen informé en vaut dix, parce qu'unis nous sommes une force inarrêtable, plus que jamais la ré-information est un devoir.

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Résultats des élections (politique)

Par Le 07/12/2015

Les véritables résultats des élections régionales

DANS ARTICLE, FRANCE / PAR  / LE 7 DÉCEMBRE 2015 À 17 H 12 MIN /

 

Elections régionales 2015Encore une fois l’abstention a été très forte pour ce premier tour des élections régionales. Peu commenté, ce chiffre est rapidement relegué au rang d’information de seconde importance une fois les résultats connus. Et pour cause, une abstention massive tend à décrédibiliser le principe des élections et donc le système républicain lui même. Encore moins commenté que l’abstention, il existe une donnée qui ne semble interesser personne et qui vient considérablement nuancer le résusltat des élections. Il s’agit des non inscrits, ces français en âge de voter mais qui ne sont inscrits sur aucune liste électorale. Ils représentent pourtant plus de 6 millions de personnes, soit 12% de la population majeure en France. Bien qu’aucun média de grande diffusion ou aucune statistique officielle ne les référencie, il est facile de calculer leur nombre en retranchant le nombre d’inscrits du total de la population majeure que fournie l’INSEE par sa pyramide des âges.

Aussi il faut bien garder en tête que le corps électoral potentiel est de 51,5 millions d’individus, contre 45,3 millions d’inscrits. En recalculant les résultats en accord avec cette base, nous obtenons le graphique suivant, qui illustre de manière fidèle les votes et non votes des français.

Elections régionales 2015

A la vue de ce graphique, que se gardera bien de vous montrer la presse de grande diffusion, on se rend rapidement compte de l’illégitimité des élections et donc des groupes politiques de gouvernement. En additionnant les non inscrits, les abstentionnistes et les bulettins blancs et nuls, on obtient 58% de français qui ne se reconnaissent dans aucun des partis en lice. Par ailleurs, malgré une exposition médiatique permanente et des moyens financiers colossaux, les « grands » partis politiques ne parviennent pas à dépasser 12% pour le FN, 10% pour le PS et 11% pour l’UMP. Ainsi, même une alliance nationale des trois plus grands partis de France ne représenterait potentiellement qu’un français sur trois ! Cela prouve, s’il en était besoin, à quel point les français sont lassés du jeu politique républicain.

Baptiste Mannaia

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Mars contre Terre (Nature)

Par Le 07/12/2015

De l’eau sur Mars ! Mais y a-t-il une forme de vie intelligente sur Terre ?

De l’eau sur Mars ! Mais y a-t-il une forme de vie intelligente sur Terre ?

30 septembre 2015 / Catégories: Articles, Rédaction / Tags: , , , , , ,, , ,  / Réclamations et signalements

La NASA a su créer le suspens. On en a enfin la confirmation : il y a de l’eau sur Mars ! De l’eau salée qui s’écoulerait sur la planète rouge et pourrait donc – sous conditions – contenir des formes de vie. Mais une question demeure, y a-t-il une forme de vie intelligente sur Terre ? C’est la question posée par George Monbiot, un journaliste du Guardian et environnementaliste militant, en réaction à l’annonce de l’agence spatiale américaine. L’écologiste observe un fossé entre l’euphorie collective autour d’une flaque d’eau à 55758 millions de kilomètres d’ici et notre incapacité à sauvegarder notre seule et unique planète bleue. Son billet d’humeur, qui fait le tour du monde, met les points sur les « i » et nous ramène très vite sur Terre. Nous vous en proposons une traduction.

 

Le texte suivant est la traduction approximative de l’article « There may be flowing water on Mars. But is there intelligent life on Earth? » rédigé par George Monbiot le 29 septembre 2015 et publié dans le journal The Guardian.


« Pendant que nous nous émerveillons devant les découvertes de la NASA, nous détruisons nos ressources naturelles irremplaçables – tout ça pour acheter des bananes pré-pelées et des smartphones pour chiens.

Preuve que de l’eau coule sur Mars : ceci ouvre la possibilité d’une vie, de merveilles que nous pouvons à peine imaginer. Cette découverte est une réussite merveilleuse. Pendant ce temps, les scientifiques martiens continuent leur recherche d’une vie intelligente sur Terre.

Nous pouvons être fascinés par l’idée de la présence d’organismes sur une autre planète, mais nous semblons avoir perdu tout intérêt pour la nôtre. Le Dictionnaire Oxford Junior a déjà excisé les jalons du monde vivant : vipères, mûres, jacinthes, marrons, houx, pies, vairons, loutres, primevères, grives, belettes et troglodytes sont maintenant en quantité excédentaire.

Au cours des quatre dernières décennies, le monde a perdu 50% de sa faune vertébrée. Mais dans la seconde moitié de cette période, on a également observé une forte baisse dans la couverture médiatique de cette problématique. En 2014, selon une étude menée par l’Université de Cardiff, il y avait autant de reportages diffusés par la BBC et l’ITV à propos de Madeleine McCann ( disparue en 2007) que de reportages sur l’ensemble des questions environnementales confondues.

Pensez à ce qui pourrait changer si nous évaluons l’eau terrestre de la même manière que nous affectionnons l’idée de l’eau sur Mars. Seulement 3% de toute l’eau sur cette planète (Terre) est potable; et de cela, les deux tiers sont gelés. Pourtant, nous jetons des déchets dans cette partie accessible. 60% de l’eau utilisée dans l’agriculture est inutilement gaspillée par une irrigation négligente. Rivières, lacs et nappes aquifères sont aspirées jusqu’à assèchement. Tout ce qui reste est souvent tellement contaminé qu’il menace la vie de ceux qui la boivent. Au Royaume-Uni, la demande intérieure d’eau est telle que les zones supérieures de nombreuses rivières disparaissent pendant l’été. Mais nous continuons d’installer de vieilles toilettes et douches dont l’eau jaillit comme si c’était une cascade.

Quant à l’eau salée, du même genre que celle détectée sur Mars avec tant de passion, sur la Terre, nous lui exprimons notre gratitude avec une frénésie destructrice. Un nouveau rapport suggère que le nombre de poissons a diminué de moitié depuis 1970. Le thon rouge du Pacifique, qui pullulait dans les océans par millions, a été réduit à environ 40 000 individus, mais est toujours chassé. Les récifs coralliens subissent une telle pression que la plupart pourraient disparaître d’ici à 2050. Et dans nos espaces profonds, notre désir de poissons exotiques déchire un monde à peine mieux connu que la surface même de la planète rouge. Les chalutiers travaillent maintenant à des profondeurs de 2.000 mètres. Nous ne réalisons même pas ce que nous sommes en train de détruire.

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Quelques heures avant cette découverte sur Mars, Shell arrêtait sa prospection pétrolière de l’Arctique, en mer des Tchouktches. Pour les actionnaires de la société, c’est une perte mineure : 4 milliards de dollars. Mais pour ceux qui aiment la planète et la vie qu’elle soutient, c’est un évènement chanceux. Ceci est arrivé seulement parce que l’entreprise n’a pas réussi à trouver des réserves suffisantes (pour être rentable). Si Shell avait réussi son coup, il aurait exposé l’un des endroits les plus vulnérables sur Terre aux marées noires, pratiquement inévitables, où le confinement est presque impossible. Allons-nous laisser ces questions sans réponse ?

Début septembre, deux semaines après que Shell ait obtenu l’autorisation de forer dans la mer des Tchouktches, Barack Obama se rendait en Alaska pour avertir les Américains sur les effets dévastateurs que le changement climatique provoquerait par la combustion des ressources fossiles de l’Arctique. « Il ne suffit pas de parler pour parler« , disait-il. « Nous devrions aller de l’avant. Nous devrions embrasser l’ingéniosité humaine pour trouver la solution à ce sujet« . Une ingéniosité humaine largement exploitée à la NASA, qui a publié ces images étonnantes. Mais pas tant que ça dans le monde politique.

Laisser le libre marché décider à notre place : c’est là la façon dont les gouvernements cherchent à résoudre la question de la destruction planétaire. Laisser (cette question) à la conscience des consommateurs, tandis que cette conscience est mise en sourdine et portée à confusion par la publicité et les mensonges corporatistes. Dans un quasi-vide informatif, chacun de nous est laissé libre de décider ce que nous devons prendre chez les autres espèces et les autres personnes, et ce que nous devrions consacrer à nous-mêmes ou laisser aux générations futures. Sûrement y a-t-il certaines ressources et certains endroits – comme l’Arctique et l’océan profond – dont l’exploitation devrait simplement s’arrêter ?

Tous ces travaux de forage, de chalutage, de déversements de déchets et d’empoisonnements – à quoi ceci nous est utile ? Est-ce pour enrichir l’expérience humaine, ou l’étouffer ? Il y a quelques semaines, je lançais le hashtag #extremecivilisation, invitant tout témoigne (exposant les aspects extrêmes de la civilisation). Ils ont abondé. Voici quelques-uns des produits « extrêmes » que mes correspondants ont trouvé. Tous sont réels.

2013-ces-ipottyLe iPotty, pour jouer à l’iPad sur le pot quand on a 3 ans.

Un plateau à œufs pour réfrigérateur qui se synchronise avec votre smartphone pour que vous sachiez combien d’œufs il vous reste. Un autre gadget pour les brouiller – mais à l’intérieur même de la coque. Des perruques pour bébés, pour permettre aux « bébés filles avec peu ou pas de cheveux d’avoir un style de cheveux magnifiquement réaliste. » Le iPotty, un gadget pour permettre aux jeunes enfants de continuer à jouer sur leur iPad pendant qu’ils font leurs besoins. Un abri de jardin anti-araignées à 2500 euros. Un sauna à neige, en vente dans les Émirats Arabes Unis, dans lequel vous pouvez créer un paysage hivernal en poussant sur un bouton. Un réfrigérateur à melon sur roues : indispensable pour pique-niquer – ou peut-être pas, car il pèse plus que le melon. De la crème de blanchissement anal, pour … pour être honnête, je ne veux pas le savoir. Un « rotateur de montre automatique » qui vous sauve la peine de devoir tourner votre poignet de luxe en sucre. Un smartphone pour les chiens, avec lequel ils peuvent prendre des photos d’eux-mêmes. Des bananes pré-pelées, dans des barquettes en polystyrène couvertes d’un film alimentaire, pellez juste l’emballage…

Chaque année, de nouvelles façons « intelligentes » de gaspiller sont conçues, et chaque année, nous devenons de plus en plus habitués à la consommation inutile de ressources précieuses. Avec chaque intensification subtile, la ligne de la normalité se déplace. Il ne devrait pas être surprenant de découvrir que plus un pays devient riche, moins les gens se soucient de leur impact sur la planète.

Notre aliénation au monde des merveilles, avec lequel nous avons évolué, s’est intensifié depuis que David Bowie a décrit une fille trébuchant dans un « rêve creux », et manière d’être « accro à un écran d’argent », où une longue série de distractions la renvoie à de grandes questions de la vie. Cette chanson, bien sûr, c’étaitLife on Mars. »

 

Autosuffisance alimentaire (humanisme)

Par Le 07/12/2015

Trois tonnes de nourriture poussent dans leur jardin

CORRESPONDANCE À LOS ANGELES, STÉPHANE CUGNIER

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ACTUALITÉ

Aux portes de Los Angeles, une famille a développé un incroyable jardin potager en milieu urbain, lui permettant de vivre en autosuffisance alimentaire.

 

 

 

Depuis la rue, la propriété ne paye pas de mine. Située à moins de 50 m de la bruyante autoroute 210, cette petite maison bâtie en 1917 ressemble à n’importe quelle autre habitation de ce quartier de Pasadena (Californie) développé au début du siècle dernier. Pourtant, derrière le portail du 631 Cypress Avenue se cache un potager où poussent plus de 400 variétés de légumes, fruits, baies, fleurs comestibles et herbes aromatiques, sur une surface de seulement 362 m2. À ceci s’ajoutent des poules, des canards, deux chevrettes et même plusieurs ruches d’abeilles.

Un véritable « jardin extraordinaire », à l’image de celui que chantait Charles Trénet, lequel produit 2,6 tonnes de fruits et légumes bio chaque année, ainsi que près de 1 800 œufs et 200 litres de lait. « L’histoire de ce jardin est partie d’un scandale alimentaire impliquant une chaîne de restauration rapide au début des années 1980, explique Jules Dervaes, 67 ans, né en Floride de parents originaires de Belgique. Je me suis dit que je ne voulais pas que mes enfants grandissent en mangeant ce genre de choses, nuisibles à la santé. À l’époque, il n’était pas beaucoup question de traçabilité alimentaire et de culture biologique. Je me suis donc dit que le meilleur moyen de protéger ma famille était de faire pousser notre propre nourriture. »

 

Jules Dervaes (à droite) travaille depuis trente ans dans sa ferme urbaine avec ses trois enfants. (Photo : Stéphane Cugnier)

 

Des résultats rapides

Après s’être lancée dans l’apiculture en Nouvelle-Zélande dans les années 1970, puis dans la gestion d’une ferme en Floride, la famille Dervaes s’installe à Pasadena en 1984. Très vite, l’idée d’une ferme urbaine s’impose, mais les débuts ne sont pas simples. « Il a fallu tout apprendre et tout adapter à un espace restreint. Il fallait aussi obtenir des résultats rapides, car mes trois enfants étaient très jeunes et il fallait remplir les assiettes. Mais je n’ai pas baissé les bras, je voulais produire localement et sainement. »

Au fil des ans, malgré une période de sécheresse néfaste aux cultures au tournant des années 1990, le jardin prend forme et la production dépasse même très vite les besoins de la famille. « À partir de 1995, nous avons commencé à donner notre surplus aux personnes alentours. Nous avons aussi diversifié notre travail, en faisant des conserves, des confitures, du miel, du pain, etc. Au même moment, de nouveaux scandales sont apparus, liés aux cultures OGM. J’ai donc décidé d’aller encore plus loin et de faire pousser encore plus de nourriture locale dans notre jardin. »

 

Le réseau mis en place par la famille permet à ceux qui souhaitent imiter les Dervaes de bénéficier de conseils et d’assistance. (Photo : Stéphane Cugnier)

 

Panneaux solaires et biocarburants

En 2001, la famille Dervaes commence à vendre ses fruits et légumes. « Au départ, je pensais que cette maison était trop petite, qu’il ne serait jamais possible de devenir autosuffisant. En plus d’arriver à nous nourrir, je n’aurais jamais imaginé un jour vendre mon surplus de légumes. »

Pourtant, la vente se développe rapidement, de même que les sollicitations pour conseiller les particuliers ayant décidé de suivre la même voie. « Nous avons donc décidé de créer une structure, afin de mettre en place des ateliers de formation dans tous les domaines, mais aussi de faciliter l’éducation des enfants à l’accès à une meilleure nourriture, loin des standards de la société de consommation traditionnelle. Nous sommes aussi partie prenante d’un réseau associatif, « Urban Homestead », qui encourage et soutient les initiatives locales. C’est un état d’esprit qui existe en Europe, nous cherchons à le mettre en avant aux États-Unis, mais aussi à aller plus loin. »

 

Trois tonnes de nourriture proviennent chaque année du jardin de la famille californienne. (Photo : Stéphane Cugnier)

 

Loin de se limiter à la culture de son jardin, la famille Dervaes (Jules travaille avec ses filles Anaïs, 41 ans, et Jordanne, 32 ans, et son fils Justin, 37 ans) repousse désormais les limites de son pari d’autosuffisance. Avec l’installation de panneaux solaires en 2003, plus de 20 000 kWh ont déjà été produits, tandis que le recyclage des huiles de friture de la maison et de celles d’un restaurant de proximité a permis de produire 5 000 litres de biocarburants pour faire fonctionner leurs véhicules. « Nous recyclons et filtrons aussi les eaux usées - hors sanitaires - pour arroser nos plantes. »

 

La famille ne se contente pas de faire pousser des fruits et légumes, mais élève aussi des animaux. (Photo : Stéphane Cugnier)

 

Debout à 4 h 30 du matin

Trente ans après l’achat de sa maison, Jules Dervaes se trouve donc à la tête d’une petite entreprise parfaitement en place. Avec plus de 60 000 dollars annuels de ventes de fruits et légumes, la famille dégage assez d’argent pour acheter les produits qu’elle ne peut pas produire : farine, riz, sel… « Nous produisons tout de même 95 % de notre nourriture. Toute la famille mange pour 2 dollars par jour. Nous avons gagné notre indépendance. Mais cela a un prix, puisqu’il faut travailler dur et se lever tous les jours à 4 h 30. »

 

Des plantations sont effectuées dans tous les coins du terrain occupé par les Dervaes. (Photo : Stéphane Cugnier)

 

Désormais imitée par bon nombre d’Américains, la famille Dervaes s’enorgueillit d’avoir montré la voie à suivre. Mais, revers de la médaille, sa petite entreprise s’en trouve fragilisée. « Plus nous inspirons les gens, plus nous perdons de clients. » De nouvelles idées sont donc explorées pour compenser les pertes : ateliers pédagogiques, développement de vins bio à base de fruits, dîners dégustation, ventes de paniers hebdomadaires et saisonniers, soirées musicales… De quoi assurer l’avenir de la petite ferme urbaine et assainir le contenu des assiettes. « Si vous faites pousser votre propre nourriture, vous devenez plus puissant, moins dépendant. C’est une liberté qui dérange, mais qui vaut le coup. Mon conseil est donc simple : cultivez localement et vous serez libre. »

 

Un espace réservé aux herbes aromatiques a récemment été créé… chez une voisine ! (Photo : Stéphane Cugnier)

 

 

Les fruits et légumes plantés respectent le cycle des saisons. (Photo : Stéphane Cugnier)

 

 

Jules Dervaes a décidé de lancer cette ferme urbaine à la suite d’un scandale alimentaire au cours des années 80. (Photo : Stéphane Cugnier)

 

 

Chaque jour, des dizaines de clients passent le portail de la maison pour y acheter les produits de la ferme Dervaes. (Photo : Stéphane Cugnier)

 

 

La ferme, située à Pasadena, diversifie ses activités en organisant notamment des soirées musicales pour compléter ses revenus. (Photo : 

Tirage au sort

Par Le 07/12/2015

Et si on remplaçait les élus… par des citoyens tirés au sort ! La Belgique y pense fort. Chiche ?

Un ex-ministre belge propose un sénat composé de citoyens tirés au sort. Révolution... ou simple retour aux sources de la démocratie ? L’idée avance.

Par  -

 

Quelles que soient les opinions de chacun, il est un constat largement partagé : le fossé entre politiques et citoyens n’en finit plus de se creuser. La Belgique, bien consciente de ce triste constat, a peut être une idée pour réconcilier tout le monde. Cette idée est révolutionnaire et, pourtant, elle est aussi vieille que la démocratie : il s’agit du tirage au sort !

Crédit photo : Shutterstock

Crédit photo : Shutterstock

Il est urgent que de nouvelles idées émergent pour redonner du souffle à nos démocraties. Or, pour ce faire, quoi de mieux que de revenir, justement, aux origines de la démocratie ? Pourquoi ne pas laisser  le sort choisir ceux qui auront la lourde tâche de nous gouverner ? Après tout, n’est-ce pas ainsi que les Athéniens ont imaginé la démocratie, du temps où ils dominaient le monde ?

Quoi qu’il en soit, c’est précisément ce système qu’un ancien ministre belge veut remettre au goût du jour dans son pays. Peter Vanvelthoven, c’est son nom, veut que les sièges du sénat ne soient plus occupés que par des citoyens tirés au sort !

Crédit photo : snipview

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La désignation des futurs sénateurs se ferait en deux temps. D’abord, 10 000 personnes seraient tirées au sort parmi tous les Belges de plus de seize ans. Puis, après une grande réunion d’information, tous ceux qui seraient intéressés par le poste pourraient ensuite participer au second tirage au sort : celui qui désignera les 150 sénateurs du pays. Tout simplement…

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Le mandat serait fixé à un an et l’assemblée ainsi constituée aurait le pouvoir de proposer et de débattre des lois.

Aujourd’hui, en France comme en Belgique et dans la plupart des démocraties « modernes », le citoyen ne choisit pas ses lois, il choisit les hommes qui choisissent des lois. Cela fait une (très) grande différence.

Dans l’absolu, le retour aux sources proposé par Peter Vanvelthoven est censé mettre fin aux dérives qui creusent ce fossé entre citoyens et politiques. Les partis perdraient une partie de leur pouvoir qui serait alors rendue au peuple…

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Pour l’heure, la proposition commence juste à être débattue en Belgique. Mais c’est la première fois qu’elle émane d’une personnalité aussi haut placée en Europe (un ancien ministre). Pourvu qu’elle trouve un écho ! Histoire de voir ce que ça donne.

Moteur à eau

Par Le 07/12/2015

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Moteur à eau pour économiser jusqu’à 50% de carburant.

 ♦ 24 FÉVRIER 2015 ♦ POSTER UN COMMENTAIRE

Un Papin moderne invente le moteur à eau

Corine Sabouraud

.. PHOTO/Ph. C. S

Trois fois médaillés d’or du prestigieux concours Louis-Lépine, Jacques Bristiel sort enfin du secret pour le moteur à eau, sa 4e invention. La machine à vapeur dont rêvait Denis Papin.Le

radar routier parlant, c’est lui. L’ordinateur extincteur de feux à bord des avions, c’est encore lui. Le joint marin révolutionnaire c’est toujours lui. Jacques-Franck Bristiel, 68 ans, ingénieur aéronautique en retraite et ancien pilote d’essai, est un inventeur né. Un créateur dans l’âme qui a déjà décroché trois médailles d’or au concours Lépine de 2001, 2002 et 2011, ainsi que le prix Léonard de Vinci. Mais ça, c’était avant. Bardé de diplômes de hautes écoles, ce fils d’ouvriers lorrains, installé depuis 2005 sur un voilier au Barcarès, sort aujourd’hui sa quatrième création, digne d’un nouvel or Lépine. Le moteur à eau. Inspiré de la machine à vapeur de Denis Papin ? « Non, c’est surtout la pollution qui m’a guidé », répond l’esprit fécond. « Petit, on était pauvre mais je n’étais pas trop bête et je suis devenu un scientifique imaginatif. Mes innovations me viennent toutes seules, par l’observation du quotidien », explique le savant. Le don lui permet aisément de mettre ses théories en pratique en construisant des prototypes dont il dépose ensuite les brevets à

l’INPI.

Des inventions au secret

« Et à chaque fois, l’INPI me met au secret un certain temps avec interdiction d’exploiter et de divulguer mes projets », poursuit-il. Le moteur à eau n’ayant pas échappé à la procédure, son concepteur a été obligé de garder le silence jusqu’à la récente parution de l’information au Journal Officiel. Impatient de lever voile, le passionné en révèle désormais tous les détails et avantages. « Il s’agit d’un système équipé de deux réservoirs de capacité variable, en fonction de l’autonomie désirée, dont un contient 60 % d’eau tombée du ciel et l’autre 40 % de carburant. Il est également doté d’une alimentation, d’un compresseur et d’un vaporisateur reliés au moteur du véhicule ». Testé sur un tracteur agricole, le processus hydraulique hybride transforme l’eau en particules qui augmentent le taux de compression et réussit à développer jusqu’à 500 CV. « Idéal pour améliorer le rendement des moteurs thermiques et réduire la consommation de carburant de 60 %, diminuant d’autant la pollution résiduelle dans l’air », affirme Jacques-Franck Bristiel. Concrètement son prototype, d’un coût prévisionnel de 1 000 €, est destiné aux moteurs à essence ou diesel, de 100 à 500 CV, pour poids lourds, gros engins de chantier ou agricoles, groupes électrogènes. Lui, il lui aura fallu 5 000 € et deux ans pour le mettre au point. Un espoir de commercialisation à la clé ? « J’ai signé une convention avec une société allemande pour une fabrication à grande échelle. La France n’a pas été intéressée car l’eau n’est pas chère », confesse l’inventeur qui souhaiterait malgré tout rester maître ou au moins partie prenante de l’aventure. Une vraie première . Le radar ? « Je l’ai offert au président Bush et depuis les blindés US en sont armés ». Le joint marin ? « Il a été copié et récupéré »… Fataliste, Jacques-Franck Bristiel ne jugule pas son imagination pour autant. Sa prochaine machine infernale, au bonus écologique à nouveau garanti, réside dans un procédé de rechargement de batteries pour voitures électriques qui seront capables alors de rouler sur un Perpignan-Paris sans un sou déboursé. Dans ses cartons également, le vœu de fonder un Lépine régional en Languedoc-Roussillon et celui d’obtenir la création d’un brevet européen. En rêve. Le triple lauréat en or du concours Lépine pense à des inventions plus grand public.

Ajoutée le 13 févr. 2015

Ce procédé consiste à injecter de l’eau dans le moteur via l’installation d’un kit pour économiser

jusqu’à 50 % de carburant sur tous types de moteurs, diesel ou essence.
L’installateur fixe un réacteur au collecteur d’échappement du moteur ou « précatalyseur ». Il le relie à un « bulleur » d’une capacité d’un litre contenant de l’eau de pluie (ou déminéralisée) et à un diffuseur installé à la prise d’air. L’aspiration du moteur génère la formation de bulles d’air. L’air humide obtenu passe par le réacteur, dont la température et la composition vont permettre sa transformation moléculaire avant son injection.
Depuis un an, Marc Renaudin, Lorientais de 64 ans, expérimente ce procédé développé par Laurent Baltazar, un fournisseur installé à Plounéour-Ménez (29).
Le reportage d’Yves Madec.
Voir aussi les voitures « à moteur à eau » au lien:

https://www.youtube.com/watch?v=DJqlu…

moteur-a-eau

https://www.youtube.com/watch?v=PMA1TwzmJM0

http://carfree.fr/index.php/2007/09/05/le-moteur-a-eau/

http://www.generateurhho.com/ca-existe-ou-pas/le-moteur-a-eau-est-il-une-arnaque

http://gerald.abt.free.fr/ecolo/moteur-a-eau.htm

KIT:

http://samuel.benoit.online.fr/fr/arnaques-economiseurs-carburant-combustible-aimant-fuel-saver

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La zone tampon

Par Le 06/12/2015

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J'étais en train de ne rien faire et j'ai réalisé que j'étais en train de penser. Du coup, j'ai compris que ça n'était pas vrai. J'étais bien entrain de faire quelque chose.

Alors, je me suis concentré sur ma respiration...Inspiration, expiration...Les mouvements du ventre et de la poitrine. Mais je me suis dit que cette concentration était une forme de pensée silencieuse qui visualisait un phénomène intérieur et qu'en plus, le fait d'en prendre conscience et de le verbaliser était une autre forme de pensée.

Alors, j'ai arrêté de me concentrer sur cette respiration et j'ai regardé ce qui restait. Mais en cherchant à saisir ce qui restait, je réactivais la réflexion et le fonctionnement cérébral.

Alors, devant l'impossibilité de parvenir à ce "rien" insaisissable, je me suis dit qu'au moins quand je dormirai, je ne ferai rien...Mais il y aurait les rêves. Et le fonctionnement de mon inconscient. Et les effets éventuels sur ma vie des prochains jours.

Alors, je suis revenu vers l'état de conscience qui consiste à réaliser qu'on ne pense à rien...J'ai cherché à me placer dans cet espace où s'établit la césure entre la conscience et la pensée...Car comment concevoir qu'une pensée puisse prendre conscience d'elle-même ? Une pensée pense mais elle n'agit pas en dehors d'elle-même, elle ne peut pas se séparer de ce qu'elle est ou alors, c'est qu'elle ne penserait plus. La pensée ne peut pas se conscientiser sans s'évaporer. Ca serait comme imaginer qu'une pomme puisse se manger elle-même. Elle ne peut qu'être mangée. La pensée, de la même façon, ne peut pas vouloir s'observer elle-même au risque de se dévorer. C'est donc qu'il y a une autre entité. Et c'est là que la conscience surgit.

Alors, dans cet espace qui marque la césure entre ma pensée et la conscience que j'en ai, il y a un lieu où rien ne se passe. Ni pensée, ni même conscience. Rien. C'est la zone tampon.

C'est là qu'il faut que j'apprenne à être quand je ne veux rien faire.

"SDF, mon impuissance."

Par Le 06/12/2015

JUSTE MAGNIFIQUE...

"Faut-il aimer les élèves?"

Par Le 06/12/2015

Je n'aime pas le titre de l'article et de l'injonction induite car il ne s'agit pas d'un "devoir" mais d'une évidence. Une évidence qui si elle n'est pas préservée prive l'enseignant de la nature même de sa fonction : aimer enseigner et par conséquent aimer ceux qui le sont.

Il est impossible à mes yeux de transmettre des connaissances sans aimer le faire. Mais peut-on aimer transmettre des connaissances à un mur ? à une plaque d'égoût ? Non, bien entendu et cela signifie donc que l'enseignant ne peut qu'aimer, à priori, les individus auxquels ils s'adressent. Ce qu'il aime, c'est de transmettre et il est donc inévitable et même totalement honorable d'aimer les individus qui par leur existence rendent possible et nécessaire cette transmission.

L'enseignant n'existe pas à travers les connaissances qu'il possède mais à travers leur transmission. Sinon, il ne serait qu'un technocrate.

Le technocrate est celui qui fait prévaloir les données cognitives sur les facteurs humains. Ce qui fait qu'un technocrate est capable d'essayer de convaincre de la qualité de son raisonnement une plaque d'égoût.  

Il faut donc que les enseignants s'interrogent sur le fondement même de leur présence devant de jeunes individus. Sont-ils là pour réciter des connaissances comme s'ils s'adressaient à des choses inertes ou sont-ils avant tout des individus aimant l'assemblée qui leur permet de vivre ce bonheur de transmettre ?...

 

Le chercheur ci-dessous apporte des réponses.

 

Mael Virat : Faut-il aimer les élèves ? 

 

"Monsieur, vous m'aimez pas". Mais faut-il marquer de l'affection aux élèves ? La tradition de l'école française serait à priori de dire non. Mael Virat n'est pas d'accord.  Docteur en sciences de l’éducation, la polyvalence de son cursus universitaire  en  biologie, psychologie, philosophie, neuropsychologie et bien sur sciences de l’éducation, l’a conduit à orienter ses recherches sur la relation affective enseignant-élève. Et à lever le tabou : " il existe des centaines d’études, en psychologie de l’éducation, qui ont montré les nombreux effets positifs du lien affectif enseignant-élève".

 

Il existe une controverse au sujet de la dimension affective dans les métiers de l’éducation.  En tant que chercheur vous levez un certain tabou.  Pourquoi ?

 

Parler d’un tabou est tout à fait approprié. Lorsqu’on interroge des enseignants ou des éducateurs à propos de la relation affective qu’ils ont avec les élèves et en particulier avec les adolescents, les réponses sont étonnantes. En effet, si la plupart des professionnels que j’ai interrogés se disent très engagés affectivement, ce qu’ont d’ailleurs confirmé les enquêtes anonymes que nous avons menées à plus grande échelle, ils ne l’assument pas complètement et s’en excusent presque systématiquement. Ils expliquent que c’est plus fort qu’eux de se lier aux élèves mais que ça n’est pas ce qu’il convient de faire et qu’ils devraient donc mettre davantage de limites à leur engagement. De plus, ils reconnaissent que la relation affective peut difficilement être discutée en équipe parce que cela serait très mal vu par leurs collègues de parler de leurs « sentiments ».

 

Ainsi, lorsque j’ai diffusé une enquête en ligne auprès d’enseignants du secondaire, dans laquelle on pouvait trouver différents instruments psychométriques sur les émotions des enseignants et la dimension affective de la relation aux élèves, nous avons recueilli un certain nombre de commentaires étonnés, voire franchement outrés. Une enseignante a même contacté son Inspectrice pour l’alarmer. Cette dernière nous a écrit pour pointer « l’inconscience et la gravité de nos propos ».

 

Il y a donc vraiment un malaise quand on parle des « sentiments » à l’école…

 

Une première explication vient de la place absurde que tient encore aujourd’hui la controverse instruction / éducation à l’école et dans les débats de société. Pour les tenants d’une école de l’instruction, la dimension affective (et parfois même la simple dimension pédagogique) est une menace pour la fonction de transmission du savoir. Cette idée, qui n’est soutenue par aucun argument scientifique, est défendue par de nombreux enseignants, journalistes, pédagogues ou autres penseurs.

 

Cependant, elle ne peut pas expliquer à elle seule la situation actuelle car le tabou des émotions dépasse largement le cadre de l’école. Il concerne également le monde de l’éducation spécialisée et du travail social. A chaque fois que je présente mes travaux de recherche, je recueille de nouveaux témoignages d’éducateurs, de familles d’accueil, d’assistants de services sociaux, d’infirmiers, de médecins, etc., qui attestent de ce tabou dans leur univers professionnel. Il y a quelques mois, c’est une éducatrice de jeunes enfants qui m’a confié que la directrice de la crèche où elle travaille interdit à l’équipe de s’attacher aux enfants. A mes yeux, c’est ahurissant ! Comment peut-on imaginer confier non seulement la garde, mais également l’éducation des touts petits à des personnes qui se montreraient dépourvues d’affection ?

 

On invoque parfois une nécessaire distance professionnelle…

 

La notion de « distance professionnelle » dans les métiers relationnels, héritée de certaines approches psychanalytiques, se présente ici comme un obstacle à l’engagement affectif. Cette « distance » n’a pourtant jamais été conceptualisée de manière satisfaisante. En outre, la professionnalisation des métiers du social s’est faite par une mise en avant des compétences techniques aux dépens de l’aspect relationnel des différents métiers, sans doute parce que cet aspect relationnel est plus difficile à enseigner et parce qu’il renvoie trop à la « vocation » et aux « bons sentiments ». Je crois qu’on pourrait encore formuler d’autres hypothèses pour interpréter la gène qui entoure les émotions en éducation. Toutefois, mes propres travaux portent plutôt sur les effets positifs de la relation affective qui me semblent en mesure de contribuer à un dépassement du tabou.

 

Le lien affectif établi entre un jeune est un professionnel de l’éducation est-il systématiquement bénéfique ?

 

On ne peut pas répondre à cette question sans définir davantage cette notion de « lien affectif » entre enseignants et élèves. Les chercheurs qui s’intéressent à ce lien ne parlent évidement ni de « copinage » ni de relation romantique. Il s’agit plutôt d’une relation asymétrique qui s’appuie sur la sensibilité de l’adulte et sa capacité à répondre aux signaux de l’enfant en faisant preuve d’acceptation et de chaleur affective. Ce type de relation a besoin de temps pour se construire et prend une place importante dans la vie des individus. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser aux travaux scientifiques sur la question, au début de mon travail de doctorat qu’a dirigé Daniel Favre, j’ai été très surpris, à la fois parce ces travaux sont très nombreux mais aussi parce qu’ils apportent des résultats parfaitement consensuels qui sont pourtant ignorés dans la formation des enseignants. J’ai découvert qu’il existait des centaines d’études, en psychologie de l’éducation, qui ont montré les nombreux effets positifs du lien affectif enseignant-élève.

 

Le lien affectif avec un enseignant a des effets bienfaisants…

 

Établir des relations chaleureuses avec les profs se révèle être bénéfique aussi bien à l’école (amélioration de l’estime de soi, de la motivation et de la réussite scolaire) qu’en dehors de l’école (baisse de l’anxiété et réduction des problèmes de comportement). Certains chercheurs ont même observé des résultats à très long terme. Le lien affectif avec un enseignant peut avoir des effets qui s’observent encore une dizaine d’années plus tard, notamment sur le niveau d’études atteint. Par ailleurs, aucune étude n’a montré d’effet négatif de la relation affective. C’est donc comme si la relation à l’enseignant participait, avec d’autres relations évidemment, à la sécurisation affective des enfants et des adolescents. Or la sécurité ressentie par les élèves permet justement de stimuler leur engagement dans les apprentissages. C’est ce que défend Daniel Favre depuis des années. Contrairement à ce que défendent certains praticiens d’une pédagogie de la dévalorisation, le sentiment de n’être ni accepté ni estimé (les élèves n’hésitent pas à dire « aimé ») n’a jamais aidé à apprendre. La réussite possible de ceux qui auraient été dévalorisés s’explique donc par d’autres facteurs.

 

Le lien affectif est-il systématiquement positif ?

 

Votre question invite à penser que le lien affectif pourrait être quelque chose de négatif. C’est une idée très curieuse, non ? Comme si le fait de se sentir accepté, encouragé, aimé pouvait nuire à un enfant, un adolescent ou même un adulte. Comment cela serait-il possible ? Peut-être que certains pensent qu’accepter et se lier à un élève risque de lui laisser penser que tout est permis et l’autoriser à se comporter n’importe comment. Mais, et c’est un point sur lequel a beaucoup insisté Daniel Favre, il faut faire la différence entre l’acceptation de l’élève et l’acceptation de ses comportements. Pour beaucoup de parents qui concilient très bien relation affective et exigences élevées, il s’agit là d’une évidence : aimer un enfant ne revient pas à tout lui permettre.

 

L’attachement des élèves à l’enseignant ne présente pas de risque ?

 

Je ne connais pas de théorie psychologique étayée qui permette de soutenir l’idée qu’une relation affective en elle-même puisse nuire. Finalement, ce n’est pas la relation affective qui a des effets négatifs, c’est plutôt la non prise en compte de son rôle central pour les élèves. Prenons un exemple : un des motifs du rejet des « sentiments » par les enseignants est la crainte des effets dévastateurs de la rupture inévitable en fin d’année scolaire. Dans cette logique, si les élèves s’attachent trop, ils pourraient être bouleversés lorsqu’ils doivent changer d’enseignants ou d’établissement. Ainsi, certains professionnels en concluent que, puisque que les élèves devront se détacher, autant qu’ils ne s’attachent tout simplement pas. L’argument est contestable. De plus, si le tabou des « sentiments » était dépassé, il serait envisageable de permettre aux élèves de maintenir un contact avec les enseignants qui comptent pour eux, le temps que d’autres relations prennent davantage de place dans leurs vies. D’ailleurs, ce maintien du lien enseignant-élève est fréquent, bien que les enseignants ne se sentent pas autorisés à l’évoquer dans l’institution. A travers cet exemple, on perçoit que ce qui peut avoir des conséquences négatives pour les élèves, ça n’est pas la relation affective mais le fait qu’on ne lui accorde pas la place qu’elle mérite.

 

Quelle est la limite à la relation affective pour un professionnel ?

 

Je dirais qu’il y a trois principales limites à la relation affective, mais toutes peuvent être dépassées et me préoccupent moins que les limites qu’il y aurait à rejeter la dimension affective. Tout d’abord, la première limite vient de ce que l’enseignant qui se trouve engagé dans des relations très prenantes affectivement peut alors y consacrer beaucoup de temps et d’énergie, ce qui risque de limiter le temps et l’énergie qu’il lui reste pour sa vie personnelle. Or, l’engagement affectif des enseignants ne doit pas les faire renoncer à leurs propres besoins. D’autant plus que, comme on le dit parfois, « pour bien s’occuper des autres, il faut aussi s’occuper de soi ». Il peut donc y avoir une peur à cet endroit.

 

Cependant, elle varie beaucoup d’un individu à l’autre. J’ai rencontré des enseignants qui voient leur travail comme une vocation et pensent constamment à leurs élèves et à leurs cours. Certains laissent volontiers la vie professionnelle se mêler à la vie privée, en laissant leur numéro de téléphone personnel ou en rencontrant les élèves et leurs familles hors de l’école, à l’occasion d’activités associatives par exemple. D’autres, tout en accordant une grande importance à la relation affective, séparent davantage vie personnelle et vie professionnelle. Évidemment, tout ça évolue au fil d’une carrière. Quoi qu’il en soit, reconnaître que l’équilibre n’est pas toujours évident à trouver et en parler en équipe aide à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain en décidant a priori que le lien affectif n’est pas possible parce qu’il risque de prendre trop de temps et d’énergie.

 

Il y a-t-il d’autres  limites à la relation affective pour un professionnel ?

 

Une autre limite vient de la multiplicité des relations sociales en contexte scolaire. La relation entre un enseignant et un élève ne doit pas empêcher les relations entre ce même enseignant et ses autres élèves, ou encore entre les autres enseignants et les élèves. En sommes, la relation affective ne doit pas être exclusive. C’est pourquoi j’ai proposé de définir les sentiments des enseignants comme relevant d’une forme d’amour bien particulière, que l’on pourrait nommer amour altruiste, amour désintéressé ou encore amour compassionnel (dans le sens du terme grec agapè et non dans un sens religieux). Cette forme d’amour, qui peut être ressentie pour des proches ou pour de parfaits inconnus, n’implique pas de réciprocité. Elle n’implique donc aucune exclusivité. Il a été montré qu’elle avait des effets positifs dans différents contextes : au sein des relations parents-enfants évidemment, mais également dans le domaine du soin ou du travail social. Mes propres travaux ont indiqué que l’amour compassionnel des enseignants permettait l’établissement de relations affectives de qualité avec les adolescents, de nature à soutenir leur développement.

 

La relation affective enseignant-élève est au service du développement des enfants…

 

Une troisième limite à la relation affective vient de ce qu’elle peut mettre l’enseignant qui s’y engage, en particulier lorsqu’il n’a pas l’occasion de réfléchir pour conceptualiser cet engagement, dans une position intrusive vis-à-vis des élèves. C’est pourquoi il est indispensable de considérer la relation affective enseignant-élève comme asymétrique et au service du développement des enfants. Ainsi, l’enseignant porte une attention particulière au besoin d’autonomie de ses élèves. C’est un point sur lequel beaucoup de parents pourraient témoigner : ne pas entrer en relation avec un enfant et le laisser tranquille peut parfois être l’expression d’une grande attention bien plus que d’une négligence. Là encore, le concept d’amour altruiste ou compassionnel me semble pouvoir porter cette idée. La manière dont l’élève reçoit l’attention de l’enseignant est centrale et peut inciter l’adulte à s’effacer si l’enfant recherche de l’autonomie ou même de la distance. L’engagement affectif, défini comme asymétrique, n’est pas problématique sur ce point.

 

Les  professionnels qui envisagent  d’être utiles aux jeunes par le lien affectif ne manquent-ils pas d’affection eux-mêmes ?

 

Votre question me paraît très importante, parce que révélatrice de quelque chose. En effet, quelle importance finalement ? Si la relation affective est bénéfique aux élèves, pourquoi s’interroger sur les carences affectives des adultes qui pourraient s’y engager? Je crois même qu’une part du tabou peut s’expliquer par la crainte, pour un professionnel qui exprimerait l’importance de la relation affective qu’il établit avec les élèves, de dévoiler ses propres carences ou de se laisser percevoir comme un individu carencé. Car il y a là quelque chose de culturel : se montrer affectif revient à se montrer vulnérable. Or les équipes éducatives, tout comme d’autres équipes professionnelles, peuvent être très rudes avec ceux qui apparaissent comme vulnérables. Dans ce contexte, les enseignants ont raison de redouter de s’exprimer publiquement sur leurs « sentiments ».

 

Cette thématique n’a pas été investie massivement par les chercheurs…

 

Il existe tout de même quelques tentatives et je pense en particulier aux travaux de Philip Riley en Australie qui ont montré que les premières années d’enseignement fournissaient aux professionnels ce qu’il appelle une « expérience émotionnelle corrective ». Cela signifie que les relations établies avec les élèves au fil des premières années de métier permettent de rassurer ou sécuriser les enseignants. Ceci fournirait même une motivation à s’engager dans un métier relationnel. Une thèse assez proche a également été défendue par la pédopsychiatre Nicole Guédeney à propos des professionnels en santé mentale, dont d’une des motivations serait de revisiter leurs propres blessures affectives en prenant soin des autres. Cependant, cette thèse de la réparation vient se heurter à une autre idée.

 

Les travaux sur l’altruisme et sur l’amour compassionnel, intégrés à la théorie de l’attachement, prévoient au contraire que les professionnels s’engagent d’autant plus affectivement qu’ils se sentent eux-mêmes en sécurité affective. Selon ce modèle, ce serait donc les enseignants les moins carencés qui s’impliqueraient dans la relation aux élèves. Dans mes travaux, j’ai ainsi observé un lien entre le sentiment d’être soutenu par ses collègues et ses supérieurs et l’engagement affectif. Les enseignants et les éducateurs que j’ai rencontré le verbalisent aisément : pour se consacrer aux-autres, il est important de se sentir soit même reconnu et soutenu, dans sa vie personnelle mais également professionnelle.

 

En somme, il y aurait deux manières de s’occuper des autres : pour se rassurer soi-même ou, lorsque l’estime de soi est suffisante, par souci véritable d’autrui.

 

L’amour altruiste appartiendrait à la deuxième catégorie. Toutefois, la distinction n’est pas toujours évidente et on imagine que les deux motifs puissent se combiner. Je crois que la figure du professionnel totalement carencé qui ne s’engage affectivement que pour se sentir utile et reconnu est une situation qui nous inquiète et tend à nous faire rejeter l’idée même de relation affective, alors même qu’il ne s’agit que d’un cas-limite, relativement rare et susceptible d’évoluer. L’institution peut d’ailleurs jouer un rôle pour favoriser cette évolution. En effet, la qualité des relations professionnelles au sein des établissements, comme l’ont montré les travaux d’Eric Debarbieux sur le climat scolaire, sont susceptibles de sécuriser les enseignants et de les aider à s’impliquer par réel souci des élèves. Il n’en va donc pas uniquement de la responsabilité des enseignants, c’est-à-dire de leur propre personnalité, mais bien de la responsabilité collective au sein des institutions.

 

La mise en avant du lien affectif par un professionnel n’est-elle  pas une façon de masquer un déficit de compétence  pédagogique ?

 

Cette tendance à opposer le relationnel et le pédagogique n’est pas étonnante, même si elle est infondée. Sur ce point, il est intéressant de rapprocher cette opposition de la distinction chaleur / compétence proposée par les théoriciens du jugement social. En effet, les psychologues sociaux ont établi que, lorsque nous cherchons à nous faire une impression sur quelqu’un, nous mobilisons ces deux dimensions. La chaleur reflète les qualités relationnelles et sociales de la personne ou du groupe que nous jugeons, tandis que la compétence renvoie à ses qualités intellectuelles ou motivationnelles. De nombreux travaux, dont ceux de Vincent Yzerbyt en Belgique, ont permis d’observer un effet de compensation entre ces deux dimensions, c’est-à-dire une tendance à opposer ces deux types de qualité : nous avons tendance a juger moins compétent quelqu’un qui nous apparaît chaleureux et moins chaleureux quelqu’un qui nous apparaît compétent. On retrouve cet effet de compensation dans les stéréotypes nationaux par exemple : l’allemand est compétent mais froid tandis que le grec est chaleureux mais incompétent. Partant, dans certaines situations d’embauche, on conseille aux candidats qui passent un entretien de se montrer un peu froids pour que l’évaluateur les juge plus compétents.

 

Les enseignants les  plus affectifs ne sont pas les moins compétents…

 

Cet effet compensatoire peut nous aider à comprendre la tendance à considérer les enseignants les plus affectifs comme les moins compétents. Cependant, il ne s’agit là que d’une conséquence de notre manière de produire rapidement un jugement social et les compétences réelles des enseignants n’y sont pas conformes. Il y a donc de nombreux enseignants qui se trouvent posséder à la fois des capacités relationnelles et des capacités pédagogiques. D’ailleurs, certains travaux récents sur la relation enseignant-élève, comme ceux de Theo Wubbels aux Pays-Bas, prennent en compte deux dimensions nommées affection et directivité, ou encore proximité et influence. C’est la combinaison de ces deux types de compétences, relationnelles et pédagogiques pour faire simple, qui produit les meilleurs résultats avec les élèves. En d’autres termes, il est non seulement possible, mais également bénéfique, de s’engager affectivement tout en maintenant un niveau d’exigences élevé avec les élèves.

 

Que diriez-vous à des enseignants qui culpabilisent le lien affectif qu’ils ont avec leurs élèves ?

 

Tout d’abord, je les rassurerais sur leur spontanéité en rappelant qu’aucune théorie psychologique ne contredit leur intuition : aimer ne fait aucun mal ! Par ailleurs, je les inviterais à partager, dans la mesure du possible, leurs émotions avec leur entourage professionnel. Il y a de fortes chances pour que leurs collègues soient bien plus investis affectivement qu’ils ne le laissent paraître. Et puis le partage et le soutien des collègues aident à s’engager affectivement et de manière positive dans les relations avec les élèves. Enfin, je leur proposerais de ne pas chercher à jouer la distance ou à cacher leur implication à leurs élèves mais leur conseillerais plutôt de montrer qu’ils sont attentifs à eux. Et si un élève, un jour, s’offusque pour une raison ou pour une autre en disant « pourquoi vous ne m’aimez pas monsieur (ou madame) ? », je suggérerais de ne pas se précipiter pour répondre « parce que je ne suis pas là pour t’aimer ». La relation profitera davantage d’une réplique curieuse du type : « qu’est-ce qui te fait dire ça ? ».

 

Propos recueillis par Gilbert Longhi

 

La thèse de M Virat

 

Les "Invisibles"

Par Le 06/12/2015

Je n'aime pas le terme de "Sans domicile fixe" car cela ne devrait pas suffire à mourir dans la rue. Le domicile de toutes ces personnes, c'est la France. Lorsque je pars en raid à vélo avec juste ma tente et que je me déplace tous les jours, je suis sans sans domicile fixe et je n'en meurs pas...Si cela finit aussi dramatiquement, c'est bien parce que ces personnes sont devenues comme "invisibles". Non pas "invisibles" à nos yeux quand nous les voyons dans les rues de nos villes mais "invisibles" aux yeux de l'Etat qui les abandonne.

Il n'est pas une seule communauté de "Peuples racines" qui laisseraient à l'abandon, jusqu'à la mort, un seul de ces individus.

Ici, dans un pays "riche", dont les valeurs sont celles des droits de l'Homme, l'Etat laisse aux associations bénévoles la mission d'intervenir. Tout ce qui devrait être fait avec l'argent des contribuables ... Cette proposition de loi de Coluche qui demandait à ce que chaque contribuable puisse choisir le domaine d'utilisation d'un pourcentage de l'impôt sur le revenu....Jetée aux oubliettes.

Une démocratie populaire et non représentative...C'est la seule solution...

Je vous invite à aller voir sur le site la liste complète des morts...Plus de 650, rien que sur Paris...


GROUPE DE SECOURS CATASTROPHE FRANÇAIS

Association humanitaire de sapeurs - pompiers

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Le massacre continue : Liste des SDF morts dans votre département

Le 2 décembre 2015

 

Le massacre continue : Liste des SDF morts dans votre département

Au moment où nous nous interrogeons sur la poursuite ou l’arrêt de l’aide que nous apportons aux personnes SDF (lire), faute d’écoute de notre gouvernement et face au silence de Madame la Ministre du logement et de son cabinet, nous avons souhaité diffuser la liste sur 5 années d’un massacre invisible des personnes que nous appelons hypocritement SDF. 

Nous vous invitons à dupliquer notre communiqué dans l’espoir d’être reçus et écoutés par nos dirigeants. 

Partager ce communiqué permettra de changer peut être notre politique sur la prise en charge des personnes SDF. 

FAIRE UN DON  

Lire le livre de Thierry VELU : Si vous saviez - La rue une réalité  ICI

 

Liste des personnes mortes abandonnées par la France.  
 


DEPARTEMENT 01. 
 
  1. Homme                               49 ans                                  9/12/11 à Bourg en Bresse
  2. Homme                               55 ans                                  4/04/13 à Belley
  3. Fabien dit Troll                     43 ans                                  sept 2015 à Bourg en Bresse
  4. Fabien                                 45 ans                                  oct 2015 à Bourg en Bresse
  

DEPARTEMENT 02. 
 
  1. Homme                               37 ans                                  6/02/10 à Channy
  2. Julien Vermersch                  61 ans                                  28/04/10 à Premont
  3. David BELLAN                      41 ans                                  aout 2012 à St Quentin
  4. Homme                                                                             17/12/12 à Château Thierry
  5. Régis HERREMANS            64 ans                                  17/05/14 à Gouy
  
DEPARTEMENT 03. 
 
  1. Minot                                 35 ans                          juin 2014 à Vichy
  2. Patrice E                            50 ans                          03/07/15 à Montluçon
  
DEPARTEMENT 04. 
 
  1. Lakhfala HOU                   38 ans                         29/01/15 à Chateau Arnoux St Auban
  2. Laurence                                                               mars 2015 à Digne les Bains
  3. Homme                             47 ans                        29/05/15 à Manosque
  4. Femme                             44 ans                         29/05/15 à Manosque
  
DEPARTEMENT 06. 
 
  1. Arnaud                            35/40 ans                     juin 2010 à Cannes
  2. Armand MOREAU          35 ans                          7/07/10 à Cannes
  3. Homme                          50 ans                          20/12/10 à Le Cannet
  4. Homme                          30 ans                          7/02/10 à Nice
  5. Homme                          26 ans                          29/12/10 à Nice
  6. Livio                                                                    octobre 2010 à Nice
  7. Homme                                                             25/01/12 à Menton
  8. Homme                          60 ans                         02/07/12 à Nice
  9. Homme                          30 ans                         juillet 2012 à Nice
  10. Anne CHENEL               42 ans                         25/12/12 à Nice
  11. Homme                         30 ans                        16/01/13 à Cannes
  12. Homme                                                            15/03/13 à Nice
  13. Homme 1                      30 ans                         22/03/13 à Nice
  14. Homme 2                      30 ans                         22/03/13 à Nice
  15. Homme                         29 ans                         21/03/13 à Cannes
  16. Homme                         72 ans                         12/04/13 à Antibes
  17. Homme                         40 ans                         14/05/13 à Nice
  18. Homme                         35 ans                         31/01/14 à Nice
  19. Homme                         51 ans                         24/02/14 à Nice
  20. Adam MIELNICZEK      45 ans                         25/07/14 à Cannes
  21. Thierry OUCHENE       55 ans                         3/11/14 à Menton
  22. Karim                            53 ans                         8/12/14 à Cannes
  23. Jim W                            60 ans                         3/06/14 à Nice
  24. Eugen MIHAI               45 ans                         20/06/14 à Nice
  25. Magdomedkan MAGAEVA  11 ans                23/11/14 à Nice
  26. Homme                       46 ans                         28/12/14 à Mandelieu la Napoule
  27. Thomas STRAHL         42 ans                         18/01/15 à Nice
  28. Alvaro                                                              30/01/15 à Nice
  29. Pépine                          51 ans                          9/03/15 à Menton
  
DEPARTEMENT 07. 
 
  1. Homme                       43 ans                         16/11/11 à Annonay
  2. Gilles                            50 ans                         7/05/12 à Tournon
  3. Yann PARIS                 40 ans                         mars 2013 à Vallon pont d’Arc
  4. Homme                       46 ans                         4/12/13 à Soyons
  
DEPARTEMENT 08. 
 
  1. Thierry                          54 ans                         24/11/13 à Charleville Mezieres
  
  
  
DEPARTEMENT 09. 
 
  1. José LANDRE                     48 ans                         5/01/12 à Lavelanet
  
DEPARTEMENT 10. 
 
  1. Fernand LAMY                      79 ans                         20/09/13 à Troyes
  2. Philippe BAROCHE               65 ans                         10/07/14 à Romilly sur Seine
  
DEPARTEMENT 11. 
 
  1. Homme                                40 ans                         3/11/10 à Narbonne
  2. Homme                                38 ans                         10/03/11 à Narbonne
  3. Fabrice                                                                      10/08/11 à Castelnaudary
  4. Johan DE COCK                    31 ans                         8/05/12 à La Palme
  5. Femme                                  31 ans                         16/05/12 à Carcassonne
  6. Homme                                  40 ans                         27/11/12 à Carcassonne
  7. Homme                                  35 ans                         7/03/13 à Fourton
  8. Homme                                  40 ans                         4/04/13 à Leucate
  9. Homme                                  50 ans                         15/06/13 à Carcassonne
  10. Homme                                  63 ans                         7/07/13 à Bram
  11. Homme                                  50 ans                         21/09/13 à Limoux
  12. Stéfan L                                 52 ans                         28/09/13 à Carcassonne
  13. Andrezj                                   55 ans                         11/07/14 à Belvianes et Cavirac
  14. Patrice BOURDIN                 57 ans                         29/10/14 à Narbonne
  15. Homme                                  68 ans                         3/02/15 à Gruissan
  16. Homme                                  29 ans                         21/06/15 à Leucate
  
DEPARTEMENT 12. 
 
  1. S.H homme                           42 ans                         30/12/14 à Rodez
  
DEPARTEMENT 13. 
 
  1. Victor STRIBK                       85 ans                                    13/01/10 à Marseille
  2. Homme                                  71 ans                                    23/01/10 à Marseille
  3. Stefan BOGNIC                    63 ans                                    28/01/10 à Marseille
  4. Serge BISIAUX                      53 ans                                    1/04/10 à Marseille
  5. Edouard TEIXIER                  64 ans                                    8/04/10 à Marseille
  6. Said CHENENE                    55 ans                                    23/04/10 à Marseille
  7. Homme                                                         26/04/10 à Marseille
  8. Albert ARREBOT 77 ans                                          28/04/10 à Marseille
  9. Jimmy                                    40 ans                                    avril 2010 à Marseille
  10. Jemehi B.                               49 ans                                    1/05/10 à Marseille
  11. Jean Luc CLERC                  52 ans                                    1/05/10 à Marseille
  12. Alain VAILLANT                     68 ans                                    17/05/10 à Marseille
  13. Alaova SAIDA                                   62 ans                                    1/06/10 à Marseille
  14. Ahmed NECAIRIA                73 ans                                   7/06/10 à Marseille
  15. Kamel LAHMAR                   56 ans                                    21/06/10 à Marseille
  16. Jilal NAJI                                48 ans                                    25/06/10 à Marseille
  17. Frédéric SMEKAL                 48 ans                                    4/07/10 à Marseille
  18. Jean Marc JEAULNEAU      28 ans                         26/07/10 à St Rémi de Provence
  19. Tayeb MOKHANE                 80 ans                         9/09/10 à Marseille
  20. Home                                     50 ans                                    15/09/10 à Marseille
  21. Femme                                  40 ans                                    15/09/10 à Marseille
  22. Charles MANCOUSO           63 ans                         26/09/10 à Marseille
  23. Homme                                  72 ans                                    3/10/10 à Marseille
  24. Ridha BENSALEM                54 ans                         14/10/10 à Marseille
  25. Homme                                  28 ans                         19/10/10 à Marseille
  26. Rachid OUARET                   54 ans                         8/11/10 à Marseille
  27. Femme                                  40 ans                                    27/11/10 à Marseille
  28. Mireille FAURE                      43 ans                         27/11/10 à Marseille
  29. Albert REUZE                                    67 ans                         5/01/11 à Marseille
  30. Jean MONDOBA                  55 ans                         14/01/11 à Marseille
  31. Homme                                                         24/01/11 à Marseille
  32. Homme                                  78 ans                         24/01/11 à Marseille
  33. Gilbert POZZI                        61 ans                         25/01/11 à Marseille
  34. Serge BEFFUTE                   55 ans                         16/02/11 à Marseille
  35. Marcel SATABIN                   68 ans                         1/03/11 à Marseille
  36. Laurent VILLETTE                 60 ans                         3/03/11 à Marseille
  37. Homme                                                         23/03/11 à Rognanas
  38. Roger DOLLOT                     72 ans                         4/04/11 à Marseille
  39. Tomasz WALACIK                35 ans                         6/06/11 à Marseille
  40. Femme                                                                     4/07/11 à Marseille
  41. Homme                                  40 ans                         14/07/11 à Marseille
  42. Homme                                  58 ans                         19/07/11 à Marseille
  43. Homme                                  33 ans                         1/09/11 à Marseille
  44. Christian DELAVAL               57 ans                         20/09/11 à Marseille
  45. Homme                                  68 ans                         23/09/11 à Marseille
  46. Jean Pierre ROMAND          44 ans                         2/11/11 à Marseille
  47. Homme                                  25/30 ans                    6/11/11 à Marseille
  48. Homme                                  40 ans                         17/11/11 à Marseille
  49. Yvan TORRO                                    38 ans                         17/11/11 à Marseille
  50. Savica PANTELIC                 59 ans                         novembre 2011 à Marseille
  51. Benaissa                                                        5/01/12 à Marseille
  52. Ameur NABI                           79 ans                                    8/02/12 à Marseille
  53. Patrick                                                                       27/02/12 à Marseille
  54. Frédéric PICCAZZO                                     mars 2012 à Marseille
  55. Abdeljalil                                                        13/06/12 à Marseille
  56. Jean LEBOURG                    61 ans                                    juin 2012 à Marseille
  57. Lione l LEFEBVRE                53 ans                                    4/07/12 à Aix en Provence
  58. Maryse LAINE                       63 ans                         17/01/12 à Aubagne
  59. Homme                                  27 ans                         6/08/12 à Marseille
  60. Marc TORRES                      37 ans                         24/08/12 à Salon de Provence
  61. Marcel BRETAGNE              76 ans                         30/09/12 à Marseille
  62. Alain BOUZET                       77 ans                         31/09/12 à Marseille
  63. Philippe BOMO                     52 ans                         sept 2012 à Marseille
  64. Moussa NIAKATE                 43 ans                         12/10/12 à Marseille
  65. Pierre                                                             24/11/12 à Marseille
  66. Homme                                                         nov 2012 à Marseille
  67. Homme                                  40 ans                         10/12/12 à Marseille
  68. Falah LAHMAR                     58 ans                                    26/12/12 à Marseille
  69. Laurent CALONI                    46 ans                         20/01/13 à Marseille
  70. Jean Marc LEGAUFFRE      59 ans                         janvier 2013 à Marseille
  71. Robert BERTOLERO                        61 ans                         17/01/13 à Trets
  72. Daniel FLEURET                                                      06/02/13 à Marseille
  73. Bernard CIDERE                   55 ans                         17/03/13 à Marseille
  74. René DELEBARRE               54 ans                         28/04/13 à Marseille
  75. Franck BERHENDT              52 ans                         16/06/13 à Marseille
  76. Ernest B.                                                                   6/06/13 à Aix en Provence
  77. Alain PHILIPPO                                                        26/01/13 à Marseille
  78. Nicolas L.                               37 ans                         26/01/13 à Marseille
  79. Edmond DANIELEWICZ       52 ans                         juin 2013 à Marseille
  80. Jean Claude LOPEZ             65 ans                         30/07/13 à Marseille
  81. Doru CLINCI                          44 ans                         aout 2013 à Marseille
  82. Hocine ABDELHAK                                                  7/09/13 à Marseille
  83. Mehdi CREUX                       69 ans                         20/10/13 à Marseille
  84. Roland PEZZANO                 39 ans                         21/11/13 à Marseille
  85. Luc SNEYERS                      56 ans                         2013 à Marseille
  86. Alain CARCENAC                 68 ans                         11/01/14 à Penne
  87. Homme                                                                     14/01/14 à Marseille
  88. Moktar MEDJERAF              78 ans                         25/01/14 à Marseille
  89. JF C. femme                         54 ans                         30/01/14 à Marseille
  90. JP.S.                                      64 ans                         3/02/14 à Marseille
  91. Pascal BOUET                      57 ans                         34/03/14 à La Destrousse
  92. Privat CORTAN                    74 ans                         26/03/14 à Marseille
  93. André                                     57 ans                         7/04/14 à Marseille
  94. Maxim N.                               35 ans                         19/04/14 à Marseille
  95. Eric RABANY                                    51 ans                         avril 2014 à Aubagne
  96. JG femme                             64 ans                         29/05/14 à Marseille
  97. A.B homme                            48 ans                         4/07/14 à Marseille
  98. Homme                                                                     6/07/14 à Marseille
  99. M.H                                        80 ans                         17/07/14 à Marseille
  100. YP homme                 66 ans                         8/08/14 à Marseille
  101. S.L                              58 ans                         13/08/14 à Marseille
  102. Rytis POSKUS          54 ans                         14/08/14 à Marseille
  103. Philippe HAFSI           74 nans                       20/08/14 à Marseille
  104. Georges HANIS         76 ans                         28/08/14 à Marseille
  105. S.R                             54 ans                         10/09/14 à Marseille
  106. Georgi  ITANOV         44 ans                        24/09/14 à Marseille
  107. B.R                       &

    De la "démocratie"...

    Par Le 06/12/2015

    Un texte à lire particulièrement aujourd'hui...

     

     

    Vivons-nous vraiment en démocratie?

    Emmanuel Daniel

     

    France

      

    mis à jour le 29.10.2012 à 9 h 45

    Le serment du jeu de Paume, le 20 juin 1789, tableau de Jacques-Louis David, musée Carnavalet, Paris.

    Le serment du jeu de Paume, le 20 juin 1789, tableau de Jacques-Louis David, musée Carnavalet, Paris.

    Dans «Principe du gouvernement représentatif», initialement publié en 1993 et réédité le 10 octobre, Bernard Manin remet en cause l'élection au suffrage universel comme quintessence de la démocratie. Il explique pourquoi nos démocraties modernes n'en sont pas vraiment et pourquoi les révolutionnaires des XVIIe et XVIIIe siècles ont préféré mettre en place un système aristocratique plutôt qu'un gouvernement du peuple par le peuple.

    «Principe du gouvernement représentatif.» Avec un titre pareil, ce livre ne figurera sans doute pas parmi le top des ventes de la Fnac. Malgré sa couverture jaune pétante et la mention «postface inédite», il a peu de chance d'être l'objet d'un achat impulsif.

    Pourtant, je plaide pour que cet ouvrage soit distribué à toute personne en âge de voter, voire même remboursé par la sécurité sociale. En effet, ce livre pourrait bien bouleverser votre vision de la démocratie, du moins telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui.

    Car Bernard Manin, direteur d'études à l'EHESS et professeur à la New York University, s'attaque ici aux fondements mêmes de notre système politique. Dès la première phrase, le ton est donné:

    «Les démocraties contemporaines sont issues d'une forme de gouvernement que ses fondateurs opposaient à la démocratie.»

    On a tendance à penser aujourd'hui que la délégation de la souveraineté populaire à des représentants était motivée par des contraintes techniques. C'est la taille et la population des Etats modernes qui auraient rendu impossible la démocratie directe, entend-on souvent. Manin démontre qu'il n'en est rien, et que, si aujourd'hui le peuple doit passer par le truchement de représentants pour faire entendre sa volonté, c'est pour des raisons beaucoup plus politiques que pratiques.

    Il insiste sur le fait que les révolutionnaires anglais, français et américains ne se targuaient pas d'être des démocrates. Pour les instigateurs du gouvernement représentatif, il n'a jamais été question de fonder un gouvernement du peuple par le peuple, mais bien un système aristocratique, composé d'élites jugées mieux à même d'exercer le pouvoir en lieu et place des citoyens.

     

    Les théoriciens de l'époque considéraient la représentation non pas «comme une approximation du gouvernement par le peuple» mais comme «un système politique substantiellement différent et supérieur» à la démocratie. Il cite Madison, un des pères fondateurs américains et 4e président des Etats-Unis, pour qui le but du système représentatif est «d'épurer et d'élargir l'esprit public en le faisant passer par un corps choisi de citoyens dont la sagesse est le mieux à même de discerner le véritable intérêt du pays».

    En d'autres termes, le bas peuple n'étant pas assez compétent pour se gouverner lui-même, il est préférable de confier la conduite du pays à des élites éclairées. Nous sommes ici bien loin de l'idéal démocratique.

    La disparition du tirage au sort

    Mais alors, comment se fait-il que nous appelions démocratie ce système historiquement aristocratique? C'est une des questions auxquelles tente de répondre Bernard Manin dans cet ouvrage. Pour cela, il nous invite à remonter aux sources de la démocratie athénienne.

    Selon lui, deux choses séparent les «gouvernements représentatifs» des démocraties antiques. D'abord le fait que le «gouvernement représentatif n'accorde aucun rôle institutionnel au peuple assemblé» alors qu'à Athènes, chaque citoyen pouvait siéger à l'Ecclésia (assemblée), participer aux débats et voter les lois. Il fait ensuite remarquer que la plupart des charges publiques y étaient pourvues non pas par élection, mais par tirage au sort (nous en parlions ici).

    Cette méthode de désignation des représentants utilisée quotidiennement à Athènes, mais également dans nombre de République italiennes à la Renaissance (Florence, Venise...), était alors intimement liée à la démocratie.

    Montesquieu ne s'y était d'ailleurs pas trompé quand il écrivait que «le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie». Pourtant, «aucun des régimes représentatifs établis depuis deux siècles n'a attribué par le sort la moindre parcelle de pouvoir politique», fait remarquer Manin. Il note d'ailleurs que le tirage au sort est aujourd'hui considéré comme absurde et anachronique. Ce qui a le don d'irriter l'auteur et de le faire sortir de la réserve qui caractérise généralement les universitaires pour interpeller le lecteur:

    «Comment pouvons-nous ne pas pratiquer le tirage au sort, nous qui nous déclarons démocrates?»

    Il montre que ce procédé a été sciemment occulté par «les élites cultivées qui établirent le gouvernement représentatif» au profit d'une méthode de sélection aristocratique: l'élection.

    Aristote, Harrington, Montesquieu ou encore Rousseau avaient déjà mis en avant le caractère aristocratique de l'élection. Ici l'auteur vient valider cette intuition. Il démontre que «l'élection, ne peut, par sa nature même, aboutir à la sélection de représentants semblables à leurs électeurs».

    Bernard Manin explique pourquoi, malgré son caractère inégalitaire, l'élection s'est imposée dans les démocraties représentatives au détriment du tirage au sort. Pour lui, l'émergence de l'école du droit naturel, portée par Locke et Hobbes, a joué un rôle important dans ce basculement en fondant la légitimité de la représentation sur le consentement du peuple, consentement moins évident à obtenir avec le tirage au sort.

    «Il n'importait plus que les fonctions publiques soient distribuées de façon plus ou moins égale entre les citoyens. La seule chose qui comptait vraiment était que leurs titulaires soient désignés par le consentement des autres», analyse Manin. Et non contents de choisir un mode de désignation aristocratique, les tenants du gouvernement représentatif ont également fait en sorte que «les élus soient issus d'un rang social plus élevé que ceux de leurs électeurs, qu'ils se situent plus haut», ce que l'auteur appelle «le principe de distinction».

    Le triomphe de l'élection

    Mais, c'est avec l'avènement du suffrage universel que l'élection s'est profondément ancrée dans les mœurs occidentales. L'extension du droit de vote aux plus démunis pouvant laisser penser que «le gouvernement représentatif se muait peu à peu en démocratie». Pour autant, l'élection n'en est pas devenue démocratique, notamment parce que les élus n'ont toujours eu à rendre compte de leurs actes à leurs électeurs.  

    En effet, les mandats impératifs et la possibilité de révoquer les représentants, qui auraient obligé les représentants à mettre en œuvre la volonté populaire, n'ont jamais été mis en place. On ne peut donc pas parler de gouvernement indirect par le peuple, car les représentants n'ont pas pour vocation de transcrire la volonté populaire en loi mais de faire ce qu'ils jugent le plus opportun pour l'intérêt général.  

    Manin nuance toutefois son propos en rappelant que le caractère récurrent des élections pousse les élus à prêter une oreille attentive aux gouvernés, à anticiper leur jugement, sous peine de ne pas être réélus. En ce sens, le gouvernement représentatif est un régime mixte où des éléments démocratiques sont incorporés à un système par nature aristocratique.

    Dans le dernier chapitre de son ouvrage, Bernard Manin retrace les évolutions qui ont marqué les gouvernements représentatifs au cours des deux derniers siècles. Il explique qu'aux débuts du gouvernement représentatif, les parlementaires étaient principalement des notables, élus pour leurs attaches locales, dont les votes étaient fondés sur les discussions à l'Assemblée et non sur la volonté populaire.

    Puis, avec l’avènement du suffrage universel au milieu du XIXe siècle, des partis de masse se sont créés pour encadrer les votes, transformant les parlementaires en hommes d'appareils dont les votes à l'Assemblée étaient dictés par la discipline du parti.

    Au début des années 1970, la «démocratie de parti» s'est essoufflée et a laissé la place à la «démocratie du public», caractérisée par l’émergence de leaders politiques devenus experts en communication, dont l'élection se fonde principalement sur l'image qu'ils renvoient, contrairement à la période précédente où les électeurs forgeaient davantage leur avis en fonction du programme électoral.

    Mais malgré les évolutions qu'a connu le gouvernement représentatif, «il est tout le moins incertain que l'histoire soit allée dans le sens d'un rapprochement entre gouvernants et gouvernés et d'un plus grand contrôle de ceux-ci sur ceux-là», fait valoir Bernard Manin.

    Malgré cette démocratisation en trompe l’oeil, «le rapport entre représentants et représentés est maintenant perçu comme démocratique alors qu'il fut conçu en opposition avec la démocratie». Pour l'auteur, cette confusion sémantique et historique tient à l'ambivalence des gouvernements représentatifs et de leur corollaire, l'élection, à la fois aristocratiques et démocratiques.

    La force de cet ouvrage est de nous faire réfléchir à la signification de la démocratie, et au rapport entre gouvernants et gouvernés, dans les «démocraties» contemporaines. En décrivant les institutions démocratiques de l'Athènes antique et leur fonctionnement, il propose également des clés pour penser un système politique où le citoyen serait acteur et non pas simple spectateur consentant.

    Certes, Principes du gouvernement représentatif ne se lit pas avec autant d'aisance que les livres de Stéphane Hessel ou de Marc Lévy. Mais pour un ouvrage aussi dense et riche, qui présente avec clarté de nombreux concepts qui ont marqué l'histoire de la théorie politique, il reste étonnamment accessible. Aucune raison donc de vous en priver, surtout qu'un classique de la théorie politique tel que celui-là est toujours du plus bel effet dans une bibliothèque.

    Emmanuel Daniel

    Emmanuel Daniel

    Graines de vie.

    Par Le 06/12/2015

    Graine de vie

     

    « Un Homme de paix n'est pas un pacifiste, un Homme de paix est simplement un espace de silence.
    Cet Homme impulse une nouvelle sorte d'énergie dans le monde, il chante une chanson nouvelle. Il vit d'une façon totalement neuve.
    Sa manière même de vivre est du domaine de la grâce, de la prière, de la compassion.
    Qui que ce soit qu'il touche, il crée davantage d'énergie d'amour.
    L'Homme de paix est créatif. Il n'est pas contre la guerre, car être contre quoi que ce soit, c'est être en guerre.
    Il n'est pas contre la guerre, il comprend simplement pourquoi la guerre existe. Et à partir de cette compréhension, il devient paisible.
    C'est seulement lorsqu'il y aura beaucoup de gens qui seront des fontaines de paix, de silence, de compréhension, que la guerre disparaîtra. »

    Traduit de l'anglais: Osho The Path of Paradox vol. 2, Rebel Publishing

     


    ...car être contre quoi que ce soit, c'est être en guerre..." J'en suis persuadé mais comme il est difficile d'arrêter de lutter...Cette habitude de l'oppostion marquée comme une empreinte, comme si l'énergie déployée allait inverser les choses, contenir les noirceurs....Mais le temps que je passe à "lutter", je ne l'utilise pas à propager cet Amour qui manque tant...Et je me trompe donc de méthode....Apprendre à user avec justesse de son énergie...C'est là que la maîtrise émotionnelle et l'analyse de l'ego prend tout son sens.

    Le simple fait de lire des "informations" qui me hérissent...Quelle en est l'utilité ? Aucune si je m'arrête au constat. Ce sont des pensées incarcérées dans les geôles émotionnelles de la colère. Et rien de bon n'en sort. Les émotions et leurs effets....J'aurai au moins appris ces derniers mois à autopsier le phénomène.

    A défaut de le maîtiriser encore...

    La lutte directe contre les phénomènes ou les gens qui me révoltent par leurs actes ou leurs paroles, j'ai longtemps cru que c'était un "devoir", une nécessité, mon implication dans des combats justifiés. Mais le temps et l'activité réelle ou intellectuelle que j'y consacre ne permet pas de produire un évènement contraire. C'est comme si je jetais de l'essence sur le brasier.

    Il ne s'agit donc pas d'allumer un contre-feu mais d'aller ailleurs planter des arbres. Et ces arbres renforceront l'épaisseur et l'étendue de ces terres de paix et d'amour.  

    Il ne s'agit donc pas d'agir comme un pompier effréné mais comme un jardinier aimant. 

    Et finalement, en écrivant, un roman sur la sexualité sacrée et l'Amour divin, je contribue peut-être davantage à cette dispersion des pollens et à l'hommage envers la Vie.

    Au lieu de m'épuiser à contenir les flammes des incendies. Comme si moi, du haut de mes insuffisances, je pouvais me dresser contre l'inconscience diffusée. C'est absurde et prétentieux.

    Si je travaille dans mon potager, je suis plus utile à la Terre que si je me contente de brailler contre les chimistes de Monsanto. Une fois que j'aurai planté mes graines et que j'aurai appliqué tout ce qui doit être fait, il sera toujours temps de prendre la plume.

    Rester dans l'instant et dans l'acte. Avant de s'étendre dans les confins nauséeux des luttes intellectuelles. 

    Être jardinier avec son arrosoir et déposer les lances d'incendie, éteindre les sirènes, couper les gyrophares.

    L'Amour n'a pas de guerres.


     


     

    "DEMAIN" est sorti mercredi...

    Par Le 05/12/2015

    Chers Colibris,

    Il y a neuf ans, nous avons cofondé Colibris avec Pierre Rabhi, Isabelle Desplats et quelques autres, avec l’espoir de créer un vaste mouvement, incarnant les valeurs portées par Pierre. Nous n’étions qu’une poignée. Aujourd’hui, nous sommes 200 000 colibris à participer à cet élan pour transformer la société.

    Pendant sept ans j’ai dirigé le mouvement. À l’été 2013, j’ai décidé de consacrer tout mon temps et toute mon énergie à faire un film, qui rassemblerait tout ce que j’ai compris et appris pendant toutes ces années. Un film qui raconterait une histoire inspirante, émouvante, concrète, montrant à quoi notre monde pourrait ressembler, si nous mettions bout à bout toutes les solutions que nous connaissons déjà. Ce film est sorti mercredi, il s’appelle DEMAIN. Je l’ai réalisé avec l’actrice et réalisatrice Mélanie Laurent, et Colibris l’a co-produit.

    Près de 24 000 personnes l’ont vu dans 50 villes à travers la France et, toujours, la réaction est la même : « on sort avec une pêche d’enfer, de l’espoir, l’envie d’agir... ».Rob Hopkins, le fondateur du mouvement de la Transition, Vandana Shiva, Thierry Salomon (NégaWatt), Nick Green, l’un des fondateurs des Incroyables Comestibles,Emmanuel Druon (Pocheco) ont tous adoré DEMAIN. Rob veut l’utiliser dans les 50 pays où son mouvement est présent comme un outil d’éducation et de mobilisation. A la COP21, Vandana Shiva a proposé à Ségolène Royal d’utiliser le film comme un programme pour changer la France. C’était génial à entendre…

    Mais maintenant, on a besoin de vous.

    DEMAIN est sorti mercredi et nous avons la chance qu’il soit diffusé dans 154 salles de cinéma, grâce à notre distributeur. C’est une occasion formidable de sortir des réseaux purement militants et de faire passer notre message au grand public. Mais si nous ne sommes pas assez nombreux à aller le voir cette semaine, il disparaitra progressivement, dès la semaine prochaine.

    J’ai travaillé à créer cet outil pour nous tous. Pour qu’il soit le plus utile possible à tous les colibris. Alors, si vous en avez l’élan, allez le voir ce week-end avec votre famille et vos amis. Faisons mentir tous ceux qui croient que la plupart des gens se fichent de ces sujets et qu’ils ne s’intéressent qu’à Star Wars et James Bond. Nous sommes plus nombreux que ce que nous croyons. Nous n’avons pas pu marcher pour le climat, alors faisons de ce film le succès inattendu de ce mois de décembre.

    Un immense merci à tous,

    Cyril Dion

    Toutes les séances près de chez vous
    www.demain-lefilm.com

    BA

     

     

     

     

     

     


     

    Psychologie sociale

    Par Le 04/12/2015

    Des expériences répétées de multiples fois avec des résultats similaires. Tellement de conclusions à en tirer...

    C'en est effrayant...La puissance du groupe ou de l'autorité dans les comportements humains.


    EXPERIENCE DE ASCH sur le conformisme.

     
     
     EXPERIENCE DE L'IMPUISSANCE APPRISE 
     
     
     
    EXPERIENCE DE MILGRAM 
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