La NASA a su créer le suspens. On en a enfin la confirmation : il y a de l’eau sur Mars ! De l’eau salée qui s’écoulerait sur la planète rouge et pourrait donc – sous conditions – contenir des formes de vie. Mais une question demeure, y a-t-il une forme de vie intelligente sur Terre ? C’est la question posée par George Monbiot, un journaliste du Guardian et environnementaliste militant, en réaction à l’annonce de l’agence spatiale américaine. L’écologiste observe un fossé entre l’euphorie collective autour d’une flaque d’eau à 55758 millions de kilomètres d’ici et notre incapacité à sauvegarder notre seule et unique planète bleue. Son billet d’humeur, qui fait le tour du monde, met les points sur les « i » et nous ramène très vite sur Terre. Nous vous en proposons une traduction.
Le texte suivant est la traduction approximative de l’article « There may be flowing water on Mars. But is there intelligent life on Earth? » rédigé par George Monbiot le 29 septembre 2015 et publié dans le journal The Guardian.
« Pendant que nous nous émerveillons devant les découvertes de la NASA, nous détruisons nos ressources naturelles irremplaçables – tout ça pour acheter des bananes pré-pelées et des smartphones pour chiens.
Preuve que de l’eau coule sur Mars : ceci ouvre la possibilité d’une vie, de merveilles que nous pouvons à peine imaginer. Cette découverte est une réussite merveilleuse. Pendant ce temps, les scientifiques martiens continuent leur recherche d’une vie intelligente sur Terre.
Nous pouvons être fascinés par l’idée de la présence d’organismes sur une autre planète, mais nous semblons avoir perdu tout intérêt pour la nôtre. Le Dictionnaire Oxford Junior a déjà excisé les jalons du monde vivant : vipères, mûres, jacinthes, marrons, houx, pies, vairons, loutres, primevères, grives, belettes et troglodytes sont maintenant en quantité excédentaire.
Au cours des quatre dernières décennies, le monde a perdu 50% de sa faune vertébrée. Mais dans la seconde moitié de cette période, on a également observé une forte baisse dans la couverture médiatique de cette problématique. En 2014, selon une étude menée par l’Université de Cardiff, il y avait autant de reportages diffusés par la BBC et l’ITV à propos de Madeleine McCann ( disparue en 2007) que de reportages sur l’ensemble des questions environnementales confondues.
Pensez à ce qui pourrait changer si nous évaluons l’eau terrestre de la même manière que nous affectionnons l’idée de l’eau sur Mars. Seulement 3% de toute l’eau sur cette planète (Terre) est potable; et de cela, les deux tiers sont gelés. Pourtant, nous jetons des déchets dans cette partie accessible. 60% de l’eau utilisée dans l’agriculture est inutilement gaspillée par une irrigation négligente. Rivières, lacs et nappes aquifères sont aspirées jusqu’à assèchement. Tout ce qui reste est souvent tellement contaminé qu’il menace la vie de ceux qui la boivent. Au Royaume-Uni, la demande intérieure d’eau est telle que les zones supérieures de nombreuses rivières disparaissent pendant l’été. Mais nous continuons d’installer de vieilles toilettes et douches dont l’eau jaillit comme si c’était une cascade.
Quant à l’eau salée, du même genre que celle détectée sur Mars avec tant de passion, sur la Terre, nous lui exprimons notre gratitude avec une frénésie destructrice. Un nouveau rapport suggère que le nombre de poissons a diminué de moitié depuis 1970. Le thon rouge du Pacifique, qui pullulait dans les océans par millions, a été réduit à environ 40 000 individus, mais est toujours chassé. Les récifs coralliens subissent une telle pression que la plupart pourraient disparaître d’ici à 2050. Et dans nos espaces profonds, notre désir de poissons exotiques déchire un monde à peine mieux connu que la surface même de la planète rouge. Les chalutiers travaillent maintenant à des profondeurs de 2.000 mètres. Nous ne réalisons même pas ce que nous sommes en train de détruire.
Quelques heures avant cette découverte sur Mars, Shell arrêtait sa prospection pétrolière de l’Arctique, en mer des Tchouktches. Pour les actionnaires de la société, c’est une perte mineure : 4 milliards de dollars. Mais pour ceux qui aiment la planète et la vie qu’elle soutient, c’est un évènement chanceux. Ceci est arrivé seulement parce que l’entreprise n’a pas réussi à trouver des réserves suffisantes (pour être rentable). Si Shell avait réussi son coup, il aurait exposé l’un des endroits les plus vulnérables sur Terre aux marées noires, pratiquement inévitables, où le confinement est presque impossible. Allons-nous laisser ces questions sans réponse ?
Début septembre, deux semaines après que Shell ait obtenu l’autorisation de forer dans la mer des Tchouktches, Barack Obama se rendait en Alaska pour avertir les Américains sur les effets dévastateurs que le changement climatique provoquerait par la combustion des ressources fossiles de l’Arctique. « Il ne suffit pas de parler pour parler« , disait-il. « Nous devrions aller de l’avant. Nous devrions embrasser l’ingéniosité humaine pour trouver la solution à ce sujet« . Une ingéniosité humaine largement exploitée à la NASA, qui a publié ces images étonnantes. Mais pas tant que ça dans le monde politique.
Laisser le libre marché décider à notre place : c’est là la façon dont les gouvernements cherchent à résoudre la question de la destruction planétaire. Laisser (cette question) à la conscience des consommateurs, tandis que cette conscience est mise en sourdine et portée à confusion par la publicité et les mensonges corporatistes. Dans un quasi-vide informatif, chacun de nous est laissé libre de décider ce que nous devons prendre chez les autres espèces et les autres personnes, et ce que nous devrions consacrer à nous-mêmes ou laisser aux générations futures. Sûrement y a-t-il certaines ressources et certains endroits – comme l’Arctique et l’océan profond – dont l’exploitation devrait simplement s’arrêter ?
Tous ces travaux de forage, de chalutage, de déversements de déchets et d’empoisonnements – à quoi ceci nous est utile ? Est-ce pour enrichir l’expérience humaine, ou l’étouffer ? Il y a quelques semaines, je lançais le hashtag #extremecivilisation, invitant tout témoigne (exposant les aspects extrêmes de la civilisation). Ils ont abondé. Voici quelques-uns des produits « extrêmes » que mes correspondants ont trouvé. Tous sont réels.
Le iPotty, pour jouer à l’iPad sur le pot quand on a 3 ans.
Un plateau à œufs pour réfrigérateur qui se synchronise avec votre smartphone pour que vous sachiez combien d’œufs il vous reste. Un autre gadget pour les brouiller – mais à l’intérieur même de la coque. Des perruques pour bébés, pour permettre aux « bébés filles avec peu ou pas de cheveux d’avoir un style de cheveux magnifiquement réaliste. » Le iPotty, un gadget pour permettre aux jeunes enfants de continuer à jouer sur leur iPad pendant qu’ils font leurs besoins. Un abri de jardin anti-araignées à 2500 euros. Un sauna à neige, en vente dans les Émirats Arabes Unis, dans lequel vous pouvez créer un paysage hivernal en poussant sur un bouton. Un réfrigérateur à melon sur roues : indispensable pour pique-niquer – ou peut-être pas, car il pèse plus que le melon. De la crème de blanchissement anal, pour … pour être honnête, je ne veux pas le savoir. Un « rotateur de montre automatique » qui vous sauve la peine de devoir tourner votre poignet de luxe en sucre. Un smartphone pour les chiens, avec lequel ils peuvent prendre des photos d’eux-mêmes. Des bananes pré-pelées, dans des barquettes en polystyrène couvertes d’un film alimentaire, pellez juste l’emballage…
Chaque année, de nouvelles façons « intelligentes » de gaspiller sont conçues, et chaque année, nous devenons de plus en plus habitués à la consommation inutile de ressources précieuses. Avec chaque intensification subtile, la ligne de la normalité se déplace. Il ne devrait pas être surprenant de découvrir que plus un pays devient riche, moins les gens se soucient de leur impact sur la planète.
Notre aliénation au monde des merveilles, avec lequel nous avons évolué, s’est intensifié depuis que David Bowie a décrit une fille trébuchant dans un « rêve creux », et manière d’être « accro à un écran d’argent », où une longue série de distractions la renvoie à de grandes questions de la vie. Cette chanson, bien sûr, c’étaitLife on Mars. »
Aux portes de Los Angeles, une famille a développé un incroyable jardin potager en milieu urbain, lui permettant de vivre en autosuffisance alimentaire.
Depuis la rue, la propriété ne paye pas de mine. Située à moins de 50 m de la bruyante autoroute 210, cette petite maison bâtie en 1917 ressemble à n’importe quelle autre habitation de ce quartier de Pasadena (Californie) développé au début du siècle dernier. Pourtant, derrière le portail du 631 Cypress Avenue se cache un potager où poussent plus de 400 variétés de légumes, fruits, baies, fleurs comestibles et herbes aromatiques, sur une surface de seulement 362 m2. À ceci s’ajoutent des poules, des canards, deux chevrettes et même plusieurs ruches d’abeilles.
Un véritable « jardin extraordinaire », à l’image de celui que chantait Charles Trénet, lequel produit 2,6 tonnes de fruits et légumes bio chaque année, ainsi que près de 1 800 œufs et 200 litres de lait. « L’histoire de ce jardin est partie d’un scandale alimentaire impliquant une chaîne de restauration rapide au début des années 1980, explique Jules Dervaes, 67 ans, né en Floride de parents originaires de Belgique. Je me suis dit que je ne voulais pas que mes enfants grandissent en mangeant ce genre de choses, nuisibles à la santé. À l’époque, il n’était pas beaucoup question de traçabilité alimentaire et de culture biologique. Je me suis donc dit que le meilleur moyen de protéger ma famille était de faire pousser notre propre nourriture. »
Jules Dervaes (à droite) travaille depuis trente ans dans sa ferme urbaine avec ses trois enfants. (Photo : Stéphane Cugnier)
Des résultats rapides
Après s’être lancée dans l’apiculture en Nouvelle-Zélande dans les années 1970, puis dans la gestion d’une ferme en Floride, la famille Dervaes s’installe à Pasadena en 1984. Très vite, l’idée d’une ferme urbaine s’impose, mais les débuts ne sont pas simples. « Il a fallu tout apprendre et tout adapter à un espace restreint. Il fallait aussi obtenir des résultats rapides, car mes trois enfants étaient très jeunes et il fallait remplir les assiettes. Mais je n’ai pas baissé les bras, je voulais produire localement et sainement. »
Au fil des ans, malgré une période de sécheresse néfaste aux cultures au tournant des années 1990, le jardin prend forme et la production dépasse même très vite les besoins de la famille. « À partir de 1995, nous avons commencé à donner notre surplus aux personnes alentours. Nous avons aussi diversifié notre travail, en faisant des conserves, des confitures, du miel, du pain, etc. Au même moment, de nouveaux scandales sont apparus, liés aux cultures OGM. J’ai donc décidé d’aller encore plus loin et de faire pousser encore plus de nourriture locale dans notre jardin. »
Le réseau mis en place par la famille permet à ceux qui souhaitent imiter les Dervaes de bénéficier de conseils et d’assistance. (Photo : Stéphane Cugnier)
Panneaux solaires et biocarburants
En 2001, la famille Dervaes commence à vendre ses fruits et légumes. « Au départ, je pensais que cette maison était trop petite, qu’il ne serait jamais possible de devenir autosuffisant. En plus d’arriver à nous nourrir, je n’aurais jamais imaginé un jour vendre mon surplus de légumes. »
Pourtant, la vente se développe rapidement, de même que les sollicitations pour conseiller les particuliers ayant décidé de suivre la même voie. « Nous avons donc décidé de créer une structure, afin de mettre en place des ateliers de formation dans tous les domaines, mais aussi de faciliter l’éducation des enfants à l’accès à une meilleure nourriture, loin des standards de la société de consommation traditionnelle. Nous sommes aussi partie prenante d’un réseau associatif, « Urban Homestead », qui encourage et soutient les initiatives locales. C’est un état d’esprit qui existe en Europe, nous cherchons à le mettre en avant aux États-Unis, mais aussi à aller plus loin. »
Trois tonnes de nourriture proviennent chaque année du jardin de la famille californienne. (Photo : Stéphane Cugnier)
Loin de se limiter à la culture de son jardin, la famille Dervaes (Jules travaille avec ses filles Anaïs, 41 ans, et Jordanne, 32 ans, et son fils Justin, 37 ans) repousse désormais les limites de son pari d’autosuffisance. Avec l’installation de panneaux solaires en 2003, plus de 20 000 kWh ont déjà été produits, tandis que le recyclage des huiles de friture de la maison et de celles d’un restaurant de proximité a permis de produire 5 000 litres de biocarburants pour faire fonctionner leurs véhicules. « Nous recyclons et filtrons aussi les eaux usées - hors sanitaires - pour arroser nos plantes. »
La famille ne se contente pas de faire pousser des fruits et légumes, mais élève aussi des animaux. (Photo : Stéphane Cugnier)
Debout à 4 h 30 du matin
Trente ans après l’achat de sa maison, Jules Dervaes se trouve donc à la tête d’une petite entreprise parfaitement en place. Avec plus de 60 000 dollars annuels de ventes de fruits et légumes, la famille dégage assez d’argent pour acheter les produits qu’elle ne peut pas produire : farine, riz, sel… « Nous produisons tout de même 95 % de notre nourriture. Toute la famille mange pour 2 dollars par jour. Nous avons gagné notre indépendance. Mais cela a un prix, puisqu’il faut travailler dur et se lever tous les jours à 4 h 30. »
Des plantations sont effectuées dans tous les coins du terrain occupé par les Dervaes. (Photo : Stéphane Cugnier)
Désormais imitée par bon nombre d’Américains, la famille Dervaes s’enorgueillit d’avoir montré la voie à suivre. Mais, revers de la médaille, sa petite entreprise s’en trouve fragilisée. « Plus nous inspirons les gens, plus nous perdons de clients. » De nouvelles idées sont donc explorées pour compenser les pertes : ateliers pédagogiques, développement de vins bio à base de fruits, dîners dégustation, ventes de paniers hebdomadaires et saisonniers, soirées musicales… De quoi assurer l’avenir de la petite ferme urbaine et assainir le contenu des assiettes. « Si vous faites pousser votre propre nourriture, vous devenez plus puissant, moins dépendant. C’est une liberté qui dérange, mais qui vaut le coup. Mon conseil est donc simple : cultivez localement et vous serez libre. »
Un espace réservé aux herbes aromatiques a récemment été créé… chez une voisine ! (Photo : Stéphane Cugnier)
Les fruits et légumes plantés respectent le cycle des saisons. (Photo : Stéphane Cugnier)
Jules Dervaes a décidé de lancer cette ferme urbaine à la suite d’un scandale alimentaire au cours des années 80. (Photo : Stéphane Cugnier)
Chaque jour, des dizaines de clients passent le portail de la maison pour y acheter les produits de la ferme Dervaes. (Photo : Stéphane Cugnier)
La ferme, située à Pasadena, diversifie ses activités en organisant notamment des soirées musicales pour compléter ses revenus. (Photo :
Quelles que soient les opinions de chacun, il est un constat largement partagé : le fossé entre politiques et citoyens n’en finit plus de se creuser. La Belgique, bien consciente de ce triste constat, a peut être une idée pour réconcilier tout le monde. Cette idée est révolutionnaire et, pourtant, elle est aussi vieille que la démocratie : il s’agit du tirage au sort !
Il est urgent que de nouvelles idées émergent pour redonner du souffle à nos démocraties. Or, pour ce faire, quoi de mieux que de revenir, justement, aux origines de la démocratie ? Pourquoi ne pas laisser le sort choisir ceux qui auront la lourde tâche de nous gouverner ? Après tout, n’est-ce pas ainsi que les Athéniens ont imaginé la démocratie, du temps où ils dominaient le monde ?
Quoi qu’il en soit, c’est précisément ce système qu’un ancien ministre belge veut remettre au goût du jour dans son pays. Peter Vanvelthoven, c’est son nom, veut que les sièges du sénat ne soient plus occupés que par des citoyens tirés au sort !
La désignation des futurs sénateurs se ferait en deux temps. D’abord, 10 000 personnes seraient tirées au sort parmi tous les Belges de plus de seize ans. Puis, après une grande réunion d’information, tous ceux qui seraient intéressés par le poste pourraient ensuite participer au second tirage au sort : celui qui désignera les 150 sénateurs du pays. Tout simplement…
Le mandat serait fixé à un an et l’assemblée ainsi constituée aurait le pouvoir de proposer et de débattre des lois.
Aujourd’hui, en France comme en Belgique et dans la plupart des démocraties « modernes », le citoyen ne choisit pas ses lois, il choisit les hommes qui choisissent des lois. Cela fait une (très) grande différence.
Dans l’absolu, le retour aux sources proposé par Peter Vanvelthoven est censé mettre fin aux dérives qui creusent ce fossé entre citoyens et politiques. Les partis perdraient une partie de leur pouvoir qui serait alors rendue au peuple…
Pour l’heure, la proposition commence juste à être débattue en Belgique. Mais c’est la première fois qu’elle émane d’une personnalité aussi haut placée en Europe (un ancien ministre). Pourvu qu’elle trouve un écho ! Histoire de voir ce que ça donne.
Trois fois médaillés d’or du prestigieux concours Louis-Lépine, Jacques Bristiel sort enfin du secret pour le moteur à eau, sa 4e invention. La machine à vapeur dont rêvait Denis Papin.Le
radar routier parlant, c’est lui. L’ordinateur extincteur de feux à bord des avions, c’est encore lui. Le joint marin révolutionnaire c’est toujours lui. Jacques-Franck Bristiel, 68 ans, ingénieur aéronautique en retraite et ancien pilote d’essai, est un inventeur né. Un créateur dans l’âme qui a déjà décroché trois médailles d’or au concours Lépine de 2001, 2002 et 2011, ainsi que le prix Léonard de Vinci. Mais ça, c’était avant. Bardé de diplômes de hautes écoles, ce fils d’ouvriers lorrains, installé depuis 2005 sur un voilier au Barcarès, sort aujourd’hui sa quatrième création, digne d’un nouvel or Lépine. Le moteur à eau. Inspiré de la machine à vapeur de Denis Papin ? « Non, c’est surtout la pollution qui m’a guidé », répond l’esprit fécond. « Petit, on était pauvre mais je n’étais pas trop bête et je suis devenu un scientifique imaginatif. Mes innovations me viennent toutes seules, par l’observation du quotidien », explique le savant. Le don lui permet aisément de mettre ses théories en pratique en construisant des prototypes dont il dépose ensuite les brevets à
l’INPI.
Des inventions au secret
« Et à chaque fois, l’INPI me met au secret un certain temps avec interdiction d’exploiter et de divulguer mes projets », poursuit-il. Le moteur à eau n’ayant pas échappé à la procédure, son concepteur a été obligé de garder le silence jusqu’à la récente parution de l’information au Journal Officiel. Impatient de lever voile, le passionné en révèle désormais tous les détails et avantages. « Il s’agit d’un système équipé de deux réservoirs de capacité variable, en fonction de l’autonomie désirée, dont un contient 60 % d’eau tombée du ciel et l’autre 40 % de carburant. Il est également doté d’une alimentation, d’un compresseur et d’un vaporisateur reliés au moteur du véhicule ». Testé sur un tracteur agricole, le processus hydraulique hybride transforme l’eau en particules qui augmentent le taux de compression et réussit à développer jusqu’à 500 CV. « Idéal pour améliorer le rendement des moteurs thermiques et réduire la consommation de carburant de 60 %, diminuant d’autant la pollution résiduelle dans l’air », affirme Jacques-Franck Bristiel. Concrètement son prototype, d’un coût prévisionnel de 1 000 €, est destiné aux moteurs à essence ou diesel, de 100 à 500 CV, pour poids lourds, gros engins de chantier ou agricoles, groupes électrogènes. Lui, il lui aura fallu 5 000 € et deux ans pour le mettre au point. Un espoir de commercialisation à la clé ? « J’ai signé une convention avec une société allemande pour une fabrication à grande échelle. La France n’a pas été intéressée car l’eau n’est pas chère », confesse l’inventeur qui souhaiterait malgré tout rester maître ou au moins partie prenante de l’aventure. Une vraie première . Le radar ? « Je l’ai offert au président Bush et depuis les blindés US en sont armés ». Le joint marin ? « Il a été copié et récupéré »… Fataliste, Jacques-Franck Bristiel ne jugule pas son imagination pour autant. Sa prochaine machine infernale, au bonus écologique à nouveau garanti, réside dans un procédé de rechargement de batteries pour voitures électriques qui seront capables alors de rouler sur un Perpignan-Paris sans un sou déboursé. Dans ses cartons également, le vœu de fonder un Lépine régional en Languedoc-Roussillon et celui d’obtenir la création d’un brevet européen. En rêve. Le triple lauréat en or du concours Lépine pense à des inventions plus grand public.
Ajoutée le 13 févr. 2015
Ce procédé consiste à injecter de l’eau dans le moteur via l’installation d’un kit pour économiser
jusqu’à 50 % de carburant sur tous types de moteurs, diesel ou essence.
L’installateur fixe un réacteur au collecteur d’échappement du moteur ou « précatalyseur ». Il le relie à un « bulleur » d’une capacité d’un litre contenant de l’eau de pluie (ou déminéralisée) et à un diffuseur installé à la prise d’air. L’aspiration du moteur génère la formation de bulles d’air. L’air humide obtenu passe par le réacteur, dont la température et la composition vont permettre sa transformation moléculaire avant son injection.
Depuis un an, Marc Renaudin, Lorientais de 64 ans, expérimente ce procédé développé par Laurent Baltazar, un fournisseur installé à Plounéour-Ménez (29).
Le reportage d’Yves Madec.
Voir aussi les voitures « à moteur à eau » au lien:
J'étais en train de ne rien faire et j'ai réalisé que j'étais en train de penser. Du coup, j'ai compris que ça n'était pas vrai. J'étais bien entrain de faire quelque chose.
Alors, je me suis concentré sur ma respiration...Inspiration, expiration...Les mouvements du ventre et de la poitrine. Mais je me suis dit que cette concentration était une forme de pensée silencieuse qui visualisait un phénomène intérieur et qu'en plus, le fait d'en prendre conscience et de le verbaliser était une autre forme de pensée.
Alors, j'ai arrêté de me concentrer sur cette respiration et j'ai regardé ce qui restait. Mais en cherchant à saisir ce qui restait, je réactivais la réflexion et le fonctionnement cérébral.
Alors, devant l'impossibilité de parvenir à ce "rien" insaisissable, je me suis dit qu'au moins quand je dormirai, je ne ferai rien...Mais il y aurait les rêves. Et le fonctionnement de mon inconscient. Et les effets éventuels sur ma vie des prochains jours.
Alors, je suis revenu vers l'état de conscience qui consiste à réaliser qu'on ne pense à rien...J'ai cherché à me placer dans cet espace où s'établit la césure entre la conscience et la pensée...Car comment concevoir qu'une pensée puisse prendre conscience d'elle-même ? Une pensée pense mais elle n'agit pas en dehors d'elle-même, elle ne peut pas se séparer de ce qu'elle est ou alors, c'est qu'elle ne penserait plus. La pensée ne peut pas se conscientiser sans s'évaporer. Ca serait comme imaginer qu'une pomme puisse se manger elle-même. Elle ne peut qu'être mangée. La pensée, de la même façon, ne peut pas vouloir s'observer elle-même au risque de se dévorer. C'est donc qu'il y a une autre entité. Et c'est là que la conscience surgit.
Alors, dans cet espace qui marque la césure entre ma pensée et la conscience que j'en ai, il y a un lieu où rien ne se passe. Ni pensée, ni même conscience. Rien. C'est la zone tampon.
C'est là qu'il faut que j'apprenne à être quand je ne veux rien faire.
Je n'aime pas le titre de l'article et de l'injonction induite car il ne s'agit pas d'un "devoir" mais d'une évidence. Une évidence qui si elle n'est pas préservée prive l'enseignant de la nature même de sa fonction : aimer enseigner et par conséquent aimer ceux qui le sont.
Il est impossible à mes yeux de transmettre des connaissances sans aimer le faire. Mais peut-on aimer transmettre des connaissances à un mur ? à une plaque d'égoût ? Non, bien entendu et cela signifie donc que l'enseignant ne peut qu'aimer, à priori, les individus auxquels ils s'adressent. Ce qu'il aime, c'est de transmettre et il est donc inévitable et même totalement honorable d'aimer les individus qui par leur existence rendent possible et nécessaire cette transmission.
L'enseignant n'existe pas à travers les connaissances qu'il possède mais à travers leur transmission. Sinon, il ne serait qu'un technocrate.
Le technocrate est celui qui fait prévaloir les données cognitives sur les facteurs humains. Ce qui fait qu'un technocrate est capable d'essayer de convaincre de la qualité de son raisonnement une plaque d'égoût.
Il faut donc que les enseignants s'interrogent sur le fondement même de leur présence devant de jeunes individus. Sont-ils là pour réciter des connaissances comme s'ils s'adressaient à des choses inertes ou sont-ils avant tout des individus aimant l'assemblée qui leur permet de vivre ce bonheur de transmettre ?...
Le chercheur ci-dessous apporte des réponses.
Mael Virat : Faut-il aimer les élèves ?
"Monsieur, vous m'aimez pas". Mais faut-il marquer de l'affection aux élèves ? La tradition de l'école française serait à priori de dire non. Mael Virat n'est pas d'accord. Docteur en sciences de l’éducation, la polyvalence de son cursus universitaire en biologie, psychologie, philosophie, neuropsychologie et bien sur sciences de l’éducation, l’a conduit à orienter ses recherches sur la relation affective enseignant-élève. Et à lever le tabou : " il existe des centaines d’études, en psychologie de l’éducation, qui ont montré les nombreux effets positifs du lien affectif enseignant-élève".
Il existe une controverse au sujet de la dimension affective dans les métiers de l’éducation. En tant que chercheur vous levez un certain tabou. Pourquoi ?
Parler d’un tabou est tout à fait approprié. Lorsqu’on interroge des enseignants ou des éducateurs à propos de la relation affective qu’ils ont avec les élèves et en particulier avec les adolescents, les réponses sont étonnantes. En effet, si la plupart des professionnels que j’ai interrogés se disent très engagés affectivement, ce qu’ont d’ailleurs confirmé les enquêtes anonymes que nous avons menées à plus grande échelle, ils ne l’assument pas complètement et s’en excusent presque systématiquement. Ils expliquent que c’est plus fort qu’eux de se lier aux élèves mais que ça n’est pas ce qu’il convient de faire et qu’ils devraient donc mettre davantage de limites à leur engagement. De plus, ils reconnaissent que la relation affective peut difficilement être discutée en équipe parce que cela serait très mal vu par leurs collègues de parler de leurs « sentiments ».
Ainsi, lorsque j’ai diffusé une enquête en ligne auprès d’enseignants du secondaire, dans laquelle on pouvait trouver différents instruments psychométriques sur les émotions des enseignants et la dimension affective de la relation aux élèves, nous avons recueilli un certain nombre de commentaires étonnés, voire franchement outrés. Une enseignante a même contacté son Inspectrice pour l’alarmer. Cette dernière nous a écrit pour pointer « l’inconscience et la gravité de nos propos ».
Il y a donc vraiment un malaise quand on parle des « sentiments » à l’école…
Une première explication vient de la place absurde que tient encore aujourd’hui la controverse instruction / éducation à l’école et dans les débats de société. Pour les tenants d’une école de l’instruction, la dimension affective (et parfois même la simple dimension pédagogique) est une menace pour la fonction de transmission du savoir. Cette idée, qui n’est soutenue par aucun argument scientifique, est défendue par de nombreux enseignants, journalistes, pédagogues ou autres penseurs.
Cependant, elle ne peut pas expliquer à elle seule la situation actuelle car le tabou des émotions dépasse largement le cadre de l’école. Il concerne également le monde de l’éducation spécialisée et du travail social. A chaque fois que je présente mes travaux de recherche, je recueille de nouveaux témoignages d’éducateurs, de familles d’accueil, d’assistants de services sociaux, d’infirmiers, de médecins, etc., qui attestent de ce tabou dans leur univers professionnel. Il y a quelques mois, c’est une éducatrice de jeunes enfants qui m’a confié que la directrice de la crèche où elle travaille interdit à l’équipe de s’attacher aux enfants. A mes yeux, c’est ahurissant ! Comment peut-on imaginer confier non seulement la garde, mais également l’éducation des touts petits à des personnes qui se montreraient dépourvues d’affection ?
On invoque parfois une nécessaire distance professionnelle…
La notion de « distance professionnelle » dans les métiers relationnels, héritée de certaines approches psychanalytiques, se présente ici comme un obstacle à l’engagement affectif. Cette « distance » n’a pourtant jamais été conceptualisée de manière satisfaisante. En outre, la professionnalisation des métiers du social s’est faite par une mise en avant des compétences techniques aux dépens de l’aspect relationnel des différents métiers, sans doute parce que cet aspect relationnel est plus difficile à enseigner et parce qu’il renvoie trop à la « vocation » et aux « bons sentiments ». Je crois qu’on pourrait encore formuler d’autres hypothèses pour interpréter la gène qui entoure les émotions en éducation. Toutefois, mes propres travaux portent plutôt sur les effets positifs de la relation affective qui me semblent en mesure de contribuer à un dépassement du tabou.
Le lien affectif établi entre un jeune est un professionnel de l’éducation est-il systématiquement bénéfique ?
On ne peut pas répondre à cette question sans définir davantage cette notion de « lien affectif » entre enseignants et élèves. Les chercheurs qui s’intéressent à ce lien ne parlent évidement ni de « copinage » ni de relation romantique. Il s’agit plutôt d’une relation asymétrique qui s’appuie sur la sensibilité de l’adulte et sa capacité à répondre aux signaux de l’enfant en faisant preuve d’acceptation et de chaleur affective. Ce type de relation a besoin de temps pour se construire et prend une place importante dans la vie des individus. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser aux travaux scientifiques sur la question, au début de mon travail de doctorat qu’a dirigé Daniel Favre, j’ai été très surpris, à la fois parce ces travaux sont très nombreux mais aussi parce qu’ils apportent des résultats parfaitement consensuels qui sont pourtant ignorés dans la formation des enseignants. J’ai découvert qu’il existait des centaines d’études, en psychologie de l’éducation, qui ont montré les nombreux effets positifs du lien affectif enseignant-élève.
Le lien affectif avec un enseignant a des effets bienfaisants…
Établir des relations chaleureuses avec les profs se révèle être bénéfique aussi bien à l’école (amélioration de l’estime de soi, de la motivation et de la réussite scolaire) qu’en dehors de l’école (baisse de l’anxiété et réduction des problèmes de comportement). Certains chercheurs ont même observé des résultats à très long terme. Le lien affectif avec un enseignant peut avoir des effets qui s’observent encore une dizaine d’années plus tard, notamment sur le niveau d’études atteint. Par ailleurs, aucune étude n’a montré d’effet négatif de la relation affective. C’est donc comme si la relation à l’enseignant participait, avec d’autres relations évidemment, à la sécurisation affective des enfants et des adolescents. Or la sécurité ressentie par les élèves permet justement de stimuler leur engagement dans les apprentissages. C’est ce que défend Daniel Favre depuis des années. Contrairement à ce que défendent certains praticiens d’une pédagogie de la dévalorisation, le sentiment de n’être ni accepté ni estimé (les élèves n’hésitent pas à dire « aimé ») n’a jamais aidé à apprendre. La réussite possible de ceux qui auraient été dévalorisés s’explique donc par d’autres facteurs.
Le lien affectif est-il systématiquement positif ?
Votre question invite à penser que le lien affectif pourrait être quelque chose de négatif. C’est une idée très curieuse, non ? Comme si le fait de se sentir accepté, encouragé, aimé pouvait nuire à un enfant, un adolescent ou même un adulte. Comment cela serait-il possible ? Peut-être que certains pensent qu’accepter et se lier à un élève risque de lui laisser penser que tout est permis et l’autoriser à se comporter n’importe comment. Mais, et c’est un point sur lequel a beaucoup insisté Daniel Favre, il faut faire la différence entre l’acceptation de l’élève et l’acceptation de ses comportements. Pour beaucoup de parents qui concilient très bien relation affective et exigences élevées, il s’agit là d’une évidence : aimer un enfant ne revient pas à tout lui permettre.
L’attachement des élèves à l’enseignant ne présente pas de risque ?
Je ne connais pas de théorie psychologique étayée qui permette de soutenir l’idée qu’une relation affective en elle-même puisse nuire. Finalement, ce n’est pas la relation affective qui a des effets négatifs, c’est plutôt la non prise en compte de son rôle central pour les élèves. Prenons un exemple : un des motifs du rejet des « sentiments » par les enseignants est la crainte des effets dévastateurs de la rupture inévitable en fin d’année scolaire. Dans cette logique, si les élèves s’attachent trop, ils pourraient être bouleversés lorsqu’ils doivent changer d’enseignants ou d’établissement. Ainsi, certains professionnels en concluent que, puisque que les élèves devront se détacher, autant qu’ils ne s’attachent tout simplement pas. L’argument est contestable. De plus, si le tabou des « sentiments » était dépassé, il serait envisageable de permettre aux élèves de maintenir un contact avec les enseignants qui comptent pour eux, le temps que d’autres relations prennent davantage de place dans leurs vies. D’ailleurs, ce maintien du lien enseignant-élève est fréquent, bien que les enseignants ne se sentent pas autorisés à l’évoquer dans l’institution. A travers cet exemple, on perçoit que ce qui peut avoir des conséquences négatives pour les élèves, ça n’est pas la relation affective mais le fait qu’on ne lui accorde pas la place qu’elle mérite.
Quelle est la limite à la relation affective pour un professionnel ?
Je dirais qu’il y a trois principales limites à la relation affective, mais toutes peuvent être dépassées et me préoccupent moins que les limites qu’il y aurait à rejeter la dimension affective. Tout d’abord, la première limite vient de ce que l’enseignant qui se trouve engagé dans des relations très prenantes affectivement peut alors y consacrer beaucoup de temps et d’énergie, ce qui risque de limiter le temps et l’énergie qu’il lui reste pour sa vie personnelle. Or, l’engagement affectif des enseignants ne doit pas les faire renoncer à leurs propres besoins. D’autant plus que, comme on le dit parfois, « pour bien s’occuper des autres, il faut aussi s’occuper de soi ». Il peut donc y avoir une peur à cet endroit.
Cependant, elle varie beaucoup d’un individu à l’autre. J’ai rencontré des enseignants qui voient leur travail comme une vocation et pensent constamment à leurs élèves et à leurs cours. Certains laissent volontiers la vie professionnelle se mêler à la vie privée, en laissant leur numéro de téléphone personnel ou en rencontrant les élèves et leurs familles hors de l’école, à l’occasion d’activités associatives par exemple. D’autres, tout en accordant une grande importance à la relation affective, séparent davantage vie personnelle et vie professionnelle. Évidemment, tout ça évolue au fil d’une carrière. Quoi qu’il en soit, reconnaître que l’équilibre n’est pas toujours évident à trouver et en parler en équipe aide à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain en décidant a priori que le lien affectif n’est pas possible parce qu’il risque de prendre trop de temps et d’énergie.
Il y a-t-il d’autres limites à la relation affective pour un professionnel ?
Une autre limite vient de la multiplicité des relations sociales en contexte scolaire. La relation entre un enseignant et un élève ne doit pas empêcher les relations entre ce même enseignant et ses autres élèves, ou encore entre les autres enseignants et les élèves. En sommes, la relation affective ne doit pas être exclusive. C’est pourquoi j’ai proposé de définir les sentiments des enseignants comme relevant d’une forme d’amour bien particulière, que l’on pourrait nommer amour altruiste, amour désintéressé ou encore amour compassionnel (dans le sens du terme grec agapè et non dans un sens religieux). Cette forme d’amour, qui peut être ressentie pour des proches ou pour de parfaits inconnus, n’implique pas de réciprocité. Elle n’implique donc aucune exclusivité. Il a été montré qu’elle avait des effets positifs dans différents contextes : au sein des relations parents-enfants évidemment, mais également dans le domaine du soin ou du travail social. Mes propres travaux ont indiqué que l’amour compassionnel des enseignants permettait l’établissement de relations affectives de qualité avec les adolescents, de nature à soutenir leur développement.
La relation affective enseignant-élève est au service du développement des enfants…
Une troisième limite à la relation affective vient de ce qu’elle peut mettre l’enseignant qui s’y engage, en particulier lorsqu’il n’a pas l’occasion de réfléchir pour conceptualiser cet engagement, dans une position intrusive vis-à-vis des élèves. C’est pourquoi il est indispensable de considérer la relation affective enseignant-élève comme asymétrique et au service du développement des enfants. Ainsi, l’enseignant porte une attention particulière au besoin d’autonomie de ses élèves. C’est un point sur lequel beaucoup de parents pourraient témoigner : ne pas entrer en relation avec un enfant et le laisser tranquille peut parfois être l’expression d’une grande attention bien plus que d’une négligence. Là encore, le concept d’amour altruiste ou compassionnel me semble pouvoir porter cette idée. La manière dont l’élève reçoit l’attention de l’enseignant est centrale et peut inciter l’adulte à s’effacer si l’enfant recherche de l’autonomie ou même de la distance. L’engagement affectif, défini comme asymétrique, n’est pas problématique sur ce point.
Les professionnels qui envisagent d’être utiles aux jeunes par le lien affectif ne manquent-ils pas d’affection eux-mêmes ?
Votre question me paraît très importante, parce que révélatrice de quelque chose. En effet, quelle importance finalement ? Si la relation affective est bénéfique aux élèves, pourquoi s’interroger sur les carences affectives des adultes qui pourraient s’y engager? Je crois même qu’une part du tabou peut s’expliquer par la crainte, pour un professionnel qui exprimerait l’importance de la relation affective qu’il établit avec les élèves, de dévoiler ses propres carences ou de se laisser percevoir comme un individu carencé. Car il y a là quelque chose de culturel : se montrer affectif revient à se montrer vulnérable. Or les équipes éducatives, tout comme d’autres équipes professionnelles, peuvent être très rudes avec ceux qui apparaissent comme vulnérables. Dans ce contexte, les enseignants ont raison de redouter de s’exprimer publiquement sur leurs « sentiments ».
Cette thématique n’a pas été investie massivement par les chercheurs…
Il existe tout de même quelques tentatives et je pense en particulier aux travaux de Philip Riley en Australie qui ont montré que les premières années d’enseignement fournissaient aux professionnels ce qu’il appelle une « expérience émotionnelle corrective ». Cela signifie que les relations établies avec les élèves au fil des premières années de métier permettent de rassurer ou sécuriser les enseignants. Ceci fournirait même une motivation à s’engager dans un métier relationnel. Une thèse assez proche a également été défendue par la pédopsychiatre Nicole Guédeney à propos des professionnels en santé mentale, dont d’une des motivations serait de revisiter leurs propres blessures affectives en prenant soin des autres. Cependant, cette thèse de la réparation vient se heurter à une autre idée.
Les travaux sur l’altruisme et sur l’amour compassionnel, intégrés à la théorie de l’attachement, prévoient au contraire que les professionnels s’engagent d’autant plus affectivement qu’ils se sentent eux-mêmes en sécurité affective. Selon ce modèle, ce serait donc les enseignants les moins carencés qui s’impliqueraient dans la relation aux élèves. Dans mes travaux, j’ai ainsi observé un lien entre le sentiment d’être soutenu par ses collègues et ses supérieurs et l’engagement affectif. Les enseignants et les éducateurs que j’ai rencontré le verbalisent aisément : pour se consacrer aux-autres, il est important de se sentir soit même reconnu et soutenu, dans sa vie personnelle mais également professionnelle.
En somme, il y aurait deux manières de s’occuper des autres : pour se rassurer soi-même ou, lorsque l’estime de soi est suffisante, par souci véritable d’autrui.
L’amour altruiste appartiendrait à la deuxième catégorie. Toutefois, la distinction n’est pas toujours évidente et on imagine que les deux motifs puissent se combiner. Je crois que la figure du professionnel totalement carencé qui ne s’engage affectivement que pour se sentir utile et reconnu est une situation qui nous inquiète et tend à nous faire rejeter l’idée même de relation affective, alors même qu’il ne s’agit que d’un cas-limite, relativement rare et susceptible d’évoluer. L’institution peut d’ailleurs jouer un rôle pour favoriser cette évolution. En effet, la qualité des relations professionnelles au sein des établissements, comme l’ont montré les travaux d’Eric Debarbieux sur le climat scolaire, sont susceptibles de sécuriser les enseignants et de les aider à s’impliquer par réel souci des élèves. Il n’en va donc pas uniquement de la responsabilité des enseignants, c’est-à-dire de leur propre personnalité, mais bien de la responsabilité collective au sein des institutions.
La mise en avant du lien affectif par un professionnel n’est-elle pas une façon de masquer un déficit de compétence pédagogique ?
Cette tendance à opposer le relationnel et le pédagogique n’est pas étonnante, même si elle est infondée. Sur ce point, il est intéressant de rapprocher cette opposition de la distinction chaleur / compétence proposée par les théoriciens du jugement social. En effet, les psychologues sociaux ont établi que, lorsque nous cherchons à nous faire une impression sur quelqu’un, nous mobilisons ces deux dimensions. La chaleur reflète les qualités relationnelles et sociales de la personne ou du groupe que nous jugeons, tandis que la compétence renvoie à ses qualités intellectuelles ou motivationnelles. De nombreux travaux, dont ceux de Vincent Yzerbyt en Belgique, ont permis d’observer un effet de compensation entre ces deux dimensions, c’est-à-dire une tendance à opposer ces deux types de qualité : nous avons tendance a juger moins compétent quelqu’un qui nous apparaît chaleureux et moins chaleureux quelqu’un qui nous apparaît compétent. On retrouve cet effet de compensation dans les stéréotypes nationaux par exemple : l’allemand est compétent mais froid tandis que le grec est chaleureux mais incompétent. Partant, dans certaines situations d’embauche, on conseille aux candidats qui passent un entretien de se montrer un peu froids pour que l’évaluateur les juge plus compétents.
Les enseignants les plus affectifs ne sont pas les moins compétents…
Cet effet compensatoire peut nous aider à comprendre la tendance à considérer les enseignants les plus affectifs comme les moins compétents. Cependant, il ne s’agit là que d’une conséquence de notre manière de produire rapidement un jugement social et les compétences réelles des enseignants n’y sont pas conformes. Il y a donc de nombreux enseignants qui se trouvent posséder à la fois des capacités relationnelles et des capacités pédagogiques. D’ailleurs, certains travaux récents sur la relation enseignant-élève, comme ceux de Theo Wubbels aux Pays-Bas, prennent en compte deux dimensions nommées affection et directivité, ou encore proximité et influence. C’est la combinaison de ces deux types de compétences, relationnelles et pédagogiques pour faire simple, qui produit les meilleurs résultats avec les élèves. En d’autres termes, il est non seulement possible, mais également bénéfique, de s’engager affectivement tout en maintenant un niveau d’exigences élevé avec les élèves.
Que diriez-vous à des enseignants qui culpabilisent le lien affectif qu’ils ont avec leurs élèves ?
Tout d’abord, je les rassurerais sur leur spontanéité en rappelant qu’aucune théorie psychologique ne contredit leur intuition : aimer ne fait aucun mal ! Par ailleurs, je les inviterais à partager, dans la mesure du possible, leurs émotions avec leur entourage professionnel. Il y a de fortes chances pour que leurs collègues soient bien plus investis affectivement qu’ils ne le laissent paraître. Et puis le partage et le soutien des collègues aident à s’engager affectivement et de manière positive dans les relations avec les élèves. Enfin, je leur proposerais de ne pas chercher à jouer la distance ou à cacher leur implication à leurs élèves mais leur conseillerais plutôt de montrer qu’ils sont attentifs à eux. Et si un élève, un jour, s’offusque pour une raison ou pour une autre en disant « pourquoi vous ne m’aimez pas monsieur (ou madame) ? », je suggérerais de ne pas se précipiter pour répondre « parce que je ne suis pas là pour t’aimer ». La relation profitera davantage d’une réplique curieuse du type : « qu’est-ce qui te fait dire ça ? ».
Je n'aime pas le terme de "Sans domicile fixe" car cela ne devrait pas suffire à mourir dans la rue. Le domicile de toutes ces personnes, c'est la France. Lorsque je pars en raid à vélo avec juste ma tente et que je me déplace tous les jours, je suis sans sans domicile fixe et je n'en meurs pas...Si cela finit aussi dramatiquement, c'est bien parce que ces personnes sont devenues comme "invisibles". Non pas "invisibles" à nos yeux quand nous les voyons dans les rues de nos villes mais "invisibles" aux yeux de l'Etat qui les abandonne.
Il n'est pas une seule communauté de "Peuples racines" qui laisseraient à l'abandon, jusqu'à la mort, un seul de ces individus.
Ici, dans un pays "riche", dont les valeurs sont celles des droits de l'Homme, l'Etat laisse aux associations bénévoles la mission d'intervenir. Tout ce qui devrait être fait avec l'argent des contribuables ... Cette proposition de loi de Coluche qui demandait à ce que chaque contribuable puisse choisir le domaine d'utilisation d'un pourcentage de l'impôt sur le revenu....Jetée aux oubliettes.
Une démocratie populaire et non représentative...C'est la seule solution...
Je vous invite à aller voir sur le site la liste complète des morts...Plus de 650, rien que sur Paris...
Le massacre continue : Liste des SDF morts dans votre département
Le 2 décembre 2015
Au moment où nous nous interrogeons sur la poursuite ou l’arrêt de l’aide que nous apportons aux personnes SDF (lire), faute d’écoute de notre gouvernement et face au silence de Madame la Ministre du logement et de son cabinet, nous avons souhaité diffuser la liste sur 5 années d’un massacre invisible des personnes que nous appelons hypocritement SDF.
Nous vous invitons à dupliquer notre communiqué dans l’espoir d’être reçus et écoutés par nos dirigeants.
Partager ce communiqué permettra de changer peut être notre politique sur la prise en charge des personnes SDF.
Le serment du jeu de Paume, le 20 juin 1789, tableau de Jacques-Louis David, musée Carnavalet, Paris.
Dans «Principe du gouvernement représentatif», initialement publié en 1993 et réédité le 10 octobre, Bernard Manin remet en cause l'élection au suffrage universel comme quintessence de la démocratie. Il explique pourquoi nos démocraties modernes n'en sont pas vraiment et pourquoi les révolutionnaires des XVIIe et XVIIIe siècles ont préféré mettre en place un système aristocratique plutôt qu'un gouvernement du peuple par le peuple.
«Principe du gouvernement représentatif.» Avec un titre pareil, ce livre ne figurera sans doute pas parmi le top des ventes de la Fnac. Malgré sa couverture jaune pétante et la mention «postface inédite», il a peu de chance d'être l'objet d'un achat impulsif.
Pourtant, je plaide pour que cet ouvrage soit distribué à toute personne en âge de voter, voire même remboursé par la sécurité sociale. En effet, ce livre pourrait bien bouleverser votre vision de la démocratie, du moins telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui.
Car Bernard Manin, direteur d'études à l'EHESS et professeur à la New York University, s'attaque ici aux fondements mêmes de notre système politique. Dès la première phrase, le ton est donné:
«Les démocraties contemporaines sont issues d'une forme de gouvernement que ses fondateurs opposaient à la démocratie.»
On a tendance à penser aujourd'hui que la délégation de la souveraineté populaire à des représentants était motivée par des contraintes techniques. C'est la taille et la population des Etats modernes qui auraient rendu impossible la démocratie directe, entend-on souvent. Manin démontre qu'il n'en est rien, et que, si aujourd'hui le peuple doit passer par le truchement de représentants pour faire entendre sa volonté, c'est pour des raisons beaucoup plus politiques que pratiques.
Il insiste sur le fait que les révolutionnaires anglais, français et américains ne se targuaient pas d'être des démocrates. Pour les instigateurs du gouvernement représentatif, il n'a jamais été question de fonder un gouvernement du peuple par le peuple, mais bien un système aristocratique, composé d'élites jugées mieux à même d'exercer le pouvoir en lieu et place des citoyens.
Les théoriciens de l'époque considéraient la représentation non pas «comme une approximation du gouvernement par le peuple» mais comme «un système politique substantiellement différent et supérieur» à la démocratie. Il cite Madison, un des pères fondateurs américains et 4e président des Etats-Unis, pour qui le but du système représentatif est «d'épurer et d'élargir l'esprit public en le faisant passer par un corps choisi de citoyens dont la sagesse est le mieux à même de discerner le véritable intérêt du pays».
En d'autres termes, le bas peuple n'étant pas assez compétent pour se gouverner lui-même, il est préférable de confier la conduite du pays à des élites éclairées. Nous sommes ici bien loin de l'idéal démocratique.
La disparition du tirage au sort
Mais alors, comment se fait-il que nous appelions démocratie ce système historiquement aristocratique? C'est une des questions auxquelles tente de répondre Bernard Manin dans cet ouvrage. Pour cela, il nous invite à remonter aux sources de la démocratie athénienne.
Selon lui, deux choses séparent les «gouvernements représentatifs» des démocraties antiques. D'abord le fait que le «gouvernement représentatif n'accorde aucun rôle institutionnel au peuple assemblé» alors qu'à Athènes, chaque citoyen pouvait siéger à l'Ecclésia (assemblée), participer aux débats et voter les lois. Il fait ensuite remarquer que la plupart des charges publiques y étaient pourvues non pas par élection, mais par tirage au sort (nous en parlions ici).
Cette méthode de désignation des représentants utilisée quotidiennement à Athènes, mais également dans nombre de République italiennes à la Renaissance (Florence, Venise...), était alors intimement liée à la démocratie.
Montesquieu ne s'y était d'ailleurs pas trompé quand il écrivait que «le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie». Pourtant, «aucun des régimes représentatifs établis depuis deux siècles n'a attribué par le sort la moindre parcelle de pouvoir politique», fait remarquer Manin. Il note d'ailleurs que le tirage au sort est aujourd'hui considéré comme absurde et anachronique. Ce qui a le don d'irriter l'auteur et de le faire sortir de la réserve qui caractérise généralement les universitaires pour interpeller le lecteur:
«Comment pouvons-nous ne pas pratiquer le tirage au sort, nous qui nous déclarons démocrates?»
Il montre que ce procédé a été sciemment occulté par «les élites cultivées qui établirent le gouvernement représentatif» au profit d'une méthode de sélection aristocratique: l'élection.
Aristote, Harrington, Montesquieu ou encore Rousseau avaient déjà mis en avant le caractère aristocratique de l'élection. Ici l'auteur vient valider cette intuition. Il démontre que «l'élection, ne peut, par sa nature même, aboutir à la sélection de représentants semblables à leurs électeurs».
Bernard Manin explique pourquoi, malgré son caractère inégalitaire, l'élection s'est imposée dans les démocraties représentatives au détriment du tirage au sort. Pour lui, l'émergence de l'école du droit naturel, portée par Locke et Hobbes, a joué un rôle important dans ce basculement en fondant la légitimité de la représentation sur le consentement du peuple, consentement moins évident à obtenir avec le tirage au sort.
«Il n'importait plus que les fonctions publiques soient distribuées de façon plus ou moins égale entre les citoyens. La seule chose qui comptait vraiment était que leurs titulaires soient désignés par le consentement des autres», analyse Manin. Et non contents de choisir un mode de désignation aristocratique, les tenants du gouvernement représentatif ont également fait en sorte que «les élus soient issus d'un rang social plus élevé que ceux de leurs électeurs, qu'ils se situent plus haut», ce que l'auteur appelle «le principe de distinction».
Le triomphe de l'élection
Mais, c'est avec l'avènement du suffrage universel que l'élection s'est profondément ancrée dans les mœurs occidentales. L'extension du droit de vote aux plus démunis pouvant laisser penser que «le gouvernement représentatif se muait peu à peu en démocratie». Pour autant, l'élection n'en est pas devenue démocratique, notamment parce que les élus n'ont toujours eu à rendre compte de leurs actes à leurs électeurs.
En effet, les mandats impératifs et la possibilité de révoquer les représentants, qui auraient obligé les représentants à mettre en œuvre la volonté populaire, n'ont jamais été mis en place. On ne peut donc pas parler de gouvernement indirect par le peuple, car les représentants n'ont pas pour vocation de transcrire la volonté populaire en loi mais de faire ce qu'ils jugent le plus opportun pour l'intérêt général.
Manin nuance toutefois son propos en rappelant que le caractère récurrent des élections pousse les élus à prêter une oreille attentive aux gouvernés, à anticiper leur jugement, sous peine de ne pas être réélus. En ce sens, le gouvernement représentatif est un régime mixte où des éléments démocratiques sont incorporés à un système par nature aristocratique.
Dans le dernier chapitre de son ouvrage, Bernard Manin retrace les évolutions qui ont marqué les gouvernements représentatifs au cours des deux derniers siècles. Il explique qu'aux débuts du gouvernement représentatif, les parlementaires étaient principalement des notables, élus pour leurs attaches locales, dont les votes étaient fondés sur les discussions à l'Assemblée et non sur la volonté populaire.
Puis, avec l’avènement du suffrage universel au milieu du XIXe siècle, des partis de masse se sont créés pour encadrer les votes, transformant les parlementaires en hommes d'appareils dont les votes à l'Assemblée étaient dictés par la discipline du parti.
Au début des années 1970, la «démocratie de parti» s'est essoufflée et a laissé la place à la «démocratie du public», caractérisée par l’émergence de leaders politiques devenus experts en communication, dont l'élection se fonde principalement sur l'image qu'ils renvoient, contrairement à la période précédente où les électeurs forgeaient davantage leur avis en fonction du programme électoral.
Mais malgré les évolutions qu'a connu le gouvernement représentatif, «il est tout le moins incertain que l'histoire soit allée dans le sens d'un rapprochement entre gouvernants et gouvernés et d'un plus grand contrôle de ceux-ci sur ceux-là», fait valoir Bernard Manin.
Malgré cette démocratisation en trompe l’oeil, «le rapport entre représentants et représentés est maintenant perçu comme démocratique alors qu'il fut conçu en opposition avec la démocratie». Pour l'auteur, cette confusion sémantique et historique tient à l'ambivalence des gouvernements représentatifs et de leur corollaire, l'élection, à la fois aristocratiques et démocratiques.
La force de cet ouvrage est de nous faire réfléchir à la signification de la démocratie, et au rapport entre gouvernants et gouvernés, dans les «démocraties» contemporaines. En décrivant les institutions démocratiques de l'Athènes antique et leur fonctionnement, il propose également des clés pour penser un système politique où le citoyen serait acteur et non pas simple spectateur consentant.
Certes, Principes du gouvernement représentatif ne se lit pas avec autant d'aisance que les livres de Stéphane Hessel ou de Marc Lévy. Mais pour un ouvrage aussi dense et riche, qui présente avec clarté de nombreux concepts qui ont marqué l'histoire de la théorie politique, il reste étonnamment accessible. Aucune raison donc de vous en priver, surtout qu'un classique de la théorie politique tel que celui-là est toujours du plus bel effet dans une bibliothèque.
« Un Homme de paix n'est pas un pacifiste, un Homme de paix est simplement un espace de silence.
Cet Homme impulse une nouvelle sorte d'énergie dans le monde, il chante une chanson nouvelle. Il vit d'une façon totalement neuve.
Sa manière même de vivre est du domaine de la grâce, de la prière, de la compassion.
Qui que ce soit qu'il touche, il crée davantage d'énergie d'amour.
L'Homme de paix est créatif. Il n'est pas contre la guerre, car être contre quoi que ce soit, c'est être en guerre.
Il n'est pas contre la guerre, il comprend simplement pourquoi la guerre existe. Et à partir de cette compréhension, il devient paisible.
C'est seulement lorsqu'il y aura beaucoup de gens qui seront des fontaines de paix, de silence, de compréhension, que la guerre disparaîtra. »
Traduit de l'anglais: Osho The Path of Paradox vol. 2, Rebel Publishing
...car être contre quoi que ce soit, c'est être en guerre..." J'en suis persuadé mais comme il est difficile d'arrêter de lutter...Cette habitude de l'oppostion marquée comme une empreinte, comme si l'énergie déployée allait inverser les choses, contenir les noirceurs....Mais le temps que je passe à "lutter", je ne l'utilise pas à propager cet Amour qui manque tant...Et je me trompe donc de méthode....Apprendre à user avec justesse de son énergie...C'est là que la maîtrise émotionnelle et l'analyse de l'ego prend tout son sens.
Le simple fait de lire des "informations" qui me hérissent...Quelle en est l'utilité ? Aucune si je m'arrête au constat. Ce sont des pensées incarcérées dans les geôles émotionnelles de la colère. Et rien de bon n'en sort. Les émotions et leurs effets....J'aurai au moins appris ces derniers mois à autopsier le phénomène.
A défaut de le maîtiriser encore...
La lutte directe contre les phénomènes ou les gens qui me révoltent par leurs actes ou leurs paroles, j'ai longtemps cru que c'était un "devoir", une nécessité, mon implication dans des combats justifiés. Mais le temps et l'activité réelle ou intellectuelle que j'y consacre ne permet pas de produire un évènement contraire. C'est comme si je jetais de l'essence sur le brasier.
Il ne s'agit donc pas d'allumer un contre-feu mais d'aller ailleurs planter des arbres. Et ces arbres renforceront l'épaisseur et l'étendue de ces terres de paix et d'amour.
Il ne s'agit donc pas d'agir comme un pompier effréné mais comme un jardinier aimant.
Et finalement, en écrivant, un roman sur la sexualité sacrée et l'Amour divin, je contribue peut-être davantage à cette dispersion des pollens et à l'hommage envers la Vie.
Au lieu de m'épuiser à contenir les flammes des incendies. Comme si moi, du haut de mes insuffisances, je pouvais me dresser contre l'inconscience diffusée. C'est absurde et prétentieux.
Si je travaille dans mon potager, je suis plus utile à la Terre que si je me contente de brailler contre les chimistes de Monsanto. Une fois que j'aurai planté mes graines et que j'aurai appliqué tout ce qui doit être fait, il sera toujours temps de prendre la plume.
Rester dans l'instant et dans l'acte. Avant de s'étendre dans les confins nauséeux des luttes intellectuelles.
Être jardinier avec son arrosoir et déposer les lances d'incendie, éteindre les sirènes, couper les gyrophares.
Il y a neuf ans, nous avons cofondé Colibris avec Pierre Rabhi, Isabelle Desplats et quelques autres, avec l’espoir de créer un vaste mouvement, incarnant les valeurs portées par Pierre. Nous n’étions qu’une poignée. Aujourd’hui, nous sommes 200 000 colibris à participer à cet élan pour transformer la société.
Pendant sept ans j’ai dirigé le mouvement. À l’été 2013, j’ai décidé de consacrer tout mon temps et toute mon énergie à faire un film, qui rassemblerait tout ce que j’ai compris et appris pendant toutes ces années. Un film qui raconterait une histoire inspirante, émouvante, concrète, montrant à quoi notre monde pourrait ressembler, si nous mettions bout à bout toutes les solutions que nous connaissons déjà. Ce film est sorti mercredi, il s’appelle DEMAIN. Je l’ai réalisé avec l’actrice et réalisatrice Mélanie Laurent, et Colibris l’a co-produit.
Près de 24 000 personnes l’ont vu dans 50 villes à travers la France et, toujours, la réaction est la même : « on sort avec une pêche d’enfer, de l’espoir, l’envie d’agir... ».Rob Hopkins, le fondateur du mouvement de la Transition, Vandana Shiva, Thierry Salomon (NégaWatt), Nick Green, l’un des fondateurs des Incroyables Comestibles,Emmanuel Druon (Pocheco) ont tous adoré DEMAIN. Rob veut l’utiliser dans les 50 pays où son mouvement est présent comme un outil d’éducation et de mobilisation. A la COP21, Vandana Shiva a proposé à Ségolène Royal d’utiliser le film comme un programme pour changer la France. C’était génial à entendre…
Mais maintenant, on a besoin de vous.
DEMAIN est sorti mercredi et nous avons la chance qu’il soit diffusé dans 154 salles de cinéma, grâce à notre distributeur. C’est une occasion formidable de sortir des réseaux purement militants et de faire passer notre message au grand public. Mais si nous ne sommes pas assez nombreux à aller le voir cette semaine, il disparaitra progressivement, dès la semaine prochaine.
J’ai travaillé à créer cet outil pour nous tous. Pour qu’il soit le plus utile possible à tous les colibris. Alors, si vous en avez l’élan, allez le voir ce week-end avec votre famille et vos amis. Faisons mentir tous ceux qui croient que la plupart des gens se fichent de ces sujets et qu’ils ne s’intéressent qu’à Star Wars et James Bond. Nous sommes plus nombreux que ce que nous croyons. Nous n’avons pas pu marcher pour le climat, alors faisons de ce film le succès inattendu de ce mois de décembre.
Personnellement, je trouve ça magnifique. Tendre, pudique, grave, douloureux, plein d'espoir et de rêves, alourdi par les drames, béni par l'amitié, tenté par l'amour...
Un regard sur l'enfance, sur l'adolescence, sur le monde adulte qui leur est présenté et dans lequel ils doivent réussir à s'inscire...
Publié le 30/11/2015. Mis à jour le 01/12/2015 à 19h01.
Après le succès d'“Anaïs s'en va-t-en guerre”, Marion Gervais récidive avec une websérie pleine de lumière et de douceur sur une bande d'ados fans de skate.
C'est beau, parfois, la vie d'un ado. Surtout lorsqu'on la filme au ras du bitume, sans surplomb. En voici sept magnifiques spécimens, des passionnés de skate qui vivent à proximité de Saint-Malo, entre campagne rase et zones commerciales qu'ils réenchantent à leur manière : en faisant un maximum de bruit avec leur planche. Ils ont entre 13 et 15 ans, se baffrent de Choco BN, de chips low-cost et boivent des panachés, vautrés dans un vieux canapé récupéré pas loin de Jardiland (un peu comme dans The Wire, mais version Bisounours). La bande de potes ne fait rien d'autre que tuer le temps en attendant d'être en vacances (à Barcelone pour les plus chanceux) et plus généralement d'être adultes (avec un boulot cool, si possible) dans ce skatepark qui leur sert à la fois de défouloir et de micro-utopie.
La réalisatrice Marion Gervais capte ces longues journées avec un regard attendri, presque maternel. Et en tire une websérie gracieuse, portée par la nostalgie de cet ennui adolescent qui est le bonheur-même. Diffusé en tranches de six minutes sur lanouvelle plateforme créative de France Télévisions, IRL (les deux premiers épisodes sont déjà en ligne), La Bande du skatepark pourrait être du Larry Clark à la sauceTomboy (ou Les Seigneurs de Dogtown sur la Côte d'Emeraude). Ainsi qu'un petit film solaire sur l'un des plus beaux sujets du monde : la glandouille !
On pense aussi au doc de David André, Chante ton bac d'abord, sur les lycéens de Boulogne-sur-Mer, dans une version minipousses (« Passe ton brevet d'abord » ?), avec des séquences brutes, sans voix off, dans une France périurbaine un peu floue, n'appartenant ni réellement à la ville, ni à la campagne, ni à la banlieue, mais aux lisières des trois. Enzo, Glen, Liam, Pierrot et les autres appartiennent à la classe moyenne ; ils portent des fringues de surf mais raclent le fond de leurs poches pour se payer un kebab et plantent des patates dans les champs en rêvant de trips en Australie. A ce titre, le skate incarne aussi bien les derniers jeux de l'enfance que le désir de fuite en avant, le besoin effréné de vie, de ville, d'émancipation.
Marion Gervais confirme ici son talent (son sens du cadre, de la photo, le choix de ses sujets et l'amour qu'elle leur porte). Pendant longtemps, elle a réalisé des castings sauvages pour les autres (Julian Schnabel, Claire Denis, Bruno Podalydès…) et voyagé au gré du vent avant de tenter une première expérience documentaire en 2008 (La bougie n'est pas faite de cire mais de flammes, sur une petite fille rom vivant à Montreuil). Puis, l'année dernière, un autre film au budget archimodeste, produit pour la chaîne locale TV Rennes, qui a ensuite connu un succès fou sur Internet (près de sept cent mille visionnages !) et vient de sortir en DVD (achat hautement recommandable). Anaïs s'en va-t-en guerre suit une jeune maraîchère de 24 ans, fauchée mais battante, passionnée par les plantes aromatiques et cultivant une pugnacité à toute épreuve (le portrait a sucité une vague de solidarité sur les réseaux sociaux qui a aidé l'agricultrice à monter son affaire).
La Bande du skatepark devrait être diffusé en version longue sur TV Rennes (on ne renie pas ses racines) mais trouve sur la plateforme de France Télévisions un relais bienvenu dans un format convaincant (en huit épisodes). Quitte à vous promener sur le site, on vous invite aussi à jeter un œil (actualité COP21 oblige) aux Chroniques écologiques du Professeur Feuillage (une sorte de C'est pas sorcier rigolard sur le réchauffement climatique) et à approfondir le sujet avec les (encore une fois) excellentes synthèses de Julien Goetz et Henri Poulain (#Datagueule).
Entre 2014 et 2015, j'ai suivi une formation qualifiante en sophrologie analysante, par sessions, pendant plusieurs mois.
J'ai obtenu cette certification professionnalisante et je pourrais ouvrir aujourd'hui un cabinet libéral.
Cette formation était menée par une sophrologue professionnelle excerçant, avec grand talent, depuis de nombreuses années et ayant déjà organisé de nombreuses formations.
Est-ce qu'il aurait été possible que cette personne m'accorde ce "diplôme" et me donne le feu vert pour accompagner des patients si j'avais été frappé de "confusion mentale" comme le dit le Rectorat ?
Ce blog atteindra l'an prochain un million de pages lues. Est-ce des textes mettant à jour une grande "confusion mentale" ? Est-il possible qu'autant de personnes s'intéressent aux propos d'un esprit dérangé ?
J'ai cinq romans publiés dont un qui a reçu deux prix littéraires. On pourrait me dire que les éditeurs aiment parfois publier des écrits de gens passablement perturbés... Mais étant donné qu'un nombre important d'éditeurs ont répondu à mes courriers en me disant que mes écrits ne les intéressaient pas parce qu'ils étaient "trop ardus et pas à la portée du lecteur lambda", est-ce que je dois en conclure que ma grande "confusion mentale" me rend incompréhensible ou que mes écrits sont effectivement suffisamment construits et riches pour exiger une certaine attention de la part du lecteur ?
J'ai exercé 33 ans comme instituteur et j'ai bien entendu été inspecté plusieurs fois. J'ai eu à mes côtés plus de mille enfants sur ma carrière et j'ai bien évidemment eu à rencontrer un très grand nombre de parents. J'ai exercé dans cinq départements différents et je ne compte plus toutes les écoles où j'ai travaillé. J'ai suivi plus de 1500 heures de formation continue auprès de conseillers pédagogiques. J'ai passé et obtenu le concours de "Professeur des écoles", reçu au premier passage.
Est-ce que je dois en conclure que tous ces gens que j'ai croisés ont été incapables de percevoir en moi un esprit dérangé ? On pourrait me dire que je suis parti en vrille ces derniers mois...Oui, effectivement, ça aurait pu être recevable mais, sur injonction du Rectorat, je suis depuis plusieurs mois une thérapie chez une psychiatre et elle voit en moi "un esprit rationnel, clairvoyant et possédant une grande capacité d'analyse sur lui-même et le monde" et nullement un "esprit malade". Est-ce qu'il est possible qu'elle aussi, elle se trompe ?
Au regard de l'institution, je suis donc une personne "instable, confuse et perturbée" mais en me refusant les demandes de reconversion pour des raisons fallacieuses, elle me "condamne" à retourner enseigner et donc à être responsable d'une part de l'avenir des enfants. N'est-ce pas effroyablement contradictoire ? Si je suis "malade", pourquoi veulent-ils que j'aille enseigner ?...
Serait-ce donc que le Ministère considère qu'il est préférable pour elle de laisser n'importe quel esprit sain ou malade enseigner que de s'occuper réellement de l'état psychique du personnel enseignant ? La réponse est bien évidemment : OUI.
Il n'est qu'à voir les quelques massacreurs d'enfants qui sévissent dans ce milieu. Des esprits malades qui ne méritent pas l'honneur d'avoir pour mission d'enseigner.
Je sais très bien que je ne suis pas un esprit malade. Un esprit qui souffre de tout ça, c'est certain. Et un corps qui en subit les conséquences.
J'aurai au moins profité dans cette histoire de l'opportunité de m'analyser encore davantage, de travailler sur la gestion émotionnelle qui m'importe tant, de prendre conscience, encore une fois, de l'extrême fragilité ou même illusion que les liens professionnels peuvent créer.
D'éprouver aussi combien mes proches m'aiment. Bien que je le savais déjà. Disons que j'ai pris davantage de temps et accordé davantage d'attention à saisir cet amour, à l'accueillir, à l'honorer, à le nourrir de mon mieux.
J'aurais également re-découvert avec une acuité re-doublée l'extrême attachement que je porte à la Nature et je me réjouis de mes derniers engagements pour mettre en acte cet Amour que je ressens.
A ceux ou celles qui penseraient que mes propos sont exagérés et que les manifestations doivent être "contenues", que l'Etat n'est pas "violent" mais juste et que les gens qui se comportent "normalement" ne risquent rien, je rappellerais brièvement ce que je vis depuis un an et demi. J'ai refusé de collaborer à la destruction planifiée de l'école et après 33 ans de carrière comme instituteur, l'institution considère que je n'ai droit à aucune reconversion. Mes deux dernières demandes viennent d'être refusées. Surveillant en collège ou Maître G (travail sur le comportement). Je n'ai pas les formations adéquates...En même temps, l'Etat a fermé la formation des Maîtres G et donc, le Rectorat ferme les postes puisque personne ne peut les demander...Et surveillant de collège, ça n'est pas une "reconversion"....
J'ai été convoqué quatre fois en hôpital pyschiatrique, les personnes qui m'ont reçu ont dit que j'étais dans "une grande confusion mentale et que je devais suivre une thérapie longue" pour obtenir un congé. J'ai été humilié, détruit, pyschologiquement, et je suis effectivement tombé malade. De multiples pathologies dont certaines inquiétantes...
Aujourd'hui, plus personne ne s'occupe réellement de mon dossier et après les mensonges et l'incompétence des personnels de l'IA, je ne mets plus les pieds dans les bureaux du rectorat. J'ai été mis à demi-salaire pendant cinq mois et il a fallu que je me batte juridiquement pour récupérer mes droits. Je n'ai aucune autre option que de retourner en classe et par conséquent de renier mes convictions, uniquement parce qu'elles s'opposent aux injonctions gouvernementales. Je dois me trahir et me soumettre.
Alors, qu'on ne vienne pas me dire que mes propos envers cet Etat sont exagérés ou que je suis dans une grande confusion mentale. Si je n'avais pas eu à mes côtés une femme infiniment aimante et trois ados qui me soutiennent, je ne sais pas où j'en serais aujourd'hui...
La confrérie des "collègues enseignants" du secteur m'a unaniment tourné le dos.
Je vis depuis un an et demi, reclus et tenu de rester à mon domicile. Pour me rendre six jours chez mes parents en Bretagne, il a fallu que j'en demande l'autorisation un mois et demi à l'avance et attendre la réponse officielle, par écrit, avant de m'organiser. Je peux être convoqué n'importe quand.
Je fais donc une thérapie avec une psychiatre privée puisque c'était la condition essentielle pour l'établissement de mon congé. Cette femme médecin est consternée de l'attitude destructrice du Ministère et elle me soutient intégralement. Non seulement, elle affirme que je ne suis absolument pas dans une "confusion mentale" mais que l'analyse macroscopique que j'ai construite pendant trois ans relève d'un esprit parfaitement lucide. Elle a téléphoné à mon médecin généraliste pour lui donner ses conclusions et il m'a raconté qu'elle trouvait en moi "un raisonnement extrêmement abouti, sans aucun trouble psychologique avéré sinon une très profonde souffrance et culpabilité au regard des enfants. "
Alors, non, je ne suis pas "fou" et je sais parfaitement de quoi je parle.
Je ne sais pas comment tout ça se terminera mais j'aurai au moins pour moi, et c'est l'essentiel, la certitude de ne pas avoir trahi celui que j'ai toujours essayé d'être.
Bientôt 1 million de vues en quelques heures. Cette compilation de captures prises le 29 novembre dernier lors des manifestations en faveur du climat se répand comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux. On peut y voir les affrontements violents depuis l’intérieur, comme vont le vivre nombre de militants écologistes. Mais d’où vient la terreur ?
Son auteur n’est autre que « Boby », le jeune anonymous français condamné récemment à des peines de prison avec sursis (avec deux congénères) pour avoir « attaqué » des sites gouvernementaux. Le jeune homme a compilé une série de clips, vidéos et films tournés par différents observateurs tout au long de la journée du 29 novembre, où était organisée la marche citoyenne en marge de la COP21.
Cette Marche pour le Climat qui avait pourtant bien débuté s’est terminée dans le chaos le plus total. Avec quelques 316 manifestants en garde à vue, un mémorial dévasté et la violence de quelques personnes anonymes et encagoulées, nombre de médias nationaux ont offert une vision à sens unique des évènements. Une simple recherche des mots « violence COP21 » montre systématiquement les mêmes images de cette minorité violente en marge de la manifestation. Nombre de témoignages avaient alors offerts une version alternative des évènements, plus mesurée et en phase avec les nuances de la réalité.
Boby a donc tenté d’offrir cette version alternative en compilant d’innombrables séquences filmées par divers spectateurs présents. Bien qu’elles fassent volontairement l’impasse sur la minorité black-block présente à la manifestation, les images offrent un tout autre regard du point de vue des manifestants pacifistes : des policiers qui écrasent le mémorial à plusieurs reprises, des bousculades violentes de personnes assises, un vieillard matraqué sans véritable raison et des personnes âgées bousculées, des rafles totalement aléatoires, des manifestants souriants qui scandent des slogans de non-violence, à n’en pas douter, ces images tranchent avec l’idée qu’il est possible de se faire en lisant les informations traditionnelles.
Si ces violences policières furent dénoncées par les associations, dont la Ligue des Droits de l’Homme, personne ne nie la présence de quelques personnes encagoulées, provoquant les forces de police. Ces provocations semblent cependant servir de prétexte et de couverture et un déchainement de violence de la part des forces de police. Le jeune anonymous ne mâche pas ses mots : « Parce que les médias désinforment et stigmatisent, après 8 heures de travail, de recherches sur internet pour réaliser cette vidéo, et des larmes d’émotions face à ces souvenirs, voici des images de ce dimanche 29 novembre, « oubliées » des JT.«
Quelques heures après avoir publié sa compilation sur facebook, plus de 800.000 personnes l’avaient déjà visionnées pour près de 30.000 partages. On vous invite à la découvrir par vous même afin d’émettre votre propre jugement.
Partager la publication "COP21: une compilation des violences policières devient virale"
La scène suivante se passe en France, en Lorraine, le 2 octobre 2015.
600 000 € d’argent public alloué à un « centre de formation »… Jusque là, rien de particulièrement choquant… sauf quand on regarde QUI est sensé être formé et à QUOI …
Car derrière ce titre pompeux se cache en réalité un transfert de fond pour la formation militaire en Arabie Saoudite !!!
Comment un tel vote est-il possible au Conseil Régional de Lorraine sans pot de vin ou corruption d’élus ? Une vidéo a partager le plus possible pour ouvrir les consciences !
Quand on entend parler de géo-ingénierie, c’est généralement autour de théories du complot qui postulent que des « méchants » répandraient anonymement du poison dans l’atmosphère à l’échelle mondiale… Il s’avère que si la géo-ingénierie est une discipline réelle et connue depuis la 2eme guerre mondiale, la réalité est plus pragmatique quant à son utilisation. Un reportage Arte fait le point sur ces pratiques qui risquent pourtant de s’imposer parmi les « solutions » contre le changement climatique.
La géo-ingénierie est la manipulation technologique et délibérée du climat terrestre, notamment pour contrecarrer les effets du réchauffement climatique. Testée depuis plus de 70 ans pour générer des pluies locales (agriculture) ou éclaircir le ciel lors d’opérations militaires, cette technologie revient en force, soutenue par d’étranges lobbies privés. Leur objectif, pulvériser des particules de soufre dans la haute atmosphère terrestre, s’inspirant de ce que font les volcans, afin de réfléchir les rayons du soleil et limiter le réchauffement climatique.
Depuis toujours, les décideurs se refusent officiellement à céder à cette option de facilité qui ferait le bonheur des multinationales de l’énergie. Il est même implicitement mal vu d’évoquer cette solution lors des grandes conférences pour le climat. Cependant, vont-ils résister bien longtemps face aux pressions des acteurs économiques surpuissants ? Quels sont les risques si la géo-ingénierie est adoptée à l’échelle globale ?
Dans le reportage « Les apprentis sorciers du climat » diffusé ce 24 novembre, Arte fait le point sur l’état de ces technologies capables de modifier le climat à l’échelle locale et désormais planétaire. Loin des clichés conspirationnistes, on y aborde les véritables enjeux de civilisation et cette scission très marquée entre ceux qui veulent perpétuer leur « business as usual » (industries, conservateurs, capitaux,..) et ceux qui aspirent à une nouvelle ère de raison (modes de vie, durabilité,..). Alors que la COP21 débute, la géo-ingénierie sera-t-elle sur la table des débats ? Que doit-on craindre ?
Dans son enquête, Arte met le doigt sur un élément particulièrement intéressant. Aux États-Unis, ce sont les mouvements conservateurs, ceux qui nient la réalité du réchauffement climatique et se rangent aux côtés des multinationales du pétrole, qui soutiennent également le plus la géo-ingénierie. Comment peuvent-ils soutenir une solution à un problème qui n’existe pas, selon eux ? C’est un élément troublant qu’il convient de comprendre.
En pratique, deux grandes solutions face au changement climatique s’affrontent. Le plan A réside dans la décision collective, politique et citoyenne de changer de mode de production et de consommation (transition durable). C’est ce que tentent de faire sans succès les décideurs des grandes conférences internationales pour le climat. Le second plan, refusé jusqu’ici par les décideurs, mais encouragé par de puissants lobbies économiques, est la géo-ingénierie. Et pour cause, cette solution de facilité marquerait le triomphe des solutions industrielles, laissant par la même occasion la possibilité à l’ère pétrolière de perdurer de nombreux siècles. Par ailleurs, la géo-ingénierie, présentée comme miraculeuse, détruirait toute volonté de changer les modes de vie et de développer des alternatives durables, perpétuant la société de consommation comme nous la connaissons.
Mais la solution est-elle si « miraculeuse » ? Selon plusieurs experts, de nombreux risques existent : la météo locale serait notamment perturbée partout à travers le monde. On enregistrait des augmentations de pluies par certains endroits face à des désertifications ailleurs. Dans l’éventualité où chaque pays déciderait seul d’utiliser cette technologie pour protéger sa population du réchauffement, les conséquences climatiques sur les autres pays seraient désastreuses. La technique utilisée de manière incontrôlée peut, en effet, déstabiliser l’agriculture, donc l’accès à l’alimentation, et forcément engendrer des conflits.
Si nos gouvernements cèdent aux pressions des intérêts économiques, l’application de la géo-ingénierie à l’échelle planétaire amorcera un mécanisme sans fin de régulation du climat. En effet, pulvériser des particules dans l’atmosphère, créant un bouclier de réflexion, ne résout pas le problème du réchauffement, il le contourne. Une manière de s’attaquer à la conséquence pour perpétuer les causes. Deux phénomènes vont alors s’additionner : le réchauffement d’un côté, et la tentative chimique de refroidissement. Ceci engendrera des effets pervers inévitables dont nous pourrions un jour perdre le contrôle, risquant de précipiter la fin de la civilisation.
En effet, si le choix de la géo-ingénierie est adopté pour sauver l’ère carbone et la croissance fulgurante de l’économie mondiale, l’Homme s’engagera probablement à bruler jusqu’à la dernière goutte de pétrole, perpétuant de nombreuses conséquences environnementales, bercé par l’illusion que le changement climatique n’est plus un problème. Dans le même temps, durant des siècles et des siècles, l’humanité devra pulvériser de plus en plus de particules dans l’atmosphère pour contrer les effets du réchauffement toujours plus important. Un soucis majeur se pose : si, pour une raison quelconque (crise, guerre, politique, idiocratie,…), l’humanité cesse soudainement de pulvériser ces particules, le réchauffement sera brutal et immédiat, ne laissant plus aucune chance aux espèces de s’adapter.
À n’en pas douter, les yeux du monde seront rivés sur la COP21. La géo-ingénierie va-t-elle être présentée comme solution miracle ? Ou, au contraire, va-t-on lui faire résistance ? Veut-on sauver le climat ? Ou la croissance ?
Pourquoi notre gouvernement a-t-il livré une guerre sans merci contre Bachar El-Assad avant de faire marche arrière contre Daesh ? D’où vient RÉELLEMENT ce groupe terroriste ? Face à la désinformation ambiante et aux multiples mensonges d’Etat, voici donc un résumé en 90 secondes pour tout comprendre :
Un constat effrayant, que notre cher Premier Sinistre Manuel Valls n’a pas hésiter à mettre de côté. Petit retour sur deux des déclarations les plus significatives, pour ceux qui auraient la MEMOIRE COURTE :
1/ Quand Manuel Valls déclarait lutter avec le Qatar et l’Arabie Saoudite contre Daesh (alors que ces derniers le financent…) :
Ceux qui attendent du documentaire de la comédienne Mélanie Laurent un déluge de mièvreries en seront pour leur frais : "Demain", ce mercredi 2 décembre sur les écrans, est d’abord un manifeste politique.
Mélanie Laurent et Cyril Dion, réalisateurs du documentaire "Demain". (Mars Distribution)
Le spectateur, même le mieux disposé à l’égard des idées écologistes, sait bien qu’un spectre redoutable hante souvent les films, livres et discours écolos : le boy-scoutisme. Que les disciples de Baden-Powell ne prennent pas ombrage : cet état d’esprit positif et plein d’appels à "se relever les manches" est sans doute très formateur pour les jeunes gens, mais il jette sur les propos écolos une ombre terrible, celui de la bonne volonté.
Vous savez, cette croyance selon laquelle si tous les hommes consentaient une minute, une seule minute, à cesser d’être belliqueux et cupides, le climat et la biodiversité en seraient sauvés.
C’est sans doute vrai, mais l’on ne sache pas que depuis qu’il existe, le genre humain a jamais renoncé à être ce qu’il est : une créature compliquée, parfois altruiste, parfois poétique, mais le plus souvent prédatrice. Une "B.A." pour dix saloperies. Et il y a fort à supposer qu’une seule chose est en train de permettre à cette créature de ne pas s’autodétruire après avoir tout ravagé, et cette chose s’appelle la politique : lutter pour que, dans les décisions publiques, certaines idées s’imposent au détriment d’autres, sans compter (ou alors à la marge) sur les bonnes volontés individuelles.
Beaux parleurs
Tout cela pour dire que "Demain" le documentaire réalisé par la comédienne Mélanie Laurent et son compagnon, le journaliste Cyril Dion, qui sort sur les écrans ce mercredi 2 décembre, aurait pu être un truc de boy-scouts. Mais il ne l’est pas. "Demain", c’est de la politique. Rappelons son propos. Partant d’une étude alarmante parue dans la revue scientifique "Nature" disant que notre planète (et donc, une partie de l’humanité) risque d’être épuisée d’ici à 2100, Dion et Laurent décident de réaliser un tour du monde pour rencontrer ceux qui "proposent des solutions".
Photo du film "Demain". (Mars Distribution)
Mais attention, ce ne sont pas des beaux parleurs nous enjoignant àchanger nos modes d’être : ce sont des citoyens nous montrant comment, eux, ils ont fait. Par exemple, les habitants de Copenhague s’apprêtent, grâce à un mode de vie repensé, à se passer complètement des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) pour les renouvelables (solaire, éolien, géothermique) d’ici à dix ans. Ce ne sont pas que des mots. Concrètement, ces 570.000 humains au mode de vie on-ne-peut plus occidental ne contribueront plus au réchauffement climatique en 2025. L’Islande est déjà dans ce cas, et l’île de la Réunion paraître suivre ce chemin.
Tombereaux d'emplois
De même, les heureux habitants de San Francisco (plus de 800.0000 habitants) sont en passe de recycler 100% de leurs déchets – ce qui permet un compost de qualité pour les cultures alentour, des tombereaux d’emplois locaux et un abandon des incinérateurs, catastrophiques pour le climat. Citons encore le couple Hervé-Gruyer qui, sur les terres normandes expérimentent la permaculture, une agriculture 100% bio et pourtant ultra-productive en terme de rendements, tout à fait capable de nourrir l’humanité entière sans détruire les sols.
Citons toujours l’exemple de Bâle qui avec sa monnaie locale, le WIR, réservé uniquement aux entreprises, permet de maintenir une activité économique locale. Ou le cas de Todmorden, ville britannique déshéritée, qui utilise les espaces verts municipaux pour planter des fruits et légumes, denrées de qualité, locales et consommables gratuitement…
Tout cela ressemble à un catalogue de bonnes idées juxtaposées ? Et pourtant, la grande pertinence de "Demain", c’est de démontrer que toutes ces initiatives ont un point commun : privilégier le petit, le local et l’investissement des citoyens plutôt que leur assentiment passif. C’est très certainement l’économie du XXIe siècle qui nous apparaît là et qui signera le retour de l’ingéniosité, du frugal et du sur-mesure quand la société de consommation occidentale ne nous a tirés que vers le pré-mâché polluant et standardisé.
Archaïsme
De fait, pas de hasard si "Demain" se conclut sur un plaidoyer (convaincant, parce que soutenu par des exemples concrets) sur la nécessité de développer une démocratie locale participative. Et surtout sur la revendication claire à transformer une institution plus encore que les autres frappée d’archaïsme : l’école. Seules des écoles "différentes", capables de responsabiliser, valoriser et développer la créativité des enfants, seront capables d’accoucher de citoyens dignes de notre siècle en rémission. Quand on vous dit que c’est de la politique !