La réduction de la biodiversité se traduit par une perte de résistance aux diverses agressions de ravageurs et autres pathogènes, donc par un recours accru aux pesticides.AFP/MYCHELE DANIAU
Dans le champ de l'agriculture, l'usage libre et gratuit des graines ne sera bientôt plus qu'un doux souvenir rappelant des méthodes paysannes d'un autre temps. Surnommées "semences de ferme", ces graines étaient jusqu'alors sélectionnées par les agriculteurs au sein de leurs propres récoltes et replantées l'année suivante.
Depuis plusieurs décennies, ces pratiques n'allaient déjà plus de soi lorsque ces semences étaient protégées par un Certificat d'obtention végétale (COV) – à savoir le droit de propriété des "obtenteurs" de l'espèce. Ressemer ces graines était théoriquement interdit. Mais cet usage demeurait, dans les faits, largement toléré en France. Il est désormais strictement réglementé par une proposition de loi UMP adoptée lundi 28 novembre par le Parlement.
"Sur les quelque 5 000 variétés de plantes cultivées dans le commerce, 1 600 sont protégées par un COV. Ces dernières représentent 99 % des variétés cultivées par les agriculteurs", explique Delphine Guey, du Groupement national interprofessionnel des semences (GNIS). Or, environ la moitié des céréales cultivées étaient jusqu'ici ressemées par les agriculteurs, selon la CNDSF (Coordination nationale pour la défense des semences fermières). Presque toujours illégalement, donc. Mais le temps de "l'incertitude juridique" semble révolu : pour le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, ces semences "ne peuvent pas être libres de droit, comme elles le sont aujourd'hui".
Ce qui change
En fait, la proposition de loi du sénateur UMP Christian Demuynck transpose un règlement européen de 1994 sur la protection des obtentions végétales, jusqu'ici nullement en vigueur en France. Conséquence : les semences de ferme, jusqu'ici tolérées, sont désormais légalisées... à condition de verser une "rémunération aux titulaires des COV" – à savoir aux entreprises de semenciers –, "afin que soit poursuivi le financement des efforts de recherche et que les ressources génétiques continuent d'être améliorées", dit le texte de loi. En sont exemptés les petits agriculteurs produisant moins de 92 tonnes de céréales.
Depuis 2001, cette taxe est appliquée pour une seule espèce : le blé tendre. Nommée "contribution volontaire obligatoire", elle est empochée par l'interprofession des semenciers. L'agriculteur doit payer 50 centimes par tonne de blé lors de la livraison de sa récolte. Ce système devrait donc être étendu à 21 espèces, dont la liste reste ouverte, assure Xavier Beulin, président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), sur le site du syndicat.
En somme, pour Guy Kastler, délégué général du réseau Semences paysannes et membre de la Confédération paysanne, "pour la moitié des espèces cultivées – le soja, les fruits, les légumes… –, il est interdit de réutiliserses propres graines, et pour l'autre moitié – céréales et plantes fourragères –, il faut payer pour ressemer."
Vers une privatisation des semences ?
Plusieurs associations écologistes et paysannes craignent ainsi une mainmise accrue de la filière semencière sur l'accès aux graines, via un droit de propriété étendu aux récoltes et aux graines qui en sont issues. Avec la taxe, "même les agriculteurs qui se passent des semences commerciales doivent payer pour ces semences", déplore Guy Kastler. Le militant redoute que la part des semences de ferme ne s'amenuise, à mesure que ces dernières deviennent plus chères et donc moins intéressantes pour l'agriculteur. Entre cette taxe et l'interdiction de ressemer ses propres graines, l'agriculteur est de plus en plus incité, non plus à produire, mais à acheter ses semences. D'où la crainte d'une dépendance accrue aux entreprises semencières.
Mais du point de vue de Xavier Beulin, la contribution de tous à la recherche sur les espèces cultivées se justifie, dans la mesure où même les semences de ferme en sont généralement issues. Dressant un parallèle avec la loi Hadopi visant à"protéger les créateurs" de films et de musique, le président de la FNSEA estime qu'il est "normal que [ceux qui utilisent des semences fermières] participent aussi au financement de la création variétale, puisqu'ils en bénéficient".Opposé à cet argumentaire, le syndicat Coordination rurale relève sur son site que Xavier Beulin n'est pas seulement à la tête du premier syndicat agricole. Il dirige aussi le groupe Sofiprotéol, "qui détient des participations dans plusieurs grands groupes semenciers français (Euralis Semences, Limagrain...)".
Vers une perte de biodiversité ?
Autre crainte : l'impact de cette mesure sur la diversité agricole. Certes, ressemer une même variété – presque toujours issue de la recherche – n'accroît pas, a priori, la biodiversité. D'autant que "pour les grandes cultures, aucune variété utilisée n'est le fruit d'une conservation ancestrale ; toutes ont été développées grâce à la création variétale", souligne Xavier Beulin.
Toutefois, ressemer sa récolte peut entraîner des variations dans l'espèce, et donc favoriser cette biodiversité, nuance Guy Kastler. "Des caractères nouveaux apparaissent, permettant à la plante d'être mieux adaptée au sol, au climat, aux conditions locales. Il est alors possible de réduire les engrais et les pesticides. A l'inverse, les semenciers adaptent les plantes aux engrais et aux pesticides, qui sont partout les mêmes." Ils tendraient donc plutôt à créer de l'uniformité dans les plantes, où qu'elles soient cultivées.
Vers le régime du brevet ?
Le COV est, en France, une alternative au brevet sur le vivant, en vigueur aux Etats-Unis par exemple. Ce droit de propriété intellectuelle est détenu par les entreprises ayant obtenu, par la recherche, les espèces cultivées, et qui jouissent donc du monopole de la vente des semences de cette espèce avant qu'elle ne tombe dans le domaine public – comme c'est le cas d'environ 450 d'entre elles en France. D'aucuns, comme Guy Kastler, craignent un glissement vers ce régime du brevet, en limitant le droit des agriculteurs d'utiliser librement les semences protégées.
Toutefois, à la différence du COV, le brevet interdit complètement aux agriculteurs de ressemer leur récolte, indemnités ou pas, note Delphine Guey. C'est le cas des variétés OGM de la firme américaine Monsanto qui, selon Marie-Monique Robin dans le documentaire Le Monde selon Monsanto, a même créé une sorte de "police des semences" spécialisée dans la traque des agriculteurs semant ou échangeant illégalement les graines qu'ils récoltent.
Autre différence avec le brevet, le COV permet aux obtenteurs d'utiliser librement une variété protégée pour utiliser ses ressources génétiques et en sélectionner de nouvelles. Ainsi, travailler sur un gène d'une espèce ne permet pas de labreveter et donc de se l'approprier totalement. Une distinction qui a permis, selon Delphine Guey, de préserver une diversité d'entreprises semencières françaises. Et donc de laisser aux agriculteurs un plus ample choix d'espèces à leur disposition. Toutefois, si le brevet des espèces vivantes n'est pas de mise en France, le brevetage des gènes des plantes y est, lui, de plus en plus pratiqué.
Angela Bolis
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/29/pour-les-agriculteurs-ressemer-sa-propre-recolte-sera-interdit-ou-taxe_1610778_3244.html#zb66h2cFOH8hced8.99
Je place la notion de "simplicité volontaire" dans la dimension de "l'humanisme" car elle est de toute façon, à plus ou moins brève échéance, la seule solution pour l'humanité toute entière puisque c'est la seule alternative qui contienne l'idée possible d'un équilibrage entre les ressources naturelles, le potentiel de vie de la planète, sa durabilité et le maintien de notre présence...
À la faveur de la crise, les opinions publiques prennent peu à peu conscience de ce que l’explosion démographique, la crise énergétique ou encore le changement climatique posent de sérieuses questions que nous ne pouvons plus remettre à demain. De plus en plus de personnes en sont convaincues : la croissance illimitée n’est pas viable à long terme dans un monde où les ressources s’épuisent peu à peu. Il s’avère en outre que l’augmentation du PIB dans les pays industrialisés n’a abouti à aucune amélioration notable de la qualité de vie des populations depuis les années 1970. Se pourrait-il alors que la société de consommation ne tienne pas ses promesses de bonheur et que le bien-être ne soit pas inhérent à la croissance ?
Ce documentaire explore des modèles économiques et de nouvelles façons de vivre qui ouvrent la voie à une société post-croissance. La réalisatrice questionne son propre mode d’existence : à quoi doit-elle renoncer pour espérer mener une vie « durable » ? Pour répondre à cette question, elle sillonne les routes de France, d’Allemagne, d’Espagne et d’Angleterre, à la rencontre d’individus pour qui la croissance économique n’est pas la mesure de toutes choses. Elle comprend alors qu’adapter son mode de vie à son environnement n’est pas nécessairement synonyme de privation, de sacrifice et de renonciation au bien-être : dans bien des cas, un tel changement permet au contraire de gagner en qualité de vie.
A Marinaleda (Espagne), les jeunes qui veulent construire une maison peuvent même bénéficier gratuitement des matériaux, d’un architecte et de maçons !
Quand on pense aux utopies, on pense souvent à des expériences ratées par le passé. A tort ! Car il existe aussi des tentatives contemporaines qui présentent toutes les caractéristiques du succès ! La preuve à Marinadela, en Espagne.
Grâce à une approche nouvelle de l’économie et à un retour aux fondamentaux de la démocratie, cette ville andalouse de 2 778 âmes ne connaît ni chômage, ni police, ni délinquance. Et les salaires y sont bien plus élevés qu’ailleurs !
Pour comprendre le succès de cette commune à part, il faut remonter quelques années en arrière. Marinaleda doit en grande partie son destin à un homme : Juan Manuel Sánchez Gordillo, élu maire en 1979 et régulièrement réélu depuis.
Crédit photo : Wikipedia
Ce militant, convaincu depuis toujours que le capitalisme n’est pas une fatalité, a tout d’abord mené le combat contre le plus grand propriétaire terrien de la région : le duc de l’infantado. Cette lutte, marquée par des années de grèves et d’occupations de fermes, a fini par porter ses fruits : le village a pu récupérer des terres, améliorer leur irrigation et créer une grande coopérative impliquant tous les travailleurs de Marinaleda. Son activité la production et le conditionnement des olives et du blé.
A Marinaleda, toutes les décisions du village sont soumises à la démocratie directe (la véritable démocratie). Autrement dit, pour être adoptées, chacune d’entre elles doit faire l’unanimité au sein de la commune. Qu’il s’agisse d’impôts, d’équipements, d’emploi… Du coup, des centaines d’assemblées sont organisées chaque année.
Crédit photo : Wikipedia
Même les salaires ont été approuvés par les citoyens : 47 euros pour une journée de six heures au champ (et pour une journée de huit heures à la conserverie). Ce qui fait que les habitants sont plutôt mieux payés qu’ailleurs : en Andalousie, le salaire journalier se situe entre 30 et 35 euros seulement.
De plus, la location d’une maison ne coûte que 15 euros/ mois, la garderie, 12 euros/mois/enfant (cantine comprise) et l’accès aux équipements publics est gratuit (sauf la piscine). Bref, à Marinaleda, personne ne roule sur l’or (même pas le maire qui n’est pas payé pour remplir ses fonctions), mais personne ne manque de rien !
La plupart des habitants travaillant pour la coopérative, le chômage est quasi-inexistant. Si l’on ajoute à cela le temps que chacun passe à s’investir dans la vie de la cité, il ne reste plus guère de créneaux horaires à consacrer aux incivilités… Résultat : Marinaleda est l’une des villes les plus sûres du pays. Elle peut même se passer de police locale !
Des terres, du travail, du logement, de la sécurité, une démocratie vivante : Marinaleda a tout pour jouer un rôle de modèle. Son maire, Juan Manuel Sánchez Gordillo :
“Qu’on ne vienne pas me dire que notre expérience n’est pas transposable : n’importe quelle ville peut faire la même chose si elle le souhaite”
Pour lui, pas de doute, ce qui est normal, c’est ce qui se passe chez lui. Ce n’est pas la misère des autres :
“Les gens sont surpris lorsqu’ils voient que, ici, il n’y a presque pas de chômeurs et que tout le monde a sa propre maison. Mais c’est pourtant ça qui est normal. Ce qui n’a pas de sens, c’est ce qui se fait ailleurs. “
Les mauvaises langues diront que Marinaleda ne pourrait pas s’en sortir sans les aides de l’Etat et de la région. C’est peut-être vrai. Mais le fait qu’elle semble s’en sortir beaucoup mieux que les autres (avec légèrement moins d’aides) pourrait, a minima, interpeller, non ?
Quoi qu’il en soit, le modèle a l’air parti pour durer. Les enfants des habitants qui veulent rester au village et y construire leur maison peuvent même bénéficier gratuitement d’un architecte, de l’accompagnement de maçons et des matériaux nécessaires. Seules conditions : mettre la main à la pâte avec l’aide des voisins (qui ne se font pas prier) et s’acquitter ensuite des quinze euros par mois !
Ceux qui veulent en savoir plus peuvent jeter un œil à ce reportage de France 2 :
On dirait bien que Marinaleda baigne dans un très bon esprit. Normal : son destin est entre les mains de chacun des habitants ! Un exemple à faire connaître.
L'idée est pour le moins surprenante. À Coise-Saint-Jean-Pied-Gauthier, en Savoie, le maire de la commune s'est déguisé en terroriste pour sensibiliser les enfants d'une école aux attaques terroristes, rapporte France Bleu. Et pour cause, depuis les attentats du 13 novembre, le ministère de l'Éducation demande aux écoles de mettre en place des exercices de confinement, dans toutes les classes.
Pour que l'exercice soit le plus réaliste possible, Bernard Frison, le dirigeant de cette petite ville de 1 000 habitants, a revêtu un bonnet ainsi qu'une parka militaire. C'est au moment de la sieste, un lundi après-midi, début décembre, que le faux terrorise a fait irruption dans l'école, précise le site d'informations. Si les maternelles dorment à poings fermés, les plus grands, eux, sont en classe.
« C'était impressionnant »
Très vite, l'alerte est donnée. Une corne de burne retentit, prévenant les enfants qu'il faut aller se cacher. « J'ai essayé de rentrer pour voir si la porte était obstruée, si elle résistait », a raconté à la radio le maire de la ville. Et d'ajouter : « C'était impressionnant, quand vous pensez qu'il y a 140 enfants dans l'école, on entendait les mouches voler. »
Si la méthode a été validée par l'Académie et par le représentant des parents d'élèves, l'exercice a tout de même provoqué quelques pleurs chez les petits. Mais pour le président de l'association, « c'est un bon exercice, on ne sait jamais ce qu'il peut arriver, même en Combe de Savoie ».
Je ne sais pas si les arbres savent combien je les aime mais en tout cas, je le leur dis souvent et je les remercie de tenir la pose sans bouger. Quoique parfois, il y a sur les photos des effets étranges, comme des racines qui bougent, qui enlacent et serpentent...Des étreintes amoureuses, des mélanges de branches, des frissons dans les fibres ligneuses...
Nous avons tous désiré une relation sublime, parfaite avec un être merveilleux. Certains de nous ont réussi du premier coup, d’autres après de multiples échecs, et il y en a encore d’autres qui cherchent. Ne vous en souciez pas, car, comme un ancien proverbe roumain le dit, “chacun a sa partie”. Tôt ou tard, dès que vous allez vous éveiller à la RÉALITÉ, vous arriverez à vous réjouir avec l’être aimé, des plus sublimes aspects de l’Amour.
Il est essentiel de nous rendre compte des fautes typiques souvent commises dans une relation de couple habituelle – ou conventionnelle –, qui est vouée dès le début à l’échec, pour réussir à mettre les bases et bâtir une parfaite relation conforme aux plus profonds de nos idéaux.
Nous vous présentons par la suite un tableau comparatif des deux types de couple, conventionnel et spirituel. Découvrez la phase où vous vous trouvez à présent et soyez prêts pour la suite.
Le couple conventionnel
Processus fermé : Les motivations du couple ne sont pas définies. Le couple se modèle le plus souvent d’après un modèle standard établi par les autres et non d’après ses propres standards intérieurs.
On préfère la sécurité, la stabilité, on évite la transformation, ainsi l’évolution individuelle est très lente. Chacun se force de correspondre à l’image de l’autre sur lui, sans se manifester librement, sans agir comme il sent.
Doute : Le processus fermé produit un manque de confiance en soi et dans l’autre. On devient attaché, dépendant. On a besoin de l’autre pour se mettre en valeur.
Compétition du genre« ne prends pas ma place ». Il apparaît une lutte de pouvoir (qui commande?) et d’autorité, de conflits de rôles. L’intérêt personnel prime. L’égoïsme est “au pouvoir”. On gruge l’énergie de l’autre ce qui provoque une fatigue chronique – un combat constant entre les deux parties qui lutte incessamment pour obtenir de l’énergie l’un de l’autre.
Dépendance : Rôles fixes. Le protocole des relations extérieures est la source de conflits. Chacun a des points de vue différents qu’il veut imposer à l’autre. On se sent séparé, seul, inaccompli. On a peur d’être quitté.
Conditionnements : La dépendance produit des échanges conditionnés. Les rapports sont dirigés d’après des règles, des contrats, des impositions. La relation est basée sur l’idée d’échange: tu donnes si tu as reçu, les attitudes sont préméditées. Manipulation. On anime la jalousie souvent pour nous démontrer l’amour que l’autre ressent pour nous. Une vengeance s’installe entre les deux parties – Un duel continuel pour s’approprier l’autre…
Ennui : On crée des règles parce que les deux ne s’amusent pas ensemble. On entre dans une routine qui endort la créativité et l’invention. Les ressentiments font leur apparition. Chacun commence à croire que l’autre est la cause de son malheur et que pour cela il doit l’éviter.
Insécurité : Ils ont l’impression que “quelque chose ne va pas”, sans savoir exactement de quoi il s’agit, ils ont des sentiments de peur ; instabilité, culpabilité. Ils veulent fonder une famille dans l’espoir de trouver une solution à l’impasse et obtenir plus de stabilité. Ils recherchent des liens matériels ou extérieurs à eux-mêmes pour solidifier leur relation basée sur le superficiel. Un vide intérieur s’installe silencieusement.
Impression d’échec du couple : L’impuissance de changer le cours des choses. Dévalorisation personnelle et de l’autre. Des ressentiments puissants apparaissent, ils peuvent même conduire à des déséquilibres psychiques. Désespoir. Ils ont le sentiment qu’il n’y a plus rien à faire. Ils n’entrevoient plus de voie pour ramener l’harmonie du couple.
Séparation : La seule solution qui apparaisse est la séparation, le divorce.Ils vivent le désespoir et le sentiment aigu de la solitude, qui peut être pourtant l’occasion d’une transformation, d’une découverte possible de l’autonomie et de la liberté.
Le couple tantrique/chamanique
Processus ouvert : On établit clairement le but du cheminement personnel entre les deux parties, on identifie les objectifs communs qui fondent la relation. Il y a reconnaissance réciproque de la liberté de l’autre. On exprime honnêtement et ouvertement ce que chacun est, ce que chacun veut et à ce que chacun aspire. Les transformations sont acceptées, il n’existe pas de jalousie, ainsi l’évolution individuelle est très rapide. Les deux ressentent de la liberté, du bonheur, qu’ils soient ou non ensemble.
Nouveau couple
Confiance : Un processus ouvert produit la conscience de l’indépendance de chacun des deux amoureux. On n’essaie pas de changer l’autre, mais on l’accepte tel qu’il est et on l’aide par sa présence. Leur maturité émotionnelle est digne de confiance – ils trépassent les ressentiments de jalousie, envie, possession et contrôle.
Entente : Chacun a le même rang, les mêmes responsabilités. On respecte l’espace de l’autre, le besoin d’être ensemble ou seul. Échange de rôles: on est ici pour aider l’autre à évoluer à devenir meilleur en étant un miroir l’un pour l’autre.
Autonomie : Chacun se suffit à soi même, indépendamment de l’autre.L’amour confère de la sécurité. Le couple est ouvert, les relations extérieures sont indépendantes. Il existe donc une meilleure compréhension des “outils” utilisés par chacun pour évoluer (temps passé ensemble: discipline, temps libre, voyages, etc.) ce qui conduit à la spontanéité et à l’harmonie. Ils ont atteint un niveau d’INDIVIDUALITÉ qui leur permet de vivre leur cheminement de façon mature et responsable.
Liberté : L’autonomie prend naissance dans la tolérance, le détachement, l’abandon. Il ne s’agit pas de posséder. On explore ensemble, spontanément, l’aventure joyeuse de l’évolution de la conscience à deux. Bonheur, confiance réciproque, harmonie. La relation est simple et amusante.Aucun pouvoir de force ni de contrôle… Ils transcendent et transmutent pas à pas les derniers obstacles de leur cheminement évolutif. Créativité : Il apparaît spontanément un état de jeu et de bonne disposition entre les deux. Spontanéité, inspiration, amusement. Échange spontané des rôles et de tâches. Ils inventent de nouvelles manières d’aimer. Ils s’amusent ensemble et sont heureux. Le couple joue avec l’énergie sexuelle pour les aider à transmuter leur énergie afin d’ atteindre un niveau d’EXTASE SPIRITUEL UNIQUE.
Nouveau Couple
Sentiment de sécurité : Les deux ont dépassé la peur en affrontant ce qu’elle cachait. L’amour profond conduit à l’apparition du sentiment de stabilité. Il est possible que le désir de fonder une famille apparaisse, mais parce qu’ils sont arrivés à une stabilité. La fusion des âmes confère le sentiment supérieur de la sécurité.
Amour parfait : Sentiment de dévotion et de don de soi. La dévotion honore et éveille l’essence divine dans l’autre, le don de soi est le plaisir de cultiver l’état de bien dans l’autre. Ils existent pour et dans l’amour. L’amour devient cosmique, chacun ressent que l’autre est une partie du DIVIN. Ils honorent l’autre dans sa totalité.
Unité : La relation est DIVINE – Chacun à transcendé son pôle féminin/masculin dans les yeux de l’autre. Il fusionne et accomplit l’idéal de l’amour. La Grâce du moment présent est infini et leur relation devient un état de méditation à l’instant présent.
Source : Lynda Bisson
(Guide tantrique et auteure « Au-delà de l’Amour ou l’Art du tantrisme »)
Une alliance entre deux libertés, entre deux sujets qui s’inclinent l’un devant l’autre. On n’est plus dans un registre de la complémentarité. L’autre n’est pas là pour combler le manque.
Ce sont deux sujets. Et dans la relation entre ces deux libertés se révèle quelque chose de divin. Ce n’est pas un amour de dépendance, ni un amour de séduction,c’est une alliance qui porte du fruit.Le fruit peut être un enfant, mais aussiune œuvre – ou bien le plaisir ! -, mais dans tous les cas, c’est une façon de mettre Dieu au monde. Au cœur de la relation elle-même se révèle quelque chose de l’être de Dieu.”
Vous pouvez en parler avec toutes sortes d’experts, artistes ou thérapeutes, dont le travail est axé sur l’amour et le sexe dans leur rapport à la spiritualité. Pour pénétrer le cœur de ce triangle magique – chacun vous le dira à sa façon -, l’équation principale s’avère la plus simple : vivre = aimer.Peut-être parce qu’aimer réunit au plus près l’âme, l’esprit et le corps, et représente le seul chemin de l’incarnation.
Un amour désincarné signifierait-il quelque chose ?
Par Patrice van Eersel
Source Voici un article sur le Nouveau Couple: http://chrysalyda.com/
- See more at: http://www.conscience-et-eveil-spirituel.com/article-sur-le-nouveau-couple.html#sthash.YkpTwgIE.dpuf
Est-ce une véritable bombe à retardement ? Une menace nucléaire ? à 4.500 mètres de profondeur et à 1.450 kilomètres des côtes françaises, à l’ouest de Brest, gît un sous-marin nucléaire d’attaque soviétique. Le bâtiment, accidenté en 1970, le K8, comporte deux réacteurs et quatre torpilles nucléaires. On peut donc craindre que la corrosion aidant, ces matériaux radioactifs ne finissent par se disperser dans le milieu marin. Avec quelles conséquences ? Nous allons voir cela avec Monsieur X qui ouvre le dossier de cette catastrophe demeurée encore aujourd’hui mystérieuse… Un accident préoccupant qui s’ajoute d’ailleurs à de nombreux autres naufrages de bâtiments soviétiques à propulsion nucléaire… Et il faudrait aussi parler des sous-marins hors d’âge et des déchets radioactifs qui ont été sciemment coulés par les autorités soviétiques de l’époque, principalement en mer de Barents et dans l’Océan Pacifique…
Si Monsieur X a choisi d’évoquer le naufrage du K8, c’est que très récemment ont été révélés des aspects inédits sur ce drame qui, en dehors même des dangers qu’il représente toujours, a aussi causé la mort d’une cinquantaine de marins… En effet, les journalistes de la revue Guerres et Histoire ont retrouvé quelques-uns des survivants de la catastrophe. Grâce à eux, on sait donc à peu près exactement ce qu’il s’est passé en ce mois d’avril 1970 en plein océan. Et c’est un constat accablant pour la marine soviétique qui faisait aussi peu de cas de la vie humaine que de la sécurité de ses bâtiments.
bibliographie
La tragédie du K8
de Yacha MacLasha
éditeur : Mondadori Magazines
parution : 2014
Guerre froide et espionnage naval
de Peter A. Huchthausen et Alexandre Sheldon-Duplaix
éditeur : Nouveau Monde Editions / INA / France Inter
parution : 2011
La dramatique histoire des sous-marins nucléaires soviétiques
de Lev Giltsov, Nicolaï Mormoul et Leonid Ossipenko
De jours en jours lorsque les gens que je côtoie apprennent que j'ai fait un site sur les sous-marins, un mot leur vient immédiatement à l'esprit. Ce mot est en fait un nom, un nom qui évoque un drame. Ce nom vous l'avez deviné est : Kursk.
Je me suis aperçu suite à ces discutions que les gens ne connaissent que le drame du Kursk. A croire qu'aucun autre sous-marin n'a jamais eu d'accidents. C'est dans ce but que j'ai édité cette liste. Elle n'est sûrement pas exhaustive. (dieu seul a la science infuse) et ne prends pas en compte les sous-marins qui furent coulé en temps de guerre.
12 août 2000 : sous-marin russe Kursk dans la mer de Barentz - 118 victimes.
29 janvier 2000 : un sous-marin nucléaire refait surface en pleine tempête dans la mer de Barentz en raison de l'ouverture accidentelle d'un sas à cordages. 2 victimes.
mai 99 : Accident avec une bombe Mark-82 sur la base US de Fairford
5 mai 98 : grave accident à bord d'un sous-marin de la classe "Delta IV" équipé de 16 missiles intercontinentaux : selon la presse, deux missiles sont endommagés (?). Victimes ?
30 mars 94 : explosion à bord du SNA "Emeraude" lors d'un exercice de chasse anti-sous-marine - 10 victimes
29 mai 92 : explosion (?) à bord d'un sous-marin russe de la flotte du Nord - 1 victime et 4 blessés.
7 avril 1989 : Incendie à la suite d'une explosion (?) à bord d'un sous-marin nucléaire de la classe "Mike". Le Komsomolets K278 coule dans les eaux internationales à 500 km de la Norvège - 42 victimes.
6 octobre 1986 : K219 Yankee 1 Explosion dans un tube de lancement (Incendie) a coulé au large des bermudes à près de 5000 mètres. Victimes : 4 ( un miracle ). Voir : livre.
18 juin 84 : - Echo 1 - incencie lors d'une patrouille - 13 victimes
24 Juin 1983 : un sous-marin soviétique de la classe "Charlie" - K429 Charlie 2 - coulé au large de la presqu'île de Kamtchatka dans le Pacifique Nord. Victimes ? entre 2 et 90
28 décembre 78 : K171 Delta - panne d'un réacteur - 3 victimes
10 septembre 77 : K403 Yankee 1 : explosion d'un batterie en plongée - nombre de victimes ?
6 avril 74 : K420 Yankee 1 - pas de victimes - incendie dans le 10ème compartiment
23 septembre 72 : K19 HOtel - Incendie lors d'une patrouille - 28 victimes
août 70 : collision entre le Galatée et un sous-marin sud-africain au large de Toulon.
12 Avril 1970 : Un sous-marin d'attaque soviétique, le K8 November à propulsion nucléaire de la classe "November", avec ses deux réacteurs nucléaires, coule à environ 300 miles au nord-est de l'Espagne, après un accident survenu au système de propulsion. Le sous-marin transportait probablement deux torpilles nucléaires, qui seraient à 4680 mètres de fond. 52 victimes
04 Mars 1970 : S644 Eurydice disparaît en méditérannée. 57 victimes.
23 août 68 : K140 Yankee 2 - pas de victime - mise en route incontrôlée d'un des deux réacteurs
24 mai 68 : K27 de la flotte du Nord : 5 morts, 12 gravement irradiés - panne d'un réacteur en mer.
Mai 1968 (21-27) : Le sous-marin nucléaire USS Scorpion (SSN-859) coule à 400 miles au sud-est des Açores à une profondeur de 10.000 pieds. Un réacteur nucléaire et deux torpilles nucléaires (Astor) restent au fond de la mer.
Avril 1968 (11) : UN sous-marin soviétique armé de missiles balistiques de type "Golf" coule avec trois missiles SS-N5 et ses deux réacteurs nucléaires à 750 miles au nord-est de l'île de Oahu, à Hawaï.
8 mars 68 : K129 Gulf - près de 100 victimes : le SM estarmé de missiles balistiques de type "Golf" coule avec trois missiles SS-N5 et ses deux réacteurs nucléaires à 750 miles au nord-est de l'île de Oahu, à Hawaï.
27 janvier 1968 : S647 La Minerve disparait en méditérannée. 52 victimes. Plus de détails sur : La Tragédie de la minerve.
8 septembre 67 : K3 November - pas de victime
20 novembre 65 : K74 Echo 1 - destruction de la turbine tribord
12 février 1965 : K74 Echo 1 - pas de victimes
Avril 1963 (10) : Le sous-marin nucléaire USS Tresher (SSN-593) coule à 100 miles à l'Est de Cap Cod, dans le Massachussetts. Le réacteur reste au fond des eaux.
4 juillet 1961 : K19 Hotel Hiroshima - 7 victimes : panne d'un réacteur
13 octobre 1960 : K8 Flotte du Nord - 13 irradiés /panne d'un générateur de vappeur
Avril 1959 (18) : la marine américaine coule en mer le containter du réacteur de métal liquide refroidi avec sodium et autres composants du sous-marin nucléaire USS Seawolf (SSN-575) à une profondeur de 9000 pieds à environ 120 miles marins au large de la côte du Maryland-Delaware.
Je n'arrive pas à comprendre que des humains prennent la décision volontaire et "réfléchie" d'immerger des déchets nucléaires, tout autant que de ne pas aller les rechercher aujourd'hui, alors que la technologie le permettrait... Qu'attendent-ils les "grands décideurs" ? Un héritage abominable pour combien de générations ?...
La carte mondiale des épaves radioactives. Légende et numérotation en fin d’article.
Le risque de catastrophe nucléaire ne s’arrête pas aux centrales elles-même, il persiste bien au delà sous la forme de déchets disséminés de par le monde. Alors que pour Areva qui veut nous faire croire que « tout va bien », évoquant la partie visible de l’iceberg que sont les sites de stockage officiels, nonobstant les dépots dits « sauvages » que certains d’entre vous connaissent déjà, qu’en est-il de la situation réelle ?
Pas besoin d’avoir bac +5 pour comprendre que la ressource principale des habitants de cette planète – sans laquelle aucune vie n’existerait – est l’eau. Qu’arriverait-t-il si l’eau du globe était exposée à une irradiation prolongée causée par la détérioration de containers radioactifs au fond des océans ? Je vous laisse juger par vous même de ce qui nous attend dans l’avenir, ainsi que de la gravité de la situation ignorée du plus grand nombre…
Des fûts de déchets nucléaires dans la Manche
Dans la Manche, devant la côte française, des fûts remplis de déchets nucléaires datant des années 50 et 60 et toujours intacts gisent au fond de la mer. L’information a été dévoilée par la télévision franco-allemande Arte. A l’aide d’un sous-marin téléguidé, deux fûts ont ainsi été filmés à 124 mètres de profondeur, à quelques kilomètres seulement de la côte française.
Un danger latent ?
Pour les organisations gouvernementales, ces fûts constituent un danger latent car le rayonnement peut atteindre la chaîne alimentaire. Auparavant, on pensait que les fûts étaient rouillés et ouverts, et qu’ainsi les déchets radioactifs étaient dispersés dans l’océan, les rendant inoffensifs. Le reportage d’Arte montre qu’il n’en est rien. Les déchets sont bien intacts au fond de la Manche.
Aucune raison d’agir
Les gouvernements compétents ne voient aucune raison d’agir. Selon eux, cela concerne une quantité faible et modérée de déchets radioactifs. La Grande-Bretagne a immergé des fûts jusqu’en 1982 dans la Manche et dans d’autres lieux au nord de l’océan Atlantique. D’autres pays, parmi lesquels la Belgique, la Suisse et l’Allemagne, ont utilisé cette technique interdite depuis lors. source 7sur7.be
Dans la Manche, plus de radioactivité qu’à Fukushima ?
Y-a-t-il plus de tritium – de l’hydrogène radioactif – dans les eaux de la Manche que dans celles du Pacifique, à proximité de la centrale de Fukushima ? C’est ce qu’affirme l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), qui a mesuré, le 17 octobre 2012, une concentration en tritium de 110 becquerels par litre d’eau dans la baie d’Ecalgrain. A quelques pas de de l’usine Areva de La Hague, dans la Manche.
Une quantité anormale : l’ACRO relève habituellement moins de 27 becquerels par litre d’eau.
« En dix ans de surveillance mensuelle à Goury (ndlr : au cap de la Hague), de 1998 à 2007, l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire ) n’a jamais mesuré de concentration supérieure à 33,3 Bq/L »
, écrit l’association dans son communiqué. L’ACRO rappelle également que la concentration naturelle de tritium est de l’ordre de 0,1 Bq/L.
Parmi les mesures qu’elle effectue régulièrement, l’entreprise Areva, qui exploite le site de la Hague, dit n’avoir rien remarqué d’anormal. Ses installations nucléaires rejettent des effluents liquides radioactifs directement dans la mer, au large. Une pratique encadrée par des autorisations spécifiques. L’idée est de diluer ces liquides radioactifs dans les eaux de la Manche, afin de les rendre inoffensifs. Peu importe que les rejets radioactifs se déplacent ensuite, au gré des courants, le long des côtes de la Basse-Normandie.
« Les seules usines de retraitement d’Areva à La Hague (Manche) et de Sellafield (sa cousine anglaise) constituent le rejet radioactif le plus important au monde résultant d’une activité humaine »
, indique Greenpeace. L’organisation environnementale cite un rapport réalisé en 2001 pour le compte du Parlement européen, qui conclut que ce rejet est équivalent à un accident nucléaire à grande échelle chaque année.
« Plusieurs études ont d’ailleurs établi une recrudescence statistiquement importante de leucémie dans la région de La Hague » ajoute l’ONG. Mais pour le chef de l’Autorité de sûreté nucléaire, Simon Huffeteau, le taux de tritium mesuré par l’ACRO n’est pas inquiétant.
« C’est une valeur qui est ponctuelle, qui ne représente pas d’enjeu sanitaire » explique-t-il. Une valeur ponctuelle pourtant largement supérieure aux mesures effectuées début mars, dans les eaux du Pacifique à proximité de Fukushima (13 Bq/l) et au large (3 Bq/l). Que s’est-il donc passé à la Hague, s’interroge l’ACRO ? sourcebastamag.net
36.000 fûts de déchets radioactifs immergés dans l’Atlantique
Plus de 14.000 tonnes de déchets radioactifs ont été immergées à la fin des années 1960 par la France dans des fosses de l’Atlantique, rappelle l’Andra à l’occasion de son inventaire national publié mercredi. Cette pratique a ensuite été abandonnée en 1983.
C’est dans le cadre de deux opérations coordonnées à l’époque par l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) de l’OCDEque la France avait procédé à ces immersions, aux côtés de nombreux autres pays européens. En 1967, l’Allemagne, la Belgique, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont ainsi immergé environ 11.000 tonnes de déchets (36.000 fûts) dans un site à 400 km au large de la Galice (Espagne) par plus de 4600 mètres de fond.
Ces déchets, liquides et directement évacués dans la mer ou solides et emballés dans des fûts métalliques, représentaient une radioactivité de l’ordre de 300 térabecquerels. A titre de comparaison, l’accident survenu à la centrale japonaise de Fukushima en mars 2011 a relâché plusieurs dizaines de millions de milliards de becquerels dans l’atmosphère et l’océan Pacifique.
Centre de stockage dans la manche
En 1969, une nouvelle opération, regroupant cette fois la Belgique, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, laSuède et la Suisse s’est traduite par l’immersion d’environ 9000 tonnes (de l’ordre de 900 TBq) sur un site à 900 km à l’ouest de la Bretagne, à une profondeur comprise entre 4000 et 4600 mètres. La France a cessé ces immersions avec l’ouverture, la même année, de son Centre de stockage de la Manche, fermé depuis lors.
Mais l’AEN a poursuivi les campagnes d’immersion jusqu’à un moratoire signé en 1983, sur un seul site au large dugolfe de Gascogne, utilisé par la Belgique, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suisse. La France n’a jamais déversé ses déchets nucléaires dans la Manche. En revanche, avant que l’AEN n’encadre les opérations (de 1949 à 1966), le Royaume-Uni, et la Belgique dans une moindre mesure, ont immergé leurs déchets dans la fosse des Casquets, à 15 km seulement au nord-ouest des côtes françaises du cap de La Hague.
La France a également utilisé deux sites du Pacifique, à proximité de l’atoll de Mururoa, où elle effectuait des essais nucléaires militaires, pour immerger des déchets par plus de 2000 mètres de fond. Ces déchets, conditionnés ou non, ont été coulés entre 1972 et 1982 et représentaient au total quelque 2500 tonnes, pour environ 70 milliards de becquerels.
Plus de 1,3 million de mètres cubes de déchets nucléaires en tous genres étaient stockés en France fin 2010, un volume appelé à doubler d’ici à 2030, selon l’inventaire publié mercredi 11 juillet par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).
De 1,320 million de mètres cubes fin 2010, le volume global de ces déchets pourrait en effet atteindre 2,7 millions en 2030, selon les nouvelles prévisions. « En France, la production de déchets radioactifs représente l’équivalent de 2 kg par an et par habitant », souligne l’Andra dans son rapport.
Disponible sur le site de l’Andra, www.andra.fr, cet inventaire est « un outil de gestion » et un moyen « d’anticiper les besoins de stockage » pour l’avenir mais aussi une source d’informations précises pour le citoyen, a souligné devant la presse son président, François-Michel Gonnot.
59 % viennent des centrales, 11 % des activités militaires
Ces déchets radioactifs proviennent principalement des centrales nucléaires (59 %) mais aussi de laboratoires de recherche (26 %), des activités militaires (11 %), de l’industrie non nucléaire (3 %) et du secteur médical (1 %), selon le dernier inventaire de l’Andra. Ils ne présentent pas tous les mêmes risques, insiste l’organisme public chargé de concevoir des solutions pour les stocker en toute sécurité.
Les plus dangereux sont les déchets dits « de haute activité » (HA) issus pour l’essentiel du traitement des combustibles usés dans les réacteurs nucléaires de l’Hexagone. Fin 2010, ces déchets HA représentaient 2700 m3, soit seulement 0,2 % du total déjà produit. Mais ils contiennent à eux seuls 96 % de la radioactivité totale des déchets nucléaires, à raison de plusieurs milliards de becquerels par gramme. Leur volume devrait doubler d’ici à 2030.
Viennent ensuite les déchets de « moyenne activité à vie longue » (MA-VL), dont la période radioactive dépasse 31 ans. Ces déchets (40.000 m3 fin 2010, 3 % du total), sont surtout issus des gaines entourant les combustibles nucléaires.
La majeure partie des stocks français est constituée de déchets de faible et moyenne activité à vie courte (63 % du volume total pour 0,02 % de la radioactivité). Ils sont liés à la vie des installations nucléaires ou produits par les laboratoires de recherche ou médicaux. Après avoir été stockés dans la Manche – un centre ouvert en 1969 et désormais fermé – ils sont pris en charge dans l’Aube depuis 1992.
Un nouveau centre d’enfouissement pour 2025
Les déchets HA et MA-VL ont, eux, vocation à être enfouis à grande profondeur dans le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) à l’étude par l’Andra, qui devrait ouvrir en 2025 à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne. En attendant, ils sont entreposés sur les sites où les colis de déchets sont produits, à La Hague (Manche) et Marcoule(Gard).
Issus du démantèlement des premières centrales au graphite ou de l’ancienne industrie du radium, les déchets de faible activité à vie longue constituent 7 % du volume total et environ 0,01 % de la radioactivité. Ils sont le plus souvent stockés sur les sites qui les ont produits, faute de solution définitive. Ils incluent également des milliers d’objets radioactifs anciens (fontaines au radium, paratonnerre au radium, vieux détecteurs d’incendie, etc.).
Le reste est constitué de ferrailles, béton et gravats produits par l’industrie ou le démantèlement des installations nucléaires, soit 360.000 m3 de déchets dits « à très faible activité » (TFA). Le volume de TFA, stockés en surface dans l’Aube depuis 2003, devrait atteindre 1,3 million de mètres cubes en 2030. source Le monde
Les « Tchernobyl » sous-marins
(La partie de l’article nommée les « Tchernobyl » sous-marins est issu d’un article paru sur Science & Vie n°892 de janvier 1992, et malgré l’ancienneté de la publication, la situation n’a pas ou peu évoluée et reste dramatique! )
Où vont les sous-marins nucléaires naufragés ? Au fond de la mer comme leurs semblables à moteur Diesel. Seule différence, dans ces tragédies, c’est que les sous-marins nucléaires relâchent dans le milieu marin une source formidable de radioactivité qui vient s’ajouter à celle des bombes et des missiles perdus, sans parler des fûts radioactifs qu’une douzaine de pays, le Royaume-Uni en tête, ont rejetés à l’eau pendant trente-six ans.
Nous ne trahirons pas un secret militaire en révélant que 510 sous-marins nucléaires sillonnent les mers du monde entier. A cette flotte, il faut ajouter 65 navires militaires et 10 bateaux civils à propulsion nucléaire. Ces tout derniers n’ont à leur bord qu’un ou deux réacteurs nucléaires qui servent à leur propulsion, mais les autres, sous-marins compris, transportent généralement des armes nucléaires sous forme de bombes ou de missiles.
Lorsque le navire coule, avec ou sans sa charge, personne n’en parle. Idem lorsqu’une arme est perdue au cours d’une manœuvre. Les gouvernements nient d’abord les faits, puis, lorsque les preuves s’accumulent, ils finissent par reconnaître, par exemple, qu’un missile « non armé » a bien été tiré. Il n’y a que le grand publie qui soit trompé par ces communiqués lénifiants, car les services secrets du monde entier savent, eux, très exactement ce qui s’est passé.
Déchets nucléaires en mer – Mardi 23 avril 2013 – 20h50 – ARTE
Dans le lot de sous-marins coulés, il n’est pas exclu que certains aient purement et simplement été envoyés à la casse. Une façon peu coûteuse de se débarrasser d’un matériel périmé ! La marine américaine l’avait fortement envisagé pour une centaine de ses bâtiments qui devaient être démantelés entre 1982 et 20l2.
Pour la première fois, l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), à Vienne, a tenté de recenser ces accidents. Ce travail, qui aurait été infaisable sans la détente, était destiné à la Conférence internationale sur la pollution marine qui s’est tenue à Londres du 25 au 29 novembre 1991. L’AIEA a retrouvé la trace de 31 accidents, pas moins, dont 16 ne sont d’ailleurs toujours pas reconnus par les pays concernés (voir carte plus bas). Mais il y en a peut-être davantage ! Le nombre d’armes nucléaires associées à ces accidents n’est pas toujours connu. On ne sait pas non plus précisément de quelles armes il s’agit. Dans la plupart des cas, ce sont des têtes nucléaires de missiles.
Ce sont les Etats-Unis qui sont responsables de la majorité des pertes (18 sur 31), ce qui semble logique puisqu’ils possèdent le stock d’armes nucléaires le plus important de la planète. Les Soviétiques, moins loquaces encore que les Américains, apparaissent loin derrière : 9 accidents dont 7 de sous-marins.
Mais il n’y a pas que les bateaux. Ainsi, lorsqu’un avion B-52 s’est écrasé, le 21 janvier 1968, sur la banquise non loin de la base de Thulé au Groenland, les quatre bombes qu’il transportait se sont brisées et la matière radioactive, principalement du plutonium, s’est répandue sur 50 km à la ronde contaminant tout le milieu marin. Mais c’est une affaire oubliée.
Parfois c’est un satellite équipé d’un générateur nucléaire qui quitte son orbite et regagne la Terre, c’est-à-dire la plupart du temps la mer puisque la surface des terres émergées est huit fois moindre que celle des océans.
Inutile de dire que ces engins sont rarement récupérés, soit parce qu’on ne les localise pas avec précision, soit parce qu’ils reposent à de trop grandes profondeurs. Les Russes envisagent toutefois de renflouer un de leurs sous-marins, le Komsomolets, abîmé en mer du Nord près de la côte norvégienne, le 7 avril 1989, avec des missiles à bord. Le gouvernement norvégien a d’ores et déjà interdit la pêche autour de cette zone, car des inspections ont prouvé que le réacteur fuyait et que la corrosion, plus rapide que prévue, gagnait les têtes nucléaires.
Au total, ce sont des millions de milliards de becquerels qui reposent au fond des mers, soit plusieurs fois la dose que la catastrophe de Tchernobyl a injecté dans l’atmosphère. Cette radioactivité accidentelle s’ajoute à celle qu’une poignée d’Etats, Royaume-Uni en tête, ont déversé volontairement, durant 36 ans, dans une cinquantaine de sites, pour se débarrasser de leurs déchets nucléaires prétendus de faible ou moyenne activité.
Les premiers déversements volontaires remontent à 1946, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale; les Américains avaient alors choisi des sites dans le Pacifique non loin des côtes de la Californie. Le dernier a eu lieu en 1982 dans l’Atlantique nord, à un millier de kilomètres environ des côtes françaises.
Ce mode de rejet a finalement cessé sous la pression des pays qui s’y opposaient. Car, jusque-là, il était autorisé et réglementé par la Convention pour la prévention de la pollution marine, signée en 1975 et connue sous le nom de Convention de Londres. C’est ainsi que des centaines de milliers de fûts de déchets enrobés dans du bitume ou du ciment, parfois groupés dans des containers, reposent au fond des mers. Il suffit de 10 à 15 ans pour que ces matériaux se désagrègent sous l’effet de l’eau de mer ! Et il est arrivé, dans les tout débuts, qu’on verse directement les déchets sans emballage, en vrac, voire sous forme liquide !
Qui sont exactement les pollueurs ? Douze pays. Certains, comme l’Italie, l’Allemagne ou la Suède, n’ont failli qu’une seule fois, et n’ont rejeté que de faibles quantités de radioactivité. La France, quant à elle, qui a disposé du Centre de stockage de la Manche, près de la Hague, ne s’est livrée que deux fois à ces déversements, mais les quantités étaient plus importantes (voir schéma ci-contre).
Mais le pompon revient de loin au Royaume-Uni qui, à lui seul, est responsable de près de 80 % de la radioactivité rejetée. Nos amis anglais ont en effet déversé quelque 75 000 tonnes de déchets nucléaires dans une quinzaine de sites de l’Atlantique (voir carte ci-contre). Ils ont même trouvé qu’un site était tout désigné : la mer en face de la Hague. Et par quinze fois, immités deux fois par les Belges, ils y ont déversé leurs déchets entre 65 et 160 m de profondeur. Cette décharge sauvage se situe très exactement par 49° 50′ N de latitude et 2° 18′ W de longitude, à une trentaine de kilomètres des côtes françaises. Si les crustacés ou les coquillages accusent parfois des taux de radioactivité anormaux autour du Cotentin, fi n’y a pas que l’usine de retraitement de la Hague qui en soit responsable !
Autour de ces poubelles, on a trouvé du césium et du plutonium à des taux élevés. C’est cela qui a fait interdire ces déversements… tout au moins officiellement: des révélations provenant d’un responsable soviétique indiquent que plusieurs milliers de tonnes de déchets radioactifs civils et militaires – dont le réacteur du Lénine, le premier brise-glace nucléaire – auraient été déversées clandestinement jusqu’à très récemment dans la mer de Kara, au large de laSibérie.
La carte mondiale des épaves radioactives
Des déchets radioactifs ont été volontairement déversés dans une cinquantaine de sites marins répertoriés sur cette carte. Mais c’est surtout l’Atlantique nord qui a servi de poubelle aux Etats. Nous possédons peu de données sur les accidents en mer impliquant des matières nucléaires, secret militaire oblige. Voici néanmoins la liste de ceux que vient de recenser – pour la première fois – l’AIEA, avec toutes les imprécisions qui subsistent sur les quantités de radioactivité rejetées, la localisation précise et parfois même sur le nom du sous-marin coulé.
1) Mutsu (1er septembre 1974). Fuite de radiations (neutrons), sur ce cargo japonais à propulsion nucléaire, due à des défauts de structure, à 800 km à l’est de Shiriyazaki.
2) Avion américain B-36 (13 février 1950) équipé d’une arme nucléaire, perdu au large de Puget Sound.
3) Avion américain (10 novembre 1950) perdu, avec des armes nucléaires à bord, quelque part sous la mer en dehors des Etats-Unis.
4) Avion américain B-36 (18 mars 1953) perdu, avec des armes nucléaires à bord; au large de Terre-Neuve.
5) Avion américain B-47 (10 mars 1956) perdu, avec deux capsules de matières radioactives, en Méditerranée.
6) Avion américain B-47 (5 mars 1958) équipé d’une arme nucléaire, perdu au large de la Géorgie.
7) Avion de chasse américain F 102 (mi 1960) équipé d’un missile nucléaire, perdu dans la baie de Haiphong,
8) Missile intercontinental américain (ICBM Thor Rocket) (4 juin 1962) tombé en mer près de l’île Johnston, lors d’un tir d’essai.
9) Missile intercontinental américain (ICBM Thor Rocket) (20 juin 1962) tombé en mer près de l’île Johnston, lors d’un tir d’essai.
10) Thresher (10 avril 1963), sous-marin américain SSN-593 coulé à 100 milles à l’est du Cap Cod par 2 590 m de profondeur, et qui a éclaté. Son réacteur nucléaire représente une radioactivité de l 147 000 giga becquerels.
11) Transit 5 BN-3 (21 avril 1964), satellite américain tombé au nord de Madagascar. Son générateur nucléaire SNAP-9A au plutonium 238 représente une radioactivité de 630 000 gigabecquerels
12) Avion américain (5 décembre 1965) qui, mal calé, est tombé du pont du porte-avions Ticonderoga à la suite d’un coup de roulis et a coulé à 5000 m de profondeur au large du Japon. Il était équipé d’une arme nucléaire.
13) 4 bombes nucléaires (17 janvier 1966) perdues par un avion américain B-52 à 5 milles de Palomares en Espagne, dont une en mer qui a été récupérée par 914 m de fond.
14) 4 armes nucléaires (21 janvier 1968) perdues par un avion B-52 sur la banquise près de Thulé. Une partie seulement du plutonium répandu a été récupérée.
15) Scorpion (entre le 21 et le 27 mai 1968), sous-marin américain SSN-589, perdu à 400 milles (740 km) au sud-ouest des Açores par plus de 3 3 000 m de profondeur et qui a éclaté. Son réacteur nucléaire représente une activité de 1.295.000 gigabecquerels,
16) Nimbus B-1 (18 mai 1968), satellite américain tombé à 100 m de profondeur, près de Santa-Barbara, avec son générateur nucléaire SNAP-19. A été récupéré. 17) Générateur SNAP-27 (11 avril 1970) contenant 1.650.000 gigabecquerels de plutonium 238 et appartenant à un module de la mission Apollo tombé au sud des îles Fidji, par 6000 m de profondeur.
18) Missile Phoenix (14 septembre 1976) perdu par un avion de chasse américain F-14 et récupéré à 75 milles des côtes écossaises.
19) Missile de croisière américain (25 février 1986), dans la mer de Beaufort.
20) Mont-Louis (5 août 1984), cargo français transportant 30 containers d’hexafluorure d’uranium, entré en collision avec un car-ferry britannique. La cargaison, représentant environ 6000 millions de becquerels, fut récupérée deux mois plus tard, par 25 m de profondeur.
21) Sous-marin soviétique (11 avril 1968) perdu avec 5 armes nucléaires, à 750 milles au nord-ouest de l’île Oahu (Hawaii)
22) Sous-marin soviétique (1968) perdu dans le nord-est de l’Atlantique, avec 4 armes nucléaires.
23) Sous-marin soviétique (10 janvier 1970) perdu en baie de Naples avec des torpilles nucléaires.
24) Sous-marin soviétique (12 avril 1970) perdu dans le nord-est de l’Atlantique, avec 4 armes nucléaires.
25) Kashin Class (septembre 1974), destroyer soviétique perdu en mer Noire avec des armes nucléaires.
26) Sous-marin soviétique (juin 1983) perdu au large du Kamtchatka, avec 8 armes nucléaires.
27) Cosmos-1402 (7 février 1983), satellite soviétique avec un réacteur nucléaire d’une radioactivité estimée à 1.000.000 de gigabecquerels, tombé à 1600 km à l’est des côtes brésiliennes.
28) Sous-marin soviétique (4 octobre 1986) équipé d’armes nucléaires, coulé à 1000 km au nord-est des Bermudes par 5000 m de fond.
29) Komsomolets (7 avril 1989), sous-marin soviétique avec des armes nucléaires, coulé, à la suite d’un feu à bord, près des côtes norvégiennes, à 180 km au sud-ouest de l’île de Medvezhy, par 1 500 m de fond. Les Soviétiques espèrent le renflouer.
Quant aux deux derniers accidents recensés par l’AIEA, les Britanniques viennent d’affirmer, contrairement à ce qui avait d’abord été annoncé, qu’ils n’avaient pas d’arme nucléaire à bord. Ce sont :
30) HMS Sheffield (10 mai 1982), destroyer britannique coulé par un missile Exocet de la marine argentine, au large des îles Falklands.
31) HMS Resolution (19 mai 1985). Ce sous-marin britannique a perdu un missile Polaris non équipé, d’après les Britannique d’une tête nucléaire, au cours d’un essai ou d’une fausse manoeuvre, au large de la Floride. Doit-on croire les Britanniques ?
Vidéos:
Océans poubelles sur ARTE Thema:
« Uranium – Le scandale de la France contaminée » Partie 1/6: (Elise Lucet et l’équipe de Pièces à conviction ont mené l’enquête sur ce scandale, au coeur des campagnes et des villes françaises. La fédération France Nature Environnement (FNE) indique que cette émission “a fait l’objet d’une saisine du CSA par AREVA qui voulait la censurer”…)
Tout est magnifique dans ces quelques paroles mais alors la dernière phrase relève du sublime...
------------------------------------------------------------------------------------------------ "Tu veux savoir quelle est, pour une vie, la plus vaste étendue? Vivre jusqu'à la sagesse.
Celui qui l'a atteinte touche non pas à son terme le plus reculé mais le terme suprême.
Qu'un tel homme se glorifie sans crainte, qu'il rende grâce aux Dieux et, mêlé à eux, qu'il s'attribue à lui-même, comme à la nature le mérite de ce qu'il fut. C'est à juste titre qu'il le fera : il a rendu à la nature une vie meilleure que celle qu'il reçut."
Sénèque.
----------------------------------------------------------------------------------------------- Il ne s'agit nullement de prétention à mes yeux. On ne pourrait attribuer pareille faiblesse à Sénèque. J'y devine surtout le chemin possible de l'Humanité toute entière. Que la nature, elle-même, se réjouisse de notre passage et qu'elle en imagine une vie plus belle encore pour les générations à venir....
Cheval en bois made in France issu de forêts gérées durablement , smartphone "éthique" ou chaîne hi-fi en carton recyclé : le petit vent "écolo", qui a notamment soufflé en France durant la COP21, se traduit aussi dans les produits à mettre sous le sapin.
Une enquête menée à l'automne par l'agence de publicité Havas, indique que plus d'un Français sur deux (55%) a déjà "payé plus" pour acheter "responsable".
"Le prix reste un marqueur important mais ce n'est plus le seul critère. La prise de conscience est réelle », relève le directeur général d'Havas Paris, Benoît Viala cité dans l'étude, tout en nuançant le propos : en matière de RSE (responsabilité sociale et environnementale), les Français refusent la "prise de tête ". "Ils considèrent que c'est aux marques et aux entreprises de faire le travail. C'est une nouvelle exigence qu'on (les consommateurs, NDLR) leur adresse", explique t-il.
Dans le secteur de la téléphonie mobile, une petite marque néerlandaise est justement en train de bouleverser les codes en proposant un smartphone "éthique". Baptisé Fairphone, la start-up du même nom assure s'engager sur toute la ligne de production selon des contraintes sociales et environnementales.
Vendu à près de 60.000 exemplaires l'an passé, le Fairphone a tracé une voie dans laquelle s'engouffre les autres géants du secteur à l'image de Google qui investit depuis plus d'un an dans un concept de téléphone modulaire entièrement personnalisable dont l'objectif est de combattre l'obsolescence technologique.
Un prototype du "Fairphone" dévoilé à Londres le 18 septembre 2013 ( AFP/Archives / JUSTIN TALLIS )
Pour Adrien Tchang-Ninh, chargé de mission environnement à l'association CLCV, spécialisé dans la consommation éco-citoyenne, les consommateurs qui se tournent vers ce type de produit veulent "mettre en avant leur conscience environnementale, écolo, humaine, qu'ils placent en priorité par rapport au système de consommation classique."
- des box éthiques -
Dans le secteur du jouet où 70% de la production mondiale proviennent d'usines en Chine où les mauvaises conditions de travail sont souvent pointées du doigt, un mouvement de résistance émerge depuis deux ans avec l'association des créateurs-fabricants de jouets français (ACFJF) qui souhaitent mettre en avant le "made in France".
Seul 7% des jouets vendus en France sont produits sur le territoire national. Les 24 marques de jouets de l'association espèrent atteindre 10% dès cette année et vont souligner le caractère "Made in France" de leurs produits sur des affichettes dans les rayons de plus de 900 magasins partenaires de l'opération comme ceux de La Grande Récré, King Jouet, JouéClub ou encore Toys"R"Us.
Pour les consommateurs qui n'auraient pas le temps de se déplacer en magasins, il existe sur le web des portails de guide d'achat recensant les marques éthiques généralement issues du commerce équitable tel que Artisans du Monde, eco-SAPIENS, Altermundi...
"Internet a aidé énormément à la conscience collective et a permis de diffuser plus largement les produits équitables car auparavant on ne les trouvait que dans des boutiques spécialisées", explique Adrien Tchang-Ninh.
Un poster encourageant les consommateurs à acheter des jouets fabriqués en France, "Jouons Français", le 15 décembre 2014 à Paris ( AFP/Archives / ELIOT BLONDET )
Dans la hotte du Père Noël peuvent ainsi prendre place un cheval à bascule en hêtre issu de forêts gérées de manière durable dans le Jura, une radiocassette fabriquée avec du carton recyclé ou encore une montre biodégradable...
Pour les consommateurs les moins inspirés, il existe aussi des chèques cadeau "éthiques" à dépenser dans des boutiques labellisées ou bien la box d'Artisans du Monde (Fairbox) regroupant un assortiment de produits d'épiceries, d'artisanat mais "le produit vedette depuis plusieurs années reste le panier de cosmétiques bio", indique Adrien Tchang-Ninh.
"Acheter des produits pour défendre des valeurs, ça se ressent un peu plus pendant les fêtes de Noël car on achète des produits pour marquer l'évènement", ajoute t-il.
J'avais envie de trouver un modèle de présentation plus clair, plus élargi, avec des textes et des photos plus visibles et lisibles.
Le nouveau thème me plaît bien.
Il était important pour moi de mettre en place un moteur de recherche par mots clés. Il est en haut de la page d'accueil à gauche.
Pour accéder aux articles du blog, il faut donc cliquer sur le mot BLOG en haut de la page d'accueil. Les articles apparaissent dans l'ordre et il faut cliquer sur le titre pour délivrer l'article en entier.
Pour que le moteur de recherche soit le plus efficace possible, je vais reprendre les titres des 2600 articles et essayer de faire apparaître un mot "thème" que je mettrai entre parenthèses si le titre original n'est pas assez explicite.
Exemple :
"De la pensée à la pleine conscience"
Inutile de compléter ce titre puisque les deux mots "pensée et conscience" sont des mots clés qui reviennent régulièrement dans le blog.
"La transformation"
Pour ce titre-là, j'ai ajouté entre parenthèses (évolution / spiritualité)
Ces deux mots-clés (évolution / spiritualité) seront souvent utilisés.
Je vais établir ces prochains jours une liste de mots clés et je la publierai.
Des canetons broyés et mutilés pour produire du foie gras
On se souvient des vidéos chocs, reprises par la presse britannique l'an dernier, montrant des oiseaux à la gorge endommagée, aux pattes ensanglantées, agonisants empilés les uns sur les autres ou encore couverts de vomi. Cette fois, ce sont des images tournées non plus dans des salles de gavage mais dans un couvoir de canetons et dans un élevage de cannes reproductrices, dans lesquels les animaux sont également maltraités et violemment mis à mort, qui jettent une nouvelle fois l'opprobre sur la production française de foie gras.
La première vidéo, tournée courant décembre dans uncouvoir pour les filières foie gras et chair en Pays-de-la-Loire, montre le tri des canetons selon leur sexe : les femelles, dont le foie est considéré comme trop petit, se retrouvent broyées à raison de plusieurs dizaines de milliers par jour – dont certains sortent disloqués mais encore vivants de la broyeuse. Seuls les canards mâles sont utilisés dans la production de foie gras, soit 43 millions de poussins chaque année selon le ministère de l'agriculture. Ces derniers voient leur bec brûlé par une machine, à la chaîne, pour éviter les agressions entre canards.
Dans la seconde vidéo, filmée en avril dans le Sud-Ouest, dans un élevage de canards reproducteurs (pour fournir des œufs aux couvoirs), on voit des canes inséminées artificiellement – ce qui est la norme dans les élevages, pas seulement de canards –, mais aussi une cane brutalement mise à mort par dislocation du cou – le procédé échoue – ou encore des femelles épuisées qui peinent à se déplacer. Quant aux canards mâles dont on prélève la semence, ils sont enfermés dans des cages minuscules.
"Une fois de plus, ces vidéos lèvent le voile sur une filière qui a beaucoup à cacher, réagit Brigitte Gothière, porte-parole de l'association L214, qui milite pour l'interdiction de la production de foie gras, à l'origine de la publication des deux vidéos. Les producteurs, à grand renfort de publicité, ont réussi à faire du foie gras un produit de luxe et soi-disant de tradition, mais les images montrent des choses abjectes et de la maltraitance animale Le broyage est certes autorisé par la législation mais il doit provoquer une mort immédiate, ce qui n'est pas toujours le cas." "Il n'y a ni transparence ni traçabilité dans cette filière, donc nous voulons montrer l'envers du décor, comment le produit a été obtenu", poursuit-elle, avant de proposer des alternatives.
10 à 12 jours de gavage
Après avoir été élevés 40 jours en poussinières, puis 40 jours en extérieur, les canards mulards sont gavés industriellement pendant 10 à 12 jours, dans des cages, avant d'être abattus. On leur administre deux fois par jour, à l'aide d'une pompe hydraulique ou pneumatique enfoncée dans l'œsophage, près d'un kilo de pâtée de maïs en trois à quatre secondes. Ce traitement occasionne des lésions, des inflammations (œsophagites, entérites), et des infections (notamment des candidoses et des infections bactériennes). Le foie atteint jusqu'à dix fois sa taille habituelle. "Les oiseaux sont atteints de stéatose hépatique [lésion du foie]. Les consommateurs mangent donc un foie malade", poursuit Brigitte Gothière. 2 % des bêtes meurent pendant le gavage, selon des chiffres de l'Institut technique de l'aviculture.
L’Union européenne, dans une directive de 1998, interdit l’alimentation forcée des animaux dans les élevages, débouchant sur "des souffrances ou des dommages inutiles". Toutefois, lors de l’adoption en 1999 de recommandations européennes concernant les canards et les oies, les pays producteurs de foie gras ont bénéficié d’une dérogation, le temps qu'ils étudient des alternatives n'impliquant pas la prise forcée d'aliments (toujours en cours). L'entrée en vigueur de cages collectives, conformément à la législation européenne, a également été repoussée en France de cinq ans, au 1er janvier 2016. 85 % des ateliers de canards gras en sont pour l'instant équipés.
Consommateurs partagés
Aujourd’hui seuls cinq pays européens produisent du foie gras : la France, la Bulgarie, la Hongrie, l’Espagne et la Belgique. Le gavage est interdit – mais pas la consommation – dans les autres Etats, soit directement, soit indirectement en application de la législation contre la maltraitance animale. La Pologne, qui était le 5eproducteur mondial, a rendu le gavage illégal en 1999. L’Italie y a renoncé en 2004.
L'Hexagone, qui a inscrit le foie gras au patrimoine gastronomique national en 2006, représente 73 % de la production mondiale, avec 19 300 tonnes l'an dernier, issues de 36 millions de canards et de 570 000 oies gavés, selon la dernière note de conjoncture du ministère de l'agriculture. Si la consommation est en très léger déclin (- 1 %) en 2014, pour la quatrième année consécutive, la production de foie gras a été multipliée par plus de trois en vingt ans. Les Français ont consommé l'an dernier 276 grammes de foie gras en moyenne par personne.
Les consommateurs restent partagés : selon un sondage YouGov pour L214, réalisé en décembre, 51 % des Français sont favorables à l’interdiction du gavage – 4 points de plus qu'en 2014 et 7 points rapport à 2013 – et 33 % refusent d’acheter du foie gras pour des raisons éthiques ; mais dans le même temps, 80 % d'entre eux estiment que le foie gras est un incontournable des fêtes de fin d'année, selon une autre enquête réalisée en octobre 2014 par le CSA pour le Cifog.
"La pensée créatrice exige de l'attention.
Le pouvoir de l'attention développe la concentration.
La concentration développe le pouvoir spirituel
Et le pouvoir spirituel est la force la plus puissante qui existe."
Charles F. Haanel
La pensée réclame de l'attention pour aboutir.
L'attention réclame une ouverture sur le monde.
La concentration réclame par contre l'observation de soi.
C'est l'observation de soi qui génère le pouvoir spirituel.
Et cette observation de soi ramène au monde mais pas dans le seul registre de la pensée.
La Nature me fascine et je ne peux plus la regarder sans y voir une Intelligence illimitée, évolutive, au-delà de notre imagination...Nous sommes des êtres de cette Nature et nous évoluons aussi, dans un ensemble incommensurable... Il est impossible pour un cerveau humain de connaître l'intégralité des éléments vivants de la planète.
Et je ne sais pas si nous atteindrons un jour un état de conscience capable de saisir le miracle intelligent de la Vie. Qu'on ne me prête pas des sous-entendus de divinité ou de religiosité. Lorsque je parle d'intelligence créatrice, je parle de la Nature et même si l'évolution est incontestable et a contribué à l'infinie richesse de cette Nature, il reste dans cette évolution elle-même, un phénomène merveilleux auquel j'attribue le terme d'intelligence. Je ne sais aucunement si cette "intelligence" porte une intention, un projet, un objectif mais il n'en reste pas moins qu'il me plaît de me laisser emporter par la contemplation, sans désir de disséquer le Vivant. Juste cette émotion puissante, bouleversante d'être témoin d'un phénomène dont la richesse est au-delà de la compréhension humaine.
Peut-être d'ailleurs que nous devrions apprendre aux enfants à ne pas croire que le savoir apporte un quelconque droit sur la Nature. Peut-être qu'avant de leur apprendre le nom des plantes, des animaux, des fleuves, des montagnes, des nuages, le cycle de l'eau ou celui des saisons, peut-être que nous devrions d'abord leur apprendre à s'asseoir et à regarder, à écouter, à aimer...Juste à aimer.
Leur apprendre l'émerveillement.
Et que cette émotion devienne la source du savoir, qu'il soit le moteur de leur désir. Qu'il soit également comme une citadelle : tout ce qui porte atteinte à l'émerveillement ne mérite pas d'être prolongé. Imaginons ce monde dans lequel les individus "émerveillés" s'interdiraient de porter atteinte à la Nature pour que l'émerveillement ne soit jamais souillé...
Anelosimus eximius est considérée comme une espèce d'araignée sociale car elles pratiquent le soin des couvées communs et coopèrent pour capturer leurs proies dans leurs toiles, ce qui leurs permet de capturer des proies beaucoup plus grandes qu'un seul individu en serait capable2.
Les colonies peuvent comporter plusieurs milliers d'individus.
Parmi les 35000 espèces d’araignées connues, il n’existe qu’une quinzaine d’espèces sociales (Aviles 1997 [1]). Toutes ces espèces, sauf une dont le caractère coopératif n’est pas clairement établi, tissent des structures soyeuses communes, ce qui souligne le rôle de la soie dans la réalisation des tâches collectives. Ces araignées ne présentent aucune particularité morphologique par rapport aux espèces solitaires. Tous les individus sont capables de se reproduire et participent à l’ensemble des tâches. De plus, des individus isolés, expérimentalement ou naturellement (femelles gravides émigrantes), sont capables de tisser un piège dont les caractéristiques sont identiques à l’architecture des colonies (Pères et Bernard 2000 [2]), mis à part la taille. Ces individus isolés sont également capables de capturer des proies. On peut en déduire que ces araignées présentent toutes les caractéristiques éthologiques des espèces solitaires et que le phénomène social résulte simplement d’une coordination d’activités individuelles préexistantes chez les espèces ancestrales. La mise en évidence des mécanismes responsables de cette coordination, c’est à dire permettant le passage d’activités individuelles désordonnées à l’activité collective coopérative, correspond à l’objectif poursuivi par les biologistes impliqués dans ce projet.
Les deux formes d’activités collectives les plus impressionnantes par leur efficacité et que nous avons retenues parmi les manifestations sociales de ces araignées (soins aux jeunes, défense contre les prédateurs, émigration, compétition intra-coloniale, adaptation du piège aux besoins de la colonie,..) sont la construction commune du piège et la capture des proies.
Les araignées sociales de Guyane, qui ne mesurent que 5mm, construisent des édifices soyeux dépassant souvent 100 m3 de volume (les dimensions extrêmes s’étendent de 1 litre à 1200 m3) (Pasquet & Krafft 1989 [3]). En dépit de la variabilité des formes de ces structures, qui suggère une influence des contraintes physiques imposées par l’environnement végétal, on y décèle des règles architecturales simples mais immuables. Toutes ces colonies sont composées d’une nappe horizontale en forme de hamac, surmontée d’un réseau tridimensionnel de fils non gluants ayant pour fonction d’arrêter les insectes dans leur course.
Anelosimus eximius - 5mm
Prédation collective dans une colonie d’A. eximius
Photo - Alexandre Bernard
La construction du piège
Comme les individus isolés sont capables de construire des structures en accord avec ces règles (Pères et Bernard 2000), nous avons émis l’hypothèse que les algorithmes comportementaux mis en œuvre sont identiques à ceux des araignées solitaires et pris comme premier modèle une espèce locale solitaire dont le piège comporte également une nappe horizontale et un réseau tridimensionnel,Agelena labyrinthica (de la famille des Agelenidae qui renferme également deux espèces sociales africaines). Cette toile présente cependant une caractéristique supplémentaire, la présence d’une retraite tubulaire débouchant sur la nappe.
Les premiers résultats obtenus révèlent que les caractéristiques physiques de l’environnement ont une influence sur la construction de la nappe et du réseau. La nappe est construite au niveau de la frontière horizontale entre le milieu fermé de la strate herbacée dense et le milieu ouvert occupé par les hampes des graminées. La dimension du réseau dépend de la végétation surplombant la nappe. La construction d’un milieu artificiel en laboratoire, formé de piquets de différentes hauteurs et de différentes densités, a confirmé ces observations. La nappe est construite au sommet des piquets les plus denses et la hauteur du réseau dépend des piquets les plus grands.
Dans un tel milieu, la modélisation par système multi-agents permet d’obtenir une nappe et un réseau en utilisant des algorithmes comportementaux simples (Bourjot et al 1999 [4]). L’araignée virtuelle se déplace au hasard de piquet en piquet en tissant un fil. Le fil est fixé aux sommets des piquets. Cependant la structure soyeuse obtenue occupe la totalité de l’espace virtuel disponible. L’introduction d’une règle supplémentaire, vérifiée chez les araignées sociales et solitaires, l’attraction que la soie exerce sur l’araignée, permet d’obtenir une toile de dimension finie n’occupant pas la totalité de l’espace virtuel. Cette attraction correspond à la probabilité qu’a l’araignée qui rencontre un fil déjà posé de suivre ce fils ou de le quitter. Les fils de soie posés correspondent à une modification de l’environnement assimilable à une « mémoire » des trajets déjà effectués qui incite l’araignée à rester dans le secteur déjà balisé de fils.
Nos résultats montrent que ces règles sont suffisantes pour entraîner la coopération de plusieurs araignées virtuelles qui ne font pas de distinction quant à l’origine de la soie rencontrée. Du fait de l’attraction exercée par la soie, les différents agents sont piégés par les structures soyeuses et construisent une toile commune sans interagir directement entre eux.
D’après ce modèle, l’attraction de la soie serait suffisante pour entraîner la coopération d’agents réactifs à leur soie comme à celle des autres, mais qui par ailleurs s’ignorent.
Ce principe a déjà été vérifié sur le modèle biologique, car il est possible d’obtenir une coopération lors de la construction de la toile chez l’araignée solitaire Agelena labyrinthica à condition de faire se succéder les différents individus sur le chantier. Chaque araignée réalise l’une des étapes de la construction en étant pilotée par les structures soyeuses déjà élaborées par les individus précédents. La soie est donc le moteur de la coordination pour peu que les individus ne présentent pas de comportement agonistique. Il s’agit d’un mécanisme similaire à la stigmergie découverte par Grasse chez les Termites (Grasse 1984). La termitière en construction dirige et oriente le comportement des individus de la colonie.
Si ces mécanismes simples correspondent bien à ceux responsables de la construction collective chez les araignées sociales, nous sommes en face d’un processus particulièrement robuste car leurs pièges sont construits sur des supports variables (zone herbeuse, buissons, cime des arbres) dont les caractéristiques physiques sont imprévisibles sans qu’on n’observe pour autant d’altération des règles architecturales.
Cette première étape soulève plusieurs questions dont certaines font l’objet de ce projet. Si l’attraction de la soie a été mise en évidence, elle n’a pas été quantifiée. Quel est la valeur du coefficient d’attraction de la soie (ou probabilité de suivre un fil) permettant la coopération la plus efficace, mais aussi l’extension du piège et l’émigration de certains individus ? Notre modèle est basé sur les principes d’une stigmergie quantitative, or les modifications comportementales des araignées lors de la construction impliquent également une stigmergie qualitative. Les algorithmes comportementaux mis en évidence sur les araignées solitaires doivent être vérifiés sur les araignées sociales, en particulier sur le terrain en raison de difficultés techniques liées aux conditions de laboratoire.
Edifice d’Anelosimus eximius
Photo - Alexandre Bernard
Capture des proies
La capture collective de proies peut également s’expliquer par des règles comportementales simples. L’efficacité de ces captures est remarquable puisque les araignées sociales sont capables de maîtriser des proies dont le poids sec atteint 700 fois celui des individus (Pasquet & Krafft 1992 [5]).
Les araignées sont réparties en petits groupes sous les feuilles incorporées au réseau. Cette répartition permet le repérage des proies dans l’ensemble du piège. L’insecte qui se prend dans le piège est à l’origine de vibrations qui attirent un nombre variable d’individus en fonction de leur énergie et de leur durée. C’est apparemment la proie qui « décide †du nombre d’araignées nécessaires à sa capture. Lorsque les araignées se déplacent vers l’épicentre des vibrations, elles présentent une succession de brefs arrêts et déplacements synchronisés (Krafft & Pasquet 1991 [6]). Les arrêts permettent aux individus « d’écouter †où se trouve la proie.
Les expériences déjà réalisées montrent qu’au contact de l’insecte, les araignées manifestent une succession de comportements (projection de soie gluante, projection de soie sèche, morsures) qui ont pour effet de le neutraliser. Par la suite on assiste à la section des fils de soie retenant la proie dans le réseau et à la fixation de fils de traction permettant son transport collectif en direction d’une feuille abri. La succession des actes et leur coordination s’expliquent par le fait que chaque individu ajuste son comportement à l’état de la proie qui lui même est le résultat de l’activité des araignées précédentes. Comme pour la construction, les araignées réagissent par un mécanisme « stimulus-réponse †aux modifications du milieu engendré par leur propre activité (état de la proie) ou celle des congénères, sauf qu’il s’agit ici d’une stigmergie qualitative (Vakanas & Krafft 1985 [7] ).
L’expérience montre que ce processus est remarquablement robuste dans la mesure où l’endroit d’arrivée de la proie, sa nature et sa vigueur sont imprévisibles.
Là encore se posent un certain nombre de questions. Comment le nombre d’araignées est il ajusté aux caractéristiques de la proie ? Quels sont les causes de la répartition des araignées en petits groupes dans l’ensemble de la structure ? Quel est l’origine de la synchronisation des déplacements ? Quels sont les mécanismes de décision collective qui déterminent l’orientation du transport dans une seule direction alors que les araignées proviennent de groupes différents ?
Captures collectives
Origine de la répartition des groupes d’araignées dans le piège.
La répartition des groupes d’araignées dans la structure soyeuse est un facteur important de l’efficacité de la capture en raison de l’amortissement des vibrations transmises par la soie. En raison de cette répartition, la colonie est opérationnelle quel que soit l’endroit d’arrivée de la proie. D’après nos observations sur le terrain, il semble que cette répartition dépende des conditions environnementales.
Ajustement du nombre d’araignées aux caractéristiques de la proie.
Divers mécanismes complexes permettent d’ajuster le nombre d’individus à la ressource alimentaire chez les insectes sociaux (danse des abeilles, pistes chimiques des fourmis). Cet ajustement chez les araignées sociales semble lié aux capacités de transmission des vibrations par la soie. Les observations sur le terrain indiquent que les araignées peuvent être attirées à des distances comprises entre 5 et 40 cm suivant la vigueur de la proie. C’est pourquoi nous nous contenterons de rechercher la relation entre l’intensité des vibrations à leur source et le nombre d’araignées attirées.
Synchronisation des déplacements.
La synchronisation des déplacements des araignées se dirigeant vers la proie est un phénomène spectaculaire. Sur le plan fonctionnel il semble que les courtes phases d’immobilité des individus facilitent le repérage de la proie, car le déplacement de nombreuses araignées est à l’origine d’un bruit de fond vibratoire susceptible de masquer le signal proie. En effet, cette synchronisation est particulièrement marquée lorsque la proie se déplace dans le réseau ou après sa fuite, c’est à dire lorsqu’elle est difficile à localiser. Dans la mesure où cette synchronisation peut être déclenchée par un objet inerte tombant dans le piège (le seul signal vibratoire est alors celui de l’impact de l’objet) et qu’elle persiste après la fuite de la proie on doit admettre qu’elle dépend de processus issus des araignées elles mêmes. Comme par ailleurs il a été impossible d’identifier un quelconque leader, on peut en déduire qu’il s’agit d’un processus auto-organisé (Krafft et Pasquet 1991).
Le mécanisme de cette synchronisation n’est pas encore élucidé. Son étude requiert le développement d’un logiciel permettant une analyse (au moins semi-automatique) des déplacements des araignées. Les premières analyses manuelles sur un nombre réduit de cas suggèrent cependant que la synchronisation du point de démarrage des déplacements est plus marquée que celle des arrêts. Par ailleurs, une araignée isolée se déplace de manière saccadée vers la proie avec une successions d’arrêts. On peut donc supposer l’existence d’un rythme endogène de fréquence variable avec une mise en phase du début des déplacements selon un processus voisin de celui découvert chez les lucioles.
Mais ces déplacements synchronisés sont également à l’origine de phénomènes vibratoires rythmiques susceptibles de jouer le rôle de signal de recrutement. En effet, des individus immobiles à l’origine viennent se joindre au groupe même après la disparition de la proie ou du signal vibratoire artificiel. L’étude de ce phénomène est cependant délicate car il est difficile de déterminer si ces individus répondent à ce signal ou si leur latence de réponse à la présence de la proie est particulièrement longue.
Décision collective et transport de la proie dans une direction donnée.
Le moment du transport dépend de l’état de la proie (paralysée et inerte). Les araignées tirent alors la victime dans une direction donnée qui correspond généralement à la position de la feuille abri d’où est issu le groupe. Mais il est fréquent que les araignées participant à la capture et au transport proviennent de groupes différents. Pourtant, à de rares exceptions près, tous les individus tirent dans la même direction. Il y a donc un processus de décision collective.
Les colonies étant installées dans des sites très ensoleillés, les feuilles abri ont pour fonction essentielle de procurer de l’ombre aux araignées. Mais sur des supports végétaux denses certaines feuilles sont inoccupées et pourtant les proies ne sont pas transportées dans leur direction. On peut donc exclure à priori une simple attraction vers une zone d’ombre. On peut également imaginer un phénomène de "homing"(*). Mais dans ce cas les araignées devraient tirer la proie en direction de leur groupe d’origine, ce qui nécessiterait que chaque individu « identifie †sa position dans une structure soyeuse particulièrement complexe et entraînerait une compétition.
Nous faisons l’hypothèse que les araignées se basent sur les fils produits lors de leur déplacement initial vers la proie. Lors du transport de la proie, les araignées effectuent des aller-retour qui sont à l’origine de la pose de nouveaux fils. Dans le cas de l’intervention d’individus de deux groupes différents l’apparition d’une asymétrie dans le nombre de fils en direction des différents abris serait à l’origine de la décision collective de tirer dans une seule direction. Ce seraient donc les modifications du milieu consécutives aux déplacements des araignées (pose de fils) qui entraîneraient cette décision collective, comme c’est le cas lors des déplacements coordonnés de groupes d’individus dans une situation de choix binaire (Saffre et al 1999 [8]).
Modalités de transport de la proie.
Le volume, le poids et la densité de la proie sont imprévisibles. Il faut donc un ajustement du comportement des araignées aux caractéristiques de la proie (nombre d’araignées participantes, nombre d’aller-retour, nombre de fils qu’il faut nécessairement couper).
Lors du transport, les araignées fixent un fil à la proie, se déplacent en direction de l’abri sur une certaine distance, tirent sur le fil et le fixent au réseau. Puis elles reviennent sur la proie et recommencent leur manège. Mais des fils posés lors de la capture et arrimant la proie dans le réseau s’opposent à son déplacement. Ces fils sont repérés par les araignées et coupés. Lors du déplacement de la proie, certains fils de traction deviennent eux mêmes un frein et sont alors coupés. On peut en déduire que le repérage des fils qui doivent nécessairement être coupés ne dépend pas de leur nature (marquage chimique), mais de leur action mécanique ou de leur orientation par rapport à la direction du transport.
Faut il imaginer un repérage de l’orientation des fils par les araignées afin de déterminer ceux qu’il est nécessaire de couper, ce qui implique des capacités cognitives complexes, ou peut on expliquer ce phénomène par un mécanisme plus simple ? Dans la mesure où les fils de traction se multiplient rapidement, on peut émettre l’hypothèse que les fils retenant la proie subissent des tensions supérieures. Les araignées se contenteraient alors de couper les fils subissant les tensions les plus fortes dès lors que le déplacement de la proie est empêché. L’expérimentation dans ce domaine est difficile et seule la modélisation peut nous révéler si cette hypothèse est suffisante.
Les caractéristiques de la proie sont imprévisibles. Il est donc essentiel de rechercher les relations qui existent entre le poids ou le volume de la proie et la technique de transport. Ce problème peut être abordé facilement en manipulant les proies. Une mouche lestée d’un plomb de pêche approprié pèse le même poids que deux mouches collées l’une à l’autre. Cette technique permet de comparer les effets du volume et de la densité. Notre projet vise à étudier les effets de ces deux caractéristiques sur le nombre d’individus participant au transport et sur le nombre ou la longueur des aller-retour. Un logiciel de trajectométrie faciliterait grandement cette étude.
(*) "Homing" : Littéralement "retour à la maison" - Acheminement des proies à des endroits prédéfinis impliquant une notion d’appartenance à un groupe génétique.
Le phénomène de homing s’applique plus fréquemment aux espèces de poissons retournant frayer à des endroits bien définis.
[1] AVILES L., 1997. Causes and consequences of coopération and permanent-sociality in spiders. In : Evolution of social behavior in insects ans arachnids (Choe, J. & B. Crespi Eds.), Cambridge Univ. Press, Cambridge, pp 467-498.
[2] PERES & BERNARD, 2000. Action Bio informatique "Araignée sociales pour le résolutions des problèmes d’émergence" - Loria 2000
[3] PASQUET A & B KRAFFT - 1989. Colony distribution of the social spider Anelosimus eximius (Araneae, Theridiidae) in French Guyana. Insectes Sociaux 36 : 173-182.
[4] BOURJOT C., CHEVRIER V., BERNARD A., KRAFFT B. - 1999. Coordination par le biais de l’environnement : une approche biologique In ingénierie des systèmes multi-agents, actes des JFIADSMA, St Gilles les Bains pp 237 -250 , Hermes ,1999
[5] PASQUET A. & KRAFFT B. - 1992. Cooperation and prey capture efficiency in a social spider, Anelosimus eximius
(Araneae, Theridiidae). Ethology, 90, 121-133
[6] KRAFFT B. & PASQUET A. - 1991. Synchronized and rhythmical activity during the prey capture in the social spider Anelosimus eximius (Araneae, Theridiidae). Insectes Soc., 38, 83-90
[7] VAKANAS & KRAFFT - 1985. Behaviour of colonial spider of the Theridiiidae species Anelosimus eximius Anim. Behav., 26, pp 652-695
[8] SAFFRE et al - 1999. Dragline attachment pattern in the neotropical social spider Anelosimus eximius (Araneae : Theridiidae) Ethology,98,pp 225-242
"Craint-on la transformation ? Mais sans transformation, que peut-il se produire ?
Qu'y a-t-il de plus cher et de plus familier à la Nature universelle ?
Toi-même, peux-tu prendre un bain chaud si le bois ne subit aucun transformation ? Peux-tu te nourrir si les aliments ne subissent aucune transformation ? Et quelle est celle des autres choses utiles qui peut s'accomplir sans transformation ?
Ne vois-tu donc pas que ta propre transformation est un fait pareillement nécessaire à la Nature universelle ? "
Marc Aurèle.
Questions inévitables :
"Suis-je en transformation intérieure ou suis-je juste attaché à la transformation de mes conditions de vie extérieure ?
Suis-je inscrit dans une évolution spirituelle ou bien matérielle ?
Est-ce que cette transformation matérielle peut satisfaire la Nature universelle ?
Est-ce que je suis porté par une évolution libératrice ou au renforcement des structures qui m'enferment ?
Se poser les questions une par une et prendre le temps d'y répondre.
De par mon métier d'éducatrice, je rencontre de nombreux parents depuis des années et je constate qu'ils sont de plus en plus démunis, perplexes, voire parfois complètement dépassés face à l'éducation de leurs enfants. La cellule familiale et les modes de vie ont évolué à une vitesse vertigineuse et beaucoup de parents ont perdu leurs repères, les enfants sont désorientés.
Comment répondre au besoin criant d'autorité des enfants ? Comment aider les parents à incarner l’autorité de façon légitime ?
Lorsque j'ai lu La leçon de professeur Hibou (1), j'y ai vu une réponse claire, d'une simplicité remarquable, parfaitement adaptée aux enfants d'aujourd'hui :
• Une réponse, à la portée de tout un chacun.
• Une réponse pour accompagner les enfants vers une autonomie véritable : « Écoute ton cœur et fais ce qu'il te dit ».
• Une réponse à leur besoin de liberté.
• Une réponse qui donne aux parents l'immense responsabilité de toujours amener l'enfant à sentir dans son cœur ce qui est à faire et à s'y soumettre – et le devoir de jouer le jeu afin d'être un exemple à suivre.
• Une réponse qui, si elle est mise en pratique dès la petite enfance, aidera les adultes à se défaire de l'habitude néfaste et parfois désastreuse, de savoir ce qui est bien pour les enfants.
J'ai eu l'occasion de lire La leçon de professeur Hibou à des enfants petits, mais aussi un peu plus grands, elle leur parle et les interpelle. On dirait qu'ils mesurent, de manière intuitive, l'étendue de la leçon et l'ouverture qu'elle provoque dans leur conscience.
J'ai même vu un enfant, particulièrement coquin, se boucher les oreilles. Il savait, intuitivement, qu'il ne pourrait plus faire à sa tête s'il apprenait à faire selon son cœur. Cela montre à quel pointLa leçon de professeur Hibou éveille à la réalité de l'autorité que l'enfant porte en lui et combien elle est porteuse d'espoir pour l'avenir du monde.
Voici les échanges que j'ai pu avoir avec Vincent sur cette histoire (1) et mes remarques.
- Vincent, tu aimes l'histoire de Maître Hibou ? Oui.
- Pourquoi ? Parce qu'elle est belle à écouter et trop jolie.
- Tu y penses souvent ? Oui, très souvent.
- Pourquoi ? Parce que je l'aime.
- Et c'est bien d'interroger son cœur ? Oui.
- Pourquoi ? Parce qu'il faut être sage et être copain avec tous les autres.
- Et l'histoire t'a aidé à être copain avec tous les autres ? Oui.
Je me suis aperçue qu'avec cette introspection Vincent était plus posé. C'est comme s'il prenait vraiment conscience des bêtises qu'il faisait, alors qu’auparavant, on lui criait dessus, on le punissait, mais ça ne le touchait pas.
Parfois de lui même il me dit que son soleil est blessé. Alors on discute pour savoir ce qu'il faut faire pour aller mieux.
Maintenant, à nous parents, de faire sortir du cadre de l'école cette histoire de Maître Hibou qui fonctionne très bien en classe et à la maison. Je dis à Vincent que cette règle est valable partout : au judo, au centre-aéré, avec les cousines, bref partout. Pour lui, c'était à l'école et à la maison c'est tout.
En tout cas, je compte bien la lire à la petite sœur dans quelque temps.
En ce qui concerne professeur Hibou (1) et Tristan... ce volatile est devenu le symbole du bien et du mal pour mon garçon. A plusieurs reprises, alors qu'il s'apprêtait à faire une bêtise ou à ne pas écouter une consigne, nous l'avons surpris à "se reprendre" en cours de route. A notre félicitation et à notre question du pourquoi a-t-il finalement choisi la raison, Tristan a répondu simplement que dans son cœur, il savait que ce n'était pas bien, qu'il a pensé à Mario et Maria et qu'il a donc changé d'avis. (Merci professeur Hibou !)
De même, nous l'avons plusieurs fois entendu faire la leçon à son grand frère, en évoquant le fait qu'il faisait quelque chose de mal, et que professeur Hibou dit qu'il faut écouter son cœur et faire le bien...
Enfin, à sa sortie de fin d'année, Tristan a partagé son pique nique avec un enfant qui n'en avait pas ; la veille au soir nous avions lu l'histoire du professeur Hibou à sa demande et à la fin de la lecture, il avait conclu, comme systématiquement, qu'il serait très très sage le lendemain... Est-ce lié ?
Quand nous lui demandons de nous expliquer pourquoi il aime tant l'histoire de professeur Hibou, il répond : " Parce que des fois, ma tête n'a pas envie d'être sage, mais si je pense à Mario et Maria, alors, mon cœur me dit qu'il faut que je sois sage et je suis sage".
Je ne connais que l'école élémentaire. Mais c'est bien là que tout commence...
L'essentiel, à mes yeux, reste la connaissance de soi. Le contenant avant le contenu. L'individu avant l'élève. Lorsque l'éveil à soi est validé, l'éveil au monde devient possible.
Les adultes enseignants sont évidemment en première ligne... Mais il ne faut rien attendre de l’Éducation nationale, que ça soit un gouvernement de droite ou de gauche d'ailleurs. Trente ans que je suis instituteur et je n'ai vu qu'une dégradation continue de la prise en compte de l'individu, dans les moyens accordés et sur le fond également. Des statistiques, évaluations nationales, réformes dérisoires ou inapplicables, aucune évolution réelle. La réforme actuelle sur les rythmes scolaires va au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer...
Tout le problème vient de l'école élémentaire à mon sens. Ce que vit le collège n'est que le résultat d'une absence d'existence en tant qu'individu. Au lycée, la proximité de la vie professionnelle sauvent quelque peu ceux qui sont encore dans la course... Mais les dégâts sont effroyables. L'école est avant tout un mouroir spirituel. Il n'y a que la philosophie existentielle (et non pas cognitive) qui puisse inverser le mouvement.
L'école n'est que le reflet du monde. Elle est un contenu et non pas un contenant. Juste une excroissance d'un système extrêmement vaste. Il est vain à mon sens d'attendre une évolution positive de l'école elle-même alors qu'elle dépend intrinsèquement d'un champ beaucoup plus vaste. C'est toute la vision de l'individu qu'il faut revoir. C'est comme entreprendre la rénovation intérieure d'une maison alors que le bâti est en ruine. Dès lors que le système scolaire est orchestré par des instances qui ont pleinement adhéré à la vision matérialiste de l'existence, il est absurde d'en attendre autre chose que les valeurs que ces gens soutiennent. Par conséquent, il est illusoire de croire que les changements puissent venir de la hiérarchie. On est dans le même fonctionnement que "les Indignés". C'est l'engagement de la base qui porte les germes du changement. Collaborer ou résister. Il convient donc d'établir, en soi, les priorités de sa mission et œuvrer à les appliquer. Pour ce qui est de l'école, les techniques d'enseignement sont secondaires. Tant que l'humain est valorisé, écouté, aimé, accepté dans ses différences, porté, accompagné, il n'a plus aucune raison d'entrer en rébellion. Les techniques, dès lors, sont des moyens, pas les objectifs qu'ils finissent par devenir tant on leur accorde d'importance...
L'immense difficulté du travail vient du fait qu'il est impossible de réussir sans que ce travail ait été fait sur soi. Ça ne s'apprend pas dans des livres même si les livres peuvent être des soutiens. Chaque enseignant devrait avant tout être enseignant de lui-même, son propre élève et son propre maître, une alternance constante entre l'apprentissage et la validation des acquis spirituels. Et je dis bien "spirituel" et non pas "cognitif". Une spiritualité qui bien évidemment n'a rien à voir avec la religion. "Lettres aux écoles " de Krishnamurti devrait être une lecture de chevet...Les instances dirigeantes ne la proposeront jamais...
Ce système scolaire dans lequel l'apprentissage cognitif est la seule référence aboutit à un système pervers de croyances. Les diplômes représentent la validation administrative des étapes dans l'accumulation de ces croyances. Je parle de croyances étant donné que ces savoirs contribuent à l'égarement de l'individu dans l'idée que ce qu'il fait, produit, réalise, durant ce cheminement cognitif LE représente, que ce qu'il fait correspond à ce qu'il est et que la "réussite" dans ce parcours scolaire contribue à son être. Les concepteurs de la bombe nucléaire, les chimistes de Monsanto, les ingénieurs de chez Dassault aviation, sont tous des gens hautement diplômés et ils sont à des années-lumière de la moindre conscience unifiée. Ils œuvrent à la validation de leurs études dans l'exploration de leur ego en ayant abandonné toute forme d'empathie avec le flux vital.
Leurs croyances les nourrissent et ils se sentent certainement redevables de ce que le système scolaire leur a permis de devenir. Des fanatiques.
C'est parce que l'enseignement actuel exclut la dimension spirituelle que ces croyances s'établissent avec une telle force. Le pouvoir, la puissance, la compétition sociale, la comparaison, l'envie, la rentabilité, la technicité jusqu'à l'absurde, le profit, le mensonge, la soumission, la tricherie, la compromission, toutes les dérives actuelles sont les conséquences d'une déshumanisation de l'enseignement.
Je me demande d'ailleurs comment justifier l'idée qu'une société malade puisse s'ériger en formateur de jeunes esprits ? Comment peut-on considérer que les pairs, dans leurs dérives anciennes, puissent œuvrer au « Bien-Naître » des individus ?
Il me vient parfois à l'esprit que cette société agit comme un incubateur. Elle favorise l'éclosion de ses prochaines victimes. Victimes spirituelles à une échelle gigantesque. Jusqu'à l’individu sans domicile, rejeté, banni, oublié, ignoré et qui deviendra une victime physique. En passant par les suicidés, les intoxiqués, les déjantés, tous ceux qui se seront perdus en cours de route, qui auront quitté l'axe principal pour s'aventurer sur des chemins de traverse. Il y a des rescapés. Ceux qui basculent pour une raison qui parfois leur échappe dans cette dimension spirituelle dont ils ont été privés durant leur survie.
L'enseignement scolaire actuel exclut totalement la dimension spirituelle de l'individu. La classe de philosophie de terminale n'est qu'une accumulation de connaissances aboutissant à une évaluation chiffrée comme si le but essentiel de la philosophie tenait dans un cadre aussi restrictif. C'est consternant et ça contribue au rejet quasi général de ce regard porté sur l'existence. Pour ma part, la philosophie n'est même pas une finalité. Elle n'est qu'un moyen de tendre vers une complétude de l'individu, une unification de l'ego avec l'inconscient, du moi avec le Soi qui le contient, une observation lucide des conditionnements et de leur analyse.
La philosophie pour elle-même n'a pas plus d'intérêt que la connaissance de la carte du monde. Il ne s'agit que de l'image d'un territoire mais son exploration rend nécessaire l'engagement du marcheur. Sortir d'une classe de terminale en se contentant de connaître la carte sans que cela n'ait déclenché le désir absolu de se lancer sur la route intérieure est un échec cuisant pour l’Éducation nationale. Il faudrait que ce mammouth cherche à connaître, sur le long terme, le nombre d'individus ayant éprouvé cet amour des horizons intérieurs.
Le constat serait effrayant.
La philosophie est bien autre chose qu'une matière scolaire. Luc Ferry disait qu'il était inutile de chercher à initier de jeunes enfants à une démarche philosophique. Je suis d'accord avec lui s'il s'agissait de l'enseigner comme cela est fait en France. Mais pour ma part, je mets bien autre chose dans le terme que ce simple épandage de notions diverses dans des esprits en friche. Lorsque je travaille avec mes élèves sur la gestion des émotions, nous faisons de la philosophie puisque l'objectif est de vivre mieux comme l'entendait Sénèque. Pour Luc Ferry, la philosophie est un moyen d'épandre sur les autres ses connaissances.
Évidemment, il trouverait humiliant que ça soit vers de jeunes enfants.
Il a une trop haute estime de lui.
Je pense, pour le vivre depuis trente ans, qu'il est bien plus délicat d'éveiller de jeunes esprits que de formater des adolescents. Ceux-là, n'ayant justement jamais eu à s'observer réellement, en dehors du prisme étroit de leur vie sociale, ils sont très facilement manipulables. Les jeunes enfants auront besoin d'une pratique régulière pour accéder à une réflexion lucide mais ils y parviendront parce qu'il s'agit de « vivre mieux » et qu'ils sont particulièrement sensibles aux émotions que cela génère.
Lorsqu'une élève me dit, après notre discussion sur le chemin éclairé par les lampadaires qu'on allume, que les zones d'ombres lui apparaissent beaucoup moins inquiétantes dès lors qu'on sait qu'il est bon et reposant de venir se ressourcer sous les lumières acquises, et bien, je sais qu'il s'agit de philosophie. Puisqu'elle vivra mieux.
Il n'est nullement question pour moi de remettre en cause le rôle "économique" de l'école dans la totalité du cursus et la participation à l'avenir professionnel des enfants. Je dis simplement qu'à l'école élémentaire, la priorité est de participer au développement équilibré de l'individu. C'est lorsque cela aura été validé que le reste suivra de lui-même. Et non l'inverse.
Tout le nœud du problème tient dans cet accompagnement de l'humain. C'est là justement que la philosophie à l'école élémentaire peut prendre une place primordiale. Encore faut-il que les enseignants en prennent conscience et fassent eux-mêmes ce travail. Mais qui va juger de la démarche existentielle des enseignants ? C'est à eux de le faire. La priorité, depuis des décennies, c'est « l'avoir », c’est à dire l'extérieur. On travaille à l'envers. Les Peuples Premiers n'ont jamais perdu de vue qu'un chasseur, un cueilleur, un berger, un potier, ne représentent que des fonctions et qu'elles ne doivent jamais prendre le pas sur la Nature humaine.
Et comme les enseignants sont aussi, pour la plupart, des parents, le formatage est le même... Il n'y a par contre rien de définitif dans ce constat. Les rencontres que j'ai avec les parents d'élèves au long de l'année me montrent bien qu'ils sont dans leur grande majorité à l'écoute et lorsque les enfants leur rapportent le bonheur d'apprendre, ils prennent le même chemin. Il s'agit donc bien d'une osmose à réaliser dans ce triptyque, enfant, parents, enseignants. Toute condamnation ou jugement renforce l'épaisseur des barrières... Pour ce qui est de l’Éducation nationale, je ne l'inclus pas, volontairement, dans cette rencontre à établir. Elle n'a rien à imposer, elle se doit de suivre ce qui fonctionne sur le terrain.
Il faut inverser le sens des influences.
Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont voulu faire tenir ce rôle à l'école : un rôle économique affiliée à une "philosophie matérialiste". Les objectifs étaient clairs et je rappelle d'ailleurs que Mr Hollande a dit que « l'école avait un rôle prioritaire dans le soutien à l'économie ». Alors, cette idée que l'enseignement doit avoir une portée concurrentielle, qu'elle doit permettre à la France de garder son rang, etc ...c'est ce qui est dit depuis bien longtemps alors que Jules Ferry disait : "Nous ne vous demandons pas d'en faire des grammairiens mais des hommes. "
Et je répète alors ce que j'ai déjà dit. Il est essentiel d'aider à la constitution du récipient avant de vouloir y mettre quelque chose. Sinon, tout s'enfuit. Et là, ça fait longtemps qu'on travaille à l'envers. L'école élémentaire n'a AUCUN rôle à tenir au regard de l'économie et de la formation de futurs salariés. Le collège doit par contre s'ouvrir aux formations professionnelles pour des jeunes qui en ont le désir et non pas pour s'en débarrasser. Que ça soit fait par des gens compétents et avec des moyens, en partenariat avec les secteurs économiques concernés. Mais pour ce qui est de la filière purement scolaire, elle se doit d'apporter aux individus l'accession au "savoir être". Le "savoir-faire" viendra en son temps et c'est ce regard et cet accompagnement existentiel qui soutiendra les étudiants dans le long cheminement vers les hauts diplômes.
Les individus se définissent aussi par leur activité économique mais s'ils ne se définissent QUE par ça, que leur reste-t-il lorsqu'ils perdent leur travail?...Toutes les identifications sont des pièges redoutables dès lors que l'individu ne se pense exister qu'à travers le statut que ces identifications lui donnent. Il s'agit donc, en priorité, à travers l'enseignement et l'éducation, d'apporter suffisamment de lucidité à l'individu pour qu'il découvre ce qu'il est mais sans jamais se figer.
Je ne suis pas instituteur, j'exerce le métier d'instituteur.
Le "Je" est bien autre chose qu'une fonction. Il est par essence une Nature.
Quant aux modèles dont les enfants se servent, je les vois à longueur d'année : Justin Bieber ou Ronaldo pour les garçons et Rihanna ou Violetta et autres starlettes pour les filles. Leur rêve à tous et toutes étant principalement de gagner des centaines de millions et d'être adulés. La valeur humaine est une notion qui leur échappe totalement. C'est pour cela que je leur raconte la vie de gens comme Albert Wegener, Marie Curie, Walter Bonatti, Bernard Moitessier, Alexandra David Neel, Nicole Viloteau, Laurence de la Ferrière, Louis Pasteur, Soeur Thérésa, Aung San Suu Kyi, Sir Edmond Hillary et Tensing Norkay etc etc...C'est pour cela que je les emmène en montagne. Les valeurs morales et les valeurs physiques. Tout le reste est secondaire. Même si ça reste important. C'est une continuité, pas un point de départ.
Tout le problème, pour moi, tient dans le fait, encore une fois que les parents et la société en général, télévision et médias, laissent penser aux enfants que l'apparence mais surtout l'appartenance à un groupe, à une image partagée, à une structure a davantage d'importance que l'individu lui-même. La "Biebermania" en est un des dernières apparitions. Il y en aura d’autres, il faut entretenir l’armée des décérébrés.
Chez les adultes, on retrouve le même phénomène. C'est toujours une absence de vie intérieure qui trouve sa complétude dans des mouvements de masse. Les habits à la mode, être supporter de l'OM ou du PSG, voir les films dont parlent les médias, lire les livres qui ont eu des prix littéraires, regarder pendant des milliers d'heures des émissions télévisées dont le niveau se situe à celui des égouts et bien sûr avoir une Rolex..., ça prend évidemment des proportions différentes selon le milieu social mais le fonctionnement est le même. L'appartenance, la reconnaissance, l'adhésion aux groupes, l'avoir qui supplée l'être.
J’entends souvent dans les médias des « spécialistes » dire que le niveau des enfants baisse. À mon sens, c’est parce que le contenant est friable. Donc, le contenu s'écoule. Et comme la société, elle-même, montre des signes de plus en plus inquiétants de friabilité, dans de multiples domaines, cette perméabilité des individus se renforce. La peur est un effaceur surpuissant. Et je vois de plus en plus, dans mes classes successives, les peurs grandissantes des enfants. L’instabilité parentale en est une cause mais elle n’est pas la seule. Le Monde autour d’eux est violent ou en tout cas les représentations qu’on leur donne à voir.
J'en reviens à mon point de départ. C'est lorsqu'on aide l'individu à se connaître qu'il a des chances un jour de connaître quelque chose. Si on ne donne pas de sens à l'enseignement, ça part dans tous les sens et ça cafouille. Et ça commence bien évidemment dès les premières années d'école. Qu'on fasse découvrir la philosophie uniquement en terminale et pour l'obtention d'un diplôme, c'est totalement aberrant... Je n’ose imaginer ce que Socrate en penserait.
Et on ne s’en sortira pas avec la Morale laïque que prône maintenant Mr Peillon quand il l’affuble de l’apprentissage de la Marseillaise et l’évaluation chiffrée de ces enseignements. La morale laïque, telle qu’elle a été présentée, ces dernières heures, a pour objectif le ciment social. Mais ce social se réfère toujours à un contexte extérieur…On tourne en rond…Et on creuse un trou…
Dans le Finistère, onze communes se sont officiellement déclarées « horsTAFTA ». Il s’agit dans l’ordre chronologique :
Botmeur (19/05) –Trégunc (23/06) – Bannalec (26/06) – Saint Yvi (26/06) – Saint Rivoal (10/07) –Berrien (15/07) – La Feuillée (21/07) – Huelgoat (3/08) – Motreff (25/09) – Douarnenez (1/10) – Saint Jean Trolimon (8/10).
Lors de sa séance du 11 décembre 2015, le conseil municipal du Guilvinec, présidé par son maire Jean-Luc Tanneau, a décidé à son tour de se déclarer « hors traité transatlantique », dans un vœu adopté à l’unanimité.
Cette position devrait encourager les autres communes du pays Bigouden à se prononcer également contre les forfaitures qui se préparent dans les hautes sphères de l’Etat et de l’union européenne et qui de toute évidence toucheront nos territoires et notre art de vivre.
VOEU : opposition aux traités TAFTA, CETA, TISA
La Commission Européenne, après avoir conclu un accord de libre échange le 26 septembre avec le Canada (AECG, CETA en anglais), poursuit les négociations avec les Etats-Unis sur un traité identique appelé PTCI (ou TAFTA en anglais). Ces accords visent à instaurer un vaste marché dérégulé : le grand Marché Transatlantique (GMT). Négociés dans le plus grand secret, ils pourraient être ratifiés, le premier à la fin de l’année 2015, le 2ème en 2016, sans la moindre consultation des citoyens et des parlements tant nationaux que européen. C’est un déni de démocratie, A cela s’ajoute la négociation secrète d’un accord international sur les services TISA (en anglais), qui rendrait inopérants les services publics, en obligeant les Etats à accorder les mêmes subventions au privé. Ces accords s’appliqueront à tous les niveaux de l’Etat, y compris au niveau des communes. Le but de la négociation est d’aller au-delà même des accords de l’OMC, en particulier en obligeant les Etats et les collectivités locales à accorder au privé et aux entreprises étrangères tout avantage accordé au public et au local : ce qui rendra impossible financièrement le maintien des services publics (ce que l’accord TISA vient renforcer) et le soutien de l’économie locale.
Ces traités visent ensuite à réduire les « barrières non tarifaires » : ils prévoient en effet que les législations et normes (sociales, environnementales, sanitaires, phytosanitaires, techniques) soient « harmonisées » pour faciliter le libre-échange. Or les USA sont aujourd’hui en dehors des principaux cadres du droit international en matière écologique, sociale et culturelle, et même concernant le droit du travail. Ils refusent d’appliquer les conventions de l’OIT, le protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique, la convention pour la biodiversité, et les conventions de l’UNESCO sur la diversité culturelle. Leurs normes et règlements sont beaucoup moins protecteurs pour les populations qu’en Europe. Ce marché libéralisé avec le Canada et les Etats-Unis tirerait donc toute l’UE vers le bas De plus, ces traités permettraient aux grosses entreprises, via le « mécanisme du règlement des différends » (RDIE/ISDS) d’attaquer devant une juridiction privée les Etats ou les collectivités locales qui ne se plieraient pas à ces exigences de dérégulation et limiteraient ainsi « leurs bénéfices escomptés » ! Elles pourraient réclamer de lourds dommages et intérêts à l’Etat ou aux communes, faisant exploser la dette publique.
Les multinationales pourraient ainsi forcer le gouvernement français à renoncer au moratoire sur les gaz de schiste, et à accepter la culture des OGM en plein champ, le bœuf aux hormones, le porc à la ractopamine ou le poulet lavé au chlore.
Ces traités limiteraient les capacités des Etats à maintenir des services publics (éducation, santé, etc.) et des activités préservées du marché, mais aussi à contrôler l’activité des multinationales à investir dans des secteurs d’intérêt général comme la transition énergétique.
Au-delà des échanges de marchandises, le Grand Marché Transatlantique (GMT) achèverait l’ouverture à la concurrence des échanges immatériels. Le projet d’accord prévoit d’introduire de nouvelles mesures relatives aux brevets, droits d’auteur, protections des données, indications géographiques et autres formes de ladite "propriété intellectuelle", faisant revenir par la petite porte le défunt ACTA (accord commercial anti-contrefaçon), refusé en juillet 2012 par les Euro députés suite à une large mobilisation des citoyens européens,
Par la signature de ces traités, serait réalisé le vœu de D. Rockefeller : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire »
Pour toutes ces raisons,
La commune du Guilvinec réunie en Conseil Municipal le 11 décembre 2015
- manifeste son opposition à ces deux traités (CETA et TAFTA) dont l’objectif vise avant tout la dérégulation, la marchandisation du monde et l’amplification de la concurrence,
- dénonce également la négociation de l’accord sur les services (TISA) qui vise à détruire la majorité des services publics,
- demande l’arrêt des négociations avec les Etats-Unis sur le PTCI-TAFTA et le rejet par la France de l’Accord Economique et Commercial Global (AECG/CETA) avec le Canada,
- refuse toute tentative d’affaiblir le cadre réglementaire local, national ou européen en matière d’environnement, de santé, de protection des travailleurs et des consommateurs - se déclare hors grand marché Transatlantique
Il lui manquait déjà. L’envie de se fondre dans ses bras.
Elle s’amusa à observer ce désir en elle, ce pétillement joyeux comme des bulles euphoriques dans un récipient agité. Cette légèreté insouciante, cette propension à saisir l’instant, sans aucune autre pensée. Elle se revoyait gamine, jouant à la marelle. La concentration sur le jeu et la puissance bienheureuse du moment. Être là. Ne rien laisser passer.
La menace de l’échéance. Il dépendait d’elle de ne pas y succomber, de ne pas ternir la beauté du jour, l’intensité présente, la captation intégrale de l’instant. Il lui appartenait de ne pas briser ce que la vie lui offrait.
Juste sauter de case en case, de la Terre au Ciel, ramasser précieusement le caillou au sol et reprendre son chemin, jouer, jouir, rire, aimer, heureuse de sa force, reconnaissante, emplie de cette vie qui ne demandait qu’à exprimer son amour pour elle-même. La vie s’aimait en nous et nous proposait de nous aimer nous-mêmes. Elle en découvrait l’évidence.
Elle parcourut la pièce à la recherche d’un tapis ou d’une couverture. Elle enleva le tissu molletonné posé sur la banquette. Elle l’étala au sol et entama les exercices quotidiens.
Salutation au soleil. Étirements, assouplissements, éveil du corps, application des techniques, enchaînements rigoureux, postures et respiration maîtrisée.
C’est en montant une chandelle qu’elle prit le temps d’observer son corps. Tête en bas, pieds en l’air. Angle de vue inhabituel. Ses seins, son ventre, son bassin, ses jambes, ses orteils tendus, ses mains enserrant sa taille. Tout ce qui était visible.
Cette reconnaissance à travers des regards, à travers des ressentis, des émotions, des pensées, des perceptions, des analyses, des observations… Tout cela relevait du mental mais ce qu’elle avait vécu dans les bras de Sat, dans cette étreinte sublime, cette union ineffable, comment la concevoir, comment en parler, comment la partager ?… Elle aurait voulu l'exprimer, la détailler, elle aurait voulu la danser, la dessiner, la chanter, elle aurait voulu en faire quelque chose, là, maintenant, que plus rien ne s'efface jamais. Comment expliquer cette défragmentation qu’elle avait éprouvée, cet évanouissement, cette fusion vibratoire ?
Cette certitude que son mental ne pouvait gérer de telles expériences.
Elle regardait son corps et de l’observer ainsi, elle percevait l’attachement identitaire. Impossible de ne pas songer à cette conscience décalée qu’elle avait expérimentée. La conscience cosmique, disait Sat. Comment comprendre un tel phénomène ? Sur quelles connaissances s’appuyer ? Elle avait l’impression d’apprendre à lire, d’entamer un apprentissage qui la conduirait au-delà même des mots. Il est possible de lire sans rien comprendre. Il est même possible de parler pour ne rien dire. Il est même possible d’exister sans rien connaître de la vie. Le constat l'effrayait.
Jouer une partition musicale sans se fondre dans la musique, composer un bouquet de fleurs sans honorer la vie qu'elles portent, respirer les particules d'oxygène sans jamais bénir ce miracle constant.
Se fondre... C'était l'image la plus adaptée. Se défragmenter, n'être plus que molécules... Et même, si possible, ne garder de soi que le flux interne, juste ce courant, comme ceux des fonds d'Océan, loin, très loin de la lumière de surface.
Elle abandonna la chandelle et s’allongea sur le dos. Mains sur le ventre.
L’insignifiance du travail. Comme de peindre un arbre enfantin quand on a marché hors du temps dans la jungle des sensations les plus intenses.
Un conflit inattendu entre la nécessité d’un entretien quotidien dans l’étroitesse des techniques et le souffle libérateur d’un esprit éveillé, entre la conscience mécanique qui dirige les formes et cette conscience innomée qui suspend la matière.
L’évidence.
Elle n’avait engagé qu’un travail corporel et elle s’y était identifiée, elle y avait trouvé l’apparence qui participait finalement à son propre enfermement.
Elle se leva.
L’impossibilité de travailler sans rien savoir, la force de la révélation, comme si elle était restée en apnée depuis des années.
Elle se dirigea vers la bibliothèque, un ensemble d’étagères fabriquées sur mesure, deux morceaux de troncs sciés dans la longueur et reliés par des planches de résineux peintes en jaune pâle. Elles n’avaient pas remarqué les petites statuettes… Des corps de femmes ailées, des déesses ou des fées. Aucune n’avait de visage. Une face lisse juste marquée par le nez. Un travail d’orfèvre. Chaque structure était aussi lisse qu’un galet millénaire. Aucune marque d’outils. Elles semblaient toutes sorties d’un moule. Elle les observa longuement, fascinée.
« Manuel de Tantra pour le couple ».
Le premier ouvrage qu’elle sortit du présentoir. Elle le feuilleta rapidement puis regarda les autres titres, le visage incliné.
« De la conscience analytique à la conscience cosmique. »
« Méditation et action. »
« La philosophie de Bouddha. »
« De la matière à la physique quantique. »
Uniquement des livres de réflexions, de recherches, de développements personnels. Des auteurs inconnus pour elle. Elle ne trouva pas un seul roman dans sa première sélection.
Elle empila les ouvrages et retourna s’allonger.
« Le tao de l’amour »
La couverture l’avait attirée tout autant que le titre. Un couple nu en position de lotus, la femme assise sur les jambes croisées de l’homme, une aura lumineuse qui les enveloppe, les visages dans un ciel étoilé, les corps suspendus dans le vide, des crépitements qui montaient de la terre. Un montage dont elle chercha quelques instants à saisir la symbolique.
Première page.
« Il y a plus de deux mille ans, dans la Chine antique, Lao Tseu et quelques disciples cherchèrent la vérité sur l’ordre de l’univers. Rassemblé dans le fameux “Tao Te King”, le livre sacré de la voie et de la vertu, leur savoir médical et spirituel a donné lieu à un ensemble de pratiques dont l’Occident découvre depuis peu les mérites (le tai-chi, le qi gong ou le feng shui). Ces pratiques reposent sur la croyance en un principe vital fondateur, le « qi » (prononcer « tchi »), terme qui en chinois désigne aussi la vapeur.
En Occident, ceux qui en reconnaissent l’existence parlent de « force bio-électro-magnétique ». Quoi qu’il en soit, selon le tao, le qi circule dans le corps mais aussi dans la nature et dans l’univers. Il est le souffle qui permet de se relier aux forces cosmiques. Selon la médecine chinoise, la maladie surgit lorsque le qi vient à manquer dans un organe. De longue date, elle préconise un puissant remède qui ne lasse pas de surprendre les esprits occidentaux les plus cartésiens : la Sexualité Sacrée. »
Un choc. Elle feuilleta l’ouvrage. Des dessins, des postures amoureuses, des schémas anatomiques, des poèmes, des dialogues, comme un entretien. Elle comprit rapidement qu’il s’agissait d’un échange entre un chercheur et un journaliste. Elle se réjouissait d’avoir commencé par ce texte. Elle avait eu peur dans les premiers instants de s’aventurer dans des études trop ardues pour une béotienne et plus encore pour une lectrice peu assidue.
Elle cala les oreillers et ouvrit une nouvelle fois l’épais volume. L’impression de franchir le seuil d’un temple.