Là-Haut

Articles de la-haut

Baudelaire.

Par Le 17/09/2015

 

La gloire du soleil sur la mer violette, 
La gloire des cités dans le soleil couchant, 
Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète 
De plonger dans un ciel au reflet alléchant……. Ch. BAUDELAIRE 

dailyhappylife:

Partager avec vous cette vidéo électrochoc extraite de la série My mad fat diaries(saison 2 épisode 7). 

Vivez chers amis ! Libérez-vous de vos chaînes et choisissez de VIVRE ! Pour VOUS ! 

Happy Life !

Un remarquable travail d’acteurs et actrices pour un remarquable travail de fond…..L’Enfant Intérieur…..

 | 71 notes

 

La gloire du soleil sur la mer violette, 
La gloire des cités dans le soleil couchant, 
Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète 
De plonger dans un ciel au reflet alléchant……. Ch. BAUDELAIRE 

 

Une pub de taille.

Par Le 17/09/2015

 

 

Un encart dans la revue "VALEURS MUTUALISTES" de la Mutuelle des Enseignants de ce mois-ci.

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Valeurs Mutualistes n° 297 - Juillet/Août 2015

Valeurs Mutualistes est le magazine des adhérents de la MGEN. Avec près de 2 millions d'exemplaires à chaque tirage, c'est l'un des tout premiers titres de la presse professionnelle en France. Santé, protection sociale, éducation...  Des dossiers de fond aux sujets d'actualités, Valeurs Mutualistes est un rendez-vous bimestriel incontournable, un lien privilégié entre la mutuelle et ses adhérents.

 

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La Mer morte.

Par Le 16/09/2015

ENVIRONNEMENT

Les espèces marines s’effondrent

Les océans ont perdu 50% de leur population en 40 ans. Et même 74% pour les espèces les plus consommées

Les océans ont perdu 50% de leur population en 40 ans. Et même 74% pour les espèces les plus consommées-Reporters/Photononstop

En 40 ans, les populations d’animaux marinsont diminué de moitié. Une catastrophe pour la biodiversité et l’humanité.

Une seule donnée statistique donne la mesure de la catastrophe: ces 40 dernières années, les populations d’animaux marins ont vu leurs effectifs divisés par deux! Il s’agit évidemment des poissons, mais aussi des mammifères, oiseaux marins et des récifs coralliens. C’est ainsi tout l’équilibre, voir la vie dans les mers et océans qui sont en jeu, pointe un rapport conjoint du WWF (World Wildlife Fund) et de la Société Zoologique de Londres.

Ce n’est évidemment pas la première étude qui tire la sonnette d’alarme sur le déclin de la vie sous-marine. Mais l’importance de celle-ci devrait au moins faire sourciller les plus sceptiques. Ce sont ainsi 5 829 populations appartenant à 1234 espèces qui ont été analysées. Soit des données deux fois plus riches que celles exploitées dans les études passées, indique le WWF.

Une question de survie…pour l’humanité aussi

Si toutes les espèces trinquent, ce sont celles essentielles à la pêche commerciale et à la pêche de subsistance qui subissent le déclin le plus marqué. En gros, les poissons que l’on voit le plus souvent dans nos assiettes sont ceux que l’on voit de moins en moins dans les océans. Des espèces aussi prisées que le thon, le maquereau ou la bonite ont perdu 74% de leur population entre 1974 et 2010…

«Ce à quoi nous assistons est une course au poisson qui pourrait bien se terminer par l’épuisement d’une source alimentaire vitale pour les individus, en particulier les plus vulnérables, et par la disparition d’un moteur économique majeur. L’effondrement des écosystèmes océaniques est en mesure de déclencher une grave crise économique et de compromettre les résultats de la lutte que nous menons pour éradiquer la pauvreté et la malnutrition», prévient Marco Lambertini, directeur général du WWF-International.

Pas que la pêche en cause

La surpêche est bien la cause première du grave déclin de la biodiversité océanique, conclut le rapport. Mais ce n’est pas la seule.

Ce rapport «Planète Vivante Océans» met aussi au banc des principaux accusés de ce génocide océanique le changement climatique. L’élévation des températures et de l’acidité des océans, attribuable au dioxyde de carbone, a provoqué des mutations océaniques plus rapides qu’à n’importe quelle autre époque depuis des millions d’années, analyse le WWF.

Les habitats et zones de reproduction que constituent, notamment, les récifs coralliens et les prairies sous-marines en paient le prix fort. Ces biotopes précieux et fragiles pourraient même disparaître d’ici à 2050… Or, rappelle le WWf, 25% de toutes les espèces marines en sont les hôtes et près de 850 millions de personnes bénéficient directement de leurs services économiques, sociaux et culturels. Une catastrophe donc.

Mais elle peut encore être évitée. «Des solutions existent et nous les connaissons. L’océan est une ressource renouvelable capable de répondre aux besoins de toutes les générations futures si les pressions auxquelles il est exposé sont efficacement atténuées», note Marco Lambertini.

Le cœur de ces solutions concerne d’ailleurs le consommateur au premier chef, rappelle le WWF: consommer plus raisonnablement en donnant la priorité aux produits issus du développement durable permettra au capital naturel marin de se reconstituer.

Une solution qui s’impose d’ailleurs autant sur les océans que sur la terre ferme.

Programme LLW9 / Energie alternative

Par Le 16/09/2015

Enquête sur le programme LLW9® en matière d’Energie Alternative ?

 

 

Il va falloir surveiller de près cette invention-là parce qu'il va y avoir de grosses "résistances" de la part des multinationales....Comme le dit l'inventeur : "Faites votre projet en silence, le succès se chargera de faire du bruit"......Et ça sera un sacré vacarme si ça aboutit...

par sciencesnet le 25 mars 2015

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Sophia Antipolis: 24/03/2015

Au cœur de la technopole de Sophia Antipolis est installé un institut privé au nom très bizarroïde de IIDSRSI pour( Institut International pour le Développement & le Soutien à la Recherche Scientifique Innovante ). Nous avons été rencontrer son fondateur et dirigeant Michel-Paul CORREA. Créé en juillet 2011, cet institut a pour mission et objectif de soutenir et d’accompagner des programmes scientifiques innovants notamment dans les domaines de la recherche biomédicale ou ceux des nouvelles technologies en matière d ‘énergies alternatives.

A ce jour se sont 15 programmes qui sont accompagnés après avoir été sélectionnés par un comité scientifique dont la Présidence a été confiée au Pr. Jean Claude Chermann co-découvreur du virus VIH à l’Institut Pasteur en 1983.

Quel type de programme votre Institut soutien t’il actuellement ?

Les 2 tiers sont d’ordre de la recherche Biomédicale , nous avons entre autre un partenariat avec une biotech Française dénommée Biosantech située comme nous sur la technopole de Sophia Antipolis et qui développe un candidat vaccin thérapeutique anti-VIH basé sur une protéine du nom de Tat Oyi. Si les résultats sont validé il s’agira du 1er vaccin thérapeutique au monde à intervenir dans la lutte anti-VIH/SIDA. Nous soutenons également un traitement mis au point par un chercheur originaire du Gabon, le Pr. Donatien Mavoungou ( biochimiste ) celui-ci a élaboré un immunomodulateur ( booster ) du système immunitaire dénommé ” Immunorex “. Cette molécule agît tant sur les maladies infectieuses ( Sida, Paludisme ) ou sur les maladies cardiovasculaires. Ce traitement a été proposé notamment à l ‘OMS dans le cadre de la lutte contre l ‘épidémie Ebola. Le dernier que j’évoquerai est celui d’une biotech Israélienne ( Immunovative Therapies ) qui a développée une nouvelle thérapie d’ immunothérapie  très prometteuse dans le traitement de certains cancers. Comme nous avons 12 programmes biomédicaux , je vais éviter de tous les présenter car nous aurons pas assez de temps.

Aujourd’hui notre intérêt se porte particulièrement sur votre dernier programme que votre comité scientifique a sélectionné. Programme baptisé ” LLW9 ” de quoi s’agît il ?

Le programme LLW9 réside dans le développement d’une technologie dans le domaine des énergies alternatives. Ce procédé technique est un convertisseur d’énergie qui transforme l’énergie cinétique libérée grâce à des aimants permanents de type néodyme ( très puissant ) associé à un ensemble mécanique qui va entraîner une génératrice. L’énergie cinétique ainsi transformée via la génératrice devient de l’énergie secondaire ( électricité ).

Qui est à l’origine de cette innovation ? est en quoi ce système est innovant ?

La paternité de ces travaux revient à Monsieur Luc Besancon agissant au titre de Directeur de la R & D d’une jeune start up située en région PACA , département des Bouches du Rhône. Cela fait près de 10 ans que ce chercheur étudie, mesure , tests divers expériences sur les champs et forces magnétiques des aimants permanents. A force d’obstination, d’échecs et de persévérance, il réussi la mise au point un système unique d ‘inversion de polarité des aimants. C’est cette ingéniosité qui permet l’attraction et la répulsion des aimants de façon constante. Les avantages de cette technique sont multiples, production d’électricité sans à devoir utiliser les énergies fossiles ( Pétrole ,charbon , gaz ) ou nucléaire. Aucune émission de CO2, coût de production très faible et de nombreuses applications dans les domaines tels que , l’habitat , l’industrie, le transport terrestre , aérien , naval , la santé , l’ agronomie , la défense ect…

Mais cette innovation ne va t’elle pas révolutionner le domaine de la production de l ‘énergie en matière d’électricité ?

Je ne crois nullement que le convertisseur LLW9 puisse venir révolutionner le domaine de la production de l’électricité. Celui-ci apportera une réponse et des solutions à divers problématiques dans le cadre de la transition énergétique. Cette innovation viendra se rajouter aux tableaux des énergies alternatives que sont le solaire, l éolien, la biomasse , l’hydrologie. Mais il ne viendra pas supplanter la production obtenue par le nucléaire , ou le charbon dans le cadre de production d’électricité de masse.

Pouvez vous nous éclairer de certaines applications ou le LLW9 apportera une réelle innovation en matière d’énergie ?

Je vais citer deux exemples concrets , le 1er est la production d’électricité  dans le cadre de l ‘habitat . Le calendrier de la start up LMW9 a prévu la réalisation d’un prototype spécifique pour produire l ‘électricité nécessaire à une habitation standard de 4 personnes ( éclairage, électroménager, chauffage et climatisation compris ). Ce dispositif pourra être proposé en priorité dans les pays ou de nombreux lieux ne dispose toujours pas d’électricité malgré qu’on soit en 2015. Pour information sur le continent Africain 600 millions d’individus non pas accès à l ‘électricité. La seconde application concerne le transport et notamment le transport terrestre. Aujourd’hui il y a une réelle incitation des pouvoirs public à rouler en voitures électriques en proposant notamment un bonus écologique, une contribution écologique car aucune émission de C02 , confort de conduite par le silence , coût avantageux par rapport aux véhicules thermiques en matière d’énergie. L’électricité est moins chers qu’un plein d’essence ou de gaz oil. Diminution de la facture d’entretien car plus de vidange, plus changement des filtres à air, huile , bougies ou injecteurs , courroie de distribution , liquide de refroidissement ect … Pourtant malgré tous ces avantages le marché des voitures électriques a encore bien du mal à se démocratiser , bien qu’au plan mondial le chiffre de vente des véhicules électriques double chaque année. En France par exemple le pourcentage du parc de véhicules électriques est seulement de 1%  et les raisons sont du essentiellement à 4 facteurs : ( Autonomie des batteries en moyenne 120 Kms , Temps d’immobilisation pour recharger les batteries , Insuffisance de bornes de recharge et le prix des véhicules plus élevé que pour les voitures thermiques ). Le système LLW9 spécifique au transport terrestre va affranchir trois des principaux obstacles du frein au développement des voitures électriques. Le système va venir tel qu’un ” Range Extendeur ” ( prolongateur d’autonomie ) auto-alimenter les batteries ceci grâce à un programme électronique qui déterminera le taux de décharge des batteries et lancera automatiquement le fonctionnement du LLW9 en fonction naturellement de la prise en compte de plusieurs facteurs , poids du véhicule, vitesse, motorisation embarquée ect … Donc les véhicules équipés de cette option auront une autonomie identique à celles des voitures thermiques , plus d’immobilisation durant de nombreuses heures pour recharger et plus d’anxiété de savoir si on va trouver sur son parcours une borne de recharge. Voila donc deux applications parmi tant d’autres ou le procédé LLW9 apportera une réelle innovation et progrès, l’habitat et le transport terrestre.


Autre avantage et pas des moindres la production électrique nécessaire avec l ‘augmentation du parc des voitures électriques : Il faut savoir que si le parc de véhicules électriques en France devait passer de 1 à seulement 10% pour générer l’électricité permettant de recharger toutes les voitures, il nous faudra obligatoirement augmenter le nombre de réacteurs nucléaires soit devoir acheter l’électricité chez nos voisins européens. La 1ère option ne sera sans doute pas retenue compte tenu de la politique du nucléaire en France tendant à plutôt fermer un certain nombre de centrales que d’en construire de nouvelles.  Restera donc l ‘option à devoir acheter l ‘électricité à nos chers voisins et plus précisément à l ‘Allemagne. Le comble de ce développement et de l ‘incitation à rouler à l ‘électrique avec comme argument “rouler électrique contribue à l’amélioration de l ‘environnement ” aura l’ effet totalement contraire. L’Allemagne ayant une politique sur le nucléaire diamétralement opposée à celle de la France produit la majorité de sa production électrique via des centrales à charbon. Donc fournir de l ‘électricité à la France pour subvenir à l ‘augmentation des voitures électriques va conduire l ‘Allemagne à augmenter sa production en construisant de nouvelles centrales à charbon. A que se sache la pollution générée par les centrales à charbon et sans pareil au plan de l ‘environnement il suffit de constater ce qui se passe actuellement en Chine. C’est donc là ou le système LLW9 peut apporter une réponse au développement durable tout en protégeant l ‘environnement et en diminuant la facture énergétique.

Le programme LLW9, semble déclencher quelques controverses et aussi on entend que certains lobbying auraient tout intérêt à empêcher que cette technologie puisse se développer,quelle est votre réflexion sur ces deux points ?

Concernant la controverse elle est absolument légitime en matière de science et d’innovation, tout comme le doute , la critique ou la suspicion. Elle est suscité notamment par ceux n’ayant pas pu à ce jour expertiser l’innovation ou prendre connaissance du dossier technique. De tout temps les scientifiques ont été les principaux contradicteurs de leurs propres collègues. Pour ne citer que certains brillants scientifiques et pour certains lauréat de prix Nobel ont déclaré à leur époque par exemple ” Dépasser le mur du son est scientifiquement impossible ! ” Exploiter l ‘énergie nucléaire ? un conte à dormir debout ! ”  Prétendre qu’un jour l’homme pourra marcher sur la lune n’est que utopie sauf à devoir ne pas connaître les lois de la gravité ”  Faire vouloir voler un engin plus lourd que l ‘air et pure perte de temps ! ”  et des exemples de ce type , il y en a des centaines. Par exemple , aujourd’hui Albert Einstein est considéré par tous les physiciens comme étant celui qui a bouleversé la Physique du 20ème siècle par ses travaux sur la théorie de la relativité restreinte. Il faut toutefois savoir qu’en 1905 quand l ‘intéressé va publier les 4 articles fondamentaux et révolutionnaires, il va s’attirer les foudres de l’ensemble de la communauté scientifique et sera attaqué de toute part. En France par exemple seul Paul Langevin a soutenu à l ‘époque les travaux d’Albert Eisntein . Comme quoi en science et en innovation ce qui et rejeté aujourd’hui peut parfaitement ensuite être la norme retenue !


Concernant les scénarios des puissants lobbyings qui voudraient enterrer une découverte car celle-ci viendrai impacter le business de méga groupes industriels du Pétrole ou Nucléaire,  je n’y adhère pas une seconde . Je ne crois pas à la théorie du complot. Depuis que nous soutenons le programme LLW9 , moi même ou Mr Besancon, n ‘avons jamais eu de menace ou d’intimidation et pourtant nous sommes en contact régulier avec d ‘important groupes industriels qui s’intéressent à ce programme.

Comment se fait-il que cette innovation ne fasse pas la une des médias en France ou à l’étranger ?

La stratégie en matière de communication qui a été retenue actuellement par la start up en charge du programme LLW9 ainsi que part l ‘Institut IIDSRSI est celle consistant à opter à la citation suivante ” Faites vos Projets en Silence , le Succès se chargera de faire du Bruit ! “

Qu’en est-il du calendrier 2015 /2016 pour le programme LLW9 ?

Luc Besancon est en phase de finalisation et de modification du prototype 001, ceci afin d’optimiser l’efficacité de son rendement. La finalité de ce 1er prototype est de pouvoir démontrer la fonctionnalité, l ‘efficacité ainsi que sa durée en utilisation soutenue. De nombreux mesures et tests reste à effectuer et à réaliser via des appareils de mesures que quelques organismes détiennent , entre autre le CEA ou le CNRS. Des expertises vont être menées via des ingénieurs et experts de ces organismes. Des partenariats et collaborations sont en cours avec divers consultants, ou organismes tels que l ‘ADEME ( Agence pour le Développement et la Maîtrise de l ‘Energie ).                                                                                                 CAP Energie : http://www.capenergies.fr/index.php?Polepresentation , EDF : http://pulse.edf.com/fr, Ministère de l ‘Environnement et de l ‘Ecologie : http://www.idees.votreenergiepourlafrance.fr/initiative/3538 , Ministère de la Recherche ect … Ceci est le cahier de route pour  le deuxième semestre 2015 . Pour 2016 , il s’agira de l’élaboration d’un prototype spécifique pour le domaine de l’habitat ainsi que celui pour les transports terrestre.

En conclusion pour concrétiser le cahier des charges pour l ‘année 2015 / 2016, une 1ère levée de fonds de 250 K€ va être lancée très prochainement par le biais du financement participatif ( crowdfunding ) via la plateforme française ” Happy Capital ”  https://happy-capital.com/

Métaphysique de comptoir.

Par Le 15/09/2015

L univers 2218

 

« Les lois de la physique n’existent aucunement dans l’espace et dans le temps. Tout comme les mathématiques, elles ont une existence abstraite. Elles décrivent le monde mais elles ne sont pas « dedans ». Néanmoins, cela ne signifie pas pour autant que les lois de la physique sont nées avec l’Univers. Si tel était le cas, si l’ensemble de l’Univers physique et des lois étaient issues de rien, nous ne pourrions alors pas recourir à ces lois pour expliquer l’origine de l’Univers. Aussi, pour avoir quelque chance de comprendre scientifiquement comment l’Univers est apparu, nous devons admettre que les lois elles-mêmes ont un caractère abstrait, intemporel, éternel. » Paul Davies.

 

Ce que je comprends dans ce texte, c’est que le fait d’avoir identifié les lois qui régissent l’Univers n’explique pas pour autant l’établissement antérieur de ces lois.

C’est comme si on s’appliquait à décrire les ingrédients d’un repas et les phénomènes expliquant leur croissance dans la Nature mais sans jamais s’interroger sur le fait que ces ingrédients existent « à priori » avant même d’être insérés dans la Nature. Ou alors, c'est qu'ils auraient la capacité à jaillir de "rien", spontanément.

Est-ce que la Vie jaillit "spontanément" ? 

Y a-t-il une « pensée » élaborant le principe de Vie avant même que les mulitudes de formes de vie ne prennent forme ?

Y a-t-il une « intention » antérieure à la création de l’Univers ?

Comment pourrait-on concevoir que quelque chose d’aussi incommensurable dans sa complexité puisse être issu de rien ?.....

Mais alors, si cela s’avère exact, qu’y a-t-il avant la Création ?

Cracher la rage

Par Le 14/09/2015

 
(Vous pouvez baisser le volume pour ne plus avoir le bruit de la route et monter le son de la video musicale à la place. C'est une des musiques que j'écoute quand je tourne....)
 
A bloc, au maximum, le coeur au bord des lèvres. Cardio dans le rouge.
Vider mes tripes, cracher ma rage. 
La brûlure de mes muscles est un délice puisqu'elle signifie que je bouge encore....Mal au ventre, mal au dos, rien ne résiste à l'épuisement, aucune douleur n'ira au-delà de l'absence de conscience, quand on entre dans "le chant du cygne"...
 
 
 

Le chant du cygne (expression d’origine grecque) désigne la plus belle et dernière chose réalisée par quelqu’un avant de mourir. En art, il s'agit donc de la dernière œuvre remarquable d’un poète ou d’un artiste.

 

Et bien, j'ai découvert qu'en vélo, il arrive un moment où l'épuisement confère à l'individu l'entrée dans une dimension étrange, une sorte de "petite mort."

Je ne sais pas combien de fois j'ai exploré cette dimension mais samedi, c'était assez particulier. C'est là que m'est venue à l'esprit cette expression du chant du cygne.

J'étais à bloc depuis une vingtaine de kilomètres, quarante déjà dans les pattes et j'avais décidé de finir en beauté...

 Un final très montant. Une bosse de six kilomètres que j'ai tenté de franchir sans jamais relâcher la pression, la bave aux lèvres, les tympans saturés par la force de mes souffles, la brûlure constante des cuisses. Je savais, avec l'expérience, qu'il ne fallait pas lever la tête, ne jamais regarder en avant, ne jamais subir cette vision destructrice de la pente, rester appliqué sur la poussée des jambes, juste le mètre en cours, le ruban de goudron qui défile sous mes yeux, rester dans l'instant, ne pas espérer la fin de la montée au risque de voir fondre mon énergie, comme avalée par cet espoir néfaste. J'ai franchi le sommet et j'ai basculé aussitôt dans la pente, grand plateau, cinquante kilomètres à l'heure, l'enchaînement des virages, une euphorie bienheureuse, aucune envie de récupérer mais bien au contraire de continuer à puiser dans le creuset bouillant. Un long faux plat montant et puis une nouvelle bosse de trois kilomètres.

Toujours à fond.

C'est là que j'ai senti qu'il n'y avait plus rien, plus aucune pensée, plus aucune attention forcée, aucune concentration sur le geste mais pour le ressentir, il a fallu que je prenne conscience de mon absence. Un retour éphémère de la pensée et puis son effacement quasi immédiat, comme si cette pensée n'avait plus de raison d'être, qu'elle n'était qu'une intruse inutile, totalement déplacée, une excroissance qui s'était vidée de toute son énergie. Je voyais ruisseler devant moi des filets de sueur, je sentais autour de moi cette odeur particulière du corps, ce parfum âcre, entêtant, lorsque l'effort impose d'aller chercher dans les abysses les forces disponibles, comme si ces forces agglutinées dans les tréfonds possédaient une odeur de cave. Je sais quand cette odeur survient que je ne suis pas loin du point de rupture et que le chant du cygne va survenir. 

Je ne savais pas où j'étais dans la montée, je n'avais plus de lien réel avec le monde environnant. Et les frissons sont apparus, comme une bourrasque, des cascades caloriques déboulant du crâne jusqu'aux orteils, rebondissant dans les recoins, saturant de jouissance chaque cellule. J'ai éclaté de rire et mon rire m'a surpris.

J'ai vu sur le compteur que la vitesse augmentait et j'ai appuyé encore plus fort, j'ai laissé couler de ma gorge les râles et la mélodie des souffles, un leitmotiv câlé sur le mouvement de mes jambes. Rien, aucune douleur, aucune brûlure, une montée verticale dans les gouffres intérieurs. Des flashs de pensées zébrant l'euphorie comme des éclairs disparates, incontrôlés et ne laissant aucun souvenir.

Je suis arrivé au sommet de la bosse. Et tout s'est effondré.

Il restait trois kilomètres. Je les ai parcourus comme un moribond. Comme un voyageur revenant d'un séjour étrange, une terre inconnue et redécouvrant misérablement sa condition humaine.

Mais l'écho du rire est toujours là. Et les frissons. Rien ne meurt quand la pensée n'est plus là.

 
 

LES ÉVEILLÉS
Extrait :

"Il n’était pas en vie. La vie était en lui. Il n’était qu’un convoyeur. Juste une enveloppe. Elle se servait de lui et il la remerciait infiniment de l’avoir choisi. Cette occupation n’était qu’épisodique mais il aurait eu cette chance. Il se devait d’en profiter. Cette palpitation le quitterait un jour, elle irait voir ailleurs, l’enveloppe  deviendra poussière et la vie investira une autre capsule, un autre fourreau, un écrin juvénile.

L’épuisement le guidait infailliblement vers le cœur lumineux de la vie retranchée, il finissait par ne plus entendre les voitures, ni les rumeurs des villages traversés, par ne plus percevoir les paysages, il ne restait que des formes innommées, le parfum âcre de sa sueur,  la bave aux lèvres, les tympans saturés par la force de ses souffles, la brûlure constante des cuisses.l’oxygène capturé inondant les abîmes affamés et le sourire délicat de son âme extasiée, la plénitude infinie de la vie en lui.
Ne pas lever la tête, ne jamais regarder en avant, ne jamais subir cette vision destructrice de la pente, rester appliqué sur la poussée des jambes, juste le mètre en cours, le ruban de goudron qui défile sous les yeux, rester dans l'instant, ne pas espérer la fin de la montée au risque de voir fondre l'énergie, comme avalée par cet espoir néfaste. 
Les frissons qui ruissellent, comme des bourrasques, des cascades caloriques déboulant du crâne jusqu'aux orteils, rebondissant dans les recoins, saturant de jouissance chaque cellule. 
Rien, aucune douleur, aucune brûlure, une montée verticale dans les gouffres intérieurs. Des flashs de pensées zébrant l'euphorie comme des éclairs disparates, incontrôlés et ne laissant aucun souvenir.
Les derniers kilomètres. Il avait pleuré de bonheur, vidé de tout, les yeux fixant le goudron qui défilait, les muscles liquéfiés, incapable de savoir ce qui permettait encore aux jambes de tourner, coupé de sa raison, un mental éteint, une absence corporelle, un état de grâce, l’impression d’être ailleurs, hors de ce corps épuisé, une légèreté sans nom sous la pesanteur immense de la fatigue souveraine, un néant de pensées, juste ce sentiment indéfinissable de la vie magnifiée.

Cette vision étrange d’un cycliste déambulant sur la Terre, il était dans les cieux, un regard plongeant, une élévation inexplicable, dans la dimension des oiseaux, les arabesques des routes jusqu’au bout de l’horizon, les champs, les collines, quelques maisons, et ce garçon écrasant les pédales, ce sourire énigmatique, béatitude de l’épuisement, cet amour immense, cette étreinte spirituelle, il était dans les cieux, une échappée verticale. Comme emporté par les ailes d’un ange."

 
 

Ossification de la rage

Par Le 14/09/2015

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Voilà une partie de mon dos : "Ossification du ligament jaune sur deux vertèbres avec excroissance évolutive."

Ossification de la rage. Je le sais bien. 

Médicalement parlant, on ne sait pas ce que ça va donner.

Il n'y avait rien l'an passé...

Il n'y avait pas non plus l'adénome prostatique, le kyste sur l'épididyme du testicule gauche, la vesicule biliaire hors service avec un risque constant de caillots, les diverticulites, les migraines ophtalmiques, les maux de ventre, les maux de dos, les neuf kilos de perdus sans aucun régime alimentaire....

 

Juste un bilan de "santé" pour ceux et celles qui se demanderaient pourquoi je ne travaille pas.

Je vais en montagne parce que c'est la partie indispensable à mon "traitement". Parce que c'est Là-Haut que je peux guérir de tous mes maux. Même si j'ai mal quand je force, même si je ne dispose plus de mon potentiel physique, même si un jour j'appellerai peut-être un hélico pour m'envoyer aux urgences avec un caillot dans un tuyau.........Il est vital que je puisse déverser ma rage sur les pentes, sur les routes, à vélo, sur mes skis, en raquettes à neige...Dehors, Là-haut... 

Déverser ma rage jusqu'à l'épuiser avant qu'elle ne l'emporte sur moi. 

C'est en cours.

 

Je marche Là-haut parce que cinq hernies discales ne m'ont pas cloué au lit, parce que j'ai toujours réussi à me relever et à me reconstruire. A 25 ans, à 37 ans, à 44 ans...J'en ai 53. Et j'ai désormais l'avantage de l'expérience. La patience, l'acceptation, la bienveillance envers mon corps. Le travail intérieur...

Je ne fais plus partie d'aucun groupe ou forum sur l'Education nationale. Je sais bien à quel point ce désastre en cours agit sur moi comme un réapprovisionnement constant de cette rage.

Trente-deux ans de carrière et aucune équivalence. "Ça ne vaut rien", pour l'institution. Il faudrait que je retourne à la FAC. À deux ans de l'âge légal de la retraite....Totalement absurde. 

Je ne veux plus m'en occuper, je ne veux plus rien savoir. J'ai fait ma part et je le paie assez cher comme ça. 

Je retourne Là-Haut. Pour liquéfier ma rage et la remplacer par la simple contemplation de la beauté des Montagnes. Juste pour la Paix. 

 

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Sur les OGM....

Par Le 12/09/2015

LE PLUS. Les OGM sont-ils toxiques ? L'étude de Gilles-Eric Séralini, révélée par "Le Nouvel Observateur", a relancé le débat sur les scandales sanitaires et, plus particulièrement, sur les organismes génétiquement modifiés. Les résultats de l'étude ont été vivement critiqués, ce que ne comprend vraiment pas le coordinateur de la Fondation "Sciences citoyennes", Glen Millot.

Édité par Philippe Lesaffre  Auteur parrainé par Hélène Decommer

Le professeur Gilles-Eric Séralini dans son laboratoire, le 16 janvier 2009 (M. DANIAU/AFP)

Le professeur Gilles-Eric Séralini dans son laboratoire, le 16 janvier 2009 (M. DANIAU/AFP)

 

La publication des travaux de Gilles-Eric Séralini et de ses collègues, la semaine dernière, a fait l'effet d'une bombe. Autant dans la communauté scientifique que dans l'espace politique, tant les implications sur la santé inquiètent.

 

Mais ce qui n'a pas été soulevé, et qui est indirectement dénoncé à travers cette étude menée sur une durée bien supérieure à celles généralement constatées, ce sont les implications sur la façon dont sont conduites les expertises et les homologations.

 

Et lorsque Gilles-Eric Séralini et le CRIIGEN publient en 2010 des contre-expertises remettant en cause l’innocuité sanitaire de trois maïs OGM de la firme Monsanto, ils font alors l'objet de nombreuses attaques de la part de scientifiques empêtrés dans des conflits d'intérêt avec l'industrie. Ces campagnes de dénigrement, d'intimidation, qui dans certains cas se terminent par une mise au placard, un licenciement ou un procès en diffamation sont le lot commun des lanceurs d'alerte.

 

Les différents scandales sanitaires

 

Gilles-Eric Séralini, Jacques Poirier, Christian Vélot, Pierre Meneton, Véronique Lapides, Etienne Cendrier, André Cicolella et bien d'autres encore ont en commun d'avoir à un moment donné voulu informer d'un danger d'une technique ou d'un produit et d'en avoir subi les conséquences.

 

Mais fort d'un soutien populaire, ils ont pu obtenir gain de cause (réintégration et verdict judiciaire favorable). Gilles-Éric Séralini avait été soutenu et accompagné par la Fondation "Sciences Citoyennes" et par plus de 1 100 chercheurs lors du procès en diffamation qu'il avait intenté et gagné en janvier 2011 contre Marc Fellous qui voulait le faire passer pour "marchand de peur" plutôt qu'un lanceur d'alerte.

 

Mais combien de lanceurs d'alertes isolés et méconnus sont occultés par ces quelques succès ? Et combien de personnes se sont tues sachant les risques personnels qu'elles prendraient en témoignant de ce qu'elles savaient ?

 

Le cas de Gilles-Éric Séralini rejoint différents scandales sanitaires qui ont émaillé l'actualité de ces dernières années.

 

 -   Tepco a dissimulé des informations cruciales concernant les carences en terme de sécurité de ses centrales nucléaires, dont les conséquences sont la catastrophe de Fukushima.

 

  -   Le laboratoire Servier a obtenu la modification d'un rapport d'expertise sur le Mediator ce qui lui permet d'en prolonger l'autorisation de mise sur le marché conduisant à des centaines de décès.

 

  -   Philipp Morris a publié une étude cherchant à démontrer l'innocuité des cigarettes.

 

Le Sénat examinera une proposition qui est la bienvenue

 

Le ridicule ne tuant pas non plus, les cas d'expertises biaisées sont légions et lorsqu'un lanceur d'alerte tente de se mettre en travers de ces pratiques délétères voire criminelles, c'est le début d'un long calvaire.

 

La défense des lanceurs d'alerte apparaît donc vitale pour éviter les graves dérives consuméristes et marchandes auxquelles ont conduit les politiques industrielles et techno-scientifiques depuis la Seconde Guerre mondiale.

 

Aussi, qu'un groupe de parlementaires dépose enfin une proposition de loi très largement inspirée des travaux de la Fondation "Sciences Citoyennes", active sur ces questions depuis 10 ans, est une bonne nouvelle. Mais l'alerte ne pourra être entendue que si les règles encadrant l'expertise et sa déontologie sont strictement définies, notamment vis-à-vis des conflits d'intérêts.

 

On doit s'y prendre autrement

 

La loi Bertrand qui a eu pour conséquence un important travail de réflexion sur les règles de déontologie de l'expertise est largement insuffisante. Il est crucial de définir strictement les conditions dans lesquelles les expertises (et les contre-expertises) doivent être menées.

 

Le cas Séralini, montrant que les études sur 90 jours sont trop courtes pour pouvoir conclure, est emblématique de ces carences. Cela est d'autant plus urgent que de nouveaux développements technologiques, nanotechnologies et biologie synthétique pour ne citer qu’elles, vont devoir se plier à des procédures d'évaluation restant à établir, et qu'il ne faudra pas attendre le prochain scandale sanitaire ou environnemental pour constater qu'on aurait dû s'y prendre autrement.

 

Aux dernières nouvelles, la proposition de loi rencontre des difficultés et pourrait être reportée voire simplement abandonnée. Le Sénat va-t-il choisir de travailler dans le sens de l'intérêt général ou se laisser intoxiquer par les lobbies industriels et techno-scientifiques ?

 

Scandales sanitaires

Par Le 12/09/2015

Juste un rappel pour éviter de balayer d'un revers de main le risque associé à l'usage des ondes wifi et autres micro ondes....... On ne connaît bien souvent la vérité que trop tard....

On pourrait rajouter à cette liste morbide les effets des pesticides et des engrais chimiques sur l'alimentation. Il y aurait de quoi remplir des pages. 

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Les grands scandales sanitaires dans l'Hexagone depuis 1945

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Texte par FRANCE 24 Suivre france24_fr sur twitter

Dernière modification : 16/11/2010

Amiante, sang contaminé... La nocivité du Médiator, médicament contre le diabète accusé d'avoir tué quelque 500 personnes en 1976 et 2009, fait ressortir le spectre des scandales sanitaires qui ont touché la France depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le Mediator, traitement contre le diabète utilisé comme coupe-faim et incriminé dans un rapport accablant de l’Afssaps, est accusé d’avoir tué quelque 500 patients entre1976, date de sa mise sur le marché, et novembre 2009, date de son interdiction. Mais auparavant, d'autres affaires de santé publique avaient défrayé la chronique en mettant notamment en cause le rôle de l'État et celui des industriels. Voici une liste non exhaustive des scandales sanitaires qui ont éclaté depuis 1945.

L’amiante

Ce matériau hautement cancérigène a été massivement utilisé en France (malgré la connaissance de sa dangerosité) par les travailleurs en bâtiment après la Seconde guerre et jusqu’à son interdiction en 1997. Selon un rapport du Sénat de 2005, l’attentisme criminel des industriels et de l'État est aujourd'hui à l'origine d'une hécatombe estimée à 35 000 décès entre 1965 et 1995, et à 100 000 d'ici à 2025. En 2000, le tribunal administratif de Marseille juge l'État "responsable des conséquences dommageables du décès" de quatre personnes contaminées. C'est alors la première fois que l'État est directement mis en cause.

Le scandale du Distilbène

A partir de 1948, le Distilbène, une hormone de synthèse, est prescrite à des millions de femmes enceintes à travers le monde pour prévenir les fausses couches. Dès 1953, son inefficacité est démontrée et, en 1971, de graves malformations chez les enfants de mères traitées sont formellement attribuées à cette hormone. Rien n'y a fait : si les États-Unis le retirent immédiatement du marché, la France attendra jusqu’à l'année... 1977.

Le Chlordécone

Pendant vingt ans, de 1973 à 1993, le chlordécone, un insecticide, a été utilisé en Martinique et en Guadeloupe pour lutter contre un parasite : le charançon de la banane. Une étude, publiée dans le Journal of Clinical Oncology, et menée entre 2004 et 2007 par Pascal Blanchet du CHU de Pointe-à-Pitre et le Dr Luc Multigner de l'Inserm, confirme que l’insecticide est responsable d'un accroissement significatif du risque de cancer de la prostate. Leurs conclusions montrent que les hommes exposés ont 80 % plus de risque de développer ce type de cancer.

L’hormone de croissance

Depuis les années 1980, 120 personnes sont mortes de la maladie incurable de Creutzfeldt-Jacob après avoir suivi un traitement pour favoriser leur croissance. Après vingt ans de procédure, quatre mois de procès en première instance et une relaxe générale, les familles des victimes se sont pressées à l'ouverture du procès en appel qui a débuté en octobre.

Le scandale de l’Isoméride

Mis sur le marché en 1985 pour lutter contre l’obésité, ce coupe-faim miracle, commercialisé par les laboratoires Servier jusqu’en 1997 et auquel plus de 5 millions de Français ont eu recours, est la cause de complications pulmonaires gravissimes. L'Isoméride sera retiré de la vente en France après la découverte de cas d'hypertension artérielle pulmonaire, dès 1995, et d'anomalies des valves cardiaques, en juillet 1997. Il serait responsable d’au moins 40 morts.

Le sang contaminé

C’est l’un des dossiers les plus douloureux du pays. Le drame du sang contaminé s'est transformé en scandale en avril 1991, lorsque l’hebdomadaire L’Événement du Jeudi publie un rapport prouvant que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué, en 1985, des produits sanguins contaminés, entrainant la contamination d’hémophiles par le VIH. L'ancien Premier ministre Laurent Fabius et les anciens ministres Georgina Dufoix et Edmond Hervé comparaissent du 9 février au 2 mars 1999 devant la Cour de justice de la République (CJR) pour "homicide involontaire". Mais, en 2003, les dernières procédures s’achèvent avec la relaxe générale de tous les politiques et médecins poursuivis depuis 1994.

Première publication : 16/11/2010

De l'ignorance intentionnelle

Par Le 12/09/2015

Il n'est même pas possible de chiffrer les sommes considérables, pharaoniques que représentent les marchés des ondes. Téléphonie et toutes les technologies qui les utilisent. Il est dès lors très simple de comprendre pourquoi cette "ignorance intentionnelle" sera préservée coûte que coûte. 

Dans trois générations, on en reparlera....

 

Un expert de la Navy révèle que les micro-ondes sont couramment employées comme une arme pour rendre malades les gens et dénonce l'extrême danger du Wi-Fi pour les femmes


Croah.fr
lun., 13 oct. 2014 22:52 UTC

Cette vidéo est un montage d'extraits d'une interview de Barry Trower, un physicien expert en micro-ondes ayant travaillé pour la Navy, qui révèle que les micro-ondes sont employées couramment par les armées et les gouvernements pour nuire à des opposants ou des ennemis en les rendant malades et ainsi les faire mourir à petit feu. 

C'est déjà suffisamment cynique et horrible comme cela, mais Barry Trower explique que le pire, c'est le Wi-Fi : les micro-ondes du Wi-Fi altèrent le matériel génétique et plus spécialement l'ADN des ovules, au point que toute la descendance d'une femme atteinte par ces radiations sera impactée de manière irréversible. 

Des révélations de premier ordre à connaître absolument. 
 

 

 

Samedi 12 septembre 2015

 

Ces ondes qui leur rendent la vie impossible

L’association “Une terre pour les EHS” milite pour obtenir la mise en place de zones blanches, dépourvues d’ondes électromagnétiques   et d’antennes-relais, où pourraient vivre les personnes déclarées électro-hypersensibles.
L’association “Une terre pour les EHS” milite pour obtenir la mise en place de zones blanches, dépourvues d’ondes électromagnétiques et d’antennes-relais, où pourraient vivre les personnes déclarées électro-hypersensibles.
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Rassemblés à Saint-Julien-en-Beauchêne (Hautes-Alpes) depuis le 25 août, de nombreux électro-hypersensibles de France et d’Europe échangent encore jusqu’à lundi. Cette pathologie, liée aux différentes ondes électromagnétiques mais non reconnue par l’OMS, touche de plus en plus de personnes. Celles-ci ont bien souvent abandonné maison, travail, amis, afin de vivre loin du WiFi et des antennes-relais.

 

La route est sinueuse, bordée de rochers et de ruisseaux, à l’ombre des conifères. Soudain, plusieurs panneaux en carton. “Merci de couper vos téléphones portables et vos tablettes”, peut-on lire sur les écriteaux. Une vaste clairière s’ouvre alors, occupée par une centaine de personnes.

C’est ici, dans les gorges du Riou froid, entre Drôme et Hautes-Alpes, que l’association “Une terre pour les EHS” a choisi de réunir un maximum d’électro-hypersensibles pour une semaine d’échanges et d’ateliers. Ils ne sont pas beaucoup en France. « Environ 1 000 personnes se sont recensées auprès de l’association, mais il y en a sans doute encore beaucoup qui n’osent pas le faire », assure Philippe Tribaudeau, président de l’association organisatrice de l’événement.

Électro-hypersensible, une souffrance qui n’est pas reconnue (lire l’encadré ci-contre), et qui peine à rallier élus et scientifiques à sa cause. Beaucoup sont divisés quant au lien entre les symptômes déclenchés (maux de têtes, nausées, pertes de mémoire, insomnies) et les ondes électromagnétiques qui nous irradient au quotidien (WiFi, réseau 4G, Bluetooth).

Ce jour-là, Michèle Rivasi, eurodéputée d’Europe Écologie-Les Verts, est présente. L’élue de la Drôme a fait des EHS son cheval de bataille depuis une dizaine d’années. Après avoir fondé la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) en 1986, après la catastrophe de Tchernobyl, l’écologiste est désormais vice-présidente du Criirem, le Centre de recherche et d’information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques. « L’électrosensibilité existe, même si c’est complexe, c’est malheureusement sous-traité », déplore l’élue.

« Assimilés à des malades mentaux »

Anne-Marie Hautant, vice-présidente de la région Paca s’est également déplacée pour rencontrer les EHS. La conseillère EELV soulève le problème de façon plus directe : « Le premier réflexe qu’ont les personnes extérieures, c’est de vous assimiler à des malades mentaux ».

De fait, les électro-hypersensibles vivent pour la majeure partie d’entre eux sans téléphones portables, loin des antennes relais, et des zones WiFi. Ce qui condamne souvent ces irradiés à vivre loin de toute civilisation. Ou d’y rester sous certaines contraintes.

Plusieurs années d’errance dans une grotte ou dans une tente

Leurs studios ou leurs chambres sont parfois blindés. Il n’y a pourtant rien à cacher à l’intérieur. Si ce n’est cette pathologie si compliquée à faire accepter. Valentina est Italienne. À 36 ans, cette pharmacienne a dû laisser tomber sa profession : « il y a cinq ans, je suis devenue de plus en plus contrariée par les réseaux WiFi. » Ce qui entraîne alors chez la jeune femme de violents maux de tête, des vertiges et douleurs musculaires. « Je suis partie vivre pendant deux ans dans une tente, près d’une forêt, m’éloignant de tout », explique-t-elle. Depuis, Valentina vit chez son frère, mais ne travaille plus. « Mes parents doivent tout me payer… Aujourd’hui, je dois vivre dans une chambre blindée. »

L’histoire se retrouve au fil des témoignages. Ainsi les parents d’Anne Cautain, 58 ans, ont rappelé que leur fille a vécu pendant deux ans dans une grotte au fin fond des Hautes-Alpes. Elle vit désormais dans une ancienne étable de l’Office national des forêts. Des solutions de secours, tant que des zones blanches, à savoir non irradiées par des ondes électromagnétiques, ne seront pas mises en place.

Mais depuis plus d’un an, cette centaine de sinistrés a retrouvé espoir. À Saint-Julien-en-Beauchêne, à quelques kilomètres à peine du lieu de réunion des EHS, d’anciens bâtiments de la Caisse d’allocation familiale (Caf) sont situés dans une zone où le niveau de rayonnement électromagnétique est quasi-nul (lire ci-dessous). Une délivrance qui arriverait à point nommé, alors que de plus en plus de personnes semblent atteintes ces dernières années. « L’arrivée de la 4G et le déploiement du WiFi ont aggravé la situation », si l’on en croit Catherine Neyrand, kinésithérapeute à Romans-sur-Isère et présidente de POEM26, une association de prévention des ondes électromagnétiques. « Les gens préfèrent ne pas prendre l’électrosensibiltité au sérieux car ils ont peur, poursuit la quinquagénaire. C’est une épreuve qui peut arriver à chacun de nous. »

Depuis 2011, “Une terre pour les EHS” a rassemblé plus de 700 personnes atteintes d’électrosensibilité, dont une importante majorité de femmes. « Ce que nous voulons, c’est vivre dignement, revendique Philippe Tribaudeau. La plupart des électro-hypersensibles est isolée, n’a plus de vie sociale ». Cette semaine d’échanges aura permis de fédérer un peu plus les différents collectifs pour faire cause commune et poursuivre leur quête de reconnaissance. Loin des ondes mais plus jamais seuls.

Par Benjamin CHAUVIRÉ | Publié le 30/08/2014 à 06:02 Vu 3607 fois

Diabète, obésité, enfance......

Par Le 11/09/2015

LE DIABETE UNE PANDEMIE MONDIALE

Le mal du dos n’est plus le mal du siècle. Il est remplacé par le diabète, une véritable épidémie qui affecte actuellement près de 400 millions de personnes dans le monde. Et malheureusement, leur nombre est constante augmentation, et ce partout dans le monde.

L'explosion du diabète est mondiale. Près de 11.6% de la population adulte en Chine est diabétique. Aux Etats-Unis, où un tiers des adultes est obèse, le diabète prend également des allures d'épidémie avec 8.3% de la population atteinte. De même, pour les très riches pays producteurs de pétrole du Golfe persique (Arabie Saoudite, et Emirats arabes) où l'incidence varie de 13 à 19%. Dans la plupart des pays d'Afrique, 3 à 5% de la population est diabétique. L'Organisation Mondiale de la Santé prévoit qu'en 2030 le diabète sera la septième cause de décès dans le monde. La Fédération internationale du diabète estime qu'en 2015 environ 382 millions de personnes dans le monde étaient atteintes de diabète. Ce total devrait s'élever à 592 millions à l’horizon de 2035 (7 millions de personnes supplémentaires chaque année développent un diabète). Le marché actuel est dominé par quelques classes de médicaments et des besoins importants demeurent pour les médecins et les patients.

En France on compte aujourd'hui plus de 3 millions de personnes diabétiques (dont 92% de diabétiques de type 2), soit près de 5% de la population totale (dont environ 15% de la population adulte). Ce chiffre a augmenté de 90% en 10 ans entre 1999 et 2009.Selon les projections, si rien ne change, un Français sur dix sera touché par le diabète d'ici 10 ans. Cette augmentation sera pour moitié liée au vieillissement de la population et pour moitié liée à l'augmentation de l'obésité.

L’atteinte hépatique au cours du diabète de type 1 (DT1) est moins connue, mais peut survenir de façon précoce et constitue donc une des complications pouvant être rencontrée chez l’enfant. L’atteinte hépatique secondaire au diabète la mieux décrite et survenant principalement chez les patients diabétiques de type 2 (DT2) est la NAFLD « Non Alcoholic Fatty Liver Disease ». Ce terme comprend des formes allant de la stéatose simple à la stéato-hépatite non alcoolique « NASH », voire la cirrhose.

L’accumulation de graisse au niveau du foie chez les diabétiques de type 1 a longtemps été rapportée. À la différence de l’attention accordée à la NAFLD chez les diabétiques de type 2, l’étiologie, la prévalence et les conséquences de cette hépatopathie chez les diabétiques de type 1 restent mal comprises. Le manque d’attention pourrait être attribué à la plus grande prévalence du DT 2 par rapport au DT 1, et l’association du DT 2 à l’obésité, qui est un facteur de risque bien établi de NAFLD. Ainsi devant toute anomalie du bilan hépatique et lipidique chez un diabétique de type 1, il faut penser à la NASH qui peut se compliquer ultérieurement d’une cirrhose.

 CARACTERISTIQUES DU DIABETE
Qu’est ce que le diabète ?
Le diabète est caractérisé par une élévation anormale du taux de glucose dans le sang.
Le diabète de type 1 a pour origine une sécrétion insuffisante d'insuline par le pancréas, ce dernier détruisant peu à peu les cellules bêta où les ilots de Langerhans synthétisent l'insuline. Ce diabète se manifeste généralement dès l'enfance ou l'adolescence.

Dans le diabète de type 2, c'est la glycémie qui ne réagit plus à l'insuline sécrétée par le pancréas. Le glucose est alors mal utilisé par les cellules, expliquant l'élévation de la glycémie au-dessus des valeurs normales. Ce diabète se manifeste généralement après l'âge de 40 ans mais on commence à voir apparaître dans des populations obèses des cas d'adolescents et de jeunes adultes.

Le diabète de type 2 est le type le plus commun de diabète. Habituellement, il se produit chez les adultes, mais il se diagnostique vu de plus en plus chez les enfants et les adolescents. Dans le diabète de Type 2, le corps est capable de produire de l'insuline, mais cette dernière n'est pas en quantité suffisante ou bien le corps ne répond pas à ses effets, ce qui conduit à une accumulation de sucre dans le sang. Le diabète de type 2 est une cause majeure de maladies cardiovasculaires et rénales. Le nombre de personnes atteintes de diabète de Type 2 augmente rapidement dans le monde entier. Cette hausse est associée au développement économique, au vieillissement de la population, à l’augmentation de l'urbanisation, aux changements alimentaires, à la réduction de l'activité physique et à d’autres changements dans les modes de vie. Le marché pharmaceutique mondial du diabète de Type 2, dont 60 % est représenté par les antidiabétiques oraux, devrait passer de 31 milliards de $ en 2012 à 48,8 milliards de $ en 2021 (source: Institut Médical Statistique). 

Il existe aussi d'autres formes plus rares de diabète comme le diabète gestationnel (diabète temporaire qui survient chez 6% des femmes enceintes) ou le diabète MODY (Maturity Onset Diabetes Of the Young), un diabète lié à la mutation d'un gène qui représenterait 2 à 5% des diabètes non insulino-dépendants.

Prévention, traitements et médicaments

S'il n'est pas possible de prévenir le diabète de type 1, le diabète de type 2 s'attaque essentiellement aux personnes en surpoids. Maigrir ou maintenir son poids de forme en alliant alimentation équilibrée et activité physique régulière est encore la meilleure des préventions.

Pour le diabète de type 1, le corps ne fabriquant plus du tout d'insuline, l'unique traitement actuellement proposé est l'injection d'insuline.

Le diabète du type 2 est traité dans un premier temps par des mesures hygiéno-diététiques, puis on a rapidement recours à des traitements antidiabétiques dont l'efficacité n'est optimale que s'ils sont associés à une alimentation équilibrée et à une activité .
Certains médicaments peuvent être utilisés seuls ou en association avec d'autres antidiabétiques ou à d'autres classes de médicaments. Il existe trois grands groupes d'antidiabétiques :
- les médicaments de l'insulinorésistance : la metformine favorise l'utilisation du glucose par le foie (principalement) mais aussi par les muscles et les tissus adipeux (graisses), et diminuent la production de glucose par le foie.
- les insulinosécréteurs agissent sur la sécrétion de l'insuline par le pancréas. Il s'agit des médicaments des classes des sulfamides hypoglycémiants, des glinides, des analogues du GLP-1, des gliptines
- les inhibiteurs des alphaglucosidases (glucor, diastabol) ralentissent la transformation des glucides complexes en glucose et leur passage dans le sang.
Le diabète étant une maladie évolutive, des injections d'insuline sont parfois nécessaires lorsque les besoins en insuline ne sont plus couverts par la sécrétion du pancréas.

L'argent dette

Par Le 10/09/2015

L’argent Dette

 / 21 janvier 2015

Alors que les politiques d’austérité gagnent du terrain dans les pays occidentaux, il devient essentiel de comprendre d’où provient cette dette publique. Cette dette est l’argument principal des gouvernements pour procéder à des coupures de financement dans des domaines essentiels, comme l’éducation ou la santé.

Ce long métrage d’animation, dynamique et divertissant, de l’artiste et vidéographe Paul Grignon, explique les effets magiques mais pervers du système actuel d’argent-dette dans des termes compréhensibles pour tous.

Libérer la parole

Par Le 10/09/2015

LIBERER LA PAROLE

 

Lorsque Raymond Moody, célèbre cardiologue américain, a révélé les premiers cas de NDE dans son hôpital, un flot de témoignages a déferlé dans le pays, repris ensuite par d’autres chirurgiens, anesthésistes, cardiologues, infirmières, personnels de chambre etc etc…

Cette peur d’être considéré comme un « fou » et cette interdiction de parler, parfois même à ses plus proches, avaient été brisées par cette prise de paroles de la part de quelqu’un de considéré comme « crédible ».

 

Cet exemple est représentatif de la nécessité de « libérer la parole » et de permettre aux carcans sociaux d’être brisés.

Lorsque je vois le matraquage effectué sur les gens accusés d’être des « complotistes », je réalise qu’encore une fois, la parole est bridée, contenue jusqu’à faire passer ces esprits contradicteurs pour des malades mentaux.

Cette fameuse liberté d’expression n’a pas droit de parole dès lors qu’elle s’oppose à la version officielle, celle des gens « biens pensants », sains d’esprit…

 

Il est donc impérieux de ne pas craindre le rejet.

Il me suffit de regarder d’ailleurs l’isolement intégral qui est le mien au regard de la profession enseignante que j’ai côtoyée. Je n’existe plus. Banni, pestiféré, exclu. Oublié.

Très bien finalement. Je sais que mon positionnement correspond parfaitement à mes convictions puisque ce positionnement est rejeté par la masse et que je n'adhère pas aux choix actuels de la masse enseignante. 

Et j’entends déjà certains esprits m’accuser de paranoïa…

On "médicalise" toujours les gens qui pensent autrement.

 

Cette série de vidéos montre le cheminement intellectuel d‘un individu « lambda » qui peu à peu prend conscience que la vérité est une fille de joie qui s’offre au plus offrant, au plus percutant, à celui ou ceux qui disposent d’une force de frappe considérable.

La minorité opposante sera d’autant plus facilement ridiculisée qu’elle ne bénéficiera pas des réseaux de diffusion les plus vus. On dira évidemment que les sites de contestation, de par leur faible audience, sont tenus par des « extrémistes illuminés, des sectes, des malades mentaux, des originaux, des marginaux » etc etc….

 

La question qui se pose est par conséquent la suivante : Qui pense ?

Une masse pour l’adhésion des individus ou des individus qui se dressent devant la masse ?

 

Il est connu que dans l’Histoire de l’Humanité, les idées les plus « révolutionnaires » ont toujours été à l’origine totalement décriées, dès lors qu’elles s’opposaient à des dogmes intangibles. Puis, ces idées finissaient par être entendues, répercutées, dès lors que la « parole était suffisamment libérée ». Il arrivait parfois que ces idées « révolutionnaires » deviennent même les nouveaux dogmes. Ce qui impliquait nécessairement qu’elles soient de nouveau remises à plat.

C’est toute l’idée du « progrès » qui prend sa source dans ce procédé.

Dès lors qu’un Etat et les canaux gouvernementaux d’informations établissent une « morale bien-pensante », une mise au pilori de tous les trublions, il est inévitable que cette société périclite.     

C’est ce qui se produit actuellement.

« Bienheureux les fêlés, car ils laissent passer la Lumière ».

Merci à Monsieur Audiard.

 

Il ne s’agira pas nécessairement d’une lumière durable ou crédible ou objective ou recevable mais ce qui importe, c’est que la lumière commune ne soit plus dans le plein pouvoir de l’aveuglement….

 

Il est probable que certain(e)s spectateurs ou spectatrices rejettent d'emblée ces vidéos parce qu'elles parlent de Dieudonné, des attentats du WTC, de la guerre en Irak, de la main mise des "Faucons" de Washington, etc etc....

A chacun alors d'analyser clairement les raisons de ce rejet. 

J'ai eu beaucoup de mal avec Dieudonné lorsque mes ados sont venus me proposer de regarder ses sketchs. Et il a bien fallu que j'aille chercher pourquoi. 

Ca m'a pris du temps...

Il fallait que je libère en moi mes propres paroles et non plus les paroles apprises, les paroles communes, les paroles partagées par la majorité.

C'est effrayant d'ailleurs de réaliser la quantité de fardeaux qu'on transporte en soi...

Je bénis par contre mes adolescents d'avoir fait voler en éclat mes enceintes.

Non pas que je gobe, béat et admiratif, tout ce qui se dit dans la mouvance contestataire mais je sais, qu'au moins, j'ai appris à ne pas avoir confiance d'emblée. Envers personne en fait. 

Je commets de multiples erreurs d'appréciation, je me trompe dans mes conclusions, je m'égare, j'erre, je fais demi-tour, je m'enlise, je m'évade, je cherche, je cherche, je cherche.....

 

Ces vidéos sont longues et complexes parfois. L'avantage, c'est qu'on peut réécouter plusieurs fois le même passage....Et ça en vaut vraiment, vraiment, la peine.....

 
 
 

 

Le loup et les éleveurs...

Par Le 09/09/2015

Qu'ils ne comptent pas sur moi pour les soutenir les éleveurs...En montagne, on rencontre régulièrement des troupeaux de moutons sans aucune surveillance, avec un berger qui monte en alpage tous les trois jours....Qu'ils reprennent un peu l'histoire de l'élevage de montagne, qu'ils regardent les Anciens...Ou qu'ils se taisent à tout jamais. 

 

 

 

Une association pour la protection du loup dénonce "l'impunité" des éleveurs après la

 

séquestration en Savoie

L'association Ferus pour la conservation du loup a dénoncé, ce jeudi 3 septembre, "l'impunité" dont bénéficient les éleveurs, qui ont obtenu l'abattage de six loups en Savoie, après avoir séquestré notamment le président du Parc National de la Vanoise.

  • AFP
  • Publié le 03/09/2015 | 15:53, mis à jour le 04/09/2015 | 09:43

 

© AFP

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"Les éleveurs obtiennent l'éradication du loup en Savoie avec des méthodes anti-démocratiques", condamne dans un communiqué l'association qui estime que "l'Etat se couche devant les preneurs d'otages".

Le préfet de la Savoie a annoncé qu'il allait autoriser l'abattage de six loups à la suite de la séquestration de trois membres du parc national de la Vanoise par des éleveurs qui réclamaient des mesures concrètes contre les attaques de loups.

Interview de Yves Paccalet, vice-pdt de FERUS


L'association Ferus affirme à cet égard que les éleveurs mentent quand ils parlent d'attaques de loups en augmentation: "les dégâts ont chuté de 30% en Savoie par rapport à l'année 2014". Entre le 1er janvier et le 31 août 2015, 316 ovins sont morts en Savoie suite à des attaques de loup, contre 452 sur la même période de 2014, soit une baisse de 30%, selon les chiffres publiés par la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) Rhône-Alpes, coordinatrice nationale du plan loup.

"En accordant le tir de 6 loups, c'est l'éradication pure et simple du loup en Savoie que le préfet programme, et ce pour quelques troupeaux non-protégés. En effet, à l'issue de l'hiver 2014-2015, la population minimale de loups en Savoie détectée par l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) est de 7 loups, et un loup a déjà été tué en Maurienne le 13 juillet 2015", souligne l'association.

Ferus condamne enfin l'éventualité, qui doit être évoquée lors du prochain conseil d'administration du parc de la Vanoise, d'autoriser l'abattage de loups dans la zone coeur du parc. "Après les tentatives de déclassement du loup auprès de la Commission européenne, la destruction d'une espèce protégée dans un espace protégé est devenu le nouvel objectif de la ministre de l'Écologie ! Lâcheté, injustice, incompétence et irresponsabilité sont donc devenus les maîtres-mots de nos autorités", conclut l'association.

 

Parc de la Vanoise: la séquestration par des éleveurs fait grand bruit

Quelques jours après la séquestration du président, du directeur et d'un agent du Parc de la Vanoise par des éleveurs de Savoie, une pluie de critiques s'abat. D'autant que l'épisode s'est terminé avec l'attribution de 6 tirs de loups par le préfet.  

  • FG avec communiqués
  • Publié le 07/09/2015 | 15:03, mis à jour le 07/09/2015 | 17:45

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© AFP

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Lors de l'entrevue entre les éleveurs et le préfet, le représentant de l'Etat a fait comprendre que des poursuites seraient engagées contre les preneurs d'otages. Finalement, le préfet comptait surtout sur des dépôts de plaintes de la part des personnes séquestrées. Le directeur du Parc a fait le nécessaire en son nom et en celui du Parc.  

En attendant des suites, des associations montent au créneau. Il y a d'abord eu les protecteurs du loup de l'association FERUS qui ont fait remarquer que les éleveurs ont obtenu "l'éradication du loup en Savoie avec des méthodes anti-démocratiques". 

De son côté, Mountain Wilderness dit condamner "fermement ces agissements, et est forcé de noter que sur le loup comme sur d'autres sujets, certains syndicats agricoles sont dans le coup de force permanent". Et l'association de protection de la montagne se questionnant "sur l'absence de courage politique, de sens de l'Etat de "décideurs" qui cèdent devant une voie de fait inacceptable".

Mountain Wilderness considère que "le retour naturel des loups issus des populations italiennes dans tout l'arc alpin participe à la restauration de la biodiversité montagnarde. Sans nier pour autant les difficultés que cela crée tout particulièrement pour le pastoralisme (...) Toutefois, si avant ce coup de force il n'a pas été question de tir de destruction du loup en zone coeur du Parc, c'est peut-être aussi que ce territoire, largement au-dessus de 2.000m d'altitude, n'est pas l'habitat du loup. Il passe dans ces zones mais n'y reste pas. Son habitat sont les vallées et les forêts autour du coeur."
 

Le loup n'est dans les Alpes qu'un révélateur"

La Commission Internationale pour la Protection des Alpes s'indigne aussi des agissements des éleveurs. "Face à une prise d'otage inacceptable des représentants du Parc de la Vanoise, l'Etat répond par des mesures court-termistes et par la faiblesse. Le loup n'est dans les Alpes qu'un révélateur des difficultés que connaît la filière agricole dans l'ensemble de la France notamment celle de l’élevage. Il n'en n'est pas l’initiateur. Les mesures de court-terme, en réaction à l’actualité, ne sauront répondre à ces enjeux. C'est bien le modèle agricole qui est malade et doit être repensé pour faciliter la cohabitation des hommes et de la nature."
 

Une "infraction grave"

Enfin, la section Vanoise du Syndicat National de l'Environnement (SNE-FSU) condamne aussi "ces pratiques inacceptables". Dans un communiqué, les syndicalistes écrivent: "la banalisation de tels agissements à l'encontre d'agents de la fonction publique en service, reviendrait à encourager une escalade de la violence susceptible de faire peser, à court terme, de réelles menaces sur l'intégrité physique des agents du Parc national de la Vanoise. Pour éviter cette dérive, il est essentiel que la puissance publique ne ferme pas les yeux sur des actes qui n'ont pas leur place dans un état de droit."

Le SNE demande donc au Ministère Public de poursuivre en justice les auteurs de cette séquestration "qui constitue une infraction grave au code pénal et qui est passible de lourdes peines d'emprisonnement et d'amende."
 

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"Unus Mundus"

Par Le 08/09/2015

 

Unus mundus, du latin « Monde un », renvoie à la notion d'une réalité unifiée sous-jacente, de laquelle tout émerge et à laquelle tout retourne. Elle a été popularisée par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung. Ce terme apparaît pour la première fois au XVIe siècle chez Gerhard Dorn, un étudiant de Paracelse.

Les concepts jungiens d'archétype et de synchronicité sont liés à l'unus mundus, les archétypes étant des manifestations de l'unus mundus et la synchronicité, ou « coïncidence significative », étant dépendante de l'union de l'observateur et du phénomène via l'unus mundus.

Synchronicité et Hasard

par Hans Primäs


http://www.metapsychique.org/synchronicite-et-hasard.html

Les phénomènes synchronistiques sont caractérisés selon Carl Gustav Jung par la coïncidence significative d’un phénomène physique objectif avec un phénomène psychique sans qu’on puisse imaginer une raison ou un mécanisme de causalité évident. A partir de la correspondance maintenant disponible de Jung avec le théoricien de la physique Wolfgang Pauli, on constate que Pauli a eu une participation décisive pour la préparation finale de cette idée. On évoquera les questions qu’ils se sont posées dans leurs discussions sur la causalité, la reproductibilité, le hasard, la probabilité et l’évolution biologique.

Le problème de la complémentarité entre psyché et matière, signalé plusieurs fois par Pauli, est aujourd’hui reformulé par la vision de la physique quantique moderne. Comme la partie matérielle de l’unus mundus est décrite correctement par la mécanique quantique, il est concevable de supposer que les structures les plus fondamentales de cette théorie puissent avoir une validité en dehors du domaine matériel. On montrera que, selon cette supposition, des corrélations holistiques entre la psyché et la matière sont possibles si, et seulement si, il existe des propriétés incompatibles non seulement dans le domaine matériel mais aussi dans le domaine psychique.

(Par Hans Primäs) [1]

En 1992 est apparue dans les éditions Springer la correspondance entre le psychiatre Carl Gustav Jung et le physicien théorique Wolfgang Pauli - un document de premier ordre relatif à l’histoire des idées [2]. A côté de beaucoup d’informations personnelles - qui ne nous intéressent ici que de façon secondaire - il s’agit surtout de discussions sur la relation entre la psyché et la matière. En partant de leurs domaines professionnels respectifs, le psychologue Jung et le physicien Pauli sont parvenus tous les deux avec une concordance remarquable à la supposition de "l’existence d’un seul monde, dans lequel la psyché et la matière seraient une seule et même chose, que nous distinguons uniquement pour mieux les connaître en eux-mêmes" [3]. Jung a écrit dans une lettre datée de 1956 :

"Je ne doute pas que la psyché objective contienne des images qui éclaircissent le secret de la matière. On peut se rendre compte de telles relations dans les phénomènes synchronistiques et leur a-causalité. Aujourd’hui, ces phénomènes ne sont encore que de vagues idées, et c’est à l’avenir qu’est réservé le travail de regroupement des expériences qui éclaircissent un peu cette incertitude" [4].

A première vue on pourrait s’étonner que ce soit Pauli qui se soit occupé intensivement de façon théorique de la psychologie des profondeurs de Jung. Pauli - le rationaliste et l’inexorable physicien à l’esprit critique, surnommé par ses collègues "la conscience vivante de la physique théorique" ou encore "le terrible Pauli". Cependant le "problème psychophysique" a toujours été parmi ses principaux centres d’intérêt. Dans une lettre à Markus Fierz en novembre 1949 Pauli a écrit :

" ... la possibilité des lois de la nature m’a toujours paru fondée sur la coïncidence archétypique de nos attentes (psychique) avec un phénomène naturel extérieur (physique). Pour l’organisateur abstrait, la distinction "physique-psychique" n’existe justement pas. Sur ce point il me semblerait que la "pensée scientifique" serait seulement un cas particulier parmi des possibilités plus générales [5].

1. Premières idées de Jung sur la synchronicité

Les études de Jung sur des "phénomènes inexplicables" ont commencé en 1902 avec sa thèse "Psychopathologie des phénomènes dits occultes" [6] et ont abouti à l’interprétation archétypique de la synchronicité. Selon cette interprétation, l’archétype à la base des phénomènes de synchronicité serait un coordinateur de la réalité psychique et matérielle où la coordination se déroule selon leur signification commune. Jung considère la psyché et la matière comme deux aspects d’une "unité" non divisée qui est inaccessible par voie directe :

"De même que la psyché et la matière sont contenues dans un seul et même monde, elles sont en outre en contact permanent et reposent finalement sur des facteurs transcendants incompréhensibles ; De fait, il est possible et même très probable que la matière et la psyché soient deux aspects différents d’une seule et même chose. Les phénomènes synchronistiques me semblent incliner dans ce sens : du non-psychique pourrait se comporter comme du psychique, et inversement, sans qu’il y ait de relation causale entre eux." [7]

Les conceptions de Jung se distinguent par principe de celles de Freud, en particulier par rapport à l’autonomie de l’inconscient, qu’il a nommé plus tard la "réalité de l’âme". Contrairement à Freud, Jung s’intéressait surtout aux "grands rêves" qui ont une signification numineuse et dans lesquels se trouveny des contenus symboliques qu’on rencontre souvent dans l’histoire de l’humanité, comme des motifs mythologiques ou des images primordiales que Jung qualifiait d’"archétypes" dans ses premières oeuvres.

Le concept de "principe synchronistique" apparaît très discrètement par la première fois dans un éloge funèbre pour Richard Wilhelm dans le Neuen Zürcher Zeitung du 6 mars 1930 :

"La science du "Yi King" n’est pas basée sur le principe de causalité mais sur un principe qui n’est pas nommé jusqu’ici - car il n’apparaît pas chez nous - que j’appelle à titre d’essai le principe synchronistique. Mon occupation avec la psychologie des phénomènes inconscients m’a contraint, il y a plusieurs années déjà, à chercher un autre principe explicatif car le principe de causalité m’est apparu insuffisant pour expliquer certains phénomènes étranges de la psychologie de l’inconscient. [8]"

Dans ses Tavistock Lectures en 1935 Jung a répondu à une question sur le parallélisme psychophysique :

"Le corps et l’esprit sont deux aspects de l’être humain, et cela est tout ce que nous savons. Pour cette raison je préfère dire que les deux choses surviennent ensemble d’une façon mystérieuse et en rester là, car on ne peut pas s’imaginer les deux choses comme étant une seule. Pour mon usage personnel, j’ai conçu un principe qui doit montrer ce fait d’être "ensemble", j’affirme que l’étrange principe de la synchronicité agit dans le monde lorsque certaines choses se produisent d’une façon plus ou moins simultanée et se comportent comme si elles étaient la même chose, tout en ne l’étant pas de notre point de vue. [9]"

"L’Orient fonde sa pensée et son évaluation des faits sur un autre principe. On n’a même pas de mot pour rendre compte de ce principe. L’Orient a bien sûr un mot pour cela mais nous ne le comprenons pas. Le mot oriental est Tao... J’utilise un autre mot pour le nommer mais c’est assez pauvre. Je l’appelle synchronicité. [10]"

La synchronicité selon Jung se réfère à des événements où il se passe des choses dans la réalité extérieure qui sont en correspondance significative avec une expérience interne. Les phénomènes synchronistiques sont des coïncidences significatives où l’espace et le temps apparaissent comme des grandeurs relatives. "Synchronicité" ne veut pas dire "en même temps" mais "avec le même sens". La partie du phénomène synchronistique qui se produit dans la réalité extérieure est perçue par nos sens naturels. L’objet de la perception est un événement objectif. Cependant Jung écrit :

"Il demeure pourtant un événement inexpliqué, car dans les conditions de nos présupposés physiques, on ne pouvait pas s’attendre à sa réalisation. [11]"

Bien entendu, la synchronicité n’est pas une explication, c’est en premier lieu le fait de donner un nom aux faits empiriques suggérant l’existence des coïncidences significatives. Jung a souligné qu’"en ce que concerne la synchronicité, la principale difficulté réside dans le fait de voir sa cause dans le sujet tandis que, selon ma conception, elle se trouve dans la nature des processus objectifs" [12] . Les phénomènes synchronistiques remettent en question le concept physique d’objet tout comme les concepts classiques d’espace et du temps et ils concernent donc également les physiciens intéressés aux questions philosophiques.

Jung traîna avec lui ses idées sur des "coïncidences significatives" pendant des années, sans leur donner leur forme définitive. Il a longtemps hésité avant de les présenter au grand public. Après une conversation avec Pauli, en novembre 1948, ils ont commencé une correspondance intensive [13], dans laquelle Pauli a encouragé Jung à rédiger ses pensées sur la synchronicité. En juin 1949 Jung a envoyé à Pauli un brouillon "entouré partout de signes d’interrogations" [14] pour qu’il l’examine en détail. Pauli a pris vivement part à la mise au point ultérieure du concept de la synchronicité de Jung. Dans leur correspondance (partiellement) publiée, il ressort que la critique constructive de Pauli a été essentielle. La version définitive de Jung a été le résultat de beaucoup de révisions - inspirées par les commentaires critiques de Pauli - et elle est apparue en 1952 sous le titre La synchronicité comme principe des relations acausales [15] dans un volume publié conjointement avec Pauli et intituléExplication de la nature et de la psyché [16]. Ici, il ne s’agit "pas du tout d’un travail complet de description et d’élucidation de ces faits complexes", comme Jung l’a souligné dans son préambule, "mais uniquement d’un essai afin de... soulever le problème."

Les phénomènes synchronistiques se comportent selon Jung comme des hasards gorgés de sens. Ils sont caractérisés par la coïncidence porteuse d’une signification d’un phénomène objectif physique avec un événement psychique sans qu’on puisse imaginer une raison ou un mécanisme causal. Jung a listé parmi les exemples de coïncidences significatives la télépathie, des pratiques divinatoires comme le Yi King ou encore la technique d’interprétation de l’astrologie, mais aussi les effets secondaires souvent observés en cas de décès : une horloge s’arrête, une photo tombe du mur, un verre se brise. L’existence des événements synchronistiques est souvent mise en doute car ils sont rares voire exceptionnels. L’argument le plus convaincant de leur réalité est une tradition millénaire et - en dernière instance, la seule valable - l’expérience personnelle propre.

Les phénomènes synchronistiques perdent beaucoup de leur force de conviction quand on les raconte simplement. Ils ont une qualité d’expérience numineuse et on doit l’expérimenter soi-même. La seule chose qui compte est le saisissement personnel. Une discussion de tels phénomènes subjectifs fait sauter le cadre de la science traditionnelle, dite "objective" mais jamais le cadre d’un examen sérieux. Des véritables événements synchronistiques ont un caractère numineux, tel qu’on ne les crie pas sur les toits. Pour ne pas délayer complètement le concept de synchronicité, on pourrait envisager de le restreindre aux événements qui sont inouïs et bouleversants.

2. Wolfgang Pauli et la synchronicité

Pauli était réceptif aux idées de Jung sur les "coïncidences significatives" principalement pour deux raisons : d’abord, il était bien préparé philosophiquement parlant. L’essai de Schopenhauer Le sens du destin : spéculation transcendante sur l’intentionnalité apparente dans le destin de l’individu a eu sur Pauli "un effet fascinant et très durable et il semble avoir préparé Pauli pour un changement futur dans les sciences physiques et naturelles" [17]. Dans son article important publié en 1956, La science et la pensée occidentale, Pauli a écrit : "L’ancienne question de savoir si, sous certaines conditions, l’état psychique de l’observateur pourrait influencer le déroulement de la nature matérielle extérieure n’a pas de place dans la physique d’aujourd’hui. La réponse était évidemment affirmative pour les anciens alchimistes. Dans le siècle dernier, un esprit critique tel que le philosophe Arthur Schopenhauer, excellent connaisseur et admirateur de Kant, a considéré dans son essai Magnétisme animal et magie que les effets dits magiques étaient largement possibles et il les a interprétés dans sa terminologie particulière comme des "influences directes de la volonté qui vont au delà des limites de l’espace et du temps". Sous cet angle on ne peut pas dire que des raisons philosophiques a priori soient suffisantes pour refuser immédiatement de telles possibilités" [18].

Mais l’intérêt que portait Pauli aux "coïncidences significatives" n’était pas purement académique. Dans sa jeunesse Pauli avait été marqué par une mentalité rationnelle extrêmement spécialisée, avec laquelle il a eu des sérieuses difficultés à l’âge de trente ans. En août 1934, il a écrit à son collègue et ami Ralph Kronig :

"Après être tombé en dépression durant l’hiver 1931/32, j’ai commencé lentement à remonter la pente. J’ai rencontré alors des événements psychiques que je ne connaissais pas auparavant et que je nommerai ici simplement l’activité propre de l’âme. Il ne fait pour moi aucun doute qu’il y a ici des choses qui se sont développées spontanément et qui peuvent être désignées comme des symboles ; une chose à la fois psychique et objective qui ne peut s’expliquer par des causes matérielles. [19]"

Sa crise psychologique a conduit Pauli à prendre contact avec Jung en 1930, lequel l’a confié au jeune médecin Erna Rosenbaum, une débutante dans ce domaine. Pendant cette analyse de cinq mois et durant les trois années qui suivirent, Pauli a produit sans aucune influence directe de Jung environ 1500 grands rêves avec des contenus archétypiques surprenants.

On peut glaner quelques informations sur cette activité propre de l’âme, comme disait Pauli, dans la monumentale oeuvre de Jung, Psychologie et alchimie [20].

Pauli a souvent fait l’expérience - comme toute personne ayant une activité créatrice - de la relation mystérieuse entre son travail sur des problèmes de physique théorique et l’activité animique inconsciente. Ajoutons à ceci que Pauli a été hanté pendant toute sa vie par des phénomènes très étranges - c’est ce que l’on a surnommé "L’effet Pauli". Il s’agit ici du fait - attesté de source sûre - que les instruments de mesure avaient de temps en temps des perturbations ou ne fonctionnaient pas lorsque Pauli faisait irruption dans un laboratoire.

On pourrait considérer ces effets comme la manifestation du revers de la médaille chez Pauli. Pauli n’avait pas de bonne relation avec les sciences de l’ingénieur ; il n’avait pas de bonnes aptitudes manuelles et il ressentait notre monde technique comme inquiétant et menaçant. Cet état de tension était bien perceptible pour ses collègues et tout le monde était convaincu que des effets "mystérieux et inquiétants" émanaient de Pauli [21]. Son collègue Markus Fierz raconte :

"Même des spécialistes de la physique expérimentale, des savants objectifs et réalistes partageaient l’opinion selon laquelle c’était bien de Pauli qu’émanaient ces effets étranges. On croyait par exemple que sa simple présence dans un laboratoire générait pas mal d’ennuis dans la conduite des expériences, elle réveillait pour ainsi dire la malignité des choses. C’était cela, "l’effet Pauli". Pour cette raison, son ami Otto Stern, l’artiste renommé des jets moléculaires, ne l’a jamais laissé entrer dans son institut. Ce n’est guère une légende, je connaissais très bien Stern tout comme Pauli ! Même Pauli croyait absolument en son effet. Il m’a raconté qu’il ressentait le malheur à l’avance sous la forme d’une tension désagréable et que si ensuite l’ennui pressenti se produisait véritablement, alors il se sentait bizarrement libéré et soulagé. On peut tout à fait considérer "l’effet Pauli" comme un phénomène synchronistique. [22]"

3. La synchronicité comme une relation de signification

Dans ses premières oeuvres, Jung parlait de "synchronistique" en général voulant dire "simultanément". Plus tard il était devenu évident que, par "synchronistique", il fallait plutôt comprendre "avec une même signification". L’essentiel pour la synchronicité est donc le lien de sens entre les événements et non pas leur simultanéité [23]. Pauli a écrit à Jung en 1949 :

"Le mot "synchron" me paraît ... en quelque sorte illogique, sauf si vous voulez qu’il ait un rapport avec un "chronos" qui soit essentiellement différent du temps ordinaire... A priori ce n’est pas évident de voir pourquoi des événements qui "expriment la présence d’une même image et/ou d’une même signification" devraient être simultanés : le concept du temps me donne plus de difficultés que le concept desens.

Quel est le rapport entre Sens et Temps ? A titre d’essai j’interprète votre conception à peu près comme ceci : d’abord, les événements qui partagent un même sens peuvent être perçus plus facilements’ils sont simultanés. Ensuite, la simultanéité est aussi la qualité qui constitue l’unité des contenus de la conscience. [24]"

Pauli préférait parler uniquement d’une relation du sens, et il le souligna dans une lettre à Fierz (octobre 1949) :

"Pour moi la nouveauté dans cette façon de voir les choses c’est qu’en utilisant le concept de "relation de sens", je ne perçois pas de distinction trop nette entre le reproductible et le cas individuel, comme on avait pu le supposer auparavant. Est-ce vraiment très différent de la mécanique quantique lorsque Jung suppose une relation de sens entre la situation psychique ("état de conscience") de l’observateur et ce qui se passe à l’extérieur ?" [25]

Jung et Pauli croyaient que les coïncidences significatives pourraient être un apport essentiel à l’explication des relations entre la psyché et la matière. Ils estimaient qu’en supplément du principe d’action causale dans le cadre de la description spatio-temporelle, une correspondance entre la psyché et la matière à travers un sens préexistant était nécessaire pour une compréhension plus vaste de la nature. Jung a même proposé de détacher le facteur de la signification de l’avis subjectif de l’être humain, et de l’élever jusqu’à en faire un principe métaphysique général :

"La synchronicité présuppose un sens a priori par rapport à la conscience humaine, un sens qui en apparence se trouve à l’extérieur de l’être humain." [26]

Mais un sens autonome n’a pas de place dans notre vision scientifique actuelle du monde. Jung déclare :

"On est habitué à considérer que le concept de "sens" implique un phénomène ou un contenu physique dont on ne suppose pas qu’il puisse exister également à l’extérieur de notre psyché... Lorsque l’on considère l’hypothèse qu’un même sens (transcendant) peut se dévoiler à la fois dans la psyché humaine et dans l’arrangement d’un événement simultané extérieur et indépendant, alors on entre en conflit avec nos idées scientifiques et épistémologiques traditionnelles." [27]

Déjà en 1934, Jung insistait, lors de sa conférence d’Eranos, sur l’idée que le « sens » est un archétype [28] . Cette conception platonique d’un sens préexistant donne naturellement lieu à de grandes difficultés qui n’ont nullement échappées à Jung. Dans une correspondance révélatrice avec Erich Neumann, Jung écrivait en 1959 :

"Le sens semble toujours être d’abord inconscient et ne peut donc être découvert que post hoc ; c’est pourquoi on risque toujours de voir un sens là où il n’y a rien de ce genre. On a besoin des expériences synchronistiques pour pouvoir justifier l’hypothèse d’un sens latent, qui est indépendant de la conscience. Tout comme une création n’a pas de sens discernable sans la conscience humaine qui la reflète, l’hypothèse du sens latent attribue à l’être humain une signification cosmogonique, une véritable "raison d’être"(*En français dans le texte) [29].

Sous l’influence de Pauli, Jung a considéré plus tard le concept de synchronicité caractérisé à travers un sens préexistant, comme un cas particulier d’un arrangement plus général appelé l’ordre acausal [30]. L’acausalité de la mécanique quantique, réglée par des lois statistiques strictes est - selon Pauli - également un cas particulier de cet "ordre acausal" :

"Pour moi, il n’y a pas de doute que la "correspondance statistique" de la mécanique quantique soit plus proche de l’ancien déterminisme que des phénomènes synchronistiques. Du point de vue de ces derniers, la mécanique quantique doit apparaître comme une généralisation très faible de l’ancienne causalité. Cependant, la mécanique quantique semble également pointer vers l’autre direction, où l’on ne peut plus parler de reproduction à volonté des résultats. La mécanique quantique prendrait une sorte de position intermédiaire." [31]

4. Synchronicité et acausalité

Même si Pauli a considéré l’idée de la synchronicité de Jung comme un pas génial dans la bonne direction et qu’il a eu une influence essentielle dans les réflexions de Jung, il ne faut pas supposer que Pauli était entièrement satisfait des formulations faites par Jung.

En effet la caractérisation de Jung de la synchronicité comme "la simultanéité de deux phénomènes partageant un sens, mais liés de façon acausale" [32] n’est pas opportune. Bien entendu, Pauli a critiqué dès le début l’utilisation particulière de l’expression "acausal" par Jung :

"Il me semble que le concept "acausal" et l’utilisation particulière du concept du temps ont besoin d’être éclaircis plus en détail. Selon votre conception du phénomène "synchronistique"... celui-ci se produit à travers la duplication ou multiplication d’un "organisateur abstrait" dont l’aspect extérieur est justement double ou multiple. Dans ce sens on pourrait qualifier également cet "organisateur" comme étant lacause du phénomène synchronistique. Cette cause ne serai plus alors dans l’espace-temps." [33]

On peut donc voir, d’après les lettres de Pauli, que lui et Jung avaient des opinions considérablement différentes en ce qui concerne le concept de causalité. Jung ne précisait jamais ce qu’il entendait par "causal" et "acausal". Dans une lettre à Fierz, Pauli parle d’une conversation avec Jung :

"Jung souligna comme particulièrement important l’application du concept de "causalité" uniquement aux causes "concrètes" ou "mesurables" se trouvant dans le temps et l’espace (pour exclure de la causalité les causes "magiques" ou "symboliques" qui sont en dehors de l’espace-temps). Ceci est bien entendu un point décisif car c’est uniquement dans ce sens que les "liens transversaux" des événements simultanés de Schopenhauer sont "acausals" [34].

Même en limitant le concept de causalité aux événements spatio-temporels, l’absence d’un lien causal ne peut jamais être prouvé empiriquement car une liaison de causalité peut être tellement complexe qu’elle échappera à nos méthodes de recherche. Le point essentiel, selon Jung, c’est le fait que, pour comprendre les coïncidences significatives, l’impensabilité du lien causal localisable dans l’espace et dans le temps doit contraindre l’esprit à renoncer à toute discussion d’un tel lien. Jung a découvert des concepts précurseurs à son idée de synchronicité dans des textes anciens comme la théorie de la "sympathie universelle" et dans la "correspondentia" des descriptions de la nature du Moyen-Âge. En résumé on peut par conséquent affirmer que, dans les phénomènes synchronistiques, le lien du sens est évident tandis qu’un éventuel lien causal spatio-temporel est sans importance et en général indiscernable. Mais il faut souligner qu’un lien de causalité dans les phénomènes synchronistiques n’est pas à priori exclu.

5. Les phénomènes synchronistiques et le principe Verum-Factum

Dans la science moderne, les faits dits "scientifiques" sont seulement créés à travers la réplication. Une caractéristique de la science moderne est le fait que ses objets peuvent être fabriqués. Dans la pratique scientifique actuelle, le "critère de vérité" effectivement réalisé est le principe Verum-Factum de Giovanni Battista Vico : "Verum et factum convertuntur" [35], c’est-à-dire que c’est le fait d’être réalisable ou non qui est décisif pour la pensée scientifique moderne. Si un phénomène n’est pas réalisable, alors, selon la conception de la plupart des scientifiques modernes, il y a un objectif essentiel de recherche qui n’est pas encore atteint. Le coeur de l’exigence de la possibilité de répétition est donc la question de la possibilité de réalisation et du statut de l’objet.

Les événements synchronistiques ne sont pas une qualité régulière de la psyché. Ils apparaissent spontanément et ne peuvent pas être déclenchés par un acte conscient de la volonté, voilà pourquoi ils ne sont pas "réalisables" - ils se produisent purement et simplement de temps à autre [36]. Si on accepte le principe Verum-Factum de Vico comme constitutif de la science, alors les effets synchronistiques sont exclus d’elle, car ils ne sont pas "réalisables". Bien entendu, on se demande si une science ne se limite pas d’une façon artificielle quand elle se base essentiellement sur le critère de la possibilité de réalisation.

Quand les événements sont reproductibles, cela aide beaucoup à obtenir des renseignements sur la nature des phénomènes impliqués, toutefois cette qualité ne peut être indispensable pour décider si un examen est scientifique ou non - dans le cas contraire beaucoup de sciences établies (comme par exemple les sciences sociales) devraient perdre leur statut de science.

Si on se restreint à la reproductibilité statistique, c’est-à-dire si on veut fonder la connaissance scientifique sur des données statistiques, alors on présuppose tacitement la validité conceptuelle de la théorie mathématique de la probabilité - ce qui ne va pas de soi. En outre il faut souligner que le postulat de la reproductibilité seulement exige qu’il se produise toujours les mêmes événements quand on a les mêmes conditions initiales. Dans des systèmes complexes les conditions initiales identiques ne sont jamais réalisables, on doit donc se satisfaire d’une reproductibilité statistique. Celle-ci demande alors uniquement la possibilité de réalisation d’une distribution de probabilité des conditions initiales essentielles. Souvent on n’a besoin que de très peu de paramètres (comme par exemple la température) pour décrire de façon reproductible le comportement statistique de systèmes à grand nombre de particules en physique - et ceci est une singularité remarquable.

Cependant, rien n’indique qu’il faille attendre, de façon générale, qu’une distribution de probabilité des conditions initiales essentielles soit réalisable en pratique. La science expérimentale exclut les événements non reproductibles statistiquement bien qu’évidemment la réalité d’un phénomène ne dépende pas de sa reproductibilité statistique.

Pauli a toujours souligné - et plus tard Jung a adopté cette idée [37] - que la méthode statistique de la science est en relation de complémentarité avec la synchronicité. Dans une lettre à Fierz, Pauli écrivait en octobre 1949 :

"Je crois que les coïncidences synchronistiques sont détruites lorsqu’on élimine tous les facteurs incontrôlables et inconscients afin d’obtenir des conditions expérimentales reproductibles (Complémentarité)." [38]

6. Le hasard, la probabilité et la complexité

Dans les sciences physiques et naturelles on parle d’un événement dû au hasard, quand il peut se produire sous certaines conditions mais pas avec certitude. Un tel événement est caractérisé par lafréquence relative avec laquelle il se produit parmi les événements possibles d’une totalité de conditions données. Dans un premier temps, on ne précise pas si un événement dû au hasard est soumis ou non à la causalité. Dans les sciences de l’ingénieur, les phénomènes ou processus aléatoires sont caractérisés par des changements dans le temps, ce qui rend imprévisible le cas particulier.

La théorie de la probabilité empirique-statistique se réfère toujours à la discussion de la fréquence relative d’un événement durant une longue série d’observations. On suppose tacitement qu’en prolongeant indéfiniment cette série statistique, la fréquence relative convergera vers une valeur limite et on nomme cette limite la probabilité de cet événement.

Beaucoup de mathématiciens et de scientifiques pensent que tous les problèmes de la théorie de la probabilité sont en principe résolus à travers les axiomes de Kolmogoroff [39] de 1933, c’est-à-dire qu’ils sont réduits à des problèmes purement mathématiques. En effet on considère que la théorie mathématique de la probabilité moderne a commencé lorsque Kolmogoroff créa la formulation basée sur la théorie de la mesure. Il est cependant important d’observer qu’avec ceci, ses problèmes conceptuels n’ont pratiquement pas été abordés. Dit plus cyniquement, la théorie de la probabilité basée sur les axiomes mathématiques de Kolmogoroff n’est rien d’autre qu’un chapitre de la plus générale théorie de la mesure, mais avec une sélection particulière des problèmes et avec une terminologie étrange. Jusqu’à présent, on ne connaît pas d’arguments solides qui suggéreraient que les axiomes de Kolmogoroff seraient pertinents pour toute sorte de recherche empirique.

Kolmogoroff lui-même était conscient de ce problème et il est revenu là-dessus 30 ans plus tard dans le cadre de ses approches avec ses concepts d"information" et de "complexité" pour mieux éclaircir la définition conceptuelle de la probabilité [40]. Schnorr a pu montrer ultérieurement que la formulation algorithmique de la théorie mathématique de la probabilité est mathématiquement équivalente à sa version constructive de la théorie de mesure [41]. D’un point de vue conceptuel la version algorithmique est largement préférable. Dans cette version on peut voir en particulier que chaque définition de la complexité, de l’information ou de la probabilité est nécessairement dépendante du contexte. Ce qui dans une description est considéré comme aléatoire peut tout à fait être régulier dans une autre description.

Pour pouvoir appliquer la théorie mathématique de la probabilité à des problèmes concrets, on a besoin d’une interprétation du système formel. L’interprétation subjective considère le degré de probabilité comme un critère pour la sensation de certitude ou d’incertitude attribuée à des déclarations ou suppositions spécifiques. Ce qu’on appelle l’interprétation objective considère chaque énoncé de probabilité numérique comme une prédiction d’une fréquence relative. Mais cette interprétation de la fréquence, populaire en physique, implique des difficultés encore plus grandes.

Pour évaluer si la distribution empirique de valeurs se différencie seulement un peu de la distribution de valeurs asymptotique, on a besoin non seulement de la loi mathématique des grands nombres mais aussi de la contestable règle suivante [42] : Si la probabilité d’un événement est suffisamment petite, alors on peut être pratiquement sûr qu’en réalisant une seule fois les conditions, l’événement n’apparaîtra pas.

Mais la théorie ne donne aucun critère pour décider quand une quantité de répétitions serait "suffisamment grande", ni non plus de critère pour savoir ce qu’on entend par "suffisamment petite". Comme l’a montré Rudolf Carnap, l’interprétation de la probabilité comme équivalente à une fréquence est adéquate ("probabilité n°1 de Carnap ou "fréquence relative pour le long terme") à condition de l’utiliser avec un "degré de crédibilité" ("probabilité n°2" de Carnap ou "degré de confirmation") [43]. De ce fait, il faut toujours tenir compte d’un facteur subjectif dans l’interprétation de la probabilité, considérée habituellement comme objective. Dans les mots de Pauli :

"... même la réalisation unique d’un événement très improbable est considérée à partir d’un certain point de vue comme pratiquement impossible... Ici, on est confronté à la limite fondamentale de la viabilité de l’ancien programme de l’objectivisation rationnelle de l’attente subjective unique." [44]

De temps en temps, le "hasard" est opposé - par Jung également - à la "causalité", comme s’il était son antonyme. Ici, il semble y avoir une confusion conceptuelle. Dans la physique classique, des systèmes crypto-déterministes [45], dynamiques, instables et complexes peuvent générer des événements aléatoires [46]. Antoine Augustine Cournot (1801-1877) et John Venn (1834-1923) ont clairement remarqué que la dynamique dans des systèmes suffisamment complexes peut être extrêmement sensible aux conditions initiales et aux conditions aux limites. La dynamique chaotique qui en résulte peut générer objectivement des événements aléatoires qui peuvent être décrits par des fréquences relatives [47].

Par exemple, on peut décrire des expériences avec une planche de Galton grâce à la dynamique d’un système mécanique crypto-déterministe. Notre manque de connaissance des conditions initiales et aux limites précises nous empêche de prédire un événement isolé. Cependant, la distribution observable dans les expériences avec une planche de Galton ne dépend pas du tout de nos connaissances. Dans ce cas, on peut parler de hasard objectif. Pourtant, ce serait une grossière erreur de supposer que des événements "aléatoires" obéissent toujours aux lois de la théorie mathématique de la probabilité [48]. Par exemple, les coïncidences synchronistiques ne sont pas calculables à partir de la théorie de la probabilité de Kolmogoroff. Pauli a écrit dans une lettre à Fierz :

"Les phénomènes synchronistiques observés par Jung... échappent aux "lois" naturelles, car ils ne peuvent pas être reproduits, c’est-à-dire qu’ils sont uniques et qu’ils s’estompent à travers le traitement statistique appliqué aux grands nombres. Par contre, les "acausalités" sont justement saisissables en physique grâce aux lois statistiques (des grands nombres)." [49]

7. Le hasard et l’évolution

Le hasard joue un grand rôle dans la théorie de l’évolution. Comme l’ont par exemple toujours souligné Walter Elsasser, Jacques Monod et Manfred Eigen [50], le hasard est constitutif pour la compréhension de la théorie de l’évolution et de l’apparition des formes de vie. Francis Crick résume : "La seule source des véritables innovations est le hasard" [51]. Cependant ce qu’il faut entendre par hasard n’est pas clair. Manque de causes ou manque de connaissances ? Monod parle du "hasard essentiel" qui serait caractérisé par "l’indépendance totale de deux séries d’expériences" . Mais des raisonnements quantiques nous poussent à douter de l’existence d’une telle "indépendance totale" [52] .

Pauli a remarqué que l’idée de la synchronicité pouvait avoir de l’importance pour la théorie biologique de l’évolution. Il a surtout discuté des arguments scientifiques théoriques contre la théorie de l’évolution de Darwin et il souligna la possibilité de synchronicités dans l’évolution :

"Le modèle de l’évolution de Darwin est un essai afin d’éliminer entièrement toute finalité par une nouvelle théorie. La finalité a donc dû être remplacée par l’introduction du "hasard" (chance)." [53]

Pauli a souligné que des événements rares ou même uniques sont particulièrement importants pour l’évolution biologique, contrairement aux lois statistiques vérifiables empiriquement [54]. Ensuite, il a admis la possibilité des processus physiques finaux. Il écrivit à un ami, le biologiste Delbrück :

"Probablement que la solution est complexe, et qu’à côté du hasard sacré, il existe aussi des processus avec un but dirigé et des influences causales de l’environnement..." [55]

Officiellement, les considérations finales sont mal vues dans la biologie moderne mais elles ne sont pas superflues. Comme le dit le généticien J.S.B. Haldane dans un de ses bons mots :

"La téléologie est comme une maîtresse pour le biologiste : il ne peut pas vivre sans elle, mais il ne veut pas être vu avec elle en public." [56]

Un thème central dans les rêves de Pauli des années cinquante était la question d’une nouvelle physique. A plusieurs reprises, il y a dans ses rêves la question d’une nomination de professeur de physique théorique. Pauli commente ceci avec la remarque qu’il ne s’agit pas de la chaire universitaire conventionnelle, vu que Pauli, lauréat du prix Nobel, était déjà professeur de physique théorique à l’ETH Zurich depuis plusieurs années. Il s’agit de la nouvelle physique, de la nouvelle science. Et l’université en question ne se trouve pas dans la fameuse ville de Zurich mais à Esslingen - connue par les habitants de Zurich pour n’être que le terminus d’un train régional. Dans ce lieu inconnu de la science traditionnelle serait cultivée la nouvelle science. Et si Pauli veut se décider pour Esslingen, sa démarche n’est absolument pas assurée. En tout cas, Pauli doit y aller pour donner des cours à titre d’essai devant des inconnus.

Fort heureusement, il existe un manuscrit de quatre pages sous le titre Le cours devant les inconnus qui décrit cette situation [57]. Le point de départ du cours fictif de Pauli est le "hasard aveugle et sans but" de la mécanique quantique avec ses probabilités primaires associées. La deuxième sorte de lois naturelles est essentiellement liée au fait que l’observateur peut intervenir dans les événements à travers le libre choix du dispositif expérimental. D’après Pauli, la nouvelle science doit se consacrer surtout à la troisième sorte de lois naturelles. Après une discussion critique sur les conceptions traditionnelles de la biologie et du hasard, les concepts de l’évolution de Lamarck et Darwin, Pauli a écrit :

"Selon cette hypothèse, différente de la conception de Darwin et de celle de Lamarck, on rencontre justement ici la troisième sorte de lois naturelles, qui consiste en la correction des fluctuations aléatoires à travers des coïncidences significatives ou finales d’événements reliés de façon acausale. ... en rapport avec ceci, je voudrais maintenant soumettre à la discussion l’hypothèse que cette apparitionglobale de coïncidences porteuses de signification dans l’évolution biologique met en évidence un facteur psychique qui va de pair avec elles et qui apparaît comme émotion ou excitation portée à son degré le plus élevé." [58]

Le cours fictif se termine avec une indication sur la synchronicité dans le sens de Jung :

"En outre, je pense ici aux coïncidences significatives non déclenchables par l’intention et qui se produisent uniquement dans des conditions particulières, auxquelles C.G. Jung a fait référence à plusieurs reprises. En appelant ces coïncidences des "synchronicités", il a établi une relation étrange entre ces phénomènes et le concept du temps. Dans la mesure où les phénomènes d’adaptation de l’évolution biologique distinguent visiblement une direction de la flèche du temps, il devrait sembler naturel de considérer tous les phénomènes présentés ici, ces phénomènes non-causaux liés à un sens ou à un but, comme de nature analogue." [59]

Une conception du monde qui inclut des correspondances significatives conduit à une nouvelle évaluation du problème psychophysique. Les tentatives prudentes de Jung et Pauli indiquent quel chemin pourrait être emprunté. Il me semble qu’il n’est pas a priori impossible que ces idées soient intégrables dans une science de la nature élargie, dont la concrétisation reste pour le moment une question ouverte. Pauli a remarqué dans sa conférence La science et la pensée occidentale :

"Je n’oserai pas faire des prévisions sur l’avenir, averti que je suis par les échecs de tous les efforts prématurés d’unification de l’histoire de l’esprit. Je remarque seulement que, depuis le XVIIème siècle, les activités de l’esprit humain ont été divisées de façon stricte, mais que je conçois qu’une victoire des contraires, comprenant également la synthèse de la compréhension rationnelle et de l’expérience mystique de l’unité, est le mythe - déclaré ou non - de notre époque." [60]

8. La relation globale entre la psyché et la matière

La mécanique quantique est une théorie de la matière et, en tant que telle, elle ne donne pas de renseignements directs sur le problème de la relation entre la psyché et la matière. Mais le fait que la mécanique quantique soit une théorie holistique, cohérente et qui rassemble des concepts opposés, nous pousse à penser que les rapports de complémentarité intervenant ici puissent avoir une validité qui aille au-delà de la physique. Dans une lettre à Fierz du 10 août 1954, Pauli spécule :

 

Méditation et nudité. (20)

Par Le 08/09/2015

Pourquoi méditer nu ? Avez-vous déjà tenté l’expérience ?

Ecrit par ​

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Méditer nu inquiète ou pousse à rire, pourtant, quelle expérience ! Avouez-le, vous n’êtes pas à l’aise avec votre corps, avec certaines parties de lui. L’idée de méditer nu chez vous fait vous poser des questions, alors qu’il n’y a rien d’étrange à cela. Il ne s’agit pas de s’offrir au regard de quiconque mais bien au vôtre seulement. Pourquoi cela vous met-il mal à l’aise ?

Méditer nu

Méditer nu, pourquoi donc ?

Dans son roman Ferdydurke, Witold Gombrowicz parle, entre autre, d’un jeune homme qui observe une jeune fille à son insu et découvre qu’elle se conduit au sein de sa chambre comme en société. Il est étonné de ce qu’elle ait à ce point intégré les codes sociaux qu’elle ne soit plus capable de les dépasser. Il s’attend à chaque instant à ce qu’elle conduise naturellement, mais non, elle semble en parade permanente, même lorsqu’elle n’est pas censée être vue. Le malaise qui naît de l’idée de méditer nu relève en grande partie de cela. On se sent mal à l’aise à l’idée de méditer nu parce qu’il est mal accepté d’être nu. Mais si vous êtes seul, dans votre salon ou dans votre chambre, pourquoi devriez-vous être mal à l’aise ? Méditer nu vous permettra de prendre conscience de l’influence de ces codes sur votre vie, sur votre manière de la diriger, sur votre manière d’envisager les choses. Vous les découvrirez d’une manière très claire parce qu’il vous apparaîtront alors comme autant de censeurs tout d’abord. À mesure que vous réaliserez qu’il n’y a rien de condamnable à méditer nu, ces censeurs vous paraîtront parfaitement déplacés et vous retrouverez alors un peu d’innocence, de naïveté. Vous pourrez alors envisager votre corps comme quelque chose de beau, vous verrez qu’il est tout sauf cet être sale auquel l’on veut vous faire croire.

Dialoguez avec votre corps

En méditant nu, vous retrouverez aussi le contact avec vos sens, d’une manière entière. Que vous soyez ou non à l’aise avec votre corps, certaines zones de celui-ci sont condamnées au silence parce qu’elles sont étouffées en permanence sous des couches de tissus imposées par la société. En méditant nu, vous réapprendrez à les écouter, vous sentirez plus intensément chaque chose parce que vous ne serez plus engoncé dans une armure de vêtements. Vous vous mettez à nu physiquement, bien sûr, mais pas seulement. Votre méditation se fera littéralement à fleur de peau. Vous serez dans un état de sensibilité extrêmement intense. Chaque information vous semblera plus forte, parce que vous vous livrez totalement, sans retenue. Chaque centimètre carré de votre peau pourra vous envoyer des informations et ne se privera pas pour le faire. Vous serez assailli par tout ce que votre corps a envie de vous dire. Être nu est très agréable et vous en retrouverez le plaisir, d’une manière déculpabilisé. Vous vous offrez l’occasion de méditer pleinement, sans faire abstraction de ces parties de votre corps que vous cachez habituellement au regard des autres et au vôtre : vos fesses, votre sexe, vos seins n’ont pas à être cachés, ils ne sont pas chargés négativement, c’est ce dont on les investit qui peut l’être. Méditez nu et vous retrouverez une unité perdue. Comment se sentir uni lorsque l’on passe du coup au nombril pour sauter aux genoux ? D’autres parties de votre corps existent, pourquoi ne pas les intégrer dans votre pratique méditative ?

Méditer nu est une expérience troublante. Vous allez tout d’abord devoir faire fi des convenances sociales. Tant mieux, si vous méditez dans votre chambre ou dans votre salon, que vient faire la société dans votre pratique ? Vous verrez aussi que ces parties de votre corps que vous cachez en permanence n’ont pas qu’un rôle sexuel mais qu’elles sont simplement des composantes de votre personne, avec des informations importantes. L’énergie qu’elles recèlent n’est pas moins pure que les autres parties de votre personne, il vous faut simplement, encore une fois, vous débarrasser des préjugés imposés par la société. Retrouvez le plaisir de découvrir votre corps, sans tabou, sans pensées mal placées. Pour cela, une seule chose à faire : méditer nu.

http://www.techniquesdemeditation.com/mediter-nu/#more-2527

 

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Conscience cosmique (spiritualité)

Par Le 08/09/2015

Magazine » Enquêtes INREES

CONSCIENCE

Haut consciencecosmique

 

http://www.inrees.com/articles/Notre-conscience-cosmique/

Notre conscience est-elle cosmique ?

Dans ce texte inédit, le philosophe Ervin László se penche sur la conscience. En postulant l’existence d’un champ de mémoire dans la nature, au-delà de l’espace et du temps, il nous montre comment celle-ci est reliée au cosmos.

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Qu’est-ce que la conscience ? Estelle produite par le cerveau ? S’y limite-t-elle ? Jusqu’à récemment, seul quelqu’un de profondément spirituel ou religieux aurait osé fournir une définition alternative. Aujourd’hui cependant, nombreux sont ceux pour qui une nouvelle approche est nécessaire ; et, parmi les scientifiques d’avantgarde, les penseurs et toutes les personnes à l’écoute de leur intuition, une idée se fait jour : la conscience pourrait se situer au-delà du non local et s’avérer cosmique...

Qu’est-ce que la conscience ? Est-elle produite par le cerveau ? S’y limite-t-elle ? Jusqu’à récemment, seul quelqu’un de profondément spirituel ou religieux aurait osé fournir une définition alternative. Aujourd’hui cependant, nombreux sont ceux pour qui une nouvelle approche est nécessaire ; et, parmi les scientifiques d’avantgarde, les penseurs et toutes les personnes à l’écoute de leur intuition, une idée se fait jour : la conscience pourrait se situer au-delà du non local et s’avérer cosmique. 

 

La conscience, produit du cerveau


En Occident, la conception la plus répandue veut que le flot d’expériences que nous appelons « conscience » soit produit par un cerveau vivant, à la manière dont une turbine en marche produit un courant d’électrons. Tant que la turbine fonctionne, elle produit un flux d’électrons : l’électricité. Tant que le cerveau fonctionne, il produit une profusion de sensations : la conscience. Quand ils s’arrêtent, leurs flots disparaissent : il n’y a pas plus de conscience dans un cerveau mort que de charge électrique dans une turbine à l’arrêt. 

L’image de la turbine fournit une métaphore valable car elle fait référence à un objet tangible produisant quelque chose d’intangible. Nous ne voyons ni n’entendons l’électricité ; nous savons seulement qu’elle existe par les effets qu’elle produit. C’est tout à fait proche de ce qui se passe avec la conscience. Nous faisons l’expérience d’une multitude de sensations, de sentiments, d’actes de volonté et d’intuitions que nous appelons conscience, mais nous ne percevons pas la conscience en elle-même. Aucun examen minutieux du cerveau ni de son fonctionnement ne pourra isoler ce que nous pourrions désigner comme un élément de la conscience : tout ce que nous observons, c’est de la matière grise et des réseaux de neurones s’agençant de façon complexe. Autant de processus qui régissent l’organisme vivant, coordonnant d’innombrables réactions lui permettant de se maintenir en vie. En produisant cela, le cerveau engendre aussi une onde de sensations, de sentiments, d’intuitions et d’actes de volonté. Quand ses fonctions de coordination et de régulation diminuent, le flot se réduit ou s’altère. Quand le cerveau arrête de fonctionner, le flux cesse. La présence de la conscience chez l’homme n’a donc rien de mystérieux : ce flot que nous appelons conscience est une conséquence indirecte de notre fonctionnement cérébral. 

Cette conception rencontre un épineux problème : comment quelque chose d’aussi tangible qu’un ensemble de neurones peut-il produire des choses aussi intangibles que des émotions, des sensations, des intuitions et des actes de volonté ? Ce problème peut cependant être dépassé en supposant que les phénomènes dans l’espace et le temps ont un double aspect : l’un physique et l’autre psychique. Le dernier n’est pas produit par le premier : il s’agit d’une caractéristique de l’univers tout aussi fondamentale. Un principe similaire apparaît dans le nouveau paradigme du concept de conscience selon lequel la conscience appartient à la dimension profonde du cosmos, à la différence du cerveau qui appartient, lui, à la dimension visible. La conscience ne se limite cependant pas au cerveau humain. Car si je ne peux faire que l’expérience directe de ma propre conscience, je n’ai aucune raison de nier que d’autres cerveaux peuvent en faire autant. Les hommes produisent des formes humaines de conscience tandis que d’autres espèces peuvent générer, en fonction de leur niveau d’évolution, des formes mineures. De simples organismes en font peut-être aussi l’expérience : celle d’une « sensation » rudimentaire du monde qui les entoure. Ceci découle logiquement d’une vision du monde dans laquelle des « systèmes » – à savoir des groupes d’éléments contenus dans des ensembles qui s’auto-entretiennent et évoluent – émergent dans l’espace et le temps. 

La thèse selon laquelle la conscience est produite dans la nature à tous les niveaux d’échelle et de complexité est décisive d’un point de vue logique. Il n’existe ainsi aucun point d’arrêt qui puisse me faire dire : au-delà de ce stade, il y a de la conscience et en deçà, il n’y en a pas. Cependant, indépendamment du caractère universel du phénomène de la conscience, si l’on s’en tient à l’image de la turbine, il s’agit toujours d’un phénomène local. La conscience survient dans les systèmes qui la génèrent, et s’y confine. 

 

Une fausse piste…


L’exemple de la turbine est pertinent tant que les faits correspondent aux présupposés. L’instant où le cerveau arrête de fonctionner et où la conscience se volatilise – de même que lorsqu’une turbine ne marche plus, le courant électrique disparaît –, est à ce titre crucial. A première vue, cela relève de l’évidence : lorsque les fonctions cérébrales stoppent, la conscience cesse. Impossible à observer directement, soit, mais nous pouvons raisonnablement tirer cette conclusion en observant des personnes victimes de mort cérébrale ou bel et bien mortes : elles ne se comportent pas comme celles dont la conscience fonctionne. 

Cette vérité ne devrait pas souffrir d’exception : nous ne pouvons pas constater la présence d’une conscience dans un cerveau mort tout comme il est impossible d’observer la présence d’une charge électrique dans une turbine à l’arrêt. La preuve du contraire remettrait en cause les affirmations de la science moderne. Mais c’est exactement ce qui s’est produit récemment, et ce dans un cadre clinique contrôlé où un protocole rigoureux a été suivi. On sait aujourd’hui que, dans certains cas, le dysfonctionnement du cerveau ne met pas fin à l’expérience consciente. 

Les preuves en ont été fournies grâce à l’étude de personnes ayant atteint le seuil de la mort mais qui en sont revenues. Placés sous contrôle clinique, certains individus affichaient, l’espace d’un instant, des fonctions cérébrales : ils souffraient de mort cérébrale. Cependant, ils pouvaient se rappeler, après coup, avoir connu des épisodes conscients durant cette phase critique. C’est ce que l’on appelle une EMI : une expérience de mort imminente. Si ceux qui ont effleuré la mort n’ont pas tous vécu d’EMI, cette dernière se manifeste dans un nombre de cas suffisant (autour de 25 %) pour considérer ce phénomène comme significatif. 

L’EMI apporte un démenti cinglant au concept basé sur l’image de la turbine qui considère la conscience comme la manifestation locale d’un phénomène local ne pouvant se produire sans le cerveau qui la génère. A ce stade, il est légitime de s’interroger : ces témoignages d’EMI se basent-ils sur d’authentiques souvenirs ou s’agit-il de simples chimères ? Nous penchons pour la première hypothèse. L’EMI provoque des questionnements qui vont bien au-delà de la remise en cause de la conception de la turbine. Car des signes indiquent que l’expérience consciente peut se poursuivre, sous certaines formes, non seulement quand les fonctions cérébrales stoppent mais aussi en leur totale absence, lorsque la personne est irréversiblement morte. 

Prenons le cas des médiums : ils semblent capables de communiquer avec des défunts qui leur rapportent leurs expériences post mortem. Ces messages ont fait l’objet de nombreuses critiques : on a dit que les médiums pouvaient les inventer ou les collecter auprès de personnes vivantes grâce à leurs facultés psi. Dans plusieurs cas cependant, ces objections ont été clairement écartées. Les messages transmis par les médiums semblaient émaner d’entités détenant des informations que ni ces premiers, ni des personnes qui auraient pu les contacter, ne possédaient. 

Les informations transmises par les médiums ne sont pas les seules preuves de la présence d’une forme de conscience après la mort. Des messages émanant de personnes décédées ont également été interceptés par voie musicale, par le biais de voix inattendues, parfois d’images, via des magnétophones, des radios, des postes de télévision et même des téléphones classiques. Citons également ces expériences de transcommunication instrumentale qui ont été menées, dont beaucoup dans des conditions rigoureusement contrôlées. 

De telles informations contredisent la théorie de la turbine. Et si cette dernière fait partie intégrante de la conception que la science se fait du monde, il convient alors d’interroger celle-ci. 

 

La conscience, version « non locale »


La conscience persistant indépendamment du cerveau qui l’a générée coïncide avec une expérience que beaucoup d’entre nous font au quotidien : celle d’entrer des informations dans un ordinateur fonctionnant en réseau. 

Si l’on applique l’image de l’ordinateur à la conscience, alors chaque acte conscient constitue un élément d’information. Si l’on entre cet élément dans un vieil ordinateur dépourvu de mémoire intégrée et sans lien à d’autres machines, nous revenons au mode de fonctionnement de la turbine : les données entrées restent locales. Elles sont contenues dans le seul ordinateur et, quand celui-ci s’éteint, elles sont perdues. Mais nous pouvons tout à fait nous servir d’une machine dotée d’une mémoire et reliée à d’autres ordinateurs ou systèmes d’information. Ce que nous entrons dans notre ordinateur peut alors être « sauvegardé ». Notre machine peut être endommagée, voire même détruite, l’information demeure. Et bien qu’il ne soit pas possible de retrouver cette information sur notre ordinateur, nous pouvons le faire grâce à n’importe quel autre machine en état de marche pour peu que nous ayons le code ayant permis de sauvegarder ledit renseignement. 

L’ordinateur programmé pour sauvegarder de manière automatique tout ce qui entre dans le système de stockage de sa mémoire constitue une métaphore adéquate pour une conception non locale de la conscience. L’information entrée est ici présente dans un système de données accessible universellement, comme c’est le cas sur Internet pour lecloud par exemple. Le système range et intègre tous les éléments d’information, quelle que soit leur origine, et peut les retrouver. Ce type de fonction mémorielle intégrale est aussi à l’œuvre dans la pratique des psychiatres transpersonnels. En plongeant leurs patients dans des états modifiés de conscience, les psychiatres ont pu constater que la conscience de certains d’entre eux pouvait s’étendre dans l’espace et le temps. On peut remarquer la même chose chez des personnes ayant des liens de parenté directs ou des relations très fortes entre elles : mères, jumeaux, amoureux semblent ainsi « branchés » sur la conscience de l’autre. Les médiums possèdent la même capacité. 

La conscience ne serait donc pas un phénomène individuel et local mais bien plutôt transpersonnel et non local. Cette théorie suppose que les traces de conscience présentes dans le cerveau le soient également indépendamment de lui. Elle ne conteste pas le fait que la conscience soit générée par le cerveau mais le fait qu’elle soit limitée à celui qui la produit. 

 

Vers l’existence d’un champ akashique


La théorie de l’ordinateur en réseau suppose l’existence d’un champ de mémoire dans la nature. Ce dernier fait référence à l’idée bien connue du « champ akashique » : une mémoire naturelle universelle qui conserve la trace de toutes les choses qui se produisent dans l’espace et le temps. Une telle conception constitue une véritable avancée pour la théorie de la conscience mais elle n’épuise cependant pas l’étendue des récentes découvertes. Car certains éléments conscients qui persistent indépendamment du cerveau ne sont pas de simples traces ni des copies d’éléments surgissant dans le champ de la conscience normale : ils apparaissent comme autant de consciences vivantes. C’est le cas lorsque quelqu’un ne se souvient pas seulement d’un défunt mais entre en communication avec lui. Ce dernier point constitue une sérieuse objection pour la théorie de l’ordinateur en réseau. 

Dans un champ normal d’information, l’élément rappelé devrait posséder la même forme que l’original : le champ conserve et transmet l’information mais ne l’élabore pas. Dans certains cas cependant, un sujet humain peut communiquer avec « quelque chose » qui ressemble à une conscience vivante sans pour autant être la conscience d’une personne vivante. C’est ainsi le cas dans la « communication après la mort ». Ici, dans un état de conscience légèrement modifié, le sujet entre en communication avec des personnes proches décédées. Celles-ci se comportent comme des êtres vivants doués d’intelligence, capables de répondre aux questions et de fournir des informations. Ces expériences n’ont rien d’exceptionnel : Raymond Moody, spécialisé dans la recherche sur l’après-vie, a ainsi signalé des milliers de cas de contacts se produisant spontanément après la disparition d’individus ; le thérapeute Allan Botkin a affirmé, pour sa part, avoir provoqué des milliers de fois des communications après la mort. Dans leurs transes, certains médiums expérimentent de tels échanges au cours d’un « channeling ». Des consciences désincarnées semblent donc pouvoir se remémorer ce qui leur est arrivé juste avant et après leur disparition. 

Nous avons affaire ici à des intelligences actives fonctionnant sans être reliées à un quelconque cerveau. Elles font preuve d’une conscience d’elles-mêmes et possèdent des souvenirs d’une existence physique. Dans certains cas, elles indiquent clairement vouloir entrer en communication avec des personnes existantes. Cette « transcommunication » dépasse de loin tout ce que l’on peut envisager comme propriétés d’un champ de mémoire dans la nature. 

 

La conscience cosmique, l’image de la matrice


Rendre compte des expériences de transcommunication nécessite une théorie qui admette la possibilité que la conscience demeure active indépendamment de l’organisme auquel elle a été associée. Une telle théorie exige une vision totalement inédite de la nature du monde. 

Dans la conception de la turbine, la conscience est générée au sein d’organismes vivants et de systèmes qui s’auto-alimentent et se développent dans l’espace et le temps. Dans le concept du champ akashique, les traces d’une conscience vivante sont conservées au sein d’un champ d’information universel. Les récentes découvertes évoquées ici indiquent cependant que la conscience est non seulement conservée indépendamment du cerveau mais qu’elle existe comme une intelligence dynamique et créative en soi. La conscience, dans cet état désincarné, ne peut être expliquée ni par la théorie de la turbine ni par celle du champ d’information. Elle réclame une vision du monde dans laquelle elle n’est pas un phénomène temporaire mais bien une caractéristique permanente. 

La vision du cosmos s’actualisant à partir d’une dimension profonde et invisible permet d’élaborer un tel concept de la conscience. Cette dernière n’est plus ici un phénomène local limité à un organisme vivant ; elle n’est pas non plus un phénomène non local provoqué par la conservation et l’intégration des consciences produites par les organismes vivants. La conscience dont nous faisons l’expérience – ce flot de sensations, de sentiments, d’intuitions et d’actes de volonté – fait partie intégrante de la conscience qui se propage dans tout le cosmos. Il n’y a qu’une seule conscience dans l’univers et celle qui apparaît en nous en fait partie intégrante. 

Erwin Schrödinger déclarait : « Le nombre total des esprits se ramène à un… En vérité, il n’y a qu’un seul esprit. » La conscience n’existe pas au pluriel. Dans ses dernières années, Carl Gustav Jung parvint à la même conclusion : la psyché n’est pas un produit du cerveau et n’est pas localisée dans la boîte crânienne. Elle fait partie intégrante du principe générateur et créatif du cosmos, l’unus mundus. 

La conscience individualisée que nous connaissons est un élément de la conscience présente de façon continue au sein de la dimension profonde du monde. Il s’agit d’une conscience qui reçoit, élabore et retransmet un système traitant de l’information. Et cette information qu’elle traite n’est rien d’autre que la conscience qui imprègne le cosmos. 

La conscience indépendante du cerveau n’est donc ni une anomalie, ni un phénomène inexplicable et inexpliqué : il s’agit bien d’une manifestation de la présence de la conscience dans le cosmos. Une présence que la mort du cerveau auquel elle a été associée ne dissout pas.

 

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Cheminer vers la pleine conscience. (spiritualité)

Par Le 08/09/2015

 

Medite

CONSCIENCE

 

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Quand la conscience nous transforme

Des individus, toujours plus nombreux, vivent de profonds changements et expérimentent de nouveaux ressentis. Ces sauts de conscience témoigneraient-ils d’un phénomène planétaire ?

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Nous sommes de plus en plus nombreux à percevoir l’existence de l’invisible, à ressentir l’énergie sous-jacente à toute chose, à voir grandir notre intuition, notre connexion aux plans supérieurs et parfois même nos perceptions extrasensorielles. Une énergie puissante semble actuellement nous pousser au-delà de nos peurs et de nos limites pour oser être plus vrais et plus entiers, et accèder à une dimension plus vaste de l’existence. Qu’en est-il vraiment ?

 

Passer de la dualité à l’unité


Selon Liliane Van der Velde, fondatrice de l’Approche chamanique de la thérapie (ACT), « l’univers est actuellement en expansion et nous sommes poussés à grandir en même temps que lui. Les expériences vécues depuis la nuit des temps ont enrichi la matrice de toutes les mémoires. De plus en plus d’informations circulent sur le plan vibratoire, nous permettant d’accéder à la connaissance universelle et à un élargissement de conscience. »
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Nous sommes de plus en plus nombreux à percevoir l’existence de l’invisible, à ressentir l’énergie sous-jacente à toute chose, à voir grandir notre intuition, notre connexion aux plans supérieurs et parfois même nos perceptions extrasensorielles. Une énergie puissante semble actuellement nous pousser au-delà de nos peurs et de nos limites pour oser être plus vrais et plus entiers, et accèder à une dimension plus vaste de l’existence. Qu’en est-il vraiment ?

 

Passer de la dualité à l’unité


Selon Liliane Van der Velde, fondatrice de l’Approche chamanique de la thérapie (ACT), « l’univers est actuellement en expansion et nous sommes poussés à grandir en même temps que lui. Les expériences vécues depuis la nuit des temps ont enrichi la matrice de toutes les mémoires. De plus en plus d’informations circulent sur le plan vibratoire, nous permettant d’accéder à la connaissance universelle et à un élargissement de conscience. »
Les astrologues quant à eux expliquent le phénomène d’éveil actuel par la tension entre Uranus et Pluton débutée en 2010 et toujours à l’oeuvre aujourd’hui. « Pluton en Capricorne nous exhorte à guérir le passé et à transformer nos structures intérieures et extérieures. Il joue le rôle de nettoyeur et fait remonter de notre inconscient notre part d’ombre. Ce qui est inédit aujourd’hui, c’est que, grâce à Uranus le visionnaire, nous pouvons en prendre conscience, les transmuter, créer notre nouvelle réalité et nous propulser vers une nouvelle ère », explique Michel Tabet, docteur en psychologie et astrologue. Parallèlement, l’entrée en 2012 de Neptune dans le signe du Poisson, là où il est « en maîtrise », annoncerait une ouverture aux plans spirituels les plus élevés. « Nous sommes actuellement entre 2 mondes. L’ère du Verseau nous demande de passer de la dualité à l’unité, de vivre non plus seulement en tant qu’individus mais en tant qu’âmes reliées entre elles, en phase avec l’intelligence de la vie » poursuit le professeur, également fondateur et formateur au rêve d’éveil.

 

Gérer l’afflux d’énergie


Si l’époque est inédite et l’expérience palpitante, elles n’en demeurent pas moins inconfortables et parfois chaotiques. « Notre société moderne s’est bâtie sur une vision matérielle et fragmentaire de la réalité. Il y a eu une telle rupture de lien avec le monde invisible et l’intelligence universelle que quand ils se présentent à nous avec vigueur, nous n’avons pas forcément les moyens de les comprendre ni de les gérer », poursuit Liliane Van der Velde. D’après son expérience, les effets induits par cette expansion de conscience sont très variables d’une personne à l’autre, en fonction du terrain sur lequel se manifeste cette ouverture. « Il s’agit de la rencontre entre 2 champs, le flux de conscience universelle et le propre champ énergétique de la personne, et cela crée une réaction chaque fois différente. » Pour certains d’entre nous, notamment ceux qui ont déjà amorcé un cheminement spirituel tout en étant bien ancrés, l’ouverture peut se faire graduellement et se révéler être une grande source d’inspiration créative. 

Mais pour d’autres personnes plus vulnérables, le cap à passer peut être douloureux, entraînant selon les cas divers troubles physiques et émotionnels, une alternance entre des sensations d’exaltation et de grand vide, un sommeil perturbé, des maux de tête, de l’épuisement, une déminéralisation, ainsi qu’une perte de repères et d’identité. Alors que la médecine conventionnelle est démunie pour gérer ces symptômes de plus en plus fréquents et volontiers relégués au rang de pathologies, ils sont perçus au contraire par divers thérapeutes holistiques comme des poussées d’évolution. « Il y a vraiment besoin de venir en aide à un certain nombre de personnes qui ne peuvent être comprises ni par la psychologie classique ni par les classifications habituelles de la psychiatrie, explique le psychiatre Olivier Chambon. Ces personnes font l’expérience d’une ouverture ou expansion de la conscience, qui les met en contact avec “plus grand qu’elles”, au-delà de l’identification aux barrières étroites de l’ego et de la personnalité. » Le cas d’Aude, 33 ans, ancienne chef de produit pour une grande multinationale, est éloquent. Priant pour son père dans le coma, elle se connecte pour la première fois à une force qui la dépasse. Emplie d’une énergie démesurée lorsqu’il revient à la vie, elle tire sur ses ressources et finit par faire un burn-out. « J’avais l’impression d’être à côté de moi-même, comme sortie de mon corps. Je me sentais faible et désaxée et j’avais très mal à la tête. Je perdais la mémoire immédiate, j’avais beaucoup de mal à me concentrer et entendais en moi les discussions lointaines et les bavardages mentaux des gens qui m’entouraient. C’était invivable ! On m’a prescrit 2 semaines d’arrêt et des antidépresseurs. J’ai eu réellement peur de devenir folle. J’ai partagé mon expérience avec quelques proches et n’aurais peutêtre pas dû. L’existence de l’invisible était trop dérangeante à concevoir pour eux et une amie m’a d’emblée conseillé de reprendre des médicaments. »

Pour Liliane Van der Velde, si cette expansion de conscience peut être si difficile à intégrer, c’est qu’elle met en lumière les parties subtiles de notre être et notre relation au « Grand Tout », oubliées depuis des générations de par notre éducation et notre formatage. « Si cette énergie monte brutalement sans être transformée et assimilée au fur et à mesure, cela crée une surchauffe qui peut donner l’impression de “disjoncter”. C’est effectivement comme si l’on recevait directement l’énergie d’une centrale nucléaire sans pouvoir la filtrer ! Et plus nos filtres sont abîmés, plus cette défaillance va apparaître avec l’expansion de conscience. »L’afflux d’énergie va ainsi réveiller les failles et faire sauter ce qui ne peut plus tenir. Il n’est pas rare que des burn-out, accidents, ruptures et chocs émotionnels de toutes sortes viennent secouer la personne comme des appels de l’âme à être entendue, et que ce soit sur ce terrain fragilisé que l’ouverture spirituelle apparaisse ou ressurgisse. Telle fut l’expérience de Françoise, chargée de communication âgée de 30 ans. Après une enfance difficile, elle développe un terrain stressé et un tempérament très à l’écoute des autres mais peu de ses propres besoins et émotions. À plusieurs accidents de la route et une situation de harcèlement professionnel succède une période d’hypersensibilité et d’angoisse qui la pousse à chercher de l’aide. « Je voyais des entités dans ma maison et vivais dans un grand inconfort avec des douleurs au dos, des névralgies, des migraines... Ma sensibilité était telle que je me sentais comme une éponge et ne captais malheureusement que des souffrances. J’avais peur d’être happée dans un trou noir et je traversais régulièrement des crises de panique pendant la nuit. »

 

Transformer notre part d’ombre


Selon Michel Tabet, l’élévation de conscience et l’entrée dans une nouvelle ère ne peuvent s’accomplir sans avoir d’abord rangé en nous-mêmes les fardeaux de notre passé. Loin des courants New Age qui prônaient uniquement la pensée positive, nous aurions aujourd’hui la possibilité et le devoir d’accueillir notre part d’ombre et de les transmuter avec amour. « Le centre du coeur est vraiment le pont entre les 2 mondes, là où tous les conflits, les maladies, les mémoires karmiques, les vieux schémas cloisonnants et les visions erronées peuvent se transformer. Le rêve d’éveil est l’un des outils qui permet de faire, dans un état modifié de conscience, ce travail d’accueil et de transmutation. Ce qui est magnifique, c’est que toute part d’ombre accueillie comme une partie de soi en demande d’attention finit par devenir une grande force. »
Il semblerait que l’intelligence universelle nous pousse actuellement à ce travail de nettoyage et de guérison. Chez de nombreuses personnes, le voile de l’inconscient se soulève et permet aux traumatismes passés de ressurgir pour mieux guérir. Sophie, 51 ans, cadre dans l’Administration, témoigne ainsi : « Il y a 8 ans, mes perceptions se sont exacerbées. Je ressentais des énergies obscures me tirer vers le bas dans le bus, dans la rue ou au bureau. C’était si intense que je ne pouvais même plus aller au restaurant ou dans d’autres lieux collectifs. J’ai commencé un travail sur moi et ai ramené à ma conscience le souvenir de l’inceste. L’an dernier, mon mal-être s’est accentué. J’avais beaucoup de nausées et le simple fait de mettre mes mains sur mon corps réveillait des souvenirs des abus passés. »

Pour Ingrid, psychosomatothérapeute de 44 ans, l’ouverture s’est manifestée par le biais d’une paralysie soudaine, somatisation de la souffrance d’une vie antérieure. « Dès l’enfance, je pouvais voir dans l’invisible des formes, des ondes, des lumières, etc., auxquelles mon entourage n’avait pas accès. Après avoir mis ces perceptions de côté en grandissant, j’ai eu une vie mouvementée avec de nombreux chocs, dont une maladie auto-immune et un cancer, suivis d’une paralysie faciale apparue soudainement l’an dernier. J’ai été complètement bloquée pendant des mois, et les médecins n’y comprenaient rien. Parallèlement, beaucoup de perceptions subtiles revenaient en moi, des messages, des visions. Un beau jour, j’ai rencontré lors d’un congrès une guérisseuse russe. Elle a posé 5 minutes ses mains sur ma joue et m’a appris que j’avais été chamane dans une autre vie dans laquelle j’avais reçu un coup au visage. À peine avais-je passé la porte que je ne ressentais plus aucun blocage ! J’ai ensuite poursuivi ce travail de guérison avec Liliane Van der Velde. Depuis, je n’ai plus de douleur ni de malaise physique. J’ai décidé de laisser vivre mes perceptions du monde invisible, d’apprendre à collaborer avec elles. J’ai compris que le fait de les avoir réprimées m’avait rendue malade. »

 

Ancrer la transformation dans la matière


L’un des risques inhérents à l’ouverture rapide de conscience est celui d’une réelle « cassure » sur le chemin de vie de la personne. Il se peut que sa soif de spiritualité, non étanchée depuis si longtemps, se réveille si fortement qu’elle balaie tout le reste sur son passage. Certains peuvent alors décider de changer intégralement leur vie, oublier l’importance de garder les pieds sur terre et se retrouver davantage déstabilisés, sans aucune structure stable, ni intérieure ni extérieure, sur laquelle s’appuyer. Pour Liliane Van der Velde, le « bon changement » serait davantage une progression permettant d’alchimiser le passé pour en faire quelque chose de plus vrai, de mieux aligné avec notre être profond. « Certains recherchent des sensations ou des connexions toujours plus fortes avec l’invisible. La tendance consumériste de notre société moderne s’est ainsi déplacée vers le monde spirituel. Il n’est pourtant pas nécessaire d’avoir affaire à du spectaculaire ou du sensationnel pour nous rapprocher de nos véritables dimensions. »

Enfin, certaines personnes tombent dans le délire mystique ou le piège égotique, se sentant « élues » ou « supérieures ». Or, « l’énergie universelle n’est pas élitiste », précise Liliane Van der Velde. Tous les spécialistes interrogés s’accordent donc sur la nécessité de l’ancrage. Le défi actuel serait alors celui de parvenir à nous élever tout en ayant de meilleures racines. « Nous sommes appelés à renforcer notre connexion à notre âme sans nous désincarner », précise Michel Tabet. Pour y parvenir, certaines pratiques corporelles peuvent être de très bons outils. « Le yoga et le dahara m’aident à conserver mon axe, mon centre, mon filtre entre moi et les autres, explique Aude. Au fil du temps, j’habite davantage mon corps et j’ai appris à faire circuler l’énergie en lui quand je sens que mes sensations et perceptions pourraient me submerger. » Sophie, quant à elle, après avoir été aidée par divers thérapeutes qui lui ont permis de récupérer ses forces et le « pouvoir qui [lui] avait été volé » dans son enfance, a introduit le qi gong et la méditation dans son quotidien. « Ils m’aident à me réapproprier mon corps, à reconstruire mes limites, mon amour-propre et ma confiance. »

 

Aller vers une réunification de notre être


Devant la nouveauté et l’intensité des expériences qui se présentent à nous en cette période de grande transition, une aide extérieure est parfois nécessaire. Comme le dit Olivier Chambon, « au départ, l’état psychique de ces personnes est, dans la grande majorité des cas, tout à fait sain, mais l’émergence de cet éveil spirituel les oblige à réviser complètement leur vision du monde. Au-delà de l’apparition d’émotions intenses, voire des symptômes physiques, un déséquilibre psychique secondaire temporaire pourrait perdurer sans un accompagnement qualifié par un psychothérapeute transpersonnel compétent. Celui-ci devra avoir lui-même vécu l’expérience d’états modifiés de conscience et de phénomènes spirituels, et posséder les outils conceptuels et pratiques pour aider à transformer l’émergence spirituelle en un véritable épanouissement intégré de la personnalité. » 

Se réunifier, retrouver son axe, tout en établissant un lien harmonieux entre soi et le Tout, serait donc le cadeau qui nous est aujourd’hui proposé par l’univers. Pour cela, toute notre discipline de vie méritera dans certains cas d’être revisitée. Une nourriture de qualité, une médecine naturelle, de l’activité physique, un environnement sain, un rythme quotidien à l’écoute de nos besoins et ressentis, etc., seront certainement nécessaires. La connexion à la nature sera également une aide précieuse. « Je ne pouvais plus supporter les vibrations de la ville et de la foule et suis allée trouver refuge quelque temps à la campagne, ajoute Aude. La rivière, les arbres, les pierres, le soleil, m’ont profondément ressourcée. Aujourd’hui encore, je veille à aller régulièrement en pleine nature où je peux m’emplir d’énergie en toute confiance. »

Finalement, c’est un gain de sens et de sérénité qui est acquis au fil du chemin, la joie de nous sentir à notre juste place, bien ancrés en nous-mêmes et profondément reliés à l’intelligence universelle. « Que nous soyons tous connectés à une puissante source d’énergie, c’est certain, nous dit Ingrid. Mais l’important est de savoir ce que l’on va en faire concrètement dans notre vie, en quoi elle peut améliorer notre bien-être et notre impact sur le monde. » Aude conclut : « Que mes actions aient un sens est devenu fondamental. J’ai quitté mon poste pour m’installer en indépendante et créer ma vie en accord avec ce que je suis. Je parviens bien plus qu’avant à être, tout simplement. »

 

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Ton reflet dans le miroir

Par Le 07/09/2015

Je ne suis que ton reflet dans le miroir

Il y avait une fois un jeune prince qui trouvait les gens autour de lui méchants et égoïstes. Il en parla un jour à son précepteur qui était un homme sage et avisé et qui confia une bague au prince.

- « Cette bague est magique. Si tu la tournes trois fois sur elle-même, un génie t’apparaîtra. Toi seul le verras. Chaque fois que tu seras insatisfait des gens, appelle-le. Il te conseillera. Mais fais attention : ce génie ne dit la vérité que si on ne le croit pas. Il cherchera sans cesse à te tromper. »

Un jour, le prince entra dans une violente colère contre un dignitaire de la cour qui avait agi contre ses intérêts. Il fit tourner trois fois la bague. Aussitôt, le génie apparut :

- « Donne-moi ton avis sur les agissements de cet homme » dit le prince.

- « S’il a fait quelque chose contre toi, il est indigne de te servir. Tu dois l’écarter ou le soumettre. » À ce moment, le prince se souvint des paroles étranges de son précepteur.

- « Je doute que tu me dises la vérité », dit le prince.

- « Tu as raison », dit le génie, « je cherchais à te tromper. Tu peux bien sûr asservir cet homme, mais tu peux aussi profiter de ce désaccord pour apprendre à négocier, à traiter avec lui et trouver des solutions qui vous satisfassent tous deux. »

Parcourant un jour la ville avec quelques compagnons, le prince vit une immense foule entourer un prédicateur populaire. Il écouta un instant le prêche de cet homme et fut profondément choqué par des paroles qui contrastaient violemment avec ses propres convictions. Il appela le génie.

- « Que dois-je faire ? »

- « Fais-le taire ou rends-le inoffensif », dit le génie. « Cet homme défend des idées subversives. Il est dangereux pour toi et pour tes sujets. » Cela me paraît juste, pensa le prince. Mais il mit néanmoins en doute ce que le génie avait dit.

-« Tu as raison", dit le génie, « je mentais. Tu peux neutraliser cet homme. Mais tu peux aussi examiner ses croyances, remettre en cause tes propres certitudes et t’enrichir de vos différences. »

Pour l’anniversaire du prince, le roi fit donner un grand bal où furent conviés rois, reines, princes et princesses. Le prince s’éprit d’une belle princesse qu’il ne quitta plus des yeux et qu’il invita maintes fois à danser sans jamais oser lui déclarer sa flamme. Un autre prince invita à son tour la princesse. Notre prince sentit monter en lui une jalousie profonde. Il appela alors son génie.

- « Que dois-je faire, selon toi ? »

- « C’est une crapule », répondit le génie. « Il veut te la prendre. Provoque-le en duel et tue-le. » Sachant que son génie le trompait toujours, le prince ne le crut pas.

- « Tu as raison », dit le génie, « je cherchais à te tromper. Ce n’est pas cet homme que tu ne supportes pas, ce sont les démons de tes propres peurs qui se sont éveillés quand tu as vu ce prince danser avec la princesse. Tu as peur d’être délaissé, abandonné, rejeté. Tu as peur de ne pas être à la hauteur. Ce qui se réveille en toi dans ces moments pénibles te révèle quelque chose sur toi-même. »

À l’occasion de la réunion du grand conseil du royaume, un jeune noble téméraire critiqua à plusieurs reprises le prince et lui reprocha sa façon de gérer certaines affaires du royaume. Le prince resta cloué sur place face à de telles attaques et ne sut que répondre. L’autre continua de plus belle et à nouveau le prince se tut, la rage au cœur. Il fit venir le génie et l’interrogea.

- « Ôte-lui ses titres de noblesse et dépouille-le de ses terres », répondit le génie. « Cet homme cherche à te rabaisser devant les conseillers royaux. »

- « Tu as raison », dit le prince. Mais il se ravisa et se souvint que le génie mentait.

- « Dis-moi la vérité » continua le prince.

- « Je vais te la dire », rétorqua le génie. « Même si cela ne te plaît pas. Ce ne sont pas les attaques de cet homme qui t’ont déplu, mais l’impuissance dans laquelle tu t’es retrouvé et ton incapacité à te défendre. »

Un jour, dans une auberge, le prince vit un homme se mettre dans une colère terrible et briser tables et chaises. Il voulut punir cet homme. Mais il demanda d’abord conseil au génie.

- « Punis-le », dit le génie. « Cet homme est violent et dangereux. »

- « Tu me trompes encore », dit le prince.

- « C’est vrai. Cet homme a mal agi. Mais si tu ne supportes pas sa colère, c’est avant tout parce que tu es toi-même colérique et que tu n’aimes pas te mettre dans cet état. Cet homme est ton miroir. »

Une autre fois, le prince vit un marchand qui voulait fouetter un jeune garçon qui lui avait volé un fruit. Le prince avait vu filer le vrai voleur. Il arracha le fouet des mains du marchand et était sur le point de le battre lorsqu’il se ravisa.

- « Que m’arrive-t-il ? », dit-il au génie. « Pourquoi cette scène m’a-t-elle mis dans cet état ? »

- « Cet homme mérite le fouet pour ce qu’il a fait », répondit le génie.

- « Me dis-tu la vérité ? »

- « Non », dit le génie. « Tu as réagi si fortement parce que l’injustice subie par ce garçon t’a rappelé une injustice semblable subie autrefois. Cela a réveillé en toi une vieille blessure. »

Alors le prince réfléchit à tout ce que le génie lui avait dit.

- « Si j’ai bien compris », dit-il au génie, « personne ne peut m’énerver, me blesser ou me déstabiliser. »

- « Tu as bien compris », dit le génie. « Ce ne sont pas les paroles ou les actes des autres qui te dérangent ou que tu n’aimes pas, mais les vieux démons qui se réveillent en toi à cette occasion : tes peurs, tes souffrances, tes failles, tes frustrations.

Si tu jettes une mèche allumée dans une jarre d’huile, celle-ci s’enflammera. Mais si la jarre est vide ou qu’elle contient de l’eau, la mèche s’éteindra d’elle-même.

Ton agacement face aux autres est comme un feu qui s’allume en toi et qui peut te brûler, te consumer, te détruire. Mais il peut aussi t’illuminer, te forger, te façonner et faire de l’autre un allié sur le chemin de ta transformation. Toute rencontre difficile devient alors une confrontation avec toi-même, une épreuve, une initiation. »

- « J’ai besoin de savoir encore une chose », dit le prince. « Qui es-tu ? »

- « Je suis, moi aussi, ton reflet dans le miroir. »

Charles Brulhart

L'altruisme enseigné à l'école

Par Le 07/09/2015

Plaidoyer pour l'altruisme : l'interview de Matthieu Ricard

Publication: Mis à jour: 

MATTHIEU RICARD ALTRUISME

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ALTRUISME - Oubliez tout ce qu'on vous a appris, c'est à une nouvelle manière de penser l'homme que Matthieu Ricard appelle. Moine, bouddhiste et disciple du dalaï lama, il est l'auteur de ce Plaidoyer pour l'altruisme, en librairie depuis le 19 septembre. Un ouvrage à l'ambition encyclopédique, mais aussi laïque, qui déborde de pertinence en période de crise.

Les preuves sont là. Non, nous sommes pas des êtres égoïstes mus par le seul désir de maximiser notre intérêt. Non, la société n'est pas plus violente aujourd'hui qu'hier. Oui nous pouvons changer notre manière d'être et donc coopérer davantage, pas seulement à un niveau individuel mais aussi à un niveau collectif.

Qu'il s'agisse de l'économie, de l'environnement, de notre bien-être et de nos relations aux autres, nous gagnerions tous à reconnaître et à cultiver l'altruisme.

Ce n'est pas uniquement le moine qui le dit, c'est surtout la science. De l'évolutionnisme à la neurologie en passant par la psychologie, mais aussi l'analyse de données concernant les conflits, tout concourt à montrer que l'altruisme est non seulement inné chez l'homme, mais qu'il peut aussi être créé. Devenir meilleur est littéralement à portée de main, à condition d'accepter ces évidences que nous avons oubliées.

Le HuffPost: La science le montre, l'altruisme est partout, inné chez les enfants, présents chez les animaux... Alors pourquoi avoir écrit ce livre?

MR: Parce que tout le monde ne pense pas comme ça. Il y a souvent cette idée que nous sommes tous des égoïstes. Quand j'ai travaillé sur le sujet je pensais que l'altruisme existait, que ce n'était pas la peine de le prouver, mais je ne m'attendais pas à ces courants de pensée très forts, les philosophes à partir du XVIIè siècle comme Hobbes, des psychologues du début du XXè siècle et les économistes néoclassiques pour lesquels l'altruisme est inconnu au bataillon. L'altruisme, ils n'y croient tout simplement pas. En résumé, ils disent: "gratter à la surface d'un altruiste et c'est l'égoïste qui va saigner". Autrement dit, si on est bien malin et perspicace, on trouvera toujours une motivation égoïste à un acte altruiste.

Et vous contestez cette idée...

Cette théorie de l'égoïsme universelle, c'est vraiment un a priori. Il n'y a aucune étude scientifique qui donne la moindre crédibilité à cette idée. Mais comme cette idée demeurait dans l'ère du temps, il y a des scientifiques qui se sont dit : il faut montrer que l'altruisme existe grâce à des expériences. Quelqu'un comme Daniel Batson, un grand psychologue américain, a travaillé là-dessus pendant 25 ans avec tout son labo. Il a mis au point une trentaine de stratagèmes pour distinguer les comportements égoïstes des autres, et notamment de la détresse empathique, l'idée qu'on ne supporte pas voir souffrir les autres et qu'on leur vient en aide pour soulager notre détresse. Finalement, ils se sont rendus compte que certaines personnes se comportaient de manière authentiquement altruiste quelles que soient les circonstances. Rien ne confirmait la thèse que dans tous les cas, on était égoïste. Pour moi, ça revient à enfoncer des portes ouvertes, mais avec l'appui de la science cette fois-ci.

Qu'est-ce qui nous empêche d'être altruiste?

Il y a plusieurs choses. D'abord l'idée que nous sommes tous égoïstes, que ce n'est pas la peine d'essayer. Or, si vous analysez les actes des individus tout au long de la journée on remarque qu'en moyenne 70% de ceux-ci sont des actes qu'on pourrait qualifier d'entraide comme tenir la porte ouverte à quelqu'un, des petits gestes. La banalité du bien est beaucoup plus présente dans notre existence qu'on le croit, donc déjà c'est encourageant. Deuxièmement, il faut se dire voilà, je sais qu'il faut faire un minimum d'efforts pour apprendre à lire, à écrire, à jouer aux échecs, donc comment se pourrait-il que d'autres aspects de nos existences comme l'attention ou l'altruisme seraient déjà à leur optimum dès le départ? Ca n'a pas de sens. Toutes nos capacités ont été entraînées jusqu'à un certain point. Donc cultiver l'altruisme, c'est l'idée qu'être exposé régulièrement à une idée ou à une manière de penser va changer votre cerveau.

Et pour cultiver l'altruisme, vous dites qu'il y a une technique de plus en plus populaire, c'est la méditation...

La méditation c'est un terme un peu mystique, exotique, mais la signification du mot méditation c'est cultiver, se familiariser avec une nouvelle manière d'être et cultiver ces qualités. Donc prenons l'altruisme. Il est évident que dans notre vie on connaît des moments d'amour inconditionnel vis à vis d'un enfant, vis-à-vis de quelqu'un, d'un animal que sais-je, et on n'a pas besoin de faire d'effort pour être altruistes à leur égard, souhaiter qu'ils soient en bonne santé, s'épanouissent dans l'existence. Le problème, c'est que ça ne dure pas. Cultiver, cela veut donc dire essayer de passer un peu plus de temps, par exemple dix minutes par jour, à emplir notre paysage mental d'amour altruiste, et si on est distrait d'y revenir, s'il s'évanouit de le raviver, c'est ça la méditation.

En quoi méditer peut-il nous faire changer?

L'expérience montre que sur le plan personnel on voit une différence. C'est prouvé scientifiquement, validé par nos connaissances sur la neuroplasticité. Le cerveau change lorsqu'il est soumis à un entraînement quelconque, qu'il s'agisse de jongler ou de méditer. C'est le cas chez des méditants qui totalisent 50.000 heures de méditation, mais aussi chez des personnes qui en ont fait 20 minutes par jour pendant un mois. Après quatre semaines de méditation quotidienne, on a observé des modifications fonctionnelles du cerveau, des modifications dans le comportement – plus de coopération, de comportements prosociaux, d'entraide – et même structurelles. On a par exemple remarqué que des zones du cerveau qui ont à voir avec l'empathie, avec l'amour maternel, avec des émotions positives étaient déjà légèrement plus volumineuse, donc il y a quelque chose qui s'est vraiment passé.

Est-ce que ça veut dire qu'il faudrait enseigner la méditation à l'école, au collège, au lycée ou à l'université?

Il faudrait enseigner la méditation, sous un autre nom, dès la maternelle et de manière totalement laïque et enlever totalement le label bouddhiste. La méditation, c'est vraiment une technique. Depuis 30 ans, le médecin John Kabat Zinn enseigne la réduction du stress grâce à la méditation de pleine conscience dans 300 hôpitaux aux États-Unis. C'est venu du bouddhisme, c'est maintenant totalement laïc. Autre exemple, celui de Richard Davidson à l'Université du Wisconsin et de son programme d'entraînement à la compassion et aux comportements pro-sociaux chez des enfants âgés de 4 et 5 ans. En dix semaines, grâce à trois séances de 30 minutes de méditation par semaine, on a réussi à stimuler les comportements pro-sociaux et altruistes chez les enfants. Les résultats sont incroyables.

Vous montrez d'ailleurs que les comportements altruistes existent déjà chez les animaux

Le fait qu'on ait mis en évidence des comportements comme celui de jeunes chimpanzés qui aident une vieille mère de leur espèce à s'hydrater parce qu'elle a du mal à se déplacer prouve que l'altruisme existe chez les animaux aussi, n'est-ce pas ? Si les bonobos sont capables d'avoir ce genre de comportements, pourquoi pas nous ? Il y a des centaines d'exemples de ce type impliquant des animaux, aussi bien dans la nature qu'à travers des expériences réalisées en laboratoire. Darwin lui même parlait de l'évolution des émotions et les reconnaissait tout à fait chez les animaux.

Reconsidérer notre relation aux animaux serait d'ailleurs une porte vers l'altruisme...

L'humain souffre d'une sorte de schizophrénie : nous sommes capables de manifester une certaine dose d'empathie et d'altruisme avec nos enfants, nos proches ou vis à vis d'autres êtres humains au travers de l'action humanitaire. Cependant, dès qu'il s'agit des animaux, l'être humain a une réticence à penser que ce sont des êtres sensibles à part entière. Bien sûr qu'ils ne vont pas aller manifester contre leur exploitation, ils n'ont pas une capacité d'engagement politique comparable à la notre... Mais ce serait absurde que les émotions, l'altruisme, l'empathie soient tombées du ciel uniquement pour et envers l'espèce humaine sans qu'il n'y ait eu des millions d'années qui ont préparé cela. Il n'y a aucune césure entre les différentes étapes de l'évolution.

Que faut-il faire dans ce cas?

Il faut revoir notre copie. Aujourd'hui nous éloignons tous les abattoirs hors de notre vue : loin des yeux, loin du coeur. En réalité, on ne veut pas voir qu'un milliard et demi d'animaux terrestres sont tués par an pour notre consommation. Or, ces animaux ne sont pas des machines. C'est aberrant d'en faire des objets, ça n'a pas de sens. Gandhi disait que l'on peut mesurer le degré de civilisation à la façon dont les hommes traitent les animaux. Évidemment ils n'ont pas de plans à long terme, mais le manque d'empathie à leur égard menace le monde d'une psychopathie collective. Kafka disait "La guerre est un prodigieux manque d'imagination". Il est devenu végétarien d'ailleurs, un jour en regardant un aquarium, il a dit "maintenant, je peux vous regarder en paix, je ne vous mange plus." (rires)

Mais en quoi être végétarien peut-il avoir un impact altruiste qui dépasserait le cadre de notre alimentation personnelle?

Je suis végétarien par choix car c'est beaucoup mieux pour les animaux mais aussi pour la santé et l'environnement. 775 millions de tonnes de maïs et de soja sont cultivées dans les pays en voie de développement afin d'être envoyés dans les pays développés nourrir les élevages industriels. Le rendement est nul! Il faut 10 kilos de protéines végétales pour produire 1 kilo de protéine animale. C'est le monde à l'envers...

Ensuite il y a un coût humain, parce que ces légumes sont enlevées aux populations qui ont besoin de nourriture, mais il y a également un coût environnemental puisque les excréments des grands élevages bovins sécrètent du méthane, une des premières causes du réchauffement climatique.

Enfin, il y a une question éthique vis à vis des animaux, une question vis à vis de la santé humaine, une question vis à vis de la pauvreté et une autre vis à vis de l'environnement. Selon les Nations Unies, manger beaucoup moins de viande serait une des meilleures façons de réduire les inégalités et les problèmes environnementaux... Il ne s'agit pas de devenir des végétariens fanatiques, mais de se réguler pour arrêter ce massacre permanent.

Il y a aussi l'économie tournée vers les profits, en quoi une pensée comme l'altruisme peut-elle être compatible avec elle?

La théorie de l'homo economicus est que l'homme est raisonnable et cherche à maximiser ses intérêts. C'est une caricature réductionniste de l'être humain. Nombre d'économistes savent désormais que l'être humain ne se résume pas à ça, mais c'est vrai on a construit beaucoup de modèles économiques sur cette base. Néanmoins, il y a beaucoup d'économistes comme Amartya Sen, Joseph Stiglitz ou Dennis Snower qui mettent en avant le problème des biens communs: la qualité de l'air, les réserves d'eau douce, la démocratie et ça, ça concerne tout le monde.

Effectivement, si vous calculez uniquement votre intérêt personnel, vous n'avez aucune raison de vous en occuper. Donc avec la voix de la raison, la seule valable pour les économistes, il faut la voie du care, un terme peut-être encore meilleur que l'altruisme ou la compassion parce que si des gens disent I don't care, je m'en fiche, ça la fout mal. Le care c'est donc la sollicitude, le fait d'être concerné par autrui. Et ça de plus en plus d'économistes y croient et essayent d'imaginer un système qui ne soit pas fondé uniquement sur la maximisation des intérêts égoïstes. La société fonctionnerait beaucoup mieux et ça correspondrait davantage à la réalité parce que les gens ne sont pas tous des égoïstes forcenés!

L'altruisme, ce serait donc la pensée du XXIe siècle?

Absolument! C'est le fil d'Ariane qui relie le court terme de l'économie, le moyen terme de la qualité de vie et le long terme de l'environnement. Sans l'altruisme, il n'y a aucun système intellectuel capable de prendre en compte les trois. Un économiste pur et dur vit au jour le jour, sans penser à l'avenir. Mais s'il a une considération pour autrui, il fera en sorte d'améliorer la qualité de vie des autres. S'il y a davantage de considération pour autrui, détruire la planète est inenvisageable.

Pourtant, il y a toujours des conflits, de la violence...

Il y a des causes aux violences. C'est la déshumanisation de l'autre. On dit que c'est des vermines, des pestes, des rats, on en fait des animaux. Il faut comprendre ces causes pour mieux lutter contre. Mais il y a aussi des forces qui créent une fausse idée de la réalité. Il suffit de regarder les actualités, il y a de la violence partout, la Syrie, le Soudan, les kalachnikovs à Marseille... Or c'est complètement faux.

Si vous regardez l'évolution de la violence au cours des siècle, la violence n'a cessé de diminuer au cours de l'Histoire. En Angleterre au XIVè siècle, il y avait 100 homicides par an pour 100.000 habitants, maintenant c'est 0,7. En Europe, le taux a baissé de 100 à 50 fois par rapport à il y a trois siècles. Le nombre moyen de victimes par conflit dans le monde était de 30.000 en 1950. Il est de 900 aujourd'hui. Alors bien sûr qu'il y a encore des conflits, mais si vous prenez l'ensemble global ça a diminué. La violence contre les enfants a diminué, la violence contre les femmes a diminué. Certes, il y a encore beaucoup à faire, mais beaucoup a déjà été fait.

On peut encourager la diminution de la violence...

On sait qu'il y a des facteurs de réduction de la violence et qu'on peut les encourager. Le statut des femmes, la démocratie... Prenons l'exemple de l'Europe. Au XIVè siècle il y avait 5000 entités politiques en Europe, à l'époque de Napoléon environ 250, et aujourd'hui une cinquantaine, qui sont démocrates, qui font du commerce les uns avec les autres... Il n'y a aucune chance que la Belgique entre en guerre avec l'Italie, zéro. Les pays qui entrent en guerre ont une démocratie dysfonctionnelle. Il y a donc un progrès indubitable, il faut le reconnaître car c'est encourageant.

Qu'est-ce qui vous semble le plus encourageant dans la société contemporaine ?

Ce qui fait le plus espérer, c'est de constater cette évolution dans l'humanité. La bonté est bien plus présente dans nos vies que ce que nous imaginons. On peut la cultiver au niveau individuel, mais aussi au niveau sociétal... Victor Hugo disait "Rien n'est plus puissant qu'une idée dont le temps est venu", je crois que l'âge de l'altruisme est venu.

plaidoyer pour l altruisme

 

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