Là-Haut

Articles de la-haut

La vie secrète des Mots

Par Le 20/03/2015

Ecrire, écrire, écrire........ Comme si je devais succomber par étouffement si tout ça restait en moi......Etouffé par des mots prisonniers qui auraient voulu découvrir le monde.....Cette impression qu'ils ont besoin d'exister, sur l'écran, de se retrouver les uns les autres, de sortir de leur isolement de mots, de la tristesse du dictionnaire qui ne raconte pas d'histoire....Eux, ils veulent vibrer ensemble, se donner la main, s'enlacer, apprendre à se connaître, découvrir l'Autre qui a tant de choses à dire. Et tous unis dans une phrase, puis un chapitre, puis un roman, se mettre à rire devant la puissance retouvée de l'osmose...

Ozéame

Par Le 20/03/2015

Une belle rencontre avec Cathie Marchan et donc je partage son site. Pour celles et ceux qui s'intéressent à la quête du Soi...


http://www.ozeame.com/

Accompagnement en développement personnel

Parce que nous croyons intimement que chaque humain est  précieux.

Parce qu'oser qui nous sommes est le plus court trajet vers l'Autre.

Parce que chacun a son propre chemin de vie à parcourir.

Parce que "Oh! c'est beau!"

Parce que Corps et Âme.

Parce que Shazam! nous sommes tous magiques au fond de nous.

Parce que ce travail vers nous même nous a amené à être qui nous sommes,

nous avons eu à cœur de partager cette passion.

Parce qu'il y a des choses qui ne s'expliquent pas.

...


Accompagnement  global et à la carte

Le travail de développement personnel proposé par Arnaud Dancie et Cathie Marchan peut prendre plusieurs formes, en synergies:

 

-des stages résidentiels sur 3 jours

-des stages à la journée

-de l’accompagnement individuel ou en couple en cabinet ( ostéopathie, techniques énergétiques, massage, coaching)

- des rendez-vous téléphoniques ou Skype avec Arnaud dans l'intervalle de ces rencontres.

 

Chacun est invité à trouver la meilleure formule pour prendre soin de lui.


Notre démarche : apprendre à se connaitre

Nous vous proposons d'aller à la rencontre de vous même.

 

Dans la vie quotidienne, nous voudrions parfois ressentir nos émotions différemment... Nous nous jugeons ou refusons de ressentir. Nous oublions parfois de simplement vivre "ici et maintenant".

 

Le travail d'évolution personnel a pour but de reconnaitre et d'accueillir ce qui se joue pour nous au moment où ça se joue. Nous proposons donc des stages d'accueil de soi pour démarrer ce travail de mieux-être et des sessions sur des sujets plus précis.


Nous utilisons de la danse, des outils symboliques, différents types de méditation, de l'expression vocale et corporelle, des ateliers en groupe, du travail d'écriture ou du massage pour explorer notre monde intérieur.

 

Chacun peut donc trouver pour lui même les outils pour se relier à lui dans l´instant présent lors du stage de développement personnel ou d'ateliers bien-être qui lui parlera  et juste goûter la joie d'être en lien avec son énergie de vie, qu'elle soit sereine ou pétillante.

 

Notre démarche est basée sur l'expérimentation. Les stages sont donc des moments riches et intenses où nous laissons peu de place au moulin à penser.

 

Pour garantir un encadrement de qualité, nous sommes deux accompagnants, qui aimons nous appuyer sur nos complémentarités positives. Nous limitons le nombre de participants à une douzaine de personnes maximum.

Galerie

Cure de sève de bouleau

Par Le 20/03/2015

Depuis quinze jours, j'en bois tous les jours et ma tendinite à l'épaule a disparu..... :)

Ne pas oublier "d'expliquer" à l'arbre, de le remercier et de boucher le trou avec de la pâte à bois à la fin.

Sève de Bouleau

Fraîche

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Bouleau (Betula Alba)

Avez vous pensé à une Cure de Printemps de Sève de Bouleau fraîche?

Le bouleau fait partie de la famille des Bétulacées, lebouleau blanc (betula alba) est un arbre qui cherche la lumière et qui est considéré depuis des millénaires pour ses nombreuses vertus sur le plan thérapeutique et aussi pour son bois et ses feuilles.

Propriétés bénéfiques pour la santé

La cure de sève de bouleau fraîche est efficace pour, après l’Hiver, libérer l’organisme des toxines  et se purifier.

La sève du bouleau a comme principaux effets sur la santé:

- L'activation de la diurèse et l'élimination des déchets organiques, comme l'acide urique et le cholestérol.

- Elle favorise l’amincissement (lorsque le corps en a besoin).

- Elle a une action anti-inflammatoire et anti-douleurs.

- La sève fermentée est réputée pour son action stimulantesur le système immunitaire.

- La sève de bouleau est également employée, en usageexterne, pour les brûlures  et pour les problèmes de peau.

Conservation de la sève de bouleau

La sève ou eau de bouleau est un liquide vivant, très clair, semblable à l'eau à l'état frais, fade, légèrement sucré. 

Après quelques jours de repos la sève se trouble par apparition de maléate de calcium et de phosphate calcique, ce qui est provoqué par la fermentation et les modifications biochimiques qu'elle subit.

Son état ne reste donc pas stable très longtemps et, de plus, à cause du sucre qu'elle contient, elle fermente et devient acidulée et doit être conservée au réfrigérateur pour rester fraîche.

Pour éviter une fermentation trop rapide, il est possible destabiliser la sève de bouleau avec de l'alcool pur. 

L’autre moyen pour empêcher la fermentation est l'addition de clous de girofle.

La congélation de la sève fraîche permet son utilisation tout au long de l'année, mais change son état physique. 

La fermentation permet d'obtenir un vin de bouleau, analogue au champagne.

La sève de bouleau, pour pouvoir produire ses bienfaits, ne doit contenir aucun additif chimique de conservation ou autre, être pure et vivante, donc récoltée et conditionnée artisanalement.

La sève doit être conditionnée immédiatement, livrée le lendemain même du tirage, et conservée au réfrigérateur aumaximum 3 semaines, le temps de la cure.

Cette cure a été plus ou moins oubliée, car il est difficile, à l'heure actuelle, de trouver sur le marché de la sève de bouleau 100% pure et vivante. De ce fait, celle que l'on trouve couramment dans le commerce est, le plus souvent, largement diluée (10 % au moins, souvent plus), en mélange avec d'autres produits, le tout pasteurisé. Dans ce cas, les quantités actives sont loin du compte pour pouvoir avoir un effet réellement positif sur la santé de l'utilisateur.

Conseils d'utilisation

Il est conseillé des cures printanières de 3 litres de sève fraîche sur une période de 3 semaines (21 jours).

Boire un verre de 150 ml par jour le matin à jeun pendant 3 semaines. Une cure nécessite, au minimum 3 litres, mieux  de 5 à 6 litres.

Coût

Il faut généralement compter autour de 30 €uros le litre de sève de bouleau pure et fraîche, biologique et non traitée, à consommer au cours des jours qui suivent.

Epoque de l'année

La cure débute début Mars et le tirage ne s'étale que sur 5-6 semaines. Pour être sûr(e) de voir sa demande satisfaite, il est donc conseillé de réserver à l'avance auprès d'un fournisseur de sève fraîche.

Avec la Sève de Bouleau pure et fraîche (récolte de l'année) (une tradition ancestrale malheureusement oubliée) vous aurez tout ce qu'il faut pour bien commencer le cycle des saisons de l'année considérée.

Y penser, chaque année, dès le 15 Février, juste avant que le Printemps n'arrive.

Après la période hivernale, nous éprouvons tous le besoin de nous purifier.

La bienveillante Nature nous fournit de quoi nettoyer nos cellules, par exemple, au Printemps, avec une cure de Sève de Bouleau.

En résumé, la Sève de Bouleau est tout indiquée pour:

- Vous sentir mieux dans votre corps
- Affiner votre silhouette

- Rééquilibrer votre organisme en apportant les minéraux, vitamines et enzymes nécessaires,
- Eliminer les toxines de l'hiver et résorber les œdèmes,

- Vous purifier,

- Vous drainer les reins et le foie,
- Retrouver votre vitalité,
- Aborder en pleine forme le nouveau Printemps.

Profitez, à jeun, des bienfaits de cette cure de jouvence de 3 litres pendant 21 jours (à raison, environ, de 150 millilitres/jour) ou même d'une cure de 6 litres (à raison de 250 à 300 millilitres/jour).

La Sève de Bouleau fraîche présente des qualités uniques de fraîcheur, de pureté et de naturel à, condition qu'elle soit sans conservateur, sans transformation, sans pasteurisation ni nano-filtration.

La récolte de la Sève fraîche peut commencer à parir du 15/20 Février. La livraison de sève fraîche peut commencer dès les jours suivant les premières récoltes. Ne manquez pascette précieuse période de nettoyage, qui n'a lieu qu'une fois par an et ne dure qu'un bon mois (une quarantaine de jours).

Produit frais à entreposer au réfrigérateur dès réception jusqu'à la fin de la consommation, la sève de bouleau se conserve jusqu'à six semaines au réfrigérateur.

Les prisons intérieures.

Par Le 19/03/2015

Un médicament, bien souvent, agit sur les effets mais pas sur la cause. Ils ne sont pas capables d'empêcher que ça revienne. Ils savent soigner quand on est malade mais ils ne peuvent atteindre le processus qui provoque les récidives. Il est donc indispensable d'associer la pharmacologie à la connaissance de soi et c'est là que beaucoup d'individus se perdent en route. L'habitude de la conformité et de la confiance aveugle qu'elle génère. Jusqu'au jour où la gravité des récidives fait voler en éclat cette vitrine du formatage éducatif. Le problème majeur à mon sens vient du fait que cette absence d'éveil spirituel est volontairement organisé par tout un système mercantil qui ne veut pas perdre sa source de revenus. La connaissance de soi, c'est le cauchemar des marchés financiers. Que ça soit dans le domaine médical, alimentaire, culturel, politique.......

Il n'est qu'à voir d'ailleurs l'enseignement de la sexualité, non pas dans sa dimension physique mais spirituelle. Si les gens prenaient conscience de l'espace immense dont ils disposent pour aller vers l'Eveil à travers les corps associés aux âmes, ils n'en reviendraient pas. Au lieu de ça, ils vont voir ou lire 50 nuances de bouses. La sexualité médiatisée n'est qu'une chrysalide qui ne donnera jamais de papillon, juste un étalage de viande usant de slogans bien ciblés, l'hégémonie de la surface au détriment de l'Être Intérieur. 

Il y a les prisons qu'on subit et celles qu'on se fabrique tout seul. Les deuxièmes sont les pires.

Pôle emploi au CE1

Par Le 19/03/2015

http://www.legorafi.fr/2015/03/19/la-recherche-demploi-sera-enseignee-a-partir-du-ce1/

La recherche d’emploi sera enseignée à partir du CE1 

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Najat Vallaud Belkacem a annoncé ce matin l’une des premières mesures fortes du remaniement de l’enseignement primaire. À compter du 1er septembre 2015, un cours d’initiation à la recherche d’emploi sera intégré au programme scolaire du CE1.

« Il faut apprendre aux élèves à valoriser leur parcours »

« C’est un enseignement très pratique qui sera dispensé par des chômeurs longue durée avec une vraie expertise sur le sujet. Les élèves apprendront par exemple à mettre en page leur CV, à faire une demande de RSA ou à se positionner de façon stratégique dans la queue du Pôle emploi » explique S. Dumont, porte-parole du ministère.

Ce dispositif vise à transformer l’approche pédagogique dans son ensemble. « Il faut apprendre aux élèves à se valoriser. Un cours de judo le mercredi ou un goût particulier pour le coloriage est un bon moyen de se différencier en humanisant son profil. Tout peut être valorisé. Une absence à cause d’une gastroentérite peut tout à fait être présentée comme un moment de réflexion sur ses objectifs professionnels » développe M. Dumont.

Un stage en immersion dans des pays anglo-saxons

Ultime volet de ce nouveau programme, les élèves partiront en stage linguistique dans une famille anglo-saxonne avec un objectif assumé : se faire adopter pour grandir dans un pays où de jeunes diplômés peuvent encore trouver du travail à l’issue de leurs études.

La Rédaction


 Il s'agit d'un texte humoristique.

Pour l'instant....

Report de l'éclipse solaire

Par Le 19/03/2015

PROBLÈMES DE LUNETTES : L’EDUCATION NATIONALE DEMANDE LE REPORT DE L’ÉCLIPSE SOLAIRE 

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Dans les établissements scolaires, la journée de vendredi s’annonce délicate. Entre manque de lunettes et consignes de confinement l’épisode risque de virer au fiasco. Devant l’impossibilité de préparer correctement l’évènement, l’Education nationale vient de demander officiellement le report de l’éclipse.

D’après les prévisions, l’éclipse partielle du soleil sera visible en France métropolitaine de 9 heures à midi. Sur son site officiel, le ministère rappelle que « Des risques liés à l’observation d’une éclipse du soleil peuvent engendrer des lésions oculaires graves et irréversible ». De l’autre coté, un tel phénomène constitue une remarquable occasion de travailler avec les élèves. Autant de raisons de préparer minutieusement l’évènement.

« il reste trop de zones d’ombre »

« On ne peut pas se permettre d’y aller sans y voir clair » admet J-Y Voirien, inspecteur général chargé des éclipses « là, nous sommes obligés de reconnaitre qu’il reste trop de zones d’ombre ». Najat Vallaud-Belkacem a écrit en urgence au bureau international d’astronomie pour demander le report de l’éclipse. « Si nous obtenons satisfaction, nous passerons immédiatement une commande de lunettes pour la nouvelle date » ajoute M. Voirien. Hors de question de passer une nouvelle fois à coté.

Au cas où le report de l’éclipse s’avérerait impossible, le ministère préconisera de passer la journée de jeudi à habituer les élèves. Les professeurs seront invités à éteindre progressivement les lumières puis à les rallumer en fin de matinée.

Partial_Solar_Eclipse_(by)

https://edukactus.wordpress.com/…/probleme-de-lunettes-led…/


L'Education nationale va-t-elle passer à coté d'une éclipse exceptionnelle ?  

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/03/18032015Article635622613457469951.aspx

Privés d'éclipse. Eduscol a beau souligner le caractère exceptionnel de l'éclipse du vendredi 20 mars, les écoliers et élèves français n'en tireront probablement aucun profit. Plusieurs académies ont déjà donné des consignes de confinement des  élèves durant toute la durée de l'éclipse. Finalement le souvenir que les jeunes garderont de ce phénomène naturel exceptionnel pourrait être une matinée sans récréation.

 

Pourtant l'étude des éclipses est au programme. A l'école primaire "les éclipses peuvent trouver leur place au cycle des approfondissements (CE2, CM1, CM2), dans le cadre de l'étude du "ciel et de la Terre" (Lumières et ombres, Mouvement de la Lune autour de la Terre)", explique le site ministériel Eduscol. "L'étude des éclipses au collège se fait en 5e du programme de sciences physiques :Partie C : La lumière : sources et propagation rectiligne / Question : Comment se propage la lumière ? / Connaissances : Description simple des mouvements pour le système Soleil - Terre - Lune. Phases de la Lune, éclipses", ajoute-il.

 

Mais plusieurs correspondants du café pédagogique nous font savoir qu'ils ont reçu comme consigne de confiner les élèves et de tirer les rideaux pendant la durée de l'éclipse. La raison en est bien sur la dangerosité pour les yeux du phénomène. C'est le cas par exemple dans l'Ain où ily a interdiction de sortir en récréation de 9 à 12 heures. Les enseignants devront fermer les stores des classes. L'éclipse va s'inviter pendant les cours le 20 au matin. Son maximum sera atteint à 9h29 à Paris, à 9h32 à Lille, 9h27 à Lyon, 9h23 à Marseille, 9h19 à Toulouse, 9h23 à Rennes.

 

Lors des grandes éclipses des années 1960, les écoles avaient largement bénéficié de ces phénomènes. On avait distribué des verres protecteurs aux enfants pour qu'ils vivent ce phénomène naturel. Cela avait été le point de départ d'explications et de construction de savoirs. C'est encore ce à quoi La Main à la pâte invite les enseignants avec des fiches pratiques. Mais faute d'avoir prévu l'événement, l'Education nationale va probablement passer à coté d'une belle opportunité de pratiquer  une pédagogie active, développant la curiosité et la réflexion des élèves. Elle aura beau multiplier els discours sur l'enseignement des sciences. Il lui reste quelques heures pour échapper à la ringardise.



L’éclipse scolaire

http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2015/03/18/leclipse-scolaire.html

C’est un de mes élèves, en début de semaine, qui a eu ce bon mot involontaire :

« Maître, est-ce qu’il y aura vraiment une éclipse scolaire, vendredi ? ».

Le pire, bonhomme, c’est que tu avais raison : l’école va, un peu partout en France, s’éclipser vendredi matin durant cet exceptionnel phénomène.

Sortie annulée

Avec ma classe, on avait une sortie, vendredi toute la matinée – une animation avec la commune, prévue de longue date. Le directeur est venu me voir, mardi midi, embêté.

« Dis-moi Lucien, tu sais que beaucoup de sorties sont annulées, vendredi, en raison de l’éclipse… Tu comptes faire quoi, de ton côté ? Les enfants seront bien protégés ? ».

Je m’y attendais un peu, à vrai dire. Le matin, déjà, j’avais eu droit à un mot de parent : « Y a-t-il quelque chose de prévu à l’école pour protéger nos enfants de l’éclipse ? ».

Mazette ! Protéger les enfants du soleil, évidemment, mais de l’éclipse !... Au contraire, je veux qu’ils la voient, l’éclipse, je m’en voudrais de les priver d’un tel spectacle !

C’est que je garde un merveilleux souvenir de celle, totale, de 1999, vécue en rase campagne, près d’un troupeau de vaches déboussolées qui, devant l’obscurité et le silence soudains, avaient pris la direction de l’étable, pensant la nuit venue, avant de revenir vers le pré aux premiers rayons.

Bref, depuis lundi je me démène pour trouver une série de lunettes spéciales éclipse CE n°89/686 pour équiper ma petite troupe, en pure perte. Opticiens : rupture. Pharmacies : rupture. Nature & Découverte : rupture. Supermarchés : rupture. Et partout des commandes en attente pour cause de rupture générale chez les grossistes et les fabricants. J’ai du laisser mon nom et mon numéro de téléphone dans une bonne douzaine d’enseignes, au cas où.

J’ai un peu louvoyé, avec mon directeur, je lui ai dit que oui, certainement, que j’aurais des lunettes, que j’attendais une réponse, mais que oui, ça devrait le faire. Il m’a répondu : « Dernier délai 15 heures, après je dois donner ma réponse à la mairie, pour ta sortie ».

A 15 heures, j’ai du annuler ma sortie la mort dans l’âme, je n’avais toujours pas de lunettes.

C’est ballot, une heure plus tard je recevais un coup de fil : 22 paires garanties.

Tant pis pour la sortie, je me suis dit que j’allais transformer ça en séance de sciences et d’observation dans la cour. Diantre, ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir une éclipse !

Plus efficace que Vigipirate

Sauf que j’ai intérêt à trouver les 6 paires qui me manquent ! Dans ma commune ce sont les directeurs d’école à qui il revient de décider de la conduite à tenir et le notre a déjà averti : pas de lunettes = pas de récré, l’acmé de l’éclipse se trouvant pile à 10 h 20 et quelques, les enfants devront rester dans les classes.

Privés d’éclipse, en quelques sortes.

D’un côté, je comprends, on ne peut pas exclure qu’un Kevin regarde le soleil malgré les mises en garde et les explications les plus convaincantes, la curiosité, surtout bien aiguillée, s’ajoutant à la propension à désobéir. Je le vois bien avec une éclipse à vie dans la rétine, le Kevin, et moi des regrets éternels.

D’un autre côté, voilà qu’un événement extraordinaire, il n’y en qu’un par décennie, et encore, se déroule sous nos yeux, et il faudrait qu’on calfeutre nos élèves dans les classes, qu’ils n’y assistent surtout pas !

Plus efficace que Vigipirate : l’éclipse !

Confinés

Hier mardi, les réseaux sociaux bruissaient des interdictions, plus ou moins fermes, venues des inspections de nombreuses Académies.

« Sorties annulées pour ce qui nous concerne »

« Notre inspection vient de nous interdire toute sortie scolaire et activités sportives ce jour-là ! »

« La récréation est annulée, on doit rester confinés dans nos classes ».

« Nous aussi on doit enfermer les enfants dans les classes... »

« Nous on devra même tirer les rideaux… »

« Note de service de l'EN : nous recommandons de.... mail de l'IEN : il est préférable de... résultat c'est le directeur qui tranche et qui a les collègues en face de lui ! »

« On a du signer des autorisations pour que les enfants puissent y assister à l’école »

« Nous on est confiné dans nos classes jusqu'à 11h45 ! C'est chouette les enfants, il y a un truc super dehors que vous ne verrez peut-être plus jamais, mais c’est pas grave, on va fermer les rideaux !!! »

« Pareil, interdiction de sortir entre 9 h 20 et 11 h 40... Mais au lieu de gaspiller du pognon à éditer des affiches dont tout le monde se f.... , des livrets à destination de personnes qui ne les lisent pas... , pourquoi on ne nous a pas fourni ces fichues lunettes pour observer ce phénomène rare et fabuleux ... ? »

« On a reçu plus de méls sur cette éclipse de l'académie que sur le décès d'une collègue, que sur nos conditions de travail, que sur les façons de venir en aide à un enfant, que sur… ».

Arf.

Au programme

Bien sûr, il ne faut pas se cacher derrière l’administration, qui a découvert mardi 17 mars qu’elle devait communiquer sur l’éclipse du 20. Le ministère a même attendu 18 h 53 pour envoyer un mail reçu par les enseignants ce matin seulement, contenant des recommandations de sécurité et des liens pour préparer l’éclipse avec sa classe (le meilleur est celui-ci, merci l’Académie de Toulouse), et même un lien vers le site du CNRS qui retransmettra l’éclipse en direct. Mieux vaut tard que jamais.

Heureusement de très nombreux instits avaient anticipé, se sont procuré des lunettes et ont prévu quelque chose, de l’observation directe simple à l’observation en direct du club d’astronomie de la ville. Parmi ceux qui n’ont pas trouvé de lunettes – et qui ne sont pas confinés – plusieurs ont choisi l’observation indirecte du phénomène (sténopé par exemple) : c’est un peu frustrant mais c’est déjà ça, et le côté expérience vient racheter l’affaire.

Parce que figurez-vous que l’éclipse – oui, cette même éclipse qu’on nous demande d’imaginer derrière les rideaux opaques de nos classes – tape en plein dans le programme de sciences de cycle 3 ainsi que le rappelle le ministère lui-même : "Le sujet des éclipses est inscrit dans les programmes d'enseignement. A l'école primaire, les éclipses peuvent trouver leur place au cycle des approfondissements (CE2, CM1, CM2), dans le cadre de l'étude du "ciel et de la Terre" (Lumières et ombres, Mouvement de la Lune autour de la Terre)". On est en effet sensé aborder : le système solaire et le mouvement des planètes autour du soleil, le mouvement apparent du soleil, la distinction étoile et planète, planète et satellite (ex. : la lune, satellite de la Terre), rotation et révolution, la lumière et les ombres, les conditions d’obtention d’une ombre, les phénomènes de phase de la lune…

En juin 2014, les recommandations pour la mise en œuvre des programmes insistaient, concernant les sciences : « une étude des phénomènes, en lien avec des événements naturels marquants, est recommandée ».

Comme quoi.


 

Mémoire...cellulaire...(Fin)

Par Le 19/03/2015

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« Il ne s’agit plus pour toi Tanguy de t’interroger sur le Pourquoi des choses mais sur le Comment en user pour te découvrir. À la question : « Pourquoi je n’ose pas ? choisis désormais de dire « Comment je dois être pour oser ? » À la question : « Pourquoi j’ai toujours peur des autres ? choisis de dire « Comment est-ce que je peux me servir de cette peur pour apprendre qui je suis ? Il s’agit désormais d’observer en toi les émotions générées par chaque situation pour en tirer les ressources que la vie te propose de saisir. « Pourquoi » est une interrogation sur le passé. « Comment » est une projection vers le futur. Ce regard bienveillant est à la source de ton évolution. Chaque élément vivant sur cette Terre se doit de lutter pour trouver sa place, pour évoluer, pour vivre en osmose avec le vivant qui l’entoure. Il n’y a pas d’adversaires mais des passagers sur le même vaisseau et qui eux aussi tentent d’exister. Les rencontres, les événements, les situations, qu’elles soient douces ou redoutables, sont des ouvertures vers de nouvelles ressources. Il te faut devenir ce que tu es et non imaginer que les pensées qu’ont les autres sur toi te constituent. Ce sont leurs interprétations, leur réalité mais ça n’est pas le réel. Le réel en toi, c’est la force de vie. »  

 

Tanguy donna de ses nouvelles quelques semaines plus tard. Une transformation radicale, étonnante, comme une graine qui se donnait enfin le droit de croître et d’exploiter cette force en elle. Elle n’avait pas été arrosée par une main extérieure. Elle n’était dépendante de personne. Elle avait puisé dans sa conscience l’énergie nécessaire pour extraire de l’environnement dans lequel elle était insérée tous les éléments que la vie mettait à sa disposition. 

 

Yoann se réjouit de cette évolution. Tanguy lui expliqua que ses derniers examens à la FAC avaient été pleinement satisfaisants. Il sentit que le jeune homme était empli de bonheur lorsqu’il lui parla d’une jeune fille. Quelques discussions qui l’avaient réconforté avec lui-même. Une rencontre inespérée, inattendue. Blandine, une jeune fille de sa classe.

L’Amour.

Maintenant qu’il s’aimait, qu’il avait de l’estime pour lui, il avait de l’amour à donner et non plus l’amour de l’autre à piller pour se remplir.

La vie en lui comme un horizon lumineux.

Yoann avait aidé Tanguy à pousser les vantaux fermés de sa conscience. Le jeune homme avait franchi le seuil et il inscrivait désormais ses propres traces. Léger et serein. Conscient de ses peurs et de tout ce qu’elles pouvaient lui apporter. Bienveillant, patient et déterminé.

 

 

 

 

 

 

 

Yoann reçut une lettre quelques mois plus tard.

Tanguy avait validé sa première année de Fac. Il partait en vacances avec Blandine. À la rentrée, ils allaient prendre un appartement commun.

Emma lui avait dit qu’elle était très heureuse pour son fils et elle s’était opposée à Martin qui trouvait l’idée préméditée.

Paul était venu passer un week-end avec le jeune couple. Il avait souhaité marquer de la plus belle des façons le bonheur de son garçon.

Ils avaient ri ensemble…

Mémoire...cellulaire...(13)

Par Le 18/03/2015

Belanger1

Séance suivante.

La mise au monde.

Libérer Tanguy de la culpabilité envers sa mère. Il n’était pas responsable de la césarienne, de la douleur d’Emma, de son ressenti négatif, de ses peurs, de ce refus inconscient de la venue de l’enfant. Il aurait fallu travailler avec elle. Il aurait fallu qu’ils puissent se retrouver, tous les deux, Tanguy et elle, unies dans ce bonheur de la vie, s’accueillir l’un l’autre, l’enfant et sa mère, la mère et son enfant. Ce sentiment pesant que le travail unilatéral ne pouvait aboutir. Et persévérer pourtant. On ne brise pas des chaînes intérieures en se plaignant de leurs présences mais en identifiant les raisons de leurs venues, en acceptant la part qui revient à l’individu et en rendant à autrui ce qui n’est pas de son propre ressort.

Yoann invita Tanguy à s’allonger sur des tapis. Il plaça des coussins sous la tête et les jambes et couvrit son corps avec un plaid.

« Sur l’écran de cinéma, tu vois apparaître le bébé que tu es, tu es prêt à naître, à voir le jour, à quitter ce cocon qui t’a protégé et t’a permis de grandir. Il y a une date sur l’écran, c’est la veille du jour de ta naissance.

-Je ne pourrai pas sortir. Je suis coincé en travers. Je suis comprimé.

-Tu n’as pas choisi cette situation Tanguy. Tu n’as pas décidé de te mettre dans cette position. Emma n’est pas parvenue à faire autrement mais elle ne voulait pas de cette douleur pour toi et pour elle, elle ne voulait pas de cette césarienne. Comment es-tu maintenant ?

-J’ai peur.

-C’est toi, adulte qui ressens cette peur ou c’est bien la peur du bébé ?

-C’est le bébé. C’est trop serré, il ne comprend pas.

-C’est normal qu’il ne comprenne pas mais tu vas lui expliquer. Tu vas lui dire, toi l’adulte que tu es qu’il peut naître comme il le souhaite, qu’il peut vivre intérieurement cette naissance dont il a besoin pour se sentir bien, tu peux le guider, lui montrer la voie. Emma aurait voulu que ça se passe comme ça, qu’elle donne vie à son bébé comme elle l’avait imaginé, elle n’a pas désiré cette césarienne. Tu peux faire ce travail pour elle et pour toi.  Un bébé né par voie vaginale subit plusieurs heures de contractions, un genre de massage énergique nécessaire à la maturation de ses poumons. Le passage dans le bassin et le vagin maternel vont essorer les poumons du bébé qui étaient jusque-là emplis de liquide amniotique et lui permettre ainsi de prendre sa première inspiration. C’est une expérience très forte, émotionnellement, physiquement, cellulairement. Tu peux guider ce bébé que tu es, tu peux lui offrir ce cadeau. Laisse la vie te guider, elle connaît le processus. Dis-moi comment ça se passe pour toi ?

-J’ai envie d’essayer, j’ai envie de naître comme ma mère le voulait.

-Sur l’écran de cinéma, tu vois apparaître la date de ta naissance, c’est le grand jour. Le début de ta vie dans la lumière du monde. Tu es ce bébé, tu peux engager ce travail. Imagine ta mère qui pose ses mains sur son ventre, elle est là, elle t’encourage, elle sait ce que tu veux vivre, elle sait ce dont tu as besoin.

-Oui, je sens qu’elle est là, je sens ses mains, je sais que je peux l’aider aussi, que je peux la rassurer.

-Bien, très bien Tanguy. Est-ce que tu peux bouger maintenant ?

-Oui, j’ai mis ma tête en bas et je pousse avec mes jambes.

-Tu sens en toi ce désir de vivre ?

-Oui, je veux vivre, je veux naître.

-C’est pour toi d’abord Tanguy et c’est pour honorer la vie en toi.

-Je descends, c’est étroit, je bouge, je pousse, je sens des contractions… »

 

Tanguy commença à bouger sous la couverture, les yeux fermés, le front plissé, l’évidence de ses efforts, des sensations très fortes. Une respiration hachée, des gémissements.

 

« Ton corps délivre les hormones dont tu as besoin, Tanguy, Emma est là, elle t’accompagne, elle est heureuse, elle sent tes mouvements, vous êtes reliés, vous travaillez tous les deux pour cette mise au monde. »

 

Une agitation de plus en plus forte.

Yoann posa ses mains sur les plantes de pieds et poussa vers la tête, une pression continue.

Tanguy pleurait. Le souffle court. Il sortit une épaule de dessous la couverture et tendit le bras en avant. Yoann abandonna les pieds, prit son poignet et l’attira vers lui. Tanguy gesticula de plus belle, il rejeta la couverture et serpenta sur le sol, il quitta le tapis en criant.

Il ouvrit les yeux et éclata en sanglots.

 

…

De précieuses minutes de silence pour inscrire le processus, qu’il se diffuse, qu’il nourrisse le bonheur de vivre.

…

 

Ils discutèrent encore vingt minutes puis Tanguy s’en alla.

Il reviendrait. Une dernière fois.

Il avait travaillé sur sa conception, sur sa place dans le ventre, sur sa naissance. Il lui restait à explorer sa vie actuelle.

Une question taraudait Yoann.

Des études de psychologie avec un beau-père qui s’était moqué de la psychologue scolaire, qui avait rejeté en bloc toutes les responsabilités à assumer… Comme un défi, un jeune homme qui se dresse devant l’autorité, un choix qui validait sa rébellion. « Tuer le père…Ou le beau-père…Peu importe. Tanguy s’était dressé… L’Œdipe était validé, immanquablement. Il fallait qu’il en prenne conscience, qu’il puise dans cette représentation de son chemin l’estime qu’il lui manquait, cet amour de lui-même pour aimer la vie enfin.

 

 

« Entre Tanguy. »

Ils parlèrent quelques temps puis Yoann expliqua rapidement le protocole.

« J’aimerais Tanguy que tu ailles chercher un souvenir qui te concerne avec ton beau-père et Emma. Un souvenir pénible qui te pèse et vous met en scène.

-Alors, là, c’est facile à trouver. »

Méditation. Induction. Canal de lumière.

« Tu arrives dans un couloir et devant toi apparaissent plusieurs portes. Laisse-toi guider par ton intuition, regarde ce qui est inscrit sur chaque porte, des mots, des symboles, des dessins…

…

-Je sais laquelle je dois pousser.

-Comment est cette porte ?

-Elle est en bois, marron foncé avec un gros anneau en fer. C’est écrit BAC.

-Bien, ouvre-la. Entre dans cet espace. Comment ça se passe pour toi ?

-J’ai le cœur qui bat fort, j’ai de la colère en moi.

-Qui est présent ?

-Martin, mon beau-père et Emma. On est dans le salon. J’ai eu le résultat de mon BAC. Mention passable. Je suis heureux d’avoir eu mon examen mais Martin me reproche de ne pas avoir eu la mention au-dessus et il me dit qu’avec ça, je vais vraiment avoir du mal à suivre en médecine.

-En médecine ?

-Il veut que je fasse médecine comme lui et que je devienne anesthésiste. Il dit qu’il m’aidera dans les études mais ça ne m’intéresse pas. Je veux aller en psycho et il se moque de moi. Ma mère me dit de l’écouter, que je ne gagnerai jamais ma vie en étant psycho alors qu’anesthésiste, ça rapporte bien. Mais, moi je m’en fiche de bien gagner ma vie, je veux juste faire ce que j’aime.

-Est-ce que tu leur as dit ?

-Oui, mais ils ne m’écoutent pas, ils disent que je suis trop jeune pour décider tout seul. C’est la première fois que je tiens tête à Martin et je lui en veux de me gâcher mon plaisir. Je suis fier d’avoir eu mon BAC et j’aimerais que ma mère me le dise. J’en ai assez de voir qu’elle n’a plus aucun avis personnel. »

 

Yoann réalisa soudainement qu’Emma, après avoir vécu avec un homme qui ne se positionnait pas vivait désormais avec un homme qui pensait à sa place… D’un extrême à l’autre. Mais finalement, ce conflit permettait à Tanguy de développer ses propres ressources. L’opposition au beau-père se révélait plus bénéfique que l’indifférence de son propre père.

 

« Tanguy, la fierté que tu ressens t’appartient totalement et tu es en droit de l’entretenir sans te laisser atteindre par les avis extérieurs. Tu sais ce que tu as réalisé, tes efforts sont réels, tes ressources sont en toi, tu sais les utiliser et tu peux remercier Martin car il les active par son opposition. J’aimerais que tu prennes conscience de cette opportunité qui t’est offerte de marquer ta volonté, que tu reconnaisses finalement que Martin et Emma par leurs remarques font jaillir en toi cette force que tu possèdes.

…

-Oui, c’est vrai, je la sens cette force. Comme pendant ma conception, cette force de vie. Elle est là, elle vibre.

-Ne t’invente pas des armées d’ennemis pour excuser tes propres faiblesses et remercie ceux qui s’opposent à toi de te permettre d’exploiter tes ressources.

…

-Oui, je comprends.

-J’aimerais Tanguy que tu t’observes dans cet espace, que tu sortes du regard que te portent tes proches et que tu t’adresses à toi-même, que tu te dises le bien que tu penses de toi, de ta détermination, que tu ne te focalises pas sur les critiques mais sur les félicitations que tu t’adresses, que tu te projettes dans cet avenir qui t’attire, que tu vois le chemin devant toi comme un tremplin et non comme un gouffre. Je voudrais que tu t’enlaces, que tu te prennes dans tes bras et que tu t’accordes le bonheur de te sentir empli de cette force de vie qui est en toi. Prends le temps nécessaire. Et laisse diffuser en toi cette énergie qui ne te quittera jamais, qui sera toujours là pour toi. Il te suffira à chaque situation délicate de te connecter avec cette force, elle est là pour toi. »

 

Tanguy s’accorda de longues minutes avant d’ouvrir les yeux.

Il tourna la tête vers Yoann. Un petit sourire, comme un éclat dans ses prunelles.

Plus le même regard ni la même posture. Tanguy s’était assis dans le fauteuil, le dos calé contre le dossier, droit, déterminé, empli de lui-même.

Ils discutèrent un long moment.

 

« Il ne s’agit plus pour toi Tanguy de t’interroger sur le Pourquoi des choses mais sur le Comment en user pour te découvrir. À la question : « Pourquoi je n’ose pas ? choisis désormais de dire « Comment je dois être pour oser ? » À la question : « Pourquoi j’ai toujours peur des autres ? choisis de dire « Comment est-ce que je peux me servir de cette peur pour apprendre qui je suis ? Il s’agit désormais d’observer en toi les émotions générées par chaque situation pour en tirer les ressources que la vie te propose de saisir. « Pourquoi » est une interrogation sur le passé. « Comment » est une projection vers le futur. Ce regard bienveillant est à la source de ton évolution. Chaque élément vivant sur cette Terre se doit de lutter pour trouver sa place, pour évoluer, pour vivre en osmose avec le vivant qui l’entoure. Il n’y a pas d’adversaires mais des passagers sur le même vaisseau et qui eux aussi tentent d’exister. Les rencontres, les événements, les situations, qu’elles soient douces ou redoutables, sont des ouvertures vers de nouvelles ressources. Il te faut devenir ce que tu es et non imaginer que les pensées qu’ont les autres sur toi te constituent. Ce sont leurs interprétations, leur réalité mais ça n’est pas le réel. Le réel en toi, c’est la force de vie. »  

 

Les "MDPH"

Par Le 18/03/2015

Tout comme l'école sera à terme prise en charge par les communes, les MDPH ( pour personnes en situation de handicap) sont attaquées et subissent déjà la "territorialisation" du système public.


Un guichet unique et de proximité pour accéder à TOUS ses droits ? Cela existe en France dans chaque département et c’est en passe d’être supprimé !

Il y a quelques années, une personne en situation de handicap était confrontée à des démarches multiples et complexes pour accéder à ses droits et demander les accompagnements spécifiques nécessaires à sa vie quotidienne.

Pour simplifier ce parcours du combattant, le législateur a créé en 2005 un dispositif de guichet unique et de proximité : les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

Les MDPH sont indispensables pour demander l’accès à des droits et des accompagnements concernant :

- l’école, l’université, ou encore la formation, à l’emploi… ;
- un service d’aide à domicile ou un accueil dans une structure d’hébergement spécifique ;
- des aides techniques (fauteuil roulant, adaptation du logement ou du véhicule) ou humaines (auxiliaires de vie) ;
- une l’allocation minimale permettant de vivre ;
- l’étude de la situation de l’aidant de la personne en situation de handicap ; 
- Etc.

Autre force de ce dispositif : son autonomie et son efficience d’action, garanties par l’implication de TOUS les acteurs et décideurs qui participent à l’accompagnement des personnes (l’Etat, le Conseil  départemental -ex Conseil général-, les associations, l’Agence régionale de santé, la CAF et encore d’autres organismes).

Pour faire face à une augmentation très forte des demandes, l‘urgence est aujourd’hui de donner aux MDPH les moyens nécessaires pour fonctionner afin de réduire les délais de traitement très longs des demandes, d’évaluer avec la personne ses besoins, de lui offrir un panel de réponses correspondant à ses besoins, etc.

Or, la réponse à cette urgence proposée par les pouvoirs publics est au contraire de remettre en cause ce dispositif  par le biais de politiques locales -celles des conseils départementaux- et nationales – notamment dans le projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement actuellement en discussion au Parlement.

Ces politiques tendent à revenir sur les principes mêmes des MDPH en laissant les seuls Conseils départementaux avoir la mainmise sur ces dispositifs et devenir à terme les « décideurs-payeurs » sur certaines prestations.

Les risques ? Plus aucune autonomie pour les MDPH ; des partenaires (services de l’Etat, associations) réduits à des « potiches» ; des moyens de fonctionnement en baisse (au regard des difficultés budgétaires des conseils départementaux) ; des décisions conduisant à une évaluation a minima et à l’attribution de prestations plus faibles aux personnes en situation de handicap ; une efficacité des droits et accompagnements réduite (école, emploi, ressources, etc.) et de fortes disparités de traitement sur le territoire !

Aujourd’hui, la priorité est donc d’améliorer le fonctionnement des MDPH plutôt que d’inventer une nouvelle formule synonyme de recul pour les droits des personnes en situation de handicap et de leur famille !

Pour nous aider à sauver les Maisons départementales des personnes handicapées et ainsi les droits des personnes en situation de handicap et de leur famille, demandez au gouvernement et au président de la République de garantir leur autonomie et de leur attribuer les  moyens nécessaires à leur bon fonctionnement en signant cette pétition !

ADRESSÉE À
President de la Republique Mr François Hollande
Premier Ministre Mr Manuel Valls
ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes Mme Marisol Touraine
et 2 autres
Secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion Mme Ségolène Neuville
Secrétaire d'Etat chargée de Famille, des Personnes Agées et de l'Autonomie Mme Laurence Rossignol
Garantissez l'autonomie des MDPH et attribuez leur les moyens nécessaires à leur bon fonctionnement

A la Source

Par Le 17/03/2015

A la source de l'Amour a jailli l'émotion. De l'émotion sont apparues les sensations. L'émotion et les sensations unifiées conduiront aux sentiments. L'émotion, les sensations et les sentiments fusionnés permettront de remonter à la Source.

Les âmes ne parlent pas quand elles s'enlacent. Elles vibrent et les corps prennent la parole.

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Si les sensations sont à la source d'un sentiment amoureux, c'est que l'émotion était absente. Les sensations s'étioleront, les sentiments s'éteindront et l'émotion restera fossilisée dans chaque âme. Personne alors n'aura l'énergie de remonter à la Source et le courant du Temps sera le plus puissant.

Sophrologie analysante

Par Le 17/03/2015

UN ARTICLE DE CHARLINE.

Camarade de promotion :)

Un descriptif très bien écrit. Merci à elle. 

La Sophrologie soigne, tandis que la Sophrologie-Analysante guérie. Imaginez que vous souffrez de maux de tête, ou de ventre. L’une des solutions qui s’offrent à vous est de vous soigner : vous pouvez prendre un cachet, boire une tisane, vous faire couler un bain chaud… De cette manière, vous soignez les douleurs. Soignez, c’est apaiser, diminuer la souffrance, voire l’arrêter. Une autre solution est de vous guérir, c’est-à-dire de jouer à l’archéologue avec cette douleur, de fouiller à l’intérieur pour comprendre son sens. Guérir, c’est entendre pourquoi (pour quoi) cette douleur existe, là.

 

« Soigner » (effet de la Sophrologie) est une solution très utile car rapide, efficace dans l’urgence. C’est nécessaire lorsque nous avons des angoisses (notamment en crise), du stress, phobies, etc., pour se détendre rapidement et faire face. On va modifier notre état, mais le rétablissement ne se fait qu’en surface.          

« Guérir » (effet de la Sophrologie-Analysante) sollicite un peu plus de temps selon les maux (physiques ou relationnels) et demande d’oser faire ressortir et transformer(différent de modifier) toutes les souffrances accumulées jusque-là, de la conception à aujourd’hui, en passant par les liens qui nous relie à notre généalogie, pour pouvoir se libérer.

 

Cette libération peut aller encore plus loin, car on peut autoriser nos parents et grands-parents (voire plus haut dans la généalogie) à prendre conscience de leurs limites, qui sont les éléments de leurs personnalités, de leurs relations, de leurs histoires de vie qui ne les rendent pas heureux, et de s’en délier, et surtout de leur pardonner. De plus, et cela me semble le plus important dans la Sophrologie-Analysante, on propose à nos enfants, nés dans le présent ou le futur, à ne pas prendre nos limites, à ne pas entrer dans les schémas de loyauté en répétant les mêmes traumatismes (exemple : subir un viol) ou maladies que leur parents, grands-parents, etc. La guérison se fait alors en profondeur, libère éventuellement notre généalogie et rayonne sur nos enfants.

 

           Nous pouvons expliquer cette différence avec la confection du pain. La farine (la Sophrologie) est essentielle pour obtenir  le résultat souhaité,  elle constitue une base. En effet, sans les techniques de relaxation que nous apporte la Sophrologie, nous n’aurions pas accès à l’Inconscient pour pouvoir travailler et réparer en profondeur. Ce que l’on appelle ancrage (également propre à la Sophrologie-Analysante), qui consiste à associer un état de calme à un geste, un lieu, un animal, une couleur etc., pourrait être rapproché des mesures des ingrédients nécessaires. Effectivement, les mesures (ancrages) permettent d’avoir un repère, un appui, tout au long de la fabrication du pain (et donc la thérapie Sophro-Analysante). Les autres ingrédients, comme la levure, l’eau, le sel, etc., (d’autres outils, comme laPNL, l’Analyse transactionnelle, la visualisation, l’Energie, etc.) sont également indispensables. La Sophrologie-Analysante peut être comparée à l’ensemble de ces ingrédients. De plus, pour donner plus de goût, on peut rajouter des épices, des céréales etc., ce qui pourrait être comparé à l’ensemble des méthodes qui peuvent contribuer à la thérapie (énergie des pierres, élixirs…), selon les besoins du patient et les connaissances du thérapeute. Le thérapeute et son patient mélangent ensemble les ingrédients, mais pour ce qui est de la cuisson, c’est le patient qui en est responsable. A lui de d’allumer le four ou non ! Et enfin, le patient partagera le résultat avec ses enfants et petits-enfants, qui eux, s’ils le souhaitent, n’auront plus qu’à se régaler. 

Le Triangle maudit

Imaginez une pièce de théâtre, un conte, un film… Dans la plupart de ces histoires, trois personnages se démarquent clairement : une Victime, un Bourreau, un Sauveur. Pourtant, ces rôles ne s’interprètent pas qu’au théâtre.

 

Dans la vraie vie, nous jouons l’un de ces rôles lorsque nous sommes en interaction conflictuelle avec autrui et que nous manquons d’empathie, que ce soit dans le couple, avec des amis ou la famille et au travail. En effet, si l’on se sent mal dans une relation, il est fort probable que l’on soit  englué dans l’un de ces rôles. Et ces trois rôles sont étroitement liés, dépendant les uns des autres. Car pour jouer, nous cherchons sans cesse un partenaire de jeu, qui jouera à la perfection le rôle que nous lui avons incité à jouer (et inversement, on sera sollicité par notre environnement à entrer dans ce triangle). De ce fait, rares sont les personnes qui parviennent à ne pas « jouer ».

 

Ensemble ils forment une triade infernale. Nous avons tous une prédilection pour l’un de ces trois rôles, tout en passant de l’un à l’autre, parfois durant une même conversation. Pourtant, aucun n’est meilleur ou pire que l’autre, puisque ce jeu génère malaise et souffrance. Lorsque nous jouons l’un de ces trois rôles, plutôt que d’exprimer nos émotions et nos idées, la communication est perturbée. Et lorsque nous les jouons, nous empêchons la relation d’évoluer.  Au contraire, ces rôles créent beaucoup de stress et étouffent notre énergie, nous épuisent par leur jeu répétitif.

 

  • Exemple de discussion d’un couple qui « joue » :

 

-          C’est à cette heure-là que tu rentres ?! (Bourreau)

-          Oh ça va, j’ai bossé toute la journée, moi. (Victime). Pendant que madame reste à la maison ! (Bourreau)

-          Tu crois que ce n’est pas un travail de m’occuper de repasser tes chemises ?(Victime)

-          Commence pas à m’énerver, j’ai mal au crâne. (Victime)

-          Oh mon chéri, je vais vite te chercher un médicament (Sauveur) … Mais qui est-ce qui a encore mis le bazar dans la boite à médicament ?! (Bourreau)

 

  • Le rôle de Victime …

… ou la pauvre Cendrillon, subissant la cruauté de sa belle-mère et de ses belles-sœurs. 

 

Le rôle de Victime est le plus fréquemment joué (ainsi que celui du Sauveur) car l’éducation nous apprend à nous soumettre l’autorité, à faire plaisir et à rendre service. Il est également  au centre de cette triade car :

-        Il a besoin des deux autres (Bourreau et Sauveur) pour exister

-        Il attire et appelle le Sauveur qui veut la sauver et le Bourreau qui va le persécuter.

C’est donc un rôle de prédilection si l’on souhaite attirer l’attention sur soi-même.

 

Le Bourreau qui « persécute » la Victime peut être une personne, mais également une maladie, un handicap ou une drogue, autrement dit, une béquille qui va lui permettre de ne pas affronter un problème. Pour la Victime, ce qui lui arrive est toujours à cause des autres ou d’une force supérieure, car elle se déclare irréprochable (« Mais Dieu pourquoi c’est toujours moi ? », « Pourquoi ça tombe sur moi ? »). C’est une personne en souffrance depuis longtemps, elle se sent incapable et impuissante. Elle est indécise et se dévalorise. Elle a le sentiment d’être agressé et manipulée. Elle peut se laisser malmener sans rien dire ou se plaindre à d’autres.

C’est par ses nombreuses plaintes et sa culpabilité que la Victime renforce le triangle maudit, tant que les autres rôles sont joués. Elle a donc une part de responsabilité dans la relation avec son interlocuteur car elle a le choix de se positionner en Victime ou non. La Victime a inlassablement autant besoin que l’on prenne soin d’elle ou qu’on l’attaque pour se sentir exister, même si elle doit en être malheureuse.

 

Il existe deux profils de Victime :

-        La Victime soumise, qui se dévalorise, se sent incapable et faible.

-        La Victime rebelle, qui agresse et se lamente.

Dans les deux cas, il y a une très forte peur d’être abandonné.

 

  • Le rôle de Bourreau…

… ou la méchante Sorcière Karaba victime de la douleur d’une épine dans son dos et d’un maléfice.    

 

Le rôle du Bourreau permet de se libérer de ses pulsions agressives sur quelqu’un d’autre, c'est à dire une Victime potentielle (qui décidera d’adopter ou non ce rôle). Il arrive souvent qu’un Sauveur déçu de ne pas voit son action reconnu devienne Bourreau en décidant d’employer la manière forte, ou bien qu’il fut une Victime qui a décidé de se protéger. Dans les films ou les contes, c’est souvent une Victime blessée qui devient Bourreau. Le Bourreau possède plusieurs outils, comme les insultes, les menaces, le harcèlement ou la colère. Il est dans le contrôle et, selon lui, en son absence tout serait mal fait et les problèmes liés à la situation conflictuelle la faute des autres, en particulier de celui qui se place en Victime. Ainsi, il construit son estime de soi aux dépend des autres.

Il a besoin de dominer en usant de son autorité. Il est dévalorisant, voire humiliant, afin de mettre son interlocuteur en position d’infériorité. Mais ce besoin de dominer est lié à ses peurs face à son interlocuteur, car le Bourreau est terrorisé par les relations.

 

 

  • Le rôle de Sauveur…

… ou le prince volant au secours de sa belle endormie et terrassant le dragon.

 

Voir l’autre en détresse provoque chez le Sauveur un mal être et cela l’incite à intervenir empli de bonnes intentions dans la vie d’autrui. Il est persuadé qu’il doit aider et prendre la position de protecteur, de conseiller ou de justicier. Le Sauveur peut être dans le sacrifice, totalement tourné vers l’autre, perdant beaucoup (argent, dignité, raison) ou aider dans le but d’être aidé à son tour.

 

A première vue, le rôle de Sauveur semble le moins désagréable et le plus gratifiant à vivre, mais ce n’est pas le cas. Le Sauveur a tendance à se voir dans une position haute et indispensable, il apporte son aide, ses conseils, mais sans que l’on ait formulé une demande, sans tenir compte des besoins de l’autre. Tout comme la Victime, il a besoin des deux autres rôles pour justifier son existence. De plus, il place la Victime potentielle en incapacité et l’infantilise. Celle-ci peut fuir, ce qui décevra le Sauveur qui était en attente de reconnaissance, le conduisant à devenir Bourreau ou Victime. En réalité, il ne souhaite sauver personne puisqu’inconsciemment il cherche à maintenir la Victime dans son rôle.

 

 

  • Pourquoi ?

 

En psychologie, il a été prouvé que lorsque nous répétons un comportement, c’est que nous y avons trouvé une satisfaction. Alors pourquoi répéter un comportement qui nous rend malheureux ?

En tant qu’humain, nous avons besoin de stimulations sensorielles pour nous sentir vivant. Si nous en sommes privés, nous devenons fous, nous cherchons à nous tuer ou nous laissons mourir. Pour nous maintenir en vie, il nous faut chercher des preuves de notre existence. Les signes de reconnaissance que nous recherchons, et qui constituent un besoin vital, peuvent être positifs ou négatif. Qu’importe ! Que ce soit des coups ou des caresses, des compliments ou des insultes, cela nous rend visibles et consistants. Un enfant peut préférer être grondé plutôt qu’être ignoré. Alors l’adulte aussi, préfèrera créer une dispute pour ne pas se sentir négligé. Ainsi, le jeu offrira à chacun une identité pour combler le vide, car l’autre nous accorde son attention. En effet, avec nos proches (familles, amis, conjoints ou même collègues), nous avons cette tendance à la pudeur, à craindre de dire à l’autre qu’on les aime, de les complimenter. Les critiques venant avec plus de spontanéité, on va apprendre à se contenter de cette reconnaissance négative.

 

 

  • Comment s’en sortir ?

 

Nous pouvons nous libérer de ces rôles, nous placer au centre du triangle, mais pour cela il faut les repérer, d’abord chez nous-même, afin de prendre notre vraie place dans la relation et la rendre meilleure, mais aussi chez l’autre pour ne pas rentrer dans leur jeu.

 

Il faut se rappeler que dans une relation nous sommes au moins deux, et que chacun à sa part de responsabilité. Il ne faut donc pas attendre que l’autre change, nous ne pouvons agir que sur nous même ! Développer son estime de soi et la communication assertive sont des moyens utiles, ainsi que de répondre à l’autre sans être sur la défensive. Car face à des réponses non défensives, l’interlocuteur s’épuisera. En prenant la réalité de l’autre en compte, en l’écoutant, nous restons nous même tout en lui accordant l’attention qu’il réclame.

 

Avec les enfants, nous pouvons leur expliquer les deux rôles Victime et Bourreau en les comparant aux comportements des animaux :

-          la Victime serait le « toutou », qui correspond au comportement passif : il respecte les droits des autres mais ne fait pas respecter ses droits

-          le Bourreau serait le « loup », qui correspond au comportement agressif: Il fait respecter ses droits mais pas ceux des autres

-          et le comportement assertif sera associé au « koala » (il ne fait de mal à personne, mais sa nourriture principale étant l’eucalyptus, celui qui le mangera sera empoisonné), qui fait respecter ses droits tout en respectant droit des autres. C’est le rôle au centre du triangle.

 

Pour se sortir du rôle de Sauveur, il est important de se rappeler qu’une demande doit être clairement verbalisée et que le plus important est d’aider l’autre à devenir autonome et non dépendant (mieux vaut lui apprendre à pêcher que lui donner du poisson).

 

Enfin, puisque nous parlons de « jeux » comme au théâtre, il est important de se rappeler que lorsque nous sommes acteurs, nous vivons une Tragédie, alors que si nous sommes spectateurs, nous vivons une Comédie !

 

Mémoire...cellulaire...(12)

Par Le 16/03/2015

Belanger1

Une semaine s’était écoulée lorsque Tanguy se représenta.

Yoann l’invita à entrer en observation avec lui-même, à entrer dans cet espace intérieur, non pas comme en territoire ennemi mais avec bienveillance.

Tanguy n’aimait pas son corps et il n’attachait aucun intérêt à son bien-être physique. Comme s’il se punissait. Aucune activité sportive, une alimentation déséquilibrée, tabac et alcool, somnifères puis vitamines…

Le bilan était sombre et le travail à mener considérable.

Ce fut long avant que Tanguy n’entre en contact avec cet être intérieur qu’il avait toujours tenu à ignorer.

Sa première méditation achevée le fit pleurer...

 

Induction hypnotique, Canal de lumière, le fil du temps, la rencontre avec l’Enfant Intérieur.

Yoann savait que ça ne suffirait pas. Il fallait remonter à la source.

 

« On va faire une séance « conception » Tanguy.

-Et ça consiste en quoi ?

-À ce que tu revives ta conception. Toi en tant que cellule. »

 

Il se laissa guider.

« Tu vois se présenter devant toi un écran de cinéma. Le film projeté, c’est ta conception, les premiers instants de la vie en toi.

…

Le film commence. C’est une ovule que tu vois. Une ovule, et non pas un ovule, car elle est issue de ta mère et que c’est le Féminin sacré qui va chercher à s’unifier. Observe-la. Telle qu’elle t’apparaît. Comme dans un livre de biologie ou sous une forme symbolique. Laisse l’image prendre forme.

…

Comment est-elle ? J’aimerais que tu me la décrives.

-Elle est rouge, avec des excroissances à sa surface. Rouge transparent et je vois dedans comme des courants électriques.

-Quelle est sa taille ?

-Elle est très grande, on dirait une étoile. C’est chaud.

-Bien, et comment se comporte-t-elle ? Est-elle agitée ou calme ?

-Elle est impatiente, elle bouge dans tous les sens, elle tourbillonne sur elle-même.

-Très bien, c’est très bien. Elle semble animée par un fort désir de vivre, c’est ça ?

-Oui, c’est ça, elle attend avec curiosité, mais…

-Oui, quoi ?

-Il y a de l’inquiétude aussi. Parfois, je vois des tâches sombres, j’ai l’impression que c’est comme des tâches de peur. »

Yoann savait de quoi il s’agissait. Ce silence d’Emma, ce secret d’une conception non partagée.

« Tanguy, maintenant, j’aimerais que tu visualises les spermatozoïdes de ton père. Il y en a un particulièrement qui va apparaître, un particulièrement intéressé, attiré, déterminé. Cherche-le, il est là.

-Oui, je vois comme un petit têtard, avec une grosse tête, il est agité, il tape sa tête contre l’ovule et les autres sont plus loin. 

-Est-ce que l’ovule a envie de l’accueillir ?

-Oui, j’ai l’impression mais il y a toujours ces tâches noires à certains endroits.

-Tanguy, ça n’est peut-être pas le bon moment. Il ne faut pas chercher à tout prix à valider cet épisode. Si la fusion ne se fait pas cette fois, il y aura d’autres cycles.

-Si, je sens bien que le spermatozoïde a envie de le faire.

-J’aimerais que tu cherches une lettre sur sa tête, un X ou un Y, l’identité sexuelle que tu porteras.

…

-C’est un Y. Je vois un Y.

-Bien, très bien. C’est le garçon que tu t’apprêtes à devenir.

-C’est fait, le spermatozoïde est entré. Il a disparu à l’intérieur de l’ovule.

-Très bien, alors maintenant qu’ils ont fusionné, que cette pulsion de vie partagée s’est unifiée, laisse ce film se dérouler, les cellules se multiplier, par deux, par quatre, par huit, c’est toi qui prends forme, c’est la vie en toi qui se matérialise, c’est le premier jour de ta vie intra-utérine. »

 

Ils discutèrent lorsque la séance fut terminée. Tanguy voulait comprendre la présence de ces tâches noires.

« On peut penser que ta mère était inquiète et peut-être qu’elle culpabilisait aussi de n’avoir pas prévenu ton père.

-Et moi, j’ai ramassé cette culpabilité ? Pourquoi est-ce que je me sens toujours coupable de tout rater ?

-Il y a un élément essentiel dans tout ça Tanguy. Quelles que soient les conditions de ta conception et les tourments de tes parents, la pulsion de vie qui t’a permis d’être là s’est montrée la plus forte. C’est cette force de vie que tu peux honorer aujourd’hui. »

 

Yoann était convaincu lorsque Tanguy le quitta qu’il y aurait d’autres protocoles à venir.

Fin de semaine. Deux rendez-vous hebdomadaire. Il fallait enchaîner….

 

« Bonjour Tanguy, entre. Comment vas-tu ?

-Je ne suis pas allé en cours depuis deux jours. J’ai l’impression d’étouffer.

-Comment ça étouffer ? Tu as du mal à respirer ?

-Non, je me sens juste comprimé, comme enfermé. Je ne supporte même plus de rester dans ma chambre d’étudiant, je suis rentré chez ma mère.

-Comme si tu manquais de place autour de toi ? Comme si tout ce qui t’entoure t’écrasait ?

-Oui, c’est un peu ça.

-Et bien, le protocole que je pensais faire aujourd’hui devrait t’être bénéfique.

-C’est quoi ?

-La vie intra-utérine et la place dans le ventre.

-La place dans le ventre de ma mère ?

-Oui, c’est ça. »

 

Yoann dessina un schéma et l’expliqua à Tanguy.

« Tu vois Tanguy, pour un bébé, les émotions de la mère représentent un courant très puissant dont le bébé ne peut se protéger lorsque c’est nécessaire. C’est comme un flux électrique dont il va se charger, il n’y peut rien. Imagine une entité cellulaire en cours d’élaboration, comme un espace à remplir. Tout ce que la mère porte en elle va venir occuper une partie de cet espace, une sorte de vase communicant. Le plein se déverse dans le vide. C’est inéluctable et inconscient la plupart du temps. Il s’agit donc pour toi d’explorer ces fardeaux. Et de les déposer si tu les considères comme limitants. Il n’est pas question de rompre l’attachement à ta mère mais de faire en sorte que cet attachement soit clairement identifié et qu’il devienne juste, bon et utile. »

…

Induction, Canal de lumière, le fil du temps et des souvenirs, même les plus archaïques, les plus enfouis, au tréfonds des cellules.

 

L’écran de cinéma.

« Ce fœtus que tu vois, c’est toi, Tanguy. Prends le temps de te connecter à lui, de le redécouvrir, de sentir ce qui vibre en lui.

…

Comment est-il ? Quel âge lui donnes-tu ? Quelle forme, quelle activité ?

-Il est déjà grand, je vois ses mains et ses pieds, il a une grosse tête…Ses yeux sont fermés. Mais il ne bouge pas. Il a l’air triste.

-Comment est-il placé ?

-Il est en travers, il appuie sur les parois du ventre. Il n’a pas assez de place, c’est trop serré.

-C’est trop serré parce qu’il est en travers ?

-Oui, il est en travers mais parce qu’il n’y a pas assez de place dans l’autre sens.

-Comment ça ?

-Plus il a grandi et moins il y avait de place avec sa tête en bas alors il s’est mis en travers. »

Physiologiquement, c’était bien évidemment contradictoire mais Yoann gardait à l’esprit cette tension croissante d’Emma et sa prise de conscience au regard de son mari…Cette évidence pour elle qu’elle s’était trompée mais que le bébé était là et qu’il grandissait… Peut-être des regrets inavoués, peut-être des pensées d’avortement…Cette place qu’elle-même avait cherché à trouver dans sa vie s’avérait néfaste, une pression quotidienne. L’écrasement existentiel généré par son choix créait en elle une limitation de l’espace intérieur.

« Est-ce que Emma savait ce que tu vivais ?

-Je ne sais pas.

-Est-ce que tu le lui as dit ?

-Non, évidemment.

-Pourquoi ne l’as-tu pas dit ?

-Je suis trop petit, je ne peux pas lui parler.

-Et si elle avait su qu’est-ce qu’elle aurait dit ou fait ?

…

-Elle m’aurait dit de ne pas m’inquiéter et que je pouvais prendre plus de place, que je pouvais bouger.

-Et qu’est-ce que tu aurais fait alors ?

-Je me serais mis dans le bon sens.

-Et bien, fais-le maintenant. Dis à Emma que tu as besoin de bouger, que tu as besoin de davantage de place. Regarde l’espace autour de toi, étends tes bras et tes jambes, ressens ce cocon non pas comme une limite mais comme l’espace où ta vie prend forme, détache-toi des tourments de ta mère, elle ne souhaite pas que tu t’en charges et laisse la vie se diffuser en toi, sans peur, sans inquiétude, ça n’est pas toi qui pose problème à Emma, son amour pour toi est immense, ce sont juste des peurs liées à sa vie de femme qui limite ton espace mais elle n’a aucune mauvaise intention à ton égard, son regard de mère est empli de tendresse et d’amour, elle espère pour toi une vie belle et heureuse, ressens cet amour pour toi…Comment ça se passe pour toi ?

-J’essaie de bouger mais c’est difficile, je sens les parois qui résistent.

-Est-ce que tu distingues quelque chose qui t’empêche de le faire, pas seulement les parois de l’utérus mais un élément rapporté, une forme, une couleur, une masse, un objet ou un mot. Regarde autour de toi.

-Il y a une boule noire au-dessus de moi, en haut de l’utérus, là où je devrais mettre mes pieds.

-Est-ce qu’il y a quelque chose dans cette boule noire ou à sa surface ?

-Je vois de la peur et de la honte.

-C’est comment ?

-Comme des piquants sur la boule noire.

-Comment sais-tu que c’est de la peur et de la honte ?

-Je vois les mots inscrits sur la boule. Elle tourne lentement sur elle-même et je vois les mots qui apparaissent.

-Est-ce que ta mère sait que cette boule est là ?

-Je ne sais pas.

-Alors, dis-lui que cette boule te gêne, qu’elle ne t’appartient pas mais qu’elle prend trop de place.

…

Comment ça se passe pour toi ?

-Elle m’écoute.

-Est-ce qu’elle te dit quelque chose ?

…

-Que ça n’est pas à moi.

-Très bien, alors maintenant, essaie de nouveau de bouger, de prendre la place de cette boule noire, elle n’existe que dans l’inconscient de ta mère, elle n’est qu’une chimère, tu n’as pas à la prendre, Emma ne le veut pas, elle ne souhaite que le meilleur pour toi.

-Oui, c’est mieux, je sens que je peux bouger. 

-Continue ce travail, avec amour, laisse la vie te remplir de sa force, elle s’est installée en toi, elle te nourrit, elle ne peut pas se tromper, ce don qu’elle t’accorde est une bénédiction, accueille cette vie avec bonheur et reconnaissance, au-delà des contraintes de l’existence. 

-C’est difficile encore.

-La boule noire te gêne encore ?

-Non, ça n’est pas, il n’y a rien dedans qui me bloque maintenant. Mais…

-Oui ?

-J’ai l’impression que je ne dois pas la déranger, que je dois rester caché, que le monde dehors n’est pas pour moi. Que personne ne m’attend, qu’ils sont même dangereux, qu’il y aura toujours quelqu’un pour venir m’arracher au bonheur.»

 

 

Ils discutèrent longuement après la séance.

Les ressources que Tanguy avait pu retirer de cette vie intra-utérine, cette capacité à exister malgré les pesanteurs héritées, malgré les peurs acquises. Les larmes du jeune homme. Un désespoir qui semblait inguérissable. Cette certitude  qu’il n’était plus qu’un fardeau. Cette incapacité à extraire de son chemin de vie la moindre marque d’estime.

« …m’arracher au bonheur… »

Le symbolisme était évident.

Yoann savait ce qu’il devait encore faire.

Garder confiance, rester patient et déterminé. Laisser l’Inconscient épurer les strates figées de l’histoire personnelle, explorer les traumatismes irrésolus, les immobilismes emplis de peurs.

Le travail de toute une vie.

Il fallait continuer.

 

Vers l'Horizon...

Par Le 15/03/2015

Fin de ma formation en sophrologie analysante. Certification obtenue.

Une belle expérience, très, très enrichissante sur un plan personnel, intellectuel, spirituel, émotionnel, relationnel.

Il n'était pas simple pour moi qui vis dans un isolement volontaire de me "dénuder" ainsi, spirituellement, devant quatorze femmes. Puisque j'étais le seul homme de la formation. 

Une telle formation engage considérablement la personne. Il faut accepter d'aller chercher en soi les failles, les traumatismes, les souvenirs enkystés, de les analyser, de les éplucher comme un oignon et de pousser l'exploration jusqu'au coeur de l'âme....

Là, où justement, il est si difficile d'aller...

Il me fallait être pleinement en confiance. 

Et ce fut bien au-delà de ça. 

Un sentiment d'empathie, de bienveillance et d'amour, l'acceptation de l'autre dans toutes ses détresses parce que les siennes sont accueillies avec amour et bienveillance.

Quand on a épluché jusqu'au coeur de l'âme, on pleure. 

Et parce qu'on a pleuré, les sourires ensuite sont plus beaux, plus profonds, plus lumineux.

 

J'avais peur en m'engageant de retomber sur un fonctionnement "scolaire" de compétition. Ce système que j'ai combattu toute ma carrière.

Rien de tout cela. Une absence de compétition et de comparaison, l'autre devient un partenaire, un accompagnant que l'on accompagnera également. Chacun chemine à sa vitesse en sachant que personne ne le condamnera parce qu'il a besoin de davantage de temps ou d'explication ou de soutien. Chacun sait, qu'intérieurement, il porte des failles toutes aussi profondes...

C'est une formation à l'humilité.

Une formation à l'empathie.

Une formation à l'amour de soi et donc de l'autre. 

Je ne sais pas encore ce que je pourrai en faire sur un plan professionnel, au vu de la situation bloquée avec le Ministère de l'éducation territoriale...

Mais je sais infiniment bien tout ce que spirituellement j'en ai appris. Et j'ai une petite idée de tout ce qui reste à explorer........

L'impression d'un navigateur qui va vers l'horizon en sachant très bien que l'horizon recule mais qui se réjouit infiniment des horizons déjà parcourus et qui reste comme un enfant, les yeux tendus vers la lumière qui brille là-bas....

Comme elle a l'air belle.... il faut que j'aille voir. Mais je n'oublie rien. Ce sont les lumières ingérées qui me portent vers les lumières à venir. 

C'est le souffle de mon âme qui gonfles les voiles.

................

Merci aux femmes de ce groupe. Merci à cette Humanité féminine. 

 Mille mercis à toutes les "copines" pour tout ce qu'elles sont.  

Mille mercis à Audrey Steinmetz pour tout ce qu'elle est. Bienveillance, soutien, patience, détermination, passion et surtout un potentiel d'amour infini...

Sophrologie

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La Sophrologie permet la gestion des émotions, de l’angoisse, du stress… et a pour objectif d’amener la détente, le calme en soi…

Des outils concrets sont apportés au patient pour lui apprendre à gérer ses états internes limitants : stress, angoisse, agressivité… exercices de respiration et exercices de visualisation

.

La Sophrologie permet à tous de réactiver des ressources personnelles, d’améliorer la confiance, l’estime de soi. C’est un outil efficace pour préparer un examen, une compétition sportive, une opération,…

Kundalini 4 2


Mémoire...cellulaire...(11)

Par Le 15/03/2015

…

 

 Belanger1

Vingt ans… Il s’était écoulé vingt ans quand Yoann reçut cet appel.

« Bonjour M Pignon, je m’appelle Tanguy, je suis le fils de Paul Langevin. Mon père m’a parlé de vous. J’ai besoin de votre aide. »

Un choc. Comme une évidence qui  éclatait au grand jour. L’héritage avait joué son rôle néfaste.

Ils avaient discuté quelques minutes. Yoann était en séance. Ils avaient décidé d’un rendez-vous.

Une certaine impatience à rencontrer ce jeune homme. Comment avait-il vécu son enfance, puis son adolescence, quels chemins de vie ses parents avaient-ils eus ? Yoann n’avait plus reçu de nouvelles de Paul. Sans doute une honte tenace, une culpabilité de ne pas être parvenu à prolonger le travail. Que vivait-il désormais ? Et Emma ? Elle ne l’avait jamais contacté, elle n’avait jamais cherché à savoir ce que Paul avait vécu en thérapie. Connaissait-elle vraiment sa démarche d’ailleurs ? Tellement de non-dits et de secrets…

 

Yoann avait gardé un arrière-goût désagréable de son travail avec Paul, comme une tâche inaboutie, une culpabilité qu’il avait tenté d’atténuer avec le temps...

Il était de toute façon impossible de changer celui qui le refuse. Il héritait maintenant du désordre intérieur du garçon. Transmission néfaste qu’il avait du mal à comprendre. Cette impression nauséeuse que des millions d’enfants naissaient empoisonnés par les résidus fossilisés des tourments de leurs géniteurs. Mais de quel droit les parents pouvaient-ils nier de la sorte cette intoxication originelle ? Comment considérer qu’un enfant puisse agir comme un antidote, comment était-il possible de le prendre ainsi en otage ? Cette inconscience dans l’euphorie de la conception ou ce déni aveugle au regard des tourments archaïques…

Il n’avait jamais pu écarter cette colère. Il n’avait jamais réussi à se contenter de poser un diagnostic et à entamer un accompagnement.

Il lui restait inévitablement un sentiment de gâchis.

Il lui restait à apprendre le détachement.

Le thérapeute qui apprend de ses patients que l’humilité est indispensable.

 

Vingt ans après… Vingt ans de tourments, comme une évolution inversée. Et que pourrait-il bien faire ? Le silence de Paul était éloquent et criait à tue-tête l’inefficacité des protocoles. Il lui était toujours douloureux de sentir cette responsabilité au regard de ses patients. Toutes les paroles qui consistaient à répéter que leurs chemins de vie leur appartenaient et qu’il n’était qu’un lampadaire sur la route, une petite lumière fragile, toutes ses justifications et ses mots apaisants, ils ne parvenaient à effacer la pesanteur de ce ressenti. Il reconnaissait bien parfois l’empreinte d’une certaine prétention, une mission à mener à bien, comme l’ultime Sauveur… C’est là qu’il devait travailler sur lui. Admettre qu’il n’était rien sans la volonté de son patient.

Rien du tout.

Et que de vouloir libérer les individus de leurs fers entravait les individus eux-mêmes puisque cet espoir venait inscrire une pression sur le patient lui-même. Les émotions, les pensées, les intonations, les gestes, les regards… Tout pouvait être interprété… Le thérapeute pouvait participer lui-même à l’enfermement du patient en cherchant une voie de libération.

Le thérapeute n’avait rien à chercher. Il devait juste être celui qui ouvre une fenêtre, celui qui invite le patient à regarder l’horizon. Jusqu’au moment où il sentira en lui la force d’avancer.

 

 

« Entrez Tanguy, bienvenu. »

Une main molle. Un jeune homme timoré, mal dans sa peau, une démarche dégingandée, comme un corps sans squelette. Une énergie sombre. Comme un entonnoir à malheurs. Vingt ans d’errance existentielle matérialisés dans des yeux inquiets.

Quelques paroles de présentation.

« Je suis à la FAC de psycho à Lyon. Je voulais devenir psychologue pour enfants mais je n’arrive plus à suivre et mes résultats sont désastreux. En fait, j’ai une capacité de concentration trop faible, j’ai toujours des pensées qui m’assaillent.

-Quel genre de pensées ?

-Que je suis en danger, que je ne suis pas à ma place, que ce monde n’est pas pour moi, que les autres me méprisent… »

Paul. Tanguy. Un éternel recommencement.

« Mon père a été licencié il y a dix ans et il a réussi à passer un concours dans l’administration. Il travaille à la mairie de Pont-en-Royans. Il a un petit appartement. Il vit tout seul. Sa mère est morte il y a plusieurs années déjà. Ma mère s’est remariée avec un anesthésiste. Celui qui était là le jour de ma naissance.

-Pourquoi un anesthésiste ?

-C’était une césarienne. Une grossesse qui s’est mal finie et une arrivée désastreuse. Je ne voulais pas sortir apparemment. Ma mère en a été très marquée.

-Et vous expliquez ça comment ?

-Parents séparés, père absent pendant la grossesse, même pas là le jour de ma naissance, une mère angoissée, perdue, toute seule, j’en avais des raisons de ne pas vouloir sortir mais ça, c’est ce que j’imagine aujourd’hui.

-Mais, c’est tout à fait envisageable que ça soit ça.

-J’ai voulu en parler une fois avec mon beau-père et il s’est moqué de moi. Tout ce qui touche à la psychologie, ça le fait rire et évidemment ma mère dit comme lui. Elle n’a jamais accepté d’ailleurs que mon père vienne vous voir et elle ne sait pas que je suis là. »

Des non-dits, des moqueries, des secrets, des dénis, des rancœurs, des colères. Et il aurait fallu construire une vie sereine là-dessus. Vaste défi…

Il raconta son enfance. Une grand-mère qui palliait exagérément aux déficiences affectives d’un père dépressif. Une mère totalement soumise à un beau-père rationnel et autoritaire, le milieu médical dans toute sa rigueur cartésienne, pas d’autres enfants dans le couple, la césarienne d’Emma avait brisé à tout jamais le désir d’un autre enfant, une scolarité moyenne, peu de camarades, encore moins aujourd’hui… Il n’avait jamais eu de petite amie.

Des peurs comme compagnes de vie, des hontes, des culpabilités inexpliquées, comme un individu hanté, un héritage trop lourd.

« Est-ce que vous avez déjà consulté un thérapeute ?

-Jamais. J’ai vu un psychologue scolaire quand j’étais à l’école primaire parce que je n’arrivais pas à lire, j’ai redoublé mon CP.

-Et qu’est-ce que ça a donné ?

-Je n’ai pas les détails et je ne me souviens pas de tout mais ça s’est mal passé avec mon beau-père. Il disait que c’était n’importe quoi, que c’était la maîtresse qui était nulle. Et ma mère ne disait rien. Je me souviens juste l’avoir vue pleurer.

-Et ensuite ?

-Il n’y a rien eu d’autre. Personne. J’ai continué comme je pouvais, j’ai eu mon bac, je suis rentré à la FAC. Mais maintenant, je n’y arrive plus et je me sens tellement différent que je me replie de plus en plus. Je ne vois plus personne. J’ai toujours peur de prendre ma place dans un groupe. Je ne sais même pas s’il y a une place pour moi d’ailleurs. Alors, si c’est juste une seule personne, j’ai toujours l’impression qu’elle cherche mes défauts ou qu’elle attend que je dise une bêtise.

-Avec les filles aussi ?

-Encore plus. Là, c’est une catastrophe. »

Il avait baissé les yeux, fixant le sol.

 

 

 

C’était bien ça. Un bébé électrochoc, une césarienne, des autorités opposées et des vides affectifs, l’incapacité à prendre sa place, un individu privé de lui-même, une culpabilité inconsciente liée à la césarienne pratiquée sur sa mère…

Yoann expliqua plusieurs protocoles, ils établirent un planning et ils se quittèrent.

Il repensa longuement à tout ce que Tanguy lui avait raconté. Sa mère lui avait parlé une seule fois de sa naissance. « Un très mauvais souvenir, » avait-elle dit.

Tanguy était en siège. La césarienne était inévitable. Souffrance fœtale, souffrance maternelle, culpabilité parentale… Tellement de fardeaux. Tout ce qui avait été transmis au fœtus, tout ce dont il s’était chargé… Une grossesse entachée de peurs, de colères, de remords, de détresse. Des émotions maternelles qui s’étaient ancrées.

Tanguy n’avait pas réussi à naître « normalement, » comme il le disait.

« Un mauvais départ qui augurait de la suite. Je suis comme un véhicule sorti de la chaîne de fabrication, envoyé sur une voie de garage.»

Comme s’il ne pouvait plus se défaire du rôle du mauvais, de l’incapable, de celui qui fait du mal et fait tout mal.

Une image de la vie comme une condamnation à perpétuité.

Un désastre. 

Comment ruiner l'école publique...

Par Le 14/03/2015

UN ARTICLE DE 2008...

http://www.mezetulle.net/article-19661102.html

Comment ruiner l'école publique ?
par Marie Perret (1)

En ligne le 18 mai 2008


La ruine de l'école publique n'est pas le résultat d'un hasard, mais d'une politique délibérée poursuivie par le néo-libéralisme. Cela n'a rien d'étonnant, au fond. Mais ce qui l'est davantage, c'est que cette politique reçoit le soutien de quelques "idiots utiles" depuis bientôt 30 ans. Non seulement la gauche n'a pas résisté à cette destruction, mais elle a apporté un soutien inespéré au programme de la marchandisation de l’école. Le discours « pédagogiste » auquel une grande partie de la gauche a adhéré a eu pour principal effet de précipiter l’affaiblissement de l’institution scolaire ainsi que la baisse générale du niveau. Comment résister ?

Cet article a été publié le 3 mai 2008 dans UFAL Ecole, que Mezetulle remercie pour cette autorisation de reprise.


Quatre constats inquiétants

   1. Plus de 150 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans diplôme.
   2. Le recours à des officines de soutien privé est de plus en plus systématique. Il faut savoir qu’Acadomia, entreprise spécialisée dans les cours à domicile, est désormais cotée en bourse. Il y a, de fait, une privatisation rampante de l’enseignement.
   3. L’école, depuis 30 ans, ne joue plus son rôle d’« ascenseur social ». Un exemple : il n’y a jamais eu aussi peu d’enfants d’ouvriers dans des grandes écoles comme Polytechnique ou Centrale qu’aujourd’hui.
   4. Le niveau baisse. Il y a quelques années encore, il était de bon ton de railler les professeurs élitistes et grincheux, toujours prompts à « seriner l’antienne du niveau qui baisse ». Aujourd’hui, le constat est pour ainsi dire unanime. On tire la sonnette d’alarme à tous les niveaux, et dans toutes les matières. Instituteurs, professeurs de collège et de lycée, mais également professeurs d’université : tous déplorent le peu de culture des élèves et des étudiants, leur manque de repères historiques, leur difficulté à maîtriser la langue française, à organiser leur pensée de façon rigoureuse, à exprimer leurs idées de façon fine. Les raisons de ces difficultés ne sont pas seulement exogènes et sociologiques. Si le niveau baisse, ce n’est pas seulement à cause de l’hégémonie de la société du spectacle ou de l’attitude « consommatrice » des jeunes : c’est aussi parce que l’école est de moins en moins exigeante. Bien sûr, le régime n’est pas le même partout : dans les grands lycées de centre ville, où sont généralement scolarisés les enfants de la bourgeoisie, les exigences sont restées à peu près les mêmes. Dans les quartiers populaires, en revanche, les professeurs, débordés, gèrent tant bien que mal la violence liée à l’indiscipline en occupant les élèves, à défaut de les instruire. Les parents cherchent par tous les moyens à dé-sectoriser leurs enfants ou à les inscrire, quand ils sont assez riches, dans le privé. Le contraste entre les établissements est désormais tellement marqué qu’il n’est pas excessif de parler d’une « école à deux vitesses ».

Ces quatre faits ne sont évidemment pas indépendants les uns des autres. Le quatrième constat, qui est le plus déterminant, éclaire les trois autres : c’est parce que le niveau baisse que les familles bourgeoises enrichissent les officines de soutien privé tandis que les enfants des milieux populaires vont grossir les rangs de ceux qui sortent du système scolaire sans diplôme. On ne s’étonnera donc pas que l’école joue aujourd’hui moins que jamais son rôle d’« ascenseur social ».


A qui profite le crime ?

La question qu’il faut poser est la suivante : qui a intérêt à ruiner l’école publique ? A qui profite le crime ?

En 1996, le centre de développement de l’OCDE a publié un intéressant rapport. Le titre est sibyllin (« La faisabilité politique de l’ajustement »), le style, technocratique, l’enjeu effrayant : sous couvert d’apprendre aux gouvernements comment réduire les déficits budgétaires, son auteur, Christian Morrisson, montre comment libéraliser tous les secteurs des activités humaines en « réduisant les risques » – entendez : en évitant la révolte sociale. Soit le problème suivant : étant donné qu’il n’y a pas de libéralisation possible sans destruction des services publics, étant donné que les peuples sont généralement attachés aux services publics, trouver le moyen de supprimer les services publics tout en évitant de mettre les gens dans la rue. La solution est simple, mais il fallait l’inventer : Christian Morrisson préconise la méthode douce qui consiste à diminuer la qualité des services publics. Dans l’extrait ci-dessous, l’auteur prend l’exemple de l’école. Goûtons ce morceau d’anthologie du cynisme néo-libéral :

Les mesures de stabilisations peu dangereuses :
Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population.  (2)


Il n’y a qu’à diminuer progressivement la qualité de l’enseignement : les citoyens n’y verront que du feu. Personne ne descendra dans la rue, les gouvernants ne seront pas inquiétés, le secteur privé tirera tout le bénéfice, car les familles fuiront les établissements publics. Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Christian Morrisson décrit sans fard la réalité de l’école publique. La qualité de l’enseignement, depuis 30 ans, baisse à un point tel que les citoyens n’ont plus confiance dans leur école. Résultat : la marchandisation de l’enseignement est en marche (après celle de l’eau, après celle des énergies, après celle de la santé, etc.). L’école publique se délite progressivement. On grogne bien ici ou là, on réclame davantage de moyens, mais force est de constater que la recette Morrisson marche bien : le « risque politique » que constitue le « mécontentement général de la population » est évité.


Les « idiots utiles »

Pour résister à cette entreprise de destruction de l’école publique, il aurait fallu défendre l’idéal d’une institution forte, dévolue à la transmission de savoirs exigeants, sourde aux pressions venant de la société civile. Pour combattre efficacement Morrisson, il aurait fallu se ranger derrière Condorcet. On aurait pu croire que la gauche, fidèle aux principes de l’école républicaine, allait résister à l’offensive. Non seulement elle ne l’a pas fait, mais elle a apporté, à son corps défendant, un soutien inespéré au programme de la marchandisation de l’école. Le discours « pédagogiste » auquel une grande partie de la gauche a adhéré a eu pour principal effet de précipiter l’affaiblissement de l’institution scolaire ainsi que la baisse générale du niveau. Voici quelques exemples de mesures qui ont participé à cette baisse :

    * En valorisant des qualités qui n’ont rien à voir avec les compétences qu’on doit attendre d’un professeur, on a recruté des enseignants qui n’étaient pas toujours qualifiés. On a oublié qu’avant d’être « gentil », « dynamique », d’« aimer les élèves », de « participer activement au projet d’établissement », un professeur doit se distinguer par la maîtrise des savoirs qu’il transmet.
    * En instaurant le passage automatique, on a fait en sorte que tous les élèves, même ceux qui n’ont pas le niveau, puissent passer dans la classe supérieure. Comme le redoublement est un luxe (les gestionnaires de l’éducation nationale savent que cela coûte de l’argent), on a poussé les professeurs au laxisme. Pire : on leur a retiré le droit de s’opposer au passage de tel ou tel élève dans les conseils de classe. Les parents sont généralement contents : ils pensent qu’on fait un cadeau à leurs enfants. Ils se trompent : en fait de cadeau, il ne s’agit que de faire des économies.
    * Sous le prétexte idiot que la discipline ferait violence aux élèves, qu’un cours doit être « vivant », que le cours magistral est « ringard », on a laissé le désordre s’installer dans les classes. Les professeurs constatent amèrement qu’il est de plus en plus difficile de faire la classe dans de bonnes conditions et d’instruire les élèves.
    * En bradant les diplômes qui, de fait, ont de moins en moins de valeur sur le marché du travail, on a poussé tout le monde à faire des études longues. Comme les conditions d’enseignement à l’Université sont souvent difficiles et parfois déplorables, comme les BTS et les IUT sont pleins, les parents qui ont de l’argent inscrivent leurs enfants dans des écoles supérieures privées (qui coûtent très cher). Ceux dont les parents n’ont pas les moyens se retrouvent sur le marché du travail : ils constituent alors une main d’œuvre paupérisée, qui est d’autant plus exploitable par le patronat qu’elle est peu qualifiée.
    * On a délaissé l’enseignement technique et professionnel, éternel parent pauvre de l’éducation nationale, alors qu’il peut assurer une solide formation à des élèves qui s’ennuient dans les filières générales.
    * Au nom des meilleurs sentiments du monde, on a remis en question le principe d’égalité républicaine et condamné les élèves des quartiers populaires : au lieu d’exiger d’eux ce qu’on exige dans les collèges et les lycées parisiens, on a "adapté" l’enseignement (« inutile de leur faire lire Racine, Descartes ou Montaigne : c’est trop compliqué pour eux et puis c’est tellement éloigné de leurs préoccupations »). On enseigne les humanités aux fils et aux filles de la bourgeoisie, tandis qu’on expérimente, sur les enfants des quartiers populaires, les nouvelles "pédagogies".


Les moyens de résister

Comment résister à cette entreprise d’affaiblissement de l’école publique ?
Voici, pour conclure, quelques pistes :

    * En renforçant l’institution scolaire : il faut instaurer de la discipline, élever le niveau des exigences, instruire les élèves (et non les occuper ou les amuser).
    * En recrutant des professeurs compétents : il faut que ceux-ci soient recrutés sur concours nationaux, pour leurs savoirs ainsi que leur capacité à les transmettre le plus clairement et le plus rigoureusement possible.
    * En concentrant les moyens dans les établissements des quartiers populaires : les professeurs les plus puissants, les mieux formés, les plus savants doivent être envoyés dans ces quartiers et exiger des élèves ce qu’ils exigeraient des élèves d’un lycée comme Henri IV.
    * En cessant d’abaisser l’enseignement technique et professionnel : il faut que les élèves puissent en tirer une formation solide grâce à laquelle ils pourront trouver du travail, mais aussi suffisamment généraliste pour qu’ils puissent changer d’entreprise.


© Marie Perret et UFAL-Ecole,  2008. Lire l'article sur son site d'origine

1 - Responsable du secteur Ecole de l'UFAL (Union des Familles Laïques).
2 - Sur ce texte de C. Morrisson, voir l'article
 Les risques calculés du néo-libéralisme sur ce blog.

Voir le
 commentaire de Tristan Béal et la discussion entre Jean-Michel Muglioni et C. Kintzler 

 

Charte pour la terre et l'Humanisme

Par Le 12/03/2015

Pierre Rabhi sourire aux lèvres
Les 8 propositions de Pierre Rabhi pour que le monde tourne rond

« La planète Terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous connaissons au sein d'un immense désert sidéral. En prendre soin, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix et la solidarité entre les humains, dans le respect de toute forme de vie, est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit. »

Les propositions qui suivent sont extraites de la Charte Internationale pour la Terre et l’Humanisme, écrite par Pierre Rabhi pour le mouvement Colibris, issue de son livre Vers la Sobriété Heureuse, paru en 2010 aux éditions Actes-Sud.

Plus que de simples idées, ces propositions réinventent un modèle de société pour proposer une alternative au monde d’aujourd’hui. Pour que le temps arrête de n’être que de l’argent, pour que le silence redevienne merveilleux, pour que la logique du profit sans limites cède face à celle du vivant, pour que les battements de nos coeurs ne sonnent pas comme des moteurs à explosion, et enfin pour vivre et prendre soin de la vie.

#1 : L’agroécologie, pour une agriculture biologique et éthique

De toutes les activités humaines, l'agriculture est la plus indispensable, car aucun être humain ne peut se passer de nourriture. L’agroécologie que nous préconisons comme éthique de vie et technique agricole permet aux populations de regagner leur autonomie, leur sécurité et leur salubrité alimentaires, tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers.

#2 : Relocaliser l'économie pour lui redonner un sens

Produire et consommer localement s'impose comme une nécessité absolue pour la sécurité des populations à l'égard de leurs besoins élémentaires et légitimes. Sans se fermer aux échanges complémentaires, les territoires deviendraient alors des berceaux autonomes valorisant et soignant leurs ressources locales. Agriculture à taille humaine, artisanat, petits commerces, etc., devraient être réhabilités afin que le maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de l'économie.

#3 : Le féminin au cœur du changement

La subordination du féminin à un monde masculin outrancier et violent demeure l'un des grands handicaps à l'évolution positive du genre humain. Les femmes sont plus enclines à protéger la vie qu'à la détruire. Il nous faut rendre hommage aux femmes, gardiennes de la vie, et écouter le féminin qui existe en chacun d'entre nous.

#4 : La sobriété heureuse contre le “toujours plus”

Face au "toujours plus" indéfini qui ruine la planète au profit d'une minorité, la sobriété est un choix conscient inspiré par la raison. Elle est un art et une éthique de vie, source de satisfaction et de bien-être profond. Elle représente un positionnement politique et un acte de résistance en faveur de la terre, du partage et de l'équité.

#5 : Une autre éducation pour apprendre en s'émerveillant

Nous souhaitons de toute notre raison et de tout notre cœur une éducation qui ne se fonde pas sur l'angoisse de l'échec mais sur l'enthousiasme d'apprendre. Qui abolisse le "chacun pour soi" pour exalter la puissance de la solidarité et de la complémentarité. Qui mette les talents de chacun au service de tous. Une éducation qui équilibre l'ouverture de l'esprit aux connaissances abstraites avec l'intelligence des mains et la créativité concrète. Qui relie l'enfant à la nature, à laquelle il doit et devra toujours sa survie, et qui l'éveille à la beauté, et à sa responsabilité à l'égard de la vie. Car tout cela est essentiel à l'élévation de sa conscience.

#6 : Incarner l'utopie

L'utopie n'est pas la chimère mais le "non-lieu" de tous les possibles. Face aux limites et aux impasses de notre modèle d'existence, elle est une pulsion de vie, capable de rendre possible ce que nous considérons comme impossible. C'est dans les utopies d'aujourd'hui que sont les solutions de demain. La première utopie est à incarner en nous-mêmes, car la mutation sociale ne se fera pas sans le changement des humains.

#7 : La terre et l'humanisme

Nous reconnaissons en la terre, bien commun de l'humanité, l'unique garante de notre vie et de notre survie. Nous nous engageons en conscience, sous l'inspiration d'un humanisme actif, à contribuer au respect de toute forme de vie et au bien-être et à l'accomplissement de tous les êtres humains. Enfin, nous considérons la beauté, la sobriété, l'équité, la gratitude, la compassion, la solidarité comme des valeurs indispensables à la construction d'un monde viable et vivable pour tous.

#8 : La logique du vivant comme base de raisonnement

Nous considérons que le modèle dominant actuel n'est pas aménageable et qu'un changement de paradigme est indispensable. Il est urgent de placer l'humain et la nature au cœur de nos préoccupations et de mettre tous nos moyens et compétences à leur service.

Crédit image : unifrance.org

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Et c'est moi qui suis "fou"...

Par Le 12/03/2015

J'ai écrit ici il y a un an déjà que j'étais convaincu qu'il était prévu de faire entrer les entreprises dans les écoles et que tout cela ferait partie d'un désengagement de l'Etat vers une privatisation déguisée. 

Et bien, voilà, voilà.....

On nous dit dans l'article que les noms des banques ne sont pas cités. Manquerait plus qu'ils ouvrent un livret jeune aux élèves..... mais l'effet psychologique ne peut pas être occulté.

"Les "gentils" banquiers sont là pour s'occuper de mes sous quand je serai grand."

"Les "gentils" banquiers connaissent bien tous les problèmes liés à l'argent."

"Les "gentils" banquiers seront toujours disponibles, compréhensifs et patients pour m'aider."

C'est certain qu'actuellement, dans l'esprit de la population, les banquiers n'ont pas bonne presse. Il est donc "intéressant" pour eux  d'entamer une démarche de récupération des clients en s'adressant aux enfants.....Il leur a donc suffi de se tourner vers le Ministère. Entre copains, on se comprend.

Personnellement, avec ma femme, on n'a pas attendu que des banquiers viennent voir nos trois enfants.

Essayons d'imaginer ce qui restera du domaine parental dans 50 ans ...... La procréation ? Même pas certain....

Et c'est moi qui suis "fou"..........Paranoïaque, troubles obsessionnels avec provocation.....Confusion mentale....

J'ai la rage et je ne veux pas de leur vaccin.

A l'aide d'un jeu de plateau, les enfants sont amenés à se poser des questions sur l'argent. ©Twitter/FBF

A l'occasion de la semaine européenne de l'argent, des banquiers sont invités dans des classes de CM1/CM2 à donner une éducation financière et budgétaire aux enfants.

Wall Street s'invite à l'école. A l'occasion de la semaine européenne de l'argent organisée par la Fédération bancaire européenne, lancée du 9 au 13 mars dans 22 pays, «Les clés de la banque» mettent en route l'opération «J'invite un banquier dans ma classe».

Au programme, un professeur, une classe de CM1/CME, un jeu de plateau et… un banquier. Durant une heure, les enfants vont apprendre à bien gérer leur argent. «L'opération existe depuis cinq ans en Hollande», explique Anne-Catherine Derck, qui pilote le programme d'éducation financière «Les clés de la banque». A l'aide du plateau et de cartes questions-réponses, les écoliers répartis en petit groupe doivent atteindre le magasin de souvenirs avant que le rideau ne se ferme.

Des cartes achats leur permettent de s'interroger sur des situations du quotidien. Ils devront par exemple répondre à cette proposition: «J'adore le dernier jeu vidéo qui vient de sortir. Il coûte 70€. Dans ma tirelire, j'ai justement 70€. Avant de l'acheter, à quoi dois-je réfléchir?». A chaque question correspond une réponse. «Il n'y a pas de mauvais comportement. On propose les différentes possibilités, précise Anne-Catherine Derck. Il y a un vrai besoin d'éducation financière à l'école. Le projet pilote a été construit avec des professeurs et un ludologue», ajoute la directrice du projet.

Un quiz pour les enfants, une charte de déontologie pour les banquiers

A l'origine prévu pour 25 classes, le projet concerne désormais cinquante-cinq. «Pour cette tranche d'âge, c'est un moment clé dans leur rapport avec l'argent, ajoute la directrice du projet. Ils vont commencer

Le plateau du jeu ©Les clés de la banque

à acheter au collège donc on veut anticiper». Les banquiers sont volontaires. «Ce cadre exclut toute démarche commerciale», assure le programme. «On ne cite pas le nom de leurs organismes, on ne donne pas de conseils ou de noms de produits. On informe», affirme Anne-Catherine Derck. Les banquiers signent une charte déontologique et n'animent pas la séance. Le professeur mène le jeu et le banquier n'intervient que «pour expliquer des points plus techniques».

Afin de mesurer «l'acquisition des compétences» des enfants, un quiz est organisé à la fin de chaque séance. A terme, le programme aimerait «étendre l'opération à toute la France pour en faire un dispositif national».

http://www.lefigaro.fr/argent/2015/03/10/05010-20150310ARTFIG00108-des-banquiers-s-invitent-dans-les-classes-d-ecole.php?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

Mémoire...cellulaire...(10)

Par Le 12/03/2015

Ce texte a pour objectif de donner un aperçu de la sophrologie analysante mais il est inévitablement très incomplet au regard des interventions d'un professionnel. Ce n'est donc qu'une vue très succincte de tout ce qui peut être fait dans le cadre de cette thérapie.

Belanger1

Yoann ne revit plus Paul après cette séance. Il disparut pratiquement de sa vie. Ils discutèrent trois fois au téléphone. Le divorce avait eu lieu, la maison était achevée, un garçon était né.

Paul avait été un des premiers employés à subir le redéploiement de l’entreprise et les restructurations. Il avait été muté. Trois heures de route les séparaient désormais. Il était heureux malgré tout car cette mutation l’avait rapproché du domicile de sa mère. Son père était décédé quatre ans auparavant. Paul disait qu’il allait pouvoir consacrer davantage de temps à sa « maman »…Celle-ci lui avait dit que de toute façon, elle n’avait jamais trouvé qu’Emma était une femme pour lui.

Emma… Elle avait trouvé en Paul la possibilité de jouer à la mère, de tenir un rôle maternel. Personne n’était coupable, personne n’était victime. Il n’y avait qu’un imbroglio de personnalités incomplètes, des individus intoxiqués par des fonctionnements archaïques, hérités parfois de générations précédentes…

L’enfant remplaçait désormais cet homme-enfant. Un électrochoc pour elle aussi. Elle ne pouvait plus imaginer son mari symboliquement accroché à ses seins.

Finalement, Paul n’aimait pas sa mère, il n’aimait pas Emma. Il aimait en elles l’amour maternel. Il aimait ce que cet amour protecteur lui procurait. Il n’aimait pas les individus en eux-mêmes mais le bien qu’ils pouvaient lui donner. Et le refus en lui d’explorer les blocages le condamnaient à souffrir.

 

Yoann avait décidé d’étudier ce fameux complexe d’Œdipe et de tenter d’en analyser chaque scénario. Une évidence que dans le parcours de vie de Paul, cette phase cruciale du développement de l’individu avait été profondément problématique. Il ne pouvait plus rien pour Paul. On ne change pas les autres contre leur volonté. Il avait fait ce qu’il pouvait, sans être persuadé d’avoir réussi quoi que ce soit. Il avait fait au mieux. C’était à Paul de grandir…

Ce petit garçon, le fils de Paul et d’Emma.

Il venait au monde dans une famille séparée, un couple brisé, un père peu présent, immature, névrosé, déprimé, apeuré, inconstant, une mère seule portant une histoire trop lourde, une déception amoureuse, affective, existentielle, une perte de confiance en elle ou dans les hommes en général, une culpabilité au regard de son enfant. Tellement d’options possibles…

Il imagina deux couples recomposés. Garde alternée. Comment l’enfant parviendrait-il à gérer cette situation ? S’il acceptait les nouveaux partenaires de ses parents ? Ou s’il les rejetait ? Ou un seul ? Un panel de suppositions qui l’assaillit.

Si Emma se remarie et que son compagnon assume le rôle de père de substitution, qu’Emma accepte de déléguer à ce compagnon sa mission paternelle, sans s’accaparer cet enfant issu d’une union brisée, le petit garçon trouvera  en cet homme le support nécessaire à son identification masculine et le renoncement de l’amour pour sa mère pourra se faire.

Si Emma se remarie avec un homme que le petit garçon n’aime pas ou en lequel il ne trouve pas les raisons de l’admirer et de vouloir l’imiter et de se confronter à lui, le renoncement à la mère ne se fera pas naturellement. Il faudra qu’un autre homme prenne ce rôle, un ami d’Emma, un Oncle, un voisin, un enseignant, une figure masculine envers laquelle le désir d’imitation pourra surgir et conduire l’enfant vers une identification positive. C’est ce dont Paul n’avait pu bénéficier et il était resté attaché à sa mère par un lien d’amour incestueux et une culpabilité castratrice.

Il n’avait pas eu dans sa vie d’enfant ce « Tiers séparateur » qui l’aurait amené à ce renoncement maternel et à l’ouverture vers le monde. Aucune identification masculine et le monde était resté un « étranger dangereux », un espace à fuir. Emma n’avait été qu’une « protectrice » et elle n’avait plus voulu de ce rôle et encore moins d’un père qui n’aurait pas le comportement adéquat pour son enfant. Elle avait décidé de rompre l’héritage en cours…Cet enfant avait pour mission d’être un bébé électrochoc et il risquait de porter la culpabilité d’avoir failli à cette tâche imposée. Est-ce qu’Emma n’allait pas reprocher inconsciemment à cet enfant de n’avoir pas pu changer son père ?

Tout devenait possible puisque tout était rempli d’intentions inavouées.

Que deviendrait l’enfant auprès d’une nouvelle compagne de son père ?

Si Paul garde la même attitude, s’il ne se défait pas de ses fardeaux, l’enfant pourrait en s’attachant à cette Belle-mère s’enfermer dans un amour « maternel » à travers cette figure féminine, d’autant plus facilement que le compagnon d’Emma chercherait au contraire dans l’autre couple à assumer son rôle d’homme.

La problématique se renforçait et les options à venir se multipliaient. Ce qui pouvait être positif dans un couple pouvait être défait par l’autre. L’alternance devenait anxiogène pour l’enfant et il était impossible de s’assurer de la justesse de son développement sur le court terme. Comme souvent, les effets n’apparaîtraient clairement qu’une fois profondément insérés, installés, figés, fossilisés.

Si Emma venait à mourir et que Paul se voyait attribuer la garde de l’enfant, une Belle-mère pourrait assumer le rôle maternel mais succomberait peut-être à un attachement étouffant au regard du deuil vécu par l’enfant. Un attachement d’autant plus profond que Paul culpabiliserait sans doute, inconsciemment ou pas, du parcours de vie de son enfant. Parents séparés, une mère décédée… Il risquerait de prendre lui aussi un rôle maternant, éloigné totalement de sa mission d’éveil au monde pour son enfant. Il reproduirait à l’identique sa propre enfance. Aucun renoncement à la mère, aucune identification au père, un fantasme de castration figé, un amour maternel jamais éludé, le refus du monde extérieur, l’absence d’intellectualisation, le maintien de l’enfant dans un espace fermé, une dualité désastreuse qui ne serait jamais résolue. Une sexualité adulte qui ne pourrait s’extraire de la fusion originelle, la recherche d’une compagne maternante, protectrice, perpétuant la castration fantasmée.

La dualité dans la relation mère-enfant ne pouvait se rompre qu’avec un Tiers séparateur, conscient de l’attitude nécessaire.

Si Emma ne trouvait pas de nouveau compagnon, si elle en venait à considérer cet enfant comme un substitut masculin, si aucun homme ne venait prendre cette place dans la relation duale, le chemin de vie de cet enfant risquait de suivre les traces paternelles…

Quelle que soient les possibilités, le renoncement à la mère et l’identification au père ne devaient pas être bridées. Il suffisait d’observer Paul pour en juger. Les dégâts étaient parfois irréversibles.

De plus, que cet enfant ait été conçu sans qu’il n’y ait de participation consciente de son père allait-il créer un vide, un manque, un blocage, une mémoire cellulaire mutilée ?

Il imaginait un cœur n’ayant qu’un ventricule, une amputation existentielle qui se matérialiserait dans sa vie sous la forme d’un vide affectif redoutable. Des géniteurs n’ayant pas réglé en eux des troubles fondateurs pouvaient-ils parvenir à créer un individu équilibré ? Que la Vie soit transmise sous la forme d’un chantage était-il recevable ? N’était-ce pas là une forme d’empoisonnement prémédité ?

 

Cette incapacité à œuvrer à la paix en soi n’était-elle pas la raison première du malheur des Hommes ? Des adultes donnaient en héritage à leurs enfants des fardeaux écrasants. Dans la conception même de la Vie.

Yoann se coucha avec en lui une tristesse insoumise, l’impression d’une malédiction archaïque. Des millions d’années d’évolution pour en être toujours là. Une Humanité qui n’avait toujours pas atteint sa maturité. Et qui concevait des enfants comme on prend un médicament.

« Avec un enfant, ça ira mieux. »

 Triste à pleurer.

Personne n’était coupable et tout le monde était responsable de ne pas l’être. Car, finalement, personne ne parvenait à observer les raisons du malheur de chacun. Mais de se croire coupable générait un mal plus puissant que le traumatisme lui-même. Il n’y avait finalement pas d’autres alternatives que d’observer constamment les raisons profondes d’un acte ou d’une parole et ne pas en attendre les effets eux-mêmes… Être responsable pour ne jamais se sentir coupable.

Mais disant cela, il portait un jugement et outrepassait sa fonction de thérapeute. Il devait accepter l’idée qu’il n’était pas là pour guérir ses patients mais juste pour amener les individus à prendre conscience qu’ils portaient en eux leur guérison. Il n’était qu’un portier destiné à entrebâiller les vantaux et à permettre à chacun de découvrir les horizons inconnus de leur propre connaissance.

Paul n’avait sans doute pas trouvé la force intérieure nécessaire pour franchir le seuil, paniqué par ces territoires à découvrir. L’habitude rassurante du malheur face à la peur de l’inconnu... Pour réaliser que la victime et le bourreau sont une seule et même personne, il faut accepter  de mourir à soi-même.

 

 

…

 

 

"Au-delà de notre vue"

Par Le 11/03/2015

Expériences de mort imminente.

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La bulle autour d’eux se referme encore et les étreint. C’est une blancheur amniotique, sans paroi ni rumeur, sans mouvement environnant, ni odeur.   

Il n’a pas fermé les yeux. Il en est certain. Il ne voulait pas quitter Blandine. Ils se sont d’eux-mêmes retournés vers l’intérieur. Il n’a pas pu s’y opposer. La lumière qui l’entourait l’a envahi, il n’a rien pu faire, il ne contrôle rien, il n’a plus de corps, tout a disparu. Il ne sait pas ce qu’il est, ce qui reste de lui, ni où il est, ni où il va. La vitesse augmente. Rien de visible ne lui permet de l’affirmer mais il le sait. C’est un couloir qui le conduit vers une blancheur toujours plus éclatante. Plus aucune peur. Il essaie encore de comprendre… La lumière l’a entouré, puis elle l’a envahi, il est devenu lui-même la lumière mais elle continuait de l’environner. Tout l’espace n’était que clarté et il était lui-même cette clarté. Il n’était ni dedans, ni dehors. Le rayonnement n’était ni en lui, ni autour de lui. Ils étaient l’un et l’autre identiques, partout et nulle part, dans un moment sans fin, ni début. Juste une plongée vers la concentration de la lumière.   

Prospérer sans croissance

Par Le 11/03/2015

« Dix propositions pour prospérer sans croissance »

coverNos amis décroissants de Barcelona ont publié dans plusieurs médias européens « Dix propositions pour prospérer sans croissance ». Nous nous retrouvons totalement dans leur démarche, en particulier dans cette logique de création de convergences à gauche, autour des idées de la Décroissance. De même, ces dix propositions rejoignent ce que nous mettons souvent en avant. On regrette toutefois l’absence de références à l’extension des sphères de la gratuité, et donc à la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie, à une remise plus claire de l’économie à sa juste place, en particulier de la finance, pour une ré-appropriation politique des banques centrales et de la création monétaire comme outil de transition vers plus de soutenabilité et de bien-être. Enfin, nous manque aussi une réflexion sur la démocratie et en particulier sur la notion d’autonomie…

La transition est en marche, les convergences se construisent, merci pour ce texte percutant, clair et important :

logodegrowth2 copyDix propositions pour prospérer sans croissance – Libération – 16 février 2015

On assiste à l’avènement en Europe, de l’Espagne à la Catalogne, de la Grèce à la Slovénie et à la Croatie, d’une gauche nouvelle dont la nouveauté tient non seulement aux idées mais aussi au jeune âge de ses membres. Cette gauche sera-t-elle aussi une gauche verte et proposera-t-elle un modèle coopératif alternatif pour l’économie inspirée des idées de la décroissance ?

Ou, à l’instar de la nouvelle gauche d’Amérique latine, conditionnée par les exigences du capitalisme global, cette nouvelle gauche reproduira-t-elle la logique expansionniste du capitalisme en se bornant à substituer les sociétés multinationales par des sociétés nationales, répartissant un peu mieux les miettes entre la populace ?

Comme contribution à ce débat, n ous présentons ci-après dix propositions, inspirées par la décroissance, que nous avons rédigées pour le contexte espagnol. Néanmoins, moyennant certaines modifications et adaptations, elles sont applicables à d’autres contextes et pertinentes pour les partis de la gauche radicale, ainsi que les formations écologistes partout en Europe.

Audit citoyen de la dette. Une économie ne peut être contrainte de croître pour réparer des dettes accumulées qui ont elles-mêmes contribué à une croissance fictive dans le passé. Il est essentiel non seulement de restructurer mais aussi d’annuler une partie de ces dettes.

Partage du travail. Réduction de la semaine de travail à 32 heures. Ceci devra être agencé de telle sorte que les pertes de salaire résultant de la réduction du temps de travail ne se répercutent que sur la tranche de revenus des 10% les plus riches.

Revenu de base et revenu maximum. Fixation d’un socle de revenu minimum d’entre 400 et 600 euros par mois pour tous les résidents espagnols, disponible sans contraintes ou stipulation. Le revenu maximum d’une personne – revenu du travail aussi bien que du capital – ne peut dépasser une valeur égale à plus de trente fois le revenu de base (12 000-18 000 euros par mois).

Réforme fiscale verte. Mise en œuvre d’un système de comptabilité visant à transformer, à terme, le système fiscal d’un régime essentiellement basé sur le travail à un régime basé sur l’utilisation d’énergie et de ressources.

Arrêter les subventions et les investissements destinés à des activités hautement polluantes en aiguillant les fonds publics libérés vers une production respectueuse de l’environnement.

Pour une société alternative, solidaire. Soutenir au moyen de subventions, d’exonérations fiscales et de législations, le secteur économique coopératif à but non lucratif florissant en Espagne et inclure les réseaux alimentaires alternatifs, les coopératives et les réseaux dédiés aux soins de santé de base, les coopératives s’occupant de logements partagés et d’enseignement, de même que les artistes et autres professionnels.

Optimiser l’utilisation des espaces et immeubles. Arrêter la construction de nouveaux logements et rénover le parc de logement existant tout en facilitant la pleine occupation des logements disponibles avec taxes dissuasives sur les résidences à l’abandon, vides et secondaires.

Réduction de la publicité. Etablissement de critères très restrictifs en matière d’autorisation de la diffusion publicitaire dans les espaces publics, partant de l’exemple de la ville de Grenoble. Mise sur pied de commissions chargées du contrôle quantitatif et qualitatif de la publicité autorisée dans les médias de masse.

Etablissement de limites environnementales. Fixation de plafonds absolus et dégressifs sur le total des émissions de CO2 autorisées pour l’Espagne et la quantité totale des ressources matérielles qu’elle utilise, y compris les émissions et les matériaux intervenant dans les produits importés, qui proviennent souvent des pays du Sud.

Abolition du recours au PIB en tant qu’indicateur de progrès économique.Si le PIB est un indicateur trompeur, nous devrions arrêter de l’utiliser et nous mettre à la recherche de nouveaux indices de prospérité.

Ces propositions sont complémentaires et doivent être mises en œuvre de façon concertée. A titre d’exemple, la fixation de plafonds environnementaux pourrait réduire la croissance et générer de l’emploi, cependant que le partage du travail avec un revenu de base garanti aura pour effet de découpler la création d’emplois et la sécurité sociale de la croissance économique.

La réaffectation des investissements des activités conventionnelles vers des activités vertes et la réforme du système de taxation permettront de garantir l’émergence d’une économie plus respectueuse de l’environnement ; par ailleurs, le fait de cesser d’évaluer l’économie en termes de PIB et de recourir aux indices de prospérité assurera que cette transition soit comptée comme un succès plutôt qu’un échec. Enfin, la réforme de la taxation et la réglementation publicitaire contribueront à un relâchement de la concurrence positionnelle et réduiront le sentiment de frustration que peut engendrer l’absence de croissance. L’investissement dans les biens publics et les infrastructures partagées contribuera à accroître la prospérité sans croissance.

Nous ne nous attendons pas à voir les partis de gauche faire de la décroissance leur «bannière». Nous comprenons la difficulté que peut supposer le fait de devoir confronter, soudain, un bon sens profondément ancré. Mais nous attendons, néanmoins, de la part des partis de gauche qu’ils prennent des pas dans la bonne direction et mettent en œuvre de bonnes politiques, telles que celles que nous proposons, et ce, indépendamment de leur incidence sur la croissance. Pas facile, certes, mais depuis quand une gauche qui se veut radicale opte-t-elle pour des solutions de facilité.

Giorgos Kallis est coéditeur et coauteur avec Giacomo D’Alisa et Federico Demaria de : «Décroissance. Vocabulaire pour une ère nouvelle» (disponible en anglais, prochainement une version française aux éditions le Passager clandestin).

Par Giorgos Kallis Professeur d’économie écologique à l’université autonome de Barcelone et le collectif Recherche et Décroissance (www.degrowth.org)

Traduit par Salman Yunus.

http://www.partipourladecroissance.net/?p=9065

Le PPLD, c’est qui ?

UNE CROISSANCE ILLIMITÉE DANS UN MONDE LIMITÉ EST UNE ABSURDITÉ

Si la structure existe depuis 2005, le Parti Pour La Décroissance est relancé en 2008 par de nouvelles et nouveaux militant-e-s. C’est donc un parti jeune et divers qui s’engage dans une démarche collective pour amener la Décroissance dans le débat public. Peu à peu, le fonctionnement du parti change de fait : une gestion collective s’installe, laissant derrière elle une organisation pyramidale. Une dynamique d’ouverture débute aussi, notamment vers le reste du mouvement décroissant, qui aboutit en 2009 à la présence de la Décroissance politique lors des élections européennes de 2009 et d’avoir accès aux spots de campagne à la radio et à la télévision (motion de janvier 2009 adoptée par l’Assemblée générale).

Avec un appel signé par plus de 1700 personnes et des listes dans 6 grandes régions, la campagne Europe-Décroissance est une réussite collective pour le PPLD, en association avec le Mouvement des Objecteurs de Croissance (MOC), qui favorise l’arrivée d’une nouvelle génération de militant-e-s. Elle reste pour chacun-e un moment de convivialité, de partage et de création de liens.

PLUS QUE LE NOM, C’EST NOTRE ACTION QUI DOIT NOUS DEFINIR

Aujourd’hui, le PPLD continue son projet porteur de radicalité, visant à colporter les idées de la Décroissance pour une transition vers des sociétés socialement justes et écologiquement soutenables.

Sa démarche est multiple :

– l’approfondissement du projet y tient une place centrale, à la fois en construisant un projet désirable de décroissance et en portant la réflexion sur des thématiques spécifiques (l’agriculture, la dette, la réduction du temps de travail, les gratuités, le sport, etc.) ;

– la participation à divers rassemblements de mouvements sociaux et d’organisations politiques, dans le but de tisser des liens et d’apporter les idées de l’objection de croissance au sein d’événements dont nous sommes entièrement partie prenante (lutte contre les infrastructures inutiles comme l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, Foire à l’Autogestion, mobilisations contre les gaz de schistes, etc.) ;

– la participation à des élections, que nous refusons d’ignorer car elles sont l’occasion de rencontres, de réflexions collectives, de confrontations de nos idées vers l’extérieur. Elles permettent de faire exister notre mouvement et d’ouvrir le débat autour des sociétés de Décroissance, dans un moment de plus grande attention politique de nos concitoyens ;

– le soutien et l’initiation d’initiatives concrètes comme les ateliers vélo, les monnaies locales, les circuits-courts, Proximités, etc. ;

– l’implication de chacun et chacune de ses membres, au quotidien, dans des démarches de simplicité volontaire et de décolonisation de l’imaginaire.

Enfin, le Parti Pour La Décroissance c’est un collectif au sein duquel chacun-e contribue de la manière qui lui convient, avec ses compétences et envies propres, sans jamais se voir imposer d’autre impératif que celui de promouvoir la Décroissance que nous souhaitons voir s’installer au sein de la société.

IL FAUT QUE CHAQUE OBJECTEUR DE CROISSANCE PUISSE S’EPANOUIR LÀ OÙ IL SE SENT LE MIEUX

contact@ml.partipourladecroissance.net
http://www.partipourladecroissance.net/

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