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"Le symbole et son revers"

Par Le 13/01/2015

Charlie Hebdo, le symbole et son revers

« J’ai pris grand soin de ne pas tourner en dérision les actions humaines, de ne pas les déplorer ni les maudire, mais de les comprendre. » Spinoza (Traité de l’autorité politique)

Bal tragique à Charlie-Hebdo ? Trop facile. Disons-le tout de suite, nous ne sommes pas en très bon terme avec les usurpateurs. Ainsi n’avons-nous pas plus d’accointances avec les quelques encravatés fantoches à la tête de ce pays qu’avec quelconques fanatiques religieux lobotomisés ou autres caricaturistes subversifs de kermesse. Nous n’essayerons pas de tirer une obscène épingle de ce jeu de tartufes comme le fait depuis ce midi tout le théâtre politico-médiatique auquel se joint, comme à chaque fois que cela peut la distraire, la partie de la populace qui aime l’odeur du sang et la compassion à peu de frais.

Nous voulons simplement faire entendre ou donner à lire une opinion probablement dissonante, peut-être scandaleuse pour certains mais assurément honnête. À l’heure qu’il est, cela n’aura pu échapper à personne : dix journalistes de Charlie Hebdo et deux policiers ont été abattus au siège du journal par au moins deux hommes au nom du fanatisme islamique. Nous ne connaissions pas personnellement ces victimes, pas plus que nous ne connaissons d’ailleurs le chômeur au bonnet sale et au regard perdu croisé dans la rue, ou le clochard qui dormira ce soir sur les sièges plastiqués de la ligne 7. Des journalistes il en meurt peu. Des chômeurs et des clochards, beaucoup.

Epargnez-nous le couplet sur la violence directe de l’acte. Il n’a échappé à personne mais en dernière instance un mort est un mort. Selon l’ANPAA (ndlr : Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie), la France est le deuxième pays consommateur d’anxiolytiques en Europe… Les premières catégories socioprofessionnelles ayant recours au suicide sont les agriculteurs et les policiers… Il en est mort deux aujourd’hui, de policiers. Nous l’avions presque oublié. Ils n’étaient pas dessinateurs… On se souvient de Daumier, pas tellement de Savary. Ils défendaient la liberté de circuler, pas la liberté de la presse. Décidément, la mémoire collective, ça ne tient pas à grand-chose…

Le spectacle de l’actuelle communion de surface, ambiance hypocrisie de repas de famille ou de salle des fêtes est proprement nauséeux. À l’instar des grands Anciens, nous sommes attachés à la notion de hiérarchie. Dans la légitimité, dans le talent, dans la souffrance. Que la classe politique fasse semblant de s’émouvoir et de « partager », de concert, la douleur des familles comme on partage une bicyclette ou une fin d’éclair au chocolat n’est plus tellement révoltant, tant le cirque de cette triste république bananière autant début-de-siècle que fin-de-race, est devenu quotidien. Que les médias « mainstream » fassent du pognon sur le cadavre à peine recouvert de leurs confrères, on ne pouvait pas attendre de leur part beaucoup plus de retenue… enserrés qu’ils sont dans les mâchoires de cet hydre polycéphale qu’on appelle l’« information en continu ».

Qu’une partie du peuple français trompe l’ennui d’une modernité maussade dans du pathos « cuisine au beurre » et de l’affect soldé aux puces, cela s’entend également. « Quelle chose hideuse que la foule », disait déjà Victor Hugo. Que chacun essaye de tirer les brancards à soi pour faire porter le chapeau à son voisin fait aussi partie de ce jeu vulgaire. Parce qu’il est convenu que la morale, l’intégrité, la virilité intellectuelle et la pudeur ne sont pas des lois écrites, et qu’à ce titre elles ne bénéficient pas de l’ombre réparatrice du cortège des dévots spontanés. Mais la hiérarchie veut que chacun reste à sa place. Aussi, que les journalistes qui n’ont pas d’informations se taisent. Que les politiques qui n’ont rien à dire arrêtent d’exercer, puisque c’est là leur métier. Que les gens que ça ne concerne pas aillent dire bonjour à leur voisin, tenir la porte à la vieille dame de leur immeuble, promener leurs chiens ou prendre soin de leurs proches.

Nous n’avons jamais partagé les idées de monsieur Philippe Val, de feu Stéphane Charbonnier et de leurs confrères. Il va de soi que nous condamnons fermement les messages de haine à l’encontre de ces personnes dont la plupart ont perdu la vie. La fermeté de nos positions s’étend à la condamnation absolue de cet acte ignoble commis sur notre sol à l’encontre de citoyens français et à la montée constante des tensions dont les premiers négateurs, au jour le jour, sont les médias de gauche (vous nous excuserez le pléonasme). Nous ne faisons que mettre en exergue l’hypocrisie larvée de ce théâtre de guignols dont l’obscénité touche en premier lieu les victimes et nous appliquons à faire prévaloir l’analyse et la raison sur l’émotion gratuite, ne serait-ce que pour essayer de comprendre d’où vient le mal pour avoir une chance de le contenir à défaut de pouvoir l’éradiquer.

On nous répondra qu’au-delà des journalistes et de leurs étiquettes, un symbole a été attaqué ! Nous aurions été les premiers à défendre la liberté d’expression si elle était encore ce qu’elle fût. Il y a bien longtemps que cette république, « garce vérolée, toujours debout sur son trottoir » comme disait Brasillach, n’avale plus les symboles que pour le plaisir de les vomir. Tous les gens sérieux savent ce qu’il en est et si nous nous sommes empressés de sourire au double discours de Manuel Valls, c’était bien uniquement pour être sûr de n’en point pleurer.

Où étaient donc les indignés professionnels et les hauts gardiens de la liberté d’expression lorsqu’un humoriste franco-camerounais a été désigné comme ennemi public numéro un par ce même monsieur alors ministre de l’Intérieur ? Certainement pas dans les zéniths de France. Où étaient les journalistes de terrain en mars 2010 lors de l’affaire Saïd Bouararach ? Certainement pas en tenue de plongée dans le canal de l’Ourcq. Où étaient les défenseurs du drapeau national lorsque l’inénarrable BHL est allé le noyer dans le sang de la honte en Libye et en Syrie ? Certainement pas dans la rue. Et qu’en fut-il donc de l’émotion suscitée par la trentaine de journalistes syriens tués par les mêmes fondamentalistes sous sponsors occidental lors de l’agression de la République arabe syrienne ? En réalité, il y a bien longtemps que la liberté d’expression roule en boite automatique. Trop longtemps pour que nous joignions nos voix aux propagandistes droit-de-l’hommistes zélés et à leur union sacrés des manipulés-manipulateurs.

Que des policiers français soient abattus comme des chiens à l’arme automatique n’a par ailleurs pas l’air de constituer l’effritement d’un symbole. La police…la sécurité…le maintient de l’ordre…il faut avouer que c’est un peu réactionnaire tout cela, et très loin de la ligne de pensée libertaire de Charlie Hebdo. Et pourtant deux agents de la paix sont restés au sol, boulevard Richard-Lenoir, pour être intervenus. Comme quoi, les premiers à dépasser les étiquettes ne sont pas toujours ceux qu’on croit.
Nous avons une pensée sincère pour ces deux policiers, tués par des fanatiques pour en avoir défendu d’autres, et pour le clochard qui essayera de dormir, ce soir encore, sur les bancs plastiqués de la ligne 7.

Maxime Le Nagard

Avis: 8.6/10 (90 votes pris en compte)
Charlie Hebdo, le symbole et son revers, 8.6 sur 10 basé sur 90 ratings

"Je ne suis pas Charlie"

Par Le 13/01/2015

Je ne suis pas Charlie Par Bruno Bertez

Je ne suis pas Charlie  Par Bruno Bertez

Comme vous vous en doutez, j’ai longuement hésité avant d’écrire ces quelques lignes. Prendre le contre-pied, s’opposer frontalement à un mouvement de masse, c’est être plus que téméraire, c’est être inconscient. 

Certains diraient même que le titre que je choisis est une provocation. Je ne le conteste pas car, comme les caricaturistes et journalistes de Charlie Hebdo, je pratique moi-même la caricature. Je force le trait, j’exagère, je grossis, pour frapper, pour retenir l’attention et ainsi, mieux convaincre. 

Le grand mouvement « Je suis Charlie » a quelque chose de dégoûtant. Qu’est-ce que cela veut dire « Je suis Charlie » ? Cela veut dire, je me prends, je me mets à la place de ceux qui ont mené un combat. Je ne précise pas le combat car ce combat était multiple. Ce qui est sûr, c’est que c’était un combat contre l’esprit dominant, contre la bêtise, contre la pensée unique, contre le conformisme. Je ne retiens pas des gens de Charlie Hebdo qu’ils étaient journalistes car je n’ai pas le sentiment, mais je peux me tromper, que leur intention première était d’informer. Je pense, qu’avant tout, ils voulaient bousculer, démystifier, chambouler, ils voulaient renverser des statues, faire bouger. C’était des iconoclastes. Pour moi, plus que des journalistes, c’était des combattants. Des combattants d’une certaine forme de liberté que je confonds pas avec la liberté de la presse. Certains propos de leurs dirigeants vont dans ce sens. 

Dans le combat qu’ils ont mené, on ne peut pas dire qu’ils étaient bien nombreux. Non seulement, ils n’étaient qu’une poignée, mais leur journal était diffusé à 30.000 exemplaires, c’est peu. C’est peu pour vivre, c’est peu pour progresser, c’est peu pour influencer. Les gens de Charlie Hebdo étaient donc, pour moi, des combattants, mais des combattants relativement isolés. Qui leur a apporté du soutien dans leurs différents combats et, en particulier, dans celui qui a causé leur perte. Bien peu. La  masse, la foule, les politiques, tous ces gens ont plutôt eu tendance à prendre leurs distances avec Charlie Hebdo lorsqu’ils ont publié ces pages sacrilèges sur l’Islam. Bien peu l’ont soutenu ou popularisé son combat quand il s’en est pris à la Charia. 

Que dire sur leur protection. Inadéquate, réduite à un minimum. Leur protection était purement formelle, cosmétique, un peu comme pour faire semblant. Derrière le dispositif, si on peut le qualifier ainsi, il n’y avait nulle réflexion, nulle tentative de prévenir efficacement. 

Charlie Hebdo était bien seul quand il était vivant, mais ils sont tous là, maintenant qu’ils sont morts. Ils sont tous là, ceux qui, selon moi, ont contribué au triste destin de Charlie Hebdo. Si Charlie avait été soutenu par un milieu favorable, par une opinion publique courageuse, ils seraient certainement encore vivants. Il faut oser, me semble-t-il, trouver scandaleux ce reversement de l’opinion et des pouvoirs et dire que c’est quand on est en vie que l’on a besoin de soutien, et non pas quand on est mort. Malgré leur grande ampleur, les manifestations actuelles ont quelque chose de dérisoire et j’avoue que c’est en raison de la honte qu’elles m’inspirent que j’ai écrit ces quelques lignes. Les Français sont plus prompts à agiter des petits panneaux, ce qui ne leur coûte rien, qu’à se lever et à se battre pour les vraies libertés. 

Je suis étonné de la discrétion dont on fait preuve à l’égard de l’un des meilleurs d’entre eux, Bernard Maris, cet économiste non-conformiste. Bernard Maris était un économiste d’exceptionnelle qualité. La preuve, il s’était montré ces derniers temps capable de dépasser l’économisme et de l’intégrer dans une réflexion beaucoup plus vaste, philosophique et sociologique. Si l’on avait fait autour des travaux de Bernard Maris ou autour de ses chroniques signées « Oncle Bernard » autant de tapage que l’on en fait maintenant, le débat économique français aurait été porté à un niveau supérieur à ce qu’il est maintenant. On serait rentré dans le vif du sujet. Mais Bernard Maris, ses travaux d’économiste, la récente évolution de sa pensée, tout cela n’intéresse personne car ce n’est pas récupérable. En parler maintenant dérangerait ceux qui orchestrent la grande mystification en cours. 

La grande mystification en cours, c’est celle de l’Union Nationale. Quel rapport y a t’il entre ce qui est intervenu mercredi dernier et l’Union Nationale, Grand Dieu ? Aucun. Absolument aucun. L’appel à l’Union Nationale est une escroquerie de communiquant politique : il s’agit de saisir l’opportunité de faire oublier une politique désastreuse, aussi bien de droite que de gauche, une politique qui divise. C’est cette politique qui divise, qui fragmente, qui disloque le corps social qui, précisément, nourrit le terreau sur lequel on peut semer le terrorisme. Le terrorisme prospère si les conditions lui sont favorables. Or, précisément, les politiques actuelles isolent les gens, renforcent les égoïsmes, brisent les liens sociaux et les solidarités spontanées. Je ne vise pas cette solidarité de façade que les politiciens ne cessent d’invoquer pour justifier leurs politiques scélérates. La politique intérieure est désespérante au sens fort, elle tue tout espoir. La politique extérieure est encore pire ; elle fabrique des ennemis. Certains réels, d’autres imaginaires. Cette politique étrangère se confère le droit de bombarder, de tuer sans discernement, de démoniser des populations entières avec l’aide d’un vocabulaire et de discours irresponsables. 

Je n’ai aucune idée de la personnalité des assassins. Ce sont eux qui ont tué, cela aurait pu en être d’autres. Les conditions sont prêtes, elles sont réunies pour que la barbarie se propage. Jusqu’à présent, les Français bien-pensants ont fermé les yeux ; pour eux, la barbarie, c’est ailleurs, mais l’action criminelle de ceux qui ont opéré devrait leur rappeler que la barbarie peut aussi faire ses ravages chez nous.  

Je ne vois personne dans les milieux responsables ou dans les médias qui comprenne que ces événements terribles devaient mériter mieux qu’une action publicitaire et qu’ils imposaient au contraire que l’on fasse progresser la conscience des Français, que l’on pose les vrais débats. Que l’on s’adresse à l’intelligence. Non. Ce qui a été choisi, c’est de massifier, de resserrer les rangs du troupeau. La démarche de Charlie Hebdo, qui a toujours été de lutter contre le troupeau, contre la bien-pensance, s’est trouvée trahie dès l’instant même de l’assassinat. Ils ont été assassinés une seconde fois. Politiciens de droite, de gauche, journalistes, commentateurs, ils sont tous complices pour dissimuler et enterrer les vraies questions, tous complices pour mettre le couvercle de l’émotionnel imbécile sur les questionnements qui s’imposent. 

Aux proches des victimes, à ceux qu’ils aimaient et qui les aimaient, je veux dire toute ma compassion. Je veux dire également toute mon admiration pour la démarche  qui animait l’équipe de Charlie Hebdo, sa révolte et son courage. Les contenus de leur journal, leurs idées, leur art, étaient le leur et ils avaient choisi d’aller jusqu’au bout.  Les admirer, ce n’est pas approuver toutes leurs idées et tous leurs choix, c’est saluer avec respect leur démarche.  Ils n’étaient pas inconscients, ils connaissaient les risques auxquels ils s’exposaient. Ils avaient décidé de monter sur les barricades. Ils en sont morts.

Bruno Bertez Le 9 Janvier 2015

Le désarroi...

Par Le 13/01/2015

Le désarroi d'une prof qui parle de "Charlie" à ses élèves

Le Point - Publié le  - Modifié le 

Minute de silence incomprise, parfois méprisée, provocation..., une enseignante dans un collège classé REP de l'académie de Grenoble raconte son étrange journée.

L'Éducation nationale a demandé aux professeurs de faire respecter une minute de silence.
L'Éducation nationale a demandé aux professeurs de faire respecter une minute de silence. © THIERRY ZOCCOLAN / AFP
Propos recueillis par 

Le matin du 8 janvier, nous avons reçu un courrier de notre ministre qui nous rappelait que l'école était là pour transmettre les valeurs de la République. En tant que professeurs, nous avons pour mission d'expliquer à nos élèves les faits, de les faire réfléchir, de les aider à comprendre.

"Pourquoi respecter une minute de silence pour des gens que je ne connaissais pas ?"

J'ai d'abord eu un échange avec ma classe de 5e, composée de collégiens de 12 ans en moyenne. Ils étaient très silencieux. Sauf un qui m'a demandé : "Pourquoi respecter une minute de silence pour des gens que je ne connaissais pas ?" J'ai trouvé cette réaction violente. Ses camarades ont été choqués également. Ils sont jeunes, sans doute plus émotifs que leurs aînés. Je voyais que cet élève faisait semblant, il ne pesait pas ses mots. Il était dans la provocation.

J'ai rappelé les faits en commençant pas l'évidence : on a tué des êtres humains. Pour que la minute de silence soit ensuite respectée, j'ai dû "plomber l'ambiance", sinon ça n'aurait pas fonctionné. Je leur ai dit : "Vous vous rendez compte que les victimes sont parties hier matin en disant à tout à l'heure à leur famille ?" Il fallait éviter que d'autres s'amusent à jouer les caïds pour épater la galerie pendant ce moment de recueillement. Après la minute de silence, j'ai senti une lourdeur s'abattre sur la classe donc j'ai décidé de passer à autre chose. Je venais de voir quelques-unes de mes élèves de confession musulmane debout, la tête baissée, presque gênées, pour elles, pour leurs familles, ça doit être dur de voir certains faire l'amalgame.

Quant à ce qui s'est passé dans ma classe, cette provocation, ce n'est rien à côté de ce que certains de mes collègues ont dû affronter. Durant la minute de silence, dans les autres classes, il y a eu plusieurs expulsions d'élèves, les uns parlaient, disaient des choses affreuses, les autres rigolaient. Un petit de 6e de confession musulmane a carrément refusé de respecter la minute de silence. Tous ces élèves un peu "retors" ont été envoyés chez le principal de l'établissement et chez l'infirmière scolaire pour entendre un discours différent de celui qu'ils entendent sans doute chez eux.

En début d'après-midi, j'ai accueilli une classe de 4e. Ils sortaient d'un cours de français pendant lequel ils avaient entamé un vif débat sur le sujet. Ils étaient bruyants, agités, je leur ai proposé qu'on poursuive le débat pendant mon cours. Certains jugeaient cet acte effroyable, traitaient les terroristes de "barbares". Mais un élève a commencé à exprimer son désaccord. J'ai ensuite remarqué qu'une autre assise au fond de la classe attendait sagement main levée qu'on lui donne la parole.

"On ne va pas se laisser insulter par un dessin du prophète"

"Madame, me dit-elle, on ne va pas se laisser insulter par un dessin du prophète, c'est normal qu'on se venge. C'est plus qu'une moquerie, c'est une insulte !" Contrairement au précédent, cette petite pesait ses mots, elle n'était pas du tout dans la provoc. À côté d'elle, l'une de ses amies, de confession musulmane également, soutenait ses propos. J'étais choquée, j'ai tenté de rebondir sur le principe de liberté et de liberté d'expression. Puis c'est un petit groupe de quatre élèves musulmans qui s'est agité : "Pourquoi ils continuent, madame, alors qu'on les avait déjà menacés ?"

Plusieurs élèves ont tenté de calmer le jeu en leur disant que Charlie Hebdo faisait de même avec les autres religions. Leur professeur de français avait eu l'intelligence de leur montrer les unes de Charliepour leur montrer que l'islam n'était pas la seule religion à être moquée. Mais ils réagissent avec ce qu'ils ont entendu à la maison.

Tout cela a divisé les élèves

Ce qui me désole, c'est la fracture que cet événement tragique a créée dans des classes d'habitude soudées. Tout cela a divisé les élèves. Il régnait aujourd'hui une ambiance glauque, particulière. Cette classe de 4e sympa, dynamique, était soudain séparée en deux clans. Les communautarismes ont resurgi d'un coup. Et ça me fait peur pour la suite.

L'école doit transmettre nos valeurs, mais on est parfois un peu trahis par les parents. On apprend les principes républicains aux enfants, mais une fois à la maison ils en font bien ce qu'ils veulent. Ils n'ont plus confiance en nous, professeurs. Ils ne nous prennent pas pour des alliés, mais pour des ennemis. En tant que prof, tu te demandes ce qu'ils peuvent penser de toi, de nous enseignants, nous qui avons la foi de leur apprendre. Nous avons devant nous des jeunes citoyens qui ont des idées telles qu'on est obligé de se demander : "Où allons-nous ?"

A Saint-Denis...et ailleurs

Par Le 13/01/2015

 C'est effroyable ce qui a été dit par certains jeunes. "Ils l'ont bien cherché..."

Mais si on n'entend pas cette violence en eux, si on ne la prend pas en considération, non pas systématiquement en arguant de la liberté d'expression, rien ne s'arrangera...

Je sais qu'on va me dire que c'est la porte ouverte à toutes les dérives, que si on limite cette liberté, les terroristes auront gagné...

Pour l'instant, tout ce que je vois, c'est dix-sept vies perdues, beaucoup d'autres marquées pour toujours.

Alors, on fait quoi ? On considère que c'est aux individus de s'adapter ou c'est au système de pensées d'évoluer ?

Je n'ai pas la réponse. Je m'interroge... 


A Saint-Denis, collégiens et lycéens ne sont pas tous « Charlie »

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Minute de silence dans uun lycée de Bayonne.
Minute de silence dans uun lycée de Bayonne. | AP/Bob Edme

« Je ne suis pas Charlie » : la phrase était inscrite sur le colis suspect trouvé, ce vendredi 9 janvier, dans la salle des professeurs du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis. « Il n'y avait pas de bombe, mais des câbles et un détonateur », soufflent Maryam et Marie-Hélène, deux élèves de 1re, à la sortie des cours, encore chamboulées par « cette semaine de fous ».

#JenesuispasCharlie, c'est aussi le hashtag qui a commencé à apparaître sur Twitter, ces dernières heures, comme un contre-pied – presque une provocation – face la mobilisation suscitée par l'attentat contre Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier.

Lire : Sur les réseaux sociaux, #jesuis Charlie, flic, Ahmed, Franck...

« ILS ONT INSULTÉ L'ISLAM ET LES AUTRES RELIGIONS »

La plupart des élèves croisés, vendredi après-midi, à Saint-Denis s'y reconnaissent. Ils condamnent l'assassinat des caricaturistes... Mais presque autant que leurs caricatures. Pour tous, la vie est sacrée, mais la religion aussi. « Moi, la minute de silence, je ne voulais pas trop la faire, lâche Marie-Hélène, 17 ans, je ne trouvais pas juste de leur rendre un hommage car ils ont insulté l'islam, et les autres religions aussi. »

Ce que Maryam, sa camarade, redoute aujourd'hui, c'est « la haine qui va encore aller sur l'islam ». La jeune fille de 16 ans fait état de « filles voilées », comme elle, qui auraient été « agressées par des skinheads dans le 9-4 » (pour « 94 », département du Val-de-Marne), croit-elle savoir. Toutes deux ont tout de même respecté le temps de recueillement, jeudi 8 à midi, appelé de ses vœux par le gouvernement. « Même ceux qui ne voulaient pas sont restés silencieux », disent-elles.

« ILS AURAIENT PU NE TUER QUE LUI »

C'est aussi le cas d'Abdel, 14 ans, en 4e au collège Pierre-de-Geyter, un peu plus dans le sud de la ville. « Bien sûr que tout le monde a participé à la minute de silence, et il y avait tous les musulmans », insiste-t-il. Mais il ne cache pas sa motivation : « Je l'ai fait pour ceux qui ont été tués, mais pas pour Charlie [Charb], le mec qui a dessiné. Je n'ai aucune pitié pour lui. Il a zéro respect pour nous, les musulmans. Mais ce n'était pas la peine de tuer douze personnes. Ils auraient pu ne tuer que lui. »

Abdel n'est pas le seul collégien à penser, en dépit des débats organisés par la plupart des enseignants, un peu perdu dans le flot d'informations déversés sur les réseaux sociaux, que « Charlie » était l'unique dessinateur de l'hebdomadaire attaqué.

Difficile, pour les plus jeunes, d'articuler le respect de la vie avec ce qu'ils considèrent comme une atteinte à l'islam. « J'ai jamais vu dans ma religion qu'il fallait tuer », explique Mehdi, 16 ans, croisé avec deux camarades non loin du lycée Paul-Eluard, où tous trois étudient. « Il y a des élèves qui disent qu'à Charlie, ils l'ont cherché », le coupe Yohan. « Je ne suis pas d'accord avec le contenu [des caricatures], mais je suis contre l'attentat », affirme Yacine, avant d'ajouter : « Mais les dessinateurs, ils ne sont pas blancs dans cette affaire. »

COMPARAISON AVEC DIEUDONNÉ

C'est aussi le sentiment de quatre toutes jeunes filles de 6e à peine sorties de cours. « Des deux côtés, il y a des torts », tente Erica, qui se dit catholique comme ses amies. « Retirer la vie à douze personnes, c'est un crime contre l'humanité », croit-elle savoir, « et même s'ils l'ont un tout petit peu cherché, faut pas abuser... »

Les caricatures du Prophète, ces adolescents reconnaissent qu'ils ne les avaient jamais vues avant l'attentat. Ils se sont rattrapés depuis, prenant connaissance de tous les dessins, y compris de ceux que Charlie Hebdo n'avait pas publiés dans ses pages. « C'est de la rigolade, lâche Yacine, mais beaucoup de jeunes font la comparaison avec Dieudonné : lui, pour les quenelles, on l'a sanctionné ; pour Charlie, on invoque la liberté d'expression... »

Cette liberté d'expression, en dépit des explications que leur ont fournies leurs enseignants, reste pour la plupart des jeunes rencontrés à Saint-Denis un concept difficile à cerner, et qu'ils perçoivent comme incompatible avec leur foi. « On ne rigole pas avec la religion », affirme Allende, jeune majeur scolarisé au lycée professionnel Bartholdi, chrétien mais qui envisage une conversion. « C'est dangereux. S'ils ont tué Charlie, c'est parce qu'il ne respectait pas la religion. Ils ont attaqué l'islam, et là, ils voient un autre aspect de l'islam, la colère. Si Charlie continue, les jeunes ici vont bouger. » A ses côtés, Mohammed, majeur lui aussi, acquiesce. « La minute de silence, on l'a faite, dit-il, mais le débat avec les enseignants, je préfère pas calculer, ça va poser des problèmes si je ne suis pas d'accord. »

Du débat avec leur professeur d'anglais, Nadia et Laura, collégiennes de 4e, reconnaissent ne pas avoir tout saisi. « Il nous a parlé d'une France coupée en deux, entre croyants et pas croyants... ou que les terroristes voulaient diviser la France », hésite Nadia. Erica et ses trois copines de 6e, en revanche, se sentent plus rassurées après en avoir parlé dans le cadre scolaire. « Dans certaines familles, les discussions sont bannies, expliquent-elles. « Et puis ça fait du bien, parce que voir les rondes de police, le panneau “alerte attentat” devant le collège, et lire tout et son contraire sur Internet, ça fait peur », précise l'une des trois, en avouant avoir demandé à sa mère de l'accompagner sur les trajets.


Minute de silence : des « cas de perturbation » traités « localement », dit le ministère

« Dans la très grande majorité des cas, tout s'est bien déroulé lors de la minute de silence, jeudi 8 janvier à midi », affirme-t-on au ministère de l'éducation nationale, en précisant être encore dans l'attente de « remontées ». « Les personnels ont été à l'écoute des élèves », explique-t-on dans l'entourage de la ministre, Najat Vallaud-Belkacem. « Néanmoins, certains cas de perturbation de la minute de silence par des élèves nous ont été signalés. Ils ont été traités localement par les équipes éducatives, de manière proportionnée à la gravité des faits. »

Les syndicats d'enseignants et de chefs d'établissement sont sur la même ligne. Pour le SNUipp-FSU, majoritaire au primaire, la minute de silence a été « un moment solennel largement respecté », explique son secrétaire général, Sébastien Sihr. Pour le SE-UNSA, il y a bien eu « des difficultés ici ou là », mais « les professeurs gèrent au mieux en fonction des publics et des territoires ». Le SNPDEN, majoritaire parmi les proviseurs, évoque des « contestations moins importantes que lors de l'affaire Merah », même s'il fait état de « collègues inquiets au point, dans certains établissements, de renoncer au temps de recueillement et de débat ». Dans l'enseignement supérieur, rien à signaler, selon les présidents d'université.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/10/a-saint-denis-collegiens-et-lyceens-ne-sont-pas-tous-charlie_4553048_3224.html#fu32KGqrORO60Tlh.99

Lettres de Professeurs

Par Le 13/01/2015

A propos de Charlie-Hebdo
Une magnifique lettre de trois professeurs de Seine Saint-Denis

Nous sommes professeurs en Seine-Saint-Denis. Intellectuels, savants,
adultes, libertaires, nous avons appris à nous passer de Dieu et à
détester le pouvoir et sa jouissance perverse. Nous n’avons pas
d’autre maître que le savoir. Ce discours nous rassure, du fait de
sa cohérence supposée rationnelle, et notre statut social le
légitime. Ceux de Charlie Hebdo nous faisaient rire ; nous
partagions leurs valeurs. En cela, cet attentat nous prend pour cible.
Même si aucun d’entre nous n’a jamais eu le courage de tant
d’insolence, nous sommes meurtris. Nous sommes Charlie pour cela.

Mais faisons l’effort d’un changement de point de vue, et tâchons
de nous regarder comme nos élèves nous voient. Nous sommes bien
habillés, bien coiffés, confortablement chaussés, ou alors très
évidemment au-delà de ces contingences matérielles qui font que
nous ne bavons pas d’envie sur les objets de consommation qui font
rêver nos élèves : si nous ne les possédons pas, c’est
peut-être aussi parce que nous aurions les moyens de les posséder.
Nous partons en vacances, nous vivons au milieu des livres, nous
fréquentons des gens courtois et raffinés, élégants et cultivés.
Nous considérons comme acquis que La Liberté guidant le peuple et
Candide font partie du patrimoine de l’humanité. On nous dira que
l’universel est de droit et non de fait, et que de nombreux
habitants de cette planète ne connaissent pas Voltaire ? Quelle
bande d’ignares… Il est temps qu’ils entrent dans
l’Histoire : le discours de Dakar leur a déjà expliqué. Quant à
ceux qui viennent d’ailleurs et vivent parmi nous, qu’ils se
taisent et obtempèrent.

Si les crimes perpétrés par ces assassins sont odieux, ce qui est
terrible, c’est qu’ils parlent français, avec l’accent des
jeunes de banlieue. Ces deux assassins sont comme nos élèves. Le
traumatisme, pour nous, c’est aussi d’entendre cette voix, cet
accent, ces mots. Voilà ce qui nous a fait nous sentir responsables.
Evidemment, pas nous, personnellement : voilà ce que diront nos amis
qui admirent notre engagement quotidien. Mais que personne, ici, ne
vienne nous dire qu’avec tout ce que nous faisons, nous sommes
dédouanés de cette responsabilité. Nous, c’est-à-dire les
fonctionnaires d’un Etat défaillant, nous, les professeurs d’une
école qui a laissé ces deux-là et tant d’autres sur le bord du
chemin des valeurs républicaines, nous, citoyens français qui
passons notre temps à nous plaindre de l’augmentation des impôts,
nous contribuables qui profitons des niches fiscales quand nous le
pouvons, nous qui avons laissé l’individu l’emporter sur le
collectif, nous qui ne faisons pas de politique ou raillons ceux qui
en font, etc. : nous sommes responsables de cette situation.

Ceux de Charlie Hebdo étaient nos frères : nous les pleurons comme
tels. Leurs assassins étaient orphelins, placés en foyer : pupilles
de la nation, enfants de France. Nos enfants ont donc tué nos
frères. Tragédie. Dans quelque culture que ce soit, cela provoque ce
sentiment qui n’est jamais évoqué depuis quelques jours : la
honte.

Alors, nous disons notre honte. Honte et colère : voilà une
situation psychologique bien plus inconfortable que chagrin et
colère. Si on a du chagrin et de la colère, on peut accuser les
autres. Mais comment faire quand on a honte et qu’on est en colère
contre les assassins, mais aussi contre soi ?

Personne, dans les médias, ne dit cette honte. Personne ne semble
vouloir en assumer la responsabilité. Celle d’un Etat qui laisse
des imbéciles et des psychotiques croupir en prison et devenir le
jouet des pervers manipulateurs, celle d’une école qu’on prive de
moyens et de soutien, celle d’une politique de la ville qui parque
les esclaves (sans papiers, sans carte d’électeur, sans nom, sans
dents) dans des cloaques de banlieue. Celle d’une classe politique
qui n’a pas compris que la vertu ne s’enseigne que par
l’exemple.

Intellectuels, penseurs, universitaires, artistes, journalistes :
nous avons vu mourir des hommes qui étaient des nôtres. Ceux qui les
ont tués sont enfants de France. Alors, ouvrons les yeux sur la
situation, pour comprendre comment on en arrive là, pour agir et
construire une société laïque et cultivée, plus juste, plus libre,
plus égale, plus fraternelle.

« Nous sommes Charlie », peut-on porter au revers. Mais
s’affirmer dans la solidarité avec les victimes ne nous exemptera
pas de la responsabilité collective de ce meurtre. Nous sommes aussi
les parents de trois assassins.

Catherine Robert, Isabelle Richer, Valérie Louys et Damien Boussard

  • Beau texte que celui-ci. Il pose des interrogations que je partage, comme beaucoup d’enseignants. Celles-ci ne m’empêchent pas de me retrouver dans un mouvement citoyen qui n’est pas qu’émotions, contrairement à ce que je lis trop souvent, mais réflexion, engagement convaincu dans la défense de principes et de valeurs auxquels je suis attaché, sans que personne ne me dicte ce que je dois faire, sans qu’il ne s’accompagne d’un quelconque crédit accordé à des politiques. Il est un temps pour tout. J’espère que la réflexion sur la place donnée à l’école naitra de ces terribles moments, même si le mal est bien plus large que la seule question de l’éducation.

  • « Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne » Victor Hugo, extrait du poème « Ecrit après la visite d’un bagne ».

  • La honte, la mauvaise conscience constituent-elles de bonnes armes pour répondre aux mitraillettes des terroristes ? Non.
    Les frères Kouachi ont-ils grandi dans un univers entièrement hostile, violent, à l’écart de la culture, des livres ? Non.
    Ne sont-ils que de pauvres petits délinquants urbains, que la justice aurait pu considérer comme pénalement irresponsables ? Non.
    La pauvreté fait-elle nécessairement le lit du vice ? Non.
    S’attribuer la responsabilité de la dérive des fanatiques ne constitue selon moi qu’un dérivatif à l’angoisse que leurs actes engendrent.

  • @mlbulliard

    @MLBulliard : deux remarques

    • même quand on voit les choses de façon unidimensionnelle, en noir et blanc, entre l’auto-incrimination forcenée et le déni de responsabilités, il existe un espace de gris assez vaste.

    • quelques dimensions supplémentaires sont, en général, utiles pour analyser un accident et envisager sa prévention à l’avenir. Il est courant de recourir pour cela à des outils de type arbre des causes.

    En milieu professionnel, c’est le rôle du CHS-CT. Quand ces instances fonctionnent bien, elles permettent de dépasser le manichéisme de l’attribution de la faute au patron ou au salarié et de faire progresser tout le monde vers un peu plus de sécurité (au travail).

    Pour ce qui vient de se passer, je ne distingue pas d’instance susceptible de tenir ce rôle. On aurait pu imaginer que les médias y contribueraient, mais on peut constater que, pour l’instant (?), ceux ci restent très majoritairement dans le domaine de l’émotion et qu’en général, le manichéisme leur convient plutot bien.

Liberté d'expression. (2) (politique)

Par Le 13/01/2015

 

 

La liberté d’expression et le devoir de conscience

 

Une question tellement complexe…. Trois jours que ça me travaille.

Il est inévitable que je creuse la question. Que j’identifie clairement ma position et que j’arrête d’écouter ce qui s’en dit.

 

Je reviens immanquablement aux préceptes de Socrate.

Ce qui est dit doit être « vrai, bon et utile. » J'aime utiliser le terme de "juste" en complément du "vrai".

Est-il vrai (ou juste), bon et utile de caricaturer le Prophète ou d’autres symboles aussi fondamentaux ?

Quels sont les symboles fondamentaux ?

La liberté d’expression doit-elle être supervisée par un devoir de conscience ?

J’appelle « devoir de conscience », cette interrogation qui consiste à analyser a priori les raisons et les intentions des paroles, des actes ou des créations artistiques.

Si le protocole du tamis « vrai, bon et utile » est déficient, quelle attitude doit-on avoir ? Est-ce qu’une censure « par principe de respect » et non « par principe de précaution », doit être appliquée ?

Cette censure va-t-elle à l’encontre de la liberté d’expression ?

Mais la liberté d’expression possède-t-elle le droit d’être une « liberté de pression vers l’extérieur ?

« Ex-Pression »

Cette pression, dans ce cas-là, n’est pas tournée vers soi mais vers l’autre. Inévitablement.

Est-elle juste, bonne et utile ?

Je prends l’exemple du Prophète.

Est-il envisageable que les caricatures déclenchent dans l’esprit des Intégristes qui sont concernés un problème de conscience, l’ébauche d’une réflexion, un début de questionnement ? Évidemment pas. Le croire serait d’ailleurs un blasphème……Et surtout une prétention ridicule.

Est-il envisageable que les caricatures en viennent à représenter une agression envers l’ensemble de la communauté religieuse concernée ?

Oui, bien entendu. C’est inévitable.

Ces individus croyants et modérés seront atteints, blessés et il n’y aura en eux qu’une profonde colère. Une incompréhension.

Personne n’est en état de réfléchir quand la colère le submerge. Et même une fois, cette colère « digérée », les éléments qui l’ont déclenchée resteront des ferments éternels de cette colère. La réflexion, le recul, l’esprit critique ne seront jamais invités. La route sera barrée.

Il n’y a donc à mes yeux aucune raison « juste, bonne et utile » de porter atteinte à des symboles fondamentaux.

Il ne s’agit pas de censure mais de devoir de conscience. La liberté d’expression doit rester subordonnée à l’esprit de respect.

Il ne s’agit pas non plus d’éviter de créer des tensions mais bien davantage d’établir durablement une passerelle entre les Peuples. Initier de l’amour à la place de la haine… Même s’il s’agit de dénoncer des actes haineux.

Comment pourrait-on exiger d’une communauté, quelle qu’elle soit, de réfléchir à son fonctionnement en lui manquant de respect ?

Comment pourrait-on demander à une communauté de réfléchir à l’abomination de la haine en alimentant cette haine elle-même ?

Il n’est possible d’évoluer, consciemment, que dans un espace d’amour, d’écoute, de partage, de respect, de rires… Mais un rire commun.

La liberté d’expression a-t-elle le droit d’exclure du rire une partie de la population quand celle-ci n’a rien fait pour le mériter ?

J’ai eu dans mes diverses classes un grand nombre de familles d’origine maghrébine. Ces enfants-là ne m’ont pas posé plus de problèmes que ceux d’origine savoyarde ! Mais il est évident qu’il n’y a jamais eu dans mes classes la moindre marque d’irrespect de ma part envers un enfant. On parlait du Ramadan, ils nous expliquaient les prières et à la fin, on mangeait tous des cornes de gazelle J

De la colère envers ce qu’un enfant aurait fait, oui, j’en ai eue. Et j’ai bien vu d’ailleurs qu’on ne réfléchit pas dans ces moments de colère….Et qu’on finit immanquablement par les regretter. Ils n’ont servi à rien. Ou alors, c’est qu’ils doivent être suivis d’explications profondes, calmes, respectueuses… Il aurait donc mieux valu dans ce cas commencer par là…

 

Quels sont les symboles fondamentaux ?

On pense inévitablement aux religions. Toutes les religions. Donc, également, celle qui consiste à ne pas en avoir et qui applique elle aussi toute une liturgie reconnue, partagée, codifiée. Et soi-disant inattaquable. Et surtout par les Religieux… Étrange paradoxe qui consiste à exclure ceux qui ne souhaitent pas l’être.

J’entends dire que la laïcité est un bloc erratique contre lequel les religions n’ont pas le droit de s’appuyer. Mais derrière les religions, ce sont des humains. Avec leurs ressentis, leurs émotions, tout ce qui les construit. Si je rejette les religions, je rejette donc les hommes.

La laïcité est-elle en droit de rejeter les hommes ? La liberté d’expression dont la laïcité se fait le chantre possède-t-elle ce pouvoir ? S’agit-il d’un devoir ?

Lorsque je lis dans les témoignages de professeurs dans certaines régions de France le mal qu’ils ont eu à faire respecter une minute de silence dans les classes et les phrases entendues, je me dis qu’il y a quelque chose de fondamental qui ne va pas. Pas du tout.

Cette agressivité verbale, ce déni de la République et de ses règles, c’est  quelque chose d’extrêmement grave mais si on se contente de dire que c’est aux Musulmans de le régler, on va droit dans le mur.

Il y a inévitablement une attitude générale à modifier. De tous les côtés.

Il ne s’agit pas de faire de l’école une tribune ni encore moins un tribunal.

Il s’agit d’associer dans une même énergie constructive des individus différents. Il est irresponsable de penser qu’une attitude irrespectueuse puisse contribuer à cette communion.

 

Il est, à mes yeux, indispensable, également que les Musulmans s’interrogent sur leurs priorités. Il y a une question incontournable qu’ils doivent se poser:

« Suis-je avant tout Français ou suis-je prioritairement Musulman et « malheureusement Français »?

La réponse conditionnera n’importe quel enfant dès lors qu’il vivra dans un environnement respectueux ou dans une méfiance et un mépris constant.

« Je suis Français et Musulman. »

Cette réponse, si elle est suivie par des actes qui correspondent, doit absolument être entendue, validée. Et donc respectée…

Et la liberté d’expression qui s’octroie le droit de blesser la confiance difficilement instaurée est à mes yeux un ennemi de la paix.

Et je sais qu’en écrivant ça, je vais faire bondir. Les Intégristes de la liberté de s’exprimer…

Curieux dilemme. J’ai le droit de dire que la liberté d’expression est un droit qui doit être limité par le devoir de conscience et je me fais exclure par les Intégristes de cette Liberté.

Mais disant cela, je dois m’interroger : Cette conclusion est-elle juste, bonne et utile ?

Et bien, c’est justement à ça que je réfléchis… Et je n’ai pas la réponse.

 

Alors, je cherche d’autres situations à mettre en scène.

Si, par exemple, je dis que les « Charlie » de dimanche sont des moutons qui suivaient leurs Maîtres, bien gentiment, sans comprendre qu’ils les mènent à l’abattoir….

C’est une infâme caricature. Un amalgam destructeur. Je le sais bien.

Quel est le ressenti immédiat des gens qui lisent ça et qui sont concernés par cette Marche ? Est-ce que cette caricature écrite va contribuer à la moindre interrogation ?

Non, bien évidemment.

 

 

Quels sont les symboles fondamentaux ?

Les Religions tout comme le fait de ne pas en avoir.

La Famille tout comme le droit de ne pas en fonder.

La Liberté et le devoir de ne pas y toucher.

La Terre.

L’Amour. (et donc le respect, l’attention, le partage)

 

Mais si je ne peux pas toucher à la Liberté, est-ce que je dois tout de même en limiter l’usage ?

Oui, si cela contribue à l’Amour. Mais pour en juger, je dois parvenir à une observation lucide et objective de la situation. Sans aucune colère, sans même la moindre émotion. Juste de l'Amour. Non, pas une adoration béate mais un Amour de la vérité. 

L'Amour...

C’est toujours sur lui que je retombe finalement….

C’est à lui d’avoir le dernier mot.

Je suis oublié

Par Le 13/01/2015

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Oui, je sais, pour vous, je ne suis qu'une épave, une ombre, une image qui s'efface. Pour d'autres, je suis de la tristesse, de la compassion ou de la colère, de l'impuissance ou du mépris, je ne suis en eux qu'une émotion mais je ne suis pas pour autant redevenu un Humain à leurs yeux. Je ne suis que ce que mon image génère en eux. 

Ils sont quelques-uns pourtant à se battre pour moi, je ne les oublie pas. Ils veillent sur moi, avec peu de moyens et beaucoup de coeur.

Je suis celui dont vous avez peur, quelle que soit la forme prise par cette peur.

Je suis même peut-être une caricature,

"Déformation grotesque et outrée de certains faits./ Personne ridicule."

Je suis la caricature d'un système dans lequel je n'ai pas su ou pas pu trouver une place. 

Une caricature qui n'entraîne aucun mouvement de masse. 

Momo est mort la semaine dernière. Il était parti dormir dans le square, dans la maison en bois du parc, la petite cabane pour les enfants. Il disait que ça lui rappelait son enfance au Bled. 

Il est mort de froid.

Mitraillé par des terroristes financiers. Sous les yeux détournés des foules. 

Dimanche, y'avait un monde fou dans les rues de la ville. Même que pas mal de monde est venu causer avec moi. J'étais assis sur mon carton, près de la boulangerie et des jeunes sont venus me filer un sandwich. Ils étaient beaux ces jeunes. Y'avait plein de lumière dans leurs yeux, ça brillait comme des ampoules de Noël. Une belle émotion, ça  m'a fait plaisir, ça m'a rappelé ma jeunesse. Moi aussi j'étais enthousiaste, plein de rêves et d'amour pour les gens. J'avais des potes, avec des filles qu'on faisait rire. Je leur ai raconté un peu tout ça. Et puis la dégringolade aussi. Délocalisation, qu'on nous a dit. L'usine qui ferme. C'était toute ma vie. J'ai fait le con, là. J'ai pas su rebondir, j'avais que de la colère en moi et j'ai tout envoyé balader. Je leur ai dit aux jeunes qu'il faut faire gaffe, qu'ils devaient apprendre à ne pas faire confiance aveuglément. Puis surtout, surtout, je leur ai dit qu'ils ne devaient jamais oublier de s'aimer les uns les autres. Parce que c'est le seul moyen de survivre dans la jungle. Et ici, maintenant, c'est vraiment une jungle humaine. 

Chacun pour soi et moi avant les autres. 

Alors, c'est vrai que dimanche, c'était beau tous ces gens réunis. Mais là, aujourd'hui, y'a plus personne. Enfin, si, y'a du monde, comme tous les jours, mais la différence, cette putain de différence, c'est que tout le monde est tout seul à l'intérieur de lui. 

Le système fonctionne toujours. Et les Guignols qui étaient en tête du défilé dans leurs costumes trois pièces, ils ont même réussi à aspirer toute cette belle énergie du Peuple. Vous voyez, braves gens, imaginez ce vol, comme si les Maîtres étaient venus vous sucer le sang. Ils ont aspiré l'Amour qui vibrait en vous et ils en ont fait une arme d'élection massive, ils en ont fait un programme politique, ils ont pris toute cette émotion et ils ont décidé à votre place de l'usage qu'ils en auraient. 

Je repense aux Jeunes. Ils étaient beaux, ils étaient plein d'amour et de joie, ça faisait comme une bulle au-dessus de la ville, c'était chaud.

Je sais même que j'ai ri. Pourtant, c'était un triste événement. Mais tout cet Amour unifié, c'était comme un radiateur. 

Je ne comprends pas pourtant qu'il soit nécessaire de pleurer des morts pour honorer cet Amour en nous. Je ne comprends pas. 

Momo, non plus, ne comprenait plus. Il m'a dit ce soir-là qu'il aimerait bien partir. Qu'il en avait trop marre. Je suis sûr pourtant que dimanche, s'il avait senti tout ça, tout cet amour entre les gens, ça l'aurait réchauffé pour le reste de l'hiver.

Putain, il a fait froid cette nuit...

Manipulable ou pas ?...

Par Le 12/01/2015

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Si, malheureusement, je suis manipulable.

"On" m'a enseigné toute ma vie à faire confiance.

Plus je vieillis, plus je me délaisse des fardeaux éducatifs.

C'est long, très long mais j'ai la chance d'être bousculé par les trois jeunes adultes de la maison. Je sais ce que je leur dois. 

J'en ai fait des marches et des manifs dans ma vie quand j'étais jeune.

Je sais très bien que dans ces marches, hier, partout en France, il y avait un grand nombre de personnes qui avaient décidé de rendre hommage à toutes les victimes en passant outre cette mascarade politique. De façon consciente et réfléchie. L'unité humaine avant les dissensions, le partage de l'émotion et du recueillement plutôt que les discordes. Je comprends parfaitement.

J'ai vécu de près les événements de Plogoff et je resterais marqué toute ma vie par cette puissance humaine, cet amour de la terre, le respect des Anciens, l'engagement, la détermination.....

Il aurait pu en être ainsi hier s'il n'y avait pas eu  des Gouvernants.... Mais, ils ne se rendent même pas compte évidemment qu'ils ont brisé en s'imposant, un mouvement qui aurait pu être un moment important, un moment déclencheur.

Les Gouvernants se sont efforcés de s'approprier ce mouvement populaire, de le récupérer, de maintenir l'idée trompeuse qu'ils continueront à prendre soin du Peuple...Le "Parent Normatif" a repris ses droits. Les "Enfants adaptés" sont rentrés chez eux. Rassurés. Ou pas... Certains sentiront peut-être la nécessité de devenir "l'Adulte" qui est en eux. Non pas celui détient la "Vérité" mais juste celui qui a décidé de ne pas écouter béatement ceux qui ont fait du mensonge une religion légiférée. 

Maintenant, le problème de l'émotion est vraiment crucial.

Est-ce que cette émotion contribuera au prolongement de la mascarade et une fois apaisée, tout continuera comme avant ?

Est-ce que cette émotion contribuera à pousser les gens à s'informer réellement, à chercher la Vérité, si tant est que ça soit possible de la trouver devant la complexité des phénomènes ?

Est-ce que cette émotion n'aura été qu'une soupape de sécurité et le feu pourra continuer à chauffer la cocotte sans atteindre le niveau d'alerte ?

J'ai peur que cette énergie humaine se soit juste déversée dans les rues, dans un mouvement qui rassure et apaise, comme s'il fallait partager cette pression interne alors que je pense qu'il faut la garder en soi pour qu'elle nourrisse l'engagement nécessaire à chercher, chercher et chercher encore à comprendre...... Je n'ai pas de réponse. On verra bien.... 

Fatigué...

Par Le 12/01/2015

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    Je suis fatigué d'avoir l'impression d'être baladé par des gens qui sont au-dessus de tout, qui se glorifient de protéger la liberté d'expression et qui font le contraire...
    Je suis fatigué d'en arriver à craindre d'être manipulé par ceux qui dénoncent des manipulations...
    Fatigué de réaliser que je n'ai confiance en aucun "dignitaire" ni même envers ceux qui mettent à jour leur perversité chronique, éducative, sectaire...La vérité est devenue un chiffon rouge que tout le monde agite....."Regardez, regardez, c'est ici la "vérité"....
    Il n'y a plus qu'une vérité, c'est celle de ne croire en rien pour éviter d'arrêter de chercher la possibilité de croire encore en quelque chose....

Bossuet

Par Le 10/01/2015

                       

"Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont


 ils chérissent les causes" – Bossuet

Marche républicaine

Par Le 10/01/2015

http://lesmoutonsenrages.fr/2015/01/10/marche-republicaine-pour-charlie-hebdo-ce-dimanche-les-raisons-pour-lesquelles-il-ne-faut-pas-participer/#more-75723

Après ces jours éprouvants et les multiples rebondissements, une « marche républicaine » va avoir lieu en hommage aux personnes décédées. Si nous sommes appelé à défiler en leur mémoire et pour dire « NON » au terrorisme, nous, les moutons enragés, vous invitons à ne pas participer à cette monstrueuse mascarade. Nous assumons cette position et vous expliquons en détail POURQUOI il est plus intelligent de rester chez soi ce jour-là que de descendre dans la rue.

MARCHE R2PUBLICAINE1

Une marche républicaine, une marche « européenne »

Cette marche est là pour dire « non au terrorisme », ce qui est très louable en soit, mais elle reste une marche « républicaine », et qu’est devenue exactement la république en 2015? Une succession de personnalités politiques fantoches qui multiplient les mesures d’austérités en expliquant que tout va bien? Les communes, hôpitaux et autres institutions ont été extrêmement endettées par des emprunts toxiques qui ont été reconnus comme étant reconnus illégaux, le gouvernement a fait passer une loi pour protéger ces banques afin qu’elles ne puissent plus être attaquées et que les emprunts soient payés. Pour le chômage, c’est le double discours éternel puisque avec l’accord TISA, il ne peut que monter et l’idée-même de lutter contre le chômage est du coup inepte et impossible. 80% des lois nationales sont décidées par Bruxelles. Et tout est réformé pour mieux mettre en place les accords de libre-échange tellement importants que les médias n’en parlent que très peu voire jamais. Et je ne parle pas de leur respect très relatif de la constitution du pays… La république est telle, que nombre de mouvements politiques ne sont pas conviés pourtant tous aussi représentatifs de la population française, rien que le FN ne devait pas participer alors qu’il représentait 25% des votants aux dernières élections, mais je n’ai pas vu d’autres mouvements de conviés à l’Élysée, comme l’UPR d’Asselineau par exemple…

C’est donc cela la république? Je rappelle juste qu’il y a encore quelques jours, nombre d’entre nous étaient en colère contre ces politiques, et maintenant vous souhaitez marcher à leurs côtés? C’est clair que eux se réjouissent d’une telle marche, au niveau électoral, c’est bon pour leur image, ils vont se montrer proche du peuple, en plus juste avant les élections régionales et départementales…

Cette marche sera également une marche européenne, puisque nombre de personnalités sont conviées aux côtés de François Hollande qui y participera. Nous avons entre autres: la chancelière allemande Angela Merkel qui travaille avant tout dans la mise en place des accords de libre-échange. Le président du Conseil européen Donald Tusk qui bâcle les séances du conseil européen, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker largement impliqué dans le scandale Luxleaks qu’il tente d’étouffer de la plus belle manière, le premier ministre britannique David Cameron qui protège la finance de la City, le président du conseil italien Matteo Renzi considéré comme étant le « cheval de Troie » de la JP Morgan, et le premier ministre espagnol Mariano Rajoy qui multiplie les mesures d’austérités en écoutant la finance avant tout le reste, et surtout les cris des espagnols affamés.Tout ce petit monde contribue à la mise en place des accords de libre-échange si dangereux, est-ce à leur côtés que vous souhaitez défiler?

Ce ne seront pas avant tout les citoyens en colère qui souhaitent dire non au terrorisme qui vont défiler, mais des personnalités politiques qui veulent donner une bonne image d’eux-même avant les prochaines élections, ou pour calmer la colère de certains quand à leurs ligne politique.

Nous avons également les organisations anti-racistes qui participent comme la LDH, la LICRA, le MRAP, SOS-Racisme, et les associations représentant les musulmans de France, le Conseil français du culte musulman et l’Union des Organisations Islamiques de France. l’UOIF étant proche, très proche du Qatar et de ses millions, alors que ce même Qatar finance également le terrorisme à travers la planète. N’oubliez pas que l’Islam de France est en lui-même un concept impossible puisque il n’y a pas une vision de l’Islam mais plusieurs, et que de ce fait, prétendre qu’un mouvement peut représenter à la fois les salafistes, sunnites, chiites, wahhabites et les autres est impossible.

Le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) appelle également à participer à cette marche « républicaine ». Je rappelle au passage que le CRIF n’est pas un restaurant qui propose ses meilleures tables aux personnalités politiques influentes du pays, mais un organisme qui se réclame ouvertement sioniste et qui entretien volontairement l’amalgame dangereux juifs=sionistes. Pour rappel, nombre de juifs sont victimes de cet amalgame qui profite avant tout à Israël (voir également ici et ici).

Et bien évidement, face à la peur, la solution de proposée, c’est plus de sécurité, chose que propose déjà Manuel Valls pour cette marche républicaine: Des moyens sécuritaires massifs.

La marche de ce Dimanche réunira tout ce petit monde dont l’intention est de se mettre en avant avant-même de penser réellement aux victimes ou à la lutte contre le terrorisme, sinon, vous ne pensez pas qu’ils auraient agit vis-à-vis du Qatar plut tôt? Je rappelle quand-même que quand nos soldats se faisaient abattre au Mali, le Qatar envoyait des avions pour soutenir les djihadistes en difficulté.

 

Défendre la liberté de la presse

Attaquer les symboles religieux et de manière outrageantes, c’est la liberté de la presse, parler de sujets qui fâchent comme les accords de libre-échange entre les Etats-Unis et l’UE, ou de la réalité des néo-nazis au pouvoir en Ukraine, des attaques financières des Etats-Unis contre l’Euro et l’Europe, là, il n’y a plus de liberté de la presse, et cela ne gêne personne. J’ai suivi de très près le licenciement des 8000 employés de Peugeot-PSA en France, je n’ai vu AUCUNE CHAINE de télévision expliquer les véritables raisons de ces licenciements, rien, ou à peine! La liberté de la presse existe uniquement lorsque les informations relayées n’en dérangent pas trop certains très haut-placés.

Quelques exemples pour appuyer mes propos:

La France est tombée à la 39ème place au niveau liberté de la presse, la dégringolade n’a cessé depuis des années, notamment grâce à Nicols Sarkozy durant son mandat. Un reportage à voir absolument existe d’ailleurs sur le sujet.

La défense de la liberté de la presse n’est qu’un argument politique puisque en France, cette dernière est toute relative. On ne parle que de ce que l’on peut parler, le reste, c’est soit trop compliqué pour les imbéciles gavés d’info-spectacle, de télés-réalités et de jeux débiles, soit trop dérangeant pour en informer vraiment les foules.

 

Pour dire « Non au terrorisme »

Pour enrayer le terrorisme et les djihadistes, il faut s’attaquer à ceux qui financent cela, et c’est l’unique moyen, mais voici ceux qui financent:

Dire non au terrorisme est-il réellement possible quand ce sont les plus grandes nations et institutions qui financent le tout, généralement à des fins géopolitiques? Car si nous n’avons cité que quelques articles à titre d’exemple, les liens, réseaux, les connexions et les articles sont très nombreux, il suffit de chercher, si la presse en officielle en parle, il ne faut pas non plus trop mettre en avant certaines vérités qui pourraient déranger et faire prendre conscience aux foules que la situation n’est pas aussi claire ni saine que cela…

 

Alors NON! Il ne faut pas participer!

Voilà les principales raisons pour lesquelles nous disons NON à la marche républicaine de ce Dimanche! Vous pouvez participer au travail de mémoire pour les victimes en allument une bougie, en faisant une prière pour eux si cela vous tente, mais pas en fermant les yeux sur le véritable sens de cette marche: une manœuvre avant tout politique, médiatique, et électorale.

Nous devons penser aux victimes, aux familles, aux amis, aux journalistes, policiers ou simples inconnus qui ont perdu la vie ces derniers jours, respecter leur mémoire et ce qu’ils ont été avant tout, des humains. Mais il ne faut pas fermer les yeux et oublier les réalités citées plus haut.

Les journalistes de Charlie Hebdo voulaient de l’insolence? Alors la meilleure preuve d’insolence que vous pourriez avoir pour leur rendre hommage, c’est de ne pas participer à cette marche.

Quand à montrer une quelconque compassion au journal Charlie Hebdo, faites-le en continuant de rire chaque jour, et en vous informant VRAIMENT, pas en vous contentant de la soupe qui vous est servie à la télévision. Il n’y a plus de « je suis Charlie » ou de « je ne suis pas Charlie », il y a nous, l’actualité réelle et ce que nos élites veulent bien nous montrer!

Personnellement, je ne peux que vous inviter à relayer cet article de partout, au nom de la liberté de la presse? Pas vraiment, plutôt pour que beaucoup prennent conscience de la réalité… Diffusez-le, reprenez-le librement, et ne jouez pas le jeu de ceux qui ne voient en vous que des voix dans une urne.

La parole juste (philosophie)

Par Le 10/01/2015

Les trois tamis de Socrate

 

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Un jour, quelqu'un vint voir Socrate et lui dit :
- Ecoute Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s'est conduit.
- Arrête ! Interrompit l'homme sage. As tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
- Trois tamis ? dit l'autre, empli d'étonnement.
- Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu a as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est de celui de la Vérité. As tu contrôlé si ce que tu as à me dire est vrai ?
- Non; je l'ai entendu raconter, et ...
- Bien, bien. Mais assurément, tu l'as fait passer à travers le deuxième tamis. C'est celui de la Bonté. Ce que tu veux me dire, si ce n'est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?
Hésitant, l'autre répondit : non, ce n'est pas quelque chose de bon, au contraire ...
- Hum, dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s'il est utile de me raconter ce que tu as à me dire ...
- Utile ? Pas précisément.
- Eh bien, dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l'oublier ...

Juste (spiritualité)

Par Le 10/01/2015

Ce que j'écris ici, c'est juste ce que je pense et je pense que pour moi, c'est juste. Juste pour moi. 

Ce qui ne signifie pas que ma liberté d'expression conteste ce que les autres pensent être juste pour eux.

Personne n'est obligé de me lire.

Personne n'est tenu de penser que ce que j'écris est juste.

Ma liberté d'expression n'est pas ma liberté de faire pression. 

Je ne presse personne de penser que je pense juste. C'est juste que j'essaie de penser par moi-même et c'est ce qui me paraît juste. 

Si je partage ce que je pense, c'est juste pour établir une passerelle. Pas pour convaincre. D'ailleurs, si on scinde ce mot "convaincre" , on comprend qu'il n'y a que le con qui cherche à vaincre. 

Personnellement, il n'y a que le doute qui me semble juste. Puisqu'il propose constamment de maintenir les passerelles. Le convaincu a tranché les cordes qui maintenaient le pont au-dessus du gouffre...

Il n'y a qu'une seule chose pour laquelle je suis convaincu. Il n'y a que l'amour qui puisse sauver les hommes. Et il faut tout faire pour que cet amour ne soit pas vaincu par les cons. 

 

 

Signes astrologiques amérindiens

Par Le 09/01/2015

Bon, je suis un OURS Sourire

Les signes astrologiques amérindiens et leur signification

Les signes astrologiques amérindiens et leur signification

La loutre : 20 janvier-19 février
Le loup : 20 février-19 mars
Le faucon : 20 mars -19 avril
Le castor: 20 avril -20 mai
Le cerf : 21 mai-20 juin
Le pic vert: 21 juin-21 juillet
Le saumon : 22 juillet- 21 août
L’ours : 22 août -21 septembre
Le corbeau : 22 septembre- 22 octobre
Le serpent : 23 octobre- 22 novembre
La chouette : 23 novembre -21 décembre
L’oie : 22 décembre -19 janvier

Les signes astrologiques amérindiens 2

Les animaux emblématiques des Amérindiens peuvent inclure à peu près tous les animaux, et ont une représentation symbolique pour la majorité des tribus des Amériques. Dans cet article, nous nous concentrerons sur les animaux du zodiaque.

De nombreuses cultures amérindiennes croient que chaque personne a un animal qui lui est attribué au moment de sa naissance . Voici une interprétation des symboles amérindiens du zodiaque et les caractéristiques de chacun.

Les signes astrologiques amérindiens et leur signification:

La loutre : 20 janvier- 18 février

Un peu bizarre et peu orthodoxe, la loutre est parfois très difficile à comprendre. Les méthodes des loutres étant perçues comme non-conventionnelles, ce ne sont pas les premières à être choisies pour faire le travail. C’est une grave erreur de la part des autres, parce que bien que les méthodes des loutres soient non-conventionnelles, elles sont généralement plutôt efficaces.

Oui, la loutre a une façon inhabituelle de voir les choses, mais elle est dotée d’une imagination et d’une intelligence remarquable, lui permettant d’avoir un avantage sur tout le monde. Souvent très perspicace et intuitive, la loutre fait une très bonne amie, et peut être très attentive.

Dans un environnement stimulant la loutre est sensible, sympathique, courageuse et honnête. Livrée à elle-même, la loutre peut être sans scrupules, obscène, rebelle et isolée.

Le loup : 19 février- 20 mars

Profondément sentimental, et complètement passionné, le loup est l’amant du zodiaque à la fois au sens physique et philosophique. Le loup comprend que nous avons tous besoin d’amour, et il est tout à fait capable d’en offrir.

Avec sa farouche indépendance, cet animal emblématique amérindien est un peu en contradiction. Il a besoin de sa liberté, mais il est assez doux et compatissant, il y a l’image du « loup solitaire » avec ce signe.

Dans un environnement stimulant le loup est intensément passionné, généreux, très affectueux et doux. Livré à lui-même, le loup peut devenir impossible, récalcitrant, obsessionnel, et même vindicatif.

Faucon : 21 mars – 19 avril

Le faucon étant un leader naturel né, on peut se fier à lui pour avoir un jugement clair dans des situations délicates. En outre, cet animal symbolique amérindien ne perd jamais de temps, au lieu de cela il bat le fer tant qu’il est encore chaud, et prend des mesures pour ce qui doit être fait.

Toujours persistant, et toujours en train de prendre des initiatives, le caractère du faucon est une perle rare pour les projets ou les sports d’équipe. Le faucon peut être un peu prétentieux, il a généralement raison dans ce qu’il dit, donc on peut tolérer son arrogance.

Dans un environnement favorable, il entretient la passion et la flamme dans ses relations, et reste toujours compatissant. Livré à lui-même, le faucon peut être vain, grossier, intolérant, impatient et trop sensible.

Le castor : 20 avril- 20 mai

Se prendre en charge, s’adapter, se surpasser, telle est la devise du castor. Dans la plupart des affaires, le castor accomplit les taches avec beaucoup d’efficacité et d’aplomb. La ruse du castor est une force qu’il faut prendre en compte dans les affaires et le combat.

On pourrait aussi réfléchir à deux fois avant d’affronter intellectuellement un castor, à cause de son acuité mentale. Le castor a tout pour lui, cependant avec lui c’est «tout ou rien», ce qui a tendance à lui amèner des ennuis.

Oui, généralement ils ont raison, mais le porteur de cet animal emblématique amérindien peut avoir besoin de faire preuve de tact. Dans un environnement stimulant, le castor peut être compatissant, généreux, loyal et serviable. Livré à lui-même, le castor peut être nerveux, lâche, possessif, arrogant, et trop exigeant.

Le cerf : 21 mai- 20 juin

Ce animal emblématique amérindien est la muse du zodiaque. Le cerf est une source d’inspiration et a un esprit très vif. Avec un humour taillé sur mesure, le cerf a tendance à faire rire tout le monde. Avec son excellente capacité à vocaliser, le cerf est une personne de conversation accomplie.

Cela combiné à son intelligence naturelle, le cerf est un invité indispensable aux dîners. Conscient du monde qui l’entoure, et encore plus conscient de son apparence, le cerf a tendance à trop s’impliquer. Cependant, le narcissisme domine le cerf à cause de son amabilité et de son affabilité.

Dans un environnement favorable, la vivacité naturelle et la personnalité pétillante du cerf rayonnent encore plus. Il est une puissante source d’inspiration dans les relations. Livré à lui-même, le cerf peut être égoïste, de mauvaise humeur, impatient, et avoir deux visages.

Le pic vert : 21 juin -21 juillet

Le pic vert est généralement le plus stimulant de tous les animaux emblématiques amérindiens. Écouteur accompli, totalement empathique et compréhensif, le pic vert est le seul à être de votre côté lorsque vous avez besoin de soutien.

Bien sûr, il fait un merveilleux parent, et un ami et un partenaire tout aussi merveilleux. Autre corde à son arc, il a tendance à être naturellement économe, débrouillard et organisé.

Dans un environnement stimulant, le pic vert est naturellement attentionné, dévoué et très romantique. Livré à lui-même, le pic vert peut être possessif, en colère, jaloux et rancunier.

Le saumon : 22 juillet- 21 août

Électrique, concentré, intuitif, et très créatif, le saumon est un véritable fil conducteur. Son énergie est palpable. Sa motivation naturelle, sa confiance et son enthousiasme sont facilement contagieux.

Tout le monde suit le saumon même si l’idée est trop farfelue pour fonctionner. Généreux, intelligent et intuitif, pas étonnant que le saumon ait de nombreux amis. Cet animal emblématique amérindien exprime un besoin de buts et d’objectifs, et n’a aucun mal à trouver des volontaires pour ses croisades personnelles.

Dans un environnement favorable, le saumon est calme, sensuel, stable et généreux. Livré à lui-même, ceux qui portent cet animal emblématique amérindien peuvent être égoïstes, vulgaires, et ne tolèrent pas les autres.

L’ours : 22août -21septembre

Pragmatique et méthodique, l’ours est le premier à appeler lorsqu’il y a besoin d’une main ferme. Le caractère pratique et pondéré de l’ours en font un excellent partenaire commercial. Habituellement la voix de la raison dans la plupart des situations, l’ours est un bon équilibre pour la chouette. L’ours a également un très grand cœur, et un penchant pour la générosité.

Cependant on pourrait ne pas le savoir car l’ours a tendance à être très modeste et un peu timide. Dans un environnement chaleureux, cet animal emblématique amérindien donne beaucoup d’amour et de générosité en retour.

En outre, l’ours peut faire preuve de patience et de tempérance, ce qui fait de lui un excellent professeur et mentor. Livré à lui-même, l’ours peut être sceptique, paresseux, étroit d’esprit et solitaire.

Le corbeau : 22 septembre -22 octobre

Très enthousiaste et entrepreneur né, le corbeau est très charmeur. Mais il n’a pas besoin de travailler pour être charmant, c’est inné chez lui. Tout le monde reconnaît facilement l’énergie du corbeau, et tout le monde se tourne vers le corbeau pour ses idées et ses opinions.

C’est parce que le corbeau est à la fois idéaliste et diplomate, c’est ce qu’il le rend assez ingénieux. Dans un environnement stimulant, cet animal emblématique amérindien est facile à vivre, peut être romantique et avoir une voix douce. En outre, le corbeau peut être très patient et intuitif dans les relations.

Livré à lui-même, le corbeau peut être exigeant, incompatible, vindicatif et abrasif.
 

 
Les signes astrologiques amérindiens et leur signification suite:

Le serpent : 23 octobre- 22 novembre

La plupart des chamans sont nés avec cet animal emblématique amérindien. Le serpent est un élément naturel en matière de spiritualité. Facilement à l’écoute du royaume éthéré, le serpent est un excellent chef spirituel. Également respecté pour ses capacités de guérison, le serpent excelle également dans les professions médicales.

Les questions immatérielles qui préoccupent le serpent conduisent souvent les autres à les considérer comme des personnes mystérieuses et parfois effrayantes. Certes, le serpent peut être discret, et un peu obscur, mais il est également très sensible et attentionné.

Dans une relation de soutien, le serpent peut être passionné, inspirant, humoristique, et serviable. Livré à lui-même, le serpent peut être découragé, violent, et sujet à des sautes d’humeur anormaux.

La chouette : 23 novembre -21 décembre

Variable comme le vent, la chouette est difficile à cerner. Chaleureuse, naturelle, et de nature facile à vivre, la chouette est l’amie idéale pour tous. Le porteur de cet animal emblématique amérindien est bien connu pour s’engager à toute allure dans la vie, et aime de tout cœur l’aventure.

Mais la chouette peut aussi être téméraire, négligente, et irréfléchie. Les chouettes font de grands artistes, enseignants, et écologistes. Toutefois, grâce à sa capacité d’adaptation et à sa polyvalence, la chouette pourrait probablement exceller dans n’importe quelle profession.

Dans un environnement favorable, la chouette est sensible, enthousiaste, et a une écoute attentive. Livrée à elle-même, la chouette peut être excessive, trop indulgente, amère et belliqueuse.

L’oie : 22 décembre – 19 janvier

Si vous voulez faire quelque chose, donnez-le à l’oie. Persévérante, tenace et très ambitieuse, l’oie se fixe des objectifs à accomplir, et les atteint toujours. L’oie est déterminée à réussir à tout prix, et peu importe l’approbation des autres. Ceux qui ont cet animal emblématique amérindien sont en concurrence avec leur propre ennemi intérieur.

Entraînée est le mot d’ordre du trait de personnalité dominant de l’oie, ce qui la rend excellente dans les affaires et les sports de compétition. Lorsque elle est soutenue, de ses amis et de sa famille, l’oie se stimule et excelle dans tout ce qu’elle entreprend.

Dans un environnement chaleureux, l’oie peut être très passionnée, pleine d’humour, grégaire, et même sensuelle. Cependant, lorsque l’oie est livrée à elle-même, elle peut tomber dans des comportements obsessionnels ou dans une dépendance qui entraîneront inévitablement sa disparition.

La majorité pacifique (politique)

Par Le 09/01/2015

 

 

 

 

  • Je ne suis pas du tout d'accord avec cette Américaine ni avec sa façon de répondre à cette jeune femme. La majorité pacifique, si elle est ignorée, est démunie devant la puissance et la détermination de l'extrémisme. Il ne faut pas compter uniquement sur l'Etat pour intervenir mais à notre niveau, aussi souvent que possible, intervenir auprès de "la majorité pacifique" pour lui témoigner notre reconnaissance et notre soutien. Il est faux de croire que la majorité pacifique "est sans importance" et c'est avoir une vision extrêmement sombre de l'Humanité que de le penser. Il y a de nombreux exemples effectivement qui montrent que "la majorité pacifique" n'a pas réussi à sauver la paix mais il serait intéressant justement de savoir quel était le comportement de l'Etat ou des pays voisins face à cette majorité pacifique. A-t-elle été véritablement soutenue ou a-t-elle été délaissée ? 
  • Maintenant, cette vidéo vient des USA et on connaît leur positionnement face aux crises de civilisation.... :(

 

 

 

 

 

Une lettre d'amour...

Par Le 09/01/2015

Cette lettre d'une femme à la nouvelle épouse de son ex-mari est en train de faire le tour du web... Et c'est facile de comprendre pourquoi !

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http://www.demotivateur.fr/article-buzz/cette-lettre-d-une-femme-a-la-nouvelle-pouse-de-son-ex-mari-est-en-train-de-faire-le-tour-du-web-et-c-est-facile-de-comprendre-pourquoi--1513

Une femme prénommée Candice Curry a écrit une lettre à la nouvelle femme de son ex-mari, Ashley Parish, et l’histoire est en train de faire le tour du web, vous allez bientôt comprendre pourquoi.

 

Voici la lettre dans son intégralité, telle qu’elle a été publiée pour la première fois sur le blog de Candice, et traduite en Français par nos soins. Jugez-en par vous-mêmes :

 


A toi, la belle-mère de ma fille,

 

Je n’ai jamais voulu de toi ici. Tu n’as jamais fait partie de mes plans pour l’avenir. Dans les rêves que je faisais de ma future famille, tu ne devais pas être là. Je ne voulais pas de l’aide d’une autre femme pour éduquer mes enfants. Le plan, c’était que ma famille soit composée de moi, de papa, et de nos enfants, pas de toi.

Je doute aussi que tu aies un jour voulu de moi dans ta vie. Je ne pense pas que tu avais un jour prévu de te retrouver avec un enfant auquel tu n’as pas donné naissance. Et je suis prête à parier que pour toi aussi, le plan de ta vie future  était composé de toi, de papa et de tes enfants, pas de moi ni de ma fille. J’imagine aussi que quand tu t’imaginais mère, tu pensais que ce serait le jour où tu donnerais naissance à un enfant, pas le jour où tu épouserais ton mari.

Je crois bien que toi non plus, tu n’as jamais voulu de moi dans ta vie.

 

Mais parfois, la vie nous réserve bien des surprises et les choses sont parfois différentes de ce que nous prévoyons. Quand ma petite famille a éclaté en deux, je savais qu’un jour, tu viendrais.

 

Dans mes pensées, tu aurais été une bête terrible, une femme méchante, une marâtre que ma petite fille n’aurait jamais voulu avoir sous son toit ! En fait, j’espérais que tu sois très laide, et je priais pour que jamais ma fille ne te prenne pour exemple. Son papa aurait alors compris — trop tard —qu’il avait fait une énorme erreur.

L’aigreur et la méchanceté rampaient en moi, parce que je ne pouvais tout simplement pas admettre le fait qu’une autre femme éduque mon enfant, la chair de ma chair, en mon absence.

 

Et puis, tu es arrivée.

 

Quand je t’ai rencontrée pour la première fois, j’ai bien dû admettre que tu ne correspondais pas vraiment à ce que j’avais en tête, et un spasme de jalousie a parcouru tout mon corps. Tu étais pourtant censée être hideuse, pas vrai ? Mais non, tu ne l’étais pas, tu étais d’une beauté à couper le souffle. Tu étais pourtant supposée être une vieille marâtre ignoble, n’est-ce pas ? Mais tu ne l’étais pas, tu étais une jeune femme pleine de douceur.

 

Tous mes plans tombaient à l’eau.

 

Et, j’ai réalisé en croisant ton regard que le fait de me rencontrer t’était tout aussi difficile que cela ne l’était pour moi. Mon cœur, malgré moi, s’est adouci. Oh, maudit soit ton sourire si doux et si bienveillant ! J’avais prévu de te haïr. Pourquoi fallait-il que tu viennes tout gâcher ?

 

Je voulais t’en vouloir, mais tu m’as rendu la tâche impossible et à la place, j’étais en train d’éprouver… de la gratitude pour toi.

 

Tu avais accepté ma petite fille dès le tout début et tu éprouvais un amour inconditionnel aussi bien pour elle que pour son papa, et cela était une véritable bénédiction, pour tout le monde. Cette petite fille, tu l’as intégrée à tout ce que tu fais dans la vie de tous les jours et tu l’as faite se sentir aimée et acceptée. Tu places sa relation avec son papa au-dessus de la tienne et seule une femme dotée d’un courage des plus exceptionnels saurait faire cela avec autant de grâce.

 

Quand son papa et moi avons décidé de divorcer et de vivre dans des maisons séparées, je savais qu’il y aurait des moments dans lesquels elle aurait besoin de moi, sa maman, et que je ne serais pas là. Alors, permets-moi d’éprouver de la gratitude pour le fait que tu sois là quand je serais absente. Merci de lui avoir pardonné ses années d’adolescence, de ne l’avoir jamais rejetée. Elle a besoin d’une maman dans ta maison, et tu as fait un travail formidable pour remplir ce rôle.

 

Tu as respecté ma position en tant que maman, depuis le tout début. J’apprécie énormément le fait que tu me contacte régulièrement pour me demander si je pense que tu prends les bonnes décisions au sujet de ma fille. Je sais aussi que notre situation est plutôt rare. Ce n’est pas souvent qu’une mère et une belle-mère s’envoient des messages pour se dire à quel point elles s’aiment et se respectent, malgré tout. Tu es une véritable bénédiction dans ma vie.

 

Grâce à toi et à ton courage, en prenant soin de notre fille comme tu le fais, elle sera une femme forte et une bonne personne. Elle grandira avec plus d’amour que tout ce que j’aurais pu imaginer. Ce n’était pas son choix d’avoir des parents divorcés et même si c’est une chose que je ne souhaiterais à aucun enfant sur terre, je remercie la vie pour le fait qu’elle a désormais 4 parents qui l’aiment et la respecte, et qui s’aiment et se respectent les uns les autres.

Elle fait preuve de nombreuses qualités comme la compassion, grâce à cela, et elle comprend qu’un échec peut se transformer en une chose extrêmement positive si on y met du sien.

 

Je ne te vois pas comme une remplaçante, un bouche-trou pour quand je ne suis pas là. Tu es toi aussi comme sa mère lorsqu’elle est avec toi, et quand elle est avec moi également. Elle est impatiente de t’appeler et de te raconter ses journées quand elle est chez moi, et ça, ça fait bondir mon cœur dans ma poitrine de joie. Quand nous nous voyons, nous nous serrons dans les bras, et je suis fière de cela.

 

Je suis bien consciente de ce que c’est qu’une mère qui ne peut pas accepter émotionnellement la belle-mère de ses enfants au sein de sa vie. C’est pourquoi je suis reconnaissante  que nous puissions aller au-delà de cela et faire ce qu’il y a de mieux à faire pour nos familles et pour cet enfant. Merci d’être co-maman.

 

Je promets de toujours te respecter, moi aussi. Je promets de ne jamais te rabaisser dans la position que tu tiens dans la vie de ma fille, ni te dire que tu n’es pas sa mère. Je promets de l’éduquer et de lui faire voir à quel point elle est chanceuse d’avoir deux femmes fortes et courageuses dans sa vie.

 

Femme splendide, tu es pour moi un joyau rare et précieux.

Je t’aime.

 

Des millions de personnes ont lu la lettre, puis la belle-mère a répondu :

 

« Candice,

Je ne sais pas vraiment quoi dire. Je ne suis pas très forte avec les mots, je ne sais pas m’exprimer aussi bien que toi. Tout ce que je peux te dire, c’est que je suis en larmes, des larmes de bonheur… Tu me fais me sentir si spéciale…

Merci pour cette lettre. Elle a illuminé ma journée et je la garderai toujours près de mon cœur.

Je t’aime. »

Liberté d'expression (1) (politique)

Par Le 09/01/2015

Je lis tout ce que je trouve : textes de lois, débats, articles, forums......

Vaste question....

Je ne dirai pas ce que j'en pense. Pas maintenant. 


 

Accueil du portail  Ressources  Légamedia  Liberté d’expression et ses limites

Liberté d’expression et ses limites

La liberté d’expression est consacrée dans la plupart des environnements juridiques. En France, elle est consacrée par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. En revanche, la liberté d’expression n’est pas un absolu et elle se trouve affectée de nombreuses limites que les internautes ne doivent pas ignorer.

Présentation

Il n’est donc pas ici question de brider la liberté d’expression de quiconque : enseignant, personnel non enseignant, chef d’établissement, élève ou parent, mais d’effectuer un rappel des limites fixées par la loi. 

Quelle est la source de cette liberté d’expression et quelles en sont ses limites ? 

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 énonce que :

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme, tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Le principe est ainsi posé mais encore faut-il connaître les limites. Celles-ci sont relativement nombreuses du fait du nombre d’exceptions spécifiques touchant au statut particulier des personnes (devoir de réserve, par exemple) ou à la nature des informations concernées (secret médical, secret défense). On peut néanmoins citer quelques règles d’ordre général : 

  • Limite 1 - Ne pas porter atteinte à la vie privée et au droit à l’image d’autrui (pour des précisons complémentaires voir les fiches Vie privée et internet et Image et vidéo).
  • Limite 2 - Ne pas tenir certains propos interdits par la loi : l’incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse, l’apologie de crimes de guerre, les propos discriminatoires à raison d'orientations sexuelles ou d'un handicap, l’incitation à l'usage de produits stupéfiants, le négationnisme.
  • Limite 3 - Ne pas tenir de propos diffamatoires : la diffamation se définit par toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne[1]. Il est possible pour se défendre d’une accusation de diffamation d’invoquer l’exception de vérité[2], c’est-à-dire de rapporter la preuve de la vérité de ses propos.
  • Limite 4 - Ne pas tenir de propos injurieux : l’injure se définit comme toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait.
  • Limite 5 - Il existe également des limites spécifiques telles que le secret professionnel, le secret des affaires et le secret défense.
  • Limite 6 - Certaines personnes, en raison de la fonction qu’elles occupent, sont tenues à un « devoir de réserve ». C’est le cas des fonctionnaires qui doivent exprimer leurs opinions de façon prudente et mesurée, de manière à ce que l’extériorisation de leurs opinions, notamment politiques, soit conforme aux intérêts du service public et à la dignité des fonctions occupées. Plus le niveau hiérarchique du fonctionnaire est élevé, plus son obligation de réserve est sévère.

Le sentiment d'anonymat et d’impunité sur internet est trompeur, les auteurs de propos répréhensibles peuvent être identifiés par une levée de l’anonymat (pour des précisions complémentaires, voir la fiche Obtenir une levée d’anonymat).

Enfin, il existe sur internet un droit spécifique : le droit de réponse[3]. Ce droit peut être demandé lorsqu’il n’est pas possible de répondre directement sur le site internet (par exemple sur les forums, il est possible de répondre directement). Ce droit peut être exercé lorsque l’on est directement nommé dans le contenu auquel on souhaite répondre. La demande doit être adressée par lettre recommandée au gestionnaire du site dans le délai de trois mois à partir de la date de publication du contenu.

Illustration

Un tribunal a condamné l’auteur d’un blog qui avait publié les termes suivants « misérable imbécile », « triste individu », « aussi laid que lui », « énergumène » et « aussi inepte que l’individu lui-même », en considérant que ces termes étaient injurieux envers la personne auquel ces propos étaient destinés. L’auteur a été condamné à la somme de 1 200 euros à titre de dommages et intérêts[3].

Un salarié a voulu se venger de son ancien directeur, le jugeant responsable de son licenciement. De façon anonyme, il lui a créé une fausse fiche Viadeo sur laquelle il a tenu des propos attentatoires à la réputation et à l’honneur de son ancien chef. Pour connaître son identité, des investigations ont été menées auprès de Viadeo et de Free et elles ont permis d’identifier l’adresse IP, à l’origine de la mise en ligne, et l’abonné du fournisseur d’accès. L’auteur de la fausse fiche a été condamné pour propos diffamatoires[4].

Un autre internaute a fait l'objet d'une condamnation pour avoir insulté sur son « mur » les gendarmes qui venaient de le contrôler. De ce fait, il a été jugé et condamné à 3 mois de prison ferme ainsi qu'à 1 200 euros d'amende pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. Le profil de la personne était public et n'importe qui, y compris les membres des forces de l'ordre, pouvait y avoir accès[5].

Répéter inlassablement (politique)

Par Le 09/01/2015

 

 

Robert Badinter, ancien ministre socialiste de la Justice, réagit à l’attaque contre«Charlie Hebdo».

«Devant un tel crime, préparé et exécuté de sang-froid, c’est d’abord aux victimes que pense chacun d’entre nous. Policiers assumant le risque quotidien auquel les expose leur devoir, journalistes réunis pour accomplir leur mission d’information, sans laquelle la démocratie serait étouffée. Ces journalistes-là sont morts pour nous, pour nos libertés qu’ils ont toujours défendues. Sachons nous en souvenir. L’émotion nous saisit aussi à la pensée de leurs familles, de leurs proches, que le crime frappe au cœur par ricochet et qui vivront désormais comme des invalides, amputés de l’être humain qui était une part d’eux-mêmes.

«Au-delà du chagrin et de la pitié s’inscrit le devoir de justice. Nous sommes assurés que les pouvoirs publics mettront tout en œuvre pour identifier et arrêter les auteurs de ces crimes. A la justice de décider de leur sort, en toute indépendance et dans le respect de l’Etat de Droit. Ce n’est pas par des lois et des juridictions d’exception qu’on défend la liberté contre ses ennemis. Ce serait là un piège que l’histoire a déjà tendu aux démocraties. Celles qui y ont cédé n’ont rien gagné en efficacité répressive, mais beaucoup perdu en termes de liberté et parfois d’honneur.

«Enfin, pensons aussi en cette heure d’épreuve au piège politique que nous tendent les terroristes. Ceux qui crient "allahou akbar" au moment de tuer d’autres hommes, ceux-là trahissent par fanatisme l’idéal religieux dont ils se réclament. Ils espèrent aussi que la colère et l’indignation qui emportent la nation trouvera chez certains son expression dans un rejet et une hostilité à l’égard de tous les musulmans de France. Ainsi se creuserait le fossé qu’ils rêvent d’ouvrir entre les musulmans et les autres citoyens. Allumer la haine entre les Français, susciter par le crime la violence intercommunautaire, voilà leur dessein, au-delà de la pulsion de mort qui entraîne ces fanatiques qui tuent en invoquant Dieu. Refusons ce qui serait leur victoire. Et gardons-nous des amalgames injustes et des passions fratricides.»

Laure BRETTON
 

L’imam de Bordeaux et théologien Tareq Oubrou a exprimé vendredi la «colère» des musulmans dont la religion est «confisquée par des fous», des «incultes» religieux, des «déséquilibrés», en marge d’une marche interreligieuse à Bordeaux, où le maire UMP Alain Juppé a appelé à «aider» l’islam face aux pressions radicales.

«Cela fait un moment que nous sommes en colère, depuis les années 1980, nous voyons notre religion dans les main des fous», a lancé M. Oubrou à des journalistes. «Aucune culture, aucun art de vivre. Ils ne sont pas dans la civilisation, ils ne sont pas dans le monde.»

L’islam, «religion de paix de spiritualité, de transcendance, d’un rapport à Dieu pour mieux vivre avec les hommes, est aujourd’hui confisqué par des déséquilibrés à la marge du monde», a ajouté M. Oubrou, l’un des imams les plus influents de France, théoricien depuis des années d’un islam d’intégration.

Plus d’un millier de personnes, emmenées par des représentants des confessions musulmane, chrétienne, juive, dont le grand rabbin de France, ont défilé côte à côte vendredi en une marche oecuménique inédite en France ces derniers jours, faisant le voeu d’un «combat quotidien» contre toutes formes d’extrémisme.

Alain Juppé a pour sa part appelé à aider l’islam modéré. «Il faut que la communauté musulmane exprime fortement son désaccord total avec ce travestissement de l’Islam, cette idéologie qui n’a rien voir avec l’Islam», a déclaré le maire de Bordeaux. Mais «il faut que nous les aidions. Ils sont confrontés eux mêmes à l’intérieur de leur communauté à une forme de pression de prosélytisme, de radicalisme auxquels ils ont du mal à résister», a-t-il ajouté.

S’en prenant aux auteurs présumés des tueries des derniers jours, Tareq Oubrou a dénoncé des «incultes» d’un point de vue religieux. «Ils n’ont aucune culture, ni universelle, ni religieuse, ni théologique, ni biographique du prophète», a-t-il expliqué, rappelant que Mahomet lui-même, loin de se «venger», «pardonna à ses adversaires lorsqu’il parvint au pouvoir».

«Ce sont des gens qui, malheureusement, ne se reconnaissent plus dans la société et veulent se venger d’elle en trouvant un alibi, l’islam», a-t-il ajouté. «Au lieu de trouver un sens pour leur vie, ils trouvent un sens pour leur mort». En commentant d’ailleurs une «aberration théologique monumentale, car on ne cherche pas le martyre, on le subit», a insisté l’imam.

AFP
 

Le Bien et le Mal (3)

Par Le 09/01/2015

 

 

 

 

“Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.”

Albert Einstein

Un parcours Sacré (spiritualité)

Par Le 08/01/2015

Grossesse 2 semaine
 
 
 
http://www.inrees.com/articles/Grossesse-naissance-parcours-sacre/
 

De la grossesse à la naissance, 
un parcours sacré

La grossesse est vue par de nombreuses cultures comme une attente essentielle, un parcours initiatique avec comme apothéose l’accouchement... Comment vivre cette aventure unique dans toute sa dimension spirituelle ?
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© Oleg Gekman/shutterstock
Dans certaines tribus d’Afrique, quand une femme décide d’avoir un enfant, elle s’installe et se repose sous un arbre, afin d’écouter la nature jusqu’à ce qu’elle parvienne à entendre la chanson de l’enfant qui va naître. Puis elle l’enseigne à l’homme qui sera le père, et quand ils font l’amour, ils entonnent ce chant afin d’inviter le nouvel arrivant. Partout dans le monde, les futurs parents appellent sans doute leur futur bébé de leurs vœux. Quelle que soit la manière, c’est bien ce qui se joue autour de la conception, consciemment ou non, qui interpelle aujourd’hui les experts. 

 

Reconsidérer la conception


L’importance de la vie intra-utérine et de la naissance est aujourd’hui au cœur de nombreux débats. Pour le Dr Jean-Philippe Marcoux, diplômé du CMCC (Canadian Memorial Chiropractic College), « il est primordial de retrouver le sens de l’acte de conception ». Le médecin insiste sur la qualité du contexte autour du désir d’enfant, « qu’il soit émotionnel, personnel ou relationnel au sein du couple ». Par exemple, une conception qui repose sur le besoin de cimenter son couple ou de réparer les manques de sa propre enfance laisse une empreinte particulière. 

Alors, qu’est-ce qu’une conception en conscience ? « C’est tout d’abord l’appel d’une âme, que la mère informe de son désir de l’accueillir, tout en étant très connectée à son utérus, qui va la recevoir », répond Lise Bartoli, spécialiste en périnatalité et hypnothérapeute. Ce à quoi s’ajoute la dimension psychologique, à savoir la mise au jour des enjeux inconscients autour de l’arrivée de cet enfant. Posez-vous honnêtement ces questions : pourquoi fais-je ce bébé ? Qu’est-ce que j’ai envie de lui apporter, de lui transmettre ? « C’est également le moment de mener son enquête sur sa propre histoire de naissance », ajoute notre expert. La dimension transgénérationnelle entre en ligne de compte. Sans le savoir, nous répétons également la mémoire autour des naissances de notre lignée, de nos ancêtres. Les mamans mortes en couches, les « enfants illégitimes », les filles-mères, sont autant de transmissions qui peuvent agir comme de véritables poisons. S’en libérer est essentiel pour faire une véritable place à l’enfant. 

 

9 mois d’attente sacrée


« Lors de séances d’hypnose ericksonienne, j’ai pu constater que de nombreux patients retournaient spontanément au moment de leur vie intra-utérine », observe Sophie Guedj-Metthey. Peurs, manque de reconnaissance, solitude… La majorité des traumatismes subis depuis notre naissance seraient la répétition de ceux vécus dans le ventre de notre mère. 

Comment l’expliquer ? « Il semblerait que le fœtus enregistre le vécu et les émotions de ses parents comme une bande magnétique et qu’il ressente ce qui l’entoure de manière intense et émotionnelle, sans avoir la possibilité de le mettre en perspective », explique le Dr Claude Imbert. Pour l’éthologue Marie-Claire Busnel, directrice du Laboratoire de psychobiologie du développement de Paris, « le fœtus a déjà une certaine perception du milieu intérieur au travers des goûts, des odeurs, des contacts tactiles et des sons ». Autrement dit, il perçoit les mouvements, les caresses et les changements physiologiques qui reflètent les états émotionnels maternels. Ainsi, « le bébé baigne dans l’inconscient de la maman », ajoute Lise Bartoli. On sait aujourd’hui combien le fœtus est sensible, une découverte dont il faut tenir compte. 

À notre époque, nombre de femmes débordées vivent leur grossesse en se soumettant principalement aux exigences médicales. Il semblerait que cela ne suffise pas. Pour Martine Texier, spécialiste de la préparation à la naissance par le yoga, « il est fondamental d’établir le contact avec son bébé, tous les jours. Sentir sa présence, plus que ses mouvements ».

Comment ? En lui parlant, en touchant son ventre, en se relaxant, en lui envoyant de l’amour. Lise Bartoli propose la visualisation, qui consiste à projeter des images sur son écran mental : « Vous pouvez le visualiser dans votre ventre, heureux, baignant dans une eau cristalline, en train de dormir ou de sourire. »Ses conseils : prendre du temps et descendre à l’intérieur de soi, en mettant ses mains sur son ventre, pour s’aider. Effectué avec douceur, dans l’intention de transmettre notre attention au bébé, le toucher lui apporte un important sentiment de sécurité. « Grâce aux échographies, on a pu vérifier que le fœtus déplace son corps vers l’endroit où est posé la main. Le toucher est en quelque sorte notre premier langage avec lui », précise Sophie Guedj. À ce titre, l’haptonomie périnatale, qui repose sur un dialogue à travers le contact des mains sur le ventre de la maman, permet d’établir une communication affective entre le père, la mère et le bébé. Il n’y a pas une technique meilleure qu’une autre. Pour Jean-Pierre Relier, ancien chef de service de néonatologie à la maternité de Port-Royal, « tout l’intérêt de ces approches réside dans la prise de conscience par la mère de son rôle essentiel dans la croissance harmonieuse du bébé ». 

 

Le passage initiatique de la naissance


La vie est ponctuée de passages, la naissance en est un, sans doute le plus déterminant, tout comme la mort. « Si la mort est peut-être le passage d’un corps de chair vers la lumière, on pourrait envisager que la naissance soit ce mouvement de l’infini, de la vastitude, vers les limites du corps physique », expose Martine Texier. La dimension initiatique de ce passage touche également la mère. « Pour mettre au monde, la maman ne peut que s’ouvrir au grand mystère de la vie, de toute la profondeur de son être, confiante dans la ressource de son corps, et de sa sagesse intérieure », explique Martine Texier. 

Plus besoin de penser, mais de sentir. L’idéal serait d’accueillir son enfant dans un lâcher-prise total, et de se laisser traverser par les contractions en essayant de résister le moins possible. Ce qu’aujourd’hui la médecine moderne tend à gommer serait en réalité le cœur de l’initiation : quand le travail commence, la femme vit une transformation intérieure progressive, au rythme des contractions. Juste avant l’expulsion, elle peut ressentir un fort découragement. Si elle peut lâcher prise, elle atteint un nouvel état de conscience : en perdant celui ordinaire de ses limites corporelles, elle s’ouvre à une autre dimension de vastitude et laisse passer le bébé ! La question qui se pose aujourd’hui est l’accompagnement de ce parcours initiatique, dans sa vraie dimension humaine et spirituelle, pas seulement technique, qui réclame davantage une qualité « d’être » que « de faire ».

 

Des initiatives inédites


Pourtant, l’hypermédicalisation de la naissance demeure ; les alternatives pour une naissance « autrement » sont encore très anecdotiques. Historiquement, certains établissements ont ouvert la brèche comme la maternité des Bluets (Paris), qui prône l’accouchement sans douleur basé sur la participation des femmes et la maîtrise de leur corps. Aujourd’hui, de nouvelles initiatives émergent, comme la création d’un espace physiologique, avec baignoire de relaxation (maternité d’Angers) ou l’accouchement sous hypnose (hôpital Robert-Debré à Paris). Parmi les avancées dans ce domaine, on peut aussi noter le Projet de naissance (en place au centre hospitalier d’Aurillac). Il y a aussi Birth Plan, mis au point par les Anglais : un contrat de confiance entre l’équipe médicale et les parents, stipulant par exemple de ne pas provoquer l’accouchement ni de faire d’épisiotomie systématique, tout en tenant compte des urgences pour la vie du bébé et de sa maman. L’accouchement à domicile constitue également une alternative, même si en France seules 1 % des femmes font ce choix, alors qu’elles sont 30 % en Hollande. 

Si accoucher autrement reste difficile, il semblerait que l’accompagnement à la naissance se développe. Pour preuve, le mouvement des doulas, qui gagne la France, l’Angleterre, l’Espagne, et qui a pour mission de créer un environnement rassurant et encourageant pour la mère, en accompagnement du travail des sages femmes. Ces initiatives sont autant d’espoirs d’offrir aux générations à venir la conscience de la dimension sacrée de leur incarnation et de la vie.
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