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Je te souhaite...

Par Le 31/12/2014

Je te souhaite de ne pas réussir ta vie

Je te souhaite de ne pas réussir ta vie.

Je te souhaite de vivre autrement que les gens arrivés.

Je te souhaite de vivre la tête en bas et le cœur en l’air, les pieds dans tes rêves et les yeux pour l’entendre.

Je te souhaite de vivre sans te laisser acheter par l’argent.

Je te souhaite de vivre debout et habité.

Je te souhaite de vivre le souffle du feu, brûlé vif de tendresse.

Je te souhaite de vivre sans titre, sans étiquette, sans distinction, ne portant d’autre nom que l’humain.

Je te souhaite de vivre sans que tu aies rendu quelqu’un victime de toi-même.

Je te souhaite de vivre sans suspecter ni condamner, même du bout des lèvres.

Je te souhaite de vivre sans ironie, même contre toi-même.

Je te souhaite de vivre dans un monde sans exclu, sans rejeté, sans méprisé, sans humilié, ni montré du doigt, ni excommunié.

Je te souhaite de vivre dans un monde où chacun aura le droit de devenir ton frère et de se faire ton prochain.

Un monde où personne ne sera rejeté du droit à la parole, du droit d’apprendre à lire et savoir écrire.

Je te souhaite de vivre dans un monde sans croisade, ni chasse aux sorcières.

Je te souhaite de vivre dans un monde libre d’aller et venir, d’entrer et de sortir, libre de parler librement dans toutes les églises, dans tous les partis, dans tous les journaux, à toutes les radios, à toutes les télévisions, à toutes les tribunes, à tous les congrès, à toutes les assemblées, dans toutes les usines, dans tous les bureaux, dans toutes les administrations.

Je te souhaite de parler non pour être écouté mais pour être compris.

Je te souhaite de vivre l’inespéré, c’est dire que je te souhaite de ne pas réussir ta vie.

Père Jean Debruynne


Je me souhaite un bel instant présent

Je me souhaite de n'avoir aucun espoir qui ne soit que chimère. 

Je me souhaite de ne pas rêver éveillé.

Et si je m'en tiens à ces directives, je n'ai rien finalement à me souhaiter puisque tout sera réglé.

Je souhaite aux gens que j'aime qu'ils n'aient pas besoin de mes souhaits pour être en paix.

Je souhaite aux gens que j'aime qu'ils n'aient même pas besoin de mon amour.

Je souhaite aux gens que j'aime de n'avoir rien à se souhaiter eux-mêmes. 

Et si tout cela n'est pas possible, n'est pas réalisable, que les épreuves sont trop lourdes ou les besoins encore très présents, je souhaite aux gens que j'aime tout ce qu'ils aimeraient que je leur souhaite.

Pour le reste de l'Humanité, je n'ai rien à dire. Ça n'est pas de mon ressort et ça serait m'octroyer un pouvoir prétentieux. 


Année 2014

Par Le 31/12/2014

Année 2014.

Pour la première fois en trente-deux ans, je n'ai donc pas pris ma classe à la rentrée.

Et je n'ai absolument pas l'intention d'y retourner.

J'ai explosé en vol et je tâche depuis des mois de reconstruire la carlingue et de remettre le moteur en marche. 

Migraines ophtalmiques, acouphènes, sciatique, lombalgies, vertiges, baisse de tension, crise de tétanie, perte de sommeil, asthénie, anhédonie, anorexie, burn out et dégoût.

J'ai envoyé en octobre une demande écrite de démission avec Indemnité de départ volontaire. J'attends la réponse.

J'avais proposé une reconversion dans la fonction publique mais il m'a été répondu qu'avec "seulement un BAC et mon diplôme d'instituteur, je n'obtiendrais rien sans repasser par la case Université, licence et Master."

Je viens de la Préhistoire et 32 ans de carrière, ça ne vaut rien. Un jeune diplômé en architecture byzantine est bien plus qualifié que moi....

Tout ce que j'avais écrit sur les effets destructeurs de cette réforme se révèle exact. On n'en est qu'au début. Le GVT ne changera pas de ligne de conduite. 

Je ne changerai pas la mienne. 

Je suis à demi salaire depuis trois mois, j'ai été convoqué en hôpital psychiatrique, j'attends les résultats de la commission médicale. 

Les médecins que j'ai rencontrés me conseillent de manger des pilules roses et regrettent que je ne le fasse pas, arguant que les méthodes que j'utilise ne seront pas suffisantes. 

Elles le seront.

L'Amour a une force guérisseuse qu'ils ignorent.

Tout ça était inimaginable pour moi. Absolument inconcevable. Je n'aurais jamais pu imaginer qu'un jour, je quitterais ma classe de cette façon, qu'un jour, je n'accompagnerais plus les enfants dans leur développement personnel.  

De la même façon, je n'aurais jamais pu imaginer que je m'engagerais dans une formation de thérapeute, que je me livrerais ainsi devant des personnes que je n'avais jamais rencontrées, que je sortirais de ma réclusion volontaire, que j'en viendrais à explorer en moi les résidus fossilisés des épreuves, que j'ouvrirais des portes dont je n'avais même pas conscience......

La Vie a une imagination infinie......

Je suis donc dans l'incapacité de savoir ce que les prochains mois me réservent.

Mais mes convictions resteront les mêmes.

J'avance sur le chemin que je trace. 

SDF et vacanciers

Par Le 31/12/2014

Des Sans abris qui meurent de froid là où 15 000 vacanciers sont hébergés en quelques heures parce que les routes sont enneigées....Il y a quelque chose de pourri dans ce Royaume. 

Des vacanciers qui partent à la montagne dépenser leur argent mais qui ne s'équipent pas pour franchir des routes enneigées....D'une bêtise sans nom.

Mais évidemment, ils seront secourus parce qu'ils sont rentables, consommateurs, qu'ils paient leurs impôts, que ce sont de "bons Français".....

Juste du dégoût....

Je ne dis pas qu'il fallait les laisser bloqués dans leurs véhicules avec femmes et enfants mais il faudra m'expliquer pourquoi des individus sont abandonnés là où il existe des structures d'accueil dans tout le pays, dans une urgence absolue....

Il faut avoir eu froid, vraiment froid un jour dans sa vie pour savoir ce que ça représente. Pour ma part, la montagne s'est chargée déjà de me faire connaître cette épreuve. Et c'est redoutablement destructeur.  


DÉCEMBRE NOIR - Quatre SDF sont morts de froid depuis ce week-end à Paris, à Douai,à Rodez et dans les Alpes-Maritimes. Deux autres ont péri dans l'incendie d'un squat en Seine-et-Marne où ils avaient essayé de faire un feu pour se réchauffer.

Les SDF payent de leur vie la vague de froid qui s'est abattue depuis quelques jours en France. Trois d'entre eux sont morts ce week-end, vraisemblablement été victimes d'hypothermie, à Paris, à Douai et dans les Alpes-Maritimes. Deux autres ont péri mardi dans l'incendie d'un squat en Seine-et-Marne où ils avaient essayé de faire un feu pour se réchauffer. Mardi, c'est un sans-abri belge qui a été retrouvé mort à Rodez dans un chantier où il s'était abrité.

>> LIRE AUSSI - Comment aider un SDF dans le froid ?

Incendie mortel d'un squat en Seine et Marne. Deux sans domicile fixe ont péri mardi matin dans l'incendie d'un squat à Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne, dans lequel ils s'étaient réfugiés à cause du froid et où ils ont vraisemblablement tenté de faire un feu. L'incendie s'est déclaré vers 5h30 dans ce bâtiment désaffecté situé à une trentaine de kilomètres à l'est de la capitale. "Les corps de deux hommes, deux SDF, ont été retrouvés carbonisés à l'intérieur. Nous pensons qu'ils s'étaient réfugiés là à cause du froid".

A Paris, un malaise cardiaque à cause du froid ? Un SDF mort à Paris dimanche soir, "manifestement" en raison du froid, a annoncé la mairie de Paris mardi matin. L'homme, âgé de 50 ans, a été trouvé aux environs de 21 heures, place du colonel Bourgoin, dans le 12e arrondissement de la capitale, par les services de secours. Il était alors "en état d'hypothermie" et a fait un malaise cardiaque alors qu'on lui fournissait les premiers soins dans le véhicule sanitaire. La personne "n'a pas sollicité les services du 115" qui l'avaient approché quelques jours auparavant, a-t-on précisé.

>> LIRE AUSSI : En France, le nombre de SDF a presque doublé en 10 ans

Hypothermie fatale pour un Belge de 46 ans dans les Alpes-Maritimes. La préfecture des Alpes-Maritimes a annoncé mardi qu'un SDF belge de 46 ans était mort de froid dimanche. Un SDF belge de 46 ans est mort de froid dimanche matin sous sa tente à Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, a annoncé mardi la préfecture du département. "Le décès est dû au froid, combiné à l'alcoolémie", a informé la préfecture. Dans la nuit de samedi à dimanche, Mandelieu-la-Napoule avait été balayée par un vent glacial fort, sans doute à l'origine d'une hypothermie fatale à cet homme fortement alcoolisé, a estimé la police municipale.

A Douai, le SDF avait 29 ans.Samedi, c'est un homme sans domicile fixe de 29 ans qui avait retrouvé inanimé à Douai, dans le Nord. Il était décédé dans les heures qui ont suivi sa découverte, là encore, vraisemblablement victime d'hypothermie.

Un SDF belge retrouvé mort à Rodez. Un sans-abri belge a été retrouvé mort mardi dans un chantier de Rodez où il s'était abrité. L'homme de 42 ans, qui était connu des services de police en tant que personne sans domicile fixe, a été retrouvé mort vers 13H30 par les pompiers, alertés par un particulier. Il s'était fabriqué un abri de fortune avec les matériaux d'un chantier à l'arrêt depuis quelques jours. Sur place, les policiers de Rodez ont découvert plusieurs bouteilles d'alcool vides. Les températures sont descendues jusqu'à moins 6 degrés dans la nuit de lundi à mardi à Rodez.


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GILETS JAUNES : Dossier de presse (école)

Par Le 31/12/2014

Ce dossier a été écrit par une des enseignantes des Gilets Jaunes. Il décryptait en détail les effets de cette Réforme avant la rentrée 2014. Il est donc intéressant à la fin de l'année civile que chacun et chacune analyse ce qu'il en est aujourd'hui dans la réalité quotidienne des enfants. 

Ce dossier est libre de partage.

Merci à Céline Fabre pour ce travail de synthèse.

 


 

file:///C:/Users/PC/Downloads/Dossier%20Presse%20-%20Rentr%C3%A9e%202014%20(1).pdf

 


 

 

Dossier de presse


"Rythmes Scolaires : Un cataclysme pour septembre 2014"




EDITO
A quoi sert l'Ecole ?
Je crois que l'école, lieu dans lequel l'enfant passe la majeure partie de ses journées, doit être avant tout un endroit où l'élève se sent bien, en confiance, en sécurité, le lieu dans lequel il va s'élever, apprendre, apprendre à penser, tout en ayant droit à l'erreur.
Tout comme Benoît Hamon, ma scolarité s'est déroulée en Afrique où j'ai été témoin de l'inégalité devant le droit à l'instruction.
L'Ecole Républicaine est pour moi porteuse de valeurs incontournables : une école obligatoire, laïque, gratuite, mais surtout égalitaire pour tous les enfants.
Professeur des écoles depuis 2006, j'ai connu la semaine à 4,5 jours. En effet, les élèves avaient alors classe le samedi matin dans mon école du haut-Var.
En 2008, le temps scolaire s'est organisé sur 4 jours (M. Darcos passe de 26 heures d'enseignement à 24 heures avec les mêmes programmes et 2 heures d'Aide Personnalisée
pour les élèves en difficultés (suppression de 80 000 postes dont les RASED).
En 2012, M. Peillon fait de la réussite scolaire sa priorité.
Plutôt que de rétablir les 2 heures disparues en 2008, il s'imagine qu'en "rajoutant" une matinée de classe avec un même volume horaire (24 heures), le niveau de ses petits écoliers remontera.
Ainsi, le décret Peillon voit le jour le 24 janvier 2013.
4000 communes "choisissent" alors de le mettre en place en septembre 2013.
Son successeur, M. Hamon, aux vues des dysfonctionnements engendrés par la réforme, fait une faveur aux français : il "assouplit" le décret Peillon.
Rejeté à la majorité au CSE, ce nouveau décret Hamon est publié le 8 mai 2014.
Toutes les communes devront l'appliquer à la rentrée 2014.
Force est de constater que le gouvernement ne tient pas compte des avis majoritaires défavorables à ses projets.
Pire encore, il use sur le terrain de méthodes peu glorieuses pour passer en force son projet.
Le gouvernement reste sourd et bafoue la "démocratie".
Alors finalement, à quoi sert l'Ecole si, lorsqu'elle forme des citoyens, ces derniers ne sont pas entendus ?
Ce dossier dénonce le mépris et l'entêtement du gouvernement et demande au Ministre de l'Education Nationale d'ouvrir la "table des négociations" !
Céline FABRE - Porte parole Gilets Jaunes.

 



Sommaire
I. Qui sont les Gilets Jaunes ? (page 4)
II. Le contexte actuel (page 6)
1. 24 janvier 2013 : le décret Peillon
2. 8 mai 2014 : un assouplissement qui n’arrange rien : le décret Hamon
3. Un battage médiatique, des pressions, des menaces
III. Stop à la désinformation ! (page 9)
Ne pas se tromper de diagnostic ! (p9)
Une matinée de plus ne permet pas de mieux apprendre ! (p9)
Les différences européennes (p11)
Une réforme qui augmente les inégalités (p12)
Un coût conséquent et inutile p14)
Respect des lois (p15)
Une réforme dont personne ne veut (p16)
Un désengagement de l’Etat (p18)
La lutte n’est pas un jeu politique partisan (p19)
L'enfant est mis en danger et en insécurité (p20)
IV. Rentrée 2014 : le chaos (page 22)
V. Les Gilets Jaunes dans la presse (page 24)
VI. Chiffres clés (page 26)

 

4.) Qui sont les Gilets Jaunes ?
L’avenir et le bien-être des enfants dépassent tout clivage politique, c’est pourquoi les « Gilets Jaunes » sont sans étiquette et regroupent toutes les personnes qui sont contre la réforme de Mr Peillon et Mr Hamon sur les rythmes scolaires.
Les « Gilets Jaunes » revendiquent l’ABROGATION des décrets Peillon et Hamon qui mettent en place cette réforme.
Non par volonté d’immobilisme, mais dans l’optique de mettre en place une réelle reconstruction de l’école en CONCERTATION.
C’est la première fois dans l’histoire qu’une réforme de l’Etat réussit à rassembler des parents d’élèves, des syndicats enseignants, des enseignants, des animateurs et des élus contre elle !
Tous demandent au gouvernement de revoir sa copie !

Nous disons NON à cette réforme
 Les enfants sont fatigués, déboussolés
 Elle est inefficace
 Les inégalités augmentent (entre communes, pour les
enfants en situation de handicap...)
 L'insécurité augmente
 Son coût est prohibitif
 Elle déstructure la sphère éducative autour de l'enfant :
contrats précaires, mélange des statuts, mise en danger de la vie associative...

 

5) Pour la petite histoire...
Tout à commencé en février 2013...
Suite à la parution du décret Peillon le 24 janvier 2013, des parents inquiets pour l’avenir de leurs enfants se sont rapprochés de leurs élus pour avoir quelques éléments de réponses à leurs questions.
Rapidement une page Facebook a été créée pour recenser et écouter les personnes concernées.
En septembre 2013, face à l’insécurité induite par la réforme des rythmes scolaires, après lettres ouvertes et pétitions sans
réponses, des parents de la commune de Ris Orangis (91) ont décidé de revêtir un gilet jaune, symbole de sécurité, afin d’adresser un message fort à tous sur les conséquences désastreuses de cette réforme pour les enfants.

Ce symbole a été repris dans plusieurs communes de France pour finalement se généraliser au mouvement national contre
cette réforme des rythmes scolaires.
Les difficultés liées à la réforme se multipliant partout en France, on a vu apparaître de plus en plus de groupes contre cette réforme sur les réseaux sociaux.
La page Facebook est devenue nationale et compte aujourd'hui 55 700 membres.
Elle a été déclinée en groupes départementaux de manière à coordonner des actions locales puis nationales.

En février 2014 s'est créée parallèlement l’Association des Gilets Jaunes (AGJ).
Aujourd’hui, le collectif des Gilets Jaunes a su garder son indépendance, sa liberté de penser et son authenticité.
Partout en France il regroupe en réseaux toutes les personnes qui ont à cœur le bien-être, la protection et l'avenir des enfants.
Symbole de sécurité pour l'enfant-élève et l’Ecole Républicaine, le gilet jaune est devenu le signe de ralliement de toutes les personnes opposées à cette réforme.
Bien plus qu’une opposition à un gouvernement, c’est un "combat du cœur" !


6)
II. Le contexte actuel
1) le décret Peillon
Le 16 mai 2012 Vincent Peillon est nommé ministre de l'Education Nationale.
Il se base sur :
 l'échec scolaire (études PISA),
 les journées des écoliers (6h) trop longues,
 l'accès pour tous à des activités périscolaires.


Pour ces raisons, et dans le cadre de la loi de refondation de l'école, il met en place le décret d'application de la réforme des nouveaux rythmes scolaires.
Lors du CSE (8 janvier 2013) puis du CTM (11 janvier 2013), le décret Peillon est rejeté à la majorité. Malgré tout il voit le jour le 24 janvier 2013.
3800 communes ont choisi de l'appliquer (22% des écoliers de France) en septembre 2013.
Il sera imposé à toute la France en septembre 2014.
Contrairement à une loi, qui est étudiée, débattue et votée par le parlement, la réforme est un décret imposé par le ministre.
Un décret est soumis aux votes consultatifs des organisations représentatives nationales lors du CSE (Conseil Supérieur de l'Education) puis au CTM (Comité Technique Ministériel).

 


Le DECRET PEILLON en bref...
- Le volume horaire ne change pas : 24 heures/semaine.
- Nous passons de 4 jours à 4,5 jours d'école : le mercredi matin en plus (ou le samedi matin
sur dérogation) soit 9 demi-journées.
- 3 heures d'activités périscolaires (TAP : Temps d'Activité Périscolaire ou NAP : Nouvelles Activités Périscolaires) réparties sur la semaine.
- Les journées de classe ne dépassent pas 5h30.
- Les matinées ne dépassent pas 3h30.
- La pause méridienne (midi) doit être d'au moins 1h30.
- Les 2 heures d'AP (Aide Personnalisée) sont transformées en APC (Activités Pédagogiques Complémentaires).
- Le maire de chaque commune peut proposer un projet mais le temps scolaire de chaque école du département est décidé par le DASEN (Directeur Académique des Services de l'Education Nationale).
- Les établissements privés ne sont pas tenus d'appliquer la réforme.
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=92741DEC1D057E1D7EB81916ACF46C7D.tpdjo16v_1?cidTexte=JOR
FTEXT000026979035&categorieLien=id

 


7)

2) Un écran de fumée en guise d’assouplissement : le décret Hamon
Le 31 mars 2014, Vincent Peillon laisse sa place à Benoît Hamon.
Le décret Peillon est largement rejeté par la majorité des acteurs concernés : les parents, les enseignants, les syndicats, les Elus, les animateurs et territoriaux...
Benoît Hamon propose alors un assouplissement de ce décret.
Le nouveau décret est alors soumis aux votes du CSE et du CTM et toujours majoritairement rejeté le lundi 5 mai 2014.

Le décret Hamon est tout de même publié le 8 mai 2014.
Certes, le fait de recentrer les activités sur une demi-journée permettra de faciliter le recrutement d’animateur et de réaliser une certaine « économie d’échelle ».
Mais cet assouplissement va à l’encontre du premier décret :
 les journées sont toujours aussi longues (6h)
 Benoit Hamon ne cesse de répéter aux maires que la mise en place d’activités est facultatives.
Mais surtout, ces modifications ne changent pas le fond du problème… bien au contraire…
 On a toujours une école à plusieurs vitesses, variant d’une commune à une autre, et d’une école à une autre (privée/publique).
 L’intérêt de l’enfant est complètement oublié : car le problème avec la semaine de 4 jours, selon les spécialistes, est qu’un week-end trop long « désynchronise » les plus petits. Le décret Peillon ne change rien au problème, le décret Hamon l’aggrave en offrant la possibilité de regrouper les TAP le vendredi après-midi
 La réforme reste inefficace sur les apprentissages : une matinée « de plus » ne
permet pas de mieux apprendre.
 Les problèmes de coût, de sécurité, de personnels disponibles, etc… demeurent.
Le DECRET HAMON en bref...
- Le décret Peillon reste la base (5 matinées de classe obligatoires)
- Possibilité de regrouper les 3h de TAP ou NAP sur une après-midi.
- Les journées de classe peuvent durer 6h.
- Possibilité de passer à 23h/semaine et de rattraper cette heure en réduisant les vacances
scolaires.
http://www.lemonde.fr/education/article/2014/05/05/rythmes-scolaires-la-communaute-educative-rejette-lenouveau-decret_4411807_1473685.htmlCéline


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3) Un battage médiatique, des pressions, des menaces
Benoît Hamon mène une campagne de désinformation depuis des mois.
Aspergeant les médias de fausses données (chiffres du ministère de lʼÉducation nationale différents de ceux du ministère des Finances et de ceux des Renseignements généraux), il passe plusieurs messages :
 La réforme est faite pour lutter contre l'échec scolaire;
 Les activités gérées par les communes ne sont pas obligatoires donc la réforme est peu coûteuse pour ces dernières;
 L'état condamnera les élus qui s'opposeront à la réforme;
 Les parents ont le droit d'attaquer les élus qui ne peuvent pas mettre en place la réforme.
Preuve que lʼÉtat est sourd aux appels de son peuple et reste tellement coupé de la réalité.
Une opposition raisonnée
Nombreux sont les témoignages de conseils d'écoles dont les acteurs (enseignants, directeurs ou encore parents délégués) subissent de grosses pressions.
Nombreux sont les Elus qui délibèrent contre la réforme et pourtant se sentent contraints et forcés de l'appliquer.
Combien de communes sous prétexte de l'obligation ou encore de la peur des représailles appliquent des TAP en mode "garderie" ?
Quelle chance alors pour les petits écoliers d'accéder à des activités sportives et culturelles riches de sens ?
Le collectif des Gilets Jaunes recense tout un dossier de témoignages d'Elus, de professeurs, de parents délégués, ou encore d'EVS mettant en avant cette pression et ces menaces subies.
Pourtant le gouvernement n'hésite pas à affirmer : « les communes ayant remonté des horaires, les conseils d'écoles ayant fait des choix d'emplois du temps, il s'avère que la majorité des acteurs est "pour" cette réforme ».
Mais quelle majorité ?
Une majorité contrainte et forcée, telle est la réalité du terrain.
Face au mutisme du gouvernement, un maire et une enseignante entament une grève de la faim
lundi 30 juin (St Médard en forez - 42) qui durera 6 jours avant l’hospitalisation de ces dernières et sans aucun signe du ministre
sinon du mépris ! Elles ne demandaient pourtant qu’une entrevue !Céline 

 


9
III) STOP à la désinformation !
1) Ne pas se tromper de diagnostic !
Les résultats scolaires n’ont pas attendu la généralisation de la « semaine de 4 jours » en 2008 pour diminuer !
Cette réforme des rythmes scolaires, c’est l’arbre qui cache la forêt !
Pendant que l’on dépense argent et énergie sur cette réforme inutile, on en oublie les vrais problèmes de l’éducation nationale : manque d’effectifs, programmes à revoir, formation des enseignants à revoir, RASED, problèmes de locaux, place de la confiance en l’Ecole, de la
discipline et du respect (50% de directeurs d’école agressés ou insultés en 2012-2013)…
2) Une matinée de plus ne permet pas de mieux apprendre !
Mr le ministre le martèle depuis des mois :
« On apprend mieux le matin, donc offrir une matinée de plus aux enfants, c’est leur offrir une chance de plus de mieux apprendre. »
Logique ? Et pourtant… la science de l’apprentissage n’est pas une science mathématique !
Il est grand temps d’arrêter de réfléchir en termes de chiffres en additionnant des heures et des matinées.
Il est nécessaire de s’intéresser aux contenus des temps de l’enfant de façon globale !
C'est pourtant simple, 5 matinées ne permettent pas de mieux apprendre Monsieur Hamon !
D’ailleurs de nombreuses écoles du Rhône et de la Loire connaissent le rythme de 4 matinées depuis 1991 sans avoir connu AUCUNE MODIFICATION SUR LES RESULTATS SCOLAIRES par rapport aux élèves qui étaient à 5 matinées !
La vérité est là !
 La majorité des petits français avaient 5 matinées de cours
avant 2008 (Darcos),
 pourtant les derniers résultats de l'OCDE (qui portent sur des enfants de 15 ans, donc qui ont connu ces 5 matinées) témoignent de la dégringolade du système éducatif français !

 


10)
Certaines académies où le rythme « 4 jours » était majoritaire, comme l’académie de Lyon, avaient même des résultats supérieurs à la moyenne française !
Par ailleurs si l’on s’intéresse aux études sur les rythmes d’éveil et de vigilance des élèves sur la semaine, on constate que le plus souvent les jours où les élèves sont le plus disponibles aux apprentissages sont le jeudi et le vendredi… soit juste après la pause du mercredi.
De nombreux enseignants témoignent ne pas remarquer ce phénomène lorsqu’il y a cours lemercredi matin, constatant que leurs élèves sont moins disponibles le jeudi et encore moins le vendredi.
Ainsi une étude réalisée en mars 1994 à Paris par « l’école pour demain » sous la direction scientifique du docteur Didier Lagarde (centre d’études et de recherches en médecine aérospatiale) et Denis Batejat (Psychologue, CERMA) démontrait que la pause du mercredi
avait des effets bénéfiques supérieurs à 5 matinées d’affilées.
D’ailleurs dans les communes qui ont déjà mis en place la réforme depuis septembre 2013, 78% des enseignants constatent que cette réforme n’apporte rien sur les conditions d’apprentissage, voire les aggrave (source rapport SNUipp février 2014).
« Les journées devaient être plus courtes et permettre aux élèves de découvrir de nouvelles activités. Il n'en est rien. Les semaines sont
surchargées, interminables et les élèves ne sont plus disponibles pour les apprentissages le vendredi. » (Grenoble, 38)
Pour mieux apprendre ce n'est pas d'un matin de plus dont lesélèves ont besoin... il est question de pédagogie, de contenu et de moyens !
 En terme de nombre d'élèves par classe,
 En terme de méthodes pédagogiques (formation des
maîtres),
 En terme de respect de leurs besoins physiologiques :
respect du sommeil, alimentation le matin... (rôle majeur des
parents),
 En terme de cadre environnemental : locaux disponibles et
décents, matériel disponible, ...

 


11)
3) Les différences européennes
Pour justifier cette réforme, le ministre évoque la semaine scolaire française de 4 jours comme une "exception" dans le paysage européen, induisant un faible nombre de journées scolaires sur l’année.
Pourtant d’autres pays tels l’Espagne, l’Italie ou même la Belgique francophone, connaissent des semaines à 5 voir 6 jours et ont des résultats inférieurs à la France aux évaluations PISA !
L’organisation scolaire française se distingue de celle des autres pays aussi par :
 Le taux d’encadrement des élèves le plus faible de l’OCDE !
 la durée des vacances,
 le nombre d’heures hebdomadaires et annuelles (la France fait partie des pays où le nombre d’heures annuelles est le plus élevé, il est nettement inférieur dans le modèle finlandais souvent cité en exemple),
 le salaire des enseignants du premier degré parmi les plus bas d’Europe (un salaire horaire inférieur de 29,7% à la moyenne européenne, presque la moitié de nos voisins allemands)… (Source rapports de l’OCDE)
L’Allemagne, dont l’organisation se décline en cours les matins et activités sportives et culturelles l’après-midi, envisage de se rapprocher du modèle français. Depuis 2009 des expérimentations y sont faites avec enseignements le matin ET l’après-midi jusqu’à 16-17h,
avec comme résultats des influences positives sur les notes, sur la motivation des élèves et leur comportement social.
Mais n’oublions pas le plus important : la réforme des rythmes scolaires,au-delà de l’école est en fait une réforme de société.
Les conséquences en cascade mettent en mouvement toutes les couches de notre société :
travail, consommation, santé, culture, sport, transports, tourisme...
Et on retrouve de nombreuses différences dans les sociétés, aussi bien au niveau international, que régional ou départemental.
Ce qui est vrai en Finlande ou en Allemagne ne l’est pas forcément en France !


- La France est championne des petits villages ! Faut-il pour autant les voir disparaitre ?
- Aucun autre pays ne connaît le cadre des 35h dans la législation du travail.
- La France compte beaucoup moins de contrats de travail à temps partiel (alors que c’est beaucoup plus fréquent en Allemagne, surtout pour les femmes qui peuvent dès lors s’occuper de leurs enfants l’après-midi).
- Le système de sécurité sociale français est lui aussi unique.
- La place du tourisme dans l’économie française est importante (plus qu’en Finlande)
- Les mentalités sont différentes : être enseignant est vu comme un critère de réussite sociale en Allemagne où un seul salaire peut suffire à un couple si l’un d’eux est enseignant.
En France, c’est seulement le titre de « professeur agrégé » qui forcera le respect…
- La géographie, le paysage urbain, de montagne ou rural créent de nombreuses
particularités… 

 


12)
4) Une réforme qui augmente les inégalités
 Le ministère affirme diminuer les inégalités grâce à cette réforme car au travers cette dernière il offre des activités éducatives à 80% des enfants alors que seulement 20% y accédaient auparavant.
Déjà la qualité de ces activités dans le cadre de cette réforme est tout à fait discutable.
Ensuite cette réforme entérine les inégalités entre les communes : les plus riches et les plus fournies en animateurs pourront mettre en place des projets éducatifs intéressants, les autres non. Cette réforme développe une concurrence entre les collectivités inadmissible !
Elle crée ainsi une territorialisation de l’éducation.
D’ailleurs l’Allemagne remet en question son modèle « cours le matin / activités l’aprèsmidi » car elle s’est rendu compte que ce système était des plus inégalitaires !
 Inégalités aussi en discriminant les enfants handicapés! Les enfants nécessitant l’aide d’une AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) en temps scolaire, sont livrés à eux-mêmes en temps périscolaire. Les animateurs n’étant pas formés à cette prise en charge, ces enfants sont délaissés, parfois même au sein de l’école, alors que leurs camarades font des activités.
De plus, les transports auxquels ils peuvent avoir droit sont juxtaposés uniquement aux temps scolaires ! Ces enfants, même s’ils sont capables de participer aux activités sont contraints de rentrer chez eux.
Ce sont les véritables exclus de cette réforme !


Le Défenseur Des Droits s’est ouvert de cette question en rapportant que 2/3 des enfants en situation de handicap n’ont pas eu accès aux TAP dans les écoles les ayant mis en place en 2013 !
 Quoi qu’il en soit, même si ces activités ont une valeur éducative auprès des enfants, même si elles sont intimement liées au domaine scolaire dans leur mise en place, il s’agit bien de temps périscolaire.
L’Education Nationale grâce à cette réforme prétend donc réduire les inégalités périscolaires, ce qui n'aboutit en aucun cas, bien au contraire !

Si l’Etat voyait une priorité à reformer le temps périscolaire, il y avait bien d’autres moyens que cette réforme.
Des moyens moins coûteux, moins contraignants et moins déstructurants pour la vie associative et l’environnement de l’enfant.

 


13)
 Mais cette réforme crée également des inégalités scolaires !
Chaque commune peut choisir un emploi du temps différent et l’on voit ainsi apparaitre une école différente d’une commune à une autre, une école territoriale et non nationale !
Outre les désagréments d’organisation pour les parents qui ont plusieurs enfants de niveaux variés dans des écoles distinctes, on se retrouve bien avec des temps scolaires différents et donc des inégalités de chance vis-à-vis des apprentissages !
On n’apprend pas de la même façon à 13h30 ou à 15h par exemple !
Une autre étrangeté est le nombre d’heures « réelles » de cours sur la semaine qui varie d’une école à l’autre selon qu’elle applique le décret Peillon ou le décret Hamon.
En effet, les temps de récréations obligatoires font partie intégrale des 24h hebdomadaires de temps scolaires (15 à 20 minutes par demi journée en élémentaire, 30 minutes par demi journée en maternelle)
Or avec le décret Peillon et le raccourcissement des après-midi, ce temps récréatif disparait dans la quasi-totalité des cas l'après-midi, ou est intégré dans le temps périscolaire (dans lesTAP).
Alors que dans les écoles appliquant le décret Hamon, le temps récréatif de l’après-midi est conservé sur 3 après-midi par semaine (soit 1h30 en maternelle).
Ainsi, les élèves des écoles maternelles appliquant le décret HAMON se voient retirer un temps de cours (apprentissage en classe) de 54 heures (soit plus de 2 semaines) par rapport à ceux des écoles appliquant le décret PEILLON, sur l'année !
Pourtant le décret Hamon a vu le jour face à l’impossibilité d’appliquer le décret Peillon tel quel ! Conclusion : aucun des 2 décrets n’est valable !
 Sans parler de la rupture avec les écoles privées qui elles, ne sont pas obligées d’appliquer cette réforme !
D’ailleurs 55% des parents envisagent de mettre leurs enfants en école privée depuis cette réforme.
L’Etat joue encore la concurrence…

Cette réforme crée une école à plusieurs vitesses !
Cette réforme détruit l’Ecole égalitaire pour tous partout en France !
Cette réforme va à l’encontre de l’Ecole de la République !


 

 

Le grand cafouillage

Par Le 29/12/2014

Charente: le grand cafouillage des rythmes scolaires

Les nouveaux rythmes scolaires sont entrés en vigueur dans toutes les écoles à la rentrée dernière. Une réforme accompagnée de temps d’activités périscolaires (TAP). Qui sentent le cafouillage par endroits.

"Payer un euro par jour par enfant pour qu'il fasse des jeux de société, c'est un peu cher." A Rouillac, Nathalie Pinsé, la présidente des parents d'élèves, est amère quand elle évoque les TAP. Les TAP ce sont ces trois heures de temps d'activités périscolaires que la nouvelle organisation des rythmes scolaires a libérées.
En théorie facultatifs, payants ou non selon les communes, ils cristallisent dans certaines communes les tensions autour de la réforme des rythmes scolaires. Une réforme initiée lors de la rentrée 2013 (35 communes s'y étaient mises) puis généralisée en septembre dernier, qui avait été accueillie dans la colère par les collectifs de parents d'élèves.
Le mouvement improvisé des gilets jaunes menait la fronde à la rentrée dernière, craignant que le retour de l'école le mercredi matin ne perturbe les petits bouts. Une grogne qui s'est prolongée quelques semaines, comme à Brigneuil où des parents faisaient boycotter l'école du mercredi à leurs bambins, mais qui s'est apaisée.

Une mise en œuvre disparate

Ces nouveaux rythmes semblent finalement avoir été bien intégrés. Par les enfants, leurs parents et les enseignants. La FCPE ( Fédération des conseils de parents d'élèves) parle d'un "rythme plus équilibré. On constate une meilleure répartition des temps scolaires, une meilleure acquisition des savoirs."
Mais c'est le deuxième volet de la réforme, les fameux TAP, qui est le plus contesté. Parce que les parents n'ont pas envie qu'ils se transforment en garderies géantes, qu'ils souhaitent que leurs enfants goûtent à des activités enrichissantes. Mais tout cela a un coût.
Parce que leur mise en œuvre dépend de l'énergie, des moyens mis par les communes pour l'appliquer. Que les communes ont fait le choix ou non de reporter sur les familles.

A Rouillac, un euro par jour et par enfant

Si les TAP sont majoritairement gratuits, certaines communes ont décidé de les rendre payants. A Angoulême, les tarifs s'échelonnent ainsi de 1,60€ à 4,80€ par semaine selon les revenus des parents.
Mais le plus souvent, la participation demandée est symbolique. Comme à La Couronne (1€ à l'année) ou dans la communauté des communes Charente-Boème-Charraud: un euro à l'année plus six euros d'adhésion obligatoire au centre de loisirs pour les "900 enfants inscrits, soit 85% des élèves. On aurait souhaité faire tout gratuit, mais la CAF, comme elle verse une participation dans le cadre de ses actions jeunesse, nous a fait comprendre qu'il serait important que les familles participent."
A Rouillac c'est un euro par jour pour des TAP coincés entre la fin de la classe et le début de la garderie. "C'est la confusion: les enfants sont dans les mêmes locaux que la garderie, encadrés par le même personnel communal, avec une personne très motivée, mais qui fait ce qu'elle peut. Le maire nous répond: " Si ça ne vous plaît pas, ce n'est pas obligatoire". Mais les parents qui ne peuvent pas venir chercher leurs enfants à la sortie de l'école sont contraints de les laisser en TAP", souligne Nathalie Pinsé.
Le maire, Michel Trainaud, reconnaît que "le projet éducatif ne plaît pas trop aux enseignants", mais dénonce d'abord le fait que les TAP soient à la charge des communes: " C'est une usine à gaz qui va coûter une fortune aux collectivités", qu'il estime entre "300 et 500€ par an et par enfant"(1) quand l'Etat n'alloue que 50 euros. Il assume donc faire payer les parents.

"Un coin dans l'égalité de l'enseignement"

Embêtant? Oui parce que cela "met un coin dans l'égalité de l'enseignement censée être garantie par l'école laïque, républicaine et obligatoire. Parce que cela s'accompagne d'une inégalité territoriale: impossible de garantir la même qualité d'activités entre les grandes villes et les petites communes rurales", souligne Benoît Savy, maire de Montrollet et représentant des parents d'élèves à Brigueuil.
Et certaines communes rencontrent une autre difficulté: recruter le personnel adéquat pour faire encadrer les TAP. Illustration à Bourg-Charente où un animateur a ainsi dû être muté aux espaces verts après avoir connu quelques difficultés relationnelles. "On s'est aperçu que cette personne n'avait pas forcément le registre vocabulaire adéquat avec les enfants, et manquait de recul", relate le maire, Jérôme Sourisseau.

Pétition en faveur de la gratuité

Horaires mal pensés, activités à l'intérêt pédagogique discutables mais payantes, animateurs pas à la hauteur: le tableau pourrait paraître sombre mais c'est cependant à relativiser. Dans la plupart des communes, les TAP se passent bien, affirme-t-on à la FCPE. Où on reconnaît cependant qu'"il y a une sélection dès lors que c'est payant. Les TAP devraient permettre l'accès de tous les enfants aux activités périscolaires. Mais ce n'est pas toujours le cas et on le déplore", analysent Lilette Brunier et Michel Cousin.
La Fédération de parents d'élèves, à l'origine de la pétition en faveur de la gratuité préconise la mise en place de ces activités "après la pause de midi. Des choses simples, un temps de relaxation, quelques jeux de société, avant de pouvoir tranquillement retourner en classe." Et si parfois "ça ne marche pas, c'est qu'on a privilégié le confort des adultes à celui des enfants."
(1) soit bien au-delà de l'estimation de "150 à 200€ par enfant" faite par Jean-Michel Boivin, le président de l'association des maires de Charente.
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Quand les maires jouent les taxis

La réforme des rythmes scolaires a parfois pris des allures de bricolage total. Elle a même contraint des maires dévoués de communes rurales à effectuer eux-mêmes le ramassage scolaire au volant de leur propre voiture. Ce fut le cas de Gilbert Quesne, le maire d' Hiesse (d'ailleurs nommé parmi les Charentais de l'année).
Chaque mercredi midi, il conduisait Mathis, Yoann, Jade et Maël, scolarisés à Confolens, de la sortie de l'école à leur domicile. Cela s'est résolu début décembre quand le Département a alloué un mini-bus.
A Sigogne, Jean-Philippe Roy, le maire, joue aussi les taxis pour conduire les enfants au centre de loisirs de Jarnac, le mercredi après la classe. Le maire et son équipe ont du coup choisi d'acheter un véhicule d'occasion. Adjoints et conseillers à la retraite se relaieront pour conduire les élèves.

06h00 par Julien PRIGENT | Mis à jour il y a 4 heures
2 réactions

http://www.charentelibre.fr/…/le-grand-cafouillage-des-ryth…


Je les entends encore ceux et celles qui disaient que ça serait bien, que tout se règlerait en quelques jours ou semaines....Que les inégalités disparaîtraient rapidement, que les Communes feraient tout leur possible, que l'Etat les accompagnerait, qu'il était temps de faire bouger le "mastodonte"....
Ah, pour ça, il bouge le mastodonte, il vacille même, il tremble, il ne tient plus debout...
Du dégoût. 
"Éducation nationale".....Mais, oui, bien sûr....Elle n'existe plus la grande maison. Enfin, si mais c'est un sacré Bordel. 

Sourire intérieur

Par Le 28/12/2014

Arvo Part parlait de ce rêve qu'il avait de trouver un jour la note juste, unique, parfaite, incontournable, celle qui effacerait toutes les autres, les rendrait inutiles, insignifiantes, comme une note qui vibrerait indéfiniment en nous......J'aime bien ce que fait aussi Jon Hopkins, justement parce que c'est très simple, qu'il y a ce piano, ces deux notes qui se répondent, ce fond sonore hypnotique........Fermez les paupières..........Respirez, profondément....Retournez vos yeux à l'intérieur...

Imaginez que le fond sonore est un bruit confus, celui de l'agitation de nos vies....Une rumeur continue, entêtante......On s'y est habitué, elle est là, elle occupe l'espace extérieur.....

Imaginez que les notes de ce piano sont des instants que vous prenez, juste pour vous, des moments d'amour, d'attention, de bienveillance, un amour partagé, un câlin, un regard, un sourire, un geste tendre, un mot doux....Concentrez-vous sur ces instants, laissez résonner ces notes, enlacez-les comme vous enlaceriez celui ou celle que vous aimez, laissez résonner ce sourire intérieur, laissez-le s'étendre, s'inscrire, comme une perle rare, comme un diamant dans l'écrin des jours.....

Peu à peu, le fond sonore va s'apaiser...Peu à peu, les notes cristallines vont illuminer le chemin, comme des lampadaires le long de la route, leur lumière va s'amplifier, les halos vont s'étendre, comme aimantés par leurs congénéres, des lumières qui s'attirent les unes les autres, propagent leus forces, nourrissent tous les bonheurs qui diffusent.......Le fond sonore est toujours là, il est impossible qu'il s'éteigne mais vous ne le percevez plus de la même façon.......Les notes de piano s'égrènent, vous les attendez, vous les reconnaissez, elles dessinent dans votre âme un sourire enfantin, ce bonheur qui vous emplissait parfois, sans que vous ne sachiez d'où il venait, sans en connaître la source, vous étiez enfant. Ils existaient ces bonheurs quotidiens, vous n'aviez pas encore laissé le fond sonore occuper tout l'espace....Vous étiez enfant. Vous êtes adulte.......Mais ces bonheurs sont toujours là, les notes de piano sont en vous, écoutez, écoutez.........Laissez-les remonter......

Enlacez-vous. Vous-même. Regardez-vous. Vous-même. Aimez-vous. Vous-même.

Comme lorsque vous étiez enfant. Retrouvez-le, il est là, il vous observe......

Les notes de piano comme des retrouvailles.....Chaque petite perle de bonheur va diffuser sa lumière, leur écho s'étendra, comme une onde sur la mer, ne les quittez pas des yeux, aussi faibles soient-elles, quelle que soit l'immensité du chaos dans lequel elles vivent, elles sont là, elles existent et votre amour les nourrit, votre amour est une sève, votre amour aimante les lumières, contemplez-les, ne les quittez pas des yeux, quel que soit le vacarme qui vous assomme....

Á chaque note, n'oubliez pas de remercier la Vie en vous.....Comme un enfant qui ne sait pas pourquoi il est heureux et qui sourit. 

Le vrai bonheur n'a pas de raison.

Il est.

Musique : Jon Hopkins

Par Le 27/12/2014

Merci à Léo.

Il neige

Par Le 27/12/2014

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ATARAXIE

Il marche.

 

La lumière du jour semble éveiller dans les cristaux assemblés des mémoires de clarté. Le tapis neigeux, accompagnant le ciel qui s’éveille, diffuse des haleines phosphorescentes. Ses pas soulèvent des myriades de flocons givrés, comme des scintillements d’étoiles. A l’horizon, l’astre montant, encore caché par les courbures de la Terre, a repoussé de chaque côté de la scène deux vagues noires de nuages boursouflés. Une couverture sombre, menace immobile, domine le lit du jour. Lentement, ces tentures mouvantes, plissées comme des chairs molles, se parent de rose. Rien de vif, juste des coulures discrètes mais qui s’imposent peu à peu. C’est un hublot qui s’est ouvert dans la masse compacte, un puits lumineux qui grandit lentement. Régulièrement, tout en préservant le rythme obstiné de ses pas, il tourne les yeux vers la naissance à venir. Les draperies de nuages se tendent, les tissus célestes se contractent, le rouge gagne la place. Enfin, le haut de la tête apparaît. Flamboyant. La boule lisse s’extirpe, se hisse, se faufile entre les parois nuageuses qui se déchirent sous les tensions.

Des traînées carmin se répandent de tous côtés mais rapidement la masse spongieuse des nuages accumulés engloutit dans le noir imposant les promesses de chaleur. Le disque rayonnant, malgré toute l’énergie concentrée, ne peut lancer ses cris de lumière. Le rond impuissant s’affaiblit, disparaît et s’éteint dans l’océan sombre des eaux suspendues.

Il s’est arrêté.

Impossible d’avancer quand le monde joue les scènes épiques.

Et c’est la nature, encore une fois, qui lui donne à voir son parcours, qui met à nu l’état de son être, qui dessine par delà les esquisses incertaines la profondeur réelle de sa vie. La vie, intense, bouillonnante, retranchée dans les tréfonds du corps, réfugiée dans les méandres de l’âme, la vie, insaisissable, indestructible, inexpugnable, résiste et s’élève. Là-bas, derrière les épaisses tentures mouvantes, gonflées de futures averses, nourrissant les prochaines tempêtes, il devine la montée inexorable de la lumière. Rien ne freine son cours. C’est à lui, avec la même obstination, d’ignorer les ténèbres qui l’entourent et de préserver l’irremplaçable élévation.

 

Il marche.

 

Les larmes coulent sur ses joues. Des larmes de bonheur. Le monde est son soutien. Il le sait pleinement désormais, le monde est son salut. Le monde est son Dieu. Il n’a pas besoin des hommes, ni de leurs religions, ni de tous leurs mensonges. Rien n’est plus simple que cet amour absolu pour la Terre car elle ne réclame rien, aucune prière, aucune idole, aucune guerre, aucune pratique doctrinaire. Juste de l’amour. Et de la contemplation.

Il dépasse le cinquième virage. Les bâtons de randonnée sont des aides indéniables. Le tapis de neige est si épais qu’il a du mal parfois à distinguer l’empreinte de la route. Le chasse-neige de la commune ne viendra pas jusque-là. Aucune maison à dégager, aucun accès indispensable. Il est seul et le restera. Mais sitôt pensé cela, il sent combien sa solitude n’est qu’une fausse image. Les arbres muets le regardent passer, les oiseaux camouflés écoutent le chuintement de ses pas, le ciel est un observateur curieux. Rien n’est inerte. C’est la petitesse de nos regards qui limitent les contacts à nos semblables. Il le sait, sans rien pouvoir exprimer. Il n’est pas seul, il est même impossible de l’être. La vie ne peut pas être seule. Elle est partout, sous différentes images. Que ces images ne puissent communiquer entre elles par des mots humains n’effacent pas leurs présences. Il voudrait parler aux arbres, aux nuages et aux oiseaux, aux brins d’herbe, au vent et à la pluie qui tombe. D’être muré dans le silence humain, de ne pas prononcer parfois le moindre mot en une journée, lui ouvre d’autres langages. L’air qui tourne autour de lui le respire, les parfums de son corps sont des messages lancés alentour, les regards attendris vers les horizons blafards sont des mots d’amour. Rien n’est inerte et tout lui parle. Derrière le foisonnement merveilleux d’images, il devine une présence flamboyante. Une étrange mélancolie, l’impression d’avoir perdu un temps précieux, d’être resté sourd à des paroles essentielles, d’avoir ignoré la vie dans son extraordinaire diversité, de n’avoir été qu’un homme. Et c’est profondément décevant et douloureux.

 

Il marche.

 

Il cherche à comprendre ce qu’il est devenu. Est-il d’ailleurs si différent ou n’est-ce qu’une perception nouvelle ? Tout était-il déjà là ? Il lui semble que l’homme caché, l’homme réel, est parvenu à briser la carapace de l’homme sculpté. Sculpté par les rencontres, formé par les contraintes, modelé par les répétitions quotidiennes et la faiblesse de l’homme qui s’abandonne, repu de suffisance, en s’imaginant tenir entre ses mains les fils de son destin. Il sait désormais qu’il n’a été rien d’autre qu’une esquisse, une silhouette sans matière. Qu’une partie de la figurine ait été arrachée semble avoir permis à cette matière interne d’enfin se révéler au grand jour… Comme si du trou béant de sa jambe avait jailli en quelques instants une lueur inconnue.

 

La lumière s’impose. Les nuages, pourtant toujours aussi compacts, ne parviennent plus à étouffer la brillance de l’astre. La volonté du jour est la plus forte. Il s’étonne de cette clarté répandue alors que la source elle-même reste invisible. Il espère atteindre lui aussi cette capacité à rayonner quand tout autour n’est que ténèbres.

 

Il marche.

 

La chaleur de son corps animé exhale des parfums de sueur, de brûlure musculaire, de soif intense, de respiration contrôlée. Il a délacé sa veste. Des courants incandescents cascadent dans ses fibres. Chaque pas, chaque appui, chaque souffle est un instant de vie, unique, immensément joyeux, intensément désiré, profondément apprécié. Il sait qu’il a failli perdre tout cela, que l’image aurait pu totalement disparaître, qu’elle aurait pu également être terriblement déchirée, au point que rien n’aurait été possible, que l’image aurait désespérément jauni, jour après jour, sans qu’aucune couleur joyeuse ne vienne embellir le dessin. Il sourit. A lui-même. Il reconnaît aujourd’hui que les médecins ont eu raison. Il a eu un peu de chance… Malgré tout ce qu’il a perdu, il lui reste juste de quoi se reconstruire. Il a eu beaucoup de mal à l’admettre mais de sentir ainsi son corps en action le rassure. Il reste de belles couleurs à découvrir. Ses doigts serrent la poignée des bâtons avec une énergie redoublée, les épaules poussent le torse en avant. C’est une proue butée qui taille sa route, qui tranche l’océan de neige et laisse un sillage régulier. Une avancée silencieuse, juste rythmée par le frottement des pas dans la neige légère, le balancement hypnotique du corps, la régularité répétitive et efficace de chaque geste. L’escalade ne lui offrait pas cette simplicité. Trop de tensions, trop de contraintes. Aucune pensée ne pouvait être détournée de l’objectif à atteindre. L’importance de ce qu’il n’avait jamais réellement accueilli. Une palette nouvelle de couleurs inconnues, les complémentarités de l’être. En dehors du temps, à l’écart des hommes, dans les horizons intérieurs, des contrées à atteindre.

Septième virage. La route s’engage sous les arbres. Il s’arrête à l’orée de la forêt. C’est un peuple puissant qui l’observe. Les grands résineux tapissés de neige sont des gardiens impassibles. Il les regarde avec un léger sourire. Majestueux et immobiles, ils forment un mur compact. Le trait blanc de la route, sillage fragile, se glisse prudemment sous les branches figées comme des vagues écumeuses. C’est un monde secret qui s’ouvre, baigné par une lumière teintée de verts sombres. Les frondaisons épaisses cachent des vies de plumes, des fourrures agiles, des insectes fureteurs. Au plus profond des broussailles, dans les sous-bois les plus éloignés de tout, des oreilles inquiètes épient le moindre bruit. La vie joue de ses formes et impose à chaque espèce des règles immuables. Les plus faibles ne connaîtront pas la douceur du printemps. Les plus résistants supporteront les longues nuits froides.

Il est certain aujourd’hui qu’il goûtera à la lente montée de l’astre dans l’azur. Il n’aurait osé l’affirmer quelques semaines auparavant. Il a bien pensé, parfois, que tout devait s’arrêter, que rien ne justifiait la suite. L’idée, désormais, lui paraît inconcevable. L’absence glaciale de Blandine sera pour toujours une brûlure insupportable. Il ne saurait en être autrement.

Mais il marche.

Et la neige est si belle.

Il fait demi-tour. Sans amertume. Le moignon est échauffé. Il doit l’accepter et écouter la plainte. Il ne veut pas d’une plaie qui s’infecte. Il est resté trop longtemps dépendant du personnel de l’hôpital puis du centre de rééducation pour courir le risque d’une immobilisation. Lionel, le prothésiste de Grenoble, lui a clairement détaillé les risques. Il lui fait confiance. C’est d’ailleurs le seul spécialiste dont il accepte sans retenue les conseils. Lionel ne voit pas en lui un amputé mais une personne. La distinction est d’importance. Le spécialiste n’a pas pris le pas sur l’humain. Il sait combien dans le milieu hospitalier la rencontre est rare.

Les bâtons diminuent considérablement la difficulté de la descente. Il marche à petites enjambées, sans forcer sur l’articulation. Ce n’est plus son énergie qui commande mais la nécessité de rester en bon état. Il accepte la situation parce qu’il n’a pas le choix. Jouer le téméraire, faire la sourde oreille ne servirait qu’à amplifier le mal. Le bonheur qui se dévoile dans cette marche laisse entrevoir des lendemains heureux. Il ne pensait pas cela possible, il s’en étonne encore. La force de son rebond l’interpelle. Il ne se savait pas si sage ! Les souvenirs sont sans doute trop proches et trop sombres pour laisser le rideau retomber. Il ne veut plus de ce voile de ténèbres qui le laissait hagard et sans désir. Il doit apprendre à maîtriser ses élans.

Il se félicite d’avoir fait demi-tour.

Il sait qu’il reviendra.

Il s’arrête.

Longuement, il observe les horizons gagnés.

La lumière a empli le monde. A certains endroits du ciel, l’étendue nuageuse se désagrège. Des déchirures apparaissent. Des chapelets de vaisseaux fragiles se dispersent sur un océan grisâtre qui ondule. Une brise légère s’est levée et les pousse.

Les forêts impassibles.

Aucun bruit humain ne remonte jusqu’à lui.

 

 

 

 

                                                                        

 

La petite mort

Par Le 26/12/2014

Une expression inappropriée à mon sens. 

"La petite mort

L'orgasme.

http://www.expressio.fr/expressions/la-petite-mort.php

Origine

L'origine de cette expression remonte au XVIe siècle, à l'époque d'Ambroise Paré (Lien externe), cet homme qui a appris sur le tas l'anatomie humaine et la chirurgie, que ce soit sur des cadavres à l'Hôtel-Dieu ou bien sur des hommes encore vivants, au cours de batailles.

A cette époque, "la petite mort" désignait la syncope ou l'étourdissement, mais aussi et surtout les frissons nerveux.
En ce qui concerne l'évanouissement court, on peut effectivement l'assimiler à une 'petite' mort, contrairement à la 'grande', la vraie, la définitive.

Les heureux Hommes qui ont déjà vécu ça, savent que l'orgasme provoque, de manière plus ou moins fugace, des symptômes proches de ce que désignait autrefois la locution (le 'grand' frisson).
C'est pourquoi le langage érotique se l'est appropriée puis nous l'a transmise."


 

S'il s'agit d'un acte dans lequel les deux partenaires envisagent la venue d'un enfant, comment peut-on attribuer à cette merveille de la création un terme de mort ?...

S'il s'agit d'un acte dans lequel les deux partenaires envisagent une osmose énergétique, une communion cellulaire, une fusion vibratoire synchronisée, je n'y vois absolument pas l'antichambre de la  mort, ni dans la symbolique, ni dans les effets propagés. 

J'imagine la mort comme une descente, une plongée intérieure, un retournement de soi mais jamais comme une élévation. L'élévation concernera l'âme si jamais elle existe. 

L'orgasme, quant à lui, est une élévation superbe, non pas une disparition mais un moment de conscience absolue à travers chaque fibre, chaque parcelle de ce corps ébloui, transcendé, transformé en brasier. Et tout comme la lumière d'un feu, l'énergie dispensée entraîne l'individu là-haut, dans les sphères éthérées.

Je n'imagine pas que la mort puisse survenir dans une absence de pensées. Même dans un état d'inconscience, il restera jusqu'au dernier instant une activité cérébrale.

il existe par contre dans l'orgasme un instant suspendu dans lequel les pensées sont bannies. La raison n'a plus d'emprise, le mental est éteint, l'analyse est figée...Il ne reste que l'explosion sensorielle dans laquelle l'esprit se révèle, non pas un mental agité mais bien l'esprit unifié à l'énergie des particules. 

Les hommes qui attribuent le terme de petite mort à cette expérience n'ont pas conscience de ce qu'ils vivent.

La sacralisation de l'acte sexuel est une démarche incontournable et limiter cette expérience a une quête orgasmique est tout aussi trompeur que d'y voir une petite mort. 

L'amour est un orgasme, aimer est un orgasme, toucher est un orgasme, regarder les yeux de l'être aimé est un orgasme, masser un corps qui s'abandonne, le parfumer d'huiles, respirer avec lui, dans une danse identique, un mouvement circulaire, de l'un à l'autre, de l'autre à l'un, infiniment, sans autre intention que de ne pas en avoir, être là, sans pensées, sans tourments, aimer le silence dans ses bras, laisser venir le sommeil comme au coeur d'une citadelle, vivre chaque instant, pleinement, avec la même joie, avec ce don inconditionnel de soi...

Chaque instant d'amour est un orgasme émotionnel et lorsque la fusion des corps aura lieu, ces instants chargés de leur énergie, ruisselleront avec délice dans les corps et nourriront l'embrasement. On n'espère pas un orgasme. On le nourrit. A chaque instant. 

Qui donc voudrait nourrir la mort à chaque instant ?

Nous ne mourrons qu'une fois mais il nous appartient d'explorer la Vie en nous, du sommeil à l'euphorie, de l'absence à la Présence, du déni à l'acceptation, de l'inconscience à la lucidité, de la faiblesse à la force, de la contemplation à l'orgasme le plus intense. Celui de chaque instant.  

 

Œdipe (3)

Par Le 26/12/2014

OEDIPE 3

 

Difficultés familiales pendant la résolution de la phase œdipienne

 

Dans la plupart des cas, les parents répondent avec joie et amusement aux inclinations que manifeste l’enfant mais cette période est souvent difficile pour l’enfant et elle peut le devenir aussi pour les parents.

 

*L’enfant peut ne pas se sentir aimé et soutenu dans sa recherche d’identification.

Il a besoin que ses attitudes « viriles » ou « féminines » soient appréciées comme des efforts qu’il fait pour se développer. Il a besoin que ses parents répondent à ses essais par une compréhension, une tolérance et une empathie suffisantes.

Ses sentiments sont souvent confus, il peut les exprimer maladroitement et avoir des comportements inappropriés ou incompréhensibles, comportements qui agacent ou inquiètent les parents. Désapprobation ou punitions peuvent survenir…

Ainsi, la relation entre l’enfant et parents peut-elle s’en trouver globalement perturbée. L’enfant se désespère et a la sensation que les parents ne le prennent pas au sérieux. Il peut penser que ses parents sont méchants, qu’ils ne l’aiment pas assez, qu’ils sont uniquement préoccupés de le commander et de le faire obéir. Il peut développer également une jalousie très forte envers sa fratrie…

 

 

*Les avances de l’enfant vers le parent de l’autre sexe passent inaperçues ou ne reçoivent aucune réponse.

Par exemple, un père très occupé dans son travail et ses activités extra-familiales et /ou éprouvant moins d’intérêt pour les enfants en général, peut ne pas remarquer les besoins de sa petite fille ; il lui prête peu d’attention, ne la regarde guère et ne lui donne aucune réponse à ses sentiments. Il l’ignore.

La fillette peut alors ressentir un profond sentiment d’échec et conclure qu’elle ne parvient pas à plaire. Elle renonce à ce sentiment développant et se retourne vers sa mère dans une attitude régressive. Cependant, elle risque d’en concevoir un sentiment de dévalorisation, soit centré sur elle-même, au risque de rester dépendante de sa famille et inhibée vis-à-vis des hommes), soit centrée sur son identité sexuelle (déçue par sa féminité, elle peut rester immobilisée ou perturbée dans l’orientation de sa sexualité)

 

 

*Le parent de l’autre sexe apprécie les avances de l’enfant mais semble ne pas comprendre la nécessité de les limiter.

Il peut arriver, par exemple, qu’une mère traite son petit garçon comme un petit « mari ». L’enfant se sent valorisé et aimé selon l’idée qu’il se fait de l’amour porté à un homme. Il aime sa mère et la cajole avec ardeur, la mère elle-même peut y trouver beaucoup de satisfaction. Peut-être se trouve-t-elle déçue dans certains de ses besoins de tendresse, y compris dans la relation conjugale, et elle trouve là une sorte de compensation, bien innocente à ses yeux. Mais elle ne se rend pas compte à quel point l’enfant prend la situation au sérieux…Il redouble d’ardeur dans ses sentiments et câlins et cherche de plus en plus à séduire sa mère et à l’avoir pour lui seul.

Pour l’enfant, il s’agit bel et bien d’un enjeu de possession exclusive mais la mère n’en est pas consciente. Quoiqu’il en soit, les « promesses supposées» ne seront pas tenues : à un moment donné, la mère va « abandonner » son enfant  pour ses occupations et ses relations d’adulte, d’où il restera exclu.

Là encore, l’enfant peut en concevoir un profond sentiment de dévalorisation et peut-être s’y ajoutera-t-il un sentiment d’insécurité dans ses futures relations amoureuses.

 

Il est possible également que ce désir de possession soit finalement intolérable pour la mère, par exemple, parce que cela ravive inconsciemment en elle une angoisse d’être maîtrisée. Une angoisse de ce type, illogique dans la situation actuelle, trouve son origine dans l’enfance de cette mère elle-même, dans une relation conflictuelle avec des parents trop autoritaires, relation dans laquelle elle se sentait étouffée par l’autorité.   

Cette mère sent les sentiments et le malaise montrés par son petit garçon mais ne peut ni les comprendre ni surtout les accepter, du fait d’une confusion inconsciente entre les niveaux de génération. Elle pense que l’enfant outrepasse ses droits et peut réagir violemment. Ou bien, au contraire, inhibée par une culpabilité et une agressivité inconsciente, il lui est difficile de trouver les moyens de limiter son petit garçon.

 

*Le parent de l’autre sexe peut chercher à se concilier préférentiellement l’enfant, entrant en conflit avec l’autre parent.

Le parent de l’autre sexe peut avoir tendance à céder tout à l’enfant parce qu’il redoute son hostilité ou qu’il se laisse prendre par son attitude séductrice. Il peut prendre alors maladroitement le contrepied de son conjoint, lorsque celui-ci cherche à imposer des limites. Cette attitude risque de raviver une mésentente au niveau parental et ne sera évidemment pas propice à l’enfant.

A un degré de plus, si une mésentente latente règne entre les parents (au niveau conjugal), le parent de l’autre sexe peut faire alliance avec les sentiments hostiles de l’enfant, contre le parent du même sexe.

Un petit garçon dont la mère ressent de l’hostilité pour son mari peut trouver auprès d’elle une confirmation de ses sentiments œdipiens. Il peut avoir le sentiment d’être davantage aimé de sa mère que ne l’est son parent rival. Il plaint sa mère, il devient sa « consolation » et éprouve rancune et hostilité vis-à-vis de son père.

Il est alors conduit à penser que son père est méchant, il s’interdit de lui ressembler de peur de perdre, lui aussi, l’amour de sa mère. Cette difficulté d’identification au parent de son sexe peut entraver profondément son évolution, le faisant refuser l’agressivité, les jeux de garçons, les sentiments virils…

Dans certaines familles, l’hostilité latente au sein du couple conjugal favorise ainsi un partage des alliances enfant-parent dans le sens donné par l’Œdipe. La mère fait alliance avec le fils, le père avec la fille, dans un conflit latent, non exprimé mais parfois durable, contre « l’autre partie » de la famille.

 

*Il peut arriver que le parent de même sexe ne puisse pas supporter la préférence affichée par l’enfant. Cela représente pour l’adulte une atteinte narcissique insupportable.

Telle mère est effondrée lorsque sa fille montre de l’hostilité ouverte, lui dit qu’elle ne l’aime plus…Elle ne comprend pas consciemment l’origine de cette « rupture », cela lui semble une perte d’amour irréparable.

Tel père est atteint dans son image d’autorité paternelle, en voyant son fils s’opposer à lui, refuser d’obéir et se montrer distant alors que par ailleurs, il recherche la compagnie de sa mère et se montre obéissant pour lui plaire.

L’enfant a besoin de sentir que ses parents sont en accord. Les mauvais rapports entre parents sont effrayants pour lui. Ils rendent la sexualité redoutable et peuvent l’amener à refouler ses désirs.

 

*Difficultés touchant l’intériorisation de la culpabilité.

Les sentiments de culpabilité exagérément développés peuvent entraîner l’enfant à renoncer à ses pulsions, à ses désirs propres parce qu’il les ressent comme coupables : il devient alors un enfant inhibé, timide, généralement peureux et dépendant.

En d’autres termes, l’enfant ne maîtrise pas ses sentiments sexuels ou agressifs qui restent donc menaçants pour lui. Il les refoule ou les réprime profondément mais il se coupe alors de tout l’élan et de toute l’énergie dont ils sont chargés.

A l’opposé, l’enfant peut adopter une attitude de révolte. Il ne veut pas ou ne peut pas renoncer à des désirs qui restent pour lui coupables et menaçants. L’enfant continue donc à se sentir menacé, il  a tendance à projeter ce sentiment interne sur l’entourage, les attitudes de ses parents lui apparaissent donc volontiers comme menaçants…face à ce vécu, il ne peut que tenter de dominer son entourage. Il tente de faire peur à sa famille, par tous les moyens à sa disposition : opposition, méchanceté, violence sur lesquelles, rien ne semble avoir de prise…

Le comportement répressif de ses parents peut venir confirmer ses fantasmes et renforcer encore davantage les dérives de l’enfant…

Dans tous les cas, il reste inquiet, insatisfait, coupable et présente divers troubles réactionnels qui entravent son adaptation au réel et créent des difficultés nouvelles entre parents et enfant…Par exemple, lorsqu’il s’endort, ses sentiments de culpabilité reprennent le dessus et il se réveille subitement en proie à des cauchemars terrifiants au cours desquels il rêve qu’il est attaqué et dévoré par des monstres.

 

Conclusion

La déception œdipienne sereinement vécue constituera un facteur dynamique d’évolution affective, en favorisant le transfert de sentiments en dehors de la famille ; Elle permettra l’accession à la phase dite « de latence », au cours de laquelle l’enfant renonce en partie à ses sentiments, les mettant en quelque sorte en réserve pour plus tard.

Les difficultés de résolution de la phase œdipienne ne peuvent être isolées du contexte relationnel dans lequel elles se manifestent. En particulier, lorsque l’expression des sentiments souvent confus et contradictoires de l’enfant, a pour effet de conflictualiser les relations parents-enfant ou parent-parent, ceci entraîne l’enfant à ressentir que ses propres sentiments sont agissants ou redoutables. C’est dans ce contexte que les difficultés apparaissent : les sentiments œdipiens de l’enfant tendent ainsi à se fixer ou se cristalliser, provoquant une exagération tantôt de son opposition, tantôt de ses sentiments de culpabilité. 

"Petite Poucette"

Par Le 26/12/2014

Michel Serres, diplômé de l’Ecole navale et de Normale Sup, a visité le monde avant de l’expliquer à des générations d’étudiants. Historien des sciences et agrégé de philosophie, ancien compagnon de Michel Foucault, avec qui il a créé le Centre universitaire expérimental de Vincennes en 1968, il a suivi René Girard aux Etats-Unis, où il enseigne toujours, à plus de 80 ans. Ce prof baroudeur, académicien pas tout à fait comme les autres, scrute les transformations du monde et des hommes de son œil bleu et bienveillant. Son sujet de prédilection : la jeune génération, qui grandit dans un monde bouleversé, en proie à des changements comparables à ceux de la fin de l’Antiquité. La planète change, ils changent aussi, ont tout à réinventer.«Soyons indulgents avec eux, ce sont des mutants», implore Michel Serres, par ailleurs sévère sur sa génération et la suivante, qui laisseront les sociétés occidentales en friche. Entretien.

Vous annoncez qu’un «nouvel humain» est né. Qui est-il ?

Je le baptise Petite Poucette, pour sa capacité à envoyer des SMS avec son pouce. C’est l’écolier, l’étudiante d’aujourd’hui, qui vivent un tsunami tant le monde change autour d’eux. Nous connaissons actuellement une période d’immense basculement, comparable à la fin de l’Empire romain ou de la Renaissance.

Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales : lors du passage de l’oral à l’écrit s’est inventée la pédagogie, par exemple. Ce sont des périodes de crise aussi, comme celle que nous vivons aujourd’hui. La finance, la politique, l’école, l’Eglise… Citez-moi un domaine qui ne soit pas en crise ! Il n’y en a pas. Et tout repose sur la tête de Petite Poucette, car les institutions, complètement dépassées, ne suivent plus. Elle doit s’adapter à toute allure, beaucoup plus vite que ses parents et ses grands-parents. C’est une métamorphose !

Cette mutation, quand a-t-elle commencé ?

Pour moi, le grand tournant se situe dans les années 1965-1975, avec la coupure paysanne, quand la nature, notre mère, est devenue notre fille. En 1900, 70% de la population française travaillait la terre, ils ne sont plus que 1% aujourd’hui. L’espace vital a changé, et avec lui «l’être au monde», que les philosophes allemands comme Heidegger pensaient immuable. La campagne, lieu de dur travail, est devenue un lieu de vacances. Petite Poucette ne connaît que la nature arcadienne, c’est pour elle un terrain de loisirs et de tourisme dont elle doit se préoccuper. L’avenir de la planète, de l’environnement, du réchauffement climatique… tout est bousculé, menacé.

Prenons l’exemple du langage, toujours révélateur de la culture : il n’y a pas si longtemps, un candidat au concours de l’Ecole normale était interrogé sur un texte du XIXe siècle qui parlait de moissons et de labourage. Le malheureux ignorait tout le vocabulaire ! Nous ne pouvions pas le sanctionner, c’était un Petit Poucet qui ne connaissait que la ville. Mais ce n’est pas pour ça qu’il était moins bon que ceux des générations précédentes. Nous avons dû nous questionner sur ce qu’étaient le savoir et la transmission.

C’est la grande question, pour les parents et les enseignants : que transmettre entre générations ?

Déjà, Petit Poucet et Petite Poucette ne parlent plus ma langue. La leur est plus riche, je le constate à l’Académie française où, depuis Richelieu, on publie à peu près tous les quarante ans le dictionnaire de la langue française. Au siècle précédent, la différence entre deux éditions s’établissait à 4 000 ou 5 000 mots. Entre la plus récente et la prochaine, elle sera d’environ 30 000 mots. A ce rythme, nos successeurs seront très vite aussi loin de nous que nous le sommes du vieux français !

Cela vaut pour tous les domaines. A la génération précédente, un professeur de sciences à la Sorbonne transmettait presque 70% de ce qu’il avait appris sur les mêmes bancs vingt ou trente ans plus tôt. Elèves et enseignants vivaient dans le même monde. Aujourd’hui, 80% de ce qu’a appris ce professeur est obsolète. Et même pour les 20% qui restent, le professeur n’est plus indispensable, car on peut tout savoir sans sortir de chez soi ! Pour ma part, je trouve cela miraculeux. Quand j’ai un vers latin dans la tête, je tape quelques mots et tout arrive : le poème, l’Enéide,le livre IV… Imaginez le temps qu’il faudrait pour retrouver tout cela dans les livres ! Je ne mets plus les pieds en bibliothèque. L’université vit une crise terrible, car le savoir, accessible partout et immédiatement, n’a plus le même statut. Et donc les relations entre élèves et enseignants ont changé. Mais personnellement, cela ne m’inquiète pas. Car j’ai compris avec le temps, en quarante ans d’enseignement, qu’on ne transmet pas quelque chose, mais soi. C’est le seul conseil que je suis en mesure de donner à mes successeurs et même aux parents : soyez vous-mêmes ! Mais ce n’est pas facile d’être soi-même.

Vous dites que les institutions sont désuètes ?

Souvenez-vous de Domenech qui a échoué lamentablement à entraîner l’équipe de France pour le Mondial de foot. Il ne faut pas lui en vouloir. Il n’y a plus un prof, plus un chef de parti, plus un pape qui sache faire une équipe ! Domenech est en avance sur son temps ! Il faudrait de profondes réformes dans toutes les institutions, mais le problème, c’est que ceux qui les diligentent traînent encore dans la transition, formés par des modèles depuis longtemps évanouis.

Un exemple : on a construit la Grande Bibliothèque au moment où l’on inventait Internet ! Ces grandes tours sur la Seine me font penser à l’observatoire qu’avaient fait construire les maharajahs à côté de Delhi, alors que Galilée, exactement à la même époque, mettait au point la lunette astronomique. Aujourd’hui, il n’y a que des singes dans l’observatoire indien. Un jour, il n’y aura plus que des singes à la Grande Bibliothèque. Quant à la politique, c’est un grand chantier : il n’y a plus de partis, sinon des machines à faire élire des présidents, et même plus d’idéaux. Au XIXesiècle, on a inventé 1 000 systèmes politiques, des marxistes aux utopistes. Et puis plus rien, c’est bizarre non ? Il est vrai que ces systèmes ont engendré 150 millions de morts, entre le communisme, la Shoah et la bombe atomique, chose que Petite Poucette ne connaîtra pas, et tant mieux pour elle. Je pense profondément que le monde d’aujourd’hui, pour nous, Occidentaux, est meilleur. Mais la politique, on le voit, n’offre plus aucune réponse, elle est fermée pour cause d’inventaire. Ceci dit, moi non plus, je n’ai pas de réponses. Si je les avais, je serais un grand philosophe.

La seule façon d’aborder les conséquences de tous ces changements, c’est de suspendre son jugement. Les idéalistes voient un progrès, les grognons, une catastrophe. Pour moi, ce n’est ni bien ni mal, ni un progrès ni une catastrophe, c’est la réalité et il faut faire avec. Mais nous, adultes, sommes responsables de l’être nouveau dont je parle, et si je devais le faire, le portrait que je tracerais des adultes ne serait pas flatteur. Petite Poucette, il faut lui accorder beaucoup de bienveillance, car elle entre dans l’ère de l’individu, seul au monde. Pour moi, la solitude est la photographie du monde moderne, pourtant surpeuplé.

Les appartenances culturelles n’ont-elles pas pris de l’importance ?

Pendant des siècles, nous avons vécu d’appartenances, et c’est ce qui a provoqué bien des catastrophes. Nous étions gascons ou picards, catholiques ou juifs, riches ou pauvres, hommes ou femmes. Nous appartenions à une paroisse, une patrie, un sexe… En France, tous ces collectifs ont explosé, même si on voit apparaître des appartenances de quartier, des communautés autour du sport. Mais cela ne constitue pas les gens. Je suis fan de rugby et j’adore mon club d’Agen, mais cela reste du folklore, l’occasion de boire de bons coups avec de vrais amis… Quant aux intégrismes, religieux ou nationalistes, je les apparente aux dinosaures. Ma Petite Poucette a des amis musulmans, sud-américains, chinois, elle les fréquente en classe et sur Facebook, chez elle, partout dans le vaste monde. Pendant combien de temps lui fera-t-on encore chanter «qu’un sang impur abreuve nos sillons» ?

Que répondez-vous à ceux qui s’inquiètent de voir évoluer les jeunes dans l’univers virtuel des nouvelles technologies ?

Sur ce plan, Petite Poucette n’a rien à inventer, le virtuel est vieux comme le monde ! Ulysse et Don Quichotte étaient virtuels. Madame Bovary faisait l’amour virtuellement, et beaucoup mieux peut-être que la majorité de ses contemporains. Les nouvelles technologies ont accéléré le virtuel mais ne l’ont en aucun cas créé. La vraie nouveauté, c’est l’accès universel aux personnes avec Facebook, aux lieux avec le GPS et Google Earth, aux savoirs avec Wikipédia. Rendez-vous compte que la planète, l’humanité, la culture sont à la portée de chacun, quel progrès immense ! Nous habitons un nouvel espace… La Nouvelle-Zélande est ici, dans mon iPhone ! J’en suis encore tout ébloui !

Ce que l’on sait avec certitude, c’est que les nouvelles technologies n’activent pas les mêmes régions du cerveau que les livres. Il évolue, de la même façon qu’il avait révélé des capacités nouvelles lorsqu’on est passé de l’oral à l’écrit. Que foutaient nos neurones avant l’invention de l’écriture ? Les facultés cognitives et imaginatives ne sont pas stables chez l’homme, et c’est très intéressant. C’est en tout cas ma réponse aux vieux grognons qui accusent Petite Poucette de ne plus avoir de mémoire, ni d’esprit de synthèse. Ils jugent avec les facultés cognitives qui sont les leurs, sans admettre que le cerveau évolue physiquement.

L’espace, le travail, le savoir, la culture ont changé. Et le corps ?

Petite Poucette n’aura pas faim, pas soif, pas froid, sans doute jamais mal, ni même peur de la guerre sous nos latitudes. Et elle vivra cent ans. Comment peut-elle ressembler à ses ancêtres ? Ma génération a été formée pour la souffrance. La morale judéo-chrétienne, qu’on qualifie à tort de doloriste, nous préparait tout simplement à supporter la douleur, qui était inévitable et quotidienne. C’était ainsi depuis Epicure et les Stoïciens.

Savez-vous que Louis XIV, un homme pas ordinaire, a hurlé de douleur tous les jours de sa vie ? Il souffrait d’une fistule anale, qui n’a été opérée qu’au bout de trente ans. Son chirurgien s’est entraîné sur plus de 100 paysans avant… Aujourd’hui, c’est un coup de bistouri et huit jours d’antibiotiques. Je suis le dernier client de mon dentiste qui refuse les anesthésies, il n’en revient pas ! Ne plus souffrir, c’est un changement extraordinaire. Et puis, on est beaucoup plus beau aujourd’hui. Quand j’étais petit, les paysans étaient tous édentés à 50 ans ! Et pourquoi croyez-vous que nos aïeux faisaient l’amour habillés, dans le noir ? La morale, le puritanisme ? Rigolade ! Ils étaient horribles, tout simplement. Les corps couverts de pustules, de cicatrices, de boutons, ça ne pouvait pas faire envie. La fraise, cette collerette que portaient les nobles, servait à cacher les glandes qui éclataient à cause de la petite vérole ! Petite Poucette est jolie, elle peut se mettre toute nue, et son copain aussi. Quand on la prend en photo, elle dit «cheese», alors que ses arrière-grands-mères murmuraient «petite pomme d’api» pour cacher leurs dents gâtées.

Ce sont des anecdotes révélatrices. Car c’était au nom de la pudeur, et donc de la religion et de la morale, qu’on se cachait. Tout cela n’a plus cours. Je crois aussi que le fait d’être «choisi» lorsqu’on naît, à cause de la contraception, de l’avortement, est capital dans ce nouvel état du corps. Nous naissions à l’aveuglette et dans la douleur, eux sont attendus et entourés de mille soins. Cela ne produit pas les mêmes adultes.

L’individu nouveau a une très longue vie devant lui, cela change aussi la façon d’appréhender l’existence…

Une longue vie devant et aussi derrière lui. L’homme le plus cultivé du monde des générations précédentes, l’uomo di cultura, avait 10 000 ans de culture, plus un peu de préhistoire. Petite Poucette a derrière elle 15 milliards d’années, du big bang à l’homo sapiens, le Grand Récit n’est plus le même ! Et on est entrés dans l’ère de l’anthropocène et de l’hominescence, l’homme étant devenu l’acteur majeur du climat, des grands cycles de la nature. Savez-vous que la communauté humaine, aujourd’hui, produit autant de déchets que la Terre émet de sédiments par érosion naturelle. C’est vertigineux, non ? Je suis étonné que les philosophes d’aujourd’hui, surtout préoccupés par l’actualité et la politique, ne s’intéressent pas à ce bilan global. C’est pourtant le grand défi de l’Occident, s’adapter au monde qu’il a créé. Un beau sujet philosophique.

Crédit photo (édition journal papier): Jérôme Bonnet.

Pascale NIVELLE

Œdipe (2)

Par Le 26/12/2014

ŒDIPE 2

 

Principaux mécanismes d’évolution

 

L’évolution « normale » des sentiments œdipiens met en œuvre :

*un renoncement aux désirs œdipiens envers le parent de l’autre sexe

*un processus d’identification au parent du même sexe, permettant à l’enfant de résoudre son ambivalence vis-à-vis de ce parent, et de s’engager dans une identification sexuelle positive.

*l’élaboration et l’intériorisation (introjection) des sentiments de culpabilité.

*enfin un développement des capacités d’imagination et de fantasmatisation, permettant à l’enfant de trouver des satisfactions partielles dans les jeux et la rêverie.

 

Renoncement

En résume, l’enfant parvient peu à peu à se détacher de son amour oedipien qui ne lui apporte pas les satisfactions souhaitées ; il tend à mettre ses parents davantage sur un même plan, à trouver sa place auprès de chacun d’eux et parvient ainsi à préserver sa relation avec le parent du même sexe. L’amour passionné pour le parente de l’autre sexe va laisser place à un sentiment de tendresse plus calme et moins conflictuel, compatible pour l’enfant avec une sensation de sécurité affective.

 

Identification

La position oedipienne d’amour et d’hostilité envers les parents est sans issue pour l’enfant. Il comprend qu’il ne peut pas triompher de son parent rival, plus fort que lui et qu’il aime. Ses sentiments vont évoluer et il va se rapprocher du parent du même sexe qu’il admire et dont il désire acquérir les qualités.

L’enfant cherche donc à l’imiter en tous points, à partager ses activités. Il recherche et a besoin d’une valorisation, il veut l’aider, il est heureux si on lui confie des responsabilités.

Pour peu que le parent se montre accueillant et compréhensif, l’enfant trouvera une grande satisfaction à faire comme son père ou sa mère. L’enfant n’a pas renoncé à prendre la place de son père ou de sa mère mais cette fois-ci au plan symbolique et non plus dans la réalité.

De plus, le plaisir bien concret de cette relation valorisante et des activités partagées qu’on lui offre, va faire progressivement tomber son hostilité. Par exemple, le père soutient le désir de son fils de s’affirmer et de devenir fort : il le fait participer à ses activités, encourage ses efforts, fait de lui un allié et non plus un rival ; le garçon en retour, se réconcilie avec lui et lui voue un attachement nouveau et fervent. Il va investir de plus en plus les valeurs propres à son sexe, auxquelles il commence à avoir accès grâce à son père.

Dans cette réconciliation heureuse et ces promesses de développement personnel, l’enfant pare son père ou sa mère des vertus que lui-même voudrait acquérir, son admiration est sans bornes. A cet âge, les enfants cherchent même souvent à prouver la supériorité de leurs propres parents à leurs camarades : « Mon papa est le plus fort, ma maman est la plus jolie… »

 

Ainsi, progressivement, l’enfant peut commencer à se projeter dans son rôle futur d’homme ou de femme. Le futur, même s’il reste abstrait et lointain, n’est plus pour lui seulement une histoire d’adultes, qui ne le concerne pas et auquel il n’a pas accès.

L’enfant devient capable d’investir d’autres adultes amis de la famille, ainsi que des ami(e)s de son âge et de l’autre sexe. Ce sont les « fiançailles » et les « amours » de classe maternelle que l’enfant prend sur le moment très au sérieux et qui sont pour lui un enrichissement de ses possibilités affectives.

 

 

 

 

Culpabilité

Les sentiments de culpabilité apparaissent le plus souvent lorsque rencontrant de l’opposition de la part de ses parents, l’enfant éprouve des sentiments agressifs à leur égard. En effet, cette agressivité, désir de détruire ou de rejeter ses parents, lui fait ressentir la peur d’une vengeance ou d’une punition de la part des parents, et plus profondément la peur de les perdre, eux et leur affection dont il reste encore très dépendant.

La curiosité sexuelle, l’amour pour le parent œdipien, la rivalité et l’hostilité au parent de même sexe, se heurtent successivement à de multiples limitations et interdictions, réactivant du même coup sentiments de frustration et agressivité.

La nécessité pour parvenir au renoncement oedipien, de l’identification au père ou à la mère, entraîne un travail psychique plus spécifique sur ces sentiments de culpabilité : l’enfant doit pour préserver cette identification intérioriser, c'est-à-dire reprendre à son compte comme s’ils venaient de lui, les interdits et les sentiments qui en découlent. L’intériorisation de ces sentiments de culpabilité est à l’origine de la formation de l’instance « morale » du psychisme, appelée par Freud le « Surmoi ».

 

L’enfant va devoir établir un équilibre adéquat et souple entre permissions et interdits, entre ses forces instinctuelles et son Surmoi, lui permettant de satisfaire partiellement ses désirs, tout en restant aussi capable de les réprimer.

Faute de cette souplesse minimale, l’enfant sera incapable de contenir ces pulsions et de supporter frustrations et interdits, ce qui peut l’entraîner vers les comportements caractériels et asociaux, soit incapable de satisfaire au moins partiellement les exigences instinctives, ce qui est générateur d’inhibition parfois massive, d’angoisse et /ou de troubles névrotiques.

 

Si un compromis équilibré a pu être trouvé, permettant à l’enfant un authentique renoncement œdipien, et non une répression massive de ses pulsions, cette période évolutive se révèle un puissant stimulant des activités intellectuelles, cognitives et fantasmagoriques.

 

 

 

 

 

 

Le recruteur

Par Le 26/12/2014

 Réalisé par Genevieve Clay-Smith et Robin Bryan de Bus Stop Films, ce court métrage met en scène un entretien d’embauche pas comme les autres.

Alors que Thomas Howell se présente à un entretien d’embauche dans un cabinet d’avocats réputé, il ne peut retenir sa surprise en faisant la connaissance du recruteur qui va l’interviewer.

S’en suit une scène surréaliste dont les conséquences sur les vies de différents membres de ce cabinet seront bien réelles.

L’histoire d’une rencontre, d’un regard qui change et d’une belle leçon de vie !

Le court-métrage est en anglais sous-titré en français par défaut normalement. Si ce n’est pas le cas et que les sous-titres sont en allemand, passez la souris sur la vidéo, cliquez sur le bouton Version et changez pour VOSTF

 

Comme nous l’a souligné Luc Boland, il existe un autre aspect essentiel du film. Le court-métrage The Interviewer a été réalisé par Bus Stop Films, une organisation à but non lucratif qui souhaite promouvoir la réalisation cinématographique auprès des populations en situation de handicap en les secondant par des professionnels de l’image et de la réalisation.

 

 

Œdipe (1)

Par Le 25/12/2014

Dans le cadre de ma formation, je dois écrire un mémoire et la psychanalyse y occupe une place importante. Oedipe en premier lieu. Je lis donc à tout va et j'écris des fiches...J'ai besoin d'écrire pour apprendre...

Alors, si ça peut intéresser quelqu'un...Je partage...

Je suis par contre, une fois de plus, interloqué de tout ce que je ne sais pas...Non seulement dans le domaine psy mais dans bien d'autres domaines encore.

Tout ce que je voudrais apprendre ne tient pas dans mon imaginaire.... Il n'est pas assez grand.

L'âge s'ajoutant à la conscience de mes lacunes, je ressens une certaine urgence à combler les vides mais dès qu'un vide se révèle, il contient en lui-même un horizon inconnu...Plus j'avance et plus, je prends conscience de ce que je ne sais pas...



ŒDIPE

 

 

Entre 2 et 5 ans, en prolongement avec les débuts de la différenciation sexuelle, les sentiments de l’enfant vis-à-vis de ses parents prennent un caractère également différencié : apparition d’un sentiment « amoureux » pour le parent de l’autre sexe et « rivalité » avec les parents du même sexe.

 

Le petit garçon.

Le petit garçon se trouve en proie à des sentiments violents, très réels, sérieux, intenses. Certains de ses sentiments sont contradictoires entre eux, comme par exemple l’ambivalence vis-à-vis du père ou encore la dépendance affective et le désir de dominer la mère. Il extériorise ses sentiments de façon souvent maladroite et confuse. Ces mots ou ses sentiments d’enfant déconcertent l’adulte, le font sourire ou l’agace. Tel petit garçon, dans son amour et son besoin de fusion avec sa mère, veut être aimé d’elle, mais en même temps, il veut être une femme, il veut être comme elle et non un homme comme son père.

 

Dans certaines conditions de structuration de la relation mère-enfant, cette dépendance peut se cacher sous un aspect « tyrannique » : il cherche à dominer et à commander sa mère, il se montre exigeant et capricieux.

 

Il peut chercher aussi à affirmer sa virilité, adopter des attitudes de « petit homme ». Il s’identifie aux héros, il voudrait être le chevalier qui protègera sa mère. Si son père s’absente, il cherche à le remplacer, il veut s’occuper de sa mère comme il pense que son père le fait. Son sentiment amoureux peut s’exprimer ouvertement : « Je veux me marier avec Maman. »

 

Dans cette recherche de lien étroit avec la mère, l’enfant se trouve en rivalité avec son père. La présence ou le retour de celui-ci rompt la relation exclusive avec la mère qui se détourne temporairement de l’enfant. De plus, l’intimité des parents lui est interdite, il doit aller au lit, tandis que les parents restent ensemble.

La relation avec le père devient beaucoup plus complexe. Le petit garçon ressent pour lui un mélange de sentiments positifs et négatifs.

D’une part, il a de l’admiration pour sa force qui l’étonne et qui le rassure et de l’affection pour sa hardiesse, son habileté, qui en font un compagnon de jeux fort et capable de le faire profiter de nouveautés et de situations « aventureuses ».

Mais en même temps, il a l’impression que son père est toujours le plus fort et qu’il ne pourra jamais l’égaler. Il l’envie, il se sent petit et impuissant. De plus, son père lui-même, peut manifester de l’agacement à son égard et le fustiger : « Laisse ta mère tranquille, tu la fatigues. »

Aussi, le petit garçon se prend-il parfois à rêver : « Si papa ne revenait pas…Je voudrais être seul avec maman. »

Et il se sent effrayé et coupable de pouvoir penser et sentir cela car il aime beaucoup son père qui le rassure et le protège et le plus souvent il ne souhaite pas être privé de sa présence.

 

La petite fille.

La petite fille détourne une grande partie de son investissement envers sa mère pour le reporter sur son père.

Du fait de la désillusion devant sa mère qui n’est pas un homme et qui ne lui a pas donné les avantages et les privilèges d’un homme, la petite fille se sent moins attirée par sa mère. Alors qu’elle montrait auparavant, comme la plupart des bébés, une inclination plus profonde pour sa mère, c’est vers son père qu’elle va maintenant se tourner. Elle se montre avec lui coquette et séductrice, obéissante et soumise. Elle essaie de l’avoir pour elle, de s’attirer son amour et ses faveurs, de l’accaparer.

Elle ressent le désir d’être seule avec son père, et sans sa mère.

Elle tente d’obtenir qu’il s’occupe d’elle en particulier et lorsqu’elle y parvient, elle se sent fière et heureuse, elle ressent une alliance entre son père et elle, c’est un peu comme une victoire et elle se réjouit de l’absence de sa mère.

Se trouvant ainsi en rivalité avec sa mère dans son désir d’accaparer le père, elle en conçoit de l’agressivité vis-à-vis de celle-ci. Il y a presque toujours une période pendant laquelle la petite fille devient difficile avec sa mère, capricieuse, opposante, alors qu’avec son père, elle est tout amour, tendresse et soumission.

Son désir d’être seule avec son père, réveille en elle la peur de perdre sa mère.

Ainsi, la petite fille se trouve-t-elle dans une position ambivalente vis-à-vis de sa mère. Passant d’un registre à l’autre, elle alterne de façon parfois surprenante l’opposition et l’hostilité, avec des moments de quête affective où elle demande de l’attention et cherche à être rassurée sur l’amour de sa mère à son égard.

Cette peur de perdre sa mère sera sans doute un élément important dans la résolution du conflit œdipien chez la petite fille.

 

Position du problème

Chez le jeune garçon et chez la petite fille, le complexe d’Œdipe se caractérise par :

*Des sentiments d’amour pour le sexe opposé.

*Des sentiments d’hostilité et de rivalité pour le parent du sexe opposé.

Mais ces sentiments entrent en conflit avec :

*La peur d’une punition ou d’une vengeance de l apart du père, chez le petit garçon, représentée par « l’angoisse de castration » et / ou des fantasmes de mort (peur d’être tué par le père)

*la peur de perdre l’amour de la mère, chez la petite fille, qui peut être représentée par exemple par la crainte d’être abandonnée, rejetée ou chassée par celle-ci.

 

Il n’est pas facile pour l’enfant de parvenir à accorder ses sentiments de rivalité et d’hostilité et son affection pour le parent du même sexe. Ce désir d’éliminer cette personne aimée est très inquiétante pour l’enfant, le plongeant dans une ambivalence pénible.

 

Les parents qui comprennent cette ambivalence de leur enfant peuvent imposer des limitations fermes, tout en autorisant l’enfant à trouver une satisfaction partielle de ses désirs. L’enfant a besoin que ses parents lui témoignent de la compréhension et en même temps le protègent en lui imposant des limites. Tant dans son ardeur amoureuse que dans son hostilité.

 

Le parent du même sexe trouve normalement du plaisir à voir son conjoint et son enfant s’aimer tendrement. Il peut ainsi respecter partiellement l’élan de l’enfant, ne pas l’interrompre brutalement et inutilement. En même temps, il saura répondre à l’agressivité de celui-ci lorsqu’elle est trop importante, et le soutenir ensuite face à ses déconvenues.

Le parent de l’autre sexe, quant à lui, sait interrompre ou limiter les ardeurs de l’enfant lorsqu’il est encore temps, montrer de façon claire son accord et son affection pour son conjoint, sans pour autant rejeter l’enfant.

La petite fille a besoin de sentir que son père ne tolère pas qu’elle soit méchante avec sa mère, le petit garçon doit savoir que sa mère souhaite qu’il aime son père. Aider l’enfant à trouver comment canaliser son hostilité sous une forme acceptable, lui rend un grand service parce que cette hostilité cesse alors d’être menaçante pour lui.

La déception œdipienne constituera par la suite  un facteur dynamique d’évolution et d’enrichissement de l’affectivité, en favorisant le transfert des sentiments en dehors de sa famille. Elle permettra l’accession à la phase dite « de latence », au cours de laquelle l’enfant renonce en partie à ces sentiments, les mettant en quelque sorte en réserve pour plus tard.

 

Odile Buisson : Sexualité féminine (sexualité sacrée)

Par Le 25/12/2014

Sexualité féminine. Odile BUISSON.

Une femme passionnante et passionnée.

Où on voit les tabous inscrits dans la médecine elle-même, le désintérêt masculin ou son emprise sur le plaisir féminin.

Où on voit par conséquent la bêtise éducative dont nous devons, nous les hommes, nous extraire. 

 

 

 

 

Elle rigole. Beaucoup. Raconte ses anecdotes en se tordant et rappellera, après l’entretien, pour préciser que ce qu’elle aime, c’est se marrer. Odile Buisson est gynécologue obstétricienne dans un «beau cabinet bien bourgeois», de Saint-Germain-en-Laye, en banlieue parisienne.

On pourrait s’attendre à une quinqua BCBG, bien polie, bien soignée. C’est raté. Si elle est chic, elle n’est pas coincée. Elle parle vite et cru. Dit «bite», «couille» et «cul». Comme si elle n’avait pas le temps de s’embarrasser de politesses. Comme si les délicatesses empêchaient de parler des sujets qui fâchent. Et le contexte actuel a de quoi alimenter ses colères, elle qui bataille contre «tous les archaïsmes» qui percutent la santé des femmes. La remise en cause de la pilule, les rabiotages économiques qui ont transformé les maternités en «accouchoirs» d’où les jeunes mères sont renvoyées deux jours après leurs couches, la mode de l’accouchement naturel sans péridurale et à domicile, le retour du religieux… «Tous ceux qui veulent nous faire croire qu’on ne peut pas être vraiment mère sans douleur, c’est mon pied au cul !» s’agace-t-elle.

Mais c’est surtout l’inquiétude, voire le désespoir, qui pointe face à une gynécologie qu’elle aime mais qu’elle voit partir en vrille. «Avant, 130 gynécologues étaient formés par an. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 32. Après avoir sorti les femmes de l’ornière, j’ai peur que la gynécologie de pointe ne profite plus qu’aux élites.»

Son féminisme est bien à elle. D’ailleurs, elle préfère le terme «humanisme». «Je défendrais les hommes aussi, si leurs droits étaient menacés.» Pourquoi les femmes alors ? Parce qu’en trente ans de pratique, c’est elles qu’elle connaît le mieux. Elle admire la modernité de Benoîte Groult et loue le travail des filles d’Osez le féminisme, qui le lui rendent bien. Mais elle s’affranchit de toute chapelle idéologique, n’aime pas les «pensées ambiantes». Elle est pour la GPA (gestation pour autrui) «qui se fera, alors mieux vaut l’encadrer», et contre l’abolition de la prostitution, au nom de la liberté.

Son engagement se fait sur le tard et, paradoxalement, au contact d’hommes. Sa rencontre, en 2004, avec Pierre Foldès, spécialiste de la réparation des mutilations génitales, est déterminante. «Mes engagements sur le terrain contre les violences faites aux femmes, cet aspect de ma pratique, d’action pure, ont dû l’interpeller»,dit-il de cette bonne camarade.

Pour ses travaux de réparation du clitoris, notamment après une excision, c’est lui qui va lui demander d’échographier, pour la première fois, ce grand inconnu. Elle confesse : «Je lui ai dit : "Tu crois que ça peut s’échographier ce machin-là ?" Je ne connaissais même pas son anatomie exacte.» Avec les moyens du bord, ces appareils high-tech qu’elle affectionne et des femmes puis des couples de volontaires, elle réalise aussi les premières échographies de coïts en live. Bilan de ces imageries ? Une révolution. Le clitoris n’est pas un petit bouton isolé mais un organe plus vaste et bien plus complexe. Et les femmes qui pensent avoir trouvé leur point G ne sont pas des hystéros : le clitoris a une partie interne qui peut être stimulée par les va-et-vient de la pénétration. Face à plusieurs études qui contestent l’existence de cette zone de plaisir, elle écrit en 2011 Qui a peur du point G ?. Un premier coup de sang retentissant qui marque son entrée dans l’arène médiatique. «J’en avais assez d’entendre que "tout est dans la tête". C’était une façon bien commode d’évacuer la sexualité féminine, et surtout de ne pas en parler.»

A force de foncer dans le tas, de dénoncer l’androcentrisme de ces messieurs de l’université qui connaissent tout du pénis mais rien du clitoris, de s’indigner contre l’industrie pharmaceutique qui se préoccupe de la bandaison des hommes mais jamais des troubles des femmes et de s’exaspérer du mépris dans lequel les scientifiques tiennent le plaisir sexuel féminin, Odile Buisson ne se fait pas que des copains. Les sages-femmes qui n’ont guère apprécié ses coups de boutoirs contre l’accouchement naturel l’ont prise en grippe. «Elle a des prises de position extrêmes, c’est sa façon de faire passer le message, mais en rentrant dans les gens, elle se met du monde à dos», constate Pierre Foldès. Une partie du corps médical la snobe. Certains considérant son travail comme une vaste blague. «Les médecins n’ont pas lu son livre sur le clitoris, ils considèrent cela comme du travail subalterne, regrette Israël Nisand, gynécologue obstétricien. Mais elle s’en fout, elle n’est pas là pour chercher les honneurs et ça l’amuse follement de les voir se pincer le nez !»

N’empêche, on la sent quand même fiérote, elle qui n’est pas universitaire et qui vient «de la plèbe», d’être invitée à donner des cours aux Etats-Unis, en Suisse et d’avoir hérité du titre ronflant de board director de l’International Society for the Study of Women’s Health. Si elle donne l’impression de l’allumette prête à flamber, Odile Buisson a besoin de potasser, de rencontrer, de creuser en parlant avec les principales intéressées avant de s’enflammer. Mais son truc, c’est avant tout d’aller voir là où c’est interdit, ce qui gène, ce qui dérange. C’est ce qui l’a poussée à choisir gynécologie. «C’était un sujet qu’on n’abordait pas à la maison : j’ai quand même appris comment on faisait les bébés à 12 ans !»

De son adolescence à Saint-Nazaire, Odile Buisson se souvient de ses lectures de Che Guevara. De sa mère, au foyer et gaulliste, qui la rattrapait par la culotte quand elle partait en manif et lui disait «d’arrêter avec [ses] idées de singe». «Je voulais faire la révolution ! J’avais déjà envie de faire péter un truc !» balance-t-elle. Ça pète parfois à la maison, avec son père, agent de maîtrise et délégué CFDT dans une raffinerie de pétrole. «Mes parents étaient très aimants mais aussi très sévères. Et puis dans ma famille, on ne voyait que par les hommes. C’était dur mais cette espèce d’adversité a déclenché ma pugnacité, ma rébellion.»

Avec toutes ces idées, on la placerait volontiers à gauche toute. Même pas. Elle pioche. A déjà voté à gauche mais pour la dernière présidentielle, c’était Sarkozy. Etrange alors que ses écrits semblent désigner la droite comme responsable de la gabegie médicale. «Sarkozy s’est trompé sur la santé mais il avait la volonté de donner sa chance à ceux issus des classes populaires.» Son mari, rencontré sur les bancs de la fac de médecine, au milieu des lodens vert bouteille et des serre-têtes nantais, l’a pacifié, dit-elle. Le théâtre et les pièces de Shakespeare auxquelles elle assiste avec son fils l’apaisent. De ses sept années de pratique du kendo, un art martial japonais, elle a retenu que «quand on tape sur les gens, on ne les casse pas, au contraire, on en fait des combattants». Ça sonnerait presque comme une devise. Son combat ne fait que commencer.

EN 7 DATES

10 mars 1956 Naissance à Malo-les-Bains.
1973 Etudes de médecine.
2000 Commence le kendo 2004 Rencontre Pierre Foldès.
2008 Première échographie du clitoris. 
2010Qui a peur du point G ? (Ed. Jean-Claude Gawsewitch). 
2013 Sale temps pour les femmes (Ed. Jean-Claude Gawsewitch).

Anne-Claire GENTHIALON

Les âmes enlacées

Par Le 25/12/2014

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Les âmes enlacées

 

Corps à corps, cœur à cœur, les âmes enlacées, ils connaissaient parfaitement le protocole, des mois de pratique, des heures à en parler.

 

Nus, sous les draps, les mains posées sur les peaux huilées, la douceur du patchouli embaumait le cocon de leurs corps accolés.

 

Il aimait poser une main sur le creux de sa colonne, juste à l’orée des collines, il y devinait un bassin aux eaux claires, un petit lac de montagne nourri par des ruissellements de neige… Il sentait vibrer dans cette cavité des énergies cristallines. Parfois, le flux libéré cascadait entre les deux versants, dans l’ombre d’une faille… Aimanté par la Source intérieure…

 

L’autre main naviguait quelques instants sur les reliefs. Des effleurements délicats mêlés de pressions ou de rotations, dans cette dimension du don, cette réjouissance infinie du bonheur partagé.

 

Elle aimait poser sa tête sur sa poitrine, sentir la douceur de sa peau, le moelleux de sa musculature, rien de trop dur, rien de trop mou, un coussinet qui l’apaisait et l’invitait aux pensées suspendues.

 

Les mains se laissaient entraîner par des désirs silencieux. Les lèvres qui se touchent, les souffles qui se mélangent, effleurements délicats comme une reconnaissance cellulaire.

 

Accolés, corps à corps, cœur à cœur, nus, les âmes enlacées.

 

Respiration abdominale synchronisée.

 

Elle inspirait profondément et gonflait son ventre. Il expirait profondément et vidait le sien. Un mouvement parfaitement orchestré. Ventre plein, ventre vide, ventre plein, ventre vide, l’un poussant l’autre, peau contre peau, l’autre repoussant l’un, dans une symbiose attentive, un accompagnement bienveillant, un regard tourné vers l’intérieur et l’intérieur tourné vers l’autre, une alternance hypnotique, une contemplation bienheureuse, juste cet émerveillement envers la vie qui coulait en eux dans la danse du souffle…

 

Longue expiration et la sensation profonde du ventre aimé qui entre en soi, comme une présence qui s'installe, un visiteur ébloui, un sourire qui s'épanouit, un corps qui se réjouit. 

 

Ils sentaient battre les cœurs dans un tempo unifié et le rythme apaisé effaçait en eux toutes les pensées intrusives. Comme une bulle translucide qui les enveloppait. Deux chrysalides reliées par des étincelles vivaces, un placenta englobant leurs entités fusionnées.

 

Ils devinaient au bout de leurs doigts des particules agitées, comme des flux euphoriques, les retrouvailles joyeuses des âmes dévoilées, sans identité, sans intention inavouée, juste cette plongée dans la Source de vie.

 

Longue descente intérieure… Une exploration commune nourrie par la plénitude de leurs âmes dénudées.

 

 

 

Il sentit dans la profondeur de la respiration de sa compagne l’orée d’un sommeil qui s’installe, comme l’ombre des montagnes qui avancent sur la Terre lorsque le Soleil bascule de l’autre côté, un drap de soie qui se pose sur les reliefs et l’agitation de la vie qui se calme, un abandon délicieux et confiant, le sourire intérieur du bébé contre les seins de sa mère, le bien-être et la pesanteur du corps qui se délie, s’ouvre au sommeil et à la paix, une citadelle métamorphosée, une terre d’accueil.

La Vie en Soi dans le calice lumineux de leurs énergies combinées, les arabesques pétillantes des flux mélangés.

 

 

 

Les cœurs nus de leur corps enlacés, les âmes aimantées.

 

 

 

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L'équilibre

Par Le 22/12/2014

Magnifique. Conclusion : fichez la paix à la Nature, elle n'a pas besoin des hommes...Ils n'auraient pas eu à introduire le loup s'ils ne l'avaient pas fait disparaître. Les interventions humaines qui réparent les erreurs précédentes ne sont juste que des réparations. Il s'agirait donc d'utiliser désormais notre intelligence et notre bienveillance à laisser la nature tranquille, là où elle n'a pas encore été transformée. Utiliser cette même intelligence à rectifier les erreurs reste avant tout la nécessité de se faire pardonner. Il ne s'agit pas d'intelligence mais d'humilité. Mais il faut être intelligent pour apprendre à être humble... Laisser la Nature tranquille, ça signifie pour moi de laisser l'homme tranquille ! Il n'y a pas de scission pour moi mais il y en a une pour une bonne partie de l'Humanité. Le mot "environnement" n'a pas de sens car cela signifie que nous sommes "au centre" et que la Nature nous environne. Symboliquement, c'est inacceptable. "Laisser la Nature tranquille" est une expression qui nous englobe autant que les espèces végétales et animales.

Naissance

Par Le 22/12/2014

Je voyais le bébé que j’étais. Dans le ventre de ma mère.

Ondes Alpha. Relaxation profonde. Connecté avec l’intérieur…L’inconscient, la mémoire cellulaire.

Inutile de se dire que ça n’est pas possible.

J’ai vu pendant trois jours des femmes revivre pleinement cette naissance, dans leur corps. Des "retrouvailles" d'une puissance émotionnelle incommensurable, dans leur corps, leur esprit, leur mémoire cellulaire...

Je n’imaginais pas un seul instant ce que j’allais éprouver à mon tour…

 

Un sentiment de bien-être absolu et en même temps une impatience joyeuse à quitter ce cocon. Je me voyais sourire et bouger. Je « savais » que j’étais attendu. Aucune peur, aucune énergie limitante, juste ce bonheur de la découverte du monde.

Et puis, j’ai senti dans mon périnée une boule de chaleur qui grandissait et l’impression que mes cuisses s’écartaient, que cette boule incandescente éprouvait le besoin de s’extraire…Simultanément à cette sensation de « présence », j’étais envahi par des vagues de frissons, des cascades de chaleurs qui ruisselaient en moi de la tête aux pieds, dans un flux et reflux incessant, l’impression que ma colonne vertébrale était devenue un canal d’énergie, et que serpentait le long de sa structure un flux constant de vibrations inconnues. Mon périnée vibrait et j’étais submergé d’émotions, au point que je n’arrivais plus à exprimer quoi que ce soit au Thérapeute qui menait la séance...

Et puis, j’ai « reconnu » cette sensation…C’était orgasmique…

Une re-naissance orgasmique…Non pas génitale mais totale, entière, sans aucun contrôle, l’énergie comme un diffuseur, et toujours cette « présence », cette boule bleue incandescente entre mes cuisses…Ce n’était pas moi, il n’y avait plus de bébé, il n’y avait pas d’individu, juste cette boule de vie…

« Je » n’étais pas né. La Vie était née. Et elle fusait en moi, dans ma colonne, dans toutes mes fibres, comme un torrent lumineux.

Dépersonnalisation bénéfique.

Comme lorsque j’ai la sensation de faire l’amour à l’Amour. Et que les corps deviennent des passerelles vers une union extatique, énergétique, comme des retrouvailles avec le flux vital…La boule bleue entre mes cuisses.   

 

J’aurais aimé resté ainsi. Plus longtemps.

J’ai ouvert les yeux.

La suite de la journée s’est déroulée mais les flux et reflux ont continué leur sarabande. Des vagues incessantes de frissons…De la tête aux pieds, avec des picotements au bout des doigts, une chaleur crânienne très étrange…

Jusqu’au soir…

 

Ce matin, il n’y a plus rien.

Et pourtant, je sais très bien que tout est là…

"Ceci est mon corps" (spiritualité)

Par Le 22/12/2014

 

A écouter sans modération puis à consommer avec délectation, tendresse, attention, application, osmose, cohésion, partage, élévation, élévation, là-haut, là-haut...

"La fin du courage"

Par Le 21/12/2014

 

« Savoir dire non » – La fin du courage..?

A-t-on oublié ce qu’est le courage ?

 

http://r-eveillez-vous.fr/savoir-dire-non-la-fin-du-courage/

 

Sommes nous installés dans la soumission ?

A part les super héros des jeux vidéos ou des productions hollywoodiennes qui, aujourd’hui se montre valeureux ? Dans La fin du courage, (1) essai qui vient de paraître, la philosopheCynthia Fleury déplore que le courage ne fasse plus vibrer les individus. Or, cette exigence, affirme l’intellectuelle de 35 ans, professeur à l’Américan University of Paris, pourrait fonder une nouvelle éthique morale qui remettrait en selle aussi bien l’homme contemporain perdu dans es élucubrations existentielles que la société.

Pourquoi notre époque serait-elle particulièrement celle de la disparition du courage ?

A leur travail ou dans leur vie quotidienne, de plus en plus d’individus désavouent ce qu’ils font mais continuent à le faire. Pourquoi ne se révoltent-ils pas ? Pourquoi une telle soumission à un non ordre des choses ? La peur est telle qu’ils en oublient d’avoir recours au courage. On a cru que l’individualisme était un processus de non-contrainte, de liberté absolue. L’individu se focalise sur ses propres intérêts, délaissant l’engagement public. Livré à cette quête narcissique, il est, en fait, fortement fragilisé, rendu vulnérable par ce processus d’individualisation qui le coupe des formes collectives de défense.

On croit se sauver en succombant à de régulières petites lâchetés, en fait, il y a un prix à payer. L’émergence de ce moi décomplexé, non distancié d’avec soi-même, signe la fin du courage moral. Nous sommes les passagers clandestins de l’absence de morale. En se faufilant, l’individu pense sauver sa peau. Il fabrique sa propre érosion et sombre dans la dépression.L’érosion de soi vient de la somme de ces démissions quotidiennes. Jamais le malaise individuel n’a été à ce point lié à une déstructuration de la société. L’homme et plus largement la société, meurent par manque de courage. Et comble du paradoxe, cet individu acculé à une mise en disposition de soi-même n’en est que plus invisible.

C’est dans le monde du travail que le manque de courage sévit, particulièrement, dites-vous.

Chaque matin, en allant travailler, un certain nombre d’individus adhèrent à un système qui désavoue les principes mêmes qui  les construisent. Ils critiquent la culture de l’évaluation, les objectifs de rentabilité, le management par le harcèlement. Des puéricultrices disent : « Nous ne pouvons pas avoir seize bébés dans les bras », Les salariés de Pôle Emploi dénoncent la déshumanisation des services. Autour d’eux, de grandes entreprises gagnent de l’argent mais ferment des usines. L’homme ne résiste pas à ces logiques illogiques, à sa propre schizophrénie. Le monde du travail est donc le lieu même de l’érosion du moi et des structures collectives de résistance. A défaut de faire exploser le système, les individus se font imploser eux-mêmes. Ce sont les suicides au travail qui peuvent devenir un massacre.

Des salariés pourtant s’opposent. Dans l’Education nationale ou ailleurs, des « désobéissants » se font entendre.

Descendre dans la rue, signer des pétitions, faire la grève ou mettre en place un droit de retrait restent des actes forts. Il y a d’ailleurs plus d’actes que d’hommes courageux. Nous commettons tous, un jour, quelque acte courageux. Mais la guerre économique requiert hélas plus que des intermittents du courage. L’atomisation de tels actes ne permet pas toujours la construction d’une éthique collective du courage. C’est tout le paradoxe : il n’y a d’éthique du courage que seul. Que si nous sommes prêts à faire ce geste sacrificiel qui consiste à savoir ce que l’on peut perdre sans connaître ce qu’on peut gagner. Et, en même temps, seule l’éthique collective du courage est durable et peut nous permettre de résister.

Pourquoi cette valeur semble t-elle désuète ?

Qui enseigne le courage ? Le père, la mère, les grandes figures faisant loi. Lié à l’autorité et à l’exemplarité, le courage est donc l’inverse de l’égalitarisme ambiant. Il est perçu presque comme un geste autoritaire. Aujourd’hui, les parents se focalisent sur la réussite de leurs enfants et transmettent de moins en moins de valeurs morales. Mais le courage ne disparaît pas pour autant, il a simplement déserté le monde réel. Nous sommes vaillant dans notre imaginaire. Jeux vidéos ou fictions, content de magnifiques épisodes de bravoure ou plutôt de performances de courage. Et c’est là une forfaiture. Pour être réellement courageux, il faut avoir éprouvé la peur et trouver en soi la force de la surmonter. Dans le monde réel, chacun se nourrit d’un fantasme de courage totalement travesti qui n’a nullement besoin de tout cet apparat.

En fait, les individus ne sont pas devenus fondamentalement peureux, ils ont simplement perdu l’entraînement au courage. Cette valeur s’apprend, se transmet par des figures dans l’entourage familial, amical, scolaire, etc.  Plus que l’absence, c’est le manque d’entraînement et d’apprentissage du courage qui caractérise notre société.

En quoi le courage serait-il un excellent moyen de lutter contre la dépression ?

D’abord, malgré ce que l’on croit, l’ennemi c’est la mélancolie. La mélancolie est cette chose terrible qui vous met à terre. La posture de résistance et de combat permet de sortir de cette logique du découragement. L’ennemi désigné est ainsi à l’extérieur, il n’est plus soi-même. Geste sacrificiel, le courage peut être sans victoire – il l’est même très souvent – mais il restaure le moi, son unicité et sa légitimité. C’est un régulateur contre la dépression, qui permet de sortir de l’anonymat et de l’interchangeabilité des hommes. Ce que le courage dit-, c’est que vous n’êtes pas interchangeable avec les autres.

C’est à vous que l’acte incombe. Or, le système capitaliste est là pour nous prouver exactement le contraire, que nous sommes tous remplaçables les uns par les autres. Le courage ne s’exerce donc pas exclusivement en temps de guerre ou de circonstances exceptionnelles. Il fait partie intégrante du temps quotidien et de la pratique démocratique. Bien sûr, il ne s’agit pas de jouer constamment les héros, ce serait intenable. Mais il faut apprendre à faire du courage un réflexe, un éthos.

Comment l’enseigner ?

Tout le monde est convoqué, les parents dans l’éducation de leurs enfants, les enseignants à l’école, les médias dans le choix des parcours qu’ils mettent en avant, les hommes politiques dans les valeurs et les pratiques qu’ils défendent. Ceux qui sont exemplaires ont l’exigence de croire à l’exemplarité des autres. Les Lâches sont toujours ceux qui désespèrent des autres.

Pourquoi est-ce si difficile d’être courageux ?

Faire preuve de courage, c’est instaurer un rendez-vous radical avec ses principes et soi-même. Voilà pourquoi la majorité des individus se défilent. L’autre difficulté est que cette épreuve se vit seul. Savoir dire non, en assumer le risque et le sacrifice est une démarche solitaire. Peu d’entre nous prennent ce risque. On sait ce qu’on va perdre, pas ce qu’on va gagner. Mais le courageux n’est pas non plus celui qui ignore la peur. On juge le courage d’un homme à ses peurs, celles qui sait éviter ou bien garder.

Cet acte individuel aurait des vertus thérapeutiques sur le fonctionnement même de la démocratie ?

Je travaille sur la démocratie, ses écarts entre les principes et la réalité. Comment réguler et corriger les excès désordonnés de la démocratie ? La paix qui caractérise notre société a fait croire qu’il n’y avait plus de guerre à mener, que la démocratie, c’était du statut quo mais la démocratie n’est pas un ordre spontané de l’égalité. C’est une dynamique entre plusieurs forces,celles qui portent les valeurs d’égalité et de liberté et celles qui s’y opposent.

En déléguant nos intérêts aux automatismes de la démocratie, nous sommes entrés dans un système dégénérescent. Il ne suffit pas d’alimenter la machine démocratique, en allant voter par exemple, il faut aussi ranimer son âme et son esprit. Le courage pourrait être le pilier de cette régulation.

(1) La Fin du courage, Cinthia Fleury, Fayard 14 €

par Dominique Netchaïev

http://r-eveillez-vous.fr/savoir-dire-non-la-fin-du-courage/

 

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