Là-Haut

Articles de la-haut

KUNDALINI.(4)

Par Le 22/02/2015

 

 

"Il fallait dorénavant que se lèvent les brises tièdes des bonheurs simples. Qu’elle se réchauffe paisiblement au cœur des montagnes et de leurs trésors.

 

Une route sans issue. Étroite et sinueuse. Un vieux goudron craquelé. Où donc allait-elle arriver ? Comme coin perdu, effectivement, il devait être difficile de trouver mieux. Un espace ouvert au fond d’une vallée, de longues pentes herbeuses parsemées de forêts de mélèzes. Des crêtes dentelées dans les cieux, la pureté de la lumière…

Elle gara son véhicule sur le parking des visiteurs et elle sortit.

Un bain de silence.

Une haute palissade en bois clôturait les lieux.

Elle se présenta à l’accueil.

« Bonjour, je suis Madeleine Leauvinair. J’ai réservé le bungalow de l’allée des pierres.

-Oui, bonjour Madame Leauvinair. Vous avez fait bonne route ? Pas eu trop de mal à nous trouver ? »

Une belle femme d’une cinquantaine d’années. Une longue chevelure, un visage lumineux, une peau hâlée, des seins lourds et fermes. Nue.

« Non, aucun problème, ma sœur m’avait tracé un itinéraire parfait. Vous êtes dans une région magnifique.

-C’est la première fois que vous venez par ici ?

-Non, je connais un peu, j’étais déjà venue il y a quelques années. »

Avec Laurent.

Elle n’en dit rien.

« Je vais vous montrer votre emplacement et je vous laisserai vous installer. Vous pouvez garer votre véhicule juste à côté. Je vous donne le planning des activités si cela peut vous intéresser. Nous organisons des rando nues, des journées escalade, des rando aquatiques, des visites de villages traditionnels ou de hameaux, des chapelles, des musées de la vie paysanne, des rencontres avec des artisans de la région. Nous sommes en lien avec plusieurs moniteurs diplômés dans les activités sportives. Vous aurez aussi toutes les activités à l’intérieur du centre, piscine, tir à l’arc, fitness, des concours sportifs, des repas communs en soirée. Mais vous avez bien évidemment tout loisir d’organiser vos journées à votre guise. Il suffit juste de ne pas oublier de s’inscrire lorsque les activités sont présentées, tous les lundis matins pour la semaine. On tient compte bien entendu des conditions météorologiques mais en juillet, nous sommes habituellement gâtés par le soleil.

-Et bien, je vous remercie pour toutes ces précisions. Je vais déjà me reposer quelques jours et j’aviserai.

-Vous verrez, vous êtes dans sur un emplacement très calme, un peu à l’écart et vous n’avez aucun voisin immédiat. Pour le repos, c’est idéal. »  

 

  

 

Un emplacement gravillonné pour garer son véhicule.

Un bungalow largement assez grand pour elle. Une belle terrasse dominée par une pergola et un store repliable.

Elle avait rapidement plié ses quelques vêtements dans la commode et la penderie, garni le réfrigérateur, rangé divers aliments dans les placards de la cuisine.

Un aménagement en bois clair, un simple confort, beaucoup de lumière et des stores pour garder la fraîcheur si nécessaire.

Elle était heureuse de retrouver un espace de vie limité, comme si les dimensions de sa maison l’étouffaient. Elle avait besoin d’un cocon plus étroit, elle avait besoin de ne plus sentir autour d’elle cet espace vide de son homme…

 

Des sursauts de tristesse qui jaillissaient comme des diables persécuteurs.

 

Elle rejeta l’image de ce néant affectif et sortit sur la terrasse.

Elle se dévêtit, étala une serviette éponge sur le bain de soleil, huila son corps et s’allongea.

 

Fermer les yeux. Ne plus penser. Entrer dans le silence.

Respiration, visualisation.

Méditation.     

   

Elle s’obligea à penser quelques minutes aux exercices à effectuer. Pas question de s’abandonner pendant trois semaines. De toute façon, la détente physique lui était indispensable. Elle visualisa une série de postures, imaginant les torsions de son corps, la profondeur des respirations, le calme en elle.

 

Puis elle s’abandonna à l’absence.

Elle écouta distraitement le chant d’un oiseau, puis les murmures du vent dans les frondaisons.

L’impression soudaine qu’elle ne s’était jamais arrêtée de penser depuis un an. Même dans ses séances de yoga. Pas celles du centre où elle devait rester attentive aux autres mais celles qu’elle pratiquait pour son bien-être. Comme une machine mentale mue par un mouvement perpétuel. Elle reconnut encore une fois qu’elle aurait dû s’intéresser davantage aux pratiques spirituelles associées au yoga. Elle s’était toujours contentée des exercices physiques et de quelques expériences méditatives. Sans jamais vraiment approfondir cette dimension.

Il lui avait toujours suffi d’être en paix avec son corps, de le préserver, de l’assouplir et de l’endurcir, de l’éprouver jusque dans les moindres fibres.

Le manque était là. Une certitude aujourd’hui. Elle ne connaissait pas grand-chose de son esprit. Ce sentiment désagréable d’avoir œuvré une bonne partie de sa vie à entretenir les murs d’une citadelle sans jamais regarder à l’intérieur de l’enceinte."988844 818668004859370 2573039622824409069 n 1

 


 

KUNDALINI (3)

Par Le 22/02/2015

 

 

 Img 8537

Gap… Barcelonnette… L’Ubaye… Allos...Colmars… Elle regarda encore une fois l’itinéraire que Sophie lui avait dessiné. Une vingtaine de kilomètres et elle serait arrivée. Une route sinueuse bordée de mélèzes, accrochée aux flancs de la montagne. Elle apercevait en contrebas un cours d’eau cristallin.

 

 

 

 Elle se réjouissait de retrouver les paysages lumineux, les grands espaces, le parfum des forêts de résineux, l’harmonie chaotique des montagnes, les torrents et les vasques d’eau pure.

 Sophie lui avait donné plusieurs pistes de randonnées, dans des coins perdus.

Le soleil. Nue, au bord d’un ruisseau. Se baigner dans des bassins naturels, s’allonger sur les dalles chaudes et fermer les yeux.

Elle avait besoin de cette paix du monde pour retrouver la paix en elle. Cesser enfin de se torturer comme s’il fallait immanquablement trouver des explications au désastre. Des responsables, la liste trop longue de toutes les erreurs, de tout ce qu’il aurait fallu accomplir pour que ça n’arrive pas.

Mais qu’aurait-elle pu faire de plus ?

 

Elle l’avait aimé. Elle l’aimait encore. Malgré tout. Et ce sentiment étrange la troublait considérablement. Comme si rien ne pouvait effacer le chemin parcouru. Elle avait cherché des signes tangibles d’une souffrance chez Laurent et elle n’en trouvait pas. Elle avait éprouvé de la colère, de l’incompréhension, du déni, des regrets, elle aurait aimé tenter de le retrouver, de l’écouter, de partager sa vision de l’existence, de l’amour, de la sexualité… Il avait préféré disparaître.

Tout s’était fait dans l’urgence, comme s’il ne lui était soudainement plus possible d’en supporter davantage et elle avait ressenti devant cette attitude déterminée un sentiment de trahison.

Puis un soulagement.

Finalement.

Est-ce qu’il aurait été préférable qu’ils continuent à vivre ainsi, l’un à côté de l’autre, alors qu’il aurait rêvé d’une autre vie, est-ce qu’il aurait été plus doux qu’elle ne sache rien ? Peut-être, un jour, devant le poids de l’âge et la puissance destructrice du remords, peut-être lui aurait-il révélé la vérité. Et elle aurait senti tomber sur elle la masse froide et torturée d’une vie perdue.

Elle l’imagina murmurer sur son lit de mort d’une voix affaiblie qu’il aurait préféré vivre avec un homme.

La violence infinie d’une vie gâchée.

 

Elle l’aimait pour avoir su sortir de ce carcan assassin.

Et la délivrer elle aussi.

 

Non, elle n’avait plus de colère. Même pas contre elle-même. Elle ne pouvait rien se reprocher. Elle avait toujours écouté ce qu’il avait à dire mais il n’en avait rien dit. Quels reproches pourraient-elles s’attribuer ?

 

La sexualité… Elle n’avait jamais ressenti chez Laurent la moindre déception. Ils avaient su entretenir la flamme.

Elle se souvenait malgré tout de quelques ressentis inconnus en elle. Comme si l’orée lumineuse d’un territoire immense s’était parfois laissé entrevoir, des orgasmes comme des clés sans qu’elle en trouve la serrure.

Avait-il éprouvé la même chose ? Avait-il basculé pour explorer ce territoire, comme un aventurier qui n’en peut plus de parcourir inlassablement des espaces défrichés ?   

 

Elle n’avait pas gardé de ces instants fugaces le sentiment que la découverte possible dépendait d’un amour physique, d’un attachement à une personne, d’une pratique sexuelle, d’une complicité de couple.

Il s’agissait d’autre chose mais elle ne savait l’identifier.

Comme un éclat blafard dans le brouillard des jours. Comme si les lumières qui éclairaient son chemin de vie n’étaient finalement que des chimères ou des falots insuffisants.

Elle s’en voulait un peu de ternir ainsi les souvenirs les plus beaux.

Douloureux constat d’une intimité trompée. Et pourtant cet indispensable pardon puisqu’il s’agissait d’une délivrance commune.

Elle ne supportait pas cette projection dans un avenir lointain, cette révélation toujours repoussée qui aurait fatalement été mise à jour. Il avait eu le cran de le dire. Même s’il s’était enfui. Comme si le regard des gens connus lui était insupportable, comme si cette homosexualité mise à jour le condamnait à la réclusion.

Elle en éprouvait désormais une tristesse insoumise.

 

Ce chaos des sentiments l’avait épuisée, ces sempiternelles pensées qui l’assaillaient, ce leitmotiv des questions sans réponses.

 

Elle avait infiniment besoin de retrouver la paix.

Méditer, nue, au soleil. Dans le silence.

 

Ils avaient vécu de nombreuses échappées inoubliables. Des voyages dans les îles, des plages désertes, des montagnes où la pureté des cieux glissait en eux. Elle se souvenait d’étreintes enflammées dans les herbes hautes ou sur des dalles de calcaire, près des ruisseaux ou des torrents, des bains revigorants sous des cascades glacées, allongés dans l’ombre douce des forêts sur des tapis de mousses épaisses. Ils s’étaient aimés dans les bras accueillants de la Nature.

Elle aimait tant cette osmose au sein de la Terre.

C’est là, et uniquement là, dans le cadre ouvert des espaces qu’elle avait éprouvé des orgasmes inconnus, toujours suspendus, comme s’il lui manquait la connaissance nécessaire pour franchir le seuil.

Elle ne lui en avait jamais parlé.

Sans se l’expliquer. Une pudeur qu’elle se reprochait désormais.

Peut-être avait-elle gâché le plus beau des voyages, peut-être qu’en se dévoilant, intégralement et non seulement son corps, elle aurait pu éveiller en lui l’euphorie d’un voyage intérieur à vivre.

 

C’est peut-être ça qu’il avait décidé de vivre de son côté.

Mais pourquoi n’en avait-il rien dit ?

Aucun reproche puisqu’elle n’avait su le faire.

La distance pernicieuse des silences qui s’imposent.

 

Tout ce qu’elle avait découvert d’elle-même depuis qu’elle n’existait plus pour lui.

Cet amour partagé n’était-il donc qu’une accumulation de silences ? Jusqu’à ce jour fatal du trop-plein qui déborde. Comme des mots barbares qui prennent le pouvoir et lancent leurs armées rebelles sur des terres ravagées.

 

Le territoire de leur amour perdu était couvert de cendres.

Il fallait dorénavant que se lèvent les brises tièdes des bonheurs simples. Qu’elle se réchauffe paisiblement au cœur des montagnes et de leurs trésors.

 

 

  

 

 

Libérer les Mémoires cellulaires

Par Le 22/02/2015

1. La libération des mémoires cellulaires

http://guerisonintuitive.com/1-la-liberation-des-memoires-cellulaires

Qu’est-ce que les mémoires cellulaires ?

Dès notre conception, nous enregistrons dans notre corps des émotions liées à des événements vécus qui nous ont blessés, voire traumatisés. Le plus souvent, par un mécanisme de protection, ces événements ont étés refoulés, nous laissant inconscients des conséquences qu’ils génèrent aujourd’hui dans nos vies. Pourtant, bien ancrées dans nos cellules, ces mémoires sont responsables de biens des maux et nous empêchent de nous épanouir librement.

Elles sont à l’origine de la plupart de nos maladies, mais aussi de nos comportements négatifs et de nos schémas répétitifs de vie. Même ce que nous caractérisons comme nos traits de caractère sont imprégnés de ces mémoires que nous portons malgré nous et qui ne demandent qu’à être conscientisées et libérées.

.

Quelles sont les conséquences de nos mémoires cellulaires ?

Lorsque des évènements ont été malheureux et que la charge émotionnelle qu’ils ont générée a été trop forte pour être libérée, alors une empreinte restera gravée dans notre mémoire corporelle nous perturbant chacune à sa manière. Nos mémoires ont donc des conséquences aussi diverses que nombreuses dans notre vie. Toutefois, la plupart d’entre elles peuvent se regrouper en 3 catégories :

  1. Elles peuvent se matérialiser dans notre corps physique en donnant naissance à des douleurs et des maladiesqu’on qualifie alors de « psychosomatiques ».
  2. Elles peuvent être responsables de nos comportements et même de ce que nous appelons plus communément nosdéfauts.
  3. Elles peuvent provoquer certains événements et certains schémas répétitifs de vie.

.

1. L’impact des mémoires sur les maladies… « C’est psychosomatique ! »

.

Tout d’abord, je veux préciser ce que sont les maladies « psychosomatiques», car trop souvent encore on associe ce terme au fait que la maladie n’existe pas et qu’elle est juste imaginaire. Or, les maladies psychosomatiques ne sous entendent pas ça, elles ne signifient pas que cela se passe « dans notre tête ». La maladie ou la douleur existent bel et bien, mais elles ont une origine psychique, psychologique et/ou émotionnelle plutôt que physique.

De manière plus scientifique, nous remarquons que sous l’effet du stress, l’organisme produit des hormones corticoïdes qui abaissent les défenses immunitaires, ce qui expose immanquablement l’individu aux affections.

D’ailleurs, des études récentes semblent indiquer que les maladies psychosomatiques seraient à l’origine de 40 à 50 % des visites chez le médecin et quelques praticiens vont encore plus loin en considérant que quasiment toutes les maladies sont psychosomatiques.

Qu’est- ce que la somatisation ?

De façon assez simple on peut expliquer la somatisation comme la traduction physique d’un conflit ou d’une souffrance psychique. D’une certaine manière, le corps reflète à l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur. Bref, ce qui ne s’exprime pas s’imprime.

Quels sont les principaux symptômes ?

La liste n’est pas exhaustive, mais d’une manière générale, voici les plus courants :

  • La plupart des troubles gastro-intestinaux constituent les maladies psychosomatiques les plus fréquentes : le foie, les intestins, le côlon, …
  • Les maladies de la peau auraient, elles aussi, souvent une origine psychique. Le psoriasis, les verrues, l’herpès, la transpiration excessive, la couperose, les dartres et les aphtes apparaissent lors de contrariétés et d’émotivité.
  • Chez les nourrissons et les enfants aussi, la somatisation va prendre place : l’eczéma, l’insomnie, le dérèglement du sommeil, les vomissements, l’asthme, les retards de croissance…
  • Même l’évolution de certains cancers serait, d’après certains scientifiques, attribuables aux dérèglements psychiques. Le savant américain Lawrence Le Shan a déterminé qu’une solitude brutale, un choc émotif violent ou un état psychologique désespéré pouvaient intervenir sur la morbidité cancéreuse.
  • Les déséquilibres de l’alimentation comme la boulimie et l’anorexie ou encore l’alcoolisme, l’obésité et les maladies cardio-vasculaires liées à une consommation excessive de certains aliments gras ou sucrés… sont également souvent la conséquence d’émotions très fortes.
  • L’hypertension artérielle et les migraines se retrouvent également au nombre des symptômes présentés lors de dérèglements émotifs..

.

2. L’impact des mémoires sur notre comportement et notre personnalité

.

Lorsque nous vivons une émotion dans le présent qui résonne avec une émotion passée, celle-ci va enclencher un processus de reconnaissance. Notre corps va retrouver dans sa base de données l’expérience similaire et l’émotion y étant liée pour ainsi se réactiver. De ce fait, elle peut accentuer, amplifier voire complètement exagérer l’émotion du présent. C’est à cause de ce fonctionnement que certains se mettent en colère pour une bêtise, que d’autres dépriment pour un simple incident et que d’autres encore se retrouvent dans des états de terreur et de panique. C’est ainsi que les personnes phobiques ou dépressives se font, malgré elles, rattraper par leurs émotions d’origine, sans qu’il ne leur soit possible de les contrôler.

Symptômes les plus courants

  • Phobies, dépressions, angoisses, insomnies, nervosité, …
  • Agressivité, colère, comportement destructeur, …
  • Timidité, manque de confiance, échecs, sentiment d’insécurité, …
  • Laxisme, indécision, irritabilité, tristesse, honte, culpabilité, …
  • Difficulté à lâcher prise : peur de ne pas contrôler
  • Difficultés relationnelles, difficultés à communiquer
  • Peur de l’inconnu et du changement

.

Exemples

  • Une phobie de l’eau peut simplement venir d’une mémoire contractée durant l’enfance si vous avez failli vous noyer. Dans ce cas, la vue de l’eau réactive chez vous l’émotion de ce fameux événement. Par contre, cette phobie peut aussi être une mémoire que vous héritez, elle peut vous avoir été transmise par votre grand-mère qui a perdu son fils lors d’une noyade.
  • Une difficulté à s’engager dans une relation durable, peut venir d’une volonté d’éviter à tout prix une éventuelle séparation que vous auriez vécue dans votre enfance et d’ainsi ne pas revivre une telle souffrance. Elle peut aussi venir d’une blessure d’abandon face à une personne que votre maman aimait et qui est partie. Elle vous a alors transmis cette peur de revivre cette même souffrance.

.

3. L’impact des mémoires sur les événements et les schémas répétitifs de notre vie

« Tout ce qui ne vient pas à la Conscience se retrouve sous forme de destin »

Carl Gustav Jung

La psychogénéalogie ou ces ancêtres qui nous lèguent leurs vécus.

Lorsque l’on dit que notre caractère ressemble à celui d’un de nos parents, de nos oncles ou de notre grand-père, c’est simplement parce que l’on est porteur des mêmes bagages émotionnels, des mêmes mémoires. Et de la même façon, ils nous lèguent aussi leurs histoires et leurs vécus. Le plus impressionnant quand on fait un travail en psychogénéalogie, c’est lorsque l’on s’intéresse aux événements de chacun des membres de notre famille et surtout à ceux de nos aïeux. Quand on commence à s’attarder sur les dates autant que les faits on peut trouver d’étranges similitudes dans les échecs, les décès, les trahisons, les ruptures, le nombre d’enfants, d’avortements ou de fausses couches ; mais aussi dans les rapports qu’ils avaient entre eux, les disputes, les abandons ou les rejets qui ont étés vécus. C’est là qu’on identifie clairement les cycles de répétition de notre ligné familiale.

Toutefois, au-delà de celles-ci, existent aussi nos propres cycles et nos propres schémas répétitifs de vie que nous aussi nous lèguerons à nos enfants et à toute notre descendance. Pour nous-même comme pour eux, il est de notre devoir de couper ces liens qui nous maintiennent dans ces spirales infernales.

Symptômes à répétition

  • Stérilité, fausses couches, complications des grossesses, …
  • Séparations, humiliations, abandons, rejets, trahisons, …
  • Échecs professionnels, relationnels, amoureux, …
  • Maltraitances, incestes, abus de pouvoir, violences, …

.

Exemples de cas

  • Une stérilité pourra être la conséquence d’une de nos ancêtres morte lors d’un accouchement, ainsi pour éviter ce danger de mort, le corps ne permettra pas de naissance.
  • Quelqu’un qui sera régulièrement trahit dans ses relations amoureuses peut transporter dans sa mémoire la croyance de sa grand-mère qui était que tous les hommes trahissent.

.

Comment prendre conscience de ses mémoires cellulaires ?

C’est dans notre histoire, dans notre passé que nous pouvons trouver la source de nos problèmes et les réponses à nos questions. Malheureusement, tenter de percer les secrets de notre inconscient ne s’avère pas toujours aussi simple quand on décide de faire cavalier seul. Lorsque nous allons mal, nous avons tendance à garder le nez dans nos problèmes, or il faut commencer par pouvoir prendre du recul et regarder sa propre vie sous un autre angle. Ensuite, cela implique également de sortir de son mental, de laisser de côté les jugements et les analyses pour simplement être à l’écoute de nous-même, de nos émotions, de nos ressentis et de notre intuition, car c’est dans notre inconscient que sont allées se cacher nos blessures et nos mémoires de souffrances. Par instinct de survie, le corps nous protège de cette souffrance et lorsque celle-ci est jugée trop douloureuse, il se charge de l’engloutir et de l’oublier. Toutefois, bien qu’oubliées ces blessures et ses souffrances sont toujours à l’intérieur de nous. Elles subsistent dans notre subconscient et sont souvent somatisées.

C’est par la reconnexion à notre enfant intérieur que nous pourrons prendre conscience des souffrances, des croyances et des peurs qui nous maintiennent dans nos schémas négatifs. C’est en en se reconnectant à l’enfant blessé en nous que nous pourrons enfin faire remonter à la surface la cause même de notre problème pour nous en libérer. Nous pourrons alors « ressentir » en conscience cette blessure originelle, car ressentir, ce n’est rien d’autre que « sentir à nouveau ». Lorsque nous ressentons quelque chose nous ne faisons que laisser émerger en nous les mémoires de ce que nous avons sentis la toute première fois. C’est d’ailleurs très clairement le cas des phobies. Lorsqu’un enfant qui s’est fait mordre par un chien, garde une fois adulte, une peur panique envers les chiens, son corps ne fait que lui remémorer sa première peur. Les phobies sont des cas assez extrêmes et supposent presque toujours un choc voire un traumatisme déclencheur, mais dans une moindre mesure, il en va de même pour toutes nos mémoires, le fonctionnement psychique est identique.

.

Comment se libérer de ses mémoires cellulaires ?

Lorsque nous avons trouvés et pris conscience de l’origine de notre mal, le plus gros du travail est fait. En effet, reprendre contact avec les émotions qui ont été refoulées et réprimées, les laisser s’exprimer et couler librement dans notre corps est ce qui nous libère vraiment.

.

Dans l’espace réservé aux abonnés de la newsletter, je vous propose une méditation guidée qui est un exercice simple et efficace en libération de mémoires cellulaires.

Pour avoir accès à cette méditation et aux autres exercices gratuits, il vous suffit d’inscrire votre adresse e-mail ici.

.P

Trucs et astuces pour se libérer de ses mémoires cellulaires

Il n’est pas toujours simple de prendre conscience des mémoires que notre corps porte en lui, nous sommes souvent coincés dans nos schémas et nous avons de la difficulté à sortir de notre personnalité émotionnelle et mentale pour prendre le recul nécessaire de l’observateur. L’aide d’un thérapeute est donc parfois nécessaire, car il apporte souvent un nouveau regard sur votre histoire, votre maladie ou votre mal être. Le thérapeute lui-même doit d’ailleurs parfois s’en remettre à un de ses collègues pour prendre conscience de ce qui se passe en lui, c’est tout à fait normal de se faire aider à certains moments de sa vie.

Malgré tout, il nous est possible d’effectuer une grande partie du travail seul et de s’engager dans sa propre déconstruction et déprogrammation de ses mémoires. Pour cela, il nous faudra faire preuve de volonté, de patience et de persévérance, mais comme tout ce que nous entreprenons de nouveau dans notre vie, c’est à force de travail et d’expérience que nous parvenons à la réussite. Pour vous aider, voici donc quelques trucs et exercices qui vous permettront d’entamer cette libération :

  • Lorsque des douleurs ou des symptômes apparaissent, notez tout ce qui a pu se passer dans votre vie au même moment ou quelques temps avant. Soyez aussi attentif à ce à quoi vous avez pensé ou à ce qui vous a tracassé voire angoissé, puis n’oubliez pas de prendre également en compte les émotions et les ressentis qui vous ont traversés. Surtout, ne négligez aucun point sous prétexte qu’il soit anodin, car vous seriez surpris de voir à quel point nous pouvons être déconnectés et inconscients de nos propres causes de souffrance.Nous n’avons pas l’habitude de prêter attention à toutes ces choses et nous minimisons souvent l’effet qu’elles peuvent avoir. D’ailleurs, plus qu’une question d’inattention, il s’agit d’une réaction de protection face à la souffrance. Lorsque quelque chose nous touche et nous blesse, instinctivement nous avons tendance à le chasser pour ne pas souffrir. Combien de fois même ne donnons-nous pas ces conseils « n’y pense plus », « chasse toi ça de la tête », « tourne la page », « passe à autre chose », …
  • Chaque fois qu’il vous arrive d’être en colère, blessé ou triste, chaque fois qu’une émotion surgit en vous, observez ce qui l’a provoquée. Tentez de rester détaché de l’émotion pour uniquement observer sans jugement le sentiment déclencheur de l’émotion. Interrogez-vous sur la cause réelle de ce qui a fait rejaillir cette émotion. Je conseille parfois aux gens de se poser juste la question « pourquoi ? » et de voir ce qui se cache réellement derrière. Par exemple, si quelqu’un vous fait une remarque sur votre travail, demandez-vous ce qui vous fait vraiment réagir. Est-ce simplement le fait que cette remarque ne soit pas justifiée ou persiste-t-il derrière une émotion liée au manque de reconnaissance qu’à votre supérieur, faisant émerger chez vous le souvenir d’un parent qui ne vous a pas reconnu, qui n’a pas reconnu vos qualités. Reprenez contact avec votre corps et vos émotions, apprenez à ressentir et à définir vos émotions. La méditation et la relaxation sont de très bons outils pour renouer avec son Être. Si vous ne savez pas comment vous y prendre, il existe des tas de méditations guidées sur internet qui vous aideront. Les exercices de respiration consciente sont aussi efficaces et assez simples, ils vous permettront de réintégrer rapidement les sensations de votre corps. S’il est si important de retrouver l’intégralité de ses ressentis dans son corps, c’est parce que pour prendre conscience de nos mémoires il nous faut être à l’écoute de ce qu’elles nous disent et leur langage s’effectue par votre corps, c’est leur moyen d’expression. Pour les voir et les comprendre, il vous faut donc réapprendre à les écouter.
  • Prêtez attention à vos rêves, ils sont le langage de votre inconscient. Notez-les, si possible, car en plus d’être un bon moyen pour ne pas les oublier, écrire ses rêves permet de se souvenir plus facilement des prochains. Même si vous ne vous sentez pas capable de les analyser ou de les comprendre vraiment, retenez juste les sensations que vous avez eues durant le rêve. Prenez conscience des émotions qui vous ont traversées, des peurs, des peines, des colères, … et surtout observez les raisons pour lesquelles elles se sont déclenchées. Vous verrez que de cette manière vous en découvrirez déjà beaucoup sur vous-même.

KUNDALINI (2)

Par Le 19/02/2015

 

20110728200652 706b997d

Elle roulait vers la vallée de l’Ubaye. Sophie, sa sœur lui avait parlé d’un centre naturiste qui lui plairait. Elle avait téléphoné pour réserver le bungalow de l’allée des oliviers, celui que sa sœur et son mari prenaient habituellement.

 

« Tu verras, c’est le plus éloigné, un silence parfait, aucun voisin, le bungalow est dans un angle du terrain, pas de vis-à-vis, la tranquillité comme tu aimes et une terrasse plein sud. »

 

 

 

Elle s’était laissé tenter. Elle avait besoin de cette coupure de l’été. Retrouver le soleil sur sa peau. Quitter la ville. Lyon lui était devenu insupportable. Depuis le départ de Laurent, elle s’était investie au-delà de tout dans sa salle de sport. Elle avait multiplié les cours de yoga, jusqu’à organiser des formations pendant les week-ends. Véronique et Sabine avait bien senti qu’elle avait besoin de s’étourdir…

 

« Tu sais, Maud, on voit bien que c’est difficile depuis le départ de ton mari. Fais attention à toi. Et tu sais qu’on est toujours là pour toi.»

 

Elles étaient toutes les deux comme des sœurs. Elle avait passé des dizaines de soirée chez l’une ou l’autre toute cette année. Elles étaient même parties ensemble un week-end à Amsterdam. Sur un coup de tête. Une virée entre copines. Les hommes à la maison.

 

Sauf le sien. 

 

 

 

Sa salle de sport. Véronique et Sabine n’aimaient pas ce terme. Elles disaient : salle de bien-être. Véronique s’occupait du fitness et Sabine des cours de hip hop et autres danses modernes. La réputation du lieu attirait désormais une clientèle nombreuse. Les abonnements à l’année n’avaient jamais atteint ce niveau.

 

 

 

Fermeture trois semaines. Véronique et Sabine partaient avec maris et enfants dans les Landes. Elle n’avait pas eu envie de passer son temps entourée du bonheur des familles.

 

Elle ne voyait quasiment plus son garçon. Tom avait vingt-cinq ans. Fils unique. Il était resté vivre en Nouvelle-Zélande… Impossible de trouver plus éloigné. Une rencontre pendant un échange universitaire. Une fille sportive, amoureuse de la nature. Comme lui. Il était revenu pendant quinze jours lorsqu’il avait appris la séparation du couple. Ses parents divorcés, son père homosexuel et millionnaire, une vie secrète, sa mère laissée seule l’année de ses cinquante-deux ans…

 

 

 

Elle n’aurait pas dû penser à son âge. Elle eut envie de pleurer. Des picotements dans les yeux. Cinquante-deux ans. Que pouvait-elle bien vivre désormais ? Qui donc pourrait-elle rencontrer ? Difficile de se caser quand on attaque la dernière ligne droite.

 

Elle secoua la tête nerveusement en se fustigeant intérieurement.

 

« Tu es trop pessimiste. S’il y a des femmes seules, il doit forcément y avoir également des hommes. Ou alors, c’est que le groupe humain est déséquilibré. Ou que certaines femmes se sont attribuées plusieurs hommes. Difficile à croire. Donc, il y a un homme quelque part pour moi. »

 

 

 

Elle ne se le cachait plus. La solitude lui était devenue très pénible, lourde, invalidante. Hors le travail, elle n’avait plus aucune activité. Ni même aucune envie. Comme s’il lui fallait inévitablement une personne pour la prendre en main. Le constat l’avait énervée.

 

 

 

Elle ne comptait plus les révélations qui lui avaient sauté à la figure depuis qu’elle vivait seule.

 

 

 

Des soirées entières, assise dans le fauteuil du salon. Les yeux dans le vide. Les pensées éteintes, les larmes vidées, épuisée par la colère.

 

Le silence la surprenait parfois. Elle était incapable de dire depuis combien de temps la musique ne diffusait plus ses notes. Comme si cette absence d’activité et ce repli sur elle-même l’isolait de tout… Elle se souvenait de ces moments de rappel à soi. Comme une inquiétude soudaine, intraduisible.

 

Dans quel gouffre silencieux tombait-elle ?

 

Elle avait eu peur une nuit. Un réveil en sursaut. Des images étranges, un rêve perturbant, un mélange de désir et de peur. Elle se souvenait d’un homme nu, le torse huilé, la pénombre, les flammes d’un feu de cheminée, l’impression qu’il ne s’agissait pas d’une maison.

 

La peur.

 

Dans quel gouffre sa solitude désespérée l’entraînait-elle ?

 

 

 

 

 

Véronique et Sabine étaient ses confidentes.

 

Laura, sa sœur, n’avait pas le temps pour ça. Elle était toujours disponible pour rendre un service, mais tout était toujours fait dans l’urgence et parler pendant des heures relevait pour elle d’un défi insurmontable.

 

Peut-être aussi que cette rupture, que cette vérité inconcevable l’effrayait et qu’elle imaginait que Ludovic, son mari, pourrait bien lui aussi mener une double vie.

 

 

 

Finalement, sa propre histoire était certainement celle de milliers de femmes. Un mari qui s’en va. Sauf qu’elle n’avait pour sa part aucune chance de le reconquérir un jour prochain. Il ne voulait pas d’une femme et se l’était interdit depuis vingt-cinq ans. Ou plus encore. Elle se souvenait des conquêtes de jeunesse, il lui avait raconté trois autres aventures amoureuses. Avec des femmes. Que s’était-il passé ? Était-ce déjà en lui, depuis son adolescence, était-ce apparu quand il avait commencé à vivre à ses côtés ? À la naissance de Tom ? Elle était devenue mère. Y avait-elle perdu sa féminité ? N’avait-il pas accepté le partage ? Elle n’avait pourtant jamais trouvé chez lui la moindre animosité envers Tom. Il s’était occupé de son fils avec attention.

 

Elle ne comprenait pas.

 

 

 

Elle avait pourtant récupéré son corps très rapidement après la grossesse. C’est Laurent qui n’avait plus voulu d’enfant.

 

« Il y a bien assez de monde sur cette planète. Pas la peine de la charger exagérément. Tom aura des copains et c’est bien suffisant. »

 

Il s’était montré convaincant, se servant de son amour pour son travail de professeur de yoga. Il avait su user de l’argument le plus puissant.

 

Elle avait acquiescé.

 

La maternité était véritablement incompatible avec son activité professionnelle. Elle ne pouvait se permettre d’abandonner sa salle.

 

Elle se l’était toujours interdit. Sauf pour Tom.

 

Son départ en Nouvelle-Zélande lui avait été très douloureux. Comme un rôle qui s’achève.

 

Elle venait de perdre le deuxième homme de sa vie.

 

Laurent.

 

Comment était-ce possible ?

 

Tellement de questions.

 

KUNDALINI (1)

Par Le 17/02/2015

 

 

Ascension

 

 

            KUNDALINI

 

Un an déjà. Un an sans lui, sans son corps, sans ses mots.

La dernière fois qu’ils s’étaient aimés.

Il n’avait pas joui.

Elle avait eu peur. Il n’avait pas voulu parler. Un silence buté. Il avait juste dit que ça n’était pas grave. Mais ça l’était pour elle. Elle considérait qu’elle en était responsable, qu’elle n’avait pas su lui donner ce qu’elle avait reçu. Un orgasme très fort pour elle. Très long.

C’est lui qui s’était dégagé. Il l’avait attirée contre elle, sa tête sur sa poitrine et il avait retiré la couette sur leurs corps. Fin des ébats.

 

Une semaine plus tard. Elle était rentrée après sa journée de travail. Il aurait dû être là. Elle l’avait appelé.

Elle avait juste trouvé la lettre sur la table du salon.

« …Je m’en vais…J’ai quelqu’un d’autre  dans ma vie…Il faut que tu prennes un avocat pour le divorce. Je prendrai tous les torts. Je vais vendre mon entreprise, tu pourras garder la maison. Je t’appelle demain. »

 

Elle en avait eu le souffle coupé. Les jambes qui ploient.

Elle avait pris son portable.

Messagerie immédiate, téléphone éteint. Il ne répondrait pas.

Le ventre révulsé, une contraction insupportable dans son bassin, des spasmes au parfum de bile. Elle s’était précipitée aux toilettes et elle avait vomi.

 

Un an déjà.

 

Elle n’avait rien vu, rien deviné, rien pressenti.

Elle n’avait même jamais rien su de l’homme de sa vie.

Et c’était comme si sa vie s’effaçait elle-même, comme si de voir apparaître devant elle une personne désormais inconnue, elle en perdait sa propre existence.

« …J’ai quelqu’un d’autre dans ma vie. »

Elle n’avait pas compris la tournure. Pourquoi n’avait-il pas dit le mot femme ?

Elle n’aurait jamais pu imaginer que l’homme de sa vie aimait les garçons.

Elle n’aurait jamais pu deviner que cela durait depuis des années, qu’il vivait une double vie chez un compagnon, que dans ses séminaires à l’étranger, il ne partait jamais seul.

Elle n’aurait jamais pu imaginer tout le reste.

C’est l’avocat qui avait flairé l’embrouille. L’empressement de Laurent à valider le divorce en se chargeant de tous les torts, sans jamais discuter les termes financiers de l’accord…Il avait demandé un complément d’enquête.

Il avait trouvé un compte en banque et des versements réguliers, puis des investissements en bourse…Elle savait qu’il aimait boursicoter mais elle ne s’était jamais intéressée à ses placements. Elle le laissait faire…

Elle avait bien assez à faire tourner sa salle de sport.

 

Laurent était devenu millionnaire. Une société médicale qui avait trouvé une molécule miracle. C’est tout ce qu’elle avait retenu des explications de l’avocat. Il avait multiplié son investissement par plus de mille.

Millionnaire et homosexuel.

Elle vivait depuis vingt-cinq ans avec un homme qu’elle ne connaissait pas.

 

Il avait vendu son entreprise. Il l’avait bradée même. Comme on jette un jouet dont on ne veut plus.

Et il avait quitté la France.

Avec son compagnon. Son rival… Contre une femme, elle aurait su se défendre, elle aurait sans doute pu faire valoir ses arguments. Mais, là, elle s’était sentie totalement démunie.

Comme si cette réalité-là ne pouvait pas exister, comme s’il lui était dès lors impossible de tenter de la changer.

 

Un an déjà.  

 

LA-HAUT : Et si Dieu ...?

Par Le 17/02/2015

Cielen feu

 

Image 2

 

LÀ-HAUT

"Le ciel étoilé est un plafond lumineux. La lune ronde comme un miroir immobile et soumis réfléchit avec une ardeur rare les rayons du soleil qu’elle vénère. Inutile de prendre la lampe frontale. Des rideaux de clarté douce parcourent l’atmosphère comme des haleines célestes chargées de particules solaires. Des soleils si lointains qu’ils n’ont pas de noms sinon celui de la Vie qui bat dans leurs pulsations. Il part sur la route du col de Claran. Le goudron et les herbes et les bourgeons luisent tous comme des courants chauds dans un océan sombre, des sillages agités de reflets translucides dans le corps éthéré de l’atmosphère. Il croit voir s’ouvrir des myriades de bouches affamées, petits évents fébriles, cherchant à capter des souffles gorgés de cellules voyageuses. La Terre, sous ses yeux amoureux, se nourrit, saisit goulûment la Vie qui coule de l’Univers et ruisselle en silence. Il sent combien nous sommes tous enlacés par plus grand que nous, toujours câlinés par cette atmosphère ignorée. Il s’étonne d’ailleurs de l’extraordinaire ingéniosité de cette couverture gazeuse qui a su filtrer les rayonnements solaires bénéfiques et repousser vaillamment ceux que la Vie ne pouvait recevoir.

Mais a-t-elle « su » le faire, nécessitant pour cela une conscience réelle ou tout au moins un Architecte habile capable de maîtriser les lois de la physique ou a-t-elle simplement par un mécanisme chanceux fini par se constituer laborieusement, autorisant dès lors l’apparition de la Vie?

En lui, Dieu surgit une nouvelle fois. Il le voit cette fois comme le porteur d’une question essentielle, le point d’interrogation dressé devant les hommes. La complexité  fabuleusement merveilleuse du Vivant le pousse à croire en l’existence de l’Architecte mais le Mal s’obstine à jeter un voile sombre sur la Clarté qu’il distingue.

Encore une fois, il veut y penser et tenter d’avancer dans le mystère qui le hante.

Une brise légère, parfumée à la sève des grands pins, l’effleure un court instant, lançant par ses effluves des désirs de sous-bois.

Il entre sous le couvert des arbres. Le plafond étoilé apparaît, impassible, dans les trouées des frondaisons. L’air, comme assoupi, respire lentement. Il s’arrête et tente de ralentir les battements de son cœur, de sentir la maîtrise de l’organe qui se soumet à son esprit. Il aimerait adapter ses souffles à ceux du monde. La force de son amour se révèlerait alors. Mais il est prisonnier de mouvements internes qu’il ne contrôlera jamais. Une faiblesse qui le désole. Les animaux sont certainement plus habiles que nous à cet égard, il en est certain. Les biologistes qui expliquent les bonds étonnants des baleines hors de l’eau par des soucis de se nettoyer des coquillages qui infestent leurs corps ou par des volontés de communications avec leurs semblables n’ont jamais admis qu’ils ne pouvaient s’agir tout simplement que d’un moyen fabuleux d’exprimer leur joie et leur amour de la Vie. Que sommes-nous capables de réaliser pour témoigner à notre tour de notre reconnaissance envers cette Force qui nous anime ? Nous la combattons. Voilà tout ce que nous avons réussi à établir comme contact. Pour lui, la troisième guerre mondiale a déjà commencé. D’un côté l’armée des hommes et de l’autre celle d’une Nature sans réelle défense.

Quelqu’un, un jour, a écrit : «  Les hommes sont comme les pommes, quand on les entasse, ils pourrissent. » L’image est parfaite. Six milliards et quelques d’humains. Ça commence sérieusement à puer. D’autant plus que le dépôt où sont rangés les fruits est dégradé par la récolte elle-même.

 

Fallait-il que Dieu aille jusque dans cette extrémité pour placer les hommes sur la Voie de la Compréhension ? Ne pouvait-il pas s’en tenir aux douleurs de l’âme ? Un effroyable doute.

Et si ce doute participait lui aussi à l’Epreuve ? L’idée lui plaît… N’est-il pas l’ultime barrière à gravir pour accéder à la Porte ? Ne s’agit-il pas pour Dieu d’un ultime défi pour tester notre Foi ? « Que celui qui ne croît plus en Moi, parce que le destin que Je lui ai choisi lui pèse, connaisse la défaite et la fin. »

Dieu serait-il capable d’un tel acharnement ?

 

Il ne sait pas lui-même si, dans le cas où Isabelle, un jour béni, venait à « se délivrer » de leur premier enfant, il accepterait les cris de douleur du petit être fragile et l’incompréhension au fond de ses yeux envers une maladie qui le rongerait. Inacceptable qu’un être puisse accéder à la Compréhension en veillant celui qui meurt.

Ne perdrait-il pas la Foi ? Ne refuserait-il pas l’Epreuve ? Ne maudirait-il pas le Responsable ?

Dans ce cas-là, Dieu n’a-t-il pas présumé des forces morales de l’homme ? Mais s’il n’a pas su prévoir que la douleur serait trop épouvantable pour pouvoir être pleinement assumée par les parents qui soutiennent dans leurs bras impuissants leur petit enfant qui meurt, comment pourrait-on lui donner le nom de Dieu ? Puisqu’il s’est trompé. 

De nouveau, parce que le doute ne le quitte jamais, il s’efforce d’établir la situation inverse.

Si Dieu n’est rien d’autre qu’une illusion inventée par les hommes, les enfants cancéreux et tous ceux qui portent en eux des maladies incompréhensibles ne sont-ils pas tout simplement, et horriblement, les porteurs des stigmates d’une Nature créatrice qui se cherche encore ? Si Dieu n’y est pour rien, si la question même de son existence n’a pas de raison d’être et qu’on s’en tient à une Nature créée lentement par un hasard facétieux, les enfants malades et condamnés ne sont-ils pas l’ultime combat que doit livrer une humanité qui se veut libre et détachée de la Nature originelle ? L’Epreuve nous est proposée par cette Nature elle-même et nous n’avons dès lors rien d’autre à tenter que de la comprendre pour mieux la maîtriser.

Il n’a toujours pas de réponse. Rien de définitif n’apparaît. Il se dit d’ailleurs que la réponse est peut-être là et que le doute en stimulant les recherches est à la source des progrès. Les scientifiques et les religieux, persuadés de détenir la vérité, ne doutent peut-être plus assez pour continuer à trouver. Ils se contentent d’apporter de nouvelles interprétations sur des concepts déjà éclairés refusant par là même de s’aventurer dans les zones d’ombres.

Lui ne sait rien, c’est la seule chose dont il soit sûr.

Avec Isabelle, il pourrait peut-être établir quelques certitudes.

Il fait demi-tour. Il va lui téléphoner. Sa décision est prise. Il doit lui parler, se dévoiler totalement pour que l’amour soit possible. La colère de n’y être pas parvenu tout à l’heure. Dans la voiture, sous la lumière crémeuse du lampadaire, il devinait dans ses yeux un désir réel, une attente à peine contenue. Corriger l’erreur, rétablir le contact. Il est déterminé et force son pas.

Sans s’en apercevoir, il a remonté la piste sur trois bons kilomètres. Il est une heure et demie lorsqu’il parvient au chalet. Une pelote de limaille dans la gorge. Réfréner ses élans et ses désirs de paroles jusqu’au lever du jour. Tout ce qu’il aurait pu prononcer tout à l’heure déboule dans son esprit tourmenté, toutes les explications sont claires, les mots d’amour frissonnent au bord des lèvres. La force de son désir réduit l’image de la prothèse à un détail secondaire. C’est la fusion qui l’appelle et le transcende. Il marche dans le salon, incapable de se calmer. La peur que ses idées sombrent dans l’épaisseur du sommeil et qu’au réveil, les angoisses récurrentes soient de nouveau les plus fortes. La peur de ses faiblesses quand il sent que dans l’instant présent il les domine. Il sent combien l’ascension est délicate, périlleuse, terriblement fragile. Son progrès personnel est à l’image de celui du monde. Il est sur la voie la plus audacieuse et la plus incertaine. C’est à l’élévation de son esprit que tous ses efforts s’attellent. Et dans ce domaine rien n’est jamais assuré et rien n’est jamais acquis. Il est bien plus facile et tentant d’abandonner. L’humanité n’a cessé de le faire. De nouveau, il voit le Progrès comme une route infiniment large empruntée elle-même par des progrès multiples. Les progrès de la médecine et de la technologie représentent les constituants les plus en vue, une bonne partie de l’humanité s’efforçant à tout prix de se voir attribuer les bienfaits de la première pour profiter des dernières trouvailles de la deuxième, réduisant les existences à de frénétiques possessions et rejetant la quête spirituelle dans les tréfonds de l’ésotérisme ou pire encore dans les mains des églises et des sectes. Il aimerait savoir ce que serait devenue la connaissance spirituelle si les hommes avaient employé autant d’énergie dans ce domaine que dans les deux progrès précédents. Serions-nous capables, par exemple, d’annihiler la douleur ou tout du moins de la dominer par la seule force de notre esprit ? Aurions-nous trouvé Dieu ? Le Dieu réel, pas l’entité ridiculement rétrécie à l’image de l’homme que les religions vénèrent. Pensant cela, une chaleur étrange parcourt son corps, des frissons jamais perçus vibrent dans son crâne.  

Et c’est là que l’idée prend forme. Ne sommes-nous pas tous constitués de Dieu ? Ne s’est-il pas fragmenté pour concevoir la Vie et élaborer toutes les formes qui l’honorent ? Il sait bien qu’il n’est pas Dieu mais Dieu est peut-être en lui comme il est peut-être en Isabelle. Et la prothèse, dans ce cas, n’est jamais qu’une mécanique astucieuse permettant que la Vie de Dieu en lui fusionne avec la Vie de Dieu en Isabelle. N’est-ce pas cela l’extase amoureuse ? La réunification des fragments de Dieu dans un couple. Mais ne peut-on pas connaître cette extase avec toutes les formes de Vie que Dieu a lancées de par le Monde ? La tête lui tourne en imaginant l’intensité du bonheur que produirait cette communion ineffable quand il pense déjà à la force de l’extase déclenchée par l’amour humain. N’est-ce pas là que se trouve le Paradis Perdu ? Ou peut-être même le sens de toute une vie ? Dans cette capacité à reconstituer le corps de Dieu en aimant la totalité des fragments dans lesquels Il se cache. De la fourmi à la baleine bleue sans oublier les végétaux et peut-être même, mais la tâche lui paraît immense, tous les êtres humains.

Mais dans cette vision du Bonheur ultime, qu’en est-il encore une fois des enfants cancéreux ? Et de tous ceux qui portent en eux des maladies incurables ? Se peut-il que Dieu ne soit pas parvenu à les investir pleinement et que dès lors, la Vie se dérègle ? Dieu est-il parfois dépassé par l’ampleur de sa tâche ? Et si c’est le cas, n’avons-nous pas comme devoir absolu de l’aider à rectifier le travail en le soutenant par notre Foi ? N’ont-ils pas guéri, parfois, ceux qui sont parvenus à trouver Dieu en eux, à le reconstruire peut-être, à terminer le travail, aidés certainement par les maîtres du progrès médical ? Mais Hitler ou Staline, et tous les adeptes du génocide, que font-ils là ? Comment est-il possible qu’ils soient parvenus à enfouir Dieu en eux aussi profondément ? La folie peut-elle les excuser ? Mais cette folie, pourquoi aurait-elle échappée au contrôle de Dieu ? Est-ce encore l’ampleur de la tâche qui peut justifier cela ?

Les interrogations comme des bourrasques. Un tourbillon qui refuse de s’apaiser. Il se dit que le seul livre qu’il pourrait écrire sur Dieu serait un livre de questions ne comportant aucune réponse.

Plutôt que de demander pardon à Dieu pour nos incroyances passagères, ne devrions-nous pas pardonner à Dieu pour son incomplétude coupable ? Et si nos propres faiblesses n’étaient dès lors que le reflet de celles de Dieu ? S’il nous a fait à son image, ne portons-nous pas les traces enfouies de ses erreurs, ne réussissent-elles pas quelquefois à remonter à la surface, attirées peut-être par des fissures dans la carapace. Et si nous cessions de voir en Dieu un Etre parfait et que nous acceptions de le regarder comme un artisan sublime connaissant malheureusement quelques fatigues bien normales.

Pour ceux qui souffrent des épuisements ponctuels de Dieu, l’ensemble des êtres humains ne devraient-ils pas faire preuve d’humanité pour pallier les déficiences de la divinité ? Dans cette attitude solidaire, affectueuse, attentive, certains hommes et certaines femmes dévoués au-delà du commun n’ont-ils pas déjà trouvé un aboutissement extraordinaire à leur existence ? Et certains malades ne sont-ils pas revenus de ce séjour dans les tourments de Dieu avec une sérénité et une lucidité exemplaires ? Ne devrions-nous pas apprendre à être malades ? N’y aurait-il pas dans cette attitude profondément réfléchie et sensible une voie d’accès à Dieu ?

Le Mal sur Terre et le combat des hommes contre les forces multiples qu’il déploie ne sont-ils pas simplement, et terriblement, la confession à nos oreilles des péchés d’orgueil de Dieu, de ses insuffisances, de ses égarements ? A-t-il cru pouvoir s’en sortir seul malgré le gigantisme de sa Création ? Ou bien s’agit-il de sa part d’une manœuvre volontaire ? A-t-il voulu, en plaçant quelques brèches dans la perfection de son œuvre, obliger les hommes à se lancer toujours plus en avant, vers une maîtrise totale de leurs existences ? A-t-il voulu par là nous montrer la voie de la délivrance ? Que serions-nous devenus si nous avions été affublés d’une éternité pesante et d’une félicité béate ? Nous n’aurions sans doute jamais cherché Dieu puisque nous nous serions crû son égal. C’est notre fragilité qui nous pousse à grandir et c’est  pour cela que nous devrions en premier lieu remercier Dieu.

Brutalement, il s’aperçoit qu’il ne parvient pas, pour la première fois, à établir la réflexion inverse et que l’idée d’un Dieu inexistant ne trouve pas sa place dans sa tête. Car si Dieu n’existe pas, qu’en est-il de lui-même ?

Est-ce Dieu l’illusion ou nous-mêmes ? Sommes-nous simplement des formes agitées sur l’écran noir de l’Univers, créatures vides qu’un laborantin génial manipule ? Ces milliards d’êtres humains et ces milliards de milliards de moustiques et ces milliards de milliards de milliards de brins d’herbe ne sont-ils que les porteurs de Vie que Dieu imagine, des illusions d’optiques remarquablement constituées et pourquoi pas tout simplement les multiples versions d’un rêve divin ? Et si le Créateur venait à disparaître, le tour de magie disparaîtrait-il avec lui ? Et si le Créateur venait à être réveillé, inquiété par la tournure prise par ses propres rêves, dans quel Inconscient pharamineux serions-nous engloutis ?

Il lui est désormais effroyable de croire qu’il est né d’un hasard et que toute la Vie qui l’entoure n’est qu’un assemblage laborieux qui a connu durant des milliards d’années des ratages monstrueux. Il lui semble plus doux d’imaginer que dans son être, éphémère et dérisoire pour l’Univers, un Etre supérieur se cache, qu’une volonté puissante a conçu cette image, lui a insufflé un élan, l’a jeté en avant.

Et que maintenant, Il l’observe.

Car si la totalité de son être fonctionne, bien qu’une partie lui ait été enlevée, et qu’il comprenne plus ou moins bien les mécanismes qui maintiennent la cohésion de l’ensemble, il ne parvient pas à comprendre comment chaque cellule sait pertinemment à quoi elle doit servir. À aucun moment de son existence, il n’existe par sa volonté. Tout se fait sans qu’il intervienne. Il peut tenter de maintenir le ciment, de ne pas perturber l’ordre établi mais il n’est en rien responsable des battements de son cœur, des milliards de pensées de son cerveau et de l’extraordinaire complexité de son corps. L’organisation de tout cela dépasse l’entendement humain car encore une fois les « comment » déjà expliqués ne suffisent pas à éclairer l’essentiel. Comment tout cela est-il possible ? Non pas le fonctionnement mais l’idée elle-même ? Est-ce qu’il est acceptable et suffisant pour calmer l’inquiétude d’affirmer que le Hasard est le maître, la sélection naturelle une évidence, l’évolution des espèces une règle intangible ?

Lui n’est toujours sûr de rien.

Il se sert un verre d’eau fraîche.

Un désagréable sentiment de prétention égocentrique. L’impression d’un abandon narcissique. Il tente de faire machine arrière et de déceler l’instant où sa réflexion lui a échappé. Il en est persuadé en cet instant, les images étaient trop belles, elles le valorisaient, faisaient de lui une création planifiée, une intention parfaite. Il a basculé dans une mystique aveugle. Tout du moins, il le craint.

Il en vient finalement à douter de tout ce qui s’est dit dans sa tête et l’expression correspond pleinement aux sensations étranges, presque désagréables, qui lui restent.

« Tout » s’est dit.

Et cela l’effraie. Quel est donc ce « Tout » qui s’est imposé avec une telle efficacité ? Les délicieuses bouffées de chaleur qui suintaient de tous ces pores et l’enivraient. Une parfaite sensation de la paix extraordinaire qu’il a connue, un bref instant, quelques secondes. Tout est là. Juste une illusion ? Tourbillon.

Ne sommes-nous pas tous constitués de Dieu ? C’est à cette question que tout s’est produit, que cette paix indescriptible l’a saisi, que les angoisses sont toutes tombées dans le néant, que la délivrance a pris forme. La délivrance… Il s’est déjà approché de cette paix. Il était dans le ventre du dauphin. Il baignait dans un océan d’amour. Mais son incapacité à comprendre l’avait condamné à ne pas naître, à ne pas goûter à la délivrance.

Les larmes. 

Qui est là ?

Qui frappe ainsi à la porte fermée de notre conscience ?

Comment l’appeler ? Le Grand Architecte, l’Esprit, l’Un, le Tout ?

Dieu ?

Si ce nom doit être gardé, il faut faire l’effort, immense et constant, d’oublier toutes les distorsions millénaires instaurées par quelques hommes pour soumettre les autres, d’effacer toutes les paroles mensongères, de détruire les églises, les crucifix, les autels et toutes les croix immondes qui ne sont que des murailles où les âmes aveugles viennent buter leur front soumis et désespéré et non des chemins qui élèvent. Le travail est titanesque, si énorme qu’on pourrait le croire réservé à un Dieu. Comprendre. La soif qui le brûle doit être étanchée, les horizons qu’il aperçoit doivent être parcourus, il ne peut plus en être autrement, une mission essentielle, une démarche aussi nécessaire que sa propre respiration.

Il s’agit de naître. Il n’y a pas de tâche plus vitale."

                                                                                                                              Image

Métamorphose

Par Le 17/02/2015

 

Portes au dela

…

Ils discutèrent encore vingt minutes puis Tanguy s’en alla.

Il reviendrait. Une dernière fois.

Il avait travaillé sur sa conception, sur sa place dans le ventre, sur sa naissance. Il restait à explorer sa vie actuelle.

Une question taraudait Yoann.

Des études de psychologie avec un beau-père qui s’était moqué de la psychologue scolaire, qui avait rejeté en bloc toutes les responsabilités à assumer… Comme un défi, un jeune homme qui se dresse devant l’autorité, un choix qui validait sa rébellion. « Tuer le père…Ou le beau-père…Peu importe. Tanguy s’était dressé… L’Œdipe était validé, immanquablement. Il fallait qu’il en prenne conscience, qu’il puise dans cette représentation de son chemin l’estime qu’il lui manquait, cet amour de lui-même pour aimer la vie enfin.

 

 

« Entre Tanguy. »

Ils parlèrent quelques temps puis Yoann expliqua rapidement le protocole.

« J’aimerais Tanguy que tu ailles chercher un souvenir qui te concerne avec ton beau-père et Emma. Un souvenir pénible qui te pèse et vous met en scène.

-Alors, là, c’est facile à trouver. »

Méditation. Induction. Canal de lumière.

« Tu arrives dans un couloir lumineux. Tu avances, en toute confiance. La vie sait ce dont tu as besoin.  Devant toi apparaissent plusieurs portes. Laisse-toi guider par ton intuition, regarde ce qui est inscrit sur chaque porte, des mots, des symboles, des dessins…

…

-Je sais laquelle je dois pousser.

-Comment est cette porte ?

-Elle est en bois, marron foncé avec un gros anneau en fer. C’est écrit BAC.

-Bien, ouvre-la. Entre dans cet espace. Comment ça se passe pour toi ?

-J’ai le cœur qui bat fort, j’ai de la colère en moi.

-Qui est présent ?

-Martin, mon beau-père et Emma. On est dans le salon. J’ai eu le résultat de mon BAC. Mention passable. Je suis heureux d’avoir eu mon examen mais Martin me reproche de ne pas avoir eu la mention au-dessus et il me dit qu’avec ça, je vais vraiment avoir du mal à suivre en médecine.

-En médecine ?

-Il veut que je fasse médecine comme lui et que je devienne anesthésiste. Il dit qu’il m’aidera dans les études mais ça ne m’intéresse pas. Je veux aller en psycho et il se moque de moi. Ma mère me dit de l’écouter, que je ne gagnerai jamais ma vie en étant psycho alors qu’anesthésiste, ça rapporte bien. Mais, moi je m’en fiche de bien gagner ma vie, je veux juste faire ce que j’aime.

-Est-ce que tu leur as dit ?

-Oui, mais ils ne m’écoutent pas, ils disent que je suis trop jeune pour décider tout seul. C’est la première fois que je tiens tête à Martin et je lui en veux de me gâcher mon plaisir. Je suis fier d’avoir eu mon BAC et j’aimerais que ma mère me le dise. J’en ai assez de voir qu’elle n’a plus aucun avis personnel. »

 

Yoann réalisa soudainement qu’Emma, après avoir vécu avec un homme qui ne se positionnait pas vivait désormais avec un homme qui pensait à sa place… D’un extrême à l’autre. Mais finalement, ce conflit permettait à Tanguy de développer ses propres ressources. L’opposition au beau-père se révélait plus bénéfique que l’indifférence de son propre père.

 

« Tanguy, la fierté que tu ressens t’appartient totalement et tu es en droit de l’entretenir sans te laisser atteindre par les avis extérieurs. Tu sais ce que tu as réalisé, tes efforts sont réels, tes ressources sont en toi, tu sais les utiliser et tu peux remercier Martin car il les active par son opposition. J’aimerais que tu prennes conscience de cette opportunité qui t’est offerte de marquer ta volonté, que tu reconnaisses finalement que Martin et Emma par leurs remarques font jaillir en toi cette force que tu possèdes.

…

-Oui, c’est vrai, je la sens cette force. Comme pendant ma conception, cette force de vie. Elle est là, elle vibre.

-Tu peux remercier ceux qui s’opposent à toi de te permettre d’exploiter tes ressources.

…

-Oui, je comprends.

-J’aimerais Tanguy que tu t’observes dans cet espace, que tu sortes du regard que te portent tes proches et que tu t’adresses à toi-même, que tu te dises le bien que tu penses de toi, de ta détermination, que tu ne te focalises pas sur les critiques mais sur les félicitations que tu t’adresses, que tu te projettes dans cet avenir qui t’attire, que tu vois le chemin devant toi comme un tremplin et non comme un gouffre. Je voudrais que tu t’enlaces, que tu te prennes dans tes bras et que tu t’accordes le bonheur de te sentir empli de cette force de vie qui est en toi. Prends le temps nécessaire. Et laisse diffuser en toi cette énergie qui ne te quittera jamais, qui sera toujours là pour toi. Il te suffira à chaque situation délicate de te connecter avec cette force, elle est là pour toi. »

 

Tanguy s’accorda de longues minutes avant d’ouvrir les yeux.

Il tourna la tête vers Yoann. Un petit sourire, comme un éclat dans les yeux.

Plus le même regard ni la même posture. Tanguy s’était assis dans le fauteuil, le dos calé contre le dossier, droit, déterminé, empli de lui-même.

Ils discutèrent un long moment.

 

« Il ne s’agit plus pour toi Tanguy de t’interroger sur le Pourquoi des choses mais sur le Comment en user pour te découvrir. À la question : « Pourquoi je n’ose pas ? choisis désormais de dire « Comment je dois être pour oser ? » À la question : « Pourquoi j’ai toujours peur des autres ? choisis de dire « Comment est-ce que je peux me servir de cette peur pour apprendre qui je suis ? Il s’agit désormais d’observer en toi les émotions générées par chaque situation pour en tirer les ressources que la vie te propose de saisir. Pourquoi est une interrogation sur le passé. Comment est une projection vers le futur. Ce regard bienveillant est à la source de ton évolution. Chaque élément vivant sur cette Terre se doit de lutter pour trouver sa place, pour évoluer, pour vivre en osmose avec le vivant qui l’entoure. Il n’y a pas d’adversaires mais des passagers sur le même vaisseau et qui eux aussi tentent d’exister. Les rencontres, les événements, les situations, qu’elles soient douces ou redoutables, sont des ouvertures vers de nouvelles ressources. Il te faut devenir ce que tu es et non imaginer que les pensées qu’ont les autres sur toi te constituent. Ce sont leurs interprétations, leur réalité mais ça n’est pas le réel. Le réel en toi, c’est la force de vie. »  

 

Tanguy donna de ses nouvelles quelques semaines plus tard. Une transformation radicale, étonnante, comme une graine qui s’était donnée enfin le droit de croître et d’exploiter cette force en elle. Elle n’avait pas été arrosée par une main extérieure. Elle avait puisé dans sa conscience l’énergie nécessaire pour extraire de l’environnement dans lequel elle était insérée tous les éléments que la vie mettait à sa disposition.  

 

Yoann se réjouit de cette évolution. Tanguy lui expliqua que ses derniers examens à la FAC avaient été pleinement satisfaisants. Il sentit que le jeune homme était empli de bonheur lorsqu’il lui parla d’une jeune fille. Une rencontre inespérée, inattendue.

L’Amour.

Maintenant qu’il s’aimait, qu’il avait de l’estime pour lui, il avait de l’amour à donner et non plus l’amour de l’autre à piller pour se remplir.

La vie en lui comme un horizon lumineux.

A CŒUR OUVERT : Pensées et émotions

Par Le 10/02/2015

Coeurouvertwhite

 

« Il y a deux situations bien différentes, Paul. Soit l’émotion que tu éprouves a été initiée par une pensée, soit il s’agit d’une émotion spontanée qui pourra être suivie d’une pensée réflexive. Une porte qui claque et te fait sursauter, c’est une émotion spontanée. C’est la peur, instinctive, immédiate, sans le passage par la réflexion. Ni même la moindre pensée dans l’instant. Mais cette pensée succèdera immédiatement. Soit, elle analysera la situation et apaisera l’individu soit elle amplifiera l’émotion par des pensées insoumises.

Si tu as peur, par exemple, que les gens que tu aimes disparaissent dans un accident, tu fabriques par une pensée incontrôlée une émotion invalidante. On peut même imaginer que les gens concernés percevront cette peur en toi et en seront troublés, sans qu’ils ne s’expliquent ce mal-être. Tes pensées peuvent influencer la réalité. C’est le cas des individus qui s’extraient du réel jusqu’à se persuader que leurs pensées correspondent à la réalité. Tu comprends Paul ? La réalité n’est pas le réel. Ta réalité, c’est le réel que tu transformes par tes pensées. Toutes les émotions limitantes que tu transportes sont des pensées et des émotions qui ont fini par bâtir en toi cette réalité qui s’est détachée du réel. Il n’y a pas d’autres solutions pour se défaire de cette réalité illusoire que d’aller chercher en soi tout ce qui a contribué à son édification. Et s’en défaire contribuera à rétablir en toi ce qui est réel, c'est-à-dire l’individu qui se connaît lui-même, qui a posé ses tourments, qui a trouvé la paix. Lorsque tu seras parvenu à cet état de paix intérieure, d’observation lucide de tes pensées et de tes émotions, tu ne subiras plus le regard des autres, tu n’y verras plus un jugement inique, tu ne seras plus atteint parce que tu auras établi en toi l’image exacte de ce que tu es et non une image modelée par les émotions incontrôlées qui jaillissent en toi lorsque tu te sens observé. Si tu fais passer en toi les émotions et les pensées par le tamis de ta conscience, il n’en restera que ce qui est bon, juste et utile pour toi. Si tu laisses les émotions et les pensées se nourrir de tes croyances, de tes suppositions, de tes interprétations, tu diffuses en toi un flux constant de poisons… »

L'Autre...

Par Le 07/02/2015

« Si une démocratie se met en tête d’éliminer des pensées jugées déviantes en se donnant les moyens de dissoudre les groupes ou les mouvements qui les représentent, si elle se lance dans la diabolisation de l’autre, voire dans une véritable tentative de criminalisation, c’est contre ses propres fondements qu’elle agit alors, insidieusement.
 L’Etat s’en retourne du côté du dogme sous la forme apparemment feutrée de la norme. On en arrive à toute une série de contradictions, jusqu’à restreindre la liberté de conscience au nom de la défense des libertés ! Et cela, parce qu’on n’a pas su préserver la distinction radicale entre d’une part les délits et les crimes et d’autre part le champ immense de l’expérience humaine. Il ne saurait y avoir de délit d’appartenance. L’originalité de la pensée n’est pas une déviance et l’Etat n’a pas à imposer une doctrine philosophique dominante aux citoyens. Une croyance, si excentrique soit-elle, a droit de cité du moment que ses partisans respectent les lois de leur pays. Toute pensée doit pouvoir s’exercer librement, même si elle est minoritaire et même si elle est nouvelle ... 
... Sous couvert de dresser un constat, elle ne fait rien d’autre que sonner le tocsin. Elle crie au loup. Elle suit en cela malheureusement les voies les plus traditionnelles, et son procédé nous est connu comme le loup blanc : désigner un autre et projeter sur lui tout le mal possible, afin de le stigmatiser aux yeux de tous puis de le chasser au loin. Les notions de pullulement, de grouillement, d’invasion, d’infiltration sont les piliers du racisme ordinaire. Et c’est en cela que nous dirions que les parlementaires, tout en se posant une bonne question, se sont engagés sur des voies périlleuses en essayant d’y répondre. Ils n’ont pas vu qu’ils maniaient alors un discours tristement chargé – un discours à haute teneur explosive. Fabriquer un autre et le désigner en tant qu’autre aux yeux du peuple, c’est ouvrir la boite de Pandore de toutes les haines en attente. C’est, en quelque sorte – et nous verrons ici l’ironie du vocabulaire – en appeler aux vieux démons de l’intolérance. » 

Bernard Lempert Philosophe et Thérapeute

« Si une démocratie se met en tête d’éliminer des pensées jugées déviantes en se donnant les moyens de dissoudre les groupes ou les mouvements qui les représentent, si elle se lance dans la diabolisation de l’autre, voire dans une véritable tentative de criminalisation, c’est contre ses propres fondements qu’elle agit alors, insidieusement.
L’Etat s’en retourne du côté du dogme sous la forme apparemment feutrée de la norme. On en arrive à toute une série de contradictions, jusqu’à restreindre la liberté de conscience au nom de la défense des libertés ! Et cela, parce qu’on n’a pas su préserver la distinction radicale entre d’une part les délits et les crimes et d’autre part le champ immense de l’expérience humaine. Il ne saurait y avoir de délit d’appartenance. L’originalité de la pensée n’est pas une déviance et l’Etat n’a pas à imposer une doctrine philosophique dominante aux citoyens. Une croyance, si excentrique soit-elle, a droit de cité du moment que ses partisans respectent les lois de leur pays. Toute pensée doit pouvoir s’exercer librement, même si elle est minoritaire et même si elle est nouvelle ... 
... Sous couvert de dresser un constat, elle ne fait rien d’autre que sonner le tocsin. Elle crie au loup. Elle suit en cela malheureusement les voies les plus traditionnelles, et son procédé nous est connu comme le loup blanc : désigner un autre et projeter sur lui tout le mal possible, afin de le stigmatiser aux yeux de tous puis de le chasser au loin. Les notions de pullulement, de grouillement, d’invasion, d’infiltration sont les piliers du racisme ordinaire. Et c’est en cela que nous dirions que les parlementaires, tout en se posant une bonne question, se sont engagés sur des voies périlleuses en essayant d’y répondre. Ils n’ont pas vu qu’ils maniaient alors un discours tristement chargé – un discours à haute teneur explosive. Fabriquer un autre et le désigner en tant qu’autre aux yeux du peuple, c’est ouvrir la boite de Pandore de toutes les haines en attente. C’est, en quelque sorte – et nous verrons ici l’ironie du vocabulaire – en appeler aux vieux démons de l’intolérance. »

Bernard Lempert Philosophe et Thérapeute

Sagesse Amérindienne

Par Le 07/02/2015

10 CITATIONS D’UN CHEF SIOUX QUI REMETTENT EN QUESTION NOTRE SOCIÉTÉ

10 citations d’un chef Sioux qui vous feront tout remettre en question sur notre société

citations d un chef Sioux (2)

Luther Standing Bear (Ours debout) était un chef Sioux Oglala Lakota qui, parmi quelques rares autres tels que Charles Eastman, Élan Noir, et Gertrude Bonnin à avoir occupé le clivage entre le mode de vie des autochtones des Grandes plaines avant et pendant l’arrivée et la propagation ultérieure des pionniers européens. Élevé dans les traditions de son peuple jusqu’à l’âge de onze ans, il a ensuite étudié à l’école de Carlisle en Pennsylvanie, où il a appris la langue et le mode de vie anglais. (Carlisle reste un lieu de controverse dans les milieux autochtones.)

Ses racines indigènes le laissent dans la position unique d’intermédiaire entre les cultures. Bien que son mouvement à travers le monde de l’homme blanc n’était pas sans « succès », il a eu de nombreux rôles au cinéma à Hollywood, son héritage durable était la protection du mode de vie de son peuple.

Au moment de sa mort, il avait publié quatre livres et était devenu le chef du mouvement progressiste visant à préserver le patrimoine et la souveraineté des Amérindiens, c’était une voix forte dans l’éducation de l’homme blanc sur le mode de vie des Amérindiens. Voici donc 10 citations du grand chef indien Sioux connu sous le nom de Standing Bear qui perturberont une grande partie de ce que vous pensez savoir sur la culture « moderne ».

citations d un chef Sioux (1)

 

10 citations d’un chef Sioux qui remettent en question notre société:

1) Les louanges, les flatteries, les manières exagérées, et les belles paroles ne faisaient pas partie de la politesse Lakota. Les manières exagérées étaient considérées comme de la mauvaise foi, et ceux qui parlaient constamment étaient considérés comme impolis et irréfléchis. La conversation n’a jamais commencé tout de suite, ou précipitamment.

2) On enseignait aux enfants que la vraie politesse devait être définie par des actions plutôt que des mots. Ils n’ont jamais été autorisés à passer entre le feu et la personne âgée ou un visiteur, à parler alors que d’autres parlaient, ou à se moquer d’une personne infirme ou défigurée. Si un enfant essayait de le faire sans réfléchir, un parent le remettait immédiatement dans le droit chemin avec une voix calme.

3) Le silence était significatif pour le Lakota, et l’accord d’un moment de silence avant de parler était fait dans la pratique de la vraie politesse et tenait compte de la règle selon laquelle « la pensée vient avant la parole »… et au milieu de la douleur, la maladie, la mort ou le malheur de quelque nature que ce soit, le silence était la marque de respect… le strict respect de ce principe de bonne conduite a été la raison, sans doute, pour laquelle l’homme blanc l’a faussement qualifié de stoïque. On l’a jugé bête, stupide, indifférent et insensible.

4) Les vastes plaines ouvertes, les belles collines qui ondulent et les ruisseaux qui serpentent n’étaient pas « sauvages » à nos yeux. C’est seulement pour l’homme blanc que la nature était « sauvage », seulement pour lui que la terre était « infestée » d’animaux « sauvages » et de peuplades « sauvages ». Pour nous, la terre était douce, et nous vivions comblés des bienfaits du Grand Mystère.

citations d un chef Sioux (3)

5) Le sentiment de fraternité pour toutes les créatures de la terre, du ciel et de l’eau était un principe réel et actif. Les Lakotas éprouvaient pour le monde des animaux et des oiseaux un sentiment fraternel qui écartait tout danger ; en fait, certains d’entre eux étaient devenus si proches de leurs amis à plumes ou à poils qu’ils parlaient en véritables frères une langue commune.

6) Cette conception de la vie et de ses relations consistait à humaniser et à donner au Lakota un amour respectueux. Elle a rempli son être avec la joie et le mystère de la vie ; elle lui a donné le respect pour toute la vie ; elle lui a fait une place pour toutes les choses dans le système de l’existence avec la même importance pour tous.

citations d un chef Sioux (1)

 

10 citations d’un chef Sioux qui remettent en question notre société suite:

7) C’était bon pour leur peau de toucher la terre et les personnes âgées aimaient retirer leurs mocassins pour fouler la terre sacrée avec leurs pieds nus. Leurs tipis étaient bâtis sur la terre et leurs autels étaient faits de terre. Les oiseaux qui volaient dans l’air venaient se reposer sur la terre, qui est le lieu de repos final de toutes les choses qui vivent et croissent. Le sol apaisait, fortifiait, purifiait et guérissait. C’est pourquoi le vieil Indien continue à s’asseoir sur la terre au lieu de se redresser et de s’éloigner de ce qui lui donne la force vitale. Le fait d’être assis ou couché sur le sol lui permet de penser plus profondément et de sentir avec plus d’intensité. Il entrevoit plus clairement les mystères de la vie et se rapproche fraternellement des autres existences qui l’entourent.

8) Tout possédait une personnalité, seule la forme différait de nous. La connaissance était inhérente à toutes choses. Le monde était une bibliothèque et ses livres étaient les pierres, les feuilles, l’herbe, les ruisseaux, et les oiseaux et les animaux qui ont partagé, aussi bien avec nous, les tempêtes et les bénédictions de la terre. Nous avons appris à faire ce que l’élève apprend seulement de la nature, et c’était pour sentir la beauté. Nous n’avons jamais déblatéré contre les tempêtes, les vents furieux, les gelées et les neiges . Donc tout ce qui vient, nous devons le régler nous-mêmes avec plus d’efforts et d’énergie , mais sans se plaindre.

9) Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le cœur de l’homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l’oubli du respect dû à tout ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l’homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce influence de la nature.

10) On m’a imposé la civilisation…et cela n’a pas ajouté de connaissance à mon amour incorruptible de la vérité, de l’honnêteté et de la générosité.

J’espère que certaines de ces citations vous ont influencé de la même manière qu’elles l’ont fait avec moi. Notre culture moderne aurait besoin de suivre quelques conseils de la sagesse antique.

Photo credit: Kirby Sattler

Source: “10 citations d’un chef Sioux qui remettent en question notre société” de wisdompills.com

Corps et âmes... (Jarwal le lutin)

Par Le 07/02/2015

JARWAL LE LUTIN 

Tous assis en cercles.

« Vous ne comprenez pas ce que vous avez vécu, annonça Kiak. Nous le savons. Nous allons vous éclairer. Maintenant que vous avez ressenti avec votre corps, vous pouvez comprendre avec votre âme. C’est ainsi que nous enseignons à nos jeunes. Vivre d’abord et comprendre ensuite, sinon, il n’y a rien à comprendre, ce ne seraient que des concepts, des pensées mortes.

-Je n’ai pas l’impression d’avoir vécu quelque chose avec mon corps, intervint Léo qui s’en voulut aussitôt d’avoir coupé la parole au vieux Sage.

-C’est parce que vous avez été habitués à user de votre corps en vous agitant et là, vous êtes restés immobiles. Mais je peux t’assurer Léo que ton corps se souvient de tout. Chaque particule a gardé en mémoire votre voyage.

-Les particules ont une mémoire ? demanda Léo qui s’enhardissait.

-Ah, oui, c’est vrai que dans votre monde, vous croyez que la mémoire est dans votre cerveau. Et bien, les enfants, sachez que même votre cœur a un cerveau et vos intestins aussi et ils ont une mémoire illimitée. Chaque particule de votre corps est un condensé de la Vie. Chaque millimètre a une vie propre tout en étant relié à la vie de l’ensemble. C’est cette cohésion qui aurait pu montrer aux humains que tout est relié. Du plus petit à l’immensité. Nous sommes des particules d’Univers et nous sommes donc aussi l’Univers.

-Kiak, j’ai une question à te poser.

-Oui Rémi, c’est préférable d’ailleurs que je réponde à vos interrogations avant d’aller plus loin.

-Je me souviens d’une voix qui parlait en moi, je me souviens d’images, j’ai même des sensations, comme des courants électriques, des fourmillements, mais je ne comprends rien à tout ça, tout est allé trop vite. Où est-ce qu’on est allé ?

-Vous n’êtes allés nulle part Rémi. Vous êtes restés là où vous êtes à chaque instant mais vous avez vécu pleinement chaque instant, comme si un rideau s’était ouvert et que vous aviez pu regarder de l’autre côté. »

 

Les cinq enfants n’intervinrent plus. Ils écoutèrent intensément chaque parole. Kiak expliqua chaque particularité de cet Autre Monde. Il n’y avait pas de reproduction sexuée, l’Arbre de Vie entretenait le flux, il gérait l’équilibre, les nouveaux arrivants étaient accueillis par le clan tout entier, les besoins étaient couverts par la communauté, il n’y avait pas d’attachement à une famille, l’absence de parents attitrés supprimait la peur de la mort, une osmose totale et inconditionnelle avec le flux vital, aucune scission avec l’unité originelle.

« Dans votre monde, lorsque vous naissez, vos parents ont peur pour vous et vous transmettent inconsciemment cette émotion profonde. C’est la peur de la mort et elle prend le pas sur l’amour de la vie. Vous allez apprendre avec cette peur et elle vous poussera inconsciemment à vous détacher de la Vie jusqu’à croire que vous êtes différents, meilleurs, insignifiants, bêtes, intelligents, paresseux, courageux, forte tête, soumis, rebelle, rêveur, que vous êtes votre nom, votre image, votre réputation. Tout cela peut exister effectivement mais tout cela vous éloigne de la source, tout le drame est là. Vos conditions de vie ne sont pas la Vie et dès que vous êtes coupés de cette Vie, vous vous contentez d’exister. Et c’est un effroyable gâchis. C’est comme si vous vous intéressiez à l’Océan en vous préoccupant uniquement d’une des gouttes d’eau qui le composent. Vous ne connaîtrez jamais l’Océan et vous n’aurez qu’une vue parcellaire de la Vie. Ce qui manque à votre Monde, c’est la capacité à vous élever.»

Ils écoutèrent encore, longtemps, très longtemps. Sans un mot, sans une question.

Il n’y avait pas de prédateurs. La peur de la mort n’existait pour personne. L’Arbre de Vie était le garant de l’équilibre de chaque espèce. Ces arbres existaient à plusieurs endroits du monde et dispensaient leur pouvoir avec la même intention : l’équilibre. L’existence pour tous démarrait à un âge suffisant pour ne pas être dépendant, chaque individu vieillissait suffisamment longtemps pour acquérir la sagesse de la plénitude puis il retournait vers la petite enfance jusqu’à ce qu’il ne soit plus capable d’être autonome. Alors, la Vie se chargeait de le réinsérer dans le flux. Un départ sans violence, sans souffrance, pendant une nuit, un sommeil profond et la fragmentation des particules, le retour dans le flux pour une réinitialisation du processus. Personne ne pleurait celui qui avait rejoint le flux originel, tout le monde savait que ça n’était qu’une étape, une réinitialisation. L’hommage envers la Vie restait identique.

« Le processus est le même dans votre monde. Rien ne se perd, tout se transforme. Vous êtes, vous cinq, de vieilles âmes et votre parcours ne cessera que lorsque vous deviendrez des Éveillés, c'est-à-dire des âmes qui n’auront plus besoin de réincarnation parce qu’elles auront atteint la plénitude absolue. Elles seront dans l’Esprit. »

Rien ne se perd, tout se transforme. Marine se souvenait d’un cours de sciences, le professeur avait utilisé cette formule, un certain Lavoisier. Le scientifique ne pensait sûrement pas qu’il en était de même avec les âmes. Le voyage de l’eau. Toutes ces âmes en attente. Un choix à faire pour continuer à progresser. Mais alors pourquoi certains individus œuvraient à l’extension du Mal ? Elle ne comprenait pas.

« La peur, Marine, juste la peur. Les individus qui font du Mal sont terrorisés par la peur de la mort mais ils l’ignorent. De faire le Mal leur donne un sentiment de puissance qui les libère quelques temps. »

La voix de Léontine. Elle devait se trouver quelque part dans la hutte.

Marine la remercia intérieurement.

 

« La vie dans les océans est la même que sur les terres, continuait Kiak. Il n’y a pas d’arbres de vie mais des failles dans le fond océanique et c’est de là que la vie apparaît. Les poissons se nourrissent d’algues, il n’y a aucun prédateur, la peur de la mort sur ce Monde n’existe pas. Mais vous pourriez connaître la même plénitude dans votre monde.

-La mort des humains est parfois très dure à vivre.

-Tu as bien dit « à vivre », Rémi et c’est cela qu’il faut garder à l’esprit. Vous êtes en vie. Pour mourir, il faut donc au préalable avoir reçu ce don de la vie. Il est peut-être là le plus grand défi de votre Monde, que vous appreniez à mourir en continuant de bénir la Vie. »

Un silence prolongé, une révélation qui bouleversa Lou jusqu’aux larmes. Elle tenta de les essuyer discrètement mais Rémi remarqua son geste.

« Elle pense à sa sœur, je suis sûr que c’est ça. »

Il imagina la mort de sa sœur ou de son petit frère et se raidit de douleur, une respiration suspendue comme si son cœur lui-même s’arrêtait. Et pour une sœur jumelle ? Était-ce la disparition d’une partie de soi ? Comme l’effacement intérieur de sa propre image. Il réalisa que d’avoir conscience de la différence de l’autre renvoyait à l’image de soi, une comparaison qui dessinait sa propre cartographie. Mais si l’autre est comme moi, qui suis-je ? Et si l’autre disparaît, que reste-t-il de moi ? Il ne pouvait que tenter d’imaginer l’impensable et il devinait l’insuffisance.

« Pourquoi est-ce que la Vie propose-t-elle deux voies différentes ? Pourquoi n’établit-elle pas immédiatement la voie la plus juste ?

-Pour permettre à chacun de progresser, Tian. Il n’y a aucune fatalité mais un chemin à tracer. Dans notre Monde aussi, il nous a fallu lutter contre des dérives possibles. L’équilibre n’est jamais éternel, nous évoluons tous au bord du gouffre de nos errances. »

Jarwal, lui-même, s’était égaré, pensa Marine et l’idée l’effraya considérablement au regard de la sagesse du lutin. Comment les humains pourraient-ils s’épargner les souffrances provoquées étant donné leur futilité chronique ? La tâche à mener lui paraissait inhumaine. Elle se souvint alors de Nasta, le Mamu des Kogis. Il avait dit que nous n’étions que des hommes et pas encore des êtres humains. Étions-nous capables de le devenir ? Et si cela s’avérait irréalisable, quelles conclusions la Vie en tirerait-elle ? Laisserait-elle la situation se dégrader ou reverrait-elle sa position ?

« La Vie a des ressources que tu ne soupçonnes pas, intervint Léontine. L’évolution des hommes n’a pas plus d’importance pour elle que celle des brins d’herbes. Et si l’évolution des hommes finit par porter atteinte à l’ensemble, la Vie s’en remettra. Sans les hommes s’ils commettent l’irréparable. »

Sans les hommes… Marine ne parvenait pas à imaginer que ça soit possible puis elle considéra qu’effectivement, au regard de la Vie, ça n’avait aucune importance. Les hommes auraient laissé passer leur chance. Et alors ? Il n’y a qu’eux qui pourraient s’en plaindre. Tentative avortée, réinitialisation du processus. La Vie continuerait sans eux.

Une terre sans hommes. Ce gâchis effroyable. Elle sentait le gouffre en elle. Elle aussi s’était perdue dans ce statut de chef qu’elle s’était attribuée, jusqu’à retarder l’intégration de nouveaux compagnons, jusqu’à ignorer le potentiel immense de ses deux frères.

Elle garda en elle l’émotion intraduisible de ce vide sans fond, une peur sourde, sans nom, un inconnu indescriptible."

 

Medite

JARWAL LE LUTIN (4) : Au-delà du réel

Par Le 07/02/2015

JARWAL LE LUTIN

 

« Asseyez-vous, les uns à côté des autres et donnez-vous les mains. Il est important que vous soyez reliés physiquement pour réaliser aussi que vous l’êtes par la pensée, par l’énergie, par l’amour, par tout ce que crée la Vie. »

Dans les noirceurs, la voix monocorde de Kiak les figea. L’impression d’un espace immense qui renvoyait les paroles en écho. Léo pensa à cette nef de cathédrale que leurs parents leur avaient montrée. Ils s’obligèrent à bouger, prudemment, pour s’extraire de cette appréhension qui les raidissait.

Les pupilles dilatées parvenaient désormais à se nourrir des flux infimes de lumière qui perçaient. Lou se retourna vivement, comme pour vérifier que personne ne se tenait dans son dos. Cette impression étrange d’être observée…

Tian trouva la main de Marine. Les autres se joignirent. Lou, Rémi puis Léo qui ferma le cercle. Ils se souvinrent alors qu’ils devaient s’asseoir. Ils lâchèrent leurs emprises, s’installèrent puis reformèrent le lien.

Les mouvements de leurs corps s’estompèrent. Ils sentirent à travers leurs habits la fraicheur de la terre. Aucune sensation de froid pourtant mais une douceur agréable, un bien-être de cocon, un placenta protecteur qui les isolait de tout. 

La voix de Kiak les surprit de nouveau. Elle ne venait plus du même endroit et ils étaient pourtant persuadés de ne pas l’avoir entendu se déplacer.

« Maintenant, vous allez fermer les yeux et arrêter de vouloir distinguer quelque chose. C’est dedans qu’il faut regarder et vous n’avez pas assez appris à vous libérer de vos yeux. Ne vous occupez pas du temps qui passe, c’est une idée fausse. C’est vous qui passez dans le temps. Mais ici, vous êtes immobiles, dans votre corps et dans le temps. Il ne vous reste qu’à immobiliser votre esprit et tout sera en paix. »

Il avait dit « immobiles dans le temps. » Marine voulut comprendre puis elle se reprocha cette pensée inopportune. Elle devait trouver la paix de son esprit.

Lou se demandait comment elle pourrait bien s’y prendre pour arrêter de penser. Un état qui lui paraissait totalement inaccessible. Elle ne cessait de penser à l’impensable.

Rémi cherchait à savoir si Kiak se déplaçait de nouveau, il voulait pouvoir le suivre et ne plus être surpris par cette voix qui surgissait n’importe où. Il s’efforça de calmer les battements de son cœur et de tendre les oreilles. Il crut percevoir un infime frottement droit, devant lui, dans le dos de Tian.

« Rien, ne rien vouloir, ne rien attendre, ne rien penser. Entrer au-dedans pour  voir l’Univers. Le silence maintenant.»

Ils eurent un peu l’impression d’entendre un professeur dans une classe mais ils n’en avaient jamais connu de Sage.

Rémi dut constater encore une fois que Kiak se déplaçait à son gré, sans qu’il ne soit possible de deviner sa position. Il était partout et nulle part. Incompréhension.

Plus aucun mouvement. Juste cette conscience retrouvée de la respiration. Il fallait cesser de bouger pour réaliser que ce mouvement-là ne cessait jamais.

 

« Fermez les yeux, dicta la voix grave de Kiak. Ne vous contentez pas de fermer les paupières, arrêtez aussi de regarder en dedans et de fabriquer des images, laissez-vous couler. Tout ce que vous portez appartient à la réalité que vous avez créée. Maintenant, vous allez découvrir le réel. »

 

Marine sentit la main de Tian se crisper légèrement lorsque la chaleur les envahit, une chaleur bienfaisante, comme un câlin maternel qui vous enlace et que le bonheur ruisselle dans les fibres, la plénitude du petit enfant qui s’abandonne et l’amour de la mère qui se diffuse en lui, le contact établi, le lien au-delà des corps, le lien des âmes.

Une blancheur indéfinissable les emplit, une clarté sonore qui murmurait dans les tréfonds de leurs corps immobiles, une marée montante qui les couvrait de sa chaleur, une sève surgissant de la terre, aimantée par le ciel.

Comme un bateau soulevé au-dessus des flots, ils virent en eux l’immensité de l’Océan s’étendre sous leurs regards, une vision sans tête, comme si rien en eux ne possédait de centre, comme s’ils n’existaient plus individuellement, ce regard n’avait aucun point de départ, aucune appartenance, le regard les portait où il voulait et ils n’avaient sur lui aucun pouvoir.

Accélération du processus.

Une pulsation naissante, infime, dérisoire, puis des crépitements d’étincelles qui jaillissent et s’éteignent, se ravivent, se propagent, s’entretiennent, une énergie qui se répand et les pulsations qui s’étendent, se renforcent, les flux électriques nourrissent le cœur de l’étoile, des courants de matière liquide déboulent sous la surface, des flots qui gorgent le lit des veines, les pulsations prennent une ampleur insoupçonnée, les étincelles deviennent des flux constants qui ruissellent, tous reliés dans une aura fabuleuse, une couronne lumineuse qui s’agite, palpite, respire.

Un noyau enveloppé de lumière, des particules animées par une vie interne s’infiltrant amoureusement dans un univers nimbé de phosphorescences.

Ils virent alors leurs propres pensées émerger du flux, s’inscrire dans l’espace et disparaître en poussières, ils virent des troupeaux de bêtes et des enfants lutins s’enlacer dans une ronde, courir dans les cieux comme des anges rieurs, des bonheurs dans leurs yeux, des joies de vivre à partager.

L’espace en eux s’étendit jusqu’aux confins des horizons, plus de limite, plus de structure, aucune frontière et cette impression inexplicable de relier par leurs mains unifiées des particules communes, une cohésion originelle retrouvée.

Ils étaient l’un, ils étaient l’autre, ils étaient tous.

 

C’est là qu’ils sentirent l’évaporation s’enclencher. Un maelstrom flamboyant prit forme et les emporta dans une colonne rectiligne qui plongeait vers le haut. Incompréhensible structure. Des coulées colorées qui tressautaient en laissant derrière elles des arabesques de fleurs.

Ils disparurent.

    

 

Combien de temps ? Combien de vies ? Dans quelle dimension voyagèrent-ils ?

Ils n’auraient rien su expliquer, pas avec les mots connus, pas avec des pensées étroites et des repères humains, tout aurait été limité, insignifiant, insuffisant, comme une marque d’irrespect. On ne raconte pas l’indescriptible. On s’en nourrit.

Ils ouvrirent les yeux tous les cinq en même temps, dans le même instant, une réincorporation simultanée, un retour conjoint dans leur enveloppe. Ils ressentirent tous, avec la même détresse, le poids terrifiant de cette masse de chair alors que résonnait en eux la légèreté délicieuse de l’âme évaporée.

Ils ne dirent rien. L’insignifiance des paroles alors que les visions résonnaient en eux avec une force indescriptible.

« Une autre version de la Vie, » avait expliqué Léontine.

Ils auraient pu en parler pendant des années mais incapables à l’instant d’entamer la moindre phrase. Que peut-on dire de ce qu’on ne comprend pas et qui vous bouleverse ?

Kiak les invita à sortir.

Ils se levèrent difficilement, solidifiés par l’étourdissement.

 

Images

JARWAL LE LUTIN (4) : Canal de lumière

Par Le 07/02/2015

C'est étrange pour moi de voir que j'avais déjà écrit un texte décrivant ce "Canal de lumière" que nous utilisons comme protocole en sophrologie....


 

JARWAL LE LUTIN

 

"Ils parvinrent aux abords du marais, un petit lac occupait le centre de la déclivité. Un ensemble touffu de roseaux et diverses plantes aquatiques ceinturaient l’étendue sombre de l’étang. C’est lorsqu’ils plantèrent leurs chaussures dans les eaux stagnantes, mélange de terre, d’herbes pourries et de plantes aquatiques que l’insecte surgit.  

« Bonjour les enfants. »

Tian et Lou se figèrent puis regardèrent leurs trois compagnons qui souriaient.

« Je suis Léontine, j’avais hâte de vous entendre penser.

-Tu nous as suivis Léontine ?

-Oui Marine, depuis le village et j’aime beaucoup vos deux compagnons. Je vous ai écouté penser, c’est encore plus instructif que toutes les paroles prononcées. Je suis là, Lou, sur la pointe du roseau devant toi, celui qui se balance un peu. »

Lou cherchait à saisir la provenance de cette voix dans sa tête, une impression stupéfiante qui la troublait immensément.

« Je sais que c’est étrange pour vous mais vous vous habituerez ! » s’amusa la petite mouche.

Tian la désigna du doigt et Lou fixa l’animal.

« Je n’ai aucun doute sur la pureté de votre âme, les enfants. Les doutes et les peurs sont des phénomènes naturels, laissez-les s’étendre jusqu’à ce qu’ils s’épuisent d’eux-mêmes. Imaginez que ce sont des bougies allumées, elles se fatigueront, c’est inévitable mais si vous leur apportez sans cesse votre attention, votre volonté, vos réflexions, vous les alimentez et vous prolongez la flamme. Ne vous en préoccupez pas, vos âmes ne méritent pas un tel calvaire. »

Lou n’avait pu s’empêcher de poser une main sur une oreille, comme si elle écoutait le murmure de l’Océan dans un coquillage.

« Bonjour Léontine, murmura Tian, en observant attentivement le petit point bleu immobile, posé sur la pointe ondulante du roseau.

« Bonjour, Tian, je suis très heureuse de faire ta connaissance. »

Le jeune garçon s’amusa de cette voix en lui, c’était si étrange d’entendre parler depuis l’intérieur. Il songea aux esprits des Monts Huangshan, à toutes les légendes de son grand-père.

« Comment vois-tu la suite ? Léontine, demanda Rémi.

-Un grand voyage, les enfants, quelque chose que vous ne pouvez même pas imaginer et que vous ne comprendrez pas.

-Es-tu certaine que nous aurons suffisamment de temps ? Il faut que nous soyons rentrés à dix-neuf heures, dernier délai.

-On fera en sorte, Marine. Le voyage en lui-même ne prendra que quelques secondes.

-Quelques secondes pour passer dans un Autre Monde ? interrogea Léo.

-C’est juste à côté Léo, il suffit de passer derrière le rideau, cela reviendrait ici à faire un pas en avant.

-Bon, ça n’est pas le moment de chercher à comprendre, lança Rémi. Il faut y aller. »

Tout le monde acquiesça, les regards échangés comme des déterminations à saisir, des forces unies par-delà les peurs.

« Rassemblez-vous en cercle et donnez-vous les mains, expliqua Léontine. Serrez-les bien fort, ne les lâchez jamais, il est indispensable que les énergies soient reliées. Vous allez disparaître progressivement, vos cellules vont se fragmenter comme des gouttes de pluie pour se réintégrer dans l’Autre Monde. Vous êtes en même temps un nombre infini de particules et en même temps, un ensemble. L’eau qui vous constitue fait office de mémoire. Tout peut disparaître mais rien ne sera effacé. Ayez confiance. La Vie sait ce qu’elle fait de vous. »

Les enfants s’activèrent.

Lou vint se placer aux côtés de Rémi. Elle tendit sa main. Le garçon accueillit les doigts comme on prend un oiseau blessé, la douceur de la peau l’électrisa, il essaya de ne pas montrer son trouble puis décida finalement de ne pas s’en occuper. Il jeta un œil discret vers Lou et vit les rougeurs de ses joues, ses yeux baissés et son petit sourire. Cette mimique délicieuse quand elle était émue et que ses lèvres tendues comme pour une bise passaient de gauche à droite… Chacun de ses gestes coulait en lui comme du soleil.

Tian tendit une main à Marine. Ce fut pour eux comme un scellement dans l’instant, la fusion commune de leur âme, comme si le bonheur sculptait dans l’espace et le temps un hommage immuable.

Léo se plaça entre les deux garçons et songea que dans quelques instants, sa vie allait prendre une direction dont il ne connaissait rien mais qui l’enthousiasmait au-delà de tous les bonheurs déjà éprouvés. Il remercia intérieurement la vie de lui faire cet honneur.   

 

Léontine attendit que les compagnons s’immobilisent puis elle décolla. Les enfants entendirent autour d’eux le bourdonnement continu sans jamais pouvoir distinguer l’animal, la vitesse était stupéfiante, ils ne pouvaient juger de sa position qu’au tracé sonore qu’elle diffusait puis la vitesse augmenta encore et ce fut comme un cylindre invisible qui les entoura, un voile vrombissant qui les enveloppa, ils sentirent crépiter en eux des myriades d’étincelles, des scintillements d’étoiles qui dégageaient une chaleur inexplicable, des flux électriques qui se diffusaient par leurs mains jointes, un courant en eux qui les fusionnait, cette impression de s’effacer pour se fondre dans une entité commune, des retrouvailles de particules, une danse frénétique d’énergie libérée.

Un tourbillon de fluorescences monta en spirale, des pieds vers le bassin, comme s’ils étaient suspendus en l’air, Léo se souvint subrepticement de ces images de galaxies colorées qu’il avait punaisées sur les murs de sa chambre, cette similitude étrange avec les mouvements circulaires qui les englobaient, il ne percevait plus le vrombissement strident de Léontine, comme si l’espace ne conduisait plus les sons, comme s’il avait déjà quitté cette dimension sensorielle, il s’aperçut alors qu’il ne percevait plus les contacts des mains de ses compagnons, que la chaleur elle-même avait disparu. Ses yeux ouverts comme unique saisissement. Il observa le groupe unifié.

Il ne restait que les visages.

Marine avait fermé les yeux, Tian la fixait résolument, Lou avait levé la tête vers le ciel, elle observait les nuages, comme figée dans une prière intense, Rémi croisa le regard de son frère et il lui sourit.

C’est la dernière image que Léo emporta."

 

"Ode à mon corps" (spiritualité et Nudité)

Par Le 06/02/2015

 

 

Un très beau texte pour une expérience "initiatique". Une osmose entre l'Etre et la Nature dont il est issu, des retrouvailles emplies de plénitude et de joie.


 

Ode à mon corps

 

le JANVIER 30, 2015

par 

dans ARTICLES

1 813 vues

23

FacebookEmailWhatsAppMessenger

Photos en pleine nature

Nous autres, occidentaux, sommes coupés de notre corps, éloigné de lui, tellement « dans la tête », dans le mental. Nous avons, depuis notre naissance et sans doute depuis de longues vies, un très faible amour pour notre corps, un regard complètement « falsifié », perverti sur notre corps, sur le corps en général. Nous avons très peu de connexion à lui. Des sentiments mêlés de honte, de dégoût parfois, de tabous surtout.

Mon corps, cet étranger

J’ai souffert moi-même beaucoup de mon regard sévère et « extérieur » sur mon corps. Je l’ai toujours en quelque sorte considéré comme un étranger, comme une machine à entretenir, mais je n’ai jamais ressenti que « j’étais lui ». Qu’il était mon être. Je suis séparée de lui, comme si ma conscience, mon esprit, ne savait pas bien le chemin pour s’y incarner.

ode à mon corps

Aujourd’hui, je suis en chemin pour faire la paix avec mon corps, totalement. 

C’est incroyable parce que je réalise à quel point j’étais séparé de lui, malgré le fait que j’ai toujours fais beaucoup de sport, que j’ai toujours mangé sainement, que j’ai une hygiène de vie correcte, etc.
Dans chaque prise de conscience que je vis ces derniers temps, je m’aperçois que j’applique des « concepts » entendus, jusqu’à ce qu’un jour j’intègre le message profondément, ou plutôt, que je redécouvre le chemin pour accéder à une conscience oubliée.

Aujourd’hui, je commence à ressentir entièrement, totalement ce que veux dire « être son corps », s’incarner.

Le corps, porte d’une jouissance infinie

ode à mon corps

Combien de personnes détestent leur corps, ont un regard sévère sur eux-même, oublient ou méconnaissent la sensualité, ont peur de leur nudité ! Comment avons-nous été éduqué dans nos sociétés, loin de notre corps, si loin de lui !

Comme cela est anti-naturel pourtant.

Notre corps est notre plus grand trésor.

ode à mon corps

Vivre une vie sensuelle avec soi-même est une source de jouissance sans fin. Reconnecter à son corps et l’incarner pleinement est la porte principale pour accéder à une vie entière, une spiritualité incarnée dans la matière. C’est essentiel.

Je lis des livres sur les peuples aborigènes en ce moment. Je m’aperçois que grand nombre de cultures ont une connexion au corps complètement différente à la nôtre. Ils « sont » tellement leur corps que c’est leur corps qui pense, qui les guide, et non pas leur mental.

Une séance photo pour se reconnecter…

En juillet dernier, j’ai demandé intuitivement à Adèle Le Roux, photographe et modèle, de me prendre en photo nue dans la nature. Je ne savais pas bien encore pourquoi j’avais envie de vivre cela, mais c’était un appel très fort de mon âme pour cette expérience. Je sais aujourd’hui que je me préparais à ce que je vis aujourd’hui : me mettre en route vers mon corps et vers mon essence féminine.

ode à mon corps

ANous avons fait les séances photos pendant deux jours en septembre dernier en Bretagne.

Une série photo a émergé du travail : La marcheuse du ciel.

L’expérience était unique.
Moi, nue, dans les éléments de la nature, pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti pleinement que j’étais une habitante de la Terre, comme toutes les autres espèces. J’ai senti l’amour inconditionnel de la Terre, j’ai senti la Terre me porter, m’aimer inconditionnellement. C’est fou comme le simple fait d’ôter tous ces vêtements peut donner une sensation de liberté totale et d’harmonie avec l’environnement.

ode à mon corps

ode à mon corps

ode à mon corps

Je suis encore émue du souvenir : juste être nue dans la nature, c’est vraiment fabuleux, c’est faire la paix avec la Terre, avec l’amour, avec le ciel, avec toutes les espèces vivantes, avec soi-même. C’était juste magique, j’étais émerveillée, comme une enfant.

Aimer la beauté de mon corps

ode à mon corps

Aujourd’hui, je choisis d’exposer ses photos de moi nue. Pourquoi ? J’aurais très bien pu vivre l’expérience et garder les photos privées.
Mais j’ai tellement à cœur de faire exploser la vision que nous avons de la nudité, de notre corps !

Je n’ai pas honte, non, d’exposer mon corps à votre regard. Mon corps est sacré, comme le votre, il est sacré, c’est mon véhicule de vie.

ode à mon corps

Je n’en peux plus de voir ces corps montrés, violentés, bafoués, vulgarisés par la publicité, la pornographie. Je n’en peux plus ! Je souhaite vraiment retrouver le chemin de la beauté, de l’amour, de la simplicité, de la joie avec mon corps, me rappeler, nous rappeler qu’il est naturel, qu’il est magnifique, qu’il est un temple sacré à aimer, à choyer, à embrasser.

J’ai envie de l’aimer, ce corps, de l’intégrer à ma vie, de lui faire la belle place, de l’accueillir, de le magnifier.

ode à mon corps

Oui, j’aime mon corps, je l’aime profondément, respectueusement, je le chérie. Et aujourd’hui, enfin, je change mon regard à lui, je suis en pleine expansion de conscience à son sujet. C’est très beau, vraiment très beau. Il m’aide à faire le chemin.

Notre corps a une conscience propre. Il nous parle chaque jour, il nous supplie de l’aimer et de le considérer.

ode à mon corps

Mon corps me dit : « Je suis ton ami »

Voici le message reçu de mon corps il y a quelques jours, un message bouleversant. Je vous le partage, puisse la vibration de son message résonner en vous comme il a résonné en moi.

(reçu le 15 janvier 2015)

« J’ai besoin d’être ton ami, et pas ton ennemi.

Tu me considères comme ton ennemi alors que je peux vraiment être ton ami.
J’ai besoin que tu me traites vraiment bien car je suis un puits de ressource, ton principal puits de ressource.
J’ai besoin que tu changes ton comportement vis-à-vis de moi, que tu me considères, que tu me fasses bouger, que tu me fasses me déplacer, l’énergie ne circule pas à l’intérieur de moi, j’ai besoin que l’énergie circule.
J’ai besoin que tu me considères, que tu me vois, que tu me sentes. Que tu passes du temps avec moi, rien qu’avec moi, j’ai besoin que tu me consacres du temps et que tu y prennes plaisir !

ode à mon corps

J’ai besoin que tu me considères comme un ami car je suis la porte d’entrée pour régler tous tes soucis, je suis la porte d’entrée de tous tes autres corps. J’ai besoin que tu comprennes cela. Et tu refuses encore de le comprendre.

Je suis ta priorité, sans moi, rien ne peut arriver.

Je suis vraiment toi, je suis vraiment toi.

ode à mon corps

J’ai besoin que tu recrées du lien avec moi. Tu es si loin. J’ai besoin que tu t’incarnes en moi, pleinement, que tu acceptes de prendre vraiment la mesure de qui je suis.
J’ai besoin que tu me considères comme un ami.
J’ai besoin que tu me sentes, que tu vives avec moi, à travers moi.

Je suis la porte de tous les possibles. Je suis la porte de ta vie aujourd’hui. Sans moi, tu ne peux rien faire sur cette Terre, j’ai besoin que tu sois là avec moi, que tu prennes soin de moi, que tu retrouves le plaisir de me sentir exister, que tu comprennes que je ne suis pas séparé de toi, je te représente aux yeux de tous, je suis ton véhicule, ton moyen de transport, je peux vibrer et j’ai une puissance de vie incroyable, qui t’attends si tu acceptes d’être totalement qui je suis.

Incarne-toi, trouve-moi, ressens, prends conscience de chaque mouvement, de chaque battement, de chaque pulsation de vie qui m’habite, prends conscience de tout ce que je permets de te faire vivre, prends conscience que notre lien est essentiel pour que tu puisses te réaliser sur Terre.

Je suis toi, tu es moi, il n’y a pas de séparation entre toi et moi.

ode à mon corps

J’ai besoin que tu t’incarnes en moi pour pouvoir trouver la pleine force de vie, la pleine force de mon potentiel.
Tout passe déjà par moi, tout passe déjà par moi.

ode à mon corps

Je suis la porte d’entrée de tous tes désirs de vie. Je suis la porte d’entrée de toutes tes aspirations.

Je suis ton corps et j’existe pour que tu puisses réaliser ton potentiel de vie à travers moi et à travers toutes les particules de vie qui m’animent.
Ta conscience incarnée en moi peut soulever des montagnes et vivre une vie différente si elle accepte que je suis avant tout le seul moyen de se réaliser sur Terre.

Viens, incarne-toi, reçois toute la chaleur et la vibration divine qui est en moi et reçois toute la potentialité de vie et de réalisation que je peux t’offrir.

Je suis là, je suis avec toi, je suis le chemin qui te mène à la plénitude et à l’existence dans la matière. »

ode à mon corps

Pour retrouver le travail d’Adèle et la série photo sur son site : La Marcheuse du ciel.

Je remercie du fond du cœur Adèle pour son travail et sa complicité.

  Mathilde  

Accompagnante des âmes stellaires, flammes jumelles et hypersensibles
à reconnecter à leur lumière d’incarnation

Mon coaching Lumière :
  
http://www.aime-toi.fr/lumiere/

Mon coaching Incarnation :
  
http://www.aime-toi.fr/je-mincarne/

Ma newsletter :
  
https://www.aime-toi.fr/

 

LA-HAUT : " A Blandine, mon amour"

Par Le 05/02/2015

Image 2

 

"Il est devant la tombe de Blandine.

Boège, petit village de Haute Savoie. Marie et Thomas habitent à deux kilomètres. Il ne les a pas prévenus de sa visite. Le ciel est gris et la bise est froide.

Il pleure. Rien ici ne ressemble à Blandine. Ni ce marbre sombre, ni ces fleurs coupées.

Il pense à l’appel téléphonique de Marie qui avait demandé en pleurant s’il désirait une épitaphe. Il était à l’hôpital depuis quatre jours. À chaque fois qu’il se levait, dix minutes de marche l’épuisaient. Il venait de s’allonger lorsque la sonnerie avait retenti. Il n’avait pas pu répondre à l’épouvantable question. Foudroyé par la douleur. Aucun mot ne s’était formé, tout son corps s’était raidi comme saisi par l’horreur de la tombe. Il avait vu le cercueil descendre dans le trou, il avait entendu tous les pleurs, et le sermon du curé. S’il avait pu le faire, il se serait levé, il aurait couru, il aurait saisi la caisse en bois, arraché le couvercle et emporté tendrement le corps sans vie. Il l’aurait caché dans le froid des montagnes, il lui aurait parlé, longuement, avec toute la délicatesse de son amour, il l’aurait serré pendant des jours et des nuits, aurait dormi à ses côtés. Et puis quand tout aurait été dit, quand tous les gestes tendres auraient été accomplis, il aurait descendu le corps dans une crevasse lumineuse. Et le froid aurait figé les chairs, maintenu l’apparence, préservé la beauté. Rien n’aurait changé.

Il aurait rejoint la vallée et se serait installé sous les pentes du glacier. Chaque jour, il aurait guidé ses pensées vers l’ouverture secrète, il aurait projeté à travers l’espace toutes les douceurs à donner, il aurait enveloppé de son amour le corps adoré. Et lorsque la vieillesse aurait tracé sa route à travers ses muscles affaiblis, avant que les forces lui manquent, il serait monté sur le glacier, un jour de grand soleil. Il serait descendu dans la crevasse. Il aurait retrouvé le corps préservé dans une jeunesse immuable, le visage apaisé, les yeux clos pleins de souvenirs et le petit sourire qui illuminait les jours. Il se serait allongé, aurait enlacé son amour inchangé et aurait attendu que la route se dessine, que la porte s’ouvre et que l’autre monde l’accueille…

Il pleure devant la tombe. Blandine pourrit dans un cercueil et les vers la dévorent.

Il ne la retrouvera jamais. L’océan d’âmes l’a effacé. Il n’a pas su la retenir, il n’a pas su lui montrer la force de son amour. Il devait la ramener, la sauver du néant et de la fange. Le poids de cette faute écrase son âme.

« A Blandine, mon amour. »

Marie, au milieu de ses pleurs, avait insisté. Il avait réussi, effondré sur son lit d’hôpital, à murmurer ces quelques mots dérisoires. Et maintenant, il aurait voulu graver sur le marbre muet des milliers de phrases, des livres interminables, des paroles infinies, utiliser le moindre espace de ce monument immonde pour dire à Blandine combien il l’aime. Et combien elle lui manque. A chaque respiration, à chaque battement de paupières, à chaque regard sur le monde.

Il pleure devant la croix et voudrait l’arracher. C’est un arbre qu’il fallait planter. Et que chaque feuille déployée porte dans ses fibres l’âme heureuse de Blandine, que la sève soit nourrie par sa joie, que le souffle des frondaisons soit le chant de son cœur. C’est la vie qu’il faut donner quand un être s’en va. Remplacer l’image perdue par une autre. Les rituels des hommes sont sordides et soumis à des religions néfastes. Il voudrait arracher ce symbole de perdition.

Il sent bouillonner dans son corps des haines terribles.

Là, maintenant, sans aucune hésitation, il pourrait tuer le terroriste qui a posé la bombe. Il n’écouterait même pas ses sermons d’assassins. Rien ne peut justifier une telle abomination. Il pourrait déchirer sa poitrine et arracher son cœur de monstre, le lui enfoncer dans la bouche, le regarder mourir. Tout ce qu’il imagine n’est pas traduisible. Chaque nuit ses cauchemars sont le ferment de sa haine. Et le bloc de marbre à ses pieds pourrait servir de billot pour trancher des têtes.

Il lève les yeux avant de hurler. Les larmes fragmentent le paysage et noient les couleurs. De tous côtés, la douceur des collines invite au repos. Mais il ne voit rien.

Il voudrait plonger ses mains dans la boue d’âmes qui a saisi Blandine et la ramener vers la lumière de la Terre, et que ses yeux s’ancrent à la mer de nuages qui les protègent, que ses désirs soient tournés vers les horizons élevés, que ses bonheurs prennent forme dans le frémissement des feuilles et le chant cristallin des ruisseaux, dans le vol gracieux d’un rapace et la course effrénée des insectes des bois. Que ce monde la libère des hommes. Blandine, à ses côtés, en avait pris le chemin. Il n’a pas eu le temps de finir sa tâche. L’humanité infâme a repris l’avantage.

Et il n’y peut plus rien.

 

 

Il est assis devant la cheminée. Il fait nuit. Il sait qu’il ne retournera plus jamais là-bas. Blandine n’y est pas. C’est une enveloppe vide que les hommes ont descendue dans le trou. La vie de Blandine voltige dans les airs, partout où elle a vécu, dans tous les endroits où elle a ri, où elle a aimé, où elle a dormi.

 

Sur ses genoux, un album de photographies raconte les bonheurs inscrits dans la mémoire du monde. Les courses en montagne, les baignades dans les torrents, les siestes à l’ombre des grands sapins…

Il n’a gardé de Blandine que ces clichés. Marie et Thomas ont récupéré les habits, les affaires, les livres, tous les objets qu’elle a touchés.

Depuis l’attentat, il n’avait jamais tourné les pages. Il avait précieusement rangé les classeurs sur une étagère de la bibliothèque. Aujourd’hui, il a besoin de retrouver le visage radieux de Blandine et la grâce de son corps.

Elle est dans le jardin, appuyée au manche d’une fourche. Elle retourne la terre du potager. Au loin, on devine les hautes montagnes enneigées. Un fichu blanc enserre ses cheveux. Elle a mis des sabots en caoutchouc, un jean râpé et un vieux pull moulant qu’elle a glissé dans la ceinture. La tenue accentue la finesse de sa taille et la délicieuse courbure de ses seins. Elle est légèrement penchée en avant, elle le regarde en lui souriant. Il sent encore la température fraîche de cette journée. La lumière était douce, comme un bonbon au miel.

C’est épouvantable. Insupportable. Inhumain.

Il pleure. Et les larmes tombent sur le papier glacé qui protège les photos. La brûlure dans son ventre est effroyable, c’est un étau qui le détruit, le broie et réduit son corps à un tas de chairs qui hurlent. Impossible de la quitter des yeux. Son sourire est si doux, si plein d’amour pour lui, si chargé de tendresse et de promesses de bonheurs.

Pourquoi ? Pourquoi eux ? Pourquoi tout ce mal ? 

Le Traité des Traîtres

Par Le 04/02/2015

La vérité derrière le TAFTA

Vous avez déjà partagé cette vidéo? Alors merci de signer cette pétition pour arrêter le TAFTA. 

Cette vidéo montre comment les grandes entreprises vont pouvoir faire la loi à Bruxelles, grâce à un nouvel article du TAFTA appelé de façon trompeuse ‘coopération réglementaire’. La coopération réglementaire est une mauvaise nouvelle pour les consommateurs, les travailleurs et l’environnement. Cela veut dire que les multinationales vont pouvoir co-écrire nos réglementations. La Commission Européenne semble vouloir ouvrir grand ses portes à l’influence des grandes entreprises.
 
Cette dangereuse attaque contre la démocratie doit s’arrêter dès maintenant. Lundi, des dirigeants européens rencontrent leurs homologues américains pour entamer une nouvelle série de négociations sur le TAFTA. Comme d’habitude, les citoyens ne savent pas ce qui se négocie. La seule chose qui peut contrer le pouvoir des entreprises, c’est le pouvoir du peuple. Montrons aux dirigeants européens que nous n’acceptons pas cette attaque contre notre démocratie.

A COEUR OUVERT : Défragmenter le disque dur.

Par Le 04/02/2015


Coeurouvertwhite

 

« Le mental se construit au fur et à mesure de notre vie et de nos expériences. Par nos cinq sens, nous construisons l’ensemble de notre expérience humaine. Dès la petite enfance, notre mental apprend à saisir l’information, il la catalogue, la range dans des cases, il construit son référentiel. L’impact du monde adulte, parents, enseignants, proches, société, médias, est gigantesque et contribue à un immense formatage. Le mental calcule, argumente, établit des connexions, trouve des raisons (ou en fabrique), s’adapte ; le mental est une machine formidable pour ce genre de tâches. L’objectif pour lui est de créer une entité individuelle. L’individu s’édifie en fonction des oppositions ou des appartenances qui lui conviennent. Il est d’ailleurs extrêmement performant pour fabriquer des catégories, des groupes, des classes, des repères parfaitement identifiés. Il va sans cesse chercher à accumuler de la sorte des « connaissances » afin de se construire et de prendre forme. C’est son existence même qui est en jeu. 
Et c’est là que l’ego prend forme. Il se construit à travers le miroir de l’altérité en se nourrissant des référents du mental.
« L’importance est dans ton regard, non dans la chose regardée », écrivait André Gide.
Il faudrait donc apporter à la chose un regard objectif, libre, épuré. Mais le mental a des références et n’en démord pas.
« L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur. »
Nous connaissons tous cette phrase de Saint-Exupéry. Mais où est ce cœur ? Ça n’est pas l’organe ou si ça l’est, il existe une partie non fonctionnelle qui n’est pas connue. A moins qu’il s’agisse d’une énergie, à moins qu’il s’agisse d’un émetteur plus vaste que le cœur, une source dissimulée…
Lorsque nous sommes saisis par un coup de foudre, les quelques secondes pendant lesquelles une onde de chaleur nous électrocute, il ne s’agit sans doute pas du mental étant donné qu’il n’a pas eu le temps d’analyser le cas. Il reprend très vite le contrôle, malheureusement. Et dès lors, on ne voit plus, on croit voir ce qui nous convient. Les prochaines désillusions viennent de prendre racine. Le mental vient d’ouvrir l’atelier de poterie dans lequel il va chercher à modeler l’autre à sa convenance, selon ses références. 
A moins que la vie nous ait fait un cadeau immense et que le coup de foudre se transforme peu à peu en un ciel lumineux jusqu’à l’infini du temps. »
Il souriait intérieurement. Un bonheur à s’accorder, une confiance à sauver.
« On ne voit bien qu’avec le cœur. » Saint-Exupéry n’aurait jamais imaginé qu’un homme puisse vivre sans le sien, sans même un cœur humain. Diane parlait d’un émetteur plus vaste. Quoi ? Le corps entier ? Le cerveau ? Non, pas le cerveau. D’autres organes n’auraient pas été munis de neurones si tout avait été concentré là-haut. Il y avait autre chose. Pas le cœur, ça au moins, il en était certain. Et si on lui enlevait les intestins ? Qu’en serait-il ? Tout ça était trop limité. Les systèmes scientifiques avaient une vue étroite. Mais alors quoi ? Et si nous n’étions qu’un récepteur ? Et si nous m’émettions rien du tout ? 
Il se redressa soudainement et eut un vertige. Il s’adossa, la main sur le front, les yeux fermés.
La force de ce flash. Nous n’étions que des récepteurs. Tout venait de l’extérieur. Sa transformation n’était pas dû au fait que son cœur n’émettait plus rien mais juste que le mental avait perdu une partie de ses repères, que l’identification avait été entamée, partiellement brisée. Les émotions venaient de l’extérieur, elles nous saisissaient parce que nous étions disponibles et le cerveau les interprétait, il se les attribuait parce que nous avions été éduqués ainsi, l’ego, l’ego, une entité fabriquée de toute pièce, la prétention humaine, l’identification. Oui, c’était ça… Je suis en colère était une affirmation totalement erronée. La colère est en moi parce que je l’ai laissée entrer. Voilà la réalité. Je ne suis pas amoureux. L’amour est en moi. Et il tient à moi de lui offrir une place durable. Rien n’est à moi, tout m’est donné.
Un bonheur immense. Un embrasement. Des bouffées d’amour qui l’envahissaient.
Des grésillements. L’accélération de son cœur. Non, c’était impossible. Il n’avait pas bougé, les microprocesseurs n’avaient aucune raison de faire varier le rythme cardiaque. C’était inconcevable. Un trouble gigantesque. L’impression qu’il était utopique de vouloir élaborer une explication rationnelle et fiable, définitive, tangible, incontournable. Cette impression incompréhensible d’être envahi par une entité extérieure. 
Il aurait voulu que Diane soit là, il se sentait partir, un malaise, un chaos trop puissant. Il s’allongea de nouveau et ferma les yeux.
« Calme-toi, calme-toi. Respire. »
Les grésillements s’effacèrent peu à peu. 
L’amour n’est pas dans notre cœur, ni dans notre cerveau, il n’a pas de coffre réservé, pas d’antre secret. Il n’émane même pas de nous d’ailleurs. Nous n’en sommes pas les concepteurs. L’amour est partout. Et si nous restons ouverts, il s’invite. 
Il tentait de remonter à la source, de trouver le nœud originel qui libèrerait toutes les révélations. Son cœur avait participé à ce conditionnement épouvantable de l’homme intégré et du Soi désintégré, son cœur avait été un ouvrier attelé à sa destruction. Saint-Exupéry s’était trompé. On ne voit bien qu’avec le cœur relevait d’un monde idyllique, d’un monde qui n’aurait aucune influence, qui ne chercherait pas à s’octroyer les raisons d’aimer. En perdant son cœur, les fondements même de son enfermement avaient été supprimés, non seulement la masse infinie de toutes les données enregistrées dans la boîte noire des émotions vécues mais le récepteur lui-même. Tout n’avait pas disparu puisqu’un seul organe avait été retiré mais il représentait le cœur du système. Bien évidemment.
L’homme avait fait de l’homme son propre prédateur. Nul besoin de guerre. Il suffisait d’éduquer le cœur et tout le reste suivrait, il suffisait d’inculquer les raisons d’aimer, il suffisait de canaliser les émotions, d’identifier les cibles, de laisser croire à la clientèle qu’elle était libre de ses choix, personne n’irait accuser le cœur d’être un traître. Le cœur n’était qu’un disque dur formaté.
Les tenants de la spiritualité et de la libération des esprits seraient sans doute décontenancés d’apprendre qu’il convenait d’enlever le cœur des hommes avant de s’engager sur une voie d’éveil. 
Il pensa à tous les implantés qui l’avaient précédé. Il serait intéressant de les retrouver. Une nouvelle espèce humaine. Des hommes sans cœur. Des hommes libres. Défragmentation du disque dur.
Il se sentit fatigué, comme un voyage trop long, un manque de condition spirituelle en quelque sorte. 
Il se laissa partir, respiration lente et profonde, visualisation du flux d’oxygène, jusqu’à l’effacement des dernières pensées…

Entre deux vies....

Par Le 04/02/2015

Voyage entre deux vies

Des récits spontanés d’enfants, des réminiscences d’adultes en thérapie et de nombreuses traditions en témoignent : une forme de conscience continuerait d’exister entre nos destinées terrestres.
http://www.inrees.com/articles/voyage-entre-deux-vies/
Cet article est accessible dans son intégralité uniquement aux abonnés INREES
© Shyamalamuralinath
Purnima, née au Sri Lanka, commence vers l’âge de 2 ans à raconter qu’avant, elle vendait de l’encens sur un vélo. De quel « avant » parle-t-elle ? Les enfants s’inventent des histoires, pensent les parents. À 4 ans, la petite fille visite un temple à 230 kilomètres de chez elle. « Une fois sur place, elle prétendit avoir vécu de l’autre côté de la rivière », rapporte le Dr Tucker. Par la suite, Purnima complète son récit de nombreux détails totalement cohérents. Elle insiste : elle a déjà vécu. Elle annonce avoir été un fabriquant de deux marques d’encens, que ses parents ne connaissent pas. Elle aurait vendu sa marchandise sur un vélo et aurait été tuée dans un accident de la route par un gros véhicule. Devant la persévérance de l’enfant, des proches mènent l’enquête. Que trouvent-ils ? Qu’un certain Jinadasa Perera, vendeur d’encens des marques annoncées, habitait dans le quartier désigné par la fillette. Il fut percuté par un camion et mourut 2 ans avant la naissance de Purnima.

Si considérer l’éventualité de la réincarnation est déjà vertigineux en soi, l’histoire ne s’arrête pas là. « Purnima prétendit qu’après sa mort elle flotta dans les airs pendant plusieurs jours dans une sorte de pénombre. Elle vit ses proches pleurer et observa son corps lors des funérailles. Elle prétendit aussi que de nombreuses autres personnes flottaient comme elle. Ensuite elle vit la lumière, vers laquelle elle se dirigea. Puis elle revint dans sa nouvelle famille », expose le Dr Tucker, psychiatre spécialiste des recherches sur l’hypothèse de la réincarnation. Fabulation ? Sa description des funérailles de Jinadasa correspond à des faits réels. Cette petite fille avance avoir continué à « vivre » depuis sa dernière vie.


Des témoignages par milliers


« Nous ne pouvons imaginer la réincarnation sans la croyance corollaire suivante : l’esprit est associé au corps durant notre vie, celle que nous connaissons, mais il est également indépendant de ce corps au point d’en être pleinement séparable et de survivre à la mort du corps auquel il avait été associé », explique le Dr Ian Stevenson. Ce psychiatre, fondateur de la Division des études sur la perception de l’université de Virginie, est l’expert mondial des recherches sur la réincarnation. Après avoir retrouvé les familles des « anciennes personnalités », examiné les témoignages de la manière la plus rigoureuse, l’équipe du Dr Stevenson a trouvé qu’au moins 2 500 enfants ont raconté des histoires vraies. Nous ne sommes plus devant quelques cas épars. Ces bambins, parfois d’1 an et demi, ont décrit en détail la vie de personnes qui ont bel et bien existé, qui sont mortes, et qu’ils prétendent avoir été. Encore plus sidérant : 20 % d’entre eux rapportent des souvenirs de « l’entre deux vies ». 500 enfants, qui par ailleurs ont raconté des histoires authentiques, expliquent avoir flotté au-dessus des vivants, avoir vu des esprits ou des paysages merveilleux. 

« Patrick Christenson, né aux États-Unis, avait 3 marques de naissance qui correspondaient aux lésions d’un frère décédé avant qu’il ne naisse », énonce le Dr Tucker. Patrick avança avoir été au « paradis » et avoir rencontré un proche appelé « Billy le Pirate ». Celui-ci lui aurait confié s’être fait tirer dessus à bout portant et être mort dans la montagne. Patrick raconta cela à sa mère. Elle ne connaissait personne dans la famille qui avait été tué de cette façon-là. Toutefois, lorsqu’elle appela sa propre mère, celle-ci lui raconta l’histoire d’un cousin éloigné dont le surnom était « Billy le Pirate », et qui avait été assassiné dans la montagne. Y aurait-il un au-delà dans lequel nos consciences voyageraient après la mort et duquel elles pourraient revenir ? « Nous sommes obligés de concevoir un espace mental qui diffère nécessairement de l’espace physique dans lequel nous évoluons habituellement », observe le Dr Stevenson.


Un hypnothérapeute en contact avec l’au-delà


À la fin des années 1960, le Dr Michael Newton propose une régression hypnotique à un patient souffrant d’une douleur persistante au côté droit. Espérant trouver dans son enfance l’origine de la douleur, il lui demande de « remonter à la source du problème ». Son patient se retrouve en France au beau milieu de la Première Guerre mondiale. Engagé dans la bataille de la Somme, il meurt d’un coup de baïonnette au côté droit. La description détaillée des uniformes et de la scène se révèle historiquement exacte et la douleur du patient s’estompe rapidement suite à la séance. Piqué par la curiosité, le Dr Newton décide de continuer à explorer les « vies passées ». C’est ainsi qu’il fait « une découverte d’une importance capitale. [...] Je me suis rendu compte qu’il était possible de “voir” dans l’au-delà par l’intermédiaire de sujets sous hypnose qui me faisaient ni plus ni moins un compte rendu de leurs vécus entre leurs vies sur terre ». Il fera régresser plus de 7 000 personnes. Après 25 ans de recherches sur l’au-delà, le Dr Newton avance que les récits semblent comporter « des vérités universelles ». 

Première constatation ? Des concordances remarquables avec les récits d’expériences de mort imminente (EMI). Sensation de flotter au-dessus de son corps. Impossibilité de se saisir des objets du monde physique ou d’interagir avec les vivants. Sensation de paix plutôt que de crainte. Ces témoignages évoquent aussi « l’effet tunnel, maintenant bien connu du public » et la présence d’un ou plusieurs guides, ou d’une sorte de comité d’accueil. S’ensuit ce que le Dr Newton appelle la phase « d’orientation », une revue de vie souvent effectuée avec un guide. 

À partir de là, le chemin continuerait vers « un endroit qui favorise notre guérison ». « Je peux voir un faisceau brillant et chaud. [...] C’est comme une buée, une vapeur qui tourbillonne d’abord autour de moi puis effleure délicatement mon âme comme si c’était vivant. Ensuite, cela me pénètre comme du feu et je me sens lavé de toutes mes blessures », rapporte un des sujets. À la suite de cela, les « âmes » iraient vers un port central. « C’est comme si nous partions tous d’un ruisseau et qu’ensuite, après la mort, nous étions tous attirés vers une grande rivière. [...] Nous sommes rassemblés dans un océan où nous tournoyons au ralenti », décrit un autre sujet. Les âmes seraient enfin comme aimantées vers « leur destination finale » : un regroupement avec leur « famille d’âmes ». « Je fus surpris d’entendre parler de l’existence de groupes d’âmes qui s’aident mutuellement dans leur démarche spirituelle. Je m’étais imaginé que les esprits se contentaient de flotter sans but après avoir quitté le plan terrestre », confesse le Dr Newton. Arriverait enfin le temps de se réincarner. Les âmes décideraient de leur future identité, choisiraient le lieu et le moment de leur nouvelle naissance sur terre. « Tout est confus, je glisse dans un long tube obscur, la sensation d’une caverne, ténèbres puis chaleur ! J’ai conscience d’être dans le ventre de ma mère. Je suis dans un bébé », témoigne un dernier sujet. Les recherches sur l’hypothèse de la réincarnation nous mettent face à des données étonnantes qu’il n’est pas aisé d’interpréter. Toutefois, les experts soulignent combien les souvenirs de « l’entre deux vies » sont concordants avec les récits rapportés par les personnes ayant vécu des expériences de mort imminente (EMI). Une cohérence globale semble émerger de ces deux champs d’étude. « Les similarités indiquent que les allégations faites par les enfants qui se souviennent de l’entre deux vies ont besoin d’être considérées comme faisant partie d’un même phénomène global qui comprend aussi les EMI », stipule le Dr Tucker. Serions-nous face à un phénomène universel – aussi décrit par de grandes traditions depuis des temps immémoriaux et sur tous les continents ?

Le choix de l'âme

Par Le 04/02/2015

Le choix de l’âme : Votre enfant vous a choisi

Publié le 19/12/2014 à 06:18 par reikiland
LE CHOIX DE L’ÂME : VOTRE ENFANT VOUS A CHOISI






Plusieurs traditions spirituelles enseignent que l’âme de l’enfant choisit ses parents.

Vous vous demandez peut être ce qu’il en est ou vous vous dites que si vous aviez pu choisir vos parents, vous n’auriez surement pas choisi les vôtres !

En fait, il ne s’agit généralement pas d’un choix raisonné, intellectuel comme lorsque l’on choisit quelque chose sur un catalogue mais d’une sorte d’attraction électro magnétique.

Le Docteur Christophe Massin, psychiatre et psychothérapeute, l’exprime ainsi dans son ouvrage « le bébé et l’amour » : « Une conscience non incarnée se sent invinciblement attirée par ce couple de parent, non sous leur forme physique, mais plutôt par l’énergie particulière qui se dégage de chacun d’eux, pour le meilleur et pour le pire »

Cette attraction se fait à partir des vibrations, des émanations émises par les futurs parents et les liens karmiques peuvent jouer un rôle important.

Ces liens karmiques nous amènent à retrouver les êtres avec qui nous pouvons avoir des conflits à pacifier ou avec qui nous avons eu une forte relation d'amour pour continuer à nous accompagner, nous soutenir ou accomplir quelque chose ensemble.

L’âme est attirée par des parents dont elle sait qu’ils pourront stimuler l’expression de ses qualités et l’aider à exprimer ce qu’elle est venue vivre et accomplir.

Souvent, l’âme choisit une qualité qu’elle souhaite plus particulièrement venir exprimer et /ou stimuler chez ses parents et son entourage, par exemple la compassion, le lâcher prise, la tolérance, l’amour universel.

Chaque membre de notre famille est là pour nous aider à révéler, développer ou transcender un aspect de nous même.

Si un proche nous fait vivre l'abandon par exemple,peut être que nous avons besoin de développer notre autonomie.

Lorsqu'il y a conflit karmique, l'amour qui peut naturellement se développer au sein d'une famille notamment entre parents et enfants offre un terrain particulièrement favorable pour réparer et guérir ces relations.

Le but ultime de ces retrouvailles d’âme est de nous ouvrir à l’amour sans aucune limitation, c’est-à-dire de nous aider à nous éveiller, nous s’entraider, nous respecter, nous aimer, sans attente, sans jugement, sans comparaison ni manipulation.

La famille comme opportunité de retrouver et de guérir ses blessures karmiques

Lorsqu’ une âme décide de revenir sur terre, elle rencontre ses Guides afin de définir ses choix d’incarnation, c’est-à-dire les facettes d’elle-même qu’elle souhaite expérimenter et développer, les leçons qu’elle a besoin d’apprendre et ce qu’elle choisit de venir guérir, créer, partager et accomplir dans la vie à venir.

Le but premier de toutes les âmes qui s’incarnent est de parfaire leur évolution en apprenant à s’aimer, à reconnaitre et à exprimer pleinement leur lumière et leur essence divine.

L’âme définit ce que j’appelle ses « objectifs prioritaires de guérison » par exemple dépasser sa tendance à se rejeter et donc à attirer le rejet, ne plus remettre son pouvoir aux autres, se libérer de la dépendance affective et développer l’amour d’elle-même. Elle choisit aussi la contribution unique qu’elle souhaite apporter à la terre : « son mandat d’incarnation », c’est-à-dire les talents qu’elle souhaite exprimer et offrir à l’humanité pour contribuer à son évolution, par exemple participer à l’élévation du niveau de conscience en enseignant, en guérissant, contribuer à la préserver la nature, créer de la beauté par des œuvres d’art …

Cela se fait à un plan très élevé de conscience et cette décision se prend environ trois mois avant la fécondation.

Elle choisit ainsi avec les conseils de ses Guides les parents et l’environnement les plus adaptés aux apprentissages et expériences qu’elle doit réaliser.

Par exemple, Laurence que j’ai guidée dans une régression sur ses choix d’incarnation a compris qu’elle avait choisi des parents de deux religions différentes car un des objectifs majeurs de son âme dans cette incarnation était de développer sa tolérance.

Souvent, l’âme choisit un environnement familial et social qui lui assure la rencontre de certaines difficultés qu’elle a à revivre afin de les transcender.

Elle choisit les parents qui pourront faire émerger à la fois le meilleur d’elle-même et les parties plus sombres pour qu’elle puisse les conscientiser et s’en libérer.

Au-delà des parents, l'âme est attirée par une lignée familiale avec ses forces et ses problématiques, un pays et un contexte historique.

Quelques mots pour mieux comprendre ce processus : Lorsqu’un être termine une incarnation, il revoit la totalité de sa vie pour en faire le bilan. C’est d’ailleurs ce dont témoignent les gens qui vivent des expériences de mort imminentes (NDE ).

Il se peut qu’il ai vécu des expériences douloureuses, par exemple d’abandon ou de trahison qu’il va accepter. Dans ce cas, il y a transmutation immédiate de la douleur.

Et puis, il y a des expériences qu’il ne va pas accepter et dont il va tirer des jugements et des interprétations limitatives sur lui-même ou sur la vie. Par exemple, il a vécu une sensation de trahison très importante et va en conclure que plus jamais il ne pourra ouvrir son cœur et faire confiance.

Comme le but de l’âme à son niveau le plus élevé c’est de s’aimer et de s’accepter quelle que soit l’expérience vécue, elle va retrouver le même type de difficulté dans une incarnation suivante pour avoir une nouvelle opportunité de rencontrer, d’accueillir et de dépasser cette blessure et les jugements associés.

Lorsque l’âme fait ses choix d’incarnation, elle choisit les blessures karmiques qu’elle souhaite retrouver pour avoir une nouvelle opportunité de les transmuter.

Cela signifie qu’en choisissant ces blessures elle sait qu’elle va attirer à elle de façon quasi magnétique les parents, les circonstances et les rencontres qui vont les réactiver.

Par exemple une âme qui doit se libérer d'une blessure de rejet, sera attirée par des parents dont elle se sentira rejetée, comme des parents qui souhaitent un garçon alors que c’est une fille. Plus tard elle pourra être inconsciemment attirée par des partenaires dont elle se sentira rejetée. Une âme qui a besoin de guérir une blessure d'abandon sera "magnétiquement " attirée par des parents qui l'abandonneront ou qui seront peu présents, lui donnant le sentiment qu'elle est abandonnée. Même si ce n’est pas le cas, elle aura tendance à tout interpréter en fonction de ses blessures, c’est-à-dire que la moindre attitude ou parole un peu distante sera ressentie comme du rejet ou de l’abandon.

Lorsque l’âme fait ses choix d’incarnation, elle n’est pas en contact avec ses mémoires karmiques, donc tout lui parait léger et facile.

Totalement reliée à sa source divine, l’âme est confiante en ses capacités de réaliser son plan d’incarnation, de dépasser ses anciennes erreurs, d’apprendre ses leçons, de développer les qualités qu’elle a choisi de développer et d’accomplir ce qu’elle souhaite pour aider la terre. Elle sait que l’incarnation lui offre une puissante opportunité de d’expérimentation et de croissance. C’est au cours de sa descente dans l’incarnation qu’elle retrouve progressivement toutes ses limitations, c’est-à-dire la somme de toutes ses mémoires, croyances limitatives, et blessures non résolues.

Plus l’âme descend vers les plans terrestres, plus elle quitte le sentiment d’unité qui prévaut dans les plans célestes pour entrer dans la dualité .Elle retrouve l’illusion qu’elle est séparée des autres et du divin. .Elle se sent de plus en plus lourde et oublie peu à peu qui elle est dans son essence divine. Cela soulève en elle beaucoup de peurs et de doutes, notamment la peur de de ne pas réussir son « mandat d’incarnation » et de perdre l’amour qui l’habite et le contact avec la lumière divine .Cela explique les résistances à l’incarnation qui peuvent surgir à ce moment-là.

Certaines âmes ressentent au cours de cette « descente dans l’incarnation » qu’elles ne se sentent finalement pas suffisamment prête et décident de rebrousser chemin.
De nombreuses fausses couches trouvent leur origine dans ce processus.

Tout ce qui n’est pas accepté et guéri, va donc être reproduit par l’âme pour avoir une nouvelle opportunité de le transmuter. Les événements de notre vie vont stimuler nos blessures karmiques jusqu’à ce que nous nous en libérions. Nous attirons inévitablement ce qui est en résonnance avec notre blessure. Nous finissons ce que nous n’avons pas achevé, nous retrouvons les êtres avec lesquels une blessure est restée sans guérison et nous revivons des situations pour lesquelles nous étions restés sans solution. Ainsi ce que nous jugeons chez nos parents, c’est ce que l’âme a choisi de venir rencontrer et guérir en nous. Cela a l’avantage de permettre une meilleure compréhension de la blessure et des prises de conscience nécessaires à notre évolution.

Quand un être s’affranchit d’une blessure karmique, il contribue à la libération de toute sa lignée familiale.

Ainsi l’âme est attirée par des parents et par une lignée familiale avec des charges et des potentiels aptes à permettre son déploiement malgré les apparences.

Votre enfant vous "choisit" donc autant pour vos qualités et vos forces que pour vos ombres et vos faiblesses. Ainsi, à défaut d'être de parfaits parents, vous serez les parents parfaits c'est à dire les plus appropriés pour votre enfant.

Cette prise de conscience peut soulager bien des peurs et des culpabilités !

Certaines âmes choisissent également des parents dont elles savent qu’elles pourront les aider à évoluer. C’est d’ailleurs de plus en plus le cas actuellement.

Extrait du livre "vivre et transmettre le meilleur pendant sa grossesse"

de Sophie Guedj Metthey
Sophie Guedj Metthey est thérapeute et channel.
Son site www.sophieguedjmetthey.com

Parmi les étoiles...

Par Le 02/02/2015

298739 milky way p

J’avais douze ans. Je vivais en Bretagne. La maison de mes parents était au bord de la forêt et il suffisait que je traverse les bois pour arriver à la mer.

Je passais beaucoup de temps dans la nature. Je l’aimais.

François vivait dans les bois. Une petite maison en pierres que la Mairie lui prêtait. François était un Poilu. Il était parti à la guerre avec son frère et deux amis. Il était le seul à être revenu. Je ne sais pas quel âge il avait. Il m’emmenait dans les bois parfois, il ne marchait pas vite, il était au bout de sa vie. C’est comme ça qu’il disait.

Je n’ai jamais oublié ce qu’il m’a dit un jour. On était assis sur un banc en pierres contre le mur de la maison. On écoutait la forêt.

« Tu sais Thierry, quoi qu’il t’arrive, n’oublie jamais d’aimer la vie, de la remercier, de l’honorer. Quoi qu’il t’arrive ou même à ceux que tu aimes. Car si quelque chose de désagréable survient ou même de dramatique, à toi ou à ceux que tu aimes, n’oublie jamais que pour en ressentir les effets, il faut que tu aies bénéficié de ce miracle de la vie. Tu es vivant. »

Un jour, j’ai trouvé les volets fermés.

François était parti.

J’ai souvent regardé les étoiles le soir. Parfois, je me levais dans la nuit et je cherchais François. Je savais bien que c’était ridicule pour certains mais moi il me plaisait de penser qu’il était là. Il m’est même arrivé de lui parler. Je lui ai dit que je n’oubliais pas de remercier la vie comme il me l’avait appris.

François était très âgé.

……

Renaud était beaucoup trop jeune pour disparaître.

C’est insupportable, c’est même difficile à croire que c’est possible et lorsqu’on réalise que c’est arrivé, on s’en veut de finir par y croire.  

On voudrait avoir perdu la raison plutôt que de s’avouer qu’on ne se trompe pas.

J’aimais la douceur de son regard et l’énergie qui émanait de son corps. Une Présence très forte sans qu’aucune prétention n’en émane. J’avais été surpris la dernière fois que je l’avais vu. Il avait un corps d’homme, une force tranquille et joyeuse. Il restait pourtant dans son regard la candeur de l’enfance et j’avais été touché par cette osmose. Je m’étais dit qu’il respirait la joie de vivre.

 

Alors que faire désormais ?

Je continuerai à aimer la vie, comme Renaud l’aimait, à aimer la nature, comme Renaud l’aimait, à vénérer les Montagnes comme il le faisait.

 

J’aurais aimé que Renaud en fasse autant si c’est moi qui avais disparu.

Il n’y a pas d’autres possibilités. Nous nous devons d’aimer la vie comme ceux qui ont disparu auraient su le faire.

 

  • 178
  • 179
  • 180
  • 181
  • 182
  • 183
  • 184
  • 185