Là-Haut

Articles de la-haut

Musique

Par Le 23/11/2013

LA MUSIQUE REUNIT LES COEURS

France-Allemagne

Par Le 19/11/2013

Puisque la FRANCE , prend toujours l'Allemagne en exemple et que nos hommes politiques nous parlent sans cesse du modèle allemand,

QUELQUES PRÉCISIONS...



> > > > > > >

France

Allemagne


Gouvernement

1 Président de la République

+ 1 Premier Ministre

+ 25 Ministres

+ 9 Secrétaires d'état


> > > > > > > TOTAL : 36

1 Chancelier(e) + 8 ministres

TOTAL : 9


Coût d’un ministre

17 millions d'Euros par an


> > > > > > >


le soir après le" boulot"

A Paris, le 1er Ministre se détend dans son logis de fonction (310m²) à Matignon tandis que ses collègues regagnent en limousines les hôtels particuliers que la République met généreusement à leur disposition

Angela MERCKEL rentre dans son appartement, dont elle paie le loyer, les factures d'eau et d'électricité. Comme chacun de ses 8 ministres


Personnel

906 personnes travaillent

à la Présidence de la République

A peu près 300 personnes en Allemagne


Parc auto

Élysée :

121 véhicules

Chancellerie :

37 véhicules


Déplacements

1 «Airbus A330- 200

2 « Falcon 7X

2 « Falcon 900 2 « Falcon 50

3 Hélicoptères Super Puma etc. ..

Systématiquement en train ou sur des lignes aériennes régulières

NO COMMENT !!


Salaire

Président de la République

21 026 €

Angela MERKEL 15 830 €


Budget

l’Élysée culmine à

113 000 000€.

Chancellerie

36 400 000 €

...


Evgueni Tataïev

Par Le 17/11/2013

Merci à Christian, sur le site IPAGINATION
Par Carpentier Christian , Le 08/11/2013 à 07:06
http://www.ipagination.com/textes-a-lire/afficher/le-christ-le-bouddha-et-l-animal-par-carpentier-christian

 

"Du plus loin que remontent mes souvenirs, je n'ai jamais eu, dans la vie, d'autre modèle et d'autre but que le Christ et Bouddha, ou du moins l'idée - confuse au départ mais prenant de la netteté avec le temps et l'expérience - de la perfectibilité de l'homme et de de sa capacité à atteindre un état de grâce absolue. Je parle ici de ce sentiment de grandeur de l'âme, élevée au sommet de la paix et de l'amour. J'ai relu récemment la Pesanteur et la Grâce, de Simone Veil. Quelle richesse!

Du fait même de la pesanteur inhérente à la condition primitive de l'homme, la grâce ne saurait, lors de son apparition, qu'être ponctuelle, furtive, affleurer comme une île, souvent sans la volonté de celui qui la reçoit.

Le travail d'une vie est à mon sens d'identifier ces moments particuliers, d'observer les conditions qui ont permis leur apparition, et œuvrer à centrer son vécu sur les émotions, les actes et et les connaissances observées. L'objectif est de mettre en place dans son quotidien, avec une méticulosité quasi scientifique, tous les éléments dont la conjonction aboutit à l'apparition de cet état de grâce que, selon les cultures, on peut appeler état de Christ, de Bouddha, éveil ou autre, et de s'abandonner en confiance à la réalisation de ce sentiment de plénitude.

 

Si j'ai mentionné plus haut la condition primitive de l'homme, j'ai cependant l'intuition que c'est en recontactant une part de notre "animalité" que nous pouvons faire surgir, aboutir cet état particulier. J'observe en effet que si, face à certains évènements, l'homme réagit encore souvent en animal, avec des réflexes instinctifs de défense par exemple, ou de peur, il n'a du monde qu'une perception "humaine", limitée par son intellect, lequel analyse et filtre non seulement les informations fournies par nos cinq sens, mais aussi l'intuition, laquelle est le fruit du travail de tri, de comparaison et de déduction de notre inconscient. Je vois ici une inversion grave: l'homme perçoit le monde en homme et réagit en animal, alors que dans une logique chronologique, il devrait appréhender son environnement avec son expérience héritée de son appartenance à la faune, et agir en "Homo Sapiens", en être capable de penser la réalité. (...)

Faire partie intégrante du monde du monde qui nous entoure, nous relier au vivant, à la matière, à l'énergie de ce monde, c'est retrouver notre part animale, c'est nous rapprocher de notre vraie nature, c'est trouver la Paix.

Agir et réagir en être humain, pensant et pacifié par notre juste place, c'est nous permettre de ressentir de la compassion, être dans l'empathie et le partage, c'est vivre l'Amour, totalement confiants.

 

J'ai le sentiment profond, avec des millions de gens avec moi, partout, tout le temps, d'avoir, à plusieurs reprises dans ma vie, été baigné par cette grâce. J'ai également la conviction très profonde que c'est dans cette paix et dans cet amour que se trouve non seulement la clé de la réalisation harmonieuse de chacun d'entre nous, mais également, d'une manière collective, la raison d'être que doit puiser l'Humanité pour sortir de la nuit dans laquelle elle s'est plongée tout au long de ce siècle, dont le futur retiendra les guerres, les génocides, la destruction des écosystèmes et de la nature à grande échelle, la désintégration des valeurs sociales, l'inhumanité croissante...

Je ne crois pas que l'an 2000 sera une date importante pour l'Homme. Je crois, hélas, qu'il faudra attendre très longtemps encore pour voir la conscience ressurgir sur cette planète folle, pour entendre les voix de milliers de Christ et de Bouddha s'élever au-dessus de l'incessant vacarme, et pour accepter enfin de marcher, ensemble, dans une aurore lumineuse, en direction de la paix de tous et de l'amour de chacun."

 Mandala

Evgueni Tataïev   "Flexions et Réflexions de l'Âme" (1974) - - - 

Kilimandjaro

Par Le 16/11/2013

kili-picture.jpg

"LES HEROS SONT TOUS MORTS"

Extrait

Trente deuxième kilomètres. Le soleil écrasait la plaine mais l’altitude la soulageait des chaleurs invalidantes. Elle s’autorisait quelquefois un regard contemplatif sur les étendues offertes, elle imaginait les troupeaux de girafes ou de zèbres alors qu’elle progressait vers la calotte glaciaire du sommet. Le couloir final, un toboggan escarpé, un ruissellement de cendre volcaniques et de pierriers instables. Un horizon fermé par le mur, comme un seuil à franchir. Des nuées de brumes valsaient lentement dans des arabesques animales. Elle se retrouvait parfois englobée par des nappes tièdes, des cotons translucides qu’elle traversait comme des marées légères puis survenaient étonnamment des courants glacés, des haleines opaques qui l’isolaient de tout puis s’effaçaient subitement, effacées par des vents teigneux. Elle s’était accordé une barre énergétique au dernier ravitaillement, elle avait bu les sourires éclatants des porteurs, leurs voix enthousiastes, leurs cris d’encouragement, ces regards admiratifs qui coulaient en elle comme des forces partagées puis elle était entrée dans la solitude minérale, le silence d’un monde figé. Chaque pas comme une vie à accomplir, chaque foulée comme un objectif final. Elle avait rejeté les inquiétudes et s’était focalisée sur la précision de ses pas. Les pensées n’étaient que des ogres insatiables, des dévoreurs d’énergie, elle le savait, elle en avait trop souvent payé le prix fort. N’être qu’une mécanique affinée, s’attacher à la perfection du geste, effacer les tourments intérieurs pour ouvrir son âme et puiser la vie, inspirer la beauté du monde pour ne pas étouffer, expirer les pensées rebelles comme des poisons infâmes, elle savait que le doute ouvrirait des brèches fatales et qu’elle devait s’astreindre à l’abstinence, établir en elle un jeûne émotionnel et laisser le monde l’envahir, n’être qu’un vide immense, délaisser l’humain pour découvrir l’animal, la force seule, la force pure, l’exploration des antres archaïques.

Elle s’engagea dans le couloir sommital sans lever les yeux. Sa vie entière dans la dimension d’un pas, une vie, une autre, une vie, une autre, chaque appui concentrant l’intégralité de sa puissance, chaque avancée comme une épuration. Les cendres et les gravats ruisselaient sous ses chaussures, elle devait observer avec une concentration acérée chaque détail de la sente, adapter ses poussées, s’interdire toute colère contre les éléments, ne pas se chercher d’ennemis pour excuser ses propres faiblesses, rester lucide et humble, juste heureuse d’être là, aimante et reconnaissante. Elle avait appris à bénir les moments les plus éprouvants de chaque course. Elle n’y voyait plus des défis à vaincre mais des hommages à rendre, elle n’y voyait plus des montagnes à conquérir mais des espaces intérieurs à explorer.

Le vide en elle, comme une liquéfaction, une évaporation, l’effacement de toutes les intentions, le saisissement de l’instant, dans son entière plénitude.

Elle déboucha au sommet du couloir dans un état second, les yeux hagards, le souffle court, une brûlure intense dans les fibres, comme une combustion inconnue, la découverte lumineuse d’une source inexploitée, le couvercle de l’antre soulevé, elle avait atteint le trésor, son âme éblouie par cet espace révélé. Les hommes s’étaient glorifiés de leur domination sur une terre impassible et ils s’étaient égarés.  

Elle courait vers un sommet intérieur et bénissait la Terre du tremplin proposé.

Moses l’attendait. Il la laissa s’accroupir et l’enveloppa de son enthousiasme.

« Vingt minutes de moins que le record, Madame Laure. Il en faut moins que ça pour aller au sommet. »

Il trouva étrange ce regard lointain, ces yeux exorbités, comme des tunnels ouverts sur des mondes au-delà de l’humain.

« Tu vas bien Madame Laure ? demanda-t-il. Et il n’obtint aucune réponse.

Un visage impassible.

Elle se redressa et engagea une foulée régulière, des petits pas limités par la raréfaction de l’oxygène. Courir après quatre mille de dénivelée relevait de l’extraordinaire et elle n’y attachait aucune importance. Elle n’aurait rien su faire d’autre. Marcher aurait été une injure. Puisque la Vie la nourrissait au-delà du connu, elle ne pouvait se résoudre à se croire rassasiée. Elle devait extraire de ses gouffres jusqu’à la dernière parcelle d’énergie.

Moses lui emboîta le pas. Ils longèrent les navires de glace échoués sur les plages de roches. Elle se surprit à rire lorsqu’elle s’aperçut qu’elle ne ressentait plus son corps. Une légèreté ineffable et cette sensation indescriptible de n’être plus constituée, de n’avoir aucune frontière, aucune limite.

Moses cria quelque chose, une histoire de record battu.

Elle leva les yeux vers l’horizon.

Une crête qui s’arrondit et le ciel qui s’ouvre sur les plaines. Vingt mètres. Un panneau planté au sommet, un cairn immense. Un caméraman qui fixe les dernières foulées.

Elle s’arrête. Moses la prend dans ses bras, les mots qu’il délivre n’entrent pas en elle, la bulle qui l’enserre est un cocon hermétique.

Un désir étrange de solitude. Ce goût amer d’un envol bridé par des présences intrusives. Les images pour les sponsors, les photographies qu’il faudra monnayer, les obligations contractuelles.

Comme le viol de son âme, une colère qui surgit.

L’antre mystérieux s’est refermé, le couvercle s’est posé, l’insignifiance des hommes a tout sali.

Elle tourne le dos à la caméra et essuie rageusement ses larmes.

Irrémédiable

Par Le 14/11/2013

Puisque le moi ne peut pas saisir un Soi, autre qu’une enveloppe grossie de son propre moi, puisque le Soi ne peut pas être conscience de lui-même puisque cela reviendrait à concevoir un Soi détaché du Tout, c'est-à-dire immanquablement une individualité, ce qui serait antinomique à l’idée du Tout, il n’est dès lors pas possible de saisir le Soi par le moi. Tout simplement. Le Soi aperçu par le moi est nécessairement une entité séparée du Tout et par conséquent autre chose que le Soi. Le Soi est Conscience et non conscience. Il ne peut pas être conscientisé car il faudrait qu’il s’individualise et qu’il s’identifie à l’observateur. La conclusion est simple : je ne suis pas le Soi et je ne parviendrai à ce Soi que lorsque le Je ne sera plus là.

Robin des banques

Par Le 13/11/2013

En 2008, le militant anticapitaliste Enric Durán a emprunté 492 000 € à 39 organismes de crédits différents sans aucune intention de les rembourser. Mais –comme on peut s’y attendre de la part d’un militant anticapitaliste –, il n’a pas tout claqué dans des couteaux de cuisine en diamants et des frisbees de luxe. Au lieu de ça, il a reversé son fric à quelques causes anticapitalistes indéterminées et le reste à Crisi, un journal gratuit qui a détaillé sa façon de procéder et encouragé la population à faire pareil.

Ce geste hardi de Robin des Bois des temps modernes a fait de lui un héros du jour au lendemain. Mais le problème, quand on devient un héros en jouant avec la légalité, c’est que la police se fait une joie de vous coffrer. Enric a donc passé deux mois en prison en 2011 et a été relâché en attendant son procès, qui s’est tenu le mois dernier. Au minimum, il risquait 8 ans en cage, ce qui explique sûrement pourquoi il a refusé d’assister aux premières convocations. Un mandat d’arrêt a donc été émis à son encontre.

Ça faisait deux ans que j’essayais d’interviewer Enric, mais – que les 14 organismes de crédit qui essayent de l’envoyer en prison pour détournement de fonds en témoignent – c’est un mec sur lequel il est assez difficile de mettre la main. Après d’innombrables emails, nous sommes convenus d’un entretien Skype. Qui a été repoussé de trois heures, mais j’imagine que quand on essaie de mettre en œuvre le renversement complet du système capitaliste, on évolue dans un espace-temps différent. Quand on a enfin réussi à discuter, on a parlé d’enculer les banques, de la théorie de la désobéissance civile et de son dernier projet : créer une ville complètement autonome dans la banlieue de Barcelone.


Enric avec un exemplaire de son journal, Crisi

VICE : Hey Enric, qu’est-ce qui s’est passé exactement avec ton procès ?
Enric Durán : 
La Cour a accepté la démission de mon avocat le 13 février et m’a demandé de revenir le 18, ce que je n’ai pas fait. Aujourd’hui, ce n’est pas très clair. Je ne sais pas s’ils veulent porter l’affaire plus loin parce que je n’ai toujours pas de nouvel avocat, donc continuer serait aller contre mes droits.

Je vois. Revenons au début. Tu es activiste depuis 2000. Comment est-ce que tu t’es intéressé au système financier ?
Revenons plutôt à l’époque ou j’ai rejoint le mouvement antimondialisation. En 2005, j’avais commencé à lire un tas de trucs sur la crise de l’énergie, qui était liée au système financier. J’ai réalisé que non seulement ce système était indésirable, mais que ça ne pouvait tout simplement plus continuer comme ça. C’est ce qui a fait naître en moi cette idée d’acte de désobéissance – récupérer l’argent des banques pour l’investir dans des projets anticapitalistes.

Contracter tous ces emprunts était une manière de démontrer comment il est possible de tirer avantage du système ?
Il y avait plusieurs idées derrière, mais deux objectifs principaux. L’un était de dénoncer le système financier comme quelque chose d’insoutenable, le second était de montrer que l’on pouvait être désobéissants, courageux, et que l’on pouvait se responsabiliser. Quand j’ai commencé tout ça, j’étais inspiré par des personnages historiques comme Gandhi, et je pensais qu’il était important de porter des actions comme les siennes au XXIe siècle. Nous voulions utiliser l’argent pour un projet qui prouverait que le capitalisme n’était pas la seule voie possible.


Enric devant le tribunal

Comment tu as fait pour emprunter autant de fric ?
C’était entre l’été 2005 et le printemps 2008 – il y a à peu près 3 ans, donc. Je me suis renseigné sur les rouages du système d’emprunts, sur les informations que requéraient les banques avant d’accorder un prêt. J’ai appris à exploiter les failles du système. Au début, pour trois demandes que je faisais, j’obtenais un prêt. À la fin, j’en obtenais neuf pour dix demandes. Je suis devenu super efficace. Par exemple, la Banque d’Espagne communique les informations sur les prêts aux autres banques mais seulement pour les prêts supérieurs à 6 000 €. Du coup, je n’ai demandé que des prêts inférieurs à ce montant pendant deux ans, et je transférais systématiquement l’argent pour ne pas que la Banque d’Espagne me grille en contrôlant mes comptes.

Est-ce qu’il y a eu un moment où tu t’es dit : « Putain de merde, j’ai quand même un sacré paquet de fric » ? Ou est-ce que tu investissais tout, tout de suite ?
L’argent était tout de suite investi. Je n’ai jamais eu plus de 50 000 € en même temps. Tout était toujours distribué à différents projets.

Tu n’as révélé aucun des projets dans lesquels tu avais investi, mais sais-tu si l’un d’eux a des problèmes suite à un de tes « dons » ?
Pas du tout. En fait, il apparaît que les banques se foutent royalement de savoir où l’argent est passé. Elles n’ont jamais fait aucune enquête et, comme c’était un acte politique, ils voulaient juste me réprimander moi. Ils ne voulaient pas rendre ça plus gros que ça ne l’était déjà.

Tu publies ton propre journal, Crisi. Pourquoi tu n’as pas utilisé les médias traditionnels pour se faire l’écho de ton combat ?
J’ai passé pas mal de temps à me demander comment j’allais rendre l’histoire publique. Je voulais qu’elle touche le plus de monde possible, mais j’avais peur des représailles. Donc on a décidé d’utiliser une partie de l’argent pour imprimer le journal, et je pense que c’est l’une des meilleures décisions qu’on ait prises. Les médias ont compris que ce journal était distribué dans la rue, ils ne voulaient pas passer à côté d’un sujet, donc au final, publier notre propre journal nous a aidés à diffuser notre message dans la presse mainstream.

Si tu devais réussir la mission que tu t’es fixée, quelles seraient les conséquences ? À quoi ressemblerait le monde ?
Plein de gens l’ont déjà fait par accident ; ne pas payer ses dettes est une des causes principales du récent effondrement du système financier. Bon, il ne s’agissait pas vraiment de petits crédits et d’hypothèques privées mais de grosses constructions, de sociétés immobilières qui ne pouvaient pas payer leurs dettes et qui ont fait faillite. Il est peu probable qu’on arrive à dessein à provoquer cet effondrement, mais la chose importante à retenir c’est que de petits changements, des petites décisions peuvent quand même rendre le monde meilleur.

Tu dis souvent : « Je préfère une liberté dangereuse à une servitude paisible. » Tu milites pour la désobéissance civile, en somme.
Ouais, tout repose sur ce que tu penses être juste. Il faut agir en son âme et conscience pour faire du mieux qu’on peut, même s’il y a une autorité pour nous dire de faire autrement. Il serait intéressant de lancer un débat sur l’efficacité du système et sur la manière dont le système judiciaire fonctionne. C’est un système prison qui ne vient en aide à personne – ni les victimes, encore moins les prisonniers ou le gouvernement, qui doivent payer pour tout. C’est le moment de tout repenser et de créer quelque chose de nouveau, non ?

J’ai l’impression que t’es une espèce de cobaye kamikaze qui essaye de démembrer le système et de voir si un système alternatif peut fonctionner.
L’objectif principal est de construire un autre système en repartant de rien. Un système ouvert que personne ne t’oblige à rejoindre. Nous pouvons tout revoir avec cette liberté et décider comment nous voulons que le système de santé, l’éducation, l’économie et tout le reste fonctionnent. Nous l’avons déjà mis en pratique à travers la Coopérative intégrale catalane (CIC) et d’autres projets.


Le QG de la Coopérative intégrale catalane

Ouais, parle-moi de la CIC.
C’est une assemblée où nous avons construit une économie commune, organisé la consommation, couvert les besoins, organisé tout le travail et établi des relations financières afin de soutenir de nouveaux projets de production. Nous avons une infrastructure pour couvrir la santé, les besoins alimentaires de base, les transports, l'énergie – toutes les bases. L’idée principale, c’est que la coopérative se fonde sur l’autonomie. Nous avons besoin de profonds changements dans les relations humaines, de plus de confiance entre les gens. Une révolution intégrale, ça ne consiste pas uniquement à changer le système économique, mais à tout changer, à changer l’être humain. Nous souhaitons changer chaque aspect de la vie.

Tu souhaites un jour fonder un parti politique pour soutenir tes idées ?
Le gros problème, ici, c’est que le concept de parti politique est en contradiction avec l’esprit d’assemblée. L’assemblée est un processus ouvert qui fonctionne par consensus. Le concept du parti politique, lui, est basé sur la confrontation.

 

La crise, encore et toujours :

LES NOUVELLES FRONTIÈRES DE LA CRISELa Grèce en a jusque là des immigrants illégaux

SACRÉE FRAUDE FISCALE ! Mais pourquoi Dieu ne paierait-il pas d’impôts ?

GOLDMAN SACHS À MERDE

11 novembre

Par Le 11/11/2013

Les medias accusent des "bonnets rouges" d'avoir sifflé le Président pendant les commémorations.

Alors, regardez bien ce qu'il en est.

J'ai connu ça déjà à Quimper pendant les manifestations contre la centrale nucléaire de Plogoff. Les forces de l'ordre déclenchent les hostilités et les medias accusent les "casseurs". Je l'ai vu dans le tribunal à Quimper. Depuis, rien n'a changé...

J'aurais aimé savoir si le Monsieur âgé qui fait un malaise cardiaque a été sauvé...Il avait pour les forces du désordre une tête de casseurs...

LA-HAUT : Le paradis perdu

Par Le 11/11/2013

Image 2

 

C’est à l’élévation de son esprit que tous ses efforts s’attellent. Et dans ce domaine rien n’est jamais assuré et rien n’est jamais acquis. Il est bien plus facile et tentant d’abandonner. L’humanité n’a cessé de le faire. De nouveau, il voit le Progrès comme une route infiniment large empruntée elle-même par des progrès multiples. Les progrès de la médecine et de la technologie représentent les constituants les plus en vue, une bonne partie de l’humanité s’efforçant à tout prix de se voir attribuer les bienfaits de la première pour profiter des dernières trouvailles de la deuxième, réduisant les existences à de frénétiques possessions et rejetant la quête spirituelle dans les tréfonds de l’ésotérisme ou pire encore dans les mains des églises et des sectes. Il aimerait savoir ce que serait devenue la connaissance spirituelle si les hommes avaient employé autant d’énergie dans ce domaine que dans les deux progrès précédents. Serions-nous capables, par exemple, d’annihiler la douleur ou tout du moins de la dominer par la seule force de notre esprit ? Aurions-nous trouvé Dieu ? Le Dieu réel, pas l’entité ridiculement rétrécie à l’image de l’homme que les religions vénèrent. Pensant cela, une chaleur étrange parcourt son corps, des frissons jamais perçus vibrent dans son crâne.  

Et c’est là que l’idée prend forme. Ne sommes-nous pas tous constitués de Dieu ? Ne s’est-il pas fragmenté pour concevoir la Vie et élaborer toutes les formes qui l’honorent ? Il sait bien qu’il n’est pas Dieu mais Dieu est peut-être en lui comme il est peut-être en Isabelle. Et la prothèse, dans ce cas, n’est jamais qu’une mécanique astucieuse permettant que la Vie de Dieu en lui fusionne avec la Vie de Dieu en Isabelle. N’est-ce pas cela l’extase amoureuse ? La réunification des fragments de Dieu dans un couple. Mais ne peut-on pas connaître cette extase avec toutes les formes de Vie que Dieu a lancées de par le Monde ? La tête lui tourne en imaginant l’intensité du bonheur que produirait cette communion ineffable quand il pense déjà à la force de l’extase déclenchée par l’amour humain. N’est-ce pas là que se trouve le Paradis Perdu ? Ou peut-être même le sens de toute une vie ? Dans cette capacité à reconstituer le corps de Dieu en aimant la totalité des fragments dans lesquels Il se cache. De la fourmi à la baleine bleue sans oublier les végétaux et peut-être même, mais la tâche lui paraît immense, tous les êtres humains.

Mais dans cette vision du Bonheur ultime, qu’en est-il encore une fois des enfants cancéreux ? Et de tous ceux qui portent en eux des maladies incurables ? Se peut-il que Dieu ne soit pas parvenu à les investir pleinement et que dès lors, la Vie se dérègle ? Dieu est-il parfois dépassé par l’ampleur de sa tâche ? Et si c’est le cas, n’avons-nous pas comme devoir absolu de l’aider à rectifier le travail en le soutenant par notre Foi ? N’ont-ils pas guéri, parfois, ceux qui sont parvenus à trouver Dieu en eux, à le reconstruire peut-être, à terminer le travail, aidés certainement par les maîtres du progrès médical ? Mais Hitler ou Staline, et tous les adeptes du génocide, que font-ils là ? Comment est-il possible qu’ils soient parvenus à enfouir Dieu en eux aussi profondément ? La folie peut-elle les excuser ? Mais cette folie, pourquoi aurait-elle échappée au contrôle de Dieu ? Est-ce encore l’ampleur de la tâche qui peut justifier cela ?

Les interrogations comme des bourrasques. Un tourbillon qui refuse de s’apaiser. Il se dit que le seul livre qu’il pourrait écrire sur Dieu serait un livre de questions ne comportant aucune réponse.

Plutôt que de demander pardon à Dieu pour nos incroyances passagères, ne devrions-nous pas pardonner à Dieu pour son incomplétude coupable ? Et si nos propres faiblesses n’étaient dès lors que le reflet de celles de Dieu ? S’il nous a fait à son image, ne portons-nous pas les traces enfouies de ses erreurs, ne réussissent-elles pas quelquefois à remonter à la surface, attirées peut-être par des fissures dans la carapace. Et si nous cessions de voir en Dieu un Etre parfait et que nous acceptions de le regarder comme un artisan sublime connaissant malheureusement quelques fatigues bien normales.

Pour ceux qui souffrent des épuisements ponctuels de Dieu, l’ensemble des êtres humains ne devraient-ils pas faire preuve d’humanité pour pallier les déficiences de la divinité ? Dans cette attitude solidaire, affectueuse, attentive, certains hommes et certaines femmes dévoués au-delà du commun n’ont-ils pas déjà trouvé un aboutissement extraordinaire à leur existence ? Et certains malades ne sont-ils pas revenus de ce séjour dans les tourments de Dieu avec une sérénité et une lucidité exemplaires ? Ne devrions-nous pas apprendre à être malades ? N’y aurait-il pas dans cette attitude profondément réfléchie et sensible une voie d’accès à Dieu ?

Le Mal sur Terre et le combat des hommes contre les forces multiples qu’il déploie ne sont-ils pas simplement, et terriblement, la confession à nos oreilles des péchés d’orgueil de Dieu, de ses insuffisances, de ses égarements ? A-t-il cru pouvoir s’en sortir seul malgré le gigantisme de sa Création ? Ou bien s’agit-il de sa part d’une manœuvre volontaire ? A-t-il voulu, en plaçant quelques brèches dans la perfection de son œuvre, obliger les hommes à se lancer toujours plus en avant, vers une maîtrise totale de leurs existences ? A-t-il voulu par là nous montrer la voie de la délivrance ? Que serions-nous devenus si nous avions été affublés d’une éternité pesante et d’une félicité béate ? Nous n’aurions sans doute jamais cherché Dieu puisque nous nous serions crû son égal. C’est notre fragilité qui nous pousse à grandir et c’est  pour cela que nous devrions en premier lieu remercier Dieu.

Brutalement, il s’aperçoit qu’il ne parvient pas, pour la première fois, à établir la réflexion inverse et que l’idée d’un Dieu inexistant ne trouve pas sa place dans sa tête. Car si Dieu n’existe pas, qu’en est-il de lui-même ?

Est-ce Dieu l’illusion ou nous-mêmes ? Sommes-nous simplement des formes agitées sur l’écran noir de l’Univers, créatures vides qu’un laborantin génial manipule ? Ces milliards d’êtres humains et ces milliards de milliards de moustiques et ces milliards de milliards de milliards de brins d’herbe ne sont-ils que les porteurs de Vie que Dieu imagine, des illusions d’optiques remarquablement constituées et pourquoi pas tout simplement les multiples versions d’un rêve divin ? Et si le Créateur venait à disparaître, le tour de magie disparaîtrait-il avec lui ? Et si le Créateur venait à être réveillé, inquiété par la tournure prise par ses propres rêves, dans quel Inconscient pharamineux serions-nous engloutis ?

Il lui est désormais effroyable de croire qu’il est né d’un hasard et que toute la Vie qui l’entoure n’est qu’un assemblage laborieux qui a connu durant des milliards d’années des ratages monstrueux. Il lui semble plus doux d’imaginer que dans son être, éphémère et dérisoire pour l’Univers, un Etre supérieur se cache, qu’une volonté puissante a conçu cette image, lui a insufflé un élan, l’a jeté en avant.

Et que maintenant, Il l’observe.

Car si la totalité de son être fonctionne, bien qu’une partie lui ait été enlevée, et qu’il comprenne plus ou moins bien les mécanismes qui maintiennent la cohésion de l’ensemble, il ne parvient pas à comprendre comment chaque cellule sait pertinemment à quoi elle doit servir. À aucun moment de son existence, il n’existe par sa volonté. Tout se fait sans qu’il intervienne. Il peut tenter de maintenir le ciment, de ne pas perturber l’ordre établi mais il n’est en rien responsable des battements de son cœur, des milliards de pensées de son cerveau et de l’extraordinaire complexité de son corps. L’organisation de tout cela dépasse l’entendement humain car encore une fois les « comment » déjà expliqués ne suffisent pas à éclairer l’essentiel. Comment tout cela est-il possible ? Non pas le fonctionnement mais l’idée elle-même ? Est-ce qu’il est acceptable et suffisant pour calmer l’inquiétude d’affirmer que le Hasard est le maître, la sélection naturelle une évidence, l’évolution des espèces une règle intangible ?

Lui n’est toujours sûr de rien.

Il se sert un verre d’eau fraîche.

LA-HAUT : L'épreuve

Par Le 11/11/2013

Image 2

La Terre, sous ses yeux amoureux, se nourrit, saisit goulûment la Vie qui coule de l’Univers et ruisselle en silence. Il sent combien nous sommes tous enlacés par plus grand que nous, toujours câlinés par cette atmosphère ignorée. Il s’étonne d’ailleurs de l’extraordinaire ingéniosité de cette couverture gazeuse qui a su filtrer les rayonnements solaires bénéfiques et repousser vaillamment ceux que la Vie ne pouvait recevoir.

Mais a-t-elle « su » le faire, nécessitant pour cela une conscience réelle ou tout au moins un Architecte habile capable de maîtriser les lois de la physique ou a-t-elle simplement par un mécanisme chanceux fini par se constituer laborieusement, autorisant dès lors l’apparition de la Vie?

En lui, Dieu surgit une nouvelle fois. Il le voit cette fois comme le porteur d’une question essentielle, le point d’interrogation dressé devant les hommes. La complexité  fabuleusement merveilleuse du Vivant le pousse à croire en l’existence de l’Architecte mais le Mal s’obstine à jeter un voile sombre sur la Clarté qu’il distingue.

Encore une fois, il veut y penser et tenter d’avancer dans le mystère qui le hante.

Une brise légère, parfumée à la sève des grands pins, l’effleure un court instant, lançant par ses effluves des désirs de sous-bois.

Il entre sous le couvert des arbres. Le plafond étoilé apparaît, impassible, dans les trouées des frondaisons. L’air, comme assoupi, respire lentement. Il s’arrête et tente de ralentir les battements de son cœur, de sentir la maîtrise de l’organe qui se soumet à son esprit. Il aimerait adapter ses souffles à ceux du monde. La force de son amour se révèlerait alors. Mais il est prisonnier de mouvements internes qu’il ne contrôlera jamais. Une faiblesse qui le désole. Les animaux sont certainement plus habiles que nous à cet égard, il en est certain. Les biologistes qui expliquent les bonds étonnants des baleines hors de l’eau par des soucis de se nettoyer des coquillages qui infestent leurs corps ou par des volontés de communications avec leurs semblables n’ont jamais admis qu’ils ne pouvaient s’agir tout simplement que d’un moyen fabuleux d’exprimer leur joie et leur amour de la Vie. Que sommes-nous capables de réaliser pour témoigner à notre tour de notre reconnaissance envers cette Force qui nous anime ? Nous la combattons. Voilà tout ce que nous avons réussi à établir comme contact. Pour lui, la troisième guerre mondiale a déjà commencé. D’un côté l’armée des hommes et de l’autre celle d’une Nature sans réelle défense.

Quelqu’un, un jour, a écrit : «  Les hommes sont comme les pommes, quand on les entasse, ils pourrissent. » L’image est parfaite. Six milliards et quelques d’humains. Ça commence sérieusement à puer. D’autant plus que le dépôt où sont rangés les fruits est dégradé par la récolte elle-même.

Fallait-il que Dieu aille jusque dans cette extrémité pour placer les hommes sur la Voie de la Compréhension ? Ne pouvait-il pas s’en tenir aux douleurs de l’âme ? Un effroyable doute.

Et si ce doute participait lui aussi à l’Epreuve ? L’idée lui plaît… N’est-il pas l’ultime barrière à gravir pour accéder à la Porte ? Ne s’agit-il pas pour Dieu d’un ultime défi pour tester notre Foi ? « Que celui qui ne croît plus en Moi, parce que le destin que Je lui ai choisi lui pèse, connaisse la défaite et la fin. »

Dieu serait-il capable d’un tel acharnement ?

Il ne sait pas lui-même si, dans le cas où Isabelle, un jour béni, venait à « se délivrer » de leur premier enfant, il accepterait les cris de douleur du petit être fragile et l’incompréhension au fond de ses yeux envers une maladie qui le rongerait. Inacceptable qu’un être puisse accéder à la Compréhension en veillant celui qui meurt.

Ne perdrait-il pas la Foi ? Ne refuserait-il pas l’Epreuve ? Ne maudirait-il pas le Responsable ?

Dans ce cas-là, Dieu n’a-t-il pas présumé des forces morales de l’homme ? Mais s’il n’a pas su prévoir que la douleur serait trop épouvantable pour pouvoir être pleinement assumée par les parents qui soutiennent dans leurs bras impuissants leur petit enfant qui meurt, comment pourrait-on lui donner le nom de Dieu ? Puisqu’il s’est trompé. 

De nouveau, parce que le doute ne le quitte jamais, il s’efforce d’établir la situation inverse.

Si Dieu n’est rien d’autre qu’une illusion inventée par les hommes, les enfants cancéreux et tous ceux qui portent en eux des maladies incompréhensibles ne sont-ils pas tout simplement, et horriblement, les porteurs des stigmates d’une Nature créatrice qui se cherche encore ? Si Dieu n’y est pour rien, si la question même de son existence n’a pas de raison d’être et qu’on s’en tient à une Nature créée lentement par un hasard facétieux, les enfants malades et condamnés ne sont-ils pas l’ultime combat que doit livrer une humanité qui se veut libre et détachée de la Nature originelle ? L’Epreuve nous est proposée par cette Nature elle-même et nous n’avons dès lors rien d’autre à tenter que de la comprendre pour mieux la maîtriser.

Il n’a toujours pas de réponse. Rien de définitif n’apparaît. Il se dit d’ailleurs que la réponse est peut-être là et que le doute en stimulant les recherches est à la source des progrès. Les scientifiques et les religieux, persuadés de détenir la vérité, ne doutent peut-être plus assez pour continuer à trouver. Ils se contentent d’apporter de nouvelles interprétations sur des concepts déjà éclairés refusant par là même de s’aventurer dans les zones d’ombres.

Lui ne sait rien, c’est la seule chose dont il soit sûr.

La Nature et la Grâce (spiritualité)

Par Le 11/11/2013

"A tree of life"

Le début du film porte en voix off un texte sur la Nature et la Grâce.

La Nature est "corrompue" et l'état de Grâce est une élévation au-dessus des contingences de la Vie, une sorte d'extraction de l'Humain qui possèderait un potentiel supérieur à toutes soumissions, une libération.

La Grâce dernière est rendue nécessaire pour que l’homme puisse atteindre sa fin surnaturelle, c'est à dire un tremplin vers Dieu. L’entrée dans l’état de nature corrompue provoquée par le péché rend la grâce nécessaire. Il ne s’agit plus seulement d’élever la nature, mais aussi de la guérir. Il s'agit d'un combat.

Il me semble que cette idée relève toujours d'une prédominance de l'homme sur la Nature et elle me déplaît considérablement. Nous sommes toujours dans une doctrine religieuse.

Il existe pourtant une contemplation et un saisissement salvateur de la beauté infinie du Monde, de cette nature qui est condamnée par les errances qu'elle contient. Les hommes sont faibles et seule la Grâce pourrait leur permettre de s'élever et d'accéder à un état de plénitude.

 

A mon sens, la Grâce est un état qui permet à l'individu d'accéder à la lucidité. Il ne s'agit pas d'une lutte contre les forces naturelles qui pousseraient les hommes à commettre le Mal mais d'un état de neutralité émotionnelle, offrant inévitablement une joie irréductible, bien au-delà du simple contentement épisodique.

Un bonheur inconditionnel. 

Pour Malick, comme pour Thomas d'Aquin, il s'agit du destin ultime de l'homme. Transcender la Nature et entrer dans la dimension mystique.

Je réfute totalement cette conception car cela signifierait que nous devrions répudier la Nature, que nous devrions nous en extraire car elle serait le poison de nos âmes. Malick semble dire que la Nature originelle conduit inévitablement l'homme à commettre le péché, que le Mal est inscrit en lui, que la souffrance marquera de balises ineffaçables son chemin de vie. Traumatismes de l'enfance, humiliations, alternance entre l'élévation et la soumission.

 

"Es-Tu là ?

Guide-moi dans Ton Œuvre."

Une voix off qui implore. Le salut serait au-delà de la Vie terrestre.

Vision chrétienne qui cherche hors de la Vie un Salut espéré tout au long de l'existence. Et quelle paix ont-ils trouvé ces humains ? Rien. Le néant. Pour une raison profonde. Ils se sont dressés devant la Nature comme les porteurs d'une autre voie, une voie divine, une voie supérieure, une possibilité d'être hors de l'enveloppe charnelle, hors de la Nature.

Les images de Malick sont édulcorées. On voit le monde animal dans ses splendeurs, jamais dans ses élans naturels, jamais un animal dévoré, dépecé, jamais un petit enlevé à sa mère, jamais un animal en souffrance. Un dinosaure qui épargne sa proie, comme saisi par un flot de compassion. Les enfants, par contre, font souffrir les animaux, attachent une grenouille à une fusée. Manichéisme outrancier.

J'estime bien davantage la vision de la vie développée par René Barjavel dans "la faim du tigre".

La Nature n'est ni sauvage, ni cruelle, ni néfaste, elle ne corrompt pas, elle n'élève pas, elle n'a même aucune intention. Elle est un ensemble de données brutes, un assemblage extrêmement complexe. Il ne s'agit pas de s'en extraire mais de l'accepter et de saisir dans tout ce qui peut l'être la présence divine. Non pas celle d'un Etre fondateur qui attendrait de notre part des éloges programmés par des Textes bibliques mais bien la présence du flux vital, de l'énergie, de la source.

La Grâce, à mes yeux, survient lorsque cette perception existe, avec la même amplitude qu'une respiration, avec la même constance.

Le Panthéisme bien avant le Christiannisme. Le premier est toujours inscrit dans le flux vital. Le second a voulu lui octroyer une parole adressée essentiellement aux humains. La Nature ne parle pas plus aux humains qu'aux herbes. Dieu vibre tout autant dans l'un que dans l'autre.

Il est inconvenant de penser que le sens de l'existence serait d'accéder à un niveau de conscience qui serait hors de la Nature, en opposition à ce flux créateur, que Dieu n'apparaitrait qu'aux hommes ayant abandonné leurs errances naturelles.

La Nature, chez Malick, c’est à la fois ce monde qui suscite l'émerveillement et la violence associée à la survie. La grâce serait de s'en remettre à Dieu pour comprendre et tout du moins accepter les épreuves.

"Dieu, je remets mon fils entre tes mains."

Et je m'offre ainsi l'apaisement.

 

Il y a quelque chose d'immature dans cette démarche. C'est le doudou de l'âme en peine. Et cela revient à placer les forces de la Nature comme des outrages, des blessures, des violences inconsidérées, des injustices.

 

Mais alors comment justifier que l'homme puisse se réjouir de la beauté de la Nature tout en condamnant ce qui frappe sa conscience ? Cela signifierait que ce Dieu aurait inséré dans le mécanisme du Vivant des phénomènes qui conduiraient les hommes à L'honorer, à chercher en lui une voie de salut.

Je ne vois dans ce plan qu'un esprit manipulateur, un désir de puissance, le goût immodéré du Maître sur ses vassaux. Ce Dieu-là est une abomination. Et il ne peut devenir qu'une idole plus dangereuse que tous les phénomènes néfastes qu'il aurait instaurés. Cela reviendrait à créer une caste d'Elus, opposés aux mécréants. On connaît le fanatisme qui en résulte. 

 

la Grâce n'est pas dans un abandon à une puissance divine mais dans l'Amour de ce qui est. Et dans l'opportunité de lucidité que ce réel propose. Toute forme de jugement, tout sentiment de supériorité, toute idée de Peuple élu ou de conscience "extranaturelle" est une pure croyance. Alors que la Foi est une acceptation inconditionnelle de tous les phénomènes liés au Vivant.

Si Dieu a créé ce Monde pour que les Hommes l'honorent au regard du Salut qu'il propose, Dieu n'est qu'un manipulateur.

A moins que les Hommes eux-même se soient fourvoyés.

J'aimerais voir les réactions de Peuples Premiers à ce film.

Dieu serait le sauveur des âmes. J'imagine leur éclat de rires.

Tant que les hommes verront dans la Nature une dimension qui les corrompt, je pense qu'ils ne connaîtront jamais Dieu. C'est à dire l'Amour insufflé dans le flux vital.

 

La mystique de Malick, aussi esthétique soit-elle, contribue à ce désastre. Parce que c'est une esthétique biblique. Et qu'il n'est dès lors absolument pas libre de comprendre, ni encore moins de saisir l'ineffable.

Dans cette conception biblique, Dieu le Père tient le même rôle que le père terrestre.

Brad Pitt alterne les moments de partage, d'affection, de jeux avec les moments d'humiliation, de soumission, de colère.

On retrouve finalement le même fonctionnement que celui dénoncé par les tenants d'un Dieu tout puissant.

Lorsque la Vie s'avère redoutable, la faute en incombe à la Nature. Dieu sera le Sauveur.

Lorsque la vie est belle, c'est un cadeau de Dieu.

Consternant.

"Ne t'invente pas des armées d'ennemis pour excuser tes propres faiblesses. "

N'accuse pas la Nature d'avoir inséré en toi des phénomènes néfastes. Ta mission est de les observer et non d'implorer un Sauveur. Ta mission est d'analyser pour comprendre et non de de clore ton esprit par des prières.

Le fonctionnement développé par la religion est un abandon.

Autant j'admire la maîtrise absolue du cinéaste, autant, je conteste son message.

 

J'attends toujours ce film qui explorera l'Amour.

Topocontes

Par Le 06/11/2013

UNE SUPERBE IDEE


Planète Métis Magazine

Planète Métis Magazine

A propos de Planète Métis

Magazine consacré à l'écologie et l'environnement

Topoconte, petit peuple et randonnée

ChroniquePosted by philippebainier Wed, November 06, 2013 09:48:02
TOPOCONTE®, petit peuple et randonnée

Le TOPOCONTE®, est un concept et une invention littéraire atypique, à mi-chemin entre le conte et le topo de randonnée. Conjugaison de l’imaginaire et la rando ludique… se balader devient alors une aventure dont vous êtes le héros, parti sur les traces visibles et palpables laissées par des êtres imaginaires.

Edition : Les Colporteurs http://www.lescolporteurs.fr/
Auteurs : Laurent Schwoehrer et Jean-Christophe Huet

Public : Pour toute la famille.

Les auteurs

Jean-Christophe Huet et Laurent Schwoehrer sont deux amis et confrères. Accompagnateurs moyenne montagne et pères de familles, ils partagent aussi l’aisance auprès du jeune public et l’envie de valoriser les chemins de randonnées.

« Nous sommes des traits d’union entre les gens de la ville et la nature, mais nous avons envie d’aller au-delà de l’information » explique Jean-Christophe Huet.

Et le TOPOCONTE® est né !

Leur complicité mise au service d’un amour inconditionnel de la nature fait bon ménage avec leur imagination fertile. De là à créer de toute pièce un outil pédagogique sortant des sentiers battus il n’y avait qu’un pas qu’ils ont franchis avec talent, permettant à chacun d’être autonome sur les sentiers. TOPOCONTE®, est une marque déposée.

TOPOCONTE® : au choix

Le premier cahier, Farfadets et les pierres cachées (paru en 2009), concernait la région de Grenoble.

Puis, en 2011, Brigands et fées de Chartreuse devenait prétexte à la découverte d’un autre secteur montagneux, sur le territoire du Parc Naturel Régional du massif de Chartreuse.

En 2011 Cyclamon et les cairns faisait son apparition. Les auteurs se mettant à jouer les rôles d’Hubert Codet et Yves Fournier, des archéologues spécialistes des petits peuples. Cette fois, les aventures se déroulent sur le Massif des Bauges, situé entre Annecy Albertville et Chambéry. Premier d’une série de quatre carnets, il met en scène Cyclamon, un petit personnage attachant.


En 2013 le tome 2, Cyclamon et la carte du monde souterrain

En novembre 2013, le tome 3 : Cyclamon et la Clé de la Mémoire

Allons-y

Le TOPOCONTE® propose des itinéraires bien précis et réels, tout en permettant de plonger dans un univers emprunté aux contes et légendes dans une nature bien palpable.

Des allers et retours incessants se font entre ces deux mondes. Petits peuples des Rocailloux, Moussus, Ravignats et Floribards accompagnent le défi que chacun est invité à relever.

Au fil de la promenade il s’agit de découvrir les symboles gravés sur les Cairns et autres indices.

Le TOPOCONTE® est richement documenté d’informations au sujet de la flore, de la faune, des différentes curiosités à côté desquelles, il serait dommage de passer.

Les technologies modernes ont été mise à contribution depuis, afin de rendre plus attractive encore l’aventure.

Nathalie Damide Baldji
journaliste pigiste plurimédias
http://www.reportagesandco.com/

Ca se passe près de chez vous

Par Le 05/11/2013

Partout en France.


A 91 ans, elle est jugée trop valide et perd ses aides

Jugée trop valide, Jeanne, 91 ans, s'est vu supprimer ses aides à domicile par le conseil général de Saône-et-Loire.

Saber Desfarges
Le 04/11/2013 à 15:51
Jeanne Bramas ne rentrerait plus dans les critères des aides à domicile. (Capture JSL.com - montage BFMTV)

Jeanne Bramas ne rentrerait plus dans les critères des aides à domicile. (Capture JSL.com - montage BFMTV)

1 / 1

A 91 ans, Jeanne Bramas, habitante de Sainte-Croix en Saône-et-Loire s'est vu retirer ses aides à domicile, rapporte le JSL.com. Jugée trop valide, l'agricultrice à la retraite ne rentrerait plus dans les critères. La grand-mère bénéficiait de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) depuis 2009, lui donnant droit à 20 heures de ménage par mois à un tarif réduit.

Une situation à laquelle la famille de la retraitée ne décolère pas. "Elle a 91 ans et je sais qu’elle ne sera pas éternelle. Je voudrais qu’elle puisse vivre tranquillement, apaisée", a déclaré sa petite fille, Karine Ferrand.

"Apparemment, quand on vieillit, on reprend des forces

Il y a trois ans, la fille de l'agricultrice à la retraite, Annie Pirat, avait monté le dossier pour sa mère. "Elle en avait besoin: pour le ménage, pour l’aider à sa toilette. À 87 ans… Elle commençait à faiblir, et à avoir du mal à effectuer certaines tâches quotidiennes"', s'est-elle expliquée au JSL.com.

Mais en 2012, coup de théâtre: une visite de contrôle met fin aux aides de Jeanne. "On nous a dit qu’elle ne rentrait plus dans les critères. À 90 ans, elle serait trop valide!", a dénoncé sa petite fille. "Apparemment, quand on vieillit, on reprend des forces…", a ironisé sa fille.

Après cette décision, la famille tente un recours. Mais la réponse reste la même: Jeanne ne rentre pas dans les critères.

Des revenus trop faibles

La famille a depuis réussi à mettre en place deux heures de ménage par semaine grâce à la Mutuelle Sociale Agricole. "Mais ça ne pourra pas durer: ça devient trop cher", a déploré Karine Ferrand.

Jeanne vit avec le minimum vieillesse et ses revenus demeurent trop bas pour assurer la charge. Une situation qui devient incompréhensible pour ses proches: "Certes, elle est valide : elle se lève seule, marche. Mais par exemple, elle a une baignoire où elle ne peut plus rentrer. Et faire du ménage, ce n’est plus possible", a assuré Karine.

Un constat que confirme la fille de la retraitée: "pour les repas, il faut la surveiller. Et elle a du mal à se servir de ses bras. Alors j’aimerais comprendre leurs critères…

Le conseil général de Saône-et-Loire, qui a retiré l'aide à domicile de la dame de 91 ans, "l'âge n'est pas un critère." Ajoutant "qu'il permet d'être éligible" seulement à l'APA pour les personnes de 60 ans et plus.

Concours littéraire

Par Le 05/11/2013

http://www.monbestseller.com/manuscrit/ataraxie

JE VIENS DE METTRE EN LIGNE UN DE MES ROMANS;

Vous pouvez donc le lire GRATUITEMENT dans son intégralité et décider de voter si cela vous a plu.


ATARAXIE

RomanPsychologique
de Thierry Ledru
ATARAXIE Thierry Ledru
Synopsis
Un guide de haute montagne et sa femme vont au salon du livre de Paris. Attentat dans le RER, station Saint-Michel. Une bombe. Le guide est amputé d'une jambe, sa femme est morte. Expérience de mort approchée. Un basculement absolu. Que reste-t-il quand on a tout perdu? Comment se reconstruire? Quel est la source de ce basculement dans lequel l'individu tombe puis s'élève ? Processus de deuil avant l'illumination.
Publié le 05 Novembre 2013 - 0 lecteurs


PRESENTATION DU CONCOURS

Participez au « Grand Prix du Livre Non Edité »

A l'occasion de la révélation du prix Goncourt 2013, monBestSeller lance le Grand prix du livre non édité 2014. Tous les mois, à partir du 4 novembre 2013, les membres de monBestSeller éliront, parmi l'ensemble des livres publiés, le livre non édité du mois. Un jury de lecteurs et de passionnés départageront l’ensemble de livres sélectionnés afin d’élire le Grand Prix du livre non édité 2014.
Participez au « Grand Prix du Livre Non Edité »

1) Quels livres peuvent être sélectionnés ?

- Tous les livres d’au moins 60 pages, constituant un récit complet et non pas un extrait.
- Si votre livre est déjà commercialisé et que vous souhaitez néanmoins participer, vous pouvez le faire en mettant à disposition des lecteurs la totalité de votre livre en exclusivité et sur une période de 30 jours correspondant au mois pour lequel vous voulez concourir..

2) Qui peut participer ?

- Tous les membres inscrits (gratuitement) sur le site monBestSeller : auteurs ou lecteurs.  
- Les auteurs peuvent soutenir leur propre livre.

3) Comment soutenir un livre ?

- Choisir le livre que vous souhaitez soutenir parmi les livres publiés sur monBestSeller

- Poster un commentaire sur le livre : « Je soutiens ce livre, je le partage »

- Partager le livre choisi avec son réseau :
-> En envoyant un mail à vos amis ou membres de votre famille qui vont apprécier ce livre (n’oubliez de faire figurer le lien du livre et un petit commentaire donnant votre propre sentiment sur cette lecture).
-> En le partageant sur l’ensemble de vos réseaux sociaux : FB, Twitter, LindedIn, Google+, etc.

Les participants disposent d’un mois* pour faire grimper le livre choisi au classement.

- A partir de décembre 2013, le 3 de chaque mois à minuit, le livre parvenu à la première place** sera récompensé et nommé « livre du mois »  promu et sélectionné pour participer à la grande finale.

*Du 4 du mois au 3 du mois suivant.
**Première place des succès du mois. Dans le cas où le numéro 1 serait encore n°1 le mois suivant, le numéro 2 sera choisi et ainsi de suite.

4) Que gagne-t-on ?

Le membre participant :

- Tous les participants ayant soutenu et mis le commentaire « je soutiens ce livre, je le partage » sur la page du livre du mois participeront au tirage au sort. - Le membre tiré au sort gagnera une tablette tactile (modèle IT WORKS TM703)

Le livre élu chaque mois se verra récompensé par :

- Une promotion exclusive sur le site (via interview, vidéo, ou tout autre moyen).
- Une visibilité sur l’ensemble de réseaux sociaux de monBestSeller.
- La participation au grand jury final qui élira le Grand Prix livre du non édité.

Le livre qui remportera le grand prix du livre non édité 2014 fera l’objet de :

- Une promotion exceptionnelle sur le site monBestSeller et sur les sites partenaires de l’opération
- Une promotion sur l’ensemble des réseaux sociaux monBestSeller
- Un relai presse via une campagne RP

 5) Date de lancement de clôture

- Lancement le 4 novembre 2013 et clôture le 4 novembre 2014.
- Etalement sur 11 mois pour la sélection des livres éligibles au Grand Prix : du 4 novembre 2013 jusqu’au 3 octobre 2014 minuit.
- Délibération du jury final pour l’élection du Grand Prix du livre non édité 2014 du 4 octobre 2013 au 3 novembre 2014 
- Annonce des résultats : le 4 novembre 2014 

 

Lire le réglement du jeu concours

Jonathan Livingstone

Par Le 04/11/2013

« Bonjour enfant.

-Bonjour Jonathan.

-Je vois que tu regardes le livre qui raconte mon histoire.

-J’aime bien parce que ça n’est pas trop long. J’ai du mal à lire des longues histoires.

-Tu as pourtant toute la vie pour ça.

-Mais je ne sais pas combien de temps ça fera. Et puis, j’ai d’autres choses à faire aussi.   

-Des choses plus importantes que de lire ? Ça doit être terriblement important alors.

-De quoi ça parle ton histoire, Jonathan ?

-Qui es-tu ?

-Quoi ?

-Oui, qui es-tu ?

-Et bien, je m’appelle Loïc.

-Non, non, moi, je te demande qui tu es, pas comment tu t’appelles ?

-Et bien, je suis un garçon, j’ai dix ans, j’habite en Savoie.

-Et tu vas à l’école, tu as une sœur et un chien, tu aimes faire du vélo et aller jouer dans ta cabane. Je sais déjà tout cela. Mais, moi, j’aimerais que tu me dises qui tu es.

-Je ne comprends pas ce que tu veux, Jonathan.

-Et bien, lis mon histoire et tu comprendras.

-Tu vas me dire dans ton histoire qui je suis ?

-Non, mais tu sauras comment j’ai compris qui j’étais. Et je ne suis pas un goéland qui s’appelle Jonathan. Tout ça, c’est juste des étiquettes. Mais si tu enlèves les étiquettes, qu’est-ce qui reste ?

-Ça m’a l’air bien compliqué ton histoire.

-Voudrais-tu me dire que ça ne t’intéresse pas de savoir qui tu es ? Tu ne veux pas comprendre ce dont tu es capable, tu ne veux pas comprendre pourquoi tu es attaché à tes habitudes, à tes amis, tu ne veux pas découvrir cet extraordinaire potentiel qui est en toi ? Mais alors, si tu ne veux rien savoir de toi, qui le fera pour toi ?   

-Je sais déjà de quoi je suis capable.

-Je pense pour ma part que tu sais uniquement ce que tu as déjà accompli. Mais tu ne sais pas tout ce que la vie a enfoui en toi.

-Et ton histoire me le dira ?

-Elle ne te dira pas ce qu’il te reste à découvrir mais elle te racontera ce que moi, j’ai découvert et dont j’ignorais totalement l’existence.

-Donc, tu veux me dire que ton histoire, elle me parle aussi de moi ?

-Elle parle à tous les enfants qui veulent comprendre.

-Comprendre quoi, Jonathan ?

-Comprendre la vie. Tout simplement. Et je ne te parle pas de l’école, des mathématiques ou de la géographie, je ne te parle pas de comprendre tout ce qui vient de l’extérieur. Je te parle de comprendre ce qui est en toi.

-Dans mon corps ?

-Dans ton corps, dans ton âme, dans tes pensées, dans tes rêves, dans tes espoirs. Comprendre ce dont personne ne te parle. Mais que mon histoire te racontera. Tu n’es pas ce que tu crois être, tu es bien plus. Alors, lis, cher enfant, lis. Et ne t’occupe pas du temps que ça te prendra. Tu n’as aucune idée de tout ce que ce temps passé à lire te fera gagner comme temps à ne pas chercher partout ce que tu pourrais devenir. Tout est déjà là, en toi. Et de le lire, tu le comprendras. »

Jonathan Livingstone s’envola et l’enfant resta assis sur le sable. Il regarda l’oiseau s’éloigner et il ouvrit la première page.   

Bonnets rouges et Colibris

Par Le 03/11/2013

Bretons, voilà LA SOLUTION.


Créer un réseau d'entreprises pour une économie locale et durable

Face aux grandes entreprises nationales ou internationales, les entreprises locales peuvent avoir le sentiment de ne pas « faire le poids ». Comment des commerçants locaux peuvent-ils tenir face à l’implantation de grandes surfaces ? Combien de centre de petites villes sont-ils désormais vides de commerces ? Combien de petits producteurs disparaissent chaque jour, ne pouvant préserver leur marge face aux géants de l’industrie alimentaire et de la distribution ?

Qu'est-ce qu'un réseau d'entreprises pour une économie locale et durable ?

Pourtant, les études montrent qu’acheter à une entreprise ou à un commerçant local profite à l’économie locale (l’argent dépensé circule plus longtemps sur le territoire et participe à pérenniser et assurer l’économie locale). Et l’actualité démontre qu’une région dépendant d’une seule ou d’un petit nombre d’industries est souvent une région en sursis. Par ailleurs, de nombreuses opportunités existent pour développer une économie locale vivante, en réponse aux besoins et préoccupations (écologie, traçabilité, production éthique, emploi local, etc.) de secteurs croissants de la population et de l’économie locale (circuits courts, substitutions aux importations, filières locales, démarche de progrès, etc.).

Le réseau d'entreprise pour une économie locale et durable développe une alliance locale visant à redonner vie à des économies moins dépendantes d’une mondialisation dont nous percevons mieux aujourd’hui les excès et dangers.

En quoi cela peut transformer notre territoire ?

Modèle actuelModèle proposé
Perte de liens sociaux Créer un lieu d'échange et d'action commun aux entrepreneurs qui partagent les valeurs d’une économie locale
Désertification des petits commerces Renforcer les liens entre la population et les entrepreneurs locaux, pérenniser la vie des centres villes
Délocalisation de l'économie et fuite des

richesses

Lancer des initiatives nouvelles à l'échelle du territoire
Destruction d'emploi Dynamiser l'économie locale et renforcer les solidarités économiques et sociales
Pollution Réduire les transports des produits et minimiser les changements climatiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Créer un réseau local d'entrepreneurs locaux et indépendants motivés par les mêmes valeurs et objectifs vous permettra de :

  • Offrir un lieu d'échange et d'action commun car le réseau permet aux entrepreneurs qui partagent les valeurs d'une économie locale de se retrouver et d'agir ensemble.
  • Renforcer les liens entre habitants et entrepreneurs locaux car le réseau encourage l'installation de commerces locaux –lieux de convivialité– et par conséquent les échanges.
  • Mettre en place de nouvelles initiatives  à l'échelle du territoire et dynamiser l'économie locale car le réseau permet à des entrepreneurs de s'implanter localement et donc de favoriser les échanges locaux, d'éviter la délocalisation et de créer de nouveaux emplois.
  • Réduire l'impact écologique car les entrepreneurs locaux favorisent les circuits courts. Ainsi, vous réduisez les transports des produits et minimisez les changements climatiques.

Comment créer un réseau d'entreprise pour une économie locale et durable ?

  1. Commencer par créer un petit cercle d’entrepreneurs indépendants partageant les mêmes valeurs, en recrutant par le bouche-à-oreille des collègues, fournisseurs et clients déjà sensibilisés.
  2. Se mettre d’accord sur une charte de valeurs et des objectifs pragmatiques, en identifiant des besoins locaux importants pouvant être satisfaits par une action concertée.
  3. Débuter par des actions simples, facilement réalisables, dont le succès motivera pour la suite. Vous pouvez, par exemple : organiser des soirées à thème et y inviter les entrepreneurs du secteur pour faire connaissance ; regrouper les stands des entreprises membres dans le même secteur à l'occasion d'une foire et y proposer des animations sur les thématiques abordées par le réseau (écoconstruction, économie locale, qualité des produits et services locaux, achat éthique, etc.) ; créer un site Internet présentant l’offre de produits et services des entreprises locales indépendantes ou rejoindre une plateforme spécialisée (Mes courses pour la planète).
  4. Explorer les niches locales pouvant donner lieu à la création d’entreprises, voire de filières locales pouvant se substituer à des productions importées.
  5. Lancer une campagne en faveur de l’achat local en mettant en place un système de fidélisation commun aux entreprises membres.
  6. Mettre en place une démarche de progrès commune reprenant les priorités et valeurs du réseau. 
  7. Mettre en place une monnaie locale est un excellent outil de sensibilisation des clients.

Quelles sont les structures qui peuvent vous aider ?

Atelier 

Vous avez un projet pour entreprendre autrement ? L’Atelier - Centre de ressources régional de l’économie sociale et solidaire - vous acceuille, dans le 10e arrondissement de Paris, pour vous orienter et simplifier vos démarches 
http://www.atelier-idf.org

La Maison des associations de solidarité de l’Ile-de-France 

www.mas-paris.fr

Le réseau REEL34 

Il a pour rôle de relier, sensibiliser et promouvoir les entreprises locales qui ont décidé de contribuer au développement d'une économie locale vivante et durable. Il a établi une charte qui assemble les membres autour de valeurs et d’objectifs partagés 
http://www.reel34.net/

Mes courses pour la planète

Le guide pratique en ligne de la consommation responsable (Mes courses pour la planète)
http://www.mescoursespourlaplanete.com/

ADEME

L'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie, qui participe à la mise en oeuvre des politiques publiques dans les domaines de l'environnement, de l'énergie et du développement durable, pourra vous aider dans vos démarches 
http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?id=11433&m=3&cid=96

ADD Europe

Pour la création et l'animation de réseaux 
http://www.addeurope.net/

Quelques lectures :

  • "The Small-mart revolution: How Local Businesses Are Beating the Global Competition", Michael H. Shuman, Ed. Berrett-Koehler Publishers, 2006
  • "Vivre autrement, l’économie sociale et solidaire en Ile-de-France", Alternatives Economiques H-Série Pratique

Ils l'ont fait !

"Lancée fin 2006, l'association REEL 34 est aujourd'hui composée d'une soixantaine d'entreprises. En créant ce réseau nous avons réalisé à quel point les entrepreneurs qui sont alignés sur ces valeurs se sentent moins isolés et peuvent, du coup, lancer des projets avec d'autres. Par ailleurs, le fait de s'appuyer sur les uns et sur les autres a amélioré la qualité des prestations".

Franck Cescato, membre du REEL34.

 

Petits arrangements entre amis

Par Le 03/11/2013

RSS

Le Point.fr - Publié le - Modifié le

L'attribution à Écomouv' du contrat mettant en oeuvre l'écotaxe soulève des interrogations.

L'écotaxe étant suspendue, les portiques chargés de détecter les camions redevables de l'impôt doivent être démontés.
L'écotaxe étant suspendue, les portiques chargés de détecter les camions redevables de l'impôt doivent être démontés. © SERGE POUZET/SIPA / dr
399
48
4
Source Sipa Media

Le contrat passé entre l'État et Écomouv', ce consortium chargé de mettre en place les infrastructures pour la collecte du péage poids lourds, est une fois de plus critiqué. En cause, cette fois, la légitimité mais surtout la régularité de l'obtention de ce contrat. D'après un rapport de la mission d'appui aux partenariats public-privé (PPP) remis en 2009 et que le quotidien Le Parisien s'est procuré, le choix d'un montage mixte ne se justifiait pas.

Selon ces experts, l'État aurait pu passer par un marché public, moins coûteux d'environ 250 millions d'euros. Le gouvernement avait à l'époque opté pour un partenariat avec Écomouv', contenant l'Italienne Autostrade à hauteur de 70 %, le reste du capital étant partagé entre Thales, SNCF, SFR et Steria.

L'écotaxe devait rapporter chaque année 1,15 milliard d'euros, dont 250 millions pour la société Écomouv', 750 millions pour les caisses de l'État, et 150 millions pour les collectivités locales. Le gouvernement avait pointé une plus grande rapidité de mise en place pour justifier son choix. À l'époque, ce projet avait d'ailleurs obtenu l'aval de la quasi-unanimité des forces politiques, dont les socialistes. Et ce, malgré les mises en garde de la PPP face à "une opération originale et complexe, pour laquelle il n'existe pas de précédent".

Toujours d'après le quotidien, des questions planent quant à la régularité même de l'appel d'offres. Il semblerait que les délais de réalisation des travaux, l'un des critères déterminants dans l'attribution du marché, aient été révisés en pleine procédure de sélection.

Anomalies

De plus, le groupe Écomouv' tel qu'il existe aujourd'hui n'avait pas présenté de candidature, a conclu le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi en 2011 par Alvia, principal rival d'Écomouv' lors de l'appel d'offres. C'est Autostrade qui s'est adjoint en cours de route des partenaires dont l'État est actionnaire. "Une façon de franciser son offre face aux concurrents", a confié au Parisien un expert.

En 2011, la Sanef a, pour sa part, saisi le Service central de prévention de la corruption. Parmi les anomalies constatées, les liens commerciaux entre Autostrade et Rapp Trans AG, une entreprise suisse, conseil de l'État sur l'écotaxe. À l'époque, le tribunal administratif avait constaté que "l'impartialité des conseils techniques de l'État" n'était pas "suffisamment établie".

Le directeur général de la Sanef aurait par ailleurs été approché par un cabinet d'avocats qui souhaitait "pousser" la candidature de la Sanef au PPP. Une enquête préliminaire a été confiée, en 2011, au parquet de Nanterre alors que Philippe Courroye y était procureur. Elle est toujours en cours.


Citation

Par Le 03/11/2013

"Qu'est-ce que le Tiers état?

Tout.

Qu'a-t-il été jusqu'à présent ?

Rien.

Que demande-t-il ?

A devenir quelque chose."


Janvier 1789, l'Abbé Sieyès. "Essai sur les Privilèges"

Ecotaxe et Goldman Sachs

Par Le 03/11/2013

Qu'on les pende hauts et courts.


Fiscalité écologique

Les dessous de l’écotaxe : quand Benetton et Goldman Sachs collectent l’impôt français

par

En reportant l’entrée en vigueur de l’écotaxe pour les poids lourds, le gouvernement Ayrault vient une nouvelle fois de capituler face à des intérêts privés. Mais derrière cette taxe écologique se cache une autre question, qui n’a jamais été soumise au débat public : c’est la première fois que la collecte de l’impôt est confiée à des entreprises privées. Un consortium emmené par Benetton, Goldman Sachs, Thalès et SFR empochera 20% des recettes de la taxe pour assurer son recouvrement. Du jamais vu ! Enquête.

Après six ans de reports et d’atermoiements, l’écotaxe poids lourds est devenue un sujet explosif. Et le gouvernement n’en finit plus de s’empêtrer dans des reculades qui le décrédibilisent. Les critiques se focalisent sur le coût de la taxe pour les transporteurs et les agriculteurs. Pourtant, l’essentiel est ailleurs : pour la première fois, la collecte d’un impôt est confiée à des entreprises privées. L’État a fait le choix de déléguer le recouvrement de l’écotaxe à un prestataire, par le biais d’un contrat de partenariat public-privé. Le produit de la perception de la taxe, estimée à 1 200 millions d’euros par an, sera reversé à l’administration des douanes. Une première en matière de fiscalité ! Un système choisi sous Sarkozy et mis en œuvre par un gouvernement socialiste et écologiste... L’écotaxe « s’appuie sur un mode de recouvrement entièrement nouveau et automatisé. A bien des égards, c’est une taxe du XXIe siècle ! », s’enthousiasme la sénatrice UMP Marie-Hélène Des Esgaulx, dans un rapport remis à la Commission des finances en février dernier.

« Un retour à la Ferme Générale de l’Ancien Régime ! », dénonçait la CGT, lorsque le gouvernement Fillon a validé cette option, peu après le Grenelle de l’environnement. Cette externalisation entraine un surcoût pour le contribuable. « L’écotaxe est incontestablement coûteuse », admet Marie-Hélène Des Esgaulx. Sur un total de 1,2 milliard d’euros collectés, environ 280 millions d’euros sont consacrés à la rémunération du prestataire privé qui assure le recouvrement. Soit 23 % [1] ! C’est la taxe la plus coûteuse jamais mise en place ! « A titre de comparaison, ce pourcentage ne dépasse pas 1,2 % pour l’impôt sur le revenu », poursuit le rapport. « Le recouvrement d’un impôt coûte souvent moins de 1% du montant de celui-ci, confirme Philippe Bock, secrétaire général du syndicat Solidaires Douanes. « Pour les services des douanes, la masse salariale coûte un milliard d’euros, pour des rentrées fiscales de 67 milliards d’euros. Le coût de recouvrement de l’écotaxe est complètement prohibitif ! » Cette taxe poids lourds, « c’est service public minimum et profits maximum », résume le syndicat.

Benetton, Goldman Sachs, Thales et SFR, collecteurs d’impôt

« Le coût global du contrat de partenariat, bien qu’élevé, ne semble pas surestimé », conclut Marie-Hélène Des Esgaulx devant la commission des Finances. Il est de toute façon bien tard pour s’en apercevoir. Le contrat de partenariat a été signé en octobre 2011, pour une durée de 13 ans et 3 mois. Au terme du contrat, l’ensemble du dispositif doit être remis à l’État. Celui-ci se trouve lié jusqu’en 2025, sans qu’aucune étude n’ait été menée sur l’opportunité de confier cette mission au secteur privé. « Les Douanes n’étaient pas capables de faire un tel montage technique », tranche le député UMP Hervé Mariton. Sauf qu’il était possible de créer un système bien moins complexe. Ou de déléguer seulement certaines missions au secteur privé.

Qui va toucher ces 280 millions par an (desquels sont déduits 50 millions de TVA) pour mettre en œuvre le dispositif de recouvrement ? Un consortium d’entreprises baptisé Ecomouv’, mené par le groupe italien Autostrade per l’Italia. Celui-ci est une filiale d’Atlantia, la société qui gère la plupart des autoroutes italiennes. Elle est détenue (à 48 %) par le fonds d’investissement Sintonia, propriété de la famille Benetton [2]. La banque états-unienne Goldman Sachs est entrée au capital de ce fonds en 2008. Autostrade, qui détient 70 % d’Ecomouv’, s’est allié avec les groupes français Thales, SNCF, SFR et Steria, une entreprise qui vend des services informatiques aux entreprises. Visiblement, personne ne s’est demandé comment la SNCF appréhendera d’éventuels conflits d’intérêt, alors que les 3 300 camions de sa filiale Geodis, spécialisée dans le transport de marchandises, seront concernés par l’écotaxe. Rappelons également que l’objectif initial de l’écotaxe est de développer des transports plus écologiques, notamment le fret ferroviaire, sur lequel la SNCF a quelques intérêts financiers.

Les rentrées fiscales passeront-elles par les paradis fiscaux ?

Ecomouv’ prévoit des recettes de près de 2,8 milliards d’euros pour les 11,5 années d’exploitation du dispositif. Les véhicules de plus de 3,5 tonnes – environ 600 000 immatriculés en France et 200 000 étrangers – devront s’enregistrer auprès d’Ecomouv’, notamment via des sociétés de télépéages habilitées : Axxes, DKV, Eurotoll, Ressa, Telepass et Total. Les poids lourds devront se doter d’un boîtier, type GPS, qui permettra de retracer leur parcours sur les 15 000 km de tronçons routiers concernés par la taxe. Des portiques installés sur ces routes serviront uniquement à contrôler que les camions sont bien dotés de boîtiers. Les sociétés de télépéage collecteront une partie des taxes, versées sous forme d’abonnement [3]. En contrepartie, elles seront rémunérées par Ecomouv’ à hauteur de 60 millions d’euros par an. Les transporteurs pourront, s’ils le souhaitent, s’acquitter de la taxe directement auprès d’Ecomouv’.

« Nous osons tout de même espérer que le cahier des charges a formellement interdit à Ecomouv’ de disposer comme il l’entend des sommes avancées par les redevables, sous peine de voir celles-ci reversées aux actionnaires, ou bien servir à quelque spéculation ou encore transférées dans quelque paradis fiscal », s’interroge Solidaires. Que le collecteur d’impôts joue en bourse les sommes collectées serait en effet une nouveauté ! Le syndicat s’inquiète également des usages possibles des données recueillies sur les transporteurs et leurs pratiques.

« Pour le prestataire privé, c’est gagnant-gagnant, résume Philippe Bock, de Solidaires Douanes. Mais pour l’État, c’est un fiasco sur le plan fiscal et sur le plan environnemental. L’objectif écologique a été complètement perdu en route. L’écotaxe devait promouvoir les circuits courts, en taxant les transports, et comme les autoroutes sont exonérées, cela incite les camions à se reporter vers les grands axes routiers ! » Un travers pointé dans le rapport de la sénatrice Marie-Hélène Des Esgaulx : avec l’écotaxe, le ministère des Transports s’attend à une augmentation de 15 à 20 % du trafic poids lourds sur les autoroutes. Une recette supplémentaire estimée à 400 millions d’euros par an pour les sociétés gérant les autoroutes, principalement Vinci et la Sanef !

Ecotaxe : quels profits pour le privé, quelles recettes pour l’État ?

C’est ce type de partenariat public-privé qu’a choisi l’Allemagne pour son écotaxe poids lourds. Celle-ci permet de collecter près de 4,4 milliards d’euros par an, autoroutes comprises. Toll Collect, le consortium qui gère le dispositif, regroupe Deutsche Telekom, le constructeur automobile Daimler et Cofiroute, filiale du groupe français Vinci. Il est rémunéré à hauteur de 600 millions d’euros par an pour la mise en place des installations et le recouvrement de la taxe. L’affaire semble juteuse, puisque Toll Collect annonce un bénéfice net de 80 millions d’euros en 2012 [4]. Un peu moins évident pour l’État allemand, qui, depuis 2004, lui réclame 3,3 milliards d’euros de dommages-intérêts pour manque à gagner, du fait de nombreux retards subis par le projet, et 1,7 milliard de pénalités pour non-respect du contrat initial. Un contentieux qui dure depuis huit ans. A ce tarif, autant gérer soi-même la collecte.

En Slovaquie, c’est également un consortium privé, SkyToll, qui a signé un contrat d’exploitation pour 13 ans. Ce consortium, détenu à 10% par le concessionnaire d’autoroutes français Sanef, dirigé par Alain Minc, a gagné l’appel d’offres en 2007. Il avait pourtant fait l’offre la plus élevée… Douze recours [5] et deux enquêtes de la commission européenne plus tard, le dispositif mis en place est loin d’avoir fait ses preuves. La taxe a rapporté 141 millions d’euros en 2010. Sur lesquels Sky Toll ponctionne 110 millions d’euros ! Résultat : l’État slovaque a touché à peine le quart de la somme collectée [6]. « Les coûts de fonctionnement par rapport au rendement de la taxe seront nettement inférieurs en France à ce qu’ils sont en Slovaquie », explique le député UMP Hervé Mariton, auteur d’un rapport à l’Assemblée nationale sur le sujet en 2011. Voilà qui est rassurant. Difficile d’avoir beaucoup de recul : seuls six pays européens ont mis en place un système de taxe similaire [7].

Contentieux et présomption de corruption

Le service des douanes sera chargé de gérer les contentieux et les recouvrements forcés, mais aussi d’assurer le contrôle du dispositif. « Quel accès aurons-nous au système informatique ?, interroge Philippe Bock. Il sera impossible pour nous d’avoir une vue globale du système. » Les risques de défaillance sont grands. La France se prépare-t-elle à des désillusions ? Car la bataille entre sociétés privées pour le marché de l’écotaxe est rude. L’appel d’offre a déjà été marqué par plusieurs contentieux. En janvier 2011, la Sanef – qui a perdu l’appel d’offre – dépose un recours devant le tribunal administratif de Pontoise afin d’empêcher la signature du contrat. Motif : l’État a été conseillé durant la procédure par la société RAPP, qui a travaillé pour la société Autostrade sur la mise en place d’une taxe poids lourds en Autriche. L’indépendance de ce conseil est donc contestée. La procédure d’appel d’offre est alors annulée par le juge administratif, mais validée par le Conseil d’État.

La Sanef a également saisi le service central de la prévention de la corruption du ministère de la Justice pour « faits relevant du délit de favoritisme, de trafic d’influence et d’incitation à la corruption ». Selon ses dirigeants, la société « a été approchée » et « on lui aurait fait comprendre que le résultat de l’appel d’offre serait fonction de ce qu’elle pourrait accepter de "faire" ou de qui elle pourrait "gratifier" » [8]. L’affaire a été transmise au Parquet de Paris, puis de Nanterre. Qu’importe. Le contrat entre l’État et Ecomouv’ est signé en octobre 2011, sous le gouvernement Fillon. Commence alors un « délai contractuel » de 21 mois au terme duquel le dispositif devra être prêt et la collecte lancée. Jean-Marc Ayrault profitera-t-il du nouveau report annoncé le 29 octobre pour renégocier les modalités de collecte de l’écotaxe ? Pieds et poings liés au partenariat public-privé, le nouveau gouvernement dispose d’une faible marge de manœuvre.

Déjà un demi-milliard de perdu

Le lancement de la taxe, prévue en juillet 2013, est repoussé une première fois en octobre, puis en janvier 2014. Chaque report signifie une perte de recettes pour l’État. Un préjudice évalué à 90 millions d’euros par mois, selon L’Officiel des Transporteurs. Soit un manque à gagner de plus de 500 millions d’euros rien qu’en 2013. Le nouveau report sine die laisse présager une accumulation des pertes. Selon Ecomouv, entre 800 millions et un milliard d’euros d’investissements ont déjà été engagés. Un montant que devra rembourser le gouvernement en cas d’annulation du projet, estime le consortium. Celui-ci n’obtiendra sans doute pas les 800 millions d’euros prévus en cas d’annulation du contrat – puisque celui-ci est seulement suspendu – mais il pourrait demander des indemnités de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Des agents des douanes chargés de superviser les contrôles ont déjà été mutés au centre de Metz, où travailleront 130 agents au sein du service taxe poids lourds. Plusieurs centaines de personnes ont été recrutées par Ecomouv’ pour son centre d’appel et de traitement des factures, également basé à Metz. Autant de personnes qui risquent de se retrouver en chômage technique si la situation ne se débloque pas.

La Bretagne, quasi exemptée d’écotaxe

Reste que les opposants à l’écotaxe – Medef et FNSEA de Bretagne en tête – semblent avoir fait plier le gouvernement. Ce qui agace profondément les associations écologistes. Seule une partie du réseau routier est concernée par l’écotaxe [9]. Et la Bretagne en est grandement exemptée en raison de son caractère « péninsulaire », avec un taux de réduction de 50%, rappellent le Réseau action climat et la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) dans un communiqué. La contribution des transporteurs bretons est évaluée à 42 millions d’euros par an, alors que la région devrait recevoir annuellement 135 millions d’euros pour l’amélioration de ses infrastructures de transport [10], expliquent les associations. De cela, FNSEA et Medef locaux n’en ont cure. Les objectifs écologiques de la taxe semblent bien loin. Réduire les transports routiers est pourtant un enjeu de taille : les conséquences sanitaires de la pollution atmosphérique liée aux poids lourds coûteraient environ 45 milliards d’euros par an en Europe [11].

Derrière la bataille sur l’écotaxe et la capitulation permanente du gouvernement, subsiste une interrogation plus grave : l’État français a-t-il encore les moyens et l’autorité nécessaires pour assurer la collecte des impôts, sans céder à des intérêts privés ? En matière de fiscalité devraient primer la cohérence et l’intérêt général, et non la sous-traitance au plus offrant d’une fonction régalienne déjà bien mise à mal.

Agnès Rousseaux

(@AgnesRousseaux)

Photo : CC Liquid Oh

- Sur le même sujet : Ecotaxe : quand le PS découvre les dérives des partenariats public-privé

Les bonnets rouges

Par Le 03/11/2013

1441202-359203234224794-1717875678-n.jpg603276-181028002042319-1844365302-n.jpg

A Quimper, les "bonnets rouges" s'unissent pour "faire vivre le pays"

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

Abonnez-vous
à partir de 1 €
Réagir Classer

Partager google + linkedin pinterest

Entre 15 000 et 30 000 personnes se sont réunies samedi 2 novembre à Quimper, place de la Résistance, pour conserver l'emploi en Bretagne.

(Quimper, envoyée spéciale)

La place de la Résistance, à Quimper, n'avait jamais été aussi fleurie que ce samedi 2 novembre. Amenés par trois camions de producteurs locaux, des milliers de chrysanthèmes ont été installés en début d'après-midi par les manifestants tout autour de la place, grâce à une chaîne humaine improvisée. En ce lendemain de fête de la Toussaint, les "bonnets rouges", rassemblés à l'appel du collectif "Vivre, décider, travailler, en Bretagne", voulaient rendre hommage à leurs morts : "L'emploi et l'économie bretonne, et tous les sacrifiés de chez Gad, Marine Harvest, Doux, Tilly-Sabco, et la liste est longue", expliquait ainsi Bruno, 34 ans, éleveur de volailles dans le Finistère.

Car le mot d'ordre samedi était bien celui-là, malgré les polémiques et les divisions : conserver l'emploi en Bretagne. Sous ce slogan, 15 000 personnes se sont rassemblées (30 000 selon les manifestants), d'horizons aussi divers que le Medef, le NPA, la FNSEA, FO, ou encore le Parti breton. "Limiter le mouvement à un coup de colère contre l'écotaxe serait une erreur, martelait samedi Christian Troadec, maire (DVG) de la ville de Carhaix. C'est bien une inquiétude plus globale qui s'exprime aujourd'hui sur l'avenir de la Bretagne."

"LA DÉTRESSE QUI GRANDIT"

Sous ce bonnet rouge érigé en symbole – vendu à prix coûtant par l'entreprise Armor Lux, habituée des bons coups marketing – beaucoup de manifestants venaient "en solidarité", à l'image d'Elisabeth, 49 ans, salariée à l'hôpital de Rosporden (Finistère). "L'épuisement", "la détresse qui grandit", les "voisins et amis qui tombent dans la misère", voilà les raisons qui l'ont poussée à venir manifester seule. Toute sa vie, Elisabeth a voté socialiste. "C'était l'évidence, ici", dans ce fief où les extrêmes n'ont jamais réussi à faire de bons scores. Mais "2012, c'était la dernière fois", prévient-elle. Vers qui se tourner ? Elle ne sait pas encore, et s'en dit "attristée".

Comme Elisabeth, beaucoup de manifestants expriment leur rejet complet de la politique du gouvernement. Alors que la foule scandait "Re'zo re" ("Trop c'est trop" en breton) et "Hollande démission", les intervenants à la tribune s'emportaient tour à tour contre "l'abandon de l'industrie agroalimentaire bretonne" et "un recul en trompe l'œil sur l'écotaxe".

Pour Nadine Hourmant, déléguée FO chez le volailler Doux, touché par un plan social, l'écotaxe "est seulement un nouveau poids sur notre pouvoir d'achat, c'est inimaginable d'accepter ça au moment où on nous supprime nos emplois". Un peu plus loin dans la foule, Christophe, chauffeur-routier de 28 ans, renchérit : "L'écotaxe était sur le principe une idée pas mauvaise, mais elle a été tellement vidée de sa substance qu'elle n'a plus rien d'écologique, ce sera juste ça de moins dans nos frigos ou à la pompe".

"UN SIGNAL FORT À PARIS"

L'idée de ce rassemblement est donc "d'envoyer un signal fort à Paris, faire comprendre qu'on ne veut plus que les choix soient dictés par des hauts-fonctionnaires de Bercy qui n'ont jamais mis un pied en Bretagne", explique au micro Christian Troadec, qui appelle la foule à "se relever les manches pour trouver des solutions qui viennent d'ici".

La grande majorité, mine inquiète et calme exemplaire, s'ennuyait devant les innombrables discours tenus en début de rassemblement qui ont bien failli empêcher complètement le cortège de défiler.

Dans son t-shirt orange fluo, Pascal, 40 ans, passe difficilement inaperçu. "Etre vu, être entendu", c'est pour cela que cet employé de Marine Harvest à Poullaouen est venu défiler à Quimper. Son entreprise, fleuron de l'agroalimentaire du Centre-Bretagne spécialisé dans le saumon, a annoncé la fermeture de deux de ses sites, laissant sur le carreau près de 400 salariés, alors même que la société a déclaré, entre avril et juin, un bénéfice opérationnel de 111 millions d'euros. "Le problème, c'est le dumping social en Europe, comment voulez-vous qu'on lutte contre des employés payés 3 euros de l'heure sans protection sociale ?", s'exclame-t-il, la voix étranglée par la colère. S'il a conscience aujourd'hui qu'il défile aux côtés de patrons, il répète n'être "pas dupe". "On sait qu'ils ferment pour en tirer un peu plus d'argent, mais il y a bien un moment où c'est à l'Etat d'exiger des contreparties, au lieu de leur filer des subventions sans rien obtenir en retour".

Face à cette hétérogénéité des organisateurs, la CGT et le Front de Gauche avaient pour leur part préféré appeler à une contre-manifestation à la même heure à Carhaix, qui a rassemblé près de 3 000 personnes. Dans un communiqué, les organisateurs ont expliqué vouloir éviter la "manifestation fourre-tout" de Quimper, qui voudrait "faire croire que les patrons et les travailleurs ont les mêmes intérêts".

A lire : Malgré la suspension de l'écotaxe, la mobilisation se poursuit en Bretagne

"FAIRE VIVRE LE PAYS"

A écouter ces manifestants, pourtant, un intérêt semblait bien l'emporter : celui de "faire vivre le pays". Marine, Emy et Coralie, trois jeunes femmes de 19 ans, se sont joints à la manifestation – leur première – pour "défendre leur avenir". Ces trois natives de Bannalec, étudiantes dans le notariat, le service à la personne et salariée dans la restauration, ne conçoivent pas de "ne pas rester vivre en Bretagne". Ce sentiment d'appartenance, tant "culturelle qu'humaine", il "est difficile à expliquer à quelqu'un qui n'est pas breton", s'amusent les jeunes filles. "De l'extérieur, on comprend que ça puisse étonner, qu'on se dise 'les pauvres filles, elles ne veulent pas connaître autre chose', mais ce n'est pas ça, c'est juste qu'il y a quelque chose en plus qui nous donne envie de rester", expliquent-elles, en se drapant dans leur Gwen ha du – le drapeau breton.

Bien sûr, tous ne venaient pas seulement pour ça. Par endroits, les panneaux brandis par les manifestants reprenaient les slogans du Front national, voire même de "La Manif pour tous", et cherchaient à faire de l'événement "un tournant dans la politique française". "Il faut que le reste de la France suive l'exemple breton, et exprime son ras-le-bol, et mette à la porte tous ses politiciens corrompus", s'emportait ainsi Yvonne, 64 ans, retraitée après avoir travaillé comme secrétaire pendant vingt ans.

Mais la grande majorité, mine inquiète et calme exemplaire, s'ennuyait devant les innombrables discours tenus en début de rassemblement qui ont bien failli empêcher complètement le cortège de défiler. Le seul tribun ovationné fut d'ailleurs Jean Hourmant, 87 ans, président du comité d'action pour la mise à deux fois deux voies de la RN 164 et maire honoraire de Plonévez-du-Faou. Figure locale haute en couleur, il s'est félicité de voir autant de "jeunes" dans la foule, appelant à suivre sa voie en "étant bagarreur".

INCIDENTS ET BLESSÉS

Au même moment, au fond de la place, des jeunes, las des discours et échauffés par la présence à quelques mètres des CRS, jetaient des bouteilles de verre et des pots de chrysanthèmes sur les forces de l'ordre, et tentaient d'escalader les grilles de la préfecture avoisinante. En face, la police a répliqué avec les canons à eau et les gaz lacrymogènes.

Selon la préfecture, cinq personnes ont été légèrement blessés, dont un CRS touché à un genou. Au moins deux personnes ont été interpellées, selon "Ouest France".

Après le départ du cortège puis la dispersion de la manifestation vers 17 h 30, quelques centaines de manifestants sont restés sur la place, dans un face-à-face tendu avec les CRS. Quelques-uns avaient prévu les masques à gaz et avouaient être"pour que ça pète", malgré les appels au calme répétés des organisateurs de la manifestation et de la famille de Mickaël Cueff, cet agriculteur qui avait dû être amputé de la main après la manifestation du 26 octobre à Pont-de-Buis.

Vers 19 h 30, les manifestants ont finalement été dispersés, sous une pluie de gaz lacrymogènes. Selon la préfecture, cinq personnes ont été légèrement blessés, dont un CRS touché à un genou. Au moins deux personnes ont été interpellées, selon Ouest France.

Charlotte Chabas
Journaliste au Monde

"Vous êtes coupables."

Par Le 03/11/2013

Les agriculteurs bretons sont montrés du doigt, coupables de transporter leurs marchandises sur des distances considérables, de polluer le sol avec les nitrates, de polluer l'atmosphère et de ne pas vouloir participer à l'effort collectif...Comme tout cela est bien raconté par les médias, dénoncé par les politiques. Mélenchon vomit sur "les esclaves bretons qui protègent leurs maîtres."

Les autres politiciens ne sont pas en reste.

Les agriculteurs sont coupables.

Je fais le parallèle avec la fonction enseignante. Nous sommes à chaque gouvernement montrés du doigt, vilipendés, critiqués, mis plus bas que terre et un Ministre, superbe et intelligent, vient en sauveur nous apprendre à travailler, "pour sauver notre jeunesse."

Les enseignants sont coupables.

Et les médias se repaissent de ces incapables jetés dans l'arène.

Quid des politiciens de l'UE qui ont imposé aux agriculteurs du pays des directvives productivistes, des monocultures, des investissements constants, un endettement colossal, une vie de labeur et la vindicte populaire ? Quid des minsitres successifs qui viennent marquer de leur sceau, une école déboussolée ?

Jusqu'ici, ils restaient à l'abri dans leurs tours de verre, leurs donjons luxueux.

Mais le regard de la population change. Inexorablement.

Les Bretons soutiennent leurs paysans.

Les parents d'élèves se rebellent contre la réforme du calendrier scolaire. Une cohésion s'installe avec les enseignants. Des conseils municipaux votent le retour à l'ancien calendrier. la fronde ne cible plus "les coupables" désignés par le pouvoir mais le pouvoir lui-même.

Les enseignants subissent invariablement les humeurs des technocrates et espèrent un soulèvement des parents. Aucune utilité de faire grève. Nous perdrions tout soutien. Ce temps-là est fini.

Les agriculteurs, de leur côté, ne subissent pas le joug du "devoir de réserve" et crient leur désespoir.

Je souhaite qu'ils se protègent de toutes récupérations syndicalistes, de toute affiliation à un mouvement politique. Je souhaite qu'ils installent une autre agriculture, qu'ils se démarquent des systèmes anciens. Ils savent aujourd'hui que rien de bon ne peut advenir du haut de la pyramide.

Il est temps de passer à un mouvement populaire. Rien d'autre. Lorsque les abstentionnistes représenteront la première force non-politique de ce pays, le changement sera possible.

  • 218
  • 219
  • 220
  • 221
  • 222
  • 223
  • 224
  • 225