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De l'honnêteté...

Par Le 28/09/2013

Et donc, ce jeune homme a été "honnête."

Et bien, à sa place, au lieu de prendre le risque de voir cet argent retourner à une famille corrompue, à des truands ou à des nobles, esclavagistes modernes, pour lesquels cette somme ne sera qu'un amusement, j'aurais tout gardé, tout revendu par petits lots, discrètement et j'aurais versé une part à un organisme que j'aurais choisi.

L'honnêteté n'est pas de s'en remettre à la justice dans ce bas-monde...Elle est de faire ses propres choix.


Un alpiniste trouve un trésor sur un glacier du Mont-Blanc

Le 26 septembre à 11h40 | Mis à jour le 26 septembre

Le glacier des Bossons où a été faite la découverte.
Le glacier des Bossons où a été faite la découverte. PHOTO/AFP JEAN-PIERRE CLATOT

Un jeune alpiniste savoyard a découvert pour plusieurs dizaines de milliers d'euros de pierres précieuses sur un glacier du Mont-Blanc, provenant probablement du crash d'un avion indien vieux d'un demi-siècle.

Les pierres précieuses, des émeraudes, saphirs et rubis, ont été remises à la gendarmerie de Bourg-Saint-Maurice (Savoie) début septembre, selon la même source, confirmant une information du Dauphiné Libéré. Leur valeur a été évaluée entre 130.000 et 246.000 euros par un joaillier local. Le jeune alpiniste, qui souhaite garder l'anonymat, les a découvertes alors qu'il évoluait sur le glacier des Bossons. Il a aperçu une boîte métallique qui gisait sur le glacier.

A l'intérieur, se trouvaient de petits sachets, dont certains portaient la mention "Made in India", contenant les pierres précieuses. "C'est un jeune homme honnête qui a très vite compris que ça appartenait à quelqu'un qui était mort sur le glacier", a expliqué à l'AFP le chef d'escadron Sylvain Merly, commandant de la compagnie de gendarmerie d'Albertville. "Il aurait pu garder ça pour lui mais a préféré les amener à la gendarmerie", a-t-il ajouté.

Deux avions indiens se sont écrasés sur le Mont-Blanc en 1950 et 1966. Depuis lors, les alpinistes découvrent régulièrement des morceaux de carlingue, des valises ou même des restes humains. En août 2012, deux jeunes alpinistes de Chamonix avaient ainsi découvert une valise diplomatique indienne, contenant des coupures de journaux, qu'ils avaient symboliquement remise aux autorités indiennes. Dans le cas des pierres précieuses, "si on ne retrouve pas le propriétaire, un article de loi prévoit que ça pourrait revenir au jeune alpiniste", a expliqué le commandant Merly.

Les pierres ont été mises sous scellés et remises au parquet d'Albertville. Les autorités françaises devraient désormais prendre contact avec les autorités indiennes afin de retrouver le propriétaire ou ses héritiers.

Le Malabar Princess, un avion d'Air India, s'était écrasé sur le Mont-Blanc le 3 novembre 1950, lors d'une catastrophe aérienne qui avait fait 58 morts. Près de seize ans plus tard, le 24 janvier 1966, le "Kangchenjunga", un Boeing 707 de la compagnie Air India, qui effectuait la liaison Bombay-New York, s'était écrasé au même endroit avec 117 passagers à bord à environ 4.750 mètres d'altitude.

Aucun passager n'avait survécu à l'accident.

Le glacier des Bossons charrie régulièrement des débris des catastrophes aériennes survenues au Mont-Blanc. En 1975 déjà, le guide de haute montagne Christian Mollier y avait découvert le train d'atterrissage du Malabar Princess lors d'une course en montagne.

Le Temps

Par Le 28/09/2013

Si les montagnes passaient leur temps à pleurer les roches arrachées,

si elles passaient leur temps à craindre les saisons comme des outrages,

elles en oublieraient de profiter du paysage.

Et elles se morfondraient de ne pas s’en être réjouies une fois réduites en plages.

 

Vertiges de l'esprit.

Par Le 27/09/2013

Les vertiges, quand ils sont spirituels, évitent à l'existence l'apparition de la nausée.



Quatar

Par Le 26/09/2013

Tout le monde laisse faire. Les rois du pétrole ont tous les droits.


Coupe du monde 2022 : des "esclaves" népalais morts au Qatar sur les chantiers

Le Monde.fr | • Mis à jour le

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Au moins 44 ouvriers népalais employés sur des chantiers de construction des sites de la Coupe du monde 2022 au Qatar sont morts entre le 4 juin et le 8 août.

D'après des documents confiés par l'ambassade du Népal à Doha au journal britannique The Guardian, au moins 44 ouvriers népalais employés sur des chantiers de construction des sites de la Coupe du monde 2022 au Qatar sont morts entre le 4 juin et le 8 août. Jeunes pour la plupart, ils ont été victimes d'attaques et insuffisances cardiaques ainsi que d'accidents sur leur lieu de travail. Tous exerçaient dans des conditions d'exploitation qui s'apparentent à de l'esclavage moderne.

L'émirat affiche la part de travailleurs migrants rapportée à sa population la plus importante au monde. Plus de 90 % de la main-d'œuvre est composée d'immigrés et, d'après le Guardian, "1,5 million d'ouvriers supplémentaires doivent être recrutés pour construire les stades, les routes, les ports et les hôtels nécessaires au bon déroulement du tournoi" de football. Les Népalais comptent pour 40 % d'entre eux et plus de 100 000 se sont rendus au Qatar l'an passé. Ils constituent la main-d'œuvre principalement employée pour l'organisation du Mondial.

UNE "PRISON À CIEL OUVERT"

L'enquête du Guardian évoque des éléments qui démontrent une vaste exploitation des ouvriers étrangers, du travail forcé – parfois par 50 °C –, un refus d'accès à l'eau potable – pourtant gratuite – et des violations multiples des normes internationales en matière de droit des travailleurs. Dans des conditions sanitaires alarmantes, certains de ces ouvriers étrangers dorment à douze dans une chambre d'hôtel insalubre, en proie aux maladies.

Le voyage depuis le plateau himalayen jusqu'aux déserts de la péninsule arabique coûte une fortune aux migrants, obligés de s'endetter pour payer les agences qui prennent en charge leur transfert. Les taux d'intérêt de leurs emprunts sont exorbitants – le journal parle de 36 %. Sur place, ils sont souvent payés avec plusieurs mois de retard et leurs salaires retenus pour les empêcher de fuir. Certains ont vu leurs passeport ou pièces d'identité confisqués. 

Un jeune ouvrier de 27 ans, Ram Kumar Mahara, raconte au quotidien britannique qu'il a gardé le ventre vide pendant 24 heures, après 12 heures de travail et une nuit entière : "Quand je me suis plaint, mon chef m'a chassé du camp de travail. J'ai dû mendier la nourriture des autres travailleurs parce qu'il refusait de me payer". Le corps d'un jeune garçon de 16 ans a été renvoyé à sa famille seulement six semaines après être arrivé dans l'émirat pour travailler.

D'après l'ambassadeur népalais à Doha, le Qatar est une "prison à ciel ouvert". Une trentaine d'ouvriers ont trouvé refuge dans la représentation diplomatique.

Le Comité suprême Qatar 2022, structure chargée de préparer la Coupe du monde, s'est dit "profondément concerné par ces allégations visant certains prestataires et sous-traitants du site de construction de Lusail City et considère la question avec le plus grand sérieux". Les autorités, assure-t-on, ont lancé une enquête.

Super Trash

Par Le 25/09/2013

Je rappelle que dans notre pays, nous avons un Minis-terre de l'écologie mais il préfère se taire.

Le 9 octobre prochain sortira en salle le film accablant de Martin Esposito qui révèle une vérité dérangeante, l’état des lieux dramatique du traitement de nos déchets.

Filmé à ciel ouvert dans une décharge du sud de la France (il y en aurait 2000 du même type sur le territoire), le film tourné pendant 600 jours témoigne d’une triste réalité et nourrit la révolte des spectateurs qui l’ont vu en avant-première. Ex-champion de Windsurf et passionné de photo, le réalisateur s’est installé avec 3 équipes de tournage à la Glacière, une décharge gérée par Véolia, un acteur de l’environnement et de la propreté.

Durant une soixantaine de minutes, le film a le mérite d’ouvrir le débat sur une situation souvent méconnue. Dans nos décharges se mêlent ainsi des cercueils d’enfants, des tonnes de nourriture encore consommables, des médicaments sortis d’usine et des produits toxiques. « L’enfer » résume Martin qui nous présente l’envers du décor d’une société de la surconsommation et du gaspillage. Masque au visage et caméra au poing, il témoigne de cette folie humaine en espérant qu’une prise de conscience émerge.

Martin nous explique les raisons du tournage de son film.

Lorsque j’ai vu le film d’Al Gore, Une vérité qui dérange, j’ai eu un déclic… Un choc… Une évidence… Il me fallait faire un tour du monde des décharges à ciel ouvert, un constat mondial sur la pollution liée à la surconsommation, à la surproduction et aux problèmes de recyclage…

Pour moi les pollueurs étaient les gros pays comme la Chine et les États-Unis… Et ça me rassurait de le croire. J’ai toujours cru que tout allait bien ici, en France. Je pensais qu’on était dans un pays sans gros problèmes écologiques. Je pensais que je pouvais faire confiance.

J’ai commencé à filmer dans une décharge sur la Côte d’Azur, à deux kilomètres de chez mes grands-parents. Je croyais n’y consacrer qu’une semaine de tournage et enchaîner avec mon tour du monde.

Mais très vite j’ai vu que la folie humaine était aussi présente chez moi, en France. J’ai vu les rivières empoisonnées par ce jus de décharge dont je ne connaissais pas encore le nom : le lixiviat. Alors, jour après jour, pendant deux ans, j’ai filmé ce trou immense qui peu à peu s’est transformé en montagne de millions de tonnes de déchets. Révolté, j’assistais à un drame environnemental et écologique.

Ma mission est de témoigner, là où j’ai grandi,dans ma région, dans mon pays, dans l’endroit que je pensais connaître mieux que personne.

Et de terminer par un message d’espoir :

Je crois qu’il n’est pas encore trop tard. Nous pouvons encore arrêter ce désastre. On doit agir. On doit se remettre en question, revoir toute la chaîne de production et de consommation… du début à la fin. C’est mon devoir de montrer, c’est notre devoir à tous de témoigner, pour agir ensemble afin que les choses changent, avant qu’elles ne nous tuent.

Le film réalisé de manière entièrement indépendante a lancé un projet de financement participatif pour lui permettre de se faire connaître et lance le débat sur la gestion de nos déchets. Soutenu par de nombreuses associations, Martin Esposito espère collecter 30 000 euros pour lui donner de la visibilité en achetant des espaces publicitaires et en organisant des campagnes évènementielles.

>> Accès à l’appel à soutien

Goutte d'eau (4)

Par Le 25/09/2013

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L’immobilité du lieu coula en moi. C’était un comble tout de même que quelque chose puisse couler dans une goutte. Je restais ainsi, concentrée sur l’image de cette Sagesse créatrice et je m’aperçus, en sortant subrepticement de mes pensées, que toute colère avait disparu…

Serions-nous donc tous des Grands Sages ?

La Sagesse créatrice de la vie. Tout ce qui vit porterait donc en son sein une Sagesse immuable ? Non pas l’entité matérielle mais l’Esprit enfoui dans les molécules.  Il ne s’agissait pas de chercher à devenir sage mais de comprendre que nous l’étions déjà et qu’il convenait simplement de ne pas enterrer le trésor sous des tourments inventés. La Sagesse en nous, dès l’origine. Stupéfaction.

J’avais cherché pendant cent mille ans à obtenir les conditions favorables à une quête existentielle et je m’étais donc empêchée de jouir déjà de la Sagesse en moi. Et par cette démarche entêtée, je n’avais rien vu de ce dont je disposais à priori et la frustration avait renforcé inéluctablement le désastre, je m’étais éloignée, toute seule, du point d’équilibre.

Consternation.

J’étais la victime consentante de mon erreur de jugement, j’étais le bourreau, sa proie, le juge, le geôlier et l’intellectuel qui raconte le calvaire. Et je me glorifiais de mes efforts.

« Observe celui qui observe » avait-elle dit.

L’immobilité était propice à cette introspection et c’est là que j’ai réalisé que le sort que je maudissais s’était en fait montré particulièrement perspicace.

Ma découverte du monde nourrissait une euphorie hallucinogène, j’en réclamais toujours davantage, je sautais d’expérience en expérience, juste animée par un feu insatiable, hypnotisée par les flammes, obsédée par l’obligation de jeter sans cesse de nouveaux combustibles, jusqu’à en tuer la moindre contemplation des horizons intérieurs. Combien de fois déjà j’avais envisagé d’autres expériences alors que je n’avais pas encore fini de vivre l’instant ?

J’avais vécu dans l’urgence.

La vie s’était chargée de me rappeler à l’ordre.

« Arrête tout et observe l’observateur des expériences. »

Le message était clair.

Je bénissais la vigilance de la vie. Cette lucidité que j’avais étouffée dans des espoirs insoumis de conquêtes renouvelées, comme des possessions qui m’auraient enrichie alors que je m’appauvrissais.

J’ai regardé à l’intérieur de la goutte, jusqu’à en oublier la goutte, jusqu’à laisser s’éteindre la flamme des regards, comme un feu qui s’étiole, sans aucune émotion, sans aucune attente. Immobilité intérieure.

Sans que rien ne l’annonce, des milliers de mots se sont inscrits, des milliers de vies inconnues, des milliers de perceptions dont je n’avais alors même pas envisagé l’existence. Séquoias, libellules, volubilis, zèbres, dytiques, acacias, otocyons, jacinthes, notonectes, nandous, j’ai senti dans mes atomes les métamorphoses du têtard, l’effacement de la chenille et l’élaboration du papillon, j’ai senti autour de moi le maillage du cocon. J’étais en métamorphose.

Je me suis évaporée. Intérieurement. Une enveloppe évanouie, effacée, toute identification suspendue dans l’absence et c’est là que j’ai senti la Sagesse, elle était là, pétillante, réjouie, bondissante comme un cœur d’enfant puis tout s’est accéléré. Toutes les vies en moi, toutes les âmes unifiées, une cascade tonitruante, j’ai perçu au cœur de mes atomes la Sagesse de l’herbe, l’endurance du loup, le calme de la grenouille, j’ai vu les vies courir en moi, j’ai vu toute la Sagesse du Monde, j’ai entendu battre les cœurs.

Une explosion, une déflagration dans chaque fibre, dans chaque molécule, une lumière brûlante, des vents solaires investissant l’enceinte brisée, une dispersion des particules, embrasée par un courant électrique, des éclairs incessants dans un silence d’univers, j’ai couru avec les troupeaux de zèbres et les antilopes, j’ai ressenti le grondement puissant des sabots sur le sol, la montée de la sève dans les bourgeons affamés, j’ai grandi avec les lierres, j’ai cavalé avec les insectes dans les jungles des sous-bois, j’ai volé avec les papillons amoureux, j’ai chanté avec les vents d’altitude, navigué au cœur des grands courants marins, coulé dans les fleuves au milieu des limons, survolé les sommets poudrés de glace, j’ai descendu lentement au cœur des glaciers, icebergs dérivant dans les mers polaires, j’ai imité le silence des pierres, glissé sur une fougère dans un corps d’escargot et j’étais la fougère, amibe insérée dans un conglomérat visqueux, j’étais le parfum des fleurs, des milliers de parfums comme des tourbillons enivrants, j’ai compté en un milliardième de secondes les flocons qui tombaient sur le monde.

Mais je n’étais rien. Sans que cela ne vienne troubler l’observateur puisque plus rien de figé ne risquait de disparaître, j’étais la vie, j’étais la Sagesse de la création.

Et donc, je n’étais rien.

C’est là que l’impensable devenait douloureux et que l’agitation prenait sa source. Il était insupportable de n’être rien, rien qu’un support à la Sagesse et de devoir s’en contenter.

L’agitation étouffait le drame, l’agitation donnait une contenance mais à vouloir emplir un récipient sans parois, on se condamne à l’épuisement.

Tout allait trop vite, trop de révélations, j’eus peur soudainement de perdre le fil de ces pensées qui m’emplissaient, peur de manquer l’essentiel, peur de m’égarer. Et la peur couvrit de son voile les révélations à naître.

Je devais me reprendre.

Non, pas me reprendre. Laisser la vie me guider, la Sagesse en moi tenait les rênes, je n’étais pas le cocher. L’humilité. Voilà, c’était ça la solution. La peur n’existait que dans l’idée d’une destination inconnue. Mais la Sagesse de la vie ne pouvait ignorer l’horizon.

« Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. »

 

J’ai tout accepté dès lors. Tout. Les noirceurs, l’immobilité, l’absence d’horizon, l’absence absolue de toute éventualité, du moindre projet, de la moindre attente. Je n’ai entendu de ma vie que la Sagesse créatrice en moi. Je n’étais qu’une expérience mais je pouvais m’en réjouir à chaque instant car j’avais l’immense honneur d’avoir été conçue.

Je suis restée contre la pierre froide et lisse et j’ai aimé ce support. J’ai écouté contre sa peau murmurer le cœur de la planète. Puisque la Sagesse de la vie considérait que mon parcours se devait d’être suspendu dans un gouffre, j’ai appris à recevoir cet instant figé comme une avancée et non comme une sentence. Cette vitesse que j’avais adorée n’était qu’un jeu et il ne s’agissait pas de lui octroyer une importance inconsidérée. La hiérarchie des bonheurs contient en elle-même les déceptions car je ne visais plus que le haut de l’échelle et je me désespérais toute seule.

Combien de Temps suis-je restée là ? Le Temps…Cette perception de la vie n’avait encore aucune réalité. Je le comprenais maintenant. S’interroger sur le Temps générait irrémédiablement une projection sur un passé inexistant et un avenir illusoire. Au détriment de tout puisque l’instant contenait l’essence. Je ne pouvais pas être ailleurs que maintenant.

Cent mille ans à me morfondre et à espérer parce que je comptais le Temps. Une abomination. Je n’avais rien compris. Rien. Et je me demandais désormais pour quelles raisons les Grands Sages m’avaient lancée dans ce voyage. Qu’avaient-ils donc perçu en moi qui puisse les convaincre ? Je n’avais rien réalisé, rien compris et je ne vivais que dans cette volonté folle de m’élever, d’être reconnue, d’être une Élue. Mais d’où venait ce terme d’ailleurs ? N’était-ce pas finalement une pure invention façonnée par des messages falsifiés ?

Des Élus ? Nous l’étions tous et toutes étant donné que la Sagesse de la vie nous avait conçus. Il n’existait aucune différence fondamentale. Seule, l’attention maintenue ou l’indifférence portée à cette certitude créaient des différences. Nous en étions responsables. Nous avions un choix à faire.

Les 13 Grands-Mères Indigènes

Par Le 25/09/2013

Le conseil des 13 grands mères indigènes : une clé pour le monde d’aujourd’hui !

Classé dans : feminilune — 16 janvier, 2013 @ 11:48

Le conseil des 13 grands mères indigènes : une clé pour le monde d'aujourd'hui ! dans feminilune Les Treize Grands Mères indigènes conseillent le monde.  Rencontre avec Sophia Clémenceau thérapeute et channel qui propose des cercles de femmes en connexion avec le conseil international des  13 Grands Mères, et traductrice du livre . Très préoccupées par la destruction sans précédent de la Mère Terre, et des nombreux fléaux de la culture dominante matérialiste, qui menacent la santé des peuples de la terre et les cultures indigènes, elles proposent une sagesse apportant des solutions.

 

« Selon une ancienne tradition hopi, « Quand les Grands mères venues des quatre points cardinaux parleront, alors commencera une nouvelle ère ». Ce Conseil International des Treize Grands Mères Indigènes, dont parlent les prophéties s’est formé à la suite du 11 Septembre. La situation du monde semble si critique qu’une réponse globale s’est révélée nécessaire. Ces Grands-Mères, véritables légendes vivantes de leurs peuples, représentent leurs tribus venant du cercle polaire arctique, de l’Amérique du Nord, de l’Amérique Centrale et du Sud et d’Afrique du Tibet et du Népal. Leur diversité symbolise le fait que quelles que soient nos différences, ont peut œuvrer en une seule voie. La guérison est possible. En qualité de femmes de sagesse, curanderas, chamanes et guérisseuses de leur tribu, elles apportent de nouvelles visions.

«  Chez les anciens, il est dit que ce sont les femmes qui vont porter le réveil de conscience, et qu’elles sont invitées à se rassembler. Les messages qu’elles nous adressent sont inspirants et précis. La prophétie des Grands Mères dit aussi que nous devons réapprendre à nous aimer les uns, les autres, et à soutenir la vie dans tous ses aspects. Elles évoquent des 4 fondements de vie qui sont à préserver, l’air, la terre, le feu, et l’air. Chacun étant impliqué dans le processus de la naissance, à savoir l’eau de la matrice, l’air de notre premier souffle, notre feu intérieur, et la terre, qui soutient nos premiers pas. Selon ses principes, maltraiter ainsi la terre, revient à nous maltraiter nous même. Et il semblerait qu’un processus de destruction s’accélère. Les Treize Grands Mères insistent sur l’importance des cérémonies, qui sont considérées comme un facteur très important au maintien des liens sacrés entre le peuple et la terre. « C’est de la compréhension de ce lien d’où résulte gratitude et respect » dit Wilma Mankiller.

Pour Sa Sainteté Sai Maa Lakshmi Devi : « La guérison personnelle est le premier pas vers la guérison du monde ». La Grand-mère yupik Rita Pitka Blumenstein explique, » qu’avec chaque nouvelle expérience, nous avons le pouvoir de nous redéfinir, donc quelles que soient nos erreurs du passé, nous pouvons toujours changer. Le passé n’est pas un fardeau, c’est un échafaudage qui nous a amené jusqu’à ce jour. Par cette compréhension nous sommes libres d’être qui nous sommes. Quand nous nous guérissons nous-même, nous guérissons nos ancêtres, et nos enfants. Nous guérissons aussi la Mère Terre. Grand-mère Clara Shinobu Iura sent que la clé du changement est d’apprendre à croire en soi-même. Nous devrions ne pas permettre à la négativité de nous dominer dans la vie quotidienne.

« Grand-mère Maria Alice Campos Freire d’Amazonie a recueilli les confirmations des prophéties qu’elle a entendu de ses aînées depuis son enfance selon laquelle, ce sont les femmes qui dirigeront cet ultime temps de transmutation. Et nous y voilà ! »

Catherine Maillard.

(article extrait du magazine génération Tao. Voyage au coeur du féminin

 

En pratique

A lire : Les 13 Grands-Mères indigènes conseillent le monde. Carol Schaefer. Ed Véga.

site : www.grandmotherscouncil.org

Table ronde : les sagesses ancestrales. Festival du féminin. www.generation-tao.com

Sophia clémenceau. site : www.spirituel.com

 

 

Résistance au nucléaire

Par Le 25/09/2013

Envoyez une lettre à Asako House pour stopper la construction d’une centrale

 

nucléaire !

 

Dans le nord du Japon, en dépit de l’accident nucléaire de Fukushima, la construction de la centrale nucléaire d’Oma a repris. Mais les travaux, mené par l’opérateur J-Power, sont bloqués par la présence d’un lieu de résistance : au milieu des terrais achetés par J-Power, tout près du chantier de construction, se trouve une maison, qui appartenait à la militante antinucléaire Asako. L’opérateur essaie de faire fermer la route d’accès à la maison en comptant le nombre de personnes qui l’utilisent. Si plus personne n’emprunte cette route, ils pourront ainsi démontrer qu’on peut la fermer et la centrale n’aura plus aucune difficulté à s’implanter.

Les propriétaires de cette maison de famille peu habitée ont donc lancé un appel afin que chaque jour, le facteur emprunte cette route. Pour ce faire, elles demandent simplement qu’on leur envoie une lettre.

Nous vous invitons à participer à cette action et à remplir le tableau-agenda afin de répartir les envois de courrier pour qu’une lettre arrive tous les jours pendant plusieurs années !

Adresse où envoyer votre courrier (pour un envoi au Japon depuis la France, tarif normal à moins de 20 grammes, carte postale ou lettre, ce sont des timbres mauves à 0.89 €) :

Asako House
aza-kookuto 396
Oma-machi
Shimokitagun
Aomori Pref.
039-4601
Japon

En envoyant une lettre à Asako House, vous participerez à la lutte contre le développement de l’énergie nucléaire et vous contribuerez à l’abandon de la fabrication du MOX en France par Areva.

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Pour en savoir plus, voici plus en détails l’historique de Asako House :

Il était une fois une vieille dame dénommée Kumagai Asako qui habitait au bord de la mer. Comme elle adorait son paysage et connaissait les dangers de l’atome, elle lutta de son vivant contre l’implantation d’une centrale nucléaire. En refusant de se séparer de son terrain, elle contraignit un constructeur à déplacer de 250 mètres l’emplacement d’un futur réacteur car le projet était trop proche de sa maison.

Elle savait que si elle les laissait construire l’usine, la mer serait contaminée. Malgré des menaces et des tentatives de corruption, elle a tenu bon contre la volonté de la compagnie d’électricité japonaise J-Power. Après sa disparition en 2006, sa fille et sa petite-fille ont conservé cette propriété afin de perpétuer le combat d’Asako. Elles ont dénommé la maison "Asako House".

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La maison de la résistance "Asako House" (Oma, Préfecture d’Aomori) - Photo : Kiyoshi Ota/Bloomberg

Aujourd’hui, la maison est entourée par les terrains achetés par J-Power. L’opérateur essaie de faire fermer la route d’accès à la maison en comptant le nombre de personnes qui l’utilisent. Si plus personne n’emprunte cette route, ils pourront ainsi démontrer qu’on peut la fermer.

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La route qui mène à Asako House

Afin de contrer cette menace, la fille et la petite-fille d’Asako lancent un appel afin que chaque jour, quelqu’un emprunte cette route. Et cette personne sera le facteur. Pour se faire, elles demandent simplement qu’on leur envoie une lettre.

A l’heure où il ne reste plus que 6 réacteurs nucléaires en activité au Japon (contre 54 au début de l’année), il est important de soutenir le peuple japonais pour se débarrasser de cette énergie dangereuse et polluante. Et pour s’en débarrasser, il faut déjà empêcher les nouvelles implantations.

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Centrale d’Oma en construction - Photo : Kiyoshi Ota/Bloomberg

C’est pourquoi nous vous proposons aujourd’hui de participer à cette action qui ne vous coûtera qu’un timbre et quelques minutes de votre temps. Si vous envoyez une carte ou une lettre à Asako House, vous pourrez freiner la construction d’une centrale nucléaire !

Adresse où envoyer votre courrier (pour un envoi au Japon depuis la France, tarif normal à moins de 20 grammes, carte postale ou lettre, ce sont des timbres mauves à 0.89 €) :

Asako House
aza-kookuto 396
Oma-machi
Shimokitagun
Aomori Pref.
039-4601
Japon

La centrale nucléaire d’Oma (大 间 原子 力 発 电 所) est actuellement en cours de construction. Elle sera exploitée par la société Electric Power Development (aussi nommée J-Power). Le réacteur, si jamais il devait être un jour utilisé, sera unique en son genre car il sera capable d’utiliser un cœur constitué à 100% de MOX. Les travaux actuels sont réalisés pour rendre la centrale résistante à un fort tremblement de terre. Elle devrait commencer à être opérationnelle en novembre 2014.

En envoyant une lettre à Asako House, vous participerez à la lutte contre le développement de l’énergie nucléaire et vous contribuerez à l’abandon de la fabrication du MOX en France par Areva.

Si chacun-e accepte d’envoyer une carte à Asako House, le facteur passera tous les jours, pendant des années, sur la route que le lobby nucléaire tente de fermer.

Pour se faire, nous vous proposons d’indiquer la date prévue de votre envoi dans le tableau prévu, en vérifiant auparavant que cette date n’a pas déjà été choisie. Le mieux est de faire ces envois de manière chronologique. Une fois votre engagement pris, notez cette tâche sur votre calendrier ou votre agenda afin de ne pas rompre le fil de cette action.

Asako, disparue en 2006, appartenait à une génération qui connaissait les dangers de la radioactivité en raison d’Hiroshima. Ne se souciant pas de l’argent, elle a refusé une offre d’achat de sa propriété à 2 millions de dollars. Depuis 1982, date à laquelle la construction de la centrale a été décidée, près de 136 millions de dollars ont été distribués en subventions publiques pour acheter la conscience des habitants d’Oma.

Faites comme Asako, ne vous laissez pas corrompre par l’industrie de la mort !

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Atsuko, la fille d’Asako, vient plusieurs fois par semaine relever le courrier de la maison de la résistance.

Source : http://fukushima.over-blog.fr/article-envoyez-une-lettre-a-asako-house-94972903.html

 

Goutte d'eau (3)

Par Le 24/09/2013

sapin-sous-la-neige.jpgPartie 3


C’est la lumière du soleil qui m’a sortie de ma torpeur, un voile blanchâtre qui ourlait l’horizon. J’avais entendu parler des marées montantes et de cette force irrépressible qui s’emparait en certains lieux du corps océanique. J’avais sous les yeux une marée lumineuse et je bénissais les Grands Sages de cette offrande. Lever du soleil.

Un disque ardent comme une tête de nouveau-né. J’avais assisté à des naissances de baleineaux, de phoques, d’otaries, de cachalots. J’avais toujours été bouleversée par ces apparitions et je tentais d’imaginer ce lien entre l’enfant et sa mère. J’avais réalisé un jour que je baignais moi aussi dans le corps de ma mère puis j’avais compris bien plus tard que nous constituions tous, unis, ce corps. C’était peut-être ça finalement cette idée qui m’était venue. J’étais moi aussi une mer infime et l’Océan une goutte immense. L’apparence nous amenait à créer des personnages mais nous abandonnions trop souvent l’observation en nous de ces identifications premières.

Que serait l’Océan sans l’innombrable masse de molécules assemblées ? Rien. Il n’existerait pas.

Que serions-nous sans l’Océan ? Des molécules dispersées. L’individu esseulé avait-il donc davantage d’importance, possédait-il un pouvoir bien supérieur que ce qui lui était enseigné ? Ne nous étions-nous pas égarés à croire que l’union faisait la force ? Ces idées continuelles qui m’habitaient depuis si longtemps avaient-elles conduit les Grands Sages à m’envoyer vers la surface ?

Je m’étais attendu à voyager et à saisir les paysages comme autant de merveilles et je comprenais soudainement, posée en équilibre, au bout d’une branche fragile, que mes voyages intérieurs dépassaient en profondeur toutes les explorations envisagées.

Un premier rayon vint me câliner et je sentis rapidement l’agitation de mes molécules.

Les nuages avaient disparu, poussés vers d’autres rivages, le ciel était lavé de tout, déshabillé comme au premier jour du monde.

Cette chute de neige n’était qu’un avant-goût d’un hiver qui se construisait, échafaudait des tempêtes lointaines, juste une incursion d’éclaireurs pour baliser la route.

Je vis goûter autour de moi des congénères, ils tombaient des faîtes déjà réchauffés. Je n’eus pas à attendre longtemps pour les rejoindre. Le tapis moelleux distillé par les nuages pendant des heures ruisselaient en surface. La chaleur de l’astre gonflait avec une vitesse étonnante et nous comprîmes toutes que le voyage reprenait.

Des rigoles s’étaient dessinées dans la pente, un vide qui aurait pu se révéler inquiétant si je n’avais connu la fosse des Mariannes. Je m’amusais à dévaler dans les ruisselets tout en observant les paysages offerts. La vitesse m’amusait considérablement. J’avais déjà été enthousiasmée par la simple chute de mon berceau de nuit, quelques mètres trop rapidement parcourus pour que je puisse apprécier pleinement cette sensation. Personne n’a idée de la lassitude ressentie lorsque des millénaires de pesanteur vous condamnent à la lenteur des grands fonds. J’aurais aimé connaître le déferlement des pluies d’ouragans. Une autre fois peut-être. Je devais rester en contact avec mon bonheur présent plutôt que d’en imaginer d’autres.

Les tapis de flocons tassés par la nuit se fissuraient et j’entrais pour la première fois en contact avec l’herbe. Ce fut vraiment étrange.   

Un foisonnement de tiges dressées, courbées par le poids de l’eau, agitées par des vents rebelles, des forêts miniatures où je devinais des traces d’animaux, des empreintes scellées dans la terre.

La terre.         

Son parfum. La terre et l’eau. Comme des fragrances d’amour, comme deux partenaires qui s’étreignent. Je découvrais la puissance émotionnelle de l’élan amoureux, de l’union, de l’osmose. La terre n’avait pas plus d’odeur que l’eau mais les deux réunies diffusaient des phéromones d’une portée inimaginable. Tout être vivant enlacé par ces effluves ne pouvait échapper aux désirs d’étreintes. L’élan vital avait donc été jusqu’à créer des parfums d’amour pour inviter les êtres vivants à l’étreinte. C’était beau à pleurer.

Je continuais à dévaler les pentes, alternance de parterres verdoyants et de champs de pierres, je serpentais dans un labyrinthe fantastique. J’aperçus dans le creux d’un vallon un lac aux eaux limpides, un miroir où le ciel venait se contempler, une immobilité absolue encadrée par des blocs titanesques. Je ne regrettais pas de l’avoir évité bien que la plénitude qui émanait du lieu semblait presque irréelle. Une autre fois peut-être. Ce monde proposait tant d’expériences, tant de projets à accomplir.

Les ruissellements me conduisirent à un entrelacs de failles creusées par des déluges anciens.

« Un lapiaz », me dit une compagne expérimentée. Nous sommes, toutes unies, un redoutable creuseur de failles. »

Je n’eus pas le temps de comprendre l’allusion que nous plongions toutes ensembles dans un gouffre immense. Je découvris vraiment ce que signifiait la vitesse. J’en fus retournée dans tous les sens et tombais dans une nuit totale. La sensation d’effondrement alors que vous n’y voyez goutte est absolument terrifiante et je ne pus retenir un cri d’effroi. Je n’étais pas seule au vu de la puissance du grondement lorsque la cascade s’immergea dans un bouillonnement ardent au cœur du réseau souterrain.

Nuit noire.

Même la faille par laquelle nous avions basculé ne parvenait à nous éclairer. Nous avons suivi, impuissantes, un courant puissant généré par la pente. J’ai heurté, je ne sais combien de roches figées, aussi lisses que des peaux d’otaries, j’ai erré comme une âme en peine dans des rigoles sinistres, le vacarme ne cessait pas, tous ces cris emplissaient l’espace et rebondissaient en échos infinis.

Puis, le flot s’est calmé.

Un lac. Je devinais une eau apaisée, quelques murmures encore, comme des cauchemars finis qui résonnent et puis, peu à peu, le silence s’est fait. Un silence de fosses marines. Une totale absence de vie. Aucun animal, aucune présence, rien pour éveiller les sens et enluminer la pesanteur d’une vie figée.

J’ai eu peur. Et j’ai maudit le sort. Découvrir la lumière, goûter aux espaces les plus éblouissants, se réjouir à chaque instant de la beauté du monde jusqu’à en oublier cent mille ans d’errance puis tomber soudainement dans des noirceurs inimaginables, un piège affreux, si douloureux que la mort semble la seule issue. Je n’aurais jamais envisagé un tel acharnement. La vie n’était-elle donc qu’un piège indéfiniment prolongé, une alternance de bonheurs fugaces, juste une bouffée d’air pour s’interdire de mourir ? Y avait-il une intelligence suprême capable d’une telle abomination ?    

Je ne comprenais pas.

J’ai mis longtemps à retrouver une paix fragile, un semblant de calme. Je me suis accrochée à cette plénitude naissante et c’est là que j’ai fini par deviner ce courant infime, ce filament étroit qui glissait comme une risée enfantine. J’aurais aimé me positionner au milieu de cet espoir, ne jamais le quitter, il était mon seul horizon, ma seule opportunité de liberté. J’ai maudit le sort, encore une fois. Je n’étais qu’une goutte d’eau et j’ai rêvé de nageoires.

Le désespoir le plus profond m’a saisie lorsque j’ai senti que je ne bougeais plus. Posée dans un recoin, appuyée contre une roche froide et dure.

C’était fini. J’allais me morfondre pour cent mille ans au cœur de la terre dans un antre clos. J’aurais pu continuer à suivre les méandres, j’aurais peut-être atteint une sortie, j’aurais retrouvé le jour. Tous mes espoirs s’effondraient.

« Tu n’as pas connu les déserts, ma belle, annonça une douce voix. Là, tu aurais eu raison de te plaindre réellement, là, tu aurais appris la patience la plus insondable. Couverte de sable, au cœur d’une nappe enfouie sous des siècles de roches pulvérisées, anéanties par des vents insatiables. Ou retranchée dans l’eau saumâtre d’un oasis en sursis. Crois-moi. Tu fais de ces noirceurs un enfer mais c’est le regard que tu leur portes qui te fait souffrir. Tu falsifies la réalité. Apprends donc à te libérer de tes jugements quand ils ne sont que des interdictions à vivre et à aimer.

-Aimer quoi ? » demandai-je en colère.

J’en avais assez de ces Grands Sages qui me poursuivaient. De leurs leçons et de leurs tranquillités d’esprit.

« Ta colère t’empêche de comprendre. On te l’a déjà dit pourtant. Tu ne peux rien savoir si tu ne comprends pas qui tu es. Et si tu ne sais pas qui tu es, qui donc pourrait savoir quelque chose puisqu’il n’y aurait personne ? Observe ta colère et une fois observée, observe l’esprit qui observe. Tu verras ta colère s’évanouir et là, tu pourras apprendre.

-Je n’ai rien compris, répliquai-je.

-Évidemment puisque tu es en colère. 

-Avec vous, ça a toujours l’air facile mais moi, je ne suis pas un Grand Sage.

-Mais moi non plus. C’est toi qui as décidé de nous voir comme des Grands Sages. C’est encore ta façon de concevoir la réalité mais ta réalité n’est pas le réel. Ta réalité n’est qu’une interprétation. Ce qui est réel, c’est que tout ce qui vit est empli de sagesse puisque l’énergie vitale a eu la sagesse de le concevoir. Comprends-tu ? La vie en toi est la Sagesse ultime. C’est elle qui vit, c’est elle qui est réelle. Toi, tu es une réalité que tu imagines. Jusqu’à en oublier la Sagesse de ce qui est réel.

-La Sagesse de la vie ?

-Te voilà plus calme, tu commences à comprendre. C’est bien.

-Et qu’est-ce que je dois faire maintenant ? »

Silence. Plus rien. Aucune réponse.

Carmat : autorisation.

Par Le 24/09/2013

Carmat va tester son coeur artificiel en France

Par , publié le

L'Agence nationale de sécurité du médicament vient d'autoriser sur le territoire français les tests du coeur artificiel conçu par le fabricant de prothèses Carmat. Il sera dans un premier temps destiné aux patients ne bénéficiant d'aucune alternative thérapeutique. 

Carmat va tester son coeur artificiel en France

La société Carmat vient d'obtenir l'autorisation de la part des autorités françaises pour développer des implantations humaines de coeur artificiel.

AFP PHOTO / FRANCK FIFE

La société Carmat a été autorisée à tester son coeur artificiel en France, dans un premier temps sur quatre patients, ont indiqué ses dirigeants au quotidien Les Echos de ce mardi. 

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a permis à la société, créée en 2008 pour mettre au point une bioprothèse cardiaque, d'effectuer une première étude clinique de faisabilité, précise le journal. "L'autorisation de l'ANSM, avec laquelle les échanges ont été très enrichissants, marque un chapitre fondamental de l'histoire de la société", a déclaré son directeur général Marcello Conviti, cité par Les Echos. 

Les patients implantés devront souffrir d'une insuffisance cardiaque terminale, avec un pronostic vital engagé et ne bénéficiant d'aucune alternative thérapeutique. En mai, quatre centres hospitaliers étrangers, en Belgique, Pologne, Slovénie et Arabie Saoudite, avaient déjà obtenu les accords nécessaires pour procéder à l'implantation d'un coeur artificiel Carmat. La formation de leurs équipes médicales est désormais "bien avancée", a précisé Marcello Conviti. 

"Tous les tests de simulation et les essais sur animaux ont confirmé la pertinence des choix technologiques et la fiabilité de fonctionnement de la bioprothèse cardiaque" déclarait confiant Alain Carpentier, célèbre chirurgien cardiaque à l'origine du projet.

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/carmat-va-tester-son-coeur-artificiel-en-france_1284655.html


Le point de départ de mon roman : "A coeur ouvert".

A coeur ouvert.

Une question qui le taraudait.
— Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que vous n’êtes pas concernée par les émotions ?
— C’est une erreur. Les émotions qui me viennent de la terre me touchent immensément. Je les laisse s’étendre parce qu’elles sont ne
utres, gratuites, et que la Nature n’a aucune intention cachée. Celles de mes semblables ont une appartenance qui m’échappe, elles sont issues d’individus, avec leur histoire, leurs attentes, leurs fonctionnements. Et ce sont très souvent des fonctionnements inconscients. Si vous vous chargez d’émotions qui ne sont pas maîtrisées parce qu’elles émanent de personnalités endormies, vous sombrez dans leurs cauchemars ou dans leurs rêves, ce qui revient finalement au même. Vous dormez avec eux. Il m’a fallu beaucoup de temps pour le comprendre. Mais malgré tout, je dois avouer que votre apparition ne m’a pas laissée insensible. Loin de là.
Elle le regarda fixement, avec un sourire léger au coin des yeux.
— Pourquoi est-ce que j’ai ressenti le même trouble ?
— Parce qu’il n’y a pas de hasard. Et qu’il arrive parfois que les révélations l’emportent sur l’habitude.
— Je ne comprends pas.
— Nous vivons dans des schémas de pensées, des répétitions rassurantes sur lesquelles nous bâtissons l’identification qui nous convient et que les autres adoptent. C’est l’habitude. Un leitmotiv ronronnant. Tout ce qui porte atteinte à cette mélodie connue est considéré comme une agression, une atteinte à cette liberté que nous croyons posséder. Alors, nous renforçons les défenses. Accumulation de biens, accumulation de relations, accumulation de connaissances. Mais il n’y a aucune compréhension interne. Tout cela reste tourné vers l’environnement immédiat, une scène onirique. Personne n’est là, réellement. C’est un théâtre de marionnettes. La révélation du drame vient fermer le rideau, les acteurs disparaissent, le jeu s’arrête, le public a quitté la salle, les lumières se sont éteintes. Si les résistances sont suffisamment puissantes, l’individu concerné prend peur. Il appelle au secours, il crie, il hurle, il maudit la vie et ses épreuves. Mais si la rupture est totale, la porte s’ouvre. L’individu découvre une autre forme de perception. Il ne comprend rien, mais pourtant, tout tombe en lui comme dans un puits ouvert. Plus aucune résistance. À cœur ouvert. C’est ainsi que je nomme cet état.

Goutte d'eau (2)

Par Le 23/09/2013

                                  

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Partie 2

Je flottais désormais à la surface d’une houle longue et soutenue.

Je ne pouvais détacher mes regards de ce plafond céleste. La chaleur du soleil était délicieuse et les froids abyssaux me semblaient d’autant plus redoutables.

J’ai longtemps navigué sur des crêtes ourlées de dentelles, j’ai lancé mes regards au plus loin, du haut des citadelles liquides, j’ai plongé en riant sur des toboggans réjouissants, je découvrais le jeu des mers dansantes, les arabesques des eaux agitées, j’ai côtoyé des gouttes anciennes, de celles qui avaient déjà réalisé le Grand Voyage, j’ai lu dans leurs prunelles cristallines des paysages mirifiques, des horizons insoupçonnables, j’aurais aimé les supplier de tout me dire, de me raconter les enseignements préservés mais j’avais appris la patience et je ne pouvais renier ce qui m’avait fondé, je ne pouvais souiller la confiance des Grands Sages. Alors, j’ai laissé la vie me vivre et je n’ai plus rien attendu.

C’est au zénith du soleil que j’ai senti les premiers frémissements. La chaleur pétillait en moi et j’avais l’impression d’être remplie de bulles, comme agitée par une énergie inconnue. Un trouble en moi car je ne savais rien des temps à venir. Devais-je résister aux phénomènes entamés, devais-je m’accrocher à la masse, plonger peut-être dans des profondeurs protectrices, rejoindre mes compagnes des ombres, devais-je accepter l’inconnu et ne pas refuser l’impensable ? Je ne savais rien et mon imagination prenait le pouvoir.

J’ai vu alors dans les regards de mes congénères des bénédictions salutaires et cette empathie m’a rassurée et convaincue. Je n’étais en danger qu’à l’ombre de mes enceintes, je n’étais perdue qu’au centre de mes inquiétudes. Comme une geôle fabriquée que je devais rompre. 

Je me suis abandonné, j’ai lâché toutes les résistances, j’ai cessé d’avoir peur.

 

L’agitation de mes atomes a pris une tournure indescriptible.

Le corps de l’Océan semblait lui-même se contracter et je devinais autour de moi des poches liquides qui se rompaient, des myriades de particules microscopiques qui s’arrachaient à la masse et s’élançaient dans le vide, j’ai tenté de les suivre du regard mais la multitude m’étourdissait, la vitesse d’ascension m’affolait, à peine séparée de l’immensité, elles disparaissaient dans les limbes. Une aspiration verticale qui relança en moi le goût amer de la peur. Je dus me reprendre pour ne pas manquer l’envol, je dus penser aux Grands Sages et à la confiance qu’ils m’accordaient.

Évaporation. Le mot m’est revenu. Je l’avais entendu dans les nasses sombres et je n’avais pas compris. Comment concevoir qu’on puisse s’évaporer quand on souffre d’être écrasée ? Je n’avais pu fabriquer aucune image.

Je me suis sentie aspirée et ce fut comme une déchirure. Perdre le contact avec le corps océanique était inconcevable, une hérésie, une folie qui pouvait me tuer. Une peur brutale, comme un dessèchement insupportable.

Je me suis forcée à penser aux Grands Sages. Ils ne pouvaient m’avoir jeté dans un piège fatal, je devais maintenir ma confiance.

Je me suis calmée jusqu’à laisser la fascination m’emporter.

J’avais passé cent mille ans dans les abysses et maintenant, je volais.

Pour quelles raisons aurais-je laissé ma peur gâcher l’expérience ? Était-elle justifiée ? Avais-je besoin d’être sauvée ?

Rien de tout ça.

 

 

Compréhension.

Libération.

Il n’y a pas pires entraves que l’amour qu’on porte aux prisons intérieures.    

J’entendis parler autour de moi de cette évaporation et les plus anciennes parmi nous se réjouissaient d’aborder un nouveau cycle.

Je vis s’éloigner à une vitesse vertigineuse le grand corps de ma mère, je pris la mesure de son immensité et je ressentis un amour infini pour elle.

Je vis les mouvements de sa masse s’étendre jusqu’à la courbure de la Terre, ses balancements apaisants qui m’avaient câlinée depuis si longtemps déjà, même dans les pires noirceurs et c’est comme si en moi, je portais tout cela, comme si en moi vivait pour toujours cet amour ineffable. Jaillit même l’idée que j’étais moi-même une mer mais je ne compris pas cette pensée et je l’abandonnais. 

Les cieux nous aimantaient.

Nous plongions vers le haut dans une sarabande indescriptible, une cohue joyeuse, une cacophonie de bulles enchantées.

Je perçus peu à peu un changement de températures et j’en fus à regretter ce plaisir de la moiteur initiale. Sans comprendre le phénomène, je vis se souder à moi des contingents de gouttes, toutes aussi surprises de la tournure des évènements. J’aperçus heureusement, encore une fois, quelques anciennes âmes et ces airs impassibles qui les caractérisaient.

« Condensation, » m’annonça l’une d’entre elles. Sans doute mon air interloqué. Elle avait senti que j’avais besoin de données claires.

Je compris alors la structure de ces grands navires gris et blancs qui tapissaient les cieux.  

Toutes unies, nous devenions les fondements mêmes de ces grands vaisseaux de pluie.

C’est un Grand Sage qui me rappela le nom, il s’offrait un cent millième voyages.

« La pluie est une expérience éblouissante, imagine une mer fragmentée qui se déverse. Mais il nous faut d’abord rejoindre les terres émergées. »

 

Des souffles d’altitude, comme des courants océaniques, nous ont poussés vers les rivages. Je ne saurais raconter ce que j’ai vu, il me faudrait des milliers d’années. Les plages blondes bordées de forêts comme autant de sentinelles, des fûts serrés qui tenaient position contre les assauts venus du large, des plaines aux mosaïques de couleurs, des prés, des champs de blé, des terres labourées et des fleuves qui serpentaient comme des serpents de mers, des villes immenses aux cieux enfumés, des grisailles bruyantes qui souillaient jusqu’aux nuages, j’ai vu tant de choses, entendu tant de bruits, humé tant de parfums, des plus hostiles aux plus suaves, j’ai deviné tant de vie que mon imagination me paraissait ridicule.

« Aucune conscience sur cette Terre ne peut englober en une vie tout ce qui existe. Il faut être un Dieu pour y parvenir. »

Un Grand Sage.

C’est cette intervention qui me fit réaliser que les Grands Sages lisaient dans les pensées. Ou que mes pensées m’échappaient et tombaient en eux.

 

 

Les houles du vent prirent une ampleur surprenante et je sentis rapidement les températures baisser fortement. Nous montions, c’était évident, poussés par des airs entêtés, décidés à nous lancer sur les flancs des montagnes.

Les montagnes.

Je les vis se dresser telles des murailles, des pentes aussi imposantes que des fosses abyssales mais les palettes de couleurs qui les habillaient criaient de vie, des chants puissants dont les mélodies se répandaient dans les couloirs rocheux, les forêts impassibles, les gorges sombres et les coteaux ensoleillés, les alpages ruisselants d’herbes grasses et les pierriers immobiles. Montaient de ces lieux éblouissants des symphonies millénaires, des invitations à se perdre dans les méandres géologiques pour trouver en soi les enseignements essentiels. Je me mis à rêver de précipitations, l’ouverture soudaine des cales de notre vaisseau, le déversement de toute l’eau accumulée mais nous continuions à monter.

C’est là que je sentis germer en moi des cristaux solides et je ne compris pas dans les premiers instants. Comme un fluide qui courait au plus profond et gelait mes atomes, un poison qui me solidifiait sans que je ne puisse rien faire.

L’inconnu, l’impensable. La peur qui jaillit.

Je me souvins alors de mes expériences récentes et je parvins à me ressaisir. J’étais responsable de ma peur, elle n’était pas tombée en moi par hasard, j’étais la proie et le prédateur et il ne servait à rien que j’entretienne le conflit. C’est là que j’ai appris à rester calme et attentif, à ne pas succomber à des phénomènes intérieurs et à en accuser les évènements.

J’ai aperçu dans le chaos des particules le sourire confiant d’un Grand Sage. Il m’observait.

J’ai compris alors que nous étions veillés, que nous n’étions jamais abandonné mais qu’il ne fallait rien attendre, rien espérer. Les Grands sages n’intervenaient qu’à bon escient, ils ne dirigeaient pas, ils n’influençaient pas, ils n’imposaient rien. Ils nous accompagnaient et nous observaient avec bienveillance. Peut-être suffisait-il de le savoir pour se sentir aimanté par la lumière, peut-être suffisait-il d’avoir conscience de leur immense lucidité pour en recevoir une part, comme si nous pouvions à notre tour plonger dans la source des éveils.

Mes pensées m’avaient détaché de mon état physique.

J’étais flocon, j’étais de glace, je sentais mes atomes dessiner des dendrites et des cristaux, des géométries parfaites et uniques, des symétries inimitables, des singularités qui me plongeaient dans une béatitude inconnue. J’étais unique et constituée simultanément d’un assemblage partagé par un peuple innombrable. Je me demandais aussitôt s’il en était de même pour toutes les formes vivantes. Toutes uniques et toutes constituées par une énergie vitale commune.

Mes compagnes de voyage étaient toutes habillées de neige et nous voletions follement au cœur de la masse. Des convois de nuages en épaisseurs redoutables s’accrochèrent aux sommets les plus hauts et ce fut le début du déluge. De chaque déchirure s’échappèrent des avalanches silencieuses, des myriades d’étoiles cristallisées. Je me laissais tomber avec une curiosité insatiable. Le ciel n’avait peut-être jamais connu une telle abondance. Des vents joueurs nous soulevaient avant de nous abandonner et nous dansions dans une joyeuse sarabande une chorégraphie moelleuse. Je sais que dans des temps anciens, j’aurais souffert de cet abandon absolu, de cette dépendance totale, je ne dirigeais rien, j’ignorais tout de ce qui allait advenir. Dans les grands fonds, il n’y avait aucune surprise et cette monotonie finissait par être rassurante. C’est cela d’ailleurs que certaines de mes congénères refusaient d’abandonner. Rester dans le connu et se croire à l’abri des mésaventures. Je n’y voyais que rouille et dégénérescence. J’ai longtemps attendu, j’ai longtemps lutté, sans jamais me plaindre, pour faire valoir mon désir de lumière et d’exploration.

J’étais comblée désormais.

Nous nous sommes toutes posées, dans un silence d’abysses.

Je réalisai que la branche d’un arbre m’avait servi de zone d’atterrissage. J’ai vu des fûts à perte de clarté, une forêt dense qui se couvrait sans dire mot d’un tapis givré.

Et la nuit est tombée.

J’étais épuisée, j’ai dormi comme un fossile. Immobile dans ma gangue de glace fragile.

J’ai rêvé des grands fonds et de toutes ces gouttes diluées dans la masse, satisfaites et repues, comblées de suffisance et heureuses d’être informes. J’ai pleuré pour ce gâchis des vies perdues.

 

Goutte d'eau (1)

Par Le 22/09/2013

L'idée de ce texte m'est venue en classe. Nous avons travaillé sur le cycle de l'eau en sciences et pour clore ce dossier, j'ai demandé aux enfants de raconter ce voyage d'une goutte d'eau, à la première personne du singulier, dans un ordre chronologique et avec obligation d'utiliser des mots précis : évaporation, condensation, précipitations, infiltrations et ruissellements, source, ruisseau, rivière, fleuve et mer.

Un mélange de données scientifiques avec un travail littéraire.

Et puis, je me suis dit qu'il y avait là un exercice qui me plaisait.

Alors voilà..

                 


  

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                                                         Goutte d'eau

Partie 1

 

J’étais une goutte d’eau vivant dans les grands fonds. J’avais fait dix mille fois le tour de tous les océans. J’avais frôlé les baleines et les calmars géants, j’avais erré longuement dans les chevelures des laminaires, j’avais vu des milliers de poissons, je m’étais mirée dans leurs pupilles, percevant quelques reflets de ma transparence au gré de rares phosphorescences. J’avais entendu parler de la lumière, celle de la surface, celle qui était réservée aux Grands Sages. J’avais même entendu dire que des êtres à deux jambes possédaient un pouvoir redoutable et que les eaux de surface étaient de plus en plus souillées mais que la lumière des cieux restait malgré tout un paradis flamboyant, que le voyage de l’eau pouvait prendre la forme d’un cycle merveilleux, un éblouissement de chaque instant. J’ai rêvé longuement, au gré des courants les plus lents, au gré des obscurités les plus effroyables, j’ai rêvé pendant des siècles à cette accession au monde de là-haut.

Me parvenaient parfois des échos de la surface, des paroles qui descendaient jusqu’aux profondeurs insondables par d’interminables commérages. Je ne parvenais pas à savoir si les distances parcourues et le nombre incalculable de congénères concernés falsifiaient le message originel. Tout ce que j’entendais paraissait si irréel. Un soleil, des cieux infinis, des couleurs, des montagnes, et des fleuves, des forêts tropicales, la pluie, la neige, le vent et les nuages, j’ai même entendu parler d’un Dieu tant l’éblouissement permanent semblait contenir une intelligence infinie.

J’avais beaucoup de mal à avoir une vision claire de ce monde, comme si les noirceurs, dans lesquelles je vivais, étouffaient mon imaginaire, limitaient les extensions possibles, enfermaient mon potentiel. Je sentais mon âme enserrée. Oui, je sais, il peut paraître étrange que je parle d’une âme insérée et pourtant…Cette énergie qui assemble mes atomes, cette information reçue, elle a une origine, elle a une intention, le hasard n’a rien à y voir et d’ailleurs, s’en remettre au hasard pour expliquer l’impensable, c’est se condamner à ne rien voir, à ne rien comprendre, à s’interdire même de chercher.

J’ai passé ma vie à essayer de comprendre, je n’ai jamais cessé de penser et dans le noir le plus opaque, la seule lumière disponible ne peut s’éveiller qu’à l’intérieur. Je me suis même surprise à bénir parfois les ténèbres. Elles étaient à la source de mes désirs.

J’ai aussi souvent pleuré, ajoutant au corps océanique une infime parcelle. Mais je n’ai jamais renié mon rôle. J’appartenais à la masse des grands fonds. Il y avait nécessairement un projet qui m’était attribué, une intention que je devais découvrir. Il ne pouvait s’agit d’un hasard, ni d’une condamnation, je n’avais rien commis pour mériter pareille sanction.

Il y avait nécessairement une issue, une voie d’ascension, un cheminement à trouver, une volonté à ériger, une détermination à préserver.

Je n’ai jamais abandonné.

 

Et puis les Grands Sages m’ont convoquée. Le Conseil avait lieu dans une fosse immense, un abysse que les plus jeunes d’entre nous habitaient. Il en était ainsi dans le monde de l’eau. Pour s’élever, il fallait accepter les millénaires d’errance dans les noirceurs, il fallait éprouver au cœur de nos atomes l’humilité la plus grande, la patience et l’acceptation.

J’avais tout accepté, jusqu’aux mers polaires dans lesquelles je m’étais retrouvée figée pendant des saisons interminables, j’avais accepté l’immobilité la plus désespérante, suspendue indéfiniment dans des mers si profondes qu’elles en paraissaient fossilisées, cette pression exercée par mes compagnes au-dessus de moi, je l’avais acceptée, sans aucune rébellion.

Les Grands Sages.

Ils avaient le pouvoir de redescendre se mêler au peuple d’en bas. Et de remonter vers la surface tout aussi facilement. Cette liberté extraordinaire, je l’avais perçue parfois comme une injustice. Et je savais aussitôt, au plus profond de moi comme au plus profond des abysses que cette jalousie n’était pas justifiée. Eux aussi avaient connu les errances millénaires. Ce pouvoir qu’ils possédaient désormais, ils l’avaient acquis. Ils n’avaient rien volé.

J’étais convoquée.

Je me suis présentée, craintive et enthousiaste, euphorique et apeurée. Qu’allais-je donc apprendre ? Je refusais de m’abandonner à des espoirs infantiles. Je n’en étais plus là.

Les Grands Sages m’ont parlé. Ils m’ont expliqué. Je les ai écoutés sans jamais les interrompre, fascinée par l’incroyable luminosité qui émanait de leurs molécules, similaires à ces lampes phosphorescentes que portent les cyclothones des abysses.

Ils aimaient mon respect de la patience, ils aimaient mon abnégation à tenir mon rôle de goutte d’eau, ils aimaient également en moi ce désir de lumière. J’ai été surprise et ils m’ont expliqué que beaucoup de gouttes d’eau après des millénaires dans les noirceurs délaissent à tout jamais le désir de lumière, que l’abandon les comble et qu’elles se satisfont de leurs conditions soumises. Jusqu’à parvenir à s’en réjouir.

Il était de coutume que les Grands Sages les observent au-delà de cent mille ans avant de décider de la suite. Mon temps d’observation était clos. Je n’avais jamais abandonné mes rêves d’ascension.

Je ne comprenais pas comment d’autres pouvaient le faire. J’aurais préféré mourir dans les déserts dont j’avais entendu parler, des étendues plus sèches qu’un os de seiche.

C’est ce désir de lumière en moi qui avait donc convaincu les Grands Sages de m’accorder le voyage. Je devenais une Élue.  

Ils m’ont prévenue que le choc serait à la mesure des étendues océaniques. En cent mille ans, n’étant jamais repassée deux fois au même endroit, ayant absorbé dans ma mémoire d’eau des immensités si vastes qu’une mémoire de baleine n’en pourrait contenir, j’avais été tourmentée quelques instants par cette découverte à venir.

Tout ce que j’avais entendu était-il vrai, insignifiant encore ou totalement exagéré ?  

L’ascension a débuté. J’avais été invitée à suivre l’assemblée. Une remontée verticale absolument stupéfiante. J’ai rapidement senti l’allègement de la pression, j’ai eu l’impression de grandir, comme si durant tout ce temps, j’avais été comprimée par l’océan. Une masse sourde, muette, indifférente. C’est ce que j’avais longtemps cru. Il n’en était rien. Je devinais sur mon passage des regards réjouis, des saluts amicaux, comme si mon ascension venait offrir à mes compagnes une fenêtre vers le haut, comme si mon élévation venait insuffler en elles le goût de la lumière. Je comprenais au fil de ma remontée qu’il faut s’élever soi-même pour nourrir en l’autre les désirs d’éveil. J’espérais que le sillage qui se dessinait servirait de balisage.

« Tu n’as pas à espérer pour les autres, avait dit une voix monocorde en moi. Ce que les autres décideront ne t’appartient pas. Enseigne-toi et laisse aux autres le choix de s’enseigner eux-mêmes. »

Un Grand Sage.

 

J’avais écouté et retenu. N’avoir aucun autre espoir qui ne soit à moi, n’établir aucune projection vers mes congénères mais que je sois seulement la preuve vivante que tout restait possible.   

À vingt mètres de la surface.

C’est lorsque j’ai aperçu la première coulée de lumière que j’ai cru défaillir. Comme si une nageoire de squale m’avait coupé en deux. J’en ai eu les larmes au cœur. Je n’avais jamais connu un tel éblouissement, un tel chaos émotionnel, l’impression de vivre ma propre naissance, la certitude soudaine que le monde allait se découvrir, que la pleine lumière allait enfin m’être donnée, que j’allais quitter définitivement l’antre sombre et froid du placenta des grands fonds.

Cent mille ans de patience sur le point d’éclore.

J’allais naître à la lumière.

Tout s’est accéléré.

J’ai vu s’étendre autour de moi l’azur bleuté et les scintillements de rayons fragmentés, des traits de soleil plongeant leurs lames, j’ai vu enfin tout ce que les échos lointains des particules élues laissaient couler jusqu’au peuple des grands fonds.

J’ai percé la surface avec une énergie folle, au point que je suis restée suspendue en l’air avant de retomber dans les flots.

Le ciel, j’ai vu le ciel ! Un océan immobile, auréolé d’écume et les nuages, des vaisseaux sculptés qui tendaient leurs voiles grisées.

Je ne sais pas d’où sont venus tous les mots. Il a suffi que la lumière m’environne pour que jaillisse en moi une mémoire euphorique. Comme si tous les savoirs de ce monde cascadaient en moi, comme si ma patience infinie et mes désirs d’altitude rendaient possibles les compréhensions les plus inespérées. Cent mille ans de paroles saisies au cœur des masses sombres, juste des bribes décousues, et pourtant, cet effort constant de ne rien perdre, de fixer dans ma mémoire, les images créées. La lumière avait déclenché le rappel immédiat de tous les savoirs. Les mots sont remontés des abysses intérieurs plus rapidement qu’un espadon en chasse. J’ai réalisé alors tout ce que je portais, tout ce que j’avais emmagasiné, je me suis souvenu que parfois je jugeais ce travail inutile, je pensais qu’il n’aboutirait à rien. Je bénis aujourd’hui ma persévérance. Cent mille ans de mots retenus.

J’ai vu le soleil. Mais je n’ai pas pu soutenir son regard. Il m’a transpercée. Je m’en suis voulue d’avoir été aussi impatiente. Le soleil ! Et pourquoi pas l’Univers aussi ?  Incroyable comme la prétention pouvait surgir sans prévenir. À peine émergée que je cherchais à englober la source de tout. Je craignis un instant que les Grands Sages ne reviennent sur leur décision.

« Rien de tout cela, entendis-je en moi. Tu apprendras que la compréhension est un long cheminement. Le savoir est une accumulation de connaissances mais la compréhension est la capacité à s’observer pendant l’apprentissage de ces savoirs. Tu viens de goûter à la compréhension. Maintenant, laisse vivre la vie en toi et saisis tout ce qu’elle te donne. »

Je n’eus pas le temps de remercier. Ils avaient disparu.


 

Ipagination 4

Par Le 22/09/2013

 GENIAL !!!!

Texte, musiques, juxtapositions des deux univers.

IPAGINATION EST UNE MINE D'OR DE TALENTS;


"Du Frog&Roll au Rock&Roll, la véritable histoire'

Par Firenz', Le 20/09/2013 à 17:59
http://www.ipagination.com/textes-a-lire/afficher/du-frog-roll-au-rock-roll-la-veritable-histoire-par-firenz

Au XVIIIè siècle, Jean-Baptiste Grenouille dépeçait les jeunes filles

pour créer ‘Le Parfum’.

 

Au XXè siècle, Jean-Baptiste Parfum dépeçait les grenouilles

pour étoiler son restaurant.

Il relança ainsi la consommation des cuisses de batraciens.

 

Le quotidien des Rainettes et autres amphibiens s’en trouva très affecté,

plus aucun endroit sûr pour se cacher.

 

La vie de rêve, c’était ‘avant’.

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=j8DiihvmyWI

Love is all, Roger Glover

 

Avant que cela ne tourne au cauchemar.

Il fallut envisager le départ, vers des cieux plus cléments.

Vers d’autres mares …

 

Partir, oui, mais où ?

 

La perfide Albion pouvait être une alliée.

Là-bas, nul n’aurait songé à déguster ce genre de victuailles …

Angleterre, terre d’accueil idéale.

 

De coassement en coassement « à l’aide »,

l’écho s’échoua sur les côtes d’outre-manche.

Il ne tarda pas à trouver une réponse, ça n’était pas le 18 juin,

mais, partout au pays du Général de Gaulle,

on entendit l’appel qui rugissait au loin,

‘L’appel de Londres’.

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=lotkzHsIuoA

Londong Calling, The Clash

 

Londres ? Oui, avec plaisir, mais comment faire ?

Quelques crapauds hardis avaient déjà tenté,

sur radeaux nénuphars,

l’immense traversée.

Nénuphars renversés par le vent du large,

ou bien grillés par le sel marin, crapauds itou.

Des héros, certes, mais des héros morts prématurément.

 

Comment faire pour traverser la Manche ?

 

Une idée folle, petit à petit, pénétra les esprits.

Trop dangereux par voie de mer, il fallait creuser un tunnel.

Quelques crapauds buffles furent enrôlés de force,

forces de la nature pour faire la sale besogne.

 

Le chantier démarra sous la direction d’un batracientifique.

Une armée de grenouilles fut chargée de ramener

nombre de pierres qui roulent.

Crapauds buffles harnachés s’allèrent sans conviction,

faire avancer ces pierres, de rebonds en rebonds.

 

La tâche était pénible, les privations nombreuses.

Bientôt les crapauds buffles revendiquèrent un peu.

« Jamais nous n’obtenons aucune satisfaction »,

était leur leitmotiv.

Sentiments partagés par toutes les pierres qui roulent …

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=3a7cHPy04s8

Satisfaction, The Rolling Stones

 

Après nombre de mois, et bien plus de têtards,

on crut sentir, enfin, les beans et l’apple pie.

Emportées  par la foule, 

les premières grenouilles se trouvèrent éjectées

sur le rivage anglais.

Aveuglées de lumière, les pattes engourdies,

elles allèrent s’écraser, sur les rochers,

avant de rouler sur les galets.

 

C’est ainsi qu’on put lire dans la Gazette des Rainettes,

à la une de l’édition du soir :

« French Frogs Rock and Roll on the beach »

 

La population Britishbatracienne s’émeut de l’événement.

Alors se multiplièrent les concerts de charité,

auxquels, bien entendu, les grenouilles émigrées étaient conviées.

Coassements électriques, percussions métalliques …

ne tardèrent pas à irriter le genre humain,

dont l’humour tant souligné trouvait là ses limites.

 

Il ne fut guère de temps, avant que les critiques

ne qualifièrent ce nouveau genre de musique de ‘Frog&Roll’,

puis de ‘Rock&Roll’.

 

Ipagination 3

Par Le 22/09/2013


Encore un texte de grande qualité. Effroyable sur le fond. Remarquable dans la forme.


Un train à prendre


http://www.ipagination.com/textes-a-lire/afficher/un-train-a-prendre-par-darklulu

Par darklulu, Le 20/09/2013 à 22:13

Pour la première fois, la sonnerie du réveil le sortit de son sommeil sans qu’il éprouve l’angoisse habituelle, ce sentiment oppressant qui l’envahissait sitôt sa conscience sortie du néant nocturne.

L’angoisse, le stress et toute la cohorte de peurs et de crainte qui allaient avec étaient derrière lui désormais. Il ne pouvait plus, et surtout ne voulait plus, les ressentir. Quand il mettait sa vie en abyme, au pied de ses terreurs, il ne voyait que des îlots de lumière surnageant difficilement dans un immense océan de gâchis.

Presque sans effort, il chassa ces idées noires par celle de son départ prochain.

Ce soir il prenait le train.

Il partait, quittait tout et tout le monde pour une destination qu’il convoitait depuis longtemps. Depuis si longtemps, en réalité, qu’il aurait aussi bien pu dire toujours.

Certains naissent pour être heureux. Mais dans une symétrie imparfaite, dont seule la nature a le secret, lui était en cette contrée pour souffrir.

Il avait compris cette vérité très tôt, et, même s’il avait eu du mal, il avait fini par l’accepter. Cela rendait les choses plus faciles… parfois. Puis soudain, il en avait eu assez. Cela devait changer. C’est ainsi qu’il avait planifié son départ.

En se lavant les dents et en se rasant, il passait mentalement en revue ses affaires dans une ultime check-list, pour être certain de ne rien laisser d’important en souffrance. Ses factures étaient réglées, son loyer payé. Ses abonnements étaient résiliés comme s’il avait largué autant d’amarres le retenant à la jetée d’un port qui n’avait jamais voulu de lui.

Dans le bus qui le conduisait à son travail, il regardait défiler le paysage, sa vie ici se superposant sur la blanche monotonie de l’hiver comme des images d’Épinal. Le présent est un moment bien singulier songeait-il. C’est le seul instant où l’on peut à la fois fuir son passé et renier son futur. Une goutte pour toujours suspendue entre ciel et terre, évanouie aussitôt aperçue.

Sa destination atteinte, il se leva machinalement de son siège. Les quelques minutes à pied qui le séparaient de l’immeuble de bureaux, triste et terne, s’évaporèrent sans qu’il ne s’en aperçoive. Peu lui importait que ce fût la dernière fois qu’il faisait ce trajet. Il se débarrassait peu à peu de son ancienne vie, comme il se déshabillait le soir avant d’aller dormir.

Une fois installé derrière son bureau, il disposa ses dossiers devant lui par ordre de priorité. Il ne lui en restait que trois, et ils étaient tous bien avancés. Ce soir, quand le clocher sonnerait dix-sept heures et sa libération définitive, il pourrait partir avec la satisfaction du travail accompli.

Personne ne vint le chercher pour prendre une pause ou boire un café. Personne ne venait jamais. Il n’était pas comme eux, ils le sentaient. L’imminence de son départ prochain lui conférait un recul, une vision qui ne faisait que le conforter dans sa décision de partir. Il regardait ses semblables s’agiter pitoyablement comme un théâtre de marionnettes. Il sentait que s’il se concentrait suffisamment, il pourrait voir les fils invisibles et l’ombre de la main qui les tenait. Mais il ne s’en donna pas la peine. À quoi bon ? Il avait coupé les siens, de fils, et voir ceux des autres ne lui apporterait rien de plus que ce qu’il savait déjà.

L’heure du déjeuner venue, il sortit de son petit sac sa gamelle, préparée la veille au soir. Des pâtes froides et une boîte de thon à l’huile. Le repas fut englouti en quelques minutes. Il vérifia sur internet les éventuelles perturbations sur le réseau ferroviaire. Il n’y en avait pas, chose assez rare pour être signalée. Le train serait à l’heure, et lui aussi.

Il se remit à ses dossiers.

À 16 h 55, il ferma définitivement la pochette cartonnée, éteignit son ordinateur, remit sa veste. Il salua de la tête les collègues qu’il croisa dans les couloirs et l’ascenseur. À 17 h, il était dehors.

Son esprit était vide et ses pieds suivirent le chemin de la gare mécaniquement. Son corps était là, mais son âme était déjà partie.

La nuit était tombée quand il arriva au terminal ferroviaire. Du regard, il chercha le panneau lumineux pour y lire l’information qu’il attendait. Quand elle fut affichée, il se dirigea vers le quai concerné.

L’endroit où il allait était une destination très peu prisée. Il fut néanmoins soulagé de voir qu’il était seul. Le haut-parleur cracha une dernière annonce.

Une mise en garde en fait.

« Voie C attention ! Passage d’un train sans arrêt. Veuillez vous éloigner de la bordure du quai s'il vous plaît. »

Mais il ne l’entendit pas. Toute son attention était prise par la lumière qui approchait rapidement. La lumière qu’il avait attendue toute sa vie. Elle venait enfin pour lui. Il sauta et ne fit plus qu’un avec elle.

 

Il avait pris son train pile à l’heure.



Harpe

Par Le 19/09/2013

J'aime infiniment cet amour entre l'interprète, son instrument et l'oeuvre.

L'homme bon.

Par Le 19/09/2013

"Statistiquement, l'homme est majoritairement bon et une minorité qui tient le devant de la scène et fait un bruit d'enfer, le pervertit. "

Michel SERRES.


J'adhère totalement à cette réflexion.

Il suffit d'aller lire les "actualités" sur la page google pour s'en apercevoir. Guerres, meurtres, viols, agressions, dilapidations de l'argent public, crise, chômage, infanticides, catastrophes...

Quel intérêt de mettre tout ça en avant, systématiquement, à outrance, quotidiennement?

La peur.

Tout simplement la peur que les gouvernants entretiennent parce qu'elle vient valider leurs discours de "sauveurs".

Et sont ignorés les millions de gens qui dans le même temps auront oeuvré à leur bonheur et au bonheur de leurs proches, voire de l'humanité entière.

Ceux qui vivent en paix, intérieurement et socialement et qui ne peuvent dès lors aucunement servir les Puissants qui ont besoin de cette peur.

La peur engendre également le besoin de se divertir et de l'oublier et dès lors, il est facile de vendre des ersatz de bonheur, des choses futiles, instables et provisoires. Le marché en regorge. La croissance se nourrit de la peur, c'est son moteur. Les Puissants ne souhaitent pas notre bonheur. Ils souhaitent uniquement notre pouvoir d'achat. La crise les dérange car elle réduit leur propre richese.

Les nouveaux milliardaires travaillent d'ailleurs, soit dans l'armement, soit dans les marchés du "loisir", soit dans les matières premières volées aux pays envahis par les "Sauveurs"...

Le bonheur se nourrit de plénitude, pas d'accumulation de biens. Les biens nourrissent juste votre peur de les perdre et par conséquent votre désir d'être "protégés" par les Puissants. Et la boucle est bouclée. 

Les actualités sont au service des Marchands et des Puissants qui les servent et qui sont rénumérés pour les services rendus.

L'Islam est une vache à lait. Le terrorisme est une mamelle qui coule sans fin. Les manipulations médiatiques entretiennent la traite. Et nous sommes les consommateurs. Ou alors, il convient de tout éteindre et d'allumer sa conscience. Pas une conscience formatée mais celle qui est tournée vers le Bien et le Beau.

Lutter soi-disant contre le Mal en l'exploitant à des fins mercantiles entretient le Mal et l'insère dans les esprits. Les enfants en sont les premières victimes, il s'agit de construire les futurs consommateurs. Intégrer en eux les processus de peur et créer déjà les appels au secours. "Sauvez-nous, par pitié". Et ne jamais comprendre qu'ils appellent à l'aide les créateurs des conflits.

"Votez pour moi, je vous sauverai. "

"Achetez le dernier ipod, achetez la dernière BMW, achetez les produits qui garderont votre beauté."

Ceux-là sont morts déjà. Ils font partie de la masse et n'ont plus d'existence propre. 

Je me souviens de ce berger rencontré dans les Pyrénées, cet été. Loin des hommes et près des humains.

Rupture totale

Par Le 18/09/2013

"Une question qui le taraudait.
— Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que vous n’êtes pas concernée par les émotions ?
— C’est une erreur. Les émotions qui me viennent de la terre me touchent immensément. Je les laisse s’étendre parce qu’elles sont neutres, gratuites, et que la Nature n’a aucune intention cachée. Celles de mes semblables ont une appartenance qui m’échappe, elles sont issues d’individus, avec leur histoire, leurs attentes, leurs fonctionnements. Et ce sont très souvent des fonctionnements inconscients. Si vous vous chargez d’émotions qui ne sont pas maîtrisées parce qu’elles émanent de personnalités endormies, vous sombrez dans leurs cauchemars ou dans leurs rêves, ce qui revient finalement au même. Vous dormez avec eux. Il m’a fallu beaucoup de temps pour le comprendre. Mais malgré tout, je dois avouer que votre apparition ne m’a pas laissée insensible. Loin de là.
Elle le regarda fixement, avec un sourire léger au coin des yeux.
— Pourquoi est-ce que j’ai ressenti le même trouble ?
— Parce qu’il n’y a pas de hasard. Et qu’il arrive parfois que les révélations l’emportent sur l’habitude.
— Je ne comprends pas.
— Nous vivons dans des schémas de pensées, des répétitions rassurantes sur lesquelles nous bâtissons l’identification qui nous convient et que les autres adoptent. C’est l’habitude. Un leitmotiv ronronnant. Tout ce qui porte atteinte à cette mélodie connue est considéré comme une agression, une atteinte à cette liberté que nous croyons posséder. Alors, nous renforçons les défenses. Accumulation de biens, accumulation de relations, accumulation de connaissances. Mais il n’y a aucune compréhension interne. Tout cela reste tourné vers l’environnement immédiat, une scène onirique. Personne n’est là, réellement. C’est un théâtre de marionnettes. La révélation du drame vient fermer le rideau, les acteurs disparaissent, le jeu s’arrête, le public a quitté la salle, les lumières se sont éteintes. Si les résistances sont suffisamment puissantes, l’individu concerné prend peur. Il appelle au secours, il crie, il hurle, il maudit la vie et ses épreuves. Mais si la rupture est totale, la porte s’ouvre. L’individu découvre une autre forme de perception. Il ne comprend rien, mais pourtant, tout tombe en lui comme dans un puits ouvert. Plus aucune résistance. À cœur ouvert. C’est ainsi que je nomme cet état.
"

2 « point lire »/4.99€/Littérature/Littérature contemporaine/Thierry Ledru

À cœur ouvert par Thierry Ledru – 4.99€

cœur3Dsimple

2PointLireUn infarctus. Le cœur de Paul Laskin se brise. À l’hôpital, il apprend qu’il est en sursis. Pas de greffon humain disponible, alors l’implantation d’un cœur artificiel lui est proposée. Un concentré de technologie, alimenté par une batterie électrique. Le suivi se fait par informatique, les informations collectées en direct sont analysées par les chirurgiens.

Paul n’a pas le choix. Il accepte l’opération. Il accepte d’être un cobaye.

Il n’est qu’au début du chemin. Des phénomènes incompréhensibles, une rupture totale, inexplicable, sa personnalité qui change du tout au tout, un questionnement qui prend forme. Et des craintes récurrentes. Une dépendance aussi à la source d’énergie constituée par les batteries de son cœur artificiel.

Mais malgré tout, un cheminement intérieur qui le mène vers la lumière, à la source de tout, au cœur du réel. Et l’amour comme un cadeau.

Capture d’écran 2013-08-26 à 09.34.19

Village global

Par Le 18/09/2013

Demain, j'utiliserai ce document en classe, avec mes élèves de CM2.
D'infinies travaux à venir, lectures de documents, discussions, visionnages de films...


"Le monde entier est un village global

Imaginons un instant que ce village soit composé de 100 habitants. Il y aurait :

59 asiatiques

14 africains

14 américains

13 européens

Il y aurait également 51 femmes et 49 hommes.

On compterait 50 enfants de moins de 15 ans.

20 personnes (uniquement des hommes) possèderaient 80% du village et de ses richesses.

1 femme seulement possèderait sa propre terre.

Entre 5 et 6 femmes auraient subi un viol.

42 personnes ne boiraient jamais d'eau potable.

50 personnes vivraient au sein même du petit village, 50 autres seraient éparpillées aux alentours.

33 habitants vivraient une situation de conflit armé, dont 13 seraient des femmes. 6 seraient des enfants...

5 hommes et 1 femme seraient militaires, policiers ou gendarmes.

9 enfants travailleraient dans des conditions d'esclavage et 2 petites filles seraient employées de maison sans être rénumérées.

60 personnes sauraient lire, écrire et compter. 40 seraient des hommes.

50 habitants pourraient avoir accès aux soins de santé.

8 personnes auraient accès à un ordinateur, dont 6 connectées à un réseau de type internet.

1 personne serait considérée comme riche, c'est à dire possédant plus de richesses que nécessaire pour assouvir ses propres besoins et ceux de sa famille. Elle possèderait à elle seule 50% du village et de ses richesses.

80 personnes auraient une religion, dont 40 seraient forcées de la pratiquer (sous la contrainte ou par la coutume) et 20 autres ne la pratiqueraient pas. En outre, 5 personnes la pratiqueraient malgré des risques pour leur survie.

La bibliothèque du village ne serait accessible qu'à 24 personnes, les autres en seraient interdites. La salle de cinéma serait utilisée chaque semaine par 1 personne, toujours la même.

L'électricité serait coupée environ 50% du temps, faute de moyens. 30 personnes gaspilleraient 90% des ressources naturelles et énergétiques du village.

5 personnes seraient déjà parties en vacances. On prévoierait que 10 personnes le feraient d'ici 5 ans."


Survival International

Par Le 17/09/2013

Survival aide les peuples indigènes à défendre leur vie, protéger leurs terres et déterminer leur propre avenir.

ACTION URGENTE

Demandez à une compagnie brésilienne d'élevage bovin de ne pas détruire les terres des Ayoreo

 

Yaguarete Porá, une compagnie d'élevage bovin, est en train de détruire l'une des dernières forêts refuge des Indiens Ayoreo Totobiegosode isolés.

Leur îlot forestier réduit à une peau de chagrin est transformé en pâturages de bétail destiné à l'abattage et à l'exportation vers l'Europe, la Russie et l'Afrique.

Tout contact avec les employés de la compagnie pourrait s'avérer fatal pour les Indiens en raison de leur faible système immunitaire.

Ecrivez au dirigeant de la compagnie pour lui demander de renoncer à exploiter le territoire des Ayoreo et de le leur restituer.

 
 

Si vous souhaitez envoyer un mail mais n'avez pas beaucoup de temps, cliquez ici. 

Ou écrivez votre propre message en vous inspirant du modèle ci-dessous à : mbferraz@terra.com.br et reservayaguarete@gmail.com

Monsieur le directeur,

J'ai appris avec inquiétude que votre compagnie exploite à nouveau la forêt des Indiens ayoreo totobiegosode.

Les Indiens ayoreo luttent depuis 20 ans pour se réapproprier leur territoire ancestral que votre compagnie Yaguarete Porá occupe partiellement.

Les membres isolés de leur groupe vivent dans la région que vous êtes en train de défricher. Tout contact avec les employés de votre compagnie peut s'avérer fatal pour les Indiens en raison de leur manque d'immunité contre les maladies que ceux-ci peuvent leur transmettre.

Les Ayoreo n'ont cessé d'exprimer leur crainte et leur frustration devant la destruction de leur forêt pour faire place à l'élevage de bétail.

Je vous prie instamment d'interrompre immédiatement toutes vos activités dans la région et de restituer cette terre à ses propriétaires légitimes, les Ayoreo Totobiegosode, avant qu'ils ne disparaissent à jamais.

Dans cet espoir, je vous prie d'agréer, Monsieur le directeur, l'expression de mes sentiments distingués.


Partagez ce message par email, Facebook ou Twitter en cliquant ici.

 

Merci !

Le savoir de l'école.

Par Le 15/09/2013

JARWAL LE LUTIN

Tome 4


Ils finirent leur casse-croûte et reprirent le chemin.

Les interrogations s’éveillèrent rapidement. Lou voulait en savoir davantage sur le voyage de l’eau. Tian s’intéressait grandement aux Kogis. Il pensait aux Tibétains, colonisés à leur tour. Encore et toujours des soumissions et des douleurs, rien n’avait changé dans le fonctionnement de l’humanité.

Marine essayait d’expliquer ce que Jarwal avait découvert à travers la perte de sa mémoire.

« Il dit que si on reste attaché à notre mémoire, on perd la conscience de la vie. Mais c’est compliqué à expliquer en fait. C’est comme si le passé que notre mémoire garde en elle nous privait de la compréhension de la vie immédiate.

-Un peu comme si on traînait un fardeau. On dépense notre énergie pour ça alors qu’on devrait l’utiliser dans l’instant présent, c’est ça ? demanda Tian.

-Oui, c’est ça, acquiesça Marine, en souriant au jeune garçon. Mais en plus, Jarwal disait qu’on en finissait par ne plus exister réellement. On se souvenait d’avoir vécu et on se servait de ces souvenirs pour recevoir le présent.

-Par exemple, en ce moment, on est tellement attaché au souvenir de Jarwal qu’on en finit par ne plus voir ce qui nous entoure, ajouta Léo, alors que la petite troupe arrivait au col.

-Tu as bien raison, petit frère, renchérit Rémi. On ne se sert même pas de ce que Jarwal nous a appris. C’est nul.

-C’est bien la preuve que quand on apprend quelque chose, ça n’est pas pour autant que c’est à nous.

-Oh oui, Léo, alors tu imagines un peu avec tout ce qu’on doit avaler à l’école, reprit Marine. Et en plus, ça ne nous concerne pas directement. C’est juste du savoir. Alors que Jarwal, il nous parle de notre vie. Et pourtant, même ça, on n’arrive pas vraiment à s’en servir.

- Dites donc, vous n’imaginez pas le plaisir que j’ai à être avec vous. Je pensais qu’on allait juste faire une balade en montagne et j’étais déjà très contente mais alors, là, ça dépasse tout ce que j’espérais, lança Lou, rayonnante. C’est chouette toutes ces discussions. C’est triste d’ailleurs qu’à l’école, on ne parle jamais de tout ça et même entre nous, comme si l’endroit lui-même nous rendait bête.

-Ah, ah, éclata Tian, c’est exactement ça, c’est un endroit qui nous rend bête de savoir.  

-Et qui nous éloigne de nous-mêmes, continua Rémi, en nous racontant que c’est pour nous préparer à gagner notre vie. Je déteste cette expression. »

Un regard de Lou que Rémi surprit, un choc immense, l’attention qu’elle lui portait, comme une volonté de le comprendre, de saisir tout ce qu’il portait, la tête légèrement inclinée, une interrogation curieuse, tendre, le bonheur de la rencontre, une découverte inattendue. Comme une fenêtre ouverte sur un espace inconnu.

Ils regardèrent silencieusement les horizons gagnés. La chaîne de la Lauzière et ses arêtes dentelées, les forêts comme arrêtées par une ligne infranchissable, l’altitude dessinée sur le faîte des derniers arbres, une longue ligne régulière courant sur les flancs, les alpages les dominant jusqu’aux premières zones rocheuses et cet élan vertical projetant vers les cieux immobiles des flèches minérales.

Ils percevaient, remontant du fond de la vallée, la rumeur des camions et des voitures filant sur l’autoroute, une rumeur sourde, envahissante.


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