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Confucius

Par Le 14/12/2013

"Puis-je vous interroger sur la Mort ?

-Vous ne comprenez encore rien à la Vie. Que voulez-vous comprendre de la Mort?"


"N'importe qui peut m'apprendre quelque chose: si je vois quelqu'un qui se conduit bien, je cherche à l'imiter; si je vois

quelqu'un qui se conduit mal, je cherche en moi ce qui l'imite."



Bernard Moitessier

Par Le 08/12/2013

"LA LONGUE ROUTE"

Bernard Moitessier.

Le livre de mer par excellence.

Un beau documentaire de Thalassa pour découvrir cet homme.

"Je dois sauver mon âme, j'abandonne la course."

  • « La Longue Route »

La Longue Route

La Longue Route

de

Editeur : Arthaud Parution : 14 Décembre 1990 Commandez avec 5% de remise sur Fnac.com - livraison gratuite

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résumé du livre

Cette première course autour du monde en solitaire, sans escale, devait rendre Moitessier célèbre : alors qu'il avait pratiquement bouclé son périple, le navigateur décidait d'abandonner, ou plutôt de poursuivre sa route vers Tahiti et les eaux bleues du Pacifique. Une remarquable performance devenait pied de nez à la civilisation, aventure humaine unique et précieuse. Et ce journal de bord, un livre-culte. Grands calmes ensoleillés, aurores australes, vagues-pyramides émeraude ou déferlantes neigeuses jalonnent ce récit, où l'homme peu à peu gagne sa paix intérieure, construit sa liberté. Et, par la grâce d'une écriture poétique, simple et naturelle, nous emporte dans son sillage, 'blanc et dense de vie le jour, lumineux la nuit comme une longue chevelure de rêve et d'étoiles'.

La longue route

Naissance d'un écrivain

À trente-quatre ans, sans métier ni diplômes, Moitessier repart à zéro. Dans sa chambre de bonne parisienne, il médite sur ses mésaventures successives. Pour survivre, il accepte un job de visiteur médical. Un journaliste lui conseille d'écrire un livre dans lequel il raconterait ses joies et ses infortunes de navigateur solitaire. Ce sera Vagabond des mers du Sud, écrit dans les chambres d'hôtel et les cafés de province. Le livre publié en 1960 chez Flammarion dans la collection " L'aventure vécue " aura des milliers de lecteurs. Deux d'entre eux proposent gracieusement leurs services au navigateur pour construire un nouveau bateau. Baptisé Joshua en hommage au célèbre marin Joshua Slocum, le voilier de 12 m fait ses armes dans une école de croisière en Méditerranée. Puis Moitessier avec sa compagne Françoise met le cap sur Tahiti via l'Atlantique et le Pacifique. Le voyage du retour est un exploit sans précédent dans le monde maritime : 126 jours de mer, sans escale, par la route difficile et dangereuse du légendaire cap Horn. L'éditeur Jacques Arthaud publiera le récit de cette aventure hors du commun sous le titre : Cap Horn à la voile. Un écrivain est né.

La course folle

Alors qu'il rejoint son bateau en rade à Toulon, Moitessier est abordé par un journaliste du Sunday Times qui lui propose de participer à la première course en solitaire et sans escale. Le journal londonien, sponsor de l'épreuve, lui a donné le nom de Golden Globe. Le règlement est simple : chaque navigateur engagé dans la course devra faire un tour du monde en solitaire par les trois caps sans toucher terre, sans aide extérieure ni ravitaillement. Le premier à franchir la ligne d'arrivée encaissera la coquette somme de cinq mille livres sterling et le trophée du Golden Globe. Après avoir envoyé balader le journaliste, Moitessier accepte de participer à la course sans cacher son mépris pour ce genre de compétition. Il n'a rien à prouver, ce sera sa course. Cet été 1968, neuf navigateurs s'élancent autour du monde sur des petits voiliers équipés d'un simple sextant pour se positionner et d'un poste radio pour communiquer que certains comme Moitessier refuseront d'embarquer. Jamais un tel défi n'avait été relevé. Une course folle qui restera la plus grande aventure maritime de tous les temps.

Seul entre mers et ciels

Le 22 août 1968, Moitessier quitte Plymouth en Angleterre à bord du Joshua. Il est âgé de quarante-quatre ans et file à sept nœuds dans un brouillard absolu vers le plus long voyage en solitaire de sa vie. Tel un éclair, il traverse l'océan Atlantique laissant loin derrière lui les autres concurrents comme Chat Blyth qui apprendra à naviguer dans les Quarantièmes Rugissants ! Le 24 octobre, Joshua franchit le cap de Bonne-Espérance pour continuer sa route sur l'océan Indien en direction de l'Australie. Six mois ont passé quand le ketch d'acier passe le cap Horn. " Joshua fonce vers le Horn sous l'éclat des étoiles et la tendresse un peu lointaine de la lune… Je ne sais plus très bien où j'en suis, si ce n'est que nous courons depuis longtemps au-delà des frontières du trop. " En France et en Angleterre, le navigateur solitaire est d'ores est déjà considéré comme le vainqueur de la course. On s'apprête à lui envoyer une armada de bateaux pour l'accompagner jusqu'à Plymouth. Le 18 mars, alors qu'il atteint les côtes de l'Afrique du Sud, qu'il vient de boucler le tour du globe, Moitessier annonce officiellement (avec un lance-pierres) sa décision d'abandonner la course pour " sauver son âme " et poursuivre sa " longue route ". Rentrer déjà, écrira-t-il dans ses mémoires, reviendrait à n'être jamais vraiment parti. Il laisse derrière lui les honneurs et l'argent pour mettre le cap vers le soleil, vers les îles du Pacifique. Enfin Tahiti, où il accostera après dix mois de navigation sans toucher terre et l'exploit d'avoir réalisé un tour du monde et demi. L'épilogue de la course sera tragique. Un seul des concurrents franchira la ligne d'arrivée. L'un d'entre eux, Crowhurst, se suicidera après avoir fait croire qu'il était en tête de la course alors qu'il errait le long des côtes… La folie et la mort avaient dominé le Golden Globe. Moitessier s'en était détourné pour réaliser son rêve de liberté.

D'île en île

Un goût de paradis

Durant deux ans, dans la cale de son bateau en mouillage à Papeete, Moitessier écrira son troisième livre, La longue route, le récit de ses dix mois passés seul en mer. Un dur labeur littéraire pendant lequel il rencontre sa seconde femme, Iléana. Leur fils Stéphan naît en 1971. La petite famille décide de repartir avec Joshua. Un voyage de deux ans avec escales en Nouvelle-Zélande, Paris et Jérusalem, puis le retour en Polynésie sur l'atoll de Ahé.
Sur l'îlot paradisiaque de Poro-Poro, le navigateur construit son faré, habitation traditionnelle tahitienne. Le rêve de l'oasis prend forme. Une vie paisible de Robinson au soleil, rythmée par la pêche, le jardinage et la chasse aux rats qui déciment les cocotiers de l'île… Quelques visiteurs aussi qui partagent la soif de liberté du navigateur comme le chanteur Antoine ou un jeune journaliste Dominique Charnay (voir entretien) qui sera le confident des vingt dernières années.

Le naufrage de Joshua

En 1978, le marin nomade s'installe à Moorea où il rencontre le véliplanchiste Arnaud de Rosnay qu'il conseille pour son expédition en planche à voile des Marquises à Hawaï. Après dix années passées en Polynésie, las de la torpeur tropicale, Moitessier part à San Fransisco, dans l'idée aussi de se renflouer financièrement. Le fidèle Joshua malgré les blessures de l'âge accoste Sausalito après trente-huit jours de traversée. Dans cette bourgade dans la baie de San Francisco, Moitessier n'aura que des déconvenues. La terre promise s'avère ingrate envers le navigateur. Après avoir réalisé quelques maigres économies en exerçant des petits boulots, il songe à mettre le cap vers le Mexique. Un admirateur incongru aux cheveux hirsutes lui propose alors 30 000 dollars pour l'emmener à Tahiti et lui apprendre à naviguer. L'inconnu salutaire n'est autre que l'acteur Klaus Kinski, le conquérant génial du film de Werner Herzog, Aguire, la colère de Dieu. Au dernier moment, pour des raisons de tournage, le comédien annule le voyage, mais demande tout de même à Moitessier de l'embarquer avec lui jusqu'au Mexique. Au large des côtes mexicaines, le navigateur invite Kinski à rester quelques jours en plus sur Joshua pour parfaire son apprentissage. Un brusque et inhabituel cyclone force Moitessier à débarquer le comédien sur la terre ferme d'où il assiste au naufrage de Joshua. Au dernier moment, Moitessier abandonne son bateau pour rejoindre Kinski sur la plage. Ce sera la fin de Joshua pris dans les éléments déchaînés et la colère des dieux de la mer…

La dernière vague

Un nouveau départ

L'écho du naufrage de Joshua s'est répercuté dans le monde entier. La solidarité des gens de la mer et des amis fidèles permettent à Moitessier de construire un nouveau bateau qu'il baptise Tamata. En 1982, il hisse les voiles pour Hawaï, puis Tahiti et Papeete. Il y rencontre Véronique sa dernière compagne qui l'incite à faire escale à Issy-les-Moulineaux, en banlieue parisienne. L'aventure continue à terre avec l'écriture de ses mémoires. Une aventure qu'il juge aussi rigoureuse et difficile que celle de la mer. Méthodiquement, il rassemble ses souvenirs, prend des notes, hésite, rature… Six années seront nécessaires pour mener à terme Tamata et l'Alliance.

La " bête "

Lors de la rédaction de son livre, Moitessier apprend qu'il est atteint d'un cancer de la prostate. Il songe même à confier l'achèvement de Tamata à son ami Dominique Charnay. Il décide alors de combattre la " bête " avec autant d'acharnement dont il faisait preuve face à des vagues de 25 m dans les mers démontées. Il visite la Bretagne où il retrouve des vieux amis comme Jean-Yves Le Toumelin, un autre grand navigateur solitaire qui, avec son voilier Kurun fit un tour du monde en 1949 ! Retrouvailles également avec son Joshua acquis et restauré par le musée maritime de La Rochelle. En février 1992, il remet enfin à Charles-Henri Flammarion le manuscrit de Tamata et l'Alliance. Les dernières pages seront écrites au bord du lagon de Raïatea, près de Bora Bora. La boucle est bouclée. Elle le sera vraiment quand Moitessier pour la revue Voiles et Voiliers réalise un court voyage au Vietnam. La maison familiale est en ruines. Au bord du golfe de Siam, le navigateur retrouve quelques amis d'enfance. Peu sensible aux complaintes nostalgiques, il ne s'attarde pas, pressé déjà de repartir. Grâce aux droits d'auteur de Tamata, qui est en tête des ventes, il aide quelques personnes dans le besoin comme la navigatrice Anita Conti. Affaibli, il reçoit ses amis allongé dans un divan, avec un sarong autour de la taille. Le 16 juin 1994, il meurt chez lui, entouré de ses proches, dans la sérénité et la tranquillité. " La mort est naturelle, la vie est merveilleuse ", disait-il.

Dharma

Par Le 08/12/2013

http://terresacree.org/legendeindienne.html


Une vieille légende Hindouiste raconte qu'il fut un temps où tous les hommes étaient des dieux.

Comme ils abusèrent de ce pouvoir, Brahma, le maître des dieux, décida de le leur retirer et de le cacher dans un endroit où il leur serait impossible de le retrouver.

Oui, mais où ?
Le trésor caché à l'intérieur de nous! Le pouvoir de créer
Brahma convoqua en conseil les dieux mineurs pour résoudre ce problème.

-Enterrons la divinité de l'homme, proposèrent-ils.

Mais Brahma répondit:
-Cela ne suffit pas, car l'homme creusera et trouvera.

Les dieux répliquèrent:
-Dans ce cas, cachons-la tout au fond des océans.

Mais Brahma répondit:
-Non, car tôt ou tard l'homme explorera les profondeurs de l'océan. Il finira pas la trouver et la remontera à la surface.

Alors, les dieux dirent:
-Nous ne savons pas où la cacher, car il ne semble pas exister sur terre ou sous la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour.

Légende indienneMais Brahma répondit:
Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme: nous la cacherons au plus profond de lui même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.


Et depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme explore, escalade, plonge et creuse, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.




Le trésor à l'intérieur de soi !



 Il y a longtemps déjà, j'avais travaillé ce texte avec ma classe. Des enfants de CE2, CM1 et CM2. Une élève, Pascale, avait décidé d'écrire une fin. Elle avait dix ans. Je n'ai jamais perdu ce texte :


""Et aujourd'hui, ces hommes qui ne comprennent plus la Terre, qui courent après des illusions, ces hommes perdus dans leurs propres corps inconnus, ont oublié la joie de leur jeunesse, cette jeunesse où ils ont vécu comme des Dieux, libres, puissants, dans leur univers unique, plus riche que tous les univers d'adultes.
Mais les enfants de ces hommes dansent encore, eux. Libres pour quelques instants, aussi puissants que les Dieux. Essayant d'oublier la vie d'adultes qu'ils doivent apprendre. Essayant de retrouver dans la danse les rêves qui disparaissent.
Alors laissons les danser."


Pascale n'a jamais disparu. Nous sommes toujours reliés.

Droits de l'Homme

Par Le 08/12/2013

La France, pays des Droits de l'Homme...?

Pas de tous.

Imaginons que les Hopis viennent piller les églises pour revendre leurs trophées dans des ventes aux enchères...

J'ai honte de tout ça...


Le Point.fr - Publié le

La justice a débouté à deux reprises l'association "Survival International", qui contestait

la vente d'objets sacrés d'une tribu amérindienne. Explications.

Le masque "mère-corbeau" vendu le 9 décembre à Drouot.
Le masque "mère-corbeau" vendu le 9 décembre à Drouot. © Arnaug Guillaume / AFP
C'est un masque-heaume de bois peint, encadré de deux grandes ailes de plumes noires. En avril dernier, une version de la Mère Corbeau des Indiens Hopis avait été adjugée près de 200.000 euros lors d'une vente de 70 masques à l'hôtel Drouot. Une autre est estimée entre 60.000 et 80.000 euros dans le catalogue d'une seconde vente de près de 400 objets d'art amérindien, prévue ce lundi 9 décembre. Deux fois l'association Survival International, qui défend les communautés indigènes, a saisi la justice française pour faire suspendre la dispersion aux enchères de plusieurs dizaines de kachinas, en arguant notamment de leur sacralité. Deux fois elle a été déboutée.

L'avocat Pierre Servan-Schreiber, qui défendait déjà l'association en avril, avait demandé cette fois en référé à ce que les 25 masques compris dans la vente en soient soustraits le temps que l'affaire soit jugée au fond. "L'idée même qu'ils soient vendus, et même simplement exposés ainsi au public est pour cette tribu d'une obscénité insupportable", souligne-t-il. "Les kachinas sont chez les Hopis les messagers des dieux et les esprits de leur ancêtres, explique l'ethno historienne Joëlle Rostkowski, spécialiste des Indiens d'Amérique et enseignante à l'EHESS. Les masques qui les représentent sont portés lors des rituels par des danseurs qui abritent alors en eux les esprits. Ils ne sont pas montrés en dehors de ces occasions".

"Outrage"

© Arnaud Guillaume/AFP
En avril, l'ambassadeur des États-Unis avait fait part à la maison Néret-Minet Tessier & Sarrou de son inquiétude, et demandé la suspension des enchères ; l'acteur Robert Redford, lui aussi, avait mis son poids dans la balance, qualifiant la vente de "criminelle" et de "sacrilège". Sans effet.

La sacralité de ces masques, la justice ne la nie pourtant pas. Non plus que les commissaires priseurs. Au contraire, fait remarquer Joëlle Rostkowski : un masque a d'autant plus de valeur qu'il a été "dansé" (porté pendant un rituel) et qu'il incarne un esprit important du vaste panthéon hopi, comme la Mère Corbeau. Mais l'ordonnance rendue vendredi considère, comme en avril, que "si la vente de ces objets cultuels peut constituer un outrage à la dignité de la tribu Hopi, cette considération morale et philosophique ne donne pas à elle seule droit au juge des référés de suspendre la vente, qui n'est pas interdite en France". "Les trois quart des oeuvres d'art, surtout anciennes, sont d'inspiration religieuse", faisait valoir, avant que l'ordonnance ne soit rendue, Alain Leroy, dont la maison Eve organise les enchères de lundi. "Cette vente, ajoutait-il, est parfaitement licite, y compris dans le droit américain".

Aux États-Unis, pourtant, ce type d'enchères n'a quasiment plus cours. Depuis 1990, une loi, le NAGPRA (Native American Graves Protection and Repatriation Act) prévoit en effet que les communautés amérindiennes puissent obtenir la restitution de leurs restes humains et de leurs objets sacrés lorsque ceux-ci sont entre les mains d'institutions publiques recevant des subsides du gouvernement fédéral. Lorsqu'un kachina est en mains privées, il peut donc être vendu pour peu qu'il dispose d'un titre de propriété valide. Sauf que la provenance des masques, justement, pose souvent question. Et "les grandes maisons s'abstiennent, en raison de l'émotion que de telles ventes provoquent et des contestations possibles dont elles peuvent faire l'objet", note Joëlle Rostkowski.

Engouement

Le marché s'est par conséquent déplacé vers la vieille Europe. Et vers la France en particulier où ces masques suscitent depuis longtemps un très vif engouement. Les surréalistes, André Breton en tête, en ont les premiers fait collection ainsi que des poupées kachinas, que les Hopis offrent aux enfants lors de leur initiation.

"Nous ne disons pas qu'aucun objet sacré ne peut être vendu, ni que les musées d'arts premiers doivent être vidés de leurs collections. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle notre requête ne portait que sur une partie des lots", souligne Pierre Servan-Schreiber. "Nous avions travaillé à une définition des objets cultuels qui pourraient être interdits à la vente : qu'ils soient issus d'une communauté d'hommes qui les considère comme absolument essentiels à sa culture ; que cette communauté soit toujours existante ; qu'ils appartiennent non à un individu, mais à la communauté qui s'en prévaut ; qu'enfin ils ne puissent être trouvés et achetés dans le commerce". "La réponse qui nous a été donnée, ajoute-t-il, revient à nous sommer de ne pas revenir au tribunal une troisième fois".

Délai

Le débat est-il donc définitivement tranché ? Pas si sûr. "Aux aspects juridiques s'ajoutent, ici, des enjeux éthiques, note Joëlle Rostkowski. L'Icom (International Council of Museums, NDLR), qui traite des questions de déontologie dans les musées, se pose par exemple la question de l'attitude à adopter envers ce type d'objets". La France, qui a restitué ces dernière années à la Nouvelle-Zélande des têtes maories appartenant à des collections publiques, est d'ailleurs elle-même confrontée à ces enjeux.

En attendant, l'ambassade des États-Unis a demandé samedi à la société Eve un délai, afin que les tribus Hopi et Apache San Carlos, dont des objets cultuels doivent également être vendus lundi, "'puissent avoir la possibilité de [les] identifier, de vérifier leur provenance et de déterminer si elles pourraient revendiquer ces objets selon les termes de la Convention de l'UNESCO de 1970 sur l'exportation et le transfert de propriété de biens culturels, ou de toute autre juridiction". A voir si, cette fois, sa voix sera entendue.

Voici d'autres masques hopis (© Arnaud Guillaume / AFP) :

"RéLovution"

Par Le 08/12/2013

La méthode d'éveil est d'amener dans notre vécu cette nature qui est déjà présente. Que ce soit la méditation ou toute autre pratique, rien de nouveau n'adviendra car cela signifierait sinon que nous captons dans l'environnement un état inconnu en nous, comme si la pluie pouvait se glisser en nous, comme si nous n'avions pas de matière, comme si la lumière du soleil devenait une possession.

La méditation ne fabrique rien. Elle n'insère pas dans l'individu une donnée extérieure. Elle permet de prendre conscience de ce qui est là. Il s'agit en fait d'une épuration, de l'arrachement à notre conscience de tous les états parasites, de tous les voiles opaques qui contiennent une lumière déjà présente en nous. La nature de tous les êtres est exactement la même et cette nature est au-delà de la pensée. C'est là que se situe l'ouverture. Une ouverture sur ce qui est déjà là. Un état qui dissout l'intention, la volonté, l'imaginaire. Il n'y a rien à imaginer, rien à attendre, à vouloir, à espérer.

Penser à la méditation, c'est ne pas méditer. Tout le problème est là. Se donner un objectif mentalisé ramène l'individu à son mental et par conséquent à ses attachements.

L'attachement à la dissolution des attachements ne peut pas être un état d'éveil.

Toute la difficulté vient du fait que notre éducation, les enseignements reçus, l'accession à la connaissance, contribuent tous ensemble à créer une habitude : un travail, quelqu'il soit, attribue à l'individu une possession nouvelle. Il doit y avoir un résultat tangible, mesurable, identifiable, transmissible, ce travail doit même, si possible, octroyer un pouvoir, une distinction au regard du groupe humain. L'école enseigne pour que l'individu gravisse les échelons de la connaissance...

La méditation enseigne à perdre ce qui a été accumulé puisque ce qui est accumulé contribue finalement à la perdition de l'individu. La connaissance intègre le connaissant mais l'accession à la connaissance ne favorise pas instantanément la connaissance interne du connaissant. Ils sont nombreux ces diplômés qui ne savent rien d'eux-mêmes, sinon, l'image associée au statut de connaissant qu'ils ont acquis. Tout cela n'est pas une connaissance de soi. Tout le problème est là.

La connaissance détachée du connaissant est une accumulation de données temporelles. Toutes les connaissances viennent du passé et sont transmises à l'individu. Mais sans l'exploration du connaissant, dans l'instant, toute accumulation de connaissances n'est qu'un fardeau dont on se charge. Bien entendu, l'agrégé de philosophie considèrera qu'il a un très haut niveau de connaissances et c'est exact pour ce qui est de son domaine. Mais s'il s'identifie à cette connaissance, il ne sait plus rien de lui...

C'est bien là que se situe le problème de notre enseignement en France. Nous amenons les enfants à croire que leurs connaissances leur donnent forme.

C'est terrifiant d'imaginer l'ampleur de ce mensonge...

Terrifiant aussi pour moi de penser que j'y participe...

Il est indispensable de changer de voie. Et les réformes ne servent à rien. C'est une "RéLovution" dont nous avons besoin.

Tablettes numériques

Par Le 07/12/2013

Un énorme gain de temps de travail.

Une organisation extrêmement simplifiée.

Un intérêt renforcé pour les enfants et même sur des tâches purement scolaires.

Une ouverture immense au regard de tous les sites accessibles.

Un contrôle déjà intégré dans la tablette.

C'est ce temps de travail qui me semble particulièrement intéressant car il offre d'immenses possibilités.

Développement personnel, méditation, créations artistiques, mise en valeur des talents personnels, une relation beaucoup plus saine avec l'enseignant étant donné que c'est l'ordinateur qui gère et cautionne les avancées ou les faiblesses, l'enseignant est un guide, pas un censeur...

Imaginons un logiciel de Français. les enfants écrivent une histoire et à chaque erreur, un en tête s'ouvre et renvoie l'enfant à une règle vue en classe. Il doit relire et se corriger. Tant que le mot reste en rouge, il ne peut pas avancer son texte. L'imprégnation grammaticale s'installera d'elle-même.

Imaginons un logiciel d'Histoire. les enfants doivent aller à la découverte de la révolution française. ils auront accès à des textes, des vidéos de films historiques, des peintures d'époque, des extraits de romans etc etc...Ils auront pour tâche ensuite d'écrire un résumé qui sera transmis aux autres élèves. L'enseignant finira la session en donnant un résumé commun mais chaque enfant gardera les données des autres et pourra y retourner. 

Toutes les matières pourraient de cette façon conduire l'enfant à construire ses connaissances par des recherches personnelles autour d'un projet commun.

Les évaluations elles-mêmes pourraient etre bâties sur le même principe d'accompagnement mais en limitant les aides disponibles. Une expression écrite n'offrira que des aides sur des tâches bien définies et dont le niveau d'exigence serait trop ardue. Les leçons communes déjà travaillées devront être gérées en autonomie.

 

Imaginons maintenant que ce temps dégagé par la mise en place, la gestion des matériels, l'organisation, (huit matières différentes au collège, huit cahiers, classeurs, livres, fiches, pochettes...Tout ça dans la tablette), que ce temps soit mis à disposition pour amener les enfants vers des situations existentielles : méditation, débats philosophiques, groupes de paroles, théatre, APEX (expression corporelle), l'école française serait considérablement transformée par une activité beaucoup plus riche, un partenariat entre les enfants, une relation beaucoup plus saine avec les enseignants, une prise en considération des individualités, des talents personnels.

Imaginons une comédie musicale : écrire des textes, imaginer un scénario, trouver des musiques, travailler une chorégraphie, regarder des films d'anthologie, travailler la mise en scène...

Imaginons l'écriture d'un album : trouver un scénario, faire appel aux dessinateurs les plus doués, écrire des textes, concevoir la mise en page, lire des albums divers...

Toute la problématique de maîtrise de la langue sera prise en charge, à des degrés divers, par la tablette. L'imagination des enfants sera libérée de toute pression, de toute compétition, le projet commun conduira chacun à oeuvrer à la performance de la communauté...

Incroyables talents

Par Le 07/12/2013

Quand vous demandez à des "anciens" :
1515?

Ils répondent très fiers Marignan!
Demandez : Quel roi ?

Déjà beaucoup moins vous diront : François 1er


Demandez : Contre quel pays et pourquoi?

Et là quasiment personne ne saura vous répondre.

Demandez 1515 à un jeune de 14 ans et il ne saura pas répondre du tout de but en blanc, mais après avoir tapoté sur son téléphone (pardon son smartphone), il saura en dire bien plus que n'importe quel adulte.

 

Conclusion : Il faut créer le désir d’aller utiliser la technologie pour apprendre.

Comment ? Il faut entièrement revoir les pratiques, réfléchir à l’essentiel, se donner des objectifs qui permettront d’utiliser la technologie tout en renforçant les connaissances.

Avantage : l’usage de la technologie apportera une image totalement nouvelle à l’école.

 

J’ai travaillé pendant deux jours au collège du secteur et j’étais effaré de voir que RIEN n’avait changé depuis que j’ai quitté le mien, il y a 35 ans. Les programmes ont changé mais pas vraiment les méthodes. On est toujours dans le frontal, le cours didactique, l’évaluation individuelle, la compétition, la comparaison, la notation, l’absence de passerelles entre les matières, un nombre trop important d’enseignants, un formatage de tous, l’indifférence envers les qualités « non conventionnelles » des enfants...

On retrouve bien évidemment un grand nombre de ses paramètres dans l’enseignement primaire. Et même de plus en plus à l’école maternelle…

Des objectifs ou des compétences ?

La belle affaire.

Les fondamentaux ?

Ils sont existentiels avant d’être techniques. C’est dans l’absence de considération de l’individu que tout est brisé.

 

Je travaille cette année en utilisant l’émission de télévision : « Incroyables talents ». Je n’ai pas de télévision mais j’ai découvert le concept sur les vidéos internet. L’idée est d’amener les enfants à travailler quelque chose qui leur plaît, dans le domaine artistique et à le présenter à la classe : gym au sol, danse, chanson, poésies, travail manuel (maquettes, découpages, volumes en cartons)…Les idées s’ajoutent les unes aux autres sans que je n’intervienne. Deux garçons ont décidé jeudi de devenir journalistes et d’interroger les artistes qui viennent de présenter leur talent. Ils ont établi la liste des questions, ils les ont formulées, écrites, ils prennent des notes chacun leur tour…Travail de français qu’ils ont mené à bien sans mon intervention. Il me reste à corriger les fautes de français et c’est là que je pense que la technologie peut jouer un rôle essentiel.

Ces corrections me prennent un temps considérable et il est impossible que je les mène toutes pendant la journée au risque de limiter les activités. Il serait bien plus utile que ce travail de correction soit fait par l’ordinateur.

Avantage : l’enfant n’est pas inquiet à l’idée d’écrire et de se tromper et surtout de sentir la menace d’une correction à mener. Chose qui n’a aucun intérêt en soi, sinon celui de progresser pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Mais c’est la création qui motive les enfants. Pas le travail qui devra suivre. Beaucoup d’enfants limitent donc leurs créations pour s’éviter des tâches rébarbatives et des remontrances au regard des fautes relevées par l’enseignant.

 

L’ordinateur apportera donc une correction immédiate, libèrera les enfants les plus craintifs de toute inquiétude, motivera ceux qui ne veulent pas se retrouver avec cinquante fautes à corriger. Il n’en restera pas moins que les bases de la langue seront indispensables car aucun logiciel ne pourra corriger correctement le mot « nibobodame » à l’enfant qui fait un exposé sur les hippopotames. De plus, l’ordinateur pointe une erreur et propose parfois plusieurs solutions, ce qui implique un choix. Autre avantage : les enfants ont une vue directe de leur niveau par les mots soulignés et ils sont amenés à réfléchir, mais sans inquiétude puisque ça sera corrigé. Beaucoup plus de textes par conséquent, des créations plus nombreuses et plus conséquentes et une imprégnation grammaticale qui se fera d’elle-même. Je le vois avec mon garçon le plus grand, Master 1 en sciences, orthographe partiellement défectueuse mais sur des points très précis. Et bien, à force d’écrire des TP sur l’ordi, des pages et des pages d’analyses de données, son orthographe s’est améliorée et les fautes chroniques qu’il faisait disparaissent, non pas parce qu’il a appris par cœur une règle qu’il ne saurait pas appliquer mais par imprégnation, par intuition.

 

J’ai un bon niveau en orthographe parce que j’ai lu énormément, pas parce que j’ai appris des leçons par coeur.

De même, j’ai un bon niveau en histoire parce que j’ai lu énormément, pas parce que j’ai appris des leçons par cœur.

De même, j’ai un bon niveau en philosophie parce que j’ai lu énormément, pas parce que j’ai appris des notions par cœur.

Par contre, j’ai un niveau faible en mathématiques ( 5ème maximum, je pense…). Pour une raison très simple. Je n’en fais jamais.

J’ai un niveau désastreux en physique puisque je n’en ai jamais fait. Pareil en chimie.

Et mon Anglais est au niveau de la  4 ème

J’ai pourtant appris mes leçons quand j’étais à l’école. Je détestais prendre une mauvaise note jusqu’à ce que j’arrive au collège. Mais, là,  des professeurs m’ont affirmé que je ne comprendrais jamais rien aux mathématiques, à la physique, à la chimie, à l’Allemand, mêmes les sciences naturelles ont fini par me rebuter…

Et là, j’ai décroché. J’étais nul. Ils ne pouvaient pas tous se tromper ces professeurs. Il y avait sûrement du vrai dans ce qu’il disait. Je craignais qu’ils m’interrogent.  J’avais peur de l’école. Et j’ai donc redoublé ma 5ème.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Et bien, rien n’a changé…

Rien dans l’éducation nationale mais énormément de choses ont évolué dans la technologie. Et nous devrions rester ancrés dans nos schémas, nos méthodes, nos fondamentaux… ???

 

Je suis devenu enseignant parce que je voulais que mes élèves aiment venir à l’école, qu’ils se sentent aimés, accompagnés, soutenus, que leurs faiblesses soient des tremplins et non des condamnations.

Et au bout de trente ans, un énième Ministre vient me dire que ma méthode n’est pas bonne, que je ne sais pas travailler mais que tout va aller mieux avec les nouveaux calendriers et les nouveaux programmes. Et après les prochaines élections, un autre costumé viendra me dire la même chose.

Est-ce que quelqu’un va enfin se décider à regarder le problème du bon côté ?

« Incroyables talents » a déclenché un phénomène dont je n’imaginais pas l’ampleur. Les enfants arrivent à l’école en m’annonçant tout ce qu’ils ont préparé pendant le week-end ou le mercredi, ils sont enthousiastes et pressés d’en finir avec la grammaire et tout le reste pour pouvoir montrer ce qu’ils savent faire. C’est un échange de bons procédés qui s’est installé. Je leur ai expliqué que je dois les amener à progresser dans des domaines précis et que j’attendais d’eux l’engagement le plus constant pour pouvoir également profiter de leurs talents. J’ai vu des enfants peu confiants en eux oser prendre la parole, danser devant la classe, jouer des sketchs qu’ils ont inventés et écrits, j’ai vu des enfants produire des constructions étonnantes en carton, avec des mesures précises, un vrai travail de géométrie, de pliage, de collage mais bien avant ça de conception. Des enfants peu sportifs s’engager dans des chorégraphies que je serais incapable de reproduire…

Je suis nul en danse et je me suis toujours senti ridicule. Et bien, je pense qu’il en est de même avec les enfants qui n’aiment pas les matières scolaires. Personne ne m’a aidé à dépasser ce blocage. J’aurais pourtant aimé savoir danser. Je trouve ça très beau.

Est-ce que je dois aider uniquement mes élèves à intégrer un cadre scolaire ou est-ce que je dois les aider à développer leurs propres talents, à dépasser leurs blocages, à renforcer l’estime qu’ils ont d’eux-mêmes, est-ce que je dois les juger au regard de compétences gouvernementales ou est-ce que je dois leur permettre de découvrir leurs propres compétences ?

 

Il se pourrait bien que je me lance dans l’écriture d’un programme scolaire…

Il y a tellement à faire…

Le Prophète

Par Le 07/12/2013

Un message aux parents que certains enseignants devraient connaître également. Il leur suffirait de remplacer les enfants par les élèves. Tout le monde vivrait mieux...En paix.

Et une femme qui tenait un enfant sur son sein dit : "Parle-nous des enfants."
Et il dit :
"Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles du désir de la Vie pour elle-même.
Ils viennent à travers vous mais ne viennent pas de vous.
Et bien qu'ils vivent avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais non vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez héberger leurs corps, mais non leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de l'avenir, que vous ne pouvez visiter, même en vos songes.
Vous pouvez vous efforcer de leur ressembler, mais ne cherchez pas à faire qu'ils vous ressemblent,
Car la vie ne revient pas sur ses pas, ni ne demeure dans le passé.
Vous êtes les arcs d'où partent vos enfants comme des flèches vivantes.
L'Archer voit sa cible sur le chemin de l'infini et Il vous ploie de Sa toute puissance pour que Ses flèches aillent vite et loin.
Courbez-vous avec joie dans la main de l'Archer ; car autant qu'Il chérit la flèche qui vole,
Il chérit l'arc immobile."

Khalil Gibran, Le Prophète.

Mandela

Par Le 06/12/2013

« Parfois, il revient à une génération d'être grande.


Vous pouvez être cette génération.


Laissez fleurir votre grandeur.»



Nelson Mandela

Rencontre

Par Le 04/12/2013

Il est des moments de vie qu'il ne faut pas manquer. Il est des partages qu'on regretterait infiniment d'avoir gâchés. Des rencontres d'âmes.

Je vis dans une solitude volontaire quasi totale. Je vois mes collègues de travail et quelques personnes par ci par là. Nos échanges restent corrélés aux circonstances. Aucune souffrance. Une totale acceptation d'un cheminement que j'ai choisi. La femme de ma vie et nos enfants sont des interlocuteurs privilégiés et je ne me lasse pas de les écouter et de parler avec eux ou de vivre en silence à leurs côtés. Ils savent ce que je vis. Je sais ce qui leur importe.

Et puis, il y a parfois ces fameuses rencontres ou des retrouvailles. De très rares moments. Un partage de nos vécus. La dimension spirituelle.

J'ai entendu des voix, j'ai vu des auras bleutées qui me parlaient, j'ai connu des éblouissements fulgurants, des chaleurs inconnues, comme si un soleil en moi illuminait les profondeurs, j'ai connu des envolées inexplicables, je me suis vu de très haut, petit point insignifiant sur la Terre, j'ai pleuré devant les montagnes, j'ai pleuré en écoutant des musiques, pleuré en pensant à la douleur du monde entier, pleuré de bonheur aussi, sans aucune raison identifiable, comme si l'Amour tombait en moi, un puits ouvert, un gouffre lumineux, j'ai compris soudainement des livres sur lesquels j'avais buté pendant des années, j'ai écrit des milliers de pages, comme si les mots venaient en moi sans que je ne les cherche, comme s'ils avaient leur propre vie et que je servais de canal de transmission, je me souviens de cette journée, je tronçonnais du bois et puis les frissons sont survenus, des bouffées de chaleur immenses, jusqu'à m'en faire tourner la tête, je me suis assis sur une souche, j'ai regardé l'arbre que j'avais coupé et j'ai pleuré. Sans rien comprendre. Et je ne cherchais plus à le faire. Lâcher prise absolu. Juste être là et laisser la Vie me parler. Ecouter et me taire intérieurement.

C'est toujours là et je ne cherche rien. Ni à retrouver les plus belles émotions, ni à craindre que plus rien ne revienne jamais. Tout est là. Je laisse ce trésor briller comme il l'entend. Rien ne m'appartient.

Je n'en parle pas, je l'écris. C'est mon vécu. Je sais que tout ça paraît totalement fou, je sais que je suis perçu parfois, comme un illuminé ou un être étrange. Je sais que tout ça ne relève pas de la vie quotidienne.

Mais il existe parfois des partages possibles.

Il existe des passerelles tendues lorsque les vécus sont similaires, non pas nécessairement dans leur développement mais dans leur étrangeté et il est indispensable d'expliquer qu'il ne faut pas avoir peur, qu'il s'agit bien d'une chance même si les repères ont volé en éclat, même si les proches ne comprennent pas, même si la vie quotidienne devient un fardeau constant, même si l'alternance entre le haut et le bas est incessante et épuisante, déstructurante, même si on y perd ce qu'on pensait être et que l'individu qui se révèle peut paraître incompréhensible, inconstant, insaisissable.

Je sais aujourd'hui, avec une certitude absolue, que la vie ne se trompe jamais de message.

Je suis allée voir une amie, je ne l'avais pas vue depuis bien longtemps. C'est quelqu'un que j'aime parce que je sais qu'elle porte en elle de belles choses. Elle m'a envoyé un message. Je ne voulais pas me contenter de répondre.

Alors, nous avons parlé, longuement, longuement, parlé de ce qui ne se dit qu'à ceux et celles qui savent sans rien comprendre, parlé de ce qui n'est pas racontable mais que nous entendons parce que c'est en nous, parce que cette vibration ne nous quittera plus jamais, même si parfois, elle semble éteinte, parlé de cet Amour qui nous dépasse, qui semble même trop puissant pour qu'on puisse l'accueillir, parlé de nos larmes et de nos éclats de bonheur, parlé de ces émotions qui nous étreignent jusqu'à nous serrer la gorge, parlé de ces douleurs qui nous submergent comme des étaux qui nous broient, parlé de nos doutes et de nos peurs qui nourrissent ces douleurs, nous avons ri aussi et puis nous reprenions l'exploration intérieure et je devinais ses larmes. Je sais ce qu'elle vit et je sens en moi la nécessité de l'accompagner, parce que nous sommes des âmes égarées au milieu d'un champ de bataille qui nous désole infiniment, parce que l'Amour de la Vie est là et qu'il serait ignoble de s'en détourner.

Je sais que c'est un cadeau et que la Vie nous fait confiance, qu'elle considère que nous pourrons continuer l'exploration, même si nous ne connaissons pas l'intention finale. Ce temps à venir n'existe pas, le temps passé s'étiole. Il ne reste que cet instant présent, que le maintenant, immédiat, puissant, euphorisant ou déprimant, il ne reste que nos errances et cet appel que la Vie nous lance.

"Aime-toi, aie confiance en toi, sois patient, bienveillant, lucide, réceptif, donne aux autres, à ceux et celles qui pourront entendre et recevoir à leur tour."

C'est ainsi que je ferai, c'est promis. Je ne peux pas rejeter cette confiance qui m'est accordée, je ne peux pas ignorer ce chemin à parcourir, là où je suis, maintenant.

"Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. "

Comment aurais-je pu ignorer ce message ?

Comment pourrais-je le garder pour moi ?

Alors, j'ai pris cette amie dans mes bras et je l'ai serrée, comme si la vie en moi, cette vie dont j'ignorais tout et qui s'était révélée, il y a longtemps déjà, pouvait se fondre en elle, comme si l'exploration que j'ai déjà menée pouvait servir de balises, juste un éclat dans le chaos qui l'étreint.

C'est peut-être ça que je devrais faire désormais.

Parler...

Merci Audrey.

La minorité

Par Le 04/12/2013

"Ne doutez jamais qu'un petit groupe d'individus conscients et engagés puisse changer le monde car historiquement, c'est toujours de cette façon que le changement s'est produit. "

Margaret Mead.


Est-ce que cette pensée est toujours d'actualité ? Est-ce que l'évolution du monde permet de concevoir qu'une minorité d'individus puisse enclencher un changement profond ou le poids de la mondialisation et les effets destructeurs de la négativité couvrent-ils les actes constructeurs d'une chape de plomb ? Est-ce volontaire ?

Je lis beaucoup de messages pessimistes de ci de là. Il est évident que l'état de la planète n'est guère réjouissant, autant sur un plan social qu'écologique, sur un plan spirituel, éducatif, philosophique, culturel, économique. Mais est-ce un état génaral ou une mise en lumière des dégâts prônés par des instances dirigeantes qui cherchent à maintenir une peur primaire afin de convaincre la masse des actes engagés ?

Lorsqu'émerge une volonté de changement, il est difficile de lutter contre une marée contraire. Les généralisations génèrent des pensées sombres qui viennent altérer la détermination ou pire encore l'anéantir. Je le vois avec mes élèves. Il suffirait que je leur dise que la prochaine évaluation sera très exigeante pour créer une peur invalidante. Si au contraire, je mets en avant l'excellent travail qu'ils ont accompli et la certitude qu'ils ont un niveau largement suffisant pour s'engager dans une évaluation, je sais que l'état psychologique dans lequel ils seront plongés contribuera à la performance.

Tout est affaire de psychologie.

La psychologie des foules, c'est à dire de la majorité, s'entretient d'elle-même dès lors qu'elle est relayée par les médias.

Les choix qui s'offrent ont deux directions opposées : l'indifférence ou la lutte.

On sait très bien que l'indifférence est mortifère. Le danger n'est pas tant dans les actes destructeurs de quelques-uns que dans le refus de s'en préoccuper de tous les autres. 

La lutte est plus engageante. Mais le danger vient de l'état d'esprit dans lequel cette lutte se fait. Il ne s'agit pas tant de dénoncer les destructions que de proposer d'autres comportements. Il ne s'agit pas de lutter pour lutter mais bien pour construire. Parce que la construction a tout simplement un effet bénéfique sur la psychologie. Et qu'elle peut amorcer par son pouvoir une inversion de la marée...

Sabordage

Par Le 03/12/2013

Hier et aujourd'hui, j'ai travaillé en "animation pédagogique" avec les professeurs de collège du secteur. J'ai assisté à quatre heures de cours lundi matin puis trois professeurs sont venus dans ma classe. Aujourd'hui, il s'agissait, je le pensais, de condenser ce que nous avions vu et entendu, d'établir un projet commun, d'identifier les priorités pour unifier la continuité des enseignements mais lorsque j'ai entendu l'ordre du jour, j'ai été estomaqué. Il s'agissait d'analyser le livret de compétences et au préalable d'expliciter clairement ce que ce terme signifie.

Là, j'ai pris un coup de sang...

Un sabordage personnel grandeur XXL...

J'ai pris la parole...

Une vingtaine de professeurs de collège, tous les collègues de CM du secteur, les formateurs et conseillers pédagogiques, le proviseur du collège et l'Inspecteur de circonscription.

Je me suis adressé à l'Inspecteur. J'ai dit que j'en avais assez de cette dialectique et qu'elle ne me servait à rien, que j'en avais assez d'entendre depuis trente ans que jusqu'ici je ne savais pas travailler et que maintenant on allait m'apprendre le métier, que j'en avais assez d'être pris pour un crétin qu'on allait sauver et que j'avais déjà assisté à des centaines d'heures de concertation pour n'en sortir qu'avec un profond désoeuvrement, un flot d'interrogations qui venaient dévorer l'énergie dont j'avais besoin pour mener à bien mon travail avec les enfants, que j'en avais assez de cette idée que je devais m'adapter à un système défectueux et malsain et faire entrer dans ce cadre pervers des enfants innocents et malléables, que ça n'était pas ainsi que je concevais ma mission.

Le conseiller pédagogique m'a coupé la parole. Une fois. Pas deux. Il a suffi que je hausse la voix. Fortement. 

J'ai continué en expliquant que les enfants dont tout le monde se plaignait n'éprouvaient aucun besoin FONDAMENTAL, EXISTENTIEL d'apprendre ce qu'on me demandait de leur enseigner et qu'il fallait donc que je parvienne à créer un désir en eux, que ce désir ne pouvait s'éveiller qu'à partir du moment où je les considérais comme des enfants et non seulement comme des élèves et que c'est l'observation et la connaissance de soi qui pouvaient générer ce désir. "Connais-toi toi même." Une des premières maximes que je leur transmets. 

Ce qui m'importe, ça n'est pas d'identifier des compétences ou des objectifs parce que si j'en étais encore là après trente ans de métier, ça serait un effroyable constat d'échec. Ce qui m'importe, c'est de lancer les enfants dans cette exploration intérieure. Les travaux menés en classe sont des opportunités d'éveil à soi et non de possibles menaces d'évaluation de compétences. Tant que nous travaillerons sur des techniques en espérant améliorer un système carcéral, nous n'ouvrirons pas les grilles.

 

C'était un sabordage. Ou pas. Je n'en sais rien et en fait, je m'en contrefous.

J'ai dit que je ne voulais plus collaborer à ce désastre. Que je refusais d'être un "collaborateur". Maintenant, ils savent tous ce que je pense d'eux.

J'ai pris mon sac et je suis parti. 

 

"Le déséquilibre entre le niveau du développement de notre environnement extérieur et celui de notre développement spirituel est très frappant. La vraie menace qui pèse sur l'homme aujourd'hui, ce n'est pas tant la guerre que cette aridité désespérée, cet arrêt du développement intérieur. Une éducation capable de sauver l'humanité n'est pas une mince affaire. Elle implique le développement spirituel de l'homme et le renforcement de sa valeur personnelle. " Maria Montessori.

Réveillez-vous !!

Par Le 01/12/2013



Ca pue l’injustice, et la tempête est programmée,
Tout va de plus en plus vite, oui la guerre est proclamée,
Une guerre glaciale de moins en moins discrète,

Qui s’attaque aux plus pauvres, et à ceux qui refusent d’intégrer la disquette,
On divise la populace, instaure l’Etat policier,
Sors des rangs tu mangeras la matraque de l’officier !
Nouvel Ordre OFFICIEUX, terrorisme OFFICIEL !
"Des gains multiples" pour instaurer la surveillance et la peur,
Eteins ta télé, et leurs émissions d’arriérés,
Eteins ta télé, avant d’finir complètement aliéné !
Propagande de peur pour une soumission official,
Métro boulot dodo, biométrie et fichage !
Hé ! Les rebelles croupissent en taule,
Campagne de disparition marketing pour qu’on accepte les puces dans l’corps !
Faut qu’on s’réveille car demain sera pire encore,
Les murs s’resserrent y’a de moins en moins d’espace Hé oh !!!!

Refrain:
Réveillez vous, ils nous ont déclaré la guerre,
Réveillez vous, peuple du monde et enfant de la terre,
Réveillez vous avant le point de non-retour,
On aura besoin de tout le monde tout le monde tout le monde !!
Réveillez vous, car demain sera pire encore,
Réveillez-vous avant qu’ils nous mettent des puces dans l’corps !
Réveillez vous c’est toutes nos vies qui sont en jeu,
Réveillez vous, RE-VEIL-LEZ VOUS !

Ca pue l’injustice, et la tempête est pour bientôt,
Peuple aliéné, politiques qui nous mènent en bateau,
Terrorisme d’état bien concis,
Peuple exploité voué à consommer c’qu’ils construisent,
Prisons à ciel ouvert dans le crime et la norme,
Quand les frontières deviennent les barricades de la mort !
Méfie toi des miradors, des gardiens du désastre,
Méfie toi, car les arrestations deviennent des rafles,
Ils condamnent l’exclu, en propageant l’exclusion,
Exploitent les plus pauvres avant la case Expulsion !
Font la chasse à l’enfant, des CRS dans les écoles,
Wesh les voiles les dérangent mais pas les flics dans les écoles !
Si on était ensemble ils pourraient plus semer le chaos,
Nous on croit pas en leur justice nous on croit en celle de Là-haut !
Mon frère, ne perds pas la foi toi qui n’y croit plus,
On a besoin de toi, ma sœur on a besoin d’toi Hé oh !!!!

Refrain:
Réveillez vous, ils nous ont déclaré la guerre,
Réveillez vous, peuple du monde et enfant de la terre,
Réveillez vous avant le point de non-retour,
On aura besoin de tout le monde tout le monde tout le monde !!
Réveillez vous, car demain sera pire encore,
Réveillez-vous avant qu’ils nous mettent des puces dans l’corps !
Réveillez vous c’est toutes nos vies qui sont en jeu,
Réveillez vous, RE-VEIL-LEZ VOUS !

Ca pue l’injustice et la tempête a commencé,
Avant même le combat, trop de frères ont renoncé !
Dis moi qu’est ce qu’on attend pour construire sans eux,
Que le soleil disparaisse ou que leurs armées soient des clones ?!
Energie nucléaire, saccageant la création,
Processus établi de déshumanisation,
Esprit rempli de subliminal bombardement,
Les plus gros médias appartiennent aux usines d’armement !
Alors comprend dans quel monde nous vivons !
Le savoir est une arme à l’heure où ils brevettent le vivant !
La science et la recherche au service de la peur,
Car un virus c’est mieux qu’une guerre pour exterminer un peuple !
N’ayons pas peur, ayons confiance en nous même,
Même la vie est avec nous Oui la vie est avec nous !
Mon frère, ma sœur on est ensemble,
Si Oui on meurt ensemble, allez on a plus l’temps Hé oh !!!!

Refrain:
Réveillez vous, ils nous ont déclaré la guerre,
Réveillez vous, peuple du monde et enfant de la terre,
Réveillez vous avant le point de non-retour,
On aura besoin de tout le monde tout le monde tout le monde !!
Réveillez vous, car demain sera pire encore,
Réveillez-vous avant qu’ils nous mettent des puces dans l’corps !
Réveillez vous c’est toutes nos vies qui sont en jeu,
Réveillez vous, RE-VEIL-LEZ VOUS !

N’ayons pas peur car nous sommes le monde, le système n’est rien sans nous,
à nous de reprendre l’espace public, de récupérer nos rues, de reprendre en main nos quartiers,
On nique pas le système en voulant le détruire, on nique le système en construisant sans lui,
Alors construisons, reprenons nos vies en mains, car les leurs sont pleins de sang…
Echangeons, on a tous quelque chose à apporter à l’autre,
Et donnons plus nos compétences qu’à Babylone,
Donnez les à la résistance qui t’enroute, On fait tous partie de la solution,
N’oublions pas qu’on est le monde, même s’ils ont le chiffre on est plus fort on a le nombre !
Un peuple uni ne sera jamais vaincu.

Politique de la peur

Par Le 01/12/2013

A NE JAMAIS OUBLIER : Écoutez bien nos dirigeants et les discours qu'ils tiennent. Tout est basé sur la peur. Regardez les chasses qu'ils déclenchent. Toute contestation est détournée par des propos cataclysmiques. Toutes pensées hors cadre est condamnée. Tout individu contestataire est épinglé, identfié, catalogué. 


Politique de la peur est une expression qui désigne la politique d'un gouvernement qui utiliserait la peur de la population pour faire adopter des mesures réduisant les libertés individuelles1,2.

Origine

Dès le début du XXe siècle, H. L. Mencken, journaliste, écrivain, célèbre critique de la culture américaine, considérait que « le but de la politique est de garder la population inquiète et donc en demande d’être mise en sécurité, en la menaçant d’une série ininterrompue de monstres, tous étant imaginaires »3.

John W. Dean, ancien conseiller du président Richard Nixon, considère la politique de la peur comme la marque exclusive des dictatures d'Amérique latine jusqu'au gouvernement de Georges Bush4. Selon Franck Furedi, professeur de sociologie à l'université du Kent, auteur de « Politics of Fear », l’expression « politique de la peur » implique que des politiciens manipulent volontairement les craintes des populations pour réaliser leurs objectifs5. Cette politique est, selon lui, devenue une des caractéristiques principales de la vie publique américaine depuis le 11 septembre 20016. Elle a été particulièrement pointée dans les actions de John Ashcroft qui, selon certaines analyses, comme celle du président de l'International Center de l'université de Floride, n'aurait pas laissé « la loi interférer avec ses actions » et aurait « préféré faire appel de manière subliminale au racisme et à la xénophobie »7.

Mais la politisation de la peur ne date pas de 2001 et la menace que représente la possession, par certains pays, d’armes de destruction massive était déjà brandie depuis les années 19908. L'expression avait même été utilisée dans les années 1970 pour désigner le maccarthysme9 et auparavant pour le « péril jaune »10 ou la propagande du régime nazi11.

Plusieurs médias du Royaume-Uni utilisaient la même expression, affirmant que cette politique avait rapidement été adoptée par le gouvernement de Tony Blair12. Selon certains journalistes, elle serait même adoptée par le Hezbollah, pour une cause différente13. Selon d'autres études, l'Australie aurait également eu recours à une politique de la peur dans sa gestion de l'immigration14.

Dans son ouvrage Risque : la science et les politiques de la peur, Dan Gardner, développe l'idée que notre évaluation des risques et les actions que nous entreprenons pour nous en protéger ne sont pas rationnelles mais émotionnelles et provoquées par les médias et les politiciens15.

Plusieurs études sociologiques ont tenté d'évaluer les implications sociales de la politique de la peur dans la gestion du terrorisme aux États-Unis16,17. Kate Nash, en particulier, présente la politique de la peur comme à la fois un contrepoids et un complément à ce qu'elle appelle « la politique du désir » (parmi les quatre modèles de politique qu'elle définit, politique tribale, politique du désir, politique de la peur, et politique de la certitude) 18.

Politique de la peur et libertés individuelles

Certaines associations de défense des droits de l'homme décrivent la politique de la peur comme utilisant un discours alarmiste afin de justifier ainsi l'adoption de mesures disproportionnées, dont le résultat serait le contrôle des populations que ces mesures étaient censées protéger19. Amnesty International, dans son rapport de 2007, décrivait un « monde divisé » en conséquence de la politique de la peur menée dans la guerre contre le terrorisme20.

En mai 2009, Janet Napolitano, secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, affirme que le gouvernement de Barack Obama souhaite « sortir de la politique de la peur »21.

États-Unis

Dans son livre Propaganda (1928), Edward Bernays explique que la mentalité collective n’est pas guidée par la pensée mais « par l’impulsion, l’habitude ou l’émotion ».

Leo Strauss, philosophe politique, développe l'idée que le peuple est divisé en « nombreux communs » (« vulgar-many ») et « peu de sages » (« wise-few »). Les sages ont pour tâche de maintenir l'ordre, et pour atteindre leur but peuvent user de « nobles mensonges » (« noble lies »). Si les « nombreux communs » sont laissés à l'individualisme, au libéralisme et au relativisme, il ne peut en résulter que le chaos. Un mythe inventé par les dirigeants servira à contrôler le peuple. En inventant ou en entretenant une « guerre perpétuelle », le peuple pourra être mené pour son propre bien22. Les néo-conservateurs américains se réclament de la philosophie de Leo Strauss[réf. souhaitée].

L'influence des néo-conservateurs commencerait dans les années 1980, où ils23 ont conseillé le président Ronald Reagan. Le principe serait de mettre en place un mythe où les États-Unis seraient le représentant du bien et l'URSS l'« Empire du Mal ». L'équipe B qui interprétait en parallèle de la CIA les informations fournies, est soupçonnée24 d'avoir sur-évalué la menace que représentait l'URSS à l'époque, voire d'avoir inventé certaines menaces.

Après le 11-Septembre, George W. Bush a utilisé une rhétorique déjà utilisée pendant la guerre froide25,26 en qualifiant Al-Qaida d'incarnation des forces du Mal. La communication de Bush s'est alors tournée vers l'Irak, régime politique décrit comme membre de l'Axe du Mal. Des liens entre Al-Qaida et l'Irak ont alors été supposés, mais jamais confirmés. L'Irak a aussi été suspecté de fabriquer des armes de destruction massive, ce qui s'est avéré être un mensonge forgé à dessein.

Noam Chomsky a montré de manière convaincante que la surévaluation du danger représenté par la guerre froide et la « guerre contre le terrorisme » n'ont été qu'un moyen pour les États-Unis de tenter de renforcer leur hégémonie27.

L'appel au rejet de la politique de la peur était l'un des arguments de la campagne de Barack Obama28.

Critiques de l'utilisation du concept par les médias et certaines ONG

Sur une politique de la peur exclusivement de la province du Québec (Canada)

La loi 12 (le projet de loi 78) concourt à l’instauration « d’un régime de répression et de peur », estime Charles-Maxime Panaccio, professeur à la section de droit civil de l’université d’Ottawa29.

Sur une politique de la peur exclusivement « républicaine »

Certains journalistes décèlent une utilisation plus large de la politique de la peur, y compris dans la politique de Barack Obama quand il évoque, par exemple, « le risque que fait peser sur notre planète » des entreprises comme EXXON30.

Jouer la carte de la politique de la peur

Selon certains observateurs, « politique de la peur » est devenue une expression pratique qui s'est répandue au-delà de l'Amérique du Nord pour attaquer à moindre frais diverses propositions politiques31.

Psychotropes numériques

Par Le 01/12/2013

France - Sciences Serge Tisseron : « Les écrans sont utilisés comme des psychotropes »

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le 01/12/2013 à 05:00 Vu 154 fois
Serge Tisseron, docteur en psychologie, psychiatre et psychanalyste. Photo Franz CHAVAROCHE

Serge Tisseron, docteur en psychologie, psychiatre et psychanalyste. Photo Franz CHAVAROCHE

Dans un monde ultra-connecté, Serge Tisseron décrit des populations précarisées qui ont trouvé dans les technologies numériques de nouvelles manières de satisfaire de sempiternels désirs. Avec tous les mésusages que cela peut induire.

«L es écrans sont aujourd’hui largement utilisés pour tenter d’oublier les difficultés et les souffrances de la vie quotidienne ». Effrayante réalité sociale que vous décrivez dans votre livre 3-6-9-12 …

« Les écrans sont beaucoup utilisés comme cela. Quand je dis les écrans, je ne veux pas introduire de distinction entre l’utilisation de la télévision, d’internet, des jeux vidéo… Y’a de très bonnes utilisations de la télévision, des jeux vidéo, d’internet… Et puis il y a aussi le risque de les utiliser comme une manière de ne pas penser. C’est vrai qu’aujourd’hui les écrans sont largement utilisés par une partie de la population comme peuvent l’être les médicaments psychotropes ou à une autre époque l’alcool, c’est-à-dire comme une boisson d’oubli. C’est vrai que, quand on est préoccupé par son travail, regarder une heure de téléréalité, au moins, ça vide la tête. C’est dramatique, mais il ne faut pas culpabiliser les usagers de la téléréalité. Et à la limite, quand bien même il y a autre chose à la télévision, les gens reviennent à la téléréalité. C’est pour cela que les gens qui condamnent la bêtise des écrans sont dans l’erreur. Le problème n’est pas que les écrans soient bêtes et ultraviolents, le problème, c’est de savoir pourquoi il y a tant de gens qui vont voir ça. Quand vous voyez l’extraordinaire difficulté de vie de beaucoup de gens, vous comprenez pourquoi ils veulent se vider la tête. Que les gens n’envisagent pas seulement GTA (le jeu vidéo Grand Theft auto) dans ses conséquences possibles en termes de violence, mais comme une conséquence de causes à analyser. Or, la cause, c’est l’extraordinaire précarité. Parmi les enfants qui regardent la télévision, certains n’ont pas de jouets… »

Qu’est-ce que se cache derrière cette course en avant technologique, ce tout connecté ? Une pathologie sociétale, l’apparition de nouveau besoins ou désirs ?

« Ce ne sont pas des désirs spécifiques à notre société. Ils ont toujours existé chez l’être humain. Mais il n’avait pas les moyens de les satisfaire aussi bien que ce qu’il le peut aujourd’hui avec les technologies contemporaines. Ce sont les usagers qui décident quelle utilisation faire des technologies. Il y a d’excellentes technologies qui ne marchent pas. Elles ne sont pas mauvaises du tout, mais elles ne correspondent pas à un désir humain. Le téléphone mobile a eu un succès extraordinaire car il correspond totalement à plusieurs désirs humains : le désir que l’on ne m’oublie jamais, le désir que mon expérience personnelle soit utile à d’autres, le fait que l’on puisse se cacher et se monter à volonté et puis le désir de pouvoir contrôler mes interlocuteurs, la dimension manipulatoire qui a toujours existé chez l’être humain. »

Des désirs qui induisent la problématique de la séparation de la sphère publique de la sphère privée sur internet…

« Il y a deux phénomènes qui interviennent : il y a d’abord le désir des adolescents d’être présents dans l’espace public. Mais comment être présent sur internet si on ne rend pas publique son intimité ? Et c’est un gros problème qui n’est pas résolu encore, mais qui pourrait l’être mieux si les adolescents étaient mieux informés des dangers qu’il y a à mettre leur intimité dans l’espace public. Les trois règles de base de l’internet que je répète toujours : tout ce qu’on y met risque d’y rester éternellement, tout ce qu’on y met risque de tomber dans le domaine public et tout ce qu’on y trouve ne doit pas être pris pour vérité. Et aujourd’hui on voit de plus en plus de jeunes adultes qui regrettent d’avoir en effet mis sur internet leurs ébats sexuels, leur strip-tease, leurs clips, leurs soirées bien arrosées…. Parce qu’une fois que ça y est, si l’on tape leur nom, c’est ce qui remonte en premier. Aujourd’hui, il y a une prise de conscience des jeunes : ils vont moins surexposer leur intimité. Il faut faire comprendre aux jeunes qu’il y a d’autres moyens d’être présent dans l’espace public que d’exposer leur intimité. Et il faut commencer l’éducation très tôt. »

Cette liberté de parole, associée à un sentiment d’impunité sur internet, engendre de plus en plus souvent à des débordements. Faut-il avoir peur des réseaux sociaux ?

« Le problème n’est pas seulement celui de Facebook ou Twitter. C’est celui de toutes les communications qui passent par des supports numériques dans lesquels il n’y a pas de présence physique. L’être humain est tellement habitué depuis les origines à réguler sa communication en tenant compte des gestes, des attitudes, des mimiques de ses interlocuteurs que, brutalement privé de ce retour, il coure toujours le risque de ne plus tenir compte de son interlocuteur. Le problème c’est que dans les communications numériques, je n’ai pas ce feedback. On a donc tendance à faire ou dire les choses de manière beaucoup plus brutale, beaucoup plus violente que lors d’un face-à-face. Les technologies numériques sont apparues tellement vite que nous n’avons pas encore appris à réguler cela. Il faudra qu’un jour les technologies numériques nous rappellent ce qu’elles nous font aujourd’hui oublier. Je pense que c’est inévitable car trop de gens en souffrent. Il faut constamment rappeler que la loi commune s’applique sur les réseaux sociaux. Ce ne sont pas des domaines hors la loi. Ces technologies encouragent un passage direct de la pensée à l’expression, sans la retenue qui caractérise en principe la civilisation. La génération qui utilise ces technologies numériques n’a absolument pas été préparée à les utiliser. »

Nettoyage

Par Le 30/11/2013

"Une mare pleine d'immondices dégage son odeur la plus agressive au moment où on la récure. L'étendue et l'épaisseur de la saleté se mesurent lorsqu'on nettoie. "

Mâ Ananda Moyî.


 Plus nous récurerons, plus nous serons agressés. C'est bon signe.

"Cet étrange sentiment de transcendance"

Par Le 27/11/2013

Il s'agit d'un article dans le dernier numéro de l'excellente revue "Inexploré".

"Béatitude, fluidité, communion, bonheur suprême, amour absolu...Pour expliquer le moment, les mots manquent souvent, "notamment pour décrire la sensation paradoxale de toucher du doigt à la fois le tout et le rien, le vide et le plein, la fin et le commencement," indique la psychologue Stéphanie Rajalu, du réseau d'écoute de l'INRESS. Surprenante aussi :l'impression de percer le voile des apparences et de s'éveiller à l'essence des choses. Que touche-t-on alors ? Le divin ? Une part de soi-même? Un phénomène extérieur ? Une dimension du réel d'ordinaire inaccessible ? S'agit-il d'une révélation ? D'un rêve éveillé? D'une hallucination ? "C'est un état modifié de conscience", répond le médecin Alain Tayeg. Ces moments de transcendances, aussi spectaculaires soient-ils, sont courants. Même si on ne connaît pas leur nature exacte, ils font partie de l'humain. " Généralement lumineux, ils peuvent bouleverser par leur soudaineté et leur intensité. "Ces vécus sont faciles à intégrer lorsqu'ils s'inscrivent dans un cadre qui leur donne un sens - spiritualité, yoga, méditation", commente Stéphanie Rajalu. "Mais ils peuvent aussi surgir comme par effraction, à l'occasion par exemple d'un choc émotionnel, de difficultés personnelles ou professionnelles. "

 


 

Voilà deux semaines que j'ai replongé dans cette dimension, comme un retour aux sources. Je n'ai rien décidé. C'est une vague qui survient. Une absence à la vie quotidienne, comme un état d'apesanteur, un arrachement indolore à la masse pesante de l'incorporation...Et les émotions ont une force incommensurable. Dans la classe, en regardant mes élèves, leurs yeux lumineux, leur joie, leur curiosité ou ces instants de silence lorsqu'on est en séance de méditation. Je m'occupe de jeunes enfants de CP une fois par semaine et nous travaillons sur la pensée et l'observation de soi. J'aime deviner dans leur immobilité les voyages intérieurs.

Un paysage de montagne enneigée, la lumière du soleil couchant sur les crêtes embrasées.

La voix de ma femme dans une autre pièce.

Le parfum de sa peau.

Juste la pensée de cet amour infini.

C'était il y a sept ans. Trois hernies discales d'un coup. Deux déjà opérées. La première, j'avais 25 ans...Une autre à 37 ans. Et puis, cette fois, la jambe gauche paralysée. Des douleurs à  mourir.

Une rencontre. Tout ce qu'on peut imaginer, sauf un hasard...Hélène, médium, magnétiseuse.

Il a fallu que j'écrive tout ça. Je savais que sinon, j'en perdrais la trace parce que le passé n'avait plus aucune emprise sur moi. "Les Eveillés". Comme une écriture automatique. Je ne m'arrêtais d'écrire que lorsque les larmes me cachaient les touches du clavier.

Je ne compte plus depuis ces moments de rupture. J'ai essayé de les transcrire.

"Les Egarés", les éditeurs n'en veulent pas. Sans doute n'ont-ils pas conscience de l'intérêt que porte un grand nombre de personnes envers ces états de conscience modifiée, sans doute considèrent-ils que ces récits sont trop ésotériques ou "illuminés". Peut-être aussi que ça n'est pas bien écrit.

L'exploration de cette dimension spirituelle prend une ampleur nouvelle, les témoignages se multiplient, les langues se délient, la peur s'efface. L'incompréhension se délite peu à peu, le rejet s'inverse, les rencontres et les partages prennent un envol exponentiel. Viendra un jour où la dimension inexplorée ne concernera que la rationnalité. Celle-ci apparaîtra dans toute sa pauvreté. Alors, "nous" ne serons plus des êtres étranges et incompris, assimilés à des déglingués ou à des mythomanes.

 


 

LES EGARES

"Les nuits sans sommeil, quelques cessez-le-feu épisodiques, l’observation inquiète des horizons éteints, les embrasements suspendus, les odeurs âcres des sueurs, des morves séchées, des peaux talées, les cheveux collés … Juste un répit. Il tentait de récupérer, se laisser porter par l’épuisement, flotter entre la surface lumineuse et les fonds obscurs, les yeux clos, le corps immobile, essayer de relâcher les résistances, les nœuds enflammés par les heures de lutte, respirer profondément et que l’air absorbé liquéfie les crampes, emporte les acides, purifie les tranchées ravinées, les artères souillées, les muscles brisés, arracher de son corps la boue solidifiée des douleurs.

Remonter à la source du conflit, identifier les forces en présence, analyser les raisons du désastre. Comprendre, chercher une issue, ailleurs que dans les réseaux médicaux, on voulait l’éventrer. En période de guerre, les chirurgiens ne font pas de détails.

Il était en guerre.

« A 50%, le risque c’est le fauteuil roulant, à 25% la paralysie de la jambe gauche, il reste 25% de chances que l’opération réussisse. »

Leslie lui avait fait part de ce commentaire du chirurgien dans le couloir, il ne considérait finalement que l’opération et pas l’individu, le geste chirurgical était évalué en pourcentage. Pas la vie de l’homme.

Il n’irait pas.

Plutôt mourir. 

Le rêve. Une voix qui lui parle. Au cœur d’un halo bleuté.

« Ce que tu vois n’est pas la vérité. Ça n’est qu’une image. Ton âme sait où elle va. »

Il n’en parlait pas.

Peut-être la morphine et pourtant cet amour ineffable, incommensurable. La lumière l’aimait, des auras bleues qui dansaient devant ses yeux émerveillés. La notice du médicament, les effets secondaires, une liste redoutable mais pas d’hallucinations. Une incompréhension totale. Habituellement, ses rêves disparaissaient au réveil. Rien, aucun souvenir. Celui-là perdurait et l’enlaçait de douceur. Comme un baume d’amour.

Une caresse d’ange.

Et puis.

L’apparition d’Hélène.

Un conseil d’une amie, une médium magnétiseuse, Leslie avait pris rendez-vous. Il avait étouffé les douleurs en triplant les doses de morphine. Se lever, marcher en traînant la jambe gauche, elle ne réagissait plus. Elle l’avait soutenu jusqu’à la voiture. Plus rien à perdre.

Une petite maison dans la montagne, un jardin très soigné, des volets et un portail violets.

Hélène en haut de l’escalier. Ce premier regard. Inoubliable. Tellement de force et tellement d’amour. Elle avait demandé à Leslie de les laisser. Elle lui téléphonerait quand ça serait fini. Il s’était effondré sur une banquette moelleuse. Les effets de la morphine qui s’estompaient, la terreur des douleurs à venir, tous ces efforts qu’il allait devoir payer. Une petite pièce lambrissée, aménagée pour la clientèle, des bougies parfumées, quelques livres. Ils avaient discuté, quelques minutes, tant qu’il pouvait retenir ses larmes puis elle l’avait aidé à se déshabiller.

« Je vais te masser pour commencer. Tu as besoin d’énergie. »

Il s’était allongé en slip sur une table de kiné.

Les mains d’Hélène. Une telle chaleur.

Elle parlait sans cesse. D’elle, de ses expériences, de ses patients, elle l’interrogeait aussi puis elle reprenait ses anecdotes, des instants de vie.

« Tu veux te faire opérer ?

- Non.

- Alors, il faut que tu lâches tout ce que tu portes. »

Il n’avait pas compris.

Elle avait repris son monologue, son enfance, ses clients, ses enfants, son mari, son auberge autrefois, maintenant la retraite, quelques voyages. Et tous ces clients. De France, de Suisse, de Belgique, de la Réunion … Elle n’avait rien cherché de ses talents. Ils étaient apparus lorsqu’elle avait huit ans, une totale incompréhension, des auras qui lui faisaient peur et puis elle avait fini par comprendre, nourrie par des révélations incessantes descendues en elle comme dans un puits ouvert.

Des auras … Les rêves qui habitaient ses nuits. Interrogations. Lui aussi ?

Les mains d’Hélène, sa voix, la chaleur dans son corps, ce ruissellement calorique.  L’abandon, l’impression de sombrer, aucune peur, une confiance absolue, un tel bien-être, des nœuds qui se délient, son dos qui se libère, comme des bulles de douleurs qui éclatent et s’évaporent, une chaleur délicieuse, des déversements purificateurs, un nettoyage intérieur, l’arrachement des souffrances enkystées, l’effacement des mémoires corporelles, les tensions qui succombent sous les massages appliqués et la voix d’Hélène.

« Tu sais que tu n’es pas seul ?

- Oui, je sais, tu es là.

- Non, je ne parle pas de moi. Il y a quelqu’un d’autre. Quelqu’un que tu portes et tu en as plein le dos. Il va falloir que tu le libères. Lui aussi, il souffre. Vous êtes enchaînés.»

Il n’avait pas encore parlé de Christian.

Les mains d’Hélène, comme des transmetteurs, une vie insérée, les mots comme dans une caisse de résonance, des rebonds infinis dans l’antre insondable de son esprit, une évidence qui s’impose comme une source révélée, l’épuration de l’eau troublée, les mots comme des nettoyeurs, une sensation d’énergie retrouvée, très profonde, aucun désir physique mais une clairvoyance lumineuse, l’impression d’ouvrir les yeux, à l’intérieur, la voix qui s’efface, un éloignement vers des horizons flamboyants, il vole, il n’a plus de masse, enfin libéré, enfin soulagé, effacement des douleurs,  un bain de jouvence, un espace inconnu, comme une bulle d’apesanteur, un vide émotionnel, une autre dimension, les mains d’Hélène qui disparaissent, comme avalées doucement par le néant de son corps, il flotte sans savoir ce qu’il est, une vapeur, plus de contact, plus de pression, même sa joue sur le coussin, tout a disparu, il n’entend plus rien, il ne retrouve même pas le battement dans sa poitrine, une appréhension qui s’évanouit, l’abandon, l’acceptation de tout dans ce rien où il se disperse, le silence, un silence inconnu, pas une absence de bruit mais une absence de tout, plus de peur, plus de douleur, plus de mort, plus de temps, plus d’espace, aucune pensée et pourtant cette conscience qui navigue, cet esprit qui surnage, comme le dernier élément, l’ultime molécule vivante, la vibration ultime, la vie, il ne sait plus ce qu’il est, une voix en lui ou lui-même cette voix, la réalité n’est pas de ce monde, il est ailleurs, il ne sait plus rien, un océan blanc dans lequel il flotte mais il n’est rien ou peut-être cet océan et la voix est la rumeur de la houle, l’impression d’un placenta, il n’est qu’une cellule, oui c’est ça, la première cellule, le premier instant, cette unité de temps pendant laquelle la vie s’est unifiée, condensée, un courant, une énergie, un fluide, un rayonnement, une vision macroscopique au cœur de l’unité la plus infime, des molécules qui dansent.

Où est-il ?

Fin du Temps, même le présent, comme une illusion envolée, un mental dissous dans l’apesanteur, ce noir lumineux, pétillant, cette brillance éteinte comme un univers en attente, concentration d’énergie si intense qu’elle embrase le fond d’Univers qui l’aspire, la vitesse blanche, la fixité noire, la vitesse blanche, la fixité noire, le Temps englouti dans un néant chargé de vie, une vie qui ruisselle dans ses fibres, des pléiades d’étoiles qui cascadent, des myriades d’étincelles comme des galaxies nourricières dans son sang qui pétille.

Il est sorti en marchant.

Que s’est-il passé ?

Aucune réponse.

Il ne sait rien.     

Il se souvient d’Hélène qui l’embrasse sur le front alors qu’il est encore allongé. Il n’arrive pas à ouvrir les yeux. Comme l’abandon refusé d’un espace scintillant et la plongée douloureuse dans la lumière sombre de sa vie réintégrée.

Il aurait préféré ne jamais revenir.

Il n’a jamais compris. Aucune explication rationnelle. Hélène n’en donnait pas.

« Moi, je n’ai rien fait, disait-elle avec son habituel sourire. Juste un transfert d’énergie mais cette énergie, c’est toi qui t’en sers ou qui la rejettes. Je n’ai fait qu’initier la guérison que tu portais. Tu étais au bout du rouleau, tu n’avais pas le choix, il fallait bien que tu comprennes.

- Mais comprendre quoi Hélène ? Je ne comprends rien.

-Ton mental ne comprend rien mais celui-là on s’en moque. C’est l’être réel qui importe. Et celui-là a tout compris ou ton âme si tu préfères. Laisse ton mental régler les problèmes quotidiens, c’est son travail. Mais pour le reste, c’est une question d’âme. »

Rien de plus.

Son médecin parlait de « chance. » La même incompréhension. Dans le cabinet médical. Il observait une nouvelle fois les radios, les hernies aussi visibles qu’une tumeur, « des œufs de moineau, » avait-il dit, le nerf sciatique englobé dans une fibrose solidifiée, l’inévitable opération et pourtant la disparition des symptômes.

Il était venu à pied, un besoin irrépressible de marcher.

« Ça vaudrait le coup que tu repasses un scanner Yoann, pour voir où sont passées ces trois hernies.

- Ça ne m’intéresse pas, elles ne sont plus là, c’est tout, je le sens bien, je n’ai pas envie de concentrer mes pensées sur elles. Je m’en suis libéré, inutile de les rappeler.

- Mais tu sais aussi bien que moi que c’est impossible. Quand elles sont aussi installées, rien ne peut les faire rentrer dans leur logement, c’est écrasé et c’est tout, il faut les enlever.

- C’est le point de vue de la médecine, pas celle de mon corps, ni de mon esprit. Je ne sais pas ce qu’Hélène a réussi à faire mais en tout cas, ces hernies ne sont plus là. C’est tout ce qui compte.

- Je n’y comprends rien. Jamais vu ça.

- Y’a rien à comprendre. Ça obligerait à y penser et c’est du passé. Là, maintenant, je marche. C’est ça qui m’importe. »

Quatre rechutes. Violentes. Hélène les avait annoncées. Des crises qui le laissaient hagard mais une étrange compassion envers son corps. Il n’était plus un ennemi mais juste le porteur d’une douleur. Il n’y était pour rien, la source était ailleurs. Il n’était pas sa douleur, il ne s’identifiait plus à elle, il savait qu’elle n’était qu’une intruse à laquelle il avait ouvert la porte et que si elle était parvenue à entrer, il existait nécessairement la possibilité qu’elle s’en aille.

Qu’il lui donne l’autorisation de le quitter.   

Il n’avait plus besoin d’elle pour exister.

L’impression d’entendre tomber autour de lui les murs ébranlés de sa geôle. Bloc après bloc, des coups de bélier répétés, les horizons qui s’ouvrent.

Hélène. Trois autres visites. Des heures entre ses mains, des plongées intérieures, des flux d’énergie, des mots comme des scalpels, tranchant les vieilles écorces, les armures invalidantes, des paroles chirurgicales, affûtées, une précision infaillible, il ne résistait plus, une évidence. La vérité.

« Comment veux-tu que ton dos vous porte tous les deux ? Il ne peut pas supporter un tel fardeau. Il faut que tu le poses. Christian aussi en sera libéré. Il ne peut pas partir puisque tu le retiens. Il n’a pas décidé d’être là, c’est toi qui l’emprisonnes avec tes regrets, ta culpabilité, ton identification. Tu n’existes qu’à travers cette histoire et profondément, là où ton mental se perd, tu crois que tu ne peux pas vivre sans ce passé. Tu t’y accroches comme une huître à son rocher. C’est inconscient bien entendu mais les dégâts sont gigantesques. Tu n’es pas là, dans l’instant, tu vis ailleurs, dans une dimension psychologique et ton corps n’en peut plus. »

Il écoutait sans aucun refus, sans aucune résistance, c’était impossible de ne pas admettre la vérité.

« La première fois que tu es entré, Christian était là, je le voyais, tu le portais, une âme violette, alourdie elle aussi, vieillie par ta propre souffrance, vous êtes tous les deux des victimes et il n’y a que toi qui puisses vous libérer. Christian attend que tu l’autorises à partir en abandonnant la culpabilité que tu traînes et qui le rattache à toi. Il a besoin que tu t’éveilles, il sait que tu souffres et il s’en veut. Son âme est emprisonnée dans ton histoire. »

Il n’en avait rien dit à Leslie, ça n’était pas racontable.

Un regret. Ca n’est pas elle qui ne pouvait pas comprendre mais lui qui ne savait pas en parler. Comme une honte aussi. Tout ce gâchis.

« Inutile de regretter. »

Hélène.

« Tu ne pouvais rien prévoir. Ça ne t’appartenait pas. C’est le chemin que tu as choisi. Il y a longtemps. Cette vie est nécessaire pour ton évolution. Elle n’appartient pas à ton mental mais à ton âme. »

Impossible à comprendre. Et il ne fallait pas chercher à comprendre. Pas avec le mental.

« Les choix de l’âme peuvent paraître redoutables mais elle sait où elle va, elle sait ce dont elle a besoin. Laisse faire. »

Laisser faire. Il s’y était attaché. Lâcher les résistances. Cette impression d’être conditionné, influencé, manipulé, il avait essayé d’admettre l’idée que c’était nécessaire, qu’il était inutile de lutter, que tout avait un sens. Même s’il ne le comprenait pas, que ça finirait par le mener quelque part, qu’un nouvel espace s’ouvrirait un jour. C’était peut-être déjà le cas avec cette guérison miraculeuse. L’âme en avait besoin même si le mental en souffrait. Et qu’il trouvait dans cette souffrance une identification qui le servait.

Des jours et des nuits de pensées ressassées, un chaos étrange, comme si dans ce fatras existait une volonté cachée, un cheminement désiré. Christian, l’hôpital, la douleur, les hernies, le goût de la mort. Aucun hasard là-dedans, un chemin de croix pour grandir. Le choix de l’âme à laquelle il appartenait.

Accepter, laisser faire.

« Quand tu les comprends, les choses sont ce qu’elles sont. Quand tu ne les comprends pas, les choses sont ce qu’elles sont. »

Hélène. Elle devait apparaître, c’était nécessaire et déjà établi.

Un plan minutieusement élaboré.

Ces marches la nuit, ce magma de forces en lui, impossible de dormir, une lampe frontale lorsque la nuit était trop sombre et parfois cette impression que le sol s’éclairait sous ses pas, une luminescence de la terre, des marées de questions sur le rythme de ses pas, il devinait des jaillissements d’énergie au bout de ses doigts. Dieu. Il n’aimait pas le nom, les hommes l’avaient tellement souillé.

L’Un.

Etait-ce lui qui avait programmé un chemin aussi douloureux ? Connaissait-il déjà l’issue ? Hélène avait-elle été le fil conducteur de ses intentions ? Un canal d’énergie. C’était au-delà de la raison. Personne ne comprenait cette rémission. Cette magie des pas qui se succèdent, ce sourire intérieur qui ne le quittait plus, cette joie incompressible, inaltérable, cette chaleur dans son corps, comme un noyau en fusion. Un flux vital libéré, comme si la raison éteinte ne pouvait plus maintenir enfermée la conscience du lien. Une connexion indescriptible.

La vie pouvait-elle souffrir des errances du mental au point de se détruire ? N’était-ce pas son amour retrouvé de cette vie qui avait permis la guérison ? Cette épuration de son mental, l’éveil de sa conscience, l’abandon, l’acceptation, tout ce qu’il avait découvert. La vie pouvait-elle se guérir ? Aucune intervention divine. Juste le flux vital qui se nourrit de l’amour qu’on lui porte.

Et ce rêve. Sans que le mot ne convienne, il aurait fallu un autre terme, une rencontre, un message, un contact, une bénédiction, un médecin aurait parlé de rêve, un psychiatre aurait dit hallucination ou délire, il n’en parlait pas, c’était inutile.

Des bulles bleues, phosphorescentes, il flottait dans un océan de plénitude, aucun mouvement, juste les arabesques lentes de ces entités lumineuses. Des voix qui résonnaient en lui, des murmures susurrés doucement dans son âme, il ne se voyait pas mais il était là, c’était lui, une présence, et des myriades d’esprits qui l’enlaçaient, il savait bien que ça n’était pas que des bulles, c’était vivant, animé, un rayonnement d’amour, des auras câlines.

« Tu n’es pas au fil des âges un amalgame de verbes d’actions conjugués à tous les temps humains mais juste le verbe être nourri par la vie divine de l’instant présent. »

La phrase inlassablement répétée, comme glissée en lui, coulant dans son âme comme une délivrance, une certitude, une naissance, oui, c’était ça, une naissance.

 

 


Rythmes scolaires

Par Le 27/11/2013

La réforme des rythmes scolaires, elle se résume par une comparaison. Un restaurant a vu son chiffre d'affaires décliner parce que la cuisine n'est pas bonne et le service n'est pas de qualité. Un nouveau patron achète le restaurant et pour améliorer les choses, il se contente de changer les horaires...Résultat ?...


Le problème n'est pas là. Si on tente de hiérarchiser les problèmes, celui des horaires est très fortement secondaire. Cette réforme a deux objectifs PRIORITAIRES : faire baisser les chiffres du chômage par l'embauche de personnels dans les communes et la délégation des frais aux communes, c'est à dire AUX FAMILLES étant donné que ces frais seront reportés sur les impôts locaux. Le GVT est gagnant mais pas les élèves, ni les parents. Les horaires actuels ne m'ont jamais empêché mes élèves de travailler. Il s'agit d'adapter notre pédagogie aux rythmes biologiques. Pour ceux et celles qui les connaissent..


Réunion de travail hier soir : Il y avait une soixantaine de personnes, parents d'élèves délégués, maires des communes, enseignants, associations, ça fait déjà un an que tout le monde bosse MAIN DANS LA MAIN pour parvenir à mettre quelque chose au point, tout le monde a conscience que le bien être des enfants EST la priorité MAIS JUSTEMENT, tout le monde voit bien qu'on travaille à l'envers, que cette réforme n'est pas une source de bien être.

Et voilà, quatre heures de réunion ce matin à l'école pour cette réforme...Que fait-on des APC (soutien), que fait-on des études surveillées du soir, est-ce qu'on demande à ce que les les NAP (nouvelles activités périscolaires) entrent dans le projet d'école, quelles associations, quel personnel, dans quels locaux, avec quel budget, quelle fréquence, comment les parents vont-ils gérer ces horaires au regard de leur travail ? Est-ce qu'il n'y a pas un risque de situation anxiogène pour des jeunes enfants par rapport au nombre d'intervenants, qui va gérer les planning, comment financer les NAV, un coût direct aux familles ou une hausse de l'imposition locale, qu'en est-il du principe de l'école "gratuite", de l'égalité au regard des activités entre les communes ? Ici, la plus grosse commune a décidé de travailler en partenariat avec les petits villages qui n'ont pas de structures, pas d'associations, pas de locaux, pas de budget extensible, pas de transport ? Est-ce que chacun bosse dans son coin au risque d'instaurer des écoles à deux vitesses ? On a 43 associations sur la commune, d'autres en ont deux ou trois. Est-ce que les activités auront lieu dans les classes au risque que les enfants considèrent la classe comme un lieu d'activités ludiques et non comme un cadre de travail, qui va surveiller le matériel, les livres, quand sera fait le ménage dans les classes ? Quel est le rôle des ATSEM ? La liste des problèmes est considérable ...


Voilà par contre une idée du VRAI problème : Et les horaires n'y changeront rien.

hors-série n° 3 du 19 juin 2008


CYCLE DES APPROFONDISSEMENTS - PROGRAMME DU CE2, DU CM1 ET DU CM2

Dans la continuité des premières années de l’école primaire, la maîtrise de la langue française ainsi que celle des principaux éléments de mathématiques sont les objectifs prioritaires du CE2 et du CM. Cependant, tous les enseignements contribuent à l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences.
La compréhension et l’expression en langue vivante font également l’objet d’une attention particulière.
L’autonomie et l’initiative personnelle, conditions de la réussite scolaire, sont progressivement mises en œuvre dans tous les domaines d’activité et permettent à chaque élève de gagner en assurance et en efficacité.
Le recours aux TICE devient habituel dans le cadre du brevet informatique et internet.
Les élèves se préparent à suivre au collège, avec profit, les enseignements des différentes disciplines.
Les projets d’écoles prévoient les modalités d’articulation avec le collège pour un meilleur accueil pédagogique des élèves.
Les enseignements de français et de mathématiques font l’objet de progressions par année scolaire, jointes au présent programme.

FRANÇAIS

Faire accéder tous les élèves à la maîtrise de la langue française, à une expression précise et claire à l’oral comme à l’écrit, relève d’abord de l’enseignement du français mais aussi de toutes les disciplines : les sciences, les mathématiques, l’histoire, la géographie, l’éducation physique et les arts.
La progression dans la maîtrise de la langue française se fait selon un programme de lecture et d’écriture, de vocabulaire, de grammaire, et d’orthographe. Un programme de littérature vient soutenir l’autonomie en lecture et en écriture des élèves.
L’étude de la langue française (vocabulaire, grammaire, orthographe) donne lieu à des séances et activités spécifiques. Elle est conduite avec le souci de mettre en évidence ses liens avec l’expression, la compréhension et la correction rédactionnelle.
L’écriture manuscrite est quotidiennement pratiquée, pour devenir de plus en plus régulière, rapide et soignée. Les élèves développent, dans le travail scolaire, le souci constant de présenter leur travail avec ordre, clarté et propreté, en ayant éventuellement recours au traitement de texte.
L’appui sur un manuel de qualité pour chacun des volets de l’enseignement du français est un gage de succès. L’ensemble des connaissances acquises en français contribue à la constitution d’une culture commune des élèves.

1 - Langage oral

L’élève est capable d’écouter le maître, de poser des questions, d’exprimer son point de vue, ses sentiments. Il s’entraîne à prendre la parole devant d’autres élèves pour reformuler, résumer, raconter, décrire, expliciter un raisonnement, présenter des arguments.
Dans des situations d’échanges variées, il apprend à tenir compte des points de vue des autres, à utiliser un vocabulaire précis appartenant au niveau de la langue courante, à adapter ses propos en fonction de ses interlocuteurs et de ses objectifs.
Un travail régulier de récitation (mémorisation et diction) est conduit sur des textes en prose et des poèmes.
La qualité du langage oral fait l’objet de l’attention du maître dans toutes les activités scolaires.

2 - Lecture, écriture

La lecture et l’écriture sont systématiquement liées : elles font l’objet d’exercices quotidiens, non seulement en français, mais aussi dans le cadre de tous les enseignements.
L’étude des textes, et en particulier des textes littéraires, vise à développer les capacités de compréhension, et à soutenir l’apprentissage de la rédaction autonome.
Lecture
La lecture continue à faire l’objet d’un apprentissage systématique :
- automatisation de la reconnaissance des mots, lecture aisée de mots irréguliers et rares, augmentation de la rapidité et de l’efficacité de la lecture silencieuse ;
- compréhension des phrases ;
- compréhension de textes scolaires (énoncés de problèmes, consignes, leçons et exercices des manuels) ;
- compréhension de textes informatifs et documentaires ;
- compréhension de textes littéraires (récits, descriptions, dialogues, poèmes).
L’élève apprend à comprendre le sens d’un texte en en reformulant l’essentiel et en répondant à des questions le concernant.
Cette compréhension s’appuie sur le repérage des principaux éléments du texte (par exemple, le sujet d’un texte documentaire, les personnages et les événements d’un récit), mais aussi sur son analyse précise. Celle-ci consiste principalement en l’observation des traits distinctifs qui donnent au texte sa cohérence : titre, organisation en phrases et en paragraphes, rôle de la ponctuation et des mots de liaison, usage des pronoms, temps verbaux, champs lexicaux.
Littérature
Le programme de littérature vise à donner à chaque élève un répertoire de références appropriées à son âge, puisées dans le patrimoine et dans la littérature de jeunesse d’hier et d’aujourd’hui ; il participe ainsi à la constitution d’une culture littéraire commune. Chaque année, les élèves lisent intégralement des ouvrages relevant de divers genres et appartenant aux classiques de l’enfance et à la bibliographie de littérature de jeunesse que le ministère de l’éducation nationale publie régulièrement. Ces lectures cursives sont conduites avec le souci de développer chez l’élève le plaisir de lire.
Les élèves rendent compte de leur lecture, expriment leurs réactions ou leurs points de vue et échangent entre eux sur ces sujets, mettent en relation des textes entre eux (auteurs, thèmes, sentiments exprimés, personnages, événements, situation spatiale ou temporelle, tonalité comique ou tragique...). Les interprétations diverses sont toujours rapportées aux éléments du texte qui les autorisent ou, au contraire, les rendent impossibles.
Rédaction
La rédaction de textes fait l’objet d’un apprentissage régulier et progressif : elle est une priorité du cycle des approfondissements. Les élèves apprennent à narrer des faits réels, à décrire, à expliquer une démarche, à justifier une réponse, à inventer des histoires, à résumer des récits, à écrire un poème, en respectant des consignes de composition et de rédaction. Ils sont entraînés à rédiger, à corriger, et à améliorer leurs productions, en utilisant le vocabulaire acquis, leurs connaissances grammaticales et orthographiques ainsi que les outils mis à disposition (manuels, dictionnaires, répertoires etc.).

3 - Étude de la langue française

Vocabulaire
L’acquisition du vocabulaire accroît la capacité de l’élève à se repérer dans le monde qui l’entoure, à mettre des mots sur ses expériences, ses opinions et ses sentiments, à comprendre ce qu’il écoute et ce qu’il lit, et à s’exprimer de façon précise et correcte à l’oral comme à l’écrit.
L’extension et la structuration du vocabulaire des élèves font l’objet de séances et d’activités spécifiques, notamment à partir de supports textuels intentionnellement choisis ; la découverte, la mémorisation et l’utilisation de mots nouveaux s’accompagnent de l’étude des relations de sens entre les mots.
Cette étude repose, d’une part, sur les relations de sens (synonymie, antonymie, polysémie, regroupement de mots sous des termes génériques, identification des niveaux de langue), d’autre part, sur des relations qui concernent à la fois la forme et le sens (famille de mots). Elle s’appuie également sur l’identification grammaticale des classes de mots. L’usage du dictionnaire, sous une forme papier ou numérique, est régulière.
Tous les domaines d’enseignement contribuent au développement et à la précision du vocabulaire des élèves. L’emploi du vocabulaire fait l’objet de l’attention du maître dans toutes les activités scolaires.
Grammaire
L’enseignement de la grammaire a pour finalité de favoriser la compréhension des textes lus et entendus, d’améliorer l’expression en vue d’en garantir la justesse, la correction syntaxique et orthographique. Il porte presque exclusivement sur la phrase simple : la phrase complexe n’est abordée qu’en CM2.
L’élève acquiert progressivement le vocabulaire grammatical qui se rapporte aux notions étudiées et mobilise ses connaissances dans des activités d’écriture.
La phrase
- Connaissance et emploi pertinent des phrases déclarative, interrogative, injonctive et exclamative, des formes affirmative et négative.
- Repérage de la différence entre voix active et voix passive.
- Utilisation adéquate des signes de ponctuation usuels.
Les classes de mots
- Identification, selon leur nature, des mots suivants : les verbes, les noms, les déterminants (articles définis et indéfinis, déterminants possessifs, démonstratifs, interrogatifs), les adjectifs qualificatifs, les pronoms (personnels, possessifs, relatifs, démonstratifs et interrogatifs), les adverbes, les prépositions.
- Utilisation adéquate de la substitution pronominale, ainsi que des conjonctions de coordination et autres mots de liaison (adverbes).
Les fonctions des mots
- Identification du verbe, de son sujet (nom propre, groupe nominal ou pronom), et des compléments du verbe : compléments d’objet direct, indirect et second, compléments circonstanciels (de lieu, de temps).
- Compréhension de la notion de circonstance.
- Identification de l’attribut du sujet.
- Identification des éléments du groupe nominal et de leurs fonctions : déterminant, adjectif qualificatif épithète, complément du nom, proposition relative complément du nom.
Le verbe
- Connaissance du vocabulaire relatif à la compréhension des conjugaisons.
- Repérage dans un texte des temps simples et des temps composés de l’indicatif, et compréhension de leurs règles de formation.
- Première approche de la valeur des temps verbaux et en particulier des temps du passé.
- Conjugaison des verbes des premier et deuxième groupes, d’être et avoir aux temps suivants de l’indicatif : présent, futur simple, imparfait, passé simple ; passé composé, plus-que-parfait, futur antérieur, conditionnel présent ; à l’impératif présent, à l’infinitif présent ; au participe présent et passé.
- Conjugaison d’aller, dire, faire, pouvoir, partir, prendre, venir, voir, vouloir aux temps suivants de l’indicatif : présent, futur simple, imparfait, passé simple, passé composé, conditionnel présent, à l’impératif présent, à l’infinitif présent ; au participe présent et passé.
- Utilisation à bon escient des temps étudiés.
Les accords
Connaissance et utilisation :
- des règles et des marques de l’accord dans le groupe nominal : accord en genre et en nombre entre le déterminant, le nom et l’adjectif qualificatif ;
- des règles de l’accord en nombre et en personne entre le sujet et le verbe ;
- des règles de l’accord du participe passé construit avec être (non compris les verbes pronominaux) et avoir (cas du complément d’objet posé après le verbe).
Les propositions
- Distinction entre phrase simple et phrase complexe ; entre proposition indépendante (coordonnée, juxtaposée), proposition principale et proposition subordonnée.
Orthographe
Une attention permanente est portée à l’orthographe. La pratique régulière de la copie, de la dictée sous toutes ses formes et de la rédaction ainsi que des exercices diversifiés assurent la fixation des connaissances acquises : leur application dans des situations nombreuses et variées conduit progressivement à l’automatisation des graphies correctes. Les élèves sont habitués à utiliser les outils appropriés.
Orthographe grammaticale
- Les élèves sont entraînés à orthographier correctement les formes conjuguées des verbes étudiés, à appliquer les règles d’accord apprises en grammaire (voir plus haut), à distinguer les principaux homophones grammaticaux (à-a, où-ou...).
- Les particularités des marques du pluriel de certains noms (en -al, - eau, - eu, - ou ; en -s, - x, - z) et de certains adjectifs (en -al, - eau, - s, - x) sont mémorisées.
Orthographe lexicale
- L’orthographe relative aux correspondances grapho-phoniques, y compris la valeur des lettres en fonction des voyelles placées à proximité (s/ss, c/ç, c/qu, g/gu/ge) ou de la consonne suivante
(n devenant m devant m, b, p) est maîtrisée.
- L’orthographe des mots les plus fréquents, notamment les mots invariables, ainsi que des mots fréquents avec accents, est mémorisée.
L’apprentissage orthographique repose aussi sur l’application des règles d’orthographe ou régularités dans l’écriture des mots (redoublement de consonnes, lettres muettes, finales de mots de grande fréquence).

MATHÉMATIQUES

La pratique des mathématiques développe le goût de la recherche et du raisonnement, l’imagination et les capacités d’abstraction, la rigueur et la précision.
Du CE2 au CM2, dans les quatre domaines du programme, l’élève enrichit ses connaissances, acquiert de nouveaux outils, et continue d’apprendre à résoudre des problèmes. Il renforce ses compétences en calcul mental. Il acquiert de nouveaux automatismes. L’acquisition des mécanismes en mathématiques est toujours associée à une intelligence de leur signification.
La maîtrise des principaux éléments mathématiques aide à agir dans la vie quotidienne et prépare la poursuite d’études au collège.

1 - Nombres et calcul

L’étude organisée des nombres est poursuivie jusqu’au milliard, mais des nombres plus grands peuvent être rencontrés.
Les nombres entiers naturels :
- principes de la numération décimale de position : valeur des chiffres en fonction de leur position dans l’écriture des nombres ;
- désignation orale et écriture en chiffres et en lettres ;
- comparaison et rangement de nombres, repérage sur une droite graduée, utilisation des signes
> et < ;
- relations arithmétiques entre les nombres d’usage courant : double, moitié, quadruple, quart, triple, tiers..., la notion de multiple.
Les nombres décimaux et les fractions :
- fractions simples et décimales : écriture, encadrement entre deux nombres entiers consécutifs, écriture comme somme d’un entier et d’une fraction inférieure à 1, somme de deux fractions décimales ou de deux fractions de même dénominateur ;
- nombres décimaux : désignations orales et écritures chiffrées, valeur des chiffres en fonction de leur position, passage de l’écriture à virgule à une écriture fractionnaire et inversement, comparaison et rangement, repérage sur une droite graduée ; valeur approchée d’un décimal à l’unité près, au dixième près, au centième près.
Le calcul :
- mental : tables d’addition et de multiplication. L’entraînement quotidien au calcul mental portant sur les quatre opérations favorise une appropriation des nombres et de leurs propriétés.
- posé : la maîtrise d’une technique opératoire pour chacune des quatre opérations est indispensable.
- à la calculatrice : la calculatrice fait l’objet d’une utilisation raisonnée en fonction de la complexité des calculs auxquels sont confrontés les élèves.
La résolution de problèmes liés à la vie courante permet d’approfondir la connaissance des nombres étudiés, de renforcer la maîtrise du sens et de la pratique des opérations, de développer la rigueur et le goût du raisonnement.

2 - Géométrie

L’objectif principal de l’enseignement de la géométrie du CE2 au CM2 est de permettre aux élèves de passer progressivement d’une reconnaissance perceptive des objets à une étude fondée sur le recours aux instruments de tracé et de mesure.
Les relations et propriétés géométriques : alignement, perpendicularité, parallélisme, égalité de longueurs, symétrie axiale, milieu d’un segment.
L’utilisation d’instruments et de techniques : règle, équerre, compas, calque, papier quadrillé, papier pointé, pliage.
Les figures planes : le carré, le rectangle, le losange,

My last days

Par Le 24/11/2013

Et quand je vois l'insanité des scénarios au ciné ou les synopsis des romans, je me dis qu'il y a vraiment une immaturité effrayante dans ce monde "adulte".Alors qu'il existe des histoires qui portent en elles un Eveil à la vie d'une force inimaginable.

Ce qui serait le plus désolant, ça serait que la vie de ce garçon passe inapercue.

Toi et moi

Par Le 23/11/2013

« Bon, allez, c’est parti.

-Tu m’abandonnes encore, c’est ça ?

-Oh, écoute, tu ne vas pas recommencer à te plaindre. Tu sais bien que ça ne dure pas très longtemps.

-Mais j’ai peur que tu m’oublies, que tu ne reviennes pas, que tu sois happé par un de tes personnages. Qu’est-ce que je deviendrais ?

-Mais, non, il n’y a aucun risque. Tu sais bien que je ne suis rien sans toi.

-C’est ce que tu dis mais je ne suis pas persuadé que ça soit la vérité. Rappelle-toi quand tu as écrit « Noirceur des cimes », tu te levais la nuit parce que le personnage principal allait mourir et qu’il appelait au secours. Et tu étais épuisé par ces nuits d’écriture. Tu n’étais plus le même, tu vivais dans ta bulle. Tu m’as vraiment fait peur pendant ces neuf mois d’écriture.

-Neuf mois ?

-Oui, c’est ce que ça a duré et quand tu dis que ça n’est pas long, et bien, pour moi, ça l’est. Et pour tes proches aussi.

-Ils se sont habitués et ils savent combien l’écriture est importante pour moi.

-Est-ce que c’est vraiment toi ? Est-ce que tous ces personnages n’ont pas pris le pouvoir sur toi ? Est-ce que tu pourrais vivre sans eux ? Est-ce que tu existes réellement si tu cesses d’écrire ?

-Tu me fatigues avec tes questions.

-C’est plutôt que tu ne veux pas répondre, tu fuis la réalité. Ton écriture, c’est une fuite.

-Et allez, les jugements et les reproches. Tu ne peux pas me laisser tranquille, au moins ce soir. J’ai quelque chose d’important à écrire, je ne peux pas laisser Laure dans cette situation.

-Qu’est-ce qui lui arrive cette fois ?

-Elle s’est retrouvée prise dans un attentat. Elle en a réchappé de justesse et elle se retrouve avec la mallette.

-La mallette où sont cachés les billets ?

-Oui, c’est ça et elle ne sait pas si des tueurs l’ont suivie. Elle est terrorisée.

-Et donc, tu vas encore aller la sauver. C’est assez puéril tout de même comme fonctionnement.

-Quoi ?

-Et bien, tu inventes des situations dramatiques et puis tu arrives comme Zorro pour sauver ton héroïne. Tu ne serais pas un peu mégalomane des fois ?

-N’importe quoi, tu délires complètement là.

-Alors dis-moi clairement ce que tu cherches en écrivant !

-Je cherche la vérité.

-La vérité ? Mais sur quoi ?

-Sur moi ?

-Toi ou moi ?

-Tu délires. Tu sais très bien que toi et moi, c’est pareil.

-Je n’en suis pas si sûr. Je pense même que c’est une autre vie que tu te donnes. Et je me demande bien pourquoi. La vérité dis-tu ? Mais quelle vérité ?

-Quand j’écris, je suis un autre, c’est vrai. Je me libère de la pression de la vie quotidienne et je peux explorer ce que je porte, ce qui est enfoui, ce qui n’apparaît pas dans les rôles de mon existence. Quand j’écris, je ne suis pas identifié à mon histoire, je l’observe de plus haut et je m’en sers pour l’analyser. Mes personnages ne sont que des miroirs, des facettes que j’autopsie.

-Et donc, moi, je disparais ! Tu te débarrasses d’un fardeau, c’est ça ?

-Arrête de jouer à la victime. Si je n’avais pas écrit, je ne sais même pas si tu existerais encore.

-Ah, ben, c’est la meilleure celle-là ! Et tu peux me dire ce que je serai devenu ?

-Ce que NOUS serions devenus. Et bien, j’aurais continué à m’autodétruire, tout simplement. Je ne vais pas te rappeler notre histoire, tu la connais aussi bien que moi.  

-« Les Éveillés », c’est à ce roman que tu penses ?

-Oui, celui-là et « Là-Haut », « Vertiges », « Jusqu’au bout », « À cœur ouvert », « Noirceur des cimes » et tous les tomes de « Jarwal le lutin. » Ils ont tous marqué le cheminement de ma vie. Ils ont tous été des balises, des lumières, des révélations.

-Tu n’écris pas vraiment pour les autres alors ?

-Pas au départ. Effectivement. C’est avant tout une thérapie et tu en bénéficies bien plus que ce que tu crois. C’est grâce aux livres que j’ai fini par t’aimer et par avoir un peu d’estime.

-De l’estime pour moi ou pour ton statut d’écrivain ?

-J’aimerais que tu finisses par comprendre qu’il s’agit bien de la même personne. Toi, le père, amant, instituteur, sportif, et moi l’écrivain, nous sommes une seule personne. C’est toi qui me vois comme une menace. Et tu as tort. Tu ne serais pas ce que tu es si je n’étais pas devenu ce que je suis.

-Attends, je ne comprends pas. Tu veux dire que ce que ce que je suis, c’est à toi que je le dois ?

-Nous nous devons mutuellement d’être ce que nous sommes. Sans ton histoire personnelle, je n’aurais jamais écrit. C’est toi qui m’as nourri. Mais ce que j’ai écrit t’a enrichi également puisque tu connais maintenant les raisons de ton histoire. 

-Et tu penses écrire encore longtemps ?

-Tant que j’aurais quelque chose à comprendre.

-Il va falloir que je m’habitue alors. C’est un travail sans fin ce que tu prévois.

-La fin, tu la connais. Et comme il est impossible d’en deviner la date exacte, il m’est impossible de différer la tâche. »

Il rejoignit le fauteuil molletonné, s’installa devant l’ordinateur, posa les écouteurs de son casque sur ses oreilles, enclencha le lecteur de musique. Il ferma les yeux quelques secondes. Il se sentit disparaître et simultanément apparut à son esprit la course folle de Laure dans les couloirs du centre commercial. Sa peur, et le souffle de ses entrailles, les frissons devant les morts hachés par les balles, la terreur et l’incompréhension en découvrant la fortune que contenait la mallette. Elle devait prendre une décision. Elle n’avait que quelques secondes de répit.

« Bouge-toi ou tu es morte. »

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