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L'intuition ou l'individu unifié. (spiritualité)

Par Le 08/10/2011

J'en viens à me demander si cette fameuse intuition ne serait pas une entité à part entière qui se révélerait dans certaines situations mais bien plutôt l'osmose enfin établie entre notre raison et nos émotions.
Imaginons deux voies parallèles : celle tracée par la raison, c'est à dire notre intellect et l'accumulation de connaissances tirées de nos expériences, la capacité à nous servir de ces expériences pour avancer dans la voie de cette connaissance et puis une deuxième voie tracée par nos émotions, le bouleversement généré par l'usage de nos cinq sens, joie, colère, contemplation, des émotions qui se mêlent à l'interprétation faite par notre intellect et par conséquent, bien souvent, un détournement de ces émotions, un alourdissement, des dérives.
Il est difficile d'imaginer un individu avançant dans une voie sans jamais explorer son parallèle.
L'intuition consisterait par conséquent, non pas à tracer une troisième voie (sur quelle base serait-elle construite ?) mais bien plutôt à unifier ces deux entités en nous pour construire une voie bien plus large, cesser le passage alterné de la voie de la raison à celle des émotions tout en parvenant à user des deux potentiels pour projeter l'individu dans une unification supérieure, une osmose créatrice.
Pour Platon, l'intuition est la saisie immédiate de la vérité de l'idée par l'âme, indépendamment du corps.

Au contraire pour Épicure, l'intuition est la saisie immédiate de la réalité du monde par le corps, indépendamment de l'âme.

Et s'il s'agissait d'une saisie concertée ? L'apparition spontanée de l'individu unifié ?
Lorsque je suis en montagne et que j'ai l'intuition que le passage à suivre est à gauche alors que les éléments visuels me pousseraient davantage vers la droite, n'y a-t-il pas en moi une réunification de TOUS les éléments dont je dispose, à travers la connaissance générée par l'expérience et simultanément, une "divination" des ressentis sensitifs ?
Pour Michel Henry, l'intuition est la propriété que possède la vie de se sentir elle-même hors de toute idée.
C'est là que je me retrouve. Toujours cette projection vers un accord absolu avec la Vie. Il ne s'agit pas d'un cheminement volontaire mais d'une offrande de l’Énergie vitale lorsque l'humilité me fait accepter l'idée que je ne suis pas le Maître de mon existence mais que je peux être le Maître de ce que la Vie me propose.

Trognon de pomme.

Par Le 06/10/2011

Le patron d'Apple est mort. Bon, c'est bien dommage pour lui et ses proches. Je vois apparaître sur Facebook des pages et des pages de "RIP", la télé diffuse des images de son dernier show, les journaux vont sûrement sortir des photos trash de ses derniers jours. Tous les people medias vont se gausser de son "génie" et vendre des tonnes de papiers colorés à des geeks collectionneurs.

Qu'est-ce que cet homme a apporté à l'Humanité pour être aussi encensé ? Un ustensile "formidable", une "révolution" technologique, une "ouverture" sur le monde, un lien constant avec nos proches. Mince, j'ai loupé ça alors avec mon vieux téléphone portable à cartes et mon MP3 à 15 euros ? Quel nigaud je fais, quel arriéré, quel Néanderthalien. Je suis sûrement appelé d'ailleurs à disparaître comme ce lointain habitant des grottes du Périgord...Il y a donc dans ce Monde moderne des centaines de millions d'adeptes de la pomme et qui se retrouvent aujourd'hui aussi démunis que l'affamé devant un trognon. Que vont-ils devenir avec leur Ipad ou Ipod ou je ne sais quoi alors que la concurrence rendra celui-ci sera obsolète dans six mois ou peut-être un an ? Mince, quel désastre...Ils espèrent sans doute que les techniciens du trognon parviendront à sortir un nouveau modèle pour leur Noël 2012. Ca serait chouette quand même d'être le premier à posséder le dernier modèle, ils se souviennent encore de cette bousculade le premier jour de commercialisation. Quel pied.

 

Bon, allez, j'arrête.

Mais je n'arriverai décidément pas à honorer la mémoire d'un homme qui aura surfé toute sa vie sur la voie du formatage de la masse. Aussi conne soit-elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bug, plantage et galère.

Par Le 06/10/2011

Bonjour

Comme vous avez pu le constater, le site est "planté" depuis un certain temps. L'hébergeur a voulu passer à une nouvelle version et c'est une belle galère...

J'espère que tout va rentrer dans l'ordre ces jours-ci.

Désolé.

Raymond Devos

Par Le 26/09/2011

UN TALENT FOU  :)

 

 

 

 

Excusez-moi, je suis un peu essouflé ! Je viens de traverser une ville où tout le monde courait...
Je ne peux pas vous dire laquelle... je l'ai traversée en courant.
Lorsque j'y suis entré, je marchais normalement, mais quand j'ai vu que tout le monde courait... je me suis mis à courir comme tout le monde sans raison !
A un moment je courais au coude à coude avec un monsieur...
Je lui dis : - "Dites-moi... Pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?"
Il me dit : - "Parce qu'ils le sont !";
Il me dit : - "Vous êtes dans une ville de fous ici... Vous n'êtes pas au courant ?"
Je lui dis : - "Si, si, des bruits ont couru !"
Il me dit : - "Ils courent toujours !"
Je lui dis : - "Qu'est-ce qui fait courir tous ces fous ?"
Il me dit : - "Tout ! Tout ! Il y en a qui courent au plus pressé. D'autres qui courent après les honneurs... Celui-ci court pour la gloire... Celui-là court à sa perte !"
Je lui dis : - "Mais pourquoi courent-ils si vite ?"
Il me dit : - " Pour gagner du temps ! Comme le temps, c'est de l'argent, plus ils courent vite, plus ils en gagnent !"
Je lui dis : - "Mais où courent-ils ?"
Il me dit : - "À la banque ! Le temps de déposer l'argent qu'ils ont gagné sur un compte courant... et ils repartent toujours courant, en gagner d'autre !"
Je lui dis : - "Et le reste du temps ?"
Il me dit : - "Ils courent faire leurs courses... au marché !"
Je lui dis : - "Pourquoi font-ils leurs courses en courant ?"
Il me dit : - "Je vous l'ai dit... parce qu'ils sont fous !"
Je lui dis : - "Ils pourraient tout aussi bien faire leur marché en marchant...tout en restant fous !"
Il me dit : - "On voit bien que vous ne les connaissez pas ! D'abord le fou n'aime pas la marche..."
Je lui dis : - "Pourquoi ?"
Il me dit : - "Parce qu'il la rate !"
Je lui dis : - "Pourtant, j'en vois un qui marche !?"
Il me dit : - "Oui, c'est un contestataire ! Il en avait assez de courir comme un fou. Alors il a organisé une marche de protestation !"
Je lui dis : - "Il n'a pas l'air d'être suivi ?"
Il me dit : - "Si, mais comme tous ceux qui le suivent courent, il est dépassé !"
Je lui dis : - "Et vous, peut-on savoir ce que vous faîtes dans cette ville ?"
Il me dit : - "Oui ! Moi j'expédie les affaires courantes. Parce que même ici, les affaires ne marchent pas !"
Je lui dis : - "Et où courez-vous là ?"
Il me dit : - "Je cours à la banque !"
Je lui dis : - "Ah !... Pour y déposer votre argent ?"
Il me dit : - "Non ! Pour le retirer ! Moi je ne suis pas fou !"
Je lui dis : - "Mais si vous n'êtes pas fou, pourquoi restez-vous dans une ville où tout le monde l'est ?"
Il me dit : - "Parce que j'y gagne un argent fou !... C'est moi le banquier !!!

(c) Raymond Devos

Développement personnel

Par Le 23/09/2011


L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, montagne, ciel, plein air et nature

C'est une expression étrange finalement.

Que l'on conçoive que le développement de l'individu soit une nécessité, je l'admets aisément mais que l'expression le limite à une dimension personnelle me gêne.

Si je pense aux Indiens Kogis de Colombie, je n'imagine pas chez eux l'idée d'un développement UNIQUEMENT personnel mais bien davantage et de façon prioritaire l'établissement et le développement d'une osmose collective.

Je ne suis pas persuadé en fait que cette idée soit véritablement présente dans la notion de développement personnel dans les sociétés occidentales.

De quoi s'agit-il finalement?

Je suis allé lire divers blogs sur le thème et je trouve principalement des articles parlant de conscience de Soi, d'ego, de l'instant présent, de la réussite, souvent de coaching d'ailleurs..., des relations amoureuses dans le couple, le bien-être dans le travail, la gestion des conflits relationnels, professionnels, le moyen de s'en protéger, toujours cette idée que tout développement personnel est destiné à se recentrer, à se maintenir en état dans une bulle protectrice et également celle du couple...

Qu'en est-il de la plénitude et de la conscience de l'Univers du Vivant, de la conscience de la Vie, du partage de notre existence avec nos semblables, humains, animaux, plantes, l'ensemble de la Nature.

Ce développement personnel n'a-t-il pour seul horizon que cette dimension individualiste, ce bien-être rassemblé sur le Soi...

Mais s'agit-il dès lors du Soi ou d'un Moi qui cache son jeu ?

Je me demande si ce travail intérieur a une réelle incidence sur le monde, si cette évolution spirituelle qu'on ne peut nier chez les gens qui s'y astreignent, a des conséquences positives sur leur environnement.

Je n'aime pas ce mot "environnement" d'ailleurs. Je ne considère pas le monde comme un environnement et je perçois ce terme comme une véritable rupture. Si je vois le monde comme un environnement, cela signifie que j'en suis séparé, que j'existe indépendamment de lui, que je suis une entité ne répondant pas à sa réalité intrinsèque et que je possède un pouvoir particulier qui me confère le droit de considérer le monde comme m'entourant...On n'est pas loin de la notion archaïque de la religion voyant la Terre au centre de l'Univers jusqu'à ce que Galilée s'élève...

Non, nous ne sommes pas des entités particulières entourées chacune par le monde. Nous faisons partie de ce monde et nous sommes constitués tout comme lui par une énergie créatrice. Dès lors que nous considérons le monde comme un "environnement", nous cherchons à renforcer cette identification qui nous rassure, qui nous nourrit depuis que nos imbrications familiales nous ont amenés à prononcer ce fameux "moi" qui nous sert essentiellement de tuteur...

Est-ce que le développement personnel auquel je m'astreins ne devient pas dès lors une entrave à cette ouverture et cette conscience ultime de ce Tout, à cette dés-identification nécessaire ? N'y a-t-il pas un risque d'enfermement dans une rupture intellectuelle ? Est-ce que ces réflexions suffisent à m'en absoudre ? 

 

Mais je vis et je travaille depuis trente ans avec des enfants et là, je peux voir à quel point, ma propre évolution a une incidence positive, PARFOIS, sur certains enfants. Ces enfants ne sont pas pour autant un "environnement" professionnel au centre duquel, je peux exprimer et mettre en avant mes connaissances, ils sont avant tout des entités animées par la même énergie créatrice qui vibre en moi, ils sont mes semblables et j'ai juste un peu d'avance sur eux dans le laps de temps qui m'est accordé. Je suis parmi eux et non devant eux.

J'ai la chance immense aussi de pouvoir encore user de mon potentiel physique pour plonger au coeur des montagnes. Elles ne sont pas un environnement naturel, elles sont l'image de la puissance créatrice, l'image qui me bouleverse, celle qui contient une partie immense de ma vie. Et lorsque je plonge en altitude, lorsque des heures de marche sont passées, ça n'est pas "moi" qui marche mais une vie insérée dans une enveloppe éphémère, au contact de toutes les vies similaires qui vibrent sur des tempos vibratoires particuliers. C'est la seule différence.

Le tempo vibratoire de la vie insérée.

L'herbe, un arbre, une fleur, un aigle, une sauterelle, une marmotte, un poisson, une baleine, une vie insérée dans des tempos particuliers. Nous sommes des vies reliées par des musiques qu'il faut écouter dans le silence intérieur. 

 

 

 

Le fond sonore de la mémoire

Par Le 21/09/2011

Une étrange expérience aujourd'hui.

Comme je me suis levé de bonne heure, j'ai eu envie d'aller m'allonger pendant l'après-midi. Mais il y a des travaux sur une route, à deux-cent mètres à vol d'oiseau de la maison. Un marteau-piqueur, une pelleteuse, des camions... La mitrailleuse du marteau-piqueur a vite fini par m'exaspérer...Une répétition saccadée dont je ne parvenais pas à me libérer. D'habitude, ici, c'est le silence. Et puis, à un moment, je me suis aperçu que le marteau-piqueur s'était arrêté mais malgré ce retour du silence, je continuais à entendre en moi le tintamarre mécanique, comme si ma mémoire s'était engorgée de cette perturbation et qu'elle ne parvenait plus à s'en défaire, comme si le dérangement ne pouvait plus s'effacer. J'entendais toujours le tactactactactac incessant...C'était en moi parce que l'émotion était toujours présente, parce que l'énervement s'était ancré et que la disparition du responsable n'autorisait pas pour autant le retour au calme.

J'ai compris alors que c'est l'émotion qui empêchait le silence. L'émotion était là, comme une empreinte. Elle s'était installée dans ma mémoire comme un fond sonore.

Jusqu'à être capable de me faire entendre ce qui n'existait plus.

J'étais figé dans le passé à travers une émotion néfaste que je n'avais pas réussi à éliminer.

C'est là d'ailleurs que le téléphone a sonné...Bon, ça va, j'ai compris, je ne dormirai pas. Autant que j'aille écrire.

 

Evidemment que cette expérience se devait d'être analysée. Il y avait quelque chose à comprendre.

L'émotion s'ancrait dans la mémoire jusqu'à créer une illusion aussi présente que la réalité. Effrayant.

Etre figé par le passé est une malédiction que nous fabriquons nous-mêmes, comme un fardeau que nous portons et qui nous écrase. j'en sais quelque chose...Il faut réussir à saisir la seule réalité pour s'en libérer : l'instant présent. Le reste n'est que le choix de notre vie, un choix perverti par ce passé que nous avons décidé d'entretenir comme si cette histoire, elle seule, pouvait nous donner une forme. Nous sommes identifiés à ce passé juqu'à en détruire l'instant présent. Cette capacité intellectuelle, cérébrale, neuronale à garder en nous une trace de ce passé qui n'a aucune autre existence que celle que nous lui accordons est une malédiction dès lors qu'il nous prive de la Vie immédiate. Etre figé par le passé, c'est avoir décidé dé crée une "petite mort" avant même que celle de notre avenir ne survienne, sachant que cette mort à venir n'a elle-même aucune existence puisqu'elle n'est pas de cet instant présent mais d'un temps que nous imaginons. Cette perversion du temps psychologique n'est pas une fatalité mais un abandon personnel, une condamnation.

 

Ce travail à mener pour parvenir à exister au lieu de s'alourdir...

Pour essayer de suivre...

Par Le 21/09/2011

CDS : pire que la dette, le produit financier qui pourrait provoquer la faillite des banques françaises...

François Fillon a taxé "d'irresponsables" mardi les propos de DSK qui avait assuré au 20h de TF1, qu'il fallait "prendre sa perte" de la dette grecque. Et si la restructuration de cette dette déclenchait un risque majeur "caché" pour les banques françaises ?



Comment en effet comprendre l’obstination des autorités françaises à refuser toute restructuration de la dette publique grecque ?

Comment en effet comprendre l’obstination des autorités françaises à refuser toute restructuration de la dette publique grecque ? Crédit reuters

Une lourde interrogation pèse sur le système bancaire européen, et plus spécialement français. Comment en effet comprendre l’obstination des autorités françaises à refuser toute restructuration de la dette publique grecque ? Le ministre allemand de l’Économie, Philipp Rösler, l’évoque ouvertement, son collègue des finances, Wolfgang Schäuble, de façon plus elliptique, mais François Fillon et François Baroin ne veulent pas en entendre parler. Dominique Strauss-Kahn la considère comme inéluctable (il faut « prendre ses pertes ») lors de son passage au 20h de TF1, le Premier ministre juge ces propos « irresponsables ». Pourquoi cette polarisation ?

L’engagement total des banques françaises s’élève à une quarantaine ou une cinquantaine de milliards d’euros, suivant les estimations. Donc si la Grèce restructurait sa dette à hauteur de 50%, la perte de 20 ou 30 milliards serait absorbable par les banques, à tout le moins avec une aide de l’État, qui au passage lui coûterait moins cher que les multiples plans d’aide à ce pays à la dérive.
La bombe des CDS, produits dérivés dangereux

Mais un élément de l’équation reste dans l’ombre : le montant des CDS, et surtout qui les a vendus. Un CDS (Credit Default Swap) est un produit dérivé qui permet de se protéger contre un risque de crédit, d’une grande entreprise ou d’un État. Si vous possédez des emprunts grecs, vous pouvez acheter des CDS auprès d’une banque qui propose ce produit. Vous lui versez à échéances régulières une prime (d’autant plus élevée que le risque de défaut est grand), et si la Grèce fait effectivement défaut sur tout ou partie de sa dette, la banque compense la perte.

Vu comme cela, ça à l’air rassurant, mais il y a deux éléments qui rendent ce produit extrêmement dangereux :

Vous pouvez acheter des CDS sur la Grèce… même si vous ne possédez pas d’emprunts grecs ! Simplement pour jouer, pour spéculer, et toucher le jackpot en cas de faillite du pays. C’est comme si vous pouviez acheter une assurance incendie sur la maison de votre voisin…

Ce produit n’est pas négocié sur un marché organisé et surveillé par les régulateurs, comme la bourse, mais « de gré à gré » c'est-à-dire dans une opacité totale. Et en plus il ne figure pas au bilan des banques, mais dans le « hors bilan », c'est-à-dire que les banques ne communiquent pas dessus et ne publient aucun chiffre.



Ce produit diabolique a été inventé dans les années 1990 par Blythe Masters de la banque JP Morgan (on lira sa très intéressante biographie écrite par Pierre Jovanovic), et connaît un succès foudroyant avec des volumes mondiaux qui dépassent les 50 000 milliards de dollars ! (pour vous donner un ordre d'idée, la dette publique des USA est de 14 500 milliards de dollars).

Si une société vend trop de CDS sans avoir les fonds propres suffisants, elle se met en danger de mort : c’est ainsi que l'importante société d'assurance AIG a fait faillite en septembre 2008, et a du être renflouée de 100 milliards de dollars par Washington, après avoir vendu quantité de CDS sur Lehman Brothers, convaincue que l’une des principales banques d’affaires américaines ne pouvait pas faire faillite…
Les banques françaises touchées par la crise grecque via les CDS ?

Revenons à la France : déjà lors de la négociation du plan d’aide à la Grèce signé le 21 juillet, il fallait éviter tout « événement de crédit » (restructuration de la dette) susceptible de déclencher les CDS. Depuis la situation de la zone euro a encore empiré. Alors soyons clairs : oui ou non les banques françaises ont-elles vendue des CDS sur la Grèce au point qu’un défaut total ou partiel de ce pays les mettrait en situation de faillite ? Voilà qui expliquerait l’obstination du gouvernement ! Le fait que la BNP, la Société Générale, le Crédit Agricole soient autant massacrés en bourse signifie-t-il que les investisseurs savent ou se doutent que c’est le cas ?

Il devient urgent de faire la lumière sur les engagements en CDS des banques françaises et européennes, et de rendre public cette information. Sinon les rumeurs continueront leur travail se sape, jusqu’à une faillite qui prendra tout le monde de
court.


http://www.atlantico.fr/decryptage/cds-credit-default-swap-crise-gre cque-risque-faillite-banques-francaises-186560.html

 

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Près de 5.500 collectivités locales françaises ont contracté auprès de Dexia Crédit Local des prêts "toxiques" qui les mettent en difficulté financière et en exposent certaines à la faillite, écrit mercredi Libération dans un article dénoncé par la banque.

Le quotidien, qui dit s'appuyer sur un fichier confidentiel de Dexia, précise que ces prêts ont représenté 25 milliards d'euros de 1995 à 2009, et que leur surcoût était estimé par la banque à 3,9 milliards fin 2009.

"Des données erronées et tronquées ont servi de support à cet article", a réagi Dexia dans un communiqué, ajoutant que "la banque examine toutes les suites juridiques à donner pour défendre l'intérêt de ses collaborateurs et de ses clients".

"Il est totalement infondé et irresponsable d'avancer que 'des milliers de communes françaises sont en faillite en raison des crédits structurés souscrits auprès de Dexia'", poursuit la banque. "Dexia réfute le chiffre de pénalités évaluées à 3,9 milliards d'euros qui est sans aucun fondement."

L'article de Libération est publié alors que l'opposition socialiste demande la création d'une "structure de défaisance" financée par une taxe sur les banques, un dispositif qui permet d'isoler ces prêts et de soulager les communes, départements, régions ou hôpitaux touchés. Le gouvernement a promis d'étudier cette proposition mais il n'y est a priori pas favorable.

La commission d'enquête parlementaire sur le sujet a repris mercredi ses travaux à l'Assemblée nationale. Elle devait entendre dans l'après-midi des élus de Saint-Etienne (Loire) et Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), deux villes affectées.

Ces prêts ont pu permettre initialement aux collectivités concernées de réduire leurs coûts en bénéficiant de taux d'intérêt bas. Mais ces taux ont ensuite bondi en suivant des paramètres tels que la parité franc suisse-livre sterling, ce qui se traduit par une envolée des coûts de remboursement.

Libération cite l'exemple de la commune d'Antibes, qui aurait emprunté 60 millions d'euros et devrait payer 21 millions en plus, ou le département de la Loire, qui devrait rembourser 22 millions en plus des 96 millions de prêts.

30 À 35 MILLIARDS D'EUROS

Selon le quotidien, Dexia a couvert ces prêts aux collectivités par des contrats de "swap" avec des banques comme JPMorgan ou Goldman Sachs, contrats qui empêchent désormais la banque de transformer les prêts toxiques en prêts à taux fixe car elle s'exposerait alors à "un risque de perte énorme" face à ces banques.

La Cour des comptes estimait en juillet que 30 à 35 milliards d'euros des 160 milliards de dettes souscrites par des centaines de collectivités étaient toxiques et que 10 à 12 milliards présentaient un risque potentiel très élevé.

L'institution indépendante préconisait alors dans un rapport une loi interdisant aux responsables locaux de souscrire ces produits et proposait la création d'une "agence de financement des collectivités".

La commission d'enquête présidée par le député socialiste Claude Bartolone, président du conseil général de la Seine-Saint-Denis, un département concerné par ces emprunts, doit présenter des propositions avant la fin de l'année.

Dans le dossier des emprunts toxiques, plusieurs élus ont engagé des actions en justice ou porté plainte contre des banques, comme le maire PS de Saint-Etienne contre Deutsche Bank et Royal Bank of Scotland, le maire d'Unieux (Loire) contre Dexia, ou Claude Bartolone qui a porté plainte contre Depfa, Calyon (devenu Crédit Agricole CIB) et Dexia.

Julien Ponthus, Emile Picy et Jean-Baptiste Vey, édité par Gilles Trequesser

Par Reuters

Raison et nature (spiritualité)

Par Le 19/09/2011

"La raison nous trompe plus souvent que la nature."

Vauvenargues.

 

"Rien dans notre intelligence qui ne soit passé par nos sens. "

Aristote.

 

De la façon dont je perçois ces deux citations, il semblerait que la raison soit une entité dont la puissance lui confère la possibilité de s'extraire de la nature, une intelligence qui ne serait pas nourrie en partie par nos sens mais uniquement par notre intellect. Le cogito ergo sum de Descartes serait par conséquent une extension exagérée de notre conscience favorisant, non pas une osmose avec le Vivant mais une distanciation nourrissant une certaine prétention. Comme si cet intellect, associé à la raison, permettait de construire un piédestal et créerait l'illusion que nous ne sommes pas une extension du Vivant, et par conséquent de la Nature, mais une entité supérieure. Le fait de devoir observer nos émotions pour ne pas nous y soumettre ne signifie pas que nous devons nous en priver. Elles sont généréres par cette Nature en nous, ces cinq sens qui nous abreuvent et par leur interpétation inconsciente, spontanée, insoumise parfois. Se limiter à une raison cartésienne est une amputation qui au lieu de nous propulser vers une maîtrise de l'existence nous prive de sa source. A mes yeux, la complétude de l'individu passe par une observation lucide de tout ce que la Nature nous propose puis par une analyse vigilante de cette expérience. Il ne s'agit pas d'être un individu lobotomisé au regard des perceptions mais d'établir une osmose entre la richesse incommensurable de la Nature et cette raison qui l'observe. Dès lors, il est effectivement possible de faire en sorte que cette intelligence devienne une meta-conscience. Lorsque j'ai mal aux cuisses en vélo, j'ai conscience de cette douleur mais j'ai également conscience de cette prise de conscience, je sais que je suis celui qui observe celui qui ressent la douleur. L'animal qui souffre n'est peut-être conscient que de cette douleur mais je n'en ai aucune certitude...Ce qui m'importe en tout cas dans le saisissement de mes perceptions, de mes expériences, de mes émotions, sentiments, passions, émerveillements, colères, ça n'est pas de les réprimer mais de les laisser s'étendre au coeur de cette conscience afin de les épuiser à travers cette reconnaissance au lieu de les refouler et de construire en moi, un résidu émotionnel que je porterai comme un fardeau. Cette raison qui pourrait nous tromper serait à mes yeux ce refus obstiné de cette Nature qui vibre en nous, de ces expériences qui ne seraient que des dispersions, de ce combat prôné par des guides spirituels qui considèrent l'ego comme un bourreau. Je ne suis pas mon ego mais il serait absurde et destructeur de ne le concevoir que comme cet ennemi que je dois vaincre. Il fait partie de ma Nature, il n'est pas une entité venu je ne sais d'où et qui se serait accroché à moi comme une tique, il n'est pas une tumeur dont je dois me guérir, il est une partie de ce que je suis, une partie de ce que la Nature a voulu que je me charge, rien de surnaturel ou de contre nature, rien que je dois exclure. Cette intelligence que je peux développer, cette raison dont je peux user, elles ne seraient que des excroissances morbides si je les privais de cette Nature en moi.

C'est bien d'ailleurs, peut-être, la "raison" première de cette dégradation de cette Humanité moderne, de ces sociétés matérialistes et avides, de cette nécessité "d'avoir" au détriment de "l'être". Il ne reste que la raison quand la Nature est morte.

Lo Sai

Par Le 18/09/2011

A découvrir

 

http://www.losai-france.com/

 

et  à partager.

Walter Bonatti

Par Le 18/09/2011

Ils ne sont pas nombreux, les hommes que j'ai admirés, qui m'ont bouleversé, fasciné, émerveillé. Walter Bonatti en faisait partie. Sa mort ne change rien d'ailleurs.
http://alpes.france3.fr/info/m ontagne--walter-bonatti-est-mo rt-70395387.html?onglet=videos &id-video=GREN_1487242_1409201 11548_F3

 

J'avais 12 ans quand j'ai lu "A mes montagnes.' Mon choix de vie était fait. Je ne savais pas encore à cet âge-là que la quête spirituelle de cet homme m'avait autant marqué. Il n'y avait pas que cet engagement dans la haute montagne qui me fascinait mais tout autant, inconsciemment, ce cheminement intérieur. Cette écriture s'est inscrite en moi, comme une musique que je ne pouvais plus oublier.

 

http://www.editionsguerin.com/boutique_fr_article_51.html

 

 

 

Extrait :

" C’est comme si soudain j’étais revenu à la vie, après en avoir été infiniment éloigné. Je sens renaître l’homme, avec lequel ces derniers jours je n’avais eu aucun contact (…) Je sais que j’ai franchi la barrière qui me séparait de mon âme, je sens que le nœud que j’avais à l’intérieur de moi-même s’est enfin délié. Dans l’émotion de cet instant, je me surprends à pleurer et puis à chanter. ”


Extrait :

La lune monte dans le ciel, qu’elle inonde d’éclatante clarté, empêchant la nuit de s’assombrir, mais non de répandre son calme infini. Tout est immobile dans le grand gel de l’arrière-saison ; le silence est intact. Pas le moindre craquement des glaciers, pas de murmure lointain des torrents des vallées profondes, pas un souffle de vent. Rien que les étoiles scintillantes, une grande mer d’étoiles dans laquelle je voudrais me fondre. Tandis que la froide lune étire et retire sur la neige ses lames de lumière spectrale, moi je suis là, incertaine et fragile statue de glace, à respirer la magie d’une nuit qu’on dirait venue d’un autre monde. Je suis ivre de solitude et de cette imagination qui vous emporte parfois là où vous n’êtes pas, mais où vous voudriez être.[…]

La croupe s’aiguise maintenant en une longue arête de glace et, lorsque celle-ci se couche, je suis au sommet du Mont Blanc.
J’ai atteint mon but. Et maintenant j’ai l’impression que je vis un moment prophétique. Il n’y a plus autour de moi qu’espace et lumière, et les immenses chaînes silencieuses sous leur manteau de neige éternelle.
Nettement détachés au milieu de ces ondulations émergent le Cervin et le Mont Rose, nimbés d’un arc de vapeurs rouges qui annoncent l’apparition du soleil. Sous cette houle de montagnes s’allongent les grandes vallées vertes que la nuit remplit encore de son ombre. Le vent balaie librement les glacis de neige et s’insinue, glacé, sous mes vêtements, mais bientôt s’apaise, car le premier rayon de soleil vient de faire son entrée triomphale dans l’océan blanc du silence.
[…] Mes pensées vaquent, légères, en un incessant va-et-vient des choses à l’esprit et de l’esprit aux choses, je sens naître en moi des émotions nouvelles, des dimensions inconnues qui échappent toujours à mes tentatives de les expliquer et que le moi rationnel craint parfois de découvrir. L’intimité de la solitude m’engloutit totalement, et mon imagination prend plus que jamais son élan. Plus que jamais, j’ai vu avec les yeux de l’esprit, écouté la grande respiration de la nature, donné des dimensions humaines à l’infini. Au terme de mon errance, je me suis confondu dans l’univers. J’ai senti toute la beauté et la merveille de l’existence. J’ai enfin trouvé la vérité, la seule vérité possible au-delà de toute supputation : la vérité du cœur.

Plénitude de l'unité.(2)

Par Le 18/09/2011

Après avoir entièrement relu et modifié quelque peu, "JUSQU'AU BOUT" et "LES EGARES", je m'attelle à replonger dans "LA-HAUT".

Je souhaite apporter à ce texte les dernières réflexions qui me sont venues. Etrangement, d'ailleurs, je réalise à quel point, ce livre ne sera sans doute jamais fini...C'est peut-être pour cela qu'il n'a jamais été édité...Afin que je puisse le compléter au fil de ma vie.

 CHAPITRE 14                                                                       

"Il s’est levé à cinq heures. Très peu dormi.

Il marche vers le sommet des Grands Moulins. Il a garé le 4x4 sur le terre-plein habituel. Il est parti de bonne heure et espère atteindre au moins le col sous la dernière arête.

Autant il a pu voir dans l’apparition de la neige une similitude avec son esprit réclamant l’ensevelissement provisoire sous un tissu protecteur, la construction d’un refuge, autant la fonte actuelle de la neige et l’apparition d’un nouveau paysage révèlent immanquablement dans son esprit l’élévation de forces neuves.

Il marche dans son âme comme il marche sur la Terre. Avec un respect immuable et l’attente de nouvelles apparitions.

L’idée jaillit à la sortie d’un sous-bois. La Nature est le temple offert à l’homme pour se lancer dans la Voie. Mais l’homme, sans aucune reconnaissance, gonflé par ses prétentions, s’est extirpé de cette Nature impassible. La science affirme sans cesse qu’en expliquant les « comment », elle maîtrise les « pourquoi. » Ce n’est qu’une illusion. L’accumulation et la complexité des « comment » déjà identifiés par l’humanité ne lui a pas permis d’élaborer clairement la moindre explication originelle à tout cela. Nous sommes capables de comprendre les structures les plus diverses mais nous ne sommes pas pour autant capables d’expliquer, fondamentalement, l’existence de cette structure. Nous connaissons l’architecture du temple, ses contours, ses piliers, ses sculptures les plus abouties mais nous ne pouvons rien dire sur l’âme de l’architecte. En cherchant à expliquer cette architecture, nous avons oublié de l’aimer, en voulant imposer notre esprit nous avons délaissé l’Esprit. Notre égocentrisme a étouffé notre compassion et la nécessité absolue de contemplation. Seuls, les peuples appelés « primitifs » continuent d’adorer cet Esprit. C’est une des raisons profondes de notre volonté à les faire disparaître. Ils sont trop en opposition avec notre soif de puissance pour leur laisser la liberté de vivre différemment. Ils représentent tout ce que nous avons perdu et les éliminer favorisera la disparition de toute mémoire, l’anéantissement de la nostalgie. Il s’agit avant tout d’un problème spirituel, une certaine forme insidieuse de la mondialisation.

Dieu. Il a toujours autant de mal à se dégager des images imposées par la religion. Il ne pense pas à ce Dieu là. Celui qu’il ressent, il n’en a aucune représentation. Il s’agit bel et bien d’un Esprit et de rien d’autre. Et il n’a aucunement besoin d’un Jésus ni de ses apôtres, ni de toutes ces pratiques dogmatiques et étroites.

La Vie est son prophète.

La Terre est son église.

Les deux sont unis par l’Esprit.

Il ne comprendrait pas qu’un scientifique puisse exécuter son travail sans être frappé par la Foi. La Foi en la Vie. Non une Foi religieuse mais une Foi tournée vers l’Univers. Quel est donc le secret caché ? Et comment comprendre l’Architecte ? Qu’il soit  pur Esprit ou inconnaissable Energie ou les deux à la fois, quel que soit le nom qu’on lui donne, comment pourrait-on étudier tout cela sans succomber à l’Amour.

Il s’efforce sitôt achevée cette projection verticale d’en instaurer l’opposé.

Si l’Univers n’avait finalement aucun objectif, qu’il n’était qu’une succession anarchique d’informations ayant extraordinairement, et non « miraculeusement », aboutie à une organisation viable, si tout n’était qu’un formidable hasard, si toute l’évolution n’était   qu’un sursis à chaque instant maintenu, fragile équilibre, qu’une information malencontreusement insérée dans l’ensemble pourrait dérégler, alors nous ne serions également qu’un amalgame judicieusement assemblé à travers des millénaires de hasards, sous la menace permanente d’un grain de sable qui perturberait l’ensemble et entraînerait une évolution gigantesque ou peut-être notre disparition totale, ce qui à l’échelle de l’Univers, ne serait d’ailleurs qu’un infime changement. Ajouté à ce hasard dans lequel Dieu n’a aucune place, la Vie, si elle est considérée sous l’angle de la chair, n’est qu’une effroyable boucherie et cette abomination rejette avec encore plus de forces l’idée même d’un Créateur. Tuer pour vivre, telle est la règle. Tout, absolument tout, se transforme et évolue à partir d’autre chose. Tout est nourriture. Celui qui dévore sera un jour dévoré et chaque jour qui passe sur cette Terre voit se dérouler un épouvantable massacre dont il vaut mieux sans doute ne pas prendre conscience. L’incommensurable multitude de proies saisies à chaque seconde, ces chairs dépecées, ces ventres déchiquetés, ces herbes tendres broyées par des molaires d’herbivores et mâchées et remâchées dans l’ignorance du cri des herbes, ces êtres animés qui sitôt sortis du ventre maternel ou de l’œuf, pétrifiés par l’accession brutale à ce monde inconnu, vont périr déchirés par les dents acérées des prédateurs affamés qui veulent « naturellement » calmer les douleurs de leur ventre. La vie dans les océans est un condensé de ce monumental carnage. Les nuages d’œufs pondus, ces masses incroyables de vies larvaires, ces milliards d’alevins frétillants ne sont que les proies d’animaux plus grands et seuls quelques individus chanceux ou plus vifs survivront, permettant à chaque fois à l’espèce concernée de se sauver et de se reproduire, déclenchant aussitôt une nouvelle curée. Et tous les prédateurs qui se sont nourris de ces embryons et de ces diverses victimes n’ayant goûté à la vie qu’une poignée d’heures, seront à leur tour, alors qu’ils n’ont pas encore digéré leur festin, la proie d’autres animaux affamés, qui à peine rassasiés, serviront de pâture aux suivants, tout aussi voraces, impitoyables, indifférents. Tout se résume ainsi à un infiniment petit englouti par un infiniment moyen englouti par un infiniment énorme et tout cela massacré dans le même instant par l’homme, l’infiniment tueur. Car cet étripage constant mais naturel n’est sans doute qu’une fioriture si on le compare à ce que l’homme a commis, commet et commettra. Les millions de tonnes de poissons entassés et étouffés dans les filets dérivants et toutes les espèces « inutiles » rejetées aussitôt par-dessus bord sont avant tout des êtres frétillants de vie, et les monceaux de viande dépecés dans des abattoirs ruisselants de coulées sanglantes, ces agneaux, ces poulets, ces porcins hurlants sont des êtres vivants qui vomissent leur terreur.

Que dire des régiments d’enfants décimés dans les guerres, parfois en premières lignes, poussés par leurs pères, leurs viscères coulants dans leurs mains impuissantes, leurs jambes arrachées sur des mines anti-personnelles, leurs yeux crevés par des éclats d’obus, et les mères enceintes violées par des armées de monstres avant d’être éventrées et les bébés vivants cuits dans des marmites d’eaux bouillantes, les sexes coupés qu’on enfonce dans les bouches des prisonniers avant la dernière balle, les pendus qu’on lacère pour accompagner leurs derniers instants des rires ignobles des bourreaux qui se déchaînent, les blessés imbibés d’essence et autour desquels les tueurs dansent au rythme des flammes et des hurlements de ceux qui brûlent, il sait tout cela, il en a lu tout ce qu’il est possible de supporter. Le reste n’a jamais été écrit. Les lecteurs vomiraient sur les pages.

Si, sur cette Terre ensanglantée, chaque être vivant qui meurt poussait un cri puissant à l’instant où il succombe, qu’il soit animal, végétal ou humain, ce monde ne serait qu’un atroce hurlement indéfiniment prolongé et nous mutilerions certainement nos oreilles, préférant être sourds. Ce monde, sous l’angle de la chair, n’est que souffrance et notre naissance est le symbole même de ce piédestal sur lequel tout se bâtit car c’est notre mère qui souffre, parfois pendant des heures, pour nous donner vie.

Il s’arrête et sort le thermos de thé. Un gobelet. Les yeux fixés sur les mondes intérieurs.

Un hasard pourrait expliquer une évolution aussi monstrueuse mais un Dieu ? Se peut-il qu’un Etre créateur instaure volontairement une telle forme de Vie ? Et peut-on dès lors la qualifier de supérieure ? La supériorité par la mort. Voilà donc apparue la putain du Maître. Toujours prête à se donner, à s’ouvrir, indécente, à tout ce qui passe à sa portée. Faire mourir pour vivre, il n’y pas d’autre issue. Et la douleur, comme un soldat fidèle et attentif aux ordres de son Maître, insensible aux cris de pitié, viendrait ajouter à ce goût du massacre l’insupportable plongée dans les délires de l’âme humaine lorsque plus rien ne la maintient à flot et qu’elle s’abandonne à la répugnante délectation du sang. Et Dieu se cacherait là-dedans ? Difficile à admettre.

Le sac sur les épaules, reprendre les bâtons, relancer la mécanique des pas.

Il reste une dernière solution à laquelle la main mise inconsciente des religions lui avait interdit de penser. Se pourrait-il que Dieu soit un être fondamentalement mauvais qui s’amuse à nos dépends ? Se pourrait-il que cette nature que nous adorons ne soit qu’un terrain de jeu pour un Esprit pervers ? Que la beauté du décor ne soit destinée qu’à apaiser les douleurs que le Maître du jeu s’amuse à infliger à la troupe d’acteurs ? Se pourrait-il que la complexité de l’être humain, son évolution lente et obstinée ne soit pas un progrès mais une déchéance, l’éloignement sans fin du point d’équilibre ? Croyant courir après le bonheur, l’humanité, engagée dans une fausse direction, ne serait-elle pas finalement en train de le perdre de vue, de laisser disparaître dans les horizons lointains, dans une Histoire antédiluvienne, la Vie simple et belle, immuable, sans désirs de conquêtes, juste installée dans la contemplation du lever du soleil ? Dieu n’aurait-il pas choisi de laisser en paix les créatures les plus simples, de l’amibe au ver de terre en passant par la baleine bleue et de condamner l’espèce humaine à l’angoisse du néant, l’obligeant à s’épuiser dans une quête matérialiste totalement stupide mais qui l’amuse au plus haut point ?

Ne serions-nous pas ses victimes préférées ?

Il débouche au sommet de la pente de neige qu’il avait aperçue la fois précédente. Le col au pied de l’arête des Grands Moulins se dessine devant lui à une heure de marche.

Un thé chaud. En effectuant un tour d’horizon, il devine le col de Claran sous la montagne opposée. Il se retourne et inspecte la pointe du Rognier qui pourrait servir de prochain objectif. Entre les deux sommets, en contrebas, un vaste plateau à l’architecture complexe, coule en pente douce vers les forêts. Il prend la carte et étudie les différents sentiers. Au milieu du plateau, un petit point indique la présence d’un lac. Le lac vert.

La jeune fille. Comme il serait bon, au printemps, de monter avec elle vers les eaux claires.

Elle est là, en lui, et il aimerait tant qu’elle soit également à ses côtés.

Il range la gourde et s’empresse de reprendre sa progression.

Retrouver le fil des pensées.

La science et la théologie n’auraient jamais dû se dissocier. Même s’il semble qu’il existe un abîme entre la démarche scientifique, fondée sur des expériences rigoureusement prouvées, et la démarche théologique, construite sur une hypothèse injustifiable, elles contenaient peut-être, l’une et l’autre solidaires, respectueuses et attentives, les réponses essentielles. Séparées, elles n’ont aucune chance de parvenir, à travers les millénaires, qu’à l’accroissement de leur égarement respectif, qu’elles continueront fièrement, chacune, à nommer progrès. De multiples progrès, c’est certain. Pour la médecine notamment. Mais pour la compréhension de l’Esprit, il n’en sera rien.

Et l’ensemble de la masse, abandonnée par les chercheurs et les mystiques, qui auraient pu faire office de guides spirituels, continuera à errer dans les affres de cette angoisse existentielle, toujours fiévreusement étouffée, et avec une imagination fertile, sous les artifices de la modernité.

Une pénible nausée. Un tel gâchis.

L’échéance de sa réintégration dans le monde humain l’effraie de plus en plus. Comment réussira-t-il à préserver l’incandescence de ses pensées dans le marasme des jours quotidiens ? Jamais, auparavant, il n’était parvenu aussi loin. Il ne sait si toutes ces idées ont un sens réel mais elles correspondent à la réalité que, lui, il cherche.

Se disant cela, il comprend combien il est facile de basculer dans l’élaboration d’une religion. Il ne sait si ses théories ont une logique scientifique ou si la foi, uniquement, les guide mais il serait prêt à les considérer définitivement acceptables et même peut-être transmissibles. Concevant cela, il s’aperçoit de son orgueil et donc de son appartenance à l’humanité et à ses travers. L’idée lui déplaît fortement mais étrangement elle le convainc qu’il n’a aucune raison de devoir lutter contre les sentiments amoureux. Il s’agit sans doute du même ordre de choses, d’une autre faiblesse. Il n’est qu’un humain.

Et c’est bien peu.

Dieu ne lui est pas accessible. Le Hasard non plus. L’Architecte, quel qu’il soit, n’est pas identifiable. Ni même la Vérité. Pas pour l’espèce humaine, en tout cas.

Il se demande si les animaux n’éprouvent pas davantage la réalité de la Vie que nous. N’ont-ils pas su préserver le Contact ?

L’ultime Compréhension.

Mais alors pourquoi pas nous ? De quoi avons-nous été punis ? Et s’agit-il d’ailleurs d’une punition ou d’une mission à accomplir ? Dieu nous aurait-il envoyé une épreuve afin de juger de l’intérêt de cette espèce particulière ? Si c’est bien le cas, le Créateur doit être effroyablement déçu. Dès lors, cette désillusion consommée, se peut-il qu’il soit parti voir ailleurs, désespéré et n’ayant plus aucune attente ? 

Si Dieu est parti, nous errons dans le Temps à la merci de notre folie qui est sans borne ou du Hasard qui a repris la place laissée vacante.

Et si Dieu est toujours présent et que la mission qu’il nous a envoyée est bien réelle, la tâche à accomplir est d’autant plus immense que nous avons perdu l’objectif de vue, que dans la cacophonie de nos agitations frénétiques, nous n’entendons plus rien. Il n’est dès lors  pas certain que l’humanité soit engagée dans la bonne direction et le progrès qu’elle vénère n’est peut-être en réalité que l’approche de la fange. Si dès lors nous nous éloignons de l’objectif que Dieu nous avait assigné, combien de temps nous faudra-t-il pour nous en apercevoir, expliquer, convaincre la masse non pensante et enfin changer de cap ?

Peut-être s’agit-il d’ailleurs d’une lutte impossible, que le mal est déjà trop ancré dans chacune des cellules qui animent chacun des individus. Que nous tombons en refusant de le comprendre entraînés par la masse colossale de l’humanité. Nous nous sommes arrachés du corps de la nature et nous dégringolons emportés par notre orgueil et notre obstination à ne rien voir.

Les églises, quels que soient leurs noms, ne peuvent plus aider les hommes. Elles ont perdu l’essence même de la Vérité. Elles ne sont plus des temples où Dieu se présente mais des maisons closes où elles ont souillé Dieu, répandant sur la Beauté du mystère leur fiel prétentieux comme une semence assassine. Toutes les règles religieuses sont essentiellement destinées à créer un ciment, à établir une morale commune et donc à contenir les libertés individuelles, à les soumettre, à les anéantir. Les églises ne favorisent en rien la quête de Dieu. Elles l’ont limitée, lui donnant une direction unique, toujours imposée aux incroyants. On connaît les massacres, passés, présents et certainement futurs, perpétrés au nom de Dieu. Il déteste les églises. Dieu, s’il existe, ne peut pas être en dehors de sa Création. Il est dans le brin d’herbe et l’eau des ruisseaux, le vol agité du papillon et les yeux verts de la jeune fille de ses pensées. Que viennent faire les églises dans ce monde sinon le salir et retirer l’homme du temple divin de la Nature ?

Il marche, en lui, sur des pentes inconnues qu’il avait toujours côtoyées sans jamais les parcourir.

Il aimerait mêler à cette avancée étrange la jeune fille de la bibliothèque. Son bonheur alors serait entier.

Il est au pied de l’arête terminale des Grands Moulins. La ligne d’ascension n’est pas clairement visible. C’est un enchevêtrement de piliers ruiniformes et de couloirs enneigés, de blocs instables et de pentes lisses sur lesquelles la neige, pour l’instant, s’accroche. Deux ou trois heures, selon les détours nécessaires, lui semblent indispensables pour atteindre le sommet.

Ne pas monter seul. Une emboîture qui lâche et c’est la catastrophe. Personne ne sait où il est. Des heures de descente. Il sort du sac la paire de jumelles. Il inspecte minutieusement chaque zone et dessine une ligne possible dans les successions chaotiques d’arêtes brisées. La neige est un allié indéniable. Elle maintient les pierres instables et permet de remonter sans risque les zones terreuses qu’elle tapisse. Il ne doit pas attendre la fonte de printemps. La boue sous les pieds est un danger permanent. L’objectif devant lui est à la mesure de ses progrès et de ses élans. C’est là qu’il doit éprouver ses forces revenues, la maîtrise de ses pas.

Il fait demi-tour. C’est la guerre qu’il veut gagner et non seulement une bataille. Il n’est pas en situation de monter au front.

La jeune fille de la bibliothèque. Il a suffi qu’il redescende vers la vallée pour qu’elle s’invite dans ses pensées.

Il retrouve la voiture sans avoir cessé de penser à elle. Il saisit combien la lumière qu’elle diffuse dans son âme peut entraver ses recherches, que l’intensité de l’éclat peut l’aveugler et estomper tout le reste. Pour l’instant, il imagine la jeune fille face à lui mais dès lors ce n’est pas de l’amour, juste un éblouissement. Tant qu’il ne lui déclarera pas sa flamme, il ne verra rien d’autre que le feu de ses prunelles et ne parviendra pas à marcher à ses côtés. Pour avancer dans une direction commune, il faut fusionner et cesser de s’éclairer l’un l’autre. Il voudrait le lui dire, là, immédiatement. Il imagine la blancheur devant eux, l’extrême limpidité des horizons s’ils parvenaient, ensemble, à progresser vers le haut.

Il roule et ne peut arrêter le flot d’idées qui dévale.

Ces deux âmes confondues dans la même brillance, il les voit comme la communion parfaite, celle que l’être humain et la Terre ont autrefois connue. L’être humain et l’Univers, se corrige-t-il. L’amour entre individus, lorsqu’il est à l’échelle de la fusion des âmes, est une empreinte du paradis perdu. Tout le bonheur est là, toute la paix s’y cache. Rien n’est plus profond et plus révélateur que cet amour sublime. Le chant de l’oiseau parlait de cet amour. Et de communion avec le lever du jour. Le mode de conscience dualiste, aussi longtemps qu’il dominera le monde, maintiendra le gaspillage des ressources, l’emploi irraisonné des techniques, la destruction des environnements, l’intoxication des âmes. Chaque nouvelle loi, chaque direction économique, sera toujours prisonnière de ce champ de pensées étroit et néfaste, totalement opposé à l’idée que l’individu est une partie intégrante de la Nature, qu’il ne peut porter atteinte à un élément de la Vie, aussi infime soit-il, sans se détruire lui-même. Il sait que s’il portait atteinte à la jeune fille de la bibliothèque, il anéantirait l’amour, et lui-même, et sans doute un peu l’Univers.

La mort de Blandine a failli le condamner. Il se dit, et les mots lui font mal, qu’il a échappé à l’ensevelissement par manque d’amour. Lui et Blandine n’avaient pas fusionné.

Son Paradis n’était pas le sien.

Il est assis devant la cheminée. Il a rallumé le feu mais l’entretient à peine. Les températures sont douces. L’hiver éprouve de plus en plus de mal à retenir l’avancée du printemps. Il n’a pas vu les jours passer. Sa perception du temps est de plus en plus décalée. Les signes avant-coureurs des saisons le renseignent. Parfois une lettre administrative lui rappelle une date importante, une échéance à respecter, une visite médicale à effectuer. L’heure elle-même est indiquée. Une heure précise dans une vie d’homme. Tout cela lui semble si insignifiant. Nécessaire, sans doute, mais tout de même futile. Il n’est pas de ce monde là. Il le subit et tente juste de le supporter. Il imagine un départ pour une vie différente, dans un environnement sauvage. Une vie sur un voilier ou dans une île, au fond d’une vallée de l’Himalaya, dans la jungle Amazonienne, avec les Aborigènes ou les Inuits. Le choix n’est plus très vaste.

L’étau se resserre."

L'école mise à nue.

Par Le 17/09/2011

Manifeste contre le dépouillement de l’école

 

http://ecole.depouillee.free.fr/spip.php?article1

Nous, collectif contre le dépouillement de l’école, déclarons que les « réformes » appliquées à l’Éducation nationale n’ont de réforme que le nom, et qu’elles masquent en réalité, le plus insupportable, le plus dangereux des dépouillements. Aujourd’hui, selon une logique comptable et technocratique à courte vue, les fondements de l’école républicaine sont menacés, et l’idéal d’une éducation de qualité pour tous sapé à la base.

Nous proclamons aujourd’hui que « l’école est nue ».

Nue non seulement parce qu’elle est privée de moyens financiers, mais aussi et surtout parce qu’elle est amputée progressivement de son sens, expurgée de la visée humaniste qui, depuis les Grecs, lui donne son nom d’« école ».

L’école est dépouillée quand le gouvernement tarit les concours de recrutement de professeurs, quand il n’assure plus la relève des enseignants retraités, ni les remplacements de professeurs malades ou en congé, et qu’il fait appel à des « viviers de vacataires » non formés et corvéables à merci.

L’école est abandonnée, quand l’État se décharge de son financement sur les collectivités locales, supprime la carte scolaire et impose l’« autonomie des établissements », instaurant de telles inégalités entre académies, filières et élèves, qu’il bafoue ses principes républicains.

L’école est dégarnie, quand elle est vidée de sa présence humaine (surveillants, conseillers d’orientation-psychologues, médecins et infirmiers scolaires, assistants sociaux, assistants pédagogiques…), remplacés par des caméras de surveillance et autres portiques de sécurité.

Les professeurs sont démunis, placés devant des élèves sans formation pratique sérieuse quand ils débutent ; obligés, au détriment de la qualité de leurs cours, d’assumer des tâches de plus en plus nombreuses ; sommés, dans certaines filières « réformées », de se convertir à des disciplines qu’ils ne maîtrisent pas en l’espace de quelques semaines ; travaillant souvent sans manuel scolaire et sans savoir à quel examen ils préparent les élèves, car les nouveaux programmes sont appliqués dans la précipitation ; contraints de bricoler, de s’agiter, de faire semblant, de s’adapter à tout et surtout à n’importe quoi sous couvert d’innovation pédagogique.

Les professeurs sont destitués, désormais recrutés, selon leur conformité idéologique au modèle du « fonctionnaire responsable » davantage que pour leur maîtrise d’un savoir ; bientôt réduits à des employés lambda, privés de l’essentiel de leur liberté pédagogique, soumis à une concurrence absurde ; obligés pour mendier des moyens de vendre leurs « projets » comme une soupe, et de se battre contre d’autres professeurs pour conserver leurs heures de cours ou leur poste.

Les élèves sont spoliés, parqués à 35 ou 40 dans les classes, livrés à la loi des « flux », broyés dans la masse ; privés de centaines d’heures de cours dans les différentes disciplines, au profit d’activités-gadgets ; privés de dispositifs efficaces de soutien ; leurs familles rendues responsables de leur échec via des « contrats de réussite » ou des « stages d’été » inadaptés.

Les élèves sont appauvris parce qu’on leur refuse d’apprendre le latin et le grec, les langues dites « rares » (c’est-à-dire toutes hormis l’anglais), les arts et ce qui n’est pas « rentable » ; parce que les nouveaux programmes leur proposent de l’anglais sans Shakespeare, de l’histoire sans passé, du français sans grammaire, des mathématiques sans démonstration – toujours moins de culture, et plus de procédures.

Les élèves sont dépecés, eux que l’on doit calibrer avec des « items » selon les nouvelles « grilles de compétences », comme si l’intelligence humaine pouvait se découper en tranches ; eux à qui l’on doit inculquer un « socle commun de connaissances et de compétences » davantage fondé sur l’idéal de l’O.C.D.E que sur celui de Montaigne.

Aujourd’hui nous appelons tous les « dépouillés » de l’Éducation nationale à nous rejoindre. Professeurs, parents, élèves, citoyens, il est encore temps d’inverser le cours délétère des pseudo-« réformes » qui transforment l’école en garderie sociale et transfèrent ses missions vers le secteur privé, au profit des plus riches et des mieux informés. Il suffit d’une volonté politique, celle de démocratiser le savoir, jadis portée par un Condorcet, un Jules Ferry, ou le comité national de la Résistance (qui a produit la commission Langevin-Wallon). Nous en appelons aux responsables politiques français, pour qu’ils agissent résolument contre le dépouillement de l’Éducation nationale.

Signer le manifeste

?????

Par Le 15/09/2011

Tellement de questions sans réponses

 

http://www.reopen911.info/video/loose-change-2.html

 

Jusqu'à quand ?

Libre arbitre (1)

Par Le 15/09/2011

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LIBRE ARBITRE

 

Séparons les deux termes en :
libre
et
arbitre
et associons les deux au terrain de foot.

Est-ce que l'arbitre est libre de réguler le jeu ?
Non, bien entendu, il suit des règles qui lui ont été transmises et qu'il a adoptées.
Pourtant, il lui reste la capacité à interpréter les faits et par conséquent à changer le cours des choses : imaginons un pénalty pour une faute qu'il est le seul à avoir vue. Il a vu ce qu'il a interprété comme une faute, c'est à dire qu'en lui la faute existait déjà suite à une réflexion, un questionnement, une expérience antérieure. Cette situation lui a semblé correspondre à cette idée qu'il avait de la faute, même s'il est le seul à la percevoir ainsi. Il a donc appliqué "son" choix, un autre arbitre n'aurait peut-être pas sifflé.
On pourrait dire qu'il dispose donc de son libre arbitre sur l'instant, même si cet instant est nourri par des pensées antérieures... Mais il y a également la pression du match, une erreur précédente qu'il aurait dû siffler et qui aurait pu changer la physionomie du match, une altercation passée avec le joueur qui vient de commettre cette faute, etc etc...
L'arbitre porte en lui un fardeau événementiel qui l'empêche d'évoluer en toute liberté. Et en plus, il ne dispose pas du temps nécessaire à la réflexion. Il agit dans l'urgence, avec une pression énorme ( joueurs, entraîneurs, public ) ce qui réduit encore plus le champ de cette liberté.

 
Ne parlons pas d'un arbitre qui appliquerait à la lettre, sans aucun discernement, les règles apprises alors qu'il se doit justement de tenir compte de tous les paramètres afférents à la présence de 22 individus. Celui-là ne dispose d'aucune liberté sinon celle de se retrancher derrière l'obscurantisme des règles. Une règle ne tient pas compte de tous les paramètres de la réalité. Seul, l'humain, impliqué, en est capable. Ou se doit de l'être... Au risque d'être obscur.
 

On pourrait penser finalement qu'il n'y a pas de libre-arbitre mais uniquement un imbroglio gigantesque de situations et de conséquences générant d'autres situations, c'est à dire sur un plan symbolique, une sorte de ligne chaotique, un encéphalogramme agité, enregistrant des périodes de réflexions intenses et des abandons léthargiques, une absence totale de choix délibérés...

La seule liberté du prisonnier est d'avoir conscience de sa situation. C'est très facile dans une geôle. Beaucoup moins dans une situation de liberté illusoire. Il ne reste donc que cette conscience pour pouvoir se libérer. Non pas atteindre un libre arbitre absolu et constant, c'est impossible, mais atteindre et maintenir la conscience de cette impossibilité.
Et dès lors oeuvrer au mieux pour faire du libre arbitre un objectif prioritaire. 

 

NOIRCEUR DES CIMES : Commentaire (2)

Par Le 13/09/2011

 

Noirceur des cimes 4

Que du bonheur

 

Noirceur des cimes" de Thierry Ledru

L’histoire : Quatre personnages partent à l’ascension du mythique sommet, le K2, la compagne de l’un d’entre eux les attend au camp de base. Sandra, n’est pas là uniquement pour accompagner son compagnon. Elle poursuit une quête spirituelle, et désire finaliser l’écriture d’un essai philosophique. Très vite, elle s’apercevra que la solitude est propice aux questionnements existentiels.

            Dès le début, le lecteur mesure la difficulté de l’entreprise, même pour des alpinistes aguerris. La montagne est le lieu de tous les dangers.

            Thierry Ledru nous entraîne au fil des pages dans un voyage charnel et spirituel. La montagne est pour ainsi dire personnifiée en une figure étrange et sombre (Noirceur des cimes) qui chercherait à incorporer les alpinistes. Sandra, de son côté est face à une solitude qui lui fera douter d’elle, qui remettra en cause sa vie de couple, la relation même.  Se pose alors la question : l’amour est-il un leurre, purement intentionnel ou peut-il devenir inconditionnel ?

            Le lecteur est confronté aux questionnements, aux doutes des cinq personnages, Tanguy, Luc, Etienne et Axel. Au fil des accidents, des drames, les défenses de chacun vont tomber ; les interrogations, les incertitudes, les ambivalences vont assaillir les quatre hommes face aux épreuves. Les silences sont pesants.

            Le récit est un voyage au bout de soi, où la montagne n’est finalement qu’un prétexte, l’âme se confronte à l’égo, l’intime se révèle dans la souffrance. Il plonge dans les abymes des esprits tourmentés par la fatigue et la douleur. Chacun se dévoile à lui-même. Les problèmes techniques se multiplient, se mêlent aux souffrances physiques des quatre hommes. L’auteur relaye les sentiments paroxystiques des quatre alpinistes, ceux de Sandra. Le lecteur se sent comme aspiré, ses propres interrogations s’enchevêtrent dans celles de Luc, de Sandra.

            Les techniques d’escalades sont décrites avec une précision de professionnel, ce qui donne parfois un aspect un peu trop technique, vite dispersé par la force évocatrice de l’écriture.  L’auteur aime et connaît la montagne, ça se voit, ça se sent.

            Au final, le constat est simple : la solitude, le drame mènent à la véritable conscience, lorsque l’être est débarrassé de la claustration dans laquelle il s’est lui-même enfermé.    Le récit est porté par une écriture forte et affinée, dont on ressort le souffle coupé.

http://www.pascale-madeleine.com/pages/Noirceur_des_cimes_de_Thierry_Ledru-5741680.html

 

 

 

D'une tristesse infinie.

Par Le 09/09/2011

Quatre jours de classe, vingt-deux élèves de CM2.

Quatre jours à leur parler.

Je fais mon programme scolaire mais là n'est pas l'important, loin de là.

Des enfants déjà "fatigués" par l'école, des enfants qu'il faut déjà tenter de ranimer. Alors qu'ils n'ont que dix ans.  L'école n'est qu'un lieu de rencontres, un endroit où il est parfois possible de jouer, quelques instants de récréation entrecoupés de longues périodes d'apprentissages forcés.

Terriblement désespérant.

Apprendre n'est déjà plus qu'une corvée, nullement un espace de découvertes pour soi, l'opportunité d'éprouver ses capacités.

Il faut donc déjà que je les inonde de mille histoires. Essayer de capter leur imaginaire et leur attention, de faire briller leurs pupilles, une dépense d'énergie colossale, qu'on n'imagine pas, un défi constant.

Je ne mets nullement mes collègues en cause. Ils subissent la même pression que moi. C'est le système qu'il faut revoir, c'est l'intention qu'il faut redéfinir, le sens de tout ça.

Effrayant également de les entendre parler de l'existence.

La plupart des garçons veulent être joueur de foot professionnel, non pas pour la passion du jeu mais pour gagner des fortunes.

les filles veulent être princesse et se marier avec un prince anglais.

J'exagère à peine.

Toute discussion aboutit inévitablement à une notion d'argent.

Si je leur parle d'Alfred Wegener et de sa découverte de la théorie des plaques tectoniques, de cette passion incommensurable pour la connaissance, une curiosité scientifique comme un élan de vie, ils me demandent s'il est devenu riche...

Si je leur parle de Maud Fontenoy, ils me demandent si elle a gagné beauoup d'argent en traversant l'Atlantique à la rame.

J'exagère à peine.

Si je leur parle du film "Himalaya, l'enfance d'un chef", je les entends parler de "Cowboys et envahisseurs".

Si je leur passe la musique de John Surman, je les entends parler de Mickael Jackson ou de Ryhanna.

Si je leur parle de la Mongolie, je les entends parler de Monte Carlo.

Si je leur parle de la nature et des marches en montagne, je les entends parler de shopping.

Non, non, j'exagère à peine.

J'ai entendu en quatre jours un condensé effroyable de leur image de l'existence, la puissance des formatages, des conditonnements, des imbrications en eux de cette société obsédée par le culte de l'argent et l'angoisse de la pauvreté, les difficultés financières. J'imagine aisément la situation des familles, il n'y a rien de facile pour aucune d'entre elle certainement et ces enfants participent et entendent tout cela, ils en sont submergés, ils finissent par se construire des schémas de pensées extrêmement limités, des horizons terriblement étroits. 

L'école n'est d'ailleurs pour eux qu'un moyen d'avoir un métier et de "gagner sa vie". Je déteste cette expression. "Gagner sa vie. " On a déjà gagné puisque la vie est en nous et on n'a même pas eu l'obligation de participer à quoique ce soit, de se battre pour quoique ce soit. C'est elle qui a décidé d'être là. Et nous, il faudrait qu'on la "gagne" jusqu'à en perdre le goût.C'est absurde, totalement fou.

"Essaie de faire ton devoir et tu sauras ce que tu vaux. Mais qu'est-ce que ton devoir ? Ce qu'exige l'heure présente."

Goethe.

La citation du jour.

Leur apprendre à n'avoir aucune intention dans le travail. La récompense est déjà contenue dans le travail lui-même. La possibilité d'éprouver ses forces, sa détermination, son intelligence, son raisonnement, sa lucidité, sa curiosité, sa persévérance...Le résultat n'a que peu d'importance tant que tout cela a été éprouvé et qu'on en a une image claire et durable afin de pouvoir renforcer encore la puissance de ce don personnel la fois suivante.

Le travail n'est pas une image de ce qu'ils doivent faire mais de ce qu'ils peuvent apprendre à être.

Leur apprendre à être totalement impliqués dans leurs actes, à filtrer les pensées intrusives, à exploiter un potentiel encore inconnu. Sans jamais les laisser croire que ce potentiel leur ouvrira autre chose que le bonheur simple et inépuisable de la connaissance. Sans autre intention. 

Je sais que je vais devoir dépenser une immense énergie.

Liza Lo Bartolo Bardin

Par Le 03/09/2011

Troisième présentation des auteurs à connaître.

 

http://lizabardin.e-monsite.com/accueil.html

 

Là encore, une belle personne, une belle rencontre.

 

A découvrir et à partager.

Marie Fontaine

Par Le 03/09/2011

Deuxième présentation des auteurs à connaître !!

http://mariefontaine.centerblog.net/

 

Marie est éditée chez Léda Editions et son roman GEMINI récolte de beaux commentaires sur la Toile.

Marie a une motivation et une énergie sans faille et une plume toute aussi redoutable !

 

A découvrir et à partager.

Petite Suzy.

Par Le 03/09/2011

Avec plusieurs amis(es) de Facebook, nous avons décidé de créer un groupe de promotion de nos livres. Pas le choix. Puisque les canaux médiatiques "officiels" nous sont quasiment fermés, on se débrouille avec ce qu'on a...

 

Voilà la présentation de "Petite Suzy" et de sa vie. Autisme Asperger.

 

http://autisme.france.free.fr/asper.htm

 

http://la-vie-avec-asperger.skyrock.com/

 

http://www.thebookedition.com/livres-petite-fee-auteur-17088.html

 

Sur cette page FB, nous allons diffuser les liens permettant aux gens inscrits sur nos pages de découvrir les livres de chacun et chacune.

L'histoire de Petite Suzy est donc à découvrir.

Et à partager.

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