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Une jeunesse fragile

Par Le 20/12/2023

 

 

"Ils ne parviennent plus à courir, au bout d’une minute, ils sont essoufflés". Médecin-conseil, elle démissionne pour alerter sur la santé des jeunes

 

Publié le 16/12/2023 à 07h30 • Mis à jour le 16/12/2023 à 07h46

Écrit par Séverine Breton

Sophie Cha quitte la Délégation Régionale Académique Jeunesse Engagement et Sport de Bretagne pour tirer la sonnette d'alarme

Sophie Cha quitte la Délégation Régionale Académique Jeunesse Engagement et Sport de Bretagne pour tirer la sonnette d'alarme • © S. Breton/FTV

Rennes

Ille-et-Vilaine

Bretagne

Il y a quelques jours, Sophie Cha a adressé une lettre de démission à sa direction. Le 31 décembre, elle quitte ses fonctions de médecin-conseiller à la DRAJES, la délégation "jeunesse et sport" de Bretagne. Un geste fort pour alerter. Enfants et adolescents ne bougent plus suffisamment dit-elle. Si rien n’est fait, ils auront une espérance de vie inférieure à la nôtre.

Au pied de son bureau, quelques cartons posés indiquent l’imminence de son départ. Sophie Cha quitte son poste. La mort dans l’âme, " je ne vais pas continuer à venir tous les matins pour faire des rapports et des recommandations qui ne servent à rien ".  

Depuis 8 ans, elle occupait le poste de médecin-conseiller à la DRAJES, la Délégation Régionale Académique Jeunesse Engagement et Sport de Bretagne. C'est ce qu'on appelle plus communément la direction "jeunesse et sport", qui est rattachée au ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. 

Au fil des années, et dans une indifférence quasi-générale, elle a vu la situation se dégrader. " En 40 ans, les jeunes ont perdu 25% de condition physique. Le constat est terrible, car cela veut dire qu’ils vont mourir plus vite. "

" Les professeurs d’EPS nous disent que les jeunes ne parviennent plus à courir. Au bout d’une minute, ils sont essoufflés. Ils ne savent plus faire une roulade, ni marcher sur une poutre. C’est inquiétant ", explique la médecin.

LIRE : Pas assez de sport, trop d’écrans. Nos enfants se préparent des maladies de vieux… à 30 ans

Les professeurs d’EPS nous disent que les jeunes ne parviennent plus à courir, ne savent plus faire une roulade, ni marcher sur une poutre.

Sophie Cha,

médecin-conseiller à la DRAJES


Dans une tribune publiée cet automne dans la Revue du praticien, Sophie Cha rappelait les recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) sur le volume d’activité physique nécessaire à une bonne santé. " Les enfants et les adolescents de 5 à 17 ans devraient consacrer en moyenne 60 minutes par jour à une activité physique d’intensité modérée à soutenue tout au long de la semaine. Des activités d’endurance plus intenses, ainsi que celles qui renforcent le système musculaire et l’état osseux, devraient être pratiquées au moins 3 fois par semaine."

Enfants qui font du vélo

Enfants qui font du vélo • © BELPRESS/MAXPPP J.L. Flémal

" Pourtant, constate-t-elle, depuis plus de vingt ans, on assiste à un effondrement du niveau d’activité physique de la population.  À l’adolescence, 77% des garçons et 85% des filles sont en deçà des préconisations."    

Depuis les années 1970, tous les dix ans, les enfants perdent en moyenne 5 % de leurs capacités cardiorespiratoires.  

Les risques de l'inactivité

" Et la perte du goût de l’effort commence dès le plus jeune âge, remarque la médecin. Regardez dans la rue ou devant les écoles, indique-t-elle. Aujourd’hui, on voit dans des poussettes des enfants qui sont grands, en tout cas, qui sont en âge de marcher. Ils prennent l’habitude de se laisser promener et ne découvrent pas le plaisir de cheminer sur leurs deux jambes."

Les professeurs d’EPS signalent aussi que les enfants sont de plus en plus souvent dans le plâtre. " Comme on fabrique notre capital osseux en bougeant et notamment en multipliant les activités à impacts, course, sauts à la corde, moins on bouge, moins on a des os solides et cela n’augure rien de bon pour l’avenir", souligne Sophie Cha. " Notre capital osseux est à son maximum au début de l’âge adulte vers 20-22 ans et commence dès lors à décroître. Mais si on part avec un capital osseux bas, on ira plus vite vers l’ostéoporose, vers des problèmes de fractures."  

LIRE : 
Santé publique : "La sédentarité des jeunes, c'est le même problème que le tabac il y a 60 ans"

Ma fille a commencé à fumer, elle est essoufflée quand elle fait du sport, je vous remercie de ne plus la faire courir !

Mot de dispense de sport écrit par une mère d'élève

Sophie Cha tire la sonnette d’alarme depuis longtemps. Dans une autre tribune, publiée cette fois dans Café pédagogique, Sophie Cha appelait à dire "Stop aux dispenses d’EPS."

Dans les faits, ces dispenses d’EPS n’existent officiellement plus depuis 1988 ! Elles ont été supprimées par un décret 88-977. " L’Éducation physique et sportive est comme les autres une matière obligatoire et vitale" insiste la praticienne. En cas de difficultés d’un élève pour telle ou telle activité, un certificat médical devra comporter des indications utiles à l’adaptation de la pratique, précise le texte. " Mais on ne dispense pas de maths un élève dyscalculique s’agace Sophie Cha, au contraire, on cherche à l’aider, à le faire progresser. Ce doit être pareil pour le sport"

Image d'illustration

Image d'illustration • © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/MAXPPP N. Creach

"On sait que l’adolescence est un moment difficile où les jeunes ne se sentent pas très bien dans leurs corps, reconnaît Sophie Cha, mais justement, le sport pourrait les aider. Au lieu de cela, observe-t-elle, les médecins cèdent à la pression et signent des dispenses, les parents font des mots d’excuse."

Sophie Cha travaille sur la question avec un sociologue. " On a un florilège, témoigne-t-elle. L’autre jour, il y a une maman qui a écrit : 'Ma fille a commencé à fumer, elle est essoufflée quand elle fait du sport, je vous remercie de ne plus la faire courir !' Et ça ne heurte personne !"

Des effets sur la santé mentale des jeunes

Sur l’écran de son ordinateur portable, la médecin fait défiler les enquêtes épidémiologiques et les rapports qui s’inquiètent de l’état des enfants et des adolescents. "C’est comme le réchauffement climatique, on sait ce qui va se passer, tous les arguments scientifiques sont là, écrits noir sur blanc sous nos yeux. "

"On a des jeunes qui à 11 ans font des tentatives de suicide. C’est quelque chose que l’on ne voyait pas avant", s’alarme Sophie Cha.

Le Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge a publié une étude en mars 2023, "Comment venir en aide à nos enfants ?" " Les chiffres sont à peine croyables, s’inquiète-t-elle. On met les enfants sous anxiolytiques dès 9 ans. Entre 2014 et 2021, les prescriptions d’antidépresseurs ont augmenté de 62%, celles de psychostimulants de 78% et celles d’hypnotiques et de sédatifs de 155%."

La faute aux écrans ?

La médecin ne cherche à incriminer personne, mais elle constate." Quand on interroge les adolescents sur leurs occupations, on en voit qui nous disent qu’ils passent parfois 12 à 13h par jour devant les écrans le week-end et 7 à 8h par jour dans la semaine. "

Les dangers des écrans sur les enfants

Les dangers des écrans sur les enfants • © Pierre ROBERT / Maxppp/MAXPPP

" Souvent les parents baissent les bras et démissionnent. Ils n’ont pas envie de batailler sur les téléphones portables, les jeux vidéo et les heures devant les séries. Alors, ils laissent faire."

" Biologiquement, explique Sophie Cha, notre cerveau est programmé pour être attiré par ce qui bouge. À certains moments, c’est notre survie qui en dépend." Quand une bête féroce ou un ennemi arrive en trombe ou quand une voiture débouche à toute allure, nous sommes programmés pour le voir rapidement. Mais aujourd’hui, notre cerveau est bombardé d’images qui bougent à toute vitesse, dans tous les sens et il est captivé.  

Nous passons 60% de notre temps libre devant un écran, quand nous consacrons 4% de ce temps à la pratique sportive.  

LIRE : Téléphones portables : "Le poison, c'est la dose", un médecin appelle à poser les écrans une heure par jour

La faute à l’époque ?  

Tout semble s’additionner pour laisser aux petits une chance de ne pas sauter dans leurs baskets regrette la médecin. L’épidémie de Covid qui a cloué tout le monde à la maison, l’aménagement des villes qui fait craindre le pire.  " Qui peut laisser aujourd’hui des petits jouer dans la rue ou dans les squares ? interroge Sophie Cha. On a peur qu’ils se fassent mal, qu’ils soient écrasés par les voitures ou kidnappés. On fait des enfants bulle. "

Mais en surprotégeant nos chères têtes blondes, on risque de leur faire courir de plus graves dangers. Dans les cours d’école, par exemple, aujourd’hui, on a peur que l’enfant se blesse s’il joue à chat ou à n’importe quoi. " Tout est paralysé, cingle Sophie Cha, mais en empêchant un enfant de bouger aujourd’hui, on met sa santé présente et future en danger et c’est beaucoup plus nocif pour lui."  

Les maladies chroniques sont devenues première cause de mortalité dans le monde. "Les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, les cancers et les maladies respiratoires sont les fléaux modernes. Leur apparition est consécutive, pour 25 % des cas en moyenne, au manque d’activité physique et à la sédentarité, écrit Sophie Cha dans la tribune, et elle tend à se produire de plus en plus tôt dans la vie. Même si le niveau d’activité physique des jeunes se maintenait au niveau actuel, il faudrait s’attendre à l’émergence de 6 millions de nouveaux cas de maladies chroniques en France d’ici à 2030. "

Tous les ans, le nombre d’adolescents qui entrent dans des diabètes de type 2, (normalement diabète de l’adulte) augmente de 2%, ajoute-la médecin. " Le fait que tout cela soit documenté par des milliers d’articles scientifiques, c’est encore plus rageant."  

Car Sophie Cha s’inquiète pour les années à venir. "Notre système de soins est à bout de souffle, confie-t-elle, nous n’avons plus suffisamment de médecins et nous manquons de médicaments. Comment ferons-nous pour soigner les gens s’ils sont beaucoup plus malades ? Nous aurons des populations qui vont développer des diabètes, de l’hypertension et on ne pourra pas les soigner. "

Bougez, bougez, bougez !

" La première chose à faire, c’est de dire aux jeunes de bouger, répète donc Sophie Cha. Il faut qu’ils sortent de leurs chambres, qu’ils sortent de chez eux, qu’ils rencontrent des gens, voient la lumière du jour. "
Car c’est aussi en courant que l’on devient coureur. "Souvent, quand on fait une activité sportive, on est fier de l’avoir fait, on gagne en estime de soin, en confiance. On reprend possession de son corps et on secrète des endorphines et de la dopamine qui sont des hormones du bonheur " décrit la médecin.    

Dans quelques jours, au mois de janvier, l’activité physique doit devenir "Grande cause nationale". Ce sera sans Sophie Cha. " De toute façon, on dit blanc et on fait noir ! "

Elle espère que sa démission invitera parents, médecins et autorités à réfléchir. "Il faut faire bouger les jeunes et le faire vite parce que d’années en années, la situation s’aggrave." 

Le savoir est salvateur

Par Le 17/12/2023

 

Sur ces photogtaphies, on voit des personnes qui observent l'arrivée du tsunami sans avoir aucune idée qu'il leur reste quelques instants à vivre.

D'autres ne sont pas restés sans réagir. 

Pourquoi ? 

Tilly Smith avait 10 ans lorsqu’elle était en vacances avec sa famille en Thaïlande en décembre 2004. Elle était en train de jouer avec sa petite sœur, lorsqu’elle s’est rendue compte que la mer se comportait d’une façon étrange, l’eau a en effet régressé d’une manière spectaculaire à cause du séisme qui s’est produit dans l’océan Indien avec une magnitude de 9,3.

Une fille de 10 ans a sauvé plus de 100 personnes lors du tsunami de 2004 !

La fille s’est tout de suite souvenue de ce qu’elle avait appris en classe de géographie en Angleterre seulement deux semaines plus tôt. Elle a expliqué à ses parents qu’un tsunami est sur le point de se produire, ces derniers sont vite allés avertir le personnel de l’hôtel ce qui a permis l’évacuation à temps de plus de 100 personnes.

Quelques minutes plus tard, l’hôtel où résident la fille et sa famille a été frappé par le tsunami le plus violent et le plus meurtrier de l’histoire tuant plus de 220 000 personnes.

 

J'avais vu un reportage sur cette histoire et la jeune enfant racontait que ses parents ne la croyaient pas et qu'elle avait eu du mal à les convaincre. C'est lorsqu'elle a parlé de son professeur de géographie que le père a décidé de remonter vers l'hôtel.

Quelle conclusion ?

Le savoir est salvateur.

L'ignorance est mortelle. 

Quel rapport avec le monde actuel ?

Le GIEC et des centaines de scientifiques à travers le monde dispensent des savoirs qui sont indispensables et ils ne sont pas réellement entendus.

Faudra-t-il donc que ce soit les enfants qui montrent la voie ? 

Un calme vertigineux

Par Le 16/12/2023

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Le calme ou l'indifférence ou le déni. Plusieurs options en fait. C'est le groupe des négationnistes. Le négationnisme écologique, cette fois. 

Et puis, il y a ceux et celles qui ont ouvert les yeux depuis un moment et qui ont une idée de plus en plus précise de ce futur qui arrive à grands pas. C'est le groupe des citoyens prévoyants ou des survivalistes.

Ceux qui ont opté pour le calme, l'indifférence ou le déni, c'est à dire les négationnistes les appellent, les "catastrophistes" ou les "écolo-bobos," ou "les Khmers verts".

Il est certain en tout cas que le groupe des négationnistes est appelé à s'affaiblir au fil des années et des événements. Peut-être opteront-ils alors pour le groupe des "J'en foutiste" qui est très peuplé également, c'est à dire ces individus qui ne s'intéressent à rien, ni d'un côté, ni de l'autre. Ils ne critiquent pas les survivalistes et ils n'écoutent pas les critiques des négationnistes. Ils s'en foutent de tout, ils ont décidé de profiter au mieux sans se soucier d'autre chose que de leur personne. On les appelle aussi les "Après moi le déluge".

Pourquoi les négationnsites ne basculeraient-ils pas dans le camp des suvivalistes lorsque la conscience du désastre leur sautera aux yeux ? Parce qu'il leur faudrait faire preuve d'humilité et que ça n'est pas une donnée à laquelle ils sont habitués. L'acceptation de leurs erreurs leur serait insupportable. Choisir le groupe des "J'en foutiste" est beaucoup plus acceptable. 

Pourquoi le groupe des négationnsites serait malgré tout amener à s'affaiblir ? Parce que leurs enfants seront moins cons.

C'est le dernier espoir.

Les enfants d'aujourd'hui.

La question est de savoir s'ils auront le temps nécessaire pour sauver ce qui reste. 

Non, cette dernière phrase n'est pas exagérée.

Il faudra dans un prochain article que je tente de compiler les dégâts connus, répertoriés, ceux en cours et ceux à venir. Mais pour l'instant, je n'en ai pas le courage. 

LE DÉSERT DES BARBARES : la création

Par Le 13/12/2023


 

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LE DESERT DES BARBARES


"

Que reste-t-il du monde humain ? Cette question qui tournait en boucle dans la tête de Laure, depuis le premier jour, et qui disparaissait, peu à peu. Comment la nature vit-elle cette période ? L'autre interrogation, prioritaire désormais. Cette nature outragée depuis si longtemps par une masse inconsciente, indifférente, prétentieuse, cupide, avide, juste bonne à dilapider les biens de tous, juste bonne à dévaster la création, que ressentait-elle cette Terre libérée ? Les phénomènes naturels, même s'ils témoignaient d'un dérèglement probable, restaient malgré tout des phénomènes naturels. La nature ne se détruisait pas elle-même. Elle vivait ainsi depuis la création. L'homme avait exploité la planète mais il était toujours resté le même. Au regard de la nature, il n'y avait eu aucune évolution spirituelle d'ampleur. Quelques individus œuvraient à une existence juste et respectueuse du vivant. Trop peu, beaucoup trop peu. La masse avait grandi inexorablement et la quête des biens avaient servi de fil conducteur. Comme si l'être dépendait essentiellement de l'avoir. Oui, le confort vital offrait la sérénité nécessaire à l'émergence du bien-être, elle ne pouvait le nier mais la limite avait été dépassée, l'équilibre rompu et cette course avait pris l'allure d'une perdition.

Et maintenant, le ciel était vide et aucun bruit ne remontait de la vallée.

Existait-il au cœur de la nature une réjouissance ?

Le bonheur de courir, avec Théo. Elle en aimait chaque instant, chaque foulée, chaque souffle, chaque appui sur les pierres, ce jeu précis de l'équilibre et de la puissance. La détresse n'apportait aucune solution, elle nourrissait l'effondrement quand le bonheur de vivre soutenait la résilience. Ce lever de soleil dévoilait l'étendue d'un désastre consommé et il révélait simultanément une abondance de merveilles. L'état des lieux ne pouvait se limiter à l'impact des catastrophes sur les humains. Cette auscultation ciblée reproduisait le fonctionnement spirituel mensonger de la masse. Il ne s'agissait pas de la fin du monde, cette expression mensongère, cet accaparement révélateur du positionnement de l'humain. Comme si le monde avait besoin de l'humanité. Il n'y aurait plus aucun humain que le monde serait toujours là. Bien sûr qu'il était juste d'honorer la mémoire des morts mais il était plus important encore de bénir la création au risque de n'être qu'un humain limité à sa courte existence, à son petit moi agité, à son ego formaté, à une appartenance limitée.

« Attention à la branche », prévint Théo.

Elle se baissa pour passer sous l'obstacle et réalisa à quel point ses pensées ouvraient de perspectives. L'effondrement ne concernait qu'une frange de la création, une part infime du vivant. D'où venait cette injonction à hurler de douleur ou à verser des océans de larmes parce que des millions d'humains périssaient ? Un instinct grégaire, une reconnaissance cellulaire ? Non, non, non. Cet amour inconditionnel envers ses semblables, elle n'en avait jamais éprouvé la réalité profonde. Des données familiales, sociétales, éducatives. « Tu aimeras ton prochain... » Et la Terre alors, la création, la nature, l'intégralité du monde vivant ? Combien pleurait le mal qu'elle subissait depuis des siècles ? La Terre ne comptait-elle pas parmi nos proches ? Pour les peuples premiers, elle était notre Mère à tous. Cet attachement à la douleur humaine nourrissait depuis des siècles l'indifférence envers la planète.

« Tu m'as parlé ? interrogea Théo.

- Non, non, je parle toute seule, répondit Laure en réalisant que les pensées étaient si puissantes qu'elles s'extirpaient elles-mêmes de son crâne. Vas-y, cours, je te suis ! 

- On va bifurquer dans cinq minutes, faut qu'on descende, ça ne passe pas tout droit, on franchit la cheminée du paradis et on monte au sommet de la dent de Crolles. »

Elle ne répondit rien. L'esprit envahi par un déluge de pensées. Un déluge délicieux, comme des pluies nourricières, des moussons salvatrices, une eau qui nettoie, qui épure, qui ravine et emporte les choses mortes, des vents qui dispersent les pollens, des lumières qui attisent les croissances, des chaleurs qui exaltent, des fraîcheurs qui apaisent.

Elle continua à épouser les foulées de Théo, parfaitement calée sur son rythme, le corps libre, sans qu'aucun objectif rapporté ne vienne entraver cette liberté intérieure.

Ils quittèrent les crêtes et basculèrent dans la pente, dans l'ombre de la face est. Ils franchirent un ressaut rocheux et reprirent les foulées, ils atteignirent le pied de la dent de Crolles et entamèrent la montée finale.

Le soleil avait réchauffé l'atmosphère quand ils aperçurent la croix du sommet, le plateau sommital en pente douce, des nuées évanescentes dérivaient en altitude, une brise légère jouait à animer les dentelles, les sommets de Belledonne flamboyaient, les neiges automnales comme des parures scintillantes.

Dans les derniers mètres avant d'atteindre le bord de la falaise et de découvrir la vallée entière, Théo s'arrêta. Laure dans ses pas.
« Sur cet itinéraire, avant que le monde ne parte en vrille, je rencontrais toujours des randonneurs. Pas des dizaines mais quelques-uns. Aujourd'hui, j'ai l'impression de vivre dans un monde parallèle, une autre dimension, le monde d'en bas et le monde d'en haut.
- Oui, Théo, mais ce ressenti est influencé par notre statut d'être humain.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Les phénomènes naturels nous impressionnent par rapport aux dégâts qu'ils provoquent sur l'humanité mais est-ce que nous réagissions réellement lorsque la beauté de la création ne nous portait pas préjudice, lorsque la quiétude nous entourait ? On se pâmait devant un beau paysage, un beau coucher de soleil, un champ de fleurs mais sans en être bouleversés, sans que ces spectacles ne déclenchent un bouleversement radical, une rupture dans le simple ébahissement épisodique. On a vécu comme des enfants gâtés, incapables de réellement prendre conscience … je ne sais pas comment l'exprimer ... On vivait à côté de la nature et maintenant qu'elle nous secoue, on ne voit d'elle que sa puissance destructrice. Parce que c'est notre monde parallèle qu'elle bouleverse … Désolé. Je ne sais pas comment l'expliquer.
- Si, je comprends, Laure. Nous n'avons pas témoigné de notre reconnaissance, pas à la hauteur du cadeau inestimable de la création et maintenant, nous ne voyons que les bouleversements qu'elle nous impose.
- Il m'est arrivé de me demander quelle était la probabilité que la vie se développe sur la Terre. Je ne sais pas si un scientifique a déjà répondu à cette question mais j'imagine que c'est absolument bluffant, déconcertant, au-delà du concevable. Et il en est de même avec moi. Pourquoi moi et pas une autre combinaison entre l'ovule et le spermatozoïde ? Je suis une miraculée et nous le sommes tous. Sur une planète qui est elle-même une énigme scientifique et pour l'instant la seule connue. Et il faudrait pourtant que je sois atterrée, dévastée, désespérée, par les événements dramatiques auxquels nous assistons ? Non, je m'y refuse, non par obstination ou par déni mais parce que la vie est infiniment plus puissante que tous les désastres.
- C'est le monde humain qui est parti en vrille, Laure, pas la nature. Ou alors, il faudrait accepter l'idée que la nature accompagne le mouvement, qu'elle nous imite, peut-être même qu'elle pense nous aider, qu'elle participe délibérément au nettoyage.
- Oui, Théo, on l'a déjà évoqué et l'enchaînement des phénomènes plaide pour cette hypothèse.
- Alors, si c'est bien le cas, nous devons changer de regard. Nous devons changer, intérieurement. Le problème, ça n'est pas la nature, c'est nous. »
Il lui tendit la main, la paume vers le ciel.
"L'homme est capable du meilleur comme du pire, mais c'est vraiment dans le pire qu'il est le meilleur. C'est Grégoire Lacroix qui a écrit ça, il y a longtemps. Il nous reste donc à inverser la tendance. »
Elle serra la main de Théo et ils avancèrent jusqu'au bord de la falaise."

"Touche pas à mon école". 

Par Le 13/12/2023

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Donc, parce que ces œuvres déplaisent aux intégristes, elles devraient disparaître aux yeux de tous, n'être jamais présentées, jamais étudiées, jamais contemplées, tous les élèves de France devraient en être privés parce que cela choque ces intégristes ?

Il faudrait donc que les enseignants acceptent le risque d'être égorgées, décapités, brûlés vifs ? Que leurs familles soient menacées ?

Les panneaux publicitaires dans les villes présentent en ce moment des femmes en lingerie dans tous les abris bus et sur les trottoirs des rues commerçantes, des starlettes de pacotille gagnent des fortunes en tenue très légère, les journaux-poubelles du type "Voici", "Gala" et toute la bande multiplient les photos de starlettes à moitié dénudées etc etc...Personnellement, je m'en fiche, tout ce commerce ne m'intéresse évidemment pas mais d'un autre côté les œuvres d'art de notre culture devraient disparaître ? Mais on va où là ?

Il y a un moment où il va falloir se poser une question très importante : l'intégration signifie-t-elle la désintégration de notre patrimoine culturel ? Jusqu'où doit-on supporter cet intégrisme ? Peut-être, en fait, qu'il n'y a que les enseignants qui en souffrent et il est clair que même à la retraite, je me sens concerné. "Touche pas à mon école". 

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Cahiers de doléances version 2023

Par Le 12/12/2023

 

En 2010, j'ai écrit sur mon blog que dans les années 2020, il n'y aurait plus assez de profs, école élémentaire, collège et lycée. C'est arrivé encore plus vite que ça puisque les absences de profs ont commencé à devenir vraiment nombreuses dès 2015 et que ça s'aggrave année après année. A tous les étages. Donc, maintenant, il faut que les élèves écrivent à Mme la Reine pour être entendus. Non, mais on va où là ?..

 

« Eksusé nou pour lai fote » : la lettre coup de gueule de collégiens de Valençay privés de prof de français

 

Publié le 08/12/2023 à 16:42 | Mis à jour le 11/12/2023 à 10:45

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Le texte de la lettre des élèves du collège Alain-Fournier.

Le texte de la lettre des élèves du collège Alain-Fournier.
© (Copie du courrier des élèves du collège Alain-Fournier)

Trois classes de 6e et une classe de 3e du collège Alain-Fournier de Valençay, dans l’Indre, n’ont plus de professeur de français depuis le 17 octobre 2023. Les élèves ont alerté les instances et Brigitte Macron par une lettre… truffée de fautes !

Voilà une lettre qui interpelle. Depuis le 17 octobre 2023, trois classes de 6e et une classe de 3e du collège Alain-Fournier de Valençay n’ont plus de professeur de français. Leur enseignante attitrée, gravement malade, a en effet dû être arrêtée.

Pour alerter sur leur situation, quatre élèves de 6e – Morgane, Maëly, Cléa et Eugénie – ont eu l’idée de rédiger un courrier (volontairement) truffé de fautes qu’ils ont fait signer par tous les camarades, pour ensuite l’envoyer « à toutes les instances » et même à Brigitte Macron, ancienne professeure de… français !

Dans leur courrier (volontairement) truffé de fautes, les collégiens de Valençay, privés de professeur de français depuis le 17 octobre 2023, entendaient interpeller les instances de l’Éducation nationale et Brigitte Macron, elle-même ex-professeure de français.

Dans leur courrier (volontairement) truffé de fautes, les collégiens de Valençay, privés de professeur de français depuis le 17 octobre 2023, entendaient interpeller les instances de l’Éducation nationale et Brigitte Macron, elle-même ex-professeure de français.
© (Copie du courrier des élèves du collège Alain-Fournier)

L’initiative a semble-t-il fonctionné, puisque le service presse de l’académie d’Orléans-Tours fait savoir que deux professeurs de français à mi-temps ont été trouvés pour pallier ce manque de manière pérenne. « Ils sont dans l’établissement ce vendredi après-midi (8 décembre) pour faire le point et prendre leur poste dès mardi prochain (12 décembre) », précise l’académie.

Christiane Singer : sur la réalité de l'être

Par Le 06/12/2023

 

Un texte magnifique.

  · 

« Quand je demande à ceux que je rencontre de me parler d'eux- mêmes, je suis souvent attristée par la pauvreté de ma moisson.

On me répond: je suis médecin, je suis comptable...

j'ajoute doucement: vous me comprenez mal.

Je ne veux pas savoir quel rôle vous est confié cette saison au théâtre, mais qui vous êtes, ce qui vous habite, vous réjouit, vous saisit ?

Beaucoup persistent à ne pas me comprendre, habitués qu'ils sont à ne pas attribuer d'importance à la vie qui bouge doucement en eux.

On me dit: je suis médecin ou comptable mais rarement:

ce matin, quand j'allais pour écarter le rideau, je n'ai plus reconnu ma main...

ou encore: je suis redescendu tout à l'heure reprendre dans la poubelle les vieilles pantoufles que j'y avais jetées la veille; je crois que je les aime encore...ou je ne sais quoi de saugrenu, d'insensé, de vrai, de chaud comme un pain chaud que les enfants rapportent en courant du boulanger.

Qui sait encore que la vie est une petite musique presque imperceptible qui va casser, se lasser, cesser si on ne se penche pas vers elle ?

Les choses que nos contemporains semblent juger importantes déterminent l'exact périmètre de l'insignifiance: les actualités, les prix, les cours de la Bourse, les modes, le bruit de la fureur, les vanités individuelles.

Je ne veux savoir des êtres que je rencontre ni l'âge, ni le métier, ni la situation familiale; j'ose prétendre que tout cela m'est clair à la seule manière dont ils ont ôté leur manteau.

Ce que je veux savoir, c'est de quelle façon ils ont survécu au désespoir d'être séparé de l'Un par leur naissance, de quelle façon ils comblent le vide entre les grands rendez- vous de l'enfance, de la vieillesse et de la mort, et comment ils supportent de n'être pas tout sur cette terre.

Je ne veux pas les entendre parler de cette part convenue de la réalité, toujours la même, le petit monde interlope et maffieux: ce qu'une époque fait miroiter du ciel dans la flaque graisseuse de ses conventions !

Je veux savoir ce qu'ils perçoivent de l'immensité qui bruit autour d'eux.

Et j'ai souvent peur du refus féroce qui règne aujourd'hui, à sortir du périmètre assigné, à honorer l'immensité du monde créé..

Mais ce dont j'ai plus peur encore, c'est de ne pas assez aimer, de ne pas assez contaminer de ma passion de vivre ceux que je rencontre.»

Christiane Singer, "Les sept nuits de la Reine"

Thoreau : être juste

Par Le 02/12/2023

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C'est un texte qui m'a longtemps interpellé et qui continue à le faire car se pose le problème de ce que je considère comme juste, par delà le droit.

Il n'est qu'à voir le conflit actuel entre le hammas et le gvt israélien. Chaque camp est persuadé d'agir de façon juste.

Il manque donc un élément crucial dans le texte de Thoreau.

Ce qui est juste pour moi ne doit pas porter atteinte à autrui.

Mais alors aussitôt se pose la question de la résistance quand elle est nécessaire et justifiée. Devons nous par exemple laisser faire les gouvernants et les financiers dévaster la planète où devons nous entrer en résistance quitte à enfreindre les lois?

Les résistants du maquis du Vercors dont j'ai lu dernièrement un ouvrage historique ne se posaient plus la question. Résister et mourir peut-être. Beaucoup sont morts.

Ceux et celles qui lisent ce blog depuis un certain temps savent que j'ai été considéré comme "rebelle" lorsque j'ai refusé d'obéir à la réforme du ministre Peillon. Et lorsque j'ai envoyé un dossier de 400 pages au ministre de l'époque, Mme Belkacem, sans respecter la voie hiérarchique, j'ai été convoqué devant l'inspecteur d'académie et sommé de suivre une thérapie chez une psychiatre, mis à demi-salaire, perdu mon poste dont j'étais titulaire, mon blog a été "surveillé" par les RG pendant plusieurs mois et en trois ans de "désobéissance civique", j'ai été convoqué huit fois en hôpital psychiatrique. Parce que ce que je pensais comme juste allait à l'encontre de "l'ordre". Au final, cette réforme a été annulée par le ministre Blanquer et j'ai donc fait mes deux dernières années de classe pour partir le premier jour où ma retraite m'était accordée. Je suis parti dans un sale état, psychologique et physique, mais si je n'avais pas été jusqu'au bout de mes convictions, ça aurait été bien pire...

 

 

https://reporterre.net/En-rebellion-pour-la-biodiversite-des-scientifiques-finissent-au-tribunal

Reportage — Luttes

En « rébellion » pour la biodiversité, des scientifiques finissent au tribunal

 

En «<small class="fine d-inline"> </small>rébellion<small class="fine d-inline"> </small>» pour la biodiversité, des scientifiques finissent au tribunal

Huit scientifiques et activistes ont été jugés le 30 novembre à Paris pour avoir occupé le Muséum national d’histoire naturelle en 2022. L’affaire a été mise en délibéré et le jugement sera rendu le 15 janvier.

Porte de Clichy, XVIIe arrondissement (Paris), reportage

C’était un hasard du calendrier. Le jeudi 30 novembre, jour de l’ouverture de la COP28 sur le climat à Dubaï, huit scientifiques et activistes étaient jugés au tribunal judiciaire de Paris. Leur tort : avoir alerté sur la crise écologique lors d’une conférence organisée sans autorisation en occupant le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) en avril 2022. L’issue de ce procès sera connue le 15 janvier, l’affaire ayant été mise en délibéré, tandis que le procureur a requis la relaxe.

« La coïncidence entre ces deux événements met en lumière le caractère révoltant de la situation actuelle, estime Kévin Jean, membre du collectif Scientifiques en rébellion. Alors que la COP est présidée par le dirigeant de l’une des principales compagnies pétrolières au monde et que l’État français a été condamné pour inaction climatique, ce sont les lanceurs et lanceuses d’alerte qui sont poursuivis. »

« Il n’y a pas eu d’effraction », observe la présidente

Les scientifiques étaient convoqués à 9 heures. Ils sont arrivés peu avant sur le parvis, accompagnés d’une vingtaine de soutiens. Le MNHN, qui avait déposé plainte, était lui absent : l’établissement de recherche et de diffusion de la culture scientifique naturaliste ne s’est pas constitué partie civile. D’après nos informations, l’affaire avait provoqué un malaise en son sein, plusieurs personnes travaillant sous sa tutelle ayant participé à l’action ou la soutenant.

Une trentaine de personnes avaient participé à l’action du 9 avril 2022. © Nnoman Cadoret / Reporterre

Les faits poursuivis, exposés par la présidente, se sont déroulés le soir du 9 avril 2022. En pleine campagne pour l’élection présidentielle, une trentaine de scientifiques et d’activistes membres d’Extinction rébellion étaient entrés dans la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée du MNHN. « Il n’y a pas eu d’effraction, vous avez payé l’entrée, observe posément la magistrate. Vous êtes ensuite restés après la fermeture, a priori dans le calme, puisque nous n’avons pas établi de lien entre votre présence et d’éventuelles dégradations. »

Dix-huit activistes ont reçu une amende de 300 euros

Dans le musée, les occupants se sont installés au pied d’un squelette de mammouth, allégorie des risques existentiels qui pèsent sur l’espèce humaine et sur le vivant. Ils ont réalisé une douzaine de présentations sur la crise écologique. Il s’agissait de la première action organisée en France par le collectif Scientifiques en rébellion, issu de l’appel de 1 000 scientifiques à la désobéissance civile publié dans le journal Le Monde en février 2020.

« Ce soir-là, est-ce que vous aviez bien compris qu’on vous demandait de sortir ? » a demandé la présidente. « Non, personne ne nous a formellement demandé de sortir. Ni les vigiles, ni les policiers, ni le personnel du musée », a répondu David Nacass, un activiste, tandis que ses camarades choisissaient de garder le silence. Les occupants étaient ensuite partis de leur plein gré vers 20 h 30. Ils avaient néanmoins reçu, pour dix-huit d’entre eux, une amende de 300 euros.

Christophe Bonneuil, historien des sciences, s’est présenté en qualité de témoin. © Nnoman Cadoret / Reporterre

Ce procès était l’occasion, pour les huit « rebelles » qui contestaient cette amende, de défendre la légitimité de leur action au regard de l’urgence climatique et de la perspective de la sixième extinction de masse.

Elles et ils ont invoqué l’état de nécessité [1] dans une déclaration commune, lue à trois voix : « Il est temps que la justice française reconnaisse que des dangers actuels et imminents, démontrés par les travaux des scientifiques, pèsent sur l’habitabilité de notre planète. [...] Nous, scientifiques, avons pris notre part en faisant cette action », a notamment déclaré Isabelle Krebs, activiste à Extinction Rebellion. « Face aux dangers imminents posés par l’extinction des espèces et le réchauffement du climat, cette action était tout à fait nécessaire et proportionnée pour toucher un public différent », a appuyé l’avocat de ces derniers, Thomas Brédillard.

« Quand on est scientifique, c’est notre devoir d’envoyer des signaux d’alerte pour arrêter cette folie »

Quelques instants plus tôt, trois personnalités scientifiques s’étaient présentées en qualité de témoins. Christophe Bonneuil, historien des sciences, Fabrice Flipo, philosophe, mais aussi le biologiste Pierre-Henri Gouyon, professeur émérite au MNHN. Ce dernier a fait remarquer qu’il « témoignait contre [sa] propre institution ». « Actuellement, le monde vivant s’effondre à une vitesse faramineuse », a-t-il déploré, en pointant la responsabilité de l’agrochimie « qui empoisonne la Terre entière ». « Quand on est scientifique, a-t-il poursuivi, c’est notre devoir d’envoyer des signaux d’alerte pour arrêter cette folie. Les personnes que vous jugez aujourd’hui rendent un grand service à notre société. »

Une militante tient une pancarte indiquant « Des scientifiques en procès pour dire la vérité ». © Nnoman Cadoret / Reporterre

Mais la présidente et le procureur ne semblaient pas convaincus par le mode d’action employé. « Pourquoi utiliser des moyens à la limite de la légalité ? » a plusieurs fois demandé la présidente. Mais aussi : « Pourquoi ne pas faire autre chose, comme envahir le siège de médias ? » La question a été accueillie par des rires gênés et des regards inquiets dans les rangs de la presse. « Pourquoi ne pas sensibiliser les parlementaires ? » a embrayé le parquet. « Nous avons déjà tout essayé et nous continuons de tout essayer », a répondu le chercheur Tanguy Fardet. Également invité à se positionner, le philosophe Fabrice Flipo a estimé que « la réponse actuelle n’est pas à la hauteur, alors il faut aussi des actions qui créent l’évènement, qui fassent électrochoc ».

Le jugement rendu le 15 janvier

Malgré ces échanges, dans ses réquisitions, le procureur n’a pas retenu la notion d’état de nécessité. « Peu importe l’intention », a-t-il tranché. Il a toutefois requis la relaxe des prévenus, car il estime que l’infraction n’est « pas constituée » : « Je ne peux pas vous apporter la preuve que ces personnes avaient connaissance des horaires de fermeture de ce musée au public, a-t-il dit. À aucun moment elles n’auraient vu un panneau à l’entrée leur signalant les horaires et personne n’est venu leur signaler, alors le doute doit leur profiter. »

Un dénouement surprenant, accueilli par des murmures d’étonnement. L’affaire a été mise en délibéré au 15 janvier. Après l’audience, vers 11h15, les chercheurs ont déployé des banderoles sur lesquelles était inscrit : « Scientists on trial to say the truth » (scientifiques en procès pour dire la vérité) et « Réponse de l’État à l’urgence climatique : mettre les scientifiques en procès ! ».

Au-delà du connu.

Par Le 28/11/2023

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"Une vibration moléculaire se produit lorsque les atomes d'une molécule sont dans un mouvement périodique pendant que la molécule dans son ensemble subit un mouvement de translation et de rotation. La fréquence du mouvement périodique est appelée fréquence de vibration. Une molécule non linéaire constituée de n atomes possède 3n-6 modes normaux de vibration, alors qu'une molécule linéaire n'en possède que 3n-5, puisque la rotation autour de son axe moléculaire ne peut être observée. Une molécule diatomique ne possède ainsi qu'un mode normal de vibration. Les modes normaux des molécules polyatomiques sont indépendants les uns des autres, chacun d'entre eux impliquant des vibrations simultanées des différentes parties de la molécule; Une vibration moléculaire est produite lorsque la molécule absorbe un quantum d'énergie, E, qui correspond à une vibration de fréquence, ν, selon la relation E=hν, où h est la constante de Planck. Une vibration fondamentale est excitée lorsqu'un tel quantum d'énergie est absorbé par la molécule dans son état fondamental. Lorsque deux quanta sont absorbés la première harmonique est excitée, et ainsi de suite pour les harmoniques suivantes."......

Non, je n'y comprends pas grand-chose mais ça me fascine et en même temps, ça me désole quelque peu parce que ces connaissances fabuleuses sont des ouvertures vers ce qui n'est pas visible, vers un mystère immense, celui de ce qui est, le réel, alors que moi, petit esprit limité, je ne perçois que ma réalité. Alors, parfois, je lis des documents que je ne comprends pas, juste pour revenir à cette conscience que ce que je perçois n'est qu'une infime partie de ce qui est. Je n'y ai pas accès par la réflexion, par manque de connaissances, mais il me semble que, parfois, je parviens à en percevoir quelques parfums, quelques touches de lumière, quelques effleurements, des moments fugaces mais intenses. Et c'est toujours lorsque je suis dans la nature. Dehors, dans le silence.

Peut-être aussi lorsque j'écris. Cet étrange état dans lequel la création littéraire semble ne pas m'appartenir mais venir d'un espace qui s'est ouvert. Est-ce moi qui suis parvenu à m'y insérer ou est-ce cet espace qui m'a englobé ? La question paraît absurde mais lorsque je lis le texte précédent, je me dis que la perception de la réalité n'est qu'une infime partie et que tout ce qui peut me paraître absurde n'est peut-être que la mise en lumière de mon ignorance.

Michel Simon

Par Le 24/11/2023

J'avais 3 ans.

Et certains se rendaient déjà compte que ça tournait mal.

Et on sait où on en est maintenant.

Et on peut deviner où on va. 

 

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""Les bêtes sont merveilleuses parce qu’elles sont en contact direct avec la nature. Ce qui aurait, peut-être, pu sauver l’humanité, je crois, c’est peut-être la femme, parce qu’elle est encore en contact avec la nature. Elle échappe aux lois, aux imbécillité si émises par les anormaux. Mais elle n’a pas voix au chapitre.

Les animaux vont disparaître. Il n’en restera plus bientôt. J’avais une trentaine de nids d’hirondelles. L’année passée, j’ai eu deux nids d’hirondelles et pour la première fois j’ai ramassé une hirondelle qui était tombée de son nid, qui était si pauvrement alimentée ... Grâce aux progrès de la science, la science chimique qui assassine la Terre, qui assassine l’insecte, qui assassine l’oiseau, qui tue toute vie, qui assassine l’homme, on s’en apercevra peut-être trop tard.""

Michel SIMON - interview 1965

Intermittent de la recherche.

Par Le 21/11/2023

 

Léo le benjamin de la fratrie est dans cette situation.

Il a un doctorat en écologie.

Une situation totalement méconnue en France et qui relève de la "maltraitance" quand on pense au parcours scolaire, à l'engagement que ça demande pour au final se retrouver "intermittent". 

 

 

https://www.cairn.info/revue-multitudes-2004-3-page-69.htm?

L'intermittent de la recherche, un chercheur d'emploi qui n'existe pas

Franck Beau

Dans Multitudes 2004/3 (no 17), pages 69 à 74

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1En ces temps moroses pour le monde de la recherche, nous pouvons remarquer que les médias parlent peu des chercheurs en sciences humaines. Ils parlent encore moins d’une catégorie à part, car en quasiment inexistante aux yeux de tous : celle des chercheurs indépendants, ou bien encore des " hors statut " de l’économie de la connaissance. On les appelle parfois les post-doc, ou, quand ils n’ont pas passé leur thèse, des ingénieurs de recherches, des chargés de mission, et au bout du compte si l’on veut être rapide : des intellectuels précaires.

Une anecdote

2Je vais partir d’une anecdote pour tenter une esquisse de généralisation. L’affaire commence simplement dans un bureau de l’Agence nationale pour l’emploi. Le chercheur au chômage qui témoigne ici a reçu une lettre l’informant que ses indemnités Assedic s’arrêteront dans deux mois, soit sept mois plus tôt que la date prévue. Monsieur X se retrouve, lors de cet entretien rituel, en présence d’une Madame B, qui d’emblée lui demande de présenter un CV. Pensant n’avoir plus grand-chose à attendre des services Assedic et ANPE, dont il se sent en quelque sorte exclu, Monsieur X n’a nullement pensé à apporter ce précieux document. L’entretien démarre donc mal, et s’amorce immédiatement sur une question cruciale. Madame B consulte sa base de donnée et dit : " Vous avez 32 ans et je vois que vous avez trois ans d’expérience ". Monsieur X rectifie. Il a derrière lui, en effet, un peu plus de trois ans de salariat, mais plus de dix ans d’expérience comme pigiste et chercheur en particulier. Madame B le reprend et lui explique qu’il ne peut pas avoir dix ans d’expérience puisqu’il est écrit sur son écran que Monsieur X a trois ans de salariat. S’engage dès ce moment un interminable dialogue de sourds. Monsieur X, pour expliquer la différence entre le " salariat " et la notion " d’expérience ", est forcé d’entrer dans le détail de ses activités, de leur nature, et des conditions de vie un peu singulières du travailleur intellectuel contemporain. Il raconte alors, par exemple, qu’en tant que travailleur du monde de la recherche, il a passé cette année de chômage, à chercher du travail en travaillant. C’est paradoxal, mais c’est ainsi. Il a écrit des articles, organisé des séminaires, donné des conférences un peu partout, coordonné des projets d’ouvrages collectifs, préparé la mise en place de projets institutionnels, passé beaucoup de temps à échanger et faire passer des idées dans des débats, des rencontres, bref à maintenir en vie ses réseaux. Tout cela est non seulement un travail habituel de participation aux diverses activités du monde de la recherche, mais encore et surtout un investissement nécessaire pour espérer décrocher de nouveaux contrats de recherche auprès d’un laboratoire, ou dans le cadre d’un appel d’offres ministériel. Monsieur X explique qu’il ne fut pas payé pour toutes ces choses, donc pas salarié, mais que tout ceci constitue néanmoins pour lui, pour ses pairs, de l’expérience.
Madame B fronce les sourcils et reformule à sa manière l’exposé qu’elle vient d’entendre. Monsieur X déclare donc avoir travaillé bénévolement, ce qui signifie qu’il n’a pas cherché de travail durant sa durée d’indemnisation, et ce qui est problématique au vu de son engagement contractuel vis-à-vis de l’ANPE et des Assedic. Et elle ajoute : " Mais je sais bien comment vous faites monsieur, vous travaillez la main à la main... ". Madame B va alors jusqu’à évoquer la possibilité d’un contrôle, et pour finir lui conseille doctement de chercher une autre voie professionnelle, et de faire au plus vite " un bilan de compétence ". Monsieur X aura beau rappeler qu’il travaille avec des chercheurs, des administrations publiques, et que dans ce monde, du moins à cette échelle, il n’existe pas de dessous de table et de travail au noir : quand l’entretien se termine le voilà en quelque sorte dans le collimateur de l’agent de l’ANPE. Le Monsieur X qui rentre chez lui est donc un profiteur, paresseux, malhonnête et suspect, un travailleur non qualifié à recycler au plus vite.
Cette histoire est tout à la fois ordinaire et extraordinaire. Qui peuvent bien être ces personnes connaissant sur le long terme des périodes de carence entre des contrats de recherche décrochés le plus souvent au prix d’efforts sans nom ? Elles n’existent pas ! Un chercheur en sciences sociales est soit un étudiant bénéficiant d’une allocation de recherche, soit un enseignant-chercheur titulaire, soit un docteur à la recherche d’un CDI dans un organisme de recherche comme le CNRS. Il ne peut exister de professionnel de la recherche ou de la connaissance qui ne soit pas titularisé ou titularisable et qui, pire encore, ne cherche pas ce genre de statut.

Chercheur-chercheur d’emploi ?

Découvrir Cairn-Pro3Pourtant, le point de vue que nous aimerions esquisser ici, c’est que, dans les circonstances actuelles, la fonction d’intermittent de la recherche (IR) est peut-être plus primordiale et symptomatique qu’on ne le croit. Car les IR, de par le recul statutaire qui est le leur, ne sont rien de moins que des individus ayant pour rôle d’opérer dans les interstices des disciplines, des métiers et des domaines de recherche. L’IR est - par choix ou par obligation - un électron libre, un hybride, souvent engagé dans son activité. Il va traverser à ses risques et périls les disciplines des sciences humaines dont les cloisons demeurent en général soigneusement défendues. Il peut lui arriver non seulement de glisser du monde des " sciences dures " à celui des " sciences molles ", mais encore de connaître tous les statuts professionnels ayant peu ou prou un rapport avec la recherche, ou la production des connaissances. Pour le dire autrement, l’IR dès lors qu’il ne se sent pas prisonnier d’une chapelle, d’une discipline, d’une administration, d’un employeur, peut avoir pour fonction, au final, de défricher des horizons nouveaux, rabattant ainsi des objets, des enjeux, des connaissances, favorisant au passage les croisements nécessaires, permettant à des domaines de recherche entiers de se régénérer par de petites actions synergiques, échafaudant des passerelles entre le monde de la recherche académique et celui du secteur privé. Lorsqu’ils se sont aventurés assez loin dans leurs domaines de spécialisation, les IR commencent à intéresser les quelques rares têtes chercheuses regardant vers l’extérieur. Ils sont alors sollicités, et travaillent beaucoup - avec des crédits potentiels, probables, ou parfois payés, mais avec un temps requis vertigineux pour récupérer les salaires dus. Pour baigner presque complètement dans le monde non quantifiable des " externalités positives de la recherche ", les IR payent, comme tout indépendant, le prix de leur liberté. Ils le payent en ne possédant pas de statut officiel ou officialisable au vu des codes métiers disponibles, car en général un IR est aussi un intermittent du consulting et du journalisme, parfois du spectacle, et de pas mal d’autres métiers caractéristiques du tiers secteur ou de l’économie de la connaissance. Or une chose est sûre : les IR ne sont pas assez commerciaux pour être consultants, ni assez verticaux pour être enseignants-chercheurs dans une discipline donnée.
Sous cet aspect inadapté, l’IR pose donc au moins deux questions, celle des conditions d’existence d’un statut de chercheur indépendant, et celle du nécessaire dépassement du corporatisme et des verticalités de la connaissance. Quel statut social pour l’IR faut-il imaginer, dès lors que ce dernier va osciller sans cesse entre des contrats salariés dans le cadre de missions de recherches, des honoraires s’il est consultant, ou des droits d’auteurs, et qu’aucun de ces statuts ne lui permet vraiment de négocier dignement les périodes de carence entre les activités payées ? Car ces statuts sont parfois paradoxaux : les régimes sociaux imposent de faire des choix, et ne facilitent guère les agencements et les combinaisons imaginatives. Comment valoriser ces fameuses " zones floues " de l’activité de recherche, les préliminaires obligés à tout travail rémunéré dans le domaine de la recherche ? Car l’intermittent de la recherche, du consulting ou du journalisme ne peut abandonner du jour au lendemain les groupes de travail et les réseaux dans lesquels il se meut. Si bien qu’en faisant sa déclaration mensuelle, lorsqu’il est au chômage par exemple, il ne peut que se gratter la tête face à la question rituelle : " Avez-vous travaillé ce mois-ci ? ". Il doit répondre non, pour ne pas se voir couper ses indemnités, mais cette réponse n’a aucun sens pour lui car, évidemment, il ne cesse de travailler. La notion de chômage pour le travailleur de la connaissance est au fond absurde, car s’il y a bien un chômage du point de vue de la rentabilité et de la rémunération, il n’y a pas et ne peut y avoir de chômage de la pensée, de la recherche ou de la connaissance. Ces moments de carence perçus par les organismes sociaux comme des moments de " non activité ", et qui constituent tout au contraire des moments de contribution gratuite (ou rétribuées symboliquement) aux externalités positives de la recherche, indiquent que le travailleur de la connaissance n’est pas un intermittent comme on le croit. Il est à la rigueur un intermittent de la rémunération et du salariat, ce qui n’est pas nécessairement de sa faute, mais nullement un intermittent de l’expérience et des connaissances qu’il contribue à élaborer ou à découvrir. Car la connaissance - aujourd’hui surtout, face à l’effacement progressif des frontières entre les cultures, les disciplines, les champs, les métiers, les expertises - est bel et bien en mouvement perpétuel.
Si l’on se mettait pourtant à réfléchir à l’envers quelques instants, et que l’on se demandait quel statut trouver à des chercheurs dont le but serait d’innover vraiment, alors ne serait-on pas amené à retrouver les caractéristiques de ce fameux inadapté qu’est l’IR : l’indépendance, la transversalité nécessaire entre les disciplines et les objets, les compétences trans-sectorielles, la notion de prise de risque dans la démarche de tout processus d’innovation ? Pour clore l’anecdote : Monsieur X s’est vu proposer, quelques jours après son entretien, un stage de trois mois " pour apprendre à chercher du travail ". Au point que l’on peut en arriver à se demander si le système dans lequel il se meut ne préfère pas les " chercheurs d’emploi à temps complet ", à d’éventuels " employés de la recherche intermittents ".
Comment dès lors ne pas remarquer l’injustice de cette situation - pour l’IR évidemment, et pour le monde de la recherche tout entier ? Car tout ce qui vient d’être évoqué ici, ce sont les caractéristiques d’un travail d’intérêt général, que des centaines de milliers de personnes accomplissent chaque jour dans tous les domaines de l’activité de connaissance, et souvent hors statut officiel. Une fonction qui sera sans aucun doute nécessaire dans le monde de demain, du capitalisme cognitif et de son tiers secteur, mais qui à ce jour se lit comme une imposture, un manque de qualification, un bug dans le système, à éliminer au plus vite. Au-delà de ces statuts minoritaires qu’aucun syndicat suffisamment zélé et pourvu en moyens ne pourrait défendre à ce jour, les IR et les travailleurs hors statut de la connaissance, ne sont-ils pas au politique ce que les artistes et intermittents du spectacle sont au monde du travail tout entier ? À savoir ces fonctions " externes ", nécessaires à la régénération de l’écosystème de la connaissance en marche ? Des fonctions apportant par leurs postures horizontales, à tous les niveaux, des regards neutres vis-à-vis des dogmes et des chapelles. Dans ce sens, il serait bien utopique d’imaginer qu’une reconnaissance a posteriori soit accordée à leur apport à la recherche et à la société. En attendant, une chose est certaine : un chercheur qui a décidé de chercher vraiment, qu’il soit intermittent ou non, titulaire ou hors statut, ne peut le faire seulement pour lui seul. Il est par nécessité un ouvrier, malgré lui, de l’intérêt général en mouvement - d’un intérêt général qui doit se redécouvrir sans cesse dans une société en pleine mutation. Si ce chercheur horizontal, au regard des critères, des " codes métiers " et des régimes sociaux, n’a en effet pas de valeur, il faudra pourtant faire l’effort, un jour, de lui en trouver une dans un monde du travail qui, à l’heure des réseaux, de la globalisation et de l’expansion de l’économie de la connaissance, sera de plus en plus gagné par une intermittence de la rémunération associée à cette permanence inéluctable du travail de recherche. Ce refus de voir en face cette hybridation entre la discontinuité du salaire et la permanence du travail dans le domaine de la connaissance, mais aussi de la culture (et de biens d’autres secteurs sans doute), constitue un danger de plus en plus grand désormais pour le développement des capacités d’une société à se renouveler et tout simplement à survivre. La mesure de la valeur de ces externalités productives discrètes, étrangères aux périodes de rémunération, il faudra la travailler, la trouver, la prendre en compte, et la mettre au cœur de la définition de conventions collectives des travailleurs de la connaissance, des travailleurs intellectuels et des chercheurs. Il en va de la survie de ces quelques milliers de chercheurs précaires bien entendu - et de la survie de la recherche elle-même.

4Un chercheur-chercheur d’emploi, au fond, cela n’existe pas.

Derrière ce que tu crois être vrai

Par Le 21/11/2023

 

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"Une vibration moléculaire se produit lorsque les atomes d'une molécule sont dans un mouvement périodique pendant que la molécule dans son ensemble subit un mouvement de translation et de rotation. La fréquence du mouvement périodique est appelée fréquence de vibration. Une molécule non linéaire constituée de n atomes possède 3n-6 modes normaux de vibration, alors qu'une molécule linéaire n'en possède que 3n-5, puisque la rotation autour de son axe moléculaire ne peut être observée. Une molécule diatomique ne possède ainsi qu'un mode normal de vibration. Les modes normaux des molécules polyatomiques sont indépendants les uns des autres, chacun d'entre eux impliquant des vibrations simultanées des différentes parties de la molécule; Une vibration moléculaire est produite lorsque la molécule absorbe un quantum d'énergie, E, qui correspond à une vibration de fréquence, ν, selon la relation E=hν, où h est la constante de Planck. Une vibration fondamentale est excitée lorsqu'un tel quantum d'énergie est absorbé par la molécule dans son état fondamental. Lorsque deux quanta sont absorbés la première harmonique est excitée, et ainsi de suite pour les harmoniques suivantes."......

Non, je n'y comprends rien mais ça me fascine et en même temps, ça me désole quelque peu parce que ces connaissances fabuleuses sont des ouvertures vers ce qui n'est pas visible, vers un mystère immense, celui de ce qui est, le réel, alors que moi, petit esprit limité, je ne perçois que ma réalité. Alors, parfois, je lis des documents que je ne comprends pas, juste pour revenir à cette conscience que ce que je perçois n'est qu'une infime partie de ce qui est. Je n'y ai pas accès par la réflexion, par manque de connaissances, mais il me semble que, parfois, je parviens à en percevoir quelques parfums, quelques touches de lumière, quelques effleurements, des moments fugaces mais intenses. Et c'est toujours lorsque je suis dans la nature. Dehors, dans le silence. 

Peut-être aussi lorsque j'écris. Cet étrange état dans lequel la création littéraire semble ne pas m'appartenir mais venir d'un espace qui s'est ouvert. Est-ce moi qui suis parvenu à m'y insérer ou est-ce cet espace qui m'a englobé ? La question paraît absurde mais lorsque je lis le texte précédent, je me dis que la perception de la réalité n'est qu'une infime partie et que tout ce qui peut me paraître absurde n'est peut-être que la mise en lumière de mon ignorance. 

Marguerite Yourcenar : les animaux

Par Le 20/11/2023

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Magnifique photo de Instants Photos - Ténière Loïc

"Il y a pour moi cet aspect bouleversant de l'animal qui ne possède rien, sauf sa vie, que si souvent nous lui prenons. Il y a cette immense liberté de l'animal, vivant sans plus, sa réalité d'être, sans tout le faux que nous ajoutons à la sensation d'exister. C'est pourquoi la souffrance des animaux me touche à ce point."

"Marguerite Yourcenar"

L'écriture, un phénomène étrange.

Par Le 19/11/2023

Comment expliquer le fait que je m'assois devant l'ordinateur, que j'ouvre le dossier du roman en cours, que je n'ai aucune idée de ce que je vais écrire et qu'il suffise que je relise les dix dernières lignes écrites la veille pour que tout "s'allume"... ?

Comme si c'était déjà là, prêt à jaillir, que l'histoire a juste besoin que je vienne l'écrire.

C'est à se demander s'il s'agit bien de "création littéraire" tellement cette impression est forte que c'est l'histoire qui vient en moi et non moi qui vais la chercher...

Film : "Dersou Ouzala"

Par Le 19/11/2023

Un film culte pour moi. Je l'ai vu lorsque j'étais adolescent et que je passais une bonne partie de mon temps à courir la nature, forêts et bords de mer, rochers, plages, marais, seul la plupart du temps ou avec mon chien. Je cherchais encore à l'époque ce que j'allais faire de mon existence. Guide de haute montagne faisait partie de la liste, instituteur également. J'ai pensé à un moment que de partir dans les forêts du Canada pour y vivre comme Dersou Ouzala me conviendrait mais j'étais incapable de tuer un animal, à part quelques poissons que je pêchais à cette époque. En outre, l'alpinisme et les montagnes restaient les plus fortes. Il fallait absolument que j'aille grimper sur les sommets des Alpes, je ne pouvais pas faire autrement. 

C'est après avoir vu le film que j'ai cherché le livre et comme il n'était pas à la bibliothèque du village, je l'ai acheté. Je l'ai toujours. Un livre écrit par Vladimir Arséniev.

Dersou Ouzala par Arséniev
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EAN : 9782857043461
313 pages

PYGMALION-GÉRARD WATELET (04/07/1997)

★★★★★

★★★★★

4.22/5   158 NOTES

Résumé :

En 1902, un officier du tsar, Vladimir Arséniev, explore aux confins de la Sibérie et de la Chine des régions restées encore impénétrables aux Européens. Une nuit, au coeur de la taïga sibérienne, il rencontre un vieux chasseur gold, Dersou Ouzala, qui devient son guide et son ami.
De connivence avec l'herbe et les étoiles, Dersou déchiffre avec une sagacité et une intuition prodigieuses tous les secrets de la nature. Il comprend, connaît et aime toutes les formes et manifestations de la vie. Il parle aux tigres et à la forêt, aux nuages et au soleil, au feu et à la nuit.
Au fil de passionnantes aventures et face à de multiples périls, au milieu d'une nature tour à tour splendide et terrifiante, se forge entre Dersou et l'officier, jusqu'à la mort, la plus bouleversante, la plus virile, la plus exaltante des amitiés.

 

 

 

https://brianmatthews60.blogspot.com/2013/11/dersu-uzala.html

mardi 12 novembre 2013

Dersou Ouzala.

Dersou Ouzala.
" L'homme est tout petit devant la nature ", cette citation, tirée du seul film d'Akira Kurosawa réalisé en dehors du Japon, résume vraiment ce chef-d'œuvre soviéto-japonais, et je n'utilise pas ce mot à la légère. Avoir vu cette semaine deux films des réalisateurs les plus renommés du cinéma mondial, l'autre étant Satyajit Ray, montre à quel point nous pouvons parfois être privilégiés. Bien que Dersu Uzala (1975) soit multithématique, à son niveau le plus fondamental, c'est l'histoire de deux hommes qui transcendent la simple amitié et l'élèvent à un autre niveau de respect et d'amour mutuel.
Vladimir Arseniev était un célèbre explorateur russe de l'Extrême-Orient qui raconta ses voyages dans une série de livres, dont trois racontaient ses voyages militaires pour percer les mystères du bassin d'Oussouri accompagné de Dersou Uzala, un chasseur indigène. Uzala a servi de guide à l'équipe d'arpentage d'Arsenyev de 1902 à 1907 et on lui attribue le mérite de les avoir sauvés de la famine et du froid à de nombreuses reprises. Décrivant Dersou comme un grand homme qui considérait les animaux et les plantes comme égaux aux hommes, c'est lorsque la vue du vieux chasseur a commencé à décliner qu'Arseniev l'a invité à rester dans sa propre maison aux côtés de sa famille.
C'est lorsque le réalisateur japonais a lu les livres sur le chasseur qui le décrivaient comme un homme vivant en harmonie avec lui-même et avec la nature, ce qui aurait fait appel au psychisme japonais de Kurosawa, que le grand réalisateur a décidé de filmer l'histoire. Ce devait être son vingt-septième film et, comme je l'ai dit précédemment, le seul film qu'il ait réalisé en dehors du Japon. Avec l'aide d'une équipe de Mosfilm, l'un des studios de cinéma les plus grands et les plus anciens au monde et lieu où les grands réalisateurs de l'ère soviétique ont tourné leurs films, notamment le superbe tour de force Stalker (1979) d'Andrei Tarkovski, Kurosawa a commencé à tourner dans la région de Primorsky, dans ce qui est devenu connu sous le nom d’Extrême-Orient russe. L'acteur et réalisateur soviétique très honoré Yury Solomin incarne le capitaine Vladimir Arsenyev qui raconte également notre histoire. Solomin s'est préparé pour le rôle en lisant de nombreux journaux d'Arseniev et a également écrit à son fils pour obtenir des détails intimes sur l'homme. Il découvrit que le voyageur était en fait un homme très réservé ; c'est ce trait qui a affecté la façon dont il a joué le rôle. L'acteur très polyvalent Maxim Munzuk, qui fut l'un des fondateurs du théâtre régional de Touva, jouait le rôle de Dersu Uzala.
La première partie du film s'ouvre en 1910 à Korfovskaya où une colonie urbaine est en construction et Arseniev est à la recherche d'une tombe anonyme. Le film remonte alors à 1902 et on retrouve le Capitaine en expédition topographique dans la région d'Oussouri. C'est ici qu'Arseniev et ses hommes rencontrent pour la première fois Dersu Uzala qui accepte de servir de guide à l'équipe d'arpentage. Il est d'abord considéré comme un vieil homme sans instruction et excentrique, mais il gagne bientôt leur respect lorsqu'ils se rendent compte qu'il est un homme intelligent et sage qui peut leur apprendre beaucoup de choses sur la vie et la survie dans ce désert sauvage qu'ils tentent. à cartographier et où ils rencontrent toutes les saisons, la glace, la boue et la chaleur, sauvant même la vie des capitaines à deux reprises, une fois de la mort de froid et une autre fois de la noyade dans les rapides. A la fin de cette expédition, Dersu quitte le soldat et retourne dans le désert. La deuxième partie commence en 1907, lorsqu'Arseniev entreprend un autre de ses voyages d'arpentage et retrouve le vieux chasseur qui le rejoint avec joie. Mais c'est à cette époque qu'Arseniev remarque que la vue et les sens aigus de Dersu commencent à faiblir.
Ce n'est pas seulement la merveilleuse histoire de deux personnages plus grands que nature qui vous attire dans ce film, mais aussi les vues incroyables, les paysages magnifiques, l'utilisation d'une palette sourde. Kurosawa a même engagé deux caméramans sur le tournage, Asakadzu Nakai et Fyoder Dobronravov. Et bien sûr, nous ne devons pas oublier l'incroyable performance naturelle de Maxim Munzuk, c'est un rôle que vous ne pourriez imaginer que quelqu'un d'autre joue, Munzuk est Dersu Uzala et Solomin aurait déclaré qu'il n'y avait jamais eu de doute lors des auditions que Munzuk, un homme qui ressemblait à bien des égards à son personnage à l’écran jouerait le rôle. Le film a été présenté en première dans la ville qui porte le nom d'Arseniev et projeté au neuvième Festival international du film de Moscou où il a remporté le prix d'or. Yury Solomin a depuis déclaré que c'était un grand privilège de travailler avec le réalisateur japonais et, à son avis, et bien sûr à celui de beaucoup d'autres, il était un génie. Solomin avait un grand respect personnel pour cet homme et leur amitié dura en fait pendant 25 ans, jusqu'à la mort de Kurosawa. Si vous n’avez jamais eu le privilège de voir ce film formidable, je vous suggère d’y remédier le plus tôt possible.
Le dernier lieu de repos de Dersu Uzala.

Livre : "Émancipation animale"

Par Le 13/11/2023

 

 

EMANCIPATION ANIMALE

 

https://www.emancipation-animale.com/?

 

UN LIVRE DE CHARLOTTE ARNAL

Le statut juridique des animaux - qui échoue à protéger efficacement leurs intérêts - doit évoluer. L’humanité ne peut plus les considérer uniquement à l’aune de ses usages et doit leur donner une véritable protection. Dans cette optique, la cause animale peut être vue comme un nouveau « mouvement de justice sociale ».

Au fil d'anecdotes personnelles et d'exemples de terrain, Charlotte Arnal fait vivre de façon très abordable les grands principes du droit animalier – une spécialité juridique en plein essor. Elle propose aussi plusieurs réformes très concrètes pour faire avancer les droits des animaux.

Très accessible, ce petit traité d'émancipation animale intéressera le monde politique et juridique, tout comme les militants qui souhaitent structurer une argumentation en faveur de mesures juridiques fortes pour consolider le statut des animaux dans nos sociétés.

Acheter le livre

SOMMAIRE

Quand la cause animale devient un enjeu politique

État des lieux des droits des animaux

Classification des espèces ou l’intérêt de bien choisir sa réincarnation

Les catégories juridiques

Les lois protègent-elles (vraiment) les animaux ?

Réactualiser nos croyances, un impératif de justice ?

La position originelle : dominé ou dominant ?

L’animal nous appartient-il ?

Foutues croyances !

La sentience, l’ultime critère ?

Des propositions pour faire avancer les droits des animaux

Inscrire le droit de l’animal dans la Constitution - Interview Olivier Le Bot

Reconnaître à l’animal une personnalité juridique - Interview Jean-Pierre Marguénaud

Instaurer un ministère de la Condition animale - Interview Sue et Will Kymlicka

Conclusion – Des droits fondamentaux pour les animaux ?

Quelques textes de référence sur les droits des animaux

EXTRAIT

“À 37 ans, je décide d’intégrer la première promotion du diplôme universitaire de Droit animalier de la faculté de Toulon. Je vais enfin pouvoir répondre à la question qui me taraude depuis plusieurs mois. S’il est interdit dans notre droit « de faire souffrir ou de porter atteinte à la vie d’un animal sans nécessité » alors comment se fait-il qu’on ait le droit de tuer des poules pour en faire des nuggets, de capturer des pythons pour en faire des sacs, de tirer sur des grives pour son loisir du dimanche, de capturer des éléphants pour leur apprendre à faire des tours de piste ou de mettre à mort des vaches gestantes ?”

EXTRAIT

“J’ai toujours ressenti, au plus profond de mon âme, cette solidarité envers les animaux. J’ai pu me relier à leur destin tragique, à leur condition misérable, à leur soumission, à leur impuissance tout autant qu’à leur sensibilité, à leur immense intelligence ou à leur souveraineté. Est-ce une coïncidence si la cause animale est la cause sociale la plus féminine, avec 60 à 80 % de militantes, après la cause féministe elle-même ? Non. La solidarité entre le mouvement d’émancipation des femmes et la protection animale se construit par opposition à la société patriarcale.”

EXTRAIT

“Au fil de mes recherches, je suis troublée par les similarités entre les principes du droit animalier contemporain et les lois qui, par le passé, ont permis à nos sociétés occidentales de prospérer grâce à l’esclavage humain. Comme l’animal d’aujourd’hui, l’esclave d’hier est privé de personnalité juridique. Considéré comme un bien, il est la propriété d’un autre. Et quels droits peut-on bien revendiquer lorsqu’on ne s’appartient pas ?”

EXTRAIT

“Imaginons un exercice simple, basé sur la théorie de la justice du philosophe John Rawls, qui défend l’idée que si nous ignorions tout de nous-même, nous aurions tendance à imaginer une justice beaucoup plus équitable et favorable aux individus désavantagés. Il appelle cela « la position originelle ». Si le voile de l’ignorance était posé sur les conditions de votre naissance – le pays où vous avez vu le jour, la condition sociale de votre famille, votre sexe, votre état de santé et même… votre espèce –, quelle loi, quelle justice écririez-vous pour vous-même ?”

EXTRAIT

“Les dilemmes éthiques qui se pressent à notre porte nous invitent à nous poser de nouvelles questions et à dépasser nos contradictions : est-il possible de défendre efficacement les intérêts de ceux que nous exploitons ? À quel moment les intérêts des animaux prennent-ils le pas sur nos intérêts humains ? Si l’espèce n’est pas un critère moral suffisant pour attribuer des droits, que devrions-nous prendre en compte ? La souffrance (pathocentrisme) ? L’intelligence (cognitocentrisme) ? La capabilité ? La vulnérabilité ? La sentience ?”

Item 1 of 6

CE QUE LES GENS DISENT

« En un texte très vivant, Charlotte Arnal parle à la première personne et s’adresse directement à son lecteur. Des encadrés éclairant les principales notions, des illustrations, des QR codes donnant accès à des sources, des textes de référence sur les droits des animaux en annexe, ou encore des entretiens instruisent sans jamais lasser. 

De manière générale, selon une méthode qui caractérise la puissance de la démarche adoptée, Charlotte Arnal appelle à faire table rase de nos croyances et opinions pour penser par soi-même, la devise des Lumières.»

— FLORENCE BURGAT

Philosophe, directrice de recherche à l’INRAE

« Avec cet ouvrage, Charlotte Arnal ne nous offre pas seulement le premier "droit animalier pour les nul.le.s", elle nous offre également un constat éclairé de l'actuel statut juridique des animaux dans notre pays. Elle réussit l'exploit de rendre accessible aux non-juristes ce droit si éparpillé et contradictoire, dans une lecture fluide et non-jargonnante.

En tant que formatrice sur la question animale, j'incite fortement mes stagiaires à lire cet ouvrage pour saisir rapidement (et de façon simple mais non simpliste) les enjeux du droit animalier. »

— ANNE-LAURE MEYNCKENS

Formatrice-consultante sur la question animale et fondatrice de Drôle de Zèbre et d'Animal360.

Cet ouvrage documentaire est destiné au grand public, qui y trouvera tout ce qu’il faut savoir pour “mieux appréhender la question animale sous l’angle du droit”, mais il est aussi dédié à toutes celles et à tous ceux qui, par leurs actions désintéressées, “contribuent chaque jour à rendre notre monde plus juste”.

On y trouve notamment plusieurs propositions de réformes institutionnelles, toutes très argumentées, et en particulier le souhait que soit créé un ministère de la Condition animale. Seuls les imbéciles en souriront.

— ALAIN ROLLAT

Chroniqueur. Editorialiste. Ancien directeur adjoint du Monde.

CONFERENCE.

INTERVIEW.

DEBAT.

Ce livre est un support à l’échange, à la diffusion de connaissances et au débat d’idées sur la “question animale”. Ce sujet doit être posé, exposé, débattu par nos communautés, à l’échelle locale et globale. Ainsi commence l’appropriation, l’évolution et l’émergence de réponses fertiles.

Contactez-moi pour un événement ou une interview. Réponse sous 24h.

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À PROPOS DE CHARLOTTE

Titulaire d’un diplôme universitaire en droit animalier, Charlotte est une entrepreneuse sociale, militante de la cause animale & cheffe vegane. Après avoir fondé et dirigé pendant 10 ans une agence de communication et un tiers-lieu dédiés à la transition, elle se consacre désormais au lobbying pour les droits des animaux. En 2019, elle parcourt 1200 kilomètres à pied à la rencontre des français.e.s, pour mieux comprendre le sujet et plaider en faveur d’une entrée des animaux dans la Constitution française.

En savoir plus sur Charlotte

Intelligence animale

Par Le 09/11/2023

En ce moment, je lis un roman "Âmes animales" de Jose Rodrigues Dos Santos. A priori, il s'agit d'un thriller.

Bon, dans ce cas-là, "Martine à la plage", c'est aussi un thriller parce que franchement, c'est juste pitoyable comme scénario. C'est bien de vouloir transmettre des données dans un roman mais quand ça devient ni un roman, ni un documentaire avec des développements aussi bourratifs qu'une douzaine de crêpes complètes et que la psychologie des personnages relève d'un épisode de Benny Hill, c'est du gâchis. 

Par contre, l'auteur a dû lire des quantités astronomiques d'enquêtes sur le monde animal et j'y apprends des choses fascinantes. Donc, je continue à le lire en sautant tout ce qui concerne "l'enquête" pour me concentrer sur les informations animales, l'éthologie, l'écologie, l'intelligence animale etc...:)

Je poste un commentaire venant du site Babelio. Un très bon résumé de ce que je pense.

https://www.babelio.com/livres/dos-Santos-mes-animales/1414522#!

RChris

★★★★★

★★★★★

09 juillet 2022

Dans une note finale, José Rodrigues Dos Santos nous explique : “Le défi pour ce roman a consisté à tisser une histoire autour de la conscience animale, de l'intelligence et des émotions des animaux, une intrigue où les animaux seraient eux-mêmes à la fois le thème du livre et les protagonistes, mais d'une manière différente de celle qui est habituellement employée lorsque les animaux jouent un rôle dans une fiction… pour ce faire, j'ai choisi le roman policier, même s'il est évident pour moi que ce livre ne peut être décrit stricto sensu comme un policier.”
Cette note aurait peut-être dû être introductive, ou j'aurais dû la lire en préalable car l'intrigue policière est un peu une arnaque, prétexte à de longues digressions sur la cause animale, ses conditions de vie dans l'élevage extensif et la destruction de la planète que cet élevage produit.

Ceci dit, le propos est bien documenté, la démonstration est implacable et surprenante de la part de “l'un des plus grands auteurs de thrillers scientifiques en Europe, " dixit la quatrième de couverture.

Dès lors, ce qui était l'originalité de ce livre devient le thème principal qui nous capte. L'étude éthologique de l'auteur portugais est fouillée lorsqu'il nous parle des animaux, de leur intelligence, de leur langage, de leurs émotions, de leurs sentiments… en donnant la part belle aux primates.
Puis l'auteur nous parle de l'élevage industriel : des conditions “inanimales” d'élevage et d'abattage des vaches, des cochons, des poulets.
C'est quand il passe aux effets nocifs de l'élevage intensif que l'auteur martèle sa thèse :
“Mais combien de politiques parlent du problème de l'élevage industriel, qui contribue bien plus au réchauffement climatique que tous les moyens de transport de la planète réunis ? pour quelle raison les gouvernements nous encouragent à passer à la voiture électrique, en se donnant ainsi l'air de se préoccuper d'écologie pour capter les voix de l'électorat vert, mais continuent de subventionner massivement la production animale, finançant et encourageant par ce biais le croissance de l'activité humaine qui contribue le plus à la déforestation de la planète, à la consommation d'eau douce, à la pollution, à la fin de la biodiversité et aux émissions de gaz à effet de serre ?”


Pour bien asséner le message, l'auteur illustre ses propos avec force schémas : celui d'un steak d'un kilo qui a besoin de 13 000 litres d'eau pour être produit.
Celui de l'homme qui consomme 1,5 l d'eau par jour quand chaque animal d'élevage utilise en moyenne 150 litres en tenant compte de tous ses besoins.
Enfin le troisième dessin montre que chaque être humain qui mange de la viande dépense chaque année 1,5 millions de litres d'eau !

Ce livre est sensé être un thriller dont l'intrigue, nous dit David au pseudo de “TrueDuck”sur Babelio : “L'histoire se résume sur un timbre poste : le meurtre d'un soigneur d'animaux. Tout accuse la femme de Norhona. Elle s'enfuit face à la police. Son mari va tenter de prouver son innocence en... s'enfuyant aussi…”

Vous l'aurez compris, c'est la thèse de l'existence d' ”
Âmes animales” qui m'a marqué, même si se faire administrer une leçon est parfois ressenti de manière dérangeante.
Il nous propose une bibliographie de cinq pages en fin d'ouvrage, malheureusement presque tout en anglais.

Je mesure parfois l'intérêt d'un livre à la durée qu'il vous habite, ce que j'appelle la caudalie littéraire, je ne pourrai pas me défaire d'ici tôt des images affreuses et des réflexions écologiques de ce livre.

Un livre à vous faire choisir un plat végétarien au restaurant comme le héros de ce livre qui prend “une petite salade”. Pour ma part, le Bibimbap sera au tofu ce soir.

Voici deux vidéos d'expériences dont l'auteur parle dans son roman.

 

"Chamanes" chez Etoiles sauvages

Par Le 03/11/2023

Ré-impression d'un magnifique ouvrage.

 

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Chamanes, les chants de la déesse

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CHAMANES, Les Chants de la Déesse est un Beau-Livre de contes illustrés qui rassemble à travers 136 pages les histoires de Femmes Chamanes de tous les âges, de la préhistoire à aujourd’hui.

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CHAMANES, Les Chants de la Déesse est un Beau-Livre de contes illustrés qui rassemble à travers 136 pages les histoires de Femmes Chamanes de tous les âges, de la préhistoire à aujourd’hui.

Dans toutes les cultures du monde, les chamanes font le lien entre les êtres humains, la nature et les animaux. A travers ces récits, l’auteur et illustrateur Jean-Sébastien Rossbach veut avec ses mots comme avec ses peintures porter ce message : il est plus que jamais temps de protéger notre planète. Et comme il pense que l’avenir de celle-ci passe par les femmes, qui mieux que des figures féminines exemplaires pour incarner ce message d’espoir !

Un beau livre qui s’adresse aux lectrices et lecteurs attirés par le chamanisme ou la spiritualité liée à la Nature, sensibles aux problématiques écologiques, qui ont envie de rêver et de s’évader dans l’univers pictural et poétique auquel donne vie Jean-Sébastien Rossbach.

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Glyphosate et vers de terre

Par Le 02/11/2023

 

 

Une scientifique vauclusienne alerte des dangers du glyphosate sur les vers de terre et le sol

 

Vaucluse

De 

Camille Labrousse

Lundi 16 octobre 2023 à 14:54 - Mis à jour le lundi 16 octobre 2023 à 16:47

Par 

France Bleu Vaucluse , 

France Bleu

Céline Pelosi est chercheuse à l'INRAE d'Avignon. Elle prouve que l'usage du glyphosate a des conséquences dévastatrices chez les vers de terre et donc sur la qualité des sols. Elle a signé une tribune dans Le Monde le 12 octobre dernier.

Les vers de terre sont présents

Les vers de terre sont présents © Radio France - © Photo Radio France / Christophe Noiseux

Céline Pelosi connaît tout des vers de terre et des bienfaits qu'ils apportent à notre sol. La chercheuse travaille à l'INRAE, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, à Agroparc à Avignon. Après avoir compilé de nombreuses études et en avoir mené elle-même, elle alerte sur ce que provoque une utilisation répétée du glyphosate sur les populations de vers de terre.

Des terres moins riches et moins productives

"Une application de glyphosate ne tuera pas nécessairement un ver de terre, explique Céline Pelosi avec beaucoup de pédagogie. C'est l'usage répété de cet herbicide qui va fatiguer les populations de vers, au fur et à mesure. Elles vont devenir de plus en plus basses. Et s'il n'y a plus de vers de terre, alors il y a moins de régulation des flux d'eau, moins de dégradations des matières organiques. Mais surtout, il y a moins de biodiversité. C'est un danger pour les agriculteurs puisque les vers de terre augmentent la croissance végétale".

Dans le détail, l'utilisation répétée du glyphosate provoque des retards de croissance, des défauts de reproduction et des changements de comportement. Le manque de vers de terre sur une parcelle agricole a lui deux conséquences : le rendement est plus faible et les plantes sont plus petites. Céline Pelosi souligne que c'est valable pour le glyphosate et pour tous les herbicides, pesticides ou insecticides.

La scientifique milite donc pour un changement de modèle agricole. "On voit bien tous les dommages que ça a sur la santé de l'homme et de l'environnement. Il faut sortir de tout ça, changer notre façon de faire et ne plus avoir recours aux produits chimiques". Céline Pelosi fait partie de ses scientifiques qui alertent sur la crise climatique ou l'effondrement de la biodiversité. Elle a notamment publié une tribune dans le Monde concernant les vers de terre, avec 16 autres spécialistes des sols. Mais elle regrette de ne pas être entendue par les décideurs. "A quoi ça sert, ce qu'on fait, s'interroge-t-elle ? Pourquoi faire de la recherche si ce n'est pas utilisé pour servir la cause de l'humanité ?"

Céline Pelosi conclut tout de même par une lueur d'espoir. Elle explique que lorsqu'on arrête d'utiliser du glyphosate sur une parcelle, par exemple pour se convertir en agriculture biologique, les vers de terre finissent par revenir. Ils mettent du temps, parfois cinq, 10 ou 15 ans, mais ils reviennent.

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