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"Le grand récit des montagnes"

Par Le 20/09/2023

Le Grand récit des montagnes — Une randonnée scientifique à la découverte des lois du monde, de Blandine Pluchet, aux éditions Flammarion, mai 2022, 272 p., 20 euros.

 

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Culture et idées

Les montagnes, ces temples de la science

 

Les montagnes, ces temples de la science

Formation des roches, réchauffement climatique... Les montagnes abritent de nombreux savoirs. Dans une randonnée scientifique, l’autrice Blandine Pluchet propose d’aller à leur découverte.

Ah qu’ils sont beaux, les paysages de montagne ! De vrais « musées à ciel ouvert », clament les agences de tourisme, des vues « à couper le souffle », renchérissent les réseaux sociaux… Mais la montagne n’est pas une image, elle est vivante, et on éprouvera des émotions bien plus fortes en découvrant son histoire depuis des milliards d’années qu’en arpentant ses sites fragilisés.

Physicienne de formation, l’écrivaine Blandine Pluchet propose cet élargissement du regard dans Le Grand récit des montagnes (éd. Flammarion), en révélant leur vie entre ciel, terre et cosmos.

On la suit d’autant plus volontiers que sa verve est claire et chaleureuse, et que son livre, conçu comme une randonnée scientifique, mêle subtilement science et poésie du monde. Chemin faisant, au gré de rencontres variées (glaciologues, astronomes, conteuse…) et de visites de centres européens de la recherche sur le climat, la haute montagne révèle une facette d’elle-même peu connue : celle d’une sœur fantasque et spirituelle, devenue vigie du réchauffement climatique.

Les étapes de la randonnée scientifique proposée par Blandine Pluchet dans son livre. © Flammarion

De la voûte céleste des anciens à l’exploration de la matière noire

Ce n’est pas un « paysage » que Blandine Pluchet décrit dans Le Grand récit des montagnes, c’est tout un « monde » auquel nous sommes profondément liés. Un monde qui est à la fois un riche écosystème naturel et culturel, avec son réservoir de mythes et légendes, et un terrain d’observation exceptionnel sur l’Univers. De l’époque des téméraires savants-alpinistes, au XVIIᵉ siècle, aux recherches actuelles sur les implications du réchauffement climatique, la science en montagne a toujours été riche de perspectives.

Le ciel, par exemple, qu’observent plusieurs centres scientifiques européens en altitude ou en sous-sol, pour éviter tout rayonnement cosmique, c’est à la fois cette voûte céleste dans laquelle des peuples de l’Antiquité lisaient l’avenir ; ce joyau nocturne à l’abri duquel un tiers des vertébrés trouve refuge ; ce cosmos sillonné de milliards d’étoiles dont les rayons nous modèlent — ils sont en particulier responsables, par leurs interférences avec l’ADN, de mutations au sein du vivant qui contribuent à l’évolution permanente de tous les êtres sur Terre ; cette matière noire, source d’énergie de la Terre, à l’origine des plaques tectoniques et donc de nos paysages, qu’étudie le Laboratoire souterrain de Modane, etc.

La Schneefernerhaus, en Bavière (à 2 600 mètres d’altitude), sert aux scientifiques à explorer les nuages, les rayons cosmiques, la vapeur d’eau, etc. Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Marcus Hebel

C’est aussi cette troposphère (jusqu’à 10 kilomètres d’altitude), où se fabriquent le climat et ses dérèglements. Et quel meilleur endroit pour saisir son processus que la terrasse de la Schneefernerhaus (ou Maison du glacier des neiges), un institut de recherche planté à 2 600 mètres d’altitude sur les pentes de la Zugspitze, en Bavière ?

De cette terrasse-atelier donnant sur un ciel miroitant de vifs contrastes de lumière, qui devient théâtre fantasque les jours de mauvais temps (feux de Saint-Elme, halos divers…), on visualise bien mieux les loopings des masses d’air sur les sommets, jusqu’à la formation des nuages, pourvoyeurs de pluie ou de neige. C’est la touche Blandine Pluchet, qui, en bonne pédagogue (elle est aussi guide et autrice de livres pour enfants), sait que l’on comprend mieux ce que l’on parvient à se représenter.

À 2 600 mètres d’altitude pour visualiser le changement climatique

Après une brève initiation à la circulation globale de l’atmosphère à l’échelle de la planète, le processus du changement climatique vous paraîtra aussi bien plus clair (Hannes Vogelmann, le physicien au laser vert qui a « la montagne dans le sang », y contribuera). Surtout vous comprendrez que ce n’est pas un phénomène « mécanique », mais une rupture des équilibres naturels qui se sont construits des millions d’années durant, et qui, dans un effet domino, va s’accentuant.

Si l’excès de vapeur d’eau dans l’atmosphère, induit par les activités humaines, frappe déjà avec ses canicules, orages violents et fortes pluies, il pourrait entraîner d’autres bouleversements météorologiques en cas, par exemple, de modification des grandes circulations d’air comme le jet-stream. De même, la fonte des glaciers pourrait amoindrir les réserves d’eau européennes, puisque ceux-ci alimentent indirectement nos grands fleuves (Rhône, Rhin, Danube, etc.).

Sans même parler du pergélisol, cette glace qui sert de socle aux montagnes et couvre un quart de la surface mondiale, dont la fonte pourrait libérer des virus inconnus et provoquer un affaissement des reliefs…

Depuis la terrasse de la Schneefernerhaus, à 2 600 mètres d’altitude, le physicien Hannes Vogelmann lance son lidar pour étudier les particules en suspension dans l’atmosphère. © Blandine Pluchet

Le récit de ces évolutions presse le cœur, d’autant que Blandine Pluchet rappelle avec une foultitude de détails combien l’écosystème montagnard est créatif, surprenant : formation et variété des nuages, des flocons de neige, des quartz, des lumières invisibles (infrarouge, ultraviolette, etc.), des cristaux et pierres fines, de la glace, etc. Saviez-vous, par exemple, qu’il existe non pas une, mais une bonne dizaine de variétés de glace, selon les conditions de température et de pression, et que l’épaisseur d’un manteau neigeux se lit comme les cernes d’un arbre ?

Disparues, les montagnes continuent d’exister

Les reliefs ont également une relation très forte avec la terre : en descendant des hauteurs, leurs rivières, par exemple, charrient les fruits de l’érosion qui fertilisent les plaines. Et question « développement durable », ces interrelations entre haut et bas sont parfois époustouflantes.

Pour l’illustrer, Blandine Pluchet nous entraîne dans un émouvant voyage temporel jusqu’à la formation de la Terre, il y a 4,6 milliards d’années. Le périple débute en Poitou, avec une petite fleur, la gagée de Bohême. Elle va révéler à notre curieuse baroudeuse, après une enquête géologique avec le naturaliste Mathieu Boullant, que cette coquette aux allures de crocus se nourrit de sédiments laissés par une montagne disparue, l’ex-Massif armoricain, et par l’ancienne mer du Bassin parisien. Preuve que les montagnes continuent d’exister, et d’agir bénéfiquement, bien longtemps après avoir disparu de nos paysages.

La vie de la gagée de Bohême, petite fleur du bocage poitevin, démontre que les montagnes continuent d’exister bien longtemps après avoir disparu. Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Stefan.lefnaer

« La vie est un miracle. Finalement la Terre, c’est une oasis dans un univers infini, stérile. On ne sait pas s’il y a la vie ailleurs… C’est quelque chose d’exceptionnel d’exister, d’avoir des formes de vie complexes », explique l’autrice à Reporterre. Et plutôt que rêver à une colonisation de Mars, « l’idée, maintenant, ce serait de parvenir à se penser dans une globalité, et de porter un regard différent sur les êtres qui nous entourent ».

Un épisode de l’histoire des sciences rapporté dans Le Grand récit des montagnes témoigne de nos résistances à adhérer à cette vision. Il concerne la théorie de la tectonique des plaques, formalisée par l’astrologue Alfred Wegener dès 1915 (reconnaissant le mouvement permanent du monde et expliquant en partie le modelé de nos paysages), mais qui dut attendre les années 1950-1960 et une océanographe plus fine que le sexisme, Marie Tharp, pour se faire admettre.

Certainement, résume Blandine Pluchet, parce que la notion d’impermanence, chère aux philosophies orientales, était encore difficile à accepter par la science occidentale. Comme si notre rapport au temps et à la « nature » restait surdéterminé par la volonté de maîtrise.

Cristal de glace (sculpture de vapeur d’eau) photographié dans un tunnel à 50 mètres sous la Schneefernerhaus, en Bavière. © Blandine Pluchet

Salutaire ouverture, la réflexion qu’offre Le Grand récit des montagnes sur les sciences de l’environnement permet de comprendre qu’il devient possible, et urgent, de repenser cette posture de domination, pour aller vers davantage de solidarité avec les écosystèmes. Puissantes et gracieuses, les montagnes nous y encouragent en exprimant le passage du temps à la fois comme pérennité et renouveau. N’est-il pas émouvant de voir disparaître ces vieux rocs en quelques secondes sous un brouillard épais, et réapparaître aussi vite, comme si la brume n’avait été qu’un rêve ? Quel plus bel éloge du renouvellement permanent du regard ?

 

Les géants du pétrole

Par Le 16/09/2023

Réchauffement climatique : la Californie poursuit des géants du pétrole pour dommages et tromperie

 

La plainte au civil a été déposée vendredi auprès de la Cour supérieure de San Francisco contre les géants pétroliers.

Article rédigé parfranceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 16/09/2023 15:08Mis à jour le 16/09/2023 15:44

Temps de lecture : 1 min

La compagnie pétrolière Exxon Mobil, photographiée à Miami (Floride), le 31 janvier 2023. (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

La compagnie pétrolière Exxon Mobil, photographiée à Miami (Floride), le 31 janvier 2023. (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

La Californie vient d'engager des poursuites contre cinq des plus grosses compagnies pétrolières du monde. Le motif ? Elles auraient causé des milliards de dollars de dégâts tout en trompant l'opinion en minimisant les risques pour le climat liés aux énergies fossiles.

Cette action en justice, révélée par le New York Times et confirmée par le gouverneur de l'État, fait suite à de nombreuses autres lancées par des villes, comtés et États américains contre des intérêts liés aux énergies fossiles en raison de leur impact environnemental, sur fond d'accusations de décennies de campagnes de désinformation.

"Pour que les gros pollueurs rendent des comptes"

La plainte au civil a été déposée vendredi auprès de la Cour supérieure de San Francisco contre les géants pétroliers Exxon Mobil, Shell, BP, ConocoPhillips et Chevron, qui a son siège en Californie. L'American Petroleum Institute est également visé, précise le New York Times.

"Pendant plus de cinquante ans, Big Oil [surnom désignant les géants du secteur pétrolier] nous a menti, cachant le fait qu'ils savaient depuis longtemps combien les énergies fossiles qu'ils produisaient étaient dangereuses pour notre planète", a déclaré le gouverneur de l'État, Gavin Newsom, dans un communiqué publié vendredi. "La Californie agit pour que les gros pollueurs rendent des comptes", a-t-il ajouté.

 

L'hypocrisie dans toute sa splendeur.

Des cabinets d'avocats qui ont senti le bon coup.

Les géants du pétrole sont moins responsables que les politiciens et les consommateurs.

Exxon et tous les autres répondent à la demande mondiale et surfent sur les autorisations délivrées par les états. Bien sûr qu'ils savaient et depuis longtemps mais les politiciens tout autant et les consommateurs qui ont décidé pour leur part de ne plus se voiler la face.

Les politicens n'ont rien fait parce que les consommateurs-électeurs ne le voulaient pas. Et même aujourd'hui, la masse refuse d'envisager une rupture dans les modes de vie occidentale.

Alors engager des poursuites contre les géants du pétrole, c'est juste un business imaginé par des avocats. Rien ne changera tant que les consommateurs-électeurs ne le voudront pas. C'est la masse qui doit influencer le pouvoir.

 

Le rapport Meadows date de 1972. 

 

ÉCONOMIE

IL Y A 50 ANS, LE RAPPORT MEADOWS ALERTAIT SUR LES LIMITES PLANÉTAIRES

 

En 1972, des scientifiques du MIT publient "Les limites à la croissance", plus connu sous le nom de "rapport Meadows". L’ouvrage a eu a eu l’effet d’une bombe : pour la première fois, des chercheurs alertaient sur les risques d’une croissance économique infinie dans un monde aux ressources limitées. Il devient rapidement un best-seller avant de tomber aux oubliettes. Un demi-siècle après, le livre est devenu une référence, il est réédité dans une version augmentée.

Denis Meadows Ok

En 1972 le rapport Meadows a eu l'effet d'une bombe
COO

Le rapport Meadows fête ses 50 ans ! Sorti en mars 1972, le livre est publié en France sous le titre "Les limites de la croissance (dans un monde fini)" coécrit avec Donella Meadows, son mari Dennis Meadows et Jorgen Randers. A l’origine, le rapport a été commandé par le Club de Rome aux trois scientifiques de la prestigieuse université américaine MIT. Le but était de s’interroger sur les limites de la croissance économique.

La réponse est implacable : une société qui consomme et produit toujours plus, pollue aussi toujours plus et sera confrontée à la raréfaction des ressources. Ainsi, les scientifiques estiment que quels que soient les scénarios envisagés, la croissance infinie se heurtera nécessairement à des pénuries de matières premières. En 1972, ils estiment que le monde dispose de 50 ou 100 ans avant d’être confronté à un manque de ressources non renouvelables, à commencer par le pétrole, le gaz, les minerais ou même l’eau. Les auteurs de l’ouvrage conseillent donc aux dirigeants de réguler la croissance s’ils ne veulent pas assister à une multiplication des crises, des famines et même des guerres.

En pleine 30 glorieuses, l'éphémère succès du rapport Meadows

Lors de sa sortie, le livre fait un tabac mais le succès est éphémère. En pleine Trente glorieuses, les usines tournent à plein régime pour satisfaire les aspirations de la société de consommation. Dans ce contexte, une remise en question du modèle basé sur une croissance infinie du PIB est peu audible. "Quand j’ai fait cette étude, confie Dennis Meadows à France Culture, je n’avais que 29 ans, j’étais jeune et naïf, et je pensais que si je publiais mes recherches, on en tiendrait compte, on agirait en conséquence, comme quand on voit un iceberg en bateau et qu’on le contourne, c’était mon espoir. Mais voilà, 50 ans après, les dégâts s’empilent les uns sur les autres et nous entrons dans une ère de bascule".

Les choses ont-elles évolué ? "On compense la pénurie de ressources par de la dette, et on n'a pas fait ce deuil. Réinventer le business à l'aune des limites planétaires est inévitable", répond ainsi Fabrice Bonnifet, président du Collège des directeurs de développement durable (C3D). Certaines entreprises l'ont bien compris et "renoncent à faire du chiffre d’affaires pour ne pas polluer, elles sont entrées dans un monde de "post-croissance", souligne Geneviève Férone Creuzet, co-fondatrice de l’agence Prophil. "Il faut les encourager et faire évoluer les modèles".

Même si l’idée d’un monde en "post croissance", plus sobre en ressources, fait son chemin, "les travaux de recherches sur ces thèmes sont plus nombreux mais ils restent encore minoritaires", indique Dominique Méda, directrice de l’Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales (Iris). Les politiques sont également peu nombreux à s’emparer du sujet. La guerre en Ukraine pourrait faire bouger les lignes. Ce drame rappelle en effet la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles et aux ressources naturelles. Les appels à plus de sobriété se multiplient, ils émanent de l’Etat ou encore des industriels eux-mêmes qui demandent à être rationnés. Il y a 50 ans, le rapport Meadows avait prédit ce scénario et conseillait aux dirigeants de ne pas courir après la croissance, reste à espérer que ces recommandations soient entendues.

Mathilde Golla @Mathgolla

 

 

Comprendre les limites planétaires

Par Le 15/09/2023

 

 

Sciences

https://reporterre.net/Qu-est-ce-que-les-limites-planetaires?

Tout comprendre aux limites planétaires

 

Tout comprendre aux limites planétaires

Que sont les limites planétaires ? Quelles sont celles déjà atteintes ? Reporterre explique en cinq points ce concept scientifique : il permet d’évaluer l’impact des activités humaines sur les équilibres de la Terre.

Le concept scientifique de limites planétaires a pris une importance croissante depuis sa première formulation en 2009. Cinq points pour comprendre.

Cliquez pour aller directement à l’un des thèmes :

1. Qu’est-ce que les limites planétaires ?
2. 
Un cadre qui se précise depuis 2009
3. 
Les limites planétaires atteintes
4. 
Les limites planétaires en vue
5. 
Une limite planétaire maintenue à distance

1. Qu’est-ce que les limites planétaires ?

Les activités humaines menacent les équilibres naturels tels qu’ils existent depuis le début de l’Holocène. Conduits par le chercheur suédois Johan Rockström, du Stockholm Resilience Center, des chercheurs internationaux quantifient ces risques que les perturbations anthropiques font peser sur la planète.

Pour neuf grands processus impliqués dans le fonctionnement du « système Terre » (le climat, la biodiversité, les forêts, l’eau douce, l’acidification des océans, les cycles de l’azote et du phosphate, pollutions chimiques, les aérosols émis dans l’atmosphère, la couche d’ozone), les scientifiques définissent neuf limites. Franchir chaque limite augmente le risque de déstabiliser l’environnement planétaire de manière irréversible, avec des impacts majeurs pour les êtres vivants. Aujourd’hui, six limites planétaires sont dépassées.

Les limites planétaires sont différentes des points de bascule du climat. Ici, l’idée n’est pas de trouver le seuil au-delà duquel un système basculerait d’un état à un autre. Mais de mettre en évidence les risques de s’approcher de ce point de non-retour. La limite est une zone d’augmentation forte des risques qui tient compte de l’incertitude, du principe de précaution, mais aussi de l’inertie du système. La limite est ainsi fixée en amont d’un éventuel point de bascule. L’exemple du climat illustre bien cette différence : avant d’atteindre un point de bascule, le changement climatique peut avoir atteint un point de non-retour, car les changements initiés par le réchauffement vont continuer à s’amplifier même si les émissions de gaz à effet de serre sont stoppées.

Les segments en orange sont ceux pour lesquels la limite est atteinte ou franchie. La limite est une zone d’augmentation forte des risques. © Stéphane Jungers/Reporterre

2. Un cadre qui se précise depuis 2009

Le cadre des limites planétaires a été posé pour la première fois dans la revue Nature en 2009. Lors de cette première évaluation, trois limites étaient déjà atteintes : le changement climatique, la disparition trop rapide des espèces et les rejets d’azote menaçant les écosystèmes marins. Et deux limites restaient à quantifier : les pollutions chimiques (dit aussi « nouvelles entités ») et les rejets d’aérosols dans l’atmosphère.

Six ans plus tard dans Science, les risques ont été réévalués. Les chercheurs constataient qu’une nouvelle limite avait été franchie, celle des rejets de phosphates dans l’environnement. Par ailleurs, la limite sur la biodiversité s’est complexifiée. Les chercheurs estiment en effet que la disparition des espèces ne suffit pas à mesurer la menace, puisque toutes les espèces ne se valent pas et que certaines contribuent plus à l’équilibre des écosystèmes que d’autres. Les effets observables du changement climatique ont par ailleurs poussé les experts à rabaisser cette limite.

En 2022, deux nouvelles publications ont encore précisé les risques. En janvier dans Environmental Science & Technology, la limite des nouvelles entités a été évaluée pour la première fois. Puis, en avril dans Nature, la définition de la limite sur la ressource en eau douce a été affinée, avec la prise en compte de l’humidité des sols.

3. Les limites atteintes

• Le changement climatique :

La limite du changement climatique est mesurée en fonction de la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone (CO2). Celle-ci ne doit pas dépasser une valeur située quelque part entre 350 parties par million (ppm) et 450 ppm. La teneur moyenne actuelle est d’environ 420 ppm par rapport à l’ère préindustrielle. Le dépassement de cette limite nous fait entrer dans l’Anthropocène.

• L’intégrité de la biosphère :

D’abord intitulée « érosion de la biodiversité », cette limite évalue les risques liés à la perte de la diversité du vivant. En dessous de 10 espèces perdues par an pour 1 million, l’érosion de la biodiversité est jugée sans effet majeur sur la biosphère. Cette limite est largement dépassée puisque le taux de disparition des espèces évalué aujourd’hui est de 10 à 100 fois supérieur. Un autre indicateur a été ajouté pour mieux prendre en compte le rôle des espèces dans le fonctionnement des écosystèmes : la diversité fonctionnelle des espèces. Cette deuxième limite reste néanmoins à évaluer.

• Le changement d’usage des sols :

L’indicateur de risques retenu est la perte des forêts. En particulier parce que ces biomes ont des effets rétroactifs importants sur le climat et qu’ils abritent une grande biodiversité. Une valeur supérieure est accordée aux forêts tropicales et boréales, par rapport aux forêts tempérées. En moyenne, rester sous cette limite impose de conserver 75 % du couvert forestier. Au niveau mondial, le taux moyen actuel est estimé à 62 %.

Fin avril, une étude a montré qu’une sixième limite planétaire, celle de l’humidité des sols, a été franchie. Unsplash/CC/Maud Correa

• La perturbation des cycles biochimiques de l’azote et du phosphore :

Les rejets de phosphore et d’azote dans les océans représentent aujourd’hui un risque pour l’intégrité des écosystèmes marins, à cause des phénomènes d’eutrophisation des milieux. L’agriculture industrielle dans quelques régions du monde est à elle seule responsable du dépassement de cette limite planétaire.

• Les nouvelles entités introduites dans l’environnement :

Cette limite concerne le risque que font peser les substances créées par l’humain sur l’environnement (les molécules de synthèse, les nanoparticules, etc.). Évaluée seulement en 2022, cette limite est dépassée tant les volumes produits et leur dissémination sur l’ensemble du globe sont jugés hors de contrôle. Dans leur publication, les chercheurs rappellent que le volume des produits chimiques a été multiplié par 50 depuis 1950. Et qu’une infime partie des 350 000 substances mises sur le marché ont été évaluées sur leurs dangers pour la santé et l’environnement.

• L’utilisation d’eau douce :

Si en 2015, la limite de la ressource en eau douce était loin d’être franchie, c’est que l’indicateur n’était pas le bon, ont rectifié les chercheurs en 2022. Seuls les risques qui pèsent sur l’eau dite « bleue », autrement dit les lacs, les rivières et les nappes souterraines, étaient pris en compte. Fixée à un prélèvement annuel de 4 000 km3/an contre 2 600 km3/an actuellement, la limite eau bleue n’est pas atteinte. Mais un autre risque, le changement du niveau d’humidité des sols (appelé « eau verte »), vient s’ajouter. Et là, la limite est franchie, selon les chercheurs, face à l’ampleur des changements observés, avec des sols très asséchés ou au contraire détrempés.

4. Les limites en vue

• L’acidification des océans :

Cette limite est directement liée à la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, puisque la dissolution de ce gaz dans l’océan entraîne une acidification de l’eau de mer. La limite correspond au niveau d’acidité qui entraînerait une dissolution du carbonate de calcium formé par de nombreux organismes marins, comme les coquilles des mollusques ou le corail. Une limite qui sera dépassée si les émissions se poursuivent.

• La charge en aérosols atmosphériques :

En plus d’avoir des effets sur la santé humaine, les particules émises dans l’atmosphère par la combustion des énergies fossiles modifient régionalement le système climatique. Elles menacent en particulier la mousson indienne qui pourrait disparaître au profit d’un régime sec. Avec des conséquences inquiétantes pour la région. Pour l’instant, cette limite, établie pour l’Asie du Sud, n’a pas été extrapolée à l’échelle globale.

5. Une limite maintenue à distance

• La diminution de la couche d’ozone :

Cette limite, qui fixe un minimum de concentration d’ozone dans l’atmosphère, est la seule qui s’éloigne. Stable depuis quinze ans, la concentration d’ozone devrait grimper à nouveau grâce à l’interdiction des fréons (CFC) responsables de la destruction de ce gaz.

Dépassement des limites

Par Le 15/09/2023

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Quelles sont les limites planétaires et à quoi sert ce concept en écologie ?

 

https://www.geo.fr/animaux/quelles-sont-les-limites-planetaires-et-a-quoi-sert-ce-concept-en-ecologie-journee-mondiale-environnement-boehly

 Pollution

Les neuf limites planétaires telles que présentées dans une étude de Will Steffen et ses collègues en 2015. © GEO / Owenmgaffney, source : Steffen et al. 2015 (Science), design : Globaïa

A l'occasion de la journée mondiale de l'environnement le 5 juin, GEO s'intéresse aux limites planétaires. Audrey Boehly, autrice du livre Dernières limites (éd. Rue de l'échiquier), a interrogé plusieurs experts des domaines concernés afin d'apporter un éclairage différent sur ce concept.

NASTASIA MICHAELS 

Publié le 05/06/2023 à 12h19 - Mis à jour le 22/08/2023

L'humain consomme-t-il davantage de ressources que la planète Terre ne peut lui en offrir ? La question se pose avec un regard plus aiguisé depuis la publication du rapport "Les limites à la croissance" en 1972 – aussi appelé "rapport Meadows" en référence à son auteur principal, le professeur Dennis Meadows du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et son épouse Donella Meadows.

Ces travaux de modélisation, qui prenaient en compte la population humaine, la production agricole, la production industrielle, les services (tels que la santé et l'éducation) – mais aussi les ressources non renouvelables comme les métaux ou le pétrole – et enfin la pollution, ont abouti à une dizaine de scénarios sur l'avenir du système Terre.

Or, d'après des études réalisées par la suite (Turner, G. 2014 et Herrington, G. 2020), notre trajectoire actuelle se rapprocherait des deux premiers scénarios issus du rapport Meadows… ceux qui, malheureusement, conduisent à un effondrement.

 

Quelles sont les neuf limites planétaires ?

Les chercheurs Johan Rockström de l'université de Stockholm en Suède, Will Steffen de l'université nationale d'Australie et leurs collègues ont développé en 2009 le concept de "limites planétaires", c'est-à-dire de ressources ou de fonctionnements de notre planète dont le dépassement conduirait à un basculement des équilibres planétaires (Rockström, J., W. Steffen, K. Noone et al. 2009).

Les neuf limites planétaires initialement définies par ces scientifiques sont les suivantes :

le changement climatique ;

la biodiversité ;

les cycles de l'azote et du phosphore ;

l'eau douce ;

la couche d'ozone ;

l'acidification des océans ;

les changements d'usage des sols (comme la déforestation) ;

la pollution atmosphérique ;

la pollution chimique.

Mais à quoi sert-il, finalement, de parler de limites planétaires ? Avant tout, à changer de regard. "Bien qu'étant journaliste scientifique et ayant travaillé sur de nombreux sujets d'environnement, je me suis moi-même rendu compte que je n'avais pas pris conscience de la magnitude du problème", confie à GEO la journaliste, conférencière et enseignante Audrey Boehly.

"J'étais très focalisée sur la problématique du climat [...] que j'appréhendais uniquement comme un problème technique : l'urgence, c'était de décarboner notre énergie, mais sans forcément remettre en cause notre mode de vie."

Or, cette ingénieure de formation a vu sa perspective bouleversée par une lecture, celle du rapport Meadows. Et par son message clé : la poursuite infinie d'une croissance économique dans un monde fini conduit inévitablement l'humanité à la catastrophe.

"J'ai pris conscience que nous n'étions pas juste en face d'un problème climatique, mais que nous étions en train de dépasser, une à une, toutes les limites planétaires. Plus qu'une affaire technologique, cela relevait finalement de l'organisation de nos sociétés", explique-t-elle.

 

"Dernières limites" : les limites planétaires vues par des experts français

Dans son livre Dernières limites (éditions Rue de l'échiquier), Audrey Boehly a interrogé une dizaine d'experts des domaines concernés, tels que la co-présidente du GIEC Valérie Masson-Delmotte (CEA), le président du conseil scientifique de l'Institut océanographique de Monaco Philippe Cury (IRD), l'experte de l'IPBES (équivalent du GIEC pour la biodiversité) Sandra Lavorel (CNRS), ou encore la membre du comité national de l'eau Florence Habets (ENS), entre autres.

Tous ces scientifiques dressent certes un constat plus qu'inquiétant, mais ils proposent aussi des pistes d'actions concrètes. Lesquelles ont la particularité de ne pas se borner à leur propre domaine d'expertise. "Pour mettre en œuvre des solutions pertinentes, il faut avoir en tête cette vision systémique, c’est-à-dire une vision globale des enjeux écologiques. La biodiversité, l'énergie, l'agriculture… Tout cela est lié, à l'image d'un jeu de dominos", illustre la journaliste.

L'approche des limites planétaires permettrait ainsi d'écarter les "fausses solutions" consistant à agir sur une limite planétaire en négligeant les autres. C'est le cas, par exemple, des agrocarburants (ou biocarburants). Ces carburants à base de produits agricoles remplacent certes l'essence issue du pétrole pour les transports, luttant ainsi contre le changement climatique. Mais leur généralisation reviendrait à dépasser plusieurs autres limites planétaires, comme celle des changements d'usages des sols, puisqu'il faudrait cultiver davantage de terres pour en produire en quantité suffisante.

Au contraire, les "solutions basées sur la nature", qui consistent à régénérer des écosystèmes naturels (forêt, mangrove, etc.), "nous permettent de lutter à la fois contre le réchauffement climatique, mais aussi de réparer plusieurs autres limites planétaires (qualité de l'eau, biodiversité…)", souligne Audrey Boehly. L'agroécologie, mais aussi la mise en place d'aires protégées avec un niveau de protection exigeant : "ces solutions sont placées, dans le rapport du GIEC, parmi les mesures phares – juste derrière les énergies renouvelables", souligne Audrey Boehly.

 

Quelles sont les 8 limites planétaires redéfinies en 2023 ?

Le concept de limites planétaires n'est pas immuable : depuis les travaux initiaux de Rockström et Steffen, des scientifiques ont tenté de l'enrichir. Notamment en intégrant à cette notion les besoins humains. "C'est ce qu'avait fait l'économiste Kate Raworth (Raworth, K. 2017) à l'origine de la "théorie du donut" [ou doughnut]. Celle-ci prend à la fois en compte un "plafond" des activités humaines, qui correspond aux limites planétaires, mais aussi un "plancher" qui représente les besoins humains. Entre les deux, se trouve une zone juste et durable pour l'humanité", précise Audrey Boehly.

C'est également l'approche adoptée par les auteurs d'une étude publiée le 31 mai dans la revue Nature (Rockström, J., Gupta, J., Qin, D. et al. 2023). Non seulement les limites planétaires sont redéfinies et il n'y en a plus que huit (la couche d'ozone, l'acidification des océans et la pollution chimique ne sont plus comptées séparément, tandis que d'autres limites se distinguent), mais elles prennent aussi en compte les besoins humains.

Voici les huit limites planétaires redéfinies en 2023 :

le climat ;

l'intégrité fonctionnelle des écosystèmes (ex "biodiversité") ;

le cycle de l'azote ;

le cycle du phosphore ;

l'eau douce souterraine ;

l'eau douce de surface ;

la surface occupée par les écosystèmes naturels (ex "changements d'usage des sols") ;

les aérosols (ex "pollution atmosphérique").

D'après cette étude, sept des huit limites planétaires sont dépassées en termes de zone juste et durable pour l'humanité (le climat, l'intégrité fonctionnelle des écosystèmes, le cycle de l'azote, le cycle du phosphore, l'eau douce souterraine, l'eau douce de surface et la surface occupée par les écosystèmes naturels), dont six dépassent même le "plafond" (seul le climat n'excède pas celui-ci).

 

Comment faire pour ne pas dépasser les limites planétaires ?

Si l'on écoute les experts Français au sujet des limites planétaires, il est intéressant de noter que la plupart des solutions qu'ils proposent se rejoignent. "Il s'agit bien sûr de sortir des énergies fossiles, mais c'est aussi un enjeu de sobriété, résume Audrey Boehly. Il nous faut réduire notre empreinte écologique : nous produisons davantage de pollution que la nature ne peut en absorber, et nous consommons trop. À la fois en termes de ressources renouvelables issues de la biosphère, et de ressources non renouvelables que nous sommes en train d'épuiser – les énergies fossiles, les métaux, le sable [qui représente la 2e ressource naturelle la plus exploitée au monde après l'eau], etc."

Les limites planétaires nous invitent par ailleurs à relativiser le succès des innovations technologiques susceptibles d'entraîner un "effet rebond", c’est-à-dire une surconsommation et donc, de la pollution. "Prenons le cas de la voiture : les moteurs thermiques sont désormais bien plus efficaces [une distance prolongée avec moins de carburant] qu'ils ne l'étaient il y a 15 ou 20 ans. Mais du fait que l'on parcourt davantage de kilomètres, et ce, avec des voitures plus lourdes, au final, nous consommons aujourd'hui plus d'essence qu'avant", explique Audrey Boehly.

 

Pour la journaliste, la réduction de notre empreinte écologique démarre certes à l'échelle individuelle, mais le niveau collectif demeure incontournable. "Par exemple, si l'on veut utiliser moins sa voiture et prendre davantage le vélo de manière à consommer moins d'énergie, il s'agit certes d'une initiative individuelle. Mais cela se heurte très vite aux infrastructures – les pistes cyclables – décidées au niveau collectif", illustre-t-elle. D'où l'urgence "que les citoyens se mobilisent pour faire pression afin d'obtenir des politiques publiques qui soient à la hauteur des enjeux."

Reste maintenant à entendre le message. Force est de constater que plus de 50 ans après la publication du rapport Meadows, la croissance économique a continué à grimper de manière exponentielle.

"Si nous continuons à avoir une vision dispersée et parcellaire des enjeux écologiques – avec uniquement des COP, des débats ou des sommets consacrés séparément au climat, à l'océan, à la biodiversité, au plastique, etc. –, nous ne ferons qu'éponger l'eau au lieu de réparer la fuite, prévient l'autrice de Dernières Limites. Car nous continuerons à passer sous silence le fait que tous ces problèmes ont une même origine : la poursuite de la croissance au-delà des limites planétaires. On ne peut pas s'en sortir sans s'attaquer à la racine du problème ni changer notre modèle de société.

Avant de conclure :

"Notre objectif doit devenir le bien-être humain et celui des écosystèmes, qui sont intrinsèquement liés, et non une croissance économique qui, pour nos sociétés occidentales, n'est plus synonyme ni de progrès ni de bonheur."

Le petrichor

Par Le 14/09/2023

 

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SCIENCES NATURELLES

D'où vient le petrichor, cette bonne odeur de la terre après la pluie ?

Par 

Publié le dimanche 18 juin 2023 à 21h06

3 min

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Les gouttes de pluie, en s'écrasant au sol, libèrent des composants provenant de la végétation et du sol.Les gouttes de pluie, en s'écrasant au sol, libèrent des composants provenant de la végétation et du sol. 

© Getty - kakub1n

En été, après une averse, on se prend souvent à emplir ses poumons de l’odeur qui se dégage du sol. Cette odeur, c’est le petrichor, une fragrance caractéristique dont les composants proviennent à la fois de la végétation et du sol.

Après des jours de sécheresse, les premières gouttes de pluie tombent sur un sol écrasé de chaleur. Lorsque l’averse cesse, vous vous surprenez à vous emplir les poumons, nez tendu, narines dilatées, pour vous imprégner de cette odeur qui émane soudain du sol.

Cette odeur caractéristique, typique de l’été et des températures élevées, est nommée “petrichor”, un néologisme créé à partir du grec ancien et qui signifie “sang de pierre”. On doit ce nom à deux scientifiques australiens, la chimiste Isabel Joy Bear, et le minéralogiste Roderick G. Thomas, qui, en 1964, tentent de comprendre pour la première fois pourquoi la pluie, qui n’a pas d’odeur, peut soudain dégager un parfum si enivrant. Ils ne sont pas les premiers scientifiques à se poser la question : en avril 1891 déjà, la revue The Chemical News publiait un article signé Thomas Lambe Phipson, dans lequel ce dernier décrivait “l’odeur émise par les sols après une forte pluie” , qu’il avait observé pour la première fois “dans le sol crayeux de Picardie”. Selon lui, cette odeur était due “à la présence de substances organiques étroitement liées aux huiles essentielles des plantes”, les sols poreux absorbant “la fragrance émise par des milliers de fleurs”.

À réécouter : Les bonheurs du nez : odeurs naturelles et parfums artificiels

Concordance des tempsÉCOUTER PLUS TARD

LECTURE

59 min

Une huile végétale pour protéger les plantes

L’intuition de Thomas Lambe Phipson sera confirmée par l’étude des deux scientifiques australiens. Publiée dans la revue Nature, elle explique les mécanismes chimiques à l'œuvre et le lien entre chaleur, pluie, et plantes. Le petrichor est dû à plusieurs facteurs, parmi lesquels on retrouve une huile végétale, sécrétée par les plantes pour se protéger et pour signaler le ralentissement de la croissance des racines et de la germination des graines lorsque le temps est trop chaud. Cette huile végétale s’accumule rapidement, sur les feuilles d’abord, mais aussi dans les roches poreuses, voire le bitume qui recouvre les routes.

Lorsque la pluie se met enfin à tomber, c’est cette huile végétale, longtemps accumulée, qui se trouve libérée. Les premières gouttes de pluie, en venant s’écraser sur le sol, se vaporisent sous forme d’aérosol, emportant avec elle une partie de la sève végétale et la libérant dans l’air.

Une odeur créée par des bactéries

L’odeur du petrichor n’est pas uniquement due à cette huile végétale, mais également à un autre composé, nommé géosmine. C’est à cette molécule que l’on doit la fragrance terreuse et musquée qui s’élève d’un sol encore chaud après la pluie. Elle est produite par de très nombreux micro-organismes présents dans le sol, essentiellement les actinobactéries et les cyanobactéries telluriques : c’est notamment ce composé organique volatile, qui donne à la terre labourée ou mouillée son odeur particulière.

Pour l’être humain, l’odeur est d’autant plus saisissante qu’il y est particulièrement sensible : notre nez est capable de détecter la géosmine en suspension dans l'air à des concentrations extrêmement faibles de moins de cinq parties par milliard (ppb). Cette même molécule, très appréciée lorsqu'on la détecte dans l’atmosphère, nous paraît paradoxalement intolérable une fois décelée dans l’eau : c’est la géosmine qui confère parfois à celle-ci son goût terreux, voire boueux, unanimement abhorré.

L’odeur du petrichor, évidemment, ne se ressent pas avec la même intensité selon que l’on soit en ville, à la campagne ou encore en forêt : s’il y a beaucoup moins de bactéries, et donc de géosmines, dans les zones urbanisées, il y a en revanche beaucoup plus d’ozone présent dans l’air. C’est notamment le cas par temps orageux, où l’ozone créé par les décharges électriques des éclairs dans le ciel est porté par les vents : ce gaz, qui donne une odeur distinctive à l’air et qui peut parfois évoquer l'eau de Javel, crée un contraste encore plus saisissant et rend l’odeur du petrichor plus distincte encore.

Entre villes et campagnes, l'intensité de l'odeur du petrichor diffère.Entre villes et campagnes, l'intensité de l'odeur du petrichor diffère. 

© Getty - Sarayut Thaneerat

Une odeur devenue parfum

Reste à savoir pourquoi l’odeur de l’huile végétale et de la géosmine combinées nous plaît tant une fois qu’elle a été libérée par la pluie. Les raisons précises pour lesquelles cette fragrance nous est si agréable restent floues. L’hypothèse la plus communément admise part simplement du fait que le petrichor, avec son odeur terreuse et végétale, est associé à une odeur positive pour l’environnement, et par extension pour l’être humain.

Sans surprise, le petrichor est désormais un élément couramment utilisé en parfumerie. Bien avant que la science n’établisse son origine, il était déjà extrait de la terre, à Kannauj, en Inde, pour créer un parfum nommé “mitti attar”, ou “parfum de la Terre”. Depuis, il est devenu un composé commun des maisons de parfumerie, et se décline dans de célèbres parfums, tel “Après l’ondée” de Guerlain. Même si rien ne vaudra jamais, évidemment, l’odeur de la pluie après l’orage...

La chasse aux randonneurs

Par Le 12/09/2023

C'est un lieu que l'on connaît très bien, un de nos terrains "d'aventure" quand nous vivions en Savoie, quelques belles randonnées réservées à de bons marcheurs, n'ayant pas peur du vide et de la difficulté à trouver l'itinéraire.

 

Pour la liberté d'accès à tout-e-s à la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse

Lancée le

1 septembre 2023

Adressée à

Parc naturel régional de Chartreuse (Parc naturel régional de Chartreuse) et 3 autres

Pourquoi cette pétition est importante

Lancée par Collectif CHARTREUSE

La Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse créée en 1997, 2ème plus grande réserve du département de l'Isère après celle du Vercors, avec 4400 hectares s'étendant de la Dent de Crolles au Mont Granier, vise à préserver un patrimoine naturel exceptionnel tant au niveau de sa faune, sa flore et sa géologie.

Comme toute réserve, en plus d'avoir une règlementation spécifique, elle a également pour rôle de sensibiliser les publics à la préservation de l'environnement.

Malgré la présence de cette réserve d'intérêt général, Bruno de Quinsonas-Oudinot, propriétaire ayant hérité d'une partie des terrains de la réserve (grâce à une ascendance rattachée à un ancien seigneur local du Moyen-âge*), a mis en place depuis de nombreuses années une chasse privée, compliquant fortement son accès et le partage de l'espace à l'ensemble des usagers, pour des objectifs mercantiles, les terrains étant loués fort cher aux chasseurs dans un massif où le chamois était encore en voie de disparition dans les années 1980.

La pression à l'encontre des pratiquants de la nature pour leur interdire l'accès à une grande partie de la réserve est devenue de plus en plus forte ces dernières années, ceci pouvant aller jusqu'à des menaces voir des violences (voir ici). Derniers faits en date, en août 2023, on a pu constater la pose de panneaux "propriété privée" ou encore l'enlèvement de matériel visant à sécuriser certains passages exposés.

Cette remise en cause de la liberté d'accès à la réserve, existant pourtant dans les us et coutumes depuis la nuit des temps, nous conduit à demander de manière urgente à l'Etat :

la garantie d'accès à l'ensemble des publics sur les principaux sentiers de la réserve (en particulier ceux inscrits au Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée et dans le Plan de circulation de la réserve), qu'ils soient en terrain public ou privés

l'interdiction des panneaux "propriété privée" au sein de la réserve afin de garantir le respect du patrimoine paysagé

l'arrêt des intimidations des gestionnaires des terrains privés à l'encontre des pratiquants de la montagne

l'interdiction de la chasse à minima sur les zones les plus fréquentées de la réserve pour des questions de sécurité, et son interdiction totale vis à vis des espèces menacées étant donné le rôle de préservation du milieu naturel que doit jouer la réserve.

Nous nous opposons par ailleurs plus globalement à l'accaparement du  milieu naturel par quelques personnes pour des objectifs financiers, au détriment du reste de la population.

Vous partagez notre avis ? Alors signez et partagez la pétition autour de vous pour que cette réserve redevienne une réserve nationale pour tout-e-s !

Envie de soutenir financièrement la mobilisation ?https://fr.tipeee.com/droit-a-la-nature

Le Collectif opposé à la privation d'accès à la réserve des Hauts de Chartreuse.
Pour en savoir plus et suivre la mobilisation : 
droit-a-la-nature.org

NB : Sur Change.org, il y a la possibilité que les signataires financent de la publicité pour faire connaitre la pétition. L'impact est cependant limité (300 signatures grâce aux contributions totales de 1660€). Il peut donc être pertinent de contribuer plutôt pour aider à financer les actions à venir.

Aperçu de la zone naturelle privatisée :

altituderando.com/Les-Hauts-de-Chartreuse-interdits-pour-la-randonnee

La pétition dans les médias :

Massif de la Chartreuse : les randonneurs interdits de montagne, les chasseurs l’ont « privatisée » - Article Le Parisien - 8 Septembre 2023

Un marquis veut interdire l'accès aux plus beaux coins de Chartreuse aux randonneurs - Le Dauphiné Libéré - 9 Septembre 2023

VIDEO - Des centaines d’hectares interdits aux randonneurs en Chartreuse ? Décryptage d’une polémique qui enfle - Le Dauphiné Libéré - 10 Septembre 2023 Cette vidéo qui revient sur certains points de la polémique donne la parole à un des pétitionnaires et met également particulièrement en avant l'avis du Président du Parc naturel de Chartreuse qui défend très clairement le propriétaire de la Réserve et ses agissements, sans répondre à nos revendications et pointe du doigt  "ceux qui imaginent qu'on aurait le droit de faire n'importe quoi".

PRIVILÈGES, BUSINESS ET CHASSEURS VENUS D’AILLEURS - Alpine Mag - 11 Septembre2023

Sources :

https://reporterre.net/Ils-font-la-loi-quand-chasseurs-et-randonneurs-se-disputent-un-superbe-paysage

https://alpinemag.fr/chartreuse-reserve-naturelle-interdiction-randonnee-tour-percee/

https://www.pascal-sombardier.com/la-tour-percee-de-l-aup-du-seuil

* La possession des terres et du Château du Touvet a été obtenu suite à une alliance entre la noblesse de Marcieu et celle de Quinsonas.
https://viniciacum.fr/wp-content/uploads/2021/08/1997-09-24-Nationalite_dauphinoise-Expressions.pdf

Découvrir la réserve des Hauts de Chartreuse dans le film "La nature en partage" :

Un aperçu de la chasse en Chartreuse.
Dans cette vidéo, la chasse au chamois est réalisée aussi en période d'enneigement, 
pratique en théorie interdite par le code de l'environnement mais autorisée par le préfet dans le département.

FAQ :

# 0 - Quelle différence entre la Réserve des Hauts de Chartreuse et le Parc naturel régional de Chartreuse ?

La Réserve est un espace possédant une réglementation spécifique dans un but de préservation. Le Parc naturel n'a pas de règlementation spécifique mais fonctionne sur la base d'une charte entre les communes qui le composent. En Chartreuse, le gestionnaire de la Réserve est le Parc naturel de Chartreuse. En savoir plus.

# 1 - La réserve a-t-elle pour but de préserver la faune ?
OUI ET NON :
-D'après 
son règlement :
"Il est interdit
> de troubler ou déranger de quelque manière que ce soit des
animaux sauvages (cris, jets de pierre...).
> de porter atteinte de quelque manière que ce soit aux animaux
d'espèce non domestique ainsi qu'à leurs oeufs, couvées, portées
ou nids, ou de les emporter hors de la Réserve,
• sauf exercice réglementé de la chasse en Réserve Naturelle"

C'est tout de même paradoxal !

# 2 - Le GR traversant la Réserve des Hauts de Chartreuse existe-t-il toujours ?
OUI ET NON :
- Le GR9 a été récemment détourné de la Réserve, il passe désormais par les principaux villages de Chartreuse. Le principal argument avancé est de proposer un itinéraire plus adapté disposant d'hébergements et avec des étapes plus faciles. Si l'on peut comprendre cet argument, nul doute que le conflit actuel au sein de la réserve a joué en faveur de ce changement car d'autres GR créés encore récemment comme le GR738 en Belledonne proposent peu d'hébergements.
- Mais un GR de Pays Tour de Chartreuse subsiste toujours avec un passage sur une partie de la réserve dont la zone en terrain privée.
La mise à jour des balisages est en cours, le sentier existe dans tous les cas toujours ! 

Source ICI

# 3 - Les sentiers non balisés sont-ils interdit par la Réserve ?
NON, les sentiers non balisés sont autorisés comme dans la plupart des espaces protégés sauf rares exceptions (ex : 
dans la vallée des Merveilles pour protéger des gravures rupestres). La Réserve a cependant fixé les sentiers balisés prévus pour randonner dans un plan de circulation et la création de sentiers est par ailleurs interdite. Un certain nombre de sentiers non balisés existaient bien avant la création de la Réserve.

# 4 - Y a-t-il de la sur-fréquentation sur les sentiers de la Réserve ?
Comme dans la plupart des espaces naturels,
 une sur-fréquentation a été observée en 2020 dans la période Post-Confinement. Ce pic de sur-fréquentation est passé mais on constate toujours une augmentation de la fréquentation au fil des années, comme dans la plupart des espaces naturels.

Plus d'informations sont disponibles sur le site de la Réserve bien que les données les plus récentes ne soient pas encore partagées.

Signatures : 13 540Prochain objectif : 15 000

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Bientôt 10 000 ! On continue ! Et envie de se mobiliser au delà de la pétition ?

Encore un petit effort et nous serons bientôt 10 000 à nous mobiliser pour l'accès à ce patrimoine naturel exceptionnel à découvrir et à préserver. Les relais de nos réseaux semblent très efficaces et les soutiens nombreux face à cette cause, sans doute parce que nous sommes nombreuses et nombreux à être tombé amoureux de cette belle Réserve naturelle de Chartreuse.En moins d'une semaine, 1000€ de dons ont été réalisés pour augmenter la visibilité de la pétition (dons qui ont néanmoins un impact modéré).Plus de la moitié des pétitionnaires sont en Isère et nombreux sont ceux à habiter à proximité de la Réserve et dans la vallée du Grésivaudan. Pour renforcer notre mobilisation, quelques propositions : Certaines personnalités, qu'elles soient issues du monde sportif, de la montagne ou de la politique,... ont déjà signé la pétition. 1 voix compte autant qu'une autre... mais si elles et d'autres sont partantes pour qu'on les mette en avant sur cette pétition et par la suite dans les médias, elles pourront donner plus d'écho à notre cause grâce à leur expression facilité dans l'espace publique.Des associations et structures peuvent aussi vouloir nous soutenir ce qui nous donnerait sans doute plus de poids. Petite anecdote, Brigitte Bardot, militante de la cause animale, est cousine de la famille des nobles propriétaires d'une partie de la Réserve, vous trouverez s'il y est toujours son arbre généalogique au Château du Touvet. Alors n'hésitez donc pas à nous contacter ou à le proposer à votre personnalité préférée ! Contact : collectifchartreuse   @   droit-a-la-nature.org Se mobiliser au-delà de la pétition Certaines personnes ont proposé différentes idées de mobilisation. Manifestation, tracts, banderole, vidéo, interpellation des médias,...sans tomber dans la confrontation et la violence qui a plutôt été jusqu'à présent l'expression du camp adverse. Les journées du patrimoine arrivent le week-end prochain, cela peut être une occasion de mettre la lumière sur notre patrimoine naturel tout en le respectant bien sûr ! Si vous souhaitez prendre part à une action de manière plus ou moins active, envoyez vite un mail à collectifchartreuse   @   droit-a-la-nature.orgafin qu'on s'organise ! (notez bien l'adresse mail elle ne sera pas disponible en ligne) Réfléchir à des solutions De nombreuses propositions ont été émises dans les commentaires.Un prochain message aura donc pour but de les synthétiser et de faire participer chacun sur le sujet. Des rencontres sur le territoire peuvent sans doute aussi être envisagées pour en débattre. Le Collectif Chartreuse, c'est vous, c'est nous !

Collectif CHARTREUSE

il y a 5 jours

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Commentaires

Pascal LARGE·il y a 1 semaine

L'héritage est une cause majeur d'inégalités. Quand les héritages des propriétés remontent au moyen age et donc à un système social heureusement révolu, cela devient scandaleux. Quand en plus, ces terres sont accaparées pour le plaisir mortifère de quelques priviligiés au détriment de la majorité, il n'y a plus de mots...

7·

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Véronique DANSEREAU·il y a 1 semaine

L'accaparement du milieu naturel par quelques individus pour motifs financiers est inacceptable.

6·

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Le fascia

Par Le 12/09/2023

 

 

Véronique Rauzy

 

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LE FASCIA, L’ORGANE DE L’UNITÉ

Le fascia est une de nos structures fondamentales. J’en parle au singulier car il est une unité : toutes les membranes fasciales forment un continuum. Le fascia soutient et enrobe toutes les structures corporelles. Il comprend les membranes entourant les os, les muscles et les organes mais aussi les tendons et les ligaments. Il parcourt l’ensemble du corps sous la peau, dans toute sa surface, mais aussi en profondeur, reliant nos espaces cellulaires les plus internes aux plus superficiels. Le fascia a un rôle de structuration du corps physique. Il supporte, sépare et joint les différents éléments corporels.

Le fascia, aussi dénommé tissu conjonctif, est la trame de notre architecture fluide, mélange de solide et de liquide, porteur de la souplesse, de la force, de l’élasticité, de la sensorialité, de la continuité du corps.

Pour être sain, le fascia a besoin d’être stimulé, étiré, mis en mouvement, ce qui régénère ses fluides, le désengorge et le dénoue. Sinon il se cristallise, se rigidifie et comprime les nerfs, les muscles, les articulations ; de membrane de soutien il se détériore alors en siège de la douleur. Toutefois il ne tolère pas d’excès, ce que montrent les tendinites et claquages dus à l’exagération des mouvements et au fait qu’ils aient été forcés.

Le fascia est à la fois frontière entre les parties, pont reliant deux zones et structure d’ensemble.

Au niveau des éléments, le fascia est composé d’eau (liquide) et de terre (solide), et il est animé par l’air (le souffle) et le feu (l’énergie en mouvement).

Pour accomplir au mieux ses fonctions, il gagne à être reconnu par la conscience, et qu’il en soit pris soin. Voici quelques-unes de ses merveilleuses propriétés, que je suis en train de découvrir grâce aux nouvelles pratiques corporelles qui enchantent, stimulent et mobilisent mes journées d’automne.

PROPRIOCEPTION

Le fascia serait l’organe proprioceptif, celui qui sait nous offrir des repères dans l’espace-temps, nous maintenir dans la verticalité et permettre que le corps se comprenne comme une unité.

La proprioception peut être comprise comme le sixième sens, et le seul qui ne peut pas être compensé. Elle est soutenue biologiquement par le fascia et l’oreille interne (vestibule).

La proprioception fait le lien avec la perception subtile du clair-ressenti : elle nous permet de capter les enveloppes éthériques des corps, les auras. La paume des mains fait alors interface pour la proprioception, la perception fasciale se déployant au-delà du corps physique par des vortex émanant de la paume des mains.

Elle nous permet de nous déplacer avec une perception fine de l’espace, sans besoin de la vision : la nuit par exemple. Elle correspond à tous les petits yeux que nous pouvons ouvrir en chaque point de nos corps, sur chaque articulation et qui ouvrent une perception à 360° de notre environnement.

La sensibilité du fascia est à la fois interne et externe. En interne le fascia est doté de nombreuses terminaisons nerveuses qui informent le cerveau des stimulations douloureuses par exemple, mais aussi agréables comme lors d’un massage. En externe il capte les formes de l’environnement, à la fois matérielles et subtiles, nous donne les repères de l’espace tridimensionnel.

DU MICRO AU MACRO

Le fascia nous révèle la nécessité d’une approche globale du corps, compris comme un tout et pas la somme de parties indépendantes.

Le fascia fait le lien entre les différentes échelles du corps, c’est un réseau fibrillaire. Dans sa continuité, il est présent tant dans la petite échelle du niveau cellulaire que dans la grande échelle de l’enveloppement des muscles, os et organes.

TENSÉGRITÉ

Ce mot employé d’abord en architecture mêle les notions de tension et d’intégrité. La tenségrité est la capacité d’une structure à se stabiliser par le jeu des tensions et des liens multiples. Le fascia est l’enveloppe globale qui reflète les équilibres internes anatomiques et déploie la structure optimale correspondante. C’est grâce à lui que le squelette ne s’effondre pas et que les organes ne descendent pas au sol en réponse à la force gravitationnelle. Les membranes fasciales sont en interdépendance perpétuelle.

PERCEPTION DE SOI

Le fascia est un vecteur de la perception de soi ; il nous permet de ressentir l’unité du corps, de pressentir l’espace occupé par le corps. Non seulement le corps physique, mais aussi les corps subtils. Le fascia perçoit et nous transmet l’information sensorielle des enveloppes subtiles de nos corps et de ceux qui sont autour de nous.

Il aide au lien entre matière/forme incarnée et conscience/information. Il est une voie pour communiquer directement avec le corps compris comme une globalité, une unité, une plénitude.

LE FASCIA, L’ORGANE DE LA CONNEXION

C’est un organe connectif par l’énergie qui y est véhiculée, par la continuité de sa trame et par la conscience qui peut s’y associer.

Il permet aux chaînes musculaires de se coordonner, de véhiculer ou économiser la force. Il connecte le système vasculaire sanguin au système nerveux. Il transmet au cerveau toutes sortes de signaux des informations chimiques et mécaniques qu’il reçoit. Il maintient l’hydratation du corps par la matrice extra cellulaire, cette substance fluide générée par les cellules fasciales.

TRANSMISSION DE LA FORCE

Le fascia est l’interface organique entre la matière et l’énergie, c’est sur lui que cheminent les méridiens révélés par la médecine traditionnelle chinoise, et qu’agissent les points d’acupuncture.

Il est le tissu de la force fluide. Sa force vient de sa continuité et de sa cohérence, et quand on comprend cela, on peut accompagner nos mouvements depuis la globalité corporelle, et non plus nous voir comme coupés, fragmentés, assemblés de multiples pièces séparées.

La mobilisation du fascia aide au maintien d’une posture saine.

Maintenir la posture mobile aide le fascia à rester sain (ou retrouver la santé).

Quand on parle de circulation fluide de l’énergie en nous, c’est par l’intermédiaire du fascia qu’on peut la ressentir directement.

Le fascia génère, transporte et sauvegarde la force dont nous avons besoin. Il nous offre la possibilité d’une nouvelle compréhension de la force, pas seulement musculaire mais holistique, faisant intervenir l’ensemble de la structure physique en lien avec notre attitude mentale et émotionnelle.

FASCIA ET CORPS SUBTILS

Il fait le lien entre le corps physique et les enveloppes subtiles associées au corps humain, notamment ce qui est appelé le corps émotionnel et le corps mental.

Le fascia est un capteur sensible : il répercute le subtil dans la forme matérielle. Il imprime les nœuds mentaux, absorbe les chocs et traumas émotionnels, cicatrise les plaies physiques.

SOUFFLE VITAL

Respirer dans la conscience de faire circuler l’élément air dans nos corps vient oxygéner le fascia, le déployer, le décoller, l’alléger, l’étirer et le mobiliser, en un mot LE VITALISER.

Quand nous sommes présents au souffle qui circule en nous, nous ressentons le frémissement du fascia, nous captons l’onde qui parcourt cette trame qui structure et maintient notre corps. Nous établissons un lien profond entre Conscience, c’est-à-dire reconnaissance, et Présence au corps ; dans le corps. C’est le début de la communication interne, de la connexion intime.

VECTEUR D’ÉNERGIE

Le fascia est un vecteur de l’énergie sous plusieurs formes.

D’une part, il est un transformateur piézo-électrique, c’est-à-dire qu’il va transformer une part de l’énergie mécanique générée par les mouvements du corps physique en énergie électrique. Cela est rendu possible notamment par la grande teneur en silicium du collagène qui constitue une part importante du tissu conjonctif. Cette énergie électrique pourrait être utilisée pour alimenter des appareils externes, ce que proposent plusieurs inventions, mais surtout elle peut nous soutenir dans notre mouvement évolutif par l’accélération interne qu’elle suscite dans notre fréquence vibratoire lorsqu’elle est correctement canalisée.

D’autre part il est un vecteur d’énergie scalaire et nous relie au grand champ. Tout dans le corps est spirale, et le fascia vient structurer les spirales dans la manière dont il s’enroule et se tisse sur les muscles, les os, les organes. Ainsi il les protège, les informe et les oriente favorablement.

FASCIA ET KUNDALINI

Quand elle s’active, l’énergie de kundalini vient dynamiser et propager l’onde vitale dans tout le fascia ; elle passe à travers lui pour régénérer le tout, soigner ce qui doit l’être et fluidifier les voies de circulation.

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Découvrir, reconnaître et connecter le fascia est une énorme étape en moi : je réalise une autre manière de manifester Présence, Conscience et Puissance, à travers le corps, à l’intérieur, dans le vivant immédiat.

Cela active de puissants feux de régénération et je me réjouis de cette plongée de l’œuvre au rouge par la voie directe dans le corps. Il reste tant de merveilles à explorer, vivre, connecter, déployer…

Et vous, connaissez-vous votre fascia ?

Véronique Rauzy

 

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Des lieux secrets

Par Le 11/09/2023

 

Absorber le silence, boire les couleurs, respirer le ciel, caresser l'eau et se donner corps et âme à cette nature. En toute simplicité. Sans rien attendre en retour que cette paix offerte.

Ici, il n'y a rien, aucun magasin, il faut marcher pour atteindre une berge sablonneuse où il sera bon de s'installer, il n'y a pas de chemin, il faut chercher, traverser des forêts, serpenter entre les arbres, écarter les fougères, se griffer aux ronces, descendre des talus, remonter des pentes raides, s'éloigner de la voiture sans jamais être certain qu'un lieu secret se dévoilera, des heures de marche parfois, sans jamais ce goût inutile de la déception si aucune berge ne nous accueille car l'exploration est en elle-même un plaisir immense.

Deux ans et demi que nous sommes ici, on pourrait écrire un guide des lieux secrets et il se vendrait assûrément. J'ai des dizaines de photographies, on connait les tracés, le temps nécessaire, on les retrouve sans aucune difficulté désormais. Et ils sont tous inconnus, nous n'y avons jamais vu quiconque. Mais ce guide n'existera pas. C'est hors de question.

Que chacun ailler chercher en lui l'enfant intérieur qui aimait l'aventure, le doute, l'exploration, l'effort, la transpiration, la soif, l'émerveillement. 

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Albert Dupontel : la dernière ITW

Par Le 11/09/2023

Je ne vais pas faire un résumé ou un listing des idées majeures.

Elles sont toutes majeures et ne se résument pas. 

 

 

Autopsie d'une œuvre picturale.

Par Le 09/09/2023

 

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Arthur Valadenski a réalisé cette œuvre en 1951, à New York, alors qu'il n'avait que dix-sept ans.

Juif polonais, son père, Samuel Valadenski, avait eu une intuition salvatrice en décidant d'émigrer aux États-Unis en 1938. Sa femme, Magdalena Caleb, connaissait un immense succès avec trois romans traduits en plusieurs langues et ne pouvait qu'être menacée par les idées immondes qui secouaient l'Allemagne et qu'elle dénonçait déjà dans ses oeuvres.

Samuel Valadenski était joaillier à Berlin, un joaillier très réputé. Et une très grande fortune, héritée en partie de son père mais qu'il avait su accroître par ses talents.

Arthur avait trois sœurs. Il était le cadet. Autant les trois filles suscitaient l'admiration pour leur beauté et leur vivacité joyeuse, autant Arthur marquait les esprits par la profondeur noire de ses yeux, la sécheresse de ses lèvres, une silhouette chétive et maladroite, une voix fluette, un teint blafard. C'était un enfant inquiet et introverti. Sa présence créait une forme de malaise, comme si émanaient de lui des effluves nocives. Dès son plus jeune âge, les parents avaient noté chez leur garçon une propension chronique à regarder le monde et la vie à travers un prisme mortifère. A ses yeux, l'humain n'était qu'une menace, pour lui-même, pour les autres et pour la vie toute entière.

Samuel, le père, alternait entre la fierté des échanges qu'il avait avec ce garçon lucide, clairvoyant, intransigeant et l'inquiétude que généraient toutes les visions dont son fils se délivrait à travers la peinture et les poèmes. Rien dans ses créations ne laissait aucun espoir. La noirceur dominait les étoiles et il en était de même dans l'esprit humain.

Cette œuvre, intitulée, Autopsie neuronique du Mal, (425 cm par 283) démontre, selon l'artiste, à quel point, il est vain, prétentieux et immature d'espérer que l'esprit humain parvienne durant son existence à une quelconque sérénité durable. Arthur Valadenski, lors d'une de ses rares apparitions sur la scène mondaine, a dévoilé le sens de sa toile en quelques mots. On retrouve d'ailleurs dans ses paroles toute la portée de son génie.

« Les ondes noires sont infinies jusqu'au fond de l'horizon et au-delà. Elles ne seront jamais éteintes, jamais effacées, jamais diluées. »

Toute la problématique des créations de l'artiste tient dans ces quelques mots.

« Il faut donc comprendre que les lignes noires représentent les pensées obscures, mauvaises, destructrices de l'homme et que les plages apaisées, dans le blanc immobile, ne pourront jamais empêcher l'arrivée de la noirceur suivante, ni les autres, ni aucune, ni jamais. La force originelle qui anime l'humain depuis la nuit des temps est un flux nourri par le Mal, comme un courant surpuissant que rien ne pourra jamais stopper. Imaginer seulement qu'il serait possible d'augmenter la durée des phases immobiles est une aberration, une illusion, un leurre qui n'est en fait que le reflet de l'extrême prétention humaine. Une prétention dont le Mal se réjouit. »

Cette œuvre magistrale a été vendue pour 172 millions de dollars chez Sotheby’s et Christie’s en 1969.

 

Harry BOYD, pour le WASHINGTON POST, le 9 septembre 2023

 

Pour la suite, descendre l'ascenseur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout est faux.

Il s'agit simplement de la photographie de la surface d'un lac de la Creuse.

Si jamais, ce texte a éveillé chez vous un certain malaise, des relents antisémites dans la description du personnage et de son histoire, imaginez qu'il s'agit d'une "onde noire" issue d'un savoir commun, de cette connaissance transmise que nous gardons ancrée et qui se réactive à travers des clichés. Notre savoir, lui-même, est une pollution. Parfois. Imaginez maintenant les effets des "infos quotidiennes" qui se concentrent à 90 % sur des ondes noires. 

C'est là que prend toute la dimension du travail nécessaire pour parvenir à la sérénité durable. Et les questions jaillissent, essentielles, incontournables :

Ne vaudrait-il pas mieux ne rien savoir de l'humain pour ne pas être perverti par des ondes noires insoumises ? Un homme ne sachant rien du comportement de ses semblables se mettrait-il inévitablement en danger ?

La représentation de la nature et l'interprétation qui peut en être donnée ont-elles davantage de valeur que la nature elle-même ?

La réalité, c'est à dire le modelage humain du Réel, n'est-il pas, lui-même, une onde noire et non simplement une oeuvre d'art ?

L'art n'en devient-il pas l'engeance enluminée du déracinement de l'humain ?

Vous avez quatre heures.

 

Bon, ça se complique

Par Le 08/09/2023

Depuis une quinzaine de jours, les crampes ont démarré dans le mollet droit, ce qui n'était jamais arrivé. 

Pour le mollet gauche, ça fait environ trois ans que ça dure. 

Les fourmillements dans le mollet gauche sont permanents, jour et nuit. 

Donc, ça va devenir compliqué.

Une "belle" photo de la base de mon dos, avec l'ossification du ligament jaune, une excroissance. Et cette belle tâche de naissance, pile au niveau des hernies, comme la trace d'une blessure dans une vie antérieure :) 

 

 

Et voilà ce que ça donne sur mon mollet gauche. Diminution de la masse musculaire. 

 

Non, on n'est pas au bord de l'océan mais au bord d'un lac de la Creuse. Là, où il n'y a personne. 

C'était le jour d'un soleil voilé par les sables du désert.

 

Le ronflement des vagues de l'océan, au bout de deux jours, je n'en peux plus. 

Les lacs, c'est silencieux. 

Vous l'entendez ce silence ? 

 

 

 

 

Rentabilité de l'obésité

Par Le 02/09/2023

L'obésité.

C'est une situation qui m'interpelle considérablement. Lorsque nous vivions encore en Savoie, j'avais un médecin généraliste qui était absolument consterné, sidéré, effaré par le niveau de surpoids dans la population, l'obésité chez les séniors notamment et l'augmentation chez les jeunes, dès l'école primaire. Et il faisait le constat de son impuissance en expliquant que s'il lui venait à tenir des propos à ce sujet, à lancer une alerte, la réaction immédiate d'une bonne partie des patients était de changer de médecin.

Je viens de regarder une vidéo sur un match de tennis à l'US open aux USA et c'est juste effrayant de voir le nombre de gens dans le public qui sont dans cette situation.

On me dira que ça les regarde mais non, en fait...C'est bien plus grave que ça :

Premièrement, ces individus coûtent des sommes astronomiques aux services de santé.

Deuxièmement, et c'est bien plus grave, ils contribuent à une surconsommation et donc à une surproduction et donc à la pérénité d'un système agricole et industriel qui porte atteinte à l'ensemble du vivant.

Leur "choix" alimentaire, cette surconsommation de nourriture est un des éléments clés de tous les organisateurs de l'agro-industrie.

 "Nous devons pouvoir répondre à la demande."

Dans le gîte, à côté de notre maison, en rentrant de notre rando du jour, j'ai vu tout à l'heure les gens qui viennent passer le week end. Six adultes, tous approximativement de mon âge (60 ans), tous en surpoids, hommes comme femmes. Il m'arrive lorsque je dois aller faire des achats dans un supermarché de compter les gens qui sont en surpoids. J'arrive systématiquement à plus de 60 %.

Mon médecin généraliste m'avait d'ailleurs expliqué que l'IMC avait été modifié au fil des années, le rendant beaucoup plus conciliant... Au point d'ailleurs qu'il m'avait dit que mon poids à l'époque me classait dans la case des gens "trop maigres", voire "à risque". LOL ! C'était l'année où j'avais fait les 40 derniers kilomètres d'un ultra trail en montagne pour accompagner un de nos garçons. Lui, il s'était enquillé 120 kilomètres. Et il est aussi "maigre" que moi...

Il y a clairement pour moi des raisons financières. On a ci-dessous la plus grosse capitalisation boursière en Europe, un laboratoire pharmaceutique qui vend un médicament contre l'obésité. Il faut quand même observer que les trois plus grosses capitalisations boursières sont tenues par un groupe pharmaceutique, un groupe de luxe et un groupe agro-industriel. Qui a dit que le monde occidental se porte bien ? 

 

Le groupe pharmaceutique danois Novo Nordisk est devenu vendredi la première capitalisation européenne, ravissant sa couronne au roi du luxe, LVMH. Le premier affichait une capitalisation de 421 milliards de dollars et le second de 420,97 milliards de dollars, selon les données de Refinitiv et les informations fournies par l'entreprise citée par Reuters. LVMH avait lui même ravi la première place du palmarès des groupes européens cotés en Bourse au spécialiste de l’agroalimentaire Nestlé en 2021.

Si le métier de ce dernier est de nourrir les gens, Novo Nordisk doit sa récente bonne fortune boursière à son médicament Wegovy contre l'obésité. Celui-ci a également comme propriété de réduire les risques de maladies cardiaques de 20%. Ses annonces en début août ont permis au groupe pharmaceutique de bondir de plus de 16% au cours du mois écoulé. Novo Nordisk affiche désormais une capitalisation supérieure au PIB de son pays d'origine, le Danemark.

"Cette vie...et au-delà" Docteur Fauré

Par Le 02/09/2023

 

J'ai lu beaucoup, beaucoup d'ouvrages sur la question des expériences de mot immente (EMI) ou de mort approchée, les expériences de "vécus subjectifs de contact avec un défunt" (VSCD), les expériences de fin de vie (EFV). 

J'étais adolescent quand j'ai lu le livre du DoctEUr Raymond Moddy "La vie après la mort"

Evidemment que le sujet m'importait.

J'ai passé presque trois mois dans la chambre d'hôpital de mon frère, victime d'un accident de la route, coma et polytraumatisé. Ce que j'ai vécu là-bas ne s'oublie pas.

Plus tard, j'ai connu les affres de la douleur, des douleurs si intenses que ma conscience en était modifiée. Et la problématique de la conscience continue à m'interroger.

Je viens donc de finir le livre du Docteur Fauré, bien connu dans le milieu de la recherche sur la fin de vie. En voici quelques avis pris sur Babelio :

Cette vie... et au-delà par Fauré
AJOUTER À MES LIVRES

EAN : 9782226475459
368 pages

ALBIN MICHEL (02/11/2022)

4.17/5   20 notes

Résumé :

Expérience de mort imminente (EMI), Expérience de fin de vie (EFV), Vécu subjectif de contact avec un défunt (VSCD)... certains phénomènes humains semblent contredire l'affirmation quasi unanime de la communauté scientifique selon laquelle la conscience ne serait qu'une simple production de notre cerveau.
Nourri des traditions spirituelles (bouddhiste, hindouiste), dont le discours sur la nature de la conscience fait écho aux enseignements de la physique quantique, Christophe Fauré est un de ces médecins qui s'y intéressent et s'interrogent. En unité de soins palliatifs, où abondent les récits de tels phénomènes, il a constaté le réconfort et l'apaisement que ces expériences avaient apporté à la plupart des personnes les ayant vécues. Il a alors entrepris d'étudier tous les travaux scientifiques sur la question.
Ce livre est le fruit de ses investigations, une enquête aussi troublante que passionnante, appor
tant des réponses à des interrogations universelles : Qu'y a-t-il après un décès ? Notre conscience perdure-t-elle après la mort physique ? Quelle est la nature de notre conscience ?

 

Cefra

★★★★★

★★★★★

05 février 2023

« Plonger dans cette vie …. Et au-delà » me rappelle les lectures que j'affectionnais étant adolescente ou jeune adulte.
De manière générale, elles étaient teintées de spiritualité, souvent proches du bouddhisme, riches d'expériences sortant de l'ordinaire. Qui n'a jamais lu 
Lobsang Rampa me jette la première pierre.
Quand j'ai entamé ce livre écrit par Christophe Fauré, je connaissais sa réputation de psychiatre, d'ancien moine bouddhiste et sa spécialisation de l'accompagnement des personnes en fin de vie.
J'avais déjà lu un de ses livres.
Cela m'inspirait confiance, bien que sur ce coup, je me demandais s'il ne s'était pas fourvoyé.
Je n'ai pas de réponse à cette question. le livre est fidèle à l'homme, à ses combats, à ses croyances.
Bien sûr, l'auteur nous décrit des témoignages de EMI (expériences de mort imminente), de VSCD (vécus subjectifs de contact avec un défunt), des EFV (expériences de vie) ou de vies antérieures.
Cela peut prêter à sourire mais des milliers de personnes sortent transformées de ces expériences peu communes, généralement tournées en dérision par le monde scientifique. Christophe Fauré nous présentent aussi des théories qui émergent concernant la conscience et surtout de ce qu'on peut en tirer comme conclusions pour notre propre vie.
Je ne suis pas persuadée à 100% mais ces théories m'intéressent et j'ai envie d'y croire, ne fût-ce qu'un tout petit peu.
L'autre perspective chantée par Souchon " ... et si en plus il y a personne" n'est en effet pas tellement réjouissante.
Si vous voulez vous faire une opinion, n'hésitez pas à lire ce livre.

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Tantdebelleshistoires

Tantdebellesh...

★★★★★

★★★★★

14 avril 2023

Les défunts n'existent pas uniquement dans le souvenir des vivants, leur âme ou leur esprit vivent au-delà de la mort. Les croyants de diverses religions ont foi en cette espérance.
Du côté scientifique, de nombreuses études, des recherches universitaires et des analyses de témoignages tendent à montrer que la conscience n'est pas le produit du cerveau, mais existe par elle-même et survie à la mort corporelle.
Christophe Fauré, psychiatre, psychanalyste, accompagne des personnes en fin de vie, des endeuillés et est également écrivain. C'est dans l'exercice de sa profession de médecin, qu'il a tout d'abord recueilli de multiples témoignages de contacts avec les défunts et que lui-même a été témoin des vécus de mourants.
Il prend cependant des pincettes et prévient par avance qu'il respecte les sceptiques, mais demande à ses lecteurs de garder une ouverture d'esprit. Il consacre d'ailleurs tout un chapitre aux objections.
Son livre dresse un état des lieux de son enquête et de son intime conviction de la survie de la conscience. Il explore les expériences de mort imminente (EMI), les vécus subjectifs de contacts avec les défunts (VSCD), les expériences au seuil de la mort et les souvenirs de vies antérieures.
EMI : Les personnes décrivent un processus plus ou moins complet avec une sortie corporelle, un déplacement dans un tunnel, une lumière, un ressenti du bien et du mal de sa vie, la perception de proches défunts et la sensation d'un amour incommensurable, un retour brutal dans le corps choisi ou imposé afin d'effectuer une mission de vie.
EFV : ce sont des perceptions de défunts que les mourants et/ou leurs accompagnants ressentent peu avant de s'éteindre. La lucidité terminale (le mieux avant la fin) est un phénomène également bien connu des soignants en gériatrie ou en soins palliatifs. Plus étonnant la cohérence retrouvée par des malades Alzheimer quelques heures avant leur décès alors qu'on sait que leur cerveau est gravement altéré.
VSCD : que les plus cartésiens qualifieront de synchronismes, de coïncidences, d'élaboration neuronales sont des vécus sensoriels, des messages en rêve, des situations qui font dire aux endeuillés qu'ils reçoivent des signes de leurs défunts.
Les phénomènes d'EMI et de VSCD ont des effets positifs sur la vie des personnes les ayant vécus. Leur vision du monde et de la vie est souvent transformée. Ils sont plus ouverts aux autres, découvrent le sens de leur existence sur terre, vivent leur deuil avec une espérance renouvelée.
Comme le chante 
Françoise Hardy « Dans l'espace qui lie ciel et la terre, se cache le plus grand des mystères ». Et vous comment abordez-vous ces phénomènes étiquetés paranormaux ?

Lien : 
https://chemindedeuil.over-b..

CITATIONS ET EXTRAITS (5)AJOUTER UNE CITATION

Sohan75

Sohan75

19 janvier 2023

Dans cette analogie, le smartphone est le cerveau (dans son extrême complexité) et le wifi/Internet est la conscience (non localisée, tout comme le wifi n'est pas localisé): le smartphone ne crée pas la vidéo sur internet, tout comme le cerveau ne crée pas la conscience ; le smartphone manifeste la vidéo (à partir du wifi), tout comme le cerveau manifeste la conscience, il n'est que le récepteur/émetteur de la conscience non localisée !

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Sohan75

Sohan75

18 janvier 2023

On observe une diminution nette, voire une disparition de la peur de la mort. S'installe la certitude que la conscience survit à la mort du corps physique, associée à la conviction de l'existence d'une réalité spirituelle en parallèle à notre dimension terrestre.

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Sohan75

Sohan75

18 janvier 2023

-Les expériences de fin de vie décrivent ce qui se passe juste avant la mort.
-Les expériences de mort imminente décrivent ce qui se passe au moment de la mort.
-Les vécus subjectifs de contact avec un défunt décrivent ce qui se passe après la mort.
-Les souvenirs d'une vie antérieure décrivent une continuité entre la vie et la mort, avec parfois un regard sur l'entre deux vies.
Ces expériences couvrent donc la totalité du spectre de ce qui se passe avant, pendant et après la mort. Tout s'accorde, tout concorde.

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Pour savoir ce que j'en pense, il suffit de lire mes romans :)

L'exploration de la conscience est un thème commun.

A COEUR OUVERT

LA HAUT

KUNDALINI

VERTIGES

NOIRCEURS DES CIMES

JUSQU AU BOUT

LES HEROS SONT TOUS MORTS

 

Publications en 2024

Par Le 01/09/2023

Les éditions du 38 m'ont annoncé que j'aurai deux nouvelles publications de romans en 2024

Premier semestre : JARWAL LE LUTIN (tome 1)

Deuxième semestre : TOUS, SAUF ELLE

 

 

TOUS, SAUF ELLE est la suite de LES HÉROS SONT TOUS MORTS

.

Se pose le problème de la taille des deux romans. Le premier fait environ 40 000 mots et le deuxième 84 000. L'éditrice se demande si elle ne réunirait pas les deux tomes en un seul sachant que le tome 3, LE DÉSERT DES BARBARES,  fait également environ 80 000 mots et que le tome 4, RESET, en cours d'écriture aura lui aussi un gros volume.

Pour ce qui est trois tomes suivants de JARWAL, leur publication dépendra des ventes du tome 1...Aucune maison d'édition indépendante ne peut se permettre de publier à perte. 

J'ai également déposé chez l'éditrice le manuscrit LES ÉGARÉS, mais il faudrait que les ventes de mes autres romans déjà publiés se vendent davantage. 

KUNDALINI est celui qui atteint le meilleur score mais sur les cinq titres publiés aux éditions du 38, les revenus sont insuffisants pour financer l'ensemble de mes textes. Et là, je n'y peux rien. Mon blog est la seule vitrine dont je dispose. J'ai fermé ma page Facebook au vu de l'indifférence des gens quand je publie des extraits. La littérature est un champ de batailles et je n'ai pas les armes médiatiques pour lutter contre les ténors. Peut-être également que mes romans ne sont pas suffisamment porteurs. Je fais avec mes moyens. 

J'espère que JARWAL et TOUS SAUF ELLE intéresseront du monde et que la maison d'édition pourra se permettre de publier l'ensemble de mes écrits.

Pour l'instant, je me concentre sur RESET, le dernier tome de la tétralogie. J'ai le scénario en tête sur les trois-quarts. Pour ce qui est du final, je me laisse la possibilité que l'histoire me le souffle à l'oreille. 

 

 

 

Thierry Ledru vit en Savoie. Après un BAC litté/philo, il est tout de suite entré à l’école Normale, en Bretagne. Passionné par l’escalade et l’alpinisme, il est allé vivre dans les Alpes. Dans ses romans, Thierry Ledru pousse ses personnages à l’extrême d’eux-mêmes, il les confronte à des questionnements et à des événements qui les font avancer, leur ouvre un cheminement intérieur que le lecteur emprunte à leur suite avec un grand bonheur.

Auteur

A cœur ouvert

A cœur ouvert

Thierry LEDRU

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u

Jusqu'au bout

Thierry LEDRU

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Kundalini - L'étreinte des...

Kundalini - L'étreinte des...

Thierry LEDRU

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Là-Haut

Là-Haut

Thierry LEDRU

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e

Les héros sont tous morts

Thierry LEDRU

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Le gardien des livres

Le gardien des livres

Thierry LEDRU

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LE DÉSERT DES BARBARES : La conscience de la nature

Par Le 28/08/2023

La conscience de la nature

On pourrait penser qu'il s'agit de cette conscience que les humains éprouvent au regard de la nature qu'ils côtoient mais je parle là de la conscience que la nature possède. La conscience d'elle-même.

Descartes se retournerait dans sa tombe en lisant ça. Qu'il tourne autant de fois qu'il veut si ça lui chante.

"Les bêtes n’ont ni âme ni pensée. Il n’est, en réalité, en elles, « aucun autre principe de mouvement que la seule disposition des organes et la continuelle affluence des esprits animaux produits par la chaleur du cœur  »

On peut facilement imaginer son point de vue sur une conscience réflexive de la nature.

Des gens continuent à manger des animaux parce qu'ils portent inconsciemment des pensées et des écrits qui datent d'une époque si lointaine qu'ils ont du mal à la situer.  

 

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CHAPITRE 50

Théo et Laure avaient rejoint les crêtes par l'Aup du seuil puis ils s'étaient engagés sur le sentier menant au col de Bellefont. Théo connaissait parfaitement l'itinéraire. Il avait parcouru l'intégralité de la traversée Chambéry-Grenoble à cinq reprises. Il comptait cinq heures pour atteindre le sommet de la dent de Crolles en trottinant et Laure se réjouissait de cette belle échappée.

Lorsque la clarté naissante révéla le fonds de la vallée, ils distinguèrent les bancs de brume couvrant l'immensité. Comme une mer blanche à l'étale. Une horizontalité parfaite. La beauté du spectacle cachait la certitude du drame. Le silence d'un cimetière. Pas un souffle de vent, pas un bruit humain.

Laure revoyait le vol du rapace et l'évidence de sa joie. Elle cherchait à en comprendre le message. Il restait de sa dernière nuit une sensation étrange et elle tentait d'en retrouver la source. Une image, un rêve, une pensée ? Elle n'avait aucune certitude, juste un ressenti bienheureux. Elle reliait le vol du rapace à cette impression inexpliquée. Sans se départir de l'idée qu'il y avait autre chose, une raison cachée. Trottiner en montagne avec Théo pourrait suffire mais là encore, elle convenait que la source de son ressenti venait d'ailleurs, un territoire inexploré. C'était l'image la plus juste. Un territoire inexploré. Un antre secret dont elle devait trouver l'entrée.

Depuis plusieurs jours, elle avait l'impression que sa mémoire contenait davantage d'images, l'accident, la voiture, la lumière. Il s'était passé autre chose, un événement qu'elle devait retrouver, un souvenir essentiel et elle cherchait le moyen de rétablir le film, de dérouler à l'envers les images perdues. Un mélange de frustration et de désir, l'alternance entre le dépit d'avoir égaré un morceau de l'histoire et la joie d'imaginer que c'était là, en elle, qu'elle le retrouverait nécessairement, une lumière, un voyage inachevé, un horizon aperçu, une rencontre. Il ne s'agissait pas de Figueras. De lui, elle s'en souvenait parfaitement. Peut-être qu'il n'y avait personne, peut-être qu'elle s'égarait à vouloir identifier ce qui lui manquait et que son imagination l'égarait.

De l'autre côté de la vallée, derrière la chaîne de montagnes de Belledonne, elle vit la clarté étendre son voile, elle adorait ces levers de soleil par-dessus les sommets, cet envahissement des cieux, la lumière coulant sur les pentes argentées et révélant les reliefs, les piliers, les faces, les pierriers, les derniers résineux à la frontière avec l'étage nival, les plus téméraires, les plus résistants, elle aimait la puissance de ces paysages, elle y avait toujours trouvé la raison de son existence, les fondations, les élans vitaux, l'effacement des troubles les plus intenses.

Théo était apparu et l'amour avait empli l'unique zone délaissée de son cœur.

Au milieu d'un monde dévasté.

Devait-elle pour autant s'interdire d'être heureuse par empathie pour ses prochains, pour tous les humains, pour tous ceux qui pleuraient leurs morts, pour tous ceux qui tentaient de survivre ? Cette absorption du malheur universel atténuerait-elle les effets du désastre ? Évidemment pas. Elle le savait intimement et n'avait pas encore osé l'admettre, comme ceinturée par la honte de se réjouir de son propre bonheur, une culpabilité tenace. Le syndrome du survivant, elle en avait lu quelque chose sans pouvoir en établir une connaissance présente.

C'est là qu'elle se souvint des paroles de Figueras, de l'importance de la paix intérieure et de la capacité à se réjouir de la vie en soi et autour de soi, quelles que soient les épreuves. Les Kogis ne priaient pas pour demander à être protégés, épargnés, soulagés, pardonnés, absous, ils ne réclamaient rien, ils ne se plaignaient pas. Ils honoraient la création et la remerciaient du bonheur de vivre en son sein. Ils priaient comme un enfant vient se blottir contre sa mère, juste pour le bonheur intense de la paix.

Le liseré flamboyant de l'astre se dessina enfin, un arrondi ardent qui enflamma les pentes. La boule incandescente s'éleva lentement et les rayons embrasèrent la ligne de crêtes où ils progressaient.

Théo, concentré jusque-là sur l'itinéraire et l'horaire à tenir, s'arrêta quelques secondes. Il se retourna vers Laure. Elle souriait, le visage baigné par les rayons. Il revint vers elle.

« Merci de m'avoir permis de vivre ça, dit-elle, merci de m'avoir accueillie. J'ai conscience de la chance immense que j'ai eue de croiser ta route. Et je remercie la vie de ce cadeau inestimable d'être ici et de pouvoir contempler ce spectacle. Là, en cet instant, rien d'autre ne compte. »

Il ne trouva pas les mots et il s'interdit de l'enlacer. Convaincu qu'elle n'attendait rien de lui. « Avant de parler, assure-toi que ce que tu veux dire est plus important que le silence que tu vas briser. » Une citation lue ou entendue, il ne se souvenait plus mais il savait combien Laure aimait le silence. Elle avait exprimé son amour pour lui. Il lui restait à se taire.

Il l'observa, les regards balayant les horizons découverts. Il aimait infiniment la douceur de son visage et simultanément l'énergie qui en émanait. Il la quitta des yeux et contempla les montagnes. Que voyait-elle qu'il ne distinguait pas ? Il en était certain, elle regardait bien au-delà.

Il ne la vit pas s'approcher. Elle l'enlaça.

« L'énergie créatrice. C'est bien autre chose que ce que les yeux regardent. »

Lisait-elle dans ses pensées ?

« Qu'est-ce que ça signifie ?

- Si tu regardes les montagnes comme des entités nommées, cartographiées, avec une altitude connue, que tu y reconnais les itinéraires, que tu te souviens de tes ascensions, tu ne regardes pas les montagnes, tu te regardes à travers elles. C'est ton existence que tu contemples. Et finalement, c'est encore une exploitation de la nature. Une exploitation existentielle. J'en arrive à penser que plus les humains disparaîtront, plus la nature retrouvera sa virginité, non pas seulement dans sa pureté matérielle mais également sur un plan spirituel. Oui, je parle bien de la spiritualité de la nature car je suis absolument persuadée de sa conscience et donc de ses pensées, de ses émotions, de ses ressentis, de tout ce que l'humain s'est attribué et qu'il refuse de partager. Je sais que c'est effroyable si on pense aux victimes mais si on se place du côté de la nature, c'est une libération. Et peut-être même que les survivants finiront par changer leur regard puisque le passé aura été balayé, effacé, pulvérisé. L'occasion unique de saisir pleinement la réalité de ce monde. Et surtout que l'humanité ne soit plus une entité à part. Le colonialisme n'est pas qu'une agression envers certains peuples. Les humains ont colonisé la planète, avec tous les outrages que ça comporte. Cette époque est une décolonisation forcée, accélérée et impitoyable. »

Elle le regarda en souriant.

« C'est le bonheur de la vie qui doit nourrir le renouveau de la planète. Aussi terrifiant que soit la situation. Ma mère, dans son apathie dépressive, va à l'encontre de cette révélation.

- Et moi, dans l'inquiétude chronique que je porte, j'en fais tout autant.

- Non, Théo, je ne suis pas d'accord. Ma mère se morfond mais toi, tu agis. Et encore une fois, je suis heureuse et soulagée de vivre à tes côtés. Sans toi, je serais sans doute morte. »

Il posa une main sur sa joue.

« On y va !»  lança-t-elle.

LE DESERT DES BARBARES : Etat des lieux

Par Le 27/08/2023

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CHAPITRE 46

Figueras s'était levé au premier chant d'oiseau. Il s'était assis sur une roche moussue et il avait observé la montée de l'astre. De l'autre côté des cimes, à l'est, derrière les crêtes dentelées. L'air était frais, descendu des montagnes comme un voyageur curieux, mais il allait remonter avec la venue du maître des lieux.

La lumière n'était encore qu'une esquisse, un placenta en croissance. Le ciel épuré avait bu tous les nuages de la veille et le bleu métallique de la nuit accueillait l'astre naissant. La lumière condensée tel un ventre rond annonçait la mise au monde. Puis vinrent les traits lumineux, des routes à suivre, des rayons écarlates lancés dans l'azur comme autant d'éclaireurs. Ils tracèrent leur chemin dans les échancrures, les cols et les versants et Figueras imagina les animaux engourdis s'étirer délicieusement.

Des chapelets de gouttes de rosée, suspendus sur les fils des toiles d'araignée, s'illuminèrent comme autant de perles, des rêves de nuit dans l'attente du réveil. Les dentelles tendues sur les herbes drues dessinaient des étoiles.

Plus bas, dans la vallée, au-dessus des forêts épaisses, traînaient nonchalamment des nappes de brouillard, larges marées immobiles, couvertures humides étirées comme des voiles protecteurs. Ces brumes éphémères s'évanouiraient dès les premières chaleurs et les frondaisons se gorgeraient de lumière.

Tout était juste.

Et Figueras s'en réjouit.

Il avait rêvé de la Terre.

Coulaient en elle des désirs d'apaisement. Il en avait senti le désir.

L'hégémonie passée des hommes, leur déliquescence, l'effondrement de leur frénésie, la découverte des biens essentiels, les actes solidaires, quelques-uns, au fil des jours, au fil des drames, de plus en plus, des survivants qui organisaient les jours à venir, les uns après les autres, sans autre intention que la préservation de chacun et que chacun préserve les autres.

Le silence des cieux, les avions cloués au sol, toutes ces flèches dorées qui cisaillaient l’atmosphère et l'empoisonnaient, toutes ces machines volantes immobilisées, tous ces moteurs éteints, toutes ces usines mortes, toutes ces exploitations figées, ces filets assassins qui raclaient les fonds marins, ces millions d'êtres vivants égorgés, éviscérés, emballés, vendus en barquettes, plus rien, plus aucune concentration de bêtes, elles étaient mortes ou enfuies, l'air des villes ne piquaient plus les gorges, plus de poubelles à trier, il n'y avait plus rien à manger, plus d'emballages, les magasins dévalisés, les routes désertes, les camions abandonnés, les pétroliers à quai, leurs citernes vides, les torchères éteintes des raffineries, les villes sombres dès la fuite du soleil, des feux de camp pour se réconforter, des étincelles fugaces de réconfort partagé.

Le monde humain posé sur une balance à plateaux, d'un côté la fureur et de l'autre la paix. Les forces sombres ont pris le pouvoir, elles ont tout écrasé. Mais elles s'éliminent entre elles et le plateau se vide.

La Terre montre la voie.

Depuis longtemps, la lumière des montagnes n'a été aussi épurée.

Tous ces actes meurtriers prendront fin, une sélection naturelle, par épuisement du contingent.

Tous ces humains disparus, comme autant de virus éradiqués, les uns après les autres.

Et la fièvre délirante de la Terre qui diminue.

Une évidence.

Le nombre était la plaie, l'extermination une guérison.

D'autres esprits étaient passés dans son rêve, un chaman des plaines de Sibérie, un Aborigène, un Inuit, un Mentawaï, un Sami, il les connaissait tous et s'ils étaient apparus, s'ils avaient parcouru les réseaux d'énergie pour se connecter les uns les autres à leurs frères de Terre, le message était clair. Le temps des hommages était venu.

Il convenait d'accompagner la Terre convalescente en sachant que de nouvelles crises étaient inévitables.

Les résistances humaines. Trop de résidus de l'ancien monde, des volontés de pouvoir, même s'il ne restait que des ruines à s'approprier. L'ADN mental de l'humanité, comme une tumeur inarrachable. La détresse n'était pas encore assez grande. La diminution du nombre réduisait la violence et l'abandon à la peur.

Le crépuscule des faux dieux avant l'aurore.

Bientôt, bientôt.

Figueras avait rêvé de la jeune femme. Il avait senti son désarroi mais plus fort que les tourments, l'amour de la lumière restait au firmament. Elle avait la Grâce mais ne voulait pas encore le reconnaître. Il restait ce doute que l'individu considère comme de l'humilité quand il ne s'agit que du déni de soi. Elle avait la Grâce et il était temps qu'elle l'enlace, totalement, qu'elle prenne conscience que le monde humain n'est pas en elle et qu'elle n'en est que le témoin.

Jusqu'à ce qu'elle lui tourne le dos.

LE DESERT DES BARBARES : Les enfants dans le chaos

Par Le 26/08/2023

J'ai pleinement conscience que le chaos que j'entrevois atteindra les enfants, des milliards d'enfants.

Je ne suis pas indifférent à l'immense détresse que ça provoquera.

Je suis deux fois grand-père. Qu'adviendra-t-il pour ces deux petits ?

Dans l'écriture de la tétralogie, je l'ai mis en scène. 

 

 

LE DESERT DES BARBARES

CHAPITRE 45

« Pire qu'en 2002, pire qu'en 2014. »

Tout le groupe était réuni dans la grande salle à manger de la maison de Sophie et de Tristan. Ils avaient décidé d'un repas commun. Ils entendaient la pluie tambouriner sur le toit.

« C'est certain, Didier, on est bien au-dessus de ces années-là.

- Onze jours de déluge, tu imagines à Alès ?

- J'ai connu les deux inondations précédentes, le quartier du Pré-Saint-Jean et celui du Moulinet, deux-cents millimètres d'eau en six heures. Et là, ça fait onze jours que ça tombe. Je pense que toute la vallée est sous les eaux.

- Les anciens l'ont toujours dit. Construire comme ça en fond de vallée, c'est criminel. Tout est bétonné, les forêts rasées, les haies détruites, du goudron partout, les cours d'eau ne sont plus curés depuis des lustres, il n'y a plus de zones humides pour éponger, et c'est partout pareil. Enfin, bon, tout ça, on le sait.

- Ouais et c'est pour ça que j'ai toujours vécu en hauteur, expliqua Didier.

- Vous imaginez, intervint Sophie, si ce déluge, c'est sur toute la France, toute l'Europe ou même la planète entière ? Vous voyez à quoi je pense ? Vous n'avez pas un peu l'impression que ça fait beaucoup d’événements naturels ?

- La nature, la Terre, Gaïa ?

- Oui, Tristan. Une vague impression de quelque chose qui nous dépasse totalement. Comme une intention.

- Terrain glissant, tout ça, s’immisça Moussad. On entre dans la croyance et tu peux être certaine que des tas de sectes et de gourous ont saisi l'occasion pour prendre la parole et si l'humanité est en roue libre, certains voudront prendre le guidon. Et tout ce qui relève du paranormal sera du pain béni.

- Oui, tu as raison, reprit Sophie. Mais c'est tellement stupéfiant. Nous, ici, comme la plupart des survivalistes, on imaginait que les humains seraient les déclencheurs et les seuls responsables du chaos, des troubles sociaux, économiques, des conflits internationaux, des crises financières, des éléments essentiellement issus des humains. On savait que le dérèglement climatique allait ajouter à tout ça, que ça compliquerait encore les choses et puis les crises énergétiques viendraient achever le travail, enfin, on avait tous des scénarios qui se tenaient plus ou moins, des enchaînements progressifs, des niveaux de gravité, des tentatives pour sauver les meubles. Mais là, c'est toute la maison qui brûle d'un coup, humanité et nature dans un même mouvement. C'est ça qui est stupéfiant.

- Comme si les deux étaient liées », intervint Kenza.

Et tout le monde la regarda.

« Je pense qu'on est plusieurs à le penser, intervint David qui se remettait doucement. Ça en devient biblique cette histoire, l'apocalypse de Saint-Jean. Il s'agit de savoir qui jouera le rôle du sauveur, qui viendra enchaîner Satan pour mille ans.

- J'espère bien que personne ne laissera un soi-disant sauveur nous voler notre liberté et le retour à un monde plus sain, s'immisça Emma. Parce que je ne sais pas si vous y avez songé ces jours-ci mais l'arrêt de toutes les industries, des avions, des exploitations minières, l'arrêt de milliards de voitures, elle doit se sentir respirer notre chère Gaïa.

- Pour l'instant, elle se montre plutôt revancharde.

- Oui, Tristan. C'est tout à fait ça. Comme si la dégringolade de l'humanité lui redonnait du poil de la bête ! lança Didier.

- Il reste à savoir jusqu'où elle a l'intention d'aller.

- Vous voyez la vitesse à laquelle vous avez validé l'idée d'une volonté, d'une conscience, d'une intelligence à la planète ? C'est fascinant comme une idée irrationnelle peut convaincre, s'amusa Anne. Et moi la première ! J'aime beaucoup l'idée que la Terre ait une conscience et qu'elle ait décidé de participer au nettoyage.

- Vous oubliez tous une chose, intervint Louna. Ma mère est morte.

- Et mes parents aussi », ajouta Martha.

Et le silence tomba sur l'assemblée comme une chape de honte.

Les regards qui se cherchent comme dans l'attente d'une parole.

« Oui, vous avez raison toutes les deux. Et nous sommes tous désolés de la violence de nos propos, exprima Sophie. Nous nous sommes laissés emporter par ce moment convivial et nous n'avons pas mesuré nos paroles. Ça n'arrivera plus.

- Il y a sûrement aussi le fait que notre situation au regard de celle des zones urbaines nous prouvent combien nous avions raison, et ça nous donne une espèce de joie, de satisfaction personnelle, ajouta Tristan. Mais ça ne nous donne aucunement le droit d'oublier votre douleur à toutes les deux. »

Louna esquissa un sourire et prit la main de Martha, assise à ses côtés.

« Vous n'y êtes pour rien dans la mort de papa, maman. Et moi, je vous aime beaucoup. Parfois, je pense à ce monde, maintenant, je vous ai entendu parfois, c'est quoi mon avenir, papa et maman sont morts et moi je deviens quoi ? C'est quoi ma vie maintenant ? Je voulais voyager, je voulais voir les girafes en Afrique. L'école, mes copines, mes cours de piano, mes chiens, j'ai plus rien de tout ça. Vous, vous êtes heureux parce que vous avez réussi à bien vous préparer et même à vous défendre. Alors, c'est ça ma vie maintenant ? Pas du piano mais apprendre à tirer avec une arme à feu ? C'est ça le nouveau monde ? Je ne sais pas si vous imaginez pour moi ? Je ne veux pas vous faire de peine, je comprends que vous soyez heureux de votre réussite mais moi, c'est pas ce monde-là que je voulais connaître. »

Louna vit les larmes qui coulaient sur les joues de l'enfant. Tous la regardèrent se lever et personne ne trouva les mots.

« Je vais aller dormir et vous laisser discuter de votre monde. Mais je vous aime beaucoup quand même. »

Elle balaya l'assemblée de ses yeux tristes. Elle posa un baiser dans sa paume et souffla dessus.

Et ce fut comme si les mots de Martha volaient dans les airs, glissaient contre les murs, flottaient sous le plafond, ruisselaient dans les esprits, comme des effluves âcres, entêtants, insoumis.

Ils avaient ignoré Martha, ils l'avaient reléguée en arrière-plan. Ils s'étaient contenté de laisser Louna jouer un rôle de grande sœur, unies par leur deuil. Et à Tian de veiller sur elles deux.

Ils vivaient depuis trop longtemps dans l'attente du grand chambardement pour avoir encore accès à l'émotion d'une enfant, depuis trop longtemps dans une projection future pour saisir la réalité de l'instant et ils comprirent tous à quel point leur sensibilité, leur empathie, leur ouverture, tout ce qui contribue à élever l'humain avait été étouffé par l'immensité de leur projet et sa réalisation. Ils comprirent tous que cette quête de liberté avait cloisonné leurs cœurs.

Sophie se leva et quitta la pièce, les yeux baissés, sans un mot. Tristan vit qu'elle prenait la direction de la chambre de Martha.

Mortalité animale routière

Par Le 26/08/2023

Ici, dans la Creuse, il y a encore, pour l'instant, des forêts immenses, des espaces naturels traversés par des petites départementales, souvent étroites (il n'y a quasiment jamais de peintures au sol pour séparer les chaussées). Il nous arrive souvent, lorsque nous sommes sur une hauteur, une colline dégagée, avec un horizon ouvert, de réaliser qu'il n'y a aucune trace humaine visible. Pas de routes, pas de lignes électriques, aucune habitation, aucun bruit humain. On sait par conséquent qu'autour de nous la faune est présente et nombreuse. 

Très souvent les forêts bordent les routes et bien évidemment, ces forêts sont habitées : chevreuils, biches, cerfs, sangliers, renards, blaireaux...)

Hier, en rentrant à la maison, deux chevreuils ont traversé devant la voiture. Ils ont jailli du bois et en deux bonds, ils étaient de l'autre côté. Trois ou quatre secondes plus tôt et l'impact aurait été quasiment inévitable.

C'est fréquent ici et les locaux ont pour beaucoup déjà connu des accidents avec des animaux.

Bien que j'aime beaucoup la vitesse à vélo et qu'il m'arrive de dévaler les descentes à soixante kilomètres heure (83 km/h dans la descente du col de la Madeleine en Savoie), ici, j'ai réduit la voilure et je suis extrêmement vigilant. J'ai déjà percuté une biche en Savoie, j'étais à VTT, dans une descente, je suis passé par dessus le guidon et je suis tombé sur la tête, la nuque tournée d'une façon que je ne pensais même pas possible. J'ai mis plusieurs minutes à m'en remettre. L'écran de mon téléphone portable en miettes, il était dans une poche de mon maillot. (depuis, il est dans une pochette). La fourche du vélo pliée... Inutilisable. J'ai traîné mon VTT pendant une heure jusqu'à une route départementale où j'ai arrêté une voiture. Minerve pendant un mois et de multiples examens. 

Il n'en reste pas moins que c'est moi qui traversais la forêt où vit cette biche. Elle n'est pas venue me percuter dans mon garage ou sur la terrasse de la maison. J'étais sur son territoire.

Il faut donc imaginer que toutes nos routes sont des plaies, des blessures, des obstacles, et que c'est incompréhensible pour les animaux. C'est nous qui avons tracé des voies mortelles.

 

Mortalité animale due aux véhicules

 

Les grands carnivores (loupslynx et grizzly) ainsi que les animaux lents (ex : tortues et salamandres) sont particulièrement victimes de la mortalité routière.

Les amphibiens comptent parmi les espèces les plus touchées par la mortalité routière (jusqu'à plus d'une centaine d'individus par nuit et par point de passage, là où leurs itinéraires de migration printanière entre les zones d'hivernage et les zones de ponte croisent nos voies de circulation). Les écoducs destinés à leur permettre de traverser à moindre risque sont dits batrachoducs ou crapauducs.

La mortalité animale sur les routesa est la conséquence de collisions de la faune avec des véhicules. Elle concerne de nombreuses espèces : grands et petits mammifèresoiseauxamphibiensinsectes, etc.

Contexte

Les animaux sont souvent tués sur les routes pendant qu'ils s'alimentent ou se déplacent1. C'est une menace importante pour la biodiversité2.

En 1920, alors que les véhicules en circulation étaient moins nombreux et plus lents, Joseph Grinnell écrivait aux États-Unis : « Ce roadkilla est une source relativement nouvelle de mortalité ; et si l'on devait estimer le kilométrage du total de ces routes dans l'État, le taux de mortalité doit s'élever à des centaines, voire des milliers de cas toutes les 24 heures3. » La situation s'est depuis aggravée dans la plupart des régions du monde, en raison de l'augmentation conjointe de l'extension du réseau routier, du nombre de véhicules motorisés, de la vitesse moyenne des véhicules et du kilométrage parcouru par chaque conducteur.

C'est l'une des formes de fragmentation des habitats naturels par les réseaux de transport et l'une des principales causes du déclin de certaines espèces2, carnivores y compris4.

Chaque année en Europe, plus de 220 millions d'animaux sont tués sur les routes, provoquant notamment des dizaines de millions d'euros de préjudice pour les propriétaires des véhicules accidentés5.

Impacts économiques et sur la sécurité routière[modifier | modifier le code]

afficherCette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2022). 

Les collisions accidentelles de véhicules avec la faune ont des conséquences sur la biodiversité, sur l’économie et sur la sécurité routière. Dans les pays pauvres, où les bovinsovins et équidés, ainsi que de nombreux chiens et chats se déplacent le long de routes parfois très encombrées, nombre de ces animaux domestiques sont aussi blessés ou tués par des véhicules. Des accidents peuvent arriver à n’importe quel conducteur, même expérimenté et prudent. Au Canada, environ 1,6 % du total des collisions (cette proportion étant considérablement plus élevée sur certaines routes à trafic conséquent traversant des zones boisées, comme dans certains parcs et réserves naturelles). Le réseau routier rural a été amélioré depuis les années 1970, permettant de circuler avec une sécurité accrue mais parfois plus vite, ce qui accroît le risque de collisions avec les grands animaux. L’obstacle qu’ils représentent surgissant d’une façon imprévue, la vitesse moyenne plus élevée rend leur évitement difficile et le choc plus dommageable.

Animaux impliqués

Les crapauds sont protégés de la plupart des prédateurs par la toxicité de leur mucus, aussi ne craignent-ils pas les espaces découverts, dont les routes, ni les voitures. Ils sont, de plus, desservis par leur lenteur. Sur leurs axes de migrations, les crapauds meurent par dizaines à centaines (ici Bufo valliceps, d'Amérique centrale).

La quasi-totalité des espèces animales est concernée par la mortalité routière, mais la typologie varie selon les régions. Les espèces les plus vulnérables sont les animaux :

lents ou peu capables d’éviter les véhicules ;

protégés (ou se croyant protégés) par :

des piquants (porcs-épicshérissons),

une carapace (tatoustortues terrestres6,7sauriens),

la toxicité de leur organisme (crapaudssalamandres),

une capacité à injecter du venin ou à inspirer de la crainte à d'autres espèces (serpents)8,9 ;

les grands herbivores, qui doivent pâturer sur de vastes étendues et qui, pour certaines espèces de zone tempérée, migraient autrefois du nord vers le sud chaque hiver (ex : rennesélans) ; plus près des pôles, ces migrations saisonnières restent vitales pour ces espèces ;

les grands et moyens carnivores (loupsourslynxgloutonspumasocelotschat sauvage d'Europe, etc.) ont généralement de vastes territoires de chasse à parcourir, et ils doivent parfois migrer avec leurs proies ;

les petits carnivores (renardsloutresfouinesbelettesputois, etc.) qui prospectent de vastes territoires ;

les animaux à vaste territoire dont l’habitat régresse fortement. Exemple :

la population relique d’ours des Pyrénées en France, confinée sur moins de 0,1 % de son ancien territoire ; ainsi Franska achetée en Slovénie a été tuée sur la RN21, alors qu'elle pesait 120 kilogrammes, le jeudi 9 août 2007, un an après son introduction dans les Pyrénées10. Cet accident a eu lieu avec un véhicule militaire, après que l'ourse a été percutée par un premier véhicule. Le véhicule militaire, une Renault Kangoo, ayant tué Franska était conduit par un sous-officier du 1er régiment de hussards parachutistes, entre 6 heures et 6 heures 30, à 5 km au sud de Lourdes sur la commune de Viger. Cet accident a eu lieu en pleine polémique entre les habitants de la région et les défenseurs de la réintroduction d'ours en France, quant au comportement particulier de l'ourse qui tendait à descendre dans les plaines et à s'attaquer à des moutons d'élevage (« ours à problèmes »)11,12. En Slovénie vingt ours sont percutés chaque année sur des routes comme en France les sangliers et les cervidés13.

Les chiens ou, ici, les chats, sont de fréquentes victimes aux abords des zones habitées.

le grizzly confiné sur moins de 2 % de son territoire aux États-Unis ;

et tous les animaux qui doivent traverser beaucoup de routes, en particulier ceux qui longent les cours d'eau.

Des animaux semi-domestiques sont également régulièrement écrasés ou blessés (dont chats et chiens).

Collisions avec les insectes

Article détaillé : Effet pare-brise.

Un casque de moto constellé d'insectes, après un trajet fait à l'été 2008.

Il n’existe que très peu d’informations sur la mortalité des insectes due aux chocs avec les automobiles ou les blessures que les turbulences des véhicules rapides peuvent induire sur ces espèces.

Les insectes morts ou agonisants les plus facilement retrouvés sur les bords de route sont les papillons et, dans les zones humides, les libellules, car ils sont de plus grande taille, colorés et facilement visibles. Ils sont aussi plus « lourds » (ce qui les fait retomber sur la chaussée ou le bas-côté), mais un nombre bien plus grand de petits insectes restent collés aux véhicules ou sont emportés par le vent et les turbulences sur les bas-côtés14.

De nombreux insectes meurent aussi non pas du choc, mais de la violence de l'effet de souffleailes ou tendons désarticulés[réf. souhaitée].

En France, une évaluation réalisée à partir de comptages faits dans la région de Fontainebleau en 1990 a donné les résultats suivants : 60 billions (60 × 1012) d'insectes meurent dans un choc contre un véhicule chaque année en France et il y aurait plus de 100 tonnes de cadavres d'insectes (plus gros que ceux qui restent collés sur les véhicules) le long de nos routes.

On ne sait pas quelle est la part de ces insectes par rapport à la masse totale d'insectes qui circulent sur et au-dessus des routes (soit sur 1,2 % du territoire environ), ni quel est l'impact sur l'écologie des populations de ces insectes et de celles qui dépendent de ceux-ci pour leur survie…

Jean-Pierre Chambon, auteur de cette étude, a aussi montré qu'en été, la période de la journée au cours de laquelle les insectes sont les plus vulnérables se situe dans la tranche horaire 13-18 h. Il en est également ressorti que la mortalité est plus élevée en zone boisée qu’en zone cultivée ou urbaine.

Cette étude n’a pas été mise à jour depuis 1990. Or le nombre de routes et le flux de véhicules ont fortement augmenté depuis cette date. Beaucoup de populations d’insectes, papillons diurnes notamment, ont fortement régressé. En théorie, les études d’impacts devraient mieux étudier ces questions, y compris pour des trains de type TGV ; pour produire des mesures compensatoires et pour mieux tenir compte de la diversité des situations (environnement biogéographique, nature et couleur des routes, nature des accotements et leur gestion, nombre, vitesse et type de véhicules, etc.), mais ce problème a été peu traité.

Les données de 1990/1991 ont permis les évaluations suivantes : compte tenu de l’évolution du réseau routier et du parc automobile :

plus de 66 000 milliards d’insectes peuvent être tués chaque année par collision directe avec les voitures en France,

à ce chiffre il faut ajouter environ 40 tonnes par an d’insectes tués et projetés sur les bas-côtés,

ce chiffre, compte tenu de la disparition et du renouvellement des cadavres, peut être multiplié par quatre ou cinq pour l’année ce qui représente 120 à 200 t/an de matière animale déposée.

Jean-Pierre Chambon rappelle qu’on ne sait pas ce que ces chiffres représentent par rapport au nombre et à la masse des insectes vivants et que la surface des routes où s’opère cette destruction (6 500 km2) ne représente qu’environ 1,2 % de l’ensemble du territoire français (550 000 km2), inscrits dans 8 % du territoire artificialisé ou urbanisé15.

Bien qu'il ne s'agisse stricto sensu de mortalité routière, les trains peuvent tuer des insectes et autres animaux qui tentent de traverser les voies.

La mortalité varie selon le trafic, l'heure du jour ou de la nuit, la densité des populations d’insectes (et donc le contexte agro-écologique, l'altitude, les microclimats, etc.), le niveau d’activité des insectes (variant selon la saison, le climat, le lieu, la pollution lumineuse, la lune), et l’état physiologique des insectes. On a montré14 dans certaines zones un nombre fortement accru de libellules et papillons tués le dimanche, en raison d’un afflux supplémentaire de visiteurs sur les routes traversant ou bordant les milieux naturels.

Entre 1989 et 2013, la quantité d’insectes tués par les véhicules routiers a diminué de 80 % en Allemagne, à la suite de la diminution globale du nombre d’insecte due à l’usage de pesticides. Les oiseaux qui s'en nourrissent ont ainsi perdu les quatre cinquièmes de leur alimentation. La cause de cette chute est incertaine, les néonicotinoïdes n'en expliquant qu'une part16.

Article détaillé : Déclin des populations d'insectes.

Collision avec les amphibiens

Les salamandres sont protégées de leurs prédateurs par des glandes à toxines et des couleurs d'alerte (jaune et noir, comme chez les abeilles et guêpes)… qui ne leur sont d'aucune utilité face aux véhicules.

Article détaillé : déclin des populations d'amphibiens.

Lors des migrations annuelles vers le lieu de reproduction, les crapaudsgrenouilles et tritons subissent de véritables hécatombes, avec parfois des milliers de cadavres sur quelques centaines de mètres de routes. On a expérimentalement montré par ailleurs que la plupart des amphibiens sont par ailleurs attirés par les lampadaires (souvent en bord de routes). De nombreux crapauds utilisent des zones dégagées pour leurs migrations vers l'eau. En Australie un crapaud (Bufo marinus) utilise même volontiers la route elle-même comme « corridor de dispersion »17.

Après la sortie de l’eau (parfois forcée par la sécheresse), les mortalités sont plus discrètes. Les jeunes amphibiens sont alors très vulnérables (90 % vont rapidement mourir). Ceux-ci meurent déshydratés en quelques minutes sur le bitume ou sur le béton sec.

Collision avec les oiseaux

Certains oiseaux peuvent avoir une fausse impression de sécurité sur de larges espaces dégagés.

Article détaillé : Collision d'oiseau.

Toutes les espèces d’oiseaux sont concernées, mais en particulier les espèces migratrices et celles dont le terrain de chasse se trouve à proximité de routes ou de terrains d'aviation.

Les oiseaux qui sont nés près d’une route semblent mieux en « apprendre » les dangers et les oiseaux chanteurs tendent à s'éloigner des routes bruyantes.

Ce sont les rapaces nocturnes, qui lorsqu'ils sont éblouis par les phares ou luminaires alors qu'ils chassent de nuit, semblent le moins bien éviter les véhicules. Ainsi observe-t-on une forte surmortalité des rapaces nocturnes (chouetteshiboux) le long des routes à proximité de leurs habitats18. Ils sont bien plus nombreux à mourir de collisions que les rapaces diurnes, alors que les véhicules sont bien plus rares sur les routes la nuit.

Ce phénomène s'ajoute aux collisions d'oiseaux sur les vitres et superstructures, de jour, mais surtout de nuit, en raison de phénomènes généralement regroupés sous l'expression « pollution lumineuse ».

Les rapaces diurnes sont également parfois victimes de collisions, après avoir été attirés par des rongeurs blessés ou morts sur ou près de la route dont les bas-côtés sont souvent des espaces dégagés qu'ils apprécient pour chasser de petits mammifères.

Collision avec les mammifères

Cervidés et sangliers comptent parmi les victimes les plus fréquentes de collisions routières.

À l'aube et au coucher du Soleil, le risque de collision avec les mammifères semble plus élevé.

La mortalité routière était l'une des premières causes de mortalité des écureuils roux dans l'Île de Wight. Des ponts suspendus entre les arbres, au-dessus des routes, ont été testés, avec efficacité semble-t-il.

La collision avec un véhicule est l'une des premières cause de mortalité du blaireau européen en Europe de l'Ouest.

En l'absence d'écoducs, une première mesure est d'apposer des panneaux alertant les conducteurs (ici, en Australie, du risque de collision avec de grands animaux, dont avec des dromadaires, espèce introduite qui s'est rapidement reproduite en l'absence de prédateurs locaux).

On manque de données chiffrées pour les petits mammifères (hormis quelques études très ponctuelles et/ou portant sur les hérissons, les loutres ou les écureuils), mais de nombreuses données existent concernant les espèces dites « grands gibiers » ou quelques espèces suivies par colliers émetteurs (oursloutreslynx). Elles sont à l’origine de la création des premiers passages à faune (écoducs).

Dans les pays où les plans et quotas de chasse ainsi que l'agrainage ont permis aux populations de sangliers et ongulés de fortement croître depuis les années 1970, et alors que le nombre de véhicules augmentait fortement, la croissance du nombre de collisions entre véhicules et ces animaux est très nette. C'est notamment le cas en France, où selon l'ONCFS, le sanglier, puis le cerf et le chevreuil représentent 99 % du total des grands animaux heurtés par des véhicules (les autres espèces ne concernant qu'environ 1 % des collisions)19 :

le nombre annuel des collisions estimées est passé de 3700 en 1997 à 23500 en 2007 (multiplié par 6,3 en 20 ans),

le coût de ces accidents (sans parler des « coûts humains ») a été évalué à 115-180 millions d'euros, soit trois à cinq fois le total des indemnisations agricoles liées aux dégâts du gibier,

grâce aux panneaux de signalisation et aux progrès en matière de sécurité (ceinture obligatoire, pare-chocs plus performants, freins avec ABSairbags, etc.), des dégâts corporels ne sont en France provoqués que dans 2 % des collisions, et celles-ci sont une faible part des causes directes d'accident de la route, mais ils constituent 30 % du coût économique évalué des accidents. Les corridors écologiques canalisant mieux ces animaux vers des écoducs devraient réduire ces risques, mais ils sont encore peu nombreux.

Collision avec la grande faune

La collision, même à une vitesse raisonnable, avec un animal dont le poids peut dépasser 100 kg, ne peut qu’entraîner des dégâts matériels importants pour le véhicule et corporels graves pour ses occupants.

Les manœuvres d’évitement d’un animal qui traverse la route devant un véhicule peuvent également être à l’origine d’accidents. Mais en dehors des accidents graves, il existe un nombre important de collisions qui ne sont pas signalées pour diverses raisons dont la principale est la certitude de ne pas être dédommagé. On estime en effet que les collisions avec la grande faune ne sont signalées que dans 50 % des cas. Certains avancent même le chiffre de 25 %.

En France, la fréquence des accidents entre ces trois catégories se répartit comme suit : Chevreuils 50 %, Sangliers 45 %, Cerfs 5 %.

La gravité du choc dépend de la masse de l’animal, de la vitesse du véhicule, à laquelle il faut ajouter celle de l’animal s’il courait et arrivait de front. L'énergie cinétique croît en effet avec le carré de la vitesse20. Une collision avec un orignal est parfois mortelle, même à vitesse réduite : l'animal, pouvant peser jusqu'à 700 kg, est haut sur pattes, ce qui fait que son corps va traverser le pare-brise et s'écraser sur les occupants du véhicule21.

La probabilité de rencontre dépend de plusieurs paramètres, et tout d'abord des populations de gibier. Or, depuis la réalisation de cette enquête (1985), l'augmentation des populations de gibier a été forte (multipliées par quatre environ).

Mais cette probabilité de rencontre dépend également de la circulation automobile. Celle-ci a été multipliée par deux environ entre 1985 et 2001 (pour le trafic national). Ainsi la combinaison de ces deux facteurs conduit à une multiplication potentielle par huit du nombre des accidents.

En 1985, l’estimation du nombre des collisions était de 11 000. En 2001, on estime à 100 000 les collisions entre véhicules et grande faune, dont 45 000 pour les seuls sangliers. Ce chiffre intègre toutes les collisions avec ou sans dégâts corporels.

Grâce aux progrès techniques (véhicules équipés du système de freinage ABS, meilleure solidité, etc.), la plupart des accidents ne se traduisent que par de faibles dégâts et ne provoquent pas de morts ou de blessés humains.

Cependant, d’autres accidents sont simplement dus à une manœuvre d'évitement et ne sont pas toujours comptabilisés en collisions (il peut aussi s’agir d’oiseaux, de lièvres, lapins, chiens, chats, etc.). Cette estimation globale reste faible : 4 % environ des 2,3 millions d'accidents recensés par les compagnies d'assurance. Son impact est cependant perceptible dans l'opinion publique.

Collision avec les petits mammifères

Elles sont plus discrètes et peut-être plus rares avec les très petits mammifères qui semblent ne pas s'aventurer sur les routes. Certaines espèces (écureuil) y sont cependant vulnérables.

Impact sur des espèces menacées

À titre d'exemple, en Tasmanie où il n'y a que 5,25 hab/km2, plus de 100 000 animaux par an sont écrasés sur les routes. Selon le Dr Alistair Hobday, un chercheur australien travaillant sur le sujet, 1,5 à 2 % des diables de Tasmanie (espèce en forte régression) meurt ainsi tous les ans22, ce qui est une cause importante d’affaiblissement de leurs populations.

Les collisions chez les mammifères semi-aquatiques tels que la Loutre d'Europe ou le Vison d'Europe peuvent menacer la survie des populations23 : les ponts ne sont en général pas adaptés au franchissement de ces espèces qui sont contraintes de traverser de nombreuses routes24.

Conscience animale

Par Le 26/08/2023

Mon âme est celle d'un animal. Voilà où j'en suis. 

J'ai pleinement conscience que mes derniers articles peuvent interpeler, voire choquer. Que je considère que l'effacement de l'humanité ne soit pas un problème mais une délivrance est une position extrême que je conçois. Mais personne n'a idée de la souffrance qui est mienne au regard de la dévastation du Vivant. Une douleur physique, une souffrance psychologique, le ventre broyé, les viscères retournées, mon esprit ravagé, anéanti, démembré. Je ne peux plus regarder la photo d'un animal en souffrance. Je me protège pour ne pas sombrer. Cette certitude que la mort inutile et provoquée d'un animal est tout autant la mienne. il y a en moi une âme animale et tout ce qui touche à leur survie me consume. 

Est-ce que les animaux ont une conscience ?

 

https://www.planeteanimal.com/est-ce-que-les-animaux-ont-une-conscience-2281.html

 

Par Antoine Decrouy. Actualisé: 4 juillet 2018

Est-ce que les animaux ont une conscience ?

Image: mieux-vivre-autrement.com

"Regarde ton CHIEN dans les yeux et tu ne pourras pas dire qu’il n’a pas d’âme." Victor Hugo

Sur ce terrain philosophique pentu nous vous souhaitons la bienvenue, la question de la conscience est une interrogation qui tracasse l'être humain depuis bien des années et depuis encore plus de lunes. Se connaître soi-même et comprendre d'où nous viennent ce que nous appelons émotions, désir et pensées, fait partie des grands désirs de l'être humain. C'est en apprenant à se connaître soi-même que l'on connaît mieux les autres et c'est en en apprenant sur les autres qu'on apprend à se connaître. Ce raisonnement est-il applicable pour nos amis les animaux ? Qu'est-ce que la conscience ? Nos amis les animaux ont-ils une conscience ? Dans ce nouvel article Est-ce que les animaux ont une conscience de PlaneteAnimal nous nous efforcerons à répondre à toutes ces questions en vous faisant embarquer à bord du bateau de la philosophie pour vous faire naviguer sur les flots de la pensée afin qu'à la fin de cet article, ensemble, nous puissions répondre à la question : Est-ce que les animaux ont une conscience.


Image : mieux-vivre-autrement.com

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Index

L'âme et la conscience selon Aristote

Les procès animaliers du Moyen-Âge

La thèse Cartésienne

Le texte de Voltaire contre la thèse Cartésienne sur la conscience des animaux :

Charles Darwin et la théorie de l'évolution :

Thomas Henry Huxley

Est-ce que les animaux ont une conscience ?

L'âme et la conscience selon Aristote

À cette époque âme n'avait pas le même sens qu'on lui attribue aujourd'hui, selon Aristote une âme est la forme d'un être vivant, elle n'est en aucun cas séparée de la matière, certains traducteurs traduisent l'âme d'Aristote comme : souffle de vie. En définitive, on pourrait définir l'âme selon Aristote comme : « l'acte premier d'un corps organisé. »

Aristote distingue trois types d'âmes :

L'âme végétale qui possède des facultés nutritive et qui possède tout le nécessaire afin de grandir et se reproduire. "

L'âme animale n'est pas la même que l'âme du végétale car elle est dotée d'une capacité de sentir.

L'âme humaine se caractérise par sa capacité à connaître.

Il nous semble intéressant de commencer notre réflexion sur la conscience animale en vous présentant de quelle manière nos amis poilus étaient considérés par un des plus grands philosophes de tous les temps.

Les procès animaliers du Moyen-Âge

Le Moyen Âge était la scène de nombreux procès à l'égard de bien des animaux.

Pour qu'un animal soit amené devant les tribunaux il fallait qu'ils soient accusés de nuire aux hommes, ces dites nuisances pouvaient aller du simple vol, à la dévastation d’une récolte et même jusqu'au meurtre anthropophage dont sont accusés bon nombre de porc. Ainsi, on retrouve un nombre incalculable de procès incriminant toutes sortes d’animaux : cochons, chevaux, taureau, fourmis, tourterelle. Ces procès à l’encontre des animaux n’étaient pas une caractéristique spéciale de la France, en effet, on retrouve des traces de procès fait aux animaux en Allemagne, Suisse, Brésil, Canada, Espagne, Italie etc…

Le premier procès dont on a connaissance est le procès d’un cochon qui a chargé la monture du fils du roi si fort que dans sa chute, ce dernier se brisa les os et mourut. Ainsi, en 1350 une ordonnance a été proclamée pour condamner les errances des cochons dans les rues de la capitale. Les sanctions pouvaient aller d’une amende pour le propriétaire du cochon à l’exécution de l’animal. Le cochon responsable de la mort du fils du roi a été emprisonné et ensuite exécuté. On relève environ 13 procès contre ces animaux qui s’échelonnent du XV au XVII ème siècle. Les chiens sont moins passés sur le banc des accusés, cependant, on a quand même retrouvé le procès d’un chien en date du 17 novembre 1793.

Le dernier animal jugé en France était un âne que l’on a condamné à mort pour avoir mordu sa maîtresse.

L’animal qui a subit le plus de procès durant toute cette période est indéniablement le chat noir qui était associé aux actes de sorcellerie fortement réprimandés au Moyen âge.

Il est intéressant de voir qu’à cette époque les animaux étaient jugés de la même manière que les humains, ce qui nous amène à nous demander, les animaux étaient-ils plus considérés dotés de conscience à cette époque qu’à la nôtre ?

Continuons ensemble notre voyage au travers de notre perception de la conscience animale.

Est-ce que les animaux ont une conscience ? - Les procès animaliers du Moyen-Âge

Image: rtl.fr

La thèse Cartésienne

Au XVI ème siècle René Descartes établit sa thèse cartésienne sur laquelle se base le concept de "Je pense donc je suis". Dans la suite de cet article Est-ce que les animaux ont une conscience, nous allons voir comment cette phrase que tout le monde connait a influencé énormément la perception de la société sur les animaux.

Reprenons pas à pas l'idée originelle qui se dissimule derrière cette thèse. Avec cette phrase, Descartes explique que nous avons nos propres idées mais que nous n'avons pas accès aux pensées d'autrui. Et si le simple fait de penser fait de nous un être, comment être sûr que les autres personnes ne soient pas des automates si nous n'avons pas accès à leurs pensées ? Nous ne pouvons pas, il serait donc logique que toutes les autres personnes soient des automates, cependant, Descartes affirment que la parole humaine est une preuve irréfutable de la manifestation de la pensée d'autrui. Toujours selon Descartes afin de s'assurer que ce corps animé qu'il voit devant lui ait une âme, il faut absolument qu'il puisse parler.

L'animal machine

Pour appliquer ce raisonnement aux animaux il est important de dire que selon Descartes les animaux ne nous communiquent pas de pensées. Selon lui, les animaux ne nous communiquent qu'une série de sons qui sont plus des réponses automatisées qu'une réelle pensée, par exemple, les cris de douleur des animaux ne sont absolument pas une manifestation consciente car il s'agit plutôt d'une réponse automatisé. Selon lui, rien ne prouve que les animaux ne soient pas des machines, tout comme rien ne prouve que les animaux ne pensent pas étant donné que "l'esprit humain ne pénètre pas dans leur cœur". Étant donné que rien dans le comportement des animaux ne nous permet de leur attribuer des pensées, ces derniers n'auraient donc pas de conscience, ainsi naît la première différence capitale entre les animaux et les humains, selon Descartes l'être humain aurait une âme jointe à son corps.

Malebranche (un disciple de Descartes) alla jusqu'à battre son chien afin de mettre en parallèle les cris du chien et le son d'une horloge.

Il n'est pas dénué de sens d'essayer de pousser un petit peu plus la réflexion sur l'évolution de l'animal machine qui dans la société de consommation a fini par devenir un animal qui n'est plus qu'une marchandise.

Est-ce que les animaux ont une conscience ? - La thèse Cartésienne

Image: blogs.nelson.wisc.edu

Le texte de Voltaire contre la thèse Cartésienne sur la conscience des animaux :

Afin de prouver que ce que peut penser une personne à une époque précise n'est pas forcément le reflet de ce que tous les intellectuels de l'époque pouvait penser nous avons choisi de vous proposer un texte intitulé Bête de Voltaire :

“Quelle pitié, quelle pauvreté, d'avoir dit que les bêtes sont des machines privées de connaissance et de sentiment, qui font toujours leurs opérations de la même manière, qui n'apprennent ni ne se perfectionnent en rien Quoi ! cet oiseau qui fait son nid en demi-cercle quand il l'attache à un mur, qui bâtit en quart de cercle quand il est dans un angle, et en cercle sur un arbre ; cet oiseau fait tout de la même façon ? Ce chien de chasse que tu as discipliné pendant trois mois n'en sait-il pas plus au bout de ce temps qu'il n'en savait avant tes leçons ? Le serin à qui tu apprends un air le répète-t-il dans l'instant ? n'emploies-tu pas un temps considérable à l'enseigner ? n'as-tu pas vu qu'il se méprend et qu'il se corrige ?(...] Porte le même jugement sur ce chien qui a perdu son maître, qui l'a cherché dans tous les chemins avec des cris douloureux, qui entre dans la maison, agité, inquiet, qui descend, qui monte, qui va de chambre en chambre, qui trouve enfin dans son cabinet son maître qu'il aime, et qui lui témoigne sa joie par la douceur de ses cris, par ses sauts, par ses caresses. Des barbares saisissent ce chien, qui l'emporte si prodigieusement sur l'homme en amitié,- ils le clouent sur une table, et ils le dissèquent vivant pour te montrer les veines mésaraiques. Tu découvres dans lui tous les mêmes organes du sentiment qui sont dans toi. Réponds-moi, machiniste, la nature a-t-elle arrangé tous les ressorts du sentiment dans cet animal, afin qu'il ne sente pas ? A-t-il des nerfs pour être impassible ? Ne suppose point cette impertinente contradiction dans la nature.

Charles Darwin et la théorie de l'évolution :

Comme nous l'avons expliqué, beaucoup de personnes n'étaient pas d'accord avec ce concept de l'animal machine mais ce concept est resté fermement planté à la tête du concept de la conscience animale durant presque deux siècles et il faudra attendre le courant porté par Darwin afin mettre à mal le concept d'animal machine.

Charles Darwin est le naturaliste qui a bouleversé le monde des croyants en publiant sa théorie de l'évolution. Parler de l'intégralité de sa théorie serait bien trop long et fastidieux, c'est pourquoi nous nous intéresserons spécifiquement à la partie qui a renversé le concept d'animal machine cartésien. Afin que la théorie de l'évolution de Darwin ait du sens d'un point de vue logique et scientifique, il fallait absolument attribuer une vie interne et mentale aux animaux. Darwin considère qu'il y a une différence entre humain et animaux mais que cette différence ne se base pas sur une nature différente mais sur un degré différent. C'est à dire que selon Darwin il y aurait quelque part plusieurs niveaux de conscience que l'on pourrait mesurer en degrés, l'homme étant au plus haut degrés d'intelligence et de conscience.

Georges Romanes dans son livre Animal Intelligence met à mal la thèse cartésienne en expliquant que le langage articulé n'est pas la seule manifestation de la conscience qui permettrait de savoir que l'autre n'est pas un automate. En effet, selon lui, le fait que les animaux soient capables de s'adapter et d'apprendre est un clair signe d'une vie interne.

Avec la thèse de Darwin, l'homme redevient un animal avec un haut degrés de conscience, certes, mais un animal tout de même. Nous vous laissons imaginer la bombe qu'une telle idée a été à cette époque tout particulièrement chrétienne.

Est-ce que les animaux ont une conscience ? - Charles Darwin et la théorie de l'évolution :

Image: agoravox.fr

Thomas Henry Huxley

Thomas Henry Huxley est un biologiste, paléontologue et philosophe anglais, en rapport avec l'article que nous sommes en train d'écrire, nous nous intéresserons tout particulièrement à un des concepts qu'il a créé en philosophie : Épiphénoménisme.

Qu'est ce que l'épiphénoménisme ?

C'est une thèse qui stipule que les phénomènes mentaux comme les croyances, les désirs, les émotions ou les intentions n'ont aucun pouvoir d'action sur le corps ou sur les autres phénomènes mentaux. C'est l'idée selon laquelle seule les choses physiques peuvent avoir un réel impact sur les situations mentales. Pour résumé, les épiphénomènes sont toutes les manifestations mentales que nous venons d'énumérer et ces manifestations mentales ne sont que le sous-produit de la manifestation physique du cerveau. Afin d'illustrer la conscience Huxley utilise cette image : la conscience serait comme la fumée qui se dégage d'un train à vapeur, présente, mais sans avoir une possible action sur le corps physique et c'est ce dernier (corps physique) qui aurait une action sur les épiphénomènes (manifestation mentale) qui sont ici représentés par la fumée dégagée par la locomotive.

Il fallait commencer par expliquer ce terme avant de nous plonger ensemble dans la compréhension de la thèse de Thomas Henry Huxley. Le penseur Huxley a réussi à faire un mélange de la pensée de Descartes et de Darwin.

En s'appuyant sur des expériences contemporaines, Huxley a pris chez Descartes l'idée de la mécanique et physiologique des comportements et sentiments animaux. Il prend pour exemple : si après un accident un homme perd la connexion entre la moelle épinière et un membre, la personne n'aura plus conscience de son membre, cependant, ce dernier réagira toujours aux stimulations externes comme les chatouilles par exemple. Huxley applique cette théorie pour tous les autres vertébrés. En s'appuyant aussi sur une expérience réalisée sur des grenouilles auxquels on a sectionné la moelle épinière, on s'aperçoit qu'elles savent toujours nagées et qu'elles se déplacent sur une main au fur et à mesure que cette dernière tourne. Huxley explique donc que ces expériences corroborent l'idée de mouvement automatique développée par Descartes.

Par contre bien qu'il approuve l'idée cartésienne de mouvement automatique, il attribue une conscience aux animaux tout en refusant l'influence de la volonté de l'esprit sur le corps humain. Pour Huxley, il n'y a pas de différences entre le fonctionnement humain et animal. En suivant la théorie de l'évolution Darwinienne, il stipule que la conscience serait le résultat d'un processus évolutif et que la partie du cerveau en charge de la conscience chez l'homme se retrouve chez bien d'autres animaux. Ce qui établirait en bonne et due forme que ce que nous considérons conscience chez l'être humain se retrouve chez bon nombres d'animaux.

Est-ce que les animaux ont une conscience ? - Thomas Henry Huxley

Image: fr.wikipedia.org

Est-ce que les animaux ont une conscience ?

Après ce rapide tour de la pensée de certains des plus grands philosophes de tous les temps à propos de la question de la conscience animale, il nous semble important d'essayer d'apporter une réponse claire et nette. Pour ce faire, nous allons nous intéresser à la conclusion de Huxley.

Selon le philosophe Huxley, les animaux sont des êtres conscients, libres, sentant, pensant ainsi qu'automates. Cependant, Huxley nous explique que ce qui s'applique pour les autres animaux, s'appliquent également chez l'homme, appelant l'Homme a descendre de son piédestal en le réintégrant à sa place aux côtés des autres automates incroyablement sophistiquées et conscientss que sont les animaux.

Nous ne commencerons même pas à parler de l'intelligence extrême des corbeaux ou de l'incroyable histoire de koko le gorille qui parle car ces deux histoires (pour ne citer qu'elles) ne font que corroborer ce que nous venons d'avancer à l'aide de Huxley, les animaux ont autant une conscience que nous en avons une.

Après toutes ces belles paroles, il nous semble essentiel de clamer haut et fort que chez PlaneteAnimal nous sommes absolument convaincus que les animaux sont dotés de conscience.

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Est-ce que les animaux rient ?

Est-ce que les poissons dorment ?

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Si vous souhaitez lire plus d'articles semblables à Est-ce que les animaux ont une conscience ?, nous vous recommandons de consulter la section Curiosités du monde animal.

Austérité ou sobriété

Par Le 26/08/2023

 

https://www.alternatives-economiques.fr/eloi-laurent/austerite-sobriete/00093342

 

Et maintenant : austérité ou sobriété ?

 

LE 09/07/20206 min

Eloi LaurentEconomiste, professeur à Sciences Po et à l’université de Stanford

 

10Commentaire(s)

On a trop peu souligné combien les mots choisis par le président de la République le 14 juin dernier, à l’heure de tirer un premier bilan de la pandémie de Covid-19 en France, furent ahurissants : « Nous pouvons être fiers de ce qui a été fait et de notre pays. »

Rappelons rapidement ce que nous disent, en réalité, les quatre indicateurs du carré tragique français : « notre pays » a l’un des plus mauvais bilans sanitaires au monde, il a imposé à ses citoyen(ne)s des restrictions de liberté parmi les plus strictes de la planète, il est frappé par une des récessions économiques les plus sévères du globe et il a vu s’effondrer la confiance politique comme nulle part ailleurs en Europe. Fiers ? De quoi au juste ? « Reconstruction » définit fidèlement, pour le coup, l’ampleur de la tâche à accomplir pour remettre le pays à flot après ce naufrage.

Deux horizons étymologiquement proches et radicalement éloignés politiquement se dessinent devant nous en la circonstance : l’austérité et la sobriété. On peut chercher à les contraster de différentes manières (la première serait subie, la seconde choisie) mais la distinction la plus convaincante est celle de leur objet respectif : l’austérité est sociale quand la sobriété est écologique. Laquelle faut-il préférer sur le plan économique ?

Création d’emplois

L’austérité sociale est toujours une catastrophe en temps de crise, il est encore utile de le rappeler aux héritiers intellectuels du Jacques Rueff de « l’assurance chômage, cause du chômage permanent ». Nous avons déjà vu en France, en 2011-2013, la saison 1 de cette série masochiste. Pourtant, un certain nombre de syndicats patronaux qui goûtent les faillites d’entreprises et d’économistes qui n’ont toujours pas lu Keynes (en libre accès ici) réclament à cor et à cri une saison 2 de l’austérité sociale, faite de déflation salariale et de reflux des protections collectives. Ce serait une idiotie impardonnable, soit, mais la sobriété écologique serait-elle préférable ? Il y a trois raisons sérieuses de le penser.

Pour commencer, les réglementations environnementales du type de celles, nombreuses et variées, que propose la Convention citoyenne pour le climat, peuvent accélérer l’innovation, selon l’hypothèse dite « de Porter », à condition qu’elles soient combinées à des instruments de prix comme la fiscalité écologique, dont la France a plus que jamais besoin.

Ensuite, la sobriété énergétique et carbonique favorise les créations d’emplois, comme le démontre clairement le scénario Negawatt qui prévoit, entre autres bénéfices, la création de 400 000 emplois nets en 2030 (600 000 en 2050).

Enfin, la sobriété écologique peut être synonyme de progrès social – notamment sanitaire – et de maîtrise des finances publiques, comme le souligne la note de la chercheuse finlandaise Tuuli Hirvilammi qui vient d’être publiée par la Fondation de l’écologie politique.

La sobriété, vecteur d’innovation

A cet égard, il est temps de déboulonner l’idée simpliste, reprise sans surprise par un président de la République sans imagination, selon laquelle la croissance est nécessaire pour « financer » les politiques sociales. Sous couvert de réalisme économique, il s’agit là d’une manière archaïque de concevoir la protection sociale au siècle des défis environnementaux : il importe aujourd’hui, en matière sociale comme en matière énergétique, de passer d’une logique de dépense à une logique d’économies.

En effet, le prolongement écologique de l’Etat providence – qu’imposent les risques sociaux engendrés par les crises environnementales – repose sur une logique d’économies et non pas de dépenses gagées sur des prélèvements eux-mêmes assis sur des revenus. Le financement d’un Etat qui doit devenir social-écologique peut ainsi être assuré par les économies colossales de dépenses sociales directement liées à l’atténuation des crises écologiques.

Que l’on songe aux économies provoquées par un traitement rationnel, c’est-à-dire non autodestructeur, des écosystèmes et de la biodiversité, qui aurait participé à écarter les épidémies de Sida, d’Ebola, de Mers, de Sras et bien entendu de Covid-19. Que l’on songe aux économies de dépenses sociales permises par l’atténuation progressive de la crise de la couche d’ozone, qui a entamé sa régénération du fait d’une gouvernance globale efficace et ainsi contribué à éviter des dizaines de millions de cas de cancers de la peau sur la planète. Que l‘on songe aux économies de dépenses sociales qui pourraient être réalisées par l’atténuation du changement climatique ou de la pollution de l’air. Sans parler des conséquences sanitaires et donc financières de l’amélioration des pratiques d’alimentation, des pratiques sportives ou de mobilité urbaine (marche à pied, usage du vélo...).

Même lorsque de nouveaux prélèvements doivent être introduits, comme la fiscalité carbone, celle-ci peut aisément aboutir, à condition d’être correctement calibrée, à des économies doubles, en termes de bien-être et de revenu pour la majorité de la population (Berry et Laurent 2019).

A l’inverse, comme le souligne l’OMS : « Tenter de faire des économies en négligeant la protection de l’environnement, la préparation aux situations d’urgence, les systèmes de santé, et les filets de protection sociale [s’avère] une fausse économie. »

Résumons : la sobriété écologique est un vecteur d’innovation quand l’austérité sociale détruit durablement les capacités humaines ; la sobriété écologique est créatrice d’emplois et de progrès social quand l’austérité sociale enferme les individus dans le chômage de masse ; la sobriété écologique est économe quand l’austérité sociale est une gabegie budgétaire. Pourquoi, dès lors, ne pas aujourd’hui faire le choix d’une politique publique dont nous pourrions être fiers ?

Eloi Laurent
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