Articles de la-haut
Mantes religieuses dans le jardin
C'est la première fois qu'on en voit depuis deux ans et demi qu'on habite ici.
Quatre aujourd'hui en plus des lucanes cerf-volants, longicornes, papillons et des oiseaux en pagaille. Tout ce petit monde se partage le territoire pour notre plus grand bonheur.
J'ai demandé à des connaisseurs en insectes d'expliquer ce que j'ai vu et photographié hier. Il s'agit donc de deux femelles, dont une qui était gravide. Je dis bien "était" car elle a mal fini...Il semble probable, au vu de son absence de combativité, qu'elle était victime d'un ver gordien.
Pour avoir partagé ces photos sur ma page FB, un interlocuteur disait que "la nature est vraiment cruelle". Puis après quelques échanges, nous en arrivions à la même conclusion : Il y a une différence fondamentale entre l'instinct et la conscience. Dans la nature, il n'y a que l'humain qui fasse du mal consciemment.






Potagers urbains aux USA
Puisqu'en France, on finit toujours par copier les USA, on peut espérer que ça finira par prendre ici aussi...
De toute façon, la misère sociale va aller en s'amplifiant, les restos du coeur n'arrivent plus à fournir, des centaines de milliers d'étudiants ne mangent pas à leur faim, des enfants d'école primaire arrivent le matin le ventre vide...
Il faudra nécessairement que des communautés s'organisent, partout, à la ville comme à la campagne.
https://www.culturesenville.fr/blog/detroit-renouveau-agriculture-urbaine/
Détroit : le renouveau par l’agriculture urbaine
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Détroit compte aujourd’hui 105 000 parcelles inoccupées, qui abritent une biodiversité inhabituelle, dont une végétation pionnière comme le « palmier ghetto » (Ailanthus altissima), ainsi que des ratons laveurs, des renards et des faisans. Une fois mises en valeur par l’agriculture, ces terres en friche peuvent créer des opportunités pour les mouvements sociaux qui luttent pour la justice alimentaire et qui visent à transformer le système alimentaire en faisant pression pour un plus grand contrôle de la production et de la consommation par ceux qui sont socialement marginalisés. Par exemple, entre 350 et 1 600 jardins communautaires et fermes urbaines ont été recensés à Detroit, la plupart étant gérés par des groupes ou des organisations qui ont récupéré de manière informelle les espaces vacants.
Transformation de Détroit par l’agriculture
Alors que le système urbain complexe de Détroit s’est effondré et que la ville a perdu des capitaux, des ressources humaines, des entreprises et des structures organisées diverses ; de nouveaux espaces urbains se sont développés. Les changements les plus visibles dans le paysage de Détroit sont les projets d’agriculture urbaine qui se sont étendus à tous les terrains vagues du comté et l’émergence d’une nouvelle morphologie et d’un nouveau métabolisme urbain. On pourrait dire que la transformation en une agriculture de type rural de l’ensemble du paysage des petits îlots urbains pourrait être le futur de Detroit.
Le document explore la scène contemporaine de l’agriculture urbaine à Detroit en analysant l’éventail des projets et des organisations de l’agriculture urbaine. Detroit démontre le rôle important de la base, des ONG, des entrepreneurs et de la planification et de la politique gouvernementale. L’étude de cas révèle la valeur de l’agriculture urbaine dans la conception des paysages urbains et des systèmes alimentaires des villes en déclin et l’importance d’un réseau systémique dans ce processus. Cette approche pourrait être transférée aux villes européennes plutôt qu’à des projets et stratégies individuels qui doivent toujours être soigneusement contextualisés.
De nombreux habitants sont venus créer leur propre jardin
C’est ainsi que quelques 1 500 jardins et fermes urbaines, comme la ferme Suzanne à Paris, ont été repris sur des centaines d’hectares vacants de la ville, dans les arrière-cours des familles et des écoles. Dès lors, la première agriculture durable d’Amérique se développe, lentement mais sûrement, à Detroit grâce à la Michigan Urban Agriculture Initiative ou au Greening of Detroit et à d’autres associations également.
L’association Greening of Detroit cultive un jardin urbain. De nombreux habitants sont venus créer leur propre jardin. Dans l’espace vert du marché de l’est, il y en a plus d’un millier qui ont suivi des cours. Certains pour leur propre production, d’autres pour démarrer leur entreprise. Il y aura 350 à 5 000 emplois disponibles dans toute la ville.
La Michigan Urban Agriculture Initiative est une organisation à but non lucratif, mais sa mission est d’utiliser l’agriculture urbaine comme une plateforme pour promouvoir l’éducation, la durabilité et la communauté dans un effort pour élever et responsabiliser les quartiers urbains.

Avec le soutien de partenaires tels que des marques durables, BASF, General Motors et Herman Miller, ils ont commencé à rénover un bâtiment vacant de trois étages et de 3 200 pieds carrés que l’IMF avait acheté aux enchères, pour créer un centre de ressources communautaires (CRC) durable et éco-énergétique.
D’autres travaux pour l’agriculture comprennent la restauration d’une maison pour l’hébergement des étudiants stagiaires et d’une maison conteneur à deux chambres. Ils ont également entrepris de transformer une maison endommagée par un incendie (dans laquelle il ne restait que le sous-sol) en une citerne de collecte d’eau pour irriguer le jardin.
Que ce soit pour l’initiative d’agriculture urbaine du Michigan ou le verdissement de Détroit, la récupération des terres a été la réponse à un sentiment légitime d’abandon de la part de la population. Tee Rushdan explique : « si je ne peux pas faire confiance au gouvernement, je le ferai moi-même ».
Les premiers succès sont visibles
Dan Pitera, professeur d’architecture à l’Université de Detroit Mercy, affirme que la perception de l’extérieur a changé. « De l’apocalypse à un état de changement plein d’espoir. » Il a également la vision d’un Detroit écologique et socialement juste. Quelle est cette vision à l’ordre du jour ? Dan Pitera secoue la tête. « Nous avons d’abord besoin de l’engagement des gens, puis nous pensons à l’agriculture et à l’urbanisme.
La ville propose un nouveau plan d’occupation des sols « sur une toile verte » qui donnera le ton de la ville et de son développement. Elle propose une sorte de « refondation » d’une grande ville industrielle en une ville plus verte, plus diversifiée et plus vivante tant sur le plan social qu’économique.
L’agriculture urbaine à Détroit, un moyen de changement
Un refrain familier de plusieurs milliers de personnes impliquées dans l’agriculture urbaine à Detroit est qu’elles ramènent la ville à ses racines préindustrielles. À la fin du XVIIIe siècle, Detroit était un petit comptoir commercial entouré de champs et de fermes. « Vous savez, cette région a commencé comme une terre agricole et nous y retournons tout simplement », explique Rich Wieske, qui gère plus de 60 ruches dans le centre-ville de Detroit et vend le miel qui en résulte à des fins commerciales.
En effet, l’agriculture urbaine à Détroit apparait comme un moyen de résoudre et d’atténuer une série de problèmes liés au déclin urbain structurel. Loin de se limiter à son objectif nutritionnel, elle a trouvé un rôle en tant que pratique multifonctionnelle ayant des impacts sur l’éducation, le développement économique, les interactions sociales, l’urbanisme et la santé des habitants et des écosystèmes. Ainsi, l’agriculture urbaine à Détroit est susceptible de contribuer à lutter contre les « déserts alimentaires » c’est-à-dire les zones à faibles revenus dépourvues de commerces de détail alimentaires et où les taux d’obésité sont extrêmement élevés.
La création de chaînes d’approvisionnement alimentaire locale, gérées par la communauté, offrirait non seulement des possibilités d’emploi, mais permettrait également l’émergence de systèmes plus inclusifs, écologiques et sensibles à la nourriture pour les groupes ethniques minoritaires. Les mouvements pour la justice alimentaire utilisent l’agriculture urbaine comme stratégie pour défendre les droits de la communauté afro-américaine. L’agriculture urbaine offrirait également des possibilités d’emploi dans la production, la distribution et la commercialisation.
De plus, l’agriculture urbaine pourrait être un moyen de lutter contre le déclin de la solidarité provoquée par l’effondrement des réseaux sociaux professionnels et de voisinage. Certains auteurs ont également fait valoir que le verdissement des terrains vagues pourrait avoir un impact sur le sentiment de sécurité des habitants.
Par Clément Lebellé|16 avril 2020|Agriculture Urbaine
Vive le réchauffement climatique...
Avec le fourgon, on est parti une semaine en Gironde, dans les forêts des Landes.
On n'a pas croisé beaucoup de monde, voire même personne à certains endroits qu'on affectionne mais dans un magasin, j'ai entendu une dame, la soixantaine, qui se réjouissait de ce "magnifique beau temps". Et la commerçante, dans la même tranche d'âge, de répondre que c'était vraiment dommage que les touristes soient déjà partis.
C'étaient juste deux personnes mais je suis persuadé que beaucoup d'autres tiennent le même discours. On ne peut pas parler de "réflexions" car encore faudrait-il qu'il y ait eu un raisonnement. Ce comportement me sidère. Des personnes de mon âge et pourtant dans l'ignorance ou l'indifférence, juste concentrées sur leur bien-être personnel. Il est impossible qu'elles n'aient pas entendu parler du "réchauffement" et des conséquences. Elles vivent apparemment dans la région, elles ont sans doute suivies avec inquiétude les incendies de l'été dernier.
Je ne comprends pas.
Bien évidemment qu'on a "profité" de ces températures douces, voire chaudes, de la température de l'océan dans lequel on rentrait sans aucune difficulté et dans lequel on pouvait nager pendant aussi longtemps que l'envie nous prenait. On a pédalé sur les pistes cyclabes, juste habillés de notre cuissard et d'un tee-shirt et plus d'une fois, on a transpiré. Vélo le matin, plage l'après-midi jusqu'au coucher du soleil. Mais on a traversé des forêts calcinées...
Du sommet de la dune du Pyla, l'horizon qui s'ouvrait était juste effrayant. Des arbres calcinés comme des allumettes brulées, plantées côte à côte, à perte de vue. Et pourtant, le "camping des flots bleus, célèbre lieu cinématographique, était ouvert. On voyait des camping-cars stationnés dans un décor ravagé. Le tourisme avait déjà repris.
Et pour avoir lu quelques articles sur la région, les propriétaires forestiers sont pour la plupart décidés à replanter les mêmes essences résineuses, car ce sont les plus rentables, arguant que de toute façon, rien d'autre ne pousse. Ce qui est absolument faux. Chênes verts, chênes tauzin, chênes liège et eucalyptus, par exemple, poussent dans les zones laissées sauvages. Alors, évidemment, après des décennies de plantations de résineux, le sol n'est plus favorable et d'ailleurs, rien ne pousse ou presque sous les plantations en ligne des pins maritimes. Contrairement aux résineux, la litière des feuillus est non toxique, ce qui attire une extraordinaire biodiversité. L'activité biologique du sol, donc la remontée et le maintien des substances nutritives dans la couche arable du sol, s'intensifie au point de la fertiliser au fil des années. Est-ce qu'il est judicieux de continuer ? Il y aura d'autres incendies, c'est inévitable.
Aujourd'hui, 1 er octobre 2023, à 600 mètres d'altitude, dans la Creuse, il a fait 29 degrés. Notre puits est quasiment sec et les onze citernes de mille litres réparties sur le terrain arrivent au bout de leurs réserves.
On sait qu'il faudra garder les graines des légumes qui auront le mieux supporté cet été interminable ou cette absence d'automne...En prévision des années à venir.



"Ce que les Kogis ont à nous dire"
Peuple de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, les Kogis ou Kagba sont les descendants des Tayronas, une des plus grandes sociétés précolombiennes du continent sud-américain et surtout une des plus anciennes : leur histoire pourrait remonter à plus de 12000 ans.
Ces 25 000 hommes et femmes mènent aujourd’hui une existence simple et spirituelle, respectueuse de la Terre qui leur a donné naissance. Accueillant très peu d’étrangers, ils se sont pourtant donné la mission de transmettre leurs savoirs ancestraux aux hommes «civilisés» afin qu’ils puissent renouer avec l’harmonie du monde.
Pour les kogis, le territoire est considéré comme un «corps» territorial, reflet du fonctionnement des constellations autant que celui du corps humain. Où vivent-ils ? Quelle est leur «vision» du territoire ? Que nous apprennent les sagesses et cultures amérindiennes ?
Depuis 1997, l’association Tchendukua, ici et ailleurs travaille à restituer des terres ancestrales aux peuples de la Sierra Nevada de Santa Marta dans le nord de la Colombie (particulièrement les Kogis et les Wiwas) à appuyer la régénération de la biodiversité et à engager un dialogue créatif avec eux.
"Le grand récit des montagnes"

Le Grand récit des montagnes — Une randonnée scientifique à la découverte des lois du monde, de Blandine Pluchet, aux éditions Flammarion, mai 2022, 272 p., 20 euros.
https://reporterre.net/Les-montagnes-ces-temples-de-la-science
Les montagnes, ces temples de la science

Formation des roches, réchauffement climatique... Les montagnes abritent de nombreux savoirs. Dans une randonnée scientifique, l’autrice Blandine Pluchet propose d’aller à leur découverte.
Ah qu’ils sont beaux, les paysages de montagne ! De vrais « musées à ciel ouvert », clament les agences de tourisme, des vues « à couper le souffle », renchérissent les réseaux sociaux… Mais la montagne n’est pas une image, elle est vivante, et on éprouvera des émotions bien plus fortes en découvrant son histoire depuis des milliards d’années qu’en arpentant ses sites fragilisés.
Physicienne de formation, l’écrivaine Blandine Pluchet propose cet élargissement du regard dans Le Grand récit des montagnes (éd. Flammarion), en révélant leur vie entre ciel, terre et cosmos.
On la suit d’autant plus volontiers que sa verve est claire et chaleureuse, et que son livre, conçu comme une randonnée scientifique, mêle subtilement science et poésie du monde. Chemin faisant, au gré de rencontres variées (glaciologues, astronomes, conteuse…) et de visites de centres européens de la recherche sur le climat, la haute montagne révèle une facette d’elle-même peu connue : celle d’une sœur fantasque et spirituelle, devenue vigie du réchauffement climatique.

Les étapes de la randonnée scientifique proposée par Blandine Pluchet dans son livre. © Flammarion
De la voûte céleste des anciens à l’exploration de la matière noire
Ce n’est pas un « paysage » que Blandine Pluchet décrit dans Le Grand récit des montagnes, c’est tout un « monde » auquel nous sommes profondément liés. Un monde qui est à la fois un riche écosystème naturel et culturel, avec son réservoir de mythes et légendes, et un terrain d’observation exceptionnel sur l’Univers. De l’époque des téméraires savants-alpinistes, au XVIIᵉ siècle, aux recherches actuelles sur les implications du réchauffement climatique, la science en montagne a toujours été riche de perspectives.
Le ciel, par exemple, qu’observent plusieurs centres scientifiques européens en altitude ou en sous-sol, pour éviter tout rayonnement cosmique, c’est à la fois cette voûte céleste dans laquelle des peuples de l’Antiquité lisaient l’avenir ; ce joyau nocturne à l’abri duquel un tiers des vertébrés trouve refuge ; ce cosmos sillonné de milliards d’étoiles dont les rayons nous modèlent — ils sont en particulier responsables, par leurs interférences avec l’ADN, de mutations au sein du vivant qui contribuent à l’évolution permanente de tous les êtres sur Terre ; cette matière noire, source d’énergie de la Terre, à l’origine des plaques tectoniques et donc de nos paysages, qu’étudie le Laboratoire souterrain de Modane, etc.

La Schneefernerhaus, en Bavière (à 2 600 mètres d’altitude), sert aux scientifiques à explorer les nuages, les rayons cosmiques, la vapeur d’eau, etc. Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Marcus Hebel
C’est aussi cette troposphère (jusqu’à 10 kilomètres d’altitude), où se fabriquent le climat et ses dérèglements. Et quel meilleur endroit pour saisir son processus que la terrasse de la Schneefernerhaus (ou Maison du glacier des neiges), un institut de recherche planté à 2 600 mètres d’altitude sur les pentes de la Zugspitze, en Bavière ?
De cette terrasse-atelier donnant sur un ciel miroitant de vifs contrastes de lumière, qui devient théâtre fantasque les jours de mauvais temps (feux de Saint-Elme, halos divers…), on visualise bien mieux les loopings des masses d’air sur les sommets, jusqu’à la formation des nuages, pourvoyeurs de pluie ou de neige. C’est la touche Blandine Pluchet, qui, en bonne pédagogue (elle est aussi guide et autrice de livres pour enfants), sait que l’on comprend mieux ce que l’on parvient à se représenter.
À 2 600 mètres d’altitude pour visualiser le changement climatique
Après une brève initiation à la circulation globale de l’atmosphère à l’échelle de la planète, le processus du changement climatique vous paraîtra aussi bien plus clair (Hannes Vogelmann, le physicien au laser vert qui a « la montagne dans le sang », y contribuera). Surtout vous comprendrez que ce n’est pas un phénomène « mécanique », mais une rupture des équilibres naturels qui se sont construits des millions d’années durant, et qui, dans un effet domino, va s’accentuant.
Si l’excès de vapeur d’eau dans l’atmosphère, induit par les activités humaines, frappe déjà avec ses canicules, orages violents et fortes pluies, il pourrait entraîner d’autres bouleversements météorologiques en cas, par exemple, de modification des grandes circulations d’air comme le jet-stream. De même, la fonte des glaciers pourrait amoindrir les réserves d’eau européennes, puisque ceux-ci alimentent indirectement nos grands fleuves (Rhône, Rhin, Danube, etc.).
Sans même parler du pergélisol, cette glace qui sert de socle aux montagnes et couvre un quart de la surface mondiale, dont la fonte pourrait libérer des virus inconnus et provoquer un affaissement des reliefs…

Depuis la terrasse de la Schneefernerhaus, à 2 600 mètres d’altitude, le physicien Hannes Vogelmann lance son lidar pour étudier les particules en suspension dans l’atmosphère. © Blandine Pluchet
Le récit de ces évolutions presse le cœur, d’autant que Blandine Pluchet rappelle avec une foultitude de détails combien l’écosystème montagnard est créatif, surprenant : formation et variété des nuages, des flocons de neige, des quartz, des lumières invisibles (infrarouge, ultraviolette, etc.), des cristaux et pierres fines, de la glace, etc. Saviez-vous, par exemple, qu’il existe non pas une, mais une bonne dizaine de variétés de glace, selon les conditions de température et de pression, et que l’épaisseur d’un manteau neigeux se lit comme les cernes d’un arbre ?
Disparues, les montagnes continuent d’exister
Les reliefs ont également une relation très forte avec la terre : en descendant des hauteurs, leurs rivières, par exemple, charrient les fruits de l’érosion qui fertilisent les plaines. Et question « développement durable », ces interrelations entre haut et bas sont parfois époustouflantes.
Pour l’illustrer, Blandine Pluchet nous entraîne dans un émouvant voyage temporel jusqu’à la formation de la Terre, il y a 4,6 milliards d’années. Le périple débute en Poitou, avec une petite fleur, la gagée de Bohême. Elle va révéler à notre curieuse baroudeuse, après une enquête géologique avec le naturaliste Mathieu Boullant, que cette coquette aux allures de crocus se nourrit de sédiments laissés par une montagne disparue, l’ex-Massif armoricain, et par l’ancienne mer du Bassin parisien. Preuve que les montagnes continuent d’exister, et d’agir bénéfiquement, bien longtemps après avoir disparu de nos paysages.

La vie de la gagée de Bohême, petite fleur du bocage poitevin, démontre que les montagnes continuent d’exister bien longtemps après avoir disparu. Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Stefan.lefnaer
« La vie est un miracle. Finalement la Terre, c’est une oasis dans un univers infini, stérile. On ne sait pas s’il y a la vie ailleurs… C’est quelque chose d’exceptionnel d’exister, d’avoir des formes de vie complexes », explique l’autrice à Reporterre. Et plutôt que rêver à une colonisation de Mars, « l’idée, maintenant, ce serait de parvenir à se penser dans une globalité, et de porter un regard différent sur les êtres qui nous entourent ».
Un épisode de l’histoire des sciences rapporté dans Le Grand récit des montagnes témoigne de nos résistances à adhérer à cette vision. Il concerne la théorie de la tectonique des plaques, formalisée par l’astrologue Alfred Wegener dès 1915 (reconnaissant le mouvement permanent du monde et expliquant en partie le modelé de nos paysages), mais qui dut attendre les années 1950-1960 et une océanographe plus fine que le sexisme, Marie Tharp, pour se faire admettre.
Certainement, résume Blandine Pluchet, parce que la notion d’impermanence, chère aux philosophies orientales, était encore difficile à accepter par la science occidentale. Comme si notre rapport au temps et à la « nature » restait surdéterminé par la volonté de maîtrise.

Cristal de glace (sculpture de vapeur d’eau) photographié dans un tunnel à 50 mètres sous la Schneefernerhaus, en Bavière. © Blandine Pluchet
Salutaire ouverture, la réflexion qu’offre Le Grand récit des montagnes sur les sciences de l’environnement permet de comprendre qu’il devient possible, et urgent, de repenser cette posture de domination, pour aller vers davantage de solidarité avec les écosystèmes. Puissantes et gracieuses, les montagnes nous y encouragent en exprimant le passage du temps à la fois comme pérennité et renouveau. N’est-il pas émouvant de voir disparaître ces vieux rocs en quelques secondes sous un brouillard épais, et réapparaître aussi vite, comme si la brume n’avait été qu’un rêve ? Quel plus bel éloge du renouvellement permanent du regard ?
Les géants du pétrole
Réchauffement climatique : la Californie poursuit des géants du pétrole pour dommages et tromperie
La plainte au civil a été déposée vendredi auprès de la Cour supérieure de San Francisco contre les géants pétroliers.
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Article rédigé parfranceinfo avec AFP
France Télévisions
Publié le 16/09/2023 15:08Mis à jour le 16/09/2023 15:44
Temps de lecture : 1 min

La compagnie pétrolière Exxon Mobil, photographiée à Miami (Floride), le 31 janvier 2023. (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
La Californie vient d'engager des poursuites contre cinq des plus grosses compagnies pétrolières du monde. Le motif ? Elles auraient causé des milliards de dollars de dégâts tout en trompant l'opinion en minimisant les risques pour le climat liés aux énergies fossiles.
Cette action en justice, révélée par le New York Times et confirmée par le gouverneur de l'État, fait suite à de nombreuses autres lancées par des villes, comtés et États américains contre des intérêts liés aux énergies fossiles en raison de leur impact environnemental, sur fond d'accusations de décennies de campagnes de désinformation.
"Pour que les gros pollueurs rendent des comptes"
La plainte au civil a été déposée vendredi auprès de la Cour supérieure de San Francisco contre les géants pétroliers Exxon Mobil, Shell, BP, ConocoPhillips et Chevron, qui a son siège en Californie. L'American Petroleum Institute est également visé, précise le New York Times.
"Pendant plus de cinquante ans, Big Oil [surnom désignant les géants du secteur pétrolier] nous a menti, cachant le fait qu'ils savaient depuis longtemps combien les énergies fossiles qu'ils produisaient étaient dangereuses pour notre planète", a déclaré le gouverneur de l'État, Gavin Newsom, dans un communiqué publié vendredi. "La Californie agit pour que les gros pollueurs rendent des comptes", a-t-il ajouté.
L'hypocrisie dans toute sa splendeur.
Des cabinets d'avocats qui ont senti le bon coup.
Les géants du pétrole sont moins responsables que les politiciens et les consommateurs.
Exxon et tous les autres répondent à la demande mondiale et surfent sur les autorisations délivrées par les états. Bien sûr qu'ils savaient et depuis longtemps mais les politiciens tout autant et les consommateurs qui ont décidé pour leur part de ne plus se voiler la face.
Les politicens n'ont rien fait parce que les consommateurs-électeurs ne le voulaient pas. Et même aujourd'hui, la masse refuse d'envisager une rupture dans les modes de vie occidentale.
Alors engager des poursuites contre les géants du pétrole, c'est juste un business imaginé par des avocats. Rien ne changera tant que les consommateurs-électeurs ne le voudront pas. C'est la masse qui doit influencer le pouvoir.
Le rapport Meadows date de 1972.
ÉCONOMIE
IL Y A 50 ANS, LE RAPPORT MEADOWS ALERTAIT SUR LES LIMITES PLANÉTAIRES
En 1972, des scientifiques du MIT publient "Les limites à la croissance", plus connu sous le nom de "rapport Meadows". L’ouvrage a eu a eu l’effet d’une bombe : pour la première fois, des chercheurs alertaient sur les risques d’une croissance économique infinie dans un monde aux ressources limitées. Il devient rapidement un best-seller avant de tomber aux oubliettes. Un demi-siècle après, le livre est devenu une référence, il est réédité dans une version augmentée.

En 1972 le rapport Meadows a eu l'effet d'une bombe
COO
Le rapport Meadows fête ses 50 ans ! Sorti en mars 1972, le livre est publié en France sous le titre "Les limites de la croissance (dans un monde fini)" coécrit avec Donella Meadows, son mari Dennis Meadows et Jorgen Randers. A l’origine, le rapport a été commandé par le Club de Rome aux trois scientifiques de la prestigieuse université américaine MIT. Le but était de s’interroger sur les limites de la croissance économique.
La réponse est implacable : une société qui consomme et produit toujours plus, pollue aussi toujours plus et sera confrontée à la raréfaction des ressources. Ainsi, les scientifiques estiment que quels que soient les scénarios envisagés, la croissance infinie se heurtera nécessairement à des pénuries de matières premières. En 1972, ils estiment que le monde dispose de 50 ou 100 ans avant d’être confronté à un manque de ressources non renouvelables, à commencer par le pétrole, le gaz, les minerais ou même l’eau. Les auteurs de l’ouvrage conseillent donc aux dirigeants de réguler la croissance s’ils ne veulent pas assister à une multiplication des crises, des famines et même des guerres.
En pleine 30 glorieuses, l'éphémère succès du rapport Meadows
Lors de sa sortie, le livre fait un tabac mais le succès est éphémère. En pleine Trente glorieuses, les usines tournent à plein régime pour satisfaire les aspirations de la société de consommation. Dans ce contexte, une remise en question du modèle basé sur une croissance infinie du PIB est peu audible. "Quand j’ai fait cette étude, confie Dennis Meadows à France Culture, je n’avais que 29 ans, j’étais jeune et naïf, et je pensais que si je publiais mes recherches, on en tiendrait compte, on agirait en conséquence, comme quand on voit un iceberg en bateau et qu’on le contourne, c’était mon espoir. Mais voilà, 50 ans après, les dégâts s’empilent les uns sur les autres et nous entrons dans une ère de bascule".
Les choses ont-elles évolué ? "On compense la pénurie de ressources par de la dette, et on n'a pas fait ce deuil. Réinventer le business à l'aune des limites planétaires est inévitable", répond ainsi Fabrice Bonnifet, président du Collège des directeurs de développement durable (C3D). Certaines entreprises l'ont bien compris et "renoncent à faire du chiffre d’affaires pour ne pas polluer, elles sont entrées dans un monde de "post-croissance", souligne Geneviève Férone Creuzet, co-fondatrice de l’agence Prophil. "Il faut les encourager et faire évoluer les modèles".
Même si l’idée d’un monde en "post croissance", plus sobre en ressources, fait son chemin, "les travaux de recherches sur ces thèmes sont plus nombreux mais ils restent encore minoritaires", indique Dominique Méda, directrice de l’Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales (Iris). Les politiques sont également peu nombreux à s’emparer du sujet. La guerre en Ukraine pourrait faire bouger les lignes. Ce drame rappelle en effet la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles et aux ressources naturelles. Les appels à plus de sobriété se multiplient, ils émanent de l’Etat ou encore des industriels eux-mêmes qui demandent à être rationnés. Il y a 50 ans, le rapport Meadows avait prédit ce scénario et conseillait aux dirigeants de ne pas courir après la croissance, reste à espérer que ces recommandations soient entendues.
Mathilde Golla @Mathgolla
Comprendre les limites planétaires
https://reporterre.net/Qu-est-ce-que-les-limites-planetaires?
Tout comprendre aux limites planétaires

Que sont les limites planétaires ? Quelles sont celles déjà atteintes ? Reporterre explique en cinq points ce concept scientifique : il permet d’évaluer l’impact des activités humaines sur les équilibres de la Terre.
Le concept scientifique de limites planétaires a pris une importance croissante depuis sa première formulation en 2009. Cinq points pour comprendre.
Cliquez pour aller directement à l’un des thèmes :
1. Qu’est-ce que les limites planétaires ?
2. Un cadre qui se précise depuis 2009
3. Les limites planétaires atteintes
4. Les limites planétaires en vue
5. Une limite planétaire maintenue à distance
1. Qu’est-ce que les limites planétaires ?
Les activités humaines menacent les équilibres naturels tels qu’ils existent depuis le début de l’Holocène. Conduits par le chercheur suédois Johan Rockström, du Stockholm Resilience Center, des chercheurs internationaux quantifient ces risques que les perturbations anthropiques font peser sur la planète.
Pour neuf grands processus impliqués dans le fonctionnement du « système Terre » (le climat, la biodiversité, les forêts, l’eau douce, l’acidification des océans, les cycles de l’azote et du phosphate, pollutions chimiques, les aérosols émis dans l’atmosphère, la couche d’ozone), les scientifiques définissent neuf limites. Franchir chaque limite augmente le risque de déstabiliser l’environnement planétaire de manière irréversible, avec des impacts majeurs pour les êtres vivants. Aujourd’hui, six limites planétaires sont dépassées.
Les limites planétaires sont différentes des points de bascule du climat. Ici, l’idée n’est pas de trouver le seuil au-delà duquel un système basculerait d’un état à un autre. Mais de mettre en évidence les risques de s’approcher de ce point de non-retour. La limite est une zone d’augmentation forte des risques qui tient compte de l’incertitude, du principe de précaution, mais aussi de l’inertie du système. La limite est ainsi fixée en amont d’un éventuel point de bascule. L’exemple du climat illustre bien cette différence : avant d’atteindre un point de bascule, le changement climatique peut avoir atteint un point de non-retour, car les changements initiés par le réchauffement vont continuer à s’amplifier même si les émissions de gaz à effet de serre sont stoppées.

Les segments en orange sont ceux pour lesquels la limite est atteinte ou franchie. La limite est une zone d’augmentation forte des risques. © Stéphane Jungers/Reporterre
2. Un cadre qui se précise depuis 2009
Le cadre des limites planétaires a été posé pour la première fois dans la revue Nature en 2009. Lors de cette première évaluation, trois limites étaient déjà atteintes : le changement climatique, la disparition trop rapide des espèces et les rejets d’azote menaçant les écosystèmes marins. Et deux limites restaient à quantifier : les pollutions chimiques (dit aussi « nouvelles entités ») et les rejets d’aérosols dans l’atmosphère.
Six ans plus tard dans Science, les risques ont été réévalués. Les chercheurs constataient qu’une nouvelle limite avait été franchie, celle des rejets de phosphates dans l’environnement. Par ailleurs, la limite sur la biodiversité s’est complexifiée. Les chercheurs estiment en effet que la disparition des espèces ne suffit pas à mesurer la menace, puisque toutes les espèces ne se valent pas et que certaines contribuent plus à l’équilibre des écosystèmes que d’autres. Les effets observables du changement climatique ont par ailleurs poussé les experts à rabaisser cette limite.
En 2022, deux nouvelles publications ont encore précisé les risques. En janvier dans Environmental Science & Technology, la limite des nouvelles entités a été évaluée pour la première fois. Puis, en avril dans Nature, la définition de la limite sur la ressource en eau douce a été affinée, avec la prise en compte de l’humidité des sols.
3. Les limites atteintes
• Le changement climatique :
La limite du changement climatique est mesurée en fonction de la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone (CO2). Celle-ci ne doit pas dépasser une valeur située quelque part entre 350 parties par million (ppm) et 450 ppm. La teneur moyenne actuelle est d’environ 420 ppm par rapport à l’ère préindustrielle. Le dépassement de cette limite nous fait entrer dans l’Anthropocène.
• L’intégrité de la biosphère :
D’abord intitulée « érosion de la biodiversité », cette limite évalue les risques liés à la perte de la diversité du vivant. En dessous de 10 espèces perdues par an pour 1 million, l’érosion de la biodiversité est jugée sans effet majeur sur la biosphère. Cette limite est largement dépassée puisque le taux de disparition des espèces évalué aujourd’hui est de 10 à 100 fois supérieur. Un autre indicateur a été ajouté pour mieux prendre en compte le rôle des espèces dans le fonctionnement des écosystèmes : la diversité fonctionnelle des espèces. Cette deuxième limite reste néanmoins à évaluer.
• Le changement d’usage des sols :
L’indicateur de risques retenu est la perte des forêts. En particulier parce que ces biomes ont des effets rétroactifs importants sur le climat et qu’ils abritent une grande biodiversité. Une valeur supérieure est accordée aux forêts tropicales et boréales, par rapport aux forêts tempérées. En moyenne, rester sous cette limite impose de conserver 75 % du couvert forestier. Au niveau mondial, le taux moyen actuel est estimé à 62 %.

Fin avril, une étude a montré qu’une sixième limite planétaire, celle de l’humidité des sols, a été franchie. Unsplash/CC/Maud Correa
• La perturbation des cycles biochimiques de l’azote et du phosphore :
Les rejets de phosphore et d’azote dans les océans représentent aujourd’hui un risque pour l’intégrité des écosystèmes marins, à cause des phénomènes d’eutrophisation des milieux. L’agriculture industrielle dans quelques régions du monde est à elle seule responsable du dépassement de cette limite planétaire.
• Les nouvelles entités introduites dans l’environnement :
Cette limite concerne le risque que font peser les substances créées par l’humain sur l’environnement (les molécules de synthèse, les nanoparticules, etc.). Évaluée seulement en 2022, cette limite est dépassée tant les volumes produits et leur dissémination sur l’ensemble du globe sont jugés hors de contrôle. Dans leur publication, les chercheurs rappellent que le volume des produits chimiques a été multiplié par 50 depuis 1950. Et qu’une infime partie des 350 000 substances mises sur le marché ont été évaluées sur leurs dangers pour la santé et l’environnement.
• L’utilisation d’eau douce :
Si en 2015, la limite de la ressource en eau douce était loin d’être franchie, c’est que l’indicateur n’était pas le bon, ont rectifié les chercheurs en 2022. Seuls les risques qui pèsent sur l’eau dite « bleue », autrement dit les lacs, les rivières et les nappes souterraines, étaient pris en compte. Fixée à un prélèvement annuel de 4 000 km3/an contre 2 600 km3/an actuellement, la limite eau bleue n’est pas atteinte. Mais un autre risque, le changement du niveau d’humidité des sols (appelé « eau verte »), vient s’ajouter. Et là, la limite est franchie, selon les chercheurs, face à l’ampleur des changements observés, avec des sols très asséchés ou au contraire détrempés.
4. Les limites en vue
• L’acidification des océans :
Cette limite est directement liée à la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, puisque la dissolution de ce gaz dans l’océan entraîne une acidification de l’eau de mer. La limite correspond au niveau d’acidité qui entraînerait une dissolution du carbonate de calcium formé par de nombreux organismes marins, comme les coquilles des mollusques ou le corail. Une limite qui sera dépassée si les émissions se poursuivent.
• La charge en aérosols atmosphériques :
En plus d’avoir des effets sur la santé humaine, les particules émises dans l’atmosphère par la combustion des énergies fossiles modifient régionalement le système climatique. Elles menacent en particulier la mousson indienne qui pourrait disparaître au profit d’un régime sec. Avec des conséquences inquiétantes pour la région. Pour l’instant, cette limite, établie pour l’Asie du Sud, n’a pas été extrapolée à l’échelle globale.
5. Une limite maintenue à distance
• La diminution de la couche d’ozone :
Cette limite, qui fixe un minimum de concentration d’ozone dans l’atmosphère, est la seule qui s’éloigne. Stable depuis quinze ans, la concentration d’ozone devrait grimper à nouveau grâce à l’interdiction des fréons (CFC) responsables de la destruction de ce gaz.
Dépassement des limites

Quelles sont les limites planétaires et à quoi sert ce concept en écologie ?
https://www.geo.fr/animaux/quelles-sont-les-limites-planetaires-et-a-quoi-sert-ce-concept-en-ecologie-journee-mondiale-environnement-boehly
Les neuf limites planétaires telles que présentées dans une étude de Will Steffen et ses collègues en 2015. © GEO / Owenmgaffney, source : Steffen et al. 2015 (Science), design : Globaïa
A l'occasion de la journée mondiale de l'environnement le 5 juin, GEO s'intéresse aux limites planétaires. Audrey Boehly, autrice du livre Dernières limites (éd. Rue de l'échiquier), a interrogé plusieurs experts des domaines concernés afin d'apporter un éclairage différent sur ce concept.
Publié le 05/06/2023 à 12h19 - Mis à jour le 22/08/2023
L'humain consomme-t-il davantage de ressources que la planète Terre ne peut lui en offrir ? La question se pose avec un regard plus aiguisé depuis la publication du rapport "Les limites à la croissance" en 1972 – aussi appelé "rapport Meadows" en référence à son auteur principal, le professeur Dennis Meadows du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et son épouse Donella Meadows.
Ces travaux de modélisation, qui prenaient en compte la population humaine, la production agricole, la production industrielle, les services (tels que la santé et l'éducation) – mais aussi les ressources non renouvelables comme les métaux ou le pétrole – et enfin la pollution, ont abouti à une dizaine de scénarios sur l'avenir du système Terre.
Or, d'après des études réalisées par la suite (Turner, G. 2014 et Herrington, G. 2020), notre trajectoire actuelle se rapprocherait des deux premiers scénarios issus du rapport Meadows… ceux qui, malheureusement, conduisent à un effondrement.
Quelles sont les neuf limites planétaires ?
Les chercheurs Johan Rockström de l'université de Stockholm en Suède, Will Steffen de l'université nationale d'Australie et leurs collègues ont développé en 2009 le concept de "limites planétaires", c'est-à-dire de ressources ou de fonctionnements de notre planète dont le dépassement conduirait à un basculement des équilibres planétaires (Rockström, J., W. Steffen, K. Noone et al. 2009).
Les neuf limites planétaires initialement définies par ces scientifiques sont les suivantes :
le changement climatique ;
la biodiversité ;
les cycles de l'azote et du phosphore ;
l'eau douce ;
la couche d'ozone ;
l'acidification des océans ;
les changements d'usage des sols (comme la déforestation) ;
la pollution atmosphérique ;
la pollution chimique.
Mais à quoi sert-il, finalement, de parler de limites planétaires ? Avant tout, à changer de regard. "Bien qu'étant journaliste scientifique et ayant travaillé sur de nombreux sujets d'environnement, je me suis moi-même rendu compte que je n'avais pas pris conscience de la magnitude du problème", confie à GEO la journaliste, conférencière et enseignante Audrey Boehly.
"J'étais très focalisée sur la problématique du climat [...] que j'appréhendais uniquement comme un problème technique : l'urgence, c'était de décarboner notre énergie, mais sans forcément remettre en cause notre mode de vie."
Or, cette ingénieure de formation a vu sa perspective bouleversée par une lecture, celle du rapport Meadows. Et par son message clé : la poursuite infinie d'une croissance économique dans un monde fini conduit inévitablement l'humanité à la catastrophe.
"J'ai pris conscience que nous n'étions pas juste en face d'un problème climatique, mais que nous étions en train de dépasser, une à une, toutes les limites planétaires. Plus qu'une affaire technologique, cela relevait finalement de l'organisation de nos sociétés", explique-t-elle.
"Dernières limites" : les limites planétaires vues par des experts français
Dans son livre Dernières limites (éditions Rue de l'échiquier), Audrey Boehly a interrogé une dizaine d'experts des domaines concernés, tels que la co-présidente du GIEC Valérie Masson-Delmotte (CEA), le président du conseil scientifique de l'Institut océanographique de Monaco Philippe Cury (IRD), l'experte de l'IPBES (équivalent du GIEC pour la biodiversité) Sandra Lavorel (CNRS), ou encore la membre du comité national de l'eau Florence Habets (ENS), entre autres.
Tous ces scientifiques dressent certes un constat plus qu'inquiétant, mais ils proposent aussi des pistes d'actions concrètes. Lesquelles ont la particularité de ne pas se borner à leur propre domaine d'expertise. "Pour mettre en œuvre des solutions pertinentes, il faut avoir en tête cette vision systémique, c’est-à-dire une vision globale des enjeux écologiques. La biodiversité, l'énergie, l'agriculture… Tout cela est lié, à l'image d'un jeu de dominos", illustre la journaliste.
L'approche des limites planétaires permettrait ainsi d'écarter les "fausses solutions" consistant à agir sur une limite planétaire en négligeant les autres. C'est le cas, par exemple, des agrocarburants (ou biocarburants). Ces carburants à base de produits agricoles remplacent certes l'essence issue du pétrole pour les transports, luttant ainsi contre le changement climatique. Mais leur généralisation reviendrait à dépasser plusieurs autres limites planétaires, comme celle des changements d'usages des sols, puisqu'il faudrait cultiver davantage de terres pour en produire en quantité suffisante.
Au contraire, les "solutions basées sur la nature", qui consistent à régénérer des écosystèmes naturels (forêt, mangrove, etc.), "nous permettent de lutter à la fois contre le réchauffement climatique, mais aussi de réparer plusieurs autres limites planétaires (qualité de l'eau, biodiversité…)", souligne Audrey Boehly. L'agroécologie, mais aussi la mise en place d'aires protégées avec un niveau de protection exigeant : "ces solutions sont placées, dans le rapport du GIEC, parmi les mesures phares – juste derrière les énergies renouvelables", souligne Audrey Boehly.
Quelles sont les 8 limites planétaires redéfinies en 2023 ?
Le concept de limites planétaires n'est pas immuable : depuis les travaux initiaux de Rockström et Steffen, des scientifiques ont tenté de l'enrichir. Notamment en intégrant à cette notion les besoins humains. "C'est ce qu'avait fait l'économiste Kate Raworth (Raworth, K. 2017) à l'origine de la "théorie du donut" [ou doughnut]. Celle-ci prend à la fois en compte un "plafond" des activités humaines, qui correspond aux limites planétaires, mais aussi un "plancher" qui représente les besoins humains. Entre les deux, se trouve une zone juste et durable pour l'humanité", précise Audrey Boehly.
C'est également l'approche adoptée par les auteurs d'une étude publiée le 31 mai dans la revue Nature (Rockström, J., Gupta, J., Qin, D. et al. 2023). Non seulement les limites planétaires sont redéfinies et il n'y en a plus que huit (la couche d'ozone, l'acidification des océans et la pollution chimique ne sont plus comptées séparément, tandis que d'autres limites se distinguent), mais elles prennent aussi en compte les besoins humains.
Voici les huit limites planétaires redéfinies en 2023 :
le climat ;
l'intégrité fonctionnelle des écosystèmes (ex "biodiversité") ;
le cycle de l'azote ;
le cycle du phosphore ;
l'eau douce souterraine ;
l'eau douce de surface ;
la surface occupée par les écosystèmes naturels (ex "changements d'usage des sols") ;
les aérosols (ex "pollution atmosphérique").
D'après cette étude, sept des huit limites planétaires sont dépassées en termes de zone juste et durable pour l'humanité (le climat, l'intégrité fonctionnelle des écosystèmes, le cycle de l'azote, le cycle du phosphore, l'eau douce souterraine, l'eau douce de surface et la surface occupée par les écosystèmes naturels), dont six dépassent même le "plafond" (seul le climat n'excède pas celui-ci).
Comment faire pour ne pas dépasser les limites planétaires ?
Si l'on écoute les experts Français au sujet des limites planétaires, il est intéressant de noter que la plupart des solutions qu'ils proposent se rejoignent. "Il s'agit bien sûr de sortir des énergies fossiles, mais c'est aussi un enjeu de sobriété, résume Audrey Boehly. Il nous faut réduire notre empreinte écologique : nous produisons davantage de pollution que la nature ne peut en absorber, et nous consommons trop. À la fois en termes de ressources renouvelables issues de la biosphère, et de ressources non renouvelables que nous sommes en train d'épuiser – les énergies fossiles, les métaux, le sable [qui représente la 2e ressource naturelle la plus exploitée au monde après l'eau], etc."
Les limites planétaires nous invitent par ailleurs à relativiser le succès des innovations technologiques susceptibles d'entraîner un "effet rebond", c’est-à-dire une surconsommation et donc, de la pollution. "Prenons le cas de la voiture : les moteurs thermiques sont désormais bien plus efficaces [une distance prolongée avec moins de carburant] qu'ils ne l'étaient il y a 15 ou 20 ans. Mais du fait que l'on parcourt davantage de kilomètres, et ce, avec des voitures plus lourdes, au final, nous consommons aujourd'hui plus d'essence qu'avant", explique Audrey Boehly.
Pour la journaliste, la réduction de notre empreinte écologique démarre certes à l'échelle individuelle, mais le niveau collectif demeure incontournable. "Par exemple, si l'on veut utiliser moins sa voiture et prendre davantage le vélo de manière à consommer moins d'énergie, il s'agit certes d'une initiative individuelle. Mais cela se heurte très vite aux infrastructures – les pistes cyclables – décidées au niveau collectif", illustre-t-elle. D'où l'urgence "que les citoyens se mobilisent pour faire pression afin d'obtenir des politiques publiques qui soient à la hauteur des enjeux."
Reste maintenant à entendre le message. Force est de constater que plus de 50 ans après la publication du rapport Meadows, la croissance économique a continué à grimper de manière exponentielle.
"Si nous continuons à avoir une vision dispersée et parcellaire des enjeux écologiques – avec uniquement des COP, des débats ou des sommets consacrés séparément au climat, à l'océan, à la biodiversité, au plastique, etc. –, nous ne ferons qu'éponger l'eau au lieu de réparer la fuite, prévient l'autrice de Dernières Limites. Car nous continuerons à passer sous silence le fait que tous ces problèmes ont une même origine : la poursuite de la croissance au-delà des limites planétaires. On ne peut pas s'en sortir sans s'attaquer à la racine du problème ni changer notre modèle de société.
Avant de conclure :
"Notre objectif doit devenir le bien-être humain et celui des écosystèmes, qui sont intrinsèquement liés, et non une croissance économique qui, pour nos sociétés occidentales, n'est plus synonyme ni de progrès ni de bonheur."
Le petrichor

D'où vient le petrichor, cette bonne odeur de la terre après la pluie ?
Par Pierre Ropert
Publié le dimanche 18 juin 2023 à 21h06
3 min
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Les gouttes de pluie, en s'écrasant au sol, libèrent des composants provenant de la végétation et du sol.
© Getty - kakub1n
En été, après une averse, on se prend souvent à emplir ses poumons de l’odeur qui se dégage du sol. Cette odeur, c’est le petrichor, une fragrance caractéristique dont les composants proviennent à la fois de la végétation et du sol.
Après des jours de sécheresse, les premières gouttes de pluie tombent sur un sol écrasé de chaleur. Lorsque l’averse cesse, vous vous surprenez à vous emplir les poumons, nez tendu, narines dilatées, pour vous imprégner de cette odeur qui émane soudain du sol.
Cette odeur caractéristique, typique de l’été et des températures élevées, est nommée “petrichor”, un néologisme créé à partir du grec ancien et qui signifie “sang de pierre”. On doit ce nom à deux scientifiques australiens, la chimiste Isabel Joy Bear, et le minéralogiste Roderick G. Thomas, qui, en 1964, tentent de comprendre pour la première fois pourquoi la pluie, qui n’a pas d’odeur, peut soudain dégager un parfum si enivrant. Ils ne sont pas les premiers scientifiques à se poser la question : en avril 1891 déjà, la revue The Chemical News publiait un article signé Thomas Lambe Phipson, dans lequel ce dernier décrivait “l’odeur émise par les sols après une forte pluie” , qu’il avait observé pour la première fois “dans le sol crayeux de Picardie”. Selon lui, cette odeur était due “à la présence de substances organiques étroitement liées aux huiles essentielles des plantes”, les sols poreux absorbant “la fragrance émise par des milliers de fleurs”.
À réécouter : Les bonheurs du nez : odeurs naturelles et parfums artificiels
Concordance des tempsÉCOUTER PLUS TARD
LECTURE
59 min
Une huile végétale pour protéger les plantes
L’intuition de Thomas Lambe Phipson sera confirmée par l’étude des deux scientifiques australiens. Publiée dans la revue Nature, elle explique les mécanismes chimiques à l'œuvre et le lien entre chaleur, pluie, et plantes. Le petrichor est dû à plusieurs facteurs, parmi lesquels on retrouve une huile végétale, sécrétée par les plantes pour se protéger et pour signaler le ralentissement de la croissance des racines et de la germination des graines lorsque le temps est trop chaud. Cette huile végétale s’accumule rapidement, sur les feuilles d’abord, mais aussi dans les roches poreuses, voire le bitume qui recouvre les routes.
Lorsque la pluie se met enfin à tomber, c’est cette huile végétale, longtemps accumulée, qui se trouve libérée. Les premières gouttes de pluie, en venant s’écraser sur le sol, se vaporisent sous forme d’aérosol, emportant avec elle une partie de la sève végétale et la libérant dans l’air.
Une odeur créée par des bactéries
L’odeur du petrichor n’est pas uniquement due à cette huile végétale, mais également à un autre composé, nommé géosmine. C’est à cette molécule que l’on doit la fragrance terreuse et musquée qui s’élève d’un sol encore chaud après la pluie. Elle est produite par de très nombreux micro-organismes présents dans le sol, essentiellement les actinobactéries et les cyanobactéries telluriques : c’est notamment ce composé organique volatile, qui donne à la terre labourée ou mouillée son odeur particulière.
Pour l’être humain, l’odeur est d’autant plus saisissante qu’il y est particulièrement sensible : notre nez est capable de détecter la géosmine en suspension dans l'air à des concentrations extrêmement faibles de moins de cinq parties par milliard (ppb). Cette même molécule, très appréciée lorsqu'on la détecte dans l’atmosphère, nous paraît paradoxalement intolérable une fois décelée dans l’eau : c’est la géosmine qui confère parfois à celle-ci son goût terreux, voire boueux, unanimement abhorré.
L’odeur du petrichor, évidemment, ne se ressent pas avec la même intensité selon que l’on soit en ville, à la campagne ou encore en forêt : s’il y a beaucoup moins de bactéries, et donc de géosmines, dans les zones urbanisées, il y a en revanche beaucoup plus d’ozone présent dans l’air. C’est notamment le cas par temps orageux, où l’ozone créé par les décharges électriques des éclairs dans le ciel est porté par les vents : ce gaz, qui donne une odeur distinctive à l’air et qui peut parfois évoquer l'eau de Javel, crée un contraste encore plus saisissant et rend l’odeur du petrichor plus distincte encore.
Entre villes et campagnes, l'intensité de l'odeur du petrichor diffère.
© Getty - Sarayut Thaneerat
Une odeur devenue parfum
Reste à savoir pourquoi l’odeur de l’huile végétale et de la géosmine combinées nous plaît tant une fois qu’elle a été libérée par la pluie. Les raisons précises pour lesquelles cette fragrance nous est si agréable restent floues. L’hypothèse la plus communément admise part simplement du fait que le petrichor, avec son odeur terreuse et végétale, est associé à une odeur positive pour l’environnement, et par extension pour l’être humain.
Sans surprise, le petrichor est désormais un élément couramment utilisé en parfumerie. Bien avant que la science n’établisse son origine, il était déjà extrait de la terre, à Kannauj, en Inde, pour créer un parfum nommé “mitti attar”, ou “parfum de la Terre”. Depuis, il est devenu un composé commun des maisons de parfumerie, et se décline dans de célèbres parfums, tel “Après l’ondée” de Guerlain. Même si rien ne vaudra jamais, évidemment, l’odeur de la pluie après l’orage...
La chasse aux randonneurs
C'est un lieu que l'on connaît très bien, un de nos terrains "d'aventure" quand nous vivions en Savoie, quelques belles randonnées réservées à de bons marcheurs, n'ayant pas peur du vide et de la difficulté à trouver l'itinéraire.
Pour la liberté d'accès à tout-e-s à la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse

Lancée le
1 septembre 2023
Adressée à
Parc naturel régional de Chartreuse (Parc naturel régional de Chartreuse) et 3 autres
Pourquoi cette pétition est importante
Lancée par Collectif CHARTREUSE
La Réserve naturelle nationale des Hauts de Chartreuse créée en 1997, 2ème plus grande réserve du département de l'Isère après celle du Vercors, avec 4400 hectares s'étendant de la Dent de Crolles au Mont Granier, vise à préserver un patrimoine naturel exceptionnel tant au niveau de sa faune, sa flore et sa géologie.

Comme toute réserve, en plus d'avoir une règlementation spécifique, elle a également pour rôle de sensibiliser les publics à la préservation de l'environnement.

Malgré la présence de cette réserve d'intérêt général, Bruno de Quinsonas-Oudinot, propriétaire ayant hérité d'une partie des terrains de la réserve (grâce à une ascendance rattachée à un ancien seigneur local du Moyen-âge*), a mis en place depuis de nombreuses années une chasse privée, compliquant fortement son accès et le partage de l'espace à l'ensemble des usagers, pour des objectifs mercantiles, les terrains étant loués fort cher aux chasseurs dans un massif où le chamois était encore en voie de disparition dans les années 1980.
La pression à l'encontre des pratiquants de la nature pour leur interdire l'accès à une grande partie de la réserve est devenue de plus en plus forte ces dernières années, ceci pouvant aller jusqu'à des menaces voir des violences (voir ici). Derniers faits en date, en août 2023, on a pu constater la pose de panneaux "propriété privée" ou encore l'enlèvement de matériel visant à sécuriser certains passages exposés.

Cette remise en cause de la liberté d'accès à la réserve, existant pourtant dans les us et coutumes depuis la nuit des temps, nous conduit à demander de manière urgente à l'Etat :
la garantie d'accès à l'ensemble des publics sur les principaux sentiers de la réserve (en particulier ceux inscrits au Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée et dans le Plan de circulation de la réserve), qu'ils soient en terrain public ou privés
l'interdiction des panneaux "propriété privée" au sein de la réserve afin de garantir le respect du patrimoine paysagé
l'arrêt des intimidations des gestionnaires des terrains privés à l'encontre des pratiquants de la montagne
l'interdiction de la chasse à minima sur les zones les plus fréquentées de la réserve pour des questions de sécurité, et son interdiction totale vis à vis des espèces menacées étant donné le rôle de préservation du milieu naturel que doit jouer la réserve.
Nous nous opposons par ailleurs plus globalement à l'accaparement du milieu naturel par quelques personnes pour des objectifs financiers, au détriment du reste de la population.
Vous partagez notre avis ? Alors signez et partagez la pétition autour de vous pour que cette réserve redevienne une réserve nationale pour tout-e-s !
Envie de soutenir financièrement la mobilisation ?https://fr.tipeee.com/droit-a-la-nature
Le Collectif opposé à la privation d'accès à la réserve des Hauts de Chartreuse.
Pour en savoir plus et suivre la mobilisation : droit-a-la-nature.org
NB : Sur Change.org, il y a la possibilité que les signataires financent de la publicité pour faire connaitre la pétition. L'impact est cependant limité (300 signatures grâce aux contributions totales de 1660€). Il peut donc être pertinent de contribuer plutôt pour aider à financer les actions à venir.
Aperçu de la zone naturelle privatisée :

altituderando.com/Les-Hauts-de-Chartreuse-interdits-pour-la-randonnee
La pétition dans les médias :
VIDEO - Des centaines d’hectares interdits aux randonneurs en Chartreuse ? Décryptage d’une polémique qui enfle - Le Dauphiné Libéré - 10 Septembre 2023 Cette vidéo qui revient sur certains points de la polémique donne la parole à un des pétitionnaires et met également particulièrement en avant l'avis du Président du Parc naturel de Chartreuse qui défend très clairement le propriétaire de la Réserve et ses agissements, sans répondre à nos revendications et pointe du doigt "ceux qui imaginent qu'on aurait le droit de faire n'importe quoi".
PRIVILÈGES, BUSINESS ET CHASSEURS VENUS D’AILLEURS - Alpine Mag - 11 Septembre2023
Sources :
https://alpinemag.fr/chartreuse-reserve-naturelle-interdiction-randonnee-tour-percee/
https://www.pascal-sombardier.com/la-tour-percee-de-l-aup-du-seuil
* La possession des terres et du Château du Touvet a été obtenu suite à une alliance entre la noblesse de Marcieu et celle de Quinsonas.
https://viniciacum.fr/wp-content/uploads/2021/08/1997-09-24-Nationalite_dauphinoise-Expressions.pdf
Découvrir la réserve des Hauts de Chartreuse dans le film "La nature en partage" :
Un aperçu de la chasse en Chartreuse.
Dans cette vidéo, la chasse au chamois est réalisée aussi en période d'enneigement, pratique en théorie interdite par le code de l'environnement mais autorisée par le préfet dans le département.
FAQ :
# 0 - Quelle différence entre la Réserve des Hauts de Chartreuse et le Parc naturel régional de Chartreuse ?
La Réserve est un espace possédant une réglementation spécifique dans un but de préservation. Le Parc naturel n'a pas de règlementation spécifique mais fonctionne sur la base d'une charte entre les communes qui le composent. En Chartreuse, le gestionnaire de la Réserve est le Parc naturel de Chartreuse. En savoir plus.
# 1 - La réserve a-t-elle pour but de préserver la faune ?
OUI ET NON :
-D'après son règlement :
"Il est interdit
> de troubler ou déranger de quelque manière que ce soit des
animaux sauvages (cris, jets de pierre...).
> de porter atteinte de quelque manière que ce soit aux animaux
d'espèce non domestique ainsi qu'à leurs oeufs, couvées, portées
ou nids, ou de les emporter hors de la Réserve,
• sauf exercice réglementé de la chasse en Réserve Naturelle"
C'est tout de même paradoxal !
# 2 - Le GR traversant la Réserve des Hauts de Chartreuse existe-t-il toujours ?
OUI ET NON :
- Le GR9 a été récemment détourné de la Réserve, il passe désormais par les principaux villages de Chartreuse. Le principal argument avancé est de proposer un itinéraire plus adapté disposant d'hébergements et avec des étapes plus faciles. Si l'on peut comprendre cet argument, nul doute que le conflit actuel au sein de la réserve a joué en faveur de ce changement car d'autres GR créés encore récemment comme le GR738 en Belledonne proposent peu d'hébergements.
- Mais un GR de Pays Tour de Chartreuse subsiste toujours avec un passage sur une partie de la réserve dont la zone en terrain privée.
La mise à jour des balisages est en cours, le sentier existe dans tous les cas toujours !
Source ICI
# 3 - Les sentiers non balisés sont-ils interdit par la Réserve ?
NON, les sentiers non balisés sont autorisés comme dans la plupart des espaces protégés sauf rares exceptions (ex : dans la vallée des Merveilles pour protéger des gravures rupestres). La Réserve a cependant fixé les sentiers balisés prévus pour randonner dans un plan de circulation et la création de sentiers est par ailleurs interdite. Un certain nombre de sentiers non balisés existaient bien avant la création de la Réserve.
# 4 - Y a-t-il de la sur-fréquentation sur les sentiers de la Réserve ?
Comme dans la plupart des espaces naturels, une sur-fréquentation a été observée en 2020 dans la période Post-Confinement. Ce pic de sur-fréquentation est passé mais on constate toujours une augmentation de la fréquentation au fil des années, comme dans la plupart des espaces naturels.
Plus d'informations sont disponibles sur le site de la Réserve bien que les données les plus récentes ne soient pas encore partagées.
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Commentaires
7·
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Véronique DANSEREAU·il y a 1 semaine
L'accaparement du milieu naturel par quelques individus pour motifs financiers est inacceptable.
6·
Signaler
Le fascia
Véronique Rauzy
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LE FASCIA, L’ORGANE DE L’UNITÉ
Le fascia est une de nos structures fondamentales. J’en parle au singulier car il est une unité : toutes les membranes fasciales forment un continuum. Le fascia soutient et enrobe toutes les structures corporelles. Il comprend les membranes entourant les os, les muscles et les organes mais aussi les tendons et les ligaments. Il parcourt l’ensemble du corps sous la peau, dans toute sa surface, mais aussi en profondeur, reliant nos espaces cellulaires les plus internes aux plus superficiels. Le fascia a un rôle de structuration du corps physique. Il supporte, sépare et joint les différents éléments corporels.
Le fascia, aussi dénommé tissu conjonctif, est la trame de notre architecture fluide, mélange de solide et de liquide, porteur de la souplesse, de la force, de l’élasticité, de la sensorialité, de la continuité du corps.
Pour être sain, le fascia a besoin d’être stimulé, étiré, mis en mouvement, ce qui régénère ses fluides, le désengorge et le dénoue. Sinon il se cristallise, se rigidifie et comprime les nerfs, les muscles, les articulations ; de membrane de soutien il se détériore alors en siège de la douleur. Toutefois il ne tolère pas d’excès, ce que montrent les tendinites et claquages dus à l’exagération des mouvements et au fait qu’ils aient été forcés.
Le fascia est à la fois frontière entre les parties, pont reliant deux zones et structure d’ensemble.
Au niveau des éléments, le fascia est composé d’eau (liquide) et de terre (solide), et il est animé par l’air (le souffle) et le feu (l’énergie en mouvement).
Pour accomplir au mieux ses fonctions, il gagne à être reconnu par la conscience, et qu’il en soit pris soin. Voici quelques-unes de ses merveilleuses propriétés, que je suis en train de découvrir grâce aux nouvelles pratiques corporelles qui enchantent, stimulent et mobilisent mes journées d’automne.
PROPRIOCEPTION
Le fascia serait l’organe proprioceptif, celui qui sait nous offrir des repères dans l’espace-temps, nous maintenir dans la verticalité et permettre que le corps se comprenne comme une unité.
La proprioception peut être comprise comme le sixième sens, et le seul qui ne peut pas être compensé. Elle est soutenue biologiquement par le fascia et l’oreille interne (vestibule).
La proprioception fait le lien avec la perception subtile du clair-ressenti : elle nous permet de capter les enveloppes éthériques des corps, les auras. La paume des mains fait alors interface pour la proprioception, la perception fasciale se déployant au-delà du corps physique par des vortex émanant de la paume des mains.
Elle nous permet de nous déplacer avec une perception fine de l’espace, sans besoin de la vision : la nuit par exemple. Elle correspond à tous les petits yeux que nous pouvons ouvrir en chaque point de nos corps, sur chaque articulation et qui ouvrent une perception à 360° de notre environnement.
La sensibilité du fascia est à la fois interne et externe. En interne le fascia est doté de nombreuses terminaisons nerveuses qui informent le cerveau des stimulations douloureuses par exemple, mais aussi agréables comme lors d’un massage. En externe il capte les formes de l’environnement, à la fois matérielles et subtiles, nous donne les repères de l’espace tridimensionnel.
DU MICRO AU MACRO
Le fascia nous révèle la nécessité d’une approche globale du corps, compris comme un tout et pas la somme de parties indépendantes.
Le fascia fait le lien entre les différentes échelles du corps, c’est un réseau fibrillaire. Dans sa continuité, il est présent tant dans la petite échelle du niveau cellulaire que dans la grande échelle de l’enveloppement des muscles, os et organes.
TENSÉGRITÉ
Ce mot employé d’abord en architecture mêle les notions de tension et d’intégrité. La tenségrité est la capacité d’une structure à se stabiliser par le jeu des tensions et des liens multiples. Le fascia est l’enveloppe globale qui reflète les équilibres internes anatomiques et déploie la structure optimale correspondante. C’est grâce à lui que le squelette ne s’effondre pas et que les organes ne descendent pas au sol en réponse à la force gravitationnelle. Les membranes fasciales sont en interdépendance perpétuelle.
PERCEPTION DE SOI
Le fascia est un vecteur de la perception de soi ; il nous permet de ressentir l’unité du corps, de pressentir l’espace occupé par le corps. Non seulement le corps physique, mais aussi les corps subtils. Le fascia perçoit et nous transmet l’information sensorielle des enveloppes subtiles de nos corps et de ceux qui sont autour de nous.
Il aide au lien entre matière/forme incarnée et conscience/information. Il est une voie pour communiquer directement avec le corps compris comme une globalité, une unité, une plénitude.
LE FASCIA, L’ORGANE DE LA CONNEXION
C’est un organe connectif par l’énergie qui y est véhiculée, par la continuité de sa trame et par la conscience qui peut s’y associer.
Il permet aux chaînes musculaires de se coordonner, de véhiculer ou économiser la force. Il connecte le système vasculaire sanguin au système nerveux. Il transmet au cerveau toutes sortes de signaux des informations chimiques et mécaniques qu’il reçoit. Il maintient l’hydratation du corps par la matrice extra cellulaire, cette substance fluide générée par les cellules fasciales.
TRANSMISSION DE LA FORCE
Le fascia est l’interface organique entre la matière et l’énergie, c’est sur lui que cheminent les méridiens révélés par la médecine traditionnelle chinoise, et qu’agissent les points d’acupuncture.
Il est le tissu de la force fluide. Sa force vient de sa continuité et de sa cohérence, et quand on comprend cela, on peut accompagner nos mouvements depuis la globalité corporelle, et non plus nous voir comme coupés, fragmentés, assemblés de multiples pièces séparées.
La mobilisation du fascia aide au maintien d’une posture saine.
Maintenir la posture mobile aide le fascia à rester sain (ou retrouver la santé).
Quand on parle de circulation fluide de l’énergie en nous, c’est par l’intermédiaire du fascia qu’on peut la ressentir directement.
Le fascia génère, transporte et sauvegarde la force dont nous avons besoin. Il nous offre la possibilité d’une nouvelle compréhension de la force, pas seulement musculaire mais holistique, faisant intervenir l’ensemble de la structure physique en lien avec notre attitude mentale et émotionnelle.
FASCIA ET CORPS SUBTILS
Il fait le lien entre le corps physique et les enveloppes subtiles associées au corps humain, notamment ce qui est appelé le corps émotionnel et le corps mental.
Le fascia est un capteur sensible : il répercute le subtil dans la forme matérielle. Il imprime les nœuds mentaux, absorbe les chocs et traumas émotionnels, cicatrise les plaies physiques.
SOUFFLE VITAL
Respirer dans la conscience de faire circuler l’élément air dans nos corps vient oxygéner le fascia, le déployer, le décoller, l’alléger, l’étirer et le mobiliser, en un mot LE VITALISER.
Quand nous sommes présents au souffle qui circule en nous, nous ressentons le frémissement du fascia, nous captons l’onde qui parcourt cette trame qui structure et maintient notre corps. Nous établissons un lien profond entre Conscience, c’est-à-dire reconnaissance, et Présence au corps ; dans le corps. C’est le début de la communication interne, de la connexion intime.
VECTEUR D’ÉNERGIE
Le fascia est un vecteur de l’énergie sous plusieurs formes.
D’une part, il est un transformateur piézo-électrique, c’est-à-dire qu’il va transformer une part de l’énergie mécanique générée par les mouvements du corps physique en énergie électrique. Cela est rendu possible notamment par la grande teneur en silicium du collagène qui constitue une part importante du tissu conjonctif. Cette énergie électrique pourrait être utilisée pour alimenter des appareils externes, ce que proposent plusieurs inventions, mais surtout elle peut nous soutenir dans notre mouvement évolutif par l’accélération interne qu’elle suscite dans notre fréquence vibratoire lorsqu’elle est correctement canalisée.
D’autre part il est un vecteur d’énergie scalaire et nous relie au grand champ. Tout dans le corps est spirale, et le fascia vient structurer les spirales dans la manière dont il s’enroule et se tisse sur les muscles, les os, les organes. Ainsi il les protège, les informe et les oriente favorablement.
FASCIA ET KUNDALINI
Quand elle s’active, l’énergie de kundalini vient dynamiser et propager l’onde vitale dans tout le fascia ; elle passe à travers lui pour régénérer le tout, soigner ce qui doit l’être et fluidifier les voies de circulation.
**************
Découvrir, reconnaître et connecter le fascia est une énorme étape en moi : je réalise une autre manière de manifester Présence, Conscience et Puissance, à travers le corps, à l’intérieur, dans le vivant immédiat.
Cela active de puissants feux de régénération et je me réjouis de cette plongée de l’œuvre au rouge par la voie directe dans le corps. Il reste tant de merveilles à explorer, vivre, connecter, déployer…
Et vous, connaissez-vous votre fascia ?

Des lieux secrets
Absorber le silence, boire les couleurs, respirer le ciel, caresser l'eau et se donner corps et âme à cette nature. En toute simplicité. Sans rien attendre en retour que cette paix offerte.
Ici, il n'y a rien, aucun magasin, il faut marcher pour atteindre une berge sablonneuse où il sera bon de s'installer, il n'y a pas de chemin, il faut chercher, traverser des forêts, serpenter entre les arbres, écarter les fougères, se griffer aux ronces, descendre des talus, remonter des pentes raides, s'éloigner de la voiture sans jamais être certain qu'un lieu secret se dévoilera, des heures de marche parfois, sans jamais ce goût inutile de la déception si aucune berge ne nous accueille car l'exploration est en elle-même un plaisir immense.
Deux ans et demi que nous sommes ici, on pourrait écrire un guide des lieux secrets et il se vendrait assûrément. J'ai des dizaines de photographies, on connait les tracés, le temps nécessaire, on les retrouve sans aucune difficulté désormais. Et ils sont tous inconnus, nous n'y avons jamais vu quiconque. Mais ce guide n'existera pas. C'est hors de question.
Que chacun ailler chercher en lui l'enfant intérieur qui aimait l'aventure, le doute, l'exploration, l'effort, la transpiration, la soif, l'émerveillement.











Albert Dupontel : la dernière ITW
Je ne vais pas faire un résumé ou un listing des idées majeures.
Elles sont toutes majeures et ne se résument pas.
Autopsie d'une œuvre picturale.

Arthur Valadenski a réalisé cette œuvre en 1951, à New York, alors qu'il n'avait que dix-sept ans.
Juif polonais, son père, Samuel Valadenski, avait eu une intuition salvatrice en décidant d'émigrer aux États-Unis en 1938. Sa femme, Magdalena Caleb, connaissait un immense succès avec trois romans traduits en plusieurs langues et ne pouvait qu'être menacée par les idées immondes qui secouaient l'Allemagne et qu'elle dénonçait déjà dans ses oeuvres.
Samuel Valadenski était joaillier à Berlin, un joaillier très réputé. Et une très grande fortune, héritée en partie de son père mais qu'il avait su accroître par ses talents.
Arthur avait trois sœurs. Il était le cadet. Autant les trois filles suscitaient l'admiration pour leur beauté et leur vivacité joyeuse, autant Arthur marquait les esprits par la profondeur noire de ses yeux, la sécheresse de ses lèvres, une silhouette chétive et maladroite, une voix fluette, un teint blafard. C'était un enfant inquiet et introverti. Sa présence créait une forme de malaise, comme si émanaient de lui des effluves nocives. Dès son plus jeune âge, les parents avaient noté chez leur garçon une propension chronique à regarder le monde et la vie à travers un prisme mortifère. A ses yeux, l'humain n'était qu'une menace, pour lui-même, pour les autres et pour la vie toute entière.
Samuel, le père, alternait entre la fierté des échanges qu'il avait avec ce garçon lucide, clairvoyant, intransigeant et l'inquiétude que généraient toutes les visions dont son fils se délivrait à travers la peinture et les poèmes. Rien dans ses créations ne laissait aucun espoir. La noirceur dominait les étoiles et il en était de même dans l'esprit humain.
Cette œuvre, intitulée, Autopsie neuronique du Mal, (425 cm par 283) démontre, selon l'artiste, à quel point, il est vain, prétentieux et immature d'espérer que l'esprit humain parvienne durant son existence à une quelconque sérénité durable. Arthur Valadenski, lors d'une de ses rares apparitions sur la scène mondaine, a dévoilé le sens de sa toile en quelques mots. On retrouve d'ailleurs dans ses paroles toute la portée de son génie.
« Les ondes noires sont infinies jusqu'au fond de l'horizon et au-delà. Elles ne seront jamais éteintes, jamais effacées, jamais diluées. »
Toute la problématique des créations de l'artiste tient dans ces quelques mots.
« Il faut donc comprendre que les lignes noires représentent les pensées obscures, mauvaises, destructrices de l'homme et que les plages apaisées, dans le blanc immobile, ne pourront jamais empêcher l'arrivée de la noirceur suivante, ni les autres, ni aucune, ni jamais. La force originelle qui anime l'humain depuis la nuit des temps est un flux nourri par le Mal, comme un courant surpuissant que rien ne pourra jamais stopper. Imaginer seulement qu'il serait possible d'augmenter la durée des phases immobiles est une aberration, une illusion, un leurre qui n'est en fait que le reflet de l'extrême prétention humaine. Une prétention dont le Mal se réjouit. »
Cette œuvre magistrale a été vendue pour 172 millions de dollars chez Sotheby’s et Christie’s en 1969.
Harry BOYD, pour le WASHINGTON POST, le 9 septembre 2023
Pour la suite, descendre l'ascenseur.
Tout est faux.
Il s'agit simplement de la photographie de la surface d'un lac de la Creuse.
Si jamais, ce texte a éveillé chez vous un certain malaise, des relents antisémites dans la description du personnage et de son histoire, imaginez qu'il s'agit d'une "onde noire" issue d'un savoir commun, de cette connaissance transmise que nous gardons ancrée et qui se réactive à travers des clichés. Notre savoir, lui-même, est une pollution. Parfois. Imaginez maintenant les effets des "infos quotidiennes" qui se concentrent à 90 % sur des ondes noires.
C'est là que prend toute la dimension du travail nécessaire pour parvenir à la sérénité durable. Et les questions jaillissent, essentielles, incontournables :
Ne vaudrait-il pas mieux ne rien savoir de l'humain pour ne pas être perverti par des ondes noires insoumises ? Un homme ne sachant rien du comportement de ses semblables se mettrait-il inévitablement en danger ?
La représentation de la nature et l'interprétation qui peut en être donnée ont-elles davantage de valeur que la nature elle-même ?
La réalité, c'est à dire le modelage humain du Réel, n'est-il pas, lui-même, une onde noire et non simplement une oeuvre d'art ?
L'art n'en devient-il pas l'engeance enluminée du déracinement de l'humain ?
Vous avez quatre heures.
Bon, ça se complique
Depuis une quinzaine de jours, les crampes ont démarré dans le mollet droit, ce qui n'était jamais arrivé.
Pour le mollet gauche, ça fait environ trois ans que ça dure.
Les fourmillements dans le mollet gauche sont permanents, jour et nuit.
Donc, ça va devenir compliqué.
Une "belle" photo de la base de mon dos, avec l'ossification du ligament jaune, une excroissance. Et cette belle tâche de naissance, pile au niveau des hernies, comme la trace d'une blessure dans une vie antérieure :)

Et voilà ce que ça donne sur mon mollet gauche. Diminution de la masse musculaire.

Non, on n'est pas au bord de l'océan mais au bord d'un lac de la Creuse. Là, où il n'y a personne.
C'était le jour d'un soleil voilé par les sables du désert.

Le ronflement des vagues de l'océan, au bout de deux jours, je n'en peux plus.
Les lacs, c'est silencieux.

Vous l'entendez ce silence ?


Rentabilité de l'obésité
L'obésité.
C'est une situation qui m'interpelle considérablement. Lorsque nous vivions encore en Savoie, j'avais un médecin généraliste qui était absolument consterné, sidéré, effaré par le niveau de surpoids dans la population, l'obésité chez les séniors notamment et l'augmentation chez les jeunes, dès l'école primaire. Et il faisait le constat de son impuissance en expliquant que s'il lui venait à tenir des propos à ce sujet, à lancer une alerte, la réaction immédiate d'une bonne partie des patients était de changer de médecin.
Je viens de regarder une vidéo sur un match de tennis à l'US open aux USA et c'est juste effrayant de voir le nombre de gens dans le public qui sont dans cette situation.
On me dira que ça les regarde mais non, en fait...C'est bien plus grave que ça :
Premièrement, ces individus coûtent des sommes astronomiques aux services de santé.
Deuxièmement, et c'est bien plus grave, ils contribuent à une surconsommation et donc à une surproduction et donc à la pérénité d'un système agricole et industriel qui porte atteinte à l'ensemble du vivant.
Leur "choix" alimentaire, cette surconsommation de nourriture est un des éléments clés de tous les organisateurs de l'agro-industrie.
"Nous devons pouvoir répondre à la demande."
Dans le gîte, à côté de notre maison, en rentrant de notre rando du jour, j'ai vu tout à l'heure les gens qui viennent passer le week end. Six adultes, tous approximativement de mon âge (60 ans), tous en surpoids, hommes comme femmes. Il m'arrive lorsque je dois aller faire des achats dans un supermarché de compter les gens qui sont en surpoids. J'arrive systématiquement à plus de 60 %.
Mon médecin généraliste m'avait d'ailleurs expliqué que l'IMC avait été modifié au fil des années, le rendant beaucoup plus conciliant... Au point d'ailleurs qu'il m'avait dit que mon poids à l'époque me classait dans la case des gens "trop maigres", voire "à risque". LOL ! C'était l'année où j'avais fait les 40 derniers kilomètres d'un ultra trail en montagne pour accompagner un de nos garçons. Lui, il s'était enquillé 120 kilomètres. Et il est aussi "maigre" que moi...
Il y a clairement pour moi des raisons financières. On a ci-dessous la plus grosse capitalisation boursière en Europe, un laboratoire pharmaceutique qui vend un médicament contre l'obésité. Il faut quand même observer que les trois plus grosses capitalisations boursières sont tenues par un groupe pharmaceutique, un groupe de luxe et un groupe agro-industriel. Qui a dit que le monde occidental se porte bien ?
Le groupe pharmaceutique danois Novo Nordisk est devenu vendredi la première capitalisation européenne, ravissant sa couronne au roi du luxe, LVMH. Le premier affichait une capitalisation de 421 milliards de dollars et le second de 420,97 milliards de dollars, selon les données de Refinitiv et les informations fournies par l'entreprise citée par Reuters. LVMH avait lui même ravi la première place du palmarès des groupes européens cotés en Bourse au spécialiste de l’agroalimentaire Nestlé en 2021.
Si le métier de ce dernier est de nourrir les gens, Novo Nordisk doit sa récente bonne fortune boursière à son médicament Wegovy contre l'obésité. Celui-ci a également comme propriété de réduire les risques de maladies cardiaques de 20%. Ses annonces en début août ont permis au groupe pharmaceutique de bondir de plus de 16% au cours du mois écoulé. Novo Nordisk affiche désormais une capitalisation supérieure au PIB de son pays d'origine, le Danemark.
"Cette vie...et au-delà" Docteur Fauré
J'ai lu beaucoup, beaucoup d'ouvrages sur la question des expériences de mot immente (EMI) ou de mort approchée, les expériences de "vécus subjectifs de contact avec un défunt" (VSCD), les expériences de fin de vie (EFV).
J'étais adolescent quand j'ai lu le livre du DoctEUr Raymond Moddy "La vie après la mort"
Evidemment que le sujet m'importait.
J'ai passé presque trois mois dans la chambre d'hôpital de mon frère, victime d'un accident de la route, coma et polytraumatisé. Ce que j'ai vécu là-bas ne s'oublie pas.
Plus tard, j'ai connu les affres de la douleur, des douleurs si intenses que ma conscience en était modifiée. Et la problématique de la conscience continue à m'interroger.
Je viens donc de finir le livre du Docteur Fauré, bien connu dans le milieu de la recherche sur la fin de vie. En voici quelques avis pris sur Babelio :
EAN : 9782226475459
368 pages
ALBIN MICHEL (02/11/2022)
4.17/5 20 notes
Résumé :
Expérience de mort imminente (EMI), Expérience de fin de vie (EFV), Vécu subjectif de contact avec un défunt (VSCD)... certains phénomènes humains semblent contredire l'affirmation quasi unanime de la communauté scientifique selon laquelle la conscience ne serait qu'une simple production de notre cerveau.
Nourri des traditions spirituelles (bouddhiste, hindouiste), dont le discours sur la nature de la conscience fait écho aux enseignements de la physique quantique, Christophe Fauré est un de ces médecins qui s'y intéressent et s'interrogent. En unité de soins palliatifs, où abondent les récits de tels phénomènes, il a constaté le réconfort et l'apaisement que ces expériences avaient apporté à la plupart des personnes les ayant vécues. Il a alors entrepris d'étudier tous les travaux scientifiques sur la question.
Ce livre est le fruit de ses investigations, une enquête aussi troublante que passionnante, apportant des réponses à des interrogations universelles : Qu'y a-t-il après un décès ? Notre conscience perdure-t-elle après la mort physique ? Quelle est la nature de notre conscience ?
★★★★★
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05 février 2023
« Plonger dans cette vie …. Et au-delà » me rappelle les lectures que j'affectionnais étant adolescente ou jeune adulte.
De manière générale, elles étaient teintées de spiritualité, souvent proches du bouddhisme, riches d'expériences sortant de l'ordinaire. Qui n'a jamais lu Lobsang Rampa me jette la première pierre.
Quand j'ai entamé ce livre écrit par Christophe Fauré, je connaissais sa réputation de psychiatre, d'ancien moine bouddhiste et sa spécialisation de l'accompagnement des personnes en fin de vie.
J'avais déjà lu un de ses livres.
Cela m'inspirait confiance, bien que sur ce coup, je me demandais s'il ne s'était pas fourvoyé.
Je n'ai pas de réponse à cette question. le livre est fidèle à l'homme, à ses combats, à ses croyances.
Bien sûr, l'auteur nous décrit des témoignages de EMI (expériences de mort imminente), de VSCD (vécus subjectifs de contact avec un défunt), des EFV (expériences de vie) ou de vies antérieures.
Cela peut prêter à sourire mais des milliers de personnes sortent transformées de ces expériences peu communes, généralement tournées en dérision par le monde scientifique. Christophe Fauré nous présentent aussi des théories qui émergent concernant la conscience et surtout de ce qu'on peut en tirer comme conclusions pour notre propre vie.
Je ne suis pas persuadée à 100% mais ces théories m'intéressent et j'ai envie d'y croire, ne fût-ce qu'un tout petit peu.
L'autre perspective chantée par Souchon " ... et si en plus il y a personne" n'est en effet pas tellement réjouissante.
Si vous voulez vous faire une opinion, n'hésitez pas à lire ce livre.
★★★★★
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14 avril 2023
Les défunts n'existent pas uniquement dans le souvenir des vivants, leur âme ou leur esprit vivent au-delà de la mort. Les croyants de diverses religions ont foi en cette espérance.
Du côté scientifique, de nombreuses études, des recherches universitaires et des analyses de témoignages tendent à montrer que la conscience n'est pas le produit du cerveau, mais existe par elle-même et survie à la mort corporelle.
Christophe Fauré, psychiatre, psychanalyste, accompagne des personnes en fin de vie, des endeuillés et est également écrivain. C'est dans l'exercice de sa profession de médecin, qu'il a tout d'abord recueilli de multiples témoignages de contacts avec les défunts et que lui-même a été témoin des vécus de mourants.
Il prend cependant des pincettes et prévient par avance qu'il respecte les sceptiques, mais demande à ses lecteurs de garder une ouverture d'esprit. Il consacre d'ailleurs tout un chapitre aux objections.
Son livre dresse un état des lieux de son enquête et de son intime conviction de la survie de la conscience. Il explore les expériences de mort imminente (EMI), les vécus subjectifs de contacts avec les défunts (VSCD), les expériences au seuil de la mort et les souvenirs de vies antérieures.
EMI : Les personnes décrivent un processus plus ou moins complet avec une sortie corporelle, un déplacement dans un tunnel, une lumière, un ressenti du bien et du mal de sa vie, la perception de proches défunts et la sensation d'un amour incommensurable, un retour brutal dans le corps choisi ou imposé afin d'effectuer une mission de vie.
EFV : ce sont des perceptions de défunts que les mourants et/ou leurs accompagnants ressentent peu avant de s'éteindre. La lucidité terminale (le mieux avant la fin) est un phénomène également bien connu des soignants en gériatrie ou en soins palliatifs. Plus étonnant la cohérence retrouvée par des malades Alzheimer quelques heures avant leur décès alors qu'on sait que leur cerveau est gravement altéré.
VSCD : que les plus cartésiens qualifieront de synchronismes, de coïncidences, d'élaboration neuronales sont des vécus sensoriels, des messages en rêve, des situations qui font dire aux endeuillés qu'ils reçoivent des signes de leurs défunts.
Les phénomènes d'EMI et de VSCD ont des effets positifs sur la vie des personnes les ayant vécus. Leur vision du monde et de la vie est souvent transformée. Ils sont plus ouverts aux autres, découvrent le sens de leur existence sur terre, vivent leur deuil avec une espérance renouvelée.
Comme le chante Françoise Hardy « Dans l'espace qui lie ciel et la terre, se cache le plus grand des mystères ». Et vous comment abordez-vous ces phénomènes étiquetés paranormaux ?
Lien : https://chemindedeuil.over-b..
CITATIONS ET EXTRAITS (5)AJOUTER UNE CITATION
19 janvier 2023
Dans cette analogie, le smartphone est le cerveau (dans son extrême complexité) et le wifi/Internet est la conscience (non localisée, tout comme le wifi n'est pas localisé): le smartphone ne crée pas la vidéo sur internet, tout comme le cerveau ne crée pas la conscience ; le smartphone manifeste la vidéo (à partir du wifi), tout comme le cerveau manifeste la conscience, il n'est que le récepteur/émetteur de la conscience non localisée !
18 janvier 2023
On observe une diminution nette, voire une disparition de la peur de la mort. S'installe la certitude que la conscience survit à la mort du corps physique, associée à la conviction de l'existence d'une réalité spirituelle en parallèle à notre dimension terrestre.
18 janvier 2023
-Les expériences de fin de vie décrivent ce qui se passe juste avant la mort.
-Les expériences de mort imminente décrivent ce qui se passe au moment de la mort.
-Les vécus subjectifs de contact avec un défunt décrivent ce qui se passe après la mort.
-Les souvenirs d'une vie antérieure décrivent une continuité entre la vie et la mort, avec parfois un regard sur l'entre deux vies.
Ces expériences couvrent donc la totalité du spectre de ce qui se passe avant, pendant et après la mort. Tout s'accorde, tout concorde.
Pour savoir ce que j'en pense, il suffit de lire mes romans :)
L'exploration de la conscience est un thème commun.
A COEUR OUVERT
LA HAUT
KUNDALINI
VERTIGES
NOIRCEURS DES CIMES
JUSQU AU BOUT
LES HEROS SONT TOUS MORTS
Publications en 2024
Les éditions du 38 m'ont annoncé que j'aurai deux nouvelles publications de romans en 2024
Premier semestre : JARWAL LE LUTIN (tome 1)
Deuxième semestre : TOUS, SAUF ELLE
TOUS, SAUF ELLE est la suite de LES HÉROS SONT TOUS MORTS
.
Se pose le problème de la taille des deux romans. Le premier fait environ 40 000 mots et le deuxième 84 000. L'éditrice se demande si elle ne réunirait pas les deux tomes en un seul sachant que le tome 3, LE DÉSERT DES BARBARES, fait également environ 80 000 mots et que le tome 4, RESET, en cours d'écriture aura lui aussi un gros volume.
Pour ce qui est trois tomes suivants de JARWAL, leur publication dépendra des ventes du tome 1...Aucune maison d'édition indépendante ne peut se permettre de publier à perte.
J'ai également déposé chez l'éditrice le manuscrit LES ÉGARÉS, mais il faudrait que les ventes de mes autres romans déjà publiés se vendent davantage.
KUNDALINI est celui qui atteint le meilleur score mais sur les cinq titres publiés aux éditions du 38, les revenus sont insuffisants pour financer l'ensemble de mes textes. Et là, je n'y peux rien. Mon blog est la seule vitrine dont je dispose. J'ai fermé ma page Facebook au vu de l'indifférence des gens quand je publie des extraits. La littérature est un champ de batailles et je n'ai pas les armes médiatiques pour lutter contre les ténors. Peut-être également que mes romans ne sont pas suffisamment porteurs. Je fais avec mes moyens.
J'espère que JARWAL et TOUS SAUF ELLE intéresseront du monde et que la maison d'édition pourra se permettre de publier l'ensemble de mes écrits.
Pour l'instant, je me concentre sur RESET, le dernier tome de la tétralogie. J'ai le scénario en tête sur les trois-quarts. Pour ce qui est du final, je me laisse la possibilité que l'histoire me le souffle à l'oreille.
Ma page aux éditions du 38

Thierry Ledru vit en Savoie. Après un BAC litté/philo, il est tout de suite entré à l’école Normale, en Bretagne. Passionné par l’escalade et l’alpinisme, il est allé vivre dans les Alpes. Dans ses romans, Thierry Ledru pousse ses personnages à l’extrême d’eux-mêmes, il les confronte à des questionnements et à des événements qui les font avancer, leur ouvre un cheminement intérieur que le lecteur emprunte à leur suite avec un grand bonheur.
Auteur
LE DÉSERT DES BARBARES : La conscience de la nature
La conscience de la nature
On pourrait penser qu'il s'agit de cette conscience que les humains éprouvent au regard de la nature qu'ils côtoient mais je parle là de la conscience que la nature possède. La conscience d'elle-même.
Descartes se retournerait dans sa tombe en lisant ça. Qu'il tourne autant de fois qu'il veut si ça lui chante.
"Les bêtes n’ont ni âme ni pensée. Il n’est, en réalité, en elles, « aucun autre principe de mouvement que la seule disposition des organes et la continuelle affluence des esprits animaux produits par la chaleur du cœur »
On peut facilement imaginer son point de vue sur une conscience réflexive de la nature.
Des gens continuent à manger des animaux parce qu'ils portent inconsciemment des pensées et des écrits qui datent d'une époque si lointaine qu'ils ont du mal à la situer.

CHAPITRE 50
Théo et Laure avaient rejoint les crêtes par l'Aup du seuil puis ils s'étaient engagés sur le sentier menant au col de Bellefont. Théo connaissait parfaitement l'itinéraire. Il avait parcouru l'intégralité de la traversée Chambéry-Grenoble à cinq reprises. Il comptait cinq heures pour atteindre le sommet de la dent de Crolles en trottinant et Laure se réjouissait de cette belle échappée.
Lorsque la clarté naissante révéla le fonds de la vallée, ils distinguèrent les bancs de brume couvrant l'immensité. Comme une mer blanche à l'étale. Une horizontalité parfaite. La beauté du spectacle cachait la certitude du drame. Le silence d'un cimetière. Pas un souffle de vent, pas un bruit humain.
Laure revoyait le vol du rapace et l'évidence de sa joie. Elle cherchait à en comprendre le message. Il restait de sa dernière nuit une sensation étrange et elle tentait d'en retrouver la source. Une image, un rêve, une pensée ? Elle n'avait aucune certitude, juste un ressenti bienheureux. Elle reliait le vol du rapace à cette impression inexpliquée. Sans se départir de l'idée qu'il y avait autre chose, une raison cachée. Trottiner en montagne avec Théo pourrait suffire mais là encore, elle convenait que la source de son ressenti venait d'ailleurs, un territoire inexploré. C'était l'image la plus juste. Un territoire inexploré. Un antre secret dont elle devait trouver l'entrée.
Depuis plusieurs jours, elle avait l'impression que sa mémoire contenait davantage d'images, l'accident, la voiture, la lumière. Il s'était passé autre chose, un événement qu'elle devait retrouver, un souvenir essentiel et elle cherchait le moyen de rétablir le film, de dérouler à l'envers les images perdues. Un mélange de frustration et de désir, l'alternance entre le dépit d'avoir égaré un morceau de l'histoire et la joie d'imaginer que c'était là, en elle, qu'elle le retrouverait nécessairement, une lumière, un voyage inachevé, un horizon aperçu, une rencontre. Il ne s'agissait pas de Figueras. De lui, elle s'en souvenait parfaitement. Peut-être qu'il n'y avait personne, peut-être qu'elle s'égarait à vouloir identifier ce qui lui manquait et que son imagination l'égarait.
De l'autre côté de la vallée, derrière la chaîne de montagnes de Belledonne, elle vit la clarté étendre son voile, elle adorait ces levers de soleil par-dessus les sommets, cet envahissement des cieux, la lumière coulant sur les pentes argentées et révélant les reliefs, les piliers, les faces, les pierriers, les derniers résineux à la frontière avec l'étage nival, les plus téméraires, les plus résistants, elle aimait la puissance de ces paysages, elle y avait toujours trouvé la raison de son existence, les fondations, les élans vitaux, l'effacement des troubles les plus intenses.
Théo était apparu et l'amour avait empli l'unique zone délaissée de son cœur.
Au milieu d'un monde dévasté.
Devait-elle pour autant s'interdire d'être heureuse par empathie pour ses prochains, pour tous les humains, pour tous ceux qui pleuraient leurs morts, pour tous ceux qui tentaient de survivre ? Cette absorption du malheur universel atténuerait-elle les effets du désastre ? Évidemment pas. Elle le savait intimement et n'avait pas encore osé l'admettre, comme ceinturée par la honte de se réjouir de son propre bonheur, une culpabilité tenace. Le syndrome du survivant, elle en avait lu quelque chose sans pouvoir en établir une connaissance présente.
C'est là qu'elle se souvint des paroles de Figueras, de l'importance de la paix intérieure et de la capacité à se réjouir de la vie en soi et autour de soi, quelles que soient les épreuves. Les Kogis ne priaient pas pour demander à être protégés, épargnés, soulagés, pardonnés, absous, ils ne réclamaient rien, ils ne se plaignaient pas. Ils honoraient la création et la remerciaient du bonheur de vivre en son sein. Ils priaient comme un enfant vient se blottir contre sa mère, juste pour le bonheur intense de la paix.
Le liseré flamboyant de l'astre se dessina enfin, un arrondi ardent qui enflamma les pentes. La boule incandescente s'éleva lentement et les rayons embrasèrent la ligne de crêtes où ils progressaient.
Théo, concentré jusque-là sur l'itinéraire et l'horaire à tenir, s'arrêta quelques secondes. Il se retourna vers Laure. Elle souriait, le visage baigné par les rayons. Il revint vers elle.
« Merci de m'avoir permis de vivre ça, dit-elle, merci de m'avoir accueillie. J'ai conscience de la chance immense que j'ai eue de croiser ta route. Et je remercie la vie de ce cadeau inestimable d'être ici et de pouvoir contempler ce spectacle. Là, en cet instant, rien d'autre ne compte. »
Il ne trouva pas les mots et il s'interdit de l'enlacer. Convaincu qu'elle n'attendait rien de lui. « Avant de parler, assure-toi que ce que tu veux dire est plus important que le silence que tu vas briser. » Une citation lue ou entendue, il ne se souvenait plus mais il savait combien Laure aimait le silence. Elle avait exprimé son amour pour lui. Il lui restait à se taire.
Il l'observa, les regards balayant les horizons découverts. Il aimait infiniment la douceur de son visage et simultanément l'énergie qui en émanait. Il la quitta des yeux et contempla les montagnes. Que voyait-elle qu'il ne distinguait pas ? Il en était certain, elle regardait bien au-delà.
Il ne la vit pas s'approcher. Elle l'enlaça.
« L'énergie créatrice. C'est bien autre chose que ce que les yeux regardent. »
Lisait-elle dans ses pensées ?
« Qu'est-ce que ça signifie ?
- Si tu regardes les montagnes comme des entités nommées, cartographiées, avec une altitude connue, que tu y reconnais les itinéraires, que tu te souviens de tes ascensions, tu ne regardes pas les montagnes, tu te regardes à travers elles. C'est ton existence que tu contemples. Et finalement, c'est encore une exploitation de la nature. Une exploitation existentielle. J'en arrive à penser que plus les humains disparaîtront, plus la nature retrouvera sa virginité, non pas seulement dans sa pureté matérielle mais également sur un plan spirituel. Oui, je parle bien de la spiritualité de la nature car je suis absolument persuadée de sa conscience et donc de ses pensées, de ses émotions, de ses ressentis, de tout ce que l'humain s'est attribué et qu'il refuse de partager. Je sais que c'est effroyable si on pense aux victimes mais si on se place du côté de la nature, c'est une libération. Et peut-être même que les survivants finiront par changer leur regard puisque le passé aura été balayé, effacé, pulvérisé. L'occasion unique de saisir pleinement la réalité de ce monde. Et surtout que l'humanité ne soit plus une entité à part. Le colonialisme n'est pas qu'une agression envers certains peuples. Les humains ont colonisé la planète, avec tous les outrages que ça comporte. Cette époque est une décolonisation forcée, accélérée et impitoyable. »
Elle le regarda en souriant.
« C'est le bonheur de la vie qui doit nourrir le renouveau de la planète. Aussi terrifiant que soit la situation. Ma mère, dans son apathie dépressive, va à l'encontre de cette révélation.
- Et moi, dans l'inquiétude chronique que je porte, j'en fais tout autant.
- Non, Théo, je ne suis pas d'accord. Ma mère se morfond mais toi, tu agis. Et encore une fois, je suis heureuse et soulagée de vivre à tes côtés. Sans toi, je serais sans doute morte. »
Il posa une main sur sa joue.
« On y va !» lança-t-elle.
LE DESERT DES BARBARES : Etat des lieux

CHAPITRE 46
Figueras s'était levé au premier chant d'oiseau. Il s'était assis sur une roche moussue et il avait observé la montée de l'astre. De l'autre côté des cimes, à l'est, derrière les crêtes dentelées. L'air était frais, descendu des montagnes comme un voyageur curieux, mais il allait remonter avec la venue du maître des lieux.
La lumière n'était encore qu'une esquisse, un placenta en croissance. Le ciel épuré avait bu tous les nuages de la veille et le bleu métallique de la nuit accueillait l'astre naissant. La lumière condensée tel un ventre rond annonçait la mise au monde. Puis vinrent les traits lumineux, des routes à suivre, des rayons écarlates lancés dans l'azur comme autant d'éclaireurs. Ils tracèrent leur chemin dans les échancrures, les cols et les versants et Figueras imagina les animaux engourdis s'étirer délicieusement.
Des chapelets de gouttes de rosée, suspendus sur les fils des toiles d'araignée, s'illuminèrent comme autant de perles, des rêves de nuit dans l'attente du réveil. Les dentelles tendues sur les herbes drues dessinaient des étoiles.
Plus bas, dans la vallée, au-dessus des forêts épaisses, traînaient nonchalamment des nappes de brouillard, larges marées immobiles, couvertures humides étirées comme des voiles protecteurs. Ces brumes éphémères s'évanouiraient dès les premières chaleurs et les frondaisons se gorgeraient de lumière.
Tout était juste.
Et Figueras s'en réjouit.
Il avait rêvé de la Terre.
Coulaient en elle des désirs d'apaisement. Il en avait senti le désir.
L'hégémonie passée des hommes, leur déliquescence, l'effondrement de leur frénésie, la découverte des biens essentiels, les actes solidaires, quelques-uns, au fil des jours, au fil des drames, de plus en plus, des survivants qui organisaient les jours à venir, les uns après les autres, sans autre intention que la préservation de chacun et que chacun préserve les autres.
Le silence des cieux, les avions cloués au sol, toutes ces flèches dorées qui cisaillaient l’atmosphère et l'empoisonnaient, toutes ces machines volantes immobilisées, tous ces moteurs éteints, toutes ces usines mortes, toutes ces exploitations figées, ces filets assassins qui raclaient les fonds marins, ces millions d'êtres vivants égorgés, éviscérés, emballés, vendus en barquettes, plus rien, plus aucune concentration de bêtes, elles étaient mortes ou enfuies, l'air des villes ne piquaient plus les gorges, plus de poubelles à trier, il n'y avait plus rien à manger, plus d'emballages, les magasins dévalisés, les routes désertes, les camions abandonnés, les pétroliers à quai, leurs citernes vides, les torchères éteintes des raffineries, les villes sombres dès la fuite du soleil, des feux de camp pour se réconforter, des étincelles fugaces de réconfort partagé.
Le monde humain posé sur une balance à plateaux, d'un côté la fureur et de l'autre la paix. Les forces sombres ont pris le pouvoir, elles ont tout écrasé. Mais elles s'éliminent entre elles et le plateau se vide.
La Terre montre la voie.
Depuis longtemps, la lumière des montagnes n'a été aussi épurée.
Tous ces actes meurtriers prendront fin, une sélection naturelle, par épuisement du contingent.
Tous ces humains disparus, comme autant de virus éradiqués, les uns après les autres.
Et la fièvre délirante de la Terre qui diminue.
Une évidence.
Le nombre était la plaie, l'extermination une guérison.
D'autres esprits étaient passés dans son rêve, un chaman des plaines de Sibérie, un Aborigène, un Inuit, un Mentawaï, un Sami, il les connaissait tous et s'ils étaient apparus, s'ils avaient parcouru les réseaux d'énergie pour se connecter les uns les autres à leurs frères de Terre, le message était clair. Le temps des hommages était venu.
Il convenait d'accompagner la Terre convalescente en sachant que de nouvelles crises étaient inévitables.
Les résistances humaines. Trop de résidus de l'ancien monde, des volontés de pouvoir, même s'il ne restait que des ruines à s'approprier. L'ADN mental de l'humanité, comme une tumeur inarrachable. La détresse n'était pas encore assez grande. La diminution du nombre réduisait la violence et l'abandon à la peur.
Le crépuscule des faux dieux avant l'aurore.
Bientôt, bientôt.
Figueras avait rêvé de la jeune femme. Il avait senti son désarroi mais plus fort que les tourments, l'amour de la lumière restait au firmament. Elle avait la Grâce mais ne voulait pas encore le reconnaître. Il restait ce doute que l'individu considère comme de l'humilité quand il ne s'agit que du déni de soi. Elle avait la Grâce et il était temps qu'elle l'enlace, totalement, qu'elle prenne conscience que le monde humain n'est pas en elle et qu'elle n'en est que le témoin.
Jusqu'à ce qu'elle lui tourne le dos.










