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Météorologie spatiale
Comment se protéger des tempêtes solaires qui menacent la planète Terre
Ces phénomènes magnétiques, s'ils sont exceptionnellement puissants, pourraient potentiellement détraquer l'ensemble des circuits électroniques terrestres.

Article rédigé par Louis San
France Télévisions
Publié le 27/07/2014 15:44 Mis à jour le 27/07/2014 15:47
Temps de lecture : 3 min 
Vue d'artiste montrant d'une éruption solaire frappant la Terre. (VHB / SCIENCE PHOTO LIBRARY / AFP)
L'avertissement fait froid dans le dos. La tempête solaire du 23 juillet 2012 aurait pu "renvoyer la civilisation contemporaine au XVIIIe siècle", affirme la Nasa, vendredi 25 juillet. S'il avait touché notre planète, ce nuage de plasma, se déplaçant quatre fois plus vite que ceux observés habituellement, d'une puissance jamais vue depuis 1859, aurait eu de graves conséquences.
La tempête solaire aurait alors provoqué un orage géomagnétique affectant les réseaux de distribution d'électricité, générant d'importants black-outs et plongeant des continents entiers dans le noir. Nos appareils électriques auraient été inutilisables : plus de GPS, de communications par satellite, de téléphones portables, de connexions internet... Presque la fin du monde moderne.
L'Académie nationale des sciences a évalué à quelque 2 000 milliards de dollars (1 485 milliards d'euros) le coût de ces dégâts. Et quatre à dix ans auraient été nécessaires pour tout remettre sur les rails, selon le blog scientifique du Monde.
De la même manière que des chercheurs explorent des méthodes pour dévier un astéroïde menaçant la Terre, certains, à la Nasa, se penchent sur l'élaboration d'un bouclier solaire. Mais ce n'est pas pour tout de suite. "Pour l'instant, on ne peut pas dévier ces particules très énergétiques, explique à francetv info Pascal Demoulin, chercheur au CNRS. En revanche, on peut s'en protéger."
Un bouclier naturel
Concrètement, les éruptions solaires sont des éjections de masse coronale (EMC). Elles forment d'immenses boucles de feu, et sont plusieurs dizaines de fois plus grandes que la Terre. C'est un phénomène courant. "Il y en a une environ une tous les deux jours lorsque le Soleil est dans sa phase d'activité minimale. Cela peut monter à près de cinq par jour en période d'activité maximale", précise Pascal Demoulin. Cette vidéo de la Nasa, publiée en février, montre les plus spectaculaires éruptions sur un an.
En temps normal, le champ magnétique naturel de notre planète est un bouclier suffisant. Il rejette en effet les particules venues du Soleil vers les pôles, produisant les aurores boréales et australes. Euronews a expliqué le fonctionnement de la magnétosphère dans un documentaire (ci-dessous).
Mais le bouclier ne peut contenir les projections les plus violentes. En 1859, le phénomène a été si puissant que des télégraphes ont pris feu. Cet événement est resté dans l'histoire comme le "Carrington Event" (du nom de l'astronome britannique qui l'a observé). Plus récemment, en 1989, le Québec a été plongé dans le noir pendant plus de neuf heures à cause d'une tempête électromagnétique particulièrement forte, rappelle Rue89.
Des phénomènes difficiles à prévoir
Faute de pouvoir éviter les éruptions, il est possible d'anticiper l'arrivée des nuages de particules dans les environs de la Terre. "Nous sommes capables de suivre les traces lumineuses des masses coronales. (...) Nous savons à quelle vitesse elles approchent, en quelle quantité, et donc pendant combien de temps cela risque de nous perturber", détaille Pascal Demoulin.
"Tout cela reste encore approximatif", concède-t-il. Mais assez précis en tout cas pour prévoir les interdictions de sortie dans l'espace pour les spationautes en orbite autour de la Terre, et à quel moment mettre un appareil en veille pour éviter d'éventuels dysfonctionnements. Cela signifie aussi qu'en cas d'éruption extrême, les autorités auraient le temps de prévoir le ralentissement des transformateurs électriques et des centrales.
Quid des éruptions exceptionnellement puissantes ?
En avril 2013, l'Europe a inauguré à Bruxelles (Belgique) son premier centre de météorologie spatiale. Sa mission : alerter en cas de tempêtes solaires. Un projet financé par 14 Etats membres de l'ESA, l'agence spatiale européenne. L'établissement doit être opérationnel d'ici 2020. Indispensable pour faire face aux prochaines tempêtes solaires alors que notre dépendance aux appareils électroniques est croissante. Heureusement, le Soleil fonctionne selon des cycles d'une durée moyenne de onze ans, et son dernier pic d'activité date de 2013.
Si les cycles de notre étoile sont connus, Pascal Demoulin précise que les chercheurs ne disposent pas d'assez de données pour prévoir, même grossièrement, les éruptions exceptionnellement puissantes. Ces événements sont classés sur une échelle de 5 niveaux : A, B, C, M et X. B est 10 fois plus puissant que A, C est 10 plus puissant que B, etc. Or, le spécialiste indique que le nombre de cas au moins aussi puissant que X10 (soit 10 fois plus puissants que X) sont trop peu connus pour établir des statistiques.
Reste que la menace est limitée. Guillaume Aulanier, astronome à l'Observatoire de Paris, s'est montré rassurant, en 2012. Dans un communiqué, il écrivait : "Chacune de ces fortes éruptions a eu des conséquences notables sur l'environnement spatial de la Terre – et sur notre monde technologique évolué. Prédire les futurs événements constitue donc un enjeu important. Mais, c'est certain : ils ne déclencheront pas de catastrophe assimilable à la fin du monde."
Etude sur l'impact d'une EMC
EMC = Ejection de Masse Coronale
C'est clair qu'au niveau des assureurs, la note serait salée ^^.
La tempête solaire menace de peser un risque émergent pour l'industrie : Lloyd’s
https://www.insurancejournal.com/magazines/mag-features/2013/06/17/295222.htm
17 juin 2013
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Une grande tempête solaire pourrait laisser des dizaines de millions de personnes en Amérique du Nord sans électricité pendant plusieurs mois, voire des années, ce qui pourrait coûter des milliers de milliards de dollars.
Selon le rapport de Lloyd's sur les risques : « Solar Storm Risk to the North American Electric Grid ».
Le rapport a été produit en coopération avec l'Atmospheric Environmental Research, basée aux États-Unis. Il note que si les grandes tempêtes géomagnétiques sont relativement rares, elles « peuvent créer une poussée massive de courant, en surchargeant potentiellement le système de grille électrique et endommageant les transformateurs coûteux et critiques ».
Selon le rapport, une grande tempête solaire en 1989 a déclenché l'effondrement du réseau électrique québécois, laissant six millions de Canadiens sans électricité pendant neuf heures. Une tempête plus faible en 2003 a causé des pannes d'électricité en Suède ainsi que des dommages aux transformateurs en Afrique du Sud (les transformateurs à cette latitude étaient auparavant considérés comme à l'abri de ces dommages).
Il y a eu des événements encore plus importants et potentiellement plus perturbateurs dans le passé, et des événements de ce type pourraient être répétés.
Le rapport décrit le événement Carrington de 1859, qui est largement considéré comme l'événement météorologique spatial le plus extrême jamais enregistré. Un tel événement aujourd'hui affecterait entre 20 et 40 millions de personnes aux États-Unis, avec des coupures de courant allant de plusieurs semaines à une à deux ans. Les coûts économiques seraient « catastrophiques », selon Lloyd’s, qui a estimé les pertes entre 600 et 2 600 milliards de dollars.
Heureusement, Lloyd's dit, une tempête géomagnétique extrême au niveau de Carrington est rare, avec des données historiques suggérant une période de retour de 50 ans pour les tempêtes québécoises, et 150 ans pour des tempêtes très extrêmes, comme l'Événement Carrington.
Faiblesse des tempêtes toujours à risque
Les tempêtes très faibles présentent encore un risque important. « Le vieillissement de l’infrastructure énergétique et la dépendance croissante à l’électricité rendent le monde plus vulnérable, en particulier en période d’augmentation de l’activité solaire – 2013 est un maximum solaire, le pic de l’activité de 11 ans », indique le rapport.
Si un tel événement se produit, il ne peut endommager qu'un petit nombre de transformateurs. Cependant, si cela devait arriver dans les États-Unis densément peuplés. La côte atlantique, le rapport Lloyd's dit qu'il serait particulièrement préoccupant. « Les facteurs de risque physiques et technologiques le long de la côte Est – tels que la latitude magnétique, la distance jusqu’à la côte et la conductivité au sol – en font un risque élevé de coupures de courant, bien que les États du Midwest et de la côte du Golfe soient également menacés », avertit le rapport.
Étant donné le chaos qu'une coupure de pouvoir majeure pourrait entraîner, l'industrie du pouvoir, les décideurs politiques et les assureurs doivent évaluer les mesures de préparation et d'atténuation, indique le rapport.
Les avertissements sont entendus. Le rapport de la Lloyd indique que les gouvernements « se réveillent avec le risque et prennent la menace de tempêtes géomagnétiques au sérieux ».
En avril, le Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison Blanche a publié un rapport évaluant la capacité des États-Unis à surveiller et à prévoir la météorologie spatiale, tandis que le Royaume-Uni a ajouté la météorologie spatiale à son National Risk Register en 2012.
« La plupart des satellites spatiaux qui peuvent avertir les tempêtes géomagnétiques entrantes passent au-delà de la durée de leur mission et des remplacements seront bientôt nécessaires », selon le rapport. «Les infrastructures électriques peuvent également être durcis contre les courants induits par géomagnétisme dans les régions présentant le risque de panne le plus élevé. Alors que ces mesures ont un coût, la prévention est beaucoup plus rentable que le paiement pour d'énormes dommages causés par une tempête sévère.»
Retombage de l'assurance
Toute conséquence d'une tempête solaire, en particulier celle qui frappe l'Amérique du Nord, affecterait inévitablement le secteur de l'assurance. Cela provoquerait des coupures de courant, qui pourraient exposer les assureurs à d'importantes demandes d'interruption de l'activité, « bien que la couverture exacte d'un tel événement soit incertaine », indique le rapport.
L'interruption de l'activité ne devrait être qu'un aspect de l'exposition potentielle à l'assurance. « Un événement météorologique spatial pourrait perturber les chaînes d’approvisionnement, conduire à une annulation à grande échelle d’événements majeurs et entraînerait probablement des demandes de responsabilité si les employés ou la sécurité publique étaient compromises, ou si les administrateurs n’avaient pas pris les mesures nécessaires pour limiter les dommages », indique le rapport.
Lloyd’s met en garde contre le fait qu’un événement majeur aurait des implications plus larges pour le secteur de l’assurance et la société en général, ce qui pourrait entraîner des perturbations généralisées des infrastructures, des troubles sociaux et des perturbations des marchés financiers.
Selon John Chambers, députée à Aegis London, un assureur spécialisé dans les compagnies d'électricité, serait également une menace directe pour les compagnies d'électricité et leurs assureurs, vice-président actif de l'énergie.
Il a indiqué que les assureurs et les gestionnaires de risques avaient « quelques progrès » dans l'identification des zones géographiques et des types d'équipements qui pourraient être plus susceptibles d'être perdus. Toutefois, l'absence de réclamations récentes signifie que la question est plus bas pour les assureurs qu'il ne devrait le faire et a rendu plus difficile l'obtention par les gestionnaires de risques des budgets appropriés pour l'atténuation des risques.
« Les assureurs de pouvoir spécialisés devraient se pencher sur les formulations et l’utilisation de sous-limites et d’une couverture autonome, bien qu’ils soient ouverts à la collaboration avec d’autres organismes pour examiner les moyens d’améliorer la résilience et de gérer les risques », a déclaré Chambers.
« Les tempêtes géomagnétiques présentent un risque potentiel énorme avec des implications importantes tant pour les assureurs que pour la société », a déclaré Neil Smith, directeur des risques émergents et de la recherche chez Lloyd’s.
«Les assureurs doivent évaluer l’impact potentiel des tempêtes géomagnétiques sur le marché, ainsi que travailler avec les gouvernements et les entreprises du secteur de l’énergie sur les moyens d’atténuer les risques au niveau de la société.»
Thèmes
Tempête solaire de Carrington
Il faut imaginer le phénoménal développement de l'usage de l'électricité entre 1859 et aujourd'hui et tenter d'imaginer les effets. C'est au-delà du concevable.

Tempête solaire de 1859
https://fr.wikipedia.org/wiki/Temp%C3%AAte_solaire_de_1859
La tempête solaire de 1859, également connue sous le nom d'événement de Carrington — du nom de l'astronome britannique Richard Carrington qui l'étudia — résulte d'une série d'éruptions solaires ayant eu lieu à la fin de l'été 1859 et ayant notablement affecté la Terre. Elle a notamment produit de très nombreuses aurores polaires visibles jusque dans certaines régions tropicales et a fortement perturbé les télécommunications par télégraphe électrique. On a récemment découvert des tempêtes solaires dix à cent fois plus puissantes, qui auraient des conséquences catastrophiques1. Sur la base de certaines observations, ce type d'événement serait susceptible de se reproduire avec une telle violence seulement une fois tous les 150 ans2. Cette éruption est utilisée comme modèle afin de prévoir les conséquences qu'une tempête solaire extrême serait susceptible de causer aux télécommunications à l'échelle mondiale, à la stabilité de la distribution d'électricité et au bon fonctionnement des satellites artificiels1. Une étude de 2004 estime que son niveau est supérieur à la classe X103,4. Une étude publiée en février 2012 évalue les chances de survenue d'un événement semblable à environ 12 % pour la décennie qui suit5,6.
Déroulement de la tempête
La tempête se déroula en deux phases correspondant à deux éruptions solaires de grande ampleur.
La première atteignit la Terre dans la soirée du 28 août 1859, selon l'Eastern Standard Time, soit le fuseau horaire de la côte est des États-Unis d'Amérique. Elle provoqua des aurores très lumineuses et spectaculaires, visibles jusque dans la mer des Caraïbes où de nombreux équipages de bateaux notèrent la couleur inhabituelle du ciel. De nombreux observateurs terrestres interprétèrent à tort les lumières aurorales comme étant dues à des incendies lointains. Le champ magnétique terrestre a été lui aussi fortement perturbé.
Croquis du groupe de taches solaires à l'origine de la seconde phase de l'éruption solaire, dessiné par Richard Carrington. Les quatre zones étiquetées de A à D correspondent aux lieux où apparurent les flashes aveuglants de l'éruption.
La seconde phase débuta le 1er septembre. L'astronome anglais Richard Carrington, alors en train d'observer le Soleil, remarqua un ensemble de taches solaires anormalement grandes. Ces taches étaient apparues plusieurs jours auparavant et étaient tellement grandes qu'elles étaient aisément visibles à l'œil nu. À 11 h 18, il nota un éclair très intense en provenance de ce groupe de taches, éclair qui dura moins de 10 minutes 7 et correspondait au début d'une nouvelle éruption solaire extrêmement violente8. Le même phénomène fut observé non loin de là par un ami de Richard Carrington, Richard Hodgson (en) 9. L'éruption atteignit la Terre 17 heures plus tard (dans la nuit du 1er au 2 septembre), illuminant le ciel nocturne sur tout l'hémisphère nord. En effet, des témoignages révélèrent qu'il était possible de lire un journal en pleine nuit grâce à la lumière aurorale jusqu'à des latitudes aussi basses que Panama.
Le 3 septembre 1859, le Baltimore American and Commercial Advertiser rapporte, en anglais :
« Ceux qui sont sortis tard jeudi soir note 1 ont eu l'occasion d'assister à un autre magnifique spectacle de lumières aurorales. Le phénomène était très similaire à celui de dimanche soir note 2, bien que la lumière ait parfois été plus brillante et les teintes prismatiques plus variées et plus belles. La lumière semblait couvrir tout le firmament, comme un nuage lumineux, à travers lequel brillaient indistinctement les étoiles de plus grande magnitude. La lumière était plus forte que celle de la Lune à sa pleine puissance, mais elle avait une douceur et une délicatesse indescriptibles qui semblaient envelopper tout ce sur quoi elle reposait. Entre minuit et 1 heure, lorsque le spectacle était à son apogée, les rues tranquilles de la ville reposant sous cette étrange lumière revêtaient une apparence aussi belle que singulière. »
En 1909, un chercheur d'or australien, Count Frank Herbert, fait part de ses observations dans une lettre au Daily News de Perth, en anglais :
« Je faisais de l'orpaillage à Rokewood, à environ 6,5 kilomètres du canton de Rokewood (Victoria). Moi-même et deux camarades qui regardions par la tente avons vu un grand reflet dans le ciel austral vers 19 h, et en une demi-heure environ, une scène d'une beauté presque indescriptible survint, des lumières de toutes les couleurs imaginables émanaient du ciel, une couleur se dissipant pour laisser place à une autre si possible plus belle que la précédente, [the streams mounting to the zenith, but always becoming a rich purple when reaching there, and always curling round, leaving a clear strip of sky, which may be described as four fingers held at arm's length. The northern side from the zenith was also illuminated with beautiful colors, always curling round at the zenith, but were considered to be merely a reproduction of the southern display, as all colors south and north always corresponded. It was a sight never to be forgotten, and was considered at the time to be the greatest aurora recorded... The rationalist and pantheist saw nature in her most exquisite robes, recognising, the divine immanence, immutable law, cause, and effect. The superstitious and the fanatical had dire forebodings, and thought it a foreshadowing of Armageddon and final dissolution.]. »
Le champ magnétique terrestre apparent s'inversa temporairement sous l'influence du vent solaire issu de l'éruption dont le champ magnétique était, au moment où il atteignit la Terre, non seulement opposé au champ magnétique terrestre mais également plus intense.
La durée séparant la seconde éruption solaire de son arrivée sur Terre (seulement 17 heures) fut anormalement courte, celle-ci étant normalement de l'ordre de 60 heures. Sa brièveté est une conséquence de la première éruption solaire, dont le vent avait déjà durablement nettoyé l'espace interplanétaire entre la Terre et le Soleil.[pas clair] La violence de cette seconde tempête comprima très fortement la magnétosphère terrestre, la faisant passer de 60 000 kilomètres à quelques milliers, voire quelques centaines de kilomètres.[réf. nécessaire] Cet amincissement de la magnétosphère rendit la Terre bien moins protégée des particules ionisées du vent solaire et est à l'origine des aurores très intenses et très étalées qui furent observées.
Conséquences
On estime que 5 % de l'ozone stratosphérique fut détruit lors de la tempête, ozone qui mit plusieurs années à se reformer dans la haute atmosphère.[réf. nécessaire] La température très intense de l'éruption (50 millions de degrés à sa naissance) permit d'accélérer les protons issus du Soleil à des énergies dépassant les 30 MeV, voire 1 GeV selon certains[Qui ?]. De tels protons énergétiques furent en mesure d'interagir par interaction forte avec des atomes d'azote et d'oxygène de la haute atmosphère terrestre qui libérèrent des neutrons et furent également à l'origine de la formation de nitrates. Une partie de ces nitrates se précipita ensuite et atteignit la surface terrestre. Ils furent mis en évidence par des carottages glaciaires effectués au Groenland et en Antarctique révélant que leur abondance correspondait à celle ordinairement formée en 40 ans par le vent solaire.
Les aurores générèrent ensuite des courants électriques dans le sol qui affectèrent les circuits électriques existants, notamment les réseaux de télégraphie électrique. De nombreux cas de télégraphistes victimes de violentes décharges électriques furent rapportés, ainsi que plusieurs incendies de station de télégraphie causés par les courants très intenses qui furent induits dans le sol 10.
Tempêtes solaires
Un des éléments clé de la quadrilogie en cours d'écriture.
Imaginons que l'humanité soit victime d'attentats terroristes de très grande ampleur affectant l'exploitation et la distribution du pétrole à l'échelle planétaire et qu'une tempête solaire cent fois plus importante que celle de Carrignton survienne ensuite.
Il n'y aurait plus aucun moyen de réparer les réseaux électriques.
Et là, l'humanité retourne au Moyen-Âge.
C'est un scénario apocalyptique et je me défoule...
Espace : cinq questions sur les tempêtes solaires, qui doivent se multiplier au cours de l'année et pourraient avoir des conséquences sur Terre

https://www.francetvinfo.fr/sciences/espace/espace-cinq-questions-sur-les-tempetes-solaires-qui-doivent-se-multiplier-au-cours-de-l-annee-et-pourraient-avoir-des-consequences-sur-terre_6393280.html
Article rédigé par Louis San
France Télévisions
Publié le 31/03/2024 07:00
Temps de lecture : 8 min 
Une éruption solaire géante capturée par la sonde Solar Orbiter, le 15 février 2022. (SOLAR ORBITER / EUI TEAM / ESA & NASA)
Le Soleil connaît des cycles d'activité d'environ onze ans, dont le pic est attendu entre fin 2024 et début 2025. Les particules qu'il éjecte à très haute vitesse lors de ses éruptions pourraient perturber le fonctionnement de nos satellites et nos infrastructures électriques.
Les habitants des zones polaires (et même ceux de latitudes moins extrêmes) vont en voir de toutes les couleurs. Les aurores boréales et australes vont se multiplier dans les mois qui viennent, car les éruptions solaires, qui sont à l'origine de ces spectacles nocturnes, vont être particulièrement nombreuses. Les tempêtes solaires sont liées à l'activité du Soleil, qui connaît des cycles de onze ans et se trouve en ce moment dans une phase de forte activité. L'Agence spatiale européenne (ESA) a rapporté, le 23 février, la survenue d'éruptions solaires les plus puissantes du cycle actuel.
Le pic est attendu vers la fin de l'année ou au début de la prochaine, précise Frédéric Pitout, astronome adjoint à l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie (Irap). D'ici là, l'activité va aller crescendo. Elle pourrait même avec des conséquences concrètes sur notre quotidien. Un phénomène qui soulève des interrogations auxquelles franceinfo apporte des réponses.
1 Quelle est l'origine des éruptions solaires ?
Les éruptions solaires sont les manifestations du "magnétisme changeant" du Soleil. Ce dernier, résume Frédéric Pitout, se comporte comme un gigantesque aimant qui, lors de chaque cycle, change de direction. Cette importante modification s'accompagne d'une hausse de son activité, visible aux taches apparaissant à sa surface.
L'Agence spatiale européenne a publié, le 13 février, deux images du Soleil prise par sa sonde Solar Orbiter. La première a été prise en février 2021, alors que le minimum d'activité le plus récent remonte à décembre 2019. La surface de notre étoile semble relativement homogène.

Image du Soleil prise par la sonde Solar Orbiter en février 2021. (ESA & NASA / SOLAR ORBITER / EUI TEAM)
La seconde a été prise en octobre 2023. A cette période, le Soleil n'était pas encore aussi actif qu'en février 2024. Toutefois, le panorama est nettement différent de l'image précédente. Ici, des taches grandes et nombreuses sont bien identifiables.

Image du Soleil prise par la sonde Solar Orbiter en octobre 2023. (ESA & NASA / SOLAR ORBITER / EUI TEAM)
Ces taches, témoins de l'activité de notre Soleil, sont les foyers des éruptions solaires – les scientifiques emploient le terme d'"éjections de masse coronale" (EMC). Lors de ces événements, le Soleil expulse du plasma, du "gaz très chaud chargé électriquement", synthéthise Frédéric Pitout. On parle de tempêtes solaires quand la puissance de ces phénomènes est élevée.
2 Quelle est la taille d'une éruption solaire ?
L'échelle d'une éruption solaire est astronomique. Les taches solaires peuvent faire plusieurs fois le diamètre de la Terre (qui est d'environ 12 750 km). Celle qui a généré la forte éruption du 22 février (appelée AR3590) faisait environ 16 fois le diamètre de notre planète, selon le médiateur scientifique Pierre Henriquet. Il s'agissait d'une éruption de classe X, la catégorie la plus puissante sur cinq degrés : A, B, C, M et X (chaque palier étant dix fois plus intense que le précédent).
Les filaments qui s'élèvent des taches lors des éruptions solaires peuvent s'étendre sur des dizaines de milliers de kilomètres. La Nasa, l'agence spatiale américaine, a partagé une image permettant de comparer la taille de la Terre et l'éruption de classe X du 21 février.
3 Que se passe-t-il lorsqu'une tempête solaire atteint la Terre ?
Le Soleil libère constamment des éléments, des particules très lentes, de basse énergie. C'est ce qui forme en partie le vent solaire, dans lequel baigne l'environnement de notre étoile. Cette bulle, appelée héliosphère, est très étendue, comme l'illustre cette image de la Nasa.

Illustration de la Nasa montrant où se trouvent les sondes Voyager 1 et Voyager 2 par rapport à notre système solaire et à l'héliosphère. (NASA / JPL-CALTECH)
Les particules des éruptions solaires, elles, sont "très fortement accélérées, parfois à des fractions de la vitesse de la lumière" (environ 300 000 km par seconde), remarque le spécialiste Frédéric Pitout. Certaines peuvent mettre plusieurs jours à nous parvenir quand les plus véloces peuvent arriver en une quinzaine d'heures, alors que le Soleil se trouve en moyenne à près de 150 millions de kilomètres.

Une aurore boréale vue depuis la ville norvégienne de Hamar, le 7 novembre 2023. (JORGE MANTILLA / NURPHOTO / AFP)
Hautement énergétiques, ces particules heurtent la barrière magnétique de la Terre, que l'on appelle la magnétosphère. Elles la traversent et finissent par entrer en contact avec l'atmosphère terrestre. C'est là qu'elles donnent lieu aux fameuses aurores boréales (dans l'hémisphère nord) ou australes (dans l'hémisphère sud).
4 Quels dégâts les éruptions solaires pourraient-elles engendrer sur Terre ?
Derrière les lumières féériques des aurores boréales et australes se cachent de potentiels problèmes pour nos infrastructures électriques et nos satellites, en cas d'éruption solaire particulièrement violente, prévient auprès de franceinfo Olivier Katz, prévisionniste au Centre opérationnel de météorologie de l'espace des Alpes.
"En cas de forte éruption solaire, tout ce qui est ferreux, qui peut conduire l'électricité et qui est très long sur Terre, comme les pipelines ou les câbles électriques, peut être touchés par des surtensions. On peut imaginer des black-out."
Olivier Katz, prévisionniste en météo de l'espace
à franceinfo
Une tempête solaire extrême "pourrait affecter des infrastructures critiques et mettre un coup d'arrêt à certaines zones économiques", abonde l'expert Quentin Verspieren, coordinateur du projet Protect au sein de l'ESA.
Le dernier épisode violent documenté remonte à 1859. Il est surnommé l'événement de Carrington, du nom de l'astronome britannique qui l'a étudié. Lors de cette éruption, il y avait tellement d'életricité générée que des télégraphes avaient été endommagés et des personnes avaient pu communiquer via ces systèmes de transmission de messages, alors qu'ils étaient débranchés, relève Olivier Katz. Il souligne que des aurores boréales avaient également été observées très loin des pôles, au niveau des Caraïbes.
Un événement aussi puissant que celui de Carrington au XXIe siècle "serait susceptible de mettre hors service la quasi-totalité des satellites en orbite et d'affecter sévèrement les réseaux électriques", écrit La Cité de l'espace, rapportant les conclusions d'une étude de 2013 pour l'assureur Lloyd's. Pour la seule Amérique du Nord, la facture des pertes pourrait s'éléver à quelque 2 600 milliards de dollars.
Une tempête solaire d'une violence inouïe est passée à côté de la Terre en 2012. Elle aurait pu "renvoyer la civilisation contemporaine au XVIIIe siècle" si elle avait atteint notre planète, selon la Nasa. Un événement extraordinairement puissant pourrait endommager au sol des installations critiques que l'on mettrait une ou deux générations à réparer ou à remplacer, prévient Oliver Katz.
Le foisonnement des appareils électroniques et notre utilisation toujours plus croissante de dispositifs s'appuyant sur des données satellitaires nous rendent plus vulnérables que jamais aux tempêtes solaires. "Lorsque vous utilisez Google Maps pour trouver votre itinéraire et vous rendre dans un restaurant, la carte a été faite avec des satellites d'observation de la Terre. Pour le petit point bleu qui vous localise, et le calcul du meilleur trajet, vous utilisez des satellites de navigation", souligne l'expert Quentin Verspieren.
Ce type de recherche peut être fait dans le monde entier grâce à des satellites de télécommunications, poursuit le coordinateur du projet Protect de l'ESA, relevant que l'on sait par ailleurs si on doit prendre ou non son parapluie grâce à des satellites de météo. "Finalement, ce geste qui peut sembler anodin utilise des données satellitaires qui viennent d'infrastructures qui coûtent des centaines de milliards d'euros en cumulé", souligne-t-il.
Rien qu'une perturbation des services satellitaires de navigation et de timing, qui fonctionnent ensemble, auraient des conséquences en cascade. Les réseaux électriques, à l'échelle de pays ou de continent, les réseaux de transports ou encore de télécommunications sont également coordonnés avec ces satellites et seraient affectés, insiste-t-il.
"Le système financier international, et le système bancaire en général, est réglé avec ça. Les bourses seraient bloquées et on ne pourrait pas retirer d'argent aux distributeurs ou payer par carte."
Quentin Verspieren, de l'Agence spatiale européenne
à franceinfo
Si notre dépendance est grande et les potentiels impacts importants, les spécialistes contactés par franceinfo appellent à ne pas sombrer dans le catastrophisme, insistant sur la rareté d'événements pouvant être hautement problématiques.
5 Sommes-nous capables d'anticiper les tempêtes solaires ?
Notre connaissance du magnétisme du Soleil est encore loin d'être parfaite. Par exemple, son pic d'activité était attendu pour 2025, mais il pourrait finalement survenir un peu avant, ce qui montre nos lacunes. Le processus d'apparition des taches solaires, tout comme leur comportement précis, demeure encore mystérieux. Il nous est également encore difficile d'évaluer le temps de parcours des particules éjectées lors des éruptions. "Nous avons encore énormément d'incertitudes", concède Quentin Verspieren.
Toutefois, le savoir progresse, grâce à des missions en cours, comme celle de Solar Orbiter, et vont encore s'étoffer avec la mission Vigil de l'ESA, en 2030. L'objectif est notamment d'affiner nos prévisions de météo de l'espace pour que les autorités puissent lancer des alertes et prendre des mesures de précaution en cas de sévère tempête solaire. Il pourrait s'agir, par exemple, de clouer les avions au sol le temps nécessaire (plusieurs heures ou plusieurs jours) pour éviter les problèmes si les systèmes de navigation satellite venaient à être perturbés ou interrompus.
Quentin Verspieren ajoute que des discussions ont commencé, à l'échelle du continent européen, pour qu'une entité avec les compétences adéquates soit opérationnelle pour le prochain cycle, dans onze ans. Avant cela, la vigilance est de mise jusqu'au pic d'activité à venir.
La guerre des nuages
Un autre effet du réchauffement de la planète : la sécheresse, la quête de l'eau. Sans elle, aucune vie.
Qui aurait pu imaginer au début de la révolution industrielle qu'on en arriverait là ? En aussi peu de temps.
"Les pays signataires s’engagent à ne pas utiliser les nuages comme arme de guerre contre les autres pays signataires."
Une «guerre des nuages» est-elle possible ?
https://www.rfi.fr/fr/environnement/20240328-une-guerre-des-nuages-est-elle-possible
Une cinquantaine de pays procèdent à « l’ensemencement », une manipulation moléculaire des nuages pour les faire pleuvoir en cas de sécheresse ou pour éviter des précipitations potentiellement dévastatrices, comme la grêle. Mais à l’heure du changement climatique, ces techniques pourraient devenir source de tensions géopolitiques, alors que les conséquences sanitaires et environnementales sur le long terme ne sont pas connues.
Publié le : 28/03/2024 - 21:54
5 mn

« Il y a un vrai risque de guerre des nuages », selon Mathieu Simonet. © Stefanie Schuler/RFI
Par : Stefanie Schüler Suivre
Depuis la nuit des temps, les nuages sont source d’espoir ou, au contraire, annonciateurs de malheur. Depuis les années 1940, des États tentent de dompter ces amassés de gouttelettes d’eau suspendus dans l’atmosphère. L’ensemencement consiste à y injecter de l’iodure d’argent. Les gouttelettes se concentrent alors autour de ces micro-sels et forment des gouttes d’eau qui tombent ensuite sur le sol.
Si l’efficacité de cette méthode ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique, elle n’est pas moins utilisée dans une cinquantaine de pays aujourd’hui, de la France à l’Inde en passant par l’Australie et Madagascar. « Depuis cinq ans, on assiste à une accélération de l’ensemencement des nuages à travers le monde. Il y a de plus en plus de techniques nouvelles, de plus en plus de pays qui manipulent les nuages », constate Mathieu Simonet, ex-avocat et auteur de La fin des nuages, aux éditions Julliard. « Récemment, la Chine a investi un milliard de dollars dans la recherche autour de l'ensemencement de nuages ».
En 1966, l’armée américaine lance l’opération Popeye au-dessus du Vietnam : des tonnes d’iodure d’argent pour intensifier la mousson et ainsi ralentir les troupes de Ho Chi Minh. Un fait de guerre jusque-là inédit qui a poussé les Nations unies à adopter, en 1976, la Convention ENMOD.
Les pays signataires s’engagent à ne pas utiliser les nuages comme arme de guerre contre les autres pays signataires.
« La Russie a signé la Convention ENMOD. La France ne l’a pas signé », explique Mathieu Simonet. « Donc en théorie, la Russie ne contreviendrait pas à la Convention de 1976 si elle décidait par exemple de créer de la pluie pour l’inauguration des JO à Paris ».
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Les nuages : enjeu géopolitique à l’ère de l’urgence climatique
Mais même la manipulation des nuages à des fins civiles peut causer des tensions. Alors que dans le sillage du changement climatique les ressources en eau se raréfient, un pays qui en a les moyens peut théoriquement faire pleuvoir sur son territoire des nuages qui auraient sinon arrosé un pays voisin. Dans ce contexte, les nuages risquent de devenir un objet de propagande. Comme en 2018 quand « un général iranien a accusé Israël d’avoir volé des nuages », rappelle Mathieu Simonet pour qui « cet exemple montre bien qu’il y a un vrai risque de guerre des nuages si, à un moment donné, il y a un embrasement. Heureusement qu’à l’époque, le patron de la météo iranienne a tout de suite contredit la position du général iranien. Mais si le patron de la météo iranienne était allé dans le même sens que le général iranien, cela aurait pu avoir des conséquences potentiellement dramatiques ».
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Mathieu Simonet fait partie de ceux qui réclament que la France ratifie la Convention ENMOD de 1976, mais qui estiment aussi que les Nations unies devraient proposer une réglementation internationale sur l’ensemencement des nuages. L’écrivain voudrait même aller plus loin : « Nous avons tous un rapport intime avec les nuages. Chacun de nous a déjà été allongé sur le dos pour les regarder ». Alors que contrairement à la mer, la terre, les espaces aériens, voire même l’espace tout court, les nuages ne possèdent aucun statut juridique, Mathieu Simonet et d’autres se mobilisent pour qu’ils soient inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.
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Une commission parlementaire en France ?
Si cette démarche pourrait prendre du temps en raison de sa complexité juridique, Mathieu Simonet, avec d’autres, voudraient, pour commencer, que l’Assemblée nationale se saisisse de la question de l’ensemencement en France. Parce que les conséquences sanitaires et environnementales à moyen et long termes de l’utilisation de l’iodure de l’argent ne sont pas connues. Or, pour prendre des décisions et règlementer l’ensemencement, il faudrait d’abord améliorer les connaissances, y compris celles du grand public, estime l’ancien avocat. « Il n’y a que très peu de travaux scientifiques sur la question. Il me semble donc extrêmement important qu'il y ait une commission parlementaire. Elle pourrait faire un état des lieu de ce qu'on sait et de ce qu'on ne sait pas sur les nuages et déterminer quelles études il faudrait lancer ».
À l’occasion de la troisième journée internationale des nuages, ce vendredi, Mathieu Simonet et le cabinet de conseil en affaires publiques, Koz, ont mené une action autour de l’Assemblée nationale ce mercredi afin de sensibiliser les élus sur la nécessité d’encadrer la pratique de l’ensemencement des nuages. « Nous souhaitions interpeller les pouvoirs publics sur les enjeux sanitaire, environnemental, climatique et géopolitique liés aux nuages », souligne Nayla Khebibeche, consultante au sein du cabinet Koz. « L’ensemencement des nuages est très peu connu. En conséquence, la plupart des députés ont reçu notre démarche au début comme quelque chose de loufoque. Mais quand ils comprennent les multiples enjeux, ils s’y intéressent sérieusement ».
Les nuages ou la possibilité de faire de la politique autrement
L’écrivain Mathieu Simonet veut voir en les nuages la possibilité de faire de la politique autrement. « Aujourd’hui, en politique, chacun est persuadé d’avoir raison, chacun campe sur ses positions », constate-t-il. « Or en ce qui concerne les nuages, nous ne comprenons encore très peu de leur fonctionnement. Cela nous oblige de faire l’éloge du doute, de travailler de manière pluridisciplinaires. Nous avons une modestie nécessairement collective, couplée à un émerveillement partagé face aux nuages qui nous vient de l’enfance. C’est comme si on avait une page blanche qui nous permettait de réfléchir à la manière de débattre, d'appliquer le principe du contradictoire, de tâtonner, de travailler ensemble ».
Une nation sans terre
En 1972, le rapport MEADOWS alertait sur un risque de montée du niveau des océans et des mers proportionnellement à l'élévation des températures de la planète.
Donc, depuis 1972, le peuple des îles Tuvalu sait que son sort n'intéresse personne. Pas au point de changer le mode de fonctionnement des sociétés capitalistes. Car, bien évidemment, eux, sur leurs îles, ils ne sont pas responsables de la montée des eaux. Que ça arrive aux USA ou en Chine ou en Inde, ça se comprendrait, mais pas pour eux. C'est une double peine.
Alors, oui, je sais que d'autres nations ont été chassées de leurs terres, je connais quelque peu l'histoire des Amérindiens pour ne citer qu'eux. Mais ici, la perte de cette terre est la conséquence du réchauffement de la planète et non d'un pillage guerrier, organisé par une nation cupide.
Tuvalu: que devient une nation quand elle n'a plus de territoire?
Publié le : 28/03/2024 - 11:38
L'Australie a présenté cette semaine devant son Parlement un traité historique signé avec les Tuvalu. L'objectif est d'offrir un refuge aux 11 000 ressortissants de cet archipel du Pacifique Sud car ces atolls vont très probablement être engloutis par la mer d'ici à la fin du siècle en raison du changement climatique.
https://www.rfi.fr/fr/podcasts/questions-d-environnement/20240328-tuvalu-que-devient-une-nation-quand-elle-n-a-plus-de-territoire

Vue aérienne de Funafuti, l'île principale des Tuvalu. © AP/Alastair Grant
Les Tuvalu doivent encore entériner le texte par une consultation locale, mais dans ce traité totalement inédit : Canberra fait la promesse d'aider l'archipel en cas de « catastrophe naturelle majeure, de pandémie ou d'agression militaire », si les Tuvalu le demandent. Elle autorise la migration vers l'Australie de 280 de ses ressortissants chaque année, tout en reconnaissant que l'État des Tuvalu conservera son indépendance, même si son territoire est submergé par les flots. Pour l'Australie, c'est une histoire de bataille d'influence, alors que la Chine gagne du terrain dans le Pacifique Sud. Pour les habitants de Tuvalu, c'est une question de survie.
Les îles du Pacifique sont en première ligne du changement climatique. Le réchauffement, causé par nos activités humaines, engendre la fonte des glaciers et la dilatation des océans, et cela provoque la hausse du niveau des mers. Deux îles des Tuvalu, qui étaient habitées, ont déjà été avalées par l'océan pour cette raison. Et comme l'archipel est entièrement composé de récifs coralliens très bas, d'après les scientifiques, il va devenir inhabitable d'ici à 80 ans et risque ensuite de disparaître.
D'autres états insulaires font face à la même tragédie annoncée : Kiribati, les îles Marshall, le territoire spécial néozélandais de Tokelau. Et cela pose des questions vertigineuses.
Quelle existence internationale demain
Aujourd'hui en droit international, un État existe parce qu'il a une population, un territoire et un gouvernement. Si demain l'État des Tuvalu n'a plus de territoire, que sa population est dispersée en Australie, est-ce que ce sera encore un État ? Aura-t-il encore droit à son siège dans les institutions internationales ? Quel statut auront ses ressortissants ? Seront-ils apatrides ? Et que deviendront les zones économiques maritimes du pays ? Elles sont aujourd'hui calculées en fonction du trait de côte. Ces pays « confettis terrestres de l'Océanie » ont des espaces maritimes immenses.
La perte de leur territoire a aussi des implications culturelles et identitaires pour ces nations. Une langue existe parce qu'elle est parlée par une communauté. Si demain la population des Tuvalu est disséminée en Australie, les langues des Tuvalu risquent de s'éteindre.
« S'ils migrent en Australie, ils risquent de parler plutôt l’anglais et s'ils vont en Nouvelle-Calédonie plutôt le français », explique Guy Jackson, géographe de l'Université de Northumbria au Royaume-Uni. Il étudie les pertes notamment culturelles liées au changement climatique. Il y a plusieurs facteurs d'effacement d'une langue lors de la migration mais le chercheur estime que c'est avant tout une question de générations : « Les plus âgés continuent de parler alors que les plus jeunes n'apprennent plus la langue ou ne la pratiquent plus parce qu’ils veulent avoir accès à l'éducation qui est en anglais par exemple. »
Des mots associés à des paysages
Les coutumes des habitants des Tuvalu, leur savoir-faire, leur spiritualité, souvent liés aux activités de la communauté, aux paysages de l'archipel, risquent aussi de disparaître. Certains mots, certaines interactions sociales sont « liés à la présence de certaines espèces ou à des systèmes naturels uniques », détaille Guy Jackson. Lorsque l'environnement se transforme à cause du changement climatique, que certains poissons apparaissent et d'autres espèces disparaissent, « cela peut affecter les connaissances locales et ensuite le langage ».
C'est d'ailleurs pour ça que le pays a commencé à se dupliquer dans le Métavers. L'idée est que demain, les descendants des Tuvaluans puissent enfiler des lunettes 3D et plonger, grâce à internet, dans le paysage et la culture engloutis des Tuvalu. L'état insulaire espère aussi que ce double virtuel lui permettra de conserver sa souveraineté politique sur la scène internationale.
Et ce n'est pas un cas isolé : les états du Pacifique en général ont une très grande diversité linguistique et culturelle. Une identité aujourd'hui menacée par les effets du réchauffement climatique. « C'est très important de prendre en compte ces impacts non-économiques du changement climatique, souligne le géographe Guy Jackson : l'héritage culturel, les savoirs autochtones, les langues, les relations sociales, la relation à la terre. Toutes ces choses sont vulnérables lorsque l'environnement se transforme. »
À lire aussiLa lutte contre le changement climatique au cœur du Forum des îles du Pacifique
Toujours plus et toujours moins
Alors, bon, voilà, voilà...
"Ils" ont le culot de nous parler de "ruissellement"...
Plus les riches sont riches, plus les pauvres en bénéficient.
Il y a donc d'un côté les "toujours plus" et de l'autre les "toujours moins". Et tout va bien, tout est normal...
"La théorie du ruissellement estime qu'une politique favorisant les revenus des plus riches, notamment par une réduction de leurs impôts, profite à toute l'économie. Cette réduction d'impôts permettrait de dégager des revenus auparavant ponctionnés par l’État, qui seraient réinvestis par les plus riches dans l'économie. Ce réinvestissement « ruissellerait » ainsi jusqu'aux classes populaires1."




Un GPS mental

Quand on conduit sa voiture, c'est le GPS qui nous dit où il faut tourner, quand il faut s’arrêter, quelle rue prendre ou au contraire quelle rue ne pas prendre etc. On se laisse diriger et c’est relaxant. Néanmoins, à force de « déléguer » notre sens de l'orientation, celui-ci diminue petit à petit et finit par s’atrophier. Ainsi, si au beau milieu du trajet, quelqu’un nous demande notre position, notre premier réflexe est de jeter un coup d'œil sur celui à qui on a délégué notre sens de l’orientation : le GPS. Cet outil devient le vrai maître à penser à bord. D’une certaine façon, c’est lui qui conduit.
Eh bien concernant la soumission intellectuelle, c'est la même chose : on délègue son esprit critique à l’autorité qui nous explique les pensées à avoir et surtout à ne pas avoir. On se laisse guider. Cela nous épargne l'effort de réfléchir. Comme pour le conducteur qui suit son GPS, c’est relaxant et apaisant. Néanmoins, petit à petit, la paresse intellectuelle augmente et l’esprit critique diminue. Et le jour arrive où l’on n’a même plus la force intérieure de méditer sur les récits qui parviennent à notre esprit, ni de se demander si l’on ne serait pas en état de soumission intellectuelle.
Ce jour là, on pense par procuration, on est sous tutelle intellectuelle. On croit qu’on conduit mais on se fait conduire ; on croit qu’on pense mais on répète le discours d’un autre."
Alexis Haupt Philosophie
TERRE SANS HOMMES (3)
Je n'avais pas encore rêvé de ce roman. Juste une fois, avec une aurore boréale. Mais pas des nouveaux personnages.
Pour tous les autres, c'est un phénomène que j'ai connu et qui se reproduit parfois.
Dans l'écriture de la quadrilogie, j'ai "vu" Laure et Figueras. Je sais exactement à quoi ils ressemblent.
Mais rien n'était arrivé encore pour l'écriture du tome 4.
C'est fait. La nuit dernière.
J'ai vu Josh Randall et Joachim Nichols.
CHAPITRE 8
Pour la troisième fois, Joachim Nichols quittait son fortin. Ravitaillement en eau à la source de Deer water. Crocheron road longeait la côte. Au sud se trouvait le Blackwater national wildlife refuge, puis deux kilomètres plus loin, par la Bishop road le centre d’accueil de Karen Noonan. Il n’avait jamais pris le temps de visiter ces lieux. Il savait juste qu’il s’agissait d’établissement œuvrant à la conservation des espèces, à la protection de l’environnement. Est-ce que ces deux structures seraient encore habitées ? Pourrait-il y trouver du ravitaillement, des humains bienveillants ? Dans le secteur proche de Crocheron, il avait entendu parler d’une église méthodiste. Un des jardiniers qui venait entretenir le parc du fortin en était adepte. Au final, il avait peu de risques de rencontrer du monde. La densité humaine devait avoisiner les dix habitants au kilomètre carré. Avant le chaos. Combien en restait-il ? Combien de survivants ? Et dans quel état ? À l’affût d’une proie pour le délester de ce qu’il a, de la nourriture, une arme, de l’eau, des vêtements, des cigarettes. Il se félicitait de n’avoir jamais fumé. Il ne connaîtrait pas ce manque. Est-ce que le manque de son travail était plus douloureux que le manque de tabac pour un fumeur invétéré ? Il devait bien l’admettre. Ce qu’il vivait désormais relevait de la cure de désintoxication. Et elle n’avait rien, absolument rien de volontaire. Il aurait donné dix ans de sa vie pour pouvoir revivre ne serait-ce qu’une année au Pentagone.
Il approchait de la fontaine de Deer water. Des arbres en bord de route, feuillages d’automne, palettes de couleurs vives et en fond d’écran des étendues d’eau, immenses, des marécages, des rosières, l’eau terreuse, la végétation des zones humides, aucune ondulation dans le paysage. Il avait mis des années à comprendre que cet horizon illimité le reposait des géométries cubiques et verticales de la ville, que cette rupture totale avec le gigantisme urbain l’apaisait. Un jour ou deux, parfois trois. Les horizons ouverts finissaient immanquablement par lui donner le tournis. Pas assez d’ancrages, pas de points particuliers, pas de repères. Les gratte-ciel de Washington, les bâtiments du Pentagone, les immensités de béton, tous ces piliers plantés dans le ciel, plus enracinés que des sequoias millénaires, ils lui étaient nécessaires. Il n’était pas fait pour les grands espaces.
Et maintenant, il roulait à vingt kilomètres à l’heure, sur une route déserte, dans un espace où seuls les arbres exploraient l’altitude.
C’est à la sortie d’une courbe qu’il l’aperçut, à deux cents mètres, marchant au milieu de la chaussée. Une silhouette étrange, massive, un chargement sur le dos, comme des bois dépassant de ses épaules. L’individu se retourna, alerté par le bruit du moteur. Et il tendit aussitôt le bras, geste reconnaissable de l’auto-stoppeur.
Joachim ralentit encore davantage, prenant le temps d’observer l’homme. Car c’était bien un homme avec un cerf sur le dos. Et un fusil en bandoulière.
Joachim s’arrêta à quelques mètres, coupa le moteur et sortit. Le pistolet à la main, caché derrière la portière.
« Salut, mec, lança le colosse. Ça fait bien longtemps que j’ai pas vu rouler une caisse, d’où tu viens ? »
Deux mètres de haut, plus de cent kilos, une masse musculaire, une voix grave, enrouée, comme de la grenaille dans la gorge, bottines de l’armée, pantalon kaki, une veste assortie, un bonnet roulé au-dessus des oreilles, pas un cheveu n'en dépassait. Une barbe sombre descendait jusqu'à couvrir sa gorge. Une quarantaine d’années. Il portait un cerf sika, une belle bête, entre quatre-vingts et cent kilos. La tête sur son épaule droite, les pattes nouées par devant. Stupéfiant. L’homme ne semblait même pas écrasé par la masse.
« Salut, chasseur, de quoi manger un moment ! lança Joachim.
- Tu peux laisser ton flingue sur le fauteuil, tu ne risques rien avec moi. Sinon, tu serais déjà mort. »
L’homme montra un pistolet qu’il tenait caché sous les pattes du cerf.
« Je voulais juste voir ta tête et ça va, elle me plaît », continua-t-il.
Joachim déposa son arme sur le fauteuil et se dégagea du véhicule, quelque peu interpellé par l’intuition du bonhomme.
« Tu vas où avec ton bestiau ? » demanda-t-il en s’avançant.
Il tendit la main que le colosse écrasa. Il devait lever les yeux pour croiser son regard. L'individu tenait du géant, des proportions surpassant le commun des mortels. La peau tannée du visage, une écorce de vieux chêne, des yeux d'un noir flamboyant, deux fentes, l'impression de passer sous le faisceau d'un scanner.
« Je suis au centre de Karen, à un kilomètre, au bout du bout.
- Joachim Nicholson.
- Comme l’acteur.
- Ouais, c’est ça.
- Josh Randall. Ouais, comme Steve Mac Queen dans Au nom de la loi. Mes parents étaient fan. Et je peux t’assurer que personne ne m’a fait chier avec ce nom, lança-t-il, en bombant le torse.
- Oui, je m’en doute.
- Tu nous ramènes, mon bestiau et moi ? Ça fait une heure que je le trimballe. Et je te présenterai à l’équipe. »
Joachim Nichols n’hésita pas. L’homme lui plaisait mais par-dessus tout, il réalisait à quel point il était bon de parler avec quelqu’un d’autre que soi.
Ils chargèrent le cerf après avoir baissé la banquette.
« Une balle en pleine tête, remarqua Joachim, un beau carton.
- Josh Randall était tireur d’élite chez les Marines. Mais les cerfs sika ne le savent pas. »
Un ancien militaire. Joachim se félicita d’avoir modifié son nom.
« Et toi, tu fais quoi dans le coin ? T’es nouveau ?
- J’étais à Washington, je vendais des bagnoles. Je me suis barré, c’est l’enfer là-bas. J’ai une maison à trois, quatre kilomètres d’ici.
- T’es venu en bagnole jusqu’ici ?
- Non, j’ai un cabin-cruiser et ma bagnole était là.
- Putain, un bateau, c’est cool ça.
- Ouais mais c’est le carburant que je n’ai pas.
- On en a, nous. Trois gars pêcheurs dans la baie, leur citerne est pleine, on pompe en manuel.
- Vous êtes beaucoup là-bas ?
- Vingt-cinq, je crois bien. J’ai des problèmes de mémoire, y’a des trucs qui me restent pas. »
Joachim tourna la tête.
L'homme retira son bonnet et le fixa quelques secondes. Une cicatrice courait sur son crâne nu, partant d'une oreille pour rejoindre l'autre. Trépanation. Atteinte neurologique. Un militaire, tireur d’élite, blessé en mission. Une intuition qui contracta son ventre.
« J’étais en Irak. Mon humvee a sauté sur une mine, il a basculé dans un ravin. Je ne me rappelle de rien. En fait, je me suis réveillé à l’hôpital, ici, au pays, trois semaines de coma. On était cinq à bord, trois y sont restés, l’autre était en fauteuil, j’ai su qu’il s’est tiré une balle dans la tête six mois après. L'armée m'a pas lâché, j'ai eu droit à tous les médecins du pays, des psychologues, le syndrome du survivant qu'ils m'ont dit, je pouvais même bosser encore mais pas sur le terrain, en fait, c'était le bordel dans ma tête alors je me suis barré, j'avais plus rien, j'ai jamais rien fait d'autre, j'ai une pension, enfin, je l'avais parce que maintenant y'a plus personne pour me filer mon pognon, j'ai retapé une grange pas très loin d'ici, un ancien hangar abandonné, personne pour me faire chier, chasse, pêche et un petit jardin. Trois potes que je voyais de temps en temps. Ils sont au centre maintenant. Mais bon, en fait, j'allais pas bien fort, beaucoup de migraines, des cauchemars, je m'étais mis à boire, des caisses à faire crever un régiment entier, j'en avais plus rien à foutre de rien. Mes cheveux n’ont jamais repoussé. Personne ne sait pourquoi. Et ma mémoire est une vraie passoire, y’a des trucs ça va, je les garde et d’autres qui passent en coup de vent. J’ai longtemps cru que j’allais devenir une épave plus capable de se rappeler de son nom. C’est le pasteur qui m’a sauvé. Tu vas le rencontrer. C’est un gars bien. Autant que tu le saches tout de suite, sa femme et sa fille sont mortes, elles étaient dans l’avion qui a été descendu au début du bordel. Il n’a même pas pu récupérer les corps. Tu vas voir, il est spécial comme pasteur, je lui donnerai ma vie. En fait, quand je te raconte ça, je me dis que ça va mieux pour moi, maintenant, parce qu'en fait….
Il s’arrêta deux secondes...
putain... je dis toujours en fait, c’est complètement con, on dirait un débile... maintenant tout ce qui reste, en fait, c'est des survivants. Je suis plus tout seul. »
Changement climatique à l'école
Je vous invite à aller lire les commentaires de cet article en cliquant sur le lien en bas de page.
C'est juste hallucinant ce qu'on peut lire. Il y a une frange de la population française qui me révulse.
Comment l'enseignement du changement climatique fait petit à petit son nid à l'école
Article rédigé par Lucie Beaugé
France Télévisions
Publié le 25/03/2024 06:02
Temps de lecture : 7 min 
Des enfants de la ville de Poitiers (Vienne) font école dehors, le 9 mars 2023. (JEAN-FRANCOIS FORT / HANS LUCAS / AFP)
Si l'éducation au développement durable progresse dans les manuels, les professeurs s'emparent encore peu des projets pratiques et manquent de formation sur le sujet.
"Il faut donner des clés aux élèves pour qu'ils comprennent la complexité du climat. Aujourd'hui, on trouve des aberrations sur internet. En parler en classe, c'est faire en sorte qu'ils ne tombent pas dans des certitudes ou des théories complotistes." Pour David Boudeau, président de l'Association des professeurs de biologie et de géologie, l'école a un rôle clair à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Face à l'urgence, les projets pédagogiques sur le sujet gagnent en popularité ces dernières années.
Exemple avec la Fresque du climat : depuis sa création en 2018, 300 000 élèves ont été sensibilisés aux causes et aux conséquences du changement climatique grâce à l'outil, selon l'association. Du lundi 25 au vendredi 30 mars, une semaine sur le thème "J'peux pas, j'ai climat" est organisée par l'Agence du service civique et l'Agence de la transition écologique (Ademe), en lien avec l'association Unis-Cité. En appui des enseignants, des jeunes engagés viennent animer de courtes séances de sensibilisation des élèves.
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Dans les programmes scolaires, la sensibilisation aux enjeux environnementaux a fait son apparition dès 1977 dans sous l'appellation "éducation à l'environnement". A partir de 2004, on a parlé d'éducation au développement durable (EDD), selon un rapport parlementaire sur le sujet rendu public en décembre 2023, porté par les députées Francesca Pasquini (Nupes) et Graziella Melchior (Renaissance). "A la suite d'une lettre de saisine du ministère de l'Education nationale, adressée au Conseil supérieur des programmes en 2019, des évolutions notables ont été introduites dans tous les cycles", précise Anne-Françoise Gibert, référente pédagogique "culture scientifique et durabilité" du réseau Canopé, chargé de la formation des enseignants.
En fin de maternelle, comme le prévoit le programme (PDF), il est désormais attendu que les enfants commencent à "adopter une attitude responsable en matière de respect des lieux et de protection du vivant". En langage adapté aux tout-petits, cela signifie par exemple éteindre la lumière en sortant d'une pièce ou jeter un emballage en carton dans la bonne poubelle. En terminale, les trois thèmes abordés dans l'enseignement scientifique sont liés au changement climatique : "Science, climat et société", "Le futur des énergies" et "Une histoire du vivant".
Un besoin d'interdisciplinarité
Face aux effets de plus en plus visibles du changement climatique, l'urgence se fait ressentir. Au lycée, "on évoque de plus en plus les rapports du Giec et les différentes COP", illustre David Boudeau. Mais l'enseignant constate que les conséquences sur la biodiversité restent "trop peu" présentes dans les manuels. Il observe aussi que l'interdisciplinarité est difficile à mettre en œuvre, alors que les enjeux climatiques peuvent infuser dans toutes les matières enseignées. "Au collège, les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), créés durant la réforme de 2015, disparaissent progressivement, car on n'a plus les moyens de les assurer", regrette David Boudeau.
"Les disciplines manquent de lien entre elles, y compris sur l'éducation au développement durable."
Anne-Françoise Gibert, référente pédagogique du réseau Canopé
à franceinfo
Des syndicats, comme SUD Education, relèvent par ailleurs un manque de cohérence dans les manuels scolaires. Ils dénoncent un "verdissement des programmes" et réclament une "refonte en profondeur des programmes scolaires, qui cesse de faire de la croissance un modèle économique incontournable". Le syndicat critique des "solutions technophiles" présentées "comme seules issues à la crise environnementale", ce que contestent les rapports du Giec, qui soulignent l'importance de la sobriété et de la réduction de la consommation d'énergies émettrices de gaz à effet de serre.
Du concret pour rendre l'urgence réelle
Pour intéresser les enfants aux enjeux climatiques, une approche concrète est indispensable, selon tous les interlocuteurs interrogés par franceinfo. Depuis le début des années 2000, les circulaires sur l'école "encouragent les chefs d'établissement et l'ensemble de la communauté éducative à mettre en place des projets pédagogiques" autour du développement durable, note le rapport de Francesca Pasquini et Graziella Melchior. Mais l'impulsion donnée à ces projets dépend de la sensibilité de l'école et de ses professeurs, ainsi que du temps et des moyens mis à leur disposition pour s'en emparer.
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Benjamin Gentils, président de La Fabrique des communs pédagogiques, fait partie des fervents militants de l'école du dehors. L'association forme des cadres de l'Education nationale à cette pratique de l'enseignement en extérieur et son confondateur estime qu'"il n'y a pas à avoir un choix exclusif entre dehors et dedans, mais [que] l'extérieur reste une approche primordiale pour parler de l'éducation au développement durable". Les enfants peuvent ainsi aborder des questions environnementales de manière indirecte (faire des maths en comptant des insectes, par exemple), ou grâce à des activités directement liées aux enjeux climatiques.
Fin décembre, relate Benjamin Gentils, "dans une école à Bagnolet, des élèves ont réalisé des relevés de pollution grâce à un capteur. Ils doivent bientôt se rendre à la montagne et pourront comparer. On les met dans une position scientifique pour qu'ils prennent conscience des risques à proximité de chez eux, tout en abordant des notions du programme". Il assure que de plus en plus d'académies se montrent "intéressées" par l'initiative.
Dans celle de Poitiers, une demi-journée par semaine, près de 14 000 élèves ont classe dehors, dans la forêt, un parc ou encore la cour de récréation. Depuis la victoire municipale en 2020 de Léonore Moncond'huy (EELV), cette initiative d'éducation à la nature fleurit partout dans la préfecture de la Vienne. "On fournit à qui le veut un kit nature, comprenant une bâche pour s'asseoir en extérieur, des outils de jardinage ou encore des outils d'observation de la nature", illustre Hélène Paumier, adjointe éducation à la mairie de Poitiers, à laquelle chaque kit coûte entre 600 et 800 euros.
Une formation des profs insuffisante
Pour aborder aisément le sujet du changement climatique en classe autant que pour monter des projets pédagogiques, les enseignants sont en quête de connaissances. Dans leur rapport, Francesca Pasquini et Graziella Melchior pointent un accompagnement largement insuffisant des professeurs, qu'il s'agisse de leur formation initiale ou continue. Dans le premier degré en particulier, "les enseignants ont du mal à s'engager, car ils ont moins cette culture scientifique" sur les enjeux climatiques, note Anne-Françoise Gibert. Seuls 14% des professeurs des écoles ont reçu une formation universitaire scientifique, selon une étude de l'Académie des sciences et de l'Académie des technologies publiée en 2020 (PDF).
S'il existe de nombreuses ressources sur des plateformes destinées aux enseignants, comme Eduscol, Guislaine David, co-secrétaire générale du syndicat SNUipp-FSU, estime que la consultation de "fiches techniques dans l'urgence" ne peut pas se substituer à une formation au contact de professionnels. Selon Francesca Pasquini, les professeurs ressentent in fine "un manque de légitimité".
Pourtant, tous peuvent être concernés par les questions liées au changement climatique. Autant qu'un enseignant de SVT ou de physique-chimie, "un professeur de lettres est tout aussi légitime à en parler durant son cours", plaide Anne-Françoise Gibert. Durant le cycle 4 (5e, 4e et 3e), le thème "Imaginer des univers nouveaux" en français peut, par exemple, être une porte d'entrée. Signe que la transition écologique s'immisce dans toutes les matières, la technologie et l'enseignement moral et civique intègreront ses enjeux dès la rentrée 2024, a annoncé le ministère en juin.
Les objectifs d'une sensibilisation aux enjeux environnementaux à l'école sont de taille : réduire l'éco-anxiété des élèves, lutter contre la désinformation climatosceptique en ligne et, bien sûr, en faire des citoyens responsables. "Plus tôt on les sensibilise, plus tôt ils auront une conscience et pourront agir sur leur environnement", souligne Guislaine David. "Il ne faut pas oublier qu'ils peuvent devenir des décideurs plus tard : ingénieur, chef d'entreprise, responsable politique...", se projette même Francesca Pasquini.
Depuis le XIXe siècle, la température moyenne de la Terre s'est réchauffée de 1,1°C. Les scientifiques ont établi avec certitude que cette hausse est due aux activités humaines, consommatrices d'énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Ce réchauffement, inédit par sa rapidité, menace l'avenir de nos sociétés et la biodiversité. Mais des solutions – énergies renouvelables, sobriété, diminution de la consommation de viande – existent. Découvrez nos réponses à vos questions sur la crise climatique.
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Jasmin Paris, au bout de la Barkley
Il lui restait 99 secondes pour franchir la ligne, avant dépassement de la barrière horaire des 60 heures de course...
La Barkley (un ancien article)

Jasmin Paris première femme finisher de la Barkley Marathons : un évènement !
22 mars 2024
4 minutes
La rédaction Sous la direction de Sylvie Sanabria, l'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.
Celle que des milliers de «Barkley maniacs » ont suivi sur les réseaux depuis trois jours sous le surnom de « #SmallEuropeanWoman » est incontestablement la star de la Barkley 2024. La Britannique de 40 ans, vétérinaire, scientifique et mère de deux enfants, vient en effet de boucler une épreuve que son créateur, Gary Cantrell, n’avais jamais imaginé voir gagnée par une femme. Jasmin Paris vient aujourd’hui de lui prouver le contraire en 59:58:21. Respect Lady !
C’est un petit gabarit – ce qui lui a valu tout au long des trois jours de course le surnom de #SmallEuropeanWoman » ( la petite femme européenne) – mais une sacrée pointure. La Britannique Jasmin Paris est entrée dans l’histoire de la Barkley marathons en s’imposant comme la première femme à finir les cinq boucles de cet ultra (160 km) mâtinée de course d’orientation. Son chrono ? 59:58:21. Sur le fil, à quelques secondes du cut off.
Ce n’est pas un miracle, mais la suite logique d’une carrière éblouissante dans l’ultra endurance. Déjà l’année dernière elle faisait l’événement en bouclant trois tours sur cinq de cette course cauchemardesque. Depuis près de dix ans aucune femme n’avait réussi cette performance. De quoi lui donner envie de revenir cette année, car disait-elle après cet exploit : « Je comprends pourquoi on peut devenir obsédée par la Barkley. Et je crois bien que ça y est, je suis accro moi aussi ».
Dire qu’on l’attendait cette année à Frozen Head Park, était un euphémisme. Lazarus Lake, qui a pourtant dit pendant très longtemps que d’après ses calculs, aucune femme ne pourrait jamais remporter la Barkley, compte tenu des écarts relevés dans les épreuves d’utra endurance par rapport à leurs compétiteurs masculins, semblait s’être ravisé ces derniers temps. Et cette année, il a eu la bonne idée de la sélectionner à nouveau.
On ne sait à ce jour combien de femmes ont participé à cette édition, mais ce qui est sûr c’est que si l’une d’entre elles devait gagner, c’était Jasmin Paris. Redoutable compétitrice, sportive militante – elle est une des fondatrices de Green runners – c’est une athlète hors du commun que ses pairs masculins n’ont cessé d’encourager tout au long de la course. A commencer par Damian Hall, son ami et son coach.
Son truc, plus jeune, c’était la natation
Une gloire nouvelle que cette femme aura certainement un peu de mal à gérer, tant elle aime rester discrète sur ses exploits. « Il suffit de continuer à mettre un pied devant l’autre et de bien s’alimenter. Si nous nous donnons vraiment la peine d’y arriver, nous pouvons réaliser beaucoup plus de choses que ce que nous imaginons » expliquait humblement au média américain I Run Far celle qui n’est pas tombée dans la course à pied dès le plus jeune âge.
Au départ, c’est la natation qui la passionne. « L’eau froide procure une véritable poussée d’adrénaline » explique-elle. Elle continue encore aujourd’hui de nager en eaux libres. Lorsqu’elle se tourne vers l’équitation, il lui arrive tout de même, avec ses bottes et sa grosse veste en cuir, de parcourir en courant les cinq ou six kilomètres qui la séparent de chez elle. Une fois arrivée à l’université, elle fait quelques footings, « peut-être 15 à 20 minutes, une fois par semaine. Je ne me qualifiais pas de coureuse ».
Ce n’est qu’en 2008, de retour près de sa ville natale (Hadfield, non loin de Manchester) après avoir quitté l’université et décroché son premier emploi en tant que vétérinaire, qu’elle commence à courir vraiment. « J’avais entendu parler d’un truc appelé hashing (un mélange de course à pied et de course d’orientation) ». Six mois plus tard, Jasmin vient à bout de son premier ultra, le Howarth Hobble (53 km). « J’ai vraiment aimé ça, les gens, l’atmosphère. Je me souviens encore des points de ravitaillement : il y avait des beignets à l’un, des hot-dogs à l’autre ou encore des biscuits et des doubles shots de whisky ».
Un esprit libre, une force mentale impressionnante
Ensuite, les épreuves s’enchaînent. Viennent alors les premiers succès – championne britannique de trail running, records (aux 95 kilomètres de la Fellsman ou encore aux 321 km de la Dragon’s Back Race) et de nombreux top 10 au classement général. 2016 est pour elle une année que cette jeune femme discrète qualifiera de » incroyable ». Au programme: le célèbre Bob Graham Round (106 kilomètres), le Charlie Ramsay Round (24 sommets, 8 600 mètres de dénivelé positif, où elle bat le record de la course, hommes et femmes confondus), une 6e place à l’UTMB (son premier 160 kilomètres) et elle décroche le titre de championne des Skyrunner World Extreme Series, entre autres…
Inarrêtable, Jasmin ne cesse jamais de courir, pas même le jour de son accouchement, en novembre 2017, où elle ajoute huit kilomètres au compteur. « J’ai eu plutôt de la chance avec la grossesse. Je ne me suis pas sentie trop mal […] Courir est un temps très précieux, un moment juste pour moi. Avec la maternité, je perçois ce sport de façon différente » confie l’athlète.
Pour se motiver à retrouver la forme après la naissance de son enfant, Jasmin s’inscrit donc à la Spine Race, 429 km, 16 000 mètres de D+ et aucune assistance entre les points de contrôle. Quelques mois plus tard, en janvier 2019, elle devient la première femme à remporter cette épreuve d’ultra-trail hivernale. Un exploit mis en lumière par les médias du monde entier. En effet, Jasmin a battu le précédent record (détenu par un homme) de plus de 12 heures… le tout en allaitant son bébé de 14 mois. Une performance pour le moins inspirante, comme celle réalisée sur la Barkley cette année. Mais qui ne devrait pas lui faire perdre la tête pour autant. Jasmin ne courant ni pour la gloire, ni pour l’argent.
Ses sponsors ? Un seul, la petite entreprise britannique inov-8, pour le matériel et les chaussures. À vrai dire, elle repousse les offres de parrainage des grandes marques. « J’ai déjà une carrière – je suis scientifique et vétérinaire – donc je n’ai pas besoin d’une deuxième », insiste-t-elle. « Et je n’ai absolument aucune envie de me lier à un contrat ou que quelqu’un me dise quoi faire et quand. Je veux juste que ça reste un plaisir ». Bel esprit.
Le point sur la fin de course
• 21h04 : L’Ukrainien Ihor Verys remporte la redoutable Barkley Marathons en 58:44:59 et devient le 18e finisher
• 21h33 : l’américain John Kelly termine la Barkley Marathons pour la 3e fois en 59:15:38
• 21H36 : Damian Hall arrive dans la mauvaise direction et ne valide pas sa 5e boucle
• 21h49 : Jared Campbell – 4 fois finisher – termine sa cinquième boucle en 59:30:32
• 21h56 : Greig Hamilton devient le 19e finisher de la Barkley avec un temps de 59:38:42
• 22h03 : Sébastien Raichon échoue dans la 5e boucle pour sa première participation
• 22h17 : Jasmin Paris termine sa 5e boucle sur le fil en 59:58:21 et devient la première femme finisher (et 20e finisher)
• 22h20 : La Barkley 2024 est terminée, elle compte 5 finishers dont la première femme
Ultra-trail
Jasmin Paris, première femme à terminer la Barkley

https://www.lequipe.fr/Ultra-trail/Actualites/Jasmin-paris-premiere-femme-a-terminer-la-barkley/1456323
Jasmin Paris rentre dans l'histoire de la Barkley en étant la première femme à terminer cette course mythique. (A. Berg/L'Équipe)
L'Écossaise Jasmin Paris, spécialiste de l'ultra-trail, est rentrée dans l'histoire de la mythique épreuve américaine en étant la première femme à la terminer.
(avec D. M.) mis à jour le 23 mars 2024 à 15h13
Jasmin Paris est rentrée dans l'histoire de la Barkley, ce défi immense, cette course mythique disputée dans la forêt inhospitalière de Frozen Head Park dans le Tennessee (États-Unis). Sur les réseaux sociaux, les organisateurs ont annoncé qu'elle était la première femme à achever cette course qui doit se réaliser en moins de 60 heures. L'Écossaise a terminé le défi de 160 kilomètres avec 20 000 mètres de dénivelé positif en 59 heures et 58 minutes.
L'ÉQUIPE
Aurélien Sanchez, la Barkley à ses pieds
Paris, âgée de 40 ans, est une habituée des courses d'ultra-trail : elle avait terminé 6e de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc en 2016 et surtout remporté au scratch (classement hommes et femmes confondus) la terrible Spine Race (420 km dans le nord du Royaume-Uni en hiver) en 2019. En 2023, elle avait déjà surpris en bouclant trois tours sur cinq de la Barkley.
Fait inédit, cinq coureurs ont terminé la Barkley cette saison. Le plus rapide est l'Ukrainien (émigré au Canada depuis huit ans) Ihor Verys qui a terminé l'épreuve en 58 heures et 44 minutes, devant John Kelly (59h15'38), finisher pour la 3e fois, Jared Campbell (59h30'32), pour son 4e succès, et Greg Hamilton (59h38'42).
L'ÉQUIPE
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Le Français Aurélien Sanchez, vainqueur de l'épreuve en 2023, avait dû abandonner, blessé, à l'entame de la troisième boucle. Pour sa première participation, Sébastien Raichon était en lice dans la 5e et dernière boucle mais il n'a pas fini dans les temps.
publié le 23 mars 2024 à 00h07 mis à jour le 23 mars 2024 à 15h13
Les cinq finisseurs de l'année.
Ecrans et développement cognitif de l'enfant
C'est une étude de l'INSERM.
Pour ma part, au vu de mes 37 ans à travailler avec les enfants (CM1 et CM2), il est clair que l'affaiblissement du langage et les difficultés d'attention étaient flagrants dans mes dix dernières années. Les écrans de télévision ordinateurs, playstation, smartphones, c'est indéniable que ça a un impact mais j'ajouterais le nombre croissant de parents, soit débordés, soit incompétents, soit indifférents... J'ai vu une disparité immense s'installer entre les familles. Et des enfants possédant une tablette être très éveillés quand d'autres étaient complètement absents...
https://presse.inserm.fr/ecrans-et-developpement-cognitif-de-lenfant-le-temps-dexposition-nest-pas-le-seul-facteur-a-prendre-en-compte/
Écrans et développement cognitif de l’enfant : le temps d’exposition n’est pas le seul facteur à prendre en compte
13 Sep 2023 | Par INSERM (Salle de presse) | Santé publique
Enfant déjeunant en regardant l'écran d'un ordinateur portableDans quelle mesure l’exposition précoce ou excessive aux écrans influence-t-elle le développement cognitif de l’enfant ? © AdobeStock
Dans quelle mesure l’exposition précoce ou excessive aux écrans influence-t-elle le développement cognitif de l’enfant ? À l’heure actuelle, cette question divise les scientifiques. Une équipe de recherche dirigée par le chercheur Inserm Jonathan Bernard au sein du Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (Inserm/INRAE/Université Paris Cité/Université Sorbonne Paris Nord) a travaillé sur les données de près de 14 000 enfants de la cohorte française Elfe[1] de leurs 2 ans à leurs 5 ans et demi. Si comme d’autres avant elle, cette nouvelle étude montre une relation négative entre le temps d’exposition et le développement, elle met aussi en évidence que cette relation n’est pas vraie pour tous les domaines de la cognition et qu’elle est beaucoup plus faible lorsque le cadre de vie familial est correctement pris en compte. Ses résultats confirment[2] également une relation négative non négligeable entre l’exposition à la télévision pendant les repas familiaux et le développement précoce du langage. Ces travaux, publiés dans The Journal of Child Psychology and Psychiatry, suggèrent que, si le temps d’écran a son importance, le contexte d’exposition compte également.
Face aux évolutions rapides des usages et à une place toujours plus importante des écrans dans le quotidien, une question continue de diviser les scientifiques : dans quelle mesure l’exposition trop précoce et/ou excessive aux écrans influence-t-elle le développement infantile ? Si le développement du langage a été au cœur d’une majorité d’études, d’autres domaines cognitifs ont été moins étudiés. Il en est de même pour l’influence que pourraient avoir le cadre familial ainsi que les activités quotidiennes de l’enfant.
L’équipe de recherche dirigée par le chercheur Inserm Jonathan Bernard au sein du Centre de recherche en épidémiologie et statistiques (Inserm/INRAE/Université Paris Cité/Université Sorbonne Paris Nord) a cherché à évaluer les associations entre utilisation d’écran et développement cognitif dans la petite enfance, en prenant en compte les facteurs liés au contexte social, périnatal, familial et aux habitudes de vie. Pour cela, elle s’est intéressée aux données de près de 14 000 enfants de la cohorte française Elfe, collectées de leurs 2 ans à leurs 5 ans et demi, entre 2013 et 2017.
Les parents ont rapporté le temps d’écran quotidien chez leur enfant à 2, 3,5 et 5,5 ans. Il leur a également été demandé de rapporter s’ils allumaient la télévision durant les repas en famille lors de la 2e année de l’enfant. De nombreux facteurs liés aux habitudes de vie et aux activités quotidiennes de l’enfant devaient également être précisés. Enfin, différents domaines cognitifs ont été évalués : développement du langage à 2 ans, raisonnement non verbal à 3,5 ans et développement cognitif global à 3,5 et 5,5 ans.
L’équipe de recherche a ainsi observé qu’aux âges de 3,5 et 5,5 ans, le temps d’exposition aux écrans était associé à de moins bons scores de développement cognitif global, en particulier dans les domaines de la motricité fine, du langage et de l’autonomie. Cependant, lorsque les facteurs relatifs au mode de vie et susceptibles d’influencer le développement cognitif étaient pris en compte dans les modèles statistiques, la relation négative se réduisait et devenait de faible magnitude.
Les résultats de l’étude montrent aussi que, indépendamment du temps d’exposition, avoir la télévision allumée pendant les repas en famille à l’âge de 2 ans (ce qui concernait 41 % des enfants) était associé à de moins bons scores de développement du langage au même âge. Ces enfants présentaient également un moins bon développement cognitif global à 3 ans et demi.
« Cela pourrait s’expliquer par le fait que la télévision, en captant l’attention des membres de la famille, interfère avec la qualité et la quantité des interactions entre les parents et l’enfant. Or, celle-ci est cruciale à cet âge pour l’acquisition du langage », explique Shuai Yang, doctorant et premier auteur de l’étude. Il poursuit : « De plus, la télévision ajoute un fond sonore qui, lorsqu’il se superpose aux discussions familiales, va rendre difficile le déchiffrage des sons pour l’enfant et limiter la compréhension et l’expression verbales. »
Ces résultats suggèrent ainsi que le temps d’écran n’est pas le seul facteur à prendre en compte : le contexte dans lequel a lieu l’utilisation de l’écran pourrait également représenter un facteur important. En outre, tous les domaines de cognition ne seraient pas touchés de façon similaire.
« Les premières années de vie sont décisives pour le développement cognitif, mais aussi dans la mise en place des habitudes de vie, ajoute Jonathan Bernard. Lorsqu’un enfant utilise un écran excessivement, il le fait au détriment d’autres activités ou interactions sociales essentielles pour son développement. »
La robustesse de cette étude tient à la fois au grand nombre de participants, mais également à la prise en compte de facteurs liés au profil social des familles et aux activités des enfants.
« Si nos résultats suggèrent que les effets délétères de l’utilisation des écrans dans la petite enfance présentent un faible impact sur le développement cognitif au niveau individuel et peuvent être compensés dans les années suivantes, ils justifient cependant de rester vigilants à l’échelle de la population. En santé publique, les petits ruisseaux font les grandes rivières », précise Jonathan Bernard.
Il ajoute que davantage d’études de long terme sont nécessaires pour évaluer l’impact cumulatif de ces effets de la petite enfance à l’adolescence. Les travaux de son équipe se poursuivent grâce au suivi des enfants de la cohorte Elfe pour chercher à répondre à ces questions.
[1]Elfe est la première étude longitudinale française d’envergure nationale consacrée au suivi des enfants de la naissance à l’âge adulte. Plus de 18 000 enfants nés en France métropolitaine en 2011 ont été inclus dans l’étude (soit 1 enfant sur 50 parmi les naissances de 2011). Depuis le premier contact avec les familles à la maternité, les parents participant sont régulièrement interrogés pour mieux comprendre comment l’environnement, l’entourage familial et les conditions de vie influencent le développement, la santé et la socialisation des enfants. L’étude Elfe mobilise environ 150 chercheurs appartenant à diverses disciplines scientifiques.
[2]Voir à ce sujet le communiqué du 8 juin 2021 : La télévision allumée pendant les repas associée à un plus faible développement du langage chez les jeunes enfants
Passeport carbone
"C'est une atteinte à la liberté de se déplacer".
"On en assez de ces Khmers verts, des dictateurs"
"C'est pas un ou deux voyages par an qui vont changer quelque chose, alors je continue."
"De toute façon, que je prenne cet avion ou pas, il décollera quand même."
"Je bosse toute l'année pour partir en vacances alors je ne vais pas me priver."
Etc etc...
Voilà quelques phrases glanées sur France Info ou autres médias quand on parle aux voyageurs de l'idée d'un passeport carbone.
On n'est pas sorti du sable...
Vendredi 8 décembre 2023
Environnement

Actualité
Qu’est-ce que le passeport carbone, qui pourrait bientôt régir nos déplacements ?
Ross BENNETT-COOK, conférencier invité à l’école d’architecture et des villes et à l’université de Westminster.
Face à l’urgence climatique, de nombreuses voix se font entendre pour réclamer une régulation des trajets polluants. Un universitaire britannique décrypte la piste d’un passeport carbone.
L’été 2023 a marqué un tournant pour l’industrie du voyage. À la fin du mois de juillet, les arrivées de touristes internationaux dans le monde ont atteint 84 % des niveaux d’avant la pandémie. Dans certains pays européens, comme la France, le Danemark et l’Irlande, la demande touristique a même dépassé son niveau prépandémique.
C’est peut-être une excellente nouvelle sur le plan économique, mais il est à craindre que ce retour au statu quo n’ait déjà des conséquences désastreuses sur les plans environnemental et social.
L’été 2023 a été marqué par des vagues de chaleur record dans de nombreuses régions du monde. Les gens ont dû fuir les incendies de forêt en Grèce et à Hawaï, tandis que des alertes météorologiques extrêmes ont été émises dans de nombreuses destinations de vacances populaires telles que le Portugal, l’Espagne et la Turquie. Les experts ont conclu à la responsabilité du changement climatique dans ces conditions météorologiques extrêmes.
Le tourisme fait partie du problème. Le secteur du tourisme génère environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre à l’origine de la crise climatique.
Les effets négatifs du tourisme sur l’environnement sont devenus si graves que certains suggèrent que des changements radicaux dans nos habitudes de voyage sont inévitables. Dans un rapport de 2023 sur l’avenir des voyages durables, le voyagiste Intrepid Travel a proposé l’idée de « passeports carbone » pour aider l’industrie du tourisme à survivre.
Un quota annuel
L’idée du passeport carbone repose sur l’attribution à chaque voyageur d’un quota annuel de carbone qu’il ne peut pas dépasser. Ces quotas permettent ensuite de « rationner » les déplacements.
Ce concept peut sembler extrême. Mais l’idée de quotas de carbone personnels n’est pas nouvelle. Un concept similaire – appelé « échange personnel de droits d’émission de carbone » – a été discuté à la Chambre des communes du Royaume-Uni en 2008, avant d’être abandonné en raison de sa complexité apparente et de la possibilité d’une résistance de l’opinion publique.
L’empreinte carbone annuelle moyenne d’une personne aux États-Unis est de 16 tonnes, l’un des taux les plus élevés au monde. Au Royaume-Uni, ce chiffre s’élève à 11,7 tonnes, soit plus de cinq fois le chiffre recommandé par l’accord de Paris pour maintenir l’augmentation de la température mondiale en deçà de 1,5 °C. (En France, celle-ci est du même ordre de grandeur, ndlt)
Pas plus d’un Londres – New-York par an
Au niveau mondial, l’empreinte carbone annuelle moyenne d’une personne est plus proche de quatre tonnes. Mais pour avoir les meilleures chances d’empêcher la hausse des températures de dépasser les 2 °C, l’empreinte carbone mondiale moyenne doit baisser à moins de deux tonnes d’ici à 2050. Ce chiffre équivaut à environ deux vols aller-retour entre Londres et New York.
Le rapport d’Intrepid Travel prévoit que les passeports carbone seront utilisés d’ici 2040. Cependant, plusieurs lois et restrictions ont été mises en place au cours de l’année écoulée, ce qui suggère que nos habitudes de voyage sont peut-être déjà sur le point de changer.
Le transport aérien premier pollueur
Entre 2013 et 2018, la quantité de CO2 émise par les vols commerciaux dans le monde a augmenté de 32 %. Certes, les améliorations en matière d’efficacité énergétique réduisent lentement les émissions par passager. Mais une étude de 2014 a révélé que, quels que soient les efforts déployés par l’industrie pour réduire ses émissions de carbone, ils seront contrebalancés par la croissance du trafic aérien.

Malgré les améliorations, les avions sont encore trop polluants. (Photo : Franck Dubray / Ouest-France)
Pour que les réductions d’émissions aient un effet significatif, les prix des billets devraient augmenter de 1,4 % par an, ceci afin de décourager certaines personnes de prendre l’avion. Or, en réalité, les prix des billets sont en baisse.
Certains pays européens commencent à prendre des mesures pour réduire les voyages en avion. En Belgique, depuis le 1er avril 2023, les passagers des vols court-courriers et des avions les plus anciens sont soumis à des taxes plus élevées afin d’encourager d’autres formes de voyage.
Moins de deux mois plus tard, la France a interdit les vols intérieurs court-courriers lorsque le même trajet peut être effectué en train en deux heures et demie ou moins. On s’attend à ce que l’Espagne fasse de même prochainement.
Un projet similaire pourrait également voir le jour en Allemagne. En 2021, un sondage YouGov a révélé que 70 % des Allemands soutiendraient de telles mesures pour lutter contre le changement climatique si des parcours alternatifs par train ou par bateau étaient disponibles.
Les croisières aussi visées
Le transport aérien n’est pas le seul à être sous le feu des critiques. Une enquête menée en 2023 par la Fédération européenne pour le transport et l’environnement a révélé que les navires de croisière rejettent quatre fois plus de gaz sulfuriques – dont il est prouvé qu’ils provoquent des pluies acides et plusieurs affections respiratoires – dans l’atmosphère que l’ensemble des 291 millions de voitures en circulation en Europe.

À Venise, les paquebots sont devenus indésirables. (Photo : Miguel Medina / AFP)
De telles statistiques ont contraint les destinations touristiques européennes à prendre des mesures contre l’industrie des croisières. En juillet, le conseil municipal d’Amsterdam a interdit aux bateaux de croisière d’accoster dans le centre-ville afin de réduire aussi bien le tourisme que la pollution, une initiative qui a fait ses preuves ailleurs.
En 2019, Venise était le port européen le plus pollué, en raison du grand nombre de bateaux de croisière. Mais elle est tombée à la 41e place en 2022 après l’interdiction faite aux grands navires de croisière d’entrer dans les eaux de la ville, ce qui a permis de réduire de 80 % la pollution atmosphérique à Venise provenant des navires.
Changer de destination
Le rapport d’Intrepid Travel souligne également que le changement climatique aura bientôt un impact non seulement sur la façon dont nous voyageons, mais aussi sur là où nous voyageons. Les températures brûlantes diminueront probablement l’attrait des destinations balnéaires traditionnelles, incitant les touristes européens à rechercher des destinations plus fraîches pour leurs vacances d’été, telles que la Belgique, la Slovénie et la Pologne.
Plusieurs agences de voyages ont signalé une augmentation sensible des réservations de vacances vers des destinations européennes plus fraîches comme la Scandinavie, l’Irlande et le Royaume-Uni pendant la saison haute de l’été 2023.
Quelle que soit la solution, changer nos habitudes de voyage semble inévitable. Des destinations du monde entier, de Barcelone à la Riviera italienne en passant par l’Everest, appellent déjà à limiter le nombre de touristes pour lutter contre la foule et la pollution.
Les vacanciers doivent se préparer à modifier leurs habitudes de voyage dès maintenant, avant que ce changement ne leur soit imposé.
La version originale de cet article a été publiée dans The Conversation.
Période de jeûne.
En mode jeûne depuis hier soir.
Ce matin, j'ai continué à casser à la masse une ancienne salle de bain, carrelage, placo et murs. Puis à charger les gravats dans des seaux pour les amener à la remorque. Puis à aller à la déchetterie pour vider le tout. Très physique...
Puis une sortie de vélo, pour finir la journée.
Juste pour dire que l'idée que le jeûne est incompatible avec l'activité physique est fausse. Le jeûne enclenche le phénomène de l'autophagie et il n'y a pas mieux pour se purifier.
L'autophagie dans le jeûne (1)
L'autophagie dans le jeûne (2)
Petite sortie
En mode jeûne pour éliminer les cellules mortes
32,09 km
1:17:42
415 m dénivelée
Moy.Max.
Moyenne Vitesse 24,8 km/h // Max 50,0 km/h
Temps écoulé1:18:41
Tous hétéronomes
L'hétéronomie est la capacité d'un être vivant à s'adapter au milieu environnant.
Chez l'homme, l'hétéronomie représente l'incapacité à se donner ses propres lois et à se régir d'après elles. L'hétéronomie est l'inverse de l'autonomie.
En philosophie, chez Emmanuel Kant (1724-1804), l'hétéronomie est le caractère de la volonté quand elle se détermine en fonction de principes extérieurs à elle-même.
""Pour Kant, l'hétéronomie est la dépendance à l'égard de mobiles pathologiques sensibles ou d'une loi extérieure. Il distingue le domaine de l'hétéronomie, soumission inévitable au socius politique, de l'autonomie, capacité de se donner à soi-même ses propres lois, qui ne se conçoit valablement que dans le domaine de la liberté morale. Il évite d'envisager la morale comme domaine de la soumission aux normes, dans le respect des pouvoirs établis et la conformité aux exigences de la raison. Kant soutient que la Raison morale ne se définit pas par rapport au politique, domaine par excellence de l'hétéronomie, mais par la liberté.""
Wikipédia
En grec, "autonomos" signifie "ce qui se gouverne selon ses propres lois."
On peut légitimement se poser la question de notre rapport à cette idée de liberté.
Dans notre intégration sociale, nous sommes immanquablement amenés à tendre vers l'hétéronomie. Et cela depuis la petite enfance, en passant par l'école, jusqu'au monde professionnel. Il s'agit de créer les conditions favorables à une vie grégaire.
Le problème vient évidemment du fait que nous déléguons à certains individus le droit de constituer les termes et les actes de cette soumission.
Le fait, par exemple, que la constitution soit écrite par les gens qui sont tenus de s'y soumettre, reviendrait en fait à ce qu'on demande aux élèves d'écrire le règlement de l'école...Peut-être d'ailleurs seraient-ils capables de se montrer plus justes, honnêtes, équitables, restrictifs que les politiciens qui oeuvrent principalement à l'autonomie de leurs privilèges par l'extension de l'hétéronomie sur la masse. La constitution, par ce principe inique, génère une contradiction absolue dans le principe même du lien social. Les règles sont établies avec une intention inavouée au détriment de la classe sociale qui a délégué son pouvoir. Les individus qui travaillent à cette constitution, pilier même de l'hétéronomie du groupe humain, sont des individus qui répondent prioritairement à des intérêts personnels, c'est à dire à une incapacité à se détacher de leur propre hétéronomie passionnelle. Ils ont choisi la voie politique pour assouvir des désirs de puissance et d'autonomie financière en se servant des fondements de la démocratie. Ils ne sont pas autonomes au regard de leurs passions vénales. La populace, habituée, conditionnée, manipulée, validera ce cheminement pervers par une délégation électorale. On entre dans l'hétéronomie démocratique...
Tout cela serait acceptable si les individus étaient capables de discerner lucidement ce qui les motive.
Si la populace se soumet par abandon, pour pouvoir profiter d'une lobotomie existentielle, philosophique, intellectuelle, il s'agit d'une condamnation auto-proclamée. Elle n'a pas à se plaindre.
Si la populace a conscience du détournement de l'hétéronomie à des fins personnelles et que cette soumission lui devient insupportable, qu'elle devine à quel point "le contrat social" est souillé, rompu, avili par des hommes avides, elle se doit de reprendre son autonomie. Non pas une autonomie dévastatrice qui brûle ce qui appartient à tous, (cela s'appelle l'anomie) mais une autonomie philosophique, politique, existentielle.
Sans une analyse minutieuse de ce qui constitue la liberté intérieure de l'homme, il est impossible d'englober ce qui concerne le rapport au monde. Tout le problème est là. Personne ne peut oeuvrer à créer une hétéronomie justifiée, équilibrée, planifiée, reconnue, comprise si ce travail n'a pas été effectué préalablement dans la dimension intérieure.
La liberté n'existe que lorsque chaque individu a atteint et bénéficie de la capacité à agir sur le monde en y imprimant sa volonté dans le cadre restrictif de l'ordre instauré, non pas un ordre imposé mais un ordre universel, moral, solidaire, protecteur, respectueux, égalitaire... Il est par conséquent totalement absurde de demander aux individus de décider d'un contrat social sans que ces mêmes individus n'aient au préalable établi en eux cette lucidité indispensable. Cela reviendrait à laisser des individus instables et névrosés décider des conditions de leur internement.
Cette absence de réflexion existentielle confère à la vie sociale une condamnation à la fatalité. "On n'y peut rien ma pauvre dame". La liberté n'est plus qu'une résignation volontaire et l'abrutissement de chacun dans des dérives consuméristes, matérialistes, une soif de pouvoir sur les objets à défaut de pouvoir sur soi. L'illusion devient la norme. Et elle dirige le monde humain.
Le déterminsime a au moins cet avantage d'offrir la possibilité d'agir sur la connaissance des causes. Nous sommes attachés par des contraintes, limités par des devoirs, contenus par des liens sociaux, conduits par nos passions, dirigés par nos instincts, abrutis par nos espoirs. Mais nous possédons néanmoins la capacité à les identifier et par conséquent ultérieurement à agir sur ces phénomènes, qu'ils soient internes ou issus de notre vie grégaire. Il n'est pas question de destin ni de fatalité mais d'observation et de liberté de choix dans la mesure de nos limites.
Rien de raisonné n'est envisageable sans un état des lieux personnels. La société actuelle n'est que le reflet de cette absence d'analyse intérieure. On voudrait constituer un groupe humain équilibré, lucide, intelligent, respectueux, avant même que les individus esseulés n'aient envisagé de se connaître. Si nous ne nous connaissons pas nous-mêmes, comment pouvons-nous envisager de nous en remettre à des individus tout aussi égarés ?
Cette hétéronomie est une geôle mais nous en constituons nous mêmes l'enceinte. La société n'existe pas en elle-même. Elle n'a pas de vie propre. Elle n'est que l'extension de ce que nous sommes.
L'hétéronomie désigne la soumission à une autorité extérieure.
L'autonomie désigne la capacité à se gouverner selon ses propres règles.
Ces règles doivent être le produit d'une activité rationnelle et d'une haute conscience morale et non celui de désirs immédiats et purement égoïstes.
On voit bien que le système civique actuel prône l'hétéronomie au détriment de l'autonomie en raison de l'incapacité de certains individus à produire en eux des règles universelles.
Le comportement "incivique" qui consiste à empiéter sur la liberté d'autrui conduit les instances dirigeantes à élaborer et à faire appliquer des lois coercitives.
Il n'est pas question dans mes propos de remettre en cause la sécurité de tous et le rôle "protecteur" de l'État.
Mais qu'en est-il lorsque l'État, lui-même, va à l'encontre du bien-être des Citoyens, lorsque ses projets réduisent la liberté d'être pour l'obligation d'avoir, lorsque les intentions des Puissants sont devenues plus perverses que n'importe quel comportement de truand ?
"L'État n'est pas un assassin."
Vous en êtes certain ? Vous avez des preuves ? Le cancer, les OGM, le Sida, l'amiante, l'alimentation, les tonnes de produits chimiques déversés dans la Nature et qui finissent immanquablement dans nos organismes, le diktat des laboratoires, les guerres, cette folie de la mondialisation...
"L'État ne savait pas, il n'était pas au courant"
Mais alors, c'est qu'il n'avait pas l'envergure pour cette tâche....Et qu'il vaut mieux laisser les Citoyens faire leurs propres choix...
"L'État n'est pas un voleur."
Bon, là, il vaut mieux rire un bon coup. Les exemples ne tiendraient pas sur la page.
Je m'interroge en fait sur la légitimité actuelle des Gouvernements. Sur cette hétéronomie qui persiste alors que tous les signes d'une déliquescence de cette Pyramide sociale se font jour.
La Floride a interdit à la population de vivre en autonomie énergétique. Il y a obligation à être connecté au réseau électrique et au réseau d'eau potable.
On peut voir dans cette interdiction une métaphore spirituelle.
"Un bon Citoyen est un citoyen "hétéroïnomane", c'est à dire accro à une dépendance gouvernementale.
Et si certains individus se montrent rebelles, il s'agira de créer des lois qui les rendront "inciviques", "asociaux", "marginaux"......L'État, sous le couvert d'une allégence spirituelle de la population, renforce constamment ses pouvoirs et va jusqu'à fabriquer artificiellement des catégories d'individus "inadaptés".....
L'autonomie alimentaire sera un jour interdite. L'ensemencement proposé par l'association Kokopelli qui lutte pour la biodiversité est banni par l'État qui répond aux injonctions des grands groupes alimentaires.
Les potagers seront taxés. Les poulaillers seront interdits. Tout est possible puisqu'ils ont les Lois pour eux.
L'hétéronomie, dès lors qu'on l'accepte, a des avantages certains mais son lot de désagréments. Ceux-là sont plus insidueux, pervers, cachés et s'ils éclatent au grand jour, l'État se chargera de les faire accepter par la population à grands renforts de médias ou de peurs, ou de culpabilités.
Je pense pour ma part que le gigantisme de la mondialisation est une folie.
Que l'hétéronomie grandira inévitablement parce que les Peuples seront exclus de l'élaboration des lois, que la complexité volontaire des structures étatiques, administratives, financières...découragera les masses. Ces masses ne seront pas sollicitées pour comprendre, elles ne seront instruites que par des instances formatées. L'école en est le pilier.
L'autonomie sera associée aux "autonomistes" et donc aux "terroristes". Et les peurs programmées répandront leurs virus. Il n'est qu'à lire les commentaires de la populace concernant Greta Thunberg : "une terroriste".
Mais tout ça n'est pas inéluctable.
Il s'agit de comprendre le système et ne pas chercher à le changer. C'est impossible.
Il s'agit de s'en extraire.
Spirituellement.
Le reste suivra.
Pour un catastrophisme éclairé
Il ne faudra pas dire que nous ne savions pas.
Il faudra juste reconnaître que nous ne voulions pas comprendre ce que nous savions.
EAN : 9782020660464
224 pages
Seuil (16/04/2004)
4/5 15 notes
Résumé :
Le temps est venu de mener une réflexion sur le destin apocalyptique l’humanité : nous avons en effet acquis la certitude que l’humanité était devenue capable de s’anéantir elle-même, soit directement par les armes de destruction massive, soit indirectement par l’altération des conditions nécessaires à sa survie. Le pire n’est plus à venir mais déjà advenu, et ce que nous considérions comme impossible est désormais certain. Et pourtant nous refusons de croire à la réalité du danger, même si nous en constatons tous les jours la présence. Face à cette situation inédite, la théorie du risque ne suffit plus : c’est à l’inévitabilité de la catastrophe et non à sa simple possibilité que nous devons désormais nous confronter.
"Ce n'est pas l'incertitude, scientifique ou non, qui est l'obstacle, c'est l'impossibilité de croire que le pire va arriver. [...]
La peur de la catastrophe n'a aucune force dissuasive. [...]
David Fleming construit un "principe inverse d'évaluation des risques" : la propension d'une communauté à reconnaître l'existence d'un risque serait déterminée par l'idée qu'elle se fait de l'existence de solutions. [...]
Tout nous porte à penser que nous ne pouvons étendre indéfiniment, ni dans le temps, ni dans l'espace, le mode de développement qui est actuellement le nôtre. Mais remettre en cause ce que nous avons appris à assimiler au progrès aurait des répercussions si phénoménales que nous ne croyons pas ce que nous savons pourtant être le cas. [...]
On ne croit à l'éventualité de la catastrophe qu'une fois celle-ci advenue, telle est la donnée de base. On ne réagit qu'à son actualité, donc trop tard" (in Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé, 2002, p. 141-145, 163-165)
Sur la route de Jarwal

Aujourd'hui, 12 mars 2024, j'ai signé le contrat avec les éditions du 38 pour le tome 1 de JARWAL LE LUTIN.
Le huitième roman publié.
Mais quand on n'est pas auteur, a-t-on réellement conscience du parcours d'un roman ?
Première étape : l'idée. D'où vient-elle ? A-t-elle un point de départ précis, un évènement, une situation particulière où nait-elle après une longue gestation dans le mystère fécond d'une matrice cérébrale ?
Deuxième étape : il faut nourrir l'idée, l'alimenter, en prendre soin, la câjoler, l'encourager, la motiver, lui donner confiance. Il arrivera inévitablement des moments de doute, des impressions pénibles, l'idée entêtante d'une impasse. C'est là qu'il faudra garder à l'esprit que si cette idée est là, c'est qu'elle a pensé que vous étiez la bonne personne pour elle, que c'est avec vous qu'elle peut tracer sa route.
Troisième étape : écrire, penser, écrire, penser, écrire, penser, écrire, penser, écouter ce qui se tient caché, au plus profond et qui ne demande qu'à émerger, écrire, râturer, recommencer, corriger, modifier, écrire, penser, rêver.
Quatrième étape : lorsque les rêves deviennent récurrents, c'est que l'histoire ne vous quittera plus, elle est en vous, elle se nourrit de vous, elle vous appartient, à moins que ça soit l'inverse.
Cinquième étape : ne pas oublier que l'histoire a besoin de phases de repos, ne pas oublier que la précipitation n'est pas de mise, qu'il est nécessaire d'accorder des périodes de paix aux personnages, qu'il n'est pas bon qu'ils soient toujours sur le grill. Ne pas oublier pour autant qu'il serait irrespectueux de les délaisser au-delà du raisonnable. Ils pourraient vous en vouloir. Leur existence est encore incertaine, ils ne sont pas pleinement constitués, ils guettent la fin de l'histoire comme une délivrance. Eux aussi, ils connaissent l'impatience.
Sixième étape : poser le point final et s'éloigner. Plusieurs jours, semaines, mois, peu importe. Il faut prendre soin de soi aussi. Plus rien ne disparaîtra désormais. Tout est là. Les personnages sont emplis de la matière que vous leur avez insufflée. Ils ne peuvent plus être dilués dans le néant d'où ils sont sortis.
Septième étape : relire, relire l'histoire, une première fois, juste l'histoire, d'une traite, comme si vous étiez dans une salle de cinéma. Il faut que ce livre soit un film et que pas un instant, vous ne vouliez le quitter. Relire une deuxième fois en vous appliquant à corriger la langue, c'est une traque que vous devez mener, le fusil effaceur à la main, et vous montrer sans pitié. Si votre lecture est ralentie par une tournure, c'est qu'elle n'est pas bonne et qu'elle doit disparaître. Tout doit être fluide, ou heurtée si tel était l'objectif, léger ou pesant, poétique ou grossier, romantique ou assassin, si le sang doit couler il doit se voir, si l'amour doit jaillir, il doit vous enflammer, si la peur est nécessaire, tourner la page doit se faire le souffle haché, si la beauté du monde est appelée, c'est un hymne qui doit retentir.
Chaque phrase a un sens, un but, une visée, un horizon, une présence. Ou alors, il faut la reprendre.
Oui, ce travail sera long, peut-être même aussi long que l'écriture du livre. Peut-être même davantage.
Au total, l'écriture de ce livre vous aura pris un an, deux, trois, ou peut-être six mois et peut-être moins. Il n'y a pas de règles, pas de cadre, pas de frontières, c'est une terra incognita et vous êtes l'explorateur.
Huitème étape : l'envoi à l'éditeur est un moment particulier. Celui où vous allez partager cette histoire avec la personne qui sera susceptible d'en faire un livre. Vous avez écrit une histoire mais elle pourrait rester en l'état. La suite ne vous appartient déjà plus. Vous entrez dans l'attente. Longue et incertaine. Si vous avez bâti cette histoire avec en tête l'idée qu'elle deviendra un livre, vous avez construit vous-même l'ampleur d'une éventuelle désillusion et pendant l'écriture, vous avez inséré dans l'histoire elle-même une menace. Il faut écrire pour écrire et rien d'autre. La suite ne vous appartient pas, la suite ne vous appartient pas, la suite ne vous appartient pas. C'est une idée qui ne doit pas vous quitter. La réponse négative, vous l'avez déjà. Des milliers de réponses négatives sont envoyées par les éditeurs. Parfois, c'est un oui.
Il ne s'agit même pas d'espérer quoi que ce soit. L'espoir n'est que le ferment de la désillusion.
Neuvième étape : un jour, vous revevez un mail de l'éditeur. Le comité de lecture a retenu votre roman. Là, vous pouvez être heureux et fier du travail accompli. L'histoire entre dans le domaine de la littérature, dans cet espace gigantesque qui remonte à l'aube de l'humanité. Les peintures de Lascaux racontaient des histoires.
Dixième étape : l'éditeur vous propose une couverture, vous lui donnez votre avis, le projet prend forme, les idées se rejoignent, le graphisme s'affine puis la dernière mouture est retenue, l'éditeur vous demande d'écrire une quatrième de couverture, de son côté il s'applique à corriger les dernières erreurs orthographiques, celles que vous n'avez pas vues parce que vous connaissez votre texte par coeur, que vous n'arriviez plus à le lire mais seulement à le réciter et que vous ne pouviez pas voir le s qui manque, l'accord d'un participe passé, une virgule oubliée...
Onzième étape : un jour vous recevez un colis, vous l'ouvrez, vous sortez un exemplaire. Il est là. Votre livre. L'émotion est immense. Mais il faut comprendre alors que ça ne doit pas rester votre livre mais devenir le livre des lecteurs et lectrices, le livre de tous les gens qui seront attirés par la couverture et le résumé. Ces gens devront payer ce livre et c'est un geste fort parce qu'un livre n'est pas un élément vital. C'est un luxe. Des millions de personnes à travers le monde ne lisent pas de romans. Et ils survivent pourtant. Et il n'est pas de mon ressort de dire s'ils ont tort ou raison. Peut-être que leurs conditions de vie sont trop rudes pour se payer ce luxe de lire, peut-être que leurs intérêts sont ailleurs, peut-être qu'ils ont été trop souvent déçus, peut-être que l'école les a dégoûtés de la lecture. Ils sont nombreux dans ce cas-là, d'ailleurs.
Douzième étape : par reconnaissance envers votre éditeur, vous vous appliquez à faire connaître ce livre, vous le présentez, vous l'accompagnez au mieux sur la route.
Treizième étape : la suite ne vous appartient plus.
Et puis vient ce jour étrange où une nouvelle idée émerge...
"Le chemin des neuf mondes"

Comme l'écrivent les lecteurs et lectrices, ce livre est essentiel.
Les Kogis devraient être référencés parmi les lanceurs d'alerte. Mais quand on sait que la plupart des scientifiques les plus compétents et objectifs ne sont pas écoutés, ni par les dirigeants, ni par la majeure partie de la population mondiale, comment espérer que des "sauvages" le soient...
Pour ma part, je pense que je connais ce livre par coeur, pour une raison simple, il se lit avec le coeur avant l'intellect.
Le chemin des neuf mondes
infosCritiques (7)Citations (6) Forum
EAN : 9782226128072
289 pages
Albin Michel (02/11/2001)
4.05/5 19 notes
Résumé :
Géographe et alpiniste,Éric Julien a découvert la Colombie en 1985. Il rencontre les Kogis dans des circonstances exceptionnelles. Victime d'un oedème pulmonaire, le jeune homme est soigné par cette peuplade avec des plantes et des savoirs d'un autre temps. De retour à Paris, il apprendra que ces Indiens sont les derniers héritiers des grandes cultures pré-colombiennes du continent sud-américain.
Dix ans plus tard, après de multiples difficultés, Eric Julien rejoint, confinée dans de secrètes montagnes, une société qui a su préserver ses rapports avec la nature. En 1997, il crée l'association Tchendukua, qui depuis la France, rachète et restitue leurs terres aux Kogis. En échange, il reçoit leur philosophie, qui révèle une connaissance intime des écosystèmes. Un message dont le monde moderne a besoin.
03 novembre 2022
Un véritable coup de coeur! Ce livre m'a touché jusqu'au plus profond de mon âme.
Les Kogis vivent en harmonie avec la nature, avec notre terre mère. Ils ont mit des mots sur ce que l'humain a fait et nous accusent avec raison de tout détruire. Une belle claque en plein visage et une certaine honte aussi, de vivre dans cette société irrespectueuse de la nature. Nous avons oublié que nous sommes la nature et avons cru être supérieur.
J'ai été choqué par certains propos plein de vérité. J'ai été touché par cette ouverture d'esprit et cette vision des choses magnifiques. J'ai aimé suivre l'aventure de Éric Julien qui ne savait absolument pas ce qu'il allait trouver dans ces montagnes.
Ce livre restera cher à mon coeur.
27 juin 2018
Mon avis :
Ce livre a été écrit en 2001 et ce qui m'a vraiment frappée c'est le message d'urgence écologique qui en découlait déjà à l'époque.
On découvre dans ce livre une civilisation très méconnue : Les kogis.
Ceux-ci sont issus des Tayronas qui furent exterminés au 16éme siècle par les conquistadors européens à peine sortis du moyen-âge.
Ils vont donc se réfugier suite au massacre dans la montagne de la Sierra Nevada afin de se couper totalement du monde.
Cette montagne est située en Colombie du nord à 6000 mètres d'altitude et se trouve être la plus haute du monde en bordure de mer.
Les kogis un peuple d'une grande sagesse
Le livre est touchant de par l'humilité de son auteur.
On y apprend comment vivent les kogis avec une morale élevée, une organisation sociale et politique au sein de leur tribu et surtout une connaissance élevée du milieu naturel.
Ils ritualisent beaucoup , font des offrandes pour protéger les forêts, lacs, montagnes ..
Pour eux la terre est un grand corps humain qu'il faut soigner et préserver.
Les kogis font partie des derniers gardiens de la terre dits également peuple racine.
Il en reste environ 15 000 au nord de la Colombie.
Leurs sages , appelés « mamus » disent que nous sommes en danger et que les faits sont déjà avérés ( de plus en plus de maladie apparaissent , phénomènes climatiques, extinctions de certaines espèces etc ).
La formation de leurs « mamus » s'effectue exclusivement dans l'obscurité et dure entre 9 à 18 ans. Ils accèdent alors à un niveau de conscience hautement élevé.
Eric Julien les as rencontré par hasard car il fut victime d'un oedème pulmonaire lors d'une expédition.
Il sera sauvé in extremis par les kogis et ne les oubliera jamais.
Un jour il finit par tout plaquer et part de nouveau à leur rencontre. Une relation de confiance s'instaurera au fil des années. Les kogis sont vulnérables et nous évitent nous « les petits frères » le plus possible.
On devine au fil des pages tout le chemin initiatique de l'auteur.
Au travers de conférences, de rencontres organisées Eric Julien révèlent au grand public l'existence de ces descendants de civilations anciennes de plus de 4000 ans, il va récolter des dons et rendre aux kogis plus de 2000 hectares de terre.
La tâche ne fut pas aisée car de nos jours les kogis sont tolérés en Colombie mais pas pour autant acceptés.
Peu de notaires acceptent d'établir des documents pour cette tribu.
Un livre écrit il y a 17 ans mais toujours d'actualité
Ce livre est d'une écriture simple , humble et bien réelle. Une véritable prise de conscience sur l'absurdité du monde moderne.
Avant de le lire je n'avais aucune idée que des indiens vivaient encore de manière ancestrale en Colombie.
Le livre permet de revenir à l'essentiel également , se rappeler d' être plus responsable quant à nos modes de vie .
Il est triste également de savoir qu'un peuple aussi sage soit aussi peu considéré de nos jours.
Je recommande vivement le chemin des neufs mondes d'Eric Julien car il nous apprend des bribes d'histoire d'hier et d'aujourd'hui et surtout rend un magnifique hommage aux indiens kogis !
Lien : https://laissepastrainertonl..
18 juin 2022
« Le chemin des neuf mondes » est la rencontre entre le français Éric Julien et le peuple des Kogis situé dans une Sierra colombienne.
Dans ce livre, l'auteur nous raconte ses contacts avec cette tribu sud-américaine et son double combat pour le rachat de terres au bénéfices des indiens et la transmission de leur spiritualité, portée sur le respect de la nature, auprès des occidentaux. Éric Julien réserve d'ailleurs de nombreuses pages à nous expliquer leur vision du monde et de la vie afin que l'Homme s'en inspire et arrête de détruire la planète sur laquelle il vit.
Lecture instructive qui m'a permis de faire connaissance avec ce peuple indigène. L'approche étant plus celle d'un témoignage et d'un récit que d'un essai sur la spiritualité de ce peuple, j'admets n'en avoir retirer aucun enseignement, ni profonde réflexion en ce domaine.
Un bon livre toutefois qui a le mérite de placer sous les projecteurs un de ces rares peuples peu touchés par la modernité et conservant ses traditions ancestrales ainsi que d'alerter (s'il est encore nécessaire) sur les dangers de la domestication de la nature par l'Homme.
09 février 2018
Ce livre est une véritable prise de conscience. Il nous permet de voyager dans la Sierra Nevada où nous rencontrons les Kogis, qui nous apprennent une autre façon de voir le monde dans lequel nous vivons. Par leurs enseignements, j'ai ressenti comme une gêne en lisant les conséquences de notre civilisation dite ''moderne''. Préparez-vous à apprendre une leçon d'humilité, de respect envers la nature, et préparez-vous à vouloir guérir la Terre des souffrances que nous lui infligeons.
03 janvier 2022
Ce livre est d'abord un récit de voyage et un témoignage , celui de l'auteur qui , gravement malade , lors d'une expédition en Colombie est soigné au sein d'une tribu indienne , les Kogis, dont la culture est l'héritage des grandes civilisations pré-colombienne . Dans un deuxième temps Eric Julien , développe ce qu'il a appris auprès d'eux , particulièrement en ce qui concerne les liens de l'homme et de la nature . Il met en évidence l'actualité de ce point de vue . Intéressant.
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
10 mai 2010
L'interrelation, l'interdépendance lient les connaissances conceptuelles et expérimentales, coeur, conscience et esprit, hommes, nature et objets. Tout est équilibre entre un ensemble de composantes vivantes qui ont chacune un rôle et une fonction. L'ensemble ne fonctionne que parce que chacune des parties est reliée aux autres et remplit au mieux son rôle. D'après les Kogis, c'est parce que nous avons oublié cette règle élémentaire que nous provoquons de nombreuses ruptures qui menacent l' équilibre de la planète. "Ce qui compte dans la vie, et c'est si évident que l'on s'étonne que cela ne soit pas plus souvent dit, ce sont les relations entre les objets, et non les objets eux-mêmes."
03 janvier 2019
On a longtemps dit que les sociétés amérindiennes étaient des sociétés sans écriture, signe de leur faible niveau de développement. Mais pour nombre d'entre elles, écrire, c'est risquer de perdre la mémoire, de s'éloigner de l'expérience qui fait sens. Ils ont préféré investir dans la tradition orale et le symbole, cette autre écriture qui, au delà des mots, touche le physique, l'inconscient et le mental. Cette écriture qui relie à l'essence du monde.
09 février 2018
Pour eux, la nature n'est pas belle, harmonieuse en soi, c'est un univers d'épreuves où l'homme doit apprendre à cheminer entre le jour et la nuit, entre la droite et la gauche, entre le bien et le mal.
26 janvier 2014
Il est temps de penser à des choses essentielles. Il faut commencer par penser que la terre c'est la vie. Si nous ne construisons qu'un monde artificiel, la terre va mourir. Si elle meurt, alors nous allons tous mourir, car la terre c'est la mère, c'est la vie.
03 janvier 2022
Or qui sont les plus grands "écosophes" si ce n'est ces peuples dont le fonctionnement économique et politique semble directement s'inspirer d'un lien, d'une relation jamais interrompue avec le monde du vivant? Bien sûr ilne s'agit pas de devenir indien , mais sans doute de réinventer , réincarner ces principes de vie au sein de nos sociétés contemporaines.
Videos de Eric Julien (8) Voir plusAjouter une vidéo
Le CERA a invité Eric Julien pour parler des indiens Kogis : Les gardiens de la planète.
Eric Julien, géographe (DEA) et diplômé en Sciences Politiques, a complété son parcours par une Maîtrise des Sciences et Techniques de la Communication (MSTC) et un DESS Informatique et Systèmes Multimédias.
En 1997, il a créé le réseau « Nouveaux territoires », associations de consultants spécialisés dans l’ingénierie du changement et la création de nouveaux paradigmes.
Eric Julien, également accompagnateur de montagne, fut sauvé d’un oedème pulmonaire par les Indiens Kogis à plus de 5000 mètres d’altitude alors qu’il découvrait leur territoire au cœur de la Colombie.
Il y reviendra des années plus tard et oeuvre désormais à plein temps pour faire connaître la cause des Kogis en fondant une ONG, Tchendukua – Ici et Ailleurs, spécialisée dans l’accompagnement des peuples « racines » et la préservation / reconstitution de la Biodiversité, plus particulièrement en Amérique du Sud Soutenue, entre autre, par Pierre Richard et Edgar Morin, l’association a racheté et rendu aux Kogis près de 2000 hectares de Terre.
THÈME : Les Kogis (17)

Peuple de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, les Kogis ou Kagba sont les descendants des Tayronas, une des plus grandes sociétés précolombiennes du continent sud-américain et surtout une des plus anciennes : leur histoire pourrait remonter à plus de 12000 ans.
Ces 25 000 hommes et femmes mènent aujourd’hui une existence simple et spirituelle, respectueuse de la Terre qui leur a donné naissance. Accueillant très peu d’étrangers, ils se sont pourtant donné la mission de transmettre leurs savoirs ancestraux aux hommes «civilisés» afin qu’ils puissent renouer avec l’harmonie du monde.
Pour les kogis, le territoire est considéré comme un «corps» territorial, reflet du fonctionnement des constellations autant que celui du corps humain. Où vivent-ils ? Quelle est leur «vision» du territoire ? Que nous apprennent les sagesses et cultures amérindiennes ?
Le 17 ème regroupement d'articles.
les Kogis : Le message des derniers Hommes
"Ce que les Kogis ont à nous dire"
Les Indiens Kogis ont une place importante dans certains de mes romans et notamment dans les histoires de Jarwal le lutin.
Jarwal et les Kogis : la réalité et le Réel
Jarwal et les Kogis : les Conquistadors
Jarwal le lutin :"L'arbre de vie"
On retrouve les Indiens Kogis dans la quadrilogie en cours d'écriture.
Dans le tome 1 "LES HEROS SONT TOUS MORTS"
LES HEROS SONT TOUS MORTS : Figueras, un personnage majeur
Puis dans les trois tomes suivants...
"Le gang de la clé à molette"
Edward AbbeyLe gang de la clef à molette tome 1 sur 2
EAN : 9782351785690
491 pages
Gallmeister (03/10/2016)
3.96/5 879 notes
Résumé :
Révoltés de voir la somptueuse nature de l'Ouest américain défigurée par les industriels, quatre insoumis décident d'entrer en lutte contre la « Machine ». Un vétéran du Vietnam accro à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame se mettent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le paysage. Armés de simples clefs à molette - et de quelques bâtons de dynamite - ils affrontent les représentants de l'ordre et de la morale dans une folle course-poursuite à travers le désert.
Traduit de l'américain par Jacques Mailhos
Un chef-d’œuvre où rage se marie au rire.
LES INROCKUPTIBLES
Les mêmes métodes appliquées aujourd'hui.
« Les écoterroristes les plus stupides du monde » : c’est ainsi que le business man états-unien Elon Musk a réagi à l’acte de sabotage qui a visé la gigafactory de Tesla en Allemagne mercredi 6 mars.
C'est le terme "d'écoterrorisme" qui me fait bondir. S'attaquer à une industrie terriblement néfaste pour la planète est désormais un acte terroriste. Si des gens pensent encore que les véhicules électriques permettront de stopper ou de ralentir le réchauffement climatique, que c'est une industrie verte et vertueuse, c'est par manque de connaissances. Je n'ai même pas envie de développer. En cherchant cinq minutes, tout est expliqué sur le net.
Le terrorisme industriel, lui, est une réalité. Et là aussi, les exemples regorgent.
Cette dialectique d'écoterrorisme n'est pas innocente. Elle frappe les esprits, volontairement parce que le terme de terrorisme est connu de tous.
La voiture électrique cause une énorme pollution minière
https://reporterre.net/La-voiture-electrique-cause-une-enorme-pollution-miniere

[VOLET 2/3] — Grosse émettrice de gaz à effet de serre, la construction des voitures électriques consomme aussi une très grande quantité de métaux. Lithium, aluminium, cuivre, cobalt… le boom annoncé de la production de « véhicules propres » réjouit le secteur minier, l’un des plus pollueurs au monde, et promet un enfer aux populations des régions riches de ces matières premières.
Cet article est le deuxième d’une enquête en trois volets que nous consacrons à la voiture électrique. Le premier volet, sur les émissions de gaz à effet de serre : « Non, la voiture électrique n’est pas écologique ».
« Comment justifier de détruire des territoires comme le bassin des Salinas Grandes et la lagune de Guayatayoc, occupés par quelque 7.000 habitants, 33 communautés autochtones et ethniques, et tout un mode de vie fondé sur la coresponsabilité et la démocratie directe, comment donc justifier cette destruction au nom de la lutte contre la pollution de l’air dans des villes, une contamination à laquelle ces communautés n’ont pris aucune part ? » Interrogé sur l’exploitation du lithium, telle est la question que nous renvoie Roger Moreau, ancien militant du Larzac, installé depuis quelques décennies dans la province de Jujuy, dans le nord de l’Argentine, à l’épicentre de la ruée sur le lithium provoquée par le déploiement programmé des véhicules électriques.
Ici, les communautés qollas vivent sobrement de l’élevage de lamas et de brebis, d’extraction artisanale de sel, d’artisanat et du tourisme. Sur ces hauts-plateaux des Andes, à plus de 3.000 mètres d’altitude, l’entreprise canadienne LCS s’apprête à exploiter près de 180.000 hectares de lagunes et de salars, ces lacs de sels asséchés dont on extrait le lithium contenu dans les batteries d’ordinateur, de téléphone et de voitures électriques. Une batterie de Renault Zoe peut contenir 8 kg de lithium, une Tesla 15 kg (contre 300 g pour un vélo électrique).
« Tous les moyens sont bons pour maintenir le mode de vie des États-Unis et de l’Europe, qui, s’ils étaient généralisés, nécessiteraient trois à cinq planètes »
Bien qu’elles n’aient pas toutes de titre formel de propriété, les communautés locales sont en théories souveraines sur ces terres ancestrales collectives, et se prévalent des droits des peuples autochtones reconnus par l’Organisation internationale du travail (OIT) et par les Nations unies imposant le « consentement libre » des habitants avant tout projet. En 2019, après une série de pétitions, quelque trois cents personnes ont procédé à l’expulsion d’une équipe de forage venue commencer les travaux d’exploration. Les blocages routiers se sont succédé pour informer la population. « Au lieu de remettre en question un mode de développement responsable de nombreuses crises contemporaines et de désastres annoncés qui augmentent à vue d’œil », déclare l’Assemblée des communautés autochtones du peuple qolla de Salinas dans son prospectus sur le lithium, « tous les moyens sont bons pour maintenir le mode de vie des États-Unis et de l’Europe, qui, s’ils étaient généralisés, nécessiteraient trois à cinq planètes. L’extraction de lithium dans les salars est une catastrophe écologique, et non un simple désagrément qu’on pourrait compenser par des dons aux communautés ».

Chemetall Foote Lithium Operation, dans la Clayton Valley, à l’est de Silver Peak (Nevada), est l’unique mine de lithium des États-Unis d’Amérique.
Dans ces régions parmi les plus arides au monde, les mines de lithium évaporent à grande allure les rares ressources en eau. Sur le site d’Atacama, au Chili, les miniers prélèvent près de 200 millions de litres par jour. Le pompage de la saumure du sous-sol riche en lithium crée un vide qui fait migrer vers les profondeurs l’eau douce disponible. « Cette double perte d’eau abaisse le niveau de la nappe phréatique, assèche le sol et la végétation au détriment des animaux, des cultures et des gens », expliquent les Qollas. À quoi s’ajoutent les traitements au chlore et la dispersion dans les eaux des déchets de pompage mêlés à des solvants, qui détruisent des micro-organismes dont on ne sait pas grand-chose, sinon qu’ils sont les organismes vivants les plus anciens de la planète [1]. Or toutes les mines actuellement en production annoncent un doublement ou un triplement de leurs activités pour se positionner sur le marché du lithium, dont la demande pourrait croître de 18 % par an d’ici à 2025 [2].
Transférer aux métaux la demande de puissance qui reposait, depuis le début de l’industrialisation, sur les énergies fossiles
Le cas du lithium est emblématique du principe de la transition écologique, telle que le décrit la Banque mondiale dans un rapport de 2017 [3]. Pour nous assurer un avenir « bas carbone », il n’est manifestement pas question de revoir à la baisse le mode de vie des pays riches : tout l’enjeu va consister à transférer aux métaux la demande de puissance qui reposait, depuis le début de l’industrialisation, sur les énergies fossiles (charbon et pétrole). Compte tenu des technologies déployées — photovoltaïque, éoliennes, numérique et réseaux, véhicules électriques —, certains métaux sont particulièrement cruciaux : cuivre, argent, aluminium, nickel, terres rares… Et tout le paradoxe de la voiture électrique, deux fois plus polluante à produire que la voiture thermique, est contenu dans cette synthèse : « Les technologies qui pourraient permettre le passage à une énergie propre s’avèrent en réalité PLUS intensives en matériaux dans leur composition que les systèmes actuels fondés sur les énergies fossiles. (…) Pour le dire simplement, un avenir fondé sur les technologies vertes exige beaucoup de matières premières qui, si elles ne sont pas correctement gérées, pourraient empêcher les pays producteurs d’atteindre leurs objectifs en matière de climat et de développement durable. » En d’autres termes, les technologies vertes ne sont pas vertes, en grande partie parce qu’elles reposent sur l’industrie minière, réputée la plus polluante au monde [4].
Par exemple, pour compenser le poids des batteries des véhicules électriques, qui, s’il n’était pas contrebalancé, les rendrait trop énergivores, les constructeurs ont augmenté la part d’aluminium dans les carrosseries, jantes, boîtes de vitesse. Mais alors qu’une voiture particulière, dans l’Union européenne, contient déjà aujourd’hui en moyenne 179 kg d’aluminium, l’Audi e-tron, un SUV électrique, en enferme 804 kg ! Or la production d’aluminium consomme trois fois plus d’énergie que celle de l’acier, et que cette production est très émettrice de gaz à effet de serre (CO2 et perfluorocarbonés) [5]
Et pas seulement. Aurore Stéphant, ingénieur géologue minier pour l’association Systext, qui vient de lancer un programme de recherche sur les conséquences environnementales des « métaux de la transition », explique : « Pour obtenir de l’aluminium, la première étape est de mettre la bauxite en solution avec de la soude. On chauffe ensuite le précipité à 1.200 °C. Ce traitement est à l’origine de gigantesques digues de résidus : ces barrages, qui retiennent les déchets miniers liquides au creux des vallées, stockent donc l’équivalent des bidons de soude qu’on utilise pour déboucher les toilettes, mais à des concentrations encore supérieures. C’est ce qu’on appelle les “boues rouges”. Comme les autres digues de résidus miniers, elles cèdent régulièrement, avec des conséquences inimaginables. » En octobre 2010, sur le site de production d’aluminium d’Ajka, près de Kolontar, un barrage a rompu, provoquant la plus grave catastrophe de l’histoire de la Hongrie : un raz-de-marée de plus d’un million de mètres cubes de résidus a déferlé sur sept villages, un millier d’hectares de sols et 10 millions de m³ d’eau ont été contaminés, dix personnes sont mortes et près de 300 ont été grièvement brûlées à la soude. Au cours des dix dernières années, dans le monde, pas moins de quatre accidents de ce type se sont produits dans des mines de bauxite [6].

Image satellite du trajet de la coulée de boue du 4 octobre 2010 après la rupture de la digue de l’usine d’aluminium d’Ajka, en Hongrie.
200.000 creuseurs, dont des enfants privés de scolarité « payés un à deux dollars par jour »
Pour électrifier les véhicules, il faut aussi du cuivre. Il y en a quatre fois plus dans une voiture électrique (environ 90 kg) que dans une voiture à essence, sans compter l’infrastructure de recharge — une prise pouvant alimenter 120 véhicules en contient près de 100 kg [7]. Le problème du cuivre, c’est qu’on le trouve naturellement associé à de nombreux métaux, dont une bonne partie sont très toxiques, comme l’arsenic, le plomb ou le cadmium. Exploiter du cuivre implique donc de disperser ces autres métaux dans la nature sous forme de vapeurs, d’émissions de particules ou par le ruissellement des résidus. À ce problème s’ajoute le fait que les teneurs en cuivre, c’est-à-dire la quantité présente dans la roche, ont énormément baissé du fait de la surexploitation des gisements : rien qu’entre 1990 et 2008, elles ont été divisées par deux. Il faut donc extraire et traiter chimiquement des volumes toujours plus importants de roche pour l’extraire. Ainsi, les mines de cuivre accumulent des volumes toujours plus gigantesques de déchets, ce qui augmente d’autant les pollutions et le risque de rupture de digues chargées de boues toxiques, etc. Pour avoir une idée de l’ampleur de la production existante et des problèmes qu’elle pose déjà, il faut penser qu’on produit aujourd’hui, avant le boom des véhicules électriques, trois cents fois plus de cuivre que dans les années 1960 [8].
Outre le lithium, les batteries contiennent des cathodes de cobalt, dont plus de la moitié provient du Congo-Kinshasa, où il est exploité conjointement avec le cuivre. Depuis plusieurs années, le fameux « métal bleu » a été placé sous le feu des projecteurs par les ONG : une partie du minerai est extrait par quelque 200.000 creuseurs, dont des enfants privés de scolarité « payés un à deux dollars par jour », et revendu à des firmes chinoises qui assurent la majorité de l’affinage [9]. Fin 2019, à la suite de la mort de quatorze enfants, l’International Rights Advocates, à Washington, déposait une plainte visant plusieurs entreprises dont Apple, Alphabet (Google) et Tesla. Face à cette situation connue depuis plus d’une dizaine d’années, mais aussi à la suite du relèvement de la taxe sur l’extraction par le gouvernement congolais (passée de 3,5 à 10 %), les constructeurs tentent de diminuer la quantité de cobalt dans les batteries.
Pour en utiliser moins, Renault a ainsi choisi une technologie NMC (lithium-nickel-manganèse-cobalt) contenant moins de cobalt, mais très dépendante du lithium, du nickel et du manganèse. Mais, là encore, le problème est moins résolu que déplacé. Les approvisionnements sont sécurisés par le fait que le nickel provient de Nouvelle-Calédonie, colonie française et le manganèse du Gabon, ancienne colonie française, où il est exploité par Eramet depuis les années 1960. En revanche, l’extraction du manganèse a provoqué dans la région du Haut-Ogooué, dans l’est du Gabon, une situation sanitaire catastrophique. Dans un mémoire en gestion durable des mines réalisé pour l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement, Grâce Mélina Mengue Edoh Afiyo nous la décrit : « Depuis le début de l’exploitation à Moanda en 1962, tous les déchets miniers de l’exploitation du manganèse ont été rejetés dans la rivière Moulili par le fait du ruissellement des eaux de pluie. Ces déchets représentent une quantité absolument colossale, des millions de tonnes accumulées année après année dans cette rivière. (…) L’envasement de la Moulili a engendré la disparition totale de toute vie aquatique dans ce milieu. En effet, les poissons qui selon les populations y étaient abondants ont laissé place à une vaste étendue d’eau boueuse et nauséabonde [10]. » Les eaux de surface seraient polluées à l’acide sulfurique, au cyanure, au mercure et à l’arsenic, mais une partie de la population n’a d’autre choix que de continuer à les utiliser pour le trempage du manioc. Si Eramet a commencé à contenir ses résidus miniers dans des digues à partir de 2006, les boues toxiques continuent à ruisseler lors des fortes pluies et s’infiltrent dans les sols, faute de membranes au fond de certains bassins. Du fait de la déforestation, « il faut aujourd’hui faire plus de dix kilomètres pour aller chasser », constate l’auteure, et les quantités d’eau pompées « arrivent même à assécher des puits et des sources ». Qu’en sera-t-il après le boom des véhicules électriques ?
« Pour l’instant, le recyclage en boucle fermée des batteries lithium-ion en Europe n’existe pas »
Faut-il s’inquiéter des effets de cette demande croissante en métaux, qui, selon la Banque mondiale pourrait augmenter de 1.000 % pour les batteries électriques [11] ? Aucunement, assure le ministère de la Transition écologique sur un petit schéma destiné à inciter le grand public à acheter une voiture électrique, car « 80 % des batteries sont recyclables ». Les mots sont importants, et cette formulation ne doit rien au hasard : recyclables ne signifie pas recyclées. La directive européenne de 2006, en cours de révision, impose le recyclage de 50 % de la masse de la batterie. « Nous allons jusqu’à 70 % », assure Alain Le Gougenc, porte-parole du groupe PSA. Mais, sur une batterie de 300 à 600 kg contenant une bonne quantité d’acier et de plastique, les métaux les plus polluants sont-ils recyclés ? En tout cas, pas le lithium, trop peu cher à l’achat : « Les compagnies minières ont une politique de surproduction qui fait baisser le coût des matières premières, explique Alma Dufour, des Amis de la Terre. L’État pourrait imposer le recyclage du lithium, pourquoi ne le fait-il pas ? » « Pour l’instant, le recyclage en boucle fermée des batteries lithium-ion en Europe n’existe pas, constate Olga Kergaravat, ingénieure spécialiste des batteries à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). D’autant plus que, du fait du contexte concurrentiel très tendu entre fabricants, elles sont toutes différentes. Ce serait déjà plus imaginable si elles étaient standardisées… »
Faute de modèle économique pour le recyclage des métaux, qui nécessite en outre des techniques intensives et polluantes comme l’hydrométallurgie et la pyrométallurgie, la Société nouvelle d’affinage des métaux (Snam), en Aveyron, s’oriente vers le réemploi des batteries pour stocker de l’énergie, par exemple pour lisser les apports intermittents des énergies renouvelables. À ce jour, le projet n’est que timidement engagé, et pourtant, depuis des années, les analyses quantifiant les effets globaux des véhicules électriques sont d’autant plus optimistes qu’elles comptabilisent ces économies d’énergie dans leurs bilans. « Les VE (véhicules électriques) et leurs bornes de recharge peuvent par exemple être un maillon dans l’introduction des énergies renouvelables, le stockage stationnaire de l’énergie ou permettre des expérimentations avec des bâtiments à énergie positive, voire à l’échelle de quartiers », anticipe l’Ademe [12]. La perspective de ce « cercle vertueux » entre smart grids, compteurs communiquants et électromobilité a grandement contribué à la réputation de viabilité écologique des voitures électriques, de même que la promesse d’une « mobilité du futur » dans laquelle elles entreraient en synergie avec les plateformes d’autopartage en ligne et les véhicules autonomes. Le véhicule électrique et ses promesses sont en réalité fondées sur un programme plus général de numérisation des réseaux et des transports, qui seraient optimisés, comme par une « main invisible », par l’intelligence artificielle et le big data. C’est un projet de société qui se dessine. Et il est polluant.
Retrouvez le troisième et dernier volet de notre enquête
« Derrière la voiture électrique, l’empire des Gafam ».
Après cet article
Non, la voiture électrique n’est pas écologique
Notes
[1] Impacto socio-ambiental de la extraccion de litio en las cuencas de las salares altoandinos del Cono Sur, Observatorio de Conflictos Mineros de América Latina, Ocmal, , août 2018, p. 28 et 45.
[2] « En France, on n’a pas que des idées, on a aussi du lithium », L’Usine nouvelle 20/02/2019.
[3] « The Growing Role of Metals and Minerals in a Low-Carbon Future », Banque mondiale et Extractives Global Programmatic Support, 2017, p. 58. Les majuscules sont dans le texte original.
[4] Revue Z no 12, « Trésors et Conquêtes », 2018.
[5] L. Castaignède, Airvore ou la face obscure des transports, p. 194 ; Rapport de l’AEE, p. 16.
[6] « Chronology of major dam failures », Wise Uranium Project.
[7] OFI Asset Management, février 2018.
[8] La production de cuivre en 2015 était trois cents fois plus élevée que la production moyenne sur la période 1956-1965 (Bureau des ressources gépologiques et minières, BRGM).
[9] « La face honteuse du “métal bleu” », Akram Belkaïd, Le Monde diplomatique, juillet 2020.
[10] « Impacts de l’exploitation minière sur l’environnement et les collectivités locales dans la province du Haut-Ogooué : cas de la Comilog à Moanda (Gabon). » Mémoire de fin d’études pour l’obtention du master spécialisé, option : gestion durable des mines, 2010-2011.
[11] Ibid., p. 58.
[12] « Les potentiels du véhicule électrique », Les avis de l’Ademe, avril 2016, p. 10.
Précisions
Source : Celia Izoard pour Reporterre
Photos :
. chapô : Des creuseurs viennent séparer le cobalt de la roche et du sable dans un lac entre les villes congolaises de Lubumbashi et Kolwezi, en mai 2015 (© Federico Scoppa/AFP).
. lithium : Wikipedia (Doc Searls/CC BY 2.0)
. aluminium : Wikipedia (Jesse Allen — NASA Earth Observatory/CC0)












