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LE DESERT DES BARBARES : Les enfants dans le chaos

Par Le 26/08/2023

J'ai pleinement conscience que le chaos que j'entrevois atteindra les enfants, des milliards d'enfants.

Je ne suis pas indifférent à l'immense détresse que ça provoquera.

Je suis deux fois grand-père. Qu'adviendra-t-il pour ces deux petits ?

Dans l'écriture de la tétralogie, je l'ai mis en scène. 

 

 

LE DESERT DES BARBARES

CHAPITRE 45

« Pire qu'en 2002, pire qu'en 2014. »

Tout le groupe était réuni dans la grande salle à manger de la maison de Sophie et de Tristan. Ils avaient décidé d'un repas commun. Ils entendaient la pluie tambouriner sur le toit.

« C'est certain, Didier, on est bien au-dessus de ces années-là.

- Onze jours de déluge, tu imagines à Alès ?

- J'ai connu les deux inondations précédentes, le quartier du Pré-Saint-Jean et celui du Moulinet, deux-cents millimètres d'eau en six heures. Et là, ça fait onze jours que ça tombe. Je pense que toute la vallée est sous les eaux.

- Les anciens l'ont toujours dit. Construire comme ça en fond de vallée, c'est criminel. Tout est bétonné, les forêts rasées, les haies détruites, du goudron partout, les cours d'eau ne sont plus curés depuis des lustres, il n'y a plus de zones humides pour éponger, et c'est partout pareil. Enfin, bon, tout ça, on le sait.

- Ouais et c'est pour ça que j'ai toujours vécu en hauteur, expliqua Didier.

- Vous imaginez, intervint Sophie, si ce déluge, c'est sur toute la France, toute l'Europe ou même la planète entière ? Vous voyez à quoi je pense ? Vous n'avez pas un peu l'impression que ça fait beaucoup d’événements naturels ?

- La nature, la Terre, Gaïa ?

- Oui, Tristan. Une vague impression de quelque chose qui nous dépasse totalement. Comme une intention.

- Terrain glissant, tout ça, s’immisça Moussad. On entre dans la croyance et tu peux être certaine que des tas de sectes et de gourous ont saisi l'occasion pour prendre la parole et si l'humanité est en roue libre, certains voudront prendre le guidon. Et tout ce qui relève du paranormal sera du pain béni.

- Oui, tu as raison, reprit Sophie. Mais c'est tellement stupéfiant. Nous, ici, comme la plupart des survivalistes, on imaginait que les humains seraient les déclencheurs et les seuls responsables du chaos, des troubles sociaux, économiques, des conflits internationaux, des crises financières, des éléments essentiellement issus des humains. On savait que le dérèglement climatique allait ajouter à tout ça, que ça compliquerait encore les choses et puis les crises énergétiques viendraient achever le travail, enfin, on avait tous des scénarios qui se tenaient plus ou moins, des enchaînements progressifs, des niveaux de gravité, des tentatives pour sauver les meubles. Mais là, c'est toute la maison qui brûle d'un coup, humanité et nature dans un même mouvement. C'est ça qui est stupéfiant.

- Comme si les deux étaient liées », intervint Kenza.

Et tout le monde la regarda.

« Je pense qu'on est plusieurs à le penser, intervint David qui se remettait doucement. Ça en devient biblique cette histoire, l'apocalypse de Saint-Jean. Il s'agit de savoir qui jouera le rôle du sauveur, qui viendra enchaîner Satan pour mille ans.

- J'espère bien que personne ne laissera un soi-disant sauveur nous voler notre liberté et le retour à un monde plus sain, s'immisça Emma. Parce que je ne sais pas si vous y avez songé ces jours-ci mais l'arrêt de toutes les industries, des avions, des exploitations minières, l'arrêt de milliards de voitures, elle doit se sentir respirer notre chère Gaïa.

- Pour l'instant, elle se montre plutôt revancharde.

- Oui, Tristan. C'est tout à fait ça. Comme si la dégringolade de l'humanité lui redonnait du poil de la bête ! lança Didier.

- Il reste à savoir jusqu'où elle a l'intention d'aller.

- Vous voyez la vitesse à laquelle vous avez validé l'idée d'une volonté, d'une conscience, d'une intelligence à la planète ? C'est fascinant comme une idée irrationnelle peut convaincre, s'amusa Anne. Et moi la première ! J'aime beaucoup l'idée que la Terre ait une conscience et qu'elle ait décidé de participer au nettoyage.

- Vous oubliez tous une chose, intervint Louna. Ma mère est morte.

- Et mes parents aussi », ajouta Martha.

Et le silence tomba sur l'assemblée comme une chape de honte.

Les regards qui se cherchent comme dans l'attente d'une parole.

« Oui, vous avez raison toutes les deux. Et nous sommes tous désolés de la violence de nos propos, exprima Sophie. Nous nous sommes laissés emporter par ce moment convivial et nous n'avons pas mesuré nos paroles. Ça n'arrivera plus.

- Il y a sûrement aussi le fait que notre situation au regard de celle des zones urbaines nous prouvent combien nous avions raison, et ça nous donne une espèce de joie, de satisfaction personnelle, ajouta Tristan. Mais ça ne nous donne aucunement le droit d'oublier votre douleur à toutes les deux. »

Louna esquissa un sourire et prit la main de Martha, assise à ses côtés.

« Vous n'y êtes pour rien dans la mort de papa, maman. Et moi, je vous aime beaucoup. Parfois, je pense à ce monde, maintenant, je vous ai entendu parfois, c'est quoi mon avenir, papa et maman sont morts et moi je deviens quoi ? C'est quoi ma vie maintenant ? Je voulais voyager, je voulais voir les girafes en Afrique. L'école, mes copines, mes cours de piano, mes chiens, j'ai plus rien de tout ça. Vous, vous êtes heureux parce que vous avez réussi à bien vous préparer et même à vous défendre. Alors, c'est ça ma vie maintenant ? Pas du piano mais apprendre à tirer avec une arme à feu ? C'est ça le nouveau monde ? Je ne sais pas si vous imaginez pour moi ? Je ne veux pas vous faire de peine, je comprends que vous soyez heureux de votre réussite mais moi, c'est pas ce monde-là que je voulais connaître. »

Louna vit les larmes qui coulaient sur les joues de l'enfant. Tous la regardèrent se lever et personne ne trouva les mots.

« Je vais aller dormir et vous laisser discuter de votre monde. Mais je vous aime beaucoup quand même. »

Elle balaya l'assemblée de ses yeux tristes. Elle posa un baiser dans sa paume et souffla dessus.

Et ce fut comme si les mots de Martha volaient dans les airs, glissaient contre les murs, flottaient sous le plafond, ruisselaient dans les esprits, comme des effluves âcres, entêtants, insoumis.

Ils avaient ignoré Martha, ils l'avaient reléguée en arrière-plan. Ils s'étaient contenté de laisser Louna jouer un rôle de grande sœur, unies par leur deuil. Et à Tian de veiller sur elles deux.

Ils vivaient depuis trop longtemps dans l'attente du grand chambardement pour avoir encore accès à l'émotion d'une enfant, depuis trop longtemps dans une projection future pour saisir la réalité de l'instant et ils comprirent tous à quel point leur sensibilité, leur empathie, leur ouverture, tout ce qui contribue à élever l'humain avait été étouffé par l'immensité de leur projet et sa réalisation. Ils comprirent tous que cette quête de liberté avait cloisonné leurs cœurs.

Sophie se leva et quitta la pièce, les yeux baissés, sans un mot. Tristan vit qu'elle prenait la direction de la chambre de Martha.

Mortalité animale routière

Par Le 26/08/2023

Ici, dans la Creuse, il y a encore, pour l'instant, des forêts immenses, des espaces naturels traversés par des petites départementales, souvent étroites (il n'y a quasiment jamais de peintures au sol pour séparer les chaussées). Il nous arrive souvent, lorsque nous sommes sur une hauteur, une colline dégagée, avec un horizon ouvert, de réaliser qu'il n'y a aucune trace humaine visible. Pas de routes, pas de lignes électriques, aucune habitation, aucun bruit humain. On sait par conséquent qu'autour de nous la faune est présente et nombreuse. 

Très souvent les forêts bordent les routes et bien évidemment, ces forêts sont habitées : chevreuils, biches, cerfs, sangliers, renards, blaireaux...)

Hier, en rentrant à la maison, deux chevreuils ont traversé devant la voiture. Ils ont jailli du bois et en deux bonds, ils étaient de l'autre côté. Trois ou quatre secondes plus tôt et l'impact aurait été quasiment inévitable.

C'est fréquent ici et les locaux ont pour beaucoup déjà connu des accidents avec des animaux.

Bien que j'aime beaucoup la vitesse à vélo et qu'il m'arrive de dévaler les descentes à soixante kilomètres heure (83 km/h dans la descente du col de la Madeleine en Savoie), ici, j'ai réduit la voilure et je suis extrêmement vigilant. J'ai déjà percuté une biche en Savoie, j'étais à VTT, dans une descente, je suis passé par dessus le guidon et je suis tombé sur la tête, la nuque tournée d'une façon que je ne pensais même pas possible. J'ai mis plusieurs minutes à m'en remettre. L'écran de mon téléphone portable en miettes, il était dans une poche de mon maillot. (depuis, il est dans une pochette). La fourche du vélo pliée... Inutilisable. J'ai traîné mon VTT pendant une heure jusqu'à une route départementale où j'ai arrêté une voiture. Minerve pendant un mois et de multiples examens. 

Il n'en reste pas moins que c'est moi qui traversais la forêt où vit cette biche. Elle n'est pas venue me percuter dans mon garage ou sur la terrasse de la maison. J'étais sur son territoire.

Il faut donc imaginer que toutes nos routes sont des plaies, des blessures, des obstacles, et que c'est incompréhensible pour les animaux. C'est nous qui avons tracé des voies mortelles.

 

Mortalité animale due aux véhicules

 

Les grands carnivores (loups, lynx et grizzly) ainsi que les animaux lents (ex : tortues et salamandres) sont particulièrement victimes de la mortalité routière.

Les amphibiens comptent parmi les espèces les plus touchées par la mortalité routière (jusqu'à plus d'une centaine d'individus par nuit et par point de passage, là où leurs itinéraires de migration printanière entre les zones d'hivernage et les zones de ponte croisent nos voies de circulation). Les écoducs destinés à leur permettre de traverser à moindre risque sont dits batrachoducs ou crapauducs.

La mortalité animale sur les routesa est la conséquence de collisions de la faune avec des véhicules. Elle concerne de nombreuses espèces : grands et petits mammifères, oiseaux, amphibiens, insectes, etc.

Contexte

Les animaux sont souvent tués sur les routes pendant qu'ils s'alimentent ou se déplacent1. C'est une menace importante pour la biodiversité2.

En 1920, alors que les véhicules en circulation étaient moins nombreux et plus lents, Joseph Grinnell écrivait aux États-Unis : « Ce roadkilla est une source relativement nouvelle de mortalité ; et si l'on devait estimer le kilométrage du total de ces routes dans l'État, le taux de mortalité doit s'élever à des centaines, voire des milliers de cas toutes les 24 heures3. » La situation s'est depuis aggravée dans la plupart des régions du monde, en raison de l'augmentation conjointe de l'extension du réseau routier, du nombre de véhicules motorisés, de la vitesse moyenne des véhicules et du kilométrage parcouru par chaque conducteur.

C'est l'une des formes de fragmentation des habitats naturels par les réseaux de transport et l'une des principales causes du déclin de certaines espèces2, carnivores y compris4.

Chaque année en Europe, plus de 220 millions d'animaux sont tués sur les routes, provoquant notamment des dizaines de millions d'euros de préjudice pour les propriétaires des véhicules accidentés5.

Impacts économiques et sur la sécurité routière[modifier | modifier le code]

afficherCette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2022). 

Les collisions accidentelles de véhicules avec la faune ont des conséquences sur la biodiversité, sur l’économie et sur la sécurité routière. Dans les pays pauvres, où les bovins, ovins et équidés, ainsi que de nombreux chiens et chats se déplacent le long de routes parfois très encombrées, nombre de ces animaux domestiques sont aussi blessés ou tués par des véhicules. Des accidents peuvent arriver à n’importe quel conducteur, même expérimenté et prudent. Au Canada, environ 1,6 % du total des collisions (cette proportion étant considérablement plus élevée sur certaines routes à trafic conséquent traversant des zones boisées, comme dans certains parcs et réserves naturelles). Le réseau routier rural a été amélioré depuis les années 1970, permettant de circuler avec une sécurité accrue mais parfois plus vite, ce qui accroît le risque de collisions avec les grands animaux. L’obstacle qu’ils représentent surgissant d’une façon imprévue, la vitesse moyenne plus élevée rend leur évitement difficile et le choc plus dommageable.

Animaux impliqués

Les crapauds sont protégés de la plupart des prédateurs par la toxicité de leur mucus, aussi ne craignent-ils pas les espaces découverts, dont les routes, ni les voitures. Ils sont, de plus, desservis par leur lenteur. Sur leurs axes de migrations, les crapauds meurent par dizaines à centaines (ici Bufo valliceps, d'Amérique centrale).

La quasi-totalité des espèces animales est concernée par la mortalité routière, mais la typologie varie selon les régions. Les espèces les plus vulnérables sont les animaux :

lents ou peu capables d’éviter les véhicules ;

protégés (ou se croyant protégés) par :

des piquants (porcs-épics, hérissons),

une carapace (tatous, tortues terrestres6,7, sauriens),

la toxicité de leur organisme (crapauds, salamandres),

une capacité à injecter du venin ou à inspirer de la crainte à d'autres espèces (serpents)8,9 ;

les grands herbivores, qui doivent pâturer sur de vastes étendues et qui, pour certaines espèces de zone tempérée, migraient autrefois du nord vers le sud chaque hiver (ex : rennes, élans) ; plus près des pôles, ces migrations saisonnières restent vitales pour ces espèces ;

les grands et moyens carnivores (loups, ours, lynx, gloutons, pumas, ocelots, chat sauvage d'Europe, etc.) ont généralement de vastes territoires de chasse à parcourir, et ils doivent parfois migrer avec leurs proies ;

les petits carnivores (renards, loutres, fouines, belettes, putois, etc.) qui prospectent de vastes territoires ;

les animaux à vaste territoire dont l’habitat régresse fortement. Exemple :

la population relique d’ours des Pyrénées en France, confinée sur moins de 0,1 % de son ancien territoire ; ainsi Franska achetée en Slovénie a été tuée sur la RN21, alors qu'elle pesait 120 kilogrammes, le jeudi 9 août 2007, un an après son introduction dans les Pyrénées10. Cet accident a eu lieu avec un véhicule militaire, après que l'ourse a été percutée par un premier véhicule. Le véhicule militaire, une Renault Kangoo, ayant tué Franska était conduit par un sous-officier du 1er régiment de hussards parachutistes, entre 6 heures et 6 heures 30, à 5 km au sud de Lourdes sur la commune de Viger. Cet accident a eu lieu en pleine polémique entre les habitants de la région et les défenseurs de la réintroduction d'ours en France, quant au comportement particulier de l'ourse qui tendait à descendre dans les plaines et à s'attaquer à des moutons d'élevage (« ours à problèmes »)11,12. En Slovénie vingt ours sont percutés chaque année sur des routes comme en France les sangliers et les cervidés13.

Les chiens ou, ici, les chats, sont de fréquentes victimes aux abords des zones habitées.

le grizzly confiné sur moins de 2 % de son territoire aux États-Unis ;

et tous les animaux qui doivent traverser beaucoup de routes, en particulier ceux qui longent les cours d'eau.

Des animaux semi-domestiques sont également régulièrement écrasés ou blessés (dont chats et chiens).

Collisions avec les insectes

Article détaillé : Effet pare-brise.

Un casque de moto constellé d'insectes, après un trajet fait à l'été 2008.

Il n’existe que très peu d’informations sur la mortalité des insectes due aux chocs avec les automobiles ou les blessures que les turbulences des véhicules rapides peuvent induire sur ces espèces.

Les insectes morts ou agonisants les plus facilement retrouvés sur les bords de route sont les papillons et, dans les zones humides, les libellules, car ils sont de plus grande taille, colorés et facilement visibles. Ils sont aussi plus « lourds » (ce qui les fait retomber sur la chaussée ou le bas-côté), mais un nombre bien plus grand de petits insectes restent collés aux véhicules ou sont emportés par le vent et les turbulences sur les bas-côtés14.

De nombreux insectes meurent aussi non pas du choc, mais de la violence de l'effet de souffle, ailes ou tendons désarticulés[réf. souhaitée].

En France, une évaluation réalisée à partir de comptages faits dans la région de Fontainebleau en 1990 a donné les résultats suivants : 60 billions (60 × 1012) d'insectes meurent dans un choc contre un véhicule chaque année en France et il y aurait plus de 100 tonnes de cadavres d'insectes (plus gros que ceux qui restent collés sur les véhicules) le long de nos routes.

On ne sait pas quelle est la part de ces insectes par rapport à la masse totale d'insectes qui circulent sur et au-dessus des routes (soit sur 1,2 % du territoire environ), ni quel est l'impact sur l'écologie des populations de ces insectes et de celles qui dépendent de ceux-ci pour leur survie…

Jean-Pierre Chambon, auteur de cette étude, a aussi montré qu'en été, la période de la journée au cours de laquelle les insectes sont les plus vulnérables se situe dans la tranche horaire 13-18 h. Il en est également ressorti que la mortalité est plus élevée en zone boisée qu’en zone cultivée ou urbaine.

Cette étude n’a pas été mise à jour depuis 1990. Or le nombre de routes et le flux de véhicules ont fortement augmenté depuis cette date. Beaucoup de populations d’insectes, papillons diurnes notamment, ont fortement régressé. En théorie, les études d’impacts devraient mieux étudier ces questions, y compris pour des trains de type TGV ; pour produire des mesures compensatoires et pour mieux tenir compte de la diversité des situations (environnement biogéographique, nature et couleur des routes, nature des accotements et leur gestion, nombre, vitesse et type de véhicules, etc.), mais ce problème a été peu traité.

Les données de 1990/1991 ont permis les évaluations suivantes : compte tenu de l’évolution du réseau routier et du parc automobile :

plus de 66 000 milliards d’insectes peuvent être tués chaque année par collision directe avec les voitures en France,

à ce chiffre il faut ajouter environ 40 tonnes par an d’insectes tués et projetés sur les bas-côtés,

ce chiffre, compte tenu de la disparition et du renouvellement des cadavres, peut être multiplié par quatre ou cinq pour l’année ce qui représente 120 à 200 t/an de matière animale déposée.

Jean-Pierre Chambon rappelle qu’on ne sait pas ce que ces chiffres représentent par rapport au nombre et à la masse des insectes vivants et que la surface des routes où s’opère cette destruction (6 500 km2) ne représente qu’environ 1,2 % de l’ensemble du territoire français (550 000 km2), inscrits dans 8 % du territoire artificialisé ou urbanisé15.

Bien qu'il ne s'agisse stricto sensu de mortalité routière, les trains peuvent tuer des insectes et autres animaux qui tentent de traverser les voies.

La mortalité varie selon le trafic, l'heure du jour ou de la nuit, la densité des populations d’insectes (et donc le contexte agro-écologique, l'altitude, les microclimats, etc.), le niveau d’activité des insectes (variant selon la saison, le climat, le lieu, la pollution lumineuse, la lune), et l’état physiologique des insectes. On a montré14 dans certaines zones un nombre fortement accru de libellules et papillons tués le dimanche, en raison d’un afflux supplémentaire de visiteurs sur les routes traversant ou bordant les milieux naturels.

Entre 1989 et 2013, la quantité d’insectes tués par les véhicules routiers a diminué de 80 % en Allemagne, à la suite de la diminution globale du nombre d’insecte due à l’usage de pesticides. Les oiseaux qui s'en nourrissent ont ainsi perdu les quatre cinquièmes de leur alimentation. La cause de cette chute est incertaine, les néonicotinoïdes n'en expliquant qu'une part16.

Article détaillé : Déclin des populations d'insectes.

Collision avec les amphibiens

Les salamandres sont protégées de leurs prédateurs par des glandes à toxines et des couleurs d'alerte (jaune et noir, comme chez les abeilles et guêpes)… qui ne leur sont d'aucune utilité face aux véhicules.

Article détaillé : déclin des populations d'amphibiens.

Lors des migrations annuelles vers le lieu de reproduction, les crapauds, grenouilles et tritons subissent de véritables hécatombes, avec parfois des milliers de cadavres sur quelques centaines de mètres de routes. On a expérimentalement montré par ailleurs que la plupart des amphibiens sont par ailleurs attirés par les lampadaires (souvent en bord de routes). De nombreux crapauds utilisent des zones dégagées pour leurs migrations vers l'eau. En Australie un crapaud (Bufo marinus) utilise même volontiers la route elle-même comme « corridor de dispersion »17.

Après la sortie de l’eau (parfois forcée par la sécheresse), les mortalités sont plus discrètes. Les jeunes amphibiens sont alors très vulnérables (90 % vont rapidement mourir). Ceux-ci meurent déshydratés en quelques minutes sur le bitume ou sur le béton sec.

Collision avec les oiseaux

Certains oiseaux peuvent avoir une fausse impression de sécurité sur de larges espaces dégagés.

Article détaillé : Collision d'oiseau.

Toutes les espèces d’oiseaux sont concernées, mais en particulier les espèces migratrices et celles dont le terrain de chasse se trouve à proximité de routes ou de terrains d'aviation.

Les oiseaux qui sont nés près d’une route semblent mieux en « apprendre » les dangers et les oiseaux chanteurs tendent à s'éloigner des routes bruyantes.

Ce sont les rapaces nocturnes, qui lorsqu'ils sont éblouis par les phares ou luminaires alors qu'ils chassent de nuit, semblent le moins bien éviter les véhicules. Ainsi observe-t-on une forte surmortalité des rapaces nocturnes (chouettes, hiboux) le long des routes à proximité de leurs habitats18. Ils sont bien plus nombreux à mourir de collisions que les rapaces diurnes, alors que les véhicules sont bien plus rares sur les routes la nuit.

Ce phénomène s'ajoute aux collisions d'oiseaux sur les vitres et superstructures, de jour, mais surtout de nuit, en raison de phénomènes généralement regroupés sous l'expression « pollution lumineuse ».

Les rapaces diurnes sont également parfois victimes de collisions, après avoir été attirés par des rongeurs blessés ou morts sur ou près de la route dont les bas-côtés sont souvent des espaces dégagés qu'ils apprécient pour chasser de petits mammifères.

Collision avec les mammifères

Cervidés et sangliers comptent parmi les victimes les plus fréquentes de collisions routières.

À l'aube et au coucher du Soleil, le risque de collision avec les mammifères semble plus élevé.

La mortalité routière était l'une des premières causes de mortalité des écureuils roux dans l'Île de Wight. Des ponts suspendus entre les arbres, au-dessus des routes, ont été testés, avec efficacité semble-t-il.

La collision avec un véhicule est l'une des premières cause de mortalité du blaireau européen en Europe de l'Ouest.

En l'absence d'écoducs, une première mesure est d'apposer des panneaux alertant les conducteurs (ici, en Australie, du risque de collision avec de grands animaux, dont avec des dromadaires, espèce introduite qui s'est rapidement reproduite en l'absence de prédateurs locaux).

On manque de données chiffrées pour les petits mammifères (hormis quelques études très ponctuelles et/ou portant sur les hérissons, les loutres ou les écureuils), mais de nombreuses données existent concernant les espèces dites « grands gibiers » ou quelques espèces suivies par colliers émetteurs (ours, loutres, lynx). Elles sont à l’origine de la création des premiers passages à faune (écoducs).

Dans les pays où les plans et quotas de chasse ainsi que l'agrainage ont permis aux populations de sangliers et ongulés de fortement croître depuis les années 1970, et alors que le nombre de véhicules augmentait fortement, la croissance du nombre de collisions entre véhicules et ces animaux est très nette. C'est notamment le cas en France, où selon l'ONCFS, le sanglier, puis le cerf et le chevreuil représentent 99 % du total des grands animaux heurtés par des véhicules (les autres espèces ne concernant qu'environ 1 % des collisions)19 :

le nombre annuel des collisions estimées est passé de 3700 en 1997 à 23500 en 2007 (multiplié par 6,3 en 20 ans),

le coût de ces accidents (sans parler des « coûts humains ») a été évalué à 115-180 millions d'euros, soit trois à cinq fois le total des indemnisations agricoles liées aux dégâts du gibier,

grâce aux panneaux de signalisation et aux progrès en matière de sécurité (ceinture obligatoire, pare-chocs plus performants, freins avec ABS, airbags, etc.), des dégâts corporels ne sont en France provoqués que dans 2 % des collisions, et celles-ci sont une faible part des causes directes d'accident de la route, mais ils constituent 30 % du coût économique évalué des accidents. Les corridors écologiques canalisant mieux ces animaux vers des écoducs devraient réduire ces risques, mais ils sont encore peu nombreux.

Collision avec la grande faune

La collision, même à une vitesse raisonnable, avec un animal dont le poids peut dépasser 100 kg, ne peut qu’entraîner des dégâts matériels importants pour le véhicule et corporels graves pour ses occupants.

Les manœuvres d’évitement d’un animal qui traverse la route devant un véhicule peuvent également être à l’origine d’accidents. Mais en dehors des accidents graves, il existe un nombre important de collisions qui ne sont pas signalées pour diverses raisons dont la principale est la certitude de ne pas être dédommagé. On estime en effet que les collisions avec la grande faune ne sont signalées que dans 50 % des cas. Certains avancent même le chiffre de 25 %.

En France, la fréquence des accidents entre ces trois catégories se répartit comme suit : Chevreuils 50 %, Sangliers 45 %, Cerfs 5 %.

La gravité du choc dépend de la masse de l’animal, de la vitesse du véhicule, à laquelle il faut ajouter celle de l’animal s’il courait et arrivait de front. L'énergie cinétique croît en effet avec le carré de la vitesse20. Une collision avec un orignal est parfois mortelle, même à vitesse réduite : l'animal, pouvant peser jusqu'à 700 kg, est haut sur pattes, ce qui fait que son corps va traverser le pare-brise et s'écraser sur les occupants du véhicule21.

La probabilité de rencontre dépend de plusieurs paramètres, et tout d'abord des populations de gibier. Or, depuis la réalisation de cette enquête (1985), l'augmentation des populations de gibier a été forte (multipliées par quatre environ).

Mais cette probabilité de rencontre dépend également de la circulation automobile. Celle-ci a été multipliée par deux environ entre 1985 et 2001 (pour le trafic national). Ainsi la combinaison de ces deux facteurs conduit à une multiplication potentielle par huit du nombre des accidents.

En 1985, l’estimation du nombre des collisions était de 11 000. En 2001, on estime à 100 000 les collisions entre véhicules et grande faune, dont 45 000 pour les seuls sangliers. Ce chiffre intègre toutes les collisions avec ou sans dégâts corporels.

Grâce aux progrès techniques (véhicules équipés du système de freinage ABS, meilleure solidité, etc.), la plupart des accidents ne se traduisent que par de faibles dégâts et ne provoquent pas de morts ou de blessés humains.

Cependant, d’autres accidents sont simplement dus à une manœuvre d'évitement et ne sont pas toujours comptabilisés en collisions (il peut aussi s’agir d’oiseaux, de lièvres, lapins, chiens, chats, etc.). Cette estimation globale reste faible : 4 % environ des 2,3 millions d'accidents recensés par les compagnies d'assurance. Son impact est cependant perceptible dans l'opinion publique.

Collision avec les petits mammifères

Elles sont plus discrètes et peut-être plus rares avec les très petits mammifères qui semblent ne pas s'aventurer sur les routes. Certaines espèces (écureuil) y sont cependant vulnérables.

Impact sur des espèces menacées

À titre d'exemple, en Tasmanie où il n'y a que 5,25 hab/km2, plus de 100 000 animaux par an sont écrasés sur les routes. Selon le Dr Alistair Hobday, un chercheur australien travaillant sur le sujet, 1,5 à 2 % des diables de Tasmanie (espèce en forte régression) meurt ainsi tous les ans22, ce qui est une cause importante d’affaiblissement de leurs populations.

Les collisions chez les mammifères semi-aquatiques tels que la Loutre d'Europe ou le Vison d'Europe peuvent menacer la survie des populations23 : les ponts ne sont en général pas adaptés au franchissement de ces espèces qui sont contraintes de traverser de nombreuses routes24.

Conscience animale

Par Le 26/08/2023

Mon âme est celle d'un animal. Voilà où j'en suis. 

J'ai pleinement conscience que mes derniers articles peuvent interpeler, voire choquer. Que je considère que l'effacement de l'humanité ne soit pas un problème mais une délivrance est une position extrême que je conçois. Mais personne n'a idée de la souffrance qui est mienne au regard de la dévastation du Vivant. Une douleur physique, une souffrance psychologique, le ventre broyé, les viscères retournées, mon esprit ravagé, anéanti, démembré. Je ne peux plus regarder la photo d'un animal en souffrance. Je me protège pour ne pas sombrer. Cette certitude que la mort inutile et provoquée d'un animal est tout autant la mienne. il y a en moi une âme animale et tout ce qui touche à leur survie me consume. 

Est-ce que les animaux ont une conscience ?

 

https://www.planeteanimal.com/est-ce-que-les-animaux-ont-une-conscience-2281.html

 

Par Antoine Decrouy. Actualisé: 4 juillet 2018

Est-ce que les animaux ont une conscience ?

Image: mieux-vivre-autrement.com

"Regarde ton CHIEN dans les yeux et tu ne pourras pas dire qu’il n’a pas d’âme." Victor Hugo

Sur ce terrain philosophique pentu nous vous souhaitons la bienvenue, la question de la conscience est une interrogation qui tracasse l'être humain depuis bien des années et depuis encore plus de lunes. Se connaître soi-même et comprendre d'où nous viennent ce que nous appelons émotions, désir et pensées, fait partie des grands désirs de l'être humain. C'est en apprenant à se connaître soi-même que l'on connaît mieux les autres et c'est en en apprenant sur les autres qu'on apprend à se connaître. Ce raisonnement est-il applicable pour nos amis les animaux ? Qu'est-ce que la conscience ? Nos amis les animaux ont-ils une conscience ? Dans ce nouvel article Est-ce que les animaux ont une conscience de PlaneteAnimal nous nous efforcerons à répondre à toutes ces questions en vous faisant embarquer à bord du bateau de la philosophie pour vous faire naviguer sur les flots de la pensée afin qu'à la fin de cet article, ensemble, nous puissions répondre à la question : Est-ce que les animaux ont une conscience.


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Index

L'âme et la conscience selon Aristote

Les procès animaliers du Moyen-Âge

La thèse Cartésienne

Le texte de Voltaire contre la thèse Cartésienne sur la conscience des animaux :

Charles Darwin et la théorie de l'évolution :

Thomas Henry Huxley

Est-ce que les animaux ont une conscience ?

L'âme et la conscience selon Aristote

À cette époque âme n'avait pas le même sens qu'on lui attribue aujourd'hui, selon Aristote une âme est la forme d'un être vivant, elle n'est en aucun cas séparée de la matière, certains traducteurs traduisent l'âme d'Aristote comme : souffle de vie. En définitive, on pourrait définir l'âme selon Aristote comme : « l'acte premier d'un corps organisé. »

Aristote distingue trois types d'âmes :

L'âme végétale qui possède des facultés nutritive et qui possède tout le nécessaire afin de grandir et se reproduire. "

L'âme animale n'est pas la même que l'âme du végétale car elle est dotée d'une capacité de sentir.

L'âme humaine se caractérise par sa capacité à connaître.

Il nous semble intéressant de commencer notre réflexion sur la conscience animale en vous présentant de quelle manière nos amis poilus étaient considérés par un des plus grands philosophes de tous les temps.

Les procès animaliers du Moyen-Âge

Le Moyen Âge était la scène de nombreux procès à l'égard de bien des animaux.

Pour qu'un animal soit amené devant les tribunaux il fallait qu'ils soient accusés de nuire aux hommes, ces dites nuisances pouvaient aller du simple vol, à la dévastation d’une récolte et même jusqu'au meurtre anthropophage dont sont accusés bon nombre de porc. Ainsi, on retrouve un nombre incalculable de procès incriminant toutes sortes d’animaux : cochons, chevaux, taureau, fourmis, tourterelle. Ces procès à l’encontre des animaux n’étaient pas une caractéristique spéciale de la France, en effet, on retrouve des traces de procès fait aux animaux en Allemagne, Suisse, Brésil, Canada, Espagne, Italie etc…

Le premier procès dont on a connaissance est le procès d’un cochon qui a chargé la monture du fils du roi si fort que dans sa chute, ce dernier se brisa les os et mourut. Ainsi, en 1350 une ordonnance a été proclamée pour condamner les errances des cochons dans les rues de la capitale. Les sanctions pouvaient aller d’une amende pour le propriétaire du cochon à l’exécution de l’animal. Le cochon responsable de la mort du fils du roi a été emprisonné et ensuite exécuté. On relève environ 13 procès contre ces animaux qui s’échelonnent du XV au XVII ème siècle. Les chiens sont moins passés sur le banc des accusés, cependant, on a quand même retrouvé le procès d’un chien en date du 17 novembre 1793.

Le dernier animal jugé en France était un âne que l’on a condamné à mort pour avoir mordu sa maîtresse.

L’animal qui a subit le plus de procès durant toute cette période est indéniablement le chat noir qui était associé aux actes de sorcellerie fortement réprimandés au Moyen âge.

Il est intéressant de voir qu’à cette époque les animaux étaient jugés de la même manière que les humains, ce qui nous amène à nous demander, les animaux étaient-ils plus considérés dotés de conscience à cette époque qu’à la nôtre ?

Continuons ensemble notre voyage au travers de notre perception de la conscience animale.

Est-ce que les animaux ont une conscience ? - Les procès animaliers du Moyen-Âge

Image: rtl.fr

La thèse Cartésienne

Au XVI ème siècle René Descartes établit sa thèse cartésienne sur laquelle se base le concept de "Je pense donc je suis". Dans la suite de cet article Est-ce que les animaux ont une conscience, nous allons voir comment cette phrase que tout le monde connait a influencé énormément la perception de la société sur les animaux.

Reprenons pas à pas l'idée originelle qui se dissimule derrière cette thèse. Avec cette phrase, Descartes explique que nous avons nos propres idées mais que nous n'avons pas accès aux pensées d'autrui. Et si le simple fait de penser fait de nous un être, comment être sûr que les autres personnes ne soient pas des automates si nous n'avons pas accès à leurs pensées ? Nous ne pouvons pas, il serait donc logique que toutes les autres personnes soient des automates, cependant, Descartes affirment que la parole humaine est une preuve irréfutable de la manifestation de la pensée d'autrui. Toujours selon Descartes afin de s'assurer que ce corps animé qu'il voit devant lui ait une âme, il faut absolument qu'il puisse parler.

L'animal machine

Pour appliquer ce raisonnement aux animaux il est important de dire que selon Descartes les animaux ne nous communiquent pas de pensées. Selon lui, les animaux ne nous communiquent qu'une série de sons qui sont plus des réponses automatisées qu'une réelle pensée, par exemple, les cris de douleur des animaux ne sont absolument pas une manifestation consciente car il s'agit plutôt d'une réponse automatisé. Selon lui, rien ne prouve que les animaux ne soient pas des machines, tout comme rien ne prouve que les animaux ne pensent pas étant donné que "l'esprit humain ne pénètre pas dans leur cœur". Étant donné que rien dans le comportement des animaux ne nous permet de leur attribuer des pensées, ces derniers n'auraient donc pas de conscience, ainsi naît la première différence capitale entre les animaux et les humains, selon Descartes l'être humain aurait une âme jointe à son corps.

Malebranche (un disciple de Descartes) alla jusqu'à battre son chien afin de mettre en parallèle les cris du chien et le son d'une horloge.

Il n'est pas dénué de sens d'essayer de pousser un petit peu plus la réflexion sur l'évolution de l'animal machine qui dans la société de consommation a fini par devenir un animal qui n'est plus qu'une marchandise.

Est-ce que les animaux ont une conscience ? - La thèse Cartésienne

Image: blogs.nelson.wisc.edu

Le texte de Voltaire contre la thèse Cartésienne sur la conscience des animaux :

Afin de prouver que ce que peut penser une personne à une époque précise n'est pas forcément le reflet de ce que tous les intellectuels de l'époque pouvait penser nous avons choisi de vous proposer un texte intitulé Bête de Voltaire :

“Quelle pitié, quelle pauvreté, d'avoir dit que les bêtes sont des machines privées de connaissance et de sentiment, qui font toujours leurs opérations de la même manière, qui n'apprennent ni ne se perfectionnent en rien Quoi ! cet oiseau qui fait son nid en demi-cercle quand il l'attache à un mur, qui bâtit en quart de cercle quand il est dans un angle, et en cercle sur un arbre ; cet oiseau fait tout de la même façon ? Ce chien de chasse que tu as discipliné pendant trois mois n'en sait-il pas plus au bout de ce temps qu'il n'en savait avant tes leçons ? Le serin à qui tu apprends un air le répète-t-il dans l'instant ? n'emploies-tu pas un temps considérable à l'enseigner ? n'as-tu pas vu qu'il se méprend et qu'il se corrige ?(...] Porte le même jugement sur ce chien qui a perdu son maître, qui l'a cherché dans tous les chemins avec des cris douloureux, qui entre dans la maison, agité, inquiet, qui descend, qui monte, qui va de chambre en chambre, qui trouve enfin dans son cabinet son maître qu'il aime, et qui lui témoigne sa joie par la douceur de ses cris, par ses sauts, par ses caresses. Des barbares saisissent ce chien, qui l'emporte si prodigieusement sur l'homme en amitié,- ils le clouent sur une table, et ils le dissèquent vivant pour te montrer les veines mésaraiques. Tu découvres dans lui tous les mêmes organes du sentiment qui sont dans toi. Réponds-moi, machiniste, la nature a-t-elle arrangé tous les ressorts du sentiment dans cet animal, afin qu'il ne sente pas ? A-t-il des nerfs pour être impassible ? Ne suppose point cette impertinente contradiction dans la nature.

Charles Darwin et la théorie de l'évolution :

Comme nous l'avons expliqué, beaucoup de personnes n'étaient pas d'accord avec ce concept de l'animal machine mais ce concept est resté fermement planté à la tête du concept de la conscience animale durant presque deux siècles et il faudra attendre le courant porté par Darwin afin mettre à mal le concept d'animal machine.

Charles Darwin est le naturaliste qui a bouleversé le monde des croyants en publiant sa théorie de l'évolution. Parler de l'intégralité de sa théorie serait bien trop long et fastidieux, c'est pourquoi nous nous intéresserons spécifiquement à la partie qui a renversé le concept d'animal machine cartésien. Afin que la théorie de l'évolution de Darwin ait du sens d'un point de vue logique et scientifique, il fallait absolument attribuer une vie interne et mentale aux animaux. Darwin considère qu'il y a une différence entre humain et animaux mais que cette différence ne se base pas sur une nature différente mais sur un degré différent. C'est à dire que selon Darwin il y aurait quelque part plusieurs niveaux de conscience que l'on pourrait mesurer en degrés, l'homme étant au plus haut degrés d'intelligence et de conscience.

Georges Romanes dans son livre Animal Intelligence met à mal la thèse cartésienne en expliquant que le langage articulé n'est pas la seule manifestation de la conscience qui permettrait de savoir que l'autre n'est pas un automate. En effet, selon lui, le fait que les animaux soient capables de s'adapter et d'apprendre est un clair signe d'une vie interne.

Avec la thèse de Darwin, l'homme redevient un animal avec un haut degrés de conscience, certes, mais un animal tout de même. Nous vous laissons imaginer la bombe qu'une telle idée a été à cette époque tout particulièrement chrétienne.

Est-ce que les animaux ont une conscience ? - Charles Darwin et la théorie de l'évolution :

Image: agoravox.fr

Thomas Henry Huxley

Thomas Henry Huxley est un biologiste, paléontologue et philosophe anglais, en rapport avec l'article que nous sommes en train d'écrire, nous nous intéresserons tout particulièrement à un des concepts qu'il a créé en philosophie : Épiphénoménisme.

Qu'est ce que l'épiphénoménisme ?

C'est une thèse qui stipule que les phénomènes mentaux comme les croyances, les désirs, les émotions ou les intentions n'ont aucun pouvoir d'action sur le corps ou sur les autres phénomènes mentaux. C'est l'idée selon laquelle seule les choses physiques peuvent avoir un réel impact sur les situations mentales. Pour résumé, les épiphénomènes sont toutes les manifestations mentales que nous venons d'énumérer et ces manifestations mentales ne sont que le sous-produit de la manifestation physique du cerveau. Afin d'illustrer la conscience Huxley utilise cette image : la conscience serait comme la fumée qui se dégage d'un train à vapeur, présente, mais sans avoir une possible action sur le corps physique et c'est ce dernier (corps physique) qui aurait une action sur les épiphénomènes (manifestation mentale) qui sont ici représentés par la fumée dégagée par la locomotive.

Il fallait commencer par expliquer ce terme avant de nous plonger ensemble dans la compréhension de la thèse de Thomas Henry Huxley. Le penseur Huxley a réussi à faire un mélange de la pensée de Descartes et de Darwin.

En s'appuyant sur des expériences contemporaines, Huxley a pris chez Descartes l'idée de la mécanique et physiologique des comportements et sentiments animaux. Il prend pour exemple : si après un accident un homme perd la connexion entre la moelle épinière et un membre, la personne n'aura plus conscience de son membre, cependant, ce dernier réagira toujours aux stimulations externes comme les chatouilles par exemple. Huxley applique cette théorie pour tous les autres vertébrés. En s'appuyant aussi sur une expérience réalisée sur des grenouilles auxquels on a sectionné la moelle épinière, on s'aperçoit qu'elles savent toujours nagées et qu'elles se déplacent sur une main au fur et à mesure que cette dernière tourne. Huxley explique donc que ces expériences corroborent l'idée de mouvement automatique développée par Descartes.

Par contre bien qu'il approuve l'idée cartésienne de mouvement automatique, il attribue une conscience aux animaux tout en refusant l'influence de la volonté de l'esprit sur le corps humain. Pour Huxley, il n'y a pas de différences entre le fonctionnement humain et animal. En suivant la théorie de l'évolution Darwinienne, il stipule que la conscience serait le résultat d'un processus évolutif et que la partie du cerveau en charge de la conscience chez l'homme se retrouve chez bien d'autres animaux. Ce qui établirait en bonne et due forme que ce que nous considérons conscience chez l'être humain se retrouve chez bon nombres d'animaux.

Est-ce que les animaux ont une conscience ? - Thomas Henry Huxley

Image: fr.wikipedia.org

Est-ce que les animaux ont une conscience ?

Après ce rapide tour de la pensée de certains des plus grands philosophes de tous les temps à propos de la question de la conscience animale, il nous semble important d'essayer d'apporter une réponse claire et nette. Pour ce faire, nous allons nous intéresser à la conclusion de Huxley.

Selon le philosophe Huxley, les animaux sont des êtres conscients, libres, sentant, pensant ainsi qu'automates. Cependant, Huxley nous explique que ce qui s'applique pour les autres animaux, s'appliquent également chez l'homme, appelant l'Homme a descendre de son piédestal en le réintégrant à sa place aux côtés des autres automates incroyablement sophistiquées et conscientss que sont les animaux.

Nous ne commencerons même pas à parler de l'intelligence extrême des corbeaux ou de l'incroyable histoire de koko le gorille qui parle car ces deux histoires (pour ne citer qu'elles) ne font que corroborer ce que nous venons d'avancer à l'aide de Huxley, les animaux ont autant une conscience que nous en avons une.

Après toutes ces belles paroles, il nous semble essentiel de clamer haut et fort que chez PlaneteAnimal nous sommes absolument convaincus que les animaux sont dotés de conscience.

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Austérité ou sobriété

Par Le 26/08/2023

 

https://www.alternatives-economiques.fr/eloi-laurent/austerite-sobriete/00093342

 

Et maintenant : austérité ou sobriété ?

 

LE 09/07/20206 min

Eloi LaurentEconomiste, professeur à Sciences Po et à l’université de Stanford

 

10Commentaire(s)

On a trop peu souligné combien les mots choisis par le président de la République le 14 juin dernier, à l’heure de tirer un premier bilan de la pandémie de Covid-19 en France, furent ahurissants : « Nous pouvons être fiers de ce qui a été fait et de notre pays. »

Rappelons rapidement ce que nous disent, en réalité, les quatre indicateurs du carré tragique français : « notre pays » a l’un des plus mauvais bilans sanitaires au monde, il a imposé à ses citoyen(ne)s des restrictions de liberté parmi les plus strictes de la planète, il est frappé par une des récessions économiques les plus sévères du globe et il a vu s’effondrer la confiance politique comme nulle part ailleurs en Europe. Fiers ? De quoi au juste ? « Reconstruction » définit fidèlement, pour le coup, l’ampleur de la tâche à accomplir pour remettre le pays à flot après ce naufrage.

Deux horizons étymologiquement proches et radicalement éloignés politiquement se dessinent devant nous en la circonstance : l’austérité et la sobriété. On peut chercher à les contraster de différentes manières (la première serait subie, la seconde choisie) mais la distinction la plus convaincante est celle de leur objet respectif : l’austérité est sociale quand la sobriété est écologique. Laquelle faut-il préférer sur le plan économique ?

Création d’emplois

L’austérité sociale est toujours une catastrophe en temps de crise, il est encore utile de le rappeler aux héritiers intellectuels du Jacques Rueff de « l’assurance chômage, cause du chômage permanent ». Nous avons déjà vu en France, en 2011-2013, la saison 1 de cette série masochiste. Pourtant, un certain nombre de syndicats patronaux qui goûtent les faillites d’entreprises et d’économistes qui n’ont toujours pas lu Keynes (en libre accès ici) réclament à cor et à cri une saison 2 de l’austérité sociale, faite de déflation salariale et de reflux des protections collectives. Ce serait une idiotie impardonnable, soit, mais la sobriété écologique serait-elle préférable ? Il y a trois raisons sérieuses de le penser.

Pour commencer, les réglementations environnementales du type de celles, nombreuses et variées, que propose la Convention citoyenne pour le climat, peuvent accélérer l’innovation, selon l’hypothèse dite « de Porter », à condition qu’elles soient combinées à des instruments de prix comme la fiscalité écologique, dont la France a plus que jamais besoin.

Ensuite, la sobriété énergétique et carbonique favorise les créations d’emplois, comme le démontre clairement le scénario Negawatt qui prévoit, entre autres bénéfices, la création de 400 000 emplois nets en 2030 (600 000 en 2050).

Enfin, la sobriété écologique peut être synonyme de progrès social – notamment sanitaire – et de maîtrise des finances publiques, comme le souligne la note de la chercheuse finlandaise Tuuli Hirvilammi qui vient d’être publiée par la Fondation de l’écologie politique.

La sobriété, vecteur d’innovation

A cet égard, il est temps de déboulonner l’idée simpliste, reprise sans surprise par un président de la République sans imagination, selon laquelle la croissance est nécessaire pour « financer » les politiques sociales. Sous couvert de réalisme économique, il s’agit là d’une manière archaïque de concevoir la protection sociale au siècle des défis environnementaux : il importe aujourd’hui, en matière sociale comme en matière énergétique, de passer d’une logique de dépense à une logique d’économies.

En effet, le prolongement écologique de l’Etat providence – qu’imposent les risques sociaux engendrés par les crises environnementales – repose sur une logique d’économies et non pas de dépenses gagées sur des prélèvements eux-mêmes assis sur des revenus. Le financement d’un Etat qui doit devenir social-écologique peut ainsi être assuré par les économies colossales de dépenses sociales directement liées à l’atténuation des crises écologiques.

Que l’on songe aux économies provoquées par un traitement rationnel, c’est-à-dire non autodestructeur, des écosystèmes et de la biodiversité, qui aurait participé à écarter les épidémies de Sida, d’Ebola, de Mers, de Sras et bien entendu de Covid-19. Que l’on songe aux économies de dépenses sociales permises par l’atténuation progressive de la crise de la couche d’ozone, qui a entamé sa régénération du fait d’une gouvernance globale efficace et ainsi contribué à éviter des dizaines de millions de cas de cancers de la peau sur la planète. Que l‘on songe aux économies de dépenses sociales qui pourraient être réalisées par l’atténuation du changement climatique ou de la pollution de l’air. Sans parler des conséquences sanitaires et donc financières de l’amélioration des pratiques d’alimentation, des pratiques sportives ou de mobilité urbaine (marche à pied, usage du vélo...).

Même lorsque de nouveaux prélèvements doivent être introduits, comme la fiscalité carbone, celle-ci peut aisément aboutir, à condition d’être correctement calibrée, à des économies doubles, en termes de bien-être et de revenu pour la majorité de la population (Berry et Laurent 2019).

A l’inverse, comme le souligne l’OMS : « Tenter de faire des économies en négligeant la protection de l’environnement, la préparation aux situations d’urgence, les systèmes de santé, et les filets de protection sociale [s’avère] une fausse économie. »

Résumons : la sobriété écologique est un vecteur d’innovation quand l’austérité sociale détruit durablement les capacités humaines ; la sobriété écologique est créatrice d’emplois et de progrès social quand l’austérité sociale enferme les individus dans le chômage de masse ; la sobriété écologique est économe quand l’austérité sociale est une gabegie budgétaire. Pourquoi, dès lors, ne pas aujourd’hui faire le choix d’une politique publique dont nous pourrions être fiers ?

Eloi Laurent
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Austérité écologique

Par Le 26/08/2023

 

A notre niveau, la réflexion indispensable est celle qui concerne la distinction entre le manque, le besoin et le désir. 

Le manque, le besoin, le désir.

 

Tribune —

L’austérité est-elle écologique ? Oui et non

 

https://reporterre.net/L-austerite-est-elle-ecologique

D’un côté, l’austérité bloque les investissements utiles écologiquement et collectivement. De l’autre, elle peut stopper les gaspillages, comme les aéroports inutiles. En tous les cas, une nouvelle politique économique est nécessaire.

Le vote relatif à l’adoption du TSCG [1] divise les écologistes et Europe Ecologie Les Verts. Si bien des questions se posent, je me limiterai à une seule. L’austérité, que fabriquent la politique européenne actuelle, et ce traité en particulier, c’est apparemment bon pour la planète. Les émissions de gaz à effet de serre et plus généralement la pression anthropique sur la biosphère sont en gros proportionnelles au PIB. Ces émissions ont baissé pendant la crise financière de 2009, comme elles avaient baissé pendant la crise de 1929 et pendant la Deuxième guerre mondiale.

Investir pour devenir sobres

On pourrait se dire, en dehors de toute considération sociale, que c’est pendant les crises économiques que la sobriété se réapprend, par nécessité.
Heureusement ce raisonnement est vraiment faux. Notre production et notre consommation ne deviendront vraiment sobres en ressources et faiblement émissives en carbone que si nous investissons massivement pour remplacer ou modifier nos infrastructures (urbanisme, logement, voiture, industrie). Des efforts à notre portée (et encore pas toujours) pourraient peut-être nous permettre de réduire de 5 à 10 % nos émissions de GES qu’il faut diviser par 4 d’ici 40 ans.

Comment faire ? En isolant nos logements, en changeant nos voitures, en les utilisant différemment (il faut les remplir… elles roulent moins de 5% du temps et avec 1,2 personnes à bord en moyenne), en faisant muter notre agriculture, en améliorant l’efficacité de notre industrie. Et bien sûr en investissant dans des énergies décarbonées (petit rappel : au niveau mondial, 80 % de l’énergie consommée est à base d’énergies fossiles). Tout ceci va demander beaucoup d’investissements, dont on a vu qu’ils n’étaient pas toujours d’une rentabilité financière à court terme exceptionnelle. C’est sur ce terrain que va se jouer la compétition économique internationale, car tous les pays du monde sont confrontés au même problème, à l’exception (pour quelques années encore, malheureusement) des Etats-Unis qui, grâce à l’exploitation des gaz non conventionnels, peuvent encore continuer à croire que le monde est infini.

Dans ce contexte, l’austérité aggrave la situation. Les ménages hésitent encore plus à faire des travaux (gardons nos économies pour les coups durs), les entreprises se concentrent sur le court terme et n’investissent que sur leur métier et que si le retour est très court, l’Etat réduit les dépenses y compris celles qui permettraient de réduire notre empreinte carbone. L’économie finit par s’installer dans la « trappe à liquidités ». Les acteurs économiques se mettent tous à attendre en anticipant des baisses de prix (la Catalogne va semble-t-il connaître les délices de la déflation). Pourquoi investir et acheter maintenant si les prix baissent : attendre est plus logique.

Les restrictions budgétaires sont faites sans discernement

L’austérité aurait pourtant bien un avantage : elle pourrait conduire à supprimer les investissements et les dépenses nuisibles à l’environnement. C’est ainsi qu’on pourrait arrêter sur l’autel de la rigueur l’aéroport Notre Dame des Landes (dont il est vraiment difficile de comprendre à quoi il peut servir), réduire les investissements pharaoniques prévus dans le Schéma National d’Infrastructures Terrestres, limiter la construction de nouveaux équipements de production d’énergie (moins nécessaires du fait d’une limitation de la consommation). Du côté des dépenses l’austérité pourrait nous conduire à couper les subventions aux activités dommageables au climat ou à la biodiversité [2].

Ce serait en effet souhaitable : l’austérité serait ainsi mère du discernement.

Malheureusement ce n’est pas ce qui se passe comme le montre le Projet de Loi de Finances. Pour toute une série de raisons, les coupes budgétaires ont tendance à être homothétiques ou à obéir à des arbitrages dont la Planète ne sort pas gagnante.

Financer l’avenir sans creuser la dette

Comment sortir de l’impasse des politiques actuelles qui sont douloureuses socialement, absurdes économiquement, car elles aggravent la crise qu’elles sont supposées résoudre, dangereuses au plan politique en donnant des voies au Front National et suicidaires au plan écologique et industriel comme on vient de le voir ?

En lançant un plan d’investissements de la transition énergétique et écologique. Certes, il est générateur d’émissions de gaz à effet de serre et de consommations de ressources (énergie, acier, etc.). Mais s’il est bien conçu il permet de réduire à terme cette pression anthropique. D’autre part, il peut évidemment être accompagné d’une baisse de la consommation : épargner plus pour investir conduit à consommer moins. Il s’agit là d’un raisonnement en moyenne : il est souhaitable au plan éthique que les personnes vraiment en situation de précarité, de détresse voire d’exclusions soient aidées (pour consommer mieux et pour vivre mieux).

Afin d’éviter des confusions dans la gestion de ce programme, il serait nécessaire d’en sortir la part publique du calcul du solde public courant (recettes courantes-dépenses publiques courantes). En effet, si l’on peut débattre à l’infini du taux de 3% de déficit public maximal dont on connaît le caractère arbitraire, il est nécessaire de s’assurer que l’impôt permet de couvrir les dépenses. C’est une nécessité démocratique et la seule manière d’éviter les largesses électorales sans fondement (ni économique ni social ni écologique).

Pour ce qui concerne le financement de ce plan, les propositions ne manquent pas.

Richard Wood économiste australien recommande, comme nous, le financement par création monétaire [3]. La BPI pourrait [4] devenir la Banque de la Transition Ecologique comme l’a affirmé le Président de la République lors de la Conférence Environnementale. La BCE pourrait faire un programme de type LTRO sur 10 ans pour financer des projets réels (via la BEI et les Caisses nationales) comme le propose Franco Bassanni le patron de la Cassa (CDC Italienne). La CDC étudie la création d’un fonds d’efficacité énergétique de plusieurs milliards d’euros.

Finalement ce qui manque uniquement aujourd’hui, c’est la volonté politique. Je pense que la mobilisation des citoyens qui va croître avec le chômage, l’exclusion et les difficultés de tous ordres pourrait bien être déterminante pour que l’on bascule d’une austérité insensée à la construction de l’avenir !

......................................................

Notes :

[1] Voir par exemple Pacte budgétaire

[2] Voir le rapport Sainteny sur le sujet.

[3] Merci à Guillaume Duval de nous avoir signalé ce travail.

[4] Ce n’est pas gagné : le Trésor ne comprend pas les enjeux énergétiques et écologiques et semble se refuser à faire de la BPI une vraie banque, au pouvoir de création monétaire et susceptible de se refinancer auprès de la Banque Centrale. On aimerait que le président de la République se fasse respecter.

La sobriété

Par Le 26/08/2023

 

 

Transition écologique : plus sobres, plus heureux ?

 

Moins consommer revenant à moins polluer, l’idée de sobriété s’impose progressivement comme un impératif face à une menace écologique grandissante. Mais dans des sociétés édifiées sur l’abondance, sobriété rime avec austérité. Peut-on être heureux avec moins ? Réflexions philosophiques.

Publié le : 24/08/2023 - 18:09Modifié le : 24/08/2023 - 21:43

6 mn

https://www.france24.com/fr/plan%C3%A8te/20230824-transition-%C3%A9cologique-plus-sobres-plus-heureux

Kateryna Kovarzh, Getty Images, iStockphoto

Kateryna Kovarzh, Getty Images, iStockphoto © Kateryna Kovarzh, Getty Images, iStockphoto

Par :Sophian AUBINSuivre

Rires spontanés, ton enjoué. L’enthousiasme de Justine a quelque chose de contagieux. La trentenaire confie se sentir “tellement mieux” depuis qu’elle a fait certains choix. 

Le confinement pandémique a suscité un déclic chez Justine et son compagnon : consommer autrement s'est imposé comme une évidence.

En 2020, ils se mettaient au vert, optant pour une vie sans viande ni aucun produit industriel, libérée du plastique, de la voiture et des réseaux sociaux. Une révélation : épurée, leur vie est devenue plus belle. 

Au point que le couple envisage l’étape supérieure : quitter Montreuil (Seine Saint-Denis), pour s’installer dans un “éco-hameau”, petite communauté vivant dans le respect de l’environnement et dans une autonomie relative.

Moins consommer pour la planète 

Environ 1 200 en France, selon la Coopérative Oasis, ces temples du mieux-vivre ont le vent en poupe. 

Et ce, plus encore depuis le Covid-19, constate Fariboz Livardjani, trésorier et secrétaire de “Saulcy En Vert”, paisible micro-hameau niché dans les Vosges. 

"La clef de notre succès est à chercher dans la société, explique modestement ce toxicologue. Toujours plus de gens cherchent une alternative à une vie devenue trop anxiogène."

Mais pour la plupart des adeptes de la sobriété, le choix est d’abord écologiquement motivé. 

Sur une planète qui brûle et se noie au gré d’un climat déboussolé, la problématique environnementale s’est muée en menace toujours plus tangible. 

Et face aux désastres annoncés par le Giec, la sobriété apparaît comme un choix scientifiquement avisé : consommer moins, c’est diminuer les émissions de gaz à effet de serre, responsables du dérèglement climatique. 

Il s’agit de refuser individuellement de contribuer à un désastre collectif, explique, en somme, Emmanuelle, 53 ans, membre comme Justine d'une association éco-responsable. “Faire le maximum, à mon petit niveau”, explique-t-elle.

"Polluer, ça fait mal"

Les études démontrant une corrélation entre la dégradation de l'environnement et celle de la santé humaine constituent un autre facteur de “déclic” écologique, note Xavier Briffault, chercheur en sciences sociales et philosophie de la santé au CNRS.

À lire aussiMultiplication des cas d'autisme : une étude met la pollution sur le banc des accusés

“Nous sommes passés d’une écologie éthique à une écologie de santé publique, poursuit le sociologue. "En d’autres termes, fini le 'polluer c’est mal', nous réalisons que 'polluer, ça fait du mal'", poursuit Xavier Briffault.

Justine allait mal, lorsqu’elle a décidé de faire sa “transition”. Exténuée par sa vie parisienne,  la jeune femme se découvrait une maladie potentiellement liée aux perturbateurs endocriniens. Ces substances déréglant les systèmes hormonaux du corps humain sont issues de la pollution chimique de notre environnement.

“Je me suis dit que j’étais en train de bousiller ma vie et accessoirement la planète” résume Justine. 

Animal social

Au cœur de son mieux-être aujourd’hui : le sentiment d’avoir plus de temps.  Dans sa vie privée, Justine a déserté les réseaux sociaux. En renonçant à ce type d’habitudes, elle s’est aperçue qu’elles étaient chronophages, et selon elle, stériles. 

Emmanuelle fait le même constat. “Le temps que je ne passe plus sur les écrans a libéré de l’espace pour ce qui m'intéresse vraiment, notamment lire, aller au cinéma.”

Leurs emplois du temps allégés, les éco-sobres octroient de longues heures à des activités choisies, comme réconciliés avec le temps. “Chercher à devenir énergétiquement sobres nous rend de plus en plus heureux”, constate Justine. 

En évitant l’avion, elle a découvert ce qu’elle qualifie de “vrai voyage” : de longs périples alternant vélo, trains et ferry, jalonnés de rencontres. Vivant plus lentement, Justine ressent une plus forte connexion avec autrui, son compagnon en premier chef.

"C’est normal que cela nous fasse tant de bien, nous les humains sommes des animaux sociaux", explique Emmanuelle.

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Le constat de ces personnes fait écho aux conclusions de disciplines comme l’économie comportementale ou la psychologie. Parmi ces travaux, ceux énoncés par l'université d'Harvard, en Californie. En 2023, elle publiait ce qui est peut-être la plus grande étude jamais réalisée sur la question.

Résumé de quatre-vingt ans de recherche : la clef du bonheur réside dans une existence plus simple, en plus grande communion avec nos congénères.

L’idée que vivre plus chichement ouvre les portes de l’épanouissement contredit pourtant le socle capitaliste qui régit les sociétés occidentales.

Dans l’après-guerre, celles-ci se sont construites sur une double causalité : la croissance économique crée de la richesse, et la richesse engendrerait toujours plus de satisfaction. 

Mais - par-delà toute considération idéologique - ce modèle se heurte aux limites de la physique. Notre monde étant fini, notre croissance ne peut être infinie, martèle, comme d’autres scientifiques, l’ingénieur consultant en énergie et climat, Jean-Marc Jancovici.

Au réalisme de ce polytechnicien, d'aucuns opposent les promesses de la technologie : puisqu'elle ne cesse de progresser, elle pourrait hypothétiquement permettre la production  d’une énergie toujours plus propre, de recycler indéfiniment nos déchets.

"Je serais tellement plus sereine si un tel monde existait”, confie Anne-Laure. La sobriété écologique habite le quotidien de cette jeune entrepreneure depuis plusieurs années. Mais cette autodiscipline a aussi vocation à apaiser la constante culpabilité qu’elle ressent vis-à-vis de son empreinte environnementale.

Ex-salariée d’un grand cabinet d’audit financier, Anne-Laure se reconnaît dans l’éco-anxiété. C’est un sentiment d’inquiétude chronique ressenti face aux menaces écologiques. Ou une angoisse à l’idée que celles-ci condamnent la vie sur notre planète telle que nous la connaissons.

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Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

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Selon une étude menée dans une dizaine de pays, dont la France, 45 % des jeunes sont touchés par l'éco-anxiété.

Sobriété désirée

Transports, alimentation, orientation professionnelle : les angoisses environnementales appellent à une sobriété de tous les instants.

Certes, puissant moteur de mobilisation, la panique est au cœur du discours écologique, qui se résume par : “Consommons moins, ou nous allons tous mourir”, analyse Xavier Briffault. "Ici, la sobriété est subie, comme s’il existait une dichotomie entre le bien-être humain et celui de la planète."

De manière inattendue, une sensibilité environnementale s’est pourtant exprimée au cours de la période pandémique, au gré des confinements. 75 % des Français de 18 à 24 ans déclaraient désirer accorder plus de place à la nature dans leur vie.

En cultivant le lien affectif qui unit l’humain à la beauté du vivant, grandirait finalement en nous un désir de sobriété, parie ce chercheur du CNRS. De quoi offrir à la cause écologique un nouveau slogan ? “Consommez moins et mieux, vous serez plus heureux !”

Une rencontre

Par Le 25/08/2023

 

L'image n'est pas nette et j'en suis désolé mais ce moment-là, où il s'est arrêté de courir pour me regarder, c'est un moment de joie profonde. Il n'a plus bougé, totalement immobile, aux aguets. Puis il a effectué quelques bonds avant de s'arrêter de nouveau. Il devait être aux environs de vingt et une heures, plateau de Millevaches, lumière du soir et je n'avais pas le temps d'affiner les règlages de luminosité de mon appareil photo. J'étais sorti pour capter les lumières du soir, celles que j'aime tant et puis, il a surgi de la forêt pour traverser le pré. J'ai visé aussitôt, "visé" avec mon appareil photo et j'ai pensé ensuite que dans quelques semaines, la chasse va reprendre...Alors pour mettre un terme à cette rencontre, je lui ai crié dessus en agitant les bras. Sa seule chance de survivre sera d'avoir peur de nous, de nous tous.  

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J'ai fait de mon mieux (suite)

Par Le 25/08/2023

Il y a bientôt dix ans que j'ai écrit ce texte.

Et aujourd'hui ? Quel bilan en faire ? Où en suis-je dans ce flot de questions au regard de l'actualité de la planète ? Lorsque j'étais instituteur, je considère que j'étais inséré dans la vie sociale étant donné que j'avais sous ma responsabilité le développement cognitif, philosophique, physique, émotionnel, affectif, psychologique de jeunes enfants. Aujourd'hui, je vis en retrait de la société, un retrait de plus en plus profond. J'ai quelques connaissances autour de moi mais aucun ami. Je passe toutes mes journées avec Nathalie. Nos trois enfants sont loin. Il nous arrive donc de ne voir personne pendant plusieurs jours, absolument personne. Par choix, parce que nous n'en éprouvons aucun besoin et que lorsque ça arrive, c'est uniquement pour des raisons précises, un artisan, un commerçant, un voisin, les contingences de la vie quotidienne. Je sais que cet effacement social va encore s'accentuer. J'en arrive même à éprouver une forme de rejet de l'humain. J'en connais les raisons : l'atteinte au Vivant que cette humanité génère.

Selon les chiffres, le nombre de personnes visitant des destinations écotouristiques à travers

le monde ont atteint les 152 millions en 2022. 

Cela représente une augmentation de 25% par rapport aux 122 millions d‘écotouristes enregistrés en 2016. 

En termes de dépenses, le marché mondial de l‘écotourisme atteindra près de 649 milliards de dollars en 2023, 

soit une augmentation de 3% par rapport aux 630 milliards de dollars en 2016. 

 

 

L'écotourisme par avion...Et il faudrait que j'aime l'humanité ? 

 

21 sept. 2022

La consommation mondiale de viande ne cesse de croître depuis des décennies. Comme le montre notre graphique basé sur les données de la Food and Agriculture Organization des Nations Unies (FAO), la production mondiale de viande a été multipliée par cinq depuis les années 1960.

Au cours des dernières années, on a pu observer de nombreuses évolutions dans l'agriculture mondiale. Les coûts de production de la viande ont notamment diminué en lien avec la hausse de la production d'aliments pour bétail, comme le soja ou le maïs, ce qui a permis d'augmenter l'offre dans de nombreux pays. C'est surtout dans les pays asiatiques très peuplés que la demande en viandes et produits carnés a fortement augmenté. Aujourd'hui, il est estimé que 43 % de la production mondiale est localisée en Asie.

Plus de 150 millions d’animaux sont tués chaque jour dans le monde pour se nourrir, rien que sur terre. Cela représente 56 milliards d’animaux terrestres tués chaque année. En incluant les poissons sauvages capturés et les poissons d’élevage, nous obtenons un total quotidien de près de 3 milliards d’animaux tués.

Rien qu’aux États-Unis, environ 9 milliards de poulets éclosent chaque année dans le seul but d’atteindre une taille comestible et de mourir pour la consommation humaine. La souffrance animale est la conséquence la plus directe de la consommation de viande, mais il y a aussi des conséquences involontaires de manger des animaux.

Entre 37 et 120 milliards de poissons sont tués chaque année dans les fermes commerciales, et 2,7 billions d’autres sont capturés et tués dans la nature. Dans les élevages industriels, les poissons n’ont pratiquement aucune protection. La vidéo de la première enquête à grande échelle sur la pisciculture intensive en Europe montre des poissons sortis des filets sans réfléchir et jetés dans des récipients en plastique, où ils s’asphyxient lentement. Certains d’entre eux ratent la poubelle et se battent à mort sur le sol.

 

150 millions d'animaux tués chaque jour. Et il faudrait que j'aime l'humanité ? 

 

Non, je ne l'aime pas. Et c'est définitif. Et son extinction ne me traumatiserait pas. Le charnier que ça représenterait serait dérisoire au regard de ceux qu'elle a déjà répandus. 

 

Par conséquent, pour en revenir à la question posée dans le texte suivant : 

Vaut-il mieux rester en dehors du chaos et montrer à l'humanité qu'une vie de recherche intérieure est possible et de cette façon, participer à l'éveil du monde, sans aucune intention mais par « contamination » ou doit-on s'impliquer dans la lutte partagée si on souhaite apporter sa contribution à cet éveil possible au risque de ne pas explorer en soi les gouffres les plus lointains ?

J'ai ma réponse : je me retire.

Ce blog restera le dernier lien avec les autres humains. 

 

"J'ai fait de mon mieux" (janvier 2014)

 

S'engager. Ou se retirer ?

Je vois bien depuis quelque temps à quel point certains problèmes de l'actualité m'interpellent, à quel point ils occupent mon esprit.

Est-ce que je dois me retirer de cette agitation si je souhaite explorer les questionnements existentiels qui m'attirent ? Cette exploration, hors du temps et de l'espace, ne devient-elle qu'une fuite égoïste?

J'imagine bien ces deux entités.

L'une est insérée dans la vie quotidienne et œuvre à l'analyse des phénomènes qui l'entourent et dans laquelle, elle se sent exister. Mais le risque est grand de disparaître partiellement dans ce chaos. Est-ce qu'il est possible de rester lucide quand l'implication pousse sans cesse l'individu à n'exister qu'au regard des phénomènes extérieurs ? L'équilibre entre le regard vers l'autre et le regard vers soi est-il réalisable ?

L'autre entité vit dans un espace clos, une dimension protégée par un refus de l'imbrication sociale. Je ne vis pas avec mon époque, je vis avec mon instant présent. Uniquement.

Mais que peut explorer en lui un individu qui n'a aucun regard extérieur ? De quoi son monde est-il fait ? Y a-t-il en nous une dimension pré existante que l'on se devrait de parcourir en tous sens avant de se tourner vers l'immensité environnante ?

Vaut-il mieux rester en dehors du chaos et montrer à l'humanité qu'une vie de recherche intérieure est possible et de cette façon, participer à l'éveil du monde, sans aucune intention mais par « contamination » ou doit-on s'impliquer dans la lutte partagée si on souhaite apporter sa contribution à cet éveil possible au risque de ne pas explorer en soi les gouffres les plus lointains ?

Le philosophe apporte-t-il quelque chose à l'Humanité s'il ne vit que dans un donjon ?

La présence du philosophe peut-elle représenter un axe de réflexion pour l'individu qui entendra ses paroles en passant au pied du donjon ?

Le philosophe qui œuvre uniquement à sa connaissance intérieure est-il encore un philosophe ?

Le philosophe qui est impliqué dans la vie sociale et qui se sert des phénomènes qu'il observe est-il encore en état de philosopher ?

Je ne suis pas philosophe. Loin de moi cette idée. Je ne suis qu'un individu qui aime réfléchir. Qui en a besoin. Pour s'autoriser ensuite à être en paix.

Il existe parfois des tourments qui durent. Cela ne signifie pas que la paix est définitivement perdue. Mais il m'est impossible de m'extraire de ce tourment en lui tournant le dos. Je sais de toute façon que si je le laisse dormir, il reviendra en force, revigoré par la trêve que je lui aurais accordé. Si je veux que le tourment disparaisse, je me dois de l'épuiser, sans répit, jusqu'à ce que la totalité des armures qui l'enveloppent tombe au sol, que le nœud du problème apparaisse en plein jour.

Si je tente de dépasser le temps qui m'est imparti, que je me projette plus loin que mon existence sociale, peut-on considérer que la vie d'un individu lui appartient intégralement ou y a-t-il en chacun une mission d'exploration à mener, un compte-rendu à faire, un partage de données à inscrire, une responsabilité envers l'humanité entière ?

Je vis grâce à l'apport de l'Humanité, je suis inséré dans une vie planétaire, je suis le bénéficiaire d'une Histoire millénaire. Est-ce que je peux me positionner en retrait, est-ce que j'ai le droit de me retirer de tout et de continuer malgré tout à profiter de l'énergie dépensée par mes semblables ? Tous mes semblables. Est-ce que l'indigène de Bornéo a le droit de lutter, en mon nom, les armes à la main, contre la disparition des forêts primaires puisqu'il œuvre à ma propre survie ? Mais moi, que puis-je faire pour lui ?

Si je tente d'identifier le degré d'imbrications de chaque individu de la planète, il se construit très rapidement des liens indéfectibles. J'imagine la planète comme un corps immense et chaque individu accroché à un bout de peau, ancré dans une infime parcelle de terre, puisant sans retenue tout ce qu'il est possible d'absorber, sans aucune interrogation sur l'épuisement éventuel des réserves de vie, sur le bien-être des autres individus attachés à leur territoire.

Le philosophe doit-il se libérer de ces attachements et du haut de son donjon en expliquer à la masse les fonctionnements ou doit-il se mêler à la foule pour autopsier directement dans la chair ?

L'alternance entre les plongées abyssales et les survols est-elle envisageable ?

Peut-on réellement s'impliquer et rester objectif ? 

J'aimerais que la mort soit un espace dans lequel il soit possible d'analyser son propre parcours, dans un état de paix absolue, avec un regard amusé et bienveillant. Comme un compte-rendu à établir et à transmettre à la Vie. Une âme détachée de son attachement corporel, une entité observatrice, sereine et émotionnellement apaisée.

"Voilà ce que j'ai fait. Je me suis souvent trompé, j'ai cherché à progresser et je sais qu'il restait encore du chemin à parcourir. Mais j’ai fait de mon mieux. "

Aucun intérêt

Par Le 24/08/2023

Voilà, aucun intérêt.

La plupart des gens s'en fiche. Oh, peut-être qu'ils vont avoir deux ou trois secondes d'émotion, du genre, "c'est triste quand même" et puis ça passera aussi vite que c'est venu. 

Voilà pour quelles raisons, je n'ai absolument aucun espoir et que j'espère juste vivre assez longtemps pour assister à l'effondrement de l'espèce humaine. C'est même sans doute la dernière chose qui me motive à rester encore en vie. 

 

Les poussins de manchots empereurs sont les premières victimes de la fonte de la banquise en Antarctique

 

La totalité des poussins de quatre des cinq colonies surveillés par l'étude sont morts à cause de la fonte trop précoce de la banquise.

Article rédigé parfranceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 24/08/2023 17:50

 Temps de lecture : 2 min.

Une employée du parc Marineland prend soin d'un manchot d'une semaine, à Antibes, le 12 janvier 2003 (JACQUES MUNCH / AFP)

Une employée du parc Marineland prend soin d'un manchot d'une semaine, à Antibes, le 12 janvier 2003 (JACQUES MUNCH / AFP)

Les manchots empereurs seront-ils la première espèce polaire à disparaître en raison du réchauffement climatique ? Une étude scientifique, parue jeudi 24 août, constate une mortalité totale et "sinistre" des poussins dans plusieurs colonies de l'Antarctique, à la suite de la fonte record de la banquise ces derniers mois. "Nous le prévoyions depuis un certain temps, mais le voir réellement se produire est sinistre", a déclaré à l'AFP l'auteur principal Peter Fretwell, chercheur au British Antarctic Survey.

Sur cinq colonies surveillées dans la région de la mer de Bellingshausen, à l'ouest de l'Antarctique, toutes sauf une ont subi une perte "catastrophique" de 100% de poussins, qui se sont noyés ou sont morts de froid lorsque la glace a cédé sous leurs minuscules pattes. Ils n'étaient pas assez matures pour affronter de telles conditions, rapportent les chercheurs dans Communications: Earth & Environment, une revue du groupe Springer Nature. "Il s'agit du premier échec majeur de la reproduction des manchots empereurs dans plusieurs colonies en même temps en raison de la fonte des glaces de mer, et c'est probablement un signe de ce qui nous attend à l'avenir", ajoute Peter Fretwell.

La fonte précoce de la banquise menace leur reproduction

Lors du printemps de l'hémisphère sud de l'année dernière, de la mi-septembre à la mi-décembre, la banquise antarctique, qui se forme par congélation de l'eau salée de l'océan, avait atteint des vitesses de fonte record, avant de chuter en février à son plus bas niveau depuis le début des mesures satellitaires, il y a 45 ans. Or cette fonte précoce est intervenue au beau milieu de la période de reproduction des manchots empereurs, déjà complexe et fragile.

Ces oiseaux marins se reproduisent en plein hiver austral, lorsque les températures sont les plus rudes, un processus qui s'étale sur de longs mois, entre l'accouplement, le couvage et le moment où les poussins sont autonomes, grâce notamment à la formation de plumes imperméables, en général vers janvier-février.

Les manchots pourraient disparaitre d'ici à 2100

Les manchots empereurs sont certes capables de trouver des sites alternatifs, mais les records de fonte depuis 2016 menacent de dépasser leurs capacités d'adaptation, estiment les scientifiques. "Une telle stratégie ne sera pas possible si l'habitat de reproduction devient instable au niveau régional", conclut l'étude.

Le manchot empereur a récemment été classé comme espèce menacée par l'autorité américaine de protection de la faune. Outre la mise en péril de ses lieux de reproduction, il est également fragilisé par l'acidification des océans, autre effet du réchauffement climatique, qui menace certains crustacés dont il se nourrit. Le British Antarctic Survey estime qu'au rythme actuel du réchauffement climatique, la quasi-totalité des manchots empereurs pourraient avoir disparu d'ici à la fin du siècle.

L'erreur est urbaine.

Par Le 23/08/2023

La réflexion de ce chercheur, autant j'y adhère intégralement, autant je la considère comme totalement impossible. L'intégralité du système économique fait de la ville un lieu incontournable. Je prends le simple exemple du département de la Creuse : il n'y a pas de travail en dehors des quelques villes (toutes petites villes, Guéret ne comptant que 14 000 habitants, 3 ème plus petite préfecture de France en densité) et il n'y a aucun transport en commun. Les lignes SNCF ont été supprimées année après année. Il y a très peu de lignes de bus. Donc, il est indisensable d'avoir un véhicule, deux dans le cas d'un couple. Et on connaît tous le coût financier de l'automobile. J'ajoute que le désert médical, ici, on sait ce que ça signifie. Quant à la culture, les services à la personne, les structures sportives, les zones commerciales, l'énorme difficulté pour trouver des artisans disponibles, tout cela confère à la vie dans les zones rurales l'acceptation de contraintes et de limites qui sont rédhibitoires pour la plupart.

La population est âgée, les jeunes ne viennent pas ici, ou très peu et certains ne restent pas. Pourtant le prix de l'imobilier est un des plus bas de France. Mais il faut aussi des écoles, des collèges, des lycées, il faut comprendre que les enfants feront de la route et qu'ils n'auront pas pléthore d'activités extra scolaire. Et le Ministère de l'éducation nationale ferme les petites écoles les unes après les autres. Concentration, concentration...Rentabilité...Système financier avant d'être humain. 

Il faudrait donc un changement radical des mentalités dans la population. Et rien n'indique qu'on en prend le chemin. C'est là d'ailleurs que la notion de liberté et de choix montre ses limites. Et elles sont considérables. J'imagine que beaucoup de gens aimeraient bénéficier de ce que nous, on considère comme une très grande qualité de vie malgré toutes les restrictions que j'ai citées. Si je devais résumer en un mot la qualité de vie dont nous jouissons, j'utiliserai le mot "paix". Une paix d'ailleurs entamée pendant la saison estivale par le tourisme qui se développe. Vivement la rentrée...

Maintenant, pour ce qui est d'un mouvement de masse vers les campagnes, je ne le souhaite aucunement dans le système actuel car cela signifierait une dévastation des espaces naturels. Si un tel mouvement devait avoir lieu, il ne serait respectueux de la nature qu'après un monumental changement dans les modes de vie. Si c'est pour exporter les nuisances de la ville à la campagne, ça ne serait qu'une accélération du processus mortifère.

Pour vivre à la campagne, dans les déserts humains, il faut avant tout aimer le foisonnement de vie de la nature et s'en réjouir. Et savoir se contenter des richesses offertes par cette nature.

Ce soir, comme tous les autres soirs, (on ne mange pas à midi), nous allons manger ce que le potager nous donne. Et quand la nuit sera tombée, on regardera les étoiles dans une obscurité totale et un silence inégalable. On écoutera sans doute le chant d'une chouette et le battement d'ailes des chauves-souris qui nichent sous le toit de la grange et seront entrées en chasse. Aucun bruit humain mais les sons de la nature.  

 

Pourquoi il est grand temps de quitter les villes

 

Publié le : 22/08/2023 - 12:37

9 mn

En 2022 à Saint-Denis, sur le chantier du futur village des athlètes des JO de 2024.

En 2022 à Saint-Denis, sur le chantier du futur village des athlètes des JO de 2024. © AFP/Anne-Christine Poujoulat

Texte par :The Conversation

Par Guillaume Faburel, Université Lumière Lyon 2

Si le processus d’urbanisation globalisée ne semble pas vouloir marquer le pas, le géographe Guillaume Faburel nous invite à considérer le débranchement urbain dans son texte « Vider les villes ? », dont nous vous proposons des extraits. Retrouvez cette réflexion et bien d’autres dans le livre collectif Écologies. Le vivant et le social, publié aux éditions de la Découverte.

Vider les villes ? Voilà bien a priori une hérésie. La ville, c’est le progrès et l’émancipation. Tous les grands moments de notre civilisation y sont chevillés, des cités-États aux villes-monde et métropoles d’aujourd’hui. Pourquoi diable vouloir les vider ?

Simplement parce que tous les mois à travers le monde l’équivalent d’une ville comme New York sort de terre. À moins de croire dans le solutionnisme technologique et le durabilisme des transitions, il est temps de rouvrir une option envisagée dès les années 1970 : la désurbanisation de nos sociétés. Voici peut-être l’unique solution face à la dévastation écologique. Un seul « s » sépare demeure et démesure, celui de notre propre survie.

Aujourd’hui, 58% de la population mondiale est urbaine, soit près de 4,4 milliards d’habitants (dont presque 40% résidant aux États-Unis, en Europe et en Chine), contre 751 millions en 1950. Cette proportion est même annoncée à 70% en 2050 par l’Organisation des Nations unies (ONU).

[…]

Avec plus de vingt millions d’habitants, Mumbaï a vu sa superficie bâtie presque doubler entre 1991 et 2018, perdant ainsi 40% de son couvert végétal. Dhaka, dont la population de l’agglomération excède aussi vingt millions d’habitants, a vu disparaître 55% des zones cultivées, 47% des zones humides et 38% du couvert végétal entre 1960 et 2005. Pendant que la superficie bâtie augmentait de 134%.

Vue aérienne de Dacca, capitale du Bangladesh, la ville la plus densément peuplée au monde, avec 43 797 habitants au km carré. Elle manque d’espaces verts et l’air y est irrespirable pour ses 15 millions d’habitants.

Vue aérienne de Dacca, capitale du Bangladesh, la ville la plus densément peuplée au monde, avec 43 797 habitants au km carré. Elle manque d’espaces verts et l’air y est irrespirable pour ses 15 millions d’habitants. Getty Images/Selim Azad

Plus près de nous, le Grand Paris est le chantier d’aménagement le plus important de l’histoire de la capitale depuis le Second Empire (XIXe siècle), avec pas moins de deux cents kilomètres de lignes de métro supplémentaires, cent soixante kilomètres de tunnels à percer, soixante-huit gares à construire, quatre-vingt mille logements par an à sortir de terre.

En France d’ailleurs, la population urbaine a augmenté de 20% entre 1960 et 2018, pour officiellement dépasser les 80% de la population hexagonale en 2020, ramenés toutefois à 67% en ne tenant plus uniquement compte de l’influence des villes mais aussi de la taille des peuplements (critère de densité des constructions). Près de la moitié vit dans l’une des vingt-deux grandes villes (dont quatre millionnaires en nombre d’habitants), à ce jour officiellement dénommées métropoles. Et, depuis ces centres métropolitains jusqu’aux couronnes périurbaines, comme dans un bon tiers des périmètres de villes moyennes et d’inter-communalités (elles-mêmes grossissantes par volontarisme réglementaire), l’urbanisation croît deux fois plus vite en surface qu’en population (et même trois fois dans les années 1990, soit annuellement la taille de Marseille, un département tous les dix ans, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur en cinquante ans).

La métropolisation du monde

Les foyers premiers ainsi que le modèle principal de cette croissance sont assurés par les grandes agglomérations, au premier chef les sept villes-monde (New York, Hong Kong, Londres, Paris, Tokyo, Singapour et Séoul) et leurs épigones, cent vingt métropoles internationales. Elles représentent en cumul 12% de la population mondiale pour 48% du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial. Il y a donc du capital à fixer et de la « richesse » à produire… À condition de continuer à grossir. Tokyo a déjà un PIB supérieur à celui du Canada, Paris à celui de la Suisse…

Engagée depuis une quarantaine d’années dans les pays occidentaux, la métropolisation représente le stade néolibéral de l’économie mondialisée : polarisation urbaine des nouvelles activités dites postindustrielles et conversion rapide des pouvoirs métropolitains aux logiques de firme marchande.

Elle incarne l’avantage acquis ces dernières décennies par les grandes villes : articulation des fonctions de commandement (ex : directions d’entreprises) et de communication (ex : aéroports, interconnexions ferroviaires, etc.), polarisation des marchés financiers (ex : places boursières et organismes bancaires), des marchés d’emplois de « haut niveau » – que l’Insee qualifie de métropolitains depuis 2002 (conception-recherche et prestations intellectuelles, commerce interentreprises et gestion managériale, culture et loisirs) ou encore de marchés segmentés de consommation (tourisme, art, technologies…).

[…]

Une empreinte environnementale et sanitaire déplorable

Or, occupant seulement 2% de la surface de la Terre, le fait urbain décrit produit 70% des déchets, émet 75% des émissions de gaz à effet de serre (GES), consomme 78% de l’énergie et émet plus 90% de l’ensemble des polluants émis dans l’air pour, souvenons-nous, 58% de la population mondiale.

Pour les seuls GES, vingt-cinq des cent soixante-sept plus grandes villes du monde sont responsables de près de la moitié des émissions urbaines de CO2 – la fabrication du ciment représentant près de 10% des émissions mondiales, en augmentation de 80% en dix ans. À ce jour, 40% de la population urbaine mondiale vit dans des villes où l’exposition à la chaleur extrême a triplé sur les trente-cinq dernières années.

Plusieurs mégapoles s’enfoncent annuellement de plusieurs centimètres sous le poids de la densité des matériaux de construction et du pompage des nappes phréatiques (Mexico, Téhéran, Nairobi, Djakarta…). La prévalence des maladies dites de civilisation est nettement plus importante dans les grandes villes, responsables de quarante et un millions de décès annuels à travers le monde (cancers, maladies cardiovasculaires et pulmonaires, diabète et obésité, troubles psychiques et maladies mentales).

Enfin, selon le Fonds monétaire international, à l’horizon de la fin du siècle, 74% de la population mondiale (annoncée en 2100 urbaine à 80%) vivra des canicules mortelles plus de vingt jours par an. Un point de comparaison : la canicule de 2003 en France, 15 000 morts, en dix-huit jours. D’ailleurs, en France, les pollutions atmosphériques des grandes villes sont responsables de 50 000 morts annuellement.

Le secteur du bâtiment-travaux publics (BTP), toutes constructions confondues (mais à 90% dans les aires définies comme urbaines), représente 46% de la consommation énergétique, 40% de notre production de déchets et 25% des émissions de GES. L’autonomie alimentaire des cent premières villes est de trois jours (98% d’alimentation importée) et Paris, par tous ses hectares nécessaires, a une empreinte écologique trois cent treize fois plus lourde que sa propre superficie.

[…]

Si l’on croise les données de nos impacts écologiques avec celles des limites planétaires, on constate que l’empreinte moyenne de chaque Français va devoir être divisée par quatre à six pour prétendre à la neutralité carbone à horizon de 2050. Pour ce faire, loin du technosolutionnisme ambiant et du durabilisme du verdissement, l’autonomie, comprise comme autosubsistance et autogestion, est le seul moyen de se figurer l’ensemble de nos pressions et de les contenir par l’autodétermination des besoins, au plus près des ressources et de leurs écosystèmes. Ceci, sans pour autant négliger nos interdépendances sociales et quelques-unes de nos libertés.

Une pancarte sur une statue indique «Grand Péril Express» à côté d’un drapeau du mouvement Extinction-Rebellion lors d’une manifestation contre les projets d’urbanisation des terres agricoles en Île-de-France, devant l’Hôtel de Ville de Paris, le 10 octobre 2021.

Une pancarte sur une statue indique «Grand Péril Express» à côté d’un drapeau du mouvement Extinction-Rebellion lors d’une manifestation contre les projets d’urbanisation des terres agricoles en Île-de-France, devant l’Hôtel de Ville de Paris, le 10 octobre 2021. © AFP/Thomas Samson

Or pour faire autonomie, toute ville devrait produire 100% de son énergie, qui plus est renouvelable (or, à ce jour, Lyon, Bordeaux ou Rennes n’en produisent par exemple que 7% à 8% , non renouvelables), remettre en pleine terre entre 50% et 60% des sols pour la production vivrière et le respect du cycle de l’eau (à ce jour, entre 1% et 1,5% dans les villes labellisées Métropoles françaises), ou encore restituer aux écosystèmes au moins 15% des sols urbanisés pour la biodiversité. Tout ceci est infaisable morphologiquement et, quoi qu’il en soit, impensable dans le cadre d’une ville devenue médiation première du capital.

Nous n’avons en fait pas d’autre choix que de nous affranchir des grandes centralités et de leurs polarités, comme certains espaces périurbains commencent à le faire ; en déconcentrant et en relocalisant, en décentralisant, sans omettre de décoloniser quelques habitudes et modes de vie.

Mais comment passer de l’ère de taire l’inconséquence de nos écologies urbaines à l’âge du faire des géographies posturbaines, sans pour autant rétrécir la société par le jeu des identités et le retour de quelques barbelés ? Quelles sont les conditions d’une désurbanisation sans perte d’altérité, et sans oublier cette fois la communauté biotique ?

Bientôt, le débranchement urbain ?

Cette autre géographie est d’ores et déjà en construction, à bas bruit. Les espaces plus ouverts, ceux des campagnes, offrent d’autres possibilités, sous condition de révision de quelques comportements, particulièrement ceux liés à nos mobilités, connectivités et divertissements. En France, cela correspond au foisonnement d’alternatives au sein des espaces dessinés par les treize mille petites villes et petites villes de proximité, bourgs et villages centre, auxquels il faut ajouter les milliers d’autres villages, hameaux et lieux-dit : néoruralités qui connaissent leur septième vague d’installation, néopaysanneries dynamiques, zones à défendre, communautés existentielles/intentionnelles, écolieux et fermes sociales…

Permaculture et autosubsistance vivrière, chantiers participatifs et autoconstruction bioclimatique, épiceries sociales ambulantes et médiathèques villageoises itinérantes, fêtes locales et savoirs vernaculaires… sont clairement ici en ligne de mire. Et l’on pourrait imaginer des foires locales aux logements, puisque près de trois millions sont vacants dans les périphéries, alors que ce secteur est prétendument en crise. Et, toute cette effervescence ne concerne pas moins de 30% du territoire hexagonal.

            

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Paru le 12 janvier 2023. ©Éditions de la Découverte, CC BY-NC-ND

Là serait la raison du débranchement urbain : cesser d’être les agents involontaires des méga-machines urbaines en recouvrant de la puissance d’agir, non plus pour faire masse contre la nature mais pour faire corps avec le vivant. Le triptyque habiter la terre, coopérer par le faire, autogérer de manière solidaire peut constituer la matrice d’une société écologique posturbaine. À condition de vider les villes, les grandes, et de cheminer enfin vers le suffisant.

Guillaume Faburel, Professeur, chercheur à l'UMR Triangle, Université Lumière Lyon 2

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

Lumières du soir

Par Le 22/08/2023

Depuis des années, je traque les couchers de soleil.

J'ai découvert au fil de mes émerveillements qu'il fallait zoomer pour en pénétrer pleinement la beauté, pour en révéler la matière. 

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Hashtag secheressemoncul

Par Le 17/08/2023

Désolé mais ça existe. Et il y a également le hashtag caniculemoncul. 

Hier, j'ai reçu un commentaire dans lequel la personne raillait les climatologues. Un habitant de Lorraine qui disait que ses citernes d'eau pluviale étaient pleines. Grand bien lui fasse. Au lieu de se moquer des climatologues, il devrait juste s'en réjouir. 

Quant à la compréhension entre la différence fondamentale entre climatologie et météorologie, je pense pour que pour un certain nombre d'individus, c'est une nuance qui ne leur est pas accessible...

Depuis des années, les climatologues expliquent que le réchauffement ou dérèglement anthropique induira des phénomènes d'ampleur qui pourront contredire ponctuellement cette réalité du réchauffement planétaire. Et ils disent bien : planétaire. 

Mais là, encore une fois, pour beaucoup d'individus, cette précision n'est pas entendue. Ils se contentent de regarder le thermomètre sur leur balcon. 

Effarant. 

C'est juste la mise en lumière de cet épouvantable "Moi, je". 

La notion d'empathie envers la planète et le monde du vivant, ça leur passe à quinze mille au-dessus de la tête. 

Rien à attendre de bon de ces gens-là. Et désormais, on a même affaire sur les réseaux sociaux à des groupes qui s'en prennent aux météorologistes et les conspuent.

 

L’association Météo Centre insultée et harcelée sur les réseaux sociaux par des climatosceptiques

 

Centre-Val de Loire

De 

Armand Moreira

Jeudi 17 août 2023 à 14:48

 

L’association Météo Centre qui supervise un réseau de stations météorologiques autonomes sur l'ensemble de la région Centre-Val de Loire est victime de harcèlement sur les réseaux sociaux. En cause, les climatosceptiques adeptes des théories du complot.

Florentin Cayrouse (à gauche) et Olivier Renard (à droite) ont installé une station météorologique au château royal d'Amboise

Florentin Cayrouse (à gauche) et Olivier Renard (à droite) ont installé une station météorologique au château royal d'Amboise - Armand Moreira

Des groupes organisés

La publication faisant état de l'observation d'un cavum a été un événement déclencheur pour Météo Centre. "Maintenant c’est sur chaque publication, on a un commentaire qui remet en doute la canicule ou le réchauffement climatique", explique Olivier Renard. Et la force de frappe de ces comptes souvent anonymes surprend. "Jusqu’ici c’était plutôt des personnes assez isolées. Là on sent bien qu’il y a des organisations. Notre publication a même été partagée sur plusieurs comptes de climatosceptiques avérés au niveau international", raconte-t-il. Face à ce harcèlement, l’association a donc dû prendre des mesures. "On a décidé de bannir systématiquement les comptes climatosceptiques".

Météo Centre coordonne plus de 80 stations météorologiques autonomes sur l'ensemble de la région Centre-Val de Loire, dont cinq en Indre-et-Loire. Pour ces passionnés, le but est d’obtenir des prévisions météo dans les localités moins couvertes par Météo France et d'observer certains microclimats propres au territoire.

 

https://louernos-nature.fr/quelle-est-la-difference-entre-climat-et-meteo/

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Home Changement climatique  Quelle est la différence entre climat et météo ?

Quelle est la différence entre climat et météo ?

 

  21 avril 2021

Le changement climatique est un thème incontournable des questions environnementales du XXIème siècle. Cependant, une confusion fréquente consiste à associer deux disciplines pourtant différentes : la climatologie et la météorologie. Cet article vous propose d’y voir un peu plus clair !

Deux composantes permettent de distinguer météo et climat : la composante spatiale, mais aussi la composante temporelle. La météorologie est donc la science des phénomènes atmosphériques actuels et leur prédiction à court terme. Tandis que la climatologie étudie l’évolution à long terme des caractéristiques climatiques et de leurs changements à venir sur de grandes échelles temporelles.

météorologie climatologie

Les applications smartphone de météorologie ne renseignent pas sur le climat !

Une météorologie axée sur les grandeurs atmosphériques

La météorologie étudie avant tout les phénomènes et grandeurs atmosphériques. Elle est pour ces raisons reliée à la géophysique et la mécanique des fluides. L’objectif de la discipline est donc d’établir des prévisions pour ces grandeurs atmosphériques à court ou moyen terme.

Les 6 principales grandeurs atmosphériques suivies par les météorologues sont :

Les températures (relevées par réseau de stations météorologiques) ;

La pression atmosphérique (mesurée en hectopascal hPa : 1 hPa = 0,00098 atm) ;

La pluviométrie (précipitations en mm de colonne d’eau) ;

La couverture nuageuse (ou nébulosité) ;

Le degré d’hygrométrie (ou taux d’humidité) ;

La vitesse du vent (épisodes venteux, tempêtes, cycloniques …).

Depuis 1873, le réseau de stations météorologiques a nettement progressé. Aujourd’hui, plus de 10.000 stations terrestres et 5000 stations en mer de haute technologie suivent les grandeurs atmosphériques.

La climatologie en tant que science de l’atmosphère

La composante spatiale fait varier les tendances climatiques comparées

La climatologie se concentre sur les conditions moyennes de l’atmosphère, sur une échelle temporelle longue et sur de vastes zones géographiques. La composante spatiale est importante, car elle prend en compte des indices climatiques variables selon ces échelles. Si la composante temporelle est donc comparable à première vue, deux courbes issues de deux échelles spatiales différentes ne le seront pas forcément.

Par exemple, la courbe de Mann (Mann et al., 1999) étudie l’évolution moyenne des températures depuis plus de 1000 ans sur l’ensemble de l’Hémisphère Nord. Or certains détracteurs lui reprochent des résultats contraires, notamment à l’échelle régionale. C’est une erreur de perception spatiale des données. Plus l’échelle est locale, plus il est difficile d’extrapoler les tendances obtenues pour l’ensemble de la planète. En d’autres termes, le changement climatique est spatialement hétérogène. C’est pourquoi la fameuse courbe de Mann en crosse de hockey ne rend pas bien compte de l’optimum médiéval, puisque ce phénomène climatique n’apparaît que dans certaines données climatiques passées, comme par exemple en Angleterre (Lamb, 1965).

météorologie climatologie

La courbe de Mann (Mann et al., 1999).

Normales de températures en climatologie

Pour comparer des variations climatiques entre différentes régions du globe et durant de grandes échelles temporelle, les climatologues ont recours à des normales climatiques. Ce sont des moyennes arithmétiques de paramètres climatiques (température, pluviométrie, …) pour des intervalles de temps définis. L’OMM (Organisation Mondiale du Climat) recommande de considérer des périodes de 30 ans. Par exemple, la période 1951-1980 telle que l’utilise le graphique ci-dessous de la NASA. Le graphique d’anomalie des températures globales correspond sur l’axe des ordonnées à la différence entre la température globale pour chaque année et la normale des températures sur la période 1951-1980.

Anomalies de température entre 1880 et 2020 (sources : NASA)

Climatologie et indices climatiques

En définitive, la climatologie prend en compte différents indices climatiques, selon la période et la zone spatiale étudiées. Il est ainsi possible de suivre la variabilité naturelle du climat terrestre. Mais aussi, à partir de modèles robustes, d’en déduire l’impact des activités humaines. Voici ci-dessous quelques exemples d’indicateurs climatiques.

A partir de données géophysiques, géochimiques et géologiques :

Bilan radiatif terrestre ;

Composition et évolution chimique de l’atmosphère ;

Épisodes géologiques majeurs ;

Érosions et altérations des roches à différentes échelles temporelles ; 

Variation de l’albédo et de la cryosphère ;

Evolution et impact de la végétation mondiale ;

Tectonique des plaques, ouvertures océaniques.

Le cycle biogéochimique du carbone représente aussi une somme d’indicateurs climatiques pertinents. En effet, l’accumulation de CO2 atmosphérique contribue au forçage radiatif global de l’atmosphère terrestre. Sources : IPCC (GIEC), 2021.

A l’échelle des décennies, des siècles et des millénaires :

Réseau mondial de mesures météorologiques fiables (depuis 1873) permettant de calculer la température moyenne globale ;

Suivi des émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) ;

Surfaces mesurées des banquises en Arctique et Antarctique (photos aériennes ou satellites) ;

Données historiques, témoignages avérés, données agricoles. Exemples des relevés de dates des vendanges en France depuis 1900, datation très ancienne des premières floraisons de cerisiers au Japon ;

Analyse des pollens conservés dans les sédiments lacustres en lien avec les climats passés.

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Le célèbre indicateur climatique de la floraison des cerisiers au Japon.

A l’échelle du million d’années :

Composition isotopique des atomes d’oxygène fixés dans les molécules d’eau d’une colonne forée de glaces polaires (températures de surface selon le thermomètre isotopique) ;

Composition chimique des bulles d’air fossiles (teneurs passées en dioxyde de carbone).

Météorologie et climatologie : en résumé

Météorologie et climatologie sont donc deux disciplines différentes ! Ainsi, lorsqu’un rapport scientifique envisage l’évolution possible des climats (scénarios RCP), il envisagera la variation d’indicateurs climatiques et en tirera des conclusions sur l’évolution du climat dans un proche horizon, à l’échelle d’un territoire. Mais en aucun cas, les modèles ne pourront prévoir la météo exacte du prochain siècle ! Par exemple, pour l’horizon 2100, les climatologues envisagent un climat méditerranéen en Auvergne (scénario RCP 4.5).

Le climat sera en effet plus chaud et plus sec, avec des associations végétales remontant depuis le sud de la France. Mais en aucun cas, il ne sera possible de publier le bulletin météorologique de Clermont-Ferrand du 17 avril 2100. C’est pourquoi il et crucial de bien saisir la nuance entre météorologie et climatologie !

 

Pépinière

Par Le 11/08/2023

Dans la continuité du texte précédent, je précise qu'on garde tous les noyaux de prunes, mirabelles, pêches, abricots que le verger nous fournit et qu'on les plante dans un grand bac en bois que j'ai construit la première année qu'on est arrivé ici. 

Actuellement, on a huit pêchers, douze pruniers, cinq mirabelliers, deux abricotiers qui ont germé. Ce seront donc des arbres "francs", issus de noyaux et non de greffes sur des porte-greffes pas toujours bien capables de s'enraciner profondément et donc peu susceptibles de résister aux années caniculaires qui vont se succéder. Il est bien plus préférable de favoriser des arbres sur noyaux. 

Si vous n'avez pas de terrain suffisamment grand ou pas de terrain du tout, vous pouvez toujours fabriquer une mini serre, faire germer des noyaux et aller les planter en lisière de forêt, ou dans des prés de pommiers abandonnés. Quand on y fait attention, c'est effarant le nombre d'anciens vergers qui ont été abandonnés. Question de rentabilité...A cent mètres de la maison, il y a un ancien verger avec un cerisier, un prunier (prune jaune), un pommier et un poirier. Plus personne ne s'en occupait, les propriétaires sont morts, les héritiers ne sont pas intéressés, le notaire n'arrive même pas à tous les retrouver...

J'ai taillé les arbres et j'y plante mes noyaux germés. 

L'homme qui plantait des arbres

Par Le 11/08/2023

L'Homme qui plantait des arbres est une nouvelle écrite en 1953 par l'écrivain français Jean Giono pour « faire aimer à planter des arbres », selon ses termes. Dans ce court récit, le narrateur évoque l'histoire du berger Elzéard Bouffier, qui fait revivre sa région, en Haute Provence, entre 1913 et 1947, en plantant des arbres. Bien qu'il s'agisse d'une fiction, la nouvelle parvient à inciter le lecteur à croire à l'existence réelle du berger et de sa forêt.

Écrite à la suite d'un concours du magazine américain Reader's Digest, la nouvelle a eu un retentissement mondial. Elle est aujourd'hui considérée comme un manifeste à part entière de la cause écologiste. En effet, le berger ne parvient pas seulement à créer une forêt : celle-ci a des conséquences sociales et économiques, qui permettent aux villages des alentours d'accueillir de nouvelles familles alors qu'ils étaient menacés de désertification. Avant même l'invention de la notion de développement durable, la nouvelle en donne ainsi une illustration poétique.

La nouvelle véhicule de nombreux messages : écologiques, humanistes, politiques. L'histoire d'Elzéard Bouffier est en effet considérée dans la littérature écologiste comme une parabole de l'action positive de l'homme sur son milieu et de l'harmonie qui peut s'ensuivre. La nouvelle est également une ode au travail, à l'opiniâtreté, à la patience, à l'humilité, et à la ruralité.

Le récit de Giono a donné lieu à un film d'animation canadien du même titre en 1987, réalisé par l'illustrateur Frédéric Back et lu par Philippe Noiret, et qui a obtenu plus de quarante prix à travers le monde.

L'Homme qui plantait des arbres est aujourd'hui reconnue comme une œuvre majeure de la littérature d'enfance et de jeunesse et elle est, à ce titre, étudiée en classe.

 

Juste pour information.

Près de la maison, à deux kilomètres, il y a eu une coupe rase. Cinq mille mètres carrés d'arbres abattus, principalement des chênes. Un jour, je me suis arrêté et je suis allé discuter avec les bûcherons.

Ils m'ont dit que le propriétaire abandonnait tous les "restes" qui n'étaient pas utilisables pour les scieries, c'est  à dire les grosses branches et parfois même des troncs trop "tordus".

Il a contacté le propriétaire pour dire que j'étais intéressé.

Au final, la stère de bois me revient à vingt euros. (72 euros en Savoie, 65 ici, dans la Creuse) A moi de me débrouiller pour tout nettoyer.

J'ai donc tronçonné et fendu pour environ quinze stères de bois sur place. Pas besoin d'aller faire de la musculation...

Mais j'ai demandé également si le propriétaire avait un projet de reboisement et la réponse était négative. J'ai donc demandé si je pouvais reboiser moi-même et il a accepté. Je vais donc planter des glands, des châtaignes et des noisettes.

C'est ce qu'on a fait ici, sur nos 4700 mètres carrés et deux terrains "sauvages" qu'on n'a pas encore achetés mais ça va se faire. On a 73 chênes et 27 châtaigners qui ont poussé. Quant aux noisetiers, on ne les compte plus. Comme on a déjà un très gros chêne qui donne des milliers de glands et un châtaigner qui en donne tout autant, c'est vraiment très simple de le faire dans toutes les coupes rases abandonnées qu'on trouve dans nos randonnées.

Donc, on plante. On ne connaîtra pas l'ombre accueillante donnée par ces futurs grands arbres mais d'autres en profiteront.

Un sac à dos, une petite binette, un trou, un gland, une châtaigne, une noisette et la nature fera le reste.

Faire ce qu'on peut avec ce qu'on a.

France culture : Into the wild

Par Le 10/08/2023

J'ai fendu du bois de chauffage ce matin et comme la voiture est au bord de l'énorme tas de bois, je mets la radio. Je précise que je suis tout seul sur une piste forestière et que je ne dérange personne. Et j'ai donc écouté cette émission. Très beaux échanges sur ce film et cette histoire vraie.

Pour ceux et celles qui ne connaitraient pas le personnage de Chris McCandless avec en filigrane, la philosophie de Henry David Thoreau. 

 

 

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Emile Hirsch dans "Into the Wild" (2007) de Sean Penn - Copyright Paramount Vantage

Série « Les films qui ont changé le monde »

"Into the Wild" de Sean Penn

Jeudi 10 août 2023LECTURE

ÉCOUTER (59 MIN)

Emile Hirsch dans "Into the Wild" (2007) de Sean Penn - Copyright Paramount Vantage

Les plus écoutésde France Culture1

 

 

Provenant du podcastLa Culture change le monde

"Into the Wild" de Sean Penn (2009), film culte césarisé, nous offre une plongée dans les grands espaces de l'ouest américain, du Mexique et de l'Alaska, pour nous faire redécouvrir la pensée de Henry David Thoreau et les écrits de Jack London.

Avec

Cyril Dion Auteur, réalisateur et militant écologiste

Ollivier Pourriol Philosophe, essayiste et romancier

Claire Nouvian Directrice de l’association Bloom

Entre retour aux sources et invitation au voyage, Into the Wild fait entrer les grands espaces dans les salles obscures, il déploie sur grand écran les beautés de la Nature et nous rappelle, notamment en convoquant les écrits de Thoreau, qu’une autre manière d’habiter ce monde est possible.

Voilà pourquoi en choisissant de revenir aux sources du 7e Art, pour cette collection de dix films qui ont changé le monde, nous voulions revoir l’histoire de Christopher McCandless, jeune américain en quête d’absolu qui va tourner le dos au confort matériel, rompre avec sa famille, avec la ville - avec le monde dit "civilisé". Il rêvait d’Alaska et pour la rejoindre il a traversé la Californie, travaillé dans les champs de blé du Dakota, descendu le Colorado en canoë, avant de mourir, empoisonné, en 1992. Il avait alors 24 ans.

Un livre enquête a été écrit autour de ce jeune homme et de son périple par Jon Krakauer en 1996. Sean Penn adapte cet ouvrage en 2007 pour le cinéma, avec dans le rôle titre Emile Hirsch. Le succès du livre, puis du film, a fait de la vie de McCandless un mythe moderne, a transcendé la figure du routard en vagabond céleste. Pourquoi Into The Wild a-t-il changé une génération de spectateurs ? Comment a-t-il réintroduit la Nature et le sauvage au cœur de nos imaginaires ? Quel récit porte ce film ?

À la recherche de la sobriété

"Into the Wild redonne une modernité aux écrits de Thoreau. Ce film s’inscrit dans une histoire qui est jalonnée de la beat génération, des hippies ... La résurgence actuelle d’une forme de recherche de sobriété, d’une recherche de nouveaux récits qui viendraient remplacer ce mythe de gagner toujours plus, de faire carrière - mythe que McCandless rejette dans le film - ça ne s'est jamais arrêté depuis que la civilisation industrielle a commencé à émerger en Occident. Ce qui est intéressant, c’est que le personnage apporte de la complexité : il y a des moments d’épiphanie dans la nature, on voit bien que Christopher McCandless est fasciné par les océans, par les paysages, par les ciels. Il retrouve une forme de liberté, il a besoin de se confronter à ça en cherchant ses limites, en regardant ce qu’il est capable de faire. Il raconte quelque chose qui est une sorte d’impossible aujourd’hui. Mais ce récit n’est pas achevé, il a besoin d’être poursuivi. Tous les films, les récits qui essayent de percuter le récit de la société capitaliste consumériste le font pour essayer de la craqueler, pour voir si quelque chose d’autre peut en sortir." Cyril Dion

Emile dans "Into the Wild" (2007) de Sean PennEmile dans "Into the Wild" (2007) de Sean Penn 

- Copyright Paramount Vantage

À réécouter : Walden, Henry David Thoreau

Les Chemins de la philosophieÉCOUTER PLUS TARD

LECTURE

58 min

Un film sur l'empathie

Cette recherche d'absolu, de confrontation à la nature met en avant à la fois le lien qui peut se créer entre elle et l'homme, mais met en relief également comme l'indiquent les plans de fin du film, l'immense besoin de partager avec d'autres humains ces beautés et expérimentations :

"Les grands espaces vides sont perçus comme vides si on vient d’un milieu très occidental et urbanisé ; ce n'est pas vide si on est un trappeur. On sait de loin, à la couleur de la glace, si on peut marcher dessus, pour dire le mot "neige", il y a plusieurs mots … L’idée que c’est vide, c’est une vision de quelqu'un qui ne peut pas voir. Le mot "empathie" a été créé au XIXème siècle par un spécialiste de philosophie esthétique. Au départ, l’empathie ce n'est pas la relation entre deux humains, c’est la relation entre un être humain et n’importe quoi d’autre : un autre être vivant, un paysage ... Chris McCandless choisit de finir sa vie dans un bus. Le mot bus vient d'omnibus qui veut dire pour tous. Au cœur du vide, il se réfugie dans un cocon qui est un minibus, et donc une trace de civilisation, de service public, de transports en commun. Il a besoin de mourir là, donc ce n'est pas un film sur la nature. Mais il a eu besoin de s’éloigner, besoin de ce vide, de cette impuissance." Ollivier Pourriol

Emile Hirsch dans "Into the Wild" (2007) de Sean PennEmile Hirsch dans "Into the Wild" (2007) de Sean Penn 

- Copyright Paramount Vantage

Le cheminement vers soi-même

Si c'est un film sur la recherche de ses limites, sur les paysages, la nature et l'inclusion d'un homme à celle-ci, c'est aussi, selon Claire Nouvian, une démarche constitutive de l'adolescence :

"Je ne vois pas dans ce film une dénonciation de la société de consommation mais le mal-être d’un individu qui a du mal à s’insérer dans la société, de manière générale, quelle qu’elle soit, au minimum depuis la révolution industrielle. On reçoit la violence d'un monde de manière tellement extrême qu’elle peut nous tuer et la seule façon de survivre c’est de se mettre à distance. Ce voyage passe par plusieurs épisodes et se termine dans un grand décor dangereux et sauvage, c'est une rencontre avec soi-même."

À réécouter : Cyril Dion : agir, ici et maintenant !

La Grande Table cultureÉCOUTER PLUS TARD

LECTURE

26 min

Pour en parler :

Cyril Dion , militant écologiste, réalisateur de Demain (2015), Animal (2021), et auteur récemment de A l'orée du danger (Actes Sud, 2022)

Ollivier Pourriol, philosophe, critique de cinéma, créateur des séances "ciné-philo" MK2, scénariste et auteur de la bande-dessinée La vérité sur Socrate (éditions Les Arènes, 2023)

Claire Nouvian , militante écologiste, fondatrice de l'association BLOOM

Archives diffusées :

Sean Penn et Eddie Veder discutent de l'idée originale dans l'émission Charlie Rose diffusée le 21/09/2007, disponible sur Youtube

Les critiques du Masque et la plume discutent du film (France Inter, 17/01/2008)

Corinne McCandless, la soeur de Chris McCandless parle de son frère sur l'émission Rare TV Show disponible sur Youtube

Une lecture de Guillaume Gallienne dans "L'Amérique des grands espaces" tiré de l'émission Ca peut pas faire de mal (France Inter, 16/01/2010)

Sous-marin en plongée

Par Le 09/08/2023

Le discours des gens me sidère. C'est un déni de conscience qui représente une menace considérable.

C'est le "jusqu'ici, tout va bien, j'arrive encore à trouver des lieux épargnés."

Le Moi souverain et l'absence totale de considération envers les autres, envers la nature, envers la Terre et l'ensemble du vivant. L'impression de voir des individus s'agitant dans une poche d'air, une poche d'air qui diminue en fonction de cette agitation, ils prennent ce dont ils ont besoin, juste attachés à leurs désirs, indifférents des effets de cette frénésie consommatrice.

Nous sommes tous dans ce sous-marin où la quantité d'oxygène diminue, jour après jour. Et nous plongeons toujours au plus profond. Je pourrais m'amuser en pensant à ceux qui sont allés en Norvège pour être au frais, la Norvège qui connaît actuellement des pluies diluviennes. Même chose en Slovénie, plus grande catastrophe naturelle en trente ans.

Mais bon, pour que tous ces gens réalisent que le réchauffement de la planète induit des phénomènes météorologiques comprenant des inondations, des tornades, des orages dévastateurs et probablement des chutes de neige phénoménales et des températures épisodiquement basses, il faudra du temps, beaucoup de temps.

Et pendant ce temps, le sous-marin continue à descendre.

 

 

LONDRES (Reuters) - Attirés par des températures plus clémentes, les touristes et les voyagistes vont, à l'avenir, privilégier les destinations du nord de l'Europe après un été qui a été marqué par des canicules et des feux de forêt dans le sud du Vieux continent.

La région méditerranéenne reste la plus prisée des touristes en Europe, mais les réservations vers les pays comme le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, la Norvège ou encore la Suède sont en hausse par rapport à 2022, selon des données publiées par Mastercard, entreprise américaine de paiement.

Des vols moins chers et une dévaluation de certaines monnaies en Scandinavie participent à cette nouvelle attractivité, mais le changement climatique est aussi une des raisons avancées mercredi par TUI, le plus grand voyagiste au monde.

L'entreprise pourrait voir sa saison estivale commencer plus tôt au printemps et terminer à l'automne, a expliqué Sebastien Ebel, président du directoire de TUI. Et l'offre vers les pays nordiques, les Pays-Bas, la Pologne et la Belgique pourrait aussi s'étoffer.

"Nous irons en Grèce jusqu'en novembre et peut-être qu'on devrait laisser cette destination ouverte jusqu'à la fin de l'année, après même Noël", a-t-il ajouté lors d'un entretien téléphonique avec des journalistes.

"Cela laisse plus d'opportunités pour la croissance", a-t-il indiqué.

Le voyagiste vient juste d'annoncer qu'il pourrait faire face à une ardoise de 25 millions d'euros à cause des incendies à Rhodes en Grèce qui ont forcé le rapatriement de milliers de touristes européens.

En Norvège, les voyagistes voient une augmentation de la demande, comme à l'île de Vesteraalen, dans le nord du pays. L'office de tourisme a indiqué que des touristes étaient venus d'Europe centrale et du Sud pour échapper à la canicule.

Conséquence, des vols directs vers le nord de la Norvège ont été créés.

Fabio Scaglione et Diego Bruno faisaient partie d'un groupe de touristes venu d'Italie qui a visité la semaine dernière Stockholm.

"L'an dernier, nous sommes allés dans le sud de l'Espagne et il faisait très chaud. Cette année, nous avons décidé d'aller dans un lieu plus frais", affirme l'un d'eux.

Heather Storgaard, une touriste écossaise, va passer une partie de ses vacances d'été au Danemark et dans le nord de l'Allemagne. Les températures élevées l'ont tenue éloignée du sud de l'Europe ces cinq dernières années.

"Avant, j'ai été en France, en Italie, des destinations estivales normales mais j'ai commencé à me sentir mal", affirme-t-elle.

"Même l'Allemagne et la Suisse se situent trop au sud, j'y étais l'année dernière et il faisait déjà trop chaud", avance la touriste écossaise.

Margit Wissenbach, une Allemande vivant au Danemark, a visité la Suède cette année avec l'intention de partir randonner et de visiter des villes comme Göteborg.

Souvent amenée à se rendre en Italie pour son travail, elle affirme préférer le nord pour les vacances : "Je préfère marcher sous la pluie que dans un four".

(Reportage par Joanna Plucinska, Marie Mannes et Rachel More; version française Zhifan Liu, édité par Kate Entringer)

Pourquoi écrire ?

Par Le 04/08/2023

 

 

Coeurouvertwhite 1« Si tu n’es pas toi-même, qui pourrait l’être à ta place. » C’est de Henry David Thoreau, précisa-t-elle. Et je ne veux pas me détacher de ça. C’est pour ça que j’écris. Je pense que seule cette démarche permet d’extraire de soi l’essentiel. Les pensées sont insuffisantes, elles sont trop volages. Si vous cherchez à les développer avec vos semblables, elles se perdront en cours de route parce qu’elles opteront pour la confrontation ou l'adhésion ou même la séduction et cette intention, conflictuelle ou imitative, vous arrachera à vous-mêmes. Les arborescences créées par les échanges verbaux vous éloigneront irrémédiablement de la révélation que contenait le message initial, celui qui est au cœur de l’individu. Rien ne peut se faire hors de la solitude existentielle. Les mots écrits seront des balises, des scalpels, les outils de l’autopsie. Lorsque j’écris, ce sont les mots qui créent le courant de l’exploration, ils se renforcent les uns les autres. Il ne s’agit plus seulement de pensées mais de sculptures. Tout reste gravé et la contemplation des architectures déclenche immanquablement le désir de reprendre le burin et de tailler encore et encore dans la masse. Sans ces écrits, les pensées se sont évanouies depuis bien longtemps déjà et il faut tout reprendre au début. L’apathie spirituelle de l’humain est entretenue par cette dictature de la parole, un flot éternel qui ne supporte aucun barrage. L’écrit individuel, l’autopsie solitaire, le dépeçage des pensées et l’élimination systématique des bavardages immatures, voilà ce qui m’importe et nourrit la fièvre bienheureuse de mes plongées intérieures.

L'émerveillement

Par Le 04/08/2023

"Notre devoir le plus impérieux est peut-être de ne jamais lâcher le fil de la Merveille. Grâce à lui je sortirai du plus sombre des labyrinthes". Christiane SINGER

 

 

Le plus sombre des labyrinthes. La période actuelle n'a pas, pour moi, la géométrie d'un labyrinthe car dans un labyrinthe, il existe une issue et donc une délivrance. Il n'y a pas d'issue à la voie dans laquelle l'humanité s'est engagée. Il n'y a aura pas de délivrance mais une sanction. Il s'agira par contre d'une délivrance pour la nature, pour la planète, pour la vie ou tout du moins, pour ce qui n'aura pas disparu. Je m'érige contre les individus qui se contentent de dire que la Terre vivra très bien sans le poids écrasant de l'humanité car c'est ignorer les milliards d'animaux et de plantes qui auront disparu, non pas naturellement, mais qui auront été éliminés. Cette "délivrance" ne surviendra qu'au terme d'une hécatombe. Elle est déjà en cours. Il est clair par contre que la période qui suivra la fin de l'hégémonie humaine sera profitable à la nature. Car c'est vers cette fin que nous allons. C'est pour moi une certitude. Il ne manque que le délai. Les raisons de ce déclin majeur et irréversible sont si nombreuses qu'il ne reste qu'à tenter d'identifier celle qui sera la plus "efficace". Pour ma part, c'est le déréglement climatique car c'est celui qui englobe l'ensemble de la planète. Les autres motifs ne seront que des conséquences.

Que vient faire l'émerveillement dans ce scénario ? Il est ce qui me permet de vivre sans que la conscience du désastre en cours ne devienne mortifère.

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L'ÉMERVEILLEMENT AU CŒUR DE LA SAGESSE.

 

 12 Jui 2019

https://www.devansens.com/index.php?option=com_k2&view=item&id=142:l-emerveillement-au-coeur-de-la-sagesse

L'émerveillement exprime un étonnement qui jaillit en l'être humain face à ce qui dépasse son entendement. La capacité de s'émerveiller possède le parfum de la candeur et la profondeur de la sagesse. Elle intensifie notre état de présence, allège notre cœur et revigore notre intelligence.

L’émerveillement, cet éblouissement fait d'étonnement et d'admiration, défini un certain regard porté sur le monde plus que le caractère plus ou moins merveilleux de l'objet regardé. Les photographes par exemple savent bien qu'une très légère variation de l'angle de l'objectif peut suffire pour que l'objet le plus banal se transmue en merveille. Nul besoin, pour rentrer dans l'émerveillement, de contempler quelque chose de grandiose ou d'admirable. Cet état peut jaillir subitement de la contemplation des choses les plus simples en apparence, car la réalité a toujours le pouvoir de surprendre.

On peut dire que la philosophie commence précisément avec la capacité de s'émerveiller considérée comme l'expérience fondatrice de la pensée. Selon Socrate, la philosophie n'a d'autre origine que la capacité de s'émerveiller. Et Aristote enseignait que "ce fut l'émerveillement qui poussa les premiers penseurs aux spéculations philosophiques".

Progressivement, toutefois, l'émerveillement a été considéré comme une étape "primitive" du déploiement de la pensée. Pour certains philosophes comme Cicéron, Horace et plus Descartes, celui qui veut connaître le monde doit se discipliner et cesser de s'émerveiller au risque de ne jamais accéder à la vérité. Au XVIIIème siècle, l'esprit critique et la raison scientifique s'érigent en valeurs absolues en Occident, tandis que l'émerveillement est considéré comme un trait peu évolué de la pensée, propre à l'enfance ou aux peuples "arriérés".

Au tournant du XIXème siècle, en rupture avec la visions scientifique, les romantiques réenchantent le monde et font de ce dernier une source d'étonnement plus que d'analyse. Pour eux, loin de nier la raison, l'émerveillement la dépasse dans l'intuition poétique. Dans la contemplation émerveillée des choses simples, l'essence pure de tous les savoirs, capable d'inonder de délice le cœur de l'Homme.

Certains êtres semblent accéder plus aisément à la saisie poétique du monde que d'autres. Comme le rappelle l'écrivain et aventurier Sylvain Tesson "dans la plus aride des steppes, les contemplateurs trouveront toujours à s'émerveiller". L'émerveillement serait-il alors un ravissement spontané qui jaillit subitement et qui ne peut pas se commander, ou bien pouvons-nous contrôler, voire libérer, notre capacité à nous émerveiller ? Certes, les poètes et certains génies saisissent la beauté de chaque instant, sans raison, comme une grâce. C'est ce qu'illustre très bien le haïku, forme poétique japonaise traditionnelle où le poète paraît se contenter de voir le monde apparaître, en exprimant et célébrant l'évanescence des choses. Une lande enneigée en hiver, le bond d'une grenouille dans une mare, le soupir du vent nocturne, un corbeau qui s'envole en croassant, il n'en faut pas plus pour être au cœur de la création, de son mystère et de sa parfaite harmonie.

L'émerveillement ne se provoque donc pas, mais il peut être convoqué par une certaine disponibilité mentale. Il est possible de choisir de s'ouvrir à tout ce qui entre dans notre champ de vision, soit un objet sublime et somptueux soit un détail trivial et modeste. Le fait de cultiver l'admiration au quotidien nous donne ainsi accès à un émerveillement adulte plus profond et fécond que la naïveté première de l’enfance. Cette "naïveté seconde" retrouve l'innocence sur un mode plus élevé, purifié. Ni fuite hors des conditions de vie routinières ni rêverie niaise où s'abriter peureusement de la réalité, l'émerveillement mature nous rendrait capables d'établir une relation plus vibrante et plus intense. 

Dissonance pétrolière

Par Le 31/07/2023

Rien de bon ne viendra du monde politique et donc, au-dessus, des financiers. Nous continuerons dans la même voie, aussi longtemps que ça sera possible et lorsque ça tournera mal, vraiment mal, ça sera trop tard. Et ceux, parmi nous, qui n'auront pas voulu "faire d'efforts", je leur souhaite bien du plaisir. 

 


Selon un sondage YouGov du printemps, 65% des Britanniques se disent inquiets des conséquences du changement climatique, mais ils s'opposent majoritairement à la plupart des mesures qui leur demanderaient un effort personnel.

cours du petroleLondres: Le gouvernement britannique a promis lundi des "centaines" de nouvelles licences d'exploration et d'exploitation pétrolières et gazières, en mer du Nord, mais cet assouplissement de l'approche du Premier ministre Rishi Sunak face au réchauffement climatique a été condamné par les associations écologistes.Cette annonce intervient en plein questionnement, au sein de la majorité conservatrice mais aussi dans l'opposition travailliste, de certaines politiques vertes en raison de leur coût pour les Britanniques, durement frappés par l'inflation.

Avec cette annonce, Rishi Sunak, qui s'est présenté pendant le week-end en défenseur des automobilistes victimes des politiques vertes, s'oppose aussi frontalement aux travaillistes. Le Labour, largement donné en tête des prochaines élections législatives en 2024, veut mettre fin à l'octroi de nouvelles licences d'exploration pétrolière et gazière en mer du Nord.

"Nous avons tous été témoins de la manière dont (le président russe Vladimir) Poutine a instrumentalisé l'énergie, perturbant les approvisionnements et faisant caler la croissance dans des pays du monde entier", a déclaré le chef du gouvernement conservateur dans un communiqué.

"Il est plus que jamais vital que nous renforcions notre sécurité énergétique et capitalisions sur cette indépendance pour procurer de l'énergie plus abordable et propre aux foyers et entreprises britanniques", a ajouté Rishi Sunak.

Le Premier ministre a assuré que même quand le Royaume-Uni aura atteint son objectif de neutralité carbone en 2050, un quart de ses besoins en énergie proviendra du pétrole et du gaz.

Greenpeace a dénoncé un "stratagème politique cynique pour semer la division", dont "le climat est un dégât collatéral". "Alors qu'incendies et inondations dévastent habitations et vies à travers le monde, le gouvernement de Rishi Sunak a décidé de reculer sur des politiques clé sur le climat", a dénoncé Philip Evans, responsable climat chez Greenpeace Royaume-Uni.

 

⤵ PREMIÈRES LICENCES À L'AUTOMNE

Les politiques vertes semblent sur la sellette au Royaume-Uni, notamment depuis la défaite surprise du Labour face aux conservateurs dans une élection locale de l'ouest de Londres.

Ce résultat a été mis sur le compte de la défiance des électeurs face à l'extension prévue fin août d'une taxe sur les véhicules polluants à l'ensemble du Grand Londres voulue par le maire travailliste Sadiq Khan.

Sous forte pression d'une frange de la majorité, le gouvernement a laissé entendre que certains objectifs environnementaux pourraient être assouplis, notamment sur les normes énergétiques des logements.

Le soutien à l'exploitation pétrolière et gazière en mer du Nord va permettre de maintenir plus de 200.000 emplois, assure Downing Street.

Les premières nouvelles licences doivent être délivrées à l'automne.

Le gouvernement a dévoilé en outre deux premiers sites de capture et de stockage de CO2 en mer du Nord, secteur susceptible de soutenir jusqu'à 50.000 emplois, selon Downing Street. Mais certains écologistes accusent cette technologie de pouvoir servir d'excuse à la poursuite de l'exploitation des énergies fossiles.

Un "vernis vert", a dénoncé Friends of the Earth. Si cette technologie fonctionnait un jour, ce dont cette association doute à court terme, elle ne capterait pas "toute la pollution climatique causée par la combustion des énergies fossiles" ou les émissions lors de leur extraction.

Impliqué dans l'un d'eux, le groupe 
Shell a salué un "projet central" parmi les projets pour "décarboner les opérations en mer du Nord".


 

⤵ "APATHIE" SUR LE CLIMAT

"Nous ferons la transition vers la neutralité carbone", a affirmé Rishi Sunak sur les ondes de la BBC en Ecosse. "Mais nous le ferons d'une manière proportionnée et pragmatique qui n'ajoute pas nécessairement au fardeau ou aux prix des factures des familles."

Selon un sondage YouGov du printemps, 65% des Britanniques se disent inquiets des conséquences du changement climatique, mais ils s'opposent majoritairement à la plupart des mesures qui leur demanderaient un effort personnel.

Le Royaume-Uni subit les effets du réchauffement. Un rapport des services météorologiques a averti récemment que les températures record de l'été 2022, où les 40 Grad ont été dépassés, paraîtraient "fraîches" d'ici à la fin du siècle.

Fin juin, le secrétaire d'Etat chargé du climat au ministère des Affaires étrangères, Zac Goldsmith - proche de l'ex-Premier ministre Boris Johnson -, a quitté le gouvernement, reprochant notamment à Rishi Sunak de ne pas s'intéresser à l'environnement et dénonçant "l'apathie" de l'exécutif sur le climat.

De l'importance d'une mare

Par Le 29/07/2023

Les libellules sont rapidement arrivées sur les plantes aquatiques de notre mare et c'est un émerveillement.

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Mares, mares, mares !

 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-27-juin-2023-5364000

 

Mardi 27 juin 2023LECTURE

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Plus de 50 % des zones humides ont disparu en 30 ans dont les mares ©Getty - Tim Bieber

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Les mares sont des trésors de biodiversité et des puits de carbone cruciaux pour lutter contre le changement climatique. Mais plus de 50% des zones humides ont disparu en 30 ans... Comment protéger, restaurer et recréer ces milieux souvent ignorés et pourtant source d’une précieuse richesse ?

Les mares sont des trésors de biodiversité trop souvent ignorées. Véritable hot spot, elles abritent un cortège d'espèces protégées et menacées. Avec un écosystème spécifique, les mares ont la particularité que les rayons du soleil atteignent le fond, contrairement aux autres zones humides comme les lacs, ce qui lui confère un écosystème particulier et unique. Elles sont souvent temporaires, et leur niveau fluctue tout au long de l'année.

Les mares sont également des puits de carbones très performant, et de puissantes alliées face au changement climatique. Leur rôle, autant pour la biodiversité que le climat, est donc crucial.

Mais aujourd'hui, plus de 50% des zones humides ont disparu ou ont été asséchées dans le monde. Victimes d'une mauvaise réputation bien souvent injustifiée, les mares sont également la proie de l'artificialisation des sols pour l'urbanisation et l'agriculture, sans compter les pollutions visibles et invisibles. Nous avons grignoté, détruit nombre des milieux naturels propices à l'apparition des mares, ces "accidents naturels"... Comment les protéger, les restaurer, et les recréer ? Comment une mare fonctionne-t-elle ? Quelle est sa faune et sa flore ? Quels outils concrets existent-ils pour créer sa mare ? Quelle est la législation ? Comment faire concrètement ?

Par définition, une mare a une surface de moins de 5 000 mètres carrés et une profondeur maximum de deux mètres. Toute une flore s'y développe en lien avec le rayonnement du soleil, qui va pouvoir percer les strates de l'eau jusqu'au sol et permettre à la végétation de se développer.

Une mauvaise réputation

Pour le grand public, la mare traîne souvent une mauvaise réputation. Elle attire les moustiques et est responsable de mauvaise odeur. Il y a une méconnaissance de ces petits milieux qui ont une grande richesse de biodiversité et qui apportent plein de services écosystémiques et de services rendus à l'homme. Elle apporte, par exemple, des solutions de lutte contre le changement climatique puisque ce sont de bons puits de carbone. Il y a donc une nécessité à les réhabiliter : « C’est important pour à la fois la biodiversité, la lutte contre le changement climatique, mais aussi pour les êtres humains. On pense souvent que c'est utile aux amphibiens, mais c'est aussi utile à nous. » comme le rappelle Marguerite Nielen, étudiante en alternance. Pour elle, tout a démarré d'un projet étudiant en licence professionnelle : « Je me suis passionnée pour ces milieux qui sont très riches, alors qu’ils sont menacés puisque plus de 50 % ont disparu. »

Une formation autour de la mare

Éric Demerger est formateur pour la conception des mares : « Depuis le début des années 2000, il y a une très forte demande autour de cette formation. Les candidats sont pour la plupart des agents de collectivités, ou des gens qui souhaitent se reclasser professionnellement, et qui ont des projets de vie centrés sur l'environnement. »

À lire aussi : Les libellules n'ont plus d'habitat : un millier d'espèces sont menacées de disparition

Le cycle de vie d’une marre

La mare a des cycles périodiques : les périodes de reproduction commencent en février et en mars et se prolongent sur les mois qui suivent. Il est donc très important de ne pas intervenir sur les mares entre février et septembre parce qu'on pourrait perturber la reproduction des animaux, mais aussi des plantes. Mais si l’homme n’intervient pas, elle finit par se combler naturellement, de la même manière qu'une prairie devient petit à petit une forêt si on ne fauche pas. Il est aussi important de laisser le niveau de la mare descendre pour qu'on obtienne une zone de battant, c'est-à-dire une zone humide sur le côté, mais qui est hors eau dans certaines parties.

Le problème de la sécheresse

Avec les épisodes de sécheresse de plus en plus longs et les températures qui augmentent, cela pose des problèmes sur la biodiversité des mares, comme l’explique Fanny Mallard : « Dans le cadre de notre programme, nous sommes en contact avec les différents acteurs des mares en France et notamment dans le département du Var où on nous a signalés que cela fait deux ans que les mares ne suivent plus en eau, il y a une problématique de sécheresse en lien avec le changement climatique. Si elle s'assèche en pleine reproduction et en plein pendant que les espèces réalisent leur cycle biologique, il va y avoir des pertes d'individus. »

Les bénéfices d’une mare

Fanny Mallard travaille sur la thématique du changement climatique et de l'intégration de la protection des milieux naturels : « On se rend compte que les mares sont des bons puits de carbone. On va avoir à peu près, une tonne de carbone par an qui est assimilé sur une mare d'à peu près 500 mètres carrés. Un autre point : les mares sont des îlots de fraîcheur. On peut être entre -0,5 à -4 degrés par rapport à la fraîcheur qui est dégagée de la zone humide. »

Créer un écosystème complet

Il est important d'avoir une mare en bon état de conservation, comme le rappelle Margueritte Nieler : « Si on a une mare qui fonctionne bien avec toute la chaîne alimentaire derrière, comme les moustiques à la fois sur la phase adulte, mais aussi en phase larvaire, cela permet de réguler et d'avoir un écosystème fonctionnel. Les moustiques ne pulluleront pas, car ils attirent, par exemple, les oiseaux. 

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