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Incendies et avions.

Par Le 26/07/2023

 

 

Il y a un sérieux problème.

D'un côté, on a ça :

Résultats financiers de la société Ryanair : "Les clients reprennent l'avion : le trafic voyageurs a repris des couleurs augmentant de 8,1 millions de personnes à 45,5 millions sur un an. Le taux de remplissage des avions a suivi avec une progression de 73% à 92%. Ryanair entend booster ce trafic passagers à 165 millions de voyageurs sur d'ici la fin de l'exercice 2023 dans son ensemble (+11% par rapport au trafic avant Covid)."

et de l'autre, on a des touristes en vacances en Grèce qui sont désespérés d'avoir dû s'enfuir en catastrophe et rentrer en France, par avion, et qui disent qu'ils sont vraiment très inquiets des effets du réchauffement climatique, que leurs enfants ont eu très peur, que toute cette nature qui brûle, c'est vraiment triste, qu'ils ont dépensé leurs économies pour ce séjour, que c'est compliqué de trouver un vol pour rentrer etc etc...

Moi, ce qui m'affole, c'est de voir à quel point, le niveau de réflexion des gens est limité...

Avion-réchauffement climatique-pollution-tourisme de masse...

Il n'y a pas quelque chose qui fait tilt dans leurs têtes ? Une espèce de début de prise de conscience de leurs responsabilités ? Rien ?... Bon, ben alors qu'ils se taisent à tout jamais.

 

 

Léa Prati

France Télévisions

Publié le 21/07/2023 06:01Mis à jour le 26/07/2023 16:02

 Temps de lecture : 10 min.

Avec le réchauffement climatique, les incendies deviennent de plus en plus nombreux et intenses. (ASTRID AMADIEU/FRANCE INFO)

Avec le réchauffement climatique, les incendies deviennent de plus en plus nombreux et intenses. (ASTRID AMADIEU/FRANCE INFO)

Face à une sécheresse accrue, les risques de départs de feu sont multipliés. Pour les suivre, franceinfo publie plusieurs cartes à différentes échelles, mises à jour régulièrement.

Alors que les températures ne cessent de grimper et que la sécheresse sévit à travers le monde, la menace d'incendies de grande ampleur pèse de plus en plus lourdement sur la planète. Au Canada, plus de 10 millions d'hectares de forêt et de prairie sont partis en fumée, soit l'équivalent d'un cinquième de la France hexagonale, Il s'agit de la "pire saison des feux jamais enregistrée", selon le gouvernement canadien. Dans ce contexte alarmant, le suivi quotidien des incendies est crucial pour prévenir les catastrophes environnementales et humaines qui en découlent. 

Un programme d'observation de la Nasa, baptisé Fire Information for Resource Management System (FIRMS), permet de savoir en temps réel où la Terre brûle. "L'agence spatiale américaine récupère les données sur les feux actifs grâce aux deux satellites en orbite Aqua et Terra équipés de capteurs optiques appelés Modis", explique à franceinfo Olivier Boucher, climatologue à l'Institut Pierre-Simon Laplace. Ces capteurs détectent les anomalies de rayonnement caractéristiques des températures élevées à la surface du sol en lien avec les incendies. Ces deux satellites scannent deux fois par jour la totalité de la surface terrestre, collectant des informations précises sur la localisation et l'intensité des feux. Cette intensité est mesurée via un indice nommé "puissance radiative". "Il s'agit d'un indicateur précieux qui combine à la fois l'intensité et la taille de l'incendie. Son seul défaut, c'est qu'il ne permet pas de différencier un feu petit et très chaud d'un feu de taille plus importante, mais d'intensité plus faible", détaille le chercheur. 

En exploitant ces données, franceinfo a réalisé ce tableau de bord rassemblant trois cartes à différentes échelles qui seront mises à jour régulièrement.

En France, des incendies pas seulement dans le Sud

En France, le risque d'incendies ne concerne plus uniquement le massif forestier aquitain et les forêts méditerranéennes. A cause d'un déficit pluviométrique important et des températures record constatés sur l'ensemble du territoire, ces incendies estivaux remontent désormais jusque dans la moitié nord du pays. Auparavant épargnées, certaines régions comme la Bretagne voient leurs forêts partir en fumée, comme dans les monts d'Arrée (Finistère) en 2022. Pour y faire face, le gouvernement doit s'adapter. Le protocole Héphaïstos, créé en 1984 pour lutter contre les feux de forêt dans 23 départements du sud de la France, a été étendu à l'ensemble du territoire pour l'été 2023.

Suivi des incendies en France au 26/07/2023

Intensité du feu (en MW)

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L'intense chaleur émise par certaines aciéries, comme celles de Dunkerque et Fos-sur-Mer, peut occasionner des fausses détections d'incendies.

Source: Fire Information for Resource Management System (FIRMS), NASA

Après les incendies qui ont ravagé 66 393 hectares de forêt et de végétation durant l'été 2022, notamment en Gironde et dans le Jura, d'autres dispositifs ont vu le jour. En prévision d'un été 2023 chaud et sec, une météo des forêts a été lancée. M ise à jour quotidiennement par Météo-France, elle informe sur le niveau de risque de feu dans les massifs forestiers hexagonaux. A cette démarche d'information et de prévention, s'ajoute un arsenal terrestre et aérien renforcé pour les pompiers. Le nombre d'appareils disponibles est ainsi passé de 38 en 2022 à 47 en 2023, selon la Sécurité civile.

En Europe, des feux dans le bassin méditerranéen

Les températures caniculaires actuelles, combinées à une sécheresse sans précédent, créent des conditions propices à la propagation rapide du feu en France, mais aussi en Europe. Sur la carte ci-dessous, les données de la Nasa attestent d'incendies actifs en Turquie, en Italie, mais aussi en Grèce. Ces observations vont dans le sens des projections sur le long terme de Copernicus. Selon le programme européen d'observation de la Terre, le risque d'incendies est particulièrement élevé entre les mois de juin et de septembre dans le sud de l'Espagne, en Italie, sur la côte méditerranéenne, en Grèce et en Bulgarie. En Turquie, le danger est même qualifié d'"extrême" dans certaines régions.

Suivi des incendies en Europe au 26/07/2023

Intensité du feu (en MW)

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L'intense chaleur émise par certaines aciéries peut occasionner des fausses détections d'incendies.

Source: Fire Information for Resource Management System (FIRMS), NASA

Pour détecter les incendies actifs, la Nasa localise les signaux de chaleur repérés par les satellites. Certains d'entre eux peuvent ne pas être issus de feux de forêt. On peut ainsi observer sur la carte les feux liés aux bombardements dans le sud de l'Ukraine. Selon Olivier Boucher, d'autres "fausses détections" peuvent survenir. "Les éruptions volcaniques, les cheminées d'usines et les torchères de l'industrie pétrolière peuvent parfois être confondues avec des feux actifs, mais ces erreurs sont rapidement corrigées par les algorithmes de traitement des données", explique le climatologue.  

Dans le monde, des incendies récurrents au Canada, en Afrique, en Amazonie et en Russie

D'après les observations de la Nasa, l'Afrique subsaharienne semble être la région du monde en proie au plus grand nombre d'incendies actifs.  "La savane brûle pendant la saison sèche et c'est en partie normal, relativise le climatologue Olivier Boucher . Ces feux font partie intégrante du cycle de la végétation et sont vitaux pour qu'elle puisse se régénérer." On observe cependant une augmentation des incendies dans cette zone à cause de l'activité humaine. "Ces milieux ont été modifiés par les sociétés humaines avec le pâturage et l'agriculture", détaille le chercheur. Parmi ces pratiques agraires, les brûlis, qui consistent à défricher les champs par le feu, sont encore très implantés en Afrique.

Les incendies qui ravagent l'Afrique équatoriale et, sur le continent sud-américain, l'Amazonie, trahissent une autre activité humaine, bien plus dévastatrice. "Ils sont associés à la déforestation et au défrichement, à la fois pour exploiter la forêt et libérer de l'espace pour les cultures", détaille Olivier Boucher.

Suivi des incendies dans le monde au 26/07/2023

Intensité du feu (en MW)

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Source: Fire Information for Resource Management System (FIRMS), NASA

Des feux brûlent aussi en Sibérie, aux confins de la Russie, tout près de l'Arctique. De gigantesques incendies s'y étaient déclarés et avaient battu des records historiques en mars 2022. En 2023 encore, d'importants feux de forêts ravagent cette région. On y observe la présence persistante de feux de tourbe qui ont survécu à l'hiver 2022 et qui se réactivent aujourd'hui. Ces "feux zombies", souterrains et difficiles à éteindre, sont accentués par la sécheresse, les températures élevées et les activités humaines. "Dans ces zones, les feux peuvent être naturels, mais le changement climatique accroît leur nombre et leur intensité", souligne Olivier Boucher.

 

Jancovici : Sur l'alimentation

Par Le 18/07/2023

 

 

"Moins de pétrole dans une économie qui se décarbone trop lentement, c'est un arbitrage de la collectivité qui se modifie.

Quand les gens auront moins d’argent, vont-ils continuer à avoir un smartphone et regarder Netflix, en ne mangeant que des pâtes?

Ou vont-ils privilégier de manger des légumes et d’avoir un smartphone de moins bonne qualité?"

Thèmes abordés : - Transport et dépendance des villes - Viande et surface cultivable par personne - Epuisement des énergies fossiles - Pauvreté du monde agricole - Nappe phréatique - Pic pétrolier - PIB mondial et pétrole - Puissance publique et arbitrage - Prix de la nourriture, diversification de la production et déspécialisation des régions - Emploi - Comment faire rentrer de l’argent dans le secteur agricole?

Blog : Terre et bois

Par Le 18/07/2023

J'ai reçu un commentaire d'un lecteur et je présente ici une partie de son travail.

Un blog à lire sans modération.

 

 

https://terre-bois.fr/les-12-principes-permaculture/

 

Bushcraft

Maison écologique

Nature

Qu’est-ce que la permaculture ?

 

Les origines : La permaculture (ou agriculture permanente) a été développée dans les années 1970 en Australie par Bill Mollison et David Holmgren en s’appuyant sur un modèle développé par Masanobu Fukuoka, un agriculteur japonais. Cette méthode agricole vise à s’inspirer de la nature pour créer des systèmes agricoles en synergie, en utilisant la diversité des cultures pour renforcer leur résilience et leur productivité naturelle. 

David Holmgren

Bill Mollison

Photos de David Holmgren et Bill Mollison tirées du court métrage “Permaculture The Documentary”

Définition : La permaculture est une approche holistique de l’agriculture et du jardinage qui s’inspire de la nature pour créer des systèmes durables, écologiques et productifs. Elle repose sur une compréhension profonde des écosystèmes naturels, de leurs interconnexions et de leurs cycles de vie. Contrairement à l’agriculture conventionnelle qui utilise des pesticides, des herbicides et des engrais chimiques, la permaculture privilégie des méthodes naturelles telles que la culture en association, la rotation des cultures, la gestion de l’eau, la conservation des sols, la biodiversité et le compostage.

photo d'un jardin permaculture

LES GRANDS PRINCIPES DE LA PERMACULTURE

La permaculture se fonde sur 12 principes de design qui peuvent être appliqués à tous les aspects de la vie, y compris l’agriculture, l’habitat, l’énergie, l’entreprise et la communauté. Voici ces principes selon David Holmgren :

1. Observer et interagir

La première étape de la permaculture est l’observation attentive du site, des plantes, des animaux et des êtres humains qui y vivent. Cette observation permet de comprendre les besoins, les comportements et les interactions de chaque élément, et de concevoir un système qui prend en compte ces facteurs.

2. Collecter et stocker l’énergie

La permaculture utilise les énergies naturelles telles que le soleil, le vent, l’eau et la biomasse pour créer un système autonome et résilient. Elle encourage également la collecte et le stockage des ressources, notamment l’eau de pluie, les aliments en conserve et le bois de chauffage.

3. Obtenir un rendement

Maximiser la production de nourriture, de fibres et d’autres ressources utiles tout en minimisant les efforts et les coûts sont des objectifs clairs de la permaculture. Elle utilise des méthodes efficaces et économiques pour réduire les pertes et optimiser les récoltes.

4. Appliquer l’auto-régulation et accepter les rétroactions

Encourager la régulation naturelle des écosystèmes, en favorisant l’équilibre entre les espèces et en évitant les interventions excessives. Cette approche accepte également les rétroactions de l’environnement et des utilisateurs pour améliorer la conception et la gestion du système.

5. Utiliser et valoriser les ressources renouvelables et locales

La permaculture privilégie les ressources renouvelables telles que le bois, le fumier, les plantes vivaces et les semences locales. Elle encourage également l’utilisation de technologies appropriées et de pratiques traditionnelles pour réduire la dépendance aux ressources externes.

6. Produire aucun déchet

La réduction des déchets et leur transformation en ressources. Elle utilise des méthodes de compostage, de recyclage et de réutilisation pour minimiser les déchets et maximiser la production de nutriments.

7. Concevoir à partir de modèles et d’éléments

La permaculture encourage à observer et à s’inspirer des modèles et des éléments de la nature pour concevoir des systèmes durables et efficaces. Cette approche implique également de prendre en compte les caractéristiques et les besoins de chaque élément dans le système, afin de maximiser les interactions positives et de minimiser les conflits. En d’autres termes, la permaculture vise à imiter la nature pour créer des systèmes résilients et productifs.

8. Intégrer plutôt que séparer

La permaculture cherche à intégrer les éléments du système de manière harmonieuse plutôt que de les séparer. Elle utilise la synergie et les relations symbiotiques pour maximiser les bénéfices mutuels.

9. Utiliser les solutions lentes et progressives

La permaculture favorise les solutions durables plutôt que les solutions rapides et temporaires. Elle utilise des méthodes telles que la succession naturelle et la récolte étagée pour créer des systèmes durables et résilients.

10. Utiliser la diversité

La permaculture encourage la diversité des espèces, des variétés et des écosystèmes pour créer des systèmes résilients et productifs. Elle utilise également la diversité pour maximiser les bénéfices mutuels et pour éviter la propagation des maladies et des ravageurs.

11. Utiliser les limites et valoriser les marges

La permaculture considère les limites et les marges comme des opportunités plutôt que des obstacles. Elle utilise les marges pour favoriser la biodiversité et pour maximiser la production, et elle utilise les limites pour créer des écosystèmes plus résilients et adaptatifs.

12. Répondre créativement aux changements

La permaculture encourage l’adaptation et la créativité pour faire face aux changements. Elle utilise des méthodes telles que l’observation, l’expérimentation et la gestion adaptative pour concevoir et gérer des systèmes résilients et durables.

Cette liste n’est pas exhaustive mais permet déjà de bien comprendre sur quoi repose la permaculture. Il s’agit d’une approche durable et écologique pour concevoir et gérer des systèmes alimentaires, énergétiques et sociaux. Elle est basée sur des principes éthiques et écologiques, et elle encourage la collaboration et la créativité pour créer des systèmes résilients et productifs. Si vous êtes intéressé par la permaculture, je vous encourage à vous former et à expérimenter avec des systèmes permaculturels chez vous ou dans votre communauté.

LES QUESTIONS AUTOUR DE LA PERMACULTURE

Voici les 5 questions les plus fréquentes sur la permaculture pour un débutant:

Comment débuter en permaculture ?

Pour débuter en permaculture, il est recommandé de se former auprès d’un expert ou de participer à des ateliers. Il est également important de commencer petit, en expérimentant avec un petit jardin ou un potager.

Quels sont les avantages de la permaculture ?

  Les avantages de la permaculture sont nombreux: elle permet de créer des systèmes durables et productifs, de préserver la biodiversité, de réduire la dépendance aux ressources externes et de favoriser une alimentation saine et locale.

Comment concevoir un système permaculturel ?

  Pour concevoir un système permaculturel, il est recommandé de suivre les principes de design de la permaculture, en observant le site, en favorisant la biodiversité, en utilisant des ressources locales et en privilégiant des méthodes durables et écologiques.

Comment entretenir un système permaculturel ?

  Pour entretenir un système permaculturel, il est important de respecter les cycles naturels, de favoriser la régulation naturelle, de pratiquer la culture en association et la rotation des cultures, de favoriser la biodiversité et de maintenir une bonne santé des sols.

Quelles sont les plantes recommandées pour un système permaculturel ?

Les plantes recommandées pour un système permaculturel dépendent du climat, du sol et des besoins spécifiques du système. Cependant, en général, il est recommandé de privilégier les plantes vivaces, les espèces indigènes, les plantes compagnes et les plantes qui ont des usages multiples (alimentaires, médicinales, etc.).

SOMMAIRE

Les grands principes de la permaculture

1. Observer et interagir

2. Collecter et stocker l’énergie

3. Obtenir un rendement

4. Appliquer l’auto-régulation et accepter les rétroactions

5. Utiliser et valoriser les ressources renouvelables et locales

6. Produire aucun déchet

7. Concevoir à partir de modèles et d’éléments

8. Intégrer plutôt que séparer

9. Utiliser les solutions lentes et progressives

10. Utiliser la diversité

11. Utiliser les limites et valoriser les marges

12. Répondre créativement aux changements

Les questions autour de la permaculture

Michel B.

Michel B.

Ma vie est dédiée à explorer la nature et à acquérir des connaissances solides dans ces domaines. Je partage mes aventures et mes découvertes, tout en promouvant des pratiques durables et respectueuses de l'environnement. En combinant mes compétences en bushcraft et en permaculture, je cherche à inspirer les autres à vivre en harmonie avec la nature et à développer des modes de vie autonomes et durables. Rejoignez-moi dans cette aventure pour découvrir les trésors de la nature et apprendre à créer un monde plus écologique.

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Sténose canalaire lombaire

Par Le 13/07/2023

J'avais 24 ans.

Je venais d'être opéré d'une première hernie discale. Opération ratée. 

Dépression. Mon rêve de devenir guide de haute montagne s'effondrait. On n'entre pas à l'école de ski et alpinisme de Chamonix avec un dos détruit. 

De 55 kilos, je suis monté à 85.

Puis, je me suis reconstruit, lentement. 

J'ai quitté la Bretagne pour les Alpes.

A trente-sept ans, cette hernie qui continuait à me faire souffrir s'est dédoublée. L4/L5/S1.

Paralysie de la jambe gauche. Un chirurgien m'a opéré en me prévenant des risques. Risques immédiats, nerf sciatique englobé dans la fibrose, mais aussi sur le long terme. Discopathie dégénérative.

J'ai repris la marche, lentement. Puis les sommets.

A quarante-quatre ans, tout a recommencé. Paralysie, morphine, des douleurs à devenir fou. Le chirurgien a proposé une arthrodèse qui me condamnait, soit au fauteuil roulant, soit à la perte de ma jambe gauche, soit à pouvoir remarcher, sans doute avec une canne mais en tout cas, en abandonnant toute idée de sport.

J'ai refusé.

C'est Hélène, une médium magnétiseuse, qui m'a sauvé.

Aujourd'hui, j'ai soixante ans et les risques qui m'avaient été énoncés se réalisent. 
J'ai une sténose du canal lombaire. Ossification du ligament jaune si importante que j'ai une excroissance en bas du dos, au niveau des hernies. Comme une bosse dure et qui grossit. Les nerfs sont comprimés.

Mon mollet gauche s'atrophie depuis trois ans. C'est même devenu visible à l'oeil nu. 

Des crampes nocturnes, l'obligation de me lever et d'aller marcher. 

Le matin, mon bassin est douloureux, pris dans un étau. Je dois faire des étirements bien précis, des mouvements que j'ai fini par mettre au point tout seul. De toute façon, aucun kiné n'y peut rien. 

La progression est inéluctable. 

Le diagnostic le plus sombre est celui de la perte de mobilité de la jambe gauche, une paralysie partielle, voire totale. Les nerfs se nécrosent. Je perds peu à peu la sensiblité dans certains orteils du pied gauche. Ma cheville gauche peut se tordre parce que la proprioception diminue inexorablement. Je cours avec des chaussures montantes. 

On vient de rentrer, on a passé six jours sur les sommets en Ariège. 8000 mètres de dénivelée, 90 kilomètres, des sorties de 6 à 8 heures.

Je marche, je cours, je grimpe. Et ce sont les montagnes qui me tiennent debout. Je m'appuie contre elles.

La méditation de pleine conscience me nourrit. Tous les jours quand je marche, quand je cours, quand je travaille au potager, quand j'écris mes romans, quand je fais la vaisselle, quand je nettoie mon vélo, quand je bricole.

Quand j'aime ma femme.

Je suis là, pleinement là, au coeur de la vie en moi. Nous portons en nous bien plus que ce que nous imaginons. Bien plus que ce que la conscience commune nous amène à penser.

Tant que je mettrai un pied devant l'autre, je n'arrêterai pas. Et si je tombe là-haut et ne me relève pas, le décor me convient. 

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C'est toujours là.

Par Le 04/07/2023

 

Je n'ai rien inventé. C'est toujours là.

Je l'ai vécu et ça me manque.

 

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L’impression qu’il était réfugié dans une grotte close et que l’agitation du monde s’approchait. Il sentit en ouvrant les yeux que les constellations de vie qui couraient en lui se retiraient dans un antre, comme des bêtes craintives cherchant l’obscurité, une cache protectrice où rien ne pourrait les atteindre. Son cœur s’ouvrit pour les accueillir, vaste troupeau de particules animées, condensé pétillant d’énergies volages, il entendit battre dans les secrets de sa poitrine des marées de vie commune, des ressacs puissants qui s’engouffrèrent dans la brèche de son cœur béant.

Là-haut, dans les confins de l’inaccessible, tout était si beau. Ce désir immense de cloisonner le refuge et de se retirer à tout jamais. Rien ne pouvait égaler cette splendeur. Cette clameur irritante qui cherchait à l’atteindre, il n’en voulait plus, cette dispersion agitée, il en avait trop souffert, son cœur y avait perdu son âme, il voulait plonger dans le courant, quitter de nouveau cette enveloppe étroite et se disperser dans le flux.

Il ferma les yeux, de nouveau, et s’abandonna aux visions.

Patience et détermination

Par Le 01/07/2023

J'attends la réponse de l'éditeur pour l'acceptation ou le refus de TOUS, SAUF ELLE, la suite de LES HEROS SONT TOUS MORTS.

Je n'ai aucune certitude sur la décision finale.

Il y a un personnage que j'aime, tout autant que le peuple dont il est issu : Figueras.

LES HEROS SONT TOUS MORTS : Figueras, un personnage majeur

Il est dans les quatre tomes de la tétralogie. Les Kogis sont aussi présents dans trois des romans de JARWAL LE LUTIN. J'ai envoyé les quatre tomes à la maison d'édition et j'attends, là aussi.

Tout comme j'attends une réponse pour LES EGARES.

Et pendant ce temps, je travaille à l'écriture de RESET, le tome 4 de la tétralogie. Être un auteur, finalement, c'est une passion qui demande beaucoup, beaucoup de patience, de détermination et de détachement. 

 


En tout cas, si la suite de LES HEROS SONT TOUS MORTS est publiée, sa lecture sera indispensable car il s'agit bien d'une suite.

 

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Elle courait à en mourir, l’impression qu’elle allait vomir son cœur, un étrange détachement alors qu’elle sentait la mort autour d’elle, une lucidité extrême, comme une conscience décuplée, elle savait parfaitement ce qu’elle devait accomplir mais elle ne parvenait pourtant pas à se libérer de la pesanteur de ses pas, elle devait produire des efforts gigantesques pour avancer de quelques mètres, comme si elle devait se mouvoir dans un espace gluant, un océan invisible qui ralentissait chacun de ses gestes, elle n’éprouvait étrangement aucune peur, juste l’application de ses actes, sans aucune émotion, sans aucune pensée invalidante, malgré le danger, malgré la mort, malgré l’incertitude. Rien. Elle courait au ralenti dans une extrême vigilance. L’impression d’être surveillée, un regard qu’elle n’identifiait pas, une énergie qui coulait en elle, comme un don… Incompréhension.

Le train passa sur un aiguillage et le vacarme la réveilla.

Elle avait vu les yeux étroits qui l’observaient. Des yeux d’Indien.

Elle se frotta le front et s’assit sur le banc, le corps endolori et lourd. Elle leva la tête.

Il était là, face à elle. Son regard scintillant, les prunelles comme deux soleils noirs.


 

« Tu vois, la peur est encore en toi mais tu es sur le bon chemin. Tu commences à l’accepter et à ne plus lutter contre elle. Plus tu luttes, plus tu la nourris de ton énergie. Un jour, tu comprendras.

-Comment vois-tu tout ça ?

-Je ne le vois pas. Je le sens. Vous, les Blancs, vous passez votre temps à regarder avec vos yeux et c’est pour ça que vous ne voyez rien. Écoute, respire, touche, et retourne tes yeux vers l’intérieur. Là, tu pourras apprendre. Mais surtout, bien plus important que tout, arrête de penser quand ça ne sert à rien. Tu manges quand tu as faim, tu bois quand tu as soif, tu dors quand tu es fatiguée, tout cela est nécessaire parce que ton corps en a besoin. Fais la même chose avec ton esprit, apprends à penser quand c’est nécessaire. Là, tu pourras saisir la réalité. Sinon, tu l’étouffes. »

Ces leçons de vie dans un vieux train de Colombie, face à un Indien qui lui parlait comme s’il la connaissait depuis son enfance. Un million caché sous son gilet en toile. Est-ce qu’il le savait? Que pouvait-il voir ou sentir? L’odeur de l’argent? Ou l’odeur de la peur de celle qui le porte…

« Tu vas aller voir Ayuka. Tu lui diras qu’il doit t’accompagner jusqu’aux Kogis. Tu lui diras mon nom. Il ne te posera aucune question, il ne te demandera pas d’argent.

-Je vais bien le payer quand même ?

-Oui, mais c’est toi qui décideras de la somme. Une toute petite part de tout ce que tu transportes. »

Elle le fixa et baissa les yeux. Certaine d’avoir retenu son souffle sans le vouloir, un coup au ventre, comme s’il venait d’ouvrir la sacoche et de répandre les billets sur le sol.

« Vous avez inventé les trains et les moteurs, vous avez fait voler des avions, mais vous ne savez pas voyager à l’intérieur de vous. Alors, vous ne pouvez rien savoir des autres. Pour celui qui sait lire les âmes, tout ce qui est en vous est visible parce que ça ne vous appartient pas, tout vous échappe. Et vous croyez en plus que vous pouvez mentir aux autres. C’est à vous que vous mentez. Je ne sais pas lire les mots et les hommes qui sont allés à l’école me méprisent. Mais ils ne savent lire que les mots et ce savoir les aveugle jusqu’à ne rien savoir d’eux-mêmes. »

Elle ne savait pas répondre. Une telle ignorance. Cette impression d’être une enfant devant un Maître et de découvrir soudainement l’immensité des espaces à parcourir. Elle courait sur les montagnes du monde et ne savait rien de ce qui la constituait, de ce qui émanait d’elle, de ce qui était perceptible.

Et c’est pour cela qu’elle avait peur.

Une évidence.

Nous ne pourrions vivre en paix, les uns avec les autres, qu’avec une connaissance absolue de nous-mêmes.

Figueras était en paix. Une paix qui semblait l’envelopper comme si l’espace intérieur ne suffisait plus, comme si cette énergie bienfaitrice éprouvait le désir des autres, comme s’il fallait propager cette lumière. Le soleil noir de ses pupilles. Et ce sourire bienveillant sur son visage, rien de connu, comme un amour diffusé, elle se sentait enlacée.

Il lui raconta son enfance dans les montagnes, les humiliations et les spoliations, la misère existentielle des Indiens qui avaient perdu leurs racines, attirés par des illusions fatales, il parla de ses luttes, de son engagement, des enseignements qu’il avait reçus. Il avait vécu une nuit une intuition d’une force immense, une révélation sublime qui l’avait bouleversé jusqu’aux larmes. Devenir le ver dans le fruit, rogner de l’intérieur les croyances néfastes des hommes civilisés, sonder les âmes et révéler les failles. Il avait longtemps été animé par un esprit de vengeance, un désir d'affront puis il avait compris, peu à peu, qu’il entretenait dès lors la scission des âmes, que sa mission était souillée par des intentions perverses, qu’il devait lui-même apprendre à tendre son âme vers les autres, à ne pas juger, à ne pas souiller l’intention de la Vie. Sa colère n’était qu’une citadelle dressée. Elle n’ouvrait pas les enceintes des âmes rencontrées. Il avait sombré pendant de longues saisons, comme rongé par un Mal insaisissable, un poison qu’il avait mis longtemps à identifier. Il avait dû connaître l’effondrement pour apprendre à aimer.

« Je te remercie infiniment Figueras. »

Elle ne savait pas parler d’elle et elle comprit avec une violence soudaine que son ignorance intime, que cette méconnaissance des méandres intérieurs l’avait privée des plus belles flamboyances, qu’elle n’avait toujours été qu’une âme perdue cherchant frénétiquement des ancrages existentiels. Elle courait depuis des années pour une reconnaissance extérieure. Comme si une ombre pouvait se remplir, comme si les regards reçus pouvaient suffire à combler les vides.

Un Indien venait de lui parler de son âme et elle ressentait désormais en elle un vide incommensurable.

« Ne te juge pas, reprit Figueras. Ta colère contre toi ne serait qu’une condamnation. Réjouis-toi simplement de savoir désormais qu’il te reste beaucoup à apprendre. Reconnais simplement que tout est déjà en toi. Mais simplement que tu ne le savais pas. Simplement. Tu vois l’importance de ce mot ? Lorsque les choses que tu vis te semblent compliquées, c’est que tu n’es plus reliée à la Vie. Le réel problème n’est pas ce qui survient mais la façon dont tu le perçois. Un jour, tu comprendras. »


 

Elle raconta ses courses en montagne, la découverte de ses qualités physiques, ses premières compétitions et la fierté qu’elle éprouvait, les premiers sponsors et l’entraînement acharné qu’elle devait supporter, la pression de plus en plus forte et ce sentiment de gâchis au sommet du Kilimandjaro.

« C’est bien, écoute bien tout cela. Et réjouis-toi. »

Elle ne comprenait pas d’où venait cette impression qu’il souriait en permanence alors que rien sur son visage ne l’indiquait. Une neutralité totale. Et pourtant, cette joie qui l’inondait. Elle en éprouva de la gêne. Comme un lien physique qu’elle ne commandait pas. L’impression d’être reliés, non pas d’elle à lui, mais comme deux énergies compatibles, un flux sans matière, une reconnaissance cellulaire.

« Quand tu sauras lire en toi, tu comprendras ce que les autres portent. »


 

Il lui raconta encore la vie de ses ancêtres, la communion avec la Nature, l’hommage rendu à chaque élément de la Terre Mère, la vie des enfants dans les tribus, les explorations spirituelles par le travail solidaire et les jeux, l’apprentissage des connaissances ancestrales, des ancrages qu’il honorait chaque jour, un respect immuable qui nourrissait ses cheminements. Les enfants recevaient des racines qui leur donnaient des ailes.

Elle songea aux enfants de l’Ancien Monde, les ailes rognées de leurs âmes, leurs racines empoisonnées par une Histoire immonde, ces tombereaux de morts et de massacres, ces peuples exterminés et ces génocides orchestrés par des Puissants avides de richesses et de pouvoir. Rien n’avait changé. Les justifications avaient pris des tournures honorables mais les intentions restaient les mêmes. Les petits d’hommes recevaient en héritage des avenirs prémâchés, une pâte infestée par des esprits pervers, des égrégores toxiques qui les condamnaient à une imitation formatée.

Elle réalisa soudainement que son projet était dérisoire. L’intuition que son désir consistait à emballer dans du papier cadeau des charniers infinis. Elle sentit une boule gonfler dans sa gorge, comme si la révélation l’empêchait de respirer, toute la beauté du don envisagé périssait sous les assauts impitoyables de la réalité. Peut-être même portait-elle dans ce projet, le désir de soulager sa conscience. Mais que pouvait bien représenter l’argent dispensé dans des âmes violées par des siècles d’outrages?

L’impression que tout cela allait voler en éclat.

Elle regarda Figueras. Il ne la quittait pas des yeux, comme attentif à des messages sans paroles, percevant des pensées insoumises.

« Tu auras tes réponses quand elles seront nécessaires », avança-t-il en souriant pour de bon.

SOLARIS

Par Le 30/06/2023

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SOLARIS

Un film de Steven SODERBERGH (2002)

Avec Georges CLOONEY, Natasha McElhone

Je ne suis aucunement passionné par les films de science fiction. Mais le titre SOLARIS m'avait intrigué. 

J'avais vu, il y a longtemps, la version d'Andreï TARKOVSKI que j'admire profondément. Des films qui m'ont considérablement marqué. ANDREÏ ROUBLEV, LE SACRIFICE, NOSTALGHIA, LE MIROIR et l'immense STALKER.

STALKER d'Andreï Tarkovski (lien)


C'est donc avec une certaine appréhension que je me suis lancé dans la version de SODERBERGH.

Et j'aurais eu tort de ne pas dépasser mes craintes car ce film est, pour moi, absolument magique, magnifique, d'un esthétisme et d'une puissance émotionnelle indéniable.

C'est avant tout une histoire d'amour, une histoire de science fiction, au premier abord mais ce n'est pas ainsi que je le vois, bien que la majeure partie du film se déroule dans une station spatiale, aux abords de la planète SOLARIS.

Chris Kelvin (Georges CLOONEY) est un psychologue envoyé en urgence dans la station Prometheus, à la suite d'un message reçu par un des astronautes s'y trouvant, un message très énigmatique qui semble contenir une menace.

Dès son arrivée, il découvre des traces de sang dans les couloirs.

L'astronaute qui avait contacté Chris s'est suicidé et Chris cherche à comprendre ce qui se passe dans la station.

L'ambiance est lourde et on peut s'attendre à une suite horrifique. Il n'en est rien, absolument pas. Je n'aurais pas tenté de le visionner si je n'en avais été convaincu, à moins que Soderbergh ait totalement renié l'oeuvre de Tarkovski, ce que je ne pouvais imaginer au regard du profond respect que lui portent les grands réalisateurs. 

Chris rencontre Snow ( Jérémy DAVIES, informaticien, impressionnant dans son jeu) et Gordon (Viola DAVIS, médecin, tout aussi parfaite).

Aucun de ces deux personnages ne donnent d'explication à la menace qui pèse dans la station.

La quasi totalité du film tournera autour de quatre personnages et un mystère semblant émaner de la planète SOLARIS.

Dès la première nuit, Chris rêve de sa femme, de leur rencontre, de leur approche, de l'émergence de leur amour et à son réveil, Rehya (Natasha McElhone, absolument magnifique, superbement filmée) est à ses côtés. Sauf que Rehya, sur Terre, est morte.

Et à partir de là, le film bascule dans le paranormal et nous entraîne dans une réflexion profonde, troublante, puissante sur le poids du passé, de la culpabilité, de la puissance du sentiment amoureux, de l'impact des souvenirs sur le présent, de la frontière entre la folie et la raison.

La musique du compositeur Cliff MARTINEZ est d'une qualité sans égale. Elle m'a fait penser à un compositeur, LOSCIL, que j'aime infiniment. Une musique aucunement angoissante, ni stressante mais qui développe une aura de mystère tout en étant parfois contemplative, méditative, particulièrement lorsqu'on voit la planète SOLARIS par un hublot.

SOLARIS aurait donc la capacité à matérialiser les souvenirs les plus intenses et cela expliquerait l'apparition parfaitement « naturelle » de Rehya.

Gordon, le médecin, prévient, à maintes reprises Chris que Rehya n'est pas humaine mais celui-ci ne peut pas l'admettre et, après un déni complet à sa première rencontre avec la "réincarnation" de sa femme, s'enfonce dans le bonheur de ces retrouvailles miraculeuses.

Il n'est pas question de dévoiler la suite.

Le film oscille entre flash-back et situations présentes dans la station. On découvre peu à peu toute l'histoire de ce couple, tragiquement détruit.

La mise en scène, le jeu des acteurs et actrices, la beauté visuelle, la lumière, les prises de vue, tout est à mon sens parfait, énigmatique et beau, étrange et émouvant.

On pourrait dire qu'il ne se passe rien, que le scénario est creux, vide, sans aucune surprise. Il n'y a pas pléthore d'effets spéciaux, pas de monstre, pas de combat, pas de cascades, pas de rebondissements inattendus et pourtant, pourtant, il m'était impossible de décrocher .

Comme si SOLARIS, la planète, m'avait moi aussi phagocyté...

Le mystère de cette réincarnation, Rehya, tout aussi vraie que nature, mais malgré tout en proie à une totale incompréhension de ce qu'elle est réellement, est un fil conducteur qui ne peut être rompu. (Natasha McELHONNE m'a fortement impressionné, elle est belle, fragile, émouvante, rayonnante, désemparée). Tout autant que la perdition progressive de Chris (excellent Georges CLOONEY) qui vit dans cet amour retrouvé une deuxième chance qu'il refuse de rompre. Des premiers jours où il rejette, rationnellement, cette incarnation incompréhensible à sa totale adhésion, on suit son cheminement intérieur, la progression des sentiments qui finissent par l'emporter sur la raison.

Se pose dès lors le fond de l'histoire.

Et là, il ne s'agit que de mon interprétation.

La présence du passé en nous, des traumatismes, des regrets, des remords, de la culpabilité, de la honte, de la colère, de l'incompréhension, de tout ce qui peut rester ancré et nous tourmenter, est-ce donc possible que ça soit si puissant, si intense que le présent s'en trouve modelé, transformé, sculpté, jusqu'à nous égarer, jusqu'à nous priver de notre bon sens, de notre instinct vital à nous protéger de la folie ? Car si nous ne sommes plus là, inscrits dans le temps présent, c'est que nous ne sommes plus nulle part et que nous avons sombré dans un espace temps qui relève peut-être de la folie.

Il pourrait en être ainsi du futur mais le futur n'est pas émotionnel puisqu'il n'a pas été vécu. Il est toujours possible d'imaginer des émotions mais elles n'auront évidemment pas l'impact que peuvent avoir les émotions vécues dans le passé.

Le passé, on le sait tous, existe en nous au regard des émotions que nous y avons connues. Sans ces émotions, le passé disparaît. Mais dans le cas de l'amour, de l'amour flamboyant, l'amour ultime, l'amour sublime, il est impossible que les émotions s'effacent. Ou alors, il ne s'agissait pas d'amour mais de la croyance de l'amour.

Par conséquent, Chris, en retrouvant sa femme décédée, malgré l'impossible compréhension du phénomène, retrouve la puissance de l'amour, l'énergie vitale, le fondement même de l'existence de tout. Et sa raison vacille, emportée par le flot surpuissant des émotions réanimées.

Quelle est donc cette planète capable de tels phénomènes ? Doit-on la chercher quelque part dans l'Univers ? Ou est-elle plus simplement en nous, dans les méandres de notre cortex ?

L'amour est-il donc une forme de déraison, une déraison délicieuse qui serait pourtant à la source même de la vie ? La vie, ici représentée par SOLARIS, cette planète capable d'offrir une deuxième chance à l'amour, recréant à travers les émotions les plus intenses le sens même de l'existence, nous démontre-t-elle que la raison est une limite qu'il faut repousser ?

Peut-être.

Mais un des quatre personnages va également nous montrer que cette déraison délicieuse peut conduire à des extrêmes qui ne sont pas recevables. Le fil du rasoir est tranchant...

Et puis vient la fin de l'histoire.

Et les dernières paroles prononcées.

« Tout nous a été pardonné. »

A chacun et chacune d'en comprendre le sens et de réaliser à quel point ce pardon qu'on s'accorde est une véritable guérison. 

Un film dont je garde une multitude d'images, une floraison d'émotions, une infinité de réflexions que je ne peux toutes révéler au risque de spoiler.

Ce qui serait déraisonnable.

"Le grand pouvoir du Chninkel"

Par Le 26/06/2023

Le grand pouvoir du Chninkel | Van Hamme, Rosinski | 1988

 

 


Le grand pouvoir du Chninkel, intégrale noir et blanc @ 1988 Casterman, Jean Van Hamme, Grzegorz Rosiński

Le grand pouvoir du Chninkel, intégrale noir et blanc @ 1988 Casterman, Jean Van Hamme, Grzegorz Rosiński

Ce volume contient :

- Le Commandement
- Le Choisi
- Le Jugement

Fiche de lecture

Daar est un monde en guerre perpétuelle, menée par les Trois Immortels qui s'affrontent à chaque croisée des Soleils. J'on, un Chninkel, petit être de la taille d'un lutin, est chargé par U'n, le maître créateur des mondes, qui lui apparaît sous la forme d'un grand parallélépipède noir (référence à Kubrick), de rétablir la paix sur Daar, faute de quoi la planète sera engloutie dans une apocalypse de feu. Afin que J'on puisse réussir, U'n lui confie le « Grand Pouvoir », sans toutefois en préciser la nature. 

J'on est un anti-héros, un être qui n'a d'autre désir que de vivre en paix, caché et si possible avec une compagne aimant autant que lui les étreintes amoureuses. 

Les péripéties de J'on commencent donc après cette rencontre avec le monolithe et diverses rencontres se succèdent, dont G'wel, dont il tombe amoureux quand elle ne voit en lui que le « Choisi » dont parlent les prophètes et qui doit délivrer son peuple de l'asservissement. (Source : 
Wikipédia)

***

J'ai lu la version en noir et blanc, version originale, puis la version colorisée, qui à mon avis dessert la puissance de l'histoire. Le monde du Chninkel est un monde brutal, sombre, terriblement incertain, un monde où la mort peut frapper sans prévenir. La nature n'y est pas resplendissante mais ignorée.




L'U'n est le Dieu créateur et il est rancunier car, il y a bien longtemps, les Chninkel se sont laissés convertir à la religion créée par N'ôm l'hérésiarque. Jusque-là, les Chninkel vivaient sereinement et la nature les comblait de ses bienfaits. L'U'n a donc envoyé les trois Immortels et ses armées pour propager la barbarie, le sang, la mort, la souffrance, l'esclavage.

« Du Sep venait Barr-Find Main Noire et la masse écrasante de ses légions d'airain. Brutes sans visage, bardées de fer, juchées sur leurs pesants Womochs cracheurs de feu.
De L'Hor fondait Jargoth le Parfumé et l'escadre mortelle de ses archers volants. Cruels androgynes, fendant les airs sur les voiles végétales des Orphyx carnivores.
Du Far se ruait Zembria la Cyclope et la horde déchaînée de ses amazones borgnes. Féroces guerrières à la paupière cousue, emportées au massacre par le galop d'acier de leurs Traganes sauvages. »


Dans sa quête, J'on va rencontrer un sage, sous la forme d'un arbre immense, Sualtam.

Sualtam apprend à J'on qu'avant la guerre, les Chninkel étaient maîtres de Daar, mais que, pour avoir vénéré des idoles à la gloire d'un de leurs rois, N'ôm l'Hérésiarque, ils avaient été punis par le maître créateur à être réduits en esclavage par trois nouvelles races chacune commandée par un Immortel.

Afin de connaître l'avenir, J'on va ensuite trouver Volga la Devineresse qui, en plus de le dépuceler, lui crie une nouvelle prophétie : « La paix reviendra... Quand les trois s'uniraaaaah... »

Il est clair pour moi que nous sommes là dans une critique des trois religions monothéistes. L'U'n, c'est le « Deus sive natura » de Spinoza. Les Chninkel se sont détournés de cette voie naturelle en adoptant une religion adorant chacune « leur » Dieu. »

Les références au Nouveau Testament sont évidentes : le Messie (le Choisi), la Cène avec les Anciens, gardiens séniles de la parole divine, la trahison par un proche, la crucifixion.

Il ne s'agit aucunement de prosélytisme, bien au contraire... Car l'U'n se révélera un Dieu si rancunier qu'il ne tiendra aucunement la promesse faite à J'on.

La fin du récit assène une claque monumentale et un tombereau de réflexions infinies, un trouble profond. Car c'est de nous, humains, dont il s'agit.

Une œuvre très actuelle par conséquent. Il ne s'agit plus d'imaginer que les trois religions monothéistes s'uniront mais que l'homme, d'où qu'il soit, prendra enfin conscience que la Terre est divine puisqu'elle dispense la vie. Nous sommes très loin encore de cette conscience universelle. Si tant est qu'elle arrive un jour.

Voilà pour le fond, tel que je l'interprète, ce qui bien entendu, n'est aucunement une vérité. 

Quant à la forme, je la classe dans les œuvres magistrales de la bande dessinée.

Dix lectures ne feront pas le tour de tout ce qui s'y trouve.

Les trois violences

Par Le 19/06/2023

C'est effectivement ce que je pense. J'ai toujours l'exemple de la centrale nucléaire de Plogoff en tête. Sauf qu'aujourd'hui, à Plogoff, si la même situation se produisait, il y aurait de nombreux morts du côté des manifestants. C'est une certitude. La violence n'est pas du côté du peuple mais de celui qui le "gouverne". 

 

« Il y a trois sortes de violence.

La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’Hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. » (Don Helder Camara)

 

Alain Damasio : "On a épuisé toutes les façons douces de faire les choses"

 

Lundi 19 juin 2023

ÉCOUTER (10 MIN)

Alain Damasio à Gerardmer en 2014 ©AFP - Sébastien Bozon

54 min

L'invité de 7h50

Provenant du podcast L'invité de 7h50 

CONTACTER L'ÉMISSION

Alain Damasio, auteur de science-fiction, co-auteur de "On ne dissout pas un soulèvement. 40 voix pour les Soulèvements de la terre" (Seuil), est l'invité de 7h50.

Avec

Alain Damasio écrivain

La dissolution du mouvement écologiste, voulue par Emmanuel Macron et que Gérald Darmanin devrait entériner ce mercredi, n'est pour lui "pas seulement une mauvaise idée, c'est une aberration totale, absolue". "Les Soulèvements de la Terre amènent sur le devant de la scène un enjeu majeur pour demain, qui est l'eau. L'eau, c'est le nouvel or, et ça doit rester un bien commun. Pour moi, les Soulèvements défendent cette idée de façon très simple, et on ne peut que soutenir ça."

Fondé en 2021, notamment par des militants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, l'association revendique une certaine radicalité. Cette radicalité, "non seulement je la comprends, mais je la défends et je la promeus", assume Alain Damasio. "On est à un moment où l'accélération du réchauffement climatique est massive, et il y a une vraie urgence à changer, à faire bifurquer ce monde. Donc il faut, si le gouvernement n'est plus capable (et il ne l'a jamais été en l’occurrence) d'entendre ces arguments écologiques, il faut passer à un niveau supérieur d'action."

"Gérald Darmanin est porteur de la violence"

Pour lui, il est incorrect de parler de "violence" de la part de l'association. "La violence, c'est Action Directe, les années 80 où on mettait des balles dans la tête des PDG des grands groupes... Là, on parle de gens qui découpent au cutter des bâches en plastique, de sciages de tuyaux : on est sur du démantèlement, pour redonner cette eau à tout le monde."

Gérald Darmanin, lui, parle d'un groupe violent. "Mais Gérald Darmanin, il faudrait déjà qu'il apprenne que la police n'est pas là pour envoyer 5.000 grenades de désencerclement en deux heures sur des manifestants constitués d'écolos, avec des familles et des poussettes. La violence, il peut bien en parler, puisqu'il est porteur de cette violence et qu'il l'active contre des militants qui sont pacifiques."

"Quand vous allez à Sainte-Soline, que vous voyez que pendant deux heures, il y a un nuage absolu de lacrymo, des grenades, des blessés, qu'on a frôlé un mort... On est sur une stratégie d'escalade de la violence de la part de la police qui fait qu'en face, chez des jeunes qui essaient déjà de faire entendre leur voix, ça crée une réaction de colère, qui est compréhensible", estime Alain Damasio.

"Il y a un refus de dialogue absolu"

"Mais on rentre dans un cercle vicieux qui est amorcé par la police. On le voit sur le mouvement contre la réforme des retraites : vous ne pouvez plus faire un manif à Paris sans être nassé, sans être traqué, sans être gazé, pour créer cet effet de colère. Il faut qu'on mesure cette responsabilité de Darmanin et du gouvernement dans cette activation des colères."

Pour l'écrivain, "on a épuisé tous les recours démocratiques, toutes les façons douces de faire les choses" : "Vous faites des livres, des articles, des tribunes, des manifestations, des tracts, des actions tranquilles : aucune de ces actions ne sont écoutées. Il y a un refus de dialogue absolu, il n'y a aucune inflexion. Donc il faut passer à une étape supérieure à mon sens, des actions qui concrètement démantèlent et empêchent un certain nombre d'entreprises de faire des erreurs."

Survivalisme en détails

Par Le 18/06/2023

 

Il manque un élément qui est pour moi essentiel : le survivaliste (et j'adhère intégralement à tout ce qu'il écrit) contribue par son comportement de "simplicité volontaire" à réduire son impact sur la planète. Je ne le fais donc pas que pour moi et mes proches mais pour la communauté humaine toute entière.

Survivalisme : la VRAIE définition vue par un expert de 10 ans d’expérience

 

par 

https://mouton-resilient.com/survivalisme-definition/

13/06/2023

4 commentaires

En plus de 10 ans de survivalisme, ma pensée est passée par différentes strates.

Gamin, j’avais déjà une appétence à l’aventure dans les bois et à la « survie ». Les histoires de trappeur, les expériences de vie sauvage, les sorties rando/bushcraft/bivouac/feu de camp, tout cela m’exaltait.

Voyons ensemble ma modeste expérience qui aboutie à ma définition du survivalisme sur fond de réflexions.

Vous risquez d'être surpris...

Le sens SECRET du survivalisme

SOMMAIRE

De la survie au survivalisme

Le survivalisme n'est pas de la paranoïa

Survivre et surtout consommer n'est pas du survivalisme

Le survivalisme pragmatique apporte du sens à la vie

Le survivalisme permet de construire à la place de subir

Le survivalisme est l’art de rester vivant

Coaching Survivalisme : un raccourci très malin

Les interrogations récurrentes

Survivalisme en vidéo : pénuries, bivouac et générateur solaire

*** Article par VIK GN, YouTubeur et coach spécialisé en survivalisme ***

DE LA SURVIE AU SURVIVALISME

De la survie au survivalisme, il n’y a qu’un pas.

Lorsque j’ai découvert en ligne cet état d’esprit qui coulait de source, j’ai d’abord vu, il est vrai, une discipline qui codifie et organise le développement de la capacité à survivre.

Initialement, le survivalisme était pour moi juste un mode de vie prônant entraînement, organisation et matérialisme dans le but d’être progressivement prêt à la fameuse « rupture de la normalité ».

Sans plus.

PRÉPARATION À UNE SITUATION DE SURVIE POUR COMMENCER

En premier lieu donc, ma logique a été de me préparer à une situation de survie dans la nature. Puis par extension, d’être prêt à d’autres types de situations de survie.

Parce que pourquoi pas ?

Si je peux être amené à devoir survivre dans la nature (par exemple en me perdant en plein orage), pourquoi ne serais-je pas menacé par d’autres risques bien plus probables dans mon quotidien urbain ? 

Que ferais-je si on m’agresse ? Et si ma maison brûle ? Que faire si l’électricité est coupée ? Ou l’eau ? Et si tout s’effondrait ? Une pandémie ? Une situation de crise SEVESO ? 

PUIS LE SURVIVALISME PRAGMATIQUE BASÉ SUR DU BON SENS

Cette pensée soucieuse de risques possibles et probables m’a donc ainsi guidé initialement dans les méandres pragmatico-pratiques du survivalisme.

Il fallait stocker des consommables.

Il fallait que j’apprenne des compétences.

Il fallait que je m’équipe.

Il fallait que je me mette en situation, pour tester.

Au cas où.

Et c’était très bien, en apportant une solution concrète et une préparation globale de survie face aux situations de crise.

Car, effectivement, en France...

LE SURVIVALISME N'EST PAS DE LA PARANOÏA

Un regard extérieur y verrait de l’anxiété, voire même "de la paranoïa" comme s’amusent à dire nos détracteurs.

Honnêtement, on ne peut pas leur donner entièrement tort, en se mettant à leur place.

Pourquoi s’inquiéter de ça ? On ne pense pas à ça, nous. 

Pourquoi imaginer des scénarios catastrophe quand tout va bien ? Pourquoi faire ? Pour le plaisir de se faire peur, pour s’imaginer survivant héroïque, triomphant de l’adversité ?

Eh bien, pas vraiment.

LE SURVIVALISME EST UNE RÉPONSE AUX LIMITES DU SYSTÈME

En réalité, adolescent, j’ai pris conscience des limites de notre système (yo le système man !).

Rien de bien révolutionnaire ici, mais j’ai percuté que tout dépend des énergies fossiles. Que tout fonctionne en flux tendu. Que la machine sociétale est d’un niveau d’interdépendance et d’interconnexion planétaire jamais vu dans l’Histoire de notre espèce.

Ce niveau de complexité paraît extrêmement fragile.

Pour nous, qui dépendons de la mondialisation et de ses approvisionnements quotidiens, le moindre grain de sable dans l’engrenage serait très dommageable.

Mais d’un autre côté, paradoxalement, cette complexité et cette multiplication des moyens, des compétences et des sources d’approvisionnements apportent aussi énormément de résilience au système.

Mille fois, la marche du monde s’est grippée, et mille et une fois, la société s’est relevée. Toujours dans la douleur, les pertes et la difficulté certes, mais tout de même. 

Ce qui donne un espoir.

Cependant...

LES RISQUES MAJEURS EXISTENT

En parallèle, les risques majeurs localisés existent, ne le nions pas.

Même "l’État-maman" nous prévient et nous explique quoi et comment faire pour nous préparer à une catastrophe naturelle ou technologique.

Faites vos kits de survie, écoutez les alertes, préparez votre sac d'évacuation, suivez les consignes.

Si vous en doutez, jetez un œil à l'article : kit de survie catastrophe, les conseils des gouvernements.

kit d'urgence que propose le gouvernement français. C'est une bonne base de départ pour constituer un sac d'évacuation pertinent en cas de problèmes.

NOUS SOMMES TOUS CONCERNÉS PAR DES RUPTURES DE NORMALITÉ AU NIVEAU INDIVIDUEL

De même, rien qu’au niveau individuel, rares sont ceux qui échapperont dans leurs vies à un événement difficile.

Chômage, séparation, accident de la voie publique, agression, incendie, deuil, maladie, catastrophe, seveso … Nous sommes des êtres vulnérables et exposés aux aléas de la vie.

Il est donc pragmatique de s’y attendre et de les anticiper un minimum.

Pour autant, malgré ces trois niveaux pouvant défaillir (systémique, local et personnel), on a l’impression que monsieur moyen, le bon citoyen, le consommateur moderne, vit sa vie sans s’en soucier le moins du monde.

Je me suis parfois fait ces réflexions :

Comment pouvons-nous nous laisser porter ainsi ? 

Est-ce que nous sommes du bétail, des feuilles mortes ?

Notre destin est-il tout tracé ?

Les gens ne s’attendent pas à rencontrer de problème dans leur vie ?

LE BON SENS EST OUBLIÉ OU MOQUÉ

Pourtant, quelques générations en arrière, on ne raisonnait vraisemblablement pas ainsi. On ne remettait pas son existence et les moyens de sa subsistance entre les mains d’un système d’approvisionnement mondialisé.

On se gérait soi-même, à son échelle.

J’ai bien conscience que c’était par obligation. La vie était très dure pour les petites gens comme nous.

En tout cas, nous étions acteurs de notre existence. 

Seuls Dieu et la Nature pouvaient nous atteindre. Le pouvoir des hommes pouvait nous nuire ou nous aider, mais il n’était que de passage, comme nous.

Nous étions des individus responsables de nos échecs et de notre propre bien-être, forgés par le quotidien, pas des enfants gâtés pleurnicheurs et exigeants.

La technologie, la modernité, les guerres fratricides et le pétrole ont vidé les campagnes et transformé un peuple de producteurs, de bâtisseurs, d’artisans et d’Hommes en un peuple de citadins travaillant dans le tertiaire, dépendant de la machine pour chaque aspect permettant de rester en vie. 

Contre quelques heures d’activités, ou non d’ailleurs, elle nous maintient en perfusion.

L'ASSISTANAT EST UN SEMBLANT DE LIBERTÉ

Me nourrir ? On produit pour moi, j’achète juste.

Me soigner ? On prend soin de moi « gratuitement » à volonté.

Me protéger ? Suffit d’appeler la cavalerie.

M’instruire ? Pas utile.

Profiter de tout le confort possible ? Bien volontiers.

Avoir toujours de l’eau, même chaude ? Je ne sais pas comment ça marche exactement, mais je paie et j’en ai, sans aucun effort.

Je n’ai pas de quoi me payer tout ce confort ? Pas grave, on me l’offrira quand même, c’est mon « droit » et un dû.

Me reproduire ? On va m’aider à procréer si la Nature ne le veut pas.

Ne pas me reproduire ? On va m’aider à ne pas le faire, même si la Nature l’exige.

Rester vivant ? On va me maintenir au maximum, quitte à perdre toute dignité.

Mourir dès que je le souhaite ? Bientôt, on m’aidera bien volontiers…

Par conséquent...

SURVIVRE ET SURTOUT CONSOMMER N'EST PAS DU SURVIVALISME

Des risques ? Cela n’existe pas, parano !

Des problèmes ? Il n’y en a plus.

L’adversité ? Qu’est-ce que c'est ?

La difficulté ? On m’aidera toujours, on trouvera toujours une solution et le gouverne-ment sera toujours là pour moi si besoin.

Ne nous soucions plus de rien : vivons, consommons et profitons sans penser au lendemain. "Je suis un être suprême, le roi de mon univers, je mérite considération et honneurs".

IL MANQUE QUELQUE CHOSE À LA MODERNITÉ

On pourrait voir dans la modernité une chance et un gain de qualité de vie énorme par rapport à nos aïeux. Vous n’auriez pas tort. 

Ce serait en réalité de l’ingratitude que de cracher sur un tel niveau de vie, par rapport à celui d’autres humains ou de nos ancêtres. 

Nous profitons aujourd’hui du fruit du travail de nos anciens, qui pierre après pierre ont bâti ce monde pour nous.

Pour autant, il semble nous manquer quelque chose.

Ce n’est pas quelque chose que nous pourrions avoir en bonus du reste, mais quelque chose que nous avons perdu en chemin.

Du SENS.

QUELLE EST CETTE VIE MODERNE ?

Venir au monde ; l’instruction publique et son formatage ; un travail tout sauf épanouissant ; des dépenses, impôts et taxes ; puis la vieillesse et la mort ?

Une vie confortable et sûre, certes, qui permet de jouir individuellement et de profiter des petites choses.

Mais à quoi bon ?

Qu’allons-nous construire, qu’allons-nous transmettre ?

Quel est notre utilité dans cette petite vie ?

Tout individu comme toute espèce animale ou végétale semble n’être sur Terre que pour une chose : Vivre.

Tout simplement.

Vivre soi-même, survivre aux menaces pour finalement se reproduire, puis mourir.

Survivre à travers sa descendance.

Construire une longue chaîne, presque infinie, dont chaque minuscule individu est un maillon.

Chaine humaine et entraide, c'est le vrai survivalisme à la française

Absurde.

Bouleversant.

Magnifique.

De cette sécurité qu’offre la vie moderne, n’avons-nous pas perdu des libertés ?

N’avons-nous pas perdu cet élan vital ?

Qu’est-ce qu’être VRAIMENT vivant ?

LE SURVIVALISME PRAGMATIQUE APPORTE DU SENS À LA VIE

Je reviens au survivalisme.

De l’approche centrée simplement sur la préparation à l’événement, ma vision s’est affinée avec le temps vers une démarche de Vie.

Je m’explique.

NOUS NE SOMMES RIEN NI PERSONNE

Notre existence individuelle n’importe pas, ni à la Nature ni à notre espèce ni à la marche du monde.

Nous allons mourir. C’est inéluctable.

Toi qui me lis. Tu vas. Mourir.

Donc à quoi bon se battre, à quoi bon se préparer à survivre, puisqu’on meurt tous un jour ?

Le survivalisme n’est-il pas un effort vain, une souffrance psychologique que l’on s’inflige, de l’anxiété qui nous gâche la vie ?

Du temps perdu dans cette courte vie ?

Non.

Pour moi, c’est tout l’inverse.

LE SURVIVALISME, C’EST FAIRE TOUT CE QU’IL FAUT POUR NE PAS SUBIR ET POUR POUVOIR SURVIVRE

SUR – Vivre.

Survivre aux risques, à l’imprévu et aux menaces, d’accord, mais aussi :

SUR-vivre, vivre mieux.

SUR-vivre, vivre vraiment.

SUR-vivre, revivre.

C’est pour moi ce que ce préfixe dissimule.

LE SURVIVALISME, C’EST SE BATTRE POUR LA VIE

C’est protéger sa vie et donc la Vie.

C’est sécuriser son existence et l’existence elle-même.

Rendre possible la continuité. Faire en sorte qu’il y ait un avenir.

Se préparer à affronter un risque ?

Avoir de quoi s’hydrater ?

Avoir de quoi se réchauffer l’hiver ?

Apprendre les gestes qui sauvent ?

Avoir toujours de quoi manger ?

Produire de la nourriture ?

Être prêt à prendre les armes pour détruire une menace réelle, injuste et actuelle ?

Comment filtrer et potabiliser de l'eau ?

Attacher sa ceinture en voiture ?

Bâtir un foyer sûr ?

Être prêt à tuer et à mourir pour ses enfants ?

LE SURVIVALISME PERMET DE VIVRE MIEUX MAINTENANT

Tout cela n’a qu’un seul but : permettre à la Vie de continuer.

C’est profondément humain.

C’est même plus qu’humain : c’est animal.

C’est naturel.

 Notre époque nous a déconnecté de tout cela, de ces gestes et principes ancestraux. Nous « vivons » à moitié.

C’est cet élan vital qui est en train de se perdre.

Ce qui fait de nous des Hommes a souvent été la volonté historique de laisser une trace, et donc de montrer aux générations futures que nous avons vécus pour de vrai. 

On construisait ainsi quelque chose.

Comment s’exprime aujourd’hui cet instinct de vie, qui veut se perpétuer?

LE SURVIVALISME PERMET DE CONSTRUIRE À LA PLACE DE SUBIR

Prenons du recul et posons-nous quelques questions :

Qui construit quelque chose qui compte réellement ? 

Qui aujourd’hui bâtit un château ou une cathédrale qui sera debout dans mille ans ?

Quel clan monte aujourd’hui un dolmen qui sera toujours là dans 7000 ans pour l’offrir à sa descendance ?

Qui est capable de faire un chef-d'œuvre qui se transmettra à travers les siècles ?

Qui sont les Da Vinci et les Vivaldi, les Delacroix et les Chopin d’aujourd’hui ?

Entreprendre, en guise de grand projet d’une vie ? Les bâtons dans les roues pleuvent. C'est tout sauf simple...

Mais qui a dit que c'était facile ?

En fait, la sélection naturelle fait que....

dolmen

RARES SONT LES COURAGEUX QUI VEULENT RELEVER LA TÊTE

Ceux qui désirent monter quelque chose, construire leur empire.

Les plus motivés préfèrent partir pour pouvoir se libérer du racket et de la pression française. Ou alors, sortir du système.

Mais pour l’humain moyen qui n’est pas le génie que l’Histoire retiendra, le don qu’il a reçu et transmettra à l’humanité n’est pas une œuvre.

Quoique.

C’est lui-même. Après sa mort, ses enfants vivront, transmettront sa mémoire et un petit peu de lui.

LE SURVIVALISME EST UNE RÉPONSE AUX IDÉOLOGIES MORTIFÈRES

Même ce qui a toujours été la chose la plus normale et la plus naturelle, se reproduire, ne coule plus de source aujourd’hui.

Pour exemple, voici ce que l'on entend de plus en plus :

Avoir des enfants ? Bof, et la planète ? 

On est déjà trop sur Terre, non ? Et puis, ce n’est pas le moment. Je veux encore profiter.

Les enfants sont une charge, un boulet, des contraintes, des coûts.

Je n’ai ni le temps ni les moyens d’avoir un enfant. Je veux favoriser mon travail et ma vie personnelle.

La grossesse, quel asservissement de la femme.

De plus, quel monde allons-nous leur offrir ? Tout n’est pas rose tout de même. Il y a tellement de problèmes.

Il y a d’ailleurs bien assez d’occidentaux comme ça, nous sommes mauvais et pollueurs. En tout cas, c'est très important que l’on constitutionnalise l’interruption de grossesse et qu’on la banalise.

Purs produits de cette époque mortifère qui modèle leur pensée, beaucoup de nos jeunes contemporains raisonnent en partie ainsi.

L’instinct de vie naturel et intemporel est remplacé par un instinct de mort, moderne et acquis.

LA SÉLECTION NATURELLE OU BIEN LA RÉALITÉ NOUS RATTRAPE 

Heureusement, leurs gènes les poussent souvent à changer d’avis un peu plus vieux, in extremis.

Mais parfois jamais et c'est triste.

Un tout petit maillon s’ajoute sur cette vieille chaîne rouillée, qui a commencé à être forgée il y a des millions d’années.

N’oubliez jamais que chaque année où vous n’avez pas d’enfant est une année de moins que vous pourrez passer avec eux.

Tic tac, tic tac…

LE SURVIVALISME EST BIEN PLUS QU'UN STYLE DE VIE

Le survivalisme est ainsi désormais pour moi quelque chose de bien plus profond que de simplement se préparer à un événement difficile en tant qu’individu responsable.

Ce n’est là qu’un noble verni.

C’est plus encore que de faire en sorte de vivre vieux, de vivre mieux, en harmonie et en sécurité, en mangeant de bonnes choses et en passant de bons moments en famille.

C’est même bien plus encore que de construire son royaume, de se préparer à l’avenir et de façonner l’avenir.

S’il fallait écrire un aphorisme, je dirais que :

LE SURVIVALISME EST L’ART DE RESTER VIVANT

Juste cette merveille de simplicité, mais pourtant si profonde.

Vivre vraiment et transmettre cette flamme.

Rester vivant éternellement à travers sa descendance.

Construire son monde de ses mains pour pouvoir le léguer.

Aimer la vie, aimer sa terre, aimer les siens, aimer son sang et sa chair, aimer la chair de sa chair.

Aimer sa femme et ses enfants. S’aimer nous-même pour qui nous sommes.

Aimer ses parents et ses ancêtres.

Aimer, c’est chérir, honorer et protéger.

SURVIVALISME : AIMER, VIVRE ET SURVIVRE

Le survivalisme, c’est juste ça : Aimer, Vivre, et SURvivre.

Je pense que j’avais déjà compris cela avant d’être papa.

Je le ressens mille fois plus aujourd’hui.

Prenez soin de vous et des vôtres.

Vik

A CŒUR OUVERT : la voie

Par Le 18/06/2023

Finalement, c'est bien vers ce lâcher-prise que je dois aller. Je ne peux rien de plus que ce que je fais pour que le monde aille mieux. Et rien que d'écrire "pour que le monde aille mieux", je réalise combien c'est absurde, éminemment prétentieux tout en étant dérisoire. Qu'est-ce que je suis, individuellement dans cette immensité du monde ? C'est comme imaginer qu'une goutte d'eau de l'océan déciderait d'agir sur la masse. 

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Il prit un livre de Diane.

« LE VOYAGE INTÉRIEUR. »

Cette certitude qu’elle écrivait pour lui. Que personne d’autre ne pouvait lui être aussi proche. Elle lui avait dit que ses trois livres n’avaient pas eu de grands succès. Il en était resté estomaqué. Encore une fois, cette idée qu’il n’avait plus rien à faire parmi la masse, que ses contacts resteraient limités, qu’il ne devait plus se disperser. Qu’il n’avait rien à expliquer. Rien de tout ça n’était transmissible. Diane avait essayé et elle avait un talent immense. Il ne l’égalerait jamais.

« La quête est une illusion. Une tromperie du moi qui se joue de tout. Je n'ai rien à chercher. Tout est déjà là et en le cherchant, je m'en éloigne. Le moi, je le reconnais et je connais la complexité de ses errances et je n'ai pas à le craindre. Il n’est pas ce que je suis, il n’est qu’une interprétation. »

Il pensa que c’était ça, sans doute, le lâcher-prise. Cette douceur de l’acceptation. L’apaisement des interrogations, tout comme leur accueil. Tant que les émotions ne venaient pas créer un conflit, un objectif, une peur, une euphorie. Rester inerte pour vivre pleinement. C’était la voie. Et pourtant, il sentait bien cette chaleur dans son ventre quand Diane venait se blottir contre lui, quand il posait ses mains sur son corps dénudé, quand il percevait dans ses yeux l’amour qui vibrait en elle, quand ils partageaient leurs paroles comme des parfums qui embaument. Il n’était pas question de chercher à en maîtriser les effets. Il fallait s’y abandonner pour que l’énergie se consume et ne se transforme pas en tensions délétères. S’y abandonner sans aucune pensée, ne rien ajouter, comme on saisirait un parfum sans vouloir connaître le nom de la fleur, sans vouloir la cueillir, sans vouloir l’autopsier ou chercher à la multiplier. Oui, c’était ça la beauté du monde. Juste saisir. Sans aucune autre intention. C’est cela qu’il aimait dans les paysages de cette terre. Il pouvait les regarder mais il ne les emportait pas, il ne les transformait pas, il ne cherchait même pas à en connaître les détails. Les savoirs des hommes de science ne l’intéressaient pas. Pas dans ces lieux. Il n’était plus qu’un spectateur.

Le vent, dehors, s’était calmé, une suspension brutale qu’il n’avait pas encore remarquée. C’est le tumulte éteint de sa tête qui le plongea dans le silence retrouvé. Il entendait des résidus de souffles retardés dans le sillage de la tempête, comme des traînées d’écume dans les grands courants du large, il imaginait des soldats fatigués titubant derrière le gros de l’armée, quelques coups affaiblis sur la toiture, quelques grognements poussifs. La lutte n’était plus l’objectif, plus rien à prouver.

Juste passer et disparaître.

Il fit de même.

Il remonta la couverture, éteignit la lumière, se roula en boule et écouta les murmures s’éteindre.

Les enfants de la forêt amazonienne

Par Le 12/06/2023

 

La différence entre des enfants du monde "moderne" et les enfants autochtones : Les "sauvages" savent survivre. 

 

«Miracle» en Colombie : quel est l'état des quatre enfants, 24 heures après avoir été secourus ?

 

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Publié hier à 13:01, mis à jour il y a 5 heures

https://www.lefigaro.fr/international/miracle-en-colombie-quel-est-l-etat-des-quatre-enfants-24-heures-apres-avoir-ete-secourus-20230611?

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Colombie: les enfants rescapés de la jungle sont dans des conditions «acceptables»

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Si leur état de santé relève quasiment du miracle, c'est grâce à l'aînée de la famille, Lesly, et notamment à un jeu auquel elle jouait avec sa tante lorsqu'elle était plus jeune, raconte la famille.

Leur visage creusé laisse entrevoir des yeux noirs, perçants. Leurs bras eux, sont squelettiques. Lesly, 13 ans, Seleiny, 9 ans, Tien Noriel, 4 ans, et Cristin, 1 an, ont été retrouvés sains et saufs après 40 jours d'errance dans la forêt amazonienne. Le 1er mai dernier, leur avion s'était écrasé dans le sud de Caqueta, en Colombie. Depuis, une centaine de militaires et des dizaines d'indigènes tentaient de remonter leur piste grâce aux précieuses traces qu'ils pouvaient laisser dans l'épaisse végétation.

Les jeunes enfants ont été découverts vendredi 9 juin dans l'après-midi à seulement quelques kilomètres de l'épave d'avion. Ils étaient déshydratés, avaient des symptômes de malnutrition et de nombreuses piqûres d'insectes sur le corps. Une équipe médicale les a immédiatement pris en charge, et ils ont été hélitreuillés de la jungle vers la ville de Bogota. Ils sont aujourd'hui hospitalisés dans un établissement de santé des armées, où ils suivent un processus de renutrition. Une hospitalisation qui pourrait durer entre deux et trois semaines.

Globalement, les enfants ne présentent pas un état de santé particulièrement dégradé : «Ils sont très faibles», mais ils sont entre «de bonnes mains», a déclaré le grand-père des bambins devant la presse. Astrid Caceres, directrice de l'Institut du Bien-être familial, a elle expliqué que les enfants «parlaient peu» mais étaient «joyeux» : «Ils commencent à vouloir jouer, Cristin en particulier», s’est-elle réjouie. Le médecin militaire lui a simplement relevé quelques «lésions cutanées et piqûres». Un état de santé général qui relève presque du miracle, après 40 jours passés dans la forêt amazonienne.

Comment ont-ils pu survivre 40 jours dans la jungle ?

Comment ces jeunes ont-ils pu survivre aussi longtemps dans la jungle, sans nourriture ni eau ? D'autant que leur petit groupe comportait un enfant de un an, ce qui nécessite une attention particulière. D'après la famille des enfants, la fratrie a pu survivre grâce à l'aînée, Lesly. L'adolescente de 13 ans a nourri ses frères et sa sœur grâce à de la Fariña, une sorte de farine fabriquée à partir de yucca amer, des graines trouvées dans la jungle et des fruits. La jeune fille savait «quels fruits elle ne pouvait pas manger parce que dans la jungle, il y a beaucoup de fruits toxiques, qui grattent», a expliqué sa tante dans une interview accordée à Caracol Noticias, une émission de télévision colombienne. Elle savait également s'occuper d'un bébé, car dès l'âge de 5 ans, «elle s'était occupée de son petit frère et a aidé sa mère», ajoute la tante.

En parallèle, l'adolescente de 13 ans a réussi à les mettre à l'abri, en construisant de petites cabanes de bois. Pour la tante de la fratrie, cela ne fait aucun doute que la jeune fille est à l'origine des constructions. Elle se serait même inspirée d'un jeu auquel elles jouaient toutes les deux : «Nous avions l'habitude de construire de petites huttes lorsque nous jouions, et d'après les photos qu'ils nous ont envoyées, je pense que c'est elle qui l'a fait. Je l'ai ressenti dans mon cœur parce qu'elle a la capacité d'apprendre beaucoup de choses et je pense que c'est elle qui a permis à ses petits frères de survivre aussi», a déclaré la femme. Le grand-père, lui, les a qualifié «d'enfants de la brousse».

Pour l'organisation nationale des peuples amérindiens de Colombie (Opiac), cela ne fait aucun doute que leur condition indigène et ce lien très spécial avec la nature a joué en leur faveur : «La survie des enfants est la démonstration de la connaissance et de la relation qu'entretiennent les indigènes avec la nature, un lien enseigné dès le ventre de la mère», est-il écrit dans un communiqué de l'Opiac.

«Ce sont des enfants indigènes et ils connaissent très bien la jungle. Ils savaient ce qu'il faut manger et ce qu'il ne faut pas manger. Ils ont réussi à survivre grâce à cela et à leur force spirituelle», a assuré à l'AFP Luis Acosta, qui a pris part aux opérations de recherche. «Nous avons une connexion particulière avec la nature», résume à l'AFP Javier Bettencourt, autre leader de l'ONIC. «Le monde a besoin de ce rapport particulier à la nature, de favoriser ceux qui, comme les indigènes, vivent dans la forêt et prennent soin d'elle».

 

 

 

Deux visions antagonistes

Par Le 12/06/2023

 

 

LA VIE SUR TERRE par Aurélien Barrau :

« N’oublions pas que l’humanité tue environ mille milliards d’animaux chaque année, en grande partie des animaux sensibles donc qui ressentent la mort.

Mon fils qui est en terminale apprend encore, en cours de philosophie, que la conscience est le propre de l’homme.

C’est complètement débile ! Il est tout à fait certain qu’un très grand nombre d’autres espèces animales ont une conscience au sens fort du terme, une conscience du monde , une conscience de soi et de soi dans le monde, ça ne fait même plus débat aux scientifiques mais on s’est tellement accroché à ce propre de l’homme que nous avons passionnément aimé, que la question n’est pas mise sur la table.

Je me permets d’ailleurs de rappeler que le pire, à mon sens, ce ne sont même pas les conditions d’abattage qui sont extrêmement scandaleuses, le pire c’est en fait l’absence de vie qui précède l’abattage.

Beaucoup d’animaux n’ont jamais eu un seul instant la capacité de réaliser leur être. Prenons un lapin, son corps est fait pour bondir, tout le corps du lapin est fait pour ce geste-là. La plupart des lapins qui vivent aujourd’hui en France n’ont jamais bondi ! Ils vivent dans des clapiers qui sont grands comme leur corps et n’ont pas pu faire une seule fois pendant leur non vie, ce pourquoi leur corps est dessiné...

Donc moi je dirais que c’est un crime contre l’ontologie de la vie qui est en train de se déployer en ce moment.

Il faut absolument avoir en tête qu’aujourd’hui sur terre, l’essentiel de la biomasse des mammifères, c’est de la viande d’abattage! Ce sont des vaches et des cochons dans des fermes usines. Donc quand on montre aux enfants à l’école des livres avec des chevreuils, des souris, des campagnols, des biches etc.. C’est une imposture!

Ça ne ressemble plus à ça la vie sur terre !

95% de la masse des mammifères sur terre, aujourd’hui, ce sont essentiellement des animaux qui ne verront jamais la lumière du soleil, qui n’auront jamais un rapport sexuel, d’affection ou de sociabilité et qui sont en train d’attendre le moment où la hache va leur trancher le cou !

Donc on a déjà transformé cette planète en enfer !

Moi ce que j’aimerais, c’est qu’on en parle !

Imaginez que le chef de l’Etat fasse une conférence de pesse ou une intervention au journal de 20h de TF1 où il parlerait de cette question pendant vingt minutes, tout le monde dirait mais attendez, il se passe des choses sérieuses dans le monde, comment peut-on parler d’un sujet aussi frivole ?

Et donc je trouve que la question, pour le moment, c’est déjà d’accepter que ce sujet soit discuté.

Jusqu’à maintenant quand on pose la question face à la catastrophe écologique « est-ce qu’on va s’en sortir » pour l’immense majorité des intellects, le « on » ne se réfère qu’à l’humanité et on oublie qu’on partage cette planète avec sept millions d’autres espèces qui littéralement passent en dommage collatéral et ça, c’est pas une question scientifique, c’est une question éthique !

La question du spécisme n’est pas encore une question sérieuse...»

Aurélien Barrau,

dialogue avec des étudiants HEC, 18.11.2020

 

Bien connaître la vitrine réfrigérée boucherie - Agencement de Vitrines  réfrigérées

Les Français mangent deux fois plus de viande que la moyenne mondiale

© Shutterstock / BearFotos

Par Delia ArrunateguiLe 09 juin 2023 à 21h08 mis à jour 12 juin 2023 à 17h37

BIEN MANGER

VIANDE

Avec environ 85 kilos de viande consommée par personne en 2022, la France double la consommation mondiale, mais se maintient dans la moyenne européenne.

Les Français font partie des populations appelées à faire davantage d'efforts pour réduire leur consommation de viande. Selon les chiffres du Ministère de l'Agriculture, la consommation de viande par habitant a progressé en France de 0,7 %.

Les préférences dans le choix de viandes ont changé avec le temps, la consommation de porc reste en tête avec 31,7 kg, suivie par celle de la volaille avec 28,6 kg, celle de veau et de bœuf avec 22,1 kg, pour finir avec celle du mouton avec 2,2 kg. Ces chiffres confirment que la viande de veau et de bœuf est de plus en plus remplacée par la consommation de volaille.

QUEL EST L'IMPACT DE LA CONSOMMATION DE VIANDE SUR L'ENVIRONNEMENT ?

La grande demande de viande est un défi majeur pour la planète, tant en matière d'émissions de gaz à effet de serre que d'impact sur la biodiversité, de disponibilité des terres et de déstabilisation d'économies traditionnelles pastorales. L'intensification de l'élevage menace en effet les modèles d'élevage paysan, qui constituent le socle économique de nombreux pays en voie de développement.

POURQUOI LIMITER LA CONSOMMATION DE VIANDE ROUGE EST BON POUR LA SANTÉ ?

En France, la consommation moyenne de produits animaux est supérieure aux besoins nutritionnels. Une diminution de leur consommation, notamment celle correspondant aux viandes rouges et aux produits carnés transformés, est une recommandation en faveur de la santé.

En revanche, certains groupes de populations, notamment les personnes âgées, les enfants et les femmes enceintes, ont des besoins spécifiques en protéines de haute qualité nutritionnelle et en micronutriments (minéraux et vitamines), présents dans les produits animaux et qui sont plus facilement assimilables par l'organisme. La réduction de la consommation de produits animaux doit être accompagnée avec attention chez ces personnes.

3 ASTUCES POUR RÉDUIRE LA CONSOMMATION DE VIANDE ROUGE 

Privilégiez les légumineuses : avec les beaux jours qui reviennent, les salades font leur grand retour. Privilégier celles qui contiennent des légumineuses, oléagineux, dérivés de soja, céréales, graines ou du tofu, tous ses aliments sont source de protéines végétales.

Réalisez des assiettes gourmandes et colorées : les fruits et légumes ne sont pas colorés par hasard, c'est une manière d'attirer les animaux et l'Homme mais il faut aussi savoir que les pigments qui les colorent possèdent de nombreux bienfaits. Les fruits et légumes contiennent des phytonutriments, c'est ce qui leur donne leurs jolies couleurs, mais ils sont également riches en antioxydants. Chacun de ces pigments naturels possède des vertus spécifiques, ainsi, on peut répartir les bienfaits des aliments selon leur couleur.

Adoptez le régime méditerranéen, il est bon pour la santé, il est riche en nutriments et contient très peu de viande rouge et de charcuterie. Il est inspiré des habitudes alimentaires du pourtour méditerranéen et serait excellent pour préserver le système cardiovasculaire (il lutte contre le cholestérol et l'athérosclérose), lutter contre le diabète de type 2 (il freine la résistance à l'insuline), atténuer les troubles de l'humeur (il améliore les symptômes dépressifs chez les hommes jeunes) ou encore réduire le risque de cancer (du sein et de la prostate, en particulier).

Sources :

Alimentation et environnement : les enjeux de la consommation de viande en France.https://www.notre-environnement.gouv.fr

Matière et antimatière

Par Le 11/06/2023

Je regrette de n'avoir pas écouté suffisamment les cours de sciences au lycée. Je n'avais que la philosophie et la littérature en tête. J'essaie à 60 ans de rattraper mon retard. 

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https://www.science-et-vie.com/sciences-fondamentales/matiere-univers-seconde-

SCIENCES FONDAMENTALES

Origine de la matière : l’Univers aurait dû durer moins de 1 seconde

 

PUBLIÉ LE 05 JUIN 2023 À 08H00  MODIFIÉ LE 5 JUIN 2023PAR SIMON DEVOS

Aux origines de la matière

Crédit photo : Shutterstock

Tout s'est joué dans les premiers instants de l'Univers, dans la milliseconde qui a suivi le big bang. Là, s'est glissé un minuscule bug, une erreur primordiale. Alors que la matière qui nous compose était vouée à disparaître, elle a finalement survécu… Que s'est-il passé ?

Que quelque chose existe, on peut en être tout à fait certain. Notre incommensurable Univers, souvent décrit à tort comme majoritairement vide, regorge d’étoiles flamboyantes, de splendides nébuleuses, de galaxies imposantes et d’insondables trous noirs. La matière est absolument partout… et c’est bien ça, le problème. Quelque chose cloche.

“C’est simple : si l’on suit à la lettre le modèle standard de la cosmologie – théorie qui, jusqu’à preuve du contraire, décrit le mieux les grandes étapes de l’Univers -, rien de tout cela ne devrait être. Tout aurait dû rester complètement vide”, assène la physicienne des particules Gudrun Hiller, de l’université de Dortmund, en Allemagne. Or il n’en est rien, ou plutôt or tout est. Un processus fondamental, un gigantesque paradoxe échappe à notre entendement, tenant les physiciens en échec depuis des décennies. Vous, moi et tout ce qui nous entoure, jusqu’à la moindre particule. Nous ne devrions pas exister. En tout cas, en théorie.

>> Lire aussi : Le Système international d’unités se dote de quatre nouveaux préfixes

L’origine de ce problème se situe aux tout premiers instants de l’Univers, juste après le big bang, lors de la phase de création de la matière et de sa sœur jumelle, l’antimatière (voir l’infographie ci-contre). L’existence de cette dernière a été confirmée par l’observation dès les années 1930. Elle s’est révélée composée de particules en tout point identiques aux quarks, électrons ou autres neutrinos constituant la matière classique. Certains de leurs paramètres, par contre, lui sont diamétralement opposés, comme leur charge électrique.

Pourtant, “d’après les prédictions du modèle standard de la physique des particules, matière et antimatière auraient dû être créées dans des proportions équivalentes, à la particule près” , indique Thomas Lefort, du Laboratoire de physique corpusculaire de Caen. C’est d’ailleurs ce que l’on observe lorsque l’on fait s’entrechoquer des particules entre elles à haute vitesse : le résultat est toujours une combinaison de matière et d’antimatière en exactes mêmes quantités.”

En théorie, matière et antimatière auraient dû s’anéantir mutuellement dès l’origine, laissant l’Univers désespérément vide.

Seulement voilà, les deux sœurs ne peuvent en aucun cas se rencontrer sans violent coup d’éclat. La collision entre une particule de matière et une d’antimatière provoque immanquablement une annihilation totale des deux protagonistes, accompagnée de la libération d’une énorme quantité d’énergie. Conséquence du point de vue théorique : dès l’instant qui suivit leur création, matière et antimatière, en proportions égales, auraient dû se rencontrer et s’anéantir mutuellement. Il n’aurait ensuite subsisté qu’un vaste Univers, désespérément vide, marqué à jamais par la lumière blafarde de ce cataclysme originel.

>> Lire aussi : Des astronomes observent des jets relativistes, issus de la rencontre d’une étoile et d’un trou noir

MATIÈRE : UNE ASYMÉTRIE INITIALE

Mais ce n’est pas arrivé – heureusement, d’ailleurs. Quelque chose dissone, mais quoi ? “Pour sortir de cette impasse, le seul moyen est de postuler qu’à un moment donné, la matière l’a emporté sur l’antimatière”, expose Stéphane Lavignac, de l’Institut de physique théorique de Paris-Saclay. Ce qui implique nécessairement qu’un mystérieux processus, non inclus dans les théories actuelles de physique des particules, a d’une certaine façon favorisé la matière. Celle-ci se serait alors formée dans des proportions légèrement plus grandes que celles de sa sœur jumelle. Et lors de la grande annihilation, quand la totalité de l’antimatière et une quantité équivalente de matière furent réduites à néant, un surplus de la matière originelle, peut-être 1 atome sur 1 milliard, aurait survécu pour former absolument tout ce qui est.


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Ce postulat est soutenu par les observations actuelles : que ce soit dans notre environnement proche ou plus lointain, de la Terre au Système solaire, de la Voie lactée aux galaxies les plus éloignées, tout semble composé de matière. “Certaines expériences se sont bien mises en quête d’atomes d’antihélium, qui seraient produits par d’hypothétiques antié-toiles, révèle l’expérimentateur Guillaume Pignol, du Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble. Mais même si plusieurs candidates ont d’ores et déjà été proposées, aucune n’a été confirmée pour le moment . Les étoiles restent bel et bien composées de matière ordinaire.”

Idem pour l’Univers lointain ! Si des quantités non négligeables d’antimatière subsistaient, les chercheurs en auraient forcément observé la trace au cours d’épisodes ponctuels d’annihilation. La rencontre avec la matière laissant derrière elle une signature tout à fait caractéristique, sous la forme de rayons gamma. L’antimatière est donc bien manquante : l’asymétrie initiale entre matière et antimatière ne fait aucun doute.

Reste à découvrir ce petit “quelque chose” qui l’a provoquée, et qui échappe encore au modèle théorique actuel. En réalité, comme l’a théorisé en 1967 le physicien d’origine russe Andreï Sakharov dans un travail de référence, des petits “quelque chose”, il en faut même trois. Un trio de conditions absolument indispensables pour passer d’un Univers parfaitement équilibré, et donc vide, à cet inévitable déséquilibre de matière (voir l’infographie ci-contre). Et toutes seraient survenues juste après l’inflation, le moment d’expansion extrêmement rapide de l’Univers. Car durant ses premiers instants, notre Univers aurait été tout simplement trop chaud pour permettre l’existence même de la matière.

Mais à la phase suivante, appelée la “baryogénèse”, qui aurait démarré quelque part entre 10-32 et 10-12 seconde après le big bang. Des baryons, particules composées de trois quarks comme les neutrons et les protons, se seraient formés. Ici survient la première condition. Pour Sakharov, un processus devait intervenir à cet instant précis, induisant la violation d’une caractéristique liée à la transformation de la matière en antimatière, et inversement. Ce que l’on nomme “conservation du nombre baryonique”.

La matière est partout !

Une fraction de la matière, 1 atome sur 1 milliard, a survécu à l’annihilation. C’est elle qui a formé atomes, étoiles, planètes et galaxies. Que s’est-il passé ? Tout se serait joué juste après l’inflation, dans la phase dite de baryogénèse. Pour l’expliquer, 3 conditions sont nécessaires…

#1. Une constante admise par la théorie n’a pas été respectée

Il s’agit de la “conservation du nombre baryonique”. Cette caractéristique est liée à la transformation de matière en antimatière, et inversement. Normalement nulle, cette constante aurait penché vers la création de matière.

#2. L’équilibre thermique de l’Univers s’est effondré

Sans quoi les conditions qui régnaient au commencement n’auraient pas permis la création d’un surplus de matière.

#3. Matière et antimatière ne sont pas régies par les mêmes règles

Il y aurait une rupture dans la symétrie CP : c’est elle qui échappe encore aux physiciens du monde entier. L’antimatière ne serait pas soumise à la même physique que sa contrepartie et le socle même du modèle standard s’envolerait. Si elle était observée, cette rupture de la symétrie pourrait chambouler la physique.

GRÉGOIRE CIRADE

DES RÉSULTATS INATTENDUS

Deux autres ingrédients sont encore nécessaires à notre monde de particules. Déjà, l’équilibre thermique qui régnait aux débuts de l’Univers ne permettait pas de créer un surplus de matière. Il fallait donc qu’il se soit effondré d’une manière ou d’une autre. Il faut enfin que matière et antimatière obéissent à des lois physiques sensiblement différentes.

“Cette dernière condition revient à violer ce que l’on appelle la symétrie CP, C tenant pour charge, et P pour parité , décrit la théoricienne Nazila Mahmoudi, du Cern. La symétrie CP est fortement liée au modèle standard de la physique des particules, et permet en théorie de remplacer, dans n’importe quelle situation, une particule de matière par une autre d’antimatière, sans qu’il y ait de conséquences visibles.”

La recette était découverte. Elle nécessite trois ingrédients miracles – la violation de la conservation du nombre baryonique, la rupture de l’équilibre thermique et la violation de la symétrie CP – et un instant précis – la baryogénèse. Les années suivantes, les scientifiques se sont donc évertués à aller plus loin. Dénicher l’origine physique des trois conditions de Sakharov. La première ne posa pas problème. La violation du nombre baryonique est tout à fait cohérente avec le cadre théorique du modèle standard de la physique.

Concernant la rupture de l’équilibre thermique, ce fut un peu plus compliqué. « Elle implique que des symétries présentes à très haute température se soient brisées lorsque l’Univers s’est refroidi, précise Stéphane Lavignac. Ce n’est pas évident, mais loin d’être incompatible avec le cadre général du début de l’Univers, très chaud et en rapide expansion ».

Restait la dernière condition de Sakharov. La violation de la symétrie CP, la preuve que les particules de matière et d’antimatière peuvent être soumises à des physiques différentes. Celle-ci a longtemps laissé les théoriciens perplexes. Les symétries jouent en effet un rôle crucial en physique des particules. Au point d’avoir servi de socle dans la construction du modèle standard. Comment alors expliquer l’existence d’une violation de la CP, indispensable à la baryogénèse, tout en étant en désaccord complet avec la théorie et les observations de l’époque ? Dans les années 1960, quelques équipes de recherche ont tout de même entrepris de sonder les particules de matière en quête de ses empreintes.

Et ils en ont trouvé ! La toute première preuve observationnelle concernait des particules constituées d’un quark et d’un antiquark : les kaons. Une équipe de l’université de Princeton, aux États-Unis, a réussi à débusquer une anomalie dans le processus naturel de désintégration des kaons neutres. Dans certains cas, les produits de cette transformation n’étaient pas du tout conformes à la théorie. “Un résultat qui n’est possible que si l’interaction faible, force responsable de la désintégration des particules, brisait la symétrie CP” , précise Nazila Mahmoudi

. Rapidement, d’autres indices de cette violation de CP ont été observés au cours du XXe siècle. Et les théoriciens furent contraints d’apporter quelques petites modifications à la théorie du modèle standard, afin de pouvoir les expliquer. Désormais, la violation de CP fait partie intégrante de notre compréhension du monde.

« Une simple mesure pourrait faire entrer la physique dans une nouvelle ère » – GUDRUN HILLER, Physicienne à l’université de Dortmund, en Allemagne

 GUDRUN HILLER Physicienne à l’université de Dortmund, en Allemagne

AU-DELÀ DU MODÈLE STANDARD

L’un des plus grands mystères de la physique, l’existence de la matière elle-même, serait-il résolu ? Pas du tout. « La portion de violation CP incluse dans la théorie reste très insuffisante pour engendrer l’asymétrie originelle entre matière et antimatière, reconnaît David London, de l’université de Montréal. Il faut donc chercher plus loin.” Ce à quoi s’adonnent de nombreuses équipes de recherche à travers le Globe.

En ce moment, quatre expériences d’envergure colossale et de haute précision se mettent en place. Le but ? Capter de nouvelles signatures inédites de cette si fuyante violation de CP. En Suisse, derrière le blindage magnétique le plus épais jamais construit, des chercheurs entendent débusquer un moment dipolaire électrique. Pourtant théoriquement neutre, chez le neutron. Au LHC, le plus grand accélérateur de particules au monde, la désintégration de l’antiméson B, soupçonnée d’être différente de celle de son pendant, le méson B, est scrutée. De la côte est vers la côte ouest du Japon, des neutrinos et antineutrinos sont lancés à toute vitesse. Et leurs oscillations, étonnamment non similaires, âprement analysées. Enfin, au Cern, dans un accélérateur linéaire. Des physiciens tentent de dévoiler le comportement aberrant de l’antihydrogène face à la gravité.

« Nous sommes en quête d’une direction dans laquelle chercher » – NAZILA MAHMOUDI, Physicienne théorique au Cern

NAZILA MAHMOUDI Physicienne théorique au Cern

“Ces expériences sont en quelque sorte nos lanternes dans l’obscurité, commente Igor Bray, de l’université Curtin en Australie. Puisque nous n’avons pas vraiment de cadre en tête pour cette nouvelle violation de symétrie CP, ce sont elles qui pourraient nous éclairer sur la physique qui se cache au-delà du modèle standard ». Et qui promettent de nous expliquer pourquoi vous, moi, elles-mêmes et tout ce qui nous entoure existons.

« Une brisure de symétrie est forcément apparue à un moment dans l’histoire de notre Univers ». – STÉPHANE LAVIGNAC, Physicien de l’Institut de physique théorique de Paris-Saclay

 

Théodore Monod

Par Le 11/06/2023

 

Photo prise le 07 août 1992 à Taverny, du scientifique Théodore Monod. ©AFP - François-Xavier Marit

"Je fais partie de la race humaine et pourtant je dis : qu'importe si l'homme disparaît du globe. Il l'aura bien mérité ! Sa folie actuelle est telle, tant de stupidités et d'imprudence ! Il existera toujours des relais dans la nature. Dans l'évolution biologique, si une branche disparaît, elle est relayée par une autre. La nature et les animaux existaient avant nous sans avoir à supporter notre rapacité. Et l'évolution peut dessiner un cercle, lequel se refermera sur les origines neuves, c'est à dire préhistoriques."

"Le modernisme nous a transformés, et même déformés, par son enchaînement de nuisances. Bien que je ne sois pas contre le progrès matériel quand il peut épargner -et non pas éviter, comme il est souvent dit - de la peine aux être humains, je crains le pouvoir des technocrates. Ces Faust veulent prendre le monde en mains. Nous aurions alors une marée de consommateurs aveuglés, ignorant tout de la terre, de ses cycles et richesses."

Théodore Monod [Le chercheur d'absolu]

Théodore Monod (1902-2000), la vie en respect (France Culture)

Théodore Monod (1902-2000), la vie en respect

 

Samedi 23 décembre 2017

ÉCOUTER (59 MIN)

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/une-vie-une-oeuvre/theodore-monod-1902-2000-la-vie-en-respect-

 

 

Provenant du podcastToute une vie

CONTACTER L'ÉMISSION

Considéré comme l'un des très grands spécialistes du Sahara au XXe siècle, Théodore Monod fut aussi plus largement un humaniste et un homme de foi qui n'eut qu'un credo : le respect de la vie sous toutes ses formes.

Avec

Nicole Vray historienne.

Philippe Taquet Professeur au Muséum National d'Histoire naturelle et président de l'Académie des Sciences

Ambroise Monod

Jean-Claude Nouët

Jean-Marc Durou

Cyrille Monod fils aîné de Théodore Monod.

Théodore Monod naît en 1902. 

Il entre au Muséum d'histoire naturelle dès 1922 et y soutient sa thèse en 1926. Il découvre le continent africain grâce à deux missions de recherche, puis parcourt le Sahara occidental pendant plus d'un an. 

En 1930, son service militaire le mène au Sahara algérien : ses recherches sont définitivement orientées vers une région du monde dont il devient un éminent spécialiste. 

En 1938, Monod est affecté à Dakar pour créer un institut de recherche. Sous son impulsion, l'Institut français d'Afrique noire devient un grand centre scientifique. 

Il est nommé directeur du laboratoire des pêches d'outre-mer au Muséum, en 1942, puis élu à l'Académie des sciences en 1963. Il s'éteint en 2000, à l'âge de 98 ans.

Par Françoise Estèbe. Réalisation : Lionel Quantin. Archives INA. Extraits du film Le vieil homme et le désert, de Karel Prokop. Textes lus par Robert Milin. Rediffusion de l'émission du 21.06.2014. Liens internet : Annelise Signoret.

LIENS

Théodore Monod : deux ou trois choses que je sais de lui : documents et témoignages à lire sur le site de Jean Moncelon.

A l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Théodore Monod en 2010, Bruno Lecoquierre, maître de conférences à l’Université du Havre, revient sur l’œuvre et les voyages de ce grand scientifique. A lire sur le blog "Visions cartographiques" du Monde Diplomatique.

Bibliographie complète du fondateur de l’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN) sur le portail Webafrica.

Théodore Monod et l’archéologie bretonne:note sur un épisode méconnu de la vie du "fou du désert". Article de la Revue d’Archéologie de l’Ouest.

Un certain Théodore : souvenirs, réflexions et sentiments sur Théodore Monod : portrait de Théodore Monod en végétarien, par André Méry pour les Cahiers antispécistes.

Entretien avec Théodore Monod à propos de son livre Mémoires d'un naturaliste voyageur, dans l’émission "Le balcon" le 29 décembre 1990. A revoir sur le site de l’Ina.

Corps et esprit

Par Le 10/06/2023

Je n'écris pas beaucoup ici depuis quelque temps.

Beaucoup de choses en cours. Je continue le travail pour la mare que j'ai creusée au fond de la prairie.

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PREMIER JOUR

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ET MAINTENANT

 

Des travaux d'aménagement intérieur également dans la maison. On va raser une partie d'un bâtiment très mal construit pour monter une extension qui nous servira de chambre. Du gros oeuvre.

Et dix-sept stères de bois à aller tronçonner en forêt, à fendre, à ramener jusqu'à la remorque, à empiler enfin. Puis le nettoyage de la zone pour revenir à l'automne y planter des dizaines de glands et de châtaignes et de noisettes, des bouleaux, des frênes, des hètres, et tous les jeunes arbres que je déracine parce qu'ils n'ont aucun avenir là où ils ont poussé. Je les replante dans des endroits où ils pourront grandir.

Marche, natation et vélo sont toujours au programme.

Pendant toutes ces journées de travail ou de sport, une pensée récurrente m'accompagne, une interrogation qui m'entraîne dans des pensées qui me réjouissent et simultanément me frustrent. J'ai retrouvé dans le roman "Là-Haut", le résumé de tout ça. Et je n'ai pas de réponse autre que celle d'honorer la vie, même si sa compréhension me reste insaisissable. 

 

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"Comment réaliser clairement, au plus profond de soi, que cet être que nous sommes est en vie ? Qu’un mystérieux miracle assemble un extraordinaire chaos. Qu’une force incompréhensible anime l’ensemble. Qu’à chaque instant, dans la plus petite parcelle du Temps qui passe, la cohésion de ces milliards de particules que nous sommes est préservée, entretenue, améliorée, perturbée, envahie, affaiblie, guérie, mais jamais sans la moindre intervention volontaire de notre part. À qui appartenons-nous finalement ? Pas à nous en tout cas. Comment pourrions-nous considérer que nous nous appartenons quand nous ne sommes même pas capables de comprendre ce qui nous anime ?"

Une spiritualité malsaine.

Par Le 24/05/2023

Je préviens tout de suite que je ne suis non seulement pas d'accord avec le texte qui suit mais je considère même que ce genre de texte "spirituel" est le meilleur moyen pour faire fuir les gens de cette démarche d'observation, d'analyse et de compréhension de l'existence.

Je m'en explique sous le texte. 

 

LES QUATRE LOIS D'UN SHAMAN

Le premier dit :

"La personne qui entre dans notre vie est la bonne personne"

En d'autres termes, personne n'entre dans notre vie par hasard, toutes les personnes autour de nous, qui interagissent avec nous, sont là pour une raison, pour nous faire apprendre et avancer dans chaque situation.

La deuxième loi dit :

« Ce qui arrive est la seule chose qui aurait pu arriver. "

Rien, mais rien, absolument rien de ce qui nous arrive dans notre vie n'aurait pu être autrement.

Même pas le détail le plus insignifiant.

Il n'y a pas : " si j'avais fait une telle chose, une telle autre serait arrivée... ".

Non, non.

Ce qui s'est passé était la seule chose qui aurait pu arriver et il a fallu que nous apprenions cette leçon et que nous passons à autre chose.

Chacune et chacune des situations qui nous arrivent dans nos vies sont parfaites, même si notre esprit et notre ego résistent et ne veulent pas l'accepter.

Le troisième dit :

« Chaque fois que ça commence est le bon moment. "

Tout commence au bon moment ni avant ni après.

Lorsque nous sommes prêts à quelque chose de nouveau qui commence dans notre vie, c'est à ce moment que cela commencera.

Et le quatrième et dernier :

"Quand quelque chose se termine, ça se termine. "

Juste comme ça.

Si quelque chose a pris fin dans nos vies, c'est pour notre évolution, donc mieux vaut la quitter, avancer et avancer déjà enrichi par cette expérience.

Je pense que ce n'est pas par hasard que vous lisez ceci, si ces mots sont entrés dans nos vies aujourd'hui ; c'est parce que nous sommes prêts à comprendre qu'aucun flocon de neige ne tombe jamais au mauvais endroit. " Franck Facts

 

C'est le genre de texte "spirituel" que je trouve limite injurieux. Le genre d'auteur qui doit sacrément planer et être perché si haut qu'il en a perdu le lien avec l'humanité..

Juste un exemple : l'infirmière qui est morte poignardée par un déséquilibré. L'auteur de ce texte irait-il lui dire que "tout est parfait ? Ou à son mari ou à ses deux enfants qu'elle a rencontré la "bonne personne" ?

Ces textes de gens qui vivent dans leur bulle spirituelle sont ceux qui font le plus de mal à la spiritualité. Ils poussent leurs "réflexions" tellement loin qu'ils en deviennent inhumains. Et si la spiritualité n'est plus humaine alors elle n'a pas lieu d'être.

"Chacune et chacune des situations qui nous arrivent dans nos vies sont parfaites, même si notre esprit et notre ego résistent et ne veulent pas l'accepter."

Non, non, définitivement non. C'est juste du délire. Elles ne sont pas parfaites et vouloir les considérer comme telles quand elles sont dramatiques, ça serait rejeter au tréfonds le traumatisme et faire en sorte qu'il pourrisse notre vie jusqu'à notre mort.  

Dans une situation dramatique, il y aura nécessairement des émotions surpuissantes, dévastatrices, un écroulement spirituel, existentiel, philosophique, le "Pourquoi moi ? Pourquoi tout ça ? Pourquoi le monde est-il dans cet état ? Pourquoi autant de douleurs, de souffrances, de misère, de dévastation ?" Ce questionnement est une voie de salut et aucun chaman digne de ce nom n'irait dire à celui ou celle qui se les pose que "tout est parfait". Et d'ailleurs, j'aimerais bien connaître la source réelle de ces quatre lois... J'ai un sérieux doute sur leur véracité.

Elizabeth Kübler Ross, une femme immensément estimable, avait élaboré un processus qu'elle a appelé "les étapes du deuil" et jamais elle ne serait allé affirmer que tout est parfait. Mais par contre, l'individu confronté à un deuil ou à une situation dramatique similaire à la mort de ses certitudes et de sa sérénité peut parvenir à rendre les choses meilleures, non pas parfaites mais utiles. Par un long processus. 

"Quand tu les acceptes, les choses sont ce qu'elles sont ; quand tu ne les acceptes pas les choses sont ce qu'elles sont."

Voilà un précepte auquel j'adhère car effectivement, l'émotion est la mienne et n'a rien à voir avec les faits et n'y changera rien. Mais il n'en reste pas moins que les situations dramatiques, jamais, je ne les qualifierai de "parfaites". Si la spiritualité insère dans l'esprit des gens une donnée irréalisable, elle n'est rien d'autre que la source d'un mal-être nourri par une culpabilité inévitable. 

Quant aux situations heureuses, il s'agit de ne pas perdre de vue qu'elles ne sont pas nécessairement durables et qu'il convient par conséquent de ne pas les poser sur un piédestal mais bien de rester dans la même lucidité d'observation. Le bonheur n'est jamais que l'idée que je me fais d'une situation donnée et qui répond à mes attentes. Il est juste que j'en profite mais il serait faux de croire qu'il est là à tout jamais. L'instant présent est à la source de la joie. Projeter cette joie au-delà de l'instant contribue à la détruire. 

 

L'intrication quantique

Par Le 22/05/2023

J'ai relu cinq fois et je n'y comprends rien. En tout cas, je ne suis aucunement en mesure de faire unr ésumé ni d'en tirer la moindre conclusion.

Quel intérêt me diriez-vous de lire et relire quelque chose qui est pour soi incompréhensible ?

Pour sortir de ma zone de confort, pour quitter la routine des lectures dans des domaines que je connais quelque peu, dans lesquels mon intellect interragit, pour m'obliger à prendre conscience de l'immensité de mes limites actuelles et de l'exploration que je peux encore tenter d'accomplir, pour ne pas me contenter de ce que je sais parce que ce fonctionnement est mortifère. Il faut que je continue à apprendre avant que l'âge ne me mène à l'effacement de ce que je sais. Que l'urne continue à se remplir et que le vide ne soit pas encouragé à venir creuser dans la masse des connaissances acquises. Je suis admiratif de ces chercheurs et en même temps quelque peu effrayé qu'ils puissent y avoir de tels écarts de compréhension d'un esprit à un autre.

Est-ce donc que le potentiel était là, dès le premier jour, est-ce donc que le développement de l'enfant a été si admirablement mené que l'adulte puisse atteindre le sommet de son art ? Y a -t-il par conséquent une condamnation immédiate de l'enfant naissant dans une famille désoeuvrée ou le potentiel inséré trouvera-t-il malgré tout le chemin vers la connaissance ?

Je n'ai pas eu une éducation intellectuellement stimulante. C'est à l'école que j'ai découvert le bonheur de la lecture et l'envie d'apprendre. Mais de là, à me lancer dans des lectures scientifiques de ce niveau, il aura fallu que j'atteigne la soixantaine pour tenter l'aventure. 

 

L’intrication quantique confirmée par une expérience de Bell sans faille

 

De nombreuses expériences ont testé la réalité de l’intrication quantique et de la non localité. Mais jusqu’à présent, toutes souffraient de failles subtiles. Une nouvelle expérience évite ces écueils et confirme la réalité de l’intrication quantique.

Sean Bailly

29 octobre 2015|  Temps de lecture : 5 mn

   https://www.pourlascience.fr/sd/physique/l-intrication-quantique-confirmee-par-une-experience-de-bell-sans-faille-12185.php

Dispositif du test de Bell

Partie du dispositif expérimental qui héberge l'un des diamants.

Frank Auperle

Une bonne partie de sa vie, Einstein n'a cessé d'essayer de mettre la physique quantique en faute. Il critiquait en particulier le concept d’intrication quantique, selon lequel l’état de particules peut être lié quelle que soit la distance qui les sépare. En 1935, avec Boris Podolsky et Nathan Rosen, il a formulé ses objections sous forme d’un paradoxe, aujourd'hui nommé paradoxe EPR. Selon ces trois physiciens, l’intrication quantique implique qu’il existe entre deux particules intriquées des interactions qui se propagent plus vite que la lumière. La seule façon d’éviter ce conflit avec la relativité restreinte est de supposer que la physique quantique décrit la réalité de façon incomplète et qu’il existe des « variables cachées », inconnues des physiciens, qui donnent l’illusion de l’intrication quantique. Pour le physicien danois Niels Bohr, principal contradicteur d’Einstein, il n’y a pas de conflit avec la relativité restreinte car l’intrication quantique est un phénomène non local : il ne dépend pas des positions des particules dans l’espace ; un système intriqué forme un tout dont on ne peut pas décrire séparément les composants. De nombreuses expériences ont été conçues pour confirmer la non-localité de l’intrication. Mais toutes comportent de subtiles failles logiques, ou échappatoires. Une équipe menée par Ronald Hanson, de l’université de Delft aux Pays-Bas, a enfin conçu une expérience sans faille qui confirme la réalité de l’intrication quantique.

Revenons d'abord sur la notion d'intrication quantique. En physique quantique, l’état d’une particule est décrit par une « fonction d’onde ». Celle-ci décrit par exemple le spin de la particule (son moment cinétique intrinsèque). La fonction d'onde correspond à une superposition d'états. Le spin (que l’on peut se représenter comme une petite flèche attachée à la particule) est ainsi une somme des états « vers le haut » et « vers le bas ». Lorsqu'on mesure l’orientation du spin, la fonction d’onde est modifiée (ou « réduite »), la superposition d'états disparait et le spin observé prend, de façon aléatoire, la valeur « haut » ou la valeur « bas », comme on s’y attend pour un objet usuel.

Des particules forment un système intriqué lorsque leurs états sont liés, et ce même si elles sont éloignées les unes des autres. Que se passe-t-il lors de la mesure dans un système intriqué ? Considérons par exemple un système intriqué formé de deux particules dont les spins sont toujours opposés. Le spin de chaque particule est une superposition indeterminée des états haut et bas. Lorsque l’on mesure le spin de la première particule, sa fonction d’onde est réduite et on obtient une valeur de spin de façon aléatoire. Instantanément, l'orientation du spin de la seconde particule prend l’état opposé, même si les particules sont trop éloignées l’une de l’autre pour avoir le temps d’échanger une information (à la vitesse de la lumière). L’intrication peut être vue comme une généralisation de la superposition d’états à plusieurs particules.

Qui a raison, Bohr ou Einstein ?

Pour Einstein, cette transmission d'information plus rapide que la lumière est inacceptable : il doit exister des variables cachées pré-établies qui portent l’information de l’issue de la mesure et qui donnent l’impression d’une communication immédiate. Le débat en reste là jusqu’en 1964. Cette année là, le physicien nord-irlandais John Bell propose le principe d’une expérience qui permet de résoudre le problème. Il formalise la question par des inégalités, dites de Bell, qui sont évaluées au cours de l’expérience. Si l’inégalité n’est pas respectée, alors le résultat de l’expérience ne peut pas être expliqué par l'existence de variables cachées, et il faut se résoudre à admettre le caractère non local de la nature.

En 1982, l’équipe d’Alain Aspect, de l’Institut d’optique, à Orsay, met au point une expérience pour vérifier les inégalités de Bell. Dans le dispositif, des paires de photons intriqués sont produites, puis chacun des photon d’une paire est dirigé vers un détecteur pour mesurer sa polarisation. Les deux instruments sont suffisamment éloignés l’un de l’autre pour éviter qu'une communication à la vitesse de la lumière puisse fausser le résultat de la mesure (On parle d'échappatoire de communication, ou échappatoire de localité).

Alain Aspect et ses collègues montrent que, dans ce dispositif, les inégalités de Bell sont violées, confirmant ainsi le caractère non local de la physique quantique. Cependant, cette expérience souffre d’une « échappatoire de détection ». Les photons sont en effet facilement absorbés durant leur trajet et tous ne sont pas détectés. On peut imaginer que les photons détectés violent les inégalités de Bell, mais que ce n'est pas le cas pour l'ensemble des photons émis. Pour pouvoir tirer une conclusion de l'expérience, il faut faire l’hypothèse que l'échantillonnage des photons observés est représentatif des photons émis. Cette échappatoire est difficile à maîtriser.

Néanmoins, en 2013, les équipes d’Anton Zeilinger, de l’université de Vienne, et de Paul Kwiat, de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, ont montré qu’il était possible de contrôler l'échappatoire de détection à l'aide de détecteurs supraconducteurs qui limitent les pertes de photons. Mais ce dispositif ne résolvait plus l’échappatoire de communication...

Expérience de Bell

Vue grand angle du dispositif, les deux diamants sont installés dans les sités marqués à gauche et en haut à droite. Les photons sont conduits vers le site à droite. (crédit : université de Delft)

Ronald Hanson et son équipe ont aujourd'hui mis au point un système qui traite les deux failles en même temps. L’idée était déjà suggérée par John Bell : il faut ajouter un sous-système qui s’assure que le dispositif quantique est prêt à être mesuré. L'expérience comprend deux diamants distants de près de 1,3 kilomètre, qui présentent des défauts dans leur réseau cristallin. Ces défauts agissent comme des systèmes quantiques individuels (ou « atomes artificiels ») qui possèdent un spin électronique que les chercheurs peuvent contrôler au moyen de lasers et micro-onde. On peut notamment forcer les diamants à émettre des photons intriqués avec l'état de spin du défaut cristallin. Ces photons sont ensuite guidés vers un dispositif placé entre les deux sites initiaux afin d'être détectés. En vertu de l'intrication, la mesure de la polarisation de ces photons se répercute instantanément sur les spins des défauts du diamant, même si ceux-ci sont distants de plus d'un kilomètre. La détection des photons permet d’assurer que les spins des défauts sont maintenant intriqués entre eux et que le système quantique est prêt à être mesuré. Ainsi, l’échappatoire de détection est résolue, car la mesure des spins se fait sur les défauts cristallins et non plus sur les photons, comme dans l'expérience d'Aspect. En outre, la mesure ne sera effectuée que si les spins des défauts sont bien intriqués. Les mesures sont effectuées en moins de 4 microsecondes pour empêcher la communication entre les défauts, ce qui ferme l'échappatoire de communication. Les physiciens ont ainsi étudié 245 paires de spins de défauts au cours de cette expérience et ont confirmé que les inégalités de Bell étaient violées. Notre monde est bien non-local !

 

Rester serein

Par Le 22/05/2023

 

 

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L'épidémie de coronavirus aurait pu déclencher quelque chose de beau, de durable, de significatif mais il n'en est rien.

La société easyjet fait état de ventes historiques de billets d'avion pour les destinations les plus lointaines. Non, rien n'a changé dans les mentalités et les voyages en avion ne sont qu'une partie du problème.

Les gens ont peur de la prochaine canicule mais continuent à manger de la viande. Et ceux qui se demandent quel est le rapport, je les invite à s'informer.

Moi, je fatigue. Le nombre de fois où j'ai eu envie de fermer ce blog en me disant qu'au moins, je ne viendrai plus y écrire des informations déprimantes. Je les garderai pour moi. Et je les enterrerai dans le jardin en plantant des arbres. Cette volonté d'écrire et de transmettre des informations, de partager des réflexions, quel est donc le sens réel et plus encore quelle en est l'utilité ? Y a-t-il un seul lecteur ou lectrice de ce blog qui peut affirmer que la lecture d'un article a eu un effet profond sur lui ? Car sinon, en dehors de ça, quel est donc l'intérêt ? Quand je parle d'un effet profond, j'entends par là une mise en acte et non seulement une réflexion.

Il ne s'agit pas de mon ego, celui-là s'éteint progressivement avec l'âge et je l'en remercie. On pourrait me dire que je n'ai rien à attendre de mes articles au regard des gens, que c'est leur problème, que c'est à eux d'en faire quelque chose ou rien et que je ne fais que participer à la communauté humaine tout comme je lis les livres des autres ou des articles sur des blogs. Mais je sens que je fatigue. Je me suis déjà accordé des pauses par le passé, des éloignements provisoires, comme si ce blog m'empoisonnait. Je n'arrive pas à lui donner une image plus positive. Il n'y a bien que les articles sur le potager qui soient lumineux. Et pourtant, je pourrais trouver des informations positives. Elles existent mais elles me semblent si dérisoires par rapport au reste. Alors, oui, ce sont des graines qui se dispersent et qui donneront de belles choses, ailleurs, avec d'autres gens, tout va aller de mieux en mieux, il faut y croire, avoir confiance, rester serein.

Je parviens à rester serein quand je suis dans le jardin, quand je marche dans la nature, quand je fais du vélo, quand je nage. C'est à dire lorsque je m'éloigne du monde humain. 

"Reconnaître facilement les animaux"

Par Le 19/05/2023

Un achat immédiat pour moi. 

Les dessins sont de Florence DELLERIE et ils sont magnifiques.

Je trouve que c'est plus "parlant" que des photographies dans lesquelles il n'est pas évident d'identifier les caractéristiques de l'animal selon la prise de vue. Un dessin permet de vraiment mettre en évidence l'animal. 

 

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Nouveauté

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Paru le 19/05/2023

80 pages

Broché

EAN13 : 9782603030103

 

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