Articles de la-haut
Umâ AUM : Le sexe de l'homme
Un article de Umâ AUM dont j'ai déjà partagé des textes ici.
J'aime son écriture et la profondeur de ses témoignages.
https://umaaum.be/le-sexe-de-lhomme/
LE SEXE DE L'HOMME
Depuis des mois cet article mûrit en moi, l’idée a germé suite à des discussions avec des hommes et des femmes, des confidences touchantes.
Le mot Sanskrit désignant l’organe sexuel masculin est Lingam (symbôle ou signe).
Il est généralement traduit par « Baguette de Lumière ». Le lingam dans le tantra (ou sexualité sacrée) est vu comme un catalyseur d’énergies créatrices et de plaisirs et est honoré avec respect. Certaines théories font remonter le lingam aux anciens cultes de la fertilité. Bâton de jade dans le Tao, le pénis possède plus de 800 synonymes!
Le culte du phallus en érection (culte ithyphallique) apparait aussi dans la culture grec ancienne où jadis existaient des pierres appelées hermès que l’on plaçait aux carrefours, devant l’entrée des maisons ou aux limites d’une propriété. ces pierres étaient censées avoir un effet disuasif, comme si de montrer un sexe en érection faisaient fuir les adversaires un peu comme lorsqu’un singe mâle exhibe ses organes afin de montrer sa force et impressionner. Priape, dieu grec de la fertilité, célèbre à Rome, était représenté avec un gigantesque pénis rouge, a donné le mot “priapisme” désignant aujourd’hui une érection prolongée, pathologique et souvent douloureuse.
En de nombreux endroits de l’Europe, de l’Asie, nous retrouvons des pierres phalliques adorées comme symbole d’universalité et de puissance.
Près d’Angkor au Cambodge, l’on retrouve une pierre érigée au 6ème siècle par un prince Khmer, elle est considérée comme le symbole du dieu Shiva et est toujours un lieu de pèlerinage, où les femmes continuent de se rendre pour améliorer leur fécondité en lavant la pierre avec un tissu humide.
Différentes coutumes à travers le monde célèbrent le culte ithypahallique comme à Komaki au Japon, où le 15 Mars, les hommes traversent la ville en portant un pénis en bois de cyprès pesant 450kg transporté jusqu’au temple Tagata Jinja où les fidèles chantent des prières de fertilité et d’abondance pour tout ce qui vit et pousse.
La tribu Samia en Papouasie-Nouvelle-guinée, propose un rituel de passage pour les jeunes garçons. Ceux-ci sucent le sexe de leur ainés et boivent une partie de leur sperme afin d’absorber la puissance et la vitalité de l’ancienne génération. De même la tribu des Baruyas, toujours en Papouasie, propose de faire boire le sperme aux femmes qui sont affaiblies par leurs règles ou un accouchement.
En Norvège depuis les années 90, a lieu une fête de la fécondité sur l’île de Dønna, l’on célèbre le retour d’une pierre phallique érigée au 6ème siècle de notre ère. Celle-ci serait la plus grande de toute l’Europe.
Considérons l’anatomie du sexe masculin qui comporte plusieurs parties et prend naissance dans le périnée:
– le gland de forme conique. Le sillon sur le gland est appelé le méat urétral (l’orifice par lequel sortent l’urine et le sperme) et descend sur la partie antérieure vers le frein du prépuce ou filet de la verge. Le prépuce est la partie de peau mobile entourant le gland et qui est retirée lors de la circoncision.
– le corps ou la hampe-les bourses ou le scrotum contenant les testicules.
Cet organe à deux états : la flaccidité quand le pénis est mou, l’érection lorsqu’il augmente de volume et devient rigide. Deux états de cet organe souvent interprétés et parfois mal-interprétés.
Il existe selon le Tao, une réflexologie sexuelle, tout comme en réflexologie plantaire, l’on retrouve sur le sexe de l’homme des zones correspondant à différents organes :

Comme vous l’observez sur cette illustration:
– l’extrémité (le gland) correspond au coeur
– les côtés du gland représentent les poumons
– la partie supérieure de la hampe correspond à la rate
– le milieu de la hampe avec le fois et sa racine avec les reins
Et magie de la nature, chez la femme c’est l’inverse! L’entrée du vagin correspond aux reins, en avançant à l’intérieur du vagin vers l’utérus, l’on retrouve dans l’ordre les zones mises en relation avec le foie, la rate, les poumons et le cœur. Par la pénétration de la femme par l’homme, les différents organes sont stimulés réciproquement comme lors d’une réflexologie plantaire par exemple. Belle illustration de cette complémentarité des sexes masculins et féminins et de comment utiliser la sexualité en conscience pour entretenir voire améliorer sa santé.
Nécessité et désir de narrer mon chemin à l’écriture de ce texte qui se déploie sous vos yeux (ébahis je l’espère).
Victime d’un abus il y a plus de 30 ans de cela, perpétré par un homme de ma famille, tous mes repères s’effondrent sans que je m’en aperçoive. Cet homme était mon idole, mon exemple. Début de la faille dans ma perception du masculin dans laquelle je m’engouffre à mon insu.
J’entre alors quelques années plus tard dans la vie amoureuse, femme cisgenre hétérosexuelle, je rencontre des hommes.
Mes premières relations furent chaotiques, violentes, je suis trompée, battue… et je me soumets à tout cela, ne comprenant pas vraiment les mécanismes à l’œuvre en moi.
J’ai bien entendu trouvé une majorité de femmes qui entrait en résonance avec la représentation que je me faisais du masculin (mauvais, méchant, obsédé…) et dont en même temps, je ne pouvais me passer. Dépendante affective, je voulais à tout prix aimer un homme et être aimée de lui en retour. J’utilisais la relation à l’autre et à l’homme comme un moyen de réassurance voire d’assurance.
Quelque chose n’était pas juste dans mon comportement, il m’a fallu des années, des dizaines d’année pour comprendre ce qu’il se passait en moi, pour accepter d’avoir été victime, pour pardonner et comprendre. Comprendre est un terme important, comprendre le pourquoi de l’abus a été salvateur et fut le premier pas. Un pas capital pour pardonner.
Une phrase entendue il y a des années m’a accompagnée depuis dans la compréhension de ma mécanique interne; reçue d’abord très violemment comme un coup de poing en pleine figure: “On est pleinement responsable de là où on est”. Je n’ai d’emblée pas compris. Un mouvement de révolte interne a émergé car je ne me considérais pas comme responsable des attitudes violentes, irrespectueuses voire dégradantes que je subissais de mes partenaires à l’époque.
Je n’avais pas encore compris ni intégré, que je refusais cette place de victime abusée que j’étais. Refoulée, cette position suait par tous les pores de ma peau et j’attirais les hommes qui me renvoyaient cette image que je m’interdisais d’incarner, incapable de supporter l’intensité de la douleur ressentie alors, au moment de cet abus. Cette idée, cette responsabilité qui était mienne, je l’ai intégrée peu à peu, pas à pas.
Toujours en cheminant clopin-clopant, une autre idée a retenu mon attention, celle de la projection, de ce mouvement qui nous pousse à transposer un objet, un concept interne au monde extérieur. Je me suis posée la question, cette question: “Etais-je en train de projeter inconsciemment une vision, un ressenti interne sur ces hommes qui jalonnaient ma vie?” Formulée autrement: “Est-ce qu’inconsciemment je projette sur les hommes, quelque chose qui se passe en moi?”. Il y avait trop de similitudes, de ressemblances, de répétitions, parfois jusque dans certains détails troublants, ceci n’était pas que le fruit du hasard. Einstein a dit: “Le hasard est le nom qu’emprunte Dieu pour rester anonyme”. Je ne croyais pas en un côté totalement aléatoire face à ces redondances. Je me faisais détective de ma propre existence, je sentais que je m’approchais du nœud sans savoir encore vers quoi j’avançais. Sans savoir que j’avais totalement refoulé cet abus qui est revenu à ma mémoire presque 20 ans plus tard.
Lors d’une séance chez une thérapeute il y a environ 10 ans, ce souvenir a jailli. D’abord avec “légèreté” (entendez-le sur un ton cynique), je relatais cela en rigolant, récusant d’avoir été affectée par cela. Et puis peu à peu, apprivoiser ce choc, s’autoriser à descendre dans “les flammes les plus hautes de l’enfer”, dans ces émotions tellement intenses, insupportables, que l’on croit ne pouvoir y survivre si on s’y abandonne. Comme une décharge extrême qui pourrait faire griller notre circuit si on laisse celles-ci circuler en nous, et surtout trop intenses pour notre cœur.
Ajouté à ceci, l’éducation, les croyances transmises probablement d’une génération à l’autre, le poids de la culture à l’encontre de l’homme: cet abuseur, dominateur, despote, égoïste, insensible, détraqué sexuel qui utilise la femme pour son propre plaisir sans la considérer. J’ai obéis à ces croyances si longtemps que j’en ressens encore beaucoup de tristesse en écrivant ces mots aujourd’hui, en réalisant comment ces convictions ont façonné mon monde à l’époque. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’abuseur, de despote, de détraqué… dans la gente masculine tout autant que féminine. Je dis que victime de cela, il est facile ensuite de projeter ces attributs sur tout un genre, de faire des généralités et de déformer la réalité, de ne plus voir les hommes tendres, à l’écoute, compatissants, doux, respectueux.
Ces projections que j’ai faites sur les hommes, tous les hommes, m’ont permis d’éviter de voir une réalité, ma réalité pendant si longtemps.
Le tantra dans sa proposition d’authenticité par rapport à nous-même d’abord et surtout, dans son travail par rapport aux limites, à la conscience, au consentement, au fait de se dire dans nos ouvertures et verrous, au masculin et avec les hommes, à l’énergie sexuelle, au ressenti… m’a permis de déconstruire les dernières croyances mensongères que je gardais encore en moi face aux hommes. Je me suis sentie réconciliée avec ce genre, avec mon histoire et avec mon abuseur en mon fort intérieur également.
Je sais aujourd’hui dans ma chair que ceci fait partie de mon histoire et de la femme qui écrit ces mots aujourd’hui. Cet abus fut simplement un expérience, sur base de cela l’on choisit son positionnement, on en fait son miel, on la transcende ou pas.
En progressant, en démêlant, décortiquant mes comportements pendant de nombreuses années, je me suis trouvée, reconnue et peu à peu je me suis aimée avec cet incident, cette blessure, cette cicatrice.
J’ai pu sortir de schémas de pensées tout tracés, égrégores puissants à l’encontre du masculin, comprendre ce qui s’était vécu en moi et en faire une richesse.
Je ne peux plus aujourd’hui agréer aux phrases toutes faites et courantes: “Tous les hommes sont des salauds…”, “Haaaa les hommes, tous les mêmes…”, “Tous les hommes pensent comme cela…”, je ne m’y retrouve plus du tout.
Aujourd’hui j’aime l’homme, le masculin dans ce qu’il a de puissant de sensible et fragile. J’aime le corps de l’homme dans son côté plus anguleux que le mien, plus robuste, plus poilu aussi. J’aime les poils qui repoussent au matin sur leur visage, drus et piquants, les barbes de plusieurs années. J’aime les dessins des poils sur leur poitrine, leurs jambes. J’aime les carrures plus larges que la mienne dans lesquelles je peux me réfugier. J’aime l’homme qui prend refuge en moi et me fait réceptacle de son aleph lorsqu’il en ressent le besoin. J’aime l’homme suffisamment confiant qui n’a pas peur de montrer sa fragilité, ses blessures, ses larmes. J’aime la complémentarité des sexes comme symbolisé dans le Shiva-Lingam.
J’aime les mains des hommes, rugueuses, douces, carrées, costaudes, des mains qui ont travaillé la terre, griffées, qui ont sculpté, qui ont utilisé leur force. Et celles plus délicates, épargnées d’un travail physique qui les marquent, les mains de l’artiste ou du tailleur allongées, comme celles d’un pianiste. J’aime sentir la main d’un homme dans ma main ou sur ma hanche alors que je m’endors, ou lorsque nous marchons côte à côte. J’aime les doigts qui glisse sur ma peau dans l’admiration de mon corps de femme plus gracile et fait de courbes.
J’aime l’amplitude de leurs cages thoraciques larges, l’épaisseur de leur thorax, découvrant une capacité pulmonaire bien plus vaste que la mienne. J’aime la courbe sous les côtes vers leur ventre, celle près de la crête de la hanche vers les plis de l’aine.
J’aime leurs dos musclés, la tonicité dense de leurs corps. J’aime voir dans leurs yeux des regards enfantins derrières des visages forts. J’aime leurs voix graves et basses murmurer des mots d’amour doux et tendres. J’aime leur attitude dans l’intimité lorsqu’ils s’abandonnent au plaisir partagé sans retenue ou gène. J’aime qu’un homme puisse me porter dans ses bras et me poser dans le lit avant la nuit, m’emportant d’une pièce à l’autre, chose que je ne pourrai jamais faire. J’aime leurs confidences, les secrets qu’ils partagent, les regrets qu’ils énoncent. J’aime leur pudeur langagière même si elle me met à rude épreuve parfois, elle dénote d’une sensibilité dont ils prennent soin, un exemple dont j’aimerais m’inspirer.
J’aime l’homme qui reste homme, je ne veux pas que l’homme se féminise, tout autant que je souhaite conserver les caractéristiques qui font que je suis femme et ne pas devenir masculine à l’excès. Le déni de la différence entre hommes et femmes, voire son refus, justifie la tendance à la féminisation de certains de ceux-ci, ne pouvant plus assumer les qualités masculines et viriles.
J’aime les caractéristiques des hommes que je ne possède pas étant femme. Conjuguées aux miennes, elles permettent un nouveau dynamisme, une autre façon d’inventer l’instant, d’être en lien, une nouvelle polarité dynamique, une synergie. Je parle des caractéristiques physiques, physiologiques, psychologiques intrinsèques au sexe que nous possédons et naturelles, car pour le reste, hormis le conditionnement sociétal, culturel et familial, nous sommes tous des êtres humains et sensibles. Nous ne sommes pas notre genre, nous sommes bien plus que cela et nous devons en même temps expérimenter cette condition de genre dans cette incarnation, différences et ressemblances conjuguées.
Dans ma profession, je suis amenée à toucher des femmes et des hommes, je reçois beaucoup de confidences très intimes de part et d’autres et j’ai pu constater que des deux côtés les blessures sont nombreuses, les abus fréquents, la sensibilité similaire.
Des hommes m’ont confié les violences, agressions, injustices et inconduites dont ils ont été victimes de la part d’hommes et de femmes. Ils m’ont révélé leur sensibilité, avec la peur de ne plus être considéré comme un homme car ne répondant pas au stéréotype masculin monolithique de base: macho, dominant la femme, sexiste voire misogyne…
Plusieurs de ces confidences masculines m’ont touchée, ébranlée, laissant deviner une belle fragilité très éloignée des clichés masculins habituels, et m’ont invitée en tant que femme à parler de la souffrance des hommes. Ne sachant plus très bien quelle place laisser à leur sexe ni comment le vivre dans tous ses états (flaccidité ou érection), l’envie de me faire leur relais en toute humilité.
Dans un article précédent, j’évoquais le massage du yoni ou sexe de la femme. Ecrire aujourd’hui sur le sexe de l’homme s’inscrit dans une continuité logique à mes yeux.
L’on voit facilement de belles représentations de yoni, de clitoris et à raison vu la mal-information ou sous-information quant au sexe de la femme (et principalement du clitoris) comme par exemple son absence dans les livres d’anatomie jusque fin des années 80. Peu de représentations positives, artistiques ou poétiques du pénis, j’ai pourtant cherché et n’ai quasiment rien trouvé de beau sauf quelques rares exceptions.
L’envie de parler du sexe des hommes pour arrêter d’associer la masculinité toxique à la masculinité singulière de chaque homme.
L’envie de parler du sexe des hommes car je vois au quotidien des hommes délicieux (amis, partenaire, frère, beau-père, collègues, voisins…) qui souffrent également des attributs basiques que l’on associe à leur genre tout comme les femmes souffrent face à la féminité.
Nombreuses sont les problématiques que les hommes rencontrent en lien avec leur pénis: éjaculation prématurée, érections involontaires, impuissance, taille… D’autres hommes qui ont des problèmes médicaux en lien avec leur pénis (ablation du pénis suite à un cancer, peyronie ou déviation du pénis en érection, priapisme ou érection involontaire et prolongée qui peut entraîner l’impuissance) et qui repensent fondamentalement toute leur sexualité et ce qui fait réellement d’eux des hommes.
Des pathologies plus rares en lien avec le pénis comme le “Koro”, la peur que le pénis ne disparaisse en se rétractant à l’intérieur du corps ou qu’il soit volé.
Par surcroît, les hommes témoignent de ne pouvoir contrôler leur érection, ni la provoquer, ni l’empêcher; situation qui peut devenir problématique face à toutes les projections sur l’état de l’organe.
Tantôt l’érection est souhaitée voire quasi obligatoire. Elle atteste majoritairement et à tort de la puissance et de la virilité de l’homme. Si elle ne survient pas l’homme est jugé dans son intégrité à être un homme, un vrai. La performance exigée autour de l’érection lors des rapports sexuels induit une pression…
Tantôt, elle est perçue comme perverse voire dangereuse, ressentie comme une offense ou une agression, une perversion de la part de l’homme catalogué alors comme vicieux ou dégoûtant.
Certains ont un rapport paradoxal avec leur sexe, source de fierté et de honte à la fois, il reste tout de même un indicateur important de leur vitalité, de la qualité de leur connexion à leur corps, à leur énergie libidinale: réceptacle d’une énergie de vie et de création. Énergie de base, qui pourrait les guider si elle n’était pas pervertie par des morales ancestrales, des tabous et des peurs d’être mauvais.
Beaucoup d’entre eux aiment bander tout simplement, pour le plaisir de la sensation sans attente particulière, sans désir précis. L’érection pouvant survenir au réveil, dans un moment de détente, dans une sensorialité du plaisir d’être en vie et d’être présent à son corps tout simplement. Ils aiment être nus et sentir le contact de leur sexe sur leur cuisse, avec l’air, l’eau, le vent.
Beaucoup d’hommes parlent de la sensibilité à fleur de peau de leur sexe, souvent ignorée en raison des généralisations inexactes au sujet de la sexualité masculine. L’on projette trop souvent sur l’homme l’envie de relations sexuelles intenses et brutales. Nombreux sont ceux qui expriment qu’en raison de la sensibilité de leur sexe, ils aspirent à des échanges plus tendres, des caresses plus légères, des moments plus sensuels que sexuels, liés au doux plaisir de l’échange entre deux peaux, entre deux sensibilités entre deux personnes plutôt qu’à la performance mécanique. A travers leur sexe et le rapport à l’autre, ils parlent d’envie de se connecter au mystique, au divin, de désir de transe et de transcendance.
Je remarque un plus grand malaise dans les nouvelles générations, les hommes plus jeunes ayant plus de mal à assumer leur sexe, leur sexualité, leur libido. Peut-être que les hommes qui ont vécu la révolution sexuelle de mai 68, en ont appris quelque chose et vivent leur sexualité et corporalité plus aisément que les génération suivantes qui ont été inondées de pornographie suite à cette libération sexuelle? Ce véritable tsunami de représentations pornographiques ne permet plus aux jeunes de s’inventer, d’être créatif, dans l’exploration de leur sexualité. Ils pensent tout simplement que c’est comme cela que cela se fait, que c’est à ces représentations qu’ils doivent correspondre et ne perçoivent même plus que l’érotisme et la sexualité, sont des moyens d’expression de soi qui s’inventent et se recréent à chaque relation, moment, période de vie, avec chaque partenaire. Correspondre aux modèles véhiculés par la production massive pornographique accessible à tous, balaye impunément le caractère singulier de la sexualité de chaque individu.
Une phrase que j’ai lue récemment, s’applique parfaitement à la sexualité: “Si je ne suis pas moi, qui le sera?”, si dans l’intimité de la sexualité, je suis aussi conditionné par des modèles (mises en scène, acteurs sélectionnés), dans quel registre de ma vie puis-je être moi avec toutes mes singularités et différences? Besoin de correspondre plutôt que d’expérimenter, qui retire toute la substance de cet échange intime qui si nous le vivons entièrement nous ramène entièrement dans le moment présent, comme une célébration de la vie dans le partage avec l’autre.
Petit détour professionnel: le massage tantrique, en incluant le corps de l’homme dans sa globalité par un toucher affectueux et respectueux, lui permet de se détacher de sa zone génitale et des tensions qu’elle peut générer, le sexe faisant alors partie d’un tout, d’une personne sensible. L’homme peut se sentir comme une unité et arrêter de focaliser sur son sexe, sur son état…
En adaptant mes comportements par la compréhension de ceux-ci, je suis à même d’accueillir l’homme, de l’écouter, de le comprendre ce qui engendre une boucle vertueuse. Car compris, l’homme peut mieux comprendre la femme et vice et versa.
Accueilli sans jugement, n’étant pas associé à des comportements généralisés qui ne lui correspondent peut-être pas, se sentant honoré et compris, il peut à son tour mieux accueillir la femme qui se présente à lui et sortir de vulgarisations trompeuses à son égard.
L’importance de se placer au-delà de ce clivage homme/ femme dont le lien est jalonné de blessures, surtout en tant que praticienne tantrique, s’est imposée à moi. Comment proposer à l’homme de se réconcilier si je ne le suis pas avec moi-même, en moi-même? Comment l’inviter à apprivoiser l’animus et l’anima (pour citer Jung) en lui, si ce n’est déjà réalisé en moi?
Avec un toucher empreint d’affectivité, d’attention, l’homme peut voir toutes les parties de son corps touchées avec précaution, en l’état présent, sans jugement. Cela peut lui permettre de vivre mieux sa corporalité, son sexe et de retirer tout le poids de l’abuseur qui lui est souvent inculqué, qui plus est s’il y a érection. Nous sommes dans ce cadre en présence d’un toucher qui peut être réparateur et invite à (ré-)apprivoiser cette vitalité naturelle qui tend spontanément alors à circuler (à nouveau) dans tous les canaux énergétiques.
L’éventuelle érection (sans en faire quelque chose systématiquement) n’est plus diabolisée et est vue comme un état naturel, non offensif. L’éventuelle flaccidité trouve également son espace et permet à l’homme de sortir de l’impératif de l’érection, d’être performant et actif.
Masser un homme dans son intégralité, dans un tel cadre, permet une réconciliation, donc un plus grand lâcher-prise, en conséquence un vécu (au quotidien) des deux archétypes masculin/ féminin dans ce qu’ils ont d’actif/ réceptif, de dynamique et de passif.
“La femme, par sa beauté-qui-ouvre-le-cœur, nous offre à nous les hommes le plus beau des cadeaux. Celui de pouvoir contacter celui que nous sommes réellement dans nos profondeurs, au-delà de nos écrans.” Jean-Philippe Ruette
Pour conclure, parmi les témoignages que j’ai reçu, voici celui avec lequel je souhaite terminer cet article, beau résumé, belle conclusion:
J’aimerais jouer à tenter de définir le pénis. Si les mots ne conviennent pas, le définir en signe de ponctuation? Petite virgule? Gros point d’exclamation? Bof bof. Ah mais après tout, pourquoi pas… Trait d’union entre le mâle physique et son masculin sacré, trait d’union entre le masculin sacré et le féminin sacré. Trait d’union entre le Yin et le Yang, entre le Ciel et la Terre.”
Une petite chanson sur le sujet de Jeanne Cherhal, “Cheval de feu”:
https://www.youtube.com/watch?v=xV0rssh_isk
Vous avez aimé et lu jusqu’au bout, peut-être avez-vous envie de partager.
Merci à Enzo, Chistophe, Ilwan, Cédric, Baudoin, , Olivier, Stuart, Didier, Bertrand, Thierry pour leurs témoignages sincères.
Auteur : Umâ Aum
"D'âme bio".
Un exemple d'un potager nourricier et d'une jeune femme lumineuse dans son lien avec la terre. Un blog très intéressant à visiter.
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Nourrir les oiseaux en hiver
L'énergie musicale
Eric Prydz est une pointure dans le registre de la musique techno.
Une de ses plus célèbres compositions est jouée ici par un orchestre symphonique.
Je n'irais jamais me mêler à une foule aussi dense et les effets spéciaux ne m'intéressent aucunement mais il existe en dehors de ces paramètres une puissance magique dans cette interprétation.
C'est à vélo que cette puissance se révèle pour moi : les écouteurs du MP3 sur les oreilles, ce morceau dans une bosse et j'ai de nouveau vingt ans et plus rien ne me limite, j'écrase les pédales et je mêle mes souffles au rythme de la musique.
Ce sont nos deux garçons qui m'ont initié à la musique techno alors que je n'en écoutais jamais. La première fois que j'ai entendu ce morceau, c'était sur le film qu'ils avaient fait de leur séjour de ski alpinisme en Norvège.
STALKER d'Andreï Tarkovski

STALKER
Un film d'Andreï TARKOVSKI (1979)
« Dans un pays et une époque indéterminés, il existe une zone interdite, fermée et gardée militairement. On dit qu'elle abrite une chambre exauçant les désirs secrets des hommes et qu’elle est née de la chute d'une météorite, il y a bien longtemps. Les autorités ont aussitôt isolé le lieu, mais certains, au péril de leur vie, bravent l’interdiction. Leurs guides se nomment les «stalker», êtres déclassés, rejetés, qui seuls connaissent les pièges de la zone, en perpétuelle mutation… »
Je devais avoir vingt ans quand j'ai vu ce film.
Je n'avais pas lu le roman des frères Strougatski « Pique-nique au bord du chemin ». Je l'ai lu plus tard.
Je n'imaginais pas à quel point ce film allait me marquer. Et encore aujourd'hui, quarante ans plus tard. C'est étrange d'ailleurs comme il suffit d'une impression, d'une image, d'un son, d'une ambiance, du passage d'un roman. Et même, oh plaisir immense, de ce que parfois je parviens à écrire, pour réactiver la mémoire et que jaillisse le souvenir flou, étrange, presque onirique de ce film.
La lenteur est si présente, entêtante, hypnotique qu'elle en devient un rythme adoré. Il faudrait presque pouvoir regarder ce film dans un état de rêve ou accepter que le film génère lui-même cet état. Mais alors qu'est-ce qui rend, à mes yeux, ce film si fascinant pour que sa lenteur ne soit aucunement rédhibitoire mais une nécessité ?
Les images assurément, parce que je n'avais jamais rien vu de tel avant ce film. Chaque plan est une œuvre d'art.
C'est lorsque j'ai vu les films de Terrence Malick que j'ai enfin retrouvé la beauté infinie des images de Tarkovski. Et la dimension métaphysique, l'arborescence gigantesque que le récit génère dans l'esprit, parce que malgré cet état de rêve inhérent aux images, la recherche de sens est inévitable.
Il existe maintes analyses de ce film sur la Toile. Il faut savoir que Tarkovski a considérablement marqué l'histoire du cinéma avec cette œuvre. Et que beaucoup de cinéastes lui portent une estime immense.
Je lisais tous les livres de Krishnamurti à cette époque. « Se libérer du connu » ne me quittait pas. Quel est le rapport avec ce film ? Il s'agit là aussi de se libérer du connu, de ne rien chercher d'identifiable, aucune référence, aucune similitude parce que l'esthétisme est au-delà du connu. La quête du sens elle-même, si elle se tourne vers des références connues, crée une entrave, une enceinte, une limite. Il faut se laisser porter, comme on le fait dans un rêve qu'on ne maîtrise aucunement et dont on ne cherche pas à sortir. Je sais que j’ai cherché à saisir les messages durant le film mais je sais aussi que parfois, j’ai quitté la sphère intellectuelle, totalement, comme hypnotisé, avalé, absorbé par l’ambiance. J’ai lâché prise et c’est ce qui donne à ce film une puissance incomparable. Il ne s’agit pas d’un cheminement intellectuel mais avant tout d’une voie esthétique et cet esthétisme génère un état qui est au-delà de la réflexion. Et c’est là que le sens se révèle.
Alors qu'est-ce que j'ai compris de ce film, ensuite, quel sens lui ai-je donné ?
La chambre des souhaits est cachée dans un lieu interdit, un lieu qui pour être rejoint requiert d'accepter de vivre une exploration dangereuse, d'éviter de multiples pièges.
La quête du bonheur relève-t-elle de l'assouvissement des souhaits ? On peut le supposer. Mais encore faut-il que ces souhaits soient justes, c'est à dire honorables et qu'ils ne soient pas trahis par des souhaits égotiques et intéressés.
Dans le film, l'histoire d'un ancien stalker est évoqué. Il est mort pendant une exploration et son frère qui a pris la relève a décidé de rejoindre la chambre des souhaits pour demander la renaissance de son frère aîné et au final, il obtient une somme d'argent considérable. Et une fois que cet argent est en sa possession, il comprend que ce souhait caché était plus puissant que celui qui concernait son frère. Cette « impureté lui est insupportable et il se suicide.
Sommes-nous, au plus profond, des êtres purs ou des êtres qui cachent leur impureté?
Une des questions que le film soulève.
La chambre des souhaits ne fonctionne que pour les plus démunis, ceux qui n’attendent plus rien, qui ont tout perdu, ceux qui ne connaissent plus que le malheur et qui ont abandonné tout espoir.
Le stalker est un homme torturé qui lutte pour donner un sens à sa vie. La zone, dangereuse et fascinante de beauté et de mystères, lui offre le lieu de son élévation.
J'étais amoureux des montagnes à cette époque, passionné par l'alpinisme. Une zone fascinante et dangereuse, une zone qui réclame des rituels, des techniques, des maîtrises, des apprentissages, une exploration qui cumule les déboires et les bonheurs, les doutes et les certitudes, les intuitions et les manques de lucidité, une zone qui élève et qui détruit, parfois.
Est-ce qu'il faut être un alpiniste pour aimer ce film ? Non, bien évidemment. Peut-être, par contre, faut-il considérer l'existence comme une exploration fascinante et parfois dangereuse et que l'acceptation du danger est une clause du contrat. La chambre des souhaits symbolise-t-elle l'objectif que l'on se fixe, au fil du temps, selon les circonstances ? L'essentiel ne serait-il pas dès lors de s'interroger à chaque étape sur la justesse de ce souhait.
Est-ce qu'il était juste et donc honorable que je risque ma vie pour atteindre un sommet ? Ce que je retirais de l'expérience compensait-il la menace ? Oui, je l'ai toujours pensé jusqu'au jour de la naissance de notre fille. Là, ce souhait n'était plus juste, ni honorable. Et j'ai arrêté.
Tarkovski ne parle pas de ça. Mais ce film m'en parlait.
Et c'est là toute l'extraordinaire richesse de l'art quand il atteint des sommets. Lui aussi.
Ce film parle de la foi, non pas la foi religieuse, mais de la foi en soi, la capacité à se transcender mais aussi à se contenir. Les trois personnages du film sont des êtres tiraillés, imparfaits, complexes. Nous le sommes tous.
Il s'agit de l'espoir aussi. L'espoir d'une vie meilleure, d'une vie accomplie, d'une vie utile, d'une vie qui transcende.
Est-ce qu'il est indispensable de s'engager dans des explorations redoutables alors que la contemplation d'un lac et de la verdure qui l'environne apaise autant que le sein d'une mère qui allaite.
La dernière fois que « Stalker » m'est revenu en mémoire, c'était devant un lac de la Creuse. « Que l'importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée » écrivait André Gide. Voilà aussi ce que « Stalker » enseigne. Saisir la beauté et donc se libérer du connu, c'est à dire désapprendre ce que l'on sait pour regarder avec l’œil de l'enfant qui découvre. Regarde-t-on encore la nature ? Non pas uniquement un coucher de soleil, l'océan depuis la plage, une montagne enneigée mais également une goutte d'eau au bout d'un brin d'herbe, la traversée déterminée d'un scarabée sur le chemin, le vol déluré d'un papillon, est-ce qu'on écoute le silence, le souffle du vent dans les arbres, le chant d'un oiseau, le cristal du ruisseau. Non pas voir ou écouter en répétant un acte déjà accompli mais voir, écouter, sentir, toucher comme si c'était la première fois, comme lors d'une découverte, comme au premier jour de chaque chose. Rgarder sans inclure dans le regard la moindre connaissance, le moindre ancrage intellectuel, regarder jusqu'à se fondre et devenir ce qui est vu.
C'est ça pour moi « Stalker » au-delà de tous les mystères qui s'y trouvent, de toutes les images qu'il faudrait comprendre, de toutes les paroles qu'il faudrait retenir, pour les disséquer et en saisir le sens le plus infime. Il s'agit de se laisser porter. D'écouter les pas du « Stalker » dans le tunnel tapissé d’eau et de devenir ses pas.
« Stalker » est un voyage hors du temps, dans un espace inconnu, qu'il ne faut pas chercher à tous prix à cartographier au risque d'en perdre la magie.
Cet espace d'ailleurs est un personnage à lui tout seul, il a une existence, des sons, des couleurs, des silences : la maison du Stalker, le village, le bar, des images en noir et blanc, les usines, la voie de chemin de fer, puis la zone, les couleurs qui jaillissent, les forêts, les prés, un ruisseau, la mousse sur des roches, les tunnels où l'eau suinte continuellement, la salle avec les dunes de sable, les couloirs sombres, tout est d'une incroyable beauté, un esthétisme sidérant.
J'imagine Terrence Malick au cinéma, auscultant Stalker.
Un film que l'on trouve répertorié dans les registres fantastique, science-fiction, drame, aventure. On pourrait ajouter mystique, ésotérique, philosophique. J’imagine Tarkovski adepte du panthéisme tant la nature est emplie de vie, d’esprit, une matière au-delà de la matière.
Un film des années 1970 où ne se trouve aucune image de synthèse, aucun humanoïde, pas d'effets spéciaux, aucune scène d'action, aucun combat, aucune explosion, mais une ambiance inconnue jusqu'alors et c'est ce qui explique l'aura qui entoure cette œuvre. Tarkovski disait d’ailleurs en parlant de « Solaris », un de ses films, celui qu’il aimait le moins : « Les stations orbitales, les appareils, tout cela m'agace profondément. Les trucs modernes et technologiques sont pour moi des symboles de l'erreur de l'homme. »
Effectivement, toute la technologie visible dans Stalker est dégradée, abandonnée, bringuebalante, en ruines, effondrée ou sur le point de l’être. Les empreintes humaines sont des dégradations. La nature garde par contre son aspect originel malgré tout ce qui la souille. La nature envahit, recouvre, dissout, inonde, délabre, démantèle, sa puissance prend sa source dans la patience qui est en elle. Rien ne lui résiste. Les constructions humaines sont périssables. Y chercher le sens de la vie, c’est se condamner à l’errance.
Et il y a longtemps maintenant que l’humanité s’est égarée.
Référendum d'initiative citoyenne
Même si je parle beaucoup de potager, permaculture, biodiversité et autres sujets, je continue à suivre de près l'évolution de notre "démocratie".
Je mets le terme entre guillemets car il suffit de creuser quelque peu le fonctionnement actuel pour prendre conscience que, bien que ça soit mieux qu'en Iran, notre démocratie a sérieusement besoin d'être rénovée.
Ici, une vidéo fort éclairante sur l'arnaque totale du RIP, une nouvelle fois abandonné "(Rest In Peace", pourrait-on dire).
C'est d'un RIC, référendum d'initiative citoyenne, dont le pays a besoin.
La pétition ci-dessous a donc une très grande importance.
https://www.chouard.org/2023/05/08/ils-ne-nous-le-donneront-jamais-obtenons-en-la-preuve-avec-cette-petition-officielle-pour-le-ric-constituant/
Signez la pétition officielle pour le RIC Constituant
sur le site de l’Assemblée Nationale
RIC Constituant : Référendum d’Initiative Citoyenne en matière constitutionnelle
Soutenez la nouvelle pétition en faveur du REFERENDUM D’INITIATIVE CITOYENNE CONSTITUANT, amendée après passage en commission Identifiant: N°1559 – publiée le 1 mai 2023 à destination de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République.
Pourquoi une pétition pour le RIC Constituant
sur le site de l’Assemblée ?
L’abstentionnisme grandissant, les manifestations ignorées à répétition, voire réprimées et l’utilisation abusive du 49.3 démontrent que notre démocratie est défaillante.
Pour la paix sociale et la justice, nous sommes nombreux à vouloir un véritable moyen d’exercer la souveraineté populaire entre deux élections.
La France a besoin du RIC : le Référendum d’Initiative Citoyenne, d’abord en matière constitutionnelle, parce que ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir. Les citoyens doivent pouvoir initier des modifications de la Constitution. Par ailleurs, toute modification doit être validée par référendum.
Les pétitions sur le site de l’Assemblée nationale, comment ça marche ?
Si la pétition dépasse 100 000 signatures, elle est mise en avant sur le site principal de l’Assemblée.
Sur proposition du rapporteur, elle peut être examinée et débattue en commission des lois.
Si la pétition atteint 500 000 signatures, elle peut être débattue à l’Assemblée.
Tutoriel
Comment signer la pétition officielle sur le site de l’Assemblée ?
Foire aux questions
Vous pouvez nous contacter si vous avez d’autres questions.
Pourquoi le RIC Constituant ?
Le RIC Constituant est l’outil démocratique le plus efficace pour…
décider sur tout ce qui impacte nos vies et celles de nos enfants,
proposer nous-mêmes des référendums en recueillant 700 000 signatures,
éviter la corruption, le gaspillage d’argent public et les projets inutiles,
débloquer la France, stabiliser les institutions, avec des décisions collectives,
contraindre nos représentants à nous écouter et à respecter leurs promesses,
et instaurer dans la Constitution les autres formes de RIC (CARL, abrogatif, révocatoire, législatif, vétos, local, …), mais aussi d’autres outils démocratiques comme le tirage au sort, les assemblées constituantes ou le vote blanc.
Qu’est ce que le RIC constituant ?
Quels sont les faux outils démocratiques ? (par Macron, Sarkozy, ...)
Qui est derrière cette action ?
Le texte complet de la pétition n°1 pour le site de l'Assemblée nationale
Quel résultat à première pétition déposée sur le site de l'Assemblée nationale ?
Le RIC dans les sondages français
Voir tous les sondages sur le RIC
83%
des Français favorables au RIC
82%
souhaitent lancer des RIC sur les sujets de leur choix
73%
sont favorables au RIC constituant en particulier
61%
estiment que c'est un enjeu important pour leur vote
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Signez la pétition officielle
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Distribuez des tracts, notamment en manifestation (voir ci-dessous).
L’idéal est de se servir des tracts pour engager la conversation et rester avec les personnes jusqu’à ce qu’elles signent. Les frais d’impression peuvent être dédommagés par notre financement participatif à condition d’en faire la demande durant un rendez-vous le mercredi.
En cas de questions ou de besoins, n’hésitez pas à nous contacter ou rejoindre les rendez-vous des volontaires en visioconférence les mercredis à 21h à ce lien.
⚠️ Il faut absolument encourager les personnes à visiter cette page-ci et pas uniquement la pétition sur le site de l’Assemblée nationale. Le site de l’Assemblée est compliqué à utiliser et ne nous permet pas de recontacter les signataires pour les tenir informés et leur proposer des actions. De plus, étant limité en nombre de caractères, la pétition contient beaucoup moins d’informations.
Donc, préférez toujours ce lien : petition.ric-france.fr/an
"Ils verront bien que leur pelouse ça se mange pas"
Une belle balade à pied aujourd'hui, dans les chemins et les forêts de la Creuse. La traversée de quelques petits hameaux, caractéritiques du coin.
On regardait les jardins. Une différence nette et claire entre les quelques résidences secondaires et les habitants locaux : les résidences secondaires, ce sont des jardins d'agrément et les locaux, ce sont des potagers et de l'herbe.
Evidemment qu'un résident occasionnel ne peut pas avoir un potager s'il ne vient pas plus de deux semaines en été. Pour notre part, on y passe actuellement trois jours plein par semaine mais il s'agit d'un potager de 300 m², d'une serre de 25 m², et d'un terrain couvrant 4700 m² avec désormais une trentaine d'arbres et arbustes fruitiers (pêchers, cerisiers, pommiers, poiriers, abricotiers, plaqueminiers, pruniers, mirabelliers, etc... groseillier, cassissier, framboisiers, nefliers, myrtilliers, amélanchiers, goyaviers, figuiers, baies de goji, mûriers, arbousiers... Depuis notre arrivée, il y a deux ans, nous avons réalisé plus de deux cents plantations (chênes, châtaigniers, robiniers, noyers, noisetiers, olivier de Bohème, févier d'Amérique, saules, sureaux, pawlonia, tilleul, de multiples résineux etc... L'idée, c'est de constituer une forêt-jardin.
Nos dépenses alimentaires oscillent désormais entre cinquante et cent euros par mois.
Quand on était encore en Savoie, le potager nous apportait une quantité non négligeable d'aliments et pourtant, on était encore en activité. C'est tout à fait possible d'avoir une surface réduite et d'en tirer déjà un réel bénéfice. Sans parler du fait que l'activité elle-même génère un bien-êtrecertain et que la satisfaction de s'extraire au mieux du système marchand est un bonus indéniable.
" L’homme qui rêvait dans une langue inconnue"
J'avais déjà entendu parler de l'histoire de cet homme et j'avais cherché il y a quelque temps déjà des cas similaires de gens parlant une langue qu'ils n'ont pas apprise et j'étais tombé sur le cas d'une Américaine, quasiment illettrée, serveuse dans un restaurant, cinq enfants, divorcée, une vie de galère, elle est renversée par une voiture en rentrant chez elle, coma profond, plusieurs semaines, et quand elle se réveille, contre toute attente, elle ne se souvient plus de sa vie passée, de son identité, de ses enfants, de rien du tout, ni même de sa langue maternelle.
Par contre, elle parle un langage qui ressemble à une langue germanique. Mais pas l'allemand contemporain.
Un médecin fait venir son frère qui enseigne l'Allemand à l'université et le professeur lui dit que cette femme parle l'ancien Allemand, du 12 ou 13 ème siècle...
Comprenne qui pourra.
On peut penser bien entendu à une réincarnation.
Mais la science n'accorde aucun crédit à cette hypothèse puisqu'elle n'est pas reproductible.
Les NDE, non plus, ne sont pas reproductibles. Les guérisons improbbales pas davantage. Pourtant, tout ça concerne des millions de personnes. Il ne s'agit pas pour moi de critiquer la méthode scientifique mais juste de dire que tout n'entre pas dans le cadre.
L’incroyable histoire de Marc Liblin, l’homme qui rêvait dans une langue inconnue
Correspondance, Gautier DEMOUVEAUX
https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2023-04-05/l-incroyable-histoire-de-marc-liblin-l-homme-qui-revait-dans-une-langue-inconnue-
Pendant des années, ce Français a rêvé dans une langue qu’il ne connaissait pas. Après de nombreuses recherches, Marc Liblin finira pour trouver l’origine de ce langage inconnu, parlé par une poignée d’habitants sur une petite île polynésienne dans le Pacifique. Son histoire est relatée dans un ouvrage signé Éric Viennot, aux éditions Michel Lafon, qui sort en librairie ce jeudi 6 avril 2023.
Marie Liblin se souvient encore de ce message d’Éric Viennot, un jour de 2015, lui demandant si elle connaissait un certain Marc Liblin. Si elle ne connaît pas le nom de son interlocuteur, ce dernier n’est pas un inconnu dans le monde du jeu vidéo. Éric Viennot est en effet un game-designer, connu et reconnu pour sa série Les Aventures de l’oncle Ernest, inspirée par les romans de Robert Louis Stevenson et Jules Verne. « Ce monsieur m’explique qu’il travaille sur un nouveau projet qui se déroule sur une île, et qu’en se documentant il est tombé sur l’histoire de Marc Liblin, un petit-cousin de mon grand-père… »
C’est plus précisément dans l’Atlas des îles abandonnées, de l’autrice allemande Judith Schalansky (éditions Arthaud), dans une page dédiée à Rapa Iti – la plus méridionale et isolée des îles composant la Polynésie française, perdue au milieu de l’océan Pacifique – que le créateur multimédia a découvert l’étrange affaire de ce Français, qui aurait rêvé une partie de sa vie dans une langue inconnue…
Rapa Iti est la plus méridionale et isolée des îles composant la Polynésie française, perdue au beau milieu de l’océan Pacifique. C’est la « petite Rapa », pour la distinguer de Rapa Nui, l’île de Pâques, la « grande Rapa ». (Photo : DR / via Marie Liblin)
Un rêve obsédant
Éric Viennot se prend de passion pour cette histoire fascinante et tente dans un premier temps d’en vérifier sa véracité, en recherchant des gens de sa famille, via les réseaux sociaux. Marie Liblin n’a jamais croisé Marc, mais elle se souvient que, dans son enfance, son grand-père lui a parlé de ce dernier, en évoquant simplement un petit-cousin assez fantasque, incompris du reste de la famille, qui avait quitté femme et enfants pour aller vivre à l’autre bout du monde. « Ce n’est qu’en 1998, peu après le décès de Marc, que j’ai découvert cette incroyable histoire, se remémore Marie Liblin, qui avait alors 14 ans. Un ami de mon père nous a envoyé un article publié dans le magazine Tahiti-Pacifique, qui racontait sa vie dans les grandes lignes… »
En 1981, Marc Liblin, alors âgé de 33 ans, vit à Luxeuil-les-Bains, en Haute-Saône. Marié et père de deux enfants, il travaille dans la fonderie familiale. Mais l’homme est mal dans sa peau, la faute à un rêve récurrent, dans lequel un vieux personnage lui enseigne la physique et surtout une langue obscure, qu’il apprend peu à peu à parler couramment. Ces songes l’obsèdent et, alors que son mariage bat de l’aile, il décide de tout plaquer pour tenter de trouver des réponses sur cette langue qu’il semble être le seul à parler. Direction l’Ouest et la Bretagne. « Marc a voulu se rapprocher de la mer, histoire de trouver des gens qui auraient pu entendre parler ce langage au cours de leurs voyages », explique Marie Liblin.
Un début de réponse en Bretagne
Sans le sou, c’est finalement à Rennes (Ille-et-Vilaine) que Marc Liblin échoue, en plein hiver. S’il a bien trouvé un boulot en intérim, le Franc-Comtois est parfois obligé de faire les poubelles des restaurants, dont celui de la cantine de l’université, sur le campus de Beaulieu, comme il le racontera dans le magazine Tahiti-Pacifique dans les années 1990. C’est ainsi qu’il fait la connaissance d’un professeur, qui le met en contact avec les membres de l’Association Réalités scientifiques – chercheurs expérimentalistes (Arsce). « Ces linguistes, médecins et autres universitaires vont s’intéresser à son histoire et tenter de percer le mystère de cette langue inconnue qu’il entend dans ses rêves, poursuit Marie Liblin. Ils n’hésitent pas à faire appel à des confrères à la Sorbonne, et élaborent plusieurs théories… »
Certains pensent alors qu’il peut s’agir d’une langue mère aujourd’hui éteinte qui pourrait être à l’origine de toutes les autres langues. D’autres évoquent un idiome proche de l’araméen ou du vieux tibétain… Malheureusement, tout cela s’avère être infructueux.
En parallèle, Marc Liblin fait régulièrement la tournée des bars bretons en espérant trouver des marins étrangers capables d’identifier cette langue. « À L’Aquarium, un estaminet de Rennes, je fis un jour un « solo » de langage non identifié devant un aréopage de Tunisiens qui ne buvaient pas que du café, raconte à l’époque l’intéressé, cité par Tahiti-Pacifique. Sur des indications fumeuses, je les supposais détenir une clé. Malgré le brouhaha, le barman semblait n’écouter plus que nous, très attentif à ce dont je me faisais l’écho… »
Ce dernier lui avoue ne pas comprendre la langue, mais trouve que la sonorité ressemble à la langue parlée par son ex-femme Meretuini Make, une femme originaire de Rapa Iti, une toute petite île de Polynésie française perdue au milieu du Pacifique.
Une rencontre déterminante
Meretuini Make vit elle aussi à Rennes avec ses deux enfants, dans un HLM. Marc Liblin hésite mais décide finalement d’aller à sa rencontre. « Marc lui parle dans cette langue dont il rêve depuis tout petit et elle le comprend, raconte Marie Liblin. C’est un idiome en voie de disparition, parlé uniquement sur l’île de Rapa Iti, qui compte environ 500 habitants. Et Marc parle une version plus ancienne que celle parlée actuellement. Il s’agirait d’une version des ancêtres de Rapa… »
La Polynésienne aide le Vosgien à découvrir cette langue qui le hante depuis des années. La quête de Marc Liblin le rapproche de Meretuini et les deux commencent à se fréquenter. Quand la Polynésienne obtient une aide du gouvernement français pour rentrer avec ses deux enfants sur son île natale, Marc Liblin décide de la suivre. Aidé par les membres de l’Arsce, qui financent son billet d’avion, le couple débarque à Rapa Iti au cours de l’année 1982.
Marc et Meretuini, peu après leur rencontre à Rennes, en 1981. (Photo : DR / via Marie Liblin)
Installation à Rapa Iti
Si Marc Liblin espère bien trouver des réponses, notamment auprès du père de Meretuini, l’un des sages de l’île, le couple est accueilli plutôt froidement par les habitants de Rapa Iti. Les compatriotes de la jeune femme ne comprennent pas qu’elle soit rentrée avec un Métropolitain. Quant à ce Blanc à lunettes et à la calvitie naissante, il leur fait peur, car il maîtrise la langue de leurs ancêtres ! Il faudra des mois pour que le couple, qui se marie le 31 décembre 1982, soit accepté par les insulaires.
Grâce à l’un des cousins de son épouse, Marc Liblin devient secrétaire de mairie, puis instituteur dans l’école de l’île. Jusqu’à sa mort – il décède en 1998 des suites d’un cancer – il n’aura de cesse d’étudier l’histoire de l’île et de rechercher l’origine de sa langue, mais aussi tenter de comprendre comment il a pu apprendre cette dernière à travers ses rêves…
Marginalisé à son arrivée sur l’île, Marc Liblin a finalement été accepté par les habitants de Rapa Iti. Il finira sa vie sur l’île, et il y est enterré. (Photo : DR / via Marie Liblin)
Une enquête minutieuse
Quand Éric Viennot découvre cette histoire, il va mener une véritable enquête et essaie de remonter le fil de la vie de Marc Liblin, en tentant de retrouver tous ceux qui l’ont connu. Lorsqu’il contacte Marie Liblin, cette dernière accepte de l’aider pour établir l’arbre généalogique familial. « Au début, je pensais simplement retrouver deux ou trois cousins… Finalement l’aventure s’est prolongée. »
La jeune femme, décoratrice de métier, se retrouve embarquée dans le projet du game-designer, qui compte bien décliner cette histoire sur plusieurs supports. Il imagine tourner un film documentaire, publier un livre, le décliner en podcast… Éric Viennot trouve un producteur en 2021 et le tournage vidéo commence entre la Haute-Saône et la Bretagne. En parallèle, le créateur de jeu vidéo lance une newsletter qui raconte, tel un feuilleton, ses découvertes.
Marie Liblin et Éric Viennot ont mené l’enquête pour retracer la vie de Marc Liblin. (Photo : DR / via Marie Liblin)
L’année suivante, un cameraman se rend à Rapa Iti, accompagné des deux enfants de Marc Liblin, qui n’ont jamais revu leur père depuis son départ de Luxeuil-les-Bains, en 1981. Mais le projet connaît un coup d’arrêt avec la disparition brutale d’Éric Viennot, au cours de l’été 2022, à l’âge de 62 ans.
L’homme avait terminé la rédaction du livre qu’il voulait consacrer au sujet. Intitulé L’homme qui rêvait dans une langue inconnue, il sort en librairie ce jeudi 6 avril 2023, à titre posthume. Depuis quelques semaines, Marie Liblin, qui en signe la préface, a repris l’envoi des dernières newsletters aux 1 500 abonnés, afin de boucler l’aventure lancée il y a sept ans…
Jancovici sur le Figaro
Je ne suis pas plus adepte du Figaro que de l'Humanité mais de voir Jancovici en interview sur la page youtube du Figaro relève malgré tout d'un sacré changement.
Il semblerait que les plus ardents défenseurs de la croissance économique commencent à s'interroger.
"Mouton résilient"
Un autre site que je lis assidûment.
Je l'ai découvert en faisant des recherches sur les systèmes de filtration pour rendre l'eau potable (eau pluviale, eau du puits, eau d'un ruisseau...)
C'est à la suite du livre édité par ce site que nous avons acheté un filtre BERKEY. Le must.
Blog Best-of Bibliothèque Matériel Comparatifs [Ressources]
https://mouton-resilient.com/a-propos/
En savoir plus sur Mouton Résilient
Mouton-Résilient existe depuis le tout début de l'année 2020 juste avant la crise (Orwellienne) covidique.
Pourtant, tout s'est construit - lentement, mais sûrement - depuis des années avec une vision de la résilience pragmatique qui a mûri au fil des ans.
Pour tout dire, on ne se range pas vraiment dans une case pour se définir, même si nous considérons être plus près de la branche dite "survivaliste" (on en reparle plus bas).
Toutefois, le "problème" avec cette dénomination, c'est qu'il y a autant de survivalistes différents qu'il y a d'individus.
Et l'une des conséquences est que certaines personnes dénuées de nuances vont émettre des jugements de valeurs sur leur appréciation biaisée à cause d'un simple mot.
Bref, prenons le temps d'en dire un peu plus sur nous
NOTE : si vous êtes pressé, alors allez directement à CETTE PARTIE
SOMMAIRE
L'histoire de Mouton-Résilient
Pourquoi la création de Mouton-Résilient ?
Notre objectif : Vous aider à devenir plus résilient
Mouton-Résilient : Votre blog survivaliste français
MOUTON-RÉSILIENT EN RÉSUMÉ
Nous nous définissons comme citoyens résilients. C’est-à-dire que nous développons dans nos vies des solutions pragmatiques, à notre échelle, afin d'être le plus indépendant possible.
Forcément, lorsqu'on parle de résilience, beaucoup y voient comme finalité un moyen de se prémunir des aléas de la vie pour être capable de rebondir en cas situation dégradée.
C'est vrai, c'est une superbe assurance. C'est utile aussi bien pour de petits accidents que pour de grosses crises.
Mais au-delà d'un futur hypothétique, cela est aussi un moyen de nous réapproprier notre quotidien, les gestes et savoirs oubliés (et pourtant tellement pratiqués par nos aïeux) et d'aiguiser notre bon sens.
On peut même y voir une forme de militantisme politique, de contestation contre le système, en particulier vis-à-vis du schéma de consommation à outrance.
Si nous devions décrire notre approche, nous dirions que :
Nous sommes parfaitement conscients de la destruction de la société qui est en train de s’opérer (merci le système, ses dirigeants et les collaborateurs).
Mais nous restons encore relativement confiants dans la nature humaine (entraide, partage, prise de conscience, valeurs).
Néanmoins, nous ne sommes certainement pas des crédules déconnectés du réel, des utopistes qui se réfugient dans des (belles) croyances et encore moins des bisounours !
L'HISTOIRE DE MOUTON-RÉSILIENT




Initialement, nous sommes 3 amis de longue date qui partagent un état d’esprit (et un style de vie) survivaliste.
À l'époque, en France, ce terme de "survivalisme", on ne le connaissait pas. Peut-être même qu'il n'existait pas...
D'ailleurs, encore aujourd'hui, ce terme peut revêtir différentes connotations (tout comme résilience). À ce propos, notre vision du survivalisme est détaillée dans notre article : Autonomie, survivalisme et résilience : ce qu’il faut savoir
Vous allez voir, qu'on est loin des clichés que certains faibles d'esprit véhiculent à grand renfort de sophismes et d'amalgames.
Disons que notre goût commun pour la prévoyance s’est vite fait ressentir au cours de sorties, ou encore en voyant le « bordel » qu’on avait chacun dans notre voiture « au cas où ».
Par la suite, nous avons donc enrichi mutuellement nos points de vue, partagés nos conseils, nos bons plans et nos découvertes.
Au fur et à mesure des années, cette quête d'indépendance et de bon sens s'est ancrée dans notre ADN. Aujourd'hui, cet état d’esprit nous habite au quotidien et cette recherche de liberté et de résilience continue à se concrétiser un peu plus chaque jour.
POURQUOI LA CRÉATION DE MOUTON-RÉSILIENT ?
Cet intérêt pour la résilience, voire cette passion, nous a conduit tous les 3, selon nos affinités et nos centres d’intérêt respectifs, à la lecture de dizaines d’ouvrages survivalistes (ou pas), des centaines d’heures à éplucher les forums US et français et des milliers d'heures de visionnages de vidéos YouTube (en Anglais principalement).
Peut-être est-ce aussi votre cas ?
L'INFORMATION PRAGMATIQUE EST RARE
Il faut l’avouer, tout cela demande énormément de temps, car les sujets traités sont vastes. Et plus on creuse, plus on se rend compte qu’il est pertinent de connaitre un peu dans de nombreux domaine : Jardinage, mécanique, self défense, 1er secours, permaculture, techniques de conservation, faire son installation solaire, construction et isolation écologiques, gérer un poulailler, récupérer et traiter l’eau de pluie, etc.
Se documenter est déjà très chronophage : Il faut lire, se familiariser avec de nouveaux domaines, apprivoiser les connaissances de base, chercher des données plus pratiques.
Comme tout est dit et son contraire, la principale manière pour dissocier le vrai, du faux (et toutes leurs nuances) a été de tester nous même.
Alors là, ça prend ENCORE plus de temps ! Mais au moins, on fait un VRAI tri dans l'information et le jeu en vaut vraiment la chandelle.
UNE SOLIDE EXPÉRIENCE AU FIL DES ANNÉES
Bref, les années filent, la vie de famille passe par là, les enfants grandissent...
Nous avons amassé de nombreuses connaissances, acquis une solide expérience dans de nombreux domaines et continuons à apprendre de jour en jour.
Nous avons aussi commis beaucoup d’erreurs et en avons tiré des leçons.
En parlant de nos difficultés, nous avons fait plusieurs constats :
Il est facile de s’éparpiller et de s’égarer dans nos recherches.
Il est tentant de se faire piéger par le consumérisme et d’acheter des conneries inutiles.
Tout le monde n’a pas forcément autant de temps à consacrer pour faire toutes ces recherches
Il n'y a pas de règles gravées dans le marbre ; ça serait trop simple.
Beaucoup de trop de gens sont encore au stade de « victimes » : conscient que les choses ne vont pas, et pourtant passifs face à cela. Le passage à l'acte est difficile, car on ne sait pas par où commencer.
UNE ENVIE DE PARTAGE
Après avoir passé tant d'énergie à dénouer le vrai du faux, nous partagions avec plaisir nos découvertes avec nos proches et toutes personnes intéressées par le sujet.
Mais finalement, cela faisait peu de monde. Et il était frustrant de savoir que bien plus de gens seraient intéressés.
En effet, si quelques années plus tôt, nous avions trouvé un site ou un blog survivaliste qui avait fait ce tri pour nous, nous aurions gagné ÉNORMÉMENT de temps !
Plutôt que de garder ce savoir en cercle clos, et aussi pour apporter notre pierre à l'édifice, nous avons décidé de diffuser largement notre "expertise". Cela fait un peu prétentieux, mais nous devons admettre que nous avons un solide background sur le sujet.
Et voilà la naissance de Mouton-Résilient sur la toile.
À propos de partage, soyez avertis des nouveautés et bons plans via notre newsletter. Vous gagnez en prime un ebook survivaliste gratuit (PDF) (on ne SPAM pas, très loin de là).
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Le matériel survivaliste indispensable qu'il vous faut avoir à tout prix.
Le guide super utile pour partir sur de bonnes bases et vous donner des idées.

Et si vous ne voulez pas d'ebook, alors ça se passe en bas de page.
LES CANAUX DE DIFFUSION DE MOUTON-RÉSILIENT
Déroulons l'histoire de façon chronologique.
Nous avons commencé à partager sur les réseaux sociaux, notamment sur notre page Instagram et Facebook. On y diffuse très régulièrement des conseils et trucs & astuces (groupe Facebook). Souvent des choses simples et pertinentes pour améliorer facilement votre résilience au quotidien.
Et puis, on vous questionne pour avoir votre avis, mais surtout pour entraîner les esprits à analyser les choses sous un point de vue résilient.
Cependant, on atteint vite les limites de ces plateformes. C’est ainsi que naturellement, la création d'une chaîne Youtube (encore modeste) puis d’un site web étaient les étapes suivantes pour diffuser du contenu de qualité.
Depuis 2022, nous sommes également présents sur Odysee et Telegram. Deux canaux qui évitent la censure et les signalements éventuels (malheureusement, si on ne pense pas à 100% comme eux, certains individus qui prônent la "tolérance" n'hésitent pas à mettre tout en œuvre pour censurer ce qui heurte leur sensibilité de PNJ).
En fait, notre site et les réseaux sociaux sont assez complémentaires pour le type d’informations que l’on y diffuse.
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Eruption solaire et IEM
Si un jour, la tétralogie en cours d'écriture est intégralement publiée, il existe dans le récit un phénomène que les lecteurs pourraient trouver exagéré.
Je mets donc ici un article qui en parle.
Le site de "Legendat" (Résilience urbaine) est une mine d'informations sérieuses, documentées, argumentées, objectives et fort utiles. Je me documente énormément afin que ces quatre romans soient le plus crédibles possibles, malgré que le scénario relève de l'anticipation.
Sur wikipedia, il existe une page qui explique l'érution solaire de Carrington : https://fr.wikipedia.org/wiki/Temp%C3%AAte_solaire_de_1859
https://www.resilience-urbaine.com/survie-urbaine/comment-survivre-iem-nucleaire-solaire/
Comment survivre à une IEM : préparation au risque d’impulsion électromagnétique
Publié par Légendat | Publié le 27/10/2021 | Mis à jour le 27/06/2022 | Survie urbaine | 15 |

Sommaire de l'article [Afficher]
Survivre à une IEM (impulsion électromagnétique ou EMP pour ElectroMagnetic Pulse en anglais) dans un monde dépendant de l’électronique et des systèmes informatiques est un sujet très complexe.
Quand une IEM se produit, tous les circuits et composants électroniques dans son rayon d’action sont détruits ou rendus dysfonctionnels.
Les pays touchés ne peuvent plus s’éclairer ni faire fonctionner leurs hôpitaux, leurs marchés financiers, utiliser les réseaux de télécommunications classiques ni accéder à internet. Le scénario d’une IEM provoquerait la fin du monde tel que nous le connaissons.
Nous allons sortir des idées reçues sur les IEM, comprendre leur origine, leur fonctionnement et étudier comment nous préparer aux conséquences d’une telle catastrophe.
Qu’est-ce qu’une IEM ?
Une IEM est une explosion soudaine de rayonnement électromagnétique à haute fréquence (rayon gamma ou rayon γ) qui a des effets d’interférence et de destruction électromagnétique.
En clair, les IEM sont la conséquence de puissantes explosions d’énergie.
Ces explosions peuvent se produire naturellement à la suite d’événements de météo spatiale comme les éruptions solaires par exemple, ou des éjections de masse coronale qui traversent l’espace à 2500 km/h avant de heurter et perturber notre magnétosphère.

Des événements solaires suffisamment puissants pour affecter la magnétosphère terrestre sont appelés à se produire.
Elles peuvent également être provoquées par la détonation d’armes nucléaires en haute altitude.
Fondamentalement, une IEM résulte d’une perturbation du champ magnétique terrestre qui provoque une spirale d’électrons s’infiltrant dans tous les conducteurs qu’elle rencontre.
Pour le résumer en une phrase simple, l’énergie dégagée cherche son chemin et s’infiltre dans tout ce qui est conducteur, grillant tous les circuits électroniques sur son passage.
Soulignons quand même un point important et une bonne nouvelle : les IEM n’ont aucune incidence sur les humains tant qu’ils ne dépendent pas d’une machine pour survivre (pacemaker, machine de dialyse, respiration artificielle, etc.).
Ce sont les conséquences des IEM qui sont à redouter.
IEM d’origine nucléaire
Les IEM peuvent être déclenchées par une source artificielle comme une explosion nucléaire.
Le phénomène d’IEM nucléaire a d’ailleurs été découvert lors des phases d’expérimentation du projet Manhattan sur la bombe au plutonium (précisément lors du test Trinity, le 16 juillet 1945 à Alamogordo).

Préparation du test Trinity, la première détonation nucléaire terrestre enregistrée.
Il a aussitôt été mis de côté en raison de la complexité des conditions à reproduire pour étudier le phénomène d’IEM. Ce n’est que dans les années 1950-1960 avec la conquête spatiale de la Guerre Froide que des essais nucléaires atmosphériques moyennement conventionnels ont été menés et que les IEM ont commencées à être militarisées.
Les données disponibles sur les IEM sont jalousement gardées secrètes, probablement car leurs effets sont au-delà de tout ce qu’un Etat peut prévoir pour s’en prémunir.
Comment fonctionne une IEM nucléaire
Les rayons gamma de haute énergie provoqués par une bombe nucléaire à fission ou à fusion se propagent radialement vers l’extérieur à partir du centre de l’explosion.

Schéma simplifié du fonctionnement d’une IEM
Lorsqu’une explosion nucléaire se produit à haute altitude, les rayons gamma réagissent avec l’atmosphère ionisante qui génère une impulsion électromagnétique qui suit la courbure de la Terre.
Les détonations survenant à partir d’une altitude de 130 000 pieds (environ 40 kilomètres, soit à la frontière de la stratosphère et de la mésosphère pour être exact) sont appelées IEM de haute altitude (IEM-HA).
Le rayon d’action d’une IEM-HA provoquée par une bombe nucléaire qui exploserait dans ces conditions serait extrêmement large même avec une bombe nucléaire « faiblement chargée » comme celle d’Hiroshima et Nagasaki (respectivement 15kt et 22kt).
Mécaniquement, plus le tonnage de la bombe nucléaire est élevé, plus la zone affectée par l’IEM sera grande.
Les missiles balistiques intercontinentaux modernes (ICBM) transportent des charges jusqu’à 800 kilotonnes. Leur utilisation à cette fin unique d’IEM-HA renverrait l’humanité à l’âge de pierre.
Dans ce cas de figure qui implique le début d’un conflit nucléaire mondial, nous aurons sans nul doute d’autres préoccupations que de sauver notre matériel électronique.
Note : une détonation nucléaire en haute altitude n’entraîne pas de contamination significative au sol, y compris dans le cas de forte pluies pendant ou après l’explosion.
IEM d’origine spatiale
La menace d’une IEM liée à une éruption solaire de forte intensité est la plus vraisemblable. Et ce n’est pas rassurant.
Chaque année, nous avons environ 2 à 3 % de chances qu’une éruption solaire endommage suffisamment notre réseau électrique pour déclencher un effondrement en cascade de tous les systèmes vitaux de notre monde moderne.
2 à 3% de chance, on peut penser que c’est peu. Mais ce ne sont que des statistiques et chaque événement tragique de l’Histoire de l’humanité s’est produit sans se préoccuper des calculs de probabilité.
La tempête géomagnétique de mars 1989 a causé une panne totale du réseau électrique québécois (Hydro-Québec) pendant 9 heures.
La tempête géomagnétique de mai 1921 a été 10 fois plus forte que la tempête de Québec de 1989.
Et l’événement Carrington de 1859 est estimé à 10 fois plus fort que la tempête de 1921.
Donc, l’événement Carrington a été 100 fois plus fort que la tempête qui a dévasté le réseau électrique du Québec en 1989.
Des tempêtes aussi importantes que l’événement Carrington ont 12% de chances de se produire tous les dix ans. Et des tempêtes géomagnétiques plus importantes sont possibles.
La question n’est pas si cet événement va se produire, mais quand il va se produire.

Nous oublions souvent à quel point notre monde est fragile.
Phases d’une IEM : impulsions E1, E2 et E3
L’impulsion E1 est la plus rapide de l’IEM. Il s’agit d’une énorme explosion de rayonnement gamma (le plus fort type d’explosions de l’univers) qui sature chaque mètre d’air avec 50 000 volts en quelques nanosecondes.
Les parafoudres ne peuvent fournir aucune protection efficace contre l’impulsion E1 : elle est si rapide et si forte qu’aucun système ne permet de s’en protéger.
Ce champ électromagnétique de haute fréquence très bref et très intense provoque des surtensions dans les composants électriques qui dépassent leur tension de claquage et grillent.
E1 détruira, entre autres, tous les ordinateurs, serveurs et moyens de communication.

Vos heures de lecture sur Résilience Urbaine seront un lointain souvenir.
L’impulsion E2 dure de 1 microseconde à 1 seconde. Bien que moins puissante que la foudre, elle a de nombreuses similitudes avec celle-ci.
On pourrait donc penser que E2 est facile à éviter avec les parasurtenseurs adéquats.
Le principal problème potentiel avec l’impulsion E2 est le fait qu’elle suive immédiatement E1, qui a endommagé ou détruit les dispositifs qui protègent normalement contre E2.
E3 est une impulsion très lente qui produit des courants géomagnétiques de basse fréquence. Elle est provoquée par le déplacement du champ magnétique terrestre, puis par son retour à la normale.
Elle peut durer de quelques dizaines de secondes à plusieurs minutes et vient finir de clouer le cercueil de notre société technologique.
En clair, cela signifie que les câbles téléphoniques et les lignes électriques en tous genres conduiront une énorme surcharge qui détruira à peu près tout ce qui y est raccordé.
Les transformateurs de puissance et l’équipement des sous-stations des réseaux électriques dans son champs d’action seront rendus inopérants.
L’impulsion E3 est même capable de neutraliser les satellites orbitant autour de la terre dans la zone touchée.

Les satellites seront les premiers touchés par une IEM.
Si vous avez pris la peine de compter, vous avez calculé que tout ce que nous venons de détailler se produit en moins d’une minute…
Pourquoi les IEM sont-elles destructrices ?
Comme on vient de le voir, une impulsion électromagnétique se propage à tous les circuits et conducteurs électroniques non blindés et non protégés dans sa gamme de fréquences, provoquant la destruction ou le disfonctionnement du matériel.
Une IEM de haute intensité provoquerait un effondrement immédiat de la majeure partie du réseau électrique et un effondrement en cascade du reste des infrastructures critiques des pays touchés.
On pourrait penser à juste titre qu’il suffirait alors de remplacer les équipements endommagés et que les Etats ont forcément une réserve stratégique pour ça.
Erreur.
Rien n’est mis en place pour réagir efficacement à une IEM et un événement de ce type nous priverait de courant pendant 12 à 24 mois au minimum.
Aucun gouvernement au monde n’a le budget ni les capacités de stockage pour se prémunir contre le phénomène d’IEM.
Le fond du problème ne réside pas dans les destructions matérielles mais dans la dépendance de notre civilisation à ce matériel.
Dans un monde de confort où tout repose sur la fée électricité et les pouvoirs magiques de zéros accumulés sur des serveurs bancaires, notre survie ne tient qu’à un fil électrique.
Conséquences d’une IEM
Plus d’électricité, de transport de marchandises, de communications ni de système bancaire
La principale : plus d’électricité donc plus de moyens de communication modernes (plus de réseau mobile ni de réseau satellitaire) ni de système bancaire mondial.
[Note : si vous souhaitez mieux comprendre pourquoi une coupure de courant nous priverait de téléphonie, je vous recommande la lecture de mon article sur les alternatives à la téléphonie en cas de crise où je vous explique tout.]
Télécommunications, moyens de transports, carburant, transit et traitement de l’eau, alimentation, soins, commerce… absolument tout serait à l’arrêt.
Internet disparaitra pour un très long moment. Les câbles sous-marins intercontinentaux sont vulnérables aux IEM (E3, rappelez-vous) et seront hors service.
Perturber le fonctionnement de ces gigantesques câbles, c’est couper l’alimentation de la connexion à la source. Pour le ramener à quelque chose à notre échelle, cela reviendrait à couper l’approvisionnement en eau d’une maison en cassant le tuyau d’eau potable dans la rue.

Avec plus de 400 câbles en service, des dizaines de milliers de kilomètres de câbles sous-marins devront être remplacés.
En 2006, le tremblement de terre qui a frappé Taïwan a endommagé neuf câbles sous-marins de la région, nécessitant quarante-neuf jours à onze navires câbliers pour les réparer… dans un monde 100% fonctionnel et concentré sur cette unique tâche.
On ne peut qu’imaginer le temps que prendrait la réparation de tous les câbles d’un continent dans une configuration où plus rien de fonctionne.
Si on se base (arbitrairement je vous l’accorde) sur le rythme de la réparation ayant eu lieu dans la région de Taïwan, cela prendrait entre 5 et 7 ans.
En résumé, tout le ciment du monde moderne disparaîtrait en un claquement de doigts, laissant l’édifice s’effondrer sur lui-même.
Produire, réfrigérer et distribuer de la nourriture et des produits de première nécessité sera presque impossible.
La production et la distribution de médicaments seront stoppées net.
Les stations de traitement de l’eau potable et des eaux usées seront hors service.
Les hôpitaux et autres établissements de santé seront en grande partie inopérants.
Les services de secours ne pourront plus joindre leurs membres ni recevoir les appels d’urgence.
Ce sera l’anarchie et le chaos total dans les grandes villes soudainement privées de tout.
Les victimes de la dégradation soudaine de nos conditions de vie se compteront par dizaines de millions.
Concrètement, une IEM nous enverrait directement dans une version cauchemardesque du 19ème siècle.
Et cela peut prendre beaucoup de temps avant qu’on ne puisse espérer en sortir : avant de produire, il faut que les chaînes de production soient remises en état et réapprovisionnées.
Et que ceux qui travaillent sur ces chaînes soient encore en vie, de préférence.
Dans un contexte où les échanges internationaux sont à l’arrêt complet, c’est tout simplement impossible. Et comme plus aucun Etat n’est autosuffisant, les tensions liées à la répartition des ressources alimentaires et industrielles se propageront aussi vite que l’IEM qui aura tout déclenché.
A l’échelle d’un pays ou d’une zone continentale, résoudre les problèmes causés par une IEM prendrait au mieux des mois, plus sûrement des années voire des décennies.
Dans un scénario optimiste où les citoyens ne s’entretuent pas pour survivre et où les Etats ne se mettent pas à se faire la guerre pour les ressources restantes, évidemment.
Comment survivre à une IEM
Comme vous l’avez compris au fil de mon exposé, nous n’avons aucun contrôle sur les IEM, peu de moyens de les prévoir et aucune solution satisfaisante pour nous prémunir efficacement contre un bouleversement aussi brutal de notre civilisation.
Fuir les grande villes
Dans un contexte où plus rien de fonctionne et où les supermarchés sont vides, les grandes villes vont rapidement se transformer en coupe-gorges puis en cimetières.
Si vous êtes dans une grande ville et que vous êtes informé de l’imminence d’une IEM ou qu’elle a déjà eu lieu, fuyez aussi vite que possible et à tout prix.
Il n’y aura pas de miracle ni de Deus Ex Machina. Ne soyez pas naïf et fichez le camp tant que vous le pouvez.
Il vaut mieux se donner une chance de survivre que de rester et périr à coup sûr.
Stocker des vivres, de l’eau et des produits de première nécessité
Comme dans chaque scénario de crise, le meilleur moyen de s’en sortir en cas d’IEM est d’avoir préalablement fait les préparatifs nécessaires pour assurer sa survie et sa protection.
Je vous renvoie en particulier à mes articles sur les produits à stocker en cas de crise, sur le traitement de l’eau et sur la protection du domicile.
Si vous n’avez rien à manger ni à boire et rien pour vous défendre dans le cas inverse, votre espérance de vie déjà raccourcie le sera encore plus.
Stocker du matériel dans des cages de Faraday
Une cage de Faraday est une enceinte protectrice formée de matériaux conducteurs. Son rôle est de bloquer les champs électriques externes en canalisant l’électricité pour l’empêcher d’atteindre son contenu.
Les cages de Faraday peuvent être très grandes ou très petites en fonction du matériel à protéger. Si vous vous lancez dans la confection d’une cage de Faraday, je vous recommande de lister l’ensemble du matériel que vous voulez mettre à l’abri d’une IEM avant toute chose. Mieux vaut avoir trop de place que pas assez.
Nous allons voir plus bas comment procéder pour fabriquer une cage de Faraday digne de ce nom, mais voyons d’abord ce qu’il sera utile d’y placer.
Appareils à protéger d’une IEM dans une cage de Faraday
Des milliers d’appareils de tout type seront endommagés par une IEM et il est impossible de tous les mettre dans une cage de Faraday.
Notez aussi qu’à moins d’avoir les moyens de produire vous-même l’électricité de votre réseau domestique, il est relativement vain de chercher à protéger tout ce qui est raccordé à une prise de courant.
Voici le matériel que je considère prioritaire et que je vous conseille de mettre à l’abri. A chacun sa façon de procéder, pour ma part je considère que les cages de Faraday sont à sanctuariser. C’est-à-dire que j’y place du matériel de back-up et que je n’ouvre plus mes cages une fois qu’elles sont scellées, ou uniquement pour entretenir le matériel stocker (cycle de charge des batteries).
Il est impossible de savoir quand une IEM va se produire, penser qu’on aura le temps de placer son matériel dans une cage de Faraday avant l’instant T est donc totalement illusoire.
Gardez à l’esprit qu’une IEM affecte tous les composants électroniques, il faut donc isoler les équipements mais aussi penser à protéger les câbles et chargeurs, régulateurs de charge, multiprises, para-surtenseurs, etc.
Matériel de charge électrique
Panneaux solaires compacts à haut rendement
Accus rechargeables en tous genre
Piles jetables stockage longue durée (AA et AAA)
Matériel de communication
radio-émetteurs, antennes et matériel de charge,
téléphones portables de secours et leurs accessoires de charge.
CB et tous ses accessoires (cordons d’alimentation, antennes, etc.)
Radio AM/FM et ses accessoires
Systèmes d’éclairage
Dans un monde privé de courant, pouvoir s’éclairer la nuit est un luxe qui n’a pas de prix.
Placer quelques lampes torches, lanternes et éclairages solaires dans une cage de Faraday est essentiel.
Documents et livres numériques
Il est essentiel de procéder à une sauvegarde administrative et de protéger ces informations numérisées contre une IEM. Des clés USB contenant les copies vos documents importants doivent être placées dans une cage de Faraday.
Les smartphones/tablettes/liseuses électroniques et les ordinateurs portables peuvent stocker de nombreux documents de référence pour la survie. Ouvrages médicaux, savoir-faire ancestraux, des milliers d’ouvrages utiles peuvent être sauvés et rendus disponibles pour vous grâce à une cage de Faraday.
Pensez aussi à vos photos de famille !
Comment fabriquer une cage de Faraday efficace [Annexe pratique]
De nombreux mythes circulent sur les cages de Faraday, en particulier que placer ses appareils électroniques dans un frigo, un congélateur, un four micro-ondes ou une feuille d’aluminium suffirait à les protéger des impulsions électromagnétiques.
C’est totalement faux. Aucune de ces solutions de fonctionne.
Pour autant, cela ne veut pas dire que fabriquer une cage de Faraday soit difficile.
Il suffit de trouver un contenant conducteur et d’en isoler correctement l’intérieur pour en protéger le contenu. Par exemple, une boite métallique dont l’intérieur sera tapissé d’une couche de plastique et de carton épais.
Une solution efficace et bon marché consiste à acheter une poubelle métallique de taille respectable qui ferme et d’y glisser un seau en plastique doté d’un couvercle ou d’en tapisser l’intérieur (parois, fond, couvercle) d’une couche de plastique épais et d’une couche de carton.
Le mieux est d’aller faire ses essais directement dans une grande surface de bricolage pour s’assurer que tout s’imbrique correctement.
Plus il y aura de couches de plastique et de carton dans votre contenant, mieux son contenu sera isolé.
Pour vérifier le bon fonctionnement de votre cage de Faraday, il vous suffit d’y placer une radio allumée et de la refermer pour voir si les ondes radio continuent d’arriver au poste.
Si la musique s’arrête, c’est que votre cage est fonctionnelle.
Légendat
https://fr.wikipedia.org/wiki/Temp%C3%AAte_solaire_de_1859
Tempête solaire de 1859
La tempête solaire de 1859, également connue sous le nom d'événement de Carrington — du nom de l'astronome anglais Richard Carrington qui l'étudia — désigne une série d'éruptions solaires ayant eu lieu à la fin de l'été 1859 et ayant notablement affecté la Terre. Elle a notamment produit de très nombreuses aurores polaires visibles jusque dans certaines régions tropicales et a fortement perturbé les télécommunications par télégraphe électrique. On a récemment découvert des tempêtes solaires 10 à 100 fois plus puissantes, qui auraient des conséquences catastrophiques1. Sur la base de certaines observations, ce type d'événement serait susceptible de se reproduire avec une telle violence seulement une fois tous les 150 ans2. Cette éruption est utilisée comme modèle afin de prévoir les conséquences qu'une tempête solaire extrême serait susceptible de causer aux télécommunications à l'échelle mondiale, à la stabilité de la distribution d'électricité et au bon fonctionnement des satellites artificiels1. Une étude de 2004 estime que son niveau est supérieur à la classe X103,4. Une étude publiée en février 2012 évalue les chances de survenue d'un événement semblable à environ 12 % pour la décennie qui suit5,6.
Déroulement de la tempête[modifier | modifier le code]
La tempête se déroula en deux phases correspondant à deux éruptions solaires de grande ampleur.
La première atteignit la Terre dans la soirée du 28 août 1859, selon l'Eastern Standard Time, soit le fuseau horaire de la côte est des États-Unis d'Amérique. Elle provoqua des aurores très lumineuses et spectaculaires, visibles jusque dans la mer des Caraïbes où de nombreux équipages de bateaux notèrent la couleur inhabituelle du ciel. De nombreux observateurs terrestres interprétèrent à tort les lumières aurorales comme étant dues à des incendies lointains. Le champ magnétique terrestre a été lui aussi fortement perturbé.
Croquis du groupe de taches solaires à l'origine de la seconde phase de l'éruption solaire, dessiné par Richard Carrington. Les quatre zones étiquetées de A à D correspondent aux lieux où apparurent les flashes aveuglants de l'éruption.
La seconde phase débuta le 1er septembre. L'astronome anglais Richard Carrington, alors en train d'observer le Soleil, remarqua un ensemble de taches solaires anormalement grandes. Ces taches étaient apparues plusieurs jours auparavant et étaient tellement grandes qu'elles étaient aisément visibles à l'œil nu. À 11 h 18, il nota un éclair très intense en provenance de ce groupe de taches, éclair qui dura moins de 10 minutes7 et correspondait au début d'une nouvelle éruption solaire extrêmement violente8. Le même phénomène fut observé non loin de là par un ami de Richard Carrington, Richard Hodgson (en)9. L'éruption atteignit la Terre 17 heures plus tard (dans la nuit du 1er au 2 septembre), illuminant le ciel nocturne sur tout l'hémisphère nord. En effet, des témoignages révélèrent qu'il était possible de lire un journal en pleine nuit grâce à la lumière aurorale jusqu'à des latitudes aussi basses que Panama.
Le 3 septembre 1859, le Baltimore American and Commercial Advertiser rapporte, en anglais :
« Ceux qui sont sortis tard jeudi soirnote 1 ont eu l'occasion d'assister à un autre magnifique spectacle de lumières aurorales. Le phénomène était très similaire à celui de dimanche soirnote 2, bien que la lumière ait parfois été plus brillante et les teintes prismatiques plus variées et plus belles. La lumière semblait couvrir tout le firmament, comme un nuage lumineux, à travers lequel brillaient indistinctement les étoiles de plus grande magnitude. La lumière était plus forte que celle de la Lune à sa pleine puissance, mais elle avait une douceur et une délicatesse indescriptibles qui semblaient envelopper tout ce sur quoi elle reposait. Entre minuit et 1 heure, lorsque le spectacle était à son apogée, les rues tranquilles de la ville reposant sous cette étrange lumière revêtaient une apparence aussi belle que singulière. »
En 1909, un chercheur d'or australien, Count Frank Herbert, fait part de ses observations dans une lettre au Daily News de Perth, en anglais :
« Je faisais de l'orpaillage à Rokewood, à environ 6,5 kilomètres du canton de Rokewood (Victoria). Moi-même et deux camarades qui regardions par la tente avons vu un grand reflet dans le ciel austral vers 19 h, et en une demi-heure environ, une scène d'une beauté presque indescriptible survint, des lumières de toutes les couleurs imaginables émanaient du ciel, une couleur se dissipant pour laisser place à une autre si possible plus belle que la précédente, [the streams mounting to the zenith, but always becoming a rich purple when reaching there, and always curling round, leaving a clear strip of sky, which may be described as four fingers held at arm's length. The northern side from the zenith was also illuminated with beautiful colors, always curling round at the zenith, but were considered to be merely a reproduction of the southern display, as all colors south and north always corresponded. It was a sight never to be forgotten, and was considered at the time to be the greatest aurora recorded... The rationalist and pantheist saw nature in her most exquisite robes, recognising, the divine immanence, immutable law, cause, and effect. The superstitious and the fanatical had dire forebodings, and thought it a foreshadowing of Armageddon and final dissolution.]. »
Le champ magnétique terrestre apparent s'inversa temporairement sous l'influence du vent solaire issu de l'éruption dont le champ magnétique était, au moment où il atteignit la Terre, non seulement opposé au champ magnétique terrestre mais également plus intense.
La durée séparant la seconde éruption solaire de son arrivée sur Terre (seulement 17 heures) fut anormalement courte, celle-ci étant normalement de l'ordre de 60 heures. Sa brièveté est une conséquence de la première éruption solaire, dont le vent avait déjà durablement nettoyé l'espace interplanétaire entre la Terre et le Soleil.[pas clair] La violence de cette seconde tempête comprima très fortement la magnétosphère terrestre, la faisant passer de 60 000 kilomètres à quelques milliers, voire quelques centaines de kilomètres.[réf. nécessaire] Cet amincissement de la magnétosphère rendit la Terre bien moins protégée des particules ionisées du vent solaire et est à l'origine des aurores très intenses et très étalées qui furent observées.
Conséquences[modifier | modifier le code]
On estime que 5 % de l'ozone stratosphérique fut détruit lors de la tempête, ozone qui mit plusieurs années à se reformer dans la haute atmosphère.[réf. nécessaire] La température très intense de l'éruption (50 millions de degrés à sa naissance) permit d'accélérer les protons issus du Soleil à des énergies dépassant les 30 MeV, voire 1 GeV selon certains[Qui ?]. De tels protons énergétiques furent en mesure d'interagir par interaction forte avec des atomes d'azote et d'oxygène de la haute atmosphère terrestre qui libérèrent des neutrons et furent également à l'origine de la formation de nitrates. Une partie de ces nitrates se précipita ensuite et atteignit la surface terrestre. Ils furent mis en évidence par des carottages glaciaires effectués au Groenland et en Antarctique révélant que leur abondance correspondait à celle ordinairement formée en 40 ans par le vent solaire.
Les aurores générèrent ensuite des courants électriques dans le sol qui affectèrent les circuits électriques existants, notamment les réseaux de télégraphie électrique. De nombreux cas de télégraphistes victimes de violentes décharges électriques furent rapportés, ainsi que plusieurs incendies de station de télégraphie causés par les courants très intenses qui furent induits dans le sol10.
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15 Commentaires
Patrick le 28 octobre 2021 à 10:37
Merci pour cet excellent article !
Quid des cantines militaires, dans laquelle on pourrait appliquer une couche de mousse isolante ?
Par ailleurs, est il nécessaire de relier la cage à la terre ?
Enfin, l’eau étant conductrice, quid de l’humidité potentiellement créée par la fermeture de cette cage qui pourrait endommager les composants électroniques ?(mes connaissances en électricité sont loin mais je pense que l’humidité n’influence pas trop la conduite de l’électricité ?)
Merci !
jean Christophe le 28 octobre 2021 à 11:05
L ’Éruption solaire est potentiellement la menace la plus dangereuse pour notre civilisation contemporaine. Même si je partage les solutions décrites pour tenter d atténuer les effets, je souhaite relativiser l analyse de situation de cet article.
Tout n est pas noir!!
En tant que ingénieur-chercheur en astrophysique, je souhaiterais apporter quelques précisions rassurantes:
Actuellement, les satellites d observation solaire nous permettent d anticiper de 48 h, les éruptions solaires à destination de la terre. Bientôt » Solar orbiter et solar sentinel » nous permettront d atténuer les effets de ces éruptions en les anticipant grâce à une meilleure connaissance du cycle solaire.
Il faut savoir que tous les jours, la terre est frappée par des vents solaires mais notre planète les absorbent sans difficultés. C est un phénomène naturelle, qui ne doit pas créer une psychose insensé.
Il faut temporiser sur la fameuse Éruption solaire cataclysme. Car si hypothétiquement, elle frapperait la terre, elle ne toucherait q une zone regionalisée. Cela ne serait pas suffisant pour créer un effondrement globalisée.
Je voudrais aussi rappeler que le système français électrique est un peu résilient au niveau de ces nœuds de transfert. Ces transformateurs spécifiques sont conçus pour résister à une tempête solaire. De plus, certains ministères, comme les armées, détiennent du matériel conçus pour faire face à des attaques iem.
Donc oui le risque est probable mais les effets seraient locale ou régionale au pire. Ne pas oublier que l’Homme observe l activité solaire et accroît ses programmes satellitaire pour anticiper.
Si vous voulez vraiment faire une cage de faraday efficace, cela coûte très cher. J ai eu l occasion de participer à un projet de conception de tissu anti onde avec l entreprise française senfa. Cela fonctionne parfaitement mais le tissu coûte 100 euro le mètre linéaire à produire.
Et il faudra le tapisser dans une pièce de 10 m2 afin que vous puissiez stocker assez de matériel.
Cet article a le mérite de vulgariser un phénomène naturelle peu connu du grand public. Il a l avantage de le rendre accessible et de permettre aux personnes soucieuses d y réfléchir aux actions à mener pour atténuer les effets.
Nos décideurs politiques devraient aussi réellement s y intéresser et non balayer ce risque, on nous expliquant que la population n est pas en mesure de percevoir ces enjeux et que cela ne pourrait que créer de la panique. Une population instruite et une population éduquer et résiliente
ON3MEE le 29 octobre 2021 à 22:00
Bonjour Légendat,
Comme à chaque fois, un article très intéressant.
Les remarques de Jean-Christophe sont aussi très judicieuses.
Je me suis fort intéressé un temps à ce sujet. Il faut en tout cas mettre de côté les films hollywoodiens. A notre niveau, il n’y a pas grand chose à faire. Il faut privilégier le papier et les livres pour pérenniser les connaissances. Il faut se créer une bibliothèque avec des ouvrages scientifiques, de médecines, …
La cage de Faraday, elle doit être épaisse tellement les énergies en jeu sont énormes. Il existe des équipements plus résistants comme j’en avais parlé dans un de mes articles : les radios à lampes et les téléphones à batterie locale (plus connus sous l’appellation de téléphones de campagne). Tout ce qui contient du silicium est quasiment grillé, il faut oublié direct. Les armées ont toujours des téléphones de campagne comme moyen de télécommunication pour le cas nucléaire. Il n’est pas dit que ces téléphones ne grilleront pas, mais bien moins que tout composant électronique moins résistant aux hautes tensions. Il reste quand même des risques comme il y en a eu avec les télégraphes, pourtant, le système le plus robuste en tout point.
Côté des sources d’énergie, tout ce qui m’a pas d’électronique survivra bien mieux : piles, accus Ni MH, accus au plomb. Le lithium, … oubliez.
Les moteurs, éoliennes etc, faut voir au cas par cas.
Côté éclairage, l’incandescence et l’halogène restent les seules solutions viables. En fait, tout ce qu’on interdit à la vente …
Côté radio, pendant les éruptions, il se passe quelques phénomènes : soit il y a un black out à cause des rayonnements intenses générés (là, il faudra attendre que ça se tasse), soit, on va avoir des ouvertures et une propagation exceptionnelle comme on a tous les 11 ans (cycle solaire).
arnaud le 31 octobre 2021 à 19:49
Sans avoir vos connaissances techniques, je relativise aussi votre commentaire. Si une IEM frappe l’afrique ou l’Amérique du Sud l’impact sera limité car sa place dans l’économie mondiale est peu important.
A contrario, une IEM sur l’Amérique du Nord ou l’Europe de l’ouest, voir sur le golfe (pétrole) aura obligatoirement des répercussions lourdes sur une économie mondialisée et des réseaux fragiles et interconnectés. L’absence de résilience déjà constatée ne pourra qu’amplifier les conséquences des dégâts initiaux et donc désorganiser le fragile écosystème actuel.
Encore merci pour cet article passionnant et instructif et de qualité !!!
ISO le 23 juin 2022 à 12:36
Bonjour Jean-Christophe, pourriez-vous répondre à ces questions: peut-on déterminer la surface soumise à une IEM solaire? En fonction de quoi cette surface est-elle déterminée?
Bien à vous, merci.
franceschetti le 10 octobre 2022 à 17:08
Bonjour,
si on enterre dans boite plastique étanche un ordinateur , est-il protégé ?
Cordialement
JASON le 3 novembre 2021 à 10:33
Merci Legendat,
Encore un excellent article sur un sujet peu souvent évoqué mais dont les effets seraient dévastateurs.
Un très bon roman post apocalyptique de William R. Forstchen « Une seconde après » illustre parfaitement les conséquences de ce phénomène et le chaos qui en résulterait.
A ne pas prendre à la légère donc et celui qui n’a pas encore envisagé sa cage de Faraday serait bien avisé de le faire (;-))
A bon entendeur
Jason
Dan le 25 novembre 2021 à 11:39
Passionnant, j’ai enfin compris…
Dan
Obiwan le 12 avril 2022 à 20:37
Encore un grand merci pour cet article ! Une « perle » de plus que tu nous offres !
J’étais au courant pour ces problèmes causé par les IEM. Par contre je ne pensais pas que l’on pouvait faire aussi facilement une Cage de Faraday efficace …
Concernant les isolants à utiliser: Légendat, connaîtrais-tu ou aurais-tu un site de référence où trouver des « valeurs » de couples de type d’isolant / épaisseurs comparatives, afin de choisir le(s) plus adéquat(s) en fonction des dimenssions du contenant métallique ?
Je penserais à de la frigolite, qui se travaille facilement, et légèrement souple / compressible pour une bonne étanchéité lors de la fermeture du couvercle. Mais quel « indice » isolant au cm d’épaisseur, par rapport à du carton, plastique, ou autres matières ? ? ?
Merci d’avance pour toutes ces informations.
Jlo le 23 septembre 2022 à 16:53
Et comment protéger les personnes ?
Légendat le 23 septembre 2022 à 17:18
Les IEM n’affectent pas les être humains, nous n’avons pas à nous en protéger.
Jlo le 23 septembre 2022 à 20:35
Merci pour ta réponse Légendat..
Cependant certains disent que les gens qui ont bcq de métaux en eux (dûs aux vaccins, chemtrails ou autres) pourront être affectés par les IEM et surtout les vax contre le coco car il y a du graphène qui est très conducteur. Qu’est ce que tu en penses ?
Légendat le 23 septembre 2022 à 21:18
Pas grand chose objectivement, à part qu’en suivant ce pistes on ne peut que tomber dans la paranoïa aiguë. Les chemtrails restent à ce jour le moteur de théories qui n’ont jamais été démontrées, et pour ce qui est des adjuvants des vaccins ils sont en quantité infinitésimale et évacués naturellement par le corps. Je ne détiens pas la vérité mais je pense sincèrement qu’on est au risque zéro de ce côté là, en revanche la survie dans un monde en plein blackout est autrement plus préoccupante…
Dan le 24 septembre 2022 à 21:55
Bonne réponse Légendat, toute en psychologie et finesse. Le monde réel est déjà assez difficile à appréhender.
ISO le 25 septembre 2022 à 11:07
IL faut avouer que les blogs et vidéos YT à caractère survivaliste sont maintenant envahis de commentaires aliénés à tendance conspirationniste ou paranoïaque qui en disent long sur le niveau de désorientation de la population, déjà bien secouée psychologiquement par deux années de covid.
Création littéraire (2)

C'est étrange la création littéraire. Je suis resté pendant deux mois à cogiter sur le dernier tome de la tétralogie, sans aucune inquiétude alors que je n'écrivais rien et je réalise qu'en fait, j'étais au cinéma, un cinéma intérieur, avec des scènes qui surgissaient, sans cadre chronologique, juste des situations précises mettant en scène les différents personnages, deux fois j'en ai rêvé avec des souvenirs précis, des visages, Walter Zorn et Laure. Des pièces de puzzle éparpillées et qui s'attiraient, s'emboîtaient parfois, d'autres restant dans un coin, en attente, des arborescences qui se créaient, dessinant diverses options, des directions possibles et qui se confirmeraient lorsque l'écriture serait lancée. Je n'ai pas un scénario unique mais un schéma ouvert, certaines lignes sont clairement tracées, d'autres sont en pointillés, d'autres encore ne sont que des bourgeons, des élancements figés.
Je sais maintenant dans l'écriture de ce quinzième roman qu'il n'est pas bénéfique de s'enfermer dans un cadre, que je dois m'autoriser les errances passagères, les reflux, les doutes, les incertitudes, que je dois prendre le temps de peser chaque situation, de la ressentir, de l'éprouver, comme si j'étais moi-même impliqué. Et c'est là que j'aime infiniment cet état d'écriture, cette ouverture d'esprit, cette exploration de l'arborescence, s'accorder la liberté de cheminer dans une voie, de l'analyser, de la vivre à travers le personnage concerné, de voir ce qu'il en pense.
De voir ce qu'il en pense.
On pourrait prendre cette expression comme un état de démence partielle, une sorte de personnalisation déraisonnée, mais je sais qu'il est impossible d'écrire un roman et encore moins quatre romans qui se suivent, où se croisent plus de cinquante individus, sans accorder l'état de vie à l'ensemble du casting.
Je me souviens, après l'écriture de "Là-Haut" avoir été considérablement frappé, un jour, dans une rue de Chambéry, à la vue d'un homme qui marchait vers moi, sur le même trottoir. Si je ne m'étais pas contenu, je l'aurais pris dans mes bras. C'était Jean, le héros du roman. En tout cas, l'image exacte que j'en avais.
Je m'étais dit, d'ailleurs, que plus tard, un jour, quand j'aurais fini d'écrire toutes les histoires que j'ai encore en tête, il faudrait que j'écrive un roman qui raconterait la matérialisation humaine des personnages d'un romancier, un écrivain de thriller. Ses personnages viendrait lui faire la peau pour se venger de toutes les souffrances que l'auteur leur a fait subir. Et comme il les connaît parfaitement, qu'il sait comment ils raisonnent, il parvient à leur échapper mais eux aussi savent comment lui raisonne et ils ne le lâchent pas... Cette idée m'appartient et si une des personnes qui vient de lire ce texte s'avisait de me la piquer, je la retrouverai. Et je serai sans pitié.
Exemple d'une mare
Je continue à creuser ma mare.
Un sacré travail, pelle, pioche, barre à mine, masse... J'ai sorti des tonnes de cailloux, certains d'un poids conséquent.
Comme il faut tenir compte des périodes de sécheresse et que je n'ai pas trouvé de source pour l'alimenter, je vais construire un toit sur un des bords afin que l'eau de pluie subvienne aux besoins car je ne suis pas persuadé que la pluie, elle-même, suffise. J'ai bien vu avec le toit qui sert à protéger le stock de paille que la récupération de l'eau avec un toit est très efficace. Il est arrivé qu'une journée de pluie continue remplisse le bidon de 250 litres. Vu la taille du toit que je construis, ça devrait suffire.

Si j'arrive à obtenir quelque chose qui ressemble à ça, je serais très heureux.

Un exemple réalisé par un particulier : http://alg12.free.fr/mare.htm?fbclid=IwAR1F5kyV5C-DSgdi18c77kwgcPB8fNeUMv2coV5uENXySvnibNlBFLn-vxs
Alain Bougrain Dubourg
Une personne que j'estime grandement.
Interview dans "La minute nature", une chaîne vidéo à connaître, tout autant que la revue "La salamandre"
TERRE SANS HOMMES (1)
Le tome 4 de la tétralogie.
J'y travaille toutes les nuits depuis un mois.
Et j'en rêve déjà. La nuit dernière, j'ai vu une aurore boréale.
TERRE SANS HOMMES
« Il y a sur cette terre des gens qui s’entretuent ; c’est pas gai, je sais.
Il y a aussi des gens qui s’entrevivent. J’irai les rejoindre.
Jacques Prévert
CHAPITRE 1
Longyaerbyen
Svalbard
Nous étions encore quatre-vingt-dix-sept après le départ du dernier bateau pour le continent. Huit semaines plus tard, nous ne sommes plus que trois. Et nous allons mourir. Astrid et Ivar sont au bout. Leurs cordes vocales ne fonctionnent plus, la toux sèche les a détruites. Comme il en a été pour tous ceux qui sont morts ici et comme il en sera désormais sur le continent. Les derniers habitants à avoir quitté Longyaerbyen sont sans doute arrivés à Tromsø ou ailleurs, peu importe, les effets seront les mêmes. Ils vont contaminer tous ceux qui s'approcheront. Peut-être même que le virus est dans l’air et qu’il ne sert à rien de s’isoler, de porter un masque, de se laver les mains. Nous avons suivi tout le protocole du covid quand nous avons vu arriver l’épidémie et pourtant, rien ne l’a empêché de progresser et de contaminer tous ceux qui sont restés. Comme si l’île toute entière était atteinte, comme si l’atmosphère était empoisonnée, la terre, l’eau, la glace, la neige, les plantes, la nourriture, les rayons du soleil, les étoiles et le vide.
Le seul moyen de ne pas être atteint, c’est d’être déjà mort.
Hier, j'ai commencé à tousser. Je connais la suite : de la fièvre, de plus en plus forte, des douleurs articulaires et musculaires, à ne plus pouvoir dormir, l'épuisement, une toux sèche, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, avec des crises qui peuvent durer cinq minutes, jusqu'à ne plus pouvoir respirer, des vomissements épuisants, tout le monde a fini par cracher du sang, perte de la voix, l'impression d'avoir du plomb fondu dans la gorge, jusqu'à ne plus vouloir vivre. Dans leurs derniers jours, les mourants ne parlent plus, c’est trop douloureux. Ils ont un teint violacé par manque d’oxygène. Ils se noient dans leurs glaires.
J'ai vu mourir tellement de gens. Heureusement, tous les enfants avaient quitté l'île avec leurs parents. Je n'aurais pas supporté de voir un enfant mourir de cette façon.
Johannes s'est pendu et pourtant c'était une force de la nature. Jamais, je n'aurais imaginé qu'il en arriverait là. Henrik, son frère s'est fini avec son fusil de chasse. Solveig, la boulangère, s'est empoisonnée, cocktail de médicaments et d’alcool. Je ne les compte plus de toute façon ceux qui ont accéléré le processus.
Moi, je vais aller me noyer. J'ai envie de voyager. Les courants sont forts ici. Mais j'attends la mort d'Astrid et Ivar. Ils partiront avant moi. Je veux les accompagner jusqu’à la fin. Pour la plupart des contaminés, la dégringolade n'a pas pris plus de dix jours, quatre à cinq jours pour les cas les plus rapides. Mais les dernières heures comptent triple. Le dernier jour est une éternité, la dernière heure est une torture, la dernière seconde une délivrance. Les jeunes étaient plus rapidement atteints, on l’a bien vu. D’ailleurs, je suis toujours là. Astrid a fait une simulation il y a quelques jours. Elle a établi un parallèle avec la grippe espagnole (dont l’origine est américaine d’ailleurs). En 1919, on comptait cinquante millions de morts pour un milliard cinq cents millions d’humains. Vu la population actuelle de la planète, les victimes pourraient donc atteindre deux cent cinquante millions. Sauf que l’épidémie de choléra et celle du Hum et les attentats, les guerres entre pays ou les guerres civiles ont déjà effacé une grosse partie de l’humanité. C’est pas plus mal. Plus le nombre de contacts sera limité, plus l’épidémie sera contenue. L’idéal serait donc qu’aucun habitant contaminé du Svalbard ne rejoigne le continent, qu’ils meurent en route, que le bateau s’échoue ou qu’il coule. Mais je pense qu’il ne faut pas compter sur une aussi belle issue. Certains sont arrivés, c’est inévitable.
Si quelqu'un trouve ce cahier, qu'il sache que l'épidémie est partie d'ici.
Une mutation de la grippe espagnole.
Un mélange détonnant avec le covid, une association diabolique. À moins qu'elle soit divine et qu'il s'agisse d'un plan mûrement réfléchi.
On a déconné. Tous, depuis trop longtemps. Ça ne pouvait plus durer.
Le réchauffement climatique a dégelé le sol, là où étaient enterrés les victimes de la grippe espagnole de 1919, des trous pas assez profonds, la terre était trop dure. Les corps ont été mis à jour par un glissement de terrain. Le pergélisol fond, depuis bien longtemps, on le sait, tout le monde le sait et tout le monde s'en désintéresse, parce qu'on n'y peut rien, parce que ça nous dépasse, tout se ramollit, même notre volonté. Anton a découvert les restes. C’est peut-être lui le premier contaminé. Et comme l’incubation dure quelques jours, avant que les symptômes apparaissent, il a eu le temps de partager sa trouvaille. Anton n’est pas mort le premier. Il était costaud. On ne sait pas depuis combien de temps les corps étaient à l’air libre.
Ivar m’a raconté que la première étude génétique du virus avait pu être fait sur des victimes inuits dont les corps avait été conservés dans le pergélisol. Bien des années après le décès. Et c’est ce qui s’est passé ici. Mais on ne l’a pas compris parce qu’on était tous préoccupés par les évènements internationaux. On s’est même cru en sécurité. Pas de Hum, pas de choléra, pas de visiteurs, pas d’attentats, on vivait dans notre bulle polaire. Et c’est le réchauffement du climat qui nous aura tués.
On a déconné, depuis bien trop longtemps. J’ai commencé à noter les températures il y a vingt-deux ans exactement. Tous les jours de l’année. Ça n’intéressait pas grand-monde. Ici, tout le monde vient faire de l’argent. À part les jeunes de l’université. J’aimais bien discuter avec ceux et celles qui s’intéressent vraiment à la région. Et ils aimaient bien toutes mes histoires du pays.
Et ils sont tous morts ou ils sont partis et ils mourront chez eux.
On est au bout de l’histoire. De notre histoire. Celle de la planète va continuer. Et je lui souhaite le meilleur pour la suite.
Ce soir, il y a encore eu une aurore boréale. Depuis l’éruption solaire qui a anéanti le réseau électrique de la planète, les aurores sont quotidiennes et je ne m’en lasse pas. Je les regretterai, à moins qu’une fois mort, mon âme aille danser avec les particules.
Je vous souhaite une mort la plus douce possible. Pas la mienne en tout cas.
Markus Solberg
https://www.lemessager.fr/59115/article/2023-04-24/des-aurores-boreales-apercues-partout-en-france-jusque-dans-les-alpes
MIS EN LIGNE LE 24/04/2023 À 15:23
Des aurores boréales ont été aperçues dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 avril. Cette fois, les Nordistes n’ont pas été les seuls à en profiter, le phénomène a été visible jusque dans le sud de la France !

Des aurores boréales visibles à l’oeil nu ont pu être observées partout en France dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 avril. - Webcam Les 2 Alpes
Cette nuit, il fallait lever les yeux au ciel ! Certains chanceux ont pu observer des aurores boréales, et pas seulement dans le nord de la France, comme en février dernier, mais aussi jusqu’au Sud.
Les aurores boréales apparaissent très rarement en France. Elles se forment en réaction à des éruptions solaires, en l’occurrence « les matières dégagées ont mis un jour et demi à arriver dans l’atmosphère et à des latitudes plus basses que d’habitude », expliquent auprès de nos confrères de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes deux prévisionnistes en météo de l’espace au CNRS.
Le spectacle offert par ce phénomène a été capturé par de nombreux amateurs de photographie, ainsi que par les webcams des stations de ski, comme celle des Deux-Alpes
Ces jolies couleurs ont également été capturées plus au sud, au-dessus du lac de Serre Ponçon.
Dans le nord de la France, là où le ciel était davantage dégagé, le spectacle était encore plus impressionnant.
Le mur de l'autoroute A69
Inutile d'ajouter quoi que ce soit, c'est clair.
Depuis le temps que les industriels bétonnent, il est temps que ça s'arrête.
Si on est parti de la Savoie, c'est justement en raison de cette urbanisation totalement dingue, des routes et donc de plus en plus de circulation, des lotissements, des zones commerciales, des zones industrielles, et donc de plus en plus de monde et donc de plus en plus de routes et de plus en plus de circulation.
On a vu des forêts disparaître, des zones humides asséchées et remplacées par des lotissements et des zones économiques.
On habitait à 600 mètres d'altitude et on voyait ce "monde" marchand grimper, grimper, s'étendre, s'étendre. Un cauchemar.
On ne peut pas continuer comme ça. Et pourtant les gouvernements font tout pour que ça continue. En racontant que c'est pour le bien de la population.
Il ne s'agit pas de s'opposer systématiquement à tous travaux d'envergure mais que ceux qui sont engagés le soient pour des raisons indiscutables et qu'il s'agisse de nouvelles autoroutes ou du train Lyon-Turin, ils ne font pas partie des chantiers indispensables. Mais leurs impacts sont par contre considérables.
Les tunnels du Lyon-Turin, une catastrophe pour les sources d’eau

Fontaines de village qui cessent de couler, craintes pour l’approvisionnement en eau potable et perturbations irréversibles des sources de montagne… les conséquences hydrogéologiques de la construction du tunnel ferroviaire Lyon-Turin inquiètent habitants et défenseurs de l’environnement.
Villarodin-Bourget (Savoie), reportage
À une dizaine de kilomètres de la frontière italienne, le village de Villarodin-Bourget est l’un des plus touchés par la construction du tunnel Lyon-Turin, un projet débuté dans les années 1990, qui vise à relier la région Auvergne-Rhône-Alpes à sa voisine italienne via une ligne ferroviaire à grande vitesse passant par la vallée de la Maurienne. Un projet dont la section transfrontalière, qui comprend un tunnel de 57,5 kilomètres, est financée à 40 % par l’Union européenne pour un coût total de 8,6 milliards d’euros, la France et l’Italie se partageant les 60 % restants. Le projet est présenté comme écologique, car il est censé réduire d’environ 3 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an les émissions de gaz à effet de serre, en transférant un million de camions de la route vers le rail. Mais il fait également polémique : il a été épinglé à deux reprises par la Cour des comptes et fait face à une forte opposition côté italien. Trente ans après le début du projet, moins de 20 % des galeries sont creusées, 30 kilomètres pour l’instant sur 160, dont quatre sous la commune de Villarodin-Bourget.

Le village de Villarodin-Bourget se situe dans la vallée de la Haute-Maurienne, en Savoie, où coule l’Arc. Le chantier de Telt est visible en rive droite.
Dans ce village savoyard, le chantier de Telt (Tunnel Euralpin Lyon-Turin), le promoteur public chargé des travaux du tunnel euralpin, a redessiné les berges de l’Arc, le fleuve qui serpente au fond de la vallée. Des pistes ont été tracées pour permettre l’accès des engins de travaux et creuser un tunnel de reconnaissance dont l’entrée se situe sur la rive droite. Les travaux liés à cette galerie de quatre kilomètres sont terminés depuis 2007, mais leurs conséquences sur les sources en eau alimentent toujours les conversations des habitants. « Le tunnel a été creusé seulement cinquante mètres sous les habitations, explique Philippe Delhomme, maire adjoint de la commune de 2008 à 2020. Dès le début des travaux, en 2002, les fontaines du village ont arrêté de couler. C’est un phénomène connu lorsqu’on creuse la montagne car le chemin de l’eau, qui s’infiltre naturellement le long de certaines fissures, est dévié. Les sources sont donc captées par le tunnel, qui devient le nouveau lieu d’écoulement. Cela a forcément ému la population car l’eau est une ressource vitale. »
« Le tarissement des sources était envisagé »
Une inquiétude qui a conduit le maire de l’époque, Henri Ratel, à alerter le préfet de la Savoie : « Nous sommes dans l’obligation de vous faire part d’une situation préoccupante concernant l’assèchement du bassin versant adret de notre commune pour les travaux de percement de la galerie de reconnaissance du projet Lyon Turin Ferroviaire (LTF) », écrivait-il dans une lettre datée de mars 2003, demandant que l’eau potable captée par le tunnel soit intégrée dans le réseau communal. Une alerte anticipée par le promoteur, qui a réagi rapidement : « Le tarissement des sources était envisagé, affirme Xavier Darmendrail, directeur territorial de Telt. À Villarodin-Bourget, il était même évident que des sources seraient affectées puisque la descenderie est creusée cinquante mètres seulement sous le village. Des mesures de compensation ont rapidement été mises en place, payées par LTF, le précédent promoteur : les fontaines ont été branchées sur le réseau d’eau potable et une aide financière a été apportée à la commune pour rénover ses canalisations. Il a été choisi d’attendre la fin du chantier pour évaluer le nombre de sources concernées avant de mettre en place une mesure compensatoire durable, chose faite une fois la galerie terminée en 2007. »

Sur la rive gauche de l’Arc, des couches de déblais ont été déposées, aujourd’hui recouverts de végétation. Ils sont issus de l’excavation pour la réalisation du tunnel de reconnaissance de Villarodin-Bourget. Telt prévoit de réutiliser la moitié de ces déchets pour produire des granulats et de béton.
La solution « durable » ? Capter l’eau d’un torrent à 2.000 m d’altitude, et construire une conduite de cinq kilomètres ainsi qu’un réservoir souterrain, pour alimenter le village. Au total, ces mesures compensatoires ont coûté 1,2 million d’euros, selon Xavier Darmendrail, qui vante ces nouvelles installations : « Nous avons augmenté la capacité d’eau potable de la commune de trois litres par seconde et amélioré le réseau. » Un pansement loin de satisfaire Philippe Delhomme, également coprésident de l’association de défense de l’environnement Vivre et Agir en Maurienne (VAM) : « La source captée est en lisière de la Vanoise, l’un des parcs nationaux les plus protégés de France ! Selon nous, il aurait été moins dommageable pour l’environnement de pomper l’eau captée par le tunnel. »
Mais l’affaire des fontaines de Villarodin-Bourget n’est que la partie visible de l’iceberg. En réalité, dans la commune, dix points d’eau sont abîmés par le creusement du tunnel, dont quatre complètement asséchés, selon le rapport de Telt sur les points d’eau et leurs risques d’impact (2017). « Cette étude dit recenser cinquante-et-un points d’eau au niveau du village, précise Philippe Delhomme, mais il n’y aucune donnée pour vingt-deux d’entre eux. Comment peut-on donc affirmer qu’il n’y a que dix points concernés ? » VAM dénonce d’ailleurs une communication ambiguë du promoteur à ce sujet. Dans une brochure distribuée à la population en 2018, Telt affirme que « les contrôles (…) à proximité du chantier (…) n’ont révélé aucune baisse de débit de ces sources. Jusqu’à présent, une seule source d’eau a été tarie par les travaux, rétablie le lendemain en complément des mesures compensatoires pour la collectivité et les personnes concernées ». Interrogé par Reporterre à ce propos, Xavier Darmendrail se défend en affirmant que « les points d’eau taris étaient alimentés par la même source ». Jouerait-on sur les mots ?

Extrait de la brochure « Telt répond à vos questions ».
« On a parfois l’impression de se battre contre un moulin »
« On minimise les conséquences pour faire taire la population », s’insurge Philippe Delhomme. Pourtant, Villarodin-Bourget n’est pas la seule commune dont les sources d’eau sont détériorées par les travaux. Le rapport de 2017 montre que Saint-Martin-de-la-Porte et Saint-André sont également concernés : deux points d’eau sont taris et un présente un fort risque de tarissement. Mais ce n’est pas tout. Un rapport rapport européen plus ancien, daté de 2006, révèle que « LTF a estimé que les tunnels principaux, les descenderies, etc. recevront un flux cumulé d’eaux souterraines (…) comparable à l’alimentation en eau nécessaire à une ville d’environ un million d’habitants. (…) Cela influencera le stockage et le mouvement des eaux souterraines et probablement aussi d’autres éléments du cycle hydrologique. (…) De telles variations peuvent affecter l’environnement en général ou certaines utilisations de l’eau, par exemple : les alimentations desservant les propriétés privées, villages et villes, l’agriculture et l’irrigation, la production d’hydroélectricité. » À plusieurs reprises, les militants de VAM ont tenté de tirer la sonnette d’alarme en réunion publique. « La première fois, nous avons pu présenter nos arguments, appuyés de documents, raconte Philippe Delhomme. Ensuite, on nous a fermé la porte des réunions. Lors de mon mandat d’élu, nous avons déposé plusieurs recours contre Telt mais aucun n’a abouti… On a parfois l’impression de se battre contre un moulin. »

Extrait du rapport sur les points d’eau et leurs risques d’impact de 2017.
C’est donc l’équilibre des eaux souterraines et l’écosystème de toute une vallée qui pourrait être perturbés si le tunnel est construit. « Et c’est irréversible ! » s’inquiète Philippe Delhomme. Ces sacrifices valent-ils la peine ? Non, pour les opposants, « d’autant qu’il existe déjà une ligne ferroviaire, adaptée au fret européen, qui n’est pas exploitée au maximum de ses capacités. Les promoteurs de la nouvelle ligne reprochent à la ligne actuelle son dénivelé (elle présente des pentes de 3 %), qui nécessite une dépense d’énergie importante pour le transport de marchandises, mais elle est suffisante pour le fret actuel. Par ailleurs, si l’État français et l’Europe voulaient vraiment développer le transport de marchandises sur le rail, ils commenceraient par faire appliquer cette politique en plaine. On nous parle de millions de tonnes d’émissions de CO2 évitées grâce au Lyon-Turin… mais ce rapport coût/bénéfices ne tient pas compte des perturbations sur l’eau. En attendant, on dépense de l’argent public pour un grand projet inutile ».
Thomas Pesquet chez les Kogis
L’association Tchendukua
Thomas Pesquet : “Ce que font les Kogis résonne de plus en plus pour nous”

Thomas Pesquet : “Ce que font les Kogis résonne de plus en plus pour nous”
11 janvier 2021
© Jean-Michel Turpin – Adenium TV France
En 2018, Thomas Pesquet partait à la rencontre des Kogis avec l’émission “Rendez-vous en Terre Inconnue”, animée par Frédéric Lopez. Pour Tchendukua, le spationaute a accepté de revenir sur les moments exceptionnels qu’il a partagés avec ses hôtes.
Qu’avez-vous gardé de votre rencontre avec les Kogis ?
Je pense que c’est, avant tout, une manière vraiment différente d’appréhender le monde. Parce qu’on a beau voyager, on fonctionne un peu tous sur le même modèle, même s’il y a des variantes. Mais là, c’est vraiment différent. C’est une culture en harmonie avec la nature, ils vivent sur un rythme complètement différent du nôtre. Même si on sait que ça existe, c’est autre chose de le vivre à leurs côtés. Ça devient plus réel, ce n’est pas quelque chose de lointain qu’on a vu à la télé. Moi maintenant, je sais que ça existe vraiment, je sais qu’il y a une autre manière de voir le monde.
Que pensez-vous du dialogue entre les Kogis et la science « moderne », dont vous être l’un des représentants ?
Je trouve que c’est un enrichissement. Je pense que la même question se pose avec la médecine traditionnelle chinoise, par exemple. Parce que ça permet de voir les choses différemment. De voir les problèmes sur le temps long, de voir les choses qui sont liées plutôt que traiter les problèmes individuels, comme on a tendance à le faire. Les Kogis ont une harmonie entre toutes les composantes de leur vie, et avec la nature, que nous avons complètement perdue. Sur la nourriture par exemple : nous, on va l’acheter dans un supermarché. Eux, ils trouveraient ça dingue : « Pourquoi elle est dans du plastique ? Qui l’a faite ? Vous ne connaissez pas la personne qui a préparé votre repas, comment pouvez-vous être sûrs que c’est bon ? »…
Je pense que ça peut être vraiment bénéfique pour nous, surtout en ce moment avec les problèmes d’environnement, de prendre du recul et de se dire : voilà, on va essayer de penser les choses de manière plus globale, essayer de trouver les interactions là où elles existent, même si on n’y a jamais prêté attention avant.
Les Kogis et les peuples autochtones sont parfois considérés comme archaïques, primitifs… Qu’est-ce que cela vous inspire ?
On peut se dire que ne pas avoir la technique qu’on a nous, c’est une manière de vivre primitive… Mais de la même manière que je ne pense pas qu’on puisse dire que c’est celui qui a la plus grande télé à écran plat qui est le plus évolué, je pense que la finesse d’une société et des individus n’est pas liée à la technique qu’ils emploient. Ce n’est pas dans cette dimension-là que ça se joue. Moi, ce que j’ai vu, c’est que bien qu’ils n’aient pas vraiment de culture écrite, il y a une énorme richesse de société kogi. Ils sont tout le temps en train de parler, de se parler, du matin au soir. Ils échangent énormément. Il y a un côté communautaire que nous avons complètement perdu. C’est comme si le groupe était l’entité vivante, et que chacun avait son rôle à l’intérieur. Cette manière qu’ils ont de tous communiquer ensemble, ça aussi ça m’a frappé, parce que nous, on n’a pas du tout ça dans notre société. On prend le métro le matin, il y a 500 personnes dedans, on n’adresse pas la parole à une seule. Pour eux c’est complètement impensable, cette manière de fonctionner.
Avez-vous un message à leur transmettre aujourd’hui ?
Mon message serait : « Toutes ces choses que vous faites depuis des centaines d’années, ça résonne de plus en plus pour nous. Peut-être qu’en fait on n’avait pas si raison que ça sur tout, comme on l’a toujours pensé… ». Et puis : « parlez-nous un peu plus, ça nous intéresse ! » C’est un des messages qu’on leur a apportés et qu’il faut continuer à leur donner.
Y a-t-il un moment qui vous a particulièrement marqué lors de votre séjour chez les Kogis ?
Il y en a beaucoup ! La première rencontre, déjà. J’arrivais là sans aucun travail préparatoire, parce que c’est le principe de l’émission, de découvrir… La première discussion était un peu surréaliste parce que les Kogis nous ont dit : « finalement vous êtes comme nous, on va pouvoir discuter… » Effectivement, on se rend compte qu’on est chacun des êtres humains, mais le dire comme ça, ça ne viendrait jamais à l’esprit dans une rencontre de la vie de tous les jours. Dire : « finalement, on se ressemble, on fonctionne pareil donc on va arriver à communiquer ». C’était un moment fort.
Après, il y a eu la découverte de leurs chefs spirituels, les Mamos, qui maintiennent la société ensemble. Ce sont les guides spirituels mais pas seulement, ils ont aussi beaucoup de pouvoir temporel, ou du moins de conseils, ils donnent les directions dans lesquelles il faut aller. Découvrir ces fonctionnements-là, c’était marquant.
Et chaque jour, il y avait des moments de découvertes. Par exemple, Antonio (Kogi rencontré lors de l’émission) n’avait jamais vu la mer, et surtout il ne s’était baigné dans la mer, pour lui c’était quelque chose de complètement irréel…
Un moment qui m’a fait beaucoup réfléchir, c’est quand ils nous ont parlé de leur conception du monde, qu’ils nous ont dit que le haut des montagnes était lié à la mer, etc. Et oui, la fonte des glaciers alimente les cours d’eau, etc., tout ça, on le sait maintenant scientifiquement, mais eux le savent depuis toujours… Et on les prenait pour des rigolos, à l’époque. De voir cette convergence de ce qu’eux disent depuis toujours avec ce que l’on découvre depuis 10, 20 ou 30 ans, c’était quand même une claque. Ca fait prendre du recul par rapport à notre société qu’on a tendance à estimer supérieure, parce qu’elle marche bien économiquement, ou à peu près, et techniquement… Je pense que c’est important, de temps en temps, d’avoir cette piqûre de rappel.
J’aimerais bien y retourner… Peut-être un jour !”
Propos recueillis par Pauline Thiériot
Grâce à l’appel à dons lancé lors de la diffusion de l’émission, plus de 215 000 € ont été collectés pour permettre la restitution de terres ancestrales aux Kogis. A ce jour, 82 hectares ont déjà été restitués, et de nouveaux achats sont prévus dans les mois à venir. Un grand merci à Thomas Pesquet, Frédéric Lopez, l’équipe de l’émission, et aux 3 700 donateurs !

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LE DÉSERT DES BARBARES (6) : l'être et l'avoir

Théo et Laure avaient rejoint les crêtes par l'Aup du seuil puis ils s'étaient engagés sur le sentier menant au col de Bellefont. Théo connaissait parfaitement l'itinéraire. Il avait parcouru l'intégralité de la traversée Chambéry-Grenoble à cinq reprises. Il comptait cinq heures pour atteindre le sommet de la dent de Crolles en trottinant et Laure se réjouissait de cette belle échappée.
Lorsque la clarté naissante révéla le fonds de la vallée, ils distinguèrent les bancs de brume couvrant l'immensité. Comme une mer blanche à l'étale. Une horizontalité parfaite. La beauté du spectacle cachait la certitude du drame. Le silence d'un cimetière. Pas un souffle de vent, pas un bruit humain.
Laure revoyait le vol du rapace et l'évidence de sa joie. Elle cherchait à en comprendre le message. Il restait de sa dernière nuit une sensation étrange et elle tentait d'en retrouver la source. Une image, un rêve, une pensée ? Elle n'avait aucune certitude, juste un ressenti bienheureux. Elle reliait le vol du rapace à cette impression inexpliquée. Sans se départir de l'idée qu'il y avait autre chose, une raison cachée. Trottiner en montagne avec Théo pourrait suffire mais là encore, elle convenait que la source de son ressenti venait d'ailleurs, un territoire inexploré. C'était l'image la plus juste. Un territoire inexploré. Un antre secret dont elle devait trouver l'entrée.
Depuis plusieurs jours, elle avait l'impression que sa mémoire contenait davantage d'images, l'accident, la voiture, la lumière. Il s'était passé autre chose, un événement qu'elle devait retrouver, un souvenir essentiel et elle cherchait le moyen de rétablir le film, de dérouler à l'envers les images perdues. Un mélange de frustration et de désir, l'alternance entre le dépit d'avoir égaré un morceau de l'histoire et la joie d'imaginer que c'était là, en elle, qu'elle le retrouverait nécessairement, une lumière, un voyage inachevé, un horizon aperçu, une rencontre. Il ne s'agissait pas de Figueras. De lui, elle s'en souvenait parfaitement. Peut-être qu'il n'y avait personne, peut-être qu'elle s'égarait à vouloir identifier ce qui lui manquait et que son imagination l'égarait.
De l'autre côté de la vallée, derrière la chaîne de montagnes de Belledonne, elle vit la clarté étendre son voile, elle adorait ces levers de soleil par-dessus les sommets, cet envahissement des cieux, la lumière coulant sur les pentes argentées et révélant les reliefs, les piliers, les faces, les pierriers, les derniers résineux à la frontière avec l'étage nival, les plus téméraires, les plus résistants, elle aimait la puissance de ces paysages, elle y avait toujours trouvé la raison de son existence, les fondations, les élans vitaux, l'effacement des troubles les plus intenses.
Théo était apparu et l'amour avait empli l'unique zone délaissée de son cœur.
Au milieu d'un monde dévasté.
Devait-elle pour autant s'interdire d'être heureuse par empathie pour ses prochains, pour tous les humains, pour tous ceux qui pleuraient leurs morts, pour tous ceux qui tentaient de survivre ? Cette absorption du malheur universel atténuerait-elle les effets du désastre ? Évidemment pas. Elle le savait intimement et n'avait pas encore osé l'admettre, comme ceinturée par la honte de se réjouir de son propre bonheur, une culpabilité tenace. Le syndrome du survivant, elle en avait lu quelque chose sans pouvoir en établir une connaissance présente.
C'est là qu'elle se souvint des paroles de Figueras, de l'importance de la paix intérieure et de la capacité à se réjouir de la vie en soi et autour de soi, quelles que soient les épreuves. Les Kogis ne priaient pas pour demander à être protégés, épargnés, soulagés, pardonnés, absous, ils ne réclamaient rien, ils ne se plaignaient pas. Ils honoraient la création et la remerciaient du bonheur de vivre en son sein. Ils priaient comme un enfant vient se blottir contre sa mère, juste pour le bonheur intense de la paix.
Le liseré flamboyant de l'astre se dessina enfin, un arrondi ardent qui enflamma les pentes. La boule incandescente s'éleva lentement et les rayons embrasèrent la ligne de crêtes où ils progressaient.
Théo, concentré jusque-là sur l'itinéraire et l'horaire à tenir, s'arrêta quelques secondes. Il se retourna vers Laure. Elle souriait, le visage baigné par les rayons. Il revint vers elle.
« Merci de m'avoir permis de vivre ça, dit-elle, merci de m'avoir accueillie. J'ai conscience de la chance immense que j'ai eue de croiser ta route. Et je remercie la vie de ce cadeau inestimable d'être ici et de pouvoir contempler ce spectacle. Là, en cet instant, rien d'autre ne compte. »
Il ne trouva pas les mots et il s'interdit de l'enlacer. Convaincu qu'elle n'attendait rien de lui. « Avant de parler, assure-toi que ce que tu veux dire est plus important que le silence que tu vas briser. » Une citation lue ou entendue, il ne se souvenait plus mais il savait combien Laure aimait le silence. Elle avait exprimé son amour pour lui. Il lui restait à se taire.
Il l'observa, les regards balayant les horizons découverts. Il aimait infiniment la douceur de son visage et simultanément l'énergie qui en émanait. Il la quitta des yeux et contempla les montagnes. Que voyait-elle qu'il ne distinguait pas ? Il en était certain, elle regardait bien au-delà.
Il ne la vit pas s'approcher. Elle l'enlaça.
« L'énergie créatrice. C'est bien autre chose que ce que les yeux regardent. »
Lisait-elle dans ses pensées ?
« Qu'est-ce que ça signifie ?
- Si tu regardes les montagnes comme des entités nommées, cartographiées, avec une altitude connue, que tu y reconnais les itinéraires, que tu te souviens de tes ascensions, tu ne regardes pas les montagnes, tu te regardes à travers elles. C'est ton existence que tu contemples. Et finalement, c'est encore une exploitation de la nature. Une exploitation existentielle. J'en arrive à penser que plus les humains disparaîtront, plus la nature retrouvera sa virginité. Je sais que c'est effroyable si on pense aux victimes mais si on se place du côté de la nature, c'est une libération. Et peut-être même que les survivants finiront par changer leur regard puisque le passé aura été balayé, effacé, pulvérisé. L'occasion unique de saisir pleinement la réalité de ce monde. Et surtout que l'humanité ne soit plus une entité à part. Le colonialisme n'est pas qu'une agression envers certains peuples. Les humains ont colonisé la planète, avec tous les outrages que ça comporte. Cette époque est une décolonisation forcée, accélérée et impitoyable. »
Elle le regarda en souriant.
« C'est le bonheur de la vie qui doit nourrir le renouveau de la planète. Aussi terrifiant que soit la situation. Ma mère, dans son apathie dépressive, va à l'encontre de cette révélation.
- Et moi, dans l'inquiétude chronique que je porte, j'en fais tout autant.
- Non, Théo, je ne suis pas d'accord. Ma mère se morfond mais toi, tu agis. Et encore une fois, je suis heureuse et soulagée de vivre à tes côtés. Sans toi, e serais sans doute morte. »
Il posa une main sur sa joue.
« On y va !» lança-t-elle.
Le sentier sur le fil des crêtes, un chamois bondissant qui s'enfuit, les immensités ouvertes jusqu'à l'horizon, un ciel épuré, aucune trace d'avion, toutes ces déchirures blanches disparues, effacées, balayées par l'effondrement des hommes, des hommes dénudés. Tout ce qui avait volé en éclats, toute cette technologie flamboyante, cette certitude que rien de grave ne pouvait survenir, que l'hégémonie perdurerait indéfiniment, que les alertes catastrophistes relevaient de la paranoïa.
Des pensées qui défilent comme l'alternance de ses pieds devant ses yeux.
Que reste-t-il du monde humain ? Cette question qui tournait en boucle dans la tête de Laure, depuis le premier jour, et qui disparaissait, peu à peu. Comment la nature vit-elle cette période ? L'autre interrogation, prioritaire désormais. Cette nature outragée depuis si longtemps par une masse inconsciente, indifférente, prétentieuse, cupide, avide, juste bonne à dilapider les biens de tous, juste bonne à dévaster la création, que ressentait-elle cette Terre libérée ? Les phénomènes naturels, même s'ils témoignaient d'un dérèglement probable, restaient malgré tout des phénomènes naturels. La nature ne se détruisait pas elle-même. Elle vivait ainsi depuis la création. L'homme avait exploité la planète mais il était toujours resté le même.Il n'y avait eu aucune évolution spirituelle d'ampleur. Quelques individus œuvraient à une existence juste et respectueuse du vivant. Trop peu, beaucoup trop peu. La masse avait grandi inexorablement et la quête des biens avaient servi de fil conducteur. Comme si l'être dépendait essentiellement de l'avoir. Oui, le confort offrait la sérénité nécessaire à l'émergence du bien-être, elle ne pouvait le nier mais la limite avait été dépassée, l'équilibre rompu et cette course avait pris l'allure d'une perdition.
Et maintenant, le ciel était vide et aucun bruit ne remontait de la vallée.
Existait-il au cœur de la nature une réjouissance ?
Le bonheur de courir, avec Théo. Elle en aimait chaque instant, chaque foulée, chaque souffle, chaque appui sur les pierres blanches, ce jeu précis de l'équilibre et de la puissance. La détresse n'apportait aucune solution, elle nourrissait l'effondrement quand le bonheur de vivre soutenait la résilience. Ce lever de soleil dévoilait l'étendue d'un désastre consommé et il révélait simultanément une abondance de merveilles. L'état des lieux ne pouvait se limiter à l'impact des catastrophes sur les humains. Cette auscultation ciblée reproduisait le fonctionnement spirituel mensonger de la masse. Il ne s'agissait pas de la fin du monde, cette expression mensongère, cet accaparement révélateur du positionnement de l'humain. Comme si le monde avait besoin de l'humanité. Il n'y aurait plus aucun humain que le monde serait toujours là. Bien sûr qu'il était juste d'honorer la mémoire des morts mais il était plus important encore de bénir la création au risque de n'être qu'un humain limité à sa courte existence, à son petit moi agité, à son ego formaté, à une appartenance limitée.
« Attention à la branche », prévint Théo.
Elle se baissa pour passer sous l'obstacle et réalisa à quel point ses pensées ouvraient de perspectives. L'effondrement ne concernait qu'une frange de la création, une part infime au regard du vivant. D'où venait cette injonction à hurler de douleur ou à verser des océans de larmes parce que des millions d'humains périssaient ? Un instinct grégaire, une reconnaissance cellulaire ? Non, non, non. Cet amour inconditionnel envers ses semblables, elle n'en avait jamais éprouvé la réalité profonde. Des données familiales, sociétales, éducatives. « Tu aimeras ton prochain... » Et la Terre alors, la création, la nature, l'intégralité du monde vivant ? Combien pleurait le mal qu'elle subissait depuis des siècles ? La Terre ne comptait-elle pas parmi nos proches ? Pour les peuples premiers, elle était notre Mère à tous. Cet attachement à la douleur humaine nourrissait depuis des siècles l'indifférence envers la planète.
« Tu m'as parlé ? interrogea Théo.
- Non, non, je parle toute seule, répondit Laure en réalisant que les pensées étaient si puissantes qu'elles s'extirpaient elles-mêmes de son crâne. Vas-y, cours, je te suis !
- On va bifurquer dans cinq minutes, faut qu'on descende, ça ne passe pas tout droit, on franchit la cheminée du paradis et on monte au sommet de la dent de Crolles. »
Elle ne répondit rien. L'esprit envahi par un déluge de pensées. Un déluge délicieux, comme des pluies nourricières, des moussons salvatrices, une eau qui nettoie, qui épure, qui ravine et emporte les choses mortes, des vents qui dispersent les pollens, des lumières qui attisent les croissances, des chaleurs qui exaltent, des fraîcheurs qui apaisent.
Elle continua à épouser les foulées de Théo, parfaitement calée sur son rythme, le corps libre, sans qu'aucun objectif rapporté ne vienne entraver cette liberté intérieure.
Ils quittèrent les crêtes et basculèrent dans la pente, dans l'ombre de la face est. Ils franchirent un ressaut rocheux et reprirent les foulées, ils atteignirent le pied de la dent de Crolles et entamèrent la montée finale.
Le soleil avait réchauffé l'atmosphère quand ils aperçurent la croix du sommet, le plateau sommital en pente douce, des nuées évanescentes dérivaient en altitude, une brise légère jouait à animer les dentelles, les sommets de Belledonne flamboyaient, les neiges automnales comme des parures scintillantes.
Dans les derniers mètres avant d'atteindre le bord de la falaise et de découvrir la vallée entière, Théo s'arrêta. Laure dans ses pas.
« Sur cet itinéraire, avant que le monde ne parte en vrille, je rencontrais toujours des randonneurs. Pas des dizaines mais quelques-uns. Aujourd'hui, j'ai l'impression de vivre dans un monde parallèle, une autre dimension, le monde d'en bas et le monde d'en haut.
- Oui, Théo, mais ce ressenti est influencé par notre statut d'être humain.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Les phénomènes naturels nous impressionnent par rapport aux dégâts qu'ils provoquent sur l'humanité mais est-ce que nous réagissions réellement lorsque la beauté de la création ne nous portait pas préjudice, lorsque la quiétude nous entourait ? On se pâmait devant un beau paysage, un beau coucher de soleil, un champ de fleurs mais sans en être bouleversés, sans que ces spectacles ne déclenchent … je ne sais pas comment l'exprimer ... On vivait à côté de la nature et maintenant qu'elle nous secoue, on ne voit d'elle que sa puissance destructrice. Parce que c'est notre monde parallèle qu'elle bouleverse … Je ne sais pas comment l'expliquer.
- Si, je comprends. Nous n'avons pas témoigné de notre reconnaissance, pas à la hauteur du cadeau inestimable de la création et maintenant, nous ne voyons que les bouleversements qu'elle nous impose.
- C'est le monde humain qui est parti en vrille, pas la nature. Ou alors, il faudrait accepter l'idée que la nature accompagne le mouvement, qu'elle nous imite, peut-être même qu'elle pense nous aider, qu'elle participe délibérément au nettoyage.
- Oui, on l'a déjà évoqué et l'enchaînement des phénomènes plaide pour cette hypothèse.
- Alors, Théo, si c'est bien le cas, nous devons changer de regard. Nous devons changer, intérieurement.Le problème, ça n'est pas la nature, c'est nous. »
Il lui tendit la main, la paume vers le ciel.
"L'homme est capable du meilleur comme du pire, mais c'est vraiment dans le pire qu'il est le meilleur. C'est Grégoire Lacroix qui a écrit ça, il y a longtemps. Il nous reste donc à inverser la tendance. »
Elle serra la main de Théo et ils avancèrent jusqu'au bord de la falaise."
Visionnaire
"Maintenant, on pourrait presque enseigner aux enfants comment la planète va mourir, non pas comme une probabilité mais comme l'histoire du futur.
On leur dirait qu'on a découvert des feux, des brasiers, des fusions que l'homme avait allumés et qu'il était incapable d'arrêter.
Que c'était comme ça, qu'il y avait des sortes d'incendie qu'on ne pouvait plus arrêter du tout.
Le capitalisme a fait son choix : plutôt ça que de perdre son règne. "
Marguerite DURAS, écrit le 4 juin 1986
Cette année-là, j'avais 24 ans. Et je n'ai sûrement pas lu ce texte, pour la simple raison que ça ne m'aurait pas parlé du tout. On ne lit que ce qu'on a cherché à lire et je ne cherchais aucunement à lire des textes d'alerte.
J'ai bien conscience aujourd'hui que ce blog est devenu quelque peu alarmiste. Je me dis que si un jeune de 24 ans venait à tomber dessus, il pourrait lui être utile.
Je suis un vieux qui parle aux jeunes.
Ne faites pas comme moi, réveillez-vous, maintenant.
"Trop"

Tous ces "trop" émergent de la vie sociale.
Ce sont des données qui sont imposées à l'individu par une société qui le considère comme un outil et qui par là même s'octroie le droit de lui appliquer les termes dont on use en parlant de choses.
Il s'agit donc de s'imposer par delà ces "trop", de les combattre, de s'affirmer. Et donc de refuser les étiquettes de ces "trop".
Ou alors, c'est qu'il faut quitter ce monde sauvage de la société capitaliste, se mettre en retrait, s'autonomiser pour ne plus être considéré comme un "trop" mais juste comme un "rien".
Devenir inexistant et donc exister pour soi.





















