Articles de la-haut
Séisme
J'a lu tout ce que je trouvais et visionné tout ce qui était proposé. Ce séisme en Turquie et en Irak est évidemment effroyable. Les images sont sidérantes, les immeubles qui s'effondrent, des survivants sous les décombres, des enfants que les sauveteurs parviennent à extraire et qui n'ont plus de famille. Des traumatismes qui ne s'effaceront jamais.
Et puis il y a tout ce qui concerne la survie et qui m'intéresse particulièrement, toute cette fragilité des zones urbaines, cette dépendance très lourde envers les réseaux alimentaires, l'eau potable, l'électricité, le carburant, et les conditions climatiques très dures en ce moment. Et tout cela me ramène à cette indispensable anticipation, cette recherche de l'autonomie, cette préparation au pire. Et aux mouvements de foule lorsque les forces de l'Etat sont insuffisantes et que les pillages deviennent le seul moyen de s'en sortir.
J'ai lu énormément de documents traitant des catastrophes naturelles, de leurs effets dévastateurs et je suis encore une fois sidéré par cette inconscience des populations au regard de leur dépendance extrême et par cette confiance aveugle dans les gouvernements, où que ce soit.
Je n'ose même pas imaginer ce qu'il en serait ici, en France.
Je précise que je parle uniquement des zones urbaines et non des zones rurales. Je sais bien qu'il n'aurait servi à rien d'entasser de la nourriture pour trois mois dans un immeuble qui s'est effondré. Je veux juste mettre en avant le fait que les villes vivent en flux tendu et que l'arrêt de l'approvisionnement a des effets extrêmement rapides.
Paris intra muros vit avec trois jours de réserves alimentaires. Trois jours et il n'y a plus rien.
Dans les zones rurales, les gens, habituellement, ceux qui sont là depuis une ou deux générations, ne vivent pas comme ça. Ils savent que l'isolement peut avoir des conséquences dramatiques.
C'est le but de la tétralogie en cours d'écriture.
Que se passerait-il si un chaos planétaire survenait ?
J'ai parfaitement conscience que ces quatre romans ne serviront à rien, qu'ils ne seront qu'une "fiction" parmi d'autres.
Beaucoup d'ailleurs ricanent lorsque j'évoque la possibilité d'un chaos planétaire.
Et j'espère pouvoir continuer à rire avec eux.
Ecouter la nature
Ici, dans la Creuse, il nous arrive très souvent de nous arrêter de marcher ou de courir et d'écouter. Et très souvent, il n'y aucun bruit humain, absolument aucun. À croire que même les lignes aériennes ne survolent pas le département. De la même façon, il nous arrive, lorsque nous arrivons dans un endroit surplombant de ne voir aucune trace humaine, ni maisons, ni routes, ni lignes électriques. Rien que de la forêt, c'est à dire l'inverse de "rien". Une des raisons pour laquelle nous avons quitté la Savoie. Le silence n'y existe quasiment plus, même sur les sommets, la rumeur des vallées empoisonne les lieux et les lignes aériennes y pullulent.
Éco-acoustique : enregistrer les sons de la forêt pour y étudier la biodiversité
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ENVIRONNEMENT
Éco-acoustique : enregistrer les sons de la forêt pour y étudier la biodiversité

Jérôme Sueur, enseignant-chercheur au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris
©Frederic Sebe
15/03/2020 - Mise à jour 22/05/2020
Connaissez-vous l’éco-acoustique ? Cette méthode d’écoute de la nature a pour objectif de tirer des informations sur l’écologie des espèces animales via des enregistrements. Jérôme Sueur, enseignant-chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris, nous éclaire sur cette discipline.
L'éco-acoustique est un travail d'étude à partir d’enregistrements sonores : pouvez-vous m'expliquer en quoi cela consiste ?
Nous enregistrons de manière globale les environnements sonores naturels avec des équipements automatiques que nous plaçons dans une forêt, un désert ou en milieu marin. Nous obtenons alors des enregistrements compliqués, avec beaucoup de sons qui s’entremêlent, et nous essayons de tirer des informations, notamment sur la présence des espèces grâce à la reconnaissance automatique sonore. Nous avons une autre stratégie qui est de ne pas forcément chercher à savoir quelles sont les espèces présentes, mais juste de compter le nombre de sons différents dans un enregistrement. Nous essayons de mesurer la quantité de son dans les enregistrements en supposant que plus nous avons de sons, plus nous allons avoir un milieu riche en termes de biodiversité. Notre troisième stratégie est encore plus globale : nous essayons d’attribuer une valeur mathématique à un enregistrement via un indice acoustique qui représente la complexité et l’hétérogénéité sonore de l’enregistrement. Plus les valeurs vont monter, plus elles vont refléter une complexité sonore et potentiellement une complexité biologique et écologique.
Nous essayons de rechercher des sons rares, dus à des animaux de passage très discrets comme le lynx, le loup ou encore, dans le Jura, le grand tétra qui est un oiseau emblématique difficile à observer.
En quoi le son est un outil efficace voire plus efficace que d’autres médiums pour étudier cette biodiversité ?
Le son possède pas mal d’avantages, nous pouvons enregistrer de manière assez facile sans être là. Nous installons des magnétophones dans des milieux et nous nous en allons. Les enregistreurs peuvent fonctionner de manière automatique comme nous le désirons, de manière continue, irrégulière, uniquement la nuit ou le jour... Ce qui crée un pouvoir d'échantillonnage assez important. Pendant que je vous parle, nous avons des enregistrements qui se font en forêt tropicale et dans le Jura : nous acquérons énormément d’observations sans être présents. Cela nous permet aussi d'étudier les échanges gazeux dans l’eau, la respiration des plantes par exemple…
Qu’est-ce que la respiration des plantes ?
Les plantes ont une fonction de respiration et dégagent des bulles qui remontent à la surface et font des petits sons assez jolis avec des modulations de fréquence. Potentiellement, nous pouvons enregistrer ces sons et en sortir des informations sur la physiologie des plantes.
Avez-vous fait des découvertes remarquables, insolites, surprenantes grâce à cette nouvelle science ?
L’idée est que nous arrivons à inscrire des données qui permettent de suivre les milieux, quels qu’ils soient. Nous n’avons pas découvert de sons extraordinaires pour le moment. Nous essayons de rechercher des sons rares, dus à des animaux de passage très discrets comme le lynx, le loup, ou encore, dans le Jura, le grand tétra qui est un oiseau emblématique difficile à observer, que nous ne devons pas déranger. Grâce à ces magnétophones et aux techniques de reconnaissances automatiques, nous espérons pouvoir suivre les populations de grands tétras que nous pourrons espionner.
Avez-vous une photographie globale de ce que fait le Muséum en matière d’éco-acoustique ? Combien êtes-vous à travailler sur le sujet, où sont vos spots d’enregistrement ?
Au Muséum, nous travaillons en éco-acoustique depuis une dizaine d’années. Nous avons développé une petite équipe de recherche avec quelques permanents et des doctorants, des post-doctorants et des étudiants en master. Nous menons plusieurs projets dans deux gros sites de référence : le Haut-Jura avec le parc naturel dans une forêt froide, la forêt du Risoux, qui est à la frontière avec la Suisse, et un autre site en parallèle en Guyane, complètement différent car c’est une forêt chaude. Dans ces deux projets, nous avons pour objectif de suivre les modifications possibles du paysage sonore au cours du temps, sur une quinzaine d’années. Des projets à long terme difficiles à mettre en place, car il faut prévoir le vieillissement du matériel des équipes de recherche et toutes les données cumulées sur le long terme qu’il va falloir étudier.
Tous ces environnements sonores sont fortement pollués par les activités humaines, notamment les transports...
Il y a t-il un volet pédagogique pour les citoyens ? Entendre la nature peut-il être un levier d’engagement pour la transition écologique ?
Nous n’avons pas vraiment d’activité de sensibilisation, même si nous le faisons en communiquant sur notre recherche. J’ai un étudiant en Guyane qui travaille sur la sensibilisation des jeunes à la diversité des paysages sonores. Il est certain qu’il est facile de sensibiliser le grand public en faisant découvrir ces paysages sonores, en titillant leurs tympans et en leur faisant prendre conscience de la diversité des sons que nous pouvons percevoir dans des milieux finalement accessibles. Il y a toute une diversité que nous essayons de rendre accessible, celle que nous retrouvons sous l’eau par exemple. Nous sommes parfois surpris lorsque nous mettons un hydrophone dans des zones humides même en région parisienne, il y a toute une diversité sonore qui est très peu décrite et connue, qui reste donc à analyser et à comprendre.
Pouvons-nous, en ligne ou au Muséum, effectuer des voyages acoustiques pour se plonger en Guyane ou ailleurs ?
Oui tout à fait. Le Muséum propose une sonothèque, des sondes de la nature avec un site en ligne où nous pouvons avoir accès à des dizaines de milliers d’enregistrements réalisés dans le monde entier où toutes les espèces chantent en même temps. Il y a aussi une très forte activité d’audio-naturalistes, des personnes qui vont enregistrer dans la nature sans avoir forcément de questionnements scientifiques mais plutôt un souci d’ordre esthétique. Nombreux sont les blogs où nous pouvons écouter leurs réalisations. Beaucoup d’artistes se saisissent aussi de ces matériaux qu’ils vont enregistrer eux-même directement et qui produisent des installations et créations sonores autour de la nature.
Avez-vous étudié la pollution sonore ?
Tous ces environnements sonores sont fortement pollués par les activités humaines, notamment les transports, et participent au déséquilibre que nous pouvons observer dans la composition de ces paysages sonores. Il est très difficile d’enregistrer en métropole plus d’une minute sans avoir un bruit d’avion, c’était notamment le cas dans le Haut-Jura. Nous avons fait une analyse sur 1 an : sur les 140 000 fichiers que nous avons obtenus, il y en avait 75 % avec des bruits d’avion. Tous ces bruits impactent le comportement des animaux, le paysage sonore. Malheureusement, même les espaces naturels protégés sont impactés par des bruits d’origine humaine, notamment par le trafic aérien.
Une interview réalisée en partenariat avec France Inter : pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici :
"Terre des hommes" Saint-Exupéry
La foi en la technologie.
Autant, il est indéniable qu'elle a considérablement amélioré nos conditions d'existence, autant, il me semble que nous arrivons à une époque charnière.
Qu'en est-il de l'éthique et du principe de précaution ?
La fuite en avant n'est jamais autre chose qu'une fuite et il se pourrait que nous devenions des "barbares".
« Nous sommes tous de jeunes barbares que nos jouets neufs émerveillent encore »
20 novembre 2019
https://www.dirigeant.fr/societe/nous-sommes-tous-de-jeunes-barbares-que-nos-jouets-neufs-emerveillent-encore/

Poster issu de la Don Thomas Collection – San Diego Air and Space Museum Archive
Dans ce texte devenu un classique, Antoine de Saint-Exupéry raconte son rapport à la technique, à l’outil. Une confiance en l’avenir qui s’est perdue depuis…
« L’usage d’un instrument savant n’a pas fait de toi un technicien sec. Il me semble qu’ils confondent but et moyen ceux qui s’effraient par trop de nos progrès techniques. Quiconque lutte dans l’unique espoir de biens matériels, en effet, ne récolte rien qui vaille de vivre. Mais la machine n’est pas un but. L’avion n’est pas un but : c’est un outil. Un outil comme la charrue.
Pour saisir le monde d’aujourd’hui, nous usons d’un langage qui fut établi pour le monde d’hier.
Si nous croyons que la machine abîme l’homme c’est que, peut-être, nous manquons un peu de recul pour juger les effets de transformations aussi rapides que celles que nous avons subies. Que sont les cent années de l’histoire de la machine en regard des deux cent mille années de l’histoire de l’homme ? C’est à peine si nous nous installons dans ce paysage de mines et de centrales électriques. C’est à peine si nous commençons d’habiter cette maison nouvelle, que nous n’avons même pas achevé de bâtir. Tout a changé si vite autour de nous : rapports humains, conditions de travail, coutumes. Notre psychologie elle-même a été bousculée dans ses bases les plus intimes. Les notions de séparation, d’absence, de distance, de retour, si les mots sont demeurés les mêmes, ne contiennent plus les mêmes réalités. Pour saisir le monde d’aujourd’hui, nous usons d’un langage qui fut établi pour le monde d’hier. Et la vie du passé nous semble mieux répondre à notre nature, pour la seule raison qu’elle répond mieux à notre langage.
Chaque progrès nous a chassés un peu plus loin hors d’habitudes que nous avions à peine acquises, et nous sommes véritablement des émigrants qui n’ont pas fondé encore leur patrie.
Nous sommes tous de jeunes barbares que nos jouets neufs émerveillent encore.
Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher.
Notre maison se fera sans doute, peu à peu, plus humaine. La machine elle-même, plus elle se perfectionne, plus elle s’efface derrière son rôle. Il semble que tout l’effort industriel de l’homme, tous ses calculs, toutes ses nuits de veille sur les épures, n’aboutissent, comme signes visibles, qu’à la seule simplicité, comme s’il fallait l’expérience de plusieurs générations pour dégager peu à peu la courbe d’une colonne, d’une carène, ou d’un d’avion, jusqu’à leur rendre la pureté élémentaire de la courbe d’un sein ou d’une épaule. Il semble que le travail des ingénieurs, des dessinateurs, des calculateurs du bureau d’études ne soit ainsi, en apparence, que de polir et d’effacer, d’alléger ce raccord, d’équilibrer cette aile, jusqu’à ce qu’on ne la remarque plus, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une aile accrochée à un fuselage, mais une forme parfaitement épanouie, enfin dégagée de sa gangue, une sorte d’ensemble spontané, mystérieusement lié, et de la même qualité que celle du poème. Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher. Au terme de son évolution, la machine se dissimule. »
Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes, Gallimard, 1939, chapitre 3, « L’avion ».
Pénurie d'eau à venir.

On est en plein hiver et les hydrologues alertent sur la sécheresse à venir. Il faudra s'en souvenir l'été prochain. Bien que ça ne changera rien au scénario. Juste pour rappeler en temps voulu à Louis XIV que tout le monde est au courant, sauf lui.
"Qui aurait pu prédire la crise climatique ?" : la petite phrase d'Emmanuel Macron agace les scientifiques
Lors de ses vœux aux Français samedi soir, le chef de l'Etat a laissé entendre que le réchauffement climatique, dont les "effets spectaculaires" ont été bien visibles en France en 2022, était un événement inattendu. Le premier rapport du Giec sur le sujet date pourtant de 1990.
https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/crise-climatique/qui-aurait-pu-predire-la-crise-climatique-la-petite-phrase-d-emmanuel-macron-agace-les-specialistes-du-climat_
https://www.huffingtonpost.fr/environnement/article/meteo-malgre-la-pluie-du-debut-d-annee-les-nappes-phreatiques-sont-a-sec-clx1_212907.html
"Malgré les fortes pluies du moment, les nappes phréatiques sont à sec."
Les pluies diluviennes apportées par les tempêtes Gérard et Fien comme les précédentes fortes précipitations de l’hiver seront insuffisantes pour combler le déficit en eau. Au point que le scénario de la sécheresse de l’été 2022 se profile déjà pour 2023.
Des rivières à sec, de l’eau qui ne coule plus des robinets, des cultures assoiffées : les images de la sécheresse estivale en 2022 ont marqué les Français. Cet hiver, les épisodes de pluies diluviennes tombées fin décembre et depuis le début de la semaine avec les tempêtes Gérard et Fien devraient nous rassurer sur les réserves en eau pour l’été. Et pourtant…
Malheureusement en effet, ces intempéries apparaissent bien insuffisantes pour faire remonter le niveau des nappes phréatiques, actuellement très déficitaires. « Le même scénario pour l’été 2023 qu’en 2022 est en train de se mettre en place », anticipe auprès du HuffPost David Labat, enseignant chercheur à l’Université Paul Sabatier à Toulouse.
Des restrictions d’eau en plein hiver
Rappelez-vous : la grande douceur de la fin d’année 2022 avait provoqué des trombes d’eau en France. Entre le 31 décembre et le 2 janvier, un mois de pluie s’était déversé sur la Bretagne par exemple. Et dans les Alpes, les pluies ininterrompues avaient fait fondre le peu de neige qui restait sur les pistes. Le début de l’année 2023 n’est pas en reste puisqu’il est tombé le 10 janvier, en seulement 24 heures, l’équivalent de trois semaines à un mois de pluie sur le massif des Pyrénées.
Et pourtant, les nappes phréatiques se trouvent donc à des niveaux « préoccupants » dans la majeure partie des régions françaises, comme en a alerté, dans son dernier bulletin mensuel publié 13 janvier, le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM).
« Les niveaux des nappes au mois de décembre sont peu satisfaisants. En effet, les pluies infiltrées durant l’automne sont très insuffisantes pour compenser les déficits accumulés durant l’année 2022 et améliorer durablement l’état des nappes », poursuit le BRGM, considéré comme la « météo des nappes ». Une agence publique qui se dit par ailleurs « assez pessimiste » sur la disponibilité de l’eau en 2023.
Ni Gérard, ni Fien ne permettront de recharger les nappes
Au 16 janvier, quatre départements sont toujours placés en vigilance sécheresse (l’Ille-et-Vilaine, le Jura, la Lozère et la Savoie) et huit sont en alerte ou en alerte renforcée, des statuts qui s’accompagnent de restrictions d’eau (l’Oise, les Deux-Sèvres, l’Ain, l’Isère, le Lot, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales), selon le site gouvernemental Propluvia.
Mais les tempêtes Gérard, puis Fien, survenues en France ces derniers jours avec leur lot de pluies, ne peuvent-elles pas changer la donne ? Malheureusement non, répond David Labat. « Lorsque vous avez des tempêtes, il va y avoir une saturation des sols. C’est exactement comme une éponge : lorsqu’elle est saturée, elle ne peut plus absorber d’eau. »
« Il n’y a donc pas un écoulement vertical de l’eau qui permettrait de recharger les nappes », poursuit le chercheur de l’Université Paul Sabatier. « C’est le même principe avec les orages l’été : vous pouvez avoir 300 millimètres d’eau en quelques heures sans aucun effet sur le niveau des nappes », appuie encore le professeur en hydrologie.
En clair, lorsque surviennent de telles intempéries, au lieu de s’infiltrer, l’eau ruisselle et provoque des inondations. Mercredi 18 janvier, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, où de fortes précipitations étaient attendues, étaient d’ailleurs toujours placées en vigilance orange par Météo-France pour « pluie-inondation ».
Plus que deux mois pour inverser la tendance
En plus de ces intempéries aux effets contre-productifs, l’extrême douceur de la fin décembre-début janvier n’a pas permis de constituer un stock de neige suffisant. « Ce stock permet d’ordinaire le remplissage des barrages qui régulent les débits d’étiage (la baisse saisonnière des cours d’eau, ndlr) pendant l’été », précise le chercheur qui s’attend à des sols très secs et à des débits très bas pour juillet-août 2023.
Le même constat alarmant a été dressé par Pierre Pannet, directeur adjoint du BRGM lors d’un point presse organisé à la mi-janvier. Si la pluie continue à être aussi rare en 2023, « on arrivera à une situation bien pire que celle qu’on a connue en fin d’été 2022 » quand quasiment tous les départements métropolitains connaissaient des restrictions d’eau.
Si la situation de l’eau souterraine en France est aujourd’hui moins favorable qu’à la sortie de l’hiver 2021-2022, il reste encore deux mois pour inverser la tendance. Pour cela, pas de recette miracle : il faut des pluies régulières. « En février et mars, nous aurions besoin qu’il pleuve de 20 à 30 millimètres tous les quinze jours », soutient encore David Labat. Après avril, il sera déjà trop tard, car le printemps pointant le bout de son nez, les pluies seront absorbées par la végétation bourgeonnante et ne laisseront aucune goutte pour les nappes.
Plan d’action « eau » élaboré par le gouvernement
Concernant les cultures, la situation hydrique est d’ailleurs très préoccupante dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales où « l’indice d’humidité des sols est proche de 0. Oui, zéro, en janvier », comme le constate l’agro-climatologue Serge Zaka, dans un message publié sur son compte Twitter. Les pluies survenues depuis les 15 et 16 janvier ne sont « pas suffisantes pour combler le déficit mais cela permettra de soulager la faune et la flore sur les premiers centimètres du sol », relativise, un peu, le chercheur.
Face à une année 2022 qui a été la plus chaude jamais enregistrée en France avec un déficit de pluviométrie frôlant les 25 %, le gouvernement élabore actuellement un plan d’action « eau » pour 2023. Il vise à « réduire les consommations d’eau et optimiser les prélèvements, mieux réutiliser les eaux usées et accélérer la réduction des fuites sur les réseaux d’eau ». Le détail des mesures sera annoncé le 26 janvier à Rennes lors d’un Carrefour des gestions locales de l’eau.
« Le gouvernement n’a plus le choix : on doit entrer dans une ère de la sobriété de l’eau », abonde encore David Labat. L’hydrologue rappelle qu’avec le changement climatique, les sécheresses records ne vont cesser de se multiplier. « Une année comme 2022, très déficitaire, avait une chance sur 20 de se produire dans les années 80, aujourd’hui cette probabilité passe à une sur cinq. »
https://www.huffingtonpost.fr/.../meteo-malgre-les-fortes...
(publié par Cyrus Farhangi)
Le rapport Meadows (1972)
Il y a 50 ans, le rapport Meadows alertait sur les limites planétaires
https://www.novethic.fr/actualite/economie/isr-rse/il-y-a-50-ans-le-rapport-meadows-alertait-sur-les-limites-planetaires-150665.html
Publié le 20 mars 2022
ÉCONOMIE
IL Y A 50 ANS, LE RAPPORT MEADOWS ALERTAIT SUR LES LIMITES PLANÉTAIRES
En 1972, des scientifiques du MIT publient "Les limites à la croissance", plus connu sous le nom de "rapport Meadows".
L’ouvrage a eu a eu l’effet d’une bombe : pour la première fois, des chercheurs alertaient sur les risques d’une croissance économique infinie dans un monde aux ressources limitées. Il devient rapidement un best-seller avant de tomber aux oubliettes.
Un demi-siècle après, le livre est devenu une référence, il est réédité dans une version augmentée.

En 1972 le rapport Meadows a eu l'effet d'une bombe
COO
Le rapport Meadows fête ses 50 ans !
Sorti en mars 1972, le livre est publié en France sous le titre "Les limites de la croissance (dans un monde fini)" coécrit avec Donella Meadows, son mari Dennis Meadows et Jorgen Randers. A l’origine, le rapport a été commandé par le Club de Rome aux trois scientifiques de la prestigieuse université américaine MIT. Le but était de s’interroger sur les limites de la croissance économique.
La réponse est implacable : une société qui consomme et produit toujours plus, pollue aussi toujours plus et sera confrontée à la raréfaction des ressources. Ainsi, les scientifiques estiment que quels que soient les scénarios envisagés, la croissance infinie se heurtera nécessairement à des pénuries de matières premières. En 1972, ils estiment que le monde dispose de 50 ou 100 ans avant d’être confronté à un manque de ressources non renouvelables, à commencer par le pétrole, le gaz, les minerais ou même l’eau. Les auteurs de l’ouvrage conseillent donc aux dirigeants de réguler la croissance s’ils ne veulent pas assister à une multiplication des crises, des famines et même des guerres.
En pleine 30 glorieuses, l'éphémère succès du rapport Meadows
Lors de sa sortie, le livre fait un tabac mais le succès est éphémère.
En pleine Trente glorieuses, les usines tournent à plein régime pour satisfaire les aspirations de la société de consommation. Dans ce contexte, une remise en question du modèle basé sur une croissance infinie du PIB est peu audible.
"Quand j’ai fait cette étude, confie Dennis Meadows à France Culture, je n’avais que 29 ans, j’étais jeune et naïf, et je pensais que si je publiais mes recherches, on en tiendrait compte, on agirait en conséquence, comme quand on voit un iceberg en bateau et qu’on le contourne, c’était mon espoir. Mais voilà, 50 ans après, les dégâts s’empilent les uns sur les autres et nous entrons dans une ère de bascule".
Les choses ont-elles évolué ?
"On compense la pénurie de ressources par de la dette, et on n'a pas fait ce deuil. Réinventer le business à l'aune des limites planétaires est inévitable", répond ainsi Fabrice Bonnifet, président du Collège des directeurs de développement durable (C3D). Certaines entreprises l'ont bien compris et "renoncent à faire du chiffre d’affaires pour ne pas polluer, elles sont entrées dans un monde de "post-croissance", souligne Geneviève Férone Creuzet, co-fondatrice de l’agence Prophil. "Il faut les encourager et faire évoluer les modèles".
Même si l’idée d’un monde en "post croissance", plus sobre en ressources, fait son chemin, "les travaux de recherches sur ces thèmes sont plus nombreux mais ils restent encore minoritaires", indique Dominique Méda, directrice de l’Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales (Iris). Les politiques sont également peu nombreux à s’emparer du sujet.
La guerre en Ukraine pourrait faire bouger les lignes. Ce drame rappelle en effet la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles et aux ressources naturelles. Les appels à plus de sobriété se multiplient, ils émanent de l’Etat ou encore des industriels eux-mêmes qui demandent à être rationnés.
Il y a 50 ans, le rapport Meadows avait prédit ce scénario et conseillait aux dirigeants de ne pas courir après la croissance, reste à espérer que ces recommandations soient entendues.
Mathilde Golla @Mathgolla
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"La permaculture, c'est quoi ?"
Damien Dekarz
Permis de tuer
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Voilà ce que représentent 428 croix.
Plus de 400 personnes ont été tuées par des chasseurs en vingt ans
« La parole se libère peu à peu. Les habitants paraissent de moins en moins enclins à supporter l’accaparement de l’espace par une minorité pratiquant un jeu mortel hors de toute raison. »

14 novembre 2022 - Maïté Debove

Forêts est le seul livre en France à faire un tour d’horizon aussi complet sur notre monde végétal. Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation… bien d’autres sujets vous attendent pour vous émerveiller et vous donner une dose d’inspiration positive.
- Thème : Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation, santé…
- Format : 300 pages
- Impression : France
En France, 3403 accidents de chasse ont eu lieu et 428 personnes ont été tuées par des chasseurs en 20 ans. Le collectif Un jour un chasseur a rendu hommage aux victimes dans le manifeste Chasser tue (aussi) des humains, et demande des réformes rapides afin de véritablement enrayer le problème.
Le collectif « Un jour un chasseur » est né du regroupement de plusieurs habitantes rurales, après la mort tragique de leur ami Morgane Keane. Ce jeune homme de 25 ans a été tué accidentellement par un chasseur le mercredi 2 décembre 2020, alors qu’il se trouvait à cent mètres de sa maison afin de couper du bois, dans sa propriété, dans le Lot.
Elles ont décidé de s’atteler au difficile travail du ravivement de la plaie et de briser l’omerta afin de faire en sorte que ces tragédies ne se reproduisent plus. Le but est également de « libérer la parole des oubliés de la ruralité ». Les autrices rappellent que 21 millions de Français vivent actuellement à la campagne, dont une vaste majorité de personnes qui ne sont pas des chasseurs. 46 % des chasseurs vivent dans une ville de 20 000 habitants, dont 10 % à Paris.
« Nous refusons d’accepter la banalisation de ces drames, que le terme “d’accident” vise à normaliser et à rendre supportable. Qu’ils provoquent la mort, des blessures physiques, ou entraînent des séquelles psychologiques, il est de notre devoir et de celui des autorités et du gouvernement de les dénoncer, de leur faire face et de ne surtout pas tolérer l’intolérable » expliquaient-elles dans une pétition lancée en septembre 2021
Cette pétition demandait une meilleure sécurité et un plus grand contrôle de la chasse. En deux mois, elle avait reçu plus de 120 000 soutiens. Le collectif avait été reçu à la Haute-Assemblée en décembre.

Lire aussi : Une pétition s’impose au Sénat pour mettre fin aux dérives meurtrières de la chasse
Il avait alors formulé 5 propositions principales: arrêter la chasse le mercredi et le dimanche, donner une formation plus stricte aux chasseurs et renforcer les règles de sécurité, effectuer un contrôle des armes de chasse et comportements à risque, appliquer des sanctions plus dissuasives à l’encontre des chasseurs ayant provoqué des accidents mortels ou corporels, et libérer la parole et la reconnaissance des victimes de la chasse par l’Etat.
A la suite de ça, une mission parlementaire sur la sécurisation de la chasse avait été mise en place. Le travail, rapporté par le sénateur de l’Ain LR Patrick Chaize, sous la présidence de Maryse Carrère, une sénatrice des Hautes-Pyrénées membre du groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen, avait demandé 48h d’auditions de 70 personnes, avant d’être rendu public, ce mercredi 14 septembre 2022.
Le rapport s’est avéré être extrêmement décevant pour le collectif. La co-fondatrice, Mila Sanchez, a estimé que le travail est loin d’être à la hauteur des préconisations des associations, alors que toutes les pistes étaient sur la table. Elle explique pour France3Régions :
« Les deux seules choses sur lesquelles nous avons été entendus sont le seuil d’alcoolémie maximal, similaire à celui du code de la route, et l’obligation de fournir un certificat médical annuel comme pour tous les sports avec une arme. En revanche, nous n’avons pas été suivi sur l’interdiction de la chasse pour les mineurs. »

Lire aussi : Chasser sous l’emprise d’alcool est toujours légal, une faille juridique dangereuse
Un jour un chasseur reprend donc ses 5 revendications dans son livre, afin de promouvoir et d’avancer vers un véritable changement. Dans la préface, le naturaliste Pierre Rigaux note :
« La parole se libère peu à peu. Les habitants paraissent de moins en moins enclins à supporter l’accaparement de l’espace par une minorité pratiquant un jeu mortel hors de toute raison. »
Si les accidents ont diminué ces dernières années, le collectif a tout de même recensé 39 incidents depuis septembre 2022, dont 82 % ayant lieu le week-end. Outre la publication de son livre, le collectif continue ainsi son combat auprès des pouvoirs publics.
« Nos représentants ne répondent pas, ou n’ont pas envie de répondre aux attentes. On va contacter le ministère de l’Intérieur. Si ce n’est pas suffisant, on ira plus haut. Nous en réfèrerons à l’Union Européenne. »
Lire aussi : En campagne, témoignages et actions se multiplient contre la tyrannie des chasseurs
Syndrome de Stockholm
Syndrome de Stockholm
https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2009/revue-medicale-suisse-201/syndrome-de-stockholm
Il désigne la propension des otages ayant partagé longtemps la vie de leur geôlier à sympathiser avec eux et à adopter leur point de vue. L’histoire du syndrome remonte à un hold-up dans une banque commis à Stockholm en 1973 par deux évadés de prison qui prennent en otage quatre employés. Après six jours de négociation, ils libèrent les otages qui vont s’interposer entre les forces de l’ordre et leurs ravisseurs, qu’ils iront visiter par la suite en prison.
Le syndrome est caractérisé par: 1) le développement d’un sentiment de confiance des otages vis-à-vis de leurs ravisseurs, dans la mesure où ces derniers arrivent à justifier leur acte; 2) la naissance d’un sentiment positif des ravisseurs envers leurs otages et 3) l’apparition d’une hostilité des victimes envers les forces de l’ordre.
Il s’agit d’un phénomène paradoxal de fraternisation entre agresseurs et agressés, comme on l’a rencontré lors de la Première Guerre mondiale entre soldats français et allemands, justifiant le dicton qu’à la guerre on «devrait toujours tuer les gens avant de les connaître».
Je réfléchis à quelque chose depuis quelque temps, c'est encore chaotique dans ma tête mais ça commence à prendre forme. Certains vont penser à la lecture de la suite que tout ça relève d'un pur délire mais tant pis.
Il convient tout d'abord d'identifier les différents protagonistes.
1) Nous sommes les otages, tous autant que nous sommes.
2) Il n'y a pas de preneurs d'otages à proprement parler.
3) Il convient de s'intéresser à la notion d'égrégore pour identifier « le preneur d'otages. »
Wikipedia : Un égrégore (ou eggrégore) est un concept désignant un esprit de groupe constitué par l'agrégation des intentions, des énergies et des désirs de plusieurs individus unis dans un but bien défini.
Dans le management, l'égrégore d'équipe est perceptible dans l'atmosphère d'équipe (ou la dynamique de groupe), qui peut être pesante ou enthousiasmante, étouffante ou inspirante. Il est affecté par l'état des relations et par l'adhésion profonde ou non de chacun dans le projet commun. Il résulte des moments vécus et constitue une dimension de la dynamique de groupe dont l'équipe peut prendre soin1,2.
Dans l'ésotérisme, il s'agirait d'une force qui aurait besoin d'être constamment alimentée par ses membres au travers de rituels établis et définis.
Le terme, apparu dans la tradition hermétiste, a été repris par les métaphysiciens, qui l'ont chargé d'un fort potentiel subversif.
Autant cet égrégore peut avoir un effet positif lorsqu'il est associé à une élévation spirituelle, autant il peut devenir la source d'un conditionnement lorsque des intentions perverses le sous-tendent.
Voilà le « preneur d'otages »
Gurdjieff l'avait évoqué. « La plus dangereuse mécanisation consiste à être soi-même une machine. »
Il me semble que la cassure entre l'humain et la nature est absolue, qu'il existe désormais une négation complète de l'univers du vivant et je ne vois pas la nature comme responsable de quoi que ce soit.
C'est la mécanisation de l'existence qui porte en elle les causes de ce désastre. Une certaine forme de folie, d'aveuglement qui consiste à penser que l'homme est au-dessus de tout, qu'il possède le pouvoir, jusqu'à en oublier les lois naturelles.
Les individus ( et j'en fais partie) sont mécanisés, extraits de leur lien avec la nature, ignorant des réalités, envoûtés par une idée de croissance agissant comme un aimant. Non seulement, la nature est ignorée mais la vie humaine elle-même est bafouée. Rien ne compte en dehors de cette course à la croissance.
On joue avec des allumettes parce qu'on a construit des camions de pompiers.
Les humains sont donc de véritables machines travaillant seulement sous la pression d'influences extérieures.
Les gouvernants, eux-mêmes, sont des machines. Ils ne sont pas des conducteurs de machines. Ils vivent eux aussi sous les influences d'égrégores qui les dépassent.
Les connaissances qui sont développées depuis la révolution industrielle ne sont pas attachées à une voie spirituelle mais à une mécanisation des individus. La croissance est l'intention première.
La médecine, par exemple, est de la mécanique. L'aspect holistique de l'homme est ignoré.
La psychologie qui ne fonctionnerait pas en systémique est de la mécanique.
L'environnement est d'ailleurs un mot très révélateur dans l'usage qu'on en fait actuellement. On considère à travers ce terme que la nature nous environne, ce qui revient à dire que nous n'en faisons pas partie, que nous nous en sommes extraits, que nous sommes des entités à part. L'environnement est ce qui est extérieur à nous. Consternant.
Nous sommes d'ailleurs devenus nous-mêmes notre environnement étant donné que nous sommes autour de nous-mêmes et non dans une exploration de l'intérieur. Nous vivons hors de nous comme nous vivons hors sol, hors de la nature, hors de la réalité de la vie.
Nous sommes notre propre environnement parce que nous vivons dans une agitation mécaniste qui nous a privé de notre propre centre. Nous ignorons jusqu'à l'existence du noyau.
Là où l'expression écologiste est encore plus absurde, c'est lorsque nous prenons en considération le fait que chacun de nos actes a un effet sur nous-mêmes en portant atteinte à cet "environnement". Lorsque nous comprendrons que la disparition des orangs-outans est une atteinte à nous-mêmes, nous comprendrons qu'il n'y a pas d'environnement mais une unité absolue.
Les scientifiques dénoncent l'acidité de plus en plus forte des océans et des dangers immenses que cela fait courir à toute la chaîne alimentaire. Comment est-il possible que les humains en viennent à ignorer la source de toute la vie ?
Sommes-nous donc condamnés à être des assassins jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien ?
Oui, c'est bien de cela dont il s'agit. Nous sommes devenus des machines assassines parce que nous sommes les otages d'un égrégore que nous adorons.
Le syndrome de Stockholm est d'une puissance redoutable. Il n'y a pas de rébellion mais une adhésion séculaire qui se transmet de génération en génération. La plus grande partie des otages refuse de rejeter l'égrégore. D'autant plus que la conscience d'être un otage n'existe pas. Tout le problème est là. Et lorsque cette conscience émerge, la puissance de la machine engendrée par l'égrégore réduit considérablement la possibilité de s'échapper. Les rebelles risquent même d'être confrontés à la vindicte des autres otages qui considèrent que cette rébellion est absurde, injustifiée, voire même qu'elle risque de les mettre en danger. Chaque otage est un rouage et ne doit pas s'extraire de la machine.
Il me suffit de lire les commentaires d'articles concernant l'état de la planète sur les réseaux sociaux pour voir à quel point l'adhésion à l'égrégore archaïque est d'une puissance infernale.
« En ce monde, nous marchons sur le toit et nous regardons les fleurs. » Kobayashi Issa.
La coupe du monde de football est un élément de l'égrégore. Tous otages, tous complices, des rouages de la machine.
Tout ce qui contribue à renforcer l'hégémonie de l'égrégore, sa pérennité, l'adhésion des petits d'hommes, l'éducation scolaire, la futilité et l'ignorance, le transfert de savoirs mécanistes, les désirs matériels, la puissance de l'avoir, tout cela relève de l'égrégore.
Nous sommes des otages consentants.
Un vocabulaire révélateur
Ce vocabulaire mensonger est bien évidemment le reflet de notre positionnement à l'égard de la nature.
Mes parents passaient un temps infini à arracher ces "mauvaises herbes" qui abîmaient leur pelouse et à tenter de tuer ces "maudites taupes" qui défiguraient leur jardin, un jardin entièrement dédié à la décoration. Rien de consommable. Ils étaient fiers que leur jardin reçoive le prix du plus beau jardin dans la commune...
J'étais jeune et je n'attachais aucun intérêt à ce jardin, ni d'ailleurs à l'idée d'y installer un potager. Il a fallu que je grandisse.
Aujourd'hui, notre terrain nous nourrit et nous utilisons le paillage et le broyat pour limiter l'extension des adventices ("herbes envahissantes"). Les rats taupiers mangent une partie des légumes et tracent des galeries dans tous les sens. Rien à faire contre eux, il faut accepter le partage. On a installé divers abris naturels pour attirer des prédateurs : tas de pierres et de bois morts pour les serpents et les mustélidés. En espérant qu'un renard veuille bien venir se servir également :) Je vais ajouter deux nichoirs spécialement adaptés aux oiseaux noctures, chouettes et autres. On a un très grand tilleul pour les fixer.
On ne peut pas chercher à profiter des bienfaits de la nature en excluant tout ce qui nous dérange.

Animaux « nuisibles » et « mauvaises » herbes
"L'emploi des mots, les psychologues nous le répètent depuis longtemps, influencent nos prises de position et notre comportement. Il y a des expressions qu'il importerait d'extraire de notre vocabulaire, à cause de leurs connotations négatives injustifiées.
Dans un contexte écologique, je veux évoquer ici les expressions « mauvaises herbes » et « animaux nuisibles ». Ce sont, bien sûr, de vieilles expressions, nées dans des contextes aujourd'hui dépassés. Leur utilisation prolonge un état d'esprit que nous avons toutes raisons de vouloir faire disparaître, à cause des implications négatives nocives qu'ils perpétuent.
Les mots « espèces nuisibles » et « mauvaises herbes » ne sont que le reflet d’un préjugé séculairement ancré, selon lequel les plantes et les animaux sont là pour nous servir ou nous réjouir, et que nous avons sur eux un droit discrétionnaire.
Ces mots sont la traduction directe de notre égocentrisme (ou anthropocentrisme), de notre ignorance et de notre étroitesse d’esprit. Les animaux considérés comme nuisibles ne le sont que par nous, et il en est de même des herbes prétendues mauvaises.
En réalité, nous ne sommes qu’une espèce parmi tant d’autres. Ajoutons, en passant, que, face aux extinctions multipliées d’espèces dont nous sommes aujourd’hui responsables, nous mériterions, seuls, le qualificatif d’espèce hautement nuisible à l’harmonie et à la préservation de la biodiversité."
Les études scientifiques des dernières décennies ont profondément transformé notre regard sur la nature et sur les organismes vivants qui cœxistent avec nous.
Sur notre planète, toutes les espèces vivantes sont intégrées dans des écosystèmes dont elles sont toutes dépendantes, et dans lesquelles elles jouent un rôle spécifique. Les populations sont maintenues en équilibre par un jeu permanent de reproduction et de prédation.
Quelles sont les implications de ces réflexions dans le monde concret dans lequel nous vivons ?
La prolifération de certaines espèces peut devenir indésirable par rapport aux objectifs des êtres humains : cultures, élevages, préservation de l'habitation et du territoire. Souvent ces proliférations sont dues à l'élimination, par notre zèle intempestif, des prédateurs naturels qui contribuaient à l'équilibre des populations.
C'est ici que l'attitude globale face à la nature doit intervenir. Elle imposera ses exigences sur le choix de l'action à entreprendre. Une intervention peut-être justifiée, à la condition qu'une étude scientifique appropriée ait désigné sans ambiguïté l'espèce ou les espèces responsables du problème.(...)
Mais revenons à notre question de vocabulaire. Que suggérer pour remplacer ces expressions ?
Au lieu de « mauvaises herbes », on peut dire par exemple « herbes sauvages ». Dans notre jardin, nous utilisons « plantes non invitées ». Et l'on peut remplacer « animaux nuisibles » par « animaux indésirés ».
Chacun ici peut faire preuve d'imagination. Toutes les suggestions sont bienvenues …"
Hubert Reeves ( Astrophysicien et vulgarisateur scientifique)
Le loup, régulateur naturel
Drôme : les chasseurs se plaignent de la diminution des sangliers causée par… les loups
https://lareleveetlapeste.fr/drome-les-chasseurs-se-plaignent-de-la-diminution-des-sangliers-causee-par-les-loups/
« Les loups s’attaquent aux proies les plus fragiles, ce qui permet à la nature de se régénérer et de permettre aux espèces d’être plus fortes. Le loup est la meilleure chose qui puisse arriver à un écosystème. »

9 décembre 2022 - Laurie Debove

Forêts est le seul livre en France à faire un tour d’horizon aussi complet sur notre monde végétal. Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation… bien d’autres sujets vous attendent pour vous émerveiller et vous donner une dose d’inspiration positive.
- Thème : Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation, santé…
- Format : 300 pages
- Impression : France
C’est ce qu’on appelle « l’arroseur arrosé ». Alors que certaines fédérations de chasse refusent désormais de payer les dégâts causés par la prolifération des sangliers dans d’autres départements, celle de la Drôme se plaint de ne plus en avoir assez à chasser à cause du loup. Revenu en force sur le territoire, ce canidé sauvage régule bien mieux les populations d’herbivores que les humains armés.
L’ingérence des chasseurs
En quarante-cinq ans, le nombre de sangliers en France a été multiplié par vingt. Il y en aurait aujourd’hui entre 1 et 2 millions dans l’Hexagone. Dans les vignes, les prairies ou les champs de maïs, leur prolifération entraîne chaque année 20 à 30 millions d’euros de dommages agricoles en France.
Dans les années 1960, les chasseurs avaient demandé à payer eux-mêmes le montant des dégâts causés par « le grand gibier » pour devenir les « régulateurs officiels » des herbivores des forêts. Seulement en 2019, l’indemnisation de ces dégâts a représenté un budget de 77,3 millions d’euros ce qui fait que les chasseurs ne veulent plus payer. Une demande rejetée en début d’année par le Conseil Constitutionnel.
« Les chasseurs ont fait tellement de choses pour gonfler les populations en les croisant avec des cochons domestiques, le fameux cochonglier qui est une pratique aujourd’hui interdite sauf en enclos, ou en les nourrissant. Face aux dérives, un décret a été promulgué il y a un mois pour interdire aux chasseurs de nourrir artificiellement les sangliers pour les maintenir à un endroit fixe, preuve que même l’Etat cherche à reprendre la main sur cette situation catastrophique » explique Richard HOLDING, naturaliste et chargé de communication à l’ASPAS, pour La Relève et La Peste
En plus d’interdire les tirs sélectifs épargnant les laies reproductives et les lâchers de sangliers, ce nouveau décret punit désormais le nourrissage des sangliers (betteraves, patates et baguettes de pain) par une amende de 750 euros. L’agrainage reste paradoxalement toujours autorisé, sauf dans certains départements qui prennent les choses en main comme l’Indre-et-Loire.

Lire aussi : L’Indre-et-Loire interdit aux chasseurs de nourrir les sangliers pour limiter leur prolifération
Dans la Drôme, au contraire, le nombre de sangliers a diminué de plus de la moitié depuis 2018 grâce aux loups qui sont de plus en plus présents dans le département. Mais au lieu d’accueillir avec plaisir cette aide inattendue, les chasseurs se plaignent d’avoir moins de sangliers à disposition : alors qu’ils ont tué 20 000 sangliers en 2018, ils en ont abattu deux fois moins en 2021 et ne devrait en tuer « que » 7000 à 8000 cette année.
« Les chasseurs considèrent les loups comme des concurrents directs puisqu’eux ont besoin de chasser pour se nourrir et vont s’attaquer aux chevreuils, cerfs, chamois, mouflons ou sangliers. Leur prédation se voit clairement : j’ai moi-même eu l’occasion de l’observer en trouvant des crottes de loup pleines de poils de sangliers dans la nature. Les chasseurs sont de plus en plus mobiles avec le prix du permis de chasse divisé par deux en 2018 (de 400€ à 200€, ndlr).
Ce cadeau de Macron a eu un impact assez énorme : avant, les chasseurs se contentaient de rester dans leur département car le permis national était beaucoup plus cher ; aujourd’hui, ils viennent de très loin pour chasser à la journée. On n’est plus du tout dans cette chasse à l’ancienne où les locaux chassent autour de chez eux, je croise partout des grands pick-ups de chasseurs avec des immatriculations d’autres départements. S’ils n’ont plus autant de gibier à disposition, cela casse le business de la chasse et rend les chasseurs en colère » analyse Richard HOLDING, naturaliste et chargé de communication à l’ASPAS, pour La Relève et La Peste

Lire aussi : La cohabitation des loups et des ours est bénéfique pour les proies
Le rôle essentiel des prédateurs naturels dans les écosystèmes
L’argument avancé par les chasseurs n’est pourtant pas d’ordre économique mais écologique. Pour eux, la « présence excessive » du loup, soit environ 250 individus selon leurs estimations, serait une menace pour la faune sauvage qui risquerait de disparaître.
« Clairement, la Drôme a de plus en plus de loups mais les loups ne connaissent pas les limites administratives et les meutes évoluent certainement à cheval entre plusieurs départements. Ils se déplacent de plusieurs dizaines de kilomètres par nuit, ce sont des animaux très mobiles. Quand ils chassent, ils vont rester plusieurs jours sur un secteur puis partir ailleurs pour se faire oublier et tromper la vigilance des animaux sauvages. Chaque meute a son propre territoire, donc une population de loups ne peut pas pulluler sur un secteur car ils sont vraiment dépendants de la quantité de gibier disponible. Même les naissances s’adaptent à ce facteur, un phénomène courant chez les renards et d’autres prédateurs » détaille Richard HOLDING, naturaliste et chargé de communication à l’ASPAS, pour La Relève et La Peste
Pour les chasseurs, les loups seraient notamment responsables de la diminution des mouflons, qui seraient passés de 900 individus il y a 20 ans à seulement une quinzaine de nos jours. Or, le mouflon n’est pas originaire des Alpes. Il a été introduit petit à petit au milieu du XXe siècle, sans aucune étude préalable, pour des raisons cynégétiques.
« L’espèce a été importée par les chasseurs, pour leur plaisir. Alors que le chamois, lui, est une espèce endémique qui souffre beaucoup du changement climatique et de la sur-chasse humaine. » rappelle Richard HOLDING, naturaliste et chargé de communication à l’ASPAS, pour La Relève et La Peste

Lire aussi : En France, il y a plus de loups et moins d’attaques : un signe encourageant pour la coexistence
Pourtant, Michel Sanjuan, vice-président des chasseurs de la Drôme en charge du loup et du grand gibier, explique à FranceBleu que « si on ne change pas le statut d’animal protégé du loup, on court à la catastrophe » et aimerait avoir l’autorisation d’abattre ce prédateur naturel.
« Les loups s’attaquent aux proies les plus fragiles, ce qui permet à la nature de se régénérer et de permettre aux espèces d’être plus fortes. Le loup est la meilleure chose qui puisse arriver à un écosystème. Ils ont ce rôle de régulation qui les assainit et profite à la végétation car les cervidés et les ongulés deviennent plus méfiants et plus mobiles, ce qui laisse plus de marge aux forêts pour se régénérer. Le problème, c’est qu’en France on ne laisse pas assez de temps et d’espace à la régulation naturelle. Clairement dans les zones où les loups sont présents il faudrait arrêter tout type de chasse et voir le résultat » plaide à l’inverse Richard Holding
On dénombrait entre 10 000 et 20 000 loups en France à la fin du 18ème siècle, contre 920 aujourd’hui. Malgré cela, des abattages légaux et illégaux de loups continuent d’avoir lieu dans le pays. Pour l’ASPAS, la solution n’est pas de les tuer, une bonne coexistence avec les éleveurs inquiets passe par le triptyque présence du berger, clôtures électrifiées et surtout chiens de protection.
Les études le prouvent, il n’y a aucun risque les loups fassent mourir toute la faune sauvage dont ils dépendent. Il n’y a que l’espèce humaine qui soit assez stupide pour se condamner toute seule.
Pour aller plus loin : Les prédateurs naturels sont bien plus efficaces que les chasseurs dans l’équilibre des forêts
Au-delà des romans

Voilà ce sur quoi je veux travailler dans le tome 4 : l'énergie.
Non pas la création d'énergie à des fins productivistes mais en tant que fondation de tout ce qui existe. Je pense qu'il est primordial, vital et urgent de changer notre rapport à la création. L'hégémonie destructrice de l'humanité est une folie absolue qui nous conduit, tous, à des temps douloureux. Cette fameuse "liberté" d'agir comme bon nous semble est l'élément premier de la situation actuelle. Non, nous ne sommes pas libres dans le sens où nos actes n'auraient aucune conséquence car il s'agit dès lors d'une liberté égocentrée, une exigence individuelle qui condamne l'ensemble.
"Les héros sont tous morts" explore la dimension de la tentation.
"Tous, sauf elle" établit les germes du chaos.
"Le désert des Barbares" décrit l'effondrement.
« Reset » développe les fondements d’une nouvelle conscience.
Moi : entité mêlée à un environnement social et ne réagissant qu'à travers lui. (tome 1)
Je : entité ayant décidé de se libérer de ce conditionnement. (tome 2 et 3)
Soi : entité incluant le Je dans une osmose avec l'Un, c'est à dire l'ÉNERGIE. (tome 4)
En 1942, Jacobson s'est aperçu que lorsqu'une personne s'imaginait en train de courir, l'image mentale de son corps en mouvement avait un impact sur son physique et ses muscles. On sait à quel point les sportifs professionnels usent de ces travaux sur la pensée.
Bien avant Jacobson, les techniques du yoga avaient déjà découvert l'impact de la visualisation, utilisées maintenant dans diverses thérapies (la PNL, la sophrologie, l'hypnose, la méditation...)
L'image mentale permet de développer le pouvoir créatif de l'individu et de le conduire vers des changements positifs de sa vie. Cette technique est appuyée par les découvertes de certains scientifiques "quantiques" comme Fritjof Cappra.
D'après leurs travaux, notre univers physique ne serait pas constitué de matière mais d'une force appelée ÉNERGIE. La matière serait la forme la plus condensée de cette énergie mais elle se révélerait, à des niveaux d'analyse subtils, tels que les niveaux atomiques, sous la forme de particules de plus en plus fines, les unes à l'intérieur des autres, pour finalement se réduire à l'état d'énergie pure.
D'un point de vue physique tout ce qui existe serait énergie et l'être humain ferait partie intégrante de cette énergie. L'énergie émet des vibrations, à des vitesses différentes, qui lui conféreraient des qualités différentes, du plus subtil au plus grossier. La pensée, serait selon les philosophies orientales et certains physiciens quantiques, une énergie relativement subtile. Il s’agirait donc d’apprendre à maîtriser de l’énergie.
Une des lois de l'énergie est qu'un niveau vibratoire d'énergie tend à attirer l'énergie de même qualité et de même vibration. Ainsi, selon cette approche, quelqu'un qui développe sans cesse des énergies négatives attirera les personnes émettant le même type d'énergie. L'inverse est évidemment possible.
Cette théorie rejoint le concept de synchronicités décrit par Jung. Il existe une coïncidence significative ou une correspondance entre deux évènements physiques qui ne sont pas causalement reliés l'un à l'autre, des idées analogues ou identiques se présentant simultanément à différents endroits. Ni les unes, ni les autres de ces manifestations ne peuvent s'expliquer par la causalité sur laquelle repose notre vision cartésienne du monde physique.
Ainsi nos pensées mobiliseraient une énergie qui tendrait à attirer et à créer la forme correspondante sur le plan matériel.
Selon Shakti Gawain, ce processus est un processus d'ouverture de la conscience au cours duquel l'individu découvre ses inhibitions, ses limites, ses conditionnements et parvient à les dépasser.
Abraham Maslow a également travaillé dans cette voie." Vers une psychologie de l'être". Bien d'autres encore.
Chaque "école" de pensée use de termes différents mais l'idée reste la même.
L'énergie.
Les scénarios de ces quatre tomes sont des supports mais ils n'ont aucun intérêt en eux-mêmes.
Je ne veux pas écrire des histoires qui n'auraient aucun prolongement existentiel. Il en est du sens de la création artistique.
Avatar 2 : une analyse
Un article ajouté/rédigé par Marguerite Roussarie | 03/01/2023 | Lu 266 fois
https://www.legaliondesetoiles.com/Avatar-La-Voie-de-l-Eau--Avatar-The-Way-of-Water--2022_
⚓️TAGS : 2022, AVATAR, Britain Dalton, CCH Pounder, CHRONIQUES TERRIENNES EN PARLE, Cliff Curtis, Giovanni Ribisi, James Cameron (réalisation), James Cameron (scénario), Joel Moore, Josh Friedman (scénario), Kate Winslet, Matt Gerald, Michelle Yeoh, Oona Chaplin, Sam Worthington, Sigourney Weaver, Stephen Lang, Zoe Saldana
Affiche et synopsis
AUTRE(S) ARTICLE(S) :
Avatar | 2009

Avatar : La Voie de l'Eau | Avatar : The Way of Water | 2022
Présentation
Le film événement de cette année c'était la suite d'Avatar sorti en 2009. Inutile je crois de préciser de quoi je parle, il est impossible de passer à côté du premier film culte alors rentrons dans le vif du sujet : voir Avatar 2 "La voie de l'eau" au cinéma, cela en vaut-il la peine ?
Oui et non : cela dépend sûrement de votre affection pour le premier film, de votre amour du cinéma, et des conditions pour le voir. Si vous n'avez pas aimé le premier film, en toute logique vous n'aimerez pas ce deuxième, qui est une caricature (en ultra pire) du premier. Si vous avez aimé le premier vous pourriez aimer le deuxième. Côté conditions, je l'ai vu en 3D HFR, normalement c'est le nec plus ultra : le principe est de filmer avec plus d'images à la seconde pour que ce soit plus confortable. Sauf qu'il m'a fallu presque une heure pour m'y habituer. Les gros plans ça allait, le mouvement ça allait, mais associez les deux : c'était flou ! Je n'ai pas compris pourquoi, mais c'était très désagréable. De plus, pour la première fois depuis que je vais au cinéma j'ai dû mettre mes bouchons d'oreilles tellement c'était fort. Autant dire que le matraquage visuel et auditif était éprouvant, cela a même rendu malade mon accompagnatrice. Cela va avec le reste du film qui veut tellement en mettre plein la vue qu'il est too much.
Lire la suite de l’article de Marguerite Roussarie pour le Galion des Etoiles :
Avatar : La Voie de l'Eau | Avatar : The Way of Water | 2022 (legaliondesetoiles.com)
Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011

Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011
Ces textes ne sont pas que des écrits. Ce sont également des œuvres musicales.
Il m'est arrivé au moment où je tournais une page de prendre conscience que je ne savais pas de quoi parlait ce que j'avais lu. Car au-delà du récit, j'étais subjugué par la beauté de la musique.
Je sais que Jean-Michel Archaimbault est féru de musique classique. Personnellement, je n'y connais rien, au point que je ne suis pas certain de citer dix œuvres et leurs compositeurs. Mais j'aime la musique, une autre musique. Et je sais que certaines m'emportent, littéralement, dans un autre espace, une absence de pensées, une réjouissance sensorielle.
Voilà ce qui m'est arrivé, à maintes reprises, en lisant les textes de ce recueil. Je ne lisais pas, j'écoutais. Je me délectais de la parfaite association de mots, de l'exquise mise en forme, de la richesse du vocabulaire, tout cela mixé dans un concerto permanent. Mais, dans cet état-là, je ne pense pas, je n'en perçois même aucune tentative, elles sont refoulées par la puissance émotionnelle. Je ne suis pas un cerveau qui lit mais un organisme récepteur constitué de fibres, de chair, de sang, de nerfs, de ligaments, de particules, d'atomes et jusqu'à l'infini petit de cet organisme, la musique m'envahit.
Voilà pourquoi, parfois, au moment où je tournais la page, je réalisais que je devais relire. En n'écoutant pas la musique.
Je ne saurais donner un palmarès entre cette magnifique musique et les histoires elles-mêmes parce qu'elles sont bien évidemment indissociables. L'une nourrit l'autre. Un autre auteur ne possédant pas la musique n'écrirait peut-être rien de bon avec ces histoires. Non pas qu'elles n'ont pas d'intérêt, loin de moi cette idée, mais elles n'existeraient pas de la même façon, avec la même pureté, avec cette âme.
Ces textes sont habités. De l'âme de l'auteur et de tous les êtres dont il a croisé la route ou de tous les êtres qu'il s'est efforcé de rencontrer en empruntant des routes inconnues. Des voies oniriques ou des rêves éveillés, des imaginations si fortes qu'elles arrachent leur possesseur à la réalité. Et il est très délicat de parvenir à saisir le seuil entre ces deux mondes. Les espaces sont fluctuants, des éclaireurs ont l'habitude de pousser des explorations déconcertantes dans le territoire voisin. Conscient et subconscient ne sont pas deux entités séparées, elles s'entremêlent, elles s'attirent et se repoussent, elles se fuient et se recherchent.
Je pourrais penser que Jean-Michel Archaimbault vit entre deux mondes.
Le monde contemporain et le monde du futur. Mais également le monde contemporain et le monde de l'enfance.
SEENTHA, un roman de l'auteur, reliait notre époque à des mondes lointains, non seulement dans la distance mais également dans le temps. A des millions d'années lumière et dans des millions d'années.
SEENTHA de Jean-Michel ARCHAIMBAULT
Ce REQUIEM POUR AMES D'OMBRES relie le monde adulte et le monde de l'enfance. Un monde empli d'émotions, le monde parallèle de l'imaginaire. Et je me suis vu dans ces récits, plus d'une fois. Le texte « les angles interdits ». Fabuleux récit où j'étais là, c'était moi. Je l'ai vécu cette émotion-là, cette peur du lieu étrange, de l'intuition du danger, de cette précognition merveilleuse que tout enfant va devoir abandonner devant les coups de boutoir de la rationalité.
Jean-Michel Archaimbault n'invente rien, c'est ça qui est fabuleux. Il ne peut pas inventer ça et le raconter aussi bien. Quand j'ai cette idée-là en tête, je sais que je suis en présence d'un très bon texte, pour moi.
Je sais ce dont j'ai besoin pour qu'une lecture m'emporte : qu'il s'agisse d'un film, que je sois transporté devant un écran et que je ne me sente plus lire parce que je suis totalement absorbé et nourri par la puissance des images. Il y a la musique, la mise en scène, le jeu des acteurs, le montage, la qualité de la lumière dans les scènes descriptives, la justesse des dialogues, le plaisir délicieux de la voix off, la beauté des paysages, la finesse de leur observation.
Voilà, je suis au cinéma et quand je ferme le livre, je le pose et j'attends, le temps qu'il faut, que la salle se vide et que je retrouve le silence pour écouter à nouveau la musique des mots et leur enchantement.
« L'inconnu sur la Terre » de Le Clézio ou « L'enfant et la rivière » de Bosco, voilà où j'étais dans les descriptions de la nature. Parfois magiques, parfois inquiétantes, les natures vivantes de l'auteur sont fines, précises, visuelles, immensément visuelles. On en sent tous les parfums.
« Les angles interdits »
extrait :
À quelques mètres, sous les deux très gros tilleuls qui ombrageaient la façade de l'extension récemment adjointe au pavillon, il y avait un puits. Je ne risquais pas de m'en approcher de trop près, ni de séjourner trop longtemps dans les parages. L'endroit avait été décrété dangereux, mortel, par les adultes de la famille. Dans le puits habitait la Vieille, une créature noire, redoutable et affamée dont j'étais convaincu qu'elle m'attraperait si je passais à portée de ses longs bras aux mains crochues. Tout le monde était donc rassuré, je ne tomberais pas dans ce trou d'eau froide. »
« Lady D'arbanville »
extrait :
J'avais erré sans but, à l'heure du crépuscule, sur les vastes terrasses au-dessus des jardins délaissés. Jadis, en pleine vigueur, leurs profusions de plantes et d'essences s'emmêlaient en un tapis chaotique et moribond, déroulé en pentes lasses jusqu'à la rivière en contrebas.
Fait exceptionnel, il ne pleuvait pas.
Loin d'ici , sur l'autre berge, par-delà l'îlot minuscule qui portait encore les ruines d'une très vieille tour, les lumières tremblantes de la cité coloraient de soufres oppressants les éternels nuages lourds qui ne se dissipaient plus, même lorsque des vents furieux tentaient de les entraîner dans leurs colères. Ce soir, le ciel grisâtre affichait par endroits des nuances diaprées, subtilement mouvantes. Le phénomène, aussi fascinant qu'inédit, était d'observation assez récente. »
Une particularité qui m'a frappé, c'est cette qualité de l'auteur à décrire la réalité et le monde imaginaire en les ajustant si adroitement qu'il est parfois difficile de savoir quand le récit vient de basculer dans l'un ou dans l'autre.
On ne sait plus où on est et c'est magique.
Le monde intérieur de Jean-Michel Archaimbault a des horizons magnifiques et des lieux secrets, des espaces lumineux et des zones d'ombres, des zones d'ombres emplies d'âmes.
https://www.legaliondesetoiles.com/Requiem-pour-Ames-d-Ombre--Jean-Michel-Archaimbault--2011_a4768.html
Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011
Un article ajouté/rédigé par JC Gapdy, astronavigateur temporel | 29/08/2022 | Lu 304 fois
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Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011
Je « L »’avais repéré, voici déjà quelque temps. La convention SF de 2022 à Bergerac ayant été l’occasion de revoir Jean-Michel Archaimbault, j’ai bondi sur ladite occasion pour m’emparer de ce recueil et le faire dédicacer puisqu’il promettait de me faire découvrir une autre facette – plus sombre ? plus étonnante ? – de l’auteur. Dans la foulée, je me jurais – croix de bois, croix de fer – d’en écrire la « critique » qui s’imposait à moi.
J’avais alors le mince espoir que les textes ne m’emporteraient pas autant que l’avais fait Seentha, SF-Opera baroque et flamboyant qui m’avait tellement envoûté que je m’étais retrouvé incapable d’en parler correctement.
Évidemment, l’espoir était ridicule… mais, car il y a un « mais » et il n’est pas des moindres donc : parce qu’il s’agit là de nouvelles, il est vite apparu qu’il serait plus facile d’en écrire les retours, et ce non pas à pas, mais presque.
J’attendais un changement de registre, de ton, de point de vue, devinant, et par le titre et par cette sombre couverture, que je ne devrais pas être déçu. Ce qui fut le cas.
Lire la suite de l’article de J.C. Gapdy pour le Galion des Etoiles :
Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011 (legaliondesetoiles.com)
Amour et liberté
Un meurtrier ne tue pas par méchanceté mais parce qu’il aime les impulsivités qui le domine, parce qu’il aime les actes dans lesquels il se retrouve, dans lesquels il se sent exister. Sa victime n’est pas un ennemi mais l’opportunité de s’aimer davantage.
Un militaire peut tuer par amour pour sa patrie, par amour pour les ordres, par amour pour les armes, par amour pour les idées qui le conditionnent.
Les marins d’un baleinier tuent par amour pour l’argent.
Les politiciens mentent par amour du pouvoir.
Les dictateurs tuent par amour d’eux-mêmes.
Nos actes sont en grande partie générés par cet amour que nous nous portons. Amour pour nos idées, nos passions, nos obsessions, nos certitudes, amour de la confrontation, toujours ce désir de convaincre… Tout est porté par cet amour pour nous-mêmes.
Lorsque nous aimons une autre personne, ne cherchons-nous pas en priorité à recevoir ce qui nous conforte dans cet amour narcissique ? Que l’autre en vienne à ne plus apporter cette nourriture égotique et nous le repousserons. Et si l'amour est vraiment là et qu'il reste à s'en réjouir, il convient d'accepter l'idée que même celui qui aime l'autre, aime ce qu'il fait et s'aime à travers cet amour qu'il donne. Il ne s'agit nullement d'une critique ou d'une présentation qui se voudrait cynique et désabusée. Pour moi, il n'y a rien de néfaste dans cet état de fait. C'est juste une réalité.
Nous sommes des toxicomanes de l’amour propre. Cet amour qui nous forme, qui nous identifie, qui nous remplit, qui nous conditionne. Personne d’autre que nous n’en est responsable. Personne d'autre que nous n'est à même de travailler sur cette affliction... Encore faut-il l'admettre.
L’état de la planète, l’état de l’humanité ne sont-ils pas les reflets de cet amour personnifié, individualisé, détourné ?
Nous avons appris à aimer ce que nous portons, appris à respecter les valeurs que nous avons reçues. Il ne s’agit que d’amour et nous aimons ce fonctionnement.
Ne devrions-nous pas apprendre à ne plus aimer ?
Cet ego qui fait qu’un industriel n’ira jamais contre son amour et sa fascination pour l’argent, le pouvoir, sa capacité à transformer la matière en valeur ajoutée, sans aucune considération pour l’équilibre ou le respect de la vie, cet amour qu’il porte et qui détruit, la solution ne serait-il pas de l’en priver ?
Mais c’est évidemment impossible… Le mal est fait et c’est pour son bien. Pourquoi s’en priverait-il ?
Alors ne devrions-nous pas apprendre à nos enfants à ne pas aimer ?
L’expression est trop effroyable…
Alors c’est qu’il faut aimer autrement.
Ou commencer à aimer vraiment.
Il ne s’agit pas de s’aimer soi mais d’aimer ce qui vit en soi. Et dès lors, cet amour devient universel puisque ce qui vit en soi vit de la même façon où que je sois.
L’industriel ne pourrait plus détruire ce qui est en lui.
L’enfant ne pourrait plus détruire gratuitement la vie de cette plante qu’il arrache.
L’agriculteur ne disperserait plus d’engrais chimiques au cœur de la vie qui est en lui.
Les Amérindiens connaissaient cet amour. Nous n’y avons vu que des « sauvages. » Les Aborigènes, les Inuits, les Tchouktches, les Lapons, les Mentawais, les Kogis… Nous les exterminons à travers la mondialisation car ils sont les images maintenues de notre violence et c’est insupportable à contempler.
Nous ne sommes que des images multiples de la vie. Nous n’existons pas individuellement autrement que sous la forme d’images. La source est commune, les gouttelettes sont innombrables.
Nous avons appris à aimer les gouttelettes jusqu’à oublier l’océan. Et chaque gouttelette, lorsqu’elle en vient à n’aimer qu’elle, porte en elle la destruction de l’océan, son assèchement.
Nous ne savons pas aimer parce que nous sommes enfermés dans notre amour pour nous-mêmes.
Beaucoup pensent qu'il s'agit de liberté.
"La vie en société me permet de vivre comme je l'entends, dans le respect des lois et ça me convient."
Mais il n'y a pas eu de choix. Le lieu de naissance ne nous appartient pas. Tout ce que nous connaissons dans notre début d'existence conditionne la suite, c'est inévitable. Nous nous adaptons à notre geôle originelle. Et il arrivera même un moment de l'existence où la personne sera en mesure, si tout se passe pour le mieux, de quitter ce lieu, d'aller chercher une autre terre, voir si c'est plus vert ailleurs. C'est une liberté que certains n'ont même pas. A moins de risquer sa vie.
Nous sommes donc libres, selon la majorité.
Nous sommes libres par exemple de prendre l'avion pour aller passer les fêtes de fin d'année dans un pays exotique. Juste un exemple de tout ce que notre liberté nous autorise. Et tout est pour le mieux puisque j'en suis heureux. Cela signifie donc que notre liberté de nous comporter comme bon nous semble, dans la limite des lois, n'induit aucune restriction quand il est pourtant évident que cela porte atteinte à tous, c'est à dire à la Terre et au clan.
"Les Kogis ne prennent pas l'avion.
-Oui, mais ce sont des sauvages qui se contentent de leurs montagnes. Ils ne voient pas l'intérêt de voyager.
-Si, ils voyagent, ils se déplacent même beaucoup, mais à pied.
-Ils vont à pied parce qu'ils n'ont pas les moyens de prendre l'avion. Ils ne sont pas libres de faire tout ce que nous on peut faire.
-Ils sont libres autrement."
Etc etc etc... Discussion sans fin.
Un iceberg fondu n’a pas disparu, il a juste réintégré la source.
C’est cette disparition qui nourrit notre peur. On apprend aux enfants à se lancer dans le monde comme autant de gouttelettes uniques. L’erreur est effroyable et il y a parmi eux les futurs industriels, les futurs baleiniers, les futurs financiers, les futurs politiciens, les futurs assassins, tous ceux qui vivront dans l’hallucination de leur amour pour eux-mêmes.
L’humanité ne connaîtra l’amour que lorsqu’elle aura disparu dans l’océan d’amour pour la vie.
Ça prendra le temps qu’il faudra. Et si l’humanité n’y parvient pas et se condamne, ça n’a aucune importance pour l’océan de vie. Son imagination est sans limite.
Alex Honnold : hors catégorie.
Pourquoi Alex Honnold se met aussi à la course à pied ?
28 décembre 2022
4 minutes
https://www.outside.fr/pourquoi-alex-honnold-se-met-aussi-a-la-course-a-pied/nocache/
Grimpeur de légende, Alex Honnold s’avère être un coureur aussi rapide que discret. Son dernier exploit en date ? La HURT (Honnold Ultimate Red Rock Traverse), un challenge combinant 56 kilomètres, 23 sommets, 14 ascensions, pour plus de 7000 mètres de dénivelé positif en un peu plus de 32 heures. Interviewé par Outside, il dévoile comment et pourquoi il combine performance extrême en escalade et course à pied.
« Je n’ai jamais été un grand coureur », nous avoue Alex Honnold, 37 ans. Certes, son niveau en la matière n’égale pas ses performances en escalade, son sport de prédilection, mais il est tout de même venu à bout de deux marathons et deux 50 km. En novembre dernier par exemple, le grimpeur a couru les cinquante kilomètres du Red Rock Canyon, terminant à la cinquième place, en 5h23. Un ultra organisé dans le Nevada, aux Etats-Unis, autrement dit, pratiquement dans son jardin. De quoi faciliter la logistique, surtout avec un bébé à la maison.
« Courir, c’est facile » détaille le grimpeur. « Parce que tu peux couvrir très rapidement une grande distance, le tout de façon relativement décontractée ». Bien sûr, courir est facile. Surtout si on compare ça à l’ascension, en solo intégral, d’El Capitan, le plus gros monolithe d’Amérique du Nord.
En octobre dernier, Alex Honnold a bouclé la HURT (Honnold Ultimate Red Rock Traverse, plutôt bien nommée : « Hurt » signifiant en anglais « faire/avoir mal ») ), un challenge stupide qu’il a concocté lui-même en combinant 56 kilomètres, 23 sommets, 14 ascensions, pour plus de 7000 mètres de dénivelé positif en un peu plus de 32 heures, près de chez lui, du côté de Las Vegas. La course étant plus pour le grimpeur un moyen de couvrir rapidement de longues distances qu’un outil d’entraînement destiné à l’escalade.
« Ce n’est tout simplement pas très utile pour progresser en escalade, parce que ça fatigue beaucoup », nous confie-t-il. Sans compter que « juste après avoir couru, je grimpe très mal « . Voilà qui nous rassure : Alex Honnold lui aussi a des limites !
« C’est un mouvement tellement fondamental »
Mais le grimpeur n’a jamais oublié ce que lui a confié un jour Corand Anker, son ami avec lequel il grimpe aussi parfois : l’alpiniste mettait un point d’honneur, à l’époque où ses enfants étaient encore jeunes, de courir un ultramarathon et de gravir El Capitan (le grand mur de 1000 mètres dans le parc national du Yosemite) une fois par an. Un défi personnel qu’Alex interprète comme un bon indicateur de condition physique de base. Rappelons tout de même qu’en escalade, il s’agit d’un objectif pour lequel la plupart des grimpeurs s’entraînent pendant des années et qu’en course à pied, seul 0,03% de la population américaine atteint !
Pour s’entraîner dans la perspective de sa longue traversée, Alex Honnold s’est retrouvé plus d’une fois à miser sur le « fast and light », autrement courir aussi légèrement équipé que possible pour gagner en vitesse. Du trail running, quoi. Une étiquette qui passe carrément au-dessus de la tête du grimpeur car pour lui, ce qui compte, c’est l’efficacité. « En fait, si je courais aussi vite, c’était souvent pour rentrer à temps dîner à la maison », se souvient-t-il. « La perspective d’un bon repas a d’ailleurs motivé la plupart de mes performances ! « , dit-il en riant.
« J’ai toujours eu beaucoup de respect pour les coureurs et la course en général », souligne-t-il. Il regrette d’ailleurs de ne pas avoir pris l’option athlètisme au lycée, elle lui aurait sans doute donner une meilleure base en aérobie, confie-t-il. . « Le mouvement de la course est tellement fondamental. M’y mettre aujourd’hui est sans doute ma façon de compenser un peu, maintenant que je suis adulte ».
« J’ai toujours eu la caisse pour marcher en montée toute la journée, mais la course me met vraiment KO »
Impossible cependant pour Alex d’estimer son volume d’entraînement en course à pied. Tout est fait aux sensations. Etonnant, quand on sait qu’il calcule tout avec précision lorsqu’il s’agit d’escalade. Il garde tout de même une approche générale : 5 à 6 km plusieurs fois par semaine, et quelques sorties à deux chiffres en montagne. occasionnellement un footing pendant les jours où il est en récup grimpe. Tout cela s’est construit sur des années d’entraînement aérobiques non spécifique autour de sa pratique de l’escalade et des marches d’approche en direction des falaises.
En guise d’entraînement spécifique pour son défi des 50 km, il a fait « une unique sortie longue » sur terrain plat. J’ai toujours eu la caisse pour marcher en montée toute la journée, mais la course me met vraiment KO ». On peut s’interroger si un entraînement plus spécifique ne l’aiderait pas à surmonter ce ressenti, mais cela pourrait aussi nuire à ses performances en escalade.
Interrogé sur son travail mental, et notamment sur le recours en course à pied à des outils qu’il utiliserait en escalade, Alex Honnold nous a répondu qu’il n’en avait pas vraiment besoin. « Là, il s’agit surtout d’aligner les kilomètres », explique-t-il. Reste que même si la course lui semble relativement facile (par rapport à un solo à des centaines de mètres au-dessus du vide), il admet avoir traversé des moments difficiles pendant ces 50 km. « Je ne peux pas vraiment dire que j’aie l’impression de voler », raconte-t-il. « J’aimerais bien que courir ne soit que joie sans effort, mais non, ce n’est pas exactement comme ça que ça se passe… ”
Le grimpeur a également appris à utiliser l’équipement de course, notamment les guêtres et les flasques. Mais aussi, sur certaines sorties très verticales, un gilet de course léger ; sans parler des gels et autres collations que connaissent bien les coureurs d’ultra. Cela dit, s’il a bien l’intention de se tenir à son défi annuel « El Cap and Ultra » à la Conrad Anker, ne comptez pas le voir de sitôt au départ de la Western States (161 km, 6000 D+).
« Je ne courrai jamais sérieusement », précise Alex qui a l’intention de s’en tenir à ses quelques sorties par semaine (au maximum), et ne se montre nullement tenté d’adopter le volume de course nécessaire pour passer la barre des 50 kilomètres.
Photo d'en-tête : Jimmy Chin
Thèmes :
Wagner, groupe paramilitaire
Cet article-là est juste destiné à montrer combien il est possible de constituer une armée privée, très bien équipée, capable de frapper n'importe où, dans des combats de grande ampleur.
C'est toujours en rapport avec la tétralogie en cours d'écriture... Je lis beaucoup, beaucoup, beaucoup et je visionne beaucoup, beaucoup, beaucoup. Avant d'écrire.
Wagner : ce qu'on sait sur le groupe mercenaire russe
5 avril 2022

CRÉDIT PHOTO,GETTY IMAGES
Légende image,
Personnel de sécurité russe en République centrafricaine : Le groupe Wagner aurait opéré dans la région.
Les services de renseignements militaires britanniques affirment que 1 000 mercenaires de la société militaire privée russe, le groupe Wagner, sont en train d'être déployés dans l'est de l'Ukraine.
Le groupe a été actif au cours des huit dernières années en Ukraine, en Syrie et dans des pays africains et a été accusé à plusieurs reprises de crimes de guerre et de violations des droits de l'homme.
Lire aussi sur BBC Afrique :
L'économie russe a jusqu'à présent bien supporté les sanctions, selon The Economist
L'UE est invitée à traiter les réfugiés africains comme des Ukrainiens
Comment le groupe Wagner a-t-il été créé ?
Une enquête de la BBC sur le groupe Wagner a mis en évidence l'implication présumée d'un ancien officier de l'armée russe de 51 ans, Dmitri Utkin. C'est lui qui aurait fondé le groupe Wagner et lui aurait donné son nom, son ancien indicatif téléphonique.
Il est un vétéran des guerres de Tchétchénie, un ancien officier des forces spéciales et un lieutenant-colonel du GRU, le service de renseignement militaire russe.
Le groupe Wagner est entré en action pour la première fois lors de l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, explique Tracey German, professeur de conflits et de sécurité au King's College de Londres.
"On pense que ses mercenaires font partie des "petits hommes verts" qui ont occupé la région", dit-elle. "Environ 1 000 de ses mercenaires ont ensuite soutenu les milices pro-russes qui luttent pour le contrôle des régions de Louhansk et de Donetsk."
"Wagner recrute principalement des vétérans de l'armée qui ont besoin de rembourser leurs dettes", explique Samuel Ramani, Associate Fellow au Royal United Services Institute. "Ils viennent de zones rurales où il y a peu d'autres possibilités pour eux de gagner de l'argent".
"Diriger une armée de mercenaires est contraire à la constitution russe", affirme Tracey German, professeur de conflits et de sécurité au King's College de Londres.
"Cependant, Wagner fournit au gouvernement une force qui est niable. Wagner peut s'impliquer à l'étranger et le Kremlin peut dire : cela n'a rien à voir avec nous."
Qui finance le groupe Wagner ?
Certains suggèrent que l'agence de renseignement militaire russe, le GRU, finance et supervise secrètement le groupe Wagner.
Des sources mercenaires ont déclaré à la BBC que sa base d'entraînement à Mol'kino, dans le sud de la Russie, se trouve à côté d'une base de l'armée russe.

La Russie a toujours nié que Wagner ait un quelconque lien avec l'État.
L'enquête de la BBC, qui a permis d'identifier les liens entre Utkin et le groupe Wagner, a également établi un lien avec Evgeny Prigozhin, l'oligarque connu sous le nom de "chef de Poutine" - ainsi nommé parce qu'il est passé du statut de restaurateur à celui de traiteur du Kremlin.
De nombreuses sociétés de M. Prigozhin sont actuellement sous le coup de sanctions américaines pour ce qu'elles appellent son "influence politique et économique malveillante dans le monde entier". Il a toujours nié tout lien avec le groupe Wagner.

CRÉDIT PHOTO,REUTERS
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Une photo de novembre 2011 montre Evgueni Prigojine (à gauche) assistant Vladimir Poutine lors d'un banquet près de Moscou.
Où le groupe Wagner a-t-il opéré ?
En 2015, le Groupe Wagner a commencé à opérer en Syrie, combattant aux côtés des forces pro-gouvernementales et gardant également des champs pétrolifères.
Il est actif en Libye depuis 2016, soutenant les forces loyales au général Khalifa Haftar. On pense que jusqu'à 1 000 mercenaires de Wagner ont participé à l'avancée de Haftar sur le gouvernement officiel de Tripoli en 2019.
En 2017, le groupe Wagner a été invité en République centrafricaine pour garder les mines de diamants. Il travaillerait également au Soudan, où il garderait des mines d'or.

CRÉDIT PHOTO,REUTERS
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Les forces du général renégat Khalifa Haftar en Libye : des membres du Groupe Wagner auraient aidé ses troupes.
En 2020, la Trésorerie américaine a déclaré que Wagner avait "servi de couverture" dans ces pays pour les sociétés minières de M. Prighozin, telles que M Invest et Lobaye Invest, et les a placées sous sanctions.
Plus récemment, le groupe Wagner a été invité par le gouvernement du Mali, en Afrique de l'Ouest, pour assurer la sécurité contre les groupes militants islamiques. Son arrivée en 2021 a influencé la décision de la France de retirer ses troupes du pays.
Samuel Ramani affirme que le groupe Wagner compte au total quelque 5 000 mercenaires opérant à travers le monde.
Quels crimes Wagner aurait-il commis ?
Les Nations unies et le gouvernement français ont accusé les mercenaires de Wagner d'avoir commis des viols et des vols à l'encontre de civils en République centrafricaine et l'UE leur a imposé des sanctions pour cela.
En 2020, l'armée américaine a accusé les mercenaires de Wagner d'avoir posé des mines terrestres et d'autres engins explosifs improvisés dans et autour de la capitale libyenne, Tripoli.
"L'utilisation irréfléchie de mines terrestres et de pièges par le Groupe Wagner nuit à des civils innocents", a déclaré le contre-amiral Heidi Berg, directeur du renseignement au Commandement Afrique de l'armée américaine.

CRÉDIT PHOTO,@RSOTM TELEGRAM GROUP
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Des membres de Wagner en Syrie
Que fait le Groupe Wagner dans la guerre actuelle en Ukraine ?
Dans les semaines qui ont précédé l'invasion de l'Ukraine par la Russie, on pense que les mercenaires du groupe Wagner ont mené des attaques sous faux drapeau dans l'est de l'Ukraine pour donner à la Russie un prétexte pour attaquer, explique Tracey German.
Aujourd'hui, des messages sont apparus sur les réseaux sociaux russes pour recruter des mercenaires en les invitant à "un pique-nique en Ukraine". Cependant, ces groupes de mercenaires portent d'autres noms, comme "Les Faucons".
Candace Rondeaux, professeur d'études russes, eurasiennes et d'Europe de l'Est à l'université d'État de l'Arizona, estime qu'il s'agit peut-être d'une tentative de se détourner du nom Wagner, car "la marque est entachée".
Des virus en attente
Je mets ce reportage ici pour le retrouver si, un jour, ma tétralogie en cours est publiée. Le scénario est parfaitement plausible.
La Terre se réchauffe et les pôles fondent, faisant apparaître une menace silencieuse. Dans ces terres gelées en permanence, appelées le permafrost, des virus et bactéries sont conservés intacts, grâce au froid, depuis des dizaines de milliers d’années, mais sont prêts à refaire surface. L’équipe d’Élément Terre s’est rendue à Longyearbyen, dans l’extrême nord norvégien, à la rencontre de chercheurs et d’habitants qui vivent avec ce danger.
Dans ce village de l'archipel du Svalbard, par exemple, sept mineurs ont été enterrés à la fin de la Première Guerre mondiale, emportés par la grippe espagnole. Le virus peut-il émerger ? La menace est-elle réelle ou fantasmée ?
Le permafrost est une boîte de Pandore dont on ne connait pas le contenu, avec des conséquences sanitaires imprévisibles.
Reportage Marina Bertsch, Florence Villeminot, Jonathan Walsh et Sonia Baritello.
L'empreinte carbone d'AVATAR 2
Je n'ai pas l'intention d'aller voir ce deuxième film. Autant j'avais trouvé l'image magnifique, une technologie effectivement stupéfiante mais le scénario guerrier de la deuxième partie et des scènes de bataille interminable m'avaient franchement déçu et lassé.
La question s'était posée pour moi de l'empreinte carbone d'un tel déploiement de haute technologie quand le film se veut porteur d'un message écologique.
Cet article reprend cette problématique et montre comment James Cameron a tenté de la résoudre. Et où on voit la puissance décisionnaire des financiers au regard de la promotion du film...
Je lis par ci par là que le message écologique est puissant et peut toucher les jeunes générations. J'aimerais alors savoir si les jeunes générations vont aller voir ce film pour son aspect "philosophique" ou pour les effets spéciaux. Et la question est donc de savoir si l'emploi considérable de cette technologie est vraiment nécessaire quand on veut développer un message spirituel. S'il s'agit de montrer la richesse extraordinaire de la nature et les conflits entre colons et peuples autochtones, le film de Terence Malick, " Le nouveau monde" est à mon sens bien plus puissant. Et je ne parle pas de la beauté de la musique de ce film au regard de la musique assourdissante du premier Avatar...
Publié le 16 décembre 2022 à 17h09
Les coulisses d’Avatar 2 sont-elles aussi écolos que le film ?
Panneaux solaires et repas végans
Temps de lecture : 6 min
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Avec Avatar : La Voie de l’Eau, James Cameron livre un grand film écologique, construit autant comme un conte que comme du grand spectacle. Mais le message d’Avatar 2 est-il cohérent avec la façon dont il a été produit ? La réponse est oui — à ceci près que c’est pour la promotion que le bât blesse.
À l’image d’Avatar, et peut-être plus encore, sa suite Avatar : La Voie de l’Eau est un chef-d’œuvre. La beauté visuelle n’est pas la seule raison, car c’est aussi dans l’écologie que ce second opus brille d’intelligence et de poésie. Ce constat est particulièrement rare à l’échelle de blockbusters.
Une question peut alors légitimement se poser : les coulisses de tournage, de production et de promotion du film sont-ils cohérents avec les messages du film ? La réalité est meilleure que ce que vous pouvez imaginer… mais n’est pas épargnée par quelques paradoxes.
Une production « zéro carbone »
Assez tôt par rapport aux usages, James Cameron a milité pour l’usage de drones, plutôt que d’hélicoptères, pour tourner les scènes aériennes. Mais le réalisateur s’est aussi engagé, dès 2012, dans une tâche ambitieuse : produire les suites d’Avatar à l’énergie propre.
Kiri, la fille de Neytiri et Jake, dans Avatar 2. // Source : Avatar : La Voie de l’Eau
L’objectif : réduire l’empreinte carbone d’Avatar 2 et d’Avatar 3, voire atteindre un bilan zéro carbone, concernant en tout cas la réalisation des films. Il détaillait alors durant un reportage de l’époque : « Je ne veux pas que les gens puissent venir me voir à la sortie en me disant ‘vous êtes un écologiste faisant un film sur comment on devrait se comporter et pourtant vous utilisez toute cette énergie pour alimenter ces ordinateurs’. J’ai entendu cette critique, quand on a fait le premier film, donc on a fait quelque chose pour ça. »
Il y a dix ans de cela, donc, James Cameron s’engageait dans la construction de panneaux solaires pour le studio principal de tournage et de production de sa saga — afin que cette énergie solaire alimente en électricité les ordinateurs et les systèmes de capture de mouvement.
« Nous avons fait installer un mégawatt de panneaux solaires sur le toit de notre studio »
James Cameron
C’est donc ainsi que La Voie de l’Eau, et le troisième opus pour 2024, ont été réalisés. « Nous avons établi très tôt quelle serait la quantité d’énergie nécessaire et, à la suite de ces études, nous avons fait installer un mégawatt de panneaux solaires sur le toit de notre studio. Non seulement ils ont fourni l’énergie nécessaire pour tous nos ordinateurs et nos serveurs, mais nous avons obtenu en prime un surplus que nous avons pu vendre aux Manhattan Beach Studios », rappelait récemment le réalisateur, au magazine Trois Couleurs. « C’était donc une très bonne affaire financièrement, en plus de nous garantir une empreinte carbone négative. »
Des repas végans sur le tournage
La mise en pratique des messages du film ne s’arrête pas là. Avatar : La Voie de l’Eau aborde la protection des espèces — un propos d’autant plus pertinent à l’époque de la 6e extinction de masse causée par les activités humaines. Si James Cameron est végan (non-consommation de tout produit de provenance animale), qu’en est-il des tournages ?
Les espèces marines de Pandora sont à l’honneur dans cette suite // Source : Avatar La Voie de l’Eau
Là encore, le réalisateur a impulsé une mise en cohérence : l’intégralité des repas servis dans les selfs des studios étaient des plats végans. Pour tous les studios, toutes les régies, toutes les sections de capture de mouvement — bien que tout le monde était évidemment libre d’aller manger ailleurs que dans ces cantines.
« Nous devons vivre nos vies, en tant que personnes travaillant sur ces films, en cohérence avec le message des films. »
James Cameron
Il a expliqué à Deadline : « Je me suis assis avec toute l’équipe — environ 130 personnes alors — et j’ai dit : ‘Ces films, nous ne les faisons pas seulement pour gagner de l’argent ou pour faire des images cool et imaginatives avec des animations incroyables. Nous les faisons dans un but plus élevé, parce qu’ils signifient quelque chose. Et nous devons agir en conséquence. Nous devons vivre nos vies, en tant que personnes travaillant sur ces films, en cohérence avec le message des films. Nous allons donc tous manger végan sur cette production.’ Vous auriez pu entendre une épingle tomber dans une pièce de 130 personnes. »
La limite : la promotion du film ?
Voilà qui dresse un tableau assez positif des coulisses d’Avatar 2 et d’Avatar 3 en matière d’empreinte environnementale. Un élément reste toutefois encore en suspens dans l’équation : la promotion du film. C’est là que le bât blesse pour un blockbuster. Évidemment, il y a l’ensemble des trajets, en avion notamment, entrepris par l’équipe du film. S’ajoutent les écrans publicitaires. Et la liste de ces ingrédients pourrait être plus longue.
Le clan Metkayina est le peuple maritime de Pandora. // Source : Avatar 2
Mais ce qui a le plus attiré l’attention des fans de la franchise est une vidéo prise au Japon, début décembre, où l’équipe du film (dont James Cameron) assiste à un spectacle promotionnel impliquant des dauphins captifs. Or, le Japon est réputé pour sa cruauté dans la capture de cette espèce. La situation contrevient pleinement aux idées de James Cameron et à ce que défend le film. Une phrase du réalisateur semble d’ailleurs teintée à demi-mot de son propre malaise : « Je suis sûr que tout le monde leur a demandé la permission pour les intégrer au spectacle… J’aime ces animaux, j’aime leur intelligence. »
Qu’en est-il de la cohérence sur laquelle le réalisateur a tant travaillé pendant 10 ans ? La réalité derrière cette séquence est assez limpide : l’équipe n’a pas eu son mot à dire. La distribution est gérée à l’échelle du studio de production (20th Century Fox / Disney) et les événements auxquels assister sont contractuellement imposés. Il semblerait que personne, au département marketing, n’ait perçu (ou eu envie de percevoir) l’absurdité de la situation. Si le studio est peut-être prêt à concéder des efforts dans le processus de création, étant donné le poids de Cameron à Hollywood, les enjeux financiers pour la réussite du film en salles sont une tout autre histoire. Et l’Asie est un marché conséquent.
Il y a d’ailleurs un passif en la matière, puisqu’on sait que James Cameron et la Fox s’étaient déjà opposés par le passé. Un cadre de la production aurait demandé, pour le premier film, à ce que le message environnemental soit tout bonnement… supprimé. « Il y avait une inquiétude, concernant Avatar, que les thèmes environnementaux — explorés à un niveau profond et spirituel — nuisent au film. Quelqu’un à la Fox, qui n’est plus là aujourd’hui, a dit : ‘Y a-t-il un moyen de réduire ces conneries de New Age, d’écologistes et de hippies ? », relatait-il en 2011.
Alors : Avatar, blockbusters écolo ou non ?
Indéniablement, Avatar 2 : La Voie de l’Eau est d’autant plus unique en son genre que la dimension écologique au cœur du film est cohérente avec son processus créatif — tout du moins en partie (ce qui est déjà beaucoup pour un blockbuster mettant en jeu des dizaines de millions de dollars). Il est donc vrai que James Cameron a su changer les choses et pousser la logique aussi en coulisses.
Le biome de Pandora fait rêver. // Source : Avatar 2
Mais la réalité d’un monde où l’écologie n’a pas tant que cela sa place dans la prise de décisions est vite revenue en pleine figure de la saga : pour diffuser le message d’Avatar, il faut passer par le circuit type de l’entertainment, lui-même empreint de capitalisme et donc d’une considération assez faible pour l’écologie.
Sauf que James Cameron l’a dit lui-même en 2012 : il avait été touché par les critiques sur le coût énergétique de production du film, et c’est aussi pour cela qu’il a eu la motivation d’améliorer cet aspect. Le buzz de la vidéo prise au Japon ne restera probablement pas lettre morte en coulisse. Les fans, qui aiment la saga et le réalisateur pour leur amour du vivant, peuvent légitimement ressentir de la déception. On peut toutefois imaginer que, pour Avatar 3, une telle situation en inadéquation totale avec l’œuvre devienne impossible.
Il y a par ailleurs un tableau plus large encore. L’impact d’Avatar sur la société n’est autre qu’une vaste diffusion de la conscience écologique — c’est aussi dans les imaginaires que cela se joue. Et l’impact de sa production sur Hollywood est une démonstration objective que certaines méthodes plus positives sont tout bonnement… possibles !
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Notre podcast La 6e extinction, écrit et narré par la vulgarisatrice scientifique Marie Treibert, explore la crise du vivant causé par les activités humaines… mais avec des notes d’espoir ! Les épisodes sont disponibles sur toutes les plateformes d’écoute. Le premier épisode aussi à découvrir sur le player ci-dessous :
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SEENTHA de Jean-Michel ARCHAIMBAULT

SEENTHA de Jean-Michel ARCHAIMBAULT
éditions Rivière blanche (2009)
Je ne lis plus de SF depuis bien longtemps après avoir pourtant adoré Asimov, Van Vogt, Silverberg, Anderson, Dick, Sturgeon, Stefan Wul, etc...
Je ne connaissais donc pas Jean-Michel Archaimbault. Et sans aucune hésitation, je le range avec les auteurs cités ci-dessus.
Plus d’une fois, lorsque j’étais jeune, je me suis demandé si ces auteurs de SF n’étaient pas des esprits revenus d’un futur lointain.
Autant, il est aisé de se documenter sur les faits passés pour écrire un roman historique, autant j’ai toujours trouvé fascinant l’imagination de ces auteurs de SF capables de créer des mondes inconnus, des technologies qui dépassent mon entendement, sans aucune possibilité de puiser dans des connaissances étayées, connues de tous, à travers des faits anciens.
Là, tout est à inventer et il faut pour cela une imagination qui me sidère. Ou alors user de souvenirs d’une vie qui n’a pas encore pris forme dans l’époque en cours, une vie qui vient d’un temps qui n’a pas encore existé.
Je pense donc que Jean-Michel Archaimbault vient du futur.
Je ne développerai pas le fond de ce roman parce que la richesse ne se décrit pas, au risque d’en donner une vision appauvrie. C’est un roman de SF, une œuvre totale, un espace au-delà du connu. Pour ce qui est de la forme, c’est magistral. D’une part parce que le foisonnement de termes et de descriptions de technologies dont j’ignore s’ils existent ou s’ils sont pures inventions ne sont jamais source d’égarement ou de lassitude. Bien sûr, il m’a fallu accepter de plonger dans ce bain linguistique et de ne pas en saisir à coup sûr la pleine compréhension. Je me suis donc laissé emporter par le flot et il est arrivé un moment dans la lecture où je lisais ces termes comme si je les avais toujours fréquentés et c’est là que j’ai réalisé que l’ensemble du texte contenait tout ce dont j’avais besoin pour être happé.
L’histoire est complexe mais les personnages ont une densité si forte qu’ils l’emportent sur cette fatigue qui aurait pu survenir s’il ne s’était agi que d’une description de technologies toutes plus fascinantes les unes que les autres. L’humain prédomine. Les relations sont plus prenantes que les vaisseaux les plus sophistiqués, que les technologies les plus étourdissantes.
Bien sûr que la trame a une importance considérable. Aucun roman ne peut être aimé en dehors de son histoire, qu’elle que soit la maîtrise de l’écriture. La technique n’a pas de vie, elle doit la servir. Tout comme un roman dont l’histoire est fascinante n’aura pas d’existence s’il n’est pas nourri par une technique d’écriture incontestable.
Ici, les deux paramètres sont réunis.
Plus d’une fois, j’ai tenté d’imaginer l’auteur devant ce défi de maintenir une écriture aussi riche et une histoire aussi foisonnante d’idées, cette projection dans un futur aussi lointain, des technologies aussi étourdissantes. Quelle est la vie intérieure d’un esprit capable d’imaginer cela ? Quel est son rapport avec la vie quotidienne de notre époque ? D’où viennent des pensées aussi éloignées de notre réalité ? Je n’ai pas la réponse et c’est une interrogation qui me renvoie inévitablement à cette hypothèse qu’il s’agit d’un esprit revenant d’un futur qui nous échappe, à nous, humains contemporains.
Fascinant.
Je ne connais rien à l’œuvre de Wagner et à son « Hollandais volant ». Je ne connais pas grand-chose de la mythologie. Et je n’en ai éprouvé aucun manque. De ce que j’ai lu sur ce roman, des divers commentaires trouvés sur le Net, j’ai toujours vu citées ces références. Mon ignorance n’a aucunement amoindri mon plaisir à cette lecture. Cette histoire, pour moi, existe en dehors de ces cadres artistiques même si j’imagine que l’auteur a tenu à témoigner par ce roman de son admiration pour l’œuvre de Wagner, pour les opéras, pour la mythologie. L’idée d’inclure tout cela dans le cadre d’une histoire appartenant à la science fiction était un défi de taille.
Mission accomplie.
Seentha | Jean-Michel Archaimbault | 2009
Un article ajouté/rédigé par Koyolite Tseila, capitaine | 23/07/2018 | Lu 1701 fois
https://www.legaliondesetoiles.com/Seentha--Jean-Michel-Archaimbault--2009_a3476.html
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Seentha | Jean-Michel Archaimbault | 2009
Cet ouvrage débute par un prologue chargé et peu digeste(1) d’une vingtaine de pages. Là, je dois dire en toute sincérité que j’ai galéré pour affronter ce passage obligé. La lecture du prologue terminée, je souffle un peu. Puis, arrive l’acte premier qui s’ouvre avec la scène 1 qui se déroule dans l’espace, à bord du vaisseau Aniara II, à deux mille six cents années-lumière de l’amas des Hyades. Et là, tout à coup, je retiens mon souffle, happée par les premières phrases du chapitre ! Dès lors, impossible de lâcher cet ouvrage jusqu’à son acte dernier !
Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec cet ouvrage, et j’ai été agréablement surprise par cette lecture. Quelle belle découverte ! Pour ne point gâcher votre plaisir de lecture, je n’entrerai pas dans les détails du récit. Sachez simplement que « Seentha » est en quelques sortes une revisite à la sauce SF des opéras « Le Hollandais Volants » et « Tristan et Iseut » de Richard Wagner, soupoudrés de mythologie nordique. On y retrouve les thèmes majeurs de ces deux œuvres, tels que l’errance, l’arrivée d’un personnage inconnu, le sacrifice et l’amour absolu qui a un goût de folie et de mort. Chers lecteurs, soyez prêts à prendre part à un jeu cruel aux dimensions du cosmos !
Lire la suite de l’article de Koyolite Tseila pour Le Galion des Etoiles :
Seentha | Jean-Michel Archaimbault | 2009 (legaliondesetoiles.com)
"Pardon, pardon..."
Désespérant, effarant, d'une tristesse immense. "Pardon, pardon..." Nous devrions tous le dire et puis nous engager, corps et âme, parce que les mots ne suffisent pas.
Cette semaine, on a passé le cap des deux cents plantations, arbres, arbustes, haies fruitières. Quand on court en forêt, on repère des jeunes arbres qui poussent sur le sentier, sur une piste forestière, au bord d'une route, tous ces arbres dont l'espérance de vie est très réduite. Alors on revient avec une binette et on les déterre pour les planter sur notre terrain, là où ils auront un avenir assuré. Une petite forêt qui nous survivra.
https://lareleveetlapeste.fr/proteger-les-forets-pour-proteger-leau-donc-la-vie-tribune-dun-forestier/
Protéger les forêts pour protéger l’eau, donc la vie : tribune d’un forestier
Et si cette protection des sols et de la résilience forestière naturelle, qui a juste besoin du temps et de l’espace nécessaire, ne deviennent pas une priorité absolue, si l’on ne prend pas conscience qu’il faut dès à présent s’adapter au temps dont elle a besoin, et non plus essayer de l’adapter au temps de nos courtes générations, alors nous allons, très vite, le payer, et très cher.

27 février 2020 - La Relève et La Peste

Forêts est le seul livre en France à faire un tour d’horizon aussi complet sur notre monde végétal. Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation… bien d’autres sujets vous attendent pour vous émerveiller et vous donner une dose d’inspiration positive.
- Thème : Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation, santé…
- Format : 300 pages
- Impression : France
Ecrit en fin d’année 2019 par un forestier de l’ONF, membre du Snupfen-Solidaires de Franche-Comté, nous avons décidé de relayer son cri du cœur, plus que jamais d’actualité. Alors que l’ONF est en proie à une privatisation qui menace les forêts françaises, son témoignage nous appelle à regarder les choses en face, à faire le deuil de ce que nous avons déjà perdu, et à agir.
J’ai commencé en 1998… Une autre époque. Un triage de 800 hectares, deux communes. Le temps de faire les choses bien, propres, dans le détail. Le temps de discuter avec le papy qui sort son bois de la tourbière avec sa brouette, d’échanger avec les bûcherons, les ouvriers, pour qu’ils me racontent aussi, qu’ils m’apprennent.
Les plus beaux hêtres se tranchaient à 3500 francs du mètre cube, et les feuillus précieux flambaient, vendus à la pièce sur les parcs à grumes, jusqu’à 90 000 francs du mètre cube ! Du jamais vu…
En ce temps-là, les marteaux étaient toujours au coffre, à la division, gardés comme un trésor. On ne coupait les feuillus qu’en hiver, hors sève, et on attendait le gel pour débarder. Le bûcheronnage était saisonnier… comme les dégagements sylvicoles.
Et puis, le 26 décembre 1999, j’ai compris. J’ai compris qu’on ne maîtrise rien, tout forestier qu’on soit. Qu’on ne sait rien de l’avenir, du possible ou de l’impossible. Que la nature, quoi qu’il arrive, a le dernier mot. J’ai vu mes collègues perdre toute leur vie de travail en deux heures. Perdre tous leurs repères…
Le monde entier est venu acheter du bois : on a rempli des wagons, des containers, qui partaient jusqu’au bout du monde. On a cubé pendant des mois, tous les jours, des milliers de mètres cubes, des kilomètres de grumes le long des routes. On était les forestiers de l’an 2000, et on avait l’impression de vivre l’apocalypse forestière…
Mais la forêt a repoussé, riche de cette glandée qu’on attendait depuis quinze ans, de toutes cette fructification miraculeuse, juste avant Lothar.
Elle savait, la forêt.

Crédit : Zoë Gayah Jonker
Nous, forestiers de l’an 2000, allions passé notre vie à mener ces peuplements issus de cette terrible tempête. Mon premier triage ravagé, j’ai découvert la sylviculture extensive, le cassage, le traitement irrégulier. Dans des trouées de 200 hectares, les ouvriers ont repris le croissant. Et ils étaient contents. Et c’était beau toute cette régé mélangée, riche, vive…
C’était beau, même s’il fallait lutter encore, pour que les crocodiles qui voulaient profiter de la tempête ne mettent pas la main sur ces forêts, ne massacrent pas les sols pour en faire des lotissements, des routes, des carrières, à coup de milliers d’euros.
Des millions promis en masse aux communes sinistrées, et même aux directions qui voyaient d’un bon œil arriver les 12% de ces jolis millions promis… Il a fallu convaincre, défendre, tenir bon malgré les menaces, montrer aux élus toute la richesse de ces milieux meurtris mais si importants…
Et puis il y a eu la réforme aussi. On a lutté, oui, de toutes nos forces je crois. C’était beau. Nous étions ensemble, solidaires. Je pense vraiment qu’on a réussi à éviter le pire, malgré tout. Mon deuxième triage, sur 7 forêts, a pris d’abord une, puis trois, puis 5 forêts supplémentaires au fil des années. On m’a changé d’équipe, on m’a retiré les forêts debout pour des forêts rasées. On a eu la canicule aussi, en 2003, son lot de chenilles, de scolytes…
On s’est mis à marteler à la peinture, toute la journée, toute l’année. A couper les bois en toute saison, à débarder par tous les temps, pour les ventes. Tout s’est mis dans le même rythme. Mais toujours, toujours la forêt repoussait.
On nous disait tout ce qu’on ne ferait plus, que tout irait bien, parce que les communes s’en débrouilleraient plutôt que de payer. Mais elles payaient, les communes, cash, pour que surtout rien ne change.
A la seizième forêt qu’ils m’ont rajouté, j’ai dit non. Stop. J’ai laissé mes 500 cessionnaires, mes papys, mes conseils municipaux, mes petites et grosses mairies, mes bucherons caractériels. J’ai choisi la montagne, plus loin, plus dure, plus rude, mais si belle aussi… La forêt des pentes et des roches, mélangée, jardinée. La francomtoise. J’y ai retrouvé le marteau et les saisons…

Crédit : Thomas Tixtaaz
Et moi qui m’étais juré de ne jamais porter d’étiquette, j’ai sauté le pas : j’ai pris des engagements, vraiment, au Snu. J’ai porté ses valeurs, son cri, car c’était aussi les miens : quelles forêts pour nos enfants ?
On a lutté oui, de toutes nos forces, défendu ces forêts et leurs forestiers.
J’ai découvert le mépris aussi, de ceux qui font semblant de nous écouter mais qui n’entendent rien, parce qu’ils savent mieux. Mais le mépris aussi de ceux qui se demandent toujours : « Mais que font les syndicats ??? » J’ai pris la morsure des sous-entendus…
Ben oui parce que quand tu sièges tu n’es pas sur ton triage, donc tu ne fais rien. Et quand tu n’obtiens pas ce que veulent ceux que tu représentes, c’est que tu ne sers à rien, que tu es vraiment nul, que tu vas juste glandouiller avec tes potes pendant que les autres bossent !
Et si tu ne sièges plus parce que cette mauvaise foi en face est juste insupportable, ce gouffre entretenu entre la direction et notre réalité quotidienne, la malhonnêteté des promesses jamais tenues, quand en face de toi les dirigeants eux-mêmes s’assoient sur la loi pour faire la leur, quand tu renonces parce que même si tu dis non ça ne change rien, les autres, ceux qui restent en forêt sans surtout en sortir, tu les entends encore : mais que font les syndicats ?
Et toi, tu fais quoi ?
J’ai vu les dépressions des collègues autour de moi, les burn-out. Les départs en retraite non remplacés. Les collègues déçus, aigris, plein d’amertume, partir soulagés en nous souhaitant bonne chance et bon courage. Les contractuels non renouvelés.
Mais il y a eu des belles choses aussi. J’ai vu les jeunes arriver, motivés, heureux. On s’est mis à garder des bois bio, à tenir compte ça et là des sols, des oiseaux, de toutes ces espèces en train de disparaître. Les réseaux naturalistes se sont développés. Je me suis enrichie de toujours plus d’expériences, d’échecs et de réussites, de petites victoires et de grandes déceptions.
Et puis, toujours, nourrissant, ces petits moments de grâce dans le quotidien du forestier : la lumière dans les houppiers dans les fins de journée d’automne, le givre qui fige la moindre brindille au petit matin, le faon niché et tremblant sous la ronce, la mer de nuage sous la crête… Le chant d’une Tengmalm au détour du chemin, le grand tétras levé au bout d’une virée … Tous ces petits riens qui font de ton métier l’un des plus beaux, que tu ne changerais pour rien au monde.

On s’est adapté aux nouveaux services, aux nouveaux départs, aux expérimentations, au TDS, aux nouvelles directives, aux contre-ordres, aux notes de service, à Teck, à ProdBois, aux services qui se vident, aux postes jamais pourvus, aux intérims interminables.
J’ai appris à dire non, encore. C’est très mal vu, mais salutaire.
On a aussi martelé des peuplements entiers de chênes de 45 au-dessus de rien, parce qu’il y avait du retard dans les aménagements, parce que la surface d’équilibre, parce que ceci, parce que cela. J’ai vu les prix des bois chuter toujours plus bas, remonter parfois avant de redescendre, la direction demander de prélever plus pour compenser.
J’ai vu des bûcherons payer toujours plus de charges sans pour autant gagner un euro de plus. 100 francs du mètre cube en 1999, 15 € en 2019 : étrange, mais ça n’a pas bougé. J’ai vu des gros bois partir en tritu : des siècles de croissance pour finir en lamellé collé dans un meuble en kit qui finira à la déchetterie dans dix ans… Pour 38 €, 250 balles…
Je ne m’y fais pas, ça me fait toujours mal, à chaque fois. Je préfère les savoir mourir en forêt de leur belle mort.
J’ai vu des machines de plus en plus grosses, de plus en plus lourdes, sortir tout de la forêt, parfois jusqu’aux feuilles et aux aiguilles. J’ai vu des forestiers retourner marteler parce que l’objectif n’était pas atteint. J’ai senti l’amertume de ceux qui n’avaient pas eu le concours, l’examen, des contractuels payés au lance-pierre et gentiment remerciés. Pour boucler le budget on a fermé le campus, vendu les Arcs, vendu le siège pour mieux le louer ensuite.
J’ai vu le bon sens se perdre, comme fondu, au nom du chiffre, des objectifs, et du budget …
Et puis il y a eu 2019. Ce printemps-là, j’ai compris plus encore. En 2019, les sapins se sont mis à sécher même en hiver… Même les plus beaux, surtout les plus beaux, les plus vieux, les plus grands, les uns après les autres, se sont éteints, comme ça, soudain. Il s’est mis à pleuvoir des feuilles et des aiguilles, en plein été, même dans les jeunes peuplements, même dans les peuplements les plus mélangés, les plus sains, même en RBI.
En plus des frênes qui mourraient déjà, se sont mis à sécher les hêtres, les sapins, les épicéas. Le paysage a changé, très vite, en quelques mois… J’ai marqué des bois secs ou en train de mourir tous les jours. Tous les jours.

Crédit : congerdesign
Et j’ai compris que moi, forestier de l’an 2000, je ne laisserai peut-être rien derrière moi… Rien du travail de toutes ces générations de forestiers, rien de ces vingt ans à y croire si fort.
Le gibier en surpopulation bouffe tout en dessous, tout sèche au-dessus. Le gel de mai a cramé les feuillus, puis ils ont pris la canicule de juin, puis celle de juillet, puis celle d’août. En octobre, les scolytes continuaient encore dans les épicéas.
Et j’ai pleuré, oui, j’ai pleuré. Je n’ai pas honte de le dire.
J’ai pleuré en martelant des sapins centenaires, qui se dressaient si fièrement hier encore. Je leur ai demandé pardon, à eux qui ont traversé les deux guerres, la sècheresse de 76 et celle de 2003, qui ont survécu à Lothar, à la neige, au vent, aux orages et aux crues…
Pardon, pardon pour les hommes… pardon pour tout ce carbone rejeté sans conscience, pardon pour cette insouciante surconsommation perpétuelle, pardon pour cette chaleur implacable qui vous tue… On savait, depuis longtemps, mais on a continué, comme si de rien n’était… Pardon, pardon…
On a tous, chacun, notre responsabilité. Parce qu’on n’a pas entendu, pas cru, parce qu’on a pensé que c’était pour demain, et que demain ce ne serait pas pour nous, pas pour eux… Parce qu’on s’est laissé convaincre, qu’on a laissé gouverner les crocodiles, préservé notre petit confort… Parce que la lutte n’a pas suffi…
J’ai compris que mes petits enfants ne connaitraient pas ces forêts de grands bois, si fiers, si riches… Que le monde qu’on a connu jusqu’ici ne sera plus jamais le même. Il y a, à un moment donné, quelque chose qui s’est brisé en moi…
On m’a dit de ne pas m’inquiéter, que ce n’était pas si grave. Que ça allait s’arranger. S’arranger ? Les étés à venir ? Les canicules, les sécheresses, les parasites, les tempêtes, les crues ? Non, soyons réalistes, honnêtes avec nous-même. Ça ne va pas s’arranger. Nous le savons très bien.
Les sapins, les hêtres, ne sont pas faits pour des températures de 40°, des nuits sans rosée. Le chalara, les chenilles, les scolytes, non, ça ne va pas s’arranger.
Au bout de six mois, oui, finalement tout le monde a reconnu qu’il y avait là une crise, grave. Il y a des embauches de CDD, non affectables aux triages vacants bien sûr, des financements pour les camions qui emmènent les bois au large. Mais le feuillus précieux partent chez Ikea, les scieurs locaux n’ont plus de contrats, il a fallu leur vendre nous-même nos lots sans le service bois. On continue de marcher sur la tête, à l’envers…
Mais depuis quelques semaines, je sais, moi, forestier de l’an 2000, quel est mon projet pour les 20 prochaines années. Parce que comme il y a vingt ans, les crocodiles vont revenir à l’assaut, auprès des communes démunies. Ils vont essayer de convaincre, promettre les milliers, les millions d’euros.
Si nous n’avons, nous, en face, qu’un argument de dépenses et de plantations aléatoires à leur proposer, qui s’adapteront peut-être malgré les printemps secs, malgré le gibier, à coup de subventions, ou pas, si c’est ça notre réponse, on va droit dans le mur.
Mais la forêt, résiliente, toujours, s’adaptera. Il faut juste lui laisser le temps et l’espace nécessaire. Préserver à tout prix, cet espace, et ces sols.
Ce ne seront plus les mêmes forêts, les mêmes arbres. Le climat nouveau est arrivé, et ce sont d’autres essences, d’autres équilibres qui vont se mettre en place. La forêt nouvelle s’adaptera. Laissons-lui juste le temps, les dizaines d’années nécessaires.
Mais en attendant, nos arbres ne tiendront plus les sols de montagne, les roches, ne retiendront plus les crues, ne réguleront plus l’eau, là-haut. Alors partout, jusqu’au plus bas de la plaine, tous en subiront les conséquences. Nous n’en avons pas fini avec les inondations, ni avec les sécheresses.
Malheureusement si nous, forestiers, sommes aux premiers fronts, je crains que tant qu’il y a de l’eau au robinet, peu de gens prennent vraiment conscience de l’urgence, de la gravité de la situation. Mais il va venir très vite le moment où l’eau ne coulera plus au robinet. Bien plus vite qu’on ne le pense, car nous sous estimons largement la part de la biosphère dans les équilibres climatiques.
La disparition de la forêt, même juste pour un temps, même juste pour une ou deux générations humaines, c’est la disparition de la régulation de l’eau.

Crédit : Jp Valery
Et ce n’est pas en jouant aux apprentis sorciers, en espérant accompagner les migrations des espèces végétales sans que l’on sache du tout quelle sera l’évolution du climat dans 10, 20, 60 ans, en plantant tout et n’importe quoi n’importe où, qu’on va éviter ça.
Non, le boulot du forestier d’aujourd’hui et de demain ne sera plus de produire ou de récolter du bois, ouvrons les yeux, mais bel et bien de protéger les forêts pour protéger l’eau, donc la vie.
Protéger les forêts pour protéger l’eau, donc la vie. Pas seulement celle de la faune et de la flore, mais toute la vie, de toutes les espèces, nous compris.
Et si cette protection des sols et de la résilience forestière naturelle, qui a juste besoin du temps et de l’espace nécessaire, ne deviennent pas une priorité absolue, si l’on ne prend pas conscience qu’il faut dès à présent s’adapter au temps dont elle a besoin, et non plus essayer de l’adapter au temps de nos courtes générations, alors nous allons, très vite, le payer, et très cher.
J’ai reconnu cette brisure en moi, je l’ai reconnue car je l’ai vue dans les yeux de mes collègues en 2000. Mais cette brisure j’en ai fait une force aujourd’hui : mes yeux sont ouverts, je sais où est ma place, quel est mon rôle. Si le quotidien reste difficile, je sais, moi, mes priorités absolues.
Et je sais combien chacun a besoin du forestier pour être là, pour protéger ce qui survit des feux à venir, de la destruction des sols forestiers, de la pollution et des crocodiles. Gageons qu’il faudra beaucoup, beaucoup de temps avant que cette prise de conscience monte jusqu’aux cerveaux encombrés de nos dirigeants.
Espérons que lorsque l’eau ne coulera plus au robinet, que lorsque la Seine aura envahi Paris, ils feront le lien, et réfléchirons non plus en euros, mais avec du bon sens, non plus à échéance électorale, mais à l’échelle de la vie.
Je suis forestier de l’an 2000, et la première chose que j’ai apprise, lorsque j’avais vingt ans, c’est que le forestier doit avant tout préserver sa surface forestière, l’état forestier. C’est ce qu’il y a de plus difficile, mais c’est notre métier, avant tout. Il est plus que jamais fondamental aujourd’hui. Tout ce que nous pourrons préserver donnera une chance supplémentaire à nos enfants, à nos petits-enfants, de connaître les arbres, les forêts, l’eau. De survivre… Ne l’oublions jamais.
27 février 2020 - La Relève et La Peste
"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"
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