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LE DÉSERT DES BARBARES (5) : de l'amour à la folie

Par Le 22/01/2023

C'est la question essentielle de cette histoire :

Est-ce fou de tuer par amour ou est-ce fou de laisser mourir l'être aimé par refus de tuer ? 

 

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CHAPITRE 26

Théo et Laure avaient vérifié les armes, pris les sacs de survie, fermé toutes les entrées de la ferme puis ils avaient pris la route. Ils avaient rejoint la vallée de l’Isère par une piste forestière. Lorsque les arbres s’ouvraient et laissaient les regards plonger vers la vallée, ils distinguaient des incendies. Des flamboiements épars et simultanément l’absence totale de lumières électriques. Théo s’était arrêté sur un replat, il avait coupé le contact et il avait ouvert la vitre. Laure l’avait imité. Le silence. Aucun bruit, aucun moteur. Cette rumeur de l’activité humaine, ce ronflement permanent qui occupait la vallée habituellement, rien, il n’en restait rien. Théo n’avait jamais entendu ce silence. Même à la suite des plus forts enneigements, il restait toujours dans la vallée un fond sonore. Ce silence n’avait plus rien d’humain. C’était le silence d’un monde sans hommes.

Ils traversèrent la rivière par le pont de Goncelin, le seul encore praticable. Les informations de son ami policier s’avéraient justes.

Ils étaient sidérés par le spectacle des routes. Dans le faisceau des phares, ils apercevaient des carcasses de voitures incendiées, des maisons vandalisées, ils devinaient dans des ombres épaisses les usines calcinées, les hangars éventrés, les dépôts saccagés, des destructions généralisées, comme une armée dévastatrice qui serait passée, la terre brûlée des Barbares.

« Je vais prendre le chemin de halage le long de l’Isère. Je ne veux pas traverser les villages, expliqua Théo.

- Tu ne pourras pas éviter le passage à Theys, répliqua Laure.

- Si, ne t’inquiète pas pour ça. Je connais toutes les pistes.  »

La vallée du Grésivaudan, le versant de Chartreuse, le versant de Belledonne, la rivière de l’Isère entre les deux. Tous les villages de la vallée avaient subi les foudres des hordes sauvages, c’était une certitude. Les villages en altitude avait peut-être réussi à organiser la défense des habitants. Les pistes forestières permettaient de les éviter puis les pistes de ski les conduiraient au sommet des crêtes d’où ils basculeraient sur le versant de la vallée d’Allevard. Le 4X4 n’aurait aucun problème. Récupérer Yves et Lisette et revenir par le même itinéraire. C’est pour eux que le périple risquait d’être plus compliqué. Avec un simple fourgon, ils n’avaient pas d’autre choix que d’utiliser la départementale, traverser Allevard et les villages le long de la montée vers la station. Est-ce qu’ils passeraient ?

Théo garda ses inquiétudes pour lui. Laure ne disait rien. Il sentait sa tension.

Les pistes forestières étaient dégagées. Toutes praticables. Théo connaissait parfaitement la station des sept-Laux. Des heures de VTT, de trail et de ski de randonnée quand il était plus jeune. Le défouloir vital dans ses premières années de flic. Son engagement dans l’aménagement de sa base de survie l’avait éloigné des sommets.

Les phares puissants du 4X4 ouvraient la route. Il avait replacé sur le capot, côté conducteur, un phare halogène orientable. Laure lui avait demandé pour quelle raison, il ne le laissait pas en permanence.

« Parce qu’on me l’aurait volé à ma première descente en ville. Grenoble, c’est pas un coin fréquentable. Les journalistes qui disent que la montagne, c’est dangereux à chaque fois qu’il y a un mort en alpinisme ou à skis, franchement, je leur collerais volontiers des baffes. Qu’ils viennent passer une semaine en ville, ils auront une idée réelle de ce qui est dangereux. Il y a deux ans, j’ai demandé à une connaissance au ministère de l’intérieur de me filer toutes les statistiques sur les faits d’armes et violences. Normalement, ça ne sort pas des bureaux. Les chiffres dont on entend parfois parler sont faux. Ce sont des chiffres politiques. La réalité, personne n’en a idée. »

Au passage du col, Théo arrêta le véhicule.

« Dans dix minutes, on est au parking. J’avais compté une heure de marge. Mais je voudrais écouter ça encore. »

Il coupa le moteur, éteignit les phares.

Il ouvrit la porte et descendit.

Elle le rejoignit et se blottit contre lui, le dos contre son ventre. Il l’enlaça.

La nuit étoilée et les incendies dans la vallée. Des lueurs puissantes vers Grenoble.

Et le silence. Si dense, si intense, si épais qu’il en coulait dans leurs poumons et ralentissait les respirations.

« Le silence. Tu n’imagines pas à quel point, j’ai rêvé de ce silence. Je l’ai même espéré. Mais je ne pensais pas que ça pourrait arriver en aussi peu de temps. L’humanité est une entité fragile, ça fait longtemps que j’en suis convaincu. Elle est fragile parce qu’elle porte en elle une puissance destructrice qu’elle n’imagine même pas. L’humanité s’est étendue depuis des millénaires avec une réussite totale, elle a tout conquis, elle s’est tout attribué mais il y a un élément qu’elle ne maîtrise pas, c’est sa folie. La folie de chaque humain, elle est en nous, en toi, en moi, n’importe qui. Nous la contenons, individuellement. Non pas juste par respect des lois, par peur des sanctions, par peur des représailles mais parce que l’amour de la vie reste le maître. Mais maintenant, que la contamination est lâchée, les premiers fous libèrent les autres. Et la peur de la folie des autres réveille la folie de ceux qui ont peur. Rien ne peut arrêter ça. »

Elle ne trouva rien à répondre parce qu’elle avait connu la folie, il y a longtemps déjà, dans une autre vie, dans un aéroport, puis la folie d’un homme au volant d’une voiture, juste pour un sac de billets, pour le pouvoir de l’argent, jusqu’à décider de tuer ses propres équipiers et une femme qu’il ne connaissait pas, qui ne lui avait rien fait. La folie cachée en chacun et qui parfois prend les rênes. Est-ce qu’elle risquait un jour de basculer ? Est-ce qu’elle pourrait perdre le contrôle ? Est-ce que ce monde de chaos pourrait l’envahir au point de devenir folle à son tour ?

« Théo, il n’y a qu’une solution.

- Oui, Laure, je sais ce que tu vas me dire. Enfin, je pense le savoir. L’amour, c’est ça ?

- Oui, Théo, l’amour. Il faudra beaucoup d’amour.

- Mais je pourrais tuer dix mille hommes pour te sauver. Est-ce que je serais fou pour autant ? »

Elle se libéra de ses bras et se retourna. Elle devinait dans la clarté céleste l’intensité de ses yeux.

«  Il serait préférable de n’être jamais confronté à cette question.

- Nous le serons, probablement, toi comme moi. Un jour prochain, nous pourrons être obligés de tuer quelqu’un. Alors, je repose ma question. Serons-nous fous de le faire ? Et une autre question s’impose aussi. Est-ce que tu es prête à tuer quelqu’un pour me sauver, c’est à dire sauver l’amour que tu as pour moi ? »

Elle posa la tête contre sa poitrine.

« Oui. »

Il posa les mains sur ses joues et leva son visage.

« Et nous ne serons pas fous lorsque ça arrivera. Parce que c’est l’amour qui nous guidera. »

Il l’embrassa, tendrement.

Puis ils reprirent la piste.

Pénurie d'eau à venir.

Par Le 21/01/2023

Les nappes phréatiques se trouvent à des niveaux « préoccupants » en janvier 2023 dans une grande partie de la France. (Illustration : station de Chamrousse, en Isère, en 2006, où la neige est absente)

On est en plein hiver et les hydrologues alertent sur la sécheresse à venir. Il faudra s'en souvenir l'été prochain. Bien que ça ne changera rien au scénario. Juste pour rappeler en temps voulu à Louis XIV que tout le monde est au courant, sauf lui. 

 

"Qui aurait pu prédire la crise climatique ?" : la petite phrase d'Emmanuel Macron agace les scientifiques

 

Lors de ses vœux aux Français samedi soir, le chef de l'Etat a laissé entendre que le réchauffement climatique, dont les "effets spectaculaires" ont été bien visibles en France en 2022, était un événement inattendu. Le premier rapport du Giec sur le sujet date pourtant de 1990.

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/crise-climatique/qui-aurait-pu-predire-la-crise-climatique-la-petite-phrase-d-emmanuel-macron-agace-les-specialistes-du-climat_

 

 

https://www.huffingtonpost.fr/environnement/article/meteo-malgre-la-pluie-du-debut-d-annee-les-nappes-phreatiques-sont-a-sec-clx1_212907.html

"Malgré les fortes pluies du moment, les nappes phréatiques sont à sec."

Les pluies diluviennes apportées par les tempêtes Gérard et Fien comme les précédentes fortes précipitations de l’hiver seront insuffisantes pour combler le déficit en eau. Au point que le scénario de la sécheresse de l’été 2022 se profile déjà pour 2023.

Des rivières à sec, de l’eau qui ne coule plus des robinets, des cultures assoiffées : les images de la sécheresse estivale en 2022 ont marqué les Français. Cet hiver, les épisodes de pluies diluviennes tombées fin décembre et depuis le début de la semaine avec les tempêtes Gérard et Fien devraient nous rassurer sur les réserves en eau pour l’été. Et pourtant…

Malheureusement en effet, ces intempéries apparaissent bien insuffisantes pour faire remonter le niveau des nappes phréatiques, actuellement très déficitaires. « Le même scénario pour l’été 2023 qu’en 2022 est en train de se mettre en place », anticipe auprès du HuffPost David Labat, enseignant chercheur à l’Université Paul Sabatier à Toulouse.

Des restrictions d’eau en plein hiver

Rappelez-vous : la grande douceur de la fin d’année 2022 avait provoqué des trombes d’eau en France. Entre le 31 décembre et le 2 janvier, un mois de pluie s’était déversé sur la Bretagne par exemple. Et dans les Alpes, les pluies ininterrompues avaient fait fondre le peu de neige qui restait sur les pistes. Le début de l’année 2023 n’est pas en reste puisqu’il est tombé le 10 janvier, en seulement 24 heures, l’équivalent de trois semaines à un mois de pluie sur le massif des Pyrénées.

Et pourtant, les nappes phréatiques se trouvent donc à des niveaux « préoccupants » dans la majeure partie des régions françaises, comme en a alerté, dans son dernier bulletin mensuel publié 13 janvier, le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM).

« Les niveaux des nappes au mois de décembre sont peu satisfaisants. En effet, les pluies infiltrées durant l’automne sont très insuffisantes pour compenser les déficits accumulés durant l’année 2022 et améliorer durablement l’état des nappes », poursuit le BRGM, considéré comme la « météo des nappes ». Une agence publique qui se dit par ailleurs « assez pessimiste » sur la disponibilité de l’eau en 2023.

Ni Gérard, ni Fien ne permettront de recharger les nappes

Au 16 janvier, quatre départements sont toujours placés en vigilance sécheresse (l’Ille-et-Vilaine, le Jura, la Lozère et la Savoie) et huit sont en alerte ou en alerte renforcée, des statuts qui s’accompagnent de restrictions d’eau (l’Oise, les Deux-Sèvres, l’Ain, l’Isère, le Lot, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales), selon le site gouvernemental Propluvia.

Mais les tempêtes Gérard, puis Fien, survenues en France ces derniers jours avec leur lot de pluies, ne peuvent-elles pas changer la donne ? Malheureusement non, répond David Labat. « Lorsque vous avez des tempêtes, il va y avoir une saturation des sols. C’est exactement comme une éponge : lorsqu’elle est saturée, elle ne peut plus absorber d’eau. »

« Il n’y a donc pas un écoulement vertical de l’eau qui permettrait de recharger les nappes », poursuit le chercheur de l’Université Paul Sabatier. « C’est le même principe avec les orages l’été : vous pouvez avoir 300 millimètres d’eau en quelques heures sans aucun effet sur le niveau des nappes », appuie encore le professeur en hydrologie.

En clair, lorsque surviennent de telles intempéries, au lieu de s’infiltrer, l’eau ruisselle et provoque des inondations. Mercredi 18 janvier, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, où de fortes précipitations étaient attendues, étaient d’ailleurs toujours placées en vigilance orange par Météo-France pour « pluie-inondation ».

Plus que deux mois pour inverser la tendance

En plus de ces intempéries aux effets contre-productifs, l’extrême douceur de la fin décembre-début janvier n’a pas permis de constituer un stock de neige suffisant. « Ce stock permet d’ordinaire le remplissage des barrages qui régulent les débits d’étiage (la baisse saisonnière des cours d’eau, ndlr) pendant l’été », précise le chercheur qui s’attend à des sols très secs et à des débits très bas pour juillet-août 2023.

Le même constat alarmant a été dressé par Pierre Pannet, directeur adjoint du BRGM lors d’un point presse organisé à la mi-janvier. Si la pluie continue à être aussi rare en 2023, « on arrivera à une situation bien pire que celle qu’on a connue en fin d’été 2022 » quand quasiment tous les départements métropolitains connaissaient des restrictions d’eau.

Si la situation de l’eau souterraine en France est aujourd’hui moins favorable qu’à la sortie de l’hiver 2021-2022, il reste encore deux mois pour inverser la tendance. Pour cela, pas de recette miracle : il faut des pluies régulières. « En février et mars, nous aurions besoin qu’il pleuve de 20 à 30 millimètres tous les quinze jours », soutient encore David Labat. Après avril, il sera déjà trop tard, car le printemps pointant le bout de son nez, les pluies seront absorbées par la végétation bourgeonnante et ne laisseront aucune goutte pour les nappes.

Plan d’action « eau » élaboré par le gouvernement

Concernant les cultures, la situation hydrique est d’ailleurs très préoccupante dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales où « l’indice d’humidité des sols est proche de 0. Oui, zéro, en janvier », comme le constate l’agro-climatologue Serge Zaka, dans un message publié sur son compte Twitter. Les pluies survenues depuis les 15 et 16 janvier ne sont « pas suffisantes pour combler le déficit mais cela permettra de soulager la faune et la flore sur les premiers centimètres du sol », relativise, un peu, le chercheur.

Face à une année 2022 qui a été la plus chaude jamais enregistrée en France avec un déficit de pluviométrie frôlant les 25 %, le gouvernement élabore actuellement un plan d’action « eau » pour 2023. Il vise à « réduire les consommations d’eau et optimiser les prélèvements, mieux réutiliser les eaux usées et accélérer la réduction des fuites sur les réseaux d’eau ». Le détail des mesures sera annoncé le 26 janvier à Rennes lors d’un Carrefour des gestions locales de l’eau.

« Le gouvernement n’a plus le choix : on doit entrer dans une ère de la sobriété de l’eau », abonde encore David Labat. L’hydrologue rappelle qu’avec le changement climatique, les sécheresses records ne vont cesser de se multiplier. « Une année comme 2022, très déficitaire, avait une chance sur 20 de se produire dans les années 80, aujourd’hui cette probabilité passe à une sur cinq. »

https://www.huffingtonpost.fr/.../meteo-malgre-les-fortes...

(publié par Cyrus Farhangi)

Le rapport Meadows (1972)

Par Le 21/01/2023

 

 

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Il y a 50 ans, le rapport Meadows alertait sur les limites planétaires

https://www.novethic.fr/actualite/economie/isr-rse/il-y-a-50-ans-le-rapport-meadows-alertait-sur-les-limites-planetaires-150665.html

Publié le 20 mars 2022

ÉCONOMIE

IL Y A 50 ANS, LE RAPPORT MEADOWS ALERTAIT SUR LES LIMITES PLANÉTAIRES

 

En 1972, des scientifiques du MIT publient "Les limites à la croissance", plus connu sous le nom de "rapport Meadows".

L’ouvrage a eu a eu l’effet d’une bombe : pour la première fois, des chercheurs alertaient sur les risques d’une croissance économique infinie dans un monde aux ressources limitées. Il devient rapidement un best-seller avant de tomber aux oubliettes.

Un demi-siècle après, le livre est devenu une référence, il est réédité dans une version augmentée.

Denis Meadows Ok

En 1972 le rapport Meadows a eu l'effet d'une bombe
COO

Le rapport Meadows fête ses 50 ans !

Sorti en mars 1972, le livre est publié en France sous le titre "Les limites de la croissance (dans un monde fini)" coécrit avec Donella Meadows, son mari Dennis Meadows et Jorgen Randers. A l’origine, le rapport a été commandé par le Club de Rome aux trois scientifiques de la prestigieuse université américaine MIT. Le but était de s’interroger sur les limites de la croissance économique.

La réponse est implacable : une société qui consomme et produit toujours plus, pollue aussi toujours plus et sera confrontée à la raréfaction des ressources. Ainsi, les scientifiques estiment que quels que soient les scénarios envisagés, la croissance infinie se heurtera nécessairement à des pénuries de matières premières. En 1972, ils estiment que le monde dispose de 50 ou 100 ans avant d’être confronté à un manque de ressources non renouvelables, à commencer par le pétrole, le gaz, les minerais ou même l’eau. Les auteurs de l’ouvrage conseillent donc aux dirigeants de réguler la croissance s’ils ne veulent pas assister à une multiplication des crises, des famines et même des guerres.

En pleine 30 glorieuses, l'éphémère succès du rapport Meadows

Lors de sa sortie, le livre fait un tabac mais le succès est éphémère.

En pleine Trente glorieuses, les usines tournent à plein régime pour satisfaire les aspirations de la société de consommation. Dans ce contexte, une remise en question du modèle basé sur une croissance infinie du PIB est peu audible.

"Quand j’ai fait cette étude, confie Dennis Meadows à France Culture, je n’avais que 29 ans, j’étais jeune et naïf, et je pensais que si je publiais mes recherches, on en tiendrait compte, on agirait en conséquence, comme quand on voit un iceberg en bateau et qu’on le contourne, c’était mon espoir. Mais voilà, 50 ans après, les dégâts s’empilent les uns sur les autres et nous entrons dans une ère de bascule".

Les choses ont-elles évolué ? 

"On compense la pénurie de ressources par de la dette, et on n'a pas fait ce deuil. Réinventer le business à l'aune des limites planétaires est inévitable", répond ainsi Fabrice Bonnifet, président du Collège des directeurs de développement durable (C3D). Certaines entreprises l'ont bien compris et "renoncent à faire du chiffre d’affaires pour ne pas polluer, elles sont entrées dans un monde de "post-croissance", souligne Geneviève Férone Creuzet, co-fondatrice de l’agence Prophil. "Il faut les encourager et faire évoluer les modèles".

Même si l’idée d’un monde en "post croissance", plus sobre en ressources, fait son chemin, "les travaux de recherches sur ces thèmes sont plus nombreux mais ils restent encore minoritaires", indique Dominique Méda, directrice de l’Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales (Iris). Les politiques sont également peu nombreux à s’emparer du sujet.

La guerre en Ukraine pourrait faire bouger les lignes. Ce drame rappelle en effet la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles et aux ressources naturelles. Les appels à plus de sobriété se multiplient, ils émanent de l’Etat ou encore des industriels eux-mêmes qui demandent à être rationnés.

Il y a 50 ans, le rapport Meadows avait prédit ce scénario et conseillait aux dirigeants de ne pas courir après la croissance, reste à espérer que ces recommandations soient entendues.

Mathilde Golla @Mathgolla


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Permis de tuer

Par Le 21/01/2023

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Voilà ce que représentent 428 croix.

 

Plus de 400 personnes ont été tuées par des chasseurs en vingt ans

 

« La parole se libère peu à peu. Les habitants paraissent de moins en moins enclins à supporter l’accaparement de l’espace par une minorité pratiquant un jeu mortel hors de toute raison. »

14 novembre 2022 - Maïté Debove

Forêts est le seul livre en France à faire un tour d’horizon aussi complet sur notre monde végétal. Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation… bien d’autres sujets vous attendent pour vous émerveiller et vous donner une dose d’inspiration positive.

- Thème : Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation, santé…
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En France, 3403 accidents de chasse ont eu lieu et 428 personnes ont été tuées par des chasseurs en 20 ans. Le collectif Un jour un chasseur a rendu hommage aux victimes dans le manifeste Chasser tue (aussi) des humains, et demande des réformes rapides afin de véritablement enrayer le problème.

Le collectif « Un jour un chasseur » est né du regroupement de plusieurs habitantes rurales, après la mort tragique de leur ami Morgane Keane. Ce jeune homme de 25 ans a été tué accidentellement par un chasseur le mercredi 2 décembre 2020, alors qu’il se trouvait à cent mètres de sa maison afin de couper du bois, dans sa propriété, dans le Lot.

Elles ont décidé de s’atteler au difficile travail du ravivement de la plaie et de briser l’omerta afin de faire en sorte que ces tragédies ne se reproduisent plus. Le but est également de « libérer la parole des oubliés de la ruralité ». Les autrices rappellent que 21 millions de Français vivent actuellement à la campagne, dont une vaste majorité de personnes qui ne sont pas des chasseurs. 46 % des chasseurs vivent dans une ville de 20 000 habitants, dont 10 % à Paris.

« Nous refusons d’accepter la banalisation de ces drames, que le terme “d’accident” vise à normaliser et à rendre supportable. Qu’ils provoquent la mort, des blessures physiques, ou entraînent des séquelles psychologiques, il est de notre devoir et de celui des autorités et du gouvernement de les dénoncer, de leur faire face et de ne surtout pas tolérer l’intolérable » expliquaient-elles dans une pétition lancée en septembre 2021

Cette pétition demandait une meilleure sécurité et un plus grand contrôle de la chasse. En deux mois, elle avait reçu plus de 120 000 soutiens. Le collectif avait été reçu à la Haute-Assemblée en décembre.

Lire aussi : Une pétition s’impose au Sénat pour mettre fin aux dérives meurtrières de la chasse

Il avait alors formulé 5 propositions principales: arrêter la chasse le mercredi et le dimanche, donner une formation plus stricte aux chasseurs et renforcer les règles de sécurité, effectuer un contrôle des armes de chasse et comportements à risque, appliquer des sanctions plus dissuasives à l’encontre des chasseurs ayant provoqué des accidents mortels ou corporels, et libérer la parole et la reconnaissance des victimes de la chasse par l’Etat.

A la suite de ça, une mission parlementaire sur la sécurisation de la chasse avait été mise en place. Le travail, rapporté par le sénateur de l’Ain LR Patrick Chaize, sous la présidence de Maryse Carrère, une sénatrice des Hautes-Pyrénées membre du groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen, avait demandé 48h d’auditions de 70 personnes, avant d’être rendu public, ce mercredi 14 septembre 2022.

Le rapport s’est avéré être extrêmement décevant pour le collectif. La co-fondatrice, Mila Sanchez, a estimé que le travail est loin d’être à la hauteur des préconisations des associations, alors que toutes les pistes étaient sur la table. Elle explique pour France3Régions :

« Les deux seules choses sur lesquelles nous avons été entendus sont le seuil d’alcoolémie maximal, similaire à celui du code de la route, et l’obligation de fournir un certificat médical annuel comme pour tous les sports avec une arme. En revanche, nous n’avons pas été suivi sur l’interdiction de la chasse pour les mineurs. »

Lire aussi : Chasser sous l’emprise d’alcool est toujours légal, une faille juridique dangereuse

Un jour un chasseur reprend donc ses 5 revendications dans son livre, afin de promouvoir et d’avancer vers un véritable changement. Dans la préface, le naturaliste Pierre Rigaux note :

« La parole se libère peu à peu. Les habitants paraissent de moins en moins enclins à supporter l’accaparement de l’espace par une minorité pratiquant un jeu mortel hors de toute raison. »

Si les accidents ont diminué ces dernières années, le collectif a tout de même recensé 39 incidents depuis septembre 2022, dont 82 % ayant lieu le week-end. Outre la publication de son livre, le collectif continue ainsi son combat auprès des pouvoirs publics.

«  Nos représentants ne répondent pas, ou n’ont pas envie de répondre aux attentes. On va contacter le ministère de l’Intérieur. Si ce n’est pas suffisant, on ira plus haut. Nous en réfèrerons à l’Union Européenne. »

Lire aussi : En campagne, témoignages et actions se multiplient contre la tyrannie des chasseurs

Syndrome de Stockholm

Par Le 16/01/2023

 

 

Syndrome de Stockholm

 

Rémy C. Martin-Du-Pan

https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2009/revue-medicale-suisse-201/syndrome-de-stockholm

Il désigne la propension des otages ayant partagé longtemps la vie de leur geôlier à sympathiser avec eux et à adopter leur point de vue. L’histoire du syndrome remonte à un hold-up dans une banque commis à Stockholm en 1973 par deux évadés de prison qui prennent en otage quatre employés. Après six jours de négociation, ils libèrent les otages qui vont s’interposer entre les forces de l’ordre et leurs ravisseurs, qu’ils iront visiter par la suite en prison.

Le syndrome est caractérisé par: 1) le développement d’un sentiment de confiance des otages vis-à-vis de leurs ravisseurs, dans la mesure où ces derniers arrivent à justifier leur acte; 2) la naissance d’un sentiment positif des ravisseurs envers leurs otages et 3) l’apparition d’une hostilité des victimes envers les forces de l’ordre.

Il s’agit d’un phénomène paradoxal de fraternisation entre agresseurs et agressés, comme on l’a rencontré lors de la Première Guerre mondiale entre soldats français et allemands, justifiant le dicton qu’à la guerre on «devrait toujours tuer les gens avant de les connaître».

 

Je réfléchis à quelque chose depuis quelque temps, c'est encore chaotique dans ma tête mais ça commence à prendre forme. Certains vont penser à la lecture de la suite que tout ça relève d'un pur délire mais tant pis.

Il convient tout d'abord d'identifier les différents protagonistes.

1) Nous sommes les otages, tous autant que nous sommes.

2) Il n'y a pas de preneurs d'otages à proprement parler.

3) Il convient de s'intéresser à la notion d'égrégore pour identifier « le preneur d'otages. »


 

Wikipedia : Un égrégore (ou eggrégore) est un concept désignant un esprit de groupe constitué par l'agrégation des intentions, des énergies et des désirs de plusieurs individus unis dans un but bien défini.

Dans le management, l'égrégore d'équipe est perceptible dans l'atmosphère d'équipe (ou la dynamique de groupe), qui peut être pesante ou enthousiasmante, étouffante ou inspirante. Il est affecté par l'état des relations et par l'adhésion profonde ou non de chacun dans le projet commun. Il résulte des moments vécus et constitue une dimension de la dynamique de groupe dont l'équipe peut prendre soin1,2.

Dans l'ésotérisme, il s'agirait d'une force qui aurait besoin d'être constamment alimentée par ses membres au travers de rituels établis et définis.

Le terme, apparu dans la tradition hermétiste, a été repris par les métaphysiciens, qui l'ont chargé d'un fort potentiel subversif.


 

Autant cet égrégore peut avoir un effet positif lorsqu'il est associé à une élévation spirituelle, autant il peut devenir la source d'un conditionnement lorsque des intentions perverses le sous-tendent.

Voilà le « preneur d'otages »

Gurdjieff l'avait évoqué. « La plus dangereuse mécanisation consiste à être soi-même une machine. »
 

Il me semble que la cassure entre l'humain et la nature est absolue, qu'il existe désormais une négation complète de l'univers du vivant et je ne vois pas la nature comme responsable de quoi que ce soit.

C'est la mécanisation de l'existence qui porte en elle les causes de ce désastre. Une certaine forme de folie, d'aveuglement qui consiste à penser que l'homme est au-dessus de tout, qu'il possède le pouvoir, jusqu'à en oublier les lois naturelles.

Les individus ( et j'en fais partie) sont mécanisés, extraits de leur lien avec la nature, ignorant des réalités, envoûtés par une idée de croissance agissant comme un aimant. Non seulement, la nature est ignorée mais la vie humaine elle-même est bafouée. Rien ne compte en dehors de cette course à la croissance.

On joue avec des allumettes parce qu'on a construit des camions de pompiers. 

Les humains sont donc de véritables machines travaillant seulement sous la pression d'influences extérieures.

Les gouvernants, eux-mêmes, sont des machines. Ils ne sont pas des conducteurs de machines. Ils vivent eux aussi sous les influences d'égrégores qui les dépassent.
 

Les connaissances qui sont développées depuis la révolution industrielle ne sont pas attachées à une voie spirituelle mais à une mécanisation des individus. La croissance est l'intention première.

La médecine, par exemple, est de la mécanique. L'aspect holistique de l'homme est ignoré.

La psychologie qui ne fonctionnerait pas en systémique est de la mécanique.

L'environnement est d'ailleurs un mot très révélateur dans l'usage qu'on en fait actuellement. On considère à travers ce terme que la nature nous environne, ce qui revient à dire que nous n'en faisons pas partie, que nous nous en sommes extraits, que nous sommes des entités à part. L'environnement est ce qui est extérieur à nous. Consternant.

Nous sommes d'ailleurs devenus nous-mêmes notre environnement étant donné que nous sommes autour de nous-mêmes et non dans une exploration de l'intérieur. Nous vivons hors de nous comme nous vivons hors sol, hors de la nature, hors de la réalité de la vie. 

Nous sommes notre propre environnement parce que nous vivons dans une agitation mécaniste qui nous a privé de notre propre centre. Nous ignorons jusqu'à l'existence du noyau.


Là où l'expression écologiste est encore plus absurde, c'est lorsque nous prenons en considération le fait que chacun de nos actes a un effet sur nous-mêmes en portant atteinte à cet "environnement".  Lorsque nous comprendrons que la disparition des orangs-outans est une atteinte à nous-mêmes, nous comprendrons qu'il n'y a pas d'environnement mais une unité absolue.

 

Les scientifiques dénoncent l'acidité de plus en plus forte des océans et des dangers immenses que cela fait courir à toute la chaîne alimentaire. Comment est-il possible que les humains en viennent à ignorer la source de toute la vie ? 

Sommes-nous donc condamnés à être des assassins jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien ?

Oui, c'est bien de cela dont il s'agit. Nous sommes devenus des machines assassines parce que nous sommes les otages d'un égrégore que nous adorons.

Le syndrome de Stockholm est d'une puissance redoutable. Il n'y a pas de rébellion mais une adhésion séculaire qui se transmet de génération en génération. La plus grande partie des otages refuse de rejeter l'égrégore. D'autant plus que la conscience d'être un otage n'existe pas. Tout le problème est là. Et lorsque cette conscience émerge, la puissance de la machine engendrée par l'égrégore réduit considérablement la possibilité de s'échapper. Les rebelles risquent même d'être confrontés à la vindicte des autres otages qui considèrent que cette rébellion est absurde, injustifiée, voire même qu'elle risque de les mettre en danger. Chaque otage est un rouage et ne doit pas s'extraire de la machine.


 

Il me suffit de lire les commentaires d'articles concernant l'état de la planète sur les réseaux sociaux pour voir à quel point l'adhésion à l'égrégore archaïque est d'une puissance infernale.

« En ce monde, nous marchons sur le toit et nous regardons les fleurs. » Kobayashi Issa.

La coupe du monde de football est un élément de l'égrégore. Tous otages, tous complices, des rouages de la machine.

Tout ce qui contribue à renforcer l'hégémonie de l'égrégore, sa pérennité, l'adhésion des petits d'hommes, l'éducation scolaire, la futilité et l'ignorance, le transfert de savoirs mécanistes, les désirs matériels, la puissance de l'avoir, tout cela relève de l'égrégore.

Nous sommes des otages consentants.

Un vocabulaire révélateur

Par Le 16/01/2023

 

Ce vocabulaire mensonger est bien évidemment le reflet de notre positionnement à l'égard de la nature.

Mes parents passaient un temps infini à arracher ces "mauvaises herbes" qui abîmaient leur pelouse et à tenter de tuer ces "maudites taupes" qui défiguraient leur jardin, un jardin entièrement dédié à la décoration. Rien de consommable. Ils étaient fiers que leur jardin reçoive le prix du plus beau jardin dans la commune...

J'étais jeune et je n'attachais aucun intérêt à ce jardin, ni d'ailleurs à l'idée d'y installer un potager. Il a fallu que je grandisse.

Aujourd'hui, notre terrain nous nourrit et nous utilisons le paillage et le broyat pour limiter l'extension des adventices ("herbes envahissantes"). Les rats taupiers mangent une partie des légumes et tracent des galeries dans tous les sens. Rien à faire contre eux, il faut accepter le partage. On a installé divers abris naturels pour attirer des prédateurs : tas de pierres et de bois morts pour les serpents et les mustélidés. En espérant qu'un renard veuille bien venir se servir également :) Je vais ajouter deux nichoirs spécialement adaptés aux oiseaux noctures, chouettes et autres. On a un très grand tilleul pour les fixer.

On ne peut pas chercher à profiter des bienfaits de la nature en excluant tout ce qui nous dérange. 

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Animaux « nuisibles » et « mauvaises » herbes

"L'emploi des mots, les psychologues nous le répètent depuis longtemps, influencent nos prises de position et notre comportement. Il y a des expressions qu'il importerait d'extraire de notre vocabulaire, à cause de leurs connotations négatives injustifiées.

Dans un contexte écologique, je veux évoquer ici les expressions « mauvaises herbes » et « animaux nuisibles ». Ce sont, bien sûr, de vieilles expressions, nées dans des contextes aujourd'hui dépassés. Leur utilisation prolonge un état d'esprit que nous avons toutes raisons de vouloir faire disparaître, à cause des implications négatives nocives qu'ils perpétuent.

Les mots « espèces nuisibles » et « mauvaises herbes » ne sont que le reflet d’un préjugé séculairement ancré, selon lequel les plantes et les animaux sont là pour nous servir ou nous réjouir, et que nous avons sur eux un droit discrétionnaire.

Ces mots sont la traduction directe de notre égocentrisme (ou anthropocentrisme), de notre ignorance et de notre étroitesse d’esprit. Les animaux considérés comme nuisibles ne le sont que par nous, et il en est de même des herbes prétendues mauvaises.

En réalité, nous ne sommes qu’une espèce parmi tant d’autres. Ajoutons, en passant, que, face aux extinctions multipliées d’espèces dont nous sommes aujourd’hui responsables, nous mériterions, seuls, le qualificatif d’espèce hautement nuisible à l’harmonie et à la préservation de la biodiversité."

Les études scientifiques des dernières décennies ont profondément transformé notre regard sur la nature et sur les organismes vivants qui cœxistent avec nous.

Sur notre planète, toutes les espèces vivantes sont intégrées dans des écosystèmes dont elles sont toutes dépendantes, et dans lesquelles elles jouent un rôle spécifique. Les populations sont maintenues en équilibre par un jeu permanent de reproduction et de prédation.

Quelles sont les implications de ces réflexions dans le monde concret dans lequel nous vivons ?

La prolifération de certaines espèces peut devenir indésirable par rapport aux objectifs des êtres humains : cultures, élevages, préservation de l'habitation et du territoire. Souvent ces proliférations sont dues à l'élimination, par notre zèle intempestif, des prédateurs naturels qui contribuaient à l'équilibre des populations.

C'est ici que l'attitude globale face à la nature doit intervenir. Elle imposera ses exigences sur le choix de l'action à entreprendre. Une intervention peut-être justifiée, à la condition qu'une étude scientifique appropriée ait désigné sans ambiguïté l'espèce ou les espèces responsables du problème.(...)

Mais revenons à notre question de vocabulaire. Que suggérer pour remplacer ces expressions ?

Au lieu de « mauvaises herbes », on peut dire par exemple « herbes sauvages ». Dans notre jardin, nous utilisons « plantes non invitées ». Et l'on peut remplacer « animaux nuisibles » par « animaux indésirés ».

Chacun ici peut faire preuve d'imagination. Toutes les suggestions sont bienvenues …"

Hubert Reeves ( Astrophysicien et vulgarisateur scientifique)

TOUS, SAUF ELLE : le cerf

Par Le 16/01/2023

 

Voilà ce que je tente de décrire : la reconnaissance, la vie commune, l'énergie similaire, la création.

Cette tétralogie n'est pas une histoire apocalyptique, même si l'effondrement est général. Le chaos est le reflet de notre perdition.

Mais il contient également l'ouverture vers un autre état de conscience. 

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Elle avait rejoint le potager.

Alors que le soleil répandait sa chaleur sur la terre, elle avait senti dans le corps d’une tomate des parfums d’énergie, comme une vibration moléculaire, une agitation euphorique. Elle l’avait détachée de sa tige avec une infinie reconnaissance. Elle avait posé ses lèvres sur la peau brillante, une bise tendre et aimante. Panier en osier à la main, elle avait béni chaque offrande.

Elle avait pensé alors à tous ces animaux abattus, chaque jour, à chaque instant et que personne ne remerciait. Il ne restait d’eux que le nom attribué aux diverses tranches dans leur présentoir.

Rien de l’animal n’existerait plus.

Elle se réjouissait, en observant le potager, de ce flux de vie qui emplissait le lieu. Rien ici ne disparaîtrait jamais. La tomate était un élément du corps, une partie renouvelable, une offrande pour les soins prodigués. Elle avait vu les dizaines de petits sachets de graines collectées par Raymond et minutieusement étiquetés. Courges, courgettes, choux, tomates, aubergines, concombres, cornichons, fèves, haricots, lentilles, betteraves... Raymond lui avait expliqué le concept du potager permanent. « La terre nous nourrit, on l'aide un peu, on récupère les graines, celles des meilleurs plants, ceux qui seront donc le mieux adaptés, on n'achète rien, on laisse monter en graines certaines plantes et puis on les recueille et on les classe. C'est ça le travail du jardinier. Il entretient un peu, il organise, il arrose quand c'est nécessaire et il favorise le développement d'un potager permanent, un potager résistant, abondant. Il ne faut rien forcer, il faut observer. C'est la terre qui t'apprend à la soigner. »

Elle aimait ce partage respectueux.

Elle continua sa cueillette. Amoureusement.

Lorsqu’elle se leva pour rejoindre le carré d’oignons blancs, elle sentit un regard posé sur elle, un contact qu’elle n’identifia pas, une présence secrète. Elle balaya lentement des yeux le paysage proche : la maison, la grange, le terrain attenant, les blocs rocheux puis l'orée de la forêt.

Là, dans une immobilité totale, dans l’ombre des feuillages et le camouflage des couleurs, elle reconnut un cerf. À vingt mètres. La puissance de sa masse, l’ampleur de ses bois, la noblesse de son port de tête. Les yeux la fixaient. Aucun mouvement, rien, pas même un frémissement d’oreilles, pas un frisson, juste ce regard perçant, ces yeux ronds qui semblaient tracer dans les airs un invisible rayonnement.

Elle sentit battre dans sa poitrine le cœur aimant de l’animal. Une sonorité de tambour sur laquelle elle s’accorda, une cohérence cardiaque, une ligne constituée de pulsations rondes et de silences allongés, comme un chemin dessiné sur l’écran du monde, à travers l'espace qui les séparait.

Elle n’esquissa aucun geste, elle en élimina même la moindre pensée, que rien d’inquiétant ne soit diffusé par cette passerelle, par ce mélange unifié de leur écho, qu’aucun trouble émotionnel ne vienne féconder les peurs irréelles, que l’humain s’efface et qu’il ne reste qu’une vie commune.

Elle ne chercha pas à exprimer clairement l’intensité des ressentis car elle connaissait l’empoisonnement inévitable.

Ne pas réfléchir, ne rien vouloir d’autre que le silence intérieur, ne pas s’étourdir, ne chercher que la paix de la disparition.

Ne plus être là, comme une forme humaine, mais se diluer dans la marée de molécules agitées, dans la convergence rétablie des entités similaires.

Le cerf sortit du couvert des arbres, dans une série de petits pas majestueux. Le réseau de ses bois l’auréolait d’une couronne. Le soleil enflamma sa robe de coulures dorées.

Laure s’appliqua à maintenir en elle le calme de son cœur.

Le cerf avança de nouveau, quelques pas de plus puis il se figea, à quelques mètres, la tête haute, les yeux brillants. Une brillance de ténèbres, un noir piqueté d’étoiles.

Elle connaissait ce regard. Il était en elle à tout jamais.

Oui, évidemment.

Il était là. Une certitude qu'il était inutile de vouloir expliquer.

Il était là.

Figueras.

 

Le loup, régulateur naturel

Par Le 15/01/2023

 

 

Drôme : les chasseurs se plaignent de la diminution des sangliers causée par… les loups

 

https://lareleveetlapeste.fr/drome-les-chasseurs-se-plaignent-de-la-diminution-des-sangliers-causee-par-les-loups/

 

« Les loups s’attaquent aux proies les plus fragiles, ce qui permet à la nature de se régénérer et de permettre aux espèces d’être plus fortes. Le loup est la meilleure chose qui puisse arriver à un écosystème. »

9 décembre 2022 - Laurie Debove

Forêts est le seul livre en France à faire un tour d’horizon aussi complet sur notre monde végétal. Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation… bien d’autres sujets vous attendent pour vous émerveiller et vous donner une dose d’inspiration positive.

- Thème : Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation, santé…
- Format : 300 pages
- Impression : France

 

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C’est ce qu’on appelle « l’arroseur arrosé ». Alors que certaines fédérations de chasse refusent désormais de payer les dégâts causés par la prolifération des sangliers dans d’autres départements, celle de la Drôme se plaint de ne plus en avoir assez à chasser à cause du loup. Revenu en force sur le territoire, ce canidé sauvage régule bien mieux les populations d’herbivores que les humains armés.

L’ingérence des chasseurs

En quarante-cinq ans, le nombre de sangliers en France a été multiplié par vingt. Il y en aurait aujourd’hui entre 1 et 2 millions dans l’Hexagone. Dans les vignes, les prairies ou les champs de maïs, leur prolifération entraîne chaque année 20 à 30 millions d’euros de dommages agricoles en France.

Dans les années 1960, les chasseurs avaient demandé à payer eux-mêmes le montant des dégâts causés par « le grand gibier » pour devenir les « régulateurs officiels » des herbivores des forêts. Seulement en 2019, l’indemnisation de ces dégâts a représenté un budget de 77,3 millions d’euros ce qui fait que les chasseurs ne veulent plus payer. Une demande rejetée en début d’année par le Conseil Constitutionnel.

« Les chasseurs ont fait tellement de choses pour gonfler les populations en les croisant avec des cochons domestiques, le fameux cochonglier qui est une pratique aujourd’hui interdite sauf en enclos, ou en les nourrissant. Face aux dérives, un décret a été promulgué il y a un mois pour interdire aux chasseurs de nourrir artificiellement les sangliers pour les maintenir à un endroit fixe, preuve que même l’Etat cherche à reprendre la main sur cette situation catastrophique » explique Richard HOLDING, naturaliste et chargé de communication à l’ASPAS, pour La Relève et La Peste

En plus d’interdire les tirs sélectifs épargnant les laies reproductives et les lâchers de sangliers, ce nouveau décret punit désormais le nourrissage des sangliers (betteraves, patates et baguettes de pain) par une amende de 750 euros. L’agrainage reste paradoxalement toujours autorisé, sauf dans certains départements qui prennent les choses en main comme l’Indre-et-Loire.

Lire aussi : L’Indre-et-Loire interdit aux chasseurs de nourrir les sangliers pour limiter leur prolifération

Dans la Drôme, au contraire, le nombre de sangliers a diminué de plus de la moitié depuis 2018 grâce aux loups qui sont de plus en plus présents dans le département. Mais au lieu d’accueillir avec plaisir cette aide inattendue, les chasseurs se plaignent d’avoir moins de sangliers à disposition : alors qu’ils ont tué 20 000 sangliers en 2018, ils en ont abattu deux fois moins en 2021 et ne devrait en tuer « que » 7000 à 8000 cette année.

« Les chasseurs considèrent les loups comme des concurrents directs puisqu’eux ont besoin de chasser pour se nourrir et vont s’attaquer aux chevreuils, cerfs, chamois, mouflons ou sangliers. Leur prédation se voit clairement : j’ai moi-même eu l’occasion de l’observer en trouvant des crottes de loup pleines de poils de sangliers dans la nature. Les chasseurs sont de plus en plus mobiles avec le prix du permis de chasse divisé par deux en 2018 (de 400€ à 200€, ndlr).

Ce cadeau de Macron a eu un impact assez énorme : avant, les chasseurs se contentaient de rester dans leur département car le permis national était beaucoup plus cher ; aujourd’hui, ils viennent de très loin pour chasser à la journée. On n’est plus du tout dans cette chasse à l’ancienne où les locaux chassent autour de chez eux, je croise partout des grands pick-ups de chasseurs avec des immatriculations d’autres départements. S’ils n’ont plus autant de gibier à disposition, cela casse le business de la chasse et rend les chasseurs en colère » analyse Richard HOLDING, naturaliste et chargé de communication à l’ASPAS, pour La Relève et La Peste

Lire aussi : La cohabitation des loups et des ours est bénéfique pour les proies

Le rôle essentiel des prédateurs naturels dans les écosystèmes

L’argument avancé par les chasseurs n’est pourtant pas d’ordre économique mais écologique. Pour eux, la « présence excessive » du loup, soit environ 250 individus selon leurs estimations, serait une menace pour la faune sauvage qui risquerait de disparaître.

« Clairement, la Drôme a de plus en plus de loups mais les loups ne connaissent pas les limites administratives et les meutes évoluent certainement à cheval entre plusieurs départements. Ils se déplacent de plusieurs dizaines de kilomètres par nuit, ce sont des animaux très mobiles. Quand ils chassent, ils vont rester plusieurs jours sur un secteur puis partir ailleurs pour se faire oublier et tromper la vigilance des animaux sauvages. Chaque meute a son propre territoire, donc une population de loups ne peut pas pulluler sur un secteur car ils sont vraiment dépendants de la quantité de gibier disponible. Même les naissances s’adaptent à ce facteur, un phénomène courant chez les renards et d’autres prédateurs » détaille Richard HOLDING, naturaliste et chargé de communication à l’ASPAS, pour La Relève et La Peste

Pour les chasseurs, les loups seraient notamment responsables de la diminution des mouflons, qui seraient passés de 900 individus il y a 20 ans à seulement une quinzaine de nos jours. Or, le mouflon n’est pas originaire des Alpes. Il a été introduit petit à petit au milieu du XXe siècle, sans aucune étude préalable, pour des raisons cynégétiques.

« L’espèce a été importée par les chasseurs, pour leur plaisir. Alors que le chamois, lui, est une espèce endémique qui souffre beaucoup du changement climatique et de la sur-chasse humaine. » rappelle Richard HOLDING, naturaliste et chargé de communication à l’ASPAS, pour La Relève et La Peste

Lire aussi : En France, il y a plus de loups et moins d’attaques : un signe encourageant pour la coexistence

Pourtant, Michel Sanjuan, vice-président des chasseurs de la Drôme en charge du loup et du grand gibier, explique à FranceBleu que « si on ne change pas le statut d’animal protégé du loup, on court à la catastrophe » et aimerait avoir l’autorisation d’abattre ce prédateur naturel.

« Les loups s’attaquent aux proies les plus fragiles, ce qui permet à la nature de se régénérer et de permettre aux espèces d’être plus fortes. Le loup est la meilleure chose qui puisse arriver à un écosystème. Ils ont ce rôle de régulation qui les assainit et profite à la végétation car les cervidés et les ongulés deviennent plus méfiants et plus mobiles, ce qui laisse plus de marge aux forêts pour se régénérer. Le problème, c’est qu’en France on ne laisse pas assez de temps et d’espace à la régulation naturelle. Clairement dans les zones où les loups sont présents il faudrait arrêter tout type de chasse et voir le résultat » plaide à l’inverse Richard Holding

On dénombrait entre 10 000 et 20 000 loups en France à la fin du 18ème sièclecontre 920 aujourd’hui. Malgré cela, des abattages légaux et illégaux de loups continuent d’avoir lieu dans le pays. Pour l’ASPAS, la solution n’est pas de les tuer, une bonne coexistence avec les éleveurs inquiets passe par le triptyque présence du berger, clôtures électrifiées et surtout chiens de protection.

Les études le prouvent, il n’y a aucun risque les loups fassent mourir toute la faune sauvage dont ils dépendent. Il n’y a que l’espèce humaine qui soit assez stupide pour se condamner toute seule.

Pour aller plus loin : Les prédateurs naturels sont bien plus efficaces que les chasseurs dans l’équilibre des forêts

Au-delà des romans

Par Le 15/01/2023

 

L'Univers fournisseur officiel d'énergie

Voilà ce sur quoi je veux travailler dans le tome 4 : l'énergie.

Non pas la création d'énergie à des fins productivistes mais en tant que fondation de tout ce qui existe. Je pense qu'il est primordial, vital et urgent de changer notre rapport à la création. L'hégémonie destructrice de l'humanité est une folie absolue qui nous conduit, tous, à des temps douloureux. Cette fameuse "liberté" d'agir comme bon nous semble est l'élément premier de la situation actuelle. Non, nous ne sommes pas libres dans le sens où nos actes n'auraient aucune conséquence car il s'agit dès lors d'une liberté égocentrée, une exigence individuelle qui condamne l'ensemble.

"Les héros sont tous morts" explore la dimension de la tentation.

"Tous, sauf elle" établit les germes du chaos.

"Le désert des Barbares" décrit l'effondrement.

« Reset » développe les fondements d’une nouvelle conscience.

 

 

Moi : entité mêlée à un environnement social et ne réagissant qu'à travers lui. (tome 1)


Je : entité ayant décidé de se libérer de ce conditionnement. (tome 2 et 3)


Soi : entité incluant le Je dans une osmose avec l'Un, c'est à dire l'ÉNERGIE. (tome 4)

 

En 1942, Jacobson s'est aperçu que lorsqu'une personne s'imaginait en train de courir, l'image mentale de son corps en mouvement avait un impact sur son physique et ses muscles. On sait à quel point les sportifs professionnels usent de ces travaux sur la pensée.

Bien avant Jacobson, les techniques du yoga avaient déjà découvert l'impact de la visualisation, utilisées maintenant dans diverses thérapies (la PNL, la sophrologie, l'hypnose, la méditation...)

L'image mentale permet de développer le pouvoir créatif de l'individu et de le conduire vers des changements positifs de sa vie. Cette technique est appuyée par les découvertes de certains scientifiques "quantiques" comme Fritjof Cappra.

D'après leurs travaux, notre univers physique ne serait pas constitué de matière mais d'une force appelée ÉNERGIE. La matière serait la forme la plus condensée de cette énergie mais elle se révélerait, à des niveaux d'analyse subtils, tels que les niveaux atomiques, sous la forme de particules de plus en plus fines, les unes à l'intérieur des autres, pour finalement se réduire à l'état d'énergie pure.

D'un point de vue physique tout ce qui existe serait énergie et l'être humain ferait partie intégrante de cette énergie. L'énergie émet des vibrations, à des vitesses différentes, qui lui conféreraient des qualités différentes, du plus subtil au plus grossier. La pensée, serait selon les philosophies orientales et certains physiciens quantiques, une énergie relativement subtile. Il s’agirait donc d’apprendre à maîtriser de l’énergie.

Une des lois de l'énergie est qu'un niveau vibratoire d'énergie tend à attirer l'énergie de même qualité et de même vibration. Ainsi, selon cette approche, quelqu'un qui développe sans cesse des énergies négatives attirera les personnes émettant le même type d'énergie. L'inverse est évidemment possible.
 

Cette théorie rejoint le concept de synchronicités décrit par Jung. Il existe une coïncidence significative ou une correspondance entre deux évènements physiques qui ne sont pas causalement reliés l'un à l'autre, des idées analogues ou identiques se présentant simultanément à différents endroits. Ni les unes, ni les autres de ces manifestations ne peuvent s'expliquer par la causalité sur laquelle repose notre vision cartésienne du monde physique.

Ainsi nos pensées mobiliseraient une énergie qui tendrait à attirer et à créer la forme correspondante sur le plan matériel.

Selon Shakti Gawain, ce processus est un processus d'ouverture de la conscience au cours duquel l'individu découvre ses inhibitions, ses limites, ses conditionnements et parvient à les dépasser.

Abraham Maslow a également travaillé dans cette voie." Vers une psychologie de l'être". Bien d'autres encore.

Chaque "école" de pensée use de termes différents mais l'idée reste la même.

L'énergie.

Les scénarios de ces quatre tomes sont des supports mais ils n'ont aucun intérêt en eux-mêmes.

Je ne veux pas écrire des histoires qui n'auraient aucun prolongement existentiel. Il en est du sens de la création artistique. 

Avatar 2 : une analyse

Par Le 04/01/2023

 

 Un article ajouté/rédigé par  | 03/01/2023 | Lu 266 fois

https://www.legaliondesetoiles.com/Avatar-La-Voie-de-l-Eau--Avatar-The-Way-of-Water--2022_
 

⚓️TAGS : 2022AVATARBritain DaltonCCH PounderCHRONIQUES TERRIENNES EN PARLECliff CurtisGiovanni RibisiJames Cameron (réalisation)James Cameron (scénario)Joel MooreJosh Friedman (scénario)Kate WinsletMatt GeraldMichelle YeohOona ChaplinSam WorthingtonSigourney WeaverStephen LangZoe Saldana

 

 

Affiche et synopsis

AUTRE(S) ARTICLE(S) :

 Avatar | 2009

Avatar : La Voie de l'Eau | Avatar : The Way of Water | 2022

Avatar : La Voie de l'Eau | Avatar : The Way of Water | 2022

Présentation

Le film événement de cette année c'était la suite d'Avatar sorti en 2009. Inutile je crois de préciser de quoi je parle, il est impossible de passer à côté du premier film culte alors rentrons dans le vif du sujet : voir Avatar 2 "La voie de l'eau" au cinéma, cela en vaut-il la peine ?

Oui et non : cela dépend sûrement de votre affection pour le premier film, de votre amour du cinéma, et des conditions pour le voir. Si vous n'avez pas aimé le premier film, en toute logique vous n'aimerez pas ce deuxième, qui est une caricature (en ultra pire) du premier. Si vous avez aimé le premier vous pourriez aimer le deuxième. Côté conditions, je l'ai vu en 3D HFR, normalement c'est le nec plus ultra : le principe est de filmer avec plus d'images à la seconde pour que ce soit plus confortable. Sauf qu'il m'a fallu presque une heure pour m'y habituer. Les gros plans ça allait, le mouvement ça allait, mais associez les deux : c'était flou ! Je n'ai pas compris pourquoi, mais c'était très désagréable. De plus, pour la première fois depuis que je vais au cinéma j'ai dû mettre mes bouchons d'oreilles tellement c'était fort. Autant dire que le matraquage visuel et auditif était éprouvant, cela a même rendu malade mon accompagnatrice. Cela va avec le reste du film qui veut tellement en mettre plein la vue qu'il est too much.

Lire la suite de l’article de Marguerite Roussarie pour le Galion des Etoiles :

Avatar : La Voie de l'Eau | Avatar : The Way of Water | 2022 (legaliondesetoiles.com)

Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011

Par Le 01/01/2023

 

Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011

Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011

 

 

Ces textes ne sont pas que des écrits. Ce sont également des œuvres musicales.

Il m'est arrivé au moment où je tournais une page de prendre conscience que je ne savais pas de quoi parlait ce que j'avais lu. Car au-delà du récit, j'étais subjugué par la beauté de la musique.

Je sais que Jean-Michel Archaimbault est féru de musique classique. Personnellement, je n'y connais rien, au point que je ne suis pas certain de citer dix œuvres et leurs compositeurs. Mais j'aime la musique, une autre musique. Et je sais que certaines m'emportent, littéralement, dans un autre espace, une absence de pensées, une réjouissance sensorielle.

Voilà ce qui m'est arrivé, à maintes reprises, en lisant les textes de ce recueil. Je ne lisais pas, j'écoutais. Je me délectais de la parfaite association de mots, de l'exquise mise en forme, de la richesse du vocabulaire, tout cela mixé dans un concerto permanent. Mais, dans cet état-là, je ne pense pas, je n'en perçois même aucune tentative, elles sont refoulées par la puissance émotionnelle. Je ne suis pas un cerveau qui lit mais un organisme récepteur constitué de fibres, de chair, de sang, de nerfs, de ligaments, de particules, d'atomes et jusqu'à l'infini petit de cet organisme, la musique m'envahit.

Voilà pourquoi, parfois, au moment où je tournais la page, je réalisais que je devais relire. En n'écoutant pas la musique.

Je ne saurais donner un palmarès entre cette magnifique musique et les histoires elles-mêmes parce qu'elles sont bien évidemment indissociables. L'une nourrit l'autre. Un autre auteur ne possédant pas la musique n'écrirait peut-être rien de bon avec ces histoires. Non pas qu'elles n'ont pas d'intérêt, loin de moi cette idée, mais elles n'existeraient pas de la même façon, avec la même pureté, avec cette âme.

Ces textes sont habités. De l'âme de l'auteur et de tous les êtres dont il a croisé la route ou de tous les êtres qu'il s'est efforcé de rencontrer en empruntant des routes inconnues. Des voies oniriques ou des rêves éveillés, des imaginations si fortes qu'elles arrachent leur possesseur à la réalité. Et il est très délicat de parvenir à saisir le seuil entre ces deux mondes. Les espaces sont fluctuants, des éclaireurs ont l'habitude de pousser des explorations déconcertantes dans le territoire voisin. Conscient et subconscient ne sont pas deux entités séparées, elles s'entremêlent, elles s'attirent et se repoussent, elles se fuient et se recherchent.

Je pourrais penser que Jean-Michel Archaimbault vit entre deux mondes.

Le monde contemporain et le monde du futur. Mais également le monde contemporain et le monde de l'enfance.

SEENTHA, un roman de l'auteur, reliait notre époque à des mondes lointains, non seulement dans la distance mais également dans le temps. A des millions d'années lumière et dans des millions d'années.

SEENTHA de Jean-Michel ARCHAIMBAULT

Ce REQUIEM POUR AMES D'OMBRES relie le monde adulte et le monde de l'enfance. Un monde empli d'émotions, le monde parallèle de l'imaginaire. Et je me suis vu dans ces récits, plus d'une fois. Le texte « les angles interdits ». Fabuleux récit où j'étais là, c'était moi. Je l'ai vécu cette émotion-là, cette peur du lieu étrange, de l'intuition du danger, de cette précognition merveilleuse que tout enfant va devoir abandonner devant les coups de boutoir de la rationalité.

Jean-Michel Archaimbault n'invente rien, c'est ça qui est fabuleux. Il ne peut pas inventer ça et le raconter aussi bien. Quand j'ai cette idée-là en tête, je sais que je suis en présence d'un très bon texte, pour moi.

Je sais ce dont j'ai besoin pour qu'une lecture m'emporte : qu'il s'agisse d'un film, que je sois transporté devant un écran et que je ne me sente plus lire parce que je suis totalement absorbé et nourri par la puissance des images. Il y a la musique, la mise en scène, le jeu des acteurs, le montage, la qualité de la lumière dans les scènes descriptives, la justesse des dialogues, le plaisir délicieux de la voix off, la beauté des paysages, la finesse de leur observation.

Voilà, je suis au cinéma et quand je ferme le livre, je le pose et j'attends, le temps qu'il faut, que la salle se vide et que je retrouve le silence pour écouter à nouveau la musique des mots et leur enchantement.

« L'inconnu sur la Terre » de Le Clézio ou « L'enfant et la rivière » de Bosco, voilà où j'étais dans les descriptions de la nature. Parfois magiques, parfois inquiétantes, les natures vivantes de l'auteur sont fines, précises, visuelles, immensément visuelles. On en sent tous les parfums.

« Les angles interdits »

extrait :

À quelques mètres, sous les deux très gros tilleuls qui ombrageaient la façade de l'extension récemment adjointe au pavillon, il y avait un puits. Je ne risquais pas de m'en approcher de trop près, ni de séjourner trop longtemps dans les parages. L'endroit avait été décrété dangereux, mortel, par les adultes de la famille. Dans le puits habitait la Vieille, une créature noire, redoutable et affamée dont j'étais convaincu qu'elle m'attraperait si je passais à portée de ses longs bras aux mains crochues. Tout le monde était donc rassuré, je ne tomberais pas dans ce trou d'eau froide. »

 

« Lady D'arbanville »

extrait :

J'avais erré sans but, à l'heure du crépuscule, sur les vastes terrasses au-dessus des jardins délaissés. Jadis, en pleine vigueur, leurs profusions de plantes et d'essences s'emmêlaient en un tapis chaotique et moribond, déroulé en pentes lasses jusqu'à la rivière en contrebas.

Fait exceptionnel, il ne pleuvait pas.

Loin d'ici , sur l'autre berge, par-delà l'îlot minuscule qui portait encore les ruines d'une très vieille tour, les lumières tremblantes de la cité coloraient de soufres oppressants les éternels nuages lourds qui ne se dissipaient plus, même lorsque des vents furieux tentaient de les entraîner dans leurs colères. Ce soir, le ciel grisâtre affichait par endroits des nuances diaprées, subtilement mouvantes. Le phénomène, aussi fascinant qu'inédit, était d'observation assez récente. »

Une particularité qui m'a frappé, c'est cette qualité de l'auteur à décrire la réalité et le monde imaginaire en les ajustant si adroitement qu'il est parfois difficile de savoir quand le récit vient de basculer dans l'un ou dans l'autre.

On ne sait plus où on est et c'est magique.

Le monde intérieur de Jean-Michel Archaimbault a des horizons magnifiques et des lieux secrets, des espaces lumineux et des zones d'ombres, des zones d'ombres emplies d'âmes.

 

 

 

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Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011

 

 Un article ajouté/rédigé par  | 29/08/2022 | Lu 304 fois


 

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Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011

Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011

Je « L »’avais repéré, voici déjà quelque temps. La convention SF de 2022 à Bergerac ayant été l’occasion de revoir Jean-Michel Archaimbault, j’ai bondi sur ladite occasion pour m’emparer de ce recueil et le faire dédicacer puisqu’il promettait de me faire découvrir une autre facette – plus sombre ? plus étonnante ? – de l’auteur. Dans la foulée, je me jurais – croix de bois, croix de fer – d’en écrire la « critique » qui s’imposait à moi.

J’avais alors le mince espoir que les textes ne m’emporteraient pas autant que l’avais fait Seentha, SF-Opera baroque et flamboyant qui m’avait tellement envoûté que je m’étais retrouvé incapable d’en parler correctement.

Évidemment, l’espoir était ridicule… mais, car il y a un « mais » et il n’est pas des moindres donc : parce qu’il s’agit là de nouvelles, il est vite apparu qu’il serait plus facile d’en écrire les retours, et ce non pas à pas, mais presque.

J’attendais un changement de registre, de ton, de point de vue, devinant, et par le titre et par cette sombre couverture, que je ne devrais pas être déçu. Ce qui fut le cas.

Lire la suite de l’article de J.C. Gapdy pour le Galion des Etoiles :

Requiem pour Âmes d'Ombre | Jean-Michel Archaimbault | 2011 (legaliondesetoiles.com)

Amour et liberté

Par Le 30/12/2022

Un meurtrier ne tue pas par méchanceté mais parce qu’il aime les impulsivités qui le domine, parce qu’il aime les actes dans lesquels il se retrouve, dans lesquels il se sent exister. Sa victime n’est pas un ennemi mais l’opportunité de s’aimer davantage.

Un militaire peut tuer par amour pour sa patrie, par amour pour les ordres, par amour pour les armes, par amour pour les idées qui le conditionnent.

Les marins d’un baleinier tuent par amour pour l’argent.

Les politiciens mentent par amour du pouvoir.

Les dictateurs tuent par amour d’eux-mêmes.

 

Nos actes sont en grande partie générés par cet amour que nous nous portons. Amour pour nos idées, nos passions, nos obsessions, nos certitudes, amour de la confrontation, toujours ce désir de convaincre… Tout est porté par cet amour pour nous-mêmes.

 

Lorsque nous aimons une autre personne, ne cherchons-nous pas en priorité à recevoir ce qui nous conforte dans cet amour narcissique ? Que l’autre en vienne à ne plus apporter cette nourriture égotique et nous le repousserons. Et si l'amour est vraiment là et qu'il reste à s'en réjouir, il convient d'accepter l'idée que même celui qui aime l'autre, aime ce qu'il fait et s'aime à travers cet amour qu'il donne. Il ne s'agit nullement d'une critique ou d'une présentation qui se voudrait cynique et désabusée. Pour moi, il n'y a rien de néfaste dans cet état de fait. C'est juste une réalité.

 

Nous sommes des toxicomanes de l’amour propre. Cet amour qui nous forme, qui nous identifie, qui nous remplit, qui nous conditionne. Personne d’autre que nous n’en est responsable. Personne d'autre que nous n'est à même de travailler sur cette affliction... Encore faut-il l'admettre. 

 

L’état de la planète, l’état de l’humanité ne sont-ils pas les reflets de cet amour personnifié, individualisé, détourné ?

Nous avons appris à aimer ce que nous portons, appris à respecter les valeurs que nous avons reçues. Il ne s’agit que d’amour et nous aimons ce fonctionnement.

 

Ne devrions-nous pas apprendre à ne plus aimer ?

Cet ego qui fait qu’un industriel n’ira jamais contre son amour et sa fascination pour l’argent, le pouvoir, sa capacité à transformer la matière en valeur ajoutée, sans aucune considération pour l’équilibre ou le respect de la vie, cet amour qu’il porte et qui détruit, la solution ne serait-il pas de l’en priver ?

Mais c’est évidemment impossible… Le mal est fait et c’est pour son bien. Pourquoi s’en priverait-il ?

Alors ne devrions-nous pas apprendre à nos enfants à ne pas aimer ?

L’expression est trop effroyable…

 

Alors c’est qu’il faut aimer autrement.

Ou commencer à aimer vraiment.

Il ne s’agit pas de s’aimer soi mais d’aimer ce qui vit en soi. Et dès lors, cet amour devient universel puisque ce qui vit en soi vit de la même façon où que je sois.

L’industriel ne pourrait plus détruire ce qui est en lui.

L’enfant ne pourrait plus détruire gratuitement la vie de cette plante qu’il arrache.

L’agriculteur ne disperserait plus d’engrais chimiques au cœur de la vie qui est en lui.

Les Amérindiens connaissaient cet amour. Nous n’y avons vu que des « sauvages. » Les Aborigènes, les Inuits, les Tchouktches, les Lapons, les Mentawais, les Kogis… Nous les exterminons à travers la mondialisation car ils sont les images maintenues de notre violence et c’est insupportable à contempler.

 

Nous ne sommes que des images multiples de la vie. Nous n’existons pas individuellement autrement que sous la forme d’images. La source est commune, les gouttelettes sont innombrables.

Nous avons appris à aimer les gouttelettes jusqu’à oublier l’océan. Et chaque gouttelette, lorsqu’elle en vient à n’aimer qu’elle, porte en elle la destruction de l’océan, son assèchement.

 

Nous ne savons pas aimer parce que nous sommes enfermés dans notre amour pour nous-mêmes.

Beaucoup pensent qu'il s'agit de liberté.

 

"La vie en société me permet de vivre comme je l'entends, dans le respect des lois et ça me convient."

 

Mais il n'y a pas eu de choix. Le lieu de naissance ne nous appartient pas. Tout ce que nous connaissons dans notre début d'existence conditionne la suite, c'est inévitable. Nous nous adaptons à notre geôle originelle. Et il arrivera même un moment de l'existence où la personne sera en mesure, si tout se passe pour le mieux, de quitter ce lieu, d'aller chercher une autre terre, voir si c'est plus vert ailleurs. C'est une liberté que certains n'ont même pas. A moins de risquer sa vie.

Nous sommes donc libres, selon la majorité. 

Nous sommes libres par exemple de prendre l'avion pour aller passer les fêtes de fin d'année dans un pays exotique. Juste un exemple de tout ce que notre liberté nous autorise. Et tout est pour le mieux puisque j'en suis heureux. Cela signifie donc que notre liberté de nous comporter comme bon nous semble, dans la limite des lois, n'induit aucune restriction quand il est pourtant évident que cela porte atteinte à tous, c'est à dire à la Terre et au clan.

 

"Les Kogis ne prennent pas l'avion.

-Oui, mais ce sont des sauvages qui se contentent de leurs montagnes. Ils ne voient pas l'intérêt de voyager. 

-Si, ils voyagent, ils se déplacent même beaucoup, mais à pied.

-Ils vont à pied parce qu'ils n'ont pas les moyens de prendre l'avion. Ils ne sont pas libres de faire tout ce que nous on peut faire.

-Ils sont libres autrement."

Etc etc etc... Discussion sans fin.

 

 

Un iceberg fondu n’a pas disparu, il a juste réintégré la source.

C’est cette disparition qui nourrit notre peur. On apprend aux enfants à se lancer dans le monde comme autant de gouttelettes uniques. L’erreur est effroyable et il y a parmi eux les futurs industriels, les futurs baleiniers, les futurs financiers, les futurs politiciens, les futurs assassins, tous ceux qui vivront dans l’hallucination de leur amour pour eux-mêmes.

 

L’humanité ne connaîtra l’amour que lorsqu’elle aura disparu dans l’océan d’amour pour la vie.

Ça prendra le temps qu’il faudra. Et si l’humanité n’y parvient pas et se condamne, ça n’a aucune importance pour l’océan de vie. Son imagination est sans limite.

Il ne s'agit donc pas de ne pas s'aimer mais d'aimer ce qui vit en tout.
Dès lors il est possible et même sain de nous aimer puisque cette vie a jugé bon et sain de vivre en nous.
Au lieu d'être le point central de notre amour nous en devenons l'élément secondaire mais pourtant indispensable.
 
Aimer l'océan avant d'aimer la gouttelette. 

Alex Honnold : hors catégorie.

Par Le 28/12/2022

 

 

Pourquoi Alex Honnold se met aussi à la course à pied ?

 

Alex Honnold

La rédactionLa rédaction

28 décembre 2022

 4 minutes

https://www.outside.fr/pourquoi-alex-honnold-se-met-aussi-a-la-course-a-pied/nocache/

 

Grimpeur de légende, Alex Honnold s’avère être un coureur aussi rapide que discret. Son dernier exploit en date ? La HURT (Honnold Ultimate Red Rock Traverse), un challenge combinant 56 kilomètres, 23 sommets, 14 ascensions, pour plus de 7000 mètres de dénivelé positif en un peu plus de 32 heures. Interviewé par Outside, il dévoile comment et pourquoi il combine performance extrême en escalade et course à pied.

« Je n’ai jamais été un grand coureur », nous avoue Alex Honnold, 37 ans. Certes, son niveau en la matière n’égale pas ses performances en escalade, son sport de prédilection, mais il est tout de même venu à bout de deux marathons et deux 50 km. En novembre dernier par exemple, le grimpeur a couru les cinquante kilomètres du Red Rock Canyon, terminant à la cinquième place, en 5h23. Un ultra organisé dans le Nevada, aux Etats-Unis, autrement dit, pratiquement dans son jardin. De quoi faciliter la logistique, surtout avec un bébé à la maison.

« Courir, c’est facile » détaille le grimpeur. « Parce que tu peux couvrir très rapidement une grande distance, le tout de façon relativement décontractée ». Bien sûr, courir est facile. Surtout si on compare ça à l’ascension, en solo intégral, d’El Capitan, le plus gros monolithe d’Amérique du Nord.

En octobre dernier, Alex Honnold a bouclé la HURT (Honnold Ultimate Red Rock Traverse, plutôt bien nommée : « Hurt » signifiant en anglais « faire/avoir mal ») ), un challenge stupide qu’il a concocté lui-même en combinant 56 kilomètres, 23 sommets, 14 ascensions, pour plus de 7000 mètres de dénivelé positif en un peu plus de 32 heures, près de chez lui, du côté de Las Vegas. La course étant plus pour le grimpeur un moyen de couvrir rapidement de longues distances qu’un outil d’entraînement destiné à l’escalade.

« Ce n’est tout simplement pas très utile pour progresser en escalade, parce que ça fatigue beaucoup », nous confie-t-il. Sans compter que « juste après avoir couru, je grimpe très mal « . Voilà qui nous rassure : Alex Honnold lui aussi a des limites !

« C’est un mouvement tellement fondamental »

Mais le grimpeur n’a jamais oublié ce que lui a confié un jour Corand Anker, son ami avec lequel il grimpe aussi parfois : l’alpiniste mettait un point d’honneur, à l’époque où ses enfants étaient encore jeunes, de courir un ultramarathon et de gravir El Capitan (le grand mur de 1000 mètres dans le parc national du Yosemite) une fois par an. Un défi personnel qu’Alex interprète comme un bon indicateur de condition physique de base. Rappelons tout de même qu’en escalade, il s’agit d’un objectif pour lequel la plupart des grimpeurs s’entraînent pendant des années et qu’en course à pied, seul 0,03% de la population américaine atteint !

Pour s’entraîner dans la perspective de sa longue traversée, Alex Honnold s’est retrouvé plus d’une fois à miser sur le « fast and light », autrement courir aussi légèrement équipé que possible pour gagner en vitesse. Du trail running, quoi. Une étiquette qui passe carrément au-dessus de la tête du grimpeur car pour lui, ce qui compte, c’est l’efficacité. « En fait, si je courais aussi vite, c’était souvent pour rentrer à temps dîner à la maison », se souvient-t-il. « La perspective d’un bon repas a d’ailleurs motivé la plupart de mes performances ! « , dit-il en riant.

« J’ai toujours eu beaucoup de respect pour les coureurs et la course en général », souligne-t-il. Il regrette d’ailleurs de ne pas avoir pris l’option athlètisme au lycée, elle lui aurait sans doute donner une meilleure base en aérobie, confie-t-il. . « Le mouvement de la course est tellement fondamental. M’y mettre aujourd’hui est sans doute ma façon de compenser un peu, maintenant que je suis adulte ».

« J’ai toujours eu la caisse pour marcher en montée toute la journée, mais la course me met vraiment KO »

Impossible cependant pour Alex d’estimer son volume d’entraînement en course à pied. Tout est fait aux sensations. Etonnant, quand on sait qu’il calcule tout avec précision lorsqu’il s’agit d’escalade. Il garde tout de même une approche générale : 5 à 6 km plusieurs fois par semaine, et quelques sorties à deux chiffres en montagne. occasionnellement un footing pendant les jours où il est en récup grimpe. Tout cela s’est construit sur des années d’entraînement aérobiques non spécifique autour de sa pratique de l’escalade et des marches d’approche en direction des falaises.

En guise d’entraînement spécifique pour son défi des 50 km, il a fait « une unique sortie longue » sur terrain plat. J’ai toujours eu la caisse pour marcher en montée toute la journée, mais la course me met vraiment KO ». On peut s’interroger si un entraînement plus spécifique ne l’aiderait pas à surmonter ce ressenti, mais cela pourrait aussi nuire à ses performances en escalade.

Interrogé sur son travail mental, et notamment sur le recours en course à pied à des outils qu’il utiliserait en escalade, Alex Honnold nous a répondu qu’il n’en avait pas vraiment besoin. « Là, il s’agit surtout d’aligner les kilomètres », explique-t-il. Reste que même si la course lui semble relativement facile (par rapport à un solo à des centaines de mètres au-dessus du vide), il admet avoir traversé des moments difficiles pendant ces 50 km. « Je ne peux pas vraiment dire que j’aie l’impression de voler », raconte-t-il. « J’aimerais bien que courir ne soit que joie sans effort, mais non, ce n’est pas exactement comme ça que ça se passe… ”

Le grimpeur a également appris à utiliser l’équipement de course, notamment les guêtres et les flasques. Mais aussi, sur certaines sorties très verticales, un gilet de course léger ; sans parler des gels et autres collations que connaissent bien les coureurs d’ultra. Cela dit, s’il a bien l’intention de se tenir à son défi annuel « El Cap and Ultra » à la Conrad Anker, ne comptez pas le voir de sitôt au départ de la Western States (161 km, 6000 D+).

« Je ne courrai jamais sérieusement », précise Alex qui a l’intention de s’en tenir à ses quelques sorties par semaine (au maximum), et ne se montre nullement tenté d’adopter le volume de course nécessaire pour passer la barre des 50 kilomètres.

Photo d'en-tête : Jimmy Chin

Thèmes :

Wagner, groupe paramilitaire

Par Le 27/12/2022

 

Cet article-là est juste destiné à montrer combien il est possible de constituer une armée privée, très bien équipée, capable de frapper n'importe où, dans des combats de grande ampleur.

C'est toujours en rapport avec la tétralogie en cours d'écriture... Je lis beaucoup, beaucoup, beaucoup et je visionne beaucoup, beaucoup, beaucoup. Avant d'écrire. 

 

Wagner : ce qu'on sait sur le groupe mercenaire russe

5 avril 2022

Les forces de sécurité affiliées à la Russie et à la République centrafricaine près du siège du parti de l'actuel président Faustin Archange Touadera à Bangui, en République centrafricaine.

CRÉDIT PHOTO,GETTY IMAGES

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Personnel de sécurité russe en République centrafricaine : Le groupe Wagner aurait opéré dans la région.

Les services de renseignements militaires britanniques affirment que 1 000 mercenaires de la société militaire privée russe, le groupe Wagner, sont en train d'être déployés dans l'est de l'Ukraine.

Le groupe a été actif au cours des huit dernières années en Ukraine, en Syrie et dans des pays africains et a été accusé à plusieurs reprises de crimes de guerre et de violations des droits de l'homme.

Lire aussi sur BBC Afrique :

"Un terrible crime de guerre" : condamnation internationale sévère du "massacre" de civils par des soldats russes

L'économie russe a jusqu'à présent bien supporté les sanctions, selon The Economist

L'UE est invitée à traiter les réfugiés africains comme des Ukrainiens

Comment le groupe Wagner a-t-il été créé ?

Une enquête de la BBC sur le groupe Wagner a mis en évidence l'implication présumée d'un ancien officier de l'armée russe de 51 ans, Dmitri Utkin. C'est lui qui aurait fondé le groupe Wagner et lui aurait donné son nom, son ancien indicatif téléphonique.

Il est un vétéran des guerres de Tchétchénie, un ancien officier des forces spéciales et un lieutenant-colonel du GRU, le service de renseignement militaire russe.

Le groupe Wagner est entré en action pour la première fois lors de l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, explique Tracey German, professeur de conflits et de sécurité au King's College de Londres.

"On pense que ses mercenaires font partie des "petits hommes verts" qui ont occupé la région", dit-elle. "Environ 1 000 de ses mercenaires ont ensuite soutenu les milices pro-russes qui luttent pour le contrôle des régions de Louhansk et de Donetsk."

"Wagner recrute principalement des vétérans de l'armée qui ont besoin de rembourser leurs dettes", explique Samuel Ramani, Associate Fellow au Royal United Services Institute. "Ils viennent de zones rurales où il y a peu d'autres possibilités pour eux de gagner de l'argent".

"Diriger une armée de mercenaires est contraire à la constitution russe", affirme Tracey German, professeur de conflits et de sécurité au King's College de Londres.

"Cependant, Wagner fournit au gouvernement une force qui est niable. Wagner peut s'impliquer à l'étranger et le Kremlin peut dire : cela n'a rien à voir avec nous."

Qui finance le groupe Wagner ?

Certains suggèrent que l'agence de renseignement militaire russe, le GRU, finance et supervise secrètement le groupe Wagner.

Des sources mercenaires ont déclaré à la BBC que sa base d'entraînement à Mol'kino, dans le sud de la Russie, se trouve à côté d'une base de l'armée russe.

Les bases Wagner et russes

La Russie a toujours nié que Wagner ait un quelconque lien avec l'État.

L'enquête de la BBC, qui a permis d'identifier les liens entre Utkin et le groupe Wagner, a également établi un lien avec Evgeny Prigozhin, l'oligarque connu sous le nom de "chef de Poutine" - ainsi nommé parce qu'il est passé du statut de restaurateur à celui de traiteur du Kremlin.

De nombreuses sociétés de M. Prigozhin sont actuellement sous le coup de sanctions américaines pour ce qu'elles appellent son "influence politique et économique malveillante dans le monde entier". Il a toujours nié tout lien avec le groupe Wagner.

Une photo de novembre 2011 montre Evgueni Prigojine (à gauche) assistant Vladimir Poutine lors d'un banquet près de Moscou.

CRÉDIT PHOTO,REUTERS

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Une photo de novembre 2011 montre Evgueni Prigojine (à gauche) assistant Vladimir Poutine lors d'un banquet près de Moscou.

Où le groupe Wagner a-t-il opéré ?

En 2015, le Groupe Wagner a commencé à opérer en Syrie, combattant aux côtés des forces pro-gouvernementales et gardant également des champs pétrolifères.

Il est actif en Libye depuis 2016, soutenant les forces loyales au général Khalifa Haftar. On pense que jusqu'à 1 000 mercenaires de Wagner ont participé à l'avancée de Haftar sur le gouvernement officiel de Tripoli en 2019.

En 2017, le groupe Wagner a été invité en République centrafricaine pour garder les mines de diamants. Il travaillerait également au Soudan, où il garderait des mines d'or.

Un char appartenant aux forces du général renégat Khalifa Haftar

CRÉDIT PHOTO,REUTERS

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Les forces du général renégat Khalifa Haftar en Libye : des membres du Groupe Wagner auraient aidé ses troupes.

En 2020, la Trésorerie américaine a déclaré que Wagner avait "servi de couverture" dans ces pays pour les sociétés minières de M. Prighozin, telles que M Invest et Lobaye Invest, et les a placées sous sanctions.

Plus récemment, le groupe Wagner a été invité par le gouvernement du Mali, en Afrique de l'Ouest, pour assurer la sécurité contre les groupes militants islamiques. Son arrivée en 2021 a influencé la décision de la France de retirer ses troupes du pays.

Samuel Ramani affirme que le groupe Wagner compte au total quelque 5 000 mercenaires opérant à travers le monde.

Quels crimes Wagner aurait-il commis ?

Les Nations unies et le gouvernement français ont accusé les mercenaires de Wagner d'avoir commis des viols et des vols à l'encontre de civils en République centrafricaine et l'UE leur a imposé des sanctions pour cela.

En 2020, l'armée américaine a accusé les mercenaires de Wagner d'avoir posé des mines terrestres et d'autres engins explosifs improvisés dans et autour de la capitale libyenne, Tripoli.

"L'utilisation irréfléchie de mines terrestres et de pièges par le Groupe Wagner nuit à des civils innocents", a déclaré le contre-amiral Heidi Berg, directeur du renseignement au Commandement Afrique de l'armée américaine.

Des membres de Wagner en Syrie

CRÉDIT PHOTO,@RSOTM TELEGRAM GROUP

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Des membres de Wagner en Syrie

Que fait le Groupe Wagner dans la guerre actuelle en Ukraine ?

Dans les semaines qui ont précédé l'invasion de l'Ukraine par la Russie, on pense que les mercenaires du groupe Wagner ont mené des attaques sous faux drapeau dans l'est de l'Ukraine pour donner à la Russie un prétexte pour attaquer, explique Tracey German.

Aujourd'hui, des messages sont apparus sur les réseaux sociaux russes pour recruter des mercenaires en les invitant à "un pique-nique en Ukraine". Cependant, ces groupes de mercenaires portent d'autres noms, comme "Les Faucons".

Candace Rondeaux, professeur d'études russes, eurasiennes et d'Europe de l'Est à l'université d'État de l'Arizona, estime qu'il s'agit peut-être d'une tentative de se détourner du nom Wagner, car "la marque est entachée".

Des virus en attente

Par Le 27/12/2022

 

 

Je mets ce reportage ici pour le retrouver si, un jour, ma tétralogie en cours est publiée. Le scénario est parfaitement plausible. 

 

 

La Terre se réchauffe et les pôles fondent, faisant apparaître une menace silencieuse. Dans ces terres gelées en permanence, appelées le permafrost, des virus et bactéries sont conservés intacts, grâce au froid, depuis des dizaines de milliers d’années, mais sont prêts à refaire surface. L’équipe d’Élément Terre s’est rendue à Longyearbyen, dans l’extrême nord norvégien, à la rencontre de chercheurs et d’habitants qui vivent avec ce danger.

Dans ce village de l'archipel du Svalbard, par exemple, sept mineurs ont été enterrés à la fin de la Première Guerre mondiale, emportés par la grippe espagnole. Le virus peut-il émerger ? La menace est-elle réelle ou fantasmée ?

Le permafrost est une boîte de Pandore dont on ne connait pas le contenu, avec des conséquences sanitaires imprévisibles.

Reportage Marina Bertsch, Florence Villeminot, Jonathan Walsh et Sonia Baritello.

LE DÉSERT DES BARBARES : Casting de la quadrilogie

Par Le 27/12/2022

 

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La liste des personnages principaux pour :

LES HÉROS SONT TOUS MORTS (publié aux éditions du 38)

TOUS, SAUF ELLE

LE DÉSERT DES BARBARES

TERRE SANS HOMMES

 

Le tome 4 est en cours de construction dans ma tête. D'autres personnages viendront s'ajouter.

Pour l'instant, je m'applique à suivre les conseils de Philippe, un ami écrivain.

"L'apocalypse de Roger" Philippe Renaissance (cliquez sur le lien)

Corrections orthographiques, constructions de phrases, ponctuation... Pour le tome 2.

Une fois fini, je l'enverrai aux éditions du 38 et j'attendrai leur avis.

Pendant ce temps-là, ça sera la correction du tome 3, une dernière fois.

Puis, je reprendrai toutes les notes que je prends au fil de mes idées pour le tome 4 et je me lancerai...

Sur l'ensemble des tomes 2 et 3, j'arrive à 628 pages. Donc, la correction, c'est long...

Je tiens à présenter un manuscrit le plus "propre" possible. Seule, l'histoire doit accrocher le lecteur de la maison d'édition qui jugera le texte. 

 

CASTING

Laure Bonpierre : sportive professionnelle, adepte de l'ultra-trail et records d'ascension.

Gaston Floc’h: chasseur

Lucas Marcieux : lieutenant à la SRPJ, ancien compagnon de Laure

Lucie : compagne actuelle de Lucas

Moses : guide africain, accompagnateur de Laure au Kilimandjaro

Fabien Dumont : lieutenant de police

Mathieu Denis : lieutenant de police

Francis Thiébaut : flic, équipier de Mathieu et Fabien

Thomas Blanchard : militaire, ami de Lucie.

Alfonso : ami italien de Francis, receleur

Vincenzo : ami italien d’Alfonso, faussaire

Raphaël Guérini : truand

Paolo Midugno : porte-flingue

Martin Kravanski : diamantaire, receleur.

Figueras : Indien Aruhaco, ami des Indiens Kogis.

Kalèn ; Mamu (sage) Indien Kogi

Ayuka : Indien, guide.

Pierre Favre : deuxième identité de Francis Thiébaut

Théo Bréchet, lieutenant de police, survivaliste.

Walter Zorn : Chef suprême de l’Ordre des Immortels. Concepteur du plan Nemesis.

Fabiola Mesretti : banquière, première femme intégrant l’Ordre des Immortels

Jonas : père de Walter Zorn

Abraham : grand-père de Walter Zorn

Tariq : fanatique islamiste de Daech

Farid : frère de Tariq, mort à Kaboul

Jacques : flic

Martial : flic

Laurent : flic

Zack : garde du corps de Walter Zorn.

Docteur Flaurent : chirurgien, hôpital sud de Grenoble

Terence : trader pour Walter Zorn

Nacer : islamiste, coordonnateur des attentats à Paris.

Sélim Karmaz : banquier à Istanbul

Akram : homme de main de Sélim Karmaz

Aziz : islamiste, héberge Tariq

Tian : étudiant

Louna : étudiante

Elizabeth : mère de Tian

Antoine : père de Tian

Boris Strogo: milliardaire russe, membre de l’Ordre des Immortels

Hans Van de Kerkoff : milliardaire belge, membre de l’Ordre des Immortels

Yves : père de Laure Bonpierre

Lisette : mère de Laure Bonpierre

Tim : Frère de Laure Bonpierre

Aurore : compagne de Tim

Alec : radio-amateur

Gros Bill : tenancier à Christchurch

Langlois : flic, patron de la brigade

Didier : père de Louna

Fabienne : mère de Louna

Anne : compagne de Didier

Sophie et Tristan : le couple qui a fondé un groupe de survivalistes 

Emma et David : couple ami

Moussad : ancien combattant de Daech, intégré au groupe de Sophie

Kenza : ancienne otage de Daech, libérée par Moussad

Delphine et Jean Mangin : Couple survivalistes voisins du groupe de Sophie

Martha : fille de Delphine et Jean

Joachim Nichols : colonel américain, ami de Walter Zorn

Valentin Volkoff : ancien militaire russe

Fanfan : ami de Valentin

Markus Solberg : norvégien, homme d’entretien de l’université de biologie de Longyaerbyen.

Ahmed , Kevin, Mouloud, Dylan, Jason, Ernesto, Domi, Kimberley, Rihanna, Stacy, Aldo, Romuald, Diego : des barbares.

Loris : frère de Emma.

Stella et Isabelle : étudiantes en fuite.

Harry Boyd : ami de Tim

Kathleen : épouse de Harry

Matt : fils de Harry et Kathleen

Jodie : fille de Harry et Kathleen

Daniel et Mireille : couple de survivalistes du groupe de Valentin

Francine : amie de Daniel et de Mireille

Josh Randall, ancien Marines, tireur d'élite.

Larry Hammet : pasteur, leader du groupe de L'arche. (USA)

LES HEROS SONT TOUS MORTS : Figueras, un personnage majeur

Par Le 24/12/2022

 

Figueras est un Indien de Colombie, un Arhuaco, ami des Indiens Kogis, peuplade autochtone vivant dans la Sierra Nevada de Santa Marta, massif montagneux de la Cordillère des Andes.

Laure Bonpierre le rencontre dans un train, alors qu'elle tente de rejoindre le clan des Indiens Kogis.

Ce personnage énigmatique, porteur d'un très grand savoir, joue un rôle très important, dans ce roman et dans les deux suites que je viens de finir.

Il sera toujours là dans le tome 4.  

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Train de marchandises. Elle avait obtenu une place dans le wagon des mécanos. Elle y avait mis le prix. Elle n’avait pas aimé le regard surpris du chef de la loco. Trop d’argent d’un coup. Elle avait appâté un poisson qui pourrait bien la bouffer. Elle imaginait l’air réjoui de la peur qui s’imposait en elle une nouvelle fois.

Un indien. Une intuition. Il devait avoir un rôle peu important, l’employé aux tâches ingrates. Il s’était assis face à elle. Il ressemblait au Grand Chef du Vol au-dessus d’un nid de coucou. Gigantesque, des mains comme des battoirs. Il l’étranglerait comme on tue un poussin. La peur, insoumise, l’imagination en bataille. Elle chercha à se rassurer, à s’extraire de cet étau qui l’étouffait. Compartiment rudimentaire, des bancs couverts par de vieilles toiles délavées, le revêtement plastique du plancher était déchiré à plusieurs endroits, des placards aux portes délabrées, des outils sommairement rangés, une hache fixée au mur, sans doute pour dégager des arbres tombés sur la voie. Le panneau coulissant de l’entrée était ouvert. Le vacarme des roues la raidissait.

Il la regardait. Elle ne voulut pas soutenir son regard. Elle posa les yeux sur ses pieds. Le sac à dos en support.

« De quoi as-tu peur ? » lança-t-il.

Elle repassa la phrase dans sa tête, interloquée et incertaine du sens.

« De quoi as-tu peur ? » redemanda-t-il.

Elle leva les yeux. Il souriait.

Ils étaient seuls dans le compartiment.

« Pourquoi dis-tu que j’ai peur?

-Je le sens sur ma peau. »

Un Indien. Une certitude. Que faisait-il là ? Qui était-il ? L’impression qu’elle devait cesser de trembler intérieurement. Une intuition rassurante.

« Personne ne te volera ici. »

Un regard d’aigle, les yeux plissés, une peau brune qui luisait. Des muscles saillants sous sa tunique. Elle lui donnait quarante ans. Il était très beau. Des cheveux noirs et fins tombant sur ses épaules.

« Pourquoi tu vas à Santa Marta?

-Je veux aller voir des amis Kogis dans la montagne. »

Le vacarme du train sur un aiguillage l’empêcha d’entendre la réponse. Elle pencha la tête en avant pour le lui signifier.

L’Indien se leva et vint s’asseoir à ses côtés. Une démarche féline. Des sandales rafistolées, un pantalon déchiré sur les genoux.

« Je suis un Arhuaco. Je connais les Kogis. Qui veux-tu voir ?

-Kalén, un Mamu.

-Il est dans le village du haut en ce moment. Tu lui donneras mon salut. Je suis Figueras.

-Il va bien ?

-Il va avec son âge. Je l’ai vu l’an passé. Mais il vit toujours. Sinon, je l’aurais senti. »

Elle ne chercha pas à comprendre. Tout était possible ici. Elle le savait bien puisqu’elle aurait dû mourir sur cette terre. Et qu’un chaman l’avait sauvée. Tout était possible ici. Même ce qui n’est encore jamais arrivé.

« Personne ne te volera dans le train.

-Comment le sais-tu ? demanda-t-elle.

-Je suis le chef ici. »

Elle croisa son regard. Des pupilles comme deux soleils noirs. Elle se sentit explorer jusqu’à l’âme.

« Même si j’ai l’air d’un mendiant », ajouta-t-il en souriant.

Il se leva et se dirigea vers un placard. Il dénoua la ficelle qui retenait les vantaux. Il revint s’asseoir avec un panier de fruits. Il posa le récipient sur le banc.

« Tu peux prendre.

-Merci, répondit-elle, honteuse désormais de ses suspicions.

-Pourquoi vas-tu chez les Kogis ? Ils n’aiment pas être dérangés par les Blancs.

-C’est une vieille histoire. Kalén m’a sauvé la vie. Je veux les aider.

-Comment ? »

Elle devait mentir. Ne pas s’étendre.

« Je voudrais créer un mouvement de soutien en Europe, pour récupérer de l’argent et les aider à racheter leurs terres au gouvernement.

-C’est bien. Avec le malheur que les Blancs ont fait ici, il faudra beaucoup de gens comme toi pour que la terre revive. Mais il ne faut rien attendre en retour. Même pas la pureté de vos âmes. Sinon, tu la souilleras encore. »

Une claque. L’observation de ses intentions, le désir d’être reconnue, la bienfaitrice, la femme blanche qui vient sauver le peuple des Kogis. Oui, elle devait bien admettre qu’elle s’était attribué tous ces honneurs et qu’il n’y avait rien de gratuit dans sa démarche. Les Blancs étaient-ils condamnés à n’être jamais autre chose que des esprits tortueux et torturés ? Portaient-ils comme un fardeau ancestral les dérives de leurs prédécesseurs ? Connaîtraient-ils un jour la paix véritable ?

« Mais ne crois pas que les Indiens sont tous bons. Beaucoup sont devenus comme les Blancs. Avides et perdus. Et quelques Blancs sont devenus comme les Indiens. Il faut apprendre à sentir ce que les gens portent. Toi, tu as peur mais tu veux faire le bien aussi. Tu vas aller voir un ami à Santa Marta. Il te guidera. »

Elle sentait la fatigue l’envahir de nouveau. Tellement de sommeil perdu. Comme une vase qui l’engloutissait, des sables mouvants où elle s’enfonçait. Jusqu’à la nausée.

« Il faut que je me repose un peu.

-Dors. Tu as le temps. Et laisse dormir tes peurs aussi. »

Il se leva et se dirigea vers la locomotive. Il ferma la porte en lui adressant un sourire.

Elle sortit une veste de son sac et le poussa sous le banc puis elle ajusta la pochette sous sa chemise. Elle devinait la sueur contre sa peau. Elle s’allongea sur le banc et glissa le vêtement sous sa tête.

Elle s’appliqua à entortiller une sangle du sac autour de son poignet."

Puis, elle ferma les yeux.

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Elle courait à en mourir, l’impression qu’elle allait vomir son cœur, un étrange détachement alors qu’elle sentait la mort autour d’elle, une lucidité extrême, comme une conscience décuplée, elle savait parfaitement ce qu’elle devait accomplir mais elle ne parvenait pourtant pas à se libérer de la pesanteur de ses pas, elle devait produire des efforts gigantesques pour avancer de quelques mètres, comme si elle devait se mouvoir dans un espace gluant, un océan invisible qui ralentissait chacun de ses gestes, elle n’éprouvait étrangement aucune peur, juste l’application de ses actes, sans aucune émotion, sans aucune pensée invalidante, malgré le danger, malgré la mort, malgré l’incertitude. Rien. Elle courait au ralenti dans une extrême vigilance. L’impression d’être surveillée, un regard qu’elle n’identifiait pas, une énergie qui coulait en elle, comme un don… Incompréhension.

Le train passa sur un aiguillage et le vacarme la réveilla.

Elle avait vu les yeux étroits qui l’observaient. Des yeux d’Indien.

Elle se frotta le front et s’assit sur le banc, le corps endolori et lourd. Elle leva la tête.

Il était là, face à elle. Son regard scintillant, les prunelles comme deux soleils noirs.


 

« Tu vois, la peur est encore en toi mais tu es sur le bon chemin. Tu commences à l’accepter et à ne plus lutter contre elle. Plus tu luttes, plus tu la nourris de ton énergie. Un jour, tu comprendras.

-Comment vois-tu tout ça ?

-Je ne le vois pas. Je le sens. Vous, les Blancs, vous passez votre temps à regarder avec vos yeux et c’est pour ça que vous ne voyez rien. Écoute, respire, touche, et retourne tes yeux vers l’intérieur. Là, tu pourras apprendre. Mais surtout, bien plus important que tout, arrête de penser quand ça ne sert à rien. Tu manges quand tu as faim, tu bois quand tu as soif, tu dors quand tu es fatiguée, tout cela est nécessaire parce que ton corps en a besoin. Fais la même chose avec ton esprit, apprends à penser quand c’est nécessaire. Là, tu pourras saisir la réalité. Sinon, tu l’étouffes. »

Ces leçons de vie dans un vieux train de Colombie, face à un Indien qui lui parlait comme s’il la connaissait depuis son enfance. Un million caché sous son gilet en toile. Est-ce qu’il le savait? Que pouvait-il voir ou sentir? L’odeur de l’argent? Ou l’odeur de la peur de celle qui le porte…

« Tu vas aller voir Ayuka. Tu lui diras qu’il doit t’accompagner jusqu’aux Kogis. Tu lui diras mon nom. Il ne te posera aucune question, il ne te demandera pas d’argent.

-Je vais bien le payer quand même ?

-Oui, mais c’est toi qui décideras de la somme. Une toute petite part de tout ce que tu transportes. »

Elle le fixa et baissa les yeux. Certaine d’avoir retenu son souffle sans le vouloir, un coup au ventre, comme s’il venait d’ouvrir la sacoche et de répandre les billets sur le sol.

« Vous avez inventé les trains et les moteurs, vous avez fait voler des avions, mais vous ne savez pas voyager à l’intérieur de vous. Alors, vous ne pouvez rien savoir des autres. Pour celui qui sait lire les âmes, tout ce qui est en vous est visible parce que ça ne vous appartient pas, tout vous échappe. Et vous croyez en plus que vous pouvez mentir aux autres. C’est à vous que vous mentez. Je ne sais pas lire les mots et les hommes qui sont allés à l’école me méprisent. Mais ils ne savent lire que les mots et ce savoir les aveugle jusqu’à ne rien savoir d’eux-mêmes. »

Elle ne savait pas répondre. Une telle ignorance. Cette impression d’être une enfant devant un Maître et de découvrir soudainement l’immensité des espaces à parcourir. Elle courait sur les montagnes du monde et ne savait rien de ce qui la constituait, de ce qui émanait d’elle, de ce qui était perceptible.

Et c’est pour cela qu’elle avait peur.

Une évidence.

Nous ne pourrions vivre en paix, les uns avec les autres, qu’avec une connaissance absolue de nous-mêmes.

Figueras était en paix. Une paix qui semblait l’envelopper comme si l’espace intérieur ne suffisait plus, comme si cette énergie bienfaitrice éprouvait le désir des autres, comme s’il fallait propager cette lumière. Le soleil noir de ses pupilles. Et ce sourire bienveillant sur son visage, rien de connu, comme un amour diffusé, elle se sentait enlacée.

Il lui raconta son enfance dans les montagnes, les humiliations et les spoliations, la misère existentielle des Indiens qui avaient perdu leurs racines, attirés par des illusions fatales, il parla de ses luttes, de son engagement, des enseignements qu’il avait reçus. Il avait vécu une nuit une intuition d’une force immense, une révélation sublime qui l’avait bouleversé jusqu’aux larmes. Devenir le ver dans le fruit, rogner de l’intérieur les croyances néfastes des hommes civilisés, sonder les âmes et révéler les failles. Il avait longtemps été animé par un esprit de vengeance, un désir d’humiliations puis il avait compris, peu à peu, qu’il entretenait dès lors la scission des âmes, que sa mission était souillée par des intentions perverses, qu’il devait lui-même apprendre à tendre son âme vers les autres, à ne pas juger, à ne pas souiller l’intention de la Vie. Sa colère n’était qu’une citadelle dressée. Elle n’ouvrait pas les enceintes des âmes rencontrées. Il avait sombré pendant de longues saisons, comme rongé par un Mal insaisissable, un poison qu’il avait mis longtemps à identifier. Il avait dû connaître l’effondrement pour apprendre à aimer.

« Je te remercie infiniment Figueras. »

Elle ne savait pas parler d’elle et elle comprit avec une violence soudaine que son ignorance intime, que cette méconnaissance des méandres intérieurs l’avait privée des plus belles flamboyances, qu’elle n’avait toujours été qu’une âme perdue cherchant frénétiquement des ancrages existentiels. Elle courait depuis des années pour une reconnaissance extérieure. Comme si une ombre pouvait se remplir, comme si les regards reçus pouvaient suffire à combler les vides.

Un Indien venait de lui parler de son âme et elle ressentait désormais en elle un vide incommensurable.

« Ne te juge pas, reprit Figueras. Ta colère contre toi ne serait qu’une condamnation. Réjouis-toi simplement de savoir désormais qu’il te reste beaucoup à apprendre. Reconnais simplement que tout est déjà en toi. Mais simplement que tu ne le savais pas. Simplement. Tu vois l’importance de ce mot ? Lorsque les choses que tu vis te semblent compliquées, c’est que tu n’es plus reliée à la Vie. Le réel problème n’est pas ce qui survient mais la façon dont tu le perçois. Un jour, tu comprendras. »


 

Elle raconta ses courses en montagne, la découverte de ses qualités physiques, ses premières compétitions et la fierté qu’elle éprouvait, les premiers sponsors et l’entraînement acharné qu’elle devait supporter, la pression de plus en plus forte et ce sentiment de gâchis au sommet du Kilimandjaro.

« C’est bien, écoute bien tout cela. Et réjouis-toi. »

Elle ne comprenait pas d’où venait cette impression qu’il souriait en permanence alors que rien sur son visage ne l’indiquait. Une neutralité totale. Et pourtant, cette joie qui l’inondait. Elle en éprouva de la gêne. Comme un lien physique qu’elle ne commandait pas. L’impression d’être reliés, non pas d’elle à lui, mais comme deux énergies compatibles, un flux sans matière, une reconnaissance cellulaire.

« Quand tu sauras lire en toi, tu comprendras ce que les autres portent. »


 

Il lui raconta encore la vie de ses ancêtres, la communion avec la Nature, l’hommage rendu à chaque élément de la Terre Mère, la vie des enfants dans les tribus, les explorations spirituelles par le travail solidaire et les jeux, l’apprentissage des connaissances ancestrales, des ancrages qu’il honorait chaque jour, un respect immuable qui nourrissait ses cheminements. Les enfants recevaient des racines qui leur donnaient des ailes.

Elle songea aux enfants de l’Ancien Monde, les ailes rognées de leurs âmes, leurs racines empoisonnées par une Histoire immonde, ces tombereaux de morts et de massacres, ces peuples exterminés et ces génocides orchestrés par des Puissants avides de richesses et de pouvoir. Rien n’avait changé. Les justifications avaient pris des tournures honorables mais les intentions restaient les mêmes. Les petits d’hommes recevaient en héritage des avenirs prémâchés, une pâte infestée par des esprits pervers, des égrégores toxiques qui les condamnaient à une imitation formatée.

Elle réalisa soudainement que son projet était dérisoire. L’intuition que son désir consistait à emballer dans du papier cadeau des charniers infinis. Elle sentit une boule gonfler dans sa gorge, comme si la révélation l’empêchait de respirer, toute la beauté du don envisagé périssait sous les assauts impitoyables de la réalité. Peut-être même portait-elle dans ce projet, le désir de soulager sa conscience. Mais que pouvait bien représenter l’argent dispensé dans des âmes violées par des siècles d’outrages?

L’impression que tout cela allait voler en éclat.

Elle regarda Figueras. Il ne la quittait pas des yeux, comme attentif à des messages sans paroles, percevant des pensées insoumises.

« Tu auras tes réponses quand elles seront nécessaires », avança-t-il en souriant pour de bon.


 

L'empreinte carbone d'AVATAR 2

Par Le 21/12/2022

Je n'ai pas l'intention d'aller voir ce deuxième film. Autant j'avais trouvé l'image magnifique, une technologie effectivement stupéfiante mais le scénario guerrier de la deuxième partie et des scènes de bataille interminable m'avaient franchement déçu et lassé. 

La question s'était posée pour moi de l'empreinte carbone d'un tel déploiement de haute technologie quand le film se veut porteur d'un message écologique. 

Cet article reprend cette problématique et montre comment James Cameron a tenté de la résoudre. Et où on voit la puissance décisionnaire des financiers au regard de la promotion du film...

Je lis par ci par là que le message écologique est puissant et peut toucher les jeunes générations. J'aimerais alors savoir si les jeunes générations vont aller voir ce film pour son aspect "philosophique" ou pour les effets spéciaux. Et la question est donc de savoir si l'emploi considérable de cette technologie est vraiment nécessaire quand on veut développer un message spirituel. S'il s'agit de montrer la richesse extraordinaire de la nature et les conflits entre colons et peuples autochtones, le film de Terence Malick, " Le nouveau monde" est à mon sens bien plus puissant. Et je ne parle pas de la beauté de la musique de ce film au regard de la musique assourdissante du premier Avatar...

 

 

 

Publié le 16 décembre 2022 à 17h09

Pop culture

Séries et cinéma

Les coulisses d’Avatar 2 sont-elles aussi écolos que le film ?

 

Panneaux solaires et repas végans

Temps de lecture : 6 min

L'avatar de Marcus Dupont-Besnard

Marcus Dupont-Besnard

Source : Avatar 2 : La Voie de l'Eau

Avec Avatar : La Voie de l’Eau, James Cameron livre un grand film écologique, construit autant comme un conte que comme du grand spectacle. Mais le message d’Avatar 2 est-il cohérent avec la façon dont il a été produit ? La réponse est oui — à ceci près que c’est pour la promotion que le bât blesse.

À l’image d’Avatar, et peut-être plus encore, sa suite Avatar : La Voie de l’Eau est un chef-d’œuvre. La beauté visuelle n’est pas la seule raison, car c’est aussi dans l’écologie que ce second opus brille d’intelligence et de poésie. Ce constat est particulièrement rare à l’échelle de blockbusters.

Une question peut alors légitimement se poser : les coulisses de tournage, de production et de promotion du film sont-ils cohérents avec les messages du film ? La réalité est meilleure que ce que vous pouvez imaginer… mais n’est pas épargnée par quelques paradoxes.

Une production « zéro carbone »

Assez tôt par rapport aux usages, James Cameron a milité pour l’usage de drones, plutôt que d’hélicoptères, pour tourner les scènes aériennes. Mais le réalisateur s’est aussi engagé, dès 2012, dans une tâche ambitieuse : produire les suites d’Avatar à l’énergie propre.

Kiri, la fille de Neytiri et Jake, dans Avatar 2. // Source : Avatar : La Voie de l'Eau

Kiri, la fille de Neytiri et Jake, dans Avatar 2. // Source : Avatar : La Voie de l’Eau

L’objectif : réduire l’empreinte carbone d’Avatar 2 et d’Avatar 3, voire atteindre un bilan zéro carbone, concernant en tout cas la réalisation des films. Il détaillait alors durant un reportage de l’époque : « Je ne veux pas que les gens puissent venir me voir à la sortie en me disant ‘vous êtes un écologiste faisant un film sur comment on devrait se comporter et pourtant vous utilisez toute cette énergie pour alimenter ces ordinateurs’. J’ai entendu cette critique, quand on a fait le premier film, donc on a fait quelque chose pour ça. »

Il y a dix ans de cela, donc, James Cameron s’engageait dans la construction de panneaux solaires pour le studio principal de tournage et de production de sa saga — afin que cette énergie solaire alimente en électricité les ordinateurs et les systèmes de capture de mouvement.

« Nous avons fait installer un mégawatt de panneaux solaires sur le toit de notre studio »

James Cameron

C’est donc ainsi que La Voie de l’Eau, et le troisième opus pour 2024, ont été réalisés. « Nous avons établi très tôt quelle serait la quantité d’énergie nécessaire et, à la suite de ces études, nous avons fait installer un mégawatt de panneaux solaires sur le toit de notre studio. Non seulement ils ont fourni l’énergie nécessaire pour tous nos ordinateurs et nos serveurs, mais nous avons obtenu en prime un surplus que nous avons pu vendre aux Manhattan Beach Studios », rappelait récemment le réalisateur, au magazine Trois Couleurs. « C’était donc une très bonne affaire financièrement, en plus de nous garantir une empreinte carbone négative. »

Des repas végans sur le tournage

La mise en pratique des messages du film ne s’arrête pas là. Avatar : La Voie de l’Eau aborde la protection des espèces — un propos d’autant plus pertinent à l’époque de la 6e extinction de masse causée par les activités humaines. Si James Cameron est végan (non-consommation de tout produit de provenance animale), qu’en est-il des tournages ?

Les espèces marines de Pandora sont à l'honneur dans cette suite // Source : Avatar La Voie de l'Eau

Les espèces marines de Pandora sont à l’honneur dans cette suite // Source : Avatar La Voie de l’Eau

Là encore, le réalisateur a impulsé une mise en cohérence : l’intégralité des repas servis dans les selfs des studios étaient des plats végans. Pour tous les studios, toutes les régies, toutes les sections de capture de mouvement — bien que tout le monde était évidemment libre d’aller manger ailleurs que dans ces cantines.

« Nous devons vivre nos vies, en tant que personnes travaillant sur ces films, en cohérence avec le message des films. »

James Cameron

Il a expliqué à Deadline : « Je me suis assis avec toute l’équipe — environ 130 personnes alors — et j’ai dit : ‘Ces films, nous ne les faisons pas seulement pour gagner de l’argent ou pour faire des images cool et imaginatives avec des animations incroyables. Nous les faisons dans un but plus élevé, parce qu’ils signifient quelque chose. Et nous devons agir en conséquence. Nous devons vivre nos vies, en tant que personnes travaillant sur ces films, en cohérence avec le message des films. Nous allons donc tous manger végan sur cette production.’ Vous auriez pu entendre une épingle tomber dans une pièce de 130 personnes. »

La limite : la promotion du film ?

Voilà qui dresse un tableau assez positif des coulisses d’Avatar 2 et d’Avatar 3 en matière d’empreinte environnementale. Un élément reste toutefois encore en suspens dans l’équation : la promotion du film. C’est là que le bât blesse pour un blockbuster. Évidemment, il y a l’ensemble des trajets, en avion notamment, entrepris par l’équipe du film. S’ajoutent les écrans publicitaires. Et la liste de ces ingrédients pourrait être plus longue.

Le clan Metkayina est le peuple maritime de Pandora. // Source : Avatar 2

Le clan Metkayina est le peuple maritime de Pandora. // Source : Avatar 2

Mais ce qui a le plus attiré l’attention des fans de la franchise est une vidéo prise au Japon, début décembre, où l’équipe du film (dont James Cameron) assiste à un spectacle promotionnel impliquant des dauphins captifs. Or, le Japon est réputé pour sa cruauté dans la capture de cette espèce. La situation contrevient pleinement aux idées de James Cameron et à ce que défend le film. Une phrase du réalisateur semble d’ailleurs teintée à demi-mot de son propre malaise : « Je suis sûr que tout le monde leur a demandé la permission pour les intégrer au spectacle… J’aime ces animaux, j’aime leur intelligence. »

Qu’en est-il de la cohérence sur laquelle le réalisateur a tant travaillé pendant 10 ans ? La réalité derrière cette séquence est assez limpide : l’équipe n’a pas eu son mot à dire. La distribution est gérée à l’échelle du studio de production (20th Century Fox / Disney) et les événements auxquels assister sont contractuellement imposés. Il semblerait que personne, au département marketing, n’ait perçu (ou eu envie de percevoir) l’absurdité de la situation. Si le studio est peut-être prêt à concéder des efforts dans le processus de création, étant donné le poids de Cameron à Hollywood, les enjeux financiers pour la réussite du film en salles sont une tout autre histoire. Et l’Asie est un marché conséquent.

Il y a d’ailleurs un passif en la matière, puisqu’on sait que James Cameron et la Fox s’étaient déjà opposés par le passé. Un cadre de la production aurait demandé, pour le premier film, à ce que le message environnemental soit tout bonnement… supprimé. « Il y avait une inquiétude, concernant Avatar, que les thèmes environnementaux — explorés à un niveau profond et spirituel — nuisent au film. Quelqu’un à la Fox, qui n’est plus là aujourd’hui, a dit : ‘Y a-t-il un moyen de réduire ces conneries de New Age, d’écologistes et de hippies ? », relatait-il en 2011.

Alors : Avatar, blockbusters écolo ou non ?

Indéniablement, Avatar 2 : La Voie de l’Eau est d’autant plus unique en son genre que la dimension écologique au cœur du film est cohérente avec son processus créatif — tout du moins en partie (ce qui est déjà beaucoup pour un blockbuster mettant en jeu des dizaines de millions de dollars). Il est donc vrai que James Cameron a su changer les choses et pousser la logique aussi en coulisses.

Le biome de Pandora fait rêver. // Source : Avatar 2

Le biome de Pandora fait rêver. // Source : Avatar 2

Mais la réalité d’un monde où l’écologie n’a pas tant que cela sa place dans la prise de décisions est vite revenue en pleine figure de la saga : pour diffuser le message d’Avatar, il faut passer par le circuit type de l’entertainment, lui-même empreint de capitalisme et donc d’une considération assez faible pour l’écologie.

Sauf que James Cameron l’a dit lui-même en 2012 : il avait été touché par les critiques sur le coût énergétique de production du film, et c’est aussi pour cela qu’il a eu la motivation d’améliorer cet aspect. Le buzz de la vidéo prise au Japon ne restera probablement pas lettre morte en coulisse. Les fans, qui aiment la saga et le réalisateur pour leur amour du vivant, peuvent légitimement ressentir de la déception. On peut toutefois imaginer que, pour Avatar 3, une telle situation en inadéquation totale avec l’œuvre devienne impossible.

Il y a par ailleurs un tableau plus large encore. L’impact d’Avatar sur la société n’est autre qu’une vaste diffusion de la conscience écologique — c’est aussi dans les imaginaires que cela se joue. Et l’impact de sa production sur Hollywood est une démonstration objective que certaines méthodes plus positives sont tout bonnement… possibles !

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Notre podcast La 6e extinction, écrit et narré par la vulgarisatrice scientifique Marie Treibert, explore la crise du vivant causé par les activités humaines… mais avec des notes d’espoir ! Les épisodes sont disponibles sur toutes les plateformes d’écoute. Le premier épisode aussi à découvrir sur le player ci-dessous :

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SEENTHA de Jean-Michel ARCHAIMBAULT

Par Le 17/12/2022

 

Seentha | Jean-Michel Archaimbault | 2009

SEENTHA de Jean-Michel ARCHAIMBAULT

éditions Rivière blanche (2009)

Je ne lis plus de SF depuis bien longtemps après avoir pourtant adoré Asimov, Van Vogt, Silverberg, Anderson, Dick, Sturgeon, Stefan Wul, etc...

Je ne connaissais donc pas Jean-Michel Archaimbault. Et sans aucune hésitation, je le range avec les auteurs cités ci-dessus.

Plus d’une fois, lorsque j’étais jeune, je me suis demandé si ces auteurs de SF n’étaient pas des esprits revenus d’un futur lointain.

Autant, il est aisé de se documenter sur les faits passés pour écrire un roman historique, autant j’ai toujours trouvé fascinant l’imagination de ces auteurs de SF capables de créer des mondes inconnus, des technologies qui dépassent mon entendement, sans aucune possibilité de puiser dans des connaissances étayées, connues de tous, à travers des faits anciens.

Là, tout est à inventer et il faut pour cela une imagination qui me sidère. Ou alors user de souvenirs d’une vie qui n’a pas encore pris forme dans l’époque en cours, une vie qui vient d’un temps qui n’a pas encore existé.

Je pense donc que Jean-Michel Archaimbault vient du futur.

Je ne développerai pas le fond de ce roman parce que la richesse ne se décrit pas, au risque d’en donner une vision appauvrie. C’est un roman de SF, une œuvre totale, un espace au-delà du connu. Pour ce qui est de la forme, c’est magistral. D’une part parce que le foisonnement de termes et de descriptions de technologies dont j’ignore s’ils existent ou s’ils sont pures inventions ne sont jamais source d’égarement ou de lassitude. Bien sûr, il m’a fallu accepter de plonger dans ce bain linguistique et de ne pas en saisir à coup sûr la pleine compréhension. Je me suis donc laissé emporter par le flot et il est arrivé un moment dans la lecture où je lisais ces termes comme si je les avais toujours fréquentés et c’est là que j’ai réalisé que l’ensemble du texte contenait tout ce dont j’avais besoin pour être happé.

L’histoire est complexe mais les personnages ont une densité si forte qu’ils l’emportent sur cette fatigue qui aurait pu survenir s’il ne s’était agi que d’une description de technologies toutes plus fascinantes les unes que les autres. L’humain prédomine. Les relations sont plus prenantes que les vaisseaux les plus sophistiqués, que les technologies les plus étourdissantes.

Bien sûr que la trame a une importance considérable. Aucun roman ne peut être aimé en dehors de son histoire, qu’elle que soit la maîtrise de l’écriture. La technique n’a pas de vie, elle doit la servir. Tout comme un roman dont l’histoire est fascinante n’aura pas d’existence s’il n’est pas nourri par une technique d’écriture incontestable.

Ici, les deux paramètres sont réunis.

Plus d’une fois, j’ai tenté d’imaginer l’auteur devant ce défi de maintenir une écriture aussi riche et une histoire aussi foisonnante d’idées, cette projection dans un futur aussi lointain, des technologies aussi étourdissantes. Quelle est la vie intérieure d’un esprit capable d’imaginer cela ? Quel est son rapport avec la vie quotidienne de notre époque ? D’où viennent des pensées aussi éloignées de notre réalité ? Je n’ai pas la réponse et c’est une interrogation qui me renvoie inévitablement à cette hypothèse qu’il s’agit d’un esprit revenant d’un futur qui nous échappe, à nous, humains contemporains.

Fascinant.

Je ne connais rien à l’œuvre de Wagner et à son « Hollandais volant ». Je ne connais pas grand-chose de la mythologie. Et je n’en ai éprouvé aucun manque. De ce que j’ai lu sur ce roman, des divers commentaires trouvés sur le Net, j’ai toujours vu citées ces références. Mon ignorance n’a aucunement amoindri mon plaisir à cette lecture. Cette histoire, pour moi, existe en dehors de ces cadres artistiques même si j’imagine que l’auteur a tenu à témoigner par ce roman de son admiration pour l’œuvre de Wagner, pour les opéras, pour la mythologie. L’idée d’inclure tout cela dans le cadre d’une histoire appartenant à la science fiction était un défi de taille.

Mission accomplie.

 

Seentha | Jean-Michel Archaimbault | 2009

 

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Seentha | Jean-Michel Archaimbault | 2009

Seentha | Jean-Michel Archaimbault | 2009

Cet ouvrage débute par un prologue chargé et peu digeste(1) d’une vingtaine de pages. Là, je dois dire en toute sincérité que j’ai galéré pour affronter ce passage obligé. La lecture du prologue terminée, je souffle un peu. Puis, arrive l’acte premier qui s’ouvre avec la scène 1 qui se déroule dans l’espace, à bord du vaisseau Aniara II, à deux mille six cents années-lumière de l’amas des Hyades. Et là, tout à coup, je retiens mon souffle, happée par les premières phrases du chapitre ! Dès lors, impossible de lâcher cet ouvrage jusqu’à son acte dernier !

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec cet ouvrage, et j’ai été agréablement surprise par cette lecture. Quelle belle découverte ! Pour ne point gâcher votre plaisir de lecture, je n’entrerai pas dans les détails du récit. Sachez simplement que « Seentha » est en quelques sortes une revisite à la sauce SF des opéras « Le Hollandais Volants » et « Tristan et Iseut » de Richard Wagner, soupoudrés de mythologie nordique. On y retrouve les thèmes majeurs de ces deux œuvres, tels que l’errance, l’arrivée d’un personnage inconnu, le sacrifice et l’amour absolu qui a un goût de folie et de mort. Chers lecteurs, soyez prêts à prendre part à un jeu cruel aux dimensions du cosmos !

Lire la suite de l’article de Koyolite Tseila pour Le Galion des Etoiles :

Seentha | Jean-Michel Archaimbault | 2009 (legaliondesetoiles.com)


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