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La douleur de la conscience

Par Le 17/04/2023

 

 

"La connaissance ouvre la conscience. Vaut-il mieux être malheureux en conscience ou heureux par inconscience ?"

Sylvie Raffin-Callot

C'est une phrase que j'ai trouvée en commentaire d'un article sur une page FB, "Au coeur de la philosophie". 

J'ai vécu une partie de ma vie dans une totale insouciance au regard de l'état de la nature. J'ai goûté au bonheur de la haute montagne, des randonnées en forêts, des baignades dans des lacs d'altitude, des raids à vélo, des sorties de ski de randonnée, des milliers d'heures à courir, à marcher, à pédaler, à skier, à nager, à contempler les beautés de la Terre.

Puis, avec l'âge et de multiples lectures sur la biodiversité, l'impact de l'humain sur la faune, la flore, le climat, les cours d'eau, les océans, l'atmosphère, la souffrance animale, j'ai basculé de l'insouciance à une forme de désespérance, un assommoir qui ne cesse de me frapper, une connaissance pesante et qui reste, malgré ses effets, absolument nécessaire parce qu'elle me permet d'agir en conscience.

Alors oui, cette conscience est douloureuse mais cette douleur est compensée par les effets de mon engagement, un effet dérisoire au regard du désastre planétaire mais un effet qui me permet de me supporter, en tant qu'humain.

J'ai même longtemps écrit des textes qui explorait la dimension spirituelle et quelque peu philosophique, à mon humble niveau. Puis j'ai arrêté ce travail intérieur parce que cette conscience de la vie et de mon impact sur elle me montrait à quel point ma quête spirituelle était artificielle, déconnectée du monde réel, ce que j'ai fini par appeler "mon insignifiante réalité".

Je vivais dans une sphère "intellectuelle" qui conférait à un état de "hors sol" bien que je passais la majeure partie de ma vie dehors, au plus près de la nature. Une nature dont je ne connaissais finalement pas grand-chose. Elle n'était qu'un terrain de jeu, une scène plaisante qui répondait à mes besoins physiques.

Il n'aurait servi à rien que je regrette cet état d'insouciance, que je me flagelle pour toutes les erreurs passées. Puisque j'avais enfin accédé à un état de conscience libérée de "l'ego encapsulé" (Alan watts), il fallait que j'en fasse quelque chose.

Comme le dit très justement Sylvie Raffin-Callot (que je remercie pour la concision parfaite de sa réflexion), j'alterne entre la douleur générée par cette conscience et la satisfaction d'agir désormais selon ma conscience. Je gagne à travers la douleur une sérénité réelle et non un bien-être égotique. La question se pose d'ailleurs de savoir si toutes les thérapies qui proposent d'aller mieux dans un monde qui va mal ne participent pas finalement elles-mêmes à ce monde. Si l'objectif est de supporter ce monde et de parvenir à s'y insérer sans souffrance mais sans rien y changer, c'est juste un travail sur soi mais cela n'a aucune incidence sur le monde lui-même.

Ce monde va-t-il mal parce que trop de gens le supportent encore ? Faudra-t-il donc attendre que la douleur de l'état de conscience se généralise pour commencer à entrevoir la possibilité d'une évolution planétaire ?

Alors qu'advienne la douleur de la conscience, pour tous, qu'elle soit si forte que les nuits en deviennent blanches.

 

Voici l'article en question.

 

https://aucoeurdelaphilo.wordpress.com/2023/01/08/pourquoi-les-gens-intelligents-sont-souvent-malheureux/?

Pourquoi les gens intelligents sont souvent malheureux ?

 

(Crédits image : Aron Wesenfeld)

« Tout le monde cherche à être heureux, même celui qui va se brûler la cervelle » Pascal

***

Lorsque j’étais enfant, et que j’avais dû mal à juguler mes innombrables angoisses, il m’arrivait de lire la Bible.

Et lorsque je lisais la genèse – parmi d’autres points qui interpellaient ma sagacité d’enfant – je ne comprenais pas pourquoi Adam et Eve avaient été punis pour avoir consommé le fruit de la connaissance.

La connaissance, c’est à priori quelque chose de positif ! Nos parents ne nous motivent-ils pas tous les jours à apprendre ? à accumuler des connaissances ? Pis encore, je ne comprenais pas pourquoi Adam et Eve, qui n’avaient tué/fait du mal à personne – devaient endurer les pires souffrances et être malheureux pour le restant de leurs jours, ainsi que leur descendance. Et encore une fois, pour avoir – JUSTE- consommé le fruit de la connaissance.

***

Vous le savez, l’un des conflits opposant la philosophie et la religion concerne l’accès au bonheur.

Pour les philosophes (excepté l’ami Rousseau), du moins, pour nombre d’entre eux, l’accès au bonheur passait par la connaissance, le culte de la raison pour accèder au vrai (Aristote avec la spéculation contemplative comme stade ultime du bonheur dans son éthique à Nicomaque, l’hédonisme raisonné des épicuriens, les stoïciens etc.). « Il vaut mieux être Socrate insatisfait qu’un imbécile satisfait » disait l’ami John Stuart Mill.

A contrario, et sans aller jusqu’au fameux “Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux”, pour les religions, le bonheur a longtemps consisté – et consiste encore – dans le fait d’avoir la foi (entre autres, la foi pour les vérités fournies par la religion sans se poser trop de questions).

Et si pour une fois, les religions étaient dans le vrai ? Et si la connaissance était en réalité un cadeau empoisonné ?

***

Il y a de cela quelques années, et dans un tout autre ordre d’idées, j’avais lu dans un article rédigé par un psychologue que les gens intelligents avaient souvent tendance à être malheureux, du moins malheureux par rapport à leurs pairs. (l’intelligence peut être d’une grande aide quant à l’accès à la connaissance)

A la première lecture, cela m’avait étonné. Mais en faisant quelques recherches, je m’étais effectivement rendu compte qu’un certain nombre d’études semblait bel et bien attester ce phénomène.

Ainsi, d’après une étude (1), réalisée par Norman P. Li et Satoshi Kanazawa sur un échantillon de 15 000 jeunes adultes âgés de 18 à 28 ans, et publiée dans le British Journal of Psychology, les deux chercheurs expliquaient que les personnes les plus intelligentes préféraient vivre dans des zones moins densément peuplées et avoir un moins grand nombre de relations sociales. Les deux chercheurs expliquaient par ailleurs que, si les personnes les plus sociables sont souvent les personnes les plus satisfaites et les plus épanouies dans leurs vies, ceux qui étaient dotés d’une intelligence supérieure à la moyenne avaient souvent tendance à souffrir aussi bien de la solitude, que la sociabilisation avec leurs pairs)

Et au fond, c’est vrai qu’en y pensant, une extrême intelligence [mais aussi la connaissance] vous éloignent malheureusement parfois des autres.

Vous avez certainement tous entendu parler de ce vieux conte arabe qui relate l’histoire d’un royaume qui était naguère gouverné par un roi extrêmement sage. Un soir, une sorcière empoisonna le puit, de manière à ce que l’au rende fou. Et c’est ce qui arriva à tous les individus – excepté le roi qui burent de cette eau le lendemain. Problème : Au fur et à mesure que les jours passaient, tous les habitants devenaient vindicatifs et répandaient des rumeurs sur le fait que le roi était devenu fou, qu’il ne dirigeait plus de manière sage etc. Un soir, le roi finit donc par boire l’au du puit, et il fut par la suite acclamé par le peuple comme un roi à nouveau sagace, raisonné, éclairé…

Certains passages de l’allégorie de la caverne (cf Platon) évoquent également ce côté douloureux de la connaissance. Ainsi l’individu qui réussit à se libérer de la caverne éprouvera d’abord une vive douleur aux yeux ( du fait de la lumière, n’ayant pas l’habitude d’évoluer dans un environnement naturel, inondé de soleil etc). Par ailleurs, il se peut qu’en redescendant dans la caverne pour aller libérer les autres prisonniers, ces derniers soient plutôt sceptiques, et en viennent même à la supprimer comme le relate Platon dans le livre VII de La République.

***

Lorsqu’on a d’immenses connaissances et/ou conscience d’un certain nombre de choses, lorsqu’on a des capacités cognitives assez poussées, cela nous éloigne ipso facto de certains de vos semblables.

Les personnes extrêmement intelligentes/érudites sont parfois un peu comme l’Albatros de Baudelaire, prince dans les nuées [des idées], mais qui sur terre, deviennent « infirmes » au milieu des huées, leurs ailes de géant les empêchant de marcher, [et d’évoluer/côtoyer leur semblables].

D’ailleurs, il se peut que certains d’entre vous l’aient déjà ressenti, cette sensation d’être un martien, cette sensation d’étrangeté, cette sensation d’être en décalage avec vos pairs. Avec l’irruption du fin fond de votre âme du fameux “Et si, c’était moi le problème ?”

***

Face à cela, et parce que l’homme est un être social, le psychologue expliquait que d’aucuns allaient jusqu’à utiliser un masque pour s’intégrer au mieux. Mais cela n’arrangeait pas la chose; bien au contraire. Ce sentiment de mal-être continuait même à grandir derechef.

L’auteur notait également que chez les personnes intelligentes, il y avait une dimension assez désagréable – et d’ailleurs bien souvent non voulue par les intéressés – qui était relative au côté “cerveau tout le temps allumé”, le cerveau qui ne s’arrête jamais, éventuellement les insomnies etc.

Ce doute et le questionnement permanent face à des décisions à prendre (un imbécile qui marche va plus loin qu’un intellectuel assis comme disait Audiard); la volonté de toujours comprendre, de toujours se questionner [ce qui ne peut que occasionner de l’insatisfaction].

Certes l’intelligence et la connaissance, ce n’est pas forcément la même chose.

Toutefois, ceux qui font de la recherche ou ceux qui ont soif de connaissance le savent. Plus on fait des recherches et on accumule des connaissances sur un sujet, plus on se rend compte à quel point on est ignorant, et qu’il faudra encore plus de recherches/lectures pour combler cette ignorance (d’où l’insatisfaction permanente)

***

Mais même sans aller jusqu’à utiliser des exemples relatifs aux gens étant des scientifiques, des gens aux capacités cognitives étendues, etc. l’image qui me vient spontanément à l’esprit et qui me semble symboliser le fait que la connaissance n’est pas forcément synonyme de bonheur, c’est l’image de l’enfance.

Lorsqu’on était enfant, on était tous relativement insouciants (Du moins, on était plus insouciants qu’à l’âge adulte).

On était notamment insouciant parce qu’on ne savait pas tout ce qui se passait dans le monde, parce que nos parents essayaient de nous protéger des tristes vérités de ce monde (Guerre, boulot, ruptures, morts, racisme etc.), parce qu’on croyait aux contes de fées qu’on nous racontait (Le père Noël, le bien qui triomphe toujours, les copains/copines avec qui on resterait toujours copains etc.)

Bref, on était là « tranquilles, entre gosses insouciants, ignorants des choses de la vie. Et puis, sans avoir vu le temps passer, on se retrouve à présent, inquiets, entre adultes » ayant désormais connaissance de la réalité, et de ses innombrables contraintes et tragédies.

***

De ce point de vue là, l’allégorie d’Adam et Eve condamnés à être malheureux [pour avoir mangé le fruit de la connaissance] peut se comprendre.

Quand en effet, face aux mystères du Cosmos et de la nature, face aux innombrables tragédies de ce monde, face à la complexité de la nature humaine, des relations sociales, votre ignorance/inquiétude peut être comblée par l’invocation de Dieu, de la destinée, du dessein intelligent, c’est sans doute plus aisée de vivre sa vie.

La vie d’un homme serait en effet intolérable, nous dit Anatole France, « s‘il savait ce qui doit lui arriver. Il découvrirait des maux futurs, dont il souffrirait par avance, et il ne jouirait plus des biens présents, dont il verrait la fin. L’ignorance est la condition nécessaire du bonheur des hommes, et il faut reconnaître que, le plus souvent, ils la remplissent bien. Nous ignorons de nous presque tout ; d’autrui, tout. L’ignorance fait notre tranquillité ; le mensonge, notre félicité. »

***

Peut-être est-ce là une autre vérité contenue dans les spiritualités et religions d’autrefois. Peut-être est-ce là la signification profonde l’allégorie d’Adam et Eve, du mythe de Pandore (qui mena l’humanité à sa perte du fait de sa curiosité)…

Après tout, le sage ne dit-il pas : “ La vie est un mystère qu’il faut vivre, et non un problème à résoudre »

***

Bref, et vous, qu’en pensez-vous ? A choisir, vous préfèreriez opter pour un bonheur adossé à l’illusion/l’ignorance, ou une existence misérable/dépressive dans la connaissance ?

 

Wilfried M.

 

Potager pour l'autonomie

Par Le 14/04/2023

Transformer une partie d'un jardin d'agrément en potager, ça ne représente pas un travail titanesque mais un travail sur le long terme. En un an, les récoltes peuvent déjà être abondantes.

En deux ans, il n'est plus nécessaire d'acheter le moindre légume si la diversité a été mise en avant. 

C'est notre cas.

Pour ce qui est des fruits, c'est bien plus long évidemment. Il faut travailler sur les arbres mais aussi sur les haies fruitières dont la production est bien plus rapide : cassis, mûres, groseilles, groseilles à maquereaux, framboises, baies de goji, myrtilles...

 

Exploit : dans son micro-jardin, Joseph produit 300 kilos de légumes

 

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<p>Pour rentabiliser chaque mètre carré de son petit jardin, Joseph a multiplié les astuces. Il a réussi à y caser un potager, un verger, une mare, une serre et à y faire pousser une centaine de fruits et légumes différents.</p>

Par Thibaut Schepman

·Publié le 21 novembre 2016 à 15h40·Mis à jour le Mis à jour le 27 juillet 2015 à 08h28

Temps de lecture 6 min

Le jardin de Joseph,  Sotteville-ls-Rouen, le 10 juillet 2015

Le jardin de Joseph, à Sotteville-lès-Rouen, le 10 juillet 2015 - Thibaut Schepman/Rue89

(De Sotteville-lès-Rouen, Seine-Maritime) Un coin de gazon, quelques rangs de légumes, une petite serre. Vu de la rue, on pourrait croire qu’on passe devant un jardin comme un autre, cultivé depuis quelques décennies par un gentil papi consciencieux. On aurait tout faux.

L’autonomie ?

Joseph ne cultive ni pommes de terre, ni ail, ni endives. Il n'est donc pas autonome à 100%. «  Par contre, on a encore des courges et des petits pois de l’an dernier, on est capables de faire le tour de l’année, d'avoir des légumes pendant la saison la plus dure, vers mars et avril. »

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Le jardinier note tout, avec une rigueur impressionnante : « Je pèse tout ce qui sort de mon jardin et je compile dans un tableau Excel (voir ci-dessous). Ça me permet de tirer des conclusions, de ne rien oublier. »

Joseph Chauffrey et sa compagne ont emménagé à Sotteville-lès-Rouen – à quelques minutes en métro du centre-ville de Rouen (Seine-Maritime) – il y a quatre ans. A l’époque, ils étaient presque néophytes et une bonne partie du jardin actuel était bitumée.

Depuis, cet espace de 150 m² est devenu un micro-jardin hyper-productif.

On y trouve un potager de 25 m2, un verger de 10 m2 mais aussi une mare et une serre minuscules.

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En 2014, 252 kilos de plus d’une centaine de fruits et légumes différents ont été récoltés ici.

Suffisant pour que Joseph et sa compagne – qui pèsent consciencieusement chaque récolte – n’achètent quasiment plus aucun légume.

En 2015, Joseph pense passer la barre des 350 kilos de production. Et bien plus encore les années suivantes, quand les arbres fruitiers auront atteint une taille adulte. Le tout en consacrant « pas plus de dix heures par semaine au maximum au jardin ».

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Si l’on ne s’aperçoit pas de cette incroyable productivité au premier coup d’œil, c’est que Joseph s’est en prime ajouté ce défi :

« Je ne voulais pas que le jardin soit seulement un potager, je voulais qu’il soit aussi beau, agréable, qu’il attire les insectes et les oiseaux [d’où la mare, ndlr]... J’ai donc essayé de concevoir plusieurs espaces complémentaires de telle façon à ce que chacun d’eux ait plusieurs fonctions et que chacun des besoins du jardin soit rempli de plusieurs façons différentes. »

Rcolte de lgumes dans le jardin de Joseph, en aot 2014

Récolte de légumes dans le jardin de Joseph, en août 2014

Pour remplir tous ces objectifs a priori bien différents, Joseph a dû recourir à de nombreuses astuces, qu’il a trouvées en fouillant dans sa bibliothèque ou en passant de nombreuses heures sur Internet.

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Il assure :

« Finalement, la petite taille de mon jardin est un avantage, ça me force à innover et ça me permet d’accorder beaucoup plus de temps et d’attention à chaque mètre carré disponible. »

Les botes  graines de Joseph,  Sotteville-ls-Rouen, le 10 juillet 2015

Les boîtes à graines de Joseph, à Sotteville-lès-Rouen, le 10 juillet 2015

Jean-Paul Thorez, ingénieur agronome auteur de nombreux ouvrages sur le jardinage biologique, a visité plusieurs fois le jardin de Joseph Chauffrey. Il nous confirme :

« Ce jardin est probablement l’un des jardins les plus productifs du monde au mètre carré sous ces latitudes. C’est le fruit de sa démarche qui est à la fois technique et intellectuelle. Il y a chez lui un mélange d’attention extrême et d’une recherche constante d’optimisation. Il n’a rien inventé, mais il a su s’inspirer des bonnes sources, entre les pionniers de la bio, les références techniques, des choses moins connues comme les jardins créoles en trois dimensions.  »

Les baies de Joseph,  Sotteville-ls-Rouen, le 10 juillet 2015

Les baies de Joseph, à Sotteville-lès-Rouen, le 10 juillet 2015 - Thibaut Schepman/Rue89

Petit tour de jardin et de ces innovations « low-tech » :

La vidéo qui change tout

Ces prouesses ont valu à Joseph un petit succès dans le cercle des jardiniers connectés quand, en août dernier, il a tourné une petite vidéo sur son jardin et l'a publiée sur Youtube. Depuis, de nombreuses personnes le contactent pour échanger avec lui et l'imiter.

des courges dans les airs : entre juillet et septembre, on peut voir des courges et des haricots suspendus un peu partout dans le jardin de Joseph, comme le montrent la photo et l’extrait vidéo ci-dessous :

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«  J’essaye de cultiver de manière verticale. Je laisse pendre des fils sur lesquels grimpent les haricots, je tends aussi des cordes pour faire grimper les courges sur le toit de mon abri de jardin ou sur ma pergola. Ça fonctionne très bien, le pédoncule se renforce et peut tout à fait supporter le poids du fruit. »

Les courges de Joseph grimpent   Sotteville-ls-Rouen, en aot 2014

Les courges de Joseph grimpent à à Sotteville-lès-Rouen, en août 2014 - DR

Des légumes perpétuels  : de la livèche – plante d’un mètre de haut dont les feuilles ont goût de céleri. Du chou Daubenton, légume vivace dont les feuilles se dégustent toute l’année. Mais aussi des choux brocolis vivaces ou des oignons perpétuels. Dans le jardin de Joseph, nombre de légumes ne meurent jamais : 

«  J’ai tapé “légumes perpétuels” sur Le Bon Coin, je suis tombé sur un mec de l’Est qui vendait des graines dans de petites enveloppes. Ça remplace finalement beaucoup de choses, par exemple, je pense que je ne cultiverai bientôt plus d’épinards, c’est compliqué alors qu’il y a énormément d’alternatives qu’on peut mélanger quasiment toute l’année, comme le chénopode, la bourrache, la consoude ou les arroches. »

Joseph dans la partie potagre de son jardin,  Sotteville-ls-Rouen, le 10 juillet 2015. Au premier plan, les oignons perptuels

Joseph dans la partie potagère de son jardin, à Sotteville-lès-Rouen, le 10 juillet 2015. Au premier plan, les oignons perpétuels - Thibaut Schepman/Rue89

De l’urine et de la paille : une partie du jardin de Joseph était dallée. Inexploitable ? La lecture d’un livre sur la culture sur botte de paille a inspiré à Joseph une solution : le micro-jardinier a repiqué tomates et choux directement dans trois bottes de paille.

« Ça fonctionne vraiment très bien. Ça permet d’imaginer beaucoup de choses, des jardins déplaçables par exemple. La paille ne demande pas plus d’eau, au contraire, elle est creuse et donc la retient bien. La botte va tenir deux ans puis elle va peu à peu se composter en son centre et je pourrai l’utiliser pour recouvrir et enrichir mon sol. La seule chose, c’est que la paille est une matière très carbonnée, il faut donc y ajouter de l’azote. Beaucoup de gens proposent d’utiliser d’énormes quantités d’engrais, mais l’urine est une très bonne solution, j’ai testé les deux et obtenu des résultats comparables. Ça ne pose aucun problème d’hygiène bien sûr. »

Culture sur botte de paille,  Sotteville-ls-Rouen, le 10 juillet 2015

Culture sur botte de paille, à Sotteville-lès-Rouen, le 10 juillet 2015 - Thibaut Schepman/Rue89

Des buttes de culture : dans son petit espace potager, Joseph a enterré une grande quantité de bois mort qui va nourrir son sol pendant plusieurs années. Il a recouvert la butte obtenue de paille, et posé des planches de bois sur le sol. Aussi le sol cultivé est vivant, jamais compacté... et hyper-productif.

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Prolonger les saisons : pour produire plus, il faut aussi gagner du temps. Pour ce faire, Joseph a lu des ouvrages de maraîchers nord-américains, comme Eliot Coleman. Il sème des graines très tôt en mini-mottes à l’intérieur de sa maison ou, dès que c’est possible, dans sa petite serre ou dans un châssis qu’il a fabriqué en recyclant une vieille porte-fenêtre.

La porte-fentre recycle de Joseph,  Sotteville-ls-Rouen, le 10 juillet 2015

La porte-fenêtre recyclée de Joseph, à Sotteville-lès-Rouen, le 10 juillet 2015 - Thibaut Schepman/Rue89

Une fois ses plants poussés et les beaux jours venus, il peut les repiquer dans son jardin ou en pot sur sa terrasse, où les murs blancs permettent encore de gagner de la chaleur et du temps. C’est ainsi qu’il déguste des tomates dès la fin mai, une prouesse dans la région. De même, il sème des graines de légumes juste avant l’hiver, pour que les plants végètent pendant plusieurs mois et « repartent » au moindre signe d’arrivée du printemps.

Joseph entre dans sa serre,  Sotteville-ls-Rouen, le 10 juillet 2015

Joseph entre dans sa serre, à Sotteville-lès-Rouen, le 10 juillet 2015 - Thibaut Schepman/Rue89

Cuba et la révolution verte urbaine

Par Le 13/04/2023

 

 

37 321 vues 11 déc. 2011

« En 1959 c'est la révolution à Cuba. Les États-Unis, mécontent de ce pied de nez révolutionnaire, décide d'imposer un embargo international contre Cuba qui sera ainsi forcé de se tourner vers l'URSS afin de maintenir ses exportations et importations.

En 1989, c'est la chute de l'URSS, Cuba se retrouve dans une situation économique très précaire créant un problème de sécurité alimentaire. Pour solutionner ce problème, Cuba choisit de développer l'agriculture urbaine et écologique. 20 ans plus tard, Cuba est un leader mondial en la matière.

Dans ce documentaire, avec l'aide de l'INIFAT (Instituto de Investigaciones Fundamentales en la Agricultura Tropical), nous montrons l'ampleur, la diversité et l'ingéniosité des projets d'agriculture urbaine dans la région de La Habana. Une nouvelle révolution verte est en cours!

http://documentairesemences.blogspot.com

 

Dangerosité des pesticides

Par Le 12/04/2023

 

« Les industriels essaient d’orchestrer le doute sur la dangerosité des pesticides »

 

INTO

12 avril 2023 par Nolwenn Weiler

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Pour François Dedieu, sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique, auteur de Pesticides : le confort de l’ignorance , il est urgent de réduire l’usage des pesticides et d’aller vers une autre agriculture. Entretien.

Publié dansÉCOLOGIE

Temps de lecture : 9 minutes

#agriculture

#alimentation

#pesticides

Autre proposition de titres :« Sur les pesticides, chaque lanceur d’alerte est décrédibilisé au nom de la science »

Basta! : Les pesticides, aujourd’hui considérés comme à l’origine d’une pollution majeure, ont d’abord été considérés comme une sorte de miracle. Pouvez-vous nous raconter pourquoi ?

François Dedieu : À la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, les besoins pour nourrir les populations française et européenne sont considérables. Apparaît alors une nouvelle technologie chimique : les pesticides agricoles, qui viennent de l’industrie de l’armement, et qui sont effectivement considérés comme miraculeux, car peu chers, très efficaces, et permettant un gain de temps considérable.

François Dedieu

François Dedieu

Sociologue à l’institut national de la recherche agronomique et de l’environnement (Inrae), ses recherches portent sur l’action publique en matière environnementale. Il a publié en 2022 Pesticides. Le confort de l’ignorance (Seuil).

Cette technologie était réellement vue comme d’une grande modernité à l’époque, puisqu’elle allait permettre de quitter le dur labeur des champs. Elle a accompagné tout le développement de l’agriculture intensive, jusqu’à aujourd’hui. Néanmoins, depuis les années 1990, le regard que l’on porte sur ces produits a changé de manière plutôt spectaculaire, puisque les pesticides sont aujourd’hui considérés comme un problème écologique majeur en France, en Europe et dans le monde.

Quelles sont les raisons de ce changement de regard ? Et y a-t-il une spécificité française ?

Le changement de regard arrive en fait très peu de temps après l’apparition des pesticides, dès les années 1960 avec la publication du livre de la biologiste américaine Rachel Carson, Printemps silencieux. C’est la première qui se penche sur cette question des effets des pesticides.

Elle constate deux choses : on retrouve des pesticides partout dans l’environnement, et ils ont des effets délétères. Elle s’aperçoit par exemple que l’épaisseur des œufs dans les zones de traitement est beaucoup plus fine et menace donc la survie des grands oiseaux. Rachel Carson va notamment dénoncer le DDT, grand pesticide organochloré de l’époque, et contribuer à son interdiction.

« Il s’agit de marchands de doute qui utilisent la science contre elle-même pour leur seul bénéfice »

Aux États-Unis, la sortie de ce livre entraîne la naissance du mouvement environnemental, ainsi que celle des premières agences indépendantes d’évaluation des pesticides. En France, le livre a été très mal accueilli. Il y a eu une cabale sans nom organisée par le ministère de l’Agriculture et par l’administrateur civil Henri Siriez qui s’est débattu pour montrer que des travaux venant d’une femme, nécessairement hystérique, n’étaient pas sérieux et ne devaient par conséquent pas faire l’objet d’un intérêt particulier. Elle a été complètement décrédibilisée alors qu’aujourd’hui, 60 ans après, on voit à quel point ses travaux étaient pertinents.

Ensuite, on n’entend plus trop parler des pesticides en France, jusqu’aux années 1990, période à laquelle ils reviennent sur le devant de la scène par le biais de l’apiculture. Les apiculteurs dénoncent alors une classe d’insecticides très particulière, les néonicotinoïdes, qu’ils pensent être à l’origine du déclin des abeilles, et ils vont mettre 15 ans à faire reconnaître le problème.

Je lis, j’aime, je soutiens

Basta est en accès libre. 

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Comme Rachel Carson en 1962, les apiculteurs vont être considérés comme peu sérieux, partisans, et donc peu dignes d’intérêt…

Tout à fait. Sur cette question des pesticides, chaque lanceur d’alerte est décrédibilisé au nom de la science, et accusé de travailler de manière peu rigoureuse scientifiquement. La science et la raison seraient du côté des industriels et des pouvoirs publics. Le discours qui nous est tenu aujourd’hui par le ministère de l’Agriculture et les agences d’évaluation c’est : « On a une batterie de tests toxicologiques impressionnante qui nous permettent de dire qu’un pesticide est dangereux ou pas. »

« On vient réparer le mal alors qu’il faudrait plutôt le prendre à la racine en interdisant les produits les plus dangereux »

Or ce n’est pas le cas. Prenons l’exemple des néonicotinoïdes. On a reproché aux apiculteurs de ne pas avoir de démarche scientifique. On a reproché aux premiers scientifiques qui se sont penchés sur la question de ne pas l’être assez. Or, quatre ans, cinq ans, six ans plus tard, on s’aperçoit qu’effectivement, il existait un effet de désorientation des abeilles à une faible dose qu’ils soupçonnaient à la suite de leurs observations. Il ne s’agit pas de dire que les tests toxicologiques sont tous faux ou impartiaux, mais ils sont souvent réducteurs, ainsi que très prétentieux vis-à-vis des lanceurs d’alerte, à tort.

Cette stratégie qui consiste à jeter le discrédit sur des lanceurs d’alerte, et à instiller du doute sur les connaissances qui s’accumulent concernant la dangerosité d’un produit, a été mise au point par les industriels du tabac. Et reprise par ceux qui commercialisent les pesticides, avec la bénédiction des États…

Tout porte à croire que ces « stratégies du doute » mises en place par les marchands de tabac sont à l’œuvre dans le cas des pesticides. Ce qui se passe avec ces produits, c’est que la charge de la preuve est souvent difficile à apporter, car les pollutions sont d’origines multiples, c’est diffus.

La charge de la preuve repose donc sur des corrélations entre différents effets. La grande ruse des industriels du tabac, c’est de dire que la corrélation n’est pas la causalité et qu’il faut donc rechercher des causalités plus fines. Mais en essayant de trouver plusieurs causalités, on noie la causalité principale alors même qu’elle était connue dès le départ. L’historien des sciences américain Robert Proctor a démontré cette ruse dans son ouvrage sur les industriels du tabac, Golden holocaust. La conspiration des industriels du tabac.

Pour les pesticides – dont le bénéfice mondial annuel s’élève à 60 milliards d’euros – les industriels vont faire de même. Quand une molécule est remise en question, ils vont utiliser la science pour demander d’aller plus loin dans la recherche des causalités des effets constatés, pour voir si finalement le glyphosate, par exemple, est bien cancérigène.

Cela permet de retarder les choses d’une dizaine d’années pendant lesquelles on s’épuise à trouver ces causalités complémentaires et, par conséquent, on continue à utiliser ces pesticides. Il s’agit réellement de marchands de doute, qui utilisent la science contre elle-même pour leur seul bénéfice.

Vous ajoutez que ces manœuvres des industriels, doublées d’un lobbying intensif auprès des décideurs politiques, ne sont pas le seul problème, ni même le plus important. Pour vous, il faut aussi regarder du côté des processus d’homologation des pesticides. Pourquoi ?

Couverture du livre Pesticides Le confort de l'ignorance, de François Dedieu.

Pesticides. Le confort de l’ignorance, François Dedieu, Le Seuil, 2022.

Les industriels font clairement preuve de manœuvres coupables pour essayer d’orchestrer le doute sur la dangerosité des pesticides, et ainsi retarder leur interdiction. Mais le problème fondamental vient surtout de la manière dont on a conçu la toxicologie réglementaire. Il y a 75 ans, les pouvoirs publics ont dit aux industriels : « Si vous voulez développer vos produits, à vous de payer pour la recherche et développement. »

Il y a donc un choix délibéré des pouvoirs publics de travailler main dans la main avec les industriels pour pouvoir développer les tests de toxicologie, et les valeurs de référence de cette toxicologie. Il ne faut donc pas s’étonner si aujourd’hui le poids de la science produite par l’industrie est aussi important.

« Le nombre de substances chimiques en circulation est tellement important qu’il obstrue la recherche de causalité sur les effets des pesticides »

Ce qui est remarquable, c’est que les universitaires des champs scientifiques concernés (la toxicologie) sont en général d’accord avec les industriels. C’est normal, ils regardent les mêmes choses, se posent les mêmes questions et ne débattent jamais à propos des limites de la toxicologie réglementaire. Industriels, scientifiques et politiques prêtent à cette technologie des qualités quasi divinatoires alors qu’elle voit les choses de manière très limitée sur la santé et sur l’environnement notamment. Tout cela participe à la construction de l’ignorance et à l’illusion de la connaissance.

Pouvez-vous préciser en quoi la toxicologie réglementaire voit les choses de manière très limitée sur la santé et sur l’environnement ?

Comment se déroulent les processus d’homologation quand on a affaire à ce que j’appelle des savoirs inconfortables, c’est-à-dire des connaissances qui viennent contredire ce que l’on sait, ou pensait savoir sur tel ou tel produit ? On ne les prend pas réellement en compte. Ces savoirs sont dilués. Une étude publiée en mai 2022 par l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) et l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae), consacrée à l’impact des pesticides sur la biodiversité, montre que dans les processus d’homologation, des effets sont omis.

Par exemple, les effets indirects tels que la destruction des habitats qui viennent perturber toute la vie sauvage des vers de terre et des chauves-souris. Ou encore les effets des faibles doses, dont on sait que pour certains produits ils sont encore pires que ceux de doses plus élevées, etc. Tout cela, l’homologation ne le voit pas, mais on fait comme si on le voyait. Pourquoi ? Parce que cela arrange énormément de monde, aussi bien les industriels que les pouvoirs publics, et le modèle agricole en général, jusqu’aux consommateurs.

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Parmi les zones aveugles des effets des pesticides, on pourrait aussi évoquer la santé des agriculteurs, gravement affectée par les pesticides et aujourd’hui largement documentée notamment par les reconnaissances du caractère professionnel de leurs maladies ?

Oui, tout à fait. Dans les zones aveugles des processus d’homologation, on compte un certain nombre d’effets sur la santé. Mais dans le système actuel, les pouvoirs publics considèrent que, une fois que l’on connaît certains effets délétères des pesticides, il suffit de reconnaître les maladies et que, ensuite, tout ira bien. On indemnise les personnes concernées, et c’est tout. On vient réparer le mal alors qu’il faudrait plutôt le prendre à la racine en interdisant les produits les plus dangereux.

Normalement, les industriels paient une taxe pour compenser tous ces coûts : maladie, pollutions de l’eau, etc. Mais est-ce que les montants de ces taxes correspondent au coût réel ? On peut en douter. Ce que je pense, c’est que ces coûts réels sont tellement vertigineux qu’ils sont invisibles.

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L’idée que je défends est que la science à elle seule ne permettra pas de sortir de l’ignorance. Le nombre de substances chimiques actuellement en circulation est tellement important qu’il obstrue la recherche de causalité sur les effets des pesticides. Il est donc urgent de réduire ce nombre de pesticides, d’avoir une autre agriculture, et un autre mode de consommation.

Il s’agit d’aller complètement à rebours de ce qui est fait aujourd’hui, avec des exploitations toujours plus grandes, et une spécialisation qui ne cesse d’augmenter. Or, à partir d’une certaine échelle d’exploitation, les pesticides sont fondamentalement inscrits dans les manières de fonctionner et dans le modèle économique. Si on souhaite s’en débarrasser, il faut donc sortir de ce système-là.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler

Photo : ©Agir pour l’environnement

L'écoterrorisme

Par Le 12/04/2023

 

Publié dansÉCOLOGIE

Temps de lecture : 7 minutes

#agriculture

#biodiversité

#climat

#droit à la terre

#mesures liberticides

« Écoterroristes ». C’est le terme utilisé par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pour désigner le collectif des Soulèvements de la Terre, l’un des organisateurs de la manifestation de Sainte-Soline contre les mégabassines. Le ministre en demande désormais la dissolution.

Au même moment en Espagne, le président de la région des Asturies, Adrian Barbon, dénonce de son côté des « terroristes environnementaux ». Mais notre ministre de l’Intérieur et l’élu espagnol ne désignent pas du tout des mêmes personnes.

Darmanin vise des activistes environnementaux engagés contre l’artificialisation des terres et pour le partage de la ressource en eau, usant de stratégies d’actions variées légitimées selon eux par l’urgence climatique. Le président de région espagnol, lui, cible lui des incendiaires criminels qui détruisent des forêts.

Fin mars, les premiers grands feux de forêt de l’année ont éclaté en Espagne : près d’une centaine, tous d’origine criminelle selon les autorités. Il y a « clairement une action coordonnée de terroristes environnementaux », de « terroristes de la forêt », déclare le président régional Adrian Barbon.. Ces incendies auraient pu faire « des centaines de morts », dénonce-t-il le 1er avril.

Incendies criminels au profit de l’agrobusiness

Qui sont les véritables terroristes de l’environnement ? Les activistes des Soulèvements de la Terre et autres « zadistes », qui tentent de sauvegarder des espaces naturels, comme semble le penser Gérald Darmanin ? Ou les individus et entreprises qui détruisent sciemment l’environnement ?

Repère :

Aux origines du mot « écoterrorisme »

Lire l’encadré

En août 2019, dans l’État brésilien du Pará, des dizaines de grands propriétaires terriens et des personnes spécialisées dans la falsification de titres de propriété pour accaparer des terres, s’étaient coordonnées sur WhatsApp pour mettre le feu à la forêt amazonienne. Ils avaient organisé un « dia de fogo », un jour de feu.

Il s’agit d’incendies criminels provoqués tout le long de la grand-route BR 163, qui traverse cette partie de l’Amazonie, reliant les grands élevages et plantations plus au sud aux ports de matières premières situés sur les affluents de l’Amazone. L’objectif de ces incendiaires était de manifester leur soutien au président brésilien d’alors, Jair Bolsonaro, qui prônait l’ouverture de larges zones de l’Amazonie à l’industrie minière ou à l’agrobusiness.

Des multinationales, « criminels climatiques »

Il y a aussi ces entreprises multinationales responsables de 70 % des émissions globales de gaz à effet de serre. Des « criminels climatiques », comme les appelle le journaliste Mickaël Correia dans son livre-enquête du même nom. Les trois premières multinationales qui recrachent le plus de CO2 au monde, Saudi Aramco (Arabie Saoudite), Gazprom (Russie) et China Energy (Chine), déploient un arsenal de stratégies comme la corruption et le lobbying pour perpétuer le recours aux énergies fossiles.

Les scientifiques le disent depuis 2015 : pour limiter le chaos climatique, il faudrait laisser dans nos sous‑sols 80 % des réserves de charbon, la moitié de celles de gaz et un tiers de celles de pétrole. « Toute firme qui continue à mettre de l’argent dans les énergies fossiles relève forcément du criminel climatique puisqu’elle le fait en toute connaissance de cause », estime Mickaël Correia. Non seulement ces entreprises n’ont aucun réel plan de transition écologique d’ici la fin de la décennie, mais elles ont prévu d’augmenter leur production d’énergies fossiles en moyenne de 20 % d’ici 2030, rappelle-t-il encore.

« 1700 activistes pour l'environnement assassinés depuis dix ans, il est là le véritable écoterrorisme »

À travers le monde, les activistes environnementaux sont bien souvent eux-même la cible de violences. Rien qu’en 2021 (les derniers chiffres disponibles), 200 défenseuses et défenseurs de l’environnement et du droit à la terre ont été assassiné·es a comptabilisé l’ONG Global Witness.

54 ont été tué·es au Mexique, 33 en Colombie, 26 au Brésil, 19 aux Philippines, 8 en République démocratique du Congo. Au Kenya, l’écologiste Joannah Stutchbury, 67 ans, qui pratiquait la permaculture et défendait la forêt de Kiambu qui se trouve en banlieue de Nairobi, a été abattue alors qu’elle rentrait chez elle en juillet 2021.

Global Witness a commencé à recenser les assassinats d’activistes environnementaux en 2012. En dix ans, l’organisation a compté 1733 meurtres ! « Je regrette l’emploi du mot “écoterroriste” par Gérald Darmanin, qui me paraît complètement inconséquent et irresponsable, réagissait le politologue François Gemmenne le 1er novembre 2022 sur France Inter. 1700 activistes pour l’environnement assassinés depuis dix ans, il est là le véritable écoterrorisme. »

Des menaces récurrentes en France

En France, les violences et intimidations à l’encontre des défenseurs de l’environnement se sont multipliées ces dernières semaines. Le 22 mars dernier, des agriculteurs en Charente-Maritime protestent contre les restrictions d’usage de l’eau d’irrigation et d’épandage de pesticides. Ils se rendent au domicile de Patrick Picaud, vice-président de l’association Nature Environnement 17. L’intéressé est absent, mais son épouse est là. Du fumier est projeté sur la maison, des déchets et des pneus usagés sont jetés dans le jardin, la route et les murs sont tagués avec des inscriptions homophobes.

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« L’épouse de M. Picaud a été brutalisée, insultée et elle a reçu des jets de fumier », rapporte la juriste de l’association. Le couple a porté plainte.

Le 27 mars, c’est la secrétaire nationale d’Europe écologie Les Verts (EELV), Marine Tondelier, qui fait l’objet d’un communiqué de presse menaçant du président de la chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne, Serge Bousquet-Cassagne et de la présidente de la Coordination rurale 47, Karine Duc.

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La répression, les menaces et intimidations s’accentuent contre les opposants aux mégabassines

« Ne venez pas chez nous, ça va mal se passer ! Vous n’êtes pas la bienvenue, le territoire vous est hostile ! » préviennent-ils. Marine Tondelier se rend tout de même sur place, refusant de se laisser intimider. Le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a fini par condamner ces intimidations. « Il n’est pas admissible, en aucune circonstance et sous couvert d’aucune cause, de justifier l’intimidation, les menaces sur les personnes et les biens, le non-respect de la loi, la vie et l’expression démocratiques. Jamais. Sinon c’est la violence qui fera sa loi », a-t-il écrit sur Twitter.

Le 30 janvier, l’agriculteur Paul François, qui a fait condamner Bayer-Monsanto après avoir été intoxiqué par un de leurs produits, a également été violemment agressé à son domicile par des hommes cagoulés. Là encore, une enquête a été ouverte par le parquet d’Angoulême pour « agression et séquestration », « administration de substances » et de « violences en réunion ».

Une journaliste menacée

La journaliste Morgan Large, connue en Bretagne pour ses enquêtes sur l’agro-industrie et ses effets nocifs, est menacée depuis des années pour son travail. Elle annonce, le 29 mars, le dépôt d’une nouvelle plainte après le déboulonnage d’une roue de sa voiture. Un sabotage identique et potentiellement meurtrier avait déjà eu lieu sur son véhicule il y a deux ans.

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« Nous considérons que ce sabotage est une nouvelle tentative de porter atteinte à la vie et au travail d’enquête de notre collègue et consœur. En instillant la peur dans la profession, il participe du climat de menaces qui pèse sur la liberté de la presse et sur les lanceurs d’alerte », dénonce la rédaction de Splann !, média d’investigation qu’elle a cofondé.

Dans la nuit du 30 au 31 mars, l’Office français de la biodiversité à Brest est incendié sur le port de commerce. Dans les heures précédant l’incendie, une manifestation a été organisée par les marins-pêcheurs protestant contre un projet européen de restriction de la pêche de fond. Une enquête est ouverte par le parquet.

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La criminalisation dont use Gérald Darmanin a de lourdes conséquences, estime Michel Forst, rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs de l’environnement : « Lorsqu’on criminalise les défenseurs de l’environnement, c’est la cause elle-même qui est mise au ban de la société, et cela a un effet très néfaste sur la réaction du public. »

Sophie Chapelle, Rachel Knaebel

Photo de une : mobilisation à Sainte Soline le 25 mars 2023 contre les méga-bassines / © Les Soulèvements de la terre

Harcèlement scolaire (3)

Par Le 11/04/2023

J'ai eu droit à ce harcèlement scolaire, pendant mes années de collège. J'étais asthmatique et à l'époque, le traitement, c'était la cortisone, à dose de cheval et interdiction de sport. "C'est trop dangereux pour lui, il pourrait faire une crise." Voilà ce que disait le médecin de famille et mes parents l'écoutaient. A 14 ans, je pesais 68 kilos. 

"Alors, bouboule ça roule!

-Ledru gros cul

-Gros tas, tu veux finir mon assiette ? "

Constamment, les chefs de bande et les autres qui suivaient. 

J'étais dispensé de sport, j'allais en classe d'étude. 

"Alors, bouboule, t'as pas trop transpiré ? 

-Tu veux que je te porte ton cartable l'handicapé?"

Un de ces caïds est entré dans les toilettes pendant une récréation. J'étais en train d'uriner. Il a ouvert un robinet et a mis sa main pour diriger le jet sur moi. Je me suis fait arroser. Et là, j'ai senti une rage folle m'emporter, toutes ces heures d'humilation. Le gars criait "Ledru s'est pissé dessus ! "

Je suis allé vers lui, il me dépassait d'une tête, il était en troisième et moi en cinquième (je redoublais, détruit par le harcèlement). Je l'ai frappé de toutes mes forces, un coup de poing énorme, je lui ai cassé le nez puis j'ai balancé mon pied dans ses testicules. Il s'est écroulé, la figure en sang. D'autres garçons ont vu la scène et sont sortis des toilettes en criant. 

J'ai été emmené chez le proviseur. Il a téléphoné à ma mère. Elle est venue.

J'ai été renvoyé trois jours mais comme il s'agissait de harcèlement, ça n'a pas été notifié dans mon dossier scolaire : circonstances atténuantes.

De ce jour, plus personne ne m'a jamais humilié.

Et c'est là que j'ai décidé de jeter tous les médicaments dans les WC puis j'ai dit à mes parents : "Maintenant, ça passe ou ça casse". Ma mère était paniquée. Je ne me souviens pas de la réaction de mon père. Quelques jours plus tard, ma mémé Crédou m'a donné son solex dont le moteur avait rendu l'âme. Je suis rentré avec en pédalant. Dix-huit kilomètres. Je suis arrivé épuisé mais heureux. J'ai pulvérisé le moteur à grand coups de masse. J'avais un vélo ! Et je me suis mis à pédaler, comme un mort de faim, puis à courir, des heures. Des milliers d'heures. Trois passages à l'hôpital dans les mois qui ont suivi : crise d'asthme de grande ampleur. Sous oxygène et sous surveillance. J'avais juste envie de vomir pour rejeter les médicaments. Je savais qu'une fois dehors, je recommencerai. Je me suis inscrit dazns un club de vélo à Saint-Evarzec, que des adultes, des sorties de plus de cent kilomètres tous les dimanches matins. Un jour, sur le trajet du retour, après avoir quitté le groupe, je me suis endormi contre un talus, toujours assis sur ma selle. Une autre fois, je me suis trompé de maison. Je rentrais hagard, décomposé mais empli d'une joie que je n'aurais pour rien au monde refusée. J'étais heureux. le sport m'avait sauvé. 

Je n'ai jamais arrêté. J'ai 60 ans, je pèse 55 kilos. Je cours, je pédale, je marche, je skie, je nage, des milliers de kilomètres tous les ans. Je n'ai plus d'asthme. Tout ça a disparu. A 17 ans, j'étais au sommet du Mont-Blanc.

 Oui, j'aurais pu mettre fin à ce harcèlement en parlant. Je ne savais pas le faire. J'étais un taiseux, solitaire. Je le suis toujours d'ailleurs. 

 

 

TEMOIGNAGE. Adolescent obèse et harcelé devenu triathlète, le parcours de Sylvain, jeune homme sauvé par le sport

 

Publié le 30/03/2023 à 18h05 • Mis à jour le 31/03/2023 à 10h36

Écrit par Josette Sanna

Sylvain Dhugues, un jeune montpelliérain de 22 ans, se mobilise contre le harcèlement scolaire dans les écoles de la métropole. Aujourd'hui triathlète, il raconte son parcours et comment il s'est sauvé grâce au sport de haut niveau pour aider les jeunes à lutter contre l'obésité.

Sylvain Dhugues, un jeune montpelliérain de 22 ans, se mobilise contre le harcèlement scolaire dans les écoles de la métropole. Aujourd'hui triathlète, il raconte son parcours et comment il s'est sauvé grâce au sport de haut niveau pour aider les jeunes à lutter contre l'obésité. • © S. Dhugues

Montpellier

Hérault

Occitanie

Sylvain Dhugues, 22 ans, se mobilise contre le harcèlement scolaire dans les écoles de Montpellier. Aujourd'hui triathlète, il raconte son parcours et comment il s'est sauvé grâce au sport de haut niveau pour aider les jeunes à lutter contre le harcèlement et l'obésité.

C'est un grand gaillard affûté avec une bouille d'enfant aux yeux bleus. Sylvain Dhugues n'a que 22 ans mais il a déjà vécu plusieurs vies. Celle d'un enfant maltraité qui s'est réfugié dans la solitude et la nourriture. Celle ensuite d'un adolescent obèse, harcelé au collège, celle enfin d'un triathlète qui vise les championnat du monde d'Iron man.

J'étais Fat man (l'homme gros), je suis devenu Iron man (l'homme de fer).

Sylvain Dhugues.

Triathlète

De l'âge de 10 ans jusqu'à ses 16 ans, Sylvain Dhugues comble son mal-être et sa solitude par la nourriture. Tous les jours, "le gros" essuie les moqueries, les bousculades, les coups sans rien dire à personne. 

Le harcèlement. On n'ose pas parler parce qu'on a honte.

Sylvain Dhugues

Sylvain Dhugues, adolescent obèse devenu triathlète se mobilise contre le harcèlement dans les écoles à Montpellier.

Sylvain Dhugues, adolescent obèse devenu triathlète se mobilise contre le harcèlement dans les écoles à Montpellier. • © DR

La honte, la solitude, les envies de suicide. Son calvaire va durer six ans. Un jour il finit par se confier au CPE (Conseiller principal d'Education) de son lycée. La machine est lancée. Ses agresseurs seront exclus du lycée. "Pour s'en sortir, il faut en parler. Ne pas rester seul", assure Sylvain Dhugues face aux élèves l'école Winston Churchill à Montpellier, où il a lui même effectué toute sa scolarité.

"C’est une revanche personnelle d’avoir traversé le harcèlement scolaire, les violences physiques et familiales. C’est une vraie revanche d’aller toucher des enfants en commençant par ceux de mon ancienne école primaire", sourit le jeune homme.

Harcèlement : sables mouvants

Etre victime de harcèlement, c'est comme être dans des sables mouvants. On s'enfonce encore plus si on se débat seul.

Guillaume Lahouze

Directeur de l'école Winston Churchill ( Montpellier)

On ne peut s'en sortir que grâce à une aide extérieure, une main tendue", ajoute Guillaume Lahouze, le directeur de l'école.

Un enfant sur 10 est victime de harcèlement scolaire.

Effet de groupe

Impliqué dans la prévention contre le harcèlement scolaire, il a connu Sylvain lorsqu'il était enfant. Il l'a naturellement invité pour évoquer son parcours devant les élèves de l'école. "Il faut aussi casser l'effet de groupe", ajoute l'enseignant. "Une personne harcelée est seule contre un groupe. Il faut faire prendre conscience aux élèves de ce phénomène. Casser cette situation en amont pour ne pas avoir de  résultats dramatiques".

Son histoire, Sylvain Dhugues, il la raconte aux enfants pour lutter contre le harcèlement scolaire et l'obésité. S'il s'en est sorti, il veut à présent aider les autres. "Si je peux en sauver un ou deux, je serai content".

Sylvain Dhugues lors de son intervention auprès des scolaires à l'école primaire Winston Churchill à Montpellier.

Sylvain Dhugues lors de son intervention auprès des scolaires à l'école primaire Winston Churchill à Montpellier. • © J. Sanna/FTV

Le déclic

Un jour devant sa télé, Sylvain Dhugues tombe sur l'Iron man. Une épreuve sportive de très haut niveau. D'une distance totale de 226 kilomètres, c'est une course multidisciplinaire consistant à enchaîner 3,8 km de natation, 180,2 km de cyclisme puis un marathon de 42,195 km. Ce jour-là, il a le déclic. Le lendemain, dans la cour de récréation, je réponds à une énième moquerie : "Vous verrez, celui qu'on a longtemps appelé FATMAN deviendra IRONMAN".

 "J'avais 16 ans, 1m67 et 98,8 kilos. Un copain m'a proposé d'aller courir avec lui. 

J'ai couru un, puis deux puis trois kilomètres. Je suis entré dans un cercle vertueux. Je me suis dit que j'étais capable. Que je pouvais tout accomplir.

Sylvain Dhugues

Triathlète

Fat man va devenir Iron man. "Deux ans plus tard, le 22 Mai 2022, "je termine l'Ironman d'Aix en Provence après 13h36 de sueur et de larmes".

Courir contre le harcèlement

Sylvain Dhugues se livre et raconte son parcours aux enfants. Il a créé une association : Agir pour devenir". Ce mercredi 30 mars, il a organisé un cross "contre le harcèlement", avec le centre de loisirs Alain Savary à Montpellier. Objectif : toucher 1000 jeunes en quatre jours.

durée de la vidéo : 00h02mn25s

Sylvain Dhugues, 22 ans, se mobilise contre le harcèlement scolaire dans les écoles de Montpellier. Aujourd'hui triathlète, il raconte son parcours et comment il s'est sauvé grâce au sport de haut niveau pour aider les jeunes à lutter contre le harcèlement et l'obésité. • ©J.Sanna et C.Monteil/ FTV

Championnats du monde d'Ironman

En parallèle, il s'entraîne sans relâche en espérant se qualifier pour les championnats du monde Ironman (l'épreuve reine des triathlons longue distance) l'an prochain à Hawaï. Au delà du défi sportif, il veut délivrer un message : "se dépasser pour se reconstruire et toujours croire en soi".

Les mots d'encouragement des enfants rencontrés qu'il fera graver sur son maillot, vont certainement lui donner des ailes pour vaincre. Une fois de plus.

Macron aux Pays-Bas

Par Le 11/04/2023

 

La constitution n'est pas la démocratie.

La Corée du Nord possède une constitution et ça n'est pas une démocratie.

Donc le sophisme de dire que le 49.3 est démocratique parce que c'est constitutionnel, est faux.

Le 49.3 est légal car c'est un outil juridique constitutionnel, mais ça n'a rien à voir avec la démocratie.

Macron respecte la constitution, mais pas la démocratie.

Quant à l'argument qui consiste à dire que la situation sur l'âge de la retraite est pire ailleurs, c'est vraiment l'argument le plus pitoyable qui soit. Si on prend l'exemple du pire, on peut dire que les femmes battues, violées et assassinées en France, ça n'est pas si grave quand on regarde le sort des femmes en Afghanistan. Voilà où mène la dialectique du pire.  

 

Dialectique du pire

La dialectique du pire

 

 

Emmanuel Macron interrompu par des manifestants au début d’un discours à La Haye

 

En déplacement aux Pays-Bas, le président français a été chahuté par des activistes avant son discours sur l’Europe.

Emmanuel Macron face à une banderole contestataire, ce mardi à La Haye. (Robin Van Lonkhuijsen/ANP.AFP)

par LIBERATION et AFP

publié aujourd'hui à 16h59

(mis à jour le 11 avril 2023 à 17h17)

La crise des retraites et la contestation sociale poursuivent Emmanuel Macron jusqu’aux Pays-Bas. Le président français a été interrompu ce mardi à la Haye par des manifestants alors qu’il s’apprêtait à prononcer un discours sur l’avenir de l’Europe. «Vous avez des millions de gens dans les rues. La convention sur le climat n’est pas respectée. Qu’est-ce que vous voulez nous dire à propos de l’Europe ?», lui ont rappelé, en anglais, plusieurs personnes depuis les tribunes de la salle où il devait s’exprimer.

«Où est la démocratie française ?», ont également hurlé ces manifestants, en déroulant une banderole sur laquelle était écrit en anglais «Président de la violence et de l’hypocrisie». Après une bonne minute d’interruption, Emmanuel Macron a pu reprendre la parole, ne manquant pas de réagir à ces interpellations surprises. «C’est très important d’avoir un débat social», a-t-il appuyé. «Je peux répondre à toutes les questions sur ce dont nous discutons en France», «ceci est une démocratie et une démocratie est exactement un endroit où l’on peut manifester» et voir «ce type d’interventions», a-t-il souligné.

Mais «le jour où vous vous dites “Quand je suis en désaccord avec la loi qui a été adoptée ou les personnes qui ont été élues, je peux faire ce que je veux car je décide moi-même de la légitimité de ce que je fais”, vous mettez la démocratie en danger», a poursuivi le chef de l’Etat. Reprenant le fil de son discours sur la politique économique européenne, le président français est ensuite revenu à sa réforme visant à reporter de 62 à 64 ans l’âge de départ à la retraite, sur le fond. «Quand je compare» avec les autres pays européens, les Français «devraient être moins énervés à mon encontre», a-t-il soupiré. «Car dans votre pays», l’âge de la retraite «est beaucoup plus élevé, et dans de nombreux pays en Europe c’est beaucoup plus élevé que 64 ans.» Un âge plus élevé, certes, mais un taux d’emploi des seniors qui l’est tout autant, puisque d’après Eurostat, 71,4% des 55-64 ans y travaillent encore, contre 55,9% en France.

L'eau potable contaminée

Par Le 11/04/2023

Combien de personnes en France ont vraiment conscience du problème de l'eau ?

Mille, cent mille, un million ? Il faudra bien que tout le monde réalise la gravité de la situation un jour ou l'autre.

Quant aux mesures à prendre, elles sont connues. 

Mais les politiciens ont d'autres priorités et la santé de la population n'en fait pas vraiment partie. La FNSEA veille au grain, à "son" grain. Et le ministre de l'agriculture industrielle les soutient. 

 

 

"Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a également annoncé récemment que l’utilisation du S-métolachlore, un autre pesticide présent dans de nombreuses eaux souterraines à travers la France, serait autorisée à se poursuivre."

https://42mag.fr/2023/04/des-traces-de-pesticides-interdits-decouvertes-dans-leau-du-robinet-en-france/

L’agence française de sécurité alimentaire a déclaré qu’un tiers des échantillons prélevés contenaient des sous-produits du pesticide interdit chlorothalonil. Paris et l’ouest de la France parmi les zones touchées

Un tiers des échantillons d’eau du robinet prélevés en France étaient contaminés par des traces d’un pesticide interdit, selon un nouveau rapport.

L'étude a révélé qu’un échantillon sur trois prélevé présentait des niveaux élevés de métabolites du chlorothalonil, un pesticide interdit en Europe depuis 2019.

Avant son interdiction, le pesticide (également connu sous le nom de R471811) était utilisé depuis 1970 et vendu par la société agrochimique Syngenta. Les craintes concernant la contamination de l’eau du robinet ont commencé à croître parmi les gestionnaires des services d’eau il y a plusieurs mois.

L’étude – réalisée par l’Anses, l’agence française de sécurité sanitaire des aliments – a vu des échantillons prélevés dans les eaux de surface et souterraines.

Le métabolite n’a pas pu être «vu» jusqu’à récemment, car les laboratoires chargés de cette tâche viennent tout juste de pouvoir le tester.

En janvier 2022, l’Anses a classé le R471811 comme « pertinent » (c’est-à-dire « potentiellement problématique »).

Les métabolites du pesticide, sous-produits de sa dégradation, doivent donc respecter les mêmes seuils réglementaires que sa « molécule mère ».

Ceci est considéré comme un cancérogène probable par les autorités sanitaires européennes et a causé des tumeurs du foie lors d’expériences sur des souris de laboratoire.

Rien n’indique que les niveaux de métabolites dans l’eau en France pourraient être dangereux, mais les résultats montrent des niveaux supérieurs au seuil bas acceptable.

L’Anses suggère qu’environ 34% de l’eau en France pourrait être non conforme à la réglementation, bien que ce chiffre ne soit qu’une estimation basée sur des échantillons de l’agence. Le pesticide n’est pas encore testé en standard par les agences régionales de santé, il n’est donc pas facile de déterminer les niveaux exacts.

Un responsable d’un grand opérateur public, qui a souhaité rester anonyme, dit Le Monde: « Je suis convaincu que plus de la moitié de la population française est concernée. »

Paris fait partie des quartiers les plus touchés

Le rapport montre également que les zones très peuplées sont les plus touchées, notamment Paris et ses environs.

Le Syndicat régional de l’eau Le Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif), qui approvisionne quatre millions de personnes, a confirmé qu’environ trois millions d’entre elles reçoivent une eau dont le taux de R471811 est quatre à cinq fois supérieur à ce que la réglementation autorise.

Sylvie Thibert, responsable des risques au Sedif, a déclaré : « Les eaux de surface, qui constituent 97 % de nos ressources, de la Seine, de la Marne et de l’Oise, sont toutes contaminées. Sur nos trois usines de production, celle de Méry-sur-Oise dispose de deux lignes de traitement, l’une conventionnelle, l’autre à membranes.

« Seul ce dernier nous permet de ramener l’eau que nous fournissons en qualité réglementaire. »

L’ouest de la France est également touché.

Mickaël Derangeon, vice-président du service public de l’eau de Loire-Atlantique Atlantic’Eau, a déclaré : « Nous étudions cette molécule depuis janvier et nous la retrouvons un peu partout. »

Résoudre le problème

L’Anses a déclaré que l’eau du robinet en France n’a jamais dépassé le seuil « fixe » de trois microgrammes par litre (ce qui signifierait qu’elle ne serait plus considérée comme potable), et qu’il n’y a pas de restrictions requises aux niveaux actuels.

Cependant, les niveaux actuels ne sont légalement pas autorisés à rester plus de trois ans (renouvelables une fois). Après six ans, les fournisseurs sont tenus de ramener l’eau à des niveaux acceptables pour lui permettre de rester potable pour les clients.

M. Derangeon a toutefois déclaré: « Le chlorothalonil étant utilisé depuis 50 ans, il semble à peu près certain que les gens boivent de l’eau non conforme à la réglementation depuis un certain temps. »

Le pesticide est interdit en France depuis 2019. Malheureusement, en Suisse, où les mêmes métabolites ont été trouvés en 2010, la suspension de l’utilisation du pesticide pendant plusieurs années n’a pas réduit les niveaux trouvés dans l’eau, a déclaré le responsable des eaux de Lausanne, Pierre- Antoine Hildbrand.

Des études suisses ont même trouvé que les métabolites pouvaient être présents dans l’eau en bouteille, y compris Evian. On estime qu’environ 8% des Suisses (700 000 personnes) reçoivent de l’eau du robinet non conforme, selon une étude des autorités sanitaires suisses.

La Suisse a été le premier pays à alerter les autorités européennes sur la possible présence de la molécule dans les Etats membres, dont la France.

Surveillance renforcée en France

En France, la Direction générale de la santé (DGS) a tenu à rassurer les consommateurs en précisant que son « programme de bilan de santé intégrera progressivement, à partir de 2023, le chlorothalonil et ses métabolites, en accord avec la montée en puissance de nos laboratoires. [to test it]”.

La Première ministre Elisabeth Borne a été mise au courant de la situation, indique Le Monde. Cependant, l’annonce récente d’Emmanuel Macron de son « plan eau », qui visait à apporter des solutions à l’eau face à l’aggravation de la sécheresse, n’a pas fait mention des pesticides.

Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a également annoncé récemment que l’utilisation du S-métolachlore, un autre pesticide présent dans de nombreuses eaux souterraines à travers la France, serait autorisée à se poursuivre.

 

  · 

GIEC 2022

Par Le 10/04/2023

Je tiens à garder cet article ici, dans les archives.

On fera le point dans dix ans.

Si ce blog existe encore.

 

3,3 milliards d’êtres humains exposés au changement climatique : le nouveau rapport du GIEC est sans appel

 

Bon Pote

February 28, 2022

Mis à jour le 21 January 2023

25 Comments

Rapport 2 du GIEC

Après le rapport du Groupe de travail I (WGI) en août 2021, le 2ème rapport est enfin sorti !

Alors que le premier rapport traitait de la compréhension physique du système climatique et du changement climatique, ce nouveau rapport (le 2eme sur 3) porte sur les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité des sociétés humaines et des écosystèmes au changement climatique. Comparé aux précédentes versions, ce rapport intègre davantage l’économie et les sciences sociales, et souligne plus clairement le rôle important de la justice sociale dans l’adaptation au changement climatique.

Cet article se concentre sur le SPM (résumé à l’intention des décideurs), et le résumé technique. Il y a des mots très forts dans ce rapport, des concepts très importants, validés par les gouvernements (SPM). Ce rapport insiste sur les structures sociales et politiques, ce qui montre bien, encore une fois, que nous avons notre avenir climatique entre nos mains. De nombreux leviers d’actions sont présentés dans le rapport et ces connaissances doivent absolument être mises à disposition du plus grand nombre.

Avant-propos

Avant de lire la suite, il est indispensable que vous sachiez ce qu’est le GIEC, comment sont sélectionnés les auteurs qui rédigent le rapport, quel est le processus de sélection des articles scientifiques, qui le finance, etc. Si vous le savez, tant mieux, sinon, lisez cet article synthétique. Je vous encourage vivement à lire le résumé du premier rapport, un vrai plus pour comprendre ce deuxième volet.

A retenir tout de même sur le 2eme rapport :

Ce rapport est la synthèse d’environ 34 000 papiers scientifiques. Les 269 autrices et auteurs principaux ont répondu à 62 418 commentaires des gouvernements et d’experts (!!!!). Le résumé à l’intention des décideurs a été validé ligne par ligne par les gouvernements, après deux semaines de délibération sur chaque phrase.

Il existe 3 versions :

le résumé à l’intention des décideurs (SPM, 36 pages)

le résumé technique (TS, 96 pages)

le rapport complet (FR, 3675 pages).
Conseil : lisez le résumé, plusieurs fois s’il le faut, lisez le résumé technique si possible également. Le rapport complet doit plus vous servir d’encyclopédie : vous souhaitez approfondir un point ? -> plongez dans le rapport complet. Libre à vous de le lire entièrement bien sûr…

Le GIEC a une liste de qualificatifs utilisés, fonction du niveau de confiance (indiqué en italique dans les rapports, même vocabulaire que l’AR5) :

quasiment certain (probabilité de 99 à 100 %)

très probable (90 à 100 %)

probable (66 à 100 %)

à peu près aussi probable qu’improbable (33 à 66 %)

improbable (0 à 33 %)

très improbable (0 à 10 %)

exceptionnellement improbable (0 à 1 %).

Source : 5ème rapport du GIEC

Enfin, il faut se rendre compte des sacrifices que cela représente de s’engager dans la rédaction d’un rapport du GIEC. Les scientifiques travaillent bénévolement, prennent très souvent sur leur temps personnel, ont passé quelques soirées et nuits blanches pour que ce rapport puisse être le plus qualitatif possible et accessible à tout le monde, à travers notamment le SPM et le résumé technique.

Les deux dernières semaines de séances plénières furent longues et intenses. La guerre en Ukraine a malheureusement contraint les scientifiques ukrainiens à quitter les séances de validation du SPM. Voilà les conditions exceptionnelles dans lesquelles s’est terminé ce rapport. A nouveau, merci à toutes et à tous, immense respect.

Les points clefs du nouveau rapport du GIEC

Avant de plonger en détails dans certains points, voici les principales conclusions du nouveau rapport du GIEC (synthèse SPM+TS).

Impacts, risques observés et projetés du changement climatique

Impacts observés du changement climatique

B.1 : Le changement climatique induit par l’homme, notamment l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes extrêmes, a eu des effets néfastes généralisés et a entraîné des pertes et des préjudices pour la nature et les personnes, au-delà de la variabilité naturelle du climat. Certains efforts de développement et d’adaptation ont permis de réduire la vulnérabilité.

Dans toutes les régions du monde, les personnes et les systèmes les plus vulnérables sont affectés de manière disproportionnée. L’augmentation des extrêmes météorologiques et climatiques a entraîné des effets irréversibles, les systèmes naturels et humains étant poussés au-delà de leur capacité d’adaptation (confiance élevée).

Figure 2 SPM du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Vulnérabilité et exposition des écosystèmes et des personnes

B.2 : La vulnérabilité des écosystèmes et des populations au changement climatique varie considérablement d’une région à l’autre et au sein d’une même région (confiance très élevée), sous l’effet de schémas de développement socio-économique croisés, l’utilisation non durable des océans et des terres, l’inégalité, la marginalisation, les schémas historiques et permanents d’inégalité tels que le colonialisme, et la gouvernance (confiance élevée).

Environ 3,3 à 3,6 milliards de personnes vivent dans des contextes très vulnérables au changement climatique (confiance élevée).

Une forte proportion d’espèces est vulnérable au changement climatique (confiance élevée). La vulnérabilité de l’homme et des écosystèmes sont interdépendantes (confiance élevée). Les modèles actuels de développement non durable augmentent l’exposition des écosystèmes et des personnes aux risques climatiques (confiance élevée).

Risques à court terme (2021-2040)

B.3 : Un réchauffement mondial qui atteindrait +1.5°C à court terme entraînerait une augmentation inévitable de nombreux risques climatiques et présenterait des risques multiples pour les écosystèmes et les êtres humains. Des actions prises sur le court terme permettront de limiter les pertes et préjudices, mais ne pourront pas toutes les éviter.

Nouveau rapport du GIEC Figure TS5 B1 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Figure TS5 B1 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Risques à moyen et long terme (2041-2100)

B4 : Au-delà de 2040 et en fonction du niveau de réchauffement de la planète, le changement climatique entraînera de nombreux risques pour les systèmes naturels et humains (confiance élevée). Pour 127 risques clés identifiés par le GIEC, les impacts évalués à moyen et long terme sont jusqu’à plusieurs fois plus élevés que ceux observés actuellement (confiance élevée).

L’ampleur et le rythme du changement climatique et des risques associés dépendent fortement des mesures d’atténuation et d’adaptation à court terme, et les effets néfastes prévus ainsi que les pertes et préjudices qui en découlent s’intensifient avec chaque augmentation du réchauffement climatique (confiance très élevée).

Figure SPM 3 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Risques complexes, composés et en cascade

B5 : Les impacts et les risques liés au changement climatique deviennent de plus en plus complexes et difficiles à gérer. De multiples dangers climatiques se produiront simultanément, et de multiples risques climatiques et non climatiques interagiront, ce qui entraînera une aggravation du risque global et des risques en cascade dans les secteurs et les régions. Traduisez « risques en cascade » par ‘plusieurs en même temps’ (canicule, suivie de mégafeux par exemple, comme au Canada en juin 2021).

B6 : Si le réchauffement climatique dépasse transitoirement 1.5°C au cours des prochaines décennies ou plus tard (dépassement), de nombreux systèmes humains et naturels seront confrontés à des risques supplémentaires graves par rapport à un maintien au-dessous de 1.5°C. En fonction de l’ampleur et de la durée du dépassement, certains impacts seront irréversibles, même si le réchauffement climatique est réduit (confiance élevée).

Mesures d’adaptation et conditions favorables

L’adaptation actuelle et ses avantages

C1 : Des progrès dans la planification et la mise en œuvre de l’adaptation ont été observés dans tous les secteurs et toutes les régions, générant des avantages multiples (confiance très élevée). Toutefois, les progrès en matière d’adaptation sont répartis de manière inégale, avec des écarts d’adaptation observés (confiance élevée).

De nombreuses initiatives donnent la priorité à la réduction des risques climatiques immédiats et à court terme, ce qui réduit les possibilités d’adaptation transformationnelle (confiance élevée).

Options d’adaptation futures et leur faisabilité

C2 : Il existe des options d’adaptation réalisables et efficaces qui peuvent réduire les risques pour les personnes et la nature. La faisabilité de la mise en œuvre des options d’adaptation à court terme diffère selon les secteurs et les régions (confiance très élevée). Des solutions intégrées, multisectorielles, qui s’attaquent aux inégalités sociales, qui différencient les réponses en fonction du risque climatique et qui traversent les systèmes, augmentent la faisabilité et l’efficacité de l’adaptation dans de multiples secteurs (confiance élevée).

Nouveau rapport du GIEC Figure SPM 4 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Les réponses au changement climatique et les options d’adaptation, organisées par Transitions du système et Risques clés représentatifs (RKR), sont évaluées pour leur faisabilité multidimensionnelle à l’échelle mondiale, à court terme et jusqu’à 1.5°C de réchauffement climatique.
Source : Figure SPM 4 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Les limites de l’adaptation

C3 : Les limites “souples” de certaines adaptations humaines ont été atteintes, mais elles peuvent être surmontées en s’attaquant à une série de contraintes, principalement financières, de gouvernance, institutionnelles et politiques.

Les limites “strictes” de l’adaptation ont été atteintes dans certains écosystèmes (confiance élevée). Avec l’augmentation du réchauffement climatique, les pertes et préjudices vont augmenter et d’autres systèmes humains et naturels atteindront les limites de l’adaptation (confiance élevée).

Source : Figure TS.7 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Carte exprimant les différentes vulnérabilités, basées sur les moyennes nationales. Cette carte ne montre pas les différences à l’échelle locale. C’est pourquoi vous retrouvez sous la carte quelques exemples de populations vulnérables.
Source : Figure TS.7 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Éviter la maladaptation

C4 : Maladaptation : les réponses inadaptées au changement climatique peuvent créer des verrouillages de la vulnérabilité, de l’exposition et des risques qui sont difficiles et coûteux à changer et exacerbent les inégalités existantes.

La maladaptation peut être évitée par une planification et une mise en œuvre flexibles, multisectorielles, inclusives et à long terme de mesures d’adaptation présentant des avantages pour de nombreux secteurs et systèmes (confiance élevée).

Développement résilient au changement climatique

Conditions pour un développement résilient au changement climatique

D1 : Les impacts observés, les risques projetés, les niveaux et les tendances de la vulnérabilité, et les limites de l’adaptation, montrent qu’il est plus urgent d’agir en faveur d’un développement résilient au climat à l’échelle mondiale que précédemment évalué dans le 5eme rapport du GIEC. Des réponses globales, efficaces et innovantes peuvent exploiter les synergies et réduire les compromis entre adaptation et atténuation.

D2 : Le développement résilient au climat est possible lorsque les gouvernements, la société civile et le secteur privé font des choix de développement inclusifs qui donnent la priorité à la réduction des risques, à l’équité et à la justice, et lorsque les processus décisionnels, les financements et les actions sont intégrés à tous les niveaux de gouvernance, dans tous les secteurs et dans tous les délais (confiance très élevée).

Le développement résilient au climat est facilité par la coopération internationale et par les gouvernements en travaillant à tous les niveaux avec les communautés, la société civile, les organismes de formation, les institutions scientifiques et autres, les médias, les investisseurs et les entreprises, et en développant des partenariats avec les groupes traditionnellement marginalisés, notamment les femmes, les jeunes et les populations autochtones, les communautés locales et les minorités ethniques (confiance élevée).

Le développement résilient (CRD) est le processus de mise en œuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation des gaz à effet de serre pour soutenir le développement durable.
Cette figure s’appuie sur la figure SPM.9 du RE5 WGII (décrivant les voies de résilience climatique) en décrivant comment les voies de CRD sont le résultat de choix sociétaux cumulatifs.
Source : SPM WG2 figure 5

Développement résilient au climat pour les systèmes naturels et humains

D3 : Les interactions entre l’évolution de la forme urbaine, l’exposition et la vulnérabilité peuvent créer des risques et des pertes induits par le changement climatique pour les villes et les établissements humains. Toutefois, la tendance mondiale à l’urbanisation offre également une opportunité cruciale à court terme, pour faire progresser le développement résilient au climat (confiance élevée).

La planification et l’investissement intégrés et inclusifs dans la prise de décision quotidienne concernant les infrastructures urbaines, mais aussi les infrastructures sociales, écologiques et grises/physiques, peuvent considérablement augmenter la capacité d’adaptation des établissements urbains et ruraux.

La justice sociale et climatique contribue à des avantages multiples pour la santé, le bien-être et les services écosystémiques, y compris pour les autochtones et les communautés marginalisées et vulnérables (confiance élevée).

D4 : La sauvegarde de la biodiversité et des écosystèmes est fondamentale pour un développement résilient au climat, compte tenu des menaces que le changement climatique fait peser sur eux et de leur rôle dans l’adaptation et l’atténuation (confiance très élevée). Le maintien de la biodiversité et des services écosystémiques à l’échelle mondiale dépend de la conservation efficace et équitable d’environ 30 à 50 % des terres, des eaux douces et des océans de la planète, y compris les écosystèmes actuellement proches de l’état naturel (confiance élevée).

Source : Figure SPM 1 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Réaliser un développement résilient au changement climatique

D5 : Les choix et les actions de la société mises en œuvre au cours de la prochaine décennie déterminent la mesure dans laquelle les trajectoires à moyen et long terme permettront un développement résilient au changement climatique plus ou moins important (confiance élevée).

Il est important de noter que les perspectives de développement résilient au changement climatique seront de plus en plus limitées si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas rapidement, en particulier si le réchauffement climatique de 1.5°C est dépassé à court terme (confiance élevée).

Analyse détaillée sur certains points du nouveau rapport

Il faut toujours du temps pour digérer un tel rapport. On se rend très vite compte de la complexité des effets du changement climatique sur nos sociétés lorsque l’on plonge plus en détails dans le résumé technique, et dans le rapport lui-même. Même s’il est toujours difficile de faire une sélection, voici quelques éléments qui ont retenu mon attention.

Le changement climatique tue déjà aujourd’hui et depuis plusieurs années

L’augmentation des vagues de chaleur, des sécheresses et des inondations dépasse déjà les seuils de tolérance des plantes et des animaux, entraînant la mort massive d’espèces telles que les arbres et les coraux. Ces phénomènes météorologiques extrêmes se produisent simultanément, entraînant des répercussions en cascade de plus en plus difficiles à gérer.

Ils ont exposé des millions de personnes à une insécurité alimentaire et hydrique aiguë, notamment en Afrique, en Asie, en Amérique centrale et du Sud, dans les petites îles et dans l’Arctique. Pour éviter des pertes de vies humaines, de biodiversité et d’infrastructures de plus en plus importantes, il faut prendre au plus vite des mesures ambitieuses et accélérées pour s’adapter au changement climatique.

La France sera-t-elle épargnée ?

En parcourant certaines cartes du rapport, vous pourriez vous dire que la France sera plutôt épargnée comparé à d’autres pays. Il est certes probable que la France souffre moins que Madagascar ou le Cambodge. Mais nous ne serons pas épargnés par le changement climatique ! Et nous n’y sommes pas préparés. Ou en tout cas, très mal.

Nous serons touchés par les sécheressesles inondationsles caniculesles mégafeux… et certaines régions plus durement, comme les DOM-TOM et la Méditerranée (un chapitre y est consacré). Concernant les DOM-TOM, Virginie Duvat (autrice principale du 6ème rapport) les identifie comme des territoires aux avant-postes, qui seront particulièrement marqués par le changement climatique.

Figure TS.5 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Pertes et préjudices

On considère les Loss and Damage (Pertes et Préjudices) comme le 3e volet important du changement climatique, après l’atténuation et l’adaptation. C’est un point important demandé par de nombreux pays qui sont déjà impactés par le changement climatique, et qui exigent réparation des aléas climatiques pour lesquels il est impossible de s’adapter.

Dans ce rapport, les références aux pertes et préjudices sont nombreuses. En espérant que cela donnera plus de poids aux négociations lors de la prochaine COP27, rattrapant le comportement minable des pays du Nord lors de la COP26. Les montants demandés sont totalement justifiés, faisant écho à la justice climatique : les pays les plus émetteurs doivent payer pour les dégâts qu’ils provoquent et provoqueront.

Colonialisme et justice climatique

Cela a peut-être échappé à vos yeux, mais vous avez bien lu : le GIEC a évoqué le colonialisme comme un signe de non-soutenabilité ! Même si c’est évident, pourquoi c’est si important que cela soit dans un rapport du GIEC ? Car c’est toute une littérature scientifique parfois calomniée que nous retrouvons ici dans le résumé pour les décideurs, et donc validée par les gouvernements.

B.2 : La vulnérabilité des écosystèmes et des populations au changement climatique varie considérablement d’une région à l’autre et au sein d’une même région (confiance très élevée, sous l’effet de schémas de développement socio-économique croisés, l’utilisation non durable des océans et des terres, l’inégalité, la marginalisation, les schémas historiques et permanents d’inégalité tels que le colonialisme, et la gouvernance (confiance élevée).

Les causes profondes de la vulnérabilité sont en partie liées aux contextes politiques, économiques et sociaux, à la fois présents mais aussi hérités. L’équité suppose de tenir compte à la fois des inégalités actuelles et des héritages, notamment de la période coloniale pour comprendre les inégales capacités d’adaptation de certains Etats et plus précisément encore de certains peuples ou territoires à l’intérieur de ces Etats.

Il faut rappeler que la plupart des données disponibles le sont à l’échelle nationale. Elles ne rendent pas compte des fortes inégalités qui existent au sein des continents, des Etats, voire des régions ou des villes. En d’autres termes, il existe des Sud, y compris au sein des Nord, et quelque soit les territoires sur lequel on se trouve, il est établi que plus les individus ou les groupes sociaux souffrent d’exclusion, de discrimination, de privation d’accès aux ressources économiques, sociales et culturelles, moins elles ont de capacités à s’adapter.

L’équité et la justice climatique supposent donc non seulement de répartir les coûts et les bénéfices, mais de compenser d’une façon ou d’une autre ces inégalités de départ.

Santé mentale et physique

Un accent important est mis sur la santé mentale, pourtant complètement oubliée par les pouvoirs publics… quand ce n’est pas moqué par certains pour dire que les écolos dramatisent. Et pourtant. Voici deux paragraphes sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir dans d’autres articles, consacrés à la santé mentale.

TS. B5 : Le changement climatique a déjà porté atteinte à la santé physique et mentale des êtres humains (confiance très élevée). Dans toutes les régions, les impacts sur la santé sapent souvent les efforts de développement inclusif. Les femmes, les enfants, les personnes âgées, les populations autochtones, les ménages à faible revenu et les groupes socialement marginalisés dans les villes, régions et pays sont les plus vulnérables (confiance élevée).

TS. B.5.2 : Les problèmes de santé mentale augmentent avec le réchauffement des températures (confiance élevée), le traumatisme associé aux conditions météorologiques extrêmes (confiance très élevée), et la perte des moyens de subsistance et de la culture (confiance élevée).

Migrations et changement climatique

Depuis le dernier rapport du GIEC, il y a de plus en plus de preuves que les risques associés aux aléas climatiques agissent comme des moteurs directs de migrations et de déplacements involontaires, par la détérioration des moyens de subsistance sensibles au climat (confiance élevée, TS B.6).

Rappelons que la plupart des déplacements et migrations liés au climat se produisent à l’intérieur des frontières nationales, les mouvements internationaux se produisant principalement entre des pays aux frontières contiguës. Depuis 2008, une moyenne annuelle de plus de 20 millions de personnes ont migré à l’intérieur de leur pays en raison d’aléas climatiques. Les facteurs les plus récurrents sont les sécheressesles tempêtes tropicales et les ouragansles fortes pluies et inondations (confiance élevée).

Enfin, les effets des facteurs climatiques sur les migrations sont très spécifiques au contexte et interagissent avec les facteurs sociaux, politiques, géopolitiques et économiques (confiance élevée).

Le continent Africain enfin mis en lumière

Le GIEC a vraiment mis l’accent sur les impacts régionaux du changement climatique. Nous le savons, un réchauffement mondial de +2°C par exemple n’a pas du tout les mêmes impacts selon l’endroit où vous vivez dans le monde.

L’Afrique est l’un des continents qui a le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre, alors que plusieurs régions ont déjà été sévèrement affectées par les effets du changement climatique. En outre, le continent est l’un des plus exposés au changement climatique :

Source : Figure TS 4 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Cette exposition se conjugue avec une très forte vulnérabilité, liée à la très grande pauvreté et aux multiples inégalités d’accès à la santé, à l’éducation, à la sécurité alimentaire et à l’instabilité politique. L’échelle continentale ne rend toutefois pas compte des inégalités très fortes au sein du même continent.

Attention : la figure 7 du résumé technique (ci-dessus) montre que l’Afrique est le continent qui est globalement le plus vulnérable. Cela ne veut pas dire que les autres continents sont à l’abri ! Le rapport met en évidence que tous les continents seront bel et bien concernés et sont très en retard dans leurs politiques d’adaptation.

Limiter le réchauffement à +1.5°C n’est pas une option

Limiter le réchauffement de la planète à 1.5 °C devrait permettre de réduire considérablement les dommages causés aux économies, à l’agriculture, à la santé humaine et à l’environnement. Au-delà de 2 degrés, les coûts de l’adaptation deviendront prohibitifs et inaccessibles pour des millions de personnes.

La biodiversité est également omniprésente dans ce rapport. À des niveaux de réchauffement supérieurs à 2°C, les risques de disparition, d’extinction et d’effondrement des écosystèmes augmentent rapidement (confiance élevée). Le groupe 1 avait été très clair en août 2021 (et depuis des années) : chaque tonne émise participe au réchauffement climatique. Si nous souhaitons éviter des points de bascule à répétitions et maintenir une Terre habitable pour une majorité de ses habitant(e)s, l’atténuation et l’adaptation ne sont plus des options.

Figure SPM 3 du 6eme rapport du GIEC, groupe 2

Rappelons-le, insistons : si nous échouons à maintenir un réchauffement planétaire à +1.5°C, la prochaine cible n’est pas +2°C, mais +1.51°C.

Le mot de la fin

Ce nouveau rapport du groupe de travail 2 du GIEC apporte beaucoup de confirmations, des mauvaises nouvelles… mais aussi des nouvelles encourageantes. Non, “tout n’est pas foutu, nous n’allons pas tous mourir“. Nous avons notre avenir climatique entre nos mains, il ne tient qu’à nous de réduire drastiquement nos émissions, rapidement, et de façon durable.

A nouveau, c’est la première fois dans l’histoire qu’un rapport scientifique a et aura autant d’importance, tant sur le plan scientifique, politique, géopolitique et économique. Ses conclusions seront entre autres déterminantes pour les négociations à venir de la COP27.

Je le répète : je conseille à tout le monde de lire au moins le résumé à l’intention des décideurs. Tout le monde doit se l’approprier et creuser les sujets. Les conclusions du rapport sont limpides et suffisamment claires pour être comprises par tout le monde. La dernière phrase du rapport pour les décideurs conclut à merveille la richesse de ce rapport qui ne laisse plus aucun doute sur l’aspect politique du changement climatique.

Les preuves scientifiques cumulées sont sans équivoque : Le changement climatique est une menace pour le bien-être humain et la santé planétaire. Tout retard supplémentaire dans l’action mondiale concertée et anticipée en matière d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique manquera une brève occasion, qui se referme rapidement, de garantir un avenir vivable et durable pour tous.

BONUS : une infographie en 12 points qui résume le rapport (à télécharger en HD pour imprimer ici)

BONUS : 
lire la couverture médiatique du rapport du GIEC (c’est…pas terrible)

BONUS 3 : le 3ème et dernier rapport du GIEC vient d’être publié !

GIEC GROUPE 2 INFOGRAPHIE 12 POINTS

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Les vers de terre

Par Le 10/04/2023

Voilà deux ans que nous sommes ici.

Nathalie a pris en charge l'installation du potager. Paillage, broyat, fumier de cheval, herbes tondues, et bien sûr le compost. J'ai fait deux bacs à compost, je les entretiens, ils sont remplis de vers de terre. Ils décomposent toutes les matières, épluchures, vieilles pommes, tout ce qui est végétal. En un an, le premier bac donne une terre noire, fine, un véritable terreau. 

Nathalie a commencé certaines plantations de l'année et elle prépare les zones de culture pour tous les semis qui sont dans la serre. Elle me disait ce matin combien le potager était truffé de vers de terre et de divers insectes, des champignons en pagaille, de toutes les couleurs, une vie foisonnante qui atteste de la vigueur du sol. L'importance des vers de terre est méconnue.

On est toujours effaré de voir ces champs labourés, la terre mise à nu, le tassement du sol avec les tracteurs et l'épandage inévitable d'engrais qui suivra. Une totale incompréhension.

Les mentalités évoluent mais c'est long, lent, fastidieux, les résistances, les "traditions", les peurs aussi. 

 

 

Pour en savoir davantage, j'ai déjà parlé des vidéos de Damien Dekarz, une référence. Voici une playlist :

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"Bon pote" est le site dont je lis tous les articles. C'est argumenté, objectif, clair.

 

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Bon Pote

March 27, 2023

Mis à jour le 27 March 2023

8 Comments

Récupération politique du GIEC VIGNETTE

Le rapport de synthèse du GIEC est sorti lundi 20 mars 2023 et est, comme les trois derniers, passé à la trappe médiatique. Plutôt que de revenir sur ce manque de couverture comme ce fut le cas pour les précédents rapports, revenons ici sur un autre phénomène particulièrement préoccupant : la récupération politique des travaux de synthèse du GIEC par certains acteurs.

Ce n’est pas forcément un phénomène nouveau. Dans les années qui ont précédé le 6e rapport, certaines grandes entreprises se servaient du GIEC pour justifier leur politique ou business model, principalement pour justifier leur méthode de compensation carbone. Pourquoi changer de modèle quand vous pouvez tout simplement écrire que vous allez compenser vos émissions en plantant des arbres, comme “le GIEC l’évoque” ?

Air France avait été directement épinglé par Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du 1er groupe de travail du GIEC, et avait mis à jour son site dans les 48h. Mais ici, ce sont directement des journalistes, politiques et autres comptes influents sur les réseaux sociaux qui sèment la désinformation pour servir leurs intérêts politiques et/ou financiers.

A droite comme à gauche, des politiques pas au niveau

Notre monde n’est plus celui de nos parents. Les enfants nés aujourd’hui ne connaitront jamais le monde tel que nous le connaissons. Le choix de garder une Terre habitable pour le plus grand nombre dépend des choix que nous faisons aujourd’hui. C’est l’une des conclusions du rapport de synthèse qui vient d’être publié, et illustrée dans ce graphique :

Si aucun parti politique français d’envergure n’est aujourd’hui climatosceptique, la majorité d’entre eux sont climato-rassuristes. Ils reconnaissent que l’homme est responsable du changement climatique, mais vous diront plutôt que ce n’est pas si grave, que l’on exagère et que l’homme s’est toujours adapté, ou que la solution est technique et que l’innovation et la croissance verte vont tout solutionner.

C’est le cas David Lisnard, maire de Cannes et à la tête du parti Nouvelle Energie. Une semaine avant la sortie du rapport du GIEC, il avait multiplié les mensonges et approximations sur le plateau de Quotidien. Lors de la sortie du rapport, il a mis en avant les notions de “TECHNOLOGIE” et FINANCES” pour surmonter les problèmes climatiques, en citant Hoesung Lee, et présentant le rapport du GIEC comme un message d’espoir.

C’est un exemple de cherry-picking, procédé qui consiste à mettre uniquement les faits ou les données qui soutiennent une thèse en délaissant ou cachant celles qui la contredisent. D’après David Lisnard, la croissance verte est la solution. Comme il lui plait de parler d’idéologie, rappelons que la croissance verte est également une idéologie qui se révèle être un échec pour éviter un réchauffement mondial de +1.5°C. Mais visiblement celles et ceux qui le soulignent, y compris des scientifiques, sont des idéologues.

Des attaques sur des autrices et auteurs du GIEC

Plus inquiétant, David Lisnard lui-même et certains membres de son parti politique s’en sont pris directement à des autrices et auteurs du GIEC :

Ces attaques reproduisent les mêmes procédés que les climatosceptiques : attaquer directement les scientifiques et les discréditer, eux et/ou leurs travaux. Ici, Yamina Saheb et sa “croyance collectiviste totalitaire”, et “le GIEC est un lobby”. Des mots particulièrement injustes et infondés lorsque l’on sait les centaines d’heures de travail bénévole que les autrices et auteurs ont passé afin de synthétiser la littérature scientifique. Pour comprendre le fonctionnement du GIEC, lire cet article.

Servir son agenda politique avant tout

David Lisnard n’est pas un cas isolé lorsqu’il s’agit de se servir du dernier rapport du GIEC et de servir son agenda politique. A droite comme à gauche, nous avons pu constater le même procédé de cherry-picking.

Ci-dessous, deux exemples avec Julie Laernoes et Cyrielle Chatelain :

En aucun cas le GIEC n’a dit qu’il fallait privilégier les ENR au nucléaire ou que le nucléaire n’était pas “la solution face au réchauffement climatique”. Dans un article dédié au GIEC et au nucléaire, j’avais expliqué que le GIEC ne recommandait rien, qu’il ne faisait pas de modèles, qu’il n’était ni POUR ou CONTRE le nucléaire et que cela dépendait des modèles et hypothèses de départ, et qu’enfin et surtout, ce sont aux politiques de dire comment arriver à X ou Y type de société, en recommandant et en prenant des décisions. Pas au GIEC.

Le gouvernement a lui aussi tenté de récupérer le rapport du GIEC, notamment par le biais de Bruno Le Maire sur LinkedIn, qui a directement interpellé Thomas Wagner et Bon Pote. La réponse est claire. Malgré les promesses et discours, le gouvernement français est loin, très loin de faire ce qu’il faudrait pour respecter les engagements climatiques de la France et protéger les Françaises et Français des aléas climatiques.

Source : Linkedin

L’urgence d’agir pour baisser nos émissions est au moins dans les discours un constat partagé par l’ensemble de la classe politique (mis à part Eric Zemmour et Marine Le Pen, qui n’ont par exemple jamais évoqué le GIEC dans leur communication sur Twitter, pourtant réseau social préféré des politiques).

Mais la science ne doit pas servir d’alibi pour faire perdurer le système mortifère dans lequel nous sommes. Combien de limites planétaires faudra-t-il officiellement franchir pour reconnaître que nous ne pouvons pas continuer ainsi ?

Méga-bassines, nucléaire… la désinformation en hausse depuis une semaine

Chaque actualité autour du GIEC donne lieu à une recrudescence de la désinformation autour du rapport. Il y a bien sûr les climatosceptiques qui en profitent pour exister, comme l’ont rappelé David Chavalarias et son équipe sur les antivax complotistes. Mais le plus inquiétant est l’utilisation du rapport par des journalistes et comptes influents pour justifier tout et n’importe quoi.

Le 19 mars 2023, Géraldine Woessner (journaliste au Point) attaquait Bon Pote sur LinkedIn en indiquant “qu’informer est un métier et que cela implique des méthodes et une déontologie qu’il a choisi de ne pas respecter“.

Il est certain que les méthodes de Bon Pote ne sont pas dire que “le GIEC recommande”, comme elle le fait ci-dessous.

Pour cela, il faut comprendre le fonctionnement du GIEC, lire les rapports, et/ou ne pas mentir sur son rôle. Mais que voulez-vous, c’est sûrement la très grande déontologie journalistique qui a poussé Géraldine Woessner à interviewer Sylvie Brunel pour un dossier sur l’eau sorti le 16 mars dans Le Point. Peut-on réellement donner des leçons aux autres quand on interviewe des climatosceptiques en 2023 ?

“Le GIEC recommande les méga-bassines !!”

Sujet d’actualité et particulièrement électrique, les méga-bassines ont été le sujet brûlant du week-end. Et comme à peu près tous les sujets, le GIEC a à nouveau été instrumentalisé, comme le souligne Christophe Cassou, auteur du groupe 1 du GIEC :

A nouveau, le GIEC ne fait aucune recommandation, y compris sur les méga-bassines. C’est ce que rappelle également Gonéri Le Cozannet, co-auteur du rapport du GIEC sur les conséquences du changement climatique et les stratégies d’adaptation. Il rappelle entre autres que “les bassines coûtent cher, ont des impacts environnementaux négatifs et ne seront pas suffisants partout au-delà de certains niveaux de réchauffement climatique“.

Celles et ceux qui disent “le GIEC recommande les méga-bassines” mentent et ont probablement un intérêt à le faire. Même chose pour les personnes qui citent le rapport du BRGM. Les autrices et auteurs du rapport du BRGM ont eux-mêmes réfuté les arguments des personnes qui disaient “basé sur le BRGM et donc la science, les méga-bassines dans les Deux-Sèvres est une bonne idée”.

Bien sûr, les démystifications des autrices et auteurs du GIEC feront 10 à 100 fois moins de réactions sur les réseaux sociaux que la désinformation, y compris lorsqu’elle vient de journalistes TV comme Pascal Perri sur LCI ou directement des ministres Christophe Béchu et Marc Fesneau.

Pour aller plus loin sur le sujet des méga-bassines, vous pouvez lire cet article co-écrit par Magali Reghezza et Florence Habets, et écouter l’audition de Michèle Rousseau, Présidente du BRGM.

Le mot de la fin

Si l’urgence climatique fait plutôt consensus, les moyens de lutter contre le réchauffement climatique vont probablement faire débat jusqu’à ce que le réchauffement ne soit plus une réalité. L’un des risques principaux est l’instrumentalisation des propos des scientifiques par des politiques ou journalistes qui ont des intérêts à le faire. Le cherry-picking est de mise, bien souvent pour défendre à tort une vision biaisée sur le nucléaire ou les ENR.

Les politiques, de droite comme de gauche, devraient tout faire pour que les citoyennes et citoyens puissent vivre dans une société soutenable et juste. Comprendre que la justice sociale et climatique sont indispensables pour atteindre nos objectifs climatiques. Comprendre la responsabilité historique des émissions et comprendre que la France doit faire bien plus que ce qu’elle fait actuellement dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Aucun parti politique n’a un programme crédible pour atteindre nos objectifs climatiques. Pendant que certains pratiquent la langue de bois et le greenwashing, des milliers de Français meurent de votre inaction. Femmes et hommes politiques français, soyez à la hauteur.

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Météorologie

Par Le 08/04/2023

 

C'est assez consternant de voir le nombre de gens qui confondent, météorologie, climatologie, tendances saisonnières, projections, modélisations etc...

Un article qui fait le point. 

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Vers un été 2023 très chaud ? Quel crédit accorder aux tendances saisonnières ?

 

vendredi 7 avril 2023

Les principaux modèles de prévisions saisonnières envisagent un été potentiellement chaud sur la France, laissant craindre de nouvelles périodes caniculaires successives sur notre pays.

Mais quel crédit accorder à ces prévisions à plusieurs mois sachant qu'il est parfois difficile d'envisager le temps prévu à seulement quelques jours ?

Tendance saisonnière et prévision à court terme : Quelles différences ?

Des différences de temporalité :

Une tendance saisonnière est établie, comme pour les prévisions classiques, via des modèles (simulation informatique) planétaires. Toutefois, en plus des paramètres utilisés pour les prévisions à court terme, les modèles prennent également en compte le comportement d'autres milieux en forte interaction avec l'atmosphère comme l'océan ou la fonte des glaces ainsi que leur évolution avec le temps.

En effet, l'évolution de l'atmosphère terrestre est fortement influencée par les variations océaniques en fonction des saisons comme la modification des courants ou encore les réchauffements ou les refroidissements locaux. Ces variations pourront en effet favoriser certains flux dominants sur une partie du monde durant une période donnée, ce qui pourra permettre d'établir une tendance à long terme, différent donc d'une prévision à plus court terme.

Flux dominants engendrant un risque de chaleur sur la France durant le mois de juin 2023 - ECMWF

Ainsi, contrairement à la prévision à court terme qui se voudra plus précise, parfois à l'heure près, la tendance saisonnière va établir une prévision du temps moyen sur une période donnée en la comparant aux moyennes déjà établies, en général de façon mensuelle ou trimestrielle. Il ne sera pas possible d'établir une prévision au jour près mais plutôt une moyenne du temps sur plusieurs semaines.

Par exemple, si le mois de juin est prévu plus chaud que la normale par un modèle de prévision saisonnière au début du printemps, il sera impossible de dire que le 10 juin ou le 21 juin sera précisément une journée chaude. Au contraire, ces journées pourraient bien se montrer plus fraîches qu'à l'accoutumée, seulement ce mois de juin devrait présenter bien plus de journées chaudes que de journées fraîches et donc être en moyenne plus chaud.

Ce fut par exemple le cas pour le mois de mars 2023, qui a présenté quelques journées plus fraîches que la normale mais où les périodes de douceur ont largement dominé. 

Evolution de l'indicateur thermique national durant le mois de mars 2023 - Infoclimat.fr

A l'inverse, la prévision à court terme va envisager le temps d'un jour donné et non pas d'une période en prenant également bien plus de paramètres météorologiques en compte comme la nébulosité, la variation des températures en fonction des heures de la journée, le risque de précipitations en fonction des fronts, etc,...

C'est également pour cela que les tendances saisonnières se concentrent sur peu de paramètres météorologiques, en général les températures moyennes, les précipitations moyennes ou encore les pressions moyennes, car les autres paramètres ne sont techniquement pas prévisibles à aussi long terme. Il est en effet impossible de savoir plusieurs semaines voire mois à l'avance si une journée sera plus nuageuse qu'une autre.

Des différences d'échelle :

Les prévisions à court et moyen terme sont considérées comme fiables jusqu'à une échéance d'environ 3 à 5 jours et assez fiables entre 7 et 10 jours (variant en fonction des situations) car de nombreux paramètres météorologiques et atmosphériques sont pris en compte pour envisager l'évolution des centres d'actions et ainsi établir le temps sur un secteur précis.

Les prévisions à court et moyen terme permettent en effet de prévoir le temps à une échelle relativement réduite, par exemple à l'échelle d'une ville, d'un département ou d'une région.

Comparaison des différentes échelles pour les prévisions à court/moyen terme et les tendances saisonnières - Météo-Villes

A l'inverse, les tendances saisonnières envisagent le temps moyen à l'échelle d'un pays ou même d'un continent et il est quasiment impossible aujourd'hui d'envisager des prévisions plus précises à une telle échéance. Il sera en effet très difficile voire impossible d'établir le temps dominant sur une saison entière à l'échelle d'une région, encore mois à l'échelle d'un département ou même d'une ville.

Ainsi, l'été 2023 est prévu comme chaud sur la France par les principaux modèles de prévisions saisonnières car les conditions atmosphériques se montreront favorables à des températures plus élevées que la moyenne durant cette période de l'année. Cela ne voudra donc pas dire que toutes les journées s'étendant de juin à août seront chaudes, mais seulement que les températures seront plus élevées que la moyenne sur cette période. Des coups de frais resteront possibles, mais ceux-ci devraient être bien moins nombreux que les coups de chauds, sinon les modélisations envisageraient des températures plus basses que la moyenne sur notre pays.

Également, cette prévision est établie à l'échelle de la France voire même de l'Europe et il est pour le moment impossible d'établir quelle région sera plus concernée par la chaleur qu'une autre sur cette période. Il convient juste de retenir que la tendance sera plus chaude que la normale à l'échelle du pays d'après les dernières modélisations.

Anomalies de températures sur l'Europe pour le trimestre juin/juillet/août 2023 - ECMWF

Quelle fiabilité accorder à la prévision saisonnière ?

En moyenne, les prévisions saisonnières sont considérées comme relativement fiables avec toutefois une marge d'erreur se situant en général autour de 40 à 50%, ce qui reste élevé par rapport aux prévisions à court et moyen terme.

Toutefois, ces tendances sont en constante amélioration et les résultats de plus en plus probants. L'important est de retenir que celles-ci font état d'une probabilité d'occurrence d'un type de temps dominant sur une période. Si la majorité des modèles de prévisions saisonnières s'orientent vers un été 2023 chaud, alors la probabilité que celui-ci soit effectivement plus chaud que la normale se montre élevée comme c'est le cas actuellement. A l'inverse, si des désaccords sont observés entre ces différents modèles, alors la probabilité d'un été chaud restera présente mais se montrera plus faible et la tendance saisonnière en sera donc plus incertaine.

Pour rappel, l'été 2022 était prévu comme chaud et sec au début du printemps par la majorité des modèles de prévisions saisonnières et celui-ci s'est finalement terminé comme l'un des plus secs jamais observés en France ainsi que le deuxième plus chaud depuis 1900

Néanmoins, des ratés restent possibles comme pour l'été 2021. Prévu comme chaud et également sec, celui-ci fut au contraire très instable, humide et même plutôt frais en raison d'un simple décalage de quelques centaines de kilomètres des centres d'actions principaux par rapport à la prévision initiale.

Comparaison entre la position du blocage au printemps dernier et la réalité - Météo Villes

 

Le réseau d'eau potable en France

Par Le 08/04/2023

Un énorme problème et un chantier pharaonique.

Là aussi, il faut connaître les chiffres pour en prendre conscience.

Dans le hameau où nous habitons, le réseau d'eau a été installé entre 1956 et 1957. C'est toujours le même. En deux ans, nous avons eu quatre coupures d'approvisionnement dont une qui a duré quasiment cinquante heures. Les techniciens de la SAUR avec qui j'ai discuté sont effarés de l'état des canalisations et de la multiplication exponentielle des pannes. C'est partout pareil en France dans les zones rurales. Dans le VAR, plusieurs municipalités ont décidé de bloquer les permis de construire pour les cinq prochaines années, par manque d'eau et parce que le réseau est dans un état déplorable. Deux été de suite, des communes du Massif Central ont été ravitaillées par les camions de pompiers. Ils allaient chercher l'eau à cinquante kilomètres.

Entre la pluviométrie insuffisante et un réseau d'eau en très mauvais état, il faut anticiper. 

On est qu'au début des problèmes.

 

Les 40 chiffres à connaitre sur les 7 grandes thématiques incontournables des réseaux d’eau potable en France en 2021

 

par  | 30 Sep 2021

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Les 40 chiffres à connaitre sur les 7 grandes thématiques incontournables des réseaux d’eau potable en France en 2021

Les réseaux d’eau potable ont commencé à se développer à la fin du 19e siècle pour desservir la population des villes, mais ce n’est qu’en 1960/80 que la plupart des ménages ont été approvisionnés en eau potable.

L’eau destinée à la consommation humaine est un enjeu majeur de santé publique pour les industriels et les pouvoirs publics concernés.

Pour bien répondre à tous les enjeux du monde l’eau, nous vous donnons les 40 chiffres qui nous semblent les plus importants à connaitre. 

40 chiffres à savoir sur les réseaux d'eau potable en France en 2021

40 chiffres à savoir sur les réseaux d’eau potable en France en 2021

La valeur patrimoniale

135 milliards d’euros : c’est la valeur à neuf du patrimoine du réseau d’eau potable en France (soit 10 fois le budget des JO 2020 de Tokyo)

27 600 000 : c’est le nombre estimé d’abonnés à un service d’eau potable en France, soit 2,43 habitants par abonnement en moyenne.

Le poids économique

5,36 Mds d’euros : c’est le chiffre d’affaires en projet de pose de canalisation en France dont 4,97 liés à l’eau et à l’assainissement (dont 44% eau potable)

14% : c’est la part que représente les réseaux par rapport au chiffre d’affaires total des travaux publics

Les performances du réseau d’eau potable

996 000 km : c’est la longueur estimée du réseau Eau Potable en France

79,8% : c’est le rendement du réseau d’eau Potable

954 000 000 m³ : c’est le nombre perdus par les fuites

18,5 millions d’habitants : c’est l’équivalent en consommation de ce que devrait alimenter les fuites d’eau

4 causes principales des fuites :

l’âge des canalisations (facteur aggravant mais pas toujours déterminant) ;

le type de canalisation (souvent corrélé avec une période historique de pose) ;

la corrosion des canalisations causée naturellement par l’eau distribuée (corrosion interne, notamment si l’eau est «agressive»), ainsi que par l’humidité du terrain dans lequel est implantée la canalisation (corrosion externe);

le vieillissement des joints d’étanchéité entre les canalisations ou sur les branchements ;

La consommation

150 litres : c’est la consommation moyenne par habitant et par jour en France en 2021. La consommation est passée de 106 litres en 1975 à 165 litres en 2004. La diminution de la consommation démontre une prise de conscience du grand public sur la préservation de la ressource.

54 m³ : c’est la consommation moyenne par habitant et par an en France en 2021 (On en a consommé 39 l'an passé)

L’organisation des services des eaux

31 409 : c’est le nombre de Services publics d’eau potable et d’assainissement (Services publics d’eau potable, d’assainissement collectif et d’assainissement non collectif)

Répartition des services Eau Potable en pourcentage de la population desservie :

Opérateurs Publics 33.9%

Veolia 33.8%

Suez 19.3%

Saur 11.8%

Autres exploitants privés 1.3%

L’organisation française des services d’eau et d’assainissement est complexe : 29 374 services, portés par 18 028 collectivités, assurent les compétences d’eau potable et/ou d’assainissement.

 En 2018, 12 098 services publics d’eau potable assurent au moins une des trois missions principales (production, transfert, distribution).

Les services d’eau potable selon leur taille et leur collectivité d’appartenance :

Les services de moins de 1 000 habitants sont majoritaires : 55 %

Les services de moins de 3 500 habitants : 76 % de services mais concernent que 9 % de la population.

Les services de plus de 3 500 habitants : 24 % des services mais concernent 91% de la population.

Par ailleurs, le service d’eau potable dominant en France est majoritairement de type communal (64 % des services au total), mais concerne une faible part de la population (19 % de la population totale couverte).

123 : c’est la moyenne de service d’eau potable par département

1110 : c’est le nombre total de services d’eau potable des 3 départements hébergeant le plus grand nombre de services (l’Aude, la Haute-Marne et la Haute-Saône)

10 : c’est le nombre de services pour chacun des départements hébergeant le plus petit nombre de services (la Vendée, la Vienne, le Territoire-de-Belfort, la Martinique et Mayotte)

Les enjeux principaux

L’amélioration des rendements des réseaux représente un enjeu pour les services d’eau potable, premièrement pour limiter la sollicitation, préserver les milieux aquatiques et deuxièmement pour réduire les charges de prélèvement et de potabilisation de volumes d’eau qui ne seront pas consommés.

Engagement 111 du grenelle de l’environnement de 2007 : Réduire les fuites dans les réseaux d’eau potable

Décret du 27 janvier 2012 : Enjeu de réduction des fuites poursuivi lors du plan règlementaire par les collectivités qui doivent améliorer le rendement du système de distribution d’eau potable et progresser dans la connaissance patrimoniale de leur réseau

Les assises de l’eau 2019 : Une volonté d’augmenter le renouvellement des réseaux en zone rural prioritairement.
Les Assises de l’eau permettront d’accélérer le renouvellement des installations d’eau en divisant par deux la durée du cycle de renouvellement des canalisations. Les Assises de l’eau visent la relance des investissements (usines d’eau potable ou d’assainissement, canalisations…) qui passeront à 41 milliards d’euros sur la période 2019-2024 (contre 36 milliards prévus avant les Assises sur la même période).
Des aides financières seront mobilisées prioritairement à destination des territoires ruraux qui ne parviennent plus à investir pour améliorer leurs services d’eau et d’assainissement. Pour garantir le niveau de service aux usagers, le Gouvernement s’engage à accompagner les collectivités compétentes dans leurs investissements pour l’avenir en proposant des financements efficaces, adaptés aux situations et solidaires

Autre enjeu principal : Maintenir une distribution d’une eau potable en quantité et en qualité (98% pour la conformité microbiologique de l’eau au robinet, 97,7 % pour la conformité physico-chimique de l’eau au robinet)

Le renouvellement des réseaux

50% : c’est le pourcentage des réseaux posés avant 1972.

50 à 60 ans : c’est la durée moyenne de vie des réseaux AEP.

0,63 % : c’est le taux moyen de renouvellement des réseaux. Le taux de renouvellement des réseaux sur cinq ans est un indicateur exigé pour tous les services d’eau potable (de distribution et/ou de transfert), contrairement à son homologue pour l’assainissement (obligatoire uniquement pour les grands services).

Allez plus loin !

Découvrez le descriptif complet du marché de l’eau en France, et Téléchargez nos publications d’où proviennent l’essentiel des informations ci-dessus :

"Mais qui aurait pu le prévoir ?"

Par Le 08/04/2023

Anticiper.

Ni le gouvernement actuel, ni les précédents, qu'ils soient de gauche ou de droite ne l'ont jamais fait. Il ne s'agit pas de bords politiques mais de deni de réalité pour une seule et unique raison : la croissance. Et deuxièmement parce que la masse a toujours refusé de changer ses habitudes. 

Donc, maintenant, que la prise de conscience commence à faire son chemin dans les esprits, les politiques vont commencer à réfléchir. Ils vont donc organiser des commissions qui étudieront les tenants et les aboutissants pour écrire un rapport. Rapport qui sera lu, critiqué, contesté par tous ceux qui trouveront les restrictions beaucoup trop lourdes et qui crieront à l'atteinte à la liberté d'exploiter la planète : FNSEA, industriel de l'alimentaire, éleveurs, céréaliers, industrie chimique, nucléaire, etc etc... Et donc, une deuxième commission d'enquête sera créée... Et ainsi de suite. 

Que les consommateurs franchissent le pas en acceptant l'idée que l'élevage intensif et la consommation de viande contribuent à la crise de l'eau et qu'ils rejettent en masse cette pratique relève de l'utopie. Combien de personnes connaissent quelque peu le dossier de l'eau ? En dehors d'une hausse énorme du prix de l'eau, le problème ne sera pas pris en compte par la majorité des gens. 

De notre côté, je viens d'installer la douzième citerne de mille litres pour la récupération d'eau pluviale. Toute cette eau sert au potager et au verger, elle retourne donc à la terre. Le puits (cinq mètres de hauteur d'eau) complète l'ensemble. Même en pleine sécheresse, il reste opérationnel si on ne tire pas trop dessus. 

Pour ce qui est de la rupture en approvisionnement en eau potable, on a acheté un filtre BERKEY, gros investissement pour nous mais une sécurité totale. 

 

Sécheresse : un rapport gouvernemental appelle à "un changement radical" pour éviter de futures ruptures d'approvisionnement en eau potable

 

La mission interministérielle formule de nombreuses recommandations pour mieux connaître l'étendue du problème, anticiper et informer.

Article rédigé par

franceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 08/04/2023 14:03Mis à jour le 08/04/2023 14:47

 Temps de lecture : 1 min.

Le lac de Serre-Ponçon (Alpes-de-Haute-Provence) partiellement asséché, le 16 mars 2023. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Le lac de Serre-Ponçon (Alpes-de-Haute-Provence) partiellement asséché, le 16 mars 2023. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Le "pire" a été évité lors de la sécheresse de l'été 2022 en termes de rupture d'approvisionnement en eau potable et des "mesures fortes" s'imposent pour éviter un tel scénario à l'avenir, selon le rapport d'une mission interministérielle dont Libération s'est fait l'écho samedi 8 avril. La mission évoque une "prise de conscience" qui "appelle un changement radical dans nos modes de gestion de l'eau et nos pratiques", dans ce rapport commandé par le gouvernement. La publication officielle est prévue mardi.

Cette mission interministérielle relève que la catastrophe a été évitée en 2022 "grâce, d'une part, à la mobilisation exceptionnelle de l'ensemble des acteurs, et, d'autre part, à un niveau de remplissage élevé des nappes et des retenues à la sortie de l'hiver 2021-2022". Mais elle ajoute : "De telles conditions pourraient ne plus être réunies si un phénomène similaire se reproduisait dans les prochaines années, voire dès 2023".

Un "cadrage plus précis" pour aider les préfets

La période de plus d'un mois sans pluie début 2023 en France et l'organisation d'événements exceptionnels, "susceptibles d'agir sur la pointe de consommation d'eau potable dans plusieurs grandes villes à la même période, comme à l'été 2023 la Coupe du monde de rugby, puis en 2024, les Jeux olympiques et paralympiques, imposent une vigilance particulière quant au risque de rupture d'approvisionnement en eau potable", peut-on encore lire dans le rapport.

L'administration formule 18 recommandations destinées à mieux connaître l'étendue du problème, anticiper et informer. Les auteurs s'attaquent notamment à l'épineuse question de la sobriété, rappelant l'objectif d'une réduction de 10% des prélèvements d'ici 2024, un objectif désormais repoussé à 2030 par le président Emmanuel Macron lors de la présentation du "plan eau", le 30 mars.

Les auteurs suggèrent aussi un "cadrage national plus précis" pour aider des préfets submergés de demandes de dérogation en cas de restrictions de prélèvement, et face à des mesures perçues par le public comme trop sévères ou trop laxistes, comme par exemple l'arrosage des golfs.

L'usage de l'eau en chiffres : qui prélève et qui consomme quoi en France ?

 

30/03/2023

L'irrigation, l'eau potable et le refroidissement des centrales nucléaires sont les principaux usages de l'eau douce en France, susceptibles de causer des conflits d'usages en cas de pénuries. Le point secteur par secteur.

 

La France prélève en moyenne 33 milliards de mètres cubes d'eau par an sur les près de 208 milliards disponibles en moyenne chaque année dans les cours d'eau, les lacs ou les nappes, selon le ministère de la Transition écologique. Mais cette abondance n'est qu'apparente. D'une part, l'essentiel de la ressource doit impérativement rester dans les milieux naturels pour préserver un équilibre satisfaisant. D'autre part, ce renouvellement est soumis à de fortes variations annuelles (142 milliards de m3 seulement en 2019) et surtout saisonnière. Car l'essentiel de la consommation a lieu l'été, quand la disponibilité est au plus bas, provoquant des conflits d'usages voire des pénuries, comme dans les quelque 700 communes privées d'eau lors de la canicule en 2022.

Et si les prévisions du Giec ne permettent pas d'affirmer que les précipitations vont diminuer, il est établi que l'augmentation des canicules se traduira par des sécheresses plus sévères. Pour bien mesurer l'usage de l'eau, il faut toutefois distinguer les "prélèvements" et la "consommation". Les prélèvements correspondent à l'ensemble des volumes puisés dans les rivières, les lacs ou les nappes, dont plus de 85 % retournent ensuite dans ces milieux aquatiques. La consommation, c'est la part restante de ces prélèvements, environ 15 %, qui sont absorbés par les plantes irriguées, les sols ou qui s'évaporent, interrompant le cycle qui conduisait ces volumes d'eaux vers la mer.

Prélèvements : près de la moitié pour refroidir les centrales nucléaires

Les prélèvements sont mesurés avec précision, étant soumis dans la plupart des cas à déclaration. Hors hydroélectricité, les 32,84 milliards de m3 prélevés en moyenne sur la période 2010-2019, derniers chiffres connus, se répartissaient ainsi :

- 16,8 milliards de m3 d'eau douce utilisés pour le refroidissement des centrales électriques, essentiellement les centrales nucléaires

- 5,3 milliards pour l'eau potable

- 5,2 milliards pour l'alimentation des canaux

- 2,9 milliards dévolus à des usages principalement agricoles

- 2,6 milliards pour les autres usages, essentiellement industriels

Consommation : 4,1 milliards de m3, essentiellement pour l'irrigation et l'eau potable

La consommation d'eau en France s'établit à 4,1 milliards de m3 en moyenne par an sur la période 2010-2019, selon la nouvelle estimation publiée mercredi par le Service des données et études statistiques (SDES) du Ministère de la Transition écologique. Celle-ci revoit considérablement à la baisse l'estimation jusqu'à présent retenue de 5,3 milliards de m3.

L'intégralité de la différence s'explique par la réévaluation de la consommation des centrales nucléaires. La nouvelle estimation - 0,5 milliard de m3 par an - se fonde sur les rapports environnementaux d'EDF, qui a fourni au ministère ses chiffres depuis 2010. "Les données d'EDF sont jugées fiables car elles ont déjà été rendues publiques dans ses rapports environnementaux" où l'énergéticien "explique bien ses trois méthodologies", a expliqué Béatrice Sédillot, cheffe du SDES, selon qui les précédentes estimations reposaient sur des "hypothèses fragiles".

Cette réévaluation majeure de ces chiffres, régulièrement brandis dans les débats sur l'impact environnemental du nucléaire, intervient au moment où le gouvernement tente de relancer cette source d'énergie en France.

En conséquence, l'agriculture reste la première activité consommatrice d'eau avec 58 % du total, devant l'eau potable (26 %), le refroidissement des centrales nucléaires (12 %) et les usages industriels (4 %). Dans la précédente estimation, l'agriculture était déjà la première consommatrice, mais avec seulement 45 % du total, tandis que les centrales comptaient pour 31 % et l'eau potable pour 21 %.

Cette prévalence de l'agriculture s'explique par le fait que l'eau utilisée pour irriguer les cultures est considérée par le SDES comme "consommée à 80 %". "On estime que 100 % de l'eau prélevée est absorbée par les plantes ou les sols, sauf pour la technique d'irrigation gravitaire où 82 % de l'eau retourne au milieu aquatique", explique Mme Sédillot.

La part de l'agriculture irriguée - environ 7 % des surfaces cultivées - est relativement limitée en France, mais la majeure partie de la consommation se fait en été. L'eau consommée naturellement par les plantes n'est pas comptabilisée.

Avec AFP.

Darmanin et la violence politique.

Par Le 06/04/2023

16 155 vues 6 avr. 2023 #Démocratie #Police

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« Dans le long entretien qu’il a accordé au Journal du dimanche, le ministre de l’Intérieur tient en effet des propos extrêmement inquiétants. Lorsqu’il est interrogé sur les violences policières dont les images ont fait le tour du monde, il répond par exemple, après avoir déjà menti en soutenant que les gendarmes n’avaient pas utilisé d’armes de guerre à Sainte-Soline, qu’il - je cite - « refuse de céder au terrorisme intellectuel de l’extrême gauche qui consiste à renverser les valeurs » en faisant passer « les casseurs » pour des « agressés », et « les policiers » pour des « agresseurs ».

Plus loin, il dénonce – je cite encore – des « fake news » et des « manipulations de l’information ». Et plus loin encore, il déclare très sérieusement que la NUPES - au sein de laquelle se sont réunis les écologistes, La France insoumise, le Parti communiste et le Parti socialiste – est, je cite toujours, « un mouvement qui prend la pente de l’ultragauche des années 1970 », c’est-à-dire d’une ultragauche qui pratiquait éventuellement la lutte armée.

Tranquillement, Darmanin passe donc de la gauche à l’extrême gauche, puis de l’extrême gauche à l’ultragauche, puis de l’ultragauche à l’ultragauche pratiquant la lutte armée – pour nous suggérer que tout ça ne forme finalement qu’un seul et même ensemble de quasi-terroristes.

Et il faut s’attarder sur ces hallucinantes déclarations, car bien sûr : on pourrait se contenter d’en rire, en imaginant Olivier Faure en train de s’acheter un pistolet automatique pour attaquer la Banque de France. Mais en réalité, les propos du ministre de l’Intérieur ne sont pas du tout rigolos : ils sont au contraire lourds de très graves menaces pour la démocratie »

Nouvel épisode de Quelle époque formidable, la chronique politique de Sebastien Fontenelle, à retrouver tous les jeudis sur Blast ! Journaliste : Sébastien Fontenelle Réalisation : Mathias Enthoven Montage : Melanie Ciais Images : Arthur Frainet Son : Baptiste Veilhan Graphisme : Adrien Colrat Production : Sophie Romillat Directeur du développement : Mathias Enthoven Rédaction en chef : Soumaya Benaissa Directeur de la rédaction : Denis Robert Le site : https://www.blast-info.fr/ Facebook : https://www.facebook.com/blastofficiel Twitter : https://twitter.com/blast_france Instagram : https://www.instagram.com/blastofficiel/ Mastodon : https://mamot.fr/web/@blast_info Peertube : https://video.blast-info.fr

L'argumentarium

Par Le 05/04/2023

19 416 vues 28 mars 2023

Mégabassines : que dit la science ? L'Argumentarium #1

 

Depuis quelques mois, vous n'avez pas pu y échapper : les mégabassines, ces ouvrages de stockage de l'eau pour l'agriculture, ont été mis à l'agenda politique. Comme toujours, on fait souvent parler la science pour valider telle ou telle position politique. Mais qu'en est-il vraiment ? Que dit la science sur ces aménagements controversés ? Entre science, société et politique, on fait le point sur les bassines : bienvenue dans l'Argumentarium...

CHAPITRES : 00:00 Introduction 01:50 Générique 02:05 Qu'est-ce qu'une bassine ? 02:49 Bassine : pour quoi faire ? 04:34 La caution scientifique 06:13 La caution démocratique 07:05 Argumentaire en faveur des bassines 08:03 La(pré)caution scientifique 11:37 Le rapport d'étude du BRGM 18:13 Conclusion 19:15 Conclusion ?

ERRATUMS : 3:22 : Il ne pleut pas forcément moins en hiver qu'en été partout en France, même si c'est le cas dans certaines régions : c'est surtout l'importante évapotranspiration qui est à l'origine du déficit d'eau en été. 6:10 : Il s'agit du label Haute Valeur Environnementale, et non Haute Qualité Environnementale (qui est un autre label dans le bâtiment)

SOURCES (entre autres) : Quelques contributions de scientifiques au débat médiatique : https://bonpote.com/les-mega-bassines... https://bonpote.com/analyse-peut-on-s... https://www.radiofrance.fr/franceinte... https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/... https://www.lemonde.fr/planete/articl... https://france3-regions.francetvinfo.... https://www.ouest-france.fr/nouvelle-... https://www.ouest-france.fr/environne... Florence Habets sur Twitter : https://twitter.com/florencehabets Emma Haziza sur Twitter : https://twitter.com/HazizaEmma Magali Reghezza sur Twitter : https://twitter.com/MagaliReghezza https://basta.media/megabassines-ce-t... https://france3-regions.francetvinfo.... https://reporterre.net/La-pertinence-... Documentation : Qu'est-ce qu'une bassine en 1 minute :    • Qu'est ce qu'une ...   Le rapport du BRGM : http://infoterre.brgm.fr/rapports/RC-... Le rapport du modèle Jurassique : https://infoterre.brgm.fr/rapports/RP... Le protocole d'accord du Marais Poitevin : https://marais-poitevin.org/wp-conten... Communiqué de presse du BRGM : https://www.brgm.fr/fr/actualite/comm... Contre-étude d'Anne-Morwenn Pastier : https://reporterre.net/IMG/pdf/me_gab... A retrouver également en vidéo :    • Conférence publiq...   Interview d'Anne-Morwenn Pastier sur Blast :    • NO BASSARAN ! LA ...   Chapitre du dernier rapport du GIEC consacré à l'Europe : https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg2/do...

Créer une mare

Par Le 05/04/2023

Depuis qu'on est installé, on a toujours eu dans l'idée de creuser une mare sur le terrain. Cette année, le jardin-potager-verger est bien avancé, quelques deux-cents plantations en deux ans, grands arbres, feuillus et résineux que nous récupérons en forêts dans des endroits où ils sont condamnés, piste forestière, piste de bûcheronnage, bords de routes élagués par la DDE, arbres fruitiers que Nathalie fait pousser à partir de noyeau ou pépins (elle a une pépinière miniature impressionnante, pommes, poires, abricots, cerises, pêches, plaqueminiers, prunes, mirabelles, etc ... puis ensuite les arbustes fruitiers ou "haies fruitières", framboises, cassis, groseilles, groseilles à maquereaux, baies de goji, de multiples espèces... Maintenant, il s'agit d'entretenir. On sera mort avant que tous les grands arbres aient atteint l'âge adulte mais ça servira aux suivants. Quant aux arbres fruiters et haies fruitières, dans deux ou trois ans, ils seront tous productifs. Les framboisiers nous ont déjà copieusement réjoui l'an passé. 

On s'est lancé dans les greffes l'année dernière, 60 % de réussite sur les arbres fruitiers, on vient de finir la deuxième série, quelques-uns ont déjà débourré, on fera le bilan dans quelques semaines.

J'avais déjà enterré deux baignoires récupérées (dont une qui a fait le voyage depuis la Savoie ^^). On y a mis des plantes aquatiques récupérées au bord de tous les étangs et ruisseaux qui coulent dans le secteur. Les insectes aquatiques s'y sont installés mais la surface est vraiment trop petite pour d'autres animaux comme les grenouilles.

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Ces deux baignoires sont alimentées par le trop plein des citernes de mille litres et les intempéries. 

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Donc, je me suis lancé dans le creusement d'une mare. Pelle, pioche, brouette et beaucoup de sueur ^^. Quatre mètres de long, trois mètres de large, des paliers à vingt, quarante, cinquante et soixante centimètres de profondeur. Des cailloux en pagaille bien entendu mais je suis habitué maintenant vu tout ce que j'ai déjà sorti. C'est le genre de travail où il ne faut pas penser à ce qui reste à faire, juste rester concentré sur la zone en cours. C'est comme un sommet à gravir : si on passe son temps à lever la tête, on est assommé, il faut juste anticiper sur les mètres suivants et se concentrer sur le pas en cours. 

Je l'ai creusée au fond de la prairie, sur une zone qui reste très verte, même en été, même pendant les sécheresses. J'espérais tomber sur un fil d'eau mais il n'y a rien. Je pense que c'est juste le fait qu'il s'agisse d'une "cuvette" naturelle et que l'eau s'y accumule davantage quand il pleut. J'ai creusé un premier trou à 90 centimètres et j'ai attendu deux jours mais il n'y a pas eu d'eau au fond.

Donc, pour l'alimenter, je vais construire un toit et installer une gouttière qui se déversera directement dans la mare. La chute d'eau aura un effet bénéfique sur l'oxygénation de l'eau. Et sous ce toit, je mettrai une terrasse avec deux bains de soleil ^^

 

 

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L'idée, c'est toujours celle de la biodiversité. Une mare, c'est tout un peuple de petits animaux aquatiques qui vient y vivre : libellule, dytiques, notonectes, planorbes, gyrins, argyronètes, puis les grenouilles, les crapauds, les salamandres, les hérissons viennent y boire, les oiseaux s'y baigner. 

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La mare - faune et flore

La mare - faune et flore

Autrefois indispensable à la campagne, elle est aujourd’hui menacée de pollution et accusée d’être une réserve à moustiques. Pourtant elle a un rôle à jouer dans l’équilibre de la nature.
Au  19e siècle, il y avait souvent une mare communale dans les villages.

La  mare avait beaucoup d’importance dans la vie de la ferme. Les animaux d’élevage venaient y boire. Les habitants avaient une réserve d’eau proche de chez eux en cas d’incendie par exemple ! Les bords de la mare pouvaient servir de lavoir. Puis le réseau de distribution d’eau s’est développé, il était moins nécessaire d’avoir une mare près de chez soi. Les champs se sont agrandis, les constructions et les routes se sont multipliées. Il a fallu détruire des haies et des mares.

Heureusement, petit à petit, l’homme a compris l’utilité de la mare tout comme celle des haies, des zones herbeuses, des marais : retenir les eaux de pluie, empêcher les inondations et aussi profiter d’un coin agréable et vivant.

Les eaux dormantes

Lorsque l’eau s’écoule très doucement ou reste au même endroit, on dit qu’elle dort, qu’elle stagne : c’est une eau « dormante ».

La vie qui s’y développe est différente de celle d’une eau « vive » comme celle des torrents, des ruisseaux, des rivières ou des fleuves.

La flaque d’eau abrite une vie intéressante à observer. Dans les eaux stagnantes de plus grande dimension (mares, marécages, marais, étangs ou lacs) on trouve encore plus d’espèces végétales et animales, en particulier des insectes.

Il est facile de trouver une mare près de chez soi, si on habite à la campagne. On peut aussi pour le plaisir créer une mare dans son jardin !

Les plantes de la mare

Selon la hauteur du niveau de l’eau, lors des périodes de pluie ou de sécheresse, des plantes différentes s’installent.

Du bord de la mare jusqu’au milieu, elles forment des « ceintures végétales ». La végétation est importante et diverse selon la superficie de la mare. Elle dépend aussi de la pente de ses berges.
Près du point d’eau, des arbres comme les saules ou les aulnes assèchent les rives : ils aspirent l’eau avec leurs racines et en rejettent par les feuilles.

Plus près de l’eau, on trouve des plantes ayant besoin de beaucoup d’humidité.

Les joncs poussent en groupe.

Les roseaux, très hauts, présentent au printemps des fleurs en épis.

Les feuilles de carex ont des bords si fins quelles coupent la peau comme des lames de rasoir !

Les iris ont des fleurs jaunes remarquables. On trouve aussi des massettes, des renoncules.

Certaines plantes flottent à la surface de la mare  mais leurs racines sont fixées dans la vase :

Les renoncules aquatiques,

Les nénuphars jaunes ou blancs,

Les potamots qui laissent flotter leurs feuilles ovales ; ils fleurissent en été.

Les lentilles d’eau forment des nappes avec leurs toutes petites feuilles rondes. Leurs racines minuscules ne touchent pas le fond : les lentilles d’eau poussent sans terre. Elles colonisent la surface de la mare très rapidement et étouffent les autres espèces. Ce sont de bons aliments pour les têtards.

D’autres plantes sont complètement immergées, c’est-à-dire sous l’eau.

Sur une même plante, la forme des feuilles varie selon qu’elles sont aériennes, flottantes ou immergées.

Enfin, au fond de la mare, des algues microscopiques se développent.

Au printemps, les feuilles apparaissent sur les plantes aquatiques, les graines germent. En été les plantes atteignent leur taille adulte, elles produisent des fleurs dont le nectar attire les insectes. En automne, les feuilles des arbres tombent au fond de la mare. Les fleurs produisent fruits et graines. En hiver, la plupart des feuilles et des tiges ont disparu.

les principales plantes de la mare

Les animaux de la mare

Au printemps et en été, au-dessus de l’eau, on peut voir des insectes et des oiseaux. Libellules et demoiselles attirent l’œil par leur vol rapide et gracieux. Chacun de ces insectes, à l’âge adulte, défend son territoire au bord de l’eau. Leurs pattes ne servent pas à marcher mais à capturer un autre insecte en plein vol !  Les gerris avancent par saccades à la surface de l’eau.

Des oiseaux sont familiers de ce lieu, par exemple des passereaux comme les fauvettes, des poules d’eau. Un héron cendré peut faire une halte pour se nourrir de grenouilles, de petits poissons et d’insectes.

Autres familiers de la mare, les amphibiens : la grenouille verte y vit en permanence, tandis que d’autres espèces de grenouilles et de crapauds n’y viennent que pour se reproduire. Ils vivent dans l’eau aussi bien que sur terre, mais les têtards, eux, ne vivent que dans l’eau.
On peut trouver aussi des reptiles comme les couleuvres et des mammifères comme le rat musqué.

Différents animaux vivent dans l’eau de la mare et sur ses végétaux immergés. On peut y observer des vers, des sangsues, des mollusques, des crustacés comme les daphnies (puces d’eau) les aselles, les cyclopes, les gammares… Les larves de moustiques passent leur vie sous l’eau avant de devenir adultes.

Tous les animaux ont besoin d’oxygène pour vivre. Certains remontent à la surface pour respirer, d’autres aspirent l’air par un tube respiratoire situé à l’arrière de leur corps et d’autres encore emportent avec eux, sous l’eau, une réserve d’air dans une bulle.

Dans la mare, s’il n’y a plus assez d’oxygène, la vie disparaît peu à peu.
 

La reproduction

De nombreux animaux se reproduisent dans la mare mais selon les espèces, les étapes de développement sont différentes.

Grenouilles et crapauds pondent dans l’eau et les têtards sortent des œufs et vivent sous l’eau jusqu’à leur métamorphose en grenouille.

Les œufs de libellule et de dytique donnent des larves nageuses qui se transformeront progressivement en insectes adultes.

Amphibiens et insectes pondent au printemps et en été. En automne les amphibiens quittent la mare et la plupart des insectes meurent. Les larves survivent et se métamorphosent en adultes l’année suivante. En hiver les animaux aquatiques hibernent ou sont en phase de repos car il y a moins de lumière.

Reproduction animaux dans la mare

La mare : un écosystème

Dans une mare, comme dans tout écosystème* chaque espèce doit trouver de quoi se nourrir en quantité suffisante pour pouvoir vivre.

Les décomposeurs (bactéries, microbes) décomposent la matière organique des végétaux et des animaux morts. Cette décomposition dégage des sels minéraux.

Grâce à l’énergie solaire, les plantes utilisent ces sels minéraux pour fabriquer de la matière végétale. On les appelle les producteurs.

La matière végétale est utilisée par les animaux herbivores, comme l’hydrophile adulte et les jeunes têtards... On les appelle les consommateurs primaires.

Les consommateurs secondaires mangent d’autres animaux : ce sont des carnivores (dytiques, larves de libellule, grenouilles…).

* Un écosystème est un tout, constitué par un milieu (endroit précis : ici la mare) et par la totalité des êtres vivants (végétaux et animaux) qui y vivent. Dans un milieu équilibré, il y a toujours plus de proies que de  prédateurs.

L'évolution de la mare

Au début, il y a un trou d’eau.

Petit à petit, des espèces animales et végétales arrivent naturellement :

En volant ou en marchant pour les animaux,

Grâce au vent ou aux animaux qui les transportent involontairement pour les végétaux.

L’eau de ruissellement amène beaucoup de sels minéraux. La décomposition des matières mortes en apporte aussi. Grâce à ces substances nutritives, les plantes se développent bien : il y a donc de plus en plus de déchets à décomposer !

Les bactéries qui font ce travail consomment beaucoup d’oxygène. Finalement, il y a trop de matières à décomposer et les bactéries sont asphyxiées par manque d’oxygène. Les autres habitants de la mare aussi.

Les cadavres des animaux augmentent encore la quantité de matière à dégrader, la vase s’accumule, la mare se comble lentement, se remplit… et finit par disparaître.

Les scientifiques appellent ce phénomène "eutrophisation" (résultat normal de l’évolution d’une mare non entretenue).

Pour éviter l’eutrophisation  et sauver la mare, on doit  faucher chaque année  les plantes du bord de l’eau et retirer les débris. Tous les 5 ans on peut retirer délicatement la moitié de la vase accumulée au fond de la mare afin de laisser tranquille une partie de ses habitants !

Les mares sont utiles et doivent être protégées ainsi que leurs habitants.

 

 

Il y a plein de vidéos sur youtube sur l'intérêt des mares. En voilà une.

 

Un reporter à Sainte Soline

Par Le 04/04/2023

 

372 962 vues 31 mars 2023 #SainteSoline

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Contre le projet de mégabassine A Sainte-Soline le 25 mars dernier on compte des milliers de manifestants, 3200 gendarmes, plus de 4000 grenades lancées en 2H et des tirs de LBD entre autres. Le résultat ? Des centaines de blessés et surtout à cette heure deux manifestants toujours dans le coma. Entre violences inouïes et scènes de guerre, Blast vous propose le récit de notre reporter José Rexach pour faire face au déni médiatique et aux mensonges du gouvernement.

Des oiseaux et des bassines

Par Le 04/04/2023

Au tribunal, biodiversité et espèces protégées pourraient couler les mégabassines

 

https://basta.media/Au-tribunal-la-biodiversite-pourrait-faire-tomber-les-megabassines-Sainte-Soline?

SAINTE-SOLINE 

4 avril 2023 par Guy Pichard

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Après la manifestation du 25 mars à Sainte-Soline, la bataille autour de la construction de cette mégabassine se déroule aussi devant les tribunaux. Un nouvel élément pourrait ralentir, voire stopper le chantier : la présence d’espèces protégées.

 

Publié dansÉCOLOGIE

Temps de lecture : 6 minutes

1 commentaire

#accès à l’eau

#agriculture

#biodiversité

L’information pourrait être passée sous les radars après la violente réponse policière à la manifestation du 25 mars contre la mégabassine de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, qui a fait 200 blessés, dont deux personnes dans le coma. Quelques jours plus tard, mardi 28 mars, le tribunal administratif de Poitiers a examiné une nouvelle fois les requêtes d’associations de défense de l’environnement contre plusieurs projets de mégabassines, dont celle de Sainte-Soline.

L’attention des médias s’est concentrée sur les volumes d’eau des ouvrages en construction. Mais un autre élément, peut-être encore plus important, a été évoqué à l’audience du tribunal administratif : la présence d’espèces protégées. Selon nos informations, les sites de Sainte-Soline et de Mauzé-sur-le-Mignon seraient concernés par quatre espèces d’oiseaux sous le coup d’une protection du Code de l’environnement : la pie-grièche écorcheur, l’œdicnème criard, le busard cendré et l’outarde canepetière.

« Sur ces projets, la question de biodiversité semble avoir été oubliée par tout le monde, s’étonne Dorian Guinard, enseignant-chercheur et maître de conférences de droit public à Sciences Po Grenoble. Quand la présence d’une espèce protégée est prouvée et qu’un chantier va les détruire ou détruire leur habitat, ou simplement les déranger, une dérogation est potentiellement nécessaire au titre de l’article L-411 du Code de l’environnement. Or à l’heure actuelle, aucune dérogation n’a été demandée. »

Sainte-Soline, au cœur d’une zone Natura 2000

Le 28 mars au tribunal administratif de Poitiers, les associations environnementales ont soulevé « des risques caractérisés » au sujet de l’outarde canepetière, un oiseau des plaines cultivées. « Le rapporteur public du tribunal administratif de Poitiers n’a pas voulu contrer l’arrêté préfectoral, mais c’est le juge qui décidera, explique Pierrot Pantel, ingénieur écologue à l’Association nationale pour la biodiversité (ANB). Aujourd’hui, des travaux ont été réalisés sur des habitats d’espèces protégées. La plainte que nous allons déposer (avec possiblement d’autres associations, ndlr) va poser la question de la destruction d’habitat de ces animaux pour au moins deux espèces, mais peut-être aussi pour d’autres. Car des données naturalistes sont encore en cours de réception et analyse. Si ces infractions sont reconnues par le juge judiciaire, cela rendrait les travaux de fait illégaux », poursuit l’ingénieur.

Relevés du Groupe ornithologique des Deux-Sèvres (GODS) sur l'impact de la mégabassine de Sainte-Soline sur l'habitat du busard cendré, qui est une espèce protégée

Les relevés du Groupe ornithologique des Deux-Sèvres (GODS) sur l’impact de la mégabassine de Sainte-Soline sur l’habitat du busard cendré, qui est une espèce protégée.

GODS

Au centre de ce nouveau volet judiciaire se trouvent les données naturalistes du Groupe ornithologique des Deux-Sèvres (GODS), une association qui a notamment répertorié les lieux de e reproduction des oiseaux en question. Or, certains d’entre eux se trouvent sur les zones actuelles des chantiers ou suffisamment à proximité pour constituer une infraction au Code de l’environnement.

« Le site de la bassine de Sainte-Soline est au cœur d’une zone Natura 2000 et cette commune est l’une des Deux-Sèvres qui abrite le plus d’outardes, insiste Étienne Debenest, coordinateur technique du GODS. Il faut noter, et c’est un bon point, que les travaux ont été faits hors période de reproduction, c’était le bon moment pour les faire. Les quatre espèces en question sont présentes chaque année autour d’une des bassines, même si elles ne nichent jamais au même endroit. »

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Des travaux entamés avant même d’en connaître la légalité

Considérée comme illégale par ses opposants et légale par les promoteurs du projet, la mégabassine de Sainte-Soline serait en fait plutôt entre les deux. « C’est étonnant comme jusqu’aux plus hautes responsabilités de l’État on affirme publiquement que ce projet est légal, dénonce par exemple Dorian Guinard. Dès lors qu’un préfet prend une décision, ce n’est pas forcément légal, il n’est pas le juge de la légalité en France. C’est le tribunal administratif qui tient ce rôle », défend le maître de conférences de droit public à Sciences Po Grenoble.

Il faut encore attendre une dizaine de jours la décision du tribunal administratif de Poitiers. Mais les travaux ont eux déjà bien avancé : l’immense trou du site est creusé, au prix d’aménagements colossaux. C’est la plus grande bassine du projet global de creuser 16 réserves d’eau artificielles dans le Marais poitevin, avec une capacité, selon l’organisation qui porte le projet, la Coop’ de l’eau, de plus 620 000 m3. La mise en service de l’installation de Sainte-Soline est prévue pour 2024.

« Dans ce genre de projet, les décideurs commencent les travaux avant même d’en connaître la légalité, regrette Dorian Guinard. Le chercheur en est d’autant plus choqué « qu’une partie des financements provient de l’argent public ». Le coût des 16 mégabassines réparties dans les Deux-Sèvres grimpe à 74 millions d’euros, avec une part d’argent public estimée à 70 %. Que se passera-t-il si le tribunal annule les projets en cas d’infraction avérée pour destruction d’habitat d’espèces protégées ?

Une bassine bientôt rebouchée sur ordre de la préfecture

Relevés du Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres (GODS) sur l'impact de la mégabassine de Sainte-Soline sur l'habitat de l'outarde.

Plus gros enjeu de biodiversité autour de la mégabassine, l’habitat de l’outarde canepetière serait là aussi « dégradé ou altéré », selon Pierrot Pantel, ingénieur écologue à l’Association nationale pour la biodiversité (ANB).

GODS

« Si la présence des espèces est parfaitement reconnue et que, demain, les engins sont sur le terrain, l’Office français de la biodiversité pourrait parfaitement saisir les machines en vertu du Code de l’environnement, avance Pierrot Pantel, ingénieur écologue et chargé de mission à l’Association nationale pour la biodiversité. Si les travaux continuaient dans cette situation, ce serait une infraction pénale et il faudrait qu’elle soit verbalisée. Ensuite, les parties civiles et le juge pénal pourraient exiger, en plus des peines d’amende potentielles, une remise en l’état. En clair, le trou pourrait être rebouché. »

Ce ne serait pas totalement nouveau. La mégabassine de Banthelu (Val-d’Oise) va être prochainement rebouchée sur ordre de la préfecture, car elle ne respectait pas le plan local d’urbanisme.

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Sainte-Soline : « Ils nous attendaient à la bassine, en mode forteresse »

Les projets de méga-bassines, accusées d’assécher les rivières, alimentent la guerre de l’eau dans les campagnes

La contestation des mégabassines via les recours juridiques est forcément plus discrète que les manifestations qui réunissent des milliers de personnes. La bataille juridique nécessite aussi de solides connaissances, mais peut s’avérer payante. En Charente-Maritime, cinq bassines ont vu leur légalité contestée. Le 3 février 2023, le Conseil d’État a tranché en interdisant le remplissage en eau de celles-ci, à la suite d’une longue procédure lancée par l’association Nature environnement du département... en 2010.

Depuis, Nature Environnement 17 a vu le domicile de son vice-président vandalisé par les agriculteurs de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs le 22 mars. Tags, pneus, fumier... les mécontents ont même agressé l’épouse du membre de l’association, qui a porté plainte. La pression ne semble pas prête de retomber autour des mégabassines, quelles que soient les décisions de la justice sur leur légalité.

Guy Pichard

Photo : Une outarde canepetière/CC BY-SA 3.0 Pierre Dalous via Wikimedia Commons.

 

Chansons françaises

Par Le 03/04/2023

J'écoute des tas de musiques différentes mais très, très rarement des chansons à textes. Mais j'aime celles-là. 

 

ROBERT CHARLEBOIS : Ordinaire

 

Paroles de la chanson Ordinaire par Robert Charlebois

 

Je suis un gars ben ordinaire
Des fois j'ai pu l'goût de rien faire
J'fumerais du pot, j'boirais de la bière
J'ferais de la musique avec le gros Pierre
Mais faut que j'pense à ma carrière
Je suis un chanteur populaire

Vous voulez que je sois un Dieu
Si vous saviez comme j'me sens vieux
J'peux pu dormir, j'suis trop nerveux
Quand je chante, ça va un peu mieux
Mais ce métier-là, c'est dangereux
Plus on en donne plus l'monde en veut

Quand j'serai fini pis dans la rue
Mon gros public je l'aurai pu

C'est là que je m'r'trouverai tout nu
Le jour où moi, j'en pourrai pu
Y en aura d'autres, plus jeunes, plus fous
Pour faire danser les boogaloos

J'aime mon prochain, j'aime mon public
Tout ce que je veux c'est que ça clique
J'me fous pas mal des critiques
Ce sont des ratés sympathiques
J'suis pas un clown psychédélique
Ma vie à moi c'est la musique

Si je chante c'est pour qu'on m'entende
Quand je crie c'est pour me défendre
J'aimerais bien me faire comprendre
J'voudrais faire le tour de la terre
Avant de mourir et qu'on m'enterre
Voir de quoi l'reste du monde a l'air


Autour de moi il y a la guerre
Le peur, la faim et la misère
J'voudrais qu'on soit tous des frères
C'est pour ça qu'on est sur la terre
J'suis pas un chanteur populaire
Je suis rien qu'un gars ben ordinaire

 

MICHEL JONASZ : Unis vers l'uni

Paroles

On s'balade dans l'atmosphère sur une sphère
une bille une boule un ballon qui tourne en rond
passant des nuits si sombres à la lumière
nous voilà ensemble
unis vers l'uni
unis vers l'uni
unis vers l'uni
unis vers l'uni, unis vers l'uni

Sur ce minuscule grain d'poussière
sur cet atome cet électron
sur cette particule élémentaire
nous voilà ensemble
unis vers l'uni
unis vers l'uni
unis vers l'uni
unis vers l'uni, unis vers l'uni

temporairement locataires sur la terre
émergeant des fonds les plus profonds
attention à ne pas manquer la nécessaire

vérité de la transformation
vérité de la transformation
vérité de la transformation
vérité de la transformation

On s'balade dans l'atmosphère sur une sphère
une belle voyageuse un vagabond
cellule lancée à travers les airs
nous voilà ensemble
unis vers l'uni
unis vers l'uni
unis vers l'uni
unis vers l'uni
unis vers l'uni, unis vers l'uni
unis vers l'uni

 

 

FAUVE : Blizzard

 

 

PAROLES DE LA CHANSON BLIZZARD PAR FAUVE

Paroles de FAUVE
Musique de FAUVE
© SONY ATV MUSIC PUBLISHING ALLEGRO FRANCE - 2013

Chanson manquante pour "Fauve" ? Proposer les paroles
Proposer une correction des paroles de "Blizzard"

 

Je te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint
Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore
Tu es infiniment nombreux
Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche. Et tous les autres ensembles
Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile
N’attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie
Parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être

Oh oh oh qu’est-ce que tu fais ? Arrête !

Qu’est-ce qu’il te prend de faire des trucs pareil ?
Pourquoi tu te fais du mal comme ça ?
Qu’est ce qui ne va pas ? Parle-moi, tu sais que tu peux tout me dire
Mais nan mais c’est des conneries tout ça tu le sais
Regarde-moi dans les yeux. Regarde-moi. On s’en branle, c’est pas important
Moi je te trouve magnifique. Depuis la première fois que je t’ai vu
D’ailleurs, je ne m’en suis toujours pas remis
Et puis comment je ferais sans toi moi ?
Et puis comment l’univers il ferait sans toi ?
Ca ne pourra jamais fonctionner. C’est impossible
Alors faut pas pleurer ! Faut pas pleurer. Parce que ça va aller je te le promets, ça va aller

Parce qu’on est de ceux qui guérissent, de ceux qui résistent, de ceux qui croient aux miracles
Pas de ceux qui disent que lorsque les tables bougent, c’est que quelqu’un les pousse du pied
Mais un jour tout ça on n’y pensera même plus
On aura tout oublié, comme si ça n’avait pas existé

En attendant passe tes bras autour de mon cou si tu veux
Pendant que je te répète ces phrases qui nous donnaient de l’élan
Tu te souviens ?.. Tu te souviens ?

Tu nous entends le Blizzard ? Tu nous entends ?
Si tu nous entends, va te faire enculer
Tu pensais que tu allais nous avoir hein ?

Tu croyais qu’on avait rien vu ?
Surprise connard !
Tu nous entends la Honte ? Tu nous entends ?
Si tu nous entends fais gaffe quand tu rentres chez toi toute seule le soir
On pourrait avoir envie de te refaire la mâchoire avec des objets en métal
Ou de te laver la tête avec du plomb, qu’est-ce que t’en dis ?
Tu nous entends la Tristesse ? Tu nous entends ?
Si tu nous entends, c’est que toi aussi, tu vas bientôt faire ton sac
Prendre la première à gauche, deuxième à droite, puis encore à gauche et aller niquer ta race
Félicitations ! Bravo !
Tu nous entends la Mort ? Tu nous entends ?
Si tu nous entends sache que tu nous fais pas peur, tu peux tirer tout ce que tu veux

On avance quand même, tu pourras pas nous arrêter
Et on laissera personne derrière, on laissera personne se faire aligner
Tout ça c’est fini !

Tu nous entends la Dignité ? Tu nous entends ?
Si tu nous entends sache qu’on a un genou à Terre et qu’on est désolés
On est désolés de tout ce qu’on a pu te faire, mais on va changer !
On va devenir des gens biens, tu verras !
Et un jour tu seras fière de nous
Tu nous entends l’Amour ? Tu nous entends ?
Si tu nous entends, il faut que tu reviennes parce qu’on est prêts maintenant, ça y est
On a déconné c’est vrai mais depuis on a compris

Et là on a les paumes ouvertes avec notre cœur dedans
Il faut que tu le prennes et que tu l’emmènes
Tu nous entends l’Univers ? Tu nous entends ?
Si tu nous entends, attends-nous ! On arrive
On voudrait : tout comprendre, tout savoir, tout voir, tout vivre
On cherche la porte du nouveau monde pour pouvoir s’y fondre en grand
Tu nous entends toi qui attends ? Tu nous entends ?
Si tu nous entends souviens toi que t’es pas tout seul. Jamais
On est tellement nombreux à être un peu bancals un peu bizarres
Et dans nos têtes il y a un blizzard
Comme les mystiques losers au grand cœur
Il faut qu’on sonne l’alarme, qu’on se retrouve, qu’on se rejoigne

Qu’on s’embrasse, qu’on soit des milliards de mains sur des milliards d’épaules
Qu’on se répète encore une fois que l’ennui est un crime
Que la vie est un casse du siècle, un putain de piment rouge
Nique sa mère le Blizzard
Nique sa mère le Blizzard
Tout ça c’est fini.

 

 

FRANCOIS BERANGER : Paris lumière

 

François Béranger
PARIS-LUMIÈRE

Autrefois y avait des gens
Qui ont dit faisons des villes
Pour enterrer nos frayeurs
Ce sera plus simple à plusieurs
Ce sera plus simple à beaucoup
Derrière nos murs de pierre
L'œil collé aux meurtrières
De chasser les hordes de loups
De chasser tout ce qu'est pas nous
Étrangers pestiférés
Truands saltimbanques filous
Juifs errants et faux prophètes
Jour et nuit de la lumière
Temples d'or chatoyants
Rumeurs douces de la vie
Tous les samedis la fête
L'âge d'or des villes vint
Villes phares éblouissants
Vers qui vont tous les désirs
Et les rêves de continents
Et puis les villes ont grandi
Sont devenues boulimiques
Monstrueuses et hystériques
Bouffant tout ne rendant rien
Gigantesques tentaculaires
Boursouflées et hydropiques
Pestilentielles et criardes
Villes mutilées dans leur corps
Qui exhalent des senteurs
De mille tortures chimiques
Cadavre très avancé
Nous nous sommes les produits
D'une de ces saloperies
Ça s'appelle Paris Lumière
Ça agonise comme Venise
"Sous les ponts de Paris
Coule la Seine"... et la merde
Nous nous sommes les produits
D'une de ces saloperies
Où l'un est l'ennemi de l'autre
Retranché aveugle et muet
Chacun fait sa propre geôle
Dans un désert surpeuplé
Des millions de morts s'agitent
Dans un flot d'indifférence
Tu me croises je te croise
Et vite nos regards s'évitent
On se frôle par accident
C'est la décharge électrique
Les nourritures éclectiques
Ensachées dans du plastique
Vont faire de nous des mutants
Grosses têtes et corps éthiques
Et bientôt le Centième Plan
Bétonnera notre cerveau
Plus jamais d'insurrection
Grâce au conditionnement
Alors nous naïvement
Pour nous sauver du néant
Par nos guitares fluettes
Nos ridicules voix aphones
On balance nos curieux chants
Chants dérisoires inutiles
Essayant juste un moment
D'être avec vous vous avec nous
Puis après comme si souvent
Dans la salle morte et déserte
La solitude va rentrer
Nous aider à tout ranger
Dans la nuit les bagnoles vont
Vers l'hôtel aseptisé
Dont les murs pissent une musique
De pauvres musiciens châtrés
Et dans le lit seul et froid
Mains en coquille sur le sexe
Comme un fœtus dans un ventre
Rêves enluminés d'enfant.

This song is from the album "Best Selection" and "L'Alternative".

 

LEO FERRE : Préface

Paroles de la chanson Préface par Léo Ferre

 

La poésie contemporaine ne chante plus, elle rampe
Elle a cependant le privilège de la distinction
Elle ne fréquente pas les mots mal famés, elle les ignore
On ne prend les mots qu´avec des gants
À menstruel, on préfère périodique
Et l´on va répétant qu´il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires et du codex

Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n´employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu´ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baise-main

Ce n´est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baise-main qui fait la tendresse
Ce n´est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s´ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes

Le poète d´aujourd´hui doit être d´une caste, d´un parti ou du Tout-Paris
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé

La poésie est une clameur
Elle doit être entendue comme la musique
Toute poésie destinée à n´être que lue et enfermée dans sa typographie n´est pas finie
Elle ne prend son sexe qu´avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l´archet qui le touche


L´embrigadement est un signe des temps, de notre temps
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes
Les sociétés littéraires, c´est encore la société
La pensée mise en commun est une pensée commune

Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes
Renoir avait les doigts crochus de rhumatisme
Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d´un coup toute sa musique
Beethoven était sourd
Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok
Rutebeuf avait faim
Villon volait pour manger

Tout le monde s´en fout!
L´art n´est pas un bureau d´anthropométrie
La lumière ne se fait que sur les tombes

Nous vivons une époque épique
Et nous n´avons plus rien d´épique
La musique se vend comme le savon à barbe
Pour que le désespoir même se vende, il ne reste qu´à en trouver la formule
Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle
Qui donc inventera le désespoir?

Avec nos avions qui dament le pion au soleil
Avec nos magnétophones qui se souviennent de ces voix qui se sont tues
Avec nos âmes en rades au milieu des rues
Nous sommes au bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande, à regarder passer les révolutions


N´oubliez jamais que ce qu´il y a d´encombrant dans la morale, c´est que c´est toujours la morale des autres

Les plus beaux chants sont des chants de revendication

Le vers doit faire l´amour dans la tête des populations
À l´école de la poésie, on n´apprend pas!
On se bat!

 

GERARD MANSET : Comme un guerrier

 

Paroles de la chanson Comme Un Guerrier par Manset

 

Comme un guerrier
Qui perd son bras
Son œil au combat
A chercher le choc
Fendre le roc
Comme un guerrier qui tombe
Un pied dans la tombe

On se fait mal
Et sifflent les balles
Le vent, la mitraille
Le pont, les rails
Dessous la rivière
Rapide et fière
Rapide et fière

 

Une barque t’attend
Et l’indienne est dedans
Avec ses cheveux noirs
Ses dents d’ivoire


On a rien à se dire
Ensemble, on va fuir
Ensemble, on va fuir

Comme un guerrier,
Le crâne bandé
Qu’a plus qu’une heure à vivre
Sur la toile du sac
Au fond du hamac
Quand la fièvre monte
C’est comme un guerrier qui raconte sa vie

 

Nous prendrons nos fusils
Marcherons sur l’Asie
Afin de voir s’ils sont heureux
Afin de voir s’ils sont heureux

Comme un guerrier
Condamné, condamné
Le crâne rasé
Sous la pluie, l’averse
Y a le pont qui traverse
Dessous la rivière
Rapide et fière

La barque t’attend
Et l’indienne est dedans
Avec les fusils
De la poudre et du plomb
Et y a le garçon blond

Qu’on traîne avec soi
Malgré ses cheveux de soie

Nous prendrons nos fusils
Nous savons nous battre aussi
Afin de voir s’ils sont heureux
Afin de voir s’ils sont heureux

Comme un guerrier
Qui perd son bras
Son œil au combat
Mais quand tu t’éveilles
Que tu vois la bouteille
La lampe brisée
Sous la moustiquaire

Alors, t’as perdu la guerre
Et l’indienne est partie

Elle a jamais vu la mer
Tu lui avais promis
Elle en a marre de la misère
Elle voulait voir les lumières
Elle voulait voir les lumières de la ville

Comme un guerrier
Condamné, condamné
Avec son œil de verre
Mangé par les vers
Percé de flèches empoisonnées
Condamné, condamné
Avec les ailes brisées

Tu resteras seul
Avec des mouches plein la gueule
Les semelles collées
Tu sentiras dans ton dos

Glisser les anneaux
Du serpent froid
Ce sera la dernière fois

Sur la grande rivière
Le paradis sur la Terre
T’as l’indienne qui court
Qui hurle à l’amour
Aux pierres et aux ronces
Y’a pas de réponse
Y’a pas de réponse

Alors, tu te sens si vieux
La main devant les yeux
Le mal te guette
Sous le million d’étoiles
Tu pleures
Tu pleures sur le sac de toile

 

KENY ARKANA : Cinquième soleil

 

Paroles

Mon espèce s'égare, l'esprit qui surchauffe
Les gens se détestent, la guerre des égos
XXIe siècle, cynisme et mépris, non respect de la Terre, folie plein les tripes
Frontières, barricades, émeutes et matraques
Cris et bains d'sang, bombes qui éclatent
Politique de la peur, science immorale
Insurrection d'un peuple, marché des armes
Nouvel Ordre Mondial, fusion de terreur
L'homme, l'animal le plus prédateur
Le système pue la mort, assassin de la vie
A tué la mémoire pour mieux tuer l'av'nir
Des disquettes plein la tête, les sens nous trompent
Troisième œil ouvert car le cerveau nous ment
L'être humain s'est perdu, a oublié sa force
A oublié la lune, le soleil et l'atome
Inversion des pôles vers la haine se dirige
A perdu la raison pour une excuse qui divise
L'égoïsme en devise, époque misérable
Haine collective contre rage viscérale
Une lueur dans le cœur, une larme dans l'œil
Une prière dans la tête, une vieille douleur
Une vive rancœur, là ou meurt le pardon
Où même la voix prend peur, allez viens nous partons
Des lois faites pour le peuple et les rois tyrannisent
Confréries et business en haut d'la pyramide
Ça sponsorise le sang, entre chars et uzis
Innocents dans un ciel aux couleurs des usines
Un silence de deuil, une balle perdue
Toute une famille en pleurs, un enfant abattu
Des milices de l'état, des paramilitaires
Des folies cérébrales, des peuples entiers à terre
Bidonvilles de misère à l'entrée des palaces
Liberté volée, synonyme de pap'rasse
Humanité troquée contre une vie illusoire
Entre stress du matin et angoisses du soir
Des névroses plein la tête les nerfs rompus
Caractérisent l'homme moderne, bien souvent corrompu
Et quand la ville s'endort, arrive tant de fois
Une mort silencieuse, un SDF dans le froid
Prison de ciment, derrière les œillères
Le combat est si long, pour un peu de lumière
Les familles se déchirent et les pères se font rares
Les enfants ne rient plus, se battissent des remparts
Les mères prennent sur elles, un jeune sur trois en taule
Toute cette merde est réelle, donc on s'battra encore
C'est la "malatripa" qui nous bouffe les tripes
Une bouteille de vodka, quelques grammes de weed
Certains ne reviennent pas, le serage est violent
Subutex injecté dans une flaque de sang
Des enfants qui se battent, un coup d'couteau en trop
C'est plus à la baraque que les mômes rentrent tôt
Ils apprennent la ruse dans un verre de colère
Formatage de la rue, formatage scolaire
C'est chacun sa disquette, quand les mondes se rencontrent
C'est le choc des cultures, voir la haine de la honte
Les barrières sont là, dans nos têtes bien au chaud
Les plus durs craquent vite, c'est la loi du roseau
Non, rien n'est rose ici, la grisaille demeure
Dans les cœurs meurtris qui à petit feu meurent
Ne pleure pas ma sœur car tu portes le monde
Noble est ton cœur, crois en toi et remonte
N'écoute pas les bâtards qui voudraient te voir triste
Même Terre-mère est malade, mais Terre-mère résiste
L'homme s'est construit son monde, apprenti créateur
Qui a tout déréglé, sanguinaire prédateur
Babylone est bien grande mais n'est rien dans le fond
Qu'une vulgaire mascarade au parfum d'illusion
Maîtresse de nos esprits, crédules et naïfs
Conditionnement massif, là où les nerfs sont à vifs
Dans la marche et la rage, bastion des galériens
Ensemble nous sommes le monde et le système n'est rien
Prend conscience mon frère, reste près de ton cœur
Méfie-toi du système, assassin et menteur
Éloigne-toi de la haine qui nous saute tous aux bras
Humanité humaine, seul l'Amour nous sauv'ra
Écoute le silence quand ton âme est en paix
La lumière s'y trouve, la lumière est rentrée
Vérité en nous-même, fruit de la création
N'oublie pas ton histoire, n'oublie pas ta mission
Dernière génération à pouvoir tout changer
La vie est avec nous n'aies pas peur du danger
Alors levons nos voix, pour ne plus oublier
Bout de poussière d'étoile, qu'attends-tu pour briller?
Tous frères et sœurs, reformons la chaîne
Car nous ne sommes qu'un divisé dans la chaire
Retrouvons la joie, l'entraide qu'on s'élève
Une lueur suffit à faire fond' les ténèbres
S'essouffle ce temps, une odeur de souffre
La fin se ressent, la bête envoute la foule
Les symboles s'inversent, se confondent les obsèques
L'étoile qui fait tourner la roue se rapproche de not' ciel
Terre à l'agonie, mal-être à l'honneur
Folie, calomnie peu d'cœur à la bonne heure
Ignorance du bonheur, de la magie de la vie
Choqué par l'horreur, formé à la survie
L'époque, le pire, une part des conséquences
Le bien, le mal, aujourd'hui choisis ton camp
L'être humain s'est perdu trop centré sur l'avoir
Les étoiles se concertent pour nous ram'ner sur la voie
Quadrillage ficelé, mais passe la lumière
Aies confiance en la vie, en la force de tes rêves
Tous un ange à l'épaule, présent si tu le cherches
Quand le cœur ne fait qu'un, avec l'esprit et le geste
Le grand jour se prépare, ne vois-tu pas les signes?
La mort n'existe pas, c'est juste la fin des cycles
Cette fin se dessine, l'humain se décime
Espoir indigo, les pléiades nous désignent
Lève ta tête et comprends, ressens la force en ton être
Dépasse Babylone, élucide le mystère
Rien ne se tire au sort, que le ciel te bénisse
Enfant du quinto sol, comprend entre les lignes
Comprends entre les lignes
Enfant du quinto sol
Le soleil est en toi
Fait briller ta lumière intérieure
Pour éclairer le chaos de leur monde
On est pas là par hasard
Les pléiades nous désignent
Lève ta tête, comprends entre les lignes (la vie est grande)
Écoute ton cœur
(Désobéissance) Car la vérité est en nous
Car la solution est en nous
Parce que la vie est en nous

Parce que la vie est en nous

Parce que la vie est en nous

 

 

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