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En cas de problème

Par Le 26/09/2022

Un article très complet sur la façon de s'en sortir en cas de gros problème.

Pour notre part, en montagne, on a ce qu'il faut et cette batterie supplémentaire offre une charge complète sur un smartphone:

 

"Vous aurez compris que tout ceci aurait été évité en
A- prévoyant une batterie externe, même un truc pourri à 5€ qui ne donne qu’une charge."

 

 

Astuce survie avec le répondeur : fausse bonne idée, on vous dit pourquoi

https://www.skol-louarn.com/2021/10/31/astuce-survie-avec-le-repondeur-fausse-bonne-idee-on-vous-dit-pourquoi/?

 

Premier article hivernal de cette année 2021, voilà plusieurs jours maintenant que je vois (Renan) un article tourner sur facebook qui donne des conseils si vous êtes perdus en forêt ou dans la nature, à propos du répondeur. C’est l’une des beautés de la technologie, on peut diffuser rapidement l’information et toucher un grand nombre de gens. Mais cela créer aussi la responsabilité de vérifier la validité des sources ou des données avant de relayer quelque chose, au risque de se faire insulter de grosse banane si l’information se révèle fausse à la fin.

 

Pourquoi je prends le temps de faire cet article au sujet de cette publication, me direz-vous ? Parce que j’ai vu beaucoup de plussoiment à ce conseil et je le trouve dangereux. Pour rappel, nous vivons dans une société où un gars perdu en pleine nature ne répond pas à son portable qui sonne car les secours ont eu le malheur d’appeler en numéro inconnu (je ne pense pas qu’ils aient le choix de cette option, passons). https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/il-se-perd-en-montagne-toute-une-nuit-mais-ne-repond-pas-aux-secours-car-le-numero-est-inconnu-7486492

Voici également d’autres sites qui déconseillent cette manip :

https://www.fox4news.com/news/dont-change-outgoing-voicemail-if-lost-stranded-rescue-team-responds-to-viral-post?utm_campaign=trueanthem&utm_medium=trueanthem&utm_source=facebook&fbclid=IwAR1r3G0X1TVg_aMLdkf9Z-T89Benx8HIGwh55P34MOOKiKw3DG2Pa76i96I

https://www.backpacker.com/survival/running-out-of-phone-battery-dont-change-your-voicemail/

Tout d’abord, « si vous n’avez pas de signal », alors moi pour appeler le 888 et changer mon répondeur, j’ai besoin d’appeler, donc pas de signal = pas d’appel, c’est réglé. Par contre, le 112 est un numéro spécial (de secours) qui peut fonctionner sans réseau et sans forfait (pour « les d’jeuns »).

Ensuite, pour passer un appel « en randonnée », je le constate à chacun de mes stages Bushcraft / Survie, vous êtes généralement en pleine nature, donc éloignés des antennes réseau. Cela veut dire que pour trouver un signal correct votre téléphone va pédaler dans la semoule pour « aller le chercher » où il est, loin. Solliciter ainsi l’antenne de votre portable va consommer énormément de batterie. C’est la raison pour laquelle en forêt, en montagne, en mer, il faut se mettre en mode avion. C’est vous qui aurez besoin d’aide pas l’extérieur, donc en cas de pépin vous pourrez enlever le mode avion et prévenir qui de droit, avec une batterie préservée. A titre d’exemple, un appel en pleine forêt c’est 1% la minute, sans la 4G (sinon on passe à 30 secondes).

Changer un répondeur prend quand même au bas mot une minute, il faut passer par l’accueil « vous n’avez pas de nouveau message… » si comme moi vous n’êtes pas toujours au taquet pour les écouter il va falloir dire « non » pour écouter les nouveaux messages, rien que là vous êtes à 30 secondes de perdues, bref, fausse bonne idée.

Continuons, un répondeur ne fonctionne que si on vous appelle. Quand je pars en forêt, je dis bien souvent « ne m’appelez pas je pars en forêt ». Si personne ne vous appelle, l’astuce tombe à l’eau. Ensuite, si vous n’avez plus de batterie et que votre situation évolue, tout ce que les secours auront est ce message à une heure H, rapidement dépassé par le temps qui passe (vous dites je vais au nord, mais vous tombez sur une falaise, obligé de partir à l’ouest, les secours vous chercheront au nord, vous êtes fichus ^.^)

Ensuite, un sms à rédiger prend quelques secondes. « Ici Gérard je suis perdu forêt de la Biquette, parti plein nord sur 3 ou 4h, puis je me suis perdu. Je ne bouge pas, envoie les secours. Pu de batterie » et paf on envoie à 10 personnes. Il ne faut pas dépasser la longueur d’un SMS car si vous passez en MMS, la 4G va s’activer automatiquement et c’est fichu, les 2% deviennent « portable éteint » avant le moindre envoie. L’autre avantage d’un SMS est qu’il va continuer de s’envoyer jusqu’à ce que vous ayez du réseau, alors qu’un appel c’est fixe, à un temps donné, à un lieu donné, ça marche ou pas. Le SMS en bougeant un peu finira bien par s’envoyer (il paraît que certains numéros de secours sont équipés pour recevoir les SMS, sympa !)

Bon à savoir, les appels au 112 sont enregistrés et localisés automatiquement. Même si vous sentez que cet appel va couper votre portable, tentez le coup et parlez directement « Je suis Gérard Gérartruc, perdu en forêt de la biquette, parti plein nord, 3 ou 4h, perdu, je ne bouge pas, venez me chercher svp ». Tut tut tut… pas grave si ça coupe, le secouriste pourra réécouter l’appel et lancer une équipe avec les coordonnées approximatives de l’appel. Si sur place vous faîtes un feu ou du bruit ou de la lumière sur l’hélicoptère (en clairière donc) vous serez retrouvés en 2 ou 3 heures maximum.

Enfin soyez honnêtes, qui de nos jours (surtout chez les milléniaux) écoute le répondeur pour laisser un message ? On envoie tous un SMS ou un email à la place et basta le message est passé. Si je réfléchis bien, hormis les contacts inconnus, je ne laisse jamais de message, quand le bip du répondeur s’active je raccroche. Ne dépendez pas d’autrui pour être sauvé, agissez par vous-même, comment ? Lire la suite !

Cela est bien sûr une liste de choses à « ne pas faire » ou à « éviter ». Voici une liste de choses « à faire » pour ne jamais se retrouver bête :

Toujours donner un plan ou une roadmap de votre voyage, même à la journée ou sur deux jours, à plus forte raison si c’est un lieu un peu risqué (falaises, montagnes, grande forêt… donc pas en France ^.^). Sur ce plan on donne les infos ETD-ETA (heure de départ, heure de retour). Si vous mettez 8h > 18h, personne ne va s’inquiéter à 19h, par contre à minuit, on vous enverra un petit sms « tu es bien rentré Gégé ?! » et c’est vers 2-3h que, sans nouvelles, un ami appellera les secours qui enverront les gendarmes à votre domicile voir si vous êtes revenus ou pas. Ce n’est qu’au petit matin qu’on lancera un groupement quelconque (PGHM, CRS…) donc vous serez bons pour une nuit dehors, mais pas plus en France.

Ce plan, tâchez de le suivre, si vous donnez un itinéraire et que vous ne le suivez pas, il faut prévenir quelqu’un par SMS « je vais plutôt à la cascade me baigner puis je reprendrais vers le massif de HumHum », sans cela on vous cherchera au mauvais endroit, fausse bonne idée encore.

Pourquoi attendre d’être à 3% pour prévenir les secours ? Vous savez qu’ils ne lancent pas une patrouille instantanément à chaque appel, heureusement. Rien ne vous empêche d’appeler à 20% de batterie pour suggérer l’idée que vous seriez peut-être perdu mais que pour le moment vous allez tenter de vous retrouver, préciser quel chemin vous avez pris etc… Ensuite la personne pour ne pas se saturer va donner votre numéro au centre de secours le plus proche de vous et ils vous appelleront une ou deux fois dans la journée pour savoir si vous êtes toujours perdus ou pas. Cela prendra sûrement 2-3% mais au moins ils auront pris le temps de réfléchir à votre présence.

La plupart du temps les secours savent déjà où les gens se perdent régulièrement ou bien ils connaissent par coeur leur zone d’intervention et si vous dites bêtement « ouais y’a plein d’arbres… y’a un chemin… ah tiens j’ai passé une grotte y’a une heure » et en fait ils ont déjà fait des exercices dans cette grotte et ils sauront vous retrouver à 300m près… coup de bol. Mais… cela n’empêche pas comme le conseille Protegor https://www.protegor.net/blog/2019/09/simongautier-et-la-localisation-par-votre-telephone/?fbclid=IwAR2ASSdhwiE2UtJfki1wRo-2pxMDY19s_mP-lOkgsiqh5S6xcRobljXcGiM d’apprendre à se localiser (longitude, latitude) pour pouvoir donner précisément sa position aux secours. Et oui, cela prendra 5-10% de batterie, raison pour laquelle on n’attend pas d’être à 2% pour s’y intéresser.

Le plus simple est de noter sa position grâce à une appli GPS (Waze, Maps) et d’envoyer en copier-coller la position à des amis en leur disant de prévenir les secours pour vous. Si ils savent le ou, quand, quoi, pourquoi, qui… ils l’expliqueront pour vous et vous garderez votre batterie pour être retrouvé au dernier moment.

Les secours sont un peu comme dans les séries TV, ils ont accès à vos derniers relevés de position connue, comme pour les crimes ! On pourra savoir à peu près le lieu où vous étiez la dernière fois que votre téléphone a borné (a contacté une borne téléphonique pour maintenir votre connexion au réseau). Donc même si vous ne pouvez plus appeler, ils vous trouveront. PAR CONTRE, si vous bougez soyez sûrs de votre coup car ils n’auront alors plus cet indice pour vous retrouver. De plus, c’est à 300 ou 500m près ce bornage, donc soyez visible (couleur, lumière, feu).

Raison de plus pour laisser votre téléphone se reposer, prenez « une carte à l’anciennnnnne wesh » avec « une boussole de grand-père aïïïïïïïïïïïe » mais au moins ils ne tomberont pas en panne (comme un livre notamment). Si vous apprenez à trianguler votre position par exemple, vous pourrez précisément dire aux secours où vous êtes, chez les scouts on l’apprend dès 12 ans pour information https://www.youtube.com/watch?v=6reapWrE-xU&list=PLxZcxte0GnvwTw2e-11pnuMP3XZPhWCE1&index=10 (oui on peut se moquer de moi, j’étais déguisé en gaulois pour la finalité d’une formation scoute ha ha).

Vous aurez compris que tout ceci aurait été évité en
A- prévoyant une batterie externe, même un truc pourri à 5€ qui ne donne qu’une charge.
B- en préparant mieux votre sortie pour connaître les zones dangereuses, avoir une carte, savoir par où passer, le dénivelé, le temps prévu, le matériel embarqué (au cas où : prendre plus à boire / à manger si on passe la nuit là-bas, le petit briquet pour un feu en hiver… les 3C ou les 5C).
C- en partant avec des amis si on n’a pas le niveau pour partir tout seul.
D- en ne quittant pas le sentier prévu ou le sentier qu’on connaît bien pour s’aventurer sur un truc foireux sans panneau, sans sentier.
E- S’il vous plait, prenez l’habitude en autonomie ou semi-autonomie, de maximiser la batterie de votre téléphone. On coupe les applis inutiles, on les ferme du second plan (pas d’applis en veille ça consomme quand même). On arrête d’avoir la 4G allumée non-stop, le WIFI allumé parce que « you know » dès fois qu’on croise un refuge équipé en wifi… la bluetooth allumé pour l’enceinte connectée dans le sac à dos afin de jouer le dernier HIT à la mode en pleine nature (les animaux en sont ravis…)… la NFC allumée pour qui, pour quoi, on ne sait pas… A la limite le seul truc utile serait le positionnement GPS (si vous avez une batterie externe fiable) si votre conjoint connaît votre compte lié (Maps = compte gmail) il/elle pourra donner aux secours la liste des derniers endroits fréquentés (on peut vous suivre à la trace avec votre historique gmail par exemple, bon à savoir on peut aussi désactiver cette option). Le mieux est le mode avion + 0 applis en veille (ce que je fais). Le mode avion permet quand même d’utiliser photos et vidéos, on n’est pas des sauvages non plus.
F- en participant à un stage avec un professionnel si on n’est pas rassuré ou si on veut rafraîchir son savoir (je plaisante mais à moitié seulement).

En espérant que ces informations vous auront été utiles dans vos prochains voyages / prochaines sorties.

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Renan

Fondateur et moniteur à la Skol Louarn

Les Jeux Olympiques

Par Le 23/09/2022

 

Chacun se fera son opinion. C'est juste pour l'état des lieux post JO. Et en prévision de ceux de Paris.

 

Les championnats du monde de cyclisme de 2027 viennent d'être attribués à la France, sur le site de Sallanches en Haute Savoie et dès la nouvelle de cette attribution, les contestations se sont élevées. Les lignes bougent...

 

 

Stades abandonnés, chantiers démesurés, pollution… Paris 2024 va-t-il avoir les mêmes conséquences écologiques que les précédents JO ?

 

À moins de deux ans des prochains Jeux olympiques de Paris 2024, franceinfo revient sur les précédentes olympiades d'été qui, malgré les ambitions affichées, sont montrées du doigt pour leurs conséquences écologiques.

Article rédigé par

Thomas Destelle - franceinfo

Radio France

Publié le 22/09/2022 07:24Mis à jour le 22/09/2022 10:03

 Temps de lecture : 10 min.

Les anneaux olympiques sur le parvis du Trocadéro, le 14 septembre 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Les anneaux olympiques sur le parvis du Trocadéro, le 14 septembre 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Avec ses gigantesques stades climatisés en pleine crise énergétique et climatique, la Coupe du monde au Qatar concentre les critiques sur les conséquences climatiques des événements sportifs. Des appels au boycott sont lancés pour dénoncer les conditions de travail déplorables sur les chantiers et la catastrophe écologique que la compétition représente.

Ces critiques concernent aussi les Jeux olympiques. Les images des sites de Pékin 2022 entourés de montagnes sans neige ont marqué les esprits. Les JO d'été sont aussi montrés du doigt. Paris accueillera dans moins de deux ans la plus grande compétition sportive internationale. Les organisateurs assurent que ces Jeux olympiques s'engagent pour le climat. 

VIDÉO >> Paris 2024 : Thomas Bach, patron du CIO, souhaite que les Jeux laissent "un héritage durable et sportif au-delà de 2024"

Un engagement olympique qui ne date pas d'hier. Les Jeux de Sydney en 2000 ambitionnent déjà réduire les conséquences écologiques de la compétition sportive. Le village olympique est annoncé comme éco-durable, un système de transport public est mis en place ainsi qu'un système de gestion de l'eau et une usine de recyclage. Mais des lacunes jugées évidentes sur le plan environnemental ont conduit Greenpeace, associée au projet, à prendre clairement position contre le comité organisateur. Une occasion manquée de mettre en place des Jeux olympiques "verts" ou un vrai héritage écologiste, comme le souligne le CIO ?

franceinfo revient sur sur les conséquences écologiques des cinq dernières olympiades d'été. Avec une question : Paris 2024 va-t-il réussir ou non à remporter une médaille verte ?

Athènes 2004 : la catastrophe des éléphants blancs

Pour 2004, les Jeux olympiques à Athènes sont vus comme un retour aux sources. La Grèce est le berceau des Jeux de l'Antiquité et l'hôte des premiers Jeux de l'ère moderne en 1896. Le respect de l’environnement est officiellement devenu en 2004 le 3e pilier de l’olympisme, avec les sports et la culture. Pour ces JO, les organisateurs mettent en avant les projets de rénovation urbaine dans la capitale, la mise en place de transports en commun ou les étapes franchies grâce aux jeux en faveur de l'environnement notamment sur la qualité de l'eau et la protection du bord de mer.

Mais ces Jeux olympiques sont aussi considérés comme ruineux pour la Grèce. Le budget d'environ deux milliards d'euros sera par la suite réévalué à 6,5 milliards. Ce chiffre ne prend pas en compte la rénovation ou l'extension d'infrastructures urbaines comme les routes, l'aéroport ou les transports en commun. Le pays connaîtra une banqueroute quelques années après l'organisation de la compétition. Cette olympiade est désignée comme ayant précipité la Grèce dans la crise financière avec pour symbole ces "éléphants blancs" dans la capitale grecque.

Les "éléphants blancs" sont des infrastructures surdimensionnées construites pour une grande compétition sportive ou culturelle. Elles sont laissées à l'abandon quelques mois après car elles sont peu adaptés à leur réemploi ou trop coûteuses à entretenir. Les exemples ne manquent pas, le quartier de l'Exposition universelle de Séville 1992 est souvent cité en exemple. Ils sont surtout devenus un symbole des Jeux olympiques de 2004. La capitale grecque se retrouve, quelques mois après la compétition, parsemée d'équipements sportifs abandonnés comme le stade de softball ou des piscines transformées en marécages.

Des éléphants blancs après Paris 2024 ? Il s'agit de l'un des points forts de ces JO parisiens : 95% des infrastructures prévues sont déjà existantes ou temporaires. Parmi les nouvelles installations, le futur Centre aquatique olympique à Saint-Denis pour accueillir les épreuves de plongeon et de natation. Au niveau des installations temporaires, les épreuves se dérouleront dans des sites iconiques de la capitale comme sous la Tour Eiffel ou sur la place de la Concorde.

Les installations existantes, notamment le Parc des princes, Roland-Garros ou l'AccorArena, accueilleront de nombreuses épreuves olympiques et paralympiques. Les épreuves athlétisme se dérouleront au Stade de France. Cette enceinte a longtemps été critiquée. Si elle accueille depuis son inauguration en janvier 1998 des grandes manifestations sportives et culturelles, l'absence de club de football ou de rugby à l'année depuis plus de 20 ans, interroge sur son avenir.

Le stade olympique de softball laissé à l'abandon à Athènes, le 11 juin 2012. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

Le stade olympique de softball laissé à l'abandon à Athènes, le 11 juin 2012. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

Pékin 2008 : des JO au budget colossal

La démesure des Jeux olympiques ne prendra pas fin avec ceux de Pékin en 2008. Le pays en pleine croissance veut utiliser cette compétition pour montrer sa capacité à accueillir un grand rendez-vous international et prouver sa place parmi les grandes puissances. Un budget impressionnant qui dépasse les 30 milliards d'euros est alloué pour ces JO, en grande partie pour construire ou rénover les infrastructures de la ville.

Pour le CIO, l'héritage olympique est toujours vivant dans ce qui est appelé le "nouveau Beijing" citant notamment les parcs créés en pleine ville et la mise en place de nouveaux transports en commun. Mais ce gigantisme a forcément des répercussions écologiques mais ils existent peu d'études sur les conséquences écologiques de la compétition. Les expropriations pour construire les équipements sportifs, le respect des droits de l'homme en Chine et la censure exercée par le pouvoir seront critiqués par des organisations non gouvernementales avec de nombreux appels au boycott.

Quel budget pour Paris 2024 ? Si le coût des prochains Jeux olympiques est loin des sommes impressionnantes de 2008, le risque de dérapages n'est pas à exclure. La somme de 6,2 milliards d'euros que les organisateurs prévoyaient initialement a dû être revue à la hausse en passant à 7,3 milliards. Un budget calculé selon une inflation modérée avant notamment la récente flambée des cours de matières premières et de l'énergie.

Mais il ne faut pas oublier que ces Jeux olympiques s'inscrivent dans le projet du Grand Paris. Il comprend entre autre une rénovation urbaine importante dans certains quartiers notamment Saint-Denis Pleyel situé à proximité des sites olympiques et la construction du Grand Paris express qui doit desservir certaines installations sportives. Le budget de ce supermétro parisien, avec ces 200 km de lignes et 68 gares, avaient été réévalué par la Cour des comptes à 34,6 milliards d'euros à la fin de l'année 2017.

Le Stade olympique national, plus connu sous le nom de "Nid d'oiseau", à Pékin, le 30 novembre 2008. (GOU YIGE / AFP)

Le Stade olympique national, plus connu sous le nom de "Nid d'oiseau", à Pékin, le 30 novembre 2008. (GOU YIGE / AFP)

Londres 2012 : une première évaluation de l'impact écologique

Avec un budget final de 9 millions de livres (plus de 10 milliards d'euros selon le taux de change de l'époque) au lieu des 2,4 milliards de livres de prévus, le retour de l'olympisme en Europe après la coûteuse olympiade de 2004 n'est pas synonyme de restrictions budgétaires. Cependant, point positif, ce budget élevé a permis de réhabiliter le quartier de l’East End de Londres. Le site olympique accueille après la compétition des nouveaux habitants, même si dans ce quartier populaire la rénovation urbaine a fait grimper les prix de l'immobilier. Les installations sportives ont aussi été conçues pour être très vite adaptables et utilisables à un coût raisonnable.

Les éléphants blancs ont été évités. Le parc olympique continue d'accueillir des événements sportifs et le stade olympique est occupé par le club londonien de West Ham. Les Jeux olympiques de Londres 2012 sont les premiers où l'on dispose d'une évaluation des conséquences écologiques de la compétition sportive. Le bilan carbone final est de 3,5 millions de tonnes équivalent CO2.

Quel bilan carbone est prévu pour Paris 2024 ? Les organisateurs estiment que ces JO auront un impact plus faible que les récentes olympiades. Un objectif de 1,5 million de tonnes de CO2 est prévu. Une économie réalisée grâce aux faibles nombre de nouvelles installations construites et des sites accessibles en transports en commun. Ces Jeux sont censés sur le papier moins polluer, mais pour de nombreuses associations ou collectifs d'habitants, ces JO ne sont pas pour autant des jeux "verts". Certains sites dans le département de la Seine-Saint-Denis on disparu ou vont disparaître, notamment les jardins ouvriers d'Aubervilliers ou encore l’Aire des Vents, à Dugny, où sera construit le village des médias.

Des personnes se promènent dans le parc olympique Elizabeth, anciennement le parc olympique de Londres 2012, le 30 mars 2013. (WILL OLIVER / AFP)

Des personnes se promènent dans le parc olympique Elizabeth, anciennement le parc olympique de Londres 2012, le 30 mars 2013. (WILL OLIVER / AFP)

Rio 2016 : le symbole de l'eau verte

Le site du Comité international olympique l'assure, la première olympiade organisée en Amérique du Sud sera la plus respectueuse de l'environnement. Un affichage écologique jusque dans la cérémonie d'ouverture avec des arbres formant des anneaux olympiques. La question environnementale s'est depuis imposée dans le débat public. La COP 21 qui s'est conclue sur l'accord de Paris a eu lieu en 2015. Mais peut-on parler de Jeux olympiques "verts" ? En matière de bilan carbone, il est au-dessus, mais proche, de celui des JO de Londres avec 3,6 millions de tonnes de CO2. Difficile de faire baisser les émissions carbone quand le budget final atteint les 13,7 milliards d'euros au lieu du budget initial de 10 milliards d’euros.

De nombreuses installations ont aussi été construites pour l'occasion. Le pays, à l'époque en pleine crise, n'échappe pas aux fameux éléphants blancs. Un an après les JO, le gouvernement doit présenter un plan pour occuper les installations laissées à l'abandon. Autre grief : la pollution de certains sites olympiques qui accueillaient des compétitions. L'eau du bassin de plongeon est devenue verte en 24 heures, et la (très) mauvaise qualité de l'eau de la baie de Guanabara, où se déroulaient les épreuves de voile, a également été pointée.

Se baignera-t-on dans la Seine pour Paris 2024 ? C'est un symbole pour ces Jeux. La Seine doit accueillir plusieurs épreuves olympiques comme la nage en eau libre et le triathlon. Pour améliorer la qualité du fleuve, encore interdit à la baignade car pollué par les eaux usées, la municipalité a inauguré récemment, le 5 juillet 2022, un tunnelier dans le quartier d'Austerlitz. Un bassin de 30 m de profondeur, doit être relié au réseau d'égoût pour éviter le rejet d'eaux polluées lors des fortes pluies. Selon la mairie de Paris, après les athlètes ce seront les Parisiens qui pourront plonger une tête dans le fleuve en 2025.

De l'eau verte dans la piscine avant une épreuve de plongeon des Jeux olympiques de Rio 2016 au stade aquatique Maria Lenk à Rio de Janeiro, le 9 août 2016. (MARTIN BUREAU / AFP)

De l'eau verte dans la piscine avant une épreuve de plongeon des Jeux olympiques de Rio 2016 au stade aquatique Maria Lenk à Rio de Janeiro, le 9 août 2016. (MARTIN BUREAU / AFP)

Tokyo 2021 : des promesses écologiques tenues ?

Malgré la dérive financière des Jeux olympiques de Tokyo, avec un budget final évalué entre 10 et 20 milliards d'euros (le stade national a coûté 1,1 milliard), les émissions carbones diminuent pour la première fois avec 2,7 millions de tonnes équivalent CO2. Le chiffre sera réévalué à la baisse atteignant les 2,4 millions de tonnes en raison du Covid-19. Ces Jeux se sont déroulés un an après la date prévue et sans spectateurs étrangers. Résultat, environ 340 000 tonnes de CO2 ont été économisées.

Les organisateurs ont voulu afficher une exemplarité sur l'environnement. La limitation des conséquences de l'évènement est passée par notamment des circuits courts pour l’alimentation des athlètes et des spectateurs, le recyclage et la récupération des déchets ou encore les énergies renouvelables. Durant la compétition, la flamme olympique est alimentée par de l'hydrogène vert. Par ailleurs, le Japon s'est engagé à "compenser" ses émissions de CO2, et même au-delà, avec l'achat de crédits carbone équivalent à 4,38 millions de tonnes de CO2.

La neutralité carbone est-elle réalisable pour Paris 2024 ? Le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 assure que ces JO atteindront cette "neutralité carbone". Il y a un an, le Cojo a lancé notamment deux appels à projet. Ils concernent entre autres la réalisation de groupes électrogènes propres pour faire face au pic énergétique. Les émissions carbone seront compensées à 100% assurent aussi les organisateurs. Un principe considéré comme illusoire selon des organisations environnementales qui accusent ce procédé de "compensation" comme permettant de se donner bonne conscience.

Lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Tokyo, au stade olympique, à Tokyo, le 23 juillet 2021. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Tokyo, au stade olympique, à Tokyo, le 23 juillet 2021. (LIONEL BONAVENTURE /

 

Mondiaux de cyclisme 2027 : les opposants promettent des "actions spectaculaires" en Haute-Savoie

Publié le 22/09/2022 à 17h12

Écrit par Marie-Charlotte Perrier.

Les banderoles sur les Mondiaux sont déjà visibles à Annecy.

Les banderoles sur les Mondiaux sont déjà visibles à Annecy. • © F3Alpes

Annecy

Haute-Savoie

Auvergne-Rhône-Alpes

Alors que l’Union cycliste internationale vient d'attribuer les championnats du monde 2027 à la Haute-Savoie, l'annonce suscite déjà une vive opposition chez les détracteurs du projet. Ces derniers promettent "des actions spectaculaires sur le terrain".

Qu’ils soient "grandioses" pour les uns ou "inutiles" pour les autres, les Mondiaux de cyclisme ne laissent personne indifférent en Haute-Savoie. Après un vote à l'unanimité du comité directeur de l'Union cycliste internationale (UCI), le département s’est vu attribuer l’organisation des championnats du 11 au 26 septembre 2027.

Si la délégation haut-savoyarde avait le sourire lors de l’annonce sur la scène du 191e congrès de l’UCI, d’autres ne cachent pas leur colère dans le département.

Depuis Wollongong en Australie, le Président de l’Union Cycliste Internationale, David Lappartient, a annoncé ce jeudi 22 septembre, l’attribution des Championnats du Monde de Cyclisme UCI 2027 à la Haute-Savoie.

Depuis Wollongong en Australie, le Président de l’Union Cycliste Internationale, David Lappartient, a annoncé ce jeudi 22 septembre, l’attribution des Championnats du Monde de Cyclisme UCI 2027 à la Haute-Savoie. • © Département de la Haute-Savoie

Plusieurs recours, dont un premier a été rejeté par le tribunal administratif de Grenoble, ont été déposés par un collectif d'associations et des élus écologistes qui fustigent "un projet du XXe siècle".

Ils dénoncent surtout la construction éventuelle d'un vélodrome à Reignier-Esery. Une dépense jugée injustifiée alors qu'il en existe déjà un à Grenoble, non homologué par l'UCI, avec une piste à la distance "complètement atypique" et vouée à la destruction, selon Michel Callot le président de la Fédération française de cyclisme.

La construction ex nihilo d’un vélodrome pour plusieurs dizaines de millions d’euros est une erreur.

Loïc Hervé, sénateur de Haute-Savoie

à France 3 Alpes

Malgré la validation de la candidature haut-savoyarde, les opposants ne comptent pas désarmer pour autant. Elisabeth Charmot, représentante de l'association ACPAT qui fait partie du collectif hostile au vélodrome, a annoncé des "actions spectaculaires sur le terrain", voire l'établissement d'une ZAD (zone à défendre).

"La compétence principale du département, c'est le social. La Haute-Savoie est un des départements les plus inégalitaires, et là c'est un énorme budget alloué à un événement finalement éphémère", a déploré pour sa part Pascal Sciabbarrasi, porte-parole de EELV 74. Avec le contexte qu'on a connu cet été de réchauffement climatique, on ne peut plus nier le problème de l'artificialisation des sols, d'autant plus que des vélodromes, il y en a à proximité".

Elu depuis 14 ans, le sénateur Loïc Hervé (Union centriste) assure n’avoir jamais entendu parler d’un besoin de vélodrome en Haute-Savoie. "Au moment où on va demander des efforts importants aux entreprises et aux ménages en matière de finances publiques, je me dis que tous les projets en matière d’investissements et de fonctionnements doivent être sobres et humbles. La construction ex nihilo d’un vélodrome pour plusieurs dizaines de millions d’euros est une erreur."

Du côté de la Fédération française de cyclisme, on préfère s'appuyer sur un autre argument écologique. "Un des héritages de cet événement sera de sortir avec une nation française davantage cycliste qu'elle ne l'est aujourd'hui", a souligné son président Michel Callot.

cyclisme sport vélo transports

"La rentrée scolaire s'est bien passée"

Par Le 14/09/2022

Si, si, c'est ce que le ministre a dit.

"Il y a bien quelques petits flottements mais c'est de la dentelle qui se règlera en académie".

De la dentelle...Le terme est délicieux...

Alors, état des lieux après quelques jours.

Quand l'éducation nationale se voit contrainte d'augmenter sans cesse le nombre de contractuels, le problème n'est pas que financier.

Le mal est bien plus profond. Je l'ai dit et je le redis et je recommencerai : ce métier est mort. Pas encore enterré parce que ça ne pue pas trop mais ça viendra. 

Rentrée scolaire 2022 : Y a-t-il vraiment un prof devant chaque classe en ce mois de septembre ?

 

EDUCATION Une semaine après la rentrée, les difficultés se font déjà ressentir sur le terrain

Delphine Bancaud

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Publié le 10/09/22 à 09h15

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La rentrée au lycée professionnel "Les Coteaux" à Cannes.

La rentrée au lycée professionnel "Les Coteaux" à Cannes. — SYSPEO/SIPA

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Rentrée scolaire 2022 : Y a-t-il vraiment un prof devant chaque classe en ce mois de septembre ?

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Le ministre de l’Education, Pap Ndiaye, l’avait répété fin août : « Il y aura un enseignant dans chaque classe ». Une promesse faite alors qu’une crise des recrutements fait rage dans l’Education nationale.

Même si aucun chiffre officiel n’a été dévoilé concernant le nombre de profs manquants, les syndicats enseignants et la FCPE constatent des trous dans les emplois du temps en cette rentrée.

Certaines académies ont fait appel en urgence aux profs remplaçants, mais les syndicats s’inquiètent du fait qu’il ne reste plus beaucoup de personnels pour assurer les remplacements dans les mois à venir.

La promesse a-t-elle été tenue ? « Il y aura un enseignant dans chaque classe à la rentrée », avait martelé le ministre de l’Education, Pap Ndiaye, fin août. Quelques jours après la rentrée, si les chiffres officiels concernant les profs manquants n’ont pas été dévoilés, le gouvernement affiche tout de même son optimisme. « Malgré un contexte de tension évidente sur les postes d’enseignants, la rentrée s’est passée dans de bonnes conditions. Dans certaines académies, la situation est même meilleure que les années passées », a ainsi déclaré mercredi Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres.

Mais sur le terrain, les équipes pédagogiques ne font pas le même constat. Même si des recrutements express de contractuels ont été faits cet été, le compte d’enseignants n’y est pas. Selon une enquête du Snes, au 3 septembre, il manquait au moins un professeur sur un poste fixe dans 62 % des établissements. Un problème qui a touché plus durement certaines académies, selon le syndicat du second degré. Sur celle de Créteil, 83 % des collèges et des lycées manquaient d’au moins un professeur, sur celle de Nantes 67 %, et sur celle de Normandie 51 %. L’académie de Guyane semble très touchée : dans 12 établissements sur 45, le Snes comptait déjà 80 postes non pourvus début septembre.

Le second degré touché en premier, le primaire pas épargné

Sur Twitter, des équipes enseignantes témoignent aussi des difficultés constatées dans leur établissement sous le hashtag #NotreVraieRentrée. Même son de cloche chez les parents d’élèves : « La promesse d’un enseignant devant chaque classe, ce n’est pas ce qui a été constaté sur le terrain. Et ce dès le 1er septembre », a déclaré vendredi Carla Dugault, coprésidente de la FCPE, lors de la conférence de presse de la première fédération de parents d’élèves. « Nous avons déjà des retours sur des enseignants qui manquent à l’appel. Surtout dans le second degré et particulièrement dans certaines matières comme les maths, la physique, les langues et même le français », complète Nageate Belahcen, coprésidente de la FCPE. « Certains contractuels n’ont reçu leur affectation qu’après la rentrée », explique aussi Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT. Les conséquences pour les élèves sont déjà perceptibles, via des trous dans les emplois du temps.

Le primaire n’est pas épargné non plus : « Si, le jour de la rentrée, un adulte était présent presque partout devant chaque classe, les difficultés commencent à se faire sentir dans certaines écoles », indique le SNUipp-FSU dans un communiqué. Certains départements, comme la Seine Saint-Denis ou le Val-d’Oise, seraient particulièrement touchés. Par ailleurs, certains professeurs des écoles n’exerçant pas à temps complet, il est parfois difficile de trouver un enseignant assurant le reste de leurs heures, comme le constate Catherine Nave-Bekhti : « Dans beaucoup d’écoles, des compléments de service sur des temps partiel ou des décharges* ne sont pas encore là ».

Les remplaçants appelés à la rescousse

Pour assurer les heures de classe des écoliers, certaines académies n’ont pas eu d’autre choix que de puiser dans le vivier des remplaçants, des profs titulaires dont la mission est de suppléer leurs collègues en cas d’arrêt maladie ou de congé maternité, par exemple. D’après les remontées du SNUipp-FSU, des profs remplaçants ont ainsi été envoyés dans plus de 1.000 classes pour assurer la rentrée. « En Meurthe et Moselle, 243 remplaçants sont déjà mobilisés dans des classes à l’année. Dans la Creuse, ce sont 50 % des remplaçants déjà occupés », relève le syndicat.

 

Le recours à ce vivier si tôt dans l’année inquiète les syndicats : « Lorsqu’on aura besoin de remplaçants au cours de l’année, il risque d’être déjà tari », s’alarme Catherine Nave-Bekhti. Le SNUipp-FSU est encore plus alarmiste : « Il y a fort à parier que dans quelques jours ou semaines, selon les départements, il ne sera plus possible de remplacer les enseignantes et enseignants en congé maladie ». Dans ce cas, les écoles n’auront plus d’autre solution que de dispatcher les élèves sans enseignant dans d’autres classes. Ce qui pénalisera leurs conditions d’apprentissage.

Pour le second degré, si plus aucun remplaçant ni contractuel n’est disponible dans une académie, il est à craindre que les élèves soient privés de certaines matières pour un temps. L’an dernier, la FCPE avait comptabilisé sur le site Ouyapacours les heures de classes « perdues ». « Il y en a eu 80.690 », indique Nageate Belahcen. En espérant que cette plateforme ne battra pas un nouveau record cette année…

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* Quand un prof accomplit d’autres missions que d’enseigner, le ministère de l’Éducation nationale doit le décharger d’une fraction de ses heures devant élèves. C’est par exemple le cas des directeurs d’école.


 

"Des contractuels sont mis devant des élèves dans l'urgence, alors qu'un TZR est disponible "

 

Publié le 14/09/2022 à 16h22

Écrit par Dolores Mazzola

Le malaise des enseignants TZR, dans le secondaire : ils ont le sentiment d'être ballottés, dévalorisés et ignorés.

Le malaise des enseignants TZR, dans le secondaire : ils ont le sentiment d'être ballottés, dévalorisés et ignorés. • © ALEXANDRE MARCHI, /NCY / MAXPPP

Ardèche

Drôme

Auvergne-Rhône-Alpes

Qui sont les TZR? A la fois enseignants titulaires et remplaçants. "Non, la rentrée ne s'est pas bien passée ! " Ces enseignants remplaçants sont souvent sans poste et ne veulent plus être des jokers alors que des contractuels sont recrutés au motif que des classes sont sans prof. Le paradoxe les ronge.

Ils sont une "ancienne" réserve de l'Education Nationale mais la vérité c'est qu'ils se sentent plus que jamais inutiles et privés de rentrée alors qu'il y a des besoins. "Je veux enseigner, j'aime mon métier, je n'ai pas envie de me sentir inutile !" C'est le cri du cœur de Jessy G., professeure de Français depuis près de 8 ans. 

Pour la jeune femme, enseignante TZR, Titulaire d'une Zone de Remplacement, la situation de cette rentrée est intolérable. Professeure de français installée à Tournon/Rhône, elle a décroché son Capes en 2018. Elle se retrouve aujourd'hui dans une situation ubuesque : c'est sa 3e rentrée en Ardèche et elle n'a pas d'élèves. Chaque jour, elle se rend pourtant dans son établissement de rattachement. Pas de rentrée pour Jessy alors qu'elle avait fait sa pré-rentrée normalement. Le poste qu'elle aurait dû occuper, selon elle, a été attribué à un enseignant remplaçant, un contractuel. Pour la professeure de lettres, c'est l'incompréhension. "On paie un enseignant contractuel et moi, on me paye à ne rien faire. J'ai fait ma pré-rentrée mais le poste était déjà pourvu par un énième contractuel alors que je suis disponible depuis juin," s'indique l'enseignante.

Les parents pensent qu'il n'y a pas de profs et qu'on est payé à ne rien faire. Mais vous n'imaginez pas le nombre de coups de fils et de mails passés pour réclamer un poste car j'aime enseigner.

Jessy G.

Professeure de Lettres, TZR

Que recouvre le statut de TZR ? Un professeur TZR est un enseignant titulaire de l'enseignement secondaire français, affecté sur une zone de remplacement (ZR) à l'intérieur d'une académie. Une situation que connaissent les jeunes lauréats de concours à l'issue de leur titularisation.

Contacté, le service ressources humaines de l'académie de Grenoble, explique que les TZR ne sont pas sans poste. Ce sont des titulaires présents sur des zones de remplacement avec une mission précise : " un TZR est affecté sur zone pour réaliser des remplacements, c'est sa mission première, pallier les absences sur les points critiques ". Cette situation professionnelle relève aussi d'" un choix professionnel ". " Un TZR peut toujours demander une mobilité sur un poste fixe ", explique-t-on. Mais la mobilité fait partie intégrante du statut, rappelle-t-on.  

Des contractuels chouchoutés ?

Ce que Jessy déplore : que le Rectorat fasse appel à des contractuels et non à des TZR. Son cas est loin d'être isolé. Les enseignants TZR sont l'un des rouages essentiels du secondaire, des professeurs remplaçants, titulaires du Capes, formés et souvent très expérimentés. Depuis quelques temps, l'Education Nationale ferait de plus en plus appel à des "contractuels" pour remplacer les professeurs absents ou combler des postes dans les collèges et les lycées. 

Marion, professeure dans l'académie de Grenoble, qui se présente comme "certainement la plus ancienne TZR d'Italien" a le même sentiment : "depuis 2 ou 3 ans, les TZR sont de moins en moins affectés sur des poste à l'année. On a des affectations partielles". Avec le sentiment pour ces titulaires remplaçants d'arriver "comme un cheveu sur la soupe devant les élèves, en septembre", prévenus à la dernière minute. 

Pourquoi embaucher des contractuels, quand on a des enseignants TZR à disposition ?

Jessy G.

Professeure de Lettres, TZR

En termes de ressources humaines, les TZR ont le sentiment d'être devenus la variable d'ajustement, contrairement aux contractuels. "On nous garde pour faire des remplacements au pied levé, alors que ce devrait être l'inverse", explique Marion, dépitée." J'aimerai savoir comment ça marche, mais nous n'avons pas de réponse".

"Pas de concurrence", "pas de comparaison"

Dans l'académie de Grenoble qui regroupe aussi les départements de Drôme et d'Ardèche, les inquiétudes semblent bien vives. Les TZR s'interrogent sur la gestion des remplacements. Certains n'hésitent pas à parler d'une différence de traitement.

"Il n'y a pas de concurrence entre un TZR et un contractuel", assure-t-on à l'Académie de Grenoble. Les TZR vont être affectés sur des zones et des disciplines où on va être en difficulté", précise-t-on. Le service Ressources Humaines convient que des contractuels sont "CDIsés". On rappelle toutefois que les deux statuts ne sont "pas comparables". "Pour un contractuel, quand le contrat de remplacement est terminé, c'est fini. Un TZR bénéficie, par exemple, de modalités d'avancement". 

Côté enseignant, certains titulaires se sentent aujourd'hui ballotés par les décisions d'affectations de remplacements. Certaines pèsent parfois lourdement sur leur vie privée comme l'explique V., une enseignante TZR valentinoise qui a préféré conserver l'anonymat.

"Un contractuel peut refuser un poste dans un établissement, pas un fonctionnaire. Aux contractuels, on donne un poste dans un établissement, à l'année, souvent en lycée. Nous, on peut nous envoyer n'importe où. On n'a pas le choix", déplore-t-elle. 

Côté académie, la décision de faire appel aux contractuels est assumée, pour la bonne cause : "certains TZR sont gardés en réserve, sont préservés pour l'année". Ces TZR sont plus expérimentés, plus efficaces et armés pour effectuer des remplacements. Il s'agit de "préserver un vivier de TZR pour couvrir les absences". "Notre vivier c'est notre centre d'intérêt. On a à cœur d'augmenter les ressources et pas de mettre en difficulté les chefs d'établissement", assure-t-on.  

"Nous sommes des profs, pas des pions ou des AED"

Lorsque l'enseignant titulaire se retrouve sans classe et sans cours à dispenser, il ne végète pas pour autant à la maison. Il doit se rendre chaque jour dans son établissement de rattachement. "Même si certains le pensent, on ne reste pas chez nous à regarder Netflix!" s'exclame Marion.

En effet, l'Académie confirme : les TZR bénéficient d'une affectation, ils sont liés à leur établissement de rattachement où ils sont en activité, "des missions leur sont données par les chefs d'établissement pour être activité. Ils sont par exemple en doublon, en accompagnement, en ateliers ou en modules. Ils restent en interaction," explique-t-on.

Si certains TZR multiplient les tâches, ils se sentent pourtant dévalorisés. "Nous sommes des profs, pas des pions ou des AED", lâche Jessy. Ces titulaires évoquent frustration et découragement, soulignent la difficulté d'intégrer une équipe pédagogique, de proposer des projets à une classe qu'ils ne vont parfois prendre en charge que quelques semaines ou quelques jours.

"La seule chose qui fait tenir, c'est la reconnaissance des élèves", explique Marion, qui sort d'une dépression. Mais pour ceux qui se retrouvent dans l'établissement de référence, la situation est parfois cruelle : "les enfants dans la cour, moi en salle des profs, on se regarde en chien de faïence ! On se dit qu'on ne sert à rien ! Mais je ne vais pas faire des cours clandestins !" raconte la prof d'Italien.

"A quoi me sert mon concours ?"  

La formation des contractuels est aussi au cœur des tensions. "Quand ces contractuels arrivent, on les met devant des gamins, dans l'urgence. Alors qu'un TZR est disponible. On ne dit pas quelle est leur formation, ni comment sont recrutés ces contractuels", martèle l'enseignante d'Histoire-Géographie. "Mais à quoi me sert mon concours ?", s'interroge-t-elle.

On est des enseignants qui voulons bien faire notre travail. On est des personnes, on a un concours, un métier ...

V., professeure d'Histoire-Géographie

Enseignante TZR en Drôme

La question d'une prochaine titularisation express de ces remplaçants pour faire face à la pénurie d'enseignants fait grincer des dents. Aujourd'hui, les enseignants TZR posent la question : que va-t-on devenir, nous qui avons passé un concours, décroché un Capes ou une agrégation et qui avons plusieurs années d'expérience dans l'enseignement ? De son côté, l'Académie parle aussi d'accompagnement des contractuels vers les concours.

Jokers, pions ... 

V. jeune agrégée, enseignante depuis 13 ans. En septembre, bénéficiant d'une affectation à l'année dans un collège de La Voulte, elle a fait sa rentrée normalement. Tout était programmé : un temps plein auprès de 5 classes de collégiens. Mais, une semaine après la rentrée, c'est la catastrophe. Cette professeur d'Histoire-Géographie reçoit une nouvelle demande pour effectuer un remplacement de 7 semaines dans un autre établissement, à Valence. Pour la jeune femme, mère de famille, c'est aussi toute une organisation de vie de famille qui vole en éclats. 

"On voit les élèves pendant une semaine, on prépare tout et au bout de quelques jours on vous envoie un arrêté pour un autre établissement pour 7 semaines car il n'y a personne pour faire un remplacement de 7 semaines", la prof d'Histoire-Géographie ne décolère pas. "On se fiche des élèves, on se fiche de votre travail et de ce que vous avez commencé", tempête l'agrégée qui vit très mal cette situation.  

Ces enseignants volants de l'académie de Grenoble, et d'ailleurs, dénoncent aujourd'hui "un flou artistique" concernant l'attribution des postes mais surtout un manque de communication. Ces titulaires ont le sentiment d'être devenus des "jokers" ou des "pions". Certains ont surtout le sentiment de faire les frais d'une volonté politique affichée : "mettre un prof devant chaque élève". Mais la crainte de ces TZR au bout du rouleau va plus loin. Ils redoutent une fuite des cerveaux avec démissions en masse et une dégradation de la situation au détriment des élèves. Côté syndicat, la situation pourrait encore se dégrader, faut d'un recrutement suffisant d'enseignants, et parce que "le métier est de moins en moins attractif". 

 

 

Et celle-là quand j'écris

Par Le 13/09/2022

 

 

 

LE DESERT DES BARBARES

Page 600

Walter Zorn n'avait plus supporté l'absence d'informations.

Il avait construit son empire parce que rien ne lui était inconnu, parce que même ce qui n'existait pas encore avait déjà été conçu par son esprit. Mais pour que l'anticipation soit possible et qu'elle s'élève au-delà de la pensée commune, il fallait nécessairement être informé de tout, absolument tout, non pas l'information qui emplissait l'existence formatée des individus mais l'information qui permettait de contrôler toutes les existences, de les mener là où sa volonté le souhaitait, de décider pour eux ce qu'ils imaginaient leur appartenir. Il avait réalisé dans cet effacement des contacts avec le colonel Nichols et de la disparition de toutes les données qu'il amassait quotidiennement à quel point sa puissance dépendait d'éléments extérieurs : la technologie, internet, les satellites. Et la conscience de cette dépendance dont il n'avait jamais voulu voir la portée le rongeait, jour et nuit.

Il avait décidé d'utiliser le personnel militaire du camp. Une mission en aveugle destinée à éclairer les zones sombres : qu'en était-il des survivants, du gouvernement, de l'armée officielle, des attentats, de l'épidémie de choléra et celle du Hum, des dégâts sur les infrastructures, de l'état des villes, de Christchurch et de toutes les autres ?

Cinquante hommes répartis par groupe de cinq dans les 4X4, tous ultra armés. Ordre d'abattre toutes personnes présentant des symptômes épidémiques. Revenir avec le maximum d'informations. L'ensemble du territoire de l'île sud devait être parcouru.

Les deux hélicoptères avaient pour mission de transporter et déposer dix hommes sur l'île nord. L'approvisionnement en carburant se ferait sur la base militaire de Trendham. Wellington et Auckland devaient être survolées. Si possible établir des contacts avec des survivants. Pas de soutien possible. Mission extrêmement incertaine. Aucune communication radio possible.

Zack sélectionna dix hommes. Les deux équipages étaient constitués. Pilotes et seconds.

Les groupes quittèrent le domaine au matin du 5 octobre.

 

L'ignorance ne pouvait pas perdurer. Est-ce qu'un Dieu peut se permettre de ne pas savoir ?

Ce matin-là, Walter avait proposé à Fabiola une petite marche dans le domaine mais elle avait décliné l'invitation. Fatiguée par sa grossesse et des nuits agitées, elle souhaitait se reposer.

Walter n'avait pas insisté et il s'était équipé pour son footing quotidien.

Il sentit dès les premières foulées qu'il n'avait aucune énergie et qu'il risquait de se blesser à vouloir forcer son corps. Une amertume profonde le saisit. Lui, l'homme tout-puissant, incapable de courir, affaibli par son ignorance. L'origine de cette pesanteur qui l'empêchait de lancer ses jambes, de retrouver le goût délicieux de la puissance. Il ne restait que cette faiblesse lourde. Le poids de son aveuglement et de sa surdité et de son mutisme car tout était là, toute sa vie. Voir l'intégralité du monde et l'écouter jusqu'au murmure les plus secrets et prendre la parole pour dicter ses ordres. Il avait été élevé dans cette exigence, celui qui voit tout, entend tout, celui qui sera écouté quand il parle.

Les ingénieurs du domaine avaient tout essayé. Aucun contact satellite. Tous perdus dans le noir de l'Univers, consumés par les vents solaires. Machines sans âme qui coupaient les esprits de tout échange. Le soleil avait joué le rôle de juge de paix, là où Walter Zorn ne rêvait que de suivre l'avancée de sa guerre totale contre l'humanité.

Il décida de marcher puis dût admettre qu'il ne décidait rien. Il avait perdu l'énergie de son corps en perdant la maîtrise. Il marcha donc parce que rien d'autre n'était possible et il s'obligea à regarder la nature pour quitter les horizons sombres de son monde intérieur.

Il erra entre les arbres du parc, ne cherchant pas à reproduire son trajet habituel. Il ne releva pas les premiers signes du printemps, les bourgeons et les chants des oiseaux, la lumière palpitante et les cieux épurés, il ne perçut aucunement la beauté du monde renaissant parce que le goût acre de sa mort pourrissait ses sens. Non pas la mort réelle mais un chaos existentiel et c'est l'usage du chaos dans sa tête qui le fit réagir, comme un électrochoc, une évidence, l'inévitable correspondance. Il était en lui ce qu'il avait propagé par-delà les océans, au-delà des murailles, dans les villes les plus lointaines, dans les pays les plus puissants. Il était dans le chaos lui-même quand il s'était toujours imaginé à l'abri. Un guerrier ne peut pas être mis en danger par ses propres armes, il ne peut être vaincu que par celles de son ennemi. La nature toute entière était devenue son plus redoutable adversaire et elle l'avait plongé dans le chaos. Et il redouta à l'instant la prochaine épreuve.

Redouter. Un mot qui n'aurait jamais dû trouver une faille en lui.

"Aphrodite's child : 666"

Par Le 13/09/2022

Aux gens de ma génération, c'est à dire le siècle dernier, est-ce que vous vous souvenez de ça ?

Aphrodite's child 666.

Collector. Une richesse musicale fabuleuse. Au-delà des choses connues pour l'époque, totalement révolutionnaire, compositions et textes.

Vangélis et Demis Roussos.

 

 
APHRODITE'S CHILD - 666 (1972)
 
 
 
 
Par TOMTOM le 28 Août 2013          Consultée 6560 fois
 

D’instinct, il n’y a pas grand monde pour aller chercher les chefs d’œuvres du rock progressif en Grèce, encore moins du côté de la discographie de Demis Roussos. L’amateur pressé se contente plutôt de grands noms anglais (Pink Floyd, Yes, King Crimson, etc.), ceux qui ont initié le genre tout en le popularisant. Et pourtant, en 1970, c’était au tour d’un groupe grec de composer une des plus brillantes strophes de l’internationale progressive.

Depuis son premier succès en 1968 (la bluette vaguement psychédélique : « Rain And Tears »), Aphrodite's Child avait enchaîné les single pop uniquement destinés à remplir les caisses, formule convenant parfaitement au chanteur et bassiste de la formation : Demis Roussos. Le compositeur du groupe, lui, préfère nettement l’expérimentation sonique et a les yeux rivés sur la vague progressive venue d’Angleterre. Son nom : Vangelis Papathanassiou, le pas encore oscarisé compositeur de la bande originale du film « les Chariots de feu » mais déjà génie du synthétiseur.

666 est le disque de Vangelis. C’est lui qui impose cette idée saugrenue (même pour l’époque): enregistrer un double album concept, adaptation musicale de l’apocalypse de saint Jean. D’où cette pochette bardée d’un 666 noir sur fond rouge sang et ces quelques vers qui allaient se retrouver une dizaine d’années plus tard dans l’introduction du « Number of The Beast » d’Iron Maiden : « Anyone who has intelligence may interpret the number of the beast. It is a man’s number. This number is 666. »

Si on prend la peine de passer outre les délires satanico-progressifs quelque peu pompeux de quatre Grecs shootés au salep (dixit les notes de pochette), ainsi que l’inutile « ∞ » où l’actrice Irene Papas simule un orgasme de cinq minutes sur fond de cymbales épileptiques, on ne peut rester qu’admiratif devant l’univers sonore développé par Vangelis. 1h18, 24 titres et autant d’ambiances différentes : écouter 666 revient à effectuer un voyage où les influences, les thèmes et les sonorités s’entrechoquent.

Du garage sixties de « Babylon » et « Hic et Nunc », mélange des Who et de Traffic, au médiévalisme de « The Wedding Of The Lamb », Vangelis invoque au détour du diptyque « The Battle Of The Locusts/Do It » les plus belles heures du jam psychédélique. Sur le potache « The Beast », on retrouve les accents des premiers Frank Zappa alors que les saxophones d’ « Altamont » rappellent les plus belles heures de King Crimson, le groupe de Robert Fripp, inventeur et roi vénéré du rock progressif. Et en termes de prog, les épiques 20 minutes de « All The Sits Were Occupied » n’ont rien à envier aux autres chefs d’œuvres du genre.

Dans ce projet dément, rien n’aurait été possible si Vangelis n’avait pas été accompagné par un groupe de tueurs. Dans la bataille, l’œuvre du guitariste Silver Koulouris est primordiale. Se glissant avec aisance dans la peau d’Hendrix (« The Battle Of The Locusts ») et préfigurant le jeu de David Gilmour sur l’oriental « Aegian See », Silver Koulouris est au premier plan sur tout l’album, des accords de « Babylon » au solo de la ballade finale « Break ». De même, ce n’est pas le chant virginal et la basse volubile de Demis Roussos mais bien l’envolée du guitariste qui magnifie « The Four Horsemen », chef d’œuvre indéniable de 666. Ecouter cette pièce ne serait-ce qu’une fois revient à graver à jamais dans son esprit ce refrain incantatoire : « The leading horse is white/The second horse is red/The third one is a black/The last one is a green. »

Au final, 666 est l’album qui signe autant l’apogée de l’idéal hippie que sa chute inexorable. Car si Demis Roussos et ses compères parviennent à mobiliser ici l’intégralité des influences qui ont émaillé les expériences psychédéliques (guitares pyrotechniques, orientalisme, ésotérisme, etc.) n’est-ce pas pour les dévoyer et les faire rentrer dans l’ère malsaine et hystérique du rock progressif ? Quand on connaît les futurs travaux de Vangelis (la bande son de l’oppressant Blade Runner en particulier), on se dit que le claviériste portait déjà ici un coup fatal à la génération Woodstock.

D’ailleurs, l’évocation d’Altamont dans un disque voulu comme transcription sonore de l’Apocalypse n’est pas anodine. En 1969, le festival organisé par les Rolling Stones à Altamont se solde par la mort d’un spectateur, poignardé par les Hells Angels censés assurer le service d’ordre de l’événement. Quand il enregistre ce disque, Vangelis a compris (et probablement avant tout le monde) que ce désastre marque la fin d’une époque et que le futur irait se jouer loin des rivages oniriques de l’idéal hippie.

Finalement sorti en 1972 après des bisbilles avec la maison de disque (« ∞ »…), 666 sera un succès incroyable. Entre temps, Demis Roussos aura quitté le navire, ne goûtant que peu aux dérives de son groupe et préférant embrasser la carrière variéto-pop qu’on lui connaît. Vangelis suivra son exemple, signant définitivement la fin des fils d’Aphrodite. Reste ce disque, probablement la plus belle pierre qu’un groupe grec pouvait apporter à la cathédrale du rock progressif.

Note : 4,5/5

 

 

 

 

Ce morceau final reprend les thèmes de tous les autres et les associent avec une puissance de fou. Dans les oreilles, à vélo, c'est au-delà de la fatigue, comme une batterie qui recharge l'organisme :

Eric Cantona

Par Le 13/09/2022

Eric Cantona quiere dar el salto del fútbol a las presidenciales ...

 

Je ne regarderai pas cette coupe du monde qui est une aberration écologique et un massacre humain avec presque 7000 ouvriers morts dans la construction des stades.

« Réduisez votre consommation d’énergie mais regardez des matchs dans des cimetières climatisés !! » A gerber 
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L'empreinte carbone du sport professionnel.

Par Le 13/09/2022

Il est clair que le sport professionnel cumule une empreinte carbone considérable et même chez les amateurs d'ailleurs.

Quand je vois les compétitions de type "spartan" à des milliers de kilomètres pour aller se faire plaisir sur des parcours "naturels", vraiment, vraiment, je me dis qu'on n'est pas sorti de la vase.

Voilà en tout cas, un exemple à suivre pour les footeux, les rugbymens, les tennismen, les cyclistes (championnats du monde en Australie cette année...) et les JO etc etc ...

Il faut que je trouve des infos sur les JO à Paris par rapport à l'empreinte carbone, rien que pour les infrastructures et l'impact environnemental. Oui, je sais, ça va piquer...

 

Stand Up For The Planet

 

Peut être une image de 3 personnes, personnes debout et plein air

Andy Symonds, l’un des plus grands coureurs de Trail du Monde, ne participera pas aux mondiaux pour raison de Bilan carbone annuel et individuel déjà trop lourd.

Son récit ici :

« J'ai pris la décision de décliner la proposition de participer aux championnats du monde de trail cette année, suite à ma sélection dans l’équipe britannique.

Mon empreinte carbone pour 2022 sera d’environ 6,3 tonnes équivalent C02.

Ce qui est déjà trop.

Afin de limiter l’augmentation de la température mondiale à un niveau qui ne soit pas trop dévastateur, nous devons viser 2 tonnes chacun.

Nous sommes la cause du problème, nous qui vivons et habitons dans les pays les plus riches de la planète. C’est donc nous qui pouvons faire la différence. Il y a tant de choses que nous pouvons faire, dont certaines sont impactantes sur nos vies, et d'autres qui sont plus faciles. Autant mettre en œuvre dès que possible les « efforts faciles », et ensuite se mettre au défi de cumuler les « gains marginaux ».

C'est principalement pour cette raison que j'ai refusé l'opportunité de représenter la Grande-Bretagne aux Championnats du monde de Trail.

J'adore concourir à un niveau international et il n'y a pas grand-chose que j'apprécie plus que de courir en portant les couleurs de la Grande-Bretagne. Cependant, cette année, les championnats du monde se déroulent en Thaïlande et je ne peux tout simplement pas justifier, surtout à moi-même, l’ajout de 4 tonnes supplémentaires à mon empreinte carbone de 2022.

Environ un tiers de mon empreinte carbone personnelle cette année provient des déplacements. Les quelques courses que j'ai faites loin de chez moi ont contribué le plus à mes émissions personnelles, en particulier lorsqu'un vol était pris.

Je ne culpabilise personne, j’ai moi-même mes contradictions dans l’affaire ; je mange un burger de temps en temps, j’ai une maison individuelle avec piscine… mais il me semble particulièrement incohérent de tenter de tenir un discours public en faveur de pratiques responsables et ensuite de sauter dans un avion pour la Thaïlande pour faire un footing de huit heures.

Voici quelques efforts faciles que je vais adopter davantage pour tenter de réduire mes 6,3 tonnes actuelles :

→ ✈️ supprimer les voyages en avion non essentiels (qu'est-ce qui est « essentiel » ? !).

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Coupe du monde de foot au Qatar

Par Le 12/09/2022

Les appels au boycott se multiplient sur les réseaux sociaux et à juste raison, bien évidemment.

Bon, moi, déjà, je n'aime pas le football et je ne regarde jamais rien. Je n'aime pas ce sport et je déteste ce milieu. Et ça n'est pas la "blague de Galthier et le fou rire de M'bappé qui vont me faire changer d'avis.

Le seul joueur que j'estimais, c'était Eric Cantona et c'est toujours le cas. 

Pour ce qui est du Qatar, il ne faut pas compter sur nos politiciens pour soutenir l'idée du boycott. Le premier qui s'y risquerait mettrait un terme immédiat à sa carrière. Il suffit d'imaginer l'impact financier. Pour ceux qui ne connaîtraient pas les investissements des Qataris en France, en voici un aperçu :

La France est le deuxième pays d’investissement en Europe pour le Qatar

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La France est le deuxième pays d’investissement en Europe pour le Qatar

L’émir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani et le président français Emmanuel Macron à Doha en décembre 2021. © Crédit photo : THOMAS SAMSON/AFP

Par SudOuest.fr avec AFP
Publié le 08/06/2022 à 18h22

 

    

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La France est le deuxième pays d’investissement en Europe pour le Qatar

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Les Qataris investissent particulièrement dans l’immobilier en France

La France est le deuxième pays européen dans lequel le Qatar investit le plus, à égalité avec l’Allemagne et derrière le Royaume-Uni, avec des participations de 25,3 milliards d’euros en 2019, selon une étude publiée mercredi par le cercle économique franco-qatari Qadran avec HEC. Sur ce total, 7,1 milliards sont investis dans l’immobilier (hors hôtellerie et investissements de particuliers).

Dans le détail, l’étude réalisée avec le « Junior Conseil » de l’école de commerce française qui dispose également d’un campus au Qatar, précise que les actifs du pays organisateur de la prochaine Coupe du Monde de football sont valorisés à 5,3 milliards d’euros dans les secteurs de l’industrie et de la construction avec « des participations importantes dans des fleurons nationaux » comme Vinci, Total, Suez ou Airbus.

Les participations du Qatar dans le commerce de détail pèsent pour 4,2 milliards d’euros, celles dans le transport et le tourisme pour 3,4 milliards d’euros, celles dans les télécoms et médias pour 2,3 milliards d’euros.

Gaz et hydrocarbures

Le chiffre de 7,1 milliards d’euros pour l’actif immobilier correspond aux « activités immobilières et (à) la valeur totale de l’actif net immobilier détenu par des sociétés qataries ou affiliées ». « Les investissements immobiliers résultant de personnes physiques ne sont pas comptés », précisent les auteurs de l’étude, selon qui « la valorisation des titres des entreprises et participations qataries en France fin 2021 est semblable à celle de 2019. »

Les échanges commerciaux entre les deux pays, tirés « par les exportations françaises de biens d’équipement » et le matériel militaire, « et les exportations qataries de gaz et produits dérivés des hydrocarbures », ont cru en moyenne de 16 % par an depuis 2000.

 

Le président de ce cercle économique créé en 2015, Omer Acar, a dit dans un communiqué s’attendre « à ce que cette dynamique se poursuive et s’intensifie dans les années à venir, notamment grâce à l’impulsion donnée dans le cadre de la Coupe du Monde ».

 

On a donc la ministre de la transition écologique (MDR) qui rejette l'idée du boycott. 

 

Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’Je ne crois pas que le fait de boycotter la Coupe du monde change malheureusementles émissions de gaz à effet de serre de cet évènement[ [...] Ily a des équipes qui se préparent depuis des années. Cette décision a été prise dans un autre contexte climatique AGNÈS PANNIER-RUNACHER ministre de la Transition énergétique, dans l'émission "Grand Jury RTL-Le 11/09/22 JOHN THYS AFP’

 

Immobilier, sport et luxe : les investissements du Qatar en France

Le Qatar a multiplié les acquisitions et les prises de participation en France depuis 2008. Désormais, le petit émirat du Golfe persique consolide ses positions et s'intéresse aux PME tournées vers l'international.  

 

Immobilier, sport et luxe : les investissements du Qatar en France

Par  

Le 3 décembre 2015 à 18h44

Plus de 12 milliards d'euros. C'est, au bas mot, le montant des investissements effectués par le Qatar en France depuis 2008. Le petit émirat du Golfe persique applique ainsi sa stratégie de diversification économique, qui vise à le rendre indépendant de la manne gazière.

Après une période d'acquisitions tous azimuts entre 2009 et 2013, les différentes filiales du fonds souverain créé en 2005 (Qatar Holding, Qatari Diar, Katara Hospitality, Qatar Sport Investment etc) consolident leurs positions dans l'immobilier, l'hôtellerie et le luxe.

Cet automne, le projet d'acquisition du Parc des Princes a été démenti par la mairie de Paris. Mais les hommes de Doha n'ont pas dit leur dernier mot. Aux commandes de 260 milliards de dollars d'actifs dans le monde, le Qatar est entré dans une «deuxième phase de son développement, plus réfléchie et sélective», affirment «Les Echos». Il vise désormais les petites entreprises françaises spécialisées dans la recherche, la santé ou l'agroalimentaire (lire encadré).

Le fonds banlieues remplacé par un soutien aux PME

Une enveloppe de 50 millions d'euros destinée aux banlieues. Cette idée avait été évoquée par des investisseurs du Qatar en 2011. Mais la proposition avait suscité de vives critiques, élus de droite comme de gauche redoutant des arrière-pensées idéologiques ou religieuses. Dès 2012, cette idée a été remplacée par celle d'un fonds dédié aux petites et moyennes entreprises à vocation internationale. Baptisé «Future French Champions», ce programme de 300 millions d'euros a été officiellement présenté en 2014. Il est abondé à parts égales par la Caisse des dépôts et consignations et le fonds souverain qatarien. Objectif : attirer dans l'émirat des sociétés dans le domaine de la recherche, de la santé ou de l'agroalimentaire. Après sélection, les PME choisies pourront bénéficier d'une injection de capital allant jusqu'à 60 millions d'euros. De quoi donner des ailes.

Tour d'horizon des secteurs qui ont aiguisé l'appétit du Qatar dans l'Hexagone.

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L'IMMOBILIER

C'est le domaine économique où l'argent du Qatar est le plus présent. Les nombreux investissements de l'émirat ont été favorisés par le vote d'une niche fiscale spéciale votée par le Parlement en 2009, qui exonère les Qatariens de l'impôt sur les plus-values immobilières.

Immeubles. Le Printemps Hausmann a été acquis en 2013 par le fonds Divine Investments SA, société luxembourgeoise détenue par des intérêts privés du Qatar. Celui-ci est également propriétaire du groupe de magasins Printemps. Sur les Champs Elysées, les Qatariens sont propriétaires de l'ancien bâtiment Virgin (acheté 500 millions d'euros en 2012), de la galerie commerciale Elysées 26, du siège de la banque HSBC (400 Mâ?¬). Ils ont aussi dans leur escarcelle le bâtiment qui abrite «Le Figaro», sur le boulevard Hausmann.

Hôtels de luxe. Le fonds Katara Hospitality a multiplié les achats et les chantiers depuis cinq ans. A Paris, il est propriétaire du Peninsula (ex-centre de conférences Kléber, 850 Mâ?¬ investis), du Royal Monceau, du Hyatt Regency, du Concorde Opéra, de l'hôtel du Louvre et de l'hôtel Lambert, à la pointe de l'île Saint-Louis. Le Qatar possède aussi l'hôtel Kinski et l'hôtel Landolfo-Carcano, place de l'Etoile, où loge son ambassade. Sur la Côte d'Azur, les investisseurs de Doha ont en leur possession le Carlton et le Martinez à Cannes, ainsi que le Palais de la Méditerranée à Nice. Le Qatar est un actionnaire important de la Société fermière du casino municipal de Cannes, qui exploite deux casinos ainsi que ainsi que les hôtels Gray d'Albion et Majestic. Il est aussi présent dans la Société des Bains de Mer de Monaco, qui gère de nombreux actifs dans l'hôtellerie.

LE SPORT

Zlatan Ibrahimovic, star du PSG. (LP)

Football. C'est l'un des investissements qui a eu le plus gros impact médiatique : le rachat, en 2011, du Paris Saint-Germain par Qatar Sports Investment (QSI) à Colony Capital. Montant final de la transaction : environ 100 millions d'euros. Le nouveau propriétaire a depuis injecté des centaines de millions d'euros pour recruter les meilleurs joueurs du monde, dont Zlatan Ibrahimovic. En cinq ans, le budget du club parisien a été multiplié par cinq. Il est désormais proche des 500 millions d'euros.

Handball. Dans la foulée, QSI s'est offert le Paris Handball en 2011, rebaptisé PSG Handball, avec l'ambition d'en faire le meilleur club d'Europe.

Courses hippiques. Depuis 2008, le Qatar sponsorise le célèbre Prix de l'Arc de Triomphe, qui se déroule à Longchamp le premier dimanche d'octobre. Budget de l'événement en 2014 : 14,5 Mâ?¬ et une dotation de 5 Mâ?¬.

Rugby. Selon le journal L'Indépendant, le Qatar est en discussion pour investir dans le Racing club de Narbonne, qui évolue actuellement en Pro D2.

LES MEDIAS

Omar Da Fonseca, consultant de BeIN Sports. (LP)

BeIN Sports. Filiales du groupe qatarien Al Djazira, les chaînes payantes BeIN Sports sont apparues en France en juin 2012. Peu à peu, BeIN a racheté les droits de diffusion de certains matches de Ligue 1, de la Ligue des Champions, de la Coupe du Monde et des championnats étrangers. BeIN revendique 2,5 millions d'abonnés et vise le cap des 3 millions pour 2016.

Lagardère. Le fonds du Qatar détient 12,8% du groupe Lagardère, un des leadeurs mondiaux de la production et la distribution de contenus pour la presse, la télévision ou la radio.

Vivendi Universal. En avril 2015, le Qatar a revendu discrètement les 2% du capital qu'il possédait. Montant de la revente : 450 millions d'euros.

Orange - France Telecom. En 2011, le fonds de Doha a fait l'acquisition de 1% du capital du groupe de télécoms, également présents dans l'industrie des médias.

LE LUXE

Le Qatar est friand du luxe français. (LP/ Mathieu de Marticgnac.)

LVMH. Depuis 2013, les investisseurs de Doha possèdent une participation dans le capital du leader mondial de l'industrie du luxe, de l'ordre de 1%.

Maroquinier Le Tanneur. Le Qatar Luxury Group, propriété de Sheikha Mozah, l'une des épouses de l'émir du Qatar, détient 85% du capital de la société Le Tanneur, basée à Bort-les-Orgues, en Corrèze. Ces fabriques, fondées en 1898, produisent des sacs de luxe et des objets en cuir.

L'INDUSTRIE

Total. Le fonds du Qatar détient 3% du capital de Total depuis mai 2013. L'émirat est devenu l'un des plus importants actionnaires du groupe français, derrière le holding du milliardaire belge Albert Frère et les salariés. Le groupe pétrolier français est présent au Qatar depuis 80 ans, où il extrait du gaz naturel.

EADS. Le Qatar pèse 6% dans le capital du groupe aéronautique européen.

LES TRAVAUX PUBLICS

Vinci. Fin 2015, le fonds du Qatar possède 3,9% de Vinci, le géant français des travaux publics. Sa participation a baissé en valeur relative, avec la revente en octobre de 1,1% de ses actions, sur les 5% qu'il possédait. Vinci bénéficie par ailleurs d'importants marchés sur le sol du Qatar. Le groupe s'est vu confier la construction de neuf stades de la Coupe du Monde de football 2022.

LE COMMERCE

Le Printemps Hausmann à Paris. (LP/ Philippe Lavieille.)

Magasins Printemps. Le fonds Divine Investments SA, détenu par des Qatariens, est devenu actionnaire majoritaire du groupe Printemps, racheté en 2013 au groupe Boretti. Printemps compte aujourd'hui 19 grands magasins en France. DISA possède aussi le site de vente en ligne du groupe, placedestendances.com

Vente-privee.com. En recherche permanente de diversification, les investisseurs qatariens s'intéressent au e-commerce. En 2013, ils sont entrés en tant qu'actionnaires minoritaires au capital de vente-privee.com, la société de Jacques-Antoine Granjon.

LES SERVICES

Veolia. En 2010, le fonds Qatari Diar annonçait l'achat de 5% du capital du groupe français, leadeur mondial dans la gestion de l'eau et le traitement des déchets. Montant de l'opération : 182 millions d'euros. En 2014, une enquête a été ouverte pour des soupçons de corruption lors de ce montage financier.

Suez Environnement. 4,5% du capital est détenu par les investisseurs du Qatar. Suez est le numéro 2 mondial dans la gestion de l'eau et des déchets, juste derrière Veolia.

GFI Informatique. Fin novembre, le groupe qatarien Mannai était en négociations exclusives pour le rachat de 51% du capital de GFI, société française qui emploie 11 000 personnes dans le domaine des services informatiques.

 

Musique répétitive

Par Le 09/09/2022

 

J'aime infiniment. 

 

"Le voyageur contemplant une mer de nuages"

Par Le 08/09/2022

 

Un tableau de Casper David Friedrich, "le voyageur contemplant une mer de nuages"

Lorsque j'étais au collège, la professeure d'arts plastiques nous l'avait fait étudier.

Et j'avais été fasciné.

Je m'étais imaginé à la place de cet homme. C'est un des points de départ qui m'a poussé à aller vivre en montagne.

<em>Le Voyageur contemplant une mer de nuages</em>, tableau du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich

 

Voilà ce que ça donne aujourd'hui.

 

 

Peut être une image de 1 personne et plein air

Lorsque je lis les réseaux sociaux à la suite d'articles sur l'état de la planète, je suis effaré par le niveau d'ignorance d'une bonne partie de la population. Le déni est d'une puissance incommensurable.

Un déni primaire qui consiste à nier en bloc les problématiques et un autre déni, tout aussi grave : celui de reconnaître les faits mais de ne rien faire, soi-même, pour tenter de freiner cette dévastation, cette épouvantable attitude qui revient à considérer que c'est à l'état ou à tous les autres de se bouger. Combien de gens reconnaissent les faits mais n'ont strictement rien changé de leur mode de vie ? Consommation, avion, voiture, loisirs avec une empreinte carbone conséquente. Oui, bien sûr, il y a les riches qui prennent leur jet privé, les joueurs de foot qui prennent l'avion, les yachts, les voitures de luxe etc etc etc etc, la liste est infinie. Et donc ? Cela nous autoriserait, nous le bas peuple, les sans dents, à continuer à vivre comme avant ? Et qu'en est-il de la conscience, qu'en est-il du fait de se regarder dans la glace et de se dire : tu n'es pas riche mais tu participes à la destruction, sans rien vouloir changer de ta routine. Combien ici, lecteurs et lectrices, sont parents ou grands-parents ? Est-il acceptable de ne rien faire ? 

Est-ce donc le seul horizon que nous allons laisser ? 

La SNCF et les cyclistes

Par Le 08/09/2022

Pour mes 60 ans, j'avais le projet de faire à vélo en autonomie, la grande route des Alpes, de Thonon à Nice. Un parcours qui passe par les grand cols des Alpes. Avec les sacoches transportant la tente, le duvet, des vêtements, l'eau, la nourriture. 

Je me suis entraîné depuis le printemps et avec Nathalie, on a fait le tour de la Creuse en raid, 450 km, 4600 km de dénivelée. Que du bonheur.

Mais, voilà, on habite dans la Creuse et le réseau SNCF est un véritable désastre. Et même en rejoignant Clermont-Ferrand, le trajet jusqu'à Thonon est un chemin de croix et je ne parle pas du retour depuis Nice. Réservation obligatoire pour l'aller, c'est possible mais pour le retour, c'est inconcevable. 800 km et les grands cols à franchir, il est impossible de prévoir une date. Et d'ailleurs, même avec une réservation, il n'est même pas certain de pouvoir monter dans le train, même quand il reste des places assises parce que le compartiment accueillant les vélos est très, très limité et que la gestion informatique des réservations est de plus aléatoire. Nombreux sont ceux qui arrivent avec une réservation et se voient refuser l'accès au wagon. 

J'ai laissé tomber. Je n'ai pas envie de me battre contre des employés dépassés par une direction incompétente et je n'ai pas envie de passer tout le trajet à me demander comment va se passer le retour. On a déjà vécu ça quand on a fait la grande traversée du Massif Central à VTT de Clermont-Ferrand à Montpellier et ce souvenir du passage à la gare est une boule noire.

Soit la SNCF améliore considrablement ses services aux cyclistes, soit je ferai des raids en partant de la maison.  

 

L'afflux croissant des vélos dans les trains, une équation difficile à résoudre

 

Publié le 08/09/2022 à 11h09 • Mis à jour le 08/09/2022 à 11h17

Écrit par Romain Bizeul.

Photo d'illustration. Parfois trop nombreux, les cyclistes se voient régulièrement refuser l'accès aux trains régionaux qui possèdent une capacité d'accueil très limitée.

Photo d'illustration. Parfois trop nombreux, les cyclistes se voient régulièrement refuser l'accès aux trains régionaux qui possèdent une capacité d'accueil très limitée. • © Yannick Bohn - MaxPPP

Ils sont chaque année plus nombreux. Par conviction écologique ou par plaisir, les cyclistes abondent sur les routes, mais également dans les trains où la place qui leur est réservée reste limitée. Face à cette demande qui ne cesse de croître, la Région Nouvelle-Aquitaine et la SNCF se retrouvent quelque peu démunis par manque de moyen.

Emmener son vélo dans le train relève parfois de l’épreuve. Dans les TER de Nouvelle-Aquitaine comme dans bien d’autres régions, les emplacements de vélos sont pris d’assaut face à la volonté - ou l’obligation - de laisser de côté la voiture pour se déplacer. Les rames surchargées par des vélos sont des scènes de moins en moins rares, tandis que les cyclistes tentent d'entreposer leurs montures où ils peuvent. Et d’autant plus l’été. Les lignes prisées par les vacanciers doivent faire face à l’afflux des cyclotouristes, chaque année plus nombreux.

Des cyclistes laissés sur le quai

"Nous avons des difficultés l’été, concède le délégué TER à la Région Nouvelle-Aquitaine, Jacky Emon. À certains moments, nous n’avons pas pu accueillir tout le monde." Des refus qui s’expliquent avant tout par le risque pour la sécurité des voyageurs que causerait l’entassement de vélos hors emplacement dédiés, selon l’élu. La SNCF est en droit de refuser l’accès aux cyclistes avec leurs montures "dès lors qu'il n'y a plus d'emplacement vélo disponible à bord du train", selon l’article D1272-7 du code des transports. Une réglementation qui occasionne des tensions, d’autant plus lorsque le train est loin d’être plein.

"Avant d’être élue, je suis une citoyenne qui a fait le choix de changer sa mobilité, je n’ai plus de voiture et le train est donc indispensable en plus du vélo, précise l’adjointe à la mairie de La Rochelle, Marie Nédellec. Je constate que les citoyens ne sont pas vraiment aidés à changer leurs modes de déplacements. Les trains sont parfois bondés, parfois vide, mais l’espace vélo reste limité."

Des trains sous-équipés pour accueillir des cyclistes toujours plus nombreux

Si les situations de surcharges sont monnaie courante, c’est avant tout que le vélo n’en finit pas de séduire. Notamment depuis la pandémie de Covid-19. Entre 2019 et 2021, la fréquentation cyclable a augmenté de 16 % en Nouvelle-Aquitaine et de 18 % sur l’ensemble du territoire. Pour le cyclotourisme, le chiffre est encore plus révélateur : +32 % entre l’été 2019 et l’été 2020. 

Face à cette demande grandissante, la SNCF peine à satisfaire pleinement tous ses usagers, qu’ils soient réguliers ou occasionnels. "C’est un problème qui ressort en permanence, mais il est difficile à résoudre. Il est évident que dans les trains qui comptent quelques emplacements, c’est impossible de mettre des dizaines et des dizaines de vélos", soulève Benoît Groussin, le président de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports (Fnaut) Nouvelle-Aquitaine. Il évoque également des problématiques de sécurité des voyageurs.

Nous avons des limites financières. D’autant plus avec l’état du réseau ferroviaire qui est très dégradé. Ce n’est pas notre compétence, c’est une compétence nationale mais l’État se désengage de plus en plus.

Jacky Emon, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine, délégué aux TER et à l'intermodalité

Actuellement, les rames TER de la région comportent six emplacements. La Région prévoit d’arriver prochainement à une dizaine. "Nos 62 rames vont être rénovées d'ici à 2026, c’est une belle occasion pour augmenter notre capacité d’accueil de vélos." Mais celle-ci reste loin de la trentaine de places disponibles dans les trains que propose la Région Pays de la Loire sur le parcours de la Loire à Vélo.

Une tendance accrue par l'essor du cyclotourisme

Pour autant, depuis 2021, la Région essaie de satisfaire au mieux la demande en finançant le dispositif "TER+Vélo" avec un wagon entier dédié aux vélos. Avec certaines limites : il n’est disponible que pour 4 lignes qui en sont pourvues, un seul aller-retour par jour existe de Bordeaux à La Rochelle et uniquement en juillet et en août.

Une solution qui ne permet d’enrayer qu’une partie du problème, selon Benoît Groussin. "Les cyclotouristes demandent plus de place, car ils ont des sacoches accrochées. Et maintenant, il y en a de Pâques à octobre quasiment. Notre région est particulièrement touristique avec la Vélodyssée et la flow vélo qui relie la Dordogne à l’Île d’Aix", fait-il remarquer. 

Tout comme Marie Nédellec, Benoît Groussin ne jette pas pour autant la pierre à la Région Nouvelle-Aquitaine qui fait preuve, selon lui, de volonté pour trouver des solutions. Mais se retrouve à faire des choix difficiles. "Nous ne finançons presque plus l’amélioration des performances sur nos lignes, car nous devons financer la remise à niveau des voies, pointe Jacky Emon. On se refuse de fermer d’autres lignes, nous préférons maintenir un service même un peu dégradé." L’élu régional dénonce un désengagement progressif de l’État dans les territoires. 

Une intermodalité à développer sans cesse

Face au manque de moyens, l’heure est plutôt aux solutions alternatives. "Ce problème, on le résout mieux quand on arrive à supprimer le vélo dans le train", constate le président de la FNAUT Nouvelle-Aquitaine, Benoît Groussin. Mais prévient : "Cela dépend des situations, ce n’est pas possible tout le temps", avoue le président de la Fnaut Nouvelle-Aquitaine, Benoît Groussin. La SNCF incite les cyclistes à laisser leurs vélos en gare. Pour cela, la Région accompagne financièrement les collectivités à créer des espaces sécurisés. 

"Pour les trajets quotidiens, la solution idéale est de laisser son vélo au départ et d’en louer un autre à l’arrivée, reprend l’élu à la Région Jacky Emon. Mais c’est seulement possible dans des grandes villes comme La Rochelle et Poitiers." Certains usagers utilisent même deux vélos, un au départ, l’autre à l’arrivée. Mais les solutions de parking sécurisées ne sont pas disponibles partout et sont insuffisantes comme le constatait Vélo & Territoires dans son Étude intermodalité vélo - transports terrestres, publiée en 2021. "Il faut que la Région aille plus vite", appuie Benoît Groussin.

Mais la solution miracle ne semble pas exister. Pour combler les manques, les différents acteurs dialoguent régulièrement pour travailler l’intermodalité. Ils s'accordent à dire que ces discussions leur permettent de prendre en compte les besoins des usagers et d'y répondre chaque année un petit peu mieux. Mais la demande est exponentielle, renforcée dernièrement par la hausse des prix du carburant. L’adjointe à la mairie de La Rochelle, Marie Nédellec appelle, elle aussi, l’État à prendre ses responsabilités : "Il va falloir que le gouvernement fasse quelque chose. Pour que l’on arrive à changer nos modes de mobilité, l’impulsion doit venir d’en haut, même si l’effort doit être collectif."

 

 

Trains R

Education nationale en crise

Par Le 31/08/2022

Ca fait plus de dix ans que j'écris ici que le mur au bout de l'impasse arrive à grande vitesse.

Tout ce que je lis avec cette nouvelle rentrée ne fait que le confirmer.

En 2010, j'ai dit que l'école publique n'existera plus en 2030. On y va, on y va...

 

 

TEMOIGNAGE. "Nous sommes de plus en plus dénigrés" : un enseignant stagiaire pose sa démission à la veille de la rentrée

 

Publié le 31/08/2022 à 07h00 • Mis à jour le 31/08/2022 à 11h20

Écrit par Christine Ravier

Jeune diplômé démissionnaire, Romaric Justes dénonce le dénigrement des profs à l'extérieur et la  maltraitance à l'intérieur de l'Education nationale.

Jeune diplômé démissionnaire, Romaric Justes dénonce le dénigrement des profs à l'extérieur et la maltraitance à l'intérieur de l'Education nationale. • © RJustes

 

Romaric Justes est enseignant stagiaire en NSI (numérique et sciences informatiques) en lycée. Tout juste diplômé, il a décidé de ne pas se présenter devant les élèves à la rentrée. Il nous en explique les raisons.

Il vient de démissionner de l'Education nationale avec le sentiment que son cas relève d'un problème sociétal. Romaric Justes, un prof gersois du secondaire, a accepté de répondre à nos questions. Comme d'autres enseignants, il pense que c'est le moment de tirer la sonnette d'alarme sur la précarisation du métier et la situation ubuesque dans laquelle l'institution place trop souvent ses jeunes profs diplômés.

France 3 : Vous avez présenté votre démission à l'Éducation nationale voilà 4 jours, pourquoi ?

Romaric Justes : La première raison, c'est qu'après mon année de stage, j'ai été affecté à 5 heures de chez moi. J'ai une femme qui a un enfant, je ne peux pas me permettre de déménager si loin de ma famille.

Mais le problème de fond est la question de la reconnaissance de notre travail. On embauche à 1.550 € net sachant que j'ai un bac+5 et que j'ai passé un concours national. Dans le secteur informatique, les salaires sont beaucoup plus élevés que ce que je gagnerai jamais en étant prof. 

J'ai une mère prof, l'enseignement m'est venu comme une passion. J'avais envie de partager mes connaissances. Comme la spécialité était nouvelle, je me suis dit que c'était une occasion de développer l'informatique car la France était l'un des derniers pays dans lequel cette matière n'était pas enseignée. J'ai toujours cette envie mais aujourd'hui, je n'en ai pas la possibilité technique.

France 3 : Qu'est-ce que vous entendez par là précisément ? 

Romaric Justes : Il y a plusieurs facteurs. On se retrouve avec de plus en plus de contractuels, le métier est déjà difficile mais eux, en plus, n'ont pas la formation qu'on a. Dans l'informatique, il y a un vrai problème : on a ouvert un enseignement aux élèves alors qu'il n'y avait pas de profs formés. Les profs ont commencé à sortir en 2020, deux ans après l'ouverture de la spécialité.

Des profs de maths et de physique ont été formés rapidement à l'informatique, en un mois. Les gens en poste ne sont pas des informaticiens. Nous qui avons été formés, nous n'avons pas de postes, nous sommes volants (TZR dans le jargon)... on remplace ici et là. 

Les profs formés à l'informatique n'ont donc pas priorité sur les profs de maths et physique. C'est ce qui est arrivé pendant mon année de stage. On m'a demandé d'enseigner les SNT (Science numérique et technologie) en 2nde, ce qui ne fait pas partie de ma formation. Bref, on a l'impression de se faire piquer les postes par des gens qui ne sont pas formés en NSI et de faire les bouche-trous dans une spécialité qui n'est pas la nôtre. 

France 3 : Effectivement ça paraît incohérent...

Romaric Justes : ça va assez loin. En juin, j'ai été certifié enseignant sur une matière que je n'ai jamais enseignée. Je n'ai pas pu enseigner la matière sur laquelle j'ai été formé. Et j'ai subi un traitement que je qualifierai de proche de l'inhumanité.

Quand l'inspecteur m'a fait passer l'inspection finale, j'ai dit ce que je pensais, ce que je viens de vous expliquer : le fait que nous n'avons pas les postes qui sont de fait offerts aux profs de maths. Je me suis vu refuser ma titularisation. Il a menti sciemment dans son rapport. J'ai été convoqué au rectorat de Montpellier face à 6 personnes. Si ce n'est pas de l'intimidation, ça y ressemble...

Je me suis rendu compte que ces gens ne connaissaient pas ma spécialité. Donc l'avis qu'ils allaient donner était celui de personnes qui ne savaient rien de ce que j'étais censé enseigner. C'est pour vous dire comment sont traités les enseignants. On le joue au chantage, à l'intimidation... Pourquoi s'infliger ça si on peut gagner deux fois plus à côté ?

Quand j'ai eu mon CAPES, je n'ai pas eu de félicitations, ni quand j'ai été titularisé. La seule chose qu'ils m'ont offert, c'est de m'envoyer devant un jury qui ne connaissait rien à ma spécialité pour décider si oui ou non j'étais apte à enseigner...

France 3 : On entend beaucoup parler des conditions d'enseignement, des classes difficiles. Est-ce que ça a eu un poids dans votre décision ?

Romaric Justes : Non. Le fait que les classes soient hétérogènes, qu'il faille faire de la discipline, c'est mon travail, tout comme la gestion administrative, aller voir les CPE pour les heures de colle, le rendu du travail, etc. Je trouve que ça fait partie du boulot.

En discutant avec ma mère qui est enseignante depuis 30 ans, j'ai réalisé les changements sociétaux qui ont eu lieu : l'enfant est roi, il a toujours raison. S'il ne comprend pas, c'est forcément la faute du prof, etc. Je l'ai ressenti en discutant avec plusieurs de mes collègues. On a l'impression d'avoir devant nous des élèves qui ne devraient pas être là ou des élèves fantômes qui n'ouvrent pas la bouche ou ne sont même pas là physiquement. 

Le malaise vient du fait que nous sommes de plus en plus dénigrés. Or on a été 60 à réussir le concours sur 1.200 candidats. Mais on a du mal à remplir certains CAPES aujourd'hui. Le fait que par manque de profs, on prenne des gens qui n'ont pas les diplômes pose problème. Donc il n'y a plus ce postulat qui faisait que quand on était recruté, on était considéré comme des spécialistes de notre domaine.

On est très peu payé, très peu considéré. On subit un peu le même sort que les policiers. Et certains médias comme les chaînes en continu, tout comme les hommes politiques auxquels elles sont liées, en rajoutent pour nous dénigrer.

France 3 : Que faudrait-il changer ?

Romaric Justes : Il faudrait changer la façon de former les enseignants. L'année de master 2 est divisée en 2 parties : 9 heures par semaine d'enseignement et 3 jours de cours à l'université. On donne les cours et on est étudiant dans le même temps. C'est extrêmement chargé. On a tous fini exténués. Pendant mon année de stage, je suivais mes cours à Montpellier les mardis, mercredis et jeudis et j'enseignais à Perpignan à 2 heures de voiture les lundis et vendredis. Ma vie de famille était dans le Gers.

Quand on sort du master, on est envoyé n'importe où en France. C'est ce qui arrive à beaucoup de jeunes enseignants qui se retrouvent dans des quartiers chauds d'Ile-de-France. Se dire qu'on est avec sa famille dans le sud et qu'on doit être titularisé en banlieue, c'est une mesure d'un autre temps. On ne peut pas demander ça aux jeunes enseignants avec le peu de reconnaissance qu'ils ont et ce salaire si bas.

Avant l'argument de l'emploi garanti à vie pouvait jouer, plus maintenant. Les profs devraient, comme l'on obtenu les instits, être titularisés dans l'académie dans laquelle ils ont fait leur formation. C'est un système qui date, qui n'est plus en phase avec la société d'aujourd'hui.

Rentrée scolaire 2022 : des professeurs témoignent de leur lassitude "On est le reflet des maux de la société"

 

Publié le 31/08/2022 à 20h00 • Mis à jour le 31/08/2022 à 20h08

Écrit par Rachel Cotte avec Elsa Assalit et Pauline Juvigny

durée de la vidéo : 03min 00

Parole de profs à la veille de la rentrée scolaire • ©France télévisions

Le 1er septembre marquera le début de l'année scolaire 2022-2023. Une rentrée notamment entachée par des problèmes de recrutement. Mais pour les professeurs interrogés en Gironde, le manque d'attractivité de la profession ne date pas d'aujourd'hui, et s'explique par de nombreux facteurs.

A la veille de la rentrée, toujours les mêmes sentiments. La joie de retrouver les élèves est entachée par des conditions d'enseignement qui se détériorent au fil des ans. En ce début d'année scolaire marqué par une hausse du nombre d'enseignants contractuels, des professeurs tirent la sonnette d'alarme. Le déficit d'attractivité du métier et le manque de moyens alloués plongent notre système éducatif dans une situation particulièrement difficile. Plus de 4 000 postes n'ont pas été pourvus cette année aux concours enseignants. 

Pour Charlotte Bonneau, professeure de français au collège en Gironde, le problème de recrutement est loin d'être récent. "Je suis assez étonnée qu'on nous parle de rentrée spéciale alors que c'est pas du tout la première fois qu'on n'a pas un professeur devant chaque classe. L'augmentation des contractuels, on le vit depuis des années, j'ai l'impression d'en entendre parler depuis que je suis dans ce métier. On en subit les conséquences depuis longtemps", souffle cette enseignante de 37 ans, qui exerce depuis maintenant 13 ans. 

"Revalorisation symbolique"

Pour tenter d'attirer de nouvelles recrues, le ministère de l'Education nationale a annoncé une future revalorisation salariale. A partir de la rentrée 2023, tous les professeurs devraient percevoir au minimum 2 000 euros nets par mois. Mais le problème ne se situe pas qu'au niveau des salaires selon l'enseignante.  "On a fait que nous parler de l'école de la confiance mais moi ce que j'aimerais c'est qu'on nous fasse confiance [...] qu'on nous laisse travailler, valoriser nos initiatives et pas nous imposer des choses."

Selon Charlotte Bonneau, la hausse des salaires doit s'accompagner d'une "revalorisation symbolique".  "Il faut arrêter de dire qu'on est récalcitrants. Chaque année, on nous rajoute des choses et on accepte, on le fait." Celle-ci évoque aussi la nécessité de mettre en place des aides pour pouvoir accueillir les élèves aux "profils particuliers", notamment ceux en situation de handicap. 

Manque de moyens

Une meilleure prise en charge de ces élèves serait envisageable grâce à davantage de moyens, mais ceux-ci manquent cruellement selon Charlotte Laizet, professeure d'histoire-géographie de 42 ans. Un déficit qui ne touche par ailleurs pas que l'Education Nationale. 

Les problèmes qui se posent à l'école se posent dans tous les services publics. On est le reflet des maux de la société. Il y a de moins en moins de moyens. La plupart d'entre nous, si on a choisi ce métier, c'est parce qu'on y croit, parce qu'on veut une école qui permette d'émanciper les élèves, de réduire les inégalités... On n'a plus les moyens de le faire.

Charlotte Laizet, enseignante en histoire-géographie

France 3 Aquitaine

Des évolutions "auxquelles on n'était pas préparés"

Selon Pascal Bourdon, 59 ans, professeur d'histoire-géographie depuis maintenant 37 ans, l'essor des réseaux sociaux a compliqué le processus de socialisation traditionnellement assuré par l'école. "Ces dernières années s'est développée l'individualisation des savoirs par les réseaux sociaux, l'Internet  [...] Désormais, on a des individus de plus en plus autocentrés via les réseaux sociaux, entre autres. Mais nous, on doit faire du collectif. C'est une des évolutions que j'ai vues ces 15, 20, 30 dernières années, auxquelles on était pas préparés." 

Malgré toutes ces difficultés, les professeurs assureront la rentrée, comme chaque année, pour leurs élèves. A l'instar d'Harold Sabourdy 41 ans, lui aussi enseignant en histoire géographie :  "Comme les collègues, on sera devant les classes, demain, avec l'envie de bien faire."

 

 

 

La nature rognée par les marchands.

Par Le 30/08/2022


Le tourisme de masse toujours plus puissant.

Les gens qui décident de vivre et d'habiter en ville ne devraient pas avoir le droit d'en sortir épicétou :)

Dans les zones rurales, on a les inconvénients de l'isolement, des trajets, des déserts médicaux, mais on a la beauté de la nature.

Et on ne va pas envahir les villes quand on a du temps libre.

Ma mémé Crédou, bigoudenne à fort caractère, une femme que j'adorais, avait une phrase très claire et qui s'appliquait à bien des situations :

"A chacun sa merde et les culs seront bien torchés".

Bisous Mémé

 

 

 

"Notre Vercors n'est pas fait pour ça" : un projet immobilier et touristique crée la polémique

 

Publié le 29/08/2022 à 16h08

Écrit par J.M avec Vincent Habran

C'est sur ce terrain, situé à côté des remontées mécaniques du Clos de la Balme, que devrait se situer l'immeuble de cinq étages - août 2022

C'est sur ce terrain, situé à côté des remontées mécaniques du Clos de la Balme, que devrait se situer l'immeuble de cinq étages - août 2022 • © France TV

Grenoble

Isère

Auvergne-Rhône-Alpes

Un ensemble immobilier touristique de près de 135 logements devrait voir le jour d’ici 2025 à Corrençon-en-Vercors. Un projet voulu par la municipalité iséroise mais qui, dans le village, ne fait pas l’unanimité.

C’est un petit village d’à peine 360 habitants qui pourrait bien devenir un haut lieu du tourisme d’ici quelques années. À Corrençon-en-Vercors (Isère), au Clos de la Balme plus exactement, la municipalité souhaite la construction d’un ensemble immobilier de près de 135 logements : 20 logements saisonniers, quelques appartements et chalets en accession à la propriété, et surtout une résidence de tourisme de plus de 90 logements, selon le dossier déposé en préfecture. 

Pour la municipalité, ce projet est avant tout un moyen de diversifier l'offre touristique. "On n’a pas de résidence de tourisme sur Villard-de-Lans et Corrençon-en-Vercors. C’est un problème car on ne peut pas aller chercher des groupes du tour-opérateur ni des séminaires d’entreprises. Alors qu’aujourd’hui plein d’autres stations concurrentes et voisines fonctionnent comme ça, on se prive de cette clientèle qui permet d’amener une régularité sur l’ensemble de la saison," relate Thomas Guillet, le maire sans étiquette de Corrençon-en-Vercors.

Notre Vercors n'est pas fait pour ça

Loïs Habert, opposant au projet

Cette résidence s'ajouterait aux 4 000 lits déjà proposés aux vacanciers dans le village. Les opposants, regroupés en collectif, y voient un projet démesuré. "Le monde change. Il y a des modèles économiques qui existent déjà et d’autres qui n’existaient pas hier et qui existeront demain. Il faut arriver à se projeter sur celui de demain, pas reprendre ce qui s’est déjà fait dans les grandes stations et essayer de l’adapter à notre Vercors qui n’est pas fait pour ça," explique Loïs Habert, un opposant au projet.

D’autant qu’à quelques kilomètres de là, à Villard-de-Lans, un autre projet immobilier suscite la polémique. Au pied des remontées mécaniques, le grand parking devrait bientôt être remplacé par l’Ananda Resort, un complexe hôtelier quatre étoiles de plus de 900 lits.

 

 

Crise du gaz et agriculture

Par Le 30/08/2022

Depuis des décennies, quelques spécialistes du sol alertent sur la dépendance aux engrais et sur leurs effets néfastes.

Eh bien, voilà une crise qui tombe à point nommé.

Il aurait fallu anticiper sur les techniques de conservation et amendement des sols. Sur le long terme, c'est d'une efficacité qui ne peut être contestée. 

On a acheté notre maison il y a un an et demi. Les 4700 mètres carrés de terrain étaient quasiment à l'abandon. La nature s'en donnait à coeur joie. Pas question de faire pousser quoi que ce soit dans cette jungle de ronces, arbustes, orties, arbres, fougères. Dix-sept mois plus tard, on a été obligé d'acheter un deuxième congélateur de 400 litres malgré le fait qu'on donne aux voisins des paniers de légumes.  

Broyat, BRF, compost, paillage, couverture végétale, azonte, carbone, tout est connu, expliqué expérimenté mais ça n'entre pas dans les têtes du milieu agricole qui ne jure que par la mécanisation et l'artificialisation des sols. Désolant. 

AMENDEMENT DES SOLS / 

Lorsqu’il s’agit d’avoir le plus beau des jardins, ou le potager le plus fructueux possible, un certain nombre de questions se posent. En effet, en plus de choisir les variétés de fleurs, arbustes, fruits ou légumes florissant aux périodes souhaitées, il va falloir prendre soin de son sol pour que la pousse soit optimisée. De ce fait, un certain nombre de techniques existent. Tandis que l’arrosage est parfait pour humidifier la terre, celle-ci doit aussi être enrichie pour que votre culture puisse avoir les apports nécessaires. Et dans ce contexte, avez-vous déjà entendu parler d’amendements ? Contrairement aux engrais, qui exercent une action directement sur les plantes, les amendements agissent sur la terre elle-même. Et c’est très pratique ! Naturels, ceux-ci ne vous feront pas risquer d’intoxiquer vos plantes par excès d’ingrédients chimiques.

Il est assez intéressant de savoir que l’amendement permet un travail efficace de la terre. Apportant drainage et aération. Il vous sera très efficace d’entretenir et d’humidifier votre sol grâce à ce humus riche et naturel.

 

 

Europe’s Deepening Fertilizer Crunch Threatens Food Crisis

Crise du gaz, donc des engrais : d'après Fertilizers Europe, 70% de la capacité de production européenne d'engrais est actuellement arrêtée.

"La pénurie d'engrais en Europe s'aggrave : plus des deux tiers des capacités de production ont été interrompues par la flambée des prix du gaz, ce qui menace les agriculteurs et les consommateurs bien au-delà des frontières de la région.

La pression exercée par la Russie sur les livraisons de gaz à la suite de l'invasion de l'Ukraine par Moscou porte préjudice aux industries de toute l'Europe. Mais les fabricants d'engrais sont particulièrement touchés, car le gaz est à la fois une matière première essentielle et une source d'énergie pour le secteur.

Les prix de gros des engrais, qui ont reculé après avoir atteint des sommets pluriannuels à la suite de l'agression de la Russie, sont de nouveau en hausse, les producteurs de l'Union européenne réduisant leurs capacités. Les prix de l'ammoniac en Europe occidentale ont bondi au cours des deux dernières années, selon les données de Green Markets, la société d'analyse des nutriments des cultures de Bloomberg. La raréfaction de l'offre maintiendra les prix à un niveau élevé, menaçant ainsi la productivité, les agriculteurs étant contraints de réduire leur utilisation de ce nutriment essentiel. Cette situation se répercutera sur les consommateurs qui verront l'inflation alimentaire s'accélérer.

"Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait qu'avec l'augmentation continue des prix du gaz naturel, de plus en plus d'usines en Europe seront contraintes de fermer", a déclaré Maximo Torero, économiste en chef de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. "Cela fera passer l'UE du statut d'exportateur clé à celui d'importateur, ce qui exercera une pression accrue sur les prix des engrais et affectera par conséquent la prochaine saison de plantation."

Environ 70 % des capacités sont hors service, selon Fertilizers Europe, qui représente la plupart des producteurs du continent.

"La crise actuelle exige une action rapide et décisive de la part des décideurs européens et nationaux, tant pour le marché de l'énergie que pour celui des engrais", a déclaré Jacob Hansen, directeur général de Fertilizers Europe, dans un communiqué.

Cette semaine, de grands producteurs, dont le norvégien Yara International ASA et CF Industries, ont réduit ou arrêté leur production.

"Nous confirmons que nous réduisons et arrêtons la production de certaines usines d'engrais dans les différents sites de l'UE et ce, pour des raisons économiques", a déclaré un porte-parole de Borealis AG dans une réponse par courriel à des questions.

Dépendance à l'égard de la Russie

Les fabricants d'engrais en Europe ont été le plus durement touchés en raison de la dépendance de la région au gaz russe. L'industrie doit également faire face aux sanctions des États-Unis et de l'Union européenne sur les ventes de potasse en provenance du Belarus et à la décision de la Chine de limiter ses expéditions. Le commerce des nutriments russes a souffert de l'auto-sanction de nombreux expéditeurs, banques et assureurs, ainsi que des difficultés à assurer le service des exportations en provenance de Russie, un gros fournisseur de tous les principaux types de nutriments pour cultures.

L'Europe devenant un importateur net d'engrais, les retombées de la crise de l'offre vont s'étendre. La région commencera à entrer en concurrence avec les nations plus pauvres, notamment en Afrique, où l'insécurité alimentaire est exacerbée par des sécheresses et des conflits persistants.

Des millions de personnes en Afrique sont déjà confrontées à la famine et, selon l'Association internationale des engrais, la baisse prévue de 7 % des engrais dans le monde la saison prochaine, soit la plus forte baisse depuis 2008, pourrait entraîner une diminution des récoltes. Les petits exploitants agricoles dans les économies fragiles seront les plus vulnérables, a déclaré Laura Cross, directrice de l'information commerciale de l'association.

"Les fermetures d'usines d'azote en Europe ne sont pas simplement un problème en Europe", a-t-elle déclaré. "La réduction de l'offre à l'échelle observée cette semaine augmente non seulement le coût marginal de production des engrais azotés, mais resserrera également le marché mondial, ce qui exercera une pression sur la disponibilité des nutriments végétaux en Europe et au-delà."

Nous voyons déjà les prix augmenter à nouveau ailleurs. À la Nouvelle-Orléans, le prix de l'urée, un engrais azoté courant, a augmenté de plus de 20 % en prix hebdomadaires vendredi, soit la plus forte hausse depuis mars, quelques semaines après le début de la guerre, selon Green Markets.

L'Afrique doit devenir autosuffisante en matière d'engrais, déclare Agnes Kalibata, présidente de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique, une coalition agricole du continent.

"Lorsque des défis comme celui-ci se produisent, la question est de savoir si nous avons la capacité de construire des usines d'engrais en Afrique, car investir dans les engrais est une évidence", a-t-elle déclaré dans une interview.

La fermeture des usines d'ammoniac en Europe a également un impact direct sur d'autres types d'approvisionnement en engrais, a déclaré Alexis Maxwell, analyste chez Green Markets. L'ammoniac est utilisé comme intrant pour fabriquer la plupart des produits finis d'engrais.

"L'Europe a besoin d'engrais et l'importation est sa meilleure option, mais ce sera un défi logistique important", a déclaré M. Maxwell. "La capacité mondiale de réserve d'azote est serrée après deux années de forte hausse de la demande." "

(publié par Cyrus Farhangi, traduction par DeepL)

"Où va le Brésil ?"

Par Le 30/08/2022

 

Ce titre montre l'état de conscience des individus au regard de la planète. Ce que cette jeune femme défend au Brésil, ne concerne pas que ce pays mais l'ensemble de la planète. En premier point parce que la déforestation considérable que subit la forêt amazonienne a un effet planétaire et deuxièmement parce que ce combat est le même dans bien d'autres lieux du monde (Indonésie, Colombie, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, tous ces états qui ont des surfaces considérables de forêts et qui les exploitent de façon outrancière. 

Donc, ce que dénonce cet article n'est pas qu'un problème du Brésil.

 

Série « Où va le Brésil ? »

Épisode 5/5 : Txaï Surui ou la lutte indigène pour défendre l’environnement

 

 

Vendredi 26 août 2022

ÉCOUTER (4 MIN)

Txaï Surui, militante brésilienne pour l'environnement, devant le Musée de demain, à Rio de Janeiro. ©Radio France - Gilles Gallinaro

Le zoom de la rédaction

Provenant du podcast Le zoom de la rédaction

CONTACTER L'ÉMISSION

Résumé

Chercheurs d’or, trafiquants de bois, éleveurs de bétails envahissent chaque jour un peu plus les territoires indigènes. Txaï Surui, qui a porté la parole des peuples autochtones lors des discours d’inauguration de la COP 26, est aujourd’hui la cible de menaces et de harcèlement.

En savoir plus

Le 1er novembre 2021, à l’âge de 24 ans, cette étudiante en droit du peuple Surui est la seule à prendre la parole pour le Brésil, lors de la conférence pour le climat de Glasgow. « Mon ami d’enfance a été tué pour protéger la forêt, les indigènes sont sur le front du réchauffement climatique. » La voix tremblante, Txaï Surui témoigne et s’adresse au reste du monde : « Nous avons des idées pour retarder la fin du monde. »

À sa descente de l’estrade, ce jour-là, Txaï Surui comprend que cette nouvelle visibilité l’exposera pour le meilleur et pour le pire : « Un homme est venu me voir, il a tenté de m’intimider en me disant qu’il ne fallait pas que je parle mal du Brésil. On a ensuite découvert que cette personne travaillait au ministère de l’environnement. »

Cette vie sous pression constante, Txaï y est habituée. Son père Almir, chef de la communauté, et sa mère Neidinha militent depuis des décennies pour défendre leur terre. « Quand j’avais 14 ans, 15 ans, on a vécu un an sous protection permanente des forces armées, à cause des menaces qui pesaient sur mes parents et nous. »

Protégée il y a dix ans, aujourd’hui Txaï ne l’est plus. Depuis son discours, elle est même devenue la cible de harcèlement : « Aujourd’hui encore, regardez, sur Instagram, ils publient des fake news sur moi. C’est un compte bolsonariste avec 200 000 abonnés, ils utilisent tout pour décrédibiliser mon discours. Je reçois beaucoup de messages racistes, beaucoup de messages de haine. »

Élevages illégaux

Des menaces virtuelles, tant qu’elle reste loin sa région, le Rondonia. Cet État brésilien est l’une des plaques tournantes de la vente illicite de bœuf. Un trafic que Txaï dénonce : « Rien que sur une petite partie de notre territoire, on a repéré un élevage de 6 000 têtes de bétail, illégal, et vous savez où part toute cette viande ? interroge-t-elle. En France ! Elle est destinée à la chaine de supermarché Casino. »

Depuis deux ans, les associations avec lesquelles elle travaille, multiplient les procédures contre l’entreprise brésilienne JBS, le leader mondial du commerce de viande bovine : « Tous les éleveurs savent comment frauder sur l’origine du bétail et le vendre à JBS. Ils nourrissent les bœufs sur une terre indigène, quand ils veulent vendre les bêtes, ils les transfèrent sur d’autres parcelles pour que la traçabilité de cette viande soit en règle. »

Héritière désignée par son peuple pour défendre la préservation de son territoire, Txaï sait qu’elle se dresse face à système puissant et articulé : « Comment fonctionne la destruction de la forêt ? interpelle-t-elle. D’abord, ils déboisent, ensuite ils brûlent, ils font entrer le bétail et quand la terre devient trop pauvre, ils plantent le soja. »

"Victimes d’une guerre invisible"

Une politique extractiviste et productiviste défendue au Congrès brésilien par le front parlementaire du BBB (Bible, Balle et Bœuf), les élus évangéliques, les mouvements pro-armes et les représentants de l’agro-négoce. Des réseaux d’influence contre lesquels les communautés indigènes sont en guerre : « Nous sommes victimes d’attaques menées par l’agrobusiness, par des gens qui nous envahissent, 20 000 chercheurs d’or dans le nord qui détruisent la forêt, qui violent les femmes et ça n’est pas une guerre ? Des personnes qui meurent, qui disparaissent et ce n’est toujours pas une guerre ? Nous sommes victimes d’une guerre invisible. »

Dans cette guerre invisible, pour mener ses combats, Txaï Surui sait aussi qu’elle doit finir ses études de droit : « Je sais, je sais, sourit-elle. On dirait ma mère ! Il me manque six mois pour finir la fac, mais c’est très important parce que les bolsonaristes présentent des projets de loi qui autorisent l’exploitation des terres indigènes. Aujourd’hui, on voit que le travail des avocats indigènes fait la différence devant la Cour suprême. Notre chemin de lutte passe par la justice donc je vais terminer mes études, mais en ce moment c’est compliqué. »

En cette année électorale, Txaï répond aux sollicitations, enchaîne les conférences. À Rio, où nous la rencontrons, à peine revenue de Suède, elle dit que son peuple lui manque mais avoue qu’elle est aujourd’hui bien plus en sécurité loin de ses terres. Loin des « capangas », les équipes de sécurité privées des éleveurs de bétail.

Les étoiles du plateau de Millevaches

Par Le 30/08/2022

 

Corrèze : le plateau de Millevaches devient une réserve de ciel étoilé

 

Publié le 30/08/2022 16:15

Corrèze : le plateau de Millevaches devient une réserve de ciel étoilé

Article rédigé par

M.Lassaga, F.Guinle, F.Fort Images drone : l’Atelier Duho - France 2

France Télévisions

13 Heures

Édition du mardi 30 août 2022

Le plateau de Millevaches, situé en Corrèze, est préservé de la pollution lumineuse. Grâce à une qualité de ciel exceptionnelle, il est classé réserve de ciel étoilé, un label rare. 

En Corrèze, le plateau de Millevaches est idéal pour des touristes qui cherchent la tranquillité.

(Cette phrase contient une énorme contradiction : le tourisme tue la tranquillité et si je mets cet article malgré ce que je pense du tourisme, c'est pour montrer justement à quel point les medias ont un impact néfaste sur des lieux préservés. Q'ils se contentent de faire de la pub pour Paris et les Center parcs, ça sera très bien.)

L'étendue préservée est située loin des lumières de la ville, ce qui permet d'observer les étoiles dans le ciel. Le plateau de Millevaches est classé comme réserve de ciel étoilé, il fait partie des 19 sites labellisés dans le monde. "Pour être réserve de ciel étoilé, il faut être exempt de pollution lumineuse, ce qui est quasiment notre cas ici", décrit Violette Janet-Wioland, chargée de mission au Parc naturel régional du plateau de Millevaches (Corrèze). 

Une biodiversité préservée grâce à la nuit noire 

Les communes du plateau ont investi dans des LED et dès 22 heures, les lumières s'éteignent dans les rues. "Nous avons juste conservé quelques points lumineux, qui sont dits sécuritaires, à des carrefours notamment", détaille Philippe Brugère, maire de Meymac (Corrèze). Sur le plateau, la nuit noire aide à préserver la biodiversité. Le rythme biologique de la faune et de la flore n'est pas impacté par une barrière lumineuse.  (Voilà la deuxième raison de la mise en ligne de l'article sur mon blog : l'éclairage des rues n'est aucunement une nécessité et son abandon est accepté par les populations locales qui regardent un peu plus loin que la "tradition" ou l'habitude. Effectivement, sur le plateau, les locaux ont bien compris que le bien-être des chauve-souris, par exemple, est plus important que le fait d'éclairer des rues.)

Révolte paysanne

Par Le 28/08/2022

 

Peut être une image de fruit et texte qui dit ’VENDANGES SAUVAGES DANS LES VIGNES DE BERNARD ARNAULT CONTRE L 'ACCAPAREMENT DES TERRES’

 

Peut être une image de 3 personnes et texte qui dit ’LA TERRE AUX PAYSAN-NES L'accaparement foncier agricole etla spéculation dans disparition. groupe LVMH pour des exorbitants. acheté deux mains provient une Domaine l'une vendange REPRENONS À LA FINANCE LA TERRE Esclans Bernard Arnault. travers une foncièrep pour: Protéger terres agricoles contre aparement mode face Pour une viticulture paysanne! affaires Confidération @dsa615t LES VENDANGES DE LA COLÈRE’

Un mouvement qui va prendre de l'ampleur. Les raisons sont multiples. L'avenir du monde paysan et de l'autonomie alimentaire, une alimentation de qualité cette fois, du pays passera par là ou ne se fera pas. 

 

VENDANGES SAUVAGES CHEZ BERNARD ARNAULT

– « La terre au paysans » : une action contre l'accaparement des terres –

Ce dimanche 28 aout, des vendanges particulières ont eu lieu dans le Var. Particulières parce qu'elles ont lieu sur une parcelle de vignes rachetés par le milliardaire Bernard Arnault et son empire du luxe LVMH. Sur le terrain du château d’Esclans, il y produit du vin baptisé « Whispering Angel », l'un des rosés les plus chers du monde.

Particulières aussi parce qu'il s’agit de vendanges sauvages.300 personnes se sont rendues au milieu des vignes à l'appel de la Confédération Paysanne et des Soulèvements de la Terre, pour protester contre l'accaparement des terres agricoles par une minorité de privilégiés.

En effet, c'est une concentration silencieuse qui a lieu à l'écart des villes. D’ici 10 ans, la moitié des terres agricoles vont changer d’exploitant·e car les agriculteurs partent en retraite. C'est donc un sujet crucial : dans quelles mains iront ces terres ? Seront-elles redistribuées à des petits paysans ou à de gros propriétaires fonciers qui y pratiqueront une agriculture productiviste et polluante ?

Les données du recensement agricole sont sans appel : en 2000, la surface moyenne des exploitations était de 42 hectares. 10 ans plus tard, elle était de 55 hectares. En 2020, elle est de 69 hectares. Un quasi doublement en 20 ans. Ces 10 dernières années, le nombre de fermes a reculé de 21%. Cela veut dire que les terres sont moins bien réparties : elles appartiennent à un nombre plus petit de gros exploitants. C'est de la concentration foncière, au profit de gros acteurs comme LVMH. En 10 ans, le nombres d’emplois agricoles a reculé de 11%, soit une perte de 81000 emplois. Le monde paysan déjà affaibli disparaît au profit d'accapareurs et d'agro-industriels.

« On reprend la terre et ses fruits ! » répond le collectif Les Soulèvements de la Terre, après la récolte de ce matin. Les vendangeurs et vendangeurs sont allé presser le raisin fraichement cueilli, pour en faire une cuvée spéciale ! Elle servira à soutenir la lutte pour protéger les têtes agricoles, empêcher leur accaparement et pour une viticulture paysanne.

Selon les premiers avis, cette cuvée s'annonce déjà « très réussie ». Santé !

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Solidaire

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Bouli Lanners

Par Le 28/08/2022

J'adore l'acteur et je suis admiratif de l'homme engagé. 

« Moi, je suis décroissant parce qu’il y a une équation qu’on ne peut pas résoudre avec la croissance. On le sait ! On a dépassé les pics d’exploitation de tous les minerais. On a tout épuisé. C’est pas qu’il faut mettre le frein à main, c’est qu’il faut faire marche arrière ! »

 

 

Bouli Lanners : l’acteur écolo sort du bois

 

Bouli Lanners : l'acteur écolo sort du bois

Le comédien et réalisateur belge, habitué des seconds rôles de films indépendants, est à l’affiche de la nouvelle saison d’Hippocrate, diffusé sur Canal + depuis le 5 avril. Il a reçu Reporterre chez lui, tout en malice et militantisme.

Liège (Belgique), reportage

Devant le portail, un pickup noir et beaucoup d’autocollants à l’arrière. L’un d’eux attire particulièrement le regard. Dans un cercle jaune, une tête de mort noire rappelle le symbole de la radioactivité. Au-dessus, trois lettres, « RAN », pour « Réveil antinucléaire ».

« Montez, c’est en haut des marches. » Bouli Lanners nous ouvre les portes de sa maison, sur une colline qui surplombe la gare de Liège, en Belgique. « Bouli », parce qu’il est hors de question qu’on le vouvoie, nous a-t-il fait comprendre au téléphone avant que nous prenions la route. Le comédien francophone nous attend les mains dans les poches, chemise épaisse à carreaux bleu sombre et rouge, bonnet noir, l’air rieur.

Bouli sur sa colline qui surplombe le centre-ville de Liège.

« On va se poser dehors, ça ne vous embête pas ? » Il fait 7 °C… Le comédien — alias Olivier Brun dans la saison 2 d’Hippocrate (sortie le 5 avril dernier), médecin en chef des urgences et gestionnaire de crise hors-pair — est hypocondriaque. « J’ai pas peur de me couper un bras, mais les virus, j’aime pas trop. Pour moi, c’était très très dur cette année. »

Il pose trois énormes plaids sur la table en teck, allume le poêle à bois « pour chauffer les petits pieds » et file préparer une tisane. À ses trousses, Gibus et Texas, ses deux « gosses », deux border terriers, dont le jeu préféré consiste à se disputer les « cucuches », des petits cochons en plastiques tout mordillés, disséminés partout dans le jardin. « J’ai fait un transfert. Si j’avais des gosses, je serais super casse-couilles, j’ai trop peur, je suis inquiet tout le temps. »

Texas, sa petite border terrier, s’est aventurée dans le bois qui lui est normalement interdit : « Mes chiens ont tendance à vouloir courser les renards. »

Bouli et Élise, sa femme, ont acheté cette maison il y a dix ans. Avant ça, ils ont habité vingt ans à bord d’une péniche sur les bords du canal de l’Ourthe (à Liège aussi). Sur les berges, avec leurs voisins, ils ont planté des arbres et se sont installés comme dans un village, mais illégalement : les chemins de halage sont publics. Le couple a ensuite recherché un environnement plus durable et vert.

« On a 10 000 m² de terrain en ville qui ne seront jamais construits ! »

Le barbu sort le bras de son plaid et montre le sommet de la colline : « Après la maison, j’ai acheté le bois puis les terrains autour pour pouvoir préserver un maximum de surface. Et mon voisin, sur la colline en face, a fait la même chose. Donc, on a 10 000 m² de terrain en ville qui ne seront jamais construits, j’ai mis tout mon argent dedans ! »

Bouli à l’entrée de son bois.

Pourquoi autant de surface ? Pour « rien » ! Il articule fort. Ce « rien », c’est la biodiversité, les pipistrelles (chauve-souris) qui nichent en bas de son jardin, les arbres, et, surtout, le regard des promoteurs immobiliers : « Ils ne comprennent pas. Je le vois dans leurs yeux. Ils me regardent et me demandent :
— Mais, vous allez en faire quoi ?
— Rien !
Et là, je vois le vide, et j’adore ce moment. Il vaut toutes les thunes que j’ai mises dans ce terrain ! »

« Au moins je peux acheter les bouts de terrain autour de chez moi et appliquer à 56 balais des choses qui me hantent depuis que je suis tout petit. » À cet âge, Bouli l’avoue, il était très sensible, presque maladif face à l’artificialisation des terres. Il lançait déjà des débats avec ses parents et personne ne le comprenait. Alors le petit Philippe — Bouli est un surnom — se réfugiait dans la forêt. Le village où il a grandi, La Calamine (Kelmis en allemand), dans la région germanophone, se situe aux confins de la Belgique, de l’Allemagne et des Pays-Bas. « Mon père était douanier, ma mère faisait les ménages et était ouvrière saisonnière en Allemagne. Elle passait tous les jours la frontière en voyant mon père au poste et moi pour aller à l’école, je passais par les bois, la Hollande et l’Allemagne. »

Portrait de l’acteur et détail sur ses mains tatouées : « J’en ai sur tout le corps, je dois finir le dos, mais ça fait un mal de chien. »

Son premier voyage à vélo à treize ans a signé le début de la liberté : deux semaines à sillonner les Ardennes, seul avec sa gourde et ses premières cigarettes. Aujourd’hui avec Élise, ils parcourent la Belgique et la France à pied, munis de cartes IGN, avec une certaine attirance pour les chemins privés. « Tu fais une rando, t’as un chemin tracé puis là, tu tombes sur une pancarte, “propriété privée”, mais c’est par là que la nature voudrait que je continue mon chemin ! Le gibier passe bien, lui. » Et d’ajouter, le regard joueur : « Moi, je conseille à tout le monde : allez dans les propriétés privées ! Sauf en période de chasse ! »

L’acteur a galéré pendant des années avant de pouvoir vivre du cinéma. « Ça fait dix ans que ça marche bien, mais avant ça, y’a eu des années noires. » Il a survolé la période des trente ans, quand tous les copains se marient, font des enfants et que « toi t’as rien », la vie dans une « cabane en plein centre de Liège » : « Je sais ce que ça veut dire d’être pauvre ! »

Peintre contrarié après s’être fait renvoyer des Beaux-Arts, il a repris intensément le pinceau pendant le confinement. Un galeriste lui a déjà proposé une exposition, mais on ne lui fait pas : « Je sais très bien que c’est parce que je suis Monsieur Bouli Lanners, de toute façon je refuse de vendre mes tableaux. »

À ce moment-là de la discussion, il neige à gros flocons sur la terrasse. Notre hôte, imperturbable, a déployé le parasol. « Moi, je suis décroissant parce qu’il y a une équation qu’on ne peut pas résoudre avec la croissance. On le sait ! On a dépassé les pics d’exploitation de tous les minerais. On a tout épuisé. C’est pas qu’il faut mettre le frein à main, c’est qu’il faut faire marche arrière ! »

« C’est plus facile d’intégrer la fin du monde que d’intégrer la fin du capitalisme »

À ce moment-là, Bouli parle vite. Son ton rappelle celui de ses coups de gueule vidéo Instagram contre la consultation populaire décidée en pleine pandémie sur l’avenir des déchets nucléaires ou en soutien au personnel soignant. Le « mec du XXᵉ siècle, pas du XXIᵉ » méprise le mythe des nouvelles technologies providentielles censées nous sauver de l’effondrement, cette vieille idée de la modernité. « Mais aujourd’hui, c’est plus facile d’intégrer la fin du monde que d’intégrer la fin du capitalisme. »

Bisous avec Texas.

Une heure que l’on est dehors, l’eau s’amoncelle sur le parasol et les gouttes nous tombent dans le dos. Bouli se lève et nous propose de rejoindre son antre. Au bout du couloir trône son bureau, un meuble imposant en bois massif. Dans un coin de la pièce, les affiches de ses longs métrages, ceux qu’il a réalisés : Eldorado (2008), Les Géants (2011) et Les Premiers, les Derniers (2016). « C’est un temps pour un whisky, vous en voulez un ? J’ai trois cents bouteilles, on a le choix. » Il est 15 heures, on accepte.

C’est dans cette pièce qu’il a passé la soirée de lancement d’Hippocrate 2, seul, début avril. En temps normal, il aurait partagé un scotch avec toute l’équipe de tournage et couru les plateaux télé. Mais là, rien. Il a répondu aux interviews à distance. « Vous êtes les premiers que je vois. » Personne ne parle de la série en Belgique, elle n’y est toujours pas sortie. Mais lors de notre entretien, posé sur le canapé capitonné, le portable n’arrête pas de sonner. « Des textos, des messages Facebook, Instagram… Ça touche un public qui ne me connaissait pas. Donc le premier jour où j’étais là, tout seul avec ma bouteille de whisky, c’est loin. Maintenant, je suis avec ma bouteille de whisky et toute la France ! »

La Couverture Chauffante, c’est le nom qu’il a donné à son atelier de peinture, qu’il compte aussi convertir en bar pour ses copains. À la carte ? Son propre whisky, qu’il va bientôt récupérer après dix ans de fermentation ou son Vermouth dont il ramène une bouteille à sa femme pour le cocktail du soir.

Son personnage, Olivier Brun, est central dans la saison 2. Le service des urgences en proie à de violentes inondations dès les premières secondes du premier épisode, doit déménager et squatter le service de médecine interne. Les allées de l’hôpital débordent, c’est la panique tout le temps. Le tournage a eu lieu à l’hôpital Robert-Ballanger d’Aulnay-sous-Bois. « Jamais vécu dans un aussi petit décor avec autant de bienveillance de la part de tout le monde, dans une période où tu es censé te méfier de l’autre. »

Le tournage de la série a commencé en janvier 2020, puis l’équipe a fait une pause, comme tout le monde, pendant le premier confinement. Thomas Lilti, le réalisateur de la série, initialement médecin, a remis sa blouse blanche et rejoint un service Covid. Bouli, lui, a perdu trois de ses amis à cause de la pandémie. « Une année de merde. Et en même temps, la période de confinement, avec ce printemps exceptionnel, fait que j’ai pu terminer tout ce que je voulais faire depuis très longtemps dans mon jardin. » Des terrasses pour son potager sur la colline, apprendre à conserver ses légumes pour l’hiver et se remettre à la peinture pour la première fois depuis 27 ans, quand il était aux Beaux-Arts.

Son potager pour lequel il fait des terrasses, car rien n’est plat sur la petite colline de son jardin.

Alors qu’aujourd’hui tout décolle, l’acteur a envie de calmer le jeu. Et de se concentrer sur l’essentiel. Bouli Lanners a lui aussi chopé le virus de l’oisiveté en mars 2020. « Je suis un privilégié, ma maison est payée, je n’ai pas de dette, du coup, avec ce rythme beaucoup moins soutenu, je me suis dit, c’est terminé, je ne travaille plus que six mois dans l’année. »

Le zozo et les abeilles

Ses projets ? Le potager, les abeilles et les poules, qui arrivent bientôt. Pour le cinéma, deux tournages l’été prochain, dont un avec l’équipe de Groland, puis des cours à l’Insas, l’école de cinéma de Bruxelles, Hippocrate 3 — « si c’est Lilti aux manettes » — et l’adaptation de Nature humaine, un roman de Serge Joncour. « J’ai accepté cette proposition parce que, pour la première fois, ça touche à quelque chose de plus politique pour moi. » C’est l’histoire d’un paysan amoureux de la nature dans le Lot entre 1976 et 1999. Dans la ferme familiale, il va suivre tout ce que la société lui impose : l’élevage toujours plus intensif, les contrats avec les industriels. « Tout le monde le prend pour un zozo, comme moi quand j’étais petit. Je me dis que j’aurais dû être plus actif avant. »

Le chemin qui mène à son atelier.

Depuis un an, et la crise du Covid-19, le citoyen Bouli réalise que la Belgique ne tourne pas rond. Sa structure politique est « si complexe qu’en cas de crise majeure, ça ne marche pas. La première semaine de la crise, le débat ne reposait pas sur comment régler le problème, mais sur qui était compétent pour le régler ! On peut gérer des affaires courantes mais pas un accident exceptionnel. Alors, qu’est-ce qui se passerait en cas d’accident nucléaire ? » C’est dans ce combat aussi que Bouli met beaucoup d’énergie depuis quelques années. Le réalisateur a passé une semaine à Bure, dans la Meuse, près des opposants au projet Cigéo de « poubelle nucléaire » et observé la répression sur place. Il admire le courage de celles et ceux « qui ont tout abandonné pour cette lutte et vivent dans les bois depuis deux ans ». Il a été témoin de la pression quotidienne des forces de l’ordre, des charges aussi  : « C’est la plaine, tu arrives au-dessus d’une colline, et là, toute une rangée de mecs habillés en noir. Les flics. J’ai vu vraiment des images comme dans Braveheart. Des combats comme dans les films de chevaliers. Il y a eu des ratonnades sévères. »

Depuis cinq ans, avec d’autres copains, il a créé le RAN. RAN pour « Réveil antinucléaire ». La tête de mort en autocollant à l’arrière du pick-up. « On est dans le côté dark du truc. On est moins autorisés que d’autres associations. » Bouli dégaine deux casquettes de sa réserve — le même crane noir et jaune pour effigie — et lance avec malice : « Tenez, vous allez repartir avec. »

Dans son atelier il ne voit pas le temps passer. Parfois Élise l’appelle pour lui rappeler que ça fait plus de dix heures qu’il n’a pas mangé. Sur d’immenses toiles carrées, il peint les horizons et la lumière du nord. Elles rappellent les grands espaces de ses films, les lignes et la perspective d’« Eldorado » ou « Des Premiers les Derniers » avec Albert Dupontel.

Filmographie :

Hippocrate saison 2 (2021)

Effacer l’historique (2020)

Petit Paysan (2017)

Les premiers, les derniers (2016)

9 mois ferme (2012)

De rouille et d’os (2012)

Le grand soir (2011)

Louise-Michel (2008)

Mort de rire

Par Le 27/08/2022

Oui, bon, le titre est ironique. Mais franchement le tout électrique quand on connaît un peu les restrictions à venir au regard du changement climatique, il y a de quoi rire. Il n'y aura pas assez de terres rares, il n'y aura pas assez de composants électroniques, il n'y aura pas assez de bornes de recharge et mieux que tout, il n'y aura pas assez d'électricité disponible.

 

 

En Chine, la canicule met KO les stations de recharge Tesla

 

Olivier Cottrel

Dans Ecologie / Electrique / Véhicules électriques

Olivier Cottrel Le 26/08/2022 à 16:30

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Marqué par plusieurs épisodes de canicule en France, l’été a été particulièrement chaud pour toute la planète. Conséquence de cette vague de chaleur inédite, en Chine, plusieurs infrastructures de recharge pour véhicules électriques ont été contraintes de stopper leur activité.

 

Certaines stations de recharge Tesla sont à l'arrêt pour rationner l'énergie disponible.

Certaines stations de recharge Tesla sont à l'arrêt pour rationner l'énergie disponible.

Il a fait très chaud un peu partout dans le monde tout l’été. Marquée par cette vague de chaleur et de sécheresse, la Chine a connu des températures inédites, dépassant parfois 45 °C par endroits.

Une situation critique, particulièrement dans la région du Sichuan, qui oblige les autorités chinoises à rationner l’électricité. Des mesures qui touchent notamment le fabricant de batteries CATL, qui alimente les constructeurs automobiles Toyota et Volkswagen, et dont le site de production a été mis à l’arrêt quelques jours.

Autre conséquence du rationnement de l’électricité, le gouvernement du Sichuan a ordonné à plusieurs opérateurs de bornes électriques d’interrompre leurs services. Une demande expresse qui concerne une quinzaine de stations de recharge Tesla, et plusieurs stations de l’opérateur Nio. Seuls deux superchargers Tesla ont eu l’autorisation de poursuivre leur activité, et encore, seulement la nuit.

La région chinoise du Sichuan, dont 80 % de l’électricité est produite par des barrages hydrauliques, connaît une fin d’été particulièrement critique, marquée par une sécheresse sans précédent qui affecte toute l’industrie et l’économie de la Chine.

Une situation inédite qui risque de se renouveler dans le futur, alors même que les gouvernements poussent à la généralisation de la mobilité électrique.

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