Articles de la-haut
Crise du gaz et agriculture
Depuis des décennies, quelques spécialistes du sol alertent sur la dépendance aux engrais et sur leurs effets néfastes.
Eh bien, voilà une crise qui tombe à point nommé.
Il aurait fallu anticiper sur les techniques de conservation et amendement des sols. Sur le long terme, c'est d'une efficacité qui ne peut être contestée.
On a acheté notre maison il y a un an et demi. Les 4700 mètres carrés de terrain étaient quasiment à l'abandon. La nature s'en donnait à coeur joie. Pas question de faire pousser quoi que ce soit dans cette jungle de ronces, arbustes, orties, arbres, fougères. Dix-sept mois plus tard, on a été obligé d'acheter un deuxième congélateur de 400 litres malgré le fait qu'on donne aux voisins des paniers de légumes.
Broyat, BRF, compost, paillage, couverture végétale, azonte, carbone, tout est connu, expliqué expérimenté mais ça n'entre pas dans les têtes du milieu agricole qui ne jure que par la mécanisation et l'artificialisation des sols. Désolant.
AMENDEMENT DES SOLS /
Lorsqu’il s’agit d’avoir le plus beau des jardins, ou le potager le plus fructueux possible, un certain nombre de questions se posent. En effet, en plus de choisir les variétés de fleurs, arbustes, fruits ou légumes florissant aux périodes souhaitées, il va falloir prendre soin de son sol pour que la pousse soit optimisée. De ce fait, un certain nombre de techniques existent. Tandis que l’arrosage est parfait pour humidifier la terre, celle-ci doit aussi être enrichie pour que votre culture puisse avoir les apports nécessaires. Et dans ce contexte, avez-vous déjà entendu parler d’amendements ? Contrairement aux engrais, qui exercent une action directement sur les plantes, les amendements agissent sur la terre elle-même. Et c’est très pratique ! Naturels, ceux-ci ne vous feront pas risquer d’intoxiquer vos plantes par excès d’ingrédients chimiques.
Il est assez intéressant de savoir que l’amendement permet un travail efficace de la terre. Apportant drainage et aération. Il vous sera très efficace d’entretenir et d’humidifier votre sol grâce à ce humus riche et naturel.

Crise du gaz, donc des engrais : d'après Fertilizers Europe, 70% de la capacité de production européenne d'engrais est actuellement arrêtée.
"La pénurie d'engrais en Europe s'aggrave : plus des deux tiers des capacités de production ont été interrompues par la flambée des prix du gaz, ce qui menace les agriculteurs et les consommateurs bien au-delà des frontières de la région.
La pression exercée par la Russie sur les livraisons de gaz à la suite de l'invasion de l'Ukraine par Moscou porte préjudice aux industries de toute l'Europe. Mais les fabricants d'engrais sont particulièrement touchés, car le gaz est à la fois une matière première essentielle et une source d'énergie pour le secteur.
Les prix de gros des engrais, qui ont reculé après avoir atteint des sommets pluriannuels à la suite de l'agression de la Russie, sont de nouveau en hausse, les producteurs de l'Union européenne réduisant leurs capacités. Les prix de l'ammoniac en Europe occidentale ont bondi au cours des deux dernières années, selon les données de Green Markets, la société d'analyse des nutriments des cultures de Bloomberg. La raréfaction de l'offre maintiendra les prix à un niveau élevé, menaçant ainsi la productivité, les agriculteurs étant contraints de réduire leur utilisation de ce nutriment essentiel. Cette situation se répercutera sur les consommateurs qui verront l'inflation alimentaire s'accélérer.
"Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait qu'avec l'augmentation continue des prix du gaz naturel, de plus en plus d'usines en Europe seront contraintes de fermer", a déclaré Maximo Torero, économiste en chef de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. "Cela fera passer l'UE du statut d'exportateur clé à celui d'importateur, ce qui exercera une pression accrue sur les prix des engrais et affectera par conséquent la prochaine saison de plantation."
Environ 70 % des capacités sont hors service, selon Fertilizers Europe, qui représente la plupart des producteurs du continent.
"La crise actuelle exige une action rapide et décisive de la part des décideurs européens et nationaux, tant pour le marché de l'énergie que pour celui des engrais", a déclaré Jacob Hansen, directeur général de Fertilizers Europe, dans un communiqué.
Cette semaine, de grands producteurs, dont le norvégien Yara International ASA et CF Industries, ont réduit ou arrêté leur production.
"Nous confirmons que nous réduisons et arrêtons la production de certaines usines d'engrais dans les différents sites de l'UE et ce, pour des raisons économiques", a déclaré un porte-parole de Borealis AG dans une réponse par courriel à des questions.
Dépendance à l'égard de la Russie
Les fabricants d'engrais en Europe ont été le plus durement touchés en raison de la dépendance de la région au gaz russe. L'industrie doit également faire face aux sanctions des États-Unis et de l'Union européenne sur les ventes de potasse en provenance du Belarus et à la décision de la Chine de limiter ses expéditions. Le commerce des nutriments russes a souffert de l'auto-sanction de nombreux expéditeurs, banques et assureurs, ainsi que des difficultés à assurer le service des exportations en provenance de Russie, un gros fournisseur de tous les principaux types de nutriments pour cultures.
L'Europe devenant un importateur net d'engrais, les retombées de la crise de l'offre vont s'étendre. La région commencera à entrer en concurrence avec les nations plus pauvres, notamment en Afrique, où l'insécurité alimentaire est exacerbée par des sécheresses et des conflits persistants.
Des millions de personnes en Afrique sont déjà confrontées à la famine et, selon l'Association internationale des engrais, la baisse prévue de 7 % des engrais dans le monde la saison prochaine, soit la plus forte baisse depuis 2008, pourrait entraîner une diminution des récoltes. Les petits exploitants agricoles dans les économies fragiles seront les plus vulnérables, a déclaré Laura Cross, directrice de l'information commerciale de l'association.
"Les fermetures d'usines d'azote en Europe ne sont pas simplement un problème en Europe", a-t-elle déclaré. "La réduction de l'offre à l'échelle observée cette semaine augmente non seulement le coût marginal de production des engrais azotés, mais resserrera également le marché mondial, ce qui exercera une pression sur la disponibilité des nutriments végétaux en Europe et au-delà."
Nous voyons déjà les prix augmenter à nouveau ailleurs. À la Nouvelle-Orléans, le prix de l'urée, un engrais azoté courant, a augmenté de plus de 20 % en prix hebdomadaires vendredi, soit la plus forte hausse depuis mars, quelques semaines après le début de la guerre, selon Green Markets.
L'Afrique doit devenir autosuffisante en matière d'engrais, déclare Agnes Kalibata, présidente de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique, une coalition agricole du continent.
"Lorsque des défis comme celui-ci se produisent, la question est de savoir si nous avons la capacité de construire des usines d'engrais en Afrique, car investir dans les engrais est une évidence", a-t-elle déclaré dans une interview.
La fermeture des usines d'ammoniac en Europe a également un impact direct sur d'autres types d'approvisionnement en engrais, a déclaré Alexis Maxwell, analyste chez Green Markets. L'ammoniac est utilisé comme intrant pour fabriquer la plupart des produits finis d'engrais.
"L'Europe a besoin d'engrais et l'importation est sa meilleure option, mais ce sera un défi logistique important", a déclaré M. Maxwell. "La capacité mondiale de réserve d'azote est serrée après deux années de forte hausse de la demande." "
(publié par Cyrus Farhangi, traduction par DeepL)
"Où va le Brésil ?"
Ce titre montre l'état de conscience des individus au regard de la planète. Ce que cette jeune femme défend au Brésil, ne concerne pas que ce pays mais l'ensemble de la planète. En premier point parce que la déforestation considérable que subit la forêt amazonienne a un effet planétaire et deuxièmement parce que ce combat est le même dans bien d'autres lieux du monde (Indonésie, Colombie, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, tous ces états qui ont des surfaces considérables de forêts et qui les exploitent de façon outrancière.
Donc, ce que dénonce cet article n'est pas qu'un problème du Brésil.
Épisode 5/5 : Txaï Surui ou la lutte indigène pour défendre l’environnement
Vendredi 26 août 2022
ÉCOUTER (4 MIN)
Txaï Surui, militante brésilienne pour l'environnement, devant le Musée de demain, à Rio de Janeiro. ©Radio France - Gilles Gallinaro

Provenant du podcast Le zoom de la rédaction
CONTACTER L'ÉMISSION
Résumé
Chercheurs d’or, trafiquants de bois, éleveurs de bétails envahissent chaque jour un peu plus les territoires indigènes. Txaï Surui, qui a porté la parole des peuples autochtones lors des discours d’inauguration de la COP 26, est aujourd’hui la cible de menaces et de harcèlement.
En savoir plus
Le 1er novembre 2021, à l’âge de 24 ans, cette étudiante en droit du peuple Surui est la seule à prendre la parole pour le Brésil, lors de la conférence pour le climat de Glasgow. « Mon ami d’enfance a été tué pour protéger la forêt, les indigènes sont sur le front du réchauffement climatique. » La voix tremblante, Txaï Surui témoigne et s’adresse au reste du monde : « Nous avons des idées pour retarder la fin du monde. »
À sa descente de l’estrade, ce jour-là, Txaï Surui comprend que cette nouvelle visibilité l’exposera pour le meilleur et pour le pire : « Un homme est venu me voir, il a tenté de m’intimider en me disant qu’il ne fallait pas que je parle mal du Brésil. On a ensuite découvert que cette personne travaillait au ministère de l’environnement. »
Cette vie sous pression constante, Txaï y est habituée. Son père Almir, chef de la communauté, et sa mère Neidinha militent depuis des décennies pour défendre leur terre. « Quand j’avais 14 ans, 15 ans, on a vécu un an sous protection permanente des forces armées, à cause des menaces qui pesaient sur mes parents et nous. »
Protégée il y a dix ans, aujourd’hui Txaï ne l’est plus. Depuis son discours, elle est même devenue la cible de harcèlement : « Aujourd’hui encore, regardez, sur Instagram, ils publient des fake news sur moi. C’est un compte bolsonariste avec 200 000 abonnés, ils utilisent tout pour décrédibiliser mon discours. Je reçois beaucoup de messages racistes, beaucoup de messages de haine. »
Élevages illégaux
Des menaces virtuelles, tant qu’elle reste loin sa région, le Rondonia. Cet État brésilien est l’une des plaques tournantes de la vente illicite de bœuf. Un trafic que Txaï dénonce : « Rien que sur une petite partie de notre territoire, on a repéré un élevage de 6 000 têtes de bétail, illégal, et vous savez où part toute cette viande ? interroge-t-elle. En France ! Elle est destinée à la chaine de supermarché Casino. »
Depuis deux ans, les associations avec lesquelles elle travaille, multiplient les procédures contre l’entreprise brésilienne JBS, le leader mondial du commerce de viande bovine : « Tous les éleveurs savent comment frauder sur l’origine du bétail et le vendre à JBS. Ils nourrissent les bœufs sur une terre indigène, quand ils veulent vendre les bêtes, ils les transfèrent sur d’autres parcelles pour que la traçabilité de cette viande soit en règle. »
Héritière désignée par son peuple pour défendre la préservation de son territoire, Txaï sait qu’elle se dresse face à système puissant et articulé : « Comment fonctionne la destruction de la forêt ? interpelle-t-elle. D’abord, ils déboisent, ensuite ils brûlent, ils font entrer le bétail et quand la terre devient trop pauvre, ils plantent le soja. »
"Victimes d’une guerre invisible"
Une politique extractiviste et productiviste défendue au Congrès brésilien par le front parlementaire du BBB (Bible, Balle et Bœuf), les élus évangéliques, les mouvements pro-armes et les représentants de l’agro-négoce. Des réseaux d’influence contre lesquels les communautés indigènes sont en guerre : « Nous sommes victimes d’attaques menées par l’agrobusiness, par des gens qui nous envahissent, 20 000 chercheurs d’or dans le nord qui détruisent la forêt, qui violent les femmes et ça n’est pas une guerre ? Des personnes qui meurent, qui disparaissent et ce n’est toujours pas une guerre ? Nous sommes victimes d’une guerre invisible. »
Dans cette guerre invisible, pour mener ses combats, Txaï Surui sait aussi qu’elle doit finir ses études de droit : « Je sais, je sais, sourit-elle. On dirait ma mère ! Il me manque six mois pour finir la fac, mais c’est très important parce que les bolsonaristes présentent des projets de loi qui autorisent l’exploitation des terres indigènes. Aujourd’hui, on voit que le travail des avocats indigènes fait la différence devant la Cour suprême. Notre chemin de lutte passe par la justice donc je vais terminer mes études, mais en ce moment c’est compliqué. »
En cette année électorale, Txaï répond aux sollicitations, enchaîne les conférences. À Rio, où nous la rencontrons, à peine revenue de Suède, elle dit que son peuple lui manque mais avoue qu’elle est aujourd’hui bien plus en sécurité loin de ses terres. Loin des « capangas », les équipes de sécurité privées des éleveurs de bétail.
Les étoiles du plateau de Millevaches
Corrèze : le plateau de Millevaches devient une réserve de ciel étoilé
Publié le 30/08/2022 16:15

Article rédigé par
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M.Lassaga, F.Guinle, F.Fort Images drone : l’Atelier Duho - France 2
France Télévisions
Le plateau de Millevaches, situé en Corrèze, est préservé de la pollution lumineuse. Grâce à une qualité de ciel exceptionnelle, il est classé réserve de ciel étoilé, un label rare.
En Corrèze, le plateau de Millevaches est idéal pour des touristes qui cherchent la tranquillité.
(Cette phrase contient une énorme contradiction : le tourisme tue la tranquillité et si je mets cet article malgré ce que je pense du tourisme, c'est pour montrer justement à quel point les medias ont un impact néfaste sur des lieux préservés. Q'ils se contentent de faire de la pub pour Paris et les Center parcs, ça sera très bien.)
L'étendue préservée est située loin des lumières de la ville, ce qui permet d'observer les étoiles dans le ciel. Le plateau de Millevaches est classé comme réserve de ciel étoilé, il fait partie des 19 sites labellisés dans le monde. "Pour être réserve de ciel étoilé, il faut être exempt de pollution lumineuse, ce qui est quasiment notre cas ici", décrit Violette Janet-Wioland, chargée de mission au Parc naturel régional du plateau de Millevaches (Corrèze).
Une biodiversité préservée grâce à la nuit noire
Les communes du plateau ont investi dans des LED et dès 22 heures, les lumières s'éteignent dans les rues. "Nous avons juste conservé quelques points lumineux, qui sont dits sécuritaires, à des carrefours notamment", détaille Philippe Brugère, maire de Meymac (Corrèze). Sur le plateau, la nuit noire aide à préserver la biodiversité. Le rythme biologique de la faune et de la flore n'est pas impacté par une barrière lumineuse. (Voilà la deuxième raison de la mise en ligne de l'article sur mon blog : l'éclairage des rues n'est aucunement une nécessité et son abandon est accepté par les populations locales qui regardent un peu plus loin que la "tradition" ou l'habitude. Effectivement, sur le plateau, les locaux ont bien compris que le bien-être des chauve-souris, par exemple, est plus important que le fait d'éclairer des rues.)
Révolte paysanne


Un mouvement qui va prendre de l'ampleur. Les raisons sont multiples. L'avenir du monde paysan et de l'autonomie alimentaire, une alimentation de qualité cette fois, du pays passera par là ou ne se fera pas.
VENDANGES SAUVAGES CHEZ BERNARD ARNAULT
– « La terre au paysans » : une action contre l'accaparement des terres –
Ce dimanche 28 aout, des vendanges particulières ont eu lieu dans le Var. Particulières parce qu'elles ont lieu sur une parcelle de vignes rachetés par le milliardaire Bernard Arnault et son empire du luxe LVMH. Sur le terrain du château d’Esclans, il y produit du vin baptisé « Whispering Angel », l'un des rosés les plus chers du monde.
Particulières aussi parce qu'il s’agit de vendanges sauvages.300 personnes se sont rendues au milieu des vignes à l'appel de la Confédération Paysanne et des Soulèvements de la Terre, pour protester contre l'accaparement des terres agricoles par une minorité de privilégiés.
En effet, c'est une concentration silencieuse qui a lieu à l'écart des villes. D’ici 10 ans, la moitié des terres agricoles vont changer d’exploitant·e car les agriculteurs partent en retraite. C'est donc un sujet crucial : dans quelles mains iront ces terres ? Seront-elles redistribuées à des petits paysans ou à de gros propriétaires fonciers qui y pratiqueront une agriculture productiviste et polluante ?
Les données du recensement agricole sont sans appel : en 2000, la surface moyenne des exploitations était de 42 hectares. 10 ans plus tard, elle était de 55 hectares. En 2020, elle est de 69 hectares. Un quasi doublement en 20 ans. Ces 10 dernières années, le nombre de fermes a reculé de 21%. Cela veut dire que les terres sont moins bien réparties : elles appartiennent à un nombre plus petit de gros exploitants. C'est de la concentration foncière, au profit de gros acteurs comme LVMH. En 10 ans, le nombres d’emplois agricoles a reculé de 11%, soit une perte de 81000 emplois. Le monde paysan déjà affaibli disparaît au profit d'accapareurs et d'agro-industriels.
« On reprend la terre et ses fruits ! » répond le collectif Les Soulèvements de la Terre, après la récolte de ce matin. Les vendangeurs et vendangeurs sont allé presser le raisin fraichement cueilli, pour en faire une cuvée spéciale ! Elle servira à soutenir la lutte pour protéger les têtes agricoles, empêcher leur accaparement et pour une viticulture paysanne.
Selon les premiers avis, cette cuvée s'annonce déjà « très réussie ». Santé !
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Bouli Lanners
J'adore l'acteur et je suis admiratif de l'homme engagé.
« Moi, je suis décroissant parce qu’il y a une équation qu’on ne peut pas résoudre avec la croissance. On le sait ! On a dépassé les pics d’exploitation de tous les minerais. On a tout épuisé. C’est pas qu’il faut mettre le frein à main, c’est qu’il faut faire marche arrière ! »
Bouli Lanners : l’acteur écolo sort du bois

Le comédien et réalisateur belge, habitué des seconds rôles de films indépendants, est à l’affiche de la nouvelle saison d’Hippocrate, diffusé sur Canal + depuis le 5 avril. Il a reçu Reporterre chez lui, tout en malice et militantisme.
Liège (Belgique), reportage
Devant le portail, un pickup noir et beaucoup d’autocollants à l’arrière. L’un d’eux attire particulièrement le regard. Dans un cercle jaune, une tête de mort noire rappelle le symbole de la radioactivité. Au-dessus, trois lettres, « RAN », pour « Réveil antinucléaire ».
« Montez, c’est en haut des marches. » Bouli Lanners nous ouvre les portes de sa maison, sur une colline qui surplombe la gare de Liège, en Belgique. « Bouli », parce qu’il est hors de question qu’on le vouvoie, nous a-t-il fait comprendre au téléphone avant que nous prenions la route. Le comédien francophone nous attend les mains dans les poches, chemise épaisse à carreaux bleu sombre et rouge, bonnet noir, l’air rieur.

Bouli sur sa colline qui surplombe le centre-ville de Liège.
« On va se poser dehors, ça ne vous embête pas ? » Il fait 7 °C… Le comédien — alias Olivier Brun dans la saison 2 d’Hippocrate (sortie le 5 avril dernier), médecin en chef des urgences et gestionnaire de crise hors-pair — est hypocondriaque. « J’ai pas peur de me couper un bras, mais les virus, j’aime pas trop. Pour moi, c’était très très dur cette année. »
Il pose trois énormes plaids sur la table en teck, allume le poêle à bois « pour chauffer les petits pieds » et file préparer une tisane. À ses trousses, Gibus et Texas, ses deux « gosses », deux border terriers, dont le jeu préféré consiste à se disputer les « cucuches », des petits cochons en plastiques tout mordillés, disséminés partout dans le jardin. « J’ai fait un transfert. Si j’avais des gosses, je serais super casse-couilles, j’ai trop peur, je suis inquiet tout le temps. »

Texas, sa petite border terrier, s’est aventurée dans le bois qui lui est normalement interdit : « Mes chiens ont tendance à vouloir courser les renards. »
Bouli et Élise, sa femme, ont acheté cette maison il y a dix ans. Avant ça, ils ont habité vingt ans à bord d’une péniche sur les bords du canal de l’Ourthe (à Liège aussi). Sur les berges, avec leurs voisins, ils ont planté des arbres et se sont installés comme dans un village, mais illégalement : les chemins de halage sont publics. Le couple a ensuite recherché un environnement plus durable et vert.
« On a 10 000 m² de terrain en ville qui ne seront jamais construits ! »
Le barbu sort le bras de son plaid et montre le sommet de la colline : « Après la maison, j’ai acheté le bois puis les terrains autour pour pouvoir préserver un maximum de surface. Et mon voisin, sur la colline en face, a fait la même chose. Donc, on a 10 000 m² de terrain en ville qui ne seront jamais construits, j’ai mis tout mon argent dedans ! »

Bouli à l’entrée de son bois.
Pourquoi autant de surface ? Pour « rien » ! Il articule fort. Ce « rien », c’est la biodiversité, les pipistrelles (chauve-souris) qui nichent en bas de son jardin, les arbres, et, surtout, le regard des promoteurs immobiliers : « Ils ne comprennent pas. Je le vois dans leurs yeux. Ils me regardent et me demandent :
— Mais, vous allez en faire quoi ?
— Rien !
Et là, je vois le vide, et j’adore ce moment. Il vaut toutes les thunes que j’ai mises dans ce terrain ! »
« Au moins je peux acheter les bouts de terrain autour de chez moi et appliquer à 56 balais des choses qui me hantent depuis que je suis tout petit. » À cet âge, Bouli l’avoue, il était très sensible, presque maladif face à l’artificialisation des terres. Il lançait déjà des débats avec ses parents et personne ne le comprenait. Alors le petit Philippe — Bouli est un surnom — se réfugiait dans la forêt. Le village où il a grandi, La Calamine (Kelmis en allemand), dans la région germanophone, se situe aux confins de la Belgique, de l’Allemagne et des Pays-Bas. « Mon père était douanier, ma mère faisait les ménages et était ouvrière saisonnière en Allemagne. Elle passait tous les jours la frontière en voyant mon père au poste et moi pour aller à l’école, je passais par les bois, la Hollande et l’Allemagne. »

Portrait de l’acteur et détail sur ses mains tatouées : « J’en ai sur tout le corps, je dois finir le dos, mais ça fait un mal de chien. »
Son premier voyage à vélo à treize ans a signé le début de la liberté : deux semaines à sillonner les Ardennes, seul avec sa gourde et ses premières cigarettes. Aujourd’hui avec Élise, ils parcourent la Belgique et la France à pied, munis de cartes IGN, avec une certaine attirance pour les chemins privés. « Tu fais une rando, t’as un chemin tracé puis là, tu tombes sur une pancarte, “propriété privée”, mais c’est par là que la nature voudrait que je continue mon chemin ! Le gibier passe bien, lui. » Et d’ajouter, le regard joueur : « Moi, je conseille à tout le monde : allez dans les propriétés privées ! Sauf en période de chasse ! »
L’acteur a galéré pendant des années avant de pouvoir vivre du cinéma. « Ça fait dix ans que ça marche bien, mais avant ça, y’a eu des années noires. » Il a survolé la période des trente ans, quand tous les copains se marient, font des enfants et que « toi t’as rien », la vie dans une « cabane en plein centre de Liège » : « Je sais ce que ça veut dire d’être pauvre ! »

Peintre contrarié après s’être fait renvoyer des Beaux-Arts, il a repris intensément le pinceau pendant le confinement. Un galeriste lui a déjà proposé une exposition, mais on ne lui fait pas : « Je sais très bien que c’est parce que je suis Monsieur Bouli Lanners, de toute façon je refuse de vendre mes tableaux. »
À ce moment-là de la discussion, il neige à gros flocons sur la terrasse. Notre hôte, imperturbable, a déployé le parasol. « Moi, je suis décroissant parce qu’il y a une équation qu’on ne peut pas résoudre avec la croissance. On le sait ! On a dépassé les pics d’exploitation de tous les minerais. On a tout épuisé. C’est pas qu’il faut mettre le frein à main, c’est qu’il faut faire marche arrière ! »
« C’est plus facile d’intégrer la fin du monde que d’intégrer la fin du capitalisme »
À ce moment-là, Bouli parle vite. Son ton rappelle celui de ses coups de gueule vidéo Instagram contre la consultation populaire décidée en pleine pandémie sur l’avenir des déchets nucléaires ou en soutien au personnel soignant. Le « mec du XXᵉ siècle, pas du XXIᵉ » méprise le mythe des nouvelles technologies providentielles censées nous sauver de l’effondrement, cette vieille idée de la modernité. « Mais aujourd’hui, c’est plus facile d’intégrer la fin du monde que d’intégrer la fin du capitalisme. »

Bisous avec Texas.
Une heure que l’on est dehors, l’eau s’amoncelle sur le parasol et les gouttes nous tombent dans le dos. Bouli se lève et nous propose de rejoindre son antre. Au bout du couloir trône son bureau, un meuble imposant en bois massif. Dans un coin de la pièce, les affiches de ses longs métrages, ceux qu’il a réalisés : Eldorado (2008), Les Géants (2011) et Les Premiers, les Derniers (2016). « C’est un temps pour un whisky, vous en voulez un ? J’ai trois cents bouteilles, on a le choix. » Il est 15 heures, on accepte.
C’est dans cette pièce qu’il a passé la soirée de lancement d’Hippocrate 2, seul, début avril. En temps normal, il aurait partagé un scotch avec toute l’équipe de tournage et couru les plateaux télé. Mais là, rien. Il a répondu aux interviews à distance. « Vous êtes les premiers que je vois. » Personne ne parle de la série en Belgique, elle n’y est toujours pas sortie. Mais lors de notre entretien, posé sur le canapé capitonné, le portable n’arrête pas de sonner. « Des textos, des messages Facebook, Instagram… Ça touche un public qui ne me connaissait pas. Donc le premier jour où j’étais là, tout seul avec ma bouteille de whisky, c’est loin. Maintenant, je suis avec ma bouteille de whisky et toute la France ! »

La Couverture Chauffante, c’est le nom qu’il a donné à son atelier de peinture, qu’il compte aussi convertir en bar pour ses copains. À la carte ? Son propre whisky, qu’il va bientôt récupérer après dix ans de fermentation ou son Vermouth dont il ramène une bouteille à sa femme pour le cocktail du soir.
Son personnage, Olivier Brun, est central dans la saison 2. Le service des urgences en proie à de violentes inondations dès les premières secondes du premier épisode, doit déménager et squatter le service de médecine interne. Les allées de l’hôpital débordent, c’est la panique tout le temps. Le tournage a eu lieu à l’hôpital Robert-Ballanger d’Aulnay-sous-Bois. « Jamais vécu dans un aussi petit décor avec autant de bienveillance de la part de tout le monde, dans une période où tu es censé te méfier de l’autre. »
Le tournage de la série a commencé en janvier 2020, puis l’équipe a fait une pause, comme tout le monde, pendant le premier confinement. Thomas Lilti, le réalisateur de la série, initialement médecin, a remis sa blouse blanche et rejoint un service Covid. Bouli, lui, a perdu trois de ses amis à cause de la pandémie. « Une année de merde. Et en même temps, la période de confinement, avec ce printemps exceptionnel, fait que j’ai pu terminer tout ce que je voulais faire depuis très longtemps dans mon jardin. » Des terrasses pour son potager sur la colline, apprendre à conserver ses légumes pour l’hiver et se remettre à la peinture pour la première fois depuis 27 ans, quand il était aux Beaux-Arts.

Son potager pour lequel il fait des terrasses, car rien n’est plat sur la petite colline de son jardin.
Alors qu’aujourd’hui tout décolle, l’acteur a envie de calmer le jeu. Et de se concentrer sur l’essentiel. Bouli Lanners a lui aussi chopé le virus de l’oisiveté en mars 2020. « Je suis un privilégié, ma maison est payée, je n’ai pas de dette, du coup, avec ce rythme beaucoup moins soutenu, je me suis dit, c’est terminé, je ne travaille plus que six mois dans l’année. »
Le zozo et les abeilles
Ses projets ? Le potager, les abeilles et les poules, qui arrivent bientôt. Pour le cinéma, deux tournages l’été prochain, dont un avec l’équipe de Groland, puis des cours à l’Insas, l’école de cinéma de Bruxelles, Hippocrate 3 — « si c’est Lilti aux manettes » — et l’adaptation de Nature humaine, un roman de Serge Joncour. « J’ai accepté cette proposition parce que, pour la première fois, ça touche à quelque chose de plus politique pour moi. » C’est l’histoire d’un paysan amoureux de la nature dans le Lot entre 1976 et 1999. Dans la ferme familiale, il va suivre tout ce que la société lui impose : l’élevage toujours plus intensif, les contrats avec les industriels. « Tout le monde le prend pour un zozo, comme moi quand j’étais petit. Je me dis que j’aurais dû être plus actif avant. »

Le chemin qui mène à son atelier.
Depuis un an, et la crise du Covid-19, le citoyen Bouli réalise que la Belgique ne tourne pas rond. Sa structure politique est « si complexe qu’en cas de crise majeure, ça ne marche pas. La première semaine de la crise, le débat ne reposait pas sur comment régler le problème, mais sur qui était compétent pour le régler ! On peut gérer des affaires courantes mais pas un accident exceptionnel. Alors, qu’est-ce qui se passerait en cas d’accident nucléaire ? » C’est dans ce combat aussi que Bouli met beaucoup d’énergie depuis quelques années. Le réalisateur a passé une semaine à Bure, dans la Meuse, près des opposants au projet Cigéo de « poubelle nucléaire » et observé la répression sur place. Il admire le courage de celles et ceux « qui ont tout abandonné pour cette lutte et vivent dans les bois depuis deux ans ». Il a été témoin de la pression quotidienne des forces de l’ordre, des charges aussi : « C’est la plaine, tu arrives au-dessus d’une colline, et là, toute une rangée de mecs habillés en noir. Les flics. J’ai vu vraiment des images comme dans Braveheart. Des combats comme dans les films de chevaliers. Il y a eu des ratonnades sévères. »
Depuis cinq ans, avec d’autres copains, il a créé le RAN. RAN pour « Réveil antinucléaire ». La tête de mort en autocollant à l’arrière du pick-up. « On est dans le côté dark du truc. On est moins autorisés que d’autres associations. » Bouli dégaine deux casquettes de sa réserve — le même crane noir et jaune pour effigie — et lance avec malice : « Tenez, vous allez repartir avec. »

Dans son atelier il ne voit pas le temps passer. Parfois Élise l’appelle pour lui rappeler que ça fait plus de dix heures qu’il n’a pas mangé. Sur d’immenses toiles carrées, il peint les horizons et la lumière du nord. Elles rappellent les grands espaces de ses films, les lignes et la perspective d’« Eldorado » ou « Des Premiers les Derniers » avec Albert Dupontel.
Filmographie :
Hippocrate saison 2 (2021)
Effacer l’historique (2020)
Petit Paysan (2017)
Les premiers, les derniers (2016)
9 mois ferme (2012)
De rouille et d’os (2012)
Le grand soir (2011)
Louise-Michel (2008)
Mort de rire
Oui, bon, le titre est ironique. Mais franchement le tout électrique quand on connaît un peu les restrictions à venir au regard du changement climatique, il y a de quoi rire. Il n'y aura pas assez de terres rares, il n'y aura pas assez de composants électroniques, il n'y aura pas assez de bornes de recharge et mieux que tout, il n'y aura pas assez d'électricité disponible.
En Chine, la canicule met KO les stations de recharge Tesla
Dans Ecologie / Electrique / Véhicules électriques
Olivier Cottrel Le 26/08/2022 à 16:30
Marqué par plusieurs épisodes de canicule en France, l’été a été particulièrement chaud pour toute la planète. Conséquence de cette vague de chaleur inédite, en Chine, plusieurs infrastructures de recharge pour véhicules électriques ont été contraintes de stopper leur activité.

Certaines stations de recharge Tesla sont à l'arrêt pour rationner l'énergie disponible.
Il a fait très chaud un peu partout dans le monde tout l’été. Marquée par cette vague de chaleur et de sécheresse, la Chine a connu des températures inédites, dépassant parfois 45 °C par endroits.
Une situation critique, particulièrement dans la région du Sichuan, qui oblige les autorités chinoises à rationner l’électricité. Des mesures qui touchent notamment le fabricant de batteries CATL, qui alimente les constructeurs automobiles Toyota et Volkswagen, et dont le site de production a été mis à l’arrêt quelques jours.
Autre conséquence du rationnement de l’électricité, le gouvernement du Sichuan a ordonné à plusieurs opérateurs de bornes électriques d’interrompre leurs services. Une demande expresse qui concerne une quinzaine de stations de recharge Tesla, et plusieurs stations de l’opérateur Nio. Seuls deux superchargers Tesla ont eu l’autorisation de poursuivre leur activité, et encore, seulement la nuit.
La région chinoise du Sichuan, dont 80 % de l’électricité est produite par des barrages hydrauliques, connaît une fin d’été particulièrement critique, marquée par une sécheresse sans précédent qui affecte toute l’industrie et l’économie de la Chine.
Une situation inédite qui risque de se renouveler dans le futur, alors même que les gouvernements poussent à la généralisation de la mobilité électrique.
Du grand n'importe quoi
Les marchands appellent ça des "planches vintage".
Et les gens les achètent pour faire des meubles.
Je fais la même chose avec des palettes que je ponce. Et que je récupère gratuitement dans une entreprise de matériel de construction. Ils ont toujours des palettes qui ne sont pas consignées.
Mais le problème ici, ça n'est pas seulement que des marchands aient eu cette idée ; ils ne font que répondre à la demande des clients. Jusqu'à utiliser la vieille ficelle de chanvre pour faire "cosy".
Je veux bien imaginer que des gens habitant en appartement n'aient pas la possibilité d'y monter des palettes, de les déclouer et de les poncer mais de toute façon, en appartement, je n'imagine pas les individus scier, clouer, visser des planches. Ceux-là achètent des meubles en kit. Les acheteurs de ces planches ont une maison, un bout de terrain, un garage ou un appentis, ils peuvent bricoler. Et pourtant, ils achètent cinq planches à 45 euros (avec la ficelle...)
On pourrait juste en rire si ça n'était aussi représentatif de ce fameux "marché" qui consiste à présenter aux clients qui ont commis l'erreur fatale d'entrer dans un magasin tout ce dont ils n'ont pas pensé, dont ils n'ont pas besoin, tout ce qu'ils n'avaient aucunement prévu d'acheter mais qui va leur faire envie. L'envie, le désir, le "coup de coeur"...
Il faut faciliter le travail aussi, que tout soit disponible, sans effort, sans recherche personnelle.
Et à côtés de ces planches, il y a certainement les vis et la visseuse sans fil et la scie sauteuse et les équerres et les tasseaux et le vernis et les pinceaux etc etc...
Et celui qui était venu acheter de la tapisserie pour la chambre du bébé repart avec cinq lots de cinq planches au cas où il y aurait une rupture de stock et qu'il en ait besoin...Parce que ça aussi, c'est une méthode qui fonctionne : la rupture de stock, ou le stock limité ou la super promo de la semaine du genre quatre lots, le cinquième offert...
Et au final, avec la quincaillerie, la note est magnifique. Pour le magasin.
Et dans les entreprises de construction, les employés continueront à jeter à la benne des dizaines de palettes...
Aurore Stephant : état des lieux.
Voilà la dernière vidéo mise en ligne à ma connaissance.
Pour ma part, c'est bon pour ce soir, j'arrête.
Je vais aller boire. Je n'ai aucunement envie de durer longtemps.
176 390 vues 12 juil. 2022
Informations et inscription sur http://www.usievents.com
Le monde fait face à une demande croissante en ressources minérales dans tous les secteurs, en particulier ceux de la construction, du transport, de la défense, de l’approvisionnement en énergie ou encore des technologies de l’information et de la communication.
Si la mine a servi toutes les révolutions industrielles, il est désormais attendu qu’elle soit plus que jamais sollicitée pour l’avènement de la Révolution 4.0, celle de la "dématérialisation", des énergies "propres" et des technologies "vertes".
Jusqu'où toutes ces limites seront-elles repoussées pour répondre à une consommation de métaux démesurée ?
La conférence USI découvre et rend accessible les spécialistes de renommée internationale en sciences, en technologie, et en philosophie pour contribuer au progrès des organisations. USI accompagne les entreprises du CAC 40 et SBF 120 à faire face aux enjeux de transformation stratégiques, technologiques et de management dans un monde en constante évolution. C’est également un espace d’inspiration, de rencontres et d’échanges avec un line-up inédit en Europe.
Voitures électriques
Quand on s'intéresse aux métaux et particulièrement aux métaux rares, on ne peut pas contourner le problème des voitures électriques.
Le matraquage médiatique est considérable et il ne faut pas se tromper : il ne s'agit nullement d'écologie mais d'économie...
Voiture électrique : une simple exportation de notre pollution?
1 décembre 2020 53 commentairessur Voiture électrique : une simple exportation de notre pollution? Publié enLobbying, Politique, Société
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« Aujourd’hui, il y a un consensus qui dit qu’une voiture électrique émet au moment de sa production deux fois plus de gaz à effet de serre qu’un véhicule thermique, notamment à cause de la production des manières minérales » explique Aurore Stéphant, ingénieure géologue et militante dans « Complément d’enquête » du 19 novembre 2020 sur France 2.
Elle parle bien sûr des cellules des batteries qui contiennent des minéraux issus des quatre coins de la planète, des métaux qui n’étaient pas utilisés pour les voitures thermiques ou alors dans des proportions bien plus faibles. Ainsi, pour une batterie de Renault Zoe, il faut compter 7 kilos de lithium, 11 kilos de manganèse, 11 kilos de cobalt et 34 kilos de nickel. Au total, pas moins de 63 kilos de métaux… rien que pour la batterie. « Et le surpoids de la voiture zéro émission est loin de s’arrêter là. Puisqu’elle est électrique, certains métaux sont nécessaires en quantité bien plus importantes que dans la voiture thermique : « Le cuivre, qui permet l’électrification, toute la connectique, toutes les connexions qui vont se faire entre les différents appareils, le moteur, la batterie, l’appareillage électronique…
Un véhicule électrique contient 80 à 90 kilos de cuivre » résume Aurore Stéphant. Pour compenser ce surplus de poids, les constructeurs procèdent à un allègement des aciers composant la structure du véhicule, en mettant encore plus d’aluminimum (+40%) dans le chassis et dans les pièces.
Une voiture électrique, ce sont donc des centaines de kilos de métaux qu’il faut extraire du sous-sol, des opérations qui coûtent très cher en CO2 : « Il ne faut pas s’imaginer qu’on a de grandes plaques métalliques qui sont disponibles dans le sous-sol, c’est vraiment des toutes petites paillettes. Il va falloir dépenser énormément d’énergie pour pouvoir extraire ces particules très fines disséminées dans le sous-sol et exploiter de très grandes quantités. A chaque étape, on a des émissions de CO2 qui vont s’accumuler par le traitement et par le transport » détaille encore Aurore Stéphant.
Voilà comment, à l’issue de sa fabrication, et sans avoir parcouru le moindre kilomètre, la voiture électrique a généré deux fois plus de CO2 que la voiture thermique. Un paradoxe tout de même pour la voiture zéro émission !
La théorie des défenseurs de l’électrique est la suivante : au fur et à mesure de l’utilisation du véhicule, il récupère son retard sur le thermique et bénéficie donc à l’environnement. Mais au bout de combien de kilomètres ? « Cela dépend beaucoup du mix électrique utilisé, il y a une zone d’incertitude assez grande » selon Maxime Pasquier, ingénieur Transports et Mobilités à l’ADEME, l’agence de la transition écologique.
Peu d’études abordent la question de la dette carbonne et elles donnent une fourchette large : de 17 000 à 310 000 km, tout dépend de la façon dont les pays fabriquent l’électricité, la norme mondiale actuelle étant… le charbon.
En France, pays des centrales nucléaires, il faudrait parcourir 50 000 km pour compenser le handicap de départ. Un chiffre relativement modeste, appelé à fortement croître si les écolos parviennent, comme en Allemagne, à faire fermer les centrales françaises.
« Complément d’enquête » continue : « Il y a aussi des polluants rejetés dans l’air et ces milliards de litres d’eau pompés pour extraire les métaux dont l’indispensable lithium. Sa production a triplé entre 2015 et 2018, boosté par la progression de la voiture électrique » puis nous parle de l’épuisement des ressources en eau des populations locales, des rivières asséchées et des cultures en danger en Bolivie, comme cella du quinoa, à cause de l’extraction du lithium.
« Pour rouler propre chez nous, l’environnement est impacté à l’autre bout du monde » résume l’émission qui nous propose ensuite une rencontre avec des éleveurs portugais du nord du pays où toute une montagne doit être dynamitée par une société minière qui compte traiter chimiquement le lithium sur place, avec des risques importants de pollution des cours d’eau environnant… utilisés par les habitants, les bêtes et les touristes l’été. 500 000 batteries de voitures électriques pourraient être fabriqués chaque année grâce à cette mine. C’est à la fois beaucoup et très peu pour remplacer le parc automobile mondial, alors que plusieurs pays ont décidé d’interdire les véhicules thermiques à partir de 2040.
L’ingénieur transport Laurent Castaignède est formel : « Aujourd’hui sur la planète, il faut être clair, il n’y a pas les métaux disponibles, les mines, pour, sous vingt ou trente ans, tous rouler en véhicule électrique. Il y a 1 100 000 000 de voitures dans le monde qui roulent, à peu près 500 millions de deux roues, vous imaginez la quantité de métaux que cela mobiliserait sous vingt ans pour substituer tout ce parc, c’est physiquement impossible. »
Autant dire que la voiture électrique est loin d’être la panacée qu’on nous vend dans les médias en général, et que nos dirigeants favorisent à coup de milliards d’euros de subventions chaque année. Le tout sans avoir jamais consulté les Français. Si nos compatriotes avaient les idées un peu plus claires sur l’électrique, il n’est pas dit qu’ils accepteraient cette utilisation de l’argent public, de leur argent.
Aurore Stephant : fin des métaux rares.
Depuis un bon moment, j'écoute ses interventions. Personne n'oserait dire qu'elle n'y connaît rien, que c'est juste une illuminée. Personnellement, je la trouve justement lumineuse : claire, argumentée, passionnée et pédagogique. Le genre de personnes qui devraient passer sur toutes les chaînes de télévision et de radios, toutes les semaines, jusqu'à ce que ça rentre dans les têtes de tout le monde.
J'utilise un ordinateur portable qui a neuf ans, il est certainement moins rapide et performant qu'un modèle récent mais il fonctionne, donc je n'ai pas BESOIN d'autre chose. Dans cette hyper consommation, on en revient toujours au même problème : manque, besoin et désir...
En tout cas, je me réjouis de lire les commentaires.
Aurore Stephant : les ressources minières (un ancien article)
15:25 / 15:28
Fin des métaux rares : c'est l'heure du choix (avec Aurore Stéphant)
161 858 vues 7 juil. 2022 Demain, un monde plein d'écrans, de smartphones et de tablettes est inenvisageable.
L'ingénieure Aurore Stéphant étudie depuis plus de dix ans les industries minières : bientôt, la ressource sera épuisée ou inaccessible. Mais comment faire alors que le métal est partout, même dans nos shampoings antipelliculaires ? Une interview passionnante et déconcertante, tournée lors de l'édition 2022 de l'USI.
00:00 Introduction
00:17 Pourquoi faut-il réduire notre utilisation de métaux ?
01:13 Est-ce qu'on extrait plus de métaux qu'il y a 50 ans ?
02:50 Sommes-nous dépendants des métaux ?
06:48 Comment sont extraits les métaux ?
08:55 Est-ce que les métaux rares sont vraiment « rares » ?
10:59 On va atteindre les limites de l'extraction minière... Que faire ?
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Commentaires
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Une colère saine et contagieuse sur un sujet qui représente le plus grand enjeu moderne, dans l’indifférence générale
Le marc de café au potager
On boit un café le matin, on ne mange pas à midi mais on boit un deuxième café.
A chaque cafetière, on garde le marc et on le met au potager. Ca ne fait pas de grandes quantités mais les plantes s'en réjouissent.
"A toute chose, malheur est bon." L'Albanie est un exemple de résilience à travers les crises infinies qu'elle connaît. Cuba en est un autre. Loin de moi, l'idée de les envier. Sinon, j'irais vivre là-bas. Et je n'en ai nullement envie. Je constate simplement, encore une fois, que les situations de crise sont des opportunités de transformation. La population française n'est absolument pas prête à ça. Mais ça viendra. Inévitablement. De gré ou de force.
L'engrais flambe mais un paysan albanais voit son avenir dans le marc de café

L'agriculteur Alban Cakalli fertilise avec du marc de café les fruits exotiques de sa ferme à Mamurras, en Albanie, le 2 août 2022
afp.com - Gent SHKULLAKU
13 AOÛ 2022
Mise à jour 13.08.2022 à 12:00
Par Briseida MEMA
© 2022 AFP
Chaque jour, Alban Cakalli, petit paysan albanais, fait la tournée des bars pour récolter le marc de café. Face à la flambée des coûts des engrais, il est revenu aux méthodes traditionnelles pour fertiliser ses terres.
L'agriculteur de 38 ans ne possède qu'un demi hectare à Mamurras dans le nord-ouest du pays des Balkans mais il ne peut plus enrichir ses cultures de légumes et de fruits exotiques avec les engrais chimiques utilisés jusque ici.
Sous l'effet de la pandémie du coronavirus et de la guerre en Ukraine, les marchés alimentaires se sont tendus, les prix des carburants se sont envolés tout comme ceux des engrais azotés fabriqués à partir du gaz, dont Moscou est un grand producteur.
L'agriculteur a donc recours au marc, excellent fertilisant naturel selon lui et qu'on trouve en abondance dans un pays où le café est une boisson reine. Il en récolte quotidiennement 40 kilogrammes.
"Les Albanais sont des passionnés du café, parmi les premiers en Europe pour la quantité consommée", dit Alban Cakalli.
Le processus est chronophage car il faut faire la tournée des grands ducs avant de mélanger le marc avec des herbes et le composter trois mois. Mais ces résidus sont "riches en azote, magnésium et potassium et remplacent très bien les engrais chimiques" en plus d'être "répulsifs pour les insectes", souligne-t-il.
Il est difficile d'obtenir des chiffres dans le pays pauvre où sur 350.000 fermiers, 280.000 sont des petits paysans indépendants. Mais beaucoup sont revenus comme Alban aux méthodes traditionnelles, selon plusieurs témoignages.
- Parfum envoûtant -
D'après les spécialistes, les intrants, engrais et carburants, représentent plus de 45% des coûts de la production agricole. L'Albanie importe la totalité de ses engrais en raison de la destruction de ses usines après la chute du communisme au début des années 1990.
"Le marc du café me fait économiser entre 1.500 euros et 2.000 euros par an", souligne Alban Cakalli, dont l'épouse attend leur troisième enfant.
Face à la mévente des concombres et tomates devenus plus chers, l'agriculteur s'est diversifié. Il s'est tourné vers des productions exotiques -- fruits de la passion, baies de goji--, l'un des rares effets heureux du Covid-19 qui a interrompu les importations d'Amérique du Sud au moment même où la demande augmentait.
"Pendant la pandémie, ces fruits ont été très recherchés car ils sont réputés contribuer au renforcement du système immunitaire et pour leurs vertus antioxydantes", explique son épouse Juli Cakalli, une infirmière de 34 ans.
Cette année, Alban Cakalli a récolté une demi-tonne de fruits de la passion dont le parfum envoûtant se mêle à celui du café. Ils sont vendus 15 euros le kilo, somme non négligeable en Albanie où le salaire moyen est de 460 euros.
"Les gens les aiment beaucoup, leur parfum est fantastique, meilleur même que ceux des pays d’origine car tout est frais", se félicite-t-il, estimant que l'exotique est une piste de survie pour l'agriculture albanaise.
"A toute chose malheur est bon", constate lui aussi Alban Zusi, un entrepreneur qui produit depuis un an des engrais organiques à partir de déchets animaux à Lezha, dans le nord du pays.
"Malgré les difficultés, les opportunités ne manquent pas", renchérit Fatmir Ndoji, chef de cuisine d'une ferme-restaurant d'agrotourisme renommée de la région. "Pour créer du bonheur en bouche, ce qui compte c'est la qualité".
Récupération d'eau pluviale.
J'ai fini d'installer mes dix citernes de mille litres chacune.
Deux pour la serre avec récupération de l'eau de pluie sur toute la surface.
Deux dans le potager alimentées par le puits.
Cinq sous le toit de la grange, toutes reliées entre elles. Le récupérateur d'eau remplit la première puis les suivantes.
Une dernière sous le toit de l'appentis du bois de chauffage.
Aujourd'hui, je suis redescendu dans le puits pour le purger des sédiments. Etant donné qu'on tire beaucoup d'eau, le flux est très actif et donc, il draîne des "déchets" qui s'accumulent. Il est essentiel de le nettoyer une fois par an.
J'ai lu des commentaires sur divers sites de permaculture de personnes disant que la récupération d'eau de pluie détourne l'eau des nappes phréatiques. L'argument est irrecevable puisque cette eau est destinée au potager et retournera donc dans la terre. Et même, bien au contraire, en captant une partie des intempéries, on participe à une distribution plus échelonnée de l'eau. Tout le monde sait qu'aujourd'hui, les phénomènes pluvieux prennent de plus en plus souvent des tournures violentes. Les phénomènes cévenols s'étendent...Capter l'eau dans des citernes, c'est toujours ça qui ne part pas dans les fossés et contribuerait à leurs débordements.
Cette eau sera utilisée lorsque la terre en aura besoin. Plus tard.
On a acheté un filtre Berkey qui nous permettra d'avoir toujours de l'eau potable disponible.
Anticiper, anticiper...

D'anciens textes : manque, besoin, désir
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Finalement, on en est toujours au même point. Les questions sont toujours présentes et les réponses toujours aussi absentes. Il faudra bien pourtant qu'arrive ce moment où les réponses prendront forme, non pas dans une démarche urgentiste mais dans une réflexion sur le long terme. Et c'est bien cette projection qui manque cruellement à l'humanité, tout au moins dans les sociétés matérialistes. Le long terme implique des décisions immédiates mais le système politique qui veut que les gouvernants restent en poste ne peut pas s'engager dans des décisions immédiates qui impactent le présent pour préserver l'avenir car c'est LEUR présent qui serait condamné. Il n'est qu'à voir la façon dont réagissent les individus lorsqu'un gouvernement parle de restrictions. C'est un tollé général parce que personne ne veut admettre que sans ces restrictions immédiates, restrictions partielles et ciblées, ce sont des restrictions bien plus vastes qui finiront par s'imposer d'elles-mêmes.
L'eau par exemple. Ne pas laver sa voiture, ne pas arroser sa pelouse et ses parterres de fleurs, avec le réseau d'eau potable, ne pas changer l'eau de la piscine toutes les semaines, ne pas prendre de douche deux fois par jour, ne pas laisser couler l'eau du robinet pendant le brossage des dents...On pourrait penser que c'est acceptable, que ça ne relève pas d'un manque majeur. Et pourtant, combien le font ? Combien d'individus réalisent qu'un jour prochain, l'eau ne coulera plus du tout de leur robinet ? Se priver d'un peu pour ne pas tout perdre...
J'ai entendu aujourd'hui le "président des producteurs de légumes de France" dire que si les agriculteurs ne peuvent pas arroser comme ils l'entendent, la France n'atteindra jamais son autonomie alimentaire. Mais bon sang, quand donc vont-ils changer leurs méthodes ? Le besoin d'arrosage est uniquement la conséquence de ces méthodes de culture. Des méthodes archaïques issues de l'industrie pétrolière. Cet immobilisme est désespérant.
Quand je reprends mes archives et que je tape le mot "besoin" dans le moteur de recherche, je tombe sur des articles qui ont dix ans. Dix ans...Et rien n'a changé sur un plan étatique. Quelques individus changent, la masse continue sur sa lancée...
Besoins matériels.
Par Thierry LEDRU
Le 17/03/2012
Cette impression de "voir" une balance à plateaux. D'un côté les biens matériels et de l'autre les "nourritures spirituelles".
Cette crise économique a un intérêt. C'est de créer une impossibilité financière de courir après l'accumulation de biens matériels. Elle est par contre dramatique lorsqu'elle touche les biens vitaux.
Elle peut générer une rupture dans le paradigme éducatif. N'étant plus "guidé" par les besoins d'un être dérivé, nous éliminons les produits et services dont nous n'avons pas réellement besoin.
Phénomène surprenant, la "masse" de biens matériels pesant dans la balance s'allégeant continuellement, cette "énergie" qui n'est plus dépensée de façon frénétique se trouve disponible et se transfère "naturellement" dans le plateau des biens spirituels. Comme si la "qûete" devait se faire, comme si la Vie portait en elle-même une direction établie, un besoin irrépressible d'activer le potentiel intérieur.
Les sociétés matérialistes ont bâti leur expansion sur ce besoin vital d'explorer les potentiels. Les progrès technologiques sont les effets de cette énergie dépensée. J'ai lu il y a quelques jours qu'une petite fille avait été sauvée par des chirurgiens après avoir été opérée in vitro. Fabuleux progrès qui sauve une vie. Jamais, je ne critiquerai ce progrès, il est réel et nécessaire.
Quand je vois par contre, les files d'attente devant les magasins apple pour la sortie de l'ipad4, j'ai envie dy mettre le feu et de hurler sur ces gens.
Mais il y a aussi cette multitude de blogs, forums, livres, conférences sur l'exploration spirituelle. Un mouvement qu'il est impossible d'ignorer et de balayer d'un revers de main méprisant. Une certitude que cette population a consommé cette rupture matérialiste et cherche désormais à combler le vide sur le plateau de la balance.
Les désirs de biens matériels s'épuisent. Les nourritures spirituelles croissent.
Besoins physiques et psychologiques.
Par Thierry LEDRU
Le 21/08/2012
Depuis l'apparition de l'homme, les besoins physiques ont été une priorité vitale : se nourrir, se protéger, se réchauffer, se reproduire. Lorsque l'homme est enfin parvenu à maintenir la préservation de ces besoins essentiels, il a pu s'adonner à l'amélioration progressive de ces paramètres. Il n'était plus dans l'urgence mais dans la réflexion. L'objectif restait le même mais la cohésion, les échanges, les progrès des outils, le développement de l'intelligence, de l'observation, du partage, ont permis une évolution lente et pérenne.
Comme l'a démontré Abraham Maslow, nos besoins sont hiérarchisés. Lorsque les besoins qui se trouvent au bas de l'échelle sont assouvis, nous sommes libres de progresser vers des besoins plus élevés. C'est là qu'apparaissent les besoins psychologiques : l'identification, l'ego, la reconnaissance sociale, l'estiime de soi, le pouvoir, la sécurité matérielle, le contrôle de l'avenir etc...
Ces besoins psychologiques, dans des sociétés matériellement développées, sont devenus prioritaires. Les besoins primaires sont assurés. ( Pas pour tous...)
Il me semble que les besoins psychologiques se sont développés dans un registre similaire à ceux des besoins physiques. Une compétition pour survivre.
Tout s'est axé sur la possession matérielle.
"Pour être, j'ai besoin d'avoir..."
Mais on sait que "l'avoir" est à la source de la perte de "l'être." Etant donné que la possession matérielle peut être perdue ou qu'elle peut être dépassée par celle des congénères, il s'installe immanquablement la peur. Cette peur primale de l'homme qui tentait de survivre se perpétue finalement à travers les besoins psychologiques. Monumentale erreur.
Les besoins psychologiques auraient dû être assouvis à travers la démarche spirituelle, la connaissance de l'être et non la connaissance de l'avoir. Mais cette quête n'est pas intéressante d'un point de vue matériel étant donné qu'elle conduit les individus à une auto-satisfaction très simple, dénuée de toute recherche de possession. Je ne peux que me posséder moi-même...Et pour y parvenir, une vie entière me sera nécessaire.
Financièrement, c'était un désastre.
Je cherche donc à identifier "l'instant T" qui a vu l'homme basculer dans cette dimension matérialiste et si possible les instigateurs du désastre.
Car enfin, comment peut-on concevoir que l'espèce la plus évoluée d'un point de vue cérébral (encore faudrait-il savoir clairement quel est le degré de "connaissances" des dauphins, orques et autres mamifères marins...) puisse contribuer à la dégradation de la planète qui l'accueille ? Comment expliquer qu'une espèce aussi "évoluée", biologiquement, puisse être aussi immature, spirituellement ? De quand date cette rupture, ce virus interne, ce plantage dans l'évolution réelle ?
Toute forme de satisfaction psychologique est instable, éphémère, chaotique dès lors qu'elle est issue d'un fonctionnement qui n'a pas su se séparer clairement de l'assouvissement des besoins physiques. Vouloir atteindre la plénitude en amassant des données extérieures à soi est un leurre. L'impermanence génère la peur et aboutit irrémédiablement au renforcement des besoins psychologiques et donc aux besoins matériels. L'humanité est même parvenue à y perdre son "bon sens"...
Les besoins physiques, avec le temps, sont devenus des désirs. "Toujours plus " disait François de Closets.
Les besoins psychologiques ont bien entendu suivi la même voie. C'était inévitable puisqu'ils n'ont jamais été dissociés comme cela aurait dû être fait. Mais les Maîtres du marché ne s'en sont jamais plaints. La voie matérielle était bien plus accessible au grand nombre. Il n'était pas nécessaire d'y consacrer une vie entière. La masse y a vu le clinquant avant d'en percevoir les noirceurs...
Le conditionnement éducatif a engendré les armées de fidèles. Il leur restait à s'engager à leur tour dans ce "progrès".
"Je suis commercial, riche, marié, père, amant, supporter de foot, j'ai une villa sur la Côte d'Azur, j'ai même une Rollex et je n'ai pas encore cinquante ans : bref, j'ai réussi ma vie."
Une toute petite caricature...
J'ai une montre qui coûte vingt euros et elle donne l'heure, elle sonne et elle s'éclaire la nuit. Comme une Rollex.
Si on faisait la liste de tout ce qui a été inventé par l'homme et qui ne sert absolument à rien d'autre qu'à assouvir les besoins psychologiques matérialistes, une vie n'y suffirait pas, là aussi... Où est donc cette fameuse intelligence ? Epuisement des ressources naturelles pour assouvir des besoins pervers...Je n'y vois pas la marque d'une espèce évoluée.
Le manque, le besoin, le désir.
Par Thierry LEDRU
Le 11/12/2015
2 commentaires
Le manque crée un besoin et le désir de l'assouvir.
Je ne vois pas les besoins comme étant à la source de nos actes. Il n’y a pas de « besoin spontané » mais à priori la conscience d’un manque qui va générer un besoin et donc un désir.
« Je manque de sommeil et j’ai donc besoin d’aller dormir, je désire être au calme. »
« Je manque de contacts humains et j’ai donc besoin de voir du monde. Je désire aller là où je trouverai de la compagnie. »
« Je manque d’affection et j’ai donc besoin de tendresse. Je désire rencontrer un partenaire. »
« Je manque de reconnaissance et j’ai donc besoin d’être vue, entendue, écoutée, aimée…Je ne pourrai m’aimer que si je suis aimé et je désire donc prendre une place qui me fera exister aux yeux des autres et m’apportera la satisfaction personnelle d’être reconnue. »
Etc etc etc
On pourrait penser que le besoin précède le manque mais à mon avis, je ne peux pas prendre conscience d'un besoin de façon spontanée. Si je décide de mettre des chaussettes plus chaudes, c'est parce que mes pieds manquent de chaleur. Il n'y a rien sinon qui me pousserait vers ce désir de trouver des chaussettes plus épaisses. Il n'y a pas de besoins à priori. Ils sont nécessairement issus d'un manque.
Il me semble qu’une bonne partie de nos actes sont déterminés par ces états de manque et parfois même de souffrances. Il est donc indispensable d’établir en soi une hiérarchie immuable quant aux manques fondamentaux et aux besoins et désirs qu’ils éveillent. C’est dans cette autopsie spirituelle que peut s’instaurer une forme d’autonomie existentielle. L’individu qui a une parfaite connaissance de ses fonctionnements internes peut se libérer des attachements secondaires. Il arrive un moment où les désirs disparaissent, où les besoins sont tous rassasiés et où les manques sont comblés. Le seul désir qui soit alimenté, c’est de maintenir la plénitude atteinte et par conséquent de rester parfaitement appliqué à user de l’instant. Aucun regret, aucun espoir. Juste être là. Lucide, conscient, stable, observateur. Jusqu'à ce ce que disparaisse le désir de la plénitude lui-même puisque ce désir entrave la conscience de l'instant.
Quand on ne manque plus de rien, il n'y a plus de besoin, sinon celui que ça dure. Les désirs répondent par conséquent à des données essentielles.
Il convient donc d'établir la liste des manques fondamentaux et de vérifier si les besoins qui leur sont associés sont assouvis. C'est là que la Paix intérieure s'installe. Dans "la simplicité volontaire" et ça n'est pas simple à réaliser...
Si on repense aux travaux de Maslow, « le besoin de s’accomplir » représente le sommet de l’aspiration humaine. Mais ce « sommet » est devenu avec la société marchande une course à la puissance, à la possession et par conséquent à la consommation. Dans l’esprit de nombreux individus, il s’agit de « s’accomplir » dans l’échelle sociale et non dans la dimension spirituelle.
Pour faire un point personnel, il suffit de se poser cette question : « Quelle est mon idée du bonheur ? » Les réponses détermineront l’engagement dans la société marchande.
Tout le problème actuel et qui est à la source des problèmes de la planète entière, c’est que l’état de plénitude est incompatible avec la consommation et le maintien de la "croissance matérielle".
Un individu en paix ne consomme que l'essentiel et n'éprouve aucun manque. Il est donc indispensable pour les Maîtres financiers d'organiser la société de façon à ce que les individus éprouvent continuellement un manque, même si les données vitales sont déjà contentées. Sur ces manques, les Marchands induiront des besoins qui génèreront des désirs. Les Médias se chargeront de propager la façon d'assouvir ces désirs. Il suffit d’ouvrir un magazine « people »dans une salle d’attente ou de s’asseoir une journée entière devant la télévision ou d’allumer la radio et d’aller sur une chaîne « commerciale » La matraquage est constant…
Le monde occidental n'est qu'une machine à consommer, un système adorant la "croissance matérielle" et maudissant la "croissance spirituelle". Rien de bon n'est à attendre du sommet de cette Pyramide. C'est à chaque individu de choisir à quelle croissance il souhaite s'attacher...
Ce fonctionnement changera le jour où les adultes n'induiront plus ce schéma de pensées aux enfants...Donc, il faut que le nombre d'adultes "conscients" augmente et augmente encore et il arrivera un jour où le "nombre déclencheur" sera atteint et où le paradigme spirituel deviendra la norme...
De toute façon, c'est la seule solution pour que l'humanité survive. Car c'est dans la croissance spirituelle que se fera la décroissance matérielle. La COP21 et autres grandes messes des Papes de la finance ne sert qu'à imposer des restrictions dérisoires et bien souvent éphémères mais ces rencontres n'ont aucun impact philosophique. Les dirigeants iraient même jusqu’à dire que la croissance spirituelle est une atteinte à la liberté de consommer…
C'est là justement qu'il fallait laisser parler les "terroristes écologiques" qui sont dispersés à coups de lacrymogènes et de matraques. Ils ne viennent pas que pour dénoncer les malversations mais aussi pour présenter un autre fonctionnement.
Être capable d'anticiper, ça paraît fou mais les politiciens en sont incapables au-delà de la durée de leur mandat. La pression des Financiers qui contribuent à leurs élections est trop forte pour que leur ego carriériste s’y oppose. C’est le rêve de leur vie qui leur tend les bras. Le pouvoir….
Les indiens Kogis, de leur côté, ne prennent une décision collégiale qu'à partir du moment où ils sont certains que ça n'impactera pas négativement l'existence des deux prochaines générations...
Dans les pays "modernes", on se projette sur les prochaines élections mais pas plus loin. Il faut préserver la « croissance ».
Sur l'impact aux enfants, il n'est qu'à regarder la période de Noël....Il suffirait d'aller voir débarquer les porte containers venus d'Asie avec les millions de jouets en plastique...Plastique, pétrole, usines, pollutions, déchets....La consommation matérielle...Le formatage au "bonheur matérialiste"...
Une fois adultes, les jouets en plastique deviendront des voitures, la piscine dans le jardin ou des écrans plats, super plats, super plats arrondis, super arrondis dans les coins plats, super plats dans les angles arrondis, avec un son super dolby mega bass sound heavy clear et une télécommande reliée également au robot ménager qui va chercher la bière au frigo avec écran incorporé où apparaît la liste des victuailles disponibles etc etc etc etc...
Les Marchands trouvent toujours une dernière astuce « absolument indispensable », le "progrès" qui va changer leur vie….
Il n’y a évidemment aucun manque fondamental, ni par conséquent aucun besoin réel mais tout sera mis en place pour instiller malgré tout les désirs d’avoir…
On ne s'intéressera évidemment pas à la quête de "l'être"...
Les fêtes marchandes continuelles. Si vous calculez le temps de télévision quotidienne attaché à l’idée de consommation, c’est effrayant.
Il suffit de penser aux millions de sapins tronçonnés et qui finiront dans une benne à Noël. Acheter un sapin en pot avec racines et aller le replanter dans la forêt serait déjà un acte hautement symbolique....
Et les lendemains de fêtes aux repas pantagruéliques qui seront suivis de "régimes alimentaires". Sans parler des millions d'animaux abattus pour remplir les assiettes.
Et cette humanité se croit évoluée ? C'est consternant, pitoyable et infiniment destructeur.
Ils existent pourtant ces adultes conscients. C'est juste que la masse n'en entend pas beaucoup parler....Les Medias s'abstiennent de les présenter étant donné que ces médias travaillent prioritairement à la diffusion des désirs....Financiers, Politiciens, Marchands, Médias....Et face à ce gang, il reste les individus isolés qui se regroupent de plus en plus....Il y a beaucoup de monde chez les Colibiris....Un joli vol d'oiseaux qui ne bat pas des ailes pour aller aux Soldes....
Quand je vois par exemple, les restrictions « légales » qui se multiplient contre les individus « rebelles » qui décident de vivre dans un camion, dans une yourte mobile, un container aménagé ou une cabane au fond des bois, il faut comprendre qu’il s’agit essentiellement pour les Gouvernants financiers de casser ce mouvement de « dé-consommation » contraire à la « croissance ». Ces gens sont des dangers pour la société marchande. Il faut donc limiter leur extension.
Les « éco-villages » représentent une autre mise en forme de cette vie « dé-consommatrice ». C’est l’autonomie qui est visée par la communauté et bien entendu, c’est encore une fois incompatible avec les objectifs de la société marchande et les règles et les lois que les Gouvernants instaurent. C’est un défi gigantesque de développer une communauté de ce type, un travail colossal…
Et c’est bien pourtant vers là qu’il faudra se tourner.
Identifier les manques fondamentaux.
Analyser les besoins.
Autopsier les désirs.
Une fois ce travail achevé, chercher une existence compatible et s’y engager.
Dominique Bourg : la sobriété
Dominique Bourg : "La sobriété, ce n'est pas vivre plus mal, c'est apprendre à vivre mieux"
Vendredi 12 août 2022
ÉCOUTER (24 MIN)
Image d'illustration ©AFP - CAMILLO BALOSSINI / ROBERT HARDING

Provenant du podcastL'invité de 8h20 : le grand entretien
CONTACTER L'ÉMISSION
Résumé
Dominique Bourg, philosophe franco-suisse, professeur honoraire à l'Université de Lausanne et spécialiste des questions environnementales et Olivier Sidler, membre fondateur et porte-parole de l'association négaWatt, qui prône la sobriété énergétique, sont les invités de France Inter.
En savoir plus
"On se comporte comme si la Terre n'existait pas. Comme s'il n'y avait pas d'équilibres sur cette planète, et comme si on pouvait, par nos techniques, tout transgresser", commence le philosophe Dominique Bourg, spécialiste de l'écologie. Il donne une définition de la sobriété : "Ce n'est pas de vivre plus mal, c'est d'apprendre à vivre mieux, avec une empreinte écologique beaucoup plus petite". Or, dit-il, "quand vous parlez de sobriété, si chacun doit faire moins, ça rend les écarts de richesse beaucoup plus insupportables. Qu'un Jeff Bezos fasse du tourisme planétaire et émette en carbone ce que des centaines de personnes ne feront même pas dans leur vie, ça n'est plus tolérable", analyse-t-il.
"L'idée clé de la sobriété, c'est l'autolimitation"
Il revient sur l'origine philosophique de ce concept. Selon Dominique Bourg, l'idée clé de la sobriété, "c'est l'autolimitation et la civilisation qui a le plus excellé dans ce domaine, c'est la Grèce. La Grèce s'est construite sur le rejet de la démesure, de l'hubris", détaille-t-il. Puis il poursuit : "la sobriété, ce n'est pas pour se faire suer. C'est pour trouver une forme d'équilibre, car il n'y a pas de bonheur sans une forme d'équilibre. Dans nos sociétés, où on nous incite à acheter sans cesse, c'est très anxiogène. On crée un manque artificiel". Selon lui, passer à la sobriété, c'est donc changer de "civilisation".
Pour Olivier Sidler, membre fondateur et porte-parole de l'association négaWatt : "La sobriété, c'est tout ce qu'on peut faire à titre individuel et collectif pour changer nos comportements et nos choix afin de réduire la quantité d'énergie nécessaire pour satisfaire nos besoins de base. Si chacun s'astreint à cela, c'est un grand progrès", avance-t-il.
"On peut tous prétendre qu'on est libre, sauf qu'on fait mourir l'espace qui nous fait vivre"
Que répondre à ceux qui prônent plutôt la liberté, et notamment celle de consommer ? "La Terre a ses limites", déclare Olivier Sidler*. "On peut tous prétendre qu'on est libre et qu'on a le droit de faire ce qu'on veut. Sauf qu'on est en train de faire mourir l'espace qui nous fait vivre, qui nous nourrit. Donc c'est suicidaire de faire ça*."
Et donc, cette fameuse liberté individuelle que chacun s'octroie est au final la disparition de la liberté de tous puisque chacun condamne les autres à souffrir et même à mourir. On pourrait donc dire "que j'ai le droit d'être libre de faire ce que je veux, légalement parlant, même si cela impacte la vie de tous. C'est face à ce paradoxe mortifère qu'il est urgent et impératif de légiférer. Mais qui aura le courage de le faire ?
Dominique Bourg revient sur ce concept de liberté : "La liberté a pour limite ce qui ne nuit pas à autrui, or c'est ce qu'on fait. La manière dont nous, Occidentaux, avons répandu une illusion de l'accomplissement de soi par la consommation, ça a pour conséquence de détruire la vie sur Terre. Donc ce n'est pas de la liberté", estime-t-il.
Les "énormes intérêts pour le particulier" de la sobriété
Olivier Sidler, fondateur de négaWatt, liste les "énormes intérêts pour le particulier" de la sobriété : "l'intérêt économique, se sentir mieux dans la maitrise de sa vie, l'amélioration de sa santé, une plus grande résilience, la préservation du bien être animal et de la biodiversité…Ca fait beaucoup de choses qui sont positives lorsqu'on s'engage dans ce concept de sobriété."
Coupable d'ignorance.
Je me sens coupable, fautif, irresponsable.
J'ai vécu pendant une grande partie de ma vie dans une ignorance béate, un individualisme immature, comme un enfant gâté. Je n'ai rien lu des alertes lancées par de nombreux scientifiques, je les ai ignorées alors que les premières études datent de 1972, des études partagées à grande échelle. J'aurais pu les trouver si j'avais cherché.
J'ai fait mes études, j'ai appris ce qu'on me demandait d'apprendre, j'ai eu mes diplômes, je me suis engagé dans une voie professionnelle, puis une aventure amoureuse, puis une famille. J'ai suivi une voie toute tracée sans jamais détourner mes regards et mon attention de cette "réussite".
Une "réussite" qui consistait à participer au saccage.
Je n'ai jamais fait de croisière, je n'ai pris l'avion qu'une fois ; lorsque mon frère est mort et qu'un gendarme m'a téléphoné pour me dire que mes parents étaient injoignables, qu'ils étaient partis avec leur camping car et que personne ne savait où. Alors, j'ai pris l'avion pour retrouver mon frère à la morgue. Et pour chercher mes parents. Je ne suis plus jamais monté dans un avion. Je suis revenu en train.
Et je ne veux pas aller voir les sommets de l'Himalaya qui me fascinent tant, ni les volcans d'Islande, ni les grandes parois du Yosémite parce que je refuse que mon plaisir laisse une trace dans l'atmosphère.
Je ne mange plus d'animaux depuis quinze ans mais j'en ai tant mangé que j'ai l'impression d'être un cimetière.
J'ai grimpé au sommet du Mont-Blanc et sur bien d'autres montagnes et glaciers sans jamais m'inquiéter de leur disparition. J'ai profité des merveilles de la nature sans jamais penser que mes comportements contribuaient à leur effacement.
Aujourd'hui, je suis grand-père et je me sens coupable lorsque j'entends les rires de notre petit-fils, que je vois le bonheur dans ses yeux. Le bonheur de celui qui ne sait rien encore du monde que nous lui "offrons".

Le Glacier des Gourgs Blancs (3128m) dans le Luchonnais s’en est allé… et d’autres vont le suivre. 
Mais rien n'arrête le commerce mondial et le tourisme de masse.


« Sans avion vert avant 15 ans, il faut diminuer le trafic dès maintenant ! »

13 septembre 2021 - La Relève et La Peste
Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
Selon l’Association du transport aérien international (IATA), la demande en juillet 2021 est restée « bien en-deçà des niveaux d’avant la pandémie », malgré plus de vols à l’intérieur de l’Europe. En juillet 2021, le nombre total de voyages aériens était ainsi en baisse de 53,1% par rapport à juillet 2019. Si le secteur du transport aérien a été cloué au sol par la pandémie, ce n’est pas pour autant qu’il doit redémarrer « comme avant », plaident les auteurs de cette tribune, qui rappellent le rôle de l’aérien dans la crise climatique et le mythe de « l’avion vert ».
» Emmanuel Macron a annoncé le 2 septembre le maintien de l’extension de l’aéroport Marseille-Provence qui doit être achevée d’ici à la fin de l’année 2023, juste avant les Jeux Olympiques. Et ce, malgré les luttes menées par des associations de riverains et des ONG contre les extensions d’aéroport et alors que l’interdiction des extensions d’aéroports était l’une des mesures proposées par la Convention Citoyenne pour le Climat, non reprise par la loi climat, Marseille se situant à moins de quatre heures de Paris en train.
Partout en France, les associations et ONG sont confrontées aux mêmes problématiques. Depuis 2020 et la pandémie de Covid-19, la région Occitanie a perdu plus de 8 000 emplois dans le secteur aérospatial. La date et l’ampleur de la reprise sont incertaines. Des investissements très forts sont nécessaires pour faire repartir l’industrie, et redynamiser un territoire déboussolé. Pour autant, faut-il reconstruire sur un modèle pré-Covid-19 ?
L’association Notre Choix et le collectif PAD (Pensons l’Aéronautique pour demain) font partie des acteurs qui se mobilisent depuis le début de la crise sanitaire pour penser et implanter des solutions concrètes en faveur d’une réduction du trafic aérien post-Covid et une sensibilisation des citoyens et citoyennes à leurs modes de consommation sur l’aviation.
Parce qu’ils souhaitent garder les avions dans le ciel, mais de manière plus équilibrée et en accord avec les préconisations du GIEC, Notre Choix et le PAD ont invité 80 spécialistes pour débattre des sujets de l’avenir de l’aviation, des salariés, de la santé des riverains, des actions des ONG, du futur du ferroviaire et de la nécessité d’un tourisme responsable : il s’agit de la première édition des Assises de l’Aviation.
80 experts et experts parmi lesquels des salariés et étudiants du secteur, des ONG (Greenpeace, Non au T4, Alternatiba…), des scientifiques, des sociologues, journalistes et acteurs proposant des méthodes de voyages sans avion. Fédérer ces acteurs est devenu indispensable pour atteindre leur objectif commun : réduire drastiquement les émissions liées à l’aviation et aux voyages.

En effet, l’urgence de la crise environnementale liée au réchauffement climatique et à l’extinction massive de la biodiversité exigent des changements, y compris pour le secteur de l’aérien, dont les gaz à effet de serre sont en croissance annuelle de 5 %.
Pour maintenir le réchauffement climatique à 1,5° C, le GIEC préconise au niveau mondial une baisse des émissions de GES dès 2020, avec a minima -35 % d’émissions en 2030 par rapport à 2010. Or, le secteur aérien, dans ses plans les plus ambitieux présentés par l’IATA, prévoit le maintien des émissions de GES au niveau de celles de 2020 jusqu’en 2035.
Le délai instauré par le secteur de l’aérien pour commencer à baisser ses émissions de GES est explicable : 15 ans sont nécessaires pour monter à maturité le concept « d’avion vert » avant sa mise au marché (avion à hydrogène, SAF (biocarburant)). Pour autant, nous considérons que cette perspective n’est pas acceptable en l’état : chaque secteur industriel doit prendre sa part à l’effort de réduction de GES.
Puisque sur les 15 années à venir il n’y aura pas d’avions verts, le collectif PAD considère qu’il faut baisser le trafic. Ce qui implique une baisse du nombre d’avions en exploitation, soit certainement une baisse du nombre d’avions neufs à construire. Quel impact pour l’emploi dans la région Occitanie, si dépendante de l’industrie aéronautique ? Quelles solutions pour la mobilité de demain ?
La patience n’est plus une vertu mais une complicité avec ceux qui nous précipitent vers des cataclysmes alors venez penser l’après et agir maintenant en participant aux Assises de l’aviation qui auront lieu du 17 au 26 septembre à Toulouse et Paris.«
Pré-inscriptions et programme complet disponibles sur le site des Assises.
Note : L’essentiel du texte proposé est extrait du rapport « moins d’avions / plus d’emplois » publié par le collectif PAD en Août 2021.
13 septembre 2021 - La Relève et La Peste
Ecologie radicale
L'écologie radicale n'existera jamais à grande échelle. Il n'est qu'à voir les critiques acerbes et parfois haineuses envers les "écolo-bobo-gaucho". La majeure partie de la population s'opposera toujours à la restriction de leurs "libertés", c'est à dire la possibilité de continuer à détruire la vie de la planète.
« Si nous ne prenons pas soin du sol et des milieux vivants, l’espèce humaine se tire une balle dans le pied »
Je ne suis pas optimiste mais j’aime à croire qu’en agissant collectivement, il y a toujours des espèces à sauver, des terres agricoles à sauvegarder, des dixièmes de degrés de réchauffement à gagner et donc des êtres humains et non-humains à protéger.

20 septembre 2021 - Matthieu Delaunay
Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
Avec La Révolution du potager, la militante anarcha-féministe Béné propose une nouvelle façon de cultiver la radicalité écologique par de nouveaux modes d’action. Plutôt que l’écologie de la carte bleue, elle prône l’urgence de rompre avec la dichotomie entre nature et culture, et encourage à remettre les mains dans la terre. Entretien autour de l’engagement et de des joies et des défis du grand dehors.
LR&LP : Sur quoi et pourquoi tentez-vous d’agir en ce moment (sachant que le moment peut avoir duré et durer encore longtemps) ?
Béné : Je fais partie du collectif Stop Carnet qui lutte contre un projet de zone industrielle de 110 ha en bord de Loire et plus globalement je lutte contre toutes formes de violences systémiques (écologiques, racistes, sexistes, spécistes, validistes…) et pour un monde digne et soutenable pour tous et toutes !
Lire aussi : La ZAD du Carnet a été expulsée ce matin pour un « projet au point mort »
LR&LP : Qu’est-ce qui vous a amené aux joies (et aux difficultés) du jardin ?
Mes parents ont toujours beaucoup jardiné et ont eu un potager très tôt, et mes grands-parents étaient paysan.ne.s. Cultiver un potager est donc un héritage familial en plus d’un plaisir et une nécessité écologique pour moi !

Se ressourcer au potager avec Melle Béné
LR&LP : Quelle est la genèse de ce livre ? Était-ce d’abord pour vous un moyen de rejoindre et convaincre de nouvelles personnes ou surtout de poser sur le papier la somme de connaissances que vous avez assimilée depuis plusieurs années ?
J’ai été contactée par la maison d’édition La Plagepour écrire un livre sur le potager au fil des saisons, accompagné de recettes végétariennes aux légumes de saison. Honorée par ce projet, j’ai fait de mon mieux pour donner au potager et à l’alimentation végétale un angle politique.
L’idée était surtout de transmettre ma passion pour l’écologie, le monde animal et végétal et donner des clés de compréhension sur l’écologie systémique et politique.
Globalement, je souhaitais faire évoluer l’imaginaire des lecteurs et lectrices sur la radicalité écologique et sur l’écologie individuelle et collective, en leur montrant qu’il y avait de nombreux modes d’actions pour s’emparer de l’écologie, à différentes échelles et en fonction de ses moyens.
LR&LP : Si on retrouve des conseils, des recettes, des façons de faire et de bonnes pratiques pour apprendre à cultiver et entretenir son jardin, ce livre témoigne aussi de vos engagements de militante. Peut-on vous décrire comme une ecoféministe? Quels sont les combats que vous menez et pour quelle raison ?
J’ai toujours eu du mal à me revendiquer éco-feministe. Ce terme est galvaudé particulièrement depuis quelques mois et récupéré politiquement à toutes les sauces. Cela dit, je me revendique de l’éco-féminisme radical, celui des Bombes Atomiques de Bure ou du camp de femmes de Greenham Common.
Je me sens hermétique à l’éco-féminisme spirituel, que je respecte évidemment par ailleurs. Comme la notion est encore floue et récupérée par des partis politiques ou des méthodes avec lesquelles j’ai peu d’affinités, je préfère me voir comme anarcha-féministe ou éco-anarchiste (rires).
Mes sensibilités prioritaires sont l’écologie et le féminisme. Les deux sont fortement liées puisque les femmes font partie des premières victimes du dérèglement climatique et qu’on exploite les femmes comme on exploite “la nature”. Plus globalement, je me bats contre tous les rapports de domination en essayant de prendre part à la construction d’alternatives politiques.

La révolution du potager, Manuel d’écologie individuelle et collective, de Béné
LR&LP : Plutôt que de pratiquer l’écologie de la carte bleue, vous nous proposez de faire la révolution par le potager. Qu’entendez-vous par là et pourquoi continuez-vous d’y croire ?
À travers le potager, je propose en effet que chacune et chacun se saisisse des enjeux liés au dérèglement climatique et à l’effondrement de la biodiversité. Je suis convaincue que comprendre comment fonctionne la culture de fruits et légumes, de quoi notre sol a besoin pour nous nourrir, donner des clés de compréhension des aberrations écologiques de notre monde à travers des focus sur les engrais de synthèse, l’artificialisation des sols, l’élevage intensif, etc., peut donner envie aux personnes de militer concrètement et radicalement pour l’écologie.
Je ne suis pas optimiste mais j’aime à croire qu’en agissant collectivement, il y a toujours des espèces à sauver, des terres agricoles à sauvegarder, des dixièmes de degrés de réchauffement à gagner et donc des êtres humains et non-humains à protéger.

Le sourire de Bene au potager
LR&LP : Qu’est-ce que le potager vous a appris ? Que retirez-vous, en plus d’une excellente nourriture, de cette vie de « grand dehors »?
Que la dichotomie “nature” et “culture” est complètement erronée. Que nous faisons partie de la nature, que si nous ne prenons pas soin du sol et de nos milieux vivants, l’espèce humaine se tire une balle dans le pied. Elle ne pourra plus se nourrir dignement, n’aura plus d’air respirable, plus d’eau potable. C’est d’ailleurs déjà le cas pour des millions de personnes déjà confrontées aux conséquences du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité.
LR&LP : Alors que vous avez les deux mains et les pieds dans la terre, vous menez aussi un travail de fond sur les réseaux sociaux. Pourquoi être sur ces deux terrains ? Comment arrivez-vous à jongler entre ces deux « écosystèmes » et à garder le moral, alors que nous venons de traverser un été particulièrement concentré en drames climatiques de toutes sortes et que les réseaux sociaux exacerbent ?
Je ne garde pas du tout le moral. Je suis très fragilisée par les évènements de cet été, en plus du reste comme la montée du fascisme… Essayer d’informer sur les réseaux pour donner envie de lutter est selon moi nécessaire, pour ne pas laisser la place aux discours haineux ou fascisants anti-écologistes.
Je pense que l’information sur l’écologie loin des discours catastrophistes, qui peuvent résigner plutôt que d’inciter à agir, est vitale.

Extrait du compte Instagram de Melle Bene
LR&LP : La période que nous traversons est très anxiogène et étouffante. À bien y regarder, rien ne peut laisser supposer que l’avenir sera plus encourageant. Avant de pouvoir toutes et tous retrouver la terre et faire pousser nos légumes (si nous le pouvons et le souhaitons), que vous semble-t-il urgent de mettre en place, au niveau individuel mais aussi collectif, pour sortir de l’ornière que la COVID a creusée plus profondément ?
Lutter contre les causes et les conséquences du dérèglement climatique, de l’effondrement de la biodiversité et contre les rapports de domination à échelle individuelle et collective est urgent et nécessaire.
Cela passe par la végétalisation de son alimentation et la lutte contre le modèle agro-industriel. Mais aussi par revoir sa mobilité et réduire drastiquement ses trajets en avion tout en luttant contre le tourisme de masse et les projets d’aéroports.
En bref, remettre en question son mode de vie et sa façon de consommer (si on a le privilège de pouvoir le faire) tout en luttant contre le capitalisme à échelle plus globale.
Il y a une palette d’actions très vaste dont on peut se saisir, tout en privilégiant l’action collective (au sein de collectifs écologistes, féministes, anti-racistes, etc.) pour changer radicalement le système. Cela permet d’agir avec un rapport de force incomparable à l’écologie individuelle et de s’émanciper en même temps.
Lorsqu’on se sent seul.e, que l’on ne sait plus quoi faire pour agir, le collectif est une soupape en plus d’être un moyen d’action dont on doit s’emparer au maximum pour faire la révolution !
LR&LP : Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin et qui continue de vous faire marcher la journée ? Une Musique, un livre, une peinture, un paysage, une personne…
Le chant des oiseaux le matin, les câlins de mes animaux, les bons petits plats, les fêtes entre ami.e.s, danser… Il y a plein de moments de joie dans la vie. C’est d’ailleurs parce que j’aime autant la vie que j’ai envie de la préserver !
Lire aussi : Paroles de Zadistes : « La nature suffoque et c’est à notre génération de faire bouger les lois »
Propos recueillis par Matthieu Delaunay. Journaliste, auteur, voyageur au long cours, Matthieu Delaunay contribue régulièrement à La Relève et La Peste à travers des entretiens passionnants, vous pourrez le retrouver ici.
20 septembre 2021 - Matthieu Delaunay
"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"
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Le fruit de notre liberté
"Le fruit de notre liberté"
Est-ce un fruit condamné à pourrir et à contaminer l'ensemble de l'arbre ?
Cette fameuse liberté nous donne-t-elle le droit de condamner ainsi la multiplicité merveilleuse de la vie ?
Est-ce donc dans ce cas-là une forme de condamnation de tous par personnes interposées ? C'est ça la question essentielle.
J'ai écrit dernièrement à l'office de tourisme de la Creuse pour les alerter sur les risques qu'il génère eux-mêmes en appelant les touristes à venir goûter à la magie de ce département.
La Creuse n'a aucun intérêt, c'est un désert culturel, il n'y a pas de zones commerciales, il n'y a pas de festivals, les villages sont silencieux et ne proposent que des petits commerces aux heures d'ouverture limitées, les routes sont sinieuses et en mauvais état, les locaux ne cherchent pas à entrer en contact avec les gens de passage. Ne venez pas.
Pollution, maltraitance animale et construction à outrance. Le tourisme de masse, une catastrophe environnementale
Que faire ? Comme tous les problèmes environnementaux, c’est avant tout notre rapport au monde qu’il faut changer.

30 juillet 2019 - Sarah Roubato
Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
En 2018, la croissance du tourisme mondial fut de 9 %, un chiffre record qui n’avait pas été prévu par les observateurs. Ce sont près de 1,4 milliards de personnes qui voyagent chaque année. C’est l’un des moteurs les plus puissants de l’économie mondiale. Représentant à elle seule 3,2 % du PIB intérieur mondial, cette industrie florissante ne va pas sans son lot de mauvaises nouvelles pour le vivant : pollution, constructions à outrance, maltraitance des animaux. Le tourisme de masse représente 8 % des émissions de gaz à effets de serre et ce chiffre ne va cesser d’augmenter dans les prochaines années.
Une pollution hors norme
L’engrenage du tourisme de masse est souvent le même : construction de résidences sur des sites paradisiaques, pollution des sols des océans et de l’air, affluence des véhicules, prolifération des fast foods et des produits low cost. Si les promoteurs avancent souvent l’argument du développement local et des emplois créés, cela se fait au détriment des artisans locaux adeptes de la qualité qui ne peuvent rivaliser avec les produits bon marché.
Des pays comme la Chine voyant une classe moyenne émerger, des millions de personnes réclament le droit de découvrir le monde et ses merveilles. Comment leur interdire ? Comment prendre conscience que notre soif d’aller admirer la beauté de la nature la détruit ?
Si de nombreux pays ont mis en place la taxe carbone en 2017, elle ne s’applique toujours pas au transport aérien. Or pour les pays les plus pollueurs comme les États-Unis ou la Chine, ce sont bien les vols intérieurs qui produisent le plus de gaz à effets de serre.
Du côté de la faune, le tourisme animalier joue son rôle dans l’extinction des espèces. On se souvient de ce bébé dauphin échoué trop près des côtes argentines, mort de déshydratation à force d’être exhibé pour les selfies d’une foule de touristes. Le phénomène du selfie est étudié de près par des ONG de protection des animaux. Nouvelle source lucrative, elle encourage les éleveurs à séparer les bébés de leurs mères, ou à maltraiter de grands animaux comme les tigres ou les éléphants, pour les rendre dociles lors de la prise de photo. Les animaux ne survivent pas plus de quelques mois, obligeant les fournisseurs à acheter capturer ou braconner encore plus d’animaux sauvages.

Quand on regarde derrière la carte postale, l’impact du tourisme est non négligeable : les quartiers touristiques des villes et les villages se ressemblent, avec leurs lots de boutiques de souvenirs pas toujours fabriqués localement, de restaurants sans clients locaux, car ce qui en faisait la spécificité – artisans, commerces de proximité, cafés du coin – n’ont pas tenu le coup. Les prix montent, les habitants vont vivre ailleurs, les villages se retrouvent désertés quand les touristes ne sont pas là.
Que faire ? Comme tous les problèmes environnementaux, c’est avant tout notre rapport au monde qu’il faut changer.
À la découverte, à la beauté, à l’aventure. Nombreux seraient surpris de ce qu’ils pourraient vivre non loin de chez eux, en termes d’expériences humaines, culturelles et naturelles. Nous devons peut-être réapprendre à nous enchanter près de chez nous. Le droit de circuler librement est un droit fondamental de l’individu moderne. C’est un gage de progrès et d’ouverture au monde.
Pourtant, l’urgence de la situation nous mettra un jour face à la nécessité de réfréner certains de nos droits individuels, tout simplement pour que notre espèce et le vivant puissent survivre. À nous de décider si nous attendons le blocage des avions faute de carburant, l’imposition par les gouvernements, ou le fruit de notre liberté, celle de choisir de préserver la vie.
30 juillet 2019 - Sarah Roubato
Ne pas s'inquiéter
Je ne crois pas à une émergence de conscience collective, un acte volontaire de masse, un abandon de la société consumériste.
Je ne crois pas que la masse abandonnera l'alimentation carnée et donc les agriculteurs continueront à produire du maïs et à faire de l'élevage et on connait, quand on cherche, les effets dévastateurs sur la nature.
Je ne crois pas que la masse entière abandonnera les voyages touristiques en avion et les croisières, la voiture pour les vacances, les ruées sur les magasins qui soldent.
Je ne crois pas que la masse entière abandonnera les piscines et les climatiseurs, la consommation effrénée d'eau potable, le tourisme de masse, les périodes festives annuelles et toute la consommation qui les accompagne.
Je ne crois pas que la masse entière mettra un jour au pouvoir un gouvernement essentiellement écologiste et je ne crois pas d'ailleurs qu'un gouvernement écologiste ait la moindre chance de gagner la lutte contre les forces financières.
Je ne crois qu'en une seule chose et je l'ai déjà écrit ici : une dictature survivaliste. Car, il ne faut pas se voiler la face, nous partons vers des temps très, très compliqués où l'idée de survie sera prioritaire. On va me dire que c'est une vision très pessimiste. Qu'on vienne me prouver que j'ai tort, je serais très heureux de l'apprendre.
Quant à ceux ou celles qui considèrent qu'une dictature survivaliste est inacceptable, parce que le terme de "dictature" est associée à des exemples effroyables, je répondrais simplement que nous sommes depuis l'émergence de l'exploitation pétrolière dans une dictature philosophique, un exemple unique, un modèle répliqué de façon planétaire, un paradigme auquel il n'est quasiment pas possible de s'opposer et qui est enseigné aux plus jeunes. C'est une dictature qui ne dit pas son nom parce qu'elle a mis en place un système qui laisse à penser que les choix sont possibles. Et c'est sa plus grande réussite. Pour notre plus grand malheur.
Canicule, sécheresse... "Qui a encore le luxe de ne pas s'inquiéter ?" : le chercheur François Gemenne a répondu à vos questions sur cet été suffocant
Alors que la France métropolitaine traverse une troisième vague de chaleur en à peine deux mois, franceinfo a sollicité mercredi le chercheur François Gemenne pour prendre la mesure de ce phénomène.
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France Télévisions
Publié le 03/08/2022 16:49Mis à jour le 03/08/2022 16:50
Temps de lecture : 12 min.

Certaines parcelles du lac de Serre-Ponçon, dans les Hautes-Alpes, sont complétement à sec, le 2 août 2022. (THIBAUT DURAND / AFP)
Champs jaunis, lacs à sec, coupures d'eau, sommeil perturbé... L'été 2022 n'en finit pas de se réchauffer. Une troisième vague de chaleur frappe, depuis mardi 2 août, la France métropolitaine, et ce alors que le pays est concerné par une sécheresse intense. La journée de mercredi devrait être la plus chaude à l'échelle nationale, a averti Météo France, même si ce nouvel épisode caniculaire sera plus court que les précédents.
Cet été caniculaire est-il un aperçu de ce qui nous attend désormais ? Faudra-t-il s'habituer à de telles températures, et à autant de conséquences désastreuses sur nos écosystèmes et notre quotidien ? Si oui, comment s'y adapter ? Les internautes de franceinfo ont interrogé le chercheur François Gemenne, spécialiste de l'impact du réchauffement climatique sur nos sociétés, pour évoquer la crise climatique. Voici ses réponses à vos questions.
Sur la météo que connaît la France en ce moment
@Patrice : La sécheresse en cours peut-elle être enfin l'élément déclencheur d'un changement d'habitudes et de politiques ?
François Gemenne : Honnêtement, je ne pense pas. Ceux qui vont souffrir concrètement des conséquences de la sécheresse restent une minorité de la population. La plupart des gens, à part quelques restrictions pour laver leur voiture, ne verront pas à quoi a ressemblé cette sécheresse. Quand il y a une catastrophe, les gens ont envie de trouver un responsable, et si l'on dit que c'est le changement climatique, ils ont l'impression qu'on les rend responsables, ce qui est inaudible. Après Katrina, par exemple, la Louisiane a voté contre un gouverneur très climatosceptique, qui avait fait campagne sur cette déresponsabilisation.
"Mais il est vrai que les événements extrêmes nous permettent de prendre conscience de notre vulnérabilité."
François Gemenne, spécialiste des questions de géopolitique de l'environnement
aux internautes de franceinfo
@Cyril : La France traverse actuellement, et s'apprête à l'avenir à traverser, une grave crise de l'eau. Allons-nous manquer d'eau potable en France à l'avenir ?
Il est tout à fait possible que dans certains endroits, ou pour certaines populations, il y ait un manque d'eau potable. Ce n'est pas uniquement une question de quantité d'eau disponible, mais aussi de choix sur ses usages. Aujourd'hui, l'agriculture est l'usage qui consomme le plus, de très loin. Et à l'avenir, il faudra sans doute revoir certaines allocations de la ressource et changer certains types de cultures pour privilégier celles qui consomment le moins.
@Jean-Philippe : On voit énormément en France de cultures de maïs, qui est une plante tropicale demandant beaucoup d'irrigation. N'est-ce pas aberrant ?
Le maïs est typiquement une culture qu'il est possible que l'on abandonne en France à cause de sa consommation d'eau. Avec une eau rationnée, elle risque d'être de plus en plus problématique. On a commencé à le cultiver à une époque où l'on n'imaginait pas de pénurie.
@Gauthier Gosselin : En Californie, victime de grosses sécheresses, l'eau devient un produit spéculatif et est entrée dans le monde de la finance. Est-ce possible en France ? Est-ce une solution ?
C'est possible en France, mais je ne pense pas que ce soit une solution. Cela souligne la nécessité d'avoir des services publics forts pour l'adaptation climatique, pour garantir l'accès à l'eau, mais aussi la protection : en Californie se développent aussi des pompiers privés qui ne protègent que les habitations de ceux qui les paient.
"La spéculation sur l'eau se ferait au détriment des plus vulnérables."
François Gemenne
aux internautes de franceinfo
Or, une société plus inégalitaire est plus vulnérable aux impacts du changement climatique, car la solidarité est un élément crucial de la résilience. Tout le monde a intérêt à cette réduction des inégalités.
@Barbara : Si les cours d'eau baissent notablement et se réchauffent, quel sera le scénario concernant les centrales nucléaires ? Jusqu'à quel point peuvent-elles fonctionner ? Doit-on craindre des coupures d'électricité ?
Je n'irai pas jusqu'à craindre des coupures. C'est vrai que la baisse du débit des fleuves peut poser quelques problèmes ponctuels, mais je ne voudrais pas non plus affoler les gens avec ça. Cela serait un peu malhonnête de l'utiliser comme un argument contre le nucléaire ; il y en a d'autres qui sont plus recevables.
Sur l'enjeu de l'adaptation au changement climatique
@Jeanne : Je m'interroge sur l'articulation entre limitation du changement et adaptation au changement climatique. Faudra-t-il choisir entre les deux ?
Nous n'avons plus le luxe de choisir entre l'un ou l'autre. Nous avons longtemps cru que la limitation du changement climatique suffirait. On se rend compte qu'il va falloir aussi s'adapter. A la fois tenter d'éviter l'ingérable, et gérer l'inévitable. Ces deux options peuvent parfois entrer en concurrence, comme sur la climatisation. On va alors parler de maladaptation, une adaptation qui aggrave le problème. Mais il y a aussi des cas où les deux se renforcent mutellement : la rénovation thermique permet de réduire la consommation des logements et d'éviter qu'ils soient des fours en été.
@choux : Est-il possible de parler "lutte contre le réchauffement" sans "décroissance" ? Je fais partie des 5% de privilégiés : puis-je continuer à vivre dans 200 mètres carrés à deux ?
Je pense que le problème, quand on parle de décroissance, est, d'une part, qu'on ne peut pas en parler de la même façon pour tout le monde, en France comme en Inde par exemple. Il faut choisir la décroissance pour que certains aient la possibilité de croître. D'autre part, il faut que ce soit quelque chose de choisi, qui commence par les plus riches, sinon cela risque d'être une précarité imposée. Et il faut questionner quelle croissance on cherche : de l'économie ? de la santé ? des services publics ?
@climat : La préoccupation environnementale se traduit-elle par un changement des pratiques individuelles ? L'accumulation de piscines, la climatisation, les projets de maison et nos modes de vie ne montrent-ils pas un décalage important entre le "il faut changer" et le "nous sommes prêts à changer" ?
Absolument. Nous sommes tous face à un certain nombre de contradictions et d'injonctions contradictoires. Nous allons parfois penser qu'une de nos actions compense une action délétère : comme je suis parti en vacances en train, je peux faire creuser une piscine. En réalité, ces gestes ne s'annulent pas : chacun d'entre eux compte. Il faut sortir d'une vision du changement climatique comme un problème binaire alors qu'il est graduel. En même temps, il ne s'agit pas de culpabiliser les gens mais de reconnaître qu'il y a une limite à ce que nos gestes individuels peuvent accomplir. Il faudra aussi des changements structurels.
Sur les solutions possibles
@perplexe : Peut-on continuer à promouvoir la voiture électrique tout en demandant au consommateur de réduire sa consommation d'électricité ?
Question compliquée. Aujourd'hui, si on remplace le parc thermique par son équivalent électrique, on va avoir des problèmes de génération d'électricité. On doit poser la question des modes de déplacement et en particulier des transports publics. Et il faut aussi réduire notre consommation d'électricité. La question de la sobriété n'est pas juste une question de se donner bonne conscience ; elle est vitale pour la transition énergétique.
Aujourd'hui, les énergies fossiles représentent 84% du mix énergétique mondial. Il y a vingt ans, c'était 86%. Malgré toutes les alertes, cette part ne s'est réduite que de 2%, malgré le développement du nucléaire et du renouvelable. Ces sources n'ont pas remplacé les énergies fossiles : elles s'y sont ajoutées pour satisfaire notre surplus de consommation. Tant que celle-ci continuera à augmenter, jamais on ne parviendra à sortir des énergies fossiles.
@Hébert : Est-ce qu'une limitation par foyer de la consommation du nombre de m3 d'eau et de kwh d'électricité serait une solution efficace pour limiter les impacts du réchauffement climatique ?
Ça pourrait être une solution, bien entendu. Mais on touche là à certaines libertés fondamentales. Cela risque de ne pas être accepté dans la population. Il faut se méfier des solutions autoritaires : au-delà de la question des libertés se pose une question d'efficacité, car elles risquent d'être rejetées. D'autant qu'on parle de mesures permanentes : on a vu au moment de la crise du Covid-19 que certaines choses n'étaient acceptées que parce qu'elles étaient temporaires.
"Par contre, on pourrait jouer avec les prix, donner un quota d'énergie gratuite permettant de vivre décemment puis faire payer un prix croissant pour les volumes supplémentaires consommés."
François Gemenne
@Bernard : Entre l'eau potable et l'alimentation carnée, ne devons-nous pas faire un choix ?
Je pense que ce débat est déjà largement posé, et que chacun réalise que nos régimes sont trop carnés, que la réduction de notre consommation de viande est un impératif pour des raisons climatiques et d'économies d'eau. Il est important de garder en tête que toutes les viandes n'ont pas la même empreinte carbone ni le même usage de l'eau : le bœuf a de très loin la plus lourde, même s'agissant des produits laitiers. Mais il y a déjà une forme d'évolution de la société à ce sujet.
@SME : Que peut-on espérer d'une rénovation thermique des logements, d'un point de vue de l'efficacité, du coût énergétique pour le faire et de son amortissement (à moyen terme) ?
On peut en attendre beaucoup de choses. Le logement est l'une des principales sources d'émissions de gaz à effet de serre en France, il pèse un peu moins d'un cinquième du total, et ce poids peut être réduit. C'est aussi un énorme enjeu de justice sociale, car les plus pauvres sont souvent ceux qui n'ont pas les moyens de rénover leurs logements et qui voient leur facture énergétique exploser. C'est aussi bon en matière d'adaptation aux températures extrêmes. Enfin, c'est un vivier d'emplois.
A mon sens, il y a deux obstacles : c'est un investissement – et l'on n'investit pas assez pour le climat en France – et il n'y a pas assez de main-d'œuvre dans le bâtiment. Il faudrait sans doute faire venir des travailleurs de l'étranger, et je ne suis pas sûr qu'on y soit prêts.
@Loulou : La question du transport revient souvent quand on parle de climat. Ecologiquement parlant, vaudrait-il mieux quelques très grosses villes concentrées ou bien décentraliser et avoir des pôles plus petits ?
Je dirais qu'il vaut sans doute mieux quelques grosses villes très concentrées. Le fait que la France ait tellement encouragé l'habitation dans les zones pavillonaires ou péri-urbaines a fait exploser l'empreinte carbone des transports. L'idée n'est pas de faire culpabiliser leurs habitants : c'est le résultat de politiques sur le logement à long terme. Les transports représentent 14% des émissions de gaz à effet de serre : 9% pour la route, 3% pour les avions et 2% pour les bateaux.
Sur la crise climatique que nous traversons
@Bertrand : Le dérèglement climatique est mondial. Faisons-nous suffisamment pression sur le Chine, les USA, l'Inde, la Russie pour qu'ils transforment leur société de façon plus respectueuse des accords de Paris ?
Les gens en Chine et en Inde se posent la même question : est-ce que nous faisons assez pression sur la France ? En Europe, nous avons souvent l'impression d'être vertueux et que les autres ne le sont pas. Nous ne prenons pas la mesure, par exemple, de l'ampleur des capacités solaires installées en Chine, tandis que nous sommes en retard à ce sujet. Et dans les sommets, les pays émergents reprochent aux pays riches de ne pas en faire assez. Par ailleurs, il ne s'agit pas de faire pression sur ces pays – comme l'Egypte, le Mexique ou l'Indonésie, qui deviendront les grands émetteurs de demain –, mais de se demander comment travailler avec eux.
@Fred : Au final, le problème n'est-il pas juste démographique ? A priori, la Terre devrait accueillir au maximum deux milliards d'individus ; or, aujourd'hui, nous sommes sept milliards…
Attention à ne pas établir une corrélation directe entre la taille de la population d'un pays et ses émissions. La Chine et l'Inde ont une population comparable mais la Chine émet quatre fois plus. L'Afrique est le continent dont la population croît le plus et dont les émissions croissent le moins. La question qui va se poser est celle de la transition démographique, souvent corrélée au niveau de développement : parfois, la baisse de la démographie peut s'accompagner d'une hausse des émissions. Tout dépend donc de la trajectoire de développement qui sera suivie.
@Bimbeau : Comment agir pour que les gouvernements prennent des mesures efficaces et pertinentes pour lutter contre le réchauffement climatique ?
Aujourd'hui, les gouvernements ne prennent pas de mesures suffisamment radicales parce qu'ils ne reçoivent pas ce mandat de leurs électeurs. Ceux-ci, dans leur majorité, votent pour le statu quo. Si on veut que les gouvernements se saisissent de ces enjeux, il faut qu'ils soient identifiés comme la priorité par les électeurs.
"Aujourd'hui, 80% des Français se disent préoccupés par le climat, mais seulement 31% estiment qu'il s'agit d'une priorité politique."
François Gemenne
aux internautes de franceinfo
Pour l'instant, je pense qu'on ne peut pas trop attendre des gouvernements. Si on veut que ça change, il faut faire en sorte que, lors des campagnes éléctorales, les gens réalisent que le changement climatique menace leurs intérêts directs.
@Benjamin : Quelles sont les sources d'espoir qui permettraient de ne pas sombrer dans une éco-anxiété indéfinie ?
C'est une interrogation très compréhensible... Aujourd'hui, on se demande qui a encore le luxe de ne pas s'inquiéter. La solution peut être l'action collective : se rendre compte que d'autres gens partagent ces préoccupations. Même au niveau très local, s'associer avec d'autres pour faire avancer les choses me semble être le meilleur moyen de lutter contre cette anxiété et de faire bouger les choses.
Raymond Devos
C'est une fois à la retraite que j'ai vraiment pris conscience à quel point la vie avant ça était celle d'un fou.
Il est toujours possible de se dire que c'est normal puisque tout le monde court de la même façon.
Et c'est bien là que repose toute la fourberie du système. Jusqu'à montrer du doigt ceux ou celles qui ne courent plus.




