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Covid : Docteur Louis Fouché
Je n'en parle plus beaucoup ici mais je continue bien évidemment à suivre l'évolution.
La personne qui m'intéresse le plus actuellement, c'est le docteur Louis Fouché.
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L'édito de la semaine
7 avril 2021
Toute l’équipe de Reinfocovid…
Toute l’équipe de Reinfocovid adresse un grand merci
à tous ses contradicteurs et au Coronavirus.
Tout d’abord chapeau bas à tous ceux qui ont réussi à transformer le Coronavirus en « crise sanitaire mondiale », en « pandémie globale. Merci aux médias alarmistes, merci aux politiques dictatoriaux, merci aux scientifiques corrompus ou dogmatiques.
Nous tenons par cet article à leur exprimer toute notre gratitude. Gratitude qui vient du mot « grâce ». Oui nous avons été touchés par la grâce, grâce à vous.
Cette crise est une révélation, un dévoilement, une apocalypse. Et après l’apocalypse vient un autre monde. Nous ne reviendrons jamais au monde d’avant, n’en déplaise à ceux qui s’y accrochent encore.
Depuis plusieurs années, nous sentions bien que plusieurs choses « clochaient » dans ce monde. Pris par la vie de tous les jours avec ce sentiment confus d’un « quelque chose » qui n’allait pas, nous errions sans vraiment comprendre, nous raccrochant à ce monde vicié pour éviter la douleur de s’en détacher. Heureusement, le virus et son narratif burlesque envahissant la surface du globe est arrivé, nous arrachant nos oeillères, nous laissant contempler le désastre.
D’abord, nous avons essayé de comprendre. Je peux vous le dire, nous n’avons jamais autant travaillé. Et je vais vous faire mal : nous sommes tous bénévoles ! Nous avons épluché tous les articles de sciences, toutes les informations, lois, décrets, ordonnances. Nous avons lu toutes les informations, celles des médias mainstream comme celles des « complotistes ». Nous avons appris à maîtriser internet, les réseaux sociaux, la communication, le graphisme, la communication non violente... Nous avons écrit, filmé, publié, coordonné, dessiné, chanté, dansé créé des œuvres d’art. Nous nous levons aux aurores et nous couchons lorsque nos yeux se ferment.
Vous vouliez nous appauvrir, vous nous avez tant enrichis : nos connaissances sont plus grandes, nous nous sommes découverts de nouveaux talents. Nous avons repoussé nos limites : plus que jamais nous sommes emplis d’espoir, de courage et d’allégresse.
Vous vouliez notre mort mais nous nous sentons plus vivants et rayonnants que jamais.
Vous vouliez nous désespérer, nous n’avons plus besoin d’espoir pour entreprendre.
Grâce à vous, nous avons pu cerner ce que nous ne voulions pas.
Nous ne voulons pas vivre masqués.
Nous ne voulons pas vivre en nous méfiant les uns des autres.
Nous ne voulons pas vivre dans la culpabilité hypothétique de « donner la mort » à nos proches en transmettant un virus.
Nous ne voulons pas vivre vaccinés de force tous les mois pour tous les virus qui sont ou viendront.
Nous ne voulons pas de passeport sanitaire, de reconnaissance faciale, nous ne voulons pas vivre fichés.
Nous ne voulons pas être incarcérés dans nos domiciles.
Vous vouliez nous séparer. «Attention, distanciation sociale: 1m, puis 1m50, puis 2m avec les nouveaux variants ».
Vous nous avez rassemblés.
Vous vouliez nous faire peur, nous sommes sortis de la caverne. Jouez tous seuls avec vos ombres.
Vous vouliez nous abrutir devant la télévision, nous l’avons éteinte et demain nous jetterons devant nos seuils tous vos biens de consommation à l’obsolescence programmée.
Vous vouliez nous imposer le passeport sanitaire, nous surveiller, nous reconnaître facialement, nous pucer peut-être ? Nous avons faim de liberté.
Vous vouliez nous vendre des médicaments couteux à l’efficacité et à la sécurité douteuse ? Nous arpentons d’autres chemins de santé.
Vous vouliez nous imposer votre vision du monde, marchande et basée sur la dette éternelle, la dépossession intégrale, jusqu’à celle de nos propres vies ? Nous posons les premières pierres d’un autre monde enthousiasmant basé sur la gratitude, la joie et la présence à l’autre.
Alors un immense merci à vous pour tous ces bienfaits.
"L'éolien, une énergie nocive"
De plus en plus de détracteurs et à juste raison. Il y a dans cette frénésie éolienne une illusion qui coûte très cher et ne résoud en rien le problème énergétique.
De toute façon, comme le dit d'ailleurs l'auteur de l'article, la solution énergétique doit passer prioritairement par l'économie de l'énergie disponible et non par le renforcement des moyens de production.
« L’éolien est une énergie nocive »
Patrice Cahart publie « La Peste éolienne », un livre à charge contre les éoliennes et le gouvernement, qui à ses yeux les soutient en dépit du bon sens.

Parc d'éoliennes à Guigneville, dans le centre de la France. Selon Patrice Cahart, il faudra investir 145 milliards d'euros dans l'éolien et le solaire pour atteindre les objectifs fixés en 2035.© JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Par Michel Revol
Publié le 08/05/2021 à 14h00 - Modifié le 09/05/2021 à 10h12
Patrice Cahart a fait toute sa carrière dans la haute administration, plus précisément à Bercy, où il était inspecteur général des Finances. Parcourant lors de ses moments libres les campagnes de France, il s'est heurté, abstraitement, aux éoliennes qui piquettent un peu partout les paysages. À la retraite, Patrice Cahart s'est attelé à l'écriture d'un livre incisif mais pédagogique et étayé, dont le titre annonce la couleur : La Peste éolienne (Hugo Publishing) est une attaque sévère contre les mâts géants que le gouvernement plante un peu partout. « Une de mes principales fonctions était de traquer partout le gaspillage de l'argent public, explique Patrice Cahart. Avec les éoliennes, je reste dans la tradition et le sillon de l'inspection des finances ! »
Le Point : Encore un livre qui dénonce les éoliennes ! Pourquoi un ancien inspecteur des finances s'intéresse-t-il à son tour à ce sujet ?
Patrice Cahart : Je suis Parisien par ma profession, mais aussi un homme de la campagne, en particulier du Perche. Je suis très attaché aux paysages, et je suis vice-président d'une association, La demeure historique, qui lutte contre les atteintes aux demeures et aux paysages. Or, ces derniers sont très abîmés par les éoliennes. Le Perche est à peu près épargné, mais ça cogne de plus en plus ! Au début de mon livre, je cite le cas d'un homme d'affaires retranché dans le canton de Zoug, en Suisse, l'un des endroits les plus secrets au monde. Personne ne le connaît, mais il est en train d'implanter des éoliennes à 10 kilomètres de chez moi !
Le titre de votre livre est très agressif. Est-ce qu'il ne risque pas de desservir votre propos ?
Je m'intéresse à l'éolien depuis une dizaine d'années. Depuis ce temps, j'apporte des chiffres et des raisonnements, j'écris des articles. L'effet sur les responsables politiques est quasi nul. Vient donc un moment où il faut élever la voix. D'ailleurs, d'après mon analyse, la poursuite de l'expansion éolienne, en France, ne comporte aucun avantage. Elle n'a que des inconvénients. Je n'ai donc pas de raison de ménager ses auteurs.
En quoi est-ce un problème politique ?
Le sujet des éoliennes est appréhendé selon ce seul point de vue. On n'y intègre aucune considération économique ni environnementale. Regardez Emmanuel Macron. Au fond de lui, je doute fort qu'il soit pro-éoliennes. N'a-t-il pas refusé l'implantation d'un parc éolien au large du Touquet (où son épouse possède une maison de vacances, NDLR) ? Le chef de l'État a aussi prononcé un discours à Pau, au début de l'année dernière, où il a reconnu que les éoliennes sont mal acceptées en France. Deux mois après cette déclaration, le gouvernement annonce une hausse massive du nombre d'éoliennes aussi bien à terre qu'en mer. On est en pleine contradiction ! Notre président a peur d'être incendié par les Verts s'il retire son soutien aux projets éoliens. Les écologistes crient très fort, si on abandonne ces projets ils vont crier encore plus fort ! Mais voilà, ils sont influents, ils peuvent chambouler le paysage politique.
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L'éolien ne sert à rien, selon vous. N'est-ce pas un peu exagéré ?
On nous dit qu'il sert à faire baisser nos émissions de CO2, mais on ne peut guère les baisser plus en France. Nos sources d'énergie sont le nucléaire, l'hydroélectricité, le charbon et le fuel, ces deux dernières étant condamnées. Reste le gaz naturel, qui en année normale représente environ 5 % de l'alimentation électrique du pays. Le problème, avec l'éolien mais aussi avec le solaire, c'est qu'on est obligé d'avoir un minimum d'énergie de complément pour pallier leur intermittence. Je rappelle que les éoliennes ne délivrent que 24 % de leur puissance en moyenne dans une année. Si on poursuit l'essor des éoliennes, comme le gouvernement le veut, il faudra de plus en plus d'énergie de complément, et la seule qu'on peut développer en France s'appelle le gaz naturel. Or c'est une énergie fossile (elle émet deux fois moins de CO2 que le charbon, mais quarante fois plus que le nucléaire, NDLR), importée de façon croissante de Russie, ce qui pose des problèmes de dépendance. En résumé, l'éolien a besoin d'énergie fossile pour se développer. C'est une énergie nocive.
Renouvelable ne veut pas dire proprePatrice Cahart
Vous évoquez beaucoup les coûts, exagérés selon vous, qu'engendre cette énergie
L'éolien a un effet pervers. Les besoins financiers sont énormes. J'ai évalué dans mon livre les sommes nécessaires à son développement programmé à 145 milliards d'euros de 2020 à 2035, en incluant le photovoltaïque. Les investisseurs se précipitent, parce que l'État leur garantit, pendant vingt ans, une recette à peu près égale au double de ce que leur courant vaudra sur les marchés de l'électricité. Aucun autre secteur de l'économie ne bénéficie d'un tel avantage. Le problème de ce système, c'est que les sommes investies pourraient être plus utiles au climat ailleurs, comme dans l'isolation des bâtiments ou les véhicules électriques. J'ajoute les masses d'argent qu'il faut investir pour aménager des routes à chaque nouveau projet, l'achat à l'étranger des engins, les réseaux de lignes à édifier, etc.
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L'un des principaux problèmes de l'éolien est son intermittence. Elle pourrait toutefois être palliée par un stockage efficace de l'électricité. Vous ne faites pas confiance aux chercheurs pour mettre au point un tel procédé dans les prochaines années ?
Aujourd'hui, aucun système de stockage à grande échelle et fiable n'existe. Par exemple, si on transforme les excédents d'électricité éolienne en hydrogène pour les rendre ensuite au réseau électrique, on perd au passage 70 % de l'énergie : c'est prohibitif. Il y aura sans doute des progrès, mais il faudra du temps. Or la durée de vie d'une éolienne est de vingt ans. Les engins qu'on installe aujourd'hui seront donc périmés avant qu'on trouve un procédé de stockage correct. Au lieu de se précipiter en implantant autant d'éoliennes, il faudrait plutôt patienter. Mon souhait est d'arrêter les projets éoliens et de revoir l'affaire dans quinze ou vingt ans. D'ici là, les réacteurs en place pourront fournir sans problème.
Les nuisances, surtout sonores, sont évidemment un des aspects négatifs que vous soulevez. Il existe pourtant tout un tas de normes visant à les limiter.
Je suis allé dans plusieurs maisons situées à 500 mètres d'éoliennes, qui est la distance minimale imposée, et je vous assure que c'est affreux. Cette distance est trop courte. En Bavière et en Pologne, on prend la hauteur totale de l'engin, pales comprises, et on multiplie ce chiffre par 10. Avec une éolienne de 180 mètres, on obtient donc presque deux kilomètres de distance minimale entre une éolienne et les premières habitations. Les gouvernements précédents ont refusé cette solution pour la France. Peut-être pourrait-on s'entendre sur une solution médiane, à savoir la hauteur multipliée par 7 ?
Je pense qu'il faut aussi imposer la procédure d'appel d'offres pour tous les projets. C'est le gage d'une saine concurrence, qui ferait baisser les prix, et permettrait à l'autorité publique de déterminer les emplacements pour les éoliennes, alors que ce sont les promoteurs qui les choisissent. Aujourd'hui, il n'y a pas de procédure d'appel d'offres pour les projets comprenant moins de sept éoliennes, au motif que ces petits opérateurs n'auraient pas les moyens d'y répondre. C'est une rigolade : ils sont tous filiales de grands groupes ! En l'absence de procédure encadrée, ces opérateurs vont donc voir les préfets pour obtenir un permis d'implanter un parc éolien, et le préfet signe toujours !
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L'éolien en mer n'est pas non plus une solution à vos yeux ?
Ce n'est guère mieux. La côte française ne dispose pas de fonds de faible profondeur, ce qui entraîne des coûts élevés pour implanter des éoliennes. Les fonds sont d'environ 30 mètres en France, contre 5 au Royaume-Uni et au Danemark, les champions de l'éolien off-shore. En moyenne, les éoliennes en mer produisent donc une électricité en France à un prix deux fois supérieur à celui des éoliennes terrestres, qui est lui-même deux fois supérieur au prix du marché ! Et je ne parle pas des inconvénients des parcs éolien off-shore pour les marins-pêcheurs, le tourisme ou les fonds sous-marins. Ce que je viens de dire concerne les éoliennes fixées au fond. Peut-être les performances des éoliennes flottantes seront-elles meilleures, mais nous n'avons pas encore de retour d'expérience.
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Le renouvelable n'est donc pas propre, écrivez-vous…
Les deux notions ne sont pas équivalentes. Le nucléaire est propre si l'on considère les émissions très faibles de CO2, mais il n'est pas encore renouvelable (il pourra l'être si on met au point les supergénérateurs). L'éolien a besoin d'un complément d'énergie, qui ne peut être que le gaz naturel. Or ce gaz n'est ni propre ni renouvelable. L'éolien qui lui est lié est donc une fausse énergie propre, une fausse énergie renouvelable. On trompe le bon peuple avec des termes illusoires.
Sport et végétarisme
Depuis que j'ai cessé de manger des animaux, non seulement, je n'ai rien perdu en endurance et en récupération mais la perte de poids m'a été très bénéfique. Avec trois hernies discales et une sténose canalaire lombaire, plus je suis léger, mieux c'est. J'ai pesé 85 kilos à un moment de ma vie. Première opération pour mon dos, ratage complet. J'avais 25 ans. Je n'étais pas bien, pas bien du tout. Dans ma tête.
Aujourd'hui, je pèse entre 55 et 58 kilos, selon les saisons et mon engagement sportif.
En ce moment, je travaille de 9 h à 17 h dans le jardin, ou pour la maison. On ne mange pas à midi. Un petit-déjeuner, classique pour moi, café, pain, beurre et un repas copieux à 18 heures. Aucune viande. Des oeufs, régulièrement, quatre ou cinq par semaine.
On a trois enfants, adultes aujourd'hui, les trois sont végétariens, végétalien pour Léo, le benjamin.
Au niveau sportif, les trois sont au-dessus de la moyenne, très clairement.
Léo fait partie des très bons skieurs de pentes raides. Ski-alpinisme engagé, très engagé.
Il y a quelques mois, on a reçu un texto de sa part :
"Yo, Chambéry-Sète, en vélo, non-stop, je rentre en train. "
Marine, notre fille vit seule, au fond des bois, elle a construit sa BAD, "base de vie durable". Elle cultive son potager et prend son eau à une source. Elle court avec Yuka, son chien. Ou marche des kilomètres dans les collines.
Rémi court, nage, skie, grimpe, pédale, enchaîne les séances de musculation. Officier dans l'armée de terre. Et végétarien.
Des exemples de sportifs végétariens, il y en a beaucoup. Des articles précisant les méthodes, tout autant.
Des vidéos, des livres, des témoignages. Plus grand monde aujourd'hui n'irait soutenir que le régime vétéarien est incompatible avec le sport.
Peut-on devenir sportif et végétarien sans risquer de carences nutritionnelles ?
https://www.sport-et-fitness.fr/etre-sportif-et-vegetarien/
De nos jours, les régimes végétariens, végétaliens et le véganisme sont de plus en plus courants. Certains y voient un effet de mode lorsque d’autres soutiennent un choix de consommation différent. Quelle que soit la position sur ce débat, ces modes de vie soulèvent beaucoup de questions : Permettent-ils réellement de couvrir nos besoins ? Peut-on être sportif et végétarien sans carence ? Si oui, une telle alimentation peut-elle nuire à nos performances ? Dans cet article, nous vous expliquons en détail les raisons de la compatibilité entre sport et végétarisme.
Sommaire
Végétarien, végétalien, vegan : quelles différences ?
Ces dernières années, les médias ont beaucoup parlé des vegans. En conséquence, beaucoup d’amalgames ont été faits entre les différents modes de consommation, et on finit par ne plus trop savoir de quoi l’on parle. C’est pourquoi il nous semble essentiel de faire le point sur les différentes définitions.
Les personnes végétariennes sont celles dont le régime alimentaire est le moins contraignant. En effet, ces personnes excluent uniquement la chair animale (viandes et poissons), mais continuent à consommer des œufs, des produits laitiers, etc. A l’inverse, les végétaliens excluent de leur alimentation tous les produits provenant de l’exploitation des animaux. Ils ne mangent donc pas de viande, pas de poisson, mais pas non plus de produits laitiers, d’œufs, de miel, etc. Les vegans, quant à eux, ont des convictions dépassant le champ alimentaire. En effet, leur mode de vie consiste à exclure tout produit provenant des animaux. Cela concerne l’alimentation, bien sûr, mais également l’usage du cuir, de cosmétiques contenant des substances d’origine animale ou ayant été testés sur des animaux, et, pour les plus convaincus, les médicaments.
Les caractéristiques du régime végétarien
Comme dit plus haut, le végétarisme exclut toute consommation de chair animale, c’est-à-dire la viande et le poisson. Cette définition est la plus classique, mais des variantes existent. Certains végétariens consomment du poisson, alors que d’autres ne consomment ni chair animale, ni oeufs. Avant d’aller plus loin, si vous désirez sauter le pas mais que vous ne savez pas comment faire, vous pouvez consulter cet article détaillé contenant des conseils pour devenir végétarien.
Point historique
Dans nos sociétés occidentales, la consommation de viande est en constante augmentation. Beaucoup tendent à penser que cela a toujours été le cas, mais il n’en est rien, et il est important, pour comprendre la problématique du végétarisme et de ses dérivés, de savoir quelle est l’origine de la consommation de produits carnés.
De nombreuses raisons ont favorisé le régime alimentaire maintenant classique, comme l’industrialisation de l’agriculture, ou encore simplement l’image de la viande, qui était un signe de richesse et de prospérité. Mais avant la Seconde Guerre Mondiale, peu de gens consommaient de la viande régulièrement ! Tant l’élevage que les faibles revenus ne le permettaient pas à l’époque. Par conséquent, la notion de végétarisme n’existait pas, puisque la majeure partie de la population avait un régime pauvre en viande.
A la suite de la Seconde Guerre Mondiale, les progrès technologiques, associés aux mutations sociales et professionnelles et à l’urgence de fournir de la nourriture en grande quantité, ont favorisé le changement de régime alimentaire. Mais, avec ce changement, sont apparues de nombreuses maladies dont les générations précédentes n’avaient que rarement entendu parler : diabète, maladies cardiovasculaires, cancers, syndromes métaboliques, etc. De nos jours, la corrélation entre ces maladies, le régime alimentaire carné et la sédentarité a maintes fois été prouvée par les scientifiques. Ce qui nous amène à notre thème suivant.
Conséquences nutritionnelles du régime végétarien
Les conséquences nutritionnelles qui découlent de l’alimentation végétarienne sont nombreuses… pour le mieux ! En effet, si elle est bien gérée, l’absence de consommation de chair animale induit :
augmentation de l’ingestion de fibres et de micronutriments
diminution de l’apport en acides gras saturés et autres composés impliqués dans les maladies cardiovasculaires
augmentation de la consommation de fruits, légumes, légumineuses et oléagineux
De plus, au-delà de l’aspect sanitaire, le végétarisme réduit l’impact environnemental de l’alimentation. En effet, la production de viande est la branche de l’industrie agroalimentaire la plus coûteuse d’un point de vue écologique (consommation d’eau, émission de gaz à effets de serre, déforestation, etc.)
Toutefois, troquer ses habitudes alimentaires habituelles contre un régime végétarien doit respecter certaines conditions. En effet, nous avons l’habitude de trouver un bon nombre de nos macronutriments dans les produits carnés, comme les protéines, par exemple. D’autres éléments essentiels peuvent également manquer lors d’un régime végétarien, comme le fer, le zinc, ou encore les vitamines du groupe B. Il est néanmoins facile d’éviter le risque de carence, puisque tous ces nutriments peuvent se retrouver dans des aliments autres que la viande.
Ainsi, les végétariens pourront équilibrer leur alimentation par la consommation de céréales complètes (pâtes complètes, riz complet, etc.), d’oléagineux (amandes, noix, noisettes, …) et de légumes secs (haricots, pois chiches, etc.). Par conséquent, si vous commencez un régime végétarien, il est primordial de bien vous renseigner. Cela ne doit toutefois pas vous décourager, puisque quelques principes simples permettront de pallier tout manque nutritionnel.
Aparté pour les végétaliens
Seuls les végétaliens et les vegans ont un risque de carence important : celui en vitamine B12. Ce composé ne se trouve en effet que dans les produits d’origine animale (viande, mais aussi œufs, lait, et même le miel). Les personnes suivant ces régimes devront donc avoir une supplémentation en vitamine B12.
Maintenant que la clarification sur le régime végétarien est faite, nous allons pouvoir passer au véritable sujet de cet article : peut-on être sportif et végétarien ?
Comment faire pour être sportif et végétarien ?
Vous avez décidé de suivre une alimentation végétarienne, mais vous vous posez des question sur les moyens de concilier sport et végétarisme ? Pour vous guider, voici quelques conseils :
Mangez suffisamment de protéines : certes, la chair animale est une excellente source de protéines. Mais elle n’est pas la seule ! Pour avoir un apport suffisant en protéines, vous pouvez consommer des œufs et des laitages, bien sûr, mais également des légumineuses et des fruits secs.
Les œufs et produits laitiers sont une source de protéines évidente. Par ailleurs, ils apportent tous les acides aminés essentiels. Ils sont donc idéaux pour les sportifs végétariens débutants.

Les légumes secs et céréales complètes renferment également de nombreux acides aminés essentiels. Toutefois, les uns ne contiennent pas les mêmes que les les autres. Pour cette raison, les repas végétariens allient souvent des mélanges de céréales complètes et de légumineuses afin d’avoir un apport protéique complet.
Attention aux carences en fer : en effet, dans un régime classique, l’apport en fer provient surtout des viandes rouges. Les premiers temps d’un régime végétarien, vous risquez donc la carence. En effet, la transition nécessite souvent un temps d’adaptation pour savoir où trouver les différents nutriments. Les œufs, légumes secs (lentilles, haricots, pois chiches), légumes verts, laitages et fruits secs seront donc vos alliés.
Veillez à votre apport en vitamines B. En effet, tout comme le fer, plusieurs de ces vitamines entrent dans la fabrication des globules rouges. Une carence en vitamines du groupe B peut donc également entraîner une anémie. Pour éviter ce risque, les aliments cités ci-dessus vous aideront. Toutefois, si vous êtes plutôt végétalien, il faudra, dans tous les cas, vous complémenter en vitamine B12.
Etre sportif et végétarien : quels aliments privilégier ?
Pour les efforts physiques intenses et réguliers, les protéines sont essentielles. Elles assurent une meilleure récupération après un effort et entrent dans la constitution des muscles. Vous pourrez trouver vos protéines dans les laitages et les œufs, mais également dans les légumes secs, les céréales complètes et les oléagineux. En plus de fournir un bon apport en protéines, ces aliments permettent également de constituer les réserves énergétiques essentielles à un effort physique.
Comme vous le savez sans doute, plus une personne est sportive, plus sa consommation de protéines devra être importante. Ainsi, si vous pratiquez peu de sport, il est conseillé de consommer 0,8 gramme de protéines par kilo de poids de corps. Si vous pratiquez une activité d’endurance, manger entre 1 et 1,2 grammes de protéines par kilo est conseillé. Pour les activités plus poussées, comme la musculation, consommer entre 1,3 et 1,5 grammes de protéines par kilo est une bonne moyenne. En revanche, si vous pratiquez la musculation pour prendre de la masse musculaire, votre apport en protéines devra être compris entre 2 et 2,5 grammes par kilo.
Où trouver des protéines végétales lorsque l’on est sportif et végétarien ?
Les œufs et les laitages représentent d’excellentes sources de protéines. Les végétaux, en particulier les légumineuses, en contiennent également une grande quantité. Si vous êtes un sportif végétarien ou végétalien, voici les aliments dans lesquels vous pourrez trouver des protéines :
Le soja (36 g/ 100 g)
Les graines de chanvre (26 g/ 100 g)
Les pois chiches (19 g/ 100 g)
Les flocons d’avoine (15 g/ 100 g)
Les petits pois (5 g/ 100 g)
Les haricots noirs (25 g/ 100 g)
Le brocoli (3 g/ 100 g)
Les lentilles (24 g/ 100 g)
Le parmesan (39,4 g/100 g)
Le sarrasin (13 g/ 100 g)
Les graines de chia (17 g/ 100 g)
Les noix (21 g/ 100 g)
L’épeautre (15 g/ 100 g)
Le quinoa (14 g/ 100 g)
A titre de comparaison, une escalope de veau contient en moyenne 31 g de protéines par 100 g de viande. Certains végétaux contiennent donc plus de protéines que la viande !
Sportif et végétarien : quelques conseils supplémentaires
Pour combiner sport et végétarisme, il convient donc d’adopter une alimentation adaptée. Pour vous éviter les faux pas, nous vous conseillons également de :
Varier vos repas : si les protéines sont un élément clé de votre alimentation, les lipides et glucides ne doivent pas être laissés de côté. Ces trois éléments sont essentiels au bon fonctionnement de votre organisme. Pour vos performances sportives, il sont également bénéfiques !
Ne sautez pas de repas.
Privilégiez les céréales complètes à index glycémique bas. Veillez à bien choisir vos sources de glucides : tous ne sont pas de même qualité !
Si vous êtes végétalien, pensez à vous supplémentez en vitamine B12, car elle est présente uniquement dans les produits d’origine animale. Vous éviterez ainsi les risques d’anémie.
Etre sportif et végétarien : c’est donc possible !
Non seulement être sportif et végétarien est possible, mais de nombreux sportifs de haut niveau le sont. Beaucoup d’athlètes végétaliens se classent en compétition, et même en culturisme. Parmi ces sportifs, on retrouve par exemple l’athlète Carl Lewis, végétalien depuis 1990, qui a remporté pas moins de 10 médailles olympiques et 10 médailles aux championnats du monde. Cela indique donc que sport et végétarisme sont tout à fait compatibles ! Il reste cependant essentiel de prendre soin de son corps et de son alimentation, quel que soit son niveau sportif.
Sportif et végétarien : ne vous affamez pas
Pour éviter une fonte musculaire, une perte de densité osseuse et les dysfonctionnements hormonaux, toute personne doit consommer suffisamment de calories. C’est particulièrement vrai si vous êtes sportif. Vous devez donc consommer le nombre de calories nécessaire à votre niveau d’activité physique. De nombreux sites internet proposent de calculer vos besoins, en se basant sur votre sexe, votre âge, votre poids, votre niveau d’activité physique et votre objectif (poids stable, fonte graisseuse ou prise de masse). N’hésitez pas à les consulter.

Équilibrez vos repas
Votre organisme a besoin de nutriments pour bien fonctionner. Ainsi, lipides, glucides et protéines doivent être présents en quantités suffisantes. En tant que sportif végétarien, vous devrez donc veiller à :
Choisir avec attention les glucides que vos consommez : principal carburant de l’organisme, les glucides doivent représenter 50% de votre apport calorique. Mais attention ! Choisissez avec soin les glucides que vous mangez. Ainsi, privilégiez les produits céréaliers à base de farine complète ou intégrale, les légumes, les fruits et les légumineuses.
Limiter votre consommation de graisses saturées : le végétarisme peut, comme toute alimentation, induire un excès de graisses saturées. Que vous soyez, ou non, un sportif végétarien, favorisez les acides gras insaturés (oméga-3 et oméga-6). Pour cela, vous pouvez varier les huiles que vous utilisez, consommer des oléagineux comme les noix, les amandes, les noisettes… et diminuer la quantité de laitages.
Consommer assez de protéines : comme expliqué, les protéines jouent un rôle essentiel dans le maintien, la construction et la réparation des muscles. Sur les 20 acides aminés, 8 sont dits “indispensables”, car ils ne peuvent pas être produits par l’organisme. Ils doivent donc être fournis par l’alimentation. Il est ainsi nécessaire de consommer des protéines de bonne qualité pour éviter tout risque de carences. Dans vos menus, intégrez donc des légumineuses, des oléagineux et des céréales complètes.
Ne pas oublier les aliments riches en fibres, en antioxydants et en minéraux pour limiter le stress oxydatif causé par l’exercice physique.
Récupérer après l’effort : après votre entraînement, il est essentiel de boire beaucoup d’eau.
Prise de conscience
Je suis né en Bretagne. J'ai mangé du poisson et des fruits de mer. J'adorais ça.
Avec ma grand-mère, on ramassait des coques, des pieds de couteaux, on cherchait des crabes. Des souvenirs impérissables.
Je pêchais aussi et j'étais fier de rentrer avec mes poissons. Parfois, je les faisais cuire sur un feu de bois à la plage. J'étais Robinson sur son île.
Je tuais les poissons dès que je les ramenais au bout de ma ligne. Un coup sur la tête et je les vidais aussitôt. Je ne voyais dans tout ça que ma puissance, mon adresse, ma débrouillardise. J'étais un gamin juste heureux de mes qualités de pêcheur.
Bien plus tard, alors que j'étais devenu instituteur et que j'étais en poste dans un petit village côtier, j'avais installé dans ma classe un très grand aquarium. Avec les enfants, on était allé à la plage et on avait ramené divers animaux, crevettes, crabes, bigorneaux ...
Un matin, alors que j'arrivais de bonne heure, bien avant l'arrivée des enfants, en montant l'escalier qui menait à ma classe, j'ai trouvé un crabe qui descendait. Il se laissait tomber du haut d'une marche, avançait sur le carrelage et retombait sur la marche suivante. Je suis resté sidéré. Comment était-il sorti de l'aquarium, je n'en sais rien.
La porte de la classe était ouverte.
Il s'enfuyait.
Je l'ai mis dans une caisse en plastique et je l'ai ramené à la mer.
J'ai eu beaucoup de mal à travailler pendant toute la journée. Je n'ai rien dit aux enfants.
Quelques jours plus tard, je suis allé voir mes parents. Ma mère avait acheté deux énormes "araignées". Nos crabes préférés. Elle avait mis l'eau à bouillir mais comme le récipient était trop petit pour y cuire les deux en même temps, elle a plongé le premier alors que le deuxième était prostré au fond de l'évier. Lorsque le premier crabe a été plongé dans l'eau bouillante, j'ai vu le deuxième "bondir", se détendre et gratter au fond de l'évier, cherchant à se hisser sur les bords.
Je n'ai pas pu en manger.
Et puis, jour après jour, l'émotion est passée et le plaisir du goût a repris le dessus.
Il y a dix ans maintenant que je ne mange plus aucun animal, ni terrestre, ni marin, ni de rivière. Rien. Et il me revient parfois en mémoire, tous ces animaux que j'ai mangés.
"La noix de veau" que mon père nous faisait, avec de la crème fraîche. Je n'ai jamais imaginé le veau. Je ne voyais que la tranche de viande. Tout autant que les steacks, ou les tranches de jambon, ou le saucisson, ou les rillettes ou les multiples pâtés bretons. Je ne voyais pas l'animal. Tout le problème est là. On mange de la "viande", on ne mange pas un animal. Et pourtant, c'est bien d'un animal dont il s'agit.
Hier, quand on est allé courir dans les bois, on est passé près d'un pré où paissait un troupeau de vaches et de multiples veaux. Ils étaient tout jeunes, ils gambadaient puis venaient se blottir contre leurs mères ou têtaient goulûment. La Creuse compte un grand nombre d'exploitations produisant de la viande...De la viande de veau. Entre autres.
On les a regardés courir, vivre, se nourrir, se frotter à leurs mères. Insouciants. Futurs "noix de veau".
Il me reste moins d'années à vivre que je n'en ai vécu mais au moins, ce qui reste à faire ne comptera plus aucun animal dans mon assiette.
Et il m'arrive de demander pardon à tous ceux que j'ai mangés.
Les pêcheurs demandent d’interdire la pêche sur le plateau de Rochebonne, un réservoir de biodiversité
https://lareleveetlapeste.fr/les-pecheurs-demandent-dinterdire-la-peche-sur-le-plateau-de-rochebonne-un-reservoir-de-biodiversite/
« Dans le contexte actuel, où la filière est confrontée à des difficultés majeures, cette proposition des structures professionnelles doit répondre à une volonté forte des pêcheurs, accompagnée des pouvoirs publics, d’assurer la pérennité des activités socio-économiques face à la montée d’objectifs souhaitant répondre à des enjeux écologiques », indique le CNPMEM dans son communiqué.

21 avril 2021 - Laurie Debove
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BREVE – Les mentalités seraient-elles en train de changer ? Le Comité national des pêches a créé la surprise : il souhaite interdire la pêche dans la zone du plateau de Rochebonne, afin de laisser prospérer la faune et la flore maritimes uniques de ce lieu.
Les pêcheurs commencent à prendre conscience de l’impact de la surpêche sur l’état des Océans, et aussi de la pérennité de leur activité. Afin de préserver le stock de poissons, le Comité national des pêches (CNPMEM) a regroupé l’ensemble des structures professionnelles de la façade Atlantique (comités régionaux et organisations de producteurs), pour demander à la ministre de la Mer Annick Girardin l’arrêt de la pêche sur le Plateau de Rochebonne.
Au large de l’île de Ré, le plateau de Rochebonne est un espace de plus de 9700 hectares qui abrite de nombreuses espèces telles que les dauphins communs, les grands dauphins, les marsouins communs, les globicéphales noirs, les requins pèlerins, mais aussi de nombreux oiseaux marins. Cette zone classée Natura 2000 est un espace censé être protégé par la loi, à travers un régime de protection des mammifères marins dont le dauphin commun fait partie.
« C’est un lieu absolument magique qui concentre énormément d’algues notamment des grands laminaires qui, compte tenu de la clarté et de la transparence des eaux, arrivent à 40 mètres de haut, avec énormément d’autres algues, ce qui attire beaucoup de poissons et des oiseaux pélagiques qui pêchent au-dessus des pitons du plateau de Rochebonne, des mammifères marins comme des tortues, etc. » explique Dominique Chevillon naturaliste, Président de Ré Nature Environnement et Vice-Président de la LPO, pour La Relève et La Peste
Fin 2019, la Préfecture de la Nouvelle Aquitaine a pris une décision forte pour protéger ce réservoir de biodiversité : la pêche au chalut, trop meurtrière, est désormais interdite sur le plateau de Rochebonne.

Lire aussi : Des milliers de bars et de dauphins sauvés grâce à l’interdiction de la pêche à chalut
Restait donc les autres bateaux de pêche, autorisés à venir dans la zone une année sur deux. Une vingtaine de navires continuent d’y pêcher, et entre 300 et 400 autres navires ratissent les eaux alentours en quête de poissons. Au fil du temps, l’endroit est devenu un symbole.
« Dans le contexte actuel, où la filière est confrontée à des difficultés majeures, cette proposition des structures professionnelles doit répondre à une volonté forte des pêcheurs, accompagnée des pouvoirs publics, d’assurer la pérennité des activités socio-économiques face à la montée d’objectifs souhaitant répondre à des enjeux écologiques », indique le CNPMEM dans son communiqué.

Carte du plateau de Rochebonne
La montée en puissance des écologistes face au massacre de dauphins qui continue chaque année aurait-il convaincu les plus récalcitrants de l’importance primordiale d’épargner certaines zones de pêche ? Le communiqué ne le précise pas.
Lire aussi : Massacre de dauphins en France : « Si on n’arrive pas à les sauver, c’est foutu pour tout le reste. »
Concrètement, le CNPMEM demande que l’interdiction concerne tous les engins de pêche pendant dix ans avec une dérogation pour la pêche à la ligne, plus sélective, du 1er avril au 30 septembre. Les bateaux battant pavillon étranger et les espagnols qui fréquentent le plateau de Rochebonne doivent aussi y être soumis. Un suivi scientifique serait mis en place.
« Cet endroit est au large des côtes, c’est un massif récifaire quasiment unique en poche de biodiversité : si ça se fait c’est une bonne nouvelle. » conclut Dominique Chevillon
21 avril
L'hérésie du gazon
J'ai vu mes parents prendre soin de leur gazon pendant des années, y arracher la moindre "mauvaise herbe", utiliser des produits chimiques, se pâmer devant la splendeur de la pelouse. Où rien de nourricier ne poussait.
1500 m² de terrain et pas un seul légume. De la pelouse et des fleurs. Au moins, il y avait des abeilles.
Et ma mère achetait les légumes au super marché. Et moi, j'allais chercher des pommes dans les vergers abandonnés. Et je cuisais des châtaignes sur les feux de bois. Oui, j'aurais pu prendre la décision de faire mon potager dans un coin. Mais je n'avais aucunement conscience de la beauté de la chose.
Aujourd'hui, lorsque je vois ce nombre incalculable de jardins arborant fièrement des pelouses taillées au millimètre, je me dis qu'on est encore loin de cette prise de conscience. Et pourtant, je sais que ça avance, je sais que de plus en plus de personnes s'y mettent, que la séance de jardinage fait partie du planning du week end.
Je m'efforce parfois de regarder attentivement les belles choses. Et de détourner les yeux de tout le reste.
L’histoire du gazon, symptôme de nos contradictions face à la nature
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À retrouver dans l'émission
LE JOURNAL DE L'HISTOIRE par Anaïs Kien
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Une pelouse verte parfaitement tondue serait le symbole du contrôle de la nature par la loi du marché. Peut-on encore domestiquer son environnement à sa guise, sans remords, alors que la conscience écologique grandit dans nos sociétés ?

"Défendre sa nation, c’est défendre son gazon" dans les Etats-Unis d'après-guerre.• Crédits : Found Image Holdings/Corbis - Getty
Alors que l‘on s’interroge sur notre rapport à la nature, et sur la nécessité de le changer radicalement, ou pas, François Jarrige publiait il y a quelques temps un article sur l’histoire de l’invention de la pelouse, ces étendues précieuses et si recherchées dans les villes quand le printemps s’installe, ces carrés verts tant convoités qui cristallisent nos contradictions face à ce que qui devrait être fait et ce qui se fait vraiment.
La pelouse, c’est une nature sous contrôle et un marché. Cette pelouse, façon moquette, d’où rien ne doit dépasser, pas même un pissenlit qui briserait son harmonie, on en compte plus d’un million d’hectares en France, un chiffre en inflation constante ces dernières années. Mais les Français n’auraient pas encore suffisamment développé cette "culture de la pelouse" au goût des professionnels de ce marché qui rêvent du modèle américain où l’on trouve 65 millions d’hectares de pelouse cultivée.
Dans certaines villes un gazon mal entretenu est forcément lié à la "moralité douteuse" de son propriétaire. Le carré d’herbe soigné est devenu symbole d’hygiène, d’ordre et de propreté. Aux États-Unis on a même pu entendre dans les années d’après-guerre : "défendre sa nation, c’est défendre son gazon".
Cette projection du portrait moral et patriote des jardiniers amateurs sur la surface immaculée de leur pelouse remonte à l’époque moderne quand les jardins de la Renaissance sont remplacés par leur successeurs baroques, soutenus par un bouleversement de la conception que l’on se fait de la place de l’homme dans son environnement : jusque-là l’homme était une partie de l’univers, il en devient le centre. Une conception renforcée par la démocratisation du jardinage non productif comme loisir et la mode des jardins à l’anglaise, accompagnées d’un discours commercial qui investit toujours plus les vertus morales et édifiantes liées à la culture de son propre jardin.
La domestication des zones herbeuses
On cultive son jardin comme on vit, d’autant plus à l’heure du développement croissant des villes réputées malsaines par l’éloignement qu’elles imposent avec la nature des campagnes.
La culture du jardinage en ville n’invente pas pour autant la jungle urbaine si l’on en croit la symétrie et les lignes artificielles parvenues à leur paroxysme dans les jardins de Versailles conçus par Le Nôtre au XVIIe siècle. Un très "savant mélange de rêve bucolique et de fierté de la conquête technologique de la nature", bien loin de l’évocation de la vitalité des herbes folles et des massifs sauvages, considérés comme une invasion barbare, et les barbares on s’en méfie. En matière de pelouse, ils se nomment trèfle, pâquerettes, orties ou chardon.
La domestication des zones herbeuses est "une construction historique" et selon François Jarrige « un vaste business qui engouffre chaque année des quantités astronomiques d’eau, de pesticides et d’essence ». Une fois dit ça, la nature semble s’éloigner à grand pas.
On termine la lecture de cet article avec l’impression que la dictature de la pelouse nous gouverne, avec ses exigences polluantes et son terrorisme moral, et peut-être aussi avec la conviction que pour reprendre en main notre destin environnementale, il nous reste à poser nos fesses sans modération sur ce gazon maudit pour y remettre un peu de désordre et pour envisager d’en changer l’avenir à défaut de pouvoir en changer l’histoire.
Liens :
"Éloge du pissenlit" par François Jarrige, Alternatives-agriculturelles.fr, 01/12/2016.
Keny Arkana : Cinquième soleil
On est allé courir ce matin et j'avais ça dans les oreilles.
Mon espèce s'égare, l'esprit qui surchauffe
Les gens se détestent, la guerre des égos
XXIe siècle, cynisme et mépris
Non respect de la Terre, folie plein les tripes
Frontières, barricades, émeutes et matraques
Cris et bains de sang, bombes qui éclatent
Politique de la peur, science immorale
Insurrection d'un peuple, marché des armes
Nouvel Ordre Mondial, fusion de terreur
L'homme, l'animal le plus prédateur
Le système pue la mort, assassin de la vie
A tué la mémoire pour mieux tuer l'avenir
Des disquettes plein la tête, les sens nous trompent
3e œil ouvert car le cerveau nous ment
L'être humain s'est perdu, a oublié sa force
A oublié la lune, le soleil et l'atome
Inversion des pôles vers la haine se dirige
A perdu la raison pour une excuse qui divise
L’égoïsme en devise, époque misérable
Haine collective contre rage viscérale
Une lueur dans le cœur, une larme dans l’œil
Une prière dans la tête, une vieille douleur
Une vive rancœur, là ou meurt le pardon
Où même la voix prend peur, allez viens nous partons
Des lois faites pour le peuple et les rois tyrannisent
Confréries et business en haut de la pyramide
Ça sponsorise le sang, entre chars et uzis
Innocents dans un ciel aux couleurs des usines
Un silence de deuil, une balle perdue
Toute une famille en pleurs, un enfant abattu
Des milices de l'état, des paramilitaires
Des folies cérébrales, des peuples entiers à terre
Bidonvilles de misère à l'entrée des palaces
Liberté volée, synonyme de paperasse
Humanité troquée contre une vie illusoire
Entre stress du matin et angoisses du soir
Des névroses plein la tête les nerfs rompus
Caractérisent l'homme moderne, bien souvent corrompu
Et quand la ville s'endort, arrive tant de fois
Une mort silencieuse, un SDF dans le froid
Prison de ciment, derrière les œillères
Le combat est si long, pour un peu de lumière
Les famille se déchirent et les pères se font rares
Les enfant ne rient plus, se battissent des remparts
Les mères prennent sur elles, un jeune sur trois en taule
Toute cette merde est réelle, donc on se battra encore
C'est la "malatripa" qui nous bouffe les tripes
Une bouteille de vodka, quelques grammes de weed
Certains ne reviennent pas, le sevrage est violent
Subutex injecté dans une flaque de sang
Des enfants qui se battent, un coup de couteau en trop
Ce n'est plus à la baraque que les mômes rentrent tôt
Ils apprennent la ruse dans un verre de colère
Formatage de la rue, formatage scolaire
C'est chacun sa disquette, quand les mondes se rencontrent
C'est le choc des cultures, voir la haine de la honte
Les barrières sont là, dans nos têtes bien au chaud
Les plus durs craquent vite, c'est la loi du roseau
Non rien n'est rose ici, la grisaille demeure
Dans les cœurs meurtris qui à petit feu meurent
Ne pleure pas ma sœur car tu portes le monde
Noble est ton cœur, crois en toi et remonte
N'écoute pas les bâtards qui voudraient te voir triste
Même Terre-mère est malade, mais Terre-mère résiste
L'homme s'est construit son monde, apprenti créateur
Qui a tout déréglé, sanguinaire prédateur
Babylone est bien grande mais n'est rien dans le fond
Qu'une vulgaire mascarade au parfum d'illusion
Maîtresse de nos esprits, crédules et naïfs
Conditionnement massif, là ou les nerfs sont à vifs
Dans la marche et la rage, bastion des galériens
Ensemble nous sommes le monde et le système n'est rien
Prend conscience mon frère, reste près de ton cœur
Méfie-toi du système, assassin et menteur
Éloigne-toi de la haine qui nous saute tous aux bras
Humanité humaine, seul l'Amour nous sauvera
Écoute le silence quand ton âme est en paix
La lumière s'y trouve, la lumière est rentrée
Vérité en nous-même, fruit de la création
N'oublie pas ton histoire, n'oublie pas ta mission
Dernière génération à pouvoir tout changer
La vie est avec nous n'aies pas peur du danger
Alors levons nos voix, pour ne plus oublier
Bout de poussière d'étoile, qu'attends-tu pour briller ?
Tous frères et sœurs, reformons la chaine
Car nous ne sommes qu'un divisé dans la chaire
Retrouvons la joie, l'entraide qu'on s'élève
Une lueur suffit à faire fondre les ténèbres
S’essouffle ce temps, une odeur de souffre
La fin se ressent, la bête envoute la foule
Les symboles s'inversent se confondent les obsèques
L'étoile qui fait tourner la roue se rapproche de notre ciel
Terre à l'agonie, mal-être à l'honneur
Folie, calomnie peu de cœur à la bonne heure
Ignorance du bonheur, de la magie de la vie
Choqué par l'horreur, formé à la survie
L'époque, le pire, une part des conséquences
Le bien, le mal, aujourd'hui choisis ton camp
L'être humain s'est perdu trop centré sur l'avoir
Les étoiles se concertent pour nous ramener sur la voie
Quadrillage ficelé, mais passe la lumière
Aies confiance en la vie, en la force de tes rêves
Tous un ange à l'épaule, présent si tu le cherches
Quand le cœur ne fait qu'un, avec l'esprit et le geste
Le grand jour se prépare, ne vois-tu pas les signes ?
La mort n'existe pas, c'est juste la fin des cycles
Cette fin se dessine, l'humain se décime
Espoir indigo, les pléiades nous désignent
Lève ta tête et comprends, ressens la force en ton être
Dépasse Babylone, élucide le mystère
Rien ne se tire au sort, que le ciel te bénisse
Enfant du quinto sol, comprend entre les lignes
[Parlé]
Comprends entre les lignes
Enfant du quinto sol
Le soleil est en toi
Fait briller ta lumière intérieure
Pour éclairer le chaos de leur monde
On est pas là par hasard
Les pléiades nous désignent
Lève ta tête, comprends entre les lignes (la vie est grande)
Écoute ton cœur
Désobéissance
Car la vérité est en nous
Car la solution est en nous
Parce que la vie est en nous
Barnabé Chaillot et Damien Dekarz
Ces deux personnages méritent absolument d'être connus.
Je suis abonné à leur chaîne respective mais je ne savais pas qu'ils s'étaient rencontrés. Pour le rocket stove qui m'intéresse grandement.
De l'intellect à la matière
Je l'ai déjà écrit, il y a quelques temps. J'ai pleinement conscience que le contenu de ce blog a fortement changé au fil du temps. Entre les textes écrits en 2009, les thèmes abordés, les réflexions, la dimension spirituelle et ce qui occupe désormais mes pensées, la marge est importante. Au premier abord. Mais finalement, la dimension spirituelle et tout ce qu'elle implique comme évolution intérieure, il faut bien, à un moment, qu'elle prenne forme dans la réalité matérielle. Depuis bien longtemps, je m'attache à identifier ce qui relève de la liberté ou du conditionnement, du libre arbitre ou du déterminisme, de la lucidité individuelle ou du formatage social. Il m'importait de pouvoir juger de ma capacité à prendre des décisions réfléchies et non de subir aveuglément des influences multiples. La tâche est immense et bien souvent le constat n'est pas reluisant.
J'avais écrit ce texte en 2012.
Rien n'a changé.
Nous sommes venus vivre dans le département de la Creuse en réaction à divers phénomènes, pour répondre à de multiples paramètres qui nous sont devenus incontournables. Nous avons quitté les montagnes et il y a dix ans en arrière, cette idée nous aurait paru totalement impensable. Il n'y a donc pas une décision libre mais une volonté de préserver notre liberté de vivre comme nous le souhaitons. Nous réagissons à des phénomènes et nous agissons a posteriori .
Notre choix n'est pas issu de rien. C'est le propre de l'humain finalement. La liberté prend forme dès lors que l'action qui s'impose peut être menée à son terme, dans toute son étendue, sans aucune retenue, sans aucun compromis, sans aucun abandon. L'absence totale de liberté, c'est de ne rien pouvoir changer.
Nous avons donc le privilège de pouvoir réagir en toute liberté à nos conditions d'enfermement. Et c'est ce qui nous rend partiellement libres. Maintenant que nous avons trouvé le lieu qui nous convient, il nous reste à l'aménager pour répondre pleinement à notre choix.
De la démarche spirituelle, nous entrons dans la démarche matérielle, dans l'action, dans le travail, dans l'engagement physique. Et c'est là que la liberté trouve son second souffle, un déploiement qui sort du cadre intellectuel, une mise en oeuvre qui se doit d'être explorée.
"Je ne crois pas un seul instant à une quelconque liberté. Tout est l'effet des causes initiales. Si je regarde les enchaînements de mon existence, je finis toujours par trouver une cause première. Mes choix n'ont été que des réactions et non des actions. Je sais pourquoi je suis devenu instituteur, je sais pourquoi j'aime la montagne, je sais pourquoi j'aime la solitude, pourquoi j'écris... Rien ne s'est fait "librement" mais parce qu'il y avait initialement un évènement qui m'amenait à réagir. Je pourrais convenir pour me rassurer qu'il y a tout de même une décision prise de ma part et qu'il y en avait sans doute une autre d'envisageable. Mais la source reste la même. Rien ne vient de rien.
Je pourrais choisir d'arrêter d'écrire cet article et de fermer l'ordinateur pour me prouver que j'ai un pouvoir décisionnel. Je regretterai certainement dans peu de temps ce caprice prétentieux et je reviendrai m'asseoir en me maudissant d'avoir perdu ce que j'avais déjà écrit. Je "dois" écrire ce que je porte. Je sais pourquoi je dois l'écrire, j'en ai déjà parlé.
Cette illusion du choix s'établit dans les contingences de la vie quotidienne. C'est certain mais c'est si insignifiant que ça n'a aucun intérêt. Je vais choisir une nouvelle tapisserie. Ouah, formidable...Ou acheter un smartphone, ouah, trop bien ! Ah, non, finalement, là je ne l'ai pas choisi, je n'en avais pas besoin, je n'ai fait que succomber à une pression médiatique et encore une fois prétentieuse. "Moi, j'ai un smartphone" !! (Je ne sais d'ailleurs même pas à quoi ça sert...) Ah, et puis, je pourrais changer de voiture aussi, là, il y a du choix. C'est important le choix d'une voiture ! Elles ont bien toutes quatre roues, un moteur et une caisse mais quand même il y en a qui sont mieux que d'autres et je serais tellement heureux de rouler dans une voiture qui me plaît. Oui, bon, ok , c'est ridicule, je sais...
Je pourrais même choisir de changer de femme. Celle-là est vraiment trop nulle. Et d'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi j'en suis arrivé à l'aimer et à avoir des enfants avec elle. Mais des femmes, il y en a tellement, c'est comme les voitures, il y a du choix...Quand je vois ce qui existe dans les revues que je lis...Non, pas les revues de bagnole, les revues avec de belles femmes ! Celle du cinéma par exemple, c'est extraordinaire comme elles sont belles au cinéma. Ah, oui, là c'est vrai, je me fais un film. J'en finis même par ne plus voir la réalité de ma femme...
Liberté du choix...Quelle fumisterie. Il faudrait déjà exister intérieurement pour pouvoir prétendre faire un choix. Car enfin, qui choisit ? Qui est là pour choisir ? Un individu lucide, conscient, éveillé ou une machine qui se remplit de carburant pour croire qu'elle avance par elle-même ? Qui lui donne ce carburant ? Les autres ? Des individus endormis qui fonctionnent avec le même carburant ? Ah, non, ceux-là sont propriétaires des pompes à carburant. Mais ils sont tout aussi endormis. C'est juste qu'ils ont appris à en profiter davantage et à se servir de ceux qui restent juste attachés à ce désir immodéré de remettre sans cesse du carburant. Hiérachie dans le sommeil et dans les addictions. Il y a les dealers camés et les camés tout court.
Le choix de se croire libre est par conséquent une auto mutilation. Je coupe en moi le lien qui me rattachait à mon âme et je "décide" de me soumettre à mon mental. Ca n'est évidemment pas une décision réfléchie mais juste un abandon par conditionnements. C'est pour cela qu'il faut bénir les drames. Ils sont la plupart du temps les seuls évènements susceptibles de réveiller les individus. Il y aura toujours ceux qui regretteront infiniment le temps du grand sommeil et de la multiplicité des pompes à carburant. Bon, tant pis. Peut-être ont-ils besoin de revenir pour un autre passage...Va savoir.
Et puis, il y a ceux ou celles qui ne peuvent plus dormir. Parfois même réellement. Ils vont aller marcher pendant des jours et des nuits. Mûs par une énergie inconnue qui les brûle intérieurement.
Il y a aussi ceux ou celles qui vont s'apitoyer en disant qu'il n'y a rien à faire, "que c'est comme ça ma pauvre dame, que la vie est dure, ah la la, pensez donc, il n'était pas bien vieux encore, partir comme ça, si vite alors qu'il allait être grand-père, c'est vraiment trop dur, et vous avez vu sa pauvre Ginette comme elle a l'air de s'en fiche, vraiment quelle honte."
Bon, on connaît...Et puis quand ça leur tombe dessus et bien ces personnes-là seront des victimes parfaites, elles tiendront leur rôle à la perfection, avec un professionalisme indéniable, comme si elles avaient attendu ça toute leur vie, LE grand rôle. "C'est comme ça, que voulez-vous, mais je suis courageux, je ne me plains pas même si je dois aller chez le docteur trois fois par semaine et deux visites à l'hôpital et que personne ne me fait les courses, mes enfants ne viennent même pas, vous vous rendez compte, avec tout ce que j'ai fait pour eux, mais bon, je ne me plains pas, c'est dur mais je peux y arriver même si avec l'hiver qui arrive, je sais que les journées seront longues tout seul et patati patata...Pas le choix, c'est comme ça ma pauvre dame, c'est même Dieu qui l'a voulu mais je vais à la messe quand même. Y'a rien d'autre à faire."
Bon, là, effectivement, l'absence de choix est vécu comme une opportunité. Pas question d'aller voir à l'intérieur ce qui se passe. L'environnement occupe toute l'énergie dépensée.
Et alors, qu'en est-il de cette liberté existentielle ?
On a donc les endormis qui se gavent de carburant. Liberté existentielle : néant.
On a aussi les victimes qui adorent leur statut de victimes. Liberté existentielle : néant.
On a aussi les traumatisés qui ne cherchent pas à se plaindre parce qu'ils ont basculé dans un espace qu'ils ne connaissaient pas et qui se révèlent absolument fabuleux. Liberté existentielle : en cours d'apprentissage.
Ces derniers possèdent-ils un libre arbitre ? Non, bien entendu étant donné que leur évolution est dictée par un évènement indépendant de leur volonté. Mais il y a une différence essentielle. ILS LE SAVENT.
Rocket stove
Dans la grange (100 mètres ²), j'ai le projet de fabriquer un atelier fermé pour pouvoir bricoler relativement au chaud. Mais pour ça, il faut un système de chauffage.
L'idée qui me plaît, c'est le rocket stove. J'ai le matériel nécessaire, bouteille de gaz et deux grands extincteurs. Pour la cendre, aucun souci avec nos deux poêles à bois dans la maison. On la stocke déjà pour le potager.
Pissenlit et plantes sauvages au printemps
Deux fois par semaine, on laisse les travaux du jardin et on part dans les bois.
A la recherche des plantes sauvages, entre autres choses.
Site gouvernemental sur les risques majeurs
Qui dans la population française a eu la curiosité d'aller lire ça ?
Si je pense aux habitants de la vallée de la Vésubie, cela leur aurait été bien utile. Et bien d'autres événements du même type ou autres entreraient dans la catégorie.
Vous pouvez toujours visiter cette page pour vous donner une idée.
En dehors des gens concernés, la population oublie très vite les accidents majeurs.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_catastrophes_en_France_depuis_1900
Pour la suite de l'article, on ne peut pas dire que ça soit issu d'un site complotiste, survivaliste, apocalyptique et autres joyeusetés.
Le mot "gouvernement" devrait inciter les plus réticents à jeter un oeil attentif.
Personnellement, je trouve tout cela encore insufffisant mais c'est malgré tout la preuve que quelques "têtes pensantes" considèrent que ça doit être fait et diffusé. Il y aurait par exemple l'anticipation d'une rupture d'approvisonnement alimentaire. Combien de personnes disposent d'une réserve conséquente de nourriture ? Je renvoie de nouveau aux conséquences dans la vallée de la Vésubie. Cinq jours après la catastrophe, des gens n'avaient plus rien à manger ni à boire alors que leur maison était toujours debout.
Non, ça n'arrive pas qu'aux autres. Voilà ce qu'il faut garder à l'esprit ou alors ça ne sert strictement à rien que les médias diffusent des informations, qu'il y ait des reportages, des analyses, des livres etc etc...
Et non, je ne suis pas mort de peur, pessimiste, catastrophiste, paranoïaque.
On a travaillé dans le jardin toute la journée, comme depuis plus d'un mois et c'est que du bonheur.
J'ajoute à l'article ce pdf à charger. "Plan familial d'urgence".
http://www.lot.gouv.fr/IMG/pdf/GUIDE_PLAN_FAMILIAL_D_URGENCE.pdf
R!SQUES
PRÉVENTION DES RISQUES MAJEURS
SE PRÉPARER
EN TOUTES CIRCONSTANCES
PRÉVENIR & AGIR
EN CAS DE RISQUES ET DE MENACES
S'INFORMER
SUR L'ACTION DE L'ÉTAT
S'ENGAGER
POUR AIDER EN CAS DE CRISE

ANTICIPER UNE SITUATION D'URGENCE
Anticiper une situation d'urgence, c'est avant tout identifier les risques qui nous entourent (voir Identifier les risques près de chez vous) et donc prévoir des scénarios alternatifs. Après un inventaire de ces risques, il est nécessaire de les étudier et d'évaluer leur gravité potentielle avant de décider des actions préventives à mettre en place.
Anticiper c'est finalement prendre les précautions nécessaires pour pouvoir gérer au mieux une situation de crise. Cette rubrique a donc pour objectif d'informer le citoyen sur les attitudes à adopter avant, pendant, et après une situation d'urgence.
AVANT UNE SITUATION D'URGENCE
Recherchez les informations sur les risques dans votre région
Concevez votre plan personnel de secours (mise à jour nécessaire tous les ans).
Préparez votre équipement de secours nécessaire en cas d’évacuation (kit d’urgence).

PENDANT UNE SITUATION D'URGENCE
Votre action la plus efficace sera de rester informé en permanence des actions de secours prises par les pouvoirs publics et de respecter strictement les consignes communiquées, notamment s’il est nécessaire d’évacuer votre domicile ou la zone sinistrée.
Écoutez en permanence la radio ou la télévision, et plus particulièrement votre radio locale de service public.
Soyez attentif aux messages par porte-voix d’où qu’ils proviennent (véhicule terrestre, maritime ou aérien).
Soyez vigilant aux messages transmis par sirènes qui peuvent inviter à l’évacuation.
Restez où vous êtes jusqu’à ce que la sécurité soit assurée ou que l’on vous donne l’ordre d’évacuer les lieux.
Gardez près de vous votre kit d’urgence.
Pesez avec calme les avantages et les inconvénients, au cas où vous devriez seul envisager l’évacuation du domicile par votre famille.
Respectez l’ordre d’évacuation
L’ordre d’évacuation est donné par les autorités uniquement lorsqu’elles ont des raisons de croire que vous êtes en danger. Restez où vous êtes jusqu’à ce que l’on vous donne l’ordre d’évacuer les lieux ou que la sécurité soit assurée.
Si vous recevez l’ordre d’évacuer les lieux, apportez avec vous votre kit d’urgence, les médicaments dont vous avez besoin, vos ordonnances, les papiers d’identité de chacun des membres de la famille, des copies des papiers essentiels de la famille et un téléphone portable.
Verrouillez les portes de votre domicile et utilisez les voies de secours préconisées par les autorités ou suivez les itinéraires d’évacuation que vous avez préalablement repérés.
Respectez l’ordre de confinement
Si les responsables locaux vous conseillent de vous abriter sur place, vous devez demeurer à l'intérieur de votre domicile ou de votre lieu de travail, et vous protéger à cet endroit.
Afin de vous protéger au mieux, il est conseillé d’agir ainsi :
Fermez et verrouillez toutes les fenêtres et les portes donnant sur l'extérieur.
Éteignez tous les ventilateurs, systèmes de chauffage et de climatisation d’air.
Allez dans une pièce située au-dessus du niveau du sol, si possible sans fenêtre.
Utilisez du ruban adhésif pour calfeutrer les fentes des portes et éventuellement celle des fenêtres.
Informez-vous régulièrement par les médias (en écoutant la radio, en regardant la télévision ou sur internet) jusqu’à l’annonce du retour à une situation normale ou à l’ordre d’évacuation.
APRÈS UNE SITUATION D'URGENCE
Il est nécessaire d’avoir connaissance des dommages causés (aux niveaux humain et matériel) et d’être conscient des dangers encore existants suite aux dégâts matériels.
En cas d’évacuation, ne retournez à votre domicile que lorsque les pouvoirs publics vous en donneront la permission.
Faites appel aux services de secours ou à un professionnel pour remettre en marche l’électricité ou le gaz.
Faites-vous aider par votre médecin pour faire face aux conséquences émotionnelles et psychologiques qui peuvent survenir.
Cela vaut particulièrement pour les enfants. Parler de son expérience l’aide à comprendre et à mieux appréhender la situation.
A tous les "illuminés"
Voilà le message que j'ai reçu hier sur le livre d'or.
Message : "Bon maintenant vous allez arreter de délirer heiinnnnn, vous allez vous laver les dents et vous coucher les illuminés."
Je l'ai supprimé.
Aucun intérêt. Je n'ai pas envie de répondre. Mon temps est précieux.
J'ai passé depuis bien longtemps cette période de la vie où de défendre ses convictions relève d'une mission. Ce sont mes convictions, je les partage, j'y ai très longuement réfléchi. Si ça ne plaît pas, ça ne me pose aucun problème. Et je ne chercherai aucunement à me "défendre". Pour la bonne raison que je ne suis pas mes convictions. Ce sont juste des idées, des pensées, des réflexions. Ce genre de commentaire me laisse donc totalement neutre, détaché. Si je l'ai supprimé, ça n'est pas pour le fond mais pour la forme. C'est juste pitoyable.
Et ici, c'est la réflexion qui m'importe.
Par contre je me suis interrogé sur cette notion "d'illuminé".
Définition du Larousse : Personne dénuée d'esprit critique, qui soutient une doctrine avec une foi aveugle, un zèle fanatique.
Pour cette personne, il semblerait donc que mes propos soient ceux d'un illuminé. Etant donné qu'il y a quelque 4500 articles sur ce blog, il m'est évidemment impossible de savoir si un texte précis a pu éveiller ce genre de commentaire mais je suppose que tout ce qui touche à la décroissance pourrait en être la source. C'est "mal vu". La décroissance, c'est le retour à l'âge des cavernes. Pour les bas de plafond, c'est effectivement là que la réflexion s'arrête.
Mais si je reprends la définition du Larousse, il me vient une autre pensée.
Qui donc, depuis la révolution industrielle vit dans une doctrine unique, tournée essentiellement dans une même voie, sans que plus aucun esprit critique n'émerge de cette fascination ?
Est-ce les tenants du "Toujours plus" , de la croissance infinie, de l'idée que le modernisme détient en lui-même les remèdes du mal qu'il propage ?
Ou est-ce les individus qui s'interrogent sur l'avenir d'une humanité engagée depuis des décennies dans une croissance infinie alors que les ressources ne le sont pas ?
Pour ne pas être un illuminé, il faut donc faire preuve d'esprit critique.
Esprit critique : capacités et attitudes permettant des raisonnements rigoureux afin d'atteindre un objectif, ou d'analyser des faits pour formuler un jugement.
Sur ce blog, les faits sont la plupart du temps à la base des écrits. Et de l'analyse que j'essaie d'en faire. Je ne porte pas de jugement à l'emporte-pièce. J'essaie de rester objectif et lucide. Je ne dis pas que j'y arrive. Je dis juste que j'essaie.
Pour ce qui est de la décroissance (le mot englobe beaucoup, beaucoup de choses), c'est une réflexion qui m'intéresse depuis plusieurs années. J'ai lu énormément de documents, écouté de multiples conférences, non seulement sur les adeptes de cette pensée mais également sur ses détracteurs. Si je publiais ici tout ce que j'ai référencé et archivé, il y a aurait sans doute plusieurs centaines d'articles supplémentaires.
Si je repense à mes jeunes années puis à l'adolescence puis à l'âge adulte, je me place dans la catégorie des gens "illuminés" par la société moderne. Une totale insouciance et une participation effrénée à la société de consommation. Aucune réflexion autre que celles qui me concernaient, aucune vision élargie du monde, aucune analyse du fonctionnement de l'humanité. Et puis est venu le moment du doute et des interrogations. C'est à partir de là que j'estime avoir été "désilluminé". Parce que je ne percevais plus le monde humain comme une réalité intangible mais comme une éventuelle illusion. Une illusion mortifère. Je le dois à mes lectures puis à quelques expériences personnelles qui m'ont incité à penser que les vérités admises n'étaient peut-être que des formatages éducatifs et sociétaux. Je considére désormais le doute comme une voie indispensable. Et je doute fortement que les sociétés modernes possèdent les remèdes au mal qu'elles ont propagé et qu'elles propagent encore.
Ici, quelques paroles d'une personnalité qu'on ne peut pas accuser d'être un illuminé, un déglingué du bulbe, un adepte du retour à la caverne. Non, juste une intelligence ultime qui s'inquiétait de l'absence de lucidité, de l'absence de clairvoyance, de l'absence de prévoyance.
Prévoir, voilà aujourd'hui en quoi se résume mon existence. Se projeter au-delà de l'instant quand celui-ci n'est plus qu'une errance commune.
" Le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. "
Il ne faut pas compter sur ceux qui ont crée les problèmes pour les résoudre.
Celui qui croit en une croissance infinie dans un monde fini, est soit un fou... soit un économiste.
Notre monde est menacé par une crise dont l'ampleur semble échapper à ceux qui ont le pouvoir de prendre de grandes décisions pour le bien ou pour le mal. La puissance déchaînée de l'homme a tout changé, sauf nos modes de pensée, et nous glissons vers une catastrophe sans précédent. Une nouvelle façon de penser est essentielle si l'humanité veut vivre. Détourner cette menace est le problème le plus urgent de notre temps.
Le progrès technique est comme une hache qu'on aurait mis dans les mains d'un psychopathe.
L'être humain est une partie du tout que nous appelons univers, une partie limitée par le temps et l'espace. Il fait l'expérience de lui-même, de ses pensées et de ses sentiments comme des événements séparés du reste, c'est là une sorte d'illusion d'optique de sa conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous car elle nous restreint à nos désirs personnels et nous contraint à réserver notre affection aux personnes qui sont les plus proches de nous. Notre tâche devrait consister à nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion de manière à y inclure toutes les créatures vivantes et toute la nature dans sa beauté.
Permaculture à grande échelle
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Comment réinventer une agriculture alternative au modèle industriel ? Éléments de réponse recueillis auprès d'agriculteurs en France et en Allemagne. S’il a eu le mérite d’assurer la sécurité alimentaire et de faire chuter les prix des denrées, le système agro-industriel, fruit d’une révolution engagée au cours du XXe siècle, semble aujourd’hui à bout de souffle. Infertilité croissante des sols, pollution des eaux aux nitrates, maladies liées aux pesticides, disparition des insectes et d’innombrables espèces animales… Pour les défenseurs de l’environnement et pour la communauté scientifique – mais aussi pour une bonne partie du monde paysan –, il est urgent de changer de cap pour sortir de l’impasse, en s’engageant pour une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. Mais par quels moyens ? Un passage au "tout-biologique" est-il possible ? Faut-il réformer les règles de l’agriculture conventionnelle ? Quel avenir pour la permaculture, modèle écologique au rendement remarquable ? Les réalisateurs de ce documentaire ont accompagné une année durant des paysans en quête de solutions alternatives en France et en Allemagne, pour tenter de répondre à ces questions essentielles. Les défis d’une autre agriculture aborde également le rôle capital du politique et de l’Union européenne en particulier – sans oublier les comportements des consommateurs – dans ce changement de paradigme. Documentaire de Tatjana Mischke et Caroline Nokel (Allemagne, 2018, 53mn) Disponible jusqu'au 16/07/2021
La diversité du mouvement survivaliste.
De la nuance pour une fois.
''C’est une passion, du scoutisme pour adultes !'' : le ras-le-bol des survivalistes qui ne veulent plus être associés à des sectes ou à l'extrême droite
L'enlèvement de Mia, 8 ans, par un groupe d'hommes associés dans un premier temps à la ''mouvance survivaliste'' a crispé cette communauté, lassée d'être associée à un mouvement sectaire ou assimilée à des fanatiques complotistes, forcément armés et paranoïaques.
Article rédigé par
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Radio France
Publié le 24/04/2021 06:30
Temps de lecture : 6 min.

Un homme allume un feu dans la nature, dans l'Hérault, le 26 novembre 2017. (VINCENT PEREIRA / MAXPPP)
La communauté des survivalistes se serait bien passée de cette nouvelle publicité désastreuse. Las : quelques heures après l'enlèvement de la jeune Mia, 8 ans, finalement retrouvée en Suisse saine et sauve avec sa mère, qui en avait perdu la garde, sur les ondes de toutes les radios de France, dont franceinfo, se répand le murmure d'une opération fomentée par un commando de survivalistes. Excitant, au passage, l’intérêt de l'auditeur, tant le terme cavale dans un sulfureux paysage : Cassandre fanatiques, fin du monde, "effondrement", abri antiatomique, rations de survie, chasse à l'arc et masques à gaz militaires.
>> Collapsologues et survivalistes : comment ils se préparent à l'effondrement du monde
Dans les forums spécialisés, ceux qui manifestent un intérêt pour le survivalisme s'agacent et tempêtent : ''Les gens ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas : en quoi sommes-nous une secte ou dangereux ?, s'indigne Erik, 41 ans. J'emmène ma femme et mon fils faire des 'explos' en forêt sur un week-end, on est au grand air, on se retrouve et on déconnecte. En même temps on se teste, comme un entraînement, au cas où...''
"La plupart des journalistes qui publient des torchons sur nous ne prennent pas la peine de venir discuter, peste de son côté Antoto Run sur la page Facebook ''Survivalistes de France''. Ce sont des articles qui font la synthèse de deux ou trois autres, avec un peu de préjugés personnels pour assaisonner le tout.''
Le survivalisme n'est pas un ami très présentable
Il faut dire que dès ses origines, le survivalisme n'est pas un ami franchement présentable. Ne serait-ce qu'en raison de la personnalité de Kurt Saxon, qui théorise le mouvement dans les années 1960 (NDLR : la paternité du mot est incertaine, mais l'importance de Kurt Saxon, dans l'émergence et la popularisation du concept, fait relativement consensus).
Kurt Saxon, Donald Eugene Sisco de son vrai nom, est ainsi membre du Parti nazi américain, de la John Birch Society, un mouvement d'extrême droite américain, de l'Église de Satan puis, enfin, de la scientologie. Le libertarien prétend alors former les Wasp (White anglo-saxon protestant) à s'imposer et dominer ceux qu'ils considèrent comme les ennemis du peuple. Avec, parmi eux, en premier lieu, évidemment les communistes, anarchistes et autres gauchistes, mais aussi les toxicomanes et les étudiants. En termes d'ascendance, on a connu plus séduisant... Cette dernière est quasi unanimement rejetée de nos jours par l'immense majorité des néo-survivalistes, notamment français, qui y voient davantage une pratique axée sur l'autonomie et l'indépendance vis-à-vis du système économique et des infrastructures étatiques, proche de la nature.
''C'est un divertissement, un hobby''
''Apprendre les techniques de survie, c’est un divertissement, un hobby, une passion, du scoutisme pour adultes qui s’amusent pour l’immense majorité'', explique l'internaute Cyril S. sur la page de ''Survivalistes de France''.
"Cela fait appel à notre instinct de survie, nous ramène en enfance, dans un pays comme le ou les nôtres qui ne sont pas en guerre et où la survie consiste surtout à travailler pour avoir de l’argent et pallier le troc qui n’existe plus et avoir une carte bancaire pour vivre au quotidien.''
Cyril S.
sur Facebook
"Le survivalisme est une approche intelligente pour prévoir l’imprévisible, complète Terry D., un autre internaute, sur le même forum. Une philosophie de vie pour la protection de nos proches, peut-être illusoire, mais ô combien rassurante." D'autant que si une minorité affiche une vision égoïste du survivalisme (avec l'''effondrement'', quelques élus, mieux préparés que les autres, survivront et chacun devra compter sur soi pour ne pas périr), une majorité donne à voir un altruisme de bon aloi, avec l'idée que les rapports horizontaux dans la transmission des savoirs et du savoir-faire peut profiter à toute la communauté.
"Est-ce que ça embête quelqu'un si ça m'amuse de penser que peut-être, un jour, tout foutra le camp et que je ferai partie de ceux qui ne subiront pas parce que je me suis préparé, s'interroge Gaétan, 32 ans. Il y a quelques mecs un peu 'borders' chez les survivalistes, mais on est dans la moyenne... Et même ceux qui aiment les armes, ou un peu 'fana-mili', ça embête qui ? Les chasseurs aussi achètent des armes."
À cet égard, cet attrait pour les objets du domaine militaire (armes, couteaux, masques à gaz, rations de survie, munitions, lampes puissantes, sac à dos à motif camouflage) semble plutôt relever davantage du fétichisme du collectionneur que d'une attirance morbide pour les armes ou un processus rationnel d'équipement imposé par la perspective d'avoir à survivre dans le chaos après "l'effondrement", un terme souvent utilisé par les survivalistes et collapsologues. Yves Cochet, docteur en mathématiques et ancien ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement dans le gouvernement de Lionel Jospin, avait défini l'''effondrement'' ainsi : "Un processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, mobilité, sécurité) ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi."
Il s'agit, pour certains néo-survivalistes, d'une crainte qu'ils estiment fondée et qu'il faut anticiper. Dans les groupes de discussions, sur internet, ces survivalistes-là ne sont pas légion, même s'ils existent bel et bien et sont l'une des composantes de cette communauté à tout le moins hétérogène. La plupart voient plutôt l'''effondrement'' comme une éventualité, une raison d'acquérir des compétences, comme le bushcraft, la chasse, allumer du feu, se réchauffer et se nourrir dans la forêt, etc. En somme, comme un totem de jeu pour scouts adultes ou amoureux de sensations extrêmes dans la nature.
"Ils ne cherchent pas la survie, ils cherchent à vivre autrement"
''Il y a les survivalistes que j'appelle optimistes, ceux qui se préparent à un effondrement du système partiel et qui commencent à aller chercher l'autosuffisance et l'autonomie, expliquait le 16 avril sur franceinfo Laurent Combalbert, ancien négociateur du Raid. Et puis, de l'autre côté, il y a les survivalistes agressifs, qui sont dans une logique d'effondrement presque volontaire, recherchée, qui se retrouvent par quelques centaines sur des réseaux et sur des pages spécialisées.''
"Le terme de survivaliste pour cette première catégorie est exagéré, poursuit ce spécialiste des kidnappings et des mouvements survivalistes et collapsologues. Ils ne cherchent pas la survie, ils cherchent à vivre autrement."
"Les survivalistes agressifs ou les 'effondristes', ceux qui cherchent l'effondrement du système sont dans une logique d'armement, plutôt solitaires, par petits groupes, petites meutes."
Laurent Combalbert
à franceinfo
"Ils sont plutôt dans la logique que si le système s'effondre, poursuit Laurent Combalbert, les gens ne vont pas s'entraider, mais vont s'entretuer et il faudra survivre le temps qu'un nouveau système social s'organise. À l'inverse, les autres sont plutôt dans la recherche de l'autosuffisance, de l'autonomie énergétique, du localisme, arriver à se nourrir localement, avoir un impact écologique le plus léger possible, réduire sa consommation. Donc ils sont plutôt solidaires et jouent sur l'entraide." À quelques lieues, donc, du fantasme du loup solitaire, armé et paranoïaque.
"Un hiver en Corrèze"
Ceux et celles qui suivent ce blog depuis longtemps connaissent mon amour pour les montagnes.
Mais un problème crucial s'est posé depuis quelques années. Autant les sorties en montagne nous comblaient toujours de bonheur, autant la vie dans les vallées ne nous convenaient plus du tout.
Le bruit humain nous était devenu insupportable.
L'urbanisation, tout autant.
La nature était belle en altitude mais le retour à la maison nous déprimait.
La priorité n'était donc plus d'aller courir en montagne mais de vivre dans un lieu qui nous plaisait et nous apaisait.
Le même phénomène qu'avec l'écriture en fait. Autant j'ai aimé écrire, autant le retour à la réalité m'était trop douloureux.
Il s'agissait donc d'établir clairement les priorités, de les hiérarchiser et de faire des choix.
Je n'écris plus de romans et nous sommes partis.
Ici, tout nous réjouit.
Matthieu Petit a parcouru les sentiers haut-corréziens pendant 6 jours cet hiver
Récupérateur d'eaux pluviales

On a un puits sur le terrain. C'était une condition indispensable dans nos recherches. Mais on s'est inscrit pour participer à cet achat groupé. L'idée nous plaît énormément dans la démarche communautaire et bien entendu dans l'objectif de ne plus perdre toutes les eaux pluviales. L'eau est déjà un élément incontournable. Mais elle est condiérablement gaspillée. Sans doute parce qu'elle est si facilement accessible qu'un grand nombre d'individus en ont oublié sa richesse. Qu'en sera-t-il lorsque son accès deviendra fortement problématique ? On verra sans doute ces mêmes personnes se plaindre.
La plainte est parfois le comportement de ceux qui n'anticipent rien, de ceux qui, par insouciance, ne se préparent pas, ne se projettent pas, n'envisagent rien de ce qui pourrait atteindre leur fonctionnement quotidien.
Réchauffement climatique : commandes groupées de cuves d'eau de pluie sur le plateau de Millevaches
Pour s’adapter au réchauffement climatique, le Parc Naturel Régional de Millevaches lance une commande groupée de récupérateurs d’eau de pluie, pour les habitants des 124 communes du territoire.
Publié le 19/04/2021 à 19h14 • Mis à jour le 20/04/2021 à 12h15

Un récupérateur d'eau de pluie installé dans le jardin de Yann Wioland, habitant de Meymac. • © Yann Wioland
Depuis le 1er avril 2021, les habitants du plateau de Millevaches peuvent s’inscrire pour commander une cuve à eau, et ce jusqu’au 31 mai. Une initiative du Parc Naturel Régional pour acheter à plusieurs et bénéficier de tarifs préférentiels. Tous les citoyens des 124 communes du territoire peuvent y participer. Le dispositif s’inscrit dans un programme national d’adaptation au changement climatique, en lien avec l’Ademe (Agence de la transition écologique).
Pendant trois ans, plusieurs projets comme celui-ci seront lancés par le PNR. Le Parc veut réaliser un achat groupé de vélos électriques mais sa première mesure commence cette année, avec des cuves d’eau. "Elles permettront de récupérer l’eau de pluie car sur notre territoire il pleut beaucoup. L’eau pourra être utilisée dans les jardins ou pour nourrir les animaux", explique Manon Campenet, chargée de mission TEPAS (territoire à énergie positive) au PNR Millevaches. "C’est une façon de s’adapter à notre climat. Car malgré une pluviométrie double par rapport au reste de la France, 1200 contre 650 millimètres cubes d’eau tombée cette année, le plateau de Millevaches souffre lui aussi de sécheresse", ajoute Cécile Geay, responsable du pôle animation territorial au sein de PNR Millevaches.
Le PNR menacé par les manques d’eau répétés
Le plateau de Millevaches n’est pas épargné par le manque d’eau. Pourtant ce territoire qu’on présentait comme "le château d’eau de la France" a des soucis à se faire pour les années à venir. Sur le territoire, 8 000 sources sont recensées. Il y a aussi 2,15 kilomètres de cours d’eau par kilomètre carré, alors que la moyenne en Bretagne s’élève à 1,06. Les zones humides sont très importantes sur le plateau, 20% de zone humide sur le PNR contre 2,5% dans le reste de la France. Ce sont les tourbières qui stockent l’eau, "dans 1m3 de tourbière, on a 1 mètre cube d’eau" explique Guillaume Rodier, responsable du pôle gestion de l’espace.
Jamais on avait eu un problème de quantité d’eau sur le territoire mais tout a changé. Les premières canicules arrivent en 1976, puis en 2003 et en 2019, les premiers assecs de cours d’eau sont constatés, même en pleine tourbière.
Guillaume Rodier, responsable du pôle gestion de l’espace du PNR Millevaches
Un phénomène inédit, répété en 2020. "On avait des couches de sol avec 0 degré d’humidité ", s’exclame Guillaume Rodier.
Pour lui, cette situation révèle la fragilité du territoire. "Cela pose la question de la durabilité des espèces et de certaines activités humaines : agricole et sylvicole. Certaines plantations ont subi de gros dégâts à cause de la sécheresse et certains parasites sont apparus comme le scolyte qui s‘attaque aux épicéas."
Aujourd’hui, les précipitations sont faibles et le vent participe à l’assèchement. S’il ne pleut pas d’ici juin, la situation peut s’avérer critique pour l’activité humaine.
Les gestes écoresponsables
Yann Wioland habite à Meymac, avec sa femme, ses deux enfants et ses deux poules, "elles font partie de la famille" ironise t-il. Depuis 15 ans, les questions environnementales l’intéressent et c’est en famille qu’il réalise au quotidien des gestes plus écologiques. Ce passionné de jardinage, fait partie des inscrits à la commande groupée de récupérateur d’eau de pluie. Chez lui, il en a déjà deux, de 300 litres chacun mais ce n’est pas suffisant.
On a besoin d’eau pour notre potager et on n’a pas envie de gaspiller celle du réseau. On préfère utiliser de l’eau de pluie en raccordant des cuves aux toitures du jardin. Notre potager fait 50 mètres carré alors on a besoin de 1 000 litres d’eau par semaine.
Yann Wioland, Habitant de Meymac
Il faut être inventif lance Yann. "L’installation des cuves, c’est une adaptation au changement climatique et les commandes groupées du parc, l’occasion d’avoir des prix plus bas."
Cet habitant du plateau se rend bien compte du réchauffement climatique. "C’est de plus en plus fréquent de ne pas avoir de pluie pendant deux semaines consécutives, et même en plein hiver." Mais, lui et sa famille n’ont pas attendu avant de mettre en place des gestes plus respectueux de l’environnement.
En plus du tri sélectif, des déchets organiques donnés aux poules, de travaux d’isolation, de réduire le chauffage la nuit pour privilégier les couettes chaudes, de consommer local, de favoriser des éponges végétales ou recyclées, d’utiliser une plaque à silicone pour remplacer le papier cuisson… économiser l’eau est aussi un des enjeux principaux.
"On ne laisse pas couler le robinet d’eau quand on fait la vaisselle et quand on se brosse les dents. On scrute notre consommation d’eau et on compare à la moyenne nationale. On est en dessous." Yann teste la permaculture pour éviter de trop arroser le potager et en plus, des récupérateurs installés dans le jardin, il en aimerait un gros. "J‘en aimerais bien un, enterré, qui récupérait l’eau de pluie de la maison, pour les toilettes ou pour la douche. Plutôt que d’utiliser l’eau potable pour une chasse d’eau qui consomme en moyenne 10 litres d’eau..."
Pour Guillaume Rodier, responsable du pôle gestion de l’espace du PNR Millevaches, le changement climatique est une "aubaine" pour réfléchir et changer nos pratiques.
Il faut arrêter de détruire les zones humides et trouver des solutions pour capter l’eau. Ces commandes groupées, c’est un petit pied à l’étrier mais c’est une réflexion globale qu’il faut avoir.
Guillaume Rodier, responsable du pôle gestion de l’espace du PNR Millevaches
Il souhaiterait aller plus loin avec des récupérateurs d’eau sur des grands bâtiments comme sur des stabulations par exemple, pour abreuver les vaches. "Ce devrait être obligatoire de récupérer l’eau des toitures", conclut-il.
Margaux Blanloeil
La décroissance comme solution
Je trouve souvent intéressant de rechercher d'anciens articles sur des sujets cruciaux. Celui-ci en fait partie.
Date de sortie : 2010.
https://www.cairn.info/revue-ecologie-et-politique1-2010-2-page-51.htm
La décroissance est-elle la solution de la crise ?
Dans Écologie & politique 2010/2 (N°40), pages 51 à 61
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« À terme, la décroissance est inéluctable et la sagesse serait de maîtriser la décroissance des pays industriels plutôt que de tenter la “relance” du moteur de la croissance par des moyens qui conduisent au chômage, à l’aggravation du fossé entre les riches et les pauvres de la planète, aux risques incalculables de l’utilisation de l’énergie nucléaire, en somme à une sorte de normalisation de la crise confinant, en raison même de la réussite du progrès technologique, au désastre irrémédiable. »
Ivo Rens et Jacques Grinevald [1][1]I. Rens et J. Grinevald, « Préface à la première édition…
1La crise est enfin arrivée ! Quelle crise ? Pas la crise sociale, ni la crise culturelle, ni la crise éthique, ni la crise écologique ; celles-là, nous les subissons depuis belle lurette. Il y avait une crise culturelle depuis Mai 68, une crise écologique depuis 1972 et le premier rapport au Club de Rome, une crise sociale depuis 1986 et la politique ultralibérale des Reagan et Thatcher. La crise nouvelle est née de l’éclatement de la bulle financière américaine des subprime durant l’été 2007. Elle déchaîne une crise mondiale, en dépit des affirmations des responsables de l’oligarchie politico-économique à partir d’octobre 2008 avec la chute de Lehman Brothers, l’une des plus grosses banques états-uniennes. En fait, il s’agit du prolongement de la crise du mode de régulation keynéso-fordiste commencée en 1974 et dont les effets ont été retardés de trente ans grâce, entre autre, à l’habileté diabolique du responsable de la Banque fédérale américaine, Alan Greenspan. À partir des années 1970, en effet, les gains de productivité industrielle qui ont permis les « Trente Glorieuses » s’épuisent. L’endettement pharamineux des ménages et des États permet de prolonger la croissance boursière en favorisant le développement de bulles spéculatives, maintenant ainsi l’illusion de l’opulence. Pourtant, pour l’immense majorité, les coûts de la croissance deviennent déjà supérieurs à ses bénéfices. Aujourd’hui, toutes ces crises se bousculent et se cumulent, créant une situation inédite. Cette crise du « turbo capitalisme » est une crise de civilisation. Elle pourrait peut-être nous offrir l’opportunité de résoudre toutes les autres.
2En proclamant que le krach financier déclenché par l’abus des subprime n’est pas nécessairement une mauvaise chose, alors même qu’il est initiateur d’une crise bancaire et économique qui risque d’être longue, profonde et peut-être mortelle pour le système, nous pouvons être taxés de provocation. Et pourtant, pour les objecteurs de croissance, cette crise constitue le signe annonciateur de la fin d’un cauchemar.
3Il ne s’agit pas, certes, de nier que cette crise va frapper de chômage des millions de gens et va engendrer des souffrances pour les déshérités du Nord et du Sud. Alors que le G20 de Londres du printemps 2009 a mis en scène la farce d’un semblant de lutte contre les paradis fiscaux et qu’on y a fait étrangement silence sur les scandales des agences de notation et du privilège abusif du dollar, on n’arrête pas de nous seriner dans les médias que les peuples du Sud vont souffrir encore plus que nous et que les précaires seront les premières victimes des traders fous. Cependant, le fait que les banquiers et les autorités financières et politiques, le bon monsieur Camdessus en tête, responsables de la situation, soient les premiers à mettre l’accent sur la menace de ces souffrances devrait nous amener à nous poser des questions. Il y a assurément, dans cette sollicitude des grands prédateurs égoïstes et de leurs porte-parole gouvernementaux une part de propagande destinée à nous convaincre de la nécessité de mettre la main à la poche pour renflouer les banques et les institutions financières dont les responsables se sont goinfré à nos dépens de stock-options et de parachutes dorés. Il est clair qu’en dépit des grandes déclarations sur la refondation du capitalisme et sur sa moralisation, il s’agit, pour les grands de ce monde, de faire repartir le système exactement comme avant. Leur subite compassion est plus que suspecte. La réaction d’Abdoulaye Wade, président du Sénégal, nous paraît beaucoup plus saine. Interrogé par les médias sur la crise vue d’Afrique, il est parti d’un grand éclat de rire. Il n’a pas à se tracasser pour trouver des milliards pour sauver les banques africaines pour la bonne raison qu’il n’y a pas de banques africaines…
4« Que pourrait-il arriver de mieux aux habitants des pays pauvres, note judicieusement Hervé-René Martin, que de voir leur PIB baisser ? […] La hausse de leur PIB ne mesure rien d’autre que l’accroissement de l’hémorragie. Plus celui-ci augmente, plus la nature est détruite, les hommes aliénés, les systèmes de solidarité démantelés, les techniques simples mais efficaces et les savoir-faire ancestraux jetés aux oubliettes. Décroître pour les habitants des pays pauvres signifierait donc préserver leur patrimoine naturel, quitter les usines à sueur pour renouer avec l’agriculture vivrière, l’artisanat et le petit commerce, reprendre en main leur destinée commune [2][2]H.-R. Martin, Éloge de la simplicité volontaire, Flammarion,…. » Effectivement, déjà habitués à vivre dans la débrouille, les Africains de l’informel ne s’en porteront pas plus mal. Largement déconnectés du marché mondial, ils ont appris par nécessité à être relativement autonomes et à mettre leur survie à l’abri des fluctuations des cours de la Bourse. Les représentants des paysans du Sud, au congrès mondial de Via Campesina à Maputo, en octobre 2008, le confirment aussi pour les agriculteurs, à la grande surprise de leurs camarades du Nord. La crise pourrait même constituer pour eux une opportunité pour se libérer des chaînes de la dépendance économique s’ils réussissent à rompre celles de l’imaginaire. C’était aussi le diagnostic de François Partant, banquier repenti et l’un des précurseurs de la décroissance. « Que disparaissent, écrivait-il, du jour au lendemain tous les apports de “la civilisation”, il en résultera une complète désorganisation d’une économie qui se sous-développe du fait même de son organisation actuelle, ainsi qu’une désorganisation du pouvoir qui prospère sur le sous-développement, mais aucun effet fâcheux pour l’immense majorité de la population, au moins dans les pays où celle-ci est essentiellement composée de paysans et de chômeurs [3][3]F. Partant, Que la crise s’aggrave !, Parangon, Lyon, 2002…. » Une chose est sûre, les Africains n’auront pas à mettre la main à la poche pour sauver leur industrie automobile, puisque celle-ci n’existe pas plus que les banques !
Il importe donc de comprendre pourquoi la crise économique et financière peut être une opportunité pour nous aussi au Nord, et comment faire pour qu’il en soit ainsi, transformant la stagnation, voire la régression matérielle, en amélioration de la qualité de la vie.
L’opportunité de la crise
5Sous le titre provocateur, Que la crise s’aggrave !, François Partant avait publié en 1978 un ouvrage dont le message redevient plus que jamais d’actualité. Il voyait dans une crise profonde le seul moyen pour éviter l’autodestruction de l’humanité. « Il faudrait, concluait-il, que partout les sociétés ex-nationales autogèrent leur crise, en vivant progressivement les rapports qu’elles veulent instaurer en leur sein et entre elles [4][4]Ibid., p. 193.. »
6Dans les années 1990, celles de l’euphorie spéculative et financière, les journaux titraient souvent : « L’économie (au choix : japonaise, anglaise, canadienne, américaine…) va bien, mais les gens vont mal ». C’était la conséquence des délocalisations, de la destruction des protections et minima sociaux, de la montée de la précarité et du chômage. On peut penser qu’à l’inverse si l’économie va mal les gens se porteront mieux…
7En apparence, il n’en est rien. Face à la crise, les objecteurs de croissance sont dans une situation doublement paradoxale. D’une part, après deux trimestres de croissance quasi nulle dans la plupart des pays de l’OCDE en 2008, il n’était pas rare d’entendre ou de lire sous la plume des journalistes que « La décroissance, nous y sommes déjà [5][5]Par exemple, Pierre-Antoine Delhommais dans sa chronique du… ». C’était aller un peu vite en besogne. Tout d’abord, nous n’en étions pas encore à une croissance négative générale. Notre croissance était faible, certes, mais n’oublions pas qu’avec un PIB de 1 000 milliards d’euros, 1 % de croissance fait tout de même 10 milliards, soit 10 % de la croissance d’un pays dont le PIB n’est que de 100 milliards d’euros (ordre de grandeur de celui des pays du Sud). Dix milliards de prélèvement des ressources naturelles, de déchets et de pollution supplémentaires ; dix milliards de plus de dérèglement climatique et d’extinction des espèces. C’est encore trop pour la régénération de la biosphère.
8Mais surtout, la décroissance choisie n’est pas la décroissance subie. Le projet d’une société de décroissance est radicalement différent de la croissance négative, celle que nous connaissons désormais. Le premier est comparable à une cure d’austérité entreprise volontairement pour améliorer son bien-être lorsque l’hyperconsommation en vient à nous menacer d’obésité. La seconde est la diète forcée pouvant mener à la mort par famine. Nous l’avons assez dit et répété. Il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. On sait que le simple ralentissement de la croissance plonge nos sociétés dans le désarroi, en raison du chômage, de l’accroissement de l’écart qui sépare riches et pauvres, des atteintes au pouvoir d’achat des plus démunis et de l’abandon des programmes sociaux, sanitaires, éducatifs, culturels et environnementaux qui assurent un minimum de qualité de vie. On peut imaginer quelle catastrophe peut entraîner un taux de croissance négatif ! Cette régression sociale et civilisationnelle est précisément ce qui nous guette si nous ne changeons pas de trajectoire. Certes, comme le disait déjà André Gorz en 1974 : « Ce recul de la croissance et de la production qui, dans un autre système, aurait pu être un bien (moins de voitures, moins de bruit, plus d’air, des journées de travail plus courtes, etc.) aura des effets entièrement négatifs : les productions polluantes deviendront des biens de luxe, inaccessibles à la masse, sans cesser d’être à la portée des privilégiés ; les inégalités se creuseront ; les pauvres deviendront relativement plus pauvres et les riches plus riches [6][6]A. Gorz, « Leur écologie et la nôtre », Le Monde Diplomatique,…. » « Les partisans de la croissance, ajoutait-il, ont raison sur un point au moins : dans le cadre de l’actuelle société et de l’actuel modèle de consommation, fondé sur l’inégalité, le privilège et la recherche du profit, la non-croissance ou la croissance négative peuvent seulement signifier stagnation, chômage, accroissement de l’écart qui sépare riches et pauvres ». C’est bien pourquoi il importe de changer de système.
9Si néanmoins la crise est une bonne nouvelle, c’est qu’elle est susceptible de nous sortir de notre schizophrénie tout en offrant l’opportunité de rompre avec la religion de la croissance. Cette schizophrénie est celle des chefs d’État qui s’empressent d’oublier leurs engagements sur la limitation des émissions de CO2 pour relancer les secteurs responsables des plus graves pollutions : l’industrie automobile et l’immobilier. Celle aussi de la gauche social-démocrate, communiste, trotskiste et autre, qui s’est engouffrée dans la trappe du compromis keynéso-fordiste. Elle s’est laissée séduire par le mythe de la tarte qui grossit indéfiniment. Ayant indexé la solidarité sur la croissance, elle a choisi de collaborer à sa réalisation, donc à l’accumulation capitaliste. Cette solution de facilité permet d’améliorer les parts de tous à moindres frais, plutôt que se battre avec acharnement pour partager un gâteau de taille quasi immuable. Sans économie de croissance, sans société de consommation, il n’y aurait tout simplement pas de social-démocratie. Le mouvement socialiste aurait été condamné à faire la révolution pour sortir le prolétariat de la misère et en tout cas à imposer une autre répartition de la richesse. La croissance est ce qui a permis aux pays occidentaux de faire l’économie de la révolution sans affronter le problème de fond du partage et de la justice. Même le projet partageux du communisme originel s’est ainsi dissous dans le consumérisme. Le volume de la tarte a certes augmenté considérablement, mais cette croissance, toujours plus toxique, s’est faite au détriment de la planète, des générations futures et des peuples du tiers monde. Les meilleures choses ayant une fin, ce « socialisme réduit aux acquêts », comme on a pu qualifier ce schéma des Trente Glorieuses, ne fonctionne plus très bien depuis les années 1970, dès lors que la tarte renâcle à augmenter et que les bénéfices marginaux de la croissance sont inférieurs à ses coûts. Les hauts fonctionnaires du Capital l’ont plus ou moins compris et se sont empressés d’accroître substantiellement (5 à 10 % du PIB en plus), grâce au jeu du casino mondial, leur part du gâteau avant que le blocage ne devienne total. Avec le capitalisme actionnarial et financier des années 1980, on a assisté à l’explosion des rémunérations directes et indirectes (salaires, jetons de présence, dividendes, bonus, stock-options) des stockholders (les propriétaires du capital) au détriment de celles des stakeholders (les acteurs de l’entreprise) [7][7]Voir sur ce point F. Lordon, La crise de trop, Fayard, Paris,….
10Intoxiquée par ses démissions passées successives, la gauche « responsable » ne peut que se réfugier dans un libéral-socialisme misérabiliste. On a beaucoup usé du fameux « trickle down effect » (« effet de percolation ») illustré par la métaphore de la marée montante. Quand la mer monte elle soulève tous les bateaux, les petits comme les gros (« A rising tide will lift all boats »). La croissance de la production profite à tous, aux patrons bien sûr, mais aussi aux salariés. Toutefois, par gros temps, si les vagues soulèvent les gros, elle fait couler les petits… L’effet de percolation se dégrade alors en « effet sablier ». Les retombées passent par un goulot d’étranglement de plus en plus étroit. Puisqu’il y a davantage de riches de plus en plus riches, il faut aussi davantage de laveurs de voitures, de serveurs de restaurants, de livreurs de courses à domicile, de nettoyeurs et de gardes privés pour se protéger des pauvres toujours plus nombreux. C’est le socialisme réduit aux miettes… La croissance des Trente Glorieuses avait été tirée par les exportations, celle des Trente « Piteuses » qui ont suivi a pu se maintenir tant bien que mal grâce au génie diabolique d’Alan Greenspan, à la prolifération financière (titrisation, produits dérivés, marchés à terme) et à l’endettement phénoménal des ménages et des États.
Aujourd’hui, la fête est finie ; il n’y a même plus ces marges de manœuvre. La tarte ne peut plus croître. Plus encore (et nous le savons bien depuis longtemps, même si nous nous refusons à l’admettre), elle ne doit pas croître. La seule possibilité, pour échapper à la paupérisation au Nord comme au Sud, est d’en revenir aux fondamentaux du socialisme mais sans oublier, cette fois, la nature : partager le gâteau de manière équitable. Il était trente à cinquante fois moins gros en 1848, et pourtant Marx, mais aussi John Stuart Mill, pensaient déjà que le problème, en tout cas pour les pays européens et en particulier l’Angleterre, n’était pas le volume de la tarte mais son injuste répartition ! Comme en s’accroissant la tarte est devenue de plus en plus toxique – le taux de croissance de la frustration, suivant la formule d’Ivan Illich, excédant largement celui de la production –, il faudra nécessairement en modifier la recette. La tarte devient toxique pour deux raisons : d’une part elle grossit en polluant et en détruisant notre écosystème, d’autre part elle le fait au détriment des millions de petites tartes que les gens produisaient pour eux-mêmes localement avec leurs moyens. C’était l’économie vernaculaire ou de subsistance. « Et ces personnes, souligne Majid Rahnema, à cause de la production de la grosse tarte, sont privées de leurs moyens pour cuisiner leurs petites tartes [8][8]M. Rahnema et J. Robert, La puissance des pauvres, Actes Sud,…. » Inventons donc de belles tartes avec des produits bio, d’une dimension raisonnable pour que nos enfants et nos petits-enfants puissent continuer à les refaire, et partageons-les-nous équitablement. Les parts ne seront peut-être pas assez grosses pour nous rendre obèses, mais chacun aura sa suffisance et, en prime, la joie sera peut-être au rendez-vous. Autrement dit, la crise nous offre l’opportunité de construire une société écosocialiste plus juste et plus démocratique. Tel est le programme de la décroissance, seule recette pour sortir positivement et durablement de la crise de civilisation que nous vivons.
Changer de logiciel : une piste pour l’avenir
11Malheureusement, ni la crise économique et financière ni la fin du pétrole ne sont nécessairement la fin du capitalisme, ni même de la société de croissance. La décroissance n’est envisageable que dans une « société de décroissance », c’est-à-dire dans le cadre d’un système reposant sur une autre logique. L’alternative est donc bien : décroissance ou barbarie ! Une économie capitaliste pourrait encore fonctionner avec une grande rareté des ressources naturelles, dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, etc. C’est la part de vérité des défenseurs du développement durable, de la croissance verte et du capitalisme de l’immatériel. Les entreprises (au moins certaines) peuvent continuer à croître, à voir leur chiffre d’affaires augmenter ainsi que leurs profits, tandis que les famines, les pandémies, les guerres extermineraient les neuf dixièmes de l’humanité. Les ressources, toujours plus rares, verraient leur valeur augmenter plus que proportionnellement à leur diminution quantitative en raison de la rigidité de leur demande. La rareté du pétrole ne nuit pas, bien au contraire, à la santé des firmes pétrolières. S’il n’en va pas de même pour la pêche, cela tient à l’existence de substituts pour le poisson dont le prix ne peut croître à proportion de sa rareté dans un marché concurrentiel. Dans une économie de pénurie, la consommation diminuera en substance tandis que sa valeur continuera d’augmenter. Le capitalisme retrouverait la logique de ses origines, croître aux dépens de la société.
12Depuis 1750, au moins, avec la naissance du capitalisme et de l’économie politique, l’Occident rêve la croissance infinie. Pendant un siècle, ce rêve ne s’est réalisé que pour les seules entreprises industrielles anglaises. Il faut revisiter l’histoire occidentale et, en particulier, dégonfler la baudruche du grand récit de la croissance. Pour l’essentiel, la croissance tant magnifiée du capitalisme à ses débuts est un mythe. Certes, il y a enrichissement colossal de la bourgeoisie mais celui-ci s’est produit au détriment de la société, c’est-à-dire que la croissance s’est nourrie de la destruction de l’artisanat et de la paysannerie anglais et plus encore indiens. Globalement, la masse de valeur d’usage, voire même la production matérielle n’a pas dû croître considérablement pendant cette période, en dépit de bouleversements inouïs. Les statistiques nous trompent en n’enregistrant que la croissance marchande, sans tenir compte des destructions énormes de la sphère vernaculaire. Certains historiens, comme Éric Hobsbawm, le reconnaissent, mais cette reconnaissance de détail ne remet pas en cause le schéma d’ensemble d’un mythique enrichissement de la « société ». Vers 1850, en emboîtant la voie « thermo-industrielle », selon l’expression de Jacques Grinevald [9][9]J. Grinevald, « L’effet de serre de la Biosphère. De la…, l’Occident a pu enfin donner consistance à son désir d’épouser la raison géométrique. Cette fois, la masse globale produite s’est accrue considérablement au détriment du patrimoine naturel. La croissance chinoise actuelle nous en donne une nouvelle illustration. Selon le vice-ministre chinois de l’Environnement, on peut évaluer à 10 ou 12 % du PIB le coût de destruction annuelle des écosystèmes, soit exactement l’équivalent du taux de croissance ! Toutefois, jusqu’à l’invention géniale de la société de consommation, cette économie de croissance de la production se heurtait aux limites de la consommation et connaissait des crises périodiques.
13Pour transformer la récession actuelle en société de décroissance conviviale, il faut renoncer à la religion de la croissance et déjouer les pièges du « mythe de la tarte ».
14Nous avons vu que la crise constitue plutôt une « bonne nouvelle » pour l’Afrique. Notre situation serait-elle différente si nous étions capables de nous libérer de la toxico-dépendance de la consommation et du travail pour récupérer notre autonomie ? Que la surcroissance dans la société moderne n’apporte pas le bonheur, il est facile de le démontrer et de le comprendre. Une société fondée sur l’avidité et la compétition produit nécessairement une masse énorme de « perdants » absolus (les laissés-pour-compte) et relatifs (les résignés), donc de frustrés à côté d’un petit groupe de prédateurs toujours plus anxieux de consolider leur position ou de la renforce r. Quand l’économie est en crise, la société ne peut-elle se porter d’autant mieux que diminue la consommation d’antidépresseurs, tandis que les prédateurs perdent de leur superbe ?
15Même sans entrer explicitement dans une décroissance voulue, on a avec les guerres mondiales et les déconnexions forcées des sociétés du Sud du marché mondial des exemples d’expériences vécues de « prospérité décroissante ». Cela est le cas, en particulier, pour l’Amérique latine et l’Afrique. Le Brésil, l’Argentine et quelques autres pays de la région ont connu une période de relatif bien-être dans les années 1930-1950 qui a été théorisée après sous le nom de substitution aux importations. La rupture des circuits commerciaux les condamnait à une autonomie finalement bénéfique pour la population. Bien que le phénomène n’ait pas été autant étudié, il en a été de même pour l’Afrique, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le projet de self-reliance (compter sur ses propres forces) de Nyerere après l’indépendance en Tanzanie visait à renouer volontairement avec cette autarcie forcée.
Une société de sobriété choisie, celle proposée par le mouvement des objecteurs de croissance, supposera de travailler moins pour vivre mieux, de consommer moins mais mieux, de produire moins de déchets, de recycler plus. Bref, d’inventer sa félicité dans la convivialité plutôt que dans l’accumulation frénétique. Tout cela implique une sérieuse décolonisation de nos imaginaires, car nous sommes devenus toxico-dépendants de la drogue consumériste. « Lorsque la démesure est ainsi déchaînée, légitimée, individualisée massivement, se demande Marc Guillaume, peut-on encore la maîtriser ? » Et en écho, Peter Sloterdijk répond qu’avec cette « psychose de cupidité », tout le monde veut avoir sa part « des agréables injustices du monde fortuné ». Toutefois, les circonstances peuvent justement nous aider à rompre avec la drogue toxique [10][10]P. Dockès, F. Fukuyama, M. Guillaume et P. Sloterdijk, Jours de….
16Ce peut être l’occasion de voir s’épanouir toutes sortes d’initiatives décroissantes et solidaires : AMAP, SEL (système d’échange local), jardins partagés, autoréhabilitation des logements, autoproduction assistée ou accompagnée : jardins, cuisine, selon l’expérience du PADES (Programme autoproduction et développement social) [11][11]Voir D. Cérézuelle et G. Roustang, L’autoproduction…. Le mouvement des villes en transition né en Irlande (Kinsale près de Cork) et qui s’épanouit en Angleterre est peut-être la forme de construction par le bas de ce qui se rapproche le plus d’une société de décroissance. Ces villes, selon la charte du réseau, visent d’abord à l’autosuffisance énergétique en prévision de la fin des énergies fossiles et plus généralement à la résilience [12][12]R. Hopkins, The transition handbook. From oil dependancy to…. Tel est le sens du projet politique de l’utopie concrète de la décroissance et des dix points du programme électoral présentés dans le Petit traité de la décroissance sereine [13][13]S. Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, Mille et…. Pour les fondamentaux de toute société libérée de l’obsession de croissance, nous avons proposé de formaliser la rupture par un « cercle vertueux » de sobriété choisie en huit « R » : Réévaluer, Reconceptualiser, Restructurer, Relocaliser, Redistribuer, Réduire, Réutiliser, Recycler. Ces huit objectifs interdépendants ont été retenus parce qu’ils nous paraissent susceptibles d’enclencler une dynamique de décroissance sereine, conviviale et soutenable. Ils dessinent une utopie dans le meilleur sens du terme, c’est-à-dire la construction intellectuelle d’un fonctionnement idéal. Mais cette utopie est aussi concrète, en ce sens qu’elle part des données existantes et des évolutions souhaitables pour tenter de construire un autre monde, rien moins qu’une nouvelle civilisation. À ce niveau, le côté utopique l’emporte tout de même sur l’aspect concret. Il est clair que dans le détail, on ne peut et on ne doit pas penser une société de la décroissance de la même façon au Texas et aux Chiapas, au Sénégal et au Portugal. Le deuxième niveau, celui de la mise en œuvre, suppose une insertion beaucoup plus grande dans le contexte. Le programme « électoral » suivant en dix points proposé pour la France en 2007 vise cet objectif :
Retrouver une empreinte écologique soutenable ;
Réduire les transports en internalisant les coûts par des écotaxes appropriées ;
Relocaliser les activités ;
Restaurer l’agriculture paysanne ;
Réaffecter les gains de productivité en réduction du temps de travail et en création d’emploi ;
Relancer la « production » de biens relationnels ;
Réduire le gaspillage d’énergie d’un facteur 4 ;
Restreindre fortement l’espace publicitaire ;
Réorienter la recherche technoscientifique ;
Se Réapproprier l’argent.
Nous ne détaillerons pas ici les deux ensembles. Notons seulement que pour les objecteurs de croissance, la relance par la consommation et donc par la croissance étant (en principe) exclue, un plan massif de reconversions s’impose. Une réduction substantielle du temps de travail imposé est, par ailleurs, une condition nécessaire pour sortir d’une société travailliste de croissance, mais constitue aussi un complément aux restructurations pour assurer à tous un emploi satisfaisant dans l’horizon (pour la France) d’une réduction nécessaire des deux tiers de notre prélèvement des ressources naturelles.
Avec les événements (crise financière et économique), se réapproprier l’argent, qui apparaissait de façon diffuse dans le projet initial, devient une priorité explicite du programme. Il faut se réapproprier progressivement la monnaie et ne plus la laisser exclusivement entre les mains des banques. Elle doit servir et ne pas asservir. Il faut songer à inventer une véritable politique monétaire locale. Pour maintenir le pouvoir d’achat des habitants, les flux monétaires devraient rester le plus possible dans la région, tandis que les décisions économiques devraient être prises au même niveau, là aussi le plus possible. Parole d’expert (en l’espèce l’un des inventeurs de l’euro) : « Encourager le développement local ou régional tout en conservant le monopole de la monnaie nationale c’est comme essayer de désintoxiquer un alcoolique avec du gin [14][14]B. Lietaer, « Des monnaies pour les communautés et les régions…. » Le rôle des monnaies locales, sociales ou complémentaires, est de mettre en relation des besoins insatisfaits avec des ressources qui autrement resteraient en jachère. Une monnaie complémentaire permet de mobiliser des biens disponibles qui sans cela seraient inutilisés pour satisfaire une demande non solvable. C’est le cas, par exemple, dans l’hôtellerie, la restauration, les transports collectifs pour les places vacantes. Si une municipalité distribue à des chômeurs des rémunérations en monnaie locale (convertibles par exemple en ticket-restaurant, bons de transport, nuitées d’hôtel) en échange de travaux d’intérêt collectif, elle injecte du pouvoir d’achat qui peut à son tour être utilisé pour acheter des produits locaux de l’agriculture et de l’artisanat ou des services (par exemple à la personne).
Dans l’immédiat, il s’agit de juguler la crise et de remédier à la prolifération financière [15][15]Avec 100 dollars, par exemple, on peut auprès d’une banque…. Pour ce faire, il convient d’encadrer l’activité des banques et de la finance. Il faut recloisonner le marché financier mondial. Refragmenter les espaces monétaires implique, comme on l’a vu, d’inverser sans complexe la mondialisation financière, par exemple en annulant la titrisation des crédits ou l’excès des effets de leviers (accroître les taux de couverture). Très probablement, il faudrait supprimer les marchés à terme et en revenir à des systèmes plus classiques d’assurance pour les importateurs et les exportateurs (dont les opérations devraient, par ailleurs, être ramenées à des niveaux plus raisonnables, par la nécessaire remise en cause des excès du libre-échange et la relocalisation). Développer des monnaies alternatives, locales, bio-régionales, spécifiques (comme les bons-repas), complémentaires (avec des formules diverses à expérimenter et à adapter : crédit mutuel rotatif, taux d’intérêt négatif, etc.) participe de cet objectif, mais aussi constitue un puissant levier pour relocaliser, c’est-à-dire se réapproprier son territoire de vie et réhabiter le monde [16][16]Voir B. Lietaer et M. Kennedy, Monnaies régionales. De…, en réaction contre le hors-sol, les non-lieux et le hors-temps du productivisme globalisé.
La principale difficulté pour réaliser ce programme tient au fait que, en nous enrichissant matériellement, la croissance économique nous a beaucoup appauvris humainement. Nous avons perdu cette capacité de nous tirer d’affaire par nous-mêmes qui faisait la puissance des pauvres et plus encore les solidarités sur lesquelles pouvaient compter les membres des sociétés traditionnelles [17][17]M. Rahnema et J. Robert, op. cit.. Il nous faut réapprendre à être autonomes et tout faire pour que la récession ne soit pas l’antichambre du chaos ou d’un écofascisme odieux mais, au contraire, une étape vers la décroissance sereine et conviviale. Pour cela, il nous faut inventer un autre mode de rapport au monde, à la nature, aux choses et aux êtres.
Notes
I. Rens et J. Grinevald, « Préface à la première édition (1979) », in N. Georgescu-Roegen, La décroissance. Entropie, écologie, économie, Sang de la terre, Paris, 1995, p. 46.
H.-R. Martin, Éloge de la simplicité volontaire, Flammarion, Paris, 2007, p. 190.
F. Partant, Que la crise s’aggrave !, Parangon, Lyon, 2002 [1978], p. 178.
Ibid., p. 193.
Par exemple, Pierre-Antoine Delhommais dans sa chronique du journal Le Monde du dimanche 23-lundi 24 novembre 2008.
A. Gorz, « Leur écologie et la nôtre », Le Monde Diplomatique, avril, 2010, p. 28.
Voir sur ce point F. Lordon, La crise de trop, Fayard, Paris, 2009, en particulier ch. 4 : « Le paradoxe de la part salariale ».
M. Rahnema et J. Robert, La puissance des pauvres, Actes Sud, Arles, 2008, p. 12.
J. Grinevald, « L’effet de serre de la Biosphère. De la révolution thermo-industrielle à l’écologie globale », Stratégies Énergétiques, Biosphère et Société, n° 1, mai, 1990, p. 9-34. Voir également son livre La Biosphère de l’Anthropocène. Climat et pétrole, la double menace. Repères transdisciplinaires (1824-2007), Georg Éditeur, Genève, 2007.
P. Dockès, F. Fukuyama, M. Guillaume et P. Sloterdijk, Jours de colère. L’esprit du capitalisme, Descartes et Cie, Paris, 2009, p. 26 et 44.
Voir D. Cérézuelle et G. Roustang, L’autoproduction accompagnée. Un levier de changement, Érès, Toulouse, 2010. En ligne
R. Hopkins, The transition handbook. From oil dependancy to local resilience, Green Books, Darlington, 2008.
S. Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, Mille et une nuits, Paris, 2007.
B. Lietaer, « Des monnaies pour les communautés et les régions biogéographiques : un outil décisif pour la redynamisation régionale au XXIe siècle », in J. Blanc (dir.), Exclusion et liens financiers. Monnaies sociales. Rapport 2005-2006, Economica, Paris, p. 76.
Avec 100 dollars, par exemple, on peut auprès d’une banque d’investissement obtenir 1 000 dollars qui permettent de prendre position sur le marché des dérivés (futures) pour 375 000 dollars.
Voir B. Lietaer et M. Kennedy, Monnaies régionales. De nouvelles voies vers une prospérité durable, Éditions Charles Léopold Mayer, Paris, 2008. On pourra également visionner le film La double face de la monnaie de Vincent Gaillard et Jérôme Polidor.
M. Rahnema et J. Robert, op. cit.
"La nature, c'est l'abondance"
Une vidéo à mes yeux incontournable.
Eco-villages
Un reportage de qualité, complet, clair, objectif. Une expérience qui nous plaît et qui attire de plus en plus de monde.
De notre côté, nous n'en sommes pas là. Nous n'avons pas cherché à intégrer ce genre de lieu pour diverses raisons. La principale étant de répondre à notre besoin de solitude, tout autant que de créer des liens avec nos voisins. Mais que rien de commun ne soit décidé dans des "conseils" de groupe. Cela ne veut pas dire que ça n'est pas viable mais juste que nous n'en sommes pas capables. Par contre, il est certain à nos yeux que beaucoup de gens se tourneront de plus en plus vers ce mode de vie. Et c'est tant mieux.
Peut-être qu'ici, nous parviendrons à créer une forme de communauté, de partage, de solidarité, de bienveillance tout en continuant à préserver notre mode de vie et cette "solitude" qui nous est si chère. Il n'en reste pas moins que ces expériences multiples en France sont d'un grand intérêt.
Le débriefing à 46 minutes est particulièrement intéressant quant aux conclusions qui sont tirées.
Le lien humain, la priorité. Le reste est secondaire.
La qualité des relations humaines, assurément ce qui manque cruellement à nos sociétés "modernes".
"Le chemin de la nature"
Un site que nous regardons régulièrement et avec lequel nous avons beaucoup appris.
Hier, nous nous sommes accordés une pause dans les travaux à la maison et nous sommes allés nous balader, à la recherche des plantes sauvages. Quinze kilomètres dans les chemins des forêts.
Nous avons trouvé du cerfeuil des bois. C'était bien lui puisque nous sommes toujours en vie :)

