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Pics pétroliers : graphiques

Par Le 10/06/2021

Je tiens à garder ça ici pour le retrouver et suivre l'évolution.

Il est clair que ce "pic de pétrole", on en entend parler depuis longtemps. Ce qui ne veut pas dire que ça n'arrivera jamais à l'échelle planétaire.

Ce qui importe, par conséquent, c'est  de l'anticiper.

Et la réflexion que ça implique, il ne faut pas l'attendre de la part des gouvernants.

C'est une anticipation qui nous concerne, nous, en tant qu'individus, pas en tant que citoyens. Le citoyen, à mes yeux, est une personne dépendante des structures étatiques et qui par conséquent attend de l'Etat les mesures qui lui assurent son existence.
L'individu, de son côté, même s'il reste un citoyen puisqu'il vit dans un Etat, décide de prendre en charge tout ce qui est de son ressort. 

 

Quels pays ont passé leur pic de production de pétrole ?

 

https://jancovici.com/transition-energetique/petrole/le-pic-de-production-une-realite-deja-courante/

 

Nous ne manquerons jamais de pétrole, c’est évident. Voyez plutôt : il y a 40 ans, nous n’avions « que » 40 ans de pétrole, et nous voici, 40 ans après, avec toujours du pétrole pour 40 ans, non ? Même si cette affirmation est complètement trompeuse, elle sous-tend l’idée qu’il y aura toujours plein de pétrole, et cela suppose en particulier que la production ne pourra jamais passer par un maximum puis décliner. C’est évident, mon cher Watson : si la production de pétrole peut passer par un maximum puis décliner, alors la conséquence est que nous manquerons au moins partiellement de pétrole, ce qui est justement la situation considérée comme impossible par les supporters du « 40 ans pour l’éternité ».

En fait, la production de pétrole doit passer par un maximum. C’est vrai pour tout gisement de pétrole pris individuellement, pour un pays, ou pour le monde dans son ensemble. Cela découle d’un théorème de mathématiques qui dit que l’extraction issue d’un stock initial donné une fois pour toutes (et donc qui ne se renouvelle pas en cours de route) ne peut rien faire d’autre que de commencer à zéro (ça c’est facile à vérifier), passer par un maximum, puis décliner à nouveau vers zéro ensuite.

Ce théorème est tellement valable qu’il y a pléthore de pays producteurs de pétrole qui ont déjà passé leur pic. Suivez le guide !

NB : les chiffres de production ci-dessous incluent la production de pétrole conventionnel et non conventionnel (sables bitumineux), ainsi que les liquides de gaz naturel.

Europe

En Europe, tous les pays producteurs ont passé leur pic de production, sauf peut-être l’Italie. Pour fixer les idées pour les chiffres de production, exprimés en millions de tonnes par an, la consommation de la France était de 80 millions de tonnes en 2013 (cela fait environ 230.000 tonnes par jour, soit un gros pétrolier tous les jours).

Production pétrolière du Danemark.

Pic en 2004.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Italie.

Pic en 2005 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Norvège (premier producteur de l’Europe occidentale).

Pic en 2001.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Grande Bretagne (deuxième producteur de l’Europe occidentale).

Pic en 1999.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Roumanie.

Pic en 1977.

Source : BP Statistical Review, 2015

Globalement, la production de la zone est en fort déclin. Le « taux de couverture » de l’Europe (en incluant la Norvège, qui ne fait pas partie de l’Union) est actuellement de 25%.

Production pétrolière en Europe occidentale (UE+Norvège).

Pic en 2000.

Source : BP Statistical Review, 2015

Ancienne Union Soviétique

La Russie, 2è producteur mondial, a probablement passé son « vrai » pic dans les années 1980, mais sa production est actuellement croissante vers un pic secondaire. Un certain nombre de pays producteurs moins importants de la zone ont passé leur pic de production.

Production pétrolière en Russie.

Le vrai pic est probablement survenu en 1987, et la production se dirige vers un pic secondaire.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Ouzbekistan.

Pic en 1999.

Source : BP Statistical Review, 2015

Globalement, la zone présente une production encore en croissance.

Production pétrolière de l’ancienne URSS (Russie + anciennes républiques soviétiques ; essentiellement Kazakhstan et Azerbaïdjan).

Pour la zone dans son ensemble, le pic principal n’est pas encore arrivé, mais la production semble se diriger vers un plateau.

Source : BP Statistical Review, 2015

Extrême Orient

En Extrême Orient, le producteur le plus important est la Chine, qui a une production en croissance continue. Mais le 2è (Indonésie) est en déclin significatif, et l’Inde, qui arrive en 3è position, est globalement sur un plateau depuis 1995. Parmi les producteurs significatifs de la zone, plusieurs pays ont passé leur pic.

Production pétrolière en Australie.

Pic en 2000.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Brunei?
(le Sultan du Brunei fut un temps l’homme le plus riche du monde).

Pic en 1979.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Indonésie.

Pic en 1977, et pic secondaire en 1991.

Source : BP Statistical Review, 2013

Production pétrolière en Malaisie.

Pic en 2004 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Viet-Nam.

Pic en 2004 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Au total, la zone est sur un plateau depuis 2000.

Production pétrolière en Asie pacifique.

Plateau légèrement ascendant depuis 2000.

Source : BP Statistical Review, 2015

Proche et Moyen Orient

Le Moyen Orient, « grenier à pétrole » dans l’esprit de tous les européens, recèle quelques surprises : on y trouve quelques pics….

Production pétrolière en Iran.

Pic principal en 1974, plateau secondaire en cours.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Irak.

Un pic est survenu en 1979, mais la production très variable de ce pays, lié à son histoire récente, rend difficile une appréciation très sûre ! Dans un contexte d’investissements effectués sans limites, de nombreux géologues pensent que la production pourrait monter jusqu’à 6 ou 7 millions de barils/jour, mais le contexte géopolitique de ce pays fait que le véritable maximum sera peut-être très en dessous, auquel cas il sera bien entendu maintenu plus longtemps si tout le pétrole extractible est produit.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Koweït.

Pic historique en 1972 (la chute très violente en 1991 est bien sûr la conséquence de l’invasion par l’Irak, mais il n’aura fallu que 2 ans pour un retour à la situation antérieure). Le pays se dirige probablement vers un plateau à un niveau voisin.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière du Sultanat d’Oman.

Pic en 2001 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Syrie.

Pic en 2002.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Arabie Saoudite.
(premier producteur mondial à parité avec la Russie).

Plateau ascendant en cours.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière des Emirats Arabes Unis.

3 « faux pics » depuis 1975 !

Source : BP Statistical Review, 2015

Au total, la zone conserve une production en croissance, et que ce soit un peu au-dessus ou un peu en dessous du niveau actuel, elle pourrait y rester pendant encore une trentaine d’années.

Production pétrolière au Moyen Orient.

Source : BP Statistical Review, 2015

Afrique

Dans cette zone plusieurs pays ont passé leur pic, et la zone dans son ensemble pourrait bien l’avoir passé aussi.

Production pétrolière au Cameroun.

Pic en 1985.
(les chiffres de production ne sont plus publiés depuis 2011, ce qui suggère une production encore diminuée).

Source : BP Statistical Review, 2010 

Production pétrolière en Algérie.

Pic probable en 2008 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Angola
(2è producteur de la zone).

Pic en 2008 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Tchad.

Pic en 2005 il semblerait.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Egypte.

Pic en 1993.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Guinée Equatoriale.

Pic en 2005 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Gabon.

Pic en 1996.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Libye.

Pic principal en 1970, et pic secondaire proche ou passé.
L’année 2011 est non significative pour cause de guerre.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Tunisie.

Pic en 1980.

Source : BP Statistical Review, 2015

Au total, la zone semble bien avoir passé son pic (le premier producteur de la zone, le Nigeria, est sur un plateau ondulant depuis la fin des années 1990).

Production pétrolière en Afrique.

Pic en 2008 ?
Le décrochage de 2011 correspond à la Lybie.

Source : BP Statistical Review, 2015

Amérique du Sud

Dans cette zone, beaucoup de pays producteurs ont passé leur pic de production, même si l’ensemble est sur un plateau ascendant.

Production pétrolière de l’Argentine.

Pic en 1998.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Pérou.

Pic en 1982.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière de Trinidad et Tobago.

Pic en 1978.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Venezuela.

Pic en 1970 et pic secondaire en 1997.

Source : BP Statistical Review, 2015

Du coup, malgré la croissance du Brésil, la zone est globalement sur un plateau.

Production pétrolière de l’Amérique du Sud.

Plateau ascendant de 1998 à maintenant.

Source : BP Statistical Review, 2015

Amérique du Nord

Cette zone n’a que 3 pays.

Production pétrolière des USA.

Pic en 1970 pour l’heure.

Il est à noter qu’une partie du « rebond » récent est fait de liquides de gaz, à cause de l’augmentation de la production de gaz non conventionnels qui permettent d’obtenir une fraction liquide (cette contribution représente environ 50 millions de tonnes en 2014).

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière du Canada.

Production pétrolière du Mexique.

Pic en 2004.

Source : BP Statistical Review, 2015

Soit au final :

Production pétrolière de l’Amérique du Nord.

L’augmentation des non-conventionals au Canada (sables bitumineux) et le rebond US a fait dépasser le long plateau qui a démarré au début des années 1980.

Source : BP Statistical Review, 2015

Monde

Alors le pic, juste une invention de Cassandre ? En fait, non seulement le pic n’est pas une chimère, mais comme c’est une obligation mathématique dès lors que le stock de départ est donné une fois pour toutes, la seule bonne question pour la production mondiale est : à quand le pic ? Et, depuis 2005, la réponse la plus probable est : modulo quelques ajouts marginaux (agrocarburants, liquides de gaz, etc), nous y sommes…

Production mondiale de pétrole (en millions de tonnes par an, échelle de gauche) depuis 1965.

La production semble « redémarrer » en 2010, mais en fait l’essentiel de l’incrément est constitué de « liquides de gaz », molécules légères extraites avec le gaz mais comptés avec le pétrole.
Le pétrole stricto-sensu (ce qui sort de terre ou d’une unité de traitement des bitumes canadiens sous forme de pétrole) ne croit quasiment plus depuis 2005, comme les statistiques mensuelles de l’EIA le montrent dans le graphique suivant.

Source : BP Statistical Review, 2015.

Production mondiale de liquides (en milliers de barils par jour, sachant que 1 baril par jour ≈ 50 tonnes par an ; échelle de gauche) depuis janvier 1994.

La production de brut stricto sensu (qui inclut cependant les condensats de gaz, essences naturelles extraites avec le gaz) n’a augmenté que de 5 millions de barils par jour entre 2005 et 2015, soit en 10 ans l’incrément qui survenait auparavant en 2 à 3 ans.
On constate par contre la hausse continue des liquides de gaz, molécules légères (2 à 4 atomes de carbone) qui ne servent que marginalement à produire des carburants.

Source : Energy Information Agency

"Astrid et Raphaëlle" : Interview

Par Le 09/06/2021

Astrid et Raphaëlle (France 2) : "Raphaëlle n'a aucun à priori envers Astrid, c'est ce qui fait sa force" selon Sara Mortensen [INTERVIEW]

Par Julia Fernandez — 20 mars 2020 à 20:00

Rencontre avec les comédiennes Lola Dewaere et Sara Mortensen, héroïnes de la série "Astrid et Raphaëlle" sur France 2, dans lequel une flic à la vie chaotique s'associe à une jeune femme autiste dotée de talents particuliers pour ses enquêtes.

Comment avez-vous abordé le thème de l'autisme dans Astrid et Raphaëlle ? 

Jean-Luc Azoulay, producteur (JLA) : On est partis du fait qu'on voulait être justes. La genèse du projet a été marquée par des rencontres avec des autistes, pour ne pas être caricatural comme c'est le cas dans certains films, parce que ça les blesse énormément. Rain Man était un peu notre repoussoir; il a fait beaucoup de mal aux autistes et à l'image qu'ils renvoient. L'écriture a été assez longue à cause de cet impératif de justesse; l'auteur, Alex De Seguins, est venu nous proposer le projet il y a deux ans. On a beaucoup attendu avant d'avoir le feu vert de France 2, mais une fois que c'était fait, tout s'est accéléré à une vitesse supersonique.

Etait-il déjà question au début du projet d'en faire une série récurrente ?

Sara Mortensen : En tout cas en lisant le scénario, c'était un désir immédiat. Je me suis dit que ce serait extraordinaire que ce ne soit pas juste un 90 minutes.

Sara, quel était le plus grand défi en découvrant votre rôle ?

Sara Mortensen, interprète d'Astrid : Le plus compliqué c'est d'être crédible. Astrid est avant tout documentaliste, et il se trouve qu'elle travaille au fond à gauche parce que c'est là où elle est le mieux, mais elle travaille là parce qu'elle est autiste et que ça lui convient très bien de ne pas avoir de bruit, d'avoir des horaires fixes, un travail très routinier - parce que les autistes ont besoin d'une routine, c'est la seule chose qui les cadre réellement et qui les rattache à une sorte de vie commune avec les neuro-typiques (les personnes non-autistes). Donc il a fallu faire un choix à la fois artistique pour qu'Astrid soit attachante pour les neuro-typiques, et qu'elle soit "autistiquement" crédible et réelle. Il y a autant d'autismes que d'autistes, et il a fallu faire un choix de caractère, de fonctionnement, de diction, de mouvement... Les autistes ont souvent un développement moteur qui peut être plus lent, donc Astrid est assez renfermée sur elle-même et ne regarde pas les gens dans les yeux. Comme le dit Josef Shovanec, qui est l'autiste le plus connu en France, "on peut avoir un prix Nobel, mais dire bonjour est très compliqué." Car la personne autistique peut perdre un temps fou à analyser son interlocuteur avant de prendre la parole ! La concentration était également un aspect essentiel du personnage : j'essayais de décomposer chaque geste comme un autiste peut le faire, de me fixer sur les petits bruits du quotidien qui peuvent être très envahissants, tout en ayant des kilomètres de texte à apprendre et à réciter dans un débit très rapide, car lorsque les autistes parlent de leur intérêt spécifique ils parlent très vite, ils deviennent intarissables et ils ne font aucune faute... Donc je ne pouvais pas en faire non plus ! Astrid est un personnage qui m'a beaucoup plus habité que les autres, à tel point que j'ai eu la sensation en terminant le tournage de ne pas avoir tourné. C'était très étrange. 

Jean-Luc Azoulay : Un des problèmes majeurs pour les autistes, c'est tout ce qui est lié au relationnel : ils n'ont pas de filtre du tout ! Donc ils disent des vérités difficiles à entendre. L'un des aspects clés de la série est aussi de montrer comment on vit avec une personne autiste au quotidien. 

Vous êtes-vous appuyée sur des personnages de fiction associées au syndrome d'Asperger pour votre personnage, telles que The Good Doctor, Sheldon Cooper dans The Big Bang Theory ou encore Claire Danes dans Homeland, ou au contraire les avez-vous tenues à distance ? 

Sara Mortensen : Ce sont des personnages que j'adore à titre personnel, ce sont des performances d'acteur de dingue, mais justement je n'ai pas voulu du tout m'en inspirer. Je me suis fermée à tout ce qui était fiction car je ne voulais pas que ce soit une performance. Je voulais me plonger dans l'autisme, donc je suis allée m'immerger auprès d'eux, j'ai rencontré beaucoup de personnes et d'associations, notamment dans un café où toutes les personnes employées sont autistes ou handicapées mentales - or l'autisme n'est ni une maladie ni un handicap mental, ça n'a été révélé qu'en 2012 en France donc je tiens à le préciser car on est très en retard en matière de prise en charge de l'autisme. Je me suis plus penchée sur le dialogue avec eux, avec des parents d'autistes, plutôt que sur des performances d'acteur - que je salue au passage.

Jean-Luc Azoulay : Le traitement de The Good Doctor ne nous plaisait pas du tout. Je trouve que tous les codes visuels de la série ne sont pas du tout convaincants, ni réalistes par rapport aux Asperger, c'est très à l'américaine. Nous avons voulu faire quelque chose de beaucoup plus réaliste. On pourrait se dire, dans Elementary, que Sherlock est un autiste. On a plus pensé à un Sherlock rebooté.

Sara Mortensen : Lors du premier casting j'ai été recalée. "Trop autiste", m'a-t-on dit ! Et par chance on m'a rappelée et j'ai pu ajuster les curseurs.

Lola Dewaere : Moi je les ai harcelés. Je voulais vraiment le faire, j'étais très enthousiaste à la lecture du scénario, car on a jamais vu ce sujet traité de cette façon en France. L'équilibre du duo était tellement primordial que les castings ont pris beaucoup de temps.

Lola, avez-vous également eu besoin de cette immersion auprès de personnes autistiques pour concevoir votre personnage ?

Lola Dewaere, interprète de Raphaëlle : "Non justement, car je voulais arriver un peu vierge de tout ça pour ne pas être influencée. Lorsque Raphaëlle fait la rencontre de cette nana autiste Asperger, elle ne connaît rien de tout ça, et justement j'incarne le point de vue de toutes ces personnes qui sont étrangères à l'autisme. Je suis juste arrivée avec Rain Man en tête ou The Big Bang Theory, comme beaucoup de gens imaginent l'autisme, et je ne voulais pas être influencée par quoi que ce soit. Comme Raphaëlle a plutôt un tempérament de bulldozer, je ne voulais pas paraître trop renseignée ni trop subtile."

Sara Mortensen : Je t'ai trouvée très mignonne. (rires) En fait, comme je ne pouvais pas la regarder dans les yeux pendant tout le tournage, ce qui était assez terrible pour nous deux...

Lola Dewaere : On jouait côte à côte, mais pas en face !

Sara Mortensen : ...Voilà c'est ça, on était un même personnage, mais un peu dos à dos. Donc je n'ai découvert qu'après-coup le jeu de Lola et tout ce qu'elle avait fait, et je l'ai trouvée hyper mignonne et inventive. Moi je décortiquais plus tous les petits détails de la personne en face de moi, les aspérités sur un vêtement... 

Lola Dewaere : Moi par contre j'étais tout le temps focalisée sur toi, et j'ai bien vu tout ce que tu as fait ! Parfois j'en oubliais même de jouer tellement j'étais obnubilée par son jeu. Sara restituait tellement bien le langage des autistes Asperger qu'elle avait l'air très en décalé dans son phrasé et son débit, et par moments je me disais "merde, sauve-la, enchaîne ! Si ça se trouve elle n'a pas appris son texte !" (rires) 

Etait-ce compliqué de vous positionner par rapport à un personnage aussi fort en face ?

Lola Dewaere : Je savais que c'était le rôle d'Astrid qui allait ramasser. J'ai l'habitude de jouer les flics, et en tant que spectatrice, je suis beaucoup plus fascinée par la performance d'Astrid que Raphaëlle ! J'étais très tranquille par rapport à ça, et j'ai le physique que j'ai; ça contrebalançait bien le personnage plutôt filiforme d'Astrid. Ca ne m'a jamais fait peur, et j'étais très contente de le faire. En revanche, sur le tournage, j'imitais Sarah en train de jouer son rôle.

Sara Mortensen : Un jour on a inversé d'ailleurs. (rires) Les réalisateurs sont sortis de derrière leur combo et ont dit "Mais Sara, qu'est-ce qui t'arrive ?" La force d'Astrid et Raphaëlle, c'est qu'il s'agit vraiment d'un personnage à deux têtes. C'est en ça qu'on se rejoint.

La force d'Astrid et Raphaëlle, c'est qu'il s'agit vraiment d'un personnage à deux têtes.

Qu'est-ce qui vous a plu à chacune dans ce duo de personnages ?

Lola Dewaere : Elles ont une grande complémentarité. Raphaëlle est un peu borderline : c'est une carriériste, et en même temps elle veut être une bonne mère; c'est une fille qui a besoin de cadre, et même si elle est très droite dans son travail, dans sa vie personnelle c'est le bordel. Donc c'est très bien qu'elle rencontre cette autiste Asperger, ça lui impute du cadre dans sa vie. Pour moi, c'est vraiment une complémentarité, et pour Astrid, c'est plus compliqué mais ça risque de se développer s'il y a une suite à ce pilote, c'est mon boulot de foutre un peu le bordel dans sa vie à elle.

Sara Mortensen : Ce qui peut aller très vite d'ailleurs. (rires) "On va à droite - non, on va à gauche !" Oulah...

Lola Dewaere : Raphaëlle en joue avec elle, toujours avec bienveillance.

Sara Mortensen : Ce qui est très mignon c'est que parfois Raphaëlle zappe complètement qu'elle est autiste. Elle n'a aucun à priori, c'est ce qui fait sa force.

Lola Dewaere : Grâce à ce personnage, on évite tout sentiment de culpabilité face à l'autisme en regardant ce pilote. Raphaëlle a envie de secouer Astrid, et elle s'est jurée qu'elle y arriverait.

Elle a aussi un intérêt professionnel à le faire.

Lola Dewaere : Bien sûr ! Il y a une forme d'opportunisme de sa part au début, de la fréquenter pour faire avancer l'enquête. Mais elle l'assume de manière décomplexée.

Sara Mortensen : Elles sont décomplexées toutes les deux d'ailleurs, puisque Astrid ne sait pas ce qu'est un complexe ! (rires) Elles n'ont pas de filtre.

Jean-Luc Azoulay : Elles sont différentes mais complémentaires. C'est un peu un hydre à deux têtes ! On parle aussi de deux solitudes qui se rapprochent, à la fois de l'ouverture progressive d'Astrid, et des éléments familiaux qui vont montrer comment on vit avec une personne autistique, et notamment lorsqu'on est parent d'un enfant autiste. Il faut les deux points de vue. Je ne vous cache pas que le personnage de la mère d'Astrid risque d'arriver dans sa vie et va soulever toutes ces questions.

Sara Mortensen : Les autistes ont une capacité à imiter tout ce qui se passe autour d'eux, pour se fondre dans la masse. si des gens rient autour d'eux dans une conversation, ils vont rire, mais ils ne vont pas forcément comprendre le second degré ou les métaphores. C'est pour cela qu'il est si compliqué de déceler l'autisme chez certaines personnes, beaucoup le découvrent à l'âge adulte.

Avez-vous déjà eu des retours de personnes autistiques par rapport à Astrid & Raphaëlle ? 

Sara Mortensen : L'unitaire a déjà été diffusé en Belgique, et j'ai reçu des messages troublants, voire bouleversants, qui m'ont beaucoup émue, de mamans d'autistes et d'autistes eux-mêmes me disant que je les avais bien observés et que c'était tout à fait crédible. Et je précise que les autistes, contrairement aux neurotypiques, ne mentent pas ! (rires)

Qu'espérez-vous à l'issue de la diffusion de ce pilote ?

Sara Mortensen : Ce qui compte le plus pour moi ce serait que tous les gens qu'on a rencontrés ne se sentent pas trahis. Si ça pouvait changer le regard des Français sur l'autisme, de comprendre qu'il s'agit d'une différence et des connexions différentes dans le cerveau, la partie sociale va être plus restreinte alors que toute la partie intellectuelle et purement analytique va être beaucoup plus développée, si les gens pouvaient juste comprendre ça, ce serait incroyable. J'ai parlé avec beaucoup de parents, et ce qui m'a frappée c'est à quel point ils sont seuls. En France, quand on a un enfant autiste, c'est comme si on avait une tare chez soi. Alors que c'est juste une différence ! Certains autistes sont non-verbaux en effet et c'est plus compliqué, mais il y a tellement de solutions pour les intégrer. Or une prise en charge en trois et six ans, ça coûte une blinde, tout le monde ne peut pas se le permettre, alors que si c'était remboursé par la sécurité sociale, les enfants qui sont pris en charge très tôt ont 70% de chances de se retrouver avec un vrai métier plus tard. Sauf qu'en France, on les met en hôpital de jour, on incite les parents à limiter les interactions... On est un peu moyenâgeux là-dessus. Beaucoup de parents sont contraints d'aller en Belgique pour recevoir un meilleur accompagnement.

Retrouvez la saison 1 inédite d'Astrid et Raphaëlle chaque vendredi à 21h sur France 2 :

Astrid et Raphaëlle - saison 1 Bande-annonce VF

Astrid et Raphaëlle - saison 1 Bande-annonce VF

Propos recueillis le 18 mars 2019

 

"Astrid et Raphaëlle"

Par Le 09/06/2021

Ca doit faire environ vingt ans qu'on n'a plus de télévision  mais on a deux ordinateurs portables et il nous arrive de nous intéresser aux programmes des différentes chaînes. Il y a quelques jours, je suis tombé sur une série policière qui m'a intrigué car une des deux protagonistes joue le rôle d'une jeune femme autiste asperger. 

 

On a donc regardé un épisode.

Et ce fut un sacré choc. Non pas au regard du scénrio mais pour l'interprétation.

Astrid est jouée par Sara Mortensen. Et c'est une interprétation remarquable.

J'ai eu deux élèves autistes asperger dans ma carrière d'instituteur. Et j'en ai gardé des souvenirs très forts. Une relation très particulière que j'ai adorée. Je considère qu'il s'agit pour moi d'un cadeau d'avoir croisé la route de ces deux enfants. 

Pour en revenir à ce personnage d'Astrid, je suis estomaqué par la justesse de l'interprétation. 

La jeune actrice, Amélia Lacquemant, qui joue le rôle d'Astrid enfant est également très impressionnante. 

 

"La commandante de police Raphaëlle (incarnée par Lola Dewaere) fait équipe avec Astrid, une archiviste souffrant du syndrome autistique d’Asperger, pour résoudre des enquêtes criminelles. C’est Sara Mortensen qui a décroché le rôle d’Astrid, pour lequel elle a énormément travaillé : « Le plus compliqué était d’être crédible, de ne trahir ni les personnes qui ont un trouble autistique, ni leurs parents, a-t-elle confié au Parisien. J’ai rencontré des associations, des groupes pour être avec eux, les observer et j’ai discuté avec beaucoup de parents. »

 

 

https://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=24967.html

Xavier François

Xavier François

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3 abonnésLire ses 16 critiquesCritique de la série

3,5

 Publiée le 22 mai 2021

Qu'elles sont belles, attachantes et talentueuses ces deux actrices. Le duo fonctionne à merveille. Peux-être serait-il temps que les scénaristes ne s'endorment sur leurs lauriers pour trouver un second souffle à cette série qui mérite d'évoluer. Les Guests ne sauveront pas la mise. Je préfèrerais voir évoluer la relation entre Astrid et Raphaëlle et approfondir chacun de ces personnages qui "en ont encore sous le pieds". Surprenez-nous !!!

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Bab 73

Bab 73

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Lire ses 9 critiquesCritique de la série

5,0

 Publiée le 25 mai 2021

C'est pour la performance de l'actrice Sara Mortensen que je mets 5 étoiles, son jeu d'actrice est d'une telle justesse et relève de l'exploit! Les autres acteurs jouent également très bien et contribuent à crédibiliser l'histoire... Les énigmes sont originales, intéressantes, on apprend aussi toujours quelque chose de nouveau, on s'enrichit à chaque épisode... J'adore cette série et la recommande vivement, j'attend avec impatience la saison 3!

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Siao

Siao

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22 abonnésLire ses 3 critiquesCritique de la série

5,0

 Publiée le 30 mars 2020

Excellent. Le jeu de Sarah mortensen est juste, le binôme avec Lola Dewaere fonctionne parfaitementt. J'adore Sarah dans ce rôle. Vivement une saison 2, 3, 4, 5, .........

52

Alexandre Goldfarb

Alexandre Goldfarb

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7 abonnésLire ses 144 critiquesCritique de la série

5,0

 Publiée le 4 avril 2020

Enfin une bonne série française où les acteurs sont très attachants et jouent juste. Une mention particulière aux deux héroïnes : Sara Mortensen et Lola Dewaere, qui sont magnifiques dans leur rôle respectif. Chaque histoire est bien amenée, et on s'attache vraiment à nos deux héroïnes. A voir et à savourer car c'est tellement rare de pouvoir saluer une série française.

41

Valérie Chagneau

Valérie Chagneau

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14 abonnésLire ses 121 critiquesCritique de la série

4,0

 Publiée le 16 avril 2019

Beaucoup aimé ce premier épisode et le duo Astrid (Sarah Mortensen) et Raphaëlle (Lola Deweare) collent bien ensemble. Un bon choix d'acteurs aussi qui jouent tous très bien. Les 2 vedettes femmes en prime bien sûr! Sarah Mortensen n'a pas un rôle facile que de jouer une autiste. On voit qu'il y a eu de la recherche documentaire sur cette pathologie. On retrouve avec bonheur Lola Dewaere que j'adore dans un rôle qui lui va très bien et on est content de retrouver Benoit Michel qui nous manque depuis Clem en pote de Raphaëlle. J'attends les autres épisodes ou saison avec impatience car on y apprend des tas de trucs en 1h30. Super!

31

Robert R.

Robert R.

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Lire ses 22 critiquesCritique de la série

5,0

 Publiée le 29 mars 2020

Un régal ! Une excellente série originale, riche en suspense, humour, finesse et humanité. Les intrigues sont bien construites, le texte est remarquablement bien écrit avec une note particulière pour les répliques d'Astrid parfois déroutantes et amusantes, toujours en parfaite cohésion avec le personnage. La série vaut aussi par le talent des comédiens et des deux excellentes principales comédiennes toutes les deux parfaites dans leur rôle. Lola Dewaere est remarquable et Sara Mortensen absolument impressionnante, époustouflante dans le rôle d'Astrid. V

Stop aux marées vertes

Par Le 05/06/2021

C'est très bien ce genre de lutte, l'intérêt d'une pétition. 
Mais la solution, elle est très simple.

Et elle n'apparaît aucunement ici. 

Lorsque j'étais instituteur en Bretagne, il y a plus de trente ans, j'avais des élèves qui mangeaient de la charcuterie le matin, avant de venir à l'école et qui avait un sandwich avec de la charcuterie à la récréation de dix heures et qui mangeaient de la charcuterie à midi, à la cantine ou chez eux et de nouveau le soir. 

Le régime végétarien, ça n'existait même pas dans leurs esprits, bien évidemment.

Et rien n'a changé. Ou pas suffisamment. 

Alors que tout est là, toute la résolution du problème.
En plus des algues vertes, le régime végétarien éliminera la souffrance animale et Dieu sait combien elle est impitoyable. 

"Il est dit ici qu'il faut  : "Favoriser la diminution du cheptel breton" mais c'est très insuffisant et même hypocrite si cela contribue à importer du porc chinois ou des pays de l'Europe de l'Est. On exporte les algues vertes en quelque sorte ou la pollution des nappes phréatiques. Et on se réjouira qu'il n'y a plus d'algues vertes sur les côtes bretonnes. De l'hypocrisie. 

Il n'y a qu'une solution : ne plus manger d'animaux. Là, on règlera le problème, tous les problèmes, toutes les souffrances.

Je dis STOP aux marées vertes !

La pétition d’Eau et Rivières de Bretagne, soutenue par 100 organisations et personnalités.

Amas d’algues, odeur d’œufs pourris et gaz toxique, dégradation du littoral : les marées vertes qui défigurent une partie de nos plages, ont des conséquences catastrophiques. Exigeons des pouvoirs publics des actions fortes et efficaces pour que cesse enfin ce fléau.

12282 signataires.

Un courrier électronique de confirmation vient d’être envoyé à jarwal73@gmail.com. Vous devrez visiter l’adresse web mentionnée dans ce courrier pour valider votre signature.

Pour valider votre signature, rendez-vous sur votre boîte mail (vérifiez vos spams).

Parmi les signataires :

Cette pétition est adressée au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, à la ministre de la Transition écologique, au préfet de la Région Bretagne et au/à la futur.e président.e du la Région Bretagne.

Les raisons sont connues

Le taux de nitrates dans les rivières bretonnes est trop élevé. Alors qu’il était inférieur à 5 mg/L en 1960, il est aujourd’hui au-dessus de 30, très loin des recommandations scientifiques, qui préconisent 10mg/L dans les baies les plus touchées.
Cet excédent de nitrates alimente la prolifération des algues vertes.

En cause, le modèle agro-industriel

La Bretagne élève plus de la moitié des cochons, poulets et vaches de France dont une partie de la nourriture, riche en azote, est importée dans notre région. L’agriculture bretonne importe également des engrais minéraux azotés pour fertiliser ses cultures et prairies. L’excès d’azote que notre terre et nos plantes ne peuvent absorber, se retrouve sous forme de nitrates dans les rivières. Grande distribution, industrie agro-alimentaire et syndicat majoritaire imposent leur modèle dépassé qui fait disparaître les paysans et pollue la nature.

Les conséquences sont graves

En se dégradant, les algues vertes dégagent un gaz mortel, l’hydrogène sulfuré. Des humains et des animaux en sont morts.
La biodiversité s’appauvrit sur les estrans, les touristes fuient les plages touchées : la nature, l’économie et l’image de la Bretagne en pâtissent.

Les politiques publiques sont défaillantes

Malgré les promesses, sous la pression des lobbys, l’État et les collectivités ne prennent pas les décisions à la hauteur des enjeux. Les plans de lutte se succèdent, 110 millions d’euros ont été investis entre 2010 et 2019, mais les algues vertes sont toujours là.

Il est temps de prendre des mesures efficaces

Le taux de nitrates est la seule cause sur laquelle l’action publique peut agir pour que cesse ce fléau. Des décisions fortes doivent être prises dès cette année pour espérer descendre sous la barre des 10 mg/L dans les baies et vasières touchées.

Comment y arriver ?

Nous demandons un objectif clair pour la politique agricole : produire moins mais mieux.
Les pouvoirs publics doivent s’engager avant la fin de l’année à :

Favoriser la diminution du cheptel breton en étant beaucoup plus restrictif pour les autorisations de création et d’agrandissement d’élevage ainsi qu’en soutenant le développement de l’autonomie alimentaire des exploitations.

Conditionner les aides publiques en aidant prioritairement les exploitations agricoles et les entreprises agroalimentaires engagées dans le respect de l’environnement.

Renforcer la réglementation et le contrôle sur les épandages de déjections sur les terres (lisiers, fumiers).

Continuer à améliorer l’assainissement collectif et individuel dont les flux sortants ont une responsabilité minime mais non négligeable (entre 5 et 20% des nitrates, selon les baies et les saisons)

La liste des 100 premiers signataires :

- Agriculture Bio de Cornouaille
- Agir pour l’environnement
- AAPPMA Elorn
- AAPPMA du Leff
- AAPPMA Le Leguer
- AAPPMA Pontrieux La Roche Derrien
- Association Abers-Nature
- Association Bevañ Tost d’ar Mene Bre
- Association Chlorophylle
- Association De la Source à la mer
- Association Nationale pour la Protection des Eaux & Rivières Truites, Ombres,Saumons
- Association Pays d’Emeraude Mer Environnement
- Association pour la protection et la promotion de la côte de légende
- Association pour la sauvegarde du pays Fouesnanatais
- Aubert Claude, ingénieur agronome et écrivain
- Aurousseau Pierre, professeur honoraire de Sciences de l’environnement et ancien président du Conseil Scientifique de l’Environnement de Bretagne
- Avenir et Environnement en Pays d’Iroise
- Avril Pierre, paysan bio et concepteur de désherbage mécanique
- Baie de Douarnenez Environnement
- Baldos Raphaël, journaliste
- Bouin Edouard, administrateur général d’Agir pour le Climat
- Bonnec Alain, Président d’Eau et Rivières de Bretagne
- Braine Charles, ancien patron pêcheur
- Bretagne Vivante
- Brunet Gwenaël, brasseur (Brasserie de Trévarn)
- Caplat Jacques, agronome et anthropologue
- Clugery Yann, Président de la coopérative Finisterra-Biocoop
- Collectif Plein Air
- Collectif pour une alternative aux Fermes Usines en Pays Bigouden
- Collet Jean-Baptiste, agriculteur en conversion bio
- Comité de protection du cadre de vie de Bourg des comptes
- Confédération Bretonne pour l’Environnement et la Nature
- Cotentin nature Qualité de vie
- De Beaulieu François, écrivain
- Deleume Marie-Pascale, agronome et membre du CESER
- Défense de L’environnement, du cadre de vie et du littoral du Pays de Daoulas
- Dubreuil Thomas, avocat spécialiste en droit de l’environnement
- Eau et Rivières de Bretagne
- Eau fil de l’Yaigne
- France Nature Environnement
- France Nature Environnement Bretagne
- Fréhel Environnement
- Forestier Yann, boulanger bio
- Générations Futures
- Gladu Yves, photographe sous-marin
- Glinec Jean-François, éleveur de vaches laitières
- Glinec Olivier, agriculteur
- Gourcuff Christian, retraité, ex-entraîneur de football professionnel
- Greenpeace
- Green Cross
- Groupe Mammalogique Breton
- Halte aux Marées Vertes
- Huet Gilles, militant associatif
- Jacob Jérôme, éleveur de porcs
- Kerleguer Gaëlle, éleveuse de chèvres
- Kermagoret René, ancien président du GAB 56
- La Renverse
- Large Morgan, journaliste qui traite des questions agricoles, agro-alimentaires et environnementales
- Le Briéro Sébastien, avocat spécialiste en droit
- Le Cleac’h Ronan, éleveur de vaches laitières
- Le Du André, éleveur de vaches laitières à la retraite
- Lefebvre Claude, maraichère en bio
- Leost Raymond, enseignant-chercheur en droit
- Le Provost Jean-Baptiste, ancien agriculteur
- Les Amis de la Terre
- Les Colocaterre
- Le Quéau Serge, membre du Conseil Économique, Social et Environnemental
- Léraud Inès, journaliste autrice de la BD Algues Vertes
- Libre Canut
- Lohéac Jean-Jacques, maraicher à la retraite
- Madec Alain, récoltant et transformateur d’algues
- Maison de l’Agriculture Biologique du Finistère (MAB29)
- Menesguen Alain, océanographe biologiste retraité d’IFREMER
- Nadan José, apiculteur et ancien président du Syndicat des apiculteurs professionnels de Bretagne
- Nicolino Fabrice, journaliste et fondateur de Nous voulons des coquelicots
- Nono, dessinateur
- O Geallabhain Breandan, pêcheur de la mer d’Iroise
- Ollivro André, militant associatif
- Optim’ISM, associations pour l’emploi dans la transition agricole
- Philippe Pierre, médecin-urgentiste qui a alerté sur le risque sanitaire lié à la prolifération des algues vertes
- Pierre Jean-Claude, fondateur d’Eau et Rivières de Bretagne
- Piriou Jean-Yves, scientifique en environnement littoral, retraité d’IFREMER
- Pleine mer
- Plouguerneau Nature Environnement
- Pochon André, agriculteur à la retraite
- Quéniat Vincent, éleveurs de porcs et de volailles
- Rance Environnement
- Réhault Nolwenn, ostréicultrice sous le label Nature & Progrès
- Réseau Cohérence
- Rivières et Bocage Bélon Brigneau Merrien
- Robast Marine, maraichère
- Romagné Leslie, mytilicultrice
- Rothéneuf Environnement
- Sauvegarde du Trégor
- SaveStangAlar
- Sibéril Soïg, guitariste
- Stivell Alan, musicien
- Tarz-Heol
- Thomas Thierry, éleveur de porcs à la retraite
- Veillerette François, fondateur de Générations Futures
- Vitré-Tuvalu
- Vivarmor
- Youth For Climate France
- Yvon Jean-Noël, ostréiculteur traditionnel, d’huîtres nées en mer
- Yvon Tifenn, ostréicultrice traditionnelle, d’huîtres nées en mer

Pour aller plus loin :

Pour suivre notre campagne

Nos 10 propositions pour mettre fin aux marées vertes

Contribution de FNE à l’évaluation de la politique publique de lutte contre la prolifération des algues vertes en Bretagne

Positionnement de Bretagne Vivante sur les algues vertes

La campagne des Amis de la Terre sur l’azote minéral

Cette pétition est portée par l’association agréée pour la protection de la nature Eau & Rivières de Bretagne. En signant cette pétition, vous acceptez de recevoir des informations de notre association. En aucun cas votre adresse courriel ne sera commercialisée.

Conformément à la loi, vous avez à tout moment la possibilité de demander le retrait de vos coordonnées en vous adressant à erb@eau-et-rivieres.org

Accueil

 

L'ortie

Par Le 01/06/2021

 

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Bruno Wisniewski

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L'ortie : thermomètre et pansement du sol

(post un peu long mais mais saura "piquer" votre curiosité, je l'espère!)

La répartition des plantes sauvages dans un environnement donné n'est pas due au seul hasard. Leur présence / absence est liée à de nombreux paramètres dont un, fondamental : la nature du sol. Prenons l'exemple de la grande ortie (Urtica dioïca). L'observateur attentif aura remarqué que même s'il s'agit d'une plante « banale », on ne la trouve pas dans tous les milieux.

Voici quelques éléments permettant de comprendre sa répartition et donc sa probabilité de présence dans un environnement (question souvent posée par les amateurs de soupes d'ortie!)

La présence de l'ortie est liée à celle de l'azote (les fameux nitrates des engrais chimiques). Retenons que là où il y a un excès d'azote, il y a généralement profusion d'orties. En gros, et pour faire simple, les orties poussent dans des sols pollués à l'azote. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on qualifie volontiers notre sauvageonne de "pointeur d'azote".

Ces excès d'azote dans l’environnement peuvent être naturels (liés à la décomposition de la matière organique qui s'accumule) ou d'origine anthropiques (liés aux activités humaines). C'est ce qui explique que les orties viennent assez facilement à proximité de nos tas de compost et des abords des fermes.

Mais qu'en est-il pour ces « champs d'orties » qui colonisent les berges de l'Isle par exemple ? D'où provient cette pollution à l'azote ?

Réponse : de nos pratiques agricoles (agriculture conventionnelle) et de l'incapacité de nos sols à retenir les nitrates...

La plupart des engrais azotés épandus dans un sol agricole finissent dans les nappes souterraines ou dans les cours d'eau par ruissellement. Et cela pour ne raison très simple qu'il faut dire et redire :

LES SEULS ÊTRES AU MONDE A SAVOIR FIXER L'AZOTE DANS UN SOL SONT : LES VERS DE TERRE....

Et c'est là que le « bas blesse », que la machine s'enraye selon le schéma suivant :

- retournement des sols,

- chute du taux de matière organique

- sol mis à nu

- chute des populations de lombric,

- les nitrates ne sont plus « collés » aux argiles (travail des vers de terre),

- les nitrates se retrouvent dans les cours d'eau,

- débordement des cours d'eau et dépôts massifs de nitrates sur les berges des rivières

- prolifération des orties (pour le plus grand bonheur des buveurs de soupes!)

Mais l'ortie ne se contente pas de pointer de ses racines nos pratiques dévastatrices. En même temps qu'elle indique un excès d'azote, elle répare la pathologie qui l'a favorisée. En gros, la présence de l'ortie nettoie le sol de son azote excédentaire.

Ortie : thermomètre et pansement du sol.

Mais la nature pourra-t-elle panser encore longtemps les plaies qu'on lui inflige ?

Rien n'est moins sûr !

Bac philo : Comment noter ?

Par Le 31/05/2021

Vous voulez participer à une expérience fort intéressante ?

Ecoutez la vidéo puis allez dans le lien, il vous sera proposé de donner votre avis sur trois copies de philo. 

A vos stylos rouges ^^

Les vidéos de Monsieur Phi sont très souvent passionnantes.

 

Monsieur Phi

236 k abonnés

S'ABONNER

Le questionnaire "version tout public" avec les trois copies se trouve ici : https://forms.gle/ctUqjydyr9uUw9oA9

Une école pour prendre soin de soi

Par Le 30/05/2021

Je l'ai écrit ici, il doit y avoir cinq ou six ans. L'école publique est en phase terminale et tant mieux. J'attends avec impatience le jour de la crémation. 

Il y a d'autres écoles qui prennent le relais. J'aurais aimé y travailler. Au lieu de me faner dans le champ de pesticides ministériels, de toutes les réformes néfastes, de tout ce formatage et ces blocages, de cet archaïsme destructeur. 

Cette fois, "le monde d'avant", je lui souhaite de crever le plus vite possible. 

 

OSE : une école pour prendre soin de soi, de ses relations, et de la Nature

 

« J’aime particulièrement le côté bienveillant, le côté Nature, la confiance en soi encouragée, l’entraide, le fait que tous les âges soient mélangés et la coopération enfants/adultes. On est tous conscients qu’on apprend les uns des autres et c’est ça qui est important pour moi. » témoigne Val, l’une des mamans de l’école, pour La Relève et La Peste

20 mai 2021 - Laurie Debove

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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France
 

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Dans le Sud des Landes, à Tarnos, une école pas comme les autres apprend aux enfants à grandir en harmonie avec la nature. Innovante, laïque, pluri-pédagogique, cette école éco-citoyenne construit son programme pédagogique autour de nombreux projets en plein air et permet aux petits et grands de devenir des citoyens éclairés, épanouis et acteurs d’une société respectueuse du vivant.

Sortir du formatage de l’éducation nationale

L’école OSE a été créée par Camille Colombain et Fanny Dubois. Toutes deux issues du milieu de l’éducation nationale, c’est face à la difficulté des enfants « atypiques » de s’insérer dans le milieu scolaire classique qu’elles ont eu envie de proposer une école respectueuse du rythme de chaque enfant.

« On a chacune eu des expériences avec classes surchargées et des enfants en grande difficulté, moi j’étais avec des enfants qui ont des troubles du comportement, et Fanny a été avec des enfants aux troubles de l’apprentissage. Et on s’est rendues compte que ce n’était pas adapté de mettre tous les enfants avec les mêmes problèmes ensemble. Il faut une école inclusive qui mélange les enfants « ordinaires » et « extraordinaires ». On se disait aussi que tous les enfants ont des journées à rallonge, de 8h à 17h à l’école, puis ils sortent, vont chez l’orthophoniste pour certains ou faire des activités extra-scolaires, ils rentrent il y a des devoirs, ils mangent et tout de suite au lit. On s’est dits mais c’est quoi cette vie qu’on offre aux enfants où ils n’ont même plus le temps de jouer librement ? On leur demande de s’asseoir 6h par jour quasiment, ce n’est pas respectueux des rythmes de l’enfant. » explique Camille Colombain pour La Relève et La Peste

Et pour cause, l’éducation nationale reproduit trop souvent un schéma de société qui ne correspond plus aux aspirations individuelles et sociétales, où des professeurs passionnés sont confrontés à des manques de moyens problématiques selon les territoires. C’est ce qui a poussé Val, l’une des mamans, à mettre sa petite fille à l’école OSE.

« Outre les dysfonctionnements que tout le monde connaît, il me semble que le système scolaire a vocation à formater des enfants dans leur façon de penser, dans ce qui est bien ou pas, et à enseigner des choses certes importantes mais qui ne sont pas les seules à l’être. Evidemment, il y a des exceptions au sein des enseignants mais ce n’est pas ce à quoi encourage le système éducatif français actuel. Puis on parle beaucoup d’inclusion pour les enfants différents, mais sans manque de moyens, l’inclusion sur le terrain se passe mal. En tant qu’assistante scolaire, j’ai assisté au broyage d’enfants et il était hors de question que ma fille soit là-dedans, même si elle n’a pas de soucis et n’aurait pas été directement broyée, je n’ai pas envie de cautionner ce système-là. » explique-t-elle pour La Relève et La Peste

L’école OSE ne se revendique pas d’une méthode pédagogique précise (comme Montessori, Freinet ou Forest School) mais a construit tout son projet autour de la dimension écologique. D’abord, une écologie intérieure pour apprendre aux enfants à se positionner, savoir qui ils sont, comment gérer leurs émotions, connaître leurs limites, ressources et talents.

« Bien se connaître soi-même permet ensuite d’aller vers une écologie relationnelle, comment on fait pour bien vivre ensemble, et ensuite prendre soin de l’environnement. Notre pédagogie est une pédagogie avec et par la Nature. C’est une pédagogie consciente où on va vraiment apprendre aux enfants à prendre soin d’eux-mêmes, de leurs relations et de la Terre. » explique Camille Colombain pour La Relève et La Peste

A l’école OSE, il n’y a donc pas de devoirs, et les soignants, comme une psychomotricienne, interviennent pendant le temps de classe des enfants afin de ne pas surcharger leurs journées. Les 34 élèves âgés entre 3 et 11 ans sont répartis en deux classes de 3/6 ans et 7/11 ans mais ont de nombreux chantiers et projets communs.

Des projets pluri-disciplinaires

L’école OSE, après de nombreuses recherches fastidieuses, a trouvé accueil dans un lieu unique : la ferme Emmaüs Baudonne, dont le directeur Gabi voulait donner vie à une célèbre phrase de Victor Hugo : « Quand on ouvre une école, on ferme une prison. »

Lire aussi : Dans les Landes, la première ferme agro-écologique à donner une seconde chance aux femmes détenues

Dans cet écrin de verdure, entouré par une véritable forêt de plusieurs hectares, les enfants peuvent apprendre en toute sérénité autour de projets collectifs, le plus souvent à l’air libre.

« Grâce à la pédagogie de projets, on peut faire travailler beaucoup de compétences. Il faut juste être un peu rusé et beaucoup de préparation en amont. Par exemple, le potager est LE projet de l’année : on utilise les maths, l’art avec le design, l’aquarelle, les sciences du vivant avec la permaculture, etc. C’est plus concret et permet de rendre du sens aux apprentissages : j’apprends à mesurer et faire un angle droit parce que j’en ai besoin dans mon potager, j’apprends à écrire pour envoyer une lettre à la Mairie ou un proche. » détaille Camille Colombain pour La Relève et La Peste

Les parents sont d’ailleurs étroitement impliqués dans le programme pédagogique de l’école, comme Sébastien, un papa paysagiste et permaculteur qui anime l’atelier potager tous les mardis matins.

« L’idée, c’est de comprendre l’évolution du vivant, pas seulement comment on fait pousser une plante mais de quoi elle a besoin comme écosystème complet pour qu’elle puisse pousser en autonomie, observer le Vivant et son cycle. Le mélange des âges est très intéressant car les grands transmettent aux petits donc ça booste les petits dans les activités pour faire la même chose que les grands. Après, ils restent des enfants : des fois ils sont concentrés et d’autres pas. J’essaie alors de les ré-orienter pour transformer l’atelier et trouver une autre activité qui va permettre de canaliser leur énergie sur quelque chose de constructif, différent mais complémentaire à la précédente activité. C’est l’école que j’aurais bien aimé connaître quand j’étais petit, avoir de la liberté et une autre approche pédagogique, une proximité avec le Vivant, la Nature et pouvoir en profiter ne pas être enfermé toute la journée et pouvoir aller dehors c’est quand même génial pour un enfant. Le jardin leur permet aussi d’apprendre la patience et de réaliser qu’on ne peut pas tout avoir tout de suite. » explique Sébastien pour La Relève et La Peste

A l’école OSE, il n’y pas une seule intelligence qui soit valorisée, mais huit selon la théorie des intelligences multiples d’Howard Gardner. Chaque enfant peut ainsi se positionner selon ses capacités innées, sans se sentir dévalorisé par rapport à ses camarades. Petit à petit, les enfants réalisent que leurs différences font aussi leur richesse.

« Moi j’aime bien l’école, la forêt. Avant j’étais dans une autre école mais j’aimais moins les profs, l’école publique était pas très sympa. Ici, il y a le jardin, et on fait des fois de la création de totems. » raconte le petit Caspar

« Un enfant avait été humilié à l’école classique par sa maîtresse et ne voulait plus y retourner. Ici, avec la Nature il s’est complètement reconnecté et réconcilié à l’école. Il adore grimper aux arbres, a une habileté et des compétences physiques incroyables. Désormais, il mène des projets en Nature, il a même fait un escalier en terre dans un endroit en forêt qui était glissant, et là il a pris sa place au sein du collectif et tout son potentiel peut se déployer. » raconte Camille Colombain dans un sourire pour La Relève et La Peste

Une micro-société tolérante

Les enfants restent donc encadrés dans des activités précises avec des objectifs pédagogiques nets. A terme, Fanny et Camille espèrent avoir fait la preuve de leur méthode pédagogique pour que l’école soit acceptée au sein de l’Education Nationale, et pouvoir embaucher des professeurs.

« Il n’est pas question de mettre les enfants dans une bulle aseptisée hors du monde extérieur. Nous essayons de créer une micro-société tolérante où on leur donne des outils pour vivre plus en conscience, et savoir gérer les formes de violence qu’ils pourront rencontrer dans leur vie à travers des mises en scène et des ateliers. On travaille beaucoup sur le savoir-être. De la même façon, on les encourage à s’accrocher et dépasser leurs échecs quand ils tâtonnent. Si l’enfant n’y arrive pas et qu’il passe à autre chose, il va continuer à se penser incapable, et après l’estime de soi n’est pas là. » ajoute Camille Colombain pour La Relève et La Peste

Les tarifs d’inscription sont basés sur le quotient familial, afin de favoriser la mixité sociale et donner sa chance à chaque enfant, et parent. Un espace d’apprentissage est ainsi destiné aux adultes : l’école des grands où les parents peuvent partager ensemble toutes leurs compétences pour pouvoir construire des modes de vie durable et apprendre tout au long de la vie.

Parents et intervenants extérieurs peuvent ainsi proposer des ateliers et conférences sur des sujets variés : cours sur la parentalité consciente par une maman psychologue, santé alternative comme la médecine ayurvédique, alimentation, éducation, communication non-violente, etc.

« Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme mais d’ouvrir le champ des possibles. » explique Camille

« J’aime particulièrement le côté bienveillant, le côté Nature, la confiance en soi encouragée, l’entraide, le fait que tous les âges soient mélangés et la coopération enfants/adultes. On est tous conscients qu’on apprend les uns des autres et c’est ça qui est important pour moi. » témoigne Val, l’une des mamans de l’école, pour La Relève et La Peste

Et le succès est au rendez-vous : les parents trouvent leurs enfants plus tolérants et liés à la Nature, et toute la communauté était soudée autour de la Fête de la Nature pendant laquelle parents, intervenants et enfants ont mené de nombreux ateliers.

L’école est d’ailleurs complète et Fanny et Camille pensent déjà à la suite : ouvrir une classe maternelle et une classe collège dans un futur proche.

20 mai 2021 - Laurie Debove

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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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La forêt et le monde d'avant.

Par Le 30/05/2021

"J’ai compris que mes petits enfants ne connaitraient pas ces forêts de grands bois, si fiers, si riches… Que le monde qu’on a connu jusqu’ici ne sera plus jamais le même. Il y a, à un moment donné, quelque chose qui s’est brisé en moi…"

 

En lisant ce passage, je me suis dit que c'était effarant le nombre de gens qui disent la même chose autour de moi, dans tous les domaines, depuis une dizaine d'années. "Le monde d'avant". 

Oui, je sais, ça fait "vieux con nostalgique". J'en suis un. 

 

nostalgique

 
      adj inv   mélancolique, triste, neurasthénique, pessimiste, atrabilaire, spleenétique, défaitiste, abattu  

Pour "vieux con", inutile de donner une définition complète. Vous prenez les années 1950-1960-1970 comme période de naissance et vous les écoutez parler. 
 


 

 

Protéger les forêts pour protéger l’eau, donc la vie : tribune d’un forestier

 

https://lareleveetlapeste.fr/proteger-les-forets-pour-proteger-leau-donc-la-vie-tribune-dun-forestier/

Et si cette protection des sols et de la résilience forestière naturelle, qui a juste besoin du temps et de l’espace nécessaire, ne deviennent pas une priorité absolue, si l’on ne prend pas conscience qu’il faut dès à présent s’adapter au temps dont elle a besoin, et non plus essayer de l’adapter au temps de nos courtes générations, alors nous allons, très vite, le payer, et très cher.

27 février 2020 - La Relève et La Peste

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Ecrit en fin d’année 2019 par un forestier de l’ONF, membre du Snupfen-Solidaires de Franche-Comté, nous avons décidé de relayer son cri du cœur, plus que jamais d’actualité. Alors que l’ONF est en proie à une privatisation qui menace les forêts françaises, son témoignage nous appelle à regarder les choses en face, à faire le deuil de ce que nous avons déjà perdu, et à agir.

J’ai commencé en 1998… Une autre époque. Un triage de 800 hectares, deux communes. Le temps de faire les choses bien, propres, dans le détail. Le temps de discuter avec le papy qui sort son bois de la tourbière avec sa brouette, d’échanger avec les bûcherons, les ouvriers, pour qu’ils me racontent aussi, qu’ils m’apprennent.

Les plus beaux hêtres se tranchaient à 3500 francs du mètre cube, et les feuillus précieux flambaient, vendus à la pièce sur les parcs à grumes, jusqu’à 90 000 francs du mètre cube ! Du jamais vu…

En ce temps-là, les marteaux étaient toujours au coffre, à la division, gardés comme un trésor. On ne coupait les feuillus qu’en hiver, hors sève, et on attendait le gel pour débarder. Le bûcheronnage était saisonnier… comme les dégagements sylvicoles.

Et puis, le 26 décembre 1999, j’ai compris. J’ai compris qu’on ne maîtrise rien, tout forestier qu’on soit. Qu’on ne sait rien de l’avenir, du possible ou de l’impossible. Que la nature, quoi qu’il arrive, a le dernier mot. J’ai vu mes collègues perdre toute leur vie de travail en deux heures. Perdre tous leurs repères…

Le monde entier est venu acheter du bois : on a rempli des wagons, des containers, qui partaient jusqu’au bout du monde. On a cubé pendant des mois, tous les jours, des milliers de mètres cubes, des kilomètres de grumes le long des routes. On était les forestiers de l’an 2000, et on avait l’impression de vivre l’apocalypse forestière…

Mais la forêt a repoussé, riche de cette glandée qu’on attendait depuis quinze ans, de toutes cette fructification miraculeuse, juste avant Lothar.

Elle savait, la forêt.

Crédit : Zoë Gayah Jonker

Nous, forestiers de l’an 2000, allions passé notre vie à mener ces peuplements issus de cette terrible tempête. Mon premier triage ravagé, j’ai découvert la sylviculture extensive, le cassage, le traitement irrégulier. Dans des trouées de 200 hectares, les ouvriers ont repris le croissant. Et ils étaient contents. Et c’était beau toute cette régé mélangée, riche, vive…

C’était beau, même s’il fallait lutter encore, pour que les crocodiles qui voulaient profiter de la tempête ne mettent pas la main sur ces forêts, ne massacrent pas les sols pour en faire des lotissements, des routes, des carrières, à coup de milliers d’euros.

Des millions promis en masse aux communes sinistrées, et même aux directions qui voyaient d’un bon œil arriver les 12% de ces jolis millions promis… Il a fallu convaincre, défendre, tenir bon malgré les menaces, montrer aux élus toute la richesse de ces milieux meurtris mais si importants…

Et puis il y a eu la réforme aussi. On a lutté, oui, de toutes nos forces je crois. C’était beau. Nous étions ensemble, solidaires. Je pense vraiment qu’on a réussi à éviter le pire, malgré tout. Mon deuxième triage, sur 7 forêts, a pris d’abord une, puis trois, puis 5 forêts supplémentaires au fil des années. On m’a changé d’équipe, on m’a retiré les forêts debout pour des forêts rasées. On a eu la canicule aussi, en 2003, son lot de chenilles, de scolytes…

On s’est mis à marteler à la peinture, toute la journée, toute l’année. A couper les bois en toute saison, à débarder par tous les temps, pour les ventes. Tout s’est mis dans le même rythme. Mais toujours, toujours la forêt repoussait.

On nous disait tout ce qu’on ne ferait plus, que tout irait bien, parce que les communes s’en débrouilleraient plutôt que de payer. Mais elles payaient, les communes, cash, pour que surtout rien ne change.

A la seizième forêt qu’ils m’ont rajouté, j’ai dit non. Stop. J’ai laissé mes 500 cessionnaires, mes papys, mes conseils municipaux, mes petites et grosses mairies, mes bucherons caractériels. J’ai choisi la montagne, plus loin, plus dure, plus rude, mais si belle aussi… La forêt des pentes et des roches, mélangée, jardinée. La francomtoise. J’y ai retrouvé le marteau et les saisons…

Crédit : Thomas Tixtaaz

Et moi qui m’étais juré de ne jamais porter d’étiquette, j’ai sauté le pas : j’ai pris des engagements, vraiment, au Snu. J’ai porté ses valeurs, son cri, car c’était aussi les miens : quelles forêts pour nos enfants ?

On a lutté oui, de toutes nos forces, défendu ces forêts et leurs forestiers.

J’ai découvert le mépris aussi, de ceux qui font semblant de nous écouter mais qui n’entendent rien, parce qu’ils savent mieux. Mais le mépris aussi de ceux qui se demandent toujours : « Mais que font les syndicats ??? » J’ai pris la morsure des sous-entendus…

Ben oui parce que quand tu sièges tu n’es pas sur ton triage, donc tu ne fais rien. Et quand tu n’obtiens pas ce que veulent ceux que tu représentes, c’est que tu ne sers à rien, que tu es vraiment nul, que tu vas juste glandouiller avec tes potes pendant que les autres bossent !

Et si tu ne sièges plus parce que cette mauvaise foi en face est juste insupportable, ce gouffre entretenu entre la direction et notre réalité quotidienne, la malhonnêteté des promesses jamais tenues, quand en face de toi les dirigeants eux-mêmes s’assoient sur la loi pour faire la leur, quand tu renonces parce que même si tu dis non ça ne change rien, les autres, ceux qui restent en forêt sans surtout en sortir, tu les entends encore : mais que font les syndicats ?

Et toi, tu fais quoi ?

J’ai vu les dépressions des collègues autour de moi, les burn-out. Les départs en retraite non remplacés. Les collègues déçus, aigris, plein d’amertume, partir soulagés en nous souhaitant bonne chance et bon courage. Les contractuels non renouvelés.

Mais il y a eu des belles choses aussi. J’ai vu les jeunes arriver, motivés, heureux. On s’est mis à garder des bois bio, à tenir compte ça et là des sols, des oiseaux, de toutes ces espèces en train de disparaître. Les réseaux naturalistes se sont développés. Je me suis enrichie de toujours plus d’expériences, d’échecs et de réussites, de petites victoires et de grandes déceptions.

Et puis, toujours, nourrissant, ces petits moments de grâce dans le quotidien du forestier : la lumière dans les houppiers dans les fins de journée d’automne, le givre qui fige la moindre brindille au petit matin, le faon niché et tremblant sous la ronce, la mer de nuage sous la crête… Le chant d’une Tengmalm au détour du chemin, le grand tétras levé au bout d’une virée … Tous ces petits riens qui font de ton métier l’un des plus beaux, que tu ne changerais pour rien au monde.

On s’est adapté aux nouveaux services, aux nouveaux départs, aux expérimentations, au TDS, aux nouvelles directives, aux contre-ordres, aux notes de service, à Teck, à ProdBois, aux services qui se vident, aux postes jamais pourvus, aux intérims interminables.

J’ai appris à dire non, encore. C’est très mal vu, mais salutaire.

On a aussi martelé des peuplements entiers de chênes de 45 au-dessus de rien, parce qu’il y avait du retard dans les aménagements, parce que la surface d’équilibre, parce que ceci, parce que cela. J’ai vu les prix des bois chuter toujours plus bas, remonter parfois avant de redescendre, la direction demander de prélever plus pour compenser.

J’ai vu des bûcherons payer toujours plus de charges sans pour autant gagner un euro de plus. 100 francs du mètre cube en 1999, 15 € en 2019 : étrange, mais ça n’a pas bougé. J’ai vu des gros bois partir en tritu : des siècles de croissance pour finir en lamellé collé dans un meuble en kit qui finira à la déchetterie dans dix ans… Pour 38 €, 250 balles…

Je ne m’y fais pas, ça me fait toujours mal, à chaque fois. Je préfère les savoir mourir en forêt de leur belle mort.

J’ai vu des machines de plus en plus grosses, de plus en plus lourdes, sortir tout de la forêt, parfois jusqu’aux feuilles et aux aiguilles. J’ai vu des forestiers retourner marteler parce que l’objectif n’était pas atteint. J’ai senti l’amertume de ceux qui n’avaient pas eu le concours, l’examen, des contractuels payés au lance-pierre et gentiment remerciés. Pour boucler le budget on a fermé le campus, vendu les Arcs, vendu le siège pour mieux le louer ensuite.

J’ai vu le bon sens se perdre, comme fondu, au nom du chiffre, des objectifs, et du budget …

Et puis il y a eu 2019. Ce printemps-là, j’ai compris plus encore. En 2019, les sapins se sont mis à sécher même en hiver… Même les plus beaux, surtout les plus beaux, les plus vieux, les plus grands, les uns après les autres, se sont éteints, comme ça, soudain. Il s’est mis à pleuvoir des feuilles et des aiguilles, en plein été, même dans les jeunes peuplements, même dans les peuplements les plus mélangés, les plus sains, même en RBI.

En plus des frênes qui mourraient déjà, se sont mis à sécher les hêtres, les sapins, les épicéas. Le paysage a changé, très vite, en quelques mois… J’ai marqué des bois secs ou en train de mourir tous les jours. Tous les jours.

Crédit : congerdesign

Et j’ai compris que moi, forestier de l’an 2000, je ne laisserai peut-être rien derrière moi… Rien du travail de toutes ces générations de forestiers, rien de ces vingt ans à y croire si fort.

Le gibier en surpopulation bouffe tout en dessous, tout sèche au-dessus. Le gel de mai a cramé les feuillus, puis ils ont pris la canicule de juin, puis celle de juillet, puis celle d’août. En octobre, les scolytes continuaient encore dans les épicéas.

Et j’ai pleuré, oui, j’ai pleuré. Je n’ai pas honte de le dire.

J’ai pleuré en martelant des sapins centenaires, qui se dressaient si fièrement hier encore. Je leur ai demandé pardon, à eux qui ont traversé les deux guerres, la sècheresse de 76 et celle de 2003, qui ont survécu à Lothar, à la neige, au vent, aux orages et aux crues…

Pardon, pardon pour les hommes… pardon pour tout ce carbone rejeté sans conscience, pardon pour cette insouciante surconsommation perpétuelle, pardon pour cette chaleur implacable qui vous tue… On savait, depuis longtemps, mais on a continué, comme si de rien n’était… Pardon, pardon…

On a tous, chacun, notre responsabilité. Parce qu’on n’a pas entendu, pas cru, parce qu’on a pensé que c’était pour demain, et que demain ce ne serait pas pour nous, pas pour eux… Parce qu’on s’est laissé convaincre, qu’on a laissé gouverner les crocodiles, préservé notre petit confort… Parce que la lutte n’a pas suffi…

J’ai compris que mes petits enfants ne connaitraient pas ces forêts de grands bois, si fiers, si riches… Que le monde qu’on a connu jusqu’ici ne sera plus jamais le même. Il y a, à un moment donné, quelque chose qui s’est brisé en moi…

On m’a dit de ne pas m’inquiéter, que ce n’était pas si grave. Que ça allait s’arranger. S’arranger ? Les étés à venir ? Les canicules, les sécheresses, les parasites, les tempêtes, les crues ? Non, soyons réalistes, honnêtes avec nous-même. Ça ne va pas s’arranger. Nous le savons très bien.

Les sapins, les hêtres, ne sont pas faits pour des températures de 40°, des nuits sans rosée. Le chalara, les chenilles, les scolytes, non, ça ne va pas s’arranger.

Au bout de six mois, oui, finalement tout le monde a reconnu qu’il y avait là une crise, grave. Il y a des embauches de CDD, non affectables aux triages vacants bien sûr, des financements pour les camions qui emmènent les bois au large. Mais le feuillus précieux partent chez Ikea, les scieurs locaux n’ont plus de contrats, il a fallu leur vendre nous-même nos lots sans le service bois. On continue de marcher sur la tête, à l’envers…

Mais depuis quelques semaines, je sais, moi, forestier de l’an 2000, quel est mon projet pour les 20 prochaines années. Parce que comme il y a vingt ans, les crocodiles vont revenir à l’assaut, auprès des communes démunies. Ils vont essayer de convaincre, promettre les milliers, les millions d’euros.

Si nous n’avons, nous, en face, qu’un argument de dépenses et de plantations aléatoires à leur proposer, qui s’adapteront peut-être malgré les printemps secs, malgré le gibier, à coup de subventions, ou pas, si c’est ça notre réponse, on va droit dans le mur.

Mais la forêt, résiliente, toujours, s’adaptera. Il faut juste lui laisser le temps et l’espace nécessaire. Préserver à tout prix, cet espace, et ces sols.

Ce ne seront plus les mêmes forêts, les mêmes arbres. Le climat nouveau est arrivé, et ce sont d’autres essences, d’autres équilibres qui vont se mettre en place. La forêt nouvelle s’adaptera. Laissons-lui juste le temps, les dizaines d’années nécessaires.

Mais en attendant, nos arbres ne tiendront plus les sols de montagne, les roches, ne retiendront plus les crues, ne réguleront plus l’eau, là-haut. Alors partout, jusqu’au plus bas de la plaine, tous en subiront les conséquences. Nous n’en avons pas fini avec les inondations, ni avec les sécheresses.

Malheureusement si nous, forestiers, sommes aux premiers fronts, je crains que tant qu’il y a de l’eau au robinet, peu de gens prennent vraiment conscience de l’urgence, de la gravité de la situation. Mais il va venir très vite le moment où l’eau ne coulera plus au robinet. Bien plus vite qu’on ne le pense, car nous sous estimons largement la part de la biosphère dans les équilibres climatiques.

La disparition de la forêt, même juste pour un temps, même juste pour une ou deux générations humaines, c’est la disparition de la régulation de l’eau.

Crédit : Jp Valery

Et ce n’est pas en jouant aux apprentis sorciers, en espérant accompagner les migrations des espèces végétales sans que l’on sache du tout quelle sera l’évolution du climat dans 10, 20, 60 ans, en plantant tout et n’importe quoi n’importe où, qu’on va éviter ça.

Non, le boulot du forestier d’aujourd’hui et de demain ne sera plus de produire ou de récolter du bois, ouvrons les yeux, mais bel et bien de protéger les forêts pour protéger l’eau, donc la vie.

Protéger les forêts pour protéger l’eau, donc la vie. Pas seulement celle de la faune et de la flore, mais toute la vie, de toutes les espèces, nous compris.

Et si cette protection des sols et de la résilience forestière naturelle, qui a juste besoin du temps et de l’espace nécessaire, ne deviennent pas une priorité absolue, si l’on ne prend pas conscience qu’il faut dès à présent s’adapter au temps dont elle a besoin, et non plus essayer de l’adapter au temps de nos courtes générations, alors nous allons, très vite, le payer, et très cher.

J’ai reconnu cette brisure en moi, je l’ai reconnue car je l’ai vue dans les yeux de mes collègues en 2000. Mais cette brisure j’en ai fait une force aujourd’hui : mes yeux sont ouverts, je sais où est ma place, quel est mon rôle. Si le quotidien reste difficile, je sais, moi, mes priorités absolues.

Et je sais combien chacun a besoin du forestier pour être là, pour protéger ce qui survit des feux à venir, de la destruction des sols forestiers, de la pollution et des crocodiles. Gageons qu’il faudra beaucoup, beaucoup de temps avant que cette prise de conscience monte jusqu’aux cerveaux encombrés de nos dirigeants.

Espérons que lorsque l’eau ne coulera plus au robinet, que lorsque la Seine aura envahi Paris, ils feront le lien, et réfléchirons non plus en euros, mais avec du bon sens, non plus à échéance électorale, mais à l’échelle de la vie.

Je suis forestier de l’an 2000, et la première chose que j’ai apprise, lorsque j’avais vingt ans, c’est que le forestier doit avant tout préserver sa surface forestière, l’état forestier. C’est ce qu’il y a de plus difficile, mais c’est notre métier, avant tout. Il est plus que jamais fondamental aujourd’hui. Tout ce que nous pourrons préserver donnera une chance supplémentaire à nos enfants, à nos petits-enfants, de connaître les arbres, les forêts, l’eau. De survivre… Ne l’oublions jamais.

27 février 2020 - La Relève et La Peste

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Striatum vs cortex

Par Le 28/05/2021

 

L'évolution de l'espèce humaine passera inévitablement par l'élévation au regard de ce cerveau et de ses imbrications archaïques. 

Konrad Lorenz, il me semble, avait écrit un jour : "Le chaînon manquant entre le singe et l'homme, c'est nous". 

 

Le striatum en nous.

 

Striatum : notre cerveau pourrait avoir notre peau à force de nous mener à la surconsommation

Le striatum: ce cerveau archaïque qui nous rend déraisonnable. Credit: Pexels

Le striatum: ce cerveau archaïque qui nous rend déraisonnable. Credit: Pexels

Notre cerveau nous pousse vers une obsession du "toujours plus" pouvant mener vers une catastrophe écologique.

par (article) et Vincent Toussaint (vidéo)

Actualisé le 19 novembre 2019 à 15:51

Pour la première fois dans son histoire, l’Homme est maintenant capable de s’auto-détruire. À force de surconsommation effrénée et d’innovations technologiques mortifères, nous sommes en passe de détruire notre environnement et de compromettre ainsi la survie de l’humanité. Pourquoi ne sommes-nous pas capables de changer de comportement pour revenir à la raison ? Selon le neurobiologiste Sébastien Bohler, dans son essai Le Bug humain, le responsable se cache dans notre cerveau : c’est le striatum.

Le striatum : mode d’emploi

Depuis les débuts de la vie sur Terre, le cerveau de tous les Animaux est programmé pour réaliser les fonctions essentielles à leur survie : se nourrir, se reproduire, maîtriser son environnement et obtenir du pouvoir, le tout, si possible, avec le minimum d’efforts et le maximum d’efficacité.

Le rôle du striatum ? C’est la partie la plus ancienne du cerveau humain, une structure nerveuse qui stimule l’Homme vers la recherche de nourriture et d’un partenaire sexuel, entre autres fonctions. Chez certaines espèces évoluées comme l’Homme, cette recherche, si elle est fructueuse, libère dans le striatum de la dopamine, la substance chimique responsable de la sensation de plaisir. Ainsi se met en place le circuit de la récompense : si je réalise cette action, je ressens du plaisir donc je suis motivé à la refaire.

Voilà donc un système qui révèle toute son efficacité lorsque les conditions de survie sont difficiles : nourriture rare, environnement hostile, menace de prédateurs. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Striatum vs cortex, une lutte inégale

Savez-vous que le cerveau humain n’est pas l’organe parfait qu’on nous décrit souvent ? Il est aussi le théâtre d’une lutte entre des forces parfois contradictoires : le striatum et le cortex.

En effet, une nouvelle partie du cerveau humain s’est développée plus tard que le striatum : le cortex cérébral, siège du raisonnement, du langage et de la conscience.

Ce composant du cerveau est devenu de plus en plus performant pour répondre aux besoins du striatum. L’invention de technologies de plus en plus sophistiquées a pu alors considérablement simplifier la vie de la plupart des hommes.

Mais dans le même temps, le striatum est resté programmé comme au début de l’humanité. Il ne sait pas se donner des limites et réclame toujours plus pour satisfaire le circuit de la récompense : toujours plus de nourriture, plus de voitures, plus d’argent, plus de pouvoir : c’est un ogre que nous abritons au cœur de notre cerveau.

Un remède à l’obsession du "toujours plus" ?

L’homme a pris conscience qu’il court peut-être à sa perte avec une telle surconsommation, qu’elle soit alimentaire, énergétique, numérique, etc. Le cortex cérébral agit pour nous faire comprendre le danger, anticiper l’avenir et nous inspirer des mesures salutaires face à notre striatum insatiable.

Pour contrer cette frénésie du "tout, tout de suite", la solution se trouve peut-être dans la "slow life". Ce mode de vie se veut durable, équitable et respectueux dans tous les domaines avec ses déclinaisons comme la slow food, le slow management et même le slow sex. Il s’agit de vivre en pleine conscience, c’est-à-dire en ralentissant le rythme pour apprécier le moment présent, en (ré)apprenant à attendre et même à s’ennuyer, en retrouvant le plaisir du partage et de l’apprentissage.

Voilà des objectifs qui peuvent paraître bien difficiles à atteindre pour nous, Hommes du XXIè siècle, mais c’est sans doute à ce prix que nous négocierons notre survie dans le monde de demain.

Pesticides : Conseil d'état vs Maires.

Par Le 24/05/2021

Pesticides : après la décision du Conseil d’Etat, les maires contre-attaquent pour mieux les réglementer

 

« Il n’est pas normal qu’un déchet arrive chez vous sans votre autorisation, continue Daniel Cueff. C’est une violation de la propriété privée, une atteinte au bon voisinage et à la liberté individuelle. Nous avons donc décidé, par arrêté, que tout épandeur sur le territoire communal ne pourrait utiliser des pesticides que s’il est en mesure d’assurer qu’aucun résidu ne se dispersera au-delà de la parcelle traitée. »

5 mars 2021 - Augustin Langlade

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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
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Suite à la décision du Conseil d’Etat qui jugeait les maires incompétents pour réguler les pesticides sur leurs communes, les édiles ont décidé de contre-attaquer. Mercredi 3 mars, sous l’impulsion du collectif des maires anti-pesticides, dix municipalités d’Île-de-France ont pris un nouvel arrêté commun interdisant l’usage de produits phytosanitaires au sein de leur périmètre communal. Cette fois-ci, les édiles s’appuient sur leur compétence à réglementer la gestion des déchets, dont ils estiment que font partie les résidus aériens de pesticides.

Seul le Ministère de l’Agriculture peut légiférer sur les pesticides

Véritable saga judiciaire, la lutte des élus locaux contre les produits phytosanitaires commence à Langouët, en Ille-et-Vilaine. En mai 2019, le maire aujourd’hui retiré de cette commune de 600 habitants à l’avant-garde de la transition écologique, Daniel Cueff, signe le premier arrêté interdisant l’épandage « à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel ».

Les Langouëtiens présentaient des taux très élevés de contamination au glyphosate et Daniel Cueff faisait valoir leur droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, garanti par l’article premier de la Constitution.

Lire aussi : « Un maire désobéit à l’État en interdisant les pesticides dans sa commune »

À sa suite, des dizaines de communes françaises, dont Lille et Paris, prennent des arrêtés similaires, systématiquement attaqués par les préfets devant les tribunaux administratifs. Le 1er janvier 2020, décidés à faire de l’épandage une question de santé publique majeure, 120 édiles fondent le Collectif des maires anti-pesticides, afin d’établir une ligne de défense commune de leurs arrêtés, dont la majorité sont suspendus en première instance.

Accompagné de l’avocate Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, le maire écologiste de la commune d’Arcueil (Val-de-Marne), Christian Métairie, dépose alors un recours au Conseil d’État.   

Mais dans sa décision rendue le 31 décembre dernier, la plus haute instance administrative du pays rejette ce pourvoi, concluant que les maires n’ont pas la compétence de réglementer l’utilisation de pesticides sur les territoires de leurs villes.

Les juges expliquent que « le pouvoir de police spéciale des produits phytopharmaceutiques confié aux autorités de l’État fait obstacle à l’édiction, par le maire d’une commune, de mesures réglementaires d’interdiction de portée générale de l’utilisation de ces produits ».

Autrement dit, seul le ministère de l’Agriculture, par l’intermédiaire des préfets, est à même de légiférer en matière de pesticides. Le principe de précaution ou des considérations d’ordre sanitaire ne sauraient donner le droit aux élus locaux de s’opposer aux volontés gouvernementales. 

Lire aussi : « Le Conseil d’État juge les maires incompétents pour réguler l’usage de pesticides »

Les résidus de pesticides sont considérés comme des déchets

Depuis lors, on croyait l’affaire enterrée pour de bon. Mais des maires ont trouvé un moyen ingénieux de la rouvrir. C’est à La Montagne, petite ville de Loire-Atlantique proche de Nantes, que l’idée d’un nouveau raisonnement juridique a germé. Et si l’on considérait les résidus de pesticides comme des déchets ?

Ils relèveraient soudain de l’un des principaux domaines de compétences des maires : la gestion des ordures et des troubles de voisinage. Le 11 janvier, Fabien Gracia, maire de La Montagne, publie son arrêté et aussitôt il est imité par Éric Piolle à Grenoble, puis les dix villes franciliennes du Collectif des maires anti-pesticides : Bagneux, Gennevilliers, Malakoff, Nanterre, Sceaux, Arcueil, Cachan, L’Île-Saint-Denis, Montfermeil, Savigny-le-Temple. 

Quel est donc le raisonnement du nouvel arrêté « portant obligation d’élimination des déchets provenant de l’utilisation de produits phytosanitaires ou de pesticides » ? 

« Quand un épandage est effectué, nous explique Daniel Cueff, également président du Collectif des maires anti-pesticides, les particules chimiques se diffusent dans l’atmosphère et vont chez les voisins, même à l’intérieur des habitations. Ce sont donc des déchets ! »

Le Code de l’environnement définit ceux-ci comme « toute substance ou tout objet, ou plus généralement tout bien meuble, dont le détenteur se défait ou dont il a l’intention ou l’obligation de se défaire », là où une décision de la Commission européenne classe les résidus de pesticides dans la catégorie des « déchets dangereux ».

Le dépôt de déchets sur la voie publique ou dans une propriété privée est quant à lui sanctionné par le Code pénal, que les maires sont chargés de faire respecter.

« Il n’est pas normal qu’un déchet arrive chez vous sans votre autorisation, continue Daniel Cueff. C’est une violation de la propriété privée, une atteinte au bon voisinage et à la liberté individuelle. Nous avons donc décidé, par arrêté, que tout épandeur sur le territoire communal ne pourrait utiliser des pesticides que s’il est en mesure d’assurer qu’aucun résidu ne se dispersera au-delà de la parcelle traitée. »

Et comme il est impossible de gérer ou d’éliminer ce type de « déchets » (à moins de contrôler le vent et l’invisible), adieu les pesticides.

Lire aussi : « Les lobbies profitent du coronavirus pour attaquer les lois environnementales et sociales »

Les dix villes où cet arrêté a été pris constituent des zones urbaines denses, abritant très peu d’agriculture. Il s’agit plutôt de mettre fin à l’épandage dans les parcs et les autres espaces verts, y compris les jardins.

« Mais ce constat n’empêchera pas les préfets de s’emparer du sujet, commente Daniel Cueff, et de traîner tous ces maires devant les tribunaux administratifs. »

Une nouvelle saga judiciaire est sur le point de commencer. Peut-être terminera-t-elle aussi au Conseil d’État. L’ancien maire de Langouët n’a pas de mots assez durs contre la centralisation, qu’il juge responsable de l’inertie de la société vis-à-vis des pesticides.

« Nous sommes dans un État où tout est centralisé, explique-t-il. Quelques hommes, parfois un seul, décident pour tout le monde. Dans les régions, les préfets ont davantage de pouvoir que tous les élus réunis. Sur le continent européen, seuls deux pays obéissent à ce centralisme épouvantable : la France et la Turquie. C’est pour cette raison que les préfectures redoutent qu’un arrêté soit validé par la justice, car cela formerait jurisprudence et pourrait être reproduit dans toutes les régions de France et de Navarre… »  

Outre l’intérêt pratique de cet arrêté, les membres du Collectif des maires anti-pesticides cherchent à multiplier les actions non violentes susceptibles de sensibiliser la population, tout en utilisant les faibles moyens à leur disposition pour arrêter cette pollution.

« C’est inacceptable que les habitants d’une commune respirent sans le vouloir des particules épandues dans les champs, dénonce Daniel Cueff. L’ensemble de la littérature scientifique prouve que ces produits sont dangereux, catastrophiques pour la santé humaine et la biodiversité. »

Est-ce la faute des agriculteurs ?

« Certainement pas ! répond notre interlocuteur. C’est notre société qui les a mis dans cette situation, qui a exigé de meilleurs rendements, qui les a formés aux pesticides dans les écoles, qui leur a prêté de l’argent pour qu’ils investissent dans du matériel… C’est donc à nous de les aider maintenant à s’en passer. Et pour cela, il faut pousser le destin. »  

Le modèle d’arrêté est disponible sur la page principale de l’adresse suivante : www.maireantipesticide.fr

5 mars 2021 - Augustin Langlade

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Les lobbies opportunistes

Par Le 24/05/2021

Les lobbies profitent du coronavirus pour attaquer les lois environnementales et sociales

 

Les plus grandes entreprises de France réclament une mobilisation générale : plus de travail, plus de subventions, moins de règlementations. Et tant pis pour le climat.

23 avril 2020 - Augustin Langlade

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Un vent de lobbying intense souffle sur la France confinée. Alors que la crise climatique est chaque jour plus grave, la plupart des entreprises françaises ou implantées en France exigent que l’État les épargne des normes environnementales en vigueur, en prenant pour prétexte la relance économique du pays. Le monde d’après sera-t-il le refrain désespérant du monde d’avant ?

Un décret pour annuler les consultations publiques

Le 8 avril, alors que la crise sanitaire battait son plein, le gouvernement a publié un petit décret qui n’a pas fait grand bruit dans le débat national, mais aura certainement de lourdes répercussions sur le terrain.

Dans des domaines aussi larges qu’imprécis, les subventions publiques, l’aménagement du territoire, la construction, l’emploi, l’environnement, le « décret relatif au droit de dérogation reconnu au préfet » autorise désormais toutes les préfectures de France à contourner les normes et les règlements de l’État par simple arrêté, lorsque la décision est « justifiée par un motif d’intérêt général et l’existence de circonstances locales ».

Autrement dit, ce décret donne aux préfets le pouvoir d’esquiver la consultation publique, d’alléger toute démarche administrative, d’éluder les règlementations qui protègent la santé et l’environnement, ou encore d’affranchir les entreprises de certaines procédures préalables à leur mise en activité, en somme de devenir les arbitres de la vie locale.

Comme le montre le journal Reporterre, ce décret constitue en réalité une extension à l’ensemble du territoire national d’un processus expérimental mené dans les régions Pays-de-la-Loire et Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que quelques départements comme le Lot, la Creuse ou Mayotte, depuis le 1er janvier 2018. Le précédent décret, en vigueur dans des zones restreintes, conférait des pouvoirs identiques aux préfets : réduction des délais, allègement des normes, dérèglementation, arbitrage…

Un rapport d’information, présenté en juin 2019 par deux sénateurs de l’aile droite, a examiné 61 des 183 arrêtés pris dans le cadre de cette expérimentation. Et le résultat est clair : sur les 61 arrêtés, 34 ont facilité des subventions publiques, 2 des activités sportives ou associatives, et 19 ont permis de déroger à des normes environnementales ou agricoles.

Les préfets interrogés par les rapporteurs leur ont par ailleurs confié que ce décret risquait d’allonger « la durée des procédures d’instruction des décisions administratives » et de « donner l’impression d’un État arbitraire prenant des décisions différentes en fonction des demandeurs et des collectivités territoriales concernées ». Mais ces craintes n’ont pas été écoutées.

Le décret du 8 avril dernier s’inscrit dans le contexte tendu, émaillé d’incertitudes, de la relance économique du pays après le confinement. De quoi demain sera-t-il fait ? Une fois la crise derrière nous, à quelle sauce serons-nous mangés ? Va-t-on de nouveau socialiser les pertes, tout en continuant de privatiser les bénéfices ? Le monde d’après sera-t-il le refrain désespérant du monde d’avant ?

Soyons-en certains, les généraux du monde d’hier se démènent pour que le terrain du retour à la vie normale soit en leur faveur. Rien ne doit changer, c’est le mot d’ordre de leur bataille ; reculons, reculons, telle est leur véritable intention.

L’Assemblée Nationale et le Sénat ont accordé 20 milliards d’euros aux « grandes entreprises stratégiques » sans aucune condition exigée

Un lobbying anti-social et anti-écologique, au nom de la relance économique

Nous savons que plusieurs organisations d’entreprises mènent d’ores et déjà des actions coordonnées auprès du gouvernement afin que celui-ci infléchisse, reporte ou annule bon nombre de normes environnementales qui pourraient nuire à la reprise économique.

Le député Matthieu Orphelin (ex-LREM, désormais écologiste, ce qui en dit long) s’est scandalisé lundi 20 avril, dans une lettre adressée aux « patrons des patrons », que la crise du coronavirus soit devenue le nouveau prétexte des entreprises pour se débarrasser de normes d’intérêt collectif. Les grandes entreprises françaises ou implantées en France se sont engagées dans un front extrêmement virulent de lobbying et comptent bien abattre tous les obstacles qui se mettraient en travers de leurs intérêts.

Preuves à l’appui, le député du Maine-et-Loire accuse les plus grands syndicats d’entreprises, comme le Medef, l’Association française des entreprises privées (Afep, 113 premiers groupes actifs en France), le CCFA (constructeurs automobiles), ou l’Iata (secteur aérien), de vouloir revenir sur les principales dispositions des lois environnementales de ces dernières années, à l’échelle française et européenne.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre, économie circulaire, gestion durable des ressources, toutes les avancées récentes en matière d’environnement sont remises en cause par le lobby du patronat, d’une manière plus décomplexée que jamais.

Selon l’AFEP dans une note interne rendue publique par Le Monde, le cadre juridique environnemental serait « un frein pour sortir de la crise économique », car il mobiliserait des « ressources importantes au sein des entreprises » qui n’en ont apparemment pas les moyens, puisqu’elles doivent relancer leur activité.

Les plus grandes entreprises de France réclament une mobilisation générale : plus de travail, plus de subventions, moins de règlementations. Et tant pis pour le climat.

Pour ce faire, toutes les méthodes sont bonnes à prendre : courriers adressés aux ministres, lobbying auprès de la Commission européenne, critiques féroces contre les normes environnementales dans les médias, diffusion de propositions thématiques qui remettent « provisoirement » en cause les règles… Le respect de l’environnement semble être la plus grande inquiétude des caporaux de l’industrie. Le gouvernement le reconnaît lui-même : un vent de lobbying souffle sur le pays.

« Ceux qui s’opposent aujourd’hui sont les mêmes que ceux qui s’opposaient ces dernières années lors du vote des textes pro-climat », confie au Monde un conseiller du ministère de la Transition écologique.

Leurs critiques des normes environnementales ne datent donc pas de la crise sanitaire, dont de nombreuses entreprises cherchent à tirer parti. Bref, de l’instrumentalisation.

A l’Union Européenne, la montée au créneau contre le Green Deal

Au niveau européen, les lobbies se battent contre le « Green Deal », l’un des principaux étendards de la nouvelle Commission européenne. Sous prétexte d’emploi et de sécurité alimentaire en temps de crise, la Copa-Cogeca, lobby européen de l’industrie agricole, mène une lutte acharnée pour que la transformation des systèmes alimentaires et le « verdissement » de la Politique agricole commune (PAC) n’aient pas lieu les prochaines années.

D’autre part, l’Afep recommande à la Commission européenne de ne pas augmenter comme prévu ses objectifs de réduction d’émission de GES sur dix ans, et de reporter au moins pour une année sa directive sur l’échange automatique et obligatoire d’informations dans le domaine fiscal. Traduction : permettez-nous de polluer et d’envoyer nos bénéfices dans des paradis fiscaux le temps que le monde se porte mieux.

Un tel lobbying, qui se déploie dans tous les domaines et à tous les échelons, intervient alors qu’une aide de 20 milliards d’euros a tout juste été débloquée par l’État, le 18 avril 2020, lors du vote de la seconde loi de finances rectificative. Ces 20 milliards d’euros seront accordés aux « entreprises stratégiques » du pays, sans aucune contrepartie environnementale, contrairement à ce que réclamaient un grand nombre de députés et quantité d’ONG comme Greenpeace, Attac ou Oxfam.

Selon Clément Sénéchal, chargé de campagne à Greenpeace France, cette subvention extraordinaire est un « chèque en blanc » offert à des multinationales qui n’étaient plus en position de force.

« L’État aurait pu demander aux entreprises une réduction des émissions de gaz à effet de serre, des contreparties en terme de gouvernance pour que les choix d’investissements et de développement soient conformes aux exigences environnementales, ou un mécanisme de sanctions pour les entreprises qui ne respecteraient pas les trajectoires fixées. »

On ne sait pas encore quelles entreprises bénéficieront de cette aide. Renault et Air France ont déjà été évoqués. Le secteur aérien est particulièrement touché par la crise. Les frontières fermées, les habitants confinés, tous les avions restent cloués au sol dans la plupart des pays développés du monde. Certains pensent qu’aucune compagnie aérienne ne pourra survivre sans une aide de l’État.

En France, le gouvernement travaille à un plan de sauvetage d’Air France, fleuron national du transport aérien. Si la nationalisation pure et simple a récemment été écartée par le ministre de l’Économie, celui-ci compte éponger massivement le déficit de l’entreprise : à ce titre, le gouvernement prévoirait de lui garantir un prêt de 7 milliards d’euros auprès des banques, sans aucune réciprocité, évidemment.

Dans une campagne menée par Notre Choix, de nombreuses ONG exigent que ces renflouements massifs des compagnies aériennes soient conditionnés à des engagements environnementaux. Le secteur aérien ne « peut reprendre ses activités habituelles une fois la crise du Covid-19 terminée », déclare le collectif. Responsable de 5 à 8 % de l’impact climatique mondial, refusant de contribuer aux réductions de gaz à effet de serre et nourri depuis des dizaines d’années d’exonérations fiscales, le secteur aérien ne peut exiger aujourd’hui que l’argent public finance son renflouement.

Aujourd’hui, l’État a toutes les cartes en main pour refondre le secteur sur un modèle plus durable et respectueux du bien commun. Mais pour le moment, il préfère accorder davantage de pouvoirs aux préfets.

23 avril 2020 - Augustin Langlade

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L'après Mc Do

Par Le 24/05/2021

J'adore.

 

L’Après M : le fast-food de la justice sociale et environnementale

 

« Une équipe extraordinaire s’est formée », constate Kamel. « On essaye de réfléchir ensemble à des situations auxquelles personne n’arrive à faire face, et mettre en place ce qu’on veut pour notre quartier ».

28 janvier 2021 - Marine Wolf

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Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

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Lumière sur une très belle initiative : l’Après M ! Suite à la liquidation judiciaire du McDo de Saint-Barthélémy (Marseille) le 12 décembre 2019, des salariés et de nombreux habitants du quartier se sont emparés du lieu pour le transformer en plateforme solidaire qui a permis de nourrir 300 000 personnes depuis le premier confinement. L’association l’Après M a transformé ce McDo en « fast-food social » : la démarche est un bel exemple d’une cohérence entre justice sociale et environnementale.

En décembre 2019, le Mc Donald’s de Saint-Barthélemy, un quartier du Nord de Marseille, est placé en liquidation judiciaire. Il constituait un lieu social central pour les habitants, un lieu de rencontre pour les jeunes et les familles. Mais surtout, il s’agissait d’un bassin d’emploi majeur : une centaine de salariés se retrouve alors au chômage.

Or à Saint-Barthélemy, la pauvreté est endémique. « En 1992 on nous a vendu un rêve, dynamiser l’emploi », témoigne Kamel Guemari, ex-salarié du McDo. « 28 ans après, au lieu de continuer à dynamiser, ils ont tout dynamité ».

Peu après la liquidation arrive le premier confinement. Ailleurs, on parle beaucoup de ceux qui ont peur de mourir du virus. Dans le Nord de Marseille, les gens ont peur de mourir de faim.

« Quand nous avons été confinés, le président a annoncé qu’on était en guerre », continue Kamel. « On savait déjà faire la guerre contre la misère, la violence, la justice, la discrimination sociale…On est nés dedans ».

Quelques-uns des ex-salariés de Mc Do et des habitants du quartier décident de transformer le lieu en plateforme solidaire. Celui-ci est rebaptisé l’Après M et l’association Après voit le jour.

Crédit : l’Après M

Le fameux slogan est réinventé : « comme vous êtes, vous venez ! ». Autrement dit, puisque vous êtes des êtres humains, vous êtes les bienvenus ici.

Tous les lundis, une distribution alimentaire est organisée.  Répondant à un besoin croissant, elle se poursuit durant des mois, jusqu’à aujourd’hui. La barre des 1000 colis distribués par semaine a été franchie, et la demande continue d’augmenter.

L’association fonctionne en flux tendu, sans savoir comment la distribution sera assurée le lundi suivant. Car celle-ci est uniquement portée par les dons des particuliers et des petits commerçants, ainsi que par une cagnotte en ligne. Les pouvoirs publics n’ont pas versé un centime.

Les autres jours ont lieu des maraudes et des projets émergent, avec un même objectif : répondre à l’urgence humaine.

 « Une équipe extraordinaire s’est formée », constate Kamel. « On essaye de réfléchir ensemble à des situations auxquelles personne n’arrive à faire face, et mettre en place ce qu’on veut pour notre quartier ».

Des dons de vêtements, des projets pédagogiques, des actions de végétalisation, de ramassage des déchets, des constructions d’habitat pour les sans-abris… De nombreuses autres missions sont venues se greffer au sein de l’Après M.

« Cette situation nous a fait grandir et a créé cette petite machine de guerre portée par l’intelligence collective » résume Kamel.

Pour la suite, l’ambition des bénévoles est de s’organiser en une société coopérative d’intérêt collectif (Scic). L’enjeu est pour le moment de parvenir à conserver ce lieu de vie, qui reste la propriété du groupe McDonald’s France.

L’association se rêve en restaurant solidaire, où tout le monde pourrait venir manger des produits sains, où l’on pourrait cultiver la terre et produire du miel. L’idée est aussi de proposer des formations.

Crédit : l’Après M

« On veut fournir des emplois plutôt que des colis », explique Kamel. « Des personnes cabossées par la vie ont été accueillies, accompagnées, orientées. Elles ont évolué, elles ont repris confiance en elles ».

Le 19 décembre 2020 a constitué une journée symbolique au cours de laquelle des bénévoles, toutes générations confondues, sont parvenus à servir 850 burgers en 2h30. Et pas des burgers ordinaires : élaborés avec des chefs cuistots, ils sont vegans, composés de produits bio fournis par des producteurs locaux et vendus à prix libre.

Un moyen de se poser en réaction par rapport à la pollution de Mc Donald’s, et de montrer la cohérence entre justice sociale et environnementale. L’occasion aussi de dire aux pouvoirs publics : « Donnez-nous les moyens légaux pour faire ce qu’on fait déjà. On a tout le reste ».

Pour les aider : leur cagnotte en ligne et leurs actus

28 janvier 2021 - Marine Wolf

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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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Louis Fouché : "Et demain ? "

Par Le 23/05/2021

Il me fait du bien cet homme-là.

Le choucas des tours

Par Le 23/05/2021

J'ai vécu en Bretagne jusqu'à mes 25 ans. Cette invasion de choucas n'existait pas. 

Il s'est donc passé quelque chose.

Il ne s'agit donc pas de chercher une réaction mais de comprendre tout d'abord les causes sinon les réactions risquent de ne pas régler le problème réel pour les agriculteurs mais en créer un autre à  long terme. 

C'est toujours le problème de l'équilibre de la biodiversité. 

Et les exemples sont nombreux.

 

Crow Life – Centre de Recherche et Protection des Corvidés

Crow Life – Centre de Recherche et Protection des Corvidés

      

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Le Choucas des Tours, chargé à mort et à tort

Crow Life travaillait à une enquête sur le Choucas des Tours depuis plusieurs mois. Ces jours-ci,  les médias et notamment Ouest-France, BFM-TV et France 3 région se sont faits l’écho du témoignage d’agriculteurs mettant en cause le Choucas des Tours (Corvus monedula), une espèce protégée de la famille des corvidés accusée de ravager les cultures en Bretagne. L’espèce y prolifèrerait – et de citer le chiffre erroné de « 600 000 choucas dans le département [du Finistère] » sur BFM TV; et de prétendre, à tort, que, à raison de 4 œufs par nid,  « au bas mot 50 000 couples vont produire 200 000 oiseaux en plus à la fin du mois de juin » sur France 3. « Nos métiers sont en péril. Alors oui, il faut savoir qui on protège : les agriculteurs ou les choucas ? » prévient un agriculteur interviewé par Ouest-France. L’appel à la solidarité et à la préférence anthropique. N’y-a-t-il pas un autre choix ? Une option qui consisterait à (ré)apprendre à faire avec le sauvage, à cohabiter avec et à considérer les avantages d’une telle cohabitation? 


De la stéréotypie du discours à l’examen des faits 

Pour l’association, on a là un échantillon du discours stéréotypé des partisans de la lutte anti-choucas qui tantôt agitent le chiffon rouge du péril économique, tantôt cherchent à faire pleurer dans les chaumières à coup de récits hitchcokiens parlant à l’imaginaire collectif et paraissant peut-être, aux yeux d’une partie de nos concitoyens, justifier les quotas d’oiseaux déjà sacrifiés à l’agriculture, voire l’évolution de leur statut juridique dans le sens de la dé-protection à défaut d’indemnisation alternativement réclamées par l’emblématique trio agriculteur(s)-chasseur(s)-élu(s) éventuellement appuyé par un représentant de syndicat agricole, l’ensemble posant sur la photo dans le journal. Printemps, été : on y a régulièrement droit. Depuis quelques années, on assiste à la construction sociale d’une image négative du choucas taxé de ‘’nuisible’’ et même ‘’d’espèce invasive’’ (ce qu’il n’est absolument pas, mais le fantasme de l’invasion nourrit celui de l’agression) qui, d’être largement véhiculée, médiatisée, tend à se superposer à la réalité. 


Des dégâts aux cultures non attribuables au seul Choucas des Tours

Deux régions, la Bretagne et les Pays-de-Loire s’agitent sur le dossier. Dans l’ouest de la France, l’année dernière, c’est le département du Maine-et-Loire qui a déclaré le montant de dégâts attribués aux Choucas le plus élevé : 546 000€ (/ 467 000€ en Finistère). 
Or si l’on considère les déclarations individuelles de dégâts aux cultures à la base de cette estimation chiffrée du 49, la majorité des déclarants mentionne la présence de plusieurs espèces : 72% citent de 2 à 7 espèces dont choucas + ragondins, sangliers, pigeons, corbeaux freux, corneilles… (cf graphique).


Une protection gênant le tir des chasseurs ?

Les choucas sont grégaires. Ils vivent en groupe ou en colonie et, au sol, se joignent ou sont rejoints par d’autres oiseaux. Des groupes de corvidés sont ainsi formés réunissant choucas et d’autres espèces de même famille, classées quant à elles ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ou ex-catégorie des ‘’nuisibles’’). Or la présence des premiers gêne la destruction des seconds : distinguer un jeune choucas d’un jeune corbeau ou d’une jeune corneille ne va pas de soi et tirer une espèce protégée peut coûter cher (jusqu’à 15 000€ d’amende). Évidemment si le choucas changeait de statut pour devenir lui aussi un ‘’nuisible’’, l’affaire serait plus simple : il suffirait aux chasseurs de tirer dans le tas.

Cette parenthèse faite, on le voit, l’attribution des dommages au seul Choucas des Tours apparaît clairement abusive. Pourtant les dérogations à l’interdiction de destruction d’espèces protégées prises par arrêté préfectoral et visant ce petit corvidé sont en grande partie déterminées par de telles déclarations. 

En quelques années, les préfets de quatre départements de l’ouest de la France ont autorisé la destruction de 63 000 Choucas des Tours (cf encadré). 


Un phénomène d’amplification du problème par récupération des chiffres nationaux et leur transposition à l’échelle départementale 

C’est énorme quand on sait la population, pour la France entière et non dans le seul département du Finistère !, estimée entre 150 000 et 600 000 couples nicheurs. La transposition erronée à un département de ce chiffre de 600 000 (le haut de la fourchette de l’estimation nationale la plus haute – une seconde estimation existe, plus restreinte mais passons) venant gonfler exagérément l’importance de la problématique ‘’choucas’’ dans le Finistère n’est pas une première : le maire de Poullaouen (commune du nord-Finistère) élu de la chambre d’agriculture avait déjà affirmé à la presse régionale que selon ses propres estimations « les Choucas seraient plus de 600 000 dans le département ». Pour Crow-Life une telle amplification contribue à une perception déformée de la réalité de la problématique du Choucas, y compris par les agriculteurs, sur le terrain. 


Des projections démenties par une forte mortalité néonatale 

Par ailleurs quand on considère la mortalité néo-natale particulièrement élevée au sein de l’espèce, comment prétendre que 50 000 couples x 4 œufs/nid donneront 200 000 jeunes ? Ce calcul évacue ou méconnaît la mortalité néonatale du Choucas, un fait scientifique bien établi et consensuel. Elle vient encore d’être démontrée par une équipe de chercheurs dirigée par une scientifique du prestigieux Institut Max Planck dans le cadre d’une étude de suivi menée auprès d’une colonie de choucas sauvages en Allemagne : si le taux d’éclosion y est satisfaisant, le succès d’envol du nid des jeunes est de seulement 21% (Gill L.F et al, 2020). 

L’argument de la ‘’prolifération’’ n’est pas sérieux. Ni soutenable au regard de comptages qui, localement, sont réalisés par secteurs et par des bénévoles recrutés en partie parmi les chasseurs et les agriculteurs volontaires sommairement formés au comptage (30mn de formation au comptage dans le 49, mode d’emploi fourni dans le 22). Les résultats de ces comptages ne valent pas estimation de la population de choucas dans un département.

Certes des disparités géographiques de répartition des populations existent et les choucas, de vivre en bande et de communiquer bruyamment, se font facilement remarquer dès qu’ils s’établissent dans un secteur. Qu’ils exercent une certaine pression sur un secteur donné ne signifie pas qu’il y ait ‘’prolifération’’ en revanche, au rythme de leur destruction, on peut se demander combien de temps les populations présentes localement parviendront à se maintenir dans un état de conservation favorable.


Pas de prédateurs ? 

De plus, il est faux de prétendre que le Choucas n’a aucun prédateur. Les mustélidés (fouine, martre, etc) comptent parmi ses prédateurs naturels ainsi que d’autres espèces d’oiseaux. Si les mustélidés sauvages sont de moins en moins nombreux, reste le chat domestique : il fait des ravages au sein des colonies de Choucas lesquelles s’installent volontiers à proximité de l’homme (cheminées, vieux bâtiments, etc.) gagnant ainsi quelques degrés l’hiver. (Je rajoute qu'il faudrait connaître les raisons de la diminution considérable de la population de mustélidés...C'est évidemment la même raison pour expliquer la quasi dispariton en Bretagne de l'autour des palombes qui est connu comme le plus gros prédateur des choucas. Explication : produits chimiques qui empoisonnent sans les tuer les rongeurs mais qui, accumulés dans le corps des prédateurs, finit par les tuer : rapaces, mustélidés. )


Le choucas, un auxiliaire précieux de l’agriculture

Enfin, si les agriculteurs considéraient le verre à moitié plein plutôt que de le voir toujours à moitié vide ? Les Choucas rendent des services considérables à l’agriculture. Les auteurs d’une étude portant sur une colonie de choucas sauvages comptant plus de 200 nids et installée en zone agricole concluent que, d’un point de vue économique, la présence des Choucas en période de reproduction est avantageuse pour l’agriculture parce qu’ils réduisent significativement la quantité d’insectes ravageurs des cultures (œufs, larves, adultes : 1,5 tonnes) tandis qu’ils prélèvent une quantité insignifiante de grains sur la totalité des récoltes » (Kaminski et al, 2015). Les pesticides est-ce mieux ? Est-ce gratuit ? Non. 

Quelques rares études permettent également de se faire une idée de l’évolution du régime alimentaire des Choucas au cours de l’année en zone agricole dont celle de Holyoak (1968) décrivant le contenu des gésiers de choucas autopsiés post-mortem : en mars-avril, la moitié d’entre eux (49%) n’avait ingéré ni semis, ni grains issus de l’agriculture et, en mai-juin, 56% étaient dans le même cas. 

Paradoxalement, c’est la période où l’espèce est la plus persécutée : les dates des 28 arrêtés préfectoraux analysés par Crow-Life attestent d’une prise d’effets ciblant le printemps et l’été, soit 1°) la période de reproduction et 2°) la période de dépendance des jeunes, après l’envol du nid (cf graphique de l’encadré). 


Attention en région d’élevage et d’épandage…

Les Choucas sont des auxiliaires précieux de l’agriculture mais à force de construire et de propager une image sociale négative d’eux et à force de les détruire…. À la prochaine attaque de simulies (mouches noires hématophages capables de provoquer la mort de bovins), l’absence de ce petit corvidé largement insectivore pourrait s’avérer dommageable. Est-ce le fruit du hasard si le Choucas affectionne davantage les régions d’élevage que celles de production céréalière ? Les deux premières régions françaises d’élevage que sont la Bretagne et les Pays-de-Loire seraient sans doute mieux inspirées de reconsidérer la question du Choucas à la lumière de ce type de considérations.

Choucas des Tours mangeant un insecte

1 https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimperle-29300/pays-de-quimperle-les-choucas-me-coutent-entre-800-et-1-000-eu-par-mois-6860888

2 https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/les-agriculteurs-craignent-que-des-choucas-ravagent-leurs-cultures-1253893.html

3 https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/choucas-tours-destructeur-recoltes-oiseau-est-pourtant-protege-1839144.html

4 – https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/cultures-saccagees-le-cas-epineux-des-choucas-5204128

 

L'esprit de la permaculture

Par Le 23/05/2021

Le portrait de la semaine : Johnny Simon, la passion du jardin et le coeur en permaculture

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/somme/amiens/le-portrait-de-la-semaine-johnny-simon-le-coeur-en-permaculture-2071057.html

C'est sans le savoir que Johnny Simon pratiquait la permaculture. Depuis qu'il a mis un mot dessus, il en a fait un art de vivre. Tentant de créer l'harmonie entre l'homme et la nature dans son jardin de Saleux dans la Somme et partout où sa passion le pousse.

Publié le 22/05/2021 à 07h30 • Mis à jour le 23/05/2021 à 08h32

Johnny Simon au cœur du jardin forêt du jardin de la Selle.

Johnny Simon au cœur du jardin forêt du jardin de la Selle. • © Mathieu Maillet

Somme Amiens

La première fois que j'ai rencontré Johnny Simon, je me suis rappelé mon professeur d’EPS de collège. Celui qui au siècle dernier apprenait aux pré-ados que nous étions à faire des plaquages de rugby les jours d’intempéries, le sol détrempé étant censé amortir nos chutes. J'avais alors du mal à imaginer chez cet homme d'autres passions que celle de nous faire souffrir. 

Car Johnny Simon est prof d'EPS. Je ne sais pas s'il fait souffrir ses élèves, mais s'il n’est pas au collège ou autour d'un stade, vous aurez de grandes chances de le trouver dans son jardin à Saleux, dans la Somme près d'Amiens.

Car sa passion à lui, c'est la permaculture. C’est dans les 5650 m² du terrain qu'il occupe depuis 2013 qu'il m'a entraîné, me décrivant les multiples espèces végétales qui l'occupent. Chez Johnny Simon, pas de motoculteur pour retourner la terre, pas de ligne de légumes ou de haies constituées d'une seule espèce de plante. Mais des mares, des buttes de cultures recouvertes de couverts végétaux, de paille, de tontes de pelouse d'où sortent différentes pousses potagères, fleurs, plantes. Une piscine naturelle, un jardin forêt, une zone de re-naturalisation, un poulailler... 

 La permaculture, c'est le partage.

Johnny Simon, permacultivateur amateur

Des espaces conçus, d'après Johnny, comme les différentes pièces d'une maison. Chacune avec son propre rôle mais dont le but premier est de créer un équilibre entre la faune, la flore et les hommes qui occupent cet environnement. 

Prendre soin de la terre

Quand Johnny a commencé son ouvrage, il ne savait pas que ce qu'il faisait avait un nom. Alors lorsqu'un de ses anciens élèves l’incite à assister à une conférence organisée par le Centre permanent d'initiative pour l'environnement de la Somme sur la permaculture, il a compris que c'était ça qu'il faisait. Et sur la permaculture, il est intarissable. 

"Les principes de la permaculture : prendre soin de soi, prendre soin de la terre, partager équitablement les richesses, m'explique-t-il. La permaculture, c’est le partage. Dans la nature, on ne verra jamais un oiseau prendre quatre cerises, en manger une et revendre les trois autres à ses congénères."  

Cette notion de partage reviendra souvent dans la bouche de Johnny. Et ce ne sont pas que des paroles.  

Je fais en sorte que mon jardin soit le plus autonome possible. La permaculture permet de créer un cycle qui s'auto-alimente.

Johnny Simon, permacultivateur amateur

Alors qu'il me montre ses serres faites de matériaux de récupération, deux personnes entrent dans le jardin. Guillaume et sa fille Maeline apportent un pot de tanaisie, une plante qui a pour vertu de repousser les insectes, et des enveloppes contenant des graines.  

Guillaume et Maeline apporte un pot de tanaisie et des graines à Johnny

Guillaume et Maeline apporte un pot de tanaisie et des graines à Johnny • © Mathieu Maillet

"J’ai dépanné Guillaume qui s'est fait voler des outils", raconte Johnny. Comme lui, Guillaume a un jardin et l'entraide est précieuse entre ces amoureux de la nature. Un peu plus tard, nous sommes dans sa maison, un appel de son voisin : "je te mets du bois par-dessus la clôture". Par la baie vitrée, j'aperçois l'homme charrier des bûches chez Johnny. "Je récupère aussi les tontes de gazon ou les tailles de haies des voisins, ça fait des couvre-sols naturels". 

Un équilibre entre les plantes et les animaux

"Je fais en sorte que mon jardin soit le plus autonome possible. La permaculture permet de créer un cycle qui s'auto-alimente : l'arbre dans le jardin perd ses feuilles, ses branches, ses fruits, il va nourrir la terre, l'homme, les écureuils, les oiseaux. Les oiseaux boivent dans la marre, ils font des déjections qui nourrissent arbres et potager et se nourrissent des insectes qui peuvent être ravageurs dans le potager." Tout s'équilibre.  

Et c'est ainsi que le jardin est devenu refuge Ligue de protection des oiseaux il y a quatre ans et que Johnny accueille des hérissons via le sanctuaire des hérissons. Les animaux sauvages sont chez eux dans le jardin de Johnny : "sur le peuplier il y a un coucou gris, et vous pouvez avoir les étourneaux qui vont venir par bande. Dans le noyer, il y a un épervier qui va faire le tri au moment des cerises entre les pies et les grives et qui va leur expliquer qui a le droit de vivre ou mourir sur le terrain. Les tourterelles, les pinsons, les rouges-gorges, les mésanges et jusqu'aux troglodytes mignons vont voler autour des tas de bois installés pour eux. On commence à avoir des rapaces et on a des chauves-souris, les pipistrelles qu'on voit voler l’été à 22h." 

Transmettre sa passion et ses pratiques

Son engagement, Johnny le pousse au-delà des limites de son jardin. Il initie les élèves du collège Gérard Philipe de Froissy à sa passion. "La première année, on a fait des lasagnes dans un aquarium en y mettant du carton, des feuilles... et trois mois après il y avait de la terre. On a créé un jardin forêt de 600 m² avec l'objectif de nourrir la cantine dans quelques années."  

L'entrée du jardin forêt au mois d'avril

L'entrée du jardin forêt au mois d'avril • © Mathieu Maillet

Il est également intervenu dans le lycée de Grandvilliers pour la mise en place d'un jardin permacole. Il aide des associations comme Les robins des bennes qui luttent contre le gaspillage pour redistribuer des plantes destinées à finir à la benne, en déchetterie, en jardinerie, dans les cimetières, ou chez les particuliers. 

Il milite pour un projet de ceintures alimentaires autour d'Amiens. Attirer des maraîchers et créer une forêt publique pour mettre à disposition gratuitement des fruits et légumes. Apprendre aux gens comment s'approprier les jardins est l'un de ses grands rêves. 

"Quand j'étais jeune, je n'aimais pas ça"

Petit, Johnny n'aimait pas aller au potager de son père."Quand j'étais jeune, ça ne m'intéressait pas. Mon papa fonctionnait en conventionnel. À 14-15 ans quand j'allais au jardin, c'était pour bêcher et désherber et je n'aimais pas. En retirant ça, j'ai enlevé ce qui m'irritait le plus au jardin." 

Aujourd'hui, il est assez rare de le croiser sans son fils de 6 ans. Avec lui, il partage le rythme des saisons, le plaisir de voir les plantes pousser, les oiseaux nicher. Un jeune garçon malicieux qui aime mettre en boite son père : "Mon fils m'a dit : plus tard, tu seras vieux et je te mettrai dans un fauteuil et tu feras décoration dans le jardin. Un autre jour, il a dit à des visiteurs : "mon père ne fait rien, heureusement que je suis là, c’est moi qui fais tout !""

"Il prend des graines qu'il mélange dans un saladier, il les jette et ça pousse. Et vous, vous essayez et ça ne marche pas et vous vous dites : pourquoi lui ça marche et pas moi ?", s'amuse ce papa qui ne cache pas sa fierté. 

Johnny n'a pas encore découvert tous les secrets de la nature mais ce qu'il sait déjà, il le partage sans modération dans son jardin qu'il ouvre au public très régulièrement. Parce que la permaculture selon Johnny Simon, c'est avant tout le partage.

Les oiseaux et l'agrochimie

Par Le 22/05/2021

L'article date de 2018. Je le poste ici parce que ça me permettra de voir ce qu'il en sera dans dix ans. Ce blog me sert aussi d'archives.

Le CNRS et le Muséum démontrent une corrélation entre disparition des oiseaux et agriculture intensive

 

https://www.actu-environnement.com/ae/news/disparition-oiseaux-etudes-CNRS-Museum-catastrope-ecologique-30881.php4

 

Deux nouvelles études scientifiques révèlent une diminution d'un tiers des populations d'oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990. Cette diminution apparaît directement corrélée aux pratiques agricoles intensives.

Biodiversité  |  20 mars 2018  |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

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Le CNRS et le Muséum démontrent une corrélation entre disparition des oiseaux et agriculture intensive

Les chiffres révélés en ce premier jour du printemps par le Muséum d'histoire naturelle et le CNRS ont de quoi faire frémir. "Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d'un tiers en quinze ans", révèlent les organismes de recherche à travers deux études.

La première a été menée à l'échelle nationale grâce à un programme de sciences participatives porté par le Muséum. Elle met en évidence les pertes les plus importantes parmi les espèces spécialistes des milieux agricoles comme l'alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan. Loin d'être enrayé, le déclin s'est même accéléré ces deux dernières années.

La deuxième étude a été menée à une échelle locale par le CNRS dans une zone atelier située dans les Deux-Sèvres. "En 23 ans, toutes les espèces d'oiseaux de plaine ont vu leurs populations fondre : l'alouette perd plus d'un individu sur trois (-35%) ; avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées", révèle le CNRS.

Effondrement des populations d'insectes

Ces deux études mettent clairement en évidence la corrélation entre ces baisses de population d'oiseaux et les pratiques agricoles intensives, même si elles ne démontrent pas scientifiquement le lien de causalité. En effet, alors que des espèces généralistes adaptables comme le pigeon ramier, le merle noir, la mésange charbonnière ou le pinson des arbres ne déclinent pas à l'échelle nationale, leur population diminue aussi lorsqu'elles fréquentent les milieux agricoles, explique Benoît Fontaine, co-responsable du programme de sciences participatives au Muséum.

Les deux organismes de recherche mettent en avant plusieurs facteurs liés à l'intensification des pratiques agricoles, plus particulièrement depuis 2008-2008 : fin des jachères imposées par la politique agricole commune, flambée des cours du blé, sur-amendement au nitrate, généralisation des insecticides néonicotinoïdes.

Si les causes semblent multifactorielles, le rôle des pesticides semble prépondérant. Une étude scientifique, révélée en février dernier par l'Office de la chasse et de la faune sauvage, a démontré l'intoxication directe des oiseaux via la consommation de graines traitées par les néonicotinoïdes. Mais la menace est aussi indirecte avec l'effondrement des populations d'insectes comme l'a montré en octobre dernier l'étude allemande révélant que plus de 75% des insectes avaient disparu outre-Rhin depuis 1989.

Printemps silencieux dans les plaines céréalières

"Les scientifiques savent que la biodiversité s'effondre, mais nous avons été frappés par l'accélération du phénomène", explique Benoît Fontaine. Or, les oiseaux sont en bout de chaîne et traduisent ce qui se passe dans les différentes composantes de la biodiversité, ajoute le chercheur. "On atteint un niveau proche de la catastrophe écologique", alertent les deux organismes de recherche qui annoncent dès cette année un "printemps silencieux" dans de nombreuses régions de plaines céréalières, en référence à l'ouvrage de la biologiste américaine Rachel Carson paru en 1962.

"Si cette situation n'est pas encore irréversible, il devient urgent de travailler avec tous les acteurs du monde agricole pour accélérer les changements de pratiques ; et d'abord avec les agriculteurs qui possèdent aujourd'hui les clés pour infléchir la tendance", alertent les organismes de recherche à l'attention des politiques. Et ce, d'autant plus, que les agriculteurs seront les premières victimes de la disparition des pollinisateurs et de la micro-faune présente dans les sols. Or, pour l'instant, les changements de pratiques agricoles restent anecdotiques, estime M. Fontaine.

 

Ce deuxième article date de ce mois.

 

Néonicotinoïdes : la LPO réclame la réparation du préjudice écologique aux agrochimistes

 

Biodiversité  |  21 mai 2021  |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

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Néonicotinoïdes : la LPO réclame la réparation du préjudice écologique aux agrochimistes

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a assigné en justice, ce vendredi 21 mai, les principaux producteurs et importateurs d'imidaclopride, la substance néonicotinoïde la plus commercialisée en France, annonce l'association dans un communiqué.

Soutenue par le collectif Intérêt à agir, elle demande au tribunal judiciaire de Lyon la réparation du préjudice écologique causé par cette substance persistante, systémique et neurotoxique, ainsi qu'une expertise en vue de déterminer l'étendue des dommages et les mesures de réparation à mettre à la charge de ses producteurs (Bayer et Nufarm) et importateurs (Fertichem, Gritche, Agri Canigou, Saga). L'association demande également l'arrêt immédiat de la commercialisation des produits contenant cette substance. Cette demande fait suite à l'adoption de la loi du 14 décembre 2020 qui a réautorisé ces produits de manière dérogatoire dans les cultures de betteraves.

« Les néonicotinoïdes symbolisent un modèle agricole productiviste qui a conduit nos paysans dans une impasse économique et fait disparaître les oiseaux de nos campagnes. La dernière victime en date est la Pie-grièche à poitrine rose, qui ne s'est plus reproduite en France cette année. Les responsables de ce désastre doivent rendre des comptes », tonne Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO.

L'association s'appuie sur plusieurs études scientifiques qui montrent un effondrement des populations d'insectes à partir des années 1990 concomitant avec celui de différentes espèces d'oiseaux insectivores fréquentant les milieux agricoles comme le Bruant jaune, le Pipit farlouse ou le Tarier des prés. « Aujourd'hui, c'est au minimum 25 % de ces populations qui ont disparu », estime la LPO. Pour l'association, ces études établissent le lien de causalité entre ces dommages environnementaux et les néonicotinoïdes dans la mesure où ces produits ont été introduits à la même époque et qu'une corrélation spatiale peut également être établie entre leur commercialisation massive et le déclin des oiseaux en zones rurales. Reste maintenant à voir si le tribunal de Lyon reconnaît ce lien de causalité.

Les rats taupiers et les prédateurs

Par Le 22/05/2021

Des subventions pour pallier aux frais occasionnés par les divers rongeurs. 

C'est une vision court-termiste. Comme d'habitude.

La biodiversité a une raison d'être et si l'humain passe outre, il en paye inévitablement les frais.

 

Les rats taupiers font déjà de gros dégâts dans les prairies du Mézenc

 

https://www.leveil.fr/saint-front-43550/actualites/les-rats-taupiers-font-deja-de-gros-degats-dans-les-prairies-du-mezenc_

Publié le 21/02/2020 à 17h12

Les rats taupiers font déjà de gros dégâts dans les prairies du Mézenc

Christian Munier donne des formations aux agriculteurs pour lutter contre cette espèce de rongeur. Photo Vincent Jolfre © Vincent JOLFRE     

 

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Le rat taupier dévore les prairies du Mézenc et va obliger certains agriculteurs à sursemer pour s’assurer du fourrage. Ces derniers ont fait part de leur inquiétude au préfet, mercredi après-midi.

L’ennemi juré des agriculteurs du plateau du Mézenc est de retour. Ou plutôt, il n’a jamais quitté le sous-sol des prairies depuis cet été. Et cela en raison de la douceur des températures ces dernières semaines. Le rat taupier ou campagnol terrestre - appelez-le comme vous le voudrez - ravage tellement de parcelles à Saint-Front et ses alentours que les exploitants risquent de ne pas avoir de récolte de fourrage cet été.

Les rats taupiers font déjà de gros dégâts dans les prairies du Mézenc. Photo Vincent Jolfre

Cette problématique a été au cœur des discussions entre chambre d’agriculture, agriculteurs du plateau et le préfet, Nicolas de Maistre, mercredi après-midi. Car ces petits rongeurs qui cavalent dans les sous-terrains du Mézenc en se nourrissant des racines sont une des sources d’épuisement des paysans. Ces derniers prévoient d’ailleurs de sur-semer de l’avoine et du ray-grass sur leurs parcelles dès avril pour s’assurer d’un minimum de fourrage cet été. Des plants vivaces pour avoir un minimum de récolte durant l’été.

Le préfet Nicolas de Maistre (deuxième en partant de la gauche) a écouté les agriculteurs pendant près d’une heure et demie. 

« Cela ne va pas détruire nos prairies car c’est du sur-semis. Après la récolte elles vont se régénérer ».

L’ASSEMBLÉE

En plus du coût des semences, les agriculteurs vont devoir faire appel à des entreprises pour sur-semer. Car ils n’ont pas le matériel. Pour combler en partie les 150 € à 200 € par hectare qui vont s’appliquer, les exploitants soutenus par la chambre d’agriculture ont demandé une subvention au Département à hauteur de 50 % pour chaque agriculteur (soit une demande totale d’environ 30.000 à 40.000 € selon la chambre d’agriculture).
La situation nourrit le ras-le-bol des exploitants. À l’image de Grégory Devidal, agriculteur bio à Chaudeyrolles.

Cela fait trois ans que je dois acheter 20.000 € de bouffe ! Économiquement, on se demande si on ne va pas repasser en conventionné. 

Franck Chazallon, agriculteur de Saint-Front, que nous avions rencontré cet été, a lancé un « cri d’alarme » au préfet, après des mois à chasser le rat taupier. Photo d’archives Vincent Jolfre
 

Revenir à cette agriculture lui permettrait notamment de faire appel à des personnes formées à la lutte chimique contre le rat taupier. Une des solutions à court terme pour venir à bout du campagnol terrestre. Solution qui toucherait de facto les autres espèces vivant sur le plateau du Mézenc.
Si le court terme préoccupe les agriculteurs, la rencontre avec le préfet mercredi a aussi permis d’aborder les solutions dans le temps. Tous les acteurs se sont montrés unanimes :

Il faut lutter collectivement.

Comment ? Avec l’installation de haies pour favoriser la vie des rapaces - notamment du milan royal mangeur de rats taupiers -, ou encore l’enrochement pour attirer les hermines, elles aussi mangeuses du rongeur. Des solutions durables aux conséquences sur le long terme pas toujours du goût des agriculteurs.

« Oui, nous allons vous aider, mais nous voulons une vision sur le long terme. Pour que je puisse porter votre message, la biodiversité doit être au cœur des réflexions ».

NICOLAS DE MAISTRE (Préfet de Haute-Loire)

Le président de la chambre d’agriculture, Yannick Fialip, a, lui, proposé à chaque agriculteur de débourser « 10 à 20 € chaque année par hectare » en terme de prévention. Et notamment pour limiter les proliférations de taupes, autre ennemi des agriculteurs. « La taupe prépare des autoroutes souterraines pour les rats taupiers », note Christian Munier, agriculteur à la retraite et vice-président de la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles en Haute-Loire (FDGDON43).
La lutte contre les taupes et les rats taupiers semble être trop tardive pour cette année. Reste aux agriculteurs du plateau à espérer que leurs sur-semis seront épargnés.

« Sursemer est indispensable »

Le porte-parole de la Confédération paysanne de Haute-Loire, David Chamard, va dans le sens du sursemage envisagé par les agriculteurs du plateau du Mézenc et demande une aide supplémentaire des pouvoirs publics.

Quel est votre regard sur la possibilité de sursemer dans les prairies touchées par les rats taupiers ?


C’est indispensable. Aujourd’hui, il faut réimplanter les prairies pulullées. La part de parcelles touchées est énorme. Cela va avoir un coût important pour les éleveurs.
Nous aimerions davantage d’aide des pouvoirs publics. Une subvention à hauteur de 50 % du Département cela serait déjà bien, mais pourquoi pas 100 %, si l’on actionne d’autres leviers ? Cela serait un message fort des pouvoirs publics s’ils venaient à aider intégralement les agriculteurs de cette zone.


La lutte contre ces rongeurs est au cœur des discussions, quelles sont les solutions selon vous ?

Sur le long terme, il faut maintenir la biodiversité. Sur le plateau, il faut conserver des renards, en arrêtant de les tirer, des hermines et des rapaces. L’entretien des haies est aussi primordial. On a vu par le passé que la solution de la chimie n’a pas eu le résultat escompté sur le long terme. Il faut trouver un équilibre dans le système. »

En chiffres

400

C’est, environ, le nombre d’hectares de prairies touchés par la prolifération des rats taupiers sur le plateau du Mézenc.

1.000

C’est le nombre maximum de campagnols terrestres qui peuvent vivre dans un hectare.

 

Renard et tiques

Par Le 22/05/2021

Ici, j'enlève des tiques tous les jours sur nos deux chats et j'en ai déjà chopé un qui trottait sur ma main en revenant du potager.
Autour de nous, on a déjà rencontré trois personnes atteintes par la maladie de Lyme.

Encore une fois, un animal n'obtient pas le droit de vivre parce qu'il est utile à l'homme mais quand on voit la gravité de cette maladie chez l'humain et la multiplication exponentielle des cas, il y a quand même un sérieux problème. 

https://lareleveetlapeste.fr/les-renards-sont-indispensables-pour-lutter-contre-la-propagation-de-la-maladie-de-lyme/

Les renards sont indispensables pour lutter contre la propagation de la maladie de Lyme

 

« Rien n’est utile ou nuisible, tout est nécessaire » Jean-François Noblet, zoologiste.

13 mai 2021 - La Relève et La Peste

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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
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L’augmentation de la maladie de Lyme corrobore avec la diminution du nombre de renards roux. Et pour cause, ce mal-aimé de nos campagnes, encore trop souvent considéré comme un nuisible, est pourchassé sans répit. En France, les chasseurs tuent ainsi entre 600 000 et un million de renards chaque année. Alors que les cas de Lyme continuent d’augmenter, et que les agriculteurs déplorent les ravages des rongeurs sur leurs récoltes, il est grand temps d’accorder au goupil tout le respect qu’il mérite pour son rôle inestimable dans la régulation des écosystèmes. Un article de Liza Tourman.

Qu’est-ce que la maladie de Lyme ?

La maladie de Lyme, aussi connue sous le nom de « Borréliose de Lyme », est une zoonose dégénérative qui peut être traitée si elle est diagnostiquée à temps. Malheureusement, encore peu reconnue en France, elle se transforme souvent en maladie chronique. Elle est transmise via une tique infectée par une bactérie du complexe Borrelia burgdoferi.

Nécessitant un taux élevé d’humidité pour vivre, on la retrouve essentiellement dans les forêts, les lisières, les taillis et les bois. Utilisant comme hôtes des animaux vertébrés sauvages tels que les rongeurs ou domestiques, elle se transmet à l’homme lors de ses « repas de sang ».

Cela dit, ce n’est pas parce que nous sommes mordus par une tique infectée que l’on attrape obligatoirement la maladie. En effet, cela dépend de la stase de développement (larve, nymphe, adulte).

Moins de 1 % de la population touchée transmet la bactérie à sa descendance, et par voie de conséquence, ces dernières ne sont généralement pas infectantes le temps de la morsure. De plus, 17h à 24h de fixation sur une personne sont requises pour que celle-ci contracte la maladie.

Et même si une tique a terminé son repas, il n’y a que 14 % de risques d’infection. Malgré tout, la borréliose est une maladie grave dont les symptômes varient entre la paralysie musculaire et articulaire, des migraines violentes, des poussées de fièvre, des troubles de l’équilibre, cardiaque, de la vision et neurologiques voire, cas ultime, la mort. Le pic d’activité des tiques s’étend généralement d’avril à juin. Elles redeviennent peu actives à l’automne.

On dénombre aujourd’hui 60 000 nouveaux cas par an en France. Pour se faire une idée, on en comptait 26 000 entre 2009 et 2014, 33 200 en 2015, 54 600 en 2016 avant d’atteindre 205 000 en 2018. Au vu de ces nombres impressionnants, on peut légitimement se poser la question des causes de la progression alarmante de cette maladie.

Crédit : Erik Karits

Le rôle du renard roux

Concernant les facteurs naturels connus à l’origine du développement de Lyme, deux font l’unanimité, dont un plus particulièrement. Premièrement, il y a le réchauffement climatique qui favorise la prolifération des tiques.

Ensuite, vient un argument sur lequel une grande majorité des chercheurs semble d’accord : le manque de renards et / ou de chats selon les territoires (pour endiguer les rongeurs qui ramènent les acariens en zone urbaine).

En 2012, une étude américaine a démontré qu’au cours des trois dernières années, l’augmentation de la maladie de Lyme corroborait avec la diminution du nombre de renards roux.

Venant étayer cette dernière, une étude néerlandaise plus récente (2017), répartie sur 19 territoires forestiers des Pays-Bas, constate que le nombre de larves de tiques sur deux espèces de rongeurs (le campagnol roussâtre et le mulot sylvestre, réputés pour être des nids à Borrelia) diminue quand l’activité prédatrice du renard roux et de la fouine augmente.

Dans cette dernière, parue dans la revue néerlandaise Mens & Vogel, Tim Hofmeseeter, écologue, a présenté un rapport mené sur deux ans établissant le lien entre la présence du renard et celle de tiques d’une part et la survenance des bactéries du complexe Borrelia burgdoferi d’autre part.

Comment s’y est-il pris ? Elargissant sa recherche à une vingtaine de bois d’un hectare sur toute la Hollande, il conçoit deux formes de pièges pour établir ses statistiques. Le premier est un piège capable de détecter, filmer ou photographier tout mouvement repéré par la chaleur émise par un mammifère de taille moyenne ou grande.

Le deuxième, lui, est un piège non létal pour les plus petits mammifères comme les rongeurs (permettant ainsi de les marquer pour ne pas les compter plusieurs fois avant de les relâcher). Cette capture lui permet de déceler le nombre de tiques présentes sur ces animaux et de les envoyer pour analyse afin de savoir si elles sont infectées ou non.

5 faits majeurs sont ressortis de ce travail : le renard lui-même ne joue pas un rôle prédominant pour infecter les tiques. C’est la densité des petits rongeurs hébergeant les foyers des tiques, contaminées ou non, qui en serait la cause.

La prédation du renard, quant à elle, permet la limitation de la contamination en régulant le nombre de rongeurs ; les prélèvements faits sur le terrain concluent qu’il y a moins de tiques dans l’environnement lorsqu’il y a plus de renards.

De plus, là où ce dernier a été le plus photographié, il y a 4 fois moins de tiques présentes sur les rongeurs et également moins de nymphes dans la végétation. Ainsi, ces études nous amènent à penser qu’il y a bien un lien entre la diminution du nombre de renards roux et l’augmentation de la maladie de Lyme ces dernières années.

Pourtant, fort est de constater que depuis plusieurs millénaires, le renard est considéré comme un nuisible. Pourquoi ?

Renard chassant dans la neige – Crédit : Birger Strahl

De la mémoire collective à l’obstination des chasseurs

Depuis le Moyen-Age, à l’instar du corbeau considéré comme une malédiction, le renard est défini à travers les contes, les fables comme celles de Jean De La Fontaine, inspirées d’Ésope ou les récits d’aventures où il apparaît sous le nom de Goupil, comme un animal rusé et roublard.

Pour cause, la couleur rousse de son pelage est associée au diable et au mal. Ainsi, chassé pour sa fourrure, il a peu à peu été aussi traqué pour être un vecteur de maladies transmissibles à l’homme. Notamment avec la rage qui s’est éteinte en France en 2001.

Alors qu’un grand nombre criait à l’abattage de l’animal, le centre d’étude sur la rage préconisait une vaccination pour que les territoires des renards demeurent inchangés. De plus, des études ont prouvé que les renards vaccinés contre la rage empêchaient leurs congénères contaminés de l’ouest de l’Europe de venir.

En effet, les renards en bonne santé étaient en mesure de défendre leur territoire. Quand la rage a disparu, cet intelligent canidé du genre vulpes a alors été accusé de contaminer l’humain avec l’échinococcose alvéolaire. Pourtant, seulement 15 % de nouveaux cas par an sont détectés en France.

Cet argument est le cheval de bataille des chasseurs qui ne voient aucun mal à exterminer cette espèce qui d’une part nous protège d’une catastrophe sanitaire et d’autre part préserve des écosystèmes fragiles, toujours plus détruits par l’homme.

En décembre 2020, le juge des référés avait ainsi donné raison à l’ASPAS, association pour la protection de la vie sauvage, en suspendant l’arrêté qui autorisait la « destruction » de renards dans plusieurs communes des Ardennes et justifiant sa décision par l’inutilité de tuer des renards pour éviter la prolifération de l’échinococcose alvéolaire.

Crédit : Alexander Andrews

Pour un statut et une reconnaissance du renard

Le renard roux est un animal très adaptable. On le retrouve aussi bien sur des territoires proches de la mer que dans ceux situés plus en altitude. Il ne fait plus guère de doute que les prédateurs sont des êtres vivants essentiels à la préservation de l’écosystème. En effet, il y a beaucoup moins de risques d’avoir de maladies ou de parasites en leur présence.

Sur un autre registre, Alain Baraton, chroniqueur sur FranceInter, nous raconte qu’à Versailles une étude a mis en avant que la prédation des renards sur les lapins permettait aux jeunes arbres de ne pas être endommagés.

Il est estimé qu’en une année, un renard mange environ 6000 petits rongeurs. On peut donc facilement en déduire son efficacité quant à la préservation de terrains agricoles. Pourtant, les chasseurs tuent en France entre 600 000 et un million de renards chaque année.

Maman renarde ramenant des proies à ses bébés – Crédit : Martin Arusalu

Pendant le confinement où la chasse a été suspendue, il a été autorisé de tuer certaines espèces « occasionnant des dégâts » aux activités agricoles et sylvestres. Parmi elles, figure le renard.  Étrange, lorsque l’on sait qu’en 2019 dans la Haute Loire, puis en 2020 dans le Cantal, les agriculteurs se sont plaints des ravages des campagnols dus au manque de renard. Où est la logique ?

Aussi, au lieu de lutter en permanence contre le vivant et les moyens de s’autoréguler, plutôt que d’utiliser des pesticides mortifères contre les rongeurs, dévastant nos sols et nos écosystèmes, pourquoi ne pas allier nos forces autour de ce qui est, afin de préserver la vie, notre santé, notre terre ?

En ces temps de pandémie où les zoonoses font plus polémique que jamais, ne serait-il pas judicieux de mettre nos forces en commun afin de lutter contre les futures catastrophes sanitaires ? Ne faudrait-il pas se battre pour octroyer un statut et une protection aux renards qui nous protègent de la maladie de Lyme et préservent notre environnement naturel ? Et en parallèle, sévir contre ceux qui le chassent impunément, pour le plaisir ou encore à cause de fables sorties tout droit de notre imaginaire collectif mémoriel ?

Pour défendre le renard, l’ASPAS a mis en place une pétition visant à protéger ce mal-aimé, pourtant essentiel au bon fonctionnement de nos écosystèmes.

 

Le renard

Par Le 21/05/2021

Jour après jour, on avance sur notre terrain-potager.

On s'est rendu compte que les rats taupiers s'y plaisent beaucoup également...

On sait très bien que le plus gros prédateur de ce rongeur, c'est le renard. 

Sans vouloir chercher une utilité humaine à cet animal, comme cela se fait bien trop souvent, il est évident que l'élimination effrénée des renards est une aberration.

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Il faudrait que les chasseurs apprennent diverses choses sur la nature. C'est vraiment urgent...La régulation des espèces est un phénomène naturel. L'intervention de l'homme est inévitablement désastreuse. 

 

Déséquilibres dans les relations trophiques

 

le terme « trophique » se rapporte à tout ce qui est relatif à la nutrition ; on appelle réseau trophique l'ensemble des chaînes alimentaires à l'intérieur d'un écosystème.

Le campagnol est un micro-mammifère herbivore, à la base d'une chaîne alimentaire relativement complexe. Quelles sont les relations prédateur-proie dans cette chaîne ?

Le renard roux chasse, entre autres proies, le campagnol terrestre.

Le renard roux est un prédateur généraliste vis-à-vis du campagnol : il n'est pas « spécialisé » dans cette proie ; il peut très bien chasser d'autres proies et se nourrir même d'insectes si les conditions sont défavorables3 (p. 12). S'il n'y a plus assez de campagnols, il se reporte sur le lièvre. On observe ainsi que plus il y a de campagnols, plus il y a de lièvres (et inversement : les années où les campagnols sont rares, il y a moins de lièvres) 3 (p. 11). On dénombre d'autres prédateurs généralistes vis-à-vis des campagnols : fouinemartremilan royalbuse variablefaucon crécerelle...

La belette est un prédateur spécialiste du campagnol.

Il existe aussi des prédateurs spécialistes pour le campagnol : herminebelettebusard cendré... Leur nombre suit , avec un certain retard, le nombre de campagnols. Mais s'il n'y a pas assez de prédateurs généralistes (par exemple les renards) quand la population de campagnols augmente, les prédateurs spécialistes ne sont pas assez nombreux pour éliminer les campagnols excédentaires ; le nombre de campagnols augmente, jusqu'à épuisement des disponibilités alimentaires (les végétaux) ou à cause du parasitisme ou des maladies ; plus tard dans le cycle, quand le nombre de campagnols retombe au plus bas, les prédateurs spécialistes meurent de faim. Ils ne seront plus là pour réduire les excédents de campagnols quand les conditions (alimentation, prédation, autres) seront réunies pour que le cycle du nombre de campagnols reparte à la hausse.

 

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