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Dôme de chaleur

Par Le 01/07/2021

 

Météo : on vous explique comment un "dôme de chaleur" met l'ouest du Canada et des Etats-Unis en surchauffe

 

Alors que les températures ont flirté avec les 47°C dans de nombreuses villes de ces régions, les prévisions météorologiques alertent sur la probabilité de voir tomber à nouveau de nombreux records de chaleur. 

Article rédigé par

Marie-Adélaïde Scigacz

France Télévisions

Publié le 29/06/2021 07:00Mis à jour le 30/06/2021 11:25

 Temps de lecture : 7 min.

A Portland (Oregon), dans le nord-ouest des Etats-Unis, des jeunes se rafraîchissent dans une fontaine alors que la région connaît une vague de chaleur sans précédent, dimanche 27 juin.  (NATHAN HOWARD / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

A Portland (Oregon), dans le nord-ouest des Etats-Unis, des jeunes se rafraîchissent dans une fontaine alors que la région connaît une vague de chaleur sans précédent, dimanche 27 juin.  (NATHAN HOWARD / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Du jamais-vu. Plus de 40 nouveaux records de température ont été enregistrés dans la province de Colombie-Britannique, dans l'ouest du Canada, samedi 26 et dimanche 27 juin. Lytton y est devenue la ville détentrice du record de chaleur absolu dans le pays depuis la tenue des registres météo : 46,6°C. Plus chaud qu'à Dubaï. Un peu plus au sud, dans le nord-ouest des Etats-Unis, les records tombent en pagaille, poussant les autorités à donner l'alerte : elles craignent de voir les hôpitaux se remplir de victimes de coups de chaud et redoutent le départ de feux de forêts dévastateurs. 

A l'origine de cette fournaise ? Un "dôme de chaleur" au-dessus du nord-ouest américain. Franceinfo vous explique comment ces régions se sont retrouvées dans une cocotte-minute. 

Des records de chaleur pulvérisés 

Ce phénomène météorologique extrême frappe l'Oregon et l'Etat de Washington, dans le nord-ouest des Etats-Unis, et la Colombie-Britannique, située dans le sud-ouest du Canada. En touchant la zone du nord-ouest pacifique, ce dôme a permis de battre le record de chaleur non seulement pour le Canada, mais aussi pour l'ensemble des territoires situés au-delà de 50 degrés de latitude nord. La ville canadienne de Lytton et ses 46,6°C se trouve à 50,2 degrés de latitude. 

"Puisqu'il n'y a pas de précédent dans les relevés climatiques locaux pour les événements que nous connaissons, c'est un peu déconcertant de travailler sans point de comparaison, concède un prévisionniste local dans un compte rendu publié dimanche (lien en anglais). Les records vont tomber de façon impressionnante." PourJeff Berardelli, météorologue et spécialiste du climat pour la chaîne CBS (lien en anglais), "c'est le type d'événement qui n'est censé survenir qu'une fois tous les mille ans". 

Les spécialistes, habitués à tirer la sonnette d'alarme, semblent manquer de mots pour qualifier la situation. "Je crois que j'ai vraiment des difficultés à faire comprendre la sévérité de cette vague de chaleur", a ainsi admis le climatologue américain Zack Labe, sur Twitter, constatant qu'il n'existait pas de nuance de pourpre capable, sur les cartes qu'il utilise, de rendre compte de telles températures. "Je n'en crois pas mes yeux", a tweeté de son côté le météorologue britannique Scott Duncan, évoquant la "vague de chaleur la plus effarante de l'histoire." 

La semaine précédente avait déjà été marquée par la création d'un dôme de chaleur sur l'ouest américain. Cette fois, c'est le sud-ouest des Etats-Unis qui avait vécu dans une fournaise, le thermomètre atteignant 46,6°C à Las Vegas (Nevada). Le 17 juin, la ville de Palm Springs, construite aux portes du désert dans le sud de la Californie, avait égalé son record de chaleur de 50,5°C − la ville affichait encore 49,4°C dix jours plus tard. 

Citée vendredi par National Geographic (article en anglais), la responsable des programmes climatiques des services météorologiques pour l'ouest des Etats-Unis, Andrea Bair, estimait que le dôme de chaleur en formation sur le Nord participait du "même schéma de haute pression que nous avons eu ici : il ne fait que se déplacer vers le nord, le sud, l'ouest ou l'est, se renforçant ou s'affaiblissant". Et d'annoncer déjà que "les modèles prévoient que de nouveaux épisodes de chaleur vont survenir alors que l'on s'approche du 4 juillet".

Une vie quotidienne en surchauffe

"Les écoles de mes enfants sont fermées demain en raison de la chaleur extrême. Ce n'était jamais arrivé de toute ma vie. L'urgence climatique est à nos portes", a tweeté le chercheur canadien Seth Klein, spécialiste des politiques de lutte contre le réchauffement climatique, basé à Vancouver (Canada). Non loin de là, à Pemberton, toujours en Colombie-Britannique, les autorités ont ordonné l'évacuation de quartiers (lien PDF en anglais), de peur que la fonte rapide des glaces en montagne ne provoque le débordement soudain de la rivière. 

Dans la région, les magasins sont en rupture de stock de climatiseurs et de ventilateurs, tandis que les villes ont ouvert des centres de rafraîchissement et que des campagnes de vaccination contre le Covid-19 ont été annulées. La consommation électrique en Colombie-Britannique a atteint des sommets, tandis que les habitants tentent de se rafraîchir. Contrairement aux foyers californiens, peu de familles y disposent de l'air conditionné. Dans les environs de Portland (Oregon), le réseau électrique a craqué, laissant des milliers de personnes sans électricité, dimanche. A Seattle, dans l'Etat de Washington, la chaleur a fait fondre le bitume, forçant les autorités à fermer plusieurs routes.

Mais avec des pointes à 45°C à l'ombre, c'est encore le corps humain qui souffre le plus, dans cette région où les températures de saison tournent traditionnellement autour des 24°C au mois de juin, rapporte The Verge (article en anglais). Ainsi, les dernières épreuves des sélections olympiques américaines d'athlétisme, qui se déroulent à Eugene, dans l'Oregon, ont été suspendues dimanche en raison de la chaleur extrême : difficile de tenir une telle compétition par 41°C. 

Un phénomène bien connu qui peut s'observer partout dans le monde

A l'origine de ces températures extrêmes se trouve un phénomène bien connu : la remontée vers le nord "d'une masse d'air très chaude arrivée du Mexique, à laquelle s'ajoutent des conditions anticycloniques qui favorisent ce qu'on appelle de la subsidence", explique à franceinfo Frédéric Nathan, prévisionniste à Météo France. "La subsidence, c'est le fait qu'un vent soufflant à la verticale vienne compresser la masse d'air." Or, en s'écrasant sur le sol, la masse d'air chaud augmente encore sa température. "C'est un peu le phénomène qu'on a dans une pompe à vélo, poursuit Frédéric Nathan. Quand on appuie fort dessus, ça chauffe l'air : c'est la compression."

"Dôme de chaleur" est donc l'expression consacrée "pour dire qu'il fait très chaud et que les conditions anticycloniques appuient l'air chaud sur le sol, favorisant encore plus de chaleur", résume le prévisionniste.

Si un dôme de chaleur s'est installé sur l'ouest de l'Amérique du Nord, les conditions qui lui ont donné naissance peuvent intervenir partout dans le monde, relève Frédéric Nathan. Sur Twitter, le climatologue Christophe Cassou pointe quant à lui que "les circulations en omega" – l'articulation de dépressions et d'un anticyclone, ici prenant la forme de la lettre grecque – "se produisent aussi sur l'ouest de l'Europe". "Est-ce que la France et plus largement l'Europe sont prêtes à subir un tel coup sur le point de vue sanitaire (chaleur létale), agricole et autres risques majeurs (feux, etc.) ?" demande-t-il ? 

Un phénomène amplifié par le réchauffement climatique

La création d'un dôme de chaleur est un phénomène qui peut survenir partout et ce, depuis toujours, note Frédéric Nathan, de Météo France. C'est même ce phénomène qui avait permis le précédent record enregistré au Canada, en 1937 : 45°C enregistrés dans deux stations météorologiques du Saskatchewan, dans le centre-ouest du pays. En revanche, "les masses d'air chaudes sont aujourd'hui globalement plus chaudes que ce qu'elles étaient il y a cinquante ans. Donc quand il y a une situation un peu extrême, comme celle à laquelle on assiste en ce moment au Canada, on bat systématiquement des records", poursuit-il, pointant incontestablement "l'impact du réchauffement climatique". 

"Ce qui est nouveau avec le réchauffement climatique, c'est le fait qu'à l'échelle de la planète, des records de chaleur tombent presque tous les jours, alors que nous assistons de plus en plus rarement à des records de froid, même si cela arrive encore de temps en temps", conclut le spécialiste. 

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Rapport du GIEC et perspectives

Par Le 01/07/2021

 

 

 

TRIBUNE

Opinion | Rapport du GIEC : l'ampleur de la crise n'épargnera personne

 

Les conclusions du nouveau rapport du GIEC insistent sur l'incapacité de notre espèce à s'adapter à un changement climatique majeur. Mais, osons le dire clairement : un tel changement, s'il devait advenir, aura dévasté nos sociétés et économies bien plus tôt, écrivent Julien Pillot et Philippe Naccache.

Cercle

Inondations à Saintes, dans les Charentes.

Inondations à Saintes, dans les Charentes. (Philippe LOPEZ/AFP)

Par Julien Pillot (enseignant-chercheur en économie (Inseec Grande Ecole)), Philippe Naccache (enseignant-chercheur à l'Inseec Grande Ecole)

Publié le 28 juin 2021 à 16:20Mis à jour le 29 juin 2021 à 10:13

 Prétendre que les pays occidentaux sont mieux armés pour faire face au changement climatique relève d'un strabisme qui pourrait insidieusement nous conduire à minorer l'ampleur de la catastrophe à venir.  Certes, nous connaissons le caractère inégalitaire du changement climatique. Certains territoires subissent un réchauffement plus rapide, et certaines populations sont plus exposées aux conséquences climatiques et économiques. En s'intéressant à la vulnérabilité relative des pays, un institut tel que «Notre Dame Global Adaptation» a ainsi établi une cartographie plutôt « rassurante » pour les pays riches, notamment ceux situés en Europe de l'Ouest.

Raréfaction des matières premières

Or, cette vision occulte largement le caractère systémique de la crise économique et sociale qui suivrait un changement climatique majeur. Pensons déjà à notre dépendance extérieure. Nous aurions tort de considérer que le problème ne réside que dans la désindustrialisation de la France, et qu'il suffirait de réimplanter des capacités de production pour retrouver une certaine « souveraineté ». Car, notre pays resterait dépendant de l'approvisionnement en matières premières dont il est faiblement doté. Or, ces dernières sont sous tension du fait de leur surexploitation et leur raréfaction, se traduit par une inflation déjà palpable et qui ira crescendo dans les années à venir. Et nul stock de sécurité ne pourra amortir le choc engendré par une demande mondiale largement supérieure à l'offre disponible.

Les superviseurs alertent sur une possible explosion du coût des catastrophes naturelles

Dérèglement climatique : les 5 chiffres chocs du dernier rapport du Giec

Notre capacité à assurer notre autonomie alimentaire va également se poser avec acuité dans un monde où la productivité agricole aura chuté en raison de l'aridité, de l'acidité des sols ou de phénomènes climatiques extrêmes devenus communs. Que se passera-t-il quand l'eau viendra à manquer pour assurer nos besoins agricoles et que les destructions d'hectares de cultures intensives en eau, à l'image des amandiers californiens, sera devenu l'unique moyen de préserver les besoins de la population ? Vers quel territoire nous tournerons-nous pour faire valoir notre « effet richesse » quand les ressources naturelles viendront à cruellement faire défaut à l'échelle planétaire ?

Déséquilibres multiples

Enfin, il convient de penser les « effets de rebond » socio-économiques induits par un changement climatique majeur : grippement des mécanismes assurantiels, stress sur notre système bancaire suite au déclassement de certains actifs immobiliers (notamment en zones littorales) ou carbonés, chute de la productivité horaire et faillites en cascade faute de demande solvable… Sans oublier les inquiétudes quant à notre capacité à absorber les chocs migratoires induits par des territoires devenus inhabitables en raison de la montée des eaux ou d'épisodes de chaleurs humides.

Rapport du GIEC sur le climat: une « fuite » qui change la donne avant la COP 26

Réchauffement climatique : « le pire est à venir », alerte le Giec

Nos sociétés se sont bâties sur un équilibre qui repose sur l'exploitation d'un environnement favorable. Le protocole de Montréal, qui a abouti à l'interdiction planétaire de l'utilisation des gaz CFC responsables du trou dans la couche d'ozone, a montré que nous étions en mesure de nous adapter à un problème isolé. Mais, imaginer que nos sociétés pourront s'adapter à un changement systémique brutal, dans lequel les déséquilibres seront multiples, relève de l'illusion. Si un tel schéma devait advenir, nul pays ne serait à l'abri. Encore moins quand les pays en question doivent une large part de leur apparente prospérité à l'exploitation massive de ressources situées à l'autre bout de la planète…

Julien Pillot et Philippe Naccache sont enseignants-chercheurs à l'Inseec Grande Ecole.

Julien Pillot et Philippe Naccache

Les prochaines années

Par Le 23/06/2021

Clairement, aujourd'hui, la question pour moi n'est pas de savoir comment éviter une période à venir qui semble de plus en plus douloureuse, mais comment s'y préparer au mieux. 

Il ne s'agit plus seulement de réduire notre impact mais d'anticiper sur ce que les prochaines années nous réservent.

Qu'il s'agisse d'un réchauffement de 1,5 degrés, de 2 degrés ou encore pire, les effets seront de toute façon de grande ampleur.

Quant aux débats et conflits entre le GIEC ou d'autres entités scientifiques, (voir les deux articles ci-dessous) ça m'est complètement égal. Je tente toujours d'avoir des articles contradictoires mais la réalité restera la même. Qu'il s'agisse d'un réchauffement d'ordre uniquement naturel ou que l'humanité en soit partiellement responsable, c'est à mes yeux, un débat totalement stérile. Ces débats se concentrent sur les causes mais pas sur les effets. Ca ne change rien aux effets eux-mêmes. 

Par conséquent, il va bien falloir qu'on envisage une dégradation majeure dans nos modes de vie. Et ensuite, il va falloir qu'on s'y prépare. Rapidement. Et c'est là, de nouveau, qu'intervient la notion de "survivalisme" tellement décriée dernièrement. Sans doute qu'il vaudrait mieux parler de "citoyen prévoyant". Même si dans la méthode et dans le fond, c'est la même chose. Il s'agit juste d'anticiper...

 

Dérèglement climatique : faim, pauvreté, maladies... Ce qu'il faut retenir du projet de rapport du Giec

 

Les experts du climat annoncent des "impacts irréversibles" si la hausse des températures est supérieure à 1,5°C, selon un pré-rapport dévoilé par l'AFP et qui n'est toutefois pas destiné à être publié tel quel.

Article rédigé par

franceinfo

France Télévisions

Publié le 23/06/2021 17:16Mis à jour le 23/06/2021 18:11

 Temps de lecture : 7 min.

Les restes d'un poisson mort repose sur les rives asséchées de la Loire, à Montjean-sur-Loire, le 24 juillet 2019. (LOIC VENANCE / AFP)

Les restes d'un poisson mort repose sur les rives asséchées de la Loire, à Montjean-sur-Loire, le 24 juillet 2019. (LOIC VENANCE / AFP)

Il y a urgence. Pénurie d'eau, exode, malnutrition, extinction d'espèces... Un réchauffement climatique durable supérieur au seuil de +1,5 °C aurait des "impacts irréversibles pour les systèmes humains et écologiques", avertit un projet de rapport des experts du climat de l'ONU obtenu en exclusivité par l'AFP mercredi 23 juin. Quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ces impacts vont s'accélérer et devenir douloureusement palpables bien avant 2050, assure le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) dans ce document de 137 pages.

"La vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L'humanité ne le peut pas."

Les experts du Giec 

dans un projet de rapport dévoilé par l'AFP

Voici ce qu'il faut retenir de ce résumé technique, qui n'en est encore qu'au stade de projet. Le texte définitif ne sera officiellement publié qu'en février 2022, après son approbation par consensus par les 195 Etats-membres.

Les villes côtières vont souffrir

Le réchauffement climatique touchera directement et fortement les habitants des villes côtières. En 2050, des centaines de millions d'entre eux, de Bombay (Inde) à Miami (Etats-Unis), et de Dacca (Bangladesh) à Venise (Italie), seront menacés par des submersions plus fréquentes, provoquées par la hausse du niveau de la mer, qui entraînera à son tour des migrations importantes. Environ 10% de la population mondiale et des actifs vivent à moins de 10 m au-dessus du niveau de la mer, notent les experts du Giec. Pour certaines mégalopoles, les conséquences pourraient se faire sentir très vite, du vivant des populations actuelles. 

"Le niveau de la mer continue à monter, les inondations et les vagues-submersion sont de plus en plus fréquentes et intenses, le réchauffement accroît l'acidité de l'océan et intensifie les canicules."

Les experts du Giec 

dans un projet de rapport dévoilé par l'AFP

"La plupart des villes côtières peuvent mourir. Beaucoup d'entre elles seront éliminées par les inondations à long terme. D'ici 2050, on aura une idée plus précise", explique Ben Strauss, de l'organisation Climate Central, interrogé par l'AFP. Mais en dépit de ces sombres prédictions, les villes côtières continuent de grossir, multipliant les victimes potentielles, en particulier en Asie et en Afrique. En Europe, Venise, chef-d'œuvre architectural classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est particulièrement vulnérable : plus de 90% des habitations de la cité des Doges sont menacées par les inondations.

Au-delà de +2 °C, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique de l'Ouest (qui contiennent assez d'eau pour provoquer une hausse du niveau de la mer de 13 m) pourraient d'ailleurs entraîner un point de non retour, selon de récents travaux. C'est pour cela que "chaque fraction d'un degré compte", insiste le Giec.

Enfin, sous l'effet combiné de la dilatation des océans et de la fonte des glaces provoquées par le réchauffement, la hausse du niveau des mers menace également de contaminer à l'eau salée les sols agricoles et d'engloutir des infrastructures stratégiques, comme les ports ou les aéroports.

La faim et la pauvreté vont s'aggraver

Même en limitant la hausse à 2 °C, quelque 130 millions de personnes supplémentaires pourraient sombrer dans la pauvreté extrême d'ici à dix ans, et la malnutrition s'accroîtra. Agriculture, élevage, pêche, aquaculture... "Dans tous les systèmes de production alimentaire, les pertes soudaines s'accroissent" à cause des sécheresses, des canicules etc., observe le pré-rapport, en pointant les aléas climatiques comme "principal moteur". La fréquence des mauvaises récoltes augmente déjà régulièrement depuis 50 ans et la multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes touchera de plus en plus la production. L'apport protéinique tiré du riz, du blé, de l'orge ou des pommes de terre devrait ainsi chuter entre 6% et 14% dans les années à venir.

S'ajoutera la pression sur les terres liée à la demande croissante en biocarburants ou à la plantation d'arbres pour séquestrer le carbone. Tous ces facteurs pousseront les prix à la hausse d'environ 30% d'ici 2050. Ce qui placera plus de 180 millions d'habitants ayant de faibles revenus au bord de la malnutrition chronique, un danger très inégalement réparti, l'Afrique et l'Asie du Sud-Est concentrant 80% des personnes menacées. Autre conséquence : plus de 10 millions de cas supplémentaires de malnutrition ou de rachitisme infantile sont attendus en Afrique ou en Asie d'ici 2050.

L'eau douce va manquer

Côté approvisionnement en eau, un peu plus de la moitié de la population mondiale est déjà en situation d'insécurité. Avec l'aggravation de la sécheresse et la multiplications des canicules, le manque d'eau douce deviendra de plus en plus criant dans certaines régions du monde. Près de 75% des approvisionnements en eaux souterraines – principale source d'eau potable pour 2,5 milliards d'humains – pourraient être touchées par le changement climatique d'ici à 2050, alors que la fonte des glaciers a déjà fortement affecté le cycle de l'eau (cours d'eau, mers, évaporation, pluie).

Avec une augmentation de 1,5 °C, dans les villes, 350 millions d'habitants supplémentaires seront exposés aux pénuries d'eau. Ce chiffre passera à 400 millions de personnes supplémentaires si la hausse des températures s'élève à 2 °C. "Les coûts d'adaptation pour l'Afrique devraient augmenter de dizaines de milliards de dollars par an au-delà de +2 °C", relèvent encore les auteurs du projet de rapport. D'après les études citées par le Giec, dans un monde à +1,5 °C, 14% de la population terrestre sera exposée à des canicules sévères au moins tous les cinq ans, en "augmentation significative".

"A +2 °C, 1,7 milliard de personnes supplémentaires seront exposées à de fortes chaleurs, 420 millions à des chaleurs extrêmes et environ 65 millions à des canicules exceptionnelles tous les cinq ans."

 

Les plus touchés seront les habitants des mégalopoles tropicales des pays en développement, en Asie et en Afrique notamment. "Dans ces régions, la population des villes augmente fortement et la menace de canicules mortelles plane", explique Steffen Lohrey de l'université de Berlin, principal auteur de l'étude dont sont extraits les chiffres du Giec.

Les maladies vont se propager

Autre danger, le réchauffement climatique agrandit les territoires propices aux vecteurs de maladies, notamment les moustiques. D'ici à 2050, la moitié des habitants de la planète pourrait être exposée à la dengue, la fièvre jaune ou des virus comme zika. Les ravages du paludisme ou de la maladie de Lyme vont s'amplifier et les décès liés aux diarrhées infantiles devraient augmenter au moins jusqu'au milieu du siècle, malgré le développement socio-économique. Les maladies liées à la qualité de l'air, notamment la pollution à l'ozone, typique des vagues de chaleur, vont aussi "substantiellement augmenter". "Il y aura également des risques accrus de contamination de l'eau ou des aliments" par les toxines maritimes, selon les auteurs du pré-rapport.

De nouvelles espèces seront menacées

Pour certains animaux et certaines variétés de plantes, il est peut-être déjà trop tard : "Même à +1,5 °C, les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à s'adapter", souligne le projet de rapport, en citant les récifs coralliens. Parmi les espèces en sursis figurent les animaux de l'Arctique, territoire qui se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne.

Des solutions peuvent être trouvées

Face à ces problèmes systémiques, il n'existe pas de remède miracle unique. En revanche, une seule action peut avoir des effets positifs en cascade. Par exemple, la conservation et la restauration des mangroves et des forêts sous-marines de varech (des algues), qualifiées de puits de "carbone bleu", accroissent le stockage du carbone, mais protègent aussi contre les submersions, tout en fournissant un habitat à de nombreuses espèces et de la nourriture aux populations côtières. En dépit de ses conclusions alarmantes, le pré-rapport offre ainsi une note d'espoir. En prenant aujourd'hui des mesures fortes, il est possible de freiner l'emballement de la deuxième moitié du siècle. 

"Nous avons besoin d'une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux: individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement."

 

"Nous devons redéfinir notre mode de vie et de consommation", plaident encore les auteurs de ce document, dont la teneur définitive ne sera connue que l'an prochain.


 

https://www.climato-realistes.fr/pre-rapport-alarmiste-du-giec-23-juin-2021-comminique-climato-realistes/

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Contre l’opacité de l’AFP et du GIEC

23 juin 2021 / Association des climato-réalistes

Communiqué de l’association des climato-réalistes

Paris, le 23 juin 2021

Plusieurs médias (dont Le Point, Libération, Le Monde) se font aujourd’hui 23 juin l’écho d’un « projet de rapport du GIEC » annonçant une « accélération » des « dérèglements » climatiques d’ici 2050. Comme toujours le pire est pour demain, mais nulle possibilité n’est offerte à quiconque d’exercer son esprit critique puisque le texte lui-même du rapport n’est pas rendu public. Seule l’AFP l’a eu en main en exclusivité, et n’en a diffusé que quelques bribes, bien évidemment toutes orientées vers le catastrophisme.

La validation par le GIEC de ce rapport n’étant prévue que pour 2022, il est aujourd’hui impossible de savoir ce qu’il contient, ni sur quoi se fondent les affirmations toujours plus inquiètes sur le «dérèglement» annoncé, ni si celles-ci subsisteront à l’issue du processus de validation. Nous avons donc affaire à un dévoiement du processus d’expertise à des fins de propagande. Ce n’est hélas que le dernier en date d’une longue série sur le climat, où il ne s’agit pas d’informer mais de faire peur et d’orienter l’opinion publique.

L’Association des Climato-Réalistes demande donc au GIEC ou à l’AFP de dévoiler ce projet de rapport en intégralité. S’agissant d’un rapport financé sur fonds publics, il est indécent d’obliger le public à se fier servilement aux extraits sélectionnés dans la presse. Le public doit au contraire pouvoir exercer son droit à l’information et à la critique.

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Les modèles climatiques surestiment le rôle des gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique

 

21 juin 2021 / Association des climato-réalistes

Une étude publiée le 28 mai 2021 dans la revue Science advances suggère que les modèles climatiques surestiment le rôle des gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique. L’étude intitulée « Improved estimates of preindustrial biomass burning reduce the magnitude of aerosol climate forcing in the Southern Hemisphere » a été menée par le groupe de modélisation de la chimie atmosphérique de l’université d’Harvard, que co-dirigé Loretta Mickley, l’auteure principale de l’article.

Résumé de l’article

Le feu joue un rôle central dans la formation des écosystèmes terrestres et dans la composition chimique de l’atmosphère influençant ainsi le climat de la Terre. La tendance et l’ampleur de l’activité des incendies au cours des derniers siècles sont controversées, ce qui entrave la compréhension du forçage radiatif des aérosols de l’époque préindustrielle à nos jours. À partir des enregistrements de 14 carottes de glace de l’Antarctique et d’une carotte de glace des Andes centrales nous présentons ici des preuves que l’activité historique des incendies dans l’hémisphère Sud (SH) a dépassé les niveaux actuels. Pour comprendre cette observation, nous utilisons un modèle de feu global montrant que les émissions globales de feu de l’hémisphère Sud pourraient avoir diminué de 30% au cours du 20ème siècle, probablement en raison de l’expansion rapide de l’utilisation des terres pour l’agriculture et l’élevage aux latitudes moyennes à élevées.

Les chercheurs ont déterminé qu’il y avait quatre fois plus de suie dans l’atmosphère de l’hémisphère sud préindustriel qu’on ne le pensait auparavant. Ces résultats signifient que les modèles climatiques peuvent avoir surestimé l’impact des gaz à effet de serre sur le climat. 

L’un des plus grands défis dans la prévision des impacts du changement climatique est de prévoir comment les températures de surface augmenteront en fonction de l’augmentation des gaz à effet de serre. Alors que les gaz à effet de serre emprisonnent la chaleur et réchauffent la surface de la planète, les particules d’aérosol provenant des volcans, des incendies et d’autres formes de combustion ont un effet rafraîchissant car elles bloquent la lumière du soleil ou la couverture nuageuse. 

Comprendre comment ces facteurs interagissent est essentiel pour comprendre les effets du changement climatique. Alors que de nombreux modèles climatiques actuels reposent sur des données quantifiant les niveaux passés de gaz à effet de serre, les données équivalentes pour les aérosols de fumée d’avant la révolution industrielle étaient largement inconnues jusqu’à présent. 

Pour obtenir des données sur les niveaux d’aérosols, les chercheurs ont analysé 14 carottes de glace prélevées dans tout l’Antarctique, indiquant des quantités de fumée provenant d’incendies dans l’hémisphère sud. À l’intérieur de ces noyaux, ils ont mesuré les niveaux de suie, un composant clé de la fumée. Ce faisant, ils ont trouvé des résultats inattendus : 

Les carottes de glace contenaient quatre fois plus de suie que prévu, suggérant un passé beaucoup plus tumultueux qu’on ne le pensait auparavant. Les chercheurs ont ensuite vérifié leurs résultats avec des simulations informatiques prenant en compte ces niveaux de fumée provenant d’incendies de forêt et les pratiques de brûlage des peuples autochtones. 

Les résultats des simulations correspondaient à ceux des carottes de glace. Ils ont également suggéré qu’à mesure que les changements dans l’utilisation des terres ont entraîné une diminution de l’activité des incendies, les émissions de l’industrie ont augmenté. Cela signifie que les niveaux de suie sont restés relativement constants avant le début de l’ère industrielle jusqu’au 20e siècle. 

Les résultats suggèrent que jusqu’à présent, les scientifiques ont pu sous-estimer l’effet de refroidissement des particules de fumée dans le monde préindustriel. Cela signifie inversement que les modèles climatiques ont surestimé l’effet de réchauffement du dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre pour expliquer les augmentations observées des températures de surface. 

Il est clair que le monde se réchauffe, mais la question clé est de savoir à quelle vitesse il se réchauffera alors que les émissions de gaz à effet de serre continueront d’augmenter. Cette recherche nous permet d’affiner nos prévisions pour l’avenir

Loretta Mickley, auteure principale de l’article.

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Sauvegarde des baleines

Par Le 22/06/2021

Une bonne nouvelle, une. 

L’Islande renonce pour la troisième année consécutive à chasser les baleines

 

Le rorqual commun est une espèce vulnérable selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, situant le nombre de ses individus aux alentours de 100 000. Sa viande est exportée depuis 2013 par les baleiniers islandais au Japon, mais la demande n’a jamais augmenté et le marché reste stagnant.

22 juin 2021 - Maïté Debove

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Un peu de répit pour les baleines ! Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) l’affirme avec soulagement : « il semble maintenant évident que pour la troisième année consécutive, les géants des mers ne seront pas victimes des harpons en Islande. »

C’est IFAW, le Fond international pour La protection des animaux qui l’annonce, comme au cours des années précédentes. En 2019 et 2020, la chasse aux baleines avait été annulée à cause du covid-19 mais également parce que l’observation des baleines est graduellement devenue plus prisée par les touristes.

L’activité génère tous les ans 22 millions d’euros en Islande et s’élève à 2 milliard de dollars dans le monde entier. Plus de 350 000 personnes se rendent chaque année en Islande pour observer les cétacés, ce qui rend leur conservation plus importante économiquement que ce qu’entraîne leur chaire une fois qu’elles sont mortes.

Il semblerait qu’une des campagnes d’IFAW, « Meet Us Don’t Eat Us » pour informer les vacanciers de la réalité de la chasse à la baleine, ait eu un effet considérable sur les visiteurs. Quant aux Islandais, la dernière enquête d’IFAW montre que seulement 1% d’entre eux en consomment régulièrement.

Des touristes observent un petit rorqual en Islande. Crédit : IFAW

Le rorqual commun est une espèce vulnérable selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, situant le nombre de ses individus aux alentours de 100 000. Sa viande est exportée depuis 2013 par les baleiniers islandais au Japon, mais la demande n’a jamais augmenté et le marché reste stagnant.

Selon IFAW, il ne reste qu’une entreprise de chasse au rorqual commun, Hvalur hf. Kristjan Loftsson, le dirigeant de l’entreprise, n’a depuis 2018 pas fait le choix de perpétuer la chasse, mais pourrait repartir l’an prochain pour conserver un nouveau quota sur les cinq années à venir.

Un rorqual commun pêché en Islande en 2009. – Crédit : Dagur Brynjólfsson

Piégeant 33 tonnes de CO2 tout au long de leur vie, les baleines jouent un rôle important face au réchauffement climatique : leur pouvoir d’absorption du carbone étant bien supérieur à celui d’un arbre, qui peut emprisonner seulement 20 kg de CO2 par an.

Lire aussi : Une baleine dans l’océan vaut des milliers d’arbres sur terre

Leurs matières fécales flottent à la surface et nourrissent les phytoplanctons, qui sont à l’origine de 50% de l’oxygène de la planète et absorbent environ 37 milliards de tonnes de CO2 par an.

Aider les populations de baleines à se rétablir en les protégeant est donc l’un des enjeux majeurs de notre époque, et les décisions prises en Islande sont une belle avancée qu’il faut espérer voir maintenue au fil des années à venir.

Forêts et CO2

Par Le 21/06/2021

Je n'adhère pas à l'écomodernisme et Elon Musk fait partie de ces adeptes les plus influents et les plus puissants. La solution ne viendra pas des inventions humaines mais de l'usage de ce que la nature elle-même met à notre disposition. Sinon, si on adhère aux idées de l'écomodernisme, il s'agira uniquement d'une lutte économique et non pas écologique. Et il s'agira donc toujours de préserver la croissance, d'en accroître même le processus. 

 

 

 

Francis Hallé à Elon Musk : « Ne cherchez plus, on a trouvé vos pièges à CO2 ! »

 

https://lareleveetlapeste.fr/francis-halle-a-elon-musk-ne-cherchez-plus-on-a-trouve-vos-pieges-a-co2/

« Je ne crois pas qu’une quelconque machine va pouvoir faire cela et je suis convaincu que le meilleur moyen de capter et de stocker le carbone atmosphérique sur le long terme, c’est la forêt. »

10 mars 2021 - La Relève et La Peste

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Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
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Francis Hallé est un biologiste, botaniste et dendrologue français. Il porte un projet exceptionnel : reconstituer une forêt primaire de 70 000 hectares en Europe de l’Ouest. Lorsqu’il a appris que le milliardaire ELon Musk voulait lancer « le plus grand prix de l’histoire » en matière de lutte contre le changement climatique, en attribuant 100 millions de dollars à quiconque trouverait la meilleure technologie pour capter et stocker le CO2, l’éminent naturaliste n’a pas hésité longtemps à concourir. Il nous explique sa vision ici.

La démarche d’Elon Musk ne vise-t-elle pas plutôt à éviter de remettre en question notre modèle de croissance ?

Francis Hallé : « Exactement et c’est très pernicieux. Supposez qu’on trouve la machine dont rêve Elon Musk. Ce serait dramatique puisque nous n’aurions plus aucune raison de diminuer nos émissions de GES. Or il faut les diminuer, c’est impératif !

Mais essayons plutôt de répondre à son challenge : si nous avions des grandes forêts avec des grands arbres de gros diamètre, on stockerait le carbone de façon très efficace et durable.

Notez d’ailleurs que si nous avons de grandes quantités de gaz carbonique dans l’atmosphère actuellement, c’est en grande partie lié à la destruction des forêts. Il y a aussi la combustion des carburants fossiles, qui eux-mêmes étaient des forêts au départ.

Une étude réalisée en 2019 par des chercheurs de l’école polytechnique de Zurich (publiée par la revue Science) révèle qu’à l’échelle de la planète nous pourrions « reforester » une surface d’environ 900 millions d’hectares – équivalente au Brésil – et ainsi capter plus de 200 milliards de tonnes de CO2 (les activités humaines ont généré 43 milliards de tonnes de CO2 en 2019). Face à cette capacité bien documentée des forêts, les alternatives industrielles sont-elles crédibles ?

Elles sont anecdotiques voire illusoires si on intègre toutes les conséquences sur l’environnement d’une telle industrialisation – bilan carbone des installations, artificialisation des sols, paysages défigurés…

La solution forestière reste à mon sens, et de loin, la meilleure solution. Faisons sur ce point une distinction qui me paraît essentielle entre les plantations d’arbres qui sont faites dans le but d’être exploitées, et les forêts qui se développent librement sur le très long terme, on parle de millénaires.

Dans les forêts les arbres vivent généralement très longtemps et pour eux les changements climatiques, y compris celui que nous vivons actuellement, c’est la routine !

On observe pourtant beaucoup de massifs forestiers en dépérissement…

Pourtant les arbres se portent plutôt bien dans l’ensemble. Sauf effectivement dans les espaces plantés d’espèces uniques, véritables monocultures où les parasites se régalent. Mais ces espaces auxquels vous faites référence, ce ne sont pas des forêts mais des cultures !

Lire aussi : « Ce ne sont pas les forêts qui meurent, mais surtout des plantations d’arbres »

Crédit : Maxx Gong

Quand on parle de « reforestation » parmi les solutions, l’homme y joue généralement un rôle d’acteur, via la plantation d’arbres. A-t-on un rôle à jouer dans la reconstitution des forêts ?

Certains vous diront que oui. Dans la logique de ce que je viens d’évoquer nous avons besoin de bois pour satisfaire nos besoins dans de nombreux domaines et dans ce cadre, effectivement, l’humain joue un rôle actif d’agriculteur. On parle d’ailleurs de « récolter le bois ».

Mais cela n’a rien à voir avec les forêts en libre évolution qui elles sont indispensables pour stocker le CO2 et régénérer la biodiversité.

Il est d’ailleurs choquant qu’en France, comme à l’échelle du monde, on refuse cette distinction en confiant chez nous la question des forêts au ministère de l’agriculture et à l’échelle de l’ONU à la FAO.

J’appelle de tous mes vœux la création d’une structure ministérielle ad hoc qui s’occupe exclusivement de la forêt, avec une structure similaire à l’échelon mondial. Et laissons le ministère de l’agriculture gérer les plantations d’arbres.

Revenons à Elon Musk. Si celui-ci vous répond qu’il cherche avant tout des innovations, que lui direz-vous ?

Je lui dirai que la photosynthèse reste la meilleure innovation en matière de captation du carbone. D’ailleurs si j’en juge aux recherches qui sont menées par des startups en vue comme Climeworks, on est sur des modèles qui ne sont pas très éloignés de ceux des arbres.

Or la biomimétique devrait plutôt nous inciter à utiliser les systèmes vivants que d’imaginer des imitations artificielles.

L’innovation n’est plus dans cette industrialisation, qui évoque plutôt le « monde d’avant » pour reprendre une formule à la mode. Comme l’expliquent très bien les scientifiques Béatrice et Gilbert Cochet qui soutiennent notre projet, innover consiste désormais à miser sur les dynamiques extrêmement puissantes de la nature – forêts et océans en tête – pour trouver des solutions efficaces face à la crise climatique.

Pièges à CO2 développés par la startup Climework. Source : Climeworks.

De nombreuses voix s’élèvent pour inventer un autre système de comptabilité économique que celui fondé sur la seule croissance du PIB. Un modèle qui intègre les services rendus par la nature…

Il faudrait en effet faire le bilan entre ce qu’on gagne à détruire la nature et ce qu’on perd. Le déduire des gains industriels, car on n’intègre jamais dans ces comptabilités fallacieuses la perte de tous les services que nous rend la nature. Or une fois qu’elle est détruite, on n’a plus tous ses services.

J’appelle donc à faire évoluer cette comptabilité et je ne doute pas que les économistes trouveront mieux que le PIB, beaucoup travaillent d’ailleurs sur ces questions.

Il faut ensuite que les acteurs économiques intègrent ces données, mais là c’est une autre histoire. Pour l’instant, c’est une question de volonté politique et de suite dans les idées.

Ma conviction est que le jour où le PIB intègrera les services rendus par la nature, notre forêt primaire vaudra de l’or. Et on sera imité partout ! Avis aux investisseurs…

Lire aussi : « Remplaçons le PIB par l’indicateur de vie heureuse, longue et soutenable »

Crédit : Dmitry Gladkikh

Justement, en parlant d’investisseurs, Warren Buffet a dit un jour « quelqu’un s’assoit à l’ombre aujourd’hui parce que quelqu’un d’autre a planté un arbre il y a longtemps. » Un conseil que pourrait méditer Elon Musk ?

C’est vrai, en précisant que l’arbre est peut-être venu tout seul… puisqu’on n’a pas toujours besoin de le planter !

Le même Warren Buffet a dit que « quand des gens intelligents expliquent leurs idées à un orang-outang, cela améliore la qualité de leur prise de décision. »

Je l’encourage donc vivement à expliquer à cet orang-outang – qui lui connaît bien la nature – qu’il veut investir dans des technologies coûteuses pour un résultat hypothétique, alors que la nature – qui elle a fait ses preuves – fait tout le boulot gratuitement…

Comment imaginer qu’Elon Musk n’y ait pas déjà pensé ?

C’est une idée qui lui a sans doute échappé…

Imaginons à présent qu’il vous appelle pour vous attribuer les 100 millions de dollars. Qu’en faites-vous ?

Oh je ne serais pas du tout en peine ! On pourrait commencer par se procurer des terrains pour les laisser en libre évolution. Et laisser faire la nature. Tout simplement. »

Cette interview a été initialement publiée sur le site de l’association de Francis Hallé, partagée avec toutes autorisations.

10 mars 2021 - La Relève et La Peste

Yves Auberson

Par Le 20/06/2021

 

La suite d'une histoire exemplaire.

En ce moment, des millions de Français se passionnent pour des footballeurs. Et puis, il y a ceux qui marchent alors qu'ils ne devraient même pas pouvoir le faire. 

"Toujours se relever"

 

 

 

Atteint de la maladie de Parkinson, Yves Auberson traverse les Alpes suisses en solitaire et à pied

Le Suisse de 51 ans a parcouru 1 122 kilomètres en trois mois.

 

Antoine Bchini08 février 2021 à 14h09

 

Alors qu'il n'avait que 35 ans, Yves Auberson a été diagnostiqué avec la maladie de Parkinson. Un véritable coup dur pour l'ancien golfeur professionnel - champion de Suisse junior en 1988 - qui a aussi arpenté les courses de trail dans les années 2000. Malgré la découverte de sa maladie en 2004, le Suisse ne s'est pas apitoyé sur son sort. Pour preuve : quinze ans plus tard, il ne s'est pas attaqué à une simple montagne, mais à toutes les Alpes suisses.

L'été dernier, à 51 ans, il a réalisé un défi fou en solitaire : parcourir plus de 1 000 kilomètres et gravir quarante cols en moins de cent jours. Cette aventure a avant tout été conçue comme un projet pour sensibiliser sur cette maladie dégénérative, et notamment sur l'idée reçue qu'elle ne touche que les personnes âgées.

 

À l'origine, il voulait faire le tour de l'Europe à vélo par les côtes, soit 20 000 kilomètres. La situation sanitaire et surtout la dangerosité de ce plan ont poussé le natif de Genève et son ami Michel Zryd - membre de l'association Défi-Parkinson - à changer de cap : un long périple à travers les Alpes, du lac Léman jusqu'à Nice, avec une centaine de cols sur le trajet. Là encore, la pandémie du Covid-19 s'est mêlée à l'histoire, obligeant l'aventurier à rester en Suisse. Le terrain de jeu est un vaste champ des possibles, avec notamment la Via Alpina et le Chemin des cols Alpins au programme.

Yves Auberson est parti de Montreux et a traversé la contrée helvétique d'ouest en est, avant de revenir. Au total : près de 60 000 mètres de dénivelé. Le Suisse et son association ont planifié son parcours à l'avance, en réservant les hôtels et auberges au fur et à mesure de son avancée. À force de vingt kilomètres par jour en moyenne, avec parfois près de deux kilomètres de montée, il s'est enfoncé dans le coeur des Alpes.

 

« Je devais faire le point, me remettre en question »

Le Genevois a du caractère et un mental solide. Il a lutté pour pouvoir réaliser ce projet qui lui tenait à coeur, malgré les nombreux aléas de cette période. D'une résilience à toute épreuve, Yves Auberson s'est relevé à chaque fois qu'il a trébuché - plusieurs fois par jour -, mais a continué son chemin pendant quatre-vingt-cinq jours et 1 122 kilomètres de marche pour prouver qu'il pouvait le faire. « On se dit souvent que, dans la marche, le plus compliqué ce sont les montées, mais non ! Le plus dur, ce sont les descentes. Surtout avec un sac à dos de quinze kilos », rigole-t-il.

Au téléphone, le Suisse parle calmement. Il prend son temps pour sortir les mots à cause de la maladie et conte ses longs mois sur les routes de montagne, de temps en temps aidé par Michel Zryd pour compléter ses phrases et parfois les reprendre. « Ce qui a été le plus difficile à supporter, c'était la solitude, nous confie Yves Auberson. 90 % du temps, tu es seul sur la route. Tu croises des gens de temps en temps, tu discutes un peu, mais tu reprends ton chemin, seul. Heureusement, certains jours, j'étais accompagné par mon fils, par des amis, ma famille. Mais j'avais besoin d'être seul. Je devais faire le point, me remettre en question. Même si je n'ai pas réussi à tout poser, j'ai pu faire un bon nettoyage dans ma tête. »

 

Épargné par le mauvais temps (10 jours de pluie sur 85), Yves Auberson s'est émerveillé devant les paysages magnifiques de son pays natal. L'aventurier a même ajouté un détour d'environ 100 km au parcours pour se rendre au Lac des Quatre-Cantons, au centre du pays. Un endroit où il rêvait d'aller depuis longtemps.

Yves Auberson avait besoin de cette remise en question, notamment pour mieux appréhender les affres de cette maladie et savoir venir en aide aux personnes, comme lui, atteintes de Parkinson. Et par ailleurs, il croit aux bienfaits de l'activité sportive. « Le sport ne guérit pas, mais il aide à vivre mieux », dit-il avec conviction. Une clinique de Montreux et le CHU de Lausanne se sont déjà manifestés pour s'attacher les services de l'ancien champion de golf, en tant que coach.

 

« Le plus gros effort, c'était d'arrêter de courir »

Cette aventure lui aura demandé une force et une volonté surhumaines. « Je m'entraîne tous les jours, précise le Suisse. J'avais multiplié par deux mon activité sur les six mois avant le départ pour me préparer. De la marche surtout. » Yves Auberson a même participé à l'Ultra-trail du Mont-Blanc et à la CCC (la course Courmayeur-Champex-Chamonix).

« J'en ai fait jusqu'en 2010, sans savoir que j'étais malade au début, raconte-t-il. J'ai dû m'adapter au fur et à mesure, en levant le pied. D'une heure et demie je suis passé à une heure. Le plus gros effort que j'ai eu à faire, c'était d'arrêter de courir. » Au fil de l'avancement de la maladie, certaines activités sont devenues pénibles pour lui, courir lui a par exemple abîmé ses vertèbres lombaires. Malgré tout, le Suisse reste positif et prend la vie avec philosophie. « Je fais tout à mon rythme, explique-t-il. C'est difficile, mais je suis autonome, il faut juste me laisser plus de temps. »

 

Son projet a beau avoir été modifié par la situation sanitaire, il songe déjà à repartir sur les routes pour effectuer le trajet initial. « J'ai envie de le refaire, assure-t-il. Ce voyage-là, je tenais à le faire maintenant. Avant mon opération. Je voulais que ce soit difficile. Je veux surtout voir la différence, entre avant et après. C'est pour ça que je ne voulais pas me faire opérer l'année passée. »

Cette intervention devient de plus en plus nécessaire. Les symptômes continuent de se développer et sont difficilement supportables. L'opération pourrait grandement lui simplifier la vie pour les prochaines années. En attendant, Yves Auberson continue de s'entraîner, et compte bien aller vers de nouveaux sommets.

publié le 8 février 2021 à 14h09

 

Stade 2

La nouvelle vie d'Yves Auberson

 

extrait

présenté par : Matthieu Lartot

Quand il se regarde dans la glace, le marcheur Yves Auberson ne se reconnait plus, mais le sourire est revenu. Depuis son opération du cerveau, le Suisse qui nous avait donné une telle leçon avec son Défi Parkinson dans les Alpes, entame une 2e vie pleine de promesses. C'est le Grand Format Stade2 signé Guillaume Papin et Julien Ababsa

Comme prévu.

Par Le 20/06/2021

 

 

Et donc, c'est parti pour deux, trois ou quatre mois de canicule, sécheresse, orages, grêle, vents violents et même tornade. 

Comme tous les ans depuis quelque temps. 

Mais on se contente d'observer, de compatir pour tous ceux qui sont touchés et soulagés de ne pas être frappés. En espérant qu'on continuera à échapper au pire. 

Certains, hier, ont beaucoup perdu. Maisons endommagées, voitures mitraillées de grêlons, potagers hachés menus, vergers décimés etc etc...

Donc, on est entré dans la période des plaintes.

Mais il faudrait se souvenir que les scientifiques les plus compétents préviennent depuis parfois plusieurs décennies que le comportement consumériste du monde moderne conduira inévitablement à un renforcement dramatique d'un changement climatique, sans doute d'ordre naturel. C'est comme si on mettait un malade fiévreux sous trois couvertures et devant le poêle. On ne fait pas baisser la fièvre de cette façon. La planète est entrée dans une période de réchauffement et nous, humains, par nos comportements ajoutons des couvertures. 

Et maintenant on se plaint.

Reste à savoir combien parmi ceux qui se plaignent ont décidé de changer leurs comportements, de prendre leur part de reponsabilités, de tenter d'atténuer les effets.

Combien ne prendront plus l'avion pour des vacances ? Combien diminueront leur consommation, combien chercheront à identifier le nécessaire du superficiel, combien changeront leur régime alimentaire en ayant conscience de l'impact de l'élevage intensif, de l'agriculture industrielle, combien opteront pour des vacances à vélo, à pied, dans une région proche et non à des milliers de kilomètres ?

Combien acceptent l'idée de changer et non uniquement de se plaindre ?

 

Publié le 20/06/2021 11:38

 Temps de lecture : 2 min.

Les orages ont notamment éclaté à Paris, le 19 juin 2021. (CARINE SCHMITT / HANS LUCAS)

Les orages ont notamment éclaté à Paris, le 19 juin 2021. (CARINE SCHMITT / HANS LUCAS)

"On a pu assister à des phénomènes violents", a constaté dimanche 20 juin sur franceinfo Stéphane Schmitt, expert à Météorage, centre européen de surveillance des orages, filiale de Météo France. La France est traversée depuis samedi par de fortes intempéries, avec notamment un épisode orageux intense.

>> DIRECT. Orages : cinq nouveaux départements de l'Est et du Sud placés en vigilance orange, 28 départements concernés au total

franceinfo : Comment expliquer la puissance de cet épisode orageux ?

Stéphane Schmitt : On est sur un épisode de grande ampleur. Dès hier, Météo France a placé 51 départements en vigilance orange, sachant que d'autres départements ont également été frappés par des orages isolés. C'est notamment le cas de la région nantaise, qui était en vigilance jaune. Effectivement, de manière très locale, on a pu assister à des phénomènes violents. On est sur une situation assez classique d'été et assez précoce, on a cet épisode caniculaire en France, pas intense, mais qui est quand même très précoce pour la saison. Quand ces conditions de chaleur sont associées à la présence d'un air frais d'humidité, on a les conditions nécessaires.

On a observé la présence de nuages supercellulaires. Pouvez-vous nous expliquer ce phénomène ?

Les nuages d'orage sont impressionnants dans tous les cas, même dans le cas d'un monocellulaire. Le nuage d'orage se développe à deux kilomètres au-dessus de nos têtes et va jusqu'aux limites d'une zone de l'atmosphère, à 18 km pour certaines latitudes. Imaginez ce monstre qui atteint 15 km d'épaisseur. Effectivement, ces phénomènes peuvent être particulièrement impressionnants. Dans certains cas, ces phénomènes sont accentués par des vents ascendants encore plus violents et qui peuvent localement donner la génération de tornades ou de mini tornade, comme hier. C'est commun aux Grandes plaines [région de l'Amérique du Nord, à l'est des montagnes Rocheuses]. Pourquoi ? Parce qu'en fait, on est sur des phénomènes de très grande ampleur, qui partent de l'ouest et qui va traverser des centaines de kilomètres. À la différence près que dans les Grandes plaines, aux États-Unis, ces phénomènes sont encore plus violents puisque très souvent, on a des vents qui peuvent aller au-delà de 180 km/h et fort heureusement, un peu moins généralement chez nous.

On a vu sur les réseaux sociaux des photos de grêlons de la taille d'une balle de tennis. Comment expliquez-vous cette grosseur ?

Le cumulonimbus, c'est un nuage qui est très haut. La vapeur d'eau qui est en altitude va se transformer en glace. C'est ce qui va constituer le noyau de notre grêlon et ensuite, notamment avec les courants à l'intérieur du nuage, va avoir tendance à descendre aussi par la pesanteur. Et puis, en agrégeant toutes les gouttelettes d'eau qui sont sur son passage, et avec la température, ils vont immédiatement geler. En accumulant ces gouttelettes, ils vont grossir et frapper le sol avec de temps en temps des diamètres qui sont très importants.

 

METEO. "Des grêlons comme des balles de tennis", de gros dégâts dans le Doubs à Vercel et Valdahon

 

Un violent orage s’est abattu samedi 19 juin en fin de journée dans le Doubs principalement dans le secteur de Vercel-Villedieu-le-Camp et Valdahon causant des dégâts notables sur les voitures et les maisons. L'alerte orange de Météo-France reste active ce dimanche en Franche-Comté.

Publié le 20/06/2021 à 10h18 • Mis à jour le 20/06/2021 à 15h47

Un violent orage de grêle s'est déversé samedi 18 juin en fin de journée sur le Doubs.

Un violent orage de grêle s'est déversé samedi 18 juin en fin de journée sur le Doubs. • © Facebook Météo-Comtoise

Doubs Haut-Doubs

Des grêlons de 5 à 10 cm de diamètre

Les pare-brises des voitures totalement brisés et des toitures détruites. Certains grêlons mesuraient entre 5 et 6 cm, quand d’autres atteignaient 10 cm selon Météo Franc-comtoise. 80% des habitants du secteur de Vercel-Villedieu-le-Camp et Valdahon auraient été touchés.

Samedi 19 juin 2021 en fin de journée un important orage s’est abattu dans le Doubs, principalement sur les communes de Valdahon et à Vercel-Villedieu-le-Camp. "L'orage est arrivé très vite. On a d'abord eu une pluie d'orage puis une plus grosse pluie et des grêlons de la même taille que des oignons sont tombés" relate Emilie Mosse, habitante de Valdahon. "Dans notre lotissement, les pare-brises des voitures et les rétroviseurs sont explosés. Trois voitures viennent de partir sur une dépanneuse. Chez nous la piscine et la table de jardin ont été abîmées. C'était très impressionnant et le bruit des grêlons qui tombaient sur le toit faisait peur. C'était la panique pour tout le monde".

Grêlons dans le Haut-Doubs

Les communes de Nods et de Villers-Chief ont elles aussi été très impactées. L'orage est arrivé vers 19h00 et en l'espace de 10 minutes les dégâts ont été importants. "On a  juste eu le temps de mettre les deux voitures au garage. Les grêlons étaient aussi gros que des balles de tennis. Les enfants ont eu peur" décrit Angélique Labbez-Jouillerot. Dans cette famille de Villers-Chief, l'orage a causé quelques dégradations "Un panneau solaire a été détérioré ainsi que la cabane du jardin et quelques tuiles" précise Angélique Labbez-Jouillerot.

Vers 19h, l'orage s'est déplacé sur Laviron, Servin, Valonne, Clerval et l’Isle-sur-le-Doubs. 

Maîche et Saint-Hippolyte sous surveillance par Météo Franc-comtoise

La probabilité pour qu’un tel épisode de grêle se produise en Franche-Comté était minime. Mais la présence d’une super cellule, autrement dit un orage rotatif, a déclenché des orages de grêle qui ont pris naissance dans la vallée d’Ornans.

« Nous n’avions pas eu pareil situation depuis 2012 où les orages de grêle s’étaient étendus de Levier dans le Doubs jusque dans le Jura. Et à l’heure où je vous parle, je surveille une même super cellule au-dessus de Maîche et Saint-Hippolyte » prévient Ilyes Ghouil de Météo franc-comtoise. « L’orage de grêle d’hier est un phénomène rare qui a surpris tout le monde »

Toute la semaine prochaine, le temps sera orageux et nous ne serons pas à l’abri d’autres orages de grêle.

La vigilance orange de Météo-France toujours en cours ce dimanche

La Préfecture du Doubs prévient que les orages seront de retour dès le milieu de journée ce dimanche 20 juin par le sud sur la Bourgogne. Ils s'étenderont en tout début d'après-midi à la Franche-Comté. L'alerte orange reste active jusqu'à lundi 21 juin 6h, sur les quatre départements de Franche-Comté ainsi que la Côte d'Or, Saône-et-Loire et Nièvre.

© Météo-France

Météo Comtoise détaille un peu plus ce qui pourrait venir côté ciel ce dimanche après-midi.

À compter de 14-15h, de violents orages vont remonter de l’Ain et de la Saône-et-Loire, direction les Vosges pour 16-17h.

C'est bien le Doubs, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort qui sont les plus exposés face à ces orages potentiellement dangereux… On attend à leur passage une forte activité électrique mais aussi :

Des pluies diluviennes

Des grêlons de 2 à 5cm de diamètre

Des vents jusqu’à 110km/h

Nettoyage du puits

Par Le 19/06/2021

On est arrivé dans notre nouvelle habitation le 16 mars et depuis, il ne s'est pas passé beaucoup de jours sans qu'on travaille au jardin.

4600 mètres carrés, ça occupe. 

On a lancé pas mal de zones de culture et il a fallu arroser pour amorcer tout ça.

On a un puits mais il était fermé par une dalle en béton. Impossible de connaître son état réel, la quantité d'eau et son réapprovisonnement au fil de nos pompages quasi journalier.

Depuis une semaine, on avait des soucis de désamorçage de la pompe et après avoir vérifié et revirifié tous les branchements, éliminé toutes les éventuelles entrées d'air, il a bien fallu se rendre à l'évidence que la visite dans le puits s'imposait. Nécessité de vérifier le niveau d'eau.

Un ami a découpé la dalle avec une disqueuse et a soulevé la chape avec le bras du tracteur. Et là, dès le premier coup d'oeil, on a bien vu que le niveau d'eau était très bas. Gros coup...

On savait que ce puits n'avait pas été utilisé. Sans doute deux ou trois décennies sans être pompé. Hors, on dit toujours que l'eau doit être tirée pour que le puits survive. Sinon, c'est l'envasement qui s'installe. L'eau n'a plus d'accès ou en tout cas pas en quantité. 

Il faut donc le curer, descendre au fond et enlever la vase, la boue, les déchets végétaux, tout ce qui s'est accumulé et qui finit par boucher les arrivées d'eau, qu'il s'agisse d'une source souterraine ou d'une nappe phréatique

Donc, je suis descendu. Le matériel de montagne a bien servi, corde, baudrier, descendeur et poignée jumar pour remonter. Je connaissais les dangers inhérents à la présence de gaz toxiques issus de la dégradation des végétaux. J'y suis allé sous la surveillance de deux amis et de Nathalie. Rien, aucun problème.

Vraiment, je suis fasciné par la qualité du travail de construction, pas une pierre qui bouge, sept mètres de profondeur, un emboîtement magique, des pierres de toutes formes, pas de ciment. Et tout est là, intact. Il faut imaginer la patience, la notion du temps qui ne compte pas, le travail doit être fait, et bien fait.

J'ai donc enlevé la vase, Nathalie remontait les seaux, un par un.

Au fond du puits, il y a un lit de pierres de toutes tailles, toutes recouvertes par la vase. J'ai trouvé deux "conduits" horizontaux qui étaient partiellement bouchés. J'ai enlevé la boue au plus loin que je pouvais. J'ai fini ce matin. 

Et à 16 heures, l'eau avait déjà remonté de vingt centimètres. On verra dans les prochains jours. 

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Changement climatique et phénomènes météorologiques

Par Le 18/06/2021

 

Allez, c'est parti. Les infos vont nous donner les derniers épisodes météorologiques d'ampleur et vont nous expliquer que c'est dû au "réchauffement climatique". Et certains diront que c'est  de la foutaise. Et d'autres diront que c'est la nature qui se "révolte" et d'autres diront que c'est un phénomène naturel et nullement anthropique, que la planète a déjà connu des périodes identiques et patati et patata et ça durera le temps de l'été et des diverses périodes de canicule et de sécheresse, et puis la Sibérie recommencera à brûler, à moins que ça soit la Californie ou l'Australie ou on nous annoncera que la calotte du Groenland ne parviendrait même plus à refroidir les pastis de la région Paca et que les glaciers de l'Himalaya fondent si vite qu l'Everest finira par se faire en bermuda etc etc etc...

Année après année.

Et les gouvernements se réjouissent du retour de la croissance avec la baisse de l'épidémie de Covid.

On n'aura rien appris, rien retiré, rien n'aura changé, on en est toujours au même point. Les adeptes de "l'écomodernisme" présentent leurs dernières idées et cherchent des financements qu'ils obtiendront assurément. 

Et nous, ici, on ausculte le ciel, on lit les prévisions météorologiques, jour après jour, avec la peur au ventre de la survenue d'orages de grêle et on se dit que tous les gens qui vivent de la production de leurs champs ne doivent pas dormir beaucoup.

L'article suivant a un an. Je ne serais aucunement surpris d'en voir un quasiment similaire apparaître sous peu. 

Réchauffement climatique et phénomène météo exceptionnel : décryptage de la canicule en Sibérie

11 août 2020, 22:11 CEST

https://theconversation.com/rechauffement-climatique-et-phenomene-meteo-exceptionnel-decryptage-de-la-canicule-en-siberie-144252

 

Auteurs

Directrice de recherche au CNRS, laboratoire LATMOS, Institut Pierre Simon Laplace (IPSL), Sorbonne Université

Ingénieure de recherche en chimie atmosphérique, Sorbonne Université

Chargée de recherche CNRS, Sorbonne Université

Déclaration d’intérêts

Cathy Clerbaux a reçu des financements du CNES (Centre d’études spatiales, France) et du programme européen H2020 (ERC-advanced IASI-FT) pour financer les travaux de recherche de son équipe.

Maya George et Sarah Safieddine ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

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Image des feux (indiqués par des points rouges) et des fumées au-dessus de la Sibérie capturée par l’instrument satellite MODIS, le 1er juillet 2020. Nasa

 

20 juin 2020 : la température atteint 38 °C à Verkhoïansk, une ville russe située au nord du cercle polaire arctique. Cette petite cité est également réputée pour avoir connu l’une des plus basses températures jamais enregistrées sur Terre (hors Antarctique).

Ces derniers mois, d’autres vagues de chaleur exceptionnelles ont été rapportées dans une bonne partie de l’hémisphère Nord, suivies par des feux dévastateurs en Sibérie.

Plus de 3 millions d’observations quotidiennes

Notre équipe de recherche travaille depuis 15 ans sur les données fournies par la mission IASI ; ces informations permettent de suivre depuis l’espace à la fois l’évolution des températures et les épisodes de feux qui ravagent des régions entières.

Le sondeur atmosphérique IASI a été construit par le CNES dans les années 1990, et vole maintenant à bord des trois satellites météorologiques Metop. Le cœur de l’instrument est un spectromètre à transformée de Fourier ; il enregistre la radiation émise par la Terre et par l’atmosphère dans la gamme spectrale de l’infrarouge thermique.

L’instrument balaie en continu la surface de la Terre, et délivre un signal appelé « spectre atmosphérique », à partir duquel nous pouvons obtenir différents paramètres géophysiques – tels que la température à différentes altitudes et les concentrations des gaz qui se trouvent dans l’atmosphère.

Chaque jour, une antenne parabolique installée sur le toit de Sorbonne Université réceptionne les données envoyées par le satellite et déverse en quasi temps réel (deux heures après le passage du satellite au plus tard) 3,6 millions d’observations (soit 45 Gb de données) que nous analysons à l’aide de programmes informatiques automatisés.

Un exemple de spectre IASI enregistré au-dessus de la Sibérie (longitude 151.82°E ; latitude 66.16°N), le 28 juin 2020 vers 11 heures du matin (heure locale). Chaque spectre contient les signatures d’une série de molécules, et des informations sur la température à l’endroit de la mesure. Les carrés indiquent les régions spectrales utilisées pour mesurer la température (en surface et en altitude, en bleu) et le monoxyde de carbone issu des feux (en rouge). Maya George/Latmos, CC BY-NC-ND

Sur la trace des gaz présents dans l’atmosphère

Les spectres IASI permettent ainsi de cartographier les concentrations des gaz au quotidien, mais aussi de fournir des alertes quand les événements sortent de la norme : températures exceptionnelles, éruptions volcaniques, épisodes de pollution, grands feux, etc.

À partir des spectres, le paramètre le plus facile à mesurer concerne la « skin température », à savoir la température qu’on mesurerait si on enfonçait un thermomètre dans le sol à l’endroit de la mesure. On l’obtient en analysant les régions du spectre où aucun gaz n’absorbe la radiation infrarouge.

Pour obtenir la température plus haut dans l’atmosphère, nous utilisons la région spectrale dans laquelle le CO2 absorbe la radiation. Pourquoi ? Parce que ce gaz est stable et il reste très longtemps (plus de 100 ans) dans l’atmosphère. Ce qui est problématique vis-à-vis de son impact sur le climat mais nous permet toutefois d’obtenir une estimation de la température à différentes altitudes ; sachant que le signal mesuré par le satellite fluctue en fonction de 3 paramètres : la température, la pression atmosphérique (qui est un bon indicateur de l’altitude) et la concentration du gaz à l’endroit de la mesure.

L’analyse des spectres permet aussi de suivre facilement les gaz qui sont émis par les incendies et transportés par les vents. Selon le type de combustible, différents gaz vont être émis ; mais il existe un traceur de combustion toujours présent, le monoxyde de carbone (CO). Présent en quantité importante dans les fumées de tous les feux, on l’observe facilement dans les spectres IASI, avec d’autres gaz représentatifs du type de végétation qui brûle.

Mesure des anomalies de températures (en degrés Celsius) au sol et à 5 km d’altitude, dérivée des données IASI. Pour obtenir les anomalies, les cartes de température en 2020 sont comparées à la moyenne des 3 années qui précèdent. On voit bien la hausse des températures (en rouge) au-dessus de la Russie en mai ; et au-dessus des pays scandinaves et de la Sibérie en juin. Marie Bouillon/Latmos, CC BY-NC-ND

Pourquoi des températures si élevées en Sibérie ?

Aux moyennes latitudes de l’hémisphère Nord, les fronts météorologiques de haute et basse pression se déplacent généralement d’ouest en est. Ils sont entraînés par « le courant-jet », un vent rapide situé en altitude. Ce système est en mouvement et, en général, les épisodes de basse pression qui apportent du temps nuageux, venteux et potentiellement humide, chassent les épisodes de haute pression et vice-versa.

Il arrive cependant que des systèmes météorologiques restent bloqués pendant une longue période. De tels systèmes conduisent à des canicules et de la sécheresse en été, du froid glacial en hiver.

Lorsqu’un système de haute pression se trouve sur son chemin, le système de basse pression est soit dévié, soit reste lui aussi sur place. Ainsi, le temps agréable en Europe au printemps dernier fut le résultat d’un phénomène météorologique bloquant : le courant-jet s’est déformé et déplacé vers le nord, permettant à des zones successives de haute pression de dominer.

Ces systèmes de blocages expliquent notamment les grands épisodes de canicules : les étés 1976 et 2003 en Europe ; les vagues de chaleur avec incendies de forêt à l’été 2010 en Russie, l’été 2013 en Sibérie, en 2019-2020 en Australie ; l’hiver très rigoureux de 2009-2010 en Europe.

Dans certaines régions du monde, de tels blocages se produisent plus fréquemment.

À gauche : illustration d’un système météorologique bloquant au-dessus de l’Amérique du Nord. À droite : illustration d’un « bloc Oméga » au-dessus du Royaume-Uni. Science History Images/Alamy Stock Photo/Met Office

Des phénomènes de blocages

Si plusieurs mécanismes entrent en jeu pour expliquer la formation de ces phénomènes météorologiques bloquants, les météorologues s’accordent sur le fait que les ondes planétaires – ou « ondes de Rossby » – sont impliquées.

Ces ondes correspondent à des mouvements ondulatoires de la circulation atmosphérique ; ils se forment de manière naturelle, car la Terre tourne. Le blocage peut se produire lorsque les ondes de Rossby s’amplifient et/ou se brisent, ce qui ralentit la progression d’est en ouest des systèmes météorologiques, rendant les conditions plus stables.

Un anticyclone de blocage peut être associé à un « bloc Oméga », appelé ainsi parce qu’il ressemble à la lettre majuscule oméga (Ω) de l’alphabet grec ; dans ce cas, les zones alternées de haute et de basse pression se forment respectivement dans les pics et les creux des ondes de Rossby.

Les conditions météorologiques inhabituelles qui ont prévalu autour du cercle polaire arctique sont donc liées à la persistance d’un épisode de système anticyclonique « bloquant » haut en altitude, comme observé par l’instrument IASI.

Ces dernières semaines, trois dômes anticycloniques chauds en altitude ont été observés sur la Sibérie orientale, la Scandinavie et le Nord canadien. Entre ces trois pôles chauds, bien identifiés, s’intercalent des « blocages froids d’altitude », notamment en Sibérie occidentale, vers l’Alaska et sur l’Atlantique Nord.

Feux de tourbières et toundras

Les températures anormalement élevées en Sibérie et la sécheresse qui a suivi ont déclenché d’immenses incendies, principalement dans l’Est sibérien. L’agence russe de gestion des feux de forêt (Aviales) a rapporté que, début juillet, 3,4 millions d’hectares (soit plus que la superficie de la Belgique) avaient déjà brûlé dans des zones inaccessibles.

Dans ces contrées inhabitées, les feux incontrôlés ont dégagé énormément de fumées, bien visibles sur les photos satellites, car la végétation qui se consume est composée de tourbières et de toundras qui génèrent davantage de fumées. Ces combustibles émettent également davantage de composés carbonés, dont le monoxyde de carbone qu’on surveille aisément avec l’instrument IASI.

Monoxyde de carbone mesuré par l’instrument IASI à bord du satellite Metop, entre le 20 et le 30 juin 2020. En mauve, on observe des concentrations élevées de CO dans les fumées des grands feux en Sibérie (combustion de la végétation) ainsi que via la pollution émise au-dessus de la Chine (combustion de fuels fossiles). Sarah Safieddine/LATMOS, CC BY-NC-ND

Les estimations du service de surveillance européen de l’atmosphère Copernicus indiquent qu’en juin 2020, 59 mégatonnes de CO₂ auraient été libérées dans l’atmosphère.

Après les incendies australiens, 2020 restera comme une année intense en matière de feux violents.

Glace de mer et pergélisol

L’Arctique se réchauffe plus de deux fois plus vite que la moyenne de la surface du globe. Ce phénomène est connu sous le nom d’« amplification arctique ».

Il s’explique en partie par la perte rapide de la couverture de glace de mer dans cette région : lorsque la glace diminue, l’énergie du soleil qui aurait été réfléchie par la glace blanche et brillante est absorbée par l’océan, ce qui provoque un réchauffement supplémentaire.

Cette année, début juillet, les mesures de l’étendue de glace dans la mer de Laptev montrent en effet une diminution exceptionnelle.

Évolution saisonnière de l’étendue de la glace de mer (en millions de kilomètres carrés) entre 1979 et 2020. Zach Labé/Colorado State University

Une des craintes associées au réchauffement climatique, en particulier dans l’Arctique, concerne le dégel du pergélisol (permafrost en anglais). Lorsque ce dernier se réchauffe, le sol dégèle, l’activité microbienne augmente et relâche du méthane et du CO2 – deux gaz à effet de serre.

Les scientifiques estiment que 1500 milliards de tonnes de carbone sont ainsi stockées dans les sols gelés, c’est-à-dire deux fois plus que dans l’atmosphère et cinq fois plus que ce qui a été émis par toutes les activités humaines depuis 1850 !

Alors que les émissions du pergélisol représentent moins de 1 % des émissions mondiales de méthane, sa fonte progressive et la formation de nouveaux lacs pourraient entraîner la libération progressive du méthane dans l’atmosphère.

Près d’un quart des terres libres de glace dans l’hémisphère Nord sont recouvertes de pergélisol (données du National Snow and Ice Data Center). NASA

Des scientifiques ont cartographié plus de 150 000 cavités qui relâchent du méthane près des limites du pergélisol en dégel et des glaciers en recul. Elles apparaissent sous forme de trous dans les lacs et les rivières gelés qui bouillonnent de gaz ; ces phénomènes ont donné lieu à des images impressionnantes sur Internet, le gaz qui s’échappe pouvant s’embraser !

Jusqu’à présent, il y a peu de preuves que les émissions liées au dégel du pergélisol ont augmenté. Les réseaux de capteurs au sol et les satellites n’ont rien détecté d’inhabituel. En revanche, en Amérique du Nord comme en Sibérie, l’accélération d’effondrements de terrain dans le pergélisol suggère que le dégel n’est pas nécessairement un processus linéaire et graduel.

Par ailleurs, les émissions issues de l’extraction d’hydrocarbures progressent et constituent la deuxième grande source de méthane dans l’Arctique. La région représente un quart des émissions mondiales de méthane liées à l’exploitation du pétrole et du gaz. Au vu des estimations actuelles, le risque d’un relargage massif et brutal de méthane paraît donc relativement faible, mais le scénario d’une augmentation progressive des émissions est vraisemblable.

Selon le dernier rapport du GIEC, consacré à l’océan et la cryosphère, les émissions du pergélisol sont susceptibles d’entraîner un réchauffement supplémentaire de ~0,1 à 0,5 °C d’ici 2100, selon que les émissions des gaz à effet de serre sont régulées ou non.

Le rôle du réchauffement climatique

Suite à cette canicule exceptionnelle qui a touché la Sibérie, une équipe internationale de scientifiques, réunis au sein du réseau « World Weather Attribution », a étudié l’influence potentielle du changement climatique sur cet épisode.

Les chercheurs ont analysé deux aspects fondamentaux de cette vague de chaleur. Tout d’abord, ils ont examiné les températures moyennes dans une large zone couvrant la Sibérie. Sur la période de six mois, s’étendant de janvier à juin, les températures dans cette zone ont été supérieures de plus de 5 °C à la moyenne (et de 10 °C pour le seul mois de juin). Sans changement climatique, l’analyse montre que des températures moyennes aussi extrêmes sur six mois en Sibérie n’arriveraient que… tous les 80 000 ans environ !

Ils se sont ensuite penchés sur ce record de température de 38 °C rapporté le 20 juin dans la station météorologique de Verkhoïansk, analysant les températures maximales quotidiennes pour le mois de juin dans cette ville. Dans les deux cas, ils ont constaté que cet événement aurait effectivement été impossible sans le changement climatique, qui a multiplié par au moins 600 les risques de chaleur prolongée dans cette partie du globe.

La canicule exceptionnelle observée récemment dans tout le cercle arctique résulte ainsi de la combinaison d’un phénomène météorologique exceptionnel (avec l’interruption de la circulation atmosphérique zonale) sur fond de réchauffement climatique, le tout exacerbé par la présence de feux incontrôlés et de la glace qui fond et ne réverbère plus la radiation solaire. Un cocktail éminemment dangereux.

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Jennifer Gallé

Cheffe de rubrique Environnement + Énergie

André GORZ

Par Le 15/06/2021

Le genre d'homme qu'il aurait fallu écouter, le genre d'idées qu'il aurait fallu appliquer. 

André Gorz, cet écolo socialiste qui voulait libérer le temps

André Gorz, cet écolo socialiste qui voulait libérer le temps

Françoise Gollain ravive la brillante actualité de la pensée d’André Gorz pour une société écosocialiste. Aux impasses de la gauche réformiste et productiviste, elle rappelle que la baisse radicale du temps de travail et le revenu universel défendus par le penseur sont « des instruments vers l’expansion de l’autonomie » face au capitalisme.

Françoise Gollain est docteure en sociologie et retraitée de l’enseignement supérieur. Elle vient de publier André Gorz & l’écosocialisme (2021, éd. Le Passager clandestin).

Reporterre - Vous avez bien connu André Gorz ?
Françoise Gollain - Oui, c’était un ami. À 19 ans, j’ai d’abord découvert le journaliste : ses articles étaient les premiers sur lesquels je sautais dans Le Nouvel Observateur [
1] – ils sont peu nombreux encore aujourd’hui à développer des idées aussi radicales ! Et puis je l’ai rencontré quand je finissais ma thèse publiée en 2000 sous le titre Une critique du travail. Entre écologie et socialisme. Je n’étais pas encore diplômée, mais il m’a prise au sérieux tout de suite.

Gorz ne raisonnait vraiment pas en termes de réussite matérielle, ni de statut social. Lui-même n’était pas un philosophe officiel, d’ailleurs : il n’avait qu’un diplôme d’ingénieur chimiste, et était simplement disciple et ami de Sartre. Son activité intellectuelle, qu’il a menée assez fébrilement durant une cinquantaine d’années, provenait d’un intérêt sincère pour la manière dont les gens vivent. Ce qui l’intéressait, c’était d’élaborer une philosophie qui favorise l’accomplissement, par chacun, de sa propre liberté : contre l’impératif de profit, et contre l’État si nécessaire. L’écologie de Gorz est fondamentalement humaniste.


En 1972, il a été le premier à appeler à la « décroissance ». Dans quel contexte, et pourquoi ?

1972 est l’année durant laquelle a émergé une conscience écologique mondiale, avec plusieurs publications : le rapport Meadows, commandé par le Club de Rome, dont le titre français était « Halte à la croissance ». Et, moins connue du grand public, la lettre ouverte au président de la Commission européenne, de Sicco Mansholt, un homme d’État néerlandais qui remettait en cause l’orientation vers la croissance de ladite Commission.

En avril de la même année, Gorz a publié dans Le Nouvel Obs un article en défense de ces deux textes, particulièrement contre des critiques acerbes du journal l’Humanité. Pour lui, ces publications montraient que le capitalisme, qui exige le rendement et la croissance pour garantir des profits, n’est tout simplement pas compatible avec la survie de l’humanité. Conclusion : il faut engager l’économie dans une logique de décroissance.

Keep Cottage, une maison partagée habitée et gérée par des étudiants de l’université d’Oberlin (Ohio), aux États-Unis. André Gorz s’est très tôt intéressé à l’habitat partagé, qui permet beaucoup de possibilités de mutualisation (salles de télévision communes, jardins partagés, buanderies, ateliers de bricolage, etc.), et donc une socialité enrichie et une réduction des dépenses énergétiques. Wikimedia Commons / CC BY 3.0 / Pteranadons



Malgré 
les avertissements des scientifiques et les alertes, qui donnent raison à André Gorz sur la nécessité de réduire la consommation énergétique, le terme de « décroissance » reste marginal. Europe Écologie - Les Verts, par exemple, parle sur son site de « post-croissance ». Quelle en est la raison à votre avis ?

Je pense que ce mot de « décroissance » reste choquant dans un contexte qui continue à considérer que la croissance est la seule manière de satisfaire les besoins. Or Gorz a montré très tôt — dès 1964, dans Stratégie ouvrière et néo-capitalisme — que c’est plutôt l’inverse : c’est la croissance qui se nourrit des inégalités et de la frustration, en suscitant un désir infini de consommation.

Et puis on ne nous propose que la décroissance subie. Les gens la perçoivent donc comme une « condamnation à la médiocrité sans espoir », selon les termes de Gorz.



« Mieux, ce peut être moins », écrivait-il…

Oui, Gorz a montré comment une « décroissance productive », par opposition à la « croissance destructive » actuelle, pouvait à la fois enrichir la vie et préserver la planète. Œuvrer à la création d’une société post-capitaliste, c’est faire le choix de vivre mieux avec moins, en travaillant et en consommant moins, mais en s’impliquant davantage socialement.

La base, c’est que l’objectif ne doit plus être la production maximale. Cela constitue un projet politique de démocratie économique, qui implique une redéfinition collective et souveraine de nos besoins : que produisons-nous, comment, à quel prix — en termes de travail humain, de peine, mais aussi d’environnement ?

À partir de 1980, pour accompagner cette redéfinition des besoins, il a proposé une diminution planifiée du temps de travail, avec l’octroi d’un « revenu universel » découplé du temps de travail. Le but : libérer un temps croissant pour la poursuite d’activités qu’il appelle « autodéterminées » : donc hors-marché, individuelles, mais aussi coopératives. Un moyen de développer la sphère de l’autonomie, c’est-à-dire de favoriser la prise en main, par chacun, de sa propre vie, et l’implication dans la collectivité.

C’est cette société, dégagée des impératifs de l’accumulation et du gaspillage, et dans laquelle le salariat avait perdu sa centralité, qu’il appelait écosocialiste.


Cette libération du temps de travail devait, selon lui, s’accompagner d’une politique de l’expérimentation sociale. Qu’entendait-il par là ?

Gorz n’a jamais défendu le revenu universel en soi. Dans « De l’aptitude au temps libre », il écrit que le temps libéré sera celui de la consommation, de l’ennui ou de la frustration s’il n’y a pas une diversité de politiques pour accompagner sa mise en œuvre. C’est une dimension que ne mettent pas suffisamment en avant, je pense, les gens qui aujourd’hui font campagne pour la garantie du revenu.

Au-delà de la nécessité d’un changement d’imaginaire, pour parler comme Serge Latouche, il s’agissait pour lui de donner aux gens les moyens concrets de mettre en œuvre leur autonomie : du temps, donc, mais aussi de l’espace. Il avait été très frappé, lors des trois voyages qu’il fit aux États-Unis de 1969 à 1971, par l’organisation coopérative qu’il avait pu observer au sein de la contre-culture — qu’il s’agisse des gardes d’enfants, de l’alimentation, de l’énergie. Sur ce modèle, il suggère notamment une autre politique de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, qui encourage, au niveau le plus micro possible, la mutualisation dans tous les domaines : avec, par exemple, des bibliothèques d’outils pour favoriser, grâce à l’emprunt de ces derniers à très bas coût, la réparation des objets et la fabrication du superflu, selon les goûts et les désirs de chacun.

Pour Gorz, la « décroissance productive » doit s’accompagner d’une transformation culturelle. Le capitalisme, écrivait-il, a institué « le travail en tant qu’activité purement fonctionnelle, séparée de la vie, amputée de sa dimension culturelle et coupée du tissu des rapports humains ». Il s’agit de restaurer ces liens entre l’activité, la vie et la culture.


Gorz liait-il le revenu universel à l’obligation de ne pas dépasser un certain quota d’heures de travail ?

La question pour lui, c’est plutôt de ne pas être obligé d’effectuer sur une vie entière plus de dix à quinze ans en équivalent temps plein ! Au départ, il s’agissait de dissocier le montant du revenu de la durée du travail fourni individuellement. Puis, vers 1995, Gorz s’est aperçu que cette formule n’était déjà plus pertinente, avec la montée de la précarité et de l’extrême discontinuité de l’emploi (et donc du revenu) pour beaucoup. Il proposa alors de dissocier le revenu de l’emploi lui-même.


Comment imaginait-il d’inscrire l’autolimitation énergétique dans la société ?

En mutualisant le plus possible les fonctions essentielles, et en sollicitant l’imagination collective. À ce propos, il s’est très tôt intéressé à l’habitat partagé, un antidote à ses yeux aux cages à lapins où le couple familial est délié des autres habitants. Il proposait d’y créer des salles de télévision, des buanderies, des jardins, des ateliers de bricolage communs, etc., pour engendrer une autre socialité et une réduction de la consommation.



Finalement, son but n’était-il pas de redonner chair au désir d’émancipation des travailleurs ?

Si, parce que Gorz était fondamentalement marxiste. Pour lui, la révélation de la menace que fait peser le capitalisme sur les ressources naturelles était d’abord une possibilité nouvelle de motiver sa subversion — et cela dès « Pour un bon usage du Mansholt », un texte de 1972 [2].

C’est une des dimensions de la singularité de sa perspective décroissante, l’articulation entre une critique écologique radicale et un socialisme associatif, qui renouerait avec l’aspiration initiale des mouvements ouvriers d’un contrôle sur la production et la consommation.


Il était par ailleurs très critique envers l’imaginaire de la gauche officielle…

Gorz s’intéressait au Marx passionné par le développement des individualités, pas à ses textes marqués par le productivisme. Il ne croyait pas au credo marxiste de l’émancipation par le travail et, très tôt, a dénoncé cette vision d’un prolétariat comme classe révolutionnaire prédestinée. Il pensait que c’était les gens réels qui devaient vouloir leur émancipation, et en créer les modalités.

Dans un de ses derniers textes, il regrette « la complicité structurelle entre le travailleur et le capitalisme », favorisée par les syndicats qui demandent le partage du gâteau sans remettre en question son augmentation par la croissance.


Quelle part Gorz donne-t-il à l’État dans le processus de rationalisation des besoins et de libération du temps ?

Au départ, il pensait qu’une réduction massive du temps de travail ne peut être réalisée qu’au moyen d’une planification étatique. Mais en considérant que ce processus de démarchandisation de l’existence doit se fonder sur une société civile active, qui tarabuste l’État.

À partir de 1997, il a proposé une version plus radicale encore de l’écosocialisme : une reconnexion entre production et consommation. C’est le moment où il se disait proche du municipalisme libertaire de Murray Bookchin. Il imagina alors une gestion coopérative et décentralisée de la production, donc sa relocalisation, grâce à un usage subversif du numérique — logiciels libres, fablabs, hackers…


Aujourd’hui, dans un contexte néolibéral où l’État perd sa fonction régulatrice, comment la population pourrait-elle envisager une réorientation de la production ?

Il faut qu’elle redevienne très active. Gorz écrivait dans une période où il y avait des mouvements importants dans la société civile — c’était l’après-68 —, et il comptait beaucoup sur les résistances au travail, les mouvances écologiques, mais aussi féministes, qui questionnaient l’idéologie du travail, le rapport à la nature, le productivisme et l’hyperconsommation, pour contraindre les instances régulatrices, étatiques en particulier, à une réorientation.

On peut avoir des doutes là-dessus aujourd’hui. En même temps, on est peut-être dans un creux de l’Histoire, un creux de la vague, mais ça ne veut pas dire qu’on n’aura pas une autre vague à un moment donné. Gorz pensait comme Sartre qu’il y a chez tout individu, même dans une situation très contrainte, une aptitude foncière à la liberté. Il avait vu beaucoup de mouvements de grève pour « changer la vie », c’est ce qui le rendait optimiste.

Le ciel de Picardie. Le « temps libéré » n’est pas le temps des loisirs marchands, mais celui qui permet de vivre « la présence désintéressée à l’être dans la vibration de l’instant » - André Gorz. © Catherine Marin/Reporterre



Pour la présidentielle de 2022, La France insoumise annonce vouloir 
« aller vers les 32 heures et la semaine de quatre jours ». EELV, en l’occurrence la maire de Poitiers Léonore Moncond’huy, soutient que la libération du temps de travail doit s’inscrire dans « une politique sociale de vacances, d’accès aux loisirs pour toutes et tous »… Qu’aurait pensé Gorz de ces approches de la libération du temps de travail ?

Pour Gorz, les deux mesures, la réduction du temps de travail et, plus fortement à partir de 1997, le revenu inconditionnel d’existence, ne sont que des « instruments » vers l’expansion de l’autonomie. Il ne s’agit absolument pas pour lui de favoriser la société des loisirs. Parce que le temps du loisir, ça peut n’être qu’un temps de la consommation marchande. Il ne contrevient pas au fonctionnement de la société capitaliste, qui nous modèle en tant que travailleurs-consommateurs : on gagne avec son travail les moyens de consommer pendant son temps libre. Mais c’est un « temps libre », pas un « temps libéré ».

Personnellement, je suis contente que La France insoumise propose une mesure de réduction du temps de travail. Chez Gorz, on est néanmoins dans un projet beaucoup plus large, même s’il paraît utopique. Mais il acceptait le terme d’« utopie », car l’utopie est ce qui permet de regarder la réalité présente et de l’interroger de manière radicale.
 

André Gorz et l’écosocialisme de Françoise Gollin, aux éditions Le passager clandestin, janvier 2021, 128 p., 10 €.

C’est maintenant que tout se joue…

L'ikigaï

Par Le 13/06/2021

 

L'Ikigai reste une méthode "exotique" (sans vouloir être péjoratif) dont l'objectif consiste à "réussir" à être heureux. Le problème à mon sens est d'ordre dialectique et est entaché par les pressions que l'individu occidental rencontre dans son parcours. Le mot "réussite" a dans nos sociétés occidentales une portée très pesante parce qu'elle est associée à l'idée de l'échec. 

Il faut "réussir à l'école, "réussir" en amour, "réussir" professionnellement, "réussir" socialement, "réussir" à être en bonne santé, "réussir" à être beau ou belle etc etc etc. Le terme finit par contenir une connotation négative dès lors que les "résultats" ne suivent pas. C'est le terme d'échec qui du coup prend la relève.

L'Ikigai n'a pas d'autre objectif que de réussir à être heureux. Le terme de réussite ne devrait pas être associé à la pression, c'est surtout ça le problème. Ne pas réussir, c'est l'opportunité d'apprendre. L'échec n'existe pas en lui-même. Le problème est d'ordre émotionnel.

"Dans chaque épreuve, ne cherchez pas l'adversaire ; cherchez l'enseignement." Mikao Isui.

La différence entre l'Occident et l'Orient, c'est la douceur, l'acceptation, la qualité de vie intérieure. Cette qualité n'est pas ici. Elle est à apprendre et pour cela il faut désapprendre ce que la société occidentale enseigne. Se vider pour mieux se remplir.

J'ai tellement entendu les enfants de mes classes parler de "réussite" ou "d'échec" qu'il a bien fallu que je réfléchisse sur le concept. Et au-delà du concept, c'est surtout un conditionnement dont il s'agit.

 Stefano Ttitsipas vient de perdre en finale de Roland Garros. Est-ce un échec ? Oui, pour lui, sur l'instant, c'en est un. Mais demain, il s'agira d'un enseignement. C'est là toute la différence entre l'individu "lambda", c'est à dire nous, et les sportifs professionnels ou en tout cas, ceux qui œuvrent à la plus grande des carrières sportives.

Il s'agit donc d'accueillir la déception, voire la détresse pour la convertir en énergie vers le progrès, l'amélioration, une performance encore plus grande. C'est ce qu'il y a de plus puissant dans la compétition. La connaissance intérieure. Et il n'y a que ceux ou celles qui s'astreignent à cette exploration qui deviennent les sportifs les plus grands, ceux dont le souvenir devient impérissable.

Mais nous ne sommes pas des sportifs professionnels ^^ Nous sommes même des amateurs au regard de la compréhension de l'existence. Notre "réussite" passe par l'acceptation pleine et entière des moments de détresse associés à "l'échec" tout comme des moments de joie associés à la "réussite". Il ne s'agit que de la puissance des émotions. C'est nous qui modelons la réalité de l'instant, qui lui apportons ce qu'il ne contient pas en lui-même. La réalité n'est que la réalité. L'émotion en est son apparat, sombre ou lumineux. Mais cet apparat, nous en sommes responsables. La réalité n'y est pour rien. L'ikigaï, à mes yeux, est un mode de pensée et d'agir qui apporte la douceur et la bienveillance dans l'interprétation de la réalité. C'est l'observation de soi à travers l'événement. Et la meilleure chose à faire, que tout ça relève de la peine ou de la joie, c'est d'en rire. Et c'est de ce rire que viendra la douceur. 

 

Ikigaï – la méthode pour redonner du sens à son quotidien

 

https://organisologie.com/ikigai/

 

Trouver sa vocation

Vous en avez assez de votre boulot ?

Vous aimeriez vous sentir plus investi et heureux dans votre travail au quotidien ?

Dans cet article, découvrez l’ikigaï, et comment il peut vous aider à devenir plus épanoui au travail.

Cet article a été écrit par Isis, du blog LesNouveauxTravailleurs.fr

Ce que vous allez découvrir

Qu'est-ce que l'ikigaï?

Voici comment trouver votre ikigaï

Étape 1 : Identifier son ikigaï

Étape 2 : Retranscrire l’ikigaï dans son travail

Qu'est-ce que l'ikigaï?

L’ikigaï, une philosophie japonaise du bonheur

Sur l’île d’Okinawa au Japon, les centenaires sont nombreux. Leur secret ? Bien manger, un peu d’exercice et.... l’ikigaï.

En français, “ikigaï” pourrait se traduire par “ce qui nous donne envie de nous lever le matin”. C’est savoir pourquoi on se lève le matin, donner du sens à son quotidien.

Les centenaires d’Okinawa vivent vieux parce que leur vie a un sens, qu’ils savent pourquoi ils se lèvent le matin, et que ça leur donne envie de vivre.

L’ikigaï, un état d’esprit du quotidien

Ken Mogi est un neuroscientifique japonais et auteur de centaines de livres. Dans son livre “Le petit livre de l’ikigaï : la méthode japonaise pour trouver un sens à sa vie”, il explique que l’ikigaï se compose de 5 piliers, que l’on peut mettre en place dans son quotidien :

Pilier 1 : Commencer petit

Pilier 2 : Se libérer soi-même

Pilier 3 : Harmonie et Durabilité

Pilier 4 : La joie des petites choses

Pilier 5 : Être ici et maintenant

L’ikigaï dans le travail
 

En Occident, l’ikigaï a été représenté par une rosace à 4 composantes : 

Ce que j’aime ;

Ce pour quoi je suis doué(e) ;

Ce dont le monde a besoin ;

Ce pour quoi je peux être payé(e). 

Trouver son ikigaï

L’ikigaï se trouve à la jonction de ces 4 composantes. Comme il est question de rémunération (“ce pour quoi je peux être payé(e)”), cela veut dire que, idéalement, l’ikigaï est lié à son travail. 

Finalement, trouver son ikigaï....

c’est trouver un travail qui nous plaît (“ce que j’aime”),

dans lequel on peut exprimer son potentiel (“ce pour quoi je suis doué(e)”),

contribuer à quelque chose qui a du sens pour nous (“ce dont le monde a besoin”),

et qui nous rémunère convenablement (“ce pour quoi je peux être payé(e)”).

Dis autrement, c’est en réunissant ces quatre composantes que notre travail peut être épanouissant.

Voici comment trouver votre ikigaï

Comment trouver un travail qui réunit tous ces aspects ? En se posant des questions sur les différents aspects qu’on veut retrouver.

Puis en trouvant des métiers ou emplois compatibles.

Étape 1 : Identifier son ikigaï

Étape 1.1 : Identifier vos activités-passion

Ikigai ce que j'aime

Pour la composante “ce que j’aime”, il y a deux types de “passions” à explorer :

Les “activités-passions”, soit ce qu’on adore faire et qu’on aimerait retrouver dans son quotidien au travail ;

Les “passions sujets”, soit les causes et thématiques qui nous tiennent à coeur et pour lesquelles on aimerait contribuer via notre travail. Nous verrons cette deuxième passion dans l’étape 1.3.

Comment identifier ses activités-passion ?

Voici 3 pistes :

Exercice 1 : Journal de Flow

Le Flow est un état dans lequel on est tellement absorbé par ce qu’on fait qu’on en oublie le monde autour de soi. Le Flow est possible avec des activités que l’on aime bien, et est facteur de bonheur, d’après une étude du psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi.

Dans les prochains jours, essayez de repérer les activités qui vous font rentrer dans le Flow, que ce soit dans la vie professionnelle ou la vie personnelle.

Attention, il doit s’agir d’activités non passives (pas de télévision, scroll sur les réseaux sociaux)... Pensez à tenir un journal quotidien.

Exercice 2 : Les activités que j’aime faire

Vous pouvez également, tout simplement, noter les activités que vous aimez faire, qui vous procurent du plaisir, de l’énergie, vous amusent, vous font vous sentir vivants. Ce n’est pas grave si elles ne vous font pas entrer dans le flow.

Exercice 3 : Que feriez-vous si vous n’aviez plus besoin de gagner d’argent ?

Comme nous avons besoin d’argent pour subvenir à nos besoins, nous avons tendance à ne pas oser rêver à ce que nous ferions si nous n’avions plus besoin de gagner notre vie.

Pourtant, ces rêves-là cachent souvent ce que nous avons vraiment envie de faire. Et on peut y trouver une source d’inspiration pour notre “travail de rêve”.

Alors à vous : comment occuperiez-vous vos journées si vous aviez tout l’argent nécessaire et n’aviez plus besoin d’un emploi pour gagner cet argent ?

Une fois ces exercices faits, faites la synthèse : listez les activités que vous aimez et que vous aimeriez pouvoir faire au quotidien. Cette liste sera votre terreau pour trouver un travail que vous appréciez au quotidien.

Étape 1.2 : Identifier vos talents

Ikigai ce pour quoi je suis doué

Pour la composante “ce pour quoi je suis doué(e)”, nous allons chercher vos “talents”, c’est-à-dire les choses que vous faites naturellement bien.

Souvent, nous ne sommes même pas conscients de nos talents, car, pour nous, c’est “normal”. Mais ce n’est en réalité pas “normal” pour d’autres.

C’est pourquoi, pour trouver vos talents, vous pouvez :

Lister les talents auxquels vous pensez : que faites-vous naturellement bien ? Repensez à des situations de votre vie professionnelle, mais aussi personnelle. Par exemple, quand j’avais cherché mon ikigaï, j’avais noté qu’un de mes talents était de “Prendre une large masse d’informations et la synthétiser pour l’expliquer” (ce qui paraît logique avec le choix du blogging ensuite).

Demander à des personnes de votre entourage de vous dire ce que vous faites naturellement bien.

Rassemblez vos talents en une seule et même liste. 

Parmi eux, lesquels vous procurent du plaisir et aimeriez-vous utiliser dans votre activité professionnelle au quotidien, si c’était possible ?
 

Étape 1.3 : Identifier votre utilité pour la société

Ikigai ce dont le monde a besoin

Pour la composante “ce dont le monde a besoin”, le but est de trouver une cause ou thématique qui nous tient à coeur. Par exemple, quand j’ai cherché qui je voulais aider via mon blog et quelle cause me tenait à coeur, j’ai écrit “Aider chacun à devenir plus épanoui au travail”.

Vous voyez qu’une “cause” n’a pas besoin de sauver le monde de la misère et la guerre. Le tout est de trouver quelque chose qui nous tient vraiment à coeur et qui nous donne envie d’apporter notre pierre à l’édifice.

Voici quelques pistes pour trouver ces causes qui vous tiennent à coeur :

De quel sujet pourriez-vous parler toute la nuit parce que ça vous passionne ?

Quelle situation vous révolte ou vous attriste profondément ?

De quoi parlent les livres que vous lisez, les magazines, les conférences auxquelles vous assistez ?

Dès qu’un sujet attire votre curiosité et que vous avez envie d’en savoir plus, notez-le.

Une fois ces pistes identifiées, raisonnez en termes de personnes à aider. Car, une entreprise, ce n’est ni plus ni moins qu’un service qui répond au besoin de quelqu’un, qui aide une certaine catégorie de personnes.

Qui avez-vous envie d’aider ? Les parents, les enfants, les personnes âgées, les petites entreprises ? À résoudre quel problème ?
 

Étape 1.4 : Identifier votre mode de vie de rêve

Ikigai ce pour quoi je suis payé

Voici une composante non incluse dans l’ikigai, mais que je trouve personnellement importante à considérer quand on réfléchit à sa vie professionnelle idéale : le mode de vie que l’on souhaite vivre.

Souhaitez-vous vivre dans une ville dynamique ?

Voyager six mois par an ?

Être libre de choisir vos horaires ?

Pouvoir amener vos enfants à l’école ?

Personnellement, c’est cet aspect qui m’a fait changer de voie professionnelle : j’ai souhaité être indépendante financièrement et pouvoir voyager au moins six mois par an. C’est pour ça que je suis devenue blogueuse.

Étape 1.5 : Identifier vos valeurs

Autre composante non présente dans l’ikigaï, mais essentielle à mon sens pour faire un travail dans les termes qui nous conviennent : ses valeurs.

Les valeurs, c’est ce qui explique qu’on veut fonctionner d’une façon plutôt qu’une autre. 

Et c’est une des choses les plus ancrées en nous. Si on travaille en allant contre nos valeurs, on peut expérimenter des conflits internes, difficiles à vivre psychologiquement. J’en ai vécu un dans un de mes stages et j’en ai pleuré pendant trois mois.

Une valeur existe en opposition à une autre. Par exemple, si ma valeur est “l’audace”, je vais probablement tenter plein de choses dans mon quotidien professionnel, quitte à me tromper et faire des erreurs.

La valeur inverse serait la “prudence”. Avec cette valeur-là, j’aurai tendance à bien peser le pour et le contre avant de prendre une décision.

Pour trouver vos valeurs, partez de situations qui vous ont énervé ou fait sentir mal à l’aise dans votre travail. 

Demandez-vous pourquoi cette situation vous a causé une émotion négative.

Qu’auriez-vous aimé avoir à la place ?

Quel besoin n’a pas été satisfait ?

Puis demandez-vous quelle valeur peut se cacher derrière tout ça.

Étape 1.6 : Identifier votre revenu idéal

Enfin, dernière composante de l’ikigaï : le revenu. Vous avez probablement déjà une idée de votre revenu idéal. Mais vous pouvez quand même vous pose la question suivante : 

Pourquoi est-ce important pour vous de gagner cette somme ? 

Que comptez-vous faire de cet argent ?

Cette question du revenu est d’autant plus importante quand on compte devenir indépendant, car elle influence le modèle économique et les prix que l’on choisit.

Étape 2 : Retranscrire l’ikigaï dans son travail

Dans toute la première partie, nous avons exploré ce qui était important pour vous. Passons maintenant à la partie concrète : comment trouve-t-on un travail qui correspond à son ikigaï ?

Étape 2.1 : Redonner du sens à son activité actuelle

Si vous êtes actuellement en poste et n’appréciez plus votre travail, commencez par vous demander en quoi votre travail actuel correspond à votre ikigaï :

Cause : Vous permet-il, d’une certaine manière, d’oeuvrer à la cause qui vous tient à coeur ? Si ce n’est pas le cas, pourriez-vous demander un petit changement qui le permettrait ? (par exemple, traiter avec des clients du secteur de la santé plutôt que du secteur informatique, si votre cause est “la santé”) 
 

Activités-passion : Ce que vous faites au quotidien correspond-il à ce que vous aimez ? Comment pourriez-vous intégrer davantage de ces activités-passion dans votre quotidien ?
 

Talents : avez-vous l’opportunité d’exprimer vos talents ? Comment pourriez-vous les utiliser davantage ? Pourriez-vous faire évoluer votre poste ?
 

Valeurs : L’entreprise dans laquelle vous êtes partage-t-elle vos valeurs ? Si ce n’est pas le cas, pouvez-vous envisager de changer d’entreprise 
 

Mode de vie : Votre entreprise vous permet-elle de vivre le mode de vie dont vous rêvez vraiment ? Valorisez-vous plus la sécurité et la constance du salariat ou l’aventure et la liberté de l’indépendance ?

Étape 2.2 : Changer : salarié ou indépendant ?

Nous venons d’introduire l’idée avec la question sur le mode de vie. À mon sens, la première question à se poser quand on n’est pas bien dans son boulot et qu’on envisage de changer est : est-ce que je souhaite rester salarié(e) ou j’aimerais devenir indépendant(e) ?

Est-ce que j’ai l’impression que j’aurais des regrets si je quittais le salariat ?

Certaines personnes ont aussi envie d’une situation hybride : un CDI à temps partiel, et une activité indépendante le reste du temps.

Étape 2.3a : salarié : identifier une nouvelle entreprise

Si la réponse est que vous souhaitez rester dans le salariat, mais que vous sentez que vous ne vous épanouirez pas dans votre entreprise actuelle, il est temps d’identifier une nouvelle entreprise. Faites la liste de ce que vous aimeriez obtenir dans votre nouvelle entreprise, compte tenu des éléments listés en étape 1.

Et partez à la recherche d’une entreprise qui peut vous offrir ça.

Vous pouvez commencer, soit par chercher une entreprise qui partage vos valeurs, puis proposer une candidature spontanée et voir comment vous pourriez utiliser vos talents et activités-passion dans un poste chez eux.

Soit chercher par poste, en recherchant ceux qui contiennent vos activités-passion et vos talents. Puis, parmi les entreprises candidates, ne retenir que celles qui semblent partager vos valeurs.

Si vous voulez faire du télétravail à 100% (“travail remote”), vous pouvez aussi directement chercher des entreprises qui proposent ce format de travail.

Étape 2.3b : indépendant : identifier une activité indépendante

Si la réponse est que vous souhaitez devenir indépendant, il vous faut définir ce que vous aimeriez faire. Pour cela, vous pouvez structurer votre réflexion comme suit :

Quel problème ai-je envie de résoudre ? (étape 1.3)
 

Comment ai-je envie de le résoudre ? (étapes 1.1, 1.2, 1.5) ; pour cette question, en plus de l’introspection, renseignez-vous sur les métiers et activités indépendantes qui peuvent correspondre.
 

Comment puis-je moduler cette activité pour qu’elle me permette de vivre le mode de vie que j’ai envie de vivre ? Par exemple, comment tout faire à distance pour devenir Digital Nomad et voyager régulièrement ?
 

Et enfin, quel modèle économique puis-je mettre sur cette activité pour obtenir le revenu que je souhaite ?

Biodiversité et changement climatique

Par Le 12/06/2021

 

Un exemple supplémentaire de la lourdeur des institutions, voire de leur impéritie. On sépare des données indissociables, on crée des comités et on paye des dizaines, des centaines, des milliers de personnes, on fait des congrès auxquels les gens viennent en avions etc etc...Et rien de bon n'enr essort parce que dès le départ, la résolution réelle est impossible puisque tout est dissocié.

Consternant. 

 

"La communauté scientifique qui étudie le système climatique n’est en effet pas la même que celle qui travaille sur la biodiversité. Chacune de ces problématiques est abordée par des conventions internationales distinctes : la Convention sur le Changement climatique des Nations Unies et la Convention sur la diversité biologique.  Et chacun de ces domaines est suivi par des organismes intergouvernementaux différents : l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) et l’IPBES (Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services).

À cause de cette séparation, on risque de ne pas identifier l’intégralité des facteurs à l’oeuvre dans ces domaines voire de prendre des mesures qui aggraveraient l’un et/ou l’autre de ces deux problèmes."

     

 

https://www.numerama.com/sciences/718730-la-biodiversite-est-un-allie-bien-trop-sous-estime-contre-le-changement-climatique.html

 

La biodiversité est un allié bien trop sous-estimé contre le changement climatique

11 juin 2021 - Climat

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 La biodiversité est un allié bien trop sous-estimé contre le changement climatique

On a beaucoup parlé de carbone dans la lutte contre le changement climatique, mais vraiment pas assez de biodiversité. Sa baisse menace pourtant gravement les humains. A l'inverse, la protection de la biodiversité peut aider à réduire fortement les émissions de gaz à effet.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre, capture du CO2… On s’est beaucoup intéressé aux technologies permettant de contrôler le carbone pour lutter contre le changement climatique. Et ces innovations sont bien sûr essentielles. Il y a cependant un point essentiel que l’on a raté, alertent 50 scientifiques dans un rapport publié le 10 juin : la protection de la biodiversité.

« La perte de biodiversité et le changement climatique sont tous deux les conséquences des activités économiques humaines et ces problèmes se renforcent mutuellement. Il n’est pas possible de résoudre l’un sans solutionner l’autre », mettent en garde les scientifiques.

Source : Heiko Behn / Pixabay

LA BAISSE DE LA BIODIVERSITÉ MENACE GRAVEMENT LES HUMAINS

On pourrait penser que la chute de la biodiversité ne menace que les animaux et les plantes (ce qui serait déjà extrêmement grave) mais elle menace également très sérieusement les êtres humains. « Plus le monde se réchauffe, moins la nature pourra nous fournir l’eau, la nourriture et les autres ressources dont nous avons besoin », rappelle le professeur Hans-Otto Pörtner, co-président du Comité scientifique Steering.

La baisse de la biodiversité a un impact énorme sur le changement climatique car les sols et les océans jouent un rôle majeur dans l’absorption des émissions de gaz à effet de serre. « Ils absorbent presque 50 % des émissions de CO2 humaines » souligne Ana María Hernández Salgar, présidente de l’IPBES.

Le problème c’est que les sols et les océans sont bouleversés par nos activités. Selon le rapport, 77 % des sols (si l’on excepte l’Antarctique) et 87 % des océans ont été modifiés par les effets collatéraux des activités humaines. « Ces changements sont corrélés à la perte de 83 % de la biomasse de mammifères sauvages, et de la moitié de la biomasse des plantes ». Le rapport souligne que désormais 96 % de la biomasse de mammifères sur Terre est composée de bétail ou d’humains. Et qu’il n’y a jamais eu autant d’espèces menacées d’extinction dans toute l’histoire de l’humanité.

Les écosystèmes les plus vulnérables actuellement sont :

les récifs coralliens, très sensibles à la hausse des températures et à l’acidification des océans ;

les savanes dont la végétation se modifie à mesure que le CO2 atmosphérique augmente ;

les forêts tropicales très menacées par les sécheresses ;

les écosystèmes de type méditerranéen ;

les écosystèmes côtiers.

Le problème ? « Même si les scientifiques et les politiques reconnaissent que le changement climatique et la perte de biodiversité sont interconnectés, en pratiques, ces deux défis sont traités de manière séparée », alertent les auteurs du rapport.

IL FAUT S’OCCUPER SIMULTANÉMENT DU CLIMAT ET DE LA BIODIVERSITÉ

La communauté scientifique qui étudie le système climatique n’est en effet pas la même que celle qui travaille sur la biodiversité. Chacune de ces problématiques est abordée par des conventions internationales distinctes : la Convention sur le Changement climatique des Nations Unies et la Convention sur la diversité biologique.  Et chacun de ces domaines est suivi par des organismes intergouvernementaux différents : l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) et l’IPBES (Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services).

À cause de cette séparation, on risque de ne pas identifier l’intégralité des facteurs à l’oeuvre dans ces domaines voire de prendre des mesures qui aggraveraient l’un et/ou l’autre de ces deux problèmes. La hausse de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère fait monter les températures, modifie le régime des précipitations, augmente la fréquence des évènements météorologiques extrêmes, la baisse de l’oxygène et l’acidification des océans, alerte le rapport. Autant de facteurs qui menacent la biodiversité. « Réciproquement, ces modifications de la biodiversité affectent le système climatique, en particulier à cause de leur impact sur les cycles de l’azote, du carbone et de l’eau. Ces interactions peuvent entrainer des boucles complexes (…) et produire des effets imprévisibles. »

COMMENT PROTÉGER LA BIODIVERSITÉ ?

Le rapport recommande de protéger en priorité des écosystèmes qui sont à la fois clés dans le traitement du carbone et la préservation d’espèces tels que les forêts, les océans, les zones humides, les prairies ou encore les savanes. « Réduire la déforestation et la dégradation des forêts peut aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 0,4 à 5,8 gigatonnes par an. »

La restauration d’écosystème est également, selon les 50 scientifiques à l’origine du rapport, « un des moyens naturels de mitigation du changement climatique les moins onéreux et les plus rapides ». Elle offre du reste bien d’autres avantages : la préservation des zones côtières, l’amélioration de la qualité de l’eau, la réduction de l’érosion des sols, et la préservation de la pollinisation.

À lire : Cette carte de la vie révèle les endroits où il reste le plus d’espèces inconnues à découvrir

Les auteurs appellent également à augmenter fortement la part de zones protégées. À l’heure actuelle elles ne représentent que 15 % des sols et 7,5 % des océans. Selon les auteurs, il faudrait étendre ces protections à 30 à 50 % des sols et des océans.

Le rapport recommande enfin de :

diversifier les cultures agricoles et les espèces d’arbres en forêt ;

réduire l’usage d’engrais avec la mise en place d’autres pratiques agricoles ;

étudier les combinaisons possibles de technologies de préservation du climat et de technologies de préservation de la nature (mise en place des cultures de plantes sous certaines étendues de panneaux solaires, création de récifs artificiels au niveau des turbines éoliennes offshores, etc.) ;

éviter les grandes monocultures consacrées aux bioénergies ;

ne pas planter des arbres dans des écosystèmes qui n’étaient pas historiquement des forêts.

POUR LE PROTÉGER, IL FAUT COMPRENDRE L'ENVIRONNEMENT

 

Dérive sécuritaire

Par Le 11/06/2021

Finalement, aux yeux de l'Etat, nous sommes dangereux, voire terroristes, dès lors que nous souhaitons défendre, pacifiquement, les territoires, l'environnement, la biodiversité, la vie.

Et je rappelle que nous sommes en démocratie. Si, si, enfin, c'est ce qui se dit. Il semblerait que ça soit en raison du droit de vote. Il est bien, utile celui-là pour cautionner l'injustifiable.

 

https://lareleveetlapeste.fr/un-paysan-bio-de-62-ans-violemment-arrete-lors-dun-pique-nique-militant/

Un paysan bio de 62 ans violemment arrêté suite à un pique-nique militant

Après 48h de garde-à-vue pendant lesquelles il a dû répondre à un total de sept auditions, maintenu dans une cellule « avec les ventilateurs à fond », Hubert en est ressorti avec de nombreux hématomes et sous le choc. Le médecin qui l’a examiné a attesté de « coups et blessures » et lui a donné 10 jours d'ITT. Il s’est révélé offusqué de son état. Hubert va porter plainte.

9 juin 2021 - Laurie Debove

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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

Commander

Hubert, un paysan bio et militant écologiste actif sur son territoire a été violemment arrêté par les gendarmes alors qu’il participait à un week-end festif contre le projet industriel du Carnet à Frossay. Agé de 62 ans, cet homme diabétique a pu retrouver sa liberté au terme de deux jours de garde-à-vue desquels il est ressorti blessé et rudement éprouvé. Cet épisode marque une étape de plus dans la criminalisation et la répression policière que dénoncent subir les écologistes, mais aussi les journalistes et citoyens ayant eu l’audace de s’intéresser à leurs revendications.

Une arrestation violente

Le weekend du 5 et 6 juin, un pique-nique ainsi qu’une balade naturaliste avaient été organisés par des collectifs écologistes afin d’échanger sur la lutte du Carnet et l’industrialisation de l’estuaire de la Loire, où 110ha de zones humides, abritant de nombreuses espèces protégées, sont menacés par la bétonisation de l’agrandissement du Grand port maritime Nantes-Saint-Nazaire.

Lire aussi : Le Port de Saint-Nazaire veut bétonner 110ha de zones humides sous le label de la « transition énergétique »

Il s’agissait pour les écologistes de montrer que l’intérêt pour cette zone humide est toujours aussi vivace, malgré l’expulsion de la ZAD du Carnet ayant eu lieu fin mars, et le fait que la zone soit désormais gardée par un escadron de gendarmes.

Lire aussi : La ZAD du Carnet a été expulsée ce matin pour un « projet au point mort »

D’abord exclus de Frossay, le lieu initialement prévu, par des arrêtés municipaux interdisant la circulation et le stationnement pour risque avéré de « rave party », les militants s’étaient repliés au canal de la Martinière un peu plus loin. La crainte de voir émerger une nouvelle ZAD explique sans doute l’important dispositif mis en place par les autorités pour encadrer ce simple pique-nique.

« Une vingtaine de camions de gendarmes mobiles encerclaient le Carnet, nous avons croisé 4 camions de gendarmes mobiles et nous avons été escortés par 4 motards. Motards, camionnettes de gendarmerie et voitures banalisées ont circulé régulièrement ou sont restés en stationnaire toute la journée pour effectuer des contrôles, décourageant ainsi les potentiel.le.s participant.e.s de nous rejoindre. Les gendarmes ont également relevé les plaques d’immatriculation des voitures présentes. » rapporte le Collectif Stop Carnet.

Une démonstration de force impressionnante, avec certains agents lourdement armés « de fusils ou de FAMAS », qui n’a d’abord pas entamé le moral des quelques 200 manifestants bien décidés à profiter de leur droit à la libre expression et tentant d’ouvrir le dialogue avec certains gendarmes.

« Lorsque nous avons évoqué la complicité de la gendarmerie lors de l’épandage des boues de station d’épuration sur la route du Carnet avant notre week-end de mobilisation fin août, un gendarme nous a dit qu’il s’agissait d’individus isolés ! La mise en place de caméras de surveillance cachées et hyper sophistiquées dans des fausses pierres et faux tronc d’arbres est probablement également le fait de gendarmes isolés qui sont décidément bien nombreux ! » rapporte le Collectif Stop Carnet.

Malgré cette surveillance accrue, toute la manifestation s’est déroulée sans encombre sous un soleil rayonnant, favorisant les échanges et les liens entre les participants.

Le lendemain, les participants ont donc manifesté dans la bonne humeur, équipés de banderoles bariolées, afin de réaffirmer leur amour pour cette zone humide. A la fin de l’événement, alors que les militants s’apprêtaient à repartir dans le calme, cinq fourgons de gendarmerie mobile se sont déployés aux abords de la route, le long du parking.

Hubert, paysan bio de 62 ans, a donc demandé aux gendarmes s’ils pouvaient quitter le lieu sans encombre, ce à quoi les autorités lui ont répondu par l’affirmative. Au moment où il a tenté de partir en voiture, les gendarmes ont alors immobilisé le véhicule, ouvert les portes et extrait violemment de l’habitacle.

L’arrestation qui a suivi a été très violente et choqué les nombreux témoins que La Relève et La Peste a contacté :

« Ils l’ont projeté sur le sol la tête la première, lui ont passé les menottes, l’ont traîné sur plusieurs mètres pour le jeter à plat ventre dans une camionnette de gendarmerie, qui s’est empressée de déguerpir sur le champ, alors même qu’il n’était pas attaché ou même assis. »

La vidéo de l’interpellation

Après 48h de garde-à-vue pendant lesquelles il a dû répondre à un total de sept auditions, maintenu dans une cellule « avec les ventilateurs à fond », Hubert en est ressorti avec de nombreux hématomes et sous le choc. Le médecin qui l’a examiné a attesté de « coups et blessures » et lui a donné 10 jours d’ITT. Il s’est révélé offusqué de son état. Hubert va porter plainte.

L’avocate commise d’office a également subi des pressions et remarques sexistes lors de ses échanges avec les gendarmes. Elle a décidé de porter plainte au barreau et mentionne un dossier très tendu. Alors que le procureur a requis un contrôle judiciaire pour empêcher le paysan de se rendre à Frossay, Paimboeuf et Saint-Viaud, mettant en péril son activité, ainsi qu’une comparution immédiate, le Juge des Libertés ont décidé de lui rendre sa liberté.

« Hubert est poursuivi pour « menaces de crimes ou délit ». Outre le fait que nous n’ayons rien entendu ou vu de tel pendant toute la mobilisation, les interpellations pour ce chef d’inculpation se font généralement instantanément, et non après la manifestation alors que tout le monde quitte les lieux. Il s’agit d’une répression ciblée et politique. Nous dénonçons ce climat de terreur qui règne contre les lanceurs d’alerte et militante.s écologistes au Pays de Retz depuis quelques années et qui ne fait que de s’amplifier. » expliquent les collectifs

Une répression de plus en plus accrue

Hubert est très bien connu des autorités. Militant de longue date sur le territoire, il ne fait pas l’unanimité au sein de population et aurait même été menacé de mort en plein Conseil municipal. Deux civils sont venus jusque sur son terrain pour l’agresser, sans que la gendarmerie ne donne suite à l’affaire. Son arrestation violente est donc loin d’être anodine pour les militants impliqués dans les collectifs.

« Alors que les autorités connaissent ses problèmes de santé et qu’il est visé par des agressions, menaces, intimidations par des civils dans le Pays de Retz du fait de son engagement militant (cf nos récents articles sur notre blog Terres Communes) sans que ses plaintes ne soient reçues ou suivies de procédures, qu’il subit un harcèlement judiciaire et policier constant (au moins 60 passages d’hélicoptères sur sa ferme depuis 3 ans !), il a été arrêté comme un grand bandit de manière violente pour ensuite se retrouver dans une Garde à vue prolongée pour un dossier monté de toute pièce visant à le briser et à briser nos luttes pour le vivant et notre avenir commun dans le Pays de Retz ! » s’offusque le Collectif Terres Communes

Un constat partagé par les sympathisants et curieux à leur cause écologiste, dont certains ont été rudement éprouvés, comme Jacinthe, une « journaliste dilettante » qui était venue faire un reportage sur le site du Carnet lors du World Clean Up Day.

Trois semaines après, elle a reçu 135 euros d’amende et 3 points de permis en moins pour « stationnement dangereux » alors que les gendarmes présents ce jour-là l’avaient vue se garer sans rien lui dire.

« Par la suite, deux gendarmes sont même venus jusque chez moi pour me demander une photocopie de mon permis ! Une jeune femme très compréhensive et un homme beaucoup plus dur. Cela s’est passé une quinzaine de jours avant le pique-nique, ça venait d’un officier ministériel qui leur demandait ça ! Ils m’ont parlé de la contravention, et le gendarme a même demandé à sa collègue si elle allait faire mon audition alors que j’avais déjà payé l’amende ! J’ai été transparente avec eux, oui je me sens militante écolo, mais j’ai toujours été dans la plus parfaite légalité ! Je suis malade de voir la tournure des choses actuelles, je fais ces reportages pour sensibiliser afin de laisser un avenir viable à mes enfants et mes petits-enfants… Moi, je suis une anxieuse de nature et j’ai plus de 60 ans. Suite à tout ça, j’ai pas osé me rendre au pique-nique du weekend dernier. » confie-t-elle à La Relève et La Peste

Une manifestation paisible

Dispositif policier arrivé alors que les manifestant.e.s quittaient la zone de stationnement

Même constat pour la journaliste Marion Lopez, du journal local Le Courrier du Pays de Retz, qui s’est heurtée au refus des autorités lorsqu’elle a voulu prendre quelques photos du site du Carnet, et a subi une fouille et un interrogatoire suspicieux pour avoir eu le malheur de simplement vouloir faire son travail.

Mais c’est bien pour les militants que cette répression accrue devient intenable au quotidien. Pour eux, cette pression permanente a pour objectif de tuer la contestation dans l’œuf afin d’éviter une nouvelle ZAD si les travaux reprennent, puisqu’ils sont pour l’instant bloqués par un moratoire.

« Une réoccupation du Carnet les terrorise, alors que de ce que j’en sais il n’en est même pas question ! Les militant.e.s ont besoin de repos car ils subissent beaucoup de pression. Un zadiste a été mis en prison pour 18 mois (ndlr : le détenu a donné un coup de marteau sur une voiture banalisée de la gendarmerie). Une autre militante a pris 6 mois avec sursis pour avoir soi-disant proféré des menaces de mort, alors que ce n’est pas vrai, elle juste a pris pour tout le monde et servir d’exemple ! Certaines habitations des membres des collectifs sont régulièrement survolées en hélicoptère, des voitures viennent guetter en stationnaire devant la ferme de Yoann et d’Hubert ! On a eu beaucoup moins de monde que prévu au pique-nique car les gens commencent à avoir vraiment peur face à cette répression phénoménale. Des hommes armés feront toujours peur, surtout les contrôles d’identité avec tout ce que ça implique : les gens n’ont pas envie d’être fichés. En tant que militante et membre du collectif, moi aussi ça me fait peur alors que plus on est nombreux et nombreuses, et plus on peut s’organiser pour continuer à lutter. Si tu ne connais pas tous tes droits tu prends des risques aussi, et c’est toujours les mêmes qui prennent c’est ça le problème, ils sont persuadés qu’on a des chefs, alors qu’on est auto-géré. Ils sont aussi persuadés que le collectif et la ZAD, c’est la même chose alors que pas du tout. Il s’agit de deux entités qui font partie de la même lutte mais qui étaient autonomes et indépendantes, des modes d’action complémentaires. Mais quand les lieux de soutien sont constamment surveillés, ça commence à être compliqué pour être solidaires. » s’inquiète Verveine auprès de La Relève et La Peste

Lire aussi : Paroles de Zadistes : « La nature suffoque et c’est à notre génération de faire bouger les lois »

L’escadron présent au pique-nique

Au vu de ces témoignages accablants, il semblerait que le Pays de la Loire devienne un terrain d’expérimentation de la répression policière, après le traumatisme pour les institutions et l’Etat de la victoire des militants de Notre-Dame-des-Landes.

La liberté d’expression des militants est ainsi de plus en plus menacée, même quand il s’agit d’un simple pique-nique, un phénomène qui s’étend partout en France et qui est régulièrement dénoncé par les associations des droits de l’homme et environnementales.

En novembre 2020, France Nature Environnement avait ainsi lancé une campagne pour alerter sur les nombreuses menaces que subissent les militants écologistes.

« A la veille d’élections départementales et régionales jouant sur la thématique de la sécurité, il n’est pas étonnant qu’un pique-nique organisé par un collectif ayant activement soutenu la ZAD du Carnet soit étroitement surveillé. Cette surveillance s’inscrit dans la droite ligne de ce que l’on condamne : la criminalisation de plus en plus forte des actions militantes ces dernières années. Il y a une pression policière très forte pour dissuader les citoyens de s’engager dans les mouvements militants. C’est une dérive générale qui menace les libertés des citoyens qui veulent sensibiliser la population contre les grands projets économistes qui nuisent à l’environnement. Cela plonge le milieu militant associatif dans un état de stress et de tension qui ne peut qu’aboutir à des dérapages. On espère pouvoir discuter calmement bientôt avec nos politiques locaux et nationaux de ces sujets-là : quelle liberté a-t-on encore en France pour exprimer un avis différent alors qu’on est encore censés être une démocratie ? » analyse Xavier Métay, du FNE Pays-de-la-Loire, pour La Relève et La Peste

Loin d’être un fait divers isolé, l’arrestation brutale de ce paysan bio et la dynamique de répression à l’œuvre sur le territoire devrait ainsi nous alerter sur la dérive sécuritaire du gouvernement français. Hubert, lui, attend son jugement qui aura lieu au tribunal correctionnel le 8 novembre à 14h.

9 juin 2021 - Laurie Debove

Pics pétroliers : graphiques

Par Le 10/06/2021

Je tiens à garder ça ici pour le retrouver et suivre l'évolution.

Il est clair que ce "pic de pétrole", on en entend parler depuis longtemps. Ce qui ne veut pas dire que ça n'arrivera jamais à l'échelle planétaire.

Ce qui importe, par conséquent, c'est  de l'anticiper.

Et la réflexion que ça implique, il ne faut pas l'attendre de la part des gouvernants.

C'est une anticipation qui nous concerne, nous, en tant qu'individus, pas en tant que citoyens. Le citoyen, à mes yeux, est une personne dépendante des structures étatiques et qui par conséquent attend de l'Etat les mesures qui lui assurent son existence.
L'individu, de son côté, même s'il reste un citoyen puisqu'il vit dans un Etat, décide de prendre en charge tout ce qui est de son ressort. 

 

Quels pays ont passé leur pic de production de pétrole ?

 

https://jancovici.com/transition-energetique/petrole/le-pic-de-production-une-realite-deja-courante/

 

Nous ne manquerons jamais de pétrole, c’est évident. Voyez plutôt : il y a 40 ans, nous n’avions « que » 40 ans de pétrole, et nous voici, 40 ans après, avec toujours du pétrole pour 40 ans, non ? Même si cette affirmation est complètement trompeuse, elle sous-tend l’idée qu’il y aura toujours plein de pétrole, et cela suppose en particulier que la production ne pourra jamais passer par un maximum puis décliner. C’est évident, mon cher Watson : si la production de pétrole peut passer par un maximum puis décliner, alors la conséquence est que nous manquerons au moins partiellement de pétrole, ce qui est justement la situation considérée comme impossible par les supporters du « 40 ans pour l’éternité ».

En fait, la production de pétrole doit passer par un maximum. C’est vrai pour tout gisement de pétrole pris individuellement, pour un pays, ou pour le monde dans son ensemble. Cela découle d’un théorème de mathématiques qui dit que l’extraction issue d’un stock initial donné une fois pour toutes (et donc qui ne se renouvelle pas en cours de route) ne peut rien faire d’autre que de commencer à zéro (ça c’est facile à vérifier), passer par un maximum, puis décliner à nouveau vers zéro ensuite.

Ce théorème est tellement valable qu’il y a pléthore de pays producteurs de pétrole qui ont déjà passé leur pic. Suivez le guide !

NB : les chiffres de production ci-dessous incluent la production de pétrole conventionnel et non conventionnel (sables bitumineux), ainsi que les liquides de gaz naturel.

Europe

En Europe, tous les pays producteurs ont passé leur pic de production, sauf peut-être l’Italie. Pour fixer les idées pour les chiffres de production, exprimés en millions de tonnes par an, la consommation de la France était de 80 millions de tonnes en 2013 (cela fait environ 230.000 tonnes par jour, soit un gros pétrolier tous les jours).

Production pétrolière du Danemark.

Pic en 2004.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Italie.

Pic en 2005 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Norvège (premier producteur de l’Europe occidentale).

Pic en 2001.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Grande Bretagne (deuxième producteur de l’Europe occidentale).

Pic en 1999.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Roumanie.

Pic en 1977.

Source : BP Statistical Review, 2015

Globalement, la production de la zone est en fort déclin. Le « taux de couverture » de l’Europe (en incluant la Norvège, qui ne fait pas partie de l’Union) est actuellement de 25%.

Production pétrolière en Europe occidentale (UE+Norvège).

Pic en 2000.

Source : BP Statistical Review, 2015

Ancienne Union Soviétique

La Russie, 2è producteur mondial, a probablement passé son « vrai » pic dans les années 1980, mais sa production est actuellement croissante vers un pic secondaire. Un certain nombre de pays producteurs moins importants de la zone ont passé leur pic de production.

Production pétrolière en Russie.

Le vrai pic est probablement survenu en 1987, et la production se dirige vers un pic secondaire.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Ouzbekistan.

Pic en 1999.

Source : BP Statistical Review, 2015

Globalement, la zone présente une production encore en croissance.

Production pétrolière de l’ancienne URSS (Russie + anciennes républiques soviétiques ; essentiellement Kazakhstan et Azerbaïdjan).

Pour la zone dans son ensemble, le pic principal n’est pas encore arrivé, mais la production semble se diriger vers un plateau.

Source : BP Statistical Review, 2015

Extrême Orient

En Extrême Orient, le producteur le plus important est la Chine, qui a une production en croissance continue. Mais le 2è (Indonésie) est en déclin significatif, et l’Inde, qui arrive en 3è position, est globalement sur un plateau depuis 1995. Parmi les producteurs significatifs de la zone, plusieurs pays ont passé leur pic.

Production pétrolière en Australie.

Pic en 2000.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Brunei?
(le Sultan du Brunei fut un temps l’homme le plus riche du monde).

Pic en 1979.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Indonésie.

Pic en 1977, et pic secondaire en 1991.

Source : BP Statistical Review, 2013

Production pétrolière en Malaisie.

Pic en 2004 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Viet-Nam.

Pic en 2004 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Au total, la zone est sur un plateau depuis 2000.

Production pétrolière en Asie pacifique.

Plateau légèrement ascendant depuis 2000.

Source : BP Statistical Review, 2015

Proche et Moyen Orient

Le Moyen Orient, « grenier à pétrole » dans l’esprit de tous les européens, recèle quelques surprises : on y trouve quelques pics….

Production pétrolière en Iran.

Pic principal en 1974, plateau secondaire en cours.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Irak.

Un pic est survenu en 1979, mais la production très variable de ce pays, lié à son histoire récente, rend difficile une appréciation très sûre ! Dans un contexte d’investissements effectués sans limites, de nombreux géologues pensent que la production pourrait monter jusqu’à 6 ou 7 millions de barils/jour, mais le contexte géopolitique de ce pays fait que le véritable maximum sera peut-être très en dessous, auquel cas il sera bien entendu maintenu plus longtemps si tout le pétrole extractible est produit.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Koweït.

Pic historique en 1972 (la chute très violente en 1991 est bien sûr la conséquence de l’invasion par l’Irak, mais il n’aura fallu que 2 ans pour un retour à la situation antérieure). Le pays se dirige probablement vers un plateau à un niveau voisin.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière du Sultanat d’Oman.

Pic en 2001 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Syrie.

Pic en 2002.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Arabie Saoudite.
(premier producteur mondial à parité avec la Russie).

Plateau ascendant en cours.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière des Emirats Arabes Unis.

3 « faux pics » depuis 1975 !

Source : BP Statistical Review, 2015

Au total, la zone conserve une production en croissance, et que ce soit un peu au-dessus ou un peu en dessous du niveau actuel, elle pourrait y rester pendant encore une trentaine d’années.

Production pétrolière au Moyen Orient.

Source : BP Statistical Review, 2015

Afrique

Dans cette zone plusieurs pays ont passé leur pic, et la zone dans son ensemble pourrait bien l’avoir passé aussi.

Production pétrolière au Cameroun.

Pic en 1985.
(les chiffres de production ne sont plus publiés depuis 2011, ce qui suggère une production encore diminuée).

Source : BP Statistical Review, 2010 

Production pétrolière en Algérie.

Pic probable en 2008 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Angola
(2è producteur de la zone).

Pic en 2008 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Tchad.

Pic en 2005 il semblerait.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Egypte.

Pic en 1993.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Guinée Equatoriale.

Pic en 2005 ?

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Gabon.

Pic en 1996.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Libye.

Pic principal en 1970, et pic secondaire proche ou passé.
L’année 2011 est non significative pour cause de guerre.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière en Tunisie.

Pic en 1980.

Source : BP Statistical Review, 2015

Au total, la zone semble bien avoir passé son pic (le premier producteur de la zone, le Nigeria, est sur un plateau ondulant depuis la fin des années 1990).

Production pétrolière en Afrique.

Pic en 2008 ?
Le décrochage de 2011 correspond à la Lybie.

Source : BP Statistical Review, 2015

Amérique du Sud

Dans cette zone, beaucoup de pays producteurs ont passé leur pic de production, même si l’ensemble est sur un plateau ascendant.

Production pétrolière de l’Argentine.

Pic en 1998.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Pérou.

Pic en 1982.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière de Trinidad et Tobago.

Pic en 1978.

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière au Venezuela.

Pic en 1970 et pic secondaire en 1997.

Source : BP Statistical Review, 2015

Du coup, malgré la croissance du Brésil, la zone est globalement sur un plateau.

Production pétrolière de l’Amérique du Sud.

Plateau ascendant de 1998 à maintenant.

Source : BP Statistical Review, 2015

Amérique du Nord

Cette zone n’a que 3 pays.

Production pétrolière des USA.

Pic en 1970 pour l’heure.

Il est à noter qu’une partie du « rebond » récent est fait de liquides de gaz, à cause de l’augmentation de la production de gaz non conventionnels qui permettent d’obtenir une fraction liquide (cette contribution représente environ 50 millions de tonnes en 2014).

Source : BP Statistical Review, 2015

Production pétrolière du Canada.

Production pétrolière du Mexique.

Pic en 2004.

Source : BP Statistical Review, 2015

Soit au final :

Production pétrolière de l’Amérique du Nord.

L’augmentation des non-conventionals au Canada (sables bitumineux) et le rebond US a fait dépasser le long plateau qui a démarré au début des années 1980.

Source : BP Statistical Review, 2015

Monde

Alors le pic, juste une invention de Cassandre ? En fait, non seulement le pic n’est pas une chimère, mais comme c’est une obligation mathématique dès lors que le stock de départ est donné une fois pour toutes, la seule bonne question pour la production mondiale est : à quand le pic ? Et, depuis 2005, la réponse la plus probable est : modulo quelques ajouts marginaux (agrocarburants, liquides de gaz, etc), nous y sommes…

Production mondiale de pétrole (en millions de tonnes par an, échelle de gauche) depuis 1965.

La production semble « redémarrer » en 2010, mais en fait l’essentiel de l’incrément est constitué de « liquides de gaz », molécules légères extraites avec le gaz mais comptés avec le pétrole.
Le pétrole stricto-sensu (ce qui sort de terre ou d’une unité de traitement des bitumes canadiens sous forme de pétrole) ne croit quasiment plus depuis 2005, comme les statistiques mensuelles de l’EIA le montrent dans le graphique suivant.

Source : BP Statistical Review, 2015.

Production mondiale de liquides (en milliers de barils par jour, sachant que 1 baril par jour ≈ 50 tonnes par an ; échelle de gauche) depuis janvier 1994.

La production de brut stricto sensu (qui inclut cependant les condensats de gaz, essences naturelles extraites avec le gaz) n’a augmenté que de 5 millions de barils par jour entre 2005 et 2015, soit en 10 ans l’incrément qui survenait auparavant en 2 à 3 ans.
On constate par contre la hausse continue des liquides de gaz, molécules légères (2 à 4 atomes de carbone) qui ne servent que marginalement à produire des carburants.

Source : Energy Information Agency

"Astrid et Raphaëlle" : Interview

Par Le 09/06/2021

Astrid et Raphaëlle (France 2) : "Raphaëlle n'a aucun à priori envers Astrid, c'est ce qui fait sa force" selon Sara Mortensen [INTERVIEW]

Par Julia Fernandez — 20 mars 2020 à 20:00

Rencontre avec les comédiennes Lola Dewaere et Sara Mortensen, héroïnes de la série "Astrid et Raphaëlle" sur France 2, dans lequel une flic à la vie chaotique s'associe à une jeune femme autiste dotée de talents particuliers pour ses enquêtes.

Comment avez-vous abordé le thème de l'autisme dans Astrid et Raphaëlle ? 

Jean-Luc Azoulay, producteur (JLA) : On est partis du fait qu'on voulait être justes. La genèse du projet a été marquée par des rencontres avec des autistes, pour ne pas être caricatural comme c'est le cas dans certains films, parce que ça les blesse énormément. Rain Man était un peu notre repoussoir; il a fait beaucoup de mal aux autistes et à l'image qu'ils renvoient. L'écriture a été assez longue à cause de cet impératif de justesse; l'auteur, Alex De Seguins, est venu nous proposer le projet il y a deux ans. On a beaucoup attendu avant d'avoir le feu vert de France 2, mais une fois que c'était fait, tout s'est accéléré à une vitesse supersonique.

Etait-il déjà question au début du projet d'en faire une série récurrente ?

Sara Mortensen : En tout cas en lisant le scénario, c'était un désir immédiat. Je me suis dit que ce serait extraordinaire que ce ne soit pas juste un 90 minutes.

Sara, quel était le plus grand défi en découvrant votre rôle ?

Sara Mortensen, interprète d'Astrid : Le plus compliqué c'est d'être crédible. Astrid est avant tout documentaliste, et il se trouve qu'elle travaille au fond à gauche parce que c'est là où elle est le mieux, mais elle travaille là parce qu'elle est autiste et que ça lui convient très bien de ne pas avoir de bruit, d'avoir des horaires fixes, un travail très routinier - parce que les autistes ont besoin d'une routine, c'est la seule chose qui les cadre réellement et qui les rattache à une sorte de vie commune avec les neuro-typiques (les personnes non-autistes). Donc il a fallu faire un choix à la fois artistique pour qu'Astrid soit attachante pour les neuro-typiques, et qu'elle soit "autistiquement" crédible et réelle. Il y a autant d'autismes que d'autistes, et il a fallu faire un choix de caractère, de fonctionnement, de diction, de mouvement... Les autistes ont souvent un développement moteur qui peut être plus lent, donc Astrid est assez renfermée sur elle-même et ne regarde pas les gens dans les yeux. Comme le dit Josef Shovanec, qui est l'autiste le plus connu en France, "on peut avoir un prix Nobel, mais dire bonjour est très compliqué." Car la personne autistique peut perdre un temps fou à analyser son interlocuteur avant de prendre la parole ! La concentration était également un aspect essentiel du personnage : j'essayais de décomposer chaque geste comme un autiste peut le faire, de me fixer sur les petits bruits du quotidien qui peuvent être très envahissants, tout en ayant des kilomètres de texte à apprendre et à réciter dans un débit très rapide, car lorsque les autistes parlent de leur intérêt spécifique ils parlent très vite, ils deviennent intarissables et ils ne font aucune faute... Donc je ne pouvais pas en faire non plus ! Astrid est un personnage qui m'a beaucoup plus habité que les autres, à tel point que j'ai eu la sensation en terminant le tournage de ne pas avoir tourné. C'était très étrange. 

Jean-Luc Azoulay : Un des problèmes majeurs pour les autistes, c'est tout ce qui est lié au relationnel : ils n'ont pas de filtre du tout ! Donc ils disent des vérités difficiles à entendre. L'un des aspects clés de la série est aussi de montrer comment on vit avec une personne autiste au quotidien. 

Vous êtes-vous appuyée sur des personnages de fiction associées au syndrome d'Asperger pour votre personnage, telles que The Good Doctor, Sheldon Cooper dans The Big Bang Theory ou encore Claire Danes dans Homeland, ou au contraire les avez-vous tenues à distance ? 

Sara Mortensen : Ce sont des personnages que j'adore à titre personnel, ce sont des performances d'acteur de dingue, mais justement je n'ai pas voulu du tout m'en inspirer. Je me suis fermée à tout ce qui était fiction car je ne voulais pas que ce soit une performance. Je voulais me plonger dans l'autisme, donc je suis allée m'immerger auprès d'eux, j'ai rencontré beaucoup de personnes et d'associations, notamment dans un café où toutes les personnes employées sont autistes ou handicapées mentales - or l'autisme n'est ni une maladie ni un handicap mental, ça n'a été révélé qu'en 2012 en France donc je tiens à le préciser car on est très en retard en matière de prise en charge de l'autisme. Je me suis plus penchée sur le dialogue avec eux, avec des parents d'autistes, plutôt que sur des performances d'acteur - que je salue au passage.

Jean-Luc Azoulay : Le traitement de The Good Doctor ne nous plaisait pas du tout. Je trouve que tous les codes visuels de la série ne sont pas du tout convaincants, ni réalistes par rapport aux Asperger, c'est très à l'américaine. Nous avons voulu faire quelque chose de beaucoup plus réaliste. On pourrait se dire, dans Elementary, que Sherlock est un autiste. On a plus pensé à un Sherlock rebooté.

Sara Mortensen : Lors du premier casting j'ai été recalée. "Trop autiste", m'a-t-on dit ! Et par chance on m'a rappelée et j'ai pu ajuster les curseurs.

Lola Dewaere : Moi je les ai harcelés. Je voulais vraiment le faire, j'étais très enthousiaste à la lecture du scénario, car on a jamais vu ce sujet traité de cette façon en France. L'équilibre du duo était tellement primordial que les castings ont pris beaucoup de temps.

Lola, avez-vous également eu besoin de cette immersion auprès de personnes autistiques pour concevoir votre personnage ?

Lola Dewaere, interprète de Raphaëlle : "Non justement, car je voulais arriver un peu vierge de tout ça pour ne pas être influencée. Lorsque Raphaëlle fait la rencontre de cette nana autiste Asperger, elle ne connaît rien de tout ça, et justement j'incarne le point de vue de toutes ces personnes qui sont étrangères à l'autisme. Je suis juste arrivée avec Rain Man en tête ou The Big Bang Theory, comme beaucoup de gens imaginent l'autisme, et je ne voulais pas être influencée par quoi que ce soit. Comme Raphaëlle a plutôt un tempérament de bulldozer, je ne voulais pas paraître trop renseignée ni trop subtile."

Sara Mortensen : Je t'ai trouvée très mignonne. (rires) En fait, comme je ne pouvais pas la regarder dans les yeux pendant tout le tournage, ce qui était assez terrible pour nous deux...

Lola Dewaere : On jouait côte à côte, mais pas en face !

Sara Mortensen : ...Voilà c'est ça, on était un même personnage, mais un peu dos à dos. Donc je n'ai découvert qu'après-coup le jeu de Lola et tout ce qu'elle avait fait, et je l'ai trouvée hyper mignonne et inventive. Moi je décortiquais plus tous les petits détails de la personne en face de moi, les aspérités sur un vêtement... 

Lola Dewaere : Moi par contre j'étais tout le temps focalisée sur toi, et j'ai bien vu tout ce que tu as fait ! Parfois j'en oubliais même de jouer tellement j'étais obnubilée par son jeu. Sara restituait tellement bien le langage des autistes Asperger qu'elle avait l'air très en décalé dans son phrasé et son débit, et par moments je me disais "merde, sauve-la, enchaîne ! Si ça se trouve elle n'a pas appris son texte !" (rires) 

Etait-ce compliqué de vous positionner par rapport à un personnage aussi fort en face ?

Lola Dewaere : Je savais que c'était le rôle d'Astrid qui allait ramasser. J'ai l'habitude de jouer les flics, et en tant que spectatrice, je suis beaucoup plus fascinée par la performance d'Astrid que Raphaëlle ! J'étais très tranquille par rapport à ça, et j'ai le physique que j'ai; ça contrebalançait bien le personnage plutôt filiforme d'Astrid. Ca ne m'a jamais fait peur, et j'étais très contente de le faire. En revanche, sur le tournage, j'imitais Sarah en train de jouer son rôle.

Sara Mortensen : Un jour on a inversé d'ailleurs. (rires) Les réalisateurs sont sortis de derrière leur combo et ont dit "Mais Sara, qu'est-ce qui t'arrive ?" La force d'Astrid et Raphaëlle, c'est qu'il s'agit vraiment d'un personnage à deux têtes. C'est en ça qu'on se rejoint.

La force d'Astrid et Raphaëlle, c'est qu'il s'agit vraiment d'un personnage à deux têtes.

Qu'est-ce qui vous a plu à chacune dans ce duo de personnages ?

Lola Dewaere : Elles ont une grande complémentarité. Raphaëlle est un peu borderline : c'est une carriériste, et en même temps elle veut être une bonne mère; c'est une fille qui a besoin de cadre, et même si elle est très droite dans son travail, dans sa vie personnelle c'est le bordel. Donc c'est très bien qu'elle rencontre cette autiste Asperger, ça lui impute du cadre dans sa vie. Pour moi, c'est vraiment une complémentarité, et pour Astrid, c'est plus compliqué mais ça risque de se développer s'il y a une suite à ce pilote, c'est mon boulot de foutre un peu le bordel dans sa vie à elle.

Sara Mortensen : Ce qui peut aller très vite d'ailleurs. (rires) "On va à droite - non, on va à gauche !" Oulah...

Lola Dewaere : Raphaëlle en joue avec elle, toujours avec bienveillance.

Sara Mortensen : Ce qui est très mignon c'est que parfois Raphaëlle zappe complètement qu'elle est autiste. Elle n'a aucun à priori, c'est ce qui fait sa force.

Lola Dewaere : Grâce à ce personnage, on évite tout sentiment de culpabilité face à l'autisme en regardant ce pilote. Raphaëlle a envie de secouer Astrid, et elle s'est jurée qu'elle y arriverait.

Elle a aussi un intérêt professionnel à le faire.

Lola Dewaere : Bien sûr ! Il y a une forme d'opportunisme de sa part au début, de la fréquenter pour faire avancer l'enquête. Mais elle l'assume de manière décomplexée.

Sara Mortensen : Elles sont décomplexées toutes les deux d'ailleurs, puisque Astrid ne sait pas ce qu'est un complexe ! (rires) Elles n'ont pas de filtre.

Jean-Luc Azoulay : Elles sont différentes mais complémentaires. C'est un peu un hydre à deux têtes ! On parle aussi de deux solitudes qui se rapprochent, à la fois de l'ouverture progressive d'Astrid, et des éléments familiaux qui vont montrer comment on vit avec une personne autistique, et notamment lorsqu'on est parent d'un enfant autiste. Il faut les deux points de vue. Je ne vous cache pas que le personnage de la mère d'Astrid risque d'arriver dans sa vie et va soulever toutes ces questions.

Sara Mortensen : Les autistes ont une capacité à imiter tout ce qui se passe autour d'eux, pour se fondre dans la masse. si des gens rient autour d'eux dans une conversation, ils vont rire, mais ils ne vont pas forcément comprendre le second degré ou les métaphores. C'est pour cela qu'il est si compliqué de déceler l'autisme chez certaines personnes, beaucoup le découvrent à l'âge adulte.

Avez-vous déjà eu des retours de personnes autistiques par rapport à Astrid & Raphaëlle ? 

Sara Mortensen : L'unitaire a déjà été diffusé en Belgique, et j'ai reçu des messages troublants, voire bouleversants, qui m'ont beaucoup émue, de mamans d'autistes et d'autistes eux-mêmes me disant que je les avais bien observés et que c'était tout à fait crédible. Et je précise que les autistes, contrairement aux neurotypiques, ne mentent pas ! (rires)

Qu'espérez-vous à l'issue de la diffusion de ce pilote ?

Sara Mortensen : Ce qui compte le plus pour moi ce serait que tous les gens qu'on a rencontrés ne se sentent pas trahis. Si ça pouvait changer le regard des Français sur l'autisme, de comprendre qu'il s'agit d'une différence et des connexions différentes dans le cerveau, la partie sociale va être plus restreinte alors que toute la partie intellectuelle et purement analytique va être beaucoup plus développée, si les gens pouvaient juste comprendre ça, ce serait incroyable. J'ai parlé avec beaucoup de parents, et ce qui m'a frappée c'est à quel point ils sont seuls. En France, quand on a un enfant autiste, c'est comme si on avait une tare chez soi. Alors que c'est juste une différence ! Certains autistes sont non-verbaux en effet et c'est plus compliqué, mais il y a tellement de solutions pour les intégrer. Or une prise en charge en trois et six ans, ça coûte une blinde, tout le monde ne peut pas se le permettre, alors que si c'était remboursé par la sécurité sociale, les enfants qui sont pris en charge très tôt ont 70% de chances de se retrouver avec un vrai métier plus tard. Sauf qu'en France, on les met en hôpital de jour, on incite les parents à limiter les interactions... On est un peu moyenâgeux là-dessus. Beaucoup de parents sont contraints d'aller en Belgique pour recevoir un meilleur accompagnement.

Retrouvez la saison 1 inédite d'Astrid et Raphaëlle chaque vendredi à 21h sur France 2 :

Astrid et Raphaëlle - saison 1 Bande-annonce VF

Astrid et Raphaëlle - saison 1 Bande-annonce VF

Propos recueillis le 18 mars 2019

 

"Astrid et Raphaëlle"

Par Le 09/06/2021

Ca doit faire environ vingt ans qu'on n'a plus de télévision  mais on a deux ordinateurs portables et il nous arrive de nous intéresser aux programmes des différentes chaînes. Il y a quelques jours, je suis tombé sur une série policière qui m'a intrigué car une des deux protagonistes joue le rôle d'une jeune femme autiste asperger. 

 

On a donc regardé un épisode.

Et ce fut un sacré choc. Non pas au regard du scénrio mais pour l'interprétation.

Astrid est jouée par Sara Mortensen. Et c'est une interprétation remarquable.

J'ai eu deux élèves autistes asperger dans ma carrière d'instituteur. Et j'en ai gardé des souvenirs très forts. Une relation très particulière que j'ai adorée. Je considère qu'il s'agit pour moi d'un cadeau d'avoir croisé la route de ces deux enfants. 

Pour en revenir à ce personnage d'Astrid, je suis estomaqué par la justesse de l'interprétation. 

La jeune actrice, Amélia Lacquemant, qui joue le rôle d'Astrid enfant est également très impressionnante. 

 

"La commandante de police Raphaëlle (incarnée par Lola Dewaere) fait équipe avec Astrid, une archiviste souffrant du syndrome autistique d’Asperger, pour résoudre des enquêtes criminelles. C’est Sara Mortensen qui a décroché le rôle d’Astrid, pour lequel elle a énormément travaillé : « Le plus compliqué était d’être crédible, de ne trahir ni les personnes qui ont un trouble autistique, ni leurs parents, a-t-elle confié au Parisien. J’ai rencontré des associations, des groupes pour être avec eux, les observer et j’ai discuté avec beaucoup de parents. »

 

 

https://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=24967.html

Xavier François

Xavier François

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3 abonnésLire ses 16 critiquesCritique de la série

3,5

 Publiée le 22 mai 2021

Qu'elles sont belles, attachantes et talentueuses ces deux actrices. Le duo fonctionne à merveille. Peux-être serait-il temps que les scénaristes ne s'endorment sur leurs lauriers pour trouver un second souffle à cette série qui mérite d'évoluer. Les Guests ne sauveront pas la mise. Je préfèrerais voir évoluer la relation entre Astrid et Raphaëlle et approfondir chacun de ces personnages qui "en ont encore sous le pieds". Surprenez-nous !!!

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Bab 73

Bab 73

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Lire ses 9 critiquesCritique de la série

5,0

 Publiée le 25 mai 2021

C'est pour la performance de l'actrice Sara Mortensen que je mets 5 étoiles, son jeu d'actrice est d'une telle justesse et relève de l'exploit! Les autres acteurs jouent également très bien et contribuent à crédibiliser l'histoire... Les énigmes sont originales, intéressantes, on apprend aussi toujours quelque chose de nouveau, on s'enrichit à chaque épisode... J'adore cette série et la recommande vivement, j'attend avec impatience la saison 3!

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Siao

Siao

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22 abonnésLire ses 3 critiquesCritique de la série

5,0

 Publiée le 30 mars 2020

Excellent. Le jeu de Sarah mortensen est juste, le binôme avec Lola Dewaere fonctionne parfaitementt. J'adore Sarah dans ce rôle. Vivement une saison 2, 3, 4, 5, .........

52

Alexandre Goldfarb

Alexandre Goldfarb

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7 abonnésLire ses 144 critiquesCritique de la série

5,0

 Publiée le 4 avril 2020

Enfin une bonne série française où les acteurs sont très attachants et jouent juste. Une mention particulière aux deux héroïnes : Sara Mortensen et Lola Dewaere, qui sont magnifiques dans leur rôle respectif. Chaque histoire est bien amenée, et on s'attache vraiment à nos deux héroïnes. A voir et à savourer car c'est tellement rare de pouvoir saluer une série française.

41

Valérie Chagneau

Valérie Chagneau

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14 abonnésLire ses 121 critiquesCritique de la série

4,0

 Publiée le 16 avril 2019

Beaucoup aimé ce premier épisode et le duo Astrid (Sarah Mortensen) et Raphaëlle (Lola Deweare) collent bien ensemble. Un bon choix d'acteurs aussi qui jouent tous très bien. Les 2 vedettes femmes en prime bien sûr! Sarah Mortensen n'a pas un rôle facile que de jouer une autiste. On voit qu'il y a eu de la recherche documentaire sur cette pathologie. On retrouve avec bonheur Lola Dewaere que j'adore dans un rôle qui lui va très bien et on est content de retrouver Benoit Michel qui nous manque depuis Clem en pote de Raphaëlle. J'attends les autres épisodes ou saison avec impatience car on y apprend des tas de trucs en 1h30. Super!

31

Robert R.

Robert R.

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Lire ses 22 critiquesCritique de la série

5,0

 Publiée le 29 mars 2020

Un régal ! Une excellente série originale, riche en suspense, humour, finesse et humanité. Les intrigues sont bien construites, le texte est remarquablement bien écrit avec une note particulière pour les répliques d'Astrid parfois déroutantes et amusantes, toujours en parfaite cohésion avec le personnage. La série vaut aussi par le talent des comédiens et des deux excellentes principales comédiennes toutes les deux parfaites dans leur rôle. Lola Dewaere est remarquable et Sara Mortensen absolument impressionnante, époustouflante dans le rôle d'Astrid. V

Stop aux marées vertes

Par Le 05/06/2021

C'est très bien ce genre de lutte, l'intérêt d'une pétition. 
Mais la solution, elle est très simple.

Et elle n'apparaît aucunement ici. 

Lorsque j'étais instituteur en Bretagne, il y a plus de trente ans, j'avais des élèves qui mangeaient de la charcuterie le matin, avant de venir à l'école et qui avait un sandwich avec de la charcuterie à la récréation de dix heures et qui mangeaient de la charcuterie à midi, à la cantine ou chez eux et de nouveau le soir. 

Le régime végétarien, ça n'existait même pas dans leurs esprits, bien évidemment.

Et rien n'a changé. Ou pas suffisamment. 

Alors que tout est là, toute la résolution du problème.
En plus des algues vertes, le régime végétarien éliminera la souffrance animale et Dieu sait combien elle est impitoyable. 

"Il est dit ici qu'il faut  : "Favoriser la diminution du cheptel breton" mais c'est très insuffisant et même hypocrite si cela contribue à importer du porc chinois ou des pays de l'Europe de l'Est. On exporte les algues vertes en quelque sorte ou la pollution des nappes phréatiques. Et on se réjouira qu'il n'y a plus d'algues vertes sur les côtes bretonnes. De l'hypocrisie. 

Il n'y a qu'une solution : ne plus manger d'animaux. Là, on règlera le problème, tous les problèmes, toutes les souffrances.

Je dis STOP aux marées vertes !

La pétition d’Eau et Rivières de Bretagne, soutenue par 100 organisations et personnalités.

Amas d’algues, odeur d’œufs pourris et gaz toxique, dégradation du littoral : les marées vertes qui défigurent une partie de nos plages, ont des conséquences catastrophiques. Exigeons des pouvoirs publics des actions fortes et efficaces pour que cesse enfin ce fléau.

12282 signataires.

Un courrier électronique de confirmation vient d’être envoyé à jarwal73@gmail.com. Vous devrez visiter l’adresse web mentionnée dans ce courrier pour valider votre signature.

Pour valider votre signature, rendez-vous sur votre boîte mail (vérifiez vos spams).

Parmi les signataires :

Cette pétition est adressée au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, à la ministre de la Transition écologique, au préfet de la Région Bretagne et au/à la futur.e président.e du la Région Bretagne.

Les raisons sont connues

Le taux de nitrates dans les rivières bretonnes est trop élevé. Alors qu’il était inférieur à 5 mg/L en 1960, il est aujourd’hui au-dessus de 30, très loin des recommandations scientifiques, qui préconisent 10mg/L dans les baies les plus touchées.
Cet excédent de nitrates alimente la prolifération des algues vertes.

En cause, le modèle agro-industriel

La Bretagne élève plus de la moitié des cochons, poulets et vaches de France dont une partie de la nourriture, riche en azote, est importée dans notre région. L’agriculture bretonne importe également des engrais minéraux azotés pour fertiliser ses cultures et prairies. L’excès d’azote que notre terre et nos plantes ne peuvent absorber, se retrouve sous forme de nitrates dans les rivières. Grande distribution, industrie agro-alimentaire et syndicat majoritaire imposent leur modèle dépassé qui fait disparaître les paysans et pollue la nature.

Les conséquences sont graves

En se dégradant, les algues vertes dégagent un gaz mortel, l’hydrogène sulfuré. Des humains et des animaux en sont morts.
La biodiversité s’appauvrit sur les estrans, les touristes fuient les plages touchées : la nature, l’économie et l’image de la Bretagne en pâtissent.

Les politiques publiques sont défaillantes

Malgré les promesses, sous la pression des lobbys, l’État et les collectivités ne prennent pas les décisions à la hauteur des enjeux. Les plans de lutte se succèdent, 110 millions d’euros ont été investis entre 2010 et 2019, mais les algues vertes sont toujours là.

Il est temps de prendre des mesures efficaces

Le taux de nitrates est la seule cause sur laquelle l’action publique peut agir pour que cesse ce fléau. Des décisions fortes doivent être prises dès cette année pour espérer descendre sous la barre des 10 mg/L dans les baies et vasières touchées.

Comment y arriver ?

Nous demandons un objectif clair pour la politique agricole : produire moins mais mieux.
Les pouvoirs publics doivent s’engager avant la fin de l’année à :

Favoriser la diminution du cheptel breton en étant beaucoup plus restrictif pour les autorisations de création et d’agrandissement d’élevage ainsi qu’en soutenant le développement de l’autonomie alimentaire des exploitations.

Conditionner les aides publiques en aidant prioritairement les exploitations agricoles et les entreprises agroalimentaires engagées dans le respect de l’environnement.

Renforcer la réglementation et le contrôle sur les épandages de déjections sur les terres (lisiers, fumiers).

Continuer à améliorer l’assainissement collectif et individuel dont les flux sortants ont une responsabilité minime mais non négligeable (entre 5 et 20% des nitrates, selon les baies et les saisons)

La liste des 100 premiers signataires :

- Agriculture Bio de Cornouaille
- Agir pour l’environnement
- AAPPMA Elorn
- AAPPMA du Leff
- AAPPMA Le Leguer
- AAPPMA Pontrieux La Roche Derrien
- Association Abers-Nature
- Association Bevañ Tost d’ar Mene Bre
- Association Chlorophylle
- Association De la Source à la mer
- Association Nationale pour la Protection des Eaux & Rivières Truites, Ombres,Saumons
- Association Pays d’Emeraude Mer Environnement
- Association pour la protection et la promotion de la côte de légende
- Association pour la sauvegarde du pays Fouesnanatais
- Aubert Claude, ingénieur agronome et écrivain
- Aurousseau Pierre, professeur honoraire de Sciences de l’environnement et ancien président du Conseil Scientifique de l’Environnement de Bretagne
- Avenir et Environnement en Pays d’Iroise
- Avril Pierre, paysan bio et concepteur de désherbage mécanique
- Baie de Douarnenez Environnement
- Baldos Raphaël, journaliste
- Bouin Edouard, administrateur général d’Agir pour le Climat
- Bonnec Alain, Président d’Eau et Rivières de Bretagne
- Braine Charles, ancien patron pêcheur
- Bretagne Vivante
- Brunet Gwenaël, brasseur (Brasserie de Trévarn)
- Caplat Jacques, agronome et anthropologue
- Clugery Yann, Président de la coopérative Finisterra-Biocoop
- Collectif Plein Air
- Collectif pour une alternative aux Fermes Usines en Pays Bigouden
- Collet Jean-Baptiste, agriculteur en conversion bio
- Comité de protection du cadre de vie de Bourg des comptes
- Confédération Bretonne pour l’Environnement et la Nature
- Cotentin nature Qualité de vie
- De Beaulieu François, écrivain
- Deleume Marie-Pascale, agronome et membre du CESER
- Défense de L’environnement, du cadre de vie et du littoral du Pays de Daoulas
- Dubreuil Thomas, avocat spécialiste en droit de l’environnement
- Eau et Rivières de Bretagne
- Eau fil de l’Yaigne
- France Nature Environnement
- France Nature Environnement Bretagne
- Fréhel Environnement
- Forestier Yann, boulanger bio
- Générations Futures
- Gladu Yves, photographe sous-marin
- Glinec Jean-François, éleveur de vaches laitières
- Glinec Olivier, agriculteur
- Gourcuff Christian, retraité, ex-entraîneur de football professionnel
- Greenpeace
- Green Cross
- Groupe Mammalogique Breton
- Halte aux Marées Vertes
- Huet Gilles, militant associatif
- Jacob Jérôme, éleveur de porcs
- Kerleguer Gaëlle, éleveuse de chèvres
- Kermagoret René, ancien président du GAB 56
- La Renverse
- Large Morgan, journaliste qui traite des questions agricoles, agro-alimentaires et environnementales
- Le Briéro Sébastien, avocat spécialiste en droit
- Le Cleac’h Ronan, éleveur de vaches laitières
- Le Du André, éleveur de vaches laitières à la retraite
- Lefebvre Claude, maraichère en bio
- Leost Raymond, enseignant-chercheur en droit
- Le Provost Jean-Baptiste, ancien agriculteur
- Les Amis de la Terre
- Les Colocaterre
- Le Quéau Serge, membre du Conseil Économique, Social et Environnemental
- Léraud Inès, journaliste autrice de la BD Algues Vertes
- Libre Canut
- Lohéac Jean-Jacques, maraicher à la retraite
- Madec Alain, récoltant et transformateur d’algues
- Maison de l’Agriculture Biologique du Finistère (MAB29)
- Menesguen Alain, océanographe biologiste retraité d’IFREMER
- Nadan José, apiculteur et ancien président du Syndicat des apiculteurs professionnels de Bretagne
- Nicolino Fabrice, journaliste et fondateur de Nous voulons des coquelicots
- Nono, dessinateur
- O Geallabhain Breandan, pêcheur de la mer d’Iroise
- Ollivro André, militant associatif
- Optim’ISM, associations pour l’emploi dans la transition agricole
- Philippe Pierre, médecin-urgentiste qui a alerté sur le risque sanitaire lié à la prolifération des algues vertes
- Pierre Jean-Claude, fondateur d’Eau et Rivières de Bretagne
- Piriou Jean-Yves, scientifique en environnement littoral, retraité d’IFREMER
- Pleine mer
- Plouguerneau Nature Environnement
- Pochon André, agriculteur à la retraite
- Quéniat Vincent, éleveurs de porcs et de volailles
- Rance Environnement
- Réhault Nolwenn, ostréicultrice sous le label Nature & Progrès
- Réseau Cohérence
- Rivières et Bocage Bélon Brigneau Merrien
- Robast Marine, maraichère
- Romagné Leslie, mytilicultrice
- Rothéneuf Environnement
- Sauvegarde du Trégor
- SaveStangAlar
- Sibéril Soïg, guitariste
- Stivell Alan, musicien
- Tarz-Heol
- Thomas Thierry, éleveur de porcs à la retraite
- Veillerette François, fondateur de Générations Futures
- Vitré-Tuvalu
- Vivarmor
- Youth For Climate France
- Yvon Jean-Noël, ostréiculteur traditionnel, d’huîtres nées en mer
- Yvon Tifenn, ostréicultrice traditionnelle, d’huîtres nées en mer

Pour aller plus loin :

Pour suivre notre campagne

Nos 10 propositions pour mettre fin aux marées vertes

Contribution de FNE à l’évaluation de la politique publique de lutte contre la prolifération des algues vertes en Bretagne

Positionnement de Bretagne Vivante sur les algues vertes

La campagne des Amis de la Terre sur l’azote minéral

Cette pétition est portée par l’association agréée pour la protection de la nature Eau & Rivières de Bretagne. En signant cette pétition, vous acceptez de recevoir des informations de notre association. En aucun cas votre adresse courriel ne sera commercialisée.

Conformément à la loi, vous avez à tout moment la possibilité de demander le retrait de vos coordonnées en vous adressant à erb@eau-et-rivieres.org

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L'ortie

Par Le 01/06/2021

 

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Bruno Wisniewski

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L'ortie : thermomètre et pansement du sol

(post un peu long mais mais saura "piquer" votre curiosité, je l'espère!)

La répartition des plantes sauvages dans un environnement donné n'est pas due au seul hasard. Leur présence / absence est liée à de nombreux paramètres dont un, fondamental : la nature du sol. Prenons l'exemple de la grande ortie (Urtica dioïca). L'observateur attentif aura remarqué que même s'il s'agit d'une plante « banale », on ne la trouve pas dans tous les milieux.

Voici quelques éléments permettant de comprendre sa répartition et donc sa probabilité de présence dans un environnement (question souvent posée par les amateurs de soupes d'ortie!)

La présence de l'ortie est liée à celle de l'azote (les fameux nitrates des engrais chimiques). Retenons que là où il y a un excès d'azote, il y a généralement profusion d'orties. En gros, et pour faire simple, les orties poussent dans des sols pollués à l'azote. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on qualifie volontiers notre sauvageonne de "pointeur d'azote".

Ces excès d'azote dans l’environnement peuvent être naturels (liés à la décomposition de la matière organique qui s'accumule) ou d'origine anthropiques (liés aux activités humaines). C'est ce qui explique que les orties viennent assez facilement à proximité de nos tas de compost et des abords des fermes.

Mais qu'en est-il pour ces « champs d'orties » qui colonisent les berges de l'Isle par exemple ? D'où provient cette pollution à l'azote ?

Réponse : de nos pratiques agricoles (agriculture conventionnelle) et de l'incapacité de nos sols à retenir les nitrates...

La plupart des engrais azotés épandus dans un sol agricole finissent dans les nappes souterraines ou dans les cours d'eau par ruissellement. Et cela pour ne raison très simple qu'il faut dire et redire :

LES SEULS ÊTRES AU MONDE A SAVOIR FIXER L'AZOTE DANS UN SOL SONT : LES VERS DE TERRE....

Et c'est là que le « bas blesse », que la machine s'enraye selon le schéma suivant :

- retournement des sols,

- chute du taux de matière organique

- sol mis à nu

- chute des populations de lombric,

- les nitrates ne sont plus « collés » aux argiles (travail des vers de terre),

- les nitrates se retrouvent dans les cours d'eau,

- débordement des cours d'eau et dépôts massifs de nitrates sur les berges des rivières

- prolifération des orties (pour le plus grand bonheur des buveurs de soupes!)

Mais l'ortie ne se contente pas de pointer de ses racines nos pratiques dévastatrices. En même temps qu'elle indique un excès d'azote, elle répare la pathologie qui l'a favorisée. En gros, la présence de l'ortie nettoie le sol de son azote excédentaire.

Ortie : thermomètre et pansement du sol.

Mais la nature pourra-t-elle panser encore longtemps les plaies qu'on lui inflige ?

Rien n'est moins sûr !

Bac philo : Comment noter ?

Par Le 31/05/2021

Vous voulez participer à une expérience fort intéressante ?

Ecoutez la vidéo puis allez dans le lien, il vous sera proposé de donner votre avis sur trois copies de philo. 

A vos stylos rouges ^^

Les vidéos de Monsieur Phi sont très souvent passionnantes.

 

Monsieur Phi

236 k abonnés

S'ABONNER

Le questionnaire "version tout public" avec les trois copies se trouve ici : https://forms.gle/ctUqjydyr9uUw9oA9

Une école pour prendre soin de soi

Par Le 30/05/2021

Je l'ai écrit ici, il doit y avoir cinq ou six ans. L'école publique est en phase terminale et tant mieux. J'attends avec impatience le jour de la crémation. 

Il y a d'autres écoles qui prennent le relais. J'aurais aimé y travailler. Au lieu de me faner dans le champ de pesticides ministériels, de toutes les réformes néfastes, de tout ce formatage et ces blocages, de cet archaïsme destructeur. 

Cette fois, "le monde d'avant", je lui souhaite de crever le plus vite possible. 

 

OSE : une école pour prendre soin de soi, de ses relations, et de la Nature

 

« J’aime particulièrement le côté bienveillant, le côté Nature, la confiance en soi encouragée, l’entraide, le fait que tous les âges soient mélangés et la coopération enfants/adultes. On est tous conscients qu’on apprend les uns des autres et c’est ça qui est important pour moi. » témoigne Val, l’une des mamans de l’école, pour La Relève et La Peste

20 mai 2021 - Laurie Debove

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Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France
 

Commander

Dans le Sud des Landes, à Tarnos, une école pas comme les autres apprend aux enfants à grandir en harmonie avec la nature. Innovante, laïque, pluri-pédagogique, cette école éco-citoyenne construit son programme pédagogique autour de nombreux projets en plein air et permet aux petits et grands de devenir des citoyens éclairés, épanouis et acteurs d’une société respectueuse du vivant.

Sortir du formatage de l’éducation nationale

L’école OSE a été créée par Camille Colombain et Fanny Dubois. Toutes deux issues du milieu de l’éducation nationale, c’est face à la difficulté des enfants « atypiques » de s’insérer dans le milieu scolaire classique qu’elles ont eu envie de proposer une école respectueuse du rythme de chaque enfant.

« On a chacune eu des expériences avec classes surchargées et des enfants en grande difficulté, moi j’étais avec des enfants qui ont des troubles du comportement, et Fanny a été avec des enfants aux troubles de l’apprentissage. Et on s’est rendues compte que ce n’était pas adapté de mettre tous les enfants avec les mêmes problèmes ensemble. Il faut une école inclusive qui mélange les enfants « ordinaires » et « extraordinaires ». On se disait aussi que tous les enfants ont des journées à rallonge, de 8h à 17h à l’école, puis ils sortent, vont chez l’orthophoniste pour certains ou faire des activités extra-scolaires, ils rentrent il y a des devoirs, ils mangent et tout de suite au lit. On s’est dits mais c’est quoi cette vie qu’on offre aux enfants où ils n’ont même plus le temps de jouer librement ? On leur demande de s’asseoir 6h par jour quasiment, ce n’est pas respectueux des rythmes de l’enfant. » explique Camille Colombain pour La Relève et La Peste

Et pour cause, l’éducation nationale reproduit trop souvent un schéma de société qui ne correspond plus aux aspirations individuelles et sociétales, où des professeurs passionnés sont confrontés à des manques de moyens problématiques selon les territoires. C’est ce qui a poussé Val, l’une des mamans, à mettre sa petite fille à l’école OSE.

« Outre les dysfonctionnements que tout le monde connaît, il me semble que le système scolaire a vocation à formater des enfants dans leur façon de penser, dans ce qui est bien ou pas, et à enseigner des choses certes importantes mais qui ne sont pas les seules à l’être. Evidemment, il y a des exceptions au sein des enseignants mais ce n’est pas ce à quoi encourage le système éducatif français actuel. Puis on parle beaucoup d’inclusion pour les enfants différents, mais sans manque de moyens, l’inclusion sur le terrain se passe mal. En tant qu’assistante scolaire, j’ai assisté au broyage d’enfants et il était hors de question que ma fille soit là-dedans, même si elle n’a pas de soucis et n’aurait pas été directement broyée, je n’ai pas envie de cautionner ce système-là. » explique-t-elle pour La Relève et La Peste

L’école OSE ne se revendique pas d’une méthode pédagogique précise (comme Montessori, Freinet ou Forest School) mais a construit tout son projet autour de la dimension écologique. D’abord, une écologie intérieure pour apprendre aux enfants à se positionner, savoir qui ils sont, comment gérer leurs émotions, connaître leurs limites, ressources et talents.

« Bien se connaître soi-même permet ensuite d’aller vers une écologie relationnelle, comment on fait pour bien vivre ensemble, et ensuite prendre soin de l’environnement. Notre pédagogie est une pédagogie avec et par la Nature. C’est une pédagogie consciente où on va vraiment apprendre aux enfants à prendre soin d’eux-mêmes, de leurs relations et de la Terre. » explique Camille Colombain pour La Relève et La Peste

A l’école OSE, il n’y a donc pas de devoirs, et les soignants, comme une psychomotricienne, interviennent pendant le temps de classe des enfants afin de ne pas surcharger leurs journées. Les 34 élèves âgés entre 3 et 11 ans sont répartis en deux classes de 3/6 ans et 7/11 ans mais ont de nombreux chantiers et projets communs.

Des projets pluri-disciplinaires

L’école OSE, après de nombreuses recherches fastidieuses, a trouvé accueil dans un lieu unique : la ferme Emmaüs Baudonne, dont le directeur Gabi voulait donner vie à une célèbre phrase de Victor Hugo : « Quand on ouvre une école, on ferme une prison. »

Lire aussi : Dans les Landes, la première ferme agro-écologique à donner une seconde chance aux femmes détenues

Dans cet écrin de verdure, entouré par une véritable forêt de plusieurs hectares, les enfants peuvent apprendre en toute sérénité autour de projets collectifs, le plus souvent à l’air libre.

« Grâce à la pédagogie de projets, on peut faire travailler beaucoup de compétences. Il faut juste être un peu rusé et beaucoup de préparation en amont. Par exemple, le potager est LE projet de l’année : on utilise les maths, l’art avec le design, l’aquarelle, les sciences du vivant avec la permaculture, etc. C’est plus concret et permet de rendre du sens aux apprentissages : j’apprends à mesurer et faire un angle droit parce que j’en ai besoin dans mon potager, j’apprends à écrire pour envoyer une lettre à la Mairie ou un proche. » détaille Camille Colombain pour La Relève et La Peste

Les parents sont d’ailleurs étroitement impliqués dans le programme pédagogique de l’école, comme Sébastien, un papa paysagiste et permaculteur qui anime l’atelier potager tous les mardis matins.

« L’idée, c’est de comprendre l’évolution du vivant, pas seulement comment on fait pousser une plante mais de quoi elle a besoin comme écosystème complet pour qu’elle puisse pousser en autonomie, observer le Vivant et son cycle. Le mélange des âges est très intéressant car les grands transmettent aux petits donc ça booste les petits dans les activités pour faire la même chose que les grands. Après, ils restent des enfants : des fois ils sont concentrés et d’autres pas. J’essaie alors de les ré-orienter pour transformer l’atelier et trouver une autre activité qui va permettre de canaliser leur énergie sur quelque chose de constructif, différent mais complémentaire à la précédente activité. C’est l’école que j’aurais bien aimé connaître quand j’étais petit, avoir de la liberté et une autre approche pédagogique, une proximité avec le Vivant, la Nature et pouvoir en profiter ne pas être enfermé toute la journée et pouvoir aller dehors c’est quand même génial pour un enfant. Le jardin leur permet aussi d’apprendre la patience et de réaliser qu’on ne peut pas tout avoir tout de suite. » explique Sébastien pour La Relève et La Peste

A l’école OSE, il n’y pas une seule intelligence qui soit valorisée, mais huit selon la théorie des intelligences multiples d’Howard Gardner. Chaque enfant peut ainsi se positionner selon ses capacités innées, sans se sentir dévalorisé par rapport à ses camarades. Petit à petit, les enfants réalisent que leurs différences font aussi leur richesse.

« Moi j’aime bien l’école, la forêt. Avant j’étais dans une autre école mais j’aimais moins les profs, l’école publique était pas très sympa. Ici, il y a le jardin, et on fait des fois de la création de totems. » raconte le petit Caspar

« Un enfant avait été humilié à l’école classique par sa maîtresse et ne voulait plus y retourner. Ici, avec la Nature il s’est complètement reconnecté et réconcilié à l’école. Il adore grimper aux arbres, a une habileté et des compétences physiques incroyables. Désormais, il mène des projets en Nature, il a même fait un escalier en terre dans un endroit en forêt qui était glissant, et là il a pris sa place au sein du collectif et tout son potentiel peut se déployer. » raconte Camille Colombain dans un sourire pour La Relève et La Peste

Une micro-société tolérante

Les enfants restent donc encadrés dans des activités précises avec des objectifs pédagogiques nets. A terme, Fanny et Camille espèrent avoir fait la preuve de leur méthode pédagogique pour que l’école soit acceptée au sein de l’Education Nationale, et pouvoir embaucher des professeurs.

« Il n’est pas question de mettre les enfants dans une bulle aseptisée hors du monde extérieur. Nous essayons de créer une micro-société tolérante où on leur donne des outils pour vivre plus en conscience, et savoir gérer les formes de violence qu’ils pourront rencontrer dans leur vie à travers des mises en scène et des ateliers. On travaille beaucoup sur le savoir-être. De la même façon, on les encourage à s’accrocher et dépasser leurs échecs quand ils tâtonnent. Si l’enfant n’y arrive pas et qu’il passe à autre chose, il va continuer à se penser incapable, et après l’estime de soi n’est pas là. » ajoute Camille Colombain pour La Relève et La Peste

Les tarifs d’inscription sont basés sur le quotient familial, afin de favoriser la mixité sociale et donner sa chance à chaque enfant, et parent. Un espace d’apprentissage est ainsi destiné aux adultes : l’école des grands où les parents peuvent partager ensemble toutes leurs compétences pour pouvoir construire des modes de vie durable et apprendre tout au long de la vie.

Parents et intervenants extérieurs peuvent ainsi proposer des ateliers et conférences sur des sujets variés : cours sur la parentalité consciente par une maman psychologue, santé alternative comme la médecine ayurvédique, alimentation, éducation, communication non-violente, etc.

« Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme mais d’ouvrir le champ des possibles. » explique Camille

« J’aime particulièrement le côté bienveillant, le côté Nature, la confiance en soi encouragée, l’entraide, le fait que tous les âges soient mélangés et la coopération enfants/adultes. On est tous conscients qu’on apprend les uns des autres et c’est ça qui est important pour moi. » témoigne Val, l’une des mamans de l’école, pour La Relève et La Peste

Et le succès est au rendez-vous : les parents trouvent leurs enfants plus tolérants et liés à la Nature, et toute la communauté était soudée autour de la Fête de la Nature pendant laquelle parents, intervenants et enfants ont mené de nombreux ateliers.

L’école est d’ailleurs complète et Fanny et Camille pensent déjà à la suite : ouvrir une classe maternelle et une classe collège dans un futur proche.

20 mai 2021 - Laurie Debove

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