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Accaparement des terres agricoles

Par Le 21/07/2021

Si c'était dans la Creuse, clair qu'on participerait à l'occupation.

Sauf, qu'ici, les terres, ça ne vaut pas ce prix-là, sinon, on n'y serait pas...

Un problème majeur quand on parle d'autonomie alimentaire et de développement d'une agriculture raisonnée, bio, locale.

 

Pays Basque : des paysans occupent un domaine de 15ha pour lutter contre l’accaparement des terres agricoles

 

« C’est important de protéger ces 12ha car le territoire est bien loin de l’autonomie alimentaire. Ces terres se trouvent aux portes de Biarritz, si un paysan y fait des légumes ou des fruits et les vend, il n’aura aucune difficulté à trouver des débouchés. La recherche de terres est vraiment le nerf de la guerre pour les porteurs de projet agricole. Si on laisse faire la spéculation foncière sans la réguler, ça va devenir invivable pour les paysans mais aussi la population ! Si on se met à répercuter le prix du foncier sur les denrées alimentaires produites, plus personne ne pourra se nourrir ! »

21 juillet 2021 - Laurie Debove

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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

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Trop, c’est trop. Dans le Pays Basque, les paysans sont en colère. Depuis fin juin, ils occupent 15ha de terres agricoles pour lutter contre leur vente spéculative : 3,2 millions d’euros pour les terres, une maison et un corps de ferme abandonnés. Achetés par une multimillionnaire parisienne qui évite tout contact direct avec eux, ils ont décidé de durcir le ton et d’occuper la maison pour faire entendre leurs revendications. Pour eux, cette vente est symbolique des enjeux locaux : l’accès au foncier agricole et au logement devient impossible à cause de la spéculation. Ils sont déterminés à « tenir jusqu’au bout », convaincus que ce patrimoine agricole doit rester un bien commun au service de l’autonomie alimentaire du territoire.

La spéculation foncière des terres agricoles

C’est une annonce postée sur les réseaux paysans qui a allumé la mèche de la résistance. A Arbonne, aux portes de Biarritz, le dénommé Yves Borotra vend sa propriété comprenant une maison d’habitation en cours de rénovation, l’ancienne maison des fermiers, inhabitée aujourd’hui, et des parcelles agricoles d’un peu plus de 15 hectares pour 3,15 millions d’euros.

Or, la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer ; l’établissement de gestion des terres agricoles) a estimé ce bien à 800 000 euros « au maximum » pour l’ensemble, soit quatre fois moins que le prix proposé.

Malgré ce prix exorbitant, le domaine a trouvé une acheteuse : Diane de L’Espée, une propriétaire foncière multimillionnaire vivant à Paris mais possédant plusieurs biens dans la Région. La Safer a donc déposé une demande de pré-emption partielle pour conserver les 12 ha de terres fertiles, « d’un seul tenant et d’une excellente qualité agronomique », pour y installer des paysans.

Seulement, le vendeur refuse la pré-emption partielle à un prix inférieur à celui qu’il a décrété, et la Safer ne peut pas payer le prix fort, au risque de légitimer ces pratiques de spéculation dans la Région. Surtout, l’acheteuse veut conserver les 12ha d’un seul tenant pour y mettre des chevaux, et refuse tout bâti car le terrain est situé juste en face de la grande propriété bourgeoise en rénovation, avec vue sur La Rhune, un mont emblématique du Pays Basque.

La vue depuis le domaine – Crédit : Laurie Debove

« On n’a rien contre les chevaux, mais le Pays Basque est un petit territoire qui perd déjà 1000ha de terres par an à cause de l’artificialisation. On sait que l’autonomie alimentaire du territoire n’est déjà pas évidente, si on continue à laisser des millionnaires s’accaparer des terres pour en faire de l’agrément, ça devient insupportable. » résume Maryse Cachenaut, paysanne à Itxassou depuis 1995 et membre de Lurzaindia, pour La Relève et La Peste

Pour le syndicat agricole Euskal Herriko Laborarien Batasuna (ELB) – un syndicat paysan basque rattaché à la Confédération paysanne – et l’association basque Lurzaindia, chargée de protéger le foncier agricole, cette vente est « un cas d’école » de l’accaparement des terres perpétré par la spéculation foncière.

Depuis le mercredi 23 juin, ils occupent le terrain pour faire entendre leurs revendications.

Le champ actuellement utilisé pour des chevaux – Crédit : Laurie Debove

« L’acheteuse ne veut pas de bâti devant chez elle, y compris agricole. Le rêve des paysans est d’installer 3 ou 4 maraîchers, sur ces 12 ha, ce qui implique des serres et des bâtiments. Si l’acheteuse nous enlève cette possibilité, elle enlève l’installation paysanne. C’est important de protéger ces 12ha car le territoire est bien loin de l’autonomie alimentaire. Ces terres se trouvent aux portes de Biarritz, si un paysan y fait des légumes ou des fruits et les vend, il n’aura aucune difficulté à trouver des débouchés. La recherche de terres est vraiment le nerf de la guerre pour les porteurs de projet agricole. Si on laisse faire la spéculation foncière sans la réguler, ça va devenir invivable pour les paysans mais aussi la population ! Si on se met à répercuter le prix du foncier sur les denrées alimentaires produites, plus personne ne pourra se nourrir ! » explique Elise Villain, animatrice du syndicat agricole ELB, pour La Relève et La Peste

Depuis le début de leur combat, les organismes paysans ont tenté de joindre l’acheteur et la vendeuse pour pouvoir échanger directement avec eux, sans succès. Aux dires de ses proches, le vendeur Yves Borotra serait « un homme sourd de 90 ans vivant en Suisse ». Les paysans, eux, sont perpétuellement renvoyés à des intermédiaires.

La première banderole des paysans – Crédit : Laurie Debove

L’inégalité des chances

L’acheteuse Diane de l’Espée, une retraitée de 75 ans, n’est pas une inconnue des organismes agricoles : elle avait déjà soulevé l’indignation en vendant 32 ha de terres à Saint-Jean-de-Luz pour 12 millions d’euros. Mardi 12 juillet, près de 130 tracteurs ont défilé jusqu’à Biarritz pour protester contre la perte de la vocation agricole de ces terres, et faire connaître la situation à une plus grande part de la population. Une pétition lancée en ligne a déjà récolté près de 30 000 signatures.

Le défilé de tracteurs sur le départ – Crédit : ELB

Jeudi 15 juillet, une délégation paysanne d’une dizaine de personnes s’est également rendue chez le notaire et l’architecte en charge du projet, afin d’essayer d’entrer en contact direct avec l’acheteur et la vendeuse. S’ils ont bien été reçus, ils n’ont pas obtenu leurs coordonnées et ont été sommés de partir par les gendarmes.

De retour au terrain, décision a donc été prise de « durcir le ton » lors d’une assemblée générale. Après avoir occupé le terrain et lancé un potager dessus, les paysans et leurs soutiens ont décidé d’investir la maison en travaux pour tenter de débloquer les négociations.

Le potager lancé sur le terrain – Crédit : Laurie Debove

But de la soirée : raccrocher la fourche et la fourchette pour que paysans et société civile soient unis pour faire vivre la mobilisation. Femmes et hommes de tout âge parlent ensemble et s’organisent dans la convivialité. Un groupe de paysans est même venu du Béarn pour apporter son soutien, illustration que cette affaire est loin d’être un simple problème local.

Ce problème touche tous les paysans, et notamment les personnes qui ne sont pas issues d’une famille d’agriculteurs, comme Martin, un enfant du pays à la recherche de terres pour cultiver du houblon et de l’orge et devenir paysan brasseur.

« Je viens du village voisin. On a beaucoup de foncier agricole mais il n’est pas libre. Cette prairie je passe devant depuis que je suis gosse, je me suis toujours demandé à qui elle appartenait. La question s’est posée encore plus fort depuis que je souhaite m’installer. Un jour c’est des chevaux, le lendemain d’autres. Moi le premier, je pense que ça peut plus durer. Des terres il y en a plus qu’il n’en faut. Autour de nous, assis par terre, on est plein à chercher du foncier. Mais nous sommes pour la plupart non-issus d’une famille agricole. Quand tu commences de zéro, il n’y a pas de foncier. On passe tous les jours devant des maisons et des terrains inoccupés qui coûtent une fortune. J’ai mis 6 ans à avoir une parcelle d’1ha, et il m’en faut 15… On est tous en train d’enrager. Tout aussi préoccupant, une fois que tu as trouvé tes terres, tu ne peux même pas vivre à côté tellement le prix est exorbitant. Cette vente en particulier cristallise tout : les terrains, la ferme, et un prix hallucinant. Cette affaire balaie le prisme de tous les problèmes en un seul cas. On voit passer pas mal de ventes à plusieurs millions dans le secteur, et cette fois-ci on a décidé de ne pas se laisser faire, on va aller jusqu’au bout. » témoigne Martin, jeune paysan et vigneron, pour La Relève et La Peste

Arrivée du barnum – Crédit : Laurie Debove

En France, l’accès aux fermes pour les futurs paysans non issus du milieu agricole devient un véritable facteur d’exclusion. De nombreux élus locaux et parlementaires nationaux ont ainsi apporté leur soutien aux revendications des paysans, et se sont engagés à appuyer leur combat à travers un changement législatif comme la proposition de loi du député Jean-Bernard Sempastous.

« Je suis là à titre personnel, mais on suit cette affaire de près avec le travail. Je trouve ça scandaleux ce genre de situation où c’est si dur de trouver de la terre pour installer les jeunes, et là c’est acheté par quelqu’un qui n’est pas agricultrice et aucun outil n’est disponible pour lutter contre ça. » explique Camille Vignereau, animatrice installation à Euskal Herriko Laborantza Ganbara, la Chambre d’Agriculture du Pays Basque

« Nous, on a vraiment le sentiment qu’on nous vole la terre. N’importe quel propriétaire foncier attaché à son bien va dire qu’un propriétaire fait ce qu’il veut, mais il faut aussi penser à l’intérêt général et au bien commun. Et la terre doit être protégée au même titre que l’eau et la biodiversité : c’est un bien commun. Aujourd’hui, une terre qui est artificialisée ou une terre à qui on ne donne pas une vocation nourricière, c’est une responsabilité importante. Et là-dedans, nous paysans avons une responsabilité mais nous sommes de moins en moins nombreux, nous avons donc besoin du soutien des élus et des citoyens pour inverser le rapport de force. » renchérit Maryse Cachenaut, paysanne à Itxassou depuis 1995 et membre de Lurzaindia, pour La Relève et La Peste

Cette semaine-là, l’appel semble avoir été entendu : de nombreuses personnes de tout âge se sont inscrites sur le planning pour tenir l’occupation de la maison.

Réunion sur le domaine pour la suite des actions – Crédit : Laurie Debove

21 juillet 2021 - Laurie Debove

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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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Monnaie libre : Le G1 ou June

Par Le 21/07/2021

Un ami vient de me parler de ce site. 

Absolument passionnant, une idée qui va faire son chemin et qui mérite amplement d'être diffusée.

Je vais étudier ça de très près.  Il est clair qu'il est nécessaire de s'émanciper du système bancaire et financier qui nous gouverne. 

 

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Une économie garantissant plus de liberté 

Prémonition

Par Le 20/07/2021

Prémonition

Définition : Avertissement, d'origine inexplicable mais qui s'impose à la conscience, d'un événement à venir.

La nuit dernière, j'ai rêvé du roman que j'écrivais avant de décider d'arrêter tout ça. Un passage très précis. La lecture des cahiers de survie de Théo. Une liste effroyable des potentielles raisons d'un éventuel chaos. C'était étrange parce que je voyais Laure, plongée dans sa lecture, et en même temps je voyais ce qu'elle lisait. 

Je n'écris plus parce que mon temps libre est intégralement tourné vers les actes réels. Et l'écriture n'est en rien réelle. 

Il y a tant à faire si on tient compte des prémonitions.

 

 

 

CHAPITRE 45

Quand Laure avait ouvert les yeux, elle avait deviné dans la pénombre la silhouette de Théo, calé dans le fauteuil. Elle avait écouté sa respiration. Sommeil profond. Elle s’était reproché de s’être endormie sur la banquette.

Théo n’avait pas besoin de nuits chaotiques. Il ne lui racontait pas grand-chose de sa vie professionnelle mais il était facile d’en deviner la charge.

Elle se leva et s’approcha. Elle posa les mains sur ses joues, délicatement, centimètre par centimètre, jusqu’à envelopper son visage.

Il ouvrit les yeux, péniblement, avec les battements lents d’une conscience qui remonte à la surface.

C’est lorsque les pupilles de Théo brillèrent pleinement que Laure se souvint de son rêve. Un flash-back tonitruant, comme un écran d’ordinateur qui sort de sa veille.

Les yeux de Figueras.

Sa respiration s’arrêta.

Quelques images, elle revoyait l’Indien lui parler, comme une prière lancée à travers l’espace.

Elle aurait voulu s’isoler, là, dans l’instant, empêcher les images de sombrer dans les gouffres de l’inconscient. Il y avait un message.

« Viens mon amour, on monte dans la chambre, proposa-t-elle, en tirant Théo par les mains. Ne te réveille pas vraiment, laisse-toi guider, je vais te déshabiller et tu te rendors aussitôt. »

Théo la laissa mener son idée jusqu’au bout et une fois dénudé, il se glissa sous les draps.

Elle ôta ses vêtements et elle se glissa à ses côtés.

Elle attendit quelques minutes puis elle reconnut la respiration de l’homme endormi.

Elle se concentra immédiatement sur le rêve. Figueras. Comment était-ce possible que son visage soit aussi précisément restitué, aucune déformation, aucune ressemblance avec une autre personne, lui et uniquement lui, du début à la fin, sans qu’elle ne puisse juger de la longueur du film ? Ni retrouver aucune de ses paroles. Un visage impassible bien qu'elle ressentit malgré tout une forme d’inquiétude, non pas une menace identifiée mais quelque chose de flou.

Il y avait un danger.

Figueras.

Combien de fois avait-elle repensé à ce tunnel des âmes et à ces lumières mouvantes dans la voiture ? Et aux yeux de l'Indien. Rien à comprendre puisque rien n’était vérifiable. Il ne pouvait s’agir que d’interprétations. Elle avait dévoré divers ouvrages. « La vie après la vie » de Raymond Moody l’avait beaucoup marquée. Elle avait lu à maintes reprises ce qui aurait pu être son témoignage. Et là, maintenant, Figueras réapparaissait. Le cerf l’avait annoncé. Il aurait été irrespectueux et même fou, finalement, de ne pas tenter de comprendre. Il n’y avait pas qu’elle mais des millions de personnes. Certains scientifiques parlaient de processus chimiques du cerveau; les expérimentateurs parlaient des âmes. Mais là, durant son sommeil, elle n’avait pas exploré le tunnel de lumière de son coma et l’horizon lumineux de la mort, c’était un Indien qui venait en elle et cherchait à délivrer un message. L’Indien qui lui avait intimé l’ordre de retourner dans son corps, l’Indien qui savait tout d’elle, dans le train de Colombie, avant même qu’elle ne lui parle. Qui était-il réellement ? Non pas dans son habit élimé et cette attitude indéfinissable, cette sagesse intérieure qui l’avait troublée, non, pas ce personnage matériel mais l’entité spirituelle, l’âme de cet être. Qui était-il ? Pourquoi revenait-il vers elle ? Si un danger devait survenir, pourquoi la prévenir, elle ? Que pourrait-elle y faire ? Quel était ce danger ? Était-elle la seule concernée ou devait-elle être une messagère ? Et qui croirait à une vision onirique ? Elle n’aurait jamais, absolument jamais la moindre crédibilité.

Sauf auprès de Théo.

Il évoquait si souvent les dangers du monde.

Demain, elle lui parlerait de Figueras.

Elle attendit plusieurs minutes puis elle accepta l’évidence. Elle ne dormirait pas. Pas dans cet état. Comme une énergie qui déborde. Les jambes agitées par des vagues incessantes de flux électriques.

Elle se leva silencieusement et rejoignit la bibliothèque du salon. Elle ne souhaita pas reprendre sa lecture précédente et laissa ses yeux naviguer sur les étagères.

Dans un angle du mur, une petite planche en bois, un coin d'ombre, comme remisée dans un lieu discret. Quatre cahiers au format identique. Une écriture manuscrite sur le dos.

« Cahier de survie / tome 1 »

Intriguée, elle retira le volume du rayonnage.

Une couverture rigide, un large format, des calligraphies ésotériques. Elle songea à des manuscrits religieux.

Elle l’ouvrit délicatement et le feuilleta.

Des notes au stylo, des schémas minutieux, de multiples graphiques, des articles découpés et soigneusement collés.

Un sommaire, des numéros de pages.

Réchauffement climatique, réserves stratégiques de carburant, cyberattaques, pandémie, autonomie alimentaire des mégapoles, nouvel ordre mondial, permafrost et méthane, élévation du niveau des océans, démographie et alimentation, biodiversité et déforestation, phénomènes climatiques et catastrophes naturelles, comportement humain et sociologie, menaces nucléaires.

Tout était classé, numéroté. L’ordre habituel de Théo.

Une bible du survivalisme.

Elle jaugea rapidement le contenu à une centaine de feuilles par volume. Les trois autres cahiers étaient identiques. Des heures de réflexion, assurément. Une écriture très serrée, comme guidée par la peur de manquer de papier.

Elle s’installa sur la banquette et se laissa guider par l’intuition. Tellement de choses à lire. Un titre écrit en gras capta son attention.

« Conséquences d’une rupture brutale d’approvisionnement en pétrole. »

Théo lui avait déjà parlé de ce scénario. Elle voulut en savoir davantage.

Trois jours de réserves alimentaires sur Paris. Dépendance critique au ravitaillement. Comme la plupart des principales villes françaises. Transport routier vital. Rationnement obligatoire et des émeutes inévitables. Les réseaux sociaux amplifieront la propagation de la panique. Deux mois de réserves stratégiques de carburant au niveau national quand la situation est gérée. Beaucoup moins si un mouvement de panique s’empare de l’ensemble de la population. Confiscation par le gouvernement des stocks éparpillés sur le territoire. Pillages des magasins. Situation médicale dramatique. Les pannes surviendront très rapidement sur les infrastructures vitales. Plus d’alimentation en eau dans les immeubles. Plus de chasse d’eau. Problème d’hygiène. Plus d’approvisionnement en sang dans les hôpitaux. Plus de médicaments dans les pharmacies. Les morgues seront débordées. Conservation impossible des corps. Protection des bâtiments gouvernementaux et des préfectures. Prise en charge du fonctionnement des centrales nucléaires. Mise à l’arrêt des réacteurs. 

Comment peut-on en arriver là ?

* Des attaques terroristes de très grande ampleur, menées par des groupes fortement armés et financés par des États complices. Les raffineries de France et d’autres pays européens peuvent être facilement atteintes. Des incendies incontrôlables réduiront à néant les structures.

* Un conflit international entre les USA et le Moyen Orient dégénérant en guerre civile entre sunnites, chiites, wahhabites des différents pays arabes et s’étendant aux pays occidentaux sous la forme d’attentats. Les communautés arabes établies dans les pays occidentaux seront ciblées et devront se défendre. Conflits armés dans les grandes villes. Des guerres ethniques entre factions religieuses dans les pays arabes. La Libye est devenue un terrain militaire gigantesque où différents groupes armés s’entre-déchirent, un terreau explosif. La Syrie, le Niger, l’Indonésie et tous les autres. Beaucoup trop de pays incontrôlables. Le blocage du détroit d’Ormuz et des destructions d’oléoduc. Un effet domino orchestré par des attaques diverses, explosions, incendies, cyberattaques, pollutions chimiques entraînant des déplacements massifs de populations. Il y aura inévitablement des dingues qui profiteront du désordre et viendront l’amplifier par des actes imprévisibles, des groupes borderline, sous le contrôle d’aucun État ou groupe connu, juste des fous adeptes de l’apocalypse et rêvant de la fin du monde. Les banlieues et l’ensemble des grandes mégapoles deviendront des zones de non-droit, des territoires tenus par des groupes extrêmement violents. Les armes existent déjà. Il ne manque que la disparition des forces de l’état pour lâcher les fauves.

* Un éventuel complot politico-financier au sommet de la hiérarchie des hommes les plus puissants de la planète pour instaurer un gouvernement unique à l’échelle mondiale, un plan similaire aux pires romans d’anticipation, des décisions impliquant l’ensemble de l’humanité afin de mettre un terme à la démographie galopante et à ses effets sur l’ensemble de la planète, un plan qui viserait à réduire considérablement le groupe humain afin de permettre une mainmise totale sur les survivants et d'installer sans aucun contre-pouvoir un ordre mondial.

Cette dernière option me semble de plus en plus probable. Les puissants ne laisseront pas l’humanité détruire la vie sur la planète puisqu’ils disparaîtraient eux aussi."

 

 

 

 

Une sidération.

Tout était possible. Rien n’était contestable et pourtant, elle ne parvenait pas y croire totalement, comme si des résistances archaïques l’emprisonnaient dans une vision idyllique du monde, une croyance tenace envers les gouvernants, l’impossibilité d’une telle dévastation au regard de toutes les inconnues qu’elle contenait.

Elle tourna la page.

 

 

 

Comportement de la population

* Si on regarde le comportement irrationnel des consommateurs le premier jour de soldes des grands magasins, on a une idée de ce qui peut survenir au regard d’une pénurie alimentaire. La loi martiale aura beau être décrétée, rien n’empêchera les pillages. L’ouragan Katrina ou celui qui a frappé Saint-Barthélemy et Saint-Martin ont engendré des mouvements violents qui n’ont pu être jugulés qu’avec l’intervention des forces de l’ordre. Qu’en sera-t-il lorsque celles-ci ne pourront contenir des mouvements similaires à l’échelle nationale ou européenne puisqu’elles ne seront plus en mesure de simplement se déplacer? Qu’en sera-t-il lorsque les stocks stratégiques de carburant seront épuisés, lorsque les infrastructures vitales auront été détruites, lorsque le réseau électrique ne fonctionnera plus, lorsque l’alimentation en eau potable sera rompue ? Le pétrole, c’est le sang de l’organisme des états et lorsque le sang ne circule plus et que les principaux organes sont atteints, le retour à une situation normale n’est plus envisageable. Et personne n’a réellement idée des impacts causés, de leur vitesse de propagation, ainsi que des dégâts engendrés.  On ne guérit pas un mourant. On ne peut que prier pour le repos de son âme.

Qui sera encore en état de prier ?

 

 

 

 

Elle ferma le cahier et se leva lourdement, assommée, perdue, un déséquilibre intérieur, une masse écrasante qui comprimait sa poitrine.

Elle avait besoin d’air pur.

Elle sortit sur le perron et rejoignit le banc accolé à la façade.

Elle s’assit et respira profondément, lentement, en levant les yeux vers le ciel étoilé.

Une vague subite de frissons la parcourut. L'air était tiède et elle ne vit dans les flux nerveux que la peur qui coulait dans ses fibres.

De l'importance des haies

Par Le 19/07/2021

Article mis à jour le 19 février 2020, 12:10

Pourquoi il faut préserver et replanter les haies, le cas de la Bretagne

 

paysage-agricole-Bretagne

Dans le Morbihan (Bretagne)
© 
Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info - Licence : CC BY-NC-ND

Depuis le siècle dernier, le bocage breton, véritable patrimoine régional, continue de disparaître. Aujourd'hui, malgré des programmes d'aides pour planter des haies comme Breizh bocage, le linéaire de haies régresse toujours sous l'effet des arrachages et du fait de leur vieillissement. En effet, n'étant plus intégrées dans le modèle agricole dominant, les haies ne sont plus pourvues des jeunes arbres qui permettront d'assurer leur renouvellement. Non seulement cela génère une mutation profonde des paysages bretons, mais cela affecte aussi la biodiversité, le cycle de l'eau et finalement nuit à l'agriculture elle-même.

Depuis 1950, 70 % des haies ont disparu des bocages français. L'office français de la biodiversité (OFB), recensait la disparition de 750 000 km de haies vives, arrachées sous l'effet conjoint du remembrement agricole et du déclin de l'activité d'élevage au profit de la céréaliculture intensive. Aussi, une étude Agreste de 2014 montre que la surface en haies et alignements d'arbres en France métropolitaine est en constante diminution, avec une baisse de 6 % depuis 2006 (Sénat, 2019)

Les haies étaient autrefois courantes dans le paysage breton, utiles pour l'agriculture et riches de biodiversité. Mais du fait des nouvelles pratiques de l'agriculture industrielle, des centaines de milliers de mètres linéaires de haies ont été coupées, rien qu'en Bretagne (et beaucoup plus dans toute la France).

En 2008, il restait moins de 182 500 km de talus et haies bocagères en Bretagne, 60 % du linéaire de bocage a disparu de Bretagne entre 1960 et 1980 puis a continué à décroître de 12 % entre 1996 et 2008 (Source : enquête régionale de la Draaf Bretagne).

 

Si les haies disparaissent, c'est que les agriculteurs, de moins en moins nombreux, manquent de temps pour les entretenir et vont au plus vite en créant de grandes parcelles.

Au moment où le Conseil Régional et l'Etat font le bilan de Breizh bocage, Bretagne Vivante appelle à une véritable prise de conscience et une mobilisation de tous sur l'importance du bocage breton. Dans un contexte de réchauffement climatique, d'érosion des sols, de pollutions des eaux, de perte d'habitats pour la biodiversité, la disparition du bocage est un enjeu fondamental pour la Bretagne.

A lire sur ce sujet :

En pleine crise sanitaire, la destruction des haies se poursuit illégalement en France

Pourquoi 200 000 km de chemins ruraux ont disparu en France ?

La place du bocage dans l'agriculture moderne et l'évolution de sa représentation dans la société

Bretagne : comment les algues vertes peuvent-elles devenir mortelles ?

Force est de constater que les politiques régionales, pourtant dotées de fonds importants, ne suffisent pas à enrayer cette disparition.

Pourquoi les haies sont-elles très importantes, pour l'environnement comme pour les agriculteurs ?

 

Elles absorbent du carbone et participent activement à la lutte contre le changement climatique : planter 1 km de haie stocke 550 à 900 tonnes équivalent Carbone sur 100 ans.

Elles ont un effet brise-vent bien utile dans une région comme la nôtre : une haie protège une culture sur 15-20 fois sa hauteur.

Elles servent d'abri aux animaux d'élevage : le rendement (lait, viande) peut augmenter de 20 % si les animaux sont bien protégés.

Bien gérées, elles peuvent fournir un bois renouvelable, y compris du bois d'œuvre.

Elles limitent l'érosion des sols et les crues : un terrain nu et pentu peut perdre entre 11 et 86 T de terres/ha/an.

Elles purifient l'eau en filtrant les eaux de ruissellement : certaines haies consomment des nitrates (fonctionnent comme un filtre épurateur).

Une haie riche en humus abrite de nombreux micro-organismes décomposeurs qui améliorant la qualité du sol et rendant de nombreux services écosystémiques (notamment celui de décomposer tout ou partie des produits chimiques tels que les pesticides).

Elles servent de refuge à une grande diversité d'animaux (oiseaux, petits mammifères, papillons, reptiles, etc.) et constituent une continuité écologique entre les milieux naturels.

Les haies fleuries sont essentielles pour les pollinisateurs tout en embellissant le paysage.

Elles limitent l'exposition à la pollution liée au trafic automobile (en bordure de routes) et aux épandages de pesticides (près des habitations).

les haies fruitières peuvent contribuer à la résilience alimentaire du territoire et sont un lien entre les riverains et la nature.

Elles préservent l’intimité des promeneurs et cyclistes qui longent les routes mais aussi des enfants dans les cours d'écoles.

Elles permettent de lutter contre les ravageurs des cultures en abritant leurs prédateurs ou leur en offrant le nourriture qui ne sera pas prélevée sur les champs.

Chacun peut intervenir pour préserver les haies

Ne pas les arracher. Même un talus peu arboré a une valeur qui peut être améliorée.

Ne jamais les entretenir avec des produits chimiques, toujours préférer les coupes mécaniques. Ne pas faire de coupes au printemps / début été, pour ne pas perturber la période de nidification des oiseaux.

Conserver une bande herbacée fleurie et sauvage en pied de haie. Ne pas araser les talus.

Planter des haies, quand on a le terrain pour le faire, avec des essences locales, qui pousseront mieux et attireront plus de biodiversité.

On peut aussi alerter les mairies afin qu'elles classent certaines haies faisant partie du patrimoine de leur commune sur le plan local d'urbanisme. Même si une telle protection est au bon vouloir des municipalités, lors de l'élaboration des plans locaux d'urbanisme, cela reste une des meilleures solutions existantes pour pouvoir protéger certaines haies.

Outre l'action individuelle, Bretagne Vivante demande aux acteurs publics, et en particulier aux collectivités territoriales, de développer de vrais programmes d'action sur le bocage, avec les agriculteurs, les habitants et les associations environnementales, au bénéfice de tous.

Quand planter les arbres et arbustes ?

Fin novembre est le meilleur moment pour planter des haies, en dehors de période de gel ou de sécheresse. De nombreux sites donnent des conseils de jardinage !

Pour le choix des arbustes, il sera fonction de la nature de votre terrain mais aussi de la hauteur que vous souhaitez voir votre haie atteindre. Préférez des mélanges d'arbustes aux haies composées d'une seule essence, et privilégiez les variétés locales, qui seront bien adaptées à votre terrain. Puis les haies, selon les essences que vous choisirez, c'est aussi une source de nourriture : vous pourrez faire de délicieuses tartes ou confitures avec les mûres ou avec les baies de sureau !

Particuliers, agriculteurs, collectivités, conservez le bocage et plantez des haies avec des essences locales adaptées à notre région !

Planète-info : climat

Par Le 19/07/2021

19 juillet 2021, 09:59

Pourquoi le changement climatique n'explique pas tout dans les inondations en Allemagne ?

 

inondation-Schuld-Allemagne-14072021

Inondations à Schuld (Rhénanie-Palatinat, Allemagne), mi-juillet 2021
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Les inondations catastrophiques dans le sud-ouest de l'Allemagne ont largement été médiatisées et pour cause : près de 200 morts, des dégâts significatifs... Cela dit, ce fût aussi l'occasion de désigner un seul coupable devenu une fatalité : le changement climatique, occultant de nouveau l'aménagement du territoire irresponsable qui augmente considérablement le risque.

La journée du 14 juillet restera gravée dans les mémoires pour le sud-ouest de l'Allemagne et l'est de la Belgique. Des précipitations extraordinaires ont été relevées ce jour, après un 13 juillet déjà abondamment arrosé :

154 mm à Cologne ;

144,8 mm à Kall-Sistig ;

129,2 mm à Dahlem-Schmidtheim ;

124,1 mm à Schneifelforsthaus ;

119,4 mm à Lissendorf ;

114,4 mm à Lüdenscheid.

"En 72h, les cumuls du 13 au 15 juillet ont atteint jusqu'à 182 mm en Allemagne, à Nachrodt-Wiblingwerde une commune de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Le Luxembourg a été aussi touché par d'intenses précipitations. 74 mm ont été mesurés en 12 h à l'aéroport Findel, un nouveau record de précipitation en 12 h pour ce pays", précise Météo-France qui ajoute que cette situation est liée à une goutte froide.

En météorologie, une goutte froide ou goutte d'air froid désigne un volume limité d'air froid qui entraîne le plus souvent à une circulation atmosphérique de blocage. Celle-ci peut générer des précipitations intenses et durables pendant quelques jours causant des inondations.

 

Ces précipitations intenses sur l'Etat allemand de Rhénanie-Palatinat et le sud de la Belgique ont tué près de 200 personnes tandis que plusieurs sont toujours portées disparues. Les dégâts dans la vallée sont impressionnants.
"C'est une situation surréaliste et fantomatique, je dirais presque que la langue allemande a du mal à trouver les mots pour décrire la dévastation qui a été causée", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, lors d'une conférence de presse tenue le 18 juillet 2021 à Schuld (Rhénanie-Palatinat). "Le gouvernement fédéral et les régions agiront ensemble pour remettre progressivement de l'ordre" dans les zones dévastées, a-t-elle ajouté.

Le changement climatique est-il responsable des inondations en Allemagne ?

Le changement climatique, ce basculement planétaire et global du climat engendré par nos activités a de multiples conséquences. Si les vagues de chaleur de plus en plus régulières et puissantes sont des manifestations très probablement corrélées au réchauffement climatique, c'est encore beaucoup moins clair pour les inondations dont les conséquences sont principalement liées à un enjeu (présence d'habitations) mal ou pas du tout pris en compte.

A lire sur ce sujet :

Inondations catastrophiques au Sénégal : analyse des défis et prospectives d'une urbanisation chaotique

En effet, la plupart du temps, c'est le mauvais aménagement du territoire qui reste la cause première d'inondations catastrophiques. Cela peut se traduire sur le terrain par une imperméabilisation à outrance, la perte de couvert forestier, d'espaces naturels, de haies, de zones humides qui font office d'éponge et de barrières naturelles : les sols, saturés en eau, ne peuvent plus absorber des précipitations exceptionnelles qui se déversent alors dans les fonds de vallées, rapidement inondées.

En outre, les lits majeurs des rivières sont dorénavant occupés par les activités humaines et les logements, il suffit de précipitations exceptionnelles (avec une période de retour qui n'est pas compatible avec les vues à court terme de nos sociétés) pour que le cours d'eau occupe naturellement et de nouveau son lit... Les images de cette catastrophe sont édifiantes : le lit majeur de l'Ahr était tout simplement bétonné et occupé par des habitations... Un cas d'école que l'on retrouve dans la plupart des inondations de vallées.

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Avant et après les inondations du 14 juillet 2021. La rivière l'Ahr retrouve tout naturellement son lit majeur
Auteur : Unwetter Freaks / Nahel B - Licence : DR

L'étude de la situation géographique des zones inondées à Schuld est édifiante également : cette commune est encastrée dans une vallée où coule l'Ahr, un affluent du Rhin. Elle est située à 250 m d'altitude en contrebas de plateaux d'environ 400 m d'altitude. Or, ceux-ci sont très largement cultivés et dépourvus de haies (dont les fonctions écologiques et hydrologiques sont essentielles) et encore moins de couvert forestier à même d'absorber et freiner une partie du ruissellement.

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Situation géographique de la municipalité de Schuld où coule la rivière Ahr (Rhénanie-Palatinat, Allemagne)
Auteur : Google / GeoBasis-DE/BKG (©2009) / Landsat / Copernicus / Data SIO, NOAA, U.S. Navy, NGA, GEBCO / IBCAO - Licence : DR

"Les précipitations extrêmes deviendront plus intenses et fréquentes dans de nombreuses régions"

Le dernier rapport du GIEC publié en 2014 - dont la révision est imminente - indiquait : "Il est très probable que les vagues de chaleur se produiront plus souvent et dureront plus longtemps, et que les événements de précipitations extrêmes deviendront plus intenses et fréquentes dans de nombreuses régions."
Les inondations catastrophiques en Allemagne pourraient être engendrées par le changement climatique sans que cela soit une certitude.
"Le changement climatique ne joue pas directement sur l'occurrence d'un événement météo lié à la circulation atmosphérique de grande échelle, comme le déplacement d'une goutte froide sur l'Europe de l'est qui est à l'origine des pluies actuelles. Ce sont des phénomènes météorologiques connus et documentés de longue date, mais le changement climatique amplifie leur intensité. On constate ces dernières années que l'intensité des événements météorologiques remarquables augmente. Leur sévérité a ainsi été aggravée par le changement climatique." précise Météo-France.

Ce qui est certain c'est que les décideurs et aménageurs ne considèrent pas suffisamment les conséquences d'un monde plus chaud et continuent de construire de manière irresponsable, sans atténuer ou prévenir les risques liés au changement climatique.
Par exemple, en France, les nouveaux lotissements construits ne tiennent aucun compte du phénomène 
d'îlot de chaleur urbain et sont imperméabilisés à outrance, sans végétation rafraîchissante. De surcroît, on continue de construire dans des zones inondables, y compris sur les littoraux qui seront pourtant submergés dans quelques décennies seulement...

"Après les récentes évolutions catastrophiques - surtout en Europe occidentale - tout le monde semble parler de l'urgence climatique, et à juste titre. Mais dès que ces tragédies seront terminées, nous oublierons probablement et passerons à autre chose comme avant.
À moins que nous traitons la crise comme une crise de tout temps, nous ne pourrons pas stopper l'urgence climatique." Greta Thumberg qui commente cette tragédie.

Assemblée nationale : Résolution 2361

Par Le 19/07/2021

 

Il ne s'agit donc pas d'un site complotiste...

Assemblée nationale : Texte du 27 janvier 2021

 

" Pour ce qui est de garantir un niveau élevé d’acceptation des vaccins:

7.3.1 de s'assurer que les citoyens et citoyennes sont informés que la vaccination n'est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s'il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement;

7.3.2 de veiller à ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas avoir été vacciné, en raison de risques potentiels pour la santé ou pour ne pas vouloir se faire vacciner;"

 

Résolution 2361 (2021)

Vaccins contre la covid-19: considérations éthiques, juridiques et pratiques

Résolution 2361 (2021)

Auteur(s) :

Assemblée parlementaire

Origine

Discussion par l’Assemblée le 27 janvier 2021 (5e séance) (voir Doc. 15212, rapport de la commission des questions sociales, de la santé et du développement durable, rapporteure: Mme Jennifer De Temmerman). Texte adopté par l’Assemblée le 27 janvier 2021 (5e séance).

1. La pandémie de covid-19, maladie infectieuse causée par le nouveau coronavirus SRAS-CoV-2, a été source de beaucoup de souffrances en 2020. En décembre 2020, plus de 65 millions de cas avaient été enregistrés dans le monde et plus d’1,5 million de personnes avaient perdu la vie. La charge de morbidité de la pandémie elle-même et les mesures de santé publique nécessaires pour la combattre ont ravagé l’économie mondiale, dévoilant au grand jour des fractures et des inégalités préexistantes (y compris dans l’accès aux soins) et causant chômage, déclin économique et pauvreté.

2. Le déploiement rapide, dans le monde entier, de vaccins sûrs et efficaces contre la covid-19 sera déterminant pour contenir la pandémie, protéger les systèmes de santé, sauver des vies et contribuer à la relance des économies mondiales. Même si des mesures non pharmaceutiques comme la distanciation physique, le port du masque, le lavage fréquent des mains et les fermetures et confinements ont contribué à ralentir la propagation du virus, les taux d’infection sont de nouveau en hausse presque partout dans le monde. De nombreux États membres du Conseil de l’Europe sont confrontés à une seconde vague, pire que la première, et leurs habitants éprouvent de façon plus prononcée une certaine lassitude face à la pandémie (appelée en anglais «pandemic fatigue») et se sentent démotivés à l’idée de suivre les comportements recommandés pour se protéger et protéger autrui du virus.

3. Cependant, les vaccins, même s’ils sont sûrs, efficaces et déployés rapidement, ne sont pas une panacée dans l’immédiat. En effet, après la période des fêtes fin 2020 et début 2021, avec leurs traditionnels rassemblements en intérieur, les taux d’infection seront probablement très élevés dans la plupart des États membres. Par ailleurs, une corrélation vient d’être scientifiquement établie par des médecins français entre les températures extérieures et le taux d’incidence de la maladie sur les hospitalisations et les décès. Les vaccins ne suffiront sans doute pas à faire baisser de manière significative les taux d’infection cet hiver, d’autant plus si l’on tient compte du fait que, à ce stade, la demande est largement supérieure à l’offre. Un semblant de «vie normale» ne pourra donc reprendre, même dans les meilleures conditions, avant le milieu ou la fin de l’année 2021 au plus tôt.

4. Pour que les vaccins soient efficaces, il est absolument essentiel que leur déploiement soit réussi et qu’ils soient suffisamment acceptés par la population. Cependant, la rapidité avec laquelle les vaccins sont mis au point peut provoquer un sentiment de défiance difficile à combattre. Un déploiement équitable des vaccins contre la covid-19 est également nécessaire pour garantir leur efficacité. En effet, s’ils ne sont pas assez largement distribués dans une région gravement touchée d’un pays, les vaccins deviennent inefficaces et ne permettent pas d’endiguer la propagation de la pandémie. En outre, le virus ne connaît pas de frontières et il est donc dans l’intérêt de chaque pays de coopérer afin de garantir une équité mondiale dans l’accès aux vaccins contre la covid-19. La réticence à la vaccination et le nationalisme en matière de vaccin sont à même de réduire à néant les efforts couronnés de succès et étonnamment rapides qui ont été déployés jusqu’ici pour mettre au point un vaccin, car ces comportements permettraient au virus SRAS-CoV-2 de muter, rendant ainsi partiellement inopérant l’outil le plus efficace au monde à ce stade pour lutter contre la pandémie.

5. La coopération internationale est ainsi plus que jamais nécessaire pour accélérer la mise au point, la fabrication et la distribution juste et équitable des vaccins contre la covid-19. Le dispositif COVAX est l’initiative phare en ce qui concerne l’attribution des vaccins et leur accès à l’échelle mondiale. Codirigé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Gavi l’Alliance du vaccin et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations-CEPI), COVAX mobilise des fonds auprès des pays adhérents afin de soutenir la recherche, le développement et la fabrication d’un large éventail de vaccins contre la covid-19, mais aussi en négocie les prix. Une gestion adéquate des vaccins et une logistique de la chaîne d’approvisionnement, qui requièrent une coopération internationale et des préparatifs de la part des États membres, seront également nécessaires afin d’assurer une distribution sûre et équitable des vaccins. À cet égard, l’Assemblée parlementaire attire l’attention sur les orientations élaborées par l’OMS à l’intention des pays concernant la préparation et la mise en œuvre des programmes ainsi que la prise de décision au niveau national.

6. Les États membres doivent dès à présent mettre au point leurs stratégies de vaccination pour attribuer les doses de manière éthique et équitable, et déterminer notamment les groupes de population prioritaires durant les premières phases de déploiement, lorsque les stocks sont limités, ainsi que la manière d’étendre la couverture vaccinale à mesure que la disponibilité d’un ou plusieurs vaccins contre la covid-19 s’améliore. Les spécialistes de la bioéthique et les économistes s’accordent largement à dire que les personnes de plus de 65 ans et celles de moins de 65 ans qui présentent le plus grand risque de contracter une forme grave de la maladie et d’en mourir en raison d’affections sous-jacentes, le personnel de santé (tout particulièrement ceux qui travaillent en contact étroit avec des personnes appartenant à des groupes à haut risque) et les personnes exerçant dans des infrastructures essentielles devraient être vaccinées en priorité. Les enfants, les femmes enceintes et les mères allaitantes, pour lesquels aucun vaccin n’a à ce jour été autorisé, ne doivent pas être oubliés.

7. Les scientifiques ont accompli un travail remarquable en un temps record. C'est maintenant aux gouvernements d'agir. L'Assemblée soutient la vision du Secrétaire général des Nations Unies selon laquelle un vaccin contre la covid-19 doit être un bien public mondial. La vaccination doit être accessible à toutes et tous, partout. L’Assemblée demande donc instamment aux États membres et à l’Union européenne:7.1 en ce qui concerne la mise au point des vaccins contre la covid-19:

7.1.1 de garantir des essais de haute qualité qui soient solides et menés dans le respect des règles éthiques, conformément aux dispositions pertinentes de la Convention pour la protection des droits de l'homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine: Convention sur les droits de l’homme et la biomédecine (STE no 164, Convention d’Oviedo) et son Protocole additionnel relatif à la recherche biomédicale (STCE no 195), et qui incluent progressivement les enfants, les femmes enceintes et les mères allaitantes;

7.1.2 de veiller à ce que les organismes réglementaires chargés d’évaluer et d’autoriser les vaccins contre la covid-19 soient indépendants et à l’abri de toute pression politique;

7.1.3 de veiller à ce que les normes minimales pertinentes de sécurité, d’efficacité et de qualité des vaccins soient respectées;

7.1.4 de mettre en place des systèmes efficaces de contrôle des vaccins et de leur sécurité après leur déploiement dans la population générale, y compris en vue de surveiller leurs effets à long terme;

7.1.5 de mettre en place des programmes indépendants de réparation en cas de dommages ou de préjudices injustifiés consécutifs à la vaccination;

7.1.6 d’être particulièrement attentifs au risque de délit d’initié par des responsables de l’industrie pharmaceutique ou des entreprises pharmaceutiques qui s’enrichiraient anormalement aux dépens de la collectivité, en mettant en œuvre les recommandations figurant dans la Résolution 2071 (2015) intitulée «La santé publique et les intérêts de l’industrie pharmaceutique: comment garantir la primauté des intérêts de santé publique?»;

7.1.7 de surmonter les obstacles et les restrictions découlant des brevets et des droits de propriété intellectuelle, afin d’assurer la production et la distribution à grande échelle de vaccins dans tous les pays et pour tous les citoyens;

7.2 en ce qui concerne l’attribution des vaccins contre la covid-19:

7.2.1 de veiller au respect du principe de l’accès équitable aux soins de santé, tel qu’énoncé à l’article 3 de la Convention d’Oviedo, dans les plans nationaux d’attribution des vaccins, en garantissant que les vaccins contre la covid-19 sont mis à la disposition de la population indépendamment du genre, de la race, de la religion, de la situation juridique ou socio-économique, de la capacité de payer, du lieu et d’autres facteurs qui contribuent souvent à des inégalités au sein de la population;

7.2.2 d’élaborer des stratégies de distribution équitable des vaccins contre la covid-19 au sein des États membres, en tenant compte du fait que l’offre initiale sera limitée, et de prévoir comment les programmes de vaccination seront déployés lorsque l’offre s’étoffera; de suivre les conseils des institutions et comités de bioéthique indépendants aux niveaux national, européen et international, ainsi que ceux de l’OMS, lors de l’élaboration de ces stratégies;

7.2.3 de veiller à ce que les personnes d’un même groupe prioritaire soient traitées équitablement, en accordant une attention spéciale aux plus vulnérables comme les personnes âgées, les personnes présentant des maladies sous-jacentes et les professionnels de la santé, tout particulièrement ceux qui travaillent en contact étroit avec des personnes appartenant à des groupes à haut risque, ainsi que les personnes exerçant dans des infrastructures essentielles et dans les services publics, notamment les services sociaux, les transports publics, les forces de l’ordre, les écoles, ainsi que dans les commerces;

7.2.4 de promouvoir un accès équitable aux vaccins contre la covid-19 entre les pays en soutenant des initiatives internationales, notamment le Dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la covid-19 (Accélérateur ACT) et son initiative COVAX;

7.2.5 de s’abstenir de stocker des vaccins contre la covid-19, car cette pratique affaiblit la capacité d’autres pays à se procurer des vaccins pour leur population, et de veiller à ce que le stockage ne se traduise pas par une augmentation des prix des vaccins à l’avantage de celles et ceux qui les stockent contre celles et ceux qui ne le peuvent pas; d’effectuer des audits et un contrôle a priori pour assurer un déploiement rapide des vaccins à un coût minimal fondé sur la nécessité et non sur la puissance commerciale;

7.2.6 de veiller à ce que chaque pays soit en mesure de vacciner ses professionnels de santé et ses groupes vulnérables avant que la vaccination ne soit déployée aux groupes non à risque, et donc d’envisager de faire don de doses de vaccin ou d’accepter que la priorité soit donnée aux pays qui n’ont pas encore été en mesure de le faire, en gardant à l’esprit qu’une allocation mondiale juste et équitable des doses de vaccin est le moyen le plus efficace de vaincre la pandémie et de réduire les fardeaux socio-économiques qui y sont associés;

7.2.7 de veiller à ce que les vaccins contre la covid-19 dont la sécurité et l’efficacité ont été établies soient accessibles à toutes celles et tous ceux qui en auront besoin à l’avenir, en ayant recours, là où cela sera nécessaire, à des licences obligatoires en contrepartie du versement de droits;

7.3 pour ce qui est de garantir un niveau élevé d’acceptation des vaccins:

7.3.1 de s'assurer que les citoyens et citoyennes sont informés que la vaccination n'est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s'il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement;

7.3.2 de veiller à ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas avoir été vacciné, en raison de risques potentiels pour la santé ou pour ne pas vouloir se faire vacciner;

7.3.3 de prendre des mesures efficaces le plus tôt possible pour lutter contre les fausses informations, la désinformation et la méfiance concernant les vaccins contre la covid-19;

7.3.4 de diffuser en toute transparence des informations sur la sécurité et les éventuels effets indésirables des vaccins, de travailler avec et réglementer les plateformes de médias sociaux pour empêcher la propagation des fausses informations;

7.3.5 de communiquer, de manière transparente, le contenu des contrats avec les producteurs de vaccins et de les rendre publics pour examen par les parlementaires et le public;

7.3.6 de coopérer avec des organisations non gouvernementales et/ou d’autres initiatives locales afin d’atteindre les groupes marginalisés;

7.3.7 de se rapprocher des communautés locales pour élaborer et mettre en œuvre des stratégies sur mesure visant à faciliter l’acceptation des vaccins;

7.4 en ce qui concerne la vaccination des enfants contre la covid-19:

7.4.1 de veiller à un juste équilibre entre le déploiement rapide de la vaccination chez les enfants et l’examen justifié des préoccupations concernant la sécurité et l’efficacité des vaccins, et d’assurer la sécurité et l'efficacité complètes de tous les vaccins pour les enfants en mettant l’accent sur l’intérêt supérieur de l’enfant, conformément à la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant;

7.4.2 de mener des essais de haute qualité, en tenant dûment compte des garanties applicables, conformément aux recommandations et aux normes légales internationales, notamment de la répartition équitable des bénéfices et des risques pour les enfants inclus dans les essais;

7.4.3 de veiller à ce que les souhaits des enfants soient dûment pris en compte, en conformité avec leur âge et leur degré de maturité; lorsque le consentement de l’enfant ne peut pas être donné, de veiller à ce qu’un accord reposant sur des informations fiables et adaptées à son âge soit donné sous d’autres formes;

7.4.4 de soutenir le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) dans les efforts qu’il déploie pour procurer à ceux qui en ont le plus besoin des vaccins de fabricants ayant passé des accords avec l’initiative COVAX;

7.5 en ce qui concerne la surveillance des effets à long terme des vaccins contre la covid-19 et de leur innocuité:

7.5.1 d’assurer la coopération internationale pour la détection et l'élucidation en temps opportun de tout signal de sécurité au moyen d'un échange mondial, en temps réel, de données sur les manifestations postvaccinales indésirables (MAPI);

7.5.2 d’utiliser les certificats de vaccination uniquement dans le but désigné de surveiller l’efficacité du vaccin, les effets secondaires potentiels et les effets indésirables;

7.5.3 d’éliminer les ruptures dans la communication entre les autorités de santé publiques locales, régionales et internationales traitant des données MAPI, et de surmonter les faiblesses des réseaux de données de santé existants;

7.5.4 de rapprocher la pharmacovigilance des systèmes de santé;

7.5.5 de soutenir le domaine émergent de la recherche «adversomique», qui étudie les variations interindividuelles des réponses vaccinales fondées sur les différences d'immunité innée, de microbiomes et d'immunogénétique.

8. En référence à la Résolution 2337 (2020) sur les démocraties face à la pandémie de covid-19, l’Assemblée réaffirme que les parlements, en tant que clés de voûte de la démocratie, doivent continuer de jouer leur triple rôle de représentation, d’élaboration de la loi et de contrôle en ces temps de pandémie. L’Assemblée demande donc aux parlements d’exercer ces pouvoirs, selon le cas, également en ce qui concerne la mise au point, l’attribution et la distribution des vaccins contre la covid-19.

Musique : Infinity radio

Par Le 18/07/2021

Une chaîne de musique permanente, les morceaux s'enchaînent, toujours dans la même ambiance.

Climat : l'heure du constat (3)

Par Le 17/07/2021

 

Le site "La relève et la peste" est vraiment mon préféré.

Clair et net.

Les scientifiques lancent l’alerte depuis 1990 sur l’augmentation des précipitations extrêmes et des sécheresses à cause du réchauffement climatique

 

Nous sommes actuellement à +1°C de réchauffement moyen, et ressentons un peu plus chaque année les conséquences d’un dixième de degré d'écart. Limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à +2°C peut donc faire une différence énorme.

16 juillet 2021 - Laurie Debove

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Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
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D’un bout à l’autre du globe, les événements météo extrêmes s’enchaînent. Sollicité par les médias pour comprendre les raisons de ce phénomène, le climatologue Jean-Pascal van Ypersele le rappelle : le GIEC avertit depuis 1990 que « l’effet de serre accentuera les deux extrêmes du pic hydrologique, c’est à dire qu’il y aura plus d’épisodes de pluie extrêmement abondantes et plus de sécheresses extrêmement prononcées. » Et les scientifiques d’ajouter : un degré supplémentaire, c’est 7% d’humidité en plus dans l’atmosphère. Pour eux, il est désormais urgent de « transformer notre économie et notre société » occidentale pour limiter les dégâts.

Après le dôme de chaleur en Amérique du Nord, et dans une moindre mesure en Espagne, ou des vagues de chaleur en Russie, à Madagascar et certains pays d’Asie ; voici les inondations en Europe, mais aussi dans l’Ouest de l’Australie, en Chine, au Népal ou encore des fortes pluies au Japon entraînant des glissements de terrain.

Lire aussi : Dôme de chaleur en Amérique du Nord : les prémisses d’événements météo extrêmes dus au réchauffement climatique

« Les inondations de la mort », « une catastrophe sans précédent », « des intempéries dévastatrices. »

Les gros titres s’enchaînent pour décrire la tragédie qui frappe nos voisins européens, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas, mais aussi l’Est de la France qui subit des intempéries heureusement moins meurtrières.

Pour l’heure, ces catastrophes ont fait au moins 126 morts, des centaines de disparus, et d’énormes dégâts sur les infrastructures. Un bilan plus précis sera établi quand les choses seront revenues au calme.

Après/avant – La fosse de la carrière a aspiré toute l’eau qui ne s’écoulait pas dans le sol, créant un gigantesque éboulement de terrain.

Et si les climatosceptiques restent convaincus qu’il ne s’agit que d’événements météo qui ont déjà eu lieu avant, les scientifiques du monde entier s’accordent pour dire que nous vivons actuellement est sans commune mesure avec le passé, au climat plus stable, et avait été prédit depuis 1990 par le GIEC.

« L’effet de serre accentuera les deux extrêmes du pic hydrologique, c’est à dire qu’il y aura plus d’épisodes de pluie extrêmement abondantes et plus de sécheresses extrêmement prononcées. » Citation du premier rapport du GIEC, 1990

« On ne peut pas dire qu’on n’a pas été avertis. Le GIEC, et les scientifiques bien avant sa création, tirent la sonnette d’alarme depuis tellement longtemps, et sont si peu écoutés. On les écoute et on ne les invite que quand il y a une catastrophe, quand elle est déjà là. On s’occupe beaucoup trop peu de la prévention que ce soit au niveau des infrastructures qui n’ont pas été prévues quand il y a des débits d’eau comme ça, des bâtiments qui ne sont pas prévus non plus pour aider les populations à résister aux canicules. On en a trop peu parlé : la canicule de 2020 a tué 1400 personnes juste en Belgique. » a rappelé Jean-Pascal van Ypersele, le vice-président du GIEC lors du 5ème rapport du GIEC, sur un plateau TV belge

A nouveau, le corps scientifique qui travaille sur le sujet enchaîne les mises en garde et le recensement d’études pour étayer leurs propos, et faire prendre conscience à la population de l’ampleur de ce que nous vivons. Ainsi, une étude parue en juin 2021 le clame sans ambages :

« Les experts climatiques avertissent que, si aucune mesure urgente n’est prise, le changement climatique continuera de provoquer une augmentation de l’intensité des précipitations extrêmes pouvant entraîner de graves inondations. »

Dans un article publié dans The Conservation, la paléo-climatologue Valérie Masson-Delmotte décrypte ainsi comment ces phénomènes sont liés :

« L’augmentation de l’effet de serre, due aux activités humaines, entraîne un réchauffement des océans et de l’atmosphère, près de la surface. Ce phénomène peut renforcer l’évaporation. Une atmosphère plus chaude peut potentiellement transporter 7 % d’humidité en plus par degré de réchauffement, conformément à la relation de Clausius-Clapeyron. »

« Les politiciens discutant du réchauffement climatique » – oeuvre de l’artiste sculpteur espagnol Isaac Cordal

Un degré supplémentaire, c’est donc 7% d’humidité en plus dans l’atmosphère en moyenne. Nous sommes actuellement à +1°C de réchauffement moyen, et ressentons un peu plus chaque année les conséquences d’un dixième de degré d’écart. Limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à +2°C peut donc faire une différence énorme.

Comment le réchauffement climatique va bouleverser l’humanité (ft. Le Réveilleur)

« Beaucoup de gens ont l’impression que les catastrophes que nous observons aujourd’hui, c’est cela le réchauffement climatique, mais la deuxième partie du siècle, si on ne fait rien, sera terrible. » avertit le climatologue Jean Jouzel à franceinfo

« Honte aux politiques qui parlent encore de la jouer tranquille, ou d’écologie punitive. La vraie écologie punitive, c’est ça. Quand certains dirigeants (et éditorialistes) font le jeu de l’inaction et comptent leur profit, d’autres comptent les morts. Le monde n’en est qu’à +1.2°C de réchauffement global et certains pensent que +2°C serait pragmatique. Personne ne sera épargné, pas même les pays riches industrialisés. » a réagi le vulgarisateur scientifique BonPote

Pour limiter les dégâts, il faut avant tout atténuer notre impact et notamment limiter les émissions de gaz à effet de serre. Les solutions magiques promises par des technophiles enthousiastes ignorent toutes un fait très simple : aucune solution industrielle à ce jour ne peut se passer d’énergies fossiles pour être mise en place, fonctionner et être entretenue dans le temps.

« On reste persuadé que l’innovation va permettre d’effectuer la transition, mais c’est parce qu’on ne comprend pas très bien comment fonctionnent la sidérurgie, les cimenteries, la production d’engrais, l’agriculture… et surtout les mécanismes de diffusion des techniques, son rythme et sa lenteur. La transition n’a pas eu lieu, elle n’a pas même pas commencé. Historiquement, nous n’avons jamais connu de véritables transitions énergétiques. La tâche qui nous attend est complètement inouïe. C’est quelque chose qu’on n’a jamais fait. » énumère Jean-Baptiste Fressoz, historien

Changer le modèle économique des pays du Nord n’est donc plus seulement un devoir d’ordre moral, par respect pour les pays du Sud en première ligne depuis bien longtemps face à la crise climatique, mais aussi un impératif sécuritaire : il s’agit d’éviter le pire aux populations.

16 juillet 2021 - Laurie Debove

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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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Climat : l'heure du constat (2)

Par Le 17/07/2021

Intempéries : comment peut-on expliquer ces phénomènes météorologiques extrêmes ?

Publié le 17/07/2021 10:46Mis à jour le 17/07/2021 10:47

 Durée de la vidéo : 7 min.

Intempéries : comment peut-on expliquer ces phénomènes météorologiques extrêmes ?

Article rédigé par

J. Benzina, A. Etienne, R. Massini, C. Berbett-Justice, S. Khaldoun - franceinfo

France Télévisions

De très fortes pluies et inondations ont frappé durement des pays européens, comme l’Allemagne ou encore la Belgique. Ces phénomènes se multiplient. Hervé Le Treut, climatologue, était l’invité du 23h.

Ces derniers jours, de violentes pluies ont touché des pays comme l’Allemagne ou la Belgique. Le bilan humain et matériel est important. Comment peut-on expliquer ces phénomènes ? Tout d'abord, une crue éclair : l'équivalent de deux mois de précipitations en deux jours. En Belgique comme en Allemagne, il avait déjà beaucoup plu au mois de mai, et les sols n'ont pas pu absorber le surplus d'eau. "Tout le système va saturer en eau, et s'emballer. L'eau va aller où elle le peut, pour les zones urbanisées ce sont les rues qui deviennent des rivières", explique l'hydrologue Emma Haziza.

Le réchauffement climatique en cause

Certaines particularités géographiques compliquent la situation. Très touchée, la ville de Liège (Belgique) est située à la confluence de plusieurs cours d'eau, chacun alimentant la crue de l'autre. L'urbanisation est un autre facteur aggravant des inondations. "Chaque sol qui est construit, c'est un sol qui ne pourra plus absorber un excès de précipitation", explique Francois Geménne, chercheur et membre du GIEC (Groupe d'experts sur le climat). Dernier paramètre aggravant pointé par les scientifiques : le réchauffement climatique. "On est face à des problèmes qui peuvent se produire naturellement, mais ce qui fait la différence, c’est leur récurrence. Ils surviennent dans tous les pays de la planète. C’est de plus en plus fréquent et de plus en plus intense. On a des raisons de penser que cela peut être l’effet du réchauffement climatique. La planète est empêchée de refroidir. Quand on a une atmosphère plus chaude, elle retient plus d'eau", analyse le climatologue Hervé Le Treut.

 

 

 

COP25 : onze questions pas si bêtes sur le réchauffement climatique

 

"La chaleur de l'air accélère l'évaporation des étendues d'eau. Et c'est tout le régime des pluies qui en est bouleversé. Les précipitations se font plus intenses dans certaines zones et causent ainsi des phénomènes climatiques extrêmes : canicules, sécheresse, inondations…"

 

Article rédigé par

Camille Adaoust - Thomas Baïetto

France Télévisions

Publié le 02/12/2019 07:08Mis à jour le 27/11/2020 12:15

 Temps de lecture : 13 min.

Un homme marche au milieu des dégâts causés par l'ouragan Irma à Marigot (Saint-Martin, France), le 8 septembre 2017. (MARTIN BUREAU / AFP)

Un homme marche au milieu des dégâts causés par l'ouragan Irma à Marigot (Saint-Martin, France), le 8 septembre 2017. (MARTIN BUREAU / AFP)

A l'occasion de la COP25, qui se tient à Madrid de lundi jusqu'au 13 décembre, franceinfo revient sur les questions et idées reçues autour du réchauffement climatique.

Top départ pour un nouveau round. La 25e conférence internationale sur le climat débute à Madrid (Espagne), lundi 2 décembre. Des milliers de délégués d'Etats se réunissent afin de réfléchir aux moyens d'enrayer le réchauffement climatique. Mais de quoi s'agit-il exactement ? Franceinfo tente de répondre à quelques questions que vous vous posez sur ce phénomène complexe qui menace notre avenir.

1Ça chauffe vraiment ? Il a neigé l'autre jour...

Oui, il a beaucoup neigé ces dernières semaines en France. Ça ne veut toutefois pas dire que la température globale de l'atmosphère ne se réchauffe pas. Depuis l'ère préindustrielle, elle a grimpé en moyenne de 1 °C. Et ce n'est pas près de d'arrêter. Si la courbe continue sur sa lancée, les températures augmenteront de 1,5 °C entre 2030 et 2052, annoncent les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU (PDF en anglais). Sans aucun effort de nos sociétés, les experts du Giec anticipent une hausse de 4,8 °C d'ici 2100. De récents modèles français avancent même un scénario très alarmant de +7 °C en 2100.

Le Giec produit plusieurs scénarios de hausse de la température moyenne à la surface du globe. (GIEC)

Le Giec produit plusieurs scénarios de hausse de la température moyenne à la surface du globe. (GIEC)

En cause ? Une concentration de plus en plus forte de gaz à effet de serre, ces gaz qui retiennent une partie de l'énergie solaire dans l'atmosphère. En février dernier, un triste record était franchi : une concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre de 411,66 parties par million (ppm) de CO2. Un taux en constante augmentation ces dernières décennies, comme le montre ce graphique de l'Institut de recherche Scripps.

L'institut Scripss mesure la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre. (INSTITUT SCRIPPS)

L'institut Scripss mesure la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre. (INSTITUT SCRIPPS)

2C'est plutôt une bonne nouvelle, l'été toute l'année, non ? Et puis 2 °C de plus, ça passe crème, franchement.

Attention, il ne faut pas, comme Donald Trump, confondre la météo et le climat. La météo correspond aux conditions quotidiennes de l'atmosphère (température, nuages, vent, précipitations), tandis que le climat décrit les conditions atmosphériques sur le long terme. "L'observation d'un phénomène météorologique, pris isolément, ne renseigne pas sur l'évolution du climat", explique l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Lorsque les scientifiques évoquent une augmentation de 2,5 ou 7 °C, c'est une moyenne annuelle à l'échelle de la Terre, qu'il ne faut pas transposer à la température d'un jour donné à un endroit précis : l'augmentation sera bien plus forte certains jours et dans certaines régions.

Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un œil à la dernière ère glaciaire qu'a connue notre planète, il y a 21 000 ans. "A cette époque, la température de la Terre n'était que de 4 à 7 °C inférieure à sa valeur actuelle, et pourtant le niveau de l'océan était plus bas de quelque 120 mètres. L'Amérique du Nord et l'Eurasie étaient recouvertes d'une couche de glace qui atteignait 1 à 2 km d'épaisseur et s'étendait jusqu'à New York et au nord de l'Allemagne", explique Météo France. Un paysage beaucoup plus hostile pour l'homme, à quelques degrés près.

3D'accord, il fait plus chaud… et c'est tout ?

Malheureusement, non. La chaleur de l'air accélère l'évaporation des étendues d'eau. Et c'est tout le régime des pluies qui en est bouleversé. Les précipitations se font plus intenses dans certaines zones et causent ainsi des phénomènes climatiques extrêmes : canicules, sécheresse, inondations…

Plus loin dans le cycle de l'eau : les océans. Comme l'explique l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son dernier bulletin sur les gaz à effet de serre, ils absorbent 22% des émissions – grandissantes – de CO2 liées à l'activité humaine. Par réaction chimique, ce phénomène participe à l'acidification des océans. Cela "présente un risque majeur pour certains planctons, les coraux et la biodiversité marine. En effet, l'acidification des océans affecte la capacité de certains phytoplanctons à croître et à se renouveler. "

Par ailleurs, la fonte des glaciers continentaux et l'expansion de l'eau due au réchauffement (plus l'eau est chaude, puis elle prend de place) déclenchent un autre processus : la hausse du niveau des océans. Au cours du siècle dernier, il a augmenté d'environ 15 cm et ce phénomène s'accélère : actuellement, le niveau des mers grimpe de 3,6 mm par an, menaçant de plus en plus les côtes. Plusieurs îles du Pacifique ont déjà été englouties sous la surface de l'eau.

"Cette hausse pourrait atteindre 30 à 60 cm environ d'ici 2100, et ce même si les émissions de gaz à effet de serre sont fortement réduites et si le réchauffement planétaire est limité à une valeur bien en dessous de 2 °C, mais environ 60 à 110 cm si ces émissions continuent d'augmenter fortement", alerte le Giec dans son dernier rapport consacré aux impacts du réchauffement climatique sur l'océan et la cryosphère.

4Est-ce que c'est vraiment de notre faute ? J'ai entendu que c'était juste un cycle de la Terre… C'est vrai ?

Oui et en même temps… non. Le climat de la Terre alterne en effet depuis toujours entre des périodes de glaciation et de réchauffement, avec des pics. Citons par exemple le Paleocene-Eocene Thermal Maximum (PETM), il y a 56 millions d'années. La température terrestre avait alors augmenté de 6 °C en 10 000 à 20 000 ans. Mais – car il y a un "mais" – toute la différence avec la période actuelle est dans la durée de cette augmentation. Si le PETM est considéré, à l'échelle de l'histoire de la Terre, comme un pic soudain, la hausse actuelle de température est plus fulgurante encore. Car la température a augmenté de 1 °C… en seulement 100 ans. Si on fait le calcul, c'est donc 100 fois plus rapide.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre produites aujourd'hui ont augmenté de 80% depuis 1970 et de 30% depuis 1990. Elles ont été, entre 2000 et 2010, les plus importantes de l'histoire humaine", note l'Ademe. Une hausse soudaine due aux activités humaines, très émettrices en gaz à effet de serre : combustion d'énergies fossiles telles que le charbon ou le pétrole, déforestation et ainsi suppression des stocks de carbone que représentent les arbres, traitement des terres agricoles…

5J'émets vraiment du carbone au quotidien ?

Aujourd'hui, il faudrait 2,7 planètes pour satisfaire les besoins de la population mondiale si tout le monde vivait comme un Français, selon un calcul du think tank  Global Footprint Network qui englobe les émissions de CO2, mais également des ressources comme les arbres, les poissons ou les terres cultivables. Pour lutter contre le changement climatique, il faudrait donc modifier en profondeur notre mode de vie – notre alimentation, nos modes de transport, notre consommation, nos loisirs – parce qu'il n'est plus du tout adapté aux limites de notre planète.

6Je ne dois plus prendre l'avion ni manger de viande ?

Si les grandes orientations politiques ne dépendent pas que de nous, "on est tous acteurs de l'atténuation de notre empreinte sur le climat", explique Roland Séférian, climatologue à Météo France. Pour savoir comment diminuer votre empreinte carbone – la quantité de gaz à effet de serre que vous générez chaque année –, il faut d'abord la calculer. Plusieurs sites, comme celui du WWF Suisse ou celui de la fondation Good Planet, proposent des outils pour le faire.

Vous constaterez que les transports – en premier lieu l'avion, puis la voiture – et l'alimentation – en particulier la viande et les produits laitiers – pèsent lourd dans ce bilan personnel. Pour transporter un passager sur un kilomètre en avion, il faut 144,6 grammes de CO2, contre 85,5 pour la voiture particulière et 3,2 pour le TGV, selon les chiffres de l'Ademe. Pour produire un plat à base de viande, il faut 137,39 grammes de CO2, contre 15,70 pour un plat à base de légumes, selon la même source.

Prendre moins l'avion ou sa voiture et manger moins de viande sont donc des leviers importants pour diminuer son empreinte carbone. Mais ce ne sont pas les seuls : consommer local, consommer moins, regarder moins de vidéos sur Internet, chauffer son logement à 19 °C sont d'autres pistes pour faire baisser son empreinte carbone.

7Tout ça, ça semble loin… En France, on pourra juste bronzer partout les doigts de pieds en éventail, non ?

Eh non ! Les études sont d'accord : ce sont les pays en développement qui vont le plus souffrir du réchauffement climatique. Mais la France n'est pas en reste. A commencer par la survenue de phénomènes météorologiques extrêmes. Ces dernières années, les territoires français ont subi une canicule sans précédent en 2003, des inondations meurtrières dans l'Aude fin 2018, l'ouragan dévastateur Irma en 2017 sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy… Tout ceci pourrait devenir de plus en plus fréquent, si ce n'est la norme. Par exemple, sur le long terme, la température en France va grimper et banaliser les épisodes de canicule : "Les jours très chauds (dépassant de 5 °C la moyenne) seront plus nombreux : de 36 aujourd'hui, ils passeraient vers 2030 à plus de 40 (scénario optimiste), voire à plus de 70 (scénario pessimiste)", note l'Ademe.

L'agence évoque également une baisse des précipitations, et par conséquent un assèchement des cours d'eau. David Salas y Mélia, chercheur climatologue et responsable climat au centre de recherche CNRM (Météo-France-CNRS), prédit par exemple "à partir de 2070 une Garonne à sec pendant quelques mois" par an et ainsi "des pratiques agricoles fortement remises en cause". Une menace pour notre économie... mais aussi pour le contenu de nos assiettes et de nos verres. Vendanges précoces, degrés alcooliques élevés… Le vignoble français est déjà touché par le réchauffement climatique.

Les côtes françaises ne seront également pas épargnées par la montée des eaux. Le pire scénario avancé par le Giec en septembre dernier (+1,10 m à la fin du XXIe siècle) recouvrirait nombre de villes françaises, comme le montre la vidéo ci-dessous. Et La 1ère d'ajouter : "Ce rapport est plus inquiétant pour les Outre-mer français que pour la France hexagonale, pour une bonne raison qui est que les Outre-mer dépendent très fortement des écosystèmes marins et côtiers."

8Est-ce qu'on va tous mourir ?

Vous avez peut-être vu passer cette étude australienne qui évoque la fin de notre civilisation en 2050, si rien n'est fait pour freiner le réchauffement climatique. "Le changement climatique représente maintenant une menace existentielle à court ou moyen terme pour la civilisation humaine", écrivent ses auteurs. Ce constat est dramatique, mais il n'est pas farfelu. Il s'appuie sur des prévisions extrêmes, mais existantes : +3 °C en 2050. "C'est un article qui présente une vision cauchemardesque, le scénario du pire, mais qui ne peut pas être exclu pour autant", expliquait en septembre à franceinfo Gilles Ramstein, climatologue.

Dans un scénario plus modéré, celui d'un respect encore incertain de l'accord de Paris de 2015, la barre des 3 °C serait franchie "plutôt en 2100", estimait Frédéric Parrenin, glaciologue et paléoclimatologue. Les conséquences seraient très sérieuses pour la survie de notre espèce : événements climatiques extrêmes (comme les sécheresses) plus fréquents, famine, manque d'eau potable, maladies, zones habitables englouties par la montée des eaux. Dans son rapport (graphique A) sur l'utilisation des sols, rendu cet automne, le Giec estime qu'un réchauffement de 3 °C augmente "très fortement" le risque d'insécurité alimentaire sur l'ensemble de la planète. 

Cette situation provoquera mécaniquement des problèmes sociaux, comme des conflits pour les ressources ou des migrations. "Ce qu'il faut comprendre, c'est que le changement climatique a le potentiel de tuer des milliards de gens et de déclencher la guerre partout sur Terre", résume sur France Culture Jean-Marc Jancovici, ingénieur et consultant sur les questions d'énergie et de changement climatique, enseignant à Mines ParisTech et président du think tank The Shift Project.

9Ça sert à quoi de faire des efforts, si les Chinois et les Américains, eux, n'en font pas ?

Effectivement, si la France est la seule à agir, il ne sera pas possible de sauver notre planète. Les Etats-Unis, dont le président est notoirement climatosceptique, se sont retirés de l'accord de Paris et la Chine, si elle soutient ce texte, continue de construire de nouvelles centrales à charbon, une énergie très polluante. Or, ces pays sont les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre (GES) du monde. Selon les derniers chiffres de l'Agence internationale de l'énergie, la Chine produit chaque année 9 302 millions de tonnes de GES, suivie par les Etats-Unis (4 761,3). La France se classe 23e (306,1 millions de tonnes), une bonne performance qui s'explique par l'importance du nucléaire dans le mixte énergétique français, une source d'énergie qui produit peu de GES.

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Il faut cependant nuancer ce constat, en particulier concernant la Chine, où les pays occidentaux ont délocalisé ces dernières décennies leurs industries les plus polluantes. Le téléphone intelligent sur lequel vous nous lisez peut-être a très probablement été fabriqué en Chine. Il a été produit pour vous, c'est vous qui l'utilisez en France, mais les gaz à effet de serre émis pendant sa fabrication sont comptabilisés là-bas. Si l'on pondère les émissions de GES par la consommation des habitants et par leur nombre, "les émissions par habitant de l'Union européenne sont plus élevées que celles de la Chine", note l'ONU dans son dernier rapport : 6,1 tonnes pour un Chinois, 8,1 pour un Européen. Et, au-delà des simples émissions de CO2, notre mode de vie est moins durable que celui d'un Chinois : il n'a besoin "que" de 2,2 planètes, contre 2,7 pour nous. Bref, tout le monde doit faire des efforts.

10C'est grave ! Et personne ne fait rien ?

Si, des actions sont menées à grande échelle. Des entreprises, des villes et de plus larges territoires agissent pour tenter de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Citons l'exemple de l'engagement pris par 90 sociétés ou la promesse de la ville de Sonderborg (Danemark). Elle s'est fixé un objectif "0% de carbone" d'ici 2029.

A plus grande échelle, l'accord de Paris, signé en décembre 2015, a embarqué 192 pays dans une réduction de leurs émissions, pour contenir le réchauffement de la planète à +2 °C. Toutefois, quatre ans plus tard, les résultats se font attendre et l'inversion des courbes n'a même pas commencé. En 2018, les émissions de CO2 ont même augmenté de plus de 2%, par rapport à 2017.

En France, "la trajectoire actuelle, même si les émissions par habitant sont inférieures à la moyenne européenne, est encore éloignée de celle qui permettrait de respecter les objectifs de l'Accord de Paris sans rupture des modes de vie", déplore un récent rapport du ministère de la Transition écologique et solidaire. De plus, même si nous cessions immédiatement d'émettre des gaz à effet de serre, les effets se feraient ressentir encore pendant des dizaines, voire centaines, d'années.

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11Mais alors, que doit-on faire pour éviter la "cata" mondiale ?

Eviter le réchauffement climatique n'est plus possible. Les scientifiques planchent plutôt pour le contenir. Le Giec n'y va pas par quatre chemins et exhorte à une action rapide : "Pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 ºC, il faudrait modifier rapidement, radicalement et de manière inédite tous les aspects de la société." Objectif : réduire nos émissions de CO2 de 45% d'ici 2030, par rapport à leur niveau de 2010, puis atteindre vers 2050 la neutralité carbone, c'est-à-dire le point où les émissions sont compensées par l'élimination du CO2 présent dans l'atmosphère. Il faut aussi absorber le CO2 déjà présent dans l'atmosphère, en plantant des arbres, par exemple.

Climat : l'heure du constat

Par Le 17/07/2021

Sans vouloir aucunement minimiser les drames qui frappent l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, ni encore moins les drames à venir, ce genre de situations est inévitablement un appel à la réflexion. 
Les images sont effrayantes et la détresse immense. C'est un fait. Il est clair qu'il faut avoir vécu ce genre de phénomènes pour prendre conscience de la réalité. Toutes ces populations sont désormais les acteurs involontaires de ce changement climatique dont parlent les scientifiques depuis trente ans. Il est terrible d'ailleurs d'imaginer que ces drames agissent comme des prises de conscience alors que tout a été dit, expliqué, argumenté depuis des décennies. 

Nathalie et moi, nous avons toujours vécu au coeur de la nature. Nous avons parcouru des milliers de kilomètres en montagne, à pied, en vélo, en ski de randonnée, en ski de fond, en raquettes. Nous avons un potager depuis vingt-cinq ans. Les phénomènes naturels, nous les avons observés et nous les observons toujours. On peut dire sans hésiter que nous ne vivons pas "hors sol" comme une très grande partie de la population des pays occidentaux. Les villes, nous les fuyons, les zones urbaines, industrielles, commerciales, toutes les concentrations humaines. Il ne s'agit pour nous que de zones à risques. Ce qui vient de se produire dans ces pays d'Europe, c'est une évidence que ça devait arriver. Il ne s'agit aucunement de prédictions à la Nostradamus. C'est uniquement scientifique. 

Je suis effaré d'ailleurs de lire certains commentaires sur les réseaux sociaux quand ceux-ci se moquent de ce soi-disant réchauffement climatique alors que les températures estivales sont sous les normales saisponnières et qu'il tombe des trombes d'eau pendant des jours. L'ignorance des phénomènes climatiques est d'un niveau parfois abyssal et c'est désespérant. 

Les sites d'information sont pourtant là et sans même aller chercher sur des sites scientifiques. La vulgarisation suffit à se donner une idée. Mais encore faut-il aller les lire avec un esprit ouvert et non obtus. 

Je ne voudrais pas parler dans ces circonstances de "chance" d'apprendre quelque chose mais dès aujourd'hui, il est aisé de trouver des articles explicites. D'aucuns diront que c'est de la manipulation pour nous taxer encore plus, pour nous asservir, pour nous imposer des mesures inutiles etc etc...Comme si on avait encore la liberté de se poser ce genre de questions... Ce temps-là est révolu. Les faits sont là.

Il m'arrive parfois de penser à tous ces scientifiques qui travaillent à alerter les gouvernements et les populations depuis des dizaines d'années. Dans quel état sont-ils aujourd'hui lorsqu'ils constatent à quel point, ils avaient raison? Je ne les imagine aucunement se réjouir. Bien au contraire, je les imagine désemparés, désespérés, les nerfs à vif...

 

Climat : "Ce que nous vivons aujourd'hui, c’est ce que nous avions anticipé il y a une quarantaine d'années", souligne Jean Jouzel

 

Pour lutter contre le changement climatique, l'ancien vice-président du Giec conseille de s'inspirer "des recommandations des 150 citoyens" qui sont "cohérentes, ambitieuses et pertinentes".

Article rédigé par

franceinfo

Radio France

Publié le 03/07/2021 10:13Mis à jour le 05/07/2021 09:12

 Temps de lecture : 3 min.

Le climatologue Jean Jouzel à Paris, le 13 janvier 2020 (photo d'illustration). (ALAIN JOCARD / AFP)

Le climatologue Jean Jouzel à Paris, le 13 janvier 2020 (photo d'illustration). (ALAIN JOCARD / AFP)

"On voit bien que là où nous en sommes" aujourd'hui "c’est vraiment ce qui était envisagé" par les scientifiques, souligne le climatologue Jean Jouzel sur franceinfo samedi 3 juillet, alors qu'une centaine d'incendies continuent de faire rage dans l'ouest du Canada et en Californie. Ils viennent s'ajouter à une vague de chaleur inédite qui a fait des centaines de morts.

La commune canadienne de Lytton en Colombie-Britannique a notamment flirté avec les 50°C avant d'être dévorée par les flammes. L'ancien vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) conseille de s'inspirer "des recommandations des 150 citoyens" qui sont "cohérentes, ambitieuses et pertinentes".

franceinfo : On se souvient des 45,9°C en France, il y a deux ans dans le Gard. Les Canadiens ont frôlé les 50°C cette semaine avec des centaines de morts attribués à cette canicule. Ce sont des records de chaleur qui arrivent encore plus vite que prévu par les experts ?

Jean Jouzel : Je ne crois pas que ça arrive plus vite que prévu. Ce que nous vivons aujourd'hui, c’est ce que nous avions anticipé dans les premiers rapports du Giec il y a une quarantaine d'années. Les événements les plus intenses que nous vivons actuellement étaient dans le troisième rapport du Giec, au début des années 2000. Cela nous invite à prendre au sérieux ces mêmes modèles climatiques, envisagés à l'horizon 2050 et au-delà.

J'invite tout le monde à accorder de la crédibilité à notre communauté scientifique. Elle en a manqué cruellement dans les années 1990 et 2000 et on voit bien que là où nous en sommes, c’est vraiment ce qui était envisagé.

Les gouvernants l'ont cru d'une certaine façon, quand on regarde la première convention climat qui s'appuyait sur le premier rapport du Giec. Les objectifs affichés, par exemple, dans l'accord de Paris sont à la hauteur du message des scientifiques. Mais la réalité est qu'il y un fossé entre ces deux objectifs affichés par l'ensemble des pays et la réalité de tous les jours.

Cette semaine, le Conseil d'Etat a ordonné au gouvernement d'en faire plus pour le climat parce que, justement, ces engagements ne sont pas respectés. Quelles solutions concrètes a-t-on au niveau national en France, dans les mois qui viennent pour tenter de redresser la barre ?

J'aurais aimé, comme solution concrète, qu'on mette en œuvre l'essentiel de celles proposées par les 150 citoyens. Ils ont réfléchi à des propositions concrètes et celles-ci n'ont été que très marginalement prises en compte par la loi climat énergie. Il suffirait d'aller lire ou relire les propositions des citoyens sur la publicité, sur l'obligation de rénovation des bâtiments qui n'est pas là, les transports en avion, quand on peut faire en moins de quatre heures [un trajet] sont cohérentes, ambitieuses, pertinentes. Inspirons-nous des recommandations des 150 citoyens. Nous sommes loin du compte en termes de lutte contre le réchauffement climatique.

L'élection présidentielle est dans moins d'un an maintenant. Est-ce que vous sentez la classe politique prête à se saisir réellement de l'écologie et de la défense de l'environnement ?

Avec cette mise en demeure du Conseil d'Etat, cela mettra forcément le problème climatique au cœur des préoccupations. Mais ce qu'il faut voir, c'est que cette transition est aussi porteuse d'emplois, de dynamisme économique. Et là, nous repartons sur le monde d'avant, mais en faisant cela nous ne nous mettons pas sur une trajectoire qui permette aux jeunes d'aujourd'hui d'avoir un climat auquel ils puissent faire face dans une cinquantaine d'années. C'est ça le problème. C'est ce décalage entre les causes du réchauffement climatique et les conséquences.

Les glaciers sont-ils voués à disparaître ?

On voit bien que les glaciers continentaux perdent de la masse chaque année. Et puis, le Groenland et l’Antarctique contribuent également à l'élévation de la mer. Le rythme de l'élévation du niveau de la mer a pratiquement doublé entre le 20e siècle et la décennie actuelle. Mais, il n'y a pas que les glaciers qui souffrent. On va encore voir cet été les parois rocheuses de nos montagnes, de nos massifs montagneux des Alpes qui se désagrègent parce qu’ils sont largement tenues par de la glace, par le gel et l'augmentation des températures qui est deux fois plus rapide dans certaines régions montagneuses, donc il y a des problèmes locaux, mais avec des conséquences en termes d'élévation du niveau de la mer qui sont à l'échelle planétaire.

 

Changement climatique : "L'avenir est encore très largement entre nos mains", affirme un ancien expert du GIEC

 

Alors que l'Allemagne et la Belgique viennent de subir des inondations catastrophiques provoquant la mort de plus de 150 personnes, le climatologue Jean-Pascal van Ypersele souligne la responsabilité de nos comportements dans la survenue de ces phénomènes climatiques extrêmes. 

Article rédigé par

franceinfo

Radio France

Publié le 17/07/2021 12:00Mis à jour le 17/07/2021 12:01

 Temps de lecture : 2 min.

Un quartier de la ville d'Erftstadt-Blessem, près de Cologne (Allemagne) le 16 juillet 2021. Les inondations ont fait plus de 130 morts dans le pays (HANDOUT / BEZIRKSREGIERUNG KOLN)

Un quartier de la ville d'Erftstadt-Blessem, près de Cologne (Allemagne) le 16 juillet 2021. Les inondations ont fait plus de 130 morts dans le pays (HANDOUT / BEZIRKSREGIERUNG KOLN)

Jean-Pascal van Ypersele, professeur de climatologie à l’Université de Louvain, ancien vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), a affirmé ce samedi sur franceinfo que "l'avenir" de la planète "est encore très largement entre nos mains. Il ne faut pas désespérer".

Le plan Climat de l'Union européenne est "encore insuffisant", selon lui, pour changer le cours des choses surtout si "d''autres grands pays pollueurs" comme "les États-Unis, la Chine, par exemple, ne vont pas résolument dans la même direction le plus vite possible".

franceinfo : Les événements en Europe sont la conséquence directe du changement climatique ?

Jean-Pascal van Ypersele : Ce serait imprudent de dire que c'est la cause directe, mais il n'y a plus de phénomènes climatiques extrêmes comme ceux que nous voyons maintenant qui ne soient pas influencés d'une manière ou d'une autre par le fait que nous avons bouleversé la composition de l'atmosphère. En 2021, on a passé la barre des 50% d'augmentation de la concentration en CO2 au-dessus du niveau préindustriel. Cela ne peut pas ne pas avoir de conséquences sur des événements comme ceux que nous voyons maintenant. Ce sont des événements qui se passaient avant, mais pas avec la même intensité. Et ils risquent de se passer malheureusement de plus en plus souvent. Le GIEC avait déjà mis en garde le monde il y a 30 ans…

Il y a une phrase qui est quand même extraordinaire quand on la lit aujourd'hui, trente ans plus tard : "L'effet de serre accentuera les épisodes de pluies extrêmement abondantes et les inondations peuvent donc représenter une menace encore plus grande lorsque la planète se réchauffe". Le GIEC l'écrivait il y a trente ans déjà. Est-ce que l'on peut encore agir pour sauver la planète ou réduire les effets de ce changement climatique ?

Absolument, l'avenir est entre nos mains. On ne va pas revenir en arrière, avec ce qu'on a fait dans le passé, en brûlant massivement des combustibles fossiles et en déboisant à tour de bras. Mais l'avenir est encore très largement entre nos mains. Il ne faut pas désespérer. La Commission européenne prévoit l'interdiction des voitures à essence pour 2035.

Est-ce que cela va dans le bon sens ?

Cela va dans le bon sens. Il faut espérer que ça va être mis en œuvre parce que ce ne sont que des propositions. Il faudra peut-être deux à trois ans avant qu'elles ne soient mises en œuvre après négociation avec le Parlement européen et les États membres, etc. Mais il faut aussi savoir que même si cela va dans le bon sens, c'est encore insuffisant. C'est insuffisant au niveau de l'Europe. C'est insuffisant aussi si d'autres pays, d'autres grands pays pollueurs les États-Unis, la Chine, par exemple, ne vont pas résolument dans la même direction le plus vite possible.

 

 

Inondations en Europe : comment le réchauffement climatique est passé de "menace pour les générations futures" à danger imminent

Article rédigé par

Marie-Adélaïde Scigacz

France Télévisions

Publié le 16/07/2021 07:01Mis à jour le 16/07/2021 19:09

 Temps de lecture : 8 min.

Les feux de Long Loch et de Derrickson Lake, en Colombie-Britannique (ouest du canada), le 30 juin 2021.  (BC WILDFIRE SERVICE / AFP)

Les feux de Long Loch et de Derrickson Lake, en Colombie-Britannique (ouest du canada), le 30 juin 2021.  (BC WILDFIRE SERVICE / AFP)

Les modèles scientifiques avaient vu juste : les catastrophes et autres phénomènes météorologiques extrêmes correspondent aux prévisions réalisées dès les années 1980 par les climatologues. Alors qu'il est de plus en plus difficile d'ignorer le réchauffement climatique, en percevons-nous vraiment les enjeux ?

"Nous sommes le canari dans la mine de charbon", alerte Gordon Murray, habitant de Lytton, au Canada, sur la chaîne CBC*. Au fond des mines, quand le canari mourait, les hommes disposaient de quelques minutes pour sauver leur peau. Ces petits oiseaux trimballés en cage donnaient l'alerte, au prix de leur vie, sur l'imminence d'un coup de grisou, une explosion soudaine causée par l'accumulation d'imperceptibles – inodores et invisibles – gaz toxiques. Le village de Lytton a disparu à 90%, ravagé par les flammes après que le thermomètre a atteint 49,6 °C, un record dans cette zone du globe. Désormais, Gordon Murray signale un autre drame imminent : "Le réchauffement climatique est en marche, et il avance vite." 

Si vite qu'il n'échappe désormais à personne : de Madagascar, où deux années consécutives d'une terrible sécheresse menacent plus d'un million de personnes, dans ce que l'ONU qualifie de première famine liée au réchauffement climatique, à l'Europe, tiraillée entre vagues de chaleur au sud et pluies diluviennes au nord. En Allemagne, au moins 42 personnes sont mortes, entre le 14 et le 15 juillet, dans des inondations d'ores et déjà attribuées au réchauffement climatique par une partie de la classe politique. Fin juin, des villages du Sommerset*, en Angleterre, avaient eux aussi connu "des inondations sans précédent" après des pluies torrentielles, tandis que, quelques jours plus tard, la presse indienne* se faisait l'écho d'un phénomène similaire au Népal. Ça commence à faire beaucoup de canaris.

Quand la météo se fait l'écho du climat

"Le problème, c'est que nous n'acceptons la réalité du changement climatique que lorsqu'elle est là et non pas lorsque la communauté scientifique l'anticipe." Le climatologue Jean Jouzel se souvient d'avoir fait un pari, il y a une vingtaine d'années : la prise de conscience viendra quand le changement climatique sera perceptible par tous. "Je me disais que cela se passerait vers 2030", précise-t-il. Une approximation de 10 ans, dû à ce que les modèles ne pouvaient anticiper : la puissance des réseaux sociaux et le développement des chaînes d'information en continu. "Nous avons une vision planétaire de ce qui se passe, ce qui n'était pas le cas il y a 20 ans, résume le climatologue.

"Avec la mondialisation de l'information, les catastrophes comme ce qui vient de se passer en Colombie-Britannique entrent dans tous les foyers."

Jean Jouzel, climatologue 

à franceinfo

Alors que les rapports du Giec ont, dès la première édition en 1990, vu juste quant à l'augmentation des températures au cours de notre décennie, ce sont des règles médiatiques, plutôt que scientifiques, qui inscrivent la réalité du réchauffement climatique dans les esprits. Longtemps soucieux de distinguer climat et météo, les spécialistes se sont montrés prudents avant de tracer une ligne droite entre tel phénomène météo local et le réchauffement global. Ainsi, à l'été 2003, quand une canicule s'est abattue sur l'Europe, provoquant environ 15 000 décès en France, "cela a été perçu, pour le grand public français, comme la première grande manifestation du réchauffement climatique", se souvient le climatologue Jean Jouzel, "alors que dans notre communauté, nous avons toujours été un peu réticents à l'attribuer directement".

La multiplication des événements extrêmes au cours des dernières années change la donne. "A ce stade, tout ce qui concerne la météo est aussi une question de climat", résume le météorologue et auteur américain Eric Holthaus. "D'un jour ensoleillé à un jour nuageux en passant par un ouragan… Tout cela survient dans le contexte d'une atmosphère qui a changé", explique-t-il au micro d'un podcast d'actualité.

Analyser le lien possible entre un événement météo extrême précis tout juste apparu et le réchauffement climatique est un exercice relativement nouveau. Depuis 2014, le World Weather Attribution, une initiative regroupant des experts de divers instituts de recherche dans le monde, s'y attellent, en calculant dans des délais très courts la probabilité qu'il se soit produit même sans le dérèglement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre. Lytton, en Colombie-Britannique venait à peine de flamber que déjà les scientifiques du World Weather Attribution avançaient un chiffre : le changement climatique engendré par l'activité humaine avait rendu le "dôme de chaleur" au moins 150 fois plus susceptible de se produire*.

Quand les pays riches souffrent aussi

Par le biais de ces épisodes météorologiques médiatisés, la question du climat pénètre nos quotidiens. Car "le climat, c'est abstrait", explique le psychologue et économiste norvégien Per Espen Stoknes, auteur d'un livre en 2015 sur les causes de nos difficultés à saisir l'urgence climatique*. Aussi invisible et imperceptible qu'un gaz dangereux dans la galerie d'une mine, le climat agit au niveau de la planète, loin de l'échelle locale plus propice à l'inquiétude, et "se transforme 'lentement', c'est-à-dire en décennies, non pas en heures ou en jours". Ajoutez à cela l'opacité des termes liés aux émissions de gaz à effet de serre ("gigatonnes", "RCP2.6", "concentrations en ppm"), "et vous obtenez quelque chose que le cerveau humain évolutif a beaucoup de difficultés à saisir", explique-t-il à franceinfo.

"Nos cerveaux comprennent les risques proches de nous, personnels, concrets, spectaculaires, vifs, comme les symptômes du Covid-19."

Per Espen Stoknes, psychologue et économiste 

à franceinfo

Les catastrophes météorologiques sont une traduction tangible du réchauffement climatique qui, aux yeux du psychologue, "manque de saillance" dès lors qu'il est traduit en chiffres et en projections plutôt qu'en expérience. En journalisme, on appelle cela la "loi de proximité" ou plus cyniquement "loi du mort-kilomètre" : plus un événement se produit loin de nous (lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs), moins il nous intéresse ; plus les victimes semblent éloignées, moins elles suscitent d'empathie.

Inondation au Bangladesh, sécheresse au Sahel… Longtemps, les pays du Sud ont été seuls frappés par les catastrophes liées à la hausse des températures. Aujourd'hui encore, les ravages de la famine qui frappe Madagascar, menaçant plus d'un million de personnes, n'ont pas l'écho médiatique du "dôme de chaleur", à l'origine de plusieurs centaines de victimes au Canada et dans le nord des Etats-Unis, déplore Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l'environnement. "L'extraordinaire injustice des choses" choque l'historien.

"Le mode de vie des pays riches est à l'origine de l'état de la planète, mais la violence s'exerce d'abord sur les populations à Madagascar."

Jean-Baptiste Fressoz, historien 

à franceinfo

"Pour les pays riches, le réchauffement climatique n'est pas une menace immédiate", ajoute l'historien, mettant en parallèle les émeutes de la faim que provoquera inévitablement la hausse des prix des denrées agricoles dans les pays du Sud et les jours de canicule attendus en France : "Je ne dis pas que c'est pas grave d'avoir des jours à 50 °C, ça l'est, mais tout est une question d'échelle."

Si le réchauffement climatique est bel et bien une crise qui se conjugue au présent, la relative tranquillité des Occidentaux nuit au passage à l'action, cantonnant à demain la survenue de la catastrophe dans le quotidien. "Cela a pour effet d'écarter et de repousser la gestion de la crise climatique au profit d'autres tâches importantes. D'autres problèmes tels que la santé, la pandémie, l'emploi, les inégalités, l'insécurité, le terrorisme…" liste Per Espen Stoknes. Pourtant, selon lui, en "légitimant l'inaction, repousser l'action climatique revient à nier le réchauffement climatique."

Quand le discours attend les actes

L'enjeu n'est plus de convaincre de la réalité de la crise. Aujourd'hui, "le climatoscepticisme est marginal en France et plutôt cantonné à des franges de l'extrême droite. Ce n'est plus une question de compréhension du réchauffement climatique", relève Jean-Baptiste Fressoz. "Le problème, c'est qu'on ne sait pas faire tourner l'économie sans énergie fossile pour l'instant." A la complexité scientifique des mécaniques du climat, a succédé "l'incompréhension des bases matérielles de l'économie", explique-t-il. C'est elle qui vient contraindre l'émergence de solutions pour stopper cette menace que l'on sait pourtant imminente.

"On reste persuadé que l'innovation va permettre d'effectuer la transition, mais c'est parce qu'on ne comprend pas très bien comment fonctionnent la sidérurgie, les cimenteries, la production d'engrais, l'agriculture... et surtout les mécanismes de diffusion des techniques, son rythme et sa lenteur. La transition n'a pas eu lieu, elle n'a pas même pas commencé", met-il en garde. "Historiquement, nous n'avons jamais connu de véritables transitions énergétiques. La tâche qui nous attend est complètement inouïe. C'est quelque chose qu'on n'a jamais fait."

Jean-Baptiste Fressoz relève ainsi une inadéquation entre "à la fois un discours très apocalyptique et un discours très incantatoire et assez creux, que l'on retrouve dans les grandes messes climatiques, où les pays font des promesses dont on sait bien qu'elles ne seront pas tenues." Le problème est actuel, connu, "mais on ne se donne pas les moyens". Or, le pire est à venir, abonde Jean Jouzel.

"Beaucoup de gens ont l'impression que les catastrophes que nous observons aujourd'hui, c'est cela le réchauffement climatique, mais la deuxième partie du siècle, si on ne fait rien, sera terrible."

Jean Jouzel, climatologue 

à franceinfo

Si, dès les années 1980, la communauté scientifique a si bien prédit le monde de 2020, "ne faut-il pas écouter les inquiétudes des scientifiques quant à 2050 ?" Jean Jouzel plaide aussi pour un changement de mentalité : l'abandon de cette idée "qui veut que l'on sera capable d'ici là de réparer les problèmes que l'on a créés. C'est faux. L'inertie est telle que ce qui a été enclenché ne s'arrêtera pas", craint-il. Car 2050, "ce n'est déjà plus les générations futures". Et il est grand temps que les mineurs s'empressent de quitter la galerie. Ou du moins, selon les climatologues, les énergies fossiles.

* Les liens suivis d'un astérisque conduisent vers des contenus en anglais.

Urbanisation et inondations

Par Le 15/07/2021

Le drame qui a lieu actuellement en Allemagne et en Belgique ou dans l'Est de la France n'est pas sans raison.

Bien évidemment, les personnes concernées ne sont pas en train de chercher les causes d'un tel désastre. Elles ont bien autre chose à faire. Et je compatis à leur détresse.
Il n'en reste pas moins que ça fait des années que des personnes bien informées et parfaitement objectives pointent du doigt l'absolue incompétence, voire les maversations, qui ont lieu dans les organismes susceptibles de gérer l'occupation des sols et l'environnement.
Il y a quelques jours, j'ai mis en ligne le projet d'urbanisation d'une immense zone de terres actuellement "sauvages" en bord de l'Isère, dans le département de la Savoie. Une zone industrielle et commerciale qui couvrirait 35 hectares. Béton, goudron, destruction des berges, réseau routier, lotissements, etc etc...Et puis un jour, tout cela baignera dans l'eau. 

Inutile de chercher plus loin.

L'urbanisation et l'inépuisable soif de conquête de terrain par les industriels et autres marchands. Et qui sont irrémédiablement suivies du cortège de lotissements pour loger les salariés. 

On me répondra qu'il faut bien que les gens travaillent.

Oui, mais alors il ne faut pas appeler au secours quand ça tourne mal. Et là, en ce moment, des appels au secours, il y en a des quantités. 

Dès lors que l'humain porte atteinte à la régulation naturelle des pluies et cours d'eau, il en paie le prix un jour ou l'autre. Au regard du nombre effarant de situations similaires dans les dernières années, je suis consterné de voir qu'autant de gens ont pu faire confiance, aveuglément, et le font encore, dans les différentes instances décisonnaires. Il est clair que ça n'est pas parce qu'un plan d'occupation des sols est validé qu'il est pour autant justifié et sans danger...

Juste un exemple d'un appel :

 

"Venez, par pitié, les secours" : un habitant coincé dans sa maison décrit les inondations "rapides" en Belgique

 

Après des pluies diluviennes, Loïc Collette s'est retrouvé piégé chez lui, à Liège, mercredi après-midi, avec sa famille. Vingt-quatre heures plus tard, il attend toujours les secours.

Article rédigé par

Margaux Duguet

France Télévisions

Publié le 15/07/2021 17:55Mis à jour il y a 48 minutes

 Temps de lecture : 2 min.

La rue de la maison de Loïc Collette, touchée par de fortes inondations, le 15 juillet 202, à Liège (Belgique). (LOÏC COLLETTE / FRANCEINFO)

La rue de la maison de Loïc Collette, touchée par de fortes inondations, le 15 juillet 202, à Liège (Belgique). (LOÏC COLLETTE / FRANCEINFO)

"Si on vient nous chercher, on est prêts à évacuer." Loïc Collette est réfugié dans les étages de sa maison inondée à Liège, jeudi 15 juillet, avec quatre autres membres de sa famille et ses quatre chiens. Des inondations monstres ont touché la Belgique mais aussi l'Allemagne, dans la nuit de mercredi à jeudi, faisant des dizaines de morts. En raison de la crue exceptionnelle de la Meuse, les autorités belges ont donné l'ordre aux habitants de Liège qui le peuvent de se rendre sur les hauteurs de la ville. 

>> Suivez l'évolution des inondations en Allemagne et en Belgique dans notre direct

Loïc Collette, diplômé en informatique de 22 ans, attend désespérément d'être évacué par les secours, qui n'ont pas encore été aperçus dans sa rue. Après 24 heures d'angoisse, cet habitant du quartier de Chênée confie son calvaire à franceinfo.

Vue sur le jardin inondé de la maison de Loïc et sa famille.  (Loic Collette)

Vue sur le jardin inondé de la maison de Loïc et sa famille.  (Loic Collette)

Tout a commencé, mercredi, en milieu d'après-midi. Alors que Loïc regarde à la télévision le défilé du 14-Juillet à Paris, il se rend compte que des pluies diluviennes ne cessent de s'abattre sur sa commune. Le niveau de la Vesdre, un affluent de l'Ourthe (qui se jette elle-même dans la Meuse), augmente dangereusement.

"Ça s'est passé très vite, les égouts ont été submergés rapidement, puis l'eau a commencé à envahir notre cave", raconte-t-il. Après le sous-sol et le jardin, c'est le rez-de-chaussée de la maison de deux étages qui est touché. Dans la précipitation, Loïc et sa famille préparent des vivres et quelques affaires, avant de monter avec leurs animaux à l'étage. 

"Garder mon sang-froid"

Premier réflexe : appeler les secours. "Ils nous ont dit qu'ils étaient très demandés et qu'ils ne voulaient pas nous donner de faux espoirs, car cela prendrait plusieurs heures avant de venir nous voir", relate le jeune homme. "C'est choquant de vivre ça. Notre voisin nous a dit qu'en quarante ans de présence à Chênée, il n'avait jamais vu ça", poursuit-il.

Face aux déchaînements de "Dame nature", Loïc tente de garder son "sang-froid". Mais les secours n'arrivent pas et l'informaticien "panique un peu" en s'interrogeant sur la résistance des fondations de la maison. 

Vue de l'intérieur de la maison de Loïc complètement inondée.  (Loïc Collette)

Vue de l'intérieur de la maison de Loïc complètement inondée.  (Loïc Collette)

Jeudi après-midi, la bâtisse tenait encore le coup. Les pertes étaient toutefois importantes pour la famille du jeune Belge. "L'eau a détruit une grande partie de notre vie, le rez-de-chaussée est inondé à 80%, je suis triste et choqué", répète Loïc.

S'il reste assez de provisions et d'eau pour tenir encore quelques jours, "la situation reste inconfortable". En début d'après-midi, Loïc lance un nouvel appel aux secours sur les réseaux sociaux.

"Les secours sont venus ce matin dans une autre rue. Pourquoi ne sont-ils pas venus nous voir, s'interroge-t-il. La situation peut devenir très difficile pour les personnes fragiles."

Pour ce qui est des raisons de tout ça, il est très facile d'en trouver des explications claires et objectives sur internet. Ce en sont pas les reportages et autres analyses qui manquent. Dans les reportages, j'entends des Anciens qui disent qu'ils n'ont jamais vu ça alors qu'ils vivent là depuis cinquante ans. Oui, on peut s'en douter. Mais il faudrait qu'on leur présente le plan d'occupation des sols depuis cinquante ans et ils comprendraient immédiatement. Il ne s'agit pas uniquement de dérèglement climatique mais également de décisions politiques. On fait tout et n'importe quoi au nom de l'économie. Sauf qu'aujourd'hui, des centaines de personnes ont vu toutes leurs économies et leur investissement disparaître sous les eaux. Les entreprises les plus grosses seront dédommagées. Pas les particuliers.

La question se pose également de la capacité de chacun de faire front dans le cas de catastrophes naturelles (amplifiées par les humains eux-mêmes). Si au bout de 24 heures d'isolement, il n'y a plus rien à manger, plus rien à boire, c'est que la dépendance envers le monde marchand est effroyable. 

J'ai déjà parlé à maintes reprises de l'indispensable anticipation. Je n'y reviendrai pas. Le thème "survivaliste" est là pour ceux que ça intéresse.

http://la-haut.e-monsite.com/blog/theme-survivalisme.html

 

Ici, dans la Creuse, on a eu 72 heures de déluge ininterrompue. Le puits est à la limite de déborder. Une colonne de sept mètres d'eau.

Mais la nature n'est aucunement inondée pour la simple raison qu'on est intégralement entourée de nature. Ce ne sont pas les pluies diluviennes qui posent problème, il y en a  toujours eu. C'est l'artificialisation des sols qu'il faut pointer du doigt. 

 

 

 

Christian Velot : maître de conférence en génétique.

Par Le 14/07/2021

 

 

02/07/2021 Santé / Société

Covid-19 | Vaccination : « Ne faisons pas un remède pire que le mal », Dr Christian Vélot

 

Publié par 

Auteur(s) : FranceSoir

Christian Vélot, l’entretien essentiel : maître de conférences en génétique moléculaire à l’université Paris-Sud, directeur scientifique du comité scientifique du Comité de recherche de l’information indépendante du génie génétique (CRIIGEN), il nous offre un exposé, au micro de Xavier Azalbert et revient sur la nature de ce virus qu’il qualifie de dangereux car présentant un grand nombre de symptômes différents. Il se montre surpris de voir que pour lutter contre un virus qui nous réserve beaucoup d’incertitudes, on ait recours à des technologies pour lesquelles on n’a pas de recul. Il revient sur les traitements précoces, notamment ceux préconisés par le professeur Didier Raoult, un virologue d’une pointure exceptionnelle et regrette qu’on ait balayé l’hydroxychloroquine qui n’a jamais tué personne pour lui préférer le Remdesivir, une molécule toxique et mutagène.

Le biologiste donne des explications très détaillées sur les différents types de vaccins mis sur le marché, vaccins qu’il divise en trois catégories selon la technique employée : vaccins à virus inactivé, vaccins à protéines recombinantes et vaccins génétiques.

Christian Vélot revient également sur les autorisations de mise sur le marché conditionnelles beaucoup trop rapides puisqu’une phase 3 prend normalement plusieurs années pour connaître l’immunotoxicité, la génotoxicité et l’interaction avec le génome humain. Il regrette ces décisions et rappelle que « la sécurité est incompatible avec l’urgence ».

Time : 1 h 13 mn / [1/1]

Un entretien majeur : clair, pédagogue et iconoclaste, Christian Vélot nous ramène à l’essentiel.

S’ensuivent des explications sur la nature de ce virus qui ne fait pas beaucoup de mutations mais des recombinaisons avec des virus qui ne sont pas de sa famille, une particularité qui l’amène à s’interroger sur l’échappement immunitaire, au rapport bénéfice/risque de la vaccination et de son efficacité.

Enfin il déplore l’absence de la diversité de pensée dans les instances de décisions et dénonce des erreurs de la part de certaines autorités notamment des propos scientifiquement faux du « Monsieur vaccin » Alain Fisher, responsable de la politique vaccinale pour la France.

 

 

Covid-19, vaccins expérimentaux, stratégie vaccinale : entretien avec Christian Vélot

  

8 JUIL. 2021

PAR 

BLOG : LE BLOG DE LAURENT MUCCHIELLI

Dans cet entretien exclusif, le généticien Christian Vélot explique en quoi consistent exactement les divers vaccins utilisés contre la Covid, il conteste certains propos d’Alain Fisher et alerte de façon très argumentée sur les dangers de la stratégie vaccinale suscitée par l’OMS et les industries pharmaceutiques, et adoptée par la plupart des gouvernements du monde.

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Épisode 53

1) Bonjour Christian Vélot, pouvez-vous vous présenter rapidement pour mes lecteurs ? Quelle est votre formation, votre statut professionnel et votre domaine de compétence scientifique ? Avez-vous par ailleurs des conflits d’intérêts quels qu’ils soient ?

C.V. — Titulaire d’un doctorat de Sciences biologiques et médicales, je suis maître de conférences à l’Université Paris-Saclay, et plus précisément sur le centre scientifique d’Orsay où je dirige une équipe de recherche. Mon domaine de compétence est celui de la génétique moléculaire, et donc des biotechnologies et de leurs produits. C’est à ce titre que je m’intéresse notamment aux vaccins, et en particulier aux vaccins de dernière génération, dits vaccins génétiques, qui sont issus des biotechnologies. Je n’ai aucun conflit d’intérêt.

2) Vous êtes également président du Conseil scientifique du Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie génétique (CRIIGEN), dans lequel j’ai retrouvé aussi plusieurs personnalités bien connues du monde de la recherche scientifique et de la réflexion sur l’éthique dans les sciences de la vie, telles que Jacques Testart (directeur de recherche honoraire à l’INSERM) et Pierre-Henri Gouyon (professeur de biologie au Muséum National d’Histoire Naturelle, signataire de ma tribune collective de septembre 2020 intitulée « Nous ne voulons plus être gouvernés par la peur »). Il s’agit d’une association créée en 1999 et qui s’est faite connaître notamment dans sa critique des produits du génie génétique (OGM) et des substances qui leurs sont liées telles que les pesticides et les perturbateurs endocriniens, eu égard aux effets de ces techniques sur la santé, en particulier le développement de certaines maladies chroniques que vous considérez être de véritables pathologies environnementales. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces techniques, ces pathologies et leurs évolutions ?

C.V. — Les OGM agricoles sont, dans leur très grande majorité, conçus pour accumuler un ou plusieurs pesticide(s) dans leurs cellules. Il s’agit soit de plantes génétiquement modifiées pour produire un ou plusieurs insecticide(s) afin de lutter contre un ou des insecte(s) dont elles sont la cible, soit des plantes dont la modification génétique leur permet de tolérer un ou plusieurs herbicide(s), soit encore des plantes qui cumulent les deux propriétés. Ces plantes accumulent donc un ou plusieurs insecticide(s) qu’elles produisent, ou un ou plusieurs herbicide(s) qu’elles absorbent sans en mourir, lesquels vont alors se retrouver dans la chaine alimentaire. S’intéresser à la question des OGM agricoles et notamment à leur sécurité sanitaire et environnementale implique donc de s’intéresser de près à celle des pesticides. Or la plupart des pesticides sont des agents cancérigènes/mutagènes/reprotoxiques (CMR), ou des perturbateurs endocriniens (PE), responsables de nombreuses maladies dites chroniques ou environnementales qui ont explosé à travers le monde ces dernières décennies : cancers, maladies cardiovasculaires, troubles neuro-développementaux, obésité, diabète de type 2...

3) Les vaccins contre la Covid-19 qui sont commercialisés partout dans le monde depuis plusieurs mois utilisent pour beaucoup d’entre eux ces techniques de génie génétique et ne correspondent plus au principe des vaccins qu’on dira alors « classiques », les vaccins à virus inactivés que nous avons tous connus depuis notre enfance, ceux de Pasteur en quelque sorte. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit et les différences entre ces multiples vaccins ?

C.V. — Permettez-moi tout d’abord de repréciser ce que sont les virus. Il s’agit d’agents infectieux comprenant une coque protéique appelée capside, constituée de la juxtaposition d’un grand nombre d’exemplaires d’une protéine virale (la protéine de la capside), et renfermant le matériel génétique du virus qui est soit de l’ADN soit de l’ARN (pour les notions d’ADN, ARN et protéine, voir la Figure 1 de ce texte). De nombreux virus sont en plus entourés d’une enveloppe qui est constituée d’une bicouche de graisse (lipides) dans laquelle sont enchâssés plusieurs exemplaires d’une autre protéine : la protéine de surface du virus (voir la Figure 2 de ce texte). Les virus possédant une enveloppe sont appelés des virus enveloppés ; ceux n’en possédant pas sont les virus nus. Le virus SARS-CoV-2, responsable de la Covid-19, est un virus enveloppé dont le matériel génétique est de l’ARN. Sa protéine de surface (enchâssée dans son enveloppe) est la fameuse protéine « Spike ».

Les vaccins actuellement disponibles dans le monde, ou sur le point de l’être, pour lutter contre la Covid-19 peuvent se classer en trois catégories : les vaccins inactivés, les vaccins à protéine recombinante et les vaccins génétiques.

Les vaccins inactivés consistent à injecter le virus entier mais préalablement inactivé (par la chaleur ou par un traitement chimique au formaldéhyde). C’est le cas par exemple des vaccins chinois Sinopharm et Sinovac, mais également du vaccin développé par l’entreprise de biotechnologies française Valneva.

Les vaccins dits « à protéine recombinante » consistent à injecter non pas le virus entier mais une protéine du virus (en général sa protéine de surface), laquelle a alors été produite en laboratoire par des cellules cultivées à grande échelle et dans lesquelles a été préalablement introduit le gène viral détenant le secret de fabrication de cette protéine. Ces cellules prennent alors le gène viral à leur propre compte, le décodent et fabriquent la protéine virale (l’antigène) qui est ensuite purifiée, associée à divers adjuvants puis injectée aux personnes à vacciner. La protéine virale en question est qualifiée de « protéine recombinante » car elle est produite par des cellules qui ne sont pas celles qui la fabriquent naturellement. C’est le cas du vaccin développé par l’entreprise américaine Novavax et qui consiste donc à injecter la protéine Spike du virus Sars-Cov2 responsable de la Covid-19. C’est aussi le cas du vaccin cubain (Soberna02), et des candidats vaccins développés par l’entreprise américaine United Biomedical-COVAXX (UB-612) et par l’entreprise française Ose Immunotherapeutics (CoVepiT) mais sous des déclinaisons différentes :  dans ces trois derniers cas, ce qui est produit et injecté (ou destiné à l’être) n’est pas la protéine Spike entière mais seulement un ou plusieurs fragments de cette protéine éventuellement fusionné(s) à une autre protéine (ou des fragments d’autres protéines) servant en quelque sorte de « présentoir » du ou des antigène(s) de Sars-Cov2.

Enfin, les vaccins génétiques consistent à injecter non plus le virus entier ou tout ou partie d’une protéine du virus, mais une partie de son matériel génétique détenant le secret de fabrication de la protéine de surface. Dans le cas de Sars-Cov2, il s’agit donc soit de la portion de l’ARN viral codant la protéine Spike et emprisonnée dans une nanoparticule de graisse, soit d’une copie ADN de cette portion d’ARN viral, insérée dans l’ADN d’un autre virus (adénovirus) utilisé comme « véhicule » (vecteur) pour délivrer ce matériel génétique dans les cellules de la personne à vacciner. Le virus vecteur est donc un virus génétiquement modifié qui a été rendu inoffensif (on dit qu’il a été « désarmé ») par suppression d’une partie de son propre matériel génétique (ADN), laquelle a été remplacée par la copie ADN de l’ARN viral de Sars-Cov2 codant Spike. Le principe de ces vaccins génétiques est donc de faire fabriquer l’antigène (ici la protéine Spike) directement par nos propres cellules. C’est bien sûr le cas des vaccins de Pfizer-BioNTech ou Moderna (vaccins à ARN emprisonné dans une nanoparticule de graisse) et des vaccins d’AstraZeneca ou Johnson & Johnson (vaccins à ADN utilisant un adénovirus comme vecteur).

4) En décembre 2020, vous avez rédigé un rapport d’expertise sur les vaccins ayant recours aux technologies OGM (https://criigen.org/rapport-dexpertise-sur-les-vaccins-genetiquement-modifie/), qui a donné lieu à une polémique avec Alain Fischer, professeur de médecine au Collège de France et placé par le gouvernement à la tête d’un « Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale » le 3 décembre. Pouvez-vous nous expliquer les enjeux et le contenu de cette polémique de votre point de vue ?

C.V. — Dans mon rapport d’expertise, j’insiste sur un risque particulier lié aux vaccins génétiques (à ARN ou à ADN) : celui de favoriser l’apparition de virus recombinants. De quoi s’agit-il ? Les virus ont une grande capacité à échanger des fragments de leur matériel génétique respectif dès lors que les génomes viraux concernés sont de même nature (soit ADN, soit ARN) et cohabitent dans des mêmes cellules. Ce phénomène est encore plus marqué si les deux génomes viraux en question partagent des séquences (des gènes) qui se ressemblent. Le processus bien connu qui régit ces échanges s’appelle la recombinaison (et lorsque cette recombinaison a lieu entre séquences d’ADN ou d’ARN qui se ressemblent, on parle de recombinaison homologue). Ce phénomène de recombinaison n’est pas réservé à l’ADN ou l’ARN viral mais les séquences virales sont connues pour faire l’objet de nombreuses recombinaisons (on dit qu’elles sont très « recombinogènes »). Il résulte de ces échanges entre matériels génétiques viraux, des virus dits « recombinants », c’est-à-dire dont le génome est constitué de segments provenant des deux virus parentaux (voir la Figure 3 de ce texte).

Bien sûr, ce phénomène ne peut se produire que si du matériel génétique provenant d’au moins deux virus se retrouve dans les mêmes cellules, ce qui est fort heureusement extrêmement rare dans la nature puisque cela implique que des mêmes cellules soient co-infectées par au moins deux virus. Mais dès lors qu’on introduit volontairement et chez un très grand nombre d’individus du matériel génétique viral — ici à des fins de vaccination —, il suffit chez ces personnes d’une infection par un seul virus pour que de tels échanges (entre le génome du virus infectant et le matériel génétique vaccinal) se produisent et puissent ainsi donner lieu à des virus recombinants.

Or dans ses réponses à cette note d’expertise, M. Fischer réfute ce risque au prétexte que « l’ARN viral ne peut-être converti en ADN ». Outre le fait que cette allégation est totalement gratuite car il n’est pas du tout exclu que, dans certaines conditions, l’ARN viral de Sars-Cov2 puisse être converti en ADN au sein de nos cellules comme cela a été montré sur des cellules humaines en culture (Zhang et al, 2021), il est absolument impensable que M. Fischer puisse ainsi laisser croire que des évènements de recombinaison entre ARN viraux nécessiteraient une conversion préalable de ceux-ci en ADN. La recombinaison virale existe aussi bien entre ADN viraux d’une part qu’entre ARN viraux d’autre part. Et dans ce dernier cas, cela ne nécessite nullement une conversion de l’ARN viral en ADN. Les ARN viraux recombinent directement. Cela a été montré depuis fort longtemps déjà (à partir des années 60) avec le virus de la polio (Ledinko, 1963 ; Cooper, 1968 ; Cooper et al, 1974), les aphtovirus (McCahon et al, 1977 ; McCahon, 1981 ; King et al, 1982), les virus de la maladie de Newcastle et de la grippe (Hirst, 1962), ainsi que les coronavirus (Makino et a, 1986 ; Baric et al, 1990) qui sont d’ailleurs les champions de la recombinaison virale puisque leur taux de recombinaison (dès lors que deux génomes de coronavirus sont en contact) peut aller au delà de 10% (Makino et al, 1986 ; Baric et al, 1990) alors qu’il est en général, pour les autres virus à ARN, de l’ordre de 0,1 à 2% (Lai, 1992).

De plus, les coronavirus sont capables de recombiner avec des virus à ARN d’une autre famille : des évènements de recombinaison ont en effet pu être mis en évidence entre, d’une part, un virus de la grippe et, d’autre part, des coronavirus bovins, murins et un coronavirus humain (Luytjes et al, 1988).

Par ailleurs M. Fischer affirme que « de tels recombinants n’ont jamais été observés avec les vaccins vivants atténués qui délivrent pourtant leur matériel génétique dans les cellules qu’ils infectent ». Les vaccins vivants atténués (qui ne figurent pas parmi les vaccins ou candidats vaccins contre la Covid-19) consistent à injecter le virus entier, non pas inactivé mais affaibli. D’une part, il y a peu de vaccins vivants atténués (ce sont surtout des vaccins inactivés), et ils n’ont jamais été utilisés à une échelle aussi grande qu’est ou sera celle de la vaccination contre la Covid-19.  D’autre part, j’ai le regret d’apprendre au Pr. Fischer qu’une étude publiée en avril 2020 révèle l’apparition d’un virus recombinant (à ARN) de la bursite infectieuse chez le poulet entre une souche infectieuse naturelle et une souche vaccinale atténuée (Wu et al-2020).

Soit M. Fischer ignore tout cela et c’est grave, soit il ment délibérément et c’est… grave.

5) Les vaccins ont deux fonctions potentielles, l’une individuelle (protéger l’individu contre le risque de maladie au cas où il serait contaminé par le virus), l’autre collective (contribuer à la formation d’une immunité collective, ce que le gouvernement présente comme la clef exclusive pour sortir des mesures restrictives de libertés). Commençons par la première, qui pose elle-même plusieurs questions. J’en vois au moins quatre. La première est : quelle est selon vous la nature et le degré de protection individuelle que procurent ces nouveaux vaccins face au risque de développer une maladie après contamination ? Les publications préparées par les industriels pharmaceutiques qui commercialisent ces vaccins parlent de 70 à 90%, voire 95% d’efficacité contre le risque de maladie plus ou moins grave. Est-ce la réalité ou du marketing ?

C.V. — Concernant l’efficacité des vaccins, il faut bien savoir de quoi on parle. D’abord, efficacité contre quoi : forme grave, toutes les formes, contamination ? C’est le plus souvent le flou le plus complet. Pour mesurer directement l’efficacité d’un vaccin anti-Covid, il faudrait inoculer volontairement le virus à un échantillon de personnes, ce qui est bien évidemment totalement exclu pour des raisons éthiques alors qu’il n’existe pas de traitement curatif de la maladie. Ce que mesure l’efficacité d’un vaccin, ce n’est donc pas le risque de développer la maladie ou une de ses formes graves. Dire qu’un vaccin est efficace (par exemple vis-à-vis des formes graves) à 90% ne signifie pas que la population vaccinée est protégée à 90%. Cela ne signifie pas non plus que 90% des personnes vaccinées sont protégées. Ce que mesure l’efficacité annoncée du vaccin, c’est en fait la réduction du risque de développer la maladie en étant vacciné par rapport à la population non vaccinée. Imaginons par exemple que la probabilité de développer une forme grave dans la population non vaccinée soit de 1 pour 1000, alors elle serait de 1 pour 10 000 parmi la population vaccinée (avec un vaccin dont l’efficacité est de 90%). Autrement dit, un vaccin efficace à 90% diminue par 10 la probabilité d’être malade par rapport à la population non vaccinée. Notons enfin que le calcul de l’efficacité d’un vaccin devrait toujours être accompagné de la donnée d’un intervalle de confiance de cette valeur.

Enfin, se pose la question des protocoles ayant permis d’établir ces valeurs d’efficacité annoncées, et notamment des populations concernées. S’agit-il de personnes en bonne santé, de personnes présentant des comorbidités, de jeunes, de personnes âgées, ou d’une moyenne des efficacités sur l’ensemble de ces populations ? On nous gargarise avec des chiffres sans nous apporter la moindre explication et en comptant sur l’imaginaire collectif pour une surinterprétation positive de leur signification.

6) La seconde question concerne à mon sens les populations-cibles de la vaccination et les risques d’effets secondaires. Est-il raisonnable de vacciner toute la population ? N’y a-t-il pas des risques particuliers d’effets secondaires majeurs pour des personnes cardiaques ou encore pour les femmes enceintes ? Quelle est la nature et l’ampleur de ces effets secondaires à votre connaissance ? Pensez-vous qu’ils sont correctement comptabilisés par les centres de pharmacovigilance ?

C.V. — Cette question fait le lien avec celle des protocoles soulignés ci-dessus : quelles sont les populations qui ont été testées dans le cadre de la phase III des essais cliniques ? Étant donné que la durée de cette phase III avant l’autorisation provisoire de mise sur le marché est extrêmement courte, on ne peut compter que sur les données émanant de l’essai grandeur nature que représente la phase de vaccination elle-même. Cela soulève donc la problématique du suivi post-vaccinal. Or, force est de constater que nous ne disposons pas de registres permettant d’assurer ce suivi de façon précise, et population par population (sexe, âge, indice de masse corporelle, comorbidités ou non, personnes allergiques, personnes immunodéprimées, femmes enceintes, etc.). Cela supposerait de devoir remplir un questionnaire très détaillé avant la vaccination, en particulier dans les « vaccinodromes » où les patients sont inconnus des personnels de santé effectuant cette vaccination. Au CRIIGEN, nous sommes particulièrement sensibles à cette question de registres que nous réclamons depuis longtemps pour pouvoir établir, par exemple, d’éventuelles corrélations, région par région, entre l’utilisation de certains pesticides et l’émergence de tel ou tel type de cancers ou autres maladies chroniques. Certes, les corrélations ne sont jamais des preuves mais constituent des pistes qui peuvent alors être creusées afin d’établir la réalité ou non du lien.

Et dans le cas des vaccins anti-Covid-19, la difficulté de cette absence de registre est encore aggravée par le fait que beaucoup de personnes ayant reçu une première injection du vaccin d’AstraZeneca exigent un autre vaccin pour la seconde injection en raison d’importants effets secondaires. Cela complique encore considérablement le suivi. Si on ne peut pas en vouloir aux personnes en question, cela montre une fois de plus qu’on est allé trop vite en autorisant un vaccin sans en apprécier l’ampleur des effets secondaires, au point de ne pas anticiper le refus par les patients de la seconde dose.

7) La troisième question est à mon sens celle de la contagiosité. Après l’argument de la protection individuelle contre le risque de maladie, l’argument central de la vaccination générale est celui au terme duquel il faut se vacciner pour protéger également les autres. Alors, être vacciné empêche-t-il de transmettre le virus lorsqu’on l’a attrapé ? L’IHU de Marseille a déjà signalé que ce n’était pas le cas et qu’ils avaient bien des patients vaccinés qui font ensuite des formes plus ou moins graves de Covid. Qu’en pensez-vous ?

C.V. — De toute évidence, la vaccination qui nous est proposée n’empêche pas la transmission. Non seulement des personnes vaccinées développent la Covid comme cela a effectivement été rapporté par l’IHU, mais l’OMS elle-même recommande que les personnes vaccinées continuent à porter le masque et à appliquer les gestes barrière. Cela signifie que le groupe des vaccinés et le groupe des contaminés se chevauchent, ce qui augmente encore plus le risque de recombinaison virale (entre le virus infectant et le matériel génétique vaccinal) mentionné précédemment.

Par ailleurs, 80% des personnes porteuses du virus étant asymptomatiques, il serait important, afin de limiter ce chevauchement entre contaminés et vaccinés, de faire une détection systématique avant vaccination, ce qui n’est pas le cas. Il serait pourtant facile de mettre ce système en place, notamment dans les « vaccinodromes » avec d’abord un poste de détection rapide (tests antigéniques) puis un poste de vaccination pour celles et ceux qui s’avèrent être négatifs au premier poste.

8) La quatrième question est celle des effets de la vaccination sur la vie des virus. Nous savons que les coronavirus sont des virus qui ont la propriété de pouvoir se recombiner facilement et de créer des variants ou des mutants. L’IHU de Marseille est le premier à en avoir parlé en France, dès la fin de l’été 2020, et à suivre de très près l’évolution de ces variants ou mutants. Mais la vaccination a-t-elle aussi des conséquences sur ces évolutions ?

C.V. — Tout d’abord, permettez-moi une petite clarification : tous les mutants sont des variants mais tous les variants ne sont pas des mutants. Pour « varier », et ainsi échapper au système immunitaire, un virus a deux solutions : muter ou recombiner (l’une n’étant d’ailleurs pas exclusive de l’autre).

Les mutations se produisent au moment de la réplication (recopie) du matériel génétique viral à l’intérieur des cellules infectées. L’enzyme en charge de cette réplication est fournie par le virus et commet un certain nombre d’erreurs (mutations), surtout lorsque le matériel génétique viral est de l’ARN. L’ARN est constitué de l’enchainement de 4 molécules que l’on désigne par leurs initiales respectives, à savoir quatre lettres : A, G, C, U. Il arrive que l’enzyme en charge de la réplication du génome viral mette un G à la place d’un A, un C à la place d’un U, etc. Les variants qui en résultent sont alors des mutants.

L’autre possibilité, pour un virus, de varier est la recombinaison comme expliqué dans ma réponse à la question 4. Les variants qui en résultent sont alors des recombinants.

Si les mutations ou les évènements de recombinaison ont lieu dans la séquence qui code la protéine Spike, cette protéine sera alors modifiée et pourra, le cas échéant, ne plus être reconnue par les anticorps dirigés contre la protéine d’origine. On parle d’échappement immunitaire.

Contrairement à ce qu’on entend très souvent, les coronavirus mutent peu par rapport à d’autres virus à ARN, et ceci malgré le fait que le génome des coronavirus est plus grand que celui des autres virus à ARN. A titre d’exemples, le génome du VIH (virus du sida) est constitué de 10 000 lettres (A, G, C, U) ; celui de la grippe : 13 500 ; le virus Ebola : 19 000 ; et les coronavirus : 31 000 lettres. En théorie, plus le génome est grand, plus la probabilité de faire des erreurs lors de la recopie est élevée. Les coronavirus échappent à cette règle car l’enzyme responsable de la réplication de leur génome est dotée d’un système de détection et de correction des erreurs. Cela ne veut pas dire qu’ils ne mutent pas (ce système de détection et de correction n’est pas efficace à 100 %), mais ils mutent peu. En revanche, comme cela a déjà été mentionné en réponse à la question 4, les coronavirus sont les champions de la recombinaison, et c’est le principal mécanisme qui leur permet d’échapper au système immunitaire.

Et comme expliqué précédemment, la vaccination génétique n’est pas neutre sur la capacité de Sars-Cov2 à varier puisque les vaccins génétiques font courir le risque d’augmenter l’apparition de variants par recombinaison (entre le matériel génétique vaccinal et le génome d’un virus infectant). Et cela est vrai pour tous les vaccins génétiques, qu’ils soient à ARN ou à ADN. Dans le cas des vaccins tels que celui d’AstraZeneca utilisant un virus à ADN pour délivrer le matériel génétique vaccinal, celui-ci sera, une fois dans la cellule, converti en ARN (codant la protéine Spike), lequel pourrait bien sûr recombiner avec un virus infectant à ARN de la même manière que quand le matériel génétique vaccinal est directement de l’ARN.

De plus, dans le cas des coronavirus au moins, il s’avère que le mécanisme de recombinaison passe par des portions d’ARN correspondant à une réplication partielle d’un virus parental (Makino et al, 1986). Avec l’ARN vaccinal, on fournit directement une portion d’ARN viral, ce qui représente donc un facteur de facilitation pour ces évènements de recombinaison. Par ailleurs, la recombinaison entre un virus infectant et un fragment seulement du matériel génétique d’un virus apparenté a largement été observée chez les plantes transgéniques dans lesquelles a été volontairement introduit un gène viral, et infectées par un virus apparenté (Lommel and Xiong, 1991 ; Gal et al, 1992 ; Green and Allison, 1994 ; Wintermantel and Schoelz ; 1996 ; Frischmuth and Stanley, 1998 ; Borja et al, 1999 ; Adair and Kearney, 2000 ; Varrelmann et al, 2000 ; Latham and Steinbrecher, 2004).

9) Se pose enfin la question de la stratégie de l’immunité collective. Vous expliquez dans votre dernière vidéo que la vaccination générale en période de pandémie est une erreur stratégique majeure. Pourquoi ? Est-il par ailleurs utile et raisonnable de vacciner massivement les enfants au regard des quatre points que nous venons d’évoquer ?

C.V. — En période de pandémie, par définition, le virus circule. Il y a donc émergence de variants (qu’il s’agisse, de manière générale, de mutants ou de recombinants). Si ceux-ci sont moins virulents que la souche d’origine et tout aussi bien neutralisés par les anticorps, tout va bien. Mais si ces variants échappent à l’immunité acquise (naturelle ou vaccinale) contre la souche d’origine, ils vont pouvoir proliférer et d’autant plus que la souche d’origine est freinée par la vaccination de masse. Le variant a alors la voie libre car la souche d’origine ne peut rentrer en compétition avec lui. Autrement dit, en vaccinant massivement en période de pandémie, on crée une pression de sélection en faveur des variants. En quelque sorte, on crée avec la vaccination de masse vis-à-vis des variants la même situation qu’avec l’utilisation intempestive d’antibiotiques vis-à-vis des bactéries résistantes aux antibiotiques : celles-ci ont la voie libre car toutes les bactéries sensibles sont décimées et ne peuvent donc plus « occuper le terrain » et limiter la prolifération des résistantes.

Par conséquent, en admettant que les vaccins soient sûrs et efficaces, il faut bien sûr vacciner mais seulement une frange de la population (les plus vulnérables vis-à-vis du virus), et surtout pas ceux qui permettent au virus d’origine de circuler sans en être victimes. Or cette population existe — et c’est une aubaine — : ce sont les jeunes. Il est donc stupide de vouloir vacciner les populations non sensibles, et notamment les jeunes, au prétexte que des variants circulent. Il faut faire exactement le contraire. Cela ne veut pas dire qu’il ne faudra jamais les vacciner, mais pas avant que nous soyons définitivement sortis de la pandémie.

C’est la raison pour laquelle, au lieu d’assister à une véritable compétition puérile entre les pays pour savoir qui aura vacciné le plus en un minimum de temps, la vaccination devrait être coordonnée à l’échelle mondiale en définissant, pays par pays, région par région, des pourcentages de personnes à vacciner. Mais pour cela, il faudrait disposer d’une structure qui pourrait, par exemple, s’appeler « Organisation Mondiale de la Santé »...

10) Lorsque l’on met en garde contre le marketing des industriels, en rappelant que leur objectif premier est de gagner un maximum d’argent, on est rapidement taxé de complotisme. La question me semble pourtant majeure. Comment décririez-vous le poids, l’influence et les stratégies de ces industries sur les gouvernements et sur l’OMS aujourd’hui ?

C.V. — Il s’agit de stratégies extrêmement agressives, subies par l’OMS et les états, et dictées par les profits et des visions à court terme. Or le temps que demande la sécurité sanitaire et environnementale est incompatible avec l’urgence des brevets et des profits. C’est vrai dans le domaine des vaccins, c’est vrai également dans celui des OGM, des pesticides et autres perturbateurs endocriniens.

Si leur objectif premier n’était pas le profit, ils auraient renoncé aux brevets et les vaccins seraient, comme ils le devraient, des biens communs. Si dire cela relève du complotisme, alors disons que les industriels qui produisent les vaccins sont des philanthropes...

11) Dans le même ordre d’idées, à votre connaissance, quels sont les liens entre les industries de la génétique, de la recherche sur les OGM (ou leurs nouveaux noms) et l'industrie pharmaceutique ?

C.V. — Ce sont les mêmes. Je me souviens avoir vu un documentaire (dont j’ai malheureusement oublié le titre) où l’on nous montrait, entre autres, un ouvrier victime dans son entreprise d’une intoxication avec un produit de chez Bayer. Un peu plus tard, on le retrouve dans son lit d’hôpital avec une poche de perfusion étiquetée « Bayer »...  Encore du complotisme ?

12) Finalement, on comprend que le projet de vaccination générale présenté comme la solution miracle, ce qui allait nous sauver du danger et nous permettre de « retrouver une vie normale », constitue une idéologie simpliste voire dangereuse. Plusieurs maladies classiques et majeures comme le Sida, le paludisme et la tuberculose n’ont jamais trouvé de vaccin. Que pensez-vous des mesures thérapeutiques alternatives, en particulier les traitements précoces ?

C.V. — On ne peut effectivement que déplorer cette politique qui consiste à mettre tous les œufs dans le même panier, celui des vaccins. Bien sûr que les vaccins peuvent s’avérer être une solution et il ne faut pas le négliger. Mais le problème est que c’est exclusif et au détriment de toute autre stratégie. C’est là encore une erreur ! Si, pour le VIH par exemple, on avait tout misé sur le vaccin, on ne disposerait pas aujourd’hui de la trithérapie qui a largement fait ses preuves.

Face à une telle situation, il ne faut rien négliger et ne se fermer aucune porte. On ne peut que s’interroger face à l’attitude qui a consisté à balayer d’un revers de main les pistes basées sur des molécules connues depuis longtemps telles que l’hydroxychloroquine couplée à l’azythromycine, ou l’ivermectine. On voit bien là qu’il s’agit de choix et décisions bien plus politiques et économiques que sanitaires : des molécules connues et administrées depuis 50 ans deviennent tout d’un coup dangereuse et des vaccins pour lesquels on a aucun recul sont sûrs et sans risque. Sur quelle rationalité scientifique reposent ces choix ? D’autres pistes semblent également totalement ignorées telles que, par exemple, celle du BHT (butylated hydroxytoluene), molécule dont l’efficacité d’inactivation des virus enveloppés est connue depuis longtemps et a fait notamment l’objet d’une publication dans la fameuse revue Science (Snipes et al, 1975).

Les États ont débloqué d’importantes sommes pour les laboratoires travaillant à la mise au point de vaccins au détriment des laboratoires explorant des thérapies (préventives ou curatives) alternatives.

13) Lorsque l’on étudie la mortalité liée à la Covid, on comprend rapidement que ce n’est pas du tout une menace pour l’humanité entière comme le prétendait le directeur général de l’OMS au début de la pandémie, ce qui a effrayé le monde entier. En réalité, la Covid ne tue essentiellement que des personnes extrêmement âgées et/ou des personnes déjà très malades pour d’autres raisons telles que des cancers ou des diabètes et de l’hypertension liées à l’obésité. Cela ne nous ramène-t-il pas à votre point de départ au CRIIGEN ? C’est-à-dire que cette mortalité, qui concerne tout particulièrement les pays occidentaux les plus riches de la planète, n’est pas en fin de compte directement liée voire caractéristique de notre mode de vie ?

C.V. — Dès 2008, l’OMS alertait sur les maladies chroniques qui étaient alors (et ça ne s’est pas arrangé depuis) responsables de 63% des décès dans le monde, soit 36 millions de morts, dont 29% avaient moins de 60 ans. Imaginez un instant si M. Salomon venait tous les soirs nous faire le bilan des morts de maladies chroniques, les chiffres annoncés seraient sans aucune commune mesure avec ceux qui nous ont été annoncés quotidiennement dans le cadre de la Covid-19. Il ne s’agit pas là pour moi d’opposer des morts à d’autres, mais force est de constater que, pour nos instances, tous les morts n’ont pas la même valeur. Et pourtant, Covid-19 et maladies chroniques ne sont pas déconnectées : si toutes les personnes atteintes de maladie chroniques ne sont pas victimes de la Covid-19, la plupart des victimes de la Covid-19 sont elles atteintes de maladies chroniques. En d’autres termes, le virus Sars-Cov2 n’est pas un virus tueur : il porte l’estocade finale à des personnes déjà fragilisées car atteintes de pathologies chroniques : les fameuses « comorbidités »...

Il est donc urgent de s’attaquer de près aux causes des maladies chroniques dont nous savons qu’elles ne sont ni génétiques ni infectieuses. Il n’y a en effet aucune loi de la génétique classique qui permette de rendre compte d’une telle explosion sur des temps aussi courts (à travers un nombre très faible de générations), tout comme il est clair que dans la grande majorité des cas, ces pathologies ne sont pas dues à un agent infectieux (virus ou bactérie). Non, nous le savons, la cause est environnementale : cette recrudescence de maladies chroniques s’explique notamment pas les nombreuses pollutions chimiques, et en particulier les pesticides et autre perturbateurs endocriniens omniprésents dans l’air qu’on respire, dans notre habitation, dans notre alimentation. La Covid-19 n’est que le révélateur de cette autre pandémie silencieuse contre laquelle aucune disposition forte n’est pourtant prise, ni à l’échelle nationale, ni à l’échelle mondiale.

Se prémunir de la Covid-19 aujourd’hui ou d’une autre maladie infectieuse demain passe par la lutte contre les pollutions chimiques. Or, c’est malheureusement toute la stratégie contraire à laquelle nous assistons. Nous étions déjà (dans le « monde d’avant ») obsédés par l’hygiène pasteurienne, au détriment de l’hygiène chimique. Cet épisode de la Covid-19 n’aura fait que décupler l’obsession du postillon et de la poignée de porte et nous désintéresser encore un peu plus de tous les poisons qui nous entourent. Mieux, cette pandémie est un prétexte et la porte ouverte à de plus grandes contaminations chimiques : on désinfecte à tout va, les tables, les sièges, les plans de travail, les portes, les rues et même les plages (!!) sans se préoccuper de la composition des produits utilisés et de leur dissémination dans nos intérieurs et dans l’environnement.

Vouloir résoudre la question de la Covid-19 sans s’attaquer à ce problème de santé globale n’est que vernis sur des ongles sales. Aujourd’hui, c’est la Covid-19, demain ce sera une autre maladie virale ou bactérienne mais les victimes seront toujours les mêmes : celles des maladies environnementales.

On nous a souvent parlé à propos de la Covid-19 du « monde d’après ». Or force est de constater qu’on ne tire aucune leçon de cet épisode. Oui, Il y aura bien un « monde d’après » : il sera pour l’essentiel comme le « monde d’avant », mais après... et pire !

14) Votre analyse critique est aujourd’hui presque inaudible dans le débat public. Vos vidéos YouTube ont été victimes de censure. Vous êtes quasiment absent dans l’ensemble des médias, ce qui n’a pas toujours été le cas. Je présume que d’aucuns n’ont pas tardé à vous cataloguer en « complotiste » afin de mieux écarter vos arguments (c’est l’argument favori des défenseurs de la doxa). Pouvez-vous nous raconter un peu ce mépris et cette censure tels que vous les avez vécus ces derniers mois ?

C.V. — J’ai déjà connu la censure, en particulier dans le monde scientifique, notamment autour de la question des OGM. Mais je dois avouer que, là, ça dépasse l’entendement. Que l’on ne soit pas d’accord en science, ce n’est pas grave et c’est même sain. La contradiction est ce qui fait respirer la démocratie, et on en a besoin en science comme ailleurs. On devrait pouvoir se mettre autour de la table et discuter, sans invectives, et prendre en considération tous les avis. En science c’est la culture du dissensus qui doit prévaloir, et non la recherche du consensus à tout prix. L’histoire des sciences nous a souvent montré qu’être seul à défendre une thèse n’est pas synonyme d’avoir tort. Le seul tort de ces scientifiques souvent isolés est d’avoir eu raison trop tôt. Mais là encore, on en tire aucune leçon. Et face au manque d’arguments à opposer, on a recours à l’éviction, à la censure, orchestrée ou relayée par l’essentiel des médias qui n’hésitent pas à déformer les propos desdits scientifiques ou médecins afin qu’on puisse aisément leur coller l’étiquette d’antivax ou de complotistes.

Par exemple, dans un article de l’Express du 6 janvier dernier intitulé « Vaccins modifiant notre génome, itinéraire d’une fake news », les deux auteurs me font dire que « l’ARN des vaccins de Pfizer-BioNTech ou Moderna pourrait s’insérer dans notre génome et nous transformer en OGM ». Or c’est un mensonge, je n’ai jamais dit que l’ARN pouvait s’intégrer dans l’ADN et donc dans nos chromosomes : je dis même clairement, tant dans ma note d’expertise que dans la vidéo didactique que j’ai faite en décembre 2020, que ce n’est pas possible (sauf, éventuellement, s’il était préalablement converti en ADN, comme mentionné en réponse à la question 4). Quant au lien avec les OGM, c’est également une totale déformation de mes propos. Ma note d’expertise s’intitule « Note d’expertise grand public sur les vaccins ayant recours aux technologies OGM », ce qui n’a évidemment rien à voir avec le fait de nous transformer en OGM. Les vaccins génétiques à ARN (Pfizer-BioNtech et Moderna) ou à ADN (AstraZeneca, Sputnik V, ou Johnson& Johnson) sont effectivement des vaccins s’appuyant sur les biotechnologies (ou technologies OGM). Dans le premier cas, l’ARN vaccinal correspondant à la partie du matériel génétique de Sars-Cov2 codant la protéine Spike, est un ARN de synthèse modifié pour augmenter sa stabilité, optimiser la production de la protéine Spike dans les cellules humaines, et optimiser l’immunogénicité de cette protéine. Dans le second cas, le vecteur utilisé pour délivrer le matériel génétique vaccinal dans les cellules de la personne à vacciner est bien un virus (adénovirus) génétiquement modifié comme je l’ai expliqué dans la réponse à la question 3. Et c’est bien pour cela que la directive européenne 2001/18 qui légifère les OGM a été modifiée en août dernier par le règlement européen 2020/1043 dont les articles 2 et 3 permettent à tout essai clinique de médicaments contenant des OGM ou consistant en de tels organismes, et destinés à traiter ou à prévenir la Covid-19, d’échapper aux évaluations préalables sur la santé et l’environnement prévues pour les OGM.

Et la plupart des autres organes de presse de répéter bêtement et aveuglément à l’unisson les inepties de leurs confrère et consœur de l’Express sans même prendre le soin de mener la moindre enquête et de vérifier les sources, ni même de me contacter. Tous ces prétendus journalistes se comportent comme un troupeau de brebis effrayées : la première (ceux de l’Express) sort de l’enclos tête baissée à travers le grillage en piétinant tout sur son passage, et toutes les autres empruntent le même chemin alors que la porte de l’enclos est grande ouverte. Et je m’excuse auprès des brebis pour cette métaphore. Ces prétendus journalistes sont au journalisme ce que Gérard Depardieu est à la diététique. Nous sommes dans une dictature de la pensée et cela m’inquiète beaucoup plus que la Covid-19.

Complotisme ou esprit critique ?

Par Le 14/07/2021

Deux réflexions qui parlent du "complotisme".

"Depuis le début de la crise sanitaire, on entend la répétition de deux termes, plus encore qu’avant cette crise : populisme et complotisme. Bien des positionnements intellectuels, politiques et de journalistes – même de scientifiques et de médecins – ont été déterminés par cette volonté de faire rempart au populisme et au complotisme qui l’alimenterait, au point même de faire du professeur Raoult une sorte de Donald Trump des sciences médicales. On voit que cette opposition est si grossière qu’elle est tout autant fantasmée que réelle.

Or, complotiste, tout démocrate devrait l’être dans certaines limites. L’attentat du 11 septembre 2001 a changé notre compréhension du monde. Auparavant, l’Occident avait une vision de l’histoire très hégélienne, verticale, progressiste, avec une fin heureuse et à venir. Après la chute du Mur de Berlin, il y eut une décennie indécise, lors de laquelle on ne savait plus dans quelle histoire nous étions. L’attentat terrible et inédit qui survint au tout début de ce siècle nous a plongés dans une histoire que nous n’avions pas vu venir. Et c’est la réponse anglo-américaine à cet événement qui a donné aux « complotistes » des raisons fondées de douter des informations officielles.

Du temps de la guerre froide, tout le monde savait que la partie immergée de l’iceberg n’était pas à voir – moins on en savait, mieux c’était – puisqu’elle opposait essentiellement les services secrets américains et soviétiques. Nous ne sommes plus dans ce temps de guerre larvée entre deux grandes puissances se partageant le monde. En 2002-2003, le président Bush et le premier ministre Blair ont décidé d’une guerre contre l’Irak en mentant délibérément au sujet de liens entre son dictateur et l’organisation terroriste qui avait organisé l’attentat et au sujet d’armes de destruction massive introuvables. Tout était faux et causa le déséquilibre du Moyen-Orient pour une bonne dizaine d’années.

Depuis ce temps-là, les pays occidentaux vivent avec des mensonges d’État. Les services secrets anglo-américains ont travaillé de concert pour annihiler des organisations islamistes, capturant des terroristes présumés, les torturant, procédant à des assassinats ciblés, avec leurs victimes collatérales, par l’utilisation à grande distance de drones, sans que les Nations Unies ne s’émeuvent de l’usage de telles armes technologiques particulièrement déloyales. Les personnes qui ont dénoncé cette dérive occidentale payent cher leur volonté de vivre dans un monde démocratique plus transparent, atténuant une raison d’État broyant les individus.

Je suis devenu plus clairement « complotiste » en voyant le film de Roman Polanski, The Ghost Writer, il y a onze ans. Je découvrais par ce film le scandale de la mort suspecte de David Kelly, expert en armes biologiques qui avait eu la désobligeance de contredire les accusations anglo-américaines envers l’Irak en informant un journaliste de la BBC sur des falsifications ministérielles britanniques. Se suicidant dans des conditions plus qu’étranges, il y avait de quoi faire un très bon thriller politique, ce que fit le réalisateur polonais. Mais quand le film sortit, l’affaire Polanski avait été étrangement relancée par un procureur américain et on ne parlait que de ça dans les médias occidentaux. Quand Julian Assange fut accusé de viol en Suède, il n’était pas compliqué de comprendre que l’instrumentalisation du féminisme pouvait aisément servir la raison d’État. Il reste que les révélations quelque temps plus tard d’Edward Snowden au sujet de l’espionnage généralisé mis en place par les Américains, avec les Britanniques pour alliés privilégiés et indéfectibles, confirmaient tout à fait la thèse du film.

Nous vivons dans ce monde-là et je suis consterné de constater le peu d’intérêt des journalistes français pour le traitement inhumain aux États-Unis du soldat Manning qui révéla les crimes de guerre en Irak à Assange afin d’en informer les populations, de même pour Snowden qui ne fut un héros que d’une ou deux années et qui n’a plus désormais d’avenir qu’en Russie car il ne serait, par exemple, pas en sécurité en France – Assange, en Angleterre, risque toujours l’extradition et est, de toute manière, privé de liberté depuis de trop longues années. Nos pays des droits de l’homme les négligent allègrement et nos « élites » qui crient au populisme et au complotisme détournent les yeux de ces atteintes à la liberté. Désormais, les dissidents, défenseurs de la liberté, tant promus lors de la guerre froide, sont des victimes de l’Occident.

Ce monde de l’indigence journalistique refuse d’informer les citoyens des enjeux réels des crises que nous subissons. Quand le site d’information Mediapart révélait les premières « affaires Sarkozy », la presse mainstream, bousculée par ce retour au journalisme d’investigation, tentait avec les hommes politiques concernés d’en faire une presse de caniveau. Aujourd’hui, pour invalider un travail journalistique approfondi, il suffit de dire « Fake news ». La chasse à l’infox est devenu la nouvelle déontologie journalistique mais elle ne remplace pas le journalisme d’investigation, elle le discrédite. Et au lieu de lutter contre le complotisme, elle le renforce.

Car il est normal et rassurant que nombre de citoyens cherchent, parfois maladroitement, souvent en se trompant et en se montrant trop crédules, des informations fondées, plus en mesure de répondre à leurs interrogations. Quoi qu’il en soit, à être trop incrédule, en niant toute cause d’apparence complotiste, nos « élites » sont devenues paradoxalement crédules au point de se faire les défenseurs de la démocratie et de la liberté d’expression tout en désirant réduire l’une en bridant l’autre.

Avec la crise sanitaire, qui est devenue actuellement la ligne de partage déterminant les bons et les mauvais citoyens, on observe une « élite » scientifique et médicale, politique et journalistique, qui se crispe sur des questions qui auraient parues dérisoires il y a encore un an : le refus d’écouter tous les avis et notamment ceux qui divergent de la ligne choisie, le refus donc du débat et de la démocratie, le refus par exemple de discuter sereinement d’un traitement thérapeutique préventif – hydroxychloroquine est devenu un mot presque tabou, le comble de l’absurde...

A l’heure où l’élection américaine a livré son verdict, qui n’est peut-être pas définitif, cette « élite » se réjouit du candidat élu sans se soucier de la transparence nécessaire en démocratie pour des élections. Un vrai démocrate se soucie avant tout de cela ou alors c’est qu’il s’estime prêt à vivre dans un système politique quelque peu opaque et oligarchique, à remettre son libre arbitre à des autorités officielles qui penseront et décideront pour lui"

Christophe Lemardelé, docteur en histoire des religions, chercheur associé au CNRS (UMR 8167 Orient & Méditerranée

 

Un autre article

"Quand je me suis aperçu que dans ce pays le simple fait de mettre en doute une information qui ne tire sa légitimité que d'être labellisée « parole officielle » et d'être répétée en boucle dans les médias suffisait à faire de vous un complotiste, j'ai pensé que le mieux était encore d'en devenir un pour de bon.

A moins d'être totalement naïf ou d'être prisonnier d'un système qui vous garantit à la fois le confort de la pensée et la position sociale, qui peut en toute honnêteté se convaincre que, par son ampleur planétaire, la situation actuelle ne soulève pas un minimum de questions ? N'est-il pas normal et légitime de se demander :

Pourquoi une maladie infectieuse qui a perdu beaucoup de sa virulence depuis le printemps 2020 est devenue l'unique sujet de préoccupation du gouvernement et des médias dominants, tandis que les ravages collatéraux de cette crise sont systématiquement laissés aux oubliettes ?

Pourquoi les traitements – efficaces – permettant de guérir du covid ont été dénigrés et même interdits, alors qu'en même temps on prétend, en haut lieu, tout faire pour protéger les plus fragiles ? Pourquoi pas une seule fois un ministre ou un médecin de plateau-télé n'a cru bon de donner aux Français des recommandations pour stimuler leurs défenses immunitaires qui sont tout de même le meilleur rempart contre la maladie ?

Pourquoi une solution aussi hasardeuse que la vaccination de masse (aux conséquences sanitaires parfaitement imprévisibles) est promue au rang de solution miracle, au mépris de toutes les mises en garde émanant de nombreux médecins et chercheurs courageux et indépendants ?

Pourquoi enfin toute pensée, toute réflexion qui se se conforme pas au dogme officiel est systématiquement exclue du champ médiatique, quand elle n'est pas purement et simplement criminalisée ?

Je le répète : si le simple fait de poser ces questions, que tout citoyen est en droit et même en devoir de se poser, est un signe de complotisme, alors c'est que l'heure est venue de revendiquer ce terme et d'en assumer les implications. Car outre qu'il pose les questions qui dérangent, le complotiste a fâcheusement tendance à vouloir trouver des explications et à émettre des hypothèses. Certaines, bien sûr, sont farfelues ; mais on ne doit normalement pas craindre cela quand on est en démocratie ! Cela s'appelle le pluralisme ou encore la liberté d'expression. D'autres, par contre, sont frappées au coin du bon sens, n'en déplaise aux experts patentés qui se sont arrogé le droit de penser à notre place.

Est-il, par exemple, farfelu ou déraisonnable de penser que les élites qui dominent le monde (grands Etats, GAFA, multinationales, puissances financières) font des projets ? Qu'elles font tout ce qui est en leur pouvoir pour donner au monde et aux populations l'orientation la plus favorable à la pérennisation et au renforcement de leur position dominante ? Et que, ce faisant, la défense de leurs intérêts communs les amène à unir leurs forces au sein d'une gouvernance de plus en plus ouvertement mondialisée ? Ne peut-on pas non plus suggérer que la crise sanitaire et la perspective vaccinale qui l'accompagne sont une remarquable occasion pour ces élites ?

Non, décidément, il n'y a rien d'anormal à faire ce genre d'hypothèses ! Je dirais même que c'est un élément indispensable à toute pensée politique désireuse d'éclairer l'avenir. Les chercheurs le savent bien : c'est en s'appuyant à la fois sur l'analyse des faits et sur des hypothèses qu'on parvient, à force de recoupements et de rapprochements, à identifier des causes et à proposer des explications – et des solutions. Et si l'hypothèse est mauvaise, encore faut-il en apporter la preuve, ce qui ne peut se faire qu'au sein d'un débat public véritablement démocratique.

Personnellement (ici je quitte le plan des faits et des hypothèses déductives pour me risquer à une interprétation), je proposerais, en vertu du principe énoncé par Térence selon lequel « rien de ce qui est humain ne m'est étranger », une lecture simple et psychologique de la situation actuelle. L'argent rend fou, nous rappelle l'adage populaire et, de fait, les hyperpuissants dont je parlais plus haut se sont écartés depuis longtemps de la « voie du milieu » chère à Montaigne, celle qui sert de repère à notre humanité commune. A force de vivre dans un sentiment de puissance quasi illimité, à force de ne rencontrer que des alter egos partageant la même vision du monde, à force de ne voir le reste de l'humanité (soit environ les 99,9% restant) que comme des entités mathématiques malléables à merci, il ont peu à peu perdu le sens de l'humain, le sens de la vie. Ils se sont enfermés dans un fantasme hyper-narcissique qui, du fait même de sa puissance, menace aujourd'hui de nous entraîner tous dans la vision totalitaire d'une humanité En (ordre de) Marche, si, comme l'enfant tyrannique qu'on n'ose jamais contredire, ils ne rencontrent pas rapidement l'opposition intransigeante des forces opposées à cette vision profondément nihiliste de l'existence humaine.

Aussi, être complotiste aujourd'hui ce n'est pas selon moi partir en lutte contre telle ou telle classe, contre telle ou telle oligarchie ; c'est, plus modestement, poursuivre le combat qui sévit, depuis la nuit des temps, au sein de la psyché humaine, entre les forces de la vie qui poussent l'individu à aimer, à entretenir, à cultiver le monde commun et celles de la régression qui cherchent à s'accaparer ce même monde au nom de la prétendue liberté d'un moi élevé au rang d'idole, par ignorance de sa vraie nature. C'est un combat contre ce qu'il faut bien appeler une folie prédatrice, folie d'autant plus dangereuse aujourd'hui qu'elle se dissimule sous le masque à la fois rassurant et séduisant de la rationalité et du progrès techniques.

Alors, au lieu de nous soumettre aveuglément à une parole officielle, dont tout nous dit qu'elle est dictée par des intérêts financiers et politiques qui n'ont strictement rien à voir avec le souci du bien commun, osons être des citoyens libres, osons écouter la petite voix intérieure qui nous met en garde et qui, comme le rappelle Rousseau, est notre meilleur guide pour penser et agir. Soyons enfin comme les insurgés néerlandais du 16ème siècle, traités de « gueux » par les partisans de la tyrannie espagnole et qui ont fait de cette insulte un signe de ralliement. Et si l'histoire des Pays-bas ou la pensée de Rousseau ne suffisent pas, songeons pour finir à l'avertissement de Brecht, ce Discours pour la paix de 1952 qu'on lira peut-être un jour comme un des textes fondateurs du « complotisme mondialisé » :

Disons et redisons ce qui a déjà été dit des milliers de fois, de peur qu'on nous reproche de ne pas l'avoir dit assez !

Répétons les mises en garde, même si elles sont déjà comme de la cendre dans notre bouche !

Car l'humanité est sous la menace de guerres en comparaison desquelles les guerres du passé feront figure de coups d'essai insignifiants et nul doute que ces guerres se produiront si ceux qui qui les préparent au vu et au su de tous n'ont pas les mains brisées.*

Alain Leduc, universitaire et citoyen

Passeport ou vaccination obligatoire ?

Par Le 14/07/2021

 

Les réactions sont nombreuses et ça se comprend...

Et on ne peut pas taxer ce Monsieur de "complotiste".

 

Les termes sont clairs : le pass sanitaire est-il un moyen déguisé d'obliger la population à se vacciner au regard de la mise à l'écart des réticents. 

 

Echelle des croyances

Par Le 13/07/2021

Il n'est pas question ici que je me positionne. Ça n'aurait aucun intérêt. Juste de donner à lire ces tableaux.

Chacun y puisera ce qui le concerne au regard de ses croyances, de ses certitudes ou de ses intuitions.

Je précise que ces tableaux émanent d'un site sur l'athéisme. 

 

Athéisme : l'homme debout. Vivre sans Dieu et sans religion >  Religion  >  Echelle des croyances


 

Echelle des croyances




Cette page n’est pas une tentative de représenter une linéarité historique, mais d’ordonnancer les différents niveaux de croyances. On chemine ainsi du niveau le plus complexe ou "primitif", sans que ce terme ait un caractère péjoratif, (animisme), au niveau le plus épuré (absence totale de croyances en une quelconque divinité supranaturelle).

Cette approche des croyances, si elle voulait montrer une évolution chronologique de l’humanité vers l’athéisme, pourrait facilement être contredite par les faits historiques et considérée comme obsolète. Par exemple, l’agnosticisme est apparu au Ve siècle avant JC, bien avant le déisme du XVIIIe siècle. En outre, de nos jours, toutes les formes de croyances cohabitent et les "retours en arrière" sont fréquents, même au niveau individuel. Cependant les athées ressentent intuitivement que depuis le siècle des Lumières, avec le développement de la libre pensée et de la science, il s’agit là d’un mouvement de fond inexorable qui accompagnera l’humanité à l'âge adulte.

Attitudes Synonyme Homme
Tous les objets et phénomènes ont une âme, culte des ancêtres, superstition, magie Animisme Fétichisme Animiste, fétichiste, superstitieux
Idolâtre
Croit en plusieurs dieux qui agissent sur le monde réel Polythéisme Paganisme Païen
Croit en un Dieu unique, révélé qui agit sur le monde Monothéisme Théisme Théiste, croyant adepte d'une religion
Croit en un Dieu créateur, cause première, qui n'intervient pas dans les affaires humaines Déisme Déiste, croyant sans religion
Positivisme Positiviste
Ne se prononce pas sur l'existence de Dieu Agnosticisme Scepticisme Agnostique, sceptique
Refuse tout dogme religieux Libre penseur
Ne se pose pas la question de Dieu Indifférence
Ne croit pas que Dieu existe Athéisme Incroyance Athée, incroyant
Affirme sa non-croyance en Dieu Athéisme militant Athée actif



Dictionnaire des religions, lexique Dictionnaire des religions

 



 

Positionnement des principales religions


Dans le tableau ci-dessous, une religion couvrant plusieurs formes de croyances signifie qu'elle n'est pas incompatible a priori avec elles. Une couleur plus claire correspond à un positionnement secondaire, moins important.
Avertissement : une telle présentation est forcément simplificatrice et réductrice, son seul but étant de fixer les idées.

 

 
Animisme
Polythéisme
Monothéisme
Déisme
Agnosticisme
Athéisme
Bouddhisme (1)            
Brahmanisme            
Catholicisme   (2)        
Hindouisme            
Humanité (culte) (3)          
Islam            
Judaïsme            
Egl. Orthodoxe   (2)        
Protestantisme            
Raëlisme (4)            
Satanisme (5)            
Scientisme (6)            
Shintoïsme            
Taoïsme religieux            
Théosophie            

1) Bouddhisme religieux : syncrétisme avec d'autres formes de cultes.
2) 
Catholicisme et Eglise Orthodoxe : Dieu, Jésus, Saint-Esprit, culte mariale, culte des saints
3) Culte de l'Humanité fondé par 
Auguste Comte
4) 
Raëlisme : un exemple de secte qui se proclame athée.
5) 
Satanisme : en tant que religion sans Dieu où Satan est plutôt considéré comme une force de la nature.
6) 
Scientisme : quand il est considéré comme un culte voué à la science.


 



 

Positionnement de quelques philosophies
et mouvements de pensée


Dans le tableau ci-dessous, une philosophie couvrant plusieurs formes de croyances signifie qu'elle n'est pas incompatible a priori avec elles. Une couleur plus claire correspond à un positionnement secondaire, moins important.
Avertissement : une telle présentation est forcément simplificatrice et réductrice, son seul but étant de fixer les idées.

 

 
Animisme
Polythéisme
Monothéisme
Déisme
Agnosticisme
Athéisme
Anarchisme            
Bouddhisme (1)            
Confucianisme            
Epicurisme            
Franc-maçonnerie            
Humanisme            
Idéalisme            
Libre pensée            
Marxisme            
Matérialisme            
Panthéisme            
Positivisme            
Spiritualisme            
Taoïsme philosop.            

1) Bouddhisme philosophique pour lequel il n'existe pas de dieu créateur



Voir les pages d'accueil sur la 
religion et sur les croyances

Passeport vaccinal (3)

Par Le 13/07/2021

Ni Nathalie, ni  moi ne sommes vaccinés et nous n'avons aucunement l'intention de le faire. 

Nous ne sommes pas des personnes à risque et nous ne mettons pas les autres en danger étant donné que nous ne voyons quasiment personne et que lorsque nous allons dans un lieu public, nous respectons les consignes (masques et désinfection des mains). La semaine passée, nous avons côtoyé deux personnes (des voisins) et je suis allé une fois dans une épicerie.

D'autre part, le département de la Creuse est très faiblement impacté par le virus et le tourisme ici est quasi inexistant. Qui en France est d'ailleurs capable de situer la Creuse sans aucune hésitation :) 

Pour ce qui est des réflexions sur l'aspect juridique de la méthode, le mieux à faire est de lire les textes émanant de juristes.

Je rappelle juste une nouvelle fois que le coût de cette pandémie est pharaonique au regard de ce qu'aurait coûté le maintien en l'état et même l'amélioration du service hospitalier en France. Au lieu de ça, on a assisté à une dévastation continue et maintenant, le gouvernement vient culpabiliser et pénaliser la population réticente au vaccin. Et qu'en est-il des moyens alloués depuis deux ans à l'hôpital ?...

Passeport vaccinal

Passeport vaccinal (2)

  

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Actualités juridiques du village

Tribunes et points de vue

Par David Guyon, Avocat.

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Mise à jour:  13 juillet 2021

1re Parution: 14 janvier 2021

Lecture "Tout public"

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Guide de lecture. 

LE PASSEPORT VACCINAL EST-IL LÉGAL ?

La Covid-19 a conduit le monde pharmaceutique à développer extrêmement rapidement un nouveau type de vaccin qui a mené le gouvernement à proposer d’instaurer dans notre droit positif un passeport vaccinal ou en d’autres termes de légaliser une discrimination pour motif de santé. Cela est dangereux et critiquable juridiquement pour plusieurs raisons.

 

Focus

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« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait Rabelais.

L’instauration d’un « passeport vaccinal », c’est-à-dire l’exigence de la détention d’un document officiel justifiant de la réalisation d’un vaccin en vue de pouvoir échapper à certaines restrictions de liberté, constitue une pente dangereuse qui pourrait bien sonner le glas de l’âme démocratique de notre société moderne et civilisée.

La France est le berceau de la vaccination avec Louis Pasteur. Depuis leur création, les vaccins ont permis d’éradiquer un grand nombre de maladies contagieuses touchant surtout les enfants. La politique vaccinale d’un pays constitue donc une composante essentielle de sa politique sanitaire laquelle constitue l’un des triptyques de l’ordre public.

Selon l’OMS, un vaccin est une préparation administrée pour provoquer l’immunité contre une maladie en stimulant la production d’anticorps. La couverture vaccinale correspond à la proportion de personnes vaccinées dans une population à un moment donné.

Afin de clarifier rapidement les choses, ce passeport vaccinal n’a pas encore d’existence légale. En effet, il résulte d’un projet de loi déposé le 21 décembre 2020 à l’assemblée nationale.

Il n’est donc pas très orthodoxe de parler « d’illégalité » pour un projet de loi dès lors que d’une part, ce texte n’est pas encore dans le droit positif, c’est-à-dire applicable, d’autre part, parce que le terme « illégal » renvoi à la méconnaissance de la loi. Or, une loi est au même niveau que les autres dans la hiérarchie des normes.

En revanche, ce projet de loi, s’il entrait tel quel dans le droit positif, pourrait méconnaître des textes hiérarchiquement supérieurs à lui telles que des conventions internationales et la Constitution.

Ce projet prévoit que

« 6° Le Premier ministre peut, le cas échéant dans le cadre des mesures prévues aux 1° à 5°, subordonner les déplacements des personnes, leur accès aux moyens de transports ou à certains lieux, ainsi que l’exercice de certaines activités à la présentation des résultats d’un test de dépistage établissant que la personne n’est pas affectée ou contaminée, au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin, ou d’un traitement curatif. Le décret mentionné au deuxième alinéa du présent article précise l’étendue de cette obligation ainsi que ses modalités d’application s’agissant notamment des catégories de personnes concernées ».

Le vaccin ne sera pas obligatoire, mais pour se déplacer, accéder aux transports ou à certaines activités celui-ci sera nécessaire. En d’autres termes, Liberté, Egalité, si vous êtes vaccinés !

Il convient d’indiquer tout de suite que le débat ne portera pas sur la question de savoir si l’on est pour ou contre ce vaccin mais bien de savoir si notre société est prête à accepter de légaliser une discrimination pour motif de santé en acceptant d’exclure de la vie sociale les individus qui refuseraient de s’y soumettre.

Cette question soulève des difficultés juridiques qu’il convient d’analyser.

I- La méconnaissance des principes d’égalité et de liberté :

Il ne s’agit pas des seules libertés méconnues. Cependant, compte tenu de leur importance, il semble intéressant d’indiquer en quoi ce passeport vaccinal vient fracasser les principes fondant nos sociétés modernes.

L’atteinte à la liberté :

La liberté constitue le droit de pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. La liberté se retrouve ici réduite dans l’hypothèse où le vaccin n’est pas réalisé ou non justifié par un document officiel.

Indirectement mais sûrement, les citoyens non vaccinés se trouveront privés du droit d’entreprendre, de travailler, de la liberté d’aller et venir ou encore du droit au respect de la vie privée et familiale. Cela aura aussi un impact sur le droit de propriété de certain qui pourront s’en trouver privé du fait de cette exclusion sociale [1].

Sur le plan du droit international, on évoquera les dispositions de l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Ce texte protège le droit à la vie privée et familiale. A ce titre, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a développé une jurisprudence très protectrice de la sphère privée laquelle comporte notamment le droit à l’autodétermination et la santé.

En effet, en vertu de l’article 8 de la Convention EDH, il a été reconnu de longue date qu’il existait un droit de consentir aux soins [2].

Le projet envisagé par le gouvernement vient donc porter atteinte à toutes ces libertés en pérennisant le concept des restrictions là où en Démocratie, la liberté doit être la règle. Les citoyens qui refuseraient de se faire vacciner, se retrouveront privés de facto de toutes les libertés qu’ils seraient normalement en droit de pouvoir revendiquer en leur seule qualité de Citoyen.

Quid de la liberté des individus qui refuseront de se faire vacciner et qui se retrouveront exclus totalement de la société ? Quelle liberté est laissée à celui qui ne pourra plus vivre en société et se retrouvera traité comme un paria ?
Quand il n’y a plus de choix il n’y a plus de liberté !
Ce texte constituerait un changement de paradigme.

L’atteinte à l’égalité :

Le principe d’égalité trouve sa source dans le droit constitutionnel et irrigue tout notre droit. Il implique d’une part, que toutes les personnes placées dans une situation identique soient traitées de la même manière, ce qui permet en retour que des situations différentes fassent l’objet d’un traitement différent ; d’autre part, qu’il soit possible de déroger à l’égalité lorsqu’un motif d’intérêt général le justifie.

Dans ces deux situations la différence de traitement qui peut en résulter doit être en rapport direct avec l’objet de la norme qui l’établit et ne doit pas être manifestement disproportionnée au regard des motifs susceptibles de la justifier.

En droit international on parle plutôt du droit à la non-discrimination qui est protégé à l’article 14 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Pour la Cour Européenne des droits de l’homme, il y a discrimination lorsqu’une personne est, sans justification objective et raisonnable, traitée moins favorablement qu’une autre personne placée dans une situation analogue.

« Analogue » ne signifie pas en tous points identique : il faut que, eu égard à la nature de ses griefs, le requérant soit dans une situation comparable ou similaire sur un plan pertinent à celle de personnes mieux traitées que lui.

Il résulte de ce passeport vaccinal qu’un élément de la santé des individus conduira à une exclusion sociale d’une partie de la population. Il y aura des citoyens vaccinés et des citoyens non vaccinés ou en d’autres termes, des "supra citoyens" et des "sous citoyens." Or, le droit français ne reconnaît qu’un peuple français. Il y aura un peuple et un "sous-peuple" !

Les lois ne sont plus les mêmes pour tous puisque le vaccin les réduit pour certain et les étend pour d’autres (article 6 de la DDHC).

A l’heure où le législateur a combattu durant des décennies des différences de traitement fondées sur des distinctions juridiques arbitraires et notamment le handicap et l’égalité homme/femme, ce passeport vaccinal laisse pantois.

II- La disproportionnalité de l’instauration du passeport vaccinal.

« En tout domaine, l’excès est un vice » disait Sénèque. Parce qu’une mesure dite remède, poussée à son extrême, peut conduire à un résultat pire que le mal contre lequel elle lutte. La protection de la santé publique constitue un motif légitime pouvant justifier une restriction de liberté. Cependant, comme toute restriction elle doit être strictement proportionnée au but légitime qu’elle poursuit.

A vouloir protéger la vie biologique on peut finir par nier l’ensemble des droits que la vie procure.

Sans entrer dans le débat des pro ou anti vaccin, qui constitue le faux débat de ce sujet, il convient de s’intéresser à la proportionnalité de l’instauration d’un passeport vaccinal.

Bien avant la crise sanitaire le Conseil d’Etat avait déjà donné quelques éléments de réflexion sur la question des vaccins obligatoires.

Ainsi le 6 mai 2019, le Conseil d’Etat avait déjà pu juger que l’extension de la liste des vaccinations obligatoires à onze vaccins, dont huit étaient précédemment seulement recommandés, ne méconnaît pas le droit à l’intégrité physique et au respect de la vie privée, compte tenu de la gravité des maladies, de l’efficacité de ces vaccins et de la nécessité de les rendre obligatoires pour atteindre une couverture vaccinale satisfaisante pour l’ensemble de la population.

Egalement, le Conseil d’Etat avait validé la légalité de la décision par laquelle les autorités sanitaires avaient pu refuser de retirer les vaccins obligatoires contenant des sels d’aluminium destinés à favoriser la réponse immunitaire, qui présentent un rapport entre bénéfices et risques favorable.

Conseil d’Etat 6 mai 2019 n°415694 ;

Le Conseil d’Etat fait preuve de pragmatisme et effectue une véritable balance du coût avantage/inconvénient de l’instauration de tels vaccins mettant en œuvre sa jurisprudence applicable habituellement en matière d’urbanisme.
Plusieurs éléments ressortent de cette décision riche d’enseignement pour apprécier la proportionnalité d’un vaccin obligatoire :
- La gravité des maladies contre laquelle il lutte ;
- L’efficacité des vaccins et notamment ses effets indésirables ;
- La couverture vaccinale satisfaisante visant à protéger la population et notamment les plus fragiles.

Il convient aussi de noter que ces vaccins existent depuis de nombreuses années, qu’il existe un recul suffisant qui a conduit les requérants à contester uniquement les adjuvants contenus dans le vaccin afin de le conserver et non le vaccin lui-même.
Il résulte de ce qui précède que la situation actuelle n’est aucunement comparable à la politique vaccinale habituelle.

En effet, depuis le début de la crise sanitaire de covid-19, le vaccin a été avancé comme LE seul remède contre ce mal de nature à nous permettre de retrouver la vie d’avant.

Après de nombreux mois de recherches, un prototype de vaccin était prêt à être mis sur le marché en décembre 2020. La rapidité de la création de ce vaccin surprend et à la fois inquiète à juste titre une grande partie de la population.

Plusieurs arguments permettent légitimement à une partie de la population de ne pas souhaiter être vaccinée :
- L’absence de recul sur les potentiels effets secondaires du vaccin ;
- La nouveauté du vaccin appelé ARN ;
- La faible létalité du virus établit à 0,05% ;
- La détermination précise des catégories de personnes susceptibles de faire une forme grave de la maladie devant conduire à des traitements ciblés et non généralisé à la population ;
- L’absence de certitude quant à la possibilité d’être malade bien que vacciné ;
- L’absence de certitude quant à la possibilité de transmettre la maladie bien que vacciné ;
- Les enjeux financiers gigantesques pouvant légitimement interroger sur l’impartialité des entreprises pharmaceutiques ayant conçu le produit.

Le principe de précaution résultant de l’article 5 de la charte de l’environnement, lequel a valeur constitutionnelle, concerne essentiellement le droit de l’environnement. Cependant par le biais de son article 1er, la santé et l’environnement sont liés. Et puis ne protège t-on pas l’environnement en vue d’y favoriser la vie et notamment la santé des êtres vivants ? Les deux sont liés et une application extensive est souhaitable.

Comme le prétend Monsieur Bedjaoui, ancien juge à la Cour internationale de justice de la Haye

« le principe est simple et sage : si l’homme ne peut pas mesurer les effets négatifs possibles d’une de ses activités sur son environnement, il a le devoir de renoncer à l’entreprendre ».

En l’espèce, l’urgence a commandé l’arrivée d’un vaccin présenté comme la seule solution miracle sans qu’aucune garantie ne soit apportée pour autant. L’urgence n’est pas bonne conseillère. De plus l’existence de scandale pharmaceutiques et de politique de santé ayant conduit à des scandales sanitaires fondent des craintes légitimes.

Un tel projet de loi, visant à imposer insidieusement un vaccin dans ces conditions ne favorisent pas la confiance que devrait avoir le public dans cet antidote.

Si l’Etat peut légitimement s’armer d’un vaccin pour endiguer une pandémie mondiale, « l’obligation sanction » visant à contraindre une population saine à s’injecter un produit nouveau, avec des risques inconnus, des avantages incertains, pour faire face à une maladie très faiblement létale au risque de se retrouver exclue de la société peut apparaître disproportionnée et éloignée du but légitime poursuivi.

Cette question ne pourra obtenir de réponse qu’au prix d’une lutte qui s’avère longue. Si l’Etat ne renonce pas de suite à ce projet mortifère violant manifestement les fondements de nos sociétés modernes, alors les partisans de la liberté devront mener un combat juridique acharné.

Il serait temps de revenir à un peu plus de raison pour ne pas dire un peu plus de conscience dans cette science qui justifie un recul de toutes nos libertés.

David Guyon
Avocat
Barreau de Montpellier.

 

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[1] Article 17 de la DDHC.

[2] Cour EDH, Pretty c Royaume Uni 29 avril 2002 n°2346/02.

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par Catherine , Le 13 juillet à 14:09

Mais il reste le choix

Comment le passeport sanitaire peux ne pas être légal ou une atteinte aux libertés, s’il laisse le choix ?
Car nous avons le choix de ne pas nous vacciner, nous simples mortels. En revanche, nous devrons payer un test PCR pour accéder à certains lieux publics alors que les personnes vaccinées n’auront rien payé.
Nous avons aussi le choix de rester chez nous et ne pas fréquenter des lieux publics de plus de 50 personnes.

Le gouvernement nous laisse le choix. Ne peut-il mettre en avant ce choix pour justifier qu’il ne fait pas atteinte aux libertés ?

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par marie , Le 12 juillet à 21:05

quels recours en tant que soignant ?

L’annonce est tombée.
Vaccination obligatoire pour les soignants, indispensable pour tout le monde dès octobre pour notre vie sociale.
Quel recours ?
un grand merci pour votre aide
nous en avons besoin

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Dernière réponse : 13 juillet à 01:14par Kevin , Le 24 mars à 22:35

Utilisation du terme "passeport"

L’utilisation du terme "passeport vaccinal" européen au lieu de "carnet de vaccination" européen ne poserait-elle pas un problème légal ?
En effet, est-ce que cela n’ouvrirait pas la porte à la création d’un Etat transnational européen sur le territoire actuel de l’UE ?

Cf définition d’un passeport : Document officiel d’identité délivré par l’Administration d’un pays pour permettre à ses ressortissants de voyager à l’étranger.

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par Sebastien , Le 13 juillet à 01:14

L21 du Journal officiel de l’Union européenne

Bonjour Maitre

Merci pour le partage .

Je posais la question de la légalité des mesures annoncées par Macron au regard de la pyramide des normes

L211 journal officiel de l’Union européenne.

Art36
Il y a lieu d’empêcher toute discrimination directe ou indirecte à l’encontre des personnes qui ne sont pas vaccinées, par exemple pour des raisons médicales, parce qu’elles ne font pas partie du groupe cible auquel le vaccin contre la COVID-19 est actuellement administré ou pour lequel il est actuellement autorisé, comme les enfants, ou parce qu’elles n’ont pas encore eu la possibilité de se faire vacciner ou ne souhaitent pas le faire. Par conséquent, la possession d’un certificat de vaccination, ou la possession d’un certificat de vaccination mentionnant un vaccin contre la COVID-19, ne devrait pas constituer une condition préalable à l’exercice du droit à la libre circulation ou à l’utilisation de services de transport de voyageurs transfrontaliers tels que les avions, les trains, les autocars ou les transbordeurs ou tout autre moyen de transport. En outre, le présent règlement ne peut être interprété comme établissant un droit ou une obligation d’être vacciné .

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Dernière réponse : 30 avril à 17:42par Françoise Caruso , Le 1er mars à 13:49

Quels sont nos recours, que faire pour éviter ça

Bravo et merci pour cette démonstration. C’était bien ma conviction et vous développer les arguments condtutionnels et philosophiques pour faire comprendre aux passif le danger d’une telle loi et de son passeport.
Mais concrètement vers quels tribunal se tourner, contre qui déposer plainte en cas verbalisation pour non présentation du passeport, et refus de se faire vacciner ?
Qui va défendre notre Liberté ? Seul le simple citoyen paria sera débouté et contraint...
Votre avis m’importe
Répondez-moi maître svp

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par Isabelle Bidet , Le 5 mars à 17:11

Retrouver la liberté de vivre.

Merci Maìtre de votre message.Tous les jours je réfléchis à cette histoire de réduction de la démocratie,notamment le vaccin ARN messager ou ADN (spoutnik) et passeport vaccinal ou sanitaire ,préliminaires à contrôle social, avec de bons et de mauvais citoyens.Pouvons nous nous constituer partie civile en tant que citoyens (j’habi Paris et je n’imagine pas être interdite de tous mes droits si je ne suis pas vaccinée )afin d’éviter ce totalitarisme ou vaut mieux choisir un autre pays plus libre ?Je vous remercie de me répondre et de m’indiquer s’il y a une voie pour sortir de ce cauchemar.
Isabelle Bidet

par Sophie.D , Le 30 avril à 17:42

Action !

Les ecellentes réflexions, y compris celles de cet article, foisonnent. Comme beaucoup je ne suis plus a convaincre. Je cherche maintenant une/des actions concrètes. Vers qui se tourner ? Ou adhérer ? Association, collectif, je suis preneuse de toute info de ce type.

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Dernière réponse : 22 avril à 13:28par Florence ROUX , Le 18 mars à 14:29

Passeport sanitaire injuste

Bonjour à tous,

Non seulement je suis d’accord avec les principes de l’article, mais il y a une autre injustice. Ce passeport n’est en fait que le formattage cosmétique d’un document indiquant que l’on est vacciné ou que l’on a un test PCR négatif.
Or, tant que les citoyens de l’UE n’auront pas TOUS eu la possibilité d’être vacciné (je pense notamment aux jeunes cet été, derniers sur la liste), cela veut dire que ceux qui n’en auront pas eu la possiblilité devront faire des test PCR pour pouvoir bouger. Or, si le vaccin est gratuit et protège pour quelques mois, le test PCR qui doit être refait à chaque voyage, lui, est bien payant et même assez coûteux dans la plupart des pays européens (seule la France offre le test PCR gratuit).
Donc un passeport sanitaire juste devrait être mis en place seulement quand TOUS les citoyens auront eu la possibilité d’être vaccinés, et en attendant, faire un test PCR devrait être gratuit comme le vaccin.
Pourquoi personne ne mentionne jamais cette différence fondamentale entre ces deux options, qui permettraient de voyager ?

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par Gelas Joëlle , Le 22 avril à 13:28

Liberté et conscience

Merci Maitre
Le sujet traité qui, va bien au-delà de pour ou contre un vaccin, touche le principe même du droit à exister dans notre difference. Certes la santé est un sujet sensible et tous les acteurs participant à la santé collective ont le devoir de penser au collectif. Est-ce pour autant que l’individu doit se soumettre à un collectif qui rejette des médecines différentes (homéopathie, naturopathie, ....) d’une manière arbitraire sur le seul prétexte qu’elles ne conviennent pas à la conception de l’Ordre des médecins ou des politiques. Cet obscurantisme amène la France à régresser et à jouer insidieusement la carte du totalitarisme sous prétexte de crise sanitaire.
Il est vrai qu’il est plus facile de légiférer "vers le plus contraignant" que d’apprendre à penser "ouverture".

Il nous faudra de la détermination et du courage pour que la terre de France reste une terre d’accueil, accueil de la difference, afin qu’elle grandisse en conscience et qu’elle ne tombe pas définitivement entre les mains du "terrorisme de la finance".

Encore Merci pour votre article.

"La vie secrète des arbres"

Par Le 12/07/2021

Envoyé Spécial

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Ils communiquent, s'entraident, se défendent, ils bougent même ! Les arbres sont dotés d'une véritable forme d'intelligence. Et c’est désormais une certitude scientifique. Les arbres occupent près d'un tiers de notre territoire et des terres émergées de la planète. Indispensables à notre survie, ils sont aussi nos meilleurs alliés face au réchauffement climatique. Pourtant, nous ignorons presque tout d’eux. Loin d’être figés dans leur monde végétal, les arbres ont en fait une vie bien plus riche qu’il n’y paraît. C'est la thèse défendue par un forestier allemand dont le livre, La Vie secrète des arbres (éd. Les Arènes) est devenu un succès planétaire, traduit en 32 langues. Des forêts de hêtres millénaires d’Allemagne jusqu’aux centres de thérapie forestière du Japon, en passant par les laboratoires de l’INRA qui étudient la sensibilité végétale, voyage au cœur de l’univers secret et fascinant des arbres. Un reportage de Raphaële Schapira et Vincent Barral diffusé dans "Envoyé spécial" le 26 octobre.

La vie secrète des arbres

 

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La vie secrète des arbres par Wohlleben
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EAN : 9782352045939
300 pages
Éditeur : 
LES ARÈNES (01/03/2017)
   
Existe en édition audio

★★★★★

★★★★★

3.95/5   839 NOTES

Résumé :

Les citadins regardent les arbres comme des "robots biologiques" conçus pour produire de l'oxygène et du bois. Forestier, Peter Wohlleben a ravi ses lecteurs avec des informations attestées par les biologistes depuis des années, notamment le fait que les arbres sont des êtres sociaux. Ils peuvent compter, apprendre et mémoriser, se comporter en infirmiers pour les voisins malades. Ils avertissent d'un danger en envoyant des signaux à travers un réseau de champignons appelé ironiquement "Bois Wide Web".
La critique allemande a salué unanimement ce tour de force littéraire et la manière dont l'ouvrage éveille chez les lecteurs une curiosité enfantine pour les rouages secrets de la nature.

 

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JmlyrJmlyr   25 septembre 2017

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Emportez ce livre dans un sac avec un encas, à boire, de quoi vous couvrir… et partez vous enfoncer dans la forêt... la vraie, la primaire, l’originelle, pas celle domptée ou massacrée par l’homme.
Enlevez vos chaussures et marchez sur l’humus, sentez la vie sous vos pieds, devinez tout le microcosme là dessous, un monde insoupçonné qui participe à la bonne santé de la forêt, pour peu que l’on veuille bien la laisser évoluer en paix... les champignons ne sont pas en reste, au sol ou sur les troncs, ni les oiseaux qui se chargent parfois de transporter les graines et assurent la perpétuation des espèces.
Respirez ! L’air est plus pur dans la forêt et serait même un gage de longévité... même si la nuit le CO2 est en augmentation.
Chut ! Percevez les petits craquements et autres chuchotements du sous-bois : les feuillus se parlent, peut-être essayerez-vous de comprendre ce qu’ils échangent comme informations. Levez le nez vers la cime des arbres, cherchez où se niche la lumière, scrutez le balancement des houppiers dans le vent, leur orientation, leur ballet dans le ciel et même, qui sait ? leur chant... ou champ électrique. Parce que les arbres communiquent, ils se préviennent de tout un tas de choses, ils émettent alors des odeurs, fragrances subtiles pour repousser un ennemi... ou attirer un ami.
Écoutez également le chant du pinson qui, mieux qu’une grenouille, vous annonce l’arrivée imminente de la pluie.
La vie est très très lente dans la forêt, le rapport au temps est différent, mais la société des arbres semble bien organisée, avec des bébés arbres savamment élevés par leurs parents, des malades soignés avec une sorte d’empathie par les voisins, solidarité quand on fournit le glucose à son prochain par le truchement des racines et des liens bien réels... le modèle de cet éco système semble exemplaire. On soupçonne une sensibilité particulière au bout des racines qui permettrait de capter des signaux et de les transmettre. Les troncs, quant à eux, renseignent par une transmission précise des bruits perçus ; les arbres font alors leurs propres déductions.
L’auteur est un amoureux des arbres, un vrai. Il nous conte sa forêt avec passion et nous parle des Hêtres, Chênes, Épicéas... comme de ses amis... Je ne vous détaillerai pas tout le descriptif des découvertes dues à des spécialistes passionnés qui ont consacré leur vie à la recherche. Le livre est très complet dans ce sens. Je suis allée de surprises en surprises... la lecture est agréable, malgré un petit côté un peu scolaire par moment... et je pense que je le relirai d’ici quelques mois.
J’ai juste envie de vous dire : LISEZ-LE ET PRENEZ-EN DE LA GRAINE !

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domisylzendomisylzen   19 février 2018

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Tranches de vie.
Alors que j'étais jeune et large d'épaule, à l'époque où je bossais chez Roussel, il y avait un type prénommé 
Jean François. Tous les matins il s'arrêtait sur le trajet qui menait de son magasin au bureau principal, devant tous les arbres (une douzaine de peupliers) pour leur souhaiter le bonjour. Inutile de dire que mon collègue et moi nous étions pliés comme des baleines. Tout de même ça m'interpellait : pourquoi faisait-il ça ? Mine de rien j'avais du respect pour ce garçon qui se foutait bien que deux gros blaireaux se moque de lui.
Petit garçon (huit à treize ans) les potes et moi avions comme limite de notre territoire "le gros hêtre" sur la route de Vandrimare, dans le virage en équerre juste avant d'attaquer la côte. Nous y avons joué, fait du cross à vélo sous sa voilure pendant des centaines voire des milliers d'heures. Rarement nous dépassions cette borne naturelle qui forçait le respect par son immensité. Adulte, j'y suis un jour repassé, les bûcherons l'avaient ratatiné.
Mon père lui, m'emmenait dans les forêts qui entourent le village de mon enfance, il les connaissait comme sa poche. Nous allions chercher des champignons, ramasser des châtaignes, chercher des fougères, du gui-houx à Noël ou simplement promener le chien. Je me rappelle d'une cabane de bûcherons, la porte n'était jamais fermée à clef, c'était l'époque John Wayne à la télé, cette cabane c'était déjà les prémices de l'ouest américain.
Ma cousine Christelle elle, a noué une étroite relation avec un chêne. Elle va le voir plusieurs fois par semaine avec Buck son chien et c'est comme-ci cet arbre les attendait. Elle arrive à échanger avec lui … Ma cousine c'est un peu une fée … Pour qui a des yeux il peut entrevoir ses ailes.
A la maison, tous nos animaux sont enterrés près du tilleul, qui dégage une si bonne odeur quand arrive l'été. Des milliers de bourdons et d'abeilles viennent y butiner jusqu'à plus soif. Quand les fleurs fanent, un tapis d'insectes morts jonche le sol. Assis le dos collé au tronc, j'écoute le doux vrombissement, un rayon de soleil filtre à travers le feuillage et réchauffe mon visage.
Avec Api nous empruntions le chemin derrière le château de Radepont. Dès les premiers pas, nous nous sentions protégés, nous ressentions la bienveillance des arbres. Les oreilles au vent, la truffe sur la piste d'un animal passé par là, nous nous enfoncions dans le sous-bois jusqu'à nous perdre, en quête de quelques brins de muguet, de jacinthe, d'anémone ou de coucou. En 98 elle est décédée, je n'y suis jamais retourné.
Au moment de classer ce livre sur Babélio, à étiquette j'ai inscrit : nature. Et puis chemin faisant je me suis ravisé et j'ai ajouté : spiritualité.

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palamedepalamede   04 février 2021

★★★★★

★★★★★

Je crois que jamais plus je ne regarderai un arbre sans penser à ce que Peter Wohlleben en révèle dans La vie secrète des arbres, de leur naissance et de leur croissance, différente selon qu'ils soient seuls ou entourés de leurs congénères, de leur formidable communication aussi et de leur terrible combat pour survivre. Des arbres dont la vie est de façon étonnante proche de celle des humains, avec leurs maladies et leurs parasites, leur manière de se nourrir et de s'abreuver, leur famille unie par une solidarité intergénérationnelle. Mais également, pour certains, leurs ennemis avec lesquels une lutte à mort peut durer des décennies. En dévoilant au plus grand nombre le secret des arbres qui, rappelons-le, sont indispensables à notre survie, avec ce très beau livre (l'iconographie de la version illustrée est exceptionnelle) au succès impressionnant Peter Wohlleben nous incite à un plus grand respect des arbres et de la nature. Un respect dans le sens de cette phrase de Herman Hesse introductive du livre : « La nature et tout ce qui grandit, la paix et tout ce qui s'épanouit, tout ce qui fait la beauté du monde est le fruit de la patience, demande du temps, demande du silence, demande de la confiance. »
Un document passionnant.
Challenge MULTI-DÉFIS 2021

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KittiwakeKittiwake   18 juillet 2017

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★★★★★

Une seule envie en tournant la dernière page : aller faire une balade en forêt !
C'est un excellent document scientifique , avec de grandes qualités pédagogiques. On en apprend des choses sur les hêtres et les sapins , sur les collemboles et les lichens , sur la croissance des séquoias et sur la chlorophylle. Et si on les assimile aussi bien, c'est grâce au talent de conteur de l'auteur et son art de nous transmettre sa passion.
Du coup, les vegans n'ont qu'à bien se tenir. Parce que si les chênes sont capables d'émotions, de souffrance, on ne voit pas pourquoi il n'en serait pas de même pour les carottes et les salades!
Ne faisons pas de mauvais esprit : il n'empêche que les capacités de communication, et de coopération , car il s'agit bien de cela, lorsqu'on fait parvenir aux voisins des messages d'alerte sur la présence d'un prédateur qui s'en prend à votre écorce, sont bien étonnantes .
On retient également la formidable complexité des interactions , entraide ou concurrence , entre tous les éléments composant le système écologique forestier : insectes, champignons, bactéries , virus, l'équilibre fragile se fait autour de la lutte de chacun pour sa survie. Ça fonctionne, tant que le prédateur suprême n'y met pas son grain de sel : coupes claires, nettoyage, voire destruction pure et simple , nos congénères n'y vont pas de main morte
Une pensée pour les arbres des villes, que 
Maxime Leforestier (le bien nommé) avait chanté naguère :
« Comme un arbre dans la ville
Pour pousser je me débats
Mais mes branches volent bas
Tout prêt des autos qui fument
Entre béton et bitume »

Quand la passion s'allie à l'art de conter et au désir de transmettre, cela donne un superbe récit, à lire, relire, et offrir.
Lien : 
HTTP://KITTYLAMOUETTE.BLOGSP..

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ibonibon   07 janvier 2018

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Reçu sous le sapin il y a peu, j'ai pensé que la meilleure méthode d'hivernage était de lire ce livre avant d'avoir le houppier réchauffé par le soleil printanier.
J'ai songé aussi à ceci: si les arbres sont ces êtres vivants alors la tronçonneuse est la pire arme de destruction massive inventée par l'homme. Car oui, les arbres et les plantes sont des "êtres" capables de mémoriser, de prendre des décisions et d'apprendre. "Elles pensent!" (Sciences et Vie de Décembre 2017) !
De l'anthropomorphisme? de nombreux résultats d'expériences laissent à conclure que non: on tient le bambou.


Peter Wohlleben, tel un vieux sage et surtout en tant que garde-forestier, livre une expertise pointue tout en montrant des talents de conteur qui m'ont fait passer de gland sous son chêne à instruit aux fruits de l'arbre de la connaissance.
Oui, car je crois dorénavant que lire c'est un peu comme se nourrir en captant la lumière du soleil. Et comme l'aulne, c'est prélever dans des sols marécageux de riches substances nutritives.
Par exemple, quand à l'automne les arbres chatoient de mille feux en exhibant des jaunes, oranges et rouges. On dira enfin: "Ah! c'est le retrait de la chlorophylle".
Bien qu'un peuplier par les vents et pour renforcer un faible ancrage souterrain, il convient de suivre les réflexions, glanées au fil du temps par M.Wohlleben - le bouleau d'une vie! – pour à l'avenir se porter comme un charme.

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En Savoie

Par Le 11/07/2021

Voilà pourquoi on est parti, voilà pourquoi on est venu vivre dans le département de la Creuse.

La Savoie a une extension économique qui ne faiblit pas. On y a vécu 25 ans. Tout est fait pour que le maillage économique s'étende, sans cesse, partout où c'est possible et même là où on n'aurait jamais imaginé que ça se ferait.
Ce maillage économique induit l'augmentation de l'urbanisation et l'extension des zones habitées, l'augmentation du flot routier, des nuisances sonores, des pollutions atmosphériques, de la multiplication des zones commerciales. Et donc de la dispartion des zones naturelles. 

Je sais que pas mal de gens trouvent que cette vision est exagérée. Les montagnes sont si belles. Oui, elles sont belles Là-Haut.

Disons que notre capacité d'absorption de toutes ces nuisances avait été dépassée et que la beauté des sommets ne compensait plus ce désastre.

Depuis quatre mois qu'on vit dans la Creuse, à la limite du parc régional des Millevaches, on s'est pas mal baladé malgré tout le temps passé à travailler dans le terrain pour la mise en place du potager-verger. 

Résultat : il n'y a personne. Le silence ici est une donnée incontournable. La qualité de l'air, la beauté des nuits étoilées. la biodiversité aussi, on n'a jamais vu autant d'insectes et même certains qu'on ne connaissait absolument pas. Des salamandres dans le potager, des lucanes, des longicornes, des crapauds, des papillons multicolores, des oiseaux en pagaille, des chants qui emplissent les frondaisons, des rapaces diurnes et nocturnes, des chauve-souris, des mustélidés, des chevreuils qu'on croise en pleine journée. Quand on fait du vélo, sur des sorties de cinquante kilomètres, on est doublé par deux, trois voitures, en tout. En Savoie, j'avais fini par avoir peur du flux incessant de véhicules et même sur des petites routes. Quand on fait des randonnées à pied et que parfois, on doit emprunter une petite route pour retrouver un chemin, on peut très bien marcher au milieu de la chaussée, il n'y a personne. 

Alors, oui, c'est certain, il n'y a pas de zones commerciales à dix minutes, il n'y a pas de cinémas, la bibliothèque doit contenir une centaine de livres, il n'y a pas d'infrastructures sportives en dehors du tennis municipal qu'on balaye nous-même. C'est une vie particulière. C'est justement celle qui nous plaît. 

 

Savoie : le combat d’un apiculteur pour sauver 35ha de terres arables remplies de biodiversité

 

« Personnellement, avoue-t-il, c’est plus la perte de terres agricoles qui me touche. Un sol nécessite des milliers d’années d’évolution. Que des gestionnaires sans approche biologique détruisent cette rareté pour en faire des bureaux, ça me paraît inacceptable. »

24 juin 2021 - Augustin Langlade

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Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

 

Commander

À Aiton, au cœur de la Savoie, Florent Caullireau, apiculteur, lutte pour sauvegarder un îlot de biodiversité bientôt englouti par l’extension de la zone industrielle locale. Si rien n’est fait, 35 hectares de terres arables et de vergers disparaîtront sous le béton, privant les abeilles d’un espace de butinage idéal.     

Les dangers de la bétonisation

La ville s’étend, la nature trinque. Cette fois-ci, c’est entre Chambéry et le parc naturel de la Vanoise que ce massacre discret, mais si ordinaire a lieu.

À cheval sur les communes d’Aiton et de Bourgneuf, Alp’Arc, le parc d’activités actuel, couvre déjà une surface de 70 hectares, le long de l’axe autoroutier Lyon-Turin (A43), au nord, et d’une ligne ferroviaire, au sud. 

Tout autour de ces nappes de béton, ces parkings, ces mornes bâtiments, « une vue de carte postale » : les Alpes immenses, majestueuses, des bois, des terres arables, des vergers à flanc de montagne, préservés jusqu’ici de l’urbanisation galopante.

Développement économique oblige, les 26 entreprises du parc d’activités ne suffisent plus à son gestionnaire, le Syndicat mixte de l’Isère et de l’Arc en Combe de Savoie (SISARC), qui cherche depuis longtemps des moyens de l’agrandir. 

Le parc d’activités Alp’Arc accueille actuellement 26 entreprises avec 300 salariés. Il veut s’étendre.

Début des travaux imminent

C’est chose faite. Au terme de plus d’une décennie de préparation, d’études et de négociation, les promoteurs de l’extension sont parvenus à s’emparer des terrains agricoles qui bordent le parc, à l’est, rachetés un à un à des propriétaires satisfaits de leur plus-value — ou simplement préemptés, sous prétexte d’utilité publique.

Cette conquête du rentable sur l’inutile exigera de défricher une partie du bois qui entoure le plan d’eau de Barouchat, de bétonner une dizaine de champs et de raser six hectares de noyers.

En tout, les plans du SISARC prévoient d’artificialiser 35 hectares en deux phases, afin de proposer à des acquéreurs hypothétiques ou cachés « des parcelles de 1,3 à 4 hectares » et « des bâtiments de 5 000 à 16 000 m2 », selon une offre foncière ‘clef en main’ de plus en plus courante. 

Fin mai, des marchés de travaux ont été notifiés aux entreprises de génie civil. Le début du chantier est imminent. Phase une ou phase deux, qu’importe, les constructeurs comptent créer, d’emblée, tous les « aménagements paysagers » (accès, voiries, espaces verts) et décaisser l’ensemble des surfaces agricoles, qui contiennent entre 40 et 100 centimètres de terres arables, fruits de plusieurs siècles de formation.   

Parc d’activités actuel. L’extension sera développée à droite, vers le plan d’eau.

Une centaine de ruches affectées

« Trente-cinq hectares de grandes parcelles toutes plates, c’était du pain béni pour leur projet, se désole Florent Caullireau. C’était facile de les acquérir, c’est encore plus facile de les décaisser et de les stabiliser pour couler le béton. »

Preuve que les drames se jouent toujours à plusieurs niveaux, Florent Caullireau est directement touché par l’extension de l’Alp’Arc. Apiculteur de profession, il possède environ 250 ruches dans le voisinage d’Aiton et Bourgneuf, dont une centaine sur le lieu-dit du Barouchat, près du verger de noyers.  

« Les travaux vont commencer en pleine période de récolte et de fécondation, nous explique-t-il. C’est préjudiciable pour la production annuelle. À long terme, mon rucher en sera aussi affecté, car tout ce qu’il y a dans une grande zone impacte les abeilles, le gel, les pesticides, le béton… »   

La petite centaine de ruches du Barouchat sont les seules que Florent peut laisser au même endroit toute l’année. Pour lui, cet emplacement est stratégique.

Les abeilles, qui œuvrent dans un rayon de 3 kilomètres, peuvent butiner sur les deux versants de la montagne et trouvent dans les six hectares de noyers des ressources complémentaires de proximité.  

Récolte de miel de Florent Caullireau

Céder ou résister

Les premiers travaux de voirie vont passer sur une vingtaine de ruches. Lors d’une réunion de chantier, mi-juin, les promoteurs ont demandé à Florent de les déplacer. Mais celui-ci refuse et s’est retiré de toute négociation.

« Si je négocie, nous confie l’apiculteur, ils trouveront un endroit pour que je puisse mettre mes ruches. Ça leur fera une peinture verte. Mais moi, je n’ai pas envie de faire la caution écologique, je ne veux pas finir sur un rond-point habillé en Indien et leur servir de justification. »  

Le calendrier est à la fois avec et contre lui. Détenteur d’un bail d’occupation précaire, Florent peut jouer la montre et retarder d’un an au moins son expulsion.

Le temps, pour lui, de récolter le miel, de préparer les reines pour l’année suivante, de fabriquer les produits biotechniques qui combattent les parasites et de recevoir les techniciens de l’Association pour le développement de l’apiculture en Auvergne-Rhône-Alpes (ARA AURA), qui suivent de près ses pratiques.

Une des ruches de Florent Caullireau

Toutefois, à terme, la zone sera bétonnée et Florent devra partir.

« Personnellement, avoue-t-il, c’est plus la perte de terres agricoles qui me touche. Un sol nécessite des milliers d’années d’évolution. Que des gestionnaires sans approche biologique détruisent cette rareté pour en faire des bureaux, ça me paraît inacceptable. »    

L’apiculteur ne cédera rien. Mais il a perdu l’espoir que ce projet soit abandonné. Selon lui, après des années de démêlés juridiques infructueux, il ne reste qu’un outil viable : la mobilisation.  

« Ce qui permettra d’arrêter ça, dit Florent, c’est un renversement d’opinion. Les décideurs sont des politiques. Ils agissent en fonction de l’opinion publique. C’est donc à nous, citoyens, de montrer que nous ne sommes pas d’accord, que nous voulons être acteurs, que nos métiers aient du sens, que nos enfants puissent manger sainement. Ce qui ne se fait pas sans terrains. »

Une pétition a été lancée sur internet. Elle devrait atteindre, sous peu, les 5 000 signatures.

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