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Le rapport Meadows (1972)
- Par Thierry LEDRU
- Le 21/01/2021
Rapport Meadows : Les limites à la croissance
Le rapport Meadows est un rapport qui a été remis au Club de Rome en 1972 prédisant un avenir catastrophique au monde d'ici à 2100 si nous persistions dans la croissance actuelle.
Ce rapport modélise les 5 tendances majeures dans le monde : industrialisation accélérée, croissance de population rapide, malnutrition largement répandue, épuisement des ressources non renouvelables et un environnement détérioré.
Leurs conclusions :
- Si les tendances de croissance présentes dans la population du monde, l'industrialisation, la pollution, la production de nourriture et l'épuisement des ressources restent inchangées, les limites à la croissance sur cette planète seront atteintes un jour ou l'autre dans les cent prochaines années. Le résultat le plus probable sera une baisse plutôt soudaine et incontrôlable tant de la population que de la capacité industrielle.
- Il est possible de changer ces tendances de croissance et d’établir une condition de stabilité écologique et économique qui soit durable jusque dans un lointain avenir. L'état d'équilibre mondial pourrait être conçu pour que les besoins matériels de base de chaque personne sur la Terre soient satisfaits et que chaque personne ait une chance égale de réaliser son propre potentiel humain.
Si les gens du monde décident de lutter pour atteindre ce deuxième résultat plutôt que le premier, plus tôt ils commenceront à travailler pour l'atteindre, plus grandes seront leurs chances de succès.
Tiré d'une version courte de Limits to growth
Note : 33 ans après, la croissance de ces 5 tendances continue !
Publié le vendredi 12 août 2005 dans Developpement durable
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Eradication de la variole
- Par Thierry LEDRU
- Le 21/01/2021
Cette volonté de vaccination généralisée et de confinement total, ça me prend la tête. Du coup, je suis allé chercher dans l'histoire.
L'exemple de l'éradication de la variole est édifiant.
On pourra me rétorquer que cela émane d'un site sur la "vaccination libre" mais il y a malgré tout suffisamment de références pour se faire une idée.
Bon et maintenant ?
Je n'ai aucune compétence pour dire que le virus de la covid devrait être traité de la même façon que celui de la variole mais en tout cas, il semble clair que la vaccination de masse ne représente pas la panacée.
Oui, mais alors, on fait comment avec la covid ?
On isole les gens à risques ? On isole les gens contaminés ? On organise un endiguement ?
Ou bien on vaccine tout le monde et on confine indistinctement toute la population ?
La grande aventure de l'éradication de la variole
https://www.infovaccin.fr/l-eradication-de-la-variole.html
L’Organisation Mondiale de la Santé avait décidé en 1958 de lancer un programme mondial visant à éradiquer la variole en quelques années.
La stratégie initiale proposée par les Soviétiques estimait que la vaccination de 80% des populations concernées serait suffisante pour venir à bout de la maladie et que cela était réalisable. L’entreprise débuta dans la certitude puis, après bien des vicissitudes conduisant à la désillusion, fut même un moment au bord de la faillite. Si on ne change pas une équipe qui gagne, on le fait pour une équipe qui perd : échec salutaire qui conduira à une profonde remise en cause, à un changement radical d’approche de la maladie et de la stratégie de lutte pour finalement vaincre la maladie.
Pour décrire cette aventure puis esquisser les perspectives qu’elle offre, voici quelques citations extraites du rapport de 140 pages rédigé par la Commission pour la Certification de l’Éradication mondiale de la variole [1] . Il fut publié en 1980 par l’OMS et servit de fondement à la proclamation officielle de l’éradication de la maladie le 8 mai 1980 à Genève en présence des représentants de tous les Etats du monde.Les certitudes :
« Convaincue du rôle essentiel de l’immunisation active, l’OMS a décidé en 1958 d’assurer l’éradication de la variole par des campagnes massives de vaccination. Ce n’est pas une tâche d’une difficulté insurmontable et la décision est parfaitement conforme aux possibilités réelles. Nous pouvons être tout à fait certains que les prochaines années nous apporteront la victoire.» [ Cahiers de santé publique n°8, p.10, 1962]
La désillusion :
« Les campagnes d’éradication reposant entièrement ou essentiellement sur la vaccination de masse furent couronnées de succès dans quelques pays mais échouèrent dans la plupart des cas. » [p.32 du rapport final de la Commission mondiale pour la Certification de l'Eradication de la Variole] [1]
Les doutes :
« En Inde, cinq ans après une campagne nationale d’éradication entreprise en 1962 (55 595 cas ), le nombre de notifications était plus grand (84 902 cas) qu’il ne l’avait jamais été depuis 1958. Il eut été extrêmement coûteux et logistiquement difficile, sinon impossible, d’atteindre des niveaux beaucoup plus élevés de couverture. Avec les moyens disponibles, il fallait absolument changer de stratégie. » [p.32 du rapport final de la CCEV]
L'évolution :
À elle seule, la table des matières est déjà très éloquente car on y lit successivement :
- La stratégie de vaccination de masse : …Succès et échecs
- Evolution des stratégies : …Caractéristiques de la variole de nature à en faciliter l’éradication
- La stratégie de surveillance et d’endiguementEtude épidémiologique :
En particulier, les conditions de transmission de la maladie vont être soigneusement étudiées :
« La période d’incubation est de 10 à 12 jours ; le stade pré-éruptif débute alors brutalement par une fièvre, un état de prostration. Dès les premiers signes de l’éruption, le malade devenait contagieux et pouvait transmettre le virus pendant toute la durée de la maladie. » [p.18 du rapport final de la CCEV]Il fut capital de réaliser que, si le premier signe de la maladie était une fièvre à plus de 40° obligeant le malade à s’aliter, il ne devenait contagieux qu’avec le début de l’éruption, 2 jours après. Ces données seront le fondement de la stratégie de surveillance et d’endiguement qui remplacera progressivement la vaccination de masse.
1 - Les malades furent alors activement recherchés, en particulier par des campagnes d’affichages et en offrant même de l’argent pour tout cas signalé. Dès qu’un cas était repéré, il était isolé.
2 - Les contacts étaient recherchés et surveillés. Aux premiers signes de maladie – une fièvre intense, donc avant de devenir contagieux – ils étaient isolés.
« Dès lors que les varioleux étaient isolés dans une enceinte où ils n’avaient de contacts qu’avec des personnes correctement vaccinées ou précédemment infectées, la chaîne de transmission était rompue. En identifiant et en isolant immédiatement les contacts qui tombaient malades, on dressait un obstacle à la poursuite de la transmission. » [p. 22 du rapport final de la CCEV ]
3 - Il fut tout aussi essentiel de constater que la maladie se propageait le plus souvent à faible distance du malade (moins de 2 mètres) par la voie respiratoire et que les contacts se recrutaient parmi les personnes ayant approché le malade, le plus souvent les proches [p.33 du rapport final de la CCEV] :
« La variole n'était pas une maladie qui sévissait de façon simultanée et aléatoire dans de nombreux secteurs du pays, mais une maladie à propagation lente qui, à un moment donné, ne frappait qu'une petite proportion des agglomérations. Des exceptions à la règle furent observées, mais l'observation s'est généralement révélée juste.
Au début du programme [d'éradication], on estimait assez généralement que les virus en suspension dans l'air transmettaient souvent la variole à des personnes se trouvant à des distances considérables et que les couvertures, vêtements et autres contages ainsi que les croûtes des malades étaient souvent à l'origine de poussées épidémiques. Toutefois, des observations épidémiologiques ont montré que ces modes de transmission étaient relativement peu importants.
Pratiquement, tous les varioleux s'étaient infectés par contact proche avec des malades, et ils se comptaient parmi les personnes vivant sous le même toit ou celles qui avaient rendu visite aux malades.
Le fait que des non-vaccinés vivant sous le même toit qu'un varioleux échappaient souvent à l'infection montrait bien que la variole n'était pas aussi transmissible qu'on l'avait généralement cru. Des études minutieuses montrèrent qu'un sujet infecté contaminait généralement entre une et cinq personnes.
L'idée selon laquelle la variole provoquait souvent des épidémies foudroyantes occasionnant des douzaines, sinon des centaines de cas, se révéla sans fondement. »
Le succès comme en Inde et à Java :
La campagne menée en Inde révéla les limites d’une stratégie axée uniquement sur la vaccination de masse dans un pays aussi vaste et densément peuplée que l’Inde, même lorsque la couverture de vaccination atteignait 90%, objectif pourtant difficile à atteindre. En revanche, lorsque des programmes de surveillance active et d’endiguement efficace entrèrent pleinement en action, l’Inde fut en mesure de réaliser l’éradication dans un délai relativement bref." [p.47 du programme de la CCEV]
En Inde, le dernier cas fut observé en mai 1975« A Java, en dépit de toutes les mesures prises, la variole s’avérait extraordinairement difficile à éradiquer, malgré des taux de vaccination dépassant 90%. Jusqu’à ce que des structures efficaces de dépistage et de surveillance soient entièrement mises en place. » [p. 42 du rapport final de la CCEV]
La vaccination des contacts :
Les personnes reconnues comme contacts possibles d’un malade contagieux étaient non seulement isolées mais aussi vaccinées. On admettait et on admet toujours qu’une vaccination pratiquée moins de 4 jours après un contage serait efficace et certains voudraient attribuer le succès sur la variole à cette vaccination. Chacun peut reconnaître que l’efficacité de cette vaccination dans de telles conditions n’a à priori rien d’évident. De plus il n’en existe aucune preuve rigoureuse, l’expérimentation étant impossible en raison de l’absence de modèle animal pour la variole. Bien au contraire, de nombreux exemples et des éléments statistiques seraient plutôt en faveur de l’hypothèse inverse, à savoir : la superposition à quelques jours près de la contamination sauvage et de la vaccination serait un facteur aggravant voire déclenchant de la maladie même chez des personnes précédemment immunisées et qui auraient pu éviter la maladie sans cette vaccination supplémentaire [3].
Le rapport de l’OMS cite le cas qui s’était produit au Royaume-Uni en 1949 dans un laboratoire : « il était imputable à une auto-inoculation du virus variolique par un agent de laboratoire récemment engagé qui avait manipulé des instruments infectés le jour même où il avait été vacciné. » [p.55 du rapport final de la CCEV].Sans remettre en cause l’efficacité du vaccin dans des conditions plus normales d’utilisation, cette hypothèse pourrait permettre d’expliquer l’échec des campagnes de vaccination en zone d’endémie comme aussi l’étonnante évolution de la variole en Inde peu de temps avant sa disparition alors que l’isolement des malades et la vaccination des contacts s’étaient progressivement généralisés : on est en effet passé de 12 773 cas en 1970 à 16 190 en 1971 puis 27 407 en 1972, 88 114 en 1973 et … 188 003 malades en 1974, du jamais vu ! Le dernier cas sera pourtant observé en mai 1975, un an après avoir constaté l’incidence hebdomadaire la plus élevée : plus de 11 000 cas au cours d’une semaine de mai 1974, ce qui correspondrait à plus de 572 000 cas annuels ! La disparition soudaine de la maladie s’explique très certainement par l’isolement précoce des malades ; quant à son extraordinaire poussée, elle pourrait trouver sa raison dans la vaccination des contacts récemment contaminés. Ainsi, le moindre accroissement observé entre 1962 et 1967, où le nombre de cas enregistrés passa seulement, si l'on peut dire… de 55 595 à 84 902, pourrait s’expliquer par une vaccination des contacts qui était plutôt aléatoire alors qu’elle deviendra progressivement systématique après 1970.
Enfin, quoi qu’il en soit de ce problème complexe, il est clairement établi que c’est l’interruption de la transmission par l’isolement rigoureux des contacts et non leur vaccination qui a assuré la victoire sur la maladie, l’effet de cette mesure, en l’admettant efficace, ne pouvant être que de réduire le nombre de malades à isoler.
Fin 1977, la victoire finale :
En cette occasion le journal Le Monde du 21/12/1977 publiera un article de F.J. TOMICHE, chef des services de presse et de publications de l’OMS :
« Sur le plan stratégique, l’abandon de la vaccination de masse en faveur de l’approche dite « de surveillance-endiguement » revêtit une importance capitale. Avec ce type d’approche on parvenait à faire complètement échec à la transmission, même lorsque l’incidence variolique était élevée et les taux d’immunisation faibles. La méthode consiste en la prompte détection de nouveaux cas, suivie de mesures d’endiguement immédiates, c’est-à-dire la recherche de tous les contacts possibles et leur isolement afin d’arrêter la transmission. »
Comment on fait disparaître la méthode de la surveillance-endiguement
Après cette date on va assister à la subtile occultation… de la méthode de surveillance-endiguement ! Tout ce qui n’était pas de la vaccination dans ce qui avait permis la victoire sur la maladie sera omis au profit de la vaccination massive et généralisée des populations. Les preuves de cette évolution ne manquent pas et chacun a pu en être le témoin voire le zélateur involontaire pour clamer haut et fort en toute occasion et sur tous les tons et encore aujourd'hui dans tous les médias, que
« La variole a disparu de la surface de la terre grâce uniquement à la campagne de vaccination menée par l’Organisation Mondiale de la Santé ».
Alors que ces grandes campagnes furent un échec cuisant et que la seule vaccination qui a pu être vraiment utile fut celle des équipes de santé qui avaient les malades en charge. Cependant, beaucoup de membres de ces équipes étaient recrutés parmi d’anciens varioleux. De plus, les récentes directives d’application du plan variole prévu par le ministère pour faire face à une attaque terroriste par la variole, tout en imposant cette vaccination au personnel d’intervention, recommande aussi le port d’une blouse, de gants et d’un masque afin de rassurer le dit personnel... Deux précautions valent mieux qu’une !
Cependant, en octobre 2001, devant la menace supposée imminente et pourtant très hypothétique du retour de la variole, et devant la réelle menace de la reprise de sa très redoutable vaccination, des voix très autorisées tenteront de se faire entendre pour rétablir un peu de calme et de vérité au milieu de cette psychose organisée :
Le 26 octobre 2001 [2] : le Directeur général de l'OMS, le docteur Gro Harlem Brundtland, déclarera en effet :
« L'efficacité des vaccins existants est prouvée ; mais on observe une forte incidence des effets indésirables. La probabilité de ces réactions est suffisamment élevée pour ne pas procéder à la vaccination de masse tant que le risque d'exposition est faible, voire inexistant.
L’OMS confirme que la meilleure méthode pour enrayer une épidémie de variole, si elle devait se produire, reste la même : recherche et confinement. Cela signifie de rechercher les personnes atteintes, d’identifier celles qui ont été en contact et de les vacciner. »Rapport sur la variole du 25/10/2001
Ce rapport sur la variole du 25/10/2001, qui a été réalisé par l'Institut de Veille Sanitaire à la demande du ministre, reconnaîtra le succès de la stratégie de surveillance et d’endiguement dans le programme d’éradication de la maladie :
« Il est indubitable que c'est la mise en œuvre de ces stratégies de contrôle qui a permis, au moins dans les régions de forte densité, d'atteindre l'élimination. » [p.10 du rapport final de CCEV]
Avons-nous le droit d'oublier ?
Dans sa résolution du 8 mai 1980, l'Assemblée Mondiale de la Santé rassemblant une fois l'an les ministres concernés de tous les États de la planète avait "prié le Directeur général de veiller à ce que soient publiés des ouvrages appropriés traitant de la variole et de son éradication, afin de préserver l'expérience sans précédent que constitue cette éradication". Le jour même le Directeur général, le Dr H. MAHLER, déclarera :
« En raison du caractère exceptionnel de cette réalisation, il est important que les responsables de la santé publique, les historiens et les générations futures aient accès aux éléments d’appréciation sur lesquels ces conclusions ont été fondées . Le présent ouvrage L'Éradication mondiale de la variole – rapport final de la Commission mondiale pour la Certification de l'Éradication de la Variole – analyse rigoureusement ces éléments. Puisse ce rapport final nous inciter tous à réfléchir à la manière dont cette expérience peut nous aider à nous atteler plus efficacement à la résolution d’autres problèmes de santé. »
Pouvons-nous oublier en effet que dans cette expérience pour vaincre la variole, les connaissances, les méthodes et les pratiques qui y sont attachées se sont développées sur un océan de souffrances et que l'Humanité a payé très cher l'arrogance dogmatique de ceux qui lancèrent imprudemment de gigantesques et inutiles campagnes de vaccination ? Par respect pour toutes ces souffrances passées et toutes celles qui pourraient être évitées aujourd’hui par l’application de méthodes analogues, ou demain face à des maladies émergentes contre lesquelles il n’y aura pas de vaccin, avons-nous le droit de participer, consciemment ou non, à l'occultation de tout ce qui ne fut pas de la vaccination dans la victoire sur la variole? Renoncer à cette occultation, connaître et faire connaître cette aventure, voilà certainement le plus bel hommage que nous pourrions rendre aux victimes de la variole comme de sa vaccination.[1] Ce rapport (en français) est en ligne dans la bibliothèque de l'OMS : http://whqlibdoc.who.int/publications/a41464_fre.pdf
[2] http://www.who.int/inf-pr-2001/fr/state2001-16.html
[3] Le médecin allemand Gerhard Buchwald a étudié les cas de variole apparus dans les hôpitaux allemands et rapporte en particulier 5 cas d’infirmières décédées comme « Barbara Berndt (17 ans) (épidémie de variole à Monschau, 1962), vaccinations : première et deuxième vaccinations obligatoires, vaccination après la déclaration du foyer de variole le 5 février 1962 ; date du décès : 20/02/0962, 14 jours après la dernière vaccination. »
ANNEXE
Voici deux citations officielles attestant du changement de stratégie qui s’opéra dans la lutte contre la variole.
- Conseil exécutif de l'OMS janvier 1959 :
« qu'il a été démontré que l'éradication de la variole dans une zone d'endémicité peut être obtenue par la vaccination ou la revaccination effective de 80% de la population en l'espace de quatre à cinq ans ; »
Malheureusement, il fut démontré par les faits au cours des années 1960 que cela ne fonctionnait pas... d'où une évolution très significative de la stratégie :
- Conseil exécutif OMS janvier 1970 :
« Notant l'importance que présente la surveillance dans l'état actuel des programmes et estimant qu'il est désormais souhaitable de mettre beaucoup plus fortement l'accent, dans tous les pays, sur le dépistage, les enquêtes et les mesures d'endiguement afin de parer à tous les cas et poussées épidémiques de variole ; »
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La croissance sans la croissance
- Par Thierry LEDRU
- Le 21/01/2021
"Le rapport Meadow sur les limites de la croissance date de 1972. J'avais dix ans...Mais non, rien, le monde a continué son petit train vers l'enfer.
-L'enfer, l'enfer, oh attends, faut pas exagérer non plus !
-Va donc lire les études sur le réchauffement climatique et on en reparle."
LE 15/01/2021
La croissance sans la croissance
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À retrouver dans l'émission
LA TRANSITION par Hervé Gardette
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Le dernier rapport de l'Agence européenne de l'environnement appelle à repenser le périmètre de la croissance économique. Un vent de changement souffle-t-il sur l'UE ?

ça va mon p'tit bonhomme ?• Crédits : pinstock - Getty
Il y a 30 ans, l’abominable groupe de hard-rock Scorpions obtenait un de ses plus grands succès avec ‘’Wind of change’’, le ‘Vent du changement’, chanson célébrant la chute du mur de Berlin et la fin du bloc de l’Est. Le cerveau est ainsi fait que c’est à ce tube que j’ai pensé en lisant le dernier rapport de l’Agence Européenne de l’Environnement. Et depuis, son pénible refrain m’obsède.
Il se trouve que cette Agence a été créée par l’Union européenne en 1990, la même année que la chanson de Scorpions. Opérationnelle 4 ans plus tard, sa mission ‘’consiste à fournir (aux Etats membres) des informations fiables et indépendantes sur l’environnement. L’AEE entend soutenir le développement durable’’.
Elle le fait régulièrement en publiant des rapports, disponibles en ligne (malheureusement pas toujours traduits en français). Le tout dernier s’intitule : ‘’Growth without economic growth’’ : la croissance sans la croissance économique. Un pavé dans la mare tant cette approche remet en cause bien des certitudes encore très présentes chez les décideurs politiques.
Je vous en lis un extrait : ‘’la croissance économique est étroitement liée à l’augmentation de la production, de la consommation et de l’utilisation des ressources, ce qui a des effets négatifs sur la nature, le climat et la santé humaine. De plus, les recherches actuelles suggèrent qu’il est peu probable que la croissance économique puisse être complètement détachée de ses impacts environnementaux’’.
Ce dernier point est important en ceci qu’il remet en cause une des notions attachées au concept de développement durable, ou à celui plus fumeux de croissance verte : la notion de découplage. Wikipédia en donne une définition très claire : il s’agit de séparer la prospérité économique de la consommation de ressources et d’énergie. Le découplage repose ainsi sur la conviction qu’il est possible de continuer à croitre tout en réduisant les prélèvements sur la planète.
Et bien ce que dit le rapport de l’Agence européenne de l’environnement, c’est qu’un tel découplage n’est pas possible, du moins pas entièrement. Qu’il faut donc repenser le concept même de croissance, ne plus l’envisager d’un point de vue seulement quantitatif (produire toujours plus de biens matériels) mais d’un point de vue qualitatif (une croissance qui vise à davantage de solidarité, de standards sociaux élevés et de protection des écosystèmes).
Evidemment, ce n’est pas la première fois que des experts remettent en cause l’objectif de croissance économique. On ne peut pas ne pas rappeler ici le fameux rapport Meadows de 1972 sur les limites planétaires de la croissance, à une époque où l’augmentation de la population mondiale était perçue comme une menace vitale pour l’humanité. A défaut d’avoir été suffisamment entendus, leur alerte marque un point de rupture historique.
On pourrait aussi citer des publications moins connues, mais qui renouvellent l’approche de ces questions, comme par exemple ‘’La théorie du donut’’ de l’économiste Kate Raworth, livre publié en France en 2018. Cette ancienne d’Oxfam utilise le visuel du beignet pour replacer l’économie à sa juste place, à savoir au service du social, lequel est lui-même tributaire des questions environnementales.
Ce qui est notable avec le rapport ‘’Growth without economic growth’’, c’est qu’il émane d’une Agence officielle de l’Union européenne, et non pas d’un groupuscule d’écolos décroissants. Cela donne un poids supplémentaire à ces réflexions, mais aussi un indice quant au changement de mentalité qui est peut-être en train de s’opérer au sein des institutions de l’UE. La croissance, bien que ‘’culturellement, politiquement et institutionnellement enracinée’’ n’y est plus considérée comme un mantra absolu.
Vous le sentez, le Vent du changement ?
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C'était en 2017.
- Par Thierry LEDRU
- Le 21/01/2021
En 2017, cette "alerte" venant de 15 000 scientifiques (pas deux ou trois...) reprenaient des études menées depuis les années 1960. On ne peut pas dire qu'ils n'avaient pas de recul ou de données fiables.
Et pourtant.
Rien n'a changé.
"Tout va bien puisque rien de grave ne NOUS est arrivé"
On appelle ça de la prévention.
Dans le genre, autruche la tête dans le sable, je pense qu'aucune créature sur cette planète ne peut nous égaler.
Et là, maintenant, qu'on est dans un marasme planétaire, les instances dirigeantes, celles qui sont censées prévoir et agir, agissent dans l'urgence.
Oui, je sais, c'est facile de critiquer. Je n'ai rien fait de bon pour la planète pendant quarante ans de ma vie. J'ai profité de tout ce qui m'était offert dans une totale ignorance. Oui, mais moi, je n'ai pas cherché à occuper des postes où il est nécessaire d'avoir une vision à long terme, où il est nécessaire de prendre en considération TOUS les paramètres, TOUTES les connaissances, d'écouter et d'analyser TOUTES les alertes.
J'aurais vraiment aimé être moins idiot, moins confiant, moins ignorant. Moins naïf. J'ai du mal à vivre avec ça maintenant. Parce que moi aussi, j'ai trempé mon doigt dans le pot de confiture.
Alerte de 15 000 scientifiques : leurs 9 indicateurs de dégradation de la planète analysés
14/11/2017
Par Camille Renard
15 000 scientifiques de 184 pays signent un appel contre la dégradation de l’environnement. Cet appel d'une ampleur sans précédent se base sur l'analyse de 9 indicateurs mondiaux, dont l'évolution est suivie depuis 1960 jusqu'à 2016.

Entre 1990 et 2015, la déforestation a entraîné la perte d'une superficie de la taille de l'Afrique du Sud. Ici, en Côte d'Ivoire : 16 millions d'hectares de forêts en 1900, contre 3,5 millions auj.• Crédits : Legnan Koula - Maxppp
Dans la revue Bio Science, ce lundi 13 novembre, 15 000 scientifiques du monde entier alertent sur la dégradation sans précédent de l’environnement. Cet appel se fonde sur l'analyse de neuf indicateurs mondiaux, dont l'évolution est suivie depuis 1960 jusqu'à 2016. Cet appel scientifique fait suite à celui de 1992, dans le contexte du Sommet de la Terre de Rio. Les indicateurs d'aujourd'hui reprennent ceux d'il y a 25 ans en poursuivant leur évolution jusqu'en 2016.

9 indicateurs de destruction de la planète depuis 1960• Crédits : Camille Renard - Radio France
Voici le détail de ces neuf indicateurs, et leur éclairage par les scientifiques et experts passés récemment sur l'antenne de France Culture :
1/ L'ozone stratosphérique : le seul indicateur au vert, grâce au protocole de Montréal (1987)
Écoutez ce "carnet de santé de la couche d'ozone" (18 septembre 2016), avec Didier Hauglustaine, directeur de recherche au CNRS au laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE) et Sophie Godin-Beekmann, directrice de recherche au CNRS, présidente de la Commission Internationale sur l’Ozone :
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2/ L'eau douce : des ressources par habitant divisées de moitié par rapport à 1960
Écoutez cette émission géopolitique sur l'eau, "l'or bleu", avec notamment Alexandre Taithe, Chargé de recherches, à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), qui a notamment publié Partager l'eau : les enjeux de demain (Technip 2006), et la géographe Sylvie Brunel :
3/ La pêche : les limites d'une pêche soutenable sont dépassées depuis 1992
Voici un point sur les ressources halieutiques dans le Grand Nord, avec Olav Schram Stokke, Professeur au département de science politique de l'université d'Oslo, interviewé par Thierry Garcin pour l'émission "Les Enjeux internationaux" :
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4/ Les zones mortes maritimes : plus de 600 en 2010
Les zones mortes maritimes, déficitaires en oxygène, voient la vie sous-marine asphyxiée (poissons, coraux...), dans des zones de plus en plus importantes, en taille et en nombre. Elles sont principalement dues au lessivage des engrais agricoles.
Écoutez la deuxième partie de l'émission "De cause à effets", en écho à la journée maritime mondiale, avec Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’Association Bloom, une association dévouée aux océans et à ceux qui en vivent :
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5/ La déforestation : une superficie de forêts de la taille de l'Afrique du Sud perdue entre 1990 et 2015
Sur la question de la déforestation, écoutez cette émission de "La Méthode scientifique" (14 février 2017), avec Jean-Guénolé Cornet, président de l'ONF International, et Valéry Gond, docteur en géographie, chercheur au Cirad. Il travaille sur la caractérisation des structures forestières et des impacts humains en Amazonie et sur le bassin du Congo, en utilisant l'imagerie satellite :
6/ Les espèces vertébrées : diminution de 58% entre 1970 et 2012
Au sujet des extinctions d'espèces vertébrées (mammifères, poissons, oiseaux...), écoutez cette émission de "Matières à penser avec Dominique Rousset" (20 septembre 2017), en écho à l'étude publiée en juillet 2017 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) : des chercheurs américains et mexicains concluent que les espèces de vertébrés reculent de manière massive sur Terre, à la fois en nombre d’animaux et en étendue. Avec Benoit Fontaine, ingénieur au Centre d'Ecologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) du Muséum national d'Histoire naturelle :
7/ Les émissions de CO2 : après une courte stabilisation depuis 2014, une nouvelle hausse
Sur les émissions de gaz à effets de serre et la possibilité de leur réduction, écoutez Maxime Combes, économiste spécialiste de l'environnement, membre d'Attac France, et Laurent Michel, directeur général de l'Energie et du Climat au ministère de la Transition écologique et solidaire, dans l'émission "De cause à effets" (24 septembre 2017), consacrée à une sortie possible des hydrocarbures en France :
8/ La hausse des températures : les 10 années les plus chaudes depuis 136 ans ont eu lieu depuis 1998
Sur les conséquences du réchauffement climatique, écoutez l'émission "Les Enjeux internationaux" (13 juin 2017) consacrée au rapport entre évolution du climat et déclenchement des guerres dans le monde, avec Laurent Testot, auteur de "Cataclysmes. Une histoire environnementale de l’humanité" (Payot).
9/ La population : les humains pourraient être 11 milliards en 2100
Écoutez cette émission de "CulturesMonde" (29 décembre 2015) consacrée à la démographie mondiale : "10 milliards demain", avec Gilles Pison, directeur de recherches à l'Institut national d'études démographiques et rédacteur en chef de Population et sociétés, Patrick Gerland, coordonnateur pour les Nations-unies, section « Analyses démographiques », docteur en « population studies » au département des Affaires Sociales et Economiques, Christophe Guilmoto, directeur de recherche en démographie à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), Serge Michailof, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), auteur notamment de Africanistan (Fayard, 2015) :
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Réécouter 10 milliards demain (1/4) - Dans la boule de cristal démographique49 MIN
10 milliards demain (1/4) - Dans la boule de cristal démographique
Ces neuf indicateurs ne sont pas exhaustifs pour prendre le pouls de la planète : pollution de l'air, destruction des habitats naturels, développement des espèces invasives, effondrement du nombre et de la diversité des insectes... auraient pu les compléter. Et de nombreux autres critères d'évaluation auraient pu être choisis, mais certains n'étaient pas encore suffisamment saillants, ou la communauté scientifique n'était pas assez mûre pour les analyser en 1992. Ils le sont aujourd'hui. Cette liste de neuf ne demande qu'à être enrichie.
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"Il vaut mieux prévenir que guérir"
- Par Thierry LEDRU
- Le 21/01/2021
Dans la série, " je plombe l'ambiance déjà sinistre", en voilà un qui fait fort. Pour le troisième confinement, il semble bien qu'on soit dans les starting-blocks mais quand je lis les propos de ce chercheur, on peut se demander quel est l'intérêt d'une vaccination généralisée (enfin plutôt, d'une volonté de vaccination généralisée...), si pour lui, de toute façon, on aura au mieux un été relativement calme et de toute façon un rebond à l'automne.
Pour ma part, ça me ramène à la question à laquelle je n'ai toujours pas trouvé de réponse : Est-ce que le fait d'être vacciné protège les autres ? Est-ce que le fait d'être vacciné contribue à la disparition du virus ?
J'ai lu que la variole ou d'autres maladies ont fini par être éradiquées mais est-ce que c'est le vaccin qui en est l'élément principal ou pas ?
D'autre part, si le virus de la covid continue à muter de la sorte, est-ce que les chercheurs s'attendent à d'autres formes à l'automne ? L'an prochain ?
On peut dire en tout cas qu'au niveau de l'incertitude, on est très haut sur l'échelle.
Quant au titre de l'article, c'est juste "amusant" d'entendre cette expression revenir sur le devant de la scène...Ca fait quarante ans que certains scientifiques alertent ...
""Si le confinement est efficace, si le relais derrière est suffisamment efficace, on peut se projeter sur une fin de printemps ou un été relativement au calme", avant un potentiel "rebond" à l'automne 2021."
Covid-19 : "Il vaut mieux prévenir une crise que de la gérer", analyse le chercheur Mircea Sofonea, qui plaide pour un reconfinement en France
Un reconfinement anticipé permettrait d'en réduire la durée, selon cet épidémiologiste.
Article rédigé par

Radio France
Publié le 21/01/2021 13:54Mis à jour le 21/01/2021 13:54
Temps de lecture : 1 min.

La place de la Bastille à Paris, en plein confinement, le 14 avril 2020. (LP/MATTHIEU DE MARTIGNAC / MAXPPP)
"Il vaut mieux prévenir une crise que de la gérer", analyse le chercheur Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier, interrogé jeudi 21 janvier sur franceinfo à propos de l'épidémie de Covid-19. Selon le chercheur, un reconfinement anticipé permettrait d'éviter la circulation du virus et d'atténuer la durée de ce troisième confinement, pour l'instant écarté par le gouvernement.
"Le variant est présent, il est plus contagieux, si on espère une nouvelle fois que ce qui arrive chez nos voisins n'arrivera pas chez nous, on risque de devoir se confiner à nouveau pendant de longues semaines et avec une forte incertitude."
Mircea Sofonea, épidémiologiste
à franceinfo
"Lorsqu'il est fait tôt", le confinement permettra d'avoir "des projections plus sereines", affirme Mircea Sofonea. "Si le confinement est efficace, si le relais derrière est suffisamment efficace, on peut se projeter sur une fin de printemps ou un été relativement au calme", avant un potentiel "rebond" à l'automne 2021. "Il y a une volonté de traquer le variant, même si il est trop tard pour le tuer dans l'œuf, mais ce système sera performant pour éviter un rebond lié à de nouveaux variants" qui pourraient apparaître, d'après lui.
Contrairement à la France, l'Allemagne a su éviter une "lune de miel post-confinement", souligne Mircea Sofonea, avec en octobre des reconfinements locaux outre-Rhin, doublée d'une "promotion très active des gestes barrières focalisée sur les plus jeunes", critiquant une promotion trop "neutre" en France sur cette tranche d'âge.
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Et si...
- Par Thierry LEDRU
- Le 20/01/2021
Le premier ministre a dit qu'il ne voulait pas sacrifier le sanitaire pour l'économique (cf son intervention sur la fermeture maintenue des stations de skis)
Bon, j'ai déjà dit ce que j'en pense.
Le sacrifice du système hospitalier a déjà été fait par les gouvernements précédents et a été renforcé par celui en place. Tout le monde le sait. Ou tout du moins, ceux qui cherchent à savoir. C'est vraiment très pervers d'aller annoncer aujourd'hui que la priorité du gouvernement, c'est la santé de la population. Ils agissent dans l'urgence parce qu'ils n'ont rien anticipé. Et s'ils n'ont rien anticipé, c'est uniquement pour des raisons financières. On voit ce que ça donne aujourd'hui sur l'économie. Le coût financier de cette crise sanitaire sera pharaonique. Et je ne parle pas du "coût humain".Imaginons maintenant que devant l'état de déliquescence du système publique de santé, des mouvements de contestation soient pris en main par des avocats et que des plaintes soient déposées contre le gouvernement, non pas pour la gestion actuelle de la crise mais pour son imprévoyance. Gouverner, c'est prévoir.
Aïe...Raté. Et pourtant, des alertes, il y en a eu des encyclopédies entières, depuis de nombreuses années.
Des preuves de tout ce qui a été fait pour réduire la capacité du système hospitalier à prendre en charge la population dans le cas d'une crise sanitaire, il y en a également des kilomètres.
N'est-ce pas finalement ce qu'ils craignent le plus ?
Ce qui expliquerait quelque peu cet acharnement à confiner. Ils nous diront toujours qu'il s'agit de sauver les citoyens mais n'est-ce pas davantage leurs têtes qu'ils cherchent à garder ? Ils auraient donc décidé de tout miser sur le contrôle de l'épidémie pour ne pas être accusés de ne pas agir mais bien davantage encore pour ne pas être accusés de n'avoir rien prévu. Il faut occuper la scène, passer pour des gens organisés, volontaires, déterminés, entièrement tournés vers le bien de la population. A la limite, plus l'épidémie se prolonge, plus ça les protège de recherches de responsabilités dans le désastre en cours. Personne en ce moment n'aurait la tête à leur chercher des poux...Ou s'il y en a, il est important qu'ils ne puissent s'exprimer à grande échelle.
On peut même envisager que le gouvernement et ses prédécesseurs soient accusés de n'avoir pas agi davantage pour réduire les atteintes à la planète et avoir par conséquent contribué à l'émergence de nouveaux virus. Et alors, là, ils sont tous bons pour l'échafaud. Eux et la majorité des gouvernements des pays occidentaux.
Et avec tout ça, il y a encore des gens qui ont confiance...
Le fameux "Métro, boulot, dodo" sur lequel nos sociétés se sont construites, le droit à un salaire et à une vie confortable, la consommation et les plaisirs divers et variés, l'assouvissement des désirs au-delà des besoins essentiels, nous avons participé à ça, sans nous proccuper des effets à long terme.
Maintenant, nous sommes dedans, il ne s'agit plus d'essayer de se projeter pour imaginer ce que ça pourrait donner. Nous sommes dedans. Et les gouvernements tout autant.
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Intervention d'une généticienne.
- Par Thierry LEDRU
- Le 20/01/2021
Pour écouter cette généticienne, allez sur le site de Sud-radio.
Je cherche des informations sur le vaccin ARN et voir quelles sont les études qui ont été menées sur les effets. Le problème, c'est que ces éventuels effets ne sont étudiés qu'à court terme, voire très court terme. Il est d'ailleurs très difficile de trouver des articles donnant la parole à des interlocuteurs méfiants, voire réticents.
Je ne parle pas de discussions de réseaux sociaux mais d'intervenants émanant du milieu scientifique. Donc, je poste celui-ci.
Il n'en reste pas moins que cette période est considérablement perturbante au regard des discours contradictoires émanant du milieu scientifique et c'est vraiment très compliqué de se faire une idée...Pour ma part, en tout cas.
https://www.sudradio.fr/societe/alexandra-henrion-caude-jai-limpression-quon-est-revenu-au-temps-des-devins/
Alexandra Henrion-Caude : "J'ai l'impression qu'on est revenu au temps des devins"
Par
La Rédaction
lundi 16 novembre 2020 à 16:16
Alexandra Henrion-Caude, généticienne, directrice de recherche à l’Inserm à l’Hôpital Necker, créatrice du site internet science-en-conscience.fr, était l’invitée d’André Bercoff, lundi 16 novembre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Alexandra Henrion-Caude invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.
Après avoir participé au documentaire contesté, Hold Up, Alexandra Henrion-Caude s'estime particulièrement "choquée que l'on nous traite de complotistes". Une accusation "très grave", selon elle, tout en précisant n'avoir "aucun conflit d'intérêts et aucun lien avec un laboratoire".
"On ne peut pas parler d'un problème de santé publique"
Si le pic de la seconde vague de l'épidémie du Covid-19 est annoncé comme atteint, la généticienne entend rappeler quelques chiffres, notamment sur les excès de la mortalité. "Il y en a eu un en mars-avril, il n'y en a pas de notable depuis", affirme-t-elle, s'appuyant sur ces chiffres pour avancer que "l'on ne peut pas parler d'un problème de santé publique, d'urgence sanitaire", avance Alexandra Henrion-Caude.
"Il suffit de regarder les taux de létalité qui sont indiqués par CDC [centres pour le contrôle et la prévention des maladies]", invite la fondatrice du site science-et-conscience.com. Une institution américaine qui précise que le taux est tombé à 0,2%, après avoir atteint les 0,5% au plus fort de la crise. "Ils font un calcul global en dissociant les institutions de santé et là on tombe à 1 pour 1.000", souligne-t-elle. "On est vraiment sur une autre histoire", conclut la généticienne.
Des chiffres sans justification qui servent à la projection
"Au moment où on est en train de continuer sur une lancée sur la trajectoire d'un pic épidémique qui avait toute la justification de précautions, là on n'a plus de justification", note Alexandra Henrion-Caude, regrettant de voir "qu'on parle de 400.000 morts". "Même si on a un taux de létalité de 0,5%, ça voudrait dire qu'on serait au total plus de 80 millions de personnes infectées en France", souligne non sans ironie la généticienne, soulignant qu'en France "il n'y a que 67 millions d'habitants".
Des prévisions qui donnent l'impression "qu'on est revenu au temps des devins, des oracles". "On était en plein pic épidémique, avec un nouveau virus, une nouvelle maladie, qu'on nous parlait déjà d'une deuxième vague. Là on entend une troisième, une quatrième", déplore Alexandra Henrion-Caude. Des chiffres qui servent de projection, qui jusqu'à présent, "ont montré les grandes limites de la projection".
Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.
Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !
https://www.midilibre.fr/2020/10/07/coronavirus-manipule-vaccins-forces-qui-est-cette-chercheuse-complotiste-rejetee-des-scientifiques-9123139.php
La généticienne Alexandra Henrion-Caude a pris des positions aux accents complotistes en ce qui concerne le Covid-19 et s'est fait connaître du public via des vidéos publiées sur YouTube.
Plébiscitée par toutes les personnes qui pensent que tout ce qui concerne le coronavirus est un complot, et rejetée par la communauté scientifique, la généticienne Alexandra Henrion-Caude continue pourtant de faire des millions de vues sur YouTube.
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Cette ancienne directrice de recherche à l'Inserm a accordé beaucoup d'entretiens diffusés sur internet sur le coronavirus et sur tout ce qui s'y rapporte.
Un virus manipulé par l'homme selon elle
Sur l'hypothèse de la manipulation du virus, elle annonce qu'elle n'a pas la réponse sur l'origine de ce virus, mais n'exclut pas la manipulation humaine, bien au contraire. "Il a eu bon dos le pangolin."
"Quand on étudie ce virus on est interpellé par les séquences comme des petites signatures sur ce virus, il y a une petite séquence qui est unique, avec des mutations opportunes et elle donne une fonction chez l'homme"
Pour elle, il ne faut jamais exclure une évolution naturelle mais "quand on regarde la séquence c'est ce qu'il y a de plus probable une manipulation que l'homme aurait faite."
En totale opposition avec la communauté scientifique
Elle est en totale opposition avec tous les travaux scientifiques qui ont été publiés sur le Covid-19 et sur le consensus mondial des experts.
Mais elle précise que ce n'est pas forcément pour créer une pandémie que ce virus a été manipulé. Elle avance l'hypothèse d'une erreur humaine qui aurait fait "s'échapper" le virus d'un laboratoire.
Elle accuse également les chercheurs chinois, mais aussi les experts qui auraient "interdit" de pratiquer des autopsies chez les personnes décédées du Covid-19 en Italie. "Ce qui aurait pu permettre d'avoir plus de connaissance du virus et d'éviter beaucoup de morts en France."
Contre le confinement, réticente au masque
Elle s'est positionnée contre le confinement, mais aussi avec réticence au port du masque. Des positionnements qu'elle a justifiés en prônant le bon entretien du système immunitaire. Le masque comme le confinement empêchaient son bon fonctionnement.
Les tests PCR aux écouvillons trop longs
Elle aurait également énoncé son étonnement sur la longueur des écouvillons qui sont utilisés lors des tests PCR pratiqués.
Comme le rapporte LCI, il s'agirait, selon elle d'atteindre la "plaque cribiforme pour permettre de passer des nanoparticules, des nouveaux modes de thérapie directement au niveau du cerveau".
Une théorie encore une fois aux accents complotistes qui inquiète au plus haut point les scientifiques.
Vaccins "forcés"
Cet été, elle confiait qu'elle portait un regard "terrifié" vis-à-vis des vaccins en cours de développement.
"C'est une aberration de développer un tel vaccin en quelques mois, dans une urgence absolue, sans connaître les effets secondaires du vaccin". Elle avance même que des "vaccins forcés ont été pratiqués en Afrique du Sud."
Alexandra Henrion-Caude fait référence à un essai clinique pour tester le vaccin le 24 juin dernier.
Mené sous la supervision d’une université de Johannesburg, cet essai vaccinal se fait avec la participation de 2 000 bénévoles (dont 50 séropositifs) et sur la base du volontariat. Les personnes ne sont pas vaccinées contre leur gré, comme le précise Conspiracywatch.
L'Inserm et d'autres scientifiques s'opposent à ses prises de position
L'Inserm, dont elle a été l'une des directrices de recherche précise qu'elle a quitté l'institut en 2018 et a précisé à LCI que leur ex-chercheuse fait "fréquemment l'objet de prises de paroles inexactes, de désinformation ou de rumeurs."
Une de ses pairs, Ségolène Aymé, directrice de recherche émérite à l’Inserm a expliqué à LCI qu'elle craignait que ce type de discours alimentent "la défiance pour la démarche scientifique. Il est très regrettable qu’elle se soit exprimée sur des sujets aussi loin de son domaine de compétence".
L'Inserm comme beaucoup de ses collègues ne cautionnent en rien son discours et ses thèses. Et ils les rejettent.
Complosphère, secte et extrême droite
Toujours est-il qu'Alexandra Henrion-Caude réfute les "affirmations péremptoires" et s'exprime toujours avec prudence sur les sujets.
Cependant son discours est relayé très largement sur la complosphère alimentée par des sites qui propagent des fake news, comme le rapporte Conspiracywatch.
TV Libertés qui a diffusé le 31 juillet, l'entretien d'Alexandra Henrion-Caude qui a fait quelque1 369 093 vues est une chaîne créée par un ancien cadre du Front national et qui est dirigée par Philippe Milliau, un ex-dirigeant du Bloc identitaire.
D'après des témoignages recueillis par LCI, elle aurait totalement changé après avoir reçu le titre de Eisenhower Fellow qui comportait un séjour aux États-Unis en 2013 pendant quelques mois.
Elle aurait eu des comportements et des discours qualifiés de "sectaires" après son retour.
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Nucléaire et consommation électrique
- Par Thierry LEDRU
- Le 20/01/2021
C'est un très sérieux problème. Et dans la deuxième partie de cet article, on voit ce que ça peut donner : un "black out".
Très peu d'articles ont mentionné ce qui s'est passé il y a quelques jours. Il faut fouiller pour en trouver une explication.
Le nucléaire est, à ce jour, la seule production électrique de masse. On en connaît les risques et les "désagréments".
Nous en sommes considérablement dépendants.
Etant donné que la consommation électrique ne cesse d'augmenter, la question se pose de l'avenir de la production.
Nucléaire ? Production alternative ? Diminution de la consommation ?
Dans la troisième option, nous sommes acteurs.
Les deux articles suivants viennent d'un site informatif POUR le nucléaire.
Comme je tiens toujours à peser le pour et le contre, jusqu'à tenter de trouver un juste milieu, je lis aussi ces sites d'informations. Les multiples liens soulignés dans ces deux articles permettent de renforcer encore cette information. Etre informé ou "éclairé", c'est d'ailleurs le seul moyen de ne pas passer pour des "écolos à la bougie".
Le risque de pénurie d’électricité est une réalité appelée à durer
11 janvier 2021
6 minutes de lecture

Les Français ont été appelés à la fin de la semaine dernière à réduire leur consommation d’électricité face à une vague de froid très modérée. Des décalages d’opérations de maintenance sur des centrales nucléaires liés au confinement et surtout des choix politiques à courte vue et les errements d’EDF ont conduit à cette situation. On peut citer pêle-mêle, la fermeture de Fessenheim, les retards répétés de Flamanville, une incapacité depuis des années à construire une stratégie énergétique cohérente, des développements peu maîtrisés dans l’éolien et le solaire… Ce qui se passe n’est une surprise pour personne et tient peu à la pandémie. RTE, le gestionnaire du réseau électrique, avertissait déjà en novembre 2019 des problèmes à venir pour plusieurs années. A force de retarder décisions et investissements et de faire des choix purement politiques…
On ne peut pas vraiment parler de surprise. Vendredi 8 janvier, compte tenu d’une vague de froid pourtant modérée, RTE (le gestionnaire du réseau de transport d’électricité), a demandé aux Français de réduire leur consommation d’électricité face à une menace de pénurie et d’éventuelles coupures. Dans un pays qui vient pourtant de connaître une baisse historique de sa consommation d’énergie et une récession d’une ampleur inégalée depuis plus de 75 ans… Dans un pays qui était encore il y a une dizaine d’années le premier exportateur d’électricité au monde et en Europe. Il n’y a pas meilleur exemple des errements depuis plusieurs années de la stratégie de transition énergétique et des erreurs accumulées par EDF.
Faire tourner à plein régime les centrales à gaz et à charbon et importer de l’électricité allemande… au charbon
Vendredi 8 janvier dans la matinée, comme le montre les graphiques publiés par RTE, la France a été contrainte d’importer jusqu’à 3.000 MW et de faire fonctionner à plein les 4 centrales au charbon qu’il lui reste et celles à gaz… Dans le même temps, le solaire et l’éolien assuraient à peine ensemble 2% de la production… On mesure bien la différence entre le potentiel théorique des énergies renouvelables (53.000 MW environ en France) et leur production effective un jour d’hiver sans vent et avec peu de soleil (moins de 3.000 MW).
Et ce n’est pas spécifique à la France en cette période de l’année. Dans la plupart des pays européens, il y a peu de soleil et peu de vent. Ainsi, l’Allemagne, en dépit de ses investissements massifs depuis deux décennies dans l’éolien et le solaire, produisait vendredi 8 mai dans la journée à peine 20% de son électricité avec des renouvelables.
Samedi 9 janvier, la situation était comparable même si l’activité économique était plus faible. Dimanche 10 janvier, toujours la même chose, des importations et de l’électricité provenant d’énergies fossiles en grande quantité, l’éolien et le solaire produisant tout de même un peu plus à savoir 8% au maximum en milieu de journée.
La pandémie a bon dos
En fait, la pandémie a bon dos. Bien sûr, elle a contribué à accélérer la survenue des problèmes en compliquant et retardant la maintenance de plusieurs réacteurs nucléaires. Mais sur le fond, le problème est identifié depuis plusieurs années même si rien n’a été fait pour y remédier, au contraire. Les 1.800 MW des deux réacteurs de Fessenheim auraient été bien utiles.
Il y a plus d’un an, en novembre 2019, bien avant la pandémie, RTE tirait déjà la sonnette d’alarme.Il annonçait, avec de multiples précautions, que l’arrêt annoncé des centrales à charbon, la fermeture définitive de la centrale nucléaire de Fessenheim (voir la photographie ci-dessus) et les retards de l’EPR de Flamanville allaient réduire la capacité de production d’électricité en 2022 et 2023 ce qui permettrait tout juste de couvrir les besoins en période hivernale. Les problèmes commencent dès 2021… Et le plus difficile est encore à venir. Car seuls 7 réacteurs sont à l’arrêt aujourd’hui pour maintenance et ils seront 13 en février…
Le Comité social et économique (CSE) central d’EDF avait prévenu en octobre dernier dans un langage moins diplomatique que RTE. «La continuité de l’approvisionnement en électricité pour les mois de décembre 2020, janvier et février 2021 n’est pas sécurisée et dépendra uniquement des conditions climatiques… Face à une politique qui réduit les moyens de production d’électricité pilotables, il sera impossible en cas de période de froid (simplement comparable aux hivers 2018 et 2012) d’assurer l’équilibre du réseau électrique qui, à chaque seconde, doit permettre une égalité entre production et consommation», ajoute-t-il. Le CSE d’EDF s’en prenait au passage à RTE qui «commence à admettre les difficultés, mais compte sur les importations et les mesures d’effacement pour sauver le réseau de tout black-out. Une vision digne d’avant-guerre».
Des politiques énergétiques incohérentes
Tout cela montre l’incohérence des politiques énergétiques menées depuis plusieurs années qui reviennent, en dépit des discours sur la transition énergétique, à faire tourner aujourd’hui à plein régime des centrales utilisant des énergies fossiles du type gaz et charbon et à importer de l’électricité… au charbon allemande pour éviter les coupures. Et on demande aux Français et aux entreprises de limiter leur consommation et leur activité. Dans un pays qui a connu l’an dernier sa pire récession depuis plus de 75 ans… Pour rappel, le gaz émet 490 grammes de CO2 par kilowatt/heure produit, le charbon 820 grammes et le nucléaire 12 grammes.
Les capacités de production électrique dites pilotables, c’est-à-dire capables de produire à la demande, ne cessent de se réduire en France. Les capacités de puissance théoriques additionnant les sources pilotables et renouvelables n’ont aucune importance. Depuis 2012, elles ont augmenté en France et sont passées de 126 GW à 133 GW. Mais tandis que les capacités renouvelables augmentaient, celles de production d’électricité dites pilotables, qui ne dépendent ni du vent ni du soleil, c’est-à-dire les centrales nucléaires, les barrages et les centrales thermiques, n’ont cessé de diminuer. Elles sont aujourd’hui tout juste dimensionnées pour pouvoir répondre à la demande dans des conditions dites normales, mais pas dans une situation «exceptionnelle» de grand froid en hiver et de programme de maintenance perturbé par les confinements.
Au cours des dix dernières années, la France a fortement réduit son parc pilotable. Les capacités fossiles (charbon et fioul notamment) ont été amputées de 8,7 GW et les capacités nucléaires de 1,8 GW avec la fermeture l’an dernier pour des raisons uniquement d’affichage politique des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim. Avec Fessenheim en service, la France aurait très certainement pu passer l’hiver dans de meilleures conditions… Mais le gouvernement n’a rien voulu entendre. Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, a même été jusqu’à expliquer que les risques de pénurie tenaient au fait que la production d’électricité en France était trop dépendante du nucléaire…
La transition demande plus d’électricité… pas moins
En fait, depuis plusieurs années, les gouvernements français ont pris le risque non maîtrisé de mettre en danger la sécurité d’approvisionnement électrique du pays sans être même efficace sur le plan climatique. Car il devient impossible de fermer les centrales à charbon comme cela était pourtant annoncé.
La seule parade qu’a trouvé aujourd’hui RTE consiste à utiliser une application baptisée Ecowatt et mise au point avec l’Ademe permettant de «consommer mieux et au bon moment». Il s’agit de demander aux Français de faire baisser la puissance de leurs radiateurs électriques ou d’attendre avant de faire fonctionner leurs machines à laver. Cela s’appelle du rationnement.
Si cela ne suffit pas, RTE envisage de demander à certains industriels de fermer des usines, de baisser la tension sur le réseau (ce qui peut affecter le fonctionnement de certains appareils) voire de recourir à des coupures «temporaires, anticipées, localisées et tournantes»…
Une situation aberrante quand ont sait que la transition énergétique et écologique ne peut se faire que par une utilisation accrue et élargie de l’électricité… notamment dans les transports, la chaleur et l’industrie. Cela s’appelle l’électrification des usages. Réduire de fait les capacités de production d’électricité en les rendant intermittentes et aléatoires, comme le fait le gouvernement depuis des années, est en contradiction avec la logique même de la transition. L’affaiblissement du système électrique français inquiète même depuis quelques temps l’Agence internationale de l’énergie.
Un black-out a été évité de justesse en Europe le 8 janvier
13 janvier 2021
4 minutes de lecture

Une baisse brutale de tension sur le réseau électrique européen interconnecté, aujourd’hui encore inexpliquée, a nécessité vendredi 8 janvier en début d’après-midi des mesures d’urgence pour éviter un black-out (une coupure de courant généralisée). Cet incident illustre la fragilité grandissante des réseaux électriques. Ils sont aujourd’hui inadaptés à des productions renouvelables toujours plus importantes qui sont intermittentes et aléatoires.
C’est un incident majeur passé relativement inaperçu. Le réseau électrique interconnecté européen a failli sauter et priver soudain plusieurs pays d’électricité. Cela met en lumière les faiblesses de réseaux électriques inadaptés à l’augmentation de la part de productions renouvelables intermittentes qu’il est par définition impossible de mobiliser en cas d’urgence. Cela est particulièrement sensible en hiver quand la demande d’électricité est en général plus forte et l’ensoleillement réduit. L’incident est notamment relaté par Sylvestre Huet, journaliste reconnu dans le domaine scientifique, sur son blog publié par Le Monde.
Il s’est produit vendredi 8 janvier dernier entre 14 heures et 15 heures. Il a été marqué par une chute brutale de tension, encore aujourd’hui inexpliquée, au sud est du réseau interconnecté européen (Entso-E). Entso-E en fait état dans un communiqué laconique. L’incident a pourtant mis en péril l’ensemble du réseau électrique européen et mériterait une meilleure information des opinions publiques.
Coupures d’alimentations de sites industriels et activation dans l’urgence de centrales thermiques et hydrauliques
Pour éviter un black-out total (une coupure de courant généralisée), les systèmes automatisés et les responsables de la gestion des réseaux ont isolé le sud ouest de l’Europe du reste du réseau, coupé l’alimentation de certains sites industriels gros consommateurs et activé les réserves de production disponibles. RTE, le Réseau de transport d’électricité en France, a ainsi coupé l’alimentation de 16 grands sites industriels sur le territoire national ce qui a permis de réduire la consommation de 1.300 MW. Et cela n’a rien à voir, c’est une coïncidence, avec la demande formulée la veille par RTE aux Français de réduire leur consommation le 8 janvier dans la matinée. RTE précise par ailleurs dans un communiqué que le gestionnaire du réseau de transport d’électricité italien, Terna, a lui aussi le 8 janvier à partir de 14 heures «activé son mécanisme d’interruptibilité, permettant de diminuer la consommation d’environ 400 MW en Italie. L’ensemble de ces actions a permis de rééquilibrer la fréquence électrique européenne».
Réduire la consommation industrielle et activer dans l’urgence des sources de production d’électricité pilotables (fossiles, hydroélectrique voire nucléaire…) a permis d’éviter un black-out dont les conséquences économiques, sociales et en terme de sécurité auraient été lourdes. On imagine les conséquences de l’arrêt des trains et des métros, des ascenseurs, des éclairages, des systèmes de communications, des système de chauffage, des feux aux carrefours… Dans ces conditions, ni l’éolien, ni le solaire ne sont capables de soutenir le réseau. Ils sont même dans une certaine mesure à l’origine du problème quand ils remplacent des moyens de production dits pilotables. «Ils ne disposent ni de réserves de puissance ni de régulation de fréquence. Seuls des moyens de production pilotables et rapidement mobilisables peuvent éviter la catastrophe: hydraulique de barrage et gaz pour l’essentiel», écrit Sylvestre Huet.
L’AIE met en garde depuis des mois sur l’intermittence des renouvelables qui fragilise les réseaux
Cet incident illustre parfaitement les craintes exprimées depuis plusieurs mois par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) sur la fragilité grandissante des réseaux électriques dont les économies et les populations sont pourtant de plus en plus dépendantes. L’AIE résume cette problématique de la façon suivante: la transition énergétique passe par une augmentation rapide de la consommation et de la production d’électricité et le développement des renouvelables. S’ils sont indispensables, leur production intermittente et aléatoire pas nature représente aujourd’hui un danger pour les réseaux électriques. Ces derniers doivent absolument se moderniser et devenir plus robustes en additionnant les sources de production, en étant plus flexibles et en se renforçant face aux cyber attaques et aux catastrophes naturelles.
Toujours selon l’AIE, la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie dans le monde est appelée à augmenter de façon continue. Elle est passée de 15% en 2000 à 20% aujourd’hui et devrait représenter au moins 24% d’ici 2040. Dans son rapport publié à la fin de l’année dernière et intitulé «Power Systems in Transition, Challenges and opportunities ahead for electricity security», l’Agence souligne l’incapacité des réseaux électriques tels qu’ils existent aujourd’hui à accompagner ces changements.
La rédaction
