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  • A l'intérieur.

    Une discussion aujourd'hui en classe. Elle suivait un moment de méditation avec un travail sur la concentration, sur la respiration. 8h30, tous les stores baissés, les lumières éteintes. Tous les enfants ont les yeux fermés et ils écoutent la voix de Sarah Giraudeau qui les invite à suivre intérieurement leur respiration, l'air froid qui entre par les narines, l'air chaud qui ressort, le mouvement de leur poitrine dans l'approfondissement de cette respiration.

      Je leur avais expliqué la différence entre l'attention et la concentration.

    "Lorsque vous devez traverser la route, vous faites attention à l'environnement, les voitures, un feu rouge, la vitesse de la voiture au loin. Vous êtes tournés vers l'extérieur et c'est vital.

    En classe, vous devez vous extraire de cette attention à l'environnement et entrer dans la concentration. Ce qui signifie se centrer sur soi. Si vous continuez à faire attention, vous n'êtes pas en vous mais à l'extérieur. La respiration est le moyen le plus efficace pour entrer en soi puisque vous accompagnez l'air qui vous nourrit.

      Plus tard dans la matinée, pendant un travail mathématiques un enfant dit qu'il n'a pas mis le zéro de décalage dans la multiplication puisque pour lui, zéro, c'est rien.

    Rectification, Zéro n'est pas rien, il a une existence. Et c'est lui qui permet à 1 de venir s'installer. Et c'est lui qui permet à 10 d'exister.

    Rien ne peut venir de rien. Rien n'est rien que le néant. De la même façon, méditer n'est pas rien. C'est vivre intérieurement. Je peux n'avoir aucune agitation mais être tout de même dans une activité méditative. Agitation et activité ne sont pas semblables.

    J'utilise toutes les occasions de la journée pour ramener les enfants vers l'observation intérieure.

    C'est là que Line a dit :

    "Mais alors, quand je suis chez moi et que je me dis que je ne fais rien, ça n'est pas vrai ?

    -Pourquoi Line, explique-toi s'il te plaît.

    -Ben, c'est comme pour le zéro, il ne fait rien apparemment mais il existe pourtant.

    -Oui et alors ?

    -Ben quand je ne fais rien, je vis quand même. Et comme je ne fais rien, je peux vraiment le voir. Si je regarde dedans.

    -Oui, Line, je suis entièrement d'accord. Et c'est encore mieux lorsque tu parviens à faire quelque chose, quoique ce soit, en restant dans cette observation intérieure. Tu peux t'endormir en regardant ce qui se passe en toi, en te laissant emporter doucement par la respiration, comme quelque chose qui te berce. C'est la vie qui te câline. Tu peux écrire en regardant au dedans de toi, tu peux écouter de la musique, danser, jouer, manger, lire en regardant au-dedans de toi. Non seulement, il n'y a jamais rien à observer mais dedans, c'est même rempli de paysages incroyablement immenses.

    Silence. Les yeux des enfants qui regardent à l'intérieur.


    C'était une très belle journée.

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  • L'habitus de Pierre Bourdieu

    J'a lu souvent des gens qui contestent cette vision déterministe en arguant que l'individu a le pouvoir de s'extraire du conditionnement sociétal. Oui, il peut effectivement le faire, parfois...Mais s'il le fait, c'est toujours parce qu'il réagit à ce contexte, pas parce qu'il est libre...Fondamentalement. Il peut acquérir plus ou moins une liberté d'actes mais pas une liberté historique. Nous sommes irrémédiablement infuencés, au plus profond. La liberté consistera à en prendre conscience. Et ensuite à agir, ce qui ne sera tout de même qu'une réaction. Ce qui est toujours préférable à un conditionnement maintenu. Il n'y a pas de vie nouvelle. Il y a une vie insérée dans un ensemble dont il est impossible de s'extraire. A moins d'opter pour l'amnésie.


    'Habitus : essai de définition | 13 octobre 2007

    http://www.blogg.org/blog-56820-billet-682451.html

     

    Aujourd'hui, je vous propose de revenir sur la notion d'habitus théorisée par Pierre Bourdieu. Concept central de son oeuvre, l'habitus est au coeur même de l'analyse de la reproduction sociale et de la socialisation chez l'auteur. le billet suivant tente de revenir sur ce concept et de le définir afin de mieux en saisir les enjeux, les aspects pertinents mais également les limites.

     Le concept d'habitus apparaît pour la première fois chez Durkheim. Mais c'est surtout Bourdieu qui va utiliser ce concept dans son analyse sur la reproduction sociale. Pour lui, l'habitus peut se définir comme  un « système de dispositions durables et transposables, structures structurées disposées à fonctionner comme structures structurantes, c'est-à-dire en tant que principe générateurs et organisateurs de pratiques et de représentations qui peuvent être objectivement adaptées à leur but sans supposer la visée consciente de fins et la maîtrise expresse des opérations nécessaires pour les atteindre. [1]»
     Pour le dire simplement, l'individu est structuré par sa classe sociale d'appartenance, par un ensemble de règles, de conduites, de croyances, de valeurs propres à son groupe et relayés par la socialisation. A ce titre, il parle de « structures structurées ». De plus, ces dispositions acquises vont influencer sur sa manière de voir, de se représenter et d'agir sur le monde. L'individu va intérioriser des conduites, des comportements, tout un ensemble de choses sans en avoir conscience. Il va donc agir en fonction de tout cela sans le savoir. Ces structures vont en retour le structurer davantage encore (en me conférant une certaine vision du monde, certaines préférences) et le limiter dans mes choix. Ce qui correspond aux « structures structurantes ».
     ► Autre définition que nous donne Bourdieu : « L'habitus, système de disposition acquises par l'apprentissage implicite ou explicite qui fonctionne comme un système de schèmes générateurs, est générateur de stratégies qui peuvent être objectivement conformes aux intérêts objectifs de leurs auteurs sans en avoir été expressément conçues à cette fin. »[2] Pour simplifier, l'habitus est un ensemble de manière d'être, d'agir et de penser propre à un individu, fruit d'un apprentissage particulier lié à son groupe d'appartenance, qui diffère selon sa classe sociale, sa disposition en capital, et sa place occupée dans l'espace social. L'habitus structure les comportements et les actions de l'individu, et à la fois, il structure les positions dans l'espace social.
     Bourdieu distingue deux types d'habitus correspondant à deux étapes successives de la socialisation de l'individu. L'habitus primaire tout d'abord qui débute avec la vie et qui s'achève grosso modo durant le secondaire. C'est durant toute cette période que l'enfant va intérioriser et apprendre les normes, codes, règles de son groupe social d'appartenance. Cet habitus est le fruit de son éducation familiale et scolaire.
    Puis dans un second temps, ce qu'il nomme l'habitus secondaire qui correspond à l'ensemble des apprentissages que l'individu rencontrera par la suite tout au long de sa vie, et notamment dans le cadre de son environnement professionnel. La plupart du temps, habitus primaire et secondaire se succèdent sans heurts, dans la continuité : c'est la reproduction sociale. L'individu à l'âge adulte voit son habitus correspondre à celui de son groupe social d'origine. L'habitus acquis poursuit l'habitus hérité.

    Parfois, il arrive que l'habitus secondaire soit en contradiction avec l'habitus primaire. Les codes, normes, goûts, valeurs de l'individu tendent à ne pas correspondre à celles inculquées et intériorisées dans son enfance. L'individu change de groupe social, sa classe sociale acquise diffère de sa classe sociale d'origine. Il y a mobilité sociale. Mais nous dit Bourdieu, l'habitus primaire se rappelle souvent à l'individu qui commet des « erreurs » dans ses comportements et ses conduites sociales révélatrices de son statut nouveau acquis et non hérité. Exemple : ne pas aimer l'art contemporain alors que le groupe social dans lequel il évolue « adore » cela (bien accentuer le [o] pour faire très chic).


     Pour Bourdieu, si ces deux habitus sont complémentaires, il n'en reste pas moins que c'est l'habitus primaire qui domine et qui est le plus important. Il parle à ce titre d'un effet d'inertie de l'habitus.
     ► Il ne faut pas confondre habitus et habitude : l'habitude renvoie à une donnée conscientisée, liée à une pratique quotidienne, objective. L'habitude se porte sur des actes concrets, sur des objets, des gestes routiniers. L'habitus est un concept beaucoup plus large. Il correspond au style de vie, aux préférences affichées par l'individu de manière consciente mais qui sont liées à une certaine forme de socialisation inconsciente qui lui font justement préférer ces éléments.
     L'habitus est le concept central de la théorie de Bourdieu, car il lie les dimensions objectives (pratiques, loisirs, styles de vie, ce que fait l'individu) et subjectives (gôuts, préférences, etc, ce que pense l'individu). Il produit les individus et leurs logiques d'action. La socialisation selon Bourdieu, en assurant l'incorporation de l'habitus de classe, produit l'appartenance de classe des individus tout en reproduisant la classe en tant que groupe partageant le même habitus.  Ce concept est au fondement de sa théorie de la reproduction sociale qui passe pour être en grande partie inconsciente du fait même de l'habitus.
     

    Si l'ensemble des sociologues s'accorde pour dire que l'individu est traversé de part en part par des mécanismes sociaux, certains ont néanmoins critiqué l'approche trop objectivante du concept d'habitus. En effet, pour les tenants de l'individualisme, l'individu est acteur de ses propres choix, de ses décisions, même si celles-ci sont à resituer dans un contexte social, économique et historique particulier. Mais si le contexte est influent, il n'est pas déterminant. Or, l'approche de Bourdieu consiste à faire du contexte social une variable déterminante des conduites des agents sociaux. En effet, l'habitus est une notion qui conditionne l'individu à agir tel qu'il le désire. Comment peut-on être déterminé à agir si l'on agit comme on le souhaite ? C'est justement toute la pertinence du concept bourdieusien qui fait des choix et des désirs individuels, des contraintes inconscientes qui pèsent sur l'individu.


     

    ■ Prenons en exemple concret : les études de sociologie urbaine montre qu'un enfant vivant dans un environnement social (voisinage) où le taux de scolarisation est faible aura moins de chance de réussir que celui qui vit dans un environnement où le niveau de diplôme est plus élevé. Pour le dire en terme bourdieusien, si le contexte social dans lequel vit l'enfant est pauvre en capital culturel et économique, sa destinée sociale a toutes les chances de converger vers la situation contextuelle dans laquelle il vit.  On est là face à une inégalité sociale criante : l'environnement a une influence directe sur la réussite scolaire et donc la destinée sociale d'un enfant.


     

    Mais, si cette inégalité ne sonne pas le tocsin de la révolte sociale, c'est parce que les individus développent des comportements, des désirs, des choix, conformes à cet environnement. Ainsi, des enfants vivant dans un environnement social et culturel pauvre, où il y a peu de diplômes dans le voisinage auront beaucoup moins envie à leur tour de faire des études. Ce faisant, cette situation factuelle d'inégalité sociale se transforme en choix individuel. Si l'enfant ne veut pas faire d'études, c'est parce qu'il a acquis des désirs conformes à son groupe, à son environnement social. Une fois acquis, il va agir conformément aux spécificités de son groupe social. Il aura l'impression d'agir librement, alors que le contexte social l'aura inconsciemment contraint à agir de la sorte. Pour Bourdieu, c'est bien l'habitus qui permet d'expliquer le phénomène de la reproduction sociale. Mais étant en grande partie inconscient, il n'est pas remis en question ni interrogé. En outre, il est aussi fortement contraignant et révélateur de déterminismes sociaux. C'est sur cet aspect trop déterministe qu'il est fréquemment critiqué (à juste titre par ailleurs, même si son interprétation reste en grande partie pertinente).


     Des sociologues comme Boudon par exemple (ou plus contemporain, M. Duru-Bellat, F. Dubet, J.-C. Kaufmann, etc.) reconnaissent ses apports et la pertinence de son concept d'habitus mais le minimise dans le sens où ils laissent une place plus grande à l'individu dans sa capacité à dépasser sa condition, à sortir du cadre de sa conformité reproductive. A ce titre, on parle de « sujets » plus que d'acteurs ou d'agents sociaux.


    [1] P. Bourdieu, Le sens pratique, p.88-89.

    [2] Ibid, pp. 120-121.

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  • Pute fonctionnaire

    Les éditeurs veulent du sexe ?

    Pas de problème, j'ai ça en rayon.


    JUSQU'AU BOUT

     

    Il chercha le numéro de téléphone du sex-shop et l’appela.

    « Sex-shop du sans-souci, à votre service.

    - Bonsoir, c’est moi qui vous ai déposé une pellicule photo, il y a quelques jours et vous m’avez parlé de rencontres qui pourraient m’intéresser.

    - Des photos, j’en développe pas mal. Alors il faudrait être plus précis si vous voulez que je vous remette.

    - Un mec, il avait failli dire un curé, avec une fille qui le pompait dans une bagnole. Ca vous suffit.

    - Ah oui ! ça y est je vous remets, s’exclama l’homme d’une voix enthousiaste. Des beaux clichés. Ca vous intéresse alors mes petites rencontres ?

    - Oui, c’est possible.

    - C’est simple, ça se passe dans un manoir à trente kilomètres de Rennes. Les proprios sont super sympas. Ils nous prêtent le parc, la piscine et quelques pièces pour tourner des films pornos amateurs. Tous les acteurs sont payés et je suis certain que vous leur plairiez. Ils cherchent toujours des jeunes d’allure sportive. Les cassettes sont vendues en magasin, au black, si vous voyez ce que je veux dire. Et le tarif pour les acteurs augmente avec les spécialités.

    - C’est à dire ?

    - C’est 250 francs de l’heure pour les hétéros, 300 pour les homos, 400 les bi et 600 les transsexuels. On ne fait pas le sado maso et tout le reste. Les proprios n’aiment pas. Venez nous rendre visite le week-end prochain, on fait un nouveau tournage. Je parlerai de vous. Ca ne vous engage à rien mais je suis certain que votre physique intéressera l’équipe. Et quand vous verrez l’ambiance, je suis certain aussi que ça vous plaira.

    - Et vous, là-dedans, quel est votre rôle ?

    - Moi je fais des photos et je les vends. Mon truc, c’est toujours de mâter. »

    Il donna son nom, écouta quelques consignes pour accéder au manoir et raccrocha.

    Il pensa au voyage au Canada.

    Plus rien ne l’arrêterait. Il le savait.

     

     

    Il se présenta à la grille du parc à quatorze heures. Il sonna. Une soubrette à la plastique splendide vint lui ouvrir. Il donna son nom et celui du sex-shop. Aussitôt, la jeune fille lui ouvrit. Il gara le fourgon sous les arbres et suivit la demoiselle. Il pensa que si toutes les actrices avaient cette allure, il pourrait aligner dix heures d’érection.

    Ils gravirent un escalier extérieur et en suivant le perron en granit rose, contournèrent le manoir. L’argent suintait de tous les murs. Par les fenêtres immenses, il aperçut des intérieurs rutilants.

    « Baiser dans des lits à baldaquins ou des fauteuils Renaissance devrait avoir un certain charme. »

     

    Des arbres centenaires encadraient la totalité du parc. Il n’en voyait même pas les limites. Quand ils franchirent l’angle de la bâtisse, le spectacle qui s’offrit à ses yeux le cloua sur place. Une dizaine de personnes, nues, installées sur de grands matelas de toile bleue, forniquaient. Par deux, trois ou davantage, les corps étaient mêlés dans toutes les positions. Certains participants portaient un masque. Deux caméramans et un photographe circulaient alternant les prises rapprochées avec des plans plus larges. Quatre jeunes hommes imbriqués attiraient pour l’instant toutes leurs attentions.

    « Avec ou sans masque ? interrogea la jeune fille imperturbable.

    - Pardon ?

    - Vous pouvez mettre un masque si vous voulez rester anonyme. Ce film est destiné à être vendu. Des personnes de votre entourage pourraient vous reconnaître.

    - Ça m’étonnerait beaucoup que parmi mes connaissances, il y ait des amateurs de films pornos.

    - Détrompez-vous monsieur. Vous pourriez être très étonné. Certains de nos anciens acteurs ont connu, parfois, quelques sérieuses difficultés. Dans leur travail notamment. Et parmi tous les gens que vous rencontrez dans votre vie professionnelle, je peux vous assurer qu’il y a beaucoup de monde à avoir une sexualité très débridée mais secrète ! 

    - Oui, c’est possible… Avec masque alors », finit-il par dire sans quitter des yeux les corps agités.

     

    Elle le guida vers un coffre en bois sculpté et lui proposa de choisir. Il trouva un visage de chimpanzé rieur qui l’amusa.

    « Si vous voulez participer aujourd’hui, vous vous déshabillez et vous rentrez dans le champ des caméras, c’est tout. Vous n’avez pas à vous présenter aux autres participants. Tous les gens admis ici sont immédiatement acceptés par les groupes. Vous n’avez qu’à faire part de vos préférences pour trouver vos partenaires. Personne ne vous posera aucune question sur votre vie privée. C’est la règle établie par les propriétaires. Je vous sers une boisson ?

    - Un jus de fruits, s’il vous plaît. Merci. »

    Le ton de la fille était resté identique du début à la fin. Poli et impersonnel. Une hôtesse de hall de gare.

    Elle revint avec un verre immense. Il regardait un couple très actif et bruyant. La femme à la poitrine abondante l’attirait particulièrement. Les seins lourds dansaient à chaque coup de boutoir.

    Il vida son verre rapidement et se déshabilla. Il coiffa son masque de singe et descendit dans la mêlée.

     

     

    Il quitta le manoir vers vingt-deux heures. Personne n’était autorisé à dormir sur les lieux.

    Il ne l’avait pas remarqué en arrivant mais, légèrement à l’écart des groupes, un homme d’une quarantaine d’années avait tenu les comptes. Il notait le temps « d’action réelle » sur le tournage.

    Il fut crédité de cinq heures avec l’étiquette « bisexuel. » Le rôle avait l’avantage de laisser deux possibilités à l’acteur. C’était plus rentable. Il avait d’ailleurs appris par cet homme que les propriétaires avaient grandement apprécié ses doubles prestations et qu’il serait contacté pour le prochain tournage. Celui-ci aurait lieu lorsque toutes les cassettes auraient été vendues et les bénéfices comptabilisés.

    Il avait donc reçu deux mille francs mais il en avait dépensé la moitié pour l’achat de résine de cannabis. Le joint qu’on lui avait proposé pendant une pause en contenait et il avait trouvé les effets foudroyants et particulièrement puissants. Un des acteurs lui avait expliqué que l’usage de stupéfiants était fréquent pendant les tournages. Il n’avait jamais senti une telle chaleur dans son sexe. Il avait eu l’impression de labourer sa partenaire aux gros seins avec un tisonnier ! Depuis quelques temps, les simples joints de cannabis ne lui procuraient plus le même plaisir. La découverte de la résine l’avait enthousiasmé. Il avait par contre été incapable de conduire. Il s’était installé dans un chemin à deux kilomètres du manoir.

     

    Avant de s’endormir, il compta le nombre de soirées nécessaires au paiement d’un séjour au Canada. Il s’avoua néanmoins que même sans un tel projet, il y retournerait avec plaisir.

    Il pensa à Anne et se dit qu’elle le traiterait certainement de putain ou de n’importe quel autre nom du même genre si elle apprenait quelque chose. Venant d’elle, il sut que ça ne le toucherait pas et que ça serait même un très bon moyen pour la décider à le quitter.

    C’est elle, d’ailleurs, qui jouait la pute pour l’éducation nationale, pensa-t-il, amusé. Elle vendait son esprit et son énergie, se couchait devant les programmes et les directives ministérielles et elle jouissait, pour une fois, quand l’inspecteur lui attribuait une bonne note ! Et avec un salaire en plus ! Pute fonctionnaire, quel beau titre ! Elle acceptait cela en défendant des idées sur lesquelles elle n‘avait jamais réfléchi, des dogmes qui s’étaient infiltrés en elle à travers des années d’école, des concepts moraux et religieux qui l’avaient pénétrée insidieusement, avec de délicates caresses, de longs préliminaires et de multiples partenaires. Jusqu’à ce qu’elle finisse par s’offrir langoureusement, sans aucune résistance, avec le sentiment du devoir accompli, heureuse du rôle qu’on lui proposait, de la confiance qu’on lui accordait, laissant ruisseler en elle la semence intellectuelle et perverse de ses formateurs, persuadée de tenir sa vie entre ses mains, épanouie par des années de soumission passive et rémunérée. Et non seulement, elle se faisait prendre mais elle entraînait les enfants avec elle. C’était de la pédophilie ! Et maquée avec un ministre ! Cotisation retraite et sécurité sociale ! De toute façon, toute cette vie en société était une vie de pute. On passait son temps à se coucher. Enfant, on se couchait devant ses parents pour obtenir un câlin, un bonbon ou un jouet, puis devant ses enseignants pour une bonne note, un bon carnet scolaire et devant ses patrons pour un bon salaire et une promotion.

    Il n’y a que devant la mort qu’on se couchait pour rien… Là, c’était l’arnaque totale !

    Ou peut-être le seul moment où on arrêtait d’être une pute. Le premier et le dernier combat vraiment gratuit !

    « Moi, au moins, je regarde la prison dans laquelle je survis. Je l’observe, je la scrute, je cherche ses faiblesses. Je prends du recul au maximum, je m’appuie contre un des murs et j’observe ce qui se passe dans les trois autres parties de la pièce. Je connais les autres prisonniers, je connais les règles, les techniques d’embrigadement et je sais que la seule porte de sortie, c’est la mort. Mais les gardiens ne contrôlent pas mon esprit. J’ai des échappatoires. La nature, le sport, le cannabis et le sexe. Les enfants représentent ma mission. Eux seuls peuvent me permettre d’atteindre la porte de sortie, fier et droit. Et libre. Et j’y parviendrai. Je ne mourrai pas en pute soumise. » 

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  • Le porno des ménagères

    Alors, donc, c'est un livre réservé aux mères de famille...C'est étrange ça tout de même et en même temps, ça montre bien le fonctionnement de ce "marché"...Il faut s'adresser à une clientèle ciblée.

    Je vais écrire un porno pour les enseignants tiens :))





    «Je ne fais pas l’amour, je baise brutalement», a prévenu le héros du porno pour maman d'E.L. James, dont 320.000 exemplaires envahissent aujourd'hui nos librairies.

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    C'est le roman le plus vendu en 2012: "Cinquante nuances de Grey", premier tome de la trilogie sado-masochiste à l'eau de rose de la Britannique E.L. James, sort mercredi en France après s'être arraché à plus de 40 millions d'exemplaires dans le monde.
(c) Afp

    C'est le roman le plus vendu en 2012: "Cinquante nuances de Grey", premier tome de la trilogie sado-masochiste à l'eau de rose de la Britannique E.L. James, sort mercredi en France après s'être arraché à plus de 40 millions d'exemplaires dans le monde. (c) Afp
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    Il paraît que c'est un événement. D'un point de vue littéraire, on n'en est pas sûr. Mais du strict point de vue des chiffres, c'est indubitablement le phénomène éditorial de l'année. «Cinquante nuances de Grey» envahit, ce 17 octobre, les tables de nos librairies après avoir été écoulé à plus de 40 millions exemplaires dans le reste du monde.

    Les mères de famille françaises, il était temps, vont donc enfin pouvoir découvrir «le porno pour maman» dans la langue de Molière. Qu'elles se rassurent cependant: en tirant à plus de 320.000 exemplaires ces aventures érotiques d'Anastasia, les éditions Lattès minimisent les risques de crêpage de chignons dans les rayonnages.

    Anastasia, justement, est une jeune étudiante en lettres, vierge à la différence de la plupart des étudiantes en lettres, mais qui rêve néanmoins d’une romance à l’eau de rose. Jusqu'au jour où elle tombe sous le charme d’un jeune milliardaire, Christian Grey, qui pilote lui-même son hélicoptère - c’est dire s'il est sexy. Ce coup de foudre, né d’une banale interview, se concrétise par la signature d’un contrat qui fait d'elle son esclave sexuelle. On ignore à ce stade s'il s'agit d'un CDI ou d'un CDD, car l'histoire doit courir sur deux autres volumes (à paraître en France en janvier et février prochain).

    Suivent, sur plusieurs centaines de pages, diverses pratiques vaguement sadomasochistes que la pudeur interdit de révéler, d'autant qu'on en a déjà un peu parlé ici. «Je ne fais pas l’amour, je baise brutalement», promet d'ailleurs Christian Grey.

    La France sera-t-elle, ou pas, une bête à porn? E.L. James, l’auteur, une ex-productrice de télé de 49 ans, va-t-elle la menotter comme elle a émoustillé le reste de la planète? Pour le magazine «Elle», c'est clair: son livre va «révolutionner votre vie sexuelle», rien de moins. J.K. Rowling a décidément du mouron à se faire avec son pudding pour adultes

    BibliObs

    PS. Comme un best-seller sort toujours accompagné, les éditions Larousse annoncent pour le 6 novembre un guide pratique supposé expliquer les positions sexuelles évoquées dans «Cinquante nuances de Grey». Il porte un titre ambitieux: «Cinquante nuances de plaisir». 

     Pour en savoir plus: Allô maman porno

     Revenir à la Une de BibliObs

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  • Lol, le dépeçage en règle !

    MERCI MONSIEUR GARCIN :)

    Accueil > La tendance de Jérôme Garcin > J.K. Rowling, quel pudding !

    J.K. Rowling, quel pudding !

    Créé le 10-10-2012 à 17h53 - Mis à jour le 12-10-2012 à 09h43

    La maman de Harry Potter publie donc «Une place à prendre». Attention, concours de poncifs.

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    J.K. Rowling a trouvé «Une place à prendre»: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne. (©Lefteris Pitarakis / AP / Sipa)

    J.K. Rowling a trouvé «Une place à prendre»: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne. (©Lefteris Pitarakis / AP / Sipa)
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    Où diable se situe la ville de Pagford? «Dans un écrin de verdure.» Forcément, le ciel du petit matin est «livide», la vue «imprenable», le panorama «grandiose», le vallon «profond» et le vent, «cinglant». Il y a également un fleuve, qui «scintille à travers l'ajour des feuillages». Ainsi qu'une église, où se déroule l'enterrement du notable Barry Fairbrother. Et là, surprise, «la foule endeuillée tout de noir vêtue» progresse sur un chemin «noir de monde »au milieu des «chapeaux de paille noirs», bref, «tout Pagford est dans ses habits les plus sombres». Je crois qu'on a compris: il s'agit bien d'obsèques.

    Et c'est ainsi pendant 680 pages. Mortelles, les pages. La France avait Marceline Desbordes-Valmore, alias «Notre-Dame-Des-Pleurs», l'Angleterre nous offre J.K. Rowling, une desperate housewife qui se prend pour Dickens.

    En résumé: le monde est moche, les maisons de riches sentent la cire et les gourbis de pauvres sentent la sueur, les enfants bourgeois sont propres et les bébés défavorisés ont des croûtes sur les fesses, les vieilles sont catarrheuses et les épiciers ventripotents, les jeunes baisent et se shootent.

    Lorsque la maman de Harry Potter n'ajoute pas le manichéisme à la tautologie, elle semble participer à un concours de poncifs, façon jeux floraux. Dès la page 33, le ton est donné: 

    Ses cheveux bruns aux reflets cuivrés ondoyaient en une cascade de vagues soyeuses qui s'en allaient caresser le creux de ses omoplates; la finesse exquise de son nez à peine retroussé soulignait le dessin saisissant de ses lèvres charnues; dans ses grands yeux écartés pétillaient des iris dont la robe noisette piquetée de vert évoquait le duvet de certaines pommes rousses.» 

    Ce n'est plus une jeune fille, c'est un poster d'Arcimboldo. On voit qu'il y avait «Une place à prendre» (Grasset, 24 euros), et Mrs Rowling l'a prise: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne, qui est une saison mélancolique.

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  • Pablo Neruda

    PABLO NERUDA
    Généraux
    Traîtres :
    Regardez ma maison morte
    Regardez l'Espagne blessée.
    Mais de chaque maison sort un métal ardent
    En guise de fleurs,
    Mais de chaque blessure de l'Espagne
    Sort l'Espagne,
    Mais de chaque enfant mort sort un fusil avec des yeux,

    Mais de chaque crime naissent des balles
    Qui trouveront un jour la place
    de votre coeur.
    Vous demandez pourquoi ma poésie
    Ne parle pas du songe, des feuilles,
    Des grands volcans de mon pays natal ?

    Venez voir le sang dans les rues,
    Venez voir
    Le sang dans les rues,
    Venez voir le sang
    Dans les rues !

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  • "Le jeu de la mort" (spiritualité/mort)

    Effrayant et édifiant...

     

    "La désobéissance est un acte individuel qui tire sa force de la capacité des hommes à oeuvrer en commun. La désobéissance ouvre la voie à la résistance collective. En ce sens, elle est un danger pour tout pouvoir qui abuse de son autorité."

    A 1h10...Magnifique. Cette jeune femme, qui se dit fragile, qui dit qu'elle va pleurer, et qui a le COURAGE, la force d'arrêter en pensant qu'elle est "faible" alors qu'elle est EXEMPLAIRE...J'espère qu'elle y trouvera l'occasion de reconnaître sa beauté intérieure. Tout autant que les 16 autres qui ont "osé" désobéir...16 sur 80...


  • Reflets du temps : agressions sur les profs.

    http://www.refletsdutemps.fr/index.php?option=com_zoo&task=item&item_id=1833&Itemid=2

    On ne les compte plus depuis le début de l’année, mais qu’en est-il envers les élèves ?…

    Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu’ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciation sur un devoir d’Anglais : « Qu’est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur ? »

    Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l’année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d’apprendre, ses faiblesses n’étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, en un mois de classe, l’image qu’il a de lui, c’est celle d’un « nul ».

    Tous les jours, en France, des enfants sont « poignardés » par des professeurs qui n’ont aucune conscience du mal qu’ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d’avoir la moindre compassion, d’éprouver le moindre amour.

    Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.

    Qui se pose la question de ce que vivent les enfants ?

     

    ***

     

    En guise de premier commentaire, en attendant tous les autres :

    « La poule et l’œuf »

    Martine L Petauton

     

    Certes, Thierry, l’agression de l’élève pousse, comme champignons en automne ; et ce n’est pas d’aujourd’hui ! L’écrit du professeur sur cette copie, est inadmissible ; il met en cause l’individu, bien autant que l’élève ; il juge, ressort, avec son prétendu humour, d’une forme de mort symbolique. Il ne respecte pas l’enfant qui veille toujours sous l’apprenant. C’est pile, le propos du Président, l’autre jour à la Sorbonne, quand il a dit – un peu vite ; je crains les trains entiers des incompréhensions : réformer la notation, par davantage de bienveillance. Il faut entendre : éviter le jugement péremptoire, arrêté ; celui qui ne permet pas le changement, la remédiation, les progrès, bref, celui qui ferme la porte, et ne l’ouvre plus. Ségolène, en tant que ministre, avait, en son temps, dit la même chose, au sujet du décliné des bulletins scolaires, qui, curieusement (ça en disait long sur les mentalités professorales) oubliait de signaler ce que l’élève devait faire pour améliorer ses résultats… Je me souviens d’un principal que j’aimais beaucoup, et que j’ai la chance de compter, encore aujourd’hui, parmi mes tout proches, qui avait tonné – avec quelle raison – contre un professeur, ravi de parler de « cette classe dépotoir » ! Ne rien sacrifier des valeurs hautes de l’école, voilà la mission de chefs d’établissements, pas toujours à leur poste.

    L’élève est une personne. Vous avez raison de le dire avec force.

    Mais, dans l’affaire de votre chronique, il y a une autre personne, c’est le professeur. N’est-il pas agressé, celui-là, juste sorti de ses théoriques études, mal, vite, trop peu formé, lâché dans une arène dont il ne connaît pas les codes ? N’est-il pas agacé, ce vieux de la vieille, campant sur son « expérience » de professeur (acquise, et immobilisée, il y a des décennies), par cette mauvaise évaluation qui – quelque part, selon lui – signe son « mauvais cours », donc, lui renvoie une image défaillante de lui-même ! J’ai ainsi connu, une collègue, qui pleurait, quand « ces petits cons avaient encore raté le devoir ! »

    Bref, Thierry, la poule et l’œuf ?

     

    Thierry Ledru

    A propos de l'auteur

    Thierry Ledru

    Rédacteur

     

    Je suis marié, nous avons trois enfants (ados), je suis instituteur depuis mes 19 ans. Je vis en Savoie. J’ai passé un BAC litté/philo et je suis tout de suite entré à l’école Normale (IUFM aujourd’hui). A l’époque je vivais en Bretagne mais j’étais passionné par l’escalade et l’alpinisme et je voulais aller vivre dans les Alpes. Mes deux dernières années de lycée, j’ai eu la chance immense d’avoir un prof de Français et une prof de philo extraordinaires. J’adorais lire et écrire et peu à peu ils m’ont permis d’avoir avec eux une relation privilégiée, des échanges extrêmement enrichissants, non seulement d’un point de vue cognitif mais surtout sur le plan humain. Krishnamurti, Ouspensky, Platon, Gurdjieff, Camus, Sartre, Saint-Exupéry, Lanza del Vasto, Gandhi, Koestler, Conrad, Steinbeck, Heminghway, Prajnanpad, Vivekananda, Sri Aurobindo, London, Moitessier, Arséniev, tout ce qu’ils m’ont fait connaître ! Tout ce que je leur dois ! J’écrivais des nouvelles, ils les lisaient, les critiquaient, m’encourageaient. Ils disaient tous les deux qu’un jour je serai édité.

     

    Livres publiés :

    Vertiges, Editions La Fontaine de Siloé, Collection Rhapsodie, 2003

    Noirceur des cimes, Altal Editions, Collection litterae, arum, 2007

    Commentaires (8)

    • Jean-François Vincent
      13 Octobre 2012 à 14:38 |

      Les commentaires des copies comme des bulletins trimestriels sont un exercice fatidieux et répétitif. Le commentaire que vous citez est imbécile; mais, avec un peu d'humour, on peut en faire quelque chose d'amusant, pour, il est vrai, des élèves plus agés, capables d'en rire. J'ai connu un prof de philo facétieux, qui, un jour, avait écrit sur un bulletin : "n'a cessé de progresser...Vers le radiateur!".

    • eva talineau
      14 Octobre 2012 à 00:31 |

      cher Monsieur, vous êtes en train de faire un amalgame assez étrange entre un enseignant qui critique des élèves sans suffisammment se soucier de leur sensibilité, et l'acte d'attaquer quelqu'un physiquement ! en outre, les enseignants qui, récemment, ont été attaqués ne l'ont pas été pour avoir manqué de délicatesse, mais pour avoir, au moins dans un des cas, essayé d'aborder des sujets qui ne plaisaient pas soit à l'élève, soit à ses parents, c'est à dire "le fait religieux", et l'islam. Enfin, c'est ce qu'on est arrivé à grand peine à comprendre, en recoupant diverses informations embarassées, tant les medias ont d'abord présenté l'affaire de manière lénifiante. De toutes façons, même si un manque de tact d'un enseignant avait été en cause, je ne vois pas en quoi cela "justifierait", en quelque sorte, la violence physique ! les mots ont été inventés pour répondre aux mots - on a l'impression que vous trouvez au fond "compréhensible" que les enseignants se fassent agresser soit par des élèves, soit par des parents d'élèves incapables de supporter la contrariété, à coups de poing ou à l'arme blanche !

    • 14 Octobre 2012 à 13:40 |

      Pour ma part Martine, je dirai que le prof est responsable de ce que les élèves lui font vivre. Non pas qu'il est responsable de la situation extérieure à sa classe, de toutes les difficultés inhérentes à la société, chômage, misère sociale, angoisses générées par les images de ce monde, contre tout cela il ne peut rien mais il se doit d'être le "Maître" du sanctuaire que doit être l'école. Les enfants qui y viennent n'ont pas à y souffrir et cela n'enlève en rien leur devoir de travail. L'immense différence au regard du monde extérieur, c'est qu'à l'école ils sont en droit d'attendre un regard accueillant, attentif, respectueux, une attitude nourrie par la patience, l'écoute, l'échange surtout, l'échange...Combien sont-ils ces professeurs qui connaissent réellement leurs élèves? S'ils ne voient face à eux que des élèves, comment pourraient-ils espérer établir une relation respectueuse puisqu'ils nient dès le départ, l'individu lui-même. C'est à l'adulte enseignant de faire le premier pas. Pas l'inverse. Les enfants et même les adolescents ne savent pas encore observer leurs propres fonctionnements. Ils agissent à l'instinct et leur instinct les conduit à une position défensive si l'adulte, face à eux, se contentent de monter au front...Je n'ai pas respecté mes professeurs "à priori" mais parce que je sentais profondément qu'ils nous respectaient. L'attitude inverse est tout autant vraie. Mais il est bien plus facile d'instaurer un rapport de forces, c'est à la portée de n'importe qui. La formation des enseignants est similaire à celle des gradés de l'armée. "Nous ne vous demandons pas d'en faire des hommes mais des techniciens. Montrez leur que vous possédez le savoir dont ils ont besoin pour trouver leur place. Qu'ils vous soient soumis. Mettez en place un conditionnement favorable à l'obéissance. Ils n'ont pas à comprendre ce qu'ils font, ils doivent juste appliquer vos directives."

      A l'inverse, on peut apprendre aux enfants à observer ce qu'ils vivent. Un exemple : j'ai expliqué cette semaine que lorsque j'avais décidé au tennis de passer du revers à une main au revers à deux mains, j'avais réalisé que l'ensemble de mon jeu s'était détraqué. Tout à fait normal. On apprend par paliers et il faut accepter que les acquis précédents soient atteints lorsqu'un autre apprentissage se met en place. Il faut apprendre la patience et l'attention, apprendre à rester positif et appliqué, réfréner la colère ou le dépit, ne pas considérer que l'objectif est plus important que l'acte présent etc etc...
      Pourquoi les enseignants ne parviennent pas, pour beaucoup d'entre eux, à établir ces échanges existentiels, puisqu'il s'agit bien de ça ? Parce que la formation initiale ne les a pas amenés à cette voie ? Et pourquoi ne réalisent-ils pas que c'est le nœud du problème, pourquoi ne s'y engagent-ils pas d'eux-mêmes? Pourquoi attendent-ils des solutions techniques à un problème qui ne relève pas de la technique? On nous dit maintenant que tout ira mieux parce qu'on va travailler le mercredi matin, que le calendrier va changer, qu'on va revoir les programmes et patati et patata...Trente ans que je vois les mêmes plantages. On marche à l'envers et NOUS sommes responsables. Pas les enfants. Et qu'on ne vienne pas me dire que ce que je prône ne fonctionne que dans des classes "tranquilles". J'ai été éducateur sportif pour délinquants adolescents caractériels et j'ai enseigné en SEGPA. Et puis d'ailleurs, les classes "tranquilles", ça fait un moment que ça n'existe plus. Où que ça soit. Alors, on fait quoi ?
      Pour ce qui est des bulletins trimestriels, je n'en fais pas. J'écris cinq lettres dans l'année à chaque enfant. Des lettres dans lesquelles je leur parle d'eux, de leurs progrès, de leur attitude, de mes attentes, de tout ce que je ressens à travers ces instants de vie commune. Aucun jugement. Un partage. Des droits et des devoirs mais surtout, surtout en ne mélangeant jamais que ce que l'enfant fait n'est pas ce qu'il est. Le contenant avant le contenu. Toujours.

      • Martine L
        15 Octobre 2012 à 10:15 |

        " le prof est responsable de ce que les élèves lui font vivre " !!! non, Thierry, à ce credo - permettez moi, " sûr de soi et dominateur", dangereusement simpliste, imbibé de " culture de l'excuse", qui - à mon humble avis, n'est pas de nature à changer les choses. Seule la discussion, la mutualisation ; seules des recherches en termes de négociations, de compromis, et non de compromission, sont de nature à faire progresser, dans un chantier - école où il y a urgence.

    • 14 Octobre 2012 à 17:18 |

      OK le professeur n'a pas à juger l'élève mais son travail.
      Mais, nous, avons-nous le droit de juger le professeur et de soutenir l'élève ? Comment l'élève peut-il avoir envie de travailler si nous le soutenons contre le professeur, tant que celui-ci n'arrive pas à être parfait ? ...

    • 14 Octobre 2012 à 18:02 |

      Madame Talineau
      Les médias ne parlent que de certains cas d'agressions, qu'il s'agisse de professeurs ou d'élèves. On connaît la vue extrêmement étroite des médias et leur parti pris pour leur audimat. La réalité du terrain est toute autre. Je pourrais vous parler pendant bien longtemps de tous les cas que je connais personnellement d'enfants humiliés, d'enfants qui quittent le système scolaire, non pas parce qu'ils n'ont pas les capacités à apprendre mais parce qu'ils sont au bout, psychologiquement. Non, je ne fais pas d'amalgame avec les professeurs agressés pour avoir abordé des sujets sensibles au regard de certains élèves. Le sujet est éminemment complexe. De la même façon, je connais aussi des professeurs qui œuvrent au bien être de leurs élèves à travers les apprentissages. Ils sont nombreux eux aussi. Mais je connais aussi leurs difficultés au regard de la hiérarchie, de "l'équipe pédagogique", des proviseurs, du ministère. Quand un professeur se voit reprocher une "trop grande complicité" avec ses élèves et la raison de leur rébellion avec des professeurs "autoritaristes", je me dis qu'il y a vraiment quelque chose de pourri dans ce royaume. Rudolf Steiner disait qu'il ne sert à rien de lutter contre la vieille école, il faut juste attendre qu'elle meure. Mais combien d'enfants "morts" compterons-nous avec elle ? Suffit-il de se dire qu'il en a toujours été ainsi et que l'école ne peut pas tout régler? Non, elle ne le peut pas, c'est évident. Mais, elle n'a pas pour rôle d'accroître les douleurs. Je me souviens très bien de ma scolarité. J'ai rencontré des hommes et des femmes remarquables. Peu, mails m'ont considérablement marqué. Je suis devenu enseignant en me nourrissant de leur exemple. Je me souviens aussi très bien de ceux et celles qui m'ont cassé. Jusqu'à en tomber malade. J'ai cinquante ans aujourd'hui et je ne supporte plus l'idée que rien n'a changé. Claude Allègre parlait de "mammouth". Je préfère le terme de "fossile". On ne change pas un fossile. On le brise, on le réduit en poussière.

    • 14 Octobre 2012 à 20:28 |

      Monsieur Gabard.


      Aucune professeur ne sera jamais parfait pour la simple raison que nous sommes dans une dimension humaine. En technologie, on peut parfois parler de perfection. Dans une classe, on peut viser la perfection en sachant qu’elle restera inaccessible. Elle consistera uniquement à refuser catégoriquement les stéréotypes, les amalgames, les « méthodes », les jugements péremptoires, l’idée que plus aucune évolution n’est envisageable, elle consistera à écouter, à ressentir, à être patient, attentif, accueillant. Elle consistera aussi à être rigoureux, intransigeant quand il faut l’être mais en étant capable de justifier chaque décision, non pas au regard d’un règlement intérieur mais au regard de l’humanité.
      Dans une classe, chaque enfant est une individualité mais il évolue au cœur d’un système familial, sociétal, il a une histoire personnelle et elles sont de plus en plus complexes…Il ne s’agit pas pour tous les acteurs qui se croisent de "soutenir" l’un ou l’autre, de s’opposer, de soumettre, de convertir mais d’œuvrer conjointement, en bonne intelligence, à l’éveil de l’enfant. Bien évidemment que c’est difficile mais rien n’est possible en se figeant dans une citadelle. L'échec, sinon, est déjà programmé. Nous n’accueillons pas des élèves, nous accueillons des enfants. Ils rentrent dans les enceintes scolaires avec leur histoire et il est aberrant d’espérer les voir entrer, « nus » et disponibles. Soit, l’ensemble de l’individu est pris en considération, soit on se heurtera à un élève, c’est inévitable. Bien évidemment qu’il faut laisser du temps aux enseignants pour valider une telle démarche. Encore faut-il qu’ils l’acceptent. Je connais une professeur qui s’est vue reprocher par « l’équipe pédagogique » d’un collège sa trop grande complicité avec les élèves, c’était de sa faute si les élèves ensuite se rebellaient dans les autres cours. La hiérarchie n’aime pas les singularités pédagogiques, elle n’aime pas que les enfants soient considérés, qu’ils ne soient pas que des élèves. « C’est le terreau du désordre. »
      Non, c’est le ferment de l’humanité.

    • Jean-Luc Lamouché
      16 Octobre 2012 à 15:52 |

      ...Des élèves "poignardés"... ! Non, monsieur, car les mots ont un sens ! Un conseil donc : modérez votre langage, car, on ne peut pas vous suivre quand vous parlez comme cela. Votre choix sémantique est trop grave en contribuant ainsi à décourager les jeunes enseignants, qui ont d'abord besoin d'être soutenus - certes pas d'une manière inconditionnelle (là je suis évidemment d'accord).
      Comme il existe parfois dans nos établissements des sortes de "bonnes sœurs laïques" d'extrême gauche, qui voient les jeunes des zones dites "sensibles" comme des petits christs (de banlieues), vous me faites pensez à elles, monsieur. Et, à mon avis, elles font beaucoup de dégâts... ! Les élèves, surtout dans ces zones, ne sont ni des christs, ni des diables - voyez-vous.
      Vous êtes dans la généralisation, dans l'outrance. Oui, il y a des humiliations d'élèves à cause de certains enseignants, mais vous ne vous situez que d'un côté. Venez donc dans les régions "sensibles", car votre biographie montre que vous ne semblez pas les fréquenter vraiment beaucoup...
      J'ai toujours adoré mon métier, pour les matières enseignées et le contact avec mes élèves. Je sais qu'il y a un "effet professeur", positif ou négatif - je vous rejoins sur ce point. Mais en fait, quelque part, vous me semblez être toujours un élève (au niveau inconscient) et vous ne vous assumez pas comme enseignant, dans la fonction d'autorité qui doit être la nôtre, au risque de voir l'autoritarisme (un grave défaut) tout submerger un jour : certains sont déjà demandeurs, par exemple parmi les parents - et essentiellement pour les enfants des autres, bien sûr. Et cela sans oublier un certain courant politique plutôt en vogue...

        • eva talineau
          17 Octobre 2012 à 14:18 |

          effectivement ! il n'y a aucune mesure entre critiquer un élève, même maladroitement et sans délicatesse, et "poignarder" quelqu'un. Mal nommer les choses ajoute au désordre du monde.

      • 17 Octobre 2012 à 04:11 |

        Mr Lamouché.
        Éducateur avec des adolescents délinquants caractériels, vous pensez que c'est assez "sensible" ? Enseignant en SEGPA, c'est assez "sensible" ? Je ne vais pas faire ma biographie ici pour vous apparaître suffisamment compétent. Vous me voyez comme une "bonne sœur". C'est votre choix. Vous attribuez le seul terme d'autorité à notre fonction ? C'est votre choix. Vous pensez que je condamne d'emblée les jeunes enseignants ? Alors, relisez moi autrement qu'en diagonale et vous verrez que nous nous accordons sur bien des points. Vous ne notez que ce qui vous dérange et vous le sortez de l'ensemble. Si les enseignants n'ont que de l'autorité à dresser devant les enfants pour justifier ce qu'ils demandent, alors qu'ils ne s'étonnent pas que ça ne soit plus suffisant lorsque ces enfants seront adolescents. Lorsqu'il faudra faire intervenir l'armée dans les cours de collège, peut-être qu'on se mettra à y réfléchir...

      • 18 Octobre 2012 à 06:12 |

        C'est tout de même assez consternant de voir à quel point ,e fond du problème peut être nié...La symbolique des guillemets vous échapperait-elle ? En tout cas, la fossilisation des comportements est une réalité criante.

      • 18 Octobre 2012 à 09:11 |

        Et si Julles Ferry c'était trompé? Où, pensez-vous que le fait de rendre l'école obligatoire au delà de l'enseignement primaire soit une solution toujours valable à notre époque?

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