Là-Haut

Blog

Allan Watts

Par Le 13/08/2012


"Le Moi est une image sociale à laquelle l'esprit apprend à s'identifier. Il est le rôle que la société prescrit à l'individu afin de pouvoir tabler sur un centre d'action stable dont on peut prévoir le comportement parce qu'il oppose une résistance inébranlable aux mouvements de la spontanéité. Une extrême souffrance ou l'imminence de la mort l'empêchent de tenir ce rôle, si bien que ces fat
alités s'associent à la honte et aux angoisses endurées par l'enfant que nous fûmes lorsqu'il s'agissait de devenir un Moi acceptable pour autrui. La mort et l'agonie sont redoutées comme une déchéance, et le combat qui les accompagne est un effort désespéré pour tenter de sauver un mode de sentir et d'agir acquis comme un rang social."




"La fascination qu'exerce la certitude de la mort peut nous laisser figés de stupeur, jusqu'au moment où une illumination nous révèle que ce n'est pas la conscience qui meurt, mais la mémoire. S'ouvrir à cette vérité, c'est s'ouvrir à un singulier sentiment de solidarité -d'identité- avec les autres créatures et commencer à comprendre le sens de la compassion.

Le Moi lutte sans relâche contre la dissolution qui serait justement sa délivrance."



"On pourrait concevoir la délivrance comme l'ultime profondeur de l'échec spirituel, un degré d'échec où l'on ne peut même pas revendiquer ses vices. Dans la conscience de cette réalité momentanée et vide, le Bodhisattva connaît un désespoir au delà du suicide. L'Ego s'évanouit avec les illusions où l'on ne rencontrait que vide dans sa résistance acharnée au vide, souffrance dans sa fuite devant la souffrance, et contraction dans son effort pour se décontracter. Mais en s'évanouissant, il s'abandonne au vide même où resplendissent le soleil, la lune, et les étoiles."





"La spontanéité n'est somme toute qu'une totale sincérité -la personne étant toute entière dans son acte sans la moindre réticence- à laquelle l'adulte civilisé n'est guère poussé que par un désespoir extrême, une souffrance intolérable, ou l'imminence de la mort. D'où le dicton: "le désastre de l'homme est l'occasion de Dieu".

Alan Watts
 

 

La logique et le bon sens.

Par Le 13/08/2012

Je distingue nettement ces deux notions.

La logique a un rapport fondamental avec la pensée, le raisonnement, la dialectique. Il suffit de lire les textes de Descartes, de Kant ou de Leibniz. C'est un travail intellectuel avant tout.

Le bon sens prend son envol dans la vie elle-même, dans sa pratique, dans le concret.

La logique n'est pas nécessairement nourrie du bon sens. Les progrès technologiques sont issus de démarches logiques inhérentes aux progrès antérieurs. La logique s'entretient et se nourrit d'elle-même.

Le bon sens est une logique naturelle de l'esprit lorsque l'individu n'est pas porté par des intentions dénuées d'universalité. C'est là que la distinction essentielle prend forme. La logique peut être dénuée d'humanité. C'est là qu'elle devient dangereuse. L'euphorie des découvertes logiques peut effacer dans l'individu toute notion de bon sens. Les premières connaissances sur la fission nucléaire ont "logiquement" dérivé sur la bombe.

 La logique sans le bon sens peut générer des abominations. C'est logique...

S'immoler au pied de l'Etat.

Par Le 13/08/2012

Rien que l'idée est une abomination et révèle la désespérance absolue.

"En Occident, on vit exaspéré et on meurt désespéré. " Gilbert Cesbron.

"La société politique contemporaine : une machine à désespérer les hommes. " Albert Camus;

Il me semble qu'un service de l'Etat devrait être irréprochable dans la gestion des situations humaines ou alors, c'est que ces services sont tombés dans la même machinerie que les sociétés privés : la rentabilité.

De nombreux dossiers sont bloqués pour absence de documents. La gestion de ces dossiers étant faite par des personnes différentes auxquelles il faut réexpliquer pour la nième fois la situation contribue à cette impression d'impuissance devant cette machinerie.

L'humiliation ressentie devient un cauchemar permanent. L'allocataire devient à ses propres yeux un assisté coupable. Au lieu d'être une assistance, un accompagnement, un soutien, la démarche sociale devient un calvaire, une lutte constante, sans fin. L'épuisement conduit à la désespérance. Dans le désespoir, il y a son opposé : l'espoir. Dans la désespérance, il n'y a plus rien.

Ca n'est pas tant les gestionnaires de ces dossiers qui sont à blâmer. Ils obéissent à des DIRECTIVES. En dehors du sadique qui s'amuserait de la détresse quotidienne qu'il côtoie, je reste persuadé que dans ces personnels de la CAF ou du Pôle Emploi, nombreux sont les employés qui souffrent intérieurement de cette misère sociale. Il leur est certainement ardu, dans le flot continu de "dossiers", de trouver le juste équilibre entre l'obéissance servile aux directives qu'ils reçoivent et cette empathie attentive qui reste en leur pouvoir. Manque de moyens, manque de personnels, manque de temps, la gestion de l'urgence, le poids de la hiérarchie, les obligations de rendement, voire de rentabilité...Il est facile pour les Ministres de demander aux personnels d'être "attentifs". Ce ne sont pas ces personnels qui ont établi les directives.

J'abhorre ces nantis qui s'octroient un droit de morale.  


http://www.liberation.fr/societe/2012/08/09/immolation-d-un-allocataire-les-caf-des-yvelines-fermees-au-public-jeudi_838707

L'homme qui s'est immolé à la CAF de Mantes-la-Jolie est mort.

Privé de RSA depuis mai, le quinquagénaire avait tenté de s’immoler par le feu mercredi dans les locaux de la Caisse d’allocations familiales à Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Privé de RSA depuis mai, cet allocataire de 51 ans, à qui on réclamait pour la quatrième fois des pièces justificatives complémentaires, s'était aspergé d’un produit inflammable et y avait mis le feu, dans les locaux de l’agence CAF où il avait alors un entretien avec un conseiller pour évoquer sa situation.

Des employés avaient immédiatement éteint les flammes, empêchant le feu de se propager. Souffrant de sérieuses brûlures, le quinquagénaire avait été admis à l’hôpital Saint-Louis à Paris où il a succombé à ses blessures dimanche matin.

Prendre en compte les situations personnelles

La ministre déléguée chargée de la lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti, a appelé lundi à prendre en compte les situations personnelles des personnes en difficulté, après la mort d’un quinquagénaire qui s'était immolé à la Caf (caisse d’allocations familiales) de Mantes-la-Jolie (Yvelines).

«Ce drame nous rappelle qu’il est important d'éviter toute rupture dans le suivi des personnes et qu’il est indispensable d’accompagner chacun de manière continue», a déclaré la ministre, dans un communiqué.

«Les situations personnelles, aussi complexes que diverses, doivent être prises en compte afin d’apporter un soutien aux personnes en difficultés», ajoute la ministre, sans viser, semble-t-il, le personnel de la Caf. «En première ligne face à ces difficultés sociales, le personnel de la Caf a rempli sa mission avec sérieux et compétence», a-t-elle précisé.

C’est la deuxième réaction gouvernementale à propos de cet acte désespéré après un premier communiqué, le 8 août, de la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine.

Dans un communiqué, Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, avait «fait part de sa profonde émotion face à cet acte désespéré d’une personne que les difficultés de la vie ont manifestement conduit à un geste tragique».

«La souffrance des chômeurs (...) n'est pas prise en compte sérieusement»

Pour sa part, le Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP) a estimé que «la souffrance des chômeurs et personnes en situation de précarité n’est pas prise en compte sérieusement par les pouvoirs publics». Il en veut pour preuve que les réactions officielles «ont toutes insisté sur «une situation personnelle difficile»».

«Or, cet acte dramatique ne peut être interprété comme un cas isolé: service public débordé, règles injustes ou incompréhensibles, difficultés de communication entre agents et usagers sont le quotidien de beaucoup de personnes confrontées au chômage et à la précarité», ajoute l’association.

«Des deux côtés du guichet, la pression sociale est devenue insupportable, dans le silence des pouvoirs publics», a conclu le MNCP qui a sollicité une rencontre auprès de la ministre des Affaires sociales.

Les accueils de la caisse d’allocations familiales (CAF) dans les Yvelines étaient fermés au public jeudi dernier après la tentative d’immolation par le feu d’un allocataire privé de RSA depuis mai à Mantes-la-Jolie.

«Suite à l'événement dramatique survenu le 8 août 2012 dans notre agence de Mantes-la-Jolie, les accueils de la CAF des Yvelines sont exceptionnellement fermés aujourd’hui 9 août», avait écrit la Caisse dans un communiqué. «L’accueil de Mantes-la-Jolie est fermé pendant une semaine. La réouverture est prévue le jeudi 16 août 2012», ajoutait-t-on.

Le directeur financier de la CAF des Yvelines, Patrick Guéry, a précisé à l’AFP que la fermeture au public jeudi de l’ensemble des accueils de la CAF dans les Yvelines est un «symbole fort» après un «événement violent». Il s’agit uniquement d’une fermeture au public car l’activité des agents est «normale» et les dossiers sont «traités», a-t-il dit.

«Il y a toujours un état de choc à Mantes et l'émotion est profonde dans les autres centres car les agents se connaissent», a-t-il ajouté.

«Les personnels de la CAF sèment la désolation»

Le syndicat CFDT a par ailleurs exprimé jeudi dernier son «émotion» et une association de chômeurs a souhaité «plus d’humanité» après la tentative d’immolation de cet homme. «La CFDT tient à exprimer toute son émotion devant cet acte désespéré», indique le syndicat dans un communiqué.

«La CFDT réaffirme que la lutte contre la pauvreté et pour l’emploi doivent être deux priorités du quinquennat», poursuit la centrale qui «souhaite que la question des minima sociaux et l’accompagnement des personnes en grande difficulté soient débattus» lors de la conférence sur la pauvreté fixée par le gouvernement à l’automne.

Pour sa part l’Apeis (Association pour l’emploi, l’information et la solidarité) estime qu'«à être trop pointilleux, les personnels de la Caf sèment la désolation». «Certes il y a un manque de personnel mais pour 474 euros, réclamer à quatre reprises des papiers dont cet homme ne dispose pas, cela fait figure d’acharnement», estime l’organisation de chômeurs et de précaires.

Se défendant de critiquer spécifiquement les personnels, la porte-parole de l’Apeis, Christiane Grave, réclame «plus de compréhension et d’humanité dans les antennes», qu’il s’agisse des caisses d’allocations familiales ou de Pole emploi. «A force de dématérialiser les courriers, on perd tout côté humain et les gens sont complètement désespérés», a-t-elle déclaré.


L'expérience et le bon sens

Par Le 13/08/2012

"Rien dans notre intelligence qui ne soit passé par nos sens. "

Aristote.

De l'expérience vécue par nos sens, l'homme finit par composer une connaissance. L'homme préhistorique a bien dû essayer de tailler une pierre dure avec une pierre friable avant de comprendre qu'il lui fallait faire l'inverse. Chaque tentatitve, chaque expérience, les "échecs" comme les satisfactions constituent, à long terme, ce panel de connaissances qui continuera à évoluer au fil des générations.

Ces connaissances validées par de multiples expériences contribuent à l'éveil du "bon sens". C'est le bon sens de frapper une pierre tendre avec une pierre dure. Pas l'inverse. Le bon sens n'est pas une donnée innée, il se constitue par les sens, l'expérience, la transmission du savoir.

Faire usage de ce bon sens est une preuve d'intelligence.

Il convient pourtant d'être capable de remettre en cause ce bon sens s'il n'est plus qu'une tradition ancestrale, un conditionnement qui ne tiendrait pas compte des avancées de la connaissance. C'est faire preuve d'intelligence que de remettre le bon sens à l'épreuve du temps...

Là où le risque est grand, c'est lorsque l'individu ne parvient plus à juger de la pertinence des avancées de la connaissance.

L'invention de la bombe atomique était un non sens.

L'explosion de la dette des états est un non sens.

L'intelligence apparaît pourtant comme une donnée essentielle dans ces deux exemples. Il fallait être capable d'élaborer des pensées extrêmement complexes pour parvenir aux objectifs visés. Cette euphorie des spécialistes, quelque soit leur domaine, méprise le bon sens et porte aux nues cette "intelligence déshumanisée" dont le monde moderne regorge. C'est là que l'on peut parler de "société psycho-toxique". Lorsque l'intelligence prend le pas sur le bon sens. C'est comme si les individus sautaient une étape : les sens nourrissent l'expérience et les conclusions tirées des expériences développent l'intelligence, entraînant d'autres expériences et le développement de nouvelles connaissances...Mais le bon sens a été exclu de toute cette démarche sensorielle et cognitive. 

"La raison nous trompe plus souvent que la nature".

Vauvenargues.

"A la source de toute connaissance, il y a une idée, une pensée, puis l'expérience vient confirmer l'idée".

Claude Bernard.

On trouve là les deux visions antagonistes : celle du bon sens attaché à la connaissance ancestrale de la nature et celle du scientifique qui ne tient compte que de l'intelligence.

Un exemple flagrant est celui des haies...L'agricultre intensive a orchestré le remembrement des bocages afin d'augmenter les surfaces cultivables et le rendement.


wikipédia

À l'époque contemporaine, le bocage est bouleversé. La haie, les talus et le réseau hydraulique de fossés et mares associés, trois éléments qui se complètent pour créer les bocages les plus riches et écologiquement les plus stables sont également menacés par les mêmes causes ; l'apparition des tracteurs et des grandes machines agricoles, et de parcelles de plus en plus grandes. Les haies, encombrantes, sont détruites par les agriculteurs ou lors des remembrements. On souhaite de larges passages, les chemins et fossés sont agrandis, mis en culture ou laissés à l'abandon. La haie perd son caractère juridique.

Dans les années 1860-1990, le bocage a régressé ou disparu sur une grande partie de son aire antérieure : on estime à 40 000 km les haies détruites dans le seul département du Finistère et 2 millions de km pour l'ensemble de la France, non sans conséquences.

La gestion de l'eau s'en est trouvée bouleversée. Les destructions sont soupçonnées d'être à l'origine d'inondations et de sécheresses plus fréquentes et exacerbées, de pullulations d'insectes dits « nuisibles », de dégradation des sols et pollution de l'eau par le ruissellement et l'érosion. Parfois, les seules haies conservées sont dirigées dans le sens des pentes. La reconstruction est localement subventionnée, par exemple par les mesures agroenvironnementales, permettant la restauration des écosystèmes particuliers qu'abritent les haies.


Si tout le génie dont les hommes font preuve pour réparer leur erreurs, ils l'employaient à ne pas les commettre, on gagnerait du temps...

C'est bien évidemment la course au profit qui en est responsable. Le bon sens n'y résiste pas... Imaginer que la nature est un champ d'expérimentations libre de droits et d'attention est une erreur effroyable. Là encore, les Peuples premiers ne s'y sont pas trompés. Les Indiens Kogis n'ont jamais eu le moindre problème d'exploitation des sols pour la bonne raison qu'ils ne "l'exploitent" pas, ils les préservent. Nous cherchons à en "tirer profit" alors qu'eux en profitent. La nuance est de taille. La course au profit est une exagération de ce qui est proposé par la nature.

L'extension du nombre contribue bien évidemment à cette dégradation de l'équilibre. L'UE apparaît là encore comme une excroissance néfaste. Les lois du marché sont devenues l'unique référence, l'objectif prioritaire au nom de la libre concurrence, de la liberté du choix, du bonheur des masses...Vaste mensonge. Seul le profit mène ce monde et le bon sens est devenu l'ennemi du profit.

  L'avenir de l'humanité passera par la réduction des échanges, la simplification matérialiste des existences. Dans une société psycho-toxique, les citoyens sont des toxicomanes...

Les sens et le bon sens.

Par Le 12/08/2012

"La première raison de l'homme est une raison sensitive.Nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains, nos yeux. "Jean Jacques Rousseau.

Je n'adhère à cette réflexion qu'au regard de l'observation qui est faite par l'individu des expériences issues des sens. S'il ne s'agit que de ressentir, il n'y a aucun apprentissage mais une accumulation de données disparates, chaotiques.

  • Le bon sens est inné, c’est-à-dire que, dans toute personne saine, il est comme un sixième sens qui s’ajoute aux cinq autres : la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat, le toucher, — et le bon sens. Franc Nohain. 1932

Des sens, il convient de passer au bon sens.

Il s'agit par conséquent de faire appel à la raison et de parvenir à se détacher de mouvements communs de pensées, de cet abandon lâche dans les travers de la masse. 

Ce soir, on est descendu faire un tennis. A côté de la porte du cours est fixée une poubelle. Elle déborde jusqu'à vomir les bouteilles vides, les boîtes de balles de tennis, des cartons de pizza, des sodas, des paquets de gâteaux...Et chacun de s'évertuer à déposer ses déchets dans cette poubelle qui ne peut plus rien contenir, comme quelqu'un qui s'entêterait à remplir un verre déjà plein parce qu'il y a encore de l'eau dans sa bouteille.

La vue a effectivement repéré la poubelle, les pieds y ont mené, les mains y ont jeté les résidus...Aucun bon sens. Juste cette faiblesse innommable de la paresse, de l'incivisme.

Les sens privés de raison ne sont qu'une machinerie. Et le "sens commun" devient une abberation. Combien d'autres exemples du même genre ? Des milliers...

Le bon sens reflète l'état d'une personne saine, disait l'écrivain.

Comment définir une personne "saine" ? A quoi se reconnaît-elle ? Et bien, tout simplement dans l'observation lucide, raisonnée, empathique, altruiste, respectueuse, qu'elle maintiendra dans l'accumulation de sensations dont elle bénéficie.

"Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent", dit le dicton.

Je lui préfère : "Fais aux autres ce que tu voudrais qu'ils te fassent. "

C'est éminemment plus positif. Juste du bon sens.

C'est curieux d'ailleurs de voir que dans notre raid à vélo, on a rencontré des personnes vivant dans une grande solitude, une solitude volontaire et que de ces gens émanait un infini respect pour l'autre, l'environnement, la terre, le monde qui les entoure et dans lequel ils sont englobés.

"Les hommes sont comme les pommes, plus on les entasse, plus ils pourrissent vite" disait Montaigne.

Il faut croire que l'entassement anéantit le bon sens et vénère simplement les sens. Les médias en ont fait leur fond de commerce.

Toutes les réflexions qui surgissent en ce moment me conduisent systématiquement à la même conclusion : le grand nombre est l'ennemi du Bien. L'extension ne peut être qu'horizontale et condamne toute élévation spirituelle.

Les Peuples premiers ont de tous temps eu raison. Juste du bon sens.

La "faim" justifie les moyens...

Par Le 12/08/2012

Des Espagnols dévalisent des supermarchés pour distribuer de la nourriture

http://lesmoutonsenrages.fr/2012/08/11/des-espagnols-devalisent-des-supermarches-pour-distribuer-de-la-nourriture/

Les temps changent, les braquages du banques laissent place aux braquages de supermarchés avec un seul but: nourrir ceux qui n’ont plus de quoi manger. Robin des bois est donc aujourd’hui espagnol, et dites-vous bien que cela était prévu et inévitable, cela fait déjà longtemps que des articles ont été rapportés sur ce blog pour mettre en évidence certaines sécurités de prises dans les supermarchés comme des systèmes anti-vol sur la viande par exemple.

Que se serait-il passé si Robin des bois avait fait ses courses au supermarché ? Les étals bien garnis de ces temples de la consommation ont en tout cas donné des idées à une centaine de membres du Syndicat andalou des travailleurs (SAT). Les militants sont allés mardi 8 août se servir dans les rayons de deux supermarchés sans passer par la caisse. L’objectif : redistribuer leur vingtaine de chariots remplis de produits alimentaires à des ONG locales. Un moyen de protester contre la vie chère et les inégalités sociales, alors que l’Andalousie est une des régions d’Espagne les plus touchée par la crise, avec 33,92 % de sa population au chômage.  « Est-ce du vol ? Un acte symbolique ? Une atrocité ? Un fait violent ? » s’interrogeait mardi 8 août El Pais, en relatant la scène.

« Le moment est arrivé de mener des actions qui frisent l’illégalité, parce qu’il y a des gens pour qui tout va mal, et nous ne pouvons pas rester les bras croisés », a commenté un syndicaliste. Mais pas question pour autant de faire les choses dans le désordre. « La consigne était claire. L’objectif était de ne pas saccager. Prendre seulement des produits de première nécessité. Ni chocolats, ni yaourts,  ni desserts, mais du sucre, de l’huile, des légumes, du lait » explique ainsi le sécrétaire général du SAT, Diego Cañamero.

Et le scénario ne s’est pas déroulé de la même manière dans les deux supermarchés visés. Dans le premier, des affrontements entre les militants et la police ont eu lieu, tandis que le second supermarché a finalement accepté de lui-même d’offrir une dizaine de chariots remplis de provisions, pour une valeur de 1 000 euros.

Mais ce qui provoque le plus de débats dans les médias espagnols, c’est la présence d’élus parmi les militants. José Manuel Sanchez Gordillo, député régional du parti de gauche Izquierda Unida, a en effet dirigé les opérations armé d’un mégaphone. Un journaliste de la radio ABC a ainsi fait la morale à l’élu :  « J’espère que c’est la dernière fois que j’interroge un élu qui vole dans les supermarchés ». « C’est un acte répréhensible à 100 % ! » a-t-il insisté. José Manuel Sanchez Gordillo n’a pas manqué de répartie.« C’est cette crise qui est un vaste vol ! » a-t-il lancé, à grand renfort de chiffres et de statistiques.

Un acte « intolérable » pour le ministre de l’intérieur, Jorge Fernandez Diaz, qui a lancé un mandat d’arrêt contre les militants. « Nous sommes tous conscients que ça va mal pour les gens, mais la fin ne justifie pas les moyens. Ce serait la loi de la jungle » a-t-il justifié. Un constat partagé par le président socialiste de la Junte d’Andalousie, José Antonio Grinan, « C’est une atrocité d’attaquer un supermarché quand on est député. »

« Prendre de la nourriture et la donner aux familles en grande difficulté, si cela c’est du vol, alors oui je suis coupable » a répliqué le militant Francisco Molero, 23 ans. Après avoir passé une nuit au commissariat de Séville avec un autre militant, il a été remis en liberté hier mais sera poursuivi pour vol et action sous la contrainte. L’élu José Manuel Sanchez pourrait aussi être entendu par un juge. « Si je finis en prison parce que j’ai pointé du doigt les effets de la crise, ce sera un honneur pour moi » a-t-il réagi.

D’après El Mundo, la police a également été dépêchée dans une exploitation agricole du ministère de la défense occupée depuis plus de deux semaines par ces mêmes militants pour réclamer une meilleure répartition des terres dans cette région où se perpétue la tradition des grands propriétaires. L’évacuation s’est faite « sans le moindre incident » note le quotidien.

Source: bigbrowser.blog.lemonde.fr

17 réponses à Des Espagnols dévalisent des supermarchés pour distribuer de la nourriture

  1. « Nous sommes tous conscients que ça va mal pour les gens, mais la fin ne justifie pas les moyens. Ce serait la loi de la jungle  »

    C’EST DEJA LA LOI DE LA JUNGLE!!!!!!

    Signaler ce commentaire aux modérateurs

    • Ouuééé, comme dans les films ! Chacun pour soit !

      – ………..

      Signaler ce commentaire aux modérateurs

      • C’est déjà la loi de la jungle, en effet. Ou plutôt non, ça n’a jamais cessé d’être la loi de la jungle.

        Spike, ta réaction est d’un pathétique douteux. Tu fais sans doute partie des « bien-éduqués », ceux que l’on a tellement bien formatés qu’ils ne jurent que par la Loi.
        Il faut ouvrir les yeux: les gens crèvent de faim. Parce qu’ils n’ont plus d’emploi, et presque plus d’aide sociale. Voler un supermarché, ce n’est voler ni ses employés, ni même son directeur. La perte est tellement négligeable, que les poursuites entamées par l’organisme est strictement là pour maintenir cette fameuse loi de la jungle en place: « Nous, nous possédons tout, mais ce n’est pas parce que vous vous n’avez rien qu’il faut nous prendre le négligeable ».

        Aujourd’hui, les supermarchés sont d’énormes acteurs dans le principe d’effondrement de notre système; toujours tirer les prix vers le soi-disant bas, pour nous faire bouffer de la merde, et sous payer leurs employés. A côté de ça, ils pressurisent les producteurs et agriculteurs pour qu’ils vendent toujours plus (donc utilisation de pesticides, engrais, et j’en passe), pour toujours moins cher !

        Il est temps que l’argent perde son statut d’étalon commercial, et que le respect entre humain, et la solidarité viennent le remplacer. C’est pour cela que ces personnes ont agi ainsi: pour les plus pauvres. Pas pour en rajouter dans un porte monnaie infini, comme les actionnaires de ces grands fonds de pension qui possèdent le monde entier.

        Signaler ce commentaire aux modérateurs

  2. une vidéo rapide en train de pousser les chariots
    http://www.dailymotion.com/video/xsq7pg_les-robins-des-bois-andalous_news

    c’etait surtout dans le but d’attirer l’attention des médias

    Signaler ce commentaire aux modérateurs

  3. Encore des moutons enragés
    Tous unis dans les manifs – chaqu’un pour soi pour la production. PCF et Co sous perfusion ne construisent rien, pas de groupement agricole, pas de collectif de travail, pas de service social d’aide et d’accueil. Que des dirigeants marioles.
    La théorie du complot fonctionne bien. A++

    Signaler ce commentaire aux modérateurs

  4. Je me souvien que pendant les manif du cpe ce type daction etait chose courante , a lille en tout cas ! Tres populaire peu dangereuse et facile a realiser !

    Signaler ce commentaire aux modérateurs

  5. avatar

    Ce genre d’action directe de reprise collective va se multiplier et ça va très vite devenir un casse tête pour le gouvernement espagnol. A ce qu’on peut en juger, l’opinion public est du coté de Robin des bois .L’ État espagnol va devoir agir avec fermeté pour lutter contre ces débordements et se mettre les classes populaires exaspérées par la crise à dos.C’est assez explosif comme situation, la moindre bavure peu très vite mettre le feu aux poudres .

    ¡Viva l’anarquia!

    Signaler ce commentaire aux modérateurs

  6. Anarchie vaincra ! ;)

    ça ne résoudra rien le pillage des entrepots, et il y à un moment ou il faudra bien penser à un nouveau modèle de société, mais avant ça, on risque d’avoir du sport !

    Signaler ce commentaire aux modérateurs

  7. ils vont piéger la viande et les autres comestibles,comme les billets de banque.

    Si la viande (c’est un exemple)n’est pas désamorcée par le passage à la caisse ,elle est programmée pour EXPLOSER dans l’assiette.

    Signaler ce commentaire aux modérateurs

  8. @ Rouletabille, lol : t’es con!! Tu m’as bien fait rire!!
    J’imagine le gars devant son « Charal » voler à l’épicerie du coin : Micro onde : 2 minutes et tu as une bombe à Hydrogène ptddrr.. Bon, je rigole, je rigole, mais sur le fond, y a rien de marrant, et ce qui peux s’étendre à l’Espagne et la Grèce s’étend déjà ici en France.. Avec un pe ud’attention, je vois de plus en plus de personnes agées qui le soir venu, font les poubelles, les invendus de certains magasins.. Le plus incroyable est que personne ds les merdias et les presstitués ne parlent de ça.. J’ai vu des mamys qui pourraient être la mienne, et qui ont tellement de dignité que quand tu les surprends à côté de la poubelle, ils font style de rien et attendent que tu partes pour continuer.. Je suis sûre qu’il y a des enfants et petits enfants qui ignorent la situation précaire de leurs grands parents.. et vous savez à quoi on voit qu’une société est malade? A la façon dont elle traite les personnes agées , ses Anciens… CQFD

    Signaler ce commentaire aux modérateurs

  9. Exacte, on vois l’évolution d’une société à la façon dont elle traite les anciens et les animaux.
    L’abrutissement est asssourdissant !

    Je suis désolé pour les travailleurs de chez DOUX mais industrialiser la mort c’est le signe évident que ça va trés mal.

    Signaler ce commentaire aux modérateurs

  10. Entre l’opus dei et le p.p au pouvoir ,les pauvres…coup d’état,manigance,et on leur remet « el principito ».

    Signaler ce commentaire aux modérateurs

  11. ces militants sont d un courage exemplaire et j espère que le mouvement prendra de l ampleur