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Présence

Par Le 31/10/2011

"L'Esprit qui est sans commencement est non né et indestructible. Il n'a ni forme ni apparence. Il ne peut être pensé en termes de nouveau ou d'ancien. Il transcende toutes limites ou comparaisons. "

Huang Pô.

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C'est la Présence qu'on ne peut connaître et cette Présence qu'on se doit d'être.

C'est la Présence qu'on ignore et qui parle en nous avec la Nostalgie des choses délaissées.

C'est la Présence qui nourrit notre Intuition et s'amuse de notre étonnement. 

C'est la Présence qui ruisselle parfois dans les flots de la Mélancolie lorsque l'abandon devient trop lourd.

C'est la Présence qui nous bouleverse au lever du Jour quand l'Energie diffuse aimante les formes multiples.

Rien n'est visible si on se contente d'ouvrir les yeux.

Theodorakis

Par Le 30/10/2011

Theodorakis : Si les peuples d’Europe ne se lèvent pas, les banques ramèneront le fascisme

 

http://sos-crise.over-blog.com/article-theodorakis-si-les-peuples-ne-se-levent-pas-les-banques-rameneront-le-fascisme-87508529.html



28 octobre 2011 (Nouvelle Solidarité) – Alors que la Grèce est placée sous tutelle de la Troïka, que l’Etat réprime les manifestations pour rassurer les marchés et que l’Europe poursuit les renflouements financiers, le compositeur Mikis Theodorakis a appelé les grecs à combattre et mis en garde les peuples d’Europe qu’au rythme où vont les choses les banques ramèneront le fascisme sur le continent.

Interviewé lors d’une émission politique très populaire en Grèce, Theodorakis a averti que si la Grèce se soumet aux exigences de ses soi-disant « partenaires européens », c’en sera « fini de nous en tant que peuple et que nation ». Il a accusé le gouvernement de n’être qu’une « fourmi » face à ces « partenaires », alors que le peuple le voit comme « brutal et offensif ». Si cette politique continue, « nous ne pourrons survivre (…) la seule solution est de se lever et de combattre ».

Résistant de la première heure contre l’occupation nazie et fasciste, combattant républicain lors de la guerre civile et torturé sous le régime des colonels, Théodorakis a également adressé une lettre ouverte aux peuples d’Europe, publié dans de nombreux journaux... grecs. Extraits :

Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes.

Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. (…)

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme.


http://www.solidariteetprogres.org/Theodorakis-Si-les-peuples-d-Europe-ne-se-levent-pas-les-banques_08207

Sur la route des frères Patison, un bel article.

Par Le 30/10/2011

Un bel article sur le roman de mon ami Max.

Des louanges amplement méritées et auxquelles j'adhère totalement.

 

Max Mercier : Sur la route des Frères Patison
A consommer sans modération !



Il y a des livres qui sont des rencontres. Rencontre avec une histoire solide. Avec une écriture du même calibre. Avec un auteur dont on se dit : « Il est des nôtres. » Eh bien, Sur la route des Frères Patison, de Max Mercier, est de ceux-là. Un vrai roman. Des personnages vrais. Une énigme, des rebondissements, de la patte, de la chair, de dru, du vécu. C’est suffisamment rare pour être signalé. Et salué !

Tout commence le jour où Didier Tonfale, cinquante ans, démissionnaire d’un boulot chiant comme la pluie dans une routinière – et donc barbante – province française, décide d’aller vivre – d’aller vivre enfin – son rêve américain. Et pas n’importe où, bien sûr : dans le Grand Ouest, le Far West, le Wild West. Pour y retrouver ces paysages qu’il porte en lui depuis toujours sans le avoir pourtant jamais vus. Pour se retrouver aussi…

Du rêve, de l’insolite, de l’aventure ? Il ne va pas être déçu. Une Chevrolet Impala (what else ?). La Highway 93. Un arrêt dans un de ces road cafés comme on les aime, en l’occurrence le Rosie’s Den (« le repaire de Rosie »). Et là, un p’tit vieux. Qui lui claque entre les mains en lui confiant une enveloppe jaunie par les ans : « A remettre aux… frères… Patison… »

Voilà. Je ne vous en dirai pas plus, bien évidemment. Sinon que Didier Tonfale va se faire un devoir de retrouver ces frangins dont il ne sait rien et même pas s’ils sont encore vivants.

Mais, dans le même temps que le Frenchie mène son enquête et croise des personnages hauts en couleurs et parfois forts en gueule (le shérif Robert Ponting, Lizbeth, Sherryl, Shane, Susie, Scott, etc.), Max Mercier – et c’est là qu’il fait preuve d’un vrai talent d’écriture – nous tricote une autre histoire qui débute en 1955, une histoire de mineurs, de prospecteurs un peu filous, d’attrapeurs de rêves. Une autre histoire ? Justement pas : une histoire dans l’histoire et qui va éclairer l’ensemble, expliquer l’inexplicable, démêler l’écheveau. Une histoire qui a pour protagoniste central un certain Lucius Komolsky. A savoir le vieux bonhomme qui a laissé son dernier souffle – et son enveloppe – entre les mains de Tonfale.

Sur la route des Frères Patison, qui ferait, disons-le en passant, un excellent film, nous entraîne au bout du rêve. Très loin (1). Dans ces paysages – on a presque envie de dire : ces décors – où l’on a l’impression d’être dans un film, justement, sauf que ce n’est pas un film et que nous sommes néanmoins les acteurs d’une bal(l)ade rythmée par les accents toujours présents de la country music.

Pas question, vous ai-je dis un peu sadiquement plus haut, de vous dévoiler les arcanes de l’histoire. Mais je vous dirai cependant qu’au final – happy end, veut-on croire – Didier Tonfale, pris par la magie ensorcelante (et je sais de quoi je parle) des grands espaces, des petits honky tonks, du feu qui tombe du ciel, des routes sans fin, va décider de faire le grand saut. Pour vivre et travailler (et aimer, mais chut…) dans ce pays qui est un continent. C’est le bon choix. Celui qui s’impose ou s’imposera fatalement à ceux qui ne supportent plus les petits hommes gris. Pour « voir sans limite ni contrainte. »

Alain Sanders

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(1) « On ne va jamais aussi loin que lorsque l’on ne sait pas où l’on va » (Christophe Colomb).

 

Un service

Par Le 30/10/2011

                                               pinceau-magique.gif pinceau-magique.gif

 

http://www.pinceau-magique.com/

 

Une amie participe à un concours artistique. Si son travail vous plaît, il vous suffit de voter en suivant le lien sur la page.

Merci à vous.

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Pinceau Magique a été sélectionné pour participer au concours national « Le tremplin des créateurs »

organisé par M6 et Alittlemarket !!!

Ce concours se déroule sur 2 semaines et dure jusqu‘au 7 novembre 2011 minuit.

 

♥ Si vous aimez les tableaux de Corinne Le Strat, votez pour elle !

 

Voici le lien :
http://www.tremplindescreateurs.teva.fr/profil/681.html

 

Attention, pour que le vote soit pris en compte, vous devez le valider en cliquant sur le lien envoyé par

« Tremplin des créateurs » sur votre boite mail.

Et petite précision, vous pouvez voter plusieurs fois si vous avez plusieurs adresses mail !

 

Rien ne vous empêche d'envoyer ce lien à vos contacts et quoi qu’il arrive MERCI !! ;))

 

CE SOIR, LE COMPTEUR AFFICHE 99 VOTES.

L'illusion de la matière

Par Le 30/10/2011

Il avait dix ans.

Un séjour dans la montagne avec Izel.

 

Il était allongé sur une natte, à même le sol, près d’un foyer. Son père était là, il alimentait le feu de temps en temps et parlait doucement. L’enfant devinait dans le reflet des flammes, les yeux étroits de son père, ce regard aiguisé comme celui des grands rapaces. La voix coulait en lui comme du miel. Il ne se souvenait pas du lait maternel mais la voix de son père l’avait nourri tout autant. Des nourritures spirituelles qui l’avaient grandi, insensiblement, patiemment, sans aucune volonté de transformation mais un simple accompagnement.  

 

« Tu ne choisis pas ton existence Kalén. La vie l’a déjà fait pour toi. Le libre arbitre de chaque humain consiste à être suffisamment lucide pour saisir cette voie d’éveil et de progrès. Ecoute ton âme, c’est là que se trouve le secret. »

 

Izel avait déposé dans les braises une branche de résineux. Les crépitements d’aiguilles avaient retenti dans le silence, des myriades d’étoiles avaient jailli. L’enfant, captivé, avait suivi des yeux le ballet des flammèches. Quand la nuit avait repris son pouvoir, il avait juste eu le temps de voir s’envoler une chauve-souris. Elle avait virevolté au-dessus de lui, il avait vu ses yeux d’aigle. Puis elle avait disparu.

Izel le regardait en souriant.

 

Des paroles comme des nourritures de l’âme.

Il avait quatorze ans. Au bord du bassin, au pied de la chute d’eau. Izel lui enseignait le voyage de l’eau.

 

« Notre corps est composé de matière mais nos pensées et nos émotions contiennent l’énergie qui permet à la matière de se condenser. Les hommes imaginent que la matière est à l’origine de la vie spirituelle des êtres humains, que la matérialisation des corps est prioritaire et que les phénomènes intérieurs suivront. Ils réfléchissent à l’envers. Il faut que l’Energie se condense pour que la matière prenne forme. Il n’y aurait pas de nuages sans la condensation de la vapeur mais il n’y aurait même pas de vapeur sans l’Energie qui la transforme. Nous sommes comme des nuages constitués de pensées. La pensée n’est même pas l’élément déclencheur. Elle n’est que la résultante de l’émotion originelle et nos émotions sont les passerelles entre la pensée et le corps. Les plus primaires sont liées au corps physique et émanent de lui comme la peur ou l’euphorie alors que les plus subtiles sont liées à l'esprit, comme la générosité ou l’empathie. Plus les émotions sont subtiles, plus elles gagnent en valeurs universelles, plus elles mènent les individus vers l’accomplissement de l’existence.

-Quelle est cette émotion originelle qui déclenche la matérialisation ?

-L’Amour, Kalén.

-Mais si le saisissement de l’Amour permet à une âme de se matérialiser, comment expliquer que certains êtres humains dévient de cette voie de sagesse et de plénitude pour sombrer dans les émotions les plus viles ?

-Par paresse et par lâcheté, mon fils. L’élévation des âmes est un cheminement bien plus exigeant que l’exploitation des émotions primitives. Ceux-là quittent la Conscience pour errer dans le mental et s’y complaire. Ils ne sont plus reliés avec l’Energie. Ils fonctionnent comme des entités individuelles.

-La matière n’est qu’une illusion alors ?  

-Non, elle existe bel et bien mais elle n’est qu’une conséquence, pas une cause.

Il ne pleut pas parce qu’il y a des nuages mais parce qu’il y a eu condensation de la vapeur et avant cela transformation de la vapeur et avant cela constitution de l’eau et avant cela fusion des constituants. Il faut tenter de remonter à l’origine des choses et de comprendre qu’avant les choses, il y avait l’Energie.

-L’illusion est de penser la matière comme une finalité, c’est cela Père ?

-Oui, Kalén, la finalité est dans la cause. Ce qui est visible n’est que l’illusion si tu considères cette matière condensée comme un élément fini. Celui qui parvient à retourner en lui à cette Energie dont il est né et devenir comme s’il était sans forme, celui-là existe réellement. Le reste n’est qu’illusion.   

Jarwal le lutin : l'émotion-choc

Par Le 30/10/2011

Jarwal, Gwendoline et Léontine suivaient leurs guides en s’amusant de leurs sauts de cabris. Une insouciance joyeuse qui les libérait de leurs inquiétudes. Ils étaient partis à l’aube, emportant des réserves de fruits, des céréales, des légumes du potager et deux outres remplies d’eau fraîche. Ils quittèrent les derniers grands arbres et s’engagèrent dans les pentes herbeuses. L’air se fit moins lourd, des nuages translucides erraient sur les flancs des montagnes, le soleil les dispersait sans heurts, juste une évaporation délicate qui les obligeait à monter vers les cimes, à délaisser les flancs gorgés de rosée. Un silence apaisant qui contrastait avec le tintamarre des oiseaux et des singes hurleurs peuplant les frondaisons.

Jarwal se laissait guider. Gwendoline était heureuse de retrouver dans le pas de son aimé une détermination renaissante. Leurs nouveaux compagnons avaient ressenti l’amour que Jarwal éprouvait pour elle et ce bonheur la gonflait de forces. Elle aurait pu monter jusqu’aux neiges éternelles qu’elle apercevait au loin.

« Il n’y a personne dans le village, annonça un des Maruamaquas, un amalgame de feuilles, de mousses et de champignons, campés sur deux jambes noueuses et affublés d’une houppette hirsute.

-Comment le sais-tu ? demanda Jarwal.

-Il n’y a pas d’amour dans l’air. Et quand on approche d’un camp Kogis, c’est toujours ce qu’on ressent en premier, et de très loin. »

 

Il ne se trompait pas. Le camp était bien désert. La troupe erra au hasard des maisons. Jarwal passa près d’une cabane sans fenêtre, un rectangle grossièrement assemblé, juste doté d’une porte entrouverte, comme une geôle fracturée. Une impression désagréable, comme un souvenir lointain et douloureux.

Gwendoline le rejoignit au milieu de la place.

« C’est ta musette mon aimé. Elle était suspendue dans une hutte.»

Elle tenait un sac de toile.

« C’est moi qui l’ai faite, je la reconnais bien. Et il y a tes petits sacs de graines à l’intérieur.

-Pourquoi faire des graines ?

-Ce sont les préparations que tu as faites avant de venir ici. Tu m’as parlé d’une préparation qui permettait d’accélérer la pousse de n’importe quelle plante à partir de tout ce qui est vivant. Je me souviens très bien de cette discussion.

-Tu as bien de la chance, répliqua le lutin, désabusé.

-Nous allons retrouver les Kogis, Jarwal. Et ils nous aideront, lança aussitôt Gwendoline. Et nos petits amis sont là aussi. »

Elle ne voulait plus de sa détresse, elle ne voulait plus de cet abandon désespérant.

« Bon, chers amis, les Kogis sont plus hauts dans la montagne, ils ont une mine d’or au pied des montagnes.

-C’est là que les Espagnols doivent les retenir, ajouta Jarwal.

-Et c’est là-haut également que sont montés les autres hommes qui les poursuivent. Nous avons trouvé des traces très nombreuses dans l’herbe, des pas d’hommes qui écrasent tout, vraiment facile à suivre. Jamais les Kogis ne marcheraient de cette façon.

-Vous pouvez nous guider ? demanda Gwendoline.

-Bien entendu ! Cela fait bien longtemps que nous ne sommes pas allés ressentir tout cet amour que les Kogis offrent à la Terre Mère. »

 

Ils quittèrent le village et s’engagèrent sur la piste montante. Les Maruamaquas se montraient toujours aussi volubiles et joyeux, discutant entre eux, alternant les taquineries et les embrassades, se transformant soudainement en oiseaux pour enchaîner des acrobaties ou en grenouilles jouant à saute-moutons. Leur joie de vivre semblait inépuisable. Et toujours ces yeux éblouissants comme des lanternes.

Jarwal profita d’un intermède dans leur exubérance.

« Que savez-vous des Kogis exactement ?

-Ils sont comme nous, ils savent que la Terre est un être vivant. Les montagnes sont la structure ou le squelette comme vous dites, le vent est le système respiratoire, l’eau est le sang, la végétation est un système pileux qui favorise la transpiration, c’est aussi l’organe de la respiration, la terre est l’élément qui permet l’échange nutritif, tout ce qui vit est fondé sur le même fonctionnement. Nous ne sommes que des formes répondant à un système identique. Les Kogis ont une vision très complexe de la Nature. L’équilibre de leur clan dépend de celui de la Nature. Leur savoir n’a qu’un objectif, c’est celui de maintenir l’équilibre entre les forces créatrices et les forces destructrices des êtres humains. C’est par la juste pensée que peut s’établir l’osmose entre la Terre Mère et les êtres humains. Ils aiment méditer, comme nous.

-Quand on vous voit vivre, on a du mal à penser que vous aimez méditer, s’amusa Jarwal.

-Une vision très restrictive, cher lutin. Encore une fois, tu te contentes d’une activité visible. Mais que sais-tu de notre vie intérieure, que sais-tu de notre vie lorsque nous réintégrons le corps de notre Mère Terre?

-Excuse-moi, compagnon, tu as raison, je manque de discernement et je pose trop vite des conclusions partielles.

-Il en est de même avec les hommes blancs qui pourchassent les Kogis. De ce que nous savons, ils les considèrent comme des sauvages, des primitifs, juste parce que leur intérêt spirituel est bien plus élevé que leurs intérêts matériels. Les Kogis ne cherchent pas à posséder des biens extérieurs mais à bien posséder leur richesse intérieure. Les envahisseurs ne s’appartiennent pas eux-mêmes en courant ainsi et ils vivent en dehors d’eux-mêmes étant donné qu’ils ne voient que les éléments extérieurs qui les entourent et qu’ils veulent posséder. Ils se nourrissent des émotions chocs alors que les Kogis vénèrent l’émotion contemplative.

-De quoi s’agit-il ? demanda Gwendoline, fascinée par les paroles de ces petits êtres.

-L’émotion choc consiste à se laisser conduire par une multitude successive d’émotions fortes. A peine finie, cette émotion forte laisse un grand vide et l’individu s’efforce aussitôt de la remplacer par une autre. Ce qui manque à cette expérience, c’est le recul lié à la contemplation, un regard intérieur qui permet d’analyser ce qui peut être compris de cette expérience. Tout cela implique un temps de recueillement. Les Kogis se recueillent souvent. La Terre est un temple accueillant pour qui veut bien y entrer. Spirituellement. Les Kogis connaissent les dangers de ce que nous appelons la pensée émotionnelle. La pensée émotionnelle est un assemblage de deux entités : la pensée et l’émotion qu’elle génère. Dès qu’une émotion vient se greffer, la pensée n’est plus maîtrisée, elle n’est plus observée, elle est prise dans un tourbillon de colère, de frustration, d’envie, de jalousie, d’euphorie, d’espoir, d’attente, d’illusion…Ça n’est plus la réalité mais l’interprétation de la réalité par une pensée influencée par une émotion. La pensée émotionnelle se nourrit de la succession des émotions choc. Si vous préférez, les émotions choc finissent par constituer une existence uniquement soumise à la pensée émotionnelle. Il n’y a plus aucun discernement mais un aveuglement produit par les mirages éblouissants que les egos avides fabriquent eux-mêmes. Tout cela est très complexe et c’est pour cela que les Kogis prennent beaucoup de temps pour prendre une décision. Ils veulent être certains que les émotions ne sont pas venues perturber la qualité des pensées et des réflexions. »

 

Kant et la Révolution.

Par Le 29/10/2011

"Les Lumières, c'est la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable. L'état de tutelle est l'incapacité à se servir de son entendement sans la conduite d'un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s'en servir sans la conduite d'un autre...Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières. Paresse et lâcheté sont les causes qui font qu'un si grand nombre d'hommes, après que la nature les eut affranchis depuis longtemps d'une conduite étrangère, restent cependant volontiers toute leur vie dans un état de tutelle, et qui font qu'il est si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d'être sous tutelle. Si j'ai un livre qui a de l'entendement à ma place, un directeur de conscience qui  a de la conscience  à ma place, un médecin qui juge à ma place de mon régime alimentaire etc, alors je n'ai pas à fournir moi-même d'efforts."

KANT

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La problématique posée par ce texte concerne la situation des hommes lorsque celle-ci ressemble davantage à une soumission passive qu'à une liberté issue de leur entendement. Kant considère en plus que les hommes sont responsables de cette situation et que cette "mise sous tutelle" est la conséquence de leur incapacité à user de leur "entendement" mais plus encore de la conséquence de leur "lâcheté". Il semblerait selon ce texte que les hommes ne sont pas asservis par la force d'une puissance étrangère mais, à l'origine, en raison de leur propre abandon, de leur "paresse."

On peut s'interroger sur cette situation de soumission. Est-elle réelle ? Concerne-t-elle tous les individus ? Existe-t-il une responsabilité de la part des victimes elles-mêmes ?

L'auteur ne laisse aucun doute sur son jugement. Pour lui, il n'y a aucune interrogation mais un état de fait général, universel. Le ton cynique, sarcastique est destiné à montrer de façon crue et détestable cette propension des hommes à se vautrer dans la bassesse. Le fait d'opposer des termes aussi forts que "paresse" et "courage" est révélateur.

Kant parle de courage car il est indéniable pour lui que cette situation réclame une prise de position pleine et entière, non seulement une prise de conscience mais un engagement à travers des actes. Puisque l'homme est "responsable" de cette soumission passive, il doit par-delà son entendement initial être responsable de sa révolte. L'entendement n'est pas suffisant. Il n'est qu'une étape intellectuelle. La cause ne vient pas d'une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution qui devrait en résulter.

Les hommes délèguent leurs décisions et leurs actes à d'autres hommes qui leur paraissent plus aptes à les guider et à les prendre en charge. Ce raisonnement, car il s'agit bien d'un raisonnement, aussi primaire soit-il,  est à la source de la soumission et du pouvoir.

Même si je ne sais pas soigner une dent cariée et que je me dois m'en remettre au dentiste, je peux assumer l'entretien de mes dents et veiller à la qualité des aliments que je consomme. Le fait de m'en remettre selon les situations à des gens plus performants que moi dans certains domaines ne signifie pas pour autant que ce choix doit s'étendre à l'ensemble de mon existence et surtout pas aux domaines existentiels.

C'est là qu'il faut rester vigilant pour ne pas sombrer dans une complaisance assassine envers cette paresse et cette lâcheté.

Il y a dans "Le Bon, la Brute et le Truand" une réplique culte.

"Le monde se partage en deux catégories. Il y a ceux qui ont une arme et il y a ceux qui creusent. Toi, tu creuses. "

Selon Kant, on peut rajouter que ceux qui possèdent une arme et donc le pouvoir en disposent parce que ceux qui creusent les ont autorisés par leur soumission originelle à user d'une arme.

Si on prolonge la réflexion, les dictateurs ne sont pas des hommes plus puissants mais simplement des hommes qui ont saisi l'opportunité que la masse leur offrait. C'est la masse par son comportement lâche et servile qui donne le pouvoir aux dictateurs. Il n'est pas permis de critiquer les dictateurs avant même d'avoir pris conscience de ce comportement. La seule solution pour s'extraire de ce rapport de faible à fort, est d'avoir le courage de se servir de son propre entendement et non de se contenter d'un entendement servile. Il ne suffit pas d'analyser une situation. Il faut oeuvrer à son évolution. 

Ce texte issu de l'époque des Lumières correspond au mouvement actuel des "Indignés". Ce mouvement n'attend pas des gouvernants des solutions miracles. Ils les proposent. Leur entendement et leur analyse de la situation les conduisent à entrer en résistance. Ils agissent. L'asservissement est généré aussi par le silence. Pour combattre, il faut d'abord saisir l'ensemble de ses insuffisances.

Une autre question surgit dès lors. Pourquoi les hommes en sont-ils arrivés là ? Est-ce un état naturel dont se servent les Puissants?  Mais dans ce cas-là, pourquoi les Puissants n'en sont-ils pas eux aussi les victimes ? Comment sont-ils devenus Puissants si cet état de laxisme existentiel est un état naturel ? Les Puissants sont bien pourtant des hommes.

La problématique ainsi posée met en évidence la part sociale de l'homme. Son statut de citoyen, c'est à dire un individu inséré dans un microcosme relationnel. Les Puissants oeuvrent à la pérennité de leur statut. Par héritage bien entendu mais bien plus encore par l'éducation. De la même façon, les asservis sont conditionnés à une existence soumise. Les Puissants se chargeront de les y maintenir par d'habiles subterfuges et en se servant de la paresse et de la lâcheté de la masse.

Il n'y a rien de naturel. Tout est éducatif. Certains vont naître avec une cuillère d'argent dans la bouche mais l'environnement va se charger de leur apprendre à s'en servir. Les asservis se contenteront de les envier et de geindre. 

Les Philosophes des Lumières ont mis en avant le droit des hommes à être responsables lorsque ce droit finissait par apparaître comme insaisissable.

 

Jean Jacques Rousseau disait « qu’on perd dans l’asservissement jusqu’au désir d’en sortir. »

 

Les révolutions arabes viennent de prouver qu’il n’en est rien. L’asservissement corrompt les âmes, contraintes à de multiples compromissions pour subvenir à l’essentiel. Toute l’énergie des individus s’y perd. La peur de la perte des biens vitaux devient générale et les individus en viennent à percevoir la masse environnante comme l’adversaire à combattre. Les Puissants entretiennent cette peur et l’amplifient si nécessaire. Elle sert leurs intérêts.

L’entendement devient dès lors la source des actes. Il faut parvenir à cet état d’observation macroscopique, une élévation au-dessus de la masse pour prendre conscience des entrelacs instaurés par la matrice, cette entité constituée par des individus anonymes, travaillant dans les palais. Une fois cette observation validée, chaque individu ayant effectué sa propre analyse et pris conscience de l’émergence d’une pensée commune, les individus éveillés peuvent entamer une tâche évolutionniste. Il ne s’agit pas de chercher des guides mais de favoriser par un travail intérieur son propre éclairage au risque d’être éblouis et par conséquent manipulés par les tenants des lampions…

Les Philosophes des Lumières prônaient la raison comme étendard. Il faut y adjoindre le courage.

Il reste ensuite à ne pas tomber dans l’euphorie magnifiée par des individus avides qui cherchent à se présenter comme les nouveaux Guides. Combien de Révolutions portées par les peuples et tombées aux mains des Puissants ?

La France en est un "bel" exemple.     

Que reste-t-il de cet héritage ? Une démocratie ? Où ça ?