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Par Le 02/12/2017

 

 

En interférant avec les hormones thyroïdiennes de la femme enceinte, les perturbateurs endocriniens sont susceptibles d’altérer la construction du cerveau de l’enfant à naître. 
© 123RF/subbotina

5 minutes de lecture

 Santé  Environnement Sciences de la vie

Stéphane Foucart, Le Monde
Publié mercredi 8 novembre 2017 à 19:30, modifié mercredi 8 novembre 2017 à 19:30.

SANTÉ

«Il n’est plus possible de nier l’effet de l’environnement sur le cerveau»

Pour la biologiste Barbara Demeneix, les effets négatifs des perturbateurs endocriniens sur les capacités cognitives et les comportements ne font plus de doute

Demain, tous crétins? La chaîne Arte diffusera, samedi 11 novembre un documentaire au titre en apparence potache, mais dont le sujet est d’une singulière gravité. Le film expose les travaux de chercheurs français et américains montrant que l’érosion récente des capacités cognitives des populations occidentales est, en partie au moins, liée à l’exposition à certains perturbateurs endocriniens.

La biologiste Barbara Demeneix (CNRS-Muséum national d’histoire naturelle), l’une des protagonistes du film, détaille les traits saillants de son travail sur le sujet, également développés dans un livre paru le 25 octobre (Cocktail toxique. Comment les perturbateurs endocriniens empoisonnent notre cerveau, Odile Jacob).

Le Temps: Avant de parler des causes d’un déclin des capacités cognitives de la population, ce déclin est-il bien réel?

Barbara Demeneix: S’agissant de l’évolution du quotient intellectuel (QI) dans la population générale, nous ne disposons pas de beaucoup de données très solides – c’est-à-dire obtenues sur de grands échantillons de population, sur de longues périodes et en utilisant les mêmes méthodes. Mais à peu près toutes les informations qui sont à notre disposition suggèrent que le QI, après avoir augmenté pendant des décennies, est désormais en baisse. Et ce, depuis la dernière décennie du XXe ou le début du XXIe siècle.

Les informations les plus solides viennent de la Finlande, où des générations de conscrits sont testées, chaque année au même âge, depuis 1988. Une analyse de ces données publiée en 2013 montre une baisse des capacités cognitives de 2 à 5 points entre 1996 et 2009, selon le type de test. En France, une étude conduite sur une petite cohorte d’adultes suggère une baisse de 3,8 points de QI au cours de la dernière décennie, assez cohérente avec ces chiffres… D’autres travaux, dans d’autres pays, vont dans le même sens. C’est une situation très inquiétante.

– Comment l’exposition à de faibles doses de substances chimiques de synthèse peut-elle éroder nos capacités cognitives et intellectuelles?

– Nombre de molécules issues de la chimie industrielle sont appelées «perturbateurs endocriniens» pour leur capacité à interférer avec le système hormonal, et certaines peuvent perturber le fonctionnement des hormones thyroïdiennes. Ce peut être des pesticides présents dans la chaîne alimentaire et l’environnement, des plastifiants comme les phtalates ou le bisphénol A, des retardateurs de flamme à base de brome, utilisés comme ignifuge dans les meubles rembourrés, des imperméabilisants ou des perchlorates, etc.

Or en interférant avec les hormones thyroïdiennes de la femme enceinte, ces substances sont susceptibles d’altérer la construction du cerveau de l’enfant à naître. C’est une certitude, issue de l’étude de 450 millions d’années d’évolution des vertébrés: les hormones thyroïdiennes sont impliquées dans l’activation des gènes qui participent à la construction de structures cérébrales critiques comme le cortex ou l’hippocampe. Ces hormones sont si essentielles que si vous n’avez pas de glande thyroïde, vous n’avez simplement pas d’encéphale… C’est donc en altérant le fonctionnement de la thyroïde maternelle que ces substances peuvent produire leurs effets sur le fœtus, en particulier au début de son développement, lorsque celui-ci n’a pas encore sa propre thyroïde.

Lire aussi: Ces emballages qui nuisent à votre santé

– De légers troubles thyroïdiens de la mère ont-ils véritablement un effet sur l’enfant à naître?

– Il existe des études épidémiologiques associant sans ambiguïté un mauvais fonctionnement thyroïdien de la mère à une réduction des capacités cognitives de son enfant, mesurées plus tard dans la vie. Dans les années 1970, en Sicile, il a été montré que les enfants des mères ayant souffert d’une baisse de production d’hormones thyroïdiennes (due à une carence alimentaire en iode) avaient des QI inférieurs, en moyenne, de plus de 15 points à ceux dont les mères n’avaient pas souffert de telles carences. En Chine, une étude publiée en 2010 sur 1268 femmes enceintes a montré que celles qui souffraient d’un dysfonctionnement thyroïdien, même léger, ont eu des enfants dont le QI moyen était diminué de près de 10 points par rapport aux autres.

– Les niveaux d’exposition ne sont-ils pas trop faibles pour perturber la thyroïde des femmes enceintes?

– D’abord, il faut avoir à l’esprit que les perturbateurs endocriniens – et ceux qui ciblent la thyroïde n’y échappent pas – agissent même à très faible dose. Ensuite, depuis les années 1970, le nombre de substances de synthèse présentes dans les écosystèmes, dans la chaîne alimentaire ou dans l’environnement domestique, a été multiplié par 300, ce qui augmente considérablement les possibilités d’effets dus à des cocktails de molécules. En 2011, une étude de biosurveillance menée aux Etats-Unis a recherché chez des femmes enceintes la présence de 163 molécules de synthèse. Au moins 62 d’entre elles ont été retrouvées sur plus de 90% des femmes enrôlées dans l’étude. Or jusqu’à deux tiers de ces substances interfèrent avec le système thyroïdien…

On dispose aussi de données épidémiologiques associant l’exposition de la femme enceinte à certaines substances perturbant la thyroïde − en particulier des phtalates, des retardateurs de flamme à base de brome et des pesticides organophosphorés − à un QI diminué pour leur enfant. En 2015, j’ai participé, avec des économistes, des épidémiologistes et des statisticiens, à une étude utilisant ces données, pour estimer l’impact économique de l’exposition des populations européennes à trois perturbateurs endocriniens − les mieux étudiés. Au total, nous concluons que cet impact est d’environ 150 milliards d’euros par an en Europe, dont environ 130 sont le résultat de dégâts sur le développement cérébral, notamment la perte de QI.

– Ces substances provoquent-elles d’autres effets neurocomportementaux?

– Un grand nombre de données nouvelles apportent des indices forts en faveur d’un lien entre l’exposition de la femme enceinte à ces substances et un risque accru, pour leur enfant, d’être sujet à des troubles du spectre autistique (autisme, syndrome d’Asperger, etc.), à de l’hyperactivité ou à des troubles de l’attention. Les statistiques américaines sur l’évolution des différentes formes d’autisme, les plus solides, montrent une augmentation absolument vertigineuse de la prévalence de ces troubles.

En 1975, selon les chiffres officiels, un enfant sur 5000 était touché par un trouble du spectre autistique. Ce chiffre est passé à un enfant sur 2500 dix ans plus tard et en 2001 il était d’un enfant sur 250. Il n’a cessé d’augmenter et nous sommes aujourd’hui à un enfant sur 68 touchés. Les critères de diagnostic n’ayant pas évolué depuis 2000 et le pool génétique humain n’ayant pas changé dans ce laps de temps, il est certain que des causes environnementales sont impliquées, et notamment l’exposition à des perturbateurs endocriniens.

Une étude prospective menée en Californie entre 1997 et 2008 a par exemple montré que la probabilité d’avoir un enfant autiste augmentait à mesure que le lieu de résidence des femmes enceintes était proche des champs traités au chlorpyriphos, un insecticide organophosphoré qui interfère avec le système thyroïdien. Aujourd’hui, il n’est plus possible de nier les effets de l’environnement sur ces troubles.

– Pourquoi les agences réglementaires ne prennent-elles pas des mesures?

– Certaines agences sont en effet toujours rétives à tenir compte de ces données, mais d’autres, comme l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), commencent à comprendre qu’il y a là un très gros problème.

Tous crétins

Par Le 01/12/2017

Les perturbateurs endocriniens condamnent l’humanité à la stupidité…

1 décembre 2017 / par Auguste Bergot

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Nous parlons souvent des perturbateurs endocriniens comme d’une menace. Mais que savons-nous véritablement sur la manière dont ils agissent, sur leur présence, et sur les outils à notre disposition pour s’en protéger ? A vrai dire, pas grand-chose. Ou plutôt pas suffisamment. Nous continuons à les voir comme une menace lointaine, un sentiment largement entretenu par l’inertie de nos dirigeants qui nous mène à croire que nous pouvons encore minimiser l’importance de ce sujet.

Et pourtant, l’omniprésence des perturbateurs endocriniens dans notre environnement est un enjeu de santé publique globale : nous sommes tous concernés, tous affectés, et à plus forte raison, nous sommes en train d’engager l’avenir de toute l’humanité en restant inactifs, en prétendant être démunis. C’est pour apporter un éclairage scientifique à ces questions auxquelles nous sommes tous sensibles, quoiqu’insuffisamment informés, que Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade ont réalisé le documentaire « Demain, tous crétins », diffusé samedi 11 novembre sur Arte.

Si l’accent a souvent été mis sur l’impact des perturbateurs endocriniens en ce qui concerne le développement de cancer du sein, des testicules, ou encore la détérioration de la qualité du sperme (et donc de la fertilité), le documentaire développe un aspect sans doute moins traité jusqu’alors : l’impact des perturbateurs endocriniens sur l’intelligence humaine. De plus en plus, les données s’accumulent et montrent que l’humanité est en train de connaître une diminution généralisée du quotient intellectuel (QI) depuis plus de vingt ans, un développement des cas de troubles du spectre autistique, une baisse de la capacité d’attention, et un accroissement des troubles du comportement.

Les chiffres qui apparaissent dans le documentaire donnent froid dans le dos. Un chercheur a ainsi eu accès aux tests de QI qui étaient réalisés dans l’armée scandinave en Finlande. Il a alors constaté que depuis 20 ans, le QI avait baissé de 2 points par décennie. Autre constat alarmant : « entre 1990 et 2001, le nombre d’enfants diagnostiqués autistes a augmenté de 600% en Californie. Aujourd’hui, 1 enfant sur 68 est diagnostiqué autiste aux Etats-Unis. » Par ailleurs, nos instituteurs constatent tous les jours la perte d’attention croissante des enfants (qui ne saurait être expliqué exclusivement par l’effet des perturbateurs endocriniens d’ailleurs – on pense notamment au temps passé sur les écrans et au format « information instantanée » qui forme la pensée à traiter des informations rapidement mais sommairement).

En quoi alors les perturbateurs endocriniens jouent-ils un rôle dans cette diminution du niveau intellectuel ? Pour comprendre ce rôle, les réalisateurs du documentaire font un détour par les études menées par Peter Pharoah dans une région de Papouasie Nouvelle-Guinée. Dans un groupe de sociétés tribales, le chercheur a remarqué que près d’un septième de la population était atteint de crétinisme – une maladie notamment caractérisée par le gonflement de la thyroïde. Or, en 1999, année où Peter se rend sur son terrain de recherche, la colonisation avait eu le temps de sonner le glas des pratiques traditionnelle de fabrication du sel, comme le souligne Barbara Demeneixdans son livre Cocktail toxique. Celui-ci a alors l’idée de faire une injection à l’ensemble des 16 000 habitants de la région – la moitié recevant une simple injection d’eau et l’autre une injection d’iode. Quelques années plus tard, ces résultats montrent que les enfants nés des femmes qui avaient reçu l’injection d’iode n’était plus touchés par le crétinisme (sauf si l’injection avait été réalisée alors que les femmes étaient déjà enceintes) et à l’inverse, que les cas de crétinisme persistaient pour les enfants dont les mères n’avaient reçu qu’une simple injection d’eau.

Quel rapport avec les perturbateurs endocriniens me direz-vous ? Eh bien, il s’avère que certaines molécules chimiques ont à peu de choses près la même structure que celles des hormones thyroïdiennes. Parmi celles-ci on trouve le brome, le chlore, et le fluor (qui sont sur la même colonne du tableau périodique des éléments que l’iode), des molécules omniprésentes dans notre environnement et qui prennent leur place dans notre organisme, notamment en lieu et place de l’iode dans notre thyroïde. Et c’est l’invasion de ces molécules qui va conduire à la perturbation de notre fonctionnement hormonal et à l’altération de notre développement cérébral.

« Nous volons littéralement à la population son potentiel intellectuel » 

A partir de là, c’est bien connu, on va retrouver en énormes quantités le chrome, le fluor et le brome notamment dans les PCB – qui, même interdits, se retrouvent encore dans les sédiments des sols et contaminent toute la chaîne alimentaire –, dans les pesticides et (moins connu) dans les retardateurs de flamme. Il serait trop long ici de détailler toutes les études présentées par le documentaire qui confirment les liens de cause à effet entre la surexposition à ces intrants chimiques et la diminution des capacités intellectuelles, mais soulignons toutefois à bon droit que dans la plupart des cas, c’est l’activité de lobbying des industriels qui – faisant abstraction de toutes les expertises scientifiques alertant des dangers des perturbateurs endocriniens – continue d’entretenir ce modèle et dessine en toute connaissance de cause le chemin d’un effondrement…

Crédit Illustration : Olivier Bonhomme

Mais face à ce lobbying dangereux, les scientifiques indépendants de tout conflit d’intérêt, à l’image de Barbara Demeneix ou Arlene Bloom, mènent une lutte acharnée auprès des politiques pour faire avancer les législations. Car en effet, « l’information reste le nerf de la guerre » et les lobbys n’ont pas de scrupules à commander des études scientifiques allant dans leur sens pour contredire les études menées par le reste de la communauté scientifique… Pourtant il est urgent d’agir, et pour cela il est urgent que NOUS soyons informés pour comprendre l’imminence de cette menace qui pèse sur l’ensemble de notre civilisation.

Pour agir déjà à notre échelle et éviter d’être trop impacté et de trop impacter le cerveau de nos enfants, l’iode semble être un moyen efficace. Comme il est souligné dans le dossier de presse du documentaire :

« Toute femme enceinte devrait veiller à avoir un apport d’iode suffisant chaque jour. D’une part, parce que l’iode est indispensable à la fabrication d’hormones thyroïdiennes nécessaires au développement cérébral, d’autre part, parce que l’iode, en saturant la thyroïde, pourrait se révéler un rempart contre certaines attaques chimiques. »

Nous ne saurions que trop vous conseiller le documentaire de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade qui est clairement de l’ordre de l’utilité publique.

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Les "scientifiques"...

Par Le 01/12/2017

Je vois passer parfois des "expériences scientifiques" qui me laissent pantois tant elles sont absurdes au regard du simple bon sens ou de la simple expérience. 

On a par exemple des "chercheurs" qui nous prouvent avec des électrodes que la synchronisation visuelle est importante pour l'apprentissage des enfants.

Wahou, quelle découverte exceptionnelle...C'est clair qu'un parent aimant n'a jamais ressenti, profondément, dans une vague d'amour et de joie, que le regard croisé avec son enfant créait un lien qui allait bien au-delà de la simple vue. 

Ils nous disent aussi qu'il est important que les enfants fassent du sport pour mieux retenir et que celui qui va à l'école à pied est davantage prêt à apprendre.

Wahou, je n'y avais pas pensé...

Ils nous disent aussi qu'il ne faut pas parler à son enfant de 2 ans comme à un bébé.

Ou que l'environnement du bébé joue sur sa santé d'adulte.

......

Non, mais vraiment, c'est consternant. 

Je me souviens aussi de scientifiques qui avait "prouvé" que les poules et les vaches éprouvaient de l'empathie pour leurs congénères. Et les poissons aussi.

Non, sans blague. Et ils ont besoin d'être "scientifiques" pour ça ?

...

Alors, je me demande une chose toute simple : est-ce que ces scientifiques n'ont pas été intégralement déglingués au fil de leurs années d'études pour penser que seule la science a la capacité et la légitimité pour apporter des "preuves" à des données aussi évidentes et connues de n'importe quel adulte normalement constitué ?.....

 

Pour ce qui est de la synchronicité cérébrale, par exemple, il leur aurait suffi de passer une journée dans une classe pour réaliser à quel point le regard a une importance considérable... Pas besoin d'aller coller des électrodes sur les crânes...

Je me demande également si cette main-mise de la science n'est pas le reflet d'un monde immature où il convient d'expliquer par A et B et jusqu'à Z comment les choses sont parce que le seul bon sens et l'observation ne sont plus considérés comme des savoirs mais juste comme des croyances...

J'entends parfois des mamans quitter leur enfant à la porte de l'école en disant : "bonne journée mon bébé..."

C'est donc qu'il faudrait que les scientifiques apportent des preuves pour limiter les dégâts ou au moins éviter qu'ils surviennent. Mais cela signifie-t-il également qu'un nombre conséquent d'adultes n'est pas en mesure d'user du simple bon sens ? 

Eh bien, personnellement, ces "scientifiques" et leurs "études", mon bon sens me dit de m'asseoir desssus.  

Quant aux adultes qui auraient besoin de ces "études", qu'ils essaient déjà de grandir avant de faire des enfants. 

Apprentissages  de bébé

© Thinkstock

 

La synchronisation visuelle serait efficace pour que les bébés maîtrisent la communication et l'apprentissage.

Un contact visuel avec un bébé provoque une synchronisation des ondes cérébrales chez l'enfant et la personne qu'il regarde, selon les résultats d'une étude publiée dans la revue médicale Proceedings of the National Academy of Sciences. Cette synchronisation peut aider à renforcer les compétences de communication et d'apprentissage.

Quand un parent et un nourrisson interagissent, divers aspects de leur comportement peuvent se synchroniser, y compris leur regard, leurs émotions et leur rythme cardiaque, mais on sait peu de choses sur la synchronisation de leur activité cérébrale et sur ses conséquences.

Des chercheurs de l'université de Cambridge (Royaume-Uni) ont mené une étude pour déterminer si les nourrissons peuvent aussi synchroniser leurs ondes cérébrales avec celles des adultes et si le contact visuel pourrait influencer cela.

L'équipe a examiné les modèles d'ondes cérébrales de 36 nourrissons (17 dans la première expérience et 19 dans la seconde) en utilisant l'électroencéphalographie (EEG), qui mesure les modèles d'activité électrique du cerveau via des électrodes. Ils ont comparé l'activité cérébrale du nourrisson à celle de l'adulte qui lui chantait des comptines.

LA SYNCHRONISATION CÉRÉBRALE AMÉLIORÉE PAR LE REGARD

Dans la première de deux expériences, l'enfant a regardé une vidéo d'un adulte pendant qu'il chantait une chanson. Dans un premier temps, l'adulte regardait directement le bébé. Puis, il tournait la tête pour détourner son regard, tout en chantant des comptines.

Les chercheurs ont constaté que les ondes cérébrales des nourrissons étaient plus synchronisées avec celles des adultes lorsque le regard de l'adulte croisait celui de l'enfant.

Lors de la deuxième expérience, l'adulte regardait directement l'enfant ou détournait son regard en chantant des comptines.

Dans ce cas, l'activité cérébrale des nourrissons et des adultes ont été synchronisés une fois que le contact visuel mutuel a été établi.

"Quand l'adulte et l'enfant se regardent, ils signalent leur disponibilité et leur intention de communiquer l'un avec l'autre. Nous avons constaté que les cerveaux des enfants et des adultes répondaient à un 'signal de regard fixe' les rendant davantage reliés à leur partenaire", a déclaré Dr Victoria Leong, auteure principale de l'étude.

 


C'est chouette les discussions avec un fils qui fait de hautes études scientifiques : :) 

Léo Ledru Pas du tout d'accord avec tout ça, déjà à l'époque où on pense (et où on a déjà commencé) à dispenser des cours avec tablettes et pc omniprésents, ou des jeux électroniques pour nourrisson, ce type d'étude est très important pour justement démontrer que cette technologie est mal adaptée et risque d’amener à tout simplement à des déficiences mentales, émotionnelles , sociales. Et puisque justement le "bon sens" n'a aucune valeur puisqu'il est totalement subjectif et qu'il y a un nombre très important et potentiellement croissant de con la science à l'énorme responsabilité, et est l'unique solution, permettant d'avoir l'espoir de prendre des bonnes décisions et un progrès réussi. 
Et avoir connaissance de quelque chose est complètement différent de savoir quelque chose et de pouvoir l'expliquer. Ce n'est pas parce que effectivement on ressent quelque chose quand on regarde une personne dans les yeux qu'il faut s'arrêter là, comprendre le pourquoi de notre ressenti et ses conséquences c'est là que la science entre en jeu et sans cette éternelle volonté à expliquer les phénomènes on serait toujours à l'âge de pierre.
Des conflits d'intérêts dans la science, ou des problèmes d'éthiques ça existe mais ça ne discrédite en rien la science qui elle est et a toujours été bénéfique

 

Thierry Ledru "il y a un nombre très important et potentiellement croissant de cons "... Oui, c'est surtout ça le problème. Et je n'aime pas l'idée que la "science" soit le pilier sur lequel les individus doivent se référer pour ne pas rester cons. C'est ça qui me désole au plus haut point. D'autant plus que la science devient dès lors la seule base de réflexion et c'est davantage à mes yeux une dépendance qu'une possible libération. Il n'est qu'à voir les scientifiques qui considèrent que le glyphosate n'est pas dangereux ou que les preuves de sa toxicité ne sont pas suffisantes. Maintenant, que des scientifiques viennent apporter une "preuve" que les poules ont des émotions et une conscience animale, si ça peut aider à ne plus les enfermer dans des mouroirs, c'est évidemment positif. Mais c'est la référence nécessaire à la science que je trouve "immature". Quand on regarde les yeux de Pignonnet, on n'a pas besoin de lui coller des électrodes sur le crâne pour savoir, intuitivement, qu'il y a une conscience derrière... :)

 

Léo Ledru Dans ce cas ce n'est ni la science ni les scientifiques qu'il faut critiquer parce que justement sans eux se serait encore l'invasion des cons. Que ce soit désolant qu'il faille tout démontrer pour essayer de sensibiliser un minimum certes, mais ce qui est vraiment désolant c'est plutôt quand les choses sont démontrer mais pas mise en pratique justement parce que le reste du monde est trop con. Et justement c'est cette critique des scientifiques soit-disant dans leur tour d'ivoire qui fait qu'une partie de la population croit mieux penser que tout le monde et est incapable d'être à l'écoute des conseils ou consignes prouvées scientifiquement. Le bon sens c'est chacun fait ce qui lui semble bon , la science c'est prouver de manière reproductible qu'un comportement est le meilleur à adopter relativement aux autres.
Et bien que je vois dans pignonet un être doué de sensibilité qui à ses humeurs ses envies et surement son analyse j'aimerai fortement avoir des preuves scientifiques de cela et surtout la compréhension de quelle est sa conscience, si c'est la même que la notre, s'il en existe des différentes etc. Et tout simplement savoir comment fonctionne la conscience, si elle est immuable ou si elle se fabrique par l'expérience du monde. Tout ça mon bon sens et mon ressenti personnel ne me l'expliqueront jamais, et je ne pourrai jamais sensibiliser et instruire d'autrs personnes sur la conscience animal en leur demandant juste de regarder un chat dans les yeux, certains ont le cœur sec c'est comme ça, la science est universelle et même un coeur sec si on lui montre par A+B comment est structuré la conscience du chat il sera surement plus à même de l'accepter

 

Léo Ledru Après ya un autre facteur qui donne une mauvaise image, c'est ce que les médias présentent de la science. Toujours pareil, faut faire du clic, du scandale, et à chaque fois que je lis un article en français sur une publication il me suffit d'aller voir le résumé officielle de la publication en anglais (toujours disponible publiquement) pour voir que l'article français c'est de la vraie merde qui prend que ce qui l'intéresse dans la publication et passe sous silence d'autre éléments ce qui fausse complètement le truc

 

Thierry Ledru Réponse 1 et réponse 2, entièrement d'accord. Sauf sur le bon sens, qui à mes yeux, est justement fondé sur l'expérience commune et partagée et non sur la perception individuelle. Le risque généré par une science omniprésente et seule habilitée à valider une connaissance, c'est qu'elle contient dès lors un pouvoir immense et que ce pouvoir appartient en sous-main à ceux qui financent les recherches. On entre dans les problématiques développées par Asimov ou Van Vogt sur le pouvoir de la connaissance orchestré par des individus intelligents pour dominer des cons...

 

Thierry Ledru Le danger d'une "science toute puissante et seule valide", c'est ça, par exemple : http://www.telerama.fr/.../bienvenue-a-gattaca,44066.php

Roman d'anticipation.

Par Le 27/11/2017

C'est la première fois que ça m'arrive...

Dans l'écriture du roman en cours, la suite de "Les héros sont tous morts", l'histoire plonge au coeur d'une certaine actualité. Daesh y tient une place importante. Sauf que l'évolution de la situation dans les divers territoires occupés par l'état islamique m'oblige à changer le scénario prévu...En fait, l'actualité va trop vite...

D'un roman d'anticipation, je me retrouvais avec une dissonance temporelle...Le présent rattrape le futur de mon histoire jusqu'à le faire tomber dans le passé.

Donc, je reprends tout à zéro... Pile cent pages à retravailler pour prendre un peu plus de distance par rapport au présent.

Mais, je reste néanmoins très heureux de ce genre de problème quand je pense à la réalité sur le terrain...

 

Par contre, au regard de la vitesse effarante des déréglements écologiques générés par l'humanité et les conséquences inévitables qui surviendront, j'en viens à me dire qu'un jour, il faudra que j'écrive l'histoire d'un procès.

Il racontera la plainte d'un jeune homme contre ses parents pour "mise en danger de la vie d'autrui par l'acte de procréation volontaire et prémédité sans le consentement de la tierce personne..."

Un roman d'anticipation mais je ne sais pas jusqu'à quand.

Droits des animaux

Par Le 25/11/2017

L'histoire du tigre abattu à Paris après s'être échappé d'un zoo occupe pas mal de place dans "l'actualité"...

Il est intéressant d'analyser la dialectique employée dans les divers articles.

 

"Agé de deux ans, le tigre a été tué de trois balles de fusil à pompe.
Selon nos informations, son propriétaire a été placé en garde à vue dans les locaux du commissariat du XVe arrondissement pour «mise en danger de la vie d’autrui». Il aurait reconnu de lui-même une défaillance de la sécurité de l’enclos du tigre."

 

L'humain considère que ses congénères se trouvaient en danger.

Oui, assûrément.

Mais qui est responsable de cette situation ?

L'humain.

Ce tigre aurait donc dû être anesthésié par les forces de l'ordre. Elles sont équipées pour ça. 

 

"Nous avons une véranda dont les portes sont fermées car c'est de cet endroit que les tigres rentrent pour les spectacles et puis nous avons une autre cage de détente, où les tigres sortent avec une piscine, des arbres", a-t-il détaillé. "Si une bête s'échappe - mais cela n'est jamais arrivé depuis quarante ans que je suis à Paris - elle reste enfermée: c'est une cage dans une autre cage".

Mais vendredi vers 18h00, il a ouvert une porte de séparation pour nettoyer les tigres dans la véranda: "une tigresse était sortie car une porte, généralement condamnée, était ouverte. On soupçonne un acte de malveillance. Il y avait une chaîne avec un cadenas et la chaîne a été coupée", a-t-il dit.

 

L'acte de malveillance a eu lieu le jour où ce tigre a été arraché à son milieu naturel, pas dans le fait qu'une chaîne aurait été coupée. L'acte de malveillance, c'est d'oser prétendre qu'une cellule puisse être un lieu de détente pour des animaux, qu'il s'agisse d'un tigre ou de n'importe quel autre animal.

On se trouve là encore devant un déni de responsabilité. Il en est de même dans l'usage que l'homme a de la planète en général. 

Les mentalités évoluent malgré tout et je me réjouis de voir sur les réseaux sociaux des centaines de commentaires révoltés devant la vie et la fin tragique de ce tigre...

On avance...On avance... Il n'est qu'à voir la liste grandissante des villes françaises qui refusent désormais la venue de ces mouroirs sur leur commune. 

S'ils n'ont plus d'emplacement, ils finiront par abandonner les "numéros avec animaux". Ou alors, ils disparaîtront du paysage. C'est aux gens de faire pression.

 

Les communes qui agissent en faveur des animaux

 

Ce sont elles qui ont le pouvoir d'interdire la venue d'un cirque avec animaux sur leur territoire. Lesquelles ont déjà sauté le pas ?

Si vous souhaitez solliciter votre mairie pour qu'elle prenne un arrêté d'interdiction, n'hésitez pas à nous contacter et nous vous y aiderons. Des modèles de documents sont également disponibles dans la rubrique Agir.

Élus locaux, téléchargez notre modèle de délibération pour interdire l'installation de cirques avec animaux sur votre commune.

A l'initiative de Code animal, qui avait rédigé le premier arrêté et "décroché" la première ville française, le mouvement a pris de l'ampleur ces dernières années. Au 24 novembre 2017, 65 communes françaises, dont 17 de plus de 20 000 habitants, disent non aux cirques avec animaux.

 

Dernière mise à jour : 

24/11/2017

 

©CCBYSA © OpenStreetMap contributors

 

 

Légende

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Ajaccio

En avril 2016, Ajaccio (67 500 habitants, Corse du Sud), a voté l'interdiction d'installation des cirques avec animaux sur son territoire.

Aups

Aups refuse les cirques détenant des animaux sauvages depuis mars 2017. Béatrice Caturla, adjointe à la mairie est à l'origine de cette action : «Ma préoccupation principale est avant tout le bien-être animal, et le respect de la loi. L'article L.214-1 du code rural dispose que tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. Ne serait-ce que par le fait de l'enfermement, le plus souvent dans des cages exiguës, et de par les techniques de dressage, le cirque ne peut correspondre à cette législation.

Bastia

Le 17 octobre 2017, et suite à une consultation en ligne et au travail de sensibilisation du groupe "la Corse dit Stop aux cirques avec animaux", Bastia interdit au travers d'un arrêté les cirques avec numéros d'animaux sauvages : 

"Au-delà de la question de la qualité de traitement des animaux, c'est tout simplement la notion d'exploitation commerciale d'animaux devant vivre à l'état sauvage qui ressort comme un problème majeur. La notion "d'exemple donné aux enfants" revient également très régulièrement, amenant les répondants à dire qu'ils fuient désormais les cirques avec animaux sauvages pour ne pas montrer cela à leurs enfants. Globalement, 90% des répondants sont contre l’accueil de cirques avec numéros d'animaux sauvages."

Tout en affirmant clairement que tous les spectacles de cirque ne mettant pas en scène de numéros avec animaux sauvages, restent les bienvenus sur la commune de Bastia.
http://www.bastia.corsica/fr/actualites-20/la-ville-de-bastia-interdit-les-cirques-avec-numeros-d-animaux-sauvages.html?cHash=d5c7afeece404a4386e7fb68817c3283

Bazeilles

Le Conseil municipal de Bazeilles a délibéré pour refuser l'installation de cirques sur le territoire communal en raison des conditions liées aux stationnement. 

Bègles

L’interdiction sur le territoire de Bègles du 1er mars au 1er novembre de chaque année, des spectacles organisés par des personnes morales ou physiques dans un cadre itinérant et dans lesquels figureront des animaux domestiques, sauvages, apprivoisés ou tenus en captivité.

Bessancourt

La ville de Bessancourt (Val d'Oise) dans une délibération en date du 31 mai 2007 "renonce à recevoir sur son territoire tout cirque détenant des animaux sauvages".

Carquefou

Carquefou refuse depuis mars 2011 les cirques avec animaux sauvages

Carros

Charles Scibetta, maire de Carros, vient de prendre un arrêté interdisant dans sa commune "l'installation de cirques avec animaux issus de la faune sauvage et/ou domestique, sauf exception".

 

Chassieu

Vernaisson et Chassieu, villes du Grand Lyon, renoncent à recevoir les cirques avec animaux. Monsieur Alain Darlay, maire de Chassieu, nous a transmis la délibération de sa ville, le 13 juillet 2010. Cette résolution a été voté à l'unanimité sur la base notamment des propositions faites par Code Animal par le biais de sa résolution.

L'association Dignité Animale a multiplié les rencontres et démarches afin d'expliquer le bien fondé de cette décision.

Creil

Juillet 2009 : la ville de Creil (34 200 habitants) dans l'Oise interdit les cirques présentant des animaux.

Draguignan

2017 : la ville de Draguignan accepte la présence de cirques mais sans animaux. 

Esbly

La commune d'Esbly, en Seine-et-Marne, interdit depuis janvier 2016 l'installation de spectacles et de cirques détenant des animaux sauvages sur son territoire.

Fontenay-sous-Bois

À Fontenay-sous-bois (53 100 habitants, Val-de-Marne), un arrêté en date du 1er septembre signé par le sénateur-maire Jean-François Voguet stipule que "l’installation de cirques détenant des animaux sauvages et/ou domestiques (exceptés les chevaux, les chats, les chiens, les colombidés, les lapins), en vue de leur présentation au public, est interdite sur le territoire de la commune de Fontenay-sous-Bois".

Furiani

Par délibération du 19 septembre 2016, la commune de Furiani, en Haute-Corse, interdit l'installation des cirques détenant des animaux sauvages sur son territoire.

Gainneville

En avril 2016, la municipalité de Gainneville, en Seine-Maritime, a interdit l'installation de cirques avec animaux sauvages sur son territoire : "La municipalité est garante de la moralité publique et la mise en spectacle d'animaux sauvages ou de certains animaux domestiques dans des conditions incompatibles avec leurs besoins biologiques et leur habitat constitue une atteinte aux valeurs de respect de la nature et de l'environnement protégées par notre constitution."
 

Gougenheim

Les élus de la commune de Gougenheim (bas-rhin) ont décidé à l’unanimité d’interdire l’implantation des cirques détenant des animaux sauvages,  alors qu’elle en accueillait auparavant. Cette décision prise en juillet 2017 a été prise grâce à l'intervention d'Animalsace. 

Ham-sous-Varsberg

La commune de Ham-sous-Varsberg a voté à la majorité pour l'interdiction des animaux sauvages ! C'est la 11ème commune de Lorraine, grâce au travail du Groupe d'Actions Animales Moselle

Hayange

Le 13 avril 2016, la municipalité d'Hayange (Moselle) a adopté une motion interdisant l'installation sur le territoire de la commune de cirques avec animaux sauvages.
 

Hénin-Beaumont

La ville d'Hénin-Beaumont (26 300 habitants) renonce à recevoir des cirques détenant des animaux sauvages

Homécourt

La Ville d’Homécourt a pris un arrêté municipal en septembre 2016 pour refuser l’installation de cirques avec ménagerie dans la commune. « Les conditions de vie de ces pauvres bêtes ne sont pas dignes d’êtres sensibles », justifient les élus.

Illkirch

La ville d'Illkirch (26 400 habitants, Bas-Rhin) a adopté à l'unanimité une motion sur le refus d'accepter des cirques détenant des animaux sauvages à compter du 9 octobre 2006.

Ivry sur Seine

Le conseil municipal d'Ivry, suite à l'intervention de EELV a décidé d'interdire les cirques avec animaux sur son territoire. 
"Fier de ma ville et d'avoir porté ce combat localement"  Romain Zavallone, au nom du groupe EELV. 22/11/2017 

Jons

La commune de Jons a décidé de dire non aux cirques malgré le rejet de la délibaration par le préfet.

Jœuf

La commune de Jœuf, en Meurthe-et-Moselle, a interdit l'installation sur son territoire de cirques détenant des animaux sauvages en cage, et n'autorise que des établissements "présentant au public des animaux domestiques pouvant être détenus en liberté, dans un enclos extérieur ou attachés".

La Ciotat

Troisième commune à agir en 2016 pour mettre fin aux spectacles avec animaux : La Ciotat (34 600 habitants, Bouches-du-Rhône). En mars, à l'initiative du maire, Patrick Boré, le conseil municipal a adopté une délibération interdisant la présence de cirques avec des animaux sauvages sur le territoire de la commune.

La Trinité

La mairie a pris un arrêté en 2012 interdisant l'installation de cirques avec ménagerie sur son territoire.

Lescar

Première commune en 2016 à prendre un arrêté pour interdire l'installation de cirques avec animaux : Lescar, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Lieusaint

En février 2016, la ville de Lieusaint, en Seine-et-Marne, a décidé de « renoncer à recevoir sur son territoire tout cirque détenant des animaux sauvages ».

Luc

La commune varoise a renoncé à accueillir des cirques détenant des animaux sauvages le 1er août 2016.

Machilly

Le 29 août 2016, la commune de Machilly, en Haute-Savoie, a décidé d'interdire l'installation sur son territoire de cirques détenant des animaux sauvages.

Magny-le-Hongre

Par délibération du 23 mai 2016, la commune de Magny-le-Hongre, en Seine-et-Marne, a renoncé "à recevoir sur son territoire tout cirque détenant des animaux sauvages".

Marcilly-d'Azergues

En juin 2016, la municipalité de Marcilly-d'Azergues (Rhône) a voté par 9 voix pour (et 4 abstentions) l'interdiction pour les cirques détenant des animaux sauvages de se produire sur son territoire.

Mouans Sartoux

Mouans Sartoux a été déclarée ville anti-corrida, elle refuse de fait depuis 2007 tout spectacle avec animaux.
 

Mourenx

La commune de Mourenx dans les Pyrénées-Atlantiques a dit non aux cirques depuis le 14 Mars 2017.

Orgelet

La commune d'Orgelet a décidé de bannir, en 2016, tous les cirques présentant des numéros avec animaux, qu'ils soient sauvages ou non. Une décision éthique, qu'elle est la première à prendre en Franche-Comté.

Passy

Depuis juin 2017, le maire a décidé de refuser, désormais, d’accorder les autorisations d’occupation du domaine public, obligatoires pour les cirques et fêtes foraines, aux compagnies travaillant avec des animaux. 

http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2017/06/20/les-cirques-avec-animaux-ne-sont-plus-les-bienvenus

Pessac

Troisième plus grande ville de Gironde, Pessac (60 700 habitants, 2013) devient, en octobre 2016, la première du département à dire non aux cirques avec animaux.

Prunelli-di-Fiumorbo

En Haute-Corse, la commune de Prunelli-di-Fiumorbo interdit la venue de cirques détenant des animaux sauvages sur son territoire depuis août 2016.

Puttelange-aux-Lacs

La commune mosellane a pris un arrêté d'interdiction d'installation sur son territoire de cirques avec animaux sauvages en juillet 2016.

Rilhac-Rancon

Depuis février 2016, la commune de Rilhac-Rancon, en Haute-Vienne, refuse l'installation sur son territoire de cirques avec animaux, pour des raisons éthiques.

Roncq

Dans le département du Nord-Pas-de-Calais, la municipalité de Roncq a interdit, en octobre 2015, la venue de cirques détenant des animaux sauvages sur son territoire.

Roquebrune-sur-Argens

Le 10 août 2015, par un arrêté, Luc Jousse, le maire de Roquebrune-sur-Argens (Var), a refusé les cirques avec animaux dans sa commune.

Saint-Arnoult-en-Yvelines

La commune de Saint-Arnoult-en-Yvelines interdit l'installation de cirques avec animaux sur son territoire depuis décembre 2012.

Saint-Cergues

Petite commune de Haute-Savoie, Saint-Cergues a pris à son tour, en 2016, une délibération interdisant l'installation de cirques présentant des animaux sur son territoire.

Saint-Lys

En juin 2016, la municipalité de Saint-Lys, en Haute-Garonne, a renoncé aux cirques avec animaux.

Saint-Raphaël

Saint-Raphaël (35000 habitants) interdit la présence des cirques détenant des animaux sauvages du 15 avril au 15 octobre, dont pendant la période touristique

Servon

La ville de Servon, en Seine-et-Marne, a pris, en février 2016, une délibération interdisant l'installation de cirques avec animaux sauvages sur son territoire.

Six Fours les plages

Six-fours les plages dans le Var (35 000 habitants)  interdit les cirques animaliers en septembre 2017 après le passage d'un cirque. Le maire a déclaré laconique : «On a eu pitié du tigre...». 

Sucé-sur-Erdre

En juin 2016, le conseil municipal de Sucé-sur-Erdre, en Loire-Atlantique a décidé à l'unanimité de ne plus recevoir de cirques détenant des animaux sauvages.

Thaon-les-Vosges-Girmont-Oncourt

Le 23 mars 2016, la commune vosgienne de Thaon-les-Vosges-Girmont-Oncourt a adopté par 21 voix pour (4 abstentions et 17 voix contre) une motion renonçant à recevoir sur son territoire tout cirque détenant des animaux sauvages.

Tourcoing

L'équipe municipale de Tourcoing (94 400 habitants, Nord) en place depuis 2014 a inscrit dans son programme une politique de protection des animaux. Dans ce cadre, elle ne délivre aucune autorisation pour l'implantation de cirques avec animaux sur son territoire.

Truchtersheim

La commune de Truchtersheim, dans le Bas-Rhin, a décidé en mars 2016 de ne plus accueillir de cirques avec animaux. Une décision prise à l'unanimité du conseil municipal, suite à l'intervention d'Animalsace auprès du maire Justin Vogel. Ce dernier est aussi l'un des vice-présidents de la région et s'est clairement positionné contre les animaux dans les cirques.

Vémars

Le 8 juillet 2016, le conseil municipal de Vémars, dans le Val-d'Oise, a décidé à l'unanimité de ne plus accepter l'installation, sur le territoire de la commune, de cirques détenant des animaux sauvages.

Vence

Le 18 mai 2016, la ville de Vence (Alpes-Maritimes) a pris un arrêté interdisant l'installation sur son territoire de cirques et d'établissements présentant des spectacles avec animaux. Se déclarant "touchée par le destin tragique de la plupart de ces animaux", la municipalité dénonce ainsi "la mise en spectacle dans des conditions incompatibles avec leurs besoins biologiques et leur habitat".

Vernaison

Vernaisson et Chassieu, villes du Grand Lyon, renoncent à recevoir les cirques avec animaux. Monsieur Alain Darlay, maire de Chassieu, nous a transmis la délibération de sa ville, le 13 juillet 2010. Cette résolution a été voté à l'unanimité sur la base notamment des propositions faites par Code Animal par le biais de sa résolution.

L'association Dignité Animale a multiplié les rencontres et démarches afin d'expliquer le bien fondé de cette décision.

Villecroze

La commune varoise a pris, le 1er août, un arrêté d'interdiction d'installation sur son territoire de cirques exploitant des animaux sauvages.

Villeneuve Loubet

Le 27 octobre 2016,  le conseil municipal de Villeneuve Loubet a voté à l’unanimité que « les cirques détenant des animaux sauvages aux vues de leurs conditions de détention et de dressage » sont désormais proscrits sur le territoire de la commune.

Villeneuve-lez-Avignon

Octobre 2008, Villeneuve-lez-Avignon, suite à une action du CLAN, le député-maire de la ville UMP, Jean-Marc Roubaud s'est déclaré contre l'utilisation des animaux sauvages dans les cirques : "Je n'ai pas pris d'arrêté parce que ce n'est pas nécessaire dans la mesure où les cirques doivent demander une autorisation, mais je suis tout à fait en phase avec cette association (le CLAN), c'est une décision en cohérence avec mes autres positions de défense de la cause animale. Et franchement, j'ai l'impression que ce genre de cirque n'est plus dans l'air du temps...".

Villerupt

Le maire de Villerupt, Alain Casoni,  rappelle que la ville veut « envoyer un signal à la population : le bien-être animal est une question importante qui concerne tous les citoyens. ». La ville interdit désormais les cirques avec animaux sauvages depuis février 2017.

Villeurbanne

Le maire de Villeurbanne (148 543 habitants) a pris position en faveur des droits des animaux et confirme en février 2017 ne jamais recevoir de cirques détenant des animaux.

Viry Chatillon

Viry Chatillon (33000 habitants), suite à l'intervention du CCE2A, publie un arrêté le 6 avril 2017 pour l'interdiction des cirques avec animaux.

Vourles

Août 2011 : selon le Progrès , "le conseil municipal vourlois a approuvé à l’unanimité une résolution visant à « renoncer à accueillir des cirques détenant des animaux sauvages », la semaine dernière. Au-delà des problèmes sanitaires que peut poser ce type de manifestations, en adoptant ce texte de loi, la mairie a véritablement tenu à s’inscrire dans les directives du ministère de l’Ecologie de mars 2011.

À l’origine de ce projet, Dignité Animale, une association qui « lutte pour la défense des droits des animaux ». L’organisation, dirigée par Brian Mordasini, tente de convaincre l’ensemble des communes de la région lyonnaise. Le militant a confié qu’il avait déjà réussi à rallier Vernaison et Chassieu à sa cause".

Wingles

La ville de Wingles a décidé de prendre un arrêté interdisant l'implantation de cirques avec animaux sur sa commune (arrêté du 8 mars 2017)

Yerres

Depuis 2010, le maire de Yerres (28 800 habitants, Essonne), Nicolas Dupont-Aignan, refuse l'installation de cirques avec animaux.

Yutz

La commune de Yutz interdit les cirques détenant des animaux sauvages en mars 2017

L'amour divin

Par Le 25/11/2017

Si le hasard reste « la force » nourrissant l’évolution de la vie, nous devons admettre l’idée que nous sommes en pleine errance au regard de l’humanité et qu’il est dès lors impossible d’anticiper sur la suite puisque rien d’intelligent ne la soutient. Et qu’on ne vienne pas opposer à ce constat l’intelligence humaine au regard de l’état de la planète…

Si on prend à l’inverse en considération que l’extraordinaire complexité du vivant ne peut avoir émergé du néant par un enchaînement hasardeux, c’est qu’il existe une « intelligence créatrice. »

« Dieu » : peu importe le nom qu’on lui donne dès lors qu'on parvient à s'extraire de toutes les nuisances commises en son nom par les hommes.

Là où l'éventualité divine se charge pour moi d’une puissance phénoménale, c’est que cette intelligence détenait le pouvoir d’imaginer ce qui n’existait pas encore…

Nous, humains, dotés semble-t-il d’une intelligence supérieure, nous n’inventons rien, fondamentalement parlant : nous usons des connaissances passées pour contribuer à l’évolution de ces connaissances. Rien de ce qui germe dans nos esprits ne vient de rien…

Dieu, pour sa part, aurait donc inventé la vie sans aucune base de comparaison, sans données établies, sans cadres de références, sans structures initiales. Il n’y avait rien d’autre que Dieu et Dieu aurait élaboré l’idée de la vie.

C’est comme si nous, humains, nous parvenions à concevoir ce qui n’existe pas encore et dont même l’idée ne peut être connue.

Non seulement le phénomène vivant est infiniment stupéfiant mais l’idée même de ce phénomène l’est plus encore.

Essayez donc pendant quelques instants de concevoir ce qui n’existe pas et vous tomberez inévitablement sur une connaissance antérieure, qu’elle soit intellectuelle ou matérielle. Il ne s’agira donc pas d’une « invention » mais d’une « continuité », d’un prolongement, d’une suite, d’un raisonnement empli des données acquises. La physique quantique qui peut paraître intégralement nouvelle n’est jamais qu’une « bifurcation » ou l’élaboration d’une voie parallèle à une connaissance antérieure. Sans la physique, les mathématiques et toute l'intelligence humaine contenue dans des milliers d'années d'études et de réflexions, rien n'aurait été possible. Notre présent découle inévitablement de notre passé.

Rien de présent ne jaillit de rien.

D’autre part, les humains qui adhèrent à l’idée d’un Dieu créateur doivent concevoir le fait que cette création concerne l’Univers entier et non pas seulement notre planète bleue ou alors, il faudrait accorder à ce Dieu une unique existence terrestre et au reste de l’Univers un tohu-bohu totalement chaotique. Mais l’Univers n’est nullement chaotique. Il est structuré.

Dieu en devient dès lors l’architecte et notre système solaire n’est qu’une infime parcelle du chantier.

Dieu serait donc une énergie diluée dans l’ensemble de sa création car on ne peut pas concevoir au regard de nos connaissances en physique que la complexité de l’Univers soit un désordre hasardeux et notre planète bleue un refuge pour un Dieu égaré dans l’immensité cosmique.

J’imagine donc la vie terrestre comme une expérimentation parmi des milliards d’autres.

Dans cette expérience, l’humanité dispose d’un libre arbitre absolu, intégral, non pas par indifférence divine mais par curiosité.

Nous sommes une expérience et si nos comportements en viennent à porter atteinte à l’intégralité de la vie, ça n’a aucune importance au regard de Dieu et de l’immensité incommensurable de l’univers.

Il m’est impossible d'autre part d’imaginer que les humains aient pu échapper à l’ordonnancement d’un créateur.

Bien entendu que les références à Prométhée ou à Frankenstein surgissent mais elles ne me satisfont pas. Un Dieu, créateur de l’univers, ne peut voir une de ses créatures échapper à son intention ou alors c’est qu’il faudrait admettre une faille et une indépendance acquise ce qui serait totalement présomptueux… C’est donc que l’intention divine est neutre.

Dieu observe juste l’expérience.

Qu’en est-il d’ailleurs de cette observation ? Doit-on imaginer un Dieu observant l’univers à partir d’un endroit précis, dirigeant sa longue-vue dans des directions précises et tenant un cahier journal ?...

« Deus sive natura » écrivait Spinoza et c’est ce à quoi j’adhère.

Dieu serait donc partout puisqu’il est l’énergie de toutes choses existantes, de la pierre inerte au noir sidéral puisque ce « noir » est quelque chose… Ce qui revient donc à admettre l’idée que Dieu est en nous…

Et là, les choses prennent une force immense.

Je ne suis pas un individu issu d’un hasard facétieux observant une vie complexe et variée mais une entité insérée elle-même dans une expérimentation divine. Une entité bénéficiant d’une totale liberté d’agir : d’un comportement destructeur à celui d’un individu aimant et protecteur, responsable et intelligent. Non pas une intelligence égotique mais une conscience reconnaissante et emplie d’humilité, responsable également de la pérennité de cette création terrestre, de cette expérimentation en cours.

Il existerait donc en toute création une présence commune : Dieu ou le flux vital ou n’importe quel autre nom, peu importe encore une fois.

C’est ce que j’appelle « la vie en moi ». Non pas mon existence en tant qu’individu inséré dans une histoire personnelle mais une entité mue par une énergie commune à tout ce qui est : de la fleur à l’amibe en passant par la baleine bleue, de l’atmosphère à la terre du potager, de la pluie et de chaque flocon de neige.

Dieu est en moi comme il est en toutes choses.

Et lorsque j’éprouve cette présence, lorsqu’elle m’enflamme de sa puissance, je me relie à toutes choses. Je suis partout et non plus uniquement dans cette enveloppe provisoire. Là, ce petit rouge-gorge qui chante, il est animé, intérieurement, par la même énergie que moi. Rien entre lui et moi ne diffère sur ce point. Nous sommes unis par un flux commun. Cet arbre que j'ai tronçonné hier, je me suis donc appliqué à lui dire la raison de mes actes. Oh, bien sûr que certains individus ne verraient dans mes paroles que les élucubrations d'un esprit malade. Peu m'importe. Je n'agis qu'en fonction de mes convictions et non en m'interrogeant sur le jugement d'autrui.

Et ce qui m'importe plus que tout, c'est de plonger autant que possible dans cette dimension de l'énergie commune, de la présence divine en toutes choses.

Et lorsque je me glisse contre le corps de la femme que j’aime, je rencontre là aussi la présence de Dieu, l’énergie aimante qui vibre en nous. C’est là que la beauté infinie et lumineuse de l’amour se révèle. L’amour partagé est un hommage à la création. Et dans nos étreintes et chaque instant de notre vie commune, il me plaît d’éprouver en moi le bonheur de Dieu à cette réjouissance.

La femme que j'aime est par conséquent la représentation idéale dont mon âme avait besoin pour aller vers Dieu, dans l'espace merveilleux de l'amour humain.

Et j'honore la vie pour ce cadeau divin.

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Black friday.

Par Le 24/11/2017

 

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Black Friday : la messe de la schizophrénie moderne

24 novembre 2017 / par La Relève et La Peste

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Au lendemain de la fête de Thanksgiving s’ouvre aujourd’hui le « Black Friday », la messe capitaliste par excellence, profondément inscrite dans la culture américaine (et de plus en plus européenne) et qui est symptomatique de la schizophrénie moderne de nos sociétés.

On honorait aux Etats-Unis hier le souvenir des Pères pèlerins qui, souffrant de la faim et du scorbut, avaient été touchés par la Providence divine. Par Providence, il faut entendre en réalité la bienveillance de Squanto et des Wampanoags qui leur vinrent en aide en partageant avec eux leur repas (une dinde selon la tradition) puis en leur apprenant à pêcher, chasser et cultiver du maïs. On sait comment, au cours de l’histoire, les colons américains ont su remercier les peuples amérindiens de leur accueil et de leur aide.

Quoi qu’il en soit, hier était un jour de fête, de partage, de joie. Aujourd’hui, portés par ce sentiment de fête et d’excitation, les foyers américains partiront le cœur léger vers de nouveaux horizons : le partage deviendra prédation, la fête deviendra folie, la joie deviendra joute. Black Friday porte bien son nom, il est un jour triste, un jour d’aveuglement. Parce que rien ne vaut le plaisir de pouvoir, un jour dans l’année (ou plutôt un week-end voire une semaine), s’offrir à prix cassé tout ce qui nous a été vendu par la publicité, des millions de personnes vont se rendre aujourd’hui dans les grands magasins, profiter de cet instant de grâce.

L’année dernière, sur les quatre jours qui s’étendaient du Black Friday au Cyber Monday, 154 millions d’Américains ont dépensé pour un total de plus de 50 milliards de dollars. En France 15 millions de personnes ont dépensé pour un total de 4,3 milliards d’euros en boutique et 735 millions en ligne selon le site Poulpeo. Tout ça pour quoi ? Un écran télé de l’épaisseur d’une feuille de papier qui remplacera celui de l’épaisseur d’un livre de poche ? Trois paires de chaussures qui seront portées autant de jours ? Derrière ce festival d’opulence c’est pourtant le massacre organisé – et conscient – de la planète et d’une partie de l’humanité qui s’organise.

Crédits : Diariocritico de Venezuela/Flickr, CC BY

Il y a à peine une semaine 15 000 scientifiques se réunissaient pour tirer (une fois encore) le cri d’alarme. On apprenait à peu près au même moment que des lycéens chinois avaient été exploités pour répondre à la demande ahurissante d’iPhone X. Peu de temps avant, les Panama Papers dévoilaient les noms de ces multinationales, artisans de la misère sociale, qui s’apprêtent à engranger des recettes mirifiques ce week end alors que pas un centime ne profitera aux services publics. La liste pourrait s’étendre sans fin tant chaque semaine nous sommes à la fois les spectateurs effarés d’un monde en dérive et les acteurs schizophrènes de son effondrement…

Bien sûr nous serons aussi nombreux à ne pas participer à cette infâme messe. Nous sommes également de plus en plus nombreux à vouloir changer la couleur de cet événement – « Green Is the New Black » dirait-on. Et pour cause, comme le rapporte Bastamag, la Camif a pour sa part choisi de boycotter le Black Friday en fermant son site pour la journée et en envoyant ses employés dans diverses associations (comme à la Maison du Zéro Déchet, ou à Emmaüs). La fédération de magasins Envie a également choisi de détourner le Black Friday pour en faire « un rendez-vous annuel autour d’une consommation plus raisonnée et responsable. » L’idée est alors de proposer des initiations à la réparation de nos objets pour « sortir de la logique du tout-jetable ».

Que dire à l’inverse de nos politiques qui continuent d’inciter à la relance de la consommation et encouragent le développement d’événements commerciaux à l’image du Black Friday ? En juin dernier, déçu par les résultats des soldes, Bruno Le Maire évoquait la possibilité de multiplier les événements de ce type. Il n’y a en soi rien d’étonnant – c’est son travail – mais arrêtons de faire croire que nous pouvons concilier nos modes de consommation et la préservation de l’environnement.

L'entraide

Par Le 23/11/2017

Quand les temps deviennent difficiles, une seule solution : l’entraide

22 novembre 2017 / Pablo Servigne et Gauthier Chapelle 
 

    
 

Quand les temps deviennent difficiles, une seule solution : l'entraide

Les temps à venir s’annoncent difficiles. Pour y faire face, les auteurs de cette tribune rappellent que les êtres humains ne sont jamais aussi forts que quand il font preuve du sens de l’entraide plutôt que de la compétition.

Pablo Servigne est coauteur de Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes (Seuil, 2015). Gauthier Chapelle est coauteur de Le vivant comme modèle (Albin Michel, 2015). Ensemble, ils viennent de publier l’Entraide, l’autre loi de la jungle (les Liens qui libèrent).


Les tempêtes arrivent, difficile de nier l’évidence. Climat, ressources, inégalités, migrations, etc. C’est bien parti pour durer, et tout va en s’accélérant. Mais comment se préparer ? Quelle posture adopter ? Pour nous qui vivons « hors-sol », dans les villes ou à la campagne, dans un confort matériel qui donne pour l’instant un sentiment d’invulnérabilité, la question est abstraite.

Elle est cependant tout à fait concrète pour les populations dont les conditions d’existence ne permettent plus de s’enraciner décemment quelque part. En cela, la dernière analyse de Bruno Latour [1] est pertinente : nous sommes autant « hors-sol » que beaucoup de migrants… Mais comment faire pour habiter à nouveau le système-Terre ensemble ? Comment atterrir ?

Bien sûr, il y a la petite recette « classique » : trouver un lieu à la campagne, faire un potager, apprendre les plantes médicinales, le bois ou la couture, s’organiser avec des voisins, etc. C’est bien, c’est même vital, mais est-ce réellement suffisant à l’échelle d’une société ? Combien de personnes peuvent envisager de vivre ce petit « atterrissage » ? Le retour sur Terre se heurte à des limites…

Il y a la question des limites matérielles, les pénuries de ressources, de matériaux et d’énergie. Sur ce point, la caractéristique de l’espèce humaine est justement d’avoir jusqu’à présent remarquablement bien fait face aux pénuries. Nous, le petit singe imberbe et immature (à la naissance), incroyablement vulnérable, avons colonisé l’ensemble du globe (et même au-delà) avec une puissance époustouflante.

Un milieu d’abondance fait émerger la compétition ; un milieu pauvre et hostile fait émerger l’entraide 

Ce sont précisément les contraintes qui ont fait de nous l’espèce la plus coopérative du monde vivant. C’est notre vulnérabilité qui nous a rendus forts, qui nous a obligés à prendre soin des autres, à nous réunir en clans, à faire coopérer les mâles (en réduisant leur agressivité, ce qui est rare chez les primates), à profiter de la présence des grand-mères, à former des familles élargies soudées par des normes sociales de forte réciprocité. L’entraide est profondément ancrée en nous. Nous sommes une espèce ultrasociale.

À cela, il faut ajouter la révolution cognitive (il y a 70.000 ans), quand nous sommes partis dans notre tête, nos mythes, nos récits, nos histoires… qui s’accumulent depuis des siècles pour former la culture, les cultures.

En bref, un solide sens de l’entraide et une agrégation culturelle d’intelligence, voilà les deux clés pour bien gérer d’éventuelles pénuries. Nous savons le faire depuis des milliers d’années. Nous possédons les capacités de faire émerger l’abondance lorsque les limites du milieu se font sentir.

Sauf que cette fois, non seulement toutes les limites arrivent simultanément et rapidement, non seulement nous avons gravement déstabilisé les équilibres du système-Terre nécessaires à la création d’abondance, mais la possibilité même d’entraide semble nous filer entre les doigts !

Avant d’aller plus loin, il faut se rendre compte que la courte et extraordinaire période d’abondance que nous venons de vivre depuis la révolution industrielle — grâce aux énergies fossiles — a fait émerger une solide culture de l’égoïsme. Logique : c’est parce que nous sommes infiniment riches que nous pouvons nous permettre le luxe de dire à notre voisin : « Je n’ai pas besoin de toi, je peux vivre seul. » Il en va de même dans le monde vivant, des bactéries aux arbres, en passant par les animaux. Un milieu d’abondance fait émerger la compétition ; un milieu pauvre et hostile fait émerger l’entraide.

La question des limites imaginaires 

Le vrai problème n’est donc pas la pénurie, l’être humain sait assez bien gérer cela. Le vrai problème est d’arriver de plein fouet dans un monde de pénurie avec une culture de l’égoïsme. C’est précisément cette culture qu’il faut désamorcer au plus vite, afin de réduire le chaos social.

Et si nous nous mettions à raconter la grande histoire de l’entraide ? Telle qu’elle s’est déployée depuis la nuit des temps, des bactéries il y a trois milliards d’années à nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, en passant par les millions de symbioses entre plantes et champignons, bactéries et insectes, anémones de mer et algues unicellulaires, fourmis et pucerons, etc. Bref, la « symbiodiversité » dans toute sa splendeur…

Les biologistes redécouvrent aujourd’hui que les organismes qui survivent le mieux ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s’entraident le plus. Pendant les tempêtes, ce seront donc les groupes les plus coopératifs, les plus soudés, les plus organisés, qui s’en sortiront le mieux. Mais arriverons-nous à y croire à temps ?

Il y a donc, en plus des limites matérielles, la question des limites imaginaires. Le front de lutte de ces prochaines années se situera assurément sur le plan des récits et du storytelling. Sortons vite du mythe de la compétition ! Pour cela, pas d’autre choix que de se raconter d’autres histoires, partout, à l’école, dans les universités (et les business schools !), dans les cinémas, dans les conversations.

Continuer à rabâcher que la compétition est l’unique loi de la jungle et que l’être humain est naturellement égoïste est non seulement inexact, mais n’a aucun intérêt sinon celui de justifier soit un ordre social inique et toxique, soit sa propre paresse, pour ne pas dire lâcheté. Affronter les tempêtes et apprendre à aller vers les autres demande du courage, des efforts, de la patience et des compétences. Mais c’est probablement le seul chemin pour remettre les pieds sur Terre.



 


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[1] Latour, B. Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, la Découverte, 2017.

 


Lire aussi : Pelt et Rabhi : « La loi du plus fort n’est pas la loi de la nature »

Oligarchie et enrichissement personnel

Par Le 23/11/2017

J'ai laissé tomber le suivi de la politique par dégoût. Il est évident que nous ne sommes pas en démocratie mais uniquement en oligarchie. 

Une oligarchie est une forme de gouvernement où le pouvoir est réservé à un petit groupe de personnes qui forment une classe dominante.

Pour les sceptiques, on en a ici, encore une fois, l'exemple type. Lorsque les lois, tous les systèmes administratifs et financiers dépendent de quelques individus, l'idée même de démocratie est une farce. 

Les ex-députés Nathalie Kosciusko-Morizet, François Sauvadet, Patricia Adam, Geneviève Fioraso et Bernard Accoyer.
Les ex-députés Nathalie Kosciusko-Morizet, François Sauvadet, Patricia Adam, Geneviève Fioraso et Bernard Accoyer. (AFP / FRANCEINFO)

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Qu'a fait votre ancien député de sa permanence parlementaire ? Vérifiez-le avec notre moteur de recherche

"J'ai fait une connerie en vous parlant." Après plusieurs minutes d'entretien, cet ex-député s'agite. En repensant à ses réponses, il prend peur d'apparaître comme un "voyou" auprès des "gens modestes" de sa circonscription. "Je n'ai pas envie de détruire ma vie politique, j'ai une certaine image", soutient-il. Il finit par supplier de ne pas être nommé. Pas l'intention d'assumer en public le financement, sur ses frais de mandat parlementaires, de son ancienne permanence, restée depuis dans son patrimoine personnel.

Jean-Jacques Urvoas, lui, pourrait avoir à s'expliquer. Comme le révèle franceinfo jeudi 23 novembre, l'ex-ministre de la Justice est visé par une plainte pour "détournement de bien public". L'ancien député PS du Finistère a utilisé son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) pour acheter sa permanence à Quimper, dont il est resté propriétaire après sa défaite aux législatives de juin. Cette pratique était autorisée à l’époque, avec la bénédiction des services de l'Assemblée. Mais une association anticorruption, Cicero 29, lui reproche un "enrichissement personnel", qu'elle estime à plus de 200 000 euros. Dans son rapport 2016, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique avait déjà alerté sur l'"accroissement sensible du patrimoine" de certains députés, du fait notamment de "remboursements d'emprunt provenant de leur IRFM".

C'est la première fois qu'une plainte de ce type est lancée. Pourtant, le système des acquisitions de permanences, qui consiste à utiliser des fonds publics pour financer un patrimoine personnel, est ancien. Il a fallu attendre 2015 pour que l'Assemblée nationale interdise formellement aux élus d'acheter leur permanence parlementaire avec leur IRFM. Cette enveloppe mensuelle de 5 840 euros brut permet à chaque député de faire face aux dépenses liées à l'exercice de sa fonction (bureaux, déplacements, repas, etc.). Elle est distincte de l'enveloppe dédiée à la rémunération des collaborateurs, ainsi que du salaire de l'élu (7 210 euros brut). Elle a été utilisée pour l'achat de biens immobiliers par quantité de députés, depuis des décennies, sans aucun contrôle.

Urvoas, l'arbre qui cache la forêt

A l'issue des élections de juin, 432 députés ont fait leurs adieux à l'Assemblée nationale. Parmi eux, 250 avaient exercé au moins deux mandats au Palais-Bourbon. Franceinfo a enquêté sur le financement des permanences de ces 250 députés "historiques" et les a contactés individuellement, obtenant des retours pour 152 d'entre eux. Cette longue série d'entretiens, associée à un travail de recoupements auprès des services fiscaux, a permis d'identifier 71 propriétaires, soit près d'un élu sur deux. Ce chiffre aurait sans doute été encore plus élevé sans le silence troublant de certains ex-députés qui n'ont pas répondu – et sans les possibles mensonges ou omissions de certains autres.

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Parmi les propriétaires, 32 anciens députés ont reconnu le recours à l'IRFM, au moins partiellement, pour financer l'acquisition d'une permanence parlementaire. C'est le cas de l'ancienne ministre socialiste de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso, qui a acheté un local dans le centre de Grenoble (Isère), en 2007. Elle a alors bénéficié, comme des dizaines d'autres députés, d'un prêt à taux réduit de la part de l'Assemblée nationale – un dispositif supprimé en 2010. Interrogée par franceinfo, elle assume avoir pioché dans l'IRFM et accuse les critiques du système de "démagogie".

"Dans la durée, l'achat s'est révélé un bon calcul économique" pour l'Assemblée, défend l'ancien ministre de la Fonction publique François Sauvadet. En 1994, un an après son élection aux législatives, le centriste a fait l'acquisition d'une belle bâtisse en vieilles pierres dans un village à 50 km à l'ouest de Dijon. Il a alors déboursé 600 000 francs (ce qui équivaudrait aujourd'hui à 124 000 euros) puis remboursé les mensualités de son prêt avec ses frais de mandat. En 2010, la facture était soldée. "Cela permet à mon IRFM de servir à d'autres usages au service de mes concitoyens", justifiait-il vers la fin de son mandat, en 2015. Aujourd'hui président du conseil départemental de la Côte-d'Or, François Sauvadet peut toujours profiter du bâtiment – et de sa piscine extérieure.

 

Vue aérienne de la permanence achetée par François Sauvadet en 1994 en Côte-d\'Or. Il a ensuite acquis, en 2004, deux parcelles jouxtant son terrain (à gauche de la piscine et à gauche du bâtiment principal).
Vue aérienne de la permanence achetée par François Sauvadet en 1994 en Côte-d'Or. Il a ensuite acquis, en 2004, deux parcelles jouxtant son terrain (à gauche de la piscine et à gauche du bâtiment principal). (GOOGLE MAPS / FRANCEINFO)

 

A Brest, installer une piscine en plein air est un pari plus risqué. En 2003, fraîchement élue, la députée socialiste du Finistère Patricia Adam s'est contentée d'acheter un appartement en plein cœur du centre-ville, pour 88 769 euros. "Je l'ai entièrement financé avec l'IRFM, en remboursant pendant dix ans, reconnaît-elle. Pendant mon dernier mandat, je ne me suis pas versé de loyer, ça n'a rien coûté."

C'était la règle il y a quinze ans. On achetait, on nous disait de faire ainsi.

Patricia Adam

à franceinfo

Certains élus ont mis un peu de temps avant de découvrir l'astuce. Le député PS de l'Allier Bernard Lesterlin, élu en 2007, affirme qu'il louait un local depuis deux ans quand il a été interpellé par les services de l'Assemblée. "C'est un peu idiot, vous devriez acheter, à Montluçon le marché est très peu cher", lui aurait dit le Palais-Bourbon. L'élu affirme avoir alors acheté, en 2009, un appartement de 130 m².

Son collègue de Moselle, Michel Liebgott, lui, utilisait gracieusement un bureau acheté sur ses deniers personnels. En 2015, à l'heure des nouvelles règles imposées aux députés, le propriétaire a pris rendez-vous avec le déontologue de l'Assemblée. "Le déontologue m'a dit 'Vous pouvez tout à fait vous verser un loyer'", affirme le socialiste. Dès lors, il s'est versé un loyer de 700 euros par mois avec son IRFM, jusqu'à la fin de son mandat. Contactés par franceinfo, ni l’ancien ni l’actuelle déontologue n’ont souhaité répondre à nos questions.

Des biens aujourd'hui à louer ou à vendre

Cinq mois après les législatives, qu'ont fait ces ex-députés de leur permanence ? Disant n'avoir "aucun état d'âme" sur son utilisation de l'IRFM, l'ex-député Les Républicains de Haute-Savoie Marc Francina, maire d'Evian-les-Bains, reconnaît avoir déjà "remis en location" son bien situé dans une rue piétonne de Thonon-les-Bains, acheté pour 106 715 euros en 2004. Son collègue LR de la Somme Alain Gest, président d'Amiens Métropole, assure, lui, qu'une promesse de vente a été signée pour son bureau à Corbie.

D'autres n'ont pas attendu la fin de leur mandat pour revendre, avec de jolies plus-values à la clé. En 2013, via sa société civile immobilière (SCI), le député LR de Seine-et-Marne Guy Geoffroy a revendu, pour 150 000 euros, son bureau acheté dix ans plus tôt pour 89 000 euros, à Brie-Comte-Robert. Dans le Nord, le Républicain Thierry Lazaro a presque réussi à tripler le montant initial. Sa permanence achetée "dans un état pas très glorieux" pour 53 000 euros en 2004 dans la commune dont il est maire, Phalempin, a été reprise, en 2016, pour 140 000 euros. "On a fait les travaux avec nos petites mains", justifie-t-il, tout en précisant que l'achat initial n'a été remboursé qu'"en partie sur l'IRFM". "Le reste, je l'avais donné sur mes fonds propres, avec un apport personnel."

 

Pour quelques-uns, pas question de remettre la permanence sur le marché. "Je la garde, sentimentalement, j'y suis attaché", confie l'ex-élu PS de la Loire Jean-Louis Gagnaire, qui a acheté un appartement dans le cœur de Saint-Etienne en 2007 pour 287 000 euros. Aujourd’hui, l’appartement est mis gracieusement à disposition d’un fonctionnaire qui cherchait un logement pour l’année. "Peut-être que j'y habiterai un jour…", glisse Jean-Louis Gagnaire. A Hondschoote (Nord), Jean-Pierre Decool a lui aussi conservé sa permanence. On n’y vient plus pour rencontrer son député mais pour y faire toiletter son chien, dans le salon canin  tenu par Sidonie Decool, fille du nouveau sénateur divers droite. A Grenoble (Isère), l'ancien maire socialiste Michel Destot a lui fait don de sa permanence à ses enfants. Ils sont, depuis 2011, les propriétaires de l’appartement, estimé à 154 000 euros, qui lui servait de permanence.

Silence chez Accoyer, Chatel et Kosciusko-Morizet

Dans la famille des anciens députés propriétaires, il y a donc ceux qui reconnaissent avoir utilisé l'IRFM, mais aussi ceux qui assurent ne pas y avoir touché (ils sont 20 dans ce cas), et enfin – et surtout ? – ceux qui refusent de répondre sur le sujet. IRFM ou pas ? Malgré de multiples relances, pendant plusieurs semaines, franceinfo reste dans l'attente d'explications de la part de 18 ex-élus propriétaires. Parmi eux, le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer. L'ancien président de l'Assemblée nationale a déboursé 390 000 francs en 2000 (soit 74 500 euros constants) pour un bien à Annecy (Haute-Savoie), où il accueillait ses concitoyens. Aucun retour, non plus, de la part de Luc Chatel. L'ex-ministre LR de l'Education nationale a acheté sa permanence de Chaumont (Haute-Marne) en 2003 pour 211 000 euros et l'a revendue en 2014 pour 280 000 euros.

Quand certains ne décrochent pas le téléphone, d'autres le raccrochent précipitamment. "Pardonnez-moi, mais je préfère qu'on en reste là, lâche l'ancienne ministre LR de la Parité, Nicole Ameline, à l'évocation de sa permanence à Honfleur (Calvados). Je suis navrée, je ne réponds pas, je vous dis à bientôt." Même empressement chez l'ex-ministre LR de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. "C'était il y a dix ans, vous trouverez tout ça dans la presse, je vous remercie, bonne journée", assène la conseillère de Paris. Malheureusement, nos recherches n'ont pas permis d'exhumer d'articles de presse concernant sa permanence-demeure avec tennis et piscine de Longpont-sur-Orge (Essonne), achetée pour 891 800 euros en 2002 et revendue pour 1 210 000 euros en 2013. Un achat financé en partie par un prêt bonifié de l'Assemblée nationale, à un taux de 2%, contre 3,6% pour le second prêt souscrit auprès d'une banque. En 2015, la députée avait déjà refusé de nous répondre. Seule la démarche entamée par l'association Regards Citoyens, qui a demandé à tous les députés sortants de publier leurs relevés de comptes IRFM, pourrait permettre de faire la lumière sur ces cas.

 

L\'ancienne maison-permanence de Nathalie Kosciusko-Morizet à Longpont-sur-Orge (Essonne).
L'ancienne maison-permanence de Nathalie Kosciusko-Morizet à Longpont-sur-Orge (Essonne). (GOOGLE MAPS)

 

Autre cas que nous avions relevé, celui du maire LR de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany. Au téléphone, il nous explique d'abord avoir acheté sa permanence de la rue Trébois en 1978, avec ses fonds personnels, avant de la revendre en 2007. Mais il se fait plus énigmatique lorsqu'on lui demande s'il s'est versé un loyer avec l'IRFM lorsqu'il était député : "L'IRFM a servi à financer le fonctionnement de mon mandat". C'est finalement après la publication de notre enquête* qu'il précise sa réponse, par la voix de sa femme Isabelle : "Jamais, jamais, jamais, il n'a touché un loyer" lorsqu'il était propriétaire. Dont acte.

"Je n'ai pas voulu être propriétaire avec de l'argent qui n'était pas le mien"

Parmi les 150 ex-députés contactés avec succès par franceinfo, une autre moitié avait fait le choix de louer sa permanence parlementaire. "Je fais partie de la catégorie des idiots, ironise l'ancien élu LR des Alpes-Maritimes Lionnel Luca. Je ne me suis pas enrichi avec les indemnités qui servaient à l'exercice des fonctions, je suis assez fier de ça."

A l'époque, il fallait être résistant pour éviter cette facilité présentée comme légale, alors que ce n'était pas légitime. Les administrateurs vous encourageaient, c'était presque un pousse-au-crime.

Lionnel Luca

à franceinfo

"Faire une opération immobilière sur les fonds de l'Assemblée nationale, ce n'était pas ma ligne", explique l'ex-ministre PS de la Justice Elisabeth Guigou, longtemps élue en Seine-Saint-Denis. "Je n'ai pas voulu être propriétaire avec de l’argent qui n’était pas le mien, cet argent n’était pas là pour acquérir un bien immobilier", abonde son ancien collègue marseillais Henri Jibrayel.

Certains ont opté pour la location instinctivement, d'autres presque par déformation professionnelle. "Je fais partie de ces hauts fonctionnaires si décriés, mais éduqués dans le sens 'service public' : on ne mélange pas l’intérêt public et l’intérêt privé", explique l'ex-élue chevènementiste de l'Aisne Marie-Françoise Bechtel, un temps à la tête de l'ENA. "Cela me semblait logique de rester en location, dit l'ancien élu PS du Lot Jean Launay. N'oubliez pas que j’étais comptable public, ça laisse des traces..."

Quel regard les anciens locataires portent-ils sur leurs collègues propriétaires ayant financé leur acquisition avec leur IRFM ? "C’est une appropriation privée de moyens publics qui est plus que condamnable", tranche l'ex-député PS des Ardennes Christophe Léonard. "Je ne comprends même pas qu'on puisse y penser", assure le centriste François Rochebloine, élu de la Loire pendant trente ans. "C’est pour ça que les citoyens nous en veulent", estime même la Guyanaise Chantal Berthelot, qui siégeait sur les bancs socialistes.

Pour Hervé Lebreton, président de l’Association pour une démocratie directe, cette pratique relèverait même de la prise illégale d’intérêts, "avec quelqu’un qui a la casquette de surveillant et de surveillé". "La question centrale est celle de la probité : est-ce qu’un élu peut s’enrichir avec son enveloppe de mandat ?", s’interroge le militant associatif, à l’origine du changement de règlement en 2015.

Reverser l'argent à des associations ?

Face aux critiques, les anciens députés ayant conservé leur permanence restent droits. Tous insistent sur le caractère légal de l'opération, alors "autorisée", "conseillée", voire "demandée" par l'Assemblée nationale."C'était un avantage des députés", reconnaît l'Amiénois Alain Gest, qui peste au passage contre la réduction des privilèges des députés et contre la "suspicion détestable" qu'"on fait peser" sur eux. "On avait des semaines de travail du lundi au lundi, presque sans temps de pause", se défend l'ex-socialiste de Haute-Garonne Françoise Imbert.

L'ancien élu LR Dominique Le Mèner, qui a acheté sa permanence au Mans (Sarthe), met cette pratique contestée sur le compte d'une autre époque. "Personne ne se posait ce genre de question, assure l'actuel président du conseil départemental de la Sarthe. Maintenant, avec les difficultés économiques, ça ne paraît plus normal, et j'ai compris le changement de règles. Mais ce serait un peu stupide de penser à rendre sa permanence..."

Rendre la permanence ? L'ancien député PS des Deux-Sèvres Jean Grellier, lui, y songe. Il a demandé au service du budget de l'Assemblée "s'il y avait une procédure pour reverser l'argent" tiré de la vente prochaine qu'il compte faire de son bien à Bressuire. Réponse négative. Après un échange avec la déontologue du Palais-Bourbon, il envisage désormais de "distribuer l'équivalent des plus-values à des associations locales".

Le communiste Alain Bocquet, élu pendant des décennies dans le Nord, affirme avoir "toujours eu l'idée de refiler [sa permanence] à une association ou une fondation". "J'ai pas envie de garder ces locaux, qui ne m'intéressent pas d'ailleurs, dit-il. Je veux simplement rentrer dans mes frais." Il vendra donc son bâtiment de Bruay-sur-l'Escaut, acheté pour 140 000 euros en 2008, à moins de le laisser à son successeur PCF Fabien Roussel. "Cela restera une permanence parlementaire ou un lieu social", promet-il.

En janvier 2018, l'IRFM ne sera plus de ce monde. L'Assemblée nationale a décidé de la remplacer par un système de remboursements sur justificatifs. Les députés s'exposeront alors à des contrôles de leurs dépenses, qui étaient jusque-là inexistants. Ce nouveau dispositif devrait, en théorie, empêcher les nouveaux députés d'imiter leurs aînés en faisant de belles affaires immobilières. A moins qu'ils ne trouvent le moyen de contourner les règles.

 

* Une première illustration de cette enquête montrait Patrick Balkany. Après la publication, il nous a finalement affirmé ne pas avoir utilisé son IRFM lorsqu'il était propriétaire de sa permanence.

Vers la mort

Par Le 20/11/2017

"Il faut accepter l'idée que l'on va vers l'épreuve ultime de la mort." Bernard Tapie....

J'ai lu ça tout à l'heure et encore une fois, je suis surpris par cette expression familière qui suggère que nous allons vers la mort...Personnellement, quand je vais quelque part, c'est que je l'ai décidé et je n'ai pas décidé d'aller vers la mort. Je considère plutôt que c'est elle qui vient vers moi.

De mon côté, j'honore la vie de mon mieux. J'imagine même que cet hommage génère un champ immatériel, comme une aura et que la mort en est freinée dans sa progression vers moi, comme si de devoir plonger dans mon bonheur de vivre, elle se retrouvait engluée.

 

 Pendant une bonne partie de ma vie, j'ai couru en montagne avec le sommet pour seul objectif et dans cette furie physique, j'en ai oublié de regarder les fleurs, les arbres, les roches, les nuages, oublié d'en écouter le silence ou le murmure des ruisseaux, le cri d'un rapace ou la mélodie de mon pas.

J'en ai oublié de vivre à l'instant.

Alors, je ne sais pas où on va mais je vois la mort comme ce sommet désormais : je ne sais pas ce que je vais trouver là-haut et je ne m'en soucie pas puisque je n'y suis pas encore et qu'ici, maintenant, il y a l'amour, la beauté des fleurs, le dessin des montagnes, les couleurs du monde. Juste, là, maintenant.

Maintenant, que des chamans ou autres expérimentateurs des états de conscience modifiée viennent nous parler du "royaume de la mort", autant ça m'intéresse, autant je ne me l'attribue pas. Je ne sais rien de ma mort et je lui laisse le soin de gérer les détails. On verra quand on fera connaissance de ce qu'il en est de cette dimension ;) 

L'expérience des autres ne restera jamais que leur expérience.

Le voyage des autres ne peut pas devenir le mien.

 

Livres de philosophie

Par Le 19/11/2017

Un choix auquel j'adhère. 

Un article et un site très intéressant.


https://www.hypnose-deconditionnement.com/blog/2017/11/19/7-livres-pour-changer-de-vie-avec-les-philosophes

7 livres à lire absolument pour changer de vie avec les philosophes

19.11.2017, 11:210 commentaire

7 livres à lire absolument pour changer de vie avec les philosophes

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Ça vous intrigue, mais vous ne savez pas vraiment par où commencer. S’initier à la philosophie n’est pas toujours évident, car, disons les choses, les grands classiques ne sont pas tous abordables et peuvent parfois dégoûter de la philo à tout jamais. 

Alors, pour vous éviter cela, voici une petite sélection de 7 livres  parfois courts, parfois plus longs mais surtout accessibles pour commencer à lire de la philosophie. Profitez-en ! En ces temps où la disette intellectuelle et morale ont décharné ses dieux du mont Olympe, il peut être utile d'aller boire aux sources qui redonnent de l’ardeur, de la force à l'esprit pour l'accompagner avec brio vers le changement.

De la brièveté de la vie — Sénèque (61 pages !!) 

Si vous faites partie de ces gens qui pensent que la vie est très courte et que c’est vraiment  injuste, ces 61 pages sont faites pour vous. Chacun conduit sa vie à grande allure et souffre de tout attendre du futur et d’être insatisfait du présent. — De la brièveté de la vie

Pour le stoïcien Sénèque, la vie n’est pas trop courte, au contraire, elle est même plutôt généreuse avec nous. C’est notre comportement, notre fâcheuse tendance à gaspiller notre temps précieux qui nous donne l’impression que la vie défile à 2000 à l'heure. Il nous invite alors à prendre conscience de la valeur inestimable du temps, pour apprendre à le saisir, à vivre dans le présent et à ne plus s’éparpiller dans des choses futiles et sans intérêt.

On vit comme des immortels, voilà ce que Sénèque nous dit. Et malheureusement, on ne pourra jamais être heureux tant que l’on n’aura pas accepté notre condition de mortel, car c’est la seule manière de se réapproprier le temps précieux dont nous disposons.

Vous l’aurez compris, ce livre remet gentiment les idées en place, tout en nous invitant à réfléchir sur notre façon de vivre.

Ainsi parlait Zarathoustra — Friedrich Nietzsche

Ainsi parlait Zarathoustra est une oeuvre philosophique magistrale. Elle a bouleversé la pensée de l'Occident. « Nietzsche démolit, il sape », disait de lui Gide. Il remet définitivement l'homme en question. Poète-prophète, Zarathoustra se retire dans la montagne et revient parmi les hommes pour leur parler. Sa leçon essentielle : « Vouloir libère. » Son leitmotiv : rejeter ce qui n'est pas voulu, conquis comme tel, tout ce qui est subi. C'est le sens du fameux : « Deviens celui que tu es. » La vertu est souvent le droit du plus faible, elle paralyse tout, désir, création et joie. Le surhomme nietzschéen est celui qui a la plus grande diversité d'instincts qui s'opposent puissamment mais qu'il maîtrise. La pensée de Nietzsche est un défi permanent. Elle échappe à tout système politique.
La ferveur de sa poésie, sa vigoureuse drôlerie ont donné à Nietzsche une célébrité universelle.  «Parmi mes œuvres, mon Zarathoustra occupe une place bien à part. En l’offrant à l’humanité, je lui ai fait le plus grand cadeau qu’elle ait jamais reçu. […] Tout le phénomène humain se trouve à des distances infinies au-dessous de lui – c’est aussi le plus profond jamais surgi des trésors les plus secrets de la vérité ». (Ecce Homo p. 95)

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Lettre à Ménécée — Épicure 

109 pages pour comprendre l’Épicurisme, une philosophie axée sur la recherche du bonheur et de la sagesse, fondée par Épicure lui-même (philosophe grec né en 342 av. J.-C. et mort en 270 av. J.-C.). Le livre est écrit sous forme de lettre car il s’adresse en premier lieu à son disciple Ménécée, chargé de faire perpétuer la philosophie d’Épicure après sa mort.

Si vous cherchez un manuel du bonheur, en voici un. La pensée d’Épicure c’est comme un gros pansement que l’on mettrait sur nos plaies enfouies au fond de nous. D’abord, parce qu’Épicure considère la philosophie comme médecine de l’âme, il nous invite donc à pratiquer la philosophie au quotidien pour vivre mieux.

«Qu’on ne remette pas à plus tard, parce qu’on est jeune, la pratique de la philosophie et qu’on ne se lasse pas de philosopher, quand on est vieux. En effet, il n’est, pour personne, ni trop tôt ni trop tard, lorsqu’il s’agit de veiller à la santé de son âme.» 

Extrait de la Lettre à Ménécée.

Ainsi, Épicure propose des méthodes pour apaiser nos angoisses (la mort et la douleur par exemple) et pour mieux vivre, dans le but d’atteindre l’ataraxie (= absence de troubles de l’âme, le bonheur absolu quoi).

Les grands thèmes abordés : la quête du bonheur, le plaisir, la peur de la mort, la douleur.

L’Art d’avoir toujours raison — Arthur Schopenhauer 

Il s’agit d’un petit guide de rhétorique ( 96 pages). Avec L’Art d’avoir toujours raison, autant vous dire que vous ne serez plus jamais à court d’argument face à quelqu’un qui tente de vous déstabiliser. Dans cet ouvrage, Schopenhauer nous livre 38 stratagèmes à appliquer pour apprendre à être convaincant en public (et accessoirement, pour fermer le clapet à n’importe qui).

Mais quel rapport avec la philo ? On y arrive! Dans son livre, Schopenhauer fait d’une part référence aux sophistes, des maîtres en rhétorique grecs, qui enseignaient l’art de parler en public mais dont les discours étaient faux et vides de sens. Mais surtout, il nous initie à la dialectique éristique, c’est-à-dire l’art de mener un débat de manière à avoir toujours raison.

D’autre part, ce livre est aussi une profonde étude de l’homme : on cherche à comprendre ses vices pour mieux les utiliser contre lui (la mauvaise nature du genre humain ..). Schopenhauer nous donne alors toutes les ficelles de la nature humaine et de la rhétorique pour enfumer son auditoire en quelques jongleries.

«Ne pas débattre avec le premier venu, mais uniquement avec les gens que l’on connaît et dont on sait qu’ils sont suffisamment raisonnables pour ne pas débiter des absurdités et se couvrir de ridicule. Il en résulte que sur cent personnes, il s’en trouve à peine une qui soit digne qu’on discute avec elle » 

Ces conseils précieux, illustrés d’exemples de conversations concrètes (pour mieux se mettre dans l’ambiance), nous font donc réfléchir sur le langage et l’absurdité des relations humaines.

Pensées — Marc Aurèle 

Ces Pensées sont rédigées par l’empereur romain Marc-Aurèle, entre 170 et 180 ap. J.C.

À l’origine, il s’agissait de petites notes qu’il écrivait pour lui-même, une sorte de journal intime d’un homme de pouvoir. Ses Pensées n’étaient donc pas destinées à être lues. Mais pourtant, cet ouvrage est devenu une référence de la philosophie stoïcienne.

Et la grande question du stoïcisme, c’est “comment atteindre le bonheur ?” Pour les stoïciens – dont Marc Aurèle fait partie -, il s’agit de trouver la sérénité absolue face aux évènements tristes ou angoissants de la vie.

Pour y parvenir, la règle n°1 c’est de ne pas être affecté par les choses qui ne dépendent pas de nous, à savoir : le matériel, l’opinion des gens, la pluie, la mort, la maladie… Tout cela ne dépend pas de nous, et nous n’avons aucun pouvoir dessus. Les seules choses que nous pouvons maîtriser ce sont nos émotions et nos jugements qui sont bien souvent faux ou exagérés, et c’est ce qui nous rend malheureux selon Marc Aurèle.

«Si un élément externe vous fait souffrir, notre douleur n’est pas causée par cet élément en tant que tel mais par votre propre jugement de cet élément ; et vous avez le pouvoir d’annuler ceci à tout moment».

Ainsi, Marc Aurèle nous fait réfléchir sur notre rapport au monde, sur nos peurs, sur les relations humaines, sur la mort… Sous forme de courtes réflexions stoïciennes, ses pensées nous invitent à trouver la sagesse, à nous défaire de nos interprétations, car le sage ne laisse aucun jugement entraver son bonheur et sa sérénité.

 

Les grands thèmes abordés : la quête du bonheur, la mort, le devoir, l’opinion publique, la nature humaine et les rapports humains.

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Le Banquet — Platon 

Le Banquet de Platon, c’est l’histoire d’une fête mondaine en -400 av. J.-C. chez le poète Agathon, qui reçoit chez lui 7 de ses amis (Phèdre, Pausanias, Eryximaque, Aristophane, Agathan et Socrate), et ce soir là, le sujet de conversation à table c’était l’amour.

Le Banquet c’est donc un très long dialogue entre les convives où chacun exprime ses pensées sur l’amour, tout en s’interrogeant :

Pourquoi on aime ?
C’est quoi la nature du désir ?
D’où vient ce sentiment qui nous pousse à nous unir à quelqu’un d’autre ?
Qu’attendent-ils donc, ceux qui passent leur vie ensemble ? etc. 

Les réponses sont multiples, et diffèrent en fonction des penseurs.

Chacun d’entre nous est donc une fraction d’être humain dont il existe le complément, puisque cet être a été coupé comme on coupe les soles, et s’est dédoublé. Chacun, bien entendu, est en quête perpétuelle de son complément. — extrait du Banquet.

Les discours s’enchainent alors, jusqu’à ce que Socrate intervienne et s’empresse de problématiser le sujet : on désire que ce qu’on n’a pas. La suite, dans le livre..

Chevaucher le tigre — Julius Evola

Dernier livre important d'un iconoclaste sans passion, Chevaucher le tigre dresse une critique implacable des idoles, des structures, des théories et des illusions de notre époque.

Sans faire de concessions au spiritualisme humanitaire et à son ascétisme frileux, l’'auteur trace la figure d’un type humain aristocratique capable de «chevaucher le tigre», c’est-à dire de transformer en remède, en vue d’une libération intérieure, des processus extrêmes presque toujours destructeurs pour la majorité de nos contemporains. Aussi éloigné des crispations d'un traditionalisme viscéralement passéiste que de tout projet révolutionnaire naïvement utopique et optimiste, " l'homme différencié "ne compte que sur lui-même et n'a qu'un but : donner un sens absolu à sa vie dans un monde où il n'y a plus rien à aimer et à défendre.

 

« Fais en sorte que ce sur quoi tu n'as pas prise ne puisse avoir de prise sur toi »

Telle est la formule qui résume le plus adéquatement possible cette ligne de conduite essentiellement psychologique et individuelle dont les répercussions sur l'ensemble des aspects de l'existence sont considérables.

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Pier Paolo Pravda

En lien avec avec les articles: 

Philosophie stoïcienne: 20 Citations inspirantes d'Epictète

Marc Aurèle - Pensées pour moi-même.  Extraits et citations inspirantes

 

Vous pouvez retrouver d'autres citations inspirantes sur notre page Facebook. 

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Tags : Arthur Schopenhauer , Déconditionnement, Epicure, Friedrich Nietzsche, Hypnose, Julius Evola, Marc Aurèle, Marseille, Platon

 

 

Enseignement et salaire.

Par Le 19/11/2017

En général, quand un enseignant aborde avec un interlocuteur le problème de la faiblesse de son salaire, il a droit en retour, sur un ton ironique, voire acerbe le nombre de jours de congé. Alors, premièrement, sur l'ensemble de ma carrière, si mes heures de travail à domicile avaient réellement été prises en compte dans mon salaire, je ne serais pas à compter ce qui reste le 15 du mois. Deuxièmement, que les gouvernants prennent le risque de réduire le nombre de jours de congé (c'est à dire de "remise en état") du personnel et la crise de recrutement dans l'enseignement atteindra des sommets...

Quand je lis le classement des pays de l'OCDE et que je vois où on se situe...Misère... Et le pire dans tout ça, c'est qu'une partie de la population ne réalise pas que leurs enfants sont également concernés...

 

 

 

Ocde : Les enseignants français parmi les moins considérés 

 

Si les enseignants français sont parmi les plus jeunes des pays de l'OCDE c'est que le métier attire encore. Pourtant, dans Regards sur l'éducation 2015, l'OCDE souligne les écarts de carrière entre les enseignants français et leurs collègues des autres pays.

 

Mais pas de progrès coté paye des profs

 

La situation des enseignants français s'écarte de celle des autres pays développés. "En France, les enseignants du primaire et du secondaire ont des salaires statutaires nettement inférieurs à la moyenne de pays de l’OCDE", affirme l'OCDE. Les chiffres parlent d'eux mêmes. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, le salaire statutaire (c’est-à-dire primes et paiement des heures supplémentaires non inclus) des enseignants ayant au moins 15 ans d’exercice à leur actif s’établissait en 2013 à 38 653 $ (contre 33 500 $ en France) dans l’enseignement préprimaire, à 41 245 $ (contre 33 500 $ en France) dans l’enseignement primaire, à 42 825 $ (contre 36 589 $ en France) dans le premier cycle de l’enseignement secondaire (collège) , et à 44 600 $ (contre 36 897 $ en France) dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire (lycée). Cette moyenne Ocde se construit avec des pays moins riches comme le Mexique, la Slovaquie ou la Pologne par exemple. 

 

 

 

La crise économique a détérioré les revenus des enseignants en général. Parfois de façon très brutale comme au Portugal. En France le revenu a baissé entre 2010 et 2012 selon l'Ocde.

 

Travailler plus pour gagner moins ?

 

La seule façon dont les enseignants peuvent espérer améliorer leur sort c'est en accumulant les heures supplémentaires et les primes. Le cas de l'ISOE et de l'ISAE est bien connu : la prime du secondaire est trois fois plus élevée que celle du primaire, ce qui creuse l'écart. Les heures supplémentaires l'augmentent aussi. Au final les enseignants du second degré se rapprochent des moyennes Ocde. Pas ceux du premier degré.

 

 

 

Or les enseignants du premier degré travaillent nettement plus que leurs collègues du second degré et que les professeurs des écoles des autres pays. "Il n’y a qu’en France et en Turquie où les enseignants donnent 30 % d’heures de cours de plus par an dans l’enseignement primaire qu’au collège", écrit l'Ocde. "En France, les enseignants du primaire sont 924 heures devant les élèves par an, soit 152 heures de plus que la moyenne de l’OCDE, qui s’établit à 772 heures et 276 heures de plus par rapport aux enseignants certifiés qui exercent dans le secondaire en France". L'année dernière l'Ocde avait dénoncé l'écart entre le primaire et le secondaire en France. Cela n'a pas changé.

 

 

 

La taille des classes est aussi plus forte en France que dans l'Ocde : 23 élèves par calsse au primaire contre 21 dans l'Ocde, 25 au collège contre 24. Or plus les classes sont chargées, moins de temps est consacré à l'enseignement souligne l'OCDE.


 

 

 

 

L'éducation en mal d'innovation

 

"En France, seulement 24 % des enseignants au collège ayant pris part à l’enquête TALIS ont déclaré que leurs élèves utilisaient souvent les TIC dans le cadre de leurs projets ou de leur travail scolaire", note l'Ocde, contre 40% en moyenne dans l'Ocde. De tous les pays de l'Ocde c'est en France que les diplômés désignent le moins souvent le secteur éducatif comme innovant. Vous comprenez qu'on tienne au Forum des enseignants innovants.. (4-5 décembre Paris).

 

François Jarraud

 

Regards sur l'éducation 2015

 

"Soigne ou enseigne, mais tais-toi"

Par Le 19/11/2017

Quand j'étais adolescent, je me souviens très bien qu'il existait deux secteurs professionnels qui passionnaient beaucoup d'élèves : la médecine et l'enseignement. Lorsque je suis devenu instituteur, j'avais tous les ans, dans ma classe, des enfants qui avaient aussi ce rêve. 

Aujourd'hui, le constat n'est plus du tout le même. Il y a même bien longtemps que je n'ai rencontré un enfant rêvant de devenir enseignant...

Il y a dans ces deux professions un intérêt pour l'humain, une empathie naturelle et s'y ajoute la passion pour l'acte médical ou l'acte d'enseigner.

Je trouve par conséquent très révélateur de constater à quel point nos gouvernants successifs martèlent, plombent, détruisent ces deux piliers d'une société.

Dans les deux secteurs, nous verrons s'amplifier avec l'augmentation graduelle du désappointement des personnels une dégradation constante dans l'acte lui-même. C'est inévitable.

On peut dès lors se demander pour quelles raisons les gouvernants délaissent à ce point ces deux secteurs ?

C'est très simple : clinique et écoles privées leur conviennent parfaitement. 

Je force un peu le trait bien entendu... Mais la vérité n'est sûrement pas bien loin.  

 

Si les patients français peuvent se réjouir de bénéficier d'un des meilleurs accès aux soins au monde, les professionnels de santé, eux, sont mal traités. Le panorama de la santé 2017 de l'OCDE est accablant : les infirmiers français sont les plus mal lotis des grands pays de l'OCDE.

 

Les infirmiers français sont parmi les moins bien payés d'Europe

 

FREDERICK FLORIN / AFP

​

Après le salaire des professeurs, voilà une autre indignité bien française : les salaires des infirmiers en France sont les plus bas de tous les pays développés. Un chiffre calculé par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), qui présentait la semaine dernière son Panorama de la santé 2017. Avec un diplôme équivalent à une licence (trois ans d'études) et des conditions de travail très exigeantes, les infirmiers hospitaliers  français – 500.000 salariés – perçoivent une rémunération inférieure de 5% au salaire moyen en France. En Allemagne, un infirmier gagne 13% de plus que le salaire moyen, en Espagne 28% de plus. Au Mexique, la rémunération est presque le double du salaire moyen.

Aucune revalorisation des salaires en vue

En France, le tableau est sombre et, malheureusement pour les infirmiers, aucune lueur d’amélioration ne pointe à l’horizon. « Les dernières négociations salariales datent de 2010, à une époque où les infirmiers ont dû accepter un chantage salaire contre retraite », explique Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). « L’âge de la retraite a été repoussé de sept ans, passant de 55 à 62 ans, en échange d’une augmentation de 150 euros par mois ». Un accord arraché à contre-cœur à des professionnels de santé, très frustrés que la pénibilité de leur travail n’ait pas été prise en compte.

Selon un rapport de la Caisse de retraite des agents des collectivités locales, une infirmière vit en moyenne 6 ans de moins qu’une femme française. Les infirmières décèdent en moyenne à 78,8 ans, alors que l’espérance de vie des Françaises est de 85 ans. Autre indicateur éloquent, 20% des infirmières arrivant à la retraite sont affectées d’une invalidité – conséquence des manutentions, du travail de nuit mais aussi de l’exposition aux produits de chimiothérapie.

 

Un tiers des jeunes abandonnent après leur diplôme

Le métier - qui répond à une recherche de sens - continue d’attirer. Mais la difficulté des conditions de travail alliée à cette faible rémunération décourage massivement : "Dans les cinq ans qui suivent l’obtention du diplôme, un tiers des infirmières abandonnent le métier. C’est un gâchis humain énorme", souligne Thierry Amouroux.

L'infirmière de pratique avancée, un espoir pour la profession

Dans L'hôpital à coeur ouvert, le livre bilan qu'il vient de publier, Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), évoque une piste pour valoriser la profession: "déléguer des ­tâches de médecins vers des infirmières, en contrepartie de rémunérations plus élevées". 

La promotion du métier d’Infirmière de pratique avancée (IPA) devrait permettre de faire monter en compétence les infirmières. La loi de santé de janvier 2016 a créé un cadre légal pour ce nouveau métier – qui nécessite deux ans d’études supplémentaires, soit un niveau Master. Mais les décrets d’application ne sont pas encore publiés, et les grilles salariales restent à négocier. 26ème pays à reconnaître ce métier, la France ne fait que rattraper son retard. Habilitées à faire une consultation et délivrer une ordonnance, comme les sages-femmes, ces infirmières de pratique avancées pourront soulager les médecins en participant au tri des urgences, à la prévention et au dépistage ou encore au suivi des maladies chroniques.

Au Royaume-Uni, où la profession d'infirmière de pratique avancée ("advanced nurse") est reconnue depuis le début des années 1990, le salaire médian de ces "master infirmières" est très supérieur à celui d'une infirmière : selon les informations du moteur de recherche d'offres d'emploi Adzuna, il tourne autour de 70.000 euros (63.000 livres) par an, soit presque le double du salaire d'une simple infirmière (36.000 livres, soient 40.000 euros).

Cette évolution de carrière n’apporte toutefois qu’une réponse partielle à cette profession en souffrance. Dans les pays qui ont reconnu ce métier de longue date, les infirmières de pratique avancée ne représentent que 3 à 5% du personnel hospitalier. Il faudra certainement aller plus loin et ouvrir d'autres perspectives - la possibilité de réaliser certains actes médicaux - aux 500.000 infirmières sous-payées de l'hôpital français. 

 

Processus d'individuation (Jung)

Par Le 17/11/2017

Le processus d’individuation (ou la transition du milieu de vie)

https://illuminatosmundi.wordpress.com/2013/07/16/le-processus-dindividuation-ou-la-transition-du-milieu-de-vie/

 

 La vie est jalonnée d’étapes. Nous connaissons tous l’étape délicate de l’adolescence que Françoise Dolto appelle « le complexe du homard »,  cette transition vers l’âge adulte qui ne se fait pas sans difficultés. Il existe aussi d’autres transitions dans la vie, non moins importantes mais moins connues : il s’agit de la transition du milieu de  vie, qui survient généralement entre 45 et 55 ans et où l’individu connaît une remise en question de sa vie, de son cheminement. Ce n’est donc pas à quarante ans que survient cette fameuse crise mais plus tard… Et le mot « crise » n’est pas le plus adapté pour parler de cette phase de la vie.

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Un peu de vocabulaire jungien : la persona, l’ego, l’Ombre et le soi.

C’est Carl Gustav Jung, le célèbre psychiatre suisse, qui aura parlé le premier du processus d’individuation dans son ouvrage Les sept sermons aux morts. Pour bien le comprendre, il va falloir se familiariser avec certains termes de la psychologie jungienne. Pendant la première partie de notre vie, nous construisons notre Persona qui est le « je » désirant contenant l’ego. Cette Persona est notre partie consciente, notre moi. Elle est la personnalité que nous nous sommes construits, la personne que nous croyons être et que les autres croient que nous sommes. La Persona, qui vient du grec « prosopon », qui signifie masque, est ainsi le masque que chacun se fabrique et qu’il présente à la société. C’est l’ensemble des comportements, des règles morales que nous décidons d’adopter. Le danger est de considérer que cette Persona est nous-mêmes et que nous sommes définis par elle. En effet, la Persona n’est qu’une petite part, un fragment du Soi, qui est une partie beaucoup plus vaste de nous-mêmes. Chaque individu porte en lui-même cette dimension fondamentale de lui-même qu’est le Soi. Mais cette dimension demeure le plus souvent inconsciente d’elle-même durant la première moitié de la vie. Pour que le Soi devienne conscient de lui-même, il faut en passer par le processus d’individuation. Le processus d’individuation est le processus par lequel un être devient un in-dividu psychologique pour Jung, c’est-à-dire une unité autonome et indivisible. Or, pour devenir cette unité, il faut réaliser son Soi, que Jung décrit comme une unité sur-ordonnée au moi, qui embrasse non seulement la psyché consciente mais aussi la psyché inconsciente. Le moi, lui, est le centre de la conscience. Mais, à un moment de sa vie, l’individu n’est plus satisfait par sa Persona puisque, tandis qu’il s’occupait de construire son ego, une autre partie de sa personnalité qu’il négligeait, qui ne fait pas partie de la conscience, se construisait, elle aussi, à son insu. Cette partie là, c’est l’Ombre, qui est « la partie inférieure de la personnalité » selon Jung et qui comporte tous les aspects psychiques de l’être qui ont été refoulés et qui ont été exclus de l’existence courante pour des raisons morales, sociales ou éducatives. Dans l’Ombre sont relégués tout ce que l’individu n’a pas choisi consciemment, tout ce qu’il n’a pas vécu et qu’il ne se permet pas de vivre. L’Ombre est en quelque sorte le coffre fort de l’inconscient.

Quand naît le besoin d’accomplissement et qu’émerge l’Ombre :

Dans la première moitié de sa vie, l’individu occupé à forger son moi refoule des modèles de comportement dans l’Ombre sans qu’il en résulte de grands dommages. Pour mieux comprendre ce processus, prenons pour exemple une jeune femme qui a construit sa vie de couple, qui a ses enfants et son réseau professionnel. Alors que toutes les conditions semblent en apparence réunies pour donner à cette femme le sentiment d’une réussite apaisante, d’être parvenue à quelque chose de stable dans son existence, celle-ci se révèle angoissée, a des vagues à l’âme et parfois même des humeurs dépressives. Cette femme se pose une question fondamentale : cette vie que  je mène, est-ce réellement la vie que je veux  vivre ? Et cette question génère chez elle de la culpabilité parce qu’elle a construit tellement de choses dans sa vie qu’elle se dit qu’il s’agit là d’une attitude d’enfant gâtée qui est si comblée qu’elle se met à se poser des questions existentielles. Or, il s’agit en réalité d’un besoin fondamental qui s’exprime. Tandis que ses autres besoins fondamentaux ont été satisfaits, il en demeure un seul qui ne l’est pas : le besoin d’accomplissement. Dans la pyramide des besoins de Maslow, le niveau supérieur de la pyramide concerne l’accomplissement de soi. Celui-ci vient après les besoins physiologiques, les besoins de sécurité, les besoins d’appartenance et d’amour et les besoins d’estime. Dans la première moitié de sa vie, cette femme s’est « accommodée ». Elle a répondu aux injonctions de sa société, de ses professeurs, de ses parents. Cette phase d’accommodation n’est pas du tout négative puisque ces personnes et ces entités nous guident et nous aident à trouver notre place dans le monde. Les règles qui régissent la première moitié de la vie sont donc extérieures. Mais autour de l’âge de 45 ans commencent à se faire sentir les limites de cette phase d’accommodation. On se sent moins serein, quelque chose nous titille mais on ne sait pas encore ce que c’est. On aurait pourtant toutes les raisons d’être rassuré puisqu’on a trouvé sa place dans la société mais pourtant ça ne suffit plus. Un questionnement plus profond et  plus fondamental sur le sens de ce que l’on fait et le sens de notre existence se fait jour.

Mais comment  est-ce que cette insatisfaction commence à poindre ? Les raisons sont multiples. Il peut s’agir d’une prise de conscience soudaine quand on se rend compte que le temps a commencé son travail et qu’il a dessiné des ridules et des rides sur notre visage. Nous ne sommes pas immortels et nous devons penser avec sérieux à ce que nous voulons faire de notre vie. Ce peut être aussi un questionnement sur la vie qu’on partage avec un autre depuis peut-être vingt ans. Le facteur déclenchant peut être aussi le départ des enfants qui quittent la maison familiale : c’est le syndrome du nid vide qui renvoie les parents au statut d’amants, statut qu’ils avaient peut être délaissé au profit de leur statut de parents. Il peut également s’agir d’un questionnement professionnel quand la personne se rend compte qu’elle exerce un métier qui ne l’intéresse plus. Pour d’autres, il peut s’agir d’une modification des priorités : ils privilégiaient par exemple leur carrière au détriment de leur vie sentimentale.

C’est dans ce moment de remise en question que l’Ombre commence à émerger. C’est aussi à ce moment que la Persona se fragmente. Cette fragmentation créé une angoisse chez l’individu si habitué à s’identifier uniquement à sa Persona et oubliant son Soi.

Le processus d’individuation doit-il se faire obligatoirement à partir de 45 ans ?

Mais ce processus d’individuation ne peut-il pas s’effectuer plus tôt ? Pourquoi ce questionnement sur soi-même surgit-il généralement à partir de l’âge de 45 ans ? Nous pouvons être mûrs plus tôt et être confrontés à des questionnements sur notre vie plus jeunes. En effet, la question de l’authenticité par rapport à soi-même peut se poser à n’importe quel âge. D’après le psychiatre Christophe Fauré, auteur de l’ouvrage Maintenant ou jamais qui traite de cette question, il y a un timing. A vingt-cinq ans, quand une personne se demande « qu’est-ce que je veux donc pour moi ? », il ne s’agit pas forcément d’un questionnement d’intériorité. Cette question renvoie beaucoup plus à un désir lié à la vie affective, à la vie professionnelle et à l’exploration du monde. Pour Christophe Fauré, ce questionnement est absolument nécessaire pour devenir conscient de soi.

Néanmoins, il existe des exceptions qui confirment la règle. Ce processus d’individuation peut s’enclencher précocement chez des personnes très jeunes, qui très tôt ont des questionnements existentiels et sont en quête réelle de sens. Mais pourquoi ce processus s’active-t-il très tôt chez certaines personnes et pas chez d’autres ? Il est possible que la différence tienne au degré de spiritualité et d’éveil des premières, qui sont plus naturellement conscientes de leur Soi. Le danger est qu’un processus d’individuation qui se met en place très tôt –dès l’âge de dix-huit ans-  est mal vécu, parce qu’à cet âge nul n’est préparé physiquement et psychologiquement à apprivoiser le sentiment océanique de la vie corrélatif de la découverte du Soi. L’instrument corporel ne s’est pas suffisamment confronté à ce qui va permettre au moi et à l’ego de se construire. Il n’est pas facile de bien vivre ce processus d’individuation alors que notre moi et notre ego sont encore en train de se consolider. Il y a un ordre et une harmonie qu’il n’est pas bon de perturber.

Mais pour peu que nous nous posions les bonnes questions, que nos proches nous poussent assez tôt à nous poser des questions sur nous-mêmes et que nous cherchions à donner un sens à notre vie, nous pouvons réaliser ce processus d’individuation plus jeune, dès l’âge de 35 ans. Nous avons alors, libérés de la tyrannie de notre ego, plus qu’une moitié de vie à consacrer aux choses essentielles.

Quatre étapes.

Par Le 17/11/2017

Les 4 étapes de notre vie selon Carl Gustav Jung

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« Sans plus de préparation, nous parvenons à l’étape de l’après-midi de la vie. Pire encore, nous franchissons cette étape avec la fausse croyance que nos vérités et idéaux nous serviront comme ils l’ont fait jusqu’à présent. Mais il est impossible de vivre l’après-midi de la vie selon le programme du matin de la vie, car ce qui était grand le matin sera petit le soir et ce qui était vrai le matin, sera devenu un mensonge le soir« . Carl Gustav Jung

Selon le psychologue suisse Carl Gustav Jung, il existe 4 archétypes, quatre étapes que nous traversons pendant notre vie et ces étapes sont :

  1. L’étape de l’athlète (le sauvage)

À cette étape, nous nous préoccupons surtout de notre apparence, de ce à quoi ressemble notre corps. Durant cette étape, nous pourrions rester des heures à regarder et admirer notre reflet dans le miroir. Notre corps, notre apparence sont les choses les plus importantes à nos yeux, rien d’autre ne compte.

  1. L’étape du guerrier (l’aventurier)

Pendant cette période, notre principal souci est de partir à la conquête du monde, de faire de notre mieux, d’être le meilleur et de parvenir à l’excellence, de faire ce que font les guerriers et d’agir comme agissent les guerriers. C’est une étape pendant laquelle nous pensons continuellement aux moyens d’avoir plus que tout le monde, une étape de comparaison, de vaincre ceux autour de nous afin de nous sentir meilleurs parce que nous avons réalisé davantage, parce que nous sommes des guerriers, des braves.

  1. L’étape de la communication (l’enseignant)

À cette époque, à ce stade de votre vie, vous réalisez que ce qui a été fait jusqu’ici ne suffit pas à vous contenter, à vous rendre heureux… vous cherchez maintenant les moyens de faire une différence dans le monde, les moyens de servir ceux qui vous entourent. Votre préoccupation est de commencer à donner. Vous réalisez maintenant que dorénavant votre poursuite de l’argent, du pouvoir, des possessions, etc. continueront d’apparaitre dans votre vie, mais vous ne leur attribuez plus la même valeur qu’auparavant, vous n’êtes plus attaché à ces choses, parce que vous êtes maintenant dans une étape différente de votre vie, où vous savez qu’il existe autre chose. Vous les recevez, vous les acceptez et vous en êtes reconnaissant, mais vous êtes prêt à vous en détacher n’importe quand. Vous cherchez des moyens pour arrêter de penser à vous, à la manière de recevoir et à commencer à vous concentrer sur une vie de service. Tout ce qui vous importe à ce stade est le don. Vous savez maintenant que donner c’est recevoir et que c’est le moment de stopper l’égoïsme et de penser aux façons d’aider ceux dans le besoin, de quitter ce monde en étant meilleur que lorsque vous y êtes entré.

  1. L’étape spirituelle (le sage)

Selon Jung, ce sera la dernière étape de votre vie, une étape où nous réalisons qu’aucune de ces trois étapes ne représente réellement qui nous sommes et ce que nous sommes. Nous comprenons que nous sommes plus que notre corps, plus que nos possessions, plus que nos amis, notre pays et ainsi de suite. Nous en venons à réaliser que nous sommes des êtres divins, des êtres spirituels ayant une expérience humaine et non pas des humains ayant une expérience spirituelle.

Nous savons maintenant que ce n’est pas notre foyer et que nous ne sommes pas ce que nous pensons être. Nous sommes dans ce monde mais pas de ce monde. Nous pouvons désormais nous observer à partir d’une autre perspective. Nous pouvons renoncer à notre propre esprit, à notre corps et saisir qui nous sommes vraiment, voir les choses telles qu’elles sont. Nous devenons l’observateur de notre vie. Nous réalisons que nous ne sommes pas celui que nous remarquons mais l’observateur de ce que nous remarquons.

Il y a 2500 ans, Lao Tseu tentait de nous enseigner la manière de comprendre cette dernière étape de vie, cette étape spirituelle : « Pouvez-vous faire machine arrière en pensée et ainsi saisir toutes choses ? Donner la vie et la nourrir, avoir sans posséder, agir sans attentes, diriger sans essayer de contrôler : voici la vertu suprême ».

 

par Hélios

source: http://bistrobarblog.blogspot.fr/2015/12/les-4-etapes-de-notre-vie-selon-carl.html

 

Couche d'ozone.

Par Le 17/11/2017

"Par ailleurs, nous vivons dans un monde où les lobbys sont très importants. Aujourd'hui, on a l'impression que les Etats ont beaucoup moins de pouvoir par rapport à des industriels puissants", relève Sophie Godin-Beekmann.

 

 

Comment l'humanité a sauvé la couche d'ozone (et pourquoi on devrait s'en inspirer pour le climat)

Alors que s'achève la COP23 à Bonn, les scientifiques s'alarment du manque d'initiatives pour lutter contre les gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Pourtant, il y a trente ans, c'est lors d'une conférence comme celle-ci que politiques et scientifiques ont sauvé la couche d'ozone d'une disparition attendue. 

Un bateau chilien dans l\'Antarctique, dans la zone où a été identitifié le trou dans la couche d\'ozone, le 25 janvier 2015. 
Un bateau chilien dans l'Antarctique, dans la zone où a été identitifié le trou dans la couche d'ozone, le 25 janvier 2015.  (NATACHA PISARENKO / AP / SIPA)

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Marie-Adélaïde ScigaczFrance Télévisions

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LA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matin

"Tirer la sonnette d'alarme", "marteler", "prévenir"... En 2017, c'est aussi cela, le job de scientifique. Surtout quand il étudie le réchauffement climatique. Lundi 13 novembre, plus de 15 000 chercheurs, issus de 182 pays, ont ainsi signé une tribune demandant d'agir en urgence pour enrayer le phénomène. Ils y dressent un rapide bilan de ce qui a été fait pour sauver la planète depuis la publication d'un "premier avertissement", il y a vingt-cinq ans. 

 

Depuis 1992, à l'exception de la stabilisation de la couche d'ozone stratosphérique, l'humanité n'a pas réussi à faire des progrès suffisants dans la résolution générale de ces défis environnementaux prévus et (...) la plupart d'entre eux deviennent bien pires.

Tribune de 15 000 scientifiques pour le climat

 

Démoralisante, cette phrase convoque un lointain souvenir : celui d'un monde terrifié à l'idée de finir carbonisé par les rayons ultraviolets du soleil, en raison du trou de la taille d'un continent dans notre couche d'ozone. Et qui a réagi. Selon la Nasa, ce dernier est bien parti pour se résorber totalement d'ici 2030-2050 (lien en anglais). L'occasion de revenir sur la façon dont scientifiques, politiques et industriels ont sauvé le monde une première fois. Qui sait, peut-être en sont-ils toujours capables ?

"L'industrie chimique a rapidement été alertée"

Quand la présidente de la Commission internationale sur l’ozone, Sophie Godin-Beekmann, démarre sa carrière de scientifique, à la toute fin des années 80, l'humanité vient de prendre conscience de l'ampleur des dégâts causés sur la couche d'ozone par les gaz CFC (ou chlorofluorocarbures). Elle se souvient d'une terrifiante conférence lors de laquelle un chercheur avait présenté l'ampleur de la diminution d'ozone à l'échelle planétaire. "Il s'agissait d'un signal tellement fort que nous étions tous très, très inquiets", se rappelle-t-elle.

L'homme qui tire la sonnette d'alarme s'appelle Paul Crutzen. Le Néerlandais fait partie de ces quelques chercheurs qui, au début des années 70, ont évoqué publiquement la détérioration de la couche d'ozone sous l'effet des CFC. Et ce, à une époque où les gouvernements envisageaient de développer des flottes d'avions supersoniques – tel le Concorde – dévastateurs pour la couche d'ozone... 

 

Une fabrique d\'aérosols, à Saint-Pétersbourg (actuelle Russie), en 1976. 
Une fabrique d'aérosols, à Saint-Pétersbourg (actuelle Russie), en 1976.  (V. NIKITIN / RIA NOVOSTI / AFP)

 

"Jusqu'au milieu des années 70, on considère que les CFC sont des composés très sûrs au niveau du process industriel", relève la spécialiste, directrice de recherche au CNRS. Leur utilisation est très developpée. On en trouve à la fois dans les aérosols et les réfrigérateurs. Les accusations des chercheurs, qui se basent sur des "modèles rudimentaires" et non des preuves tangibles, embarrassent donc l'industrie chimique. Cette dernière se défend en arguant que le secteur pèse quelques centaines de milliers d'emplois et plusieurs milliards de dollars, rappellent les auteurs de Protecting the Ozone Layer : The United Nations History. 

Dès 1975, la mauvaise réputation de ce composé provoque toutefois la chute des ventes d'aérosols aux Etats-Unis. L'entreprise SC Johnson fait même le pari de se débarrasser des CFC. Au Canada comme en Scandinavie, on discute de la pertinence de ce composant. "L'industrie chimique a rapidement été alertée des soupçons qui pesaient sur le CFC et a alors commencé à travailler sur des substituts", poursuit la spécialiste.

 

L'industrie a choisi d'accompagner les scientifiques. Elle a notamment payé des instruments de mesures et a suivi l'avancée des travaux dans ce domaine. Moi-même, j'ai utilisé un laser financé par le CMA, l'association de l'industrie chimique.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

Pour les industriels, il s'agit alors de garder la main sur le secteur en développant de nouveaux produits et "leurs propres modèles scientifiques". "Ils voulaient anticiper et comprendre ce qu'il se passait", souligne encore la chercheuse. 

"Le monde a compris qu'on mettait l'espèce humaine en danger"

Le débat bascule à partir de 1985, avec la publication d'un article du scientifique Joseph Farman, puis deux ans plus tard, avec les premières campagnes de mesures réalisées dans l'Antarctique. La science rapporte enfin la preuve de l'implication des CFC dans la diminution de la couche d'ozone. Elle tranche les théories discutées entre experts en établissant un lien entre quantité de chlore dans l'atmosphère et diminution de l'ozone. En août et en septembre 1987, un avion effectue deux vols à 17 km au-dessus de l'Antarctique et révèle avec précision l'ampleur du trou dans la couche d'ozone.

 

 

Ces images, fournies par la Nasa, montrent le trou de la couche d\'ozone en 1979, 1989, 2006 et 2010. 
Ces images, fournies par la Nasa, montrent le trou de la couche d'ozone en 1979, 1989, 2006 et 2010.  (AP / SIPA)

 

 

Quand bien même certains, comme le très populaire vulcanologue Haroun Tazieff, martèlent à tort que les données scientifiques ne permettent pas d'incriminer l'homme, ces nouvelles images entraînent la sensibilisation express du grand public. "Elles ont frappé les esprits", note la scientifique.

La couche d'ozone, c'est quand même le seul filtre qui nous protège des rayonnements ultraviolets. Tout le monde a compris que si on l'endommageait, on mettait directement en danger l'espèce humaine.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

Un protocole ratifié par tout le monde

La même année, en mars, une première conférence intergouvernementale se penche sur le problème et se solde par la ratification d'un traité, toujours en œuvre aujourd'hui : le protocole de Montréal. "Au départ, il ne permet pas d'éliminer les CFC", précise la directrice de recherche. En effet, le texte instaure "une baisse de la production des CFC de 30% et le principe d'une révision de ces objectifs tous les quatre ans, afin de faire évoluer les règles en fonctions de nos connaissances." Surtout, il met en mouvement "un cercle vertueux".

Les différentes disciplines des sciences du climat ont commencé à travailler ensemble – les modélisateurs, les observateurs, les gens qui étudient les constantes de réactions chimiques – dans des programmes scientifiques internationaux.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

"Ils ont produit des rapports détaillés qui ont permis aux politiques de disposer des informations nécessaires pour décider de revoir encore à la baisse la production des CFC". Le composant finit par être banni en 1996 dans les pays développés et en 2010 dans les pays en voie de développement.

C'est l'autre point positif du protocole, souligne la chercheuse. "Les pays développés, à l'origine de cette pollution, ont subi des règles plus contraignantes. Et les pays en voie de développement, dont la Chine faisait partie, ont bénéficié de transferts de technologies, notamment sur les produits de substitution", explique-t-elle. "Cela a accéleré la ratification du protocole par la plupart des pays. Il est l'un des rares protocoles environnementaux ratifiés de manière universelle." 

Un problème "plus simple" que le réchaufffement

Comment expliquer que la planète ait pris à bras-le-corps le problème du trou de la couche d'ozone alors qu'il apparaît aujourd'hui si compliqué d'agir contre le dérèglement climatique ? D'abord, parce que "les composants incriminés avaient été identifiés". "Les industriels avaient déjà dans leurs cartons des substituts possibles quand il a fallu faire baisser les émissions. Pour eux, abandonner les CFC ne nécessitait pas de changer tout le process industriel : il s'agissait de le remplacer par des gaz qui sont assez proches. Cela paraissait faisable", relève Sophie Godin-Beekmann. 

Repenser notre façon de produire l'énergie à l'échelle planétaire semble plus complexe. Plus abstrait aussi pour le grand public, qui ne doit pas seulement jeter son frigo ou arrêter de vaporiser de la laque.  

 

Un vieux frigo dans la rue porte une inscription indiquant que le CFC a été retiré, le 23 juillet 2010, à New York (Etats-Unis). 
Un vieux frigo dans la rue porte une inscription indiquant que le CFC a été retiré, le 23 juillet 2010, à New York (Etats-Unis).  (RICHARD B. LEVINE / NEWSCOM / SIPA)

 

Par ailleurs, sur le plan de l'action politique, "compte tenu de la situation de l'époque, marquée par la domination écrasante des Etats-Unis, il y avait beaucoup moins d'acteurs dans le jeu qu'aujourd'hui". Et la chercheuse de résumer :

 

Moins d'acteurs politiques, moins d'acteurs économiques, une seule sorte d'industrie concernée avec une certaine gamme de produits, un coupable identifié, des images fortes... En fait, le problème était beaucoup plus simple que ce que nous connaissons avec le réchaufffement climatique.

Sophie Godin-Beekmann

à franceinfo

Et le monde de 2017 n'est plus celui de 1987. "Le fait qu'un président comme Donald Trump soit capable de dire que son pays ne fera rien et que ce que dit la communauté scientifique est faux, c'est quelque chose qui n'aurait pas été imaginable dans les années 80", estime Sophie-Godin Beekmann. Aujourd'hui, la parole du scientifique sur le réchauffement climatique est difficilement audible. "Les gens peinent à discerner le vrai du faux. (...) Par ailleurs, nous vivons dans un monde où les lobbys sont très importants. Aujourd'hui, on a l'impression que les Etats ont beaucoup moins de pouvoir par rapport à des industriels puissants", relève Sophie Godin-Beekmann.

 

 

Une bombe aérosol contenant du CFC (image d\'illustration). 
Une bombe aérosol contenant du CFC (image d'illustration).  (VIDAL / ISOPRESS / SIPA)

 

Signataire de la tribune publiée lundi, la scientifique pense pourtant que tout espoir n'est pas perdu. La lutte contre le réchauffement climatique "bénéficie à tous et il faut insister sur ce discours positif afin que les citoyens réalisent qu'il faut agir", estime-t-elle, en soulignant que la pression citoyenne peut faire avancer le politique et transformer l'accord de Paris signé en 2015 en un texte aussi décisif que le protocole de Montréal. Pour le moment, on est encore loin du compte.  

Perturbateurs endocrinens (3)

Par Le 16/11/2017

Perturbateurs endocriniens, les poisons de notre quotidien

 

Florence Bauchard / Chef de rubrique Les Echos Week-End | 

image: https://www.lesechos.fr/medias/2017/11/10/2128865_perturbateurs-endocriniens-les-poisons-de-notre-quotidien-web-tete-030845058095_1000x300.jpg

 

 

 

QUELQUES CONSEILS DE PRÉVENTION

 

Rincez à l'eau claire et épluchez les fruits et légumes pour éviter les pesticides. Et privilégiez si possible les produits de l'agricuture biologique.

 

Réduisez la consommation d'aliments transformés et conditionnés pour limiter les risques d'ingérer des plastifiants et des additifs.

 

Jetez les poêles et casseroles au revêtement antiadhésif abîmé, ou mieux, optez pour la fonte ou la céramique.

 

Optez pour une bouilloire en inox plutôt qu'en plastique.

 

Préférez les emballages en verre, en inox ou en céramique pour conserver les aliments, plutôt qu'en plastique.

 

Evitez de réchauffer les aliments au micro-ondes dans du plastique recouvert de film étirable. Utilisez plutôt un récipient en verre recouvert d'une assiette en céramique ou en verre.

 

Utilisez des produits ménagers bio ou traditionnels comme le vinaigre blanc ou le bicarbonate de soude.

 

Lavez-vous les mains à l'eau et au savon plutôt qu'avec un gel hydroalcoolique.

 

Eteignez les appareils électriques la nuit car ils contiennent des retardateurs de flamme pour éviter les accidents.

 

Traitez vos plantes avec modération et n'oubliez pas les recettes de grand-mère.

Perturbateurs endocriniens, les poisons de notre quotidien ©VOISIN/PHANIE

Largement médiatisés, les perturbateurs endocriniens sont incriminés dans l'explosion du diabète, de l'obésité, de l'autisme et d'autres troubles du comportement. Face à l'urgence sanitaire, le Parlement européen pousse Bruxelles à prendre ses responsabilités.

Mercredi 4 octobre. Barbara Demeneix arbore un sourire triomphal dans son bureau du Jardin des Plantes, à Paris, baigné par un soleil laiteux d'arrière-saison. Les eurodéputés viennent de donner raison à cette biologiste renommée du Muséum d'histoire naturelle qui dénonce depuis des années les dangers des perturbateurs endocriniens. Benoît Hamon en avait fait l'un de ses thèmes clés lors de la dernière campagne présidentielle. Depuis, le sujet ne cesse de défrayer la chronique, en témoigne le documentaire « Demain, tous crétins  ? » diffusé samedi 11 novembre sur Arte.

À une large majorité, le Parlement a retoqué le 4 octobre la définition trop « laxiste » qu'en avait proposée la Commission européenne trois mois plus tôt. Barbara Demeneix s'en réjouit, qui dénonce depuis des années ces « cocktails toxiques » pour le développement du cerveau, la reproduction et le métabolisme (1). Face à l'explosion des cas de diabète et d'obésité, l'OMS tire elle aussi la sonnette d'alarme. À elles seules, les maladies causées par les perturbateurs endocriniens, cancers mis à part, représenteraient 157 milliards d'euros par an dans l'Union ! Des chiffres à faire frémir, sans commune mesure avec les dépenses liées aux tristes affaires de l'amiante ou du sang contaminé. De nature très variée, ces perturbateurs essentiellement synthétiques se retrouvent aussi bien dans les traitements contre les insectes et les mauvaises herbes que dans les cosmétiques, les emballages alimentaires, les ustensiles de cuisine, le mobilier, les peintures et les jouets.

Dès sa publication, le 4 juillet, cette définition des perturbateurs endocriniens - très attendue pour appliquer la nouvelle réglementation européenne sur les pesticides - avait suscité l'ire des scientifiques. Trois sociétés savantes - la société d'endocrinologie française, son pendant européen et la société des pédiatres endocrinologues - avaient envoyé une lettre aux parlementaires pour dénoncer un texte « insatisfaisant », raconte la volubile Barbara Demeneix sous le portrait du célèbre médecin physiologiste Claude Bernard. Le niveau de preuves à rassembler pour démontrer la nocivité de ces substances était en outre « trop élevé », ajoute avec un léger accent « british » la scientifique qui a quitté son Angleterre natale pour une carrière internationale. Pire encore, la Commission exemptait certains pesticides alors qu'ils étaient précisément conçus pour interférer avec le système endocrinien des insectes visés. « Une initiative contre-productive car susceptible de retarder l'identification de certaines substances comme perturbateurs endocriniens », estime Rémy Slama, épidémiologiste à l'Inserm de Grenoble et président du conseil scientifique du Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens.

 

 

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LE DÉBAT PUBLIC PREND DE L'AMPLEUR

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Les pommes figurent parmi les fruits les plus contaminés ©hidesy/istock

De quoi irriter non seulement les parlementaires, mais aussi les ONG et les scientifiques, qui y ont vu une concession accordée à l'Allemagne, la première puissance chimique européenne, pour gagner son adhésion au texte. Ce faisant, « la Commission a outrepassé ses droits », affirme avec conviction la députée Europe Ecologie Michèle Rivasi dans les vastes bureaux parisiens de l'antenne du Parlement, boulevard Saint-Germain. Une brèche dans laquelle l'institution européenne, garante des intérêts des citoyens, s'est engouffrée avec le succès que l'on sait, auprès des sensibilités de gauche comme de droite. Rachida Dati, eurodéputée pour l'Île-de-France sous l'étiquette des Républicains, a soutenu l'initiative des socialistes et des Verts. Depuis la naissance de sa fille, l'ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy est beaucoup plus réceptive à ces problématiques particulièrement préoccupantes pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, constate avec plaisir Michèle Rivasi, que sa formation de biologiste a sensibilisée de longue date aux questions de santé.

Longtemps confiné au milieu scientifique, le sujet est aujourd'hui largement politisé et médiatisé, voire exploité par le business. C'est particulièrement vrai en France, où Benoît Hamon avait réussi à faire prononcer en « prime time » cette appellation indigeste par David Pujadas, l'ancien présentateur vedette de France 2. Depuis, les publications d'ouvrages plus ou moins grand public sur la question se multiplient. La référence aux perturbateurs endocriniens - et au souci de les éviter - est aujourd'hui devenue quasiment un argument marketing. Et pas seulement pour l'édition. Salveco l'a bien compris. Ce petit fabricant vosgien de nettoyants ménagers l'utilise pour vanter, a contrario, les vertus de ses produits fabriqués à partir de dérivés d'acide lactique et non de pétrole. Quant au laboratoire grassois Officinea, il a lancé depuis un an l'application Clean Beauty pour débusquer les perturbateurs présents dans les cosmétiques à partir d'une simple photo de la liste de leurs ingrédients.

La pédagogie en la matière est plus que nécessaire. Après tout, l'identification des perturbateurs endocriniens est récente. Elle remonte à un quart de siècle, même si les premiers clignotants se sont allumés dès les années 1960. Plastifiants, émulsifiants, rigidifiants, filtres anti-UV, conservateurs, retardateurs de flamme : ces produits élaborés par l'industrie chimique pour la cosmétique, l'hygiène et le mobilier se sont avérés, dans certains cas, de véritables poisons à retardement. Mais la science peine encore à cerner précisément leurs mécanismes d'action et l'étendue de leur impact sur la santé. Même si, étude après étude, leur implication présumée dans différentes maladies se précise, n'en déplaise à leurs fabricants.

L'Américaine Theo Colborn est la première à avoir théorisé le sujet. Invitée à se pencher sur les problèmes environnementaux des grands lacs entre les Etats-Unis et le Canada, cette multidiplômée (toxicologie, biologie, épidémiologie, etc.) constate avec effarement la multiplication de malformations congénitales chez de jeunes rapaces et des poissons. À l'origine de ces troubles, non pas des cancers mais des dérèglements hormonaux. En 1991, Theo Colborn et John Peterson Myers, un biologiste diplômé de Berkeley, invitent une trentaine de scientifiques - anthropologues, zoologues, physiologues, ornithologues, etc. - à confronter leur expérience sur le sujet dans le centre de conférence de Wingspread, à Racine, une petite ville au nord de Chicago. Le rapprochement est établi entre ces dérèglements et les polluants chimiques tels que le PCB - utilisé comme isolant dans les transformateurs électriques avant d'être interdit - ou l'insecticide DDT, banni en 1972. La déclaration rédigée à l'issue de la conférence constitue un véritable pavé dans la mare. Un an plus tard, Theo Colborn regroupe ces poisons sous le sceau d'« endocrine disruptors », que les Français traduisent par « perturbateurs endocriniens ». Pas très grand public ! En 1996, toujours avec John Peterson Myers, la scientifique publie un ouvrage de vulgarisation qui se dévore comme un policier : Our Stolen Future (« L'homme en voie de disparition ? » en français). En signant sa préface, Al Gore lui donne un sérieux coup de pouce. Trois ans plus tard, il est déjà traduit en seize langues. Le livre va susciter des débats au Congrès et le lancement d'un programme de recherche par l'Agence américaine de l'environnement (EPA). Jusqu'à sa mort, en 2014, Theo Colborn ne cessera d'oeuvrer pour sensibiliser la communauté scientifique, les politiques et l'opinion publique à la portée du phénomène, prêtant son assistance à l'EPA et au WWF.

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Du triclosan dans le dentifrice, des parabens dans les cosmétiques... la salle de bains est aux premières loges ©Michael Cogliantry/gettyimages

UNE NOCIVITÉ ACCRUE À PETITES DOSES

Vingt-cinq ans après l'appel de Wingspread, la prise de conscience a bien progressé, mais la réglementation reste très permissive. Pourquoi ? Les freins sont autant techniques qu'économiques ou politiques. Première difficulté : contrairement aux substances cancérigènes, le mécanisme d'action des perturbateurs endocriniens ne semble pas répondre au principe selon lequel « c'est la dose qui fait le poison » posé par le savant suisse Paracelse, père fondateur de la toxicologie, au xvie siècle. Ce serait même l'inverse : à petites quantités, les effets seraient encore plus délétères. Un véritable changement de paradigme. Les personnes les plus vulnérables ? Les enfants et les femmes en âge de procréer. Pour le foetus, tout dépendra de l'exposition de sa mère avant la conception et pendant la grossesse. Mais ces substances compromettent aussi la santé des adultes et leur capacité à se reproduire. S'ils n'altèrent ou ne détruisent pas directement les cellules, les perturbateurs miment si bien les hormones naturelles qu'ils font « ouvrir la porte à n'importe qui », expliquent Marine Jobert et François Veillerette, auteurs d'un livre très synthétique sur cette « menace invisible » (2). Et nuisent à la bonne marche du corps.

L'impact cumulé des substances toxiques et le fait que les petites quantités soient plus nocives que les grandes rendent l'étude de ces molécules passablement compliquée. Il faut mettre au point des tests d'évaluation pertinents et mener des études sur longue période pour apprécier leur impact intergénérationnel. Beaucoup de travaux ont été conduits sur les animaux, moins sur l'homme. Et la transposition n'est pas évidente. Pour Patrick Lévy, médecin-conseil de l'Union des industries chimiques (UIC), la puissante organisation professionnelle française, « il y a encore des débats scientifiques importants sur la transposition de l'animal à l'homme. Les scientifiques sont encore loin d'avoir trouvé un consensus sur ce sujet. Cela nécessite des approfondissements au niveau national et européen. » Evidemment, l'industrie et les responsables politiques ne sont pas prêts à remettre en cause tout un pan d'activité économique sans certitude d'une urgence sanitaire. « La société doit mettre davantage de moyens sur la recherche toxicologique et épidémiologique pour disposer de tests efficaces et identifier rapidement les perturbateurs endocriniens les plus dangereux », rétorque Rémy Slama (3), qui étudie actuellement l'impact de bisphénols - dont le fameux A - sur la santé de 480 familles.

L'EUROPE SE DIVISE

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Présents dans les pesticides, les perturbateurs endocriniens finissent dans nos assiettes ©imageBROKER/ hemis.fr

Les financements sont insuffisants et pas forcément pérennes. Il n'empêche, l'arsenal scientifique progresse. Parmi les nouveaux outils à disposition, Barbara Demeneix a mis au point une technologie de têtards fluorescents étonnante. Au sein de son laboratoire d'évolution des régulations endocriniennes, rue Cuvier, la Flamande qu'elle emploie comme thésarde manie régulièrement ces têtards pour mesurer l'impact de cocktails de différents polluants chimiques sur leur thyroïde. « L'avantage, c'est que la glande des têtards est très proche de celle de l'homme », explique la jeune femme en plaçant une boîte de Petri avec un microtêtard de 2 mm sous un microscope connecté à un ordinateur. À l'écran, l'image de son crâne disproportionné vert fluo est saisissante. « La fluorescence varie en fonction de la concentration du cocktail chimique », ajoute-t-elle. Aujourd'hui, la start-up Watchfrog commercialise sous licence cette technologie. Les progrès vont se poursuivre. D'ailleurs, pas une quinzaine ne s'écoule sans une nouvelle publication sur le sujet.

Industriels comme politiques sont sous pression pour agir. La sanction parlementaire pousse la Commission à revoir sa copie. Et vite. Vytenis Andriukaitis, le commissaire à la Santé, est en première ligne. Non seulement le Parlement dispose du soutien de l'opinion, mais d'un point de vue technique, la Commission a déjà quatre ans de retard par rapport à l'échéance prévue du 13 décembre 2013. L'exécutif bruxellois s'est déjà fait rappeler à l'ordre en 2015 par la Cour de justice européenne. Celle-ci avait été saisie par la Suède et la France notamment, irritées de son inaction face à cet enjeu de santé publique. Mais, comme pour l'élaboration laborieuse du fameux règlement Reach sur les produits chimiques, destiné à mieux protéger l'environnement et la santé, ou la réhomologation actuellement très controversée du glyphosate, l'herbicide le plus vendu au monde, l'Europe se divise. D'un côté, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, avec une industrie chimique encore importante, sont tiraillées entre intérêts économiques et protection des consommateurs. De l'autre, le nord de l'Europe, historiquement plus soucieux du bien-être de sa population, où certains produits considérés comme « suspects » ont d'ores et déjà été unilatéralement proscrits. C'est le cas de quatre phtalates couramment utilisés dans des nappes en plastique ou des rideaux de douche que le Danemark a interdits depuis 2012. Le gouvernement danois édite également depuis 2006 un guide de prévention gratuit à l'intention des femmes enceintes.

Côté industrie, les entreprises réclament une clarification du cadre réglementaire - un impératif compte tenu du coût et du temps nécessaires au développement de nouvelles molécules (dix ans environ). Elles sont d'autant plus inquiètes que chaque pays européen est libre de prendre ses propres initiatives, à l'instar de la France qui interdit le bisphénol A dans les conditionnements alimentaires depuis deux ans. Cette interdiction, qui ne vaut que dans l'Hexagone, oblige les fabricants de canettes à produire selon deux méthodes, en fonction du marché final. En coulisses, les poids lourds du secteur - probablement celui qui dépense le plus en lobbying en Europe - sont à la manoeuvre pour limiter tout resserrement des contraintes légales et retarder le processus. « Comme l'industrie du tabac il y a quelques années, ils cherchent à discréditer le consensus scientifique », affirme Stéphane Horel, auteure d'Intoxication, un livre remarqué sur le lobbying industriel. Les entreprises ne peuvent toutefois plus ignorer les pressions sociétales. L'UIC vient ainsi de créer un site d'information grand public. Même si l'adresse, www.perturbateurendocrinien.fr, est très neutre, «c'est un relais subtil de ses thèses», aux yeux de François Veillerette.

image: https://www.lesechos.fr/medias/2017/11/10/2128865_perturbateurs-endocriniens-les-poisons-de-notre-quotidien-web-tete-030850718028.jpg

Des têtards fluorescents : c'est la technique mise au point par la biologiste Barbara Demeneix pour étudier l'impact des cocktails de polluants ©Laboratoire Watchfrog

SUR LE TERRAIN, LES INITIATIVES FLEURISSENT

À Sophia Antipolis, le groupe Bayer, qui s'apprête à fusionner avec Monsanto, a accepté de nous ouvrir les portes de son site mondial chargé des études de sécurité sur ses produits phytosanitaires. « C'est la première fois que nous recevons un média », explique Rémi Bars, directeur scientifique en toxicologie du site. Dans les quatre étages de ce bâtiment aux grandes baies vitrées noyé dans la pinède de la « Silicon Valley » à la française, plus d'une centaine de spécialistes testent sur des rongeurs, poissons-zèbres et autres animaux les futurs blockbusters de Bayer. « On travaille plus étroitement avec nos chimistes à l'aide de tests précoces pour évaluer en amont la sécurité de nos produits et anticiper, autant que possible, les résultats des études réglementaires », explique ce vétéran passionné de toxicologie, qui a rejoint l'ex-champion français de la chimie Rhône-Poulenc après ses études de pharmacie. Peu sexy à l'époque, la toxicologie est aujourd'hui une discipline très recherchée avec la montée des préoccupations environnementales. « Il n'y a pas de molécule naturelle ou chimique qui ne soit pas toxique dans certaines conditions », observe Rémi Bars.

Le feuilleton est loin d'être terminé. Si l'Europe accouche d'une législation sur les perturbateurs endocriniens, « elle sera la première dans le monde », a rappelé l'eurodéputée Françoise Grossetête le 3 octobre en défendant la proposition de la Commission. Avec une portée allant bien au-delà des pesticides puisqu'elle doit s'appliquer à terme à l'ensemble des produits chimiques. Sur le terrain, les initiatives fleurissent déjà. Avec un effort particulier auprès des populations les plus à risque de la part des médecins. À l'hôpital Archet de Nice, l'endocrinologue et gynécologue Patrick Fénichel recommande un minimum de précautions au cours de la grossesse. Bien laver les fruits et légumes, qu'on choisira plutôt bio, éviter les cosmétiques, ne pas chauffer des aliments dans des contenants en plastique, ne pas peindre la chambre du bébé juste avant l'accouchement... Les villes se mobilisent également. Organisée à Paris le 10 octobre à l'initiative de Réseau Environnement Santé - une vingtaine d'associations -, la première réunion des villes sans perturbateurs endocriniens a attiré plus de 200 personnes, dont des représentants de villes étrangères comme Madrid. Les expériences de crèche et de maternité sans perturbateurs endocriniens présentées respectivement par Limoges et Lille en ont séduit plus d'un.

Pour l'instant moins volontariste que sa prédécesseuse Ségolène Royal - si ce n'est dans son combat contre le glyphosate - Nicolas Hulot espère bien mettre les bouchées doubles en 2018. Réduire l'exposition aux perturbateurs et aux nanomatériaux, réviser Reach, monter un fonds pour mener des études complémentaires sur des produits controversés : le ministre de la Transition écologique et solidaire ne manque pas d'idées. La rumeur laisse entendre, pour d'autres raisons, qu'il pourrait abréger son mandat. Pourtant, cinq ans n'y suffiraient sans doute pas...

 

 

CINQ SCIENTIFIQUES ENGAGÉS

 

Theo Colborn :Après avoir élevé ses quatre enfants, cette Américaine s'est consacrée à la reconnaissance des risques pour la santé humaine et animale des polluants chimiques, qu'elle a été la première à nommer « perturbateurs endocriniens » (« endocrine disruptors ») en 1992. 

 

Andreas Kortenkamp :Installé en Grande-Bretagne depuis sa thèse, ce scientifique né en Allemagne a été le premier à identifier les effets cocktails des perturbateurs endocriniens. Il a même réalisé un rapport sur le sujet pour la Commission européenne en 2012.

 

André Cicolella :Le président du Réseau Environnement Santé a joué un rôle actif dans l'interdiction du bisphénol A dans les biberons - une initiative française ensuite suivie par Bruxelles. 

 

Barbara Demeneix :Cette biologiste du Muséum d'histoire naturelle a mis au point une technologie innovante pour étudier l'impact des cocktails de perturbateurs sur le cerveau, dont elle dénonce régulièrement les effets auprès des politiques, des industriels et de l'opinion publique. 

 

Rémy Slama :Ce polytechnicien, directeur de recherche à l'Inserm de Grenoble depuis une douzaine d'années, préside le Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens. Il mène actuellement une vaste étude sur les effets du bisphénol A sur 480 familles. 

 

 

 

CHIFFRE CLÉ

 

157 milliards d'euros Le montant annuel estimé des dépenses de soins et pertes de revenus potentiels liées aux perturbateurs endocriniens pour l'Union européenne.

 

 

 


En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/week-end/business-story/enquetes/030845123521-perturbateurs-endocriniens-les-poisons-de-notre-quotidien-2128865.php#d12KWaQZEIbRDdr8.99

Hyperactivité et alimentation

Par Le 16/11/2017

VOICI CE QU’IL SE PASSE QUAND ON ENLÈVE LES ADDITIFS DE L’ALIMENTATION DES ENFANTS !

Par Lerebelle -

Article blog enfants hyperactifs les additifs 768x501

 

  

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Dans l’école publique de Nana Glen, un petit village Australien, une expérience est menée : Durant deux semaines, les enfants de cette école vont manger des aliments ne contenant pas d’additifs alimentaires.

Sensibles aux troubles comportementaux des enfants en classe, la direction de Nana Glen, une petite école publique dans un village australien, et Sue Dengate spécialiste en nutrition et troubles du comportement, décident de mettre au régime leurs élèves pendant deux semaines pour en étudier l’impact sur leur santé et leur comportement.

Durant quinze jours, les enfants de cette école ne mangent aucune nourriture enrichie d’additifs.

Unhealthy food: popped wheat seeds with lots of food additive chemicals

Le résultat est surprenant: davantage d’élèves concentrés, moins de punitions et de retenues, des élèves victimes de leur agressivité et de leur mauvais caractère se pacifient et renouent des liens avec leurs camarades de classe.

Outre les colorants, évidents dans les boissons et les sucreries préférées des enfants, les additifs se trouvent dans un nombre incalculable d’aliments: surgelés, plats préparés, conserves, farines, sucre édulcoré à l’aspartame, sauces dans les hamburgers en restauration rapide,…toute nourriture industrielle semble comporter les dangers liés aux additifs.
Deux semaines de diète sans cette nourriture, remplacée par des repas bios, rigoureusement contrôlés, entraînent des changements surprenants chez les enfants les plus touchés par les additifs.
Même les allergies semblent allégées suite à cette rigueur alimentaire.

Vers la transition

Par Le 16/11/2017

Rob Hopkins : "Le pessimisme est un luxe qu’on ne peut pas se permettre"

 

ENTRETIEN : VALENTINE VAN VYVE Publié le - Mis à jour le 

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En 2005, il lançait le mouvement des Villes en transition, qui a depuis lors pris une envergure mondiale.

Le Britannique Rob Hopkins était de passage en Belgique il y a quelques jours. Une rencontre vivifiante.

 

Entretien: Valentine Van Vyve

Rob Hopkins rêve que l'imagination prenne le pouvoir et qu'elle anime son "mouvement de communautés" vers la "reconstruction du monde". Ainsi définit-il la philosophie de la Transition. Une dynamique des petits pas qui a pour objectif de nous amener à embrasser un autre modèle de société.

Ce mouvement est "ambitieux, audacieux" mais aussi "expérimental, entrepreneurial et tourné vers la recherche de solutions", explique-t-il. Tout citoyen est poussé à se lancer, à essayer, et même à se tromper.

Et ça tombe bien puisque "nous sommes capables de réaliser des choses que ne peuvent faire nos gouvernements parce que nous pouvons prendre des risques sans que cela ne pose problème".

Depuis 2006, plus de 1500 groupes ont rejoint le Réseau Transition dans une cinquantaine de pays. Vous attendiez-vous à un tel succès ?

Et encore, il existe quantité de groupes non inscrits qui appliquent les principes de la Transition. Nous ne pensions pas que cela allait grandir de la sorte, pas même dans notre propre communauté, à Totnes. Mais les gens se sont montrés intéressés et l’idée s’est étendue d’une manière incontrôlable.

Comment expliquez-vous cet élan ?

On a été chanceux d’arriver au bon moment. Devant les nombreux défis qui se posent à nous, nous avons besoin d’une réponse compatissante. A ce moment-là, l'offre se limitait à l’image du « survival ». L’idée de se rassembler pour imaginer ensemble le futur ne faisait pas partie du paysage malgré le fait que beaucoup de gens se sentaient concernés. La Transition s’est glissée dans cet espace, en proposant un modèle que l’on ne maîtrise pas totalement mais qui incite les gens à essayer.

Par ailleurs, certains aiment l’idée d’avoir de l’influence, en particulier lorsqu’ils constatent que le monde ne tourne pas si rond, que les personnes au pouvoir ne savent pas ce qu’elles font et qu’ils font face à un isolement croissant. La Transition a cet avantage qu’elle ne commence pas par une longue liste d’exigences auxquelles il faut se plier pour être impliqué dans le mouvement. Au contraire, il y a énormément de portes d’entrée. Les projets peuvent se faire dans des domaines différents: économie, business, écologie, éducation… Chacun peut venir avec sa passion et trouver d’autres personnes pour l'accompagner dans son projet.

« Si vous avez une idée, lancez-vous ! On vous offre le matériel et l’accès au réseau. Le seul engagement de votre part, c’est de raconter votre histoire : tant vos succès que vos échecs. »

Cela fonctionne parce que le mouvement est animé par la confiance, la générosité et la croyance que les gens en feront quelque chose de bien. Ca a été pensé pour être mu par un esprit d’auto-organisation et devenir un réseau mondial de personnes partageant leurs manières de faire, sans que l'on ait toutes les réponses.

La Transition fonctionne par essai et erreur ?

Oui. Dans quels domaines se permet-on encore se tromper ? Où encourage-t-on encore la prise de risque ? Certaines initiatives ne fonctionneront pas. Mais celles qui fonctionneront seront fantastiques parce qu’elles seront imaginatives et inattendues.

Vous parlez d'un "mouvement de communautés". Quelle est l’importance du niveau local ?

Devant les grands défis auxquels nous sommes confrontés, du changement climatique à l’épidémie de solitude, on se dit qu’on ne peut rien y faire, parce qu'on les entrevoit dans leur globalité… La perspective change quand on essaie d’agir à l'échelle de nos quartiers. Ce niveau est aussi important parce que chaque localité a ses spécificités. Les initiatives qui y seront prises seront le reflet des personnalités, des cultures, des réalités locales…

Il est très excitant d’envisager un système économique différent. Prenez la gestion de la pluie par les forêts : tout circule en un rythme lent. Ce que l’on essaie de faire avec l’argent suit la même logique : trouver des moyens de le faire circuler localement afin de diversifier nos économies et de les rendre plus résilientes et complexes. Le niveau local est le niveau où l’on commence : on se demande "où vais-je dépenser mon argent?" plutôt que de demander à l’Union européenne d’investir des millions d’euros dans nos villes.

La Transition est un mouvement résolument citoyen…

L’exemple de ce qui se passe a Liège est intéressant : le projet d’une ceinture alimentaire autour de la ville a été mis en place par Liège en Transition. Ensuite, les autorités de la ville ont intégré ce projet dans leur programme. A un certain point, il peut être intéressant que le pouvoir politique s’empare de projets mis sur pied et conduits par les citoyens. Le contraire peut être vrai aussi : à Grenoble, c’est le maire, enthousiasmé par le mouvement, qui a demandé comment créer un groupe de Transition.

Toutefois, le propre du mouvement, c’est qu’on n’a pas besoin de permission pour se lancer. Il ne faut pas attendre l’accord des dirigeants politiques.

Qu’est-ce qui distingue la Transition de l’écologie ou du développement durable ?

C’est un mouvement que je juge plus profond. Aujourd’hui, la durabilité est un concept un peu fourre-tout, que tout le monde s’est approprié et qui ne signifie plus grand-chose.

Il est question de résilience car celle-ci permet de s’adapter aux chocs. C’est une énorme opportunité. Imaginez que pendant trois jours, les camions de marchandises ne puissent plus entrer dans Bruxelles. La ville connaîtrait une pénurie de nourriture. Elle n’a plus de connexion avec les terres de sa périphérie et est donc très vulnérable. Imaginez maintenant que l'on produise de la nourriture en ville et aux alentours, cela nous rendrait plus résistants aux chocs, mais cela présente aussi un extraordinaire potentiel de renaissance économique, culturelle et sociale.

« La Transition, ce n’est pas seulement des panneaux solaires et des carottes, c’est comment on fonctionne ensemble et construisons notre propre résilience.»

Nous avons besoin de construire une nouvelle économie et pour cela, il faut aussi pouvoir sortir d’un fonctionnement exclusivement bénévole. Nous devons créer dubusiness et du travail. Et c’est un point avec lequel les mouvements écologistes se sentent un peu mal à l’aise. On se distingue d'une pure initiative écologique de gauche. Le mouvement de la Transition ne s’inscrit pas dans le spectre politique: il attire les progressistes comme les conservateurs autour de la manière de faire de ce monde un lieu prospère, de diversifier nos économies.

 

© D.R.

 

 

Pensez-vous que cela mènera à un changement radical de système ?

La seule chose qui peut garantir la survie humaine sur cette planète, c’est, précisément, un changement radical. Nous sommes sûrs d’une chose : le statu quo n’est pas une option. On doit stabiliser la hausse de la température moyenne mondiale à 1,5C°. Nous en sommes pourtant loin. Nous avons donc besoin de réflexions radicales et pas seulement de solutions « intelligentes » que les grandes compagnies nous proposent, comme les voitures électriques.

A Liège, par exemple, on propose un modèle complètement différent qui changerait la manière dont fonctionne l’économie.

Quels choix avons-nous aujourd’hui face aux défis climatique, sociaux et économiques ? Certains craignent l’effondrement, jusqu’à la paralysie. D’autres sont encore optimistes…

L’effondrement est une possibilité. Et c’est déjà une réalité dans certaines parties du monde. Mais si on déclare que tout va s’effondrer et que ce sera terrible, les gens se découragent alors que c’est précisément à ce moment-là qu’on a besoin d’imagination et de capacité d’adaptation. C’est ça qui nous permettra d’en sortir. Comment peut-on aider les personnes autour de nous à faire preuve de résilience, d'adaptabilité, de créativité, c’est ça, la question. Le pessimisme est un luxe qu’on ne peut pas se permettre. On peut juste se permettre de se retrousser les manches.

« Les générations qui nous suivent regarderont certainement en arrière en se disant que nous avons vécu la plus grande faillite de l’imagination de l’histoire de l’humanité. »

Il y avait, dès le départ, une solution au problème du changement climatique… Mais cela nécessitait un changement d’histoire et de narratif sur l’idée qu’on se faisait du futur : une société qui aurait été capable d’assurer que le business serve l’humain et la nature et non l’inverse. Le fait d’avoir laissé le business devenir si puissant nous a poussés au bord de l’éradication de notre propre espèce. Juste parce qu’on n'avait pas la capacité d’imaginer autre chose.

Avez-vous entendu dire du mouvement qu'il est « un retour en arrière » ?

Tout le temps ! Il vient de personnes qui passent spectaculairement à côté du message et de l'objectif. Au contraire, continuer à faire ce que nous faisons est un retour en arrière. C’est ce que l’on voit à Porto Rico : à cause des tempêtes, il n’y a plus d’électricité, plus d’eau, nulle part où vivre. Il est important de trouver une manière d’avancer qui corresponde aux défis de notre époque et qui donne de la perspective, un but vers lequel tendre.

En Alsace, ils ont remplacé le bus scolaire par un cheval et une carriole. Un homme trouvait ça un peu « too much », ça lui donnait un sentiment de retour en arrière. Pourtant, les enfants vivaient un moment magique. Pourquoi lie-t-on une société dépourvue de carbone à un retour en arrière ?

En Belgique, on a parfois le sentiment que les choses sont figées. Qu’avez-vous pu y observer ?

En Belgique, le nombre de groupes en Transition a triplé en deux ans et les initiatives qu'ils prennent sont ambitieuses, que ce soit des potagers et des jardins en pleine ville ou la ceinture alimentaire de Liège. Le groupe Liège en Transition a ainsi recréé le lien avec les exploitations agricoles qui entourent la ville. De nouvelles fermes ont par la même occasion vu le jour, au même titre que des magasins dans la ville, on a construit une brasserie, etc... Certaines localités proposent de leur côté d'expérimenter des monnaies alternatives. Le groupe qui supporte la Transition (le « hub ») est par ailleurs très efficace. La Belgique est un des pays où le mouvement de la Transition est le plus excitant.

Quels conseils donneriez-vous à celui ou celle qui souhaiterait se lancer ?

Rendez-vous sur le site internet de Transition Belgique. Si un groupe existe près de chez vous, allez-y ! Regardez comment vous pouvez aider. Sinon, il existe un guide gratuit en ligne pour initier la Transition. Le Hub belge organise une formation de deux jours très complète. Essayez petit, quelque chose que vous vous sentez capable de faire. On a besoin de pas progressifs. Donc, faites le premier pas !

 

Entretien : Valentine Van Vyve

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