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Hécatombe chez les banquiers

Par Le 10/12/2014

Depuis quelques jours, une liste de morts suspectes de banquiers tourne sur le net. 
Cette information très importante manquait de sources et de détails. Et vérifications faites, elle comporte quelques erreurs... Il me semblait intéressant de la fiabiliser: 

18 Nov 2014 – Shawn Miller, 42 ans, directeur général de Citigroup (une banque américaine) a été retrouvé mort dans une baignoire avec la gorge tranchée. Malgré les circonstances étranges (il a été retrouvé dans son bain, les poignets et le cous tranchés), malgré les doutes de la famille et de la police, l'enquête s'oriente vers un suicide...  
Sources: Wall Street journal - New York Post

24 Juillet 2014 - Robin Clark, un trader anglais, se fait tirer dessus par un homme cagoulé. Il survit à ses blessures
Source: Mirror

6 Juillet 2014 – Julian Knott, 45 ans, directeur général de JP Morgan Chase (une holding financière majeure) et de Global Technology network (un réseau mondial spécialisé dans les technologies de pointe), a été retrouvé mort. Il aurait tué sa femme avant de se suicider. Le coupe semblait pourtant très uni. 
Les journaux évoquent des circonstances étranges, mais auncune information n'est rendue publique (pas même les circonstances de la découverte des corps...)
Sources: Dailymail, International Buisness Times

24 Juin 2014 – Richard Gravino, 49 ans, chef d’équipe du développement d'applications, lui aussi employé par JP Morgan, est retrouvé mort. La cause de cette mort soudaine est à ce jour inconnue. 
Source: Wall Street on parade

24 Mai 2014 – Daniel Leaf, gestionnaire principal de la Banque d'Ecosse, est mort suite à une chute du haut une falaise
Source: STV News 

23 Mai 2014 – Nigel Sharvin, un banquier de Belfast, disparaît au cours d'une fête. Son corps sera retrouvé quelques heures plus tard. Il est mort noyé.
Source: Belfast Telegraph

8 Mai 2014 – Naseem Mubeen – vice-président adjoint de la Banque ZBTL (Islamabad, Pakistan) se suicide en sautant du 10e étage du building de son employeur.
Source: Pakistan Today  

7 Mai 2014 – Thomas Schenkman, 42 ans, directeur général de JP Morgan (que je ne présente plus), connu également pour ses précédentes carrières chez Microsoft et Goldman Sachs, est mort subitement, dans des circonstances mystérieuses... 
Source: Wall Street on parade

23 Avril 2014 – Li Jianhua, 49 ans, responsable d'une banque chinoise, meurt subitement d'une attaque cardiaque
Source: Buisness insider 

22 Avril 2014 – Une employée de la Banque Populaire de France, se suicide en sautant du 14e étage de la tour de son employeur. 
Source: Le parisien

21 Avril 2014 – Bruce A. Schaal, banquier d'affaire américain de 63 ans, est décédé subitement, dans des circonstances qui n'ont pas été dévoilées.  
Source: Legacy

20 Avril 2014 - Keith Barnish 58 ans, un banquier d'affaires américain, est décédé subitement dans des circonstances non révélées.
Source: Leveragedloan et LinkedIn

18 Avril 2014 – Benoît Philippens, un directeur de banque belge, a été exécuté avec sa femme et son filleul par un tireur caché derrière leur maison. Il avait pris la direction de cette banque récemment, il avait constaté de nombreuses anomalies et il semblait determiné à "faire du ménage"
Source: 7sur7.be

13 Avril 2014 – Tanji Dewberry – vice-présidente adjointe du Crédit Suisse, meurt avec son fils de 8 ans dans l'incendie de leur maison. 
Source: Dailymail

7 Avril 2014 – Juergen Frick, un directeur de banque du Liechtenstein, est exécuté par balle.
Source: The independant

5 Avril 2014 - Peter Schmittmann, ancien PDG de la Banque ABN, est retrouvé mort. IL aurait exécuté sa femme et sa fille de 22 ans avant de se suicider. 
Source: Dailymail

3 Avril 2014 - Amir Kess, directeur de Markstone, meurt dans un accident (il circulait à vélo et il a été renversé par une voiture)
Source: Haaretz

30 Mars 2014 - Andrew Jarzyk, gestionnaire de la PNC Financial Services Group, disparait mystérieusement pendant son jogging. Son corps a été retrouvé dans une rivière 1 mois plus tard. 
Source: Dailymail

28 Mars 2014 – Joseph Giampapa, ancien avocat de JP Morgan , meurt à vélo, heurté par un minibus.  
Source: Intellihub

24 Mars 2014 - Fang Fang de JP Morgan, démissionne suite à une affaire de corruption
Source: Bloomberg

12 Mars 2014 – Kenneth Bellandro, 28 ans, analyste chez JP Morgan (encore!!), se tue en sautant du 6e étage de sa banque
Source: New York Post

12 Mars 2014 - Jeffrey Corzine, 31 ans, le fils de l'ancien gouverneur du New Jersey et ancien trader de Goldman Sachs, a été retrouvé mort apparement suicidé.
Source: New YorkPost

11 Mars 2014 – Mohamed Hamwi, un homme d'affaire qui avait échappé aux attentats du 11 Septembre parce qu'il était en retard, a été tué par balles. Il s'agirait d'un vol qui a mal tourné (mais il a été retrouvé avec son argent et ses effets personnels)
Source: Dailymail

11 Mars 2014 – Edmund Reilly, 47ans, trader chez Vertical Group (New York) , s’est suicidé en se jetant sous un train à grande vitesse 
Source: Dailymail

5 Mars 2014 – Autumn Radtke, 25 ans, PDG de First Meta, une entreprise de change cyber-monnaie, se suicide en se jettant du haut du building de sa banque
Source: New York Post

20 Février 2014 – Li Junjie, employé chez JP Morgan, se suicide en se jetant du haut du building de sa banque (décidemment, c'est une mode...) 
Source: Dailymail

19 Février 2014 – James Stuart Jr, ancien responsable de National Bank of Commerce CEO, est mort dans des circonstances non dévoilées. 
Source: Intellihub

11 Février 2014 – Ryan Henry Crane, 37 ans, vice président chez JP Morgan, est retrouvé mort devant. La cause de sa mort est inconnue.
Source: New York Post

4 Février 2014 – Richard Talley, 57 ans, PDG d'une banque américaine, s'est suicidé en se tirant plusieurs fois dans la tête avec un pistolet à clous. 
Source: Dailymail

4 Février 2014 – John Ruiz , analyste chez Morgan Stanley Municipal Debt, est décédé subitement chez lui, dans des circonstances non dévoilées
Source: Bloomberg

29 Janvier 2014 – Mike Dueker, économiste en chef de Russell Investments, est retrouvé mort près d'une route. Il se serait suicidé.
Source: Bloomberg

28 Janvier 2014 – Tim Dickenson, directeur de communication d'une banque suisse, est mort subitement, dans des circonstances qui n'ont pas été dévoilées. 
Source: The Australian Buisness Revue

27 Janvier 2014 – Gabriel Magee, vice président de JP Morgan, se suicide en sautant du haut du building de sa tour (c'est pas possible, ils font un concours chez JP Morgan?)
Source: Dailymail

26 Janvier 2014 – William ‘Bill’ Broeksmit, ancien PDG (retraité) d'une banque allemande, se suicide par pendaison suite à l'ouverture d'une enquête concernant la banque. 
Source: Dailymail

26 Janvier 2014 – Carl Slym, directeur général de Tata Motors, chute du 33e étage d'un building à Bangkok, dans d'étranges circonstances. L'enquête tend vers le suicide. Tata Motors était sur le point de lancer la première voiture à air comprimé... 
Source: le Monde et Citizenpost

21 Janvier 2014 - La fille d'Igor Artamonov, buisnessman russe, a été retrouvée morte dans la chambre de son école, probablement suicidée (elle avait 17 ans)
Source: Telegraph 

16 Janvier 2014 - Hector Sants, de chez Barclays, a démissionné à cause du stress et de l’épuisement, après avoir été informé qu’il risquait des conséquences plus graves pour sa santé s’il continuait à travailler
Source: Télégraph

7 Janvier 2014 - Le fils de Nick Bagnall (Directeur à la Banque de Tokyo-Mitsubishi), 18 ans est décédé. Il se serait pendu accidentellement. 
Source: Dailymail

23 Décembre 2013 – Robert Wilson, un retraité et fondateur de fonds spéculatif , s’est suicidé en sautant du 16e étage.
Source: New York Times

23 Décembre 2013 – Susan Hewitt, ancienne vice présidente de la Deutsche Bank, est retrouvée morte. Elle se serait noyée dans un flux d'écoulement rapide en allant vérifier l'approvisionnement en eau pour les maisons voisines. 
Source: UK News

18 Décembre 2013 - Kevin Bespolka, un banquier de 51 ans, est grièvement blessé dans une avalanche, son fils meurt. 
Source: Telegraph 

15 Décembre 2013 – Jason Alan Salais, 34 ans, spécialiste de technologie de l’information chez JPMorgan, est retrouvé mort devant une pharmacie, apparemment d'une crise cardiaque
Source: Wall Street on parade

14 Décembre 2013 – Benjamin Idim, 25 ans, banquier à la Diamond Deutsche se tue dans un accident de voiture. Il transportait 2 millions dans sa voiture. Seuls 800 000 ont été retrouvés. 
Source: Naija

7 Décembre 2013 – Joseph Ambrosio, 34 ans, analyste financier chez JP Morgan, est décédé subitement d’un syndrome respiratoire aigu (une forme de pneumonie foudroyante)
Source: Bloomberg

13 Novembre 2013 – Venera Minakhmetova, 24 ans, ancienne analyste financier chez Bank of America Merrill Lynch, qu'elle avait quitté pour monter sa propre entreprise, est morte dans un accident de vélo. 
Source: BBC

9 Novembre 2013 – Patrick Sheehan, un directeur de Well Fargo & Co (et ancien de chez JP Morgan), est mort dans un accident de voiture.
Source: Bloomberg

Novembre 2013 – Michael Anthony Turner, carrière de banquier, mort de "cause inconnue". Je n'ai rien trouvé à ce sujet... 

31 Octobre 2013 – Michael Burdin, trader dune banque américaine, se suicide en se jettant sous un train.
Source: Dailymail

29 Octobre 2013 – Ezdehar Husainat, ancienne banquière chez JP Morgan, est morte écrasée par son propre 4x4. Elle serait descendue de sa voiture sans se rendre compte qu'elle était encore en marche, et aurait voulu l'arrêter. Elle est morte écrasée entre sa voture et le garage de sa maison.  
Source: Dailymail

5 Octobre 2013 - Nicholas Austin, 49 ans, un ancien directeur de la banque de Hersden, est mort après avoir bu de l’antigel (officiellement, pour “se défoncer”). 
Il a été retrouvé dans le coma par sa femme Lynn à leur domicile. Il est mort le même jour.
Source: Kent Online

9 Septembre 2013 – Guy Ratovondrahona, gouverneur par intérim de la banque centrale de Madagascar, est mort d'une crise cardiaque. Il était impliqué dans une affaire louche de cessions de parts qui impliquait les plus hautes sphères de l'Etat, il semble qu'il aurait été forçait à signé et qu'il était rongé de remords...  
Source: Tananews

29 Août 2013 – Pierre Wauthier, directeur financier de Zurich Insurance, se suicide par pendaison à son domicile. 
Source: Le nouvel observateur

15 Août 2013 – Moritz Erhardt, stagiaire dans une banque londonienne,  est mort après avoir travaillé 72 heures d'affilée. Rien d'inhabituel, les jeunes loups de la finance travaillent semble-t'il 100 heures par semaine... 
Source: Le nouvel observateur

30 Juillet 2013 - Hussain Najadi, un banquier du Barheïn, est assassiné, probablement exécuté par des tueurs à gage.
Source: Bloomberg

23 Juillet 2013 - Carsten Schloter, PDG de Swisscom, est retrouvé mort à son domicile, probablement d'un suicide. 
Source: Le Figaro

21 Juillet 2013 - Sascha Schornstein, un banquier Allemand qui travaillait pour la Royal Bank of Scotland, disparait dans le crash de l'avion qu'il pilotait. Son corps n'a pas été retrouvé, les enquêteurs n'excluent pas qu'il ait mis sa mort en scène pour disparaître.
Source: Dailymail

17 Avril 2013 - David William Waygood, banquier britannique de 62 ans, se suicide en se jettant sous un train.
Source: Dailymail

6 Mars 2013 – David Rossi, directeur de la communication de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena (MPS), se suicide en se jetant de la fenêtre de son bureau.
Source: Huffington Post
 

2 anachronismes s'étaient glissés dans cette liste: 
* 
Keiran Toman, 39 ans, ancien banquier qui a cru qu’il était traqué par une équipe de télé-réalité est mort de faim dans une chambre d’hôtel, après s'y être enfermé 2 semaines. Cette histoire est vraie, mais elle date de 2010
Source: Dailymail

* James McDonald, PGD chez Rockefeller & Co, a effectivement été retrouvé mort d'une balle dans la tête dans sa voiture (l'enquête a conclu à un suicide), mais ces faits datent de 2009. 
Source: Huffington post

 

J'ai également enlevé de cette liste, Chris Latham, un banquier de Charleston, qui n'est pas mort. Il a été condamné à 10 ans de prison pour avoir engagé un tueur à gages pour assassiner sa femme. Il nie en bloc. 
Source: The Post and Courier

 

Sources intiales de la liste qui circule partout:  

http://pastebin.com/4KKgrHyd
http://pastebin.com/HtC0wms6


mardi 1 avril 2014

BANQUIERS MORTS : JP MORGAN 5 - GOLDMAN SACHS 0

Un avocat de l'Etat Major de la JP Morgan a été renversé par une camionnette qui a pris la fuite. Elle roulait si vite que Joseph Giampapa a été projeté dans les airs et projeté comme une fusée. 
Cela fait 5 morts rien que pour la banque de Blythe Masters, et 0 pour Goldman Sachs. Mieux: si vous prenez les 200 noms de banques installées à Wall Strett et que vous mettez cela dans un calcul statistique, eh bien le résultat de mortalité que vous aurez sera purement effrayant. 

images

Maintenant, beaucoup de gens au sein de la banque doivent se poser des questions et prendre des assurances-vies. 
  • Le Bilan de la JP Morgan, 4 suicides, 1 accident rien qu'en 90 jours sur 2014:
  • - Joseph Giampapa, directeur juridique
    - Gabriel Magee, vice-président du département investissement high-tech Europe.
    - Ryan Henry Crane, cadre supérieur trading.
    - Li Junjie, trader Forex.
    - Jason Alan Salais, informaticien avec plusieurs niveaux d'accreditation.

    Journaliste:

    David Bird, spécialiste des matières premières au Wall Street Journal n'a pas été retrouvé.

    Comme il y a beaucoup de morts en ce moment, j'en ai parlé à la radio mercredi, la banque pourrait même parier sur son propre personnel, elle gagnerait de l'argent, ha ha ha, lire ici Wall Street on Parade, merci à Andrew. "Ton employeur qui parie sur ta mort précoce ! Une assurance vie dont la banque est le bénéficiaire "And yet, somehow, banks are allowed to collect death benefits on terminated workers right under the nose of State insurance regulators. The explanation is likely the secrecy which surrounds these policies, limiting knowledge of death payments to just the bank and the insurance company." meme payé par les bailout et les compensations sont exempt d'impots"...

    Autres banques, sur les premiers 90 jours de 2014:

    - William Broeksmit, 58 ans, ex ponte de la Deutsche Bank, spécialiste du risque et des CDS
    - Mike Dueker, 50 ans, ex analyste Forex St Louis Fed, chef prévisionniste de Russell Investments
    - Tim Dickenson, directeur de communications Swiss Re UK, mort suspecte.
    - Richard Talley, American Title, avait une enquête de la SEC des assureurs sur le dos, mort suspecte.
    - James Stuart, Wells Fargo, Citi.
    - Adnan Sakli, banquier américain sulfureux

Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2014

Source : .jovanovic.com

Les banksters tuent leur employés pour récupérer leur assurance vie:Plus orwellien tu meurs!


Wall Street et ses méga banques a planté le système financier américain en 2008 et jeté au chômage des centaines de milliers d'employés. 

Puis, à partir la fin de l'année dernière, une éruption de morts suspectes a commencé à se produire chez les employés des banques "too big to fail" et particulièrement à la banque JP Morgan, qui connaît des difficultés de trésorerie.

Une rareté statistique, même au plus fort de la crise financière 2008.


Les enquêteurs de Wall Street On Parade (Pam et Russ Martens) ont voulu en avoir le cœur net. Ils ont notamment demandé aux services fédéraux chargés de ces questions des détails sur une assurance très particulière, dite Bank-Owned Life Insurance, ou BOLI, une "assurance-vie"  controversée qui paye la banque quand un de ses employés meurs, mais pas sa famille. Ils se sont entendus dire qu’il s’agissait d’un “trade secret” auquel ils ne pouvaient avoir accès. Ils ont tout de même mené leur enquête, qui fait l’objet de cette publication. 


Ainsi ont-ils appris que JP Morgan souscrivait un ensemble d’assurances BOLI pour $10,4 milliards, qui représentent au moins $100 milliards, et peut-être plusieurs centaines de $milliards en primes d’assurance... L’ensemble, fort bien documenté, suggère une explication de ces suicides (plus que jamais “suicides”) qu’on devine aisément, – évidemment extraordinaire, qu’on pourrait même juger, dans son caractère extraordinaire, comme au-delà de toutes les thèses énoncées jusqu’ici.



Ces suicides (“suicides” ?) ont donné lieu à nombre de spéculations, à des thèses diverses, liées bien entendu au climat du secteur financier et de Wall Street depuis 2008.

Dallas, ton univers impitoyable... A l'échelle de la planète financière...

Nomade

Par Le 10/12/2014

Il vit seul en pleine mer avec ses poules. Simplement inspirant.

8 décembre 2014 / Catégories: Articles / Tags: , , , , , , , ,  / 2 Commentaires
Il vit seul en pleine mer avec ses poules. Simplement inspirant.

On se croirait presque dans le film Waterworld. Corentin, un jeune français, se balade sur les mers en mode simplicité volontaire. Avec ses poules, son bateau auto-construit et un jardin portable, il vogue loin de la folie du monde moderne. Un rêve pour beaucoup, réalisé aujourd’hui par un individu intrépide.

LOW-TECH, c’est quoi ?

La « low technologie », Corentin la pratique sur son bateau depuis plusieurs années. Liée à la simplicité volontaire et la décroissance, cette philosophie veut utiliser des technologies simples, économiques pour répondre à ses besoins : manger, boire, vivre.

Naviguant sur l’océan Indien, cet ingénieur français construit ce qui lui est nécessaire pour répondre à des besoins primaires. Pour survivre, il trouve toujours un moyen pour construire des objets utiles avec peu de matériel. Après avoir fabriqué son voilier en fibre de jute, une plante répandue sur cette partie du globe, Corentin a réalisé des voyages extraordinaires avec ses constructions peu communes.

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Entre courage, folie et liberté

Avec son four solaire en canettes, sa colle en plastique fondu, son engrais à l’urine et ses poules matelots, Corentin a réussi à créer son propre écosystème flottable. Il nous offre un témoignage poignant et nous montre qu’il est possible de se passer de certaines choses superflues, non sans sacrifice. Un choix difficile cependant, car il laisse peu de solutions face à un accident de vie. Un choix qui est incroyablement courageux, insensé pour certains.

Le jeune ingénieur propose sur son site internet (nomadedesmers.org) 50 défis d’auto-construction. Le but étant de fabriquer un objet utile à son bateau. L’objet sera testé par lui-même sur son voilier.

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Confusion mentale ?...

Par Le 10/12/2014

Fiche emploi enseignant

Vous voyez ce qui manque sur cet appel à candidature ?...

Les orientations sexuelles ? Le régime alimentaire ? Les passe-temps préférés ? Les séries télé ? Les tenues vestimentaires ? 

Non, non, il manque juste la formation, le diplôme, le parcours professionnel, la motivation, la connaissance de l'enfant, le sens de la pédagogie, la connaissance des programmes. Une bagatelle en quelque sorte puisque tout ça va JUSTEMENT dans le sens des objectifs du gouvernement. C'est ce que je dis ici depuis un an. 

Il manque aussi l'extrait de casier judiciaire, celui qu'on m'a demandé quand j'ai passé le Concours,... il y a longtemps.

Repris de justice, ex pédophile ou  en cours, mari violent, anciennes condamnations, ?...Non, rien, tout va bien. C'est juste pour mettre devant des enfants...On s'en fout de tout ça. Ce qui compte, c'est que les familles soient soulagées qu'il y ait un "enseignant"...

Mais il est vrai que je suis paranoïaque et dans une grande confusion mentale...

Quand on veut se débarrasser de son chien, on l'accuse de propager la rage.

Et bien, oui, j'ai la rage...

JUSTE POUR RAPPEL

Le CAHIER N13 DE L'OCDE écrit en 1996 et parfaitement appliqué depuis.

Ocde 1

Ocde 2 

TOUT EST LÀ. 

Le démantèlement est déjà bien avancé. Maintenant, on va accélérer.

Mais tout ça, c'est le délire d'un fou. 

"Faut que vous preniez des antidépresseurs Mr Ledru, c'est indispensable. Vous n'êtes plus en état de réfléchir..."


En Seine-Saint-Denis, des chômeurs catapultés professeurs

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Sans aucune formation adaptée, Rachid M., 21 ans, a été recruté pour prendre en charge une classe de CE1 de Seine-Saint-Denis au pied levé (photo d'illustration).

Il est arrivé en milieu de matinée le vendredi 10 octobre à l’école Louis-Blériot, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), sur un simple coup de fil de l’académie de Créteil quelques heures plus tôt. C’est le troisième poste que Rachid M. (le prénom a été changé) enchaîne : après un CM2, une classe de grande section maternelle, c’est un CE1 qu’il doit prendre en charge au pied levé dans cette école classée REP + – appellation des nouvelles zones d’éducation prioritaires.

Sans aucune formation adaptée, le jeune homme de 21 ans a été « jeté dans la fosse aux lions » comme les quelques dizaines de contractuels que le rectorat continue de recruter, soit par le biais de son site, soit par Pôle emploi, pour boucher les trous en Seine-Saint-Denis.

Démarche chaloupée, look décontracté avec sa petite barbe, ses cheveux mi-longs coiffés en arrière et son chewing-gum dans la bouche, Rachid M. donne l’impression d’être tombé ici par hasard. Quand il est arrivé, il a trouvé les consignes que la maîtresse qu’il remplace avait laissées. Une chance, car le jeune débutant n’avait pas eu le temps de « préparer ». Par ce terme, il veut dire qu’il n’a pas pu consulter les programmes sur Internet. Car Rachid n’a jamais pensé devenir « instit » avant. Il cherchait plutôt « dans le commerce », un emploi de vendeur ou de chef de rayon. Sans succès. Sur les conseils d’un ami, il a postulé sur le site du rectorat.

« FAIRE AVEC »

Après un entretien, il a été jugé apte. Pourtant, avec son BTS de management des unités commerciales, Rachid M. n’a pas le d...

L’accès à la totalité de l’article est protégé


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/10/20/en-seine-saint-denis-des-chomeurs-catapultes-professeurs_4509126_3224.html#cCIoZltclmm4K2T6.99

Funeral March

Par Le 09/12/2014

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,

Pourvu qu'il n'aboie point, jetez un os au chien

Etouffez les pianos et qu'un tambour voilé

Au sortir du cercueil, accompagne le deuil.

 

Que les avions décrivent des cercles en gémissant

Et tracent dans le ciel ces trois mots : il est mort

Nouez un crêpe au cou des oiseaux blancs

Ajoutez des gants noirs aux tenues des agents



Cétait mon nord, mon sud, l'orient et l'occident

Mon travail en semaine, mon repos du dimanche

Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant

Je pensais que jamais l'amour ne finirait ; j'avais tort

 

Etoiles, disparaissez, qu'il n'en reste plus une

Démontez le soleil et remballez la lune

Asséchez l'océan, balayez les forêts

Car rien de bon ne peut advenir désormais."

William Auden "Funeral March"


Je sais qu'il me manquera à jamais un rituel. Celui que j'avais imaginé pour la fin de ma carrière. Je ne voulais pas d'un "pot de départ" dans l'enceinte de mon école mais une journée en montagne avec mes anciens élèves, toutes générations confondues. Ceux qui sont devenus adultes et qui ont leurs enfants, ceux qui entrent dans l'âge adulte et ceux qui quittent l'enfance, ceux qui sont entre deux mondes et cherchent encore une voie de passage, une passerelle vers l'avenir...J'aurais aimé qu'on se retrouve tous sur les pentes des montagnes, dans les paysages de nos sorties communes, sur les chemins qu'ils avaient découverts, j'aurais aimé retrouver tous ces visages, entendre leurs souvenirs, rire de nos "aventures", j'aurais aimé qu'ils me disent ce qu'ils gardaient en eux, ce que j'aurais réussi à leur transmettre et ce qu'ils en ont fait.

J'aurais pu fermer cet espace en moi, j'aurais pu déposer un regard bienveillant sur un parcours achevé, j'aurais pu, peut-être, éprouver le bonheur du travail accompli. 

Aucune fierté, aucune prétention, aucune glorification. Juste le sentiment d'un accompagnement qui se termine et la possibilité, désormais, d'oeuvrer à une autre vie. 

Je ne vois maintenant que le cadavre d'un Maître de classe qui est tombé dans un fossé et la pourriture qui le ronge. 

Il faudra que le temps fasse son oeuvre, que la viande se fonde, qu'elle disparaisse, que les pus coulent dans la terre, que les vers se partagent le festin. 

Rien de bon ne peut advenir désormais. Cet homme-là est mort.

Oui, mais je suis en vie, moi, celui qui n'a plus de statut, reclus comme un cadavre qui pue, isolé dans le caveau de son errance intérieure.

Je suis en vie. 

Entouré de ceux que j'aime, dominé par les sommets des montagnes qui m'appellent, respectueux de ce courant qui continue à agiter mon sang, amoureux de ce miracle qui bat dans ma poitrine.

Tout peut advenir désormais. 


"L’Amour n’est jamais triste. C’est juste des feuilles mortes qui le couvrent. Laisse passer l’hiver et tu verras la pourriture des feuilles nourrir la Vie.»
Jarwal le lutin


Dans l'indifférence totale

Par Le 08/12/2014

Indiens d’Amérique: un génocide tranquille et presqu'achevé

Rédigé par Stephane Trano le Jeudi 26 Avril 2012 à 18:42 commentaire(s)

Les Etats-Unis ne voient pas d'un bon oeil que le sort des Indiens d’Amérique soit pour la première fois à l'ordre du jour des Nations-Unies. Car il s'agit de se pencher sur le sort d'une population de 2,7 millions d'habitants ravagés par une multitude de fléaux et dans des proportions effroyables. Mais qu'en attendre? Car la parole de ces exterminés est inaudible.


Photo John Miles / Survival
Photo John Miles / Survival
Un jour d'avril 1973, un militant noir américain pour les droits civiques, Ray Robinson, qui a longtemps suivi Martin Luther King, débarque à Wounded Knee, dans le Dakota du Sud. Il souhaite apporter son soutien à la cause des "Native Americans", ainsi que l'on nomme les Indiens aux Etats-Unis, qui manifestent contre les injustices dont ils sont victimes dans le pays. Wounded Knee est un lieu emblématique et de sinistre mémoire. C'est là, en effet, que furent massacrés et jetés dans une fosse commune entre 150 et 300 hommes, femmes et enfants au matin du 29 décembre 1890, par le 7ème régiment de Cavalerie du Colonel James Forsyth. Sitôt arrivé dans ces lieux où résident toujours une petite communauté indienne, Ray Robinson appelle sa femme qui lui demande de rentrer à la maison, inquiète car elle sait que la situation sur place est explosive. Elle ne le reverra jamais. Après avoir reçue l'annonce de la mort de son époux, Cheryl n'a jamais pu savoir ce qui était arrivé à son mari ni où son corps avait été enterré.  

Voilà quelques jours, quarante ans plus tard, Cheryl a fait le voyage de Détroit à Sioux City pour témoigner de son histoire. Le gouvernement américain refuse toujours de communiquer sur le sort de son mari, officiellement parce que le cas est toujours en cours d'investigation par le bureau du FBI de Minneapolis. A Wounded Knee, plus personne ne se souvient de Ray Robinson. Une épisode parmi tant d'autres dans l'histoire des militants de la cause des Indiens d'Amérique, qui n'a jamais bénéficié d'un large soutien populaire et que beaucoup voudraientt voir s'éteindre. 

Et de fait, cynisme et indifférence se conjuguent pour ensevelir année après année la mémoire des peuples indiens presqu'entièrement anéantis en Amérique du Nord. 

On ne va pas le nier, les Apaches, les Cheyennes, les Iroquois, les Sioux ou les Esquimaux ne nous inspirent pas, la plupart du temps, un sentiment extrême de culpabilité. Mais ce n'est rien comparé au pays du Western et de la Country. Pas plus que le Jazz ou le Blues ne suscitent leur part de tristesse chez leurs amateurs et ne réveillent chez eux les souvenirs tragiques des lynchages des Noirs, ces genres populaires ne renvoient à la réalité d'un génocide toujours en cours dans l'indifférence générale. 

Lorsqu'un Américain de l'Illinois souhaite acheter ses cigarettes à bas prix (un paquet coûte ici actuellement 10 dollars), il prend la route du sud de l'Etat ou de l'Indiana voisin, pour s'approvisionner dans l'un des territoires octroyés aux tribus indiennes locales. Là, il paiera son paquet de cigarettes 4 dollars en moyenne. Dans un certain nombre de ces tribus, qui sont des milliers à travers les Etats-Unis, on peut également se procurer de l'alcool à bon marché, jouer au casino (dans 452 d'entre-elles) ou, si l'on se sent possédé par le mal (ce qui est très en vogue), consulter un shaman. Il est toujours très exotique de s'offrir une escapade dans ces drôles d'endroits. Pourtant, l'Américain moyen ne s'y risque pas trop. 

En effet, 2,1 millions de ces Indiens, soit l'écrasante majorité, vivent largement sous le seuil de la pauvreté. La vision offerte par bien des campements tient purement du bidonville. Et une fois passé ses limites, c'est un voyage en enfer qui commence. L'alcoolisme y prend des proportions catastrophiques. Le chômage y bat tous les records du pays. La maladie s'y propage et tue comme dans les pires zones de la planète. Le suicide, celui des jeunes en particulier, crève le plafond des statistiques. Les Indiens vivant à l'extérieur des tribus n'y reviennent eux-mêmes que pour se faire soigner lorsqu’ils n'ont pas, chose courante, accès au système de santé américain.  

Anthony B. Bradley est Professeur de Théologie au King's College de New York et Spécialiste des questions raciales aux Etats-Unis. « Si quiconque pense que le gouvernement fédéral sait ce qui est bon pour les communautés locales, explique t-il, il ferait bien de visiter une Réserve Indienne Américaine. Les Natifs Americains [Indiens d'Amérique, NDA] sont aujourd'hui plongés dans le cauchemar de la privation de soins et d'économie qui est la conséquence directe des problemes crées par le Gouvernement lequel, en imposant des solutions sensees résoudre les problemes, rend ceux-ci bien pires en retirant aux communautées leur autonomie. » 

Tel est le prix à payer pour les Indiens d'Amérique, afin de rester sur la terre de leurs ancêtres, grâce aux concessions faites par le gouvernement fédéral. Pourtant, les Etats abritant ces réserves n'ont de cesse de rogner ces droits et de tenter de récupérer par tous les moyens ces espaces. 

Pire, une certaine propagande laissant entendre que les Indiens d'Amérique auraient fait le choix de vivre dans ces conditions a fort bien fonctionné dans l'esprit collectif. Or, cela repose sur une contre-vérité historique.  

L'UNE DES PLUS GRAVES VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME DANS LE MONDE

Photo Fiona Watson / Survival
Photo Fiona Watson / Survival
En effet, peu rappellent le grand mouvement de délocalisation qui fut la conséquence de l'Indian Removal Act [Loi sur le Retrait Indien, NDA] lequel, au milieu du XIXe siecle, contraint les Indiens à délaisser leurs terres historiques au gouvernement pour se concentrer dans les zones qui leur étaient réservées en échange. En 1890, il était devenu interdit aux Indiens de sortir hors de leurs réserves afin de s'approvisionner en nourriture. Une étude du Professeur Jeffrey E.Holm, de l'Université de Médecine du Nord Dakota, a mis en évidence que le changement de régime alimentaire imposé durant des décennies aux tribus indiennes a engendré une surmortalité aujourd'hui toujours existante, en raison des pathologies qu'elles ont engendrées pour des peuples qui ne pouvaient plus se nourrir comme ils l'avaient fait durant des millénaires. 

En 2010, les Etats-Unis, dans la foulée du Canada, fut le dernier pays au monde à ratifier la Déclaration des droits des Peuples indigènes aux Nations-Unies. Une des rares concessions faites par un pays qui place souvent l'Histoire au dernier rang de ses préoccupations, si ce n'est pour en offrir une version idéalisée. Mais en l'espèce, il est impossible d'idéaliser la réalité sur laquelle s'est construite l'Amérique. En effet, 90% des tribus amérindiennes ont disparu à la suite de l'arrivée des Européens en Amérique du Nord, la plus grande partie à cause des maladies, la partie restante par les armes. 

Mais ce n'est pas tant cette réalité historique qui rend ces jours-ci le rôle du Professeur James Anaya complexe, en tant que Rapporteur spécial des Nations-Unies sur les Peuples indigènes. Bien que, pour la première fois de leur histoire, l'organisation se penche, du 23 avril au 4 mai, sur le sort des Indiens d'Amérique, ce qui en soit est déjà un événement notable, c'est avant tout pour regarder en face une réalité qui n'est pas celle du passé mais celle du présent. 

Cette réalité concerne les 2,7 millions d'Indiens vivant actuellement sur le territoire des Etats-Unis, et qui constitue l’un des cas de violation des droits de l'homme a grande échelle le plus emblématique de toutes les nations développées. 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes: 

  • Les Indiens d'Amérique vivent en moyenne 6 ans de moins que les autres Américains
  • Ils ont 770% de risques en plus de mourir d'alcoolisme
  • Ils ont 665% de risques en plus de mourir de Tuberculose
  • Ils ont 420% de risques en plus de mourir de Diabète
  • Ils ont 280% de risques en plus de mourir d'accidents
  • Ils ont 52% de risques en plus de mourir de Pneumonie et de Grippe
 
(Source: Commission des Etats-Unis sur les Droits Civils, 2004:8)

 

Sanctions aux familles

Par Le 08/12/2014

MENACE DE PEINE DE PRISON...

Sanction 1

Sanction 2

Un de plus.

Par Le 08/12/2014

J'ai rencontré un Psy aujourd'hui. C'est lui qui doit statuer sur ma mise en congé longue maladie et la restitution de l'intégralité de mon salaire. 

Un homme d'une soixantaine d'années. Un regard bienveillant. 

J'ai tout lâché, toute la tension de ces derniers mois, tout ce qui tourne en boucle, incessamment, tout ce qui me ronge, le dégoût de l'institution, la culpabilité au regard des enfants, l'abandon de ma classe, cette honte qui s'oppose constamment à mes convictions, ce refus de participer à ce que je considère comme un massacre existentiel, l'utilisation des enfants comme cobayes à des fins financières, politiques, égotiques. 

Beaucoup pleuré. 

"Vous êtes dans une grande souffrance morale M Ledru et je vous comprends. Vous êtes un idéaliste et vous ne pouvez plus lutter contre des forces qui vous dépassent. Les difficultés de votre métier qui s'accumulent au regard des troubles des enfants. Ils sont le miroir du monde adulte mais avec des effets qu'ils ne peuvent pas maîtriser. Un Ministère qui ne comprend rien à votre métier et qui se permet d'utiliser l'école à des fins misérables. 

-Je ne peux pas aller à l'encontre de tout ce que j'ai fait pendant toute ma carrière, je ne peux pas accepter l'idée que ma classe ne serait plus qu'un pansement sur des plaies. Je n'ai plus la force pour ça, ni même la foi. Je n'y crois plus, c'est au-delà de ce que je peux faire et si je devais continuer, je sais que j'y laisserai ma peau.

-C'est un deuil que vous vivez en ce moment et il est nécessaire d'en valider toutes les étapes..."


Oui, c'est exactement ça. C'est un deuil. Un de plus.  

Burn Out (4)

Par Le 06/12/2014

Burn out 1

Burn Out 2

Burn out...(suite)... 3

Des médecins du travail alertent sur la multiplication des cas de burn-out

C'EST MON BOULOT par Philippe Duport vendredi 28 novembre 2014
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multiplication des cas de Burn-out © Maxppp

Les médecins du travail se mobilisent. Ils voient de plus en plus de cas d'épuisement professionnel. Et ils lancent ce matin un appel et alertent le gouvernement.

C'est un appel que lancent aujourd'hui soixante dix-huit médecins du travail

Et une lettre d'alerte, qu'ils adressent aux ministres du Travail et de la Santé. Depuis quelques années, ces observateurs privilégiés de l'état de santé des salariés disent qu'ils constatent une montée du syndrôme d'épuisement professionnel. Le fameux burn out. Au début de l'année, une étude statistique publiée par le cabinet Technologia affirmait que plus de trois millions de travailleurs français étaient menacés de faire un burn out. Mais là, c'est du concret... Bernard Morat, médecin du travail à Tours.

"On a vu augmenter, ces dernières années, des cas de ce que l'on appelait auparavant de la souffrance au travail, du surmenage, pour ensuite s'apercevoir que les cas d'épuisement au travail allaient en augmentant. Rien que cette année je dois en être à trois cas, ce qui ne paraît pas énorme, mais nous sommes 25 médecins dans ma boîte, ça en ferait déjà 75 ; si vous multipliez ça par le nombre de médecins du travail en France, vous allez voir que le nombre de cas est quand même relativement important. Cet été encore j'ai une dame qui me racontait avoir été à sa voiture, les clés en mains,  "et là, docteur, j'ai pas pu monter dans la voiture". Et là dit : "maintenant c'est fini, j'arrête. Je suis remontée, j'ai enlevé mon manteau et mes chaussures, je me suis couché et j'ai dormi toute la journée"."

Dans cet appel qui parait ce matin dans l'hebdomadaire Marianne est clair, les médecins du travail posent la question :

"combien de burn out se terminent par un licenciement pour inaptitude ou par un passage à l'acte suicidaire ?"

Les chiffres manquent sur le burn out. Notamment parce que sa définition n'est pas encore claire. Les médecins réclament donc une clarification du tableau clinique de cette nouvelle maladie. Selon eux, de nombreux salariés sont traités pour de l'anxiété, pour une dépression ou des troubles du sommeil alors qu'ils relèvent en fait du burn out".

Le syndrome reconnu comme maladie professionnelle

Ce que demandent ces médecins, c'est la reconnaissance de ce syndrôme comme une véritable maladie professionnelle. Ils rejoignent ainsi une pétition qui a déjà recueilli plus de 8.000 signatures et qui circule sur internet.

La reconnaissance du burn out comme maladie professionnelle n'est pas un simple débat technique. Pour les victimes, elle entraînerait une meilleure prise en charge. Pour les entreprises dans lesquelles on recense de nombreux cas de burn out - marqueur d'un management pathogène - il y aurait une sanction financière. Mais imposer de nouvelles contraintes aux entreprises, en temps de crise économique, cest aussi un débat politique.

Ventres vides / Ventre plein

Par Le 06/12/2014

Deux articles qui se suivent. 

L'État de la France en résumé. 


Le procès des ventres vides

MARIE BARBIER
MERCREDI, 3 DÉCEMBRE, 2014
Photo : Manolo Mylonas/Divergence
Pour Me Stéphane Vallée : "cela paraît incroyable que le fait de prendre ces denrées, destinées au camoin-benne, soit considéré comme un vol".
Photo : Manolo Mylonas/Divergence
Trois jeunes sont cités à comparaître ce matin pour « soustraction frauduleuse » de produits périmés dans la poubelle d’un supermarché.

Tout commence par un frigo vide, un soir de printemps. Nous sommes le 27 mai, à Montpellier. Léa, Mike et Adrien, étudiante, chômeur et technicien du spectacle, vivent de récupérations et de débrouilles. Depuis trois ans, avec d’autres, ils squattent un immeuble du centre-ville qu’ils ont rebaptisé « le Kalaj ». Pour manger, ils ont pris l’habitude de faire les poubelles des supermarchés. Un mode de consommation parallèle basé sur les tonnes de produits consommables jetés chaque jour par la grande distribution. « Les produits sont périmés de la veille ou du jour même, mais ils sont toujours bons, assure Adrien, vingt-cinq ans. Ce soir-là, il y avait plein de foie gras et de saumon, c’était une bonne pêche. On avait de quoi nourrir huit personnes pendant deux semaines. »

Léa, Mike et Adrien arrivent vers 22 h 30 à l’Intermarché de Frontignan, à une vingtaine de kilomètres de Montpellier. Ils enjambent un muret pour pénétrer à l’endroit où sont entreposés les sacs-poubelle. Une fois arrivés derrière le supermarché, ils récupèrent les sacs-poubelle remplis de victuailles. « On trie, on se sert et on nettoie derrière nous, précise Adrien. Notre objectif n’est pas de faire chier le magasin, on veut revenir. » Mais quand les trois glaneurs reviennent au camion, ils sont cueillis par la brigade anticriminalité (BAC). « La totale, se souvient Adrien. Mains en l’air, fouille au corps et du véhicule… Ils étaient persuadés qu’on avait volé dans la réserve du magasin. Quand ils ont vu que c’étaient des sacs-poubelle qui puent avec des produits périmés, ils ont compris. »

Ils risquent jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende

Pourtant, les trois jeunes gens sont emmenés au poste où ils écopent de douze heures de garde à vue – avec prises d’empreintes, d’ADN – et d’une citation à comparaître, le parquet ayant décidé de poursuivre. « C’est n’importe quoi ! s’emporte Adrien. La pauvreté est criminalisée et la BAC protège le profit d’une entreprise, au lieu de garantir la sécurité des citoyens. » Les trois « délinquants » doivent comparaître ce matin devant le tribunal correctionnel de Montpellier (Hérault). On leur reproche la « soustraction frauduleuse de denrées périssables avec date dépassée », délit assimilé à un vol, et aggravé ici par trois circonstances : « De nuit, en réunion et par escalade. » Ils risquent jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende. Ce type de procès n’est pas le premier. À Nantes, en juillet, un « zadiste » de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) avait pris trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d’intérêt général (TIG) pour « vol » de denrées périmées dans les poubelles d’un Super U. « Je suis confronté à ce genre de poursuites assez régulièrement, raconte l’avocat nantais Stéphane Vallée, qui avait défendu le jeune homme. Avec les Roms dans les déchetteries, c’est exactement la même volonté de pénaliser la misère. Ça paraît incroyable que le simple fait de prendre ces denrées, destinées au camion-benne, soit considéré comme du vol. Dans le cas des zadistes, les produits “volés” leur avaient été restitués, ce qui montre la difficulté des poursuites… » Les trois Montpelliérains avaient, eux, dû verser leur butin sur le trottoir devant le commissariat, mais se sont arrangés pour en garder une partie. Avec la crise économique, les glaneurs, que filmait déjà la réalisatrice Agnès Varda en 2000, se sont multipliés. Ce système D, s’il témoigne de la pauvreté grandissante, met aussi en exergue le gaspillage alimentaire de la grande distribution. « Il y a urgence à mettre en place des mesures législatives pour régler ce problème, soutient André Chassaigne, député communiste, signataire d’une proposition de loi en juillet pour astreindre les grandes surfaces à proposer leurs invendus alimentaires à des associations caritatives. On ne peut pas, d’un côté, laisser partir à la benne des produits certes périmés mais consommables, et, de l’autre, reprocher à des gens de faire de la récupération parce qu’ils sont en grande précarité. »

Pour une dépénalisation
de de la récupération

Pour dénoncer ce gâchis, le collectif les Gars’pilleurs a une démarche intéressante : ils récupèrent des produits la nuit dans les poubelles des commerces (supermarchés, boulangerie, etc.) et les redistribuent le lendemain sur la place publique. « On fait surtout ça pour que les supermarchés se bougent et redistribuent eux-mêmes les denrées, explique Léo, membre de ce 
collectif. Quand on n’aura plus à le faire nous-mêmes, on aura gagné ! » Ce glaneur espère que le procès montpelliérain mettra ce problème sur la place publique et exige, à terme, une dépénalisation de la récupération. L’avocat des trois Montpelliérains plaidera la relaxe – ou au moins la dispense de peine – en invoquant « l’état de nécessité ». « Vu leurs revenus très faibles, ils ont trouvé ce palliatif pour se nourrir », argumente Me Jean-Jacques Gandini. L’audience 
devrait être renvoyée en raison d’une journée de grève des avocats. Mais aussi parce que les prévenus réclament une collégialité de jugement, à la hauteur des années de prison en jeu…

 http://www.humanite.fr/le-proces-des-ventres-vides-559179#sthash.a5i7ZPPq.qirR8bIG.dpbs


http://www.marianne.net/Francois-Hollande-une-retraite-normale_a243195.html

François Hollande : une retraite "normale" ?

Vendredi 5 Décembre 2014 à 05:00 | Lu 85243 fois I 109 commentaire(s)

"Marianne" le révèle dans son numéro en kiosques ce vendredi : le haut fonctionnaire François Hollande ne s'est pas mis en disponibilité de la Cour des comptes, mais demeure — la nuance est de taille — en détachement. Du coup, son compteur retraite tourne à plein régime. Selon nos calculs, grâce à ses différents mandats au cours de sa longue carrière, sa retraite finale pourrait atteindre pas loin de 36 000 euros mensuels.


Christophe Ena/AP/SIPA
Christophe Ena/AP/SIPA
Et pourtant, il tourne. Qui ? Le compteur de retraite du conseiller référendaire, François Hollande, placé en détachement à l’Elysée. Telle est « la situation du fonctionnaire assurant les fonctions de président de la République », comme nous l’a indiqué la Cour des comptes. Sur le plan de la pension, Hollande la joue une fois de plus comme Chirac. A l’heure de la liquidation de ses droits, il devrait même dépasser le maître et ses 31 000 € brut par mois. Selon nos calculs, détaillés plus loin, le président normal devrait toucher 35 700 € mensuels pour ses vieux jours. 

Si le coup du détachement était un grand classique parmi les responsables politiques, il en va différemment depuis la loi sur la transparence de la vie politique votée à la hâte après l’affaire Cahuzac. Depuis le 1er octobre 2014, les fonctionnaires élus ou membres du gouvernement doivent se mettre en disponibilité – et non plus en détachement – comme leurs collègues désireux d’exercer dans le privé. Pour conserver leur maroquin, Fleur Pellerin, mais aussi Emmanuel Macron, avec un peu de retard* se sont mis fissa en « dispo », renonçant ainsi à leur avancement de carrière et aux points retraite qui vont avec. Une règle qui vaut pour tout le monde… sauf pour François Hollande. 

La situation du président « n’est expressément prévue par aucun texte. C’est donc le droit commun qui s’applique », précise-t-on à la Cour des comptes. En juin 2013, lors de la présentation de la loi, Alain Vidalies, alors ministre chargé des Relations avec le Parlement, assurait toutefois que « le président de la République […] se mettra en disponibilité ». Une promesse de plus non tenue, donc. 

« Il a intérêt à continuer de cotiser à la Cour des comptes. Le régime est très favorable », assure Charles de Courson, député UDI de la Marne et lui-même retraité de la Rue Cambon. Malgré sa fréquentation très épisodique de la cour — trois ans en début de carrière, en 1980, quelques mois en 1993 —, François Hollande a su jouer à plein du système. A part quelques mois de mise en disponibilité entre 1993 et 1995, il a continuellement été détaché comme élu. Résultat : il a d’ores et déjà accumulé trente-deux ans de droits. Avec la majoration de 20 % pour ses quatre enfants, notre président magistrat s’assure une petite pelote de près de 5 000 € brut par mois, que chaque trimestre supplémentaire placé en détachement fait grossir. 

Viennent ensuite ses très nombreux mandats. C’est bien simple, à part sénateur et président de syndic (ça, on ne sait pas), il a tout fait : conseiller puis président de conseil général, adjoint au maire puis maire de Tulle, conseiller régional. Pour ces fonctions locales, il est déjà assuré de toucher 6 000 € par mois. Vingt ans comme député et cinq mois comme eurodéputé ouvrent droit à 6 800 € supplémentaires. Un peu de gratte comme prof à Sciences-Po, mettons 300 €. Et ce n’est pas fini : le bonus « président de la République » lui vaudra encore 6 000 € de retraite. Et son statut de membre de droit du Conseil constitutionnel, 12 000 €. Total général : pas loin de 36 000 €. Chirac est enfoncé. 



François Hollande : une retraite "normale" ?



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* Pan sur le bec, comme dirait le Canard enchaîné : le 24 octobre dernier, Marianne titrait« Quand Macron était à la fois fonctionnaire et banquier », en se fondant sur l’absence de publication au Journal officiel du bon de sortie de cet inspecteur des finances parti pantoufler chez Rothschild. Sous couvert de simplification administrative, une obscure instruction de 2007 a rendu, en réalité, facultative la publication de ces arrêtés. Rien ne change, sinon l’apparition d’un nouveau tampon « non publié au JO ». Du coup, les arrêtés pour ces très hauts fonctionnaires restent dans un tiroir, quand la situation du moindre magistrat doit, elle, être publiée au JO… Notre méprise a au moins permis au ministre de rentrer dans les clous. Alerté par nos questions, Emmanuel Macron (enfin, le responsable de l’Inspection des finances… qui dépend de lui) a placé le 20 octobre Macron Emmanuel « en disponibilité », avec effet rétroactif au 1er octobre.

 

Jarwal : Libre de comprendre

Par Le 06/12/2014

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Au loin, des brumes de chaleur couvraient les vallées d’un voile diaphane, des haleines tièdes qui cachaient les agitations humaines. Les villes se dissipaient sous des volutes immobiles. Les sommets rayonnaient en pleine lumière. Quelques nids de neige subsistaient encore dans les faces sombres. Les forêts de résineux dessinaient des lignes de partage avec les alpages et, plus bas, les feuillus dispensaient des palettes de verts aux variétés infinies.

 

Léo jeta un caillou dans l’eau du lac. Des ondes circulaires s’étendirent dans une symétrie parfaite.

« Quand je vois les cercles, comme ça, sur l’eau, expliqua Rémi, j’imagine toujours mes pensées. La première qui arrive, c’est comme un caillou qui tombe à l’eau et ensuite, la pensée s’étend, s’étend et puis d’autres apparaissent comme si la première leur donnait vie. Et puis, après le calme revient et c’est tout lisse dans ma tête, comme le lac. »

Lou regarda Rémi avec surprise, une certaine curiosité, une émotion étrange. Elle n’avait jamais fait attention à lui au collège. Il était juste le frère de son amie, de sa seule amie. Mais elle ne l’avait jamais écouté et elle découvrait un monde intérieur qui lui plaisait beaucoup. Elle se trouva absurde en réalisant qu’elle avait ignoré le garçon uniquement parce qu’il avait un an de moins qu’elle.

« C’est une très belle image Rémi, avoua-t-elle. Je trouve difficile en tout cas de parvenir à faire en sorte que dans ma tête, ça soit comme le lac. J’ai l’impression que des cailloux tombent tout le temps à l’intérieur et que tous les cercles se superposent sans arrêt. »

Rémi ressentit un picotement délicieux. Cette certitude qu’il existait vraiment pour Lou, qu’il n’était pas juste qu’un camarade du jour. Il se surprenait en même temps d’avoir osé révéler cette image devant de nouveaux compagnons. Cette conscience soudaine que les pudeurs entretenaient l’insignifiance des échanges alors qu’il suffisait d’être vrai et honnête pour créer un réel partage, une rencontre inespérée. Cette idée que les hommes construisaient leurs propres prisons. Jarwal l’avait dit.

 

Ils finirent leur casse-croûte et reprirent le chemin.

Les interrogations s’éveillèrent rapidement. Lou voulait en savoir davantage sur le voyage de l’eau. Tian s’intéressait grandement aux Kogis. Il pensait aux Tibétains, colonisés à leur tour. Encore et toujours des soumissions et des douleurs, rien n’avait changé dans le fonctionnement de l’humanité.

Marine essayait d’expliquer ce que Jarwal avait découvert à travers la perte de sa mémoire.

« Il dit que si on reste attaché à notre mémoire, on perd la conscience de la vie. Mais c’est compliqué à expliquer en fait. C’est comme si le passé que notre mémoire garde en elle nous privait de la compréhension de la vie immédiate.

-Un peu comme si on traînait un fardeau. On dépense notre énergie pour ça alors qu’on devrait l’utiliser dans l’instant présent, c’est ça ? demanda Tian.

-Oui, c’est ça, acquiesça Marine, en souriant au jeune garçon. Mais en plus, Jarwal disait qu’on en finissait par ne plus exister réellement. On se souvenait d’avoir vécu et on se servait de ces souvenirs pour recevoir le présent.

-Par exemple, en ce moment, on est tellement attaché au souvenir de Jarwal qu’on en finit par ne plus voir ce qui nous entoure, ajouta Léo, alors que la petite troupe arrivait au col.

-Tu as bien raison, petit frère, renchérit Rémi. On ne se sert même pas de ce que Jarwal nous a appris. C’est nul.

-C’est bien la preuve que quand on apprend quelque chose, ça n’est pas pour autant que c’est à nous.

-Oh oui, Léo, alors tu imagines un peu avec tout ce qu’on doit avaler à l’école, reprit Marine. Et en plus, ça ne nous concerne pas directement. C’est juste du savoir. Alors que Jarwal, il nous parle de notre vie. Et pourtant, même ça, on n’arrive pas vraiment à s’en servir.

- Dites donc, vous n’imaginez pas le plaisir que j’ai à être avec vous. Je pensais qu’on allait juste faire une balade en montagne et j’étais déjà très contente mais alors, là, ça dépasse tout ce que j’espérais, lança Lou, rayonnante. C’est chouette toutes ces discussions. C’est triste d’ailleurs qu’à l’école, on ne parle jamais de tout ça et même entre nous, comme si l’endroit lui-même nous rendait bête.

-Ah, ah, éclata Tian, c’est exactement ça, c’est un endroit qui nous rend bête de savoir. 

-Et qui nous éloigne de nous-mêmes, continua Rémi, en nous racontant que c’est pour nous préparer à gagner notre vie. Je déteste cette expression. »

Un regard de Lou que Rémi surprit, un choc immense, l’attention qu’elle lui portait, comme une volonté de le comprendre, de saisir tout ce qu’il portait, la tête légèrement inclinée, une interrogation curieuse, tendre, le bonheur de la rencontre, une découverte inattendue. Comme une fenêtre ouverte sur un espace inconnu.

Ils regardèrent silencieusement les horizons gagnés. La chaîne de la Lauzière et ses arêtes dentelées, les forêts comme arrêtées par une ligne infranchissable, l’altitude dessinée sur le faîte des derniers arbres, une longue ligne régulière courant sur les flancs, les alpages les dominant jusqu’aux premières zones rocheuses et cet élan vertical projetant vers les cieux immobiles des flèches minérales.

Ils percevaient, remontant du fond de la vallée, la rumeur des camions et des voitures filant sur l’autoroute, une rumeur sourde, envahissante.

 

« J’aurais aimé connaître cette vallée avant même que l’homme y soit installé, annonça Léo. Vous imaginez cette immensité dans le silence, tout à découvrir, aucun chemin, des animaux en pagaille, ça devait être extraordinaire.

-En Chine, il y a des régions qui sont encore très peu habitées, des étendues immenses, mon père m’a dit qu’il y avait une différence de vie incroyable entre certaines zones du Nord et les grandes villes. Dans les mégapoles, il y a des enfants qui n’ont jamais vu la nature, rien, ils ne sont jamais sortis de ces centaines de kilomètres de rues, les villes en France sont toutes petites comparées à Shanghai ou Pékin.

-Je ne pourrais pas y survivre, intervint Rémi.

-Moi non plus, continua Tian et il y a d’ailleurs beaucoup de gens qui y meurent. La pollution atmosphérique est terrifiante. Certaines villes industrielles sont constamment recouvertes par un nuage gris. On n’y voit jamais le ciel bleu.

-C’est complètement fou. 

-Oui, Léo, pire que ça, même, c’est suicidaire. Et soi-disant pour vivre mieux.

-Il me fait terriblement peur ce monde adulte, » avoua Lou, en baissant les yeux.

Une infinie tristesse qui toucha immensément Rémi, comme des tenailles qui enserraient son cœur.

Le silence qui s’imposa, une peur partagée, un avenir aussi inquiétant qu’un ciel d’orage.

« Et si on descendait voir notre cabane ? proposa Léo. De toute façon, Jarwal ne viendra pas, faut pas rêver.

-Ouais, tiens, chouette idée ça petit frère, » renchérit Rémi.

Un dernier regard sur les horizons, comme un ultime espoir projeté. Tian et Lou, désolés de cette rencontre manquée, Marine, Rémi et Léo, inconsolables de cette disparition. Il fallait occuper le reste de la journée. La mission de partage était achevée. C’était déjà un grand bonheur. Et puis, il y avait ces émotions impromptues, fugaces mais déjà si puissantes. Tian et Marine. Lou et Rémi. 

Léo s’en amusait. Il sentait bien qu’il y avait dans l’air des parfums inhabituels, des échanges secrets, des pensées lumineuses.

 

Ils prirent le chemin vers la forêt.

 

Des discussions et des rires, des histoires de balades, des sorties avec les parents, Tian qui racontait son enfance à Paris, le désir de ses parents de venir s’installer au pied des montagnes.

« Mon père dit que de lever les yeux vers les hauteurs élèvent aussi l’esprit. A Paris, les gens marchent en regardant le sol.

-C’est effrayant de voir qu’il puisse y avoir autant de distance entre les gens, autant de différences dans leur choix de vie.

-Je ne sais pas Marine s’il s’agit vraiment de choix.

-Oui, c’est vrai Tian. Nous, les enfants, par exemple, on ne choisit rien. On naît dans une famille, nos parents nous éduquent et on adopte leurs propres choix avant de pouvoir prendre une voie.

-Mais quand on est en âge de prendre une décision de vie, on le fait en fonction de ce qu’on a vécu. Il n’y a plus vraiment de choix mais une adaptation.

-Alors Tian, on n’est jamais libre ?

-On est libre de le comprendre, Marine. »

 

Dépression et Suicide

Par Le 06/12/2014

Une formation professionnelle qui détruit la personne.

La passion de soigner jusqu'à en mourir.

La pression des études jusqu'à l'oubli de l'autre.

L'identification de l'individu à ce qu'il fait jusqu'à en oublier ce qu'il est.

Les fragilités de l'individu nourries par les tabous de la fragilité psychique. 

On ne parle pas de "ça" parce que c'est honteux et éliminatoire. 

Toutes les abérrations d'une course à la "réussite" jusqu'à en perdre l'essentiel.


Suicide d'une résidente du CHUM: «ses études en médecine l'ont tuée»

Émilie Marchand, 27 ans, souffrait de dépression. «C'est... (PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE)

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Émilie Marchand, 27 ans, souffrait de dépression. «C'est tellement tabou, l'épuisement et la dépression en médecine. Émilie ne voulait pas que ses patrons soient au courant de son état», se désole sa mère, Dominique Couture.

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE


Au Québec, près d'un étudiant en médecine sur cinq a songé au suicide. Plus tôt ce mois-ci, une résidente en médecine interne au CHUM de 27 ans s'est donné la mort, venant ainsi confirmer cette sombre statistique. Or, depuis des années, la Fédération des médecins résidents du Québec mène un combat auprès des facultés de médecine pour briser le tabou de la détresse et de l'épuisement chez les étudiants-médecins.

Lorsque la police de Montréal a publié un avis de recherche avec la photo d'Émilie Marchand, à la mi-novembre, ses collègues médecins résidents au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) ont craint le pire.

Comme beaucoup d'étudiants en médecine qui soignent des patients tout en étant constamment évalués par leurs supérieurs, la jeune femme de 27 ans vivait chaque jour du stress à un niveau élevé, jumelé à une impression de ne pas avoir droit à l'erreur.

Et le pire est arrivé.

Le 15 novembre dernier, Émilie Marchand ne s'est pas présentée à sa garde à l'hôpital Notre-Dame. Elle a été trouvée morte deux jours plus tard dans sa voiture. Elle s'était suicidée.

«Ses études en médecine l'ont tuée», affirme sans détour sa mère, Dominique Couture.

L'hiver dernier, la résidente a fait une dépression majeure. Cette étudiante brillante, aimée de ses patients, a repris le travail en juin après quatre mois de congé de maladie.

Ce n'était pas son premier épisode dépressif. Deux ans plus tôt, elle avait reçu un diagnostic de trouble de personnalité limite, qui ne l'avait pas empêchée de poursuivre ses études avec succès.

«C'est tellement tabou, l'épuisement et la dépression en médecine, se désole la mère de la résidente. Émilie ne voulait pas que ses patrons soient au courant de son état. Elle craignait que cela nuise à la poursuite de ses stages. Elle a repris le travail à fond de train comme si rien ne s'était passé.»

La mère en deuil se demande pourquoi les résidents en médecine qui obtiennent un congé de maladie pour épuisement ne peuvent reprendre les gardes à l'hôpital de façon progressive. «Ce sont tellement des études exigeantes. Émilie n'avait pas le temps d'avoir une vie à l'extérieur du travail. Aucun loisir. Rien», déplore sa mère.

La mort de cette résidente en médecine s'inscrit dans un phénomène plus large: les futurs médecins sont souvent au bout du rouleau avant d'atteindre le marché du travail (voir autre texte). Un étudiant en médecine sur cinq a songé au suicide, selon un sondage mené par la Fédération médicale étudiante du Québec en 2012.

«Son suicide ne doit pas être uniquement lié à ce qu'elle vivait à l'hôpital. Mais le fait que la dépression chez les étudiants en médecine soit aussi taboue n'est sûrement pas étranger à sa mort», croit Étienne Leroux, un résident en médecine qui était proche d'Émilie Marchand.

Environ deux semaines avant de mourir, la résidente en médecine interne avait dit à des collègues que si elle n'était pas admise dans la spécialité de son choix en janvier, elle allait se donner la mort, raconte M. Leroux. Comme elle a plus tard annoncé qu'elle avait été admise, ses amis ne se sont pas inquiétés.

Une autre fois, à une collègue qui l'a surprise en train de pleurer, elle aurait répondu qu'elle vivait des difficultés à l'hôpital et dans sa vie personnelle, mais elle aurait demandé de ne surtout pas en parler aux patrons.

«Avec le recul, c'est plus facile d'assembler les pièces du casse-tête, mais elle n'avait dit à personne qu'elle souffrait d'une dépression sévère», affirme son ami.

Viser la perfection

Émilie Marchand était dans sa troisième année de spécialité, donc huitième année d'études en médecine. Comme plusieurs confrères, elle vivait une anxiété de performance. Elle visait la perfection. Rien de moins.

«À 8 ans, elle était déjà consciente de la pression qui venait avec ce travail, se rappelle son père, Richard Marchand. Ça m'a marqué. Elle m'avait dit: «Je veux être médecin, mais j'ai peur de faire des erreurs avec des patients.»»

Ce père en deuil se demande si, comme société, «on n'en demande pas trop à nos médecins». «À force d'exiger toujours la perfection d'eux, on oublie que ce sont des êtres humains», dit-il.

La jeune femme venait de terminer un stage éprouvant aux soins intensifs. La veille de sa disparition, elle a reçu son évaluation de stage. «Émilie me disait que ses patrons aux soins intensifs étaient durs envers elle. A-t-elle reçu une mauvaise évaluation? se demande sa mère. C'était une première de classe. Elle n'acceptait pas l'échec.»

Sa mort a bouleversé ses camarades de classe. L'Université de Montréal a organisé une rencontre d'urgence pour rappeler aux résidents les ressources d'aide psychologique mises à leur disposition. Or, le problème n'est pas l'accès au service d'aide, croit M. Leroux.

«Un système compétitif»

«Cela fait des décennies qu'on enseigne la pratique de la même façon. Notre formation consiste en une série de stages durant lesquels nous sommes supervisés et constamment évalués pendant quatre à huit ans, explique le résident en médecine. Il s'agit d'un vieux système machiste et compétitif qui, à travers les années, continue d'entretenir des règles non écrites telles que la détresse psychologique est un signe de faiblesse.»

À force de se faire dire «je suis passé par là moi aussi» par les patrons - même les plus jeunes -, les résidents en viennent à craindre de parler de leurs problèmes avec leurs supérieurs, raconte M. Leroux. Ils ont peur de recevoir une mauvaise évaluation qui pourrait mettre en péril la suite de leurs études.

L'étudiant a décidé de contribuer à briser le tabou en écrivant sur sa page Facebook que lui-même souffre d'anxiété et d'insomnie. «Je ne veux pas qu'Émilie soit morte en vain», laisse tomber le jeune homme, bouleversé par la mort de sa consoeur de classe.

«Il faut que les facultés de médecine cessent de pousser leurs étudiants au bout du rouleau, sinon il va y avoir d'autres morts», conclut la mère d'Émilie Marchand.


Freud

Par Le 06/12/2014

"On nous conteste de tous côtés le droit d'admettre un psychisme inconscient et de travailler scientifiquement avec cette hypothèse. Nous pouvons répondre à cela que l'hypothèse de l'inconscient est nécessaire et légitime et que nous possédons de multiples preuves de l'inconscient. Elle est nécessaire parce que les données de la conscience sont extrêmement lacunaires : aussi bien chez l'homme sain que chez le malade, il se produit fréquemment des actes psychiques, qui pour être expliqués, présupposent d'autres actes qui, eux, ne bénéficient pas du témoignage de la conscience. Ces actes ne sont pas seulement les actes manqués et les rêves, chez l'homme sain, et tout ce qu'on appelle symptômes psychiques et phénomènes compulsionnels chez le malade ; notre expérience quotidienne la plus personnelle nous met en présence d'idées qui nous viennent sans que nous en connaissions l'origine, et de résultats de pensée dont l'élaboration nous est demeurée cachée. Tous ces actes conscients nous demeurent incohérents et incompréhensibles si nous nous obstinons à prétendre qu'il faut bien percevoir par la conscience tout ce qui se passe en nous en fait d'actes psychiques ; mais ils s'ordonnent dans un ensemble dont on peut montrer la cohérence, si nous interpolons les actes inconscients inférés. "

Freud : "Métapsychologie"

Jarwal le lutin : l'illusion de la matière

Par Le 05/12/2014

Elle voletait avec une maîtrise incomparable, des battements d’ailes parfaitement dosés, une fluidité silencieuse, une virtuosité qui relevait de la perfection. Elle slalomait entre les arbres avec une joie communicative. L’enfant, fasciné, ne la quittait pas des yeux. Il tentait de suivre ses courbes, ses accélérations, ses changements de direction, ses plongeons et ses virages, il ressentait en lui toute l’énergie de l’animal, son euphorie et cette fabuleuse vigilance, il devinait la concentration extrême et simultanément ce bonheur ineffable de l’exploitation absolue des qualités requises, comme si lui-même, dans cette observation joyeuse, participait à ce numéro de haute voltige.

La chauve-souris se fixa à une branche, juste au-dessus de lui, tête en bas, les ailes repliées. L’enfant n’osa plus bouger, un mélange d’inquiétude et d’émerveillement. Elle était là, à portée de mains, comme si la présence du petit d’homme lui était indifférente.

Elle tourna la tête vers lui et ses yeux jaunes éclatèrent dans la nuit.

 

Kalén se réveilla en sursaut. Il se redressa et chercha l’animal dans l’obscurité, la flamboyance de ses yeux, cette lueur qu’il n’avait jamais oubliée. Rien, aucun mouvement, aucun éclat dans la nuit. Ses compagnons dormaient dans la pénombre. Le retour à la réalité, la fuite dans la montagne, l’installation d’un nouveau camp.

Les images de son rêve qui ne le quittaient pas.

 

Il avait dix ans.

Un séjour dans la montagne avec Izel.

 

Il était allongé sur une natte, à même le sol, près d’un foyer. Son père était là, il alimentait le feu de temps en temps et parlait doucement. L’enfant devinait dans le reflet des flammes, les yeux étroits de son père, ce regard aiguisé comme celui des grands rapaces. La voix coulait en lui comme du miel. Il ne se souvenait pas du lait maternel mais la voix de son père l’avait nourri tout autant. Des nourritures spirituelles qui l’avaient grandi, insensiblement, patiemment, sans aucune volonté de transformation mais un simple accompagnement. 

 

« Tu ne choisis pas ton existence Kalén. La vie l’a déjà fait pour toi. Le libre arbitre de chaque être humain consiste à être suffisamment lucide pour saisir cette voie d’éveil et de progrès. Ecoute ton âme, c’est là que se trouve le secret. »

 

Izel avait déposé dans les braises une branche de résineux. Les crépitements d’aiguilles avaient retenti dans le silence, des myriades d’étoiles avaient jailli. L’enfant, captivé, avait suivi des yeux le ballet des flammèches. Quand la nuit avait repris son pouvoir, il avait juste eu le temps de voir s’envoler une chauve-souris. Elle avait virevolté au-dessus de lui, il avait vu ses yeux d’aigle. Puis elle avait disparu.

Izel le regardait en souriant.

 

Les yeux jaunes étirés de son père, comme deux fentes étroites ouvertes sur un univers insondable.

 

Ses paroles comme des nourritures pour son âme.

Bien plus tard. Il avait quatorze ans. Au bord du bassin, au pied de la chute d’eau. Izel lui enseignait le voyage de l’eau. Il n’avait rien oublié.

 

« Notre corps est composé de matière mais nos pensées et nos émotions contiennent l’énergie qui permet à la matière de se condenser. Les hommes imaginent que la matière est à l’origine de la vie spirituelle des êtres humains, que la matérialisation des corps est prioritaire et que les phénomènes intérieurs suivront. Ils réfléchissent à l’envers. Il faut que l’Energie se condense pour que la matière prenne forme. Il n’y aurait pas de nuages sans la condensation de la vapeur mais il n’y aurait même pas de vapeur sans l’Energie qui la transforme. Nous sommes comme des nuages constitués de pensées. La pensée n’est même pas l’élément déclencheur. Elle n’est que le résultat de l’émotion originelle et nos émotions sont les passerelles entre la pensée et le corps. Les plus primaires sont liées au corps physique et émanent de lui comme la peur ou l’euphorie alors que les plus subtiles sont liées à l'esprit, comme la générosité ou l’empathie. Plus les émotions sont subtiles, plus elles gagnent en valeurs universelles, plus elles mènent les individus vers l’accomplissement de l’existence.

-Quelle est cette émotion originelle qui déclenche la matérialisation ?

-L’Amour, Kalén.

-Mais si le saisissement de l’Amour permet à une âme de se matérialiser, comment expliquer que certains hommes dévient de cette voie de sagesse et de plénitude pour sombrer dans les émotions les plus viles ?

-Par paresse et par lâcheté, mon fils. L’élévation des âmes est un cheminement bien plus exigeant que l’exploitation des émotions primitives. Ceux-là quittent la Conscience pour errer dans le mental et s’y complaire. Ils ne sont plus reliés avec l’Énergie. Ils fonctionnent comme des entités individuelles.

-La matière n’est qu’une illusion alors ? 

-Non, elle existe bel et bien mais elle n’est qu’une conséquence, pas une cause.

Il ne pleut pas parce qu’il y a des nuages mais parce qu’il y a eu condensation de la vapeur et avant cela transformation de la vapeur et avant cela constitution de l’eau et avant cela fusion des constituants. Il faut tenter de remonter à l’origine des choses et de comprendre qu’avant les choses, il y avait l’Énergie.

-L’illusion est de penser la matière comme une finalité, c’est cela Père ?

-Oui, Kalén, la finalité est dans la cause. Ce qui est visible n’est que l’illusion si tu considères cette matière condensée comme un élément fini. Celui qui parvient à retourner en lui à cette Énergie dont il est né et devenir comme s’il était sans forme, celui-là existe réellement. Le reste n’est qu’illusion. »  

 

 

Kalén s’en souvenait parfaitement. Il n’avait rien oublié.

 

La chauve-souris était revenue.

Izel était là, près de lui, un esprit condensé au cœur des fibres de l’animal volant.

Jarwal : L'irréalité des formes.

Par Le 05/12/2014

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JARWAL ET LES KOGIS

TOME 2

« Je sais que tu avais raison Gwendoline. Il faut rejoindre les Kogis et voir ce qu’ils peuvent faire pour moi. Je ne dois pas abandonner et partir. C’est comme si je laissais ce Jarwal sur place et ne rentrait qu’avec un fantôme. Mon histoire est ici et c’est ici que je dois la retrouver. »

 

Elle l’embrassa sur le front. Juste un baiser plein de tendresse.  

Léontine bourdonnait de bonheur autour d’eux.

 

C’est là qu’ils virent certaines fougères bouger étrangement. Comme un roulis, une houle de frissons, un frémissement continu. Ils se levèrent et reculèrent de quelques pas. Les sens aux aguets.

Sous leurs yeux ébahis, des formes s’agitèrent, une myriade de petits êtres couverts de feuillages, des fougères qui n’en étaient pas, une apparition stupéfiante. La troupe se plaça devant eux. Des corps envahis de végétation mais pourtant une forme bien identifiable. Pas plus haut que le chapeau pointu de Jarwal. Des branchages pour membres, des tiges garnis de jeunes pousses, des feuilles, des plantes, des mousses, un amalgame hétéroclite, comme un collage anarchique, mais un visage souriant et des yeux lumineux, parfaitement visibles dans l’imbroglio végétal, des prunelles luisantes comme des soleils.

 

« Ah ! L’amour, on ne peut y résister, annonça en sautillant un des petits êtres.

-C’est vrai, c’est tellement bouleversant, enchaîna un deuxième.

-Le seul phénomène qui puisse nous pousser à nous montrer, renchérit un troisième. »

 

Des bonds qui accompagnaient chaque parole, une frénésie joyeuse, une danse pétillante.

 

« Qui êtes-vous ? demanda Gwendoline qui ne lâchait pas la main de son lutin hagard.

-Nous sommes la Vie, comme toi ! » lança le plus impétueux.

Des éclats de rires dans l’assemblée, des cabrioles et des roulades, des individus qui se trémoussaient en mêlant leur verdure, des galipettes et des embrassades, une agitation paroxystique. 

« La Vie, nous sommes la Vie, la Vie, nous sommes la Vie, répétaient-ils tous, en chœur.

 

Jarwal, Gwendoline et Léontine n’avaient jamais vu de tels êtres. Ils connaissaient pourtant bon nombre d’individus curieux et magiques, elfes et gnomes, farfadets et korrigans mais des êtres végétaux dansant des sarabandes endiablées, ils ne l’auraient même jamais imaginé.

Léontine se posa sur l’épaule de Gwendoline.

 

« Nous vous regardons depuis longtemps, mais l’amour était parti du cœur de celui-ci ! lança l’un d’eux en désignant Jarwal 

-Non, pas parti, cher ami, mais submergé de tristesse, reprit un voisin.

-Oui, la tristesse est un étouffoir de l’Amour mais l’Amour n’est jamais triste. C’est juste des feuilles mortes qui le couvrent. Laisse passer l’hiver et tu verras la pourriture des feuilles nourrir la Vie.»

 

Des  éclats de rire encore, cristallins. Des carillons de notes aigües. Les feuilles agitées de leurs corps sautillants.

 

« Vous voulez dire que vous ne vouliez pas vous montrer à cause de moi ? demanda Jarwal.

-Pas à cause de toi, répliqua un petit être ébouriffé comme un buisson juvénile. Tu n’es pas ce que tu penses. Ne te trompe pas. Ce que tu penses n’est qu’une dérive de l’Amour de la Vie.

-Nous attendions que la pourriture des feuilles soit consommée, ajouta son compagnon. Et que l’Amour remonte à la surface.

-Vous n’apparaissez qu’aux êtres qui s’aiment alors, c’est ça ? interrogea Gwendoline.

-Tous les êtres sont dans l’Amour. L’Amour, c’est la Vie, mais les pensées de votre tête vous font aimer le désordre de vos pensées. Rien à voir avec l’Amour de votre âme. Vous parvenez même parfois à aimer ce qui vous enferme. Ce sont vos pensées. Et votre tête finit par aimer ce qui la ronge. C’est incroyable ça. L’Amour de la Vie n’est pas un guerrier. Il aime la sérénité. Alors, il se retire et il attend que vous arrêtiez de vous mentir. »

 

Des réflexions secrètes, silencieuses, une analyse minutieuse.

 

« Et voilà, vous vous remettez à penser ! lança joyeusement une boule de feuilles agitée. Vous êtes tout de même incorrigibles ! Laissez donc rayonner votre Amour de la Vie.

-Nous avons un grave problème, annonça Gwendoline.

-Mais non, il n’y a pas de graves problèmes, il n’y a que ce que ce vous en pensez. Sinon, cela voudrait dire que la Vie est un grave problème et quand vous pensez cela, la Vie se retire dans son coin et vous laisse exister à travers vos pensées. La Vie ne lutte pas, elle aime la sérénité, je vous l’ai dit.

-Et bien, chers amis, intervint Jarwal, je pense que mes pensées sont un grave problème. Je pense sans cesse à ma mémoire qui a disparu.

-Mais non, elle n’a pas disparu. Elle s’est retirée dans un coin. Et comme tu étais en colère, elle avait peur. On ne réconforte pas un petit animal traumatisé avec de la colère ou de la peur. 

-Tu veux dire que je peux retrouver ma mémoire ?

-Tu ne vas pas la retrouver, c’est elle qui reviendra. Vous êtes vraiment prétentieux, vous autres, à croire que tout dépend de vos pensées et de votre volonté. C’est comme si vous étiez en Vie parce que vous l’avez voulu ! Ridicule. La Vie n’a pas eu besoin que vous pensiez à elle pour s’installer. Et vous, vous pensez que vous pouvez imposer votre volonté à la Vie. C’est incroyable ça !

-Regardez ces grands arbres ! proposa un petit arbrisseau. Vous croyez que c’est la volonté de la graine qui a donné ce superbe ouvrage ? Et la Vie alors ? Elle se serait installée une fois que la volonté aurait pris forme ? Ridicule. Vous observez tout à l’envers. »

 

Des leçons proclamées par une troupe de joyeux lurons.

Gwendoline les observait avec fascination. Une multitude de visages dans une diversité hétéroclite. Des bouilles rondelettes ou triangulaires, des faces plates comme des assiettes, un mélange inexplicable de feuilles assemblées mais toujours ce pétillement dans leurs prunelles, deux soleils ardents qui irradiaient de bonheur.

 

« Vous voulez dire que nos pensées sont des œillères à la réalité de la Vie ? demanda Jarwal.

-La réalité ? Mais qu’est-ce que c’est cette réalité ? Ce que vous voyez ?  Ridicule. »

 

L’ensemble de la troupe, dans un synchronisme parfait, s’évapora. Une multitude d’oiseaux colorés s’égailla au-dessus de leurs têtes, une nuée de piaillements dans des arabesques maîtrisées, des zébrures de corps fuselés, comme des flèches jouant un ballet de plumes. Et toujours ces yeux aussi brillants que des astres naissants, une énergie condensée, une concentration d’univers.

Le ballet cessa d’un coup, les oiseaux disparurent et un champ de pierres inertes s’étendit à leurs pieds. Des roches lisses et immobiles, éparpillées devant les trois amis. Au même instant, sur chaque caillou, des paires d’yeux s’ouvrirent et les observèrent, des prunelles étincelantes d’où jaillissaient des rires de lumières. Des battements de paupières aussi stupéfiants que des naissances d’étoiles.

Puis, avec la même célérité, dans une simultanéité parfaite, un florilège de papillons les entoura, plus de pierres sur le sol mais une farandole radieuse, des élucubrations étourdissantes, des figures imprévisibles, toute la magie délicieuse des vols de papillons. Et sur les corps délicats rayonnaient d’une intensité éblouissante des yeux aussi perçants que des fusions de soleils.

 

Comme un souffle tonitruant balayant tout sur son passage, la nuée de papillons s’évanouit. Rien d’autre n’apparut.

Les trois amis restèrent statufiés.

« Où êtes-vous ?  demanda Jarwal.

 -Chut, coupa Léontine. Les hommes. »

 

Des bruits dans la forêt, des voix qui portaient par-delà les arbres. La troupe des Portugais avait quitté le camp des Kogis et reprenait sa progression.  

 

Jarwal se coucha sous le parterre de fougères en se demandant s’il ne manquait pas d’écraser un de leurs étranges visiteurs. Gwendoline s’allongea à ses côtés.

 

« Ils ne peuvent pas nous voir. Ne bouge pas, » murmura-t-il, en posant délicatement une main sur son bras.

Gwendoline frissonna de bonheur à cette parole protectrice, à cette attention inespérée. Jarwal veillait sur elle. Jarwal reprenait vie.

 

Ils n’aperçurent même pas les soldats à travers l’épaisseur végétale. Ils suivirent attentivement l’extinction des voix et se relevèrent prudemment. Ils regardèrent minutieusement autour d’eux. Des plantes, des oiseaux, des papillons, des pierres…Quelles formes avaient-ils pris ? Où pouvaient-ils bien être ?

La réalité n’était pas ce qu’ils voyaient…

 

Au pied d’un tronc colossal, ils virent un tapis de mousse s’agiter, des ondulations de nuages, des formes timides qui tentaient une croissance, des pousses opiniâtres qui se dressaient, des silhouettes redessinant l’esquisse des corps puis peu à peu tout un petit peuple de bonhommes moussus, habillés de feuilles disparates. Enfin, les yeux flamboyants s’ouvrirent dans un seul mouvement et la troupe reconstituée, s’avança précautionneusement et les rejoignit.

 

« Bouh, toute cette méchanceté chez ces individus, c’est insupportable. Il nous est impossible de rester visibles dans cette ambiance morbide. Même les plantes en subissent les effets polluants mais moins tout de même que les autres formes vivantes. Chez elles, les pensées sombres s’évaporent rapidement. C’est l’Amour de la lumière qui permet ce nettoyage. Chez les humains, tout reste enfermé. Quand les égos sont les maîtres, la conscience de la réalité s’efface.

-Vous n’avez donc aucune forme définitive ? interrogea Gwendoline.

-Une forme ? Mais pour quoi faire ? C’est absurde, se moqua un individu hirsute.

-Tout aussi absurde que cette idée que nous devons avoir un nom, enchaîna son voisin. Vous avez vraiment une idée bien curieuse de la réalité. Vous pensez que parce que vous vous êtes identifiés à votre forme et que vous vous reconnaissez à travers votre nom, vous avez fait le tour de la Vie ? Mais c’est consternant tout ça ! Vous avez conscience de l’insignifiance de votre développement ? »

 

Un ton nullement arrogant, juste un total ébahissement.

Les trois amis sentaient que dans les paroles de ces petits êtres, il n’y avait aucune moquerie. Mais une absolue incompréhension.

 

« Un jour, vous allez mourir, vous allez perdre ce nom et cette forme. Vous aurez quitté la Vie mais la Vie, elle, n’aura rien quitté du tout. Elle n’aura pas disparu, vous comprenez ? C’est vous qui partez, c’est vous qui sortez du flux vital. La Vie continuera sa tâche créatrice, votre tour est passé. C’est ridicule dès lors de s’attacher de la sorte à cette image que la Vie vous a procurée. Il serait bien plus judicieux de saisir cette conscience de la Vie et non d’entretenir la conscience de votre forme. Cette forme n’est rien d’autre qu’une enveloppe. C’est comme si vous décidiez de vénérer votre outre et de délaisser l’eau qu’elle contient. C’est absurde.

-Les deux sont indispensables, intervint Jarwal.

-Bien entendu. Une outre vide ne sert à rien et de l’eau sans outre est intransportable. Mais par contre, elle a déjà une existence cette eau, vous n’êtes pas obligés de devoir la transporter, vous pouvez déjà en profiter. L’outre est secondaire si vous décidez de rester là où se trouve l’eau. Dans votre cas, c’est l’enveloppe qui compte avant ce qu’elle contient. Vous observez à l’envers.

-Vous voulez dire que vous pouvez changer de formes parce que vous êtes reliés à la Vie avant de l’être à votre forme ?

-Oui, c’est cela, magnifique, tu apprends vite cher lutin ! »

 

Une danse spontanée qui agita toute la troupe, des cris de joie et des cabrioles.

 

Gwendoline aperçut un sourire sur le visage de son aimé. 

 

« Quand vous êtes identifiés à votre image, vous êtes attachés aussi à la diffuser à l’extérieur, vous voulez qu’elle vous représente et vous en venez même à chercher des solutions à vos problèmes dans votre environnement et vos relations, vous pensez que le monde est responsable de votre état intérieur. Vous mélangez les conditions de vie et la Vie en vous. Mais la seule réalité qui vous concerne, elle est en vous et nulle part ailleurs. Quand vous vous acharnez à faire, vous en oubliez d’être.»

 

La Crise ? Quelle crise ?

Par Le 05/12/2014

 

Ce qu'ils appellent, "la crise" est juste un paravent qui leur permet de transférer l'argent du Public vers des caisses Privées. Leurs caisses personnelles. L'argent existe mais il n'est pas disponible. Il est "réservé". Que quelqu'un "s'amuse" à compter les sommes englouties en parachutes dorés depuis la création de l'UE. Et qu'on vienne ensuite parler des raisons de la Crise... Cette institution a uniquement contribué à enrichir leurs instigateurs et leurs sucesseurs, comme une Famille Royale qui se passerait les bijoux de famille, les bijoux extorqués au fil du temps...

Juste du dégoût...Alors, j'entends déjà ceux qui rétorquent que c'est tout de même beaucoup de travail de faire tourner une telle machinerie. Oui, certainement. Mais en quoi faudrait-il surpayer des ingénieurs qui ont fabriqué une machine qu'ils ne contrôlent pas et que des mécaniciens épuisés doivent subir et tenter en plus d'entretenir ? 

Et le pire est de les écouter parler au Peuple en disant qu'il est indispensable qu'ils soient réélus pour continuer à faire tourner cette Machine infernale...Parce que sinon, ça serait l'Apocalypse...L'Apocalypse selon l'UE. Et pas selon Saint-Jean...

 


 

630.000 euros de prime de départ pour Van Rompuy

 - Mis à jour

Herman Van Rompuy, l'ancien président du Conseil européen, va recevoir une prime de départ estimée à 630.000 euros. Selon l'Europe, il aurait reçu cette somme, car il ne lui serait pas possible de trouver un emploi qui n'éveillerait pas des doutes concernant d'éventuels conflits d'intérêts.

630.000 euros de prime de départ pour Van Rompuy

© Reuters

Le journal britannique The Telegraph aurait découvert le montant de la pension d'Herman Van Rompuy. Selon le magazine Elsevier celle-ci serait royale. Les trois prochaines années, le Belge recevra 55% de son ancien salaire. Ce qui, dans le cas de Van Rompuy, représente 169.000 euros. À côté de cela, il percevra également une prime de départ unique de 26.500 euros et une pension à vie de presque 65.000 euros par an. L'Union Européenne défend ce montant en expliquant que Van Rompuy ne pourra plus travailler, car il doit éviter tous conflits d'intérêts. Un argument pas vraiment percutant selon le Elsevier puisque Van Rompuy est de toute façon pensionné. C'est d'ailleurs pour cela qu'il reçoit aussi une pension annuelle de 65.000 euros.

Haïku

Toujours selon The Telegraph, Van Rompuy souhaite se retirer de la vie publique pour se consacrer à ses passe-temps favoris comme l'écriture de Haiku. Il donnera également quelques conférences à College of Europe, une formation pour fonctionnaires européens à Bruges.

Il n'y a pas que Van Rompuy, De Gucht reçoit aussi une grosse prime

 - Mis à jour

Source: Belga

Tout comme Van Rompuy, Karel De Gucht, qui a été durant 5 ans commissaire européen, reçoit une prime de départ non négligeable. Selon le journal Metro, il recevrait aux alentours de 300.000 euros.

Il n'y a pas que Van Rompuy, De Gucht reçoit aussi une grosse prime

© Belga

Un commissaire européen "normal" comme De Gucht reçoit un salaire mensuel brut de 20.832 euros. Lorsqu'il quitte sa fonction, comme ce fut le cas le 1 novembre pour De Gucht, le commissaire européen reçoit une prime de départ qui équivaut à un mois salaire ainsi que le défraiement pour les trajets et son déménagement vers son pays d'origine. En plus de cela, il reçoit aussi une indemnité de transition qui s'élève, selon l'ancienneté, entre 40 et 65 % du salaire de base, et ce sur une période de trois ans toujours selon le site Métro qui cite la commission. Ce qui pour De Gucht représente un montant entre 299.988 et 487.481 euros. Cette prime est néanmoins plafonnée, puisque si l'ancien commissaire trouve un nouvel emploi, le total de son nouveau salaire et la prime de la commission ne peuvent dépasser le montant du salaire d'un commissaire européen.

Herman Van Rompuy

Début de cette semaine, la prime de départ de Van Rompuy a également fait la une des médias britanniques. The Daily Telegraph annonçant un montant de 630.000 euros. Selon la commission, ces chiffres doivent tout de même être nuancés puisque, selon elle, il s'agirait de 349.000 euros sur trois ans. Elle n'y voit non plus aucun mal puisqu'il s'agit là d'une prime de transition des plus classiques. Une prime comme en reçoivent les parlementaires belges. La commission précise encore qu'après cette période de transition Van Rompuy sera pensionné et percevra une pension qui s'élève à 4700 euros par mois. Les salaires et primes des fonctionnaires européens ne sont pas déterminés par les institutions européennes, mais par les pays membres de l'union.

 

Dialogue imaginaire

Par Le 05/12/2014

 

« Vous ne pouvez plus enseigner ou vous ne voulez plus enseigner Mr L ?

-Les deux, Docteur. C’est un burn out moral, physique et idéologique. Depuis quatre ans déjà, je sentais que j’étais au bout, nerveusement, moralement, physiquement, un épuisement complet, l’impression de ne plus parvenir à ressentir le bonheur que j’avais eu jusque-là à vivre avec des enfants et à enseigner. Et puis est venu s’ajouter à cette déliquescence, cette trahison de l’État, cet engagement hiérarchique dans une désintégration du système éducatif.

-C’est peut-être exagéré comme conclusion, vous ne croyez pas ?

-Oui, je sais, Docteur, je suis paranoïaque…Vous n’êtes pas tout seul à le penser.

-Je n’ai pas dit ça, Mr L. Je cherche juste à comprendre.

-Et bien, imaginez qu’une instance dirigeante, l’Ordre des médecins ou l’État lui-même vous impose un cadre professionnel extrêmement perturbant. Imaginez par exemple que votre degré de prescription soit limité par une barrière, un seuil à ne pas dépasser. Vous disposez d’un stock médicamenteux mensuel et c’est à vous de le répartir sur vos patients. Une fois atteint ce seuil financier imposé par votre hiérarchie, vous êtes dans l’obligation de suspendre vos prescriptions. Il vous restera deux solutions : au début de chaque mois, vous prescrivez ce que vos patients ont besoin, sans aucune limitation, parce que vous jugez que le traitement doit être complet pour être efficace mais inévitablement, avant la fin du mois, vous ne pourrez plus rien prescrire à vos patients. Vous aurez atteint le seuil imparti. Ces patients ne seront pas soignés. Soit ils iront voir ailleurs, soit ils reviendront vous voir en début de mois suivant. Mais ils seront donc encore plus atteints et il vous faudra redoubler les prescriptions, ce qui entamera encore plus vite le stock autorisé. Ou alors, vous déciderez en début de période de limiter vos prescriptions pour essayer d’atteindre la fin du mois sans être totalement démuni. Mais vos patients n’auront donc à disposition qu’un traitement parcellaire et il est probable que ça sera insuffisant. Certains rechuteront avec davantage d’ampleur et vous devrez renouveler les traitements ce qui viendra entamer encore une fois le stock disponible. Aucune solution ne sera satisfaisante et vous réaliserez rapidement que vous ne pouvez plus respecter vos idéaux, que vos convictions et votre sens du devoir sont irrémédiablement rognés par ces limitations. Et bien, c’est ce que je vis depuis deux ans.

-Je pense que dans mon cas, cette situation n’est pas envisageable. L’État ne peut pas intervenir de la sorte.

-C’est également ce que je pensais il y a encore deux ans. Il faut croire que nous sommes très naïfs et vous l’êtes donc tout autant que moi. Jusqu’ici l’État vous demande d’être modéré dans vos prescriptions et vous n’envisagez pas qu’un jour il puisse s’agir d’injonctions avec des menaces financières ou autres. Ce que je dis est donc tout à fait réalisable. Rien n’est impossible pour les financiers. Il suffit de trouver le moyen de convaincre la population que c’est pour leur bien. C’est pour ça que les Politiciens existent. Ils sont les porte-parole des Financiers. C’est tout.

-Vous considérez donc qu’il n’est plus possible d’enseigner aujourd’hui.  

-Non, absolument pas. Puisqu’il reste encore des milliers d’enseignants dans les classes. Mais c’est la qualité de l’enseignement qu’il n’est plus possible de préserver. Si l’État venait restreindre vos prescriptions de façon drastique, jusqu’à vous menacer de sanctions diverses et avec un contrôle coercitif très puissant, vous continueriez de pratiquer mais en sachant que vous ne respectez plus vos idéaux. Beaucoup d’enseignants vivent aujourd’hui avec ce dilemme constant, cette torture idéologique. Pour ceux et celles qui ont une idéologie, bien entendu. Je ne parle donc pas des fonctionnaires-enseignants mais uniquement des Enseignants. Vous voyez la différence ?

-Oui, j’imagine assez bien. Entre l’apathie et la passion.

-Voilà, c’est ça. On peut dire aussi entre la soumission et la désobéissance. Mais cette lutte idéologique génère une pression énorme et elle vient s’ajouter aux difficultés inhérentes du métier, comme un poison quotidien. Vous voyez tous les jours les insuffisances chroniques de votre pratique, non pas parce que vous n’êtes pas compétents mais parce que vous êtes considérablement bridé, enfermé, limité, contraint. Jour après jour, ces insuffisances, ces manques, ces limites vous renvoient une image négative de vous-même, jusqu’à ressentir une honte, un malaise qui vous ronge. Vos patients subissent, non pas votre incompétence mais votre obéissance. C’est ça que je ne supporte pas. Jusqu’à en tomber malade, jusqu’à ne plus me supporter moi-même.

-Mais vous n’êtes pas responsable de ces injonctions ?

-Je suis responsable de leur application. Toute la problématique est là. Soit je décide de lutter au mieux pour soulager mes élèves comme vous pourriez lutter pour soulager vos patients mais vous voyez bien que dans ce cas-là, jamais, vous ne pourrez appliquer intégralement vos idéaux. Vous ne ferez qu’appliquer des pansements sur une plaie qui continuera à s’infecter sans jamais pouvoir intervenir sur la cause même de cette plaie. Soit je refuse d’obéir. Parce que moralement et physiquement, je n’ai plus la force pour maintenir cette lutte, parce que je n’accepte pas l’idée que j’accueille des enfants dans un contexte qui porte inévitablement atteinte à leur bien-être. Vous comprenez que c’est antinomique, totalement contradictoire. J’ouvre ma classe avec l’idée fondamentale d’œuvrer au développement équilibré et bienveillant de mes élèves en sachant qu’inévitablement, je leur fais du mal, je leur impose un cadre déstructurant. Avec des effets désastreux. Tout comme vos patients qui ne pourraient plus bénéficier d’un traitement adapté et complet. Les plus faibles risquent même de dépérir. Imaginez cette situation Docteur, imaginez que tous les jours, vous soyez amenés à abandonner une partie de vos patients, parce qu’ils sont déjà trop faibles pour lutter contre la maladie qui les touche et que vous ne disposez plus des moyens nécessaires pour les sauver. C’est ce qui se passe aujourd’hui pour des milliers d’enfants. Essayez de ressentir clairement en vous ce que cette situation génère… Qu’est-ce qui se passe en vous ? Comment vous sentez-vous Docteur ? »       

Le Soi et les actes

Par Le 04/12/2014

C'est en repensant à une séance de natation avec mes anciens élèves que j'ai pris conscience de ce que je fais en méditation...


"Un enfant n'arrive pas en crawl à garder les deux jambes dans l'axe, son genou gauche part en diagonale, comme s'il faisait une demi-brasse. Je peux toujours répéter inlassablement la même consigne, ça sera inutile si l'enfant ne parvient pas lui-même à "observer" ce qu'il fait. Il doit parvenir à ressentir cette jambe en observant simultanément en lui la conscience de cet acte. 

"Tu n'es pas un nageur, tu es un corps qui tente de réaliser un geste technique destiné à te faire nager. Mais si tu restes juste enfermé dans ce corps, tu ne peux pas voir ce qu'il fait, tu te contentes de reproduire des gestes que tu ne "vois" pas et donc, tu ne peux pas les corriger. Tu ne dois donc pas rester à l'état de nageur mais devenir celui qui observe ce nageur. Tu dois prendre conscience de tes actes afin de ne pas être simplement un corps qui agit mais devenir pleinement celui qui œuvre à la maîtrise parfaite de ces gestes de nageur. Le fait de nager n'est pas une fin en soi, ça n'est pas un objectif, ce qui importe, c'est que tu apprennes à observer ce que tu fais. À partir de là, tu ne seras pas qu'un nageur mais le maître du nageur, le maître de ton corps. Je sais bien que tu ne peux pas voir réellement tes jambes derrière toi quand tu nages mais tu peux les voir par l'intérieur. Apprends à te concentrer sur cet endroit précis, défais-toi de tout le reste."



Lorsque je médite, j'observe en moi les phénomènes mais je reste conscient d'être un observateur. Je ne m'identifie pas avec les actes eux-mêmes sinon, il est impossible d'aller vers la maîtrise. Il s'agit de rester le Superviseur et non de se concentrer simplement sur les postures ou la respiration. 

Si je ne parviens pas à extraire de moi les pensées récurrentes et que je m'efforce de les rejeter, je leur donne automatiquement l'énergie nécessaire pour se maintenir. C'est comme nourrir celui qu'on aimerait voir mourir de faim...

"Ne t'invente pas des armées d'ennemis pour excuser tes propres faiblesses."

Il n'y a que l'observation de celui qui observe qui puisse créer la plénitude. Sinon, ça n'est pas le Soi que j'éveille mais la prétention du Moi qui entretient les combats, juste pour se glorifier et exister. 

En même temps, je bénis ce Moi qui cherche à maintenir ses prérogatives car sans lui, je n'aurais pas de miroir dans lequel retrouver cette Conscience réelle. 

C'est parce que j'observe en pleine conscience les tourments du Moi que le Soi apparaît. Le "Je" sert de passerelle...

 

La justice des Maîtres

Par Le 04/12/2014

Il est bon de se replonger dans les textes anciens...


 

KANT :"Idée d'une histoire universelle (1784)

"L'homme est un animal qui, du moment où il vit parmi d'autres individus de son espèce a besoin d'un Maître. Car il abuse à coup sûr de sa liberté à l'égard de ses semblables et quoique, en tant que créature raisonnable, il souhaite une loi qui limite la liberté de tous, son penchant animal à l'égoïsme l'incite toutefois à se réserver dans toute la mesure du possible un régime d'exception pour lui-même. Il lui faut donc un Maître qui batte en brèche sa volonté particulière et le force à obéir à une volonté universellement valable, grâce à laquelle chacun puisse être libre. Mais où va-t-il trouver ce Maître ? Nulle part ailleurs que dans l'espèce humaine. Or, ce Maître, à son tour, est tout comme lui un animal qui a besoin d'un Maître...De quelque façon qu'il s'y prenne, on ne conçoit vraiment pas comment il pourrait se procurer pour établir la justice publique un chef juste par lui-même : soit qu'il choisisse à cet effet une personne unique, soit qu'il s'adresse à une élite de personnes triées au sein d'une société. Car chacune d'elles abusera toujours de la liberté si elle n'a personne au-dessus d'elle pour imposer vis-à-vis d'elle-même l'autorité des lois. Or le chef suprême doit être juste pour lui-même, et cependant être un homme. Cette tâche est par conséquent la plus difficile à remplir de toutes; à vrai dire, sa solution parfaite est impossible."


 

Ce texte date de 1784...

Il va bien y avoir un moment où le Peuple va comprendre qu'il se doit d'être ADULTE et non plus un ENFANT sous le joug d'un PARENT NORMATIF.

La solution parfaite, elle existe : C'est un changement radical de niveau de conscience. 

D'un point de vue politique, cela rendra possible une vraie République et non plus le maintien de cette "Ré-privée". 

Privatisation

Par Le 04/12/2014

http://www.slate.fr/story/77312/privatiser-ecole-france-pas-tout-fait-une-fiction

Personne en France, à la différence de l'Angleterre, n'imagine que l'Etat ne finance plus l'éducation nationale. Et pourtant, en France, les sources de financement privé aident de plus en plus à financer l’école publique.

Au début du mois de juillet, le quotidien britannique The Independent publiait le projet encore secret du ministre de l’éducation britannique Michael Gove de transformer les 30.000 écoles d’Angleterre en «Academy schools». Ces écoles fonctionnent de manière indépendante du système national d’Education et sont financées par le gouvernement mais aussi par des fonds privés. Mais ce qui est encore plus surprenant dans le projet de Michael Gove pour nos yeux français, c’est qu’il souhaite faire de ces écoles des entreprises à but lucratif.

L’école publique ne plaît guère aux vrais libéraux. Leurs arguments sont simples: une école librement choisie serait une école plus efficace car ses «clients» en attendent logiquement un retour sur investissement et cette exigence, stimulante pour le système, relève le niveau de l’ensemble. Dans le modèle libéral, l’Etat garde un rôle économique dans le fonctionnement du système scolaire en jouant un rôle de redistribution et met la main à la poche en allouant aux parents des «chèques éducation».

Un chèque que les familles peuvent utiliser où elles le veulent et comme elles le veulent. La liberté de choix de l’école est totale. Le pape du libéralisme Milton Friedman qui en parla pour la première fois en 1962 dans «Capitalisme et liberté». Ça paraît exotique, mais pour l’économiste Philippe Némo, par exemple, c’est tout à fait importable en France.

La fin de l’école publique et l’instauration d’un système totalement privé, «libre», est-elle vraiment envisageable chez nous? Aucun politique ne l’a dit, ne le dit, ne l’envisage. Mais on observe que le comportement par rapport au système privé a totalement changé ces vingt dernières années. Les grandes guerres scolaires sont derrière nous et les élèves passent allègrement d’un système à un autre: une famille sur deux a recours, au moins une fois durant la scolarité de ses enfants, à l'enseignement privé.

Rares sont donc les parents qui, devant une situation qu’ils estiment difficile dans le public hésitent à passer au privé. C’est sûrement ce qui a donné l’idée à Nicolas Sizaret, qui a passé 6 ans au ministère de l’Education en tant que consultant, d’écrire un livre dans lequel il imagine le lancement d’une chaine d’école d’excellence par un groupe privé. Des écoles qui feraient en concurrence frontale avec l’Éducation nationale. Ce livre, paru l’an dernier, s’intitule «OPA sur le Mammouth» (Edtions Souffle Court). C’est un travail très documenté, bien senti et, chose rare quand on parle d’éducation, drôle.

Quand j’ai vu passer cette information sur les écoles britanniques, j’ai appelé Nicolas Sizaret pour savoir ce qu’il en pensait et s’il considérait que l’école «à but lucratif» était imaginable en France.

Nicolas Sizaret rappelle d’abord qu’en 1994 déjà, l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), signé sous l’égide de l’Organisation Mondiale du Commerce, pressait les gouvernements de libéraliser totalement leurs systèmes éducatifs, bref d’ouvrir un véritable «marché de l'éducation».

Aux Etats-Unis par exemple, les systèmes éducatifs publics sont progressivement démantelés au profit d’établissements scolaires privés que les parents ont la possibilité de mettre en concurrence. Finalement, même l’éducation prioritaire dans les quartiers sensibles va fonctionner sur un modèle entrepreunarial. Ce sont les «charter schools», dont les directeurs ont la liberté d’embaucher et de licencier les enseignants de l’établissement qu’ils dirigent.

Ce qui est nouveau dans le projet britannique, c’est de considérer ouvertement certaines écoles publiques (academy schools, un des systèmes du public, d’écoles indépendantes financées par l’état, près de 40% des élèves en 2012) d’abord comme de potentielles entreprises à but lucratif à qui on pourrait appliquer tous les mécanismes de la finance d’entreprise (levée de capitaux, maximisation des profits, cotation en bourse, entrée au capital de fonds spéculatifs, revente… et éventuellement faillite).

Dans ce projet politique, l’éducation n’est pas (plus !) considérée comme un bien public. Pour Nicolas Sizaret, ce type d’annonce se fait sans complexe et dans une relative indifférence, à partir du moment où les citoyens fatalistes perdent confiance dans les capacités de leurs services publics à répondre à leurs besoins mieux que ne le ferait le secteur marchand.

Les sources de financement privé aident de plus en plus à financer l’école publique.  Elles arrivent par des voies auxquelles on ne pense pas forcément, par exemple le mécénat. Quand on les sollicite, les entreprises répondent présent, sans complexe. D’ambitieux programmes d’enseignement artistique aussi sont largement soutenus par de grandes entreprises, c’est la cas par exemple d’un projet magnifique comme «Orchestre à l’école», développé grâce au mécénat d’Axa, Bouygues, LVMH… etc.,  «qui permet aujourd’hui l’installation de dizaines de classes orchestres dans les écoles de l’Hexagone», nous dit la fondation. Certains établissements lancent eux-mêmes leurs propres fondations.

C’est ce qu’a fait le prestigieux lycée parisien Louis-le-Grand l’année dernière avec de très grosses entreprises : LVMH, EADS, Canal+ et L’Oréal. Sa dotation de départ était de 250.000 euros. L’établissement, public il faut le rappeler, capitalise sur son nom et sa réputation pour recueillir des fonds privés. Tous les lycées ne pourront pas en faire autant. 

L’objectif, précisait Joël Vallat, son proviseur au moment du lancement de la fondation, était «l’ouverture sociale et la mobilité internationale» de son lycée. Enfin, Total a signéun accord-cadre avec l’Etat, plus précisément avec le ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative le 7 juin dernier pour financer à hauteur de 4 millions d’euros la réforme des rythmes scolaires (notamment alloués au développement d’activités périscolaires prévues dans le cadre de la réforme des rythmes éducatifs… de l’argent qui provient en fait de fonds précédemment alloués au Fond d’expérimentation de la jeunesse de Martin Hirsch et qui a mis de l’huile dans la mise en place de la réforme des rythmes).

Enfin, et surtout, il faut bien reconnaitre qu’une autre forme de privatisation remporte un gros, un très gros succès en France. Une note du Centre d’analyse stratégique de janvier 2013 révèle que les Français sont les plus gros consommateurs de cours particuliers en Europe.

La marchandisation de l’éducation ne progresse pas forcément comme un phénomène brutal. A part quelques ultralibéraux (comme Michel de Poncins), personne ne prône ouvertement une privatisation frontale du système.  Mais comme le souligne malicieusement Nicolas Sizaret, si le lycée Louis-le-Grand à Paris était proposé à la vente à un fonds d’investissement (sur le modèle de ce que propose aujourd’hui le gouvernement anglais pour ses établissements scolaires), l’Etat pourrait en tirer 50 millions d’euros (sans compter la valeur des bâtiments, qui appartiennent à la collectivité).

Lorsque le budget de l’Education nationale en sera à 50 millions près, selon la couleur du gouvernement en place et selon l’image qu’aura alors l’Ecole publique dans l’opinion, un tel scénario deviendra-t-il possible?

Louise Tourret


 La raison de l'embauche de "Professeurs" non formés, non diplômés, avec des résultats désastreux aux épreuves (4/20...), tout cela a un objectif, c'est de briser la confiance de la population envers le système éducatif. Une fois que ça sera pleinement validé, la suite viendra... On en reparlera dans quelques années...

L'intimité

Par Le 03/12/2014

Comment structurons-nous notre temps dans la relation avec l'autre ?

http://www.ifat.net/besoin_base.php

Eric Berne classe six manières de s'impliquer dans une relation avec un ordre croissant de stimulations obtenues et de risques pris pour les obtenir.

Cette façon de structurer le temps permet à la personne de choisir le mode approprié qu'elle est prête à engager dans la relation aux autres pour satisfaire ses soifs vitales.

  • Le retrait. La personne utilise son temps pour être en contact avec elle-même, elle est avec les autres mais ne communique pas avec eux, et reste dans ses pensées.
  • Le rituel. La personne entre en relation avec les autres de façon stéréotypée. Elle utilise des formules simples et complémentaires : « bonjour, ça va ? » « ça va, et vous ? ». Ce sont des habitudes culturelles.
  • Le passe-temps. La personne passe le temps, elle échange des informations avec son interlocuteur, elle discute sans trop s'impliquer dans la relation. La conversation est balisée, elle se fait "toute seule", sur des sujets comme la météo, le dernier film, ou les voisins … C'est le moment où la personne repère les partenaires possibles avec lesquels elle pourrait aller plus loin dans la relation.
  • L'activité. La personne instaure une relation qui est orientée vers une tâche à réaliser ensemble. La conversation, les gestes sont dédiés à cette réalisation : une randonnée, l'élaboration d'une maquette, d'un site internet…. C'est une manière d'échanger avec des personnes pour obtenir un résultat, un bénéfice, une production ou une concrétisation … au travail, en famille, etc.
  • Les jeux. La personne établit des séquences relationnelles où la relation et où ses échanges avec l'autre sont très intenses, récurrents et génèrent beaucoup de stimulations, mais aussi, où la fin est prévisible et négative. Eric Berne a nommé ces séquences « jeux psychologiques ».
  • L'intimité. La personne établit une relation sincère et exempte de volonté manipulatoire où les interlocuteurs échangent sur ce qu'ils ressentent, et s'impliquent (joie, tristesse...). C'est le mode le plus risqué de communication parce que les personnes montrent leur vulnérabilité, se livrent. C'est un vécu dans l'instant. L'échange est direct et spontané. Structuration du temps rare, de courte durée, et de grande intensité.


Ce qu'il y a de profondément beau dans la formation que je suis, c'est cette "intimité" qui s'est installée entre nous...

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