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La classe inversée

Par Le 30/03/2014

L’innovation est une «vieille» tradition scolaire. Certaines pédagogies sont éternellement «nouvelles», Mais certaines nouveautés vraiment plus nouvelles mérite qu'on s'y arrête. C’est le cas de la classe inversée, flipped classroom dans son idiome d’origine. Ce ne sont pas les élèves qui font cours au prof et ça ne consiste pas non plus à faire classe dans le couloir ou assis sur les tables.

La classe inversée, c’est le temps des devoirs et celui de leçon qui sont intervertis. Le cours est lu et appris par les élèves hors du cours, chez eux, en salle de permanence, pendant un moment spécifiquement aménagé mais surtout sans le professeur. Et les exercices, sont réservés à la classe, avec, là, l’aide du prof.

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Au cœur de la méthode, le caractère actif qu’elle donne à l’heure de cours et l’efficacité attendue d’un suivi de la compréhension et des difficultés des élèves pas à pas. Parce que les exercices sont fait avec l'enseignant, la classe inversée permet de se donner l’occasion d’intercepter tout de suite les obstacles qu’ils rencontrent. Et d’y remédier.

Dans un cours magistral traditionnel, un élève qui n’a pas compris aura peut-être peur, ou la flemme de poser une question… On a tous vécu ça. C’est ce qui incite les enseignant à interpeler ceux qui ont l’air perdus ou qui semblent peu attentifs pour maintenir une tension dans le cours même dans les cours dit magistraux. Mais dans la classe inversée, l’interaction est érigée en principe.

Les élèves peuvent travailler en petit groupe, s’expliquer les choses entre eux, résoudre un problème en collectivement. (Travailler en équipe, c’est traditionnellement une compétence que l’école peine à enseigner.)

Alors que donne la classe inversée? On sait depuis longtemps que des professeurs enthousiastes et motivés produisent toujours des effets positifs sur les résultats des élèves, donc oui les effets sont, en toute logique, bénéfiques pour cette pédagogie qui est toujours choisie par des enseignants à la recherche d'innovation pour leurs cours.

David Bouchillon est professeur d’Histoire-Géographie au collège. Quand on parle de classe inversée, on tombe tout de suite sur lui (en l’occurrence pour moi c’était via Twitter mais il a déjà été cité dans plusieurs papier et sa classe a fait l’objet d’un reportage sur France 2). Pourquoi a-t-il voulu changer de méthode ?

Les élèves se désinvestissent au collège, l’avantage de la classe inversée est la remise au travail des élèves, les rendre actifs et acteurs de leurs apprentissages.

Et pour Olivier Quinet, autre professeur d’Histoire Géo, également en collège, la classe inversée porte ses fruits en terme de résultats :

Les élèves sont preneurs car il y a moins de travail à la maison. Ils apprennent mieux. Il y’a peu de «vie» (comprenez du désordre) dans la classe mais ça les rend plus autonomes. Je les fais rédiger davantage, lors d’exercices non notés, cela leur permet de s’exprimer plus facilement par écrit, et finalement d’obtenir meilleurs résultats aux évaluations. Je n’ai plus de copies blanches! Le seul problème pour certain c’est qu’ils ne peuvent plus dormir en cours! Pour le moment, les trois quatre élèves les plus en difficultés ne rattrapent pas leur retard mais le «ventre mou» a vraiment vu son niveau augmenter.

Alors pourquoi la classe inversée se diffuse-t-elle spécifiquement en ce moment ? La réponse tient en un mot: L'Internet. Au départ, et en principe, un enseignant n’a pas besoin d’internet pour inverser sa classe. Un polycopié peut suffire (je viens d’un monde dans lequel on avait des polycopiés). Mais de fait c’est plutôt sur écran que les élèves vont se familiariser avec la leçon et apprendre leur cours grâce à des modules de une, deux trois minutes. Ces petites vidéos s’appellent des capsules.

Les enseignants peuvent aussi utiliser des ressources en lignes (et pas forcément celles de la Khan academy qui correspond peu aux standards des apprentissages des mathématiques en France parce qu’il y a aussi des ressources sur Sesamaths, maclasseinversée, iclasse130 le site de David Bouchillon) – mais surtout ils peuvent les fabriquer!

Il y a un esprit artisanal très réjouissant dans ces modules conçus par des enseignants pour leurs élèves, on est loin des MOOCS avec leurs cours prodigués par les grandes stars de la Ivy League! Cela risque aussi d’évoluer pour le secondaire. Catherine Ferrier, conseillère académique en Recherche-développement, innovation et expérimentation de l'académie de Créteil note que certains flairent déjà le filon :

Nos boites mails voient arriver de plus en plus de communiqués proposant des offres payantes. Les entreprises de cours particuliers (elle a refusé de donner des noms) commencent à voir les bénéfices économiques qu’ils pourraient tirer de ce qui deviendrait un marché… Les contenus sont d’ailleurs très inégaux voire pas fameux.

Et les éditeurs scolaires commencent à contacter des professeurs précurseurs. Les noms circulent, mais sous le manteau, car le premier qui arrivera sur le terrain prendra une avance décisive sur ce qui deviendra peut-être un marché.

Les enseignants pourraient-ils renoncer à des manuels scolaires pour demander à leur établissement d’investir dans des «capsules» en ligne payantes ? Si les éditeurs y trouvent leur compte l’expérience pourrait être tentée…

Mais surtout, surtout, le net permet aux adeptes de la classes inversée d’avoir des échanges inédits par leur qualité et leur ampleur. Les capsules circulent et s’échangent sur le net. C’est par exemple c’est ce que fait Anne Andrist, française qui enseigne en Suisse  sur un «mur» ouvert à tous…

Idem pour David Bouchillon :

Mon site est totalement ouvert. Tout ce que je demande c’est qu’on me cite si on me reprend. Chaque semaine un enseignant me contacte via Twitter. Je communique avec des profs de toute la France et au Québec. On se montre nos cours.

C’est là que les réseaux sociaux jouent un rôle plus inattendu. Parce que comme me le faisait remarquer récemment une enseignante d’un collège parisien:

C’est très rare de parler de ce qu’on fait, de ce qu’on fait vraiment en classe, avec ses collègues. On a peur d’être jugé alors on ne veut pas non plus raconter qu’on galère ou qu’on a l’impression de se planter. Du coup chacun reste dans sa merde.

David Bouchillon renchérit :

«Ce qui est bien, c’est qu’on sort du chacun pour soi! J’ai des tas de collègues très isolés dans leur établissement avec qui j’échange énormément sur la manière de faire cours».

Internet et les réseaux sociaux fonctionnent donc comme un espace de libération de la parole pédagogique. Un espace d’échanges et de formation professionnelle informelle. Le tout au service d’une pédagogie qui semble très efficace aux yeux de ceux qui l’ont choisie. Et mine de rien, c’est un vrai changement.

Louise Tourret

Démocratie participative

Par Le 30/03/2014

À Saillans, les 1 199 habitants ont tous été élus au premier tour !

Ah ! Quelle histoire formidable, vous allez voir !
Les gentils virus vont sûrement savourer ce reportage épatant d’Émilie Brouze.
Merci à Rue89 de nous avoir rapporté cette trouvaille.
Je suis sur le chemin de retour de Paris. Bientôt, je vous raconterai les ateliers constituants que nous venons de vivre, à Fontenay-sous-Bois et à Nanterre. C’est de plus en plus jubilatoire. C’est fou ce que le niveau monte. Il se passe quelque chose d’important, je crois.
Déjà hâte de vous revoir.
Étienne.
Voici l’histoire exemplaire de Saillans (Source Rue89) :

Ils en avaient assez que le maire sortant décide seul : les habitants de ce village de la Drôme ont travaillé pendant des mois à une liste collégiale, et vécu une belle expérience de démocratie participative.

(De Saillans, Drôme) Que ceux qui ne croient plus à la politique aillent donc passer quelques jours dans ce petit coin au sud du Vercors. Ce qui s’y est passé ces derniers mois pourrait bien les faire changer d’avis. Joachim Hirschler, l’un des nouveaux élus de Saillans, rapporte avec délice la remarque d’une habitante :

« C’est magnifique : c’est la première fois que je vote avec le sourire. »


Le pont de Saillans (Emilie Brouze/Rue89)

Dans ce village de la Drôme, les municipales ont brassé une énergie formidable.

Face au maire sortant, quelques habitants ont lancé l’idée d’une « liste collégiale ». Avec l’envie de changer les choses, de ne pas voter « par dépit », ils se sont lancés dans une nouvelle manière de gérer leur commune, en sollicitant tous leurs voisins.

Une « démocratie participative » pour laquelle ils ont renversé l’organisation pyramidale de la mairie.

Hop, voilà les 1 199 habitants au sommet. Par petits groupes, ils ont imaginé ensemble des dizaines de projets et jusqu’à 250 personnes se sont réunies lors des réunions publiques – soit presque le quart de la population !

Ces deux derniers mois, on ne parlait plus que de politique, au village. Joachim Hirschler :

« A la fin on n’en pouvait plus, il fallait vraiment faire ces élections. »

La Drôme à Saillans, en mars 2014 (Emilie Brouze/Rue89)
La Drôme à Saillans, en mars 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

Réveil des consciences

Cris de joie à l’annonce des résultats dimanche dernier, dans une salle bondée : la liste collégiale remporte les élections au premier tour avec 56,8% des voix (pour 1 070 inscrits) et 110 bulletins d’écart avec la liste du maire sortant, qui conserve trois sièges.

L’annonce des résultats des élections

Le soir même, les membres de la liste collégiale et ses sympathisants ont bu plus de Clairette de Die que prévu. Il ne reste que des bouteilles de jus de pomme qu’Annie Morin, la première adjointe, a mis de côté pour le conseil municipal du vendredi suivant. Le tout premier.

« Va falloir travailler ensemble, maintenant, pour l’intérêt commun ! », fait remarquer une vieille dame qui promène son caniche près du cimetière. « Les gens attendaient quelque chose de ces élections », sourit Sabine Girard, l’une des élues. Isabelle Raffner, sur la même liste, acquiesce :

« Qu’on gagne ou qu’on perde, il s’est passé un truc. Un réveil des consciences. Des rencontres, du partage. Quoi qu’il arrivait, ça allait changer. »

« Un village un peu rebelle »

A Saillans, la vie est habituellement aussi douce que les couleurs des maisons. Sur les façades, du saumon, de la menthe à l’eau ou des nuances de rose. La Drôme qui coule sous le pont de pierre à l’entrée du village est d’un bleu lagon, tout en transparence.


Deux façades à Saillans (Emilie Brouze/Rue89)

Les habitants affirment qu’il y a dans ce village une énergie hors du commun. Une effervescence qui doit en partie expliquer ce qui s’est déroulé ces dernières semaines. Saillans a connu l’exode rural et ses maisons abandonnées, avant de voir sa population grossir depuis une dizaine d’années. Vincent Beillard, le nouveau maire, installé depuis 2005, fait partie de ces « néo ».

Le village foisonne aussi d’associations (une quarantaine, selon Annie Morin). Comme L’Oignon, lancé en 2011, qui propose des soirées vinyles ou des cours de langues.Son local, sur la Grande rue, hébergeait autrefois un cercle républicain – L’Union. L’Oignon compte plus d’adhérents que d’habitants.

Confinés dans la vallée, les villageois assurent enfin qu’ils bénéficient d’un microclimat : quand ça souffle à Crest (la commune d’Hervé Mariton, réélu au premier tour), le mistral passe au-dessus des Saillansons.

« Le village est réputé pour être un peu rebelle », s’exalte Michel Gautheron.

« Il y a l’histoire de la supérette, de la carrière ou la fermeture de la gare – on s’était mis sur la voie pour arrêter les trains ! »

« Faut faire quelque chose ! »

L’aventure de « Autrement pour Saillans… tous ensemble » a démarré en juin autour d’un trio de villageois, Fernand Karagiannis, Annie Morin et André Oddon. Ils en avaient marre du coté « chef de village » du maire, François Pégon, qui prenaient des décisions sans consulter la population. Ils ont commencé à imaginer une démocratie participative.

Annie, ex-enseignante, raconte que le maire sortant était très attaché au mode électif :


Le « A » d’anarchie sous l’abri-bus (E.B./Rue89)

« J’ai dit “x fois” au maire que ça ne fonctionnait plus. De moins en moins de gens assistaient au conseil, les gens se désintéressaient. »

Dans le trio, André Oddon ne tenait pas en place : « Faut faire quelque chose ! »

IIs ont commencé à réfléchir à un projet de gestion municipale alternatif. Leur envie a commencé à s’ébruiter après les grandes vacances, par bouche à oreille.

Le supermarché, goutte d’eau de trop

Un événement a cristallisé le ras-le-bol, en 2010 : le projet d’une supérette qui devait être implantée à la sortie du village. Le maire n’a pas consulté les habitants pour cette décision importante : le supermarché, qui n’était pas accessible à pied depuis le centre, risquait d’affecter les petits commerces.

Un collectif, Pays de Saillans vivant, s’est mobilisé contre le projet, à grand renfort de pétitions, manifestations et courriers. Avec succès : le supermarché a été abandonné.

La bataille du supermarché a fourni l’énergie nécessaire aux débats sur la gestion de la commune : le succès des premières réunions publiques en a surpris plus d’un.

Au début, on ne parlait ni de liste, ni de programme. Il n’y avait, comme document de travail, qu’une feuille en papier pour que les intéressés puissent laisser leurs coordonnées.

Le 16 novembre, dans une salle polyvalente remplie (120 têtes, « un événement en soi »), les habitants ont été invités à parler de leur village – une sorte de diagnostic – avant d’avancer des idées.

Huit groupes de travail ont été constitués, encadrés par des animateurs : environnement, vivre ensemble, sport, jeunesse… Tristan Rechid, qui travaille dans un centre social, explique qu’ils ont utilisé les méthodes de l’éducation populaire, avec des gommettes et des post-it :

« On avait ce pari fou : bâtir un programme qui ne sortait pas de la tête d’un élu. On était en posture d’animateurs, à l’écoute, et trente projets ont été définis, initiés par des propositions d’habitants : de petites choses quotidiennes, de l’embellissement aux crottes de chien en passant par la redéfinition du stationnement. »

Pendant cette réunion, les habitants ont beaucoup parlé de lien social, d’écoute et de ce qu’ils pourraient faire pour décloisonner les générations et les groupes.

Les personnes âgées, par exemple, avaient envie d’être intégrées au projet de Maison de l’enfance et de la parentalité, issue de l’ancienne municipalité.


Les sympathisants de la liste collégiale, à Saillans, en février 2014 (Emmanuel Cappellin)

Les municipales, passage obligé

La liste de « Autrement pour Saillans » s’est constituée au début de l’année. Beaucoup d’associatifs et une majorité d’actifs, de 20 à 66 ans. Tout le monde est au même niveau : l’absence de hiérarchie se ressent au niveau de l’animation des réunions.

Ils n’ont jamais parlé de la « politique avec un grand P » et ignorent les penchants de leurs colistiers – le village vote plutôt à gauche. Ils disent se rassembler autour de valeurs communes, mises au propre dans une charte – on retrouve le dialogue, la transparence ou la protection de l’environnement.

« Ça m’a fait plaisir que de voir que des gens différents se retrouvaient ensemble, sans aucune cooptation », résume une élue, Dominique Balderanis.Pour choisir leur tête de liste, ils ont tranché selon les disponibilités de chacun. Tristan Rechid :

« On a essayé de tenir jusqu’au bout pour ne pas avoir une personne désignée. Il y avait “la liste de Pegon” [le maire sortant, ndlr] et “la liste collégiale”.

On a gagné sur ce point : on n’a pas voté pour une personne mais pour un projet. »

Conseil des sages

Durant les réunions publiques, les habitants ont également construit le schéma de fonctionnement de leur municipalité idéale.


Le schéma de fonctionnement « collégial et participatif »

« On est même allés jusqu’à se demander si on avait besoin d’un maire », précise Tristan Rechid. Les conseillers municipaux fonctionneront en binôme autour de sept compétences communales. Les indemnités leur seront équitablement réparties, en fonction du temps investi.

Que faire des trois élus de l’opposition ? « On va les intégrer dans notre fonctionnement, leur proposer de travailler selon nos méthodes », précise Vincent Beillard, le nouveau maire.

Une à deux fois par an, la population sera invitée à donner ses idées lors d’assemblées (les « commissions participatives » du schéma). Le reste de l’année, il y aura des petits comités sur des sujets précis, comme le choix du mobilier urbain ou la question des rythmes scolaires. Et s’il faudra trancher sur une chose importante, les élus aimeraient organiser des référendums.


Des chats se la coulent douce à Saillans (Emilie Brouze/Rue89)

Sabine se souvient que les beaucoup d’habitants avaient critiqué l’abattage d’arbres centenaires, sous l’ancienne municipalité :

« Peut-être que ce choix était rationnel… Si on avait eu tous les éléments du dossiers, on serait peut-être arrivé au même résultat. On veut prendre des décisions qui paraissent justes. »

Dans ce schéma de fonctionnement, il y aussi un « conseil des sages » : neuf habitants, qui veilleront au respect de la politique participative et en seront les ambassadeurs.

Car les élus veulent partager leurs méthodes, « essaimer » dans d’autres communes.


Saillans et Les Trois becs, à l’horizon (Emilie Brouze/Rue89)

« Complètement utopiste »

« Quand je suis sortie de la première réunion, je me suis dit que c’était complétement utopiste, qu’on y arriverait jamais », se souvient Sabine Girard, une géographe de 36 ans, attablée à la terrasse du Café des sports.

L’élue continue :

« Je suis quand même revenue et je me suis laissée embarquer par l’énergie du groupe. »

Les plus vieux ont joué un rôle important, juge-t-elle, alors que sa propre génération y croyait mollement.

Toutes ces réunions, ces centaines d’e-mails, cette campagne… Ça n’a pas été « un long fleuve tranquille », raconte Annie.

« Il y avait beaucoup d’interrogations. Parfois, je rentrais et j’avais l’impression de ne pas avancer. Il y avait des frictions, du débat, on savait que ça allait être épuisant mais on est restés. »

Les participants parlent tous d’un mélange d’utopie et de rigueur, de rêve et de travail.


Les élus dans la salle du conseil, le 27 mars 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

« Arme de discussion massive »

Ce jeudi, le maire et sa première adjointe, fraîchement élus, s’arrêtent toutes les cinq minutes pour dire bonjour, serrer des mains, faire des bises. Vincent porte un T-shirt à message de circonstance : « arme de discussion massive », est-il indiqué sous un haut-parleur.

Plus loin, un homme les interpelle déjà car sa vigne vierge a été soit-disant arrachée par du personnel communal :

« C’est toujours mieux de le dire amicalement plutôt que d’envoyer une lettre avec des photos. »


Annie Morin et Vincent Beillard (Emilie Brouze/Rue89)

Les résultats du premier tour sont encore placardés sur la porte en bois de la mairie. Le premier magistrat n’a pas encore récupéré les clés de l’entrée mais les nouveaux élus utilisent une salle au premier étage, pour leur « réunion de pilotage » hebdomadaire, ouverte au public. La première des six ans de mandat.


Hollande caché derrière un buste dans la salle du conseil (Emilie Brouze/Rue89)

Comme ils se trouvent à côté de la salle du conseil, plusieurs élus vont jeter un œil. « Ils ont caché Hollande ! », rient-ils en pointant le portrait, posé au fond derrière un buste.

Le maire prend la parole et fait le point sur le pot offert aux employés municipaux ou les travaux de la grande rue.

Ils parlent aussi de l’intercommunalité : les élus ont rencontré plusieurs maires pour parler stratégie :

« C’est vrai que dès qu’on sort de Saillans, on est obligés de rentrer dans le jeu politique. »


Lors du comité de pilotage le 27 mars 2014 (Emilie Brouze/Rue89)

A la fin, surprise : le maire reçoit un petit cadeau de ses colistiers qu’il déballe, amusé. Une paire de chaussettes.

« On en avait marre de voir les tiennes trouées. »

Pour Sabine Girard, le pire maintenant serait de décevoir les attentes. Ou s’enliser dans une machine ingouvernable.

Puisque les habitants les ont choisi, ils vont devoir travailler ensemble. Avec Olivier, le secrétaire de mairie, ils sont en train d’étudier les obligations légales pour clarifier l’organisation de la nouvelle municipalité. Sabine Girard craint la routine, aussi :

« Le défi, ça va être aussi de maintenir cette énergie. »


Annie Morin et Vincent Beillard, première adjointe et maire, dans la salle du conseil de Saillans (Emilie Brouze/Rue89)
Making of

C’est une riveraine, Ludmilla, qui nous a signalé l’expérience de Saillans et la victoire de la « liste collégiale » : « …79 % de votants, une belle mobilisation pour contrer le maire sortant François Pégon cadre-politicien, qui menait une politique mono-décisionnelle [...] S’il y a un nouveau maire c’est que la constitution l’exige, car la volonté de la nouvelle maire est tout autre ». Rue89

Dis papa, on va où ?...

Par Le 26/03/2014

Réforme des Rythmes Scolaires.

Dégradation des conditions d'enseignement, désengagement de l'Etat, augmentation des impôts locaux, mise en danger des enfants ...
Les scandales de la réforme des "rythmes scolaires"



Les petits français sont fatigués, alors il faut qu'ils se lèvent tôt le mercredi aussi ! "merci monsieur le nimiste de l'école !"


Les membres de ce forum et des collectifs liés à ce forum sont des parents d'élèves, des enseignants et des élus locaux.
Ce forum n'est lié à aucun parti politique et à aucun syndicat.

La réforme des rythmes scolaires n’est pas une « gentille réforme » pour le bien des enfants menée par un gentil « ministre des élèves » comme il se qualifie lui-même.
Avançant caché derrière une prétendue intention d’améliorer les résultats scolaires des élèves des écoles publiques, le gouvernement engage en réalité un train de réformes dont les objectifs sont bien moins louables.

Et sur le terrain, les conséquences de cette réforme sont déjà catastrophiques !



Ecoles publiques des territoires: écoles publiques de toutes les inégalités

Préparée par la droite et appliquée par la gauche, la réforme des rythmes scolaires qui impose aux communes d’établir un «  projet éducatif du territoire » ( pedt ) a pour objectif de préparer le terrain pour une prochaine décentralisation du système éducatif français. Cela signifie que l’Etat a l’intention de se débarrasser de la charge des salaires des enseignants au détriment des collectivités locales ( régions, départements, communes … ) qui devront forcément, pour assumer ce rôle supplémentaire, augmenter les impôts locaux. Etant donné que les impôts nationaux ne diminueront pas pour autant, le contribuable sera donc amené à payer deux fois ce qu’il ne finançait qu’une seule fois auparavant.
Ces projets de décentralisation sont dévoilés clairement dans le rapport de la Cour des comptes rendu le 22 mai 2013 intitulé « Gérer les enseignants autrement » et dont une analyse très pertinente a été réalisée sur ce site :

http://www.laviemoderne.net/grandes-autopsies/52-le-fabuleux-rapport-de-la-…

Autre preuve de ces intentions cachées, les déclarations récentes du président de la région Aquitaine qui a fièrement annoncé une réforme de décentralisation totale de l’éducation « dans moins de temps qu’on ne croit »
http://www.sudouest.fr/2014/01/14/alain-rousset-croit-au-rebond-des-territo…

Alors que le gouvernement cherche à faire des économies par tous les moyens, il a débloqué un fonds de 250 millions d’euros pour la première année et le reconduit pour la deuxième année. Comment expliquer une telle aberration si ce n’est par la volonté de faire passer au plus vite une réforme qui lui permettra ensuite d’alléger considérablement le budget de l’Etat au détriment de collectivités locales.
http://www.vousnousils.fr/2013/11/20/rythmes-scolaires-370-millions-ajoutes…

La décentralisation du système éducatif créera des inégalités inédites entre les territoires en termes de moyens financiers pour les écoles mais aussi en termes de contenus d’apprentissage.
http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-paul-brighelli/education-nation…

Des emplois-aidés municipaux pour « inverser la courbe du chômage »

Le gouvernement a aussi un besoin crucial de cette réforme pour obtenir à court terme une baisse des statistiques du chômage, sur le dos des contribuables locaux. En effet, il compte sur le recrutement de centaines de milliers de personnes par les communes pour quelques heures par semaine d’ « activités périscolaires » sur ce temps de garderie supplémentaire créé dans ce but par cette réforme.

http://vigilance-rs.clicforum.fr/t675-R-forme-des-rythmes-scolaires-les-con…

Ce sont les enfants qui trinquent

Sur le terrain, l’application de cette réforme a déjà conduit à une dégradation sans précédent des conditions d’apprentissage des élèves des écoles publiques.
Dans les quatre mille communes qui appliquent cette réforme depuis la rentrée 2013, enseignants et parents d’élèves sont unanimes pour dire que les enfants sont beaucoup plus  fatigués qu’avant. Il ne s’agit pas d’un « retour » à la semaine de 4 jours et demi puisque la demi journée retirée en 2008 était le samedi matin. La coupure du mercredi était indispensable pour que les élèves puissent souffler en milieu de semaine.

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2013/10/01/rythm…

Plutôt que d’alléger la semaine des élèves ( objectif annoncé ), cette réforme a entraîné dans la majorité des cas une augmentation du temps passé en collectivité.
Très inégal d’une commune à l’autre, ce temps supplémentaire de collectivité est dans la plupart des cas plus fatigant que le temps passé en classe.

http://www.sne-csen.net/4-jours-c-est-bon-pour-les-enfants_a289.html

Et pour mieux faire passer la pilule auprès des communes, le gouvernement a réduit le taux légal d’encadrement des enfants, prenant ainsi le risque de voir augmenter le nombre d’accidents.
http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20130804.AFP1374/le-decret-abaissa…


Des difficultés supplémentaires et des problèmes insolvables ... dont on se passerait bien

Des difficultés concrètes de mise en œuvre de cette réforme ont été totalement négligées par ses initiateurs tant il était primordial qu’elle s’applique le plus rapidement possible.
Habituellement, ce type de réforme est précédé d’une expérimentation dans quelques départements. Cette fois, tout le monde doit y passer d’autorité en 2014.


Problèmes de financement alors que l’Etat réduit toujours d’avantage ses subventions aux collectivités locales, d'où l'obligation pour les maires d'augmenter les impôts locaux.
http://www.ledemocratevernonnais.fr/2013/02/11/pourquoi-la-reforme-scolaire…

Problèmes de locaux et d’infrastructures.
http://blogs.mediapart.fr/blog/bondy-autrement/160214/rythmes-scolaires-ou-…

Problèmes de transports scolaires.
http://www.larochesuryon.maville.com/actu/actudet_-rythmes-le-transport-ine…
http://vigilance-rs.clicforum.fr/f154-PROBLEMES-DE-TRANSPORT-SCOLAIRE.htm

Confusions sur les questions de responsabilités entre les personnels de l'Education Nationale et les personnels municipaux.
http://www.ouest-france.fr/le-conseil-sursoit-la-reforme-des-rythmes-scolai…

Impossibilité de trouver du personnel compétent pour travailler avec des enfants en nombre suffisant et pour quelques heures seulement.
"Allez leur dire qu’ils ne se déplacent que pour travailler 45 minutes sur une journée ! Je ne suis pas sûr qu’ils soient partants… "
http://www.lavoixdunord.fr/region/voeux-de-rene-dubuisson-les-rythmes-scola…

Des alertes sont lancées partout pour dénoncer des cas d’enfants qui se retrouvent dans la rue par négligence.
http://www.rtl.fr/actualites/article/quatre-ans-un-enfant-est-reste-seul-ch…
http://www.lavoixdunord.fr/region/maubeuge-les-parents-de-dorine-six-ans-ne…
http://vigilance-rs.clicforum.fr/f153-PROBLEMES-POSES-PAR-L-INCOMPETENCE-DE…

Des problèmes de comportements et de langage inadaptés avec les enfants de la part des « animateurs » sont signalés.
http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/lutte-contre-le-harceleme…
http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-et-marne-77/rythmes-scolaires…
http://vigilance-rs.clicforum.fr/t658-L-assistant-d-ducation-tait-un-perver…

Des communes lancent des appels désespérés aux bénévoles avec tous les risques que cela comporte. Les désistements de bénévoles sont fréquents et les taux d'encadrement des enfants ne sont plus respectés.

http://www.courrier-picard.fr/region/un-appel-aux-benevoles-pour-les-rythme…

Des communes décident de facturer aux parents ce temps de garderie supplémentaire.
http://www.rtl.fr/actualites/info/article/reforme-des-rythmes-scolaires-la-…
http://vigilance-rs.clicforum.fr/f143-Nouveaux-rythmes-scolaires-des-d-pens…

Des communes décident de ne pas mettre en place de garderie après l’école contraignant les parents à venir chercher leurs enfants à 15h30.

Des milliers de professionnels travaillant avec les enfants sont mis en difficulté par la perte du mercredi comme les orthophonistes ou les clubs de sport.
http://vigilance-rs.clicforum.fr/f156-PROBLEMES-POUR-LES-AUTRES-PROFESSIONS…


Les enseignants alertent sur les difficultés accrues de faire leur travail

Nombreux sont ceux qui dénoncent la transformation de leur école en « centre d’animation » où tout tourne autour des activités de loisirs et dans lesquels ils tentent péniblement d’enseigner encore un minimum. Ils dénoncent la confusion croissante des élèves entre le scolaire et le périscolaire surtout quand les deux se déroulent dans les mêmes locaux et que les animateurs reprennent des thèmes du programme scolaire.
Les enseignants alertent aussi sur les dégradations des locaux et du matériel après chaque passage de groupes d’enfants gérés par des personnes qui n’ont pas l’autorité nécessaire et sont rapidement submergés.

http://www.lexpress.fr/actualite/reforme-des-rythmes-scolaires-a-paris_1311…
http://rue89.nouvelobs.com/2013/10/09/rythmes-scolaires-lecole-grand-e-cest…
http://vigilance-rs.clicforum.fr/f152-LES-ENSEIGNANTS-ALERTENT-SUR-LA-DEGRA…


La réforme des rythmes scolaires favorise l'intrusion des grandes entreprises dans les écoles sous couvert de "partenariats pour la jeunesse"

Elles cherchent à soumettre les enfants à leurs marques dès le plus jeune âge.
Quand ces "partenariats" auront pris de l'ampleur, les élèves auront-ils l’obligation de regarder des publicités sur des écrans en début de cours comme le montrait un reportage d’ « Envoyé Spécial » sur les écoles publiques américaines il y a une dizaine d’année ?

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/des-ecoles-publiques-la…
http://www.blogapares.com/leducation-nationale-corrompue-par-nestle/
http://www.slate.fr/story/77312/privatiser-ecole-france-pas-tout-fait-une-f…


Les écoles privées sous contrat n’ont pas l’obligation d’appliquer cette réforme
pourtant considérée comme La solution contre l’échec scolaire par le ministre de l’EN. Encore une manière d’inciter les parents à retirer leurs enfants de l’école publique et les inscrire dans le privé.

http://vigilance-rs.clicforum.fr/f157-AUCUNE-OBLIGATION-POUR-LES-ECOLES-PRI…

BILAN :
Inconvénients : 100 %   /  Avantages: 0 %


Depuis plus d'un an, dans toute la France, des milliers de parents d'élèves, d'enseignants et d'élus locaux luttent pour que cette absurdité ne s'appliquent pas dans leur commune :

http://vigilance-rs.clicforum.fr/f150-PETITIONS-MANIFESTATIONS-BOYCOTT-ET-O…
http://vigilance-rs.clicforum.fr/f151-DES-MILLIERS-DE-COMMUNES-S-OPPOSENT-A…

Cette réforme est un coup d'accélérateur sans précédent dans le processus de destruction de l'école publique mené depuis plusieurs décennies.
http://vigilance-rs.clicforum.fr/f147-POUR-COMPRENDRE-COMMENT-L-ECOLE-S-EST…

Rejoignez
le groupe facebook « Rythmes Scolaires : Arrêtez le Massacre ! »
https://www.facebook.com/groups/609556085733767/
et l'association des "Gilets Jaunes" Contre la réforme des rythmes scolaires
https://www.facebook.com/CONTRE.LA.REFORME.SCOLAIRE
http://clrdrs.fr/
Autres sites contre la réforme des rythmes scolaires:
http://vigilance-rs.clicforum.fr/t667-des-sites-des-blogs-des-forums-des-pa…

Condamnés...

Par Le 26/03/2014

Liste (non exhaustive) des condamnations et mises en examen du PS, de l’UMP et du FN

Une liste à diffuser car non seulement elle montre bien que finalement, tous les partis sont plus ou moins pourris, mais qu’en plus, ils ne méritent vraiment pas le respect auquel ils prétendent avoir droit! Le casier judiciaire vierge devrait être une condition sine qua non en politique!!!

http://lesmoutonsenrages.fr/2013/04/05/liste-non-exhaustive-des-condamnations-et-mises-en-examen-du-ps-de-lump-et-du-fn/

menottes

Liste des condamnations et mises en examen du PS

Anne Hidalgo condamnée en 2012 à 40 000 € d’amende pour infraction à la législation sur la durée du travail.
Bernard Granier condamné en 2011 pour corruption.
Bertrand Delanöe condamné en 2010 pour atteinte au droit du travail.
Catherine Trautmann condamnée en 1999 pour diffamation.
Christian Bourquin condamné en 2012 pour délit de favoritisme.
Claude Pradille condamné en 1995 pour corruption.
Edmond Hervé condamné en 1999 pour manquement à une obligation de sécurité dans l’affaire du sang contaminé.
Elie Pigmal condamné en 2012 pour délit de favoritisme.

François Bernardini condamné en 2001 pour ingérence, détournement de fonds publics, abus de confiance et abus de biens sociaux.
François Xavier Bordeaux condamné en 2011 pour abus de faiblesse
Georges Frêche (ex PS) condamné régulièrement en fin de carrière pour de multiples dérapages verbaux.
Harlem Desir condamné en 1998 pour recel d’abus de confiance.
Henri Emmanuelli condamné en 1997 pour trafic d’influence.
Jack Lang condamné en 2008 pour rupture de contrat.
Jack Mellick condamné en 1997 dans l’affaire OM-VA pour faux témoignage.
Jeanine Ecochard condamnée en 1998 dans l’affaire Urba(financement occulte du PS).
Jean-Christophe Cambadélis condamné en 2006 pour l’affaire de la MNEF.
Jean-François Noyes mis en examen en 2012 dans le cadre de l’Affaire Guérini pour association de malfaiteurs en vue de trafic d’influence et recel de trafic d’influence.
Jean-Marc Ayrault condamné en 1997 pour délit de favoritisme.
Jean-Marie Le Chevallier condamné en 2003 pour subordination de témoin.
Jean-Noel Guérini mis en examen en 2011 pour prise illégale d’intérêt et trafic d’influence.
Jean-Paul Huchon condamné en 2007 pour prise illégale d’intérêt et en 2011 par le Conseil d’Etat.
Jean-Pierre Balduyck condamné en 2005 pour favoritisme a fait appel de sa condamnation.
Jean-Pierre Destrade condamné en 2005 pour escroquerie et trafic d’influence.
Khadija Aram (ex PS) condamnée en 2011 pour trafic d’influence et abus de confiance.
Line Cohen Solal condamnée en 2011 dans la même affaire que celle touchant Pierre Mauroy.
Malek Boutih condamné en 2006 pour diffamation.

Michel Delebarre condamné en 2005 dans l’Affaire des Ecoutes Téléphoniques.
Michel Laignel condamné en 2006 pour faux, usage de faux, délit de favoritisme, prise illégale d’intérêt, et détournement de fonds.

Michel Pezet condamné en 1998 pour recel de fonds utilisés [pour un financement politique] en dehors de tout enrichissement personnel.

Mohamed Abdi condamné en 2007 pour escroquerie.

Monique Delessard condamné en 2010 pour mariage illégal.

Olivier Spithakis condamné en 2005 dans l’affaire de la MNEF.

Patrick Sève mis en examen en 2011 pour octroie injustifié de marchés publics et soustraction de fonds publics.  Pascal Buchet reconnu coupable en 2012 de harcèlement moral après le suicide d’une de ses collaboratrice.

Philippe Sanmarco condamné en 1997 pour complicité de trafic d’influence dans l’affaire du financement occulte du PS, l’Affaire Urba.

Pierre Mauroy condamné en 2011 pour emploi fictif.

Pierre Moscovici condamné en 2001 pour atteinte au droit à l’image.

René Teulade condamné en juin 2011 pour abus de confiance.

Robert Gaïa condamné en 2002 pour favoritisme.

Ségolène Royal condamnée en 2008 pour licenciements abusifs.

Serge Andréoni mis en examen en 2011 pour complicité de trafic d’influence dans le cas de l’affaire Guérini.

Sylvie Andrieux mise en examen en 2010 pour complicité de tentative d’escroquerie et de détournements de fonds publics dans l’affaire du financement présumés à hauteur de 700 000 € d’associations présumées fictives.

Yacine Chaouat condamné en 2011 en appel pour violences conjugales

 

Cette liste est non exhaustive. Nous la tiendrons à jour en fonction de l’actualité judiciaire. Merci de nous faire part d’éventuels ajouts. Nous tenons également à mettre tout particulièrement en garde le PS d’être extrêmement vigilant car il vous faudra être exemplaire. Votre pouvoir est aujourd’hui considérable, faites-en bon usage … Nous ne vous lâcherons pas non plus, c’est un devoir citoyen.

D’autres listes sont à venir. Suite au prochain N°…

 

UMP

Alain Agostini (UMP) 2008, condamné pour proxénétisme aggravé en bande organisée.

Alain Carignon (UMP) 1999, condamné pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins.

Alain Ferrand (UMP) 2006, condamné pour faux et usage de faux. 1998, condamné pour prises illégales d’intérêts et condamné pour fraude fiscale.

Alain Juppé (UMP) 2007, condamné pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt.

Alain Tuduri (UMP) 2009-2010, condamné pour discrimination raciale, pour avoir préempté les biens immobiliers que voulait acheter des personnes d’origines étrangères dans sa commune.

Axel Poniatowski (UMP) 2010, condamné pour diffamation.

Brice Hortefeux (UMP) 2010, condamné pour atteinte à la présomption d’innocence. Il a également été condamné pour injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine. Le Parquet Général a requis sa relaxe, la décision a été mise en délibéré au 15 septembre.

Brigitte Barèges (UMP) 2011, condamnée pour refus de mariage.

Bruno Sandras (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Charles Fabre (UMP) 2010, mis en examen pour favoritisme.

Charles Pasqua (UMP) 2009 à 2010, condamné pour trafic d’influence, pour favoritisme, pour faux, financement illégal de campagne et abus de confiance. Il est cité dans l’affaire de recel d’abus de biens sociaux pour l’association France Afrique Orient. Il également mentionné dans l’affaire du financement occulte du ministère de l’Intérieur et de l’Union des groupements d’achats publics.

Christian Vanneste (UMP) 2006 et 2007, condamné pour propos homophobes, condamnation confirmée par la Cour d’Appel puis annulée par la Cour de Cassation. Il avait déclaré l’homosexualité inférieure à l’hétérosexualité et que l’homosexualité était une menace pour l’humanité.

Claude Polony (UMP) 2001-2009, reconnu coupable de prise illégale d’intérêt, favoritisme et détournements de fonds.

Daniel Simonpieri (FN puis UMP), condamné pour favoritisme, fausses factures et emploi fictif. Il avait déjà été condamné pour harcèlement moral.

Damien Meslot (UMP) 2010, condamné pour outrage à magistrat, mis en examen pour atteinte ou tentative d´atteinte à la sincérité d´un scrutin.

Denis Gautier-Sauvagnac (UMP) 2008, mis en examen pour blanchiment d’argent.

Denis Jacquat (UMP) 2011, condamné pour abus de confiance et infraction à la législation sur le financement des campagnes électorales.

Didier Schuller (RPR-UMP) 1994, il s’enfuit aux Bahamas après la révélation d’une tentative de déstabilisation du juge Éric Halphen puis il continue sa cavale en Dominique Républicaine où il bénéficie d’une protection diplomatique, avant de revenir en France.> 2005, condamné pour financement illégal de sa campagne.> 2007, condamné pour avoir fait financer de façon occulte des activités politiques.

Dominique Paillé (UMP) 2004, condamné pour abus de confiance.

Frédéric Chazal (UMP) 2010, condamné pour diffamation.

Gaston Flosse (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Georges Tron (UMP) 2011, mis en examen pour harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol.

Gérard Dezempte (UMP) 2006, condamné pour discrimination.

Gérard Larrat (UMP) 2011, condamné pour constitution de partie civile abusive ou dilatoire dans le but de nuire à son adversaire socialiste.> 2011, mis en examen pour complicité d’atteinte à la sincérité du scrutin, complicité de faux administratif et usage et complicité de manà…“uvre frauduleuse tendant à l’exercice irrégulier du vote par procuration, son élection a été annulée.

Gilles Forray (UMP) 2006, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Guy Drut (UMP) 2005, condamné pour avoir bénéficié d’un emploi fictif.Guy Wildenstein (UMP) 2011, mis en examen pour recel d’abus de confiance.

Henry Chabert (UMP) 2002, condamné pour recel d’abus de biens sociaux.

Jacques Blanc (UMP) 2009, mis en examen pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt.

Jacques Masdeu-Arus (UMP) 2006 à 2009, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Jacques Myard (UMP) 2009, condamné pour diffamation.Jean Reynaud (UMP) 2004, condamné pour prise illégale d’intérêt. 2006, condamné pour harcèlement moral et dégradation des conditions de travail.

Jean Tiberi (UMP) 2009, condamné pour occupation illégale des locaux de sa permanence et fraude aux électeurs.

Jean-Louis Garnier (UMP) 2011, condamné pour coups et blessures.

Jean-Louis Masson (UMP) 1997, condamné pour avoir financé la campagne d’un concurrent afin d’affaiblir sa rivale à droite.

Jean-Paul Alduy (UMP) 2008, son élection est annulée pour fraude.

Jean-Paul Fournier (UMP) 2009 à 2010, condamné pour prise illégale d’intérêt.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud condamnée (UMP) 2006, condamnée pour diffamation et complicité de diffamation.

Joëlle Ferrand (UMP) 2010, condamnée pour prise illégale d’intérêt et malversations.

Laurence Spicher-Bernier (UMP) 2010 à 2011, condamnée pour exercice illégal de la profession d’avocat et escroquerie.

Lionel Cressiot (UMP) 2011, mis en examen pour injures et diffamation.

Lucette Michaux-Chevry (UMP) 2002, condamnée pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics.

Manuel Aeschlimann (UMP) 2009, condamné pour favoritisme dans l’attribution d’un marché public.

Marie-Jeanne Bozzi (UMP) 2002, condamnée pour proxénétisme aggravé, association de malfaiteurs et dissimulation de travail clandestin.> 2007, condamnée pour soustraction au paiement de l’impôt, omission de déclaration et fraude fiscale.> 2009, mise en examen pour association de malfaiteurs en vue de la commission d’un homicide en bande organisée.

Maurice Gutman (UMP) 2010, condamné pour proposition sexuelle à une mineure de 12 ans.

Michel Buillard (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Michel Habig (UMP) 2006, condamné pour avoir fait incendier 14 caravanes appartenant à des Roms installées sur un terrain municipal.

Nicolas Bazire (UMP) 2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

Olivier Deleu (UMP) 2011, mis en examen pour injures et diffamation.Olivier Rey (UMP) 2008, condamné pour violences, menaces et dégradation grave du bien d’autrui à raison de la religion.

Pascal Buchet (UMP) 2007-2011, condamné pour harcèlement moral ayant mené au suicide.

Patrick Balkany (UMP) 2003, condamné pour injure publique et pour diffamation. 1999, condamné pour avoir rémunéré aux frais du contribuable trois personnes désignées comme des employés municipaux mais qui ne s’occupaient que de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence secondaire près de Giverny.

Philippe Brun (UMP) 2011, condamné pour fraudes et multiples abus de biens sociaux.Pierre Bédier (UMP) 2009, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Philippe Pemezec (UMP) 2010, condamné pour injures. 2007, condamné pour irrégularités lors de sa campagne, son élection sera annulée.

Renaud Donnedieu de Vabres (UMP) 2004, condamné pour blanchiment d’argent.> 2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

René Vestri (UMP) 2009, condamné pour travail dissimulé.> 2010, mis en examen pour blanchiment à titre habituel et en bande organisée, trafic d’influence et association de malfaiteurs.

Richard Cazenave (UMP) 1999, condamné pour abus de biens sociaux.> 2004, condamné pour recel et complicité d’abus de biens sociaux.

Serge Dassault (UMP) 1998, condamné pour corruption. 2010, condamné pour procédure abusive.> 2009, condamné pour avoir acheté des voix lors des municipales.

Thérèse Aillaud (UMP) 2002, condamnée pour détournement de fonds publics.

Thierry Gaubert (proche de l’UMP, collaborateur de Sarközy) 2008, mis en examen pour abus de biens sociaux et escroquerie.> 2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

Thierry Leprince (UMP) 2007, condamné pour viol sur une mineure de 12 ans.

Vincent Toni (UMP) 2008 et 2011, condamné pour corruption passive.

Xavier Dugoin (UMP) 1997, condamné pour trafic d’alcool, salaires fictifs et corruption.> 1999 à 2000, condamné pour abus de confiance, détournement de fonds publics, falsification de documents administratifs et prise illégale d’intérêt.> 2001, mis en examen dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs du conseil général de l’Essonne, cette procédure sera annulée pour vice de forme.2010, un cadre de l’UMP dont le nom n’a pas été diffusé a été mis en examen pour vol de carte bancaire d’un ancien dirigeant et pour le piratage, lors de la guerre interne à l’UMP 31, de l’ordinateur de l’ex-présidente Christine de Veyrac.> Les policiers ont retrouvé des objets acquis frauduleusement au domicile du jeune homme.L’UMP condamnée pour atteinte au droit à l’image avec son LipDub en diffusant pour le clore la photo d’une jeune femme n’y ayant pas consenti.

L’UMP, à l’origine de la loi Hadopi, condamnée pour piratage d’une musique de MGMT utilisée lors de leurs meetings et pour illustrer plusieurs vidéos diffusées sur Youtube.

André Santini avait été mis en examen le 30 mai 2006 pour «prise illégale d’intérêt», «faux et usage de faux» et «détournement de fonds publics».

UMP Eric Woerth mis en examen jeudi 9 février 2012, cette fois pour « recel » dans l’enquête sur l’héritière de L’Oréal Liliane Bettencourt, a déclaré son avocat.

NdA : (manquent, notamment les « affaires Chirac »)

 

 

FN

Voici la liste non-exhaustive des condamnations de membres du Front National.

Cette liste a été réalisée en effectuant des recherches sur internet  et grâce au travail de certains internautes, Il est possible que certains jugements aient évolués sans qu’ils n’en soient trouvés la trace.

Nous remercions toutes les personnes qui ont effectuées ce travail et relayons donc ces informations sur No Pasaran FM, comme nous l’avons fait pour les membres UMP et PS.

Sur cette liste les condamnations sont très graves, voici donc approximativement ce pourquoi 18 % de français ont voté à l’élection présidentielle de 2012 mais étaient t’il au courant de ces faits ? Pour certains oui, ils cautionnent donc de tels actes, pour tous les autres qui se sont fait embobiner, il est temps de vous réveiller et de regarder la vérité en face.

La première date correspond à l’époque des faits, la deuxième correspond au moment de la condamnation. Si une seule date est inscrite, il s’agit de celle de la condamnation.

N’hésitez pas à nous signaler toute erreur ou oubli et il doit y en avoir.

 

Le Front National 1992-1996, condamné pour avoir vendu une investiture.

Le Front National 2002, condamné pour avoir utilisé de manière dévalorisante l’image d’une personne.

Le Front National 2002, condamné pour avoir utilisé sur son site les clichés protégés de l’AFP.

Le Front National 2008, condamné pour avoir utilisé sans autorisation, en la détournant, la célèbre photo du « Che au béret et à l’étoile ».

Le Front National 2007-2009, condamné à rembourser plus de 6,3 millions d’euros de dettes majorées de près de 600 000 euros d’intérêts à Fernand Le Rachinel.

Le Front National 2009, condamné à détruire ses tracts.

Le Front National 2010, condamné à retirer ses affiches litigieuses.

1995, trois colleurs d’affiches du Front National ont été condamnés pour le meurtre d’Ibrahim Ali-Abdallah.

2004, un membre du Front National dont l’identité n’a pas été révélée a été mis en examen et écroué pour la profanation de 127 tombes du cimetière juif de Herrlisheim.

2007, un membre du Front National dont l’identité n’a pas été révélée a été mis en examen pour l’assassinat de Karim Zaiter, un pilote de quad, la veille de Noël, puis incarcéré.  Il affirme avoir tiré au hasard sur un des engins qui tournaient sur le square sans vouloir tuer.

2009, quatre membres du Front National dont les noms n’ont pas été révélés ont été condamnés pour coups et blessures après avoir attaqué un homme noir une fois le repas patriotique organisé par le FN terminé.

Alexandre Gabriac (FN) 2007, mis en examen pour ses liens étroits avec un commando d’extrême-droite ayant tenté de cambrioler un stand de tir à Saint-Andéol-le-Château, dont l’aventure s’est terminée par le meurtre du Gendarme Ambrosse.

2009, condamné pour apologie de crime contre l’humanité, injures à caractère raciste et violences volontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à 8 jours

Alexandre Simonnot (FN) 2006-2010, condamné pour avoir détruit un préservatif géant à l’occasion de la journée mondiale contre le Sida.

Antoinette Martinet (FN) 1997 à 1998, condamnée pour provocation à la haine, à la violence et à la discrimination.

Bruno Gollnisch (FN) 2004-2007, condamné en première instance et par le Conseil d’État pour contestation de l’existence de crime contre l’humanité (négationnisme), la Cour de Cassation va pourtant casser sans renvoi l’arrêt de la cour d’appel. 2008-aujourd’hui, poursuivi en justice pour incitation à la haine raciale.

Bruno Mégret (Fondateur du MNR et membre du FN) 1998, condamné pour avoir tenu des propos sur l’inégalité des races. 2002-2002, condamné pour avoir envoyé aux frais de la commune de Vitrolles plusieurs milliers de lettres appelant à parrainer sa candidature pour l’élection présidentielle.

2006, condamné pour détournement de fonds.

Calude Jaffres (FN) 1997, condamné pour usurpation de fonction.

Catherine Mégret (FN) 1998 et sa Mairie de Vitrolles furent condamnés pour discrimination et incitation à la discrimination.

2002, condamnée pour avoir envoyé aux frais de la commune de Vitrolles plusieurs milliers de lettres appelant à parrainer la candidature de son époux pour l’élection présidentielle.

2006, condamnée avec son mari pour détournement de fonds.

Cédric Bégin (FN) 1999-2002, condamné pour détention sans autorisation de munitions et d’armes, condamné pour incitation à la haine raciale.

Christophe Klein (FN) 1999-2002, condamné pour provocation à la discrimination raciale

Claude Jaffrès (FN) 1997, condamné pour abus d’autorité et usurpation de fonction.

Daniel Simonpieri (FN puis UMP), condamné pour favoritisme, fausses factures et emploi fictif. Condamné pour harcèlement moral.

Denis Monteillet (FN) 1995, condamné pour avoir inscrit plusieurs personnes de son voisinage sur la liste présentée par son parti au municipales sans les avoir prévenues. Le Conseil d’Etat a annulé les élections des conseillers municipaux FN pour « liste irrégulière ».

Emilien Bonnal (FN) 1985, ex-candidat FN aux cantonales et municipales, a été  reconnu coupable de meurtre, alors qu’il collait des affiches pour le FN, pour avoir tué Abdallah Moktari, 23 ans ; qui l’avait insulté. 8 ans de prison.

Francis Watez (FN) 1995, condamné pour incitation à la discrimination raciale pour avoir

collé des affiches proclamant : « Musulmans, Barbaresques, Algériens, terroristes ou non, tous dehors » et « Refuser l’intégration de ces sauvages est un devoir national ». (2 ans d’inéligibilité et 50 000 F d’amende).

François Nicolas-Schmitt (FN) 1997, condamné pour détournement de fonds.

Gilles Lacroix (FN) 1997-1997, condamné pour complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation et pour complicité de destruction de biens.

Georges Theil (FN) 2001,  condamné pour contestation de crimes contre l’Humanité. 2004-2006, de nouveau condamné pour contestation de crimes contre l’humanité.

Guy Cannie (FN) 2009-2011, condamné pour escroquerie en bande organisée.

Jacky Codvelle (FN) 1990, condamné pour avoir mis le feu à la voiture du député du Rhône et maire PS de la ville, Jean Jacques Queyranne pour fêter le 14 juillet.

Jacques Bompard (FN) 2008-2010, mis en examen pour prise illégale d’intérêt.

Jacques Coutela (FN) 2011, mis en examen pour incitation à la haine raciale suite à son apologie d’Anders Behring Breivik, auteur des attentats d’Oslo.

Jean Holtzer (FN) 1990, ex-candidat FN aux cantonales a été reconnu coupable de vol à main armé pour avoir braqué une banque (8 ans fermes). Cet ancien avocat général avait un jour réclamé la peine de mort pour une histoire identique.

Jean-Claude Poulet (FN) 1992, condamné pour avoir battu sa femme pendant quinze ans pour « la stimuler au travail… Il fallait que je la stimule assez fréquemment »

Jean-Marc Maurice (FN) 2004 à 2009- 2010 à 2011, 6 condamnations. Condamné pour outrage à agent dépositaire de l’autorité publique, vol, escroquerie, banqueroute, travail dissimulé et non déclaré, abus de bien sociaux.

Jean-Marie Le Chevallier (FN), condamné pour subornation de témoin dans l’affaire du meurtre de son directeur de cabinet.

Jean-Yves Douissard (FN) 1999-2002, condamné pour incitation à la haine raciale.

Jean-Yves Le Gallou (FN) 1991-1998, condamné pour provocation à la haine raciale.

Joël Klein (FN) 1998,  condamné pour coups et blessures sur un Nord-Africain.

Laurent Mirabeau (financier de JM LePen) 1994, condamné pour escroquerie et exercice illégal de la profession de banquier.

Louis Aliot (FN) 2008, condamné pour diffamation.

Louis de Noëll (FN) 1997, condamné pour détournement de fond. Il avait utilisé de l’argent de la société dont il est le gérant pour s’acheter un appartement à Paris, un autre à Perpignan et une villa sur la mer. 1 an avec sursis et 50000F d’amende.

Marc Georges (FN) 1995, condamné pour avoir blessé par balle un jeune homme.

Marc Lyoen (FN) 1997, condamné pour avoir employé des clandestins.

2008 : Candidat régulier du F.N condamné cette fois pour fraude au RSA. L’ancien dirigeant départemental du FN devra payer une amende de 500 euros et rembourser 15 000 euros au Conseil Général de Maine et Loire.

Marcel Mazières (FN) 1995, condamné pour avoir envoyé à un professeur de philosophie une lettre anonyme injurieuse. Extrait : « Vous transformez nos classes en goulag politique, votre aspect physique est disgracieux et, apprenant que vous êtes homo, cela est risible ».

Marine Le Pen (FN) 2008, condamnée pour diffamation.

Pascal-Bernard de Leersnyder (FN) 1991,  condamné pour actes de torture sur un enfant de cinq ans.

reconnu coupable de violence sur mineur pour avoir appris l’allemand au fils de sa compagne à coup de poing (jusqu’au sang) et pour lui avoir plongé la tête dans les WC ( « Il n’était pas digne de la salle de bains » ). 13 mois de prison dont 10 fermes.

Patrick Bassot (FN) élu dans le Vaucluse 2012, a été condamné à 1.000 euros d’amende pour « incitation à la discrimination, à la haine et à la violence à l’encontre des immigrés ».

Patrick Binder (FN) 2010-2011, condamné pour injure publique et provocation à la haine raciale. 2004-2005, condamné pour injures racistes en public.

Philippe Bernard (FN) 2004-2008, mis en examen pour faux et falsification, abus de confiance et escroquerie.

Philippe Viard (FN) 1998, mis en examen et probablement condamné depuis pour discrimination en raison de l’origine, de l’appartenance ou la non-appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation ou une religion non déterminée. Condamné pour injures et pour délit de fuite après avoir renversé un enfant.

Pierre Van Dorpe (FN) 1989, condamné pour avoir tiré à l’aide de son fusil à pompe sur un groupe de jeunes d’origines maghrébine en blessant au dos l’un d’eux parce qu’il faisait trop de bruit. Le FN lui paye ses 15 000F de caution. 15 mois avec sursis.

Raynald Liekens (FN) 1994, condamné pour le meurtre d’une juive. Il a déclaré : « Elle était plus gentille avec moi que personne ne l’avait été jusque-là. Mais, quand j’ai appris qu’elle était juive, j’ai décidé de la tuer car les juifs sont les ennemis de la race blanche ».

Richard Jacob (FN) 2010-2011, condamné pour outrage et rébellion.

Roger Fabregues (FN) 1996, condamné pour trafic de drogues. Il avait profité d’un voyage au Maroc pour importer du haschisch (2 ans de prison).

Sylvain Ferrua (FN) 1996, condamné pour proxénétisme 1 ans avec sursis et 50000 F d’amende.

Tanguy Deshayes (FN) 2008-2009, mis en examen pour menaces de mort, il a confirmé en être l’auteur. Quelques années auparavant il avait été condamné pour bagarre ainsi que pour port d’arme.

Valls et André (FN), condamnés pour violence avec arme

Xavier Voute (FN) 1997, condamné pour avoir aspergé de gaz lacrymogène des militants de Ras l’Front (mouvement anti-FN).

Yannick Lecointre (FN) 2010-2011, condamné pour trafic de drogue (transport, détention, acquisition, cession et emploi non autorisés de stupéfiants).

Jean-Marie Le Pen (FN) : reconnu coupable par le tribunal administratif de fraude fiscale

(Redressement de 1,4 Millions de Francs), reconnu coupable d’apologie de crime de guerre dont la déportation pour l’édition d’un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler », reconnu coupable d’antisémitisme insidieux, reconnu coupable de banalisation d’actes jugés constitutifs de crimes contre l’humanité (11/10/1989) pour avoir qualifié les chambres à gaz de « point de détail » de la 2ème guerre mondiale, reconnu coupable de captation d’héritage, 5000F à verser, reconnu coupable d’agression d’un candidate socialiste, 3 mois avec sursis, 20 000F d’amende, 2 ans d’inéligibilité, reconnu coupable d’avoir tenu des propos sur l’inégalité des races avec B.Megret. Condamné à verser 10 000F a L’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) et à publier à ses frais le jugement dans 3 hebdomadaires (30 000F par publication).

Liste de ses condamnations :

1960, condamné pour menaces de mort proférées à l’encontre d’un commissaire de Police.

1964, condamné pour coups et blessures volontaires.

1969, condamné pour coups et blessures volontaires.

1971, condamné pour apologie de crime de guerre.

1986, condamné pour antisémitisme insidieux.

1986, condamné pour apologie de crimes de guerre dont la déportation.

1987, condamné pour provocation à la haine, à la discrimination et à la violence raciale.

1991, condamné pour  trouble manifestement illicite à l’ordre public.

1991, condamné pour banalisation de crimes contre l’humanité et consentement à l’horrible.

1992, condamné pour diffamation.

1993, condamné pour injure publique.

1995, condamné pour oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer.

1996, condamné pour avoir tenu des propos ayant gravement porté atteinte au président du tribunal d’Auch.

1997, condamné pour avoir injurié l’association Ras l’front (mouvement anti-FN) de « mouvement de tueurs de flics ».

1997, condamné pour avoir injurié le président de SOS-Racisme.

1997, condamné pour banalisation de crimes contre l’humanité et consentement à l’horrible.

1998, condamné pour injures publiques et violences sur personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions.

1998, condamné pour avoir présenté une tête en carton à l’effigie de Catherine Trautmann.

1998, condamné pour avoir déclaré « Je crois à l’inégalité des races ».

1999, condamné pour incitation à la haine raciale et apologie de crime de guerre.

2002, condamné pour avoir reproduit sans autorisation un reportage de treize photographies prises par l’AFP.

2004, condamné pour provocation à la haine raciale.

2005, condamné pour incitation à la haine raciale.

2008, condamné pour complicité d’apologie de crimes de guerre et contestation de crime contre l’humanité.

 

Eddy TRIVULCE

Via les brindherbes

Devenir prof...

Par Le 26/03/2014

Au fil des années, j'ai vu diminuer les enfants désirant devenir maître, maîtresse ou prof.

Depuis quatre, cinq ans, il n'y en a plus un seul...


Le ministère de l'Éducation finance quelques clips ineptes pour inciter les jeunes à se faire enseignants. Et je n'en ai vu aucun qui corresponde à la réalité de la profession : les mutations par exemple ne sont pas ce que l'on vous dit, elles sont le règne de l'arbitraire et du désespoir, et la gestion de la violence ordinaire ne se fait pas en claquant des doigts. Ils n'évoquent pas plus ce qui est à la source de l'intérêt passionné que je porte à ce métier depuis quarante ans. Pendant ce temps, un institut féru de statistiques nous apprend qu'enseignant est le métier qui fait le plus horreur aux demandeurs d'emploi.

Comment ? Malgré les vacances, malgré tout ce que le café du commerce dit de l'attractivité de ce métier de feignasses, malgré les salaires faramineux ! Pensez, 1 500 euros net par mois au terme de cinq ou six ans d'études complexes pour avoir le droit d'enseigner au fin fond d'un département hostile dans deux ou trois établissements distants de quelques dizaines de kilomètres à des élèves peu motivés dotés de parents agressifs...

Repoussoir

Eh bien, non. Les chômeurs préfèrent, de loin, être conducteurs de locomotive... Quitte à rêver comme des gosses, ils ne rêvent pas sur le tableau noir ou, plutôt, comme les nouvelles technologies sont désormais la tarte à la crème des néo-pédagogues, sur le tableau interactif (j'ai jadis pensé que certains pouvaient avoir un intérêt à imposer le renouvellement du parc informatique et autres joujoux inutiles et dispendieux, mais non, c'est par bêtise et conviction qu'ils croient qu'un ordinateur peut remplacer un maître). Ils ne rêvent pas sur les classes surchargées ni sur les programmes simultanément ambitieux et incohérents, et que l'on n'est pas près de réécrire, alors que c'était la priorité des priorités.

Ils ne rêvent pas sur ce qui était le coeur du métier, la transmission des savoirs, parce qu'on a vidé ce coeur et que l'on envisage très sérieusement de le remplacer par une mécanique "curriculaire" (sic !) qui mettra les "compétences" de l'élève au centre du système. Non, ils ne rêvent plus sur "le plus beau métier du monde", parce que les apprentis sorciers de la pédagogie en ont fait un repoussoir, à force d'imposer aux futurs enseignants leurs lubies et leurs propres incompétences.

Crise de recrutement

De ce désamour, je ne veux pour preuve que la raréfaction des candidatures dans les concours de recrutement. Dans certaines disciplines, il y a aujourd'hui plus de postes offerts que de candidats - et les jurys n'osent même pas les affecter tous sur les postes, tant le niveau est parfois bas. Particulièrement en sciences. Marian Balastre, sur l'excellent site Skhole, analyse en détail les chiffres, l'évolution du taux de candidatures sur les quinze dernières années (90 % de candidats en moins, pour un nombre de postes globalement constant), et pointe une évidence : "Les candidats eux-mêmes n'ont plus soit le niveau, soit l'attrait pour la transmission d'une discipline académique ; en échange, l'idéologie pédagogiste de la gestion éducative des compétences des élèves, qui se développe actuellement pour pallier la ruine du modèle transmissif, n'attire évidemment pas les "cerveaux", les étudiants cultivés et ambitieux intellectuellement."

Encore fallait-il le dire. Quand une profession peine à faire le plein, ce n'est pas dans les élites qu'elle recrute. Et comme l'avoue sous cape le ministère, qui fait pourtant de son mieux pour anéantir le dernier secteur qui marche, c'est dans les classes prépas que l'on trouve les derniers vrais spécialistes.

Quelques suggestions...

J'imagine que Vincent Peillon a payé (fort cher) les "consultants" qui ont imaginé cette campagne de promotion du métier effarante. Ce n'est pas dans ses propres services, actuellement occupés à se déchirer entre eux, et quelle que soit la compétence réelle de certaines petites mains de la DGESCO, que l'étincelle surgira pour faire des spots publicitaires convaincants. Mais je voudrais faire au ministre, arrivé porteur d'espoirs et qui, s'il fait les frais, comme on le susurre, d'un prochain remaniement, partira sous les huées, quelques suggestions qui produiraient chez les étudiants en herbe l'ambition d'entrer dans la carrière professorale.

D'abord, ne pas mentir au départ sur les taux effectifs de recrutement. À quoi bon lancer des étudiants dans des études de philo (qui ne débouchent que sur l'enseignement), alors que cette discipline, qui n'existe par définition qu'en terminale, n'offre pas grand nombre d'opportunités ? Autant imposer un numerus clausus réaliste. Cela allégera d'autant les cours, en les peuplant d'étudiants motivés, et non de fantômes - spooks, disait le héros malheureux de Philip Roth dans La Tache - venus s'inscrire pour bénéficier de la Sécu étudiante.

Augmenter les enseignants !

Ensuite, quitte à prévoir (c'est gouverner, n'est-ce pas...), réinstaurer le système des IPES, qui dans les années 1960 garantissait (sur concours) un traitement mensuel minimum aux candidats au professorat, en fin de L1 ou de L2, en échange d'un engagement décennal à servir l'Éducation nationale. Cela vaudra mieux que toutes les bourses, toujours insuffisantes et attribuées sur des critères sociaux opaques. Les ambitieux pauvres - j'en fus - auront à coeur de le réussir, au lieu de se voir proposer une béquille insuffisante pour avoir le droit d'occuper un siège en université. Le mérite reconnu vaut toujours mieux que le saupoudrage de charité.

Sur ce plan, cesser de se voiler la face et admettre que les enseignants français sont parmi les plus mal payés de l'UE - moitié moins, en moyenne, que leurs confrères allemands par exemple. Les syndicats disent tout haut qu'ils n'admettront pas un gel du point d'indice pour la cinquième année consécutive... Ils se cachent derrière leur petit doigt : il faut augmenter les traitements de départ de 50 %. Je dis bien les traitements, et pas un absurde système de primes qui ne se retrouveront point dans le calcul, in fine, de la retraite. Mais nous n'avons pas d'argent ! Ah, oui ? C'est pour ça que vous changez le parc informatique tous les deux ans - pour rien ? C'est pour ça que vous payez les conseillers du ministre plus de 10 000 euros par mois - sans compter une foultitude d'administratifs de tout poil, qui font des rapports sur les gens qui font des rapports... Des profs et des élèves - cela suffit.

Cela, c'est l'aspect matériel - mais il n'est pas négligeable, dans un monde où être, c'est avoir, et où l'on évalue les gens à l'aune de ce qu'ils gagnent. Demandez donc aux élèves ce qu'ils pensent d'un enseignant qui s'échine pour 1 500 euros par mois. On déplore la féminisation du métier ? Ma foi, on méprisera moins des enseignantes qui gagneront au départ 2 300 euros par mois.

Toujours moins

Mais surtout, le grand surtout, c'est dans les programmes et dans la pédagogie qu'il faut sévir. Redonner aux enfants le goût de l'étude, c'est parler à leurs passions - et non à leur raison, qui est encore en construction. Un pédagogue doit fasciner, ou il n'est bon à rien. Dans quelque matière que ce soit. Et il fascinera d'abord par sa maîtrise de ce qu'il enseigne. La formation des maîtres ne peut se résumer à trois recettes de pédagogie assénées par des pseudo-spécialistes en "sciences de l'éducation", qui ont imposé aux étudiants de passer sous les fourches caudines des masters "professionnels" au lieu de chercher à approfondir leurs savoirs fondamentaux : les gourous du pédagogisme croient manifestement que l'on est suffisamment bon en maths avec un petit niveau licence. Enseigner ne consiste pas à maîtriser les programmes, mais à en savoir dix fois, cent fois plus. La formation des maîtres doit procéder essentiellement d'une immense culture disciplinaire.

Et d'une exigence maintenue. Le SNUipp, engagé dans une réflexion sur les programmes du primaire qui est un jeu de massacre des programmes de 2008, souhaite reporter à plus tard (aux calendes grecques, sans doute) certaines notions que Xavier Darcos avait souhaité voir enseignées en CP : nous voici au retour de l'apprentissage de la division en CM2 - ça arrangera certainement le "curriculum" des gosses. "Toujours moins" - telle est leur devise. À croire que non seulement ce ne sont plus les meilleurs étudiants qui se font enseignants, mais ce ne sont pas les meilleurs enseignants qui se font syndicalistes. Pas dans le primaire, en tout cas.

Un rêve de bobo

Ah, j'oubliais : il est urgent de confier la formation pratique des enseignants, après leur recrutement, à leurs pairs, et aux meilleurs d'entre eux, et non à des administratifs ou à des obsédés de schémas pédagogiques collés arbitrairement sur des élèves qui ne leur ont rien fait. Le problème n'est pas les rythmes scolaires, mais le contenu de la scolarité. Et je n'échangerai jamais un cours de français ou de maths contre deux heures de macramé. L'aménagement des rythmes scolaires version Peillon est un rêve de bobo parisien ignorant des réalités du terrain. Et la charge que ces divertissements imposés va faire peser sur les finances locales pèsera aussi certainement dans le choix des électeurs dans trois semaines. Surtout dans les communes les plus pauvres : les socialistes ont le chic pour se brouiller avec les pauvres. Sans doute parce qu'il y a beau temps qu'ils ne le sont plus eux-mêmes.

Ce ne sont que des pistes, bien entendu, mais leur mise en application peut être rapide, si l'on s'abstenait enfin de convoquer, dès qu'il s'agit de changer une virgule dans un décret, une commission ad hoc peuplée des indispensables incompétents qui sévissent depuis trente ans.

Vigilance

Par Le 25/03/2014

Texte de synthèse pour expliquer l'opposition à la réforme des rythmes scolaires.

La réforme des rythmes scolaires, ( RSS) expérimentée dans 20 % des communes cette année et censée s'appliquer dans toute la France l'année prochaine, est une véritable catastrophe à tous points de vue.

La réforme des rythmes scolaires fatigue les élèves car elle les prive de la coupure du mercredi et les oblige à passer DAVANTAGE de temps qu'avant en collectivité dans des conditions matérielles et sous un encadrement qui laissent très souvent à désirer.

La RRS expose les enfants à de nouveaux dangers car ils sont contraints de passer du temps sous la responsabilité de personnes non-formées pour travailler avec des enfants ( bénévoles, associations, personnels municipaux dont ce n'est pas le métier ... ) et avec des taux d'encadrement qui ont été largement revus à la baisse.

La RRS oblige les communes à organiser des activités périscolaires qui se résument très souvent à du temps de garderie supplémentaire faute de moyens, et qui les obligeront aussi à augmenter les impôts locaux après les élections, en plus des contributions que certaines demandent déjà aux parents pour un temps qui était gratuit jusque-là. D'autres communes ont choisi d'alléger ou de suspendre totalement les subventions aux associations sportives et culturelles.

La RRS creuse considérablement les inégalités entre les enfants car ils auront tous droit à des activités de qualités différentes (ou rien ) selon les moyens de la commune où ils vivent. Il ne s'agit donc plus d'une école nationale mais territoriale. Un désengagement programmé de l'Etat.

La RRS rend plus difficile la scolarité des élèves car en plus d'accroître leur fatigue, elle crée la confusion entre les activités scolaires obligatoires qui demandent de l'investissement et les activités de loisirs qui se passent dans les mêmes locaux mais avec des personnes qui n'imposent pas les mêmes règles de comportement.

La RRS rend plus difficile la tâche des professeurs des écoles car elle leur impose de partager des locaux et du matériel avec les "animateurs", de subir des dégradations de leur outil de travail ( la salle de classe ), et de régler quotidiennement des problèmes d'organisation au détriment du temps d'enseignement. Très souvent, il ne leur sera plus possible travailler en classe en fin de journée car les lovaux seront réquisitionnés par la commune.

La RRS rend plus difficile l'organisation quotidienne de nombreux parents car de nombreuses communes n'organiseront pas de garderie après le temps de classe qui se terminera plus tôt qu'avant, sans parler des problèmes de transport scolaire qui se posent déjà un peu partout et des difficultés que rencontrent à présent les professionnels travaillant avec les enfants, orthophonistes, clubs de sport ... dont certains ont déjà mis la clé sous la porte. La situation des nourrices agréées gardant des enfants d'âge différents est très compliquée. Des enfants à récupérer à des horaires différents, l'obligation de réveiller les jeunes enfants de leur sieste pour aller chercher des plus grands en plein milieu de l'après-midi. Dans certaines communes, les horaires de la maternelle et de la primaire seront totalement différents en fonction de toutes les contraintes imposées per les personnels et les locaux.

La RRS n'a rien à voir avec une quelconque volonté de favoriser la réussite des élèves:

La RRS sert en réalité à inverser ( artificiellement ) la courbe du chômage sur le dos des contribuables locaux et des parents d'élèves en obligeant les communes à recruter massivement du personnel pour quelques heures d'activités périscolaires par semaine afin qu'ils sortent des statistiques de Pôle Emploi.

La RRS sert en réalité à imposer un rôle éducatif aux communes en les contraignant à mettre en place un "Projet Educatif du Territoire" afin qu'elles se préparent à intégrer dans leur budget la charge des salaires des professeurs des écoles dans le cadre de l'acte 3 du plan de décentralisation des services de l'Etat, ce qui fera encore augmenter les impôts locaux et creusera terriblement les inégalités territoriales en matière d'enseignement.

La RRS sert en réalité à constituer un vivier de personnes disponibles pour assurer le service minimum d'accueil dans les écoles au moment des grandes grèves des enseignants prévues par le gouvernement quand justement cette décentralisation sera mise en place et qu'ils se battront pour conserver le statut de fonctionnaire d'Etat.
La RRS qui n'a pas obligation à être appliquée par les écoles privées contribuera à une fuite des familles les plus favorisées vers d'autres structures. De substantielles économies pour l'Etat. Un nombre croissant d'élèves quitteront l'école laïque et suivront toute leur scolarité dans des écoles privées appelées à se développer désormais très vite.

Plus de 2000 communes ont déjà décidé de ne pas appliquer cette réforme l'année prochaine.
Dans votre commune, opposez-vous à la mise en place de ce hold-up d'hypocrites préparé par la droite et appliqué par la gauche.

Informez-vous, des milliers de témoignages et d'articles de presse sont disponibles sur :
Forum "Vigilance rythmes scolaires"
http://vigilance-rs.clicforum.fr/index.php
Groupe facebook "Rythmes scolaires : Arrêtez le Massacre"
+ pdf téléchargeable " la face cachée des rythmes scolaires" :
https://www.facebook.com/groups/609556085733767/

Désertion

Par Le 25/03/2014

Il y a environ trois cent mille enseignants du premier degré en France.

Depuis la mise en place de la réforme Peillon, ils sont confrontés à un nombre invraisemblable de problèmes très lourds à régler. 

On ne compte plus les réunions. Enseignants, élus, parents d'élèves, associations...

Tout le monde oeuvre à l'élaboration de planning, de bouclement de budgets, d'entretiens d'embauche, d'état des lieux des bâtiments susceptibles d'accueillir les enfants.

Branle bas de combat.

En sachant pertinemment que tout cela n'évitera pas le désastre à venir.

C'est comme si l'ensemble des passagers du Titanic s'organisait pour boucher les trous dans la coque en sachant que c'est perdu d'avance.

J'ai entendu le président de la FCPE dire que cette réforme était ambitieuse et complexe et qu'il faudrait sûrement de nombreux ajustements et que ça prendrait du temps, un an, deux, trois peut-être...

Trois ans dans la vie d'un enfant de dix ans, est-ce qu'il s'est posé la question de savoir ce que ça représente ? Non. Il ne voit que son positionnement et sa propre analyse, totalement décorrelée de la réalité des enfants.

Un an dans la vie d'un enfant de dix ans, c'est donc un dixième.

J'ai 52 ans, cela représentrait donc plus de 5 ans.

C'est ainsi qu'il faut regarder cette période d'ajustements, la comparer à la vie d'un enfant...

Un an de troubles cognitifs, émotionnels, existentiels. Deux ans, peut-être trois...Un traumatisme irrémédiable.

Mais j'ai vraiment l'impression de parler dans le vide.

Tout le monde travaille à ordonner ce chaos.

Et je m'interroge. Pourquoi cette obéissance ?

Les raisons sont nombreuses : un attachement à un système qui a permis à ces enseignants d'obtenir un travail, une sécurité de l'emploi, un cadre de vie qui reste bien plus supportable que celui de l'ouvrier en usine...

Une certaine forme de respect pour cette "grande maison"...

La peur de l'avenir également.

Un enfermement professionnel étant donné que les gens de ma génération, nous n'avons que le BAC et notre diplôme d'instit. C'est à dire rien du tout...

J'ai eu mon 2ème RDV aujourd'hui avec le personnel de l'EN chargé de la reconversion des enseignants. Et bien, il n'y a rien, aucune solution...Un désastre.

Plus de budget, aucune prise en charge.

Prisonnier. Trente ans à enseigner, plus de mille élèves. Aucune valeur, rien, le néant. C'est comme du vide dans l'Univers. Inexistant.

Alors, tout le monde travaille.

Et c'est là que ça me pose un problème.

300 000 enseignants qui annonceraient au gouvernement qu'ils refusent catégoriquement d'appliquer cette réforme. Aucune menace de grève, aucun refus d'accueillir les élèves mais un blocus complet envers toutes les directives. Refus des inspections, aucun formulaire d'enquête, aucun document administratif, aucun retour. Tout à la poubelle. Aucune conférence pédagogique, ni en présentiel ni en virtuel (oui, c'est ainsi que ça va se passer désormais, conférences sur le net...). Aucun effectif communiqué. Un blocus.

Les enfants seraient accueillis, le travail serait fait, les parents soutiendraient l'action commune  des enseignants.

Nous serions tous en faute professionnelle. Trois cent mille fonctionnaires.

Une désobéissance civile, une "désertion" administrative.

Que pourraient-ils les politiciens ? Sanctionner 300 000 fonctionnaires ? 300 000 électeurs ?...

M Peillon agiterait la responsabilité, il jouerait sur la culpabilisation et sur la peur.

Mais les parents verraient que le travail avec les enfants est fait. Aucune sanction morale ne serait appliquée par la population.

De quoi ont-ils peur les enseignants ?

De perdre leurs prérogatives, leur sécurité, peur de s'opposer à la hiérarchie ? Peur de trahir Dieu le Père ? 

Et les enfants ?

Qui pensent aux enfants ?

Finalement, le corps enseignant est un corps d'armée. Pas question de se pencher sur les victimes du conflit.

"Ne pense pas, tais-toi et obéis aux ordres. "

Je ne cautionnerai pas ce massacre. Plutôt crever.

Ré-éducation Nationale

Par Le 25/03/2014

Une éducation soumise aux directives et pour ceux et celles qui s'y opposeraient, il suffit de mettre en place des mesures coercitves.

Chers parents d'élèves, vous n'avez pas idée de ce qui va advenir de vos enfants...


Éducation nationale : le (dernier) mauvais coup de Vincent Peillon

Le Point.fr - Publié le

Avec la complicité des syndicats, le ministre, bientôt recasé à Bruxelles, démolit le statut des enseignants. Démonstration par Jean-Paul Brighelli.

Une modification du décret de 1950 va encore aggraver la paupérisation des enseignants, parmi les moins bien payés des pays de l'OCDE.
Une modification du décret de 1950 va encore aggraver la paupérisation des enseignants, parmi les moins bien payés des pays de l'OCDE. © Rierre Andrieu / AFP

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Le 27 mars prochain, Vincent Peillon, quelques jours avant de quitter sans doute le ministère pour cause de campagne des européennes (il a ingénieusement prévu de se faire tête de liste dans le Sud-Est, ce qui lui assure, quel que soit le désamour électoral pour son parti, un gîte à Bruxelles pour les années à venir) et de remplacement par Ségolène Royal, disent les augures, fera signer à la plupart des syndicats d'enseignants l'abrogation des "décrets de 1950" qui régulaient depuis soixante-trois ans le temps de service des profs.

J'en ai déjà parlé ici même début janvier. On en était alors aux intentions. La plupart des syndicats n'ont pas bougé, sinon dans le sens du ministre. Dès lors, pourquoi se gêner et ne pas passer aux actes ?

Le nouveau texte, qui ramène les enseignants au cadre général de la fonction publique, établit que ce seront désormais 1 607 heures qui seront dues - en 36 semaines de cours. Soit un peu plus de 44 heures par semaine : cela fait beaucoup, cela contrarie la loi, et contrarie même Mme Royal, qui proposait jadis que nous passions tous à 35 heures. On peut donc s'attendre à un allongement de l'année scolaire (rentrée en août, 37, 38, 39 semaines de cours ? Impossible - les élèves n'y résisteraient pas, les chronobiologistes qui ont envahi la rue de Grenelle et imposé au ministre l'idée absurde des "rythmes scolaires" protesteraient sauvagement), et à ce que les enseignants soient mis à disposition des chefs d'établissement (pour jouer aux concierges ? animateurs de centres aérés ? gentils animateurs ?) et des responsables départementaux (pour les certifiés) ou régionaux (pour les agrégés).

Celui qui paie décide

Parce qu'en même temps que le sabotage du temps de travail (je résume : les profs travailleront deux fois plus pour un salaire équivalent, voire nettement inférieur en ce qui concerne les classes préparatoires), les syndicats se voient imposer la territorialisation de l'enseignement : dans un grand accès de fièvre anti-jacobine, le ministre souhaite effectivement ranger une fois pour toutes les établissements sous la férule des autorités locales qui les gèrent - les municipalités pour le primaire, les conseils généraux pour les collèges, les régions pour les lycées. C'est celui qui paie qui décide, n'est-ce pas, même s'il est incompétent.

À Marseille, où j'écris, j'entends d'ici les cris d'enthousiasme de mes collègues à la perspective de dépendre désormais de Patrick Mennucci, ce phare de l'intelligence qui prétend diriger la troisième ville de France.

Fin des garanties nationales, fin des libertés pédagogiques. Ah, si, il restera toujours la possibilité, pour les plus fortunés, d'inscrire leurs bambins dans des structures totalement privées.

La presse a été curieusement muette sur cette casse des conditions de travail de ceux qui forment les enfants - y compris ceux des journalistes. C'est que le projet du ministère s'est intelligemment étalé dans le temps, avec moult écrans de fumée et désinformation massive (curieusement relayée par des syndicats censés défendre les enseignants), après les manifestations brutales de refus organisées par les profs de prépa en décembre : ils se battaient pour leurs salaires, certes, et pour la réussite de leurs élèves (le noyau dur de ce qui marche encore en France, faut-il le rappeler) ; mais ils voyaient aussi venir Peillon avec ses gros sabots, qui, avec son projet, impose désormais à tous les enseignants des "missions" aux contours assez flous pour qu'on y glisse n'importe quoi.

Travailler plus pour gagner encore moins

Un fait aurait pu alerter les journalistes spécialisés : Luc Chatel, précédent ministre, mais aussi membre éminent d'une UMP qui d'habitude n'est pas avare de critiques, se félicite de l'initiative de son successeur. À ceci près qu'il envisageait d'augmenter les enseignants (travailler plus pour gagner plus), et qu'un ministère de gauche, sûr du vote d'un corps qu'il croit captif, impose, lui, de travailler beaucoup plus pour ne pas gagner davantage (et même nettement moins : les salaires, parmi les plus bas de l'OCDE, sont bloqués depuis des années, et les calculs les plus objectifs prouvent un recul, en dix ans, de 20 % des salaires, calculés en pouvoir d'achat).

Une pétition circule sur le Net pour organiser une protestation massive contre cet étrange projet qui vise à vider largement l'enseignement de ses fonctions... d'enseignement. Après tout, pourquoi se gêner ? Le ministère, autosatisfait des résultats pédagogiques (87 % de réussite au bac l'année dernière - qui dit mieux ?), estime que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais que l'on peut encore améliorer la réception des parents (la FCPE a bien plus de pouvoir, rue de Grenelle, que le plus puissant des syndicats d'enseignants), la mise à disposition des profs, l'écrasement des syndicats (qui ne fera pleurer personne à droite), et la caporalisation de tout le système : une partie des rémunérations sera désormais affectée par le chef d'établissement lui-même, sur des critères... personnels. De même, la liberté pédagogique passera désormais sous les fourches caudines du "projet d'établissement" (la réunionite, qui épuise tant de cadres dans le secteur privé aujourd'hui, gagne l'Éducation), matrice de toutes les dérives des pédagogues fous qui contrôlent la rue de Grenelle.

Diviser les syndicats

Cette semaine, le magazine Marianne se demande - question intéressante - qui tient véritablement les commandes du gouvernement. Lobbies, anciens condisciples de la "promotion Voltaire", responsables européens, et quelques personnalités occultes se tiennent les coudes et sont les vrais maîtres de la France. Pour l'Éducation, ce serait largement le Snes, parce qu'il est le principal syndicat du second degré, et plus globalement la FSU, parce qu'elle syndique une majorité des personnels de l'Éducation nationale (et pas mal d'autres dans la fonction publique).

C'est très exagéré. Les temps où le Snes cogérait le ministère sont bien finis, et Frédérique Rolet n'a pas avec Vincent Peillon, que je sache, les excellentes relations que Monique Vuaillat entretenait avec François Bayrou... Ça ne l'empêche pas de se tortiller pour épauler sans trop oser le dire le projet Peillon, même si localement des sections entières de son syndicat condamnent avec la plus extrême fermeté cette avancée en arrière que propose ou impose le ministre. Les adhérents du Snalc, dans les établissements, sont loin, très loin d'octroyer au ministre le blanc-seing que lui décernerait la direction du syndicat. Ça barde dans les états-majors. Peut-être était-ce aussi le projet de Peillon : diviser la base et les directions afin de réduire l'influence des uns et des autres.

Les ministres, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît, comme disait à peu près Michel Audiard. L'adjointe aux basses oeuvres de Vincent Peillon, George Pau-Langevin, ne vient-elle pas d'expliquer que nous participons - involontairement, dit-elle - à la discrimination raciale ?

Mal aimés du café du commerce

En fait, ce sont aujourd'hui les syndicats les plus idéologues qui tiennent les rênes - essentiellement le SE-Unsa et le SGEN, qui sont, pour l'un, truffés de socialistes encartés, et pour l'autre, farcis d'ex-membres des Jeunesses ouvrières chrétiennes qui ont engendré Philippe Meirieu et ses clones. Le vrai pouvoir des copains, des coquins, des gredins et des grenelliens est là. Et proposer que les projets d'établissement soient les cadres directeurs de la pédagogie, c'est se livrer pieds et poings liés à des gens pour lesquels la transmission des savoirs n'est pas un enjeu prioritaire, pour parler poliment. Ni la remise en cause du collège unique. Ni la contestation de la politique des ZEP. Ni...

Je sais bien que les enseignants sont théoriquement très estimés, mais en pratique fort peu aimés (jalousie ? ignorance ?) par l'ensemble de la population. Le café du commerce déborde de gens qui pensent que nous exerçons une profession de paresseux accrochés à leurs quatorze semaines de vacances, une profession où il suffit de parler pour être entendus d'élèves toujours obéissants : ce doit être pour cette raison que si peu de candidats se présentent aux concours de recrutement, que tant d'enseignants craquent, que la clinique de la Verrière est débordée, et que certains collègues en finissent avec ce métier si enviable, parfois par des moyens atroces. Aux abonnés des "yaka" de comptoir et des "ilsuffitde" de bistro, je suggère de venir faire cours une semaine dans un collège quelconque, pour voir. Après, on en reparle.

Mauvais coups

Les enseignants font de leur mieux pour former des générations de Français - ceux qui me lisent en ce moment même leur doivent au moins la capacité... de lire - et de critiquer. Ce n'est pas rien, c'est même presque tout. Les enseignants ont fait leur boulot depuis soixante ans dans le cadre d'un statut dérogatoire, mais fonctionnel : ces 15 ou 18 heures de cours correspondent, de l'aveu même des services du ministère, à 40 heures de travail hebdomadaire effectives en moyenne - et bien davantage en classes prépas, cette cible de choix de Vincent Peillon. Pendant que la durée hebdomadaire du travail diminuait, elle est restée la même pour les enseignants, avec des salaires bloqués (voire en diminution : Claude Allègre, via le calcul modifié des heures sup, a diminué de 17 % les revenus moyens des enseignants - et il y en a encore qui votent PS !).

Les projets du ministre sont autant de mauvais coups portés à la fois aux enseignants et à leurs élèves. Parce qu'accabler les profs se répercutera fatalement sur les élèves : qui aura encore envie de faire ce métier, sinon de façon temporaire, en bouche-trou avant de trouver un emploi véritablement rémunérateur ? Les profs seront-ils encore capables d'exiger le meilleur, quand ils seront choisis parmi les ultimes masochistes ?

Signez et faites signer la pétition qui proteste contre les mauvais coups conjugués du ministère et de syndicats idéologues ! Intervenez dans les établissements, et aussi parmi les parents d'élèves, pour exiger non une "évolution" vers l'abîme, mais une révolution qui ramènera le savoir au premier plan, et la transmission de ce savoir au premier rang des exigences. Ou cessez à jamais de vous plaindre.

Rythmes scolaires...

Par Le 24/03/2014

Un article qui date de janvier 2013...


http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/reforme-peillon-des-rythmes-128707

Réforme PEILLON des rythmes scolaires, un rejet massif et un désaveu pour le gouvernement

Un rejet massif

En rejetant à une très large majorité la réforme Peillon, dite des rythmes scolaires, c'est une véritable claque que le Conseil supérieur de l’Éducation vient d'infliger au gouvernement.
L'ampleur de ce rejet, le vote négatif de la FSU, de FO et de la CGT, l'obligation où se sont trouvées la CFDT et l' UNEF de s'abstenir, tout ceci est l'expression du rejet massif que rencontre cette réforme et de l'isolement du gouvernement ,son incapacité à forger un consensus pour l'application de ses réformes.
Pourtant l'importance de ce rejet tient surtout au fait que cette réforme, dont chacun s'obstine à taire le véritable contenu, est bien plus qu'une réforme des rythmes scolaires, un véritable plan de démantèlement de l'école républicaine.

Beaucoup ont voulu nous faire croire que le débat portait simplement sur l'aménagement des rythmes scolaires, comme si la seule question posée était de savoir si nos enfants allaient travailler ou non le Mercredi ou le Samedi matin.

En réalité, il s'agit selon les propres termes du ministre Peillon de faire évoluer l'école autour d'un projet territorial et derrière cette formule de remettre en cause le caractère national de l'école républicaine.
 

Rythmes scolaires : à chaque territoire son projet, sa politique éducative

 Le ministre Peillon explique ainsi : « la réforme des rythmes scolaires doit agir comme un levier pour faire évoluer l’école autour d’un projet éducatif territorial et doit conduire à (…) coordonner les actions de l’État, des collectivités territoriales et des organismes œuvrant dans le champ éducatif  ». Concrètement, l’école ne serait plus de la compétence exclusive de l’État. Trois heures hebdomadaires seraient placées sous la responsabilité des collectivités avec le Projet Éducatif Territorial (PET).
 

L’enseignement professionnel et l’orientation transférés aux régions

Les régions décideraient de l’ouverture et de la fermeture des filières professionnelles, des BTS… elles contrôleraient le service de l‘orientation « afin de mieux adapter l’offre de formation professionnelle aux besoins des territoires…

A l’heure du TSCG, aucune création réelle de poste pour l’école !

Derrière l’annonce par le gouvernement de 43 000 créations de poste pour la rentrée 2013, la réalité c’est 21 500 départs à la retraire remplacés et 22 000 contractuels embauchés à tiers temps pour plusieurs milliers d’élèves en plus.
 

Refondation ou liquidation ?

Comme d'habitude on nous prend pour des nigauds et l'on croit que la magie des mots va parvenir à nous tromper sur le contenu réel des réformes annoncées.
Chacun jugera du cynisme qu'il faut pour engager la pire réforme de destruction engagée contre le droit à l'instruction sous le prétexte de la lutte contre l’échec scolaire, comme si l’échec scolaire n'était pas le produit de tous les coups portés contre l'école par les gouvernements successifs de droite ou de gauche.
 
Le gouvernement a engagé une « refondation de l’école » qui commence par la « réforme des rythmes scolaires ». On vous dit que cette réforme a pour but de « lutter contre l’échec scolaire » des enfants.
 

Mensonge et tromperie

Il ne s'agit aucunement de rétablir les milliers de fermetures de classes découlant des 17 000 suppressions de postes, dont 16 000 maintenues à la dernière rentrée, afin d’éviter, par exemple, que les classes de maternelles aient 30 élèves, ou de rétablir les classes en milieu rural pour que les enfants ne passent pas des heures dans des cars ? Il ne s'agit pas non plus de rétablir les postes de Rased* pour les enfants en difficulté scolaire.
Au nom des contraintes budgétaires et de l’application du TSCG, ce sont 10 milliards supplémentaires qui doivent être pris sur le budget des services publics.
 
Le gouvernement a imaginé que pour lutter contre l’échec scolaire il était plus économique… de supprimer une heure d’enseignement par semaine à chaque élève. Les élèves n’auraient plus que 23 heures hebdomadaires de cours, au lieu des 24 actuelles, cette dernière heure n’étant plus une heure d’enseignement.
Xavier Darcos, ministre de Sarkozy, avait déjà supprimé deux heures de cours par semaine en 2008, avec des conséquences catastrophiques sur le niveau des élèves.
Mais ce n’est pas tout !
Le plus odieux dans ce projet n'est-il pas de faire des communes les instruments de la destruction de l'unité de l'école de la République et d'aggraver par la même occasion les inégalités entre les citoyens .
Elles pourraient ainsi décider de l’organisation de la semaine scolaire, des horaires quotidiens et hebdomadaires d’enseignement, de « l’animation », comme elles l’entendent, avec une semaine répartie sur 5 jours, dont le mercredi ou le samedi !
Ainsi, selon la richesse des communes ou l’orientation politique de leur conseil municipal, ces « projets éducatifs locaux » seraient différents selon que vous habitez telle ou telle ville, tel ou tel village.
Dans les faits, ce mélange des responsabilités d’instruction et d’animation aboutirait à une école « territorialisée », aggravant l’inégalité du droit des enfants à l’instruction et amorçant la tutelle des collectivité locales sur l’enseignement et les professeurs.
 
Nul doute que la résistance contre ce projet ne fait que commencer et qu'elle va trouver un solide point d'appui dans le refus des organisations syndicales d''accompagner' cette réforme dirigée contre les enfants ,les personnels et les communes.
Nul doute qu'aucun enseignant, aucun parent, aucun élu ne pourra se contenter de moins que de l'abandon pur et simple de cette réforme, que le rétablissement de l'école de la République dans ses droits et ses prérogatives bafouées depuis tant d'années par des gouvernants sans conscience.
 
 

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Témoignage

Par Le 23/03/2014

Il est très facile de trouver ce genre de témoignage sur le net. Il y en a des centaines, sur des blogs, des sites d'informations, des pages facebook spécialement créées...Il s'agit d'enseignants, de parents, de nourrices agréées, de vacataires du périscolaire, de maires, d'élus, etc, etc...

Page Facebook : Rythmes scolaires : Arrêtez le massacre.

https://www.facebook.com/groups/609556085733767/703921639630544/?comment_id=703960912959950&notif_t=like

Page Facebook : Quitter l'enseignement

https://www.facebook.com/HirondelleFondatrice

Blog : http://www.quitterlenseignement.org/

Agoravox, Rue 89, et autres, des centaines de pages...

J'en ai vu passer des réformes mais alors celle-là, elle fait fort...

Une chose "amusante" aussi...Cette réforme ne sera pas imposée aux écoles privées. C'est curieux d'entendre M Peillon affirmer que cette réforme, c'est pour le bien de tous les enfants. Mais alors, ceux du Privé, que vont-ils devenir les pauvres ? Et bien, c'est là qu'on voit les objectifs réels de la réforme : le désengagement progressif de l'Etat dans l'éducation nationale par la baisse des effectifs générés par tous les départs dans le Privé. Le mouvement est déjà en route.

L'autre objectif inavoué, c'est bien entendu la baisse du nombre de chômeurs par l'emploi "d'animateurs..." Et il en faut un sacré paquet...

Budget de l'EN en baisse, des sous dans les caisses, l'UE est contente et amélioration sur le front de l'emploi.

Les conséquences sur les enfants ? LOL !! Ils s'en tamponnent.

TEMOIGNAGE

"Assistante maternelle, je suis contre les 4,5 jours car notre famille et mes chers petits pensionnaires vont en pâtir.
je m'étale peut être mais voici mes motivations CONTRE la réforme.

1er: Le mercredi matin, mes enfants peuvent faire la sieste et l'après midi ils peuvent se détendre avec une activité extérieure Ping pong et jujitsu donc cette journée de plaisir et de loisir va virer en allers retours à l'école et l'après midi ils vont se cogner des devoirs supplémentaires car ils n'en seront pas dédouaner.

Vu la pauvreté des activités proposées dans notre commune et le peu de fiabilité des intervenants qui ne toucheront même pas un smic donc je ne crois pas en leur motivations sur du long terme (ils ne contrôlent même pas le casier judiciaire et par ailleurs on peut avoir un BAFA sans notion réelle de surveillance des enfants car s'occuper d'enfant est un métier je crois non compatible avec du tourisme), je préfère les reprendre plus tôt.

2ème: Le Hic avec mon métier et je suis loin d'être la seule !
J'accueille 3 bambins en tant qu'ass mat et ces dernier font la sieste jusqu'à 16h au moins donc je vais devoir casser leurs rythmes à eux aussi pour aller chercher mes enfants plus tôt. Dois je privilégier mes enfants ou ceux des autres ....?
et mes enfants se retrouvent privés de leurs activités en club du mercredi ... pourquoi les priver de ça ?.

Des parents commencent à me démarcher pour garder leurs enfants les mercredis après midi car habituellement ceux sont les grands parents qui les accueillent mais ceux ci n'ont pas envie ou la possibilité de faire des trajets à l'école dans des communes éloignées pour aller chercher leur petits enfants.
Certains parents ont pris le parti afin de ne pas avoir de frais supplémentaires, de laisser leurs enfants faire les trajets seuls puis rester seuls le mercredi chez eux et ce, dés 6 ans moi je dis bravo! On veut changer tout un système pour des parents qui ne sont pas à la hauteur quitte à en pousser d'autres vers du laxisme ou de la mise en danger des enfants.

Donc SI !!!! les parents sont financièrement et directement impactés par des couts de garde supplémentaires et à terme des impôts locaux qui vont monter car chez nous le maire n'a jamais reçu des milliers d'euros d'aide de l'état comme lu ici dans un post.

On parle de pénurie de travail et de faillites de milliers d'entreprises mais que vont devenir tous ces clubs sportifs où leur adhérents n'iront plus.

Ce que je vois dans ce projet:

- Des enfants fatigués avec des semaines et des journées à rallonge car tous les salariés DU PRIVÉ ne quittent pas à 17h
- Encore une différence accrue entre les avantages consentis aux fonctionnaires face au privé afin de s'adapter au planning de cette réforme ce qui va encore diviser plus notre pays (à croire que les réformes de ce pays sont pensées pour les parisiens et les fonctionnaires)
- Des devoirs supplémentaires sur le mercredi pour bien continuer d'assommer les enfants
- Des frais de garde qui vont entamer encore les ressources des parents
- Des intervenants non qualifiés pour gommer des taux de chômage mais qui auront un grand turn over car avec quelques heures de boulot on ne vit pas et donc on ne se motive pas. Je crains par ailleurs qu'il n'y est des accident par défaut de surveillance. Les tarés pédophiles vont se précipiter dans nos écoles en proposant une activité bidon et comme aucune enquête ni control sérieux ne sont faits, je crains le pire (nous avons le cas ici d'une dingue qui à mutilé, violé et tué une enfant avec son compagnon et qui a postulé donc ça n'arrive pas qu'aux autres)
- Des grands parents qui n'auront plus le plaisir d'avoir leurs petits enfants le mercredi (on va laisser encore un peu plus les vieux seuls chez eux et bêtement je crois à la transmission des savoirs et du passé dans les échanges enfants/grands parents)
- Les enfants en bas âge seront impactés en cassant leur rythmes à eux aussi car les parents n'iront pas chercher que les ainés
- les activités de loisirs du mercredi vont sauter et après on va nous expliquer que nos enfants doivent faire du sport et avoir le gout de la compétition
- les entreprises de loisir du mercredi vont continuer de péricliter pour planter encore un peu plus nos emplois et nos industries

J'arrête là car la moutarde me monte au nez.
Je crois que ce ministre fait n'importe quoi et que ce gouvernement à des ambitions dont il n'a pas les moyens sans s'inquiéter réellement de nos enfants et de nous.
C'est honteux de faire preuve d'autant de laxisme et diminuer encore un peu plus nos niveaux de vie et d'emplois.

A ceux qui me disent que dans le temps il y avait 5 jours d'école, je réponds que dans le temps on allait accoucher dans les bois avec une branche entre les dents.

Je me tiens prête à manifester, faire grève ou autre moyen plus radical si besoin.
Mais qu'ils fichent la paix à mes enfants !!!!"

Ni certitude, ni vérité

Par Le 23/03/2014

«Il faut une grande maturité pour comprendre que l’opinion que nous défendons n’est que notre hypothèse préférée, nécessairement imparfaite, probablement transitoire, que seuls les très bornés peuvent faire passer pour une certitude ou une vérité.»  Milan Kundera.


Je sais très bien que je n'ai pas forcément raison au regard de la situation de l'école. Peut-être que cela fonctionnera, peut-être que j'ai une vision trop pessismiste.

Mais il est une chose dont je suis certain, c'est que si je cautionne les directions prises par la continuité de mon engagement dans la classe, je trahirai mes convictions.

Ces convictions sont peut-être erronées et il serait peut-être bon que j'accepte de les remettre en question.

Mais je ne peux pas m'y résoudre.

Cette impression de me trahir, de nier tout ce que j'ai fait pendant trente ans.

J'ai considérablement changé ma façon de travailler, j'ai considérablement évolué, je n'ai jamais cessé de réfléchir, d'écrire, d'expérimenter, d'observer les effets, d'analyser chaque situation. Je n'ai pas attendu les directives de mes Inspecteurs successifs pour m'engager dans cette mission.

Par contre, désormais, cet engagement personnel, porté par des convictions existentielles, est totalement bridé. Il ne reste qu'un embrigadement forcené, une main mise étatique sur la pédagogie, jusqu'à l'organisation même de chaque journée.

L'enseignant est devenu un ouvrier qui gère des marchandises et qui doit rendre des comptes chiffrés, établr des graphiques et dont le travail doit correspondre à des statistiques.

Je ne peux pas. Physiquement, philosophiquement, existentiellement. C'est impossible.

Peut-être que je me trompe. Mais il s'agira au moins de ma dernière liberté.

Méditation (8)

Par Le 21/03/2014

La méditation consiste à être conscient de chaque pensée, de chaque sentiment ; à ne jamais les juger en bien ou en mal, mais à les observer et à se mouvoir avec eux. En cet état d'observation, on
commence à comprendre tout le mouvement du penser et du sentir. De cette lucidité naît le silence. Un silence composé par la pensée est stagnation, une chose morte, mais le silence qui vient lorsque la
pensée a compris sa propre origine, sa propre nature et qu'aucune
pensée n'est jamais libre mais toujours vieille, ce silence est une méditation où celui qui médite est totalement absent, du fait que
l'esprit s'est vidé du passé. Si vous avez lu ce livre attentivement pendant une heure, c'est cela, la méditation. Si vous n'avez fait
qu'en extraire quelques mots et que rassembler quelques idées afin d'y penser plus tard, ce n'est pas de la méditation.

La méditation est un état d'esprit qui considère avec une attention complète chaque chose en sa totalité, non en quelques-unes seulement de ses parties. Et personne ne peut vous apprendre à être attentif. Si
un quelconque système vous enseigne la façon d'être attentifs, c'est au système que vous êtes attentif, et ce n'est pas cela, l'attention. La méditation est un des arts majeurs dans la vie, peut-être « l'art suprême », et on ne peut l'apprendre de personne: c'est sa beauté. Il n'a pas de technique, donc pas d'autorité. Lorsque vous apprenez à vous
connaître, observez-vous, observez la façon dont vous marchez, dont vous mangez, ce que vous dites, les commérages, la haine, la jalousie - être conscients ?de tout cela en vous, sans option, fait partie de
la méditation.

Ainsi la méditation peut avoir lieu alors que vous êtes assis dans un autobus, ou pendant que vous marchez dans un bois plein de lumière et d'ombres, ou lorsque vous écoutez le chant des oiseaux, ou lorsque vous regardez le visage de votre femme ou de votre enfant. Comprendre ce qu'est la méditation implique l'amour: l'amour qui n'est pas le produit de systèmes, d'habitudes, d'une méthode. L'amour ne
peut pas être cultivé par la pensée ; mais il peut - peut-être -
naître dans un silence complet en lequel celui qui médite est entièrement absent. Un esprit ne peut être silencieux que lorsqu'il comprend son propre mouvement en tant que penser et sentir, et, pour le comprendre, il ne doit rien condamner au cours de son observation.
Observer de cette façon est une discipline fluide, libre, qui n'est pas celle du conformisme.

Krishnamurti - Se libérer du connu

Méditation et bienveillance (19)

Par Le 19/03/2014

Se confronter à ses émotions

Dans son nouveau livre « Frappe le ciel, écoute le bruit », Fabrice Midal nous explique le but de la méditation. Il ne s’agit pas de faire le vide dans sa tête ni de se détacher de tout, mais d’observer nos pensées et nos émotions afin d’entrer en rapport avec la réalité de ce qui surgit en nous.
Après quelques mois de pratique quotidienne, j’ai eu l’envie d’aller plus loin. Je suis parti, au mois de mars 1990, dans un petit village de la Suisse italienne où était organisée une retraite d’un mois. Nous devions être une trentaine de personnes venues de toute l’Europe. Le matin, nous nous levions à 6h30, la pratique commençait à 7 heures. Nous prenions ensuite le petit déjeuner de manière méditative, en suivant un très beau rituel venu du zen où l’on mange selon des gestes précis qui nous aident à être plus attentifs. Nous avions ensuite une petite pause avant de reprendre la méditation jusqu’à l’heure du déjeuner.
Une interruption s’ensuivait, puis la pratique occupait toute l’après-midi. Entre deux méditations assises, nous effectuions une méditation en marchant, où au lieu de porter l’attention sur le souffle, nous étions attentifs au mouvement du corps et à la sensation des pieds qui se posent sur le sol.
Après le dîner, nous pratiquions encore jusqu’à ce qu’il soit l’heure d’aller nous coucher.
Tous les trois ou quatre jours, je rencontrais, pour un entretien individuel, un enseignant avec lequel j’abordais les difficultés de ma pratique.
Quand, aujourd’hui, je décris ce programme, je suis frappé par son exigence et par la façon dont j’ai alors sauté à pieds joints dans la pratique. Mais à l’époque, cela ne m’est pas du tout apparu ainsi. J’ai simplement répondu à un appel profond. Puisque la pratique de la méditation me semblait une réponse réelle, autant m’y engager pour de bon.

 

Un miroir et une aventure


Quand la retraite a commencé, la première chose qui m’a frappé, c’est que je n’avais nul besoin de réfléchir à ce que je voulais faire. Je n’avais qu’à suivre l’emploi du temps.
Dans cette situation simplifiée, je pouvais observer beaucoup plus précisément mon propre état d’être : si j’étais malheureux ou joyeux, tendu ou apaisé, cela n’était dû qu’à mon propre état d’esprit puisque le contexte dans lequel je me trouvais restait immuable.
C’est un peu étrange quand on y songe, je découvrais qui j’étais en ne faisant rien d’autre qu’entrer en rapport avec mon souffle. Durant cette retraite, je n’ai pas été invité à analyser mes souffrances, ni à passer de tests de personnalité. Et pourtant, ce fut un voyage incomparable pour me relier profondément à qui je suis et pour comprendre un peu mieux mon propre esprit.
Et en effet, quand on participe à un séminaire ou à une retraite, ce n’est pas pour faire des expériences transcendentales, ni pour se vider la tête, ou toutes ces niaiseries que l’on lit trop souvent. On part pour se rencontrer et travailler courageusement avec ce que l’on est. Ce sont les deux points cruciaux. D’abord, on se rencontre puis on apprend à travailler avec ce qui émerge.

 

Se confronter à la détresse


En pratiquant, je découvrais aussi un sens de présence à la fois bon, ouvert et sain. Ce fut une expérience très forte. Je voyais un arbre, la neige, les montagnes comme jamais. Comme je les appréhendais libres de mes interprétations, ils semblaient devenir plus réels.
Mais du coup, mon inévitable tendance à commenter la réalité, à la juger et surtout à penser sans cesse à autre chose, me donnait le sentiment que je gâchais la simplicité de la présence. Je regardais la montagne, et j’étais déjà en train de penser à autre chose. Cela me désolait. Le monde était magnifique, mais moi, me disais-je, je ne fais que l’abîmer. Je m’en voulais beaucoup.
Lors d’un entretien, celui qui dirigeait la retraite me dit : « C’est vraiment très étrange, tu es tellement gentil avec les gens mais tellement dur avec toi. Pourquoi t’en veux-tu autant ? Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? »
Mon enfance avait été, il est vrai, très dure. Dans cette retraite, j’en faisais l’épreuve. Un soir, je me souviens, j’ai même explosé de désespoir : la nuit était tombée et je me suis jeté sur un talus, en larmes. Je l’ai frappé de toutes mes forces en hurlant : « Je ne veux pas être moi. » Plusieurs personnes cherchèrent à me ramener au calme, mais sans y parvenir. Je hurlais : « Non ! Je ne veux pas être moi ! », éprouvant comme jamais cette blessure intense et cette rage qui m’habitaient.
Cet épisode éclaire un point important de la pratique : même si personne n’a besoin de faire des expériences aussi intenses et douloureuses, méditer implique de mettre au jour ce que nous sommes, ce qui nous travaille, y compris nos ombres et nos peurs. C’est seulement en touchant là où nous avons mal que nos pouvons ensuite avoir de la bienveillance pour nous et qu’une guérison est possible. Voyant aussi abruptement et clairement cette dureté qui m’habitait, je pus y apporter de la douceur. Ce fut l’autre versant de cette retraite.

 

Découvrir la bienveillance


J’étais sans cesse en train de penser à mille choses, d’éprouver des émotions intenses et les rares fois où je revenais au souffle, je commentais la chose avec une dureté acerbe. C’est tout juste si je ne m’insultais pas. « Quel incapable je suis, même pas capable de rester présent deux minutes ! »
Il m’a fallu beaucoup de temps pour apprendre à être plus doux. L’enseignant m’y invitait : « Ne rejette pas les pensées qui s’élèvent. Tu ne ferais que te cogner la tête contre un mur. Méditer ne consiste pas à rester dans un état d’ouverture parfait, mais à faire vraiment l’épreuve de ton expérience, avec ses hauts et ses bas. Si tu pars en guerre contre toi ou contre certains aspects de toi, tu vas te faire beaucoup de mal. Ce n’est pas le sens de la pratique. » Je refusais de l’écouter. Je voulais réussir.
Quelques temps plus tard, il revint sur ce point, en me donnant une instruction précieuse : « Il faut que tu prennes le temps de rencontrer ton expérience, avant de revenir. Si tu es traversé par la colère, sens la couleur, le climat, la texture de ton expérience. Puis ramène ton esprit simplement à l’ouverture nue du présent. »
Ce fut une instruction importante. Méditer ne consiste pas à simplement « revenir », mais aussi à entrer en rapport avec la réalité de tout ce qui surgit en nous – nos pensées comme nos émotions. C’est une manière d’apprendre à dire bonjour à ce qui est.

Il est frappant de constater qu’actuellement la plupart des gens pensent que pratiquer consiste à être détaché de ce qu’ils ressentent. Ils considèrent que leurs émotions et leurs difficultés sont des obstacles. Ou encore ils croient qu’il faudrait avoir un tempérament contemplatif pour pratiquer ! Ce n’est pas du tout le cas. Méditer consiste à entrer pleinement en rapport avec la réalité, telle qu’elle est. Ne pas s’en vouloir d’être aussi malheureux ou confus, maladroit ou déprimé. Cioran écrit très justement : « Pour nous conserver en bonne santé, nous ne devrions pas nous modeler sur le sage mais sur l’enfant, nous rouler par terre et pleurer toutes les fois que nous en avons envie. (...) L’homme qui se contient, qui se domine en toute rencontre, l’homme ‘distingué’ en somme est virtuellement un détraqué. »

Frappe le ciel, écoute le bruit, Fabrice Midal
Éditions Les Arène
s (Janvier 2014 ; 243 pages)

Démystifier la méditation (7)

Par Le 18/03/2014

Démystifier la méditation

 

avec Fabrice Midal

 

http://www.inrees.com/articles/demystifier-la-meditation-Midal/

 
 
La méditation... Comment s’ouvrir à une dimension plus grande et passer du méditant grenouille à la posture du yogi ? Fabrice Midal pense que c’est en se confrontant à la réalité du monde et à nos souffrances que nous pouvons trouver le véritable bonheur. Il nous livre le fruit de 25 ans de pratique dans son livre « Frappe le ciel, écoute le bruit ».

© Fabrice Midal
Non, la méditation n'est pas une sorte de technique de bien-être qui nous donnerait le bonheur sans effort, ni non plus une pratique austère réservée à quelques privilégiés. Selon Fabrice Midal, la méditation peut nous permettre de trouver un chemin permettant une prise de conscience plus grande, plus mystérieuse et passionnante. Dans son livre « Frappe le ciel, écoute le bruit », le philosophe se confie pour la première fois sur son histoire et sa découverte de la méditation. Le récit d’un homme qui ne cesse de se poser des questions quant au fait d’exister... En se confrontant à ses douleurs passées et aux souffrances du monde, il nous montre que le bonheur et l’unité sont une quête de chaque instant. Entretien exceptionnel.


Méditer : quelle est votre définition de ce mot devenu passe-partout?

Méditer, c’est développer un sens d’attention délibérée dans le moment présent tel qu’il est — attention qui inclut toutes nos perceptions sensorielles, c’est-à-dire l’entièreté de notre être. Au quotidien, nous sommes généralement focalisés sur une seule chose. Nous pensons à quelque chose ou encore regardons un objet mais sans la plénitude de notre être — en oubliant notre corps. Avec la méditation, nous développons une attention ouverte. C’est à la fois extrêmement simple mais très déconcertant, car nous n’avons pas du tout l’habitude de cultiver une telle manière de faire.

Beaucoup d’images véhiculées donnent de la méditation une image trop exotique... Elles nous empêchent de voir qu’il y a dans la méditation quelque chose d’incroyablement concret, évident et humain. Ce qui n’empêche pas qu’elle soit la quintessence au cœur de toute voie spirituelle, mais nous le comprenons que si nous partons de son incroyable simplicité. Méditer c’est apprendre à découvrir l’ampleur magnifique et infinie du présent.


Dans votre livre, vous dites d’ailleurs : « méditer, c’est redevenir l’enfant que j’étais qui pose une question quant au fait d’exister… »

Si je regarde ce que j’ai appris en 25 ans de méditation, ce n’est pas ce qu’on aurait tendance à croire quand on ne connaît pas cette discipline. Elle m’a appris à retrouver un sens d’innocence, à m’interroger et à pouvoir m’étonner à neuf devant la réalité. Ce qui me semble le plus décisif et à la fois le plus oublié, c’est que la méditation n’est pas une technique pour essayer de se calmer ou se détendre ou je ne sais quoi … Méditer, c’est entrer dans un rapport profond à notre existence pour révéler un sens de présence plus grand à soi, aux autres et au monde, une plus grande bienveillance qui nous guérit de la souffrance, de la douleur et de l’isolement. Méditer, c’est ainsi éclairer, éclaircir, enrichir, éveiller notre vie toute entière.


Et redevenir intérieurement un enfant ?

Au fond, tout être humain a en lui une forme d’innocence, quels que soient les actes qu’il a faits. Cet état est un aspect primordial de notre être… La méditation nous aide à le retrouver et c’est absolument fondamental. Nous ne sommes pas uniquement cet homme, qui a cette vie, ce statut social, cette identité sexuelle. Il y a quelque chose de plus profond en nous, un secret. C’est d’ailleurs cette dimension de conscience plus grande que vous essayez d’explorer à l’INREES. Tout l’enjeu de mon travail, tout l’enjeu du livre, c’est d’arriver à montrer comment cette dimension de présence plus ample est à la fois très simple, à portée de main, et en même temps extraordinaire ! La méditation est sans doute la plus simple et directe manière d’entrer en rapport avec ce mystère au cœur de notre propre existence.


Nous n’avons pas toujours l’impression que ce soit si simple…

Nous avons tendance à penser que la méditation est soit compliquée et donc hors de portée, ou à l’inverse très simple et nous perdons alors l’émerveillement devant le secret de notre propre être. Mon livre s’appelle « Frappe le ciel, écoute le bruit » et non pas « Douze leçons pour être heureux tout de suite ». Il porte un titre énigmatique car être en rapport avec cette ouverture de la conscience, c’est être du côté de cette interrogation. Cette phrase ne nous donne pas de certitude, elle nous ouvre l’esprit.

Souvent, quand nous souffrons, c’est que nous avons perdu cette ouverture… Si vous, vous frappez le ciel, est-ce que vous entendez quelque chose ?


Dans votre livre, vous comparez le « yogi » au « méditant grenouille ». Quelles différences ?

C’est Francisco Varela - neurobiologiste et philosophe chilien - qui en parlait souvent quand il enseignait la méditation… C’est lui qui m’a en grande partie formé. Il disait : « Surtout, ne devenez pas comme les méditants grenouilles ! Parce que les grenouilles, elles sont calmes, elles ne bougent pas, mais ce n’est pas pour autant qu’elles sont en rapport à une ouverture réelle. »

Méditer ce n’est pas être calme – c’est être ouvert et vigilant, présent dans la plénitude de notre être. C’est ainsi que nous pouvons être en rapport avec ce qu’il appelait de manière absolument magnifique : le présent vivant.

Le yogi est l’être qui ne sépare pas le travail spirituel de l’engagement dans le monde. Pour lui, méditer ce n’est pas essayer d’être calme, mais transmuter les activités ordinaires en voies de sagesse. Autrement dit, le yogi pratique la méditation pour faire de chacune de ses activités une occasion d’ouvrir son esprit et son cœur. C’est une voie très parlante pour nous, car je ne suis pas sûr que la voie monastique soit aussi pertinente pour nous aujourd’hui qu’elle a pu l’être à d’autres époques pour des raisons sociales et historiques. Or c’est ainsi en Orient que la voie des yogis a été pensée, comme une alternative à la voie monastique. Une voie spirituelle pour les gens engagés dans le monde, pour les laïcs.


Comment définir cet engagement ? Que cache-t-il ?

C’est l’idée que toute expérience mise dans le creuset de la présence va devenir l’occasion d’une plus grande ouverture. Nous avons parfois l’idée que la méditation consiste à se protéger de la réalité : grâce à la méditation, je vais être calme ; quelqu’un va me faire du mal, je vais être calme ; on va me marcher sur les pieds, je vais être calme… C’est une idée très pauvre de la méditation. J'ai été blessé par une situation ? Quelqu’un souffre autour de moi ? Comment faire de cette expérience l’occasion d’une plus grande ouverture, d’une plus grande intelligence, d’un sursaut d’amour, d’un sursaut de générosité, d’une plus grande responsabilité ? C’est cela la voie.


Pourquoi étiez-vous si heureux, à l’adolescence, en découvrant la méditation ? Correspond-elle aujourd’hui à l’idée que vous en aviez à l’époque ?

Les premiers mois où j’ai pratiqué ont été très difficiles. En pratiquant, je n’ai pas du tout expérimenté l’ouverture mais plutôt d’incroyables tensions. Pourtant, c’était une expérience d’un immense bonheur parce que j’ai eu le sentiment profond d’avoir trouvé un chemin et de ne pas être condamné à la souffrance qui était alors la mienne. Je prenais conscience qu’il existe une possibilité de travailler avec son être, quelle que soit la situation. C’est vraiment une chose très importante aujourd’hui où le découragement et le cynisme règnent si profondément. La méditation montre l’incroyable imposture de ce découragement. Je crois que la méditation redonne sens à une espérance tangible et concrète dont nous avons absolument besoin.


Comment notre souffrance peut-elle nous permettre de prendre confiance ?

Nous croyons souvent qu’en enlevant la souffrance, ou en luttant contre elle, nous allons être heureux et avoir la paix. C’est une idée profondément agressive ! Nier la souffrance pour essayer d’atteindre le bonheur ne donne pas le bonheur. Reconnaître la souffrance, la difficulté, nos parts d’ombre, c’est ce qui donne un sens réel de plénitude. C’est complètement déconcertant ! Ce que nous apprend la méditation, ainsi que toute voie spirituelle, c’est qu’il faut entretenir un rapport de douceur avec nos souffrances. J’ai eu une enfance extrêmement difficile… Et je raconte dans ce livre comment la méditation m’a aidé à guérir de mon enfance, et comment c’est en accueillant la souffrance qu’on peut la guérir. Au fur et à mesure que je suis rentré dans la pratique, j’ai découvert d’autres zones de souffrance, d’autres zones sur lesquelles travailler. Mon chemin de 25 ans de méditation n’a pas été un chemin en permanence heureux, mais une aventure palpitante et réelle où j’ai été confronté au manque d’amour, à mes insuffisances et à nombre d’aventures.


Pourquoi idéalisons-nous les gens qui enseignent et parlent de méditation ?

Parce que nous manquons tellement de confiance en nous. Nous pensons que nous ne sommes pas capables de faire comme les grands sages.

Lorsque nous regardons quelqu’un qui pratique, comme le Dalaï-Lama ou Nelson Mandela, nous sommes intimidés. Nous voyons un personnage apaisé et serein.

Or en réalité, ils ont été comme nous. Nelson Mandela a témoigné des immenses difficultés qu’il a traversées, des doutes qu’il a eus… Il n’est pas devenu cet homme extraordinaire, qui a réussi à surmonter la haine et montrer une possibilité d’ouverture, sans une immense réflexion, sans d’immenses tourments. La sérénité se gagne en étant honnête sur ses difficultés, non pas en restant immobile et insensible. Le Dalaï-Lama pratique encore tous les jours !

Pourquoi est-ce que je dénonce une vision romantique de la spiritualité ? Parce qu’elle nous fait beaucoup souffrir. Nous pensons qu’il existe des gens extraordinaires qui n’ont rien à voir avec nous. Nous rêvons d’être comme eux, et par là, nous ne nous mettons pas au travail. Nous renonçons à travailler sur notre propre esprit. C’est dommage ! Toutes les personnes extraordinaires ont été exactement comme nous, elles se sont juste mises en chemin. Le chemin ne nous demande pas d’être parfaits, mais d’être vraiment ce que nous sommes.


Un jour, vous faites une expérience méditative où le temps et l’espace ne sont pas séparés. C’est aussi ça une prise de conscience ?

C’est une expérience très simple que nous avons tous faite, et où nous sommes dans un rapport au temps complètement autre que celui linéaire de l’horloge. La méditation nous invite à une présence et non à une succession de moments. Le passé est là comme mémoire vivante et non comme ressassement. L’avenir est là comme ouverture et non comme anticipation. Et ce rapport au temps est lié à l’espace. Dans la tradition bouddhique, l'une des choses qui m’a le plus fasciné c’est qu’ils disent que l’espace et l’esprit sont inséparables. Quand on regarde la grandeur du ciel, notre esprit est aussi vaste que lui. Dans les moments de méditation où il y a une forme de détente profonde et d’ouverture, nous sentons que notre environnement n’est plus « claustrophobique ». Nous n’étouffons plus, nous sommes en rapport avec l’espace tout entier. Comme dans l’amour : ceux qui sont loin géographiquement, nous sont pourtant proches. La méditation nous permet de comprendre que notre rapport mécanique au temps et à l’espace nous fait vivre dans un monde complètement fabriqué et faux.


Pourquoi cette ouverture et cette nécessité de paix avec les autres, avec soi-même, nous demande-t-elle autant d’effort ?

L’être humain est tout le temps menacé d’être. La langue française le dit : « inhumain ». C’est tout à fait étonnant... Votre chat n’est jamais « inchat ». Il est toujours chat, du matin au soir. Mais nous, combien de fois ne sommes-nous pas à la hauteur de notre humanité ? L’humanité demande un certain type de travail, très étrange car il n’est pas forcé. Nous avons à apprendre à être humain. De ce point de vue, la méditation est en quelque sorte une forme d’éthique primordiale : apprendre à écouter la plénitude et la vérité de notre être pour la laisser irradier. Nous nous plaignons du manque d’éthique dans notre société mais nous réduisons l’être humain à une machine corporelle, avec un esprit dessus. Comment pouvons-nous être éthique à partir de là ? Nous devons repenser la vérité de l’être humain.


L’homme est devenu le seigneur de la terre et du monde, c’est ce que vous sous-entendez ?

Exactement… Mon engagement dans la méditation, je le pense comme un engagement politique. Je crois que la méditation est aujourd’hui la dernière grande chance révolutionnaire pour notre temps. Parce qu’il s’agit en méditant de cesser l’attitude de vouloir tout contrôler et tout dominer. C’est le problème majeur de notre monde ! Je crois qu’il ne faut pas croire que l’engagement spirituel qu’implique la méditation soit un désengagement du terrestre, au contraire… C’est une célébration du terrestre. La spiritualité est peut-être aujourd’hui seule à même de sauvegarder un rapport au terrestre. Et le rapport au terrestre dont je parle n’est pas un rapport de gestion du terrestre, c’est un rapport d’appréciation du terrestre !


Nous allons prochainement parler de la « créativité » dans Inexploré : un mot ?

Etre créatif, c’est essayer de trouver le possible inattendu... Ca signifie être ouvert à l’inconnu qui se cache dans le moment présent et que je ne vois pas. La méditation, c’est aussi l’art de la créativité ! Sortir d’un état de crispation où nous voulons que l’instant futur soit exactement comme nous voulons le voir, et accepter de jouer et danser avec l’inattendu.

Frappe le ciel, écoute le bruit, Fabrice Midal
Éditions Les Arènes (Janvier 2014 ; 243 pages)


 

Méditation à l'école (6)

Par Le 14/03/2014

 

Éducation : dépoussiérons nos écoles en osant la méditation en classe

 

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Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

LE PLUS. Mauvais résultats scolaires, anxiété ou exclusions, et si la solution pour être concentré en cours se trouvait dans la méditation. Cette pratique a fait ses preuves aux États-Unis, mais la France continue d'avoir peur. Héloïse Pierre, étudiante en master co-fondatrice du collectif Seum'eurs d'Avenir, est convaincue par les bienfaits de cette discipline.

 

Édité par Louise Auvitu 

 

Une enfant en cours de yoga dans une école de Sacramento en Californie. (Randy Pench/AP/SIPA)

 

Fermez les yeux, juste deux minutes. Ecoutez votre respiration. Essayez de sentir l’air entrer et sortir de vos narines. Respirez. Concentrez-vous sur votre respiration. Maintenant ouvrez les yeux. Deux minutes par jour, ces exercices peuvent avoir un vrai impact sur l’environnement scolaire de nos enfants.

 

Mauvais résultats scolaires, frustrations, exclusions, délinquances… tant de maux attribués à l’école et si peu de réponses apportées pour y remédier. Depuis la mise en place du collège unique en 1975, l’école n’évolue guère : un tableau et un prof omniscient en face d’élèves passifs.

 

Alors que notre monde bouge à mille à l’heure, il s’agit surtout de ne pas trop perturber notre vieille école poussiéreuse. Nous adoptons les mêmes méthodes depuis 1884, en espérant que ça collera toujours.

 

Les employés de Google s'inspirent de Boudha

 

Pendant ce temps, dans le reste du monde, on cherche et on expérimente de nouvelles méthodes adaptées au contexte scolaire actuel. En effet, le savoir est partout en libre-service, une recherche Google et c’est dans la poche.

 

La question n’est plus vraiment de capitaliser des connaissances, mais plutôt de réussir à s’en servir, de pouvoir faire le tri, et d’arriver à se concentrer face à la masse d’information que l’on reçoit en permanence.

 

Ainsi, parmi ces nouvelles méthodes, une attire particulièrement l’attention, la méditation de pleine conscience. Technique inspirée de l’enseignement de Bouddha et laïcisée par Jon Kabat-Zinn, elle se répand à une vitesse incroyable dans la sphère privée.

 

De grandes entreprises comme Google mettent à disposition de leurs employés des séances de pleine conscience afin d’installer une meilleure ambiance de travail. De plus, la méditation aide à se concentrer et à développer son attention, le but étant d’être "présent-présent" dans ce que l’on fait.

 

Aux États-Unis, ça fonctionne

 

Mais la vague de méditation ne s’arrête pas là et touche jusqu’à l’école américaine, anglaise, suédoise… Avant chaque cours, les professeurs proposent des temps de cinq minutes où toute la classe reste en silence, les yeux fermés et travaille sur un exercice de respiration ou de concentration.

 

Les premières expérimentations sont faites dans des quartiers très sensibles aux États-Unis où la violence à l’école est un lieu commun. Au bout d’un an, les études révèlent une diminution des infractions scolaires, une baisse des comportements agressifs et de meilleurs résultats [1].

 

Aujourd’hui, la méditation est utilisée dans de nombreuses écoles, cela permet une meilleure ambiance dans l’établissement, et apaise les élèves ce qui leur permet d’être plus attentif en classe et donc de mieux réussir.

 

En France, le mot "méditation" fait peur

 

Cette technique "nouvelle", vieille de 2400 ans, peut faire peur à notre vénérable institution. Sa connotation religieuse est, elle aussi, un réel frein à son application dans l’école laïque.

 

Plusieurs expérimentations, menées en France, ont rapidement été arrêtées. Ces enseignants parlent d’incompréhension de la part de l’administration, des collègues, des parents. Oui le mot "méditation" fait peur et pourtant, nous sommes prêts à pratiquer la méditation dans notre sphère privée, l’explosion de la demande de livres et de cours de méditation en est une belle illustration. Alors pourquoi ne pas encourager l’école à s’en inspirer ? [2]

 

Adapter l’école aux changements sociétaux du XXIe siècle, ce n’est pas forcément offrir des tablettes à chacun. L’école doit donner aux enfants les clés pour appréhender le futur.

 

Méditer, c’est renouer avec son moi, c’est se comprendre, se poser, apprendre à être là… Avec un esprit plus calme et attentif, l’enfant pourra apprendre pleinement et vivre dans un environnement plus sain. Sans aucun doute, à notre tour, il est grand temps de véritablement expérimenter la méditation à l’école.

 

 

 

 Voir l'étude de Schonert-Reichl & Lawlor, 2010.

 Pour plus d’informations sur les expérimentations faites en France :

http://agepsraymondbarbry.wordpress.com/pleine-conscience/

http://www.coinprof.net/wp-perso

Espace vital

Par Le 11/03/2014

Ce qui participe aussi à ma décision de quitter l'enseignement, c'est de voir l'indifférence des parents d'élèves...La majorité s'en fout de tout pourvu que leurs enfants soient casés quelque part. Même si c'est dans une cage avec un dompteur...

J'ai écrit, il y a longtemps au Ministre.

Ils m'ont mis un blâme et bloqué mon salaire pendant sept ans.

Je ne vais pas y laisser ma peau.

Tant pis pour les enfants...Il m'aura fallu trente ans pour réussir à prononcer cette phrase.

Lorsque j'ai eu mon diplôme d'instituteur, je suis allé voir mon Maître de CM2, Monsieur Quéré. On a beaucoup parlé, longtemps, de choses essentielles. Il savait que c'était grâce à lui que j'étais là. Il m'a dit au moment de mon départ : "Surtout, Thierry, ne fais jamais de mal aux enfants. Jamais. "

J'ai essayé de garder cette ligne de conduite toute ma carrière. Sauf que maintenant, quoique je fasse, les conditions sont tellement effroyables que ça n'est plus possible. Inévitablement, je participerai au massacre. Et il n'en est pas question.

Tant pis pour les enfants...Je ne peux plus rien pour eux.


http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/classes-surchargees-le-coup-de-gueule-d-un-directeur-04-12-2013-3374159.php

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Chilly-Mazarin

Classes surchargées : le coup de gueule d'un directeur

Excédé, Xavier Cegarra, responsable d'une maternelle, réclame une loi instaurant un espace vital minimal par élève à l'école.

Publié le 04.12.2013


Chilly-Mazarin, lundi. Xavier Cegarra, directeur de la maternelle du Centre, estime qu'il faudrait des classes à 20 élèves pour le bien-être des enfants et pour travailler dans de bonnes conditions.

Chilly-Mazarin, lundi. Xavier Cegarra, directeur de la maternelle du Centre, estime qu'il faudrait des classes à 20 élèves pour le bien-être des enfants et pour travailler dans de bonnes conditions. | (LP/S.M.)

Quel est l'espace vital minimal dans un enclos pour un chien? 5 m2. Pour élever un poulet bio? 4 m2. Et pour un enfant scolarisé en maternelle? Pas de norme, mais une simple recommandation de 60 m2 pour 30 élèves, soit moins de 2 m2 par enfant, surtout si on compte en plus l'enseignant et un Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles). C'est ce qui ressort des recherches de Xavier Cegarra, directeur de l'école maternelle du Centre à Chilly-Mazarin. Enseignant depuis 1989, il a décidé cette semaine de pousser un coup de gueule contre les classes surchargées.

Dans un courrier envoyé lundi à ses supérieurs, à la direction académique, à la mairie, aux députés de l'Essonne, mais aussi aux syndicats, il constate qu'« aucun décret, aucune loi, semble-t-il, ne réglemente l'espace minimal pour un élève dans une salle d'exercice ». Actuellement, il existe bien un seuil de 31 élèves par classe, mais il est loin d'être respecté. La maternelle du Centre compte deux classes à 31 élèves et deux à 32. Et les quatre salles de classes font moins de 60, voire moins de 55 m2. Xavier Cegarra écrit d'ailleurs se « dégager de toute responsabilité » si la capacité d'accueil de 30 élèves est dépassée.

« On dépasse les seuils d'ouverture de classe, mais rien ne se passe. Et même quand on en est là, on nous pousse à prendre encore des élèves. Récemment, on a voulu me faire inscrire deux enfants supplémentaires, j'ai refusé. On bourre les classes et on n'a aucune loi pour se protéger, alors que nous sommes responsables de la sécurité et du bon fonctionnement de l'école. »

Face à ce manque d'espace, ce directeur a voulu dire ce qu'il avait « sur le cœur ». « Je ne sais pas si ça apportera quelque chose, mais au moins j'aurais essayé », avance-t-il. Car, pour Xavier Cegarra, le nombre d'élèves par classe, qu'il souhaiterait à 20, est fondamental pour le bien-être de l'élève, bien plus que la réforme des rythmes scolaires (NDLR : Chilly fait partie des 10 communes du département à l'appliquer depuis la rentrée), qu'il n'hésite pas à critiquer pour les maternelles. C'est cette conjugaison, classes trop chargées et mercredi amputé de sa matinée pour se reposer, qui l'a poussé à agir. « Quand on a quatre, cinq ou six absents, on voit tout de suite la différence. Et comment voulez-vous que l'on fasse de la pédagogie différenciée à 30 ou 31 élèves? Aucun gouvernement n'a tenté de ramener ce chiffre à 20. Au lieu de ça, ils définissent des seuils qu'ils ne respectent même pas. »

Son espoir? A minima, sensibiliser les gens à ce problème et, au mieux, qu'un élu s'intéresse à son courrier et qu'une loi définisse enfin l'espace vital minimal par enfant dans une classe.

Contactée, la direction académique n'a pas donné suite.
 

Le Parisien

Comment ?

Par Le 01/03/2014

Comment est-il possible que je puisse structurer en moi un texte, mettre en action mes doigts pour assembler des lettres et constituer des phrases, suivre ma pensée tout en parvenant à écrire ce que je porte sans pour autant, dans le même instant perdre de vue cette pensée, comment puis-je parvenir à tout ça alors que je ne sais même pas comment cette pensée prend forme en moi, comment elle s'élabore, ce qu'elle est réellement, non pas cette succession de mots intérieurs mais ce qu'elle est dans sa structure, dans sa conception, dans son extension ? Rien qui se produit n'est volontaire. Non pas dans cette extension mais dans sa structure. Comment puis-je avoir conscience de cette interrogation alors qu'elle s'élabore, comment puis-je observer cette conscience et faire en sorte qu'elle ait conscience d'elle-même, comment autant de phénomènes prennent-ils vie en moi alors que je n'y suis pour rien ? Bien sûr que j'ai décidé d'y réfléchir mais qu'est-ce qui réfléchit en moi ?

Qui est là ?

Comment pourrais-je me perdre à des considérations futiles, à des envahissements dérisoires mais dont la multiplicité peut se révéler si pesante ? Comment pourrais-je accepter de me laisser déborder alors que je ne sais même pas ce que je suis et que cette interrogation devrait emplir la totalité de mon temps, concentrer l'essentiel de mon énergie ? 

Comment pourrais-je refuser de vivre ?

Et me contenter d'exister.

Comment pourrais-je accepter de mourir à chaque instant dans une dispersion frénétique alors qu'il s'agit d'accéder à la Vie, à son saisissement, à sa totale compréhension ?

Comment pourrais-je accepter de me laisser emporter par le chaos de la masse alors que le silence et lui seul permet d'entrer en soi ?

Un jour, je n'écrirai plus rien, je ne penserai plus, je ne parlerai plus. Je serai dans le silence.

Avant même que la mort ne me prenne.

JUSQU'AU BOUT : La lumière

Par Le 01/03/2014

Il y a des personnes que j'aimerais pouvoir remercier aujourd'hui de tout ce qu'elles m'ont apporté. Il faudrait toujours dire aux gens qu'on aime à quel point elles nous portent vers l’Éveil.

 

 

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JUSQU AU BOUT

Il vit un gros livre au bout du banc. Sri Aurobindo. Il ne déchiffra pas le titre.

« C’est ça on lit depuis un moment, expliqua Birgitt. C’est difficile mais c’est bien.

- C’est quoi le titre ?

- Ça veut dire, la vie…comme Dieu. »

Elle disparut dans le salon et revint avec un dictionnaire. Elle tourna les pages rapidement.

« Ça veut dire la vie divine.

- Et ça parle de quoi ?

- Oh ! c’est très difficile de raconter. Avec le hollandais, c’est déjà difficile de comprendre la première fois. On lit encore et encore pour savoir quoi il explique. Mais tout à l’heure à la plage, c’est quelque chose comme dans le livre tu as raconté. »

Il fut étonné de connaître lui-même un phénomène qui semblait si difficile à comprendre. Il se corrigea en pensant qu’il avait simplement senti des choses étranges mais qu’il ne les connaissait pas.

Yolanda revint avec des fruits.

« Vous pouvez me parler un peu de ce que vous savez ? »

Elles échangèrent un regard sceptique puis Birgitt joignit ses mains devant son visage dans une attitude d’intense réflexion.

« C’est un risque de pas comprendre tout quand on explique mal, commença-t-elle. Les mots sont inconnus pour nous en français mais on peut essayer. Pas de dire ce livre mais les choses on connaît un peu avec tous les livres. C’est le plus difficile de commencer, c’est beaucoup tout mélangé.

- C’est pas grave, ça sera quand même intéressant, j’en suis sûr. »

Elle vida son verre et réfléchit. Elle ouvrit le dictionnaire et commença à chercher. Elle nota les traductions sur un papier.

« A Utrecht, on a fait du yoga dans un centre, avec un professeur, expliqua Yolanda. On a beaucoup appris avec lui. C’est très bon pour toi si tu fais et c’est bon aussi pour rester calme et mieux vivre avec toi. Aussi, on connaît un professeur de Tao, mais ça c’est encore plus compliqué. Avec le yoga, on a appris à trouver le calme mais c’est pas le calme juste pas de bruit. C’est le calme dans ta tête et dans ton corps. Quand tu es dans le vrai calme, tu oublies le monde, tu as plus de souvenirs, plus de pensées. C’est très difficile à faire. Tu crois que c’est facile de pas penser mais si je te dis de penser pendant trois minutes à une seule chose comme…la balle des raquettes, juste la balle, tu vas croire tu as pensé à elle pendant trois minutes mais en vrai tu as pensé à beaucoup des autres choses. Tu as vu la plage, la raquette dans ta main, le soleil, la balle qui roule, un nuage devant le soleil, c’est plein des images qui vont avec la balle et ça c’est pour penser à une seule chose alors si c’est pour penser à rien, c’est beaucoup plus difficile. Avec le yoga, on fait ça. Mais c’est très long pour faire ça une fois. Dans la tête, c’est plein de gens qui te parlent, s’exclama-t-elle en riant. Tu connais les choses tu penses mais tu sais pas où tu es toi. »

Elle regarda les notes prises par Birgitt et continua.

« Dans le calme, si tu as pas de pensées, tu es dans la…conscience, articula-t-elle lentement. Tu sais où est ton esprit et qui tu es. »

Birgitt ferma le dictionnaire et relut ses notes. Elle regarda Yolanda qui lui fit un petit signe de tête.

« Dans la philosophie éternelle, commença-t-elle, tu cherches le moi pur. C’est comme la partie de toi dans toutes les choses vivantes de l’univers mais tu as l’habitude de voir toi, comme toi tout seul. Tu peux pas voir tu appartiens à quelque chose de plus grand et c’est déjà en toi, mais c’est très caché. Il faut chercher cette lumière, c’est beaucoup de travail. Les sportifs, ils connaissent un peu ça quand ils sont très fatigués comme les coureurs ou les gens sur les vélos, ils arrivent à plus penser à rien et ils voient eux très fort. Mais ça, c’est pas eux tout seul, c’est eux avec l’univers. C’est l’unité. C’est ça la vraie réalité. A côté, c’est le monde des hommes et c’est tout un mensonge. Beaucoup de choses cachées avec l’agitation. Alors comme on sait pas chercher le moi pur, on pense beaucoup à plein des choses qui sont pas importantes mais on dit c’est important. C’est le mauvais modèle du moi. Si tu es…illuminé, tu sais tu es un individu mais tu sais aussi tu es uni avec l’univers. Alors tu laisses ton… égo et tu penses pas pareil. »

Elle s’arrêta et regarda Yolanda qui l’encouragea d’un sourire. Elle observa son petit papier et continua.

« Si tu es illuminé, tu connais l’amour pour toutes les choses vivantes. C’est pas l’amour avec les corps mais c’est l’amour avec ton esprit et c’est possible aussi de faire ça avec le sexe. Avec une autre personne qui est comme toi, c’est très fort de faire l’amour. C’est pas pareil. C’est les énergies très profondes tu fais venir, pas le plaisir mais plus fort, c’est difficile de dire. »

Yolanda qui lisait le papier sur la table continua.

« C’est l’orgasme cosmique. C’est pas ton corps qui est là, c’est pas celui de l’autre avec toi, c’est un seul qui est dans la lumière, c’est les moi purs ensemble. C’est ça l’unité…originelle. Et si tu es comme ça, c’est pas l’excitation du corps, c’est l’excitation de l’esprit le mieux, ça peut rester très longtemps.

- C’est ça que j’ai senti à la plage. C’était pas de l’excitation physique, jamais, mais je sentais mon esprit qui brûlait. »

Il réalisa soudainement ce qu’il venait de dire et s’en étonna.

« C’est pour ça, je te dis tu peux faire du yoga ou d’autres choses pour chercher. Tu connais déjà des choses importantes.

- Oh ! je ne les connais pas, je les ai juste senties, reprit-il déçu.

- Mais c’est très bien ! Tu sais c’est beaucoup des gens qui ne trouvent rien avant des années !

- Pourquoi ?

- C’est la vie qui est pas bonne, c’est difficile de garder la philosophie tous les jours. Maintenant, nous on veut ça, on veut pas être dérangées par des choses…extérieures. »

Il se sentit concerné un court instant mais refusa d’y penser davantage.

« C’est bien si tu restes avec les idées tous les jours et tu penses mais si tu travailles pas agréable c’est des pensées pas bonnes et tu peux pas être avec toi. Tu es dans tout le reste dehors de toi et pas avec l’univers. Si tu es avec les hommes, tu peux pas être bien. C’est sûr pour nous deux.

- C’est les hommes comme toi tu peux parler pour pas te perdre, c’est tout. La peinture, c’est bien pour nous aussi pour penser et faire le calme. Et ici aussi, avec la nature.

- Et les gens dehors, ils ne vous gênent pas ? J’en ai vu tout à l’heure qui avaient oublié leurs corps. Ils étaient gros, une horreur !

- Oui, on sait ça mais on va pas voir, c’est tout.

- Et c’est pas toujours la faute à eux, c’est peut-être une maladie mais dedans, c’est des gens ils cherchent.

- Oui, tu as raison Birgitt. Je condamne toujours trop vite.

- C’est toi tu es pressé et tu vois peut-être le mal partout mais c’est des choses belles aussi avec les autres pas comme toi. Il faut écouter.

- Et tu perds ton énergie si tu es toujours contre les autres. Il faut être avec eux ou pas penser, c’est mieux pour toi, c’est comme ça tu avances dans ton moi pur. Et aussi tu fais aller mieux le monde, c’est moins de violences et de méchancetés. Si beaucoup de gens pensent dans le calme, c’est possible les autres sentent aussi le calme et ils font pareil. C’est comme une chaîne plus grande et encore plus grande. Il faut pas penser mal sinon c’est tout cassé et c’est le mal encore plus fort. Si tu fais méditer c’est bon pour toi mais c’est bon pour le monde autour de toi. C’est …drôle.

- Etrange, reprit Pierre.

- Ah ! oui, étrange, continua Yolanda. C’est ça aussi, il dit le Dalaï-Lama.

- C’est une histoire très …étrange je connais avec des singes. C’est un singe, sur une île, il lavait des fruits ou des patates, je sais plus, avant de manger mais pas les autres. Et un autre a fait, et puis un autre encore mais ça allait pas vite pour tout le groupe lave les patates. Mais un jour, c’est un nombre assez grand pour donner envie à tous les singes de faire comme ça. D’un coup c’est toute la tribu. Et après, c’est même des singes dans une autre île, ils ont fait pareil. C’est l’idée, elle est arrivée là-bas ! C’est étrange !

- Avec un peu des hommes, ils méditent bien, c’est pareil, un jour, ils font méditer le monde entier. Et c’est bien pour le monde entier. Il faut passer dans le bon nombre de gens et c’est possible.

- Avec les enfants dans l’école, c’est possible de faire ça. Si tu es calme et gentil, si tu écoutes bien les enfants et tu fais attention à eux, ils sont heureux et alors ils travaillent bien, et comme ils travaillent bien ils sont fiers et encore plus heureux. Ils ont pas peur de venir à l’école et même avec le travail c’est bien si tu es gentil et tu les aides. Tu peux aussi leur apprendre le calme. Alors ils parlent de l’école à la maison et le papa et la maman, ils sont heureux aussi ensemble et tout est mieux pour tout le monde. C’est pas difficile pour le bonheur. Il faut pas des choses tristes et difficiles pour la vie et alors c’est le bonheur. Les hommes, ils veulent le bonheur pas le malheur. La télévision, elle fait du mal si elle parle beaucoup des choses violentes, tristes et c’est les gens ils font ça aussi après. Alors, il faut pas dire ça avec les enfants. C’est mieux les mettre dans la nature et le calme. C’est mieux pour eux et pour le monde entier.

- Comment est-ce que je peux apprendre le calme aux enfants ?

- Tu dis la différence entre écouter et entendre, répondit Birgitt. Tu dis d’écouter toutes les discussions dans leur tête et d’essayer de les faire diminuer une à une pour plus rien avoir à entendre. C’est passer de l’esprit actif, avec plein de choses dans la tête qui se parlent et se répondent ou parlent les unes par-dessus les autres pour arriver à l’esprit passif qui écoute mais n’entend plus rien. Avec la respiration, tu peux les aider. Ils respirent bien normalement, un peu doucement et ils comptent les respirations. Ils soufflent, ça fait un, une autre fois, ça fait deux, une autre fois, ça fait trois et encore pour faire quatre. Il faut juste compter, pas penser à rien d’autre, juste la respiration et compter. Avec ça, ils vont réussir à entendre et pas à écouter. Tu peux faire tout à l’heure si tu veux avec nous.

- Ah oui, j’aimerais beaucoup commencer avec vous !

- Mais attention, c’est un travail long. Il faut pas être énervé si tu arrives pas. C’est pas tout de suite la réussite. Et pour les enfants aussi. C’est plus facile si c’est déjà calme dans eux.

- Mais toi, c’est pas calme dedans !

- C’est beaucoup plus calme qu’avant pourtant », dit-il.

Et ce temps lui sembla très lointain, comme une autre vie. L’impression d’avoir eu à franchir une chaîne de montagnes gigantesques, avec des efforts douloureux, la peur de l’échec, des décisions extrêmes à prendre, sans le temps nécessaire à la réflexion, toujours dans l’urgence et la menace permanente de la chute dans les vallées sombres et que maintenant, de l’autre côté, il redescendait dans une vallée de calme, de connaissance et de plénitude. Il sentit combien le cheminement pour parvenir jusqu’ici ne devait pas être dévoilé…Ce serait à tout jamais sa part d’ombres.

« Vous croyez que je peux trouver des professeurs de yoga en Bretagne ?

- On ne connaît pas là-bas mais c’est possible, je pense. C’est avec les livres aussi tu peux trouver beaucoup de choses. Mais c’est mieux les vivre. Avec la nature, c’est déjà beaucoup de découvertes.

- Tu sais, reprit Birgitt, au début c’est toujours difficile mais si tu penses beaucoup un jour tu comprends. Et tu penses plus pareil. C’est comme avec les singes, il faut beaucoup de nombres de pensées pour l’esprit passe de l’autre côté. Tu cherches, tu cherches, c’est difficile et pourtant un jour, ça y est tout arrive et tout devient clair. Et si tu comprends bien, les gens avec toi ils vont comprendre mieux aussi. Des choses différentes mais ça sera mieux pour eux. Tu vas leur faire du bien.

- C’est ce que vous faites avec moi. Vous ne pouvez pas imaginer tout ce que je comprends depuis que je vous ai rencontrées. Et parfois ce sont des choses dont on n’a pas parlé mais qui se sont quand même révélées. Ca aussi c’est étrange. C’est comme si tout mon esprit s’ouvrait parce que vous avez poussé une porte. »

Elles se regardèrent en souriant.

« Ça nous fait très plaisir ça, tu sais, c’est très important pour nous. On veut essayer aussi d’aider le monde. C’est notre participation à cet univers qui est en nous, à cette lumière de tout le monde.

- Mais qu’est-ce que c’est que cette lumière ? Qu’est-ce que c’est exactement ?

- Impossible de répondre. Il y a beaucoup trop de réponses. Chaque peuple a sa réponse. C’est Dieu peut-être. Pour moi Dieu, c’est une sensation pour tous les êtres vivants, une espèce… de complicité ! Tu as dit ça aussi. Le dauphin il saute, l’oiseau il chante, l’enfant il rit, c’est Dieu aussi en eux, tu vois une sorte de bonheur, c’est tout le monde vivant il sent ça parfois. Nous, c’est devant un beau paysage, une jolie personne, une belle musique. C’est la lumière de Dieu, elle brille en nous et elle nous réunit avec toutes les espèces vivantes. Mais les hommes, ils appellent ça Dieu, c’est dommage, ça fait trop penser à une personne humaine. C’est pas une personne bien sûr, c’est pas une forme, c’est juste une sensation, un bonheur sans nom, c’est trop important pour lui donner un nom, il faut laisser la liberté à chacun. C’est le nom tu veux lui donner le bon. C’est tout. Mais Dieu, c’est la rencontre dans toi de toutes les lumières qui sont dehors, alors c’est le grand bonheur. Ta lumière brille plus fort et tu es heureux. Très fort. Ta lumière, elle rencontre les autres lumières de l’océan, du vent, du soleil, des étoiles, de la pluie, de la neige, d’un animal, d’une plante, d’un être humain, d’une musique, d’un paysage, d’un grain de sable. La main d’un enfant dans la tienne, c’est les deux lumières ensemble, alors elles brillent plus fortes. Elles s’ajoutent l’une à l’autre et pourtant elles restent à l’intérieur des deux. C’est formidable. Mais c’est la joie pour faire briller les lumières, pas le malheur. C’est pour ça, on dit toujours le malheur c’est noir. C’est les gens sans la lumière intérieure. C’est pas juste une image, c’est la réalité. Et c’est la vie elle cache la lumière aux gens. Alors, il faut faire un effort pour la retrouver. C’est grave pour les enfants s’ils entendent jamais ça. Nos parents avec le naturisme, c’était aussi pour nous aider à trouver. Souvent, ils nous ont parlé de ça. C’est pour ça les parents, c’est important. C’est pour envoyer les enfants sur le chemin de la lumière. Si tu passes du temps à lutter contre le mal, tu t’occupes du mal et tu lui sacrifies ton énergie. Mais ça ne fait pas remonter la quantité de bien. Il restera pareil. Tu peux même finir par tomber du côté du mal. Mais si tu t’occupes du bien, tu le développes, tu élèves un mur de plus en plus important devant le mal. Et un jour c’est le mal qui se retrouve en position inférieure. Avec les enfants, c’est pareil. Il faut les mettre toujours sur le chemin de la lumière. C’est ça ils cherchent dans leurs vies. Ici beaucoup d’hommes cherchent à obtenir tout le contraire de la lumière. La honte d’avoir gâché la vie les envoie vers le mal. Il faudra beaucoup de gens illuminés pour renverser cette direction. »

Il comprit enfin le dégoût qu’il avait si souvent éprouvé. Lutter contre le mal et devenir le mal…Il s’était laissé piéger. Sa mission avec les enfants était essentielle mais il s’était trompé de méthode. Il reprendrait tout à zéro. Ce n’était pas juste pour eux mais pour le monde entier. Comme une goutte tombée dans la mer et dont les effets, apparemment infimes, feraient le tour de la planète."

Hippocrate et Socrate

Par Le 28/02/2014

Chez le médecin


"Vous avez signé le serment d’Hippocrate, vous devez être totalement investi pour le bien-être de vos patients.

Et bien, moi, pour mes élèves, j'ai signé le serment de Socrate. C'est pareil."

Constat

Par Le 27/02/2014

                "EN-SAIGNANT"

Constat de fin de carrière en cours.

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