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Comment ?

Par Le 01/03/2014

Comment est-il possible que je puisse structurer en moi un texte, mettre en action mes doigts pour assembler des lettres et constituer des phrases, suivre ma pensée tout en parvenant à écrire ce que je porte sans pour autant, dans le même instant perdre de vue cette pensée, comment puis-je parvenir à tout ça alors que je ne sais même pas comment cette pensée prend forme en moi, comment elle s'élabore, ce qu'elle est réellement, non pas cette succession de mots intérieurs mais ce qu'elle est dans sa structure, dans sa conception, dans son extension ? Rien qui se produit n'est volontaire. Non pas dans cette extension mais dans sa structure. Comment puis-je avoir conscience de cette interrogation alors qu'elle s'élabore, comment puis-je observer cette conscience et faire en sorte qu'elle ait conscience d'elle-même, comment autant de phénomènes prennent-ils vie en moi alors que je n'y suis pour rien ? Bien sûr que j'ai décidé d'y réfléchir mais qu'est-ce qui réfléchit en moi ?

Qui est là ?

Comment pourrais-je me perdre à des considérations futiles, à des envahissements dérisoires mais dont la multiplicité peut se révéler si pesante ? Comment pourrais-je accepter de me laisser déborder alors que je ne sais même pas ce que je suis et que cette interrogation devrait emplir la totalité de mon temps, concentrer l'essentiel de mon énergie ? 

Comment pourrais-je refuser de vivre ?

Et me contenter d'exister.

Comment pourrais-je accepter de mourir à chaque instant dans une dispersion frénétique alors qu'il s'agit d'accéder à la Vie, à son saisissement, à sa totale compréhension ?

Comment pourrais-je accepter de me laisser emporter par le chaos de la masse alors que le silence et lui seul permet d'entrer en soi ?

Un jour, je n'écrirai plus rien, je ne penserai plus, je ne parlerai plus. Je serai dans le silence.

Avant même que la mort ne me prenne.

JUSQU'AU BOUT : La lumière

Par Le 01/03/2014

Il y a des personnes que j'aimerais pouvoir remercier aujourd'hui de tout ce qu'elles m'ont apporté. Il faudrait toujours dire aux gens qu'on aime à quel point elles nous portent vers l’Éveil.

 

 

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JUSQU AU BOUT

Il vit un gros livre au bout du banc. Sri Aurobindo. Il ne déchiffra pas le titre.

« C’est ça on lit depuis un moment, expliqua Birgitt. C’est difficile mais c’est bien.

- C’est quoi le titre ?

- Ça veut dire, la vie…comme Dieu. »

Elle disparut dans le salon et revint avec un dictionnaire. Elle tourna les pages rapidement.

« Ça veut dire la vie divine.

- Et ça parle de quoi ?

- Oh ! c’est très difficile de raconter. Avec le hollandais, c’est déjà difficile de comprendre la première fois. On lit encore et encore pour savoir quoi il explique. Mais tout à l’heure à la plage, c’est quelque chose comme dans le livre tu as raconté. »

Il fut étonné de connaître lui-même un phénomène qui semblait si difficile à comprendre. Il se corrigea en pensant qu’il avait simplement senti des choses étranges mais qu’il ne les connaissait pas.

Yolanda revint avec des fruits.

« Vous pouvez me parler un peu de ce que vous savez ? »

Elles échangèrent un regard sceptique puis Birgitt joignit ses mains devant son visage dans une attitude d’intense réflexion.

« C’est un risque de pas comprendre tout quand on explique mal, commença-t-elle. Les mots sont inconnus pour nous en français mais on peut essayer. Pas de dire ce livre mais les choses on connaît un peu avec tous les livres. C’est le plus difficile de commencer, c’est beaucoup tout mélangé.

- C’est pas grave, ça sera quand même intéressant, j’en suis sûr. »

Elle vida son verre et réfléchit. Elle ouvrit le dictionnaire et commença à chercher. Elle nota les traductions sur un papier.

« A Utrecht, on a fait du yoga dans un centre, avec un professeur, expliqua Yolanda. On a beaucoup appris avec lui. C’est très bon pour toi si tu fais et c’est bon aussi pour rester calme et mieux vivre avec toi. Aussi, on connaît un professeur de Tao, mais ça c’est encore plus compliqué. Avec le yoga, on a appris à trouver le calme mais c’est pas le calme juste pas de bruit. C’est le calme dans ta tête et dans ton corps. Quand tu es dans le vrai calme, tu oublies le monde, tu as plus de souvenirs, plus de pensées. C’est très difficile à faire. Tu crois que c’est facile de pas penser mais si je te dis de penser pendant trois minutes à une seule chose comme…la balle des raquettes, juste la balle, tu vas croire tu as pensé à elle pendant trois minutes mais en vrai tu as pensé à beaucoup des autres choses. Tu as vu la plage, la raquette dans ta main, le soleil, la balle qui roule, un nuage devant le soleil, c’est plein des images qui vont avec la balle et ça c’est pour penser à une seule chose alors si c’est pour penser à rien, c’est beaucoup plus difficile. Avec le yoga, on fait ça. Mais c’est très long pour faire ça une fois. Dans la tête, c’est plein de gens qui te parlent, s’exclama-t-elle en riant. Tu connais les choses tu penses mais tu sais pas où tu es toi. »

Elle regarda les notes prises par Birgitt et continua.

« Dans le calme, si tu as pas de pensées, tu es dans la…conscience, articula-t-elle lentement. Tu sais où est ton esprit et qui tu es. »

Birgitt ferma le dictionnaire et relut ses notes. Elle regarda Yolanda qui lui fit un petit signe de tête.

« Dans la philosophie éternelle, commença-t-elle, tu cherches le moi pur. C’est comme la partie de toi dans toutes les choses vivantes de l’univers mais tu as l’habitude de voir toi, comme toi tout seul. Tu peux pas voir tu appartiens à quelque chose de plus grand et c’est déjà en toi, mais c’est très caché. Il faut chercher cette lumière, c’est beaucoup de travail. Les sportifs, ils connaissent un peu ça quand ils sont très fatigués comme les coureurs ou les gens sur les vélos, ils arrivent à plus penser à rien et ils voient eux très fort. Mais ça, c’est pas eux tout seul, c’est eux avec l’univers. C’est l’unité. C’est ça la vraie réalité. A côté, c’est le monde des hommes et c’est tout un mensonge. Beaucoup de choses cachées avec l’agitation. Alors comme on sait pas chercher le moi pur, on pense beaucoup à plein des choses qui sont pas importantes mais on dit c’est important. C’est le mauvais modèle du moi. Si tu es…illuminé, tu sais tu es un individu mais tu sais aussi tu es uni avec l’univers. Alors tu laisses ton… égo et tu penses pas pareil. »

Elle s’arrêta et regarda Yolanda qui l’encouragea d’un sourire. Elle observa son petit papier et continua.

« Si tu es illuminé, tu connais l’amour pour toutes les choses vivantes. C’est pas l’amour avec les corps mais c’est l’amour avec ton esprit et c’est possible aussi de faire ça avec le sexe. Avec une autre personne qui est comme toi, c’est très fort de faire l’amour. C’est pas pareil. C’est les énergies très profondes tu fais venir, pas le plaisir mais plus fort, c’est difficile de dire. »

Yolanda qui lisait le papier sur la table continua.

« C’est l’orgasme cosmique. C’est pas ton corps qui est là, c’est pas celui de l’autre avec toi, c’est un seul qui est dans la lumière, c’est les moi purs ensemble. C’est ça l’unité…originelle. Et si tu es comme ça, c’est pas l’excitation du corps, c’est l’excitation de l’esprit le mieux, ça peut rester très longtemps.

- C’est ça que j’ai senti à la plage. C’était pas de l’excitation physique, jamais, mais je sentais mon esprit qui brûlait. »

Il réalisa soudainement ce qu’il venait de dire et s’en étonna.

« C’est pour ça, je te dis tu peux faire du yoga ou d’autres choses pour chercher. Tu connais déjà des choses importantes.

- Oh ! je ne les connais pas, je les ai juste senties, reprit-il déçu.

- Mais c’est très bien ! Tu sais c’est beaucoup des gens qui ne trouvent rien avant des années !

- Pourquoi ?

- C’est la vie qui est pas bonne, c’est difficile de garder la philosophie tous les jours. Maintenant, nous on veut ça, on veut pas être dérangées par des choses…extérieures. »

Il se sentit concerné un court instant mais refusa d’y penser davantage.

« C’est bien si tu restes avec les idées tous les jours et tu penses mais si tu travailles pas agréable c’est des pensées pas bonnes et tu peux pas être avec toi. Tu es dans tout le reste dehors de toi et pas avec l’univers. Si tu es avec les hommes, tu peux pas être bien. C’est sûr pour nous deux.

- C’est les hommes comme toi tu peux parler pour pas te perdre, c’est tout. La peinture, c’est bien pour nous aussi pour penser et faire le calme. Et ici aussi, avec la nature.

- Et les gens dehors, ils ne vous gênent pas ? J’en ai vu tout à l’heure qui avaient oublié leurs corps. Ils étaient gros, une horreur !

- Oui, on sait ça mais on va pas voir, c’est tout.

- Et c’est pas toujours la faute à eux, c’est peut-être une maladie mais dedans, c’est des gens ils cherchent.

- Oui, tu as raison Birgitt. Je condamne toujours trop vite.

- C’est toi tu es pressé et tu vois peut-être le mal partout mais c’est des choses belles aussi avec les autres pas comme toi. Il faut écouter.

- Et tu perds ton énergie si tu es toujours contre les autres. Il faut être avec eux ou pas penser, c’est mieux pour toi, c’est comme ça tu avances dans ton moi pur. Et aussi tu fais aller mieux le monde, c’est moins de violences et de méchancetés. Si beaucoup de gens pensent dans le calme, c’est possible les autres sentent aussi le calme et ils font pareil. C’est comme une chaîne plus grande et encore plus grande. Il faut pas penser mal sinon c’est tout cassé et c’est le mal encore plus fort. Si tu fais méditer c’est bon pour toi mais c’est bon pour le monde autour de toi. C’est …drôle.

- Etrange, reprit Pierre.

- Ah ! oui, étrange, continua Yolanda. C’est ça aussi, il dit le Dalaï-Lama.

- C’est une histoire très …étrange je connais avec des singes. C’est un singe, sur une île, il lavait des fruits ou des patates, je sais plus, avant de manger mais pas les autres. Et un autre a fait, et puis un autre encore mais ça allait pas vite pour tout le groupe lave les patates. Mais un jour, c’est un nombre assez grand pour donner envie à tous les singes de faire comme ça. D’un coup c’est toute la tribu. Et après, c’est même des singes dans une autre île, ils ont fait pareil. C’est l’idée, elle est arrivée là-bas ! C’est étrange !

- Avec un peu des hommes, ils méditent bien, c’est pareil, un jour, ils font méditer le monde entier. Et c’est bien pour le monde entier. Il faut passer dans le bon nombre de gens et c’est possible.

- Avec les enfants dans l’école, c’est possible de faire ça. Si tu es calme et gentil, si tu écoutes bien les enfants et tu fais attention à eux, ils sont heureux et alors ils travaillent bien, et comme ils travaillent bien ils sont fiers et encore plus heureux. Ils ont pas peur de venir à l’école et même avec le travail c’est bien si tu es gentil et tu les aides. Tu peux aussi leur apprendre le calme. Alors ils parlent de l’école à la maison et le papa et la maman, ils sont heureux aussi ensemble et tout est mieux pour tout le monde. C’est pas difficile pour le bonheur. Il faut pas des choses tristes et difficiles pour la vie et alors c’est le bonheur. Les hommes, ils veulent le bonheur pas le malheur. La télévision, elle fait du mal si elle parle beaucoup des choses violentes, tristes et c’est les gens ils font ça aussi après. Alors, il faut pas dire ça avec les enfants. C’est mieux les mettre dans la nature et le calme. C’est mieux pour eux et pour le monde entier.

- Comment est-ce que je peux apprendre le calme aux enfants ?

- Tu dis la différence entre écouter et entendre, répondit Birgitt. Tu dis d’écouter toutes les discussions dans leur tête et d’essayer de les faire diminuer une à une pour plus rien avoir à entendre. C’est passer de l’esprit actif, avec plein de choses dans la tête qui se parlent et se répondent ou parlent les unes par-dessus les autres pour arriver à l’esprit passif qui écoute mais n’entend plus rien. Avec la respiration, tu peux les aider. Ils respirent bien normalement, un peu doucement et ils comptent les respirations. Ils soufflent, ça fait un, une autre fois, ça fait deux, une autre fois, ça fait trois et encore pour faire quatre. Il faut juste compter, pas penser à rien d’autre, juste la respiration et compter. Avec ça, ils vont réussir à entendre et pas à écouter. Tu peux faire tout à l’heure si tu veux avec nous.

- Ah oui, j’aimerais beaucoup commencer avec vous !

- Mais attention, c’est un travail long. Il faut pas être énervé si tu arrives pas. C’est pas tout de suite la réussite. Et pour les enfants aussi. C’est plus facile si c’est déjà calme dans eux.

- Mais toi, c’est pas calme dedans !

- C’est beaucoup plus calme qu’avant pourtant », dit-il.

Et ce temps lui sembla très lointain, comme une autre vie. L’impression d’avoir eu à franchir une chaîne de montagnes gigantesques, avec des efforts douloureux, la peur de l’échec, des décisions extrêmes à prendre, sans le temps nécessaire à la réflexion, toujours dans l’urgence et la menace permanente de la chute dans les vallées sombres et que maintenant, de l’autre côté, il redescendait dans une vallée de calme, de connaissance et de plénitude. Il sentit combien le cheminement pour parvenir jusqu’ici ne devait pas être dévoilé…Ce serait à tout jamais sa part d’ombres.

« Vous croyez que je peux trouver des professeurs de yoga en Bretagne ?

- On ne connaît pas là-bas mais c’est possible, je pense. C’est avec les livres aussi tu peux trouver beaucoup de choses. Mais c’est mieux les vivre. Avec la nature, c’est déjà beaucoup de découvertes.

- Tu sais, reprit Birgitt, au début c’est toujours difficile mais si tu penses beaucoup un jour tu comprends. Et tu penses plus pareil. C’est comme avec les singes, il faut beaucoup de nombres de pensées pour l’esprit passe de l’autre côté. Tu cherches, tu cherches, c’est difficile et pourtant un jour, ça y est tout arrive et tout devient clair. Et si tu comprends bien, les gens avec toi ils vont comprendre mieux aussi. Des choses différentes mais ça sera mieux pour eux. Tu vas leur faire du bien.

- C’est ce que vous faites avec moi. Vous ne pouvez pas imaginer tout ce que je comprends depuis que je vous ai rencontrées. Et parfois ce sont des choses dont on n’a pas parlé mais qui se sont quand même révélées. Ca aussi c’est étrange. C’est comme si tout mon esprit s’ouvrait parce que vous avez poussé une porte. »

Elles se regardèrent en souriant.

« Ça nous fait très plaisir ça, tu sais, c’est très important pour nous. On veut essayer aussi d’aider le monde. C’est notre participation à cet univers qui est en nous, à cette lumière de tout le monde.

- Mais qu’est-ce que c’est que cette lumière ? Qu’est-ce que c’est exactement ?

- Impossible de répondre. Il y a beaucoup trop de réponses. Chaque peuple a sa réponse. C’est Dieu peut-être. Pour moi Dieu, c’est une sensation pour tous les êtres vivants, une espèce… de complicité ! Tu as dit ça aussi. Le dauphin il saute, l’oiseau il chante, l’enfant il rit, c’est Dieu aussi en eux, tu vois une sorte de bonheur, c’est tout le monde vivant il sent ça parfois. Nous, c’est devant un beau paysage, une jolie personne, une belle musique. C’est la lumière de Dieu, elle brille en nous et elle nous réunit avec toutes les espèces vivantes. Mais les hommes, ils appellent ça Dieu, c’est dommage, ça fait trop penser à une personne humaine. C’est pas une personne bien sûr, c’est pas une forme, c’est juste une sensation, un bonheur sans nom, c’est trop important pour lui donner un nom, il faut laisser la liberté à chacun. C’est le nom tu veux lui donner le bon. C’est tout. Mais Dieu, c’est la rencontre dans toi de toutes les lumières qui sont dehors, alors c’est le grand bonheur. Ta lumière brille plus fort et tu es heureux. Très fort. Ta lumière, elle rencontre les autres lumières de l’océan, du vent, du soleil, des étoiles, de la pluie, de la neige, d’un animal, d’une plante, d’un être humain, d’une musique, d’un paysage, d’un grain de sable. La main d’un enfant dans la tienne, c’est les deux lumières ensemble, alors elles brillent plus fortes. Elles s’ajoutent l’une à l’autre et pourtant elles restent à l’intérieur des deux. C’est formidable. Mais c’est la joie pour faire briller les lumières, pas le malheur. C’est pour ça, on dit toujours le malheur c’est noir. C’est les gens sans la lumière intérieure. C’est pas juste une image, c’est la réalité. Et c’est la vie elle cache la lumière aux gens. Alors, il faut faire un effort pour la retrouver. C’est grave pour les enfants s’ils entendent jamais ça. Nos parents avec le naturisme, c’était aussi pour nous aider à trouver. Souvent, ils nous ont parlé de ça. C’est pour ça les parents, c’est important. C’est pour envoyer les enfants sur le chemin de la lumière. Si tu passes du temps à lutter contre le mal, tu t’occupes du mal et tu lui sacrifies ton énergie. Mais ça ne fait pas remonter la quantité de bien. Il restera pareil. Tu peux même finir par tomber du côté du mal. Mais si tu t’occupes du bien, tu le développes, tu élèves un mur de plus en plus important devant le mal. Et un jour c’est le mal qui se retrouve en position inférieure. Avec les enfants, c’est pareil. Il faut les mettre toujours sur le chemin de la lumière. C’est ça ils cherchent dans leurs vies. Ici beaucoup d’hommes cherchent à obtenir tout le contraire de la lumière. La honte d’avoir gâché la vie les envoie vers le mal. Il faudra beaucoup de gens illuminés pour renverser cette direction. »

Il comprit enfin le dégoût qu’il avait si souvent éprouvé. Lutter contre le mal et devenir le mal…Il s’était laissé piéger. Sa mission avec les enfants était essentielle mais il s’était trompé de méthode. Il reprendrait tout à zéro. Ce n’était pas juste pour eux mais pour le monde entier. Comme une goutte tombée dans la mer et dont les effets, apparemment infimes, feraient le tour de la planète."

Hippocrate et Socrate

Par Le 28/02/2014

Chez le médecin


"Vous avez signé le serment d’Hippocrate, vous devez être totalement investi pour le bien-être de vos patients.

Et bien, moi, pour mes élèves, j'ai signé le serment de Socrate. C'est pareil."

Constat

Par Le 27/02/2014

                "EN-SAIGNANT"

Constat de fin de carrière en cours.

Tantrisme (sexualité sacrée)

Par Le 27/02/2014

 
 
Unnamed
 
 
 
Le tantrisme c’est l’expérience que l’on fait à l’intérieur de soi, dans son corps, dans son cœur, dans son esprit, de la présence de l’amour.

Quand l’échange se fait subtil, il se manifeste en vibration faisant écho avec chaque cellule du corps, chaque battement du cœur, chaque souffle de l’esprit.

Le tantrisme n’est pas une sensation, c’est l’expérience de l’unité, quand la reconnaissance se fait en soi que rien n’est séparé, que l’autre est soi parce qu’issu de la même énergie qui se manifeste en chaque être sensible, en chaque être vivant.

Chöying Wangmo

 

Vivre sa sexualité autrement : le Tantrisme

Mercredi 20 février 2013
Publié par milena
 
 
Dans une société spirituellement immature où l’être humain est réduit à son corps, un simple morceau de viande, et la femme, l’expression la plus parfaite du Principe primordial, à un bien de consommation, pire, un objet sexuel pour la gente masculine ; il est plus que jamais nécessaire de repenser notre rapport avec la sexualité. Porter un regard nouveau sur celle-ci, un regard moins animal, plus humain, plus sain – sinon spirituel.
 
     – Il existe une pratique qui utilise la sexualité comme principe d’évolution. Mais attention, bien que la théorie semble facile, la pratique est beaucoup plus difficile, surtout dans la maîtrise de l’orgasme, cependant ne vous découragez pas car le jeu en vaut la chandelle
 
1. Les origines du Tantrisme
 
- Le tantrisme est un courant de l’hindouisme apparu en Inde aux environs de l’an 500. D’après la doctrine tantrique, il existe une identité absolue entre le soi et le monde, l’esprit et la matière, l’âme individuelle et l’âme universelle.
 
- Le paramâtman (l’âme universelle) est conçu comme le fondement de tout, c’est une forme composée de deux principes ; l’un masculin et l’autre féminin. Ces deux aspects sont symbolisés par le lingam (le phallus) et la yoni (le vagin). La vie naît de l’union de ces deux principes. 
 
 
WAK : Light My Fire
- Fortement marqué par le mysticisme, le culte tantrique comporte de nombreux rites de nature ésotérique. Par exemple, la pûjâ est une cérémonie très importante dans le tantrisme érotique. Les fidèles considèrent que l’acte sexuel est une célébration de la création. En atteignant une maîtrise parfaite des forces du cosmos qui se manifestent à travers leur corps, ils permettent l’union de l’âme individuelle avec l’âme universelle.
 
2. Tantrisme et sexualité
 
Dans le tantrisme, l’acte sexuel est une célébration mystique, il est un moyen pour atteindre l’éveil et non pas une course à l’orgasme. Il est perçu comme une découverte des sens, une unification du corps et de l’esprit. Les adeptes ont toutes sortes de pratiques et rituels pour faire monter l’énergie sexuelle ou kundalini.
 
- La préparation spirituelle et corporelle : avant l’union (Maithuna en sanskrit), les partenaires doivent se préparer afin de ressentir un sentiment d’unité avec eux-mêmes, ainsi qu’avec leur partenaire. Il y a plusieurs techniques :
 
> purification mentale : méditation, yoga…
> purification de l’atmosphère : bougies, encens, huiles essentielles..
> purification corporelle : thé (vert, de Damania), eau, gommages, fruits, légumes, exercices physiques
 
- Les caresses : après avoir trouvé la paix intérieure, les partenaires commencent à rentrer en contact. Ils commencent à s’embrasser, se masser et se caresser tout doucement, puis se déshabillent mutuellement. Les gestes doivent être lents, sensuels, conscients. Une fois nus, les massages et caresses continuent. Les massages doivent de préférence partir du bas des jambes vers le haut du corps, les partenaires peuvent utiliser chaque partie de leur corps pour masser (langue, doigts…)
 
 
Wak : Lock and Key (Exchange)
- La pénétration : elle doit être une danse sensuelle où les deux partenaires sont à l’unisson. Ils doivent prendre leur temps, être à l’écoute de l’autre, et ne pas penser à jouir à tout prix. Dans la philosophie tantrique, c’est l’énergie féminine qui est à l’origine de la création et c’est donc à la femme que revient l’initiative pendant l’amour : c’est elle qui donne le rythme, les mouvements sont donc plus subtils et plus lents. Ainsi, l’union dure plus longtemps.
 
- L’orgasme : les partenaires sont invités à ralentir la venue de l’orgasme. Certains pratiquants du tantrisme n’éjaculent pas ; avec de l’entraînement, ils parviennent à jouir sans libérer de sperme, considéré comme un liquide vital et sacré. Le but n’est pas de se retenir indéfiniment, mais de se libérer de la contrainte de l’orgasme. Les amants doivent ressentir l’énergie sexuelle, la faire monter dans tout leur corps, et la transformer en extase de tous les sens, c’est une extase à la fois physique et mentale.
 
- Les positions : il n’y a pas de position privilégiée, mais la femme se place de préférence au-dessus de l’homme. Ainsi, elle contrôle mieux son plaisir et a plus de chance de parvenir à l’orgasme, tandis que l’homme y arrive moins vite. Dans le tantrisme, les corps sont sensés prendre naturellement position, guidés par l’énergie. La position Yab-Yum ou « l’union du soleil et de la lune » est idéale pour contrôler l’énergie sexuelle : l’homme est assis en lotus et la femme s’assoit sur lui en l’enlaçant, ils effectuent un va et vient lent et langoureux. Dans cette posture la femme peut arriver facilement à l’orgasme cervico-utérin, c’est à dire l’orgasme le plus intense qu’elle puisse vivre, proche d’un état d’extase amoureuse.
 
Réconciliation & plaisir
 
Le grand secret du tantrisme, c’est la libération de la kundalini, la force contenue vers le bas de la colonne vertébrale et qui est, selon les principes du tantrisme, le moteur de notre énergie vitale… et de notre libido. Laisser s’exprimer pleinement la kundalini nécessite un certain temps, puisqu’il s’agit de s’abandonner, de lâcher prise, de chercher par le biais de la méditation et de l’ouverture, une forme de plénitude. En découvrant son « corps énergétique », et en le faisant entrer en harmonie avec celui de son ou sa partenaire, le tantrika (adepte du tantra) atteint une nouvelle forme de plaisir et d’échange sexuel. Selon Claire de Lys, « la pratique du tantrisme permet de se désinhiber totalement, de se libérer de nos blocages, de combattre les problèmes sexuels : éjaculation précoce, absence de plaisir, peur du contact, impuissance. Pour les hommes, il s’agit de dissocier plaisir et éjaculation afin de devenir, comme les femmes, multi orgasmiques. Pour les femmes, c’est la possibilité de vivre pleinement leurs orgasmes et expérimenter leur rôle d’initiatrices de l’amour. Pour les deux partenaires, c’est une promesse de plaisir fusionné : l’homme s’ouvre à sa part de féminité, la femme s’ouvre à sa part de masculinité. On est à la fois l’un(e) et l’autre. Le tantrisme, c’est la réconciliation de l’homme et de la femme. » -  
 
 
WAK : kISS
 
   – Lorsque les gens pensent au Tantrisme, ils pensent souvent aux moines célibataires, aux yogis et, par conséquent, à la suppression de la sexualité. Ceci est un malentendu, impliquant que l’atteinte de l’extase nécessite la répression de la sexualité. Dans la pratique de la Sexualité Sacrée, l’amour est au contraire cultivé et célébré. C’est de la graine de l’amour que pousse la fleur de l’extase. Une autre idée répandue est que le Tantra ressemble à une orgie sexuelle, encourageant les plaisirs de la chair. Le Tantrisme est la voie du milieu. Il n’est ni répression ni indulgence. Il vous enseigne à regarder votre sexualité en face, à la comprendre, la vivre, la transformer. Le Tantrisme offre des réponses pratiques à des questions fondamentales : qu’est ce que l’état d’extase ? Comment y accéder à travers la sexualité ? Comment peut-il nous aider dans notre vie quotidienne ?

Tantra veut dire « Tisser« . Tisser les nombreux aspects contradictoires de son être pour créer ainsi un tout harmonieux. Tantra veut aussi dire « expansion« . Une fois que nos énergies ont été comprises et unifiées, nous grandissons dans la joie. 

La vision tantrique accepte tout. Tout ce qu’une personne ressent est une occasion d’apprendre, sans jugement. Par exemple, une situation dans laquelle vous ressentez une frustration sexuelle n’est pas jugée comme négative, mais considérée comme un enseignement. Cette situation fournit l’occasion de comprendre quelque chose sur votre sexualité.

 
 
 
 
 
WAK : Soulmates
 
Dans le Tantrisme, il n’y a pas de division entre le bien et le mal, l’acceptable et l’inacceptable. Par exemple, le Tantra tel que je le comprends, ne rend pas de jugement moral sur vos préférences sexuelles. L’accent n’est pas tant sur la personne avec qui vous faites l’amour, mais sur la manière de le faire. Ainsi, il peut être pratiqué par tous ceux qui sont attirés par son enseignement. 
La vision tantrique est une vision globale, totale. Chaque situation, qu’elle soit plaisante ou déplaisante, est une occasion de devenir plus conscient. Elle fournit une excellente occasion d’intégrer les différents aspects de vous-même, y compris ceux que vous rejetez et cachez habituellement. 

Cette vision reconnaît également qu’en chaque être humain existe un être à la pureté enfantine, innocent et qui représente notre capacité naturelle de profiter de la vie, d’aimer, de jouer et d’être extatique. J’appelle cet aspect du moi le Moi Extatique
Le Tantrisme croit dans la complémentarité des contraires. Les concepts de masculin et féminin ne sont donc pas divisés, séparés mais sont considérés comme deux polarités qui se rencontrent en chaque être humain. Le Tantrisme met en évidence que chaque être humain, homme ou femme, a des qualités tant masculines que féminines.

Cela veut dire qu’en laissant de côté les stéréotypes, nous pouvons élargir considérablement notre identité sexuelle, rendre hommage à notre polarité ignorée. L’homme est encouragé à explorer ses aspects vulnérables, réceptifs, féminins. Il peut alors se libérer du poids de ses responsabilités masculines et se relaxer, prendre son temps, faire l’amour sans but précis, s’autorisant à être réceptif lorsque sa partenaire prend des initiatives. Pour sa part, la femme peut explorer sa dimension masculine, se rendre compte qu’elle est capable d’initiatives, créant de nouvelles manières de donner du plaisir à son partenaire comme à elle-même. 

L’homme ne renonce pas à sa masculinité, pas plus que la femme n’abandonne sa féminité. Ils élargissent simplement leur potentiel. Dans le Tantra, lorsque les polarités masculines et féminines fusionnent, une nouvelle dimension devient accessible : le sens du sacré. On perçoit notre relation à l’énergie vitale elle-même comme la source de la création. Cette connexion élève votre conscience au-delà du plan physique, dans un champ de puissance et d’énergie beaucoup plus vaste que le vôtre. Vous vous sentez alors relié, par votre partenaire, à tout ce qui vit et aime. Vous avez la sensation de faire partie de la grande danse de l’existence. 

Le Tantrisme conçoit l’union sexuelle non seulement comme sacrée mais comme un art. Il est d’ailleurs intéressant de savoir que la racine sanscrite du mot « art » signifie « convenablement uni ». Pour devenir des tantrikas, pratiquants du Tantrisme, il était demandé aux amoureux de connaître, entre autres, la conversation, la danse, la cérémonie, le massage, l’arrangement floral, la musique, le costume, le maquillage, l’hygiène, la respiration et la méditation. 

Lorsque nous apprenons les arts érotiques sous cette forme, on met en place une profonde guérison de notre sexualité. L’acte sexuel n’est plus une affaire bâclée, vécue par des partenaires inconscients, mais un échange sain et nourrissant entre partenaires se respectant et se connaissant intellectuellement, émotionnellement et sensuellement avant d’entrer consciemment dans l’union sexuelle. 

Voilà ce dont nous avons besoin de manière urgente aujourd’hui : une vision joyeuse, amoureuse, et globale de la sexualité. 

 
 
WAK : Lock and Key
 
Selon le Tantrisme, la sexualité est la première forme d’énergie, vue comme un mouvement de la vie. Dans le corps humain, l’énergie est continuellement en mouvement. Chaque cellule de notre corps vibre rythmiquement provoquant des courants bio-électriques circulant dans tout le corps. Nos humeurs et émotions suscitent aussi des vibrations spécifiques. Chaque être humain est un organisme faisant partie d’un tout plus grand – l’environnement immédiat, la nature, la planète possédant eux aussi leurs propres rythmes et vibrations. Le tantra apprend aux amants comment harmoniser leurs énergies, créant ainsi une résonance mesurable entre leurs champs énergétiques. 

Un des aspects les plus profonds du Tantra est que le corps humain est considéré comme un simple phénomène énergétique. A une extrémité du spectre, au niveau physique, cette énergie s’exprime dans l’activité sexuelle. A l’autre extrémité, au niveau du système nerveux et du cerveau, l’énergie est perçue en tant qu’extase. Il est dit que les premiers mystiques orientaux eurent leurs premières étincelles d’illumination spirituelle au moment de l’orgasme. En effet, beaucoup de gens savent que l’orgasme peut les amener temporairement en un état d’extase. 

Pendant quelques secondes, l’esprit se vide, la vue égocentrique de la vie disparaît. Nous perdons la notion du temps pour entrer dans la béatitude. Pour ces mystiques, la sexualité était la vraie source de l’expérience religieuse. Elle peut l’être encore aujourd’hui si l’on en crée les conditions. 

Puisse ta vie être le reflet de l’Extase en toi. 
Puisse cette Extase être l’instrument de l’Amour infini.

Margot Anand - 

 
 
Pour approfondir sur le tantrisme, voir le film les secrets du massage tantrique. Un film très intéressant et très instructif.
 
Medite

L'Ordre et le Hasard (spiritualité)

Par Le 26/02/2014

"L'idée que l'ordre et la précision de l'univers, dans ses aspects innombrables, seraient le résultat d'un hasard aveugle est aussi peu crédible que si, après l'explosion d'une imprimerie, tous les caractères retombaient par terre dans l'ordre du dictionnaire." Albert Einstein

Extase

Par Le 25/02/2014

"L'émotion la plus magnifique et la plus profonde que nous puissions éprouver est la sensation mystique. Là est le germe de

toute science véritable. Celui à qui cette émotion est étrangère, qui ne sait plus être saisi d'admiration ni éperdu d'extase est un

homme mort."

Albert Einstein

Etat des lieux.

Par Le 25/02/2014

Je suis entré dans l'enseignement à 19 ans. Je voulais être "le ver dans la pomme" du système.

Et bien, la pomme, en pourrissant, a contaminé le ver.

Je n'en peux plus.

Je refuse de faire du mal à mes élèves. Ca n'est pas ma mission.

Et je ne peux plus lutter. Les armes sont trop inégales.

Il suffit de regarder les dégâts...

Edvard munch le cri 1895 640x853 1


Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

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Des jeunes en service civique, à Saumur, le 19 décembre 2013.

L'autoportrait est sombre. Amenés à définir leur génération, ce sont les mots « sacrifiée » ou « perdue » qui leur viennent le plus souvent à l'esprit. A l'automne 2013, les jeunes de 18 à 34 ans étaient conviés par France Télévisions à répondre à un long questionnaire en ligne sur eux-mêmes et leur génération. 210 000 se sont pris au jeu de cette opération « Génération quoi ? ». Leurs 21 millions de réponses fournissent un matériau de recherche exceptionnel pour les deux sociologues de la jeunesse Cécile Van de Velde et Camille Peugny, maîtres de conférences respectivement à l'EHESS et à l'université Paris-VIII, qui ont contribué à concevoir le questionnaire. Ils en tirent aujourd'hui pour Le Monde les principaux enseignements, en se focalisant sur la tranche d'âge des 18-25 ans, centrale pour l'analyse.

  • La vie en noir

Interrogés sur leur devenir personnel, les jeunes répondants sont près des deux tiers à se déclarer plutôt ou très optimistes. En revanche, le regard qu'ils portent sur le destin de leur génération est extrêmement sombre. Vingt ans n'est pas le plus bel âge de la vie, pensent-ils majoritairement (à 51 %). Les mots-clés librement choisis pour définir leur génération sont édifiants : « sacrifiée », « perdue ». Et encore (après « Y », « Internet », « connectée »), « désabusée », « désenchantée », « galère »… « Autant ‘‘sacrifiée” est un terme qui a pu être induit par le discours des médias, analysent Cécile Van de Velde et Camille Peugny, autant ‘‘perdue” semble un choix spontané. » Donc révélateur.

Seuls 25 % des 18-25 ans ont la conviction que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents. Ils sont 45 % à imaginer qu'elle sera pire, 29 % qu'elle sera semblable. Près d'un tiers (33 %) sont persuadés qu'ils ne connaîtront jamais autre chose que la crise. Quant à la vie de leurs propres enfants, 43 % pensent qu'elle sera encore pire que la leur. A toutes ces questions, les jeunes femmes répondent de façon encore plus pessimiste que leurs congénères masculins. « Ces pourcentages sont très élevés, sachant que les jeunes sont, dans la plupart des enquêtes, plus optimistes que leurs aînés. Ils le sont d'ailleurs dans cette enquête concernant leur avenir personnel, remarque M. Peugny. Ce qui apparaît ici, c'est le poids du discours de crise dans lequel nous baignons désormais, et le sentiment d'être pris dans une spirale du déclassement. »

Deux pondérations à apporter, selon lui, néanmoins. Les participants peuvent avoir été tentés de « surjouer un discours noir et cynique, ce qui est une manière de conjurer le sort ». Surtout, cette génération est fortement clivée en fonction des parcours et des statuts, précaires ou non. Ce n'est pas une mais des jeunesses qui se dessinent. En passant des étudiants ou salariés en CDI aux chômeurs-intérimaires-inactifs, le pessimisme gagne 20 points. L'expérience du chômage affecte fortement la projection dans l'avenir.

  • Un besoin de reconnaissance

« Les 18-25 ans qui ont participé font voler en éclats le mythe d'une société méritocratique » : voilà le second enseignement majeur de l'enquête, à entendre les deux sociologues. Près des trois quarts (70 %) d'entre eux ont le sentiment que la société française ne leur donne pas les moyens de montrer ce dont ils sont capables. « C'est massif, et en forte progression. En 2006, ils étaient 53 % dans ce cas. »

Les jeunes se montrent très sévères sur le fonctionnement du système éducatif à la française. Récompense-t-il le mérite ? Non, à 61 %. Donne-t-il sa chance à tous ? Non, à 61 %. Logiquement, plus le statut du jeune est précaire, plus son opinion est négative. Des réponses lourdes de rancoeurs dans une société « où formation initiale et diplôme exercent une si forte emprise sur les parcours de vie ».

D'autant que dans la sphère professionnelle non plus, les jeunes n'ont pas l'impression que leurs mérites et efforts soient récompensés. 60 % des répondants ne se croient pas payés, par exemple, à la hauteur de leurs qualifications.

Dans cette enquête transparaît donc, selon Cécile Van de Velde, « une génération consciente, lucide, désillusionnée, selon laquelle les instruments de mobilité sociale ne fonctionnent pas ». « Les jeunes se sentent abandonnés par la société. Ils ne sont pas aux commandes de leur vie, ils subissent. Sont frustrés de ne pas pouvoir faire leurs preuves, montrer qui ils sont. » Pour réussir dans la vie, la moitié des répondants pense donc ne pouvoir compter que sur soi-même. « Les jeunes sont individualistes, libéraux, par dépit plus que par essence. » Puisque très majoritairement (77 %), ils estiment également que dans la vie, on ne peut pas s'en sortir sans solidarité.

  • La valeur travail

Les jeunes valorisent d'autant plus le travail qu'il leur échappe, un quart d'entre eux connaissant le chômage. Seule une toute petite frange le rejette, envisageant de vivoter en marge du système. 81 % des répondants disent que le travail est important dans leur vie. Et pas seulement pour gagner de l'argent. La moitié déclare que travailler sert avant tout à s'épanouir. « Qu'ils soient soucieux de l'équilibre vie privée-vie professionnelle ne veut pas dire que la valeur travail se perd », commente Camille Peugny, pour qui rien n'est plus faux que les clichés sur une « génération feignasse » : « Impossible de faire une conférence sur les jeunes sans qu'un manager assure qu'à peine arrivés en entreprise, les jeunes ne s'intéressent qu'à leurs RTT. Platon déjà évoquait la décadence de la jeunesse, c'est un discours vieux comme le monde, lié au cycle de l'âge, à la difficulté à concevoir le changement apporté par les jeunes. »

A la question « Actuellement, es-tu épanoui dans ton travail ? », 62 % des 18-25 ans ont acquiescé. Mais la statistique chute à 43 % pour les intérimaires… L'enquête Génération quoi ? fournit le plus grand échantillon d'intérimaires jamais réuni (8 000 répondants dans cette situation), et leur « souffrance » saute aux yeux des sociologues. « Il faut sortir du discours sur l'intérim choisi. Ces jeunes veulent travailler davantage, ils ont le sentiment insupportable que leur destin est aux mains des autres, que leur sort dépend d'un coup de téléphone, ce qui interdit toute projection dans l'avenir. »

  • La tentation du départ

« T'installer à l'étranger, ça te tente ? » Evidemment oui, cela tente les trois quarts des participants à l'enquête. Inhérente à la jeunesse, cette envie d'aller voir ailleurs est plus que jamais valorisée dans la société. Mais 24 % des jeunes se sont reconnus dans une expression volontairement rageuse, hargneuse, qui leur était suggérée : « Dès que je peux, je me barre. » « Une réponse aux portes fermées pour tous les jeunes dans l'impasse, chômeurs, petits contrats, stagiaires… », à en croire les sociologues.

  • Famille, je t'aime

Toutes les questions portant sur les relations au sein de la famille suscitent des réponses unanimement positives. La famille apparaît plus que jamais comme la valeur refuge. S'ils doivent qualifier leurs relations avec les parents, 27 % des jeunes les décrivent comme « idéales », 53 % comme « cool », seuls 10 % les jugent « moyennes » ou « hypertendues ». Les parents, assurent-ils, sont fiers de leur parcours (89 %), les soutiennent dans leurs choix (91 %). Pour Camille Peugny, « les parents ont intériorisé le fait que la situation des jeunes est extrêmement difficile. Les quadras et quinquagénaires ont eux-mêmes connu la crise. Fini, les réflexions désagréables. Les deux générations sont solidaires dans la crise. Moralement et matériellement. »

Une bonne moitié des jeunes (53 %), même actifs, dit recevoir des aides parentales. Dans les familles, l'inquiétude est partagée. « Est-ce que tes parents sont angoissés par ton avenir ? » 63 % pensent que oui. Les réponses positives montent logiquement à 80 % pour les jeunes chômeurs ou inactifs. Mais atteignent tout de même 63 % chez les étudiants, et encore 47 % chez les jeunes en CDI. Même ce sésame recherché par tous ne parvient pas à apaiser l'anxiété familiale. « Cela rejoint les enquêtes sur les angoisses scolaires, la pression du diplôme, poursuit M. Peugny. Et cela montre que les parents sont parfois un brin schizophrènes : ce sont les mêmes qui, dans leurs fonctions en entreprise, ne sont guère pressés d'intégrer les jeunes dont ils ont une image peu flatteuse. »

  • La faute aux baby-boomers

Autre ambivalence, chez les jeunes cette fois : ils ne sont pas en conflit avec la génération parentale parce que les relations sont souples, les solidarités fortes. Mais cela ne les empêche pas d'en vouloir à leurs aînés de ne pas leur faire de place dans la société. Pour un jeune sur deux, les générations précédentes sont responsables de leurs difficultés. « C'est assez nouveau en France, et l'on peut penser que cela monte, surtout chez les étudiants, observe Cécile Van de Velde. Le problème d'équité entre générations se conscientise, sans doute du fait de la politique d'austérité, de la réforme des retraites et des débats sur le poids de la dette. Les jeunes pensent qu'ils font les frais de tout cela. » Mais sur une même génération, leur regard est double. Les mêmes qui disent « Marre des baby-boomers, on paye pour leur retraite, nous on n'en aura pas » ne veulent surtout pas que la retraite de leurs parents soit amputée – c'est particulièrement frappant chez les jeunes filles. « Ce qui explique en partie pourquoi le mouvement des Indignés a si peu pris en France… »

  • La politique, ils n'y croient plus

Vis-à-vis d'elle, la défiance est énorme. Près de la moitié (46 %) des répondants n'ont pas du tout confiance dans les femmes et hommes politiques. Certes, ils sont encore plus nombreux à se méfier des institutions religieuses (60 %) Et presque aussi sceptiques à l'égard des médias (40 % de non-confiance) que des politiques.

Mais pour la moitié des 18-25 ans, c'est tout vu, les politiques sont « tous corrompus ». Ces derniers ont bien encore du pouvoir (64 % des réponses), mais l'utilisent mal, puisqu'ils laissent la finance diriger le monde (90 %). La charge est violente, aux yeux des deux sociologues : « Les jeunes expriment une demande d'Etat, en souhaitant par exemple que leur période de formation soit financée. Ils pensent que les politiques, s'ils en avaient le courage, pourraient avoir une influence sur leur vie. Mais qu'ils ont laissé la finance prendre le pouvoir. Il y a du mépris dans ce regard des jeunes. Ils n'y croient plus. »

Chez eux, jeunes diplômés en tête, le sentiment que droite et gauche se valent semble encore plus fort que dans l'ensemble de la population. « Ils font l'expérience de la désillusion politique. C'est la première fois qu'ils vivent la gauche au pouvoir. Et ils ont le sentiment que rien ne change pour eux. » Voilà qui poussera massivement à l'abstention, anticipent les chercheurs. « Ce sont des gens informés, qui ne se fichent pas de la politique, qui ont des habitudes participatives liées à l'usage des réseaux sociaux. Mais l'offre politique ne répond pas à leurs attentes. La démocratie ne s'adresse pas à eux. Ils n'iront pas voter mais ce sera une abstention politique, réfléchie, presque militante. »

S'ils critiquent au plus haut point la politique traditionnelle, les 18-25 ans s'engagent plus volontiers dans un militantisme de terrain : manifestations, associations, solidarités locales… Leur altruisme semble plus marqué que celui du reste de la population. 80 %, par exemple, seraient favorables à un service civique obligatoire. Autre valeur classique de la jeunesse, la tolérance demeure forte (70 % estiment que l'immigration est une source d'enrichissement culturel) mais semble s'éroder. « A l'image de ce qui se passe dans l'ensemble de la société, une grosse minorité campe sur des positions autoritaires et xénophobes. Une véritable bombe à retardement, craint Mme Van de Velde. Ce sont les jeunes invisibles, dans des vies d'impasse, perdants de la mondialisation. Beaucoup de ruraux et de périurbains, en difficulté, déclassés. Ils sont souvent tentés par le Front national. » Un tiers des répondants envisagent que des emplois puissent être réservés aux Français.

  • Un vent de révolte

Une Cocotte-Minute qui n'aurait pas de soupape. Telle est l'inquiétante image choisie par les deux sociologues pour décrire le « fort potentiel de révolte » perçu au travers de cette vaste enquête. « C'est une génération qui veut entrer de plain-pied dans une société vieillissante. Elle enrage de piétiner à son seuil. Elle ne veut rien renverser, elle n'est pas en conflit de valeurs, mais elle trouve toutes les portes fermées, et elle envoie un avertissement. »

Besoin d'expression étouffé. Frustrations de ne pas avoir de place, de n'obtenir aucune reconnaissance sociale, de ne pouvoir devenir des citoyens à part entière, dotés d'un travail et d'un logement. Trajectoires déviées parce que l'emploi trouvé ne correspond pas aux études. Craintes pour l'avenir. Défiance vis-à-vis du politique… « Ce sentiment d'être privés de l'essentiel constitue un terreau fertile à la contestation. »

Jamais la jeunesse, en France, n'a été aussi éduquée. Lorsqu'ils sont chômeurs, stagiaires, coincés dans l'intérim, ces enfants de la démocratisation scolaire et de la mondialisation culturelle, extrêmement informés, vivent comme une indignité de devoir se contenter de survivre alors que leurs études ont fait naître de forts espoirs. D'où cette frustration existentielle et cette capacité à développer un discours de plus en plus critique sur l'épreuve sociale qu'ils traversent. « Un ‘‘nous'' pourrait se former, croient les sociologues, si les diplômés étaient rejoints par les jeunes en désespérance sociale. »

Lire notre reportage à Saumur : Camille, 19 ans : « Les politiques ne changent pas notre vie »

A la question « Est-ce que tu participerais à un mouvement de révolte type Mai 68 demain ou dans les prochains mois ? », ils sont 61 % à dire oui. Tous quasiment égaux dans la colère, femmes et hommes tirés d'affaire et jeunes en galère… 66 % des intérimaires. 63 % des chômeurs. 60 % des étudiants. Et même 54 % des employés en CDI !

« Les jeunes ne sont pas dans la résignation. Il y a une énergie latente, comme en 1968 », perçoit Cécile Van de Velde. En temps de crise, explique-t-elle, on peut adopter une stratégie d'adaptation au système (loyalty), de départ (exit), ou de révolte (voice). « ‘‘Loyalty'' pourrait bien se transformer en ‘‘voice'' si rien ne bouge… Il suffit d'une étincelle… » Et d'une figure cible. La chance des politiques jusqu'à présent ? Qu'il soit plus malaisé de se rebeller contre un ennemi lointain et abstrait – la finance, la mondialisation, l'Europe – que contre la génération de ses parents, comme en 1968.

Lire aussi : Les coulisses du succès de l'opération « Génération quoi ? »

Eveil spirituel

Par Le 22/02/2014

This post is also available in: Anglais

http://lauramarietv.com/fr/21-symptomes-de-leveil-spirituel/

A l’heure actuelle, beaucoup de choses sont en train de changer dans le monde. Nous vivons une époque d’éveil spirituel et de désir de changement sans précédent. Beaucoup de consciences s’éveillent sur des problèmes ou pratiques dans le monde perpétuées depuis trop longtemps et qui doivent désormais changer. Beaucoup de personnes désirent prendre les rennes de leur vie en mains et sortir du schéma imposé par la société, pour atteindre le bonheur et la vie qu’ils ont vraiment envie de vivre – pas une vie dictée par la télévision, les magazines, les films, les codes sociaux et toutes de sortes de clichés dénués de sens dont bon nombre souhaitent désormais s’affranchir.
Le monde s’éveille aussi en matière d’alimentation. De plus en plus de reportages dénoncent les scandales alimentaires actuels (du génocide animal aux produits chimiques toujours plus nombreux et à la destruction des ressources de notre planète). De plus en plus de scientifiques indépendants, journaux, blogs, particuliers, créent leurs propres groupes et supports d’information, pour faire connaître au plus grand nombre la vérité sur les différentes industries qui nous entourent et nous régissent, et proposent de nouveaux modèles inspirants. Ils contribuent tous à leur manière à ce que l’on appelle « l’éveil des consciences ».
De l’autre côté, bon nombre de gens sont prêts à entendre ces vérités, et à être eux aussi le changement qu’ils aimeraient voir dans le monde. Leur conscience s’élargit, leurs centres d’intérêts évoluent, le sens de la vie devient soudainement pour eux différent, ils ont de nouvelles inspirations et aspirations, et le désir de changer eux-même et pour beaucoup, changer également le monde. Est-ce votre cas ? J’ai décidé de réunir dans cet article, 21 symptômes qui montrent que vous avez vécu / vous vivez un éveil spirituel, autrement dit, un élargissement de votre degré de conscience de vous-même et du monde.

 

21 symptômes de l’éveil spirituel

 

1) Le sentiment que quelque chose a changé en vous

woman lightVous ne pouvez pas l’expliquer mais vous vous sentez différent. Vous avez même l’impression d’être devenu une nouvelle personne, une nouvelle personne qui n’a plus rien à voir avec celle que vous étiez avant. Vous avez peut être même déjà été plusieurs personnes, et ça continue. Et chaque fois vous avez l’impression de vous rapprocher de votre vérité. Ce sentiment vous rempli de bonheur car vous vous rapprochez de plus en plus de qui vous voulez vraiment être (ou plutôt de qui vous êtes vraiment), mais en même temps cela vous terrorise, car vous sortez des sentiers battus, vous sortez du connu, vous vous êtes échappés de votre zone de confort et la vie était parfois bien plus facile lorsque vous étiez de l’autre côté. Maintenant vous êtes sortis de l’ »illusion », vous avez laissé tomber le « masque », vous avez l’impression d’avoir retiré vos oeillères et d’y voir tellement plus clair. Et vous vous demandez comment c’est même possible que vous ayez pu « faire ça » ou « vivre comme ça » pendant tant d’années. Le monde n’a plus la même couleur ni saveur, car vous le regardez tout simplement avec de nouveaux yeux.

 

 

2) Prise de conscience de vos anciens comportements destructeurs

Vous prenez conscience de tout ce qui n’allait pas dans votre « précédente » vie, votre ancien vous. Vous réalisez toutes ces choses que vous avez faites et que vous ne souhaitez plus faire, et toutes ces façons de penser que vous ne souhaitez plus conserver. Vous êtes prêt(e)s pour le changement et ne souhaitez plus jamais retourner en arrière, tellement vous êtes heureux d’avoir découvert tout ce que vous avez découvert. Vous ressentez un sentiment de profond bonheur de vous rapprocher de votre vérité, et de joie de ressentir ce nouvel élan dans votre vie et nouvel espoir.

 

 

3) Ne plus se sentir en adéquation avec son ancien entourage et ressentir le besoin fort d’être seul ou avec de nouvelles personnes plus en alignement avec qui l’on est devenu

woman forest
Evoluer spirituellement peut être un processus douloureux car tout le monde n’évolue pas de la même manière et en même temps. Souvent, l’on évolue soi-même suite à certains évènements ou certaines rencontres qui nous provoquent des déclics, mais ce n’est pas le cas de notre entourage qui reste le même. Nous commençons petit à petit à nous sentir « anormal » de ressentir et de penser toutes ces choses tout à coup, et même coupable parfois de ne plus trouver certaines personnes intéressantes. On aimerait pourtant continuer à les fréquenter mais « l’écart » que nous ressentons est devenu trop grand. Cet écart est en fait le reflet de l’écart énergétique entre eux et vous. Vos deux vibrations ne sont plus au même niveau, raison pour laquelle, votre vibration étant plus élevée, vous ressentez un sentiment d’inconfort en leur présence, et le besoin fort de vous ressourcer après les avoir vus (vous vous sentez « vidés »). Vous préférez ainsi de plus en plus la solitude à la présence de personnes qui ont une énergie négative. Vous aspirez à faire de nouvelles rencontres plus en adéquation avec la nouvelle personne que vous êtes devenue et votre nouvelle énergie. Naturellement vous connectez avec ces nouvelles personnes, qui vous procurent souvent un sentiment de bien être bien plus grand dès votre première rencontre (même virtuelle) que certains amis que vous aviez depuis 10 ans. Vous avez le sentiment d’être enfin compris et apprécié à votre juste valeur. Vous avez même l’impression d’avoir toujours connu ces nouvelles personnes, bien plus que parfois votre propre famille. C’est parce qu’il s’agit d’une connexion d’âme à âme, et du même niveau vibratoire. Et il n’y a rien de plus enrichissant et satisfaisant que deux âmes qui se rencontrent et qui sont sur la même longueur d’onde. La connexion du coeur et de l’âme n’a pas de barrières physiques et de barrières de l’égo. Il s’agit là de rencontres que l’on peut appeler « spirituelles » (souvent même prévues bien avant que les corps ne se rencontrent). C’est le cas de rencontres qui provoquent en vous un profond chamboulement vers le positif, une sensation de bouleversement intérieur et de joie profonde de communion avec un autre être vivant.

 

4) Ne plus supporter la superficialité et tout ce qui n’est pas authentique

nightclubBeaucoup de lieux ou de personnes que vous fréquentiez auparavant ne vous intéressent plus, voire vous dépriment. Vous faites un rejet total de tout ce qui est superficiel et qui n’est pas vrai, qui n’est pas authentique : les gens, les activités, les endroits, les émissions télé (si vous continuez même à la regarder). Vous êtes en quête d’authenticité, de simplicité, et de choses vraies, qui font vibrer votre coeur. Vous pensez que vous devenez associable ou « trop difficile », que nous n’arrivez pas à vous intégrer, mais « ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être parfaitement intégré à une société malade », ne l’oubliez jamais. Suivez toujours votre propre vérité, et suivez toujours votre coeur. Car si notre mental et notre égo peuvent nous jouer bien des tours et nous faire sombrer, notre coeur ne nous trompe jamais. Plus vous évoluerez spirituellement, et vibratoirement, plus vous serez attirés par l’authenticité et moins vous supporterez le mensonge, l’illusion, la fausseté et les faux-semblants.

 

5) Sentiments de tristesse (voire dépression) très profonds face à la souffrance du monde

woman earth josephine

Un éveil spirituel / une prise de conscience peut souvent s’accompagner de sentiments de tristesse voire de dépression, car comme j’en parle dans ce précédent article « Comment être heureux lorsque l’on a conscience de la souffrance dans le monde« , une fois que l’on sait les choses, on ne peut plus revenir en arrière, et on se sent tout à coup responsable. C’est un moment normal à passer. Il ne faut ni culpabiliser, ni se sentir anormal. Il faut laisser nos émotions faire surface sans jugement, les ressentir profondément, et comprendre que c’est un symptôme normal de l’éveil de conscience.  On « voit » et « comprend » tout à coup les choses, et cela peut souvent être un choc. Par exemple, quand j’ai découvert l’horreur du traitement animal dans l’industrie alimentaire et les abattoirs et que j’ai enquêté ensuite dessus pendant plusieurs semaines et maintenant mois, j’ai fais une dépression de quelques semaines où je ne voulais plus sortir ni rien faire, simplement pleurer toutes les larmes de mon corps. J’ai laissé passer du temps puis je me suis resaisie et comme je l’explique dans cet article, et j’ai ensuite décidé d’agir. Aujourd’hui, je ne regrette pas de savoir ce que je sais, cela fait de moi une personne plus responsable et plus forte.

 

6) Ressentir le besoin de faire le bien autour de soi et pour le monde

two handsVous occuper de votre propre bien-être ne vous suffit plus. Vous souhaitez également faire le bien autour de vous et apporter un changement positif dans le monde. Vous ne comprenez pas ceux qui ne font rien pour les autres et qui sont égoïstes. Vous ne comprenez pas comment il est possible de faire du mal à quelqu’un ou à un animal. Vous ressentez de plus en plus d’empathie envers les autres et les animaux. Votre vie n’a désormais du sens que si vous faîtes quelque chose pour les autres. Même si vous avez impacté la vie d’une seule personne ou d’un seul animal, cela vous rend infiniment heureux et vous donne le sentiment de ne pas être venu sur terre pour rien. Vous ne pouvez plus vous imaginer mourir sans n’avoir rien fait pour ce monde. Cette seule pensée vous rendrait malade. Vous vous sentez comme « appelés » à réaliser quelque chose de plus grand que vous. Vous n’avez pas le choix, vous devez le faire et c’est à vrai dire ce qui vous comble le plus au monde. Vous ne pouvez plus revenir en arrière et vous n’en avez pas envie, même si parfois vous trouvez cela dur d’être « éveillés ». Au fond, pour rien au monde vous ne voudriez redevenir « endormis ».

 

 

7) Recherche de sens dans votre vie

eyes universeVous n’arrivez plus à faire les choses sans sens que vous faisiez avant. Vos anciens lieux de sorties ou anciennes fréquentations ne vous font plus le même effet. Vous avez besoin de sens dans votre vie désormais, sinon vous vous ennuyez ou pire, cela vous atteint psychologiquement (vous fait déprimer). Comme expliqué dans les points précédents, vous ne pouvez tout simplement plus trouver d’intérêt à faire quoi que ce soit qui ne soit pas authentique et qui ne corresponde pas à vos nouvelles valeurs. Vous avez besoin d’avoir un but dans votre vie, un but quand vous vous levez. Vous avez besoin aussi de faire un travail qui a du sens. Vous ne supportez plus de faire un métier qui n’apporte rien au monde et dans lequel vous ne vous sentez pas vraiment utile.

 

8) Hypersensibilité

woman angel beautyEn plus de vos 5 sens physiques (La vue, l’ouïe, le goût, le toucher, et l’odorat) qui semblent devenir exacerbés (vous devenez plus sensible en général sur tout), vos sens spirituels (intuition, émotions, imagination, conscience et inspiration) eux aussi se développent à vitesse grand V. Vos intuitions vous guident de plus en plus et vous savez de plus en plus les écouter. Vous comprenez de plus en plus la signification de vos émotions qui sont le « compas » que notre âme utilise pour nous indiquer la direction à prendre (émotion négative : mauvaise direction ou mauvaise façon de penser, émotion positive : bonne direction ou bonne façon de penser). Pour en savoir plus sur l’hypersensibilité, cliquez ici pour lire mon article à ce sujet.

 

 

 

9) Créativité et inspiration accrues, besoin de réaliser ses rêves

 

magical handsVous êtes assaillis d’idées en permanence. Un feu vous brûle dans l’estomac à l’idée de réaliser certaines choses et vous brûlez d’enthousiasme à l’idée de créer, d’imaginer, et vous aimez vous inspirer des personnes que vous admirez. Dans votre tête, c’est comme un ordinateur avec 30 onglets ouverts en même temps. La vie prend tout son sens quand vous créez, vous vous sentez alors vivant(e). Vous sentez en vous un appel à réaliser vos rêves, votre mission sur terre. C’est tout simplement parce que votre âme peut enfin exprimer à travers votre corps physique ce qu’elle est venue pour exprimer.

 

 

 10) Quête de savoir qui vous êtes réellement et d’être enfin vous-même

horse woman shadowVous ne voulez plus être défini par la société ou par ce que les autres veulent que vous soyez. Vous en avez marre de ce masque que vous portez depuis trop longtemps pour correspondre à ce que les autres attendent de vous. Vous voulez enfin savoir qui vous êtes réellement. Vous vous posez des questions sur vous-même et votre mission sur terre, sur le but de la vie, sur le monde, sur l’univers et pourquoi pas même les autres planètes et autres civilisations. Vous ne désirez plus voir à travers le filtre de l’illusion de la société mais à travers le filtre de l’âme et du coeur. Vous désirez être qui vous êtes réellement et devenir enfin libre, heureux, léger, regoûter au rêve et à l’innocence du coeur, et surtout ne plus jamais vivre pour les autres et refaire ainsi souffrir votre âme. Vous voulez plus que jamais des réponses à vos questions.

 

11) Intuitions accrues et désir de se reconnecter à soi-même

Comme vu dans le point précédent, votre désir de vous reconnecter à qui vous êtes réellement devient de plus en plus fort. Vous avez compris que vous seul pouvez connaître vos réponses. Même si vous pouvez être aidé et inspiré par les autres, seul votre moi supérieur, votre conscience supérieure, qui vous êtes réellement, peut vous donner les réponses que vous attendez. Vous avez besoin de passer plus de temps avec vous-même, et désirez fortement faire désormais plus confiance à vos intuitions.

 

woman planets

 

12) Augmentation des « coïncidences » et des synchronicités dans votre vie

1111Plus l’on s’élève spirituellement, plus notre énergie augmente, et plus l’on se rend compte que tout est orchestré d’une perfection incroyable. Vous tombez « comme par hasard » sur le livre ou la personne qu’il fallait, vous vous trouvez comme par hasard au bon endroit au bon moment, vous désirez une chose et cette chose se produit. Que se passe-t-il ? Votre énergie, votre taux vibratoire, a augmenté; plus vous êtes dans une énergie positive (vibration élevée) plus vous attirez à vous des évènements positifs (qui correspondent à ce que vous désirez au plus profond de votre coeur). Egalement, plus vous serez connectés à votre conscience supérieure et serez tournés vers quelque chose de plus grand que vous, plus vous recevrez également des messages de vos guides spirituels, à travers des chiffres à répétition (111 ou 2222 etc…), et des petits signes qui ne peuvent être du hasard tellement ils sont flagrants et parfaits.

 

 

13) Prise de conscience dans votre l’alimentation

fullyraw saladVous remarquez que vous êtes naturellement plus attiré vers telle ou telle nouvelle chose dans votre alimentation et rejetterez naturellement d’autres. Vous avez envie de prendre plus soin de vous et votre corps, mais pour les bonnes raisons.  Les cookies chimiques que vous adoriez avant ne vous feront plus envie. Le steak saignant non plus. Chaque aliment a son énergie propre et lorsque l’on augmente son taux vibratoire général (ce qui accompagne un éveil spirituel), on est donc attiré vers d’autres aliments, alignés vers ce nouveau taux vibratoire. C’est la raison pour laquelle beaucoup de personnes qui s’éveillent spirituellement et qui augmentent leur énergie ne souhaitent plus manger de viande et bon nombre de produits animaux (issus d’une industrie cruelle et donnant des produits à l’heure actuelle hautement nocifs pour la santé). Certains ne résonnent plus non plus avec les produits contenant du gluten, aspartame et produits chimiques en tous genre, sucre blanc, farines blanches,  etc. Nous ne sommes naturellement plus attirés vers ces aliments et si nous en mangeons, notre corps nous fait immédiatement ressentir son rejet (ce qui se présentera sous forme de nouvelles allergies ou d’intolérances alimentaires pour certains). Nous sommes naturellement de plus en plus attirés vers les aliments très hauts en énergie, tel que les fruits et légumes bio, les noix, oléagineux, céréales ancestrales (riz, sarrasin…) – en clair une alimentation de plus en plus naturelle et vivante. Nous allons vers la régénérescence à tous les niveaux (corps, âme et esprit).

 

14) Troubles du sommeil

out of bodyVous avez besoin de plus de sommeil qu’avant pour récupérer, vous vous réveillez fatigué(e), ou au contraire vous avez besoin de moins de sommeil et êtes impatient(e) chaque matin de vous lever pour réaliser tout ce que vous voulez réaliser. Pour certains, vous pouvez également avoir des « crises de panique », réveils en sursauts à votre retour à la réalité après avoir dormi (choc du retour dans la réalité, après le voyage de notre conscience / âme pendant le sommeil).

 

 

 

15) Diminution / disparition de l’habitude de s’inquiéter – Actions basées sur l’amour et non plus sur la peur

love yourself woman yellowVous comprenez désormais le rôle des émotions : vous indiquer dans quelle vibration vous êtes. Une émotion négative est l’indicateur d’une vibration négative. Vous avez donc compris que vivre dans la peur, dans l’inquiétude, est la pire chose à faire puisque nous créons notre réalité sur la base de chacune de nos pensées et attirons à nous ce envers quoi nous donnons le plus notre attention. Vous souhaitez désormais prendre vos décisions sur la base de l’Amour et de la confiance, être dans la gratitude et dans la joie, plus que jamais.

 

 

16) Une perte d’intérêt envers toute forme de conflit

drama réalitéVotre paix intérieure est devenu sacrée. Tout conflit vous met désormais terriblement mal à l’aise car vous ressentez toute variation d’énergie en vous. Les « dramas » de vos amis ou de la télé ne vous intéressent pas. Vous voulez la paix et la sérénité profonde. Vous vous détachez même de la recherche constante d’avoir raison.

 

 

17) Une perte d’intérêt envers toute forme de jugement envers l’autre ou envers soi-même

amour fillesComme vous ressentez de plus en plus que nous sommes tous connectés, et que nous sommes bien plus que notre apparence physique, vous avez perdu tout intérêt à juger l’autre, y compris vous-même. Vous ne souhaitez plus être aussi dur que vous l’avez été, envers les autres et envers vous-même. Vous aspirez à plus de souplesse et de compassion, ainsi que d’Amour pour vous-même et pour les autres, dans votre vie.

 

 

 

18) Une plus grande volonté et habilité à aimer et à donner sans rien attendre en retour et sans raisons

Votre coeur et votre âme ne se remplissent plus que lorsque vous êtes au service du monde. Vous ne recherchez plus systématiquement la gratification mais avez de plus en plus envie de donner et d’aimer sans raisons et sans rien attendre en retour.

woman renard

 

19) Le sentiment d’être connecté à tout et à tout le monde (humains, animaux, nature, planète, univers)

universe downloadVous ressentez de plus en plus fort cette connexion entre vous et tous les autres êtres vivants qui vous entourent. Vous comprenez l’impact de chacune de vos paroles, pensées et actions sur le reste du monde et vous vous en sentez désormais profondément responsable. Vous souhaitez ainsi désormais utiliser votre impact de la manière la plus positive qu’il soit, ayant compris que vous faites parti de ce « tout » et que tout est relié.

 

 

 

 

 

 

 

 

20) Attirance et connexion forte vers les animaux et la nature

homme vache
Vous ne voyez pas les animaux comme des êtres inconscients et non-intelligents. Vous avez compris qu’une pensée sans langage existe et que chaque être vivant est doté d’une conscience (même les plantes). Vous ressentez une connexion très forte avec eux et pouvez même pour certains d’entre vous communiquer avec eux (animaux, arbres, et plantes). Comme vu dans le point N°13, il deviendra pour beaucoup impossible ensuite de manger des animaux. Vous ne souhaiterez plus contribuer à leur massacre et torture en masse qui a lieu à l’heure actuelle dans l’industrie alimentaire et serez même portés à contribuer à apporter un changement dans notre relation aux animaux et aux plantes, et à l’éveil des consciences.

 

21) Sentiment de « Bliss », d’extase

Tout cela fait que vous ressentez un profond sentiment d’extase, inexplicable. Vous ressentez des sensations très fortes dans votre poitrine, un feu qui brûle, de l’amour profond pour la vie, de la gratitude, de la joie, de l’enthousiasme, vous avez l’impression que vous ne pourriez pas être plus heureux au monde que d’avoir compris tout ce que vous avez compris. Vous vous émerveillez d’un tout petit rien (aux yeux des autres) mais qui pour vous est extraordinaire (la perfection du pelage d’un animal, de ses couleurs, de ses traits, la perfection du corps humain, des plantes, des fleurs, du soleil, de la mer…).

 

woman fall

L’éveil peut faire peur. Etre soi-même peut soudainement être terrifiant (nous n’avons plus la société ou les autres pour nous indiquer qui nous devons être). La transition entre cette ancienne « fausse identité » que vous aviez et cette nouvelle « vraie » identité et vie, peut être effrayante, et vous aurez même peut être envie parfois de retourner à l’illusion, au connu, à la familiarité. Mais ne faites jamais chemin inverse, ne supprimez jamais plus la voix de votre âme qui cherche à exprimer sa singularité et sa vérité.

 

« CE DONT NOUS AVONS LE PLUS FAIM, ce n’est pas la nourriture, l’argent, la réussite, le statut, la sécurité, le sexe, ni même l’amour du sexe opposé. Souvent, des gens ont obtenu tout cela et sont restés insatisfaits et même souvent encore plus insatisfaits qu’au début de leur carrière, quand ils n’avaient rien de cela. La faim la plus profonde, dans la vie, est un secret qui n’est révélé que lorsqu’on est désireux de découvrir une partie cachée du soi.
Dans les anciennes traditions de sagesse, cette quête a été comparée à une plongée pour s’emparer de la perle la plus précieuse qui soit au monde (…).
La perle est aussi appelée l’essence, le souffle de Dieu, l’eau de vie, le nectar sacré (….), ce que nous appellerions simplement transformation (…). Du point de vue humain, cela signifie changer la peur, l’agressivité, le doute, l’insécurité, la haine et la vacuité, en leur contraire. Peut-on réaliser cela véritablement ? Il y a une chose dont nous avons la certitude : la faim secrète qui ronge l’âme n’a rien à voir avec des choses extérieures comme l’argent, la position sociale et la sécurité. C’est la personne intérieure qui meurt du désir que sa vie ait un sens, qui veut obstinément la fin de la souffrance, qui désire ardemment des réponses aux énigmes que sont l’amour; La mort, Dieu, l’âme, le bien et le mal. Une vie superficielle ne répondra jamais à ces questions, ne satisfera pas les besoins qui nous poussent à les poser.
Trouver les dimensions cachées en soi-même est le seul moyen d’apaiser sa faim la plus profonde.  » ~Deepak Chopra. 
 i didn't change woke up
*Je n’ai pas changé. Je me suis juste réveillé.
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Lectures numériques

Par Le 20/02/2014

« Lire sur smartphone est tellement addictif que j'ai arrêté les livres papier »

Le Monde.fr | • Mis à jour le

http://www.lemonde.fr/livres/article/2014/02/19/lire-sur-smartphone-est-tellement-addictif-que-j-ai-arrete-les-livres-papier_4369688_3260.html?fb_action_ids=1528917484000686&fb_action_types=og.recommends&fb_source=other_multiline&action_object_map=[216757685186216]&action_type_map=[%22og.recommends%22]&action_ref_map=[]

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Un smartphone.

En janvier 2013, le médialab de Science Po a révélé qu'un tiers des personnes qui s'adonnent à la « lecture numérique » (sur tablette, liseuse, smartphone...) possèdent une bibliothèque composée de 70 % à 90 % d’ouvrages non achetés. Un an après cette enquête, Lemonde.fr a voulu prendre le pouls de ses lecteurs : « Vous lisez sur smartphone, témoignez ». Plusieurs dizaines de réponses sont parvenues. Nous en avons sélectionné onze.

Lire (en édition abonnés) l'enquête Mon smartphone, ma bibliothèque, par Laure Belot

  • « C'est tellement addictif que j'ai arrêté les livres papier », par Marie, 32 ans

« Je lis sur smartphone depuis cinq ans. C'est plus simple et plus léger que d'avoir des livres en papier dans son sac à main. De plus, on trouve sur les librairies électroniques des livres qu'il est difficile de se procurer en version papier. C'est tellement addictif que j'ai arrêté de lire des livres papier. On m'a offert le prix Renaudot à Noël et je ne l'ai toujours pas ouvert, c'est un tel pavé que ça me rebute ! Enfin, j'aime lire des livres en anglais (Harry Potter par exemple), pour pratiquer ma compréhension écrite. Par contre, je ne lis aucun journal sur mon smartphone, ni français, ni anglais. Uniquement des livres dont je peux régler la taille des caractères, le contraste de l'écran, l'espacement des lignes, la taille des marges. Je n'éprouve pas le besoin d'acheter une liseuse, qui prendrait de la place dans mon sac à main et que j'oublierais partout. Mon téléphone, je suis sûre de ne pas l'oublier. Il faut juste choisir des modèles de smartphone avec une bonne batterie, parce que ça consomme. Pas autant que la navigation sur Internet, mais quand même. J'ai toujours un câble de recharge à mon bureau. J'aime flâner dans la librairie à côté de chez moi, mais je préfère nettement les livres électroniques. Il y a un mois, j'ai acheté dans cette librairie un livre papier, je l'ai lu, et j'ai acheté la version électronique parce que, vraiment, j'aime ça. »

  • « Je fais entrer la lecture dans tous les interstices de mon quotidien », par Agathe, productrice-auteur

« J'aime les livres, j'ai toujours beaucoup aimé les livres, mais mon smartphone et ma tablette m'ont permis d'élargir le champ de mes lectures au quotidien. Je peux lire alors que je n'ai qu'une main de disponible (dans un métro surchargé ou en me brossant les dents) ou dans le noir alors que j'ai éteint la lumière de ma chambre pour que mon compagnon puisse dormir et que je devrais faire de même. La lecture sur tablette m'a aussi permis d'aborder des livres en langue anglaise, qui, auparavant m'auraient intimidée en raison de mon vocabulaire limité : accéder à la définition d'un mot en un clic est pour moi un atout sans égal. Enfin, les livres numériques enrichis pour enfant sont pour moi une occasion de renouveler l'expérience de lecture d'histoires avec des tout petits, et de créer des moments de complicité particulièrement riches. Ces livres ne sont pas encore assez connus des parents, ils constituent un secret bien gardé. Il m'arrive aussi de commencer la lecture de mon journal préféré sous sa forme papier, puis de basculer sans m'en rendre compte sur sa version électronique afin d'enrichir sa lecture (fact checking, approfondissement, etc). »

  • « La lecture sur écran 4 pouces, ça passe crème », par Eric, 32 ans, ingénieur

« Avant, je n'avais pas d'usage des livres. Je me contentais d'un bouquin par an, voire deux. Depuis que j'ai le dernier smartphone à la pomme (ça fait dix-huit mois maintenant), j'ai dû avaler (à mon sens) une quinzaine de livres environ. De toutes tailles. J'ai découvert un confort de lecture différent. Certes une page ne tient que sur 4 pouces, mais plusieurs livres tiennent dans ma poche. Ceci dit, je n'ai jamais lu plusieurs livres en même temps. Et la lecture sur un écran 4 pouces, honnêtement, si votre application est bien configuré (mode défilement continu des pages), ça passe crème. Ce que je peux retenir de cet usage sur smartphone, c'est de pouvoir lire n'importe où, n'importe quand (comme avec une version papier), sans à avoir un sac dédié à transporter mon livre, sans à avoir à allumer la veilleuse au lit ou dans les transports lorsque ma compagne s'est endormie. Pour commencer, j'ai téléchargé des livres sur une plateforme pirate dédiée aux livres. Du JK Rowling, Murakami. J'ai trouvé des plateformes pour des livres libres de droit (Tolstoï, Dostoievski et cie) et désormais j'en achète... quelques uns... Parce que même si ça change désormais, je ne comprends pas la différence de prix nulle entre une version numérique et une version papier. »

  • « Une lecture agréable et pratique mais trop chère ! », par Charles

« Je suis clairement de la génération numérique, iTunes gère ma musique depuis plus de 10 ans et j'achète désormais plus de musique en dématérialisé qu'en physique ! J'ai donc naturellement essayé la lecture de livres numériques sur mon iPhone. Le travail minutieux de mimétisme au niveau de l'interface d'iBooks donne un côté agréable à la lecture. La haute résolution des écrans actuels est aussi pour beaucoup dans ce confort de lecture. De plus, le smartphone prend très peu de place comparé à un véritable bouquin, ce qui le rend très pratique en déplacement. Et surtout, l'écran illuminé permet de lire en toute facilité dans le noir, un argument très apprécié de ceux qui aiment bouquiner au lit ! Cependant, je n'ai jamais acheté de livres numériques, me contentant de livres du domaine public (ou d'autres livres trouvables gratuitement dans les méandres d'Internet !). Etant donné la posture difficile dans laquelle se trouve la plupart des librairies, je préfère faire fonctionner ces commerces plutôt que d'acheter une version numérique dont le prix est quasi-similaire. Car si la vente de musique numérique a véritablement tiré les prix vers le bas, il n'en est pas de même pour les livres numériques. L'intérêt des boutiques en ligne reste donc limité. D'ailleurs, ces boutiques ne proposent pas de pouvoir télécharger gratuitement les livres du domaine public. Dans certains cas, ils les font même payer ! Dommage pour les consommateurs impulsifs ! »

  • « C'est un âge d'or pour le gros lecteur », par Christine

«Je lis des livres en version numérique depuis mon premier Palm, en 2000. D'abord, parce que ma bibliothèque papier déborde ; ensuite, parce que j'évite ainsi les cantines de bouquins, lorsque je me déplace. Comme j'ai besoin de beaucoup de livres pour mes travaux, j'apprécie de pouvoir les télécharger tout de suite plutôt que d'avoir à les commander. Je ne rechigne pas à payer quand il le faut : trois ou quatre ouvrages par mois. Mais je fréquente essentiellement le fonds de Gallica. Je suis complètement habituée à lire sur écran, je copie-colle les phrases, les pages, qui m'intéressent ; je relève les infos nécessaires pour citer. C'est facile, je gagne du temps. Je lis sur tous les supports : portable, Kindle, autre tablette, ordi. Les livres ainsi me suivent partout. Je ne délaisse pas pour autant le papier. Tout se complète. C'est selon moi un âge d'or pour le gros lecteur. »

  • « J'en ai abandonné mon Kindle », par Nabil, 54 ans, Français installé à Chypre

« J'ai 54 ans et lis a 95% sur mon smartphone. Il me permet de lire sans encombrement, à n'importe quel moment et endroit, avec ou sans lumière. Je voyage beaucoup, ainsi, j'ai toujours mes livres à portée de main avec le minimum d'encombrement. Seul bémol : certaines publications sont uniquement sur support papier. J'en ai abandonné mon Kindle. PS. Je lis également sur ma tablette. »

  • « Les livres numériques, un dilemme entre le fonctionnel et le tangible », par Christopher, 25 ans, Québec city, étudiant

« Les livres numériques, j'ai trouvé ça fabuleux lorsque c'est apparu. Je pensais que les réfractaires, étaient des gens qui adoraient leurs habitudes, et qui, pour s'en convaincre parlaient de texture, de la sensualité du touché sur les pages. Ma première fois, c'était sur l'iPad que je me suis offert au même moment quasiment. C'était nouveau donc agréable, c'était très pratique surtout. Mais peu après, j'ai tout de même trouvé que les livres numériques étaient chers, pour des objets intangibles. Sont-ils d'ailleurs des objets ou des services ? Une chose est sûre, cela m'a incité à découvrir ou redécouvrir les classiques de la littérature française, ceux-là étant gratuits. Pour le reste, je les achète sur iTunes, mais je suis encore partagé. Il y a peu, j'ai acheté W3 Le sourire des pendus [Jérôme Camut, Nathalie Hug, Télémaque, 2013] en version papier. L'éditeur offrait la version numérique à l'achat de la version papier. Je lis le plus souvent sur smartphone dans les transports en commun. Je n'ai pas à ouvrir mon sac, ça ne prend pas de place, ce n'est pas lourd, et mon téléphone n'est pas qu'un livre, il est beaucoup d'autres choses en même temps, même si l'écran est un peu petit. Moi qui ne suis pas réfractaire aux livres numériques, j'aime le soir mettre à jour mon marque-page sur ma version papier. C'est avec elle que j'aime lire, mais c'est avec mon smartphone que j'apprécie lire. Même si je ne tire pas un trait sur le papier, c'est la praticité qui l'emporte pour ma part. »

  • « Une bibliothèque dans la poche, un vertige très agréable », par Jean-Christian, 41 ans, documentaliste, Roubaix

« Je crois que mon témoignage peut au moins servir à tordre le cou à cette idée reçue que la pratique et l'usage de la culture numérique appartiennent au digital natives. Je lis sur mon portable depuis 2009. J'ai d'abord téléchargé quelques recueils de poésie, dont un fac-similé numérique de Chair de Verlaine annoté par l'auteur : une lecture très émouvante. Puis je suis avec surprise passé à des textes de plus en plus longs : contrairement à ce que je croyais, le mouvement de lecture sur portable - dont l'écran s'éteint assez vite - correspond plus à des œuvres de longue haleine qu'à la contemplation poétique où chaque vers est ressassé pour être pleinement goûté. Ainsi, j'ai téléchargé tout Balzac, l'intégrale des Rougon-Macquart, quelques Jane Austen, et - cerise cyclopéenne sur ce gâteau déjà titanesque - Les Misérables que je n'avais jamais lus auparavant et dont le souvenir est à jamais lié à la lecture numérique. Parfois, je conçois que j'ai dans mon portable (aujourd’hui un smartphone Wikio) le contenu de toute une petite bibliothèque : j'en ai un vertige très agréable... Énorme supériorité, à mon avis, du livre numérique sur le format codex : choisir la taille du lettrage, pouvoir reprendre sa lecture au point exact où on l'avait laissé... Énorme inconvénient : retrouver un passage qui nous a plu dans un pavé de 1000 pages, et le temps de chargement de fichiers trop lourds. Je ne réseaute pas. »

  • « Quand j'ai vu la taille du pavé en librairie, je me suis procuré le format epub », par Quentin, 25 ans, Lille, ingénieur

« Je lis peu de livres en général, mais (...) la lecture sur smartphone ou tablette a un peu changé mes habitudes. J'ai essayé de lire un roman (le premier depuis longtemps), La Stratégie Ender, avant la sortie du film. Le thème m'ayant motivé, et les moult échos du genre "le bouquin était vachement mieux" qu'on entend régulièrement ont fini de me convaincre. Quand j'ai vu la taille du pavé en librairie, je me suis procuré le format epub. Je l'ai dévoré via mon smartphone, un peu chaque jour dans le métro. Aucun encombrement et un format vraiment poche pour le coup. La lecture reprend là où elle s'est arrêtée, c'est pratique. La taille des caractères s'ajuste, et un tas d'autres choses aussi. La perte du rapport à l'objet, au papier du livre est le point négatif. Ce côté (très) pratique et la disponibilité des livres une fois importés sur le téléphone m'a incité, moi petit lecteur, à bien plus de lecture. Depuis, j'ai téléchargé des Jules Verne sur le site ebookgratuits. Par contre je n'ai pas encore acheté d'ebooks sur des plates-formes "officielles" par crainte de ne pouvoir lire librement à cause des DRM. J'ai essayé de lire un magazine sur tablette, un PDF HD d'une revue spécialisée de photo. Le résultat n'a pas été probant : taille du fichier, faible qualité d'image ou lenteurs d'affichage ne m'ont pas convaincu. Un magazine se feuillette, se manipule, se griffonne bien plus aisément en format papier. »

  • « Il existe une complémentarité entre papier et numérique », par Yannick, 27 ans, Colombes

« Cela fait maintenant deux ans que je suis en partie passé aux ouvrages numériques, sur smartphone dans la vie de tous les jours, sur tablette quand je suis en déplacement ou en vacances. Chez moi, je continue cependant de préférer le papier dès que cela est possible. La lecture numérique a largement modifié mes habitudes. L'encombrement et le poids minimum, l'accès à une vaste bibliothèque quelque soit l'heure et le lieu, rendent la lecture bien plus aisée en déplacement (transports en commun, TGV...). Je n'ai plus à me soucier de choisir le bon livre, de regretter de n'avoir certain titres qu'en grand format et non en poche. Je ne passe plus un temps interminable à choisir la liste de livres à emporter sans amasser trop de kilos avant de partir en vacances... Le numérique m'offre, en tant que lecteur, une liberté et une complémentarité bienvenue avec ma bibliothèque chez moi. J'ai une bibliothèque numérique d'environ 150 ouvrages, au deux tiers achetés précédemment au format papier. Dans ce cas, j'ai fait en sorte de les télécharger sur des plateformes gratuites. Je considère en effet que payer deux fois au prix fort est hors de question quand la seule différence est celle du format. Les autres titres ont été téléchargé sur Amazon (j'utilise le logiciel Kindle). Pour une demi-douzaine d'entre eux, qui m'ont particulièrement impressionné, j'ai ensuite commandé les versions grand format. Car je considère que quand on croise un bon livre, rien ne vaut le papier. »

  • « Avant, ouvrir un livre était pour moi une épreuve », par Tristan, 25 ans, Niort, gérant d'une agence de communication

« Les smartphone et tablettes m'ont simplement permis de lire. Auparavant, je n'avais pas l'envie de lire, c'était pour moi une "épreuve" de prendre un livre et de l'ouvrir. Maintenant, je me sens capable de lire et cela m'a permis de relire des classiques de la littérature mais aussi des œuvres modernes. Cependant, je n'achète pas de livre, du moins je n'ai pas encore passé le cap. Je télécharge des livres libres de droit ou bien sur des réseaux illégaux. Malgré le faible prix d'achat, j'ai plus de mal a acheter un support immatériel. Par contre, j'achète les livres une fois lu en version physique. Ca a au moins l'avantage de relier le numérique à la vie réelle ! »

Edition numérique

Par Le 18/02/2014

C'est quand même marrant ces lecteurs ou lectrices qui me disent sur facebook qu'ils ne me liront pas sur une liseuse ou sur une tablette. De toute façon, ils n'ont déjà pas lu mes livres en version papier...Le problème n'est pas le support, le problème c'est que les lecteurs achètent les livres dont "on" parle. Tous les lecteurs de mon blog, est-ce qu'ils ont acheté mes romans papier ? Et les lecteurs de Facebook ? Non plus. Bon, alors, faut arrêter de dire que c'est une question de support...

J'ai mis des pages et des pages de tous mes romans sur Ipagination. Est-ce que un seul des lecteurs ou lectrices qui ont commenté ces textes a acheté un de mes bouquins papiers ? Non. Est-ce qu'ils vont acheter sur un support numérique ? Pas davantage sans doute. On me dit que j'ai une belle écriture. Alors, quel est le problème ? Pas le support, ça c'est faux.

Je n'existe pas pour les medias.

Aucun lecteur n'aurait avantage à parler de mes romans dans un repas entre amis.

Il n'est pas intéressant de parler de ce que j'écris à des gens qui ne me connaissent pas. Il vaut bien mieux parler d'auteurs célèbres et mettre en avant qu'on les a lus.

Il serait risqué d'acheter un roman d'un auteur inconnu et d'en être déçu étant donné qu'on ne pourra sans doute pas le revendre sur amazon...

Personne ne va prendre le risque d'offrir un bouquin d'un auteur inconnu à une connaissance...

Bon, et bien voilà. Il faut être clair. Et arrêter de dire que c'est une question de tablette...

Rythmes scolaires

Par Le 16/02/2014

Creuse

Limousin > Creuse > Guéret 14/02/14 - 06h00

Élus, parents, syndicats (pas tous...), enseignants protestent contre la réforme des rythmes

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http://www.lamontagne.fr/limousin/actualite/departement/creuse/2014/02/14/elus-parents-syndicats-enseignants-protestent-contre-la-reforme-des-rythmes_187253

Nicolas Simonnet (à gauche) dénonce les « pressions » exercées sur les maires.? - photo maria veses ferrer.

Nicolas Simonnet (à gauche) dénonce les « pressions » exercées sur les maires.? - photo maria veses ferrer.

Des élus et des syndicats réclament la réécriture du décret de la réforme des rythmes. Et dénoncent les pressions de l’administration sur les communes réfractaires.

Pas question de reculer et d'autant moins qu'ils affirment que les pressions de l'inspection académique et de la préfecture s'intensifient. À quelques mois seulement du passage obligatoire à l'école à 4,5 jours pour toutes les écoles du département, le SNUIPP, la FSU, des élus et des parents continuent de réclamer la réécriture du décret et un bilan d'une réforme inapplicable en l'état. Alors que 13 communes sur 124 sont passées dès la rentrée 2013 à la semaine à 4,5 jours, 67 maires continuent de proposer le maintien de la semaine à quatre jours et n'ont pas retourné à l'inspection leur modalité d'organisation.

« Le périscolaire s'effectue
au détriment
du scolaire »

Dans l'attente d'un bilan de la réforme qu'il réclame à cor et à cri auprès de l'Inspection, - « il n'y a eu aucune évaluation de faite »-, le SNUIPP et la FSU ont réalisé un rapport pour le moins accablant en dénonçant divers dysfonctionnements. « Les horaires scolaires sont fixés par défaut, en fonction des horaires périscolaires et des contraintes du Conseil général. Le périscolaire s'effectue au dépend du scolaire en niant le rôle des enseignants qui sont expulsés des classes pour laisser place au périscolaire », analyse le délégué du SNUIPP, Fabrice Couégnas, tout en rappelant l'hostilité quasi générale face à une réforme imposée aux forceps. « Le 13 novembre, 70 % des parents n'ont pas envoyé leurs enfants pour protester et 70 % des enseignants étaient en grève le 5 décembre. » Autre grief, l'utilisation des personnels ATSEM, jusqu'alors dédiés aux écoles pour assumer des activités extérieures au temps scolaire. Tous redoutent aussi les inégalités entre les écoles et s'inquiètent de la fuite des élèves en direction des établissements privés non soumis à la réforme des rythmes. Dans leur combat, parents, syndicats et élus semblent pouvoir s'appuyer sur une partie des 111 délégués départementaux de l'Éducation Nationale qui expriment eux aussi des inquiétudes sur les principes d'égalité, de laïcité et sur la sécurité dans le cadre des activités périscolaires. Non sans noter des disparités de traitement au sein même des écoles qui ont appliqué la réforme. « À Lavaveix-les-Mines, les activités sont réservées aux enfants dont les parents travaillent », souligne une déléguée.

Quant aux élus, ils ne mâchent pas leurs mots, à l'image des conseillers généraux de Chambon-sur-Voueize et de Dun-le Palestel, Nicolas Simonnet et Laurent Daulny qui accusent ouvertement la directrice d'académie et le préfet d'exercer de multiples pressions. Soit en essayant de « court-circuiter les maires », en laissant « sous entendre des fermetures de classes » dans les communes réfractaires, en s'adressant aux intercommunalités ou encore en menaçant « d'imposer les rythmes sans concertation aucune. »

La directrice d'académie
et le préfet
au ban des accusés

« Les 67 maires sont devenus des délinquants civiques, des mauvais élèves auxquels on pourrait faire des misères. On demande aussi aux maires d'engager leur responsabilité par écrit sur les bonnes m'urs des animateurs que nous serions amenés à embaucher. C'est quand même fort de café », s'insurge Nicolas Simonnet, évoquant des « méthodes détestables » d'une « autre époque ». « Nous subissons des pressions sur des écoles à Maison-Feyne, Villard, Naillat », confirme le maire de Dun-le-Palestel, Laurent Daulny, qui évoque le coût d'une réforme jugée trop onéreuse, en moyenne 150 euros par élève.

La Souterraine aurait ainsi dépensé 90.000 € tandis qu'il en coûterait 25.000 € pour la commune Dun-le Palestel. En comptant les 800.000 € que le conseil général déboursera pour assurer les transports scolaires, le montant global de la réforme pour la Creuse avoisinerait les 5 M€, selon Fabrice Couegnas, alors que « les cours ne sont actuellement pas assurés chaque jour dans plus d'une dizaine de classes dans 10 et 20 classes », faute de remplaçants. « Avec les moyens mis en 'uvre, on pourrait faire largement mieux, en recrutant des dizaines d'enseignants, en remettant des RASED, en envoyant les enseignants en formation… »

Lectures numériques

Par Le 16/02/2014

Bon et bien voilà, j'ai lu mon 1er roman numérique sur une liseuse Kobo.
Et bien, je ne vois vraiment pas pourquoi j'irais acheter du papier... C'est très facile à utiliser, dix-sept livres enregistrés (Merci Anita), j'ai commencé à lire dans le train, la liseuse posée sur les genoux, pas de pages à tenir ouvertes, le défilement du texte est très rapide, l'écran très agréable, la liseuse tient dans la poche de ma veste ou dans ma pochette, peu importe la taille du fichier Je me souviens de ces gros pavés sur lesquels il faut "forcer" sur la structure pour réussir à lire, au risque de décoller les pages...J'ai comme ça démoli deux fois "Citadelle" de Saint Exupéry et "Les sept piliers de la sagesse" également...Et bien, là, au moins, ça n'arrivera plus. Et lire, sans avoir à tenir un bouquin mais à juste faire glisser son doigt sur un écran, et bien, finalement, j'adore.

Alors, voilà, le premier roman d'une longue liste.

Un sacré choc...Une descente aux enfers sans possiblité de retour...Violent, âpre, désespéré et parfois des flamboyances qui apaisent, qui permettent de reprendre espoir, de ne pas somber avec le héros...Groupuscule nazi, des meetings d'un autre temps et qui existent pourtant.

Attention, danger. Il faut être bien en paix pour plonger dans de telles noirceurs.

Une écriture remarquable, parfaitement maîtrisée, des phrases qui résonnent longtemps, des descriptions psychologiques au scalpel.

On en sort le souffle court...Et heureux d'en avoir personnellement réchappé.


À l'heure où nos fantômes rampent sur l'île aux roses de Thierry Desaules

À l'heure où nos fantômes rampent sur l'île aux roses de Thierry Desaules

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Milton Dekker, trente ans, mène une existence harmonieuse entre son compagnon Stanislas et les étranges conversations nocturnes qu’il entretient avec le spectre de Louis II de Bavière – feu Roi des Lunes – lorsqu’il se découvre atteint d’une grave hépatite

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Milton Dekker, trente ans, mène une existence harmonieuse entre son compagnon Stanislas et les étranges conversations nocturnes qu’il entretient avec le spectre de Louis II de Bavière – feu Roi des Lunes – lorsqu’il se découvre atteint d’une grave hépatite. Cette nouvelle bouleversant bon nombre de ses certitudes, le jeune homme décide d’entreprendre un voyage initiatique sur les traces de son frère jumeau Alexandre dont le suicide, deux ans plus tôt à Anvers, demeure inexpliqué. À travers une Allemagne interlope, romanesque et violente, guidé dans sa quête de vérité par le journal intime laissé par Alexandre à l’énigmatique Brivaël, Milton s’apprête à vivre un voyage lyrique, sensuel et cruel au cœur des racines du Mal...

EXTRAIT

« Il était une île. »

Dans la baignoire nappée d’obscurité que la lueur d’une unique bougie éventrait timidement, mon sexe flasque était un insulaire.

En position fœtale, dans la chaleur rassurante et plasmique d’une eau à quarante degrés parfumée à l’eucalyptus, je végétais.

Mon petit orteil souffrait de longue date d’une légère irritation. Je ne l’avais jamais fait soigner, car cette sorte de crevasse qui suintait en permanence me procurait une démangeaison délicieuse. Au cours de mes séances masturbatoires – ou lorsque je faisais l’amour avec Stanislas –, le jeu consistait, lorsque je m’apprêtais à jouir, à gratter la plaie avec force jusqu’à ce que la chair éclate ; la puissance de l’orgasme m’en semblait alors décuplée.

Mon frère Alexandre et moi-même avions vu le jour à l’automne 1982.

Du plus loin que je me souvienne, il n’y avait toujours eu qu’Alexandre. Pour le ludique, la complicité, comme pour l’affectif.

Bien sûr, le sexe était venu plus tard ; par l’onanisme mutuel à l’orée de l’adolescence, à goûter nos spermes dans le silence imposé et l’obscurité ouatée de la demeure familiale. Nous avions exprimé conjointement notre dégoût en fronçant ces nez que nous avions similaires.

De tout temps, Alexandre avait été le dominant de notre couple gémellaire. Je n’en étais pas dupe. J’avais le souvenir flou, enfant, d’une petite fille rampant dans le bac à sable du square où nous emmenait régulièrement notre mère. Je la revoyais rire aux éclats alors qu’Alexandre et moi nous efforcions de lui retirer une chaussette rose, brodée de petits lapins hilares. Cette innocence – qui s’étalait en farandole autour de la cheville de la gamine – s’était perdue dès lors que, enfin propriétaire de la chaussette, Alexandre m’avait intimé l’ordre de lécher le petit pied mis à nu. Je m’étais exécuté tandis que mon frère insistait, vachard : « La langue entre les doigts de pieds ! Vas-y Milton, vas-y ! »

Les lapinous avaient foutu le camp, la gamine chouinait un peu. Étrangement, j’avais savouré de voir Alexandre diriger ainsi les opérations tandis que ce dernier, à n’en point douter, s’était offert un gigantesque orgasme cérébral.

Il y avait là une catastrophe en latence, un drame prêt à fondre sur lui comme une nuée de sauterelles folles.

En y repensant, je frissonnais parfois, une ambiguïté glacée me courait alors sur l’échine.

Il y a deux ans, Alexandre s’est tué.

Dans son appartement d’Anvers, les forces de l’ordre l’ont retrouvé suspendu par le cou dans son dressing. Il n’a laissé ni lettre ni message sur son répondeur. Rien. Le rapport de police indiquait froidement qu’il avait d’abord tenté de se pendre à la tringle de son rideau de douche avant d’essayer de s’ouvrir les veines sans plus de succès.

Anvers, comme toutes les villes portuaires, était violente et sensorielle, striée de rues où s’étiolait une odeur de pisse, de rouille et d’iode. Pour moi, elle exhalerait à jamais le parfum du cadavre d’un pervers, le parfum du cadavre d’Alexandre. Les odeurs, les souvenirs et l’odeur tenace du souvenir m’avaient fait jurer de ne plus y mettre les pieds de toute ma foutue vie.

Par la fenêtre de la salle de bains, je regarde les hortensias roses. Un rose enfantin et lumineux, un rose de chaussette de petite fille.

ÉGALEMENT DISPONIBLE DEPUIS LES LIBRAIRIES SUIVANTES ET BIEN D'AUTRES ENCORE

"Autobiodégradable" de Charlotte Charpot

Par Le 16/02/2014

Le blog d'un éditeur comme un autre…

« Dans la littérature, tous les genres sont bons hormis le genre ennuyeux » – Walter Scott

Paroles d’auteurs avec Charlotte Charpot

par Administration

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Oserez-vous entrer dans le cube ? Et découvrir un roman résolument original, percutant, contemporain et qui risque bien de vous bousculer, mais pour mieux vous ravir et vous séduire. Vous êtes dans l’ère industrielle de l’être industriel, vous dit l’auteur en préambule, avant de vous promener dans le monde d’une entreprise qui pourrait bien devenir la vôtre dans quelques années (à moins que ce ne soit déjà le cas), et vous enfermer dans une émission de télé de la pire réalité possible. Tout cela enrobé d’une écriture incisive, humoristique, précise et un rien espiègle, que Charlotte Charpot sait déployer tout au long de son roman pour divertir, mais aussi et surtout dénoncer, amener à réfléchir sur la société qui nous attend peut-être si on s’abstient de réagir efficacement à la captation de notre temps de cerveau disponible…

Autobiodégradable, c’est un OVNI littéraire, un OLNI devrais-je peut-être dire (objet littéraire), mais en même temps, on le lit comme un roman en ce sens que l’histoire de toutes ces Chantal et de tous ces Jean-Pierre est tellement notre histoire, ou pourrait l’être. Comment décide-t-on d’écrire ce genre d’histoire, quelle est la genèse de ce magnifique roman, et quel est le but poursuivi ?

Autobiodégradable est fait pour être un Objet Littéraire Non Identifié. Il me semble que le monde a profondément changé, cependant on croise rarement la route d’auteurs qui tentent de proposer autre chose sur le plan du style et de la manière qu’ils ont de le donner à relire. Ou peut-être les éditeurs ne souhaitent-ils pas courir le risque ? J’ai donc beaucoup de chance que Numeriklivres ait accepté ce titre. Je cherche en littérature comme en peinture des artistes capables de déplacer les choses, de les emporter ailleurs et de nous les rendre telles que nous ne les avions jamais regardées. C’est une tentative en ce sens que j’ai entrepris et pour déplacer les choses, il faut déplacer le verbe. Tout le pari alors est de trouver une voie suffisamment nouvelle pour être déroutante et suffisamment familière pour rester lisible. Cela est périlleux, toujours à la limite de la construction et de la déconstruction. Jusqu’où va-t-on accepter de se perdre pour se retrouver, jusqu’où le lecteur est-il funambule ?

Cette question est totalement liée à l’état d’esprit qui habite notre XXIe siècle. Partout les gens s’oublient. Le monde du travail est invraisemblable, nous avons tous connaissance des vagues de suicides consécutives à la privatisation des grosses entreprises comme les télécoms, la poste, et tant d’autres. Il y a la crise, le burn out, des pressions exercées dans tous les sens, les informations télévisées alarmistes, l’urgence permanente et lorsque les gens vont trop loin, ils se brisent. Il paraît qu’il n’y a jamais eu tant de congés longue maladie qu’à l’heure actuelle. Parallèlement, on assiste à une vague de retours à la nature, de volonté de changer nos modes de vie, la consommation bio, le yoga, les revirements professionnels pour ouvrir une maison d’hôtes à la campagne, ou fabriquer son fromage de chèvre. J’ai eu envie d’illustrer ces deux mouvements dans une parabole juste un peu trop folle pour être prise au premier degré, et juste suffisamment réaliste pour rester très inquiétante. Tout ce que raconte cette histoire existe réellement, je ne suis qu’un condensateur. L’objectif est aussi de dire aux gens : arrêtez-vous. Regardez en vous-même ce qui est important : c’est vous. Et si pour s’en souvenir il est nécessaire de se boucher les oreilles pour cesser d’entendre hurler les loups, faites-le. Nous sommes tous un peu loups.

Les interactions entre les différents personnages du livre et les situations auxquelles vous les confrontez sont parfois presque terrifiantes. Il y a un soupçon de fantasy à vrai dire et d’anticipation disséminée entre les lignes, petites doses homéopathiques certes, mais présentes. C’est quelque chose qui caractérise votre écriture, ou bien c’est fortuit ?

Le côté fantasy n’est pas fortuit. En l’occurrence, je prends le terme "Fantasy" au sens de légère anticipation. Ce qui est amusant, c’est de constater que nous partons sur l’idée d’anticipation, alors que nous pourrions partir sur celle de la caricature. Il semble que les deux notions soient bien proches pour que la confusion s’établisse dans nos esprits. J’envisage cette histoire comme très légèrement décalée dans le futur. Je ne précise cependant jamais ni le temps ni le lieu pour ménager le malaise. Est-ce aujourd’hui ? Est-ce demain ? Rien de moins certain.

La fantasy au sens de "anticipation" ne caractérise pas mon écriture je pense. Mais j’aime jouer sur les sensations temporelles ressenties par le lecteur. Dans Le Cas Nathalie Solenblum par exemple, l’histoire se déroule de nos jours, mais le vocabulaire est tellement baroque et délibérément désuet que l’on se croit au XIXe siècle sans conscientiser nécessairement la source du malaise. Un peu comme de travailler le clair-obscur du verbe, lui donner les couleurs d’un temps et d’un espace à chaque fois différent, parfois insaisissable.

Si je prends le terme fantasy au sens de "croisement du merveilleux et du fantastique" effectivement cela me caractérise. Je viens du monde de Tolkien, Moorcock, Hebert, Caffrey, Zimmer Bradley et tant d’autres. Ils m’habitent profondément. Le surgissement du fantastique est capable de nous libérer à bien des égards, il laisse la porte ouverte sur l’infini des possibles et donc surtout sur des possibles différents.

Il y a quelque chose de cinématographique dans ce roman, des scènes qu’on verrait bien se dérouler sur grand écran. Quelles influences ont guidé ce texte ?

J’ai été inspirée par les livres de Douglas Coupland, principalement. Cet auteur est un génie contemporain extraordinaire. Côté cinéma, l’univers de Scott Pilgrim, car le réalisateur a tout osé, et surtout parce qu’il propose une manière totalement décalée moderne et fraîche de raconter une histoire. C’était le signe que je pouvais l’envisager à l’écrit. Enfin, j’ai été nourrie par la poésie de Gherasim Lucas. Alors là, comme ça, chercher quel rapport il peut bien y avoir entre Lucas et Autobiodégradable, j’avoue que cela ne va pas sauter aux yeux. Pourtant, il y a des courants profonds sur la façon de raisonner autour de la structure qui sont bel et bien là. L’édifice tient-il debout ? Tiendra-t-il jusqu’au bout ? L’un de mes objets poétiques préférés de Lucas est celui-ci : " S’en sortir sans sortir". Cela résume Autobiodégradable et la vie en son entier. Enfin, j’adore travailler sur l’instantané de l’image. Idéalement je voudrais faire surgir les scènes dans l’esprit du lecteur exactement à la manière d’un film. Comme si je projetais grâce au texte l’ensemble du décor. On me dit que je suis utopiste et pourtant je n’arrive pas à me départir de l’idée qu’il est possible que les images et les émotions passent avec quelque chose de commun d’une cervelle à une autre pour peu que l’auteur soit doué.

Un mot sur vos projets littéraires à venir ?

Concernant mes projets futurs… J’ai l’idée d’un roman qui ne me quitte pas depuis des mois et des mois. J’ai été contrainte de le mettre de côté pour des raisons professionnelles mais je vais m’organiser pour reprendre l’écriture très prochainement. En revanche, cette histoire n’a toujours trouvé ni sa forme ni sa structure. Le travail va être passionnant !

Propos recueillis par Anita Berchenko

Collection Charlotte Charpot

Cliquez ici pour accéder à tous les titres de l’auteur

"Les deux loups"

Par Le 16/02/2014

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C'est là que se tient la liberté.

Nourrir celui nous grandit, apaiser celui qui nous dévore.

Seul au monde

Par Le 16/02/2014

La pire chose pour moi est de penser qu'il est possible de ne pas se sentir seul parce qu'on est entouré. C'est le mensonge le plus destructeur. Nous sommes seuls au monde si nous avons besoin du monde car nous lui sommes redevables dès lors de la vie qu'on se fabrique. Personne ne m'octroie le sentiment d'être seul tout comme personne n'insère en moi le sentiment d'être accompagné.

La seule personne qui puisse répondre à mes désirs d'éveil, c'est moi. Non pas que les gens que j'aime me sont indifférents ou qu'ils ne m'apportent rien, loin de moi cette idée, mais je refuse de les prendre en otages, de les enchaîner à mes interrogations, à mes désirs d'exploration. Ils m'apportent la conscience qu'il est impossible de dépendre de qui que ce soit. L'Amour n'est pas une entrave mais une libération dans le travail intérieur qu'il génère, dans le regard lucide qu'il contient, hors de la passion si elle n'est qu'embrasement destructeur, si elle n'est pas un tremplin mais une plongée dans la dépendance. La passion porte en elle-même son extinction, elle n'en est pas responsable, ce sont les individus qui se sont trompés, ils sont les seuls responsables, ils sont victimes du boureau qu'ils ont créé, il n'y a plus de cheminement, il n'y a plus d'ascension mais un épuisement inéluctable des réserves d'énergie, il n'y a pas de construction commune mais un délabrement continuel de la citadelle, des pierres qui se déchaussent, inexorablement, parce que les individus se dévorent et s'effacent eux-mêmes en imaginant bâtir un donjon indestructible. 

L'Amour est un cheminement solitaire et lorsqu'il est accompli, il devient possible de s'unir à une autre solitude constituée parce qu'aucun des deux partenaires ne cherchera en l'autre la complétude qu'il espère, parce qu'aucun des deux partenaires ne viendra apaiser les souffrances qu'il traîne.

L'Amour ne peut pas être souillé, alourdi, condamné à soigner des êtres qui se martyrisent.

Je suis seul au monde parce que c'est le seul moyen d'aller vers l'Amour.

Je n'ai besoin de personne parce que je refuse de condamner quelqu'un à me soutenir.

Personne ne le mérite et personne ne doit l'accepter. Par Amour pour soi-même. Car sans cet Amour, rien n'est possible.

 

Les émotions de la mort

Par Le 14/02/2014

Je me rends compte à quel point, je suis capable de laisser passer des émotions inutiles, des choses qui ne m'appartiennent pas, qui sont générées par des personnes qui ne me sont rien, que je ne connais que par le hasard professionnel ou autre mais que par contre, je vis avec une puissance phénoménale les émotions qui me sont importantes, que je les laisse m'emporter, que je m'y abandonne totalement parce que je sais, profondément, que ces émotions-là je dois les vivre totalement, sans aucune restriction. Alors, je pleure. Et même devant deux cents personnes, un micro à la main, lisant le texte d'adieu à une personne aimée et disparue.

Je sais que cette émotion libérée est perçue par beaucoup comme une faiblesse, comme un manque de retenue, de pudeur, de courage, de force ou je ne sais quoi.

Je pense tout au contraire qu'il s'agit d'une lucidité envers la Vie, un accueil de ce qu'elle a de plus puissant, de plus bouleversant et que je sois un homme ne change rien à l'amour que je porte à cette Vie. Pleurer n'est pas une souffrance mais le moyen proposé par la Vie de se libérer d'un fardeau. De quel droit refuserais-je ce cadeau ?

S'interdire de plonger dans l'émotion revient à l'enfermer et à la laisser se détériorer jusqu'à devenir le terreau d'un mal physique ou psychologique, comme un avilissement inévitable au regard du rejet de la Vie.

Il suffira d'un autre événement douloureux pour que le poison accumulé se répande. C'est l'individu qui en est responable et non l'événement. C'est son obstination à "être courageux" qui le condamne. Terrible héritage éducatif qui consiste à nier l'existence et à refuter toute forme d'observation intérieure, comme si les regards croisés avaient davantage d'importance que ce regard envers la Vie.

Celle que j'aimais et qui est partie, je tiens à lui signifier mon affection et il ne me suffit pas de lire quelques mots, je veux vivre ces mots, vivre intégralement ce que je cherche à transmettre, laisser ces mots me déchirer, ouvrir mon coeur, mon âme où cet antre mystérieux d'où jaillissent les bouleversements existentiels. Qu'est-ce qui en nous déclenche ces torrents de frissons, cette brûlure intérieure ? Je n'y suis pour rien, aucune volonté, aucun effort et je refuse la volonté de m'opposer à cette marée. Il s'agirait d'une volonté de l'ego alors que c'est la Vie qui s'exprime. De quel droit m'opposerais-je à la vie ? Comment pourrais-je considérer que ma personne a plus de valeur que ce que la Vie déclenche en moi ?

Mon frère est mort il y a plusieurs années déjà. J'ai passé des heures, seul, à ses côtés dans la chambre mortuaire.

Je sais ce que mon frère voulait m'apprendre. J'ai mis longtemps à le comprendre. Passé la gêne de parler à un corps froid et raide, passé la honte de pleurer, seul dans la lumière fragile des bougies, j'ai dit à mon frère combien je l'aimais, combien j'avais toujours admiré son courage, combien j'étais effondré de sa disparition.

J'ai mis longtemps à comprendre qu'il n'avait pas disparu. Puisque ces moments à ses côtés, dans le silence de son visage clos, il me criait des vérités que je n'entendais pas. Il a fallu que son âme et quelques compagnes viennent me parler, alors que j'étais cloué au fond de mon lit, une jambe paralysée et un dos déchiré, pour que je comprenne enfin. Mon frère. Son âme. 

 Alors, j'ai pleuré encore une fois, hier, pour libérer la Vie qui pleurait en moi, car elle souffre elle aussi de la perte de ses créations, même si elle sait qu'il ne s'agit que d'un transfert... la Vie nous aime et elle pleure en nous. Mais il s'agit d'un remède, c'est cela que nous ne voulons pas comprendre.

La Vie pleure en nous parce qu'elle sait qu'il est néfaste de garder enfermé des pensées sombres, des non-dits, des rancoeurs, des regrets, des remords.

Et parce que j'ai pleuré tout ce qui devait l'être, je sais maintenant que la Vie, en moi, est en paix.

 

L'oppression

Par Le 12/02/2014

J'avais seize ans.

Je ne comprenais pas tout ce que Léo chantait mais j'étais bouleversé par la musique des mots, par sa voix, par la simplicité grandiose des mélodies.

Je sentais qu'il y avait là des messages à saisir, comme si se tenaient en moi des paroles secrètes et que Léo savait les faire émerger.

Il n'y avait pas de MP3. J'écoutais cette chanson avant de partir au lycée et elle tournait en boucle toute la journée.

J'allais m'asseoir sur un coin de pelouse parfois, je prenais un livre, je lisais quelques lignes et puis je fermais les yeux parce que les violons étaient là, que les premières paroles surgissaient...

"Ces mains, bonnes à tout, même à tenir des armes, dans ces rues que les hommes ont tracées pour ton bien,

ces rivages perdus vers lesquels tu t'acharnes où tu veux aborder et pour t'en empêcher les mains de l'opression..."

Je sais aujourd'hui ce que Léo chantait, je sais ce qu'il disait, je connais cette opression, elle est là.

Je sais aussi comment l'épuiser, comment m'en défaire.

Non pas dans les faits car je serai jusqu'à la fin dépendant d'une oppression sociétale.

Mais je connais des espaces où elle ne peut rien.

La paix intérieure.

La paix des émotions éteintes, lorsqu'elles ne sont plus que des grosses mouches noires zébrant l'azur et fuyant vers l'horizon, vers d'autres proies à tourmenter.

Dualité et réalité

Par Le 12/02/2014

L'accession au langage est le pilier de la mise en place de la dualité. Il y a une réalité de surface, une réalité conventionnelle, celle que nous nommons habituelle et il y a une réalité profonde. Le langage vient finaliser en soi l'expérience de la scission. Il y a un arbre, une fleur, le ciel, le soleil, le vent... et moi qui observe l'ensemble et qui le nomme. Et ce nom que je partage avec des millions d'individus est une étiquette collée sur nos esprits. Il vient valider l'idée d'un ego encapsulé et d'un environnement...Le mal est fait.

Il faudrait oublier les mots.

Le langage est un système de signes, qui relie un monde signifiant (le monde réel) à un monde signifié (le monde représenté). Mais le drame vient du fait que le signifié occupe une place prépondérante jusqu'à effacer la conscience en nous du monde signifiant.

Le langage finit donc par créer un monde représenté que beaucoup finissent pas considérer comme le monde réel.

La mort par exemple.

Le mot est chargé de tellement de représentations...Quelle est sa réalité ? Personne ne le sait.

Mais alors le vent, l'eau, un arbre, une feuille, un oiseau, quelle est leur réalité ? N'avons-nous pas érigé là aussi des paravents qui nous privent de l'accession, de l'ascension, de l'éveil ?

Cette réalité que j'envisage n'est d'ailleurs encore que la représentation qu'il me plaît de m'en faire...

Il faudrait se taire peut-être pour saisir, se taire au-delà du silence, au-delà des pensées, au-delà de tout ce qui "semble" nous constituer.

Qu'en est-il de l'Amour ?

Sommes-nous capables de l'accueillir tel qu'il est et non tel que nous le concevons ?

Cet abandon absolu qui nous plonge dans la fusion, cet embrasement gigantesque, est-il nourri par toutes les attentes que nous fabriquons ou est-il réel ?

J'aimerais connaître le Réel. J'aimerais me défaire de la réalité des signes, des paroles et des idées propagées.

Mais lorsque j'élabore cette pensée, je construis un réel en moi et ce réel n'est qu'une interprétation issue de mon imagination.

Et je n'ai donc rien compris.

Il est des jours où mon incomplétude me pèse. 


"L’ego se nourrit de la sensation « c’est moi »
et meurt de la simple vision « c’est ». - François Malespine


« Quand je vois que je ne suis rien, c'est la sagesse. Quand je vois que je suis tout, c'est l'amour. " Nisargadatta

De même qu'une main devant les yeux peut

cacher la plus grande chaîne de montagnes,

de même la vie matérielle occulte la lumière

et les mystères que prodigue le monde.

Et celui qui peut éloigner de ses yeux cette vie limitée

comme on retire une main,

celui-là contemplera l'incroyable splendeur

des mondes intérieurs.

(Rabbi Nahman de Breslev)


Un jour, j'abandonnerai tout ce que j'ai lu, tout ce que j'ai écrit, un jour, j'irai m'asseoir au pied d'un grand arbre, je regarderai les montagnes, je caresserai la peau du tronc, je boirai l'air, je m'effacerai.

Peut-être alors que je comprendrai.

Peut-être qu'il sera temps de mourir.

Puisque tout sera accompli.

Sotchi (2)

Par Le 12/02/2014

A Sotchi, l'écologie mène en prison

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Situé sur les hauteurs de Sotchi, le village d'Akhchtyr est privé d'eau, d'accès routier et de transports publics depuis les grands travaux du chantier olympique à Krasnaïa Poliana, la station de ski ultramoderne sortie de terre à quelques kilomètres de là.

En février 2013, sur le chantier de la station de sports d'hiver qui accueille les épreuves olympiques de ski alpin.

Une voie rapide a bien été construite, mais elle ne dessert pas le village. Pour y accéder, les habitants – 120 âmes – peuvent toujours emprunter le nouveau tunnel sous la voie ferrée. Seulement, faute de passage réservé aux piétons, la grand-route est impossible à traverser. A moins d'enjamber les glissières et de prendre ses jambes à son cou pour éviter les bolides lancés à toute allure. Les autochtones ont beaucoup perdu avec la construction de la voie rapide. Leurs puits se sont taris, et la carrière du coin, transformée en décharge, s'est mise à rejeter des boues suspectes dans le fleuve Mzymta.

Lire : A Sotchi, l'acharnement judiciaire contre un militant écologiste

Pour avoir critiqué les aléas du chantier de Sotchi, l'organisation régionale Veille écologique pour le Caucase du Nord est devenue la bête noire des autorités. Ses militants ont été poursuivis, chassés, harcelés. Evgueni Vitichko est derrière les barreaux, Souren Gazarian a quitté la Russie, et Ioulia Naberejnaïa a déserté Sotchi pendant la durée des Jeux. Natalia Kalinovskaïa, ancienne porte-parole des expulsés de la plaine d'Imérétie, a pris ses quartiers à Krasnodar (à 170 km de Sotchi), tant elle était harcelée. Les méthodes ? Toujours les mêmes : menaces, écoutes, entretiens « prophylactiques » avec les services.

« LA FORÊT EST À TOUT LE MONDE »

En janvier, Evgueni Vitichko nous avait raconté son histoire dans un petit local loué par les écolos pour leurs réunions, quelque part dans l'arrière-pays de Sotchi. Géologue de formation, passionné par les problèmes d'environnement, « Jénia » – pour les intimes – est l'un des deux protagonistes de l'« affaire de la clôture ». Le dernier feuilleton judiciaire de la Russie « Potemkine » (du nom du premier ministre de Catherine II qui aurait installé des décors de carton-pâte sur le trajet de la souveraine afin de masquer la pauvreté des villages) que Vladimir Poutine met en scène avec les Jeux olympiques de Sotchi.

Lire notre décryptage : Sotchi, la luxueuse et la crasseuse

Les ennuis ont commencé pour les écologistes le 13 novembre 2011. Ce jour-là, Evgueni se rend en tournée avec d'autres militants à Djoubga, aux abords du palais d'été du gouverneur de la région de Krasnodar, le tout-puissant Alexandre Tkatchev. Et là, surprise ! La propriété a triplé de volume. Le notable a fait clôturer un large pan de la forêt, domaine public protégé selon la loi, qu'il a intégré à son domaine. Les écolos auraient alors inscrit sur la clôture : « Sania , tu es un voleur. La forêt est à tout le monde » et froissé la tôle. « Cette barrière est illégale, c'est une captation de propriété », dénonce Evgueni Vitichko.

Le graffiti va lui valoir une condamnation à trois ans de prison par un tribunal de quartier de Touapsé, le 20 décembre 2013. Il a fait appel. Au moment de notre rencontre, il s'attendait au pire : « Ils peuvent tout à fait m'arrêter dans la salle du tribunal le jour de l'appel et m'envoyer en prison. » Son inquiétude était justifiée. Le 3 février, il a été arrêté et condamné à quinze jours de prison pour avoir « proféré des jurons » en attendant l'autobus. Incarcéré depuis, Evgueni Vitichko n'a pas pu assister à son procès en appel, le 12 février à Krasnodar. Il a dû suivre l'audience par le biais d'un enregistrement vidéo. Un tribunal de Krasnodar a confirmé sa condamnation à trois ans de prison ferme, a fait savoir l'organisation régionale Veille écologique pour le Caucase du Nord.

Son collègue Souren Gazarian, condamné lui aussi dans « l'affaire de la clôture », a préféré prendre le large. Depuis un an et demi, ce spécialiste des chauves-souris a reçu l'asile en Estonie. En réalité, Evgueni Vitichko et Souren Gazarian ont été trop curieux, trop bavards. Ils informaient les journalistes, ils n'ont pas hésité à mettre leur nez dans les dessous peu reluisants du grand chantier des Jeux.

Lire notre post de blog : Des fuites d’eau et de la boue dans les hôtels mal finis de Sotchi

Quand la Russie remporta la timbale en 2007, il était clair que la région de Sotchi, zone balnéaire vieillotte et dépourvue d'infrastructures, allait devoir passer par une transformation copernicienne pour être à la hauteur. Sept ans plus tard, le pari est gagné, les installations sont prêtes. La plaine d'Imérétie, une ancienne zone marécageuse, s'est muée en un Las Vegas de bord de mer, avec hôtels, arènes sportives et un centre de presse flambant neuf, grand comme quatre fois la place Rouge. Les hôtels de la région affichent désormais une capacité de 40 000 lits.

Sotchi, le 26 janvier 2014.

Rien à dire, le décor est somptueux, conforme aux dépenses considérables – 50 milliards de dollars (37 milliards d'euros) au lieu des 12 milliards annoncés par M. Poutine en 2007. La corruption n'y est pour rien, il s'agit d'un simple « dépassement des coûts », a précisé le président russe dans une interview à la presse étrangère le 20 janvier : « Pendant les appels d'offres, les candidats à tel ou tel projet affichent des devis très bas pour emporter le marché. Dès qu'ils l'ont en main, ils comprennent que c'est impossible et commencent à faire monter les prix. De telles choses arrivent partout, notre cas n'est pas unique. »

Et le premier volet de la série Hors-piste : Les oubliés de la rue des Acacias

Assurément, le nouveau tremplin de saut à skis est unique. Son prix l'est tout autant. « Initialement, il devait revenir à 1,2 milliard de roubles, pour finir il a coûté 8 milliards , tout ça parce que l'endroit ayant été mal choisi dès le départ, sur un terrain meuble, il a fallu débourser plus pour le consolider que pour le construire », affirmait en janvier Evgueni Vitichko. Il n'y a pas eu d'étude des sols ? « Vladimir Poutine avait choisi l'emplacement, il fallait le faire. »

Les écolos déplorent les dégâts irréversibles causés à l'environnement. Malgré l'engagement du « zéro déchets » et autres promesses, les responsables des travaux ne se sont guère montrés soucieux. Décharges et carrières sauvages sont apparues un peu partout, les eaux usées restent encore largement rejetées dans la mer Noire, plusieurs parcs nationaux ont été transformés à la hâte en zones d'habitation ou de récréation dernier cri pas forcément dotées des installations sanitaires adéquates.

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