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Le point de basculement

Par Le 15/01/2014

Lorsque TOUTES les forces de l'ordre rejoindront le Peuple dont elles font partie.

Le point de basculement.


1 "Les policiers grecs rejoignent le peuple"

"Les policiers grecs rejoignent le peuple"

ATHENES (Reuters) - Le principal syndicat de policiers en Grèce menace de réclamer des mandats d’arrêt contre les émissaires de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) imposant la mise en oeuvre de mesures d’austérité fortement impopulaires.

Dans une lettre dont Reuters a eu connaissance vendredi, la Fédération de la police grecque accuse ces représentants des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce de "chantage, tentatives de subrepticement abolir ou ronger la démocratie et la souveraineté nationale".

Cette lettre précise que l’une des personnalités visées est Poul Thomsen, le principal représentant du FMI en Grèce. La missive a aussi été adressée à Klaus Masuch, chef de la délégation de la Banque centrale européenne (BCE), et à Servaas Deroos, ancien inspecteur en chef de la Commission européenne en Grèce.

Cette menace est essentiellement symbolique puisque, soulignent des experts des questions juridiques, un mandat d’arrêt doit d’abord être émis par un juge. Cette initiative illustre cependant l’ampleur de la colère de la population grecque face aux baisses de salaires et aux coupes claires dans les budgets de l’Etat exigées par les créanciers internationaux de la Grèce.

"Comme vous poursuivez cette politique destructrice, nous vous prévenons que vous ne pouvez nous contraindre à nous battre contre nos frères. Nous refusons de nous élever face à nos parents, nos frères, nos enfants ou tout citoyen manifestant ou exigeant un changement de politique", souligne le syndicat, qui représente plus de deux tiers des effectifs policiers de la Grèce.

"Nous vous prévenons que, en tant que représentants légaux des policiers grecs, nous allons émettre des mandats d’arrêts pour une série d’infractions légales (...) telles que chantage, tentatives de subrepticement abolir ou ronger la démocratie et la souveraineté nationale."

Un responsable syndical a cependant souligné que cette lettre constituait une manifestation symbolique de solidarité avec la population et que les policiers continueraient de lutter contre les débordements lors des manifestations.

Les policiers sont directement confrontés à la colère populaire qui se manifeste régulièrement à l’occasion de rassemblements devant le parlement à Athènes. Le slogan "Policiers, porcs, assassins" est régulièrement scandé ou inscrit sauvagement sur les murs.

Plusieurs milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées vendredi à Athènes pour manifester contre de nouvelles mesures d’austérité entérinées par le gouvernement sous la pression des créanciers internationaux.

Lila Chotzoglou, Bertrand Boucey pour le service français

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120210.REU9279/les-po...

Le commerce du bois.

Par Le 15/01/2014

Plus puissant que les lois, c'est le pouvoir du consommateur.

NE PAS ACHETER...


Le bois illégal encore trop présent en France

AFP le 15/01/2014 à 18:27
Du bois exotique est chargé sur un semi-remorque, le 05 décembre 2009 au port autonome "La pallice" de La Rochelle ( AFP/Archives / Xavier Leoty)

Arbres protégés coupés dans les forêts tropicales pour fabriquer meubles ou parquets: les importations de bois illégal persistent en France, même si elles régressent sous la pression des organisations écologistes et sous l'effet des changements dans l'industrie du bois.

La loi d'avenir sur l'Agriculture, adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale mardi, vise à mettre en ?uvre le règlement européen de mars 2013 contre les importations illégales de bois. Mais "pour l'instant, en pratique, la France a une politique de porte ouverte au bois illégal", estime Alexandra Pardal, directrice de campagne Forêts chez Global Witness.

L'ONG classe la France au 3e rang des importateurs européens de bois "à haut risque d'illégalité", même si la proportion effective de bois illégal est difficile à établir.

Entre 5 à 15% du bois importé dans l'Union européenne serait concerné selon le ministère de l'Agriculture, 15 à 30% selon Greenpeace. Pour la France, les estimations les plus restrictives, parues dans "Applied Agricultural and Forestry Research", tablent sur 2 à 6% de bois illégal en 2009.

Le bois illégal ne provient pas uniquement de zones tropicales, mais il pose des problèmes particulièrement aigus en Afrique.

"Dans des pays comme la République démocratique du Congo, (il) rime avec déforestation et violents conflits sociaux (...) C'est aussi un facteur majeur du dérèglement climatique", dénonce Frédéric Amiel, chargé de campagne Forêts chez Greenpeace.

Or "l'Afrique reste le principal exportateur de bois tropicaux" vers la France, selon le ministère de l'Agriculture. Le bassin du Congo (Congo, RDC, Gabon...) est une source d'essences rares comme le wengué, le sapelli ou l'iroko. Des bois très durs et imperméables, utilisés pour l'ameublement d'extérieur, les parquets et la marqueterie.

"70 à 90% du bois qui sort" de ces forêts est illégal, assure Frédéric Amiel.

Pourtant, l'importation de bois tropicaux est en "fort déclin" depuis deux ans avec "une baisse de 20% chaque année", souligne Eric Boilley, le directeur du Commerce du bois, association regroupant importateurs, agents commerciaux et négociants.

Quelque 2% des grumes consommées en France en 2012 étaient d'origine tropicale et 12% du bois de sciage, selon lui.

En cause, les pressions écologistes, mais aussi des raisons "structurelles", explique M. Boilley. Le marché de la menuiserie a reculé sous l'effet de la crise, et les bois tropicaux, très chers, deviennent moins compétitifs que les bois européens et des matériaux comme le PVC.

Lots suspects dans les ports

Mais les ONG continuent de repérer des lots suspects dans les ports de Caen, La Rochelle et Nantes, notamment.

"Je ne vois pas de diminution de ce flux de commerce", assure Alexandra Pardal, qui a soumis des plaintes contre "4 ou 5 sociétés" depuis mars.

Pour alerter les députés, Greenpeace a brièvement saisi la semaine dernière une grume sur le port de Caen, dénonçant une importation frauduleuse de RDC.

Consciente du problème, l'association Commerce du bois oblige depuis 2011 ses membres à adhérer à une charte fixant des procédures très strictes.

"Nous avons perdu quelques adhérents qui n'ont pas voulu y souscrire (...) mais pas des grosses entreprises", promet M. Boilley.

Des stocks de bois au départ du port de Libreville, le 11 ocotbre 2012 ( AFP/Archives / Steve Jordan)

Autre raison d'agir: les fraudeurs "peuvent remporter des marchés" en proposant du bois de "5 à 15%" moins cher, notamment parce que la marchandise n'a pas été taxée, selon M. Boilley.

"Nous sommes demandeurs de sanctions car cela risque de pourrir le marché", ajoute-t-il.

Si le texte est adopté définitivement après son parcours parlementaire, l'importation de bois illégal pourra coûter jusqu'à deux ans de prison et 100.000 euros d'amende.

Les contrôles ne se feront pas aux frontières, mais uniquement aux sièges des entreprises, pour vérifier qu'elles respectent la procédure. Un système qui "permet déjà d'éliminer nombre de fraudes", selon le ministère de l'Agriculture.

"Il n'y a pas d'entreprises qui importent volontairement du bois illégal mais elles ne sont pas forcément très regardantes", d'autant que la filière compte "beaucoup d'intermédiaires", s'inquiète Frédéric Amiel, qui demande un durcissement du texte.

L'émerveillement

Par Le 15/01/2014

Magazine | Air du temps

S’émerveiller,
une solution pour être heureux ?

Savez-vous que s’émerveiller est bon pour l’esprit, mais aussi pour la santé, et que cela nous permettrait de vivre plus longtemps ? Explications avec trois experts en la matière.
S’émerveiller : les enfants sont extraordinairement doués pour cette capacité. Les regarder s’extasier ou rire à la moindre occasion est un pur délice mais peut aussi nous procurer un brin de nostalgie. Car en grandissant, nous devenons souvent aveugles aux merveilles de la vie. Et pourtant, échanger un sourire, savourer le temps passé avec les êtres aimés, contempler un paysage, écouter le chant des oiseaux, déguster un bon plat… Les occasions au quotidien sont nombreuses.


L’émerveillement : de la quête à la conquête


Le philosophe et théologien Bertrand Vergely, auteur de Retour à l’émerveillement, nous déculpabilise et nous explique que l’émerveillement de l’adulte diffère de celui de l’enfant. Arrivé à un certain âge, l’insouciance est souvent derrière nous et la réalité, parfois difficile, face à nous. La capacité d’émerveillement est alors une quête : « il faut avoir lutté contre soi pour parvenir à cet émerveillement-là. Il faut avoir surmonté la tristesse, la lassitude, la révolte, le désespoir et donc, les avoir rencontrés. » précise-t-il. Une fois cette capacité retrouvée, alors « un miracle s’opère : la vie se met à parler. Comme pour les enfants, avec la même magie. Une magie toutefois enrichie par l’expérience de la vie » ajoute le philosophe. Car pour l’auteur, rien n’est plus important : « on peut être riche, si l’on ne sait pas s’émerveiller, on est pauvre. On passe à côté de l’essentiel, on manque la beauté du monde, la richesse des êtres humains, la profondeur de l’existence. » Pour lui, la vie est un miracle : « Nous devrions être conscients de l’extraordinaire fait de vivre. » Le mot « émerveillement » vient du terme « mirabilia », l’union du mot « miracle » et du verbe « admirer », rappelle l’auteur. Or, selon lui : « quand on prend le temps du regard et de l’admiration, on soigne son âme avant de libérer une véritable générosité. »


Les bienfaits de l’émerveillement sur la santé


Autre condition de l’émerveillement : aimer la vie. Bertrand Vergely estime qu’ « en devenant présent à notre existence, nous allons voir celle-ci dévoiler sa richesse à travers mille détails. » C’est le message que diffuse également Florence Servan-Schreiber, journaliste. Elle a participé à des « cours de bonheur » basés sur la psychologie positive et créés par Tal Ben-Shahar, docteur en psychologie et en philosophie. Un manifeste rédigé en 1998 décrit la « science du bonheur » comme « l’étude scientifique des forces et des qualités qui permettent aux individus et aux communautés de s’épanouir ». Après avoir expérimenté ce programme, Florence Servan-Schreiber a voulu partager son expérience, ses connaissances, et des outils à la portée de chacun, dans un livre intitulé « 3 kifs par jour et autres rituels recommandés par la science pour cultiver le bonheur ». Parmi eux, le carnet de kifs ou carnet de gratitude. Il s’agit d’annoter chaque soir, dans un cahier, juste avant de s’endormir, trois évènements de la journée pour lesquels nous aurions envie de dire Merci ! Un exercice qui nous invite à prendre conscience des trésors et des richesses que nous offre la vie. Pour Florence Servan-Schreiber : « La gratitude libère de l’envie : la reconnaissance de ce que j’ai m’exonère du désir d’autre chose. Cela nous permet de mieux vivre avec ce que l’on possède déjà et d’être plus généreux. Ressentir et exprimer sa reconnaissance est un formidable antidote contre les émotions négatives, l’hostilité, le tourment et l’irritation ». Des laboratoires étudient les bienfaits liés au sentiment de gratitude. Ainsi, d’après le professeur Robert Emmons, les personnes qui tiennent régulièrement un carnet de gratitude « ont gagné quelques heures de sommeil, s’endormaient plus vite, et se sentaient plus reposées au réveil ». rapporte Florence Servan-Schreiber. Mieux vaut donc compter ses kifs plutôt que les moutons en cas d’insomnie, suggère-t-elle avec humour dans son livre. Plus fort encore, être dans la gratitude ou l’émerveillement permettrait de vivre plus longtemps. Pour mener une telle étude, il faut pouvoir étudier un groupe de personnes ayant exactement le même mode de vie et vivant au même endroit. Les chercheurs ont ainsi examiné des lettres biographiques rédigées par les religieuses d’un couvent à l’âge de 20 ans, 40 ans et 70 ans. Des sémanticiens ont analysé la teneur du vocabulaire et quantifié les mots en lien avec les notions d’émerveillement, d’optimisme et de gratitude. Ils ont ensuite étudié leur état de santé. Ils se sont aperçus que les religieuses manifestant le plus cet état d’esprit positif à travers leurs lettres vivaient en moyenne sept années de plus que les autres. Cette étude a été réitérée dans des contextes plus courants et les résultats sont les mêmes. Ainsi, s’émerveiller serait bon pour la santé.


L’émerveillement et la science, une fenêtre sur l’infiniment grand


Il y a quelques années, Morvan Salez, ancien astrophysicien au centre national de la recherche scientifique (CNRS), écrivain et auteur-compositeur, travaillait à la NASA dans un centre construisant des sondes d’exploration du système solaire. Il venait d’achever la construction d’un instrument destiné à détecter un rayonnement électromagnétique venant d’objets du ciel, installé sur un télescope au sommet du volcan d’Hawaï. Lorsque celui-ci a émis un signal, l’astrophysicien a bien sûr ressenti une immense joie, mais surtout, il a mesuré, à cet instant précis, l’entière dimension de ce résultat. Des photons provenant d’une autre galaxie venaient de parcourir des millions d’années lumière dans l’espace avant d’être détectés par son appareil. « C’est comme si ce photon que je venais de détecter me reliait directement à cette galaxie, au-delà du temps et de l’espace. Et moi, petit humain, je me connectais à ça. C’était tellement fort que cela m’a quasiment mis dans un état de transe. » confie le chercheur. Les découvertes scientifiques mais aussi biologiques l’émerveillent tout autant que la nature de l’esprit humain ayant permis ces avancées. « Savoir que l’être humain est capable de sonder l’Univers à ses débuts est une source d’émerveillement en soi. » Pour celui qui cultive cet état d’esprit à chaque instant, « j’aimerais tellement que, grâce aux sciences, les gens puissent prendre conscience qu’ils font partie de ce tout et qu’ils ont la chance inouïe de vivre cette expérience. Cela changerait tellement leur façon de voir la vie, d’illuminer leur quotidien. »

Retour à l'émerveillement, Bertrand Vergely
Albin Michel (Septembre 2010 ; 326 pages)



3 kifs par jour, Florence Servan-Schreiber
Marabout (Février 2011 ; 318 pages)


La confiance, l'amour, la force.

Par Le 14/01/2014

Journée de ski de piste avec mes élèves. (CM2)

Il a neigé toute la nuit, 30 à 40 cm de poudreuse, les pistes sommairement damées.

Normalement, nous encadrons les enfants à deux adultes mais il est de plus en plus difficile de trouver des parents bénévoles. Cinquante-six enfants (deux classes), il en faut du monde...

Je me suis donc retrouvé tout seul avec huit enfants.

J'ai commencé doucement, un groupe de niveau moyen, piste bleu-rouge, grand maximum.

Un garçon débrouillard et attentif en serre file.

De nombreuses pauses à chaque descente, des ateliers techniques, des excercices spécifiques pour améliorer la maîtrise.

Et puis, peu à peu, j'ai senti qu'il y avait une cohésion formidable, une écoute fabuleuse, une confiance totale. Quatre enfants du groupe viennent de l'autre classe et pourtant, j'ai senti qu'ils étaient parfaitement à l'écoute de toutes mes paroles. J'ai expliqué la peur, cette tension qui vient en eux et qu'ils doivent observer pour s'en libérer, leur faire comprendre qu'elle n'a aucun intérêt, qu'ils se brident eux-mêmes mais qu'ils peuvent également inverser l'effet néfaste de cette énergie insoumise en la transformant en maîtrise intérieure.

"Vous avez le potentiel pour faire quelque chose de beaucoup plus difficile. J'ai totalement confiance en vous. On va aller faire une piste noire."

La piste n'était absolument pas damée, juste quelques traces dans quarante centimètres de poudreuse. Des bosses, des trous, des accumulations de neige énorme. Une pente raide, sur le versant opposé de la station, un couloir assez étroit, un environnement impressionnant, à l'ombre d'un sommet. Solitude totale. Et puis on a rattrapé un groupe de skieurs. Cinq jeunes, une vingtaine d'années, en perdition. Ils n'avaient pas le niveau mais surtout, ils étaient envahis, intérieurement, par cette certitude qu'ils n'auraient pas dû être là. Des dissensions dans le groupe. Des paroles coléreuses, des reproches.

De notre côté, nous étions heureux et pleinement impliqués dans les gestes à mener.

La confiance...

Et cet amour pour eux, ce bonheur en moi de les voir évoluer dans une situation totalement imprévue, nouvelle, déstabilisante. Ces rires quand ils tombaient, ces efforts titanesques pour réussir à se relever, à dégager leurs skis enfouis, à rechausser, à repartir dans la pente.

La force...
Elle se nourrit de la confiance, elle est portée par l'amour. C'est une certitude absolue.

Je les ai félicités à chaque portion, je les ai encouragés, j'ai expliqué que la chute doit être analysée, il s'agit de comprendre, de ne pas agir dans un état d'inconscience, être en observation de soi tout autant qu'observateur de la piste.

L'apprentissage, quel qu'il soit, n'a pas de valeur en lui-même s'il est dépossédé de la connaissance de soi à saisir.

"Regardez ce que vous vivez, c'est extraordinaire, c'est magnifique, vous dépassez tout ce que vous avez connu, vous découvrez ce que vous ignoriez de vous. La Terre nous en apprend plus long sur nous parce qu'elle nous résiste. C'est Saint-Exupéry qui a dit ça."

Toujours ramener les enfants à une dimension existentielle, les amener à regarder avec profondeur, pas seulement dans l'évènement lui-même mais dans les effets les plus intenses, les plus durables, les plus constructeurs. Se servir ensuite de l'expérience pour la prolonger dans d'autres situations, qu'elles soient différentes n'a aucune importance. C'est la connaissance de soi qui importe. Dans tous les phénomènes intérieurs.

Ils auraient pu rester figés dans leur peur et se faire mal.

Ils ont appris au contraire à saisir la joie d'apprendre, le plaisir de la chute quand elle est l'opportunité de progresser, de comprendre, d'analyser.

La confiance est nourrie par l'amour. La force qui en résulte est au-delà du connu. 

Tous solidaires pour aider le camarade de jeu à se sortir d'un trou, à l'aider à se relever. Aucune compétition. Un élan commun vers l'objectif.

Les regards brillants que je devinais derrière les masques de ski.

Je les aime. J'aime la vie en eux.

Parfaitement résumé.

Par Le 13/01/2014

Une analyse claire et objective à laquelle j'adhère intégralement.


http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/dieudonne-revelateur-d-une-france-146092

Dieudonné, révélateur d’une France qui va mal

L’affaire Dieudonné incarne la dérive de tout un pays. Elle est révélatrice du malaise profond qui gangrène la société depuis des années. Etant amateur de spectacles humoristiques, et ayant vu tous les spectacles de Dieudonné plusieurs fois sans pour autant être un disciple, je crois pouvoir parler du sujet en toute connaissance de cause, et tenter d'être objectif.

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Au d’ssus c’est l’soleil
« Au d’ssus c’est l’soleil » et le doigt pointé vers le ciel. Avec la quenelle, c’est l’autre symbole de Dieudonné, désignant une élite qui domine le peuple.
Je considère que Dieudonné était, humoristiquement parlant, le meilleur de tous (vivants). Je ne suis pas le seul à le dire, la plupart de ses pairs loue son talent. Idéologiquement, je me rapprochais même parfois de ses idées du début : anti-communautarisme, anti-impérialisme, anti-lobby, etc. A travers son travail, Dieudonné poursuivait un idéal d’humanisme, d’universalisme et de justice. Son souhait le plus cher, c’était de voir les hommes faire tomber les frontières communautaires, cause de tous les conflits terrestres, et tenter de vivre ensemble dans la paix et le respect de l’Autre. Je trouvais qu’il pointait les absurdités de notre monde avec talent, douceur, et dérision. Tout le monde en prenait pour son grade, incitant son public à ouvrir les yeux. Mais après de multiples affaires, Dieudonné s’est radicalisé face au lobby israélien, jusqu’à devenir un militant. Un militant antisioniste et "antisystème". Il s’appuie sur sa propre expérience pour montrer que le lobby sioniste a la mainmise sur la France, en monopolisant les pouvoirs politiques, financiers, et médiatiques. Aujourd’hui, Dieudo a changé, il n’est plus un humoriste. C’est un militant qui tente de faire passer ses idées en invoquant le rire. Son public aussi a changé. Je l’ai vu deux fois en représentation, notamment lors de son dernier spectacle en décembre à la Main d’Or, et je peux affirmer que ça ressemble plus à un meeting qu’à un spectacle. Quand certains rigolent des vannes, d’autres poussent des hurlements d’approbation. Quant au spectacle en lui-même, Dieudo a clairement baissé de niveau. Son écriture est faible et son discours est invariablement tourné vers la critique d’un "système" gangréné par les sionistes. Mouais. Dieudo ne me fait plus autant marrer, et sa focalisation, voire sa parano à l’égard des juifs fait que je me lasse du personnage. Je suis persuadé que Dieudonné aurait pu être le Coluche 2.0, un mec qui rassemble le peuple et le pousse à l’insoumission. Son geste de la quenelle aurait pu être le symbole de cette lutte par le rire. Aujourd’hui, trop d’ambiguïtés dans son discours, dans l’image qu’il veut donner. Le public peut avoir du mal à saisir ces ambiguïtés, à discerner la provocation de l’idéologie, et cela peut s’avérer dangereux, car peut engendrer une radicalisation mal fondée, que Dieudo ne maîtrisera plus. Ce Dieudonné militant des trois derniers spectacles ne m’enchante plus, je suis nostalgique du Dieudonné humoriste.
 
Au constat unanime des élites "Dieudonné est antisémite", je réponds par la question : "Comment définit-on l’antisémitisme ?". Je pensais que l’antisémitisme, c’était la haine d’un individu ou d’un groupe d’individus animé par un motif unique : l’appartenance à la communauté juive. Or Dieudonné se focalise, de manière quasi-paranoïaque c’est vrai, sur l’impact du lobby israélien dans notre pays. C’est différent non ? Je pose réellement la question, car toute cette polémique me fait soudainement douter. Je précise que je me détache de tout ça, je ne suis évidemment pas antisémite, et je ne pense pas qu’on puisse réduire les maux de la France à un seul et même lobby.
 
En revanche, là où Dieudonné est intéressant (ou plutôt "était intéressant"), c’est dans sa volonté d’éveiller l’esprit critique de son public. Encore que chez certains, ce n’est pas une réussite, car après avoir eu des œillères sur le côté, ils ont désormais des œillères au milieu et ne voient que sur les côtés… Mais fondamentalement, Dieudonné encourage à s’interroger sur tout. Et c’est en cela que l’affaire Dieudonné est révélatrice.
 
Dieudonné, révélateur d’un désordre politique. Voulant masquer ses échecs à répétition et son incapacité à gérer la crise, la classe politique donne une importance démesurée à une affaire qui n’en vaut pas la peine. Une grande partie des français ne sait pas comment finir le mois, le chômage s’abat sur le pays, et nos dirigeants s’agitent pour un humoriste. Le but est clairement de détourner le regard du peuple. Les français ne doivent pas réaliser les politiques sont responsables de leur misère. Les français ne doivent pas se souvenir des promesses électorales évaporées. Les français doivent oublier les affaires de corruption et d’évasion fiscale. Les français ne doivent pas savoir que leurs élus ont abandonné le pouvoir à la finance, aux banques, à Wall Street, au FMI, aux commissaires européens, etc. bref, à des gens non-élus. Les français ne doivent pas savoir que, par conséquent, leur vote ne sert plus à rien, et que la démocratie n’est plus que l’ombre d’elle-même. Et ça, Dieudonné l’humoriste le dénonce.
 
Dieudonné, révélateur d’un malaise médiatique. Bien sûr, les politiques agitent le spectre de l’antisémitisme, et naturellement, les médias de masse s’en emparent. Pendant que des milliers d’emplois sont menacés à La Redoute ou chez Mory Ducros, et pour éviter au peuple de réfléchir à sa propre misère, on lui inflige une overdose de quenelle. D’un geste subversif potache, auquel on peut coller la même définition que celle du bras d’honneur, on en fait le symbole de l’antisémitisme du XIXe siècle. Jackpot ! Ça fait vendre, c’est parfait. Tant pis pour l’intelligence du public. Pour pimenter le débat, le téléspectateur assiste à la grande parade des Bernard-Henri Lévy, Jakubowicz et autre "grands défenseurs des valeurs républicaines" sur les plateaux télé, ne laissant aucune place à l’autre camp pour équilibrer la balance dans un souci d’objectivité. Faut-il rappeler que l’objectivité est un des piliers du code déontologique des journalistes ? Il faut y voir la manifestation du déclin des médias, incarné par TF1 et BFM TV, qui pratiquent la politique du sensationnalisme et de l’abêtisation dans le seul but de vendre. Les français ne doivent pas savoir ce qui se passe dans les hautes sphères du pouvoir. Les français ne doivent pas comprendre que les grands médias ne sont pas indépendants, car ils appartiennent à des grands patrons de multinationales qui fricotent avec les responsables politiques. Les français ne doivent pas s’apercevoir que Serge Dassault, actuellement suspecté de corruption, est à la fois sénateur, vendeur d’arme, et patron du Figaro. Et ça, Dieudonné l’humoriste le dénonce.
 
Dieudonné, révélateur d’une oligarchie. Et oui, tout ce petit monde, où se côtoient politiciens, journalistes et grands patrons, vit bien ensemble, en harmonie. Cette élite dirige tranquillement le pays, et s’efforce de mettre en retrait un peuple trop encombrant. Elle vit dans son cocon, en dehors de toute réalité, et satisfait ses petits intérêts. Bien évidemment, le mode de pensée de l’élite doit se répercuter sur le reste du monde. Les intérêts des puissants doivent devenir ceux de tous. Ainsi, la pensée unique s’installe. Travaille, consomme, paye, et ferme ta gueule. Le monde que nous proposent Hollande, Sarkozy, Bolloré, Lagardère, Dassault, la Licra, TF1, BFM TV, et autre détenteur de la Vérité, tout le monde doit s’y plier sans rechigner. Et d’ailleurs, personne ne rechigne, car personne ne s’en rend compte. C’est ça le tour de force de ce fameux "système". Jusqu’au jour où un agitateur vient donner un coup de pied dans la fourmilière. Mais il ne faut pas que la masse l’écoute, donc il faut le bâillonner – tant pis pour la liberté d’expression –, en faire un paria, un marginal, un "cerveau malade". Et ça, Dieudonné l’humoriste le dénonce.
 
Oui, aujourd’hui, le Dieudonné militant me bassine avec ses juifs. Mais Dieudonné l’humoriste, ce n’est pas que ça. Dieudonné l’humoriste, c’est une âme révoltée qui a refusé de se soumettre au pouvoir. Dieudonné l’humoriste, c’est le symbole d’une France qui souffre, et qui a besoin de se révolter pour s’en sortir. Dieudonné, reviens !

Dépression collective

Par Le 13/01/2014

Si je cherche à décortiquer le terme "dépression", j'en extrais surtout le mot "pression" et je n'y vois que l'opportunité de se libérer de cette pression. Il ne s'agit donc pas d'une condamnation mais d'une opportunité. Celle de changer de paradigme.

C'est par conséquent une très bonne nouvelle.


Les Français sombrent dans une «dépression collective»

Par Isabelle Ficek | 13/01 | 18:24 | mis à jour à 18:52

+ DOCUMENT et VIDEO - La défiance à l’égard de la politique n’a jamais été aussi élevée chez les Français. C’est l’un des grands enseignements d baromètre annuel du Cevipof.

Manifestation de lyceens contre la politique d\'expulsion du ministre de l\'interieur, soutien a Leonarda Dibrani et Khatchik Kachatryan, eleves etrangers. - Nicolas TAVERNIER/REA
Manifestation de lyceens contre la politique d'expulsion du ministre de l'interieur, soutien a Leonarda Dibrani et Khatchik Kachatryan, eleves etrangers. - Nicolas TAVERNIER/REA

La situation n’était pas bonne. Elle s'aggrave encore. Au point de parler désormais de « dépression collective » des Français, comme le fait Pascal Perrineau, le directeur du Centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof). Ce dernier présentait ce lundi la cinquième vague du Baromètre de la confiance politique du Cevipof réalisé par Opinion Way. D’où il ressort que pour la première fois depuis 2009 - date de la création du baromètre- la « morosité », avec une majorité relative de 34 %, est en tête des items cités par les Français, en hausse de 9 points. Devant les tout aussi réjouissants « méfiance » et « lassitude », quand derrière elles, la « sérénité » et le « bien-être » décrochent... Quant aux chances de réussite des jeunes par rapport à leurs parents, les trois quarts des Français estiment qu’elles sont moindres (+5 points depuis 2009) et 69 % des jeunes eux-mêmes partagent cet avis. « Une proportion redoutable pour l'état d’esprit collectif », lâche Pascal Perrineau.

Situation financière dégradée

Et si jusqu’ici la défiance était très forte vis-à-vis du politique, elle se diffuse à la « société de proximité » (« les autres ») et n'épargne pas, loin s’en faut, l’économique. Ainsi, 60 % des Français - en hausse de 5 points sur un an - estiment que leur situation financière va se dégrader sur les douze prochains mois. Pire, ils sont 65 % à le penser pour le pays. Loin de l'idée d’une reprise...

Quant à la perception de la compétitivité des entreprises tricolores, elle est, malgré les discours de l’exécutif autour du CICE, en berne : elles sont compétitives pour 29 % des Français, en chute de 7 points depuis décembre 2012 et ne le sont pas pour 69 % (+ 6 points). « L’effort n’est pas perçu et c'est dans ce contexte que va devoir se développer le discours de François Hollande » note le chercheur.

Cote d’alerte pour les syndicats
La confiance que les Français leur accordent n’a jamais été aussi faible depuis 2009. Les banques ? Non, les syndicats qui figurent dans le baromètre du Cevipof derrière elles, avec seulement 28 % des Français ayant confiance en eux. Une chute de 7 points en un an (et de 8 depuis 2009), quand les institutions financières, elles, à 29 % de confiance, remontent légèrement la pente. « On a beaucoup parlé du retour de la concertation et donc, des syndicats. Mais dans l’opinion, le jugement est beaucoup plus complexe », observe Pascal Perrineau, le directeur du Cevipof. En cause sans doute, les interrogations des Français sur leur représentativité.

Une demande croissante de protection

Le durcissement des valeurs constaté par le baromètre (« il y a trop d’immigrés » pour 67 % des Français et la moitié veut rétablir la peine de mort) et la « tentation du repli » se traduisent sur le terrain sur le terrain économique par une demande croissante de protection : pour 47 % des personnes interrogées - soit un bond de 17 points depuis 2009 - la France doit  « davantage se protéger du monde d’aujourd’hui ». Seuls 23 % souhaitent qu’elle s’ouvre davantage. En corollaire, à peine 35 % des Français estiment qu’appartenir à l'Union européenne est une bonne chose pour la France. En chute de 17 points depuis octobre 2011. Presque autant pense le contraire (32 %, +9 points en deux ans). Un état de l’opinion qui bien évidemment va peser sur les élections européennes de mai prochain. Et que le Front national, avec son discours très europhobe, a bien perçu.

Petite consolation, si la défiance à l’égard du politique n’a jamais été aussi forte avec 87 % des personnes interrogées jugeant que les responsables politiques ne se préoccupent peu ou pas du tout de leur avis (+ 6 points), la figure du maire se redresse depuis 2010, inspirant majoritairement confiance (61 %). Mais, et c’est le plus grave pour la cohésion sociale et les élections à venir, les Français, critiques sur le politique, estimaient en 2009 à 50 % que la démocratie fonctionnait. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 30 %. Quand 69 % - en hausse de 21 points - jugent que la démocratie ne fonctionne plus.

ET AUSSI :

Ouvert, fermé...

Par Le 13/01/2014

"Si vous êtes constamment fermé, vous ne pouvez rien recevoir. Si vous êtes constamment ouvert, vous ne pouvez rien retenir de ce que vous avez reçu. Vous devez être comme les ailes d'un oiseau: ouvrez et fermez, ouvrez et fermez... avec une souplesse parfaite." Gurumayi Chidvilasananda

A afficher

Par Le 12/01/2014

A afficher dans toutes les classes.

Citations

Par Le 12/01/2014

"En fermant les yeux et en sommeillant, en consentant à être abusés par les apparences, partout les hommes établissent et affermissent leur vie quotidienne de routine et d'habitude, toujours basée sur des fondations purement illusoires. "

Henry David Thoreau.


"La vérité est très simple, mais difficile à percevoir car elle est recouverte par le manteau de l'illusion. Nous prenons le manteau pour la vérité. Il faut rendre l'intellect subtil et perçant pour passer au travers de l'illusion et atteindre la vérité à sa source."

Swami Prajnanpad.


Le piège de la constitution

Par Le 12/01/2014

ADMIRABLE, INCONTOURNABLE.

Confiance...

Par Le 12/01/2014

Je me souviens que lorsque j’étais enfant, il y avait de nombreux films mettant en scène les cowboys et les Indiens. Ces derniers étaient des sauvages qui scalpaient les gentils paysans qui venaient juste cultiver des terres immenses.

Je me souviens qu’à l’école les Colons espagnols et portugais qui ont envahi les terres d’Amérique du Sud, étaient présentés comme des aventuriers courageux, des « découvreurs » de paradis.

Je me souviens que la Révolution française était une belle épopée, un hymne à la liberté, une communion du peuple, un élan vers un monde meilleur.

Je me souviens que les récits sur la guerre de 14-18 présentaient les Allemands sous les traits d’assassins sans pitié.

Il a fallu que je lise « Enterre mon cœur à Wounded knee » pour découvrir la vérité sur les Indiens.

Il a fallu que je voie « Aguirre ou la colère de Dieu » pour découvrir les colons espagnols ou portugais.

Il a fallu que je lise des ouvrages sur les Chouans pour découvrir les massacres perpétrés par les Révolutionnaires en chantant la Marseillaise.

Il a fallu que je lise « A l’Ouest, rien de nouveau » pour découvrir la réalité des combats dans le camp « adverse »…

Il a donc fallu que je fasse moi-même le tri, que j’accepte de faire voler en éclat les certitudes apprises, que je comprenne que la version de la « réalité » n’est qu’une représentation des forces les plus puissantes, les plus manipulatrices, les plus intéressées.

Il ne s’agit pas de contester tout ce qui est écrit, tout ce qui est dit, tout ce qui est enseigné mais juste de garder suffisamment de « doute » (Descartes ne me contredirait pas) pour ne pas tomber dans le piège des choses figées.

Maintenant, je me souviens très bien qu’adolescent, j’ai été considérablement tourmenté lorsque j’ai commencé à apprendre la réalité de l’histoire indienne.

Il était donc possible que des enseignants, des livres, des films, des adultes mentent, détournent la vérité, l’habillent à leur convenance. Je n’en comprenais pas encore les raisons. Je subissais juste le contrecoup de l’effondrement généré par ces mensonges. Ceux de mes « tuteurs », ceux de mes semblables, ceux en qui j’avais confiance.

Je me souviens de cette rage qui m’habitait.

Je n’ai plus jamais eu confiance.

 Je me suis promis, en devenant instituteur, que je ne me posterais jamais en détenteur de la vérité, que je ne serais qu’un transmetteur de « doutes », de versions multiples, de regards croisés, de témoignages contradictoires, non pas pour créer un chaos incompréhensible dans la tête des enfants mais pour leur apprendre à aller vérifier par eux-mêmes si le désir de prolonger l’enseignement les anime.

« Ce que je raconte n’est que la somme des connaissances que j’en ai à cet instant. Ça n’est nullement quelque chose de figé. Je vous donne des éléments pour vous y retrouver. Mais tout ça sera peut-être totalement balayé un jour. Par une autre « vérité » qui n’aura peut-être elle-même qu’une durée limitée. L’important est de rester à l’écoute, de ne pas se coller des œillères, de capter les informations, de les croiser, de remonter à leurs sources, de les comparer, d’identifier clairement les intentions cachées…Toujours rechercher ce qui pourrait être caché.

Je me souviens de Colin Powel à l’ONU, avec sa petite éprouvette contenant un échantillon « d’armes de destruction massive ».

Rien n’est jamais certain.

Sinon, la certitude de ne pas faire confiance.

Mais de se faire confiance et de chercher. 

Et qu'on ne vienne pas me dire que je suis un "négationniste". Il m'a suffi, au lycée, de lire "La mort est mon métier" pour être tourmenté par cette abomination. Je n'ai jamais oublié. "Nuits et brouillards" et "Shoah" ont suivi, puis les témoignages, tous ces témoignages...

J'ai lu aussi "Dialogues avec les anges" et j'y ai retrouvé la lumière intérieure.

Les livres, les livres...

Femmes au foyer, femmes imposées

Par Le 12/01/2014

Pour la sacro sainte croissance économique.

Pas la croissance des enfants, bien entendu...

Gouvernement de gauche ? Une belle quenelle que voilà. Trouble à l'ordre public en prévision.


Najat Vallaud-Belkacem prête à pénaliser fiscalement les mères aux foyer

Najat Vallaud-Belkacem prête à pénaliser fiscalement les mères aux foyer

Najat Vallaud-Belkacem prête à pénaliser fiscalement les mères aux foyer

Interrogée par le quotidien Les Echos du 11/12/2013 sur les mesures envisagées par le rapport Lemière sur l’emploi des femmes, le ministre des Droits des femmes condamne la conjugalisation et la familialisation de la fiscalité. Objectif en clair : pénaliser les ménages mono-actifs, autrement dit, imposer le parent 2 (suivez mon regard) au foyer…

Le ministre des Droits des femmes et de la Communication d’État du régime, Najat Vallaud-Belkacem, nature généreuse mais d’un ton sans réplique, veut organiser le bonheur des femmes selon un modèle rénové, qu’elles le veuillent ou non.

MODELE SOCIALISTE façon 2014, on procèdera à une puissante incitation fiscale au travail à l’extérieur du foyer familial. Dans les familles ringardes, où les mères resteront bêtement chez elles à s’occuper de leurs enfants, le montant de l’impôt d’État sur le revenu augmentera à revenu constant par rapport aux familles évoluées, où les femmes auront compris les vertus d’un second emploi parallèle à celui de leur compagnon. Pour le gouvernement en effet, le risque, c’est la famille, pas le travail…

Le régime aura procédé entre temps à « la révision de l’un des fondements de la fiscalisation des ménages, la conjugalisation de l’impôt », annonce notre ministre délégué à l’avenir du « genre » humain, Mme Vallaud-Belkacem. Cela au coude à coude avec Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre déjà au volant du rouleau compresseur de la « remise à plat » du système fiscal.

L’individualisation de l’impôt

Résultat de cette normalisation, les pères de famille paieront désormais leurs impôts « plein pot » comme s’ils étaient restés célibataires, sans plus bénéficier désormais de la « demi-part fiscale » attribuée jusqu’à maintenant au titre de leur épouse. Ainsi, le régime va pénaliser fiscalement les familles nombreuses dont les mères élèvent les enfants à la maison sans les confier au système éducatif collectif d’État. En revanche, les couples sans enfants bénéficiant de deux salaires selon la nouvelle norme internationale DINK (Dual Income-No Kids) verront leur impôt baisser, avec la possibilité de fractionner le chiffre à déclarer…

Mme Vallaud-Belkacem a annoncé (Les Echos, 13 décembre), qu’à l’encontre de la fâcheuse « familialisation » d’hier, désormais « l’individualisation de l’impôt favorise l’emploi des femmes ». Cette « gouvernante » de la société de demain déclare froidement que ce nouvel « accès à l’emploi » des femmes est « une question de justice mais aussi un enjeu économique majeur » : elle prédit un gain de 0,5 point de croissance par an pendant 10 ans. Mais elle demande donc un effort collectif équivalent de deux plans quinquennaux. L’État « doit peser en tant que donneur d’ordre »…

Source: libertepolitique.com

Imane.

J'ai fait de mon mieux.

Par Le 12/01/2014

S'engager. Ou se retirer ?

Je vois bien depuis quelques temps à quel point certains problèmes de l'actualité m'interpellent, à quel point ils occupent mon esprit.

Est-ce que je dois me retirer de cette agitation si je souhaite explorer les questionnements existentiels qui m'attirent ? Cette exploration, hors du temps et de l'espace, ne devient-elle qu'une fuite égoïste?

J'imagine bien ces deux entités.

L'une est insérée dans la vie quotidienne et oeuvre à l'analyse des phénomènes qui l'entourent et dans laquelle, elle se sent exister. Mais le risque est grand de disparaître partiellement dans ce chaos. Est-ce qu'il est possible de rester lucide quand l'implication pousse sans cesse l'individu à n'exister qu'au regard des phénomènes extérieurs ? L'équilibre entre le regard vers l'autre et le regard vers soi est-il réalisable ?

L'autre entité vit dans un espace clos, une dimension protégée par un refus de l'imbrication sociale. Je ne vis pas avec mon époque, je vis avec mon instant présent. Uniquement.

Mais que peut explorer en lui un individu qui n'a aucun regard extérieur ? De quoi son monde est-il fait ? Y a-t-il en nous une dimension pré existante que l'on se devrait de parcourir en tous sens avant de se tourner vers l'immensité environnante ?

 

Vaut-il mieux rester en dehors du chaos et montrer à l'humanité qu'une vie de recherche intérieure est possible et de cette façon, participer à l'éveil du monde ou doit-on s'impliquer dans la lutte partagée si on souhaite apporter sa contribution à cet éveil possible au risque de ne pas explorer en soi les gouffres les plus lointains ?

 

Le philosophe apporte-t-il quelque chose à l'Humanité s'il ne vit que dans un donjon ?

La présence du philosophe peut-elle représenter un axe de réflexion pour l'individu qui entendra ses paroles en passant au pied du donjon ?

Le philosophe qui oeuvre uniquement à sa connaissance intérieure est-il encore un philosophe ?

Le philosophe qui est impliqué dans la vie sociale et qui se sert des phénomènes qu'il observe est-il encore en état de philosopher ?

 

Je ne suis pas philosophe. Loin de moi cette idée. Je ne suis qu'un individu qui aime réfléchir. Qui en a besoin. Pour s'autoriser ensuite à être en paix.

Il existe parfois des tourments qui durent. Cela ne signifie pas que la paix est définitivement perdue. Mais il m'est impossible de m'extraire de ce tourment en lui tournant le dos. Je sais de toute façon que si je le laisse dormir, il reviendra en force, revigoré par la trève que je lui aurais accordé. Si je veux que le tourment disparaisse, je me dois de l'épuiser, sans répit, jusqu'à ce que la totalité des armures qui l'enveloppent tombe au sol, que le noeud du problème apparaisse en plein jour.

 

Si je tente de dépasser le temps qui m'est imparti, que je me projette plus loin que mon existence, peut-on considérer que la vie d'un individu lui appartient intégralement ou y a -t-il en chacun une mission d'exploration à mener, un compte-rendu à faire, un partage de données à inscrire, une responsabilité envers l'humanité entière ?

Je vis grâce à l'apport de l'Humanité, je suis inséré dans une vie planétaire, je suis le bénéficiaire d'une Histoire millénaire. Est-ce que je peux me positionner en retrait, est-ce que j'ai le droit de me retirer de tout et de continuer malgré tout à profiter de l'énergie dépensée par mes semblables ? Tous mes semblables. Est-ce que l'indigène de Bornéo a le droit de lutter, en mon nom, les armes à la main, contre la disparition des forêts primaires puisqu'il oeuvre par là à ma propre survie ?

Si je tente d'identifier le degré d'imbrications de chaque individu de la planète, il se construit très rapidement des liens indéfectibles. J'imagine la planète comme un corps immense et chaque individu accroché à un bout de peau, ancré dans une infime parcelle de terre, puisant sans retenue tout ce qu'il est possible d'absorber, sans aucune interrogation sur l'épuisement éventuel des réserves de vie, sur le bien-être des autres individus attachés à leur territoire.

Le philosophe doit-il se libérer de ces attachements et du haut de son donjon en expliquer à la masse les fonctionnements ou doit-il se mêler à la foule pour autopsier directement dans la chair ?

L'alternance entre les plongées abyssales et les survols est-elle envisageable ?

Peut-on réellement s'impliquer et rester objectif ? 

J'aimerais que la mort soit un espace dans lequel il soit possible d'analyser son propre parcours, dans un état de paix absolue, avec un regard amusé et bienveillant. Comme un compte-rendu à établir et à transmettre à la Vie. Une âme détachée de son attachement corporel, une entité observatrice, sereine et émotionnellement apaisée.

"Voilà ce que j'ai fait. Je me suis souvent trompé, j'ai cherché à progresser et je sais qu'il restait encore du chemin à parcourir. Mais jai fait de mon mieux. "

Enfin...

Par Le 11/01/2014

Enfin, des voix s'élèvent, enfin des hommes conscients prennent la parole.

Mille mercis à cet homme-là.



http://www.silviacattori.net/article5272.html

Par Christophe Oberlin
Interdiction de Dieudonné : La France qui dérape n’est pas celle qu’on nous montre du doigt
C’est au nom d’un état juif à majorité juive, censé accueillir les juifs du monde entier, que les autochtones, les Palestiniens sont martyrisés depuis soixante ans. Pourtant certains n’hésitent pas à condamner les Palestiniens, les Arabes en général, et tous ceux qui les soutiennent pour un « antisémitisme » supposé. Les Palestiniens devraient déclarer aimer les juifs et insister à tout moment sur la distinction entre juifs et sionistes. C’est évidemment déloyal. En 1942 les Français n’aimaient pas les « boches » et aucune association anti raciste n’a jamais protesté.

Dr Christophe Oberlin

Lorsqu’on dit aujourd’hui en France « qu’on n’aime pas les Américains », tout le monde comprend qu’il ne s’agit évidemment pas de tous les Américains en tant qu’individus, mais qu’on désigne par-là la politique et les guerres américaines qui ont fait un million de morts en quelques décennies. Et « ne pas aimer les Américains », ne tombe pas sous le coup de la loi. Quand on dit qu’on n’aime pas les Corses, ce n’est évidemment pas très intelligent, mais tout le monde comprend qu’on entend par là une certaine ambiance xénophobe qui règne en Corse. Ca ne tombe pas sous le coup de la loi.

Quand on dit qu’on n’aime pas les juifs, il est évident que cela désigne ceux qui soutiennent un état raciste dans ses lois et ses actes. Ce qui veut dire qu’on n’aime pas les juifs racistes, rien d’autre. C’est le message de Dieudonné. Et voilà qu’on voudrait faire tomber cela sous le coup de la loi. C’est déloyal et stupide.

J’ai personnellement des gens de ma famille qui sont morts en déportation. Quand Desproges dit « On se demande pourquoi les juifs se précipitaient à Auschwitz ? D’abord parce que c’était gratuit ! » C’est du deuxième degré, ça me fait rire, et ça ne porte en rien atteinte à la mémoire de ma famille. Quand quelqu’un se fait photographier devant Auschwitz en faisant une quenelle, ça ne porte pas atteinte à ma dignité ni à celle de ceux qui sont morts en déportation. Par contre c’est un geste fort à l’encontre de tous ceux qui tentent de masquer les crimes d’Israël derrière les crimes nazis. C’est à eux que ce discours s’adresse.

Et voilà que nos politiques, les plus tristes que la France ait connus depuis longtemps, voudraient expliquer à un humoriste ce qui est drôle et ce qui ne l’est pas ! Et on voudrait nous faire croire que les millions de personnes qui rient sont des idiots ou des antisémites, y compris ceux qui soutiennent les Palestiniens dans leur lutte contre l’apartheid ! C’est méprisant, et aussi effrayant. Et les commentaires à sens unique de nos radios et télévisions nationales donnent le frisson.

Ceux qui condamnent Dieudonné n’ont pas assisté à ses spectacles, et n’ont pas réalisé qui est son public : un public de jeunes, extraordinairement diversifié, qui représente une France fraternelle, fondamentalement antiraciste, la France de demain.

Alors il y a heureusement quelques poches de résistance dans les tribunaux. Et le jugement prononcé à Nantes, cassant l’interdiction d’un spectacle de Dieudonné, rassure. Toutes les barrières n’ont pas cédé.

Et voilà qu’un juge unique du Conseil d’Etat, sur simple convocation du gouvernement, dans un texte d’une pauvreté affligeante, dépourvu du moindre fondement juridique, impose son opinion à toutes les lois existantes, à tous les arrêts précédents français et européens !

La France qui dérape, elle est là.

Christophe Oberlin
10 Janvier 2014
URL de cet article :
http://www.silviacattori.net/article5272.html


Christophe OBERLIN, né en 1952. est chirurgien des hôpitaux et professeur à la faculté Denis Diderot à Paris ; il enseigne l’anatomie, la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l’étranger. Parallèlement à son travail hospitalier et universitaire, il participe depuis 30 ans à des activités de chirurgie humanitaire et d’enseignement en Afrique sub-saharienne, notamment dans le domaine de la chirurgie de la lèpre, au Maghreb et en Asie. Depuis 2001, il dirige régulièrement des missions chirurgicales en Palestine, particulièrement dans la bande de Gaza où il a effectué près d’une trentaine de séjours. Il est le coauteur avec Jacques-Marie Bourget de Survivre à Gaza, (éditions Koutoubia, 2009) la biographie de Mohamed al-Rantissi, le chirurgien palestinien frère du dirigeant historique du HAMAS assassiné par l’État d’Israël… Il est également le traducteur du livre Gaza, au carrefour de l’histoire du journaliste anglais Gerald Butt (aux éditions Encre d’Orient).

Source : Christophe Oberlin

Shoah

Par Le 11/01/2014

En fait, je m'aperçois que j'ai de la peine pour la communauté juive. Elle laisse passer une opportunité extraordinaire d'entrer dans une compassion universelle envers toutes les victimes de crimes contre l'Humanité. Au lieu de ça, elle prône la suprématie de la souffrance. Il est inadmissible que le terme de "Crimes contre l'Humanité' décrété à Nuremberg n'ait pas été rétroactif. L'Afrique entière en a payé un tribut effroyable. Les Amérindiens, les Mayas, les Aztèques, les Alakalufs...Comme dit Dieudonné, avec son humour corrosif, "des bagarres, des bousculades..." Voilà ce qu'il fallait faire voler en éclat. J'ai une peine immense pour les victimes de la Shoah. Elles ne méritaient pas ça...

Elections.

Par Le 11/01/2014

Étant donné que les prochaines élections seront

une menace pour l'Ordre public,

ne devraient-elles pas être interdites ?...

L'Espagne, et puis la France...

Par Le 10/01/2014

On y vient, très, très vite...

Tribune 10/01/2014 à 13h15

Brisons le silence sur ce qui se passe en Espagne

Astrid Menasanch Tobieson, dramaturge


Tribune

Sous couvert de l’inattaquable excuse de la sécurité, le gouvernement de Mariano Rajoy considère préventivement le manifestant comme dangereux. Il est ainsi automatiquement regardé comme une menace à la loi grâce au nouveau projet législatif de « Sécurité citoyenne » adopté par le conseil des ministres le 29 novembre dernier.


Des policiers arrêtent des manifestants lors d’un défilé contre la réforme du droit à l’avortement, le 20 décembre 2013 à Madrid (Andres Kudacki/AP/SIPA)

Metteur en scène et dramaturge, Astrid Menasanch Tobieson travaille entre la Suède et l’Espagne. Elle est membre du groupe de théâtre Sta ! Gerillan. La lettre ci-dessous était initialement adressée aux journalistes suédois et a été publiée le 19 décembre. Avec l’autorisation de l’auteure, la traductrice a pu la retranscrire en français.

Mathilde Rambourg

La lettre d’Astrid Menasanch Tobieson

Bouleversée, je vous écris sous le coup de l’indignation. L’Espagne, dans peu de temps, empruntera le chemin qui mène d’une démocratie ouverte à ce qui risque de devenir une démocratie fasciste et autoritaire.

Je vous écris après les événements qui se sont produits dans le quartier de Kärrtorp à Stockholm (où un groupe néonazi ultraviolent a attaqué une manifestation antirasciste il y a quelques jours).

Je vous écris à propos de qui se trame en Espagne. Je crois en tout cas que la Suède et l’Espagne se ressemblent en un point : l’avancée du fascisme devant l’indifférence de la société. Le 19 novembre, le gouvernement espagnol a approuvé un projet de loi dont le but est d’en finir avec les manifestations et les contestations au régime actuel. La méthode est classique : instaurer le silence grâce à la répression.

Avortement non, sécurité citoyenne oui ?

Le 29 novembre dernier, le Conseil des ministres du gouvernement conservateur espagnol a approuvé le projet de loi « Sécurité citoyenne » qui réforme le code pénal. Le texte, qui réduit les droits et libertés civiles (mais pas celle de faire l’apologie du franquisme) est unanimement rejeté par les mouvements sociaux, les syndicats, l’opposition, les organisations professionnelles comme celles des juges pour la démocratie, l’association unifiée des gardes civils ou la fédération des journalistes d’Espagne.

Alors que le Parti socialiste espagnol a demandé à ses alliés européens de se mobiliser contre le projet de loi réduisant les droits d’accès des femmes à l’avortement, certains se demandent pourquoi il n’a pas entrepris la même démarche sur la loi « Sécurité citoyenne ». Blandine Grosjean

Je vous demande maintenant de l’aide, je vous demande d’informer. Le samedi 14 décembre à Madrid s’est déroulé une des 6 000 manifestations qui se sont organisées cette année en Espagne. Je le répète : une des 6 000.

Ces dernières années, le réseau de protection sociale a été ébranlé : privatisation des théâtres, tentatives de privatiser les hôpitaux, droit du travail ébranlé et transformé depuis sa base, licenciements innombrables, familles chassées de leur domicile, éducation civique suspendue dans les écoles, etc. Et afin de clore une longue liste, le vendredi 20 décembre, le gouvernement a approuvé la réforme du droit à l’avortement.

Ce que l’on a désigné comme une crise économique est, depuis le début, avant tout une crise démocratique. La couverture médiatique en Suède et en France sur la situation en Espagne a été très faible, et son analyse d’un point de vue social, inexistante.

La manifestation qui s’est tenue au pied du Congrès de Madrid le samedi 14 décembre, avait pour but de protester contre une nouvelle proposition de loi : la « ley de Seguridad Ciudadana », loi de Sécurité citoyenne.

Un groupe Facebook : 30 000 euros

Cette loi, qui contient 55 articles et punit autant d’actes différents, prévoit des amendes pour le manifestant, allant de 100 à 600 000 euros. Les infractions ?

  • Pour commencer, toutes les manifestations non-déclarées et prenant place devant le Congrès ou autre édifice appartenant à l’Etat – comme celle qui s’est déroulée samedi 14 à Madrid – seront interdites et la sanction ira jusqu’à 30 000 euros par participant. Cela sera le cas lorsque plusieurs personnes seront considérées comme un groupe.
  • L’interdiction des manifestations non-déclarées s’appliquera également aux réseaux sociaux. Se rassembler en tant que groupe sur Internet, autour d’une opinion, sera sanctionné de 30 000 euros. Créer un groupe, sur les réseaux sociaux ou dans un lieu public, autour de symboles ou de drapeaux, sera interdit : 30 000 euros d’amende.
  • Si dans une manifestation, un citoyen manifeste avec une capuche ou avec le visage couvert : 30 000 euros d’amende.

Capture d’écran du Huffington Post espagnol qui montre huit photos prises en 2013, qui ne pourront être diffusées en 2014 (Huffingtonpost.es)

  • Refuser de décliner son identité devant un policier : 30 000 euros.
  • Empêcher un policier de remplir sa fonction : 30 000 euros, ce qui, dans la pratique, signifie que les sit-in comme ceux qui initièrent le mouvement du 15-M en Espagne [ « Les Indignés », ndlr], seront strictement interdits.
  • Déshonorer le drapeau espagnol : 30 000 euros [en France, cet acte est passible de 1 500 euros d’amende, ndlr].
  • Réaliser un dessin satirique, prenant pour sujet, par exemple, un politique, sera interdit.
  • Utiliser des pancartes critiquant la nation espagnole : 30 000 euros.
  • Filmer ou photographier un policier en service : 30 000 euros.
Note de la traductrice

Les dénonciations faites par des policiers bénéficient de la présomption de véracité. Par conséquent, c’est celui qui fait l’objet de l’accusation qui devra démontrer la non-véracité de ce qui est avancé par les agents. Le système d’accusation fonctionnait ainsi également sous la dictature franquiste.

Selon l’écrivain Javier Marias, c’est une négation de la justice : cela revient à condamner directement l’accusé car il sera incapable de démontrer qu’il n’a pas pas commis l’acte dont on l’accuse puisque l’on part de la base que si, il l’a fait. Il sera d’autant plus difficile à l’accusé d’apporter des preuves à cause de la loi qui interdit de photographier ou de filmer des agents de l’ordre.

Et la liste n’est pas exhaustive. Dans tous les cas, le témoignage d’un policier ou d’un agent de sécurité sera suffisant pour infliger une amende au citoyen.

D’aucuns peuvent par conséquent se demander : l’Espagne fait-elle face à un mouvement de manifestations violentes ? Eh bien non. Le chef de la police Ignacio Casido a déclaré que ces 6 000 manifestations sont jusqu’à ce jour le mouvement le plus pacifique de l’histoire de l’Espagne.

Il n’y a pas si longtemps, l’Espagne était encore une dictature. Il n’y a pas si longtemps non plus que la guerre civile a eu lieu. Tous les débats sont politiques. Informer d’un événement est un acte politique. Ne pas le faire est un acte politique. Le silence est, au plus haut point, un acte politique. Le choix de garder le silence se fige dans la mémoire des générations. Cette loi néofasciste qui va être votée n’est pas sans lien avec la montée des fascismes en Europe. Cela nous concerne tous.

Je m’adresse à tous les journalistes, aux éditorialistes en France. Vous qui détenez l’espace médiatique. Je vous demande sincèrement de briser le silence vis-à-vis du régime qui est en train de s’imposer en Espagne.

Je vous demande de commencer à informer. Je vous demande de soutenir la liberté d’expression avec vos articles et vos apports au débat, je vous demande d’y apporter des analyses rigoureuses et profondes. Informez ! Informez sur tout !

La peur et le Pouvoir

Par Le 10/01/2014

La peur est le tuteur principal du Pouvoir.

Créer les peurs, les maintenir, les entretenir, laisser s’éteindre les plus anciennes et les remplacer par de nouvelles directions, surfer sur l’actualité, se soumettre aux Puissants les plus influençables et les plus cachés, user de toutes les « lois » démocratiques, en supprimer et les remplacer la encore, dès que nécessaire, installer les personnes les plus soumises ou les plus puissantes, aux postes clés…

L’individu soumis a peur d’une sanction, l’individu puissant a peur de perdre sa puissance. Les deux catégories sont par conséquent des modèles parfaits pour pérenniser le Pouvoir.

La peur sera nourrie par la Morale instaurée, non pas une morale universelle mais une morale intentionnelle, une morale qui ne dira pas ses objectifs mais saura s’habiller d’atours reluisants. Même s’ils ne sont que mensonges. Cette morale usera sans retenue de la culpabilité généralisée. Héritage du Christianisme dans ce qu'il a de néfaste. Les ancrages les plus archaïques sont toujours les plus puissants.

Contrôler les peurs humaines, c’est régner sur les âmes.

Il suffit de voir l’acharnement à promouvoir les peurs pour prendre conscience de l’intérêt du phénomène.

Les Puissants peuvent transgresser les droits les plus fondamentaux dès lors qu’ils ont réussi à convaincre la masse qu’elle est en danger. La peur générée validera les décisions les plus iniques, les manipulations les plus évidentes, les ralliements les plus grotesques, toutes ces brigades de convaincus qui hurlent avec la meute.

Les méthodes pratiquées par les Puissants auraient déclenché des leviers de boucliers si la peur n’avait été répandue au préalable.

Tous les dictateurs savent que pour prendre le pouvoir et surtout pour le conserver, il convient de disséminer les peurs et de se présenter ensuite comme le Sauveur. Toutes les transgressions seront acceptées puisque c’est pour le bien du Peuple…

Dès lors que tous les Puissants, de quelque bord que ce soit, taisent leurs différents et valident des méthodes de régime dictatorial, le consensus politique apparaît pour la masse comme la preuve irréfutable qu’effectivement, le danger était grand. Parfaite réussite de la manipulation.

Les medias officiels, c'est-à-dire financés par les Puissants, orchestreront avec brio l’extension des peurs. Ils font le travail pour lequel ils sont payés.

La pyramide est identifiable.

Des financiers.

Des politiciens.

Des medias.

Viennent s’y ajouter des soumissions religieuses, des appartenances à des groupes secrets, des fondations, des Ordres, des castes, des ligues. Le choix est vaste mais les entrées limitées. C’est le propre des Privilèges.

Dans les trois catégories identifiées, le partage des « valeurs » fait se côtoyer des individus qui s’opposent devant le grand public. Juste un jeu de rôles qui entretient le mensonge.

C’est dans les salons des châteaux que s’imaginent les peurs que la masse devra ingérer.

Ces peurs ne seront bien entendu bien souvent que des pare-feux. Elles ne représenteront pas un danger réel mais la manipulation servie par les médias officiels leur donnera la brillance nécessaire. Pendant ce temps-là, les incendies les plus virulents ne seront pas éteints, ils seront juste rejetés à l’arrière-plan.

Ces peurs sont des épidémies entretenues par la masse elle-même. Parce qu’il est agréable pour elle de se ranger du côté des Puissants qui viennent abattre les dangers. Même si ces dangers ont été inventés de toutes pièces par des détournements de paroles, une incapacité à entendre la totalité d’une réalité et une perversité sans borne dans la capacité à se convaincre soi-même du bien fondé de la méthode. Il n’y a pas pire fou que celui qui se croit sain d’esprit lorsque cet esprit en lui n’est qu’une engeance insérée.

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