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le sac à dos émotionnel

Par Le 09/01/2014

Oh, combien j'adhère à tout cela, oh combien je l'ai vécu, jusqu'aux douleurs les plus insoutenables, jusqu'à la guérison la plus inexprimable...

 


http://www.arcturius.org/chroniques/?p=23350

LES CHRONIQUES D ARCTURIUS

Le Sac à Dos Émotionnel

Porté à votre conscience par Arcturius,
le 4 décembre 2013

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la colonne vertébrale: la clé de nos émotions

Nous venons tous au monde avec un SAC à DOS Émotionnel

Les ressentis par le fœtus in – utéro (déjà connecté au système limbique), lors de l’accouchement ainsi que les émotions vécues lors de la petite enfance et  durant toute la vie par l’individu, s’inscrivent dans le corps, dans les tissus.

Le corps sait. Le corps PARLE.  Quand l’individu ne parle plus, le corps  PARLE encore.

Selon Henri  Laborit, face au danger, il faut fuir ou réagir, sinon on somatise.

Somatiser = imprimer dans les tissus les tensions, les nœuds relatifs au choc émotionnel non-exprimé.

Ces nœuds vont désorganiser le système neuro-végétatif (qui commande involontairement  les organes) et provoquer la maladie, les troubles psychosomatiques..

La colonne vertébrale, ainsi que les vertèbres qui la composent réagiront comme des fusibles.

Le passé est inscrit  dans  le  corps.

Quand l’individu y est confronté, le corps réagit par une « hypersensibilité »,  une surcharge qui crée cette déstabilisation, ce « pétage de fusible ».

Le passé surgit dans le présent comme un boomerang, avec des effets dévastateurs, mais surtout  disproportionnés.

Nos cinq sens (tact, audition, olfaction, vision, goût) sont à l’affut, vigilants, prêts à capter, à recevoir les informations comme des antennes paraboliques, en permanence.

Déjà durant la vie intra- utérine, les informations sont stockées dans la mémoire émotionnelle du corps ; le système limbique.

Nos actes conscients sont guidés par notre mémoire inconsciente (par tout ce qui a  été stocké dans l système limbique)  et si un danger, selon un contexte bien déterminé, a été stocké dans le système de vigilance, le corps sera influencé dans son comportement quand il sera confronté à ce danger.

Notre subconscient guide notre conscient, malgré nous, sous la dépendance du réflexe de survie.

Pourquoi toujours buter sur les mêmes obstacles ?  Car le système de défense n’a pas encore trouvé la clé pour dépasser la mémoire, la peur  inscrite dans nos tissus.

Roger Fiammetti a développé ses interventions en ostéopathie  selon les axes classiques constitués par l’ostéopathie viscérale, structurelle et crânienne.

Un quatrième pôle est venu s’ajouter, à savoir la composante émotionnelle.

Comment ne pas être influencé par les émotions quand on s’intéresse aux patients et leur pathologie ?

Impossible  lorsqu’on est à l’écoute des tissus du patient de ne pas percevoir ses émotions, ses ressentis.

Les liens entre les émotions  et  les désordres neuro-végétatifs encore appelés troubles psychosomatiques sont développés dans les deux ouvrages  publiés aux éditions Dervy  à Paris :

Le Langage émotionnel  du  Corps  1  et 2

Livre 1 Amazon.fr   Livre 2 Amazon.fr

L’Approche  Somato-Émotionnelle  ‘’méthode Fiammetti  Roger’’ est une méthode qui va permettre  de donner au corps la  possibilité  de se libérer  de  ces contraintes, de ces mémoires inscrites dans les tissus, par les tissus.

Nous serons dans une forme de Tai Chi Chuan  ‘’assisté’’.

Fort de plus de 20 ans d’expérience professionnelle, Roger Fiammetti nous offre une méthode originale qui permet  à tout un chacun de mieux comprendre et  surtout  de résoudre les conflits causés par des désordres neurovégétatifs  à partir de chocs émotionnels non-exprimés.

La culpabilité, les notions de territoire (perdre/ prendre  sa place au sein de la fratrie, de l’entreprise ) ,la peur de ne pas y arriver, de l’échec, du passage,la trahison, la honte, l’humiliation,la colère,la reconnaissance,la peur de ne pas être aimé (e ) , l’estime de soi, la confiance en soi   etc … sont autant de facteurs susceptibles de modifier le comportement de l’individu , de modifier son adaptabilité au stress avec les désordres et dysfonctions encore appelés maladies psychosomatiques (colon irritable, constipation ou diarrhée chronique, fibromyalgie,migraine,etc… ).

Si on parle de corps et d’émotions, il est impossible d’oublier  le pôle  RESPIRATION  qui va  permettre à tout individu de gérer sa fréquence cardiaque (cohérence cardiaque), de gérer ses émotions, son élocution, son sommeil, sa détente,sa force, son souffle.

Fidèle aux traditions chinoises ; le souffle pour activer la circulation et la vie. Vous pourrez découvrir la RESPIRATION TOTALE dans l’ouvrage publié aux éditions Médicis  à Paris       

RESPIRE ! La Respiration  totale pour tous L’ostéopathie  ‘’classique’’ permettra de libérer les blocages structurels,crâniens,viscéraux.

L’Approchee Somato Émotionnelle pemettra de traiter la cause de la cause  (les émotions qui causent le stress des tissus qui provoque les ‘blocages’).

La Respiration Totale va aider l’individu à entretenir son souffle, son équilibre, son ancrage, sa Vie.

Nous sommes tributaires de notre passé qui nous revient en permanence dans le présent, s’insurgeant et s’imposant à nous, modifiant et parasitant nos actes et pensées.

Notre corps est le principal témoin de ce passé. Le secret qu’il renferme nous apprendra à mieux nous connaître, mieux nous Reconnaître, mieux gérer notre vie.

‘’Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux’’ disait Socrate.

Notre corps renferme toute nos mémoires et aller à leur rencontre, c’est aller à la rencontre de soi-même.

La maïeutique ou la RECONNAISSANCE.

Source :http://www.fiammetti.com/

 

L'épreuve

Par Le 08/01/2014

 

 

"Dans chaque épreuve, ne cherchez pas l'ennemi,
cherchez l'enseignement."
(Mikao Usui)

 

C'est là que se situe, dans une classe, avec de jeunes enfants, l'opportunité de les amener à cette observation de soi. Il ne s'agit pas prioritairement de les conduire à un apprentissage des connaissances, comme s'il s'agissait d'une nourriture de qualité mais de leur apprendre à analyser leurs propres fonctionnements au regard de ces apprentissages. La connaissance, en elle-même, n'a aucune valeur durable, elle n'est qu'une étape, une succession de paliers mais ça n'est pas elle qui importe. Elle n'est qu'un moyen, pas une finalité.

La finalité, c'est la qualité du regard, la lucidité et la sérénité acquise à travers le travail associé à ces apprentissages.

La démarche existentielle a un avantage certain sur les critères cognitifs, c'est qu'elle ne peut pas servir à la hiérarchisation, il n'y a pas de compétition et de comparaison, c'est un espace intérieur, une exploration individuelle libérée de toutes les pressions inhérentes à des évaluations cognitives.

La dimension existentielle crée un espace bienveillant. Il ne peut pas y avoir de notes, de graphiques, de bulletins scolaires, d'appréciations. C'est uniquement un partage à travers des échanges oraux, des discussions, des débats.

La peur, les émotions chaotiques, les pensées insoumises, les "évasions" qui créent une rupture dans l'apprentissage, des moments où l'esprit perd son ancrage dans le travail à mener. Tout ce qui se produit dans l'intellect a une importance bien plus considérable que le résultat même de ce travail.

Il ne s'agit pas de construire des individus diplômés mais d'accompagner l'individu dans l'exploration intérieure. La connaissance est une donnée "extérieure" alors que la dimension existentielle est une réalité intangible et bien souvent ignorée.

L'épreuve, quelle soit cognitive, physique, psychologique, relationnelle a une portée considérable et lorsque l'enfant prend conscience que l'enseignant s'intéresse à sa nature d'enfant et non, prioritairement, à sa fonction d'élève, il reçoit l'épreuve comme un tremplin, une élévation, une découverte de soi et non une menace de sanctions, d'humiliations, de classements, et par conséquent de rejet de la connaissance elle-même, étant donné qu'elle apparaît immanquablement comme un adversaire. Ca n'est pas le travail lui-même qui va être rejeté mais l'image que ce travail instaure au regard des autres et par conséquent de soi-même.

Il n'y a que la bienveillance et la sérénité pour conduire l'enfant à l'acceptation de la tâche. Toute forme de pression impressionne et prive l'enfant de cette sérénité.

L'épreuve n'est pas une menace mais une opportunité de transformation.

C'est évidemment bien plus difficile d'instaurer ce bien-naître dans une démarche constante que de se contenter d'enfermer la démarche d'apprentissage dans un cadre restricitf, compétitif, des évaluations sommatives, des statistiques, des graphiques, des bulletins. Tout ce qui est administratif relève d'une fonction. Tout ce qui est existentiel relève de la nature.

Comment pourrait-on entretenir le désir d'apprendre si cette connaissance n'est qu'une accumulation de données extérieures? 

C'est la connaissance de soi et la capacité à en exprimer les étapes qui maintiennent l'élan vers l'éveil.

C'est la parole partagée qui crée l'unité.

L'humanité d'une classe prend forme, non pas dans la compétition mais dans les nourritures spirituelles.

Il reste pour parvenir à instaurer cette ambiance particulière à ce que les enseignants eux-mêmes se considèrent, non pas comme des Maîtres à penser mais comme des Maîtres à aimer.

Citations

Par Le 05/01/2014

"Qu'est-ce qu'apprendre à être, sinon apprendre à changer, à rompre courageusement avec le confort et le conformisme où l'on était installé comme chez soi? Apprendre vraiment, c'est toujours désapprendre, pour rompre avec ce qui nous bloque, nous enferme et nous aliène." Olivier Reboul


"Vous devez quitter la cité du confort pour vous aventurer dans les terres sauvages de votre intuition. Vous découvrirez quelque chose de merveilleux: Vous-même" Alan Alda

"Ce que nous sommes est le cadeau que la Vie nous a fait. Ce que nous devenons est le cadeau que nous faisons à la Vie." Michel Saint-Jean


"L'extraordinaire nous attire un instant, la Simplicité nous retient plus longtemps, parce que c'est en elle seule que réside l'essentiel. " Garry Winogrand

Edgar Morin

Par Le 05/01/2014

Edgar Morin : «  Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe  »

Edgar Morin : « Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe »
(Crédit photo : Olivier Roller)
 
Interview - Que faire dans cette période de crise aiguë ? S’indigner, certes. Mais surtout agir. A 90 ans, le philosophe et sociologue nous invite à résister au diktat de l’urgence. Pour lui, l’espoir est à portée de main. Entretien.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
Article publié dans le

N° 30 - novembre 2011

Ralentir… vite !

Pourquoi la vitesse est-elle à ce point ancrée dans le fonctionnement de notre société ?

La vitesse fait partie du grand mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIe et le XIXe siècle. L’idée sous-jacente, c’est que nous allons grâce à lui vers un avenir toujours meilleur. Plus vite nous allons vers cet avenir meilleur, et mieux c’est, naturellement. C’est dans cette optique que se sont multipliées les communications, aussi bien économiques que sociales, et toutes sortes de techniques qui ont permis de créer des transports rapides. Je pense notamment à la machine à vapeur, qui n’a pas été inventée pour des motivations de vitesse mais pour servir l’industrie des chemins de fer, lesquels sont eux-mêmes devenus de plus en plus rapides. Tout cela est corrélatif par le fait de la multiplication des activités et rend les gens de plus en plus pressés. Nous sommes dans une époque où la chronologie s’est imposée.

Cela est-il donc si nouveau ?

Dans les temps anciens, vous vous donniez rendez-vous quand le soleil se trouvait au zénith. Au Brésil, dans des villes comme Belém, encore aujourd’hui, on se retrouve « après la pluie ». Dans ces schémas, vos relations s’établissent selon un rythme temporel scandé par le soleil. Mais la montre-bracelet, par exemple, a fait qu’un temps abstrait s’est substitué au temps naturel. Et le système de compétition et de concurrence – qui est celui de notre économie marchande et capitaliste – fait que pour la concurrence, la meilleure performance est celle qui permet la plus grande rapidité. La compétition s’est donc transformée en compétitivité, ce qui est une perversion de la concurrence.

Cette quête de vitesse n’est-elle pas une illusion ?

En quelque sorte si. On ne se rend pas compte – alors même que nous pensons faire les choses rapidement – que nous sommes intoxiqués par le moyen de transport lui-même qui se prétend rapide. L’utilisation de moyens de transport toujours plus performants, au lieu d’accélérer notre temps de déplacement, finit – notamment à cause des embouteillages – par nous faire perdre du temps ! Comme le disait déjà Ivan Illich (philosophe autrichien né en 1926 et mort en 2002, ndlr) : « La voiture nous ralentit beaucoup. » Même les gens, immobilisés dans leur automobile, écoutent la radio et ont le sentiment d’utiliser malgré tout le temps de façon utile. Idem pour la compétition de l’information. On se rue désormais sur la radio ou la télé pour ne pas attendre la parution des journaux. Toutes ces multiples vitesses s’inscrivent dans une grande accélération du temps, celui de la mondialisation. Et tout cela nous conduit sans doute vers des catastrophes.

Le progrès et le rythme auquel nous le construisons nous détruit-il nécessairement ?

Le développement techno-économique accélère tous les processus de production de biens et de richesses, qui eux-mêmes accélèrent la dégradation de la biosphère et la pollution généralisée. Les armes nucléaires se multiplient et on demande aux techniciens de faire toujours plus vite. Tout cela, effectivement, ne va pas dans le sens d’un épanouissement individuel et collectif !

Pourquoi cherchons-nous systématiquement une utilité au temps qui passe ?

Prenez l’exemple du déjeuner. Le temps signifie convivialité et qualité. Aujourd’hui, l’idée de vitesse fait que dès qu’on a fini son assiette, on appelle un garçon qui se dépêche pour débarrasser et la remplacer. Si vous vous emmerdez avec votre voisin, vous aurez tendance à vouloir abréger ce temps. C’est le sens du mouvement slow food dont est née l’idée de « slow life », de « slow time » et même de « slow science ». Un mot là-dessus. Je vois que la tendance des jeunes chercheurs, dès qu’ils ont un domaine, même très spécialisé, de travail, consiste pour eux à se dépêcher pour obtenir des résultats et publier un « grand » article dans une « grande » revue scientifique internationale, pour que personne d’autre ne publie avant eux. Cet esprit se développe au détriment de la réflexion et de la pensée. Notre temps rapide est donc un temps antiréflexif. Et ce n’est pas un hasard si fleurissent dans notre pays un certain nombre d’institutions spécialisées qui prônent le temps de méditation. Le yoguisme, par exemple, est une façon d’interrompre le temps rapide et d’obtenir un temps tranquille de méditation. On échappe de la sorte à la chronométrie. Les vacances, elles aussi, permettent de reconquérir son temps naturel et ce temps de la paresse. L’ouvrage de Paul Lafargue Le droit à la paresse (qui date de 1880, ndlr) reste plus actuel que jamais car ne rien faire signifie temps mort, perte de temps, temps non-rentable.

Pourquoi ?

Nous sommes prisonniers de l’idée de rentabilité, de productivité et de compétitivité. Ces idées se sont exaspérées avec la concurrence mondialisée, dans les entreprises, puis répandues ailleurs. Idem dans le monde scolaire et universitaire ! La relation entre le maître et l’élève nécessite un rapport beaucoup plus personnel que les seules notions de rendement et de résultats. En outre, le calcul accélère tout cela. Nous vivons un temps où il est privilégié pour tout. Aussi bien pour tout connaître que pour tout maîtriser. Les sondages qui anticipent d’un an les élections participent du même phénomène. On en arrive à les confondre avec l’annonce du résultat. On tente ainsi de supprimer l’effet de surprise toujours possible.

A qui la faute ? Au capitalisme ? A la science ?

Nous sommes pris dans un processus hallucinant dans lequel le capitalisme, les échanges, la science sont entraînés dans ce rythme. On ne peut rendre coupable un seul homme. Faut-il accuser le seul Newton d’avoir inventé la machine à vapeur ? Non. Le capitalisme est essentiellement responsable, effectivement. Par son fondement qui consiste à rechercher le profit. Par son moteur qui consiste à tenter, par la concurrence, de devancer son adversaire. Par la soif incessante de « nouveau » qu’il promeut grâce à la publicité… Quelle est cette société qui produit des objets de plus en plus vite obsolètes ? Cette société de consommation qui organise la fabrication de frigos ou de machines à laver non pas à la durée de vie infinie, mais qui se détraquent au bout de huit ans ? Le mythe du nouveau, vous le voyez bien – et ce, même pour des lessives – vise à toujours inciter à la consommation. Le capitalisme, par sa loi naturelle – la concurrence –, pousse ainsi à l’accélération permanente, et par sa pression consommationniste, à toujours se procurer de nouveaux produits qui contribuent eux aussi à ce processus.

On le voit à travers de multiples mouvements dans le monde, ce capitalisme est questionné. Notamment dans sa dimension financière…

Nous sommes entrés dans une crise profonde sans savoir ce qui va en sortir. Des forces de résistance se manifestent effectivement. L’économie sociale et solidaire en est une. Elle incarne une façon de lutter contre cette pression. Si on observe une poussée vers l’agriculture biologique avec des petites et moyennes exploitations et un retour à l’agriculture fermière, c’est parce qu’une grande partie de l’opinion commence à comprendre que les poulets et les porcs industrialisés sont frelatés et dénaturent les sols et la nappe phréatique. Une quête vers les produits artisanaux, les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr), indique que nous souhaitons échapper aux grandes surfaces qui, elles-mêmes, exercent une pression du prix minimum sur le producteur et tentent de répercuter un prix maximum sur le consommateur. Le commerce équitable tente, lui aussi, de court-circuiter les intermédiaires prédateurs. Certes, le capitalisme triomphe dans certaines parties du monde, mais une autre frange voit naître des réactions qui ne viennent pas seulement des nouvelles formes de production (coopératives, exploitations bio), mais de l’union consciente des consommateurs. C’est à mes yeux une force inemployée et faible car encore dispersée. Si cette force prend conscience des produits de qualité et des produits nuisibles, superficiels, une force de pression incroyable se mettra en place et permettra d’influer sur la production.

Les politiques et leurs partis ne semblent pas prendre conscience de ces forces émergentes. Ils ne manquent pourtant pas d’intelligence d’analyse…

Mais vous partez de l’hypothèse que ces hommes et femmes politiques ont déjà fait cette analyse. Or, vous avez des esprits limités par certaines obsessions, certaines structures.

Par obsession, vous entendez croissance ?

Oui ! Ils ne savent même pas que la croissance – à supposer qu’elle revienne un jour dans les pays que l’on dit développés – ne dépassera pas 2 % ! Ce n’est donc pas cette croissance-là qui parviendra à résoudre la question de l’emploi ! La croissance que l’on souhaite rapide et forte est une croissance dans la compétition. Elle amène les entreprises à mettre des machines à la place des hommes et donc à liquider les gens et à les aliéner encore davantage. Il me semble donc terrifiant de voir que des socialistes puissent défendre et promettre plus de croissance. Ils n’ont pas encore fait l’effort de réfléchir et d’aller vers de nouvelles pensées.

Décélération signifierait décroissance ?

Ce qui est important, c’est de savoir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. Il est évident que les villes non polluantes, les énergies renouvelables et les grands travaux collectifs salutaires doivent croître. La pensée binaire, c’est une erreur. C’est la même chose pour mondialiser et démondialiser : il faut poursuivre la mondialisation dans ce qu’elle créé de solidarités entre les peuples et envers la planète, mais il faut la condamner quand elle crée ou apporte non pas des zones de prospérité mais de la corruption ou de l’inégalité. Je milite pour une vision complexe des choses.

La vitesse en soi n’est donc pas à blâmer ?

Voilà. Si je prends mon vélo pour aller à la pharmacie et que je tente d’y parvenir avant que celle-ci ne ferme, je vais pédaler le plus vite possible. La vitesse est quelque chose que nous devons et pouvons utiliser quand le besoin se fait sentir. Le vrai problème, c’est de réussir le ralentissement général de nos activités. Reprendre du temps, naturel, biologique, au temps artificiel, chronologique et réussir à résister. Vous avez raison de dire que ce qui est vitesse et accélération est un processus de civilisation extrêmement complexe, dans lequel techniques, capitalisme, science, économie ont leur part. Toutes ces forces conjuguées nous poussent à accélérer sans que nous n’ayons aucun contrôle sur elles. Car notre grande tragédie, c’est que l’humanité est emportée dans une course accélérée, sans aucun pilote à bord. Il n’y a ni contrôle, ni régulation. L’économie elle-même n’est pas régulée. Le Fonds monétaire international n’est pas en ce sens un véritable système de régulation.

Le politique n’est-il pas tout de même censé « prendre le temps de la réflexion » ?

On a souvent le sentiment que par sa précipitation à agir, à s’exprimer, il en vient à œuvrer sans nos enfants, voire contre eux… Vous savez, les politiques sont embarqués dans cette course à la vitesse. J’ai lu une thèse récemment sur les cabinets ministériels. Parfois, sur les bureaux des conseillers, on trouvait des notes et des dossiers qualifiés de « U » pour « urgent ». Puis sont apparus les « TU » pour « très urgent » puis les « TTU ». Les cabinets ministériels sont désormais envahis, dépassés. Le drame de cette vitesse, c’est qu’elle annule et tue dans l’œuf la pensée politique. La classe politique n’a fait aucun investissement intellectuel pour anticiper, affronter l’avenir. C’est ce que j’ai tenté de faire dans mes livres comme Introduction à une politique de l’homme, La voie, Terre-patrie… L’avenir est incertain, il faut essayer de naviguer, trouver une voie, une perspective. Il y a toujours eu, dans l’Histoire, des ambitions personnelles. Mais elles étaient liées à des idées. De Gaulle avait sans doute une ambition, mais il avait une grande idée. Churchill avait de l’ambition au service d’une grande idée, qui consistait à vouloir sauver l’Angleterre du désastre. Désormais, il n’y a plus de grandes idées, mais de très grandes ambitions avec des petits bonshommes ou des petites bonnes femmes.

Michel Rocard déplorait il y a peu pour « Terra eco » la disparition de la vision à long terme…

Il a raison, mais il a tort. Un vrai politique ne se positionne pas dans l’immédiat mais dans l’essentiel. A force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Ce que Michel Rocard appelle le « long terme », je l’intitule « problème de fond », « question vitale ». Penser qu’il faut une politique planétaire pour la sauvegarde de la biosphère – avec un pouvoir de décision qui répartisse les responsabilités car on ne peut donner les mêmes responsabilités à des pays riches et à des pays pauvres –, c’est une politique essentielle à long terme. Mais ce long terme doit être suffisamment rapide car la menace elle-même se rapproche.

Le président de la République Nicolas Sarkozy n’incarne-t-il pas l’immédiateté et la présence médiatique permanente ?

Il symbolise une agitation dans l’immédiateté. Il passe à des immédiatetés successives. Après l’immédiateté, qui consiste à accueillir le despote libyen Kadhafi car il a du pétrole, succède l’autre immédiateté, où il faut détruire Kadhafi sans pour autant oublier le pétrole… En ce sens, Sarkozy n’est pas différent des autres responsables politiques, mais son caractère versatile et capricieux en font quelqu’un de très singulier pour ne pas dire un peu bizarre.

Edgar Morin, vous avez 90 ans. L’état de perpétuelle urgence de nos sociétés vous rend-il pessimiste ?

Cette absence de vision m’oblige à rester sur la brèche. Il y a une continuité dans la discontinuité. Je suis passé de l’époque de la Résistance où j’étais jeune, où il y avait un ennemi, un occupant et un danger mortel, à d’autres formes de résistances qui ne portaient pas, elles, de danger de mort, mais celui de rester incompris, calomnié ou bafoué. Après avoir été communiste de guerre et après avoir combattu l’Allemagne nazie avec de grands espoirs, j’ai vu que ces espoirs étaient trompeurs et j’ai rompu avec ce totalitarisme-là, devenu ennemi de l’humanité. J’ai combattu cela et résisté. J’ai ensuite – naturellement – défendu l’indépendance du Vietnam ou de l’Algérie, quand il s’agissait de liquider un passé colonial. Cela me semblait si logique après avoir lutté pour la propre indépendance de la France, mise en péril par le nazisme. Au bout du compte, nous sommes toujours pris dans des nécessités de résister.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je me rends compte que nous sommes sous la menace de deux barbaries associées. Humaine tout d’abord, qui vient du fond de l’histoire et qui n’a jamais été liquidée : le camp américain de Guantánamo ou l’expulsion d’enfants et de parents que l’on sépare, ça se passe aujourd’hui ! Cette barbarie-là est fondée sur le mépris humain. Et puis la seconde, froide et glacée, fondée sur le calcul et le profit. Ces deux barbaries sont alliées et nous sommes contraints de résister sur ces deux fronts. Alors, je continue avec les mêmes aspirations et révoltes que celles de mon adolescence, avec cette conscience d’avoir perdu des illusions qui pouvaient m’animer quand, en 1931, j’avais dix ans.

La combinaison de ces deux barbaries nous mettrait en danger mortel…

Oui, car ces guerres peuvent à tout instant se développer dans le fanatisme. Le pouvoir de destruction des armes nucléaires est immense et celui de la dégradation de la biosphère pour toute l’humanité est vertigineux. Nous allons, par cette combinaison, vers des cataclysmes. Toutefois, le probable, le pire, n’est jamais certain à mes yeux, car il suffit parfois de quelques événements pour que l’évidence se retourne.

Des femmes et des hommes peuvent-ils aussi avoir ce pouvoir ?

Malheureusement, dans notre époque, le système empêche les esprits de percer. Quand l’Angleterre était menacée à mort, un homme marginal a été porté au pouvoir, qui se nommait Churchill. Quand la France était menacée, ce fut De Gaulle. Pendant la Révolution, de très nombreuses personnes, qui n’avaient aucune formation militaire, sont parvenues à devenir des généraux formidables, comme Hoche ou Bonaparte ; des avocaillons comme Robespierre, de grands tribuns. Des grandes époques de crise épouvantable suscitent des hommes capables de porter la résistance. Nous ne sommes pas encore assez conscients du péril. Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules.

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy estime que de la catastrophe naît la solution. Partagez-vous son analyse ?

Il n’est pas assez dialectique. Il nous dit que la catastrophe est inévitable mais qu’elle constitue la seule façon de savoir qu’on pourrait l’éviter. Moi je dis : la catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », que pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, nous voyons que le cours des choses nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, la science moderne avec Descartes, Pierre Gassendi, Francis Bacon ou Galilée était improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Age… Regardez Athènes. Cinq siècles avant notre ère, vous avez une petite cité grecque qui fait face à un empire gigantesque, la Perse. Et à deux reprises – bien que détruite la seconde fois – Athènes parvient à chasser ces Perses grâce au coup de génie du stratège Thémistocle, à Salamine. Grâce à cette improbabilité incroyable est née la démocratie, qui a pu féconder toute l’histoire future, puis la philosophie. Alors, si vous voulez, je peux aller aux mêmes conclusions que Jean-Pierre Dupuy, mais ma façon d’y aller est tout à fait différente. Car aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance, qui devient une force historique. Nous n’en sommes pas encore là, certes, mais c’est possible.

Il est donc possible de rassembler ces forces, d’engager la grande métamorphose, de l’individu puis de la société ?

Ce que j’appelle la métamorphose, c’est le terme d’un processus dans lequel de multiples réformes, dans tous les domaines, commencent en même temps.

Nous sommes déjà dans un processus de réformes…

Non, non. Pas ces pseudo-réformes. Je parle de réformes profondes de vie, de civilisation, de société, d’économie. Ces réformes-là devront se mettre en marche simultanément et être intersolidaires.

Vous appelez cette démarche « le bien-vivre ». L’expression semble faible au regard de l’ambition que vous lui conférez.

L’idéal de la société occidentale – « bien-être » – s’est dégradé en des choses purement matérielles, de confort et de propriété d’objet. Et bien que ce mot « bien-être » soit très beau, il fallait trouver autre chose. Et quand le président de l’Equateur Rafael Correa a trouvé cette formule de « bien-vivre », reprise ensuite par Evo Morales (le président bolivien, ndlr), elle signifiait un épanouissement humain, non seulement au sein de la société mais aussi de la nature. L’expression « bien vivir » est sans doute plus forte en espagnol qu’en français. Le terme est « actif » dans la langue de Cervantès et passif dans celle de Molière. Mais cette idée est ce qui se rapporte le mieux à la qualité de la vie, à ce que j’appelle la poésie de la vie, l’amour, l’affection, la communion et la joie et donc au qualitatif, que l’on doit opposer au primat du quantitatif et de l’accumulation. Le bien-vivre, la qualité et la poésie de la vie, y compris dans son rythme, sont des choses qui doivent – ensemble – nous guider. C’est pour l’humanité une si belle finalité. Cela implique aussi et simultanément de juguler des choses comme la spéculation internationale… Si l’on ne parvient pas à se sauver de ces pieuvres qui nous menacent et dont la force s’accentue, s’accélère, il n’y aura pas de bien-vivre. —

Edgar Morin en dates

8 juillet 1921 Naissance à Paris

1939 Rejoint la Résistance

1941 Entre au Parti communiste, dont il s’éloigne avant d’en être exclu définitivement en 1951

1977 Publication du premier tome de La Méthode

1993 Ecrit Terre-Patrie et appelle à « une prise de conscience de la communauté du destin terrestre »

2009 Publie Edwige, l’inséparable (Fayard)

Se taire

Par Le 05/01/2014

"Pour que naisse le sentiment du Maître intérieur, le disciple doit veiller à ne pas dissiper son attention, afin qu'elle puisse demeurer fixée sur l'essentiel. C'est pourquoi une simplification de la vie se révèle très utile.

Il faut que le mental se taise de jour en jour et cela n'est possible qu'en éliminant les soucis superflus et les informations de tous ordres qui ne font qu'encombrer et agiter l'esprit. "

Gilles FARCET


 "De toutes les dualités, une est particulièrement subtile et particulièrement puissante pour nous maintenir dans la servitude, c'est celle du bien et du mal. Le bien autant que le mal est un obstacle à la libération."

Arnaud DESJARDINS


Méditation et cohérence cardiaque (4)

Par Le 05/01/2014

La cohérence cardiaque : rien de plus simple et rien de nouveau…

 

http://christineangelard.com/2012/12/08/la-coherence-cardiaque-rien-de-plus-simple-et-rien-de-nouveau/

Issue des recherches médicales en neurocardiologie, la cohérence cardiaque est le nom qui a été donné à un phénomène réflexe découvert par des chercheurs américains il y a une quinzaine d’années.

On a réussi à prouver que Cœur et Cerveau battent à l’unisson : si notre esprit et nos émotions influencent le rythme cardiaque, le rythme cardiaque a lui aussi une influence sur notre cerveau

Notre cerveau émotionnel, dans lequel siège l’hypothalamus (chef d’orchestre de toutes nos glandes), envoie des messages au cœur pour  permettre à l’organisme de s’adapter au stress vécu en modifiant son rythme autant cardiaque que respiratoire : Il le fait par le biais du Système neuro végétatif qui comprend 2 voies: l’ortho sympathique et le para sympathique.  Notre système nerveux neuro-végétatif, que j’appelle « le pilote automatique »,procède donc de 2 deux fonctions :  l’une qui fait office d’accélérateur vers l’ensemble coeur-poumons, le système ortho-sympathique, et l’autre qui fait office de frein vers ce même système cœur-poumons, le parasympathique.

Il existe en fait le même dispositif dans l’autre sens : c’est-à-dire de l’ensemble cœur-poumons vers le cerveau.  C’est cela qui a été découvert par les chercheurs américains il y a une quinzaine d’années. Il donc existe une boucle ou arc réflexe entre le cœur et le cerveau.

De mon rythme cardio-respiratoire part donc un arc réflexe automatique qui va équilibrer ( à condition que je l’entraine) le cerveau émotionnel et donc l’hypothalamus. Et C’est uniquement par Ma respiration que je peux avoir une action sur ce système neuro végétatif responsable de l’harmonie au sein de mes fonctions endocriniennes( toutes mes capacités d’adaptation à la vie) et de l’harmonie au niveau de mon système cardio vasculaire( régulation de la tension, entre autre) et par" ricoché" si j ‘ose dire, une harmonie au sein de mes émotions qui ne prennent plus le dessus, mais peuvent mieux être vécues et non subies. C’est en entrainant cet arc réflexe qui est initié par Ma respiration que je vais pouvoir équilibrer toute ma physiologie et apaiser mes émotions: Je redeviens le Sujet de la Vie et non plus l’ objet…

À chaque battement de coeur, cœur et cerveau s’adaptent par l’intermédiaire de ces deux systèmes, ortho et parasympathique. Lors d’émotions positives et douces (une mère allaitant son enfant, une promenade dans un paysage reposant et calme, un sourire, le souvenir d’une personne aimée) cœur et cerveau fonctionnent en parfaite cohérence. Le rythme des pulsations est régulier. Autrement dit, les émotions positives nous permettent de mieux résister au stress. Et le passage par la respiration permet de reprendre un contrôle souple sur ce frein et accélérateur de notre organisme.

Ces découvertes ont ainsi prouvé l’importance de ces exercices sur" la gestion du stress"..et donc sur notre capacité à renforcer notre système immunitaire: car stress et immunité sont intimement liés;  Action également  sur l’équilibre cardio vasculaire.

  En effet, lors de ces exercices, il se produit entre autre sur le plan sécrétions hormonales, une augmentation de la DHEA et une diminution du cortisol; la DHEA est l’hormone de la « jeunesse » et le cortisol sécrété en trop grande quantité dans des périodes de stress est neuro et cyto toxique. On obtient ces résultats positifs pour la santé après 5 minutes seulement  de pratique de cohérence cardiaque, et ce pendant 5 heures.… alors qu’après une colère, 8 heures plus tard nos paramètres de l’immunité sont encore abaissés!

L’énergie du cœur apaisé permet au corps de mieux fonctionner tant au niveau de ses surrénales (malmenées dans les situations de stress) qu’au niveau immunologique : on a une meilleure capacité à résister aux infections, aux maladies, si nos surrénales et notre système endocrinien en général, fonctionnent mieux!

On retrouve ce concept en MTC (médecine traditionnelle chinoise) : en excès de stress, notre énergie des reins (et des surrénales) est au plus bas et la circulation énergétique est bloquée : d’où les symptômes physiques à type d’épuisement ou psychiques à type de burn out et de dépressions. On est dans"le noir psychique". L’énergie des reins déstabilisée, le cœur affaiblit  coupe la personne de tout ressenti de joie:  En pratiquant ces exercices de cohérence cardiaque, on relance la circulation de vie : on redonne du souffle à tous les organes au sens propre! Le  mouvement de vie repart, par opposition au mouvement de mort précédent: où le stress et la peur figeaient cette grande roue de la vie qu’est la loi des 5 éléments. : cf " Va vers toi même, ou l’importance de se remettre en marche" où ce mécanisme est expliqué et illustré

Méthodes pour pratiquer la cohérence cardiaque :

  1. Identifier en nous les « symptômes de stress ».
  2. Solliciter son cœur en focalisant son attention sur la zone qui l’entoure (on peut aussi poser la main sur son cœur).
  3. Respirer par le cœur :c’est-à-dire, adopter un rythme de respiration régulier, en visualisant le cœur qui se gonfle à chaque inspiration et se vide à chaque expiration.
  4. Évoquer un souvenir positif, qui génère en vous une émotion agréable = un élan du cœur; et revivez-le intensément en imagination.

Cette technique simple donne d’excellents résultats si elle est pratiquée régulièrement. il serait temps de parler à notre" saboteur" qui cohabite en nous, pour prendre conscience que cette méthode entièrement gratuite est extrêmement simple et a des effets prodigieux sur notre santé tant physique que mental: C’est le meilleur investissement que l’on puisse faire pour sa santé!

Comment s’y prendre :

 Prendre plusieurs inspirations-expirations profondes et lentes, en marquant une petite pause à la fin de la respiration.

Puis, après cette phase de stabilisation, porter son attention vers le cœur, si besoin la main dessus, et visualisez-le qui se gonfle et dégonfle souplement, tranquillement; il va se créer assez rapidement une sensation de douce chaleur dans la poitrine; on y ajoute une visualisation heureuse : souvenir agréable, lumière, douceur. « Pendant cet exercice, on constate parfois qu’un sourire monte doucement aux lèvres, comme s’il était né dans la poitrine et venu éclore sur le visage. C’est un signal tout simple que la cohérence cardiaque est établie », explique David Servan Schreiber. C’est l’apaisement qui est objectivé quand la personne qui pratique l’exercice est reliée à un logiciel informatique par des capteurs de type électrocardiogramme (c’est la technique du biofeedback) : l’écran de l’ordinateur montre clairement la mise en cohérence cardiaque, sous la forme de tracés réguliers.

Pratiquée régulièrement, la mise en cohérence cardiaque va porter fruits très rapidement sur notre adaptation aux situations de stress et sur notre santé.

Pratique

On conseille de pratiquer cet exercice 3 fois par jour en commençant par 5 minutes d’exercice : on utilisera un minuteur qui nous avertira que 5 minutes se sont écoulées. Pendant ces 5 minutes, on compte nos respirations : un pour un aller-retour: inspire-expire.

Le fait de compter va permettre à notre esprit de ne pas partir dans sa course aux pensées. On canalise ainsi nos pensées et on ajuste notre corps sur ce rythme régulier. En 5 minutes, on devrait arriver à une fréquence d’environ 30 respirations complètes (inspire-expire): soit 6 respirations par minute.

 Dans les premiers temps où on s’exercera, il suffira seulement de compter et de voir combien de cycles nous faisons en 5 minutes; les séances suivantes, on essaiera d’adapter un peu mieux notre respiration, et très graduellement, on arrivera à ce chiffre. Très rapidement, si l’exercice est pratiqué quotidiennement, on n’aura plus besoin de compter. Le rythme sera trouvé de façon réflexe.

Une autre technique que j’utilise souvent est de faire tracer sa respiration: un trait vers le haut  pour l’inspiration, un trait pour le bas pour l’expiration…on "dessine" ainsi des sortes de vagues, et il est facile, à la fin des 5 minutes de compter combien de "vagues" ont été tracées:

en 5 minutes: on doit arriver à 5 fois 6 , soit 30 "vagues".

Là aussi : commencer par apprivoiser la technique: c’est à dire: prendre 3 temps de pause par jour , et porter attention à sa respiration,, juste voir les 2 ou 3 premiers jours où "on en est " au niveau rythme, et ensuite commencer à adapter pour attraper le rythme de 6 respirations par minute: Il arrive que l ‘on soit plus rapide, il conviendra alors de s’entrainer à allonger son expiration: J ai crée une méditation basée sur des sons harmonisants( Voyage en pays d intériorité: livre et CD ensemble) :  Ces sons proposés  mettent en harmonie nos 5 organes trésors que sont: coeur, Poumons, Foie, Rate, Reins . Le fait de moduler sur un son en fin d’expiration nous entraine à allonger notre expiration…

N’oublions pas que nous N’AVONS RIEN INVENTÉavec la cohérence cardiaque: Il s’agit d’une explication de la physiologie du mécanisme de la méditation: si je passe du temps tous les jours en méditation ou contemplation, j harmonise mon système physiologique au complet!

Nos sociétés modernes veulent du scientifique , du concret, du visuel…donc la science a  prouvé cela et explicité un mécanisme vieux comme le monde: Quand je suis dans un état de paix intérieure, je crée ce phénomène réflexe dont j ai parlé, et ma respiration descend à 6 respirations par minute...

On vous l’enseigne maintenant comme une panacée:):)  mais" L’homme JOIE" qui est à l’intérieur de vous,(selon le titre du merveilleux livre de Mr BOBIN) le sait déjà… 

On vous apprend ainsi avec des logiciels de bio feed back à revenir à ce rythme respiratoire apaisant 3 fois par jour… Et ce qui est important en effet c’est de trouver ce rythme de 6 respirations par minute ,car c’est à ce rythme que la physiologie s’apaise.:

INSPIRATION: 5 SECONDES, EXPIRATION: 5SECONDES ET AINSI DE SUITE.... vous pouvez vous entrainer aussi au début avec une application pour iphone ipad : type :" respirelax" ou d’autres …, mais ensuite, lorsque vous aurez trouvez le rythme,faite le au calme, loin d un ordinateur: votre corps apprendra vite, n ayez crainte: car cela lui est bénéfique     

Lorsqu’on vous l aura montré une fois, vous serez capable d y revenir tout seul et SANS LOGICIEL!!! ce n’est pas derrière un ordinateur qu’on se recentre et que l’on se relaxe le mieux:), donc essayer , chez vous au calme et revenez y… 3fois par jour ; 6 respirations par minutes ; pendant 5 minutes

Vous avez maintenant toutes les données. 

Ainsi, donc, sur le plan physiologique:  lorsque nous adoptons une fréquence cardiaque régulière, d’environ 6 respirations par minute, le rythme de nos fonctions biologiques vitales réduit le chaos. Les pulsations cardiaques plus amples et régulières entraînent une meilleure oxygénation de tous nos organes, et un meilleur fonctionnement de notre système immunitaire. Nous savons par les recherches scientifiques faites en Californie: que 5 minutes de cohérence cardiaque donnent 5 heures d’effets physiologiques positifs pour le corps… En situation de stress, nous retrouverons automatiquement ce « réflexe » qui nous permettra d’en sortir plus vite, à condition qu’on ait une pratique de "cohérence" tous les jours…

Le terme cohérence est intéressant, car il correspond à une réalité physique: le tracé entre 2  points de l’electocariogramme prend une courbe sinusoïdale, ou cohérente selon les critères de la physique lorsque nous respirons à ce rythme de 6 respirations par minute: Certes….mais sur un plan philosophique, je trouve intéressant que la médecine ramène l’homme du 21 ème siècle à s’assoir 3 fois par jour en conscience…pour un peu plus de cohérence…." L’homme qui s’est assis sur le sol de son Tipi pour méditer sur la vie et son sens, a su accepter une filiation commune à toutes les créatures et a connu l’unité de l’univers; en cela il infusait à son être l’essence même de l,humanité. Quand l’homme primitif abandonna cette forme de développement, il ralentit son perfectionnement" T.C.Mc Luhan: pieds nus sur la terre sacrée………..……….

Conclusion

Les recherches scientifiques ont démontré ce que beaucoup de « sages » savent et pratiquent depuis longtemps : la force de la méditation, de la prière, de la relaxation, selon ses convictions personnelles.

Des études faites dans des monastères de part le monde et dans des cultures religieuses différentes ont toutes montré une meilleure santé immunologique et nerveuse chez lez moines, moniales et autres adeptes de ces pratiques de silence et d’intériorité.

La guérison nous vient d’abord de l’intérieur…

Le cœur qui se met à battre à 21 jours de création de l’embryon, avant même que l’ébauche du système nerveux ne soit complète, a préséance sur notre existence et sa qualité. Le souffle qui nous a « animés » dès la première seconde hors du ventre de notre mère était déjà initié par un battement cardiaque régulier, mis en place au début de notre conception. Le « cœur empereur » comme l’appelle la MTC étant un reflet de l’énergie céleste à l’intérieur de notre matière.( " l’homme Joie" ) En allant par le souffle, retrouver une paix au niveau de nos battements cardiaques, nous nous relions à cette énergie plus grande que nous, en nous, qui apaise toute peur et angoisse, et nous relie à notre essence.

La cohérence cardiaque s’enseigne, j’offe aussi une consultation d’une heure dans ce sens, avec visualisation du tracé respiratoire sur écran …pour mes patients qui le désireront, mais je ne vous enseignerai rien: je vous accompagnerai pour que vous retrouviez ce rythme qui a été là dés le début de votre vie…et que beaucoup de peurs et de mental vous ont fait oubliés. Et vous n’aurez plus besoin d’écran pour le retrouver.

L"homme Joie" est à retrouvé en chacun  de nous..si nous pouvons être des guides, tant mieux…mais beaucoup d’entre vous le retrouveront facilement j espère avec ces quelques lignes

Amicalement

Christine

Le rêve lucide

Par Le 04/01/2014

Je me lance...Trop de rêves arrêtés trop tôt. Il faut que j'explore. Que je retrouve les auras bleutées...

Philosenfants : Edwige Chirouter

Par Le 04/01/2014

Jeudi 25 décembre

Bienvenue sur ce site consacré à la philosophie (avec les enfants) et la littérature (de jeunesse)
 

 Des Mallettes pédagogiques  : http://philosophiealecole.over-blog.com/#
                  
           "On a grand tort de peindre la philosophie inaccessible aux enfants, et d’un visage renfrogné, sourcilleux et terrible. Qui me l’a masquée de ce faux visage, pâle et hideux ? Il n'est rien de plus gai, de plus gaillard, de plus enjoué, pour un peu je dirai de plus folâtre. Elle ne prêche que fête et bon temps. Une mine triste et transie montre là  que c'est  pas  son gîte."


Ce site propose aux enseignants, aux parents, aux chercheurs, aux éducateurs, aux écrivains, aux libraires, et à tous ceux qui montent dans ce navire, de partager nos réflexions, nos pratiques, nos coups de coeur, nos questionnements sur la pratique de la philosophie avec les enfants et  la littérature de jeunesse.

Michel de Montaigne. De l’institution des enfants. Paris : Mille et une nuits, 2002, p. 36 [Chapitre 26 des Essais]


            

        Il n’y a pas d’âge pour se poser des questions métaphysiques et, très tôt, les enfants  se posent intensément  des questions universelles sur la vie, la mort, les relations humaines, la morale, le politique, etc. Le Petit Prince de Saint-Exupéry pourrait être la représentation métaphorique idéale de ce “ don de l’enfance", de ce regard enfantin, toujours neuf, jamais blasé, sur les mystères, les beautés, les horreurs de la vie et du monde. Il serait par excellence celui qui, selon l’expression de Gilles Deleuze, fait “l’idiot ” et pose la question du pourquoi et de l’essence des choses en toute naïveté et intensité.  La pratique de “ la philosophie avec les enfants ”, se développe ainsi en France depuis une dizaine d'années.  Elle répond au besoin de démocratisation d'une discipline jugée encore trop élitiste et hermétique.
Dans le même temps, la littérature de jeunesse contemporaine a entendu ce questionnement existentiel et offre aux jeunes lecteurs des récits riches, beaux et complexes qui leur permettent de s'aventurer sur les difficiles chemins de la pensée. Des auteurs comme Claude Ponti, Tomi Ungerer ou Grégoire Solotareff ne "volent pas les enfants" et les aident de façon symbolique, à travers leurs fictions, à donner plus de sens à l'existence et à la réalité.

 La littérature pense le monde et la condition humaine. Il existe ainsi une alliance profonde entre la littérature et la philosophie, deux disciplines trop souvent concurrentes et qui sont pourtant toutes les deux des discours qui doivent permettent au lecteur de grandir et de donner sens à son expérience. Or l’enfance est justement le moment privilégié de la conjonction de ces deux discours parce qu’elle constitue l’apogée de deux expériences humaines fondamentales : celle (pour la philosophie) de l’« étonnement devant le monde » et celle (pour la littérature) du   «consentement euphorique à la fiction ». Saisissons la curiosité des enfants pour démocratiser la philosophie, la relier au sensible et à la beauté et la rendre accessible à tous. 

Ce site propose aux parents, aux enseignants, aux éducateurs de partager et d'échanger nos réflexions, nos recherches, nos pratiques, nos coups de coeur, nos questionnements sur la pratique de la philosophie avec les enfants et  la littérature de jeunesse.  

     Je suis moi-même maitre de conférences à l'université de Nantes et chercheur à l'université de Québec au Canada. J'anime régulièrement des ateliers dans des classes de l'école élémentaire. Je travaille aussi avec le philosophe Michel Onfray à l'Université Populaire d'Argentan où j'anime des "goûters de philosophie et de littérature pour enfants". J'ai consacré ma thèse à ce sujet et j'ai publié deux manuels pour les professeurs des écoles. 

Je suis aussi l'auteur de Moi, Jean-Jacques Rousseau dans la collection "Les petits platons"

Sur ce blog, je mettrai à votre disposition les articles que j'ai publiés, mes interventions dans des colloques en France et à l'étranger, mes fiches de préparation, des bibliographies d'albums sur des questions philosophiques, etc.
   J'espère que nous pourrons ensemble faire avancer "la cause" de la philosophie avec les enfants. Plus largement, nous pourrons aussi discuter de l'école et de son avenir : En ces temps de régressions idéologiques et pédagogiques, résistons pour promouvoir une éducation de l'intelligence critique, de la sensibilité, de la culture et du partage !    


edwige.chirouter@wanadoo.fr

*Edwige Chirouter. Aborder la philosophie en classe à partir d'albums jeunesse. Paris : Hachette, 2012 (coll. « pédagogie pratique »). Extraits sur ce blog

* Edwige Chirouter. A quoi pense la littérature de jeunesse? Portée philosophique de la littérature et pratiques à visée philosophique au cycle 3 de l'école élémentaire. Thèse de doctorat. Soutenue en décembre 2008. Directeur de thèse : Michel Tozzi. Extraits sur ce blog
   

Autonomie

Par Le 04/01/2014

Sobriété heureuse

La maison autonome, ou comment vivre d’énergies renouvelables, d’amour et d’eau fraîche

 

par

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Chercheurs en économie alternative, c’est ainsi que se définissent Patrick et Brigitte Baronnet. Installés en Loire-Atlantique, depuis plus de 30 ans, ce couple et leurs quatre enfants expérimentent un mode de vie autonome et solidaire. Dans lequel les consommations d’énergie sont divisées par quatre. Et les besoins en argent aussi. Rencontre avec des adeptes de la sobriété heureuse.

Patrick et Brigitte ont fêté leur « débranchement EDF ». C’était il y a 20 ans. On parlait alors à peine de transition énergétique, encore moins d’arrêter la moindre sacrosainte centrale nucléaire. Installés en Loire-Atlantique, ils savouraient l’accomplissement d’un de leurs objectifs : être autonomes en électricité. Aujourd’hui, une éolienne de 18 m de hauteur et de 5 m d’envergure, couplée à des piles photovoltaïques d’une surface de 6 m², leur suffisent. L’ensemble fournit assez de courant pour une famille de six personnes (ils ont quatre enfants).

Autonomie énergétique

Cette autonomie n’est possible que parce qu’ils consomment 10 fois moins d’électricité que la moyenne des Français ! Comment ont-ils réalisé cet exploit sans revenir à l’âge des cavernes ? Très simplement : le chauffage de l’eau est assuré par les rayons du soleil et celui de la maison par un poêle de masse, qui ne coûte que 200 euros de bois par an. Patrick et Brigitte ont aussi décidé de se passer de réfrigérateur. « Six mois par an, il fait plus frais sur le bord de la fenêtre que dans le frigidaire », sourit Patrick... Ils cueillent au quotidien de quoi se nourrir dans le vaste potager biologique qu’ils entretiennent depuis bientôt 40 ans.

« Alors que tout le monde montait à Paris, pour faire carrière, pour être à la mode ou dans l’espoir d’une société meilleure », Patrick et Brigitte décident d’aller à contrecourant et quittent la capitale. « L’idée, c’était de vivre en cohérence avec nos idées et l’environnement, raconte Patrick. Il ne fallait donc pas dépenser plus que ce que pouvait nous fournir la planète. Et donc revoir totalement notre mode de vie. A l’époque, on nous prenait pour de doux rêveurs. » Il commence par enseigner à mi-temps dans une ville dont il n’avait jamais entendu parler : Châteaubriant, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Rennes. « Nous avons décidé de diminuer nos salaires pour ne pas participer à la croissance, synonyme pour nous de destruction de l’environnement. Il ne peut y avoir d’écologie avec deux salaires. Le salaire est forcément lié à la production et donc à l’atteinte à l’environnement. » Radical. Mais comment vit-on à six avec un demi-salaire d’enseignant ?

Libérés de toutes créances

« Nous sommes pourvoyeurs de nos besoins, répond Patrick. L’argent couvre un quart de nos besoins. Le reste, nous le tenons de nos bras, de nos mains et de nos neurones déconditionnés. » Premier poste d’économie : le logement. La maison a été entièrement retapée par ses propriétaires. Qui n’y connaissaient rien mais ont tout appris. « Il ne faut pas craindre l’apparente complexité des techniques, quelles qu’elles soient, estime Patrick. Il faut revenir à des techniques simples, pas chères, réparables. Le chauffe-eau solaire que j’ai fabriqué il y a 35 ans fonctionne toujours ! » Patrick n’était pourtant pas chauffagiste. « J’ai observé et je me suis lancé : tous les soirs, je prenais ma douche, chaude, grâce à un tuyau jaune de plastique qui restait au soleil toute la journée. Je me suis dit, je vais remplacer ce tuyau par un serpentin noir mat, je vais l’insérer dans une sphère plate, et je vais faire serpenter un tuyau de cuivre à l’intérieur et le relier à un ballon de 200 litres. Ce n’est pas sorcier. »

Seule contrainte : disposer de temps. « Soit on emprunte beaucoup d’argent et on travaille pour rembourser. Soit on devient auto-constructeur, et on est totalement responsable de sa maison. Nous n’avons pas toutes les garanties et assurances qu’offre un professionnel. Cela dit, quand on fait soi-même, pour soi-même, en général, on s’applique. Faire soi-même permet de minimiser les emprunts, et de ne pas être obligé de travailler à temps plein. » La plus récente construction en paille, bâtie à côté de la maison autonome, a coûté moins de 25 000 euros, pour 70 m² habitables ! De quoi rendre dépressif un promoteur immobilier. « Elle est conçue comme un capteur solaire. Le soleil, en passant à travers les vitres, chauffe les « briques de terre compactées » qui accumulent les calories. La paille très isolante, à l’extérieur, prévient du froid, les murs et le plancher rayonnent à l’intérieur en chauffant la maison. »

Autonomie en eau

« Nous n’avons jamais payé l’eau, ajoute Patrick. Nous récupérons celle qui tombe du ciel, gratuitement. Elle est stockée dans des cuves souterraines et remonte dans un puits grâce à une éolienne de pompage. Nous la filtrons ensuite pour pouvoir la boire. Elle est de bien meilleure qualité que l’eau du réseau. » N’en déplaise à Veolia ou Suez environnement. Si l’on en croit les travaux de Joseph Orszàgh, chercheur belge, sur l’eau de pluie, celle-ci est bien plus légère en produits phytosanitaires que l’eau du réseau. Et elle ne contient pas de chlore. Chez la famille Baronnet, divers systèmes, tels que la pédale en remplacement du robinet pour se laver les mains et/ou les dents, permettent de réaliser d’importantes économies.

Exit aussi la chasse d’eau. « Nous avons installé des toilettes sèches, qui nous permettent d’avoir un excellent compost pour notre jardin », avance Patrick. Résultat : la famille assure consommer cinq fois moins d’eau que la moyenne des Français. Les eaux grises – issues de la vaisselle, des lessives et des douches – sont épurées par un filtre naturel : une série de bacs où poussent des plantes que l’on retrouve traditionnellement dans les zones humides et qui permettent de nettoyer l’eau. Cette alternative aux fosses sceptiques et aux mini-stations d’épuration, très chères en zone rurale, est peu onéreuse à l’installation (moins de 1000 € contre plusieurs milliers d’euros pour les systèmes classiques). Les analyses réalisées en sortie de système assurent d’une eau très bien épurée.

« Contrairement à d’autres, nous avons choisi notre vie »

« On ne souffre d’aucun manque matériel, rassure Patrick. Nous avons simplement dû apprendre à nous défaire du regard des autres et des injonctions de la société. Oui, on peut vivre sans télé, sans portable, sans vacances à l’autre bout du monde et être heureux ! Nous n’avons pas l’impression d’avoir renoncé à quoi que ce soit. Contrairement à beaucoup d’autres, nous avons choisi notre vie. Ceux qui sont dans la croissance vivent dans l’insatisfaction permanente. Ils sont malheureux de ce qu’ont les autres et qu’ils n’ont pas. Il faut donner de l’enthousiasme aux gens pour aller vers une sobriété heureuse. Je ne parle évidemment pas de misère, ni de pauvreté. » Il vaut mieux le préciser en ces périodes d’austérité forcée.

« Attention, prévient-il, il ne s’agit pas non plus de la petite maison dans la prairie. Nous ne voulons pas nous contenter de faire nous-mêmes dans notre coin les choses de façon plus intelligente. Notre projet est politique. Nous voulons donner des idées, et restreindre collectivement notre pression sur la planète. Nous avons à cœur de recréer un tissu social, d’initier d’autres manières de vivre ensemble. »

Cultiver la biodiversité humaine

De maison, le projet de Patrick et Brigitte s’est fait hameau : un couple et deux enfants vivent dans une autre maison. Ainsi qu’une autre personne. Logée dans une construction érigée sur place. Le Hameau du ruisseau, 100% autonome en énergie, irrigue peu à peu. « Ne pas être seul, c’est très important. Plus il y a de monde, plus il y a d’idées. La biodiversité humaine, c’est fondamentale pour être heureux. »

70 000 personnes sont déjà venues visiter la maison autonome. Les propriétaires ne se lassent pas de ces rencontres mensuelles. « A chaque fois, ce sont des rencontres pleines d’enthousiasme. Les visiteurs posent des questions pertinentes, les échanges sont très riches. Et l’engagement des plus jeunes nous donne vraiment espoir. Il y a aujourd’hui de nombreux chantiers collectifs. Nous ne voyions pas ça il y a 40 ans. » Le Hameau du ruisseau se fera-t-il rivière ?

Nolwenn Weiler

Photo : source

P.-S.

Le site de la maison autonome

Attrapeur de rêves

Par Le 04/01/2014

Des rêves surpuissants depuis quelques temps.

De la couleur, des situations très précises, des gens clairement identifiés.

De la couleur.

Cette nuit encore.

J’étais au sommet d’une montagne. Je regardais l’horizon. Mais avec une impression très nette qu’il y avait autre chose que moi. Comme si je n’étais qu’une entité déguisée. Je ressentais du bonheur à contempler le bleu du ciel mais en même temps, ça n’était pas moi.

Et puis, cette idée que la Vie se regardait et que j’étais son propre expérimentateur. Comme un dédoublement.

Je me souviens que j’étais assis plus haut que les nuages. Le ciel est devenu orange.

Rien d’autre.

 

Je suis vivant.

L’expression indique que la vie est en moi.

La vie s’observe à travers moi.

Toutes les créations sont des expérimentations qui permettent à la Vie de se percevoir.

Ça n’est pas « moi » qui contemple les montagnes. C’est la Vie, à travers une forme, qui se contemple.

Chaque création, à sa mesure, est une fenêtre que la Vie ouvre sur elle-même. Différents niveaux de conscience, de la plus simple à la plus complexe, aucune hiérarchie mais juste des expériences variées. Comme si la Vie s’offrait une palette infinie de perceptions.

Il n’y a aucune prétention à retirer des expériences vécues, aucune identification, aucun ancrage, aucun désœuvrement non plus d’ailleurs. Nous sommes des sujets d’expérimentations aboutissant à des états de conscience.

Il me plaît de tenter d’approfondir ces états de conscience afin que la Vie y trouve son compte.

 Je lui dois bien ça.

Massacre des dauphins

Par Le 03/01/2014

Chères amies, chers amis,



Près de 15 000 dauphins sont tués chaque année dans les eaux péruviennes… pour servir d’appâts dans la pêche aux requins eux-mêmes en voie de disparition. Un nouveau rapport force les pouvoirs publics à prendre des mesures mais celles-ci restent trop timides et pendant ce temps, les dauphins et les requins se font massacrer. Nous pouvons arrêter ce bain de sang en menaçant la réputation touristique du Pérou. Signez maintenant et partagez: 

Je viens tout juste de voir un reportage à la télévision péruvienne qui montre comment les pêcheurs massacrent chaque année jusqu’à 15 000 dauphins uniquement pour en faire des appâts qu’ils utilisent comme proie pour pêcher des requins menacés d’extinction. Cette histoire me rend malade. Aujourd'hui je me bats pour faire cesser ce cauchemar. Voulez-vous m'aider?  

Mon pays commence à réagir, mais pour l'instant il n'a pris aucune mesure vraiment concrète
. La chasse aux dauphins est déjà interdite et passible de plusieurs années de prison, mais les autorités ferment les yeux. Ce laxisme est à l'origine du massacre de milliers de dauphins et de requins. Les pouvoirs publics sont très attentifs à la réputation internationale du Pérou, en particulier en ce qui concerne le tourisme, et si nous les mettons en difficulté avec une immense mobilisation planétaire, je suis sûre qu’ils agiront pour mettre fin au carnage.


Une fois que j’aurai remis un million de signatures aux autorités péruviennes, Avaaz placera des encarts dans les magazines de voyage publiés dans les pays d’où viennent la plupart des visiteurs. Le gouvernement ne pourra plus faire la sourde oreille! Aidez-moi à arrêter ce bain de sang en signant maintenant:


http://www.avaaz.org/fr/dolphin_hunt_peru/?byrqSbb&v=33635

Quand j’ai vu ces images de chasse effroyables, je me suis rendu compte que je devais faire quelque chose avant que nos dauphins et nos requins ne disparaissent à jamais. J’ai décidé de lancer une pétition, je l’ai envoyée à mes amis et en moins de 24 heures plus de 10 000 personnes l’avaient signée.

Nos océans sont attaqués.
Les squales et les dauphins sont déjà menacés par la pollution, le réchauffement climatique et les chalutiers. Or ils jouent un rôle essentiel; ils ont besoin d’être protégés et non pas massacrés. De nombreux écosystèmes marins pourraient s’effondrer et ils ne s’en remettront pas. Pendant ce temps là, nos responsables politiques font l'autruche.

Le tourisme est le troisième secteur économique du Pérou, et connaît la croissance la plus rapide de tous les pays sud-américains. Les visiteurs viennent admirer nos paysages sauvages préservés et l’écotourisme tient une place extrêmement importante. Publier des encarts chocs dans les pays où résident les visiteurs peut constituer une vraie menace. Les pouvoirs publics se rendront compte que les touristes ne viennent pas seulement pour le Machu Picchu et la gastronomie locale, mais aussi pour les océans, la faune et la flore du pays. Signez la pétition maintenant et parlez-en tout autour de vous:


http://www.avaaz.org/fr/dolphin_hunt_peru/?byrqSbb&v=33635

En tant que membre d’Avaaz, j’ai été vraiment stupéfiée par notre capacité à protéger les océans. Lorsque j’ai lancé la pétition, je voulais rassembler 15 000 signatures pour les 15 000 dauphins qui sont tués chaque année. Mais ensemble nous pouvons représenter tous les dauphins et requins qui peuvent être sauvés dans les eaux du Pérou!

Avec espoir et enthousiasme,

Zoe et toute l’équipe des pétitions citoyennes d’Avaaz

Cette campagne a été lancée par Zoe sur le site de pétitions citoyennes d’Avaaz. Lancer une pétition sur une question qui vous touche, c’est rapide et facile.
Cliquez ici : http://avaaz.org/fr/petition/start_a_petition/?30311

POUR EN SAVOIR PLUS :
 

Le Pérou se mobilise contre le massacre de milliers de dauphins utilisés comme appâts pour la chasse au requin (Le Monde.fr)
 http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/11/01/le-perou-se-mobilise-contre-le-massacre-de-milliers-de-dauphins-utilises-comme-appats-pour-la-chasse-au-requin_3506818_3244.html

Des dauphins massacrés au Pérou pour pêcher le requin (Maxisciences)
http://www.maxisciences.com/dauphin/des-dauphins-massacres-au-perou-pour-pecher-le-requin_art31114.html  

Des dauphins utilisés comme appâts pour les requins au Pérou (GoodPlanet)
http://www.goodplanet.info/actualite/2013/10/18/dauphins-utilises-appats-les-requins-au-perou/

Pérou-La pêche au requin menacée par le massacre des dauphins
http://lexpansion.lexpress.fr/economie/perou-la-peche-au-requin-menacee-par-le-massacre-des-dauphins_407973.html#JMPDqE36qFgEjRAv.99

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NOIRCEUR DES CIMES : Etat de conscience modifiée

Par Le 03/01/2014

Noirceur des cimes 4

 

« Je pense que je sais désormais quelles sont les étapes du processus de modification de la conscience. Tout débute par un choc existentiel. Un évènement dramatique, une rencontre extraordinaire ou une expérience bouleversante, prolongée, sans cesse renforcée. Ce choc provoque un délabrement progressif de l’ego et permet à la conscience d’engager une introspection réelle, une quête profonde, un nettoyage total. Si l’individu supporte cette épreuve, si son ego ne reprend pas le dessus, alors intervient le moment de la validation. Ce que nous avons compris, il s’agira de l’appliquer, d’en éprouver la complète exactitude, de commencer à vivre l’expérience de l’unité. C’est la prise de conscience définitive de notre connivence cellulaire avec l’Univers du Vivant, d’une fusion avec la Conscience cosmique. L’ego a disparu, il ne reste que le Soi. Un Soi transpersonnel qui va bien au-delà de l’individu. L’expérience de l’Unité est un paradigme fondamental qui permet de dépasser la surface des choses visibles et matérielles pour s’étendre dans des espaces illimités, des étendues au regard duquel les montagnes sont dérisoires. L’unité est une accession à la vie, une vision macroscopique de la vibration de l’Univers. »

Il est abasourdi par la force des mots.

« Je n’ai jamais pensé à tout cela, avoue-t-il humblement.

-Il ne s’agit pas d’y penser, il faut le ressentir. Il convient même de se libérer de l’intellect. C’est lui le geôlier. Quand vous dites que vous cherchez à atteindre le sommet d’une montagne, vous êtes dans un état de dépendance et vous avez perdu toute chance d’atteindre une quelconque sérénité. L’avidité vous domine. Elle implique le désir, la volonté d’acquisition, de reconnaissance. Votre accomplissement dépend de cette issue que vous imaginez et même si vous acceptez l’idée que vous faites fausse route et qu’il vaudrait mieux vous détacher de toute ambition, vous restez prisonnier de cette nouvelle résolution. Elle n’est jamais qu’une nouvelle forme d’addiction, une version édulcorée de votre ego qui rétablit son autorité de façon détournée. Je vous parle d’un autre état. Je dirai que c’est juste l’amour inconditionnel de ce qui est. »

 

Théorie du genre

Par Le 03/01/2014

Vincent Peillon

"La révolution française n'est pas terminée".

extraits :

"Quel est le rôle de l'école dans la société aujourd'hui ?

L'école a un rôle fondamental pour dépouiller l'enfant de toutes ses attaches identitaires.

L'école doit transformer la nature de l'enfant.

L'école est une nouvelle Eglise (religion) qui avec un nouveau clergé produit une nouvelle liturgie et de nouvelles tables de la loi.

La laïcité est une nouvelle religion, une religion républicaine."

Vous voyez où on va là ?

Une fois que tous les repères les plus profonds, les plus ancrés, les plus importants aussi auront volé en éclat, les individus seront à la merci de tous les dogmes, de tous les Maîtres à penser. Aussi ignobles soient-ils.

On ne manipule pas des gens qui ont eu la chance de grandir avec bienveillance.

On manipule très bien tous ceux qui auront été déstructurés dans leurs jeunes années.

Il n'est pas question ici de contester le droit à une sexualité choisie mais de contester le trouble gigantesque qui est inséré dans l'esprit de jeunes enfants au regard d'un espace qui n'est encore que secret, magie, poésie, mystère...

Et le plus grave dans tout ça, c'est de voir l'énergie dépensée par ces Puissants pour valider leurs démarches par de bons sentiments. Non, il ne s'agit pas de respect des personnes homosexuelles. Il s'agit bien avant tout de briser des structures.

Il s'agit donc de comprendre l'intention qui se cache derrière tout ça.

Ariane Mnouchkine

Par Le 03/01/2014

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/01/01/les-voeux-depopee-dariane-mnouchkine/

Les vœux d’épopée d’Ariane Mnouchkine

01 jan

ariane_mnouchkine_reference Par La rédaction de Mediapart

Mediapart: http://t.co/VBFd62gigw

« Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens,

À l’aube de cette année 2014, je vous souhaite beaucoup de bonheur.

Une fois dit ça… qu’ai-je dit? Que souhaité-je vraiment ?

Je m’explique :

Je nous souhaite d’abord une fuite périlleuse et ensuite un immense chantier.

D’abord fuir la peste de cette tristesse gluante, que par tombereaux entiers, tous les jours, on déverse sur nous, cette vase venimeuse, faite de haine de soi, de haine de l’autre, de méfiance de tout le monde, de ressentiments passifs et contagieux, d’amertumes stériles, de hargnes persécutoires.

Fuir l’incrédulité ricanante, enflée de sa propre importance, fuir les triomphants prophètes de l’échec inévitable, fuir les pleureurs et vestales d’un passé avorté à jamais et barrant tout futur.

Une fois réussie cette difficile évasion, je nous souhaite un chantier, un chantier colossal, pharaonique, himalayesque, inouï, surhumain parce que justement totalement humain. Le chantier des chantiers.

Ce chantier sur la palissade duquel, dès les élections passées, nos élus s’empressent d’apposer l’écriteau : “Chantier Interdit Au Public“

Je crois que j’ose parler de la démocratie.

Etre consultés de temps à autre ne suffit plus. Plus du tout. Déclarons-nous, tous, responsables de tout.

Entrons sur ce chantier. Pas besoin de violence. De cris, de rage. Pas besoin d’hostilité. Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. De constance.

L’Etat, en l’occurrence, c’est nous.

Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence.

Ajoutons partout, à celles qui existent déjà, des petites zones libres.

Oui, de ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif.

Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur. Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage. Scrutons nos éprouvettes minuscules ou nos alambics énormes afin de progresser concrètement dans notre recherche d’une meilleure société humaine. Car c’est du minuscule au cosmique que ce travail nous entrainera et entraine déjà ceux qui s’y confrontent. Comme les poètes qui savent qu’il faut, tantôt écrire une ode à la tomate ou à la soupe de congre, tantôt écrire Les Châtiments. Sauver une herbe médicinale en Amazonie, garantir aux femmes la liberté, l’égalité, la vie souvent.

Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ils en sont encore aux tout premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs.

Il faut qu’ils sachent que, ô merveille, ils ont une œuvre, faite de mille œuvres, à accomplir, ensemble, avec leurs enfants et les enfants de leurs enfants.

Disons-le, haut et fort, car, beaucoup d’entre eux ont entendu le contraire, et je crois, moi, que cela les désespère.

Quel plus riche héritage pouvons-nous léguer à nos enfants que la joie de savoir que la genèse n’est pas encore terminée et qu’elle leur appartient.

Qu’attendons-nous ? L’année 2014 ? La voici.

PS : Les deux poètes cités sont évidemment Pablo Neruda et Victor Hugo »

Points de vue

Par Le 02/01/2014

La campagne contre Dieudonné vue par Diana Johnstone pour le magazine américain Counter Punch

Un bon article très remarqué de Diana Johnstone sur les développements autour du geste de la quenelle popularisé par l’humoriste Dieudonné.

Image

Diana Johnstone

L’article est publié par Counter Punch, un magazine américain de gauche, c’est-à-dire extrémiste dans la terminologie politique en vigueur aux Etats Unis, pays où dominent traditionnellement un centre gauche et un centre droit.

Je en ferai pas de commentaires même si ce n’est pas l’envie de le faire qui manque.

La tentative de museler Dieudonné M’Bala M’Bala

la Bête Noire [en français dans le texte, NdT] de l’establishment français

par DIANA JOHNSTONE à Paris, Counter Punch (USA) 1er janvier 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Les médias traditionnels et les politiques commencent la nouvelle année avec une résolution partagée pour 2014 : museler définitivement un comédien franco-africain qui devient trop populaire auprès des jeunes gens.

Entre Noël et la Saint-Sylvestre, ce n’est personne d’autre que le Président de la République, François Hollande qui, lors d’une visite en Arabie Saoudite pour de (très grosses) affaires commerciales, a déclaré que son gouvernement devait trouver un moyen d’interdire des spectacles de l’humoriste Dieudonné M’Bala M ‘ Bala, ainsi qu’a appelé à le faire le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls.

Le leader du parti conservateur d’opposition, l’UMP Jean-François Copé, a fait immédiatement chorus en apportant un «soutien total» à la réduction au silence de l’incontrôlable comédien.

Au milieu de ce choeur médiatique unanime, l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur a écrit en éditorial que Dieudonné est «déjà mort,» lessivé, fini. La rédaction débattait ouvertement de la meilleure tactique entre essayer de le faire emprisonner pour «incitation à la haine raciale», l’annulation de ses spectacles sur la base de potentielles «menaces de trouble à l’ordre public,» ou l’exercice de pressions en menaçant les communes de diminuer le montant des subventions pour la culture si elles l’autorisent à se produire.

 L’objectif de Manuel Valls, le patron de la police nationale, est clair, mais le pouvoir tâtonne quant à la méthode.

La quenelle a un effet dévastateur sur Manuel Valls

Le cliché méprisant qui est constamment répété est que «Dieudonné ne fait plus rire personne.»

En réalité, c’est le contraire qui est vrai. Et c’est là le problème. Dans sa récente tournée dans les villes françaises, des vidéos montrent de grandes salles archi combles pliées de rire devant leur humoriste préféré. Il a popularisé un geste simple qu’il appelle la «quenelle.» Ce geste est imité par des jeunes gens dans toute la France. Elle veut dire tout simplement et à l’évidence : on en a marre.

 Pour inventer un prétexte pour détruire Dieudonné, la principale organisation juive, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, équivalent français de l’AIPAC) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), qui jouit de privilèges particuliers dans le droit français (la journaliste parle du droit de se porter partie civile, NdT) ont sorti une histoire extravagante pour qualifier Dieudonné et ceux qui le suivent de «nazis.» La quenelle n’est selon toute évidence qu’un geste grossier signifiant à peu près «dans ton cul» avec une main placée en haut de l’autre bras pointé vers le bas pour préciser la longueur de la quenelle.

Mais pour le CRIF et la LICRA, la quenelle est «un salut nazi à l’envers». (On n’est jamais assez «vigilant» quand on cherche un Hitler caché)

Comme quelqu’un l’a remarqué, un «salut nazi à l’envers» peut tout aussi bien être considéré anti-nazi. Si encore le geste a quelque chose à voir avec Heil Hitler. Ce qui n’est manifestement pas le cas.

 Mais le monde des médias reprend cette affirmation, en signalant tout du moins que «certains considèrent la quenelle comme un salut nazi à l’envers. » Peu importe si ceux qui pratiquent ce geste n’ont aucun doute sur ce qu’il veut dire : N…e le système !

 Mais jusqu’à quel point le CRIF et la LICRA sont-ils «le système» ?

La France a un grand besoin de rire 

L’industrie française est en train de disparaître, avec des usines qui ferment les une s après les autres. L’imposition des citoyens à faibles revenus est à la hausse, pour sauver les banques et l’euro. La désillusion vis-à-vis de l’Union européenne est de plus en plus forte. Les règles de l’UE empêchent toute action sérieuse pour améliorer l’état de l’économie française. Pendant ce temps, les politiciens de gauche et de droite continuent leurs discours creux, émaillés de clichés sur les «droits de l’homme» – en grande partie comme prétexte pour aller à la guerre au Moyen-Orient ou pour des diatribes contre la Chine et la Russie. Le pourcentage d’opinions positives sur le président Hollande a dégringolé à 15%. Pourtant les gens votent, avec pour résultat les mêmes politiques, décidées par l’UE.

Pourquoi alors la classe dirigeante concentre-t-elle sa vindicte sur «l’humoriste le plus talentueux de sa génération" (ainsi que le reconnaissent ses confrères, même quand ils le dénoncent)?

La réponse en bref est probablement que la popularité montante de Dieudonné auprès de la jeunesse illustre un accroissement de l’écart entre générations. Dieudonné fait rire aux dépends de l’ensemble de l’establishment politique. Ce qui a eu pour conséquences un torrent d’injures et de démarches pour interdire ses spectacles, le ruiner financièrement et même le faire aller en prison. Les attaques verbales fournissent le contexte propice à des agressions physiques contre lui. Il y a quelques jours, son assistant Jacky Sigaux a été agressé physiquement en pleine journée par plusieurs hommes masqués devant la mairie du 19ème arrondissement – juste en face du parc des Buttes Chaumont. Il a déposé plainte.

Mais quelle protection peut-on espérer de la part d’un gouvernement dont le ministre de l’intérieur, Manuel Valls – en charge de la police – a promis de trouver les moyens de faire taire Dieudonné ?

Cette affaire est importante mais il est pratiquement certain qu’elle ne sera pas traitée correctement dans les médias hors de France – exactement comme elle n’est pas traitée correctement dans la presse française qui est la source de presque tout ce qui est rapporté à l’étranger. Les problèmes liés à la traduction, une part de malentendus et de contrevérités ajoutent à la confusion.

 Pourquoi le haïssent-ils ?

Dieudonné M’Bala M’Bala est né dans la banlieue parisienne il y a 48 ans Sa mère était une blanche originaire de Bretagne, son père était un Africain originaire du Cameroun. Ce qui devrait faire de lui l’enfant-modèle du «multiculturalisme» que l’idéologie dominante de la gauche affirme promouvoir. Et durant la première partie de sa carrière, en duo avec son ami juif Elie Semoun, il était exactement ça : il faisait campagne contre le racisme, concentrant ses attaques sur le Front National allant même jusqu’à se présenter aux élections municipales contre une candidate du Front National à Dreux, une cité dortoir à environ 90 kilomètres à l’ouest de Paris où il réside. Comme les meilleurs humoristes, Dieudonné a toujours ciblé les événements de l’actualité, avec un engagement et une dignité peu courants dans la profession. Sa carrière était florissante, il jouait dans des films, était invité à la télévision et travaillait désormais en solo. Très bon observateur, il excelle dans des imitations assez subtiles de divers types de personnalités et groupes ethniques, des Africains aux Chinois.

Il y a dix ans, le 1er décembre 2013, en tant qu’invité dans une émission de télévision traitant d’actualité intitulée «On ne peut pas plaire à tout le monde,» un nom tout à fait approprié, Dieudonné était arrivé sur le plateau sommairement déguisé en «converti au sionisme extrémiste», suggérant aux autres de «rejoindre l’axe du bien isaélo-américain. ». Cette mise en cause relativement modérée de « l’axe du mal » de George W. Bush semblait complètement dans l’air du temps. Ce sketch se terminait par un bref salut «Isra-heil». On était loin du Dieudonné des débuts mais l’humoriste populaire avait été néanmoins salué avec enthousiasme par les autres comédiens tandis que le public présent sur le plateau lui avait fait une standing ovation.

C’était dans la première année de l’attaque américaine contre l’Irak à laquelle la France avait refusé de s’associer, ce qui avait amené Washington à rebaptiser ce qu’on appelle là-bas « french fries » (belges en réalité) en «freedom fries» .

Puis les protestations ont commencé à arriver, concernant particulièrement le geste final vu comme posant une équivalence entre Israël et l’Allemagne nazie.

« Antisémitisme ! » criait-on même si la cible du sketch était Israël (et les Etats Unis et leurs alliés au Moyen Orient). Les appels se multipliaient pour interdire ses spectacles, le poursuivre en justice, détruire sa carrière. Dieudonné a essayé d’expliquer que son sketch ne visait pas les Juifs en tant que tels mais, à la différence d’autres avant lui, il n’a pas présenté d’excuses pour une offense qu’il considère ne pas avoir commise.Pourquoi n’y-a-t-il pas eu de protestations de la part des Africains dont il s’est moqué ? Ou des Musulmans, Ou des Chinois ? Pourquoi une seule communauté a-t-elle réagi avec autant de rage ?

A commencé alors une décennie d’escalade. La LICRA entama une longue série d’actions en justice contre lui (« incitation à la haine raciale »), les perdant au début mais ne relâchant pas la pression. Au lieu de céder, après chaque attaque Dieudonné a poussé plus avant sa critique du « sionisme », Dans le même temps, Dieudonné était graduellement exclu des studios de télévision et traité comme un paria par les médias grand public. C’est seulement la profusion récente sur internet d’images montrant de jeunes gens en train de faire le geste de la quenelle qui a poussé l’establishment à conclure qu’une attaque frontale serait plus efficace que d’essayer de l’ignorer.

L’arrière-plan idéologique

 Pour essayer de comprendre la signification de l’affaire Dieudonné, il est nécessaire d’appréhender le contexte idéologique. Pour des raisons trop complexes pour qu’on les présente ici, la gauche française – la gauche dont la préoccupation principale était autrefois le bien-être des travailleurs, l’égalité sociale, l’opposition aux guerres d’agression, la liberté d’expression – n’existe pratiquement plus. La droite a gagné la bataille décisive de l’économie avec le triomphe de politiques qui favorisent la stabilité monétaire et les intérêts du capital dfinancier international (le « néolibéralisme »). Comme prix de consolation, la gauche jouit d’une certaine prééminence idéologique basée sur l’anti-racisme, l’anti-nationalisme et l’engagement en faveur de l’Union Européenne – et même de l’hypothétique « Europe sociale » qui s’éloigne à grands pas pour rejoindre le cimetière des rêves disparus. En fait, cette idéologie coïncide parfaitement avec une mondialisation fondée sur les exigences du capitalisme financier international.

En l’absence de toute véritable gauche sociale et économique, la France a sombré dans une sorte de «politique de l’identité » qui fait à la fois l’éloge du multiculturalisme et réagit avec véhémence contre le «communautarisme », c’est-à-dire l’affirmation de n’importe quel particularisme jugé indésirable. Mais certains particularismes ethniques sont encore moins les bienvenus que d’autres. Le voile islamique a été d’abord interdit dans les écoles, et les demandes pour le faire interdire dans l’espace public se font de plus en plus pressantes. Le niqab et la burqa, quoique rares, ont été interdits par une loi. Des controverses éclatent sur la nourriture halal dans les cantines, les prières sur la voie publique, tandis que des caricatures raillent régulièrement l’Islam. Quoi qu’on puisse penser de tout ça, la lutte contre le communautarisme peut être vue par certains comme dirigée contre une communauté en particulier. Dans le même temps, les dirigeants politiques français ont pris la tête de ceux qui appellent à la guerre dans des pays musulmans comme la Libye et la Syrie tout en affichant leur dévotion pour Israël.

En même temps, une autre communauté fait l’objet d’une sollicitude de tous les instants. Ces vingt dernières années, alors que la pratique religieuse et l’engagement politique ont considérablement décliné, l’holocauste, appelé Shoah en France, est devenu progressivement une sorte de religion d’Etat. Les écoles commémorent la Shoah chaque année, elle domine de plus en plus dans une conscience historique en recul sous les autres aspects tout comme nombre d’approches en sciences humaines. En particulier, de tous les événements de la longue histoire de France, le seul protégé par une loi est la Shoah.. La loi dite Gayssot prohibe tout questionnement sur l’histoire de la Shoah, une interférence absolument sans précédent avec la liberté d’expression. En outre, certaines associations comme la LICRA, se sont vues accorder le privilège de pouvoir poursuivre des individus en justice sur la base de « l’incitation à la haine raciale » (interprétée de manière très large et inégale) avec la possibilité d’encaisser des dommages et intérêts au nom de la « communauté insultée ». En pratique, ces lois servent surtout à poursuivre «l’antisémitisme» présumé et le «révisionnisme» par rapport à la Shoah. Même si elles sont souvent rejetées par les tribunaux, de telles actions en justice participent du harcèlement et de l’intimidation. La France est un des rares pays où le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre la colonisation israélienne peut aussi être attaqué devant les tribunaux pour «incitation à la haine raciale.»

Organisation violente, la Ligue de Défense Juive (LDJ), illégale aux Etats Unis et même en Israël, est connue pour avoir saccagé des librairies ou frappé des individus isolés, parfois âgés. Quand les agresseurs sont identifiés, la fuite en Israël est une bonne porte de sortie. Les victimes de la LDJ n’inspirent jamais dans l’opinion publique quoi que ce soit de comparable à l’indignation publique massive quand un citoyen juif est victime d’une agression gratuite. Par ailleurs, les politiciens se rendent au dîner annuel du CRIF avec le même zèle que ceux des Etats Unis pour aller au dîner de l’AIPAC -pas pour financer leurs campagnes électorales mais pour prouver la bienveillance de leurs sentiments.

La France possède la plus importante communauté juive d’Europe occidentale, une population qui a en grande majorité échappé à la déportation pendant l’occupation allemande au cours de laquelle les immigrés juifs avaient été expulsés vers les camps de concentration. En plus d’une communauté juive établie depuis très longtemps, il y a beaucoup de nouveaux venus originaires d’Afrique du Nord. Tout cela contribue à une population aux succès très dynamiques, très présente dans les professions les plus visibles et les plus populaires (le journalisme, le show business ainsi que la science et la médecine entre autres)

De tous les partis politiques français, le Parti Socialiste (en particulier via le Parti Travailliste de Shimon Peres qui est membre de l’Internationale Socialiste) est celui qui a les liens historiques les plus étroits avec Israël. Dans les années 1950, quand la France combattait le mouvement de libération nationale algérien, le gouvernement français (via Peres) avait contribué au projet israélien de production d’armes atomiques. Aujourd’hui, ce n’est pas le Parti Travailliste qui gouverne Israël mais l’extrême droite. La récente visite amicale faite par Hollande à Benjamin Netanyahou a montré que la dérive droitière de la vie politique en Israël n’a absolument pas tendu les relations – qui semblent plus étroites que jamais.

Il n’empêche que la communauté juive est très petite en comparaison du grand nombre d’immigrés arabes venus d’Afrique du Nord ou des immigrés noirs originaires des anciennes colonies françaises en Afrique. Il y a quelques années, Pascal Boniface, un intellectuel de renom membre du PS, avait prudemment averti les dirigeants du parti que leur biais en faveur de la communauté juive pourrait finir par causer des problèmes électoraux. Cet avertissement qui figurait dans un document d’analyse politique avait provoqué un tollé qui lui avait presque coûté sa carrière.

Mais le fait demeure : il n’est guère difficile pour les français d’origine arabe ou africaine d’avoir le sentiment que le «communautarisme » qui a vraiment de l’influence est le communautarisme juif.

Les usages politiques de l’holocauste

Norman Finkelstein a montré il y a quelques temps que l’holocauste peut être exploité à des fins pour le moins dénuées de noblesse : comme extorquer des fonds à des banques suisses. La situation en France est cependant très différente. Il ne fait guère de doute que les rappels constants de la Shoah fonctionnent comme une sorte de protection pour Israël contre l’hostilité que génère le traitement infligé aux palestiniens. Mais la religion de l’holocauste a un autre impact politique plus profond qui n’a pas de relation directe avec le destin des Juifs.

Plus que toute autre chose, Auschwitz a été interprété en tant que symbole de ce à quoi mène le nationalisme. La référence à Auschwitz a servi à donner mauvaise conscience à l’Europe, et notamment aux Français si on tient compte du fait que leur rôle relativement marginal dans cette affaire [Auschwitz] avait été une conséquence de la défaite militaire et de l’occupation du pays par l’Allemagne nazie. Bernard-Henri Lévy, l’écrivain dont l’influence s’est accrue dans des proportions grotesques ces dernières années (il a poussé la président Sarkozy à la guerre contre la Libye), avait commencé sa carrière en soutenant que le «fascisme» est l’authentique «idéologie française». Culpabilité, culpabilité, culpabilité. En faisant d’Auschwitz l’événement le plus significatif de l’histoire contemporaine, un certain nombre d’écrivains et de personnages publics justifient par défaut le pouvoir croissant de l’Union Européenne en tant que remplacement indispensable des nations européennes intrinsèquement «mauvaises.» Plus jamais Auschwitz ! Dissoudre les Etats nations dans une bureaucratie technocratique libérée de l’influence émotionnelle de citoyens qui pourraient ne pas voter correctement. Vous vous sentez français ? Ou allemand ? Vous devirez en éprouver de la culpabilité – à cause d’Auschwitz.

Les Européens sont de moins en moins enthousiastes devant l’UE car elle ruine leurs économies et leur retire tout contrôle démocratique sur elles. Ils peuvent voter pour le mariage gay, mais pas pour la moindre mesure keynésienne et encore moins socialiste. La culpabilité pour le passé est néanmoins supposée maintenir leur fidélité à l’égard du rêve européen.

Les fans de Dieudonné, si on en juge par les photos, semblent être en majorité des hommes jeunes, âgés entre 20 et 30 ans. Ils sont nés deux bonnes générations après la seconde guerre mondiale. Ils ont passé leurs vies à entendre parler de la Shoah. Plus de 300 écoles parisiennes arborent une plaque commémorant le sort funeste d’enfants juifs déportés dans les camps de concentration nazis. Quel peut bien être l’effet de tout ça ? Pour beaucoup de ceux qui sont nés longtemps après ces terribles événements, il semble que tout le monde est supposé se sentir coupable – si ce n’est pas pour ce qu’ils n’ont pas fait, alors c’est pour ce qu’ils auraient été supposés avoir fait s’ils en avaient eu la possibilité [s'ils avaient vécu à l'époque, NdT].

Quand Dieudonné a transformé Chaud Cacao, une vielle chanson «tropicale» un peu raciste, en Shoah Ananas, le refrain a été repris en masse par les fans de Dieudonné. J’ose croire qu’ils ne se moquent pas de la véritable Shoah mais plutôt de ceux qui leur rappellent tout le temps des événements qui sont supposés les faire se sentir coupables, insignifiants et impuissants. Une bonne partie de cette génération en a assez d’entendre parler de la période 1939 – 1945 alors que son propre avenir est sombre.

 Personne ne sait quand s’arrêter 

Dimanche dernier, Nicolas Anelka, un footballeur très connu d’origine afro-belge [la famille d'Anelka est en fait originaire des Antilles, NdT] qui évolue en Angleterre a fait une quenelle après avoir marqué un but – en signe de solidarité avec son ami Dieudonné M’Bala M’Bala. Suite à ce geste simple et à la base insignifiant, le tumulte a atteint de nouveaux sommets.

A l’Assemblée Nationale française, Meyer Habib représente les «Français de l’étranger» – dont 4 000 Israéliens d’origine française [plus de 78 000 inscrits sur les registres électoraux en réalité, NdT]. Lundi dernier, il a twitté «La quenelle d’Anelka est intolérable ! Je vais déposer une proposition de loi pour punir ce nouveau salut nazi pratiqué par les antisémites.»

Meyer Habib

Meyer Habib

La France a adopté des lois pour « punir l’antisémitisme » [aucune de ces lois ne concerne exclusivement l'antisémitisme, NdT]. Le résultat est à l’opposé. De telles dispositions tendent simplement à confirmer la vieille idée selon laquelle «les juifs dirigent le pays» et participent à la montée de l’antisémitisme. Quand de jeunes français voient un Franco-israélien essayer de transformer en délit un simple geste, quand la communauté juive se mobilise pour interdire leur humoriste préféré, cela ne peut que faire monter l’antisémitisme et même encore plus rapidement.

Il reste que dans cette escalade le rapport de forces est très inégal. Un humoriste n’a pour armes que des mots et des fans qui pourraient bien se disperser quand la situation va se corser. De l’autre côté se trouvent l’idéologie dominante et le pouvoir de l’Etat.

Dans ce genre de conflit, la paix civile dépend de la sagesse et de la capacité de ceux qui ont le plus de pouvoir à faire montre de retenue. S’ils n’agissent pas en ce sens, alors cela pourrait être un jeu sans vainqueurs.

Les Kogis (5)

Par Le 02/01/2014

Indiens de la Sierra Nevada

La Sierra Nevada de Santa Marta est un massif montagneux isolé situé à l’extrémité nord de la cordillère des Andes, au nord de la Colombie. Quatre peuples distincts, mais apparentés, vivent sur ses versants : Les Arhuaco (ou Ika), les Wiwa, les Kogi et les Kankuamo. Ils représentent une population de plus de 30 000 personnes.

Le point culminant du massif s’élève à plus de 5 000 mètres. Emergeant du littoral caribéen, les terres basses sont recouvertes de forêts tropicales et se transforment en savanes et forêts de brouillards en altitude.

Pour les Indiens, la Sierra Nevada est le centre du monde. Elle est entourée par une ‘ligne noire’ invisible qui relie les sites sacrés de leurs ancêtres et délimite leur territoire.

Grands frères

Les Indiens de la Sierra s’autodénomment ’grands frères’ et considèrent qu’ils font preuve d’une sagesse et d’une compréhension mystiques, supérieures à celles des autres peuples qu’ils appellent leurs ‘petits frères.’

Rencontre dans le paysage luxuriant de la Sierre Nevada
Rencontre dans le paysage luxuriant de la Sierre Nevada
© Danilo Villafañe

Les grands frères estiment qu’il est de leur responsabilité de maintenir l’équilibre de l’univers. Lorsqu’il y a des ouragans, des périodes de sécheresse ou de famine dans le monde, ils se disent responsables de l’échec de l’homme à maintenir l’harmonie du monde.

L’équilibre est établi en faisant des offrandes aux sites sacrés pour rendre à la terre ce qui lui a été prélevé.

Mamos

Un Arhuaco, Colombie
Un Arhuaco, Colombie
© Survival

Leurs leaders spirituels sont appelés Mamo. Ils sont chargés de maintenir l’ordre naturel du monde à travers le chant, la méditation et les rites d’offrandes.

L’apprentissage du Mamo commence dès son plus jeune âge et continue jusqu’à ses 18 ans environ. Le jeune homme est emmené dans les hauteurs des montagnes où il apprend à méditer sur le monde naturel et spirituel.

Dans notre culture occidentale, le Mamo serait à la fois un prêtre, un enseignant et un médecin.

Coca vs cocaine

Le surplus de poudre se fixe à l’ouverture du ‘poporo’ formant avec le temps un épais collier
Le surplus de poudre se fixe à l’ouverture du ‘poporo’ formant avec le temps un épais collier
© Danilo Villafañe

La feuille de coca joue un rôle central dans la vie quotidienne des Indiens de la Sierra Nevada et est utilisée dans les offrandes et les cérémonies.

Chaque homme porte une petite bourse remplie de feuilles de coca qu’il mâche pour créer un léger effet stimulant. Lorsque deux hommes se rencontrent, ils échangent une poignée de feuilles en signe de respect mutuel.

L’homme transporte également une gourde évidée – le ‘poporo’ – qui contient une poudre de coquillages écrasés. Il utilise un bâtonnet pour prélever un peu de cette poudre et la mélanger à la boule de coca qui est dans sa bouche – l’alcalinité des coquillages provoque une réaction avec la coca en stimulant ses ingrédients actifs. Le surplus de poudre se fixe à l’ouverture du poporo formant avec le temps un épais collier.

Le ‘poporo’ est un symbole de virilité et une marque de civilisation parmi les Indiens
Le ‘poporo’ est un symbole de virilité et une marque de civilisation parmi les Indiens
© Danilo Villafañe

La coca est également cultivée par les colons non-Indiens pour être transformée en cocaïne. La Colombie a longtemps été qualifiée de plateforme mondiale de la cocaïne et sa production a eu des conséquences dévastatrices sur les Indiens.

Les flancs inférieurs de la Sierra sont occupés par les colons qui y cultivent la coca pour alimenter le trafic de drogue qui finance une grande partie du conflit armé entre la guérilla et les paramilitaires.

Malgré leur caractère pacifique, les Indiens ont fréquemment été pris en étau entre l’armée et les groupes armés clandestins. Beaucoup d’entre eux ont été tués ou forcés de fuir le conflit qui sévit sur leur terre.

Quittez notre terre !

‘L'entrée est interdite aux non-Indiens’ - panneau à l'entrée d'un village arhuaco
‘L'entrée est interdite aux non-Indiens’ - panneau à l'entrée d'un village arhuaco
© Kelly Loudenberg/Arianna Lapenne
Pour nous, le pillage des tombes équivaut à prendre une mère pour la vider de ses intestins, pour lui arracher les dents et les remplacer par un dentier, pour lui enlever un œil et le remplacer par du verre.Mamo Ramon Gil

Les Indiens de la Sierra Nevada sont les descendants des Tairona, une importante civilisation connue pour son architecture en pierre et son orfèvrerie qui attirent touristes et pilleurs de tombes dans la région.

Chaque groupe a dû affronter à sa manière l’invasion de son territoire : les Kogi ont fui l’invasion en se réfugiant dans les hauteurs de la Sierra. Ils sont restés particulièrement réticents au tourisme.

Les Arhuaco, dont les hommes se distinguent par leur chapeaux coniques blancs, se sont organisés dans un puissant mouvement politique pour défendre leurs droits, alors que les Kankuamo qui vivent dans les contreforts inférieurs de la Sierra sont presque entièrement intégrés à la société dominante.

Eau

L’eau est très précieuse pour les Indiens qui s’opposent farouchement aux barrages hydroélectriques existants dans la région ainsi qu’aux nouveaux projets. Les barrages interfèrent dans le cycle naturel des eaux de la Sierra et menacent les cultures et les moyens de subsistance des Indiens.

Les projets de développements et les grands propriétaires terriens rendent de plus en plus difficile le déplacement des Indiens sur leur territoire ancestral et les empêchent de faire des offrandes pour maintenir l’équilibre du monde.

 
 
 

Anticonstitutionnellement.

Par Le 02/01/2014

Plaidoyer pour un peuple constituant et vigilant :

c’est aux Citoyens d’écrire eux-mêmes leur Constitution et ensuite de la protéger. Pour rester libres, les citoyens doivent toujours rester vigilants à l’encontre des pouvoirs.


La démocratie (la vraie) est une réponse des hommes au problème qu’ils ont avec les pouvoirs.

En effet, sans exception, « le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument ».

Depuis la nuit des temps, aussi vertueux soient-ils au départ, tous les hommes au pouvoir changent et finissent par abuser de ce pouvoir s’ils restent longtemps au pouvoir.

Tous les pouvoirs, et notamment les exécutifs (les gouvernements), tendent à « s’autonomiser », c’est-à-dire à concentrer le plus possible de pouvoirs et surtout à s’affranchir de tout contrôle rigoureux.

Donc, pour les humains, les pouvoirs sont à la fois nécessaires et dangereux.

C’est pour cette raison que les gouvernés ont imaginé, pour leurs gouvernants, un pacte appelé Constitution, une règle supérieure qui institue les pouvoirs et qui fixe surtout les limites de chaque pouvoir, sans exception. Une Constitution est un acte de défiance.

Montesquieu a montré qu’il fallait, par le moyen de la Constitution,affaiblir les pouvoirs, notamment le pouvoir exécutif qui est le plus dangereux, en séparant les pouvoirs et en contrôlant les pouvoirs (à tout moment, évidemment, et non pas seulement au moment des élections).

Mais Montesquieu a oublié de dire de faire très attention à QUI va écrire la Constitution : en effet, si les citoyens laissent les hommes au pouvoir écrire eux-mêmes les limites de leurs propres pouvoirs, c’est perdu : cette négligence citoyenne conduit naturellement à l’institutionnalisation de l’impuissance politique des gouvernés : transformation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes en undroit des élus à disposer des peuples.

Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ;ce n’est pas aux ministres, ce n’est pas aux parlementaires, ce n’est pas aux juges, d’écrire ou de réviser la Constitution, car ils sont, en l’occurrence, à la fois juges et parties : ils ont un intérêt personneldans les règles qu’ils instituent et ils trichent en établissant des contrôles simulés et des pouvoirs citoyens factices.

Quand des ministres, des présidents, des parlementaires ou des juges créent ou modifient une Constitution, c’est un abus de pouvoir. Ils ont un pouvoir important et ils en profitent pour en abuser. C’est une juste cause d’insurrection.

Les parlementaires et les ministres ne sont pas propriétaires de la souveraineté nationale, ils n’en sont que les dépositaires temporaires. Quand ils transfèrent notre souveraineté sans notre accord direct, sans référendum, ils se comportent comme des locataires qui vendraient la maison en douce…

Pour comprendre ce qui nous est arrivé à l’occasion de la construction de l’Union européenne, il faut voir que l’important, ce n’est pas qui VOTE la constitution, ce qui compte, c’est qui ÉCRIT la Constitution.


Le “Traité établissant une Constitution pour l’Europe”, le TCE, estun traité anticonstitutionnel :

d’abord parce qu’il est constitutionnel : le TCE crée une constitution de fait, par la nature même des règles qu’il impose en matière de pouvoirs, règles dangereuses par essence : pouvoir de légiférer, pouvoir de gouverner, pouvoir de juger… De fait, sans notre accord, les institutions européennes remplacent progressivement les institutions nationales.


Indépendamment de l’étiquette que lui collent ses auteurs, —”traité” ou “constitution”—, c’est assurément une (mauvaise) constitution qui n’avait jamais dit son nom que nos ministres ont écrite depuis 50 ans :

a.   faiblesse extrême du parlement (masquée par de petits progrès montés en épingle),

b.   confusion des pouvoirs dans les mains de l’exécutif (dans des domaines importants et dissimulés (“actes non législatifs”, par ex.),

c. dépendance étroite des juges envers les exécutifs,

d. non contrôle des pouvoirs (aucun organe n’est responsable de ses actes),

e. protection excessive et injustifiée des fonctionnaires,

f. impuissance politique des citoyens (pas de référendum d’initiative populaire),

g. information manipulable : médias, organes statistiques et insti-tuts de sondage sous influence (aucune règle constitutionnelle ne protège l’indépendance politique et économique des organes d’information),

h. sabordage monétaire (indépendance de la BCE dont la mission de lutte contre l’inflation favorise le chômage ; interdiction aux États de créer de la monnaie pour financer des investissements publics, ce qui impose intérêts ruineux et dette publique asphyxiante),

i. révisions constitutionnelles à deux vitesses : impossibles avec le peuple (procédure “ordinaire” à triple unanimité) et faciles sans le peuple (procédure “simplifiée” sans référendum).


Ensuite parce qu’on n’impose pas une Constitution par traité, la seule source acceptable du pouvoir étant la souveraineté populaire, le TCE, comme les autres traités qui l’ont précédé, fondamentalement inacceptable pour les peuples qu’il viole, le TCE est un traité anticonstitutionnel.

Les Citoyens doivent donc se réapproprier la Constitution. Ils doivent l’écrire eux-mêmes et c’est ensuite encore à eux de la protéger comme leur outil le plus précieux contre les abus de pouvoir. On peut tout déléguer, sauf ce pouvoir-là.

Donc, il nous faut un processus constituant honnête, une Assemblée Constituante dans laquelle les membres n’écrivent pas des règles pour eux-mêmes, des membres indépendants des partis et de toute organisation qui exerce ou brigue le pouvoir.

Et le seul moyen de désigner des constituants indépendants des hommes de pouvoir, c’est de laisser chacun choisir librement les citoyens qu’il juge “valeureux”, sans se laisser imposer les candidats des partis.

Il faut surtout choisir les constituants par tirage au sort parmi ces “valeureux” désignés hors partis.

Enfin, les constituants doivent se déclarer inéligibles aux fonctions qu’ils instituent eux-mêmes.

En somme, il faut rigoureusement séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués. Quand les citoyens auront réussi à imposer cettehygiène démocratique fondamentale, ils sortiront enfin de la « préhistoire de la démocratie ».

Et bien sûr, inutile de compter sur les partis et leurs amis pour débattre et faire connaître cette thèse : c’est aux simples citoyens de faire circuler cette idée, s’ils la trouvent bonne, pour s’émanciper desvoleurs de pouvoir. Cet enjeu ressemble à celui du débat référendaire de 2005.

Les principaux candidats au pouvoir, ceux que nous imposent les partis et les médias, vont tout faire pour être élus sans avoir à débattre une seule fois de leurs abus de pouvoir au plus haut niveau. Ils vont tous faire diversion avec des non sujets. À nous d’imposer que ces abus de pouvoir soient débattus publiquement.


Une « insurrection électorale » pourrait tout changer : le seul moyen de nous émanciper de la tutelle des partis, c’est d’élire un candidat hors parti, dont le seul programme serait d’organiser le tirage au sort d’une Assemblée Constituante. C’est la seule procédure viable pour protéger durablement le peuple contre les abus de pouvoir.


Par : Etienne Chouard

http://r-eveillez-vous.fr/plaidoyer-pour-un-peuple-constituant-et-vigilant-2/

Contes de fées.

Par Le 02/01/2014

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