Là-Haut

Articles de la-haut

Au champ d'horreur des coupes rases

Par Le 25/05/2024

444213206 1575198350002978 6984057066755457950 n

 

« A tronc vaillant, rien d'impossible. »
Je suis le Dragon. J'ai grandi là où mon père est tombé. Sa souche moussue gît à mes pieds. C'est lui qui m'a appris cette phrase et je l'ai répétée à chaque tempête, à chaque épreuve. J'honore chaque jour ses enseignements.
Je suis de ces bois dont on fait des héros. Mes compagnons d'arbres et moi, nous sommes à la limite haute de l'altitude, au-delà de laquelle aucun arbre ne pousse.
Seul mon grand-père avait osé pousser dans ce « no trees land ». Il a tenu bien au-delà de toutes les projections les plus optimistes. Mon grand-père était une tête brûlée.
Mon père m'a appris à ne pas dépasser les limites. « Raisonnable et obstiné », ce sont les deux mots que j'ai gravés dans mon âme.
Nous sommes les éclaireurs sur la ligne de front, les lanceurs d'alerte. Ceux qui voient venir avant les autres la barre noire à l'horizon des marées de nuages. Avant même que les vents furieux n'envahissent les montagnes, nous sentons les effluves de l'océan qui ont traversé les terres.
Tous, ici, nous avons connu la mitraille des grêlons projetés, les avalanches de flocons comme des masses écrasantes, les nuits de gel qui brisent les branches. J'ai perdu des membres comme tous mes camarades mais nous maîtrisons les baumes qui cicatrisent.
Nous craignons bien davantage depuis quelques années, les étés brûlants et les feux qui dévorent, nous avons bien conscience que l'équilibre est rompu. Personne, même dans les mémoires les plus anciennes, n'a le souvenir de fournaises aussi intenses.
Mais je suis le Dragon et je repousserai les flammes.
Aucun de nous ne se plaint car nous connaissons la situation périlleuse de nos compagnons des fonds de vallée. Des humains armés de machines monstrueuses détruisent des surfaces entières, déchirant les chairs des feuillus comme des résineux, rien ne comble leur faim insatiable. Nous entendons parfois monter jusqu'ici leurs cris de terreur et les parfums âcres du sang versé.
Tous ici, nous entonnons alors l'hymne de nos compagnons tombés aux champs d'horreur des coupes rases.

Frères humains

Par Le 24/05/2024

444138303 1574606206728859 2561977088802640645 n

Frères humains qui par ici passez, ne vous égarez pas à me plaindre, me voyant dénudé et séché par des décennies de tourments.
J'ai connu dix mille oiseaux dans mes branches, des papillons emportés par les vents teigneux se réfugiaient dans mes feuillages.
J'ai enduré des tempêtes tonitruantes et des silences brûlants, contemplé des nuits lunaires et des étoiles filantes.
J'ai appris l'endurance et la patience, je pourrais vous enseigner l'humilité et le courage, vous conter les orages de l'existence et les bonheurs de l'apaisement.
Si vous vous égarez à me plaindre, c'est que vous craignez pour vous-même le grand âge.
Mais moi, je suis vide de votre temps puisque je suis si vieux que je n'ai plus d'âge.

Je ne suis que maintenant.

Réchauffement et précipitations

Par Le 21/05/2024

 

Vu les commentaires ironiques, voire agressifs, qui fusent sur les réseaux sociaux à propos du réchauffement climatique, il est bon de rappeler quelques lois de la physique.

"Plus l’air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d’eau. Une relation explicitée par la formule de Clausius-Clapeyron qui donne la pression de vapeur saturante en fonction de la température."

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Formule_de_Clausius-Clapeyron (un lien vers l'explication mathématiques, attention, c'est du très haut niveau ^^ )

 

La France a connu un printemps météorologique plus que maussade, qui pourrait paraître incompatible avec certaines idées reçues sur le réchauffement climatique. Mais, en réalité, les derniers mois sont plutôt une illustration de ce phénomène.

Écouter cet article

02:37

Des passants dans une rue de Caen (Calvados) en janvier 2024.

Des passants dans une rue de Caen (Calvados) en janvier 2024. | MARTIN ROCHE / ARCHIVES OUEST-FRANCE

Ouest-France Maxime MAINGUET. Modifié le 21/05/2024 à 16h09 Publié le 21/05/2024 à 15h39

Newsletter La Matinale

Chaque matin, l’actualité du jour sélectionnée par Ouest-France

Marqué par des pluies importantes, des inondations récurrentes et des épisodes de froid parfois marqués, la météo qu’a connu la France lors de ce printemps météorologique 2024 a pu paraître en contradiction avec la tendance lourde du réchauffement climatique. Mais, en réalité, « mauvais temps » et réchauffement sont loin d’être contradictoires.


Veuillez fermer la vidéo flottante pour reprendre la lecture ici.

Un printemps qui compte parmi les plus chauds

D’abord, parce que, malgré le ressenti que tout un chacun a pu en avoir, il a fait, en ce printemps 2024, plutôt chaud en France. « Tous les premiers mois de l’année ont connu des températures au-dessus des normales », rappelle Yann Amice, météorologue chez Weather & Co. « Sur le mois de mai, on sera sur un mois de mai classique, mais, maintenant, c’est ça qui nous paraît anormal ! ».

Autrement dit, nous nous sommes habitués aux températures élevées. À tel point qu’on en oublierait presque que le printemps 2024 a été l’un des plus chauds jamais enregistrés en France. Selon les données relayées par Infoclimat, site qui fait référence en matière de partage de données climatiques, la période 1er mars - 20 mai est, avec une température moyenne de 12,41 °C, la 7e plus chaude depuis les années 1930.

Des pluies intensifiées par le réchauffement climatique

En réalité, les pluies qui sont tombées en grande quantité sur la plupart des régions françaises ces dernières semaines ne sont pas incompatibles avec le réchauffement climatique. Au contraire, celui-ci est même susceptible de les avoir intensifiées.

Pourquoi ? Parce que, comme l’explique la loi physique connue sous le nom de « formule de Clausius-Clapeyron », « plus l’air est chaud, plus il peut contenir d’eau sous forme de vapeur », résume Yann Amice. Selon la formule, une atmosphère plus chaude de 1 °C peut ainsi contenir 7 % d’humidité en plus. Humidité qui est ensuite vouée à retomber sur terres, sous forme de précipitations, dont les quantités sont augmentées d’autant.

Pensez-vous que les questions environnementales sont suffisamment abordées par les candidats aux élections européennes ?

 « Il est désormais établi de plus en plus clairement que le changement climatique occasionne une augmentation de l’intensité des précipitations extrêmes », confirme Météo France.

 

L’intensification rapide des pluies d’orage avec le réchauffement global

 

par 12 mars 2021, 16 h 35 min

orage

Crédits : Piqsels.

De nouveaux travaux témoignent d’une hausse rapide de l’intensité des pluies orageuses avec le réchauffement climatique. Les résultats ont récemment été publiés dans la revue Nature reviews earth & environment.

Plus l’air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d’eau. Une relation explicitée par la formule de Clausius-Clapeyron qui donne la pression de vapeur saturante en fonction de la température. De plus, puisque le lien entre les deux variables suit une fonction exponentielle, la capacité de stockage en vapeur d’eau augmente rapidement avec la température.

Suite au réchauffement climatique en cours, l’atmosphère emmagasine ainsi de plus en plus d’eau sous forme gazeuse. Une augmentation qui se chiffre à environ 7 % par degré. Avec un air plus fortement chargé en eau, le potentiel précipitant est donc mécaniquement augmenté. En particulier en ce qui concerne les évènements les plus intenses comme les orages.

pluies

Tendance dans le contenu atmosphérique en eau précipitable entre 1988 et 2020. Seuls les océans sont présentés sur cette figure. Notez l’humidification globale de l’air. Crédits : REMSS.

L’intensité des pluies orageuses en hausse rapide

Des chercheurs de l’Université de Newcastle (Angleterre) ont récemment étudié l’évolution de ces extrêmes – source de nombreux dommages environnementaux, sociétaux et humains. Pour ce faire, ils ont comparé les séries observationnelles aux modélisations numériques ainsi qu’aux études de processus afin de proposer une synthèse exhaustive. Les scientifiques ont considéré à la fois les phénomènes de courte durée – entre 1 et 3 heures – et ceux s’étalant sur plus de 1 jour afin d’avoir une base de comparaison.

Les résultats montrent qu’en moyenne, les précipitations se renforcent à un taux cohérent avec la relation de Clausius-Clapeyron. Toutefois, dans certaines zones géographiques, elles se renforcent beaucoup plus rapidement. Le pourtour méditerranéen est par exemple très affecté. Cette réaction exacerbée concerne exclusivement l’échelle infra journalière, typique des pluies d’orage. Elle atteint des valeurs jusqu’à 2 fois supérieures à ce qui pourrait être attribué à la hausse de l’humidité atmosphérique. Des processus dynamiques liés aux mouvements de l’air dans les nuages d’orage doivent donc entrer en jeu.

orage éclair

La hausse des températures affecte tout particulièrement les pluies orageuses. Crédits : Pexels.

Le besoin urgent de mesures d’adaptation

« Nous savons que le changement climatique nous apporte des étés plus chauds et plus secs et des hivers plus chauds et plus humides. Mais, dans le passé, nous avons eu du mal à saisir le détail des événements de pluies extrêmes, car ceux-ci peuvent être très localisés et se produire en quelques heures, voire quelques minutes », développe Hayley J. Fowler, auteur principal de l’étude. « Ce nouveau travail montre que l’augmentation de l’intensité est plus importante pour les événements courts et intenses, ce qui signifie que les crues éclair localisées seront probablement une caractéristique plus marquée de notre climat futur ».

En résumé, la hausse des températures affecte les extrêmes de courte durée selon deux modes. D’un côté, la taille du réservoir atmosphérique en vapeur d’eau est augmentée. Il s’agit là d’une réponse thermodynamique directe au réchauffement – cohérente avec la relation de Clausius-Clapeyron. De l’autre, l’efficacité de la vidange est majorée. Autrement dit, la convection atmosphérique est plus rapide et ramène avec plus de brutalité l’eau vers la surface. « Ces résultats appellent à des mesures d’adaptation au changement climatique urgentes pour gérer les risques d’inondations croissants », avertit à ce titre le papier.

Source

Purge médiatique

Par Le 16/05/2024

 Le site " La relève et la peste" fait partie de mes lectures quotidiennes. Cette phrase-là colle parfaitement avec l'article précédent sur l'enseignement et le recrutement à marche forcée de contractuels.

"Une méthode connue dans le management : la précarité mène à la docilité."

 

 

Purge médiatique avec la suppression d’émissions consacrées à l’écologie et aux luttes sociales

 

https://lareleveetlapeste.fr/purge-mediatique-avec-la-suppression-demissions-consacrees-a-lecologie-et-aux-luttes-sociales/

« Tous ces rendez-vous constituent pour nous l’identité de France Inter. Ils portent les valeurs du service public, de liberté d’expression, de pluralisme auxquelles nous sommes toutes et tous très attaché.es, et répondent à la mission d’une radio d’offre, qualitative et exigeante. Au moment où nos audiences n’ont jamais été aussi fortes – avec pour exemple 542 000 auditeurs supplémentaires en un an pour « Le Grand dimanche Soir » –, les équipes dénoncent des décisions dangereuses pour les valeurs de notre radio »

Facebook

Twitter

Texte: Laurie Debove Photographie: La Relève et La Peste 16 mai 2024

C’est une véritable hécatombe au sein du service public de l’information. Plusieurs émissions TV et radio consacrées à l’écologie et aux luttes sociales vont être supprimées ou transformées à la rentrée. Une purge inquiétante pour le pluralisme dans les médias et la liberté d’expression alors que l’urgence écologique redouble d’intensité.

Retour en arrière médiatique

Finis les grands « tournants environnementaux » annoncés en fanfare suite à l’engouement autour de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique ? En quelques semaines, le service public de l’information a opéré une véritable purge des programmes consacrés à l’écologie et aux luttes sociales.

Cela a d’abord été l’émission d’investigation « Vert de Rage » qui en a fait les frais après 5 ans d’existence au sein de FranceTélévisions, et malgré des audiences rassemblant entre 250 000 et 600 000 spectateurs selon les épisodes. Puis, Nowu, 2 ans à peine, promoteur du journalisme de solutions pour les 15 – 25 ans.

Pour l’équipe de Nowu, l’annonce a été un gros choc et personne ne s’y attendait. Supprimée au 31 décembre, un stagiaire devait même débuter sa mission le 1er janvier. Aucun des journalistes n’était salarié de FranceTelevisions, mais tous étaient prestataires, des renvois faciles à opérer.

« Nowu était devenu une sorte d’encyclopédie en ligne de l’écologie. On ne faisait pas d’actu chaude mais du fond qu’on avait vulgarisé de manière très accessible autour de sujets comme la PAC, les véhicules électriques. On intégrait aussi une grosse part de justice sociale et climatique et c’était ce qui nous différenciait du reste des services publics. Ce qui nous a mis le plus en colère, c’est de voir 2 ans d’articles écrits et fouillés avec beaucoup d’interviews purement et simplement supprimés avec le site » explique Esther Meunier pour La Relève et La Peste

Capture d’écran d’un reportage d’anticipation Nowu sur le futur de la France en 2050

Les raisons de cette suppression : des arbitrages budgétaires selon La Lettre, document interne du 20/11/2023. Delphine Ernotte-Cunci, présidente du groupe audiovisuel public, « préfère redéployer ses moyens sur la couverture des Jeux olympiques de 2024 ». Ironie de l’histoire, l’argent public sera donc aiguillé autour d’un événement décrié pour son impact environnemental d’une durée d’à peine un mois, plutôt que de maintenir des contenus écologiques à l’année.

« En 2022, les médias audiovisuels publics français semblaient prendre un tournant salutaire en matière de couverture des enjeux environnementaux. En 2024, il devient de plus en plus clair que ces engagements n’étaient qu’un effet d’aubaine et non des engagements sincères se dotant d’un pilotage exigeant sur la durée » dénonce l’association Quota Climat

Côté RadioFrance, « C’est bientôt demain » d’Antoine Chao, reportages sur les luttes et mobilisations sociales, disparaît tandis que la mythique émission « La Terre au Carré » de Mathieu Vidard va être sévèrement transformée car son ton serait jugé « trop éco-anxiété ». A quelle sauce ? L’heure est aux négociations et l’avenir du programme inconnu. Seule certitude : la journaliste Camille Crosnier est écartée de la tranche 14h-15h malgré le succès de sa pastille « Camille passe au vert ».

Toujours à Radio France, une source interne nous a révélé que Planète Bleu, l’émission de France Bleu, ne serait pas reconduite à la rentrée. Cela concernerait l’intégralité de la galaxie Planète Bleu : le Mag (samedi et dimanche 16-17h), Planète Bleu s’engage (dimanche 15-16h) qui accueillait de nombreux médias indépendants dont La Relève et La Peste, et la chronique du mercredi. Là aussi, l’équipe ne sait pas encore ce qu’elle va devenir.

Atteinte au pluralisme dans les médias ?

Face à cette purge médiatique, la solidarité des auditeurs et membres de la profession s’organise. Côté citoyens, une pétition a recueilli plus de 31 000 signatures pour demander le maintien de l’émission « La Terre au Carré » dont le « répondeur » permettait à chacun.e de pouvoir délivrer un message à une heure de grande écoute.

De fait, le point commun des émissions concernée par cette suppression massive était de donner « une voix aux sans-voix », de « mettre en lumière ces anonymes qui agissent au quotidien pour une société plus juste » ainsi que nous l’explique un journaliste de RadioFrance.

Antoine Chao, Anaëlle Verzaux, Giv Anquetil et Charlotte Perry, quatre journalistes de RadioFrance concernés par ces coupes budgétaires, se sont formés avec « Là-bas si j’y suis », une emblématique émission radiophonique des luttes sociales présentée pendant vingt-cinq ans sur FranceInter par Daniel Mermet. L’émission long format a été supprimée en 2014, et ses descendants se trouvent aujourd’hui menacés.

Cette purge médiatique intervient d’ailleurs alors que l’humoriste Guillaume Meurice vient d’être suspendu pour une blague dénonçant le génocide de Gaza, pourtant « validée » par la justice. L’humoriste et ses comparses menés par Charline Vanhoenaker avaient déjà fait les frais des chaises musicales de RadioFrance quand ils ont vu leur quotidienne « C’est encore nous ! » déprogrammée en juin dernier pour devenir l’hebdomadaire « le Grand Dimanche soir ».

« C’est une tradition quand vient le mois de mai à France Inter, on coupe des têtes. Une méthode connue dans le management : la précarité mène à la docilité. Sauf que là, ce n’est pas vraiment au hasard. Les journalistes visés sont des reporters qui vont sur le terrain, attentifs aux gens, au mouvement social comme aux effets du réchauffement du climat, c’est à dire des islamo-wokistes antisémites. » a réagi Daniel Mermet sur le média qu’il a créé depuis

En filigrane, c’est bien une atteinte au pluralisme dans les médias et à la liberté d’expression que pose ces choix budgétaires. Inquiétude dénoncée par la SDJ (Société de Journalistes) et la SDP (Société des Producteurs et Productrices) qui se sont alliées dans un communiqué adressé à Adèle Van Reeth, Directrice de France Inter.

« Tous ces rendez-vous constituent pour nous l’identité de France Inter. Ils portent les valeurs du service public, de liberté d’expression, de pluralisme auxquelles nous sommes toutes et tous très attaché.es, et répondent à la mission d’une radio d’offre, qualitative et exigeante. Au moment où nos audiences n’ont jamais été aussi fortes – avec pour exemple 542 000 auditeurs supplémentaires en un an pour « Le Grand dimanche Soir » –, les équipes dénoncent des décisions dangereuses pour les valeurs de notre radio » expliquent-ils dans leur lettre

Même ressenti en interne, ainsi que le décrit un article de LeMonde, où une volonté de « de gommer les aspérités, ce retour au réel pas suffisamment en ligne avec les interviews de ministres » est dénoncée par des salariés de FranceInter.

Ces émissions étaient également utiles pour faire avancer des enjeux de santé publique, ainsi que l’a démontré l’émission « Vert de Rage » dédiée aux PFAS. Suite à l’épisode « Lyon : alerte aux polluants éternels », des perquisitions avaient eu lieu sur plusieurs sites de l’industriel Arkema, menées dans le cadre d’une information judiciaire pour « mise en danger d’autrui ».

Et si les humoristes concernés par ces restrictions budgétaires peuvent se consoler en jouant dans les théâtres, derniers bastions de la liberté d’expression ?, c’est bien la question de l’accès à une information libre, plurielle et éclairée qui se joue aujourd’hui pour des millions d’auditeurs. D’autant plus en plein essor du dérèglement climatique, alors que l’année 2023 a été la plus chaude jamais enregistrée et que ses effets se font ressentir de plus en plus durement chaque année.

 

 

Des enseignants dociles

Par Le 16/05/2024

Oui, je ne m'en cache pas, je me réjouis de ce qui arrive aujourd'hui et qui ne pourra que s'aggraver encore dans les années à venir. Et combien pourtant, j'ai aimé ce métier. Mais il y a vingt ans déjà que je dis et que j'écris que les gouvernements successifs n'ont qu'un seul et unique objectif : l'abêtissement des masses et bien évidemment, ça commence par l'école primaire.

Quant à la docilité des enseignants, ça n'est même plus une posture, c'est dans leur ADN. Les grèves n'ont jamais été un ressort suffisant, juste des épiphénomènes qui sont vite effacés. Il n'est qu'à voir dans quel état se trouve l'enseignement en France malgré un nombre conséquent de grèves. C'est même d'ailleurs l'image principale que portent les enseignants dans une grande partie de la population : des grévistes glandeurs.

Il n'y a que la désobéissance civique qui puisse faire plier les gouvernements. Mais là, il faut du courage.

 

Manque de candidats dans l'Education nationale : "Ils ont la volonté de recruter des gens plus dociles qu'avant", dénonce l'association des professeurs de lettres

 

Dans certaines académies, le nombre de candidats admissibles aux oraux est plus faible que le nombre de postes ouverts, aggravant la pénurie d'enseignants.

 

Article rédigé par franceinfo

Radio France

Publié le 15/05/2024 12:31 Mis à jour le 15/05/2024 12:31

Temps de lecture : 1 min Un devoir de mathématiques dans une salle de classe, à Valence (Drôme), en octobre 2018. (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS)

Un devoir de mathématiques dans une salle de classe, à Valence (Drôme), en octobre 2018. (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS)

Y aura-t-il assez de professeurs devant les élèves à la rentrée prochaine ? Après 4 000 places non pourvues en 2022, 3 100 places en 2023, la rentrée prochaine ne sera pas épargnée. Dans certaines académies, ou dans certaines disciplines, le nombre de candidats admissibles aux oraux est plus faible que le nombre de postes ouverts. S'il est encore trot tôt pour dresser un bilan complet, plusieurs centaines de postes qui ne trouvent déjà pas preneurs déjà, notamment en allemand et en lettres classiques dans les académies de Créteil et de Versailles.

à lire aussi Un rapport pointe du doigt une envolée du nombre d'enseignants vacataires à l'université

En cause, la crise d'attractivité du métier, mais aussi la réforme du concours du Capes de 2022. "Ce qu'au moins trois épreuves sur quatre évaluent, c'est la conformité du candidat avec le dogme pédagogique prescrit par l'Education nationale, détaille Romain Vignest, président de l’Association des professeurs de lettres. On ne va pas vérifier qu'il maîtrise excellemment la littérature et la langue française... Ce n'est pas ça qu'on évalue", regrette-t-il.

Pour cet enseignant de lettres, le concours met ainsi trop l'accent sur les aspects de pédagogie et de méthode, ce qui repousserait les candidats.

"Ils ne savent même pas correctement conjuguer le subjonctif"

Et cela aurait donc des conséquences bien concrètes sur le niveau des recrutés : "Vous avez des gens qui parfois n'ont jamais lu un roman de Balzac ou qui souvent n'ont jamais lu une pièce de Racine... Ils ne savent même pas correctement conjuguer le subjonctif. Parce que précisément, ce n'est pas leur savoir qu'on évalue", ajoute-t-il.

"Les conséquences pour les élèves, c'est d'avoir en face d'eux non seulement des professeurs qui sont moins compétents, mais aussi qui ne sont pas autonomes, considère Romain Vignest. Ce que je fustige, c'est la volonté de recruter des gens qui soient plus dociles que les professeurs qu'on a recrutés jusqu'à présent". 

Dans une moindre mesure, cette année, des tensions de recrutement sont à craindre en mathématiques, en lettres modernes et en physique chimie. Seule solution pour le ministère de l'Education nationale dans ces cas-là : recruter des contractuels supplémentaires.

Un autre concert

Par Le 11/05/2024

J'imagine un autre concert, une symphonie unifiée, des milliers d'écrans répartis sur la planète et des millions de personnes, tournées non pas vers l'écran et l'orchestre mais vers l'océan, les montagnes, les forêts, les immensités naturelles, tous unis dans un chant empli d'amour et de reconnaissance. Des millions de cœur diffusant leur amour pour la Terre. Que cette énergie commune ne soit pas un hommage à la musique elle-même mais que la musique et les voix toutes réunies clament l'attachement viscéral à la vie.

 

 

 

 

Le plus beau film de tous les temps

Par Le 10/05/2024

 

Ce texte est tiré de l'ouvrage, "LA TERRE S'ÉVEILLE" de Peter RUSSEL, un livre que je lis et relis depuis des années. Sans jamais m'en lasser.

516ersohzkl

"Le Big Bang par lequel commence le film, dure à peine un cent millionième de seconde. L'Univers se refroidit rapidement et après ving-cinq minutes environ des atomes stables se forment. Aucun autre changement significatif n'apparaît durent le reste de la première journée, pas plus que pendant le reste du mois de janvier : tout ce que vous voyez rts un nuage de gaz qui s'étaned. Vers février et mars, les nuages gazeux commencent lentement à se condenser en amas de galaxies et d'étoiles. Alors que les semaines et les mois passent, des étoiles explosent occasionnellement en supernovae et de nouvelles étoiles se condensent à partir de leurs débris. Notre propre soleil et système solaire se forment finalement vers le début du mois de septembre.

Une fois la Terre formée, les choses commencent à aller un peu plus vite et les molécules complexes commencent à prendre forme. En deux semaines, vers le début octobre, les algues simples et les bactéries apparaissent. Puis vient une accalmie relative pendant que la bactérie évolue lentement, développe la photosynthèse une semaine plus tard puis une atmosphère d'oxygène après cinq autre semaines, début novemre. En une autre semaine, des cellules complexes avec des nucléons bien définis évoluent, rendant possible la reproduction sexuée. Ce stade accompli, l'évolution s'accélère à nouveau. Nous sommes maintenant à la fin novembre et plus grande partie du film a été visionnée. Pourtant l'évolution de la vie vient seulement de commencer.

Les premiers orgnaismes multicellulaires simples apparaissent vers le début décembre et les premiers vertébrés rampent hors de la mer et émergent sur le sol environ une semaine après. Les dinosaures gouvernent le territoire durant la plus grande partie de la dernière semaine du film, du 24 au 30 décembre.

Nos plus anciens ancêtres simiesques ont leur entrée vers le milieu du dernier jour, mais ils ne se mettent pas debout avant 11 heures du soir.

Maintenant, après 365 jours et nuits de ilm, nous arrivons à l'un des développements les plus fascinants. le langage humain commence à se manifester une minute et demie avant minuit. Dans les 30 dernières secondes, l'agriculture débute.

La révolution industrielle prend place à la dernière demi-seconde et la deuxième guerre mondiale a lieu un vingtième de seconde avant minuit. Nous sommes maintenant à la dernière image, le dernier centimètre de centaines de milliers de kilomètres de pellicule. Le reste de l'histoire moderne se passe en un éclair, un cent millionième de seconde, pas plus long que celui avec lequel le film a débuté. L'évolution continue à accélérer et cette fulgurante accélération ne donne aucun signe de fléchissement."

 

Aucun signe de fléchissement mais une direction qui ne plaide plus pour le maintien de la vie. Cette évolution, sous la gouvernance mortifère de l'humanité, se dirige-t-elle vers une transformation radicale dont nous n'avons qu'une vague idée ?

Un monde à + 3 degrés n'est pas viable pour tous. Et la vitesse avec laquelle nous avançons, au regard de la durée du film, est absolument sidérante.

Nous, humains, sommes en train de brûler la pellicule.

 

 

https://clg-voltaire-sannois.ac-versailles.fr/spip.php?article384

L’IPBES, la plateforme scientifique mondiale sur la biodiversité, a publié le 6 mai un rapport historique et très alarmant concernant l’état de la biodiversité dans le monde.

Il aura fallu 3 ans de travail, 15 000 références scientifiques et gouvernementales épluchées et synthétisées par 355 experts de 50 pays, pour produire le rapport 2019 de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
A ce jour, il s’agit de l’analyse scientifique la plus aboutie sur l’état du vivant sur notre planète.

Il est à souligner que pour la première fois, à cette échelle, ce rapport s’appuie aussi sur les savoirs autochtones et locaux, et aborde en particulier les questions concernant les peuples autochtones et les communautés locales : on ne parle donc pas seulement d’écosystèmes mais également de socio-écosystèmes.

"Les trois quarts de l’environnement terrestre et environ les deux tiers du milieu marin ont été significativement altérés par l’action humaine. En moyenne, ces tendances ont été moins graves ou évitées dans les zones qui appartiennent à ou sont gérées par des peuples autochtones et des communautés locales. A titre exemple, l’humanité a détruit 85 % des zones humides par rapport à l’ère préindustrielle.
Les causes du déclin de la biodiversité sont connues depuis des décennies et on peut les citer : déforestation, industries extractives, destruction des habitats, industrialisation de l’agriculture, utilisation massive de pesticides, dégradation des sols, surpêche, surpopulation humaine, changement climatique, déchets plastiques, étalement urbain, espèces envahissantes apportées par nos échanges (+ 70 % : depuis 1970), agrocarburants, surconsommation et soutien à tout prix de la croissance économique : jamais l’impact de l’Homme sur la planète n’a été si fort et généralisé.
Les principaux facteurs indirects comprennent l’augmentation de la population et de la consommation par habitant ; l’innovation technologique, dont les dommages causés à la nature ont diminué dans certains cas tandis qu’ils ont augmenté dans d’autres ; et, de manière critique, les questions de gouvernance et de responsabilité."

Le choléra

Par Le 09/05/2024

Cholera

 

L'idée de placer une épidémie de choléra dans la quadrilogie en cours remonte à 2022. Et depuis, les populations et régions du monde concernées par cette maladie ne cessent de s'étendre. C'est une étude scientifique d'un couple scientifiques, les Zettler, qui m'avait alerté.

La "plastisphère" est le nom qu'ils ont donné à la prolifération de virus sur les amas de plastique flottant dans les océans, les fleuves, les rivières et toutes les zones urbaines comportant des zones humides.

 

"Plastisphère" (cliquer sur le lien)

Dans l'article ci-dessous, le choléra n'est que la résultante de conditions d'hygiène insuffisantes, un approvisionnement en eau inexistant ou dégradé.

Malgré le fait qu'il s'agisse d'une pathologie connue, la guérison n'est pas certaine.

Qu'en serait-il si de cette "plastisphère" émergeait une mutation du vibrio choleare ?

Non, je ne suis pas un catastrophiste. J'essaie d'anticiper les problèmes avant qu'ils surgissent. Avant le coronavirus, j'avais publié ici divers articles sur le risque des zoonoses. Ce qui me sidère, c'est l'indifférence d'une majeure partie de l'humanité envers les études scientifiques...

 

 

Choléra : les pays touchés par l'épidémie en 2024

 

Plus de 140 000 cas de choléra ont été recensés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis début 2024. Plus de 700 000 cas avaient été signalés en 2023.

 

Article rédigé par franceinfo

Radio France

Publié le 09/05/2024 18:28

Temps de lecture : 2 min

 

L'épidémie mortelle de choléra est en train de flamber, s'inquiète l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle touche désormais un territoire français, Mayotte, où un enfant de 3 ans est mort de cette maladie mercredi 8 mai. Les Comores, îles voisines de l'archipel français au large de l'Afrique, sont durement touchées par le choléra, comme d'autres pays, principalement africains. Franceinfo dresse l'état des lieux de l'étendue de l'épidémie dans le monde.

Selon l’OMS (en anglais), 24 pays ont enregistré de nouveaux cas de choléra depuis le début de l'année 2024. 141 900 cas ont été enregistrés, dont 25 000 pour le seul mois de mars dernier. On décompte plus de 1 700 morts depuis le début de l'année. Les pays les plus touchés par l'épidémie sont les Comores, archipel voisin de Mayotte, la République démocratique du Congo, l'Éthiopie, le Mozambique, la Somalie, la Zambie et le Zimbabwe. Et c'est l'Afghanistan qui compte le plus grand nombre de cas signalés : 33 300.

à lire aussi Choléra à Mayotte : on vous explique où en est l'épidémie qui a fait un premier mort

Selon les chiffres de l'OMS, plus de 700 000 cas avaient été recensés en 2023, contre 473 000 l'année précédente. Et depuis le début de l'année 2024, les contaminations n'ont pas ralenti. "La situation n'a fait qu'empirer", a déclaré le docteur Philippe Barboza, chargé du choléra et des maladies diarrhéiques à l'OMS. Depuis janvier 2023, l'agence onusienne a classé la résurgence de la maladie en catégorie 3 des urgences, soit son niveau le plus élevé.

En 2022, l'OMS avait déjà observé une accélération de la pandémie de choléra, avec un doublement du nombre de cas recensés et une augmentation du nombre de pays signalant des cas, passant de 35 en 2021 à 44 en 2022. Et l'OMS avait observé des "flambées de grande ampleur" (plus de 10 000 cas dans un pays donné) dans sept pays sur deux continents (Afghanistan, Cameroun, Malawi, Nigeria,
Syrie, République démocratique du Congo et Somalie).

Vaccins et prévention

Le choléra se développe dans des environnements où l'assainissement de l'eau n'est pas garanti. Car c'est une maladie qui provient d'une bactérie transmise par de l'eau ou des aliments contaminés. Dans environ un quart des cas, elle peut être fatale en provoquant une forme aiguë de diarrhée et des vomissements, entraînant la mort en un à trois jours. Sa propagation s'aggrave à cause du réchauffement climatique, s'alarme l'OMS qui pointe aussi le manque de moyens pour lutter contre la maladie.

Face à la recrudescence des infections dans le monde, les vaccins disponibles sont insuffisants. Pour surmonter cette pénurie, L'OMS ne recommande plus qu'une dose de vaccin au lieu de deux. Elle a aussi approuvé, le 19 avril dernier, une version simplifiée d'un vaccin oral contre le choléra, ce qui devrait permettre d'augmenter la production totale de ces sérums. De vastes campagnes de dépistage sont aussi organisées dans les pays touchés. Mais pour l’OMS, "l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène sont les seules solutions durables et à long terme pour mettre fin à l’épidémie de choléra et prévenir d’autres épidémies".

 

TOUS, SAUF ELLE

CHAPITRE 59

C’est à l’hôpital de Bangkok que fut répertorié le premier cas. Une femme prise de vomissements et de vertiges, des douleurs aiguës dans le ventre, une violente diarrhée, une déshydratation foudroyante. Elle fut admise aux urgences puis placée en réanimation suite à des difficultés respiratoires critiques. Elle mourut le lendemain.

L’autopsie et des analyses poussées révélèrent un probable empoisonnement par une bactérie : le vibrion.

Le deuxième cas fut enregistré la semaine suivante, un lundi.

Deux autres le mercredi.

Dix, dans le week-end.

Le dimanche soir, le responsable du laboratoire d’analyses médicales, diligenté par le gouvernement thaïlandais, appela un numéro d’urgence mis à sa disposition.

« Vibrio choleare O139, Monsieur le Ministre mais avec quelques singularités, une évolution inattendue et particulièrement agressive. Nous en sommes certains et c’est pour cela que je me permets de vous déranger. »

Le lendemain, les hautes sphères de l'OMS furent alertées.

Deux jours plus tard, la même alerte sanitaire fut envoyée par les Philippines.

Puis par le Bangladesh.

Puis l'Inde.

Et tout le monde se mit à attendre le pays suivant.

En quelques jours, des réunions ministérielles, dans tous les États concernés, permirent aux scientifiques d’expliquer le concept de plastisphère, un terme initié en 2003 par deux chercheurs, le couple Zettler. La dégradation du plastique dans les océans avait engendré l’apparition de bactéries exclusives et une contamination inconnue jusque-là. Ces bactéries nées de cette pollution par les plastiques avaient abouti à une transformation du vibrio choleare et cette évolution paraissait redoutablement dangereuse pour l’humain.

On assistait, semble-t-il, maintenant, à une propagation fulgurante de la bactérie et probablement à un renforcement brutal de sa dangerosité.

Aucun scientifique ne pouvait présager d'un possible traitement à court terme. Il fallait lancer de nombreuses études immédiatement.

Il ne restait que l'alerte sanitaire et les mesures d'hygiène et de sécurité alimentaire.

Et la gestion de crise, autrement dit, de la panique.

Le choléra... Sous une forme mutante.

Tous les politiciens connaissaient l'impact dévastateur d'un mouvement de masse sur la croissance. La peur serait plus néfaste sur l'économie que le nombre de morts lui-même.

L'OMS demanda aux pays touchés de ne plus consommer de crustacés et rappela les mesures élémentaires d'hygiène : boire de l'eau en bouteille ou utiliser des systèmes performants de filtration, se laver les mains, manger des aliments bien cuits.

Autant dire l'impensable pour des millions d'individus.

 

 

Sombres archives

Par Le 09/05/2024

 

En fait, depuis quelque temps, je compile les articles et les études scientifiques comme une sorte d'archives. Pour que lorsque vraiment, tout le monde aura compris que la planète a basculé dans une voie sans retour, personne ne puisse dire "Ah, mince, je ne savais pas que c'était si grave."

Oui, je sais, c'est dérisoire et ça ne règlera rien. Mais je les entends déjà tous ces individus inconscients qui un jour viendront se plaindre. Et, à la limite, je me demande si ça n'est pas ce qui m'énerve le plus.

Quand à la dernière phrase de l'article, je la considère comme une note humoristique involontaire...

 

Sandy Godt sur LinkedIn.

Extraits :

La planète se dirige vers un réchauffement d’au moins 2,5°C avec des résultats désastreux pour l’humanité, selon un sondage mené auprès de centaines de scientifiques

Près de 80 % des personnes interrogées, toutes membres du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui fait autorité, prévoient un réchauffement climatique d'au moins 2,5 °C, tandis que près de la moitié prévoient au moins 3 °C (5,4 °F). Seulement 6 % pensaient que la limite internationalement convenue de 1,5 °C (2,7 °F) serait respectée.

De nombreux scientifiques envisagent un avenir « semi-dystopique », marqué par des famines, des conflits et des migrations massives, provoqués par des vagues de chaleur, des incendies de forêt, des inondations et des tempêtes d’une intensité et d’une fréquence bien supérieures à celles qui ont déjà frappé.

De nombreux experts ont déclaré qu’ils se sentaient désespérés, furieux et effrayés par l’inaction des gouvernements malgré les preuves scientifiques claires fournies.

"Je pense que nous nous dirigeons vers des perturbations sociétales majeures au cours des cinq prochaines années", a déclaré Gretta Pecl, de l'Université de Tasmanie. « [Les autorités] seront submergées par des événements extrêmes après l’autre, la production alimentaire sera perturbée. Je ne pouvais pas ressentir un plus grand désespoir face à l’avenir.

Le Guardian a contacté tous les auteurs principaux ou éditeurs joignables des rapports du GIEC depuis 2018. Près de la moitié ont répondu, 380 sur 843. Les rapports du GIEC sont la référence en matière d'évaluation du changement climatique, approuvés par tous les gouvernements et produits par des experts en sciences physiques et sociales. Les résultats montrent que bon nombre des personnes les plus compétentes de la planète s’attendent à des ravages climatiques dans les décennies à venir.

La crise climatique cause déjà de profonds dégâts aux vies et aux moyens de subsistance à travers le monde, avec seulement 1,2°C (2,16°F) de réchauffement climatique en moyenne au cours des quatre dernières années. Jesse Keenan, de l'Université de Tulane aux États-Unis, a déclaré : « Ce n'est que le début : attachez votre ceinture. »

Nathalie Hilmi, du Centre Scientifique de Monaco, qui s'attend à une hausse de 3°C, est du même avis : "Nous ne pouvons pas rester en dessous de 1,5°C."

Les experts ont déclaré que des préparatifs massifs pour protéger les populations des pires catastrophes climatiques à venir étaient désormais essentiels. Leticia Cotrim da Cunha, de l'Université d'État de Rio de Janeiro, a déclaré : « Je suis extrêmement inquiète du coût en vies humaines. »

L’objectif de 1,5 °C a été choisi pour éviter le pire de la crise climatique et a été considéré comme une étoile directrice importante pour les négociations internationales. Les politiques climatiques actuelles signifient que le monde est sur la bonne voie pour atteindre environ 2,7°C , et l'enquête du Guardian montre que peu d'experts du GIEC s'attendent à ce que le monde prenne les mesures considérables nécessaires pour réduire ce chiffre.

Les jeunes scientifiques étaient plus pessimistes, avec 52 % des personnes interrogées de moins de 50 ans s'attendant à une augmentation d'au moins 3 °C, contre 38 % des plus de 50 ans. Les femmes scientifiques étaient également plus pessimistes que les hommes scientifiques, 49 % d'entre elles pensant que la température mondiale augmenterait d'au moins 3 °C. 3C, contre 38 %. Il y avait peu de différences entre les scientifiques des différents continents.

Dipak Dasgupta, de l’Institut de l’énergie et des ressources de New Delhi, a déclaré : « Si le monde, aussi incroyablement riche soit-il, reste les bras croisés et fait peu pour remédier au sort des pauvres, nous finirons tous par perdre. »

Environ un quart des experts du GIEC qui ont répondu pensaient que la hausse de la température mondiale serait limitée à 2°C ou moins, mais ils ont néanmoins tempéré leurs espoirs.

"Je suis convaincu que nous avons toutes les solutions nécessaires pour atteindre une trajectoire de 1,5°C et que nous les mettrons en œuvre dans les 20 prochaines années", a déclaré Henry Neufeldt, du Centre climatique de Copenhague de l'ONU. "Mais je crains que nos actions n'arrivent trop tard et que nous franchissions un ou plusieurs points de bascule ."

Lisa Schipper, de l'Université de Bonn en Allemagne, a déclaré : « Ma seule source d'espoir est le fait qu'en tant qu'éducatrice, je peux voir la prochaine génération être si intelligente et comprendre la politique. »

Musique : Eric Prydz

Par Le 05/05/2024

 Un morceau que j'écoute à chaque fois que je cours ou que je fais du vélo.

Aujourd'hui, c'était en creusant une tranchée. C'est beaucoup moins réjouissant mais je devais le faire. J'ai appris au fil des années, une fois que je sais quel travail je dois réaliser, à ne me concentrer que sur ce que je fais et pas sur ce qui reste à faire. Parfois, je regarde ce qui est fini, je jette un oeil sur la suite mais je sais que l'essentiel du travail intérieur, c'est de rester appliqué sur le geste en cours.

Il n'en reste pas moins que la musique est un accompagnement fort utile.

Je suis toujours fasciné par la puissance de la musique, cette capacité à alimenter l'énergie intérieure.

Je sais bien que les goûts sont différents et heureusement mais j'imagine que la puissance des effets reste le point commun pour tous et toutes, qu'il s'agisse de l'énergie ou de la sérénité, de la joie ou de l'apaisement, du bonheur ou de la mélancolie.

 

"En finir avec l'espoir"

Par Le 05/05/2024

Un texte que je trouve remarquable de justesse et auquel j'adhère intégralement. Si je n'avais encore autant de choses à écrire ou à partager, je voudrais que ce texte soit le dernier de ce blog. Cet article m'a rappelé un de mes textes puique l'espoir a été un thème qui m'a beaucoup occupé l'esprit :

L'espoir, le désespoir. (cliquez pour l'article entier)

Espérer une solution politique est juste risible tout autant que nos actes individuels n'y changeront rien. Nous sommes entrés dans des lois physiques qui n'ont que faire de nos agitations humaines. On peut juste dire que si les premières alertes lancées dans les années 1970 avaient été écoutées et si des décisions radicales avaient été prises, ces lois physiques n'en seraient pas là. L'image, peut-être la plus parlante, est celle qui concerne l'inertie d'un pétrolier lancé à pleine vitesse. Même si le commandant donne l'ordre d'inverser le sens de l'hélice en demandant une marche-arrière de toute urgence, le navire continuera à avancer encore un certain temps.

Les lois physiques sont lancées à pleine vitesse dans une direction néfaste et nos agitations, aussi radicales soient-elles (ce qui n'arrivera pas d'ailleurs, pas volontairement en tout cas), n'auraient d'effets que dans un temps lointain, très lointain. Nous avons mis beaucoup trop longtemps à réagir. Si tant est qu'on puisse considérer que les mesurettes prises soient de vraies réactions... Lol, comme disent les d'jeuns.

Il ne nous reste qu'à agir, individuellement, pour notre propre dignité.

Je garde à l'esprit une question qui me paraît essentielle : Que pense la vie de mes actes ? Et je m'ajuste au moins pire car je sais que mon existence aura de toute façon un impact

 

"Espérer ou faire ce qu’il faut. Pas nécessairement pour « sauver la planète ou l’avenir de l’Humanité ». Mais pour rester droit et faire ce qui est juste, indépendamment d’un résultat que nous ne maîtrisons pas, ou plus. Ne serait-ce que pour trouver du sens à nos vies et leur conserver un minimum de dignité."

 

En finir avec l’espoir

 

Jean-Marc Gancille

Jean-Marc Gancille

·

Follow

8 min read

·

Aug 20, 2021

https://medium.com/@jeanmarcgancille/en-finir-avec-lespoir-6578ce331cc4

Crédit : Sylvain Demercastel — Planet Blow Production

Les faits parviennent rarement à convaincre les gens qu’ils peuvent avoir tort. Le plus souvent ils contribuent paradoxalement à les conforter dans leurs croyances afin de maintenir intacte leur vision du monde au prix de contorsions intellectuelles spectaculaires et d’arrangements étonnants avec la réalité.

En matière d’écologie, ce constat ne s’applique pas uniquement aux climato-sceptiques, aux pourfendeurs de la décroissance, aux carnivores invétérés, aux lecteurs du Figaro, du Point ou de Valeurs actuelles. Il concerne également une large majorité de citoyens et singulièrement de militants de l’écologie qui préfèrent ne pas avoir à affronter trop frontalement des preuves factuelles qui pourraient remettre en question leurs illusions.

Il se pourrait bien que la pensée magique soit finalement le dénominateur commun entre les « boomers » conservateurs, le grand public et les représentants d’une certaine écologie devenue mainstream, réunis dans une propension similaire à occulter la réalité crue pour continuer à se mentir.

Bien évidemment, les ressorts qui fondent cette réaction au réel chez les uns et chez les autres sont diamétralement opposés. Alors que les premiers refusent obstinément les conclusions scientifiques, rejettent systématiquement la faute sur d’autres qu’eux-mêmes et se vautrent dans une post-vérité parfois délirante pour justifier leur mode de vie, les autres catégories ont une tendance inversement proportionnelle à transcender leur angoisse d’un avenir menaçant en surinvestissant en permanence des discours et des stratégies « solutionnistes ». Quand bien même leur efficacité est objectivement nulle.

Le fait est que nous n’avons jamais autant détruit la planète que depuis que nous prétendons la « sauver ». La détérioration de l’environnement s’amplifie, des espèces disparaissent à une vitesse effarante, la température augmente et le climat se dérègle, les ressources s’amenuisent, la démographie explose et les tensions entre nations s’intensifient. Quand bien même nous « agissons », toutes les courbes ou presque suivent imperturbablement les trajectoires les plus inquiétantes, franchissent allègrement des limites autrefois considérées comme lointaines et dessinent invariablement les contours de plus en plus net d’un monde condamné à court terme à la guerre et l’inhabitabilité. Comme le disait le respectable physicien australien Graham Turner, successeur de Dennis Meadows en tant que rédacteur coordonnateur de la nouvelle version 2012 du célèbre rapport « Halte à la croissance ? » initialement publié par le Club de Rome en 1972 : « tout se déroule comme prévu pour que survienne le désastre ».

Cela fait environ 50 ans qu’on parle de résistance, de développement durable, d’initiatives locales, de luttes, d’écologie politique, de désobéissance civile, de consomm’action, de responsabilité sociale des entreprises, de justice environnementale, de pétitions et de boycott… mais rien n’y fait : ni le mirage de la transition énergétique, ni la fable des alternatives, ni la chimère de la prise de conscience, ni le trompe-l’œil du soulèvement de la jeunesse, ni l’inaltérable rêve d’un retour à la terre, ni la belle histoire des petits gestes, ni le mythe de la non-violence, ni l’imposture des marches, ni la tromperie de la conscientisation des élites, ni le mensonge de la neutralité carbone, ni l’artifice de la démocratie participative, ni la supercherie du sursaut collapso, ni le leurre d’une rébellion, et encore moins le baratin d’une reconnexion à la nature. À l’évidence, ces faux espoirs ont tous été logiquement déçus, par définition. Dernier en date : le déferlement d’une vague verte dans les grandes villes, censée tout emporter. Il est plus probable que ce soit l’effondrement démocratique en cours qui emporte tout, et en premier lieu les promesses d’un grand soir vert métropolitain.

Quoique factuel, ce bilan sévère sur l’illusion des croyances vertes n’est évidemment pas facile à intégrer et à admettre. Foutu pour foutu à quoi bon agir ? L’objection la plus courante consiste effectivement à minorer le vertige existentiel que provoquent des faits et des données désespérantes et à les balayer d’un revers de main en y opposant l’argument ultime : la force de la volonté, si bien résumée dans la fameuse phrase de Margaret Mead fétichisée à outrance dans la communauté écolo : « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes peuvent changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé. »

Mais cette ultime duperie, qui flatte l’égo au passage, évacue malheureusement l’essentiel : la nécessité absolue de pouvoir compter sur des circonstances opportunes pour que cette volonté advienne. Et c’est là que le bât blesse. Si la société ne bascule pas, si la transition n’opère pas, si le changement de paradigme tant attendu n’a pas lieu, c’est que les conditions favorables à ces ruptures ne sont tout simplement pas réunies pour que cela se produise. Tant que les circonstances propices ne sont pas présentes, aucune chance que le changement puisse opérer. La volonté ne peut rien à elle seule, sauf à se raconter des histoires.

Comme le rappelle Vincent Mignerot, « il est trop tard… depuis toujours parce que nos espoirs et nos croyances ne réécrivent ni les lois de la thermodynamique, ni le principe d’évolution, ni le principe d’humanité. » Nous sommes effectivement soumis à des invariants physiques, des relations avec les autres vivants et des principes qui régissent le monde dans lequel nous nous débattons sur lesquels nous n’avons aucune prise, si ce n’est infinitésimale.

Que pouvons-nous par exemple aujourd’hui face à l’inertie du système Terre ? La trajectoire d’un monde à +3 à 5° à l’horizon 2100 (voire de 5 à 8° supplémentaires pour le 22ème siècle) est confirmée par les climatologues et surtout par les observations dynamiques sur le terrain. Nous n’y pouvons rien. Tout simplement parce qu’il existe un décalage de 40 à 80 ans entre la production des gaz à effet de serre et leurs effets sur le réchauffement. En d’autres termes le futur est déjà écrit pour 2100 quand bien même nous stopperions absolument tout activité productive. Sans même parler des boucles de rétroaction positive qui se sont enclenchées, comme la libération de gigantesques quantités de méthane du pergélisol dégelé par le réchauffement ou la saturation du stockage de CO2 dans les forêts tropicales, qui noircissent encore davantage le tableau.

Dans ce contexte, faire tout notre possible pour que les générations futures ne subissent pas une planète en surchauffe est une raison généreuse de continuer à se battre mais contrevient totalement à la psychologie humaine. Renoncer à des ressources perçues comme vitales aujourd’hui pour le bénéfice hypothétique d’autrui dans un futur indéterminé est une attitude altruiste qui n’est constatée absolument nulle part dans le monde. Et pour cause ! Nos modèles de sociétés productivistes et consuméristes mondialisées sont parvenus à développer une propagande marchande qui a ancré dans les esprits l’idée du bonheur par le confort matériel et le moindre effort. Au prix d’une exploitation boulimique des hydrocarbures (générant le réchauffement) et de toutes les sources d’énergie disponibles (dégradant l’environnement). Qui est prêt à renoncer aux 400 esclaves énergétiques qui permettent à l’homme moderne de s’alimenter, se soigner, se chauffer, se déplacer, se défendre… ? Personne. Et surtout pas ceux dont les ressources ont été historiquement spoliées par l’occident pour y parvenir et qui aspirent à un légitime rattrapage de niveau de vie.

Convertir 8 milliards d’humains à une sobriété volontaire, voilà l’impératif vital. Il supposerait que tous les pays soient alignés et en phase pour enclencher ce processus simultanément afin de prévenir le risque que ceux qui se soustrairaient à ces contraintes collectives en retirent un avantage compétitif sur les autres et puisse les soumettre. Totalement illusoire. Soyons sérieux : peut-on de toute façon attendre des gouvernements et des Etats qu’ils s’engagent au nom de la lutte contre le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité comme le veut la supplique militante ? C’est être absolument naïf sur la nature du Pouvoir et les fondements mêmes de la civilisation qu’il construit patiemment depuis 12000 ans au moins, selon des logiques de rapports de forces externes et de domination interne immuables. Comme l’écrivait Freud, « la civilisation est quelque chose d’imposé à une majorité récalcitrante par une minorité ayant compris comment s’approprier les moyens de puissance et de coercition. » Imaginer que L’Etat soit au service de l’intérêt général est une fable savamment entretenue pour alimenter l’espoir des masses. Le pire c’est que les gouvernements successifs y parviennent globalement bien (enfin, de moins en moins quand même) en maniant le mensonge à la perfection à coup d’oxymores : développement durable, énergie verte, croissance soutenable, industrie propre… faisant fi des lois physiques qui régissent cette planète.

Nous persistons collectivement dans l’illusion que ce modèle de société puisse être soutenable quand bien même tout nous démontre qu’il est inégalitaire et destructeur, pire : suicidaire. Notre civilisation s’est forgée par sédimentation depuis des millénaires de couches successives d’infrastructures physiques (villes, réseaux de transports et de communication, organisation spatiale…) et de représentations mentales (idéologie du progrès, bienfait de la technique, anthropocentrisme…). Et certains voudraient croire que la volonté militante de quelques uns, ultra-minoritaires par ailleurs, puisse y changer quoi que ce soit à court terme ? Margaret Mead, sors de ce corps ! Ce que nous voyons se dérouler sous nos yeux est objectivement l’exact inverse : maintenir « quoi qu’il en coûte » ce modèle prédateur jusqu’à l’absurde. Comme le dit très justement l’anthropologue James C. Scott « La civilisation n’est qu’une course sans espoir visant à trouver des remèdes aux maux qu’elle génère. »

Alors, ne nous reste-t-il plus rien à espérer ? Non. Et le changement commence par là. Si « l’espoir est la laisse de la soumission » comme disait à juste titre Raoul Vaneigem, il nous faut désormais troquer l’espoir contre le courage. L’espoir nous maintient enchaînés au système, lequel prétend faussement et continuellement qu’il peut changer, qu’il va changer. Il entretient le mythe de la technologie salvatrice comme celui, risible, de la conscientisation des élites… qu’il protège en alimentant la foi dans la résolution non-violente des conflits, en dépit de l’histoire des luttes.

L’espoir nous éloigne du présent en faisant miroiter un futur imaginaire qui surviendrait dans l’attente fiévreuse d’on ne sait quel alignement mystérieux de planètes. Nous en guettons vainement l’augure dans chaque lueur d’altérité, perpétuant sa quête vaine et amplifiant ses vertus anesthésiantes.

Il faut relire Jacques Ellul pour qui « l’espoir est la malédiction de l’homme. Car l’homme ne fait rien tant qu’il croit qu’il peut y avoir une issue qui lui sera donnée. Tant que, dans une situation terrible, il s’imagine qu’il y a une porte de sortie, il ne fait rien pour changer la situation. »

En confiant notre sort à l’espoir nous abdiquons notre propre pouvoir sur le présent. On peut en effet espérer que ce système mortifère prenne fin ou agir pour qu’il s’effondre, ici et tout de suite. On peut espérer que le déclin de la biodiversité cesse ou s’impliquer dans la conservation des animaux, sans attendre, en commençant par arrêter de les manger. On peut espérer que les gens réalisent l’indécence de l’exploitation des autres vivants ou s’engager, maintenant, résolument, pour qu’elle soit un jour abolie. Etc.

Espérer ou faire ce qu’il faut. Pas nécessairement pour « sauver la planète ou l’avenir de l’Humanité ». Mais pour rester droit et faire ce qui est juste, indépendamment d’un résultat que nous ne maîtrisons pas, ou plus. Ne serait-ce que pour trouver du sens à nos vies et leur conserver un minimum de dignité.

Illusions Vertes

Jean-Marc Gancille

Written by Jean-Marc Gancille

17 Followers

Ecologiste et animaliste, Jean-Marc Gancille travaille au sein d'une ONG scientifique française de conservation des cétacés dans l'océan indien.

La force du silence

Par Le 01/05/2024

Bien évidemment que je plussoie intégralement ces propos.

Je pense que le silence dans lequel nous vivons, Nathalie et moi, serait perçu comme anxiogène par beaucoup. J'ai un peu écrit ici sur le silence et beaucoup dans mes romans :

L'amour du silence.

Le silence

La lumière du silence

Ce silence.

Le silence de l'amour (spiritualité)

 

 

Spiritualité

La force du silence : Contre la dictature du bruit

 

https://revue-acropolis.com/la-force-du-silence-contre-la-dictature-du-bruit-2/

il y a 2 semaines

200 5 minutes de lecture

https://www.buzzsprout.com/293021/14787108-la-force-du-silence-contre-la-dictature-du-bruit

 L’humanité doit entrer dans une forme de résistance.
Que deviendra notre monde s’il ne recherche pas des espaces de silence ?
Le repos intérieur et l’harmonie ne peuvent découler que du silence. Sans lui, la vie n’existe pas.
Les plus grands mystères du monde naissent et se déploient dans le silence. 
Cardinal Robert SARAH

Pouvons-nous nous épanouir sans le silence ?

Cette réflexion philosophique est inspirée de l’ouvrage du Cardinal Robert Sarah, La Force du Silence (1), sur la nécessité absolue pour l’homme de retrouver le chemin du silence, qui, seul, peut nous mener à l’essentiel de l’Être.

Le silence contre le bruit du monde

« De tant être en contact avec des éléments artificiels, nous avons perdu la capacité de chercher une finalité aux choses et, ce qui est dramatique, c’est que nous avons perdu la possibilité de trouver aussi une finalité à notre propre vie », disait le fondateur de Nouvelle Acropole, Jorge Angel Livraga.
L’artificiel, le fait de vivre à la surface nous décroche de nos finalités, de notre profondeur et de nos racines métaphysiques. Mais revenir à l’essentiel est particulièrement difficile dans le monde très agité à l’intérieur duquel nous vivons.

Une pratique de la profondeur

Ce qui rend difficile ce contact, entre la surface et la profondeur, c’est le fait d’avoir du mal à trouver le chemin entre le moi personnel, agité par les circonstances, et ce que la tradition orientale appelle le Soi ou le moi profond. La pratique et l’expérience du silence sont utiles et nécessaires pour relier les deux. Ceci demande de commencer à calmer le moi personnel uniquement centré sur lui-même, pour pouvoir l’ouvrir, par le silence, à quelque chose d’autre, qui est déjà en nous. Cette autre chose est de l’ordre de la présence. Un aphorisme oriental dit que « Le vrai silence n’est pas l’absence de bruit mais la présence de l’être ». « Je suis en moi ou je suis en Dieu, il n’y a pas de milieu. »

Le silence ne s’oppose pas au bruit mais à la parole

« Si la parole caractérise l’homme, c’est le silence qui le définit, parce que la parole ne prend de sens qu’en fonction de ce silence », écrit le Cardinal Robert Sarah.

Dans la nature il y a toujours du bruit : les oiseaux, le vent, les arbres, la mer. On ne peut pas imposer le silence à la nature pas plus qu’à ceux qui nous entourent. Nous devons également faire attention au bruit de notre propre pensée. L’opposé du silence c’est le bavardage, la parole non authentique, la parole inutile, qui n’est pas précédée d’un silence, qui ne vient pas du vide à l’intérieur de nous-même mais du trop-plein qui est à la surface. Cette parole ne peut être empreinte de la profondeur, de la lumière, de la sagesse.

Philosopher, c’est parler à partir du silence puisque la pensée elle-même naît du silence. C’est partager un dialogue basé sur l’intimité du lien que nous avons avec notre propre âme. Ceci permet d’habiter les mots et leur signification pour leur redonner toute leur profondeur, pour entrer en compréhension avec les enseignements.

Le bavardage, ne vient pas du vide à l’intérieur de nous-même mais du trop-plein
qui est à la surface

Faire silence pour nous rapprocher de l’autre

Ce qui nous intéresse, en tant que philosophe, c’est de nous servir du silence pour entrer en relation non seulement avec nous-même mais aussi avec les autres. C’est de parvenir au silence intérieur qui permet d’écouter une autre voix, celle de la sagesse, celle de l’âme, la nôtre et celle de l’autre.

« Le silence de la vie quotidienne est une condition indispensable pour vivre avec les autres. Sans la capacité du silence, l’homme n’est pas capable d’entendre son propre entourage, de l’aimer et de le comprendre. La charité naît du silence. Elle procède d’un cœur silencieux capable d’écouter, d’entendre et d’accueillir. Le silence est une condition de l’altérité et une nécessité pour se comprendre soi-même. Sans silence, il n’y a ni repos, ni sérénité, ni vie intérieure. Le silence et la paix battent d’un seul cœur »écrit le Cardinal Robert Sarah.

La pratique du silence

Dans l’Antiquité, le sage est celui qui est capable de faire silence c’est-à-dire de faire taire ses passions et ses jugements. Sénèque disait : « À quoi bon le silence entre les quartiers si à l’intérieur de nous grondent les passions ».

Pour cela nous cherchons à renforcer notre propre densité intérieure, notre maîtrise de nous-même par la pratique de la philosophie. Pour pouvoir réagir différemment aux contrariétés de nos vies quotidiennes et aux difficultés de notre monde et agir utilement, il faut savoir accueillir la réalité du monde avec notre profondeur et pas avec notre surface. Quand on est à fleur de peau, énervé, écorché vif, on ne peut que réagir instinctivement, en général par la révolte ou par un sentiment d’impuissance.

Notre pratique en tant qu’école de philosophie c’est donc d’apprendre à cesser de réagir pour agir. Cela implique avoir une réflexion plus profonde sur le monde, sur nous-même, sur les événements en essayant de percevoir ce qu’il y a derrière l’agitation extérieure.

Garder la centralité

Il s’agit d’accueillir la réalité extérieure dans notre espace intérieur. Cela implique une capacité d’auto limitation, de se retenir mentalement, de ne pas précipiter son jugement. Les philosophes antiques parlaient également de l’ataraxie, c’est-à-dire d’une tranquillité de l’âme qui vient de la modération et du fait de pouvoir se situer avec équanimité par rapport aux choses : pas de projections, pas de critiques, pas d’attentes, pas d’anxiété. Devenir plus conscient de ce qui dépend de l’autre et de ce qui dépend de moi. Ce qui dépend de moi c’est de pouvoir garder ma propre centralité. Au centre de nous il y a le silence. Celui qui apprivoise le silence réagit de manière moins passionnelle, il est moins emporté par les circonstances.

L’art de la solitude

Si je sais rester en silence, j’apprends à garder distance par rapport à mes réactions aux événements et aux autres, je garde ma solitude. La solitude ne dépend pas du fait d’être seul ou avec les autres, la solitude est un état de conscience dans lequel on n’oublie pas la présence de son être intérieur. C’est pour cela que nous cherchons à renforcer notre propre densité intérieure, notre maîtrise de nous-même pour parvenir au silence intérieur c’est-à-dire au silence qui permet d’écouter une autre voix, celle de la sagesse, celle de l’âme, la nôtre et celle de l’autre.

« Le silence est la plus grande liberté de l’homme. Aucune dictature, aucune guerre, aucune barbarie ne peut lui enlever ce trésor divin », dit le Cardinal Robert Sarah

(1) Cardinal Robert Sarah avec Nicolas DIAT, La Force du silence, Éditions Fayard,  2016, 378 pages, 21,90 €

Françoise BÉCHET
Philosophe, formatrice à Nouvelle Acropole

© Nouvelle Acropole
La revue Acropolis est le journal d’information de
Nouvelle Acropole 

Tripalium

Par Le 01/05/2024

Un correctif ou un supplément à l'article précédent sur l'éthymologie du mot travail. J'ai ajouté quelques-uns des commentaires mais ils sont bien plus nombreux et forts intéressants. A voir sur le site.

 

 

Tripalium, une étymologie populaire… mais fausse

 

https://www.penserletravailautrement.fr/mf/2016/09/tripalium.html

 

11/09/2016

Le mot « travail » viendrait du bas-latin « tripalium », qui était le nom d’un instrument de torture constitué de trois pieux. Cette étymologie rencontre, chaque fois qu’elle est citée, un franc succès auprès de ses auditeurs. Trepalium est même devenu le titre d’une récente série française de science-fiction dans laquelle, dans une ville éponyme, la minorité qui travaille est séparée par un immense mur d’une majorité de sans-emploi.

Mais cette étymologie, communément admise, est fausse ou, à tout le moins, fort douteuse, ce que ne laisse pas supposer l’assurance avec laquelle elle est maintenant reprise [1].

L’instrument existe bel et bien et son nom aussi. Le Concile d’Auxerre a ainsi promulgué en 590 que : « Non licet Presbytero, nec Diacono, ad Trepalium, ubi rei torquentur, stare » (Il ne convient ni au prêtre, ni au diacre de se tenir auprès du trepalium, où on est torturé pour une affaire [2]). En revanche, rien ne permet d’établir le passage de ce nom au verbe de l’ancien français « travaillier », à partir duquel a été formé le mot « travail ». Il supposerait un dérivé intermédiaire « tripaliare » qui n’est pas attesté, et une transformation insolite du [i] bref en [a]. « L’éthymon tripalium est une chimère » déclare le linguiste André Eskénazy dans une étude publiée en 2008, à l'issue d'une recherche de 18 mois [3].

D’où vient alors ce mot « travail » ? Plusieurs hypothèses existent qui peut-être se croisent.

Emile Littré et Michel Bréal, deux linguistes du XIX° siècle, proposaient un autre éthymon, le latin «trabs » qui, au sens propre, signifie « poutre » et dans des sens figurés : « arbre élevé », « navire », « toit », « machine de guerre », « massue », etc., bref des choses qui utilisent ou renvoient à la forme d’une poutre. Comme « trabs » a donné « entraver », l’idée de contrainte y est bien présente mais sans la violence du tripalium. Cette étymologie pourrait également expliquer la dénomination de « travail » donné aux instruments de contention des chevaux (voir l’illustration qui figure dans mon article « le travail est-il seulement un instrument de torture ? »).

On trouve dans les mots «travail » de plusieurs langues indo-européennes, une racine consonantique commune : R-B, comme le montre le tableau ci-dessous :

Langue

Mot « travail »

Allemand

aRBeit

Espagnol

tRaBajo

Français

tRaVail

Latin

laBoR

Russe

RaBot

On peut donc supposer que cette racine indoeuropéenne, née bien avant l’instrument de torture mérovingien, ait donné en français, par des évolutions dont on ne connait pas le parcours, le mot « travail ».

Dans une étude de 1984 sur les mots espagnols médiévaux «trabajo » (travail) et « trabajar » (travailler), Marie-France Delport indique qu’ils signifient une tension ou une dynamique portée par un agent, orientée vers un but, et qui rencontre une résistance, un obstacle [4]. Elle y propose de rapprocher le préfixe –tra du latin trans- qui exprime l’idée de passage d’un état à un autre.

Enfin, il semble que le mot anglais «travel » (voyager) provienne du vieux français. Si tel est bien le cas, il y aurait une source commune à chercher entre travailler et travel, avec une bifurcation conduisant d’un côté vers le travail et de l’autre vers le voyage, peut-être autour de l’idée d’un but et d’un effort pour l’atteindre ?

Ces quatre hypothèses sont intéressantes. Elles ouvrent sur des significations du travail moins réductrices que le tripalium, mais aucune d’entre elle n’a de chance de le supplanter médiatiquement car elles n’entrent pas en résonance avec le regard que porte majoritairement la société sur le travail d’aujourd’hui.

Mais ce succès d’estime ne lui donne pas raison pour autant. Cette foi dans l’origine doloriste du mot travail s’expose en effet à deux critiques, une en mineur, l’autre en majeur.

D’abord, elle a l’air d’accorder au sens ancien, un pouvoir de vérité qu’il n’a pas. Chaque époque, chaque société forge les mots qui lui conviennent pour rendre compte de sa réalité sociale. En quoi le moyen-âge français, d’où est né le mot « travail » du fait de choix qui ont été les siens, serait-il le mieux placé pour nous confirmer une leçon sur le travail, alors que les activités productives qui existaient à cette époque et les conditions dans lesquelles elles étaient réalisées ne ressemblaient en rien aux nôtres ? Que connaissent d’ailleurs de ces conditions ceux qui aujourd’hui accordent crédit à cette étymologie ?

Mais là n’est pas le plus grave, car cette croyance est au fond naïve et sans conséquence. En revanche, lorsqu’on considère que la souffrance est une propriété du travail – la preuve : tripalium –, on laisse entendre qu’il y a là une fatalité, et qu’il n’y a donc rien à y faire, ce qui est faux. C’est pour combattre ce fatalisme qu’il est très important de toujours rappeler le caractère indissolublement anthropologique et social du travail. Pour cela, nul n’est besoin d’étymologie, mais de philosophie et de bon sens. Le travail est la manière propre dont s’organise notre espèce, dans la nature, pour y survivre, vivre et bien vivre. Il n’est donc pas un problème en soi, mais une solution. Ce qui est un problème, c’est la manière dont il est concrètement conçu, par qui et à quelle fin. Même aujourd’hui, où le travail semble avoir si mauvaise réputation, chacun sait que tout le monde n’est pas égal face à lui. Certains s’y épanouissent pendant que d’autres, plus nombreux, le subissent, voire s’y éteignent. Le problème, ce n’est donc pas le travail en soi qui n’existe pas, ce sont les conditions dans lesquelles chacun d’entre nous est amené à exercer le sien. C’est cela qu’il faudrait changer. C’est évidemment possible puisque, si le travail est un attribut de notre espèce, il est de la responsabilité de chaque société humaine de le concevoir, comme elle le peut et le veut. Sa réalité, individuelle et collective, est une construction sociale, et peut donc faire l’objet d’une profonde rénovation, voire d’une autre construction.

[1] Cet article doit beaucoup à deux bloguistes hébergés par Médiapart, Jean-Luce Morlie (article du 28/09/2011) et Flebas (article du 24/03/2016).

[2] Avec mes remerciements à Laurent, l’ami latiniste à qui je dois cette traduction. André Eskénazy, linguiste enseignant à Paris X, précise qu’ici trepalium est le nom de la pièce où l’on torture et non pas celui de l’instrument (référence en note [3]).

[3] André Eskanazy, « L’étymologie de « travail » », Romania, 2008, tome 126, n° 3-4, pages 296-372. Citation p 307.

[4] Marie-France Delport, « Trabajo – trabajar(se) : étude lexico-syntaxique », Cahiers de linguistique hispanique médiévale, n° 9, 1984, pages 99-162. Voir page 133.

Rédigé par dans Nouvelles réflexions Commentaires (32)

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Charles

il y a tellement de fausses étymologies chez Littré, Ménage et consorts que ce n'est guère étonnant. Quand on lit que le cric vient de St Criq il y a de quoi rigoler ou pleurer. Paresse viendrait de pirgitia par 5 changements mais pas du grec paresis qui signifie paresse. le vieux mot français coite (lit) ne viendrait pas du grec coite qui signifie lit....

Rédigé par : Charles | 13/03/2019 à 16:17

greg

Merci pour cet article.

Ce qui est est surprenant, c'est que si étymologiquement travail ne vient pas de tripalium, beaucoup de personne (la grande majorité ?) ne semble vraiment pas surpris d’associer le travail à un instrument de torture...

Vous le dite vous même : "[par] le travail [les] plus nombreux, le subissent, voire s’y éteignent".

Ce qui est intéressant, ce serait la suite. Au delà des visions philosophiques abstraites : comment concrètement faire en sorte que le travail ne soit pas vécue comme une torture ?

Rédigé par : greg | 07/04/2020 à 10:30

Conditionnements sociaux

Par Le 01/05/2024

 

 

Le psychiatre R.D. Laing pense que ce sont nos conditionnements sociaux et les mémoires psychiques et psychogénétiques qui sont la cause de notre division intérieure et de notre souffrance.

« Les êtres humains semblent avoir une capacité presque illimitée de se duper eux-mêmes et de prendre leurs propres mensonges pour la vérité. Par cette mystification, nous accomplissons et consolidons notre adaptation, notre socialisation mais le résultat de cette adaptation à notre société est que, ayant été abusés et nous étant abusés nous-mêmes, nous avons en même temps été enfermés dans l’illusion que nous sommes des « moi » séparés. Ayant à la fois perdu notre vraie personnalité et acquis l’illusion que nous sommes des égos autonomes, on attend de nous que nous nous pliions aux contraintes extérieures et ce dans une mesure presque incroyable. Le corps, l’esprit et l’âme déchirés par des contradictions intérieures, écartelé en tous sens, l’homme est coupé à la fois de son esprit et de son corps. Ce n’est plus qu’une créature à demi démente dans un monde qui l’est tout à fait. »

Et c'est sur ce drame que les sociétés modernes se sont construites, c'est dans ce moule que naît le « salarié », celui qui en arrive à dire : Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? - Je suis instituteur ou comptable, ou chef d'entreprise ou chômeur.

Des fonctions qui deviennent des identifications, un piédestal qui sera perçu par l'ensemble de la société comme honorable ou insignifiant, enviable ou pitoyable, une tâche à laquelle sera attribuée une valeur marchande. Nous sommes des produits marchands. Et c'est destructeur.

Un travail torturant.

Par Le 01/05/2024

Aujourd'hui, c'est juste une pause dans la torture sauf pour ceux qui, comme moi, ont vieilli assez pour pouvoir se retirer.

Demain, ça recommence.

 

Quelle est l’origine du mot travail ?

 

https://dictionnaire.orthodidacte.com/article/etymologie-travail

 

Parler de l’étymologie du mot travail est un passage obligé de tous les dictionnaires qui parlent de l’histoire des mots, alors… allons-y !

Le nom travail vient du verbe travailler. C’est donc d’abord à ce verbe que nous allons nous intéresser.

Le verbe travailler provient du latin vulgaire tripaliare, signifiant « torturer », lui-même dérivé du nom tripalium, qui désigne un instrument de torture à trois pals. Dans les mots travail et travailler, il y a donc originellement les notions de torture, de souffrance, de douleur.

Ces notions sont toujours très présentes dans certains sens de ces mots. En effet, travailler peut avoir les sens de « supporter un poids, supporter une charge, éventuellement en se déformant » (une poutre qui travaille), de « soumettre à une souffrance morale » (la mort de son frère le travaille), de « faire subir une série d’opérations pour obtenir un résultat » (travailler une pâte feuilletée), etc.

Quant au mot travail, il peut avoir les sens de « ensemble des mécanismes qui se produisent chez une femme lors de l’accouchement, et qui impliquent de grandes souffrances », de « peine infligée à une personne condamnée » (autrefois travaux forcés, aujourd’hui travaux d’intérêt général), etc. On parle aussi de travail du deuil.

Et d’autres sens ont disparu. En revanche, dans les emplois modernes les plus fréquents de travail et de travailler, l’idée de souffrance est secondaire et a plutôt laissé la place à celle de labeur. Certes, travailler peut être laborieux, mais produire un travail rapporte une valeur d’échange à celui qui le produit. Et ce n’est pas nécessairement une souffrance.

On l’aura compris, en presque 1 000 ans d’évolution en français, ces mots très courants se sont chargés de sémantisme et ont énormément changé. À tel point qu’il y a un grand écart entre le sens originel et le sens actuel, bien que l’un apporte un éclairage insoupçonné sur l’autre !

Jacques Gamblin

Par Le 01/05/2024

 

 

"Rien n'est à moi, ni ma maison, ni mon jardin, je vis sur un morceau de terre, sous un morceau de ciel qu'on me prête."

"Il est temps de faire de toutes petites choses multipliées par des milliards de toutes petites."

Jacques Gamblin au Parlement Sensible des écrivains

Ecologie radicale (2)

Par Le 28/04/2024

Une écologie radicale.

J'imagine tout de suite les levers de boucliers, les cris d'orfraies, les manifestations pour défendre les libertés etc...etc... Aujourd'hui, défendre le droit de continuer à vivre en exploitant la planète et l'ensemble du Vivant, comme cela a lieu depuis la révolution industrielle, c'est un appel au meurtre et rien d'autre. Tous ceux qui s'opposent à une écologie radicale n'ont aucune conscience de l'avenir que les adeptes de la croissance ont forgé. Il n'est pas question de savoir comment vivront les prochaines générations mais de savoir si elles existeront. Et ceux qui pensent que j'exagère sont encore et toujours dans l'ignorance de la situation.

Je ne parle pas de demain, ni de la prochaine décennie, ni peut-être du prochain siècle...Quoi que...

Combien de temps reste-t-il avant que le premier domino ne bascule et entraîne les autres. Qui connaît la théorie des dominos ? Est-il bon, juste, respectueux, d'impacter la vie des générations futures alors que nous connaissons les mécanismes de la dévastation ? L'intelligence est mise au service de la recherche pour trouver de nouvelles technologies permettant de continuer à vivre comme nous l'entendons, dans "le respect des individus". Mais ce respect des individus est une condamnation de l'ensemble et tant que ça ne sera pas entendu et compris, rien ne changera.

"Nous vivrons tous ensemble ou nous mourrons individuellement." Al pacino dans le film "L'enfer du dimanche"

 

Un livre incontournable :

Les limites à la croissance (dans un monde fini) par Meadows
Ajouter à mes livres
 

Lire un extrait


Kaim agnès El (Traducteur)

EAN : 9782374253329
488 pages

Rue de l'échiquier (03/03/2022)

4.57/5   98 notes

Résumé :

En 1972, quatre jeunes scientifiques du MIT rédigent à la demande du Club de Rome un rapport qu’ils intitulent The Limits to Growth. Celui-ci va choquer le monde et devenir un best-seller international. Pour la première fois, leur recherche établit les conséquences dramatiques d’une croissance exponentielle dans un monde fini.
En 2004, quand les auteurs reprennent leur analyse et l’enrichissent de données accumulées durant trois décennies d’expansion sans limites, l’impact destructeur des activités humaines sur les processus naturels les conforte définitivement dans leur raisonnement.
En 2012, à l’occasion de la traduction française de cette dernière version, Dennis Meadows déclare : « Il y aura plus de changements – sociaux, économiques et politiques – dans les vingt ans à venir que durant le siècle passé. »
En 2022, que nous reste-t-il à envisager ?

 

« Le droit de toute forme de vie à vivre est un droit universel qui ne peut pas être quantifié. Aucune espèce vivante n’a plus de ce droit particulier de vivre et de s’étendre qu’une autre espèce. »

Cette valeur morale remet catégoriquement et dans son entièreté notre rapport au Vivant et l'humanité est à des années lumière de ce mode de pensée et c'est parce qu'elle en est incapable que nous allons droit dans le mur car s'il en est ainsi du Vivant, il en de même avec la Terre elle-même, la planète et non seulement ce qui y vit. Dès lors que nous ne considérons pas la planète comme une entité vivante, nous ne pouvons pas considérer ce qui y vit à sa juste valeur. Notre comportement vis à vis des animaux, des plantes, des océans, des glaciers, des fleuves, des ruisseaux, des nappes phréatiques, de l'atmosphère, tout ça est un ensemble.

 

 

 

"L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une décroissance substantielle de la population humaine. Le développement des formes de vie non-humaines requiert une telle diminution."

 

Cette idée-là, c'est le nœud gordien et c'est le thème principal de la quadrilogie en cours d'écriture... Tome 1, 2 et 3 achevés. Il reste à finir le 4...

Je ne crois pas un seul instant que la transition écologique, les COP 20,21,22, 56,57, 98 99... etc  y changeront quoi que ce soit, afin que le Vivant ne soit plus impacté d'une façon mortifère. Car il s'agit bien de mort et non simplement de diminution ou d'affaiblissement ou de perte de biodiversité. Il faut utiliser le terme juste. On parle de la mort du Vivant.

Si je mets un V majuscule au mot "vivant" bien qu'il ne s'agisse pas d'un terme qui le réclame, c'est bien parce que pour moi, le vivant devrait être sacralisé, il devrait être un terme connu de tous les enfants, qu'il sachent que cette vie en eux est la même que tout ce qui est animé sur cette Terre et qu'il est impossible de considérer que cette vie puisse être rayée, anéantie, exterminée, épuisée, dévastée. Mes élèves le disaient d'ailleurs : "Quand il y a une majuscule, ça veut dire que c'est important."

"Tu as écrasé cette chenille, c'était facile. Maintenant, refais-la. " Lanza del Vasto.

Aujourd'hui, quand je vois le fan-atisme des supporters de foot, le fan-anatisme envers les people, chanteurs, chanteuses, ou de n'importe quelle "personnalité", ça me sidère et d'autant plus lorsque je compare ces comportements à l'indifférence quasi générale pour l'ensemble du Vivant.

Que des hommes aient jugé bon d'adorer des Dieux dont rien ne prouve l'existence pour ignorer dans le même temps l'extraordinaire merveille du Vivant ne peut me convaincre que l'humain est un être bon. Intelligent, c'est indéniable mais bon, c'est à dire faisant preuve de bonté, d'empathie, de douceur, de respect, de bienveillance, l'humain en est loin, très loin.

Il n'est qu'à connaître l'ampleur du désastre en cours.

EXPLORER

https://larbredesimaginaires.fr/graines/ecologie-profonde-ou-radicale/?

Sève

Graines de Recits

10/10/2020

Ego Eco

Ecologie profonde (ou radicale)

 

L’écologie profonde ou radicale, est une philosophie écologiste contemporaine qui se caractérise par la défense de la valeur intrinsèque des êtres vivants et de la nature, c’est-à-dire une valeur indépendante de leur utilité pour les êtres humains.

L'écologie profonde attribue plus de valeur aux espèces et aux différents écosystèmes que ne le font les mouvements écologiques classiques, ce qui entraîne le développement d’une éthique environnementale.

Tandis que l’écologie classique, bien que développant de nouvelles alternatives, pose toujours la satisfaction des besoins humains comme finalité (anthropocentrisme) et attribue au reste du vivant le statut de « ressource », l’écologie profonde ré-inscrit les finalités humaines dans une perspective plus large, celle du vivant (biocentrisme) afin de prendre en compte les besoins de l’ensemble de la biosphère, notamment des espèces avec lesquelles la lignée humaine coévolue depuis des milliers d’années.

Le philosophe norvégien Arne Næss invente l’expression dans un article fondateur publié pour la première fois en 1973 : « Le mouvement écologique superficiel et le mouvement profond » (« The Shallow and the Deep Long Range Ecology Movement »).

Næss rejette l’idée que les êtres vivants puissent être classés en fonction de leurs valeurs respectives. Par exemple, le fait de savoir si un animal a une âme, s’il utilise la raison ou s’il a une conscience est souvent utilisé pour justifier la position dominante des humains sur les autres espèces vivantes. Næss affirme que : « le droit de toute forme de vie à vivre est un droit universel qui ne peut pas être quantifié. Aucune espèce vivante n’a plus de ce droit particulier de vivre et de s’étendre qu’une autre espèce. »

Les partisans de l’écologie profonde estiment que le monde n’est pas une ressource exploitable à volonté par l’Homme. L’éthique de l’écologie profonde explique qu’un système global (la nature) est supérieur à chacune de ses parties (l’Homme étant une partie de la nature).

Cette éthique s’appuie sur les 8 postulats suivants :

Le bien-être et l’épanouissement des formes de vie humaines et non-humaines de la Terre ont une valeur en elles-mêmes. Ces valeurs sont indépendantes de l’utilité du monde non-humain pour les besoins humains.

La richesse et la diversité des formes de vie contribuent à la réalisation de ces valeurs et sont également des valeurs elles-mêmes.

L’Homme n’a pas le droit de réduire la richesse et la diversité biologiques, sauf pour satisfaire des besoins humains vitaux.

L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une décroissance substantielle de la population humaine. Le développement des formes de vie non-humaines requiert une telle diminution.

L’interférence humaine actuelle avec le monde non-humain est excessive et nuisible, et la situation empire rapidement.

Des politiques doivent donc être changées. Ces politiques affectent les structures économiques, technologiques, et idéologiques fondamentales. Il en résultera une société profondément différente de la nôtre.

Les changements idéologiques passent par l’appréciation d’une bonne qualité de vie plutôt que l’adhésion à des standards de vie toujours plus élevés. Il faut prendre conscience de la différence entre « bonne qualité » et « course à un niveau de vie extrêmement élevé » (qui serait néfaste à la nature).

Ceux qui souscrivent aux points précédents s’engagent à essayer de mettre en application directement ou indirectement les changements nécessaires.

Envie de rajouter quelque chose ?

C'EST PAR ICI !

Inondations : est-ce la faute du changement climatique ?

Par Le 25/04/2024

Le site "BON POTE" est une source d'informations fiables, sérieuses, objectives.

Les articles s'appuient sur des données scientifiques.

 

Inondations : est-ce la faute du changement climatique ?

 

https://bonpote.com/inondations-est-ce-la-faute-du-changement-climatique/

Publication :

14/09/2021

Mis à jour :

04/01/2024

Picture of Thomas Wagner

Thomas Wagner

Inondations

Les terribles inondations en Belgique et Allemagne de l’été 2021 ont marqué les esprits. Comme si les pays occidentaux, et plus globalement du Nord, se rendaient compte que le changement climatique pouvait également les toucher et que personne n’était à l’abri.

Bien sûr, certain(e)s n’ont pas attendu pour minimiser les évènements et les morts, en disant “qu’il y avait toujours eu des inondations, que ça avait toujours existé, et que cela n’avait rien à voir avec le changement climatique”. Au même titre que les sécheresses, les ouragans, les mégafeux ou les canicules, les inondations sont un phénomène complexe et multifactoriel, parfois sous-estimées dans l’imaginaire collectif.

Quel rôle a joué et jouera le changement climatique dans les inondations ? A quel point l’artificialisation des sols est à prendre en compte ? La prévention et l’adaptation sont-elles à la hauteur, notamment en France ? Pour y répondre, nous avons reçu l’aide de Florence Habets, Directrice de recherche CNRS en hydrométéorologie, professeure à l’École normale supérieure (ENS) – PSL.

Sommaire

Comment définir une inondation ?

Caractéristiques et évolution des inondations

Personne n’est à l’abri des inondations

Comment le changement climatique aggrave les inondations

Des inondations plus fréquentes, plus intenses, et combinées avec le changement climatique

Changement climatique, cycle de l’eau et relation Clausius-Clapeyron

Comment le risque d’inondation en France est-il géré ?

La France n’est pas prête à gérer les inondation d’ici 2050

Inondations, réchauffement climatique et désinformation

Peut-on attribuer chaque inondation au réchauffement climatique ?

L’urgence de s’adapter au risque d’inondation

Quelles solutions pour prévenir les risques d’inondations ?

Les points clefs à retenir sur les inondations

Comment définir une inondation ?

Dans son rapport spécial 1.5, le GIEC définit une inondation (ou crue) comme le “gonflement d’un cours d’eau ou d’une autre masse d’eau au-delà des limites normales ou accumulation d’eau dans des zones qui, en temps normal, ne sont pas submergées“. On englobe sous ce terme :

les inondations fluviales,

les crues éclair,

les crues en milieu urbain,

les inondations pluviales,

les inondations côtières,

les vidanges de lac glaciaire,

les inondations par remontée de nappe.

Au même titre qu’il existe plusieurs types de sécheresses, il existe donc plusieurs types d’inondations, mais leur médiatisation diffère considérablement. Celles qui ont le plus d’impact sur les habitations humaines, sur les industries ou encore sur des zones agricoles retiennent forcément plus notre attention que des inondations extrêmes là où il n’y a quasiment aucune présence humaine.

C’est la même logique que pour un pic de chaleur au milieu de l’Amazonie, et un qui aurait lieu en région parisienne…

Caractéristiques et évolution des inondations

Pour les inondations fluviales (qui sont historiquement les cas les plus fréquents), l‘importance de l’inondation dépend de trois paramètres : la hauteur d’eau, la vitesse du courant et la durée de la crue. Ces paramètres sont conditionnés par les précipitations, mais également par l’état du bassin versant et les caractéristiques du cours d’eau.

Météo-France précise que

“les pluies intenses apportent sur une courte durée (d’une heure à une journée) une quantité d’eau très importante. Cette quantité peut égaler celle reçue habituellement en un mois (normale mensuelle) ou en plusieurs mois. Dans le Sud de la France, les cumuls observés peuvent dépasser 500 mm (1 mm = 1litre/m2) en 24 heures. Pour les phénomènes les plus violents, le cumul dépasse les 100 mm en une heure“.

Crue “décennale” ou “centennale”

On entend également souvent parler de crue “décennale” ou “centennale“. La définition est très simple. Comme la crue d’un cours d’eau est mesurée par son débit, si une crue a une chance sur dix de se produire chaque année, on dit qu’elle est décennale. Si elle a une chance sur 100 d’arriver chaque année, on dit alors qu’elle est centennale.

Bien sûr, c’est une probabilité. Nous pourrions avoir deux crues décennales en l’espace de 10 ans, voire en seulement 5… La notion de stationnarité qui implique ces probabilités vole totalement en éclats avec le changement climatique !

Quelques idées reçues sur les inondations et le changement climatique…

Premièrement, un important épisode de pluie n’aboutira pas forcément à une inondation ! Cela dépendra de la géographie, de l’urbanisation, de l’état des sols (humidité…), etc. Une pluie torrentielle n’a par exemple pas la même configuration dans la Drôme qu’à la Réunion (un tout autre monde !).

Ensuite, il n’est pas pertinent de comparer des inondations entre elles en prenant comme point de comparaison le nombre de morts (nous y reviendrons). Les comparaisons qui prennent en compte uniquement le coût des dégâts causés sont aussi à prendre avec des pincettes. Non seulement les dégâts d’une inondation peuvent varier selon de multiples facteurs (notamment via l’adaptation et la résilience), mais leur estimation peut parfois prendre plusieurs années !

Enfin, nous voyons une tendance se dessiner au fil des années. Les inondations pluviales, notamment à cause du changement climatique, sont de plus en plus fréquentes. Ce qu’il s’est passé à New-York au début du mois de septembre 2021 (conséquences de l’ouragan Ida) est un très bon exemple : des pluies torrentielles et une inondation pluviale mortelle, sans rapport avec les crues des cours d’eau.

Métro New-Yorkais en pleine inondation, sept 2021

Personne n’est à l’abri des inondations

La vidéo précédente du métro New-Yorkais est à l’image des 3 mois de l’été 2021 : des catastrophes climatiques en chaine, avec un réchauffement global qui n’est pour l’instant que de +1.1°C. Il semblerait pourtant que certains évènements aient un peu plus touché l’opinion publique dans les pays occidentaux.

Après le dôme de chaleur au Canada, se sont les inondations en Allemagne, Belgique, au Luxembourg puis à New-York qui ont marqué les esprits. Comme si certain(e)s réalisaient que le changement climatique ce n’était pas que pour les pays pauvres, les plus loin de nous. Bien au contraire : personne n’est à l’abri, y compris les pays industrialisés.

Les pays asiatiques ne sont d’ailleurs pas en reste. Le 14 août, le Japon a observé des pluies sans précédent dans certaines régions, menant à des inondations meurtrières (tout comme à l’été 2020). 1.8 million de Japonais ont tout même été invités à quitter leur domicile après les précipitations… Le 21 juillet à Zhengzhou (Chine), il a plu 200mm en 1H. A titre de comparaison, il pleut environ 650mm par an à Zhengzhou, comme à Paris…

Et toujours les mêmes qui subissent…

Puisque nous parlons ici d’extrêmes climatiques, il est indispensable de rappeler que ce sont les populations les plus démunies qui en souffrent les premières. Ceci est documenté dans la littérature scientifique (notamment par le groupe 2 du GIEC) et nous l’observons malheureusement à chaque catastrophe.

Lors du dôme de chaleur au Canada, ce sont les personnes sans climatisation qui ont le plus souffert, et/ou ont fini par en mourir. Pour les inondations, c’est pareil. En Belgique et en Allemagne, ce sont les personnes vivant dans des appartements au rez-de-chaussée qui ont été les plus touchées.

Même chose à New-York avec les basement appartment (situés au rez-de-chaussée), ou des locaux tout simplement insalubres au fond des caves d’immeubles. Les (au moins) 45 morts sont très majoritairement des habitants de cette catégorie. Il a tout de même fallu qu’Alexandria Ocasio-Cortez rappelle ‘de ne pas demander de livraison à domicile‘ au plus fort de la tempête, certains n’ayant pas compris que c’était dangereux pour un type à vélo de leur livrer leur uberEATS en pleine tempête…

Ces inondations ne doivent plus être considérées comme ‘improbables’. Si nous entrons dans une ère où les aléas climatiques seront plus nombreux et plus intenses, ce n’est pas un hasard, et le changement climatique en est l’une des causes.

Comment le changement climatique aggrave les inondations

Au cas où nous aurions pu avoir un doute, les conclusions du rapport du groupe 1 du GIEC sorti le 9 août dernier sont très claires concernant les inondations et le changement climatique :

La fréquence et l’intensité des épisodes de fortes précipitations ont augmenté depuis les années 1950 sur la plupart des zones terrestres pour lesquelles les données d’observation sont suffisantes pour une analyse des tendances (confiance élevée). Le changement climatique d’origine humaine est probablement le principal facteur.

Le changement climatique d’origine humaine affecte déjà de nombreux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes dans toutes les régions du monde. A noter que l’emplacement et la fréquence de ces événements dépendent des changements prévus dans la circulation atmosphérique régionale, y compris les moussons et les trajectoires des tempêtes aux latitudes moyennes.

Les preuves des changements observés dans les phénomènes extrêmes tels que les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les sécheresses et les cyclones tropicaux, et, en particulier, leur attribution à l’influence humaine, se sont renforcées depuis le cinquième rapport d’évaluation.

Source : 6ème rapport du GIEC FAQ 8.1
Traduction : @YannWeb

Des inondations plus fréquentes, plus intenses, et combinées avec le changement climatique

Le GIEC a donné plusieurs conclusions importantes quant aux aléas climatiques à venir. Avec la poursuite du réchauffement, chaque région pourrait subir de façon différenciée plus d’évènements climatiques extrêmes, parfois combinés, et avec des conséquences multiples. Cela a plus de chance d’arriver avec un réchauffement à +2°C que 1,5°C (et d’autant plus avec des niveaux de réchauffement supplémentaires).

Traduisez “combinés” par ‘plusieurs en même temps ou à la suite’. Il n’est pas rare par exemple d’observer une sécheresse suivie d’une inondation. Un autre exemple pourrait être l’ouragan Ida, suivi de pluies torrentielles à New-York : deux aléas climatiques qui arrivent l’un après l’autre, le premier provoquant le deuxième.

Nous savons également que l‘élévation relative du niveau de la mer contribue à augmenter la fréquence et la gravité des inondations côtières dans les zones de faible altitude et à l’érosion côtière le long de la plupart des côtes sableuses (confiance élevée).

Avec le réchauffement climatique, nous observons et observerons donc des inondations plus fréquentes et plus intenses, avec une intensité plus ou moins forte (avec un degré de confiance à chaque fois) selon la région.

Changement climatique, cycle de l’eau et relation Clausius-Clapeyron

Nous savons qu’une atmosphère plus chaude devrait contenir plus de vapeur d’eau, qui peut tomber en pluie et parfois sur une courte période. On retrouve ce même impact de la vapeur d’eau dans l’atmosphère avec les tempêtes. Une atmosphère plus chaude transporte en moyenne 7% d’humidité en plus par degré de réchauffement : c’est la relation Clausius-Clapeyron.

Il est important de noter qu’il s’agit d’une moyenne, car à l’échelle locale, ce 7% peut être bien plus important, en raison des rétroactions convectives des nuages et des changements de la circulation atmosphérique qui entraînent une augmentation de l’humidité aspirée par les tempêtes.

Les précipitations à Uccle (Belgique) sont un bon exemple pour l’expliciter : les observations ont mis en évidence une augmentation de 14% des précipitations horaires les plus intenses pour chaque degré de plus. On retrouve cette relation mise en évidence sur ce graphique :

Pour les pluies relativement intenses, elles suivent plutôt une augmentation de 7% par degré. Mais avec des températures plus élevées, on atteint plutôt 14% d’augmentation.
Source

Encore une fois, et l’été 2021 est un parfait exemple pour l’illustrer, nous observons de plus en plus d’inondations pluviales. L’hydrologue Emma Haziza évoquait récemment une ‘nouvelle ère hydrologique, où le ruissellement domine les types de réponses au sol‘. L’eau n’a plus le temps de venir tranquillement gonfler les cours d’eau, le ciel nous tombe sur la tête et les quantités d’eau qui s’abattent forment des rivières là où elles rencontrent le sol.

Nous le savons, les scientifiques alertent depuis au moins 30 ans sur ces risques (le 1er rapport du GIEC en 1990 en parlait déjà), la littérature scientifique réduit les incertitudes et le consensus est très clair. Pour les plus curieuses et curieux, voici un excellent site où vous retrouverez une méta analyse de 173 articles scientifiques qui mettent en évidence que le changement climatique accroît les précipitations extrêmes et les risques d’inondation :

Aucun article ne réfute l’impact du réchauffement climatique sur les précipitations extrêmes
Source

Comment le risque d’inondation en France est-il géré ?

La France dispose d’un service consacré à la prévision des inondations : le SCHAPI. Il produit et diffuse une information continue de vigilance sur les crues publiée sur le site www.vigicrues.gouv.fr. Il anime et pilote le réseau de la prévision des crues et de l’hydrométrie de l’État (Services de Prévision des Crues et Unités d’Hydrométrie rattachés aux services régionaux DREAL ou à la direction inter-régionale Sud-Est de Météo-France).

C’est extrêmement bien fait, et vous pourrez cliquer n’importe où sur la carte pour avoir des informations sur chaque région française :

Source : Vigicrues

Cela permet d’avoir en détail, et par station, des relevés d’hydrométrie, par hauteur d’eau ou débit, les dernières inondations historiques, etc. Au même titre que ceux sur les autres aléas climatiques, ces services d’observation sont très importants, dans la mesure où ils sont en charge de prévenir des risques d’inondations à venir.

Ne pas prévenir assez tôt, c’est ne pas pouvoir prévenir la population afin qu’elle puisse évacuer les lieux assez vite, et se retrouver avec des catastrophes humaines. L’État Français a par ailleurs mis en place en août 2021 APIC et Vigicrues flash. Ces services d’avertissement automatique basés sur l’observation complètent la Vigilance météorologique et Vigicrues (informations sur les dangers dans les prochaines 24 heures).

Alors que ces stations sont extrêmement importantes et que l’observation (et analyse humaine) est fondamentale dans la gestion des risques, et que nous anticipons des aléas climatiques de plus en plus fréquents et intenses, nous pourrions nous inquiéter (c’est peu dire) des baisses de budget et d’effectif en pleine urgence climatique…

La France n’est pas prête à gérer les inondation d’ici 2050

C’est une erreur de penser que les inondations qui feront des morts et des centaines de millions de dégâts sont uniquement réservées aux pays exotiques, et/ou en voie de développement. Au risque de nous répéter : la France est mal préparée aux risques d’inondations.

Dans son rapport annuel 2021, le Haut Conseil pour le Climat met en évidence les risques d’inondations en France :

Trente-huit inondations ont eu lieu entre 1964 et 1990, contre 103 entre 1991 et 2015. Les précipitations intenses qui causent des inondations génèrent un engorgement en eau des sols, une baisse du rayonnement solaire et des maladies fongiques qui affectent les rendements des cultures, comme cela a été observé en 2016.

Occupation des sols : l’attractivité des littoraux ou de certaines vallées fluviales explique, par exemple, la forte exposition des habitations, infrastructures et entreprises au risque de submersion et d’inondation. Ces implantations peuvent évoluer en quelques décennies, en fonction des dynamiques démographiques ou économiques.

De nombreux établissements accueillant des enfants (crèches, écoles, collèges) sont exposés au risque d’inondation. En 2016, par exemple, 23 % des maternelles de Paca sont exposées au risque inondation, 42 % dans le Vaucluse. En 2017, on estimait que 20 500 jeunes étaient exposés en Bourgogne-Franche-Comté (216 écoles et 41 établissements du secondaire).

Les inondations dans les vallées de la Tinée et la Roya en 2019 ont conduit à envisager de possibles relocalisations en interrogeant l’habitabilité.

Malgré les conclusions scientifiques du GIEC et du HCC, la prudence est requise lorsque l’on communique sur un sujet aussi complexe que les inondations, notamment lorsque certains climatosceptiques et climatorassuristes s’invitent dans le débat public.

Inondations, réchauffement climatique et désinformation

L’une des causes principales de l’inaction climatique est la désinformation. A chaque aléa climatique, vous entendrez toujours quelqu’un pour dire ‘c’est pas nouveau, ça a toujours existé, ça n’a rien à voir avec le changement climatique‘. C’est systématique.

Un cas d’école est arrivé en septembre 2020 avec les inondations dans les Cévennes. Des chercheurs comme Robert Vautard ont mis en évidence que l’intensité des précipitations extrêmes des “événements cévenols” a augmenté d’environ 20 % depuis 1960 en raison du changement climatique. Ribes & al. ont confirmé cette tendance.

Mac Lesggy, présentateur télé qu’on ne présente plus, avec 50000 followers sur Twitter, a quand même déclaré qu’il n’y avait “aucune preuve que le réchauffement climatique amplifie les épisodes cévenols“, avant de pointer du doigt l’artificialisation des terres et l’urbanisation. Manque de chance, plusieurs scientifiques ont très vite repéré ce mensonge et ont rectifié les faits :

Cette déclaration provoque pourtant 800 likes, plus de 200 retweets … et circulation d’informations erronées auprès de milliers de personnes qui n’iront pas vérifier les faits par eux-mêmes. Les commentaires sont très instructifs et montrent à quel point il est encore difficile aujourd’hui de lutter contre la circulation d’informations fausses. Le tweet de correction, publié le lendemain, aura 10 fois moins de réactions. 10 jours après, C. Cassou a d’ailleurs publié ce tweet :

Source : https://twitter.com/cassouman40/status/1311229202646040576?s=20

Autre argument qui revient souvent, le fameux ‘oui mais cette inondation a fait moins de morts qu’en 1932‘. Comparer les épisodes d’inondation en comparant le nombre de morts n’a pourtant aucun sens. Le nombre de morts dépend, en plus des paramètres météorologiques, des infrastructures, de la préparation de la population (prévention et alerte), du type d’inondation (lente ou éclair), à quel moment (le jour ou la nuit), et de la densité de la population.

La difficulté de l’exercice, au-delà des observations, est de déterminer si un aléa climatique a été provoqué par le changement climatique.

Peut-on attribuer chaque inondation au réchauffement climatique ?

Nous savons que l’effet de serre accentue les deux extrêmes du cycle hydrologique, et qu’il y aura plus d’épisodes de pluies extrêmement abondantes et plus de sécheresses prolongées (cf Clausius-Clapeyron). Cependant, comment peut-on savoir si un évènement est arrivé à cause du changement climatique ?

Des inondations se sont produites dans le passé et nous ne pouvons affirmer qu’une inondation donnée est due au réchauffement climatique. 

Nous pouvons néanmoins affirmer que la probabilité d’occurrence de ces évènements météorologiques a fortement augmenté du fait du changement climatique anthropique. Pour aborder l’attribution d’un évènement, une notion est très importante : la période de retour (durée moyenne au cours de laquelle, statistiquement un événement d’une même intensité se reproduit). Celle-ci est toujours accompagnée de son intervalle de confiance, la fourchette de valeurs possibles, qui quantifie l’incertitude liée au calcul.

La science de l’attribution

Comment procèdent les scientifiques pour savoir si l’on peut attribuer un évènement météorologique extrême au changement climatique ?

Le calcul est fait alternativement dans le monde factuel (incluant l’influence humaine, donc plus instable) et dans le monde contrefactuel (sans perturbation humaine du climat). Sont alors comparées les deux probabilités obtenues pour quantifier l’importance de l’influence humaine.

Le même procédé est utilisé pour évaluer l’impact sur l’intensité, cette fois-ci en raisonnant à probabilité d’occurrence donnée. Les climatologues s’interrogent enfin sur l’évolution future de ce type d’évènement en utilisant des projections climatiques, c’est-à-dire des simulations couvrant le futur (souvent le 21ème siècle), en faisant une ou plusieurs hypothèses sur l’évolution des concentrations atmosphériques des gaz à effet de serre.

Cas pratique : inondations en Allemagne et en Belgique

La science de l’attribution a fait des progrès formidables ces dernières années. Grâce à cela, nous n’avons plus à attendre des années pour savoir si un évènement climatique extrême est arrivé à cause du changement climatique. Désormais, seules quelques semaines suffisent.

Avec une méthodologie bien précise, le World Weath Attribution (WWA) a pu donner des résultats en quelques semaines quant aux inondations qui ont touché l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, du 12 au 15 juillet 2021.

Ses scientifiques ont analysé comment le changement climatique induit par l’homme a affecté les précipitations maximales sur 1 et 2 jours pendant la saison estivale (avril-septembre) dans deux petites régions où les récentes inondations ont été les plus graves (Ahr-Erft en Allemagne et la Meuse en Belgique), et partout ailleurs dans une zone géographique plus importante comprenant l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas.

Les conclusions sont les suivantes :

Le changement climatique a augmenté l’intensité des précipitations maximales journalières pendant la saison estivale dans cette grande région d’environ 3 à 19 % par rapport à un climat mondial plus froid de 1,2 °C qu’aujourd’hui. L’augmentation est similaire pour l’événement de deux jours.

La probabilité qu’un tel événement se produise aujourd’hui par rapport à un climat plus froid de 1,2 °C a augmenté d’un facteur compris entre 1,2 et 9 pour l’événement d’un jour dans la grande région. L’augmentation est à nouveau similaire pour l’événement de deux jours.

Dans le climat actuel, pour un endroit donné de cette grande région, nous pouvons nous attendre en moyenne à un événement de ce type tous les 400 ans.

Ils s’attendent à ce que de tels événements se produisent plus fréquemment qu’une fois tous les 400 ans dans la grande région de l’Europe occidentale.

Inondation en Belgique, juillet 2021. Crédit : @brunoFahy

Tous les éléments disponibles (compréhension physique + observations sur une plus grande région et différents modèles climatiques régionaux) donnent aux chercheurs du WWA une grande confiance dans le fait que le changement climatique induit par l’Homme a augmenté la probabilité et l’intensité de la survenue d’un tel événement et que ces changements vont se poursuivre dans un climat qui se réchauffe rapidement.

L’urgence de s’adapter au risque d’inondation

Il est urgent d’agir pour limiter le réchauffement climatique, et pour cela nous avons deux options. La première, l’atténuation : baisser nos émissions de gaz à effet de serre. Cette unique option était peut-être valable en 1980, mais comme nous ne l’avons pas fait, nous sommes obligés d’actionner le 2ème levier : l’adaptation. Elle est indispensable, et voici pourquoi :

Les études réalisées par les assureurs montrent que le changement climatique est responsable de 30 à 40% de l’augmentation du coût des catastrophes. Le reste est notamment lié à l’augmentation de l’exposition et de la vulnérabilité.

Les modélisations réalisées par les assureurs convergent vers une augmentation d’au moins 50% de la sinistralité à horizon 2050.

Outre les morts et les blessés, les risques climatiques menacent les biens et infrastructures (bâtiments, réseaux). Les entreprises et industries qui sont par exemple sur un relief de type plateau ne sont pas du tout préparées aux inondations pluviales (risque industriel important avec les produits chimiques).

Un Français(e) sur 4 vit en zone inondable par les cours d’eau, la mer, les nappes phréatiques ou les orages. Une commune sur deux a tout ou partie de son territoire exposé.

Quelles solutions pour prévenir les risques d’inondations ?

La (très) bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions et que chacun peut agir à son niveau. Au lieu de vouloir construire à tout prix des parkings, une terrasse… la solution est pourtant simple : végétaliser ! Et interpeller les élu(e)s locaux sur les risques de l’artificialisation des sols et des extrêmes climatiques à venir.

Il est indispensable de changer d’approche et d’intégrer le fait que l’adaptation demande des investissements et des solutions long-terme. C’est parfois plus coûteux à court-terme, mais les gains seront sans comparaison possible sur le long terme, notamment en cas d’aléas climatiques. Certaines villes ont déjà intégré ces risques, à l’instar de Douai, qui “souhaite se préparer au changement climatique“.

En d’autres termes, il faudra du courage politique et ne plus chercher le profit à court terme. Nous devons réduire nos émissions et nous adapter aux aléas climatiques, nous n’avons plus le choix. Les morts partout dans le monde durant l’été 2021 montrent que parler d’écologie punitive n’a aucun sens et que ce n’est qu’un prétexte à l’inaction climatique, aujourd’hui meurtrière.

Les points clefs à retenir sur les inondations

Une inondation (ou crue) est le “gonflement d’un cours d’eau ou d’une autre masse d’eau au-delà des limites normales ou accumulation d’eau dans des zones qui, en temps normal, ne sont pas submergées“.

L’importance des inondations pluviales dépend de trois paramètres : la hauteur d’eau, la vitesse du courant et la durée de la crue.

Personne n’est à l’abri des inondations, pas même les pays industrialisés. L’injustice climatique est encore une fois vérifiée, puisque ce sont les personnes les plus démunies qui seront le plus touchées par cet aléa climatique. La justice climatique, au cœur de l’Accord de Paris, est ici centrale.

La fréquence et l’intensité des épisodes de fortes précipitations ont augmenté depuis les années 1950 sur la plupart des zones terrestres pour lesquelles les données d’observation sont suffisantes pour une analyse des tendances (confiance élevée). Le changement climatique d’origine humaine est probablement le principal facteur.

On ne peut pas attribuer chaque inondation au réchauffement climatique, mais nous savons que nous observons et observerons des inondations plus fréquentes et plus intenses.

Une atmosphère plus chaude peut transporter en moyenne 7% d’humidité en plus par degré de réchauffement.

La France est mal préparée aux risques d’inondations. Il est urgent de s’adapter aux aléas climatiques à venir et de suivre les recommandations scientifiques. Nous ne pouvons plus miser uniquement sur l’atténuation de nos émissions. L’adaptation au changement climatique est urgente.

Casting

Par Le 25/04/2024

Les heros sont tous morts

Tome 1 : Les héros sont tous morts (publié)

Tome 2 : Tous, sauf elle ( en attente de publication pour 2025)

Tome 3 : Le désert des barbares

Tome 4 : Terre sans hommes

 

Je travaille à l'écriture du tome 4.

Peu, depuis quelque temps.

Je lis beaucoup, beaucoup, beaucoup et je visionne des conférences ou documentaires. Toujours sur l'état du monde, non pas humain mais celui de la nature. L'avenir de l'humanité dépend de l'état de la nature et les choses s'aggravent fortement.

Je serai probablement mort lorsque la situation deviendra vraiment critique. À moins que mes prévisions ne se révèlent caduques et que ça aille encore plus vite. C'est possible.

Il est certain, en tout cas, que l'humanité toute entière, n'est pas disposée à changer. La situation n'est pas encore assez grave. Caractéristique humaine.

Pour l'instant, les gens comme moi sont appelés des "catastrophistes" ou des complotistes ou des survivalistes. C'est tellement facile de cataloguer, d'étiqueter, d'encadrer, de réduire. Ce qui est certain, c'est que le gouvernement, celui-ci comme les prochains, ne nous aime pas. Tout est bon à prendre quand il s'agit de dénaturer la réflexion, de la salir, de l'encombrer avec des individus effectivement peu recommandables. Tout le monde dans le même sac et on le jette à l'eau. Ca ne change rien à la réalité.

Mais comme disait Chirac, "ça m'en touche une sans faire bouger l'autre".

Parfois, je me dis que cette quadrilogie pourrait être un écrit prémonitoire.

 

"L'homme est capable du meilleur comme du pire, mais c'est vraiment dans le pire qu'il est le meilleur. »

Grégoire Lacroix (dit Corbin).

 

CASTING

Laure Bonpierre : sportive professionnelle, adepte de l'ultra-trail et records d'ascension.

Gaston Floc’h: chasseur

Lucas Marcieux : lieutenant à la SRPJ, ancien compagnon de Laure

Lucie : compagne actuelle de Lucas

Moses : guide africain, accompagnateur de Laure au Kilimandjaro (Tanzanie)

Fabien Dumont : lieutenant de police

Mathieu Denis : lieutenant de police

Francis Thiébaut : flic, équipier de Mathieu et Fabien

Thomas Blanchard : militaire, ami de Lucie.

Alfonso : ami italien de Francis, receleur (Italie)

Vincenzo : ami italien d’Alfonso, faussaire (Italie)

Raphaël Guérini : truand

Paolo Midugno : porte-flingue

Martin Kravanski : diamantaire, receleur.

Figueras : Indien Aruhaco, ami des Indiens Kogis. (Colombie)

Kalèn ; Mamu (sage) Indien Kogi (Colombie)

Ayuka : Indien, guide. (Colombie)

Pierre Favre : deuxième identité de Francis Thiébaut

Théo Bréchet : lieutenant de police, suvivaliste.

Walter Zorn : Chef suprême de l’Ordre des Immortels. Concepteur du plan Nemesis. (Nouvelle-Zélande)

Fabiola Mesretti : banquière, première femme intégrant l’Ordre des Immortels (Nouvelle-Zélande)

Jonas : père de Walter Zorn (Nouvelle-Zélande)

Abraham : grand-père de Walter Zorn (Nouvelle-Zélande)

Tariq : fanatique islamiste de Daech (Irak)

Farid : frère de Tariq, mort à Mossoul (Irak)

Jacques : flic

Martial : flic

Laurent : flic

Zack : garde du corps de Walter Zorn. (Nouvelle-Zélande)

Docteur Flaurent : chirurgien, hôpital sud de Grenoble

Terence : trader pour Walter Zorn

Nacer : islamiste, coordonnateur des attentats à Paris.

Sélim Karmaz : banquier à Istanbul (Turquie)

Akram : homme de main de Sélim Karmaz

Aziz : islamiste, héberge Tariq à Paris.

Tian : étudiant

Louna : étudiante

Elizabeth : mère de Tian

Antoine : père de Tian

Boris Strogo: milliardaire russe, membre de l’Ordre des Immortels

Hans Van de Kerkoff : milliardaire belge, membre de l’Ordre des Immortels

Yves : père de Laure Bonpierre

Lisette : mère de Laure Bonpierre

Tim : Frère de Laure Bonpierre (Nouvelle-Zélande)

Aurore : compagne de Tim

Alec : radio-amateur (Ecosse)

Gros Bill : tenancier à Christchurch (Nouvelle-Zélande)

Langlois : flic, patron de la brigade

Didier : père de Louna

Fabienne : mère de Louna

Anne : compagne de Didier

Sophie et Tristan : le couple qui a fondé un groupe de survivalistes 

Emma et David : couple ami

Moussad : ancien combattant de Daech, intégré au groupe de Sophie

Kenza : ancienne otage de Daech, libérée par Moussad

Delphine et Jean Mangin : Couple survivalistes voisins du groupe de Sophie

Martha : fille de Delphine et Jean

Joachim Nichols : colonel américain, ami de Walter Zorn (USA, Pentagone)

Valentin Volkoff : ancien militaire russe

Fanfan : ami de Valentin

Markus Solberg : norvégien, homme d’entretien de l’université de biologie de Longyaerbyen. (Svalbard)

Ahmed , Kevin, Mouloud, Dylan, Jason, Ernesto, Domi, Kimberley, Rihanna, Stacy, Aldo, Romuald, Diego : des barbares.

Loris : frère de Delphine Mangin.

Stella et Isabelle : étudiantes en fuite.

Harry Boyd : ami de Tim (Nouvelle-Zélande)

Kathleen : épouse de Harry

Matt : fils de Harry et Kathleen

Jodie : fille de Harry et Kathleen

Daniel et Mireille : couple de survivalistes du groupe de Valentin

Francine : amie de Daniel et de Mireille

Josh Randall, ancien Marines, tireur d'élite. (USA, Maryland)

Larry Hammet : pasteur, leader du groupe de L'arche. (USA, Maryland)

Marguerite et Fernand : habitants dans le marais poitevin

Ange : ancien membre commando

Mathurin : un vieux monsieur qui accueille Stella, Isabelle et Loris.

 

L'édaphon

Par Le 24/04/2024

Nous marchons sur une terre dont nous ne connaissons quasiment rien de la vie qui s'y trouve.

 

Édaphon

 

https://www.aquaportail.com/dictionnaire/definition/10394/edaphon

nom masculin

Sommaire :

 | Définition | Explications | Division | Flore et faune... | Composition
 |
Synonymes | Mots à proximité | En rapport

Définition

L'édaphon est l'ensemble des organismes et micro-organismes (animaux, végétaux, champignons, bactéries), la biocénose du sol, toute la biodiversité de la pédosphère. L'euédaphon rassemble les espèces (géobiontes) qui vivent continûment dans le sol, ceux qui y vivent temporairement (géophiles) forment l'hémiédaphon et ceux qui vivent à la surface forme l'épiédaphon. Les organismes vivant dans la couche herbacée forment l'hyperédaphon.

Les collemboles sont des édaphons :
Un édaphon : les collemboles Protaphorura armata
Dans le sol, les édaphons comme ces
larves de collembole arthropode Protaphorura armata sont peu pigmentés ou complètement blancs.

Explications

Le terme a été inventé au début du 20ème siècle par le botaniste et microbiologiste Raoul Heinrich Francé. Les édaphons sont étudiés en édaphologie. L'édaphon constitue environ 5 % du volume du sol.

Division

Les édaphons sont généralement divisés en plantes (flore du sol, pédoflore) et animaux (faune du sol, pédofaune). Dans le sol vivent de nombreux micro-organismes eucaryotes à une ou plusieurs cellules, les protistes, et les bactéries. En plus des espèces végétales, animales et bactérienne, ils comprennent les champignons (mycètes) et des bio-effecteurs.

L'habitat édaphique est en outre divisé en :

hyperédaphique : vivant dans la couche herbacée;

épiédaphique (épigée) : vivant dans la litière;

hémiédaphique (hypogée) : vivant dans la couche d'humus;

euédaphique (hypoge#l_endoge">endogée) : vivant dans le sol (haut).

Flore et faune édaphiques

⭐ La flore du sol comprend notamment des champignons, des algues, des bactéries et des lichens. Les bactéries se nourrissent principalement de matières organiques mortes. La flore du sol a un rôle important à jouer au sein de l'écosystème à travers cette humification et minéralisation de la matière organique. Les racines des plantes ne font pas partie de la flore du sol. En se basant sur le terme "nanoplancton", Francé a décrit la microflore autochtone comme "nanoédaphon". Celui-ci peuvent changer de façon cyclique mais sont toujours présents dans tous les climats terrestres. C'est une "forme de profondeur" de l'édaphon, car cette microflore est la moins exigeante en lumière et en air et se rencontre souvent à des profondeurs d'un mètre.

⭐ La faune du sol joue également un rôle important dans le déchiquetage et la décomposition des restes de plantes mortes et des cadavres d'animaux. Les chenilles et les vers assurent notamment le mélange, la ventilation et la relaxation du sol. Ces animaux édaphiques sont subdivisés par taille :

microfaune (< 0,2 mm) : amibes, ciliés, vers ronds et méiofaune.

mésofaune (< 2 mm) : acariens, collemboles.

macrofaune (<20 mm) : cloportes, araignées, vers de terre, Coléoptères et autres insectes.

mégafaune (> 20 mm) : vertébrés tels que les taupes, les campagnols et les musaraignes.

La microfaune assume la fonction de minéralisation. La mésofaune assure une bioturbation, une fragmentation et une bioaccumulation à petite échelle. Les macrofaunes et mégafaunes fournissent une bioturbation à grande échelle, une fragmentation par dispersion et une formation d'agrégats. De plus, tous les composants de la faune du sol favorisent l'activité microbienne.

Composition

La totalité des organismes vivant dans le sol joue un rôle important dans le processus de compostage. Les valeurs suivantes de l'édaphon sont approximatives et peuvent varier en fonction du type de sol :

40 % de bactéries, en particulier des actinomycètes.

40 % d'algues et de champignons.

12 % de vers (vers de terre).

5 % macrofaune restante : Polychètes, gastéropodes, arachnides...

3 % microfaune restante : Nématodes, acariens, collemboles...

La présence d'édaphon est le facteur sol-sol le plus important après l'érosion et, dans le sol déjà créé, il est responsable du maintien de son caractère. Il affecte les caractéristiques physico-chimiques du sol, et donc sa structure, sa capacité de rétention d'eau, sa respirabilité. Cependant, au sens fondamental, il est responsable de sa fertilité, car c'est la présence d'édaphon qui détermine la décomposition des composés organiques et accélère la libération des minéraux, ainsi que la formation d'humus dans le sol.

  • 19
  • 20
  • 21
  • 22
  • 23
  • 24
  • 25
  • 26