Articles de la-haut
Projet pour l'école ?
Personnellement, je trouve les commentaires plus intéressants que l'article lui-même...Cet article est vide et c'est assez désolant de la part d'une "pointure" de l'enseignement. Si les cadors restent aussi évasifs, on n'avancera pas étant donné que le point de vue des enseignants eux-mêmes est toujours aussi ignoré dans son ensemble. Sauf quand il s'agit de casser les élèves. Alors, là, on les écoute. "Ils ne savent rien, ils n'ont aucune culture, ils sont démotivés, immatures, bêtes et méchants. "Personne ne se dit qu'ils sont, pour certains, à l'image des adultes qui sont face à eux. D'autres résistent et s'élèvent plus haut que leurs "maîtres". Bien plus haut.
Philippe Meirieu : "Je ne vois pas de projet fort pour l'école"
Le Point.fr - Publié le 05/10/2012 à 18:28 - Modifié le 05/10/2012 à 18:39
Peut-on croire à la refondation de l'école voulue par Vincent Peillon ? Philippe Meirieu, qui a participé aux débats, n'est pas convaincu.
Philippe Meirieu estime que, malgré la refondation de l'école annoncée, le gouvernement n'a pas de projet pour l'école. © Vincent Isore / IP3/Maxppp
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Par Laurence Neuer
Finie la concertation, place à la loi de programmation et d'orientation. Le rapport remis ce jour à Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, clôture officiellement trois mois de débats au sein de la "concertation", ce gigantesque remue-méninges destiné à "refonder l'école de la République". Philippe Meirieu, spécialiste reconnu de la pédagogie et professeur des universités en sciences de l'éducation, a participé à ces échanges. Pourtant, il s'inquiète.
Le Point.fr : une bonne idée, cette "concertation" ?
Philippe Meirieu : La méthode est intelligente, quoique pas tout à fait inédite. J'aurais aimé qu'on entende plus les acteurs de terrain, ceux qui chaque jour font l'école. On a, comme d'habitude, invité les 5 000 permanents de l'Éducation nationale, tous des gens très qualifiés, mais assez éloignés des élèves. Tout cela ne saurait exonérer le gouvernement d'une perspective. Or, pour l'instant, je ne vois pas de projet fort pour l'école.
Pourtant, Vincent Peillon promet de tout "refonder", ce n'est pas rien.
On a jusqu'à aujourd'hui empilé beaucoup de réformes, on a réparé, ajusté, réagi, et la maison Éducation est une construction de bric et de broc, avec des pans baroques, des murs classiques, des rafistolages en tôle ondulée. La dépression que connaît notre système éducatif est due à cette absence de structures et de principes.
Vous êtes un expert en pédagogie. Que faudrait-il faire, selon vous ?
Qui a réfléchi sur les contenus, les savoirs ? La question des contenus, donc, de ce qu'on enseigne aux enfants, est primordiale. Aujourd'hui, les programmes sont devenus trop compliqués. Il nous faut des contenus clairs, attractifs et valorisés. On ne peut pas se contenter d'une garderie améliorée. On demande aujourd'hui aux enseignants de faire de l'éducation dans une société anti-éducative, où les enfants sont excités à consommer, pas à réfléchir. Qui en parle ?
Alors que devrait savoir, dans une école idéale, un bachelier en juin 2012 ?
Il doit savoir ce qu'il n'est pas permis d'ignorer. Il doit être capable de lire les quotidiens nationaux de référence en comprenant tout de la première à la dernière ligne. Il serait également temps de cesser de dire que nul n'est censé ignorer la loi et de ne pas l'enseigner. Une société, non théocratique, mais démocratique comme la nôtre, a des règles que tout citoyen doit connaître. Aujourd'hui un bachelier serait incapable d'expliquer la différence entre le civil et le pénal et celle entre le Conseil d'État et la Cour des comptes.
Il faudrait alors réformer le bac ?
Je suis stupéfait qu'on accepte sans broncher qu'un 13 en physique y rattrape un 8 en français. C'est absurde. Tous les fondamentaux doivent être acquis. Le culte de la moyenne doit être interrogé. Et cela, je ne l'ai jamais entendu dans la "concertation".
Le bateau ivre
Léo ferré était le seul à pouvoir faire danser ce bateau sur une musique, une voix, des rires.
Le rire de Léo. Je l'ai en moi tellement je l'ai écouté.
"Comme je descendais des fleuves impassibles..."
- Arthur RIMBAUD (1854-1891)
Le bateau ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !
J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !
J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !
Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !
J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...
Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !
Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;
Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;
Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !
J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?
Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !
Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.
Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.
Le biais de conformité
C'est extrêmement révélateur de nos fonctionnements.
Vous pouvez rechercher cette vidéo sur dailymotion, impossible de la mettre en ligne ici, je ne sais pas pourquoi...
http://www.dailymotion.com/video/xtrtht_l-animal-social-et-son-presque-nouveau-telephone_news?start=1
Les journalistes ont fait croire à des passants qu'ils pouvaient donner leur avis sur le nouvel iphone alors qu'il s'agissait de l'ancien modèle. Tous ont trouvé qu'il était beaucoup mieux, plus léger, plus rapide. Un seul l'a trouvé plus lourd. L'un d'eux avait même les deux mêmes anciens modèles dans la main et il trouvait le soi-disant nouveau modèle plus léger...
Consternant.
Phénomène de groupe. L'individu préfère se joindre à l'opinion dominante que de maintenir son propre point de vue.
Une autre expérience mettait en présence six acteurs complices et un cobaye réel. Les participants devaient juger de la longueur de trois lignes comparativement à un modèle donné. Les acteurs donnaient une réponse fausse et très visiblement fausse et le cobaye réel finissait par se rallier à l'opinion dominante malgré ce qu'il voyait.
Un exemple de la gravité des conséquences.
http://www.facteurs-humains.fr/le-facteur-humain-premiere-cause-d%E2%80%99erreur-de-diagnostic/
Pour diminuer le nombre de complications médicales, il faut bien évidemment que les praticiens apprennent à combattre leurs états de fatigue et de stress, toutes ces émotions ressenties quotidiennement qui génèrent l’erreur. Mais il faut également prendre conscience que notre cerveau ne fonctionne pas de manière parfaitement rationnelle et que des biais d’analyse intrinsèques à notre mode de penser peuvent sérieusement compromettre la prise en charge des patients. A travers l’histoire suivante, nous allons tenter de comprendre comment 7 professionnels de santé ont pu s’accorder sur un mauvais diagnostic.
Une patiente âgée de 39 ans, enceinte de 3 mois, se plaint de douleurs gingivales généralisées en absence de tout autre symptôme. Elle n’a pas d’antécédents médicaux et est déjà la mère d’un garçon de 4 ans. Elle consulte son gynécologue qui diagnostique une gingivite gravidique. La gingivite gravidique est une inflammation du parodonte (tissus de soutien de la dent) qui survient assez souvent au cours de la grossesse. Elle est déclenchée par la prolifération de certaines bactéries pathogènes en raison des modifications hormonales. Il est recommandé d’assainir la cavité buccale par une élimination du tartre et de la plaque dentaire. En complément d’un détartrage et d’un surfaçage des racines dentaires, il est parfois recommandé l’adjonction de produits antibactériens (bains de bouche antiseptiques). Dans certains cas, les gencives sont tellement gonflées qu’elles peuvent recouvrir les dents.
Le diagnostic est confirmé par son médecin généraliste qui lui prescrit un bain de bouche et lui conseille de consulter son chirurgien-dentiste pour faire un détartrage. Fort de ces informations, le dentiste pratique un détartrage. Toutefois, les douleurs persistent et la patiente décide de se rendre à l’hôpital au service d’urgence. Une nouvelle fois, le diagnostic est confirmé et de nouveaux bains de bouche sont prescrits. Mais les douleurs ne s’estompent pas et commencent même à atteindre une intensité telle que la vie de la patiente devient de plus en plus difficile. La patiente se représente donc au service d’urgence de l’hôpital. L’infirmière de trie appelle l’interne d’astreinte qui prescrit encore une fois des bains de bouche et renvoie la patiente chez elle.
Elle est déposée dès le lendemain matin par son mari, car les douleurs sont devenues très violentes. Elle est auscultée par un senior du service d’urgence qui la place sous morphine et l’adresse au service d’odontostomatologie (médecine de la bouche). L’interne qui la voit est nouveau dans le service en raison de la rotation des internes et ne la connaît donc pas. Comme la situation se dégrade, il décide de garder la patiente à l’hôpital mais faute de lit en odontostomatologie, elle est transférée dans le service de neurochirurgie. L’interne de neurochirurgie examine la patiente et détecte une mydriase (augmentation du diamètre de la pupille), ce qui l’étonne. Il demande donc un scanner qui révèle un hématome intracrânien très important. Elle est opérée en urgence.
La patiente décède en fin de journée d’une thromboencéphalite cérébrale avec saignement secondaire. La patiente avait en fait une leucémie, dont un des signes peut être une gingivite sévère. Aucune des nombreuses personnes qui l’ont auscultée n’a pensé à demander une simple numération sanguine qui aurait dévoilé la maladie.
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Notre analyse
Attention : le but de l’analyse qui suit n’est pas de porter un jugement de valeur sur les protagonistes de l’histoire dramatique racontée ci-dessus, mais d’essayer d’apporter des éléments de réflexion sur la sécurisation de la pratique médicale.
L’erreur de diagnostic est souvent présentée comme étant la première cause de décès à l’hôpital. Dans le cas présent, un grand nombre de professionnels de santé aux profils variés se sont succédés et ont tous confirmé le diagnostic de la gingivite gravidique. La gingivite est en effet la solution la plus probable et la plus facile à envisager : elle est fréquente chez la femme enceinte et le jour de la première consultation, l’inflammation gingivale est le seul signe clinique. Une fois ce diagnostic établi, aucun des acteurs médicaux ne va remettre en question ce choix.
Pour tirer un enseignement de cette histoire tragique, il faut s’interroger sur l’acceptation par tous du diagnostic. Pourquoi a-t-il fallu attendre la 8e personne soignante pour découvrir la réelle cause des douleurs ressenties par la patiente ? Pourquoi des professionnels expérimentés ont réagi de la même manière que des internes ? Pour le comprendre, nous devons déchiffrer le fonctionnement de notre cerveau.
Prendre conscience des biais d’analyse universels
Dans un article précédemment publié dans ce blog sur la surconfiance comme premier facteur d’échec, les auteurs présentent un phénomène connu appelé la « fermeture prématurée ». Les chercheurs en neurobiologie ont en effet observé que notre cerveau ne prenait pas de décisions de manière rationnelle : quelque soit le champ d’activité considéré, une fois un choix établi, tout va être fait pour le confirmer. Le cerveau se ferme aux hypothèses concurrentes qui pourraient invalider ce choix initial. On parle alors de biais d’analyse. Ces derniers peuvent prendre plusieurs formes*:
- Biais d’évaluation de la fréquence des événements graves
Le risque que des événements graves surviennent est presque toujours sur- ou sous-évalués (on se base sur son expérience personnelle pour déterminer la fréquence des événements)
- Biais de sélection des données
Les préférences orientent fortement la sélection des faits.
- Biais d’habitude
Les décisions sont souvent orientées vers des solutions familières même si elles ne sont pas optimales.
- Biais de confirmation
On recherche les résultats qui confirment plutôt que ceux qui infirment.
- Biais de conformité au groupe
On recherche plutôt une décision conforme à celle donnée par le groupe. On retrouve très souvent ce type de biais quand il s’agit d’apprécier des vins ou des œuvres artistiques.
Dans le cas présent, il semble que le biais d’évaluation de la fréquence des événements graves ait joué un rôle important chez l’ensemble des professionnels médicaux. La patiente étant enceinte, il semblait logique qu’elle souffre de gingivite gravidique. L’occurrence d’une leucémie présentant ces symptômes est rare et n’a donc pas été retenue par les différents acteurs.
On peut penser que le biais de conformité au groupe a également mené les professionnels médicaux à accepter comme tel le diagnostic de gingivite gravidique. Chaque acteur s’est basé sur le diagnostic initialement fait, lequel s’imposait de plus en plus comme une vérité au fur et à mesure que le nombre de praticiens à l’accepter augmentaient. Il devenait donc de plus en plus difficile de remettre en cause un diagnostic partagé par tant de confrères.
Pour éviter que cette histoire tragique ne se répète, il n’y a pas de solution miracle. Prendre conscience des biais d’analyse qui peuvent compromettre des diagnostics est une première étape. Il est également important de continuer à rapporter ce type d’expériences car le partage des erreurs est fondamental si l’on veut améliorer la sécurisation des pratiques. C’est l’unique but de ce blog.
Franck Renouard– Jean-Gabriel Charrier
L'ultra communication a un effet exponentiel. Tout ce à quoi les autres s'intéressent est su par tous ceux qui ne le savaient pas encore. La haute technologie fait office de juge critique. L'iphone et l'internet sont les réseaux par lesquels transitent la conformité. La littérature qui oeuvrait à lutter contre la sclérose spirituelle est battue à plate couture. Les éditeurs y participent d'ailleurs eux-mêmes en renforçant la conformité jusque dans les ouvrages publiés. La rentabilité a pris le pas sur l'esprit subversif, l'éveilleur de consciences.
"Qui donc inventera le désespoir? chantait Léo Ferré.
"Tout est prêt, la publicité, la clientèle..."
Combien il me manque Léo Ferré...
"A l'école de la poésie"
La poésie contemporaine ne chante plus elle rampe.
Elle a cependant le privilège de la distinction
Elle ne fréquente pas les mots mal famés elle les ignore.
On ne prend les mots qu'avec des gants : à « menstruel » on préfère périodique »,
Et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux
qu'il ne faut pas sortir du laboratoire et du codex.
Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés,
à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques,
me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir sils ont leur compte de pieds,
ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le poète d'aujourdhui doit être d'une caste, d'un parti ou du « Tout Paris ».
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie.
Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale
tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est un signe des temps. De notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires c'est encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd. Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok.
Rutebeuf avait faim. Villon volait pour manger. Tout le monde sen fout.
L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie.
La Lumière ne se fait que sur les tombes.
Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien dépique.
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne nous reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle.
Qui donc inventera le désespoir ?
Avec nos avions qui dament le pion au soleil.
Avec nos magnétophones qui se souviennent de ces « voix qui se sont tues »,
avec nos âmes en rade au milieu des rues,
nous sommes bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande
à regarder passer les révolutions.
N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,
c'est que c'est toujours la Morale des Autres.
Les plus beaux chants sont des chants de revendication.
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.
A l'école de la poésie, on n'apprend pas. ON SE BAT !
Bilan.
J'ai commencé à écrire au lycée.
Tout a réellement commencé dans la chambre d'hôpital où je veillais mon frère cliniquement mort. Et qui a survécu.
En 1ère, Mr Ollier lisait mes nouvelles à la classe. En Terminale, il continuait et Mme Sotirakis avait eu, pour la première fois de sa carrière, à corriger un exposé de 72 pages sur la passion. J'écrivais beaucoup déjà :)
Tous les deux disaient qu'un jour, je serai édité.
J'ai écrit "VERTIGES". Il a été publié en 2004 par la Fontaine de Siloé. Ce roman a eu deux prix littéraires régionaux.
J'ai écrit "NOIRCEUR DES CIMES" qui a été publié par Altal éditions. Une belle rencontre avec deux jeunes passionnés, Sarah Molina et Yann Derrien. Ils n'ont malheureusement pu tenir le coup dans la meute du marché des livres....La maison a déposé le bilan.
J'ai écrit "JUSQU'AU BOUT", l'histoire d'un instituteur qui tue, se drogue, a une vie sexuelle totalement débridée, enlève ses élèves et meurt dans un amour ineffable.
Il n'est pas publié.
J'ai écrit "LA-HAUT", l'histoire d'un guide de hautes montagnes qui perd sa femme dans l'attentat du RER à la station Saint Michel. Il se réveille à l'hôpital et découvre qu'il a été amputé d'une jambe. Near death experience. Etat de conscience modifiée. Que reste-t-il quand on a tout perdu ? La plénitude.
Il n'est pas publié.
J'ai écrit "LES ÉVEILLÉS", un roman autobiographique. Mon parcours de vie. Que reste-t-il quand on a perdu son intégrité physique ? L'intégrité spirituelle.
Il n'est pas publié.
J'ai écrit le tome 1 de "JARWAL LE LUTIN". Il a été publié par Laura Mare éditions pendant deux mois puis la maison a déposé le bilan.
J'ai écrit le tome 2, le tome 3, j'écris le tome 4.
J'en écrirai 10.
"Jarwal le lutin" n'est plus en vente.
Je travaille actuellement, depuis le 1er septembre à l'écriture d'un nouveau roman.
"À COEUR OUVERT". Tout est parti de la mise au point d'un coeur totalement artificiel par la société Carmat et le Professeur Carpentier. Que reste-t-il de soi quand on a perdu son coeur ? Le soi originel. Et plus le soi éduqué.
J'en suis donc à 10 romans.
Et plus de mille pages en format A4 d'articles sur mon blog.
Il me reste un roman publié...
Et je continue à écrire.
Non pas parce que j'espère qu'un éditeur s'intéressera un jour à ce que j'écris mais parce que rien, absolument rien, ne m'a autant apporté, spirituellement, existentiellement, rien n'a jamais eu cette profondeur, aucune exploration n'a jamais été aussi soutenue.
Bien évidemment, cela ne signifie pas que l'amour pour ma femme ou mes enfants n'a pas d'importance mais tout simplement qu'il ne s'agit pas de la même dimension.
L'amour est un éveil aux autres. L'écriture est un éveil à soi.
Les deux ne sont pas en conflit ou en compétition, ils s'accompagnent, se nourrissent mutuellement. Je n'aurai pas écrit tout ça si je n'avais pas croisé la route de la femme que j'aime, si nous n'avions pas eu nos trois enfants mais je n'aurai jamais rencontré cet amour-là si je n'avais pas écrit parce que je n'aurai pas été celui que je suis.
Alors je vais continuer à écrire parce que c'est ma route. Quoiqu'il advienne.
Agressions sur les profs
On ne les compte plus depuis le début de l'année mais qu'en est-il envers les élèves?...
Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu'ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciaion sur un devoir d'Anglais : "Qu'est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur?"
Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l'année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d'apprendre, ses faiblesses n'étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, en un mois de classe, l'image qu'il a de lui, c'est celle d'un "nul".
Tous les jours, en France, des enfants sont "poignardés" par des professeurs qui n'ont aucune conscience du mal qu'ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d'avoir la moindre compassion, d'éprouver le moindre amour.
Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.
Qui se posent la question de ce que vivent les enfants?
Le ventre en question
Passionnant tout ce que je peux lire dans mes recherches pour l'écriture de mon roman. Etonnant aussi comme ce que j'ai déjà écrit finit par correspondre à ce que je découvre sur le net. Depuis un moment déjà, je pensais que les émotions influaient le cerveau, que le corps avait son propre fonctionnement interne et que le cerveau en était le récepteur, le trieur, l'analyseur mais pas nécessairement l'émetteur. Fascinant. Et se pose irrémédiablement la question de la vie d'une personne ayant reçu un coeur artificiel. Le sang ne passant pas dans cette machine, qu'adviendra-t-il de la dispersion des hormones et en retour, quelles informations physiologiques pourront parvenir au cerveau ?
Le Ventre en question
Réhabiliter l'intestin
http://www.silver47.eu/leventre.html
Si je vous dis diarhée, constipation, ballonnement, gaz, syndrôme du colon irritable.. vous me répondrez sans doute: l'intestin.
Mais si à.. fatigue, dépression, humeur fluctuante, céphalées, anxiété, pertes de mémoire, insomnie.. je vous dis "c'est votre intestin".
Si à acné, psoriasis, urticaire, eczéma.. je vous rétorque: "justement, l'intestin"
Courbatures, tendinites, sciatique.. cystites, vaginites, dysménorrhées.. encore l'intestin !
Vous allez imaginer que je rejoue ici le rôle du médecin et du malade imaginaire de Molière. Pourtant, nous ne sommes pas dans une comédie mais nous approchons la réalité car l'intestin est la source de multiples maux. Et j'oserai dire qu'il peut se jouer une tragédie chaque fois qu'un trouble de santé apparaît, que l'on donne des remèdes antisymptomatiques, et que l'on oublie de s'intéresser à l'intestin.
Alors, comment est-ce possible que cet organe qui n'a pas, dans notre considération, la même noblesse que le cerveau ou le coeur, puisse jouer un rôle considérable pour notre santé ?
Réfléchissons un peu :
- L'intestin est un creuset de matières : la sienne et celle qu'il contient.
- L'intestin est constitué de vie, la microflore qu'il héberge.
- L'intestin est un creuset de mental et d'émotions, via les neurones qui le tapissent.
- L'intestin est aussi source de sagesse dont nous parlent les traditions orientales, et toujours selon leurs croyances, Il serait même le siège d'une force vitale échappant à la biologie classique, rien que ça !
A - Description succinte des quatre intestins.
1 - L'intestin matière.
a) la matière qu'il contient.
Cette matière provient de la nourriture absorbée, soit environ 60 tonnes d'aliments pour une vie.
Cette matière est polyvalente ; elle contient à la fois des nutriments et des substances à rejeter. L'intestin, lieu de passage certes, mais surtout sorte de chaudron magique qui va assumer transformation, tri, assimilation ou évacuation.
Il ne devrait pas être l'espace tabou, l'espace nauséabond qu'on imagine souvent. S'il devient un espace trop nauséabond, ce n'est pas de sa faute, mais peut être avons-nous une part de responsabilité.
b) la matière qui le constitue.
L'intestin est constitué de plis, de villosités, de microvillosités, et si on le dépliait, on pourrait couvrir
environ 400 mètres carrés.
Des chiffres bruts ne sont pas très parlants. Aussi est-il intéressant de les illustrer par des éléments concrets :
Avec notre PEAU, on pourrait faire un grand PARAPLUIE.
Avec la muqueuse déployée de nos POUMONS, on couvrirait une PISTE DE BOWLING.
Avec la muqueuse déployée de l'INTESTIN GRELE, on masquerait un TERRAIN DE TENNIS.
Mais si la surface de l'intestin est considérable, la muqueuse est d'une infime épaisseur.
Posons bien le problême un instant. On parle de pollution extérieure que l'on absorbe par la peau et les poumons ; c'est de plus en plus inquiétant. Cette pollution extérieure, on l'absorbe par une surface relativement restreinte (un parapluie et une piste de bowling). En revanche, vous voyez ce qui sort de notre intestin : tout ceci était en contact, par une surface immense et par une muqueuse extrêmement
vulnérable, avec l'intérieur de nos organes.
"C'est étudié pour" me direz-vous. Oui mais, il suffirait de presque rien, pour que des éléments indésirables,
des microparticules dangereuses se retrouvent dans notre corps au lieu d'aller dans la cuvette des WC.
Elles pourraient alors, ces particules, perturber n'importe quel organe. Ce qui entartre la cuvette des WC pourrait entartrer notre corps.
Et là, il ne sera pas question d'aller chercher le bidon rose, vert, bleu hyperactif qui se trouve dans les rayons de votre magasin habituel.
2 - L'intestin de Vie
L'intestin est le siège permanent d'une activité motrice qui se manifeste sous forme d'ondes de contraction et de propulsion. En ce sens, il est mouvant, vivant. Mais ce n'est pas cet aspect que je veux évoquer. Cela permet cependant de comprendre que l'intestin n'est pas un simple tuyau de plomberie. Il participe.
Notre intestin, et en particulier le gros, est habité par 10 puissance 14 entités bien vivantes, composées d'environ 500 espèces différentes. C'est ce que l'on appelle du joli nom de flore, constituée par 2Kgs de bactéries :
100.000.000.000.000 entités vivantes
500 espèces
2 kilogrammes
Ces bactéries constituent 50% de la masse fécale. Nous sommes colonisés par ces bactéries et devons apprendre à cohabiter avec ce zoo vivant que nous transportons en permanence. La plupart de ces petites bêtes sont en grande majorité nos amies et sans elles nous ne pourrions pas vivre.
Songeons que ces Bactéries :
- Terminent certaines digestions
- Fabriquent des vitamines
- Facilitent l'assimilation des minéraux
- Transforment certains médicaments pour les rendre opérationnels
- Synthétisent des antibiotiques naturels
- Jouent un rôle dans le systême immunitaire
Il éxiste l'équivalent du guide Michelin pour bactéries et celles-ci l'ont consulté. 3 étoiles sont attribuées au milieu intestinal, car les bactéries y trouvent un repas de grande classe : on y met les petits plats dans les grands. D'autant plus intéressant que ce repas est gratuit et en libre service ! On imagine facilement que les 500 espèces de bactéries ont toutes envie de se régaler, y compris certaines bactéries dont nous
n'avons pas trop besoin.
En principe, dans ce restaurant, les bactéries amies ont réservé et ont une place bien déterminée. Mais si, une fraction de seconde, elles quittent leur place, les bactéries moins sympathiques la prennent. Le problême, c'est que chez les bactéries, si on mange beaucoup on ne grossit pas, on se multiplie, et nous verrons ce qui se passe lorsque des bactéries indésirables viennent prendre la place des bactéries
habituelles et se multiplient trop.
On peut se douter que si un zoo est fait pour acceuilir une centaine d'espèces d'animaux dont 3 tigres et que, pour une raison quelconque, les tigres prennent l'ascendant sur d'autres animaux, se multiplient et sont 50 au lieu de 3, la clôture du zoo risque de céder. C'est un phénomène un peu semblable qui peut se produire dans notre intestin. C'est le syndrôme de l'intestin victime de perméabilité intestinale.
3 - L'intestin Mental
Familièrement le ventre se dit parfois panse, ce qui n'est pas très loin de pense.. coïncidence sémantique amusante lorsqu'on sait que des recherches récentes, reprenant d'ailleurs des travaux un peu plus anciens, parlent d'un second cerveau dans l'intestin.
Coïncidence visuelle troublante également quand on constate qu'une circonvolution d'intestins qui remplit le ventre ressemble étrangement aux arcanes de notre cerveau.
Nous sommes peu habitués, dans notre monde hypophysaire trop rationnel, au raisonnement analogique. Je ne m'appuierai donc pas sur ses éléments mais peut-être que cela suffira, aux plus thyroïdiens et pinéaliens d'entre vous, pour ressentir que l'intestin a un lien de parenté avec le cerveau.
Donc, soyons sérieux et voyons ce que nous disent les scientifiques, car ils ont bien sûr la vérité !
N'oublions cependant que la Science constitue un cimetière de théories délaissées.
Jusqu'a présent il y avait un cerveau droit, et un cerveau gauche; y en aurait-il un troisième ?
En 1999, Michael Gershon, gastroentérologue, publie ses travaux et affirme qu'il y a, au niveau de l'intestin, un systême nerveux autonome, une sorte de second cerveau capable de se débrouiller seul, sans suivre ni attendre les instructions du cerveau principal habituellement considéré comme le chef d'orchestre de toutes nos fonctions. De nombreux chercheurs travaillent sur ses découvertes, notamment à l'Université de Lausanne.Ils confirment la justesse des théories de Gershon et l'immense possibilité qu'elles ouvrent dans le
traitement des maladies de l'intestin.
Comme toute découverte scientifique, il y a bien sûr des détracteurs. Ils disent "rien de nouveau, on a découvert depuis 1860 le systême nerveux entérique. Les neurones entériques sont sous la dépendance de la commande centrale : le cerveau. Ces neurones ne sont que des relais du systême sympathique qui commande la digestion".
Ils n'ont pas totalement tort. Dans notre corps, il y'a collaboration, synergie entre les organes, mais de là à considérer que les intestins n'ont qu'un rôle passif d'exécutants d'ordres donnés de là haut ! C'est l'illustration d'un refus de lâcher certaines convictions auxquelles on s'accroche délibérément parce que les nouvelles sont destabilisantes.
L'hypothèse de ce cerveau indépendant dans le ventre avait été émise dès le 19ème siècle par des chercheurs anglais (Bayliss et Starling). Ils avaient constaté la poursuite quasi normale de l'activité digestive chez un chien dont ils avaient coupé le lien entre le systême nerveux central et les cellules nerveuses présentes à l'intérieur de la paroi intestinale.
Au début du 20ème, un allemand (Trendelenburg) observait le réflexe pésistaltique "in vitro" dans l'intestin d'un porc, séparé du reste du corps; preuve que l'intestin peut réagir sans la participation du systême nerveux central.
En 1921, John Langley déclare que les cellules nerveuses du tube digestif ont leur réseau autonome parce que le cerveau principal ne peut coordoner seul les fonctions complexes de la digestion. Il est mis au pilori par tout ses collègues chercheurs.
Le 20ème siècle continuera à considérer l'intestin comme de la tuyauterie dépendant intégralement du cerveau principal. Le 21ème siècle commence à rendre ses lettres de noblesse aux intestins. Gershon a ouvert un champ immense de possibilités et entraîne dans son sillage de nombreux chercheurs.
Ils travaillent sur ces 100 millions de neurones du cerveau abdominal qui envoie, à travers le nerf vague, 9 fois plus d'informations vers la tête qu'il n'en reçoit. Ils travaillent sur cette sérotonine produite à 95% dans l'intestin. La sérotonine responsable de l'harmonie, de l'équilibre, du calme, de la gaieté, en un mot du bien être.
Ils travaillent sur ce réseau de neurones intestinaux qui commande un systême de défense d'une ampleur incomparable à savoir 70% des cellules immunitaires de l'organisme.
Le cerveau intestinal ne peut manipuler des symboles et se servir d'un langage, mais il dispose de neurotransmetteurs. Ces derniers sont les mots que les neurones emploient pour communiquer l'un avec l'autre et avec les cellules sous leur contrôle. Peut être que leurs mots sont plus intelligents que les notres et qu'il n'est pas interdit d'étudier leur langage pour éviter certains maux.
4 - L'intestin Sagesse
On peut se pencher, se penser dans la tradition orientale, pour aborder cet aspect. On peut relire "le Hara" de Durckheim, chercher à comprendre le rôle joué par le ventre dans les arts martiaux. On peut aussi s'intéresser au bouddhisme qui met le ventre proéminent au centre de l'être. On peut épiloguer sur cette déclaration du grand maître Zen, Deshimaru, qui répond quand on lui demande "qu'est-ce que le Zen?" - "un bâton à chiottes!"
Mais les orientaux n'ont pas le monopole de la sagesse du ventre. Si le ventre de monsieur Hoang Tsin est un creuset de sagesse, il n'y a pas de raison, que le ventre de monsieur Deschamps ne soit pas aussi un creuset de sagesse. La supériorité des orientaux à ce niveau, est qu'ils sont moins dans la dépendance théorique intellectuelle; mais qu'ils sont capables, pour leurs découvertes, d'y mêler intuition, sensibilité et
pratique assidue.
Alors si je rencontre mon facteur, et que je lui dise: "La sagesse, c'est d'avoir un bon intestin. Le Zen est un bâton à chiottes. Le Hara c'est le centre vital de l'homme", il est fort probable qu'il me dise: "je n'ai pas bien saisi le sens de vos propos", alors pour faire plus simple, je vais lui dire que la Vie est mystérieuse. Quand à-t-elle commencé ? D'où vient-elle ? Où va-t-elle ?
On ne le sait pas, mais ce que l'on sait, c'est que chez les humains, cette Vie prend son départ dans le ventre.
Dès la conception, un ventre acceuille, le corps va se construire par le cordon ombilical relié à un ventre jusqu'à la naissance. Après la naissance le corps va continuer à se construire et à s'entretenir par les aliments grâce au ventre, à ses intestins, véritables racines physiologiques.
La vie aurait pu démarrer dans notre coeur, dans notre cerveau, ces organes nobles dont parlent les poêtes. Mais non, ironie du créateur, elle démarre à proximité de matières, comme si elle voulait nous dire: attention, ne t'évade pas trop dans tes pensées, dans ce mental trompeur, dans ce mental menteur. N'oublie pas que la vie prend sa source plus bas. N'oublie pas de temps en temps, d'y descendre, plonge
dans ces racines, relie le haut et le bas; oui, tiens ensemble le Ciel et la Terre.
Oui, comme à l'origine du torrent, il y'a une source: le ventre constitue la source de l'être et en cela il contient du mystêre, c'est à dire de la sagesse. Oui, acceptons de descendre, de temps en temps, dans notre ventre, de naître une deuxième fois avec lui et, naître avec, cela se traduit par: Co-Naissance.
B - Comment l'intestin peut-il être la source de maladies non intestinales ?
Si l'on n'est pas habitué à cette conception de la santé, il est possible de se dire: Ok, l'intestin joue de multiples rôles, présente de multiples aspects fonctionnels et, s'ils se "détraquent", je vais me retrouver avec des maux de ventre, voire avec des maladies plus ou moins graves de l'intestin. Effectivement, ça se passe parfois de cette façon, mais parfois non.
Il arrive que le ventre soit indolore et qu'il exprime sa souffrance par des voies détournées qui s'appelleront maladies de peau, problêmes respiratoires, douleurs articulaires, baisse de l'immunité, etc..Qu'est-ce que ce ventre, sorte de coucou qui va mettre ses problêmes dans le nid des autres ?
Le ventre répond: Désolé, ce n'est pas moi qui ai inventé un découpage artificiel de l'organisme. C'est vous les hommes qui séparez l'intestin, le coeur, les articulations, les poumons, la peau et qui avez inventé les gastroentérologues, les cardiologues, les rhumatologues, les pneumologues, les dermatologues. Vous oubliez trop souvent que le corps est un ensemble, un agrégat de cellules? Chacune d'elles travaillent dans l'intérêt de la collectivité; encore faut-il que ces cellules reçoivent ce dont elles ont besoin.
Si les cellules qui constituent le poumon reçoivent des déchets colloïdaux que l'intestin a laissé passé, elles n'accomplissent pas leur fonction et ça s'appellera bronchites, asthme.. etc.
Si les cellules qui constituent les articulations ou les muscles reçoivent des déchets acides, cristalloïdaux; ça s'appellera lombalgies, sciatiques, rhumatismes.
Si les cellules de la peau, au lieu d'avoir à éliminer sébum et eau, doivent éliminer moult substances agressives, ça s'appellera eczémas, urticaires..
Si l'intestin ne peut jouer son rôle immunitaire, n'importe quelle substance étrangère pourra déclencher une manifestation allergique voire une pathologie grave.Si des substances chimiques viennent visiter les neurones intestinaux, ceux-ci, via les neurotransmetteurs,
pourront déclencher des problêmes psychiques comme la dépression.
Etc.. etc..
C - Pourquoi les merveilleux mécanismes intestinaux se dérèglent-ils ?
1 - L'intestin matière
La matière contenue dans l'intestin vient de nos mains qui portent à la bouche des aliments, de l'eau, des médicaments; c'est dire que nous avons notre part de responsabilité.
La matière contenue dans l'intestin est le résultat du travail accompli par tous les organes digestifs qui le précèdent: la bouche, l'estomac, le fois, le pancréas. Autrement dit, si l'on met dans le corps des substances qui ne sont pas en adéquation avec ses besoins et ses possibilités, la matière qui arrivera dans l'intestin ne sera pas conforme à celle qu'il est susceptible de savoir traiter.
Si l'on veut que l'intestin reçoive ce qui lui convient, il faut s'intéresser à la bromatologie, c'est à dire à la diététique et à la nutrition. Faute de cela on va produire des gaz par fermentation et putréfaction, ralentir notre transit, et se retrouver avec des amas considérables de matière. Le diamètre du tuyau va se réduire par une sorte de calamine, cette calamine va perturber les échanges avec le reste du corps et mettre à mal le systême immunitaire.
Supposons que l'on mette dans notre bouche ce qui convient. Est-on assuré que l'intestin reçoive la matière qu'il sait traiter ? Non. Si un seul organe n'a pas assumé sa fonction digestive, on risque de se retrouver avec des matières non transformées dans l'intestin. Alors l'intestin grêle et le gros intestin vont dépenser beaucoup d'énergie pour un travail supplémentaire car ils vont chercher à transformer ce qui peut l'être.
Cette énergie supplémentaire dépensée pourra manquer pour accomplir d'autres fonctions d'un organe du corps. On se retrouve avec une pathologie par défaut d'énergie.
Retenons en résumé, que si on ne veut pas que l'intestin se dérègle à cause de son aspect matière, il faudra veiller au carburant et au carburateur. Il n'y a pas en général pas de systême alimentaire standard. Tout systême alimentaire doit être individualisé.
2 - L'intestin Vie : sa flore.
Notre intestin abrite une microsociété d'individus, en l'occurence les bactéries comme dans toute société, il y a des dominants, des dominés, des agitateurs, des minorités agissantes et, chacun, a sans doute sa raison d'être. En principe le plan d'occupation des sols est extrêmement reglementé. Chaque type de bactérie dispose de ses quelques mm² de logement. La nature a bien prévu les choses puisque l'écrasante
majorité des espèces bactériennes joue un rôle favorable pour l'homme et que celles-ci disposent des plus grands logements. Il faut cependant se souvenir qu'il éxiste une lutte permanente qui se déroule dans l'intestin, chacune des bactéries tentant de prendre la place de l'autre.
Pourquoi certaines bactéries pathogènes arrivent-elles à prendre le dessus sur certaines bactéries saprophytes ? Dans le monde bactérien, les bactéries prolifèrent et régressent en nombre suivant qu'elles rencontrent ou non des conditions de vie favorables, ou autrement dit, la nourriture qui leur est servie.
Sont identifiées comme causes de la dysbiose intestinale, c'est à dire comme cause du déséquilibre de la microflore :
- Déséquilibre alimentaire, mauvaises habitudes.
- Changement trop brutal de systême alimentaire.
- Stress
- Excès d'hygiène et de propreté autour de soi (la vie dans une ferme étant préférable à la vie dans une maison "nickel" sans poussières)
Comment savoir, en dehors de pathologies comme les mycoses, en dehors d'éxamens médicaus, si on est à risque de dysbiose ?
Je ne peux parler de tous les clignotants qui permettent de savoir si un groupe de bactéries prend l'ascendant sur un autre. Je vais simplement vous en donner deux, les plus fréquents.
Il éxiste des bactéries de fermentation et des bactéries de putréfaction. Entendez par là que certaines bactéries aiment les hydrates de carbone (pain, sucre, céréales, amidons..) et d'autres se régalent avec les acides aminés (viandes, oeufs, fromages, poissons..)
Si l'on mange trop d'hydrates de carbone, il va y avoir prolifération d'une flore de fermentation. Ce qui se traduira à terme par une prolifération d'autres micro-organismes, notamment le célèbre candida albicans, qui n'a rien de candide.
Si on consomme trop de protéines, notamment animales, une flore de putréfaction va se développer. Si elle prolifère trop, elle engendrera des maladies intestinales des plus bénignes aux plus graves. La dysbiose a également des conséquences sur la perméabilité intestinale. La membrane intestinale (épithélium) joue un rôle cruciel de filtre grâce à la jonction particulière de ses cellules.
Si la flore intestinale est déséquilibrée, la membrane intestinale sera mobilisée, de par son systême immunitaire, sur d'autres fonctions. De ce fait, elle ne disposera plus de l'énergie nécéssaire pour assimiler les trente protéines nécéssaires à son intégrité. L'intestin, dans ce cas, n'est plus un filtre mais une passoire.
Les intrus (déchets toxémiques ou certaines bactéries) envahissent l'organisme. Le corps va éssayer de les éliminer par des boutons, des maladies de type ORL, des diarrhées.. ou s'il n'y a pas de vitalité, le corps s'encrassera et l'on aura des douleurs articulaires, musculaires, des migraines, etc.. Il importe de maintenir cette barrière intestinable en bon état ou de la renforcer car elle est primordiale dans le maintien de la santé.
3 - Les neurones
Lorsqu'on s'intéresse à la santé, il est bon de se rappler Hippocrate. Il avait compris qu'il fallait prendre en compte les découvertes de la science sans oublier celles des empiriques, des anciens et de la tradition.
L'homme n'est pas une équation mathématique à résoudre par des scientifiques. Il est composé de multiples facettes dont certaines ont d'abord été appréhendées par l'intuition populaire. Cette intuition populaire, en ce qui concerne le ventre, se traduit par un langage imagé très riche. Le nombre d'expressions qui manifestent une correspondance entre une émotion, un sentiment, une situation et le systême digestif est impressionant. Vous connaissez :
Je ne l'ai pas digéré, ça me gonfle, je le garde sur l'estomac, ça me gave, avoir des tripes, avoir la peur au ventre, s'emmerder..
Le ventre matérialise, plus que tout autre organe, une souffrance affective ou émotionnelle parce qu'il dispose de son systême autonome de neurones. Donc il réagit dans l'instant. La douleur du ventre peut n'avoir aucune raison matérielle, elle remplace l'angoisse, la colère, la frustration, la rancoeur. Ne parle-t-on pas de colon irritable ?
Notre intestin fonctionne comme un cerveau. Pour bien fonctionner, il doit être capable de lâcher prise, de répondre à une émotion par le moyen approprié. Toute émotion mal vécue peut engendre un dysfonctionnement intestinal, non seulement du point de vue de la douleur mais aussi sur l'équilibre de la flore intestinale.
4 - Le potentiel sagesse
Chaque organe de notre corps doit recevoir les ingrédients dont il a besoin. Ceux-ci ne sont pas obligatoirement visibles, comme glucides, protides, lipides. Les organes ont parfois d'autres besoins. Je vous ai signalé dans d'autres conférences, par exemple, que la thyroïde avait besoin d'activités artistiques, que l'hypophyse avait besoin de mathématiques. Je dirai que le ventre, point de départ de notre vie, aurait besoin d'un peu plus de reconnaissance. Il aurait besoin que nous naissions avec lui. Il aurait besoin qu'on lui accorde un peu plus d'intérêt, qu'on le voit autrement que comme un "emmerdeur". Il aurait besoin que, de temps en temps, on pense à lui, qu'on médite sur son mystêre, ou peut être aussi de dire gracias, c'est à dire juste "merci".
Gerard Malisani
"La perfection" sur Reflets du temps
La perfection

« La perfection caractérise un être ou un objet idéal c’est-à-dire qui réunit toutes les qualités et n’a pas de défaut ».
« La perfection désigne aussi l’état d’accomplissement moral et spirituel auquel l’être humain serait destiné : un état de liberté totale et de félicité absolue auquel l’homme ne pourrait accéder que par un travail constant sur sa pensée, ses paroles et ses comportements ».
wikipédia
Je me méfie grandement de cette idée de perfection… Elle me semble contenir davantage de dangers potentiels que de plénitude. Sur quelles données se construit cette perfection ? Tout le problème est là. S’il ne s’agit que d’une comparaison entre les individus et l’établissement d’une hiérarchie, cette exigence contribue à l’élaboration d’un flot de douleurs. Pour ceux ou celles qui ne parviennent pas à se maintenir à flot au regard des plus performants et pour les plus performants à la douleur de ne pas pouvoir préserver ce statut de « leader ». On entre là dans le phénomène de la compétition. Et il n’y a rien de positif dans ce fonctionnement dès lors qu’il s’agit uniquement d’être le numéro 1. Le sport se nourrit de cette exigence. Certains individus parviennent malgré tout à préserver une certaine distance, une capacité à relativiser ce statut. Roger Fédérer en est l’exemple le plus honorable. Les footballeurs en sont bien souvent les pires représentants… La puissance médiatique est un piège redoutable qui pose l’individu sur un piédestal illusoire. Etre « détrôné » représente une douleur incommensurable. Mais c’est une douleur dont l’individu est responsable étant donné qu’il a accepté la perversité du système.
Qu’en est-il de nos élèves ? Si nous présentons la perfection comme un but à atteindre, nous créons une pression ingérable. D’autant plus ingérable qu’elle est construite sur des critères de comparaison. Les évaluations nationales sont les piliers de ce système. Il n’est pas question dans ce cadre étroit de juger de l’évolution de l’élève mais intrinsèquement de positionner l’individu sur une échelle de réussite globale. C’est son positionnement sur cette échelle qui est censée mesurer sa performance. Et c’est une absurdité absolue. Je connais des élèves qui sont « performants » dans ces épreuves et qui sont pourtant des individus partiellement « éteints ». Ils ne sont juste que des récitants très doués. Le contenu a pris le pas sur le contenant.
La performance n’a de réelle valeur qu’au regard de la qualité du contenant et de l’observation constante du contenu. Roger Fédérer pourrait être un très grand joueur de tennis et un homme insignifiant. C’est l’équilibre parfait entre la qualité de son jeu et la valeur humaine qui en fait quelqu’un de performant.
La performance est un chemin et non une fin. Elle n’est pas un objectif mais un moyen. Le moyen de contribuer à l’évolution de l’individu et c’est donc une démarche éminemment individuelle. Il ne s’agit pas de le placer sur une échelle comparative mais de l’amener à observer son cheminement. Aucun état de perfection n’est accessible ni même durable s’il n’est que la participation à un étalonnage de la masse. Car le « premier » ne le sera qu’au regard d’un ensemble de critères limitatifs. Le seul classement acceptable est celui que chaque individu établit au regard de sa propre évolution. L’objectif est de contribuer à passer successivement devant soi et non devant les autres. La performance est individuelle et ne se mesure que dans le creuset de son propre cheminement. Celui qui cherchera à apprendre à jouer au tennis à cinquante ans sera le premier en soi. Et demain, il passera devant ce premier puisqu’il comblera ses insuffisances. Il serait vain et absurde qu’il se compare à Roger Fédérer. Sa performance n’existera qu’à travers son propre engagement.
Et c’est là que la notation et toutes les évaluations formatives, les applications de données cognitives ne sont que des ersatz de réussite. Ce n’est pas le contenu qui importe mais le contenant. Ce n’est pas ce que l’homme sait qui importe mais que l’homme qui sait se connaisse. Si l’humanité est en dérive, c’est justement parce que la connaissance cognitive est devenue la référence et que la comparaison est un critère de sélection. Si l’école participe à ce naufrage, elle n’est plus que l’orchestre du Titanic qui continue à jouer quand le vaisseau coule. Est-ce qu’il est acceptable que les musiciens usent de leurs compétences alors qu’il s’agit d’œuvrer à sa propre survie et à la survie des passagers ? Est-ce que l’éducation nationale doit chercher à être performante dans ces critères sélectifs alors qu’elle coule ?… La coque est déjà éventrée, l’eau s’engouffre, il n’est plus temps de changer de cap. Le vaisseau est condamné. Il s’agit maintenant de sauver les passagers.
Thierry Ledru
Commentaires (1)
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La perfection a rapport avec l’achèvement, l’ultime, ce qui ne peut pas être dépassé. « Telos », en grec, c’est à la fois ce que l’on vise, le but, et ce qui est obtenu, le résultat achevé. Ce n’est pas forcément le fruit d’un effort conscient : ce qui arrive à maturité (une plante, un animal ou un être humain) est également « teleiotheis », qui peut se traduire simplement par « adulte ». Le parfait, c’est donc ce qui est parvenu au terme de ses potentialités, mélange de fonctionnalité (ce qui marche parfaitement) et d’esthétique (le beau, « kalos », a un rapport avec le bien « agathos » et le parfait au sens de ce qui ne peut être surpassé). La même idée se retrouve en Egypte ancienne : nfr (nefer) désigne aussi bien le beau (Nefer-iti = la belle est venue) et ce qui est arrivé à la plénitude de sa nature.
Cerveaux archaïques
Deux jeunes hommes de vingt ans ont été tués à coups de couteaux dans un parc public à Grenoble. Le premier est mort sur le coup, le deuxième est mort à l'hôpital des cinq coups qu'il avait reçus. Ils ont été attaqués par une bande de jeunes, une dizaine, pour une embrouille, dérisoire semble-t-il.
Mais là n'est pas l'important.
Ce qui est incompréhensible pour moi, c'est que l'être humain puisse en arriver là.
L'homme préhistorique se battait pour sa survie. On peut lui accorder des circonstances atténuantes. Ses actes étaient justifiés. Du cerveau reptilien, l'être humain s'est vu attribuer au fil du temps un cerveau limbique. Gestion des émotions. De la lutte pour la survie, l'homme est passé à la lutte pour le pouvoir, la puissance, le territoire, l'orgueil, la prétention, l'ego...Puis est apparu le néo cortex. L'intelligence, l'abstraction, la conscience du temps, la transmission des connaissances...De l'âge de pierre à l'arme atomique, au voyage dans l'espace.
Mais rien n'a changé dans le cerveau reptilien. Ni dans le cerveau limbique. C'est toujours le même chaos. La différence la plus effroyable, c'est qu'il n'y a aucune justification, aucune circonstance atténuante. La brutalité totale, la folie meurtrière. On n'est pas dans un conflit, dans une guerre, dans de la légitime défense, on est juste dans le phénomène de groupe, la tribu qui défend son "honneur" ou une absurdité du même genre.
Est-ce qu'on est vraiment sorti de l'âge de pierre ? Est-ce qu'on n'est pas même tombé encore plus bas ? Ce néo cortex qui n'a aucune emprise sur les cerveaux archaïques, à quoi donc sert-il ?
Syrie, Irak, Pakistan, tous les tués par balles aux USA, quotidiennement, ces milliers de morts violentes chaque jour, partout sur la planète. Tous ces néo cortex mis à contribution pour tuer et nourris jusqu'à la folie par des cerveaux archaïques tout puissants.
Est-ce que la Nature se serait trompée ?
Il y a quelque chose que je ne comprends pas.
Battements cardiaques
Une des bases de travail dont je me sers pour l'écriture du roman.
Nos battements cardiaques
http://www.energie-sante.net/ps/?p=558
Nos battements cardiaques ne sont pas seulement les vibrations mécaniques d’une pompe appliquée, mais un langage intelligent.
Heartmath Institute
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L’institut Hearthrnath a été fondé en 1991 par un Américain du nom de Doc Childre. Son siège est à Boulder Creek en Californie. HeartMath a développé une vaste expertise dans le domaine de la recherche de techniques sur mesure et de savoirs appropriés pour contrer,
d’une part, les problèmes de stress créés par le changement et les fluctuations du milieu du travail et, d’autre part, développer chez l’individu une attitude de souplesse, de dynamisme et d’équilibre intérieur, dans sa carrière et dans sa vie intime.
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Doc Childre, travaillant tout particulièrement sur la gestion du stress, avait observé que, depuis des siècles, poètes et philosophes avaient eu l’intuition que le cœur jouait un rôle important dans nos vies. Les expressions populaires comme « il a bon cœur », « le cœur a ses raisons », « une histoire qui me tient à cœur », etc., montraient que de tout temps, on avait subodoré l’existence d’un lien entre les émotions, les sentiments et cet organe.
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« Dans nos recherches, dit-il, nous avons accordé une grande attention à tout ce qui a été écrit et dit à propos du cœur au cours de l’histoire, en nous demandant si le mot "cœur " était plus qu’une simple métaphore. L’une des observations qui nous ont le plus intrigués, c’est qu’à travers les âges, il a été considéré comme une source non seulement de vertu, mais aussi d’intelligence. »
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Dans plusieurs cultures anciennes (mésopotamienne, égyptienne, babylonienne et grecque) on soutenait que le principal organe capable d’influencer et de diriger nos émotions, notre moralité et notre capacité de prendre des décisions était le cœur. Des conceptions semblables se retrouvent dans les bibles hébraïque et chrétienne, de même que dans les traditions chinoise, hindoue et musulmane.
Comment et pourquoi un tel fonctionnement ?
Le cerveau du cœur
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Au cours des récentes années, des neuroscientifiques ont fait une découverte stimulante : le cœur a son propre système nerveux. Il possède au moins 40 000 neurones (cellules nerveuses), soit autant que dans divers centres sous-corticaux du cerveau. Le cerveau du cœur et son système nerveux relaient de l’information au cerveau du crâne, créant un système de communication à double sens.
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Les signaux envoyés du cœur au cerveau affectent bien des régions et fonctions de l’amygdale cérébelleuse, du thalamus et du cortex, qui fonctionnent étroitement ensemble.
Cœur et cerveau, même combat…
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Cœur et cerveau sont certainement les organes les plus importants de notre organisme. Et les liens qui les unissent sont nombreux. Vous l’avez certainement remarqué : à la moindre émotion, la moindre peur, votre cœur s’emballe. Mais ce que vous savez peut-être moins, c’est que les liens entre cœur et cerveau sont réciproques : calmer les battements de ce muscle permet de faire disparaître les tempêtes sous le crâne ! Il suffit pour s’en convaincre de voir comment le fait de prendre de grandes inspirations lorsque l’on est énervé permet de ralentir le cœur… et rasséréner le cerveau.
Recherches de John et Beatrice Lacey
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Dans les années 70, alors que les scientifiques présumaient que le cerveau prenait toutes les décisions, deux physiologistes, John et Beatrice Lacey, du Fels Research Institute, firent une découverte cruciale.
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Par l’étude d’innombrables électrocardiogrammes, ils sont parvenus à la conclusion qu’il existe comme une sorte de "cerveau du cœur", un réseau de nerfs et de neurones dans le cœur qui réagit aux émotions positives et négatives et peut s’en souvenir. Le cœur mémorise les pensées et les sentiments.
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Ils ont découvert que, lorsque le cerveau envoyait des "ordres" au cœur à travers le système nerveux, le cœur n’obéissait pas automatiquement. Il réagissait plutôt comme s’il avait sa logique propre et non d’une façon purement mécanique. La réaction du cœur semblait dépendre de la nature de la tâche particulière à effectuer et du type de traitement mental qu’elle exigeait.
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Nos battements cardiaques ne sont pas seulement les vibrations mécaniques d’une pompe appliquée, mais un langage intelligent. Ils découvrirent que les battements rythmiques du cœur se transforment en impulsions neuronales qui affectent directement l’activité électrique des centres cérébraux supérieurs, ceux qui sont engagés dans le traitement cognitif et émotionnel. L’un des buts de l’institut était de pousser le travail du couple Lacey encore plus loin.
Une structure et des outils : la solution Hearthmath
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Les Américains étant avant tout pragmatiques, Childre et son équipe ont mis au point des outils permettant de travailler sur le "biofeedback de la variabilité du rythme cardiaque (VRC)". Il s’agit d’apprendre à contrôler consciemment les réactions du corps à l’aide de techniques simples et naturelles telles que la respiration, le focusing. Les changements apportés au corps sont mesurés à l’aide d’un logiciel appelé Freeze-Framer.
Il permet, après capture des battements cardiaques à l’aide de senseurs placés sur le doigt ou l’oreille, de calculer les variations de la vitesse du cœur et de mesurer ainsi les progrès effectués. Un graphique à l’écran présente les changements que l’on a réussi à effectuer, et mesure différentes réponses du corps, telles que les activités cérébrales, la tension artérielle, la tension musculaire et le rythme cardiaque.
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La recherche tend à démontrer que plus nous améliorons notre VRC, plus nous atteignons un état dit de "cohérence" de nos ondes cardiaques, qui ont la puissance de synchroniser par la suite nos ondes cérébrales. Une telle collaboration entre le cœur et le cerveau présente des bénéfices extraordinaires sur la santé. On obtient une meilleure concentration, une plus grande intuition, un sentiment de bonheur plus grand, un état de détente et d’harmonie avec le monde qui nous entoure.
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La gamme des outils Heartmath est aujourd’hui composée du logiciel EmWave Desktop (nouvelle version de Freeze Framer) et de l’appareil EmWave Poeket, qui permet d’équilibrer son niveau de cohérence partout à tout moment. En France, David Servan-Schreiber a révélé au grand public cette méthode dans son ouvrage "Guérir").
Le biofeedback
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Le biofeedback est un procédé technique permettant la mesure à l’aide d’appareils, des ondes bioélectriques, de signaux physiologiques, générés suite à un travail de visualisation. Plus précisément, il y a biofeedback lorsque le sujet en question peut contrôler les fonctions organiques mesurées, soit volontairement (par exemple, d’après les résultats et pour corriger un stress) ou involontairement (par exemple, après un changement d’état psychologique tel que la survenue d’un stress). Le mot vient de l’anglais feedback (action en retour ou rétroaction).
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Le biofeedback permet d’apprendre à contrôler consciemment les réactions de notre corps à l’aide de techniques simples et naturelles telles que la respiration, le focusing. Les changements apportés au corps sont mesurés à l’aide de senseurs qui captent les certaines données. Selon le système utilisé, un graphique à l’écran présente les changements que nous parvenons à effectuer et mesure différentes réponses du corps telles que :
• Les activités cérébrales.
• La tension artérielle.
• La tension musculaire.
• Le rythme cardiaque.
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Une fois que l’on a appris à reconnaître et à contrôler nos réponses corporelles, nous pouvons utiliser le biofeedback pour améliorer des problèmes de santé, pour sortir d’un état de stress, pour améliorer notre état mental en général et notre mieux-être. Il est prouvé scientifiquement que le biofeedback a un impact positif important sur notre bien-être physique et émotionnel. Il nous permet de nous entraîner à modifier nos fonctions corporelles à volonté.
Notes :
Le focusing (ou centrage sur soi) est une approche corporelle de psychothérapie créée par l’Américain Eugene Gendlin au début des années 1970. Il se caractérise par une attitude d’attention au « senti », c’est-à-dire à ce qui se passe « en soi » : les émotions, les sensations kinesthésiques ainsi que les perceptions viscérales toutes à la fois.
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Les chercheurs, en considérant sans ambiguité l’existence d’un cerveau cardiaque, doté de mémoire, ne font que ramener à la lumière un savoir des Thérapeutes Égyptiens, de l’époque d’Akhenaton. Déjà à cette époque, ils considéraient l’existence d’un point précis appelé "le point-vie", que nous appelons de nos jours : "atome-germe".
Daniel Meurois en parle dans son livre : "Ainsi soignaient-ils", ainsi que dans l’interview : Thérapies égypto-esséniennes.
Sources :
• Ariane www.ariane.qc.ca
• Heartmath www.heartmath.com
• Le Réseau Social www.lereseausantesocial.fr
• Sacré Planète www.sacree-planete.com
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Iris Zohar, a exprimé, le 2 juin 2011
merci pour ce passionnant article ; ne pas oublier aussi le travail de Patrick Drouot sur la cohérence neuro-cardio-vasculaire : son livre “La révolution de la pensée intégrale” est également passionnant !
A COEUR OUVERT : L'apparence
"Il est indispensable, en vue de la réalisation de soi-même, qu'un être apprenne à se différencier de l'apparence qu'il a incarnée aux yeux des autres et à ses propres yeux. "
Carl Gustav Jung.
Voilà l'idée sur laquelle je travaille dans l'écriture de " À coeur ouvert."
Un individu, suite à un infarctus, est sauvé par l'implantation d'un coeur totalement artificiel, celui mis au point par le Professeur Carpentier.
Sachant que nos principaux organes disposent de neurones, tout comme le cerveau, quels sont les conséquences pour l'individu d'avoir perdu la "mémoire" de ce coeur ?
Je pars de l'hypothèse que notre coeur mémorise ce que nous aimons ou ce qui nous déplaît car il est l'organe auquel est attribué l'amour. Le cerveau est une boîte noire qui enregistre les données reçues. Mais cet amour se constitue au fil des expériences de vie et est par conséquent conditionné par l'environnement, l'éducation, l'histoire personnelle, les mouvements de masse, les pensées partagées. L'individu s'éloigne inexorablement de l'amour originel, celui pour la Terre, le silence, l'introspection, celui de choses simples et dématérialisées.
En perdant ce coeur alourdi de données sociales, l'individu peut saisir l'opportunité de retrouver cet amour originel. Passé le désoeuvrement de la perte des repères habituels, il entre dans une dimension inconnue...
Au cours des récentes années, des neuroscientifiques ont fait une découverte stimulante : le cœur a son propre système nerveux. Il possède au moins 40 000 neurones (cellules nerveuses), soit autant que dans divers centres sous-corticaux du cerveau. Le cerveau du cœur et son système nerveux relaient de l’information au cerveau du crâne, créant un système de communication à double sens. Les signaux envoyés du cœur au cerveau affectent bien des régions et fonctions de l’amygdale cérébelleuse, du thalamus et du cortex, qui fonctionnent étroitement ensemble.

« Je me souviens de soirées parisiennes pendant lesquelles, tous les gens présents s’efforçaient de raconter quelque chose, tout et n’importe quoi, sans aucune continuité ni même la plupart du temps, le moindre intérêt. Aujourd’hui, je m’imagine là-dedans comme un poisson jeté sur le bord de la rive et crevant d’asphyxie, parlant sans fin pour retarder la mort.
-Et se taire aurait été jugé comme un affront, je connais ce marasme existentiel des logorrhées et le rejet de celui qui s’isole. C’est quand on parle pour ne rien dire qu’on se montre irrespectueux. Pour les autres et pour soi. Pour les mots aussi. C’est comme les jeter en pâture dans le chaos. Combien d’enfants se retrouvent chez le psychologue parce qu’ils aiment le silence et la solitude ? C’est effrayant ce formatage des âmes. On dit de l’homme qu’il est grégaire et c’est devenu une condamnation.
-Jamais les techniques de communications n’ont été aussi performantes et j’ai pourtant l’impression que nous n’avons jamais été aussi peu à l’écoute. Et j’ai pourtant passé une grande partie de ma vie à vendre les produits les plus évolués dans le domaine. D’ailleurs, j’ai vu qu’ici, le réseau téléphonique est des plus aléatoires et je le vis comme une délivrance.
-Les médecins aimeraient bien que ça s’améliore pourtant. Et même une bonne partie des habitants. C’est toujours le même problème de toute façon dans l’évolution technologique. Ce ne sont pas les progrès qui sont néfastes mais l’absence de réflexion quant à leur usage. Mais si on donne à des individus incomplets l’opportunité de renforcer leur égarement, ils ne peuvent pas s’en apercevoir et ils le vivent comme une chance.
-Incomplets ?
-La dimension spirituelle. Celle qui est bannie dès l’enfance et qui ne ressurgit bien souvent que dans le drame.
-Pourquoi est-ce que pour moi, j’ai l’impression d’avoir été effacé comme un disque dur ? Tu parles de complétude alors que j’ai plutôt le sentiment d’avoir été vidé de mon contenu.
-Il fallait bien faire de la place ! lança-t-elle en riant.
-C’est affreux de penser que j’étais déjà saturé.
-Certainement pas en fait mais parasité comme tout le monde.
-Oui, ça doit être ça. Impossible d’obtenir une réception de qualité, des ondes insoumises qui brouillaient l’émission.
-Entre l’être réel et l’ego, l’incompatibilité est chronique et comme ce monde moderne a tout misé sur l’ego, le conflit est permanent et déséquilibré dès l’origine. »
Il pensa soudainement à Chloé. Non seulement, il n’avait pas su la protéger mais il avait activement propagé le virus en elle.
« Tu sais Paul, le cœur est bien autre chose qu’une pompe. J’ai lu pas mal de choses sur le sujet. J’avais rencontré un scientifique dans un colloque que je suivais pour un article, des discussions passionnantes qui m’avaient donné envie d’en savoir davantage. Mais tu as bien dû te documenter toi aussi.
-Absolument pas Diane, rien du tout, j’ai posé là-dessus une chape de béton. Je serais même incapable de t’expliquer clairement ce qui est arrivé à mon cœur et tout autant pour te dire comment celui-ci fonctionne. J’ai vécu tout ça comme si je n’étais pas concerné et je ne comprends pas vraiment pourquoi. Et d’un point de vue technique, ça ne m’intéresse toujours pas. De toute façon, je ne maîtrise rien là-dedans, je suis complètement dépendant de cette technologie. Avant, j’en étais dépendant d’un point de vue professionnel et maintenant, il s’agit de ma survie. Qu’est-ce que tu voulais me dire à propos du cœur ?
-Et bien, il y a beaucoup à dire en fait. Et il est possible que ça puisse t’aider à comprendre ce trouble qui te poursuit.
-Je n’en souffre pas en tout cas. Aujourd’hui, c’est juste une impression étrange. Mais je t’écoute.
-Est-ce que tu sais que le cœur a des neurones ?
-Comme dans le cerveau ? Non, je l’ignorais.
-En fait, la plupart de nos organes en disposent. Le dicton populaire qui parle de « l’intelligence du cœur » avait raison. En Occident, la science considérait que notre pensée résultait de la somme des interconnexions entre les neurones et les synapses baignant dans une centaine d’agents chimiques. Et puis, les dernières avancées de la neurobiologie ont découvert ce que la médecine chinoise traditionnelle enseignait depuis des millénaires.
-C'est-à-dire ?
-Pour eux, l’activité mentale est répartie au sein de l’organisme. Le cœur en a une part importante. Chaque organe assume une facette de la vie intérieure. Et pas seulement physiologique. Selon eux, les poumons sont le siège de la vie végétative, le foie contrôle l’imagination, la créativité, les reins assurent la détermination, la rate assimile les expériences et la connaissance, les reins génèrent l’esprit de décision, la volonté et le cœur entretient la conscience, l’énergie centrale qui gouverne les quatre autres, il est le nœud, c’est le Shen, le discernement dans les pensées, l’intelligence du cœur n’est pas qu’une expression populaire, c’est une réalité profonde. Mais si un de ces esprits viscéraux est déficient, il aura une influence néfaste sur le Shen. Tout est lié et interdépendant. Le cerveau apparaît comme un centre de tri, un récepteur qui coordonne, il gère les cinq sens mais reste sous l’emprise des esprits viscéraux. Il n’est pas ce super ordinateur que nous imaginons ici.
-Est-ce que ces interprétations ont une base scientifique ou sont-elles juste des traditions ?
-Je me méfie considérablement des preuves apportées par la science. C’est une entité subjective qui ne valide bien souvent que ce qui lui permet de renforcer le paradigme en cours et par conséquent les démonstrations antérieures. Une question d’argent dans le fond. Il vaut mieux pour les chercheurs travailler sur des projets qui seront subventionnés par les laboratoires. Mais tout le monde ne subit pas ce genre de pressions heureusement. Certains chercheurs ont découvert que l’intestin et le cœur ont leurs propres réseaux de quelques dizaines de milliers de neurones. C’est une découverte qui remet beaucoup de croyances sur le grill. Ces cerveaux sont capables d’avoir leurs propres perceptions et d’agir en sorte.
-Tu veux dire que de m’avoir enlevé mon cœur et en plus de m’avoir équipé d’un cœur artificiel pourrait expliquer ce changement radical dans ma vie ? Non pas simplement parce que j’ai eu un infarctus mais parce que je vis sans ces neurones du cœur ?
-Je ne sais pas mais c’est une piste.
-Tu disais que pour les Chinois, le cœur est le siège de la conscience ?
-Oui, c’est ça. Et c’est logique d’un point de vue symbolique. Il est le souffle vital.
-Mais alors, pourquoi est-ce que je suis bien plus conscient aujourd’hui que dans toute ma vie ? Pourquoi est-ce que j’ai réalisé avec une violence infinie que tout ce qui me portait en avant était dérisoire ? Puisque je n’ai plus de cœur, je devrais être privé de cette lucidité. »
Elle s’arrêta et le fixa. Comme figé intérieurement.
« Qu’est-ce qu’il y a Diane ?
-Une idée soudaine.
-C’est quoi ?
-Attends, c’est tout mélangé. »
Il se tut et attendit. Les yeux rivés sur son visage.
« Est-ce que ça voudrait dire que cette conscience originelle est détournée au fil du temps, à travers l’éducation, l’environnement familial, scolaire, sociétal, professionnel et que les neurones du cœur finissent par absorber des données qui les pervertissent et que, désormais, étant donné que tu en as été nettoyé, cette conscience originelle ressurgit. »
Elle s’arrêta.
« Mais que ton cerveau ayant géré tout ça pendant cinquante ans a gardé en mémoire l’ensemble des données. Par contre, ces données ne sont plus alimentées par ton cœur. Alors, elles s’effacent ou elles perdent de leur importance. Tu vois ?
-Le cœur influencerait le cerveau ? La façon dont on vit, tout ce que le cœur perçoit, toutes les expériences contribuent donc à donner au cerveau les éléments favorables à la constitution de l’ego ? C’est ça ? Le cerveau reçoit, trie, dissèque, interprète, il se fait son film.
-Et selon l’interprétation, il va conduire l’individu à vivre de nouvelles expériences similaires, des nourritures identiques ou en tout cas destinées à développer cet individu. Mais au départ, le cœur a une importance considérable, primordiale. La petite enfance nourrirait le cœur et formerait le cerveau.
-Et donc, j’ai perdu tout ça. Ou en tout cas, ça n’est plus alimenté et c’est pour ça que je me suis retrouvé aussi paumé.
-Pas paumé mais en décalage. Tu t’es peut-être plutôt retrouvé. C'est-à-dire l’individu originel que la vie avait l’intention de promouvoir.
-Ça nous amène très loin tout ça.
-Effectivement. C’est même assez effrayant."
Ca devrait être une blague...
Sur une route de montagne, 3 voitures se suivent :
Une Dacia suivie d'une Ferrari, elle même suivie par une Porsche.
Soudain, à la sortie d'un virage sans visibilité, un CAMION !!
La Dacia se plante dans le camion...
La Ferrari se plante dans la Dacia ....
et la Porsche se plante dans la Ferrari.
Les trois voitures sont détruites....
François Pinault sort de la Porsche en s'exclamant !! ....
"Oh la la ! 2 jours de salaire !"
Bernard Arnault sort de la Ferrari en criant
"Et voilà! 3 heures de salaire détruites!"
Et enfin, en pleurant, Fernand Dupont, le chauffeur de la Dacia
"Catastrophe!!! 3 ans de salaire !"
Et les deux autres de lui répondre ......
"Faut vraiment être bête pour acheter une voiture aussi chère".
On ne vit pas dans la même réalité...
Rien.
N’être identifié à rien, agrippé à aucun passé, projeté dans aucun futur, être soi, juste là, attentif et observateur, épuré, nullement encombré, un réceptacle vide dans lequel chaque instant est reçu dans son intégralité, dans son intégrité, dans sa pureté, plus aucune souillure.
Rien.
"Tous cobayes"
Jean-Paul Jaud: «L'humanité est en sursis»
http://www.20minutes.fr/planete/1002328-jean-paul-jaud-l-humanite-sursis
INTERVIEW - Le réalisateur engagé sort un nouveau film,
"Tous cobayes", où il alerte sur les dangers du nucléaire et des OGM...
C’est le premier film de Jean-Paul Jaud sans le mot «enfants» dans le titre. Mais malgré cela, le réalisateur militant nous parle encore une fois des générations futures et des dangers auxquelles nous les exposons, à l’image du petit garçon de l’affiche qui se balade au milieu d’un champ d’organismes génétiquement modifiés (OGM), une centrale nucléaire en ligne de mire. Tous cobayes, le troisième film de Jean-Paul Jaud après Nos enfants nous accuseront et Severn, la voix de nos enfants, sort le 26 octobre et promet de jeter un pavé dans la mare des industriels qui mettent l’humanité en péril.
Pourquoi avoir choisi de faire un film sur les OGM et le nucléaire?
Parce que ce sont deux technologies irréversibles qui hypothèquent l’avenir des générations futures. Elles vont laisser des traces sur des milliers d’années et nous ne les maîtrisons pas. Quand il y a un accident OGM ou nucléaire, on ne sait pas l’arrêter. L’actualité m’a convaincu encore plus de la similitude de ces deux technologies: j’avais commencé à tourner sur les OGM et une semaine après, c’était Fukushima, donc c’était évident pour moi de tourner sur le nucléaire.
Pourquoi affirmez-vous qu’on ne maîtrise pas le nucléaire?
Tchernobyl et Fukushima, ils maîtrisent quoi? Démontrez-moi! Ils ont maîtrisé quatre personnes de Greenpeace qui sont rentrées sur un réacteur? Ils ont maîtrisé la tempête de Blaye où la centrale a failli exploser et Bordeaux a failli être évacué? Ils ont maîtrisé les fuites de plutonium dans la Loire quand à Saint-Laurent-des-Eaux en 1984 il y a eu un emballement dans le réacteur? Fukushima ça dégueule tous les jours dans le Pacifique, sur la terre, dans le ciel. Comment peut-on développer une technologie quand on sait qu’on ne peut pas réparer? Une explosion majeure d’un réacteur en France, c’est le quart du pays qu’il faut évacuer. Et pas pour deux ou dix ans, mais des décennies, voire des siècles. Je pense que l’humanité est en sursis, mais il ne faut pas rester les bras ballants pour autant et c’est pour ça que j’ai mis toute mon énergie à faire ce film.
Dans vos autres films, il y avait toujours beaucoup d’espoir. Y en a-t-il aussi dans celui-ci?
Oui, l’espoir c’est l’agroécologie, par exemple. Aux Nations unies, un rapport selon lequel elle pourrait nourrir neuf milliards d’humains a été légitimé et applaudi par toutes les délégations. Et on peut lutter contre le nucléaire. Nous avons tourné sur une petite île japonaise de 500 habitants où depuis trente ans Tepco veut construire une centrale nucléaire. Et bien depuis trente ans, tous les lundis, des mamies se retrouvent sur le port et manifestent avec des slogans anti-nucléaires. Aujourd’hui le projet n’a pas avancé et cette centrale ne se fera pas car le Japon va sortir du nucléaire, le peuple japonais ne veut plus et je les comprends.
Quel poids peut avoir un rapport des Nations unies ou une manifestation de mamies face à des industries puissantes?
Il n’y a pas que ça, je suis aussi allé filmer dans une ferme en agroécologie au Sénégal, au cœur de la brousse. Là, ils démontrent qu’en deux ou trois ans on peut être autonome en agriculture, il suffit de creuser un peu, de les aider à trouver de l’eau. Les Africains refusent les OGM et il faut leur donner la parole. Ce film est fait pour que tous les citoyens de la planète disent stop, on ne veut plus être cobayes.
C’était votre intention, donner envie aux gens d’agir?
Bien sûr, car ce sont eux qui ont le pouvoir. On peut encore donner notre argent à qui notre conscience nous dit de le donner: tout ce qui n’est pas respectueux des générations futures, on peut boycotter. D’autre part, il faut influencer les politiques. J’encourage les gens à réclamer au maire de leur commune de faire une cantine bio. Il faut dire aux élus: «Si vous continuez à empoisonner nos enfants avec l’alimentation et le nucléaire, au prochain coup on ne votera pas pour vous».
Qu’est-ce qui vous a le plus choqué dans ce que vous avez découvert en faisant le film ?
Fukushima, car c’est la première fois que j’allais dans une zone radioactive. L’homme, depuis toujours, a découvert des espaces, des territoires, et ce qui m’a choqué à Fukushima c’est un territoire qu’on abandonnait pour le nucléaire. Les OGM vont créer des terres invivables et des plantes qui généreront des pathologies qu’on ne connaît pas encore.
L'Espagne
Les vacances, le soleil, les belles plages...
LA CRISE.
Comme disait Coluche autrefois: "ça va, c'est encore loin de chez moi".
Non, juste de l'autre côté des Pyrénées. Ici, la seule différence, c'est que la rue se tait. En Espagne, elle gronde, elle enfle, elle se révolte. La confiance est ruinée. Quand les menteurs sont découverts, c'est la violence de la réalité qui est la plus insupportable, pas le fait d'avoir été bernés. A quand notre tour ?
"Dis Papa, c'est où qu'on va ?"
Pour rire...
Dussolier dans "Tais-toi".
Inoubliable.
OGM et Monsanto
Les médias en ont beaucoup parlé et en mal. Les choses évoluent dans le bon sens. A croire que les grandes multinationales n'arrivent plus à museler les médias. Etonnant...
Il faut voir ce qui se passe en Inde depuis longtemps avec les OGM et ces salauds de MONSANTO.
Ces dernières semaines, 1500 fermiers se sont suicidés collectivement en Inde, dans la province de Chattisgarh. Un phénomène récurrent, puisque les chiffres officiels font état de 1000 suicides mensuels… depuis plus de quinze ans. En cause, l’endettement des paysans lié à l’achat de semences OGM miraculeuses… qui se révèlent catastrophiques.
Depuis le milieu des années 80, l’Inde a accepté d’ouvrir totalement son marché en contrepartie de l’aide du Fonds Monétaire International. Une révolution économique s’en suivit, qui en fit un terrain d’expérimentation mondial en matière agricole. Depuis lors, les paysans sont livrés aux promesses des vendeurs de semences magiques : les rendements devaient être exceptionnels, et les insectes et parasites rangés dans les tiroirs de l’histoire. Les variétés traditionnelles ont même été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales. Mais pour toucher le Graal, il fallait débourser 10 fois plus pour la même quantité de semences. Le prix de la gloire. Et les paysans se sont massivement endettés.
What a wonderfull world (Company)…
Sauf que les semences OGM de coton Bt (de Monsanto, faut-il le préciser) sont tombées malades, infestées par le vers (vorace) de la capsule. Les semenciers avaient juste oublié de préciser que les plantes n’étaient pas résistantes aux maladies locales et qu’il fallait donc épandre des tonnes de pesticides en plus. Ils avaient aussi omis d’indiquer que les variétés en question buvaient deux plus d’eau et dégradaient les sols à grande vitesse. Du coup, les sécheresses ont été amplifiées et les rendements réduits à peau de chagrin. Les paysans se retrouvent à sec, paralysés par leurs dettes et sans le sou pour acheter les semences de l’année suivante, puisque les plantes OGM – dotés d’une technologie révolutionnaire affectueusement nommée “Terminator” – sont calculées pour que les grains ne puissent pas se replanter… D’où de nouvelles dettes. Etc.
Disparition des variétés traditionnelles
“Certains des fermiers qui se sont suicidés avaient réalisé jusqu’à cinquante pulvérisations d’herbicide et de pesticide sur leurs champs de coton, mais cela n’a pas empêché leur récolte de dépérir”, affirme le professeur Nanjundaswamy, fondateur du Mouvement pour la Défense des Fermiers du Karnataka (Karnataka Rajya Ryota Sangha – KRRS). Autre conséquence, l’utilisation de ce coton génétiquement modifié aurait “éliminé par pollinisation nombre de nos plantes indigènes qui possédaient par exemple des qualités de résistance à la sécheresse et à certains parasites propres à l’Inde, résistance que n’ont pas les plantes hybrides” affirme le même spécialiste. Pour les défenseurs des OGM, les vraies raisons de cette catastrophe sont la pauvreté rurale, l’alcoolisme, les sécheresses et le “désespoir agraire”.
En 2006, le ministère indien de l’agriculture déclarait que la moitié des foyers paysans étaient endettés. Selon les ONG, le taux de suicide parmi les fermiers pauvres atteint actuellement des records. 150 000 d’entre eux se seraient donnés la mort depuis 1993. Entre 60% et 75% de la population indienne (contre 10% pour la France et 2% pour les États-Unis), qui compte plus d’un milliard d’habitants, vit de l’agriculture, qui représente un quart du Produit intérieur brut indien.
"L'inconnu sur la terre" (littérature)
Un livre de J.M.G. Le Clézio.
Le livre de mon adolescence, celui que je relis encore, au hasard.
"C'est de la lumière que vient la lumière. Elle est en moi, elle bouge comme une flamme. Elle n'est pas le savoir, ni la conscience, ni rien de ce que le langage ou la raison peuvent donner. C'est une flamme, simplement une flamme, qui brûle et brille tout le temps, à l'intérieur de mon corps. Je regarde le soleil, les étincelles sur la mer, les étoiles, les reflets. Je regarde les champs éclairés, les hautes montagnes qui brillent comme du verre, le ciel immense où il n'y a rien d'autre que la lumière; alors la flamme au fond de moi grandit et brûle plus fort.
L'intelligence, cela ne m'intéresse pas. La connaissance, cela ne suffit pas. C'est autre chose que je cherche, que je veux. Tout le temps, je guette cette flamme, au fond des yeux des hommes et des femmes, cette force qui flamboie, qui est fervente, qui répand sa clarté autour d'elle.
Il n'y a sûrement pas de plus grande beauté possible dans l'homme que cette lumière qu'il porte en lui, qui brille à l'intérieur de sa vie."
DEUX HYMNES DE LE CLÉZIO A LA LIBERTÉ VRAIE
L'inconnu sur la terre & Mondo et autres histoireshttp://www.maulpoix.net/clezio.htmlEd Gallimard, 1978.
par Jean-Michel MAULPOIX
SOUVENEZ-VOUS de ce petit poème en prose de Baudelaire qui trace en quelques lignes le portrait de L'Étranger, "homme énigmatique", il aime les nuages... "les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !"
Il semble que dans L'inconnu sur la terre, Le Clézio lui réponde: "Nuages, nuages doux, tranquilles, étranges, nuages gris aux formes ductiles, corps de femmes, chevelures, visages d'enfants, dragons, îles. Nuages, je vais vers vous, je me mêle à vous et je file, moi aussi, changeant sans cesse mon corps et mon visage."
C'est la nébuleuse ponctuation de la rêverie qui assure le passage de l'un à l'autre des deux livres que Le Clézio a proposés simultanément (1978) pour chanter à nouveau « la vie étrange, longue, la vie sans fin >, la vraie vie d'ici-bas. Deux livres tellement typiques de leur auteur que les titres de ses précédents romans, essais ou nouvelles pourraient servir à les définir: c'est une série de "voyages de l'autre côté" ou de "fuites" qui proclament avec "fièvre" et dans la plus constante "extase matérielle" que "le monde est vivant".
DEUX OUVRAGES INTIMEMENT LIES
L'Inconnu sur la terre est un essai poétique, coupé çà et là par de petits dessins. Mondo est un recueil de nouvelles. Le Clézio lui-même le précise: ces textes furent écrits ensemble, mais de façon différente. L'Inconnu fut composé « sur plusieurs cahiers d'écolier italiens, en même temps que, selon un autre mode et sur des feuilles de papier 21 X Z7, s'écrivaient les phrases de Mondo et autres histoires. Ces deux ouvrages, très intimement liés, se fondent et se complètent.
Mondo est un enfant-poète et bohème, une sorte d'Indien dont on ignore le passé et la provenance. Dans la ville, sous le grand soleil, au bord de la mer et parmi les gens, il se promène. Il passe son temps à regarder ce qui est beau. Ses amis vivent comme lui dans leurs rêves, en marge des bousculades de la vie sérieuse. Ce sont le Gitan, le Cosaque, le vieux Dadi, Thi Chin, la petite femme vietnamienne, tous ces pauvres dont la beauté pèse sur le coeur des villes, et puis le soleil et la mer, tant il est vrai que la véritable famille des hommes est l'espace de leur amour. Mais un jour Mondo est conduit à l'Assistance...
Chacune de ces histoires raconte à sa manière la recherche et la brève atteinte d'une liberté vraie. Il y a, par exemple, Lullaby qui en a assez des murs et des grillages: elle décide un matin de ne plus se rendre au lycée et s'en va vers la mer. Là elle passe au soleil des heures à rêver. Mais cette sorte d'éternité ne peut durer toujours et Lullaby retournera en classe... Il y a Jon qui escalade le mont Reydarbarmur, où se tient le "dieu vivant", et où l'on peut toucher le ciel... Il y a Juba qui conduit à l'aurore les boeufs vers la noria. Là, ce petit paysan lie les bêtes au joug, il les pousse sur le sentier circulaire et regarde, alors, l'eau qui s'élève en même temps que le soleil et s'illumine. Cela ressemble à une prière ou une musique. Les boeufs et le soleil marchent au même rythme, tandis que Juba, qui a fermé les yeux, rejoint Yol, la ville "de l'autre côté", cité des morts ou cité solaire, dont il est, jusqu'à la tombée de la nuit, le prince imaginaire. Ensuite, dans l'ombre grise, Juba s'en retourne avec ses boeufs... Il y a Daniel, qui n'a jamais vu la mer, et s'enfuira, lui aussi, de l'école... Il y a Martin qui conduira vers une autre terre le peuple du bidonville que l'on va raser... Il y a "Petite Croix", ainsi nommée car elle a coutume de s'asseoir au bout du village, quand le soleil tape très fort, pour faire sans bouger un angle bien droit avec la terre... Il y a, enfin, Gaspar, qui partage un temps la vie de très jeunes bergers sauvages.
LE SEUL ÊTRE MAGIQUE
L'enfant est le ~ petit prince ~ de toutes ces histoires. Il est, dit Le Clézio, le seul être ~ absolument magique ~, c'est-à-dire que lui seul sait parfaitement se fondre dans l'univers. Lui seul peut donc nous apprendre à habiter ce monde qui est le nôtre. Il faut, pour cela, "devenir soi-même petit, si petit qu'on est à l'ombre d'une herbe et d'une fleur, et vivre au soleil, dans la poussière, sous le vent dans une seule journée longue comme une saison". Il faut s'émanciper du savoir, de la rhétorique et de la gravité, quitter l'encombrement des idées abstraites et complexes qui masquent le monde vivant. L'homme clair voyant est aussi vaste et "saturé de lumière" que le ciel. Il réintègre avec l'enfance le tout harmonieux du cosmos.
ÉMERVEILLEMENT ET VERTIGE
Cette transparence est indissociable d'un sentiment aigu de la relativité. Celle-ci est source d'émerveillement autant que de vertige. L'homme qui, par exemple, vient de se rendre compte qu'il est pour l'insecte une montagne, est soudain rendu attentif à la quantité des mondes, si énormes ou minuscules, qui l'entourent. Ainsi se substitue à l'anthropocentrisme le mondo-centrisme. Les choses ont pris l'initiative, et le monde est dans l'homme plus sensible et plus humain que lui. Le regard prend dès lors une valeur quasi-mystique: le monde est vivant et beau, il faut en croire nos yeux. Toujours et partout quelque chose d'important se passe. Les textes qui forment L'inconnu sur la terre, comme les nouvelles de Mondo, sont autant d'hymnes. Les rochers, le soleil, les visages, l'orange, le sillage phosphorescent des avions dans le ciel... telles sont les choses. Elles sont aussi importantes que des per sonnes et il faut prendre parti pour elles en portant sur chacun l'œil innocent, étonné, qui la reconnaît, la recommence.
LES MOTS EN LIBERTÉ
L'écriture même de Le Clézio est fondée par cette ontologie du regard. L'Inconnu sur la terre, ce sont les mots en liberté. Cette parole regard, méticuleusement attentive, déguste le détail de chaque avènement du vivant dans l'espace. Elle obéit souplement à la sensation, la naissance. Jamais elle ne résiste pour s'affirmer à part ou à l'encontre. Car "le langage est dangereux quand il se suffit à lui-même. Aimer ce qu'on écrit, ou s'aimer soi-même, c'est un peu se détruire." Nulle complaisance donc. Il faut parler sans ambages, dans l'ivresse, et peindre directement la lumière: "Les métaphores, les paraboles sont assez haïssables. Elles encombrent, freinent, avec leur air de vouloir signifier quelque chose. Pourquoi tant de détours ? La vérité est immédiate et réelle, elle vient d'un bond, vite comme le regard, précise comme un index qui montre."
LA DÉCHIRURE ET LE CHANT
La parole se déploie donc encore deux extrêmes: d'une part l'amour ou le désir du réel dans son ensemble ou son détail; d'autre part l'étonnement aigu, vertigineux, de la transparence que le langage sans cesse voudrait atteindre. En même temps qu'il s'exclame: "la vie terrestre est plus surprenante que n'importe quel rêve" ou "je ne cherche pas un paradis, mais une terre", Le Clézio établit ses personnages dans des demeures qui ne sont jamais que des états provisoires. Tel est le tragique, que l'écriture exaspère. Mais la déchirure en chant se métamorphose.
© Jean-Michel Maulpoix, 2001.



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