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Articles de la-haut

Soldes au Prix Nobel

Par Le 13/10/2012

"Nous n'allons plus persécuter, mais nous punirons et ferons justice. Nous ne coloniserons plus les peuples, nous les occuperons pour les libérer. Nous n'exploiterons plus les hommes, nous les ferons produire. La guerre s'appellera la paix, la tyrannie restaurée s'appelera discipline et liberté. Le malheur de tous les hommes, c'est le bonheur de l'Humanté"

Eugène IONESCO


Commentaire d'un journal norvégien (page politique) :

 

"Attaquer les Islandais, faire mourir les Grecs, tabasser les Espagnols, aliéner les Irlandais, déposséder les Italiens et corrompre l'idéal républicain des Français pour enrichir les banques, vous appelez ça cultiver la paix, vous ?

 


Que dire de plus ?

C'est l'OTAN qui s'attribue le Prix.

L'Europe et la France en première ligne sont de gigantesques usines d'armes de guerre.

La Lybie ? C'est le chaos.

La Syrie ? C'est pire que le chaos, c'est l'horreur. On sait très bien qui sont réellement les forces en présence.

grece-espagne.jpg


"Peuple, tu es mystifié. Tu seras démystifié. J’ai élevé pour vous tout un troupeau de démystificateurs.

Ils vous démystifieront. Mais il faut mystifier pour démystifier. Il nous faut une mystification nouvelle. (…)

Nous allons désaliéner l’humanité. Pour désaliéner l’humanité, il faut aliéner chaque homme en

particulier. (…) Nous n’allons plus persécuter, mais nous punirons et nous ferons justice. Nous ne

coloniserons pas les peuples, nous les occuperons pour les libérer. Nous n’exploiterons pas les

hommes, nous les ferons produire. Le travail obligatoire s’appellera travail volontaire. La guerre

s’appellera la paix et tout sera changé grâce à moi et à mes oies. (…) Quant aux intellectuels… Nous les

mettrons au pas de l’oie ! Vive les oies ! En démystifiant les mystifications depuis longtemps

démystifiées, les intellectuels nous foutront la paix. Ils seront niais, donc intelligents. Ils seront

courageux, c’est-à-dire lâches ; lucides, c’est-à-dire aveugles. (…) Nous ferons des pas en arrière et nous

serons à l’avant-garde de l’histoire !"

IONESCO

"Tueurs sans gages"


"Cherche Profs"

Par Le 12/10/2012

Bientôt des profs roumains dans les collèges et lycées français?

Créé le 11-10-2012 à 17h16 - Mis à jour le 12-10-2012 à 09h04

Le gouvernement a doublé le nombre de professions que peuvent exercer en France les ressortissants roumains et bulgares. Parmi elles, plusieurs métiers de la fonction publique dont celui d’enseignant.

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Une salle de classe en école primaire (FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA)

Une salle de classe en école primaire (FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA)
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Après les plombiers polonais et les infirmières espagnoles, voici peut-être venu le temps des professeurs roumains ? Sur le papier en tout cas, les ressortissants de ce pays de 22 millions d'habitants m vont pouvoir passer, comme les autres citoyens des Etats membres de l’Union Européenne, la plupart des concours organisés par l’Education Nationale.

Le gouvernement vient effet d'établir une liste de 291 métiers désormais ouverts aux Roumains ainsi qu'aux Bulgares. Le document doit prochainement paraître au Journal Officiel et dans cette liste à la Prévert figure les métiers de professeurs (enseignement général du second degré, enseignement artistique, enseignement technique et professionnel). Et cela tombe fort bien puisque la France connaît une pénurie sans précédent de vocations.

Le gouvernement le reconnaît d’ailleurs sans détour. Dans leur communiqué commun, Manuel Valls, le ministère de l’Intérieur et Michel Sapin, le ministre du Travail de l’Emploi de la Formation professionnelle et du Dialogue social, écrivent que la liste des 291 métiers concernés "a été élaborée à partir d’un critère objectif, le degré de tension (offres rapportées aux demandes) dans chacun des métiers et a été arrêtée après consultation des partenaires sociaux et des services déconcentrés du ministère du Travail" (cliquez ici pour lire le document complet).

43.000 postes à pourvoir en 2013

Les besoins de l’Education nationale sont réels. En dépit de la montée du chômage, les difficultés à recruter des professeurs perdurent. Le métier d’enseignant, mal payé et de moins en moins bien considéré par les élèves et leurs parents, fait moins rêver les Français. Dans le primaire, certains départements ne parviennent plus à satisfaire leurs besoins. Les inspecteurs de l’Education nationale de la Seine Saint-Denis ont même écrit le mois dernier à leur ministre pour réclamer la création immédiate de 250 postes.

Pour tenir l’objectif fixé par François Hollande, Vincent Peillon a prévu de créer 43.000 postes en 2013. Mais comment parvenir à ce chiffre alors que les concours sont loin d’attirer les foules ? Le site Rue89 a montré, appli à l'appui, que dans certaines matières, et notamment les mathématiques, le taux de réussite au Capes atteignait 40%. Signe non pas que les candidats sont meilleurs. Ils ne sont simplement pas assez nombreux. Résultat : certaines années, toutes les créations de postes prévues n’ont pu être pourvues. D’où le besoin d’élargir les possibilités de recrutement.

1 Roumain sur 5 est réputé francophone

Or les Roumains sont, de tous les citoyens de l’Union Européenne, potentiellement, les plus à même de réussir les concours. En Roumanie, 20% de la population parlent le français. Plus de 80% des collégiens l’apprennent comme première langue au collège. La France accueille d’ailleurs déjà un grand nombre de médecins roumains dans le secteur hospitalier. Et ces derniers émigrent d’autant plus volontiers que les salaires dans leurs pays sont parmi les plus faibles d’Europe. Un professeur gagne en Roumanie autour de 5.500 euros… par an alors qu’en France les revenus des enseignants débutent à 22.430 euros et plafonnent à 44.518 euros pour un agrégé en fin de carrière.

Une belle rencontre.

Par Le 10/10/2012

 Je crois que la sagesse se reconnaît à son extrême simplicité.

Je l’ai rencontrée aujourd’hui, durant plus de deux heures, à Lille. Deux indiens kogis étaient venus parler à leurs petits frères (hermanos minores) depuis leur Sierra Colombienne. Ils avaient revêtu leur costume blanc (un genre de kimono en coton visiblement bio).

Le premier, Juan, arborait un chapeau en paille qui n’avait rien de particulier (entre le panama et le couvre-chef du fermier lambda). Il était chargé des relations avec le monde civilisé, celui qui voyage et parlemente (et se tape la corvée de la ville, si j’ai bien compris). Effectivement, même en Colombie, dans la sierra il existe des villes, des bandits, des mafieux, des paramilitaires et des grosses industries qui ravagent salement la terre de leurs ancêtres.

Le second kogi, Gabriel, portait une sorte de bonnet tissé qui finissait en pointe (on aurait dit -un peu- la coiffe des télétubbies, dessin animé que je n’ai jamais regardé, mais je suis en train de me demander si un rapport existe entre le ciel, les gens branchés et Jean-Claude van Damme)

Ce chapeau pointu caractérise les kogis qui ont un lien avec le spirituel. les porteurs de chapeau pointu sont branchés au ciel. Ce sont en quelque sorte des hommes antennes, ou des conducteurs, parce qu’ils sont parfaitement connectés à la Terre Mère. C’est du reste la substantifique moelle de leur message. Sans équilibre avec la Terre, pas de sens. Sans pensée collective pas d’action sensée. (ça calme!)

Hum. On commence déjà à se sentir très bêtes avec nos individualités, nos portables et nos systèmes politiques…mais on sourit largement parce que ces hommes là c’est comme un petit miracle assis là, devant nous. On a même les larmes aux yeux.

Nos deux voyageurs de l’extrême (ils n’aiment pas trop les boites, qu’elles soient roulantes ou immobiles, comme la salle pourtant immense de l’université Lilloise où nous sommes) sont flanqués d’un voyageur formidable, Éric Julien, qui, pour avoir été sauvé autrefois par leurs chamans, s’est promis de les aider à racheter une parcelle de leurs terres. Cet homme introduit, explique et traduit, mais à part une courte phrase en kogi l’essentiel se dit en espagnol. Je suis ravie de ma mémoire (pour une fois!) suffisante pour comprendre en espagnol et au cas où une subtilité m’aurait échappée, reste Eric qui a l’air de se régaler lui aussi… apparemment, on ne se lasse pas vite d’un kogi!

Bon. Éric Julien nous parle de ce peuple étonnant. Il précise que les Kogis ont accepté de voyager pour nous livrer un message, à nous,petits frères qui, il faut l’avouer, sommes d’affreux saccageurs de planète. Eux ils sont grands, et ils ont derrière eux plus de 4000 ans de culture sans rupture ni méandre ou raccourci douteux. un bel avantage, mais en revanche ils n’ont pas la télé. Mouais.

On apprend ainsi que les Kogis suivent la loi des origines (j’ajouterais, celle de l’Equilibre) et que la nuit ils pensent le monde, pensent leurs actions (l’obscurité est propice à la lumière, c’est d’elle que naissent les meilleures pensées. Bien sûr tout cela est fait collectivement) Là, je suis contente, la lumière soutenue par l’obscurité, je connais. (cf le yin et le Yang).

Ensuite arrivent les questions du public. Et là, je dois revenir à la simplicité de la sagesse.

Il ne s’agit pas de la philosophie (il m’est arrivé de poser devant une sentence de Hegel 10 minutes sans vraiment saisir sa substantifique moelle) ni de théologie ou d’une spiritualité basée sur des théories plus ou moins complexes mais d’un bons sens brut, sans fioritures, presque brutal.

Or, il y a un décalage frappant, hilarant même, attendrissant aussi entre les questions parfois alambiquées des questionneurs et les réponses des kogis. C’est Juan qui parle, sous la houlette de Gabriel (qui passe pas mal de temps à épulucher son kimono, signe de concentration intense ou bien alors il est fatigué et se délasse mieux ainsi)

Bien sûr, ceux qui prennent la parole sont émus et il veulent tant dire et demander à la fois que leurs questions se perdent parfois dans plusieurs directions.

Impitoyablement, avec cette simplicité désarmante le kogi élague en quelques paroles bien senties dans le meilleur des cas. Ou bien il oublie la moitié de la question, ou même la question tout entière et répond à côté. Et petit à petit, moi qui me contente d’écouter, je prends conscience de ce décalage entre nos esprits habitués à tant d’effets spéciaux, d’envolées, de belles paroles. On en oublie la moelle. et d’écouter vraiment. de recevoir la parole comme un terre reçoit l’eau, la présence de la parole. On préfère le discours fleuve et s’y noyer.

Les réponses de Juan nous le rappellent sans même le souligner. Une sorte de petite leçon en filigrane. Restez simples, les gars et à l’écoute de la Terre. (enfin, je résume beaucoup)

Il se trouve que l’an passé je me suis pas mal renseignée sur les sages. Noaidis, chamans, angakuqs, guérisseurs ou sorciers, j’en passe quelques autres. Quels que soient les différences de cosmogonie ou de rituels, on retrouve chez tous cette simplicité qui confine au presque rien. Un rien qui est aussi notre essentiel. le nôtre, celui des petits frères saccageurs civilisés et celui des peuples premiers.

 En guise de mot de la fin, Gabriel au chapeau pointu parle des femmes. Il dit leur importance et qu’il a mal quand on les blesse parce que c’est comme faire mal à la Terre Mère. Il n’est pas en train de parler de la mère en gants Mapa coincée au foyer et qui pond une ribambelle d’enfants. Il parle d’autre chose de bien plus profond et ça me donne envie de pleurer.

J’ai rencontré la Sagesse et elle avait l’air de presque rien. Un grand merci !

 Ps : pour aider les indiens kogis à retrouver leur terre (et pour s’aider au passage) le site www.tchendukua.com

A COEUR OUVERT : Désapprendre à regarder

Par Le 09/10/2012

Coeurouvertwhite

« Je pense que l’amour réel pour une personne contient le même amour que pour cette terre, la nature épargnée. Lorsque je montais seul sur une colline, j’éprouvais une telle paix, une telle sérénité, un silence intérieur aussi vaste que celui de l’altitude. J’aurais aimé monter à quatre mille mètres. Aujourd’hui, je comprends les alpinistes. Et bien, je ressens la même paix avec toi. Comme un détachement, une absence de trouble, une ouverture spirituelle, le saisissement de l’instant, rien, aucune pensée, aucune inquiétude, aucun remord, aucune attente. Comme lorsque je suis assis ici. La même paix. L’amour. Peut-être que les gens ne savent plus aimer parce qu’ils sont loin de la terre. Juste une supposition. L’euphorie des villes, l’agitation, le bruit, le commerce des désirs, la multiplication des manques inventés, même les relations amoureuses sont à l’image de ce chaos. Une surenchère permanente. Cette impression qui ne me quitte plus qu’on ne peut aimer que dans l’abandon de tout, jusqu’au vide, jusqu’à cette absence de soi, se laisser envahir par l’inertie. C’est sûr que ça va à l’opposé de ce monde moderne. Pas assez rentable. Rien à vendre, la perte des consommateurs, un cauchemar. »

Il s’aperçut qu’il parlait en fixant un point lointain, un mont arrondi qui se découpait sur le ciel, comme des paroles lancées dans l’azur.

« Saint-Exupéry disait que les gens qui s’aiment ne passent pas leur temps à se regarder. Ils regardent le même horizon.

-Et bien, je suis d’accord avec lui puisque tu es dans cet horizon. Puisque l’amour que je porte à cette terre est le même que celui que j’ai pour toi. Je te regarde en contemplant ce monde.

-Et tu oses dire que tu ne sais pas parler ? »

Un rire bref, presque gêné.

« D’où ça vient tout ça ? demanda-t-il.

-Et à quoi ça te servirait de le savoir ? Ce qui importe, c’est que ça soit là.

-Oui, c’est vrai Diane, mais c’est tout de même effrayant de réaliser qu’on peut passer à côté de soi à ce point. J’ai cinquante-trois ans.

-Cinquante-trois ans d’apprentissage tout simplement.

-Tu veux dire que tout était déjà là ? Qu’il fallait que la croissance se termine ?

-Elle n’est pas terminée.

-Et pourquoi est-ce que ça passe par une telle rupture, pourquoi les choses ne se font-elles pas en douceur, en toute conscience ?

-Parce qu’il n’y a plus de conscience. Parce que l’ego a pris le dessus. Alors, il faut une révolte.

-Il faut que tu m’expliques ce que tu entends par ego. »

Elle s’allongea, les yeux tournés vers le ciel.

« L’ego, c’est quand tu ne vois plus le ciel. Non pas le voir avec tes yeux, non pas l’identifier avec des noms de nuages mais le voir comme s’il était en toi et comme si tu y étais évanoui, disparu, liquéfié, comme si tu n’étais même pas une particule de vapeur d’eau, rien, le vide immense en toi. Si tu ne peux plus ressentir cette disparition et que tu vois le ciel comme un paysage, alors, c’est que tu es identifié à ton ego, c’est que tu n’existes que pour toi-même et que tout ce que tu vois, tu ne le fais exister que pour valider ton existence. Tu ne regardes pas le ciel, tu te regardes à travers le regard que tu portes au ciel.

-Mais tu ne crois pas que tout le monde voit les choses comme ça Diane ?

-Pas les enfants. Tant qu’ils ne sont pas trop grands. Ceux d’ici en tout cas. Les enfants Kogis ne regardent pas le ciel, ils le vivent. Comme toi maintenant. »

Une idée folle. Aller là-bas. Partir.

« Il faut que tu me passes des livres sur ces Indiens.

-Ce soir, promis.

-Et tes deux autres livres aussi.

-Tu ne vas pas lire toute la soirée et toute la nuit tout de même ? »

Il roula sur le côté et glissa une main sous sa chemise de lin.

« Non, aucun risque, répondit-il. J’aime infiniment vivre en toi. Tout autant que dans le ciel. »    

"I want to walk"

Par Le 09/10/2012

Quand volonté et détermination
riment avec guérison

http://www.inrees.com/articles/Paralyse-remarche-volonte-guerison/

Cinq années après avoir été paralysé après un accident de voiture, un jeune américain, à qui les médecins avaient laissé très peu d’espoir sur ses chances de retrouver l’usage de ses jambes, a démontré que détermination et force d’esprit sont plus forts que tout.
Brock Mealer, un grave accidenté de la route a défié les pronostics des médecins qui affirmaient qu'il ne remarcherait plus. A force de détermination, il a réussi à retrouver l'usage de ses membres inférieurs.
Après un accident de voiture, les médecins avaient confirmé à Brock Mealer qu'il ne marcherait plus jamais. Pourtant, à force de détermination et de courage, le jeune Américain leur a prouvé le contraire. En effet, il n'avait qu'1% de chance de marcher à nouveau. Il a alors tout fait pour être dans ce pourcentage. L'accident avait eu lieu en 2007, la veille de Noël. Ce dernier a été particulièrement violent pour sa famille puisqu'il y a perdu son père et Hollis Richer, la petite amie de son frère, âgée de 17 ans, n'a pas survécu également. Après l'accident, Brock Mealer était paralysé de la taille jusqu'aux pieds. Les médecins ont alors tout fait pour lui expliquer qu'il ne remarcherait plus.

Son frère, Elliott Mealer, est un joueur de football dans l'équipe du Michigan. Ce sont les professionnels du conditionnement physique de l'équipe de son frère qui ont proposé à Brock Mealer de le remettre sur pied. C'est donc sans ménagement qu'ont eu lieu les différentes séances de réadaptation. Aujourd'hui, il se déplace avec deux cannes, mais son objectif n'est pas encore totalement atteint. En effet, son mariage est prévu pour le 22 décembre prochain, à quelques jours près, cela marquera les cinq ans de l'accident, précise le site Michigandaily. A cette occasion, il compte bien montrer qu'il a défié le destin en remontant l'allée seul, sans aucune aide. Avec la persévérance que l'on sait à Brock Mealer, on ne doute pas qu'il mettra tout en œuvre pour relever ce défi.

Lire l'article sur Gentside

Tellement évident...

Par Le 09/10/2012

Mais évidemment pas dans le nouveau projet pour l'école...Les technocrates préfèrent "réfléchir"...sur le nombre d'heures de cours...

On n'est pas sorti du marasme...


La méditation s'invite
dans les écoles

http://www.inrees.com/articles/Mediter-a-l-ecole/

Les outils de la pleine conscience font leur entrée dans deux collèges français. Relaxation, exercices de respiration, découverte des sensations du corps et observation de ses pensées. Pour les élèves comme pour les professeurs, afin d'être présent dans l’instant, détendu, attentif et motivé. Enquête et témoignages.
« Les élèves sont de plus en plus agités en classe, ont de plus en plus de difficultés à maintenir leur attention, et sont de moins en moins motivés, constate Bruno Pérard, directeur d’un collège privé à Bapaume, dans le Pas-de-Calais. Ce n’est pas un problème d’intellect. Mais aujourd’hui, les élèves sont habitués à avoir plusieurs occupations en même temps, leur esprit se disperse facilement, et ils ne parviennent plus à se concentrer sur une seule tâche et à vivre l’instant présent. » Pour aider les jeunes dans leur scolarité et faire émerger les potentialités de chacun, ce chef d’établissement a décidé, en début de rentrée scolaire, de faire appel à Raymond Barbry, consultant, formateur et coach spécialisé dans l’accompagnement et la gestion d’équipe, de projet et du stress, dans l’éducation, le milieu sportif et de l’entreprise. Sa mission : donner aux enseignants les outils de pleine conscience qui les transmettront aux élèves. « Monsieur Barbry nous a expliqué l’intérêt des outils de pleine conscience, raconte Nathalie Poiré, professeur d’EPS du collège, puis il a proposé à toute l’équipe pédagogique un atelier, sans aucune obligation. Tout le monde est resté. Cette séance nous a tous beaucoup apaisés. Il nous a appris à gérer notre stress, à nous relâcher. J’ai immédiatement parlé à mes élèves de réaliser la même expérience avec eux. Tous ont été très favorables. Et j’ai pu constater les premiers résultats bénéfiques à l’issue du cours. » Raymond Barbry intervient également depuis la rentrée dans un autre collège privé à Aix-en-Provence où l’équipe pédagogique a, comme à Bapaume, accueilli de manière très positive cette méthode d’optimisation des ressources humaines individuelles et collectives. « Les enquêtes récentes montrent, en effet, un lien proportionnel entre les difficultés d’attention, le niveau de violence et la quantité de consommation de télévision, de jeux vidéo... explique Raymond Barbry. Du point de vue neurobiologique, la relation est évidente. Le cerveau-esprit est un système qui apprend en permanence et est en “ébullition” lorsqu’il s’agit de présentation excitante, explosive et violente. Notre cerveau s’adapte aux nouvelles technologies du toujours plus et du toujours plus vite. Les enfants et les jeunes zappent de plus en plus avec pour conséquence une difficulté majeure à rester attentifs à ce qui est fait. Ils passent très vite, voire trop vite à autre chose. Ils sont dans le multitâche sans concentration. Par les pratiques de pleine conscience, nous apprenons à passer d’une tâche à l’autre, tout en maintenant une attention soutenue. Une tâche après l’autre à fond. »

Mais qu’est-ce que la pleine conscience ? Quels sont ses bienfaits ? Et comment la pratiquer ? Cette technique, issue des traditions millénaires orientales, remastérisée par les américains, permet d’apaiser le mental, réguler ses émotions, gérer son stress et optimiser sa concentration. Se poser, respirer, observer ses pensées et ses émotions, écouter son cœur, apprendre à focaliser son attention sur ce qui se passe dans l’instant, pour s’ouvrir et prendre contact avec ses propres ressources. Cette forme de méditation laïque (appelée mindfulness en anglais et samma sati, « attention juste », en sanscrit) nourrit une prise de conscience plus fine, une plus grande clarté d’esprit et l’acceptation de la réalité du moment présent.

S’appuyant sur les publications scientifiques du biologiste américain Jon Kabat-Zinn, l'un des pères fondateurs de la médecine corps-esprit, les ouvrages du philosophe Fabrice Midal, et les travaux du psychiatre Christophe André qui encourage la pleine conscience dans le milieu hospitalier en France, Raymond Barbry est convaincu que la pleine conscience est la solution pour répondre aux problèmes de manque d’attention et de motivation dans les écoles. S’il est encore trop tôt pour vérifier les évolutions positives générées par cette technique au sein de ces deux établissements précurseurs en France, d’autres pays, comme les États-Unis, le Canada, la Belgique ou encore les Pays-Bas, pratiquent déjà la pleine conscience dans certaines écoles où l’on a pu constater une augmentation de l’attention, de la concentration et de la motivation chez les jeunes ainsi qu’une amélioration certaine des relations entre élèves et enseignants. Des expériences ont également été effectuées dans des favelas au Brésil, où l’on a pu noter une baisse significative de la violence et de meilleurs résultats scolaires.
« Il s’agit durant un temps très bref en début de cours, d’effectuer quelques exercices simples, explique Raymond Barbry. Se concentrer sur sa respiration, se mettre à l’écoute des sons, des sensations de son corps, et observer ses pensées. Si l’on pratique régulièrement, on note des effets positifs sur chaque élève, de manière individuelle, mais aussi sur les enseignants, ce qui entraîne, de fait, des effets collectifs sur l’ambiance générale de la classe. Des recherches scientifiques récentes ont pu démontrer ce que les anciennes traditions avaient découvert bien avant nous, à savoir que ces temps de silence et d’intériorité s’avéraient bénéfiques, voire indispensables au développement et à l’équilibre de l’être humain, qui vit aujourd’hui dans une époque où tout s’accélère, où tout doit être effectué le plus rapidement possible, où il est exigé d’effectuer plusieurs tâches en même temps, où la surinformation et l’éclatement intérieur ne lui permettent plus d’être à l’écoute de son corps, de ses pensées et de ses émotions. Partout, les ouvrages et autres témoignages sur la pleine conscience se multiplient. Bien plus qu’un effet de mode, cette approche du développement de l’intériorité semble répondre à un véritable besoin de notre époque. Car les activités de développement de la pleine conscience modifient les zones du cerveau qui sont le soubassement de l’activité intellectuelle. Les exercices réguliers de pleine conscience entraînent une meilleure irrigation du cerveau, ce qui conduit à une mobilisation de la cognition facilitée et à une moindre fatigabilité. La réflexion est plus fluide. La vitesse de traitement des informations est plus rapide et donc le fonctionnement intellectuel est plus efficace. Or, pendant les temps de pratique de pleine conscience, il ne s’agit pas de faire marcher son intellect. Tout en étant en mode “off” le cerveau évolue, se modifie, se restructure. En conséquence, prendre du temps pour se poser et pratiquer des exercices de pleine conscience, c’est permettre au cerveau d’optimiser ce temps. C’est dans ces moments-là que toutes les zones du cerveau se synchronisent, tous les circuits s’activent. C’est dans ces moments qu’émergent alors les solutions à des problèmes que l’on pensait insolubles. »

Découvrir le blog de Raymond Barbry »

Musique.

Par Le 08/10/2012

C'est si beau...Si profond. Un voyage intérieur.

Suzanne Citron, historienne, lettre à Mr Peillon.

Par Le 08/10/2012

Suzanne Citron

Suzanne Citron

Nom de naissance Suzanne Grumbach
Naissance 1922
Ars-sur-Moselle
Activité principale historienne et écrivain française
Ascendants David Lévi Alvarès
Conjoint Pierre Citron [1]

Suzanne Citron, née Suzanne Grumbach (née en 1922) est une historienne et écrivain française.

Biographie

Ses deux grand-pères sont le général Paul Grumbach et le président de la Cour d'Appel de Paris, Eugène Dreyfus. Elle étudie au lycée Molière, à Paris. Pendant l'Occupation, Suzanne Grumbach est arrêtée à Lyon le 25 juin 1944. Elle a vécu les dernières semaines du camp de Drancy. Elle est cousine germaine d'Antoine Grumbach.

Elle est agrégée d’Histoire et docteur de 3e cycle en Histoire contemporaine. Elle a exercé plus de vingt ans comme professeur de lycée, puis onze ans à l’université de Villetaneuse (Paris XIII). Sa thèse de doctorat étudie L’Origine des sociétés de spécialistes et le corporatisme dans l’enseignement secondaire de 1902 à 1914. Elle a milité dans les mouvements pédagogiques des années 1960-70 pour la rénovation des contenus de l’enseignement et publié de nombreux articles dans diverses revues d’enseignants sur les problèmes de l’enseignement secondaire. Elle publie ponctuellement des « points de vue » depuis plus de trente ans dans Le Monde et depuis dix ans dans Libération.

Elle a été maire adjointe PS à Domont (Val-d'Oise) de 1977 à 1983. Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Bibliographie

  • 1971  : L'École bloquée, Bordas,
  • 1984  : Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée, Éd. ouvrières.
  • 1989 : Le Mythe national. L'Histoire de France en question -. Les Éditions Ouvrières.
  • 1989 : Le Bicentenaire et ces îles que l'on dit françaises. Syllepse.
  • 1992 : L’Histoire de France autrement, 2e éd. 1995 Les Éditions de l’Atelier.
  • 1996 : L’Histoire des hommes Syros jeunesse, nouvelle éd. mise à jour en 1999.
  • 2003 : Mes lignes de démarcation - croyances, utopies, engagements, Syllepse.

La morale laïque à l’école, une discipline de plus ?


http://www.liberation.fr/societe/2012/09/11/la-morale-laique-a-l-ecole-une-discipline-de-plus_845561

Par SUZANNE CITRON Historienne

Cher Vincent Peillon,

Votre proposition de réinventer une morale laïque à l’école suscite - en critiques ou en adhésions - un incontestable écho médiatique. Mais comment situer cette démarche dans le dispositif scolaire concret et en quoi participerait-elle à la révolution intellectuelle que vous appelez de vos vœux dans votre dernier ouvrage (1) ?

Paradoxalement cette annonce isolée ne s’inscrit pas explicitement dans le projet de refondation de l’école, le grand chantier du quinquennat. Elle omet de mentionner l’échec d’un système scolaire qui déverse chaque année dans un no man’s land sociétal des milliers de jeunes décrocheurs et déscolarisés dépourvus de repères et de toute assurance pour construire un avenir autre que le chômage ou d’incertains petits boulots.

Cette morale laïque qui, selon vos propos, «inculquerait aux élèves des notions de morale universelle, fondées sur les idées d’humanité et de raison», et qui les ferait réfléchir sur le sens de l’existence humaine est-elle recevable dans le fonctionnement d’une énorme machine à trier une élite par la réussite des uns et l’échec des autres ?

Parmi les causes d’échec de la scolarité obligatoire, il en est une sur laquelle j’attire votre attention, parce que, paradoxalement, son poids pourtant décisif est rarement mis en exergue : la conception de programmes exclusivement disciplinaires, dont les fondements historiques et épistémologiques remontent au XIXe siècle. La IIIe République en juxtaposant un enseignement du peuple (le primaire) et un enseignement pour l’élite (le secondaire) a maintenu l’héritage culturel et organisationnel des lycées napoléoniens. L’enseignement secondaire - le «tout puissant empire du milieu» disait Lucien Febvre - a été généralisé par le collège dans les années 1960-1980 sans être repensé ni dans sa structure ni dans ses contenus. Et les modalités de conception et de rédaction de programmes uniformes, imposés de façon centralisée n’ont pas été remises en question dans leurs logiques académiques abstraites, éloignées de la réalité des terrains.

L’écart entre des contenus cloisonnés, émiettés, matérialisés par une succession d’heures de classe sans lien les unes avec les autres se traduit pour nombre d’élèves par le sentiment que ces apprentissages juxtaposés sont dépourvus de sens, d’où l’ennui et le désinvestissement. Cela se produit d’autant plus quand l’arrière-plan familial ne prépare pas à l’absorption et à la légitimation de cette culture scolaire. Et même pour ceux qui ont ce privilège, le système, tel qu’il fonctionne actuellement, détourne trop souvent l’enjeu culturel porté par les enseignants au profit de la réussite sociale et du souci d’accéder aux «bonnes» filières socialement rentables.

Pour que le système éducatif retrouve l’humanité et la raison de votre morale laïque, il faudrait d’abord que ses objectifs soient formulés par rapport aux sujets vivants auquel il est destiné : le développement de leurs capacités individuelles, créatives, cognitives, esthétiques, de leur jugement éthique, de leur épanouissement personnel, corporel. Les disciplines cesseraient d’être fétichisées en tant que telles pour devenir des savoirs pertinents, des outils explicatifs du monde et du patrimoine de l’humanité. Les élèves découvriraient comment devenir acteurs de leur propre rapport avec ce monde et avec les autres.

Il s’agirait là d’une révolution culturelle qui ne saurait s’accomplir en un jour. Elle ne concerne pas seulement la France, mais notre pays se singularise par sa centralisation excessive, ses programmes beaucoup plus normatifs que la plupart des curricula des autres pays européens. S’y ajoute en outre une tradition culturelle de survalorisation des capacités d’abstraction au détriment des aptitudes manuelles, l’enjeu de la promotion sociale «républicaine» étant, depuis les années 1880, de passer des métiers «sales» aux métiers propres. D’où la survalorisation des filières générales au détriment des enseignements professionnels et techniques, comme l’a rappelé justement Hugo Desnoyer à propos des métiers de bouche (Libération 6 septembre).

Monsieur le Ministre, une morale laïque pour l’école d’aujourd’hui ne saurait donc se présenter comme une nouvelle «discipline» s’ajoutant aux autres. Elle exige au contraire, pour être pertinente, une révolution dans la manière de penser non seulement les contenus scolaires mais la République elle-même et la façon dont elle conçoit la dignité sociale et respecte tous les talents.

(1) «La Révolution française n’est pas terminée», Seuil 2008.

Dernier ouvrage paru : «le Mythe national, l’histoire de France revisitée», éd. de l’Atelier, 2008.


Oh, combien j'adhère à cette lettre. Merci Madame.

L'illusion de la quête

Par Le 07/10/2012

L'illusion...Oui, c'est bien cela. Lorsque mes hernies discales ont disparu, lorsque j'ai retrouvé ce bonheur de la marche, que les auras bleutées me parlaient la nuit, j'ai cru que j'étais passé à un autre stade, que j'étais entré dans une autre dimension, que je n'en sortirai plus jamais, que je baignerai infiniment dans cette ultime compréhension de la vie...Il n'en est rien.
J'ai récupéré le droit de marcher, je suis sorti de cette douleur immense, j'ai recommencé à vivre "normalement", les évènements exogènes ont repris le dessus, parce que je ne suis qu'un mari, père, instituteur, montagnard, écrivain. J'ai détesté cette rechute spirituelle, j'ai pleuré pour cet arrachement, cette disparition du bien être, j'ai réintégré ce petit moi. Mais là encore je me trompais. Je ne voyais que les effets de mon mental, ce joueur invétéré qui tenait là le moyen de se glorifier. J'ai mis longtemps à accepter cette vie, l'instant présent, j'ai mis longtemps à bénir ces "révélations" au lieu de ne voir que leur disparition. Rien n'avait disparu. C'était toujours là, en moi ou en Soi.
Tout ce que j'avais vécu ne venait pas de moi. C'était un cadeau. Ma colère devant la disparition de cette béatitude salissait ce cadeau.
Alors j'ai appris lentement, pas à pas, comme quand je marche vers les sommets, à aimer l'instant, à aimer cette vibration en moi, ce flux vital qui un jour s'était révélé au-delà de l'imaginable.
J'ai appris à ne plus être ce prétentieux qui réclamait davantage.

Aller vers le vide pour pouvoir recevoir, ne rien attendre, ne rien vouloir, je sais pourquoi j'aime autant ces paysages infinis dans lesquels rien de significatif ne surgit, rien de particulier, rien auquel le regard ne s'accroche. Tout ce qui accroche est un ancrage et on en oublie de se laisser porter.

 

Le bouton OFF

Par Le 07/10/2012

Où est le problème, ici?

Où est l'esclave?

Où sont les liens?

Cherche le bouton OFF...

Se taire pour écrire

Par Le 07/10/2012

"L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant...Quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue parce qu'il sait qu'il meurt et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée." Blaise Pascal.

 

Il vaut toujours mieux être un roseau pensant qu’un bouleau obtus. Pascal n’irait pas contredire La Fontaine.

La pensée est à la source de tous nos actes même ceux qui sont inconscients. Il ne s’agit que d’une pensée inconsciente…Quand à l’instinct, il a bien fallu que les actes qui en découlent soient un jour pensés par un de nos nombreux ancêtres afin que ces actes deviennent une expérience, une connaissance, un enseignement à transmettre…

On dit parfois qu’on doit avoir un comportement digne. Mais ce comportement n’est que la résultante de nos pensées. Dès lors que nous entrons dans le phénomène de la pensée, nous sortons simultanément du calice. Nous considérons que la vision macroscopique, ce regard intelligent et intelligible, cette transmission de notre analyse ou le monologue intérieur sont des saisies indéniables de la vie.

 

Nulle critique envers ce travail. Il est indispensable. Sans cette pensée, nous ne serions que des outres vides. Des enveloppes ayant délaissé le contenant possible.

C’est inconcevable. D’autant plus que non seulement nous ne cessons de penser mais bien souvent nous pensons à « l’insu de notre plein gré »…

Et c’est là que surgit le problème.

 

Peut-on parler comme Pascal de « dignité » lorsque nous constatons à maintes reprises, avec un minimum de vigilance, que ce phénomène de la pensée nous échappe et s’établit parfois sans que nous parvenions à le maîtriser ?

Combien de fois n’avons-nous pas souffert de ce sommeil insaisissable sous le feu ardent des pensées volages ?

 

Nous devrions être dignes de ne pas être maîtres de nous-mêmes ?

 

Bien entendu que Pascal parlait de la portée inestimable de ses pensées, de la force et la profondeur de ses raisonnements. Mais nous ne sommes pas des Blaise Pascal…

Nous ne sommes pas ces maîtres spirituels qui usent avec une justesse inégalable de leur capacité à penser ou bien à s’extraire dans la méditation du maelström inépuisable des neurones tourbillonnants.

Nous, à notre humble niveau, nous ne pouvons pas honnêtement être dignes de cette faiblesse chronique qui nous ronge et nous perturbe.

 

 

Qu’en est-il du silence ?

Le silence porte en lui la conscience de la vie. Pas son commentaire intellectuel, philosophique  ou spirituel mais sa réception totale, immédiate, épurée. Les pensées peuvent commenter la vie mais dès lors elles l’observent avec une certaine prétention, avec cette satisfaction du chercheur…Mais celui-là n’est pas au cœur de la vie. Il n’est plus qu’un chirurgien qui autopsie. Un chirurgien n’a qu’une vision restreinte, il s’attelle à une partie précise, à une tâche limitée, il ne peut pas se permettre d’élargir sa vision. Il n’a que faire de l’ensemble. Le penseur agit de même dès lors qu’il n’observe plus sa pensée mais se croit puissant parce qu'il pense.

Nous devons apprendre le silence, nous devons apprendre à nous taire. Intérieurement.

On n’entend rien dans ce tohu-bohu quotidien. Nous vivons comme dans un poste radio où les ondes s’interfèrent. Chaque émission veut prendre la place, chaque musique s’impose, chaque parole se répète, chaque évènement est commenté, chaque commentaire est commenté, chaque parole est reprise, chaque silence est considéré comme un non-dit qui doit être avoué, le "taiseux" comme on dit par ici est un être associal, un ours, certainement un psychopate, il faut s'en méfier, d'autant plus qu'il aime être seul, c'est anormal tout ça...

Ce monde moderne vit dans une cacophonie indescriptible. Il faut que ça cesse. C’est à partir du silence que nous pourrons apprendre à parler. Comme s’il restait à chaque fois que nous lançons en nous un cheminement intellectuel, une grotte, un antre ou un calice, un refuge à rejoindre comme un ressourcement possible. Il faut s’aventurer avec parcimonie, ne pas aller trop loin, ne pas se lancer sur plusieurs routes, éviter les croisements pour viser sans détour l’horizon. Et revenir à chaque fois dans le cocon originel du silence.  

C’est un retour à la Nature qui se propose. Nos vies modernes sont saturées de bruits et d’attirances. Nos rencontres, nos proches, nos voisins, la rumeur de la ville, la télé, la radio, les MP3, nos téléphones, les avions, les voitures, le chien qui braille, le coq qui chante, cet environnement carcéral qui ceint nos oreilles et déverse en nous une boue tonitruante de bruits incessants.

Qui donc peut se targuer de vivre dans le silence ?

Où peut-on le retrouver ?

N’y a t- il pas en nous une habitude perverse de cette houle d’océan comme une dépendance, une angoisse même si l’étendue venait à se taire ? N’entretenons-nous pas inconsciemment ce ressac indocile, ces vagues grondantes comme des poisons renouvelés ? Plonger volontairement dans la masse pour avoir le sentiment d'exister.

J’en ai vu bien souvent des randonneurs qui avançaient dans des paysages paisibles comme en terrain hostile et lançaient à vaux l’eau des verbiages futiles, comme pour combler ce silence assommant.

Je n’y ai perçu aucune dignité…

Ça pensait à tue-tête et c’est ma tête qu’ils tuaient.

 

Nous apprendrons à penser quand nous aurons appris le silence.

 

Je pense (et, oui, là, pour l’instant, je n’ai pas le choix…) à ce petit enfant, ce petit d’homme à qui tous les adultes qui l’entourent et l’accompagnent s’efforcent de le remplir de connaissances, de le plonger dans les expériences de la vie. Rien à redire. C’est l’adulte qui se construit. Mais il y manque trop souvent l’amour du silence. Le silence en soi, quand la paix retombe, avant même que le sommeil l’enveloppe, cet abandon délicieux dans le calice, là où se tient tapie la conscience muette de l’amour de la vie.     

Bienheureux l’enfant qui un jour s’assoit seul au sommet d’une colline et dans le silence intérieur perçoit la rotation de la Terre.

Celui-là peut être digne.

Il n'est pas devenu qu'un adulte.

Oui, je suis saturé de bruits, saturé d'agressions en tous genres, je n'y trouve plus aucun intérêt, je n'ai plus rien à en apprendre. C'est comme si j'avais atteint la limite, comme si le potentiel de réception était comblé et que tout ce qui continue à tomber m'obligeait à déformer le réceptacle, comme une grenouille qui gonflerait. On connaît la fin de la fable.

J'ai appris tant de choses, tout ce qu'il a fallu que j'assimile et qui ne m'a servi à rien, tout ce que j'ai appris et que j'ai déjà perdu mais qui génère toujours ce tohu bohu insoumis, comme une mélasse où tout a perdu sa forme initiale, dont plus rien ne peut sortir, tout cela, je voudrais le vomir.

Je sais que l'écriture est un refuge. Une ligne que je trace, qui m'appartient, un chemin que je balise, rien de nuisible n'y a accès, aucune intrusion n'y est possible, je connais la patience, je sais que je ne dois rien aux histoires, elles ne me réclament rien, il s'agit entre elles et moi d'une osmose bienfaitrice, d'un partage de données, l'écriture m'a appris le silence, l'abandon des pensées disparates pour extraire le mot qui convient, je sais aujourd'hui me taire pour écrire. Je connais l'antre du silence où les mots se reposent et attendent sereinement d'être choisis.

Je me suis réveillé à cinq heures, j'ai ouvert les yeux et une phrase a surgi, comme si elle attendait l'ouverture des volets pour sauter dehors. J'ai souri et j'ai remercié. Je me suis levé.

J'écris.

J'écris quand je n'ai plus rien à dire, plus rien à penser, plus aucune interférence. C'est dans cet état que je parviens à trouver le mot dont j'ai besoin, je sais que je n'aurai pas à fouiller pendant des heures, je suis devenu l'histoire, je suis mes personnages, je suis mes idées, je suis chaque mot offert, et le silence intérieur m'enveloppe comme un placenta purificateur. Le monde est dehors et je m'en suis extrait. Et au dedans de moi, le monde est sorti, au dedans de moi, il y a le silence et le peuple immobile des mots. Je les vois comme des visages impassibles, ils n'attendent rien et sont disponibles, ils n'ont pas besoin de moi pour vivre, que personne ne les saisisse pendant des siècles ne changera rien pour eux, ils resteront là, comme des pierres où l'érosion s'épuise.

Ils n'attendent rien, ils n'espèrent pas, ils sont là. Ils m'ont appris la paix.

Les syndicats enseignants

Par Le 06/10/2012

Je ne suis pas syndiqué et je ne le serai jamais mais sans savoir pourquoi je reçois la lettre mensuelle d'un syndicat. Dans le dernier numéro, ils nous parlent du tableau des 108 h que nous devons remplir pour justifier des heures que nous devons à l'administration dans le cadre des aides individualisées aux enfants, les diverses réunions d'équipe, conseils de maîtres, conseils de cycle, conférences pédagogiques etc...Dans la réalité, nous faisons bien plus que 108 h, tout le monde le sait et le syndicat nous demande donc de ne pas remplir ce tableau...

Je trouve cette demande totalement absurde.

Le gouvernement sait très bien que nous dépassons allégrement ces 108 h et il continue à vouloir l'ignorer, à ne pas le reconnaître. Il est donc lui-même dans l'illégalité en nous imposant ce tableau qui ne représente pas la réalité du terrain.

Si j'adhèrais à la demande du syndicat, je me mettrais moi-même dans l'illégalité pour soi-disant contrer une demande illégale. Et je serai sanctionné. Pas le syndicat par contre. Qu'est-ce que j'en retirerai ? Un blâme, une retenue de salaire ou un blocage dans mon avancement de carrière. Avec 2000 euros par mois, pour trente ans d'enseignement, je serais totalement idiot et inconscient d'aller faire supporter à ma famille cette contestation. 

Je vais donc, comme tous les ans, remplir ce tableau en inscrivant toutes les heures que je fais afin que mon inspecteur ne puisse rien me reprocher. Mais je comptabiliserai TOUTES les heures et cela ira donc bien au-delà de ces 108 h.

C'est par ce moyen que je montre au gouvernement que son calcul est faux et que j'abats bien plus de travail que ce qu'il pense.

Quant aux syndicats qui sont incapables d'opter pour des stratégies intelligentes et qui s'obstinent à nous faire passer pour des planqués, qu'ils sachent que leur lettre mensuelle m'est très utile pour allumer le feu de cheminée.

Hugo Chavez

Par Le 06/10/2012

« Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »
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Pourquoi les Etats-Unis diabolisent la démocratie Vénézuélienne (The Guardian)

Le Venezuela s’apprête à tenir des élections parfaitement libres et régulières, et pourtant les Etats-Unis le traitent de dictature

Le 30 mai, Dan Rather, un des journalistes les plus célèbres des Etats-Unis, annonça que le président vénézuélien, Hugo Chavez, allait mourir « d’ici deux mois, au plus tard ». Quatre mois plus tard, Chavez est non seulement en vie et mène campagne, mais est largement considéré comme le futur vainqueur de l’élection dimanche prochain.

La distorsion sur le Venezuela est telle – c’est probablement le pays qui subit le plus de désinformation au monde – qu’un journaliste peut raconter pratiquement n’importe quoi sur Chavez ou son gouvernement sans être contredit, pourvu que ce soit quelque chose de négatif. Pire encore, Rather a qualifié Chavez de « dictateur » - un terme que peu d’analystes politiques, pour ne pas dire aucun, qui connaissent le pays emploieraient.

Voici ce que Jimmy Carter a déclaré sur la « dictature » vénézuélienne il y a quelques semaines : « en fait, sur les 92 élections que j’ai observées, je dirais que le processus électoral au Venezuela est le meilleur au monde. »

Carter a eu le Prix Nobel de la Paix pour son travail d’observation des élections via le Centre Carter, qui a observé et validé les précédentes élections vénézuéliennes. Mais parce que Washington cherche depuis plus de dix ans à délégitimer le gouvernement vénézuélien, son opinion est rarement répercutée. Ses derniers commentaires ont été ignorés par la quasi totalité des médias US.

Au Venezuela, les électeurs effleurent un écran d’ordinateur pour voter et reçoivent un reçu sur papier qu’ils vérifient et déposent dans l’urne. La plupart des bulletins papier sont comparés au résultats électroniques. Ce système rend le trucage pratiquement impossible : pour voler une élection il faut pirater les ordinateurs et ensuite bourrer les urnes pour faire coïncider les résultats.

Contrairement aux Etats-Unis, où lors d’une élection serrée nous n’avons aucune idée du véritable vainqueur (voir Bush vs Gore), les Vénézuéliens sont certains que leur vote sera compté. Et contrairement aux Etats-Unis, où près de 90 millions d’électeurs potentiels ne voteront pas en Novembre, le gouvernement vénézuélien a tout fait pour augmenter le nombre d’inscrits sur les listes électorales (qui atteint un niveau record de 97%) et la participation.

Et pourtant tout l’appareil de la politique étrangère des Etats-Unis (qui comprend la plupart des médias américains et occidentaux) n’affiche que mépris envers le processus démocratique vénézuélien. Dans un rapport publié à point-nommé, le soi-disant Comité pour la Protection des Journalistes a déclaré que le gouvernement contrôle « un empire médiatique », en omettant d’informer ses lecteurs que la télévision d’état vénézuélienne n’a qu’environ 5 à 8 % d’audience dans le pays. Bien sûr, Chavez peut interrompre les programmes avec ses discours (grâce à une loi qui date d’avant son accession au pouvoir), et il le fait régulièrement. Mais l’opposition contrôle encore la majorité des médias, y compris la radio et la presse écrite – sans parler de la majorité des richesses et des revenus du pays.

L’opposition va probablement perdre cette élection non pas à cause des avantages du pouvoir du gouvernement – dont on abuse partout en occident – y compris aux Etats-Unis, mais parce que les conditions de vie de la majorité des Vénézuéliens se sont nettement améliorées sous Chavez. Depuis 2004, lorsque le gouvernement a pris le contrôle de l’industrie pétrolière et que l’économie s’est redressée après les tentatives dévastatrices et illégales de le renverser (dont la tentative de coup d’état militaire de 2002 soutenue par les Etats-Unis et la gréve du secteur pétrolier de 2002-2003), la pauvreté a été réduite de moitié et l’extrême pauvreté de 70%. Et ceci en ne prenant en compte que les revenus. Des millions de personnes ont pour la première fois accès à la santé et le nombre d’étudiants à l’université a doublé, dont beaucoup bénéficient de la gratuité de leurs études. Les inégalités ont été considérablement réduites. Par contraste, les deux décennies qui ont précédé Chavez ont été marquées par l’un des pires échecs économiques de l’Amérique latine, lorsque le niveau de revenu par habitant a chuté de 14% entre 1980 et 1998.

A Washington, la définition de la démocratie est simple : c’est lorsqu’un gouvernement obéit au Département d’Etat. Et bien-sûr, ici, l’idée que les politiciens puissent tenir leurs promesses électorales est un concept qui nous est étranger. Alors ce n’est pas uniquement le Venezuela qui se retrouve régulièrement dans la ligne de mire de la classe dirigeante à Washington : tous les gouvernements progressistes et récemment indépendants de l’Amérique du sud, dont l’Argentine, l’Équateur et la Bolivie, sont dans cette ligne de mire (le Brésil est considéré comme trop gros pour recevoir le même traitement, sauf par la droite). Le Département d’Etat tente de garder un œil sur le prix convoité : le Venezuela possède des réserves de pétrole qui s’élèvent à 500 milliards de barils, et ne se plie pas à la politique étrangère des Etats-Unis. C’est pour cela qu’il est devenu l’ennemi public numéro un, et le principale cible des médias.

Mais le Venezuela fait partie du « printemps latino américain » qui a produit le groupe de gouvernements le plus démocratique, progressiste et indépendant que la région n’a jamais connu. Ils coopèrent, et le Venezuela est fermement soutenu par ses voisins. Voici ce qu’a déclaré l’ancien président du Brésil, Lula da Silva, le mois dernier : « La victoire de Chavez ne sera pas seulement celle du peuple vénézuélien mais aussi la victoire de tous les peuples d’Amérique latine... cette victoire portera un coup supplémentaire à l’impérialisme. »

Le soutien de l’Amérique du sud est la meilleure garantie du Venezuela contre les tentatives incessantes de Washington, qui dépense toujours des millions de dollars dans le pays – sans compter les fonds clandestins – pour saper, délégitimer et déstabiliser la démocratie au Venezuela.

Mark Weisbrot

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/oct/03/why-us-d...

Traduction "entre une démocratie sans capitalisme et un capitalisme sans démocratie, les élites occidentales choisissent toujours le dernier" par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

URL de cet article 17891

Courage.

Par Le 06/10/2012

En fait, quand il me prend l'idée absurde de m'intéresser au monde qui nous est présenté et qui est très loin de représenter sa totalité, au lieu de dire, "Courage, le pire est derrière nous", je préfère "Courage, le meilleur est déjà passé. " J'en arrive même parfois, à de brefs instants, à comprendre quelque peu, ces individus qui vivent dans l'illusion des plaisirs rapportés, toutes les choses éphémères. Non, non, je ne les envie pas, je n'en suis quand même pas là...Et puis, je ne souhaite pas affûter moi-même la lame de la guillotine. Un jour, je vivrai avec la femme que j'aime dans un lieu silencieux, inhabité, isolé. Je ne m'intéresserai plus à rien. Ça me permettra de progresser.

Projet pour l'école ?

Par Le 05/10/2012


Personnellement, je trouve les commentaires plus intéressants que l'article lui-même...Cet article est vide et c'est assez désolant de la part d'une "pointure" de l'enseignement. Si les cadors restent aussi évasifs, on n'avancera pas étant donné que le point de vue des enseignants eux-mêmes est toujours aussi ignoré dans son ensemble. Sauf quand il s'agit de casser les élèves. Alors, là, on les écoute. "Ils ne savent rien, ils n'ont aucune culture, ils sont démotivés, immatures, bêtes et méchants. "Personne ne se dit qu'ils sont, pour certains, à l'image des adultes qui sont face à eux. D'autres résistent et s'élèvent plus haut que leurs "maîtres". Bien plus haut.





Le Point.fr - Publié le 05/10/2012 à 18:28 - Modifié le 05/10/2012 à 18:39

Peut-on croire à la refondation de l'école voulue par Vincent Peillon ? Philippe Meirieu, qui a participé aux débats, n'est pas convaincu.

Philippe Meirieu estime que, malgré la refondation de l'école annoncée, le gouvernement n'a pas de projet pour l'école.

Philippe Meirieu estime que, malgré la refondation de l'école annoncée, le gouvernement n'a pas de projet pour l'école. © Vincent Isore / IP3/Maxppp


  • Commentaires (4)

Finie la concertation, place à la loi de programmation et d'orientation. Le rapport remis ce jour à Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, clôture officiellement trois mois de débats au sein de la "concertation", ce gigantesque remue-méninges destiné à "refonder l'école de la République". Philippe Meirieu, spécialiste reconnu de la pédagogie et professeur des universités en sciences de l'éducation, a participé à ces échanges. Pourtant, il s'inquiète.

Le Point.fr : une bonne idée, cette "concertation" ?

Philippe Meirieu : La méthode est intelligente, quoique pas tout à fait inédite. J'aurais aimé qu'on entende plus les acteurs de terrain, ceux qui chaque jour font l'école. On a, comme d'habitude, invité les 5 000 permanents de l'Éducation nationale, tous des gens très qualifiés, mais assez éloignés des élèves. Tout cela ne saurait exonérer le gouvernement d'une perspective. Or, pour l'instant, je ne vois pas de projet fort pour l'école.

Pourtant, Vincent Peillon promet de tout "refonder", ce n'est pas rien.

On a jusqu'à aujourd'hui empilé beaucoup de réformes, on a réparé, ajusté, réagi, et la maison Éducation est une construction de bric et de broc, avec des pans baroques, des murs classiques, des rafistolages en tôle ondulée. La dépression que connaît notre système éducatif est due à cette absence de structures et de principes.

Vous êtes un expert en pédagogie. Que faudrait-il faire, selon vous ?

Qui a réfléchi sur les contenus, les savoirs ? La question des contenus, donc, de ce qu'on enseigne aux enfants, est primordiale. Aujourd'hui, les programmes sont devenus trop compliqués. Il nous faut des contenus clairs, attractifs et valorisés. On ne peut pas se contenter d'une garderie améliorée. On demande aujourd'hui aux enseignants de faire de l'éducation dans une société anti-éducative, où les enfants sont excités à consommer, pas à réfléchir. Qui en parle ?

Alors que devrait savoir, dans une école idéale, un bachelier en juin 2012 ?

Il doit savoir ce qu'il n'est pas permis d'ignorer. Il doit être capable de lire les quotidiens nationaux de référence en comprenant tout de la première à la dernière ligne. Il serait également temps de cesser de dire que nul n'est censé ignorer la loi et de ne pas l'enseigner. Une société, non théocratique, mais démocratique comme la nôtre, a des règles que tout citoyen doit connaître. Aujourd'hui un bachelier serait incapable d'expliquer la différence entre le civil et le pénal et celle entre le Conseil d'État et la Cour des comptes.

Il faudrait alors réformer le bac ?

Je suis stupéfait qu'on accepte sans broncher qu'un 13 en physique y rattrape un 8 en français. C'est absurde. Tous les fondamentaux doivent être acquis. Le culte de la moyenne doit être interrogé. Et cela, je ne l'ai jamais entendu dans la "concertation".

4 Commentaires

métis le 05/10/2012 à 19:52

L'usine des artifices

Celui qui nous gratifie depuis très longtemps de leçons de pédagogie est lui aussi bien loin des élèves, bien loin du quotidien de la vie scolaire d'un établissement. La publicité de notre système est aussi son talon d'Achille, il cultive les faux-semblants qui interdisent aux acteurs de faire progresser la machine. Dans les discours des chefs d'établissement, la première chose qu'on nous demande de respecter est l'image, une image lisse de service public à vendre aux parents d'élèves. Il y a bien longtemps que l'Education Nationale ne fait plus rêver personne d'autre que les parents pauvres, ceux qui savent dans leur vie quotidienne quelles sont les conséquences de l'échec scolaire. Derrière la sacro-sainte image et les artifices de la compétence, la réalité est bien différente, chaque absence d'un professeur coûte à toute la communauté éducative, chaque échec d'un élève est l'échec de tous, impossible dans une machine aussi complexe de mettre l'adulte face à ses propres responsabilités. Pour autant, faut il ne voir dans ce système que ce qui ne va pas, surtout dans une société consumériste où la plus grande partie du temps dédié par un enfant à son apprentissage consiste à répondre au besoin de la fuite en avant technologique numérique. Je suis souvent choqué par la décision d'élèves aux portes du Bac de décider, sur un coup de tête, d'en finir avec la scolarité, incapables de mesurer le bénéfice d'intégrer, en cas de succès, les voies de l'Enseignement Supérieur. C'est pour moi la preuve que nous ne sommes plus crédible, en tant qu'institution, parce que nous ne sommes plus à même de représenter une perspective d'avenir pour nos élèves. Pourtant, tous les ans, et n'en déplaise à M. Meirieu, je signe pour un an de plus en espérant qu'au moins un élève sera sensible à l'intérêt que nous porterons à sa réussite et sa capacité à faire ses propres choix les yeux ouverts.

alpen le 05/10/2012 à 19:34

Vive la clarté !

Rien de bon ne se conçoit ou se développe dans la confusion. Assez d’idéologie et intéressons l'enfant au monde et à la société dans laquelle il vit. Qu'il s'appelle Pierre, Mohamed ou David l'enfant est curieux de savoir et de comprendre. Écoutons le !

LA FENICE le 05/10/2012 à 19:33

M. Mérieu...

A contribué par ses théories, à une certaine époque, aux résultats qu'il déplore maintenant... Ancien enseignant je me souviens du temps où il inspirait les responsables du l'EN... Aurait-il évolué ?

Paol le 05/10/2012 à 19:08

Enfin !

J'ai été pendant longtemps assez dubitatif face aux propos de Meyrieu. Je viens de relire son entretien avec Gauchet. Je crois qu'enfin le bon sens l'emporte dans ce que je viens de lire. Il faut donner du sens à notre système éducatif, former des citoyens humanistes, aptes à porter un regard critique sur la société, capables d'avoir une opinion argumentée. On en est fort loin. Agrégé de géographie, j'ai été muté dans un collège où j'enseigne à des classes composées de non-lecteurs et d'élèves extrêmement faibles et démotivés, complètement acculturés dont l'horizon s'arrête à l'écran de l'omniprésent portable. Les propos de Gauchet et de Meyrieu me rassurent mais mon quotidien d'enseignant me désespère.


Le bateau ivre

Par Le 04/10/2012

Léo ferré était le seul à pouvoir faire danser ce bateau sur une musique, une voix, des rires.

Le rire de Léo. Je l'ai en moi tellement je l'ai écouté.

"Comme je descendais des fleuves impassibles..."


Le bateau ivre

Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes. 
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Le biais de conformité

Par Le 04/10/2012

C'est extrêmement révélateur de nos fonctionnements. 

Vous pouvez rechercher cette vidéo sur dailymotion, impossible de la mettre en ligne ici, je ne sais pas pourquoi...

http://www.dailymotion.com/video/xtrtht_l-animal-social-et-son-presque-nouveau-telephone_news?start=1

Les journalistes ont fait croire à des passants qu'ils pouvaient donner leur avis sur le nouvel iphone alors qu'il s'agissait de l'ancien modèle. Tous ont trouvé qu'il était beaucoup mieux, plus léger, plus rapide. Un seul l'a trouvé plus lourd. L'un d'eux avait même les deux mêmes anciens modèles dans la main et il trouvait le soi-disant nouveau modèle plus léger...

Consternant.

Phénomène de groupe. L'individu préfère se joindre à l'opinion dominante que de maintenir son propre point de vue.

Une autre expérience mettait en présence six acteurs complices et un cobaye réel. Les participants devaient juger de la longueur de trois lignes comparativement à un modèle donné. Les acteurs donnaient une réponse fausse et très visiblement fausse et le cobaye réel finissait par se rallier à l'opinion dominante malgré ce qu'il voyait.


Un exemple de la gravité des conséquences.

http://www.facteurs-humains.fr/le-facteur-humain-premiere-cause-d%E2%80%99erreur-de-diagnostic/

Pour diminuer le nombre de complications médicales, il faut bien évidemment que les praticiens apprennent à combattre leurs états de fatigue et de stress, toutes ces émotions ressenties quotidiennement qui génèrent l’erreur. Mais il faut également prendre conscience que notre cerveau ne fonctionne pas de manière parfaitement rationnelle et que des biais d’analyse intrinsèques à notre mode de penser peuvent sérieusement compromettre la prise en charge des patients. A travers l’histoire suivante, nous allons tenter de comprendre comment 7 professionnels de santé ont pu s’accorder sur un mauvais diagnostic.

 

Une patiente âgée de 39 ans, enceinte de 3 mois, se plaint de douleurs gingivales généralisées en absence de tout autre symptôme. Elle n’a pas d’antécédents médicaux et est déjà la mère d’un garçon de 4 ans. Elle consulte son gynécologue qui diagnostique une gingivite gravidique. La gingivite gravidique est une inflammation du parodonte (tissus de soutien de la dent) qui survient assez souvent au cours de la grossesse. Elle est déclenchée par la prolifération de certaines bactéries pathogènes en raison des modifications hormonales.  Il est recommandé d’assainir la cavité buccale par une élimination du tartre et de la plaque dentaire. En complément d’un détartrage et d’un surfaçage des racines dentaires, il est parfois recommandé l’adjonction de produits antibactériens (bains de bouche antiseptiques). Dans certains cas, les gencives sont tellement gonflées qu’elles peuvent recouvrir les dents.

 

Le diagnostic est confirmé par son médecin généraliste qui lui prescrit un bain de bouche et lui conseille de consulter son chirurgien-dentiste pour faire un détartrage. Fort de ces informations, le dentiste pratique un détartrage. Toutefois, les douleurs persistent et la patiente décide de se rendre à l’hôpital au service d’urgence. Une nouvelle fois, le diagnostic est confirmé et de nouveaux bains de bouche sont prescrits. Mais les douleurs ne s’estompent pas et commencent même à atteindre une intensité telle que la vie de la patiente devient de plus en plus difficile. La patiente se représente donc au service d’urgence de l’hôpital. L’infirmière de trie appelle l’interne d’astreinte qui prescrit encore une fois des bains de bouche et renvoie la patiente chez elle.

 

Elle est déposée dès le lendemain matin par son mari, car les douleurs sont devenues très violentes. Elle est auscultée par un senior du service d’urgence qui la place sous morphine et l’adresse au service d’odontostomatologie (médecine de la bouche). L’interne qui la voit est nouveau dans le service en raison de la rotation des internes et ne la connaît donc pas. Comme la situation se dégrade, il décide de garder la patiente à l’hôpital mais faute de lit en odontostomatologie, elle est transférée dans le service de neurochirurgie. L’interne de neurochirurgie examine la patiente et détecte une mydriase (augmentation du diamètre de la pupille), ce qui l’étonne. Il demande donc un scanner qui révèle un hématome intracrânien très important. Elle est opérée en urgence.

 

La patiente décède en fin de journée d’une thromboencéphalite cérébrale avec saignement secondaire. La patiente avait en fait une leucémie, dont un des signes peut être une gingivite sévère. Aucune des nombreuses personnes qui l’ont auscultée n’a pensé à demander une simple numération sanguine qui aurait dévoilé la maladie.

 

***

 

Notre analyse

 

Attention : le but de l’analyse qui suit n’est pas de porter un jugement de valeur sur les protagonistes de l’histoire dramatique racontée ci-dessus, mais d’essayer d’apporter des éléments de réflexion sur la sécurisation de la pratique médicale.

 

L’erreur de diagnostic est souvent présentée comme étant la première cause de décès à l’hôpital. Dans le cas présent, un grand nombre de professionnels de santé aux profils variés se sont succédés et ont tous confirmé le diagnostic de la gingivite gravidique. La gingivite est en effet la solution la plus probable et la plus facile à envisager : elle est fréquente chez la femme enceinte et le jour de la première consultation, l’inflammation gingivale est le seul signe clinique. Une fois ce diagnostic établi, aucun des acteurs médicaux ne va remettre en question ce choix.

 

Pour tirer un enseignement de cette histoire tragique, il faut s’interroger sur l’acceptation par tous du diagnostic. Pourquoi a-t-il fallu attendre la 8e personne soignante pour découvrir la réelle cause des douleurs ressenties par la patiente ? Pourquoi des professionnels expérimentés ont réagi de la même manière que des internes ? Pour le comprendre, nous devons déchiffrer le fonctionnement de notre cerveau.

 

Prendre conscience des biais d’analyse universels

 

Dans un article précédemment publié dans ce blog sur la surconfiance comme premier facteur d’échec, les auteurs présentent un phénomène connu appelé la « fermeture prématurée ». Les chercheurs en neurobiologie ont en effet observé que notre cerveau ne prenait pas de décisions de manière rationnelle : quelque soit le champ d’activité considéré, une fois un choix établi, tout va être fait pour le confirmer. Le cerveau se ferme aux hypothèses concurrentes qui pourraient invalider ce choix initial. On parle alors de biais d’analyse. Ces derniers peuvent prendre plusieurs formes*:

 

  • Biais d’évaluation de la fréquence des événements graves

Le risque que des événements graves surviennent est presque toujours sur- ou sous-évalués (on se base sur son expérience personnelle pour déterminer la fréquence des événements)

 

  • Biais de sélection des données

Les préférences orientent fortement la sélection des faits.

 

  • Biais d’habitude

Les décisions sont souvent orientées vers des solutions familières même si elles ne sont pas optimales.

 

  • Biais de confirmation

On recherche les résultats qui confirment plutôt que ceux qui infirment.

 

  • Biais de conformité au groupe

On recherche plutôt une décision conforme à celle donnée par le groupe. On retrouve très souvent ce type de biais quand il s’agit d’apprécier des vins ou des œuvres artistiques.

 

Dans le cas présent, il semble que le biais d’évaluation de la fréquence des événements graves ait joué un rôle important chez l’ensemble des professionnels médicaux. La patiente étant enceinte, il semblait logique qu’elle souffre de gingivite gravidique. L’occurrence d’une leucémie présentant ces symptômes est rare et n’a donc pas été retenue par les différents acteurs.

 

On peut penser que le biais de conformité au groupe a également mené les professionnels médicaux à accepter comme tel le diagnostic de gingivite gravidique. Chaque acteur s’est basé sur le diagnostic initialement fait, lequel s’imposait de plus en plus comme une vérité au fur et à mesure que le nombre de praticiens à l’accepter augmentaient. Il devenait donc de plus en plus difficile de remettre en cause un diagnostic partagé par tant de confrères.

 

Pour éviter que cette histoire tragique ne se répète, il n’y a pas de solution miracle. Prendre conscience des biais d’analyse qui peuvent compromettre des diagnostics est une première étape. Il est également important de continuer à rapporter ce type d’expériences car le partage des erreurs est fondamental si l’on veut améliorer la sécurisation des pratiques. C’est l’unique but de ce blog.

 

Franck Renouard– Jean-Gabriel Charrier


L'ultra communication a un effet exponentiel. Tout ce à quoi les autres s'intéressent est su par tous ceux qui ne le savaient pas encore. La haute technologie fait office de juge critique. L'iphone et l'internet sont les réseaux par lesquels transitent la conformité. La littérature qui oeuvrait à lutter contre la sclérose spirituelle est battue à plate couture. Les éditeurs y participent d'ailleurs eux-mêmes en renforçant la conformité jusque dans les ouvrages publiés. La rentabilité a pris le pas sur l'esprit subversif, l'éveilleur de consciences. 

"Qui donc inventera le désespoir? chantait Léo Ferré.

"Tout est prêt, la publicité, la clientèle..."

Combien il me manque Léo Ferré...


"A l'école de la poésie"

La poésie contemporaine ne chante plus elle rampe.
Elle a cependant le privilège de la distinction
Elle ne fréquente pas les mots mal famés elle les ignore.
On ne prend les mots qu'avec des gants : à « menstruel » on préfère périodique »,
Et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux
qu'il ne faut pas sortir du laboratoire et du codex.
Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés,
à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques,
me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir sils ont leur compte de pieds,
ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le poète d'aujourdhui doit être d'une caste, d'un parti ou du « Tout Paris ».
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie.
Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale
tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est un signe des temps. De notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires c'est encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd. Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok.
Rutebeuf avait faim. Villon volait pour manger. Tout le monde sen fout.
L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie.
La Lumière ne se fait que sur les tombes.
Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien dépique.
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne nous reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle.
Qui donc inventera le désespoir ?
Avec nos avions qui dament le pion au soleil.
Avec nos magnétophones qui se souviennent de ces « voix qui se sont tues »,
avec nos âmes en rade au milieu des rues,
nous sommes bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande
à regarder passer les révolutions.
N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,
c'est que c'est toujours la Morale des Autres.
Les plus beaux chants sont des chants de revendication.
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.
A l'école de la poésie, on n'apprend pas. ON SE BAT !

Bilan.

Par Le 04/10/2012

J'ai commencé à écrire au lycée.

Tout a réellement commencé dans la chambre d'hôpital où je veillais mon frère cliniquement mort. Et qui a survécu.

En 1ère, Mr Ollier lisait mes nouvelles à la classe. En Terminale, il continuait et Mme Sotirakis avait eu, pour la première fois de sa carrière, à corriger un exposé de 72 pages sur la passion. J'écrivais beaucoup déjà :) 

Tous les deux disaient qu'un jour, je serai édité.

J'ai écrit "VERTIGES". Il a été publié en 2004 par la Fontaine de Siloé. Ce roman a eu deux prix littéraires régionaux. 

 

J'ai écrit "NOIRCEUR DES CIMES" qui a été publié par Altal éditions. Une belle rencontre avec deux jeunes passionnés, Sarah Molina et Yann Derrien. Ils n'ont malheureusement pu tenir le coup dans la meute du marché des livres....La maison a déposé le bilan. 

 

J'ai écrit "JUSQU'AU BOUT", l'histoire d'un instituteur qui tue, se drogue, a une vie sexuelle totalement débridée, enlève ses élèves et meurt dans un amour ineffable.

Il n'est pas publié.

J'ai écrit "LA-HAUT", l'histoire d'un guide de hautes montagnes qui perd sa femme dans l'attentat du RER à la station Saint Michel. Il se réveille à l'hôpital et découvre qu'il a été amputé d'une jambe. Near death experience. Etat de conscience modifiée. Que reste-t-il quand on a tout perdu ? La plénitude. 

Il n'est pas publié.

J'ai écrit "LES ÉVEILLÉS", un roman autobiographique. Mon parcours de vie. Que reste-t-il quand on a perdu son intégrité physique ? L'intégrité spirituelle. 

Il n'est pas publié.

J'ai écrit le tome 1 de "JARWAL LE LUTIN". Il a été publié par Laura Mare éditions pendant deux mois puis la maison a déposé le bilan.

J'ai écrit le tome 2, le tome 3, j'écris le tome 4.

J'en écrirai 10.

"Jarwal le lutin" n'est plus en vente.

 

Je travaille actuellement, depuis le 1er septembre à l'écriture d'un nouveau roman.

"À COEUR OUVERT". Tout est parti de la mise au point d'un coeur totalement artificiel par la société Carmat et le Professeur Carpentier. Que reste-t-il de soi quand on a perdu son coeur ? Le soi originel. Et plus le soi éduqué.

J'en suis donc à 10 romans.

Et plus de mille pages en format A4 d'articles sur mon blog.

Il me reste un roman publié...

Et je continue à écrire.

Non pas parce que j'espère qu'un éditeur s'intéressera un jour à ce que j'écris mais parce que rien, absolument rien, ne m'a autant apporté, spirituellement, existentiellement, rien n'a jamais eu cette profondeur, aucune exploration n'a jamais été aussi soutenue.

Bien évidemment, cela ne signifie pas que l'amour pour ma femme ou mes enfants n'a pas d'importance mais tout simplement qu'il ne s'agit pas de la même dimension.

L'amour est un éveil aux autres. L'écriture est un éveil à soi.

Les deux ne sont pas en conflit ou en compétition, ils s'accompagnent, se nourrissent mutuellement. Je n'aurai pas écrit tout ça si je n'avais pas croisé la route de la femme que j'aime, si nous n'avions pas eu nos trois enfants mais je n'aurai jamais rencontré cet amour-là si je n'avais pas écrit parce que je n'aurai pas été celui que je suis. 

Alors je vais continuer à écrire parce que c'est ma route. Quoiqu'il advienne.

Agressions sur les profs

Par Le 02/10/2012

On ne les compte plus depuis le début de l'année mais qu'en est-il envers les élèves?...

Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu'ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciaion sur un devoir d'Anglais : "Qu'est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur?"

Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l'année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d'apprendre, ses faiblesses n'étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, en un mois de classe, l'image qu'il a de lui, c'est celle d'un "nul".

Tous les jours, en France, des enfants sont "poignardés" par des professeurs qui n'ont aucune conscience du mal qu'ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d'avoir la moindre compassion, d'éprouver le moindre amour.

Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.

Qui se posent la question de ce que vivent les enfants?

"Vertiges"

Par Le 01/10/2012

Si vous n'avez pas encore un exemplaire de VERTIGES, ça va être trop tard étant donné que la maison d'édition vient d'être mise en liquidation judiciaire. Pour ceux et celles qui en ont déjà un, et bien à partir d'aujourd'hui, c'est un "collector"...

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