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José Mujica, président de l'Uruguay.

Par Le 22/10/2012

EXCLUSIF AFP - José Mujica: "Je ne suis pas un président pauvre, j'ai besoin de peu"

Le président uruguayen José Mujica s'exprime le 5 septembre 2012 dans son bureau à Montevidéo (Miguel Rojo AFP)

Le président uruguayen José Mujica s'exprime le 5 septembre 2012 dans son bureau à Montevidéo Miguel Rojo AFP

http://www.ladepeche.fr/article/2012/09/08/1435305-exclusif-afp-jose-mujica-je-ne-suis-pas-un-president-pauvre-j-ai-besoin-de-peu.html

"Je ne suis pas un président pauvre, j'ai besoin de peu", explique à l'AFP l'iconoclaste président uruguayen José Mujica, qui reverse presque 90% de son salaire de 9.300 euros à une organisation d'aide au logement et critique la "société de consommation" ainsi que son "hypocrisie" sur la toxicomanie ou l'avortement.

"Je vis dans l'austérité, la renonciation. J'ai besoin de peu pour vivre. Je suis arrivé à cette conclusion parce que j'ai été prisonnier durant 14 ans, dont 10 où si la nuit, on me donnait un matelas, j'étais content", raconte cet ancien guérillero tupamaro, emprisonné sous la dictature (1973-1985).

Elu président de l'Uruguay en 2010 sous la bannière d'une coalition de gauche, "Pépé", comme le surnomment les Uruguayens, affiche en effet de solides convictions concernant l'"esclavagisme" moderne consistant "à vivre pour travailler" au lieu de "travailler pour vivre".

"Le bonheur sur terre (...) ce sont quatre ou cinq choses, les mêmes depuis l'époque de Homère: l'amour, les enfants, une poignée d'amis...", énumère ce président moustachu à l'allure débonnaire, qui ne porte jamais de cravate et apprécie peu les gardes du corps.

Une antienne développée à la tribune du Sommet de l'ONU pour la Terre de Rio, fin juin, et son discours a depuis été vu plusieurs dizaines de milliers de fois sur des sites de partage de vidéo, lui attirant une renommée mondiale.

"Les pauvres ne sont pas ceux qui ont peu mais ceux qui veulent beaucoup", répète-t-il au cours d'un entretien accordé à l'AFP dans son bureau de la présidence encombré de maquettes, poupées et statuettes, offertes en grande partie par des investisseurs chinois.

Sa plus grande richesse ? Le temps. "Quand j'achète quelque chose avec de l'argent, je le paie avec le temps que j'ai passé à gagner cet argent", souligne celui qui a déclaré en mars 2012, à 76 ans, un patrimoine de 170.000 euros, constitué de sa ferme, deux vieilles Volkswagen, trois tracteurs et du matériel agricole.

Théoricien, il n'en reste pas moins politique. Et pragmatique. "Nous serions des imbéciles si nous n'intégrions pas (le Mercosur) celui qui a l'énergie", déclare-t-il notamment à propos de l'entrée récente du Venezuela dans le marché commun constitué de l'Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay.

"Je ne crois pas que la géopolitique détermine seule l'Histoire, mais elle existe, et il est très important" d'en tenir compte, explique-t-il.

Critiquant "l'hypocrisie" des sociétés modernes et des dirigeants mondiaux, il a aussi lancé en juin un vaste débat, qui a dépassé les frontières de ce petit pays de 3,3 millions d'habitants, sur la production et la vente de cannabis sous contrôle de l'Etat, afin de lutter contre le trafic et la toxicomanie.

"Toutes les addictions sont mauvaises", estime M. Mujica, pour autant, "il y a toujours eu de la drogue, les drogues sont bibliques" et "certains n'auraient pas peint ce qu'ils ont peint s'ils n'avaient pas consommé de la drogue...", ajoute-t-il, un sourire provocateur aux lèvres.

Interrogé sur l'interdiction de l'avortement alors que la gauche dirige le pays depuis 2005, il reconnaît des blocages "philosophiques, religieux, intimes", jusque dans les rangs de son parti.

Cette question "devrait être résolue par un vote direct de toutes les femmes d'Uruguay. Et que nous, les hommes, nous nous taisions !", s'emporte-t-il.

A propos de la France, il déclare, ironique: "En bon pays sous-développé, nous admirons Paris". Et poursuit: "Paris m'émerveille parce que toutes les formes de négritude qui existent au monde (y) sont représentées". Avant de se réjouir: les Parisiens "vont tous finir café au lait !"

Le Shen

Par Le 21/10/2012

3h45...J'écris...

Je ne pensais pas en commençant ce nouveau roman que les idées que je voulais explorer m'amèneraient vers la médecine chinoise... Le Shen...



L'émotion liée au Coeur est la joie, mais en excès, elle peut nuire à cet organe (surexcitation).

La joie est gérée par le Shen, psyché organique du Coeur où il se trouve. Le Shen est en fait "l'esprit vital", "l'intelligence", dans le sen
s de "conscience" : celle qui nous permet de juger, d'analyser, de choisir, de décider en posant le pour et le contre : c'est le pouvoir de discernement. Si notre Shen est équilibré, nous avons les idées claires, nous savons alors trier les informations qui nous permettront de choisir la bonne direction ou de choisir en pleine conscience.


Le rôle de l'intestin grêle étant de séparer le pur de l'impur (les nutriments et les déchets), on voit mieux le rapport qui l'unit à cette entité. Une déficience de l'énergie de l'intestin grêle se manifestera par un manque de discernement. Ne parle-t-on pas également de "l'intelligence du coeur", qui nous amène à agir de manière raisonnée et saine? Si notre Shen est équilibré, notre Coeur l'est également et nous prenons la vie du bon côté, avec joie.

Le Coeur étant l'Empereur, l'organe suprême, son lien avec les autres organes est étroit : il gère en effet le sang. Les autres organes sont donc intimement liés. Ainsi, le Poumon aide le Coeur à faire circuler le sang, le Foie stocke le sang, la Rate le crée par l'intermédiaire de la nourriture, les Reins le filtre. Par conséquent, au niveau psychique, le Shen est lié aux autres entités psychiques et à leurs émotions : il y est sensible. Les émotions reçues en excès peuvent le perturber à son tour (trop de colère, par exemple, peut empêcher une réflexion juste, une analyse objective). L'activité mentale peut s'en trouver atteinte, engendrant confusion, perte du fil de nos idées, difficulté à s'exprimer clairement etc...

Je lis, je lis, des dizaines de pages...

L'instit'humeurs.

Par Le 20/10/2012

Un parfait résumé de la situation à venir.

Vouloir rentrer dans l'enseignement aujourd'hui relèverait de l'inconscience.


http://blogs.lexpress.fr/l-instit-humeurs/2012/10/20/peillon-les-instits-seront-les-dindons-de-la-farce/


Peillon : les instits seront les dindons de la farce

Mine de rien, c’est une petite bombe qu’a lâché le Café Pédagogique en révélant le premier la teneur des propositions faites mardi 16 par le ministre Peillon lors de la concertation qui a débuté cette semaine. Une bombe, peu relayée dans les médias, dont la déflagration n’a pas fini de secouer les enseignants de primaire et qui dévalue nettement la réforme des rythmes scolaires, semant au passage le trouble quant à la méthode Peillon.

Abordant la question des rythmes scolaires, Peillon a confirmé que le mercredi matin serait travaillé, que la journée de classe serait bien ramenée à 5 heures de classe au lieu de 6, et a formulé la proposition suivante : l’heure restante (15 h 30 – 16 h 30) sera prise en charge moitié par les collectivités locales, moitié par les instits, qui feront l’aide aux devoirs à leurs élèves dans leur classe entre 15 h 30 et 16 h 00.

 

Dindons

On comprend que le ministre ait eu du mal à trouver qui allait prendre en charge la fameuse 6ème heure d’école. On comprend que le gouvernement ait voulu éviter que cette charge ne soit trop grande pour les collectivités locales, invitées à financer l’encadrement de cette 6ème heure. On comprend que l’état ne voulait pas verser un centime dans cette affaire. On comprend surtout que les enseignants étaient la solution idéale : déjà sur place, déjà payés. Les voici donc chargés d’éponger le manque de moyens d’une réforme qui ne se donne pas les moyens. Les instits vont prendre sur eux les contradictions de la réforme. Ils permettront, seuls, de colmater les brèches nées du décalage entre les intentions et la réalité. Ils paieront les impossibilités structurelles et les empêchements économiques. Les instits, « variables d’ajustement d’un jeu de dupe » (Christian Chevalier, ici).

Voilà un coup qui risque de peser assez lourdement sur le moral des enseignants. On leur avait dit, pas d’augmentation, malgré la perte vertigineuse et constante du pouvoir d’achat depuis 10 ans (cette semaine encore un rapport d’Eurydice confirme l’énorme perte de pouvoir d’achat des enseignants français sur la dernière décennie). Ils ont accepté, la gorge nouée, les instits ne sont pas plus cons que d’autres, ils sont capables de comprendre que les caisses de l’état sont vides, pas d’augmentation.

On leur avait dit, venez une demi-journée de plus par semaine. Ils ont dit d’accord, ils étaient de toute façon les premiers à dire majoritairement que 4 jours d’école était la pire solution. On leur a donc dit, venez le mercredi à l’école. Ils ont dit d’accord, dans l’ensemble, même si certains auraient préféré le samedi. On leur a dit que le mercredi, c’est mieux pour les familles et le tourisme et ils ont dit c’est pas faux, ça s’entend.

Ils ont dit d’accord à tout ça, malgré tout, avalant leur chapeau à l’occasion, dans l’espoir que cela change les choses, pour les élèves, pour leur classe, pour eux.

Voilà qu’on leur demande de venir travailler plus pour gagner pareil. Eux qui travaillent en moyenne 40 heures par semaine, d’après l’Inspection Générale, eux qui sont parmi les enseignants qui travaillent le plus de tout l’OCDE, pour un salaire nettement inférieur à la moyenne.

Surtout, au-delà de leur propre sort, ce qui apparaît de plus en plus nettement aux instits, c’est que cette réforme est en train de se vider de son sang, victime de trop d’incohérence, grosse de trop de contresens, et que tout ce qu’elle était censée apporter, changer en profondeur, s’est perdu en route.

 

Farce

Dès le départ, quand on a annoncé que les journées des élèves seraient moins denses, moins chargées, on était dans l’imposture. Plus courtes elles seront, les journées, certes, mais avouez que 5 h 30 au lieu de 6 heures, ça ne risque pas de changer grand-chose. Et puis, ces journées ne seront certainement pas moins chargées, car dans l’affaire on perd une heure de classe par semaine (23 h au lieu de 24), soit 36 heures sur l’année. Pour faire la même chose qu’avant. En plus vite, donc. En plus pressé, ou alors pas en entier. Dans tous les cas, les élèves en difficulté seront les premiers à trinquer.

Imposture 1 : les journées seront en fait plus denses.

Les devoirs faits à l’école, c’est dans l’air depuis un moment et pourquoi pas, après tout. Question d’égalité, certains n’ont pas la chance d’avoir des parents derrière eux. Mais ce que propose Peillon frise le ridicule : 30 minutes dans la classe, avec tous les élèves. Soit une minute par élève, en gros. Ah, ils vont être bien faits les devoirs ! Ah elles vont être bien sues les leçons !

Imposture 2 : faire croire que les devoirs peuvent être faits dans ces conditions relève de la supercherie.

Sans compter que, après les devoirs, les collectivités locales prendraient le relais pour… 30 minutes. Si on compte les déplacements, le passage aux toilettes, etc., il restera 20 minutes aux collectivités pour faire quoi ? Rien. On parle d’éveil artistique et sportif, on aura à peine de la garderie dans la cour de récré.

Imposture 3 : en 30 minutes, le périscolaire ne pourra rien mettre en place.

Tout se passe donc comme si on voulait sauver les apparences : laisser penser que le nouveau rythme de l’école va enfin permettre des journées plus calmes, plus légères, et ainsi la progression de tous ; laisser croire que les devoirs seront faits correctement et les leçons sues lorsque les enfants rentreront chez eux ; laisser imaginer que les élèves s’enrichiront et se cultiveront sur le temps périscolaire de fin de journée.

 

La fin de l’aide personnalisée, mauvaise solution

A moins que tout ceci précède une autre annonce : la fin de l’aide personnalisée. Ce dispositif avait été mis en place par Darcos en 2008 suite au passage à la semaine de 4 jours. Parmi les 108 heures annuelles de travail des enseignants dégagées par la mesure, 60 avaient été affectées à ce qu’on appelle communément le « soutien ». Ce dispositif a toujours été décrié : d’abord parce qu’il a permis à Darcos puis Chatel de démanteler les RASED, les Réseaux d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté chargés d’une expertise que ne possède pas l’instit lambda ; mais aussi parce qu’il n’a pas montré, sur le long terme et à grande échelle, son efficacité, ajoutant de surcroit une heure de classe à la journée déjà chargée d’élèves facilement débordés.

Peillon s’est déjà prononcé en faveur de l’arrêt de l’aide personnalisée. Ira-t-il au bout de sa logique ? Dans ce cas, deux heures de travail devant élèves seraient libérés dans le planning des instits, ce qui correspond exactement aux 4 x 30 minutes d’aide aux devoirs à venir… Sauf que la fin du soutien ne serait de toute façon pas une réponse aux problèmes soulevés plus haut. A l’imposture de l’aide aux devoirs telle que proposée s’ajouterait la suppression de ce qui reste sur le papier une aide aux élèves en difficultés. Et comme Peillon n’a pas les moyens de relancer les RASED…

 

A quoi joue Peillon ?

Peu importe les contradictions, au fond, pour Peillon : d’une part il donne le change aux familles (« aucun enfant ne sera hors de l’école avant 16 h 30 », et plus de corvée de devoirs à la maison), d’autre part il évite la grogne des collectivités locales, enfin surtout il ne débourse pas un sou. Gagnant gagnant.

Reste que du côté des enseignants, c’est plutôt perdant perdant. Les syndicats sont interloqués. « Où est passé l’ambitieuse réforme des rythmes scolaires et ses objectifs de réussite pour tous ? » demande le SNUipp, principal syndicat du primaire, qui déplore « une journée pratiquement aussi longue, une demi-journée supplémentaire le mercredi matin, un deuxième trimestre toujours aussi déséquilibré ». « Si on ne fait que réduire les journées des élèves d’une demi-heure, on sera loin de la grande réforme promise », déclare le SE-Unsa. Le SNES met en garde contre un « risque de désillusion ». « Si les enseignants ont l’impression qu’on les mène en bateau, cela peut déclencher une vague de colère ».

Une colère qu’on a pu vérifier cette semaine sur les réseaux sociaux, où les premiers intéressés se pincent pour y croire : hébétude, atterrement, frustration, incompréhension, déception. Rage. Sentiment, une fois de plus, que la réforme se fait en dépit du bon sens, dictée par tous les impératifs sauf ceux annoncés : le bien des élèves, de la classe.

Peillon pourrait bien sûr faire comme si de rien n’était : après tout il lui serait facile de retourner l’opinion contre ces instits corporatistes qui ne pensent qu’à leur bien-être et sont incapable d’accepter la première réforme venue, de venir travailler une heure de plus chaque semaine. Car les choses ne manqueront pas d’être résumées ainsi. Les enseignants connaissent la musique de la dévalorisation, de la stigmatisation, la Nation prise à témoin, ils l’ont entendue pendant des années.

Sauf qu’il ne s’agit pas d’eux, ici, pas seulement. Que ce soit clair : ce sont les buts que s’est fixés Peillon lui-même qu’il est en passe de manquer. Les intentions de la réforme étaient louables, la tournure qu’elle prend la vide de tout son sang.

Après les espoirs suscités à son arrivée, réels, et la lune de miel qui a suivi, les rapports entre Peillon et les enseignants pourraient se dégrader sérieusement. Parce que le ministre n’hésite pas avec cette proposition à faire des instits les bous-émissaires de la réforme, mais surtout parce que la connaissance des dossiers, le volontarisme, la justesse des diagnostics et la vision pertinente dont avait fait preuve jusqu’ici Peillon ont commencé à se lézarder, et avec, les espoirs de changement.

On sait les sentiments qu’inspirent les plus grandes déceptions.

 

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VOUS POUVRE LIRE LES TRES NOMBREUX COMMENTAIRES SUR LA PAGE DE L AUTEUR;

Un exemple et une vision à laquelle j'adhère pleinement. La population ne soutiendra pas les enseignants parce que l'image des enseignants est désastreuse. Et à juste titre parfois. Point barre. Et Peillon le sait parfaitement bien. C'est même là-dessus qu'il a planifié sa "réforme"...

Bonjour,

La lecture de l’article publié par l’instit’humeurs et des réactions de ses collègues me laisse un peu mitigée.

Toujours le même vieux débat « entre soi », des enseignants complètement vissés dans leur univers et qui n’en sortent pas. Nulle volonté de dialoguer avec les parents – je ne parle pas des parents délégués et encore moins de ceux qui adhèrent à une des deux grosses fédérations : non, le parent lambda, qui bosse en entreprise et qui suit comme il-elle peut, entre le retour du boulot, les courses, ses cinq semaines de congés annuels et quelques RTT qu’il-elle distribue comme ça s’arrange, entre les jours de grève des enseignants, des ATSEM/ATSEP, les fermetures de cantine, les enfants malades … Ce parent qui, le soir, se trouve aux prises avec un enfant qui ne « rentre » pas en sixième, mesdames et messieurs les PE, mais qui y entre (c’est suffisant, pas besoin du « r » superflu).
Ce parent se trouve avec un enseignant qui donne par exemple, en quatrième (eh oui, son enfant a grandi), 17 exercices de maths à faire du jour au lendemain pendant que le prof d’allemand prépare son contrôle du mois et que le prof d’histoire-géo distribue trois pages à apprendre pour deux jours après, mais il faut s’avancer, et .. Ah oui, en français on a un monologue à apprendre et quatre questions auxquelles il faut répondre, j’oubliais l’anglais et le contrôle de SVT pour la fin de la semaine.
Cela ne fait rien, l’enfant avait de l’entraînement. En primaire il-elle avait déjà eu des kyrielles de devoirs et leçons à faire (totalement hors textes, mais ça ne fait rien, les enseignants ont l’habitude de faire leur petite cuisine en louvoyant entre les circulaires).
Si vous voulez que la demi-heure en question soit productive, ne donnez aucune devoir, c’est tout.
Maintenant, il est certain que le corps des PE a davantage d’heures de présence que le corps des certifiés – et ne parlons pas des agrégés. Il est certain qu’il a en charge des enfants souvent (collectivement) épuisants. Bon, ce n’est tout de même pas le bagne qu’on décrit dans ces réactions.
Je précise que j’appartiens à la même maison, que j’ai fait une carrière tardive (courte mais bonne, merci) dans le secondaire à des postes enviables tels que prof de lycée professionnel, chef de travaux puis chef d’établissement adjoint. A l’époque, j’avais le plaisir de voir les feuilles de paie de mes collègues enseignants qui gagnaient plus que moi avec leur heure supp. syndicale (19 heures au lieu de 18, tenable) et les indemnités diverses. Et qui partaient en vacances le soir de la sortie au lieu de se mettre à trimer quand tout le monde s’en allait ou de faire comme moi des semaines de 70 heures de présence dont 50 heures de travail administratif et 20 heures de SAMU-tous-azimuts.
J’ai pu apprécier de l’intérieur à la fois le professionnalisme et le dévouement de certain-e-s, mais aussi hélas le je m’en foutisme d’une majorité peu préoccupée déjà d’enseigner dans un français correct (je vois dans ces colonnes que le mal s’étend et qu’on ne maîtrise plus que les temps de l’indicatif, et encore). Je dis bien « d’une majorité ». Cette majorité est celle qui « s’occupait » de mes enfants, qui s’occupe de mes petits-enfants, et je passe une partie non négligeable de ma retraite à pallier les insuffisances, je dirai, du système, pour ne pas accabler les enseignants mais il y a un peu d’eux tout de même dans ce système, non ?
Vos réactions montrent cette médiocrité, au-delà de la justesse de certains arguments à propos d’une réforme qui ne devrait pas porter ce nom d’ailleurs.
Une réforme, c’est une remise à plat du système et une refondation des grands principes qui le gouvernent, une nouvelle façon de penser l’enseignement et l’éducation, une entreprise de grande envergure précédée si possible d’une très large consultation nationale.
Il y a, dans ce beau ministère, des gens qui savent penser et qui sont les IGAEN. J’en ai rencontré quelques-uns au hasard d’audits d’établissements. Ils auraient pu être partie prenante du débat car ce sont de bons techniciens et de bons intellectuels. On ne les a pas beaucoup entendus …
Comme vous tous, je ne vois rien d’enthousiasmant dans la réforme Peillon qui en effet, est minimaliste, incohérente et va faire porter l’effort, comme le dit le billet de l’instit’humeurs, à la fois sur les communes et sur les fonctionnaires d’état que vous êtes. Je conçois que cela vous embête, mais rappelez-vous bien que ce sont des générations d’enseignants et leurs syndicats qui ont ficelé le système comme il est aujourd’hui : immobiliste, inamovible, étriqué, où toute « réforme » au sens plein du terme met généralement l’ensemble des salariés dans la rue, conduisant ainsi les gouvernants, d’un gouvernement l’autre, à une prudence qui prend le pas sur le sens.

Quant à Peillon, en effet, sa carrière dans l’EN ne lui donne aucune légitimité pour penser quelque réforme que ce soit. Il a d’ailleurs commencé son boulot de ministre en disant quelques sottises passées inaperçues sur l’enseignement professionnel, il la continue en commettant des boulettes hélas lourdes de conséquence sur l’enseignement primaire … Bon, il est conforme à l’ensemble de l’équipe, non ?

Hé bien, on a eu voici trente ans un premier ministre plutôt apte à comprendre les Français, il s’appelait Bérégovoy, on l’a poussé au suicide.

Alors nous méritons nos technocrates et nos crânes d’oeufs.
Désabusée et néanmoins vôtre.


A CŒUR OUVERT : Le destin et l'intention de la vie

Par Le 20/10/2012

Coeurouvertwhite

"Nous vivons dans des schémas de pensées, des répétitions rassurantes sur lesquelles nous bâtissons l’identification qui nous convient et que les autres adoptent. C’est l’habitude. Un leitmotiv ronronnant. Tout ce qui porte atteinte à cette mélodie connue est considérée comme une agression, une atteinte à cette liberté que nous croyons posséder. Alors, nous renforçons les défenses. Accumulation de biens, accumulation de relations, accumulation de connaissances. Mais il n’y a aucune compréhension interne. Tout cela reste tourné vers l’environnement immédiat, une scène onirique. Personne n’est là, réellement. C’est un théâtre de marionnettes. La révélation du drame vient fermer le rideau, les acteurs disparaissent, le jeu s’arrête, le public a quitté la salle, les lumières se sont éteintes. Si les résistances sont suffisamment puissantes, l’individu concerné prend peur. Il appelle au secours, il crie, il hurle, il maudit la vie et ses épreuves. Mais si la rupture est totale, la porte s’ouvre. L’individu découvre une autre forme de perception. Il ne comprend rien mais pourtant, tout tombe en lui comme dans un puits ouvert. Plus aucune résistance. À cœur ouvert. C’est ainsi que je nomme cet état.

-Et pourquoi dites-vous qu’il n’y a pas de hasard ?

-Parce que c’est une intention. Celle de la vie elle-même. Elle a un projet. L’extrême complexité du phénomène vivant ne peut pas être vide de raison. Non pas une raison cartésienne et castratrice mais une raison comme un objectif. Il y a une raison à tout ça.

-Et le drame serait une ouverture ?

-Parce que nous rejetons d’emblée l’idée d’une exploration. Le paradigme établi sert de modèle éducatif. Nous nous sommes trompés.

-Cela signifierait que la vie n’a pas su prévoir ce qui arriverait ?

-Peut-être avions-nous le potentiel et qu’elle nous a laissé le choix de nous en servir. Certains y parviennent sans attendre. D’autres sont sur le seuil. Ils ont juste besoin d’une aide provisoire, un coup de pouce de ce destin qui n’en est pas un.

-Pas de destin non plus alors ? Tout comme le hasard ?

-Non, évidemment. Mais il y a une volonté qui ne nous appartient pas. L’idée de destin suppose que nos vies sont écrites d’avance. Ce qui existe, ce n’est pas un destin fixe et irrémédiable, mais des tendances, des influences profondes, liées à notre passé, nos racines, notre milieu social, notre époque, toute notre éducation. Le destin qui concerne notre futur est une invention du passé. Tout ce qui a été vécu est projeté dans l’avenir si l’individu n’en a pas conscience. C’est comme s’il polluait à priori un espace vierge. Il n’y a rien d’écrit mais il existe un réseau gigantesque d’influences. Il dépend de chacun de les identifier et de s’en extraire si nécessaire. Le destin n’existe pas fondamentalement, c’est l’apathie spirituelle qui le créé. C’est là que je pense que se situe la volonté de la vie. Que nous devenions lucides. Le destin est une vision étroite de nos existences. La volonté de la vie est de nous apprendre à aller voir plus haut.  

-Je n’ai jamais eu l’impression d’avoir évolué au seuil de cet espace avant mon infarctus. Pourquoi moi ?

-Je n’en sais rien. Et pourquoi moi d’ailleurs ? Et pourquoi pas Tyler ? J’y ai tellement songé que j’ai fini par comprendre qu’il n’y a pas de réponse. Pas à mon niveau de compréhension. Comment pourrais-je ramener à mon échelle le projet d’un Univers alors que j’évolue dans le creuset étroit d’une vie modélisée ? Lorsque la prétention humaine atteint un tel aveuglement, plus rien n’est possible. À la raison de l’Univers, j’oppose la raison de mon conditionnement. Et plus je progresse dans des connaissances ingérées, plus je m’éloigne de l’ouverture de la porte. »

Un tel choc. Il n’avait rien à opposer, rien à ajouter. Le chemin se devait d’être personnel.

« Si tu n’es pas toi-même, qui pourrait l’être à ta place. C’est de Henry David Thoreau, précisa-t-elle. Et je ne veux pas me détacher de ça. C’est pour ça que j’écris. Je pense que seule cette démarche permet d’extraire de soi l’essentiel. Les pensées sont insuffisantes, elles sont trop volages. Si vous cherchez à les développer avec vos semblables, elles se perdront en cours de route parce qu’elles opteront pour la confrontation ou la séduction et cette intention, quelle soit conflictuelle ou imitative, vous arrachera à vous-mêmes. Rien ne peut se faire hors la solitude existentielle. Les mots seront des balises, des scalpels, les outils de l’autopsie. Lorsque j’écris, ce sont les mots qui créent le courant de l’exploration, ils se nourrissent les uns les autres, Il ne s’agit pas seulement de pensées mais de sculptures. Tout reste gravé et la contemplation des architectures déclenche immanquablement le désir de reprendre le burin et de tailler encore et encore dans la masse. Sans ces écrits, vos pensées se sont évanouies depuis bien longtemps déjà. Vous est-il déjà arrivé de parvenir à prolonger le travail déclenché par une pensée, deux, trois ou dix jours après son apparition ? Non, bien sûr, c’est impossible. L’essentiel s’est perdu en route. Il vous restera peut-être le thème principal mais vous devrez reprendre le chemin au départ et même si vous parvenez à retrouver une balise sur le chemin, vous n’aurez plus aucun retour possible sur le chemin parcouru. Vous avancerez par bonds. Rien de continu, rien de linéaire. Juste des pensées anecdotiques et sporadiques. Il est impossible à mes yeux de progresser de cette façon. Et c’est très représentatif justement de la dispersion chronique d’une immense partie de la population. D’autant plus que les bonds sont programmés par les phénomènes extérieurs. L’actualité, les médias, les liens sociaux, la famille, les contingences quotidiennes, professionnelles ou autres. Beaucoup trop de parasites ou d’interférences. Les individus n’ont pas de continuité intérieure. Ils vivent par bonds incontrôlés. »

Elle s’arrêta.

Il l’observait. Elle n’avait pas bougé. Toujours cette tenue de tête, le dos droit, les mains posées sur les cuisses, aucun geste insoumis, aucune tension ou marque d’énervement, une exigence physique, un complet contrôle, un reflet matérialisé de son univers intérieur.

A CŒUR OUVERT : Tu es le chaos de leur monde

Par Le 20/10/2012

 

                 Coeurouvertwhite

 

À COEUR OUVERT

« Diane, vous avez dit tout à l’heure que la solitude dans laquelle je vis correspond à la rupture qui s’est établie avec mes semblables au regard de la vie. Vous ne croyez pas aussi que ce qui m’est arrivé renvoie les gens à leur peur profonde de la mort ?

-C’est la même chose mais pris sous un autre angle. Lorsque les gens pensent à  leur mort, c’est leur vie qui leur apparaît. L’inverse est vrai aussi. Vous êtes désormais le représentant de leur peur et c’est insupportable. Votre cœur a lâché sans explication, votre vie a basculé sans raison, vous êtes le chaos de leur monde. Personne ne vous envie, personne n’a conscience de ce que vous vivez pour la bonne raison que parmi ces gens endormis, il n’y a pas de conscience. Ce sont des machines.

-C’est terrifiant ce que vous dites.

-Pourquoi ?

-J’ai un peu l’impression que vous vous placez au-dessus de tout le monde et je sais pourtant qu’il n’en est rien. Mais cette errance spirituelle dont vous parlez apparaît vraiment comme une condamnation définitive.

-Non, il n’y a aucune condamnation à perpétuité parce qu’il n’y a pas de juge, aucun procès, aucune entité supérieure, ni moi, ni personne d’autre. Même pas de Dieu. Pas tel qu’il a été présenté aux hommes en tout cas. Les hommes sont ce qu’ils décident d’être ou ce qu’ils refusent de devenir. Les raisons sont innombrables. Mais ils sont les seuls responsables. Tout le monde est sur la même route mais nous ne regardons pas les paysages de la même façon. L’environnement prend forme dans nos regards. Ces paysages qui nous entourent ici et que nous aimons tant tous les deux sont un véritable naufrage pour d’autres. Mais l’interprétation de cette réalité n’en fait pas une réalité seconde. Il faut remonter à la source et se libérer des fardeaux. Dans le cheminement intérieur, la démarche est semblable. Les gens qui vous fuient refusent cette réalité parce qu’elle contient à leurs yeux ce qui doit être caché, ignoré, rejeté. Vous êtes le chaos de leur monde, il faut accepter cette idée-là. Mais tous ces êtres qui souffrent et s’illusionnent pour apaiser leurs douleurs, je les aime. Je n’ai aucune colère envers eux, aucun mépris, c’est le sens de cette épicerie aussi. Aussi dérisoire que ça puisse paraître. Comme une enclave ouverte, un îlot de partage, un lieu de rencontres avant d’être un établissement alimentaire. Il m’arrive parfois de voler intérieurement au-dessus des monts et des bois et je regarde avec bonheur ce nœud de maisons resserrées, ce diamant séculaire dans l’écrin de la terre. Cette force enracinée, elle est si belle. Je pense à tous ces êtres qui ont vécu ici, à ceux qui s’accrochent encore. Ce que j’aime ici, d’ailleurs, c’est que la rudesse de la vie réduit considérablement le catalogue des illusions. C’est justement ce qui explique la désertification croissante. Pour beaucoup, le silence du monde réveille trop de cris intérieurs alors que le monde moderne est un étouffoir délicieux. Toxicomanes du vacarme, de l’agitation, de l’accumulation. Pas ici. Oh, bien sûr qu’il y a des télévisions allumées et des ragots de voisinage et des querelles qui éclatent et qui durent parfois des générations. Ce sont des humains. Je ne donne pas dans l’angélisme. Mais je connais la violence de la vie urbaine. La violence existentielle. »

Il but une gorgée et reposa sa tasse.

« Quelle est la raison essentielle de cette dispersion humaine ? demanda-t-il.

-La peur bien sûr. Un catalogue de formes multiples, générées par l’individu lui-même selon son environnement, son histoire, son éducation, ses traumatismes, ses espoirs, tout ce qu’il fabrique et qui l’enferme. L’incapacité à gérer l’idée du destin.

-Vous aviez des peurs ?

-J’en ai toujours. Mais je les ai identifiées ce qui représente déjà l’essentiel du parcours. Comment pourrait-on lutter contre un adversaire inconnu ? Il reste ensuite à s’observer lorsqu’elles jaillissent.

-Observer les peurs ou s’observer avoir peur ?

-Il ne sert à rien d’observer ses peurs. C’est une énergie qui les nourrit. Il faut observer celui qui a peur. Tyler a souhaité m’apprendre à nager quand je l’ai rencontré. J’avais toujours eu peur de l’eau et je n’entrais même pas dans une piscine où j’avais pied.

« Tu n’es pas une nageuse Diane, tu es celle qui observe un corps qui nage. Et c’est cette observation qui te permettra de corriger ce corps qui nage. Tu dois te détacher de l’acte pour entrer dans l’observation de l’acte. C’est là que tu existes. Sinon, tu n’es qu’une machine qui exécute une tâche qu’elle ne comprend pas. Ton corps est une ouverture et non un ennemi qu’il faut maîtriser. La maîtrise est intérieure. Le corps est l’ouvrier, l’esprit est l’architecte. N’observe même pas ta peur mais regarde celle qui a peur. C’est là que tu apprendras à te comprendre.»

Ses yeux avaient coulé dans les profondeurs.

« Je n’oublierai jamais ces moments-là. Tyler m’a énormément donné. Et je sais très bien nager aujourd’hui. »

Un sourire qui la ranima, un retour sur l’instant, une fenêtre fermée sur les souvenirs.   

Il ne voulut pas maintenir l’intrusion. Il ne demanda rien d’autre. Il finit de boire son thé.

« Vous êtes toujours décidé à aller marcher ?

-Je ne marche pas vite, vous savez.

-Il n’est pas question de marcher vite. Juste d’aller voir le monde ensemble. »

La tournure l’enchanta. Comme une projection délicieuse. Il savait ce qu’il espérait. Cette observation en lui. Il s’amusait de cette futilité des attentes édulcorées, oui, il rêvait d’une suite merveilleuse, il ne se le cachait pas et il avait même décidé de se laisser emporter par le flot, quelques secondes. Il la regarda se lever du fauteuil, ramasser les tasses et rejoindre la cuisine.

Il aimait sa démarche. Et pensant cela, il réalisa que rien en elle n’entamait son bonheur. Rien. 

C’est là qu’il sentit les crépitements dans sa poitrine, avec une présence plus forte que les autres fois, jusqu’à la crispation, un sursaut, un instant d’inquiétude. Une montée de chaleur jusqu’au sommet de son crâne. Un foyer allumé, un brasier en devenir, un mélange calorique avec des flux électriques. Un nœud qui se resserrait sans qu’il ne craigne un nouvel infarctus, c’était de toute façon impossible, son cœur ne pouvait rien ressentir, l’hypothèse était totalement folle, c’était autre chose, aucun symptôme décrit par les cardiologues, rien d’identifié dans les catalogues d’alertes, les idées qui s’emballaient, il ne parvenait plus à réfléchir. Il prit une longue inspiration et ferma les yeux.

Aucune explication.

Les derniers tests n’avaient révélé aucun dysfonctionnement. Il faudrait qu’il en parle à sa prochaine visite. Les récidives devenaient trop proches et gagnaient en intensité. Il attendit patiemment que les vagues électriques disparaissent puis il se leva au moment où Diane franchissait de nouveau le seuil.

« En route, » lança-t-elle joyeusement.

 

 

 

 

 

A l'intérieur.

Par Le 18/10/2012

Une discussion aujourd'hui en classe. Elle suivait un moment de méditation avec un travail sur la concentration, sur la respiration. 8h30, tous les stores baissés, les lumières éteintes. Tous les enfants ont les yeux fermés et ils écoutent la voix de Sarah Giraudeau qui les invite à suivre intérieurement leur respiration, l'air froid qui entre par les narines, l'air chaud qui ressort, le mouvement de leur poitrine dans l'approfondissement de cette respiration.

  Je leur avais expliqué la différence entre l'attention et la concentration.

"Lorsque vous devez traverser la route, vous faites attention à l'environnement, les voitures, un feu rouge, la vitesse de la voiture au loin. Vous êtes tournés vers l'extérieur et c'est vital.

En classe, vous devez vous extraire de cette attention à l'environnement et entrer dans la concentration. Ce qui signifie se centrer sur soi. Si vous continuez à faire attention, vous n'êtes pas en vous mais à l'extérieur. La respiration est le moyen le plus efficace pour entrer en soi puisque vous accompagnez l'air qui vous nourrit.

  Plus tard dans la matinée, pendant un travail mathématiques un enfant dit qu'il n'a pas mis le zéro de décalage dans la multiplication puisque pour lui, zéro, c'est rien.

Rectification, Zéro n'est pas rien, il a une existence. Et c'est lui qui permet à 1 de venir s'installer. Et c'est lui qui permet à 10 d'exister.

Rien ne peut venir de rien. Rien n'est rien que le néant. De la même façon, méditer n'est pas rien. C'est vivre intérieurement. Je peux n'avoir aucune agitation mais être tout de même dans une activité méditative. Agitation et activité ne sont pas semblables.

J'utilise toutes les occasions de la journée pour ramener les enfants vers l'observation intérieure.

C'est là que Line a dit :

"Mais alors, quand je suis chez moi et que je me dis que je ne fais rien, ça n'est pas vrai ?

-Pourquoi Line, explique-toi s'il te plaît.

-Ben, c'est comme pour le zéro, il ne fait rien apparemment mais il existe pourtant.

-Oui et alors ?

-Ben quand je ne fais rien, je vis quand même. Et comme je ne fais rien, je peux vraiment le voir. Si je regarde dedans.

-Oui, Line, je suis entièrement d'accord. Et c'est encore mieux lorsque tu parviens à faire quelque chose, quoique ce soit, en restant dans cette observation intérieure. Tu peux t'endormir en regardant ce qui se passe en toi, en te laissant emporter doucement par la respiration, comme quelque chose qui te berce. C'est la vie qui te câline. Tu peux écrire en regardant au dedans de toi, tu peux écouter de la musique, danser, jouer, manger, lire en regardant au-dedans de toi. Non seulement, il n'y a jamais rien à observer mais dedans, c'est même rempli de paysages incroyablement immenses.

Silence. Les yeux des enfants qui regardent à l'intérieur.


C'était une très belle journée.

L'habitus de Pierre Bourdieu

Par Le 17/10/2012

J'a lu souvent des gens qui contestent cette vision déterministe en arguant que l'individu a le pouvoir de s'extraire du conditionnement sociétal. Oui, il peut effectivement le faire, parfois...Mais s'il le fait, c'est toujours parce qu'il réagit à ce contexte, pas parce qu'il est libre...Fondamentalement. Il peut acquérir plus ou moins une liberté d'actes mais pas une liberté historique. Nous sommes irrémédiablement infuencés, au plus profond. La liberté consistera à en prendre conscience. Et ensuite à agir, ce qui ne sera tout de même qu'une réaction. Ce qui est toujours préférable à un conditionnement maintenu. Il n'y a pas de vie nouvelle. Il y a une vie insérée dans un ensemble dont il est impossible de s'extraire. A moins d'opter pour l'amnésie.


'Habitus : essai de définition | 13 octobre 2007

http://www.blogg.org/blog-56820-billet-682451.html

 

Aujourd'hui, je vous propose de revenir sur la notion d'habitus théorisée par Pierre Bourdieu. Concept central de son oeuvre, l'habitus est au coeur même de l'analyse de la reproduction sociale et de la socialisation chez l'auteur. le billet suivant tente de revenir sur ce concept et de le définir afin de mieux en saisir les enjeux, les aspects pertinents mais également les limites.

 Le concept d'habitus apparaît pour la première fois chez Durkheim. Mais c'est surtout Bourdieu qui va utiliser ce concept dans son analyse sur la reproduction sociale. Pour lui, l'habitus peut se définir comme  un « système de dispositions durables et transposables, structures structurées disposées à fonctionner comme structures structurantes, c'est-à-dire en tant que principe générateurs et organisateurs de pratiques et de représentations qui peuvent être objectivement adaptées à leur but sans supposer la visée consciente de fins et la maîtrise expresse des opérations nécessaires pour les atteindre. [1]»
 Pour le dire simplement, l'individu est structuré par sa classe sociale d'appartenance, par un ensemble de règles, de conduites, de croyances, de valeurs propres à son groupe et relayés par la socialisation. A ce titre, il parle de « structures structurées ». De plus, ces dispositions acquises vont influencer sur sa manière de voir, de se représenter et d'agir sur le monde. L'individu va intérioriser des conduites, des comportements, tout un ensemble de choses sans en avoir conscience. Il va donc agir en fonction de tout cela sans le savoir. Ces structures vont en retour le structurer davantage encore (en me conférant une certaine vision du monde, certaines préférences) et le limiter dans mes choix. Ce qui correspond aux « structures structurantes ».
 ► Autre définition que nous donne Bourdieu : « L'habitus, système de disposition acquises par l'apprentissage implicite ou explicite qui fonctionne comme un système de schèmes générateurs, est générateur de stratégies qui peuvent être objectivement conformes aux intérêts objectifs de leurs auteurs sans en avoir été expressément conçues à cette fin. »[2] Pour simplifier, l'habitus est un ensemble de manière d'être, d'agir et de penser propre à un individu, fruit d'un apprentissage particulier lié à son groupe d'appartenance, qui diffère selon sa classe sociale, sa disposition en capital, et sa place occupée dans l'espace social. L'habitus structure les comportements et les actions de l'individu, et à la fois, il structure les positions dans l'espace social.
 Bourdieu distingue deux types d'habitus correspondant à deux étapes successives de la socialisation de l'individu. L'habitus primaire tout d'abord qui débute avec la vie et qui s'achève grosso modo durant le secondaire. C'est durant toute cette période que l'enfant va intérioriser et apprendre les normes, codes, règles de son groupe social d'appartenance. Cet habitus est le fruit de son éducation familiale et scolaire.
Puis dans un second temps, ce qu'il nomme l'habitus secondaire qui correspond à l'ensemble des apprentissages que l'individu rencontrera par la suite tout au long de sa vie, et notamment dans le cadre de son environnement professionnel. La plupart du temps, habitus primaire et secondaire se succèdent sans heurts, dans la continuité : c'est la reproduction sociale. L'individu à l'âge adulte voit son habitus correspondre à celui de son groupe social d'origine. L'habitus acquis poursuit l'habitus hérité.

Parfois, il arrive que l'habitus secondaire soit en contradiction avec l'habitus primaire. Les codes, normes, goûts, valeurs de l'individu tendent à ne pas correspondre à celles inculquées et intériorisées dans son enfance. L'individu change de groupe social, sa classe sociale acquise diffère de sa classe sociale d'origine. Il y a mobilité sociale. Mais nous dit Bourdieu, l'habitus primaire se rappelle souvent à l'individu qui commet des « erreurs » dans ses comportements et ses conduites sociales révélatrices de son statut nouveau acquis et non hérité. Exemple : ne pas aimer l'art contemporain alors que le groupe social dans lequel il évolue « adore » cela (bien accentuer le [o] pour faire très chic).


 Pour Bourdieu, si ces deux habitus sont complémentaires, il n'en reste pas moins que c'est l'habitus primaire qui domine et qui est le plus important. Il parle à ce titre d'un effet d'inertie de l'habitus.
 ► Il ne faut pas confondre habitus et habitude : l'habitude renvoie à une donnée conscientisée, liée à une pratique quotidienne, objective. L'habitude se porte sur des actes concrets, sur des objets, des gestes routiniers. L'habitus est un concept beaucoup plus large. Il correspond au style de vie, aux préférences affichées par l'individu de manière consciente mais qui sont liées à une certaine forme de socialisation inconsciente qui lui font justement préférer ces éléments.
 L'habitus est le concept central de la théorie de Bourdieu, car il lie les dimensions objectives (pratiques, loisirs, styles de vie, ce que fait l'individu) et subjectives (gôuts, préférences, etc, ce que pense l'individu). Il produit les individus et leurs logiques d'action. La socialisation selon Bourdieu, en assurant l'incorporation de l'habitus de classe, produit l'appartenance de classe des individus tout en reproduisant la classe en tant que groupe partageant le même habitus.  Ce concept est au fondement de sa théorie de la reproduction sociale qui passe pour être en grande partie inconsciente du fait même de l'habitus.
 

► Si l'ensemble des sociologues s'accorde pour dire que l'individu est traversé de part en part par des mécanismes sociaux, certains ont néanmoins critiqué l'approche trop objectivante du concept d'habitus. En effet, pour les tenants de l'individualisme, l'individu est acteur de ses propres choix, de ses décisions, même si celles-ci sont à resituer dans un contexte social, économique et historique particulier. Mais si le contexte est influent, il n'est pas déterminant. Or, l'approche de Bourdieu consiste à faire du contexte social une variable déterminante des conduites des agents sociaux. En effet, l'habitus est une notion qui conditionne l'individu à agir tel qu'il le désire. Comment peut-on être déterminé à agir si l'on agit comme on le souhaite ? C'est justement toute la pertinence du concept bourdieusien qui fait des choix et des désirs individuels, des contraintes inconscientes qui pèsent sur l'individu.


 

■ Prenons en exemple concret : les études de sociologie urbaine montre qu'un enfant vivant dans un environnement social (voisinage) où le taux de scolarisation est faible aura moins de chance de réussir que celui qui vit dans un environnement où le niveau de diplôme est plus élevé. Pour le dire en terme bourdieusien, si le contexte social dans lequel vit l'enfant est pauvre en capital culturel et économique, sa destinée sociale a toutes les chances de converger vers la situation contextuelle dans laquelle il vit.  On est là face à une inégalité sociale criante : l'environnement a une influence directe sur la réussite scolaire et donc la destinée sociale d'un enfant.


 

Mais, si cette inégalité ne sonne pas le tocsin de la révolte sociale, c'est parce que les individus développent des comportements, des désirs, des choix, conformes à cet environnement. Ainsi, des enfants vivant dans un environnement social et culturel pauvre, où il y a peu de diplômes dans le voisinage auront beaucoup moins envie à leur tour de faire des études. Ce faisant, cette situation factuelle d'inégalité sociale se transforme en choix individuel. Si l'enfant ne veut pas faire d'études, c'est parce qu'il a acquis des désirs conformes à son groupe, à son environnement social. Une fois acquis, il va agir conformément aux spécificités de son groupe social. Il aura l'impression d'agir librement, alors que le contexte social l'aura inconsciemment contraint à agir de la sorte. Pour Bourdieu, c'est bien l'habitus qui permet d'expliquer le phénomène de la reproduction sociale. Mais étant en grande partie inconscient, il n'est pas remis en question ni interrogé. En outre, il est aussi fortement contraignant et révélateur de déterminismes sociaux. C'est sur cet aspect trop déterministe qu'il est fréquemment critiqué (à juste titre par ailleurs, même si son interprétation reste en grande partie pertinente).


 Des sociologues comme Boudon par exemple (ou plus contemporain, M. Duru-Bellat, F. Dubet, J.-C. Kaufmann, etc.) reconnaissent ses apports et la pertinence de son concept d'habitus mais le minimise dans le sens où ils laissent une place plus grande à l'individu dans sa capacité à dépasser sa condition, à sortir du cadre de sa conformité reproductive. A ce titre, on parle de « sujets » plus que d'acteurs ou d'agents sociaux.


[1] P. Bourdieu, Le sens pratique, p.88-89.

[2] Ibid, pp. 120-121.

Pute fonctionnaire

Par Le 17/10/2012

Les éditeurs veulent du sexe ?

Pas de problème, j'ai ça en rayon.


JUSQU'AU BOUT

 

Il chercha le numéro de téléphone du sex-shop et l’appela.

« Sex-shop du sans-souci, à votre service.

- Bonsoir, c’est moi qui vous ai déposé une pellicule photo, il y a quelques jours et vous m’avez parlé de rencontres qui pourraient m’intéresser.

- Des photos, j’en développe pas mal. Alors il faudrait être plus précis si vous voulez que je vous remette.

- Un mec, il avait failli dire un curé, avec une fille qui le pompait dans une bagnole. Ca vous suffit.

- Ah oui ! ça y est je vous remets, s’exclama l’homme d’une voix enthousiaste. Des beaux clichés. Ca vous intéresse alors mes petites rencontres ?

- Oui, c’est possible.

- C’est simple, ça se passe dans un manoir à trente kilomètres de Rennes. Les proprios sont super sympas. Ils nous prêtent le parc, la piscine et quelques pièces pour tourner des films pornos amateurs. Tous les acteurs sont payés et je suis certain que vous leur plairiez. Ils cherchent toujours des jeunes d’allure sportive. Les cassettes sont vendues en magasin, au black, si vous voyez ce que je veux dire. Et le tarif pour les acteurs augmente avec les spécialités.

- C’est à dire ?

- C’est 250 francs de l’heure pour les hétéros, 300 pour les homos, 400 les bi et 600 les transsexuels. On ne fait pas le sado maso et tout le reste. Les proprios n’aiment pas. Venez nous rendre visite le week-end prochain, on fait un nouveau tournage. Je parlerai de vous. Ca ne vous engage à rien mais je suis certain que votre physique intéressera l’équipe. Et quand vous verrez l’ambiance, je suis certain aussi que ça vous plaira.

- Et vous, là-dedans, quel est votre rôle ?

- Moi je fais des photos et je les vends. Mon truc, c’est toujours de mâter. »

Il donna son nom, écouta quelques consignes pour accéder au manoir et raccrocha.

Il pensa au voyage au Canada.

Plus rien ne l’arrêterait. Il le savait.

 

 

Il se présenta à la grille du parc à quatorze heures. Il sonna. Une soubrette à la plastique splendide vint lui ouvrir. Il donna son nom et celui du sex-shop. Aussitôt, la jeune fille lui ouvrit. Il gara le fourgon sous les arbres et suivit la demoiselle. Il pensa que si toutes les actrices avaient cette allure, il pourrait aligner dix heures d’érection.

Ils gravirent un escalier extérieur et en suivant le perron en granit rose, contournèrent le manoir. L’argent suintait de tous les murs. Par les fenêtres immenses, il aperçut des intérieurs rutilants.

« Baiser dans des lits à baldaquins ou des fauteuils Renaissance devrait avoir un certain charme. »

 

Des arbres centenaires encadraient la totalité du parc. Il n’en voyait même pas les limites. Quand ils franchirent l’angle de la bâtisse, le spectacle qui s’offrit à ses yeux le cloua sur place. Une dizaine de personnes, nues, installées sur de grands matelas de toile bleue, forniquaient. Par deux, trois ou davantage, les corps étaient mêlés dans toutes les positions. Certains participants portaient un masque. Deux caméramans et un photographe circulaient alternant les prises rapprochées avec des plans plus larges. Quatre jeunes hommes imbriqués attiraient pour l’instant toutes leurs attentions.

« Avec ou sans masque ? interrogea la jeune fille imperturbable.

- Pardon ?

- Vous pouvez mettre un masque si vous voulez rester anonyme. Ce film est destiné à être vendu. Des personnes de votre entourage pourraient vous reconnaître.

- Ça m’étonnerait beaucoup que parmi mes connaissances, il y ait des amateurs de films pornos.

- Détrompez-vous monsieur. Vous pourriez être très étonné. Certains de nos anciens acteurs ont connu, parfois, quelques sérieuses difficultés. Dans leur travail notamment. Et parmi tous les gens que vous rencontrez dans votre vie professionnelle, je peux vous assurer qu’il y a beaucoup de monde à avoir une sexualité très débridée mais secrète ! 

- Oui, c’est possible… Avec masque alors », finit-il par dire sans quitter des yeux les corps agités.

 

Elle le guida vers un coffre en bois sculpté et lui proposa de choisir. Il trouva un visage de chimpanzé rieur qui l’amusa.

« Si vous voulez participer aujourd’hui, vous vous déshabillez et vous rentrez dans le champ des caméras, c’est tout. Vous n’avez pas à vous présenter aux autres participants. Tous les gens admis ici sont immédiatement acceptés par les groupes. Vous n’avez qu’à faire part de vos préférences pour trouver vos partenaires. Personne ne vous posera aucune question sur votre vie privée. C’est la règle établie par les propriétaires. Je vous sers une boisson ?

- Un jus de fruits, s’il vous plaît. Merci. »

Le ton de la fille était resté identique du début à la fin. Poli et impersonnel. Une hôtesse de hall de gare.

Elle revint avec un verre immense. Il regardait un couple très actif et bruyant. La femme à la poitrine abondante l’attirait particulièrement. Les seins lourds dansaient à chaque coup de boutoir.

Il vida son verre rapidement et se déshabilla. Il coiffa son masque de singe et descendit dans la mêlée.

 

 

Il quitta le manoir vers vingt-deux heures. Personne n’était autorisé à dormir sur les lieux.

Il ne l’avait pas remarqué en arrivant mais, légèrement à l’écart des groupes, un homme d’une quarantaine d’années avait tenu les comptes. Il notait le temps « d’action réelle » sur le tournage.

Il fut crédité de cinq heures avec l’étiquette « bisexuel. » Le rôle avait l’avantage de laisser deux possibilités à l’acteur. C’était plus rentable. Il avait d’ailleurs appris par cet homme que les propriétaires avaient grandement apprécié ses doubles prestations et qu’il serait contacté pour le prochain tournage. Celui-ci aurait lieu lorsque toutes les cassettes auraient été vendues et les bénéfices comptabilisés.

Il avait donc reçu deux mille francs mais il en avait dépensé la moitié pour l’achat de résine de cannabis. Le joint qu’on lui avait proposé pendant une pause en contenait et il avait trouvé les effets foudroyants et particulièrement puissants. Un des acteurs lui avait expliqué que l’usage de stupéfiants était fréquent pendant les tournages. Il n’avait jamais senti une telle chaleur dans son sexe. Il avait eu l’impression de labourer sa partenaire aux gros seins avec un tisonnier ! Depuis quelques temps, les simples joints de cannabis ne lui procuraient plus le même plaisir. La découverte de la résine l’avait enthousiasmé. Il avait par contre été incapable de conduire. Il s’était installé dans un chemin à deux kilomètres du manoir.

 

Avant de s’endormir, il compta le nombre de soirées nécessaires au paiement d’un séjour au Canada. Il s’avoua néanmoins que même sans un tel projet, il y retournerait avec plaisir.

Il pensa à Anne et se dit qu’elle le traiterait certainement de putain ou de n’importe quel autre nom du même genre si elle apprenait quelque chose. Venant d’elle, il sut que ça ne le toucherait pas et que ça serait même un très bon moyen pour la décider à le quitter.

C’est elle, d’ailleurs, qui jouait la pute pour l’éducation nationale, pensa-t-il, amusé. Elle vendait son esprit et son énergie, se couchait devant les programmes et les directives ministérielles et elle jouissait, pour une fois, quand l’inspecteur lui attribuait une bonne note ! Et avec un salaire en plus ! Pute fonctionnaire, quel beau titre ! Elle acceptait cela en défendant des idées sur lesquelles elle n‘avait jamais réfléchi, des dogmes qui s’étaient infiltrés en elle à travers des années d’école, des concepts moraux et religieux qui l’avaient pénétrée insidieusement, avec de délicates caresses, de longs préliminaires et de multiples partenaires. Jusqu’à ce qu’elle finisse par s’offrir langoureusement, sans aucune résistance, avec le sentiment du devoir accompli, heureuse du rôle qu’on lui proposait, de la confiance qu’on lui accordait, laissant ruisseler en elle la semence intellectuelle et perverse de ses formateurs, persuadée de tenir sa vie entre ses mains, épanouie par des années de soumission passive et rémunérée. Et non seulement, elle se faisait prendre mais elle entraînait les enfants avec elle. C’était de la pédophilie ! Et maquée avec un ministre ! Cotisation retraite et sécurité sociale ! De toute façon, toute cette vie en société était une vie de pute. On passait son temps à se coucher. Enfant, on se couchait devant ses parents pour obtenir un câlin, un bonbon ou un jouet, puis devant ses enseignants pour une bonne note, un bon carnet scolaire et devant ses patrons pour un bon salaire et une promotion.

Il n’y a que devant la mort qu’on se couchait pour rien… Là, c’était l’arnaque totale !

Ou peut-être le seul moment où on arrêtait d’être une pute. Le premier et le dernier combat vraiment gratuit !

« Moi, au moins, je regarde la prison dans laquelle je survis. Je l’observe, je la scrute, je cherche ses faiblesses. Je prends du recul au maximum, je m’appuie contre un des murs et j’observe ce qui se passe dans les trois autres parties de la pièce. Je connais les autres prisonniers, je connais les règles, les techniques d’embrigadement et je sais que la seule porte de sortie, c’est la mort. Mais les gardiens ne contrôlent pas mon esprit. J’ai des échappatoires. La nature, le sport, le cannabis et le sexe. Les enfants représentent ma mission. Eux seuls peuvent me permettre d’atteindre la porte de sortie, fier et droit. Et libre. Et j’y parviendrai. Je ne mourrai pas en pute soumise. » 

Le porno des ménagères

Par Le 17/10/2012

Alors, donc, c'est un livre réservé aux mères de famille...C'est étrange ça tout de même et en même temps, ça montre bien le fonctionnement de ce "marché"...Il faut s'adresser à une clientèle ciblée.

Je vais écrire un porno pour les enseignants tiens :))





«Je ne fais pas l’amour, je baise brutalement», a prévenu le héros du porno pour maman d'E.L. James, dont 320.000 exemplaires envahissent aujourd'hui nos librairies.

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C'est le roman le plus vendu en 2012: "Cinquante nuances de Grey", premier tome de la trilogie sado-masochiste à l'eau de rose de la Britannique E.L. James, sort mercredi en France après s'être arraché à plus de 40 millions d'exemplaires dans le monde.
(c) Afp

C'est le roman le plus vendu en 2012: "Cinquante nuances de Grey", premier tome de la trilogie sado-masochiste à l'eau de rose de la Britannique E.L. James, sort mercredi en France après s'être arraché à plus de 40 millions d'exemplaires dans le monde. (c) Afp
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Il paraît que c'est un événement. D'un point de vue littéraire, on n'en est pas sûr. Mais du strict point de vue des chiffres, c'est indubitablement le phénomène éditorial de l'année. «Cinquante nuances de Grey» envahit, ce 17 octobre, les tables de nos librairies après avoir été écoulé à plus de 40 millions exemplaires dans le reste du monde.

Les mères de famille françaises, il était temps, vont donc enfin pouvoir découvrir «le porno pour maman» dans la langue de Molière. Qu'elles se rassurent cependant: en tirant à plus de 320.000 exemplaires ces aventures érotiques d'Anastasia, les éditions Lattès minimisent les risques de crêpage de chignons dans les rayonnages.

Anastasia, justement, est une jeune étudiante en lettres, vierge à la différence de la plupart des étudiantes en lettres, mais qui rêve néanmoins d’une romance à l’eau de rose. Jusqu'au jour où elle tombe sous le charme d’un jeune milliardaire, Christian Grey, qui pilote lui-même son hélicoptère - c’est dire s'il est sexy. Ce coup de foudre, né d’une banale interview, se concrétise par la signature d’un contrat qui fait d'elle son esclave sexuelle. On ignore à ce stade s'il s'agit d'un CDI ou d'un CDD, car l'histoire doit courir sur deux autres volumes (à paraître en France en janvier et février prochain).

Suivent, sur plusieurs centaines de pages, diverses pratiques vaguement sadomasochistes que la pudeur interdit de révéler, d'autant qu'on en a déjà un peu parlé ici. «Je ne fais pas l’amour, je baise brutalement», promet d'ailleurs Christian Grey.

La France sera-t-elle, ou pas, une bête à porn? E.L. James, l’auteur, une ex-productrice de télé de 49 ans, va-t-elle la menotter comme elle a émoustillé le reste de la planète? Pour le magazine «Elle», c'est clair: son livre va «révolutionner votre vie sexuelle», rien de moins. J.K. Rowling a décidément du mouron à se faire avec son pudding pour adultes. 

BibliObs

PS. Comme un best-seller sort toujours accompagné, les éditions Larousse annoncent pour le 6 novembre un guide pratique supposé expliquer les positions sexuelles évoquées dans «Cinquante nuances de Grey». Il porte un titre ambitieux: «Cinquante nuances de plaisir». 

 Pour en savoir plus: Allô maman porno

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Lol, le dépeçage en règle !

Par Le 17/10/2012

MERCI MONSIEUR GARCIN :)

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J.K. Rowling, quel pudding !

Créé le 10-10-2012 à 17h53 - Mis à jour le 12-10-2012 à 09h43

La maman de Harry Potter publie donc «Une place à prendre». Attention, concours de poncifs.

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J.K. Rowling a trouvé «Une place à prendre»: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne. (©Lefteris Pitarakis / AP / Sipa)

J.K. Rowling a trouvé «Une place à prendre»: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne. (©Lefteris Pitarakis / AP / Sipa)
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Où diable se situe la ville de Pagford? «Dans un écrin de verdure.» Forcément, le ciel du petit matin est «livide», la vue «imprenable», le panorama «grandiose», le vallon «profond» et le vent, «cinglant». Il y a également un fleuve, qui «scintille à travers l'ajour des feuillages». Ainsi qu'une église, où se déroule l'enterrement du notable Barry Fairbrother. Et là, surprise, «la foule endeuillée tout de noir vêtue» progresse sur un chemin «noir de monde »au milieu des «chapeaux de paille noirs», bref, «tout Pagford est dans ses habits les plus sombres». Je crois qu'on a compris: il s'agit bien d'obsèques.

Et c'est ainsi pendant 680 pages. Mortelles, les pages. La France avait Marceline Desbordes-Valmore, alias «Notre-Dame-Des-Pleurs», l'Angleterre nous offre J.K. Rowling, une desperate housewife qui se prend pour Dickens.

En résumé: le monde est moche, les maisons de riches sentent la cire et les gourbis de pauvres sentent la sueur, les enfants bourgeois sont propres et les bébés défavorisés ont des croûtes sur les fesses, les vieilles sont catarrheuses et les épiciers ventripotents, les jeunes baisent et se shootent.

Lorsque la maman de Harry Potter n'ajoute pas le manichéisme à la tautologie, elle semble participer à un concours de poncifs, façon jeux floraux. Dès la page 33, le ton est donné: 

Ses cheveux bruns aux reflets cuivrés ondoyaient en une cascade de vagues soyeuses qui s'en allaient caresser le creux de ses omoplates; la finesse exquise de son nez à peine retroussé soulignait le dessin saisissant de ses lèvres charnues; dans ses grands yeux écartés pétillaient des iris dont la robe noisette piquetée de vert évoquait le duvet de certaines pommes rousses.» 

Ce n'est plus une jeune fille, c'est un poster d'Arcimboldo. On voit qu'il y avait «Une place à prendre» (Grasset, 24 euros), et Mrs Rowling l'a prise: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne, qui est une saison mélancolique.

NDE, expérience de mort approchée. (spiritualité/mort)

Par Le 17/10/2012

Des expériences de mort imminentes scientifiquement prouvées

 

La réalisatrice Sonia Barkallah et la comédienne et auteure Lise Thouin. 

 

La réalisatrice Sonia Barkallah et la comédienne et auteure Lise Thouin.

http://www.info07.com/Societe/2012-09-29/article-3086343/Des-experiences-de-mort-imminentes-scientifiquement-prouvees/1

Patrick Voyer
Publié le 29 Septembre 2012
Patrick Voyer  RSS Feed
La Revue

Il y aura toujours des sceptiques du fameux "tunnel de lumière blanche", mais les plus grands spécialistes du monde commencent à croire leurs patients qui en reviennent…

Sujets :
France , Martigues , Italie

La journaliste française Sonia Barkallah le démontre dans son documentaire Faux départ – Enquête sur les expériences de mort imminente. Les plus grands neurologues et réanimateurs de la planète brandissent le porte-voix et font tomber des centaines d'années de stagnation scientifique. Leurs constats: oui, certaines âmes peuvent quitter momentanément leur corps et oui, le siège de la conscience pourrait se trouver en dehors du cerveau.

Sonia a interviewé des dizaines d'éminents spécialistes convaincus de ces deux avancées et de nombreuses personnes ayant vécu une expérience de mort imminente (en anglais, near death experience). Une d'entre elles, la comédienne et auteure Lise Thouin, effectue une tournée de promotion québécoise en sa compagnie. Les deux femmes se sont rencontrées en France lors d'un colloque sur les EMI, en 2006.

La réalisatrice est fière du résultat, car elle a réussi à utiliser la science pour briser des tabous ou croyances jugés farfelus: «Des sceptiques, ça en prend. Mais quand des spécialistes viennent donner des arguments solides comme ça, c'est ridicule de ne pas les prendre au sérieux», lance Sonia.

En France, son film a tellement créé une commotion positive, qu'il est distribué et écouté dans des centres de soins palliatifs et des universités. Sonia est invitée par des facultés de médecine pour présenter son film, considéré comme pédagogique pour les soignants et thérapeutique pour les patients.

«Quand je suis allée dans les hôpitaux pour rencontrer des médecins, j'ai été surprise: ils m'ont dit oui tout de suite!», confie Sonia, qui a recueilli des déclarations fracassantes. Comme celle d'un neurologue ahuri par les propos de son patient après une opération qui aurait pu lui coûter la vie; il lui a raconté dans les moindres détails qu'il a assisté à l'opération et même à celle dans la pièce d'à-côté…

«La question n'est pas de savoir si l'"expérienceur" est mort ou pas, mais comment a-t-il pu percevoir tout ça!», plaide Sonia, qui a notamment interviewé une dame aveugle qui a "vu" son opération en survolant son corps.

Sceptiques confondus?!

Non seulement ces "compte-rendu" renversent-ils l'ordre établi, ils établissent que les EMI ne découlent pas d'hallucinations provoquées par des psychotropes ou des maladies mentales. Le documentaire montre bien que les EMI arrivent dans n'importe quel cas, un accident comme une longue maladie de cause naturelle. Et cela, sans que la religion soit impliquée.

Sonia sait bien qu'il y aura toujours des incrédules, même si on leur plaque l'évidence en plein visage. Mais elle préfère garder confiance, tout comme Lise Thouin, qui se sent isolée depuis son EMI de 1985, car elle voit que la communauté scientifique prend la question au sérieux. «La plupart des grandes découvertes sont arrivées comme ça; dès qu'un scientifique est témoin d'un phénomène, la communauté suit», dit-elle.

«Il faut que ça se fasse graduellement, car certaines personnes sont fragiles», ajoute Lise Thouin.

Mais Sonia a un as dans sa manche: elle prétend que la sphère scientifique détient la preuve irréfutable de l'existence des EMI depuis dix ans (grâce à une étude d'un médecin néerlandais s'étalant sur huit ans), mais qu'elle ne la dévoile pas officiellement pour des raisons éthiques. Bref, certains spécialistes trouvent que ça chamboule trop rapidement l'édifice!

Mais ce n'est qu'une question de temps, car si plusieurs ont participé au premier colloque sur les EMI, à Martigues en 2006, davantage y seront en 2013 lors du second organisé par Sonia Barkallah. On veut en discuter, étaler les preuves, et on veut que la population soit au courant. Surtout que 18% des gens vivront une EMI…

Une expérience bouleversante

Lise Thouin avoue que l'ouverture face aux EMI est plus grande qu'en 1985, quand elle a survécu miraculeusement à un virus contracté en Italie. Or, elle assure que peu d'oreilles québécoises se dressent lorsqu'on parle de ce phénomène de plus en plus normalisé dans certains coins de la planète.

Si seulement 6 milliards de personnes avaient pu se trouver dans sa chambre d'hôpital en 85… «Je n'étais pas branchée quand c'est arrivé. Je suis morte et suis revenue. Pourtant, j'étais condamnée, tout le monde pensait que j'allais mourir.»

Ce qu'elle a expérimenté est indicible. Elle en a tout de même écrit un livre. «J'ai communiqué avec une réalité globale que je n'arrive pas à décrire avec des mots. C'était profond, mais ça s'est estompé. La conséquence reste encrée par contre, admet-elle, la main sur la poitrine. À mon réveil, je l'ai raconté au médecin, mais il m'a dit de ne pas en parler, que l'important est que j'étais vivante. Une seule infirmière m'a cru, parce que sa mère avait vécu la même chose.»

Lise Thouin avoue que sa vision de la vie a changé depuis cet épisode. «Je ne considère pas ça comme un hasard, mais comme une seconde chance pour faire autre chose», précise-t-elle.

Sonia considère les EMI un peu de la même façon. «La vie nous donne ce dont on a besoin pour évoluer», glisse-t-elle, en espérant plus de "contagions bénignes des EMI" dans le monde.

«Je trouve ça réconfortant, conclut Lise Thouin, car comme ça, l'humain ne meure pas comme un champignon…»

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Guezenec
    - 29 Septembre 2012 à 11:17:11

    Cela m'a toujours étonné de voir que, depuis 1975 où ces expériences ont été pour la première fois dévoilées par le Docteur Moody, il y ait si peu de diffusion dans les médias, alors que le sujet est l'un des principaux questionnements de l'humanité. Et ce ne sont pas les contre-arguments, peu convaincants (*), des sceptiques qui devrait freiner cette diffusion. (*) les sceptiques avancent depuis toujours que le cerveau génère une drogue au moment de mourir et provoque des hallucinations. Cette explication ne tient pas car 1. dans quelques récits, on est sur que le cerveau est HS 2. si c'étaient des hallucinations , elles seraient toutes différentes 3. Certaines expériences se produisent sans danger de mort 4. etc...

    Écrire un commentaire

  • Nom de l\'usager
    Magali
    - 29 Septembre 2012 à 10:09:09

    Ma mère aussi à vécue cette expérience y'a une 15ene d'année. Elle a raconté son histoire à une infirmière qui a mis ça sur le compte des médicaments mais ma mère disait que ce qu'elle avait vécue était plus vraie que la réalité de ce monde. Elle a eu l'impression de "revenir à la maison" Je pense que la médecine a encore beaucoup de choses à découvrir même si c'est une expérience qu'on peut pas reproduire à volonté. Il n'y a que les médecins et scientifiques qui ont fait eux même une EMI qui peuvent comprendre.

Pablo Neruda

Par Le 16/10/2012

PABLO NERUDA
Généraux
Traîtres :
Regardez ma maison morte
Regardez l'Espagne blessée.
Mais de chaque maison sort un métal ardent
En guise de fleurs,
Mais de chaque blessure de l'Espagne
Sort l'Espagne,
Mais de chaque enfant mort sort un fusil avec des yeux,

Mais de chaque crime naissent des balles
Qui trouveront un jour la place
de votre coeur.
Vous demandez pourquoi ma poésie
Ne parle pas du songe, des feuilles,
Des grands volcans de mon pays natal ?

Venez voir le sang dans les rues,
Venez voir
Le sang dans les rues,
Venez voir le sang
Dans les rues !

"Le jeu de la mort" (spiritualité/mort)

Par Le 15/10/2012

Effrayant et édifiant...

 

"La désobéissance est un acte individuel qui tire sa force de la capacité des hommes à oeuvrer en commun. La désobéissance ouvre la voie à la résistance collective. En ce sens, elle est un danger pour tout pouvoir qui abuse de son autorité."

A 1h10...Magnifique. Cette jeune femme, qui se dit fragile, qui dit qu'elle va pleurer, et qui a le COURAGE, la force d'arrêter en pensant qu'elle est "faible" alors qu'elle est EXEMPLAIRE...J'espère qu'elle y trouvera l'occasion de reconnaître sa beauté intérieure. Tout autant que les 16 autres qui ont "osé" désobéir...16 sur 80...


Reflets du temps : agressions sur les profs.

Par Le 14/10/2012

http://www.refletsdutemps.fr/index.php?option=com_zoo&task=item&item_id=1833&Itemid=2

On ne les compte plus depuis le début de l’année, mais qu’en est-il envers les élèves ?…

Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu’ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciation sur un devoir d’Anglais : « Qu’est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur ? »

Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l’année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d’apprendre, ses faiblesses n’étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, en un mois de classe, l’image qu’il a de lui, c’est celle d’un « nul ».

Tous les jours, en France, des enfants sont « poignardés » par des professeurs qui n’ont aucune conscience du mal qu’ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d’avoir la moindre compassion, d’éprouver le moindre amour.

Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.

Qui se pose la question de ce que vivent les enfants ?

 

***

 

En guise de premier commentaire, en attendant tous les autres :

« La poule et l’œuf »

Martine L Petauton

 

Certes, Thierry, l’agression de l’élève pousse, comme champignons en automne ; et ce n’est pas d’aujourd’hui ! L’écrit du professeur sur cette copie, est inadmissible ; il met en cause l’individu, bien autant que l’élève ; il juge, ressort, avec son prétendu humour, d’une forme de mort symbolique. Il ne respecte pas l’enfant qui veille toujours sous l’apprenant. C’est pile, le propos du Président, l’autre jour à la Sorbonne, quand il a dit – un peu vite ; je crains les trains entiers des incompréhensions : réformer la notation, par davantage de bienveillance. Il faut entendre : éviter le jugement péremptoire, arrêté ; celui qui ne permet pas le changement, la remédiation, les progrès, bref, celui qui ferme la porte, et ne l’ouvre plus. Ségolène, en tant que ministre, avait, en son temps, dit la même chose, au sujet du décliné des bulletins scolaires, qui, curieusement (ça en disait long sur les mentalités professorales) oubliait de signaler ce que l’élève devait faire pour améliorer ses résultats… Je me souviens d’un principal que j’aimais beaucoup, et que j’ai la chance de compter, encore aujourd’hui, parmi mes tout proches, qui avait tonné – avec quelle raison – contre un professeur, ravi de parler de « cette classe dépotoir » ! Ne rien sacrifier des valeurs hautes de l’école, voilà la mission de chefs d’établissements, pas toujours à leur poste.

L’élève est une personne. Vous avez raison de le dire avec force.

Mais, dans l’affaire de votre chronique, il y a une autre personne, c’est le professeur. N’est-il pas agressé, celui-là, juste sorti de ses théoriques études, mal, vite, trop peu formé, lâché dans une arène dont il ne connaît pas les codes ? N’est-il pas agacé, ce vieux de la vieille, campant sur son « expérience » de professeur (acquise, et immobilisée, il y a des décennies), par cette mauvaise évaluation qui – quelque part, selon lui – signe son « mauvais cours », donc, lui renvoie une image défaillante de lui-même ! J’ai ainsi connu, une collègue, qui pleurait, quand « ces petits cons avaient encore raté le devoir ! »

Bref, Thierry, la poule et l’œuf ?

 

Thierry Ledru

A propos de l'auteur

Thierry Ledru

Rédacteur

 

Je suis marié, nous avons trois enfants (ados), je suis instituteur depuis mes 19 ans. Je vis en Savoie. J’ai passé un BAC litté/philo et je suis tout de suite entré à l’école Normale (IUFM aujourd’hui). A l’époque je vivais en Bretagne mais j’étais passionné par l’escalade et l’alpinisme et je voulais aller vivre dans les Alpes. Mes deux dernières années de lycée, j’ai eu la chance immense d’avoir un prof de Français et une prof de philo extraordinaires. J’adorais lire et écrire et peu à peu ils m’ont permis d’avoir avec eux une relation privilégiée, des échanges extrêmement enrichissants, non seulement d’un point de vue cognitif mais surtout sur le plan humain. Krishnamurti, Ouspensky, Platon, Gurdjieff, Camus, Sartre, Saint-Exupéry, Lanza del Vasto, Gandhi, Koestler, Conrad, Steinbeck, Heminghway, Prajnanpad, Vivekananda, Sri Aurobindo, London, Moitessier, Arséniev, tout ce qu’ils m’ont fait connaître ! Tout ce que je leur dois ! J’écrivais des nouvelles, ils les lisaient, les critiquaient, m’encourageaient. Ils disaient tous les deux qu’un jour je serai édité.

 

Livres publiés :

Vertiges, Editions La Fontaine de Siloé, Collection Rhapsodie, 2003

Noirceur des cimes, Altal Editions, Collection litterae, arum, 2007

Commentaires (8)

  • Jean-François Vincent
    13 Octobre 2012 à 14:38 |

    Les commentaires des copies comme des bulletins trimestriels sont un exercice fatidieux et répétitif. Le commentaire que vous citez est imbécile; mais, avec un peu d'humour, on peut en faire quelque chose d'amusant, pour, il est vrai, des élèves plus agés, capables d'en rire. J'ai connu un prof de philo facétieux, qui, un jour, avait écrit sur un bulletin : "n'a cessé de progresser...Vers le radiateur!".

  • eva talineau
    14 Octobre 2012 à 00:31 |

    cher Monsieur, vous êtes en train de faire un amalgame assez étrange entre un enseignant qui critique des élèves sans suffisammment se soucier de leur sensibilité, et l'acte d'attaquer quelqu'un physiquement ! en outre, les enseignants qui, récemment, ont été attaqués ne l'ont pas été pour avoir manqué de délicatesse, mais pour avoir, au moins dans un des cas, essayé d'aborder des sujets qui ne plaisaient pas soit à l'élève, soit à ses parents, c'est à dire "le fait religieux", et l'islam. Enfin, c'est ce qu'on est arrivé à grand peine à comprendre, en recoupant diverses informations embarassées, tant les medias ont d'abord présenté l'affaire de manière lénifiante. De toutes façons, même si un manque de tact d'un enseignant avait été en cause, je ne vois pas en quoi cela "justifierait", en quelque sorte, la violence physique ! les mots ont été inventés pour répondre aux mots - on a l'impression que vous trouvez au fond "compréhensible" que les enseignants se fassent agresser soit par des élèves, soit par des parents d'élèves incapables de supporter la contrariété, à coups de poing ou à l'arme blanche !

  • 14 Octobre 2012 à 13:40 |

    Pour ma part Martine, je dirai que le prof est responsable de ce que les élèves lui font vivre. Non pas qu'il est responsable de la situation extérieure à sa classe, de toutes les difficultés inhérentes à la société, chômage, misère sociale, angoisses générées par les images de ce monde, contre tout cela il ne peut rien mais il se doit d'être le "Maître" du sanctuaire que doit être l'école. Les enfants qui y viennent n'ont pas à y souffrir et cela n'enlève en rien leur devoir de travail. L'immense différence au regard du monde extérieur, c'est qu'à l'école ils sont en droit d'attendre un regard accueillant, attentif, respectueux, une attitude nourrie par la patience, l'écoute, l'échange surtout, l'échange...Combien sont-ils ces professeurs qui connaissent réellement leurs élèves? S'ils ne voient face à eux que des élèves, comment pourraient-ils espérer établir une relation respectueuse puisqu'ils nient dès le départ, l'individu lui-même. C'est à l'adulte enseignant de faire le premier pas. Pas l'inverse. Les enfants et même les adolescents ne savent pas encore observer leurs propres fonctionnements. Ils agissent à l'instinct et leur instinct les conduit à une position défensive si l'adulte, face à eux, se contentent de monter au front...Je n'ai pas respecté mes professeurs "à priori" mais parce que je sentais profondément qu'ils nous respectaient. L'attitude inverse est tout autant vraie. Mais il est bien plus facile d'instaurer un rapport de forces, c'est à la portée de n'importe qui. La formation des enseignants est similaire à celle des gradés de l'armée. "Nous ne vous demandons pas d'en faire des hommes mais des techniciens. Montrez leur que vous possédez le savoir dont ils ont besoin pour trouver leur place. Qu'ils vous soient soumis. Mettez en place un conditionnement favorable à l'obéissance. Ils n'ont pas à comprendre ce qu'ils font, ils doivent juste appliquer vos directives."

    A l'inverse, on peut apprendre aux enfants à observer ce qu'ils vivent. Un exemple : j'ai expliqué cette semaine que lorsque j'avais décidé au tennis de passer du revers à une main au revers à deux mains, j'avais réalisé que l'ensemble de mon jeu s'était détraqué. Tout à fait normal. On apprend par paliers et il faut accepter que les acquis précédents soient atteints lorsqu'un autre apprentissage se met en place. Il faut apprendre la patience et l'attention, apprendre à rester positif et appliqué, réfréner la colère ou le dépit, ne pas considérer que l'objectif est plus important que l'acte présent etc etc...
    Pourquoi les enseignants ne parviennent pas, pour beaucoup d'entre eux, à établir ces échanges existentiels, puisqu'il s'agit bien de ça ? Parce que la formation initiale ne les a pas amenés à cette voie ? Et pourquoi ne réalisent-ils pas que c'est le nœud du problème, pourquoi ne s'y engagent-ils pas d'eux-mêmes? Pourquoi attendent-ils des solutions techniques à un problème qui ne relève pas de la technique? On nous dit maintenant que tout ira mieux parce qu'on va travailler le mercredi matin, que le calendrier va changer, qu'on va revoir les programmes et patati et patata...Trente ans que je vois les mêmes plantages. On marche à l'envers et NOUS sommes responsables. Pas les enfants. Et qu'on ne vienne pas me dire que ce que je prône ne fonctionne que dans des classes "tranquilles". J'ai été éducateur sportif pour délinquants adolescents caractériels et j'ai enseigné en SEGPA. Et puis d'ailleurs, les classes "tranquilles", ça fait un moment que ça n'existe plus. Où que ça soit. Alors, on fait quoi ?
    Pour ce qui est des bulletins trimestriels, je n'en fais pas. J'écris cinq lettres dans l'année à chaque enfant. Des lettres dans lesquelles je leur parle d'eux, de leurs progrès, de leur attitude, de mes attentes, de tout ce que je ressens à travers ces instants de vie commune. Aucun jugement. Un partage. Des droits et des devoirs mais surtout, surtout en ne mélangeant jamais que ce que l'enfant fait n'est pas ce qu'il est. Le contenant avant le contenu. Toujours.

    • Martine L
      15 Octobre 2012 à 10:15 |

      " le prof est responsable de ce que les élèves lui font vivre " !!! non, Thierry, à ce credo - permettez moi, " sûr de soi et dominateur", dangereusement simpliste, imbibé de " culture de l'excuse", qui - à mon humble avis, n'est pas de nature à changer les choses. Seule la discussion, la mutualisation ; seules des recherches en termes de négociations, de compromis, et non de compromission, sont de nature à faire progresser, dans un chantier - école où il y a urgence.

  • 14 Octobre 2012 à 17:18 |

    OK le professeur n'a pas à juger l'élève mais son travail.
    Mais, nous, avons-nous le droit de juger le professeur et de soutenir l'élève ? Comment l'élève peut-il avoir envie de travailler si nous le soutenons contre le professeur, tant que celui-ci n'arrive pas à être parfait ? ...

  • 14 Octobre 2012 à 18:02 |

    Madame Talineau
    Les médias ne parlent que de certains cas d'agressions, qu'il s'agisse de professeurs ou d'élèves. On connaît la vue extrêmement étroite des médias et leur parti pris pour leur audimat. La réalité du terrain est toute autre. Je pourrais vous parler pendant bien longtemps de tous les cas que je connais personnellement d'enfants humiliés, d'enfants qui quittent le système scolaire, non pas parce qu'ils n'ont pas les capacités à apprendre mais parce qu'ils sont au bout, psychologiquement. Non, je ne fais pas d'amalgame avec les professeurs agressés pour avoir abordé des sujets sensibles au regard de certains élèves. Le sujet est éminemment complexe. De la même façon, je connais aussi des professeurs qui œuvrent au bien être de leurs élèves à travers les apprentissages. Ils sont nombreux eux aussi. Mais je connais aussi leurs difficultés au regard de la hiérarchie, de "l'équipe pédagogique", des proviseurs, du ministère. Quand un professeur se voit reprocher une "trop grande complicité" avec ses élèves et la raison de leur rébellion avec des professeurs "autoritaristes", je me dis qu'il y a vraiment quelque chose de pourri dans ce royaume. Rudolf Steiner disait qu'il ne sert à rien de lutter contre la vieille école, il faut juste attendre qu'elle meure. Mais combien d'enfants "morts" compterons-nous avec elle ? Suffit-il de se dire qu'il en a toujours été ainsi et que l'école ne peut pas tout régler? Non, elle ne le peut pas, c'est évident. Mais, elle n'a pas pour rôle d'accroître les douleurs. Je me souviens très bien de ma scolarité. J'ai rencontré des hommes et des femmes remarquables. Peu, mails m'ont considérablement marqué. Je suis devenu enseignant en me nourrissant de leur exemple. Je me souviens aussi très bien de ceux et celles qui m'ont cassé. Jusqu'à en tomber malade. J'ai cinquante ans aujourd'hui et je ne supporte plus l'idée que rien n'a changé. Claude Allègre parlait de "mammouth". Je préfère le terme de "fossile". On ne change pas un fossile. On le brise, on le réduit en poussière.

  • 14 Octobre 2012 à 20:28 |

    Monsieur Gabard.


    Aucune professeur ne sera jamais parfait pour la simple raison que nous sommes dans une dimension humaine. En technologie, on peut parfois parler de perfection. Dans une classe, on peut viser la perfection en sachant qu’elle restera inaccessible. Elle consistera uniquement à refuser catégoriquement les stéréotypes, les amalgames, les « méthodes », les jugements péremptoires, l’idée que plus aucune évolution n’est envisageable, elle consistera à écouter, à ressentir, à être patient, attentif, accueillant. Elle consistera aussi à être rigoureux, intransigeant quand il faut l’être mais en étant capable de justifier chaque décision, non pas au regard d’un règlement intérieur mais au regard de l’humanité.
    Dans une classe, chaque enfant est une individualité mais il évolue au cœur d’un système familial, sociétal, il a une histoire personnelle et elles sont de plus en plus complexes…Il ne s’agit pas pour tous les acteurs qui se croisent de "soutenir" l’un ou l’autre, de s’opposer, de soumettre, de convertir mais d’œuvrer conjointement, en bonne intelligence, à l’éveil de l’enfant. Bien évidemment que c’est difficile mais rien n’est possible en se figeant dans une citadelle. L'échec, sinon, est déjà programmé. Nous n’accueillons pas des élèves, nous accueillons des enfants. Ils rentrent dans les enceintes scolaires avec leur histoire et il est aberrant d’espérer les voir entrer, « nus » et disponibles. Soit, l’ensemble de l’individu est pris en considération, soit on se heurtera à un élève, c’est inévitable. Bien évidemment qu’il faut laisser du temps aux enseignants pour valider une telle démarche. Encore faut-il qu’ils l’acceptent. Je connais une professeur qui s’est vue reprocher par « l’équipe pédagogique » d’un collège sa trop grande complicité avec les élèves, c’était de sa faute si les élèves ensuite se rebellaient dans les autres cours. La hiérarchie n’aime pas les singularités pédagogiques, elle n’aime pas que les enfants soient considérés, qu’ils ne soient pas que des élèves. « C’est le terreau du désordre. »
    Non, c’est le ferment de l’humanité.

  • Jean-Luc Lamouché
    16 Octobre 2012 à 15:52 |

    ...Des élèves "poignardés"... ! Non, monsieur, car les mots ont un sens ! Un conseil donc : modérez votre langage, car, on ne peut pas vous suivre quand vous parlez comme cela. Votre choix sémantique est trop grave en contribuant ainsi à décourager les jeunes enseignants, qui ont d'abord besoin d'être soutenus - certes pas d'une manière inconditionnelle (là je suis évidemment d'accord).
    Comme il existe parfois dans nos établissements des sortes de "bonnes sœurs laïques" d'extrême gauche, qui voient les jeunes des zones dites "sensibles" comme des petits christs (de banlieues), vous me faites pensez à elles, monsieur. Et, à mon avis, elles font beaucoup de dégâts... ! Les élèves, surtout dans ces zones, ne sont ni des christs, ni des diables - voyez-vous.
    Vous êtes dans la généralisation, dans l'outrance. Oui, il y a des humiliations d'élèves à cause de certains enseignants, mais vous ne vous situez que d'un côté. Venez donc dans les régions "sensibles", car votre biographie montre que vous ne semblez pas les fréquenter vraiment beaucoup...
    J'ai toujours adoré mon métier, pour les matières enseignées et le contact avec mes élèves. Je sais qu'il y a un "effet professeur", positif ou négatif - je vous rejoins sur ce point. Mais en fait, quelque part, vous me semblez être toujours un élève (au niveau inconscient) et vous ne vous assumez pas comme enseignant, dans la fonction d'autorité qui doit être la nôtre, au risque de voir l'autoritarisme (un grave défaut) tout submerger un jour : certains sont déjà demandeurs, par exemple parmi les parents - et essentiellement pour les enfants des autres, bien sûr. Et cela sans oublier un certain courant politique plutôt en vogue...

      • eva talineau
        17 Octobre 2012 à 14:18 |

        effectivement ! il n'y a aucune mesure entre critiquer un élève, même maladroitement et sans délicatesse, et "poignarder" quelqu'un. Mal nommer les choses ajoute au désordre du monde.

    • 17 Octobre 2012 à 04:11 |

      Mr Lamouché.
      Éducateur avec des adolescents délinquants caractériels, vous pensez que c'est assez "sensible" ? Enseignant en SEGPA, c'est assez "sensible" ? Je ne vais pas faire ma biographie ici pour vous apparaître suffisamment compétent. Vous me voyez comme une "bonne sœur". C'est votre choix. Vous attribuez le seul terme d'autorité à notre fonction ? C'est votre choix. Vous pensez que je condamne d'emblée les jeunes enseignants ? Alors, relisez moi autrement qu'en diagonale et vous verrez que nous nous accordons sur bien des points. Vous ne notez que ce qui vous dérange et vous le sortez de l'ensemble. Si les enseignants n'ont que de l'autorité à dresser devant les enfants pour justifier ce qu'ils demandent, alors qu'ils ne s'étonnent pas que ça ne soit plus suffisant lorsque ces enfants seront adolescents. Lorsqu'il faudra faire intervenir l'armée dans les cours de collège, peut-être qu'on se mettra à y réfléchir...

    • 18 Octobre 2012 à 06:12 |

      C'est tout de même assez consternant de voir à quel point ,e fond du problème peut être nié...La symbolique des guillemets vous échapperait-elle ? En tout cas, la fossilisation des comportements est une réalité criante.

    • 18 Octobre 2012 à 09:11 |

      Et si Julles Ferry c'était trompé? Où, pensez-vous que le fait de rendre l'école obligatoire au delà de l'enseignement primaire soit une solution toujours valable à notre époque?

    répondre

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Soldes au Prix Nobel

Par Le 13/10/2012

"Nous n'allons plus persécuter, mais nous punirons et ferons justice. Nous ne coloniserons plus les peuples, nous les occuperons pour les libérer. Nous n'exploiterons plus les hommes, nous les ferons produire. La guerre s'appellera la paix, la tyrannie restaurée s'appelera discipline et liberté. Le malheur de tous les hommes, c'est le bonheur de l'Humanté"

Eugène IONESCO


Commentaire d'un journal norvégien (page politique) :

 

"Attaquer les Islandais, faire mourir les Grecs, tabasser les Espagnols, aliéner les Irlandais, déposséder les Italiens et corrompre l'idéal républicain des Français pour enrichir les banques, vous appelez ça cultiver la paix, vous ?

 


Que dire de plus ?

C'est l'OTAN qui s'attribue le Prix.

L'Europe et la France en première ligne sont de gigantesques usines d'armes de guerre.

La Lybie ? C'est le chaos.

La Syrie ? C'est pire que le chaos, c'est l'horreur. On sait très bien qui sont réellement les forces en présence.

grece-espagne.jpg


"Peuple, tu es mystifié. Tu seras démystifié. J’ai élevé pour vous tout un troupeau de démystificateurs.

Ils vous démystifieront. Mais il faut mystifier pour démystifier. Il nous faut une mystification nouvelle. (…)

Nous allons désaliéner l’humanité. Pour désaliéner l’humanité, il faut aliéner chaque homme en

particulier. (…) Nous n’allons plus persécuter, mais nous punirons et nous ferons justice. Nous ne

coloniserons pas les peuples, nous les occuperons pour les libérer. Nous n’exploiterons pas les

hommes, nous les ferons produire. Le travail obligatoire s’appellera travail volontaire. La guerre

s’appellera la paix et tout sera changé grâce à moi et à mes oies. (…) Quant aux intellectuels… Nous les

mettrons au pas de l’oie ! Vive les oies ! En démystifiant les mystifications depuis longtemps

démystifiées, les intellectuels nous foutront la paix. Ils seront niais, donc intelligents. Ils seront

courageux, c’est-à-dire lâches ; lucides, c’est-à-dire aveugles. (…) Nous ferons des pas en arrière et nous

serons à l’avant-garde de l’histoire !"

IONESCO

"Tueurs sans gages"


"Cherche Profs"

Par Le 12/10/2012

Bientôt des profs roumains dans les collèges et lycées français?

Créé le 11-10-2012 à 17h16 - Mis à jour le 12-10-2012 à 09h04

Le gouvernement a doublé le nombre de professions que peuvent exercer en France les ressortissants roumains et bulgares. Parmi elles, plusieurs métiers de la fonction publique dont celui d’enseignant.

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Une salle de classe en école primaire (FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA)

Une salle de classe en école primaire (FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA)
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Après les plombiers polonais et les infirmières espagnoles, voici peut-être venu le temps des professeurs roumains ? Sur le papier en tout cas, les ressortissants de ce pays de 22 millions d'habitants m vont pouvoir passer, comme les autres citoyens des Etats membres de l’Union Européenne, la plupart des concours organisés par l’Education Nationale.

Le gouvernement vient effet d'établir une liste de 291 métiers désormais ouverts aux Roumains ainsi qu'aux Bulgares. Le document doit prochainement paraître au Journal Officiel et dans cette liste à la Prévert figure les métiers de professeurs (enseignement général du second degré, enseignement artistique, enseignement technique et professionnel). Et cela tombe fort bien puisque la France connaît une pénurie sans précédent de vocations.

Le gouvernement le reconnaît d’ailleurs sans détour. Dans leur communiqué commun, Manuel Valls, le ministère de l’Intérieur et Michel Sapin, le ministre du Travail de l’Emploi de la Formation professionnelle et du Dialogue social, écrivent que la liste des 291 métiers concernés "a été élaborée à partir d’un critère objectif, le degré de tension (offres rapportées aux demandes) dans chacun des métiers et a été arrêtée après consultation des partenaires sociaux et des services déconcentrés du ministère du Travail" (cliquez ici pour lire le document complet).

43.000 postes à pourvoir en 2013

Les besoins de l’Education nationale sont réels. En dépit de la montée du chômage, les difficultés à recruter des professeurs perdurent. Le métier d’enseignant, mal payé et de moins en moins bien considéré par les élèves et leurs parents, fait moins rêver les Français. Dans le primaire, certains départements ne parviennent plus à satisfaire leurs besoins. Les inspecteurs de l’Education nationale de la Seine Saint-Denis ont même écrit le mois dernier à leur ministre pour réclamer la création immédiate de 250 postes.

Pour tenir l’objectif fixé par François Hollande, Vincent Peillon a prévu de créer 43.000 postes en 2013. Mais comment parvenir à ce chiffre alors que les concours sont loin d’attirer les foules ? Le site Rue89 a montré, appli à l'appui, que dans certaines matières, et notamment les mathématiques, le taux de réussite au Capes atteignait 40%. Signe non pas que les candidats sont meilleurs. Ils ne sont simplement pas assez nombreux. Résultat : certaines années, toutes les créations de postes prévues n’ont pu être pourvues. D’où le besoin d’élargir les possibilités de recrutement.

1 Roumain sur 5 est réputé francophone

Or les Roumains sont, de tous les citoyens de l’Union Européenne, potentiellement, les plus à même de réussir les concours. En Roumanie, 20% de la population parlent le français. Plus de 80% des collégiens l’apprennent comme première langue au collège. La France accueille d’ailleurs déjà un grand nombre de médecins roumains dans le secteur hospitalier. Et ces derniers émigrent d’autant plus volontiers que les salaires dans leurs pays sont parmi les plus faibles d’Europe. Un professeur gagne en Roumanie autour de 5.500 euros… par an alors qu’en France les revenus des enseignants débutent à 22.430 euros et plafonnent à 44.518 euros pour un agrégé en fin de carrière.

Une belle rencontre.

Par Le 10/10/2012

 Je crois que la sagesse se reconnaît à son extrême simplicité.

Je l’ai rencontrée aujourd’hui, durant plus de deux heures, à Lille. Deux indiens kogis étaient venus parler à leurs petits frères (hermanos minores) depuis leur Sierra Colombienne. Ils avaient revêtu leur costume blanc (un genre de kimono en coton visiblement bio).

Le premier, Juan, arborait un chapeau en paille qui n’avait rien de particulier (entre le panama et le couvre-chef du fermier lambda). Il était chargé des relations avec le monde civilisé, celui qui voyage et parlemente (et se tape la corvée de la ville, si j’ai bien compris). Effectivement, même en Colombie, dans la sierra il existe des villes, des bandits, des mafieux, des paramilitaires et des grosses industries qui ravagent salement la terre de leurs ancêtres.

Le second kogi, Gabriel, portait une sorte de bonnet tissé qui finissait en pointe (on aurait dit -un peu- la coiffe des télétubbies, dessin animé que je n’ai jamais regardé, mais je suis en train de me demander si un rapport existe entre le ciel, les gens branchés et Jean-Claude van Damme)

Ce chapeau pointu caractérise les kogis qui ont un lien avec le spirituel. les porteurs de chapeau pointu sont branchés au ciel. Ce sont en quelque sorte des hommes antennes, ou des conducteurs, parce qu’ils sont parfaitement connectés à la Terre Mère. C’est du reste la substantifique moelle de leur message. Sans équilibre avec la Terre, pas de sens. Sans pensée collective pas d’action sensée. (ça calme!)

Hum. On commence déjà à se sentir très bêtes avec nos individualités, nos portables et nos systèmes politiques…mais on sourit largement parce que ces hommes là c’est comme un petit miracle assis là, devant nous. On a même les larmes aux yeux.

Nos deux voyageurs de l’extrême (ils n’aiment pas trop les boites, qu’elles soient roulantes ou immobiles, comme la salle pourtant immense de l’université Lilloise où nous sommes) sont flanqués d’un voyageur formidable, Éric Julien, qui, pour avoir été sauvé autrefois par leurs chamans, s’est promis de les aider à racheter une parcelle de leurs terres. Cet homme introduit, explique et traduit, mais à part une courte phrase en kogi l’essentiel se dit en espagnol. Je suis ravie de ma mémoire (pour une fois!) suffisante pour comprendre en espagnol et au cas où une subtilité m’aurait échappée, reste Eric qui a l’air de se régaler lui aussi… apparemment, on ne se lasse pas vite d’un kogi!

Bon. Éric Julien nous parle de ce peuple étonnant. Il précise que les Kogis ont accepté de voyager pour nous livrer un message, à nous,petits frères qui, il faut l’avouer, sommes d’affreux saccageurs de planète. Eux ils sont grands, et ils ont derrière eux plus de 4000 ans de culture sans rupture ni méandre ou raccourci douteux. un bel avantage, mais en revanche ils n’ont pas la télé. Mouais.

On apprend ainsi que les Kogis suivent la loi des origines (j’ajouterais, celle de l’Equilibre) et que la nuit ils pensent le monde, pensent leurs actions (l’obscurité est propice à la lumière, c’est d’elle que naissent les meilleures pensées. Bien sûr tout cela est fait collectivement) Là, je suis contente, la lumière soutenue par l’obscurité, je connais. (cf le yin et le Yang).

Ensuite arrivent les questions du public. Et là, je dois revenir à la simplicité de la sagesse.

Il ne s’agit pas de la philosophie (il m’est arrivé de poser devant une sentence de Hegel 10 minutes sans vraiment saisir sa substantifique moelle) ni de théologie ou d’une spiritualité basée sur des théories plus ou moins complexes mais d’un bons sens brut, sans fioritures, presque brutal.

Or, il y a un décalage frappant, hilarant même, attendrissant aussi entre les questions parfois alambiquées des questionneurs et les réponses des kogis. C’est Juan qui parle, sous la houlette de Gabriel (qui passe pas mal de temps à épulucher son kimono, signe de concentration intense ou bien alors il est fatigué et se délasse mieux ainsi)

Bien sûr, ceux qui prennent la parole sont émus et il veulent tant dire et demander à la fois que leurs questions se perdent parfois dans plusieurs directions.

Impitoyablement, avec cette simplicité désarmante le kogi élague en quelques paroles bien senties dans le meilleur des cas. Ou bien il oublie la moitié de la question, ou même la question tout entière et répond à côté. Et petit à petit, moi qui me contente d’écouter, je prends conscience de ce décalage entre nos esprits habitués à tant d’effets spéciaux, d’envolées, de belles paroles. On en oublie la moelle. et d’écouter vraiment. de recevoir la parole comme un terre reçoit l’eau, la présence de la parole. On préfère le discours fleuve et s’y noyer.

Les réponses de Juan nous le rappellent sans même le souligner. Une sorte de petite leçon en filigrane. Restez simples, les gars et à l’écoute de la Terre. (enfin, je résume beaucoup)

Il se trouve que l’an passé je me suis pas mal renseignée sur les sages. Noaidis, chamans, angakuqs, guérisseurs ou sorciers, j’en passe quelques autres. Quels que soient les différences de cosmogonie ou de rituels, on retrouve chez tous cette simplicité qui confine au presque rien. Un rien qui est aussi notre essentiel. le nôtre, celui des petits frères saccageurs civilisés et celui des peuples premiers.

 En guise de mot de la fin, Gabriel au chapeau pointu parle des femmes. Il dit leur importance et qu’il a mal quand on les blesse parce que c’est comme faire mal à la Terre Mère. Il n’est pas en train de parler de la mère en gants Mapa coincée au foyer et qui pond une ribambelle d’enfants. Il parle d’autre chose de bien plus profond et ça me donne envie de pleurer.

J’ai rencontré la Sagesse et elle avait l’air de presque rien. Un grand merci !

 Ps : pour aider les indiens kogis à retrouver leur terre (et pour s’aider au passage) le site www.tchendukua.com

A COEUR OUVERT : Désapprendre à regarder

Par Le 09/10/2012

Coeurouvertwhite

« Je pense que l’amour réel pour une personne contient le même amour que pour cette terre, la nature épargnée. Lorsque je montais seul sur une colline, j’éprouvais une telle paix, une telle sérénité, un silence intérieur aussi vaste que celui de l’altitude. J’aurais aimé monter à quatre mille mètres. Aujourd’hui, je comprends les alpinistes. Et bien, je ressens la même paix avec toi. Comme un détachement, une absence de trouble, une ouverture spirituelle, le saisissement de l’instant, rien, aucune pensée, aucune inquiétude, aucun remord, aucune attente. Comme lorsque je suis assis ici. La même paix. L’amour. Peut-être que les gens ne savent plus aimer parce qu’ils sont loin de la terre. Juste une supposition. L’euphorie des villes, l’agitation, le bruit, le commerce des désirs, la multiplication des manques inventés, même les relations amoureuses sont à l’image de ce chaos. Une surenchère permanente. Cette impression qui ne me quitte plus qu’on ne peut aimer que dans l’abandon de tout, jusqu’au vide, jusqu’à cette absence de soi, se laisser envahir par l’inertie. C’est sûr que ça va à l’opposé de ce monde moderne. Pas assez rentable. Rien à vendre, la perte des consommateurs, un cauchemar. »

Il s’aperçut qu’il parlait en fixant un point lointain, un mont arrondi qui se découpait sur le ciel, comme des paroles lancées dans l’azur.

« Saint-Exupéry disait que les gens qui s’aiment ne passent pas leur temps à se regarder. Ils regardent le même horizon.

-Et bien, je suis d’accord avec lui puisque tu es dans cet horizon. Puisque l’amour que je porte à cette terre est le même que celui que j’ai pour toi. Je te regarde en contemplant ce monde.

-Et tu oses dire que tu ne sais pas parler ? »

Un rire bref, presque gêné.

« D’où ça vient tout ça ? demanda-t-il.

-Et à quoi ça te servirait de le savoir ? Ce qui importe, c’est que ça soit là.

-Oui, c’est vrai Diane, mais c’est tout de même effrayant de réaliser qu’on peut passer à côté de soi à ce point. J’ai cinquante-trois ans.

-Cinquante-trois ans d’apprentissage tout simplement.

-Tu veux dire que tout était déjà là ? Qu’il fallait que la croissance se termine ?

-Elle n’est pas terminée.

-Et pourquoi est-ce que ça passe par une telle rupture, pourquoi les choses ne se font-elles pas en douceur, en toute conscience ?

-Parce qu’il n’y a plus de conscience. Parce que l’ego a pris le dessus. Alors, il faut une révolte.

-Il faut que tu m’expliques ce que tu entends par ego. »

Elle s’allongea, les yeux tournés vers le ciel.

« L’ego, c’est quand tu ne vois plus le ciel. Non pas le voir avec tes yeux, non pas l’identifier avec des noms de nuages mais le voir comme s’il était en toi et comme si tu y étais évanoui, disparu, liquéfié, comme si tu n’étais même pas une particule de vapeur d’eau, rien, le vide immense en toi. Si tu ne peux plus ressentir cette disparition et que tu vois le ciel comme un paysage, alors, c’est que tu es identifié à ton ego, c’est que tu n’existes que pour toi-même et que tout ce que tu vois, tu ne le fais exister que pour valider ton existence. Tu ne regardes pas le ciel, tu te regardes à travers le regard que tu portes au ciel.

-Mais tu ne crois pas que tout le monde voit les choses comme ça Diane ?

-Pas les enfants. Tant qu’ils ne sont pas trop grands. Ceux d’ici en tout cas. Les enfants Kogis ne regardent pas le ciel, ils le vivent. Comme toi maintenant. »

Une idée folle. Aller là-bas. Partir.

« Il faut que tu me passes des livres sur ces Indiens.

-Ce soir, promis.

-Et tes deux autres livres aussi.

-Tu ne vas pas lire toute la soirée et toute la nuit tout de même ? »

Il roula sur le côté et glissa une main sous sa chemise de lin.

« Non, aucun risque, répondit-il. J’aime infiniment vivre en toi. Tout autant que dans le ciel. »    

"I want to walk"

Par Le 09/10/2012

Quand volonté et détermination
riment avec guérison

http://www.inrees.com/articles/Paralyse-remarche-volonte-guerison/

Cinq années après avoir été paralysé après un accident de voiture, un jeune américain, à qui les médecins avaient laissé très peu d’espoir sur ses chances de retrouver l’usage de ses jambes, a démontré que détermination et force d’esprit sont plus forts que tout.
Brock Mealer, un grave accidenté de la route a défié les pronostics des médecins qui affirmaient qu'il ne remarcherait plus. A force de détermination, il a réussi à retrouver l'usage de ses membres inférieurs.
Après un accident de voiture, les médecins avaient confirmé à Brock Mealer qu'il ne marcherait plus jamais. Pourtant, à force de détermination et de courage, le jeune Américain leur a prouvé le contraire. En effet, il n'avait qu'1% de chance de marcher à nouveau. Il a alors tout fait pour être dans ce pourcentage. L'accident avait eu lieu en 2007, la veille de Noël. Ce dernier a été particulièrement violent pour sa famille puisqu'il y a perdu son père et Hollis Richer, la petite amie de son frère, âgée de 17 ans, n'a pas survécu également. Après l'accident, Brock Mealer était paralysé de la taille jusqu'aux pieds. Les médecins ont alors tout fait pour lui expliquer qu'il ne remarcherait plus.

Son frère, Elliott Mealer, est un joueur de football dans l'équipe du Michigan. Ce sont les professionnels du conditionnement physique de l'équipe de son frère qui ont proposé à Brock Mealer de le remettre sur pied. C'est donc sans ménagement qu'ont eu lieu les différentes séances de réadaptation. Aujourd'hui, il se déplace avec deux cannes, mais son objectif n'est pas encore totalement atteint. En effet, son mariage est prévu pour le 22 décembre prochain, à quelques jours près, cela marquera les cinq ans de l'accident, précise le site Michigandaily. A cette occasion, il compte bien montrer qu'il a défié le destin en remontant l'allée seul, sans aucune aide. Avec la persévérance que l'on sait à Brock Mealer, on ne doute pas qu'il mettra tout en œuvre pour relever ce défi.

Lire l'article sur Gentside

Tellement évident...

Par Le 09/10/2012

Mais évidemment pas dans le nouveau projet pour l'école...Les technocrates préfèrent "réfléchir"...sur le nombre d'heures de cours...

On n'est pas sorti du marasme...


La méditation s'invite
dans les écoles

http://www.inrees.com/articles/Mediter-a-l-ecole/

Les outils de la pleine conscience font leur entrée dans deux collèges français. Relaxation, exercices de respiration, découverte des sensations du corps et observation de ses pensées. Pour les élèves comme pour les professeurs, afin d'être présent dans l’instant, détendu, attentif et motivé. Enquête et témoignages.
« Les élèves sont de plus en plus agités en classe, ont de plus en plus de difficultés à maintenir leur attention, et sont de moins en moins motivés, constate Bruno Pérard, directeur d’un collège privé à Bapaume, dans le Pas-de-Calais. Ce n’est pas un problème d’intellect. Mais aujourd’hui, les élèves sont habitués à avoir plusieurs occupations en même temps, leur esprit se disperse facilement, et ils ne parviennent plus à se concentrer sur une seule tâche et à vivre l’instant présent. » Pour aider les jeunes dans leur scolarité et faire émerger les potentialités de chacun, ce chef d’établissement a décidé, en début de rentrée scolaire, de faire appel à Raymond Barbry, consultant, formateur et coach spécialisé dans l’accompagnement et la gestion d’équipe, de projet et du stress, dans l’éducation, le milieu sportif et de l’entreprise. Sa mission : donner aux enseignants les outils de pleine conscience qui les transmettront aux élèves. « Monsieur Barbry nous a expliqué l’intérêt des outils de pleine conscience, raconte Nathalie Poiré, professeur d’EPS du collège, puis il a proposé à toute l’équipe pédagogique un atelier, sans aucune obligation. Tout le monde est resté. Cette séance nous a tous beaucoup apaisés. Il nous a appris à gérer notre stress, à nous relâcher. J’ai immédiatement parlé à mes élèves de réaliser la même expérience avec eux. Tous ont été très favorables. Et j’ai pu constater les premiers résultats bénéfiques à l’issue du cours. » Raymond Barbry intervient également depuis la rentrée dans un autre collège privé à Aix-en-Provence où l’équipe pédagogique a, comme à Bapaume, accueilli de manière très positive cette méthode d’optimisation des ressources humaines individuelles et collectives. « Les enquêtes récentes montrent, en effet, un lien proportionnel entre les difficultés d’attention, le niveau de violence et la quantité de consommation de télévision, de jeux vidéo... explique Raymond Barbry. Du point de vue neurobiologique, la relation est évidente. Le cerveau-esprit est un système qui apprend en permanence et est en “ébullition” lorsqu’il s’agit de présentation excitante, explosive et violente. Notre cerveau s’adapte aux nouvelles technologies du toujours plus et du toujours plus vite. Les enfants et les jeunes zappent de plus en plus avec pour conséquence une difficulté majeure à rester attentifs à ce qui est fait. Ils passent très vite, voire trop vite à autre chose. Ils sont dans le multitâche sans concentration. Par les pratiques de pleine conscience, nous apprenons à passer d’une tâche à l’autre, tout en maintenant une attention soutenue. Une tâche après l’autre à fond. »

Mais qu’est-ce que la pleine conscience ? Quels sont ses bienfaits ? Et comment la pratiquer ? Cette technique, issue des traditions millénaires orientales, remastérisée par les américains, permet d’apaiser le mental, réguler ses émotions, gérer son stress et optimiser sa concentration. Se poser, respirer, observer ses pensées et ses émotions, écouter son cœur, apprendre à focaliser son attention sur ce qui se passe dans l’instant, pour s’ouvrir et prendre contact avec ses propres ressources. Cette forme de méditation laïque (appelée mindfulness en anglais et samma sati, « attention juste », en sanscrit) nourrit une prise de conscience plus fine, une plus grande clarté d’esprit et l’acceptation de la réalité du moment présent.

S’appuyant sur les publications scientifiques du biologiste américain Jon Kabat-Zinn, l'un des pères fondateurs de la médecine corps-esprit, les ouvrages du philosophe Fabrice Midal, et les travaux du psychiatre Christophe André qui encourage la pleine conscience dans le milieu hospitalier en France, Raymond Barbry est convaincu que la pleine conscience est la solution pour répondre aux problèmes de manque d’attention et de motivation dans les écoles. S’il est encore trop tôt pour vérifier les évolutions positives générées par cette technique au sein de ces deux établissements précurseurs en France, d’autres pays, comme les États-Unis, le Canada, la Belgique ou encore les Pays-Bas, pratiquent déjà la pleine conscience dans certaines écoles où l’on a pu constater une augmentation de l’attention, de la concentration et de la motivation chez les jeunes ainsi qu’une amélioration certaine des relations entre élèves et enseignants. Des expériences ont également été effectuées dans des favelas au Brésil, où l’on a pu noter une baisse significative de la violence et de meilleurs résultats scolaires.
« Il s’agit durant un temps très bref en début de cours, d’effectuer quelques exercices simples, explique Raymond Barbry. Se concentrer sur sa respiration, se mettre à l’écoute des sons, des sensations de son corps, et observer ses pensées. Si l’on pratique régulièrement, on note des effets positifs sur chaque élève, de manière individuelle, mais aussi sur les enseignants, ce qui entraîne, de fait, des effets collectifs sur l’ambiance générale de la classe. Des recherches scientifiques récentes ont pu démontrer ce que les anciennes traditions avaient découvert bien avant nous, à savoir que ces temps de silence et d’intériorité s’avéraient bénéfiques, voire indispensables au développement et à l’équilibre de l’être humain, qui vit aujourd’hui dans une époque où tout s’accélère, où tout doit être effectué le plus rapidement possible, où il est exigé d’effectuer plusieurs tâches en même temps, où la surinformation et l’éclatement intérieur ne lui permettent plus d’être à l’écoute de son corps, de ses pensées et de ses émotions. Partout, les ouvrages et autres témoignages sur la pleine conscience se multiplient. Bien plus qu’un effet de mode, cette approche du développement de l’intériorité semble répondre à un véritable besoin de notre époque. Car les activités de développement de la pleine conscience modifient les zones du cerveau qui sont le soubassement de l’activité intellectuelle. Les exercices réguliers de pleine conscience entraînent une meilleure irrigation du cerveau, ce qui conduit à une mobilisation de la cognition facilitée et à une moindre fatigabilité. La réflexion est plus fluide. La vitesse de traitement des informations est plus rapide et donc le fonctionnement intellectuel est plus efficace. Or, pendant les temps de pratique de pleine conscience, il ne s’agit pas de faire marcher son intellect. Tout en étant en mode “off” le cerveau évolue, se modifie, se restructure. En conséquence, prendre du temps pour se poser et pratiquer des exercices de pleine conscience, c’est permettre au cerveau d’optimiser ce temps. C’est dans ces moments-là que toutes les zones du cerveau se synchronisent, tous les circuits s’activent. C’est dans ces moments qu’émergent alors les solutions à des problèmes que l’on pensait insolubles. »

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