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L'habitus de Pierre Bourdieu

Par Le 17/10/2012

J'a lu souvent des gens qui contestent cette vision déterministe en arguant que l'individu a le pouvoir de s'extraire du conditionnement sociétal. Oui, il peut effectivement le faire, parfois...Mais s'il le fait, c'est toujours parce qu'il réagit à ce contexte, pas parce qu'il est libre...Fondamentalement. Il peut acquérir plus ou moins une liberté d'actes mais pas une liberté historique. Nous sommes irrémédiablement infuencés, au plus profond. La liberté consistera à en prendre conscience. Et ensuite à agir, ce qui ne sera tout de même qu'une réaction. Ce qui est toujours préférable à un conditionnement maintenu. Il n'y a pas de vie nouvelle. Il y a une vie insérée dans un ensemble dont il est impossible de s'extraire. A moins d'opter pour l'amnésie.


'Habitus : essai de définition | 13 octobre 2007

http://www.blogg.org/blog-56820-billet-682451.html

 

Aujourd'hui, je vous propose de revenir sur la notion d'habitus théorisée par Pierre Bourdieu. Concept central de son oeuvre, l'habitus est au coeur même de l'analyse de la reproduction sociale et de la socialisation chez l'auteur. le billet suivant tente de revenir sur ce concept et de le définir afin de mieux en saisir les enjeux, les aspects pertinents mais également les limites.

 Le concept d'habitus apparaît pour la première fois chez Durkheim. Mais c'est surtout Bourdieu qui va utiliser ce concept dans son analyse sur la reproduction sociale. Pour lui, l'habitus peut se définir comme  un « système de dispositions durables et transposables, structures structurées disposées à fonctionner comme structures structurantes, c'est-à-dire en tant que principe générateurs et organisateurs de pratiques et de représentations qui peuvent être objectivement adaptées à leur but sans supposer la visée consciente de fins et la maîtrise expresse des opérations nécessaires pour les atteindre. [1]»
 Pour le dire simplement, l'individu est structuré par sa classe sociale d'appartenance, par un ensemble de règles, de conduites, de croyances, de valeurs propres à son groupe et relayés par la socialisation. A ce titre, il parle de « structures structurées ». De plus, ces dispositions acquises vont influencer sur sa manière de voir, de se représenter et d'agir sur le monde. L'individu va intérioriser des conduites, des comportements, tout un ensemble de choses sans en avoir conscience. Il va donc agir en fonction de tout cela sans le savoir. Ces structures vont en retour le structurer davantage encore (en me conférant une certaine vision du monde, certaines préférences) et le limiter dans mes choix. Ce qui correspond aux « structures structurantes ».
 ► Autre définition que nous donne Bourdieu : « L'habitus, système de disposition acquises par l'apprentissage implicite ou explicite qui fonctionne comme un système de schèmes générateurs, est générateur de stratégies qui peuvent être objectivement conformes aux intérêts objectifs de leurs auteurs sans en avoir été expressément conçues à cette fin. »[2] Pour simplifier, l'habitus est un ensemble de manière d'être, d'agir et de penser propre à un individu, fruit d'un apprentissage particulier lié à son groupe d'appartenance, qui diffère selon sa classe sociale, sa disposition en capital, et sa place occupée dans l'espace social. L'habitus structure les comportements et les actions de l'individu, et à la fois, il structure les positions dans l'espace social.
 Bourdieu distingue deux types d'habitus correspondant à deux étapes successives de la socialisation de l'individu. L'habitus primaire tout d'abord qui débute avec la vie et qui s'achève grosso modo durant le secondaire. C'est durant toute cette période que l'enfant va intérioriser et apprendre les normes, codes, règles de son groupe social d'appartenance. Cet habitus est le fruit de son éducation familiale et scolaire.
Puis dans un second temps, ce qu'il nomme l'habitus secondaire qui correspond à l'ensemble des apprentissages que l'individu rencontrera par la suite tout au long de sa vie, et notamment dans le cadre de son environnement professionnel. La plupart du temps, habitus primaire et secondaire se succèdent sans heurts, dans la continuité : c'est la reproduction sociale. L'individu à l'âge adulte voit son habitus correspondre à celui de son groupe social d'origine. L'habitus acquis poursuit l'habitus hérité.

Parfois, il arrive que l'habitus secondaire soit en contradiction avec l'habitus primaire. Les codes, normes, goûts, valeurs de l'individu tendent à ne pas correspondre à celles inculquées et intériorisées dans son enfance. L'individu change de groupe social, sa classe sociale acquise diffère de sa classe sociale d'origine. Il y a mobilité sociale. Mais nous dit Bourdieu, l'habitus primaire se rappelle souvent à l'individu qui commet des « erreurs » dans ses comportements et ses conduites sociales révélatrices de son statut nouveau acquis et non hérité. Exemple : ne pas aimer l'art contemporain alors que le groupe social dans lequel il évolue « adore » cela (bien accentuer le [o] pour faire très chic).


 Pour Bourdieu, si ces deux habitus sont complémentaires, il n'en reste pas moins que c'est l'habitus primaire qui domine et qui est le plus important. Il parle à ce titre d'un effet d'inertie de l'habitus.
 ► Il ne faut pas confondre habitus et habitude : l'habitude renvoie à une donnée conscientisée, liée à une pratique quotidienne, objective. L'habitude se porte sur des actes concrets, sur des objets, des gestes routiniers. L'habitus est un concept beaucoup plus large. Il correspond au style de vie, aux préférences affichées par l'individu de manière consciente mais qui sont liées à une certaine forme de socialisation inconsciente qui lui font justement préférer ces éléments.
 L'habitus est le concept central de la théorie de Bourdieu, car il lie les dimensions objectives (pratiques, loisirs, styles de vie, ce que fait l'individu) et subjectives (gôuts, préférences, etc, ce que pense l'individu). Il produit les individus et leurs logiques d'action. La socialisation selon Bourdieu, en assurant l'incorporation de l'habitus de classe, produit l'appartenance de classe des individus tout en reproduisant la classe en tant que groupe partageant le même habitus.  Ce concept est au fondement de sa théorie de la reproduction sociale qui passe pour être en grande partie inconsciente du fait même de l'habitus.
 

► Si l'ensemble des sociologues s'accorde pour dire que l'individu est traversé de part en part par des mécanismes sociaux, certains ont néanmoins critiqué l'approche trop objectivante du concept d'habitus. En effet, pour les tenants de l'individualisme, l'individu est acteur de ses propres choix, de ses décisions, même si celles-ci sont à resituer dans un contexte social, économique et historique particulier. Mais si le contexte est influent, il n'est pas déterminant. Or, l'approche de Bourdieu consiste à faire du contexte social une variable déterminante des conduites des agents sociaux. En effet, l'habitus est une notion qui conditionne l'individu à agir tel qu'il le désire. Comment peut-on être déterminé à agir si l'on agit comme on le souhaite ? C'est justement toute la pertinence du concept bourdieusien qui fait des choix et des désirs individuels, des contraintes inconscientes qui pèsent sur l'individu.


 

■ Prenons en exemple concret : les études de sociologie urbaine montre qu'un enfant vivant dans un environnement social (voisinage) où le taux de scolarisation est faible aura moins de chance de réussir que celui qui vit dans un environnement où le niveau de diplôme est plus élevé. Pour le dire en terme bourdieusien, si le contexte social dans lequel vit l'enfant est pauvre en capital culturel et économique, sa destinée sociale a toutes les chances de converger vers la situation contextuelle dans laquelle il vit.  On est là face à une inégalité sociale criante : l'environnement a une influence directe sur la réussite scolaire et donc la destinée sociale d'un enfant.


 

Mais, si cette inégalité ne sonne pas le tocsin de la révolte sociale, c'est parce que les individus développent des comportements, des désirs, des choix, conformes à cet environnement. Ainsi, des enfants vivant dans un environnement social et culturel pauvre, où il y a peu de diplômes dans le voisinage auront beaucoup moins envie à leur tour de faire des études. Ce faisant, cette situation factuelle d'inégalité sociale se transforme en choix individuel. Si l'enfant ne veut pas faire d'études, c'est parce qu'il a acquis des désirs conformes à son groupe, à son environnement social. Une fois acquis, il va agir conformément aux spécificités de son groupe social. Il aura l'impression d'agir librement, alors que le contexte social l'aura inconsciemment contraint à agir de la sorte. Pour Bourdieu, c'est bien l'habitus qui permet d'expliquer le phénomène de la reproduction sociale. Mais étant en grande partie inconscient, il n'est pas remis en question ni interrogé. En outre, il est aussi fortement contraignant et révélateur de déterminismes sociaux. C'est sur cet aspect trop déterministe qu'il est fréquemment critiqué (à juste titre par ailleurs, même si son interprétation reste en grande partie pertinente).


 Des sociologues comme Boudon par exemple (ou plus contemporain, M. Duru-Bellat, F. Dubet, J.-C. Kaufmann, etc.) reconnaissent ses apports et la pertinence de son concept d'habitus mais le minimise dans le sens où ils laissent une place plus grande à l'individu dans sa capacité à dépasser sa condition, à sortir du cadre de sa conformité reproductive. A ce titre, on parle de « sujets » plus que d'acteurs ou d'agents sociaux.


[1] P. Bourdieu, Le sens pratique, p.88-89.

[2] Ibid, pp. 120-121.

Pute fonctionnaire

Par Le 17/10/2012

Les éditeurs veulent du sexe ?

Pas de problème, j'ai ça en rayon.


JUSQU'AU BOUT

 

Il chercha le numéro de téléphone du sex-shop et l’appela.

« Sex-shop du sans-souci, à votre service.

- Bonsoir, c’est moi qui vous ai déposé une pellicule photo, il y a quelques jours et vous m’avez parlé de rencontres qui pourraient m’intéresser.

- Des photos, j’en développe pas mal. Alors il faudrait être plus précis si vous voulez que je vous remette.

- Un mec, il avait failli dire un curé, avec une fille qui le pompait dans une bagnole. Ca vous suffit.

- Ah oui ! ça y est je vous remets, s’exclama l’homme d’une voix enthousiaste. Des beaux clichés. Ca vous intéresse alors mes petites rencontres ?

- Oui, c’est possible.

- C’est simple, ça se passe dans un manoir à trente kilomètres de Rennes. Les proprios sont super sympas. Ils nous prêtent le parc, la piscine et quelques pièces pour tourner des films pornos amateurs. Tous les acteurs sont payés et je suis certain que vous leur plairiez. Ils cherchent toujours des jeunes d’allure sportive. Les cassettes sont vendues en magasin, au black, si vous voyez ce que je veux dire. Et le tarif pour les acteurs augmente avec les spécialités.

- C’est à dire ?

- C’est 250 francs de l’heure pour les hétéros, 300 pour les homos, 400 les bi et 600 les transsexuels. On ne fait pas le sado maso et tout le reste. Les proprios n’aiment pas. Venez nous rendre visite le week-end prochain, on fait un nouveau tournage. Je parlerai de vous. Ca ne vous engage à rien mais je suis certain que votre physique intéressera l’équipe. Et quand vous verrez l’ambiance, je suis certain aussi que ça vous plaira.

- Et vous, là-dedans, quel est votre rôle ?

- Moi je fais des photos et je les vends. Mon truc, c’est toujours de mâter. »

Il donna son nom, écouta quelques consignes pour accéder au manoir et raccrocha.

Il pensa au voyage au Canada.

Plus rien ne l’arrêterait. Il le savait.

 

 

Il se présenta à la grille du parc à quatorze heures. Il sonna. Une soubrette à la plastique splendide vint lui ouvrir. Il donna son nom et celui du sex-shop. Aussitôt, la jeune fille lui ouvrit. Il gara le fourgon sous les arbres et suivit la demoiselle. Il pensa que si toutes les actrices avaient cette allure, il pourrait aligner dix heures d’érection.

Ils gravirent un escalier extérieur et en suivant le perron en granit rose, contournèrent le manoir. L’argent suintait de tous les murs. Par les fenêtres immenses, il aperçut des intérieurs rutilants.

« Baiser dans des lits à baldaquins ou des fauteuils Renaissance devrait avoir un certain charme. »

 

Des arbres centenaires encadraient la totalité du parc. Il n’en voyait même pas les limites. Quand ils franchirent l’angle de la bâtisse, le spectacle qui s’offrit à ses yeux le cloua sur place. Une dizaine de personnes, nues, installées sur de grands matelas de toile bleue, forniquaient. Par deux, trois ou davantage, les corps étaient mêlés dans toutes les positions. Certains participants portaient un masque. Deux caméramans et un photographe circulaient alternant les prises rapprochées avec des plans plus larges. Quatre jeunes hommes imbriqués attiraient pour l’instant toutes leurs attentions.

« Avec ou sans masque ? interrogea la jeune fille imperturbable.

- Pardon ?

- Vous pouvez mettre un masque si vous voulez rester anonyme. Ce film est destiné à être vendu. Des personnes de votre entourage pourraient vous reconnaître.

- Ça m’étonnerait beaucoup que parmi mes connaissances, il y ait des amateurs de films pornos.

- Détrompez-vous monsieur. Vous pourriez être très étonné. Certains de nos anciens acteurs ont connu, parfois, quelques sérieuses difficultés. Dans leur travail notamment. Et parmi tous les gens que vous rencontrez dans votre vie professionnelle, je peux vous assurer qu’il y a beaucoup de monde à avoir une sexualité très débridée mais secrète ! 

- Oui, c’est possible… Avec masque alors », finit-il par dire sans quitter des yeux les corps agités.

 

Elle le guida vers un coffre en bois sculpté et lui proposa de choisir. Il trouva un visage de chimpanzé rieur qui l’amusa.

« Si vous voulez participer aujourd’hui, vous vous déshabillez et vous rentrez dans le champ des caméras, c’est tout. Vous n’avez pas à vous présenter aux autres participants. Tous les gens admis ici sont immédiatement acceptés par les groupes. Vous n’avez qu’à faire part de vos préférences pour trouver vos partenaires. Personne ne vous posera aucune question sur votre vie privée. C’est la règle établie par les propriétaires. Je vous sers une boisson ?

- Un jus de fruits, s’il vous plaît. Merci. »

Le ton de la fille était resté identique du début à la fin. Poli et impersonnel. Une hôtesse de hall de gare.

Elle revint avec un verre immense. Il regardait un couple très actif et bruyant. La femme à la poitrine abondante l’attirait particulièrement. Les seins lourds dansaient à chaque coup de boutoir.

Il vida son verre rapidement et se déshabilla. Il coiffa son masque de singe et descendit dans la mêlée.

 

 

Il quitta le manoir vers vingt-deux heures. Personne n’était autorisé à dormir sur les lieux.

Il ne l’avait pas remarqué en arrivant mais, légèrement à l’écart des groupes, un homme d’une quarantaine d’années avait tenu les comptes. Il notait le temps « d’action réelle » sur le tournage.

Il fut crédité de cinq heures avec l’étiquette « bisexuel. » Le rôle avait l’avantage de laisser deux possibilités à l’acteur. C’était plus rentable. Il avait d’ailleurs appris par cet homme que les propriétaires avaient grandement apprécié ses doubles prestations et qu’il serait contacté pour le prochain tournage. Celui-ci aurait lieu lorsque toutes les cassettes auraient été vendues et les bénéfices comptabilisés.

Il avait donc reçu deux mille francs mais il en avait dépensé la moitié pour l’achat de résine de cannabis. Le joint qu’on lui avait proposé pendant une pause en contenait et il avait trouvé les effets foudroyants et particulièrement puissants. Un des acteurs lui avait expliqué que l’usage de stupéfiants était fréquent pendant les tournages. Il n’avait jamais senti une telle chaleur dans son sexe. Il avait eu l’impression de labourer sa partenaire aux gros seins avec un tisonnier ! Depuis quelques temps, les simples joints de cannabis ne lui procuraient plus le même plaisir. La découverte de la résine l’avait enthousiasmé. Il avait par contre été incapable de conduire. Il s’était installé dans un chemin à deux kilomètres du manoir.

 

Avant de s’endormir, il compta le nombre de soirées nécessaires au paiement d’un séjour au Canada. Il s’avoua néanmoins que même sans un tel projet, il y retournerait avec plaisir.

Il pensa à Anne et se dit qu’elle le traiterait certainement de putain ou de n’importe quel autre nom du même genre si elle apprenait quelque chose. Venant d’elle, il sut que ça ne le toucherait pas et que ça serait même un très bon moyen pour la décider à le quitter.

C’est elle, d’ailleurs, qui jouait la pute pour l’éducation nationale, pensa-t-il, amusé. Elle vendait son esprit et son énergie, se couchait devant les programmes et les directives ministérielles et elle jouissait, pour une fois, quand l’inspecteur lui attribuait une bonne note ! Et avec un salaire en plus ! Pute fonctionnaire, quel beau titre ! Elle acceptait cela en défendant des idées sur lesquelles elle n‘avait jamais réfléchi, des dogmes qui s’étaient infiltrés en elle à travers des années d’école, des concepts moraux et religieux qui l’avaient pénétrée insidieusement, avec de délicates caresses, de longs préliminaires et de multiples partenaires. Jusqu’à ce qu’elle finisse par s’offrir langoureusement, sans aucune résistance, avec le sentiment du devoir accompli, heureuse du rôle qu’on lui proposait, de la confiance qu’on lui accordait, laissant ruisseler en elle la semence intellectuelle et perverse de ses formateurs, persuadée de tenir sa vie entre ses mains, épanouie par des années de soumission passive et rémunérée. Et non seulement, elle se faisait prendre mais elle entraînait les enfants avec elle. C’était de la pédophilie ! Et maquée avec un ministre ! Cotisation retraite et sécurité sociale ! De toute façon, toute cette vie en société était une vie de pute. On passait son temps à se coucher. Enfant, on se couchait devant ses parents pour obtenir un câlin, un bonbon ou un jouet, puis devant ses enseignants pour une bonne note, un bon carnet scolaire et devant ses patrons pour un bon salaire et une promotion.

Il n’y a que devant la mort qu’on se couchait pour rien… Là, c’était l’arnaque totale !

Ou peut-être le seul moment où on arrêtait d’être une pute. Le premier et le dernier combat vraiment gratuit !

« Moi, au moins, je regarde la prison dans laquelle je survis. Je l’observe, je la scrute, je cherche ses faiblesses. Je prends du recul au maximum, je m’appuie contre un des murs et j’observe ce qui se passe dans les trois autres parties de la pièce. Je connais les autres prisonniers, je connais les règles, les techniques d’embrigadement et je sais que la seule porte de sortie, c’est la mort. Mais les gardiens ne contrôlent pas mon esprit. J’ai des échappatoires. La nature, le sport, le cannabis et le sexe. Les enfants représentent ma mission. Eux seuls peuvent me permettre d’atteindre la porte de sortie, fier et droit. Et libre. Et j’y parviendrai. Je ne mourrai pas en pute soumise. » 

Le porno des ménagères

Par Le 17/10/2012

Alors, donc, c'est un livre réservé aux mères de famille...C'est étrange ça tout de même et en même temps, ça montre bien le fonctionnement de ce "marché"...Il faut s'adresser à une clientèle ciblée.

Je vais écrire un porno pour les enseignants tiens :))





«Je ne fais pas l’amour, je baise brutalement», a prévenu le héros du porno pour maman d'E.L. James, dont 320.000 exemplaires envahissent aujourd'hui nos librairies.

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C'est le roman le plus vendu en 2012: "Cinquante nuances de Grey", premier tome de la trilogie sado-masochiste à l'eau de rose de la Britannique E.L. James, sort mercredi en France après s'être arraché à plus de 40 millions d'exemplaires dans le monde.
(c) Afp

C'est le roman le plus vendu en 2012: "Cinquante nuances de Grey", premier tome de la trilogie sado-masochiste à l'eau de rose de la Britannique E.L. James, sort mercredi en France après s'être arraché à plus de 40 millions d'exemplaires dans le monde. (c) Afp
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Il paraît que c'est un événement. D'un point de vue littéraire, on n'en est pas sûr. Mais du strict point de vue des chiffres, c'est indubitablement le phénomène éditorial de l'année. «Cinquante nuances de Grey» envahit, ce 17 octobre, les tables de nos librairies après avoir été écoulé à plus de 40 millions exemplaires dans le reste du monde.

Les mères de famille françaises, il était temps, vont donc enfin pouvoir découvrir «le porno pour maman» dans la langue de Molière. Qu'elles se rassurent cependant: en tirant à plus de 320.000 exemplaires ces aventures érotiques d'Anastasia, les éditions Lattès minimisent les risques de crêpage de chignons dans les rayonnages.

Anastasia, justement, est une jeune étudiante en lettres, vierge à la différence de la plupart des étudiantes en lettres, mais qui rêve néanmoins d’une romance à l’eau de rose. Jusqu'au jour où elle tombe sous le charme d’un jeune milliardaire, Christian Grey, qui pilote lui-même son hélicoptère - c’est dire s'il est sexy. Ce coup de foudre, né d’une banale interview, se concrétise par la signature d’un contrat qui fait d'elle son esclave sexuelle. On ignore à ce stade s'il s'agit d'un CDI ou d'un CDD, car l'histoire doit courir sur deux autres volumes (à paraître en France en janvier et février prochain).

Suivent, sur plusieurs centaines de pages, diverses pratiques vaguement sadomasochistes que la pudeur interdit de révéler, d'autant qu'on en a déjà un peu parlé ici. «Je ne fais pas l’amour, je baise brutalement», promet d'ailleurs Christian Grey.

La France sera-t-elle, ou pas, une bête à porn? E.L. James, l’auteur, une ex-productrice de télé de 49 ans, va-t-elle la menotter comme elle a émoustillé le reste de la planète? Pour le magazine «Elle», c'est clair: son livre va «révolutionner votre vie sexuelle», rien de moins. J.K. Rowling a décidément du mouron à se faire avec son pudding pour adultes. 

BibliObs

PS. Comme un best-seller sort toujours accompagné, les éditions Larousse annoncent pour le 6 novembre un guide pratique supposé expliquer les positions sexuelles évoquées dans «Cinquante nuances de Grey». Il porte un titre ambitieux: «Cinquante nuances de plaisir». 

 Pour en savoir plus: Allô maman porno

 Revenir à la Une de BibliObs

Lol, le dépeçage en règle !

Par Le 17/10/2012

MERCI MONSIEUR GARCIN :)

Accueil > La tendance de Jérôme Garcin > J.K. Rowling, quel pudding !

J.K. Rowling, quel pudding !

Créé le 10-10-2012 à 17h53 - Mis à jour le 12-10-2012 à 09h43

La maman de Harry Potter publie donc «Une place à prendre». Attention, concours de poncifs.

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J.K. Rowling a trouvé «Une place à prendre»: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne. (©Lefteris Pitarakis / AP / Sipa)

J.K. Rowling a trouvé «Une place à prendre»: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne. (©Lefteris Pitarakis / AP / Sipa)
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Où diable se situe la ville de Pagford? «Dans un écrin de verdure.» Forcément, le ciel du petit matin est «livide», la vue «imprenable», le panorama «grandiose», le vallon «profond» et le vent, «cinglant». Il y a également un fleuve, qui «scintille à travers l'ajour des feuillages». Ainsi qu'une église, où se déroule l'enterrement du notable Barry Fairbrother. Et là, surprise, «la foule endeuillée tout de noir vêtue» progresse sur un chemin «noir de monde »au milieu des «chapeaux de paille noirs», bref, «tout Pagford est dans ses habits les plus sombres». Je crois qu'on a compris: il s'agit bien d'obsèques.

Et c'est ainsi pendant 680 pages. Mortelles, les pages. La France avait Marceline Desbordes-Valmore, alias «Notre-Dame-Des-Pleurs», l'Angleterre nous offre J.K. Rowling, une desperate housewife qui se prend pour Dickens.

En résumé: le monde est moche, les maisons de riches sentent la cire et les gourbis de pauvres sentent la sueur, les enfants bourgeois sont propres et les bébés défavorisés ont des croûtes sur les fesses, les vieilles sont catarrheuses et les épiciers ventripotents, les jeunes baisent et se shootent.

Lorsque la maman de Harry Potter n'ajoute pas le manichéisme à la tautologie, elle semble participer à un concours de poncifs, façon jeux floraux. Dès la page 33, le ton est donné: 

Ses cheveux bruns aux reflets cuivrés ondoyaient en une cascade de vagues soyeuses qui s'en allaient caresser le creux de ses omoplates; la finesse exquise de son nez à peine retroussé soulignait le dessin saisissant de ses lèvres charnues; dans ses grands yeux écartés pétillaient des iris dont la robe noisette piquetée de vert évoquait le duvet de certaines pommes rousses.» 

Ce n'est plus une jeune fille, c'est un poster d'Arcimboldo. On voit qu'il y avait «Une place à prendre» (Grasset, 24 euros), et Mrs Rowling l'a prise: celle de la romancière la plus besogneuse de l'automne, qui est une saison mélancolique.

NDE, expérience de mort approchée. (spiritualité/mort)

Par Le 17/10/2012

Des expériences de mort imminentes scientifiquement prouvées

 

La réalisatrice Sonia Barkallah et la comédienne et auteure Lise Thouin. 

 

La réalisatrice Sonia Barkallah et la comédienne et auteure Lise Thouin.

http://www.info07.com/Societe/2012-09-29/article-3086343/Des-experiences-de-mort-imminentes-scientifiquement-prouvees/1

Patrick Voyer
Publié le 29 Septembre 2012
Patrick Voyer  RSS Feed
La Revue

Il y aura toujours des sceptiques du fameux "tunnel de lumière blanche", mais les plus grands spécialistes du monde commencent à croire leurs patients qui en reviennent…

Sujets :
France , Martigues , Italie

La journaliste française Sonia Barkallah le démontre dans son documentaire Faux départ – Enquête sur les expériences de mort imminente. Les plus grands neurologues et réanimateurs de la planète brandissent le porte-voix et font tomber des centaines d'années de stagnation scientifique. Leurs constats: oui, certaines âmes peuvent quitter momentanément leur corps et oui, le siège de la conscience pourrait se trouver en dehors du cerveau.

Sonia a interviewé des dizaines d'éminents spécialistes convaincus de ces deux avancées et de nombreuses personnes ayant vécu une expérience de mort imminente (en anglais, near death experience). Une d'entre elles, la comédienne et auteure Lise Thouin, effectue une tournée de promotion québécoise en sa compagnie. Les deux femmes se sont rencontrées en France lors d'un colloque sur les EMI, en 2006.

La réalisatrice est fière du résultat, car elle a réussi à utiliser la science pour briser des tabous ou croyances jugés farfelus: «Des sceptiques, ça en prend. Mais quand des spécialistes viennent donner des arguments solides comme ça, c'est ridicule de ne pas les prendre au sérieux», lance Sonia.

En France, son film a tellement créé une commotion positive, qu'il est distribué et écouté dans des centres de soins palliatifs et des universités. Sonia est invitée par des facultés de médecine pour présenter son film, considéré comme pédagogique pour les soignants et thérapeutique pour les patients.

«Quand je suis allée dans les hôpitaux pour rencontrer des médecins, j'ai été surprise: ils m'ont dit oui tout de suite!», confie Sonia, qui a recueilli des déclarations fracassantes. Comme celle d'un neurologue ahuri par les propos de son patient après une opération qui aurait pu lui coûter la vie; il lui a raconté dans les moindres détails qu'il a assisté à l'opération et même à celle dans la pièce d'à-côté…

«La question n'est pas de savoir si l'"expérienceur" est mort ou pas, mais comment a-t-il pu percevoir tout ça!», plaide Sonia, qui a notamment interviewé une dame aveugle qui a "vu" son opération en survolant son corps.

Sceptiques confondus?!

Non seulement ces "compte-rendu" renversent-ils l'ordre établi, ils établissent que les EMI ne découlent pas d'hallucinations provoquées par des psychotropes ou des maladies mentales. Le documentaire montre bien que les EMI arrivent dans n'importe quel cas, un accident comme une longue maladie de cause naturelle. Et cela, sans que la religion soit impliquée.

Sonia sait bien qu'il y aura toujours des incrédules, même si on leur plaque l'évidence en plein visage. Mais elle préfère garder confiance, tout comme Lise Thouin, qui se sent isolée depuis son EMI de 1985, car elle voit que la communauté scientifique prend la question au sérieux. «La plupart des grandes découvertes sont arrivées comme ça; dès qu'un scientifique est témoin d'un phénomène, la communauté suit», dit-elle.

«Il faut que ça se fasse graduellement, car certaines personnes sont fragiles», ajoute Lise Thouin.

Mais Sonia a un as dans sa manche: elle prétend que la sphère scientifique détient la preuve irréfutable de l'existence des EMI depuis dix ans (grâce à une étude d'un médecin néerlandais s'étalant sur huit ans), mais qu'elle ne la dévoile pas officiellement pour des raisons éthiques. Bref, certains spécialistes trouvent que ça chamboule trop rapidement l'édifice!

Mais ce n'est qu'une question de temps, car si plusieurs ont participé au premier colloque sur les EMI, à Martigues en 2006, davantage y seront en 2013 lors du second organisé par Sonia Barkallah. On veut en discuter, étaler les preuves, et on veut que la population soit au courant. Surtout que 18% des gens vivront une EMI…

Une expérience bouleversante

Lise Thouin avoue que l'ouverture face aux EMI est plus grande qu'en 1985, quand elle a survécu miraculeusement à un virus contracté en Italie. Or, elle assure que peu d'oreilles québécoises se dressent lorsqu'on parle de ce phénomène de plus en plus normalisé dans certains coins de la planète.

Si seulement 6 milliards de personnes avaient pu se trouver dans sa chambre d'hôpital en 85… «Je n'étais pas branchée quand c'est arrivé. Je suis morte et suis revenue. Pourtant, j'étais condamnée, tout le monde pensait que j'allais mourir.»

Ce qu'elle a expérimenté est indicible. Elle en a tout de même écrit un livre. «J'ai communiqué avec une réalité globale que je n'arrive pas à décrire avec des mots. C'était profond, mais ça s'est estompé. La conséquence reste encrée par contre, admet-elle, la main sur la poitrine. À mon réveil, je l'ai raconté au médecin, mais il m'a dit de ne pas en parler, que l'important est que j'étais vivante. Une seule infirmière m'a cru, parce que sa mère avait vécu la même chose.»

Lise Thouin avoue que sa vision de la vie a changé depuis cet épisode. «Je ne considère pas ça comme un hasard, mais comme une seconde chance pour faire autre chose», précise-t-elle.

Sonia considère les EMI un peu de la même façon. «La vie nous donne ce dont on a besoin pour évoluer», glisse-t-elle, en espérant plus de "contagions bénignes des EMI" dans le monde.

«Je trouve ça réconfortant, conclut Lise Thouin, car comme ça, l'humain ne meure pas comme un champignon…»

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Guezenec
    - 29 Septembre 2012 à 11:17:11

    Cela m'a toujours étonné de voir que, depuis 1975 où ces expériences ont été pour la première fois dévoilées par le Docteur Moody, il y ait si peu de diffusion dans les médias, alors que le sujet est l'un des principaux questionnements de l'humanité. Et ce ne sont pas les contre-arguments, peu convaincants (*), des sceptiques qui devrait freiner cette diffusion. (*) les sceptiques avancent depuis toujours que le cerveau génère une drogue au moment de mourir et provoque des hallucinations. Cette explication ne tient pas car 1. dans quelques récits, on est sur que le cerveau est HS 2. si c'étaient des hallucinations , elles seraient toutes différentes 3. Certaines expériences se produisent sans danger de mort 4. etc...

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  • Nom de l\'usager
    Magali
    - 29 Septembre 2012 à 10:09:09

    Ma mère aussi à vécue cette expérience y'a une 15ene d'année. Elle a raconté son histoire à une infirmière qui a mis ça sur le compte des médicaments mais ma mère disait que ce qu'elle avait vécue était plus vraie que la réalité de ce monde. Elle a eu l'impression de "revenir à la maison" Je pense que la médecine a encore beaucoup de choses à découvrir même si c'est une expérience qu'on peut pas reproduire à volonté. Il n'y a que les médecins et scientifiques qui ont fait eux même une EMI qui peuvent comprendre.

Pablo Neruda

Par Le 16/10/2012

PABLO NERUDA
Généraux
Traîtres :
Regardez ma maison morte
Regardez l'Espagne blessée.
Mais de chaque maison sort un métal ardent
En guise de fleurs,
Mais de chaque blessure de l'Espagne
Sort l'Espagne,
Mais de chaque enfant mort sort un fusil avec des yeux,

Mais de chaque crime naissent des balles
Qui trouveront un jour la place
de votre coeur.
Vous demandez pourquoi ma poésie
Ne parle pas du songe, des feuilles,
Des grands volcans de mon pays natal ?

Venez voir le sang dans les rues,
Venez voir
Le sang dans les rues,
Venez voir le sang
Dans les rues !

"Le jeu de la mort" (spiritualité/mort)

Par Le 15/10/2012

Effrayant et édifiant...

 

"La désobéissance est un acte individuel qui tire sa force de la capacité des hommes à oeuvrer en commun. La désobéissance ouvre la voie à la résistance collective. En ce sens, elle est un danger pour tout pouvoir qui abuse de son autorité."

A 1h10...Magnifique. Cette jeune femme, qui se dit fragile, qui dit qu'elle va pleurer, et qui a le COURAGE, la force d'arrêter en pensant qu'elle est "faible" alors qu'elle est EXEMPLAIRE...J'espère qu'elle y trouvera l'occasion de reconnaître sa beauté intérieure. Tout autant que les 16 autres qui ont "osé" désobéir...16 sur 80...


Reflets du temps : agressions sur les profs.

Par Le 14/10/2012

http://www.refletsdutemps.fr/index.php?option=com_zoo&task=item&item_id=1833&Itemid=2

On ne les compte plus depuis le début de l’année, mais qu’en est-il envers les élèves ?…

Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu’ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciation sur un devoir d’Anglais : « Qu’est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur ? »

Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l’année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d’apprendre, ses faiblesses n’étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, en un mois de classe, l’image qu’il a de lui, c’est celle d’un « nul ».

Tous les jours, en France, des enfants sont « poignardés » par des professeurs qui n’ont aucune conscience du mal qu’ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d’avoir la moindre compassion, d’éprouver le moindre amour.

Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.

Qui se pose la question de ce que vivent les enfants ?

 

***

 

En guise de premier commentaire, en attendant tous les autres :

« La poule et l’œuf »

Martine L Petauton

 

Certes, Thierry, l’agression de l’élève pousse, comme champignons en automne ; et ce n’est pas d’aujourd’hui ! L’écrit du professeur sur cette copie, est inadmissible ; il met en cause l’individu, bien autant que l’élève ; il juge, ressort, avec son prétendu humour, d’une forme de mort symbolique. Il ne respecte pas l’enfant qui veille toujours sous l’apprenant. C’est pile, le propos du Président, l’autre jour à la Sorbonne, quand il a dit – un peu vite ; je crains les trains entiers des incompréhensions : réformer la notation, par davantage de bienveillance. Il faut entendre : éviter le jugement péremptoire, arrêté ; celui qui ne permet pas le changement, la remédiation, les progrès, bref, celui qui ferme la porte, et ne l’ouvre plus. Ségolène, en tant que ministre, avait, en son temps, dit la même chose, au sujet du décliné des bulletins scolaires, qui, curieusement (ça en disait long sur les mentalités professorales) oubliait de signaler ce que l’élève devait faire pour améliorer ses résultats… Je me souviens d’un principal que j’aimais beaucoup, et que j’ai la chance de compter, encore aujourd’hui, parmi mes tout proches, qui avait tonné – avec quelle raison – contre un professeur, ravi de parler de « cette classe dépotoir » ! Ne rien sacrifier des valeurs hautes de l’école, voilà la mission de chefs d’établissements, pas toujours à leur poste.

L’élève est une personne. Vous avez raison de le dire avec force.

Mais, dans l’affaire de votre chronique, il y a une autre personne, c’est le professeur. N’est-il pas agressé, celui-là, juste sorti de ses théoriques études, mal, vite, trop peu formé, lâché dans une arène dont il ne connaît pas les codes ? N’est-il pas agacé, ce vieux de la vieille, campant sur son « expérience » de professeur (acquise, et immobilisée, il y a des décennies), par cette mauvaise évaluation qui – quelque part, selon lui – signe son « mauvais cours », donc, lui renvoie une image défaillante de lui-même ! J’ai ainsi connu, une collègue, qui pleurait, quand « ces petits cons avaient encore raté le devoir ! »

Bref, Thierry, la poule et l’œuf ?

 

Thierry Ledru

A propos de l'auteur

Thierry Ledru

Rédacteur

 

Je suis marié, nous avons trois enfants (ados), je suis instituteur depuis mes 19 ans. Je vis en Savoie. J’ai passé un BAC litté/philo et je suis tout de suite entré à l’école Normale (IUFM aujourd’hui). A l’époque je vivais en Bretagne mais j’étais passionné par l’escalade et l’alpinisme et je voulais aller vivre dans les Alpes. Mes deux dernières années de lycée, j’ai eu la chance immense d’avoir un prof de Français et une prof de philo extraordinaires. J’adorais lire et écrire et peu à peu ils m’ont permis d’avoir avec eux une relation privilégiée, des échanges extrêmement enrichissants, non seulement d’un point de vue cognitif mais surtout sur le plan humain. Krishnamurti, Ouspensky, Platon, Gurdjieff, Camus, Sartre, Saint-Exupéry, Lanza del Vasto, Gandhi, Koestler, Conrad, Steinbeck, Heminghway, Prajnanpad, Vivekananda, Sri Aurobindo, London, Moitessier, Arséniev, tout ce qu’ils m’ont fait connaître ! Tout ce que je leur dois ! J’écrivais des nouvelles, ils les lisaient, les critiquaient, m’encourageaient. Ils disaient tous les deux qu’un jour je serai édité.

 

Livres publiés :

Vertiges, Editions La Fontaine de Siloé, Collection Rhapsodie, 2003

Noirceur des cimes, Altal Editions, Collection litterae, arum, 2007

Commentaires (8)

  • Jean-François Vincent
    13 Octobre 2012 à 14:38 |

    Les commentaires des copies comme des bulletins trimestriels sont un exercice fatidieux et répétitif. Le commentaire que vous citez est imbécile; mais, avec un peu d'humour, on peut en faire quelque chose d'amusant, pour, il est vrai, des élèves plus agés, capables d'en rire. J'ai connu un prof de philo facétieux, qui, un jour, avait écrit sur un bulletin : "n'a cessé de progresser...Vers le radiateur!".

  • eva talineau
    14 Octobre 2012 à 00:31 |

    cher Monsieur, vous êtes en train de faire un amalgame assez étrange entre un enseignant qui critique des élèves sans suffisammment se soucier de leur sensibilité, et l'acte d'attaquer quelqu'un physiquement ! en outre, les enseignants qui, récemment, ont été attaqués ne l'ont pas été pour avoir manqué de délicatesse, mais pour avoir, au moins dans un des cas, essayé d'aborder des sujets qui ne plaisaient pas soit à l'élève, soit à ses parents, c'est à dire "le fait religieux", et l'islam. Enfin, c'est ce qu'on est arrivé à grand peine à comprendre, en recoupant diverses informations embarassées, tant les medias ont d'abord présenté l'affaire de manière lénifiante. De toutes façons, même si un manque de tact d'un enseignant avait été en cause, je ne vois pas en quoi cela "justifierait", en quelque sorte, la violence physique ! les mots ont été inventés pour répondre aux mots - on a l'impression que vous trouvez au fond "compréhensible" que les enseignants se fassent agresser soit par des élèves, soit par des parents d'élèves incapables de supporter la contrariété, à coups de poing ou à l'arme blanche !

  • 14 Octobre 2012 à 13:40 |

    Pour ma part Martine, je dirai que le prof est responsable de ce que les élèves lui font vivre. Non pas qu'il est responsable de la situation extérieure à sa classe, de toutes les difficultés inhérentes à la société, chômage, misère sociale, angoisses générées par les images de ce monde, contre tout cela il ne peut rien mais il se doit d'être le "Maître" du sanctuaire que doit être l'école. Les enfants qui y viennent n'ont pas à y souffrir et cela n'enlève en rien leur devoir de travail. L'immense différence au regard du monde extérieur, c'est qu'à l'école ils sont en droit d'attendre un regard accueillant, attentif, respectueux, une attitude nourrie par la patience, l'écoute, l'échange surtout, l'échange...Combien sont-ils ces professeurs qui connaissent réellement leurs élèves? S'ils ne voient face à eux que des élèves, comment pourraient-ils espérer établir une relation respectueuse puisqu'ils nient dès le départ, l'individu lui-même. C'est à l'adulte enseignant de faire le premier pas. Pas l'inverse. Les enfants et même les adolescents ne savent pas encore observer leurs propres fonctionnements. Ils agissent à l'instinct et leur instinct les conduit à une position défensive si l'adulte, face à eux, se contentent de monter au front...Je n'ai pas respecté mes professeurs "à priori" mais parce que je sentais profondément qu'ils nous respectaient. L'attitude inverse est tout autant vraie. Mais il est bien plus facile d'instaurer un rapport de forces, c'est à la portée de n'importe qui. La formation des enseignants est similaire à celle des gradés de l'armée. "Nous ne vous demandons pas d'en faire des hommes mais des techniciens. Montrez leur que vous possédez le savoir dont ils ont besoin pour trouver leur place. Qu'ils vous soient soumis. Mettez en place un conditionnement favorable à l'obéissance. Ils n'ont pas à comprendre ce qu'ils font, ils doivent juste appliquer vos directives."

    A l'inverse, on peut apprendre aux enfants à observer ce qu'ils vivent. Un exemple : j'ai expliqué cette semaine que lorsque j'avais décidé au tennis de passer du revers à une main au revers à deux mains, j'avais réalisé que l'ensemble de mon jeu s'était détraqué. Tout à fait normal. On apprend par paliers et il faut accepter que les acquis précédents soient atteints lorsqu'un autre apprentissage se met en place. Il faut apprendre la patience et l'attention, apprendre à rester positif et appliqué, réfréner la colère ou le dépit, ne pas considérer que l'objectif est plus important que l'acte présent etc etc...
    Pourquoi les enseignants ne parviennent pas, pour beaucoup d'entre eux, à établir ces échanges existentiels, puisqu'il s'agit bien de ça ? Parce que la formation initiale ne les a pas amenés à cette voie ? Et pourquoi ne réalisent-ils pas que c'est le nœud du problème, pourquoi ne s'y engagent-ils pas d'eux-mêmes? Pourquoi attendent-ils des solutions techniques à un problème qui ne relève pas de la technique? On nous dit maintenant que tout ira mieux parce qu'on va travailler le mercredi matin, que le calendrier va changer, qu'on va revoir les programmes et patati et patata...Trente ans que je vois les mêmes plantages. On marche à l'envers et NOUS sommes responsables. Pas les enfants. Et qu'on ne vienne pas me dire que ce que je prône ne fonctionne que dans des classes "tranquilles". J'ai été éducateur sportif pour délinquants adolescents caractériels et j'ai enseigné en SEGPA. Et puis d'ailleurs, les classes "tranquilles", ça fait un moment que ça n'existe plus. Où que ça soit. Alors, on fait quoi ?
    Pour ce qui est des bulletins trimestriels, je n'en fais pas. J'écris cinq lettres dans l'année à chaque enfant. Des lettres dans lesquelles je leur parle d'eux, de leurs progrès, de leur attitude, de mes attentes, de tout ce que je ressens à travers ces instants de vie commune. Aucun jugement. Un partage. Des droits et des devoirs mais surtout, surtout en ne mélangeant jamais que ce que l'enfant fait n'est pas ce qu'il est. Le contenant avant le contenu. Toujours.

    • Martine L
      15 Octobre 2012 à 10:15 |

      " le prof est responsable de ce que les élèves lui font vivre " !!! non, Thierry, à ce credo - permettez moi, " sûr de soi et dominateur", dangereusement simpliste, imbibé de " culture de l'excuse", qui - à mon humble avis, n'est pas de nature à changer les choses. Seule la discussion, la mutualisation ; seules des recherches en termes de négociations, de compromis, et non de compromission, sont de nature à faire progresser, dans un chantier - école où il y a urgence.

  • 14 Octobre 2012 à 17:18 |

    OK le professeur n'a pas à juger l'élève mais son travail.
    Mais, nous, avons-nous le droit de juger le professeur et de soutenir l'élève ? Comment l'élève peut-il avoir envie de travailler si nous le soutenons contre le professeur, tant que celui-ci n'arrive pas à être parfait ? ...

  • 14 Octobre 2012 à 18:02 |

    Madame Talineau
    Les médias ne parlent que de certains cas d'agressions, qu'il s'agisse de professeurs ou d'élèves. On connaît la vue extrêmement étroite des médias et leur parti pris pour leur audimat. La réalité du terrain est toute autre. Je pourrais vous parler pendant bien longtemps de tous les cas que je connais personnellement d'enfants humiliés, d'enfants qui quittent le système scolaire, non pas parce qu'ils n'ont pas les capacités à apprendre mais parce qu'ils sont au bout, psychologiquement. Non, je ne fais pas d'amalgame avec les professeurs agressés pour avoir abordé des sujets sensibles au regard de certains élèves. Le sujet est éminemment complexe. De la même façon, je connais aussi des professeurs qui œuvrent au bien être de leurs élèves à travers les apprentissages. Ils sont nombreux eux aussi. Mais je connais aussi leurs difficultés au regard de la hiérarchie, de "l'équipe pédagogique", des proviseurs, du ministère. Quand un professeur se voit reprocher une "trop grande complicité" avec ses élèves et la raison de leur rébellion avec des professeurs "autoritaristes", je me dis qu'il y a vraiment quelque chose de pourri dans ce royaume. Rudolf Steiner disait qu'il ne sert à rien de lutter contre la vieille école, il faut juste attendre qu'elle meure. Mais combien d'enfants "morts" compterons-nous avec elle ? Suffit-il de se dire qu'il en a toujours été ainsi et que l'école ne peut pas tout régler? Non, elle ne le peut pas, c'est évident. Mais, elle n'a pas pour rôle d'accroître les douleurs. Je me souviens très bien de ma scolarité. J'ai rencontré des hommes et des femmes remarquables. Peu, mails m'ont considérablement marqué. Je suis devenu enseignant en me nourrissant de leur exemple. Je me souviens aussi très bien de ceux et celles qui m'ont cassé. Jusqu'à en tomber malade. J'ai cinquante ans aujourd'hui et je ne supporte plus l'idée que rien n'a changé. Claude Allègre parlait de "mammouth". Je préfère le terme de "fossile". On ne change pas un fossile. On le brise, on le réduit en poussière.

  • 14 Octobre 2012 à 20:28 |

    Monsieur Gabard.


    Aucune professeur ne sera jamais parfait pour la simple raison que nous sommes dans une dimension humaine. En technologie, on peut parfois parler de perfection. Dans une classe, on peut viser la perfection en sachant qu’elle restera inaccessible. Elle consistera uniquement à refuser catégoriquement les stéréotypes, les amalgames, les « méthodes », les jugements péremptoires, l’idée que plus aucune évolution n’est envisageable, elle consistera à écouter, à ressentir, à être patient, attentif, accueillant. Elle consistera aussi à être rigoureux, intransigeant quand il faut l’être mais en étant capable de justifier chaque décision, non pas au regard d’un règlement intérieur mais au regard de l’humanité.
    Dans une classe, chaque enfant est une individualité mais il évolue au cœur d’un système familial, sociétal, il a une histoire personnelle et elles sont de plus en plus complexes…Il ne s’agit pas pour tous les acteurs qui se croisent de "soutenir" l’un ou l’autre, de s’opposer, de soumettre, de convertir mais d’œuvrer conjointement, en bonne intelligence, à l’éveil de l’enfant. Bien évidemment que c’est difficile mais rien n’est possible en se figeant dans une citadelle. L'échec, sinon, est déjà programmé. Nous n’accueillons pas des élèves, nous accueillons des enfants. Ils rentrent dans les enceintes scolaires avec leur histoire et il est aberrant d’espérer les voir entrer, « nus » et disponibles. Soit, l’ensemble de l’individu est pris en considération, soit on se heurtera à un élève, c’est inévitable. Bien évidemment qu’il faut laisser du temps aux enseignants pour valider une telle démarche. Encore faut-il qu’ils l’acceptent. Je connais une professeur qui s’est vue reprocher par « l’équipe pédagogique » d’un collège sa trop grande complicité avec les élèves, c’était de sa faute si les élèves ensuite se rebellaient dans les autres cours. La hiérarchie n’aime pas les singularités pédagogiques, elle n’aime pas que les enfants soient considérés, qu’ils ne soient pas que des élèves. « C’est le terreau du désordre. »
    Non, c’est le ferment de l’humanité.

  • Jean-Luc Lamouché
    16 Octobre 2012 à 15:52 |

    ...Des élèves "poignardés"... ! Non, monsieur, car les mots ont un sens ! Un conseil donc : modérez votre langage, car, on ne peut pas vous suivre quand vous parlez comme cela. Votre choix sémantique est trop grave en contribuant ainsi à décourager les jeunes enseignants, qui ont d'abord besoin d'être soutenus - certes pas d'une manière inconditionnelle (là je suis évidemment d'accord).
    Comme il existe parfois dans nos établissements des sortes de "bonnes sœurs laïques" d'extrême gauche, qui voient les jeunes des zones dites "sensibles" comme des petits christs (de banlieues), vous me faites pensez à elles, monsieur. Et, à mon avis, elles font beaucoup de dégâts... ! Les élèves, surtout dans ces zones, ne sont ni des christs, ni des diables - voyez-vous.
    Vous êtes dans la généralisation, dans l'outrance. Oui, il y a des humiliations d'élèves à cause de certains enseignants, mais vous ne vous situez que d'un côté. Venez donc dans les régions "sensibles", car votre biographie montre que vous ne semblez pas les fréquenter vraiment beaucoup...
    J'ai toujours adoré mon métier, pour les matières enseignées et le contact avec mes élèves. Je sais qu'il y a un "effet professeur", positif ou négatif - je vous rejoins sur ce point. Mais en fait, quelque part, vous me semblez être toujours un élève (au niveau inconscient) et vous ne vous assumez pas comme enseignant, dans la fonction d'autorité qui doit être la nôtre, au risque de voir l'autoritarisme (un grave défaut) tout submerger un jour : certains sont déjà demandeurs, par exemple parmi les parents - et essentiellement pour les enfants des autres, bien sûr. Et cela sans oublier un certain courant politique plutôt en vogue...

      • eva talineau
        17 Octobre 2012 à 14:18 |

        effectivement ! il n'y a aucune mesure entre critiquer un élève, même maladroitement et sans délicatesse, et "poignarder" quelqu'un. Mal nommer les choses ajoute au désordre du monde.

    • 17 Octobre 2012 à 04:11 |

      Mr Lamouché.
      Éducateur avec des adolescents délinquants caractériels, vous pensez que c'est assez "sensible" ? Enseignant en SEGPA, c'est assez "sensible" ? Je ne vais pas faire ma biographie ici pour vous apparaître suffisamment compétent. Vous me voyez comme une "bonne sœur". C'est votre choix. Vous attribuez le seul terme d'autorité à notre fonction ? C'est votre choix. Vous pensez que je condamne d'emblée les jeunes enseignants ? Alors, relisez moi autrement qu'en diagonale et vous verrez que nous nous accordons sur bien des points. Vous ne notez que ce qui vous dérange et vous le sortez de l'ensemble. Si les enseignants n'ont que de l'autorité à dresser devant les enfants pour justifier ce qu'ils demandent, alors qu'ils ne s'étonnent pas que ça ne soit plus suffisant lorsque ces enfants seront adolescents. Lorsqu'il faudra faire intervenir l'armée dans les cours de collège, peut-être qu'on se mettra à y réfléchir...

    • 18 Octobre 2012 à 06:12 |

      C'est tout de même assez consternant de voir à quel point ,e fond du problème peut être nié...La symbolique des guillemets vous échapperait-elle ? En tout cas, la fossilisation des comportements est une réalité criante.

    • 18 Octobre 2012 à 09:11 |

      Et si Julles Ferry c'était trompé? Où, pensez-vous que le fait de rendre l'école obligatoire au delà de l'enseignement primaire soit une solution toujours valable à notre époque?

    répondre

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Soldes au Prix Nobel

Par Le 13/10/2012

"Nous n'allons plus persécuter, mais nous punirons et ferons justice. Nous ne coloniserons plus les peuples, nous les occuperons pour les libérer. Nous n'exploiterons plus les hommes, nous les ferons produire. La guerre s'appellera la paix, la tyrannie restaurée s'appelera discipline et liberté. Le malheur de tous les hommes, c'est le bonheur de l'Humanté"

Eugène IONESCO


Commentaire d'un journal norvégien (page politique) :

 

"Attaquer les Islandais, faire mourir les Grecs, tabasser les Espagnols, aliéner les Irlandais, déposséder les Italiens et corrompre l'idéal républicain des Français pour enrichir les banques, vous appelez ça cultiver la paix, vous ?

 


Que dire de plus ?

C'est l'OTAN qui s'attribue le Prix.

L'Europe et la France en première ligne sont de gigantesques usines d'armes de guerre.

La Lybie ? C'est le chaos.

La Syrie ? C'est pire que le chaos, c'est l'horreur. On sait très bien qui sont réellement les forces en présence.

grece-espagne.jpg


"Peuple, tu es mystifié. Tu seras démystifié. J’ai élevé pour vous tout un troupeau de démystificateurs.

Ils vous démystifieront. Mais il faut mystifier pour démystifier. Il nous faut une mystification nouvelle. (…)

Nous allons désaliéner l’humanité. Pour désaliéner l’humanité, il faut aliéner chaque homme en

particulier. (…) Nous n’allons plus persécuter, mais nous punirons et nous ferons justice. Nous ne

coloniserons pas les peuples, nous les occuperons pour les libérer. Nous n’exploiterons pas les

hommes, nous les ferons produire. Le travail obligatoire s’appellera travail volontaire. La guerre

s’appellera la paix et tout sera changé grâce à moi et à mes oies. (…) Quant aux intellectuels… Nous les

mettrons au pas de l’oie ! Vive les oies ! En démystifiant les mystifications depuis longtemps

démystifiées, les intellectuels nous foutront la paix. Ils seront niais, donc intelligents. Ils seront

courageux, c’est-à-dire lâches ; lucides, c’est-à-dire aveugles. (…) Nous ferons des pas en arrière et nous

serons à l’avant-garde de l’histoire !"

IONESCO

"Tueurs sans gages"


"Cherche Profs"

Par Le 12/10/2012

Bientôt des profs roumains dans les collèges et lycées français?

Créé le 11-10-2012 à 17h16 - Mis à jour le 12-10-2012 à 09h04

Le gouvernement a doublé le nombre de professions que peuvent exercer en France les ressortissants roumains et bulgares. Parmi elles, plusieurs métiers de la fonction publique dont celui d’enseignant.

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Une salle de classe en école primaire (FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA)

Une salle de classe en école primaire (FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA)
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Après les plombiers polonais et les infirmières espagnoles, voici peut-être venu le temps des professeurs roumains ? Sur le papier en tout cas, les ressortissants de ce pays de 22 millions d'habitants m vont pouvoir passer, comme les autres citoyens des Etats membres de l’Union Européenne, la plupart des concours organisés par l’Education Nationale.

Le gouvernement vient effet d'établir une liste de 291 métiers désormais ouverts aux Roumains ainsi qu'aux Bulgares. Le document doit prochainement paraître au Journal Officiel et dans cette liste à la Prévert figure les métiers de professeurs (enseignement général du second degré, enseignement artistique, enseignement technique et professionnel). Et cela tombe fort bien puisque la France connaît une pénurie sans précédent de vocations.

Le gouvernement le reconnaît d’ailleurs sans détour. Dans leur communiqué commun, Manuel Valls, le ministère de l’Intérieur et Michel Sapin, le ministre du Travail de l’Emploi de la Formation professionnelle et du Dialogue social, écrivent que la liste des 291 métiers concernés "a été élaborée à partir d’un critère objectif, le degré de tension (offres rapportées aux demandes) dans chacun des métiers et a été arrêtée après consultation des partenaires sociaux et des services déconcentrés du ministère du Travail" (cliquez ici pour lire le document complet).

43.000 postes à pourvoir en 2013

Les besoins de l’Education nationale sont réels. En dépit de la montée du chômage, les difficultés à recruter des professeurs perdurent. Le métier d’enseignant, mal payé et de moins en moins bien considéré par les élèves et leurs parents, fait moins rêver les Français. Dans le primaire, certains départements ne parviennent plus à satisfaire leurs besoins. Les inspecteurs de l’Education nationale de la Seine Saint-Denis ont même écrit le mois dernier à leur ministre pour réclamer la création immédiate de 250 postes.

Pour tenir l’objectif fixé par François Hollande, Vincent Peillon a prévu de créer 43.000 postes en 2013. Mais comment parvenir à ce chiffre alors que les concours sont loin d’attirer les foules ? Le site Rue89 a montré, appli à l'appui, que dans certaines matières, et notamment les mathématiques, le taux de réussite au Capes atteignait 40%. Signe non pas que les candidats sont meilleurs. Ils ne sont simplement pas assez nombreux. Résultat : certaines années, toutes les créations de postes prévues n’ont pu être pourvues. D’où le besoin d’élargir les possibilités de recrutement.

1 Roumain sur 5 est réputé francophone

Or les Roumains sont, de tous les citoyens de l’Union Européenne, potentiellement, les plus à même de réussir les concours. En Roumanie, 20% de la population parlent le français. Plus de 80% des collégiens l’apprennent comme première langue au collège. La France accueille d’ailleurs déjà un grand nombre de médecins roumains dans le secteur hospitalier. Et ces derniers émigrent d’autant plus volontiers que les salaires dans leurs pays sont parmi les plus faibles d’Europe. Un professeur gagne en Roumanie autour de 5.500 euros… par an alors qu’en France les revenus des enseignants débutent à 22.430 euros et plafonnent à 44.518 euros pour un agrégé en fin de carrière.

Une belle rencontre.

Par Le 10/10/2012

 Je crois que la sagesse se reconnaît à son extrême simplicité.

Je l’ai rencontrée aujourd’hui, durant plus de deux heures, à Lille. Deux indiens kogis étaient venus parler à leurs petits frères (hermanos minores) depuis leur Sierra Colombienne. Ils avaient revêtu leur costume blanc (un genre de kimono en coton visiblement bio).

Le premier, Juan, arborait un chapeau en paille qui n’avait rien de particulier (entre le panama et le couvre-chef du fermier lambda). Il était chargé des relations avec le monde civilisé, celui qui voyage et parlemente (et se tape la corvée de la ville, si j’ai bien compris). Effectivement, même en Colombie, dans la sierra il existe des villes, des bandits, des mafieux, des paramilitaires et des grosses industries qui ravagent salement la terre de leurs ancêtres.

Le second kogi, Gabriel, portait une sorte de bonnet tissé qui finissait en pointe (on aurait dit -un peu- la coiffe des télétubbies, dessin animé que je n’ai jamais regardé, mais je suis en train de me demander si un rapport existe entre le ciel, les gens branchés et Jean-Claude van Damme)

Ce chapeau pointu caractérise les kogis qui ont un lien avec le spirituel. les porteurs de chapeau pointu sont branchés au ciel. Ce sont en quelque sorte des hommes antennes, ou des conducteurs, parce qu’ils sont parfaitement connectés à la Terre Mère. C’est du reste la substantifique moelle de leur message. Sans équilibre avec la Terre, pas de sens. Sans pensée collective pas d’action sensée. (ça calme!)

Hum. On commence déjà à se sentir très bêtes avec nos individualités, nos portables et nos systèmes politiques…mais on sourit largement parce que ces hommes là c’est comme un petit miracle assis là, devant nous. On a même les larmes aux yeux.

Nos deux voyageurs de l’extrême (ils n’aiment pas trop les boites, qu’elles soient roulantes ou immobiles, comme la salle pourtant immense de l’université Lilloise où nous sommes) sont flanqués d’un voyageur formidable, Éric Julien, qui, pour avoir été sauvé autrefois par leurs chamans, s’est promis de les aider à racheter une parcelle de leurs terres. Cet homme introduit, explique et traduit, mais à part une courte phrase en kogi l’essentiel se dit en espagnol. Je suis ravie de ma mémoire (pour une fois!) suffisante pour comprendre en espagnol et au cas où une subtilité m’aurait échappée, reste Eric qui a l’air de se régaler lui aussi… apparemment, on ne se lasse pas vite d’un kogi!

Bon. Éric Julien nous parle de ce peuple étonnant. Il précise que les Kogis ont accepté de voyager pour nous livrer un message, à nous,petits frères qui, il faut l’avouer, sommes d’affreux saccageurs de planète. Eux ils sont grands, et ils ont derrière eux plus de 4000 ans de culture sans rupture ni méandre ou raccourci douteux. un bel avantage, mais en revanche ils n’ont pas la télé. Mouais.

On apprend ainsi que les Kogis suivent la loi des origines (j’ajouterais, celle de l’Equilibre) et que la nuit ils pensent le monde, pensent leurs actions (l’obscurité est propice à la lumière, c’est d’elle que naissent les meilleures pensées. Bien sûr tout cela est fait collectivement) Là, je suis contente, la lumière soutenue par l’obscurité, je connais. (cf le yin et le Yang).

Ensuite arrivent les questions du public. Et là, je dois revenir à la simplicité de la sagesse.

Il ne s’agit pas de la philosophie (il m’est arrivé de poser devant une sentence de Hegel 10 minutes sans vraiment saisir sa substantifique moelle) ni de théologie ou d’une spiritualité basée sur des théories plus ou moins complexes mais d’un bons sens brut, sans fioritures, presque brutal.

Or, il y a un décalage frappant, hilarant même, attendrissant aussi entre les questions parfois alambiquées des questionneurs et les réponses des kogis. C’est Juan qui parle, sous la houlette de Gabriel (qui passe pas mal de temps à épulucher son kimono, signe de concentration intense ou bien alors il est fatigué et se délasse mieux ainsi)

Bien sûr, ceux qui prennent la parole sont émus et il veulent tant dire et demander à la fois que leurs questions se perdent parfois dans plusieurs directions.

Impitoyablement, avec cette simplicité désarmante le kogi élague en quelques paroles bien senties dans le meilleur des cas. Ou bien il oublie la moitié de la question, ou même la question tout entière et répond à côté. Et petit à petit, moi qui me contente d’écouter, je prends conscience de ce décalage entre nos esprits habitués à tant d’effets spéciaux, d’envolées, de belles paroles. On en oublie la moelle. et d’écouter vraiment. de recevoir la parole comme un terre reçoit l’eau, la présence de la parole. On préfère le discours fleuve et s’y noyer.

Les réponses de Juan nous le rappellent sans même le souligner. Une sorte de petite leçon en filigrane. Restez simples, les gars et à l’écoute de la Terre. (enfin, je résume beaucoup)

Il se trouve que l’an passé je me suis pas mal renseignée sur les sages. Noaidis, chamans, angakuqs, guérisseurs ou sorciers, j’en passe quelques autres. Quels que soient les différences de cosmogonie ou de rituels, on retrouve chez tous cette simplicité qui confine au presque rien. Un rien qui est aussi notre essentiel. le nôtre, celui des petits frères saccageurs civilisés et celui des peuples premiers.

 En guise de mot de la fin, Gabriel au chapeau pointu parle des femmes. Il dit leur importance et qu’il a mal quand on les blesse parce que c’est comme faire mal à la Terre Mère. Il n’est pas en train de parler de la mère en gants Mapa coincée au foyer et qui pond une ribambelle d’enfants. Il parle d’autre chose de bien plus profond et ça me donne envie de pleurer.

J’ai rencontré la Sagesse et elle avait l’air de presque rien. Un grand merci !

 Ps : pour aider les indiens kogis à retrouver leur terre (et pour s’aider au passage) le site www.tchendukua.com

A COEUR OUVERT : Désapprendre à regarder

Par Le 09/10/2012

Coeurouvertwhite

« Je pense que l’amour réel pour une personne contient le même amour que pour cette terre, la nature épargnée. Lorsque je montais seul sur une colline, j’éprouvais une telle paix, une telle sérénité, un silence intérieur aussi vaste que celui de l’altitude. J’aurais aimé monter à quatre mille mètres. Aujourd’hui, je comprends les alpinistes. Et bien, je ressens la même paix avec toi. Comme un détachement, une absence de trouble, une ouverture spirituelle, le saisissement de l’instant, rien, aucune pensée, aucune inquiétude, aucun remord, aucune attente. Comme lorsque je suis assis ici. La même paix. L’amour. Peut-être que les gens ne savent plus aimer parce qu’ils sont loin de la terre. Juste une supposition. L’euphorie des villes, l’agitation, le bruit, le commerce des désirs, la multiplication des manques inventés, même les relations amoureuses sont à l’image de ce chaos. Une surenchère permanente. Cette impression qui ne me quitte plus qu’on ne peut aimer que dans l’abandon de tout, jusqu’au vide, jusqu’à cette absence de soi, se laisser envahir par l’inertie. C’est sûr que ça va à l’opposé de ce monde moderne. Pas assez rentable. Rien à vendre, la perte des consommateurs, un cauchemar. »

Il s’aperçut qu’il parlait en fixant un point lointain, un mont arrondi qui se découpait sur le ciel, comme des paroles lancées dans l’azur.

« Saint-Exupéry disait que les gens qui s’aiment ne passent pas leur temps à se regarder. Ils regardent le même horizon.

-Et bien, je suis d’accord avec lui puisque tu es dans cet horizon. Puisque l’amour que je porte à cette terre est le même que celui que j’ai pour toi. Je te regarde en contemplant ce monde.

-Et tu oses dire que tu ne sais pas parler ? »

Un rire bref, presque gêné.

« D’où ça vient tout ça ? demanda-t-il.

-Et à quoi ça te servirait de le savoir ? Ce qui importe, c’est que ça soit là.

-Oui, c’est vrai Diane, mais c’est tout de même effrayant de réaliser qu’on peut passer à côté de soi à ce point. J’ai cinquante-trois ans.

-Cinquante-trois ans d’apprentissage tout simplement.

-Tu veux dire que tout était déjà là ? Qu’il fallait que la croissance se termine ?

-Elle n’est pas terminée.

-Et pourquoi est-ce que ça passe par une telle rupture, pourquoi les choses ne se font-elles pas en douceur, en toute conscience ?

-Parce qu’il n’y a plus de conscience. Parce que l’ego a pris le dessus. Alors, il faut une révolte.

-Il faut que tu m’expliques ce que tu entends par ego. »

Elle s’allongea, les yeux tournés vers le ciel.

« L’ego, c’est quand tu ne vois plus le ciel. Non pas le voir avec tes yeux, non pas l’identifier avec des noms de nuages mais le voir comme s’il était en toi et comme si tu y étais évanoui, disparu, liquéfié, comme si tu n’étais même pas une particule de vapeur d’eau, rien, le vide immense en toi. Si tu ne peux plus ressentir cette disparition et que tu vois le ciel comme un paysage, alors, c’est que tu es identifié à ton ego, c’est que tu n’existes que pour toi-même et que tout ce que tu vois, tu ne le fais exister que pour valider ton existence. Tu ne regardes pas le ciel, tu te regardes à travers le regard que tu portes au ciel.

-Mais tu ne crois pas que tout le monde voit les choses comme ça Diane ?

-Pas les enfants. Tant qu’ils ne sont pas trop grands. Ceux d’ici en tout cas. Les enfants Kogis ne regardent pas le ciel, ils le vivent. Comme toi maintenant. »

Une idée folle. Aller là-bas. Partir.

« Il faut que tu me passes des livres sur ces Indiens.

-Ce soir, promis.

-Et tes deux autres livres aussi.

-Tu ne vas pas lire toute la soirée et toute la nuit tout de même ? »

Il roula sur le côté et glissa une main sous sa chemise de lin.

« Non, aucun risque, répondit-il. J’aime infiniment vivre en toi. Tout autant que dans le ciel. »    

"I want to walk"

Par Le 09/10/2012

Quand volonté et détermination
riment avec guérison

http://www.inrees.com/articles/Paralyse-remarche-volonte-guerison/

Cinq années après avoir été paralysé après un accident de voiture, un jeune américain, à qui les médecins avaient laissé très peu d’espoir sur ses chances de retrouver l’usage de ses jambes, a démontré que détermination et force d’esprit sont plus forts que tout.
Brock Mealer, un grave accidenté de la route a défié les pronostics des médecins qui affirmaient qu'il ne remarcherait plus. A force de détermination, il a réussi à retrouver l'usage de ses membres inférieurs.
Après un accident de voiture, les médecins avaient confirmé à Brock Mealer qu'il ne marcherait plus jamais. Pourtant, à force de détermination et de courage, le jeune Américain leur a prouvé le contraire. En effet, il n'avait qu'1% de chance de marcher à nouveau. Il a alors tout fait pour être dans ce pourcentage. L'accident avait eu lieu en 2007, la veille de Noël. Ce dernier a été particulièrement violent pour sa famille puisqu'il y a perdu son père et Hollis Richer, la petite amie de son frère, âgée de 17 ans, n'a pas survécu également. Après l'accident, Brock Mealer était paralysé de la taille jusqu'aux pieds. Les médecins ont alors tout fait pour lui expliquer qu'il ne remarcherait plus.

Son frère, Elliott Mealer, est un joueur de football dans l'équipe du Michigan. Ce sont les professionnels du conditionnement physique de l'équipe de son frère qui ont proposé à Brock Mealer de le remettre sur pied. C'est donc sans ménagement qu'ont eu lieu les différentes séances de réadaptation. Aujourd'hui, il se déplace avec deux cannes, mais son objectif n'est pas encore totalement atteint. En effet, son mariage est prévu pour le 22 décembre prochain, à quelques jours près, cela marquera les cinq ans de l'accident, précise le site Michigandaily. A cette occasion, il compte bien montrer qu'il a défié le destin en remontant l'allée seul, sans aucune aide. Avec la persévérance que l'on sait à Brock Mealer, on ne doute pas qu'il mettra tout en œuvre pour relever ce défi.

Lire l'article sur Gentside

Tellement évident...

Par Le 09/10/2012

Mais évidemment pas dans le nouveau projet pour l'école...Les technocrates préfèrent "réfléchir"...sur le nombre d'heures de cours...

On n'est pas sorti du marasme...


La méditation s'invite
dans les écoles

http://www.inrees.com/articles/Mediter-a-l-ecole/

Les outils de la pleine conscience font leur entrée dans deux collèges français. Relaxation, exercices de respiration, découverte des sensations du corps et observation de ses pensées. Pour les élèves comme pour les professeurs, afin d'être présent dans l’instant, détendu, attentif et motivé. Enquête et témoignages.
« Les élèves sont de plus en plus agités en classe, ont de plus en plus de difficultés à maintenir leur attention, et sont de moins en moins motivés, constate Bruno Pérard, directeur d’un collège privé à Bapaume, dans le Pas-de-Calais. Ce n’est pas un problème d’intellect. Mais aujourd’hui, les élèves sont habitués à avoir plusieurs occupations en même temps, leur esprit se disperse facilement, et ils ne parviennent plus à se concentrer sur une seule tâche et à vivre l’instant présent. » Pour aider les jeunes dans leur scolarité et faire émerger les potentialités de chacun, ce chef d’établissement a décidé, en début de rentrée scolaire, de faire appel à Raymond Barbry, consultant, formateur et coach spécialisé dans l’accompagnement et la gestion d’équipe, de projet et du stress, dans l’éducation, le milieu sportif et de l’entreprise. Sa mission : donner aux enseignants les outils de pleine conscience qui les transmettront aux élèves. « Monsieur Barbry nous a expliqué l’intérêt des outils de pleine conscience, raconte Nathalie Poiré, professeur d’EPS du collège, puis il a proposé à toute l’équipe pédagogique un atelier, sans aucune obligation. Tout le monde est resté. Cette séance nous a tous beaucoup apaisés. Il nous a appris à gérer notre stress, à nous relâcher. J’ai immédiatement parlé à mes élèves de réaliser la même expérience avec eux. Tous ont été très favorables. Et j’ai pu constater les premiers résultats bénéfiques à l’issue du cours. » Raymond Barbry intervient également depuis la rentrée dans un autre collège privé à Aix-en-Provence où l’équipe pédagogique a, comme à Bapaume, accueilli de manière très positive cette méthode d’optimisation des ressources humaines individuelles et collectives. « Les enquêtes récentes montrent, en effet, un lien proportionnel entre les difficultés d’attention, le niveau de violence et la quantité de consommation de télévision, de jeux vidéo... explique Raymond Barbry. Du point de vue neurobiologique, la relation est évidente. Le cerveau-esprit est un système qui apprend en permanence et est en “ébullition” lorsqu’il s’agit de présentation excitante, explosive et violente. Notre cerveau s’adapte aux nouvelles technologies du toujours plus et du toujours plus vite. Les enfants et les jeunes zappent de plus en plus avec pour conséquence une difficulté majeure à rester attentifs à ce qui est fait. Ils passent très vite, voire trop vite à autre chose. Ils sont dans le multitâche sans concentration. Par les pratiques de pleine conscience, nous apprenons à passer d’une tâche à l’autre, tout en maintenant une attention soutenue. Une tâche après l’autre à fond. »

Mais qu’est-ce que la pleine conscience ? Quels sont ses bienfaits ? Et comment la pratiquer ? Cette technique, issue des traditions millénaires orientales, remastérisée par les américains, permet d’apaiser le mental, réguler ses émotions, gérer son stress et optimiser sa concentration. Se poser, respirer, observer ses pensées et ses émotions, écouter son cœur, apprendre à focaliser son attention sur ce qui se passe dans l’instant, pour s’ouvrir et prendre contact avec ses propres ressources. Cette forme de méditation laïque (appelée mindfulness en anglais et samma sati, « attention juste », en sanscrit) nourrit une prise de conscience plus fine, une plus grande clarté d’esprit et l’acceptation de la réalité du moment présent.

S’appuyant sur les publications scientifiques du biologiste américain Jon Kabat-Zinn, l'un des pères fondateurs de la médecine corps-esprit, les ouvrages du philosophe Fabrice Midal, et les travaux du psychiatre Christophe André qui encourage la pleine conscience dans le milieu hospitalier en France, Raymond Barbry est convaincu que la pleine conscience est la solution pour répondre aux problèmes de manque d’attention et de motivation dans les écoles. S’il est encore trop tôt pour vérifier les évolutions positives générées par cette technique au sein de ces deux établissements précurseurs en France, d’autres pays, comme les États-Unis, le Canada, la Belgique ou encore les Pays-Bas, pratiquent déjà la pleine conscience dans certaines écoles où l’on a pu constater une augmentation de l’attention, de la concentration et de la motivation chez les jeunes ainsi qu’une amélioration certaine des relations entre élèves et enseignants. Des expériences ont également été effectuées dans des favelas au Brésil, où l’on a pu noter une baisse significative de la violence et de meilleurs résultats scolaires.
« Il s’agit durant un temps très bref en début de cours, d’effectuer quelques exercices simples, explique Raymond Barbry. Se concentrer sur sa respiration, se mettre à l’écoute des sons, des sensations de son corps, et observer ses pensées. Si l’on pratique régulièrement, on note des effets positifs sur chaque élève, de manière individuelle, mais aussi sur les enseignants, ce qui entraîne, de fait, des effets collectifs sur l’ambiance générale de la classe. Des recherches scientifiques récentes ont pu démontrer ce que les anciennes traditions avaient découvert bien avant nous, à savoir que ces temps de silence et d’intériorité s’avéraient bénéfiques, voire indispensables au développement et à l’équilibre de l’être humain, qui vit aujourd’hui dans une époque où tout s’accélère, où tout doit être effectué le plus rapidement possible, où il est exigé d’effectuer plusieurs tâches en même temps, où la surinformation et l’éclatement intérieur ne lui permettent plus d’être à l’écoute de son corps, de ses pensées et de ses émotions. Partout, les ouvrages et autres témoignages sur la pleine conscience se multiplient. Bien plus qu’un effet de mode, cette approche du développement de l’intériorité semble répondre à un véritable besoin de notre époque. Car les activités de développement de la pleine conscience modifient les zones du cerveau qui sont le soubassement de l’activité intellectuelle. Les exercices réguliers de pleine conscience entraînent une meilleure irrigation du cerveau, ce qui conduit à une mobilisation de la cognition facilitée et à une moindre fatigabilité. La réflexion est plus fluide. La vitesse de traitement des informations est plus rapide et donc le fonctionnement intellectuel est plus efficace. Or, pendant les temps de pratique de pleine conscience, il ne s’agit pas de faire marcher son intellect. Tout en étant en mode “off” le cerveau évolue, se modifie, se restructure. En conséquence, prendre du temps pour se poser et pratiquer des exercices de pleine conscience, c’est permettre au cerveau d’optimiser ce temps. C’est dans ces moments-là que toutes les zones du cerveau se synchronisent, tous les circuits s’activent. C’est dans ces moments qu’émergent alors les solutions à des problèmes que l’on pensait insolubles. »

Découvrir le blog de Raymond Barbry »

Musique.

Par Le 08/10/2012

C'est si beau...Si profond. Un voyage intérieur.

Suzanne Citron, historienne, lettre à Mr Peillon.

Par Le 08/10/2012

Suzanne Citron

Suzanne Citron

Nom de naissance Suzanne Grumbach
Naissance 1922
Ars-sur-Moselle
Activité principale historienne et écrivain française
Ascendants David Lévi Alvarès
Conjoint Pierre Citron [1]

Suzanne Citron, née Suzanne Grumbach (née en 1922) est une historienne et écrivain française.

Biographie

Ses deux grand-pères sont le général Paul Grumbach et le président de la Cour d'Appel de Paris, Eugène Dreyfus. Elle étudie au lycée Molière, à Paris. Pendant l'Occupation, Suzanne Grumbach est arrêtée à Lyon le 25 juin 1944. Elle a vécu les dernières semaines du camp de Drancy. Elle est cousine germaine d'Antoine Grumbach.

Elle est agrégée d’Histoire et docteur de 3e cycle en Histoire contemporaine. Elle a exercé plus de vingt ans comme professeur de lycée, puis onze ans à l’université de Villetaneuse (Paris XIII). Sa thèse de doctorat étudie L’Origine des sociétés de spécialistes et le corporatisme dans l’enseignement secondaire de 1902 à 1914. Elle a milité dans les mouvements pédagogiques des années 1960-70 pour la rénovation des contenus de l’enseignement et publié de nombreux articles dans diverses revues d’enseignants sur les problèmes de l’enseignement secondaire. Elle publie ponctuellement des « points de vue » depuis plus de trente ans dans Le Monde et depuis dix ans dans Libération.

Elle a été maire adjointe PS à Domont (Val-d'Oise) de 1977 à 1983. Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Bibliographie

  • 1971  : L'École bloquée, Bordas,
  • 1984  : Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée, Éd. ouvrières.
  • 1989 : Le Mythe national. L'Histoire de France en question -. Les Éditions Ouvrières.
  • 1989 : Le Bicentenaire et ces îles que l'on dit françaises. Syllepse.
  • 1992 : L’Histoire de France autrement, 2e éd. 1995 Les Éditions de l’Atelier.
  • 1996 : L’Histoire des hommes Syros jeunesse, nouvelle éd. mise à jour en 1999.
  • 2003 : Mes lignes de démarcation - croyances, utopies, engagements, Syllepse.

La morale laïque à l’école, une discipline de plus ?


http://www.liberation.fr/societe/2012/09/11/la-morale-laique-a-l-ecole-une-discipline-de-plus_845561

Par SUZANNE CITRON Historienne

Cher Vincent Peillon,

Votre proposition de réinventer une morale laïque à l’école suscite - en critiques ou en adhésions - un incontestable écho médiatique. Mais comment situer cette démarche dans le dispositif scolaire concret et en quoi participerait-elle à la révolution intellectuelle que vous appelez de vos vœux dans votre dernier ouvrage (1) ?

Paradoxalement cette annonce isolée ne s’inscrit pas explicitement dans le projet de refondation de l’école, le grand chantier du quinquennat. Elle omet de mentionner l’échec d’un système scolaire qui déverse chaque année dans un no man’s land sociétal des milliers de jeunes décrocheurs et déscolarisés dépourvus de repères et de toute assurance pour construire un avenir autre que le chômage ou d’incertains petits boulots.

Cette morale laïque qui, selon vos propos, «inculquerait aux élèves des notions de morale universelle, fondées sur les idées d’humanité et de raison», et qui les ferait réfléchir sur le sens de l’existence humaine est-elle recevable dans le fonctionnement d’une énorme machine à trier une élite par la réussite des uns et l’échec des autres ?

Parmi les causes d’échec de la scolarité obligatoire, il en est une sur laquelle j’attire votre attention, parce que, paradoxalement, son poids pourtant décisif est rarement mis en exergue : la conception de programmes exclusivement disciplinaires, dont les fondements historiques et épistémologiques remontent au XIXe siècle. La IIIe République en juxtaposant un enseignement du peuple (le primaire) et un enseignement pour l’élite (le secondaire) a maintenu l’héritage culturel et organisationnel des lycées napoléoniens. L’enseignement secondaire - le «tout puissant empire du milieu» disait Lucien Febvre - a été généralisé par le collège dans les années 1960-1980 sans être repensé ni dans sa structure ni dans ses contenus. Et les modalités de conception et de rédaction de programmes uniformes, imposés de façon centralisée n’ont pas été remises en question dans leurs logiques académiques abstraites, éloignées de la réalité des terrains.

L’écart entre des contenus cloisonnés, émiettés, matérialisés par une succession d’heures de classe sans lien les unes avec les autres se traduit pour nombre d’élèves par le sentiment que ces apprentissages juxtaposés sont dépourvus de sens, d’où l’ennui et le désinvestissement. Cela se produit d’autant plus quand l’arrière-plan familial ne prépare pas à l’absorption et à la légitimation de cette culture scolaire. Et même pour ceux qui ont ce privilège, le système, tel qu’il fonctionne actuellement, détourne trop souvent l’enjeu culturel porté par les enseignants au profit de la réussite sociale et du souci d’accéder aux «bonnes» filières socialement rentables.

Pour que le système éducatif retrouve l’humanité et la raison de votre morale laïque, il faudrait d’abord que ses objectifs soient formulés par rapport aux sujets vivants auquel il est destiné : le développement de leurs capacités individuelles, créatives, cognitives, esthétiques, de leur jugement éthique, de leur épanouissement personnel, corporel. Les disciplines cesseraient d’être fétichisées en tant que telles pour devenir des savoirs pertinents, des outils explicatifs du monde et du patrimoine de l’humanité. Les élèves découvriraient comment devenir acteurs de leur propre rapport avec ce monde et avec les autres.

Il s’agirait là d’une révolution culturelle qui ne saurait s’accomplir en un jour. Elle ne concerne pas seulement la France, mais notre pays se singularise par sa centralisation excessive, ses programmes beaucoup plus normatifs que la plupart des curricula des autres pays européens. S’y ajoute en outre une tradition culturelle de survalorisation des capacités d’abstraction au détriment des aptitudes manuelles, l’enjeu de la promotion sociale «républicaine» étant, depuis les années 1880, de passer des métiers «sales» aux métiers propres. D’où la survalorisation des filières générales au détriment des enseignements professionnels et techniques, comme l’a rappelé justement Hugo Desnoyer à propos des métiers de bouche (Libération 6 septembre).

Monsieur le Ministre, une morale laïque pour l’école d’aujourd’hui ne saurait donc se présenter comme une nouvelle «discipline» s’ajoutant aux autres. Elle exige au contraire, pour être pertinente, une révolution dans la manière de penser non seulement les contenus scolaires mais la République elle-même et la façon dont elle conçoit la dignité sociale et respecte tous les talents.

(1) «La Révolution française n’est pas terminée», Seuil 2008.

Dernier ouvrage paru : «le Mythe national, l’histoire de France revisitée», éd. de l’Atelier, 2008.


Oh, combien j'adhère à cette lettre. Merci Madame.

L'illusion de la quête

Par Le 07/10/2012

L'illusion...Oui, c'est bien cela. Lorsque mes hernies discales ont disparu, lorsque j'ai retrouvé ce bonheur de la marche, que les auras bleutées me parlaient la nuit, j'ai cru que j'étais passé à un autre stade, que j'étais entré dans une autre dimension, que je n'en sortirai plus jamais, que je baignerai infiniment dans cette ultime compréhension de la vie...Il n'en est rien.
J'ai récupéré le droit de marcher, je suis sorti de cette douleur immense, j'ai recommencé à vivre "normalement", les évènements exogènes ont repris le dessus, parce que je ne suis qu'un mari, père, instituteur, montagnard, écrivain. J'ai détesté cette rechute spirituelle, j'ai pleuré pour cet arrachement, cette disparition du bien être, j'ai réintégré ce petit moi. Mais là encore je me trompais. Je ne voyais que les effets de mon mental, ce joueur invétéré qui tenait là le moyen de se glorifier. J'ai mis longtemps à accepter cette vie, l'instant présent, j'ai mis longtemps à bénir ces "révélations" au lieu de ne voir que leur disparition. Rien n'avait disparu. C'était toujours là, en moi ou en Soi.
Tout ce que j'avais vécu ne venait pas de moi. C'était un cadeau. Ma colère devant la disparition de cette béatitude salissait ce cadeau.
Alors j'ai appris lentement, pas à pas, comme quand je marche vers les sommets, à aimer l'instant, à aimer cette vibration en moi, ce flux vital qui un jour s'était révélé au-delà de l'imaginable.
J'ai appris à ne plus être ce prétentieux qui réclamait davantage.

Aller vers le vide pour pouvoir recevoir, ne rien attendre, ne rien vouloir, je sais pourquoi j'aime autant ces paysages infinis dans lesquels rien de significatif ne surgit, rien de particulier, rien auquel le regard ne s'accroche. Tout ce qui accroche est un ancrage et on en oublie de se laisser porter.

 

Le bouton OFF

Par Le 07/10/2012

Où est le problème, ici?

Où est l'esclave?

Où sont les liens?

Cherche le bouton OFF...

Se taire pour écrire

Par Le 07/10/2012

"L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant...Quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue parce qu'il sait qu'il meurt et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée." Blaise Pascal.

 

Il vaut toujours mieux être un roseau pensant qu’un bouleau obtus. Pascal n’irait pas contredire La Fontaine.

La pensée est à la source de tous nos actes même ceux qui sont inconscients. Il ne s’agit que d’une pensée inconsciente…Quand à l’instinct, il a bien fallu que les actes qui en découlent soient un jour pensés par un de nos nombreux ancêtres afin que ces actes deviennent une expérience, une connaissance, un enseignement à transmettre…

On dit parfois qu’on doit avoir un comportement digne. Mais ce comportement n’est que la résultante de nos pensées. Dès lors que nous entrons dans le phénomène de la pensée, nous sortons simultanément du calice. Nous considérons que la vision macroscopique, ce regard intelligent et intelligible, cette transmission de notre analyse ou le monologue intérieur sont des saisies indéniables de la vie.

 

Nulle critique envers ce travail. Il est indispensable. Sans cette pensée, nous ne serions que des outres vides. Des enveloppes ayant délaissé le contenant possible.

C’est inconcevable. D’autant plus que non seulement nous ne cessons de penser mais bien souvent nous pensons à « l’insu de notre plein gré »…

Et c’est là que surgit le problème.

 

Peut-on parler comme Pascal de « dignité » lorsque nous constatons à maintes reprises, avec un minimum de vigilance, que ce phénomène de la pensée nous échappe et s’établit parfois sans que nous parvenions à le maîtriser ?

Combien de fois n’avons-nous pas souffert de ce sommeil insaisissable sous le feu ardent des pensées volages ?

 

Nous devrions être dignes de ne pas être maîtres de nous-mêmes ?

 

Bien entendu que Pascal parlait de la portée inestimable de ses pensées, de la force et la profondeur de ses raisonnements. Mais nous ne sommes pas des Blaise Pascal…

Nous ne sommes pas ces maîtres spirituels qui usent avec une justesse inégalable de leur capacité à penser ou bien à s’extraire dans la méditation du maelström inépuisable des neurones tourbillonnants.

Nous, à notre humble niveau, nous ne pouvons pas honnêtement être dignes de cette faiblesse chronique qui nous ronge et nous perturbe.

 

 

Qu’en est-il du silence ?

Le silence porte en lui la conscience de la vie. Pas son commentaire intellectuel, philosophique  ou spirituel mais sa réception totale, immédiate, épurée. Les pensées peuvent commenter la vie mais dès lors elles l’observent avec une certaine prétention, avec cette satisfaction du chercheur…Mais celui-là n’est pas au cœur de la vie. Il n’est plus qu’un chirurgien qui autopsie. Un chirurgien n’a qu’une vision restreinte, il s’attelle à une partie précise, à une tâche limitée, il ne peut pas se permettre d’élargir sa vision. Il n’a que faire de l’ensemble. Le penseur agit de même dès lors qu’il n’observe plus sa pensée mais se croit puissant parce qu'il pense.

Nous devons apprendre le silence, nous devons apprendre à nous taire. Intérieurement.

On n’entend rien dans ce tohu-bohu quotidien. Nous vivons comme dans un poste radio où les ondes s’interfèrent. Chaque émission veut prendre la place, chaque musique s’impose, chaque parole se répète, chaque évènement est commenté, chaque commentaire est commenté, chaque parole est reprise, chaque silence est considéré comme un non-dit qui doit être avoué, le "taiseux" comme on dit par ici est un être associal, un ours, certainement un psychopate, il faut s'en méfier, d'autant plus qu'il aime être seul, c'est anormal tout ça...

Ce monde moderne vit dans une cacophonie indescriptible. Il faut que ça cesse. C’est à partir du silence que nous pourrons apprendre à parler. Comme s’il restait à chaque fois que nous lançons en nous un cheminement intellectuel, une grotte, un antre ou un calice, un refuge à rejoindre comme un ressourcement possible. Il faut s’aventurer avec parcimonie, ne pas aller trop loin, ne pas se lancer sur plusieurs routes, éviter les croisements pour viser sans détour l’horizon. Et revenir à chaque fois dans le cocon originel du silence.  

C’est un retour à la Nature qui se propose. Nos vies modernes sont saturées de bruits et d’attirances. Nos rencontres, nos proches, nos voisins, la rumeur de la ville, la télé, la radio, les MP3, nos téléphones, les avions, les voitures, le chien qui braille, le coq qui chante, cet environnement carcéral qui ceint nos oreilles et déverse en nous une boue tonitruante de bruits incessants.

Qui donc peut se targuer de vivre dans le silence ?

Où peut-on le retrouver ?

N’y a t- il pas en nous une habitude perverse de cette houle d’océan comme une dépendance, une angoisse même si l’étendue venait à se taire ? N’entretenons-nous pas inconsciemment ce ressac indocile, ces vagues grondantes comme des poisons renouvelés ? Plonger volontairement dans la masse pour avoir le sentiment d'exister.

J’en ai vu bien souvent des randonneurs qui avançaient dans des paysages paisibles comme en terrain hostile et lançaient à vaux l’eau des verbiages futiles, comme pour combler ce silence assommant.

Je n’y ai perçu aucune dignité…

Ça pensait à tue-tête et c’est ma tête qu’ils tuaient.

 

Nous apprendrons à penser quand nous aurons appris le silence.

 

Je pense (et, oui, là, pour l’instant, je n’ai pas le choix…) à ce petit enfant, ce petit d’homme à qui tous les adultes qui l’entourent et l’accompagnent s’efforcent de le remplir de connaissances, de le plonger dans les expériences de la vie. Rien à redire. C’est l’adulte qui se construit. Mais il y manque trop souvent l’amour du silence. Le silence en soi, quand la paix retombe, avant même que le sommeil l’enveloppe, cet abandon délicieux dans le calice, là où se tient tapie la conscience muette de l’amour de la vie.     

Bienheureux l’enfant qui un jour s’assoit seul au sommet d’une colline et dans le silence intérieur perçoit la rotation de la Terre.

Celui-là peut être digne.

Il n'est pas devenu qu'un adulte.

Oui, je suis saturé de bruits, saturé d'agressions en tous genres, je n'y trouve plus aucun intérêt, je n'ai plus rien à en apprendre. C'est comme si j'avais atteint la limite, comme si le potentiel de réception était comblé et que tout ce qui continue à tomber m'obligeait à déformer le réceptacle, comme une grenouille qui gonflerait. On connaît la fin de la fable.

J'ai appris tant de choses, tout ce qu'il a fallu que j'assimile et qui ne m'a servi à rien, tout ce que j'ai appris et que j'ai déjà perdu mais qui génère toujours ce tohu bohu insoumis, comme une mélasse où tout a perdu sa forme initiale, dont plus rien ne peut sortir, tout cela, je voudrais le vomir.

Je sais que l'écriture est un refuge. Une ligne que je trace, qui m'appartient, un chemin que je balise, rien de nuisible n'y a accès, aucune intrusion n'y est possible, je connais la patience, je sais que je ne dois rien aux histoires, elles ne me réclament rien, il s'agit entre elles et moi d'une osmose bienfaitrice, d'un partage de données, l'écriture m'a appris le silence, l'abandon des pensées disparates pour extraire le mot qui convient, je sais aujourd'hui me taire pour écrire. Je connais l'antre du silence où les mots se reposent et attendent sereinement d'être choisis.

Je me suis réveillé à cinq heures, j'ai ouvert les yeux et une phrase a surgi, comme si elle attendait l'ouverture des volets pour sauter dehors. J'ai souri et j'ai remercié. Je me suis levé.

J'écris.

J'écris quand je n'ai plus rien à dire, plus rien à penser, plus aucune interférence. C'est dans cet état que je parviens à trouver le mot dont j'ai besoin, je sais que je n'aurai pas à fouiller pendant des heures, je suis devenu l'histoire, je suis mes personnages, je suis mes idées, je suis chaque mot offert, et le silence intérieur m'enveloppe comme un placenta purificateur. Le monde est dehors et je m'en suis extrait. Et au dedans de moi, le monde est sorti, au dedans de moi, il y a le silence et le peuple immobile des mots. Je les vois comme des visages impassibles, ils n'attendent rien et sont disponibles, ils n'ont pas besoin de moi pour vivre, que personne ne les saisisse pendant des siècles ne changera rien pour eux, ils resteront là, comme des pierres où l'érosion s'épuise.

Ils n'attendent rien, ils n'espèrent pas, ils sont là. Ils m'ont appris la paix.

Les syndicats enseignants

Par Le 06/10/2012

Je ne suis pas syndiqué et je ne le serai jamais mais sans savoir pourquoi je reçois la lettre mensuelle d'un syndicat. Dans le dernier numéro, ils nous parlent du tableau des 108 h que nous devons remplir pour justifier des heures que nous devons à l'administration dans le cadre des aides individualisées aux enfants, les diverses réunions d'équipe, conseils de maîtres, conseils de cycle, conférences pédagogiques etc...Dans la réalité, nous faisons bien plus que 108 h, tout le monde le sait et le syndicat nous demande donc de ne pas remplir ce tableau...

Je trouve cette demande totalement absurde.

Le gouvernement sait très bien que nous dépassons allégrement ces 108 h et il continue à vouloir l'ignorer, à ne pas le reconnaître. Il est donc lui-même dans l'illégalité en nous imposant ce tableau qui ne représente pas la réalité du terrain.

Si j'adhèrais à la demande du syndicat, je me mettrais moi-même dans l'illégalité pour soi-disant contrer une demande illégale. Et je serai sanctionné. Pas le syndicat par contre. Qu'est-ce que j'en retirerai ? Un blâme, une retenue de salaire ou un blocage dans mon avancement de carrière. Avec 2000 euros par mois, pour trente ans d'enseignement, je serais totalement idiot et inconscient d'aller faire supporter à ma famille cette contestation. 

Je vais donc, comme tous les ans, remplir ce tableau en inscrivant toutes les heures que je fais afin que mon inspecteur ne puisse rien me reprocher. Mais je comptabiliserai TOUTES les heures et cela ira donc bien au-delà de ces 108 h.

C'est par ce moyen que je montre au gouvernement que son calcul est faux et que j'abats bien plus de travail que ce qu'il pense.

Quant aux syndicats qui sont incapables d'opter pour des stratégies intelligentes et qui s'obstinent à nous faire passer pour des planqués, qu'ils sachent que leur lettre mensuelle m'est très utile pour allumer le feu de cheminée.

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