Là-Haut

Articles de la-haut

Haute technologie

Par Le 23/09/2012

Lumeneo, Tesla, Lit Motor C-1… Et si les meilleurs véhicules n’étaient plus conçus par les constructeurs automobiles ?

Certes, le titre est un peu radical, voire provocateur, mais c’est un peu l’impression qui prévaut quant on voit d’une part les difficultés que rencontre l’industrie automobile aujourd’hui, en tout cas une partie d’entre elle, et d’autre part les innovations plutôt enthousiasmantes proposées par des nouveaux venus n’appartenant pas vraiment au sérail.

Tesla, premium et électrique

Le premier auquel on pense est évidemment Tesla, sorte de pionnier de la voiture électrique aux USA, qui a pris une voie différente des autres constructeurs, à savoir proposer une voiture élégante et sportive là où les autres déclinent en version électrique les modèles les plus banals et utilitaires de leurs gammes. Un pari qui semble réussir à Tesla, puisque son premier modèle, le Roadster, pourtant vendu au tarif d’une Porsche 911 de base (environ 85.000 euros en Europe) et plus performant que cette dernière, s’est arraché au point que la rupture de stock est arrivée très rapidement. Ce qui a permis au constructeur californien d’engranger assez de cash pour travailler sur sa future gamme, élargie mais toujours Premium, et bourrée d’électronique connectée dernier cri, avec notamment un tableau de bord tout en écrans, donc certains tactiles. Tesla ? A l’origine, pas vraiment un constructeur automobile, mais une startup fondée par des anciens du web (l’un des créateurs avait lancé X.com, qui allait devenir Paypal), et qui a son siège à… Palo Alto, à quelques encablures de Facebook, entre autres. Vous voyez l’esprit ? Sans faire offense à Sochaux ou à Billancourt, on est là dans une culture complètement différente.

tesla roadster Lumeneo, Tesla, Lit Motor C 1... Et si les meilleurs véhicules nétaient plus conçus par les constructeurs automobiles ?

Lumeneo, le régional de l’étape

Le deuxième est français et nous en avions déjà parlé il y a quelques années sur Presse-citron : Lumeneo propose deux modèles dont le premier en date, la  Smerra est une petite merveille, elle aussi électrique, qui évoque un peu la Renault Twizy dans son concept et ses dimensions, en mieux (plus jolie, mieux finie, plus luxueuse). La bonne idée étant de parvenir pratiquement à faire tenir le confort d’une voiture fermée dans les dimensions d’une moto. Je vous laisse imaginer le résultat en termes d’agrément de conduite en ville, le tout sans aucune émission de carbone, et avec un coût au kilomètre dérisoire.

lumeneo smera Lumeneo, Tesla, Lit Motor C 1... Et si les meilleurs véhicules nétaient plus conçus par les constructeurs automobiles ?

Avec la C-1, Lit Motors réinvente la voiture et la moto !

Le troisième est peut-être le projet le plus incroyablement excitant dans cette redistribution des cartes du paysage automobile. La C-1 de Lit Motors, présentée hier à l’occasion du TechCrunch Disrupt à San Francisco, est une voiture également monoplace/biplace en long dont la technologie pourrait bien totalement révolutionner le genre, si toutefois elle fonctionne réellement comme l’indiquent ses concepteurs. Contrairement à la Twizy ou à la Lumeneo, qui sont des sortes de mots à quatre roues, la C-1 est une voiture à deux roues. Mais contrairement à certains projets déjà existants, qui embarquent ne mécanique complexe de roulettes supplémentaires pour faire tenir l’engin debout aux feux rouges, la C-1 utilise des gyroscopes qui lui permettent de se stabiliser toute seule sans aucune aide extérieure. Résultat : la carrosserie peut être intégralement fermée, ce qui permet de réunir dans un seul véhicule les avantages d’une moto (maniabilité, encombrement) et ceux d’une voiture (conduite intérieure, habitacle chauffé…), avec en bonus une sécurité bien supérieure à celle d’une moto.

De surcroît, le projet C-1 a été dès l’origine conçu et pensé pour le grand public :  les prix annoncés, s’ils sont tenus, sont abordables, voire même très économiques quand on sait que là aussi le véhicule est équipé d’un moteur électrique :  de 24.000 dollars à son lancement prévu en 2014, elle devrait rapidement tomber aux alentours de 12.500 dollars quand elle aura atteint un marché grand public, une étape prévue pour 2018. Ceux qui l’auront achetée à ses débuts feront sûrement un peu la gueule mais bon c’est le prix du progrès. Et comme on est là aussi pas loin de la Silicon Valley (San Francisco), la voiture est bien sûr dotée de technologie intelligente : en plus des équipements de confort habituels (vitres électriques, climatisation…) elle est dotée d’un système de récupération d’énergie au freinage que l’on connait en F1, mais également de fonctions pré-programmées que l’on pourra actionner de son smartphone.

lit motors c 1 Lumeneo, Tesla, Lit Motor C 1... Et si les meilleurs véhicules nétaient plus conçus par les constructeurs automobiles ?

Trois projets qui ont une chose en commun : ils ne sortent pas des bureaux d’études des grands constructeurs ou de consortiums industriels, mais de petites entreprises récentes et agiles qui ont su intégrer les innovations que nous connaissons sur nos terminaux personnels (tactile, capteurs, gyroscopes…) et que l’on retrouve également sur un Segway ou un… AR.Drone par exemple.

Il serait peut-être temps pour les constructeurs historiques d’observer de près ces jeunes pousses et de se (re)mettre eux-même en mode startup. Microsoft l’a un peu fait pour réinventer sa division mobile avec Windows Phone. Pourquoi pas Renault, PSA ou d’autres ?

Ecole primaire dans l'OCDE

Par Le 22/09/2012

L’OCDE relève des inégalités entre l’école primaire et le secondaire


L’OCDE a publié la semaine dernière ses « Regards sur l’éducation 2012 », une étude des systèmes éducatifs d’une trentaine de pays. 583 pages pas toujours accessibles, heureusement pour les médias accompagnées d’une note de synthèse d’une douzaine de page. Rien n’empêche bien sûr de se plonger dans l’œuvre originale pour plus d’information : outre la confirmation que l’école française ne se porte pas franchement bien, on s’aperçoit entre autres qu’il existe de réelles inégalités entre l’école primaire et le secondaire.

 

Les moyens financiers

Si la France est dans la moyenne de l’OCDE pour ce qui est du budget alloué à l’éducation (6,3% du PIB contre 6,2% en moyenne dans l’OCDE), la dépense par élève croit beaucoup moins vite que dans les autres pays : moins de 10% d’augmentation depuis 2000 contre 36% en moyenne dans l’OCDE. Autrement dit, l’effort financier fourni par la France pour son éducation, qui la distinguait de la moyenne des pays de l’OCDE, va s’amenuisant. La preuve : l’éducation ne représente que 10,4% des dépenses publiques en France, classée ici 27ème pays sur 32, bien en-dessous de la moyenne de l’OCDE (13%).

Par ailleurs, il existe un gros écart dans les moyens alloués au primaire et au secondaire. On consacre en France 15% de plus pour un élève de secondaire que dans le reste de l’OCDE (10 696 $ contre 9 312 $). Mais on consacre, pour un élève de primaire, 17% de moins en France qu’en moyenne dans les pays de l’OCDE (6 373 $ contre 7 719 $). On investit moins en maternelle que dans l’élémentaire dans tout l’OCDE, mais là encore la France investit moins que les autres pays : 6185 $ pour un élève de maternelle français, contre 6670 $ en moyenne.

 

Le temps de travail des enseignants

Dans la plupart des pays de l’OCDE, les enseignants de primaire donnent plus d’heures de cours que leurs homologues du secondaire. Mais c’est particulièrement vrai en France, où un prof de primaire enseigne plus de 30% d’heures de plus qu’un prof de secondaire.

Un prof de collège français donne 646 heures de cours par an, moins que la moyenne de l’OCDE, 704 heures par an. Un prof de lycée français donne 632 heures de cours par an, moins que la moyenne de l’OCDE, 658 heures par an.

Un instit français donne 918 heures de cours par an, largement plus que la moyenne de l’OCDE, 782 heures. Seuls 4 pays font travailler leurs instits davantage que la France.

 

Le nombre d’élèves par prof

Alors que le nombre d’élèves par prof dans le secondaire est légèrement plus faible en France que la moyenne des pays de l’OCDE (12,3 contre 13,8), c’est l’inverse dans le primaire (primaire = maternelle + élémentaire). En élémentaire, on compte en France 18,7 élèves par prof contre 15,8 en moyenne dans les pays de l’OCDE, et l’écart est encore plus fort en maternelle avec 21,5 élèves par prof contre 14,4 dans l’OCDE.

Autrement dit, un instit français devra travailler avec une classe bien plus chargée que la moyenne de ses collègues de l’OCDE.

On rappellera ici que 21,5 élèves par prof ne signifie pas des classes de 21 ou 22 élèves en moyenne (LOL). Sont en effet comptabilisés les profs n’ayant pas de classe en responsabilité (remplaçants, profs spécialisés, en formation, en disponibilité, en congé maternité, etc.). Dans les faits, de toute façon on supprime une classe dès qu’une école compte 25 élèves par classe, et on n’ouvre une classe que si la moyenne d’élèves par classe dépasse 28.

 

Le salaire des enseignants

Les enseignants sont mal payés ailleurs aussi : dans tout l’OCDE, un enseignant touche 82% du salaire moyen à niveau de qualification égal. En France c’est pire : seulement 79% pour un prof du secondaire, et encore pire en primaire, avec 73% du salaire moyen.

Par ailleurs, la France est un des rares pays qui paie moins bien ses enseignants en 2010 qu’en 2000. Alors qu’en moyenne les enseignants de l’OCDE ont gagné 20% de salaire sur cette période, la France paie ses profs presque 10% de moins qu’en 2000, à prix constants. Autrement dit, les profs français sont les seuls de tout l’OCDE (avec les japonais) à s’être appauvris durant la dernière décennie. Partout ailleurs, on a compris que de bons salaires attiraient les meilleurs.

Après 15 ans d’exercice, le salaire par heure d’enseignement (une partie seulement du travail de prof, rappelons-le) est pour un prof de l’OCDE de 65€ en moyenne au lycée, contre 57€ pour un prof français. L’écart est un peu moindre pour un prof de collège : 55€ pour un prof français contre 58€ en moyenne dans l’OCDE.

L’écart se creuse en revanche pour les profs de primaire, encore une fois nettement désavantagés : un instit touchera en France 36€ par heure d’enseignement au bout de 15 ans de carrière, contre 49€ en moyenne dans l’OCDE… Seuls la République Slovaque, la Hongrie, l’Estonie, le Chili, le Mexique font pire, avec un niveau de vie bien moindre…

Le salaire annuel d’un instit français est nettement inférieur (entre 13 et 15%) à la moyenne de l’OCDE, que ce soit en début (24 334$ contre 28 623$) de carrière ou au bout de 15 ans (32 733$ contre 37 603$).

 

Etat d’urgence

Ces données confirment que l’école française se porte mal, et que l’école primaire est le parent pauvre de l’école française : moins de moyens, trop d’élèves, profs travaillant plus mais moins payés. La situation est encore pire en maternelle, alors que la France peut s’enorgueillir du meilleur taux de préscolarisation de l’OCDE (mais à quoi sert de préscolariser si c’est dans ces conditions ?). Quant au personnel, ainsi que le montre une étude parue cette semaine, il aime toujours son métier mais est au bord de la rupture.

Et encore, la situation réelle est sans doute pire. Les données des Regards 2012 portent en effet sur 2010. Elles ne prennent pas en compte les deux ans qui viennent de s’écouler, durant lesquels le délabrement s’est poursuivi sous la houlette de Luc Chatel.

Hollande a fait du primaire sa priorité. C’était la moindre des choses. Il n’a pas vraiment le droit à l’erreur, vu d’ici.

 

Suivez l’instit’humeurs sur Facebook.

Et aujourd'hui...

Par Le 20/09/2012

LE GENERATEUR DE KAPANADZE

Générateur de Tariel Kapanadzé - JLNlabs... et ailleurs

Depuis le 28/05/2010, Jean-Louis Naudin, que l'on ne présente plus à nos lecteurs, s'est mis à répliquer le générateur de Kapanadzé (notre nouvelle du  01/10/2009)

Independant Energy Device Patent WO2008103129A1 by Tariel Kapanadze June 8, 2007 : Générateur lui-même basé sur Fuelless Generator de Tesla

"C'est seulement un essai de réplication" dit Jean-Louis.  II n'est pas inutile de rappeler  que  "Toutes les informations et schémas sont publiés gratuitement ( freeware) et sont destinés à un usage personnel et non commercial" et que dans le cas précis de ces réplications il convient de suivre les conseils de prudence donnés par Jean-Louis.

Quelques images pour vous inviter à en savoir davantage.

Quelques résultats en chiffres aussi :

De la première version celle du 28/05/2010 à la dernière, le V3.3, les lampes allumées en témoin ont donné 150 W, puis 420, puis 1200, puis 2100 watts. On se demande jusqu'où ça peut aller !

Le Kapagen V3.3 a besoin de 153 watts d'entrée et sort 14 x 150 watts

 

Des réplications s'allument partout dans le monde !

Personne n'a la prétention de dire que c'est la panacée, mais tout de même quels résultats ! A suivre sur http://jnaudin.free.fr/kapagen

 

C'était en 1896...

Par Le 20/09/2012



L'énergie libre de Nicolas TESLA



« The World Sunday Magazine » du 8 mars 1896

« Le monde est à la veille d’une révélation étonnante»…

« L’électricité gratuite comme l’air »

indique l’article très enthousiaste sur les immenses possibilités offertes par l'exploitation découlant de l'expérience de Tesla.

Cet article date de 1896. En 2010, où en sommes-nous ?

A quelques rares exceptions près de chercheurs travaillant sur des systèmes énergétiques « libérateurs » qu'ils font connaître surtout par le réseau Internet, nous sommes loin de tout ce que l’article annonçait et dont voici quelques aspects grâce à la traduction d'un extrait.

 

"Un futur où l’énergie serait disponible pour tous quasiment gratuite, permettant aux foyers, aux industries de fonctionner sans se laisser extorquer leur argent par les profiteurs, les avides de toutes sortes – les millionnaires en particulier. Plus besoin de corrompre les politiques lors des élections…

 Nikola Tesla a réussi à transmettre du son grâce aux courants électriques de la terre qui fusent de toute part.

 Le son circule à une vitesse stupéfiante, mais ces vibrations sont si rapides qu’il est difficile d’évoquer un chiffre pour illustrer cette vitesse. Voici quelque chose qui peut donner une idée.

 Imaginez que vous êtes devant une table, un revolver dans une main et un doigt de l’autre main posé sur la touche d’un appareil de télégraphie relié à un fil qui ceinture le globe 7 fois et  chevauche le huitième tour sur une distance égale à 11.000 miles.

Appuyez sur la gâchette du revolver en pressant simultanément la touche du télégraphe. Pendant que le son de la détonation du revolver traverse 1100 pieds, l’impulsion électrique donnée par la pression sur la touche circulera 7 fois et demi autour du globe passant par le fil auquel la touche est connectée.

 Le son circule à raison de 1250 pieds par seconde et l’impulsion électrique à 186.000 miles par seconde. Si les courants électriques qui emplissent la terre peuvent être captés et exploités, nous sommes à une nouvelle aube de l’ère de l’électricité. C’est sur cette maîtrise du mystère de ces courants terrestres et de leur adaptation que des scientifiques comme Tesla se sont activés.

 On dit que Tesla, lors de ses expérimentations,  a découvert qu’à  la proximité de grandes villes il y avait tellement de courants terrestres conflictuels que l’on ne pouvait obtenir de résultats satisfaisants. C’est pourquoi il est sorti de Denver et a trouvé près de là un nouveau et meilleur lieu d’expérimentation.

 C’est là qu’il a rencontré un ami qui s’intéressait à ses recherches sur l’électricité.

Ils se sont rendus à la montagne de Pike.  Dans leurs bagages, se trouvaient bien visibles, deux « autoharps. » (voir ci-après)

Tesla et son ami escaladent donc les pentes raides de ce sommet. A l’altitude qu’ils avaient convenue, ils se séparent. Tesla longe le flanc de la montagne et en atteignant l’endroit exactement opposé au point où il avait laissé son ami, il s’arrête. Les deux expérimentateurs se trouvent sur une ligne droite traversant la montagne : 4 miles de roche les séparent.

Les deux autoharps avaient été préalablement finement accordées avant leur départ, et  le moment où l’ami de Tesla devait  jouer un air sur son autoharp, convenu entre eux. Tesla attend patiemment l’arrivée de ce moment. Ensuite il connecte sa harpe au sol de manière à assurer une résonance harmonique avec le courant terrestre.

De quelle façon est faite cette connexion, par quels moyens, cela reste un secret. *

L’autoharp réceptrice était équipée d’un micro.

Le moment arrive pour que l’ami de l’autre côté de la montagne tapote l’air choisi que Tesla écoute,  attentif et ravi.

Enfin, comme un diapason répond à ses harmoniques jouées sur les cordes d’un piano, l’autoharp dans les mains de Tesla fait résonner les accords harmoniques de « Ben Bolt » que son ami placé tout droit en face de lui à 4 miles tire des cordes tendues de son instrument.

Cette expérience est un succès.

Après avoir joué de nombreux airs, Tesla et son ami redescendent de la montagne.

Un rapport, enregistrement scientifique de ces faits avec les résultats de l’expérience est rédigé et attesté devant notaire..

" Les courants électriques sont dans la terre. Leur force est suffisante pour fournir toute l’énergie et la lumière dont les hommes ont besoin. Mr Tesla a surmonté la difficulté initiale et a situé et capté les courants terrestres."

* C'est là où les expérimentations de Kapagen deviennent intéressantes...

 Source : http://www.tfcbooks.com/tesla/1896-03-08.htm

Complément d'information (merci à René Flament)  : http://fr.wikipedia.org/wiki/Autoharpe

Une autoharpe dont personne ne joue. Pas parce qu'il lui manque une corde, ni parce qu'elle n'est pas vraiment accordée (comme ne l'indique pas le cliché ! ) mais parce qu'on ne sait pas en jouer ;-(

 

Autarcie énergétique à 2000m...

Par Le 20/09/2012

http://www.refuge7.com/index.html

REFUGE DE SARENNE : énergie positive à 2000m d'altitude.

Le Trésor des montagnes vous accueille toute l'année

Tout le confort écologique à 2000m

Le col de Sarenne est un site exceptionnel par sa beauté mais aussi par la dureté de son climat. Un lieu coupé de tout, perché sur un col à 2 000 m d'altitude, l'endroit idéal pour tester toutes les innovations traitant de l'habitat de demain, mises à l'épreuve dans des conditions extrêmes.

Refuge Eolienne
Reportage Sarenne Rhone alpes Tv Mais le "Trésor des montagnes" est aussi un lieu de vie, d'accueil et d'apprentissage du respect de la nature.
Refuge Eolienne

Des solutions durables

Le chalet situé sur la commune de Clavans en Haut-Oisans, ne peut accueillir que 18 personnes et il est très souvent complet. Il est fortement conseillé de réserver à l'avance, notamment si vous souhaitez participer à une visite des installations. On en repart avec de la documentation et surtout une furieuse envie d'équiper sa propre maison !

De juin à octobre, l'accès se fait par une route pastorale. L'hiver en revanche, le manteau neigeux et l'entretien de la piste de Sarenne en limitent l'accès au ski de randonnée et aux raquettes. Néanmoins, des transferts depuis l'Alpes d'Huez peuvent être arrangés.

La vue imprenable sur la Meije justifie à elle seule le déplacement ! Vous retrouverez le talent de la décoratrice Hilde Behaeghe qui vous accueille au sein du Trésor des montagnes.

Comme une forêt noire.

Par Le 19/09/2012

L'éducation a pour tâche essentielle la formation de la personnalité et cette formation porte sur les attitudes fondamentales de l'homme en face du monde et de lui-même. Il ne s'agit pas de connaissances intellectuelles ou de mémoire mais de choix de valeurs morales au coeur de la spiritualité. Non pas une morale citoyenne au service d'une nation mais des valeurs humanitaires, universelles. Cette spiritualité n'a rien à voir avec la religion. La religion sert de ciment social, elle est totalement dévoyée à une intention cachée, la soumission des esprits dans le même conditionnement que celui du matérialisme. La spiritualité est le ferment de l'homme libre et sert la vie.

Il ne s'agit donc pas d'accumuler des connaissances dans le cadre restreint d'une éducation formatée mais d'accéder à l'observation de soi dans les apprentissages de ces connaissances. Lorsque j'apprends les divisions à mes élèves, je les renvoie constamment à l'observation des phénomènes internes, la peur, l'inquiétude, un trop plein de confiance ou de mésestime, l'attention, la calme, la gestion des émotions, l'observation des pensées parasites. L'acquisition d'une technique cognitive ne peut être envisagée qu'avec ce travail spirituel. C'est ce que certains spiritualistes appellent la pleine conscience.

La connaissance est donc un moyen de parvenir à la compréhension de soi. Et c'est lorsqu'on présente l'enseignement de cette façon aux enfants, qu'on leur montre que l'objectif prioritaire, c'est eux, leur propre maîtrise, cette exploration constante et approfondie du monde intérieur, c'est là que tout devient possible et que les blocages se libèrent.

Coeurouvertwhite

"Qui est responsable de la détresse en nous ? Qui est responsable de la joie ? Ce ne sont pas les évènements mais l’interprétation que nous en faisons. Mais quand je dis que nous sommes responsables, il ne s’agit pas de se culpabiliser. C’est inutile, malsain et c’est même le meilleur moyen, encore une fois, de ne pas apprendre à comprendre.

-Apprendre à comprendre ?

-C’est la différence entre la connaissance et la compréhension. Prenez une forêt noire, le gâteau. Si vous croquez uniquement les paillettes de chocolat qui le recouvrent, vous optez pour la connaissance. La compréhension, c’est tout ce qui est caché par la connaissance. Il s’agit d’observer ce qui se passe en soi lorsqu’on accède à la connaissance. C’est là qu’on apprend l’indulgence, la patience, la lucidité, la vigilance, le calme, la gestion des émotions et un jour, lorsque le gâteau a été mangé, la sérénité survient. Le gâteau de toute une vie.

-Et la cerise, c’est quoi ? lança-t-il joyeusement.

-La mort bien sûr.

-Pas une mort prématurée mais celle qui vient lorsque le gâteau est fini. Que voudriez-vous faire de plus ?

-En profiter !

-C’est le chemin qui importe, c’est là qu’il s’agit de profiter, d’être impliqué à en saisir l’essentiel, sans être obnubilé par l’objectif. Quand vous mangez un gâteau, vous ne vous dépêchez pas de le finir, vous le savourez, ça n’est pas votre assiette vide qui vous réjouit. Faites-en autant sur le chemin. La mort, en fin de vie, est un cadeau puisque tout au long de votre existence, elle a inséré en vous le désir de vous repaître de la vie. »

Un rire bref, le visage réjoui. Ce bonheur de l’écouter.

« Et que va m’apporter cette mort alors ?

-Je n’en sais rien et je ne croirai jamais celui qui dirait le savoir. C’est un inconnu total. Et tant mieux. Puisque cela nous renvoie encore une fois à cette vie que nous pouvons apprendre à connaître. La seule chose que la mort m’apporte, c’est de savoir qu’elle surviendra et que je dois donc manger le gâteau avant qu’on m’enlève l’assiette ! »

Explication de la crise

Par Le 18/09/2012

Sur le net, on trouve une petite histoire avec des ânes qui explique la crise économique de manière (très) simplifiée.

Je la copie ici, car elle a le mérite d’être très pédagogique…

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village.

Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent

Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.

Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts.

C’était, disait-on, inévitable.

Mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

A COEUR OUVERT :Toxicomanes de l'absence

Par Le 16/09/2012

Coeurouvertwhite

"Une question qui le taraudait.

« Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que vous n’êtes pas concernée par les émotions ?

-C’est une erreur. Les émotions qui viennent de la terre me touchent immensément. Parce qu’elles sont neutres, gratuites, qu’elles n’ont aucune intention cachée. Celles qui viennent de mes semblables ont une appartenance qui m’échappent, elles sont issues d’individus, avec leur histoire, leurs attentes, leurs fonctionnements. Et ce sont très souvent des fonctionnements inconscients. Si vous vous chargez d’émotions qui ne sont pas maîtrisées parce qu’elles viennent de personnalités endormies, vous sombrez dans leurs cauchemars ou dans leurs rêves, ce qui revient finalement au même. Vous dormez avec eux. Il m’a fallu beaucoup de temps pour le comprendre. Mais malgré tout, je dois avouer que votre apparition ne m’a pas laissé insensible. Loin de là. »

Elle regarda fixement, avec un sourire léger au coin des yeux.

« Pourquoi est-ce que j’ai ressenti le même trouble ?

-Parce qu’il n’y a pas de hasard. Et qu’il arrive parfois que les révélations l’emportent sur l’habitude.     

-Je ne comprends pas.

-Nous vivons dans des schémas de pensées, des répétitions rassurantes sur lesquelles nous bâtissons l’identification qui nous convient et que les autres adoptent. C’est l’habitude. Un leitmotiv ronronnant. Tout ce qui porte atteinte à cette mélodie connue est considérée comme une agression, une atteinte à cette liberté que nous croyons posséder. Alors, nous renforçons les défenses. Accumulation de biens, accumulation de relations, accumulation de connaissances. Mais il n’y a aucune compréhension interne. Tout cela reste tourné vers l’environnement immédiat, une scène onirique. Personne n’est là, réellement. C’est un théâtre de marionnettes. La révélation vient fermer le rideau, les acteurs disparaissent, le jeu s’arrête, le public a quitté la salle, les lumières se sont éteintes. Si les résistances sont suffisamment puissantes, l’individu concerné prend peur. Il appelle au secours, il crie, il hurle, il maudit la vie et ses épreuves. Mais si la rupture est totale, la porte s’ouvre. L’individu découvre une autre forme de perception. Il ne comprend rien mais pourtant, tout tombe en lui comme dans un puits ouvert. Plus aucune résistance. À cœur ouvert. C’est ainsi que je nomme cet état.

-Et pourquoi dites-vous qu’il n’y a pas de hasard ?

-Parce que c’est une intention. Celle de la vie elle-même. Elle a un projet. L’extrême complexité du phénomène vivant ne peut pas être vide de raison. Non pas une raison cartésienne et castratrice mais une raison comme un objectif. Il y a une raison à tout ça.

-Et le drame serait une ouverture ?

-Parce que nous rejetons d’emblée l’idée d’une exploration. Le paradigme établi sert de modèle éducatif. Nous nous sommes trompés.

-Cela signifierait que la vie n’a pas su prévoir ce qui arriverait ?

-Peut-être avions-nous le potentiel et qu’elle nous a laissé le choix de nous en servir. Certains y parviennent sans attendre. D’autres sont sur le seuil. Ils ont juste besoin d’une aide provisoire, un coup de pouce du destin qui n’en est pas un.

-Pas de destin non plus alors ? Tout comme le hasard ?

-Non, évidemment. Une volonté mais qui ne nous appartient pas.

-Je n’ai jamais eu l’impression d’avoir évolué au seuil de cet espace avant mon infarctus. Pourquoi moi ?

-Je n’en sais rien. Et pourquoi moi d’ailleurs ? Et pourquoi pas Tyler ? J’y ai tellement songé que j’ai fini par comprendre qu’il n’y a pas de réponse. Pas à mon niveau de compréhension. Comment pourrais-je ramener à mon échelle le projet d’un Univers alors que j’évolue dans le creuset étroit d’une vie modélisée ? Lorsque la prétention humaine atteint un tel aveuglement, plus rien n’est possible. À la raison de l’Univers, j’oppose la raison de mon conditionnement. Et plus je progresse dans des connaissances ingérées, plus je m’éloigne de l’ouverture de la porte. »

Un tel choc. Il n’avait rien à opposer, rien à ajouter. Le chemin se devait d’être personnel.

« Si tu n’es pas toi-même, qui pourrait l’être à ta place. C’est de Henry David Thoreau, précisa-t-elle. Et je ne veux pas me détacher de ça. C’est pour ça que j’écris. Je pense que seule cette démarche permet d’extraire de soi l’essentiel. Les pensées sont insuffisantes, elles sont trop volages. Si vous cherchez à les développer avec vos semblables, elles se perdront en cours de route parce qu’elles opteront pour la confrontation ou la séduction et cette intention, quelle soit conflictuelle ou imitative, vous arrachera à vous-mêmes. Rien ne peut se faire hors la solitude existentielle. Les mots seront des balises, des scalpels, les outils de l’autopsie. Lorsque j’écris, ce sont les mots qui créent le courant de l’exploration, ils se nourrissent les uns les autres, Il ne s’agit pas seulement de pensées mais de sculptures. Tout reste gravé et la contemplation des architectures déclenche immanquablement le désir de reprendre le burin et de tailler encore et encore dans la masse. Sans ces écrits, vos pensées se sont évanouies depuis bien longtemps déjà. Vous est-il déjà arrivé de parvenir à prolonger le travail déclenché par une pensée, deux, trois ou dix jours après son apparition ? Non, bien sûr, c’est impossible. L’essentiel s’est perdu en route. Il vous restera peut-être le thème principal mais vous devrez reprendre le chemin au départ et même si vous parvenez à retrouver une balise sur le chemin, vous n’aurez plus aucun retour possible sur le chemin parcouru. Vous avancerez par bonds. Rien de continu, rien de linéaire. Juste des pensées anecdotiques et sporadiques. Il est impossible à mes yeux de progresser de cette façon. Et c’est très représentatif justement de la dispersion chronique d’une immense partie de la population. D’autant plus que les bonds sont programmés par les phénomènes extérieurs. L’actualité, les médias, les liens sociaux, la famille, les contingences quotidiennes, professionnelles ou autres. Beaucoup trop de parasites ou d’interférences. Les individus n’ont pas de continuité intérieure. Ils vivent par bonds incontrôlés. »

Elle s’arrêta.

Il l’observait. Elle n’avait pas bougé. Toujours cette tenue de tête, le dos droit, les mains posées sur les cuisses, aucun geste insoumis, aucune tension ou marque d’énervement, une exigence physique, un complet contrôle, un reflet matérialisé de son univers intérieur.

« Excusez-moi, je vous invite à manger et je m’emballe. Il y a longtemps que je n’ai pas parlé de tout ça avec quelqu’un d’autre que moi. Et ça me fait très plaisir que vous soyez là.

-Je ne vous parasite pas alors ? demanda-t-il avec une moue ironique.

-Nullement. Vous n’êtes pas un individu endormi. Je ne risque rien.

-Qu’est-ce que vous en savez que je ne dors pas ?

-Parce que vous avez dit tout à l’heure qu’il n’y avait rien eu dans votre vie avant de venir ici. Et je ne pense pas que ça soit exact du point de vue évènementiel. Mais ça l’est sans doute désormais d’un point de vue existentiel. Si vous aviez été dans un état de sommeil, vous auriez cherché à raconter quelque chose. Pensez un peu aux gens qui vous parlent d’eux lorsqu’ils viennent vous demander comment vous allez. Le coup classique. Vous n’avez pas éprouvé le besoin de raconter quoique ce soit et vous avez continué à m’écouter. Et je ne pense pas pourtant que vous ayez quelque chose de répréhensif à cacher.

-Effectivement, je n’ai tué personne. Rien volé non plus. Pour faire un résumé très bref, j’étais chef d’entreprise, j’étais marié, j’avais une fille. Ma femme m’a quitté, ma fille ne veut plus me voir et j’ai vendu mon entreprise à mon associé. Et malgré tout ça, j’ai l’impression qu’il ne s’est rien passé. J’en conclus donc qu’il n’y avait rien.   

-Rien, ça n’est pas le cas mais aucune observation, c’est probable. Je ne condamne pas la vie sociale mais je connais les dangers d’une vie sociale erratique. Le désir d’accumulation consomme une énergie considérable et il ne reste que l’épuisement. L’épuisement, lui-même, nourrit la détresse et pour annihiler cette détresse, l’individu cherche à accumuler d’autres expédients afin de se croire vivant. C’est ce qui maintient la croissance et la mondialisation n’est qu’une extension programmée à l’échelle planétaire. C’est un monde de toxicomanes, des toxicomanes de l'absence, heureux de leurs dernières possessions et avides des prochaines. »

Il posa son verre vide sur la table basse devant lui."

A COEUR OUVERT : 5 heures du matin

Par Le 15/09/2012

J'ai un livre sur le feu. J'ai ouvert les yeux il y a une heure déjà. Impossible de me rendormir. Toutes les scènes sont en moi, chaque parole, les paysages, les émotions, toutes les paroles à dire. J'ai un livre à écrire. Il existe déjà en moi mais il faut qu'il vienne au monde. On ne garde pas un enfant en soi. On le met au monde, on l'accompagne, on l'aide à grandir. Il faut que j'écrive, c'est comme une brûlure et je l'attise, elle est mon délice, ma source enflammée. 

La musique en boucle.

 

Coeurouvertwhite

                                                         6

Il arriva à la Godivelle vers vingt heures. Une lumière rasante sur les monts et les bois, des nuages blancs qui erraient comme des pensées disparates, il imagina que les cieux observaient la terre et commentaient le spectacle. Un sourire intérieur en constatant que la paix en lui était revenue. Peut-être le retour à cette terre, l’éloignement de la ville… Il avait senti dans la voiture que les routes se vidant, à mesure qu’il prenait de l’altitude, l’apaisement l’avait envahi, lentement, comme s’il était sorti d’un mauvais rêve et qu’il s’était éveillé. Dans les derniers kilomètres, il n’avait croisé aucun véhicule. Les vallonnements dévoilaient de nouveaux paysages, des houles de colline figées, des creux protégés des vents furibonds, des bois serrés comme des retranchements de silence, les traversées de villages s’étaient raréfiées, il ne restait parfois que les lignes électriques et cette route pour marquer l’empreinte des hommes. Il avait senti s’installer une douce torpeur, une hypnose délicieuse, sans pour autant devenir inattentif à la conduite. Comme un dédoublement de son activité cérébrale.

Il conduisit jusqu’au village et passa devant l’épicerie. Fermée. De la lumière dans la partie habitée. Il n’osa pas aller frapper. Une douleur au ventre. Il reprit la route jusqu’au hameau. 

L’air était frais quand il sortit de la voiture. Un parfum d’espace, quelque chose d’inexplicable qui l’emplissait, il prit une longue inspiration.

Il s’arrêta à l’entrée du terrain et regarda la maison. Ancrée comme un rocher, tassée comme un dolmen. Indéracinable. Combien d’humains ces pierres avaient-elles entendus, combien de pieds avaient foulé cette terre, combien de mains s’étaient posées sur ce grain millénaire ? Combien de temps resterait-il là ? Un doute qui s’insinuait. Comme si déjà, il appartenait à ce lieu, comme si cette vie ancestrale coulait en lui, un flux séculaire…Il comprenait soudainement l’attachement des gens à une terre. Il se souvenait d’un Breton qui avait travaillé dans l’usine de son père. Il ne parlait que de sa terre natale. Il avait fini par y retourner. C’était plus fort que tout.

Il se fit un plat de légumes verts et deux tranches de saucisson aux noix. Un yaourt de « David et Totoche », confiture de groseilles. Il fit la vaisselle, l’essuya et la rangea dans le buffet. Il défit sa valise, plia ses habits dans la commode. Il écoutait le disque de Johann Johannson. Le blog de Diane en donnait le titre exact. Il l’avait chargé sur un site en ligne. Parfois, il devait s’arrêter tant les émotions le submergeaient, des envolées symphoniques alternant avec des plages de ressac apaisé. Il finit par s’asseoir dans le fauteuil pour écouter, les yeux fermés. Ne plus s’agiter. Comment avait-il pu passer à côté de ça aussi longtemps ?  

Il regretta ses reproches, ils étaient inutiles, tout comme il ne servait à rien de vouloir comprendre ce qui s’était produit. Puisque cela le projetait en arrière alors que le temps présent s’offrait à lui. Il devait rester réceptif et ne pas s’encombrer. Être là, simplement. Abandonner les quêtes temporelles, ne rien vouloir, laisser venir les réponses, comme des bêtes apaisées qui n’ont plus peur, tendre l’esprit comme une main ouverte, laisser les révélations s’approcher d’elles-mêmes, le respirer, s’habituer à lui, prendre confiance, s’asseoir dans le silence et s’abandonner au présent. C’est là que la vie prenait forme, tout le reste n’était qu’une litanie de commentaires, des couvertures sombres, épaisses, irritantes, il n’avait même pas à vouloir repousser ces masses invalidantes, c’était encore une volonté emplie de peur, juste être là, réceptif, ouvert, apaisé. Cette idée qu’il avait constamment vécu avec un temps de retard, qu’il s’était contenté de commenter les évènements et de ne jamais les vivre en pleine conscience, qu’il avait couru après le temps en s’agitant pour combler le vide, que le présent en lui n’avait jamais été autre chose qu’un passé à corriger, qu’une accumulation de réactions entachées de la nausée du temps qui s’enfuit et de l’inquiétude du temps à venir. Il avait vécu tout en espérant vivre mais sans jamais être là.  

Il se laissa couler.

Comme une pulsation naissante, infime, dérisoire, puis des crépitements d’étincelles qui jaillissent et s’éteignent, se ravivent, se propagent, s’entretiennent, une énergie qui se répand et les pulsations qui s’étendent, se renforcent, les flux électriques nourrissent le cœur de l’étoile, des courants de matière liquide déboulent sous la surface, des flots qui gorgent le lit des veines, les pulsations prennent une ampleur insoupçonnée, les étincelles sont devenues des flux constants qui ruissellent, tous reliés dans une aura fabuleuse, une couronne lumineuse qui s’agite, palpite, respire.

Il sentit dans sa poitrine des chaleurs qui l’inquiétèrent et il ouvrit les yeux. Aucun repère, aucune connaissance antérieure, et la peur de l’inconnu qui survient, il devinait des résistances à franchir, des avancées à vivre, non pas dans la maîtrise des choses mais dans l’abandon serein, une confiance à découvrir.  

Il ne savait pas combien de temps il avait dormi. Il ne se souvenait même pas avoir éteint la lumière. La musique tournait en boucle et l’écran de l’ordinateur diffusait dans la pièce une clarté de lune. Il se leva péniblement du fauteuil.

« C’est plus de ton âge de dormir là-dedans. »

Il rejoignit la chambre, se déshabilla laborieusement, l’esprit engourdi. Il chercha à saisir les images disparues. Il n’en restait rien. Juste cette chaleur dans sa poitrine, comme un feu secret qui brûlerait sans matière. Aucune inquiétude en lui, l’inexpliqué devenait l’habitude, il se laissait porter. L’instant présent. Il se coucha avec les deux mots qui se renvoyaient leur écho."

"Méditez, vous verrez"

Par Le 14/09/2012

http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2012/06/15/la-meditation-comme-remede-au-mal-de-lapprentissage/

La méditation comme remède au mal de l’apprentissage

Elle s'appelle Jeanne Siaud-Facchin et à sa manière, elle interpelle le nouveau ministre. Ce qu'elle demande ne coûte rien. Elle voudrait juste que la médiation devienne obligatoire dans les classes.

Une drôle d'idée? A priori, on se demande quelle mouche a bien pu piquer cette psychologue clinicienne fondatrice des centres Cogito'Z pour élèves en souffrance. Elle, si dynamique, tellement bouillonnante d'idées! Serait-elle passée côté New Age? A la lecture de son livre, on se rassure vite.

Comment la méditation a change ma vie... Et pourrait bien changer la votre (Odile Jacob, 330 pages, 22,9 euros) est le récit d'un apprentissage. Comment cette femme a appris a plonger en elle -juste un peu comme ça entre deux patients- et comment, elle qui "soigne" beaucoup d'enfants, propose de les initier a ce qui pourrait changer un peu le rapport au monde d'une génération toujours en prise avec les autres.

"J'ai récemment fait une tentative avec des élèves de 6eme, que j'avais intitulée "les ateliers du bonheur"", raconte-elle. Une série de séances de deux heures avec une classe, pour apprendre a apprécier le silence, à s'écouter et se passer la parole, à ressentir son corps et contrôler ses émotions montantes. " Cette expérience a été si convaincante que les enseignants de cette classe l'ont poursuivie en conservant les principaux éléments: les quelques minutes de silence les yeux fermés avant de commencer les cours, la réglette d'humeur matin et soir pour mesurer son état intérieur, prendre sa température émotionnelle". S'y ajoute l'observation de son corps sa posture et la prise de conscience de son souffle.

Cette expérience avec les collégiens, celle qu'elle mène dans ses centres thérapeutiques font dire a Jeanne Siaud-Facchin que " l'introduction de la méditation a l'école devrait être inscrite au programme de l'éducation nationale. C'est de l'éducation préventive qui ne nécessite aucun moyen ni aucun poste supplémentaire et qui permettrait d'enrayer tellement de difficultés scolaires" estime-elle.

Dans ce lot de difficultés, Mme Siaud-Facchin place le stress des élèves, leur peur de l'échec, leur crainte de prendre la parole mais aussi leur manque de confiance en eux. " Et surtout toutes ces difficultés d'attention, de concentration de mémorisation, qui font souffrir enfants et parents, qui insupportent les enseignants et qui constituent le plus fort pourcentage de consultations psychologiques".

Face a la violence, la praticienne répond méditation. Face aux petits conflits aussi. Et les parents ne sont pas hors boucle; eux qui à ses yeux devraient aussi s'y mettre un peu pour adoucir l'heure des devoirs.
Mme Siaud-Facchin qui a beaucoup travaillé sur l'enfant surdoué et sur la difficulté scolaire propose là un autre chemin. A le lire, il semble à la portée de tous. En racontant son ouverture a ce nouvel univers, la psychologue veut surtout convaincre de la facilite de ce chemin. Et si on lui laissait le mot de la fin c'est sûrement un "méditez vous verrez" qu'elle aimerait lancer.

Méditation et enfance (3)

Par Le 14/09/2012

 

Première séance aujourd'hui et c'est toujours un grand bonheur. Trente enfants de CM2, totalement à l'écoute d'eux-mêmes, silence complet, personne ne bouge, les yeux fermés, les mains  sur le ventre pour accompagner la respiration.

Le calme en soi. Une nécessité pour gérer le chaos extérieur et ne pas lui succomber, apprendre à se connaître, à observer les phénomènes intérieurs.

Sept jours de classe depuis la rentrée. Déjà énormément de vécu existentiel, de partages et d'écoute. L'essentiel se met en place. Le reste suivra. Je le sais.


Un livre et un CD particulièrement adaptés aux enfants, une merveille, un accompagnement idéal.

"CALME ET ATTENTIF COMME UNE GRENOUILLE"

http://www.commeunegrenouille.fr/crbst_1.html

 

La grenouille est un drôle d’animal.

Elle peut sauter très loin, mais elle peut aussi rester immobile.
Elle remarque tout ce qui se passe, mais ne réagit pas à chaque fois. Elle respire, tranquillement. Elle ne se laisse pas entraîner par les idées qui lui passent par la tête. Elle est calme. Tout à fait calme. Son ventre se gonfle et se dégonfle, il va et il vient.
L’enfant peut faire exactement la même chose : il peut être à la fois calme et vigilant. Il lui suffit de faire attention, attention à sa respiration.
 
Eline Snel est thérapeute. Elle a adapté la méditation aux enfants. Avec l’image de la grenouille, elle leur apprend à se détendre, à s’apaiser et à mieux se concentrer.
Elle intervient dans de nombreuses écoles aux Pays-Bas et donne des cours aux instituteurs et aux psychologues.
Les bienfaits de sa méthode sont tels que le ministère de l'Education a décidé d'offrir à tous les enseignants qui le souhaitent une formation dans son Académie.
A la demande de nombreux parents, elle a écrit ce livre pour qu’ils méditent avec leurs enfants.

The end of the ocean.

Par Le 13/09/2012

J'ai toujours eu besoin d'une musique pour accompagner l'écriture d'un roman.

Cette fois, "A coeur ouvert" s'écrira avec "The end of the ocean. "

Tourne en boucle inlassablement...

Eclairage public: le grand gaspillage

Par Le 12/09/2012

http://www.consommerdurable.com/2012/04/moins-de-lumiere-moins-de-gaspillage/


ECLAIRAGE PUBLIC : Le grand gaspillage



 

Allées interminables de lampadaires, projecteurs braqués sur les monuments, l’éclairage public ne connaît pas la crise. Pourtant, il plombe chaque année les budgets des communes et gaspille une énergie désormais précieuse.

 

Nous avons pris l’habitude d’éteindre nos appareils en veille, de baisser le chauffage ou d’utiliser des ampoules basse consommation. La logique voudrait que l’Etat, grand pourvoyeur de conseil et de leçon de morale en économies d’énergies, en fasse de même. Or, il fautse rendre à l’évidence, la France, pays des Lumières, a troqué ses philosophes contre des lampadaires. Neuf millions au total, pour éclairer nos rues, nos routes, nos places et nos ronds-points sans se soucier du prix de l’électricité et de l’impact écologique qu’il représente. La consommation totale de l’éclairage public français représente ainsi 1 % de la consommation nationale du pays, soit 5,6 milliards de kW/h, ce qui correspond à la production de 1 à 2 de nos centrales nucléaires ! Un gaspillage qui désole la très active Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturne (Anpcen), qui se bat depuis des années pour une gestion responsable de l’éclairage public. Pour son secrétaire général, Pierre Brunet, la tendance actuelle révèle un paradoxe criant : « Curieusement, le secteur de l’éclairage est le seul épargné par les règles de bon sens économique. Grâce aux progrès techniques, nous avions la possibilité de diviser par cinq la facture de l’éclairage, or nous avons choisi d’éclairer cinq fois plus pour le même prix ! ». Principaux responsables de cet emballement lumineux, les sociétés de matériel électrique et leurs plans marketing offensifs « Ils vendent du rêve aux communes. Leur catalogue, épais comme le bottin, ressemble à celui d’un bijoutier. On se demande si c’est la commune qui sert d’écrin au lampadaire ou si c’est le lampadaire qui doit mettre en valeur la commune ! » s’énerve Pierre Brunet.

 

Contagion lumineuse

Et ça ne va pas s’arranger car cette course au lampadaire touche maintenant les coins les plus isolés du territoire. Petits et gros villages veulent, eux aussi, briller de mille feux. Si en 1990, les communes de moins de 2 000 habitants éclairaient seulement 933 heures par an, quinze en plus tard, en 2005, leurs éclairages publics tournent plus de 3 000 heures ! Des chiffres qui se rapprochent dangereusement de ceux de grandes agglomérations éclairées près de 4 000 heures chaque année. Avec une efficacité très discutable. La majorité du parc de lampadaires est en effet complètement dépassée. Les lampadaires boules, par exemple, n’envoient que 30 % de leur lumière vers le sol et la chaussée. Le reste du flux lumineux s’échappe sur les cotés, pour s’infiltrer par les volets des riverains ou vers le ciel pour éclairer… les étoiles ! Mais, dans l’ombre des lampadaires, se cache un problème plus insidieux, une pratique encouragée par les offices du tourisme et les associations de commerçants, persuadés que la lumière attire et fait vendre : la surenchère lumineuse Pourtant, le prestige d’une grande ville ne se mesure pas à l’aune de son halo lumineux. Berlin est par exemple bien moins éclairée que nos grandes villes. Certaines de ses rues sont encore équipées de réverbères à gaz et l’éclairage y est davantage conçu comme un balisage. Chez nous, quelques villes commencent à prendre conscience du problème. Ploemeur, commune bretonne de près de 20 000 habitants a lancé en octobre dernier une campagne d’interruption de l’éclairage public entre 1h et 5h du matin. Devant le succès de l’opération, la phase de test s’est poursuivie jusqu’à la fin de l’année avant une éventuelle poursuite en 2009. Alors, à quand les Champs-Élysées au clair de lune ?

Visualisation.

Par Le 11/09/2012

Une semaine de classe aujourd'hui...

Des mathématiques, du vocabulaire, de la grammaire, de l'orthographe, de la géographie, des sciences mais surtout, surtout, beaucoup d'explications orales.

Les séances de natation ont été un excellent point de départ.

Visualisation, observation interne, conscience de soi, connaissance des phénomènes intérieurs, parvenir à s'extraire des actes pour devenir l'observateur...

Un exemple : Un enfant n'arrive pas en crawl à garder les deux jambes dans l'axe, son genou gauche part en diagonale, comme s'il faisait une demie brasse. Je peux toujours répéter inlassablement la même consigne, ça sera inutile si l'enfant ne parvient pas lui-même à "observer" ce qu'il fait. Il doit parvenir à ressentir cette jambe.

"Tu n'es pas un nageur, tu es un corps qui tente de réaliser un geste technique destiné à te faire nager. Mais si tu restes juste enfermé dans ce corps, tu ne peux pas voir ce qu'il fait, tu te contentes de reproduire des gestes que tu ne "vois" pas et donc, tu ne peux pas les corriger. Tu ne dois donc pas rester à l'état de nageur mais devenir celui qui observe ce nageur. Tu dois prendre conscience de tes actes afin de ne pas être simplement un corps qui agit mais devenir pleinement celui qui oeuvre à la maîtrise parfaite de ces gestes de nageur. Le fait de nager n'est pas une fin en soi, ça n'est pas un objectif, ce qui importe, c'est que tu apprennes à observer ce que tu fais. A partir de là, tu ne seras pas qu'un nageur mais le maître du nageur, le maître de ton corps. Je sais bien que tu ne peux pas voir réellement tes jambes deriière toi quand tu nages mais tu peux les voir par l'intérieur. Apprends à te concentrer sur cet endroit précis, défais-toi de tout le reste."

Séance de mathématiques, calcul mental : 123+13

L'enfant n'arrive pas à visualiser l'opération et il répète plusieurs fois la même erreur, mauvais alignement des colonnes, les autres enfants qui lèvent le doigt, mon regard posé sur lui dans l'attente de la réponse, l'incapacité à se libérer de toutes ces pressions. Je maintiens cette attente et montre volontairement un certain agacement...Nouvelle erreur de sa part. Là, je stoppe le calvaire.

"Pourquoi est-ce que tu ne parviens pas à trouver la réponse ?

-Je mélange tout.

-Non, ça c'est une conséquence mais ça n'est pas la raison première. Ce qui se passe, c'est que tu as beaucoup trop d'émotions en toi pour que ton cerveau parvienne à réfléchir : tu as peur de ne pas trouver, tu vois les autres qui lèvent la main, tu vois mon regard impatient et du coup, dans ta tête, c'est le chaos. Imagine une éponge que tu aurais trempée dans l'eau et ensuite tu la poserais sur une flaque, elle ne pourrait rien absorber puisqu'elle est déjà gorgée d'eau. Dans ta tête, c'est pareil. Toutes les émotions prennent une place immense, ton cerveau n'est pas libre. Et plus tu as du mal, plus ça prend du temps, plus tu te remplis de peurs. Il est absolument indispensable que tu parviennes à garder la paix en toi, le silence, le calme et que tu observes ce qui se passe. Ton objectif, c'est le résultat de ce calcul, le reste tu dois apprendre à t'en défaire, ne pas laisser ton cerveau être envahi.

On est comme à la piscine, vous devez observer tout ce qui se passe en vous et établir un contrôle, rejeter ce qui n'est d'aucune utilité, vous alléger pour pouvoir absorber ce qui va vous permettre de progresser, vous devez donc apprendre à vous observer intérieurement. C'est ça qui est important. Je m'en fiche du résultat de cette opération. Je sais très bien que tu es capable de le trouver si je ne t'interroge pas devant la classe, que je ne te regarde pas fixement, que je ne laisse pas les autres vouloir répondre à ta place. Tu sais faire ce calcul mentalement mais tu ne sais pas ce qui se passe en toi. C'est ce travail mental qui est important. Le calcul n'est pas une fin en soi, ça n'est pas un objectif suffisant, ce qui compte, c'est ce que tu vas apprendre de toi grâce à l'observation que tu auras de tout ce qui se passe en toi.

  A la piscine, quand j'ai dit que vous deviez apprendre à plonger, certains savaient déjà le faire et d'autres ont eu peur immédiatement. Aujourd'hui, vous savez tous le faire. Je ne vous ai pas poussé à l'eau, vous m'avez écouté, vous avez essayé, vous avez raté, vous avez écouté, vous avez recommencé, vous avez raté, vous avez encore écouté, vous avez recommencé, vous avez réussi...Le plongeon en lui-même n'est pas le plus important, comme le calcul. Ce qui importe, c'est tout ce qui s'est passé en vous pendant tout ce chemin, du premier plongeon raté à celui que vous avez réussi. Rappelez-vous Socrate : "La chute n'est pas un échec, l'échec est de rester là où on est tombé. "

C'est vrai à la piscine, en mathématiques, en vocabulaire, en ski, en amour, en amitié, dans tout ce que vous allez rencontrer dans votre vie. Vous ne devrez pas pas vous contenter d'exécuter des actes. Vous devrez vous observer pendant ces actes. C'est là qu'est la vraie compréhension de soi. Le reste, c'est juste de la connaissance. Il faut visualiser intérieurement votre vie et ne pas vous contenter d'être vécue par les évènements extérieurs. Quand vous aurez appris à être en vous, vous pourrez tout apprendre.

Education émotionnelle

Par Le 08/09/2012

Notes à l'école : l'excellence ne se réduit pas à une évaluation à deux chiffres !

Modifié le 04-09-2012 à 16h45

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/619497-notes-a-l-ecole-l-excellence-ne-se-reduit-pas-a-une-evaluation-a-deux-chiffres.html

8 réactions | 3819 lu

Temps de lectureTemps de lecture : 5 minutes

LE PLUS. Cette rentrée scolaire est la première du nouveau ministre Vincent Peillon. S'il veut trancher avec la morosité gouvernementale ambiante, il doit mettre en oeuvre de vraies réformes. Principale tâche selon le sociologue Eric Dugas : arrêter la course aux bonnes notes, et prouver aux élèves que les compétences acquises à l'école leur permettront de gagner leur vie.

Édité par Henri Rouillier   Auteur parrainé par Aude Baron

Un élève d'une école élémentaire d'Asnières, en décembre 2011 (DURAND FLORENCE/SIPA)

Un élève d'une école élémentaire d'Asnières, en décembre 2011 (DURAND FLORENCE/SIPA).

RENTREE SCOLAIRE. C’est la rentrée des classes pour les élèves, les enseignants et autres professionnels de l’éducation.

Pour Vincent Peillon, après un tour de chauffe, quelques maladresses et bonnes idées, des projets et nouveautés, et surtout après la présente consultation de bon nombre d’acteurs du système scolaire, il sera alors temps de rentrer rapidement dans le vif du sujet et d’apporter quelques réponses sur le fond. L’écueil principal réside dans le fait de créer des mesurettes ou des réformettes qui, en fin de compte, n’apportent guère de transformations en profondeur : un immobilisme dû à un mouvement circulaire, sans avancées réelles.

Le mal-être à l'école, une réalité

Par exemple, au vu du mal-être constaté chez les élèves français, du creusement des inégalités et de la concurrence scolaire, une question se pose : comment favoriser l’épanouissement de nos enfants à l’école, tout en leur garantissant un socle minimum de compétences pour se réaliser dans leur vie ?

Dans une école sous pression où le mal-être est palpable, peut-on – hormis les traditionnelles et récurrentes questions autour des rythmes scolaires, du nombre d’heures travaillées, j’en passe et des meilleurs – se préoccuper d’un enfant en devenir qui entre ou est entré dans le « métier » de l’élève ? Comme rappelé dans un précédent article, les enquêtes de l’OCDE (2009) classent la France dans les dernières places (22ème parmi 25 pays recensés) concernant la qualité de vie à l'école, et sur le plan du stress ressenti par les élèves, elle est à la deuxième place derrière le Japon.

Or, l’élève ne peut être réduit à un simple réceptacle transformé en "idiot culturel" au sens provocateur de Garfinkel, lui-même soulignant que l’acteur social n’est justement pas un idiot culturel. Ce n’est donc pas non plus une machine humaine que l’on évalue après la transposition et la répétition d’un savoir savant unilatéral, du professeur vers l’élève. Au sein de la dynamique interactionnelle entre pairs et avec les acteurs du système scolaire, l’excellence scolaire se décline en plusieurs facettes, irréductible à une note chiffrée accolée à un nom et à un prénom (sans pour autant être éradiquée). Surtout lorsque celle-ci stigmatise les plus faibles et les plus jeunes, ce qui peut entraîner une baisse de l’estime de soi, du stress et de l’anxiété.

Les intelligences multiples

Désormais, l’évaluation peut s’enrichir d’autres facteurs pertinents comme, à l’instar de l’intelligence mesurable traditionnellement par des tests tels que le quotient intellectuel (QI), le quotient émotionnel (QE), associant de multiples facteurs (aisance sociale, confiance sociale, contrôle d’émotions, etc.).

Une école primaire de Nantes, le jour de la rentrée, 05/09/2011 (SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA)

Une école primaire de Nantes, le jour de la rentrée, 05/09/2011 (SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA).

Nous savons aussi que le contexte culturel et les comportements singuliers au sein d’une société donnée façonnent l’individu, ce qui trouble le jeu d’une évaluation trop brutale (QI ou carnet de notes classique)? dans le livre "Repenser la pauvreté", Banerjee et Duflo constatent que des jeunes enfants du tiers-monde maîtrisent le calcul mental, plus complexe qu’à l’école, lorsqu’ils aident leurs parents dans le magasin familial alors qu’à l’école, les tests tendent à démontrer le contraire. Les auteurs posent alors la question suivante : "L'école désapprend-elle?" Qui plus est, certains élèves sont sacrifiés sur l’autel de l’évaluation scolaire traditionnelle alors que les compétences sont présentes ou potentiellement là.

Certains chercheurs tels que Howard Gardner, spécialiste reconnu en psychologie cognitive et en éducation, défendent l’idée selon laquelle il existe de multiples formes d’intelligence, dont la plupart sont souvent délaissées par l’institution scolaire (intelligence langagière, logico-mathématique, spatiale, musicale, kinesthésique, interpersonnelle et intrapersonnelle). De surcroît et toujours selon Gardner, l’intelligence implique "la capacité à résoudre des problèmes ou à produire des biens ayant une valeur dans un contexte culturel ou collectif précis".

Ainsi, l’évaluation scolaire ordinaire est révélatrice d’une école d’autrefois réservée à une élite et elle s’adresse à un individu qui n’est plus. D’ailleurs, au sortir de l’école, de plus en plus de recruteurs s’intéressent davantage à l’adaptabilité du futur employé, testé dans le contexte de l’emploi, qu’aux seuls diplômes présents dans le CV (bien sûr, sur un autre plan, le diplôme favorise toujours l’obtention d’un "véritable" emploi).

L’école sert-elle une adaptation fermée et est-elle refermée sur elle-même, ou s’ouvre-t-elle sur une adaptabilité sociale de l’élève (s’adapter à s’adapter) ? Cette perspective ouvre alors la voie à d’autres modes d’apprentissage, d’évaluation et à d’autres finalités pour un mieux-vivre et un "mieux-devenir" à l’école.

L’éducation aux émotions et à la prévention, entre autres

L’impact de l’héritage durkheimien de la formation d’un individu par l’école révèle une tradition française bien ancrée et résistante aux transformations. Pourtant, avec les avancées de la connaissance, des travaux sur l’intelligence émotionnelle (vulgarisée par Goleman) méritent plus qu’un simple détour pour favoriser le "mieux-être" des élèves ainsi qu’un mieux-vivre ensemble. "Être rationnel, ce n'est pas se couper de ses émotions", comme l'a écrit Antonio Damasio, bien au contraire.

Inséré au sein des programmes scolaires, et non pas dans l’exception ou dans l’informel, il s’agit plus d’éduquer ses émotions que d’apprendre à les maîtriser, surtout dans une école où le mal-être est ressenti, où le climat se détériore. D’un point de vue pratique, l’apprentissage de cette éducation singulière permet de gérer des conflits, de développer l’écoute active, l’empathie, le travail collectif dans une dynamique interactionnelle, etc. 

Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, visite une école parisienne, le 25 mai 2012 (CHAMUSSY/SIPA).

Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, visite une école parisienne, le 25 mai 2012 (CHAMUSSY/SIPA).

Par ailleurs, constaté par Éric Debarbieux, spécialiste des violences scolaires, il existe dans certains pays, des écoles situées dans des quartiers très violents où le climat scolaire est moins problématique qu’en France (peu de violences) : les raisons sont liées à une école plus ouverte où les parents prennent une part active sans empiéter sur le statut des enseignants (eux-mêmes évoluant dans un registre plus large que les tâches classiques d’enseignement). De plus, de véritables programmes de prévention sont proposés. Ils sont destinés à contrôler, par exemple, les crises de colère d’élèves violents et à les aider à chercher des solutions alternatives.

C’est tout le sens des "dilemmes moraux" utilisés comme outil pédagogique à l’école (souvent outre-Atlantique) dans lesquels les élèves sont placés devant une situation-problème qui les mettent face à un choix délicat. Ces conflits de valeurs sont intéressants à accroître pour mieux développer les compétences sociales et mieux prévenir des situations qui peuvent déboucher sur de la violence. Un climat délétère ne favorise pas l’apprentissage. De même, le rapport au savoir demande d’aider les élèves à y trouver du sens. Si celui-ci fait défaut, l’échec, l’anxiété, le décrochage et la violence s’en trouvent décuplés.

Dans un autre registre, l’apprentissage par le tutorat est à développer aussi – entre élèves, avec des professionnels – pour faciliter l’apprentissage et lui donner tout son sens.

En guise de réflexion

Même si tout type d’apprentissage et de programmes possèdent leur lot de réussites ou d’échecs et qu’il n’existe pas de recette miracle, force est de constater que dans une morosité ambiante, il serait de bon ton de tester des expériences multiples et innovantes ou peu utilisées pour éviter de reproduire une école du déjà vu, sans pour autant tout jeter par la fenêtre, ni tomber dans le "on fait mieux ailleurs que chez nous" (la réciproque est vraie : certains pays nous envient l’organisation de l’école maternelle). Répétons-nous, il ne faut-il pas confondre un modèle importé avec des idées inspiratrices.

En somme, il faudrait davantage tester et mettre à l’épreuve des faits des recherches originales ou peu tentées pour dessiner l’école de demain dans une société en pleine mutation. Bref, une véritable dynamique des politiques éducatives, qui porte réellement son nom, pour dépasser les forces du déterminisme.

Le Tiers Etat

Par Le 06/09/2012

"Qu'est-ce que le Tiers état? Tout. Qu'a-t-il été jusqu'à présent ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose."
janvier 1789, l'Abbé Sieyès. "Essai sur les Privilèges"


Non, je ne rêve pas d'une nouvelle Révolution française. J'en connais le prix payé. Morts et souffrances.Un détournement progressif au profit des Privilégiés, d'autres castes mais avec les mêmes objectifs. Le pouvoir.

Je rêve d'une Evolution existentielle générée par ce Tiers Etat, une évolution aussi paisible que possible, graduelle, progressive, comme une marée montante.

Je n'attends plus rien des Gouvernants.

Je vois se multiplier les volontés régionales, les intitiatives personnelles ou menées par de petits groupes, ne portant aucune étiquette, sans aucun leader attitré, juste des mains serrées dans la même lutte. La force du groupe apparaissant comme le seul leader.

Je crois davantage aujourd'hui à l'économie régionale qu'à la mondialisation. A une autarcie nourrie par l'idée de la simplicité volontaire. Je vois s'ériger aussitôt les "retours à la grotte" et tous les détournements du même acabit. Je leur réponds que le retour à la grotte se fera lorsque les réserves naturelles auront été épuisées parce que la simplicté volontaire n'aura pas eu l'écho qui doit être le sien.

Je n'ai pas besoin de manger des papayes ou des avocats venus de l'autre bout du monde pour être heureux. Je ne veux pas de ce gâchis d'énergie.

Il faudra un jour que je me décide à faire la liste de tout ce qui est produit en dehors de notre pays, de nos régions mêmes et dont nous pourrions aisément nous passer sans nous retrouver pour autant à vivre "dans une grotte"...

J'ai vu ce soir un reportage sur une coopérative agricole et un abattoir. Les responsables ont inventé en deux ans un procédé permettant de récupérer les graisses animales pour en faire un carburant capable de faire fonctionner le groupe électrogène. 70% de rejets de particules cancéreuses en moins et un prix au litre de 30 cts...Il va certainement y avoir sous peu une interdiction pour eux de continuer. Total et l'Etat ne le permettront pas.

  Les idées sont innombrables, l'intelligence tout autant, la capacité à faire et à appliquer sont l'apanage des hommes depuis des millénaires. Tout le problème aujourd'hui vient des résistances organisées pas les Etats qui ne veulent pas perdre leur pouvoir.

La Mondialisation est avant tout un mouvement destiné à affirmer et à péréniser cette puissance aux mains de quelques uns.

La Démondialisation est le mouvement inverse. Rien d'autre.

Le Tiers Etat ne cherche pas à s'attribuer le pouvoir. Il en connaît les miasmes putrides. Il aspire juste à vivre mieux.

Les médecins espagnols aujourd'hui ont refusé d'obéir au gouvernement qui leur intimait l'ordre de ne plus soigner les émigrants...

Pendant ce temps-là, la BCE a annoncé qu'elle allait éponger une partie des dettes en achetant par milliards des obligations...Et les bourses européennes ont flambé.

Interview: Mes premières lectures.

Par Le 06/09/2012

http://mespremiereslectures.com/Interview-de-Thierry-Ledru,740.html

Interview de Thierry Ledru, instituteur

A la Une
auteur Thierry Ledru
Pour les Du côté des parents

Auteur et enseignant, Thierry Ledru nous parle de la rentrée scolaire à travers sont regard de maître des écoles….

Thierry Ledru sa fiche Auteur ICI


Auteur pour adultes, ainsi qu’en jeunesse avec les aventures de Jarwal , le Lutin… (voir ici le COUP DE COEUR de la rédaction pour JARWAL LE LUTIN)

 

Il a accepté de nous parler de la rentrée des classes et de la situation de l’école aujourd’hui, telle qu’il la vit au quotidien en tant qu’enseignant 

 

INTERVIEW : 

 

Mes Premières Lectures : Bonjour Thierry Ledru. A l’heure de la rentrée, l’école est un sujet de conversation très présent. Y compris au niveau du gouvernement.

Quel écolier étiez-vous Thierry ? Le genre qui aimait l’école pour la récré ou pour le cours ? Qui s’ennuyait ou qui buvait les paroles de l’enseignant ? Qui attendait les vacances avec impatience ? .....

 

 

Thierry Ledru : Je suis instituteur parce que j’ai eu 3 Maîtres à l’école primaire, au CE2, au CM1 et au CM2 et que j’aimais infiniment ces trois hommes. Lorsque j’ai eu mon diplôme d’instituteur, je suis allé voir mon Maître de CM2. Il m’a pris dans ses bras. Je n’oublierai jamais cet homme-là. Il aimait les enfants, il avait une patience infinie et il était investi d’une mission ! Celle de faire de ces élèves, des gens de valeur. Pas d’un point de vue scolaire prioritairement mais d’un point de vue humain. Il nous parlait de la vie, il voyait en nous des êtres humains et non seulement des élèves. Le contenant avant le contenu...C’est resté en moi et j’ai toujours cherché à appliquer cet exemple. 

 

Mes Premières Lectures : Quelle serait l’école Idéale selon vous en quelques points essentiels ?

 

Thierry Ledru :
La Nature des êtres.
La fonction ensuite.
C’est à dire la valeur humaine, la connaissance de soi, le développement personnel. 

 

 

Mes Premières Lectures : En littérature, l’école de votre enfance ressemble plus à La Guerre des Boutons, Le petit Nicolas, la Petite Maison dans la Prairie.... ?

Thierry Ledru : Le petit Nicolas. Du rire ! J’en ai gardé un souvenir joyeux, les copains, des adultes qui nous aimaient, des classes de mer, que du bonheur. 

 

Mes Premières Lectures : Que pensez-vous des alternatives qui se développent : écoles semi- privées (sous contrat d’Etat) , privées, instruction en famille, cours par correspondance etc ..... et des pédagogies qui s’y rattachent : apprentissage informel, Montessori, Steiner, Freinet, La Garanderie etc..... ? Comprenez-vous les choix des familles qui se tournent vers ces autres voies ?

 

Thierry Ledru : Oh que oui, je comprends tout à fait le choix des familles ! Et ça n’est pas avec la classe que j’ai cette année que l’image de l’école publique va s’améliorer...Trente élèves de CM2, plusieurs enfants en difficultés lourdes, psychologique, affective, comportementale, scolaire...Les problèmes qui se posent, année après année, sont de plus en plus complexes. Les pédagogies parallèles sont des nécessités qu’il est très difficile d’appliquer dans ces conditions. L’enseignement individualisé relève de l’utopie mais comme mon engagement reste toujours aussi fort, c’est une utopie que je veux mener à bien... 

Mes Premières Lectures :  Vous êtes auteur mais aussi enseignant au quotidien, quel est votre état des lieux concernant l’école aujourd’hui ?

 

Thierry Ledru : Je ne connais que l’école élémentaire. Mais c’est bien là que tout commence...
L’essentiel, à mes yeux, reste la connaissance de soi. Le contenant avant le contenu. L’individu avant l’élève. Lorsque l’éveil à soi est validé, l’éveil au monde devient possible.
Les adultes enseignants sont évidemment en première ligne...Mais il ne faut rien attendre de l’Éducation nationale, que ça soit un gouvernement de droite ou de gauche d’ailleurs.

Trente ans que je suis instituteur et je n’ai vu qu’une dégradation continue de la prise en compte de l’individu, dans les moyens accordés et sur le fond également. Des statistiques, évaluations nationales, réformes dérisoires ou inapplicables, aucune évolution réelle. On ne parle que de l’intégration à la vie économique. Tout le problème vient de l’école élémentaire à mon sens. Ce que vit le collège n’est que le résultat d’une absence d’existence en tant qu’individu. Au lycée, la proximité de la vie professionnelle sauvent quelque peu ceux qui sont encore dans la course...Mais les dégâts sont effroyables.

 

L’école est avant tout un mouroir spirituel.

 

Il n’y a que la philosophie existentielle (et non pas cognitive) qui puisse inverser le mouvement.
L’école n’est que le reflet du monde. Elle est un contenu et non pas un contenant. Juste une excroissance d’un système extrêmement vaste. Il est vain à mon sens d’attendre une évolution positive de l’école elle-même alors qu’elle dépend intrinsèquement d’un champ beaucoup plus vaste.

 

C’est toute la vision de l’individu qu’il faut revoir.

 

C’est comme entreprendre la rénovation intérieure d’une maison alors que le bâti est en ruine. Dès lors que le système scolaire est orchestré par des instances qui ont pleinement adhéré à la vision matérialiste de l’existence, il est absurde d’en attendre autre chose que les valeurs que ces gens soutiennent. Par conséquent, je ne crois pas que les changements puissent venir de la hiérarchie. On est dans le même fonctionnement que "les Indignés".

C’est l’engagement de la base qui porte les germes du changement. Collaborer ou résister. Il convient donc d’établir, en soi, les priorités de sa mission et œuvrer à les appliquer.

Pour ce qui est de l’école, les techniques d’enseignement sont secondaires. Tant que l’humain est valorisé, écouté, aimé, accepté dans ses différences, porté, accompagné, il n’a plus aucune raison d’entrer en rébellion. Les techniques, dès lors, sont des moyens, pas les objectifs qu’ils finissent par devenir tant on leur accorde d’importance... L’immense difficulté du travail vient du fait qu’il est impossible de réussir sans que ce travail ait été fait sur soi.

Ça ne s’apprend pas dans des livres même si les livres peuvent être des soutiens. Chaque enseignant devrait avant tout être enseignant de lui-même, son propre élève et son propre maître, une alternance constante entre l’apprentissage et la validation des acquis spirituels.

Et je dis bien "spirituel" et non pas "cognitif". Une spiritualité qui bien évidemment n’a rien à voir avec la religion.

"Lettres aux écoles " de Krishnamurti devrait être une lecture de chevet...Les instances dirigeantes ne le proposeront jamais...
 

Ce système scolaire dans lequel l’apprentissage cognitif est la seule référence aboutit à un système pervers de croyances. Les diplômes représentent la validation administrative des étapes dans l’accumulation de ces croyances. Je parle de croyances étant donné que ces savoirs contribuent à l’égarement de l’individu dans l’idée que ce qu’il fait, produit, réalise durant ce cheminement cognitif LE représente, que ce qu’il fait correspond à ce qu’il est et que la "réussite" dans ce parcours scolaire contribue à son être.

Les concepteurs de la bombe nucléaire, les chimistes de Monsanto, les ingénieurs de chez Dassault, sont tous des gens hautement diplômés et ils sont à des années lumière de la moindre conscience unifiée. Ils œuvrent à la validation de leurs études dans l’exploration de leur ego en ayant abandonné toute forme d’empathie avec le flux vital.


 Leurs croyances les nourrissent et ils se sentent certainement redevables de ce que le système scolaire leur a permis de devenir. Des fanatiques.

C’est parce que l’enseignement actuel exclut la dimension spirituelle que ces croyances s’établissent avec une telle force. Le pouvoir, la puissance, la compétition sociale, la comparaison, l’envie, la rentabilité, la technicité jusqu’à l’absurde, le profit, le mensonge, la soumission, la compromission, toutes les dérives actuelles sont les conséquences d’une déshumanisation de l’enseignement.

Je me demande d’ailleurs comment justifier l’idée qu’une société malade puisse s’ériger en formateur de jeunes esprits ? Comment peut-on considérer que les pairs, dans leurs dérives anciennes, puissent oeuvrer au Bien-être des individus ?

Il me vient parfois à l’esprit que cette société agit comme un incubateur. Elle favorise l’éclosion de ses prochaines victimes. Victimes spirituelles à une échelle gigantesque. Jusqu’au sans domicile qui deviendra une victime physique. En passant par les suicidés, les intoxiqués, les déjantés, tous ceux qui se seront perdus en cours de route, qui auront quitté l’axe principal pour s’aventurer sur des chemins de traverse. Il y a des rescapés. Ceux qui basculent pour une raison qui parfois leur échappe dans cette dimension spirituelle dont ils ont été privés durant leur survie.
 

L’enseignement scolaire actuel exclut totalement la dimension spirituelle de l’individu. La classe de philosophie de terminale n’est qu’une accumulation de savoirs aboutissant à une évaluation chiffrée comme si le but essentiel de la philosophie tenait dans un cadre aussi restrictif. C’est consternant et ça contribue au rejet quasi général de ce regard porté sur l’existence. Pour ma part, la philosophie n’est même pas une finalité. Elle n’est qu’un moyen de tendre vers une complétude de l’individu, une unification de l’ego avec l’inconscient, du moi avec le Soi qui le contient, une observation lucide des conditionnements et leur analyse. La philosophie pour elle-même n’a pas plus d’intérêt que la connaissance de la carte du monde. Il ne s’agit que de l’image d’un territoire mais son exploration rend nécessaire l’engagement du marcheur. Sortir d’une classe de terminale en se contentant de connaître la carte sans que cela n’ait déclenché le désir absolu de se lancer sur la route intérieure est un échec cuisant pour l’éducation nationale. Il faudrait que ce mammouth cherche à connaître, sur le long terme, le nombre d’individus ayant éprouvé cet amour des horizons intérieurs. Le constat serait effrayant.

La philosophie est bien autre chose qu’une matière scolaire. Luc Ferry disait qu’il était inutile de chercher à initier de jeunes enfants à une démarche philosophique. Je suis d’accord avec lui s’il s’agissait de l’enseigner comme cela est fait en France. Mais pour ma part, je mets bien autre chose dans le terme que ce simple épandage de notions diverses dans des esprits en friche. Lorsque je travaille avec mes élèves sur la gestion des émotions, nous faisons de la philosophie puisque l’objectif est de vivre mieux comme l’entendait Sénèque.

Pour Luc Ferry, la philosophie est un moyen d’épandre sur les autres ses connaissances. Evidemment, il trouverait humiliant que ça soit vers de jeunes enfants. Il a une trop haute estime de lui.

Et bien, je pense, pour le vivre depuis trente ans, qu’il est bien plus délicat d’initier de jeunes esprits que de formater des adolescents. Ceux-là, n’ayant justement jamais eu à s’observer réellement, en dehors du prisme étroit de leur vie sociale.

Lorsqu’une élève me dit, après notre discussion sur le chemin éclairé par les lampadaires qu’on allume, que les zones d’ombres lui apparaissent beaucoup moins inquiétantes dès lors qu’on sait qu’il est bon et reposant de venir se ressourcer sous les lumières acquises, et bien, je sais qu’il s’agit de philosophie.

Puisqu’elle vivra mieux.
 

Il n’est nullement question pour moi de remettre en cause le rôle "économique" de l’école et la participation à l’avenir professionnel des enfants. Je dis simplement qu’à l’école élémentaire, la priorité est de participer au développement équilibré de l’individu. C’est lorsque cela aura été validé que le reste suivra de lui-même. Et non l’inverse.


Tout le nœud du problème tient dans cet accompagnement de l’humain. C’est là justement que la philosophie à l’école élémentaire peut prendre une place primordiale. Encore faut-il que les enseignants en prennent conscience et fassent eux-mêmes ce travail. Mais qui va juger de la démarche existentielle des enseignants ? C’est à eux de le faire.

 

La priorité, depuis des décennies, c’est « l’avoir », c’est à dire l’extérieur. On travaille à l’envers.

Les Peuples Premiers n’ont jamais perdu de vue qu’un chasseur, un cueilleur, un berger, un potier, ne représentent que des fonctions et qu’elles ne doivent jamais prendre le pas sur la Nature humaine.
Et comme les enseignants sont aussi, pour la plupart, des parents, le formatage est le même...Il n’y a par contre rien de définitif dans ce constat. Les rencontres que j’ai avec les parents d’élèves au long de l’année me montrent bien qu’ils sont dans leur grande majorité à l’écoute et lorsque les enfants leur rapportent le bonheur d’apprendre, ils prennent le même chemin.

Il s’agit donc bien d’une osmose à réaliser dans ce triptyque, enfant, parents, enseignants. Toute condamnation ou jugement renforce l’épaisseur des barrières...

 

Pour ce qui est de l’Éducation nationale, je ne l’inclus pas, volontairement, dans cette rencontre à établir. Elle n’a rien à imposer, elle se doit de suivre ce qui fonctionne sur le terrain. Il faut inverser le sens des influences.
Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont voulu faire tenir ce rôle à l’école : un rôle économique affiliée à une "philosophie matérialiste". Les objectifs étaient clairs et je rappelle d’ailleurs que Mr Hollande a dit que l’école avait un rôle prioritaire dans le soutien à l’économie.

Alors, cette idée que l’enseignement doit avoir une portée concurrentielle, qu’elle doit permettre à la France de garder son rang, etc ...c’est ce qui est dit depuis bien longtemps alors que Jules Ferry disait :

"Nous ne vous demandons pas d’en faire des grammairiens mais des hommes." Et je répète alors ce que j’ai déjà dit. Il est essentiel d’aider à la constitution du récipient avant de vouloir y mettre quelque chose.

 

Sinon, tout s’enfuit. Et là, ça fait longtemps qu’on travaille à l’envers. L’école élémentaire n’a AUCUN rôle à tenir au regard de l’économie et de la formation de futurs salariés.

Le collège doit par contre s’ouvrir aux formations professionnelles pour des jeunes qui en ont le désir et non pas pour s’en débarrasser.

 

Que ça soit fait par des gens compétents et avec des moyens, en partenariat avec les secteurs économiques concernés. Mais pour ce qui est de la filière purement scolaire, elle se doit d’apporter aux individus l’accession au "savoir être".

Le "savoir faire" viendra en son temps et c’est ce regard et cet accompagnement existentiel qui soutiendra les étudiants dans le long cheminement vers les hauts diplômes.
Les individus se définissent aussi par leur activité économique mais s’ils ne se définissent QUE par ça, que leur reste-t-il lorsqu’ils perdent leur travail ?...

 

Toutes les identifications sont des pièges redoutables dès lors que l’individu ne se pense exister qu’à travers le statut que ces identifications lui donnent. Il s’agit donc, en priorité, à travers l’enseignement et l’éducation, à mon sens, d’apporter suffisamment de lucidité à l’individu pour qu’il découvre ce qu’il est mais sans jamais se figer. Je ne suis pas instituteur, j’exerce le métier d’instituteur.

Le "Je" est bien autre chose qu’une fonction. Il est par essence une Nature.

 

 

(DR Louis Pasteur par le photographe Félix Nadar en 1878.)
 

 

Quant aux modèles dont les enfants se servent, je les vois à longueur d’année : Justin Bieber ou Ronaldo pour les garçons et Rihanna et autres starlettes pour les filles. Leur rêve à tous et toutes étant principalement de gagner des centaines de millions et d’être adulés.

La valeur humaine est une notion qui leur échappe totalement.

C’est pour cela que je leur raconte la vie de gens comme Albert Wegener, Marie Curie, Walter Bonatti, Bernard Moitessier, Alexandra David Neel, Nicole Viloteau, Laurence de la Ferrière, Louis Pasteur, Soeur Thérésa, Aung San Suu Kyi, Sir Edmond Hillary et Tensing Norkay etc etc...

 

C’est pour cela que je les emmène en montagne. Les valeurs morales et les valeurs physiques. Tout le reste est secondaire. Même si ça reste important. C’est une continuité, pas un point de départ.


Tout le problème, pour moi, tient dans le fait, encore une fois que les parents et la société en général, télé et médias, laissent penser aux enfants que l’apparence mais surtout l’appartenance à un groupe, à une image partagée, à une structure a davantage d’importance que l’individu lui-même.

La "Biebermania" en est un des dernières apparitions. Mais chez les adultes, on retrouve le même phénomène. C’est toujours une absence de vie intérieure qui trouve sa complétude dans des mouvements de masse.

Les habits, être supporter de l’OM ou du PSG, s’habiller chez Calvin Klein ou Hermès et bien sûr avoir une Rolex..., ça prend évidemment des proportions différentes selon le milieu social mais le fonctionnement est le même. L’appartenance, la reconnaissance, l’adhésion aux groupes, l’avoir qui supplée l’être.
J’entends souvent dans les médias des « spécialistes » dire que le niveau des enfants baisse.

A mon sens, c’est parce que le contenant est friable. Donc, le contenu s’écoule.

 

Et comme la société, elle-même, montre des signes de plus en inquiétants de friabilité, dans de multiples domaines, cette perméabilité des individus se renforce. La peur est un effaceur surpuissant.

 

Et je vois de plus en plus, dans mes classes successives, les peurs grandissantes des enfants. L’instabilité parentale en est une cause mais elle n’est pas la seule. Le Monde autour d’eux est violent ou en tout cas les représentations qu’on leur donne à voir.
J’en reviens à mon point de départ. C’est lorsqu’on aide l’individu à se connaître soi qu’il a des chances un jour de connaître quelque chose. Si on ne donne pas de sens à l’enseignement, ça part dans tous les sens et ça cafouille.

 

Et ça commence bien évidemment dès les premières années d’école. Qu’on fasse découvrir la philosophie uniquement en terminale et pour l’obtention d’un diplôme, c’est totalement aberrant...


Et on ne s’en sortira pas avec la Morale laïque que prône maintenant Mr Peillon quand il l’affuble de l’apprentissage de la Marseillaise et l’évaluation chiffrée de ces enseignements.

La morale laïque, telle qu’elle a été présentée, ces dernières heures, a pour objectif le ciment social. Mais ce social se réfère toujours à un contexte extérieur…On tourne en rond…Et on creuse un trou…
Déprimant.
Demain, je commencerai ma classe en posant une seule question : « Pourquoi êtes-vous là ? »
Et on y passera la journée. 
Les journées à venir vont être primordiales, d’un point de vue existentiel. L’aspect scolaire suivra.

 


Mes Premières Lectures : Merci Thierry Ledru.

LETTRE DE LA RENTREE et Sondage aimez vous l’école ICI


RENTREE des 6-12 ans ICI 

 

RENTREE des Bout’Chous ICI

Goldman Sachs

Par Le 05/09/2012

Juste du dégoût envers ceux qui ont mis ce système en place et envers ceux qui le laissent.

Sécurité de l'emploi??

Par Le 03/09/2012

Non, non, ça c'est une époque révolue.

Conditions d'enseignement catastrophiques. Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est pareil dans le secteur privé parce que là, on parle de l'avenir des enfants. Il ne s'agit pas SEULEMENT des adultes enseignants.

http://www.liberation.fr/societe/2012/09/03/il-y-a-50-des-professeurs-contractuels-en-lettres-et-histoire-qui-n-ont-pas-de-poste_843568

Je ne peux pas mettre la vidéo, il faut copier le lien pour l'ouvrir.

«50 % des profs contractuels en lettres et histoire n'ont pas de poste»

Par SYLVAIN MOUILLARD, FANNY LESBROS

Ils sont près de 120 000 précaires à travailler pour l'Education nationale, en CDD ou en CDI, mais sans disposer du statut protecteur de fonctionnaire. Parmi eux, environ 23 000 enseignants et conseillers principaux d'éducation (CPE). A la veille de la rentrée des classes, ils sont encore nombreux à ne pas avoir signé de contrat.

«C'est l'héritage du précédent ministre de l'Education, Luc Chatel, note Matthieu Brabant, de la CGT Education. Avec les suppressions de postes [80 000 lors du dernier quinquennat, ndlr], la situation s'est encore tendue pour les contractuels.» Dans son académie de Créteil, Matthieu Brabant estime que près de 500 professeurs supplémentaires par rapport à 2011 n'ont pas signé de contrat au 1er septembre. Pour eux, c'est donc l'incertitude, jusqu'à un éventuel coup de fil, pour une mission de quelques semaines ou quelques mois.

«Au mieux, les CDD peuvent aller jusqu'à un an», précise le spécialiste de la CGT Education. Depuis 2005, la voie du CDI s'est également ouverte. Quand un contractuel compte au moins six ans d'ancienneté au cours de ses huit dernières années de vie professionnelle, il signe automatiquement un contrat à durée indéterminée. Si elles sont ainsi mieux protégées, ces personnes n'appartiennent pas pour autant à la Fonction publique. Il arrive même qu'en l'absence d'affectation, dans certaines académies, elles ne touchent que 70% de leur salaire.

Pour la plupart de ces précaires, la titularisation reste l'objectif : le concours interne – qui va ouvrir 4 500 postes à la session 2013, contre 1 850 cette année – est une voie possible, tout comme le plan Sauvadet de titularisation, entré en vigueur en mars 2012. Mais les recrutements se feront au compte-gouttes par rapport à la masse de précaires qui font vivre l'Education nationale. A la veille de la rentrée des classes, Libération est allé à leur rencontre.

Ma classe.

Par Le 02/09/2012

 

Je ne connais que l'école élémentaire. Mais c'est bien là que tout commence...

L'essentiel, à mes yeux, reste la connaissance de soi. Le contenant avant le contenu. L'individu avant l'élève. Lorsque l'éveil à soi est validé, l'éveil au monde devient possible.

 

Les adultes enseignants sont évidemment en première ligne...Mais il ne faut rien attendre de l’Éducation nationale, que ça soit un gouvernement de droite ou de gauche d'ailleurs. Trente ans que je suis instituteur et je n'ai vu qu'une dégradation continue de la prise en compte de l'individu, dans les moyens accordés et sur le fond également. Des statistiques, évaluations nationales, réformes dérisoires ou inapplicables, aucune évolution réelle. On ne parle que de l'intégration à la vie sociale et économique.

Tout le problème vient de l'école élémentaire à mon sens. Ce que vit le collège n'est que le résultat d'une absence d'existence en tant qu'individu. Au lycée, la proximité de la vie professionnelle sauvent quelque peu ceux qui sont encore dans la course...Mais les dégâts sont effroyables même s'ils ne sont pas immédiatement perceptibles chez tous. 

L'école est avant tout un mouroir spirituel. Il n'y a que la philosophie existentielle (et non pas cognitive) qui puisse inverser le mouvement.

 

L'école n'est que le reflet du monde. Elle est un contenu et non pas un contenant. Juste une excroissance d'un système extrêmement vaste. Il est vain à mon sens d'attendre une évolution positive de l'école elle-même alors qu'elle dépend intrinsèquement d'un champ beaucoup plus vaste. C'est toute la vision de l'individu qu'il faut revoir. C'est comme entreprendre la rénovation intérieure d'une maison alors que le bâti est en ruine.

Dès lors que le système scolaire est orchestré par des instances qui ont pleinement adhéré à la vision matérialiste de l'existence, il est absurde d'en attendre autre chose que les valeurs que ces gens soutiennent. Par conséquent, je ne crois pas que les changements puissent venir de la hiérarchie.

C'est l'engagement de la base qui porte les germes du changement.

Collaborer ou résister.

Il convient donc d'établir, en soi, les priorités de sa mission et œuvrer à les appliquer. Pour ce qui est de l'école, les techniques d'enseignement sont secondaires. Tant que l'humain est valorisé, écouté, aimé, accepté dans ses différences, porté, accompagné, il n'a plus aucune raison d'entrer en rébellion. Les techniques, dès lors, sont des moyens, pas les objectifs qu'ils finissent par devenir tant on leur accorde d'importance...

L'immense difficulté du travail vient du fait qu'il est impossible de réussir sans que ce travail ait été fait sur soi. Ça ne s'apprend pas dans des livres même si les livres peuvent être des soutiens. Chaque enseignant devrait avant tout être enseignant de lui-même, son propre élève et son propre maître, une alternance constante entre l'apprentissage et la validation des acquis spirituels. Et je dis bien "spirituel" et non pas "cognitif". Une spiritualité qui bien évidemment n'a rien à voir avec la religion. "Lettres aux écoles " de Krishnamurti devrait être une lecture de chevet...Les instances dirigeantes ne le proposeront jamais...

 

Ce système scolaire dans lequel l'apprentissage cognitif est la seule référence aboutit à un système pervers de croyances. Les diplômes représentent la validation administrative des étapes dans l'accumulation de ces croyances. Je parle de croyances étant donné que ces savoirs contribuent à l'égarement de l'individu dans l'idée que ce qu'il fait, produit, réalise durant ce cheminement cognitif LE représente, que ce qu'il fait correspond à ce qu'il est et que la "réussite" dans ce parcours scolaire contribue à son être. Les concepteurs de la bombe nucléaire, les chimistes de Monsanto, les ingénieurs de chez Dassault, sont tous des gens hautement diplômés et ils sont à des années lumière de la moindre conscience unifiée. Ils œuvrent à la validation de leurs études dans l'exploration de leur ego en ayant abandonné toute forme d'empathie avec le flux vital. Et ils sont honorés et reconnus par la société marchande.

Leurs croyances les nourrissent et ils se sentent certainement redevables de ce que le système scolaire leur a permis de devenir. 

C'est parce que l'enseignement actuel exclut la dimension spirituelle que ces croyances s'établissent avec une telle force. Le pouvoir, la puissance, la compétition sociale, la comparaison, l'envie, la rentabilité, la technicité jusqu'à l'absurde, le profit, le mensonge, la soumission, la compromission, toutes les dérives actuelles sont les conséquences d'une déshumanisation de l'enseignement.

Je me demande d'ailleurs comment justifier l'idée qu'une société malade puisse s'ériger en formateur de jeunes esprits ? Comment peut-on considérer que les pairs, dans leurs dérives anciennes, puissent oeuvrer au Bien-être des individus ?

Il me vient parfois à l'esprit que cette société agit comme un incubateur. Elle favorise l'éclosion de ses prochaines victimes. Victimes spirituelles à une échelle gigantesque. Jusqu'au sans domicile qui deviendra une victime physique. En passant par les suicidés, les intoxiqués, les déjantés, tous ceux qui se seront perdus en cours de route, qui auront quitté l'axe principal pour s'aventurer sur des chemins de traverse. Il y a des rescapés. Ceux qui basculent pour une raison qui parfois leur échappe dans cette dimension spirituelle dont ils ont été privés durant leur survie.

 

L'enseignement scolaire actuel exclut totalement la dimension spirituelle de l'individu. La classe de philosophie de terminale n'est qu'une accumulation de savoirs aboutissant à une évaluation chiffrée comme si le but essentiel de la philosophie tenait dans un cadre aussi restrictif. C'est consternant et ça contribue au rejet quasi général de ce regard porté sur l'existence. Pour ma part, la philosophie n'est même pas une finalité. Elle n'est qu'un moyen de tendre vers une complétude de l'individu, une unification de l'ego avec l'inconscient, du moi avec le Soi qui le contient, une observation lucide des conditionnements et leur analyse. La philosophie pour elle-même n'a pas plus d'intérêt que la connaissance de la carte du monde. Il ne s'agit que de l'image d'un territoire mais son exploration rend nécessaire l'engagement du marcheur. Sortir d'une classe de terminale en se contentant de connaître la carte sans que cela n'ait déclenché le désir absolu de se lancer sur la route intérieure est un échec cuisant pour l'éducation nationale. Il faudrait que ce mammouth cherche à connaître, sur le long terme, le nombre d'individus ayant éprouvé cet amour des horizons intérieurs. Le constat serait effrayant.

La philosophie est bien autre chose qu'une matière scolaire. Luc Ferry disait qu'il était inutile de chercher à initier de jeunes enfants à une démarche philosophique. Je suis d'accord avec lui s'il s'agissait de l'enseigner comme cela est fait en France. Mais pour ma part, je mets bien autre chose dans le terme que ce simple épandage de notions diverses dans des esprits en friche. Lorsque je travaille avec mes élèves sur la gestion des émotions, nous faisons de la philosophie puisque l'objectif est de vivre mieux comme l'entendait Sénèque. 


Je pense, pour le vivre depuis trente ans dans ma classe, qu'il est indispensable d'initier les jeunes esprits à la réflexion et ne pas attendre qu'ils soient adolescents puisque ceux-là, pour la plupart, seront déjà formatés, n'ayant jamais eu à s'observer réellement, en dehors du prisme étroit de leur vie sociale et donc scolaire

Lorsqu'une élève me dit, après notre discussion sur le chemin éclairé par les lampadaires qu'on allume au fur et à mesure qu'on avance dans la connaissance de soi, que les zones d'ombres lui apparaissent beaucoup moins inquiétantes dès lors qu'on sait qu'il est juste et bon de venir se ressourcer sous les lumières acquises, et bien, je sais qu'il s'agit de philosophie. Puisqu'elle vivra mieux.

 

Il n'est nullement question pour moi de remettre en cause le rôle "économique" de l'école et la participation à l'avenir professionnel des enfants. Je ne cherche pas à en faire des individus déracinés au regard de leur appartenance à un système. Je dis simplement qu'à l'école élémentaire, la priorité est de participer au développement équilibré de l'individu. C'est lorsque cela aura été validé que le reste suivra de lui-même et que le choix pourra se faire en toute conscience. 

 

Tout le nœud du problème tient dans cet accompagnement de l'humain. C'est là justement que la philosophie à l'école élémentaire peut prendre une place primordiale. Encore faut-il que les enseignants en prennent conscience et fassent eux-mêmes ce travail. Mais qui va juger de la démarche existentielle des enseignants ? C'est à eux de le faire. La priorité, depuis des décennies, c'est « l'avoir », c’est à dire l'extérieur. On travaille à l'envers.

Les Peuples Premiers n'ont jamais perdu de vue qu'un chasseur, un cueilleur, un berger, un potier, ne représentent que des fonctions et qu'elles ne doivent jamais prendre le pas sur la Nature humaine. Je ne "suis" pas instituteur, j'exerce le métier d'instituteur. Combien d'individus aujourd'hui ne s'identifient qu'à leur statut professionnel, jusqu'à sombrer si jamais ils le perdent ou que l'âge de la retraite est venu ?

Et comme les enseignants sont aussi, pour la plupart, des parents, le formatage est le même...Il n'y a par contre rien de définitif dans ce constat. Les rencontres que j'ai avec les parents d'élèves au long de l'année me montrent bien qu'ils sont dans leur grande majorité à l'écoute et lorsque les enfants leur rapportent le bonheur d'apprendre, ils prennent le même chemin. Il s'agit donc bien d'une osmose à réaliser dans ce triptyque, enfant, parents, enseignants. Toute condamnation ou jugement renforce l'épaisseur des barrières...

Pour ce qui est de l’Éducation nationale, je ne l'inclus pas, volontairement, dans cette rencontre à établir. Elle n'a rien à imposer, elle se doit de suivre ce qui fonctionne sur le terrain. Il faut inverser le sens des influences.

 

Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont voulu faire tenir ce rôle à l'école : un rôle essentiellement économique affiliée à une "philosophie matérialiste". Les objectifs étaient clairs et je rappelle d'ailleurs que Mr Hollande a dit que l'école avait un rôle prioritaire dans le soutien à l'économie. Alors, cette idée que l'enseignement doit avoir une portée concurrentielle, qu'elle doit permettre à la France de garder son rang, etc ...c'est ce qui est dit depuis bien longtemps alors que Jules Ferry disait : "Nous ne vous demandons pas d'en faire des grammairiens mais des hommes. "

Il est donc essentiel d'aider à la constitution du récipient avant de vouloir y mettre quelque chose. Sinon, tout s'enfuit. Et là, ça fait longtemps qu'on travaille à l'envers. L'école élémentaire n'a AUCUN rôle à tenir au regard de l'économie et de la formation de futurs salariés. Le collège doit par contre s'ouvrir aux formations professionnelles pour des jeunes qui en ont le désir et non pas pour s'en débarrasser. Que ça soit fait par des gens compétents et avec des moyens, en partenariat avec les secteurs économiques concernés. Mais pour ce qui est de la filière purement scolaire, elle se doit d'apporter aux individus l'accession au "savoir être". Le "savoir faire" viendra en son temps et c'est ce regard et cet accompagnement existentiel qui soutiendra les étudiants dans le long cheminement vers les hauts diplômes.

 

Toutes les identifications sont des pièges redoutables dès lors que l'individu ne se pense exister qu'à travers le statut que ces identifications lui donnent. Il s'agit donc, en priorité, à travers l'enseignement et l'éducation, à mon sens, d'apporter suffisamment de lucidité à l'individu pour qu'il découvre ce qu'il est mais sans jamais se figer.

Le "Je" est bien autre chose qu'une fonction. Il est par essence une Nature.
Quant aux modèles dont les enfants se servent, je les vois à longueur d'année : des starlettes de la chanson, des footballeurs... Leur rêve à tous et toutes étant principalement de gagner des centaines de millions et d'être adulés. La valeur humaine est une notion qui leur échappe totalement. C'est pour cela que je leur raconte la vie de gens comme Albert Wegener, Marie Curie, Walter Bonatti, Bernard Moitessier, Alexandra David Neel, Nicole Viloteau, Laurence de la Ferrière, Louis Pasteur, Soeur Thérésa, Aung San Suu Kyi, Sir Edmond Hillary et Tensing Norkay etc etc...C'est pour cela que je les emmène en montagne. Les valeurs morales et les valeurs physiques. Tout le reste est secondaire. Même si ça reste important. C'est une continuité, pas un point de départ.

 

Tout le problème, pour moi, tient dans le fait, encore une fois que les parents et la société en général, télé et médias, laissent penser aux enfants que l'apparence mais surtout l'appartenance à un groupe, à une image partagée, à une structure, a davantage d'importance que l'individu lui-même.

C'est toujours une absence de vie intérieure qui trouve sa complétude dans les mouvements de masse les plus abrutissants. Les habits, être supporter de l'OM ou du PSG, s'habiller chez Calvin Klein ou Hermès et bien sûr avoir une Rolex..., ça prend évidemment des proportions différentes selon le milieu social mais le fonctionnement est le même. L'écran plat de chez Darty sera l'équivalent d'une Rolex pour certains. Les exemples sont innombrables de cette puissance de la possession. L'appartenance, la reconnaissance, l'adhésion aux groupes, l'avoir qui supplée l'être.

 

J’entends souvent dans les médias des « spécialistes » dire que le niveau des enfants baisse. A mon sens, c’est parce que le contenant est friable. Donc, le contenu s'écoule. Et comme la société, elle-même, montre des signes de plus en inquiétants de friabilité, dans de multiples domaines, cette perméabilité des individus se renforce. La peur est un effaceur surpuissant. Et je vois de plus en plus, dans mes classes successives, les peurs grandissantes des enfants. L’instabilité parentale en est une cause mais elle n’est pas la seule. Le Monde autour d’eux est violent ou en tout cas les représentations qu’on leur donne à voir.

 

J'en reviens à mon point de départ.

C'est lorsqu'on aide l'individu à se connaître soi qu'il a des chances un jour de connaître quelque chose. Il ne s'agit pas de gonfler le contenant comme une outre pour le presser à l'envi ensuite et lui faire croire qu'il doit être reconnaissant et qu'il doit participer pleinement à cette société qui lui permet d'exister confortablement... Et c'est pourtant bien ça qui se greffe année après année dans la tête des enfants. Il faut une très grande force de caractère pour survivre à ce modelage des âmes.

 

 

  • 239
  • 240
  • 241
  • 242
  • 243
  • 244
  • 245
  • 246