Articles de la-haut
Cliffhanger et page turner
Je m'anglicise ^^
En littérature, ces deux techniques concernent des méthodes d'accroche.
Le "cliffhanger" consiste à tenir le lecteur (oui, les lectrices aussi ^^) en haleine en fin de chapitre, à le laisser haletant, face à une énigme, un danger, une interrogation, un drame et ses conséquences, une nouvelle joyeuse et ses effets, bref, l'obligation de tourner la page et donc on se retrouve pris par le "page turner". L'idéal étant d'être tellement accroché (cliffhanger) qu'on tourne les pages jusqu'à la fin ^^(page turner)
"Le cliffhanger est une technique narrative qui consiste à interrompre le récit à un moment crucial, souvent à la fin d'un chapitre ou d'un livre, pour maintenir l'intérêt du lecteur et susciter l'envie de connaître la suite.
Un page turner est un livre si captivant que le lecteur ne peut s'empêcher de tourner les pages pour découvrir la suite, souvent grâce à un début accrocheur, des rebondissements et une intrigue haletante."
Comme je l'ai dit dans le message précédent, je me suis en tête de chercher un éditeur ou un auteur, autrice, dessinateur, dessinatrice pour une adaptation de ma quadrilogie. Et donc, depuis plusieurs soirs, je relis les trois tomes achevés (je rappelle que le tome 1, "Les héros sont tous morts" est publié.)
L'idée est de construire un synopsis, chapitre par chapitre, avec un résumé et un extrait. Et au fil de ce travail, je me suis aperçu que je m'étais quelque peu inscrit dans cette technique du "cliffhanger". En même temps, dans une catégorie polar-anticipation, il serait assez désastreux de ne pas avoir envie de tourner la page.
Néanmoins, je me suis appliqué à ne pas finir chaque chapitre par un "suspense" parce qu'on sait que la répétition tue l'effet. Je pense même que les réflexions existentielles tiennent autant de place que les situations d'actions. Et je m'en réjouis.
Il n'était pas question pour moi de délaisser le cogito ...
Il ne s'agit donc pas de romans d'actions, avec des super héros (voir le titre du tome 1...) mais des gens comme tout le monde qui se retrouvent dans des situations dont personne ne voudrait. Et qui tentent de s'en sortir.
L'objectif principal étant que les lecteurs et lectrices en arrivent à se demander : "Et moi, comment je ferais si ça m'arrivait ? "
C'est d'ailleurs ce que l'éditrice avait mentionné dans la présentation du tome 1 sur son site : Dans un registre plus noir que d’habitude, et sur fond de polar, on retrouve l’excellente écriture de Thierry Ledru, qui nous livre une analyse en miroir de l’âme humaine, et nous pousse à nous interroger : que ferions-nous avec cette mallette ?
L'âme humaine. Voilà ce qui m'importe.
Une idée, un projet.
Je travaille à l'écriture du tome 4, "TERRE SANS HOMMES"
J'aime beaucoup la bande dessinée et je me suis rendu compte au fil des années qu'il m'arrive de plus en plus souvent de construire un chapitre comme s'il m'apparaissait découpé dans des pages et des cases, de voir le dessin.
Je le faisais déjà sur le plan cinématrographique mais je trouve que la "fixité" du dessin oblige à se concentrer sur les éléments essentiels, sur une forme de cadrage qui ne doit rien délaisser et ne doit rien surcharger. C'est la quête de la justesse, ni trop, ni trop peu. Il s'agit d'identifier le point central et de construire autour. Et de savoir s'arrêter quand tout est en place.
Puis, une nuit, une idée m'est venue.
Et si je cherchais une maison d'édition de bande dessinée et un dessinateur ?
Proposer une adaptation.
Alors, voilà, je reprends les trois tomes déjà écrits et je les mets en forme pour les présenter. Une sorte de scénario et un extrait par chapitre pour donner le ton, l'idée centrale.
Il me restera à finir le tome 4 et à réaliser le même travail.
Motivation totale.
Un projet sur le long terme.
Il va me falloir également établir la liste des éditeurs publiant des albums dans le style polar-thriller-anticipation, avec un dessin réaliste.
Je vais devoir naviguer un certain temps au vu du nombre de maisons existantes.
Affaire à suivre :)
Limiter l'extension de l'IA
La nécessité d'établir une IA constitutionnelle est une évidence.
Sa réalisation est utopique.
Il suffit de penser qu'aucune constitution visant à protéger la vie de la planète n'a jamais été ni écrite, ni donc encore moins adoptée. Les COP et autres réunions n'ont toujours été que des luttes contre les lobbies et leurs réussites bien trop faibles. Pour la simple raison que ça va à l'encontre de la sphère économique et que c'est elle qui dirige le monde. Alors, bien évidemment, qu'au regard des sommes pharaoniques que les maîtres de l'IA envisage, aucune limite ne sera jamais établie. Il en sera comme avec les limites physiques des ressources planétaires. Toujours plus loin...
Les écrivains de science fiction ont de "beaux jours" devant eux.
Le PDG de la société Anthropic, Dario Amodei, publie un essai intitulé "L'adolescence de la technologie" qui plaide pour l'établissement d'une IA constitutionnelle, afin d'empêcher les dérives nocives à venir des intelligences artificielles de plus en plus puissantes et autonomes.
/2024/09/14/nicolas-arpagian-66e5be37c179f515361798.png)
Article rédigé par Nicolas Arpagian
Radio France
Publié le 01/02/2026 17:00
Temps de lecture : 4min /2026/01/31/gettyimages-2207423226-697e3fea5130c060725326.jpg)
L'intelligence artificielle peut-elle devenir une menace pour l'Homme ? (VCG / VISUAL CHINA GROUP)
C'est un texte de quelques dizaines de pages disponible en anglais en accès libre(Nouvelle fenêtre). Il est signé par Dario Amodei, un docteur en physique de l'Université de Princeton (USA) et entrepreneur de 43 ans. Après avoir travaillé chez Google puis été en charge de la recherche chez OpenAI (la maison mère de ChatGP), il a cofondé en 2021 la société Anthropic à qui l'on doit notamment la série de grands modèles de langage dénommée Claude. C'est donc un poids lourd de la planète IA, tant comme chef d'entreprise que dans le domaine technique.
Il s'était déjà fait connaître à l'été 2023 en intervenant devant un Comité judiciaire du Sénat des États-Unis dédié à la vie privée, la technologie et le droit, où il s'inquiétait des possibles dangers de l'intelligence artificielle(Nouvelle fenêtre). Il affirmait que "des acteurs malveillants pourraient utiliser l'IA afin de produire des outils mortels", en assimilant ces modèles algorithmiques à des armes à part entière.
Deux ans et demi se sont écoulés, et il prolonge le trait en diffusant un appel : "L'Humanité doit se réveiller, et cet essai est une tentative – peut-être vaine, mais qui vaut la peine d'être tentée – de secouer les gens pour les réveiller."
Des IA possiblement dangereuses
Dario Amodei ne veut pas être alarmiste. Il plaide pour une préparation collective à la situation à venir. Ainsi, il annonce l'arrivée prochaine, d'ici deux ans, d'une IA qu'il qualifie de "puissante", dotée de capacités scientifiques sans commune mesure avec les performances actuelles. Elle serait capable de coordonner des systèmes complexes comme des robots ou des ordinateurs, avec une aptitude à travailler sur la durée de manière autonome et à un rythme inaccessible aux humains.
Il envisage des utilisations militaires ou offensives de ces IA qui pourraient potentiellement échapper à leurs concepteurs. Avec une faculté des algorithmes à prendre leur autonomie pour réaliser les tâches qu'ils considéreront comme prioritaires. Sans se soucier a priori du coût humain, social ou environnemental. Voire se montrer hostile si ces IA s'estiment freinées dans la réalisation de leurs tâches.
Surtout, écrit Dario Amodei, si la littérature de science-fiction (avec des histoires de robots qui se révoltent contre les inventeurs humains) fait partie du fonds documentaire pour entraîner lesdites IA.
Établir une norme suprême
En 1942, les écrivains de science-fiction Isaac Asimov et John W. Campbell ont rédigé les 3 lois de la robotique :
Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger ;
Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la première loi ;
Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.
Dario Amodei plaide en faveur de l'élaboration d'une "IA constitutionnelle" qui généraliserait l'adoption d'un texte fondamental que chaque IA devrait impérativement respecter. En plaçant, par exemple, des valeurs protectrices de la vie humaine comme critère suprême d'une prise de décision par une intelligence artificielle.
Le mérite de cette publication, que certains qualifieront d'utopique, est donc de lancer le débat et d'inciter chacune et chacun d'entre nous à nous à s'interroger sur ce qu'on attend de ces IA et ce qu'on est prêt à leur laisser comme libre arbitre.
James Lovelock et l'hypothèse Gaïa
Recherche — Découvertes scientifiques
L'hypothèse Gaïa de James Lovelock : théorie influente... et controversée
https://www.radiofrance.fr/franceculture/l-hypothese-gaia-de-james-lovelock-theorie-influente-et-controversee-1824581
Par Pauline Petit
Publié le jeudi 22 septembre 2022 à 15h22
9 min
La fresque de Wyland, sur une salle de spectacle de Long Beach aux Etats-Unis, réalisée en 2009 à l'occasion de la journée de la Terre.
© Getty - Luis Sinco/Los Angeles Times
Formulée dans les années 1970 par le chimiste James Lovelock et la biologiste Lynn Margulis, "l’hypothèse Gaïa" compare la Terre à un organisme capable de s'auto-réguler. Longtemps discréditée au sein de la communauté scientifique, cette théorie irrigue les pensées écologiques contemporaines.
James Lovelock est mort le 26 juillet 2022, à l'âge de 103 ans, et la Terre a continué de tourner (mais un peu plus vite, apparemment). Car si le scientifique britannique a eu quelque influence sur notre planète, elle a moins trait à sa rotation qu'à la vision que nous en avons. Sa théorie la plus célèbre, l'hypothèse Gaïa, a connu un retentissement considérable dans le monde des sciences de la Terre. Pour le philosophe Bruno Latour, elle aurait même une "importance [similaire] dans l'histoire de la connaissance humaine [à] celle de Galilée" ! Selon cette hypothèse fondée dans les années 1960 avec l'aide des travaux de la biologiste Lynn Margulis, la vie sur Terre serait rendue possible par une communauté d'organismes autorégulatrice, un système autonome. Une idée iconoclaste et stimulante… qui sera aussi source de malentendus et de récupérations.
À réécouter
Les enjeux climatiques 3/5 : Gaïa, une Nature historique et politique?
La Grande table (2ème partie)
35 min
Le grand système Terre
La Terre est un être vivant, l'hypothèse Gaïa (1979) ; Les Âges de Gaïa (1990) ; Gaïa. Une médecine pour la planète (2001), La Revanche de Gaïa (2006)... Une terre vivante, qui peut soigner, mais aussi se venger : non, ce n'est pas la dernière série de science-fiction au propos écologique à la mode, mais la quadrilogie d'un scientifique atypique, décédé le 26 juillet dernier. Il y a cinquante ans, le chimiste britannique James Lovelock et la biologiste américaine Lynn Margulis faisaient l'hypothèse suivante : la Terre fonctionne comme un superorganisme autorégulateur, capable de maintenir l'équilibre nécessaire à la vie. Elle est "un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d'années en harmonie avec la vie", nous dit Lovelock (La Revanche de Gaïa, J'ai Lu, 2008). Les vivants ne sont pas passifs par rapport à leur environnement, ils le façonnent. Autrement dit, l'atmosphère, les océans, la biomasse, formeraient une grande entité composée de différents individus travaillant chacun à la survie collective, un peu comme une communauté de fourmis vivant en symbiose.
Cette hypothèse, le chercheur atypique ne la sort pas de son imagination, mais d'abord de recherches liées… à la planète Mars. Au cours des années 1960, ce chimiste et biologiste de formation devient consultant pour la NASA. La mission est alors de détecter de la vie sur la planète rouge. Lovelock propose de comparer la composition de son atmosphère avec la nôtre. Il en conclut qu'un organisme vivant ne pourrait pas survivre sur Mars sans en modifier la composition atmosphérique, essentiellement composée de dioxyde de carbone. Au contraire, ce qui fascine Lovelock sur Terre, c'est l'équilibre de son atmosphère composée d'oxygène, d'hydrogène, d'azote, de méthane... Comment ce bienheureux dosage, propice à la vie, parvient-il à se maintenir ? Le chimiste fait l'hypothèse que la matière vivante sur Terre, "des baleines aux virus, des chênes aux algues", forme une entité vivante "capable de manipuler l'atmosphère terrestre pour répondre à ses besoins globaux et est dotée de facultés et de pouvoirs qui dépassent ceux de ses parties constituantes" (Gaia : A New Look at Life on Earth, Oxford University Press, 1979 ; La Terre est un être vivant, l'hypothèse Gaïa, Flammarion, 1993, pour la traduction française).
À réécouter
Atmosphère : une enveloppe fragile ?
La Méthode scientifique
57 min
"Si les humains actuels, par leur industrie, peuvent répandre partout sur Terre des produits chimiques que je détecte par mes instruments, écrit Lovelock cité par Bruno Latour, il est bien possible que toute la biochimie terrestre soit, elle aussi, le produit des organismes vivants. Si les humains modifient si radicalement leur environnement en si peu de temps, alors les autres vivants peuvent l’avoir fait, eux aussi, sur des centaines de millions d’années". Sous sa plume, le vivant est devenu ingénieur.
Pourquoi, en l'espace de plusieurs milliards d'années, les données fossiles indiquent-elles que le climat terrestre a très peu changé, et ce, malgré l'augmentation de l'intensité solaire ? De même, comment se fait-il que la salinité de la mer se soit maintenue en-dessous du taux de 6%, fatal à la vie, et le niveau de l'oxygène dans l'atmosphère à 21%, la limite de la conservation de la vie ? La réponse ne doit rien au hasard selon Lovelock. C'est le signe que la biosphère a la capacité d'ajuster elle-même son environnement dans le but de préserver la possibilité de la vie sur Terre. Ce système autorégulateur qui permet à notre planète de rester en homéostasie (un phénomène par lequel un facteur comme la température, par exemple, est maintenu autour d'une valeur bénéfique pour l'ensemble d'un système), il ne va pas lui donner une appellation scientifique un peu ronflante - du type "système biocybernétique et géomorphologique homéostatique" -, mais un nom aux résonances poétiques : Gaïa, en référence à la déesse qui incarne la Terre dans la mythologie grecque. Soufflée par son ami William Golding, auteur de Sa Majesté des mouches et prix Nobel de littérature en 1983, cette trouvaille ne sera peut-être pas pour rien dans la déviation ésotérique à laquelle sera destinée l'hypothèse de Lovelock.
"Désormais, le mot “Gaïa” sera utilisé pour décrire la biosphère et toutes les parties de la Terre avec lesquelles elle interagit activement pour former cette hypothétique nouvelle entité avec des propriétés qui ne peuvent être prédites de la somme de ses parties." James Lovelock et Lynn Margulis, "Atmospheric homeostasis by and for the biosphere : The Gaia hypothesis" (Tellus, vol. 26, n° 1, 1974).
À réécouter
Cosmocolosse de Bruno Latour, Frédérique Ait-Touati et Chloé Latour
L'Atelier fiction
58 min
Quand Gaïa s'attire les foudres des scientifiques
James Lovelock et Lynn Margulis, en janvier 2000, à l'université de Valencia.
© Maxppp - ALBERTO ESTEVEZ
Se joue ainsi dans la première formulation de l'hypothèse Gaïa une rencontre toute pascalienne des deux infinis. D'un côté, avec Lovelock, la Terre vue de Mars qui apparaît comme un système autorégulateur. De l'autre, avec les travaux de la biologiste américaine Lynn Margulis (c'est avec elle que Lovelock signe son premier article scientifique), la Terre vue au ras du sol, au plus près des petits organismes du vivant qui s'entrelacent les uns aux autres, travaillent ensemble. Si l'hypothèse Gaïa est à l'époque si novatrice, c'est donc aussi parce qu'elle discorde avec les théories néodarwiniennes qui nous ont appris la compétition des êtres vivants.
Aussi le joli nom de l'hypothèse n'a-t-il pas suffi pour séduire l'ensemble de la communauté scientifique. Le paléontologue américain Stephen Jay Gould accepte qu'il puisse y avoir de nombreux mécanismes de régulation, mais certainement pas que cela suffise pour valider l'idée d'un "organisme" global autorégulateur. Le célèbre biologiste Richard Dawkins s'y oppose plus frontalement, estimant que Lovelock contrevient aux principes établis du darwinisme. Dans sa réfutation de la théorie de Lovelock publié en 1982, le père du "gène égoïste" soutient que si l'on suit la théorie de Gaïa, la Terre aurait dû naître d’une longue série d’échecs planétaires.
À réécouter
Les Chemins de la philosophie
58 min
Car c'est là qu'achoppe la théorie de Lovelock, aux pavés plutôt bien équarris de la théorie de l'évolution. Avec Gaïa, le Britannique ouvrait une autre perspective sur le monde naturel, peut-être moins individualiste et compétitive. Lovelock assurait lui-même que cette hypothèse pouvait servir de contrepoint à la conception moderne et traditionnelle de la nature comme une force primitive à maîtriser. James Lovelock reconnaîtra d'ailleurs une forme d'incompatibilité entre sa théorie et le modèle évolutionniste ("Comme je ne doutais pas de Darwin, quelque chose devait clocher dans l'hypothèse Gaïa", écrira-t-il dans La Revanche de Gaïa). S'il y a eu controverse scientifique autour de son hypothèse, donc, elle a été menée par des biologistes de l'évolution, bien que, comme le souligne par ailleurs Sébastien Dutreuil dans la revue Zilsel (2017), Lovelock et Margulis "envisageaient une contribution au sein des sciences de la Terre (climatologie, géochimie et histoire de la Terre) et à la marge de la biologie (exobiologie), et non au sein de la biologie de l’évolution". Et si elle n'a pas convaincu les spécialistes de l’évolution, elle a indéniablement "eu une influence particulièrement profonde, puissante et durable sur la trajectoire historique des sciences de la Terre et de l’environnement".
De l'autre côté du spectre en effet, les travaux de Lovelock vont inciter de nombreux scientifiques à renouveler leur approche de leur discipline. C'est par exemple le cas du géophysicien néerlandais Peter Westbroeck qui fera de Gaïa le support d'une nouvelle science : la géophysiologie. "C'est un champ d'études des interactions entre la vie et le reste de la Terre. C'est un autre mot pour l'idée de Gaia lancée par James Lovelock, expliquait-il à la revue La Recherche. Mais on a éliminé le mot Gaia, parce qu'il a été accaparé par le New Age et qu'il est contaminé pour la science".
À réécouter
Descartes : “Se rendre comme maîtres et possesseurs de la nature”
Les Chemins de la philosophie
58 min
Des chakras aux nouvelles pensées environnementales
Pour toute scientifique qu'elle soit, l'hypothèse Gaïa a nourri une myriade de pensées d’inspirations New Age depuis sa première formulation en 1969 - le petit nom avait, cette fois-ci, trouvé son public. Si les théories scientifiques devaient nécessairement refléter la culture dont elles émergent, on serait en effet tenté de dresser un parallèle entre le développement de la théorie de la sélection naturelle en pleine révolution industrielle, et la naissance de l'hypothèse Gaïa dans les années 1970, où les nébuleuses mystiques essaiment comme les fleurs sur les chemises des hippies. Gaïa donnait alors une forme de crédit scientifique aux spéculations néopanthéistes selon lesquelles notre Terre est animée d'une puissance vitale sacrée qu'il faut protéger. "Une ingérence intolérable" pour le partisan de l'hypothèse Gaïa Peter Westbroek, qui ne cessa de dénoncer cette récupération de l'œuvre de Lovelock en dehors du champ des sciences.
Mais peut-être en a-t-on trop fait avec cet épouvantail des reprises New Age de Gaïa, agité à l'envi dans le débat scientifique ? C'est en tout cas ce que pointe Sébastien Dutreuil après avoir longtemps travaillé sur l'hypothèse Gaïa du point de vue de la philosophie des sciences. Cette récupération nous empêche de regarder là où l'influence de Gaïa a été la plus déterminante : dans l'arène des mouvements environnementalistes (alors même que Lovelock était loin de partager les idéaux politiques de ces courants !). Retraçant plus précisément la diffusion de l'hypothèse, le chercheur note qu'elle a trouvé écho au sein de "la contre-culture environnementale californienne et américaine dont Stewart Brand et le Whole Earth Catalog sont les figures de proue dans les années 1960 et 1970 ; mais aussi l’écologie politique britannique, via Edward Goldsmith, fondateur de la revue The Ecologist et Satish Kumar, fondateur de la revue Resurgence et du Schumacher College" - trois figures dont Lovelock étaient proches, brouillant les pistes.
Aujourd'hui encore, des philosophes aux orientations très variées s'emparent de Gaïa pour apporter de l'eau au moulin de leurs discussions sur l'anthropocène (l’idée que nous sommes entrés dans une nouvelle époque géologique, marquée par l’influence de l'activité humaine) ou l'éthique environnementale. Et ce, même si les travaux scientifiques de Lovelock l'ont amené à être l'objet de nombreuses controverses environnementales concernant le changement climatique ou l'importance de la pollution humaine sur l'avenir de notre planète.
À réécouter
Succès du New Age : la science et la raison en danger ?
L'Invité(e) de Et maintenant ?
35 min
La puissance évocatrice d'un malentendu
James Lovelock, en 2005, par Bruno Comby de l'Association des Environnementalistes pour le Nucléaire.
- Wikipedia Commons
Les puissants rayons de la théorie Gaïa relaient à la fois l'histoire d'une idée retentissante dans l'histoire de la pensée écologique et celle d'un grand malentendu. Après avoir rencontré James Lovelock, chez lui en Angleterre, Bruno Latour, l'un des plus influents penseurs du vivant contemporains, se livrait dans L'Obs à cette confession éloquente :
"J’essayais de comprendre le paradoxe de ce vieil homme pugnace à la voix encore fraîche qui avait introduit en histoire des sciences une nouveauté décisive, objet de tant de malentendus. En remontant dans la voiture de Stephan, je me demandais si c’était moi qui avais exagéré l’importance de Gaïa, ou si je me trouvais en effet comme quelqu’un qui aurait eu la chance, dans les années 1620, de rencontrer Galileo Galilei avant que ses idées ne deviennent le sens commun d’une civilisation encore à venir."
On a voulu comprendre le pouvoir autorégulateur de l'hypothèse Gaïa comme l'explication scientifique de la vision, jamais véritablement abandonnée, de la Terre personnifiée comme un organisme vivant. Or, pour le philosophe, Gaïa n'est pas "un gros thermostat, pas plus qu’un super-organisme, une sorte de succédané de la Terre Mère (ou marâtre) de tant de mythologies", mais une façon nouvelle de définir les vivants dans leur relations à la Terre, détachée "d'un ordre naturel supérieur ou prédéterminé". Comme le souligne Sébastien Dutreuil, l'apport décisif de l'hypothèse Gaïa est sûrement d'avoir fondé un nouvel objet autour duquel se sont constituées "les sciences du système Terre" (notamment celle développée par les latouriens). C'est d'ailleurs ce qui lui a valu la médaille Wollaston en 2006, la plus haute distinction de la Société Géologique de Londres :
"Même dans l’histoire illustre de la médaille majeure de la Société, décernée pour la première fois à William Smith en 1831, il est rare d’être à même de dire que le récipiendaire a ouvert un champ entier et nouveau d’étude en science de la Terre. Mais c’est le cas du gagnant de cette année, James Lovelock. (…). La vue de la planète et de la vie qui y vit comme un système complexe unique (…) est ce qui a donné naissance au champ que nous connaissons maintenant comme “Science du Système Terre." Discours de Société Géologique de Londres, cité par Sébastien Dutreuil dans la revue Zilsel.
Dans l'un de ses derniers ouvrages, The Vanishing Face of Gaïa publié en 2009, James Lovelock reconnaît que l'impact de l'activité industrielle des humains bouleverse le système Terre : si l'on observait une augmentation de la température de 9 à 15° degrés, notre planète pourrait devenir invivable... Et pour affronter ces défis énergétiques, Lovelock penchait du côté de l'énergie nucléaire plutôt que celle des biocarburants. Celui qui a, paradoxalement, à la fois inspiré les penseurs écologistes contemporains et défendu des techniques prométhéennes de géo-ingénierie (il proposait en 2007 de mélanger artificiellement les océans à l’aide de tuyaux géants en béton pour stocker le carbone, ou de bitumer le Sahara pour empêcher une glaciation globale ( !), rappelle Bruno Latour dans un hommage au scientifique pour Libération), est mort à quelques jours de la date annuelle à laquelle l'humanité a consommé l'ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an. On y veut voir, non pas un signe de la colère divine de Gaïa, mais peut-être celui de la nécessité renouvelée de penser notre rapport à l'avenir de la Terre.
À lire aussi
Jour du dépassement : l'humanité "vit écologiquement à crédit" jusqu'à la fin de l'année
Vous trouvez cet article intéressant ?
Faites-le savoir et partagez-le.
Quatre millions de pages lues

J'ai commencé ce blog en novembre 2009.
Jamais, je n'aurais envisagé qu'un jour il atteindrait ce chiffre ni les 1 400 000 visiteurs.
J'avais deux romans publiés à cette époque, "VERTIGES " en 2004 et "NOIRCEUR DES CIMES" en 2007.
L'intention de ce blog n'était pas de constituer une "vitrine "pour ces deux romans mais d'écrire mes pensées, mes réflexions.
Lorsqu'il m'arrive de relire les premiers articles, je réalise à quel point mes centres d'intérêt ont changé. Dans les premières années, l'école a beaucoup concentré mes écrits, la dimension spirituelle tout autant.
Aujourd'hui, c'est l'état de la planète et toutes les urgences qui la touchent qui nourrissent mes écrits. "What else?" comme dirait George. C'est devenu un thème si pregnant qu'il est devenu le fil conducteur de la quadrilogie en cours d'écriture. La Terre et l'humanité. Le rapport de force et celui d'amour puisque les deux sont possibles. Le premier ayant conduit l'humanité à une dégradation considérable de la vie toute entière.
Une inversion de ce rapport devient absolument nécessaire, primordial, vital. Le problème, c'est que ce lien d'amour ne semble pas envisageable par un simple choix. L'humanité ne décidera pas que désormais il est temps d'aimer la planète et par conséquent de la respecter. Cette décision se fera par obligation. On peut même considérer que de multiples événements mèneront à ce changement de paradigme.
Pour l'instant, les conflits intellectuels entre les adeptes de la croissance et ceux du ralentissement volontaire occupent les esprits. Ça n'est jamais que du temps perdu car de toute façon, ce ralentissement aura lieu. C'est juste physique. Et j'utilise le terme de "physique" intentionnellement pour suggérer que la Terre, physiquement, n'en peut plus.
L'épuisement des ressources n'est vu qu'à travers le filtre des chiffres : diminution des réserves de pétrole, de terres rares, d'uranium, de nickel, de cuivre, de tous les minerais qui contribuent à la technologie, diminution des réserves d'eau potable, diminution de la couverture végétale (les forêts primaires), diminution de la vie marine, diminution de la biodiversité.
Année après année, nous nous approchons des limites.
Ce que j'ai décidé d'explorer dans la quadrilogie, c'est de dépasser l'idée d'un épuisement physique de la planète et d'imaginer un épuisement spirituel de la Terre. Et donc de développer l'idée d'une planète vivante, non pas uniquement dans son aspect physique mais dans sa conscience. On en arrive à "Gaïa".
J'ai lu beaucoup d'ouvrages de James Lovelock ou de Peter Russel. C'est ardu mais fascinant.
C'est en écrivant la quadrilogie que je réalise à quel point ces lectures m'ont marqué.
La Terre est vivante, non pas simplement dans les formes de vie qu'on y trouve mais l'entièreté de la planète et mieux encore, elle est consciente. Oui, je sais, "c'est n'importe" quoi se diront certains. Et je répondrai que nous sommes entrés depuis un certain temps dans un très grand n'importe quoi en refusant de considérer la Terre autrement que comme un magasin à exploiter.
Nous, humains, pensons que tout ce qui nous environne n'est pas nous. Que tout ce qui existe, par ses infinies différences, peut et doit être cartographié, identifié, classé, hiérarchisé et que nous, humains, étant à même de le faire, sommes donc au sommet de cette hiérarchie. Et que la vie sur la Terre n'est rien d'autre qu'un champ d'études et d'exploitations.
Sans doute sommes-nous allés trop loin.
LE DÉSERT DES BARBARES
"Nous sommes la Terre et la Terre est ce que nous sommes.
- Oui, tu l’as dit tout à l’heure mais il faut que tu m’expliques.
- Nous sommes un Tout, une seule entité. Toi, moi, les autres, tout ce qui vit, les animaux, les plantes, nous sommes des formes matérielles de l’énergie. Et cette énergie est en nous. La Terre est un être vivant, elle aussi. Pour beaucoup, la Terre nous influence, la lune, le magnétisme, l’atmosphère, la lumière, tous les phénomènes naturels terrestres ont un impact sur nous, les humains et sur tout ce qui vit.
- Oui, je n’y connais pas grand-chose mais ça me semble évident.
- D’accord mais si tu considères que tout ce qui vit est intrinsèquement lié, que tout ce qui vit expérimente exactement les mêmes phénomènes, à l’échelle de son état matériel, de sa dimension, de son activité, de ses interrelations avec l’ensemble du vivant, alors imagine l’humanité comme une entité unique, libère-toi de toutes les dissemblances de couleurs, de langues, de cultures, pense uniquement à une masse unique, celle de tous les humains.
- Oui, OK, et alors ?
- Puisque la Terre est un être vivant, elle est susceptible, elle aussi, d’être impactée, spirituellement, par le comportement de cette masse humaine, prise dans son entièreté.
- Tu veux dire que le bordel actuel dans l’humanité a un effet néfaste sur la Terre elle-même ?
- Voilà, c’est ça. La Terre reproduit ce que nous sommes, à son échelle. Non pas ce que nous sommes, en tant qu’individus esseulés mais en tant que masse indissociable.
- L’épidémie de choléra, le Hum, les attentats, les conflits, les destructions, tout ça serait un ensemble ?
- Oui, Francis. Tout ça est un ensemble avec les actes de l’humanité elle-même et celle de la Terre, une forme de partenariat spirituel dévastateur. Il n’y a pas d’un côté l’environnement et l’humanité, pas plus qu’il n’y a d’un côté la Terre et de l’autre cette humanité. Tout fonctionne dans une totale interconnexion. Et c’est la source même du dérèglement climatique, de l’émergence d’épidémie et maintenant de ce phénomène acoustique qui rend fou. L’humanité est spirituellement pervertie par des mouvements de pensées destructeurs, un égocentrisme qui l’a totalement persuadée qu’elle était hors du monde, profitant de la planète sans lui attacher d’autres intérêts que le développement de son pouvoir, de son confort, de sa richesse, de son hégémonie. Le chaos actuel déclenché par je ne sais qui n’est que la suite logique de cette folie, à une échelle que personne n’aurait imaginée.
- Et la Terre suit le mouvement, c’est ça ?
- Exactement. La résonance de Schuman n’est plus équilibrée. L’ionosphère est contaminée par la perversion de l’humanité entière. On sait depuis longtemps que l’atmosphère est polluée par des particules chimiques. Une pollution matérielle. Désormais, c’est une pollution électromagnétique mais elle n’est, elle même, que l’effet physique d’un effondrement spirituel à l’échelle de la planète toute entière.
- Mais beaucoup de gens se comportent de façon respectueuse avec la planète, je ne peux pas croire que tout le monde est irresponsable. Il y a forcément des individus qui sont engagés dans une voie spirituelle. Je n’en fais pas partie, d’ailleurs, soit dit en passant. Je ne me suis jamais intéressé à tout ça.
- Oui, il y en a mais ils ne représentent qu’une toute petite frange de la population totale. Essaie d’imaginer le nombre d’individus dont le seul objectif de vie est d’ordre matériel, une maison, une ou deux voitures, la consommation, les voyages, la mode, les gadgets technologiques, toujours plus de nouveautés, une fête permanente, effrénée. Je te parle de milliards d’individus. Et ceux qui n’ont pas accès à ce mode de vie sont prêts à tout pour y accéder. C’est le modèle, la référence, l’objectif suprême.»
La passion de Francis pour les grosses cylindrées, les femmes, les fêtes, le poker, les voyages exotiques, l’argent… Il ne pouvait contester l’analyse de Tim. Ni pour lui, ni pour toutes les connaissances et amis qu’il avait en France. Et au vu du développement économique de la Nouvelle-Zélande et du modernisme des villes, il en était de même ici. Tout le monde courait dans la même direction. Alors, oui, il était acceptable d’envisager l’hypothèse que cette masse émettait quelque chose, une forme de vibration, de fréquence, des ondes. Il ne savait pas l’exprimer. Aussi étranges que puissent paraître les propos de Tim, il n’avait aucune donnée incontestable à lui opposer. Il se dit que c’était peut-être justement la particularité de la dimension spirituelle. Tout et n’importe quoi pouvait y être développé. Rien n’était vérifiable. Et il admit aussitôt que la conclusion était trop simpliste et qu’il aurait déjà fallu posséder davantage de connaissances dans le domaine pour pouvoir argumenter. Devenait-il dès lors une proie idéale pour des individus manipulateurs, des individus illuminés possédant une dialectique capable d’envelopper leurs théories fumeuses dans des discours convaincants ? Tim était-il un scientifique illuminé et lui un béotien crédule ou Tim était-il totalement lucide, un précurseur et lui un auditeur privilégié d’une découverte majeure ? La Terre et l’humanité intrinsèquement liées dans une direction identique. Et que faudrait-il pour inverser le phénomène ?
« Donc, pour toi, Tim, le phénomène acoustique du Hum, c’est un dérèglement de l’ionosphère et de la résonance de Schuman ?
- Non, c’est un dérèglement simultané de l’humanité et de la Terre, c’est ça qu’il faut comprendre, Francis. Tout est lié. Ce qui se passe dans l’ionosphère n’est qu’une conséquence.
- Et c’est quoi alors ce bruit qui rend fou ? Je veux dire, techniquement parlant.
- C’est une souffrance, un cri à l’échelle de la planète, la masse humaine et la Terre, un cri qui va s’étendre, qui va toucher de plus en plus de gens, indifféremment, n’importe qui.
- On peut donc être atteint, toi et moi ?
- Oui, peut-être, même si, d’après ce que j’ai entendu, les cas semblent concentrés dans les zones urbaines. Ce qui est normal, après tout.
- Les lieux les plus « hors sol », c’est ça ?
- Oui, c’est comme ça que je le vois. Les mégapoles, tu sais ce que ça représente comme émissions polluantes ? Je ne te parle pas que des gaz et polluants atmosphériques mais également de tout ce qui concerne les ondes. Les villes sont devenues des zones de concentration d’ondes. Les cerveaux humains dans cette mélasse sont bombardés. Les ondes alpha, tu peux tirer un trait dessus.
- C’est quand on est détendu, c’est ça ?
- Oui, disons, dans un état de lucidité sereine. C’est pas une phase d’endormissement mais de plénitude. Va trouver des gens dans cet état-là en pleine journée, dans l’agitation d’une ville. Et je ne parle pas que de l’agitation physique des humains mais de celle des ondes qui les enveloppent. Tu connais le nombre de burn-out ou de dépressions dans les zones urbaines, l’intensité du stress liée à un mode de vie d’où est exclu toute sérénité, tout apaisement, autre que quelques récréations dans des centres de remise en forme, de yoga, de bien-être. Foutaises tout ça. Ce ne sont que des récréations comme celles des gamins à l’école. Mais le stress est toujours là et ces récréations ne sont que des paravents, des marchandisations de la souffrance spirituelle des individus. Tout ça est un énorme marché au service de la machine capitaliste. Il faut sauver le soldat Ryan, c’est à dire l’employé, l’ouvrier, l’ingénieur, tous les individus qui font tourner le moteur.
- Bon, ok, mais tu ne m’as toujours pas dit ce que c’est ce Hum.
- Si, je te l’ai dit mais ça ne rentre pas dans ta tête parce que, profondément pour toi, ça ne tient pas la route. C’est un cri, une souffrance. Celle de la masse humaine associée à celle de la planète. L’humanité est folle, la Terre suit le mouvement. Nous sommes la Terre et le Terre est ce que nous sommes. Tu comprends maintenant ? »
Silence.
« Nous ne sommes qu’un, non pas uniquement en tant qu’individus dans la masse mais un avec la Terre, elle-même.
- Voilà, Francis, c’est ça. Et donc, désormais, au vu de tout ce qui se passe sur la planète, on est qu’au début de ce que la Terre est susceptible de déclencher pour accompagner l’humanité."
Ski : corruption à tous les étages
La montagne, j'y vis depuis quarante ans. Je peux dire que j'ai vu son "évolution", son urbanisation, le commerce et le tourisme de masse et conjointement l'effacement des zones sauvages, la diminution de la faune.
Ici, Valérie Paumier décrit le "marché" de la montagne, la course à l'argent et tous les mensonges, les magouilles, les lobbies, la puissance de frappe du milieu financier et politique, les ambitions personnelles.
Juste du dégoût.
9 413 vues 25 janv. 2026 LOBBIES
Nous savons qu'ils mentent.
« Ils savent que nous savons qu’ils mentent. Nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent.
Et pourtant, ils continuent de mentir. »
– Alexandre Soljenitsyne, dissident russe pendant l’époque soviétique.
Je pense que personne n'aura de difficultés à identifier les personnes concernées. Et d'ailleurs, si l'idée me venait d'en marquer les noms, un par un, je ne suis pas certain que j'aurais encore assez de temps de vie pour y parvenir. D'autant que la liste s'allonge sans cesse. Il existe des livres, des documentaires, des films, des séries.
Deux séries nous ont plu, beaucoup, pour leur scénario, l'analyse des personnages, les interprétations, les dénonciations, les prises de position. On voit d'ailleurs que les problèmes sont planétaires. La fiction apporte un effet "adoucissant" quant à la gravité des faits tout en apportant des connaissances utiles pour qui voudra approfondir.
RAVAGES (Arte)
Arte diffuse les premiers épisodes de "Ravages", une série canadienne qui suit une avocate qui va se retrouver prise dans un engrenage mêlant crime, pollution minière et corruption.
Ce jeudi 22 janvier, Arte diffuse les premiers épisodes de Ravages, un thriller venu tout droit du Canada dans lequel se mêlent enjeux industriels et écologiques.
Écrite par Sophie Deraspe et Frédéric Ouellet, cette série en 6 épisodes nous transporte à Montréal. Alors qu’elle réside temporairement dans l’appartement de sa mère, qui est à l’hôpital pour soigner son cancer, Sarah Deléan, jouée par Caroline Dhavernas, se réveille un matin le torse couvert de sang.
Passé le premier moment de terreur, elle se rend compte que le sang provient de son plafond. Elle prend son courage à deux mains et se rend aussitôt chez Mercedes Casares, la voisine du dessus et amie de sa mère.
Elle découvre alors qu’elle a été sauvagement assassinée. Sentant que toute cette histoire est beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît, la jeune avocate décide de mener sa propre enquête et se trouve entraînée, du Québec au Mexique, dans les réseaux tentaculaires d’activités minières dévastatrices.
Sortie : 2025-08-28
Série : Ravages
Un thriller environnemental complexe
C’est en 2010, sur le tournage d'un documentaire sur l’appel à la préservation de la biodiversité où elle était directrice de la photographie, que Sophie Deraspe a eu l’idée de la série Rivages.
“On a tourné partout dans le monde, et en Floride, on s’est retrouvés dans un lieu écologiquement désastreux avec une dame qui travaillait tout de même sur des solutions pour assainir l’eau là-bas. C’est à ce moment, avec la productrice Marie-Dominique Michaud, qu’on s’est dit qu’il fallait faire une fiction”, a-t-elle confié au site Le Devoir.
En écrivant un thriller, elle avait l’espoir de pouvoir toucher plus de monde et de sensibiliser les gens à ce sujet. “Ravages montre l’ouverture et l’éveil du personnage principal qui veut avoir des réponses et va mener sa propre enquête en parallèle de celle du policier Émile Lebeau”, a ainsi ajouté Frédéric Ouellet, le coauteur de la série.
Avec Ravages, les deux auteurs n’avaient cependant pas pour but de faire une fiction moralisatrice. “On a quand même une perspective pro-environnementale avec le cheminement de la protagoniste, mais on présente également les arguments des mines qui sont aussi valables d’une certaine façon, afin qu’il y ait un débat”, a expliqué le scénariste.
Ils avaient également à cœur de ne pas tomber dans les clichés du genre et de proposer une histoire la plus neutre possible. “Il a fallu faire beaucoup de recherches des deux côtés, bien s’informer sur comment ça fonctionne, parce qu’on voulait que la bataille entre les minières et les environnementalistes soit réaliste”, a confié Frédéric Ouellet.
Et Sophie Deraspe d’ajouter : “Il fallait être crédibles et en même temps repousser un peu plus les limites, parce que la réalité est parfois invraisemblable et que tout n’est pas noir ou blanc.” En résulte une série complexe aux multiples ramifications qui devrait passionner les téléspectateurs.
JEUX D'INFLUENCE (Arte)
Arte entame la diffusion dès ce jeudi 13 juin de la série "Jeux d'influence" signée Jean-Xavier De Lestrade, un expert du documentaire, qui raconte cette fois dans un format fictionnel l'influence des lobbys sur le monde politique... Saisissant !

What's up Films
De quoi ça parle ?
Le directeur marketing d’une grande entrerpise de l’agrochimie est découvert noyé dans la Seine. Un député et son assistant parlementaire bataillent pour l’interdiction d’un pesticide toxique. Un agriculteur porte plainte contre la multinationale qu’il accuse d’être à l’origine de la terrible maladie qui le frappe… "Jeux d’influence" tisse une toile de destins individuels en prise avec les lobbys.
Ecrite et réalisée par Jean-Xavier de Lestrade (3x Manon, The Staircase, Un coupable idéal). 6x 52 minutes.
Tous les jeudis soirs sur ARTE et disponible en replay, à partir du 13 juin. Bande-annonce :
Pourquoi il ne faut pas rater cette série engagée
Avec 3x Manon et sa suite Manon 20 ans, déjà pour Arte, le réalisateur Jean-Xavier De Lestrade avait frappé fort en racontant les tourments d'une adolescente rongée par la colère et la détresse face à un système éducatif inadapté et une cellule familiale explosée. Une fiction hautement politique et remuante, en tout point remarquable. Pour sa nouvelle création, le pro du documentaire -The Staircase, c'était lui- propose une oeuvre au moins aussi percutante, encore plus frontalement politique et toujours ancrée dans le réel.
L'affaire Monsanto, l'affaire du glyphosate... vous en avez forcément entendu parler dans l'actualité sans forcément en comprendre les tenants et les aboutissants. C'est le pari ambitieux de Jeux d'influence, qui détonne dans un paysage audiovisuel français qui a tendance à fuir tout ce qui pourrait paraître trop engagé ou polémique. Portée par une Alix Poisson ambigüe qui n'est jamais aussi bonne que quand elle s'éloigne de la comédie pure, cette mini-série en 6 épisodes tient ses promesses pédagogiques sans jamais tomber dans la facilité et le manichéisme.
Le récit, dense, est extrêmement bien construit et multiplie les points de vue de manière à traiter ce sujet complexe des lobbies et leur influence sur le monde politique et la vie de chacun de la façon la plus complète possible quitte, parfois, à sacrifier le romanesque... et l'émotion. Et c'est là peut-être son seul défaut : elle nous éclaire sans tout à fait nous emporter. Ne vous laissez toutefois pas impressionner par la raideur qui se dégage du premier épisode. Elle perdure, mais elle s'apprivoise.
"Une bouteille à la mer"

Si vous cherchez des informations sur l'état des mers et océans, une lecture informative, pédagogique, sourcée, objective, je vous invite à lire cet album. Là aussi, on peut identifier tous les mensonges et les actes destructeurs passés et en cours, commis par les états, dont la France :
https://www.babelio.com/livres/Autissier-Une-bouteille-a-la-mer-BD/1831274#!
Une bouteille à la mer (BD)
infosCritiques (7)Critiques presse (4)Citations (1) Forum
9782754844475
10/09/2025
Futuropolis / Albums
Résumé :
Au milieu de l`océan Arctique, Isabelle Autissier confie à la mer un SOS dans une bouteille... à l`attention de Zelba, avec l`envie de faire un livre à deux. L`une est une navigatrice de renom, première femme à avoir fait le tour du monde en solitaire, présidente d`honneur du WWF France et spécialiste de la mer, l`autre une autrice drôle et engagée et fut championne du monde junior d`aviron ! Ensemble, elles vont à la rencontre de personnes d`horizons différents, ayant en commun la protection des mers et océans : des spécialistes comme la biologiste Françoise Gaill, le professeur en écologie marine Didier Gascuel, l`ambassadeur des pôles et des océans Olivier Poivre d`Arvor ou encore la présidente de Sea Shepherd France, Lamya Essemlali. Avec ces témoignages et de beaux souvenirs de mer racontés par Isabelle Autissier, Zelba a réalisé un reportage, comme une nouvelle bouteille à la mer.
22 janvier 2026
Une bande dessinée de plus qui nous décrit toutes les prédations auxquelles sont confrontées les espaces maritimes. Ici essentiellement l'océan Atlantique.
C'est descriptif, sourcé, didactique, académique presque puisque les protagonistes sont une dessinatrice de bande dessinée germanique, un ambassadeur des pôles et des océans, écrivain et ancien dirigeant de radio, un professeur d'écologie marine et directeur du pôle halieutique, mer et littoral à l'Institut Agro de Rennes et membre du Conseil scientifique de l'Ifremer, une biologiste océanographe de la fondation Tara Océan (partenaires : BNP, CMN naval, AXA, CapGemini), vice-présidente de la Plateforme Océan Climat...
Je ne parle pas de l'ancienne égérie des navigatrices, présidente d'honneur du WWF-France.
Bref du beau monde qui, vu leurs âges et leurs professions, ont largement contribué à l'état dans lequel se trouve la planète et les océans, quel qu'il soit, constat réaliste ou alarmiste, et pour qui l'activisme consiste à vouloir aller dans la même direction avec des garde-fous nous permettant de continuer longtemps avec le même paradigme. Pourquoi pas, cela ne mange pas de pain, surtout pas le leur.
Graphiquement, c'est du dessin orienté jeunesse, limite caricatural lorsque la dessinatrice se croque elle-même. A vouloir accentuer certains traits physiques de sa personnalité, elle frise l'outrance et c'est dommage.
Pareil lorsqu'elle essaie de faire preuve de modernité en mettant en scène certaines de ses pensées ou saynètes de sa vie de couple avec dérision. le féminisme qu'elle dessine consiste à présenter un mari soumis et servile qui accepte avec un sourire béat de tenir le rôle que sa femme dessinatrice lui assigne. le féminisme comme symétrique sexuel du machisme, bof bof...Comme c'est un peu l'ouverture de la bande dessinée, cela donne un ton bizarre à la suite.
Reste le public visé par cet ouvrage : jeune nécessairement pour entrer dans le graphisme et l'humour décrit précédemment.
Et le but : dresser un constat, alerter, mais est-ce nécessaire ?
Tout le monde ici le sait et sait bien aussi que la pêche industrielle, la spoliation indirecte des ressources halieutiques de toutes les populations côtières d'Afrique et d'ailleurs est le prix à payer (par eux) pour que tous les lecteurs ici et les gens cités plus haut (pour nous donc) puisse réfléchir à la tenue du prochain sommet "one ocean" ou "cop 59" devant un pavé de saumon au four.
Reste que la description formelle des problèmes est bien rendue. Froidement, scientifiquement.
09 octobre 2025
Une bouteille à la mer de Zelba et Isabelle Autissier est une BD documentaire qui multiplie les fronts et qui frappe par la richesse de son propos, bien qu'elle adopte un rythme parfois décousu, sautant des abysses marines aux pôles, au gré des rencontres et des anecdotes. C'est l'une de ses forces et parfois une de ses limites : chacun y navigue selon ses affinités ou se perd, emporté par l'humour ou une digression scientifique inattendue.
Au fil des pages, le lecteur découvre des figures marquantes telles que Françoise Gaill, biologiste ayant travaillé sur les Tuniciers marins et militante pour l'intégration de l'océan dans les débats du GIEC ; Isabelle Autissier elle-même, mais aussi Didier Gascuel, spécialiste des ressources halieutiques, Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur pour les pôles et les enjeux maritimes, ou encore Pierre-Ange Guidicelli, tous engagés pour la cause des océans. L'album qualifie justement ces activistes de « vous êtes les apôtres de la mer », incitant à reconnaître la portée quasi spirituelle de leur engagement.
La dimension institutionnelle est largement abordée, avec des acteurs comme l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer), l'AFM, la fondation Tara, l'INEE ou l'IPOS, qui structurent la recherche, l'éducation et la gouvernance de l'océan à l'échelle internationale.
Le livre n'esquive pas le politique : il fait appel à la collaboration de tous les partis, à l'exception explicite du Rassemblement National, ce qui apporte une coloration militante à l'ouvrage et politise hélas le propos – une démarche assumée et susceptible de susciter le débat.
D'un point de vue pédagogique, on y apprend que la France possède le 1er ou 2d domaine maritime mondial en surface (ZEE). Cela souligne l'immense responsabilité politique, économique, scientifique et militaire du pays, mais aussi les multiples enjeux liés à ce « trésor » souvent méconnu par le grand public.
Une image centrale de l'album est celle de l'étoile de mer à cinq branches, symbolisant les facettes de la puissance maritime : 1) la souveraineté juridique (ZEE, droits internationaux), 2) la force militaire, 3) la puissance économique, 4) la science, la recherche et la capacité à connaître l'océan et 5), l'impact sur le climat (régulation, biodiversité, puits carbone).
Cette étoile incarne de manière didactique la complexité et l'universalité des enjeux marins.
Enfin, le choix d'un appel permanent au dialogue, d'une coopération scientifique et citoyenne, s'impose dans toute la BD : parler, convaincre, agir ensemble, sont répétées comme un mantra. Mais la politisation sur la question des alliances compromet en partie la portée universelle de l'appel, en refusant certains partenaires.
En somme, Une bouteille à la mer est une lecture dense, engagée, foisonnante et éducative, appuyée par des dessins pétillants et expressifs de Zelba, qui rendent accessibles témoignages, luttes, institutions et données scientifiques. le propos digressif en fait une fresque polyphonique, à la croisée de l'essai, du plaidoyer et de l'autofiction graphique.
Peut-être un cinquième.

Je ne sais pas trop où je vais dans le tome 4, "TERRE SANS HOMMES", non pas dans le scénario que j'ai en tête, dans les grandes lignes, mais dans le volume que ça prendra.
Ce que mon ordinateur me sort comme données pour chaque manuscrit.
Tome 1 : LES HÉROS SONT TOUS MORTS :134 pages / 42 608 mots / 252 662 caractères
Tome 2 : TOUS, SAUF ELLE : 305 pages / 85 117 mots / 514 834 caractères
Tome 3 : LE DÉSERT DES BARBARES : 332 pages / 108 178 mots / 640 705 caractères
Tome 4 : TERRE SANS HOMMES (en cours d'écriture) : 88 pages / 40 610 mots / 239 583 caractères
Je pense que je suis au premier tiers. Même si j'ai le scénario en tête, je ne peux pas estimer la longueur de chaque passage. Sans parler du fait que des surprises dans le scénario peuvent devenir incontournables. Je ne maîtrise pas tout :)
La nécessité d'un tome 5 commence à pointer son nez. La nuit dernière, j'y ai réfléchi. L'avantage, à la retraite, c'est que quand le sommeil est en mode absent, ça n'engage aucunement la journée à venir. Il suffira d'une sieste pour combler le manque.
Et donc, puisque cette série de romans a débuté par un roman contemporain dans la catégorie "polar" (Les héros sont tous morts) et qu'ensuite, tout bascule dans une trilogie d'anticipation, j'en arrive à me demander si le tome 5 ne pourrait pas aller encore plus loin, non pas une anticipation proche mais une projection lointaine, pas dans les décennies à venir mais au siècle prochain.
J'ai donc tenté d'identifier les éléments prioritaires pour décrire le monde dans les années 2100. Et j'ai vite réalisé que c'était impossible, totalement illusoire. Aucune prédiction, aucune projection, aucune modélisation ne pourrait aujourd'hui établir un état des lieux aussi lointain. Les risques en cours, les menaces identifiées, les déséquilibres étudiés, les dégradations de toutes sortes, climatiques, écologiques, économiques, financières, sociales, politiques, tout est tellement exponentiel, tout va tellement vite que les têtes chercheuses les plus performantes ne s'en tiennent qu'à des hypothèses, en ajoutant juste que les possibilités d'erreurs dans les projections sont par contre certaines.
On ne sait pas où on va. On sait juste que ça n'est pas la bonne direction.
J'en ai donc conclu qu'il serait préférable que le tome 4 soit le dernier. Ce qui s'y trouve est déjà suffisamment inquiétant.
Je ne sais pas, en fait.
J'écris un peu, de temps en temps, je vais doucement. L'idée de cette série de romans après la publication du tome 1 a germé il y a neuf ans. Je suis incapable de dire quand je poserai le point final au tome 4.
Ni même s'ils seront édités. La décision ne m'appartient pas.
"Les héros sont tous morts" est une histoire finie. L'idée d'une suite n'était pas du tout programmée. Si les trois tomes suivants ne sont pas édités, ils ne manqueront à personne vu que personne ne les attend.
Mais, moi, j'ai envie de connaître la suite :)
TERRE SANS HOMMES : Imaginons.

Imaginons qu'une entité secrète, genre Bilderberg ou autre (ça ne manque pas en fait) réalise qu'en laissant l'humanité se développer et exiger la continuité de la croissance, c'est l'entité elle-même qui sera sous la menace de sa disparition étant donné que la croissance représente le carburant menant nos sociétes consuméristes (et toutes les autres ) dans le mur.
Imaginons que cette entité à la tête de laquelle se tient l'homme le plus riche de toute l'histoire de l'humanité réalise que les bases de survie que chaque membre de cette entité à fait construire dans des lieux susceptibles de les préserver ne seront pas suffisantes pour les sauver et que les atteintes multiples à la vie sur Terre les condamneront.
Imaginons que cette entité, sous les ordres d'un maître tout puissant que personne n'oserait contredire décide de réduire considérablement la masse d'individus peuplant la Terre afin de stopper l'évolution destructrice du vivant tout en sachant qu'il est déjà trop tard pour les sauver eux-mêmes et qu'il s'agit avant tout de préserver la pérénité de cette entité elle-même, à travers les générations, comme il en a toujours été depuis des siècles et que les descendants de cette entité ayant survécu grâce au sacrifice de leurs aînés soit en mesure d'organiser une nouvelle humanité, un groupe humain dans l'adoration inconditionnelle de l'entité.
Imaginons maintenant que le chaos que cette entité déclenche en détruisant les éléments essentiels de l'ordre planétaire soit imité par la Terre elle-même, sans que personne n'y comprenne rien, et que le plan élaboré par l'entité échappe complètement à l'ensemble de ses membres.
Imaginons que plus rien ne soit sous contrôle.
Qui de l'homme solidaire du barbare est le plus à même de survivre ?
Comment concevoir une Terre habitée par des survivants éparpillés, n'ayant plus aucun contact entre eux, en dehors des voisins les plus proches ?
Comment se projeter dans un futur post apocalyptique quand une situation aussi inconnue n'a jamais été vécue ?
Je ne parle pas d'une période similaire à celle de l'après seconde guerre mondiale où tout ce qui pouvait contribuer à reconstuire le monde humain était disponible. Je parle d'un monde humain qui n'a plus accès à rien.
Ni pétrole, ni électricité.
Imaginez maintenant ce que cela signifie.
Voilà cinq ans que je lis tout ce qui existe dans le domaine.
Par le progrès, nous avons bâti un château de cartes.
Loin de moi l'idée de renier le progrès dans son utilité.
Je serai sans doute mort aujourd'hui si un chirurgien ne m'avait pas opéré. Et je sais bien qu'il en est de même pour des milliards d'individus. Le problème, ça n'est pas le progrès accompli depuis le début de la révolution industrielle, le problème, c'est que nous n'avons mis en place aucune limite, aucune barrière, aucun contrôle et que le mouvement s'autoalimente sans que personne ne soit en mesure de le stopper et que ce progrès a atteint un point haut, celui de la limite des ressources de la planète.
Il faudra bien qu'un événement se charge de mettre un frein, voire de déclencher un arrêt brutal. Car ce qui est certain, désormais, c'est que ça sera brutal.
Est-ce qu'il s'agira du réchauffement climatique et de ses multiples conséquences, est-ce que ça sera une crise économique systémique, une crise financière, des conflits majeurs déclenchés par des fous, est-ce que ça sera un mix de tout ça étant donné que tout est irrémédiablement lié ?
Je n'en sais rien mais voilà sur quoi je m'astreins à écrire depuis que l'idée d'écrire la suite de "Les héros sont tous morts" s'est invitée.
J'ai découvert cette video et cette musique il y a peu. Je la regarde et l'écoute, à chaque fois, avant de reprendre l'écriture de "Terre sans hommes". .
LES HÉROS SONT TOUS MORTS (roman)
"Ecrire un bon livre ne suffit plus"
Ecrire un bon livre ne suffit plus parce que la masse de livres publiés est absolument affolante et dans cette masse, il est considérablement difficile de trouver une place.
Ma page Babelio est muette. Alors que mon blog atteindra le million et demi de visites cette année. Ce que j'en conclue, c'est que les visiteurs ne sont pas là prioritairement pour découvrir mes romans et par conséquent encore moins pour les lire. Et je ne vois pas ce que je pourrais faire pour que ça change.
Peut-être aussi qu'il existe une certaine forme d'habitude générale de consommation : la tendance à prendre la plume pour écrire un mécontentement est plus fréquente que pour écrire quelque chose de positif. Mais sur Babelio, je lis souvent des commentaires très positifs, enthousiastes, argumentés. Celui de John boyne "Les éléments" est un exemple parfait. Des commentaires aussi élogieux, tous les écrivains en rêvent.
En fait, je ne me pose plus vraiment la question du pourquoi du comment. C'est factuel et je n'y peux rien. Je ne suis pas une "belle gueule" photogénique, je ne suis pas un individu charismatique, je n'ai aucun carnet d'adresses, je n'aime pas parler en public bien que j'ai parlé à mes élèves pendant 37 ans. Mais pour enseigner, ça ne me posait aucun problème. S'il s'agissait de faire la promotion de mes romans, je serais certainement incompétent. J'ai participé à des salons et à des séances de dédicaces. Il y a bien longtemps que j'ai arrêté. Je ne me sentais pas du tout à ma place et je déteste être là où je me sens inutile. Et ça n'est pas à 63 ans que je vais considérer que de perdre une journée n'est pas quelque chose de grave. Si, ça l'est. Demain, je serai peut-être mort.
Il reste bien évidemment une dernière question et je me la pose à chaque fois que je me mets à écrire : Est-ce que mes livres peuvent être considérés comme bons ?
"Ecrire un bon livre ne suffit plus" : comment Babelio est devenu un incontournable tremplin vers le succès littéraire
/2021/12/14/61b8b997d2d04_pierre-godon.png)
Article rédigé par Pierre Godon
France Télévisions
Publié le 11/01/2026 07:05
Temps de lecture : 11min /2026/01/09/babelio-final-69612f0bb361f026220457.jpg)
Pour les critiques de livres sur Babelio comme pour les chauffeurs de VTC, une note inférieure à quatre étoiles est considérée comme mauvaise. (HELOISE KROB / FRANCEINFO)
Le site de critiques littéraires le plus utilisé de France joue un rôle central dans la fabrique des best-sellers. On a décortiqué pour vous ce phénomène qui implique lecteurs, mais aussi éditeurs, libraires et auteurs.
Le plus grand club de lecture de France compte 2,3 millions de membres. Babelio, le leader des sites littéraires tricolores, revendique 600 000 critiques de livres chaque année et voit sa communauté s'agrandir de 800 personnes chaque jour. Avec des profils très différents. L'explorateur, comme @Pecosa : "J’ai trouvé dans les bibliothèques de grands lecteurs de littératures policières de quoi lire pendant au moins un demi-siècle." La prof, Chrystèle : "Avec mes abonnés, nous avons un programme de lectures communes sur douze mois." L'influenceuse influencée, @BookyCooky : "Un excellent billet babeliote peut détourner les plans de ma prochaine lecture, et me faire lire le livre en question de suite." Lecteurs, mais aussi éditeurs, libraires et auteurs se retrouvent sur Babelio. Au point d'en faire un thermomètre du monde de l'édition, si ce n'est un faiseur de rois.
Pour les lecteurs, Babelio fonctionne "comme un outil de vérification et de réassurance", résume Guillaume Teisseire, cofondateur de la plateforme, toujours aux manettes près de deux décennies plus tard. Devant la profusion de titres, "il peut m'arriver de dégainer mon téléphone en pleine librairie pour lire les avis", décrit Chrystèle, utilisatrice assidue du site. "Notamment les critiques rédigées par des personnes que je suis et dont je connais les goûts, sur un livre qui m'est inconnu."
A mi-chemin entre Wikipédia et un réseau social, Babelio bénéficie d'une réputation solide, grâce à sa communauté "bienveillante, mais sans filtre", souligne Guillaume Teisseire. Mais aussi grâce à son indépendance vis-à-vis des maisons d'édition et des géants du secteur, alors que son équivalent anglo-saxon, Goodreads, appartient à Amazon, par exemple. "Combien de fois m'est-il arrivé en dédicace de voir un lecteur retourner mon livre, me dire 'je vais réfléchir', et chercher notes et avis sur Babelio ?", s'amuse Nicolas Gaudemet, auteur du remarqué Nous n'avons rien à envier au reste du monde. "Et après, ils reviennent !"
L'angoisse de la fausse note
Tous les bouquins, ou presque, sont chroniqués et notés sur Babelio, bien plus que dans la presse traditionnelle. "Le site est basé sur le principe assez classique contribution/rétribution", détaille Etienne Candel, auteur d'une thèse sur la prescription littéraire à l'ère d'internet(Nouvelle fenêtre). "On a une communauté qui aime afficher ses lectures et de gros lecteurs qui aiment l'idée d'orienter leurs pairs, de faire partie d'une élite, quitte à produire du contenu gratuitement." Les éditeurs encouragent cette pratique, via l'opération Masse critique(Nouvelle fenêtre), où les lecteurs les plus assidus reçoivent gratuitement des ouvrages à paraître en échange d'une critique sur le site. Idéal pour rassurer le chaland qui découvre le livre au moment de sa sortie. "Il y a des livres que nous ciblons spécifiquement pour la communauté de Babelio", renchérit Aglaé de Chalus, des éditions du Tripode. "Un de nos auteurs [qu'elle ne souhaite pas nommer] a pu recevoir énormément de critiques positives pour un livre écrit d'un seul jet sur le deuil, quand son précédent ouvrage, plus difficile, a été accueilli avec plus d'indifférence."
L'enjeu est bien de voir quatre ou cinq étoiles s'afficher à côté de la couverture du livre.
"Votre regard converge forcément vers la note. C'est ce qui saute aux yeux, elle est faite pour ça, et elle est affichée au bon endroit."
Etienne Candel, professeur en sciences de l'information et de la communication
à franceinfo
Tant pis pour Honoré de Balzac, dont les étoiles se sont réduites comme Peau de chagrin (3,8 étoiles pour 5 900 notes(Nouvelle fenêtre)), ou Gustave Flaubert, renvoyé à ses chères études, ou presque (Madame Bovary culmine à 3,73 sur 5(Nouvelle fenêtre)).
Pour les auteurs d'aujourd'hui, comme pour les chauffeurs de VTC, en dessous de 4, c'est une mauvaise note, résume l'influenceuse littéraire @Lectrice à plein temps(Nouvelle fenêtre), de son vrai nom Pauline Locufier, qui réalise de temps à autre des chroniques vidéo contre rémunération. Elle se souvient d'avoir un jour attribué une note moyenne qui n'est pas passée. "J'ai noté l'ouvrage 3,5 sur 5. Dans mon barème, cela reflète un livre avec du potentiel, mais pas totalement abouti." Le ressenti de l'autrice du livre est plus proche du zéro pointé. "Une demi-heure après, elle me laisse un message incendiaire. Elle l'a super mal pris."
Dis-moi ce que tu lis, je te dirai comment tu notes. "La communauté qui lit de la romance est plus prompte à défendre un genre qu'elle juge ne pas être considéré à sa juste valeur, et mettra plus facilement cinq étoiles qu'en littérature générale", appuie l'autrice Delinda Dane, dont la saga Majesty(Nouvelle fenêtre) a déplacé les foules (et cumule 4,25 étoiles de moyenne sur les trois tomes). C'est d'ailleurs sur Babelio qu'Arthur de Saint-Vincent, directeur d'Hugo Publishing, dont le pôle New Romance est un des poids lourds du secteur, a repéré Océane Ghanem. D'abord auto-éditée, la jeune autrice est devenue une des locomotives de la maison avec 30 000 à 40 000 exemplaires écoulés à chaque nouveauté.
"L'Anomalie" repérée par Babelio
Loin des sites marchands où il faut écrémer les commentaires se lamentant de l'état du colis, Babelio se distingue aussi par la qualité de ses critiques, qui font davantage mouche que celles des journalistes. L'auteur de BD Jean Dytar n'est ainsi pas resté insensible à un babelionaute qualifiant(Nouvelle fenêtre) d'"expérience sensorielle et intellectuelle" la lecture des Sentiers d'Anahuac, son dernier album en date. "Parfois, il y a des recensions vraiment fines, plus fines que bien des chroniques plus 'professionnelles'. Je trouve cela touchant, car ce sont des personnes anonymes qui prennent le temps de développer un propos étayé et de partager leur expérience de lecture. C'est généreux." Nicolas Gaudemet se souvient de la qualité d'une critique "liant [son] livre à une œuvre de Shakespeare, c'était particulièrement bien vu". Delinda Dane aime surveiller les citations mises en avant par les lecteurs, en l'occurrence ses lectrices, qui constituent l'écrasante majorité des fans de romance : "Ça me permet d'isoler les phrases qui ont le plus résonné pour eux !"
C'est aussi ça que le monde du livre vient chercher sur Babelio : des retours. "On a coutume de dire qu'on ne sait véritablement ce qu'on a publié qu'une fois que cela a été lu", expose David Meulemans, patron des éditions Aux forges de Vulcain. C'est grâce aux commentaires des lecteurs qu'il a réaxé en catastrophe la stratégie de communication autour du livre Le Soldat désaccordé, de Gilles Marchand, un des succès de 2023. "On s'est rendu compte que ce qui avait marqué les gens, ce n'était pas la vision inédite de la Première Guerre mondiale, mais la force de l'histoire d'amour entre les deux personnages."
Babelio fait ainsi office de thermomètre d'une profession d'éditeur devenue frileuse sur les tirages des ouvrages. Guillaume Teisseire se revoit prévenir Gallimard qu'il se passe quelque chose autour du bien nommé L'Anomalie, d'Hervé Le Tellier. "Ce n'était pas du tout un enjeu éditorial pour eux au départ. On a vu très vite le livre décoller, avant que ça se traduise dans les relevés de ventes. Peut-on dire pour autant qu'on a contribué au succès ? Je ne sais pas." Mais éviter au futur prix Goncourt 2020, initialement tiré à 12 500 exemplaires, de tomber en rupture, assurément. "Je ne m'y attendais pas", reconnaissait Hervé Le Tellier en 2021 sur franceinfo. "J'avais quand même composé un livre avec l'idée que je jouais avec les codes du best-seller. Mais je jouais avec."
"On n'est pas dépendant d'un algorithme"
"Ecrire un bon livre ne suffit plus pour que ce soit un succès", constate Arthur de Saint-Vincent. "Le triangle des Bermudes de l'édition, c'est de cumuler la communauté de Babelio, des lecteurs aguerris et prosélytes, briser le plafond de verre des lecteurs occasionnels via les réseaux sociaux, et le bonus, c'est d'atteindre les gens via une campagne marketing." Pour lui, il faut toucher un lecteur sur trois ou quatre supports différents avant qu'il ne passe à la caisse. Là où les campagnes avec les influenceurs littéraires culminent lors de la sortie du format broché, l'influence de Babelio s'inscrit dans le long terme, y compris au moment des sorties en format poche.
"On n'est pas dépendant d'un algorithme qui met un temps en avant les contenus liés au livre avant de changer de stratégie", appuie Guillaume Teisseire, qui fait référence à TikTok, partenaire du Festival du livre de Paris en 2024 avant de se recentrer sur le Tournoi des six nations. "Quand un livre sort en poche, on voit que ça s'emballe de nouveau sur Babelio", confirme David Meulemans. En fantasy, genre prisé de la communauté Babelio, le cycle de La Tour de garde s'est ainsi écoulé à 100 000 exemplaires en poche, le double du grand format, assure-t-il.
Une voix au chapitre qui n'est pas gratuite
Les salariés du site ne vivant pas d'amour et de lectures fraîches, Babelio tire ses revenus de la publicité, sous toutes ses formes. "Même pour le nouveau Pierre Lemaitre, l'éditeur viendra faire un affichage chez nous, c'est pour rappeler aux lecteurs la date de sortie. C'est l'équivalent d'une campagne de pub sur RTL", estime Guillaume Teisseire. Les données collectées sur les lecteurs permettent aussi aux plus petits éditeurs de s'adresser à la cible de leurs ouvrages. Autre levier puissant, les articles thématiques en une de Babelio, recommandant des listes d'ouvrages. "C'est très qualitatif", reconnaît Arthur de Saint-Vincent, de Hugo Publishing. Mais pas gratuit. "De temps à autre, Babelio nous propose de participer à sa sélection thématique mensuelle, mais nous déclinons systématiquement", regrette Erwann Perchoc, des éditions Le Bélial', spécialisées dans l'imaginaire. "Les tarifs sont trop élevés à notre goût."
La rançon du statut de "premier apporteur d'affaires via les liens marchands" sur le site de la Fnac (en plus d'autres partenariats avec Amazon ou Place des Libraires) et de celui de première plateforme littéraire, assez loin devant ses concurrents Booknode ou Gleeph. Des renvois vers des sites d'e-commerce qui pèsent cependant moins que les librairies indépendantes, où 51% des babelionautes assurent acheter leur dose de lecture, selon une étude menée sur le public du site en 2019(Nouvelle fenêtre). "Babelio, ça marche, parce que tout le monde, lecteurs, éditeurs, auteurs, y trouve son compte", conclut Etienne Candel.
John BOYNE : Les éléments
Je lis une cinquantaine de romans par an.
Celui-ci est remarquable.
Un choc littéraire, autant pour l'histoire que pour l'écriture.
Le genre de romans que tout écrivain rêve d'être capable d'écrire.
Le premier commentaire publié sur Babelio contient tout ce que je pourrais en dire.
Difficile de commencer une autre lecture après ce roman.
Difficile même pour moi de me sentir légitime de continuer à écrire tant le sommet de ce livre semble inatteignable.

John BoyneSophie Aslanides - traducteur
EAN : 9782709674300
512 pages
J.-C. Lattès (20/08/2025)
Existe en édition audio
Résumé :
D'une mère en fuite sur une île à un jeune garçon prodige des terrains de football, en passant par une chirurgienne des grands brûlés hantée par des traumatismes et enfin, un père qui monte dans un avion pour un voyage initiatique avec son fils, John Boyne crée un kaléidoscope de quatre récits entrelacés pour former une fresque magistrale.
Grâce à une prose envoûtante, John Boyne sonde les éléments et les êtres avec une empathie extraordinaire et une honnêteté implacable, nous mettant sans cesse au défi de confronter nos propres définitions de la culpabilité et de l'innocence.
23 septembre 2025
°°° Rentrée littéraire 2025 #16 °°°
J'ai eu le privilège de faire partie des 400 jurés lecteurs du Prix du roman FNAC 2025 et suis totalement en phase avec le tout frais lauréat (surprise aussi car je pensais, bêtement, qu'un roman aussi sombre aux sujets aussi lourds pourrait rebuter ...). C'est sans doute un des romans les plus impressionnants de cette rentrée littéraire, composant une fresque magistrale autour de l'abus sexuel de mineurs. Il sonde ainsi les êtres avec une puissante empathie et une honnêteté implacable, nous mettant sans cesse au défi de confronter nos propres définitions de la culpabilité et de la rédemption.
Eau. On fait d'abord la connaissance de Vanessa, quinquagénaire qui vient s'installer dans une île irlandaise loin de tout, animée d'un impérieux besoin de savoir s'il y a quelque chose à sauver du désastre qu'elle a fuit et si elle mérite la paix.
Terre. Evan lui a fuit la masculinité toxique de son père qui refuse qu'il devienne peintre car c'est pour les « pédés ». Il abandonné son rêve et est devenu footballeur à succès, comme le voulait justement son père. Il doit affronter un procès dans lequel il est inculpé.
Feu. Freya est une chirurgienne réputée, spécialisée dans les grands brûlés. Mais derrière cette façade sociale confortable, elle est en proie à des démons dont elle cherche à en éteindre les flammes s'il n'est pas trop tard.
Air. Aaron, psychologue des enfants, et son fils de quatorze, s'envolent d'Australie pour l'Irlande dans un voyage initiatique qui sera peut-être l'occasion pour le père de faire la paix avec un traumatisme qui a détruit sa vie intérieure et l'empêche d'être libre.
« Une partie de moi a envie de se coucher dans l'herbe et de laisser la tempête faire son oeuvre. Combien de temps survivrais-je ? Une heure, peut-être ? Un peu plus ? Les éléments – l'eau, la terre, le feu, l'air – sont nos plus grands amis, ceux qui nous animent. Ils nous nourrissent, nous réchauffent, nous donne la vie, et pourtant, ils conspirent pour nous tuer à chaque tournant. Je n'ai pas besoin de leur permission pour qu'ils m'emportent. Si je pouvais simplement taper des mains et m'endormir d'un profond sommeil ici, pour ne jamais me réveiller, je taperais des mains. Encore et encore et encore, jusqu'à avoir quitté ce monde pour renaître ou être oubliée – selon ce que décidera l'univers. » (Freya)
Eau, Terre, Feu, Air. Quatre éléments, composants de base de la matière, autant de métaphores qui accompagnent le « je » de chacun des personnages afin de forer au plus profond de leur âme. Initialement, ces quatre récits ont été publiés au Royaume-Uni sous forme de nouvelles séparées. C'est vrai qu'on peut les lire indépendamment, mais réunis ensemble, ils impressionnent par leur cohésion narrative et les résonances émotionnelles qui se déploient.
Le passage de l'un à l'autre peut sembler brutal mais très subtilement, des fils rouges souterrains apparaissent, des échos souvent inattendus qui tournent autour de thématiques douloureuses (inceste, pédophilie, viol, innocence perdue, enfance saccagée) auxquelles on n'a pas envie de se confronter. Victime, bourreau, complice, chacun est amené à se confronter à sa conscience afin de faire des choix fermes et forts qui leur permettraient de casser le cycle de la violence.
John Boyne crée immédiatement une intimité naturelle avec eux, ce qui rend d'autant plus marquantes et dérangeantes les révélations sur leur passé, dévoilées par des flash-backs intelligemment distillés qui font naître un réel suspense tant on devine les flux terriblement intenses qui les agitent inétrieurement. On entend leur voix, on est hanté par ce qu'ils nous disent, terrifié parfois, ému toujours.
Et derrière les émotions, omniprésentes, c'est toute une réflexion qui est initiée autour de la culpabilité et du pardon. Que feriez-vous face à l'impensable ? Sans donner de réponses faciles ni de solutions toutes faites, sans imposer une doxa limitante, sans surtraduire les agissements de ces personnages écorchés, John Boyne laisse vivre les débats, n'écrase pas les questionnements, faisant confiance au lecteur pour ressentir ce qui n'est pas dit et se positionner.
Le roman est très sombre. Et pourtant, on ne le referme pas désespéré car il laisse entrevoir des lueurs d'espoir et de grâce avec une possible rédemption, quelle que soit sa forme, pour ces personnages à l'humanité imparfaite. le dernier récit, Air, le plus introspectif, avec son alchimie littéraire à relier tous les arcs narratifs précédents, apporte une conclusion sublime qui résonne longtemps. Ce roman est exceptionnel.
Crans Montana
Le texte ci-dessous est un extrait d'une longue lettre d'un père qui explique tout ce qu'il enseigne à son fils au regard du danger et des réactions les plus appropriées.
Bien évidemment, j'adhère intégralement à ce qu'il dit. Le choc est épouvantable. On sait tous plus ou moins ce que signifie une brûlure. La mort de ces jeunes est effroyable. Personne ne revient sur ça.
Mais il faut essayer d'analyser les faits. Il y a eu des gens qui ont su réagir, heureusement et qu'ils en soient remerciés, honorés, mille fois. Et puis, il y a cette masse dont l'idée prioritaire est de filmer pour partager.
On a eu trois enfants, ils sont adultes aujourd'hui. Pendant toute leur enfance et leur adolescence, on les a entraînés. Entraînés à gérer l'urgence, la situation dangereuse, l'analyse, la réaction, la prise de décision, la gestion émotionnelle. Parfois, certaines situations ont été tendues et elles ont été les plus formatrices.
Il y a quelque chose qui ne va plus aujourd'hui.
Le virtuel l'emporte sur le réel.
Un autre aspect me heurte considérablement, c'est que des drames comme celui-là, il y en a eu d'autres et ils ne se sont pas inscrits dans les mémoires, ils ont été effacés. Mais alors, si l'Histoire ne sert plus à éviter des drames, alors c'est que l'humain est condamné à répéter ses erreurs à l'infini.
Quand j'étais instituteur avec mes CM2, tous les ans, il y avait un exercice d'évacuation, une alerte incendie. Chaque classe devait suivre un protocole, tout était clairement organisé. Mais pour que mes élèves comprennent bien l'importance de l'exercice, je leur racontais des drames passés. Aucune image, aucune photo, juste mes paroles. Le mot d'ordre prioritaire, c'était de rester silencieux pour pouvoir entendre les ordres, les consignes, les actes à mener. Il ne devait y avoir aucun cri, aucune bousculade, aucune précipitation. Chacun devait aussi veiller sur les autres, sans pour autant se mettre en danger. Les enfants ne connaissaient pas la date de l'exercice donc ils ne pouvaient pas savoir de quoi il s'agissait, si c'était "virtuel" ou pas...
Et un jour, il y a eu une évacuation réelle. C'est moi qui ai trouvé que ça sentait le gaz dans un couloir. J'ai déclenché l'alarme sans prendre le temps de prévenir les collègues. Deux-cents enfants à évacuer. Tout s'est parfaitement déroulé. Et il y avait effectivement une fuite de gaz. Bien évidemment, ensuite, on en a parlé dans les classes. On a félicité les enfants. Ils étaient fiers d'eux et ils avaient raison de l'être.
J'espère que si, un jour, un de ces enfants se retrouve dans une situation réelle de danger, il se souviendra de ce qu'il faut faire. Fuir. Calmement. Et si la possibilité d'aider les autres est raisonnable, les prendre en charge et se sauver tous.
Le drame de Crans Montana doit absolument être suivi d'une prise de conscience générale.
C'est trop tôt. Les douleurs sont beaucoup trop vives.
Mais un jour, il faudra y réfléchir.
https://lareleveetlapeste.fr/tragedie-de-lincendie-a-crans-montana-a-cet-instant-la-vie-ne-pese-plus-rien-face-a-une-video/
"L’incendie de Crans-Montana me percute. Parce que sur les images du début, je vois des jeunes rire, filmer, encore filmer. Le plafond brûle. Le plastique fond et coule. Le feu prend.
Personne ne crie. Personne n’évacue. Personne ne cherche un extincteur. Partout, des téléphones qui filment. À cet instant précis, la vie ne pèse plus rien face à une vidéo.
Cette première minute, comme tous les premiers instants d’un incident, est totalement cruciale. Chaque seconde compte. Tout mauvais geste, ou absence de geste, va entraîner une dette folle.
Or là, durant cette minute, le réflexe n’est plus de sauver, mais de capter, de publier, d’exister numériquement pendant que le réel meurt.
Et je veux être précis : oui, la sidération existe. Oui, elle est documentée.
Mais certaines images montrent autre chose : des personnes qui intègrent parfaitement qu’il y a un problème, et dont la réaction n’est pas “je suis figé”, mais “c’est excitant”, “je filme”, “je commente”. Le biais de normalité a aussi été là. Mais il n’explique pas tout, ni ne dédouane. Car la folie ne s’arrête pas là.
Parce que quelques instants plus tard, alors que des gens sont bloqués dans une véranda remplie de fumée toxique et très chaude, d’autres filment et commentent au lieu de porter secours.
Ils filment leurs semblables déboussolés, asphyxiés, brûlés, alors qu’il est possible d’ouvrir les portes coulissantes depuis l’extérieur, comme le feront d’autres personnes. Ils filment leurs semblables en train de mourir.
Je sais aussi que d’autres ont agi, aidé, ouvert des portes, sauvé des vies. Ceux-là existent, et ils méritent le même éclairage. Mais les images dont on parle, celles qui nous hantent, montrent clairement quelque chose : à certains moments, la priorité n’est plus la vie, c’est la publication."
TERRE SANS HOMMES : Donald Prumpt
J'entame la cinquième année d'écriture sur la quadrilogie, la suite de "Les héros sont tous morts".
L'actualité sert de fil conducteur.
Et j'anticipe sur la suite en essayant de ne pas me faire rattraper par les événements qui surviennent.
L'idée, c'est d'écrire une dystopie en quatre tomes (ou cinq peut-être...) et non pas une fresque historique.
Je ne suis pas certain d'y parvenir. Les choses vont tellement vite.
TERRE SANS HOMMES
CHAPITRE 9
Bethany united methodist church.
Le panneau en bois avait été restauré et remis devant le bâtiment sur la pelouse. L’herbe envahissante n’était plus coupée et les dalles qui menaient au parvis résistaient difficilement au recouvrement. Les derniers adeptes entraient dans l’église d’où émanaient déjà des chants, une chorale, des claquements de mains, rythmés. Donald Prumpt, le prédicateur dominait l’assemblée et dans des rotations répétées de ses bras semblaient vouloir embrasser la foule toute entière. Un homme large d’épaules, une longue barbe brune, les cheveux taillés au carré, un costume noir, la veste boutonnée sur un ventre proéminent. L’énergie déployée enflammait l’assemblée. Derrière lui, en demi cercle, se tenaient les chanteurs, hommes et femmes mêlés, blancs, uniquement blancs. Enfin, deux hommes fermèrent les lourdes portes de l’église et lentement le silence s’imposa. Tous ceux et celles de Crocheron, de Wingate, de Bishop étaient là et tous ceux et celles qui vivaient isolés les avaient rejoints, soixante-dix ou quatre-vingts personnes, hommes, femmes et enfants. Les fusils en bandoulière, les revolvers dans les holsters, aucun homme ne sortait sans une arme. Le temps de l’innocence était révolu. Des pillards étaient venus, des paroissiens avaient été tués. Il avait fallu se défendre.
« Mes chers frères, mes chères sœurs, nous ne pouvons plus laisser ces individus blasphémer la nouvelle Terre. Nous sommes ici pour honorer la loi divine et nous devons assumer notre rôle, sans aucune restriction. Nous savons que le centre de Karen Noonan accueille depuis plusieurs années des délinquants, des repris de justice, des drogués, des prostituées, que des couples homosexuels y forniquent, que les lois de notre Seigneur y sont bafouées, jours et nuits et il est totalement injuste et insupportable que cette population de dégénérés puisse continuer à souiller notre espace vital. Nous savons tous qu’à leurs yeux nos valeurs sont inacceptables. Je vous rappelle les propos de leur chef, le mois dernier, cette femme perverse qui nous déteste.
« L’église méthodiste, c’est le passé, c’est archaïque, c’est à l’opposé de l’amour. Nous vous souhaitons le meilleur pour la suite mais ça ne sera pas avec nous. »
L’assemblée hua d’une seule voix, des fusils furent dressés au-dessus des têtes.
« Nous n’avons pas oublié ses paroles, elles sont sans appel. Non seulement, nous ne devons rien attendre de ces individus mais plus important que tout, nous devons mettre fin à leur influence, à ce soutien constant qu’ils apportent à Satan. »
Des applaudissements, des bras levés, des cris, des acquiescements, l’assemblée buvait les paroles du prêcheur, les armes à feu levées à bout de bras.
« Nous devons honorer notre Seigneur et il est temps de rétablir les lois souveraines. Nous savons que les pensées perverses contaminent l’espace et peuvent porter préjudice à la pureté de nos enfants, nous savons que le mal se diffuse comme un parfum diabolique, nous savons que pour éradiquer le mal, il ne suffit pas de l’ignorer, il faut en éliminer la source, dans les faits mais aussi dans les idées, dans les pensées, dans l’immatériel. Nous avons été épargnés par le Hum et par les vandales parce que nous portons et diffusons le bien et qu’il nous isole, qu’il nous immunise, comme dans une bulle divine, une aura sacrée, mais nous ne pouvons rester ainsi à la merci des virus, nous devons nous protéger, protéger nos enfants, protéger la parole des évangiles, préserver notre territoire. Dieu nous demande d’aimer nos semblables et de supprimer les êtres malfaisants, il en est ainsi désormais. Nous portons la responsabilité d’une nouvelle humanité. Plus rien ne doit nous arrêter car si nous n’accomplissons pas la volonté de Dieu, il ne pourra plus se montrer bienveillant envers nous. Il en va de notre survie. Depuis cinq mois, nous avons su nous préserver, éliminer ceux qui nous voulaient du mal, ceux qui nous agressaient mais maintenant, nous devons franchir une étape cruciale. Nous devons nous imposer. Nous n’allons pas attendre les attaques des êtres maudits, nous devons les détruire. Nous allons donc nous préparer. Physiquement et moralement. Nous devons accepter les faits, nous sommes les élus, les survivants, ceux qui sont purs, protégés par la force divine, nous devons sauver notre terre, nos maisons, nos jardins, notre nourriture, nos biens, les forêts, l’eau, nous devons nous approprier l’intégralité de l’espace qui nous entoure puis, lorsque ce sera fait et que nous nous serons multipliés, nous enverrons des émissaires répandre la parole juste, la parole qui épure et qui sauve. Nous serons les bâtisseurs, le fondement d'une nouvelle humanité et personne ne devra chercher à entraver notre mission. Que les hommes prennent les armes, que les femmes protègent les enfants et que tous ensemble, nous adressions nos prières à notre Seigneur. Je sais que certains et surtout les mères ici pensent aux enfants qui vivent dans le centre de Karen. Oui, ils doivent mourir également et nous n’en sommes pas responsables, ils ne sont pas nés au bon endroit mais si nous leur laissons la vie, c’est la nôtre qu’ils prendront un jour. Oui, c’est la guerre et seuls les justes survivront. Dieu le veut. Nous survivrons. »
Gabriel Zuckman : Sur le Venezuela
Gabriel Zucman
oStnpodres78g9h18m75it047l1fhut8ac9m0f460a01c10ght9f341 a6fh ·
On ne peut pas comprendre l’enlèvement de Nicolas Maduro si l’on ignore les masses financières colossales associées à un changement de régime à Caracas.
Il ne s’agit pas de minorer les aspects idéologiques ou géopolitiques de l’intervention américaine – réaffirmer la doctrine Monroe, asseoir des sphères d’influence impériales.
Mais c’est bien le pétrole qui constitue le mobile essentiel de ce coup de force : l’accaparement et l’extraction des plus importantes réserves d’or noir du monde, longtemps exploitées avec une profitabilité inouïe par les multinationales américaines et leurs actionnaires.
Maduro était un dictateur brutal et corrompu, mais Trump s’entend très bien avec de nombreux dictateurs brutaux et corrompus, cela ne génère chez lui nulle hostilité.
L’objectif principal de l’expédition trumpiste est ailleurs : reprendre l’exploitation de la manne pétrolière vénézuélienne au profit des grandes fortunes américaines, exploitation qui avait atteint un premier paroxysme dans les années 1950, pendant cet « âge d’or » mythifié par le mouvement MAGA.
Si l’on veut comprendre l’ambition de la Maison Blanche, c’est sur cette histoire peu connue qu’il faut revenir : celle d’un extractivisme international poussé à son paroxysme, dont Trump cherche à écrire aujourd’hui un nouveau chapitre qui, s’il y parvient, pourrait s’avérer plus extrême encore.
***
La production pétrolière vénézuélienne commence dans les années 1910 par un vice fondateur : le pétrole est pour ainsi dire donné aux majors étrangères.
Le dictateur Juan Vicente Gomez accorde des concessions extraordinairement généreuses aux multinationales américaines et britanniques, qui y développent rapidement la production.
Dès 1929, Caracas pèse pour plus de 10 % de la production d’or noir de la planète et en est le premier exportateur mondial.
Initialement, Britanniques et Américains se partagent le gâteau. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les seconds finissent par rafler la mise. Le Venezuela devient le premier réceptacle des investissements internationaux américains, et sa première source de profits étrangers.
Il faut bien prendre la mesure des richesses ainsi extraites du Venezuela par les Etats-Unis au mitan du 20e siècle.
En 1957, au sommet de cet extractivisme transfrontière, les profits enregistrés par les majors américaines au Venezuela sont du même ordre de grandeur que l’ensemble des bénéfices réalisés par toutes les multinationales américaines – tous secteurs confondus – dans tous les autres pays d’Amérique latine et tous les pays d’Europe continentale confondus !
L’équivalent de 12 % du produit intérieur net vénézuélien – c’est-à-dire de la valeur de tous les biens et services produits chaque année dans le pays – va aux actionnaires américains. Soit à peu près autant que ce que touche la classe populaire du Venezuela, les 50 % les plus pauvres du pays.
Le PIB du Venezuela augmente, mais au profit des grandes fortunes états-uniennes qui encaissent les dividendes et des employés américains bien payés.
Le Venezuela abrite en effet au début des années 1960 la plus grande communauté d’expatriés américains. Ces derniers y vivent dans des enclaves qui leur sont réservées, dotées d’hôpitaux flambants neufs et de terrains de baseball luxuriants.
C’est « l’âge d’or » auquel le pouvoir trumpiste souhaite revenir. Un partage de la rente pétrolière qu’on peut difficilement imaginer plus injuste et inégalitaire.
***
C’est aussi un modèle de développement foncièrement instable, qui ne peut susciter que des réactions violentes.
Car comment accepter que les revenus versés aux actionnaires étrangers soient du même ordre de grandeur que ceux touchés par la moitié de la population locale ?
Jusqu’aux années 1950, dans la foulée de Gomez, les différents régimes au pouvoir à Caracas préfèrent choyer les capitaux internationaux, maintenant une fiscalité légère, se pliant aux désidérata des majors, s’enrichissant souvent au passage.
À partir des années 1960, comme dans le reste de l’Amérique latine, les gouvernements successifs vont essayer de négocier des conditions financières plus équilibrées.
Le Venezuela prend la tête de ce mouvement. C’est un homme politique vénézuélien, Juan Pablo Pérez Alfonzo, qui se trouve derrière la création de l’OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole) en 1960. Le pays prend les rênes du mouvement pour faire advenir un « nouvel ordre économique international », exiger une réécriture des règles du commerce mondial.
Ce processus culmine dans la nationalisation, en 1976, des actifs d’ExxonMobil, Shell et Chevron au Venezuela.
Donald Trump a 30 ans. Il ne cesse aujourd’hui de dénoncer ce « vol ». Et ne cache guère son objectif principal : revenir aux conditions léonines de la période 1920-1960.
***
S’il y parvient, on peut envisager un doublement voire un triplement des profits de l’industrie pétrolière américaine, l’un des plus gros financeurs de Trump et du parti républicain.
Les réserves d’or noir du Venezuela sont en effet considérables : les plus importantes du monde. Et elles sont quasi-inexploitées, la production s’étant effondrée en raison de la mauvaise gestion du régime chaviste et du durcissement des sanctions américaines en 2017.
Les enjeux financiers sont d’autant plus importants que les prix du pétrole sont plus élevés que dans les années 1950. Si Trump parvenait à rétablir les conditions financières qui prévalaient au milieu du 20e siècle, la manne captée par les majors américaines et leurs propriétaires en serait augmentée d’autant.
Quand Trump dit qu’il veut « gouverner » le Venezuela, c’est là son projet.
Pour fixer un ordre de grandeur, les profits d’Aramco – le principal producteur de pétrole d’Arabie saoudite, pays qui abrite les deuxièmes plus grandes réserves d’or noir – se sont élevés ces dernières années à $100-$150 milliards par an.
$100 à $150 milliards par an : c’est la somme en jeu, aujourd’hui, derrière l’enlèvement de Maduro.
Quant au sujet de la lutte contre la drogue, Trump ne peut pas ignorer que la Colombie en est le principal producteur. Mais pas pour le pétrole.
La Colombie reste sous l’emprise de la cocaïne
Par Marie Delcas (Playon, Colombie, envoyée spéciale )
Publié le 03 décembre 2023 à 05h30
Temps de Lecture 13 min.
Article réservé aux abonnés
Enquête
La fin de la politique répressive promise par le président du pays, Gustavo Petro, n’a pas permis d’enrayer la culture de la coca. Entre côte Pacifique et frontière équatorienne, le trafic et les violences prospèrent.
En guise de route, un étroit ruban de ciment serpente à travers les champs de cocaïers qui exhibent leurs feuilles vert tendre sous le soleil brûlant du Nariño, dans l’extrême sud-ouest de la Colombie. La frontière avec l’Equateur est à moins de 10 kilomètres, l’océan Pacifique à 30 km. Deux hommes à moto, mitraillette en bandoulière, passent à vive allure. Un paysan les salue d’un signe de la tête. « Ce sont des hommes de l’Oliver », confie-t-il.
Le Front Oliver Sinisterra est l’une des factions des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui ont fait dissidence et rejeté l’accord de paix signé, en 2016, entre le gouvernement colombien et la guérilla, devenue une organisation politique légale. Il serait aujourd’hui l’un des principaux fournisseurs du cartel mexicain de Sinaloa et contrôlerait en partie le trafic de drogue dans le Nariño, jusqu’au port équatorien de Guayaquil, à travers la province côtière d’Esmeraldas.
Ni l’aide militaire fournie par Washington (l’équivalent de 9,2 milliards d’euros dans le cadre du « plan Colombie » entre 1999 et 2015), ni les millions de litres d’herbicide déversés, ni l’ambitieuse politique de substitution des cultures illicites prévue par l’accord de 2016 n’ont permis de venir à bout de la coca. Les victimes de la « guerre contre la drogue » se comptent par centaines de milliers. Et la Colombie demeure le premier producteur mondial de cocaïne.

"Le capitalisme de la finitude"
Ce livre est sorti en février 2025.

On peut dire qu'avec les évènements USA-Venezuela, on a un exemple clair.
Le prétexte du narco-trafiquant est bien évidemment un paravent. Il faudrait déjà que Trump s'occupe de l'hécatombe liée aux opioïdes vendus par les laboratoires américains...Oui, mais non, parce que ça rapporte aux labos.
On peut aussi rappeler ceci : "La Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou le 21 novembre 2025. Ce mandat vise des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis dans la bande de Gaza occupée. Les accusations incluent notamment le crime de guerre de famine comme méthode de guerre, ainsi que des crimes contre l'humanité tels que meurtre, persécution et autres actes inhumains."
Maduro n'a jamais été visé par la CPI. Je ne dis pas qu'il est blanc comme neige, on sait qu'il est surtout blanc comme la coke. Mais bon, deux poids, deux mesures, une fois de plus.
Bref, personne n'est dupe. On sait très bien que les interventions de ce type ont inévitablement des conséquences pires que le mal qu'elles sont suposées combattre (Chili, Panama, Syrie, Liban etc...)
Le fait que la Chine achète le pétrole venezuelien laisse à penser qu'on assiste également à une "guerre froide énergétique" qui se renforce au fil de l'affaiblissement des ressources.
Le Venezuela possède officiellement les plus grandes réserves pétrolières mondiales, même si sa production est limitée par des sanctions et des problèmes d’infrastructure. Les exportations venezueliennes vers la Chine représentent une part significative de ses ventes — autour de 4 à 5 % des importations pétrolières chinoises, souvent via des circuits alternatifs.
Cela reste modeste pour Pékin dans l’absolu, car la Chine importe surtout du Moyen-Orient, de l’Iran ou de la Russie. Mais ces approvisionnements ont une valeur stratégique :
ils permettent à la Chine d’obtenir du brut à bon prix et ils donnent à Caracas une source d’exportation malgré les sanctions occidentales. L’intervention américaine risque donc d’affecter les exportations vers la Chine, en particulier si le blocus ou le contrôle des routes maritimes persiste.
Ce qui est clair en tout cas, c'est que le capitalisme, état par état, va devenir inévitablement de plus en plus guerrier pour préserver sa croissance. Et les pays les plus puissants seront de plus en plus prédateurs.

Grand entretien
Arnaud Orain : “Nous entrons dans le capitalisme de la finitude”
https://www.philomag.com/articles/arnaud-orain-nous-entrons-dans-le-capitalisme-de-la-finitude
Arnaud Orain, propos recueillis par Frédéric Manzini publié le 04 février 2025 9 min
Et si la politique prédatrice de Donald Trump, de la Chine de Xi Jinping, mais aussi la prise de conscience écologique actuelle, obéissaient à la même logique, celle d’un monde fini, qu’on ne peut pas exploiter à l’infini ?
C’est la thèse de l’économiste Arnaud Orain, qui publie Le Monde confisqué. Essai sur le capitalisme de la finitude (XVIe-XXIe siècle) (Flammarion, 2025). Entretien.
➤ Cet article est exceptionnellement proposé en accès libre. Pour lire tous les textes publiés chaque jour en exclusivité sur philomag.com, avoir accès au mensuel et aux archives en ligne, abonnez-vous à partir de 1€/mois.
Qu’est-ce qui vous permet d’avancer l’idée que le monde serait confisqué ? Ne sommes-nous pas dans un monde où le libéralisme triomphe ?
Arnaud Orain : Pour écrire ce livre, je voulais sortir d’une dichotomie qui circule un peu partout, aussi bien au sein du grand public que dans la littérature savante, à savoir : celle qui oppose d’une part le libéralisme économique et de l’autre l’intervention de l’État. Je pense que cette dichotomie a fait long feu, autrement dit que son pouvoir heuristique est arrivé à son terme. Je lui oppose une autre dichotomie, avec d’un côté un monde ouvert et porteur d’une promesse – « libérale » en un sens – d’enrichissement généralisé (que ce soit pour les États, pour les entreprises privées ou pour les individus) et illimité, et de l’autre, une idéologie qui nous explique le contraire : que le monde est fini, que les ressources naturelles sont en quantité limitée et les exportations mondiales également, de sorte que l’enrichissement de toutes et tous apparaît lui-même borné, et même impossible. Le monde est ainsi pensé comme un gâteau dont la taille ne saurait grossir, de sorte que tout ce qu’on peut désormais gagner sera pris à quelqu’un d’autre, c’est-à-dire confisqué par des acteurs qui vont s’arroger la possibilité de monopoliser des ressources, des routes maritimes, des portions d’océan, l’espace, le cyberespace, etc. Et tout cela au détriment d’un univers concurrentiel.
“L’augmentation du niveau de vie pour tous n’apparaît plus sérieusement envisageable”
Est-ce que ce que vous décrivez n’est pas la fin de l’idée de progrès ?
Il y a des liens, mais ce n’est pas exactement la même idée. Car c’est en effet de manière cyclique que je conçois ce que j’appelle « le capitalisme de la finitude », et si je me réfère par exemple à l’une de ses périodes, qui s’étend de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe, on croit encore au progrès. Cela n’empêche pas déjà, à ce moment-là, un certain nombre d’élites économiques et militaires d’estimer qu’il est urgent de s’accaparer des territoires et des ressources : d’où la deuxième vague de colonisation, qu’on appelle pour la France le « second empire colonial ». Et de nos jours, les firmes de la tech croient possible de faire progresser sinon les sciences, du moins les techniques. Mais l’idée d’un progrès pour l’ensemble de la population, autrement dit l’idée d’une abondance généralisée, est complètement décorrélée du capitalisme de la finitude. L’augmentation du niveau de vie pour tous, qui a longtemps été défendue par les Nations unies ou l’Organisation mondiale du commerce, n’apparaît plus sérieusement envisageable.
Mais en quoi est-ce cyclique ?
Quand il a commencé, au XVIe-XVIIe siècle, le capitalisme était déjà animé par cette volonté de s’accaparer le monde dans la précipitation, parce qu’on pensait par exemple qu’il n’y avait pas de marché textile pour tout le monde (à savoir les Français, les Espagnols, les Néerlandais et les Anglais notamment), pas suffisamment de colonies, etc., donc il était nécessaire de contrer les autres pour s’en emparer. Mais cette phase s’est terminée, à la fois avec l’émergence de l’économie libérale d’un point de vue théorique (les physiocrates, Adam Smith, David Ricardo, Jean-Baptiste Say, etc.) et avec la fin des guerres de la Révolution et de l’Empire, qui vont mettre un terme à la grande rivalité franco-britannique et ouvrir sur la pax britannica : les colonies des pays européens ont pu commercer avec d’autres que leur puissance métropolitaine, elles se sont ouvertes au monde au cours du XIXe siècle, les droits de douane ont baissé, les échanges multilatéraux se sont accrus avec la « liberté des mers »…
“La nouvelle dichotomie n’est plus ‘libéralisme vs. interventionnisme’, mais d’un côté la promesse d’un monde d’enrichissement illimité, et de l’autre l’idée que le monde est fini et ses ressources limitées”
Au sens de Hugo Grotius ?
On fait souvent de lui le génial promoteur de ce concept sur le fondement d’un ouvrage intitulé Mare liberum (« La mer libre ») paru en 1609, mais qu’on interprète en fait assez mal. Non seulement cet opuscule n’est qu’un chapitre d’un ouvrage plus grand jamais publié du vivant de l’auteur – le De jure praedae, « Du droit des prises » – mais en outre, il n’y défend jamais l’idée d’un droit de circuler librement et pacifiquement sur la mer. En réalité, il explique qu’il revient à chaque puissance de se militariser pour pouvoir naviguer. Grotius se fait même l’ardent défenseur de la monopolisation – par la violence – de produits et de routes maritimes. Il récuse complètement l’idée d’une puissance hégémonique qui dirait le droit d’aller librement sur les mers.
La rectification est faite ! Que s’est-il passé après cette période libérale ?
Il y a eu ensuite une nouvelle phase de finitude et de course à la ressource et aux colonies à la fin du XIXe siècle, avec une montée en puissance des marines de guerre et des marines marchandes rivales de la flotte britannique, jusqu’à cette « apogée » dans les années 1930 avec une Allemagne nazie pressée de s’accaparer des terres à l’Est et de détruire des populations, mais aussi avec les replis des autres pays européens sur leurs silos impériaux… Après la Seconde Guerre mondiale s’est produit une nouvelle rupture, car la pax americana a permis de retrouver une liberté des mers partout sur le globe comme le faisait la marine britannique en son temps. Les échanges ont repris, le multilatéralisme s’est développé, la communauté européenne s’est construite et le processus de décolonisation a été amorcé. Tout ce vaste mouvement a trouvé son acmé dans le néolibéralisme des années 1990 : la liberté des mers était alors assurée par les États-Unis tandis que la Chine s’installait comme puissance manufacturière, et le monde trouvait une sorte de complémentarité harmonieuse dans l’idée que le niveau de vie des populations autrefois colonisées allait pouvoir augmenter. Et puis tout cela ne tarde pas à se fracasser sur la désindustrialisation occidentale, puis la prise de conscience des limites écologiques de la planète, au début du XXIe siècle : depuis ce moment, nous sommes entrés dans une nouvelle phase de finitude.
“Si le monde est comme un gâteau dont la taille ne saurait grossir, alors tout ce qu’on peut désormais gagner sera pris à quelqu’un d’autre”
L’écologie est ce “principe de réalité” qui ramène les fantasmes libéraux sur terre ?
Oui – à chaque fois, on vient buter sur la question de la quantité de ressources disponibles et de « marchés » à conquérir. À la fin du XIXe siècle, déjà, naît la crainte qu’il n’y ait pas de quoi nourrir l’ensemble des populations en augmentation exponentielle. Un siècle plus tard, c’est le principe du maintien du niveau de vie occidental ou de son exportation (avec tout ce que cela implique de consommation de protéines animales, d’utilisation de ressources fossiles mais aussi de minerai et de métaux) qui apparaît compromis, du moins inaccessible à l’ensemble du monde. Les émeutes de la faim de 2008 et l’épisode du Covid ont rendu cette évolution plus visible. Prenons l’exemple des terres : dans un monde néolibéral, les produits de la terre sont cotés pour être vendus sur le grand marché planétaire mondial, sous l’œil de l’Organisation mondiale du commerce. Mais ce qui s’est produit ces dernières années, c’est un grand mouvement d’accaparement des terres, et pas seulement de la part des firmes chinoises ! Des entreprises émiraties ou américaines louent ou achètent des terres dans les pays du sud, apportent des semences et récupèrent des produits finis, sans passer par le marché. Il se produit la même chose pour les mers et les mines – et ce n’est pas sans lien avec ce qui se passe actuellement en République Démocratique du Congo.
Et Trump qui veut s’emparer des terres du Groenland et récupérer le canal de Panama ?
Oui, mais il n’est pas le seul. Regardez les visées qu’a la Russie sur le Spitzberg (actuellement administré par la Norvège) ou les nouvelles routes de la soie chinoises avec des infrastructures portuaires, par exemple au Pakistan, qui sont entièrement financées par des firmes publiques chinoises : on y voit des navires marchands chinois mais aussi, si l’on en croit les satellites américains, des navires militaires. Les rebelles baloutches ne s’y trompent pas, quand ils y voient le retour de la Compagnie des Indes. Sauf qu’aujourd’hui, ce n’est pas la Compagnie anglaise, mais une sorte de Compagnie des Indes chinoise. On a aussi des États ou des « compagnies-États » qui sont en train de mettre en place, par endroits, de nouveaux types de colonisation semi-formels.
“Par endroits, des États ou des ‘compagnies-États’ sont aujourd’hui en train de mettre en place de nouveaux types de colonisation semi-formels”
Qu’appelez-vous des “compagnies-États” ?
J’entends par là un certain nombre d’entreprises qui rappellent furieusement les compagnies à monopole d’autrefois, c’est-à-dire des firmes qui sont à la fois marchandes et souveraines. Elles ont des attributs étatiques et même régaliens. Comme les Compagnies des Indes avaient leur propre droit, leurs propres juges et leurs propres armées, nous avons aujourd’hui des entreprises qui ont leurs propres satellites (susceptibles de servir ou non des objectifs militaires) et qui font leur propre propagande à l’intérieur de l’espace public. Mark Zuckerberg disait lui-même que Facebook (aujourd’hui Meta) ressemblait plus à une forme de gouvernement qu’à une entreprise au sens traditionnel. Et si ces « compagnies-États » sont souvent alignées avec leurs puissances respectives, ce n’est pas toujours le cas : Elon Musk, par exemple, est assez réticent à ce que les militaires américains utilisent ses satellites à Taïwan car il préférerait ne pas se fâcher avec la Chine.
Donald Trump a-t-il tout compris à ces nouveaux enjeux et au monde qui vient ?
Attention : je ne veux pas laisser penser que le monde aurait soudainement basculé avec l’élection de Donald Trump. Une administration démocrate n’aurait pas mené une politique diamétralement opposée. Katherine Tai, la représentante au commerce du gouvernement Biden, avouait avoir beaucoup de points d’accord avec Robert Lightizer, qui conseillait Trump sur le commerce international, les droits de douane et la nécessité de relocaliser la production industrielle aux États-Unis. Avec Kamala Harris, on aurait certes eu moins de coups de menton et cette nouvelle recolonisation serait moins voyante, mais c’est tout. Au moins, pour nous, les choses sont plus claires avec les déclarations de Trump !
“L’UE est la dernière institution à défendre un cadre néolibéral, à vouloir faire respecter la concurrence et casser les monopoles. Va-t-elle changer de paradigme ?”
Et l’Europe ? Idéologiquement, économiquement, n’est-elle pas à la traîne ?
L’Union européenne est la dernière institution à défendre un cadre néolibéral, à vouloir faire respecter la concurrence et casser les monopoles. Va-t-elle changer de paradigme ? Le plan présenté ces derniers jours par Ursula von der Leyen pour prévenir le déclin de compétitivité change-t-il la donne ? C’est assez flou, mais j’en ai retenu notamment la volonté de mettre la politique de la concurrence en pause et de favoriser une déréglementation au niveau des normes environnementales de façon à encourager l’exploitation minière : et cela, c’est de la finitude au sens strict, pour s’accaparer les dernières ressources disponibles, et le plus vite possible.
Les populations peuvent-elles l’accepter ?
Ça paraît très compliqué. Si la politique de nos grands rivaux se poursuit – et il n’y a aucune raison que ce ne soit pas le cas –, nous allons nous retrouver au-devant d’une perte de souveraineté industrielle majeure. L’industrie allemande est en train de souffrir économiquement. Les populations vont devoir se rendre compte que fonctionner dans un cadre néolibéral concurrentiel comme elles l’ont connu, protégées par un État-providence relativement fort et rassurant, est peut-être intenable. Avec ces compagnies-États dans un monde multipolaire, les souverainetés se fragmentent et les enjeux en viennent à dépasser le monopole de la violence étatique. Et si cela n’est pas nouveau à l’échelle de l’histoire, cela l’est pour nos générations, car c’est une sorte de retour dans le monde d’avant la construction des grandes monarchies nationales… Autrement dit, pour nous, un monde dystopique et cyberpunk.
Le Monde confisqué. Essai sur le capitalisme de la finitude (XVIe-XXIe siècle), d’Arnaud Orain, vient de paraître aux Éditions Flammarion. 368 p., 23,90€ en édition physique, 15,99€ en format numérique, disponible ici.
Voeux solaires

Le dernier coucher de soleil de l'année 2025 ce qui pour la Terre ne veut rien dire.
Je voudrais juste lui souhaiter une année de respect.
Pour ses couchers de soleil tout autant que ses aurores, pour la paix de ses forêts et les lumières d'altitude, le murmure des ruisseaux et le silence des lacs, les blancheurs de la neige et les teintes des roches, les nuages en partance et ceux qui arrivent, pour les pluies salvatrices et les chaleurs qui réjouissent, pour ces milliards d'animaux qui ne demandent qu'à vivre.
Je voudrais qu'elle soit aimée, inconditionnellement, de tous.
Je sais que ce soir les vœux s'adressent aux humains.
Et elle ? Peut-on lui accorder un instant ?
Qu'à minuit, l'humanité entière se joigne pour l'enlacer, la consoler, s'excuser. Et s'engage à l'aimer.
Pour un petit potager
Bien sûr que tout le monde n'arrive pas à acheter 1 hectare. On connaît le prix de l'immobilier. On a construit notre première maison en Savoie avec un prêt sur 25 ans. Puis on l'a vendue et on est parti dans la Creuse et maintenant en Ardèche.
On a 63 ans. On sait bien que c'est compliqué pour beaucoup, financièrement, et que l'achat d'un grand terrain est impensable.
Maintenant, il faut voir aussi notre mode de vie. Nos dépenses sont très mesurées. On a les mêmes vêtements depuis bien longtemps. Il n'y a que les chaussures de montagne qu'on est obligé de changer régulièrement ^^ Et on ne les achète jamais en neuf, uniquement sur des sites de seconde main. La pension de retraite de Nathalie la place sous "le seuil de pauvreté".
Restaurant, cinéma, haute technologie, voiture, vêtement, alimentation, tout ce qu'on a pu supprimer ou réduire au strict minimum, on l'a fait. Et la différence se fait vite sentir.
Bref... A chacun, chacune d'identifier ses priorités.
Ici, Damien Dekarz montre une façon d'avoir un potager nourricier sur une petite surface. Et il suffit de bien connaître son budget alimentaire pour réaliser combien c'est très bénéfique.
Et je ne parle pas bien entendu du bonheur de se nourrir de son travail avec des aliments de qualité.
Forêt comestible chez Damien Dekarz
Pour Nathalie et moi, Damien est un exemple. Ses vidéos et ses livres sont une ressource.
En mars de cette année, on s'est installé sur 1 hectare (Nord Ardèche, 500 m d'altitude).
Il n'y avait rien, quasiment pas de potager et surtout un sol qui était retourné tous les ans, donc pas vivant, pas d'arbres fruitiers, pas de grands arbres, de la pelouse et une immense prairie réservée à des chevaux, donc un sol piétiné avec juste de l'herbe et des bosquets de pruneliers et de ronces là où les chevaux n'allaient pas.
Dès qu'on est arrivé, on a planté, planté, planté. Comme on a une source, on a arrosé ces plantations pour qu'elles tiennent pendant l'été. Le potager nous nourrit déjà.
Là, maintenant, on plante des arbres fruitiers et des grands arbres (chênes, érables, frênes, hêtres, bouleaux, robiniers, châtaigners et quelques résineux dans les coins à l'ombre). On les prend en forêt, sur les bords de pistes forestières, dans des talus, là où ils n'ont aucune chance de pouvoir grandir.
On a évidemment planté également des haies fruitières.
Il n'est plus possible de dénombrer tout ce qu'on a mis en terre.
On fera le bilan dans sept ans.
131 456 vues Sortie le 7 sept. 2025
Il y a 7 ans, Damien Dekarz plantait 1000 arbres en Corrèze… Aujourd’hui, sa forêt comestible est devenue un véritable écosystème nourricier, foisonnant de vie et d’abondance. Dans ce reportage exceptionnel, Damien nous ouvre les portes de son jardin-forêt et partage son expérience autour de deux grands objectifs : l’autonomie et la préservation de la biodiversité.
"Antarctica, sur les traces de l'empereur "
C'est fascinant, passionnant, merveilleux.
Mêlant les points de vue sous-marins et terrestres des photographes Vincent Munier et Laurent Ballesta, ce documentaire fascinant saisit la beauté de l'Antarctique. Une ode à la biodiversité du continent blanc, et à sa protection. Protégé en apparence des aléas du dérèglement climatique, l'Antarctique subit à distance les conséquences néfastes des activités humaines. Ce continent gelé d'environ 13 millions de kilomètres carrés a longtemps été préservé, notamment grâce à un traité international qui interdit l'exploitation de son territoire à des fins non pacifiques, et proscrit également les essais nucléaires. Mais aujourd'hui, des signaux inquiétants sur la biodiversité et le cycle de la glace apparaissent. Basée dans la station Dumont-d'Urville, une équipe scientifique observe ces phénomènes, dans le cadre de l'expédition Wild-Touch Antarctica. En 2015, elle a accueilli pour la première fois pendant trois mois deux photographes, les invitant à saisir les splendeurs de ce monde polaire. Sur la glace, Vincent Munier, spécialiste des milieux extrêmes, a pu capturer des instantanés de vie d'une colonie de manchots empereurs. De son côté, sous la banquise, le photographe des profondeurs et biologiste marin Laurent Ballesta (Planète Méditerranée, Cap Corse – Le mystère des anneaux) a relevé un défi humain et technique. Grâce à des autorisations inédites, il a pu prendre des images époustouflantes, jusqu'à 70 mètres de profondeur, dans les eaux de l'océan Antarctique. Expérience sensorielle Des animaux des glaces magnifiés par l'objectif de Vincent Munier aux paysages aquatiques découverts par Laurent Ballesta, le réalisateur Jérôme Bouvier parvient à révéler toutes les nuances de l'Antarctique et à interpeller sur la fragilité d'un univers polaire en pleine mutation. Ce documentaire invite aussi à partager les émotions des deux photographes. Bien plus qu'un portrait du continent, Antarctica, sur les traces de l'empereur est une remarquable expérience sensorielle. Documentaire de Jérôme Bouvier (France, 2016, 1h31mn)









