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Violences femmes info : 3919

Par Le 25/11/2025

C'est un drame quotidien. J'ai entendu que ça concerne une femme tuée toutes les dix minutes dans le monde. Est-ce que c'est exact, exagéré ou loin de la réalité ? Je n'en sais rien. Mais juste une femme, c'est déjà beaucoup trop.

C'est un sujet qui me pèse énormément, j'ai beaucoup de mal à exprimer ce que je ressens. En dehors d'une totale incompréhension. Et d'un total dégoût envers ces hommes. Lire les récits ci-dessous, ça me noue, ça me révulse, c'est viscéralement insupportable. Je ne comprends pas, c'est au-delà de toute réflexion. S'il est possible pour un homme de se montrer violent envers une femme, alors, c'est que l'espèce humaine n'est pas finie, qu'elle n'est encore qu'une ébauche, une espèce en formation, une sorte d'expérimentation avec tous ses ratages, ses manquements, ses errances. Et cette violence faite aux femmes, dès lors qu'elle existe, alors c'est que toutes les violences sont possibles. C'est une violence qui ouvre toutes les portes vers l'horreur.

La femme, c'est la mère, celle qui donne la vie. 

Si cet ultime symbole est bafoué, alors le Mal est et restera le maître. 

 

 

Violences conjugales Cinq féminicides en une semaine : qui étaient ces femmes tuées par leur conjoint ou ex ?

 

3919 - Violences femmes info

Un numéro d'appel national, le 3919, est dédié à l'écoute et à l'orientation des femmes victimes de violence. Appel gratuit et anonyme, service accessible 24h/24 et 7 jours sur 7.

Zaïa, 27 ans, Laure, 32 ans, Mélina, 45 ans, Élodie, 50 ans, et Béatrice, 56 ans, ont toutes été tuées la semaine dernière, quelques jours avant la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. 

L.G. avec AFP - Hier à 16:56 | mis à jour aujourd'hui à 14:27 - Temps de lecture : 5 min

Avant Zaïa, Laure, Mélina, Élodie et Béatrice, des dizaines d'autres femmes ont été victimes de féminicides en France en 2025, comme l'ont rappelé des collectifs féministes lors de la manifestation de samedi. Photo Sipa/Michel Setboun

Avant Zaïa, Laure, Mélina, Élodie et Béatrice, des dizaines d'autres femmes ont été victimes de féminicides en France en 2025, comme l'ont rappelé des collectifs féministes lors de la manifestation de samedi. Photo Sipa/Michel Setboun

La série noire des féminicides ne s'arrête jamais vraiment, mais l'actualité de la semaine dernière a particulièrement illustré le caractère systémique des violences conjugales. Entre mercredi et jeudi, cinq femmes ont été retrouvées mortes. Leurs conjoints ou ex-conjoints respectifs ont tous été mis en examen et sont soupçonnés de les avoir tuées. 

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Samedi, des milliers de manifestants ont bravé le froid à travers toute la France pour exprimer leur colère face à la persistance des violences contre les femmes, avant la journée mondiale prévue mardi. En 2024, le nombre de femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint s'élevait à 107, soit une hausse de 11% par rapport à l'année précédente. Pour 2025, le collectif Nous toutes – qui se base toutefois sur une définition plus large du féminicide – en recense déjà 149. 

Chaque jour en France, plus de trois femmes sont victimes de féminicide ou tentative de féminicide conjugal, selon la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof). Voici les histoires de Zaïa, Laure, Mélina, Élodie et Béatrice, toutes mortes la semaine dernière.

Zaïa, aide-soignante de 27 ans

Zaïa, surnommée Zazou par ses proches, était aide-soignante dans un Ehpad situé à Crémieu (Isère). « Elle était appréciée de tous pour sa bienveillance, son dévouement et sa gentillesse », selon le directeur de l'établissement, cité par Le Dauphiné libéré. « Elle était notre rayon de soleil. », confirme une collègue.

Le corps de la jeune femme de 27 ans a été retrouvé mercredi dernier calciné dans une voiture, dans une forêt de Saint-Marcel-Bel-Accueil.

Digiteka PlaceHolder


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Son compagnon, un homme de 39 ans déjà condamné pour des violences, a raconté s'être disputé avec Zaïa à son retour chez elle (à L’Isle-d’Abeau), peu de temps après en être parti – une surprise qu'elle n'aurait pas appréciée.

Il a expliqué l'avoir poussée violemment lors de cette dispute, ce qui aurait provoqué sa chute et son décès. Selon le procureur, il a ensuite « mis en place tout un stratagème » pour couvrir ses traces, allant jusqu'à la déshabiller, la nettoyer, transporter son cadavre et l'asperger d'essence avant de l'incendier. La version du suspect serait loin de « coller » avec les constatations réalisées par les enquêteurs au domicile de Zaïa, poursuit Le Dauphiné libéré.

Laure, fan de foot de 32 ans

Laure, 32 ans, habitait à Besançon (Doubs) et soutenait le club de football de la ville. Elle faisait même partie de la Brigatia Vesontio, un groupe de supporters du Racing Besançon, relate L'Est républicain.

Elle a été abattue jeudi par arme à feu sur le parking de son immeuble, alors qu'elle s'apprêtait à partir au travail. Son ancien petit ami, un homme de 34 ans, a reconnu être l'auteur des tirs. Sur les réseaux sociaux, le trentenaire partageait ses difficultés à se remettre de leur séparation. Récemment hospitalisé dans un service psychiatrique, il avait déjà été condamné par le passé, notamment pour des violences et pour avoir harcelé moralement une autre femme. 

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Laure avait porté plainte contre lui en février pour « atteinte à la vie privée » et il devait être convoqué devant la justice en novembre dans cette affaire. Au mois d'octobre, Laure avait à nouveau déposé plainte contre lui, après des dégradations survenues sur son véhicule. Elle avait demandé un dispositif d'alerte, qui lui avait été fourni par une association le 24 octobre. Il n'a hélas pas permis de la sauver.

Mélina, maman de 45 ans

Mélina, 45 ans, vivait à Saint-Ciers-d’Abzac, près de Libourne (Gironde). Celle qui préférait se faire appeler Mélanie était la mère de deux adolescents, une fille et un garçon, et vivait avec le père de ce dernier, rapporte France 3 Nouvelle-Aquitaine. « C’était une femme gentille, toujours souriante et prête à aider les autres. », témoignent dans Sud Ouest ses voisins, selon qui « elle venait de trouver récemment un poste d’assistante dentaire ». 

Jeudi, le conjoint de Mélina a appelé les gendarmes, admettant avoir tué sa compagne. D'après nos confrères, elle lui avait récemment dit vouloir mettre fin à leur relation. Cet homme de 60 ans, déjà condamné pour des violences sur une ex-compagne, a indiqué que « cette situation l'avait placé en situation de détresse, notamment financière ». 

Selon sa version, une remarque de Mélina sur le rangement d'une rallonge et le bruit de l'aspirateur qu'elle était en train de passer aurait été un « élément déclencheur ». Le sexagénaire l'aurait menacée avec un fusil de chasse et elle aurait tenté de « s'enfuir ». Il a ensuite évoqué un « corps à corps ». Sud Ouest indique qu'il a frappé sa compagne « avec la crosse du fusil avant de lui asséner un, voire deux coups de lame, et de l’étrangler avec une rallonge ».

Élodie, 50 ans

Élodie était une femme de 50 ans, sans profession. Elle entretenait une relation avec un journaliste de 61 ans, mais ne vivait pas avec lui. Son corps sans vie a été retrouvé jeudi au domicile de cet homme, à Beaucaire (Gard).

Le suspect, originaire du Royaume-Uni selon le collectif "Féminicides par compagnons ou ex", s'est dénoncé à la police mais a contesté la cause criminelle du décès de sa conjointe. « Elle aurait fait une chute », sur fond de consommation d'alcool, a-t-il assuré, selon des propos rapportés par le parquet.

Mais Élodie a été retrouvée morte le visage tuméfié. L'an dernier, le sexagénaire avait été interdit de contact avec sa compagne pendant trois mois après un premier épisode de violences.

Béatrice, professeure de 56 ans

Béatrice était mère de trois enfants et enseignante d’histoire-géographie dans un collège de Douzy (Ardennes). Elle a, elle aussi, été retrouvée morte jeudi, dans le sous-sol de son domicile, situé à Sedan.

Son conjoint a admis le meurtre, après avoir été blessé dans un accident de la route, qu'il aurait délibérément provoqué pour mettre fin à ses jours. Selon le parquet de Reims, cité par L'Ardennais, cet homme de 58 ans « souffre de troubles psychiatriques a priori soignés ». Toujours d'après le parquet, il aurait évoqué une « dégradation de la vie conjugale » et une dispute avec sa compagne au sujet d'une de leur fille pour expliquer son geste, ajoute France 3 Grand Est.

Le quinquagénaire, sans casier judiciaire, a frappé Béatrice au crâne avec une statuette, a tenté de l’étouffer avec un oreiller, avant de la poignarder à plusieurs reprises. Sept plaies par arme blanche ont été constatées au niveau du front, du cou et du thorax de la mère de famille.

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Acidification des océans.

Par Le 24/11/2025

 

 

Environnement

Acidification des océans : une septième limite planétaire est désormais franchie

Sous l’effet de l’augmentation des gaz à effet de serre, le pH des océans baisse, bouleversant les équilibres marins et affaiblissant leur rôle essentiel d’absorption du CO2.

De Romane Rubion

Publication 17 nov. 2025, 16:14 CET

Les Îles Salomon se trouvent dans une région de l’océan Pacifique que l’on appelle le Triangle ...

Les Îles Salomon se trouvent dans une région de l’océan Pacifique que l’on appelle le Triangle de corail en raison de son étourdissante diversité corallienne. De nombreux coraux du monde entier sont aujourd’hui confrontés à des menaces dues au réchauffement et à l’acidification des océans, mais celui-ci se trouve dans une poche d’eau profonde et froide qui la protège possiblement de ces changements.

PHOTOGRAPHIE DE Manu San Félix, National Geographic Pristine Seas

L’humanité vient de franchir un nouveau seuil critique. Après le changement climatique, la déforestation, l’érosion de la biodiversité, la pollution chimique, la raréfaction de l’eau douce et la perturbation du cycle de l’azote, l’acidification des océans dépasse désormais elle aussi la limite considérée comme sûre. Selon le rapport Planetary Health Check, publié le 24 septembre par l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact climatique, sept des neuf limites planétaires définies par la communauté scientifique sont désormais dépassées. Seules la couche d’ozone et la concentration d’aérosols atmosphériques se situent encore dans des zones jugées non dangereuses.

Le cadre des limites planétaires, présenté en 2009 par une équipe internationale menée par le Suédois Johan Rockström, visait justement à établir ces seuils à ne pas dépasser pour maintenir la stabilité du « système Terre ». Cette stabilité, qui dure depuis environ douze mille ans, a permis l’essor des sociétés humaines. Lors de sa publication, trois limites étaient déjà franchies. En 2025, il y en a sept.

La dernière en date est l’acidification des océans, un phénomène étroitement lié aux émissions massives de CO2. En absorbant une partie de ce CO2, les mers voient leur équilibre chimique se modifier et les écosystèmes marins s’en trouvent fragilisés.

L’AUTRE PROBLÈME DU CO2

Pour Fabrice Pernet, chercheur en écologie et physiologie des organismes marins à l’Ifremer, « l’acidification des océans est l’autre problème du CO2 », moins visible mais tout aussi préoccupant que le réchauffement climatique. « On émet du CO2 dans l’atmosphère, [qui] se dissout à l’interface atmosphère-océan et forme de l’acide carbonique », explique-t-il. Cette réaction chimique abaisse le pH de l’eau et réduit la disponibilité des ions carbonate, indispensables à la formation du calcaire.

Pour surveiller cette limite planétaire, les scientifiques mesurent l’état de saturation en calcaire, notamment celui de l’aragonite, un minéral très sensible à la baisse du pH. Plus la saturation diminue, moins l’eau contient de carbonate pour permettre au calcaire de se former. La limite de sécurité a été fixée à 80 % du niveau préindustriel. Mais « cet état de saturation […] a diminué d’à peu près 20 % » depuis l’ère industrielle, note le chercheur. 

La baisse de saturation affecte directement les organismes calcifiants. « Dans une eau qui s’acidifie, le calcaire a tendance à se dissoudre plutôt qu’à se précipiter », explique-t-il. Or ce matériau constitue « le squelette de la grande majorité des organismes marins », des coraux aux huîtres en passant par certaines espèces de phytoplancton. Si la saturation diminue, leur squelette se forme plus difficilement, voire se dissout. En conséquence, « la plupart des organismes calcifiants […] montrent une difficulté à grandir ».

Des signaux sont déjà visibles, notamment dans les océans Arctique et Austral. L’acidification progresse particulièrement vite dans ces régions polaires, où « l’eau froide dissout plus facilement les gaz que l’eau chaude ». Selon le chercheur, « on observe déjà, depuis une quinzaine d’années, des organismes [comme les ptéropodes] corrodés par l’acidification qu’on n’observait pas avant ». Leurs coquilles présentent « des petits trous, des petites irrégularités […] qui montrent un effet de l’acidification ».

L’étoile de mer figurant à gauche a été élevée dans de l’eau normale, à Kiel (Allemagne) ...

L’étoile de mer figurant à gauche a été élevée dans de l’eau normale, à Kiel (Allemagne) ; celle de droite, au départ identique, a été élevée dans des conditions que l’on pourrait trouver en mer Baltique en 2100. Dans certaines eaux côtières, l’acidification océanique est amplifiée par la pollution issue de la terre, favorisant des efflorescences microbiennes, qui puisent de l’oxygène dans l’eau et y rajoutent du CO2. Les photographies sont à l’échelle. L’étoile de mer de droite ne pèse qu’un cinquième de sa congénère.

PHOTOGRAPHIE DE David Liittschwager

Les effets physiologiques vont au-delà de la calcification. L’excès de CO2 dissous perturbe aussi la respiration des organismes marins. « Trop de CO2 peut provoquer des problèmes d’hypercapnie […] et finalement d’acidoses dans le sang ». L’accumulation de protons aggrave encore ces déséquilibres en perturbant l’équilibre acide-base et les mécanismes de régulation physiologique.

« Ce qui fait la fragilité du corail, c’est l’acidification, certes, mais c’est surtout le réchauffement », poursuit Fabrice Pernet, évoquant « une double peine ». Le chercheur rappelle que l’effondrement des récifs coralliens entraînerait des conséquences considérables. « C’est toute une pêche vivrière associée au récif qui va s’effondrer. C’est des systèmes qui pourraient transiter vers de nouvelles espèces », souligne-t-il. À long terme, « l’acidification, […] c’est une perte de biodiversité : moins de richesses, moins d’espèces, moins de diversité et donc un état de déséquilibre, impossible à prévoir ».

L’acidification affaiblit aussi l’un des principaux régulateurs du climat : l’océan. « Un océan acidifié absorbe moins de CO2 qu’un océan non acidifié », rappelle le spécialiste. Cette capacité d’absorption dépend de l’alcalinité : plus on ajoute d’acide, plus elle diminue. Aujourd’hui, l’océan capte environ 25 % des émissions mondiales de CO2, tandis que les forêts en absorbent environ 30 %. Mais « la capacité de l’océan à nettoyer notre atmosphère […] diminue ». Les observations du Global Carbon Project montrent en effet que « le puits océanique de CO2 est en train de s’affaiblir », un phénomène « tout à fait attendu », souligne Fabrice Pernet.

Face à l’acidification des océans, la seule réponse durable reste la baisse massive des émissions de CO2. « Aujourd’hui, on n’est pas du tout sur cette trajectoire-là », constate-t-il, rappelant que la cible des 1,5 °C sera dépassée d’ici quatre ans et que le monde se dirige plutôt vers un réchauffement d’environ 2 °C à l’horizon 2050. Les conséquences seraient dramatiques pour les récifs. « Ce qu’on dit, globalement, c’est qu’à plus de deux degrés à l’horizon 2050, c’est tous les coraux tropicaux, tous les coraux d’eau chaude, qui disparaissent de la planète. C’est la Grande Barrière de corail, c’est tous les coraux du Pacifique, des Caraïbes […] qui n’existeront plus. Tout ça, ce ne sera plus qu’une carte postale », alerte-t-il.

Des leviers locaux existent toutefois pour atténuer ponctuellement les effets de l’acidification, notamment « la végétalisation des océans ». Le recours à des végétaux marins, en particulier certaines espèces de macroalgues, peut aider à capter le CO2 et à améliorer localement la chimie de l’eau. Une solution utile mais limitée, qui ne peut en aucun cas remplacer une réduction rapide et globale des émissions.

La Grande Barrière de corail compte parmi les environnements marins les plus diversifiés au monde, abritant ...

La Grande Barrière de corail compte parmi les environnements marins les plus diversifiés au monde, abritant 5 000 types de mollusques, 1 800 espèces de poissons et 125 espèces de requins. Une grande partie de cette diversité est menacée par le réchauffement des océans et leur acidification.

PHOTOGRAPHIE DE David Doubilet, National Geographic Creative

UN CADRE POUR COMPRENDRE L’URGENCE

L’acidification des océans est l’une des dimensions suivies dans le cadre des limites planétaires, un référentiel qui évalue jusqu’où nous pouvons exercer des pressions sur la planète sans entrer dans une zone de danger. Aurélien Boutaud, consultant indépendant et chercheur associé à l’UMR 5600 du CNRS, co-auteur de Les limites planétaires, invite à manier ce concept avec prudence et à ne pas surinterpréter les dépassements. « Ce n’est pas parce qu’on a franchi [sept] limites que, pour autant, tout va s’effondrer. Mais c’est une alerte supplémentaire ».

Ce cadre vise à « faire passer des messages auprès du public et des décideurs », bien qu'il reste encore discuté. « Fixer de telles limites, c’est extrêmement difficile », souligne le chercheur, car il faut choisir les bons indicateurs et déterminer à partir de quel niveau une pression devient dangereuse. Les scientifiques ne sont d’ailleurs « pas forcément tous d’accord sur la manière de définir une limite ou une frontière planétaire ».

Malgré ces débats, les limites planétaires gagnent en légitimité année après année. « Dans la sphère académique, c’est vraiment un référentiel qui a une tendance quand même à s’imposer », note Aurélien Boutaud. Dans l’action publique, son influence reste limitée, même si « certains acteurs publics s’y intéressent et décident de poser ce référentiel dans le débat ». En France, il a par exemple été utilisé dans des publications du ministère de la Transition écologique.

Pour Aurélien Boutaud, l’un des apports majeurs des limites planétaires est de montrer que la crise écologique ne se résume ni au changement climatique ni à la biodiversité. « Le concept de limites planétaires a permis de faire prendre conscience qu’il existait d’autres thématiques très importantes à intégrer », tout en révélant « la dimension systémique de la crise planétaire ». Les différentes variables sont en effet « en bonne partie inter-reliées ». L’acidification des océans illustre bien cette interdépendance puisqu’elle menace la biodiversité et perturbe également le climat.

Selon le chercheur, le concept a aussi le mérite de faire comprendre la notion de « point de bascule », un seuil au-delà duquel « les changements deviennent irréversibles et nous feraient sortir de l’équilibre écologique propre à l’Holocène », la période stable qui dure depuis environ 12 000 ans. « Ce que cherchent à définir ces fameuses frontières planétaires, c’est ce moment-là : celui où le point de bascule devient possible. Cela ne veut pas dire qu’il est certain, mais qu’on entre dans une zone où la situation devient dangereuse », précise-t-il.

Tuvalu

Par Le 24/11/2025

 

« C'est parce que chaque nation pense à son propre intérêt que nous nous sommes retrouvés dans ce pétrin », relève Kofe. « Nous devons cesser de nous comporter comme si nous étions tous sur des îles. »

 

Environnement

Cette île du Pacifique est en train de disparaître

Tuvalu, État insulaire du Pacifique, est aux avant-postes de la crise climatique. Ses habitants luttent pour conserver leurs terres et leur identité.

 

De Simone Stolzoff

Publication 10 juil. 2024, 15:50 CEST

Un couple à moto passe dans le coin le plus étroit de l'île Fongafale à Funafuti, ...

Un couple à moto passe dans le coin le plus étroit de l'île Fongafale à Funafuti, une région de Tuvalu. L'océan Pacifique s'étend à droite et un bassin à gauche. L'atoll corallien a été identifié comme l'une des îles les plus vulnérables au changement climatique.

PHOTOGRAPHIE DE Sean Gallagher

À la naissance de Taukiei Kitara, ses parents ont coupé son cordon ombilical en deux morceaux, comme le voulait une tradition de son pays natal, Tuvalu. Ils ont planté l'un des morceaux du cordon ombilical à la base d'un cocotier, à environ neuf mètres du rivage et ont offert l'autre à l'océan. Pendant son enfance, Kitara se rendait à l'arbre pour prendre connaissance de son état de santé et brossait les feuilles tombées au sol. 

Tuvalu est un État insulaire habité par moins de 12 000 personnes, et situé à mi-chemin entre Hawaï et l'Australie. L'altitude moyenne du pays est inférieure à trois mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui le rend particulièrement sensible aux effets du changement climatique. Les scientifiques estiment qu'en 2050, 50 % de Funafuti, la capitale dans laquelle plus de la moitié des habitants vit, sera submergée.

Beaucoup considèrent Tuvalu comme un exemple de ce à quoi les autres communautés côtières seront confrontées dans les années à venir. Des chercheurs prévoient que d'ici à 2050, les habitants seront sûrement forcés de migrer à cause du changement climatique. La position précaire de Tuvalu l'a forcé à se poser une question existentielle : que se passe-t-il lorsqu'un pays n'a plus de terres ?

Le mot « terre, territoire » se dit fenua en tuvaluan et fait référence au territoire physique, mais aussi au sentiment d'appartenance enraciné dans l'identité d'une personne. À Tuvalu, les terres sont détenues par la communauté et transmises de génération en génération. Les Tuvalais enterrent leurs ancêtres dans des mausolées à proximité de leurs portes d'entrée. La terre abrite leurs proches, leur histoire et leurs traditions, ce qui rend la question de leur départ insoluble.

« Nous ne pouvons pas considérer que la migration est un fait acquis », explique Maina Talia, ministre du changement climatique de Tuvalu. « Mais si nous nous réveillons demain matin et que la moitié de la population a été anéantie par l'océan, qui devrons-nous blâmer ? »

Dans l'ombre de cette menace existentielle se cache une question personnelle pour les Tuvalais : dois-je rester ou partir ? Certains Tuvalais considèrent l'option de partir pour être en sécurité, mais la majorité des personnes avec qui j'ai pu échanger veulent rester.

« C'est vrai que le changement climatique nous affecte, mais on veut rester », explique Fenuatapo Mesako, un chargé de programme à l'Association de santé familiale de Tuvalu. « On ne veut pas être des Tuvalais dans un autre pays. On veut être des Tuvalais à Tuvalu. »

Une vue aérienne de l'extrémité méridionale de Funafuti à Tuvalu. Partout dans le monde, la montée ...

Une vue aérienne de l'extrémité méridionale de Funafuti à Tuvalu. Partout dans le monde, la montée des eaux empiète sur les régions côtières. Les États insulaires comme Tuvalu sont particulièrement vulnérables. Les régions les plus peuplées de l'état pourraient se retrouver submerger à la fin du siècle.

PHOTOGRAPHIE DE Kalolaine Fainu, Guardian, Redux

EN PREMIÈRE LIGNE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Lorsque l'on arrive en avion, l'atoll de Funafuti apparaît comme un croissant de lune vert dans un vaste ciel aquatique.

Au total, les neuf îles qui constituent Tuvalu ont une superficie d'environ vingt-six kilomètres carrés. En plus d'être à la limite de la crise climatique, Tuvalu est connu pour deux choses : c'est l'un des États les moins visités au monde et il possède le suffixe de domaine .tv, qui est la deuxième plus grande source de revenus du pays après la vente des droits sur ses territoires de pêche.

Quelques minutes avant l'atterrissage de l'avion à l'aéroport international de Funafuti, une sirène se déclenche en ville pour inciter les gens à dégager la piste. La piste d'atterrissage, qui n'accueille que quatre vols par semaine, sert à la fois d'autoroute à plusieurs voies, de terrain de volley-ball et de lieu de pique-nique, selon l'heure de la journée.

Le changement climatique est incrusté dans presque tous les aspects de la vie quotidienne. L'eau de mer s'est infiltrée dans le sol de l'île et a rendu difficile la culture de produits de base du régime alimentaire de Tuvalais, tels que le taro, l'arbre à pain et la noix de coco. Les marées royales, qui se sont progressivement intensifiées ces dernières années, balaient l'île depuis l'océan une fois par mois, inondant la piste d'atterrissage et les maisons des habitants.

Des enfants font du vélo sur la piste d'atterrissage de l'aéroport international de Funafuti à Tuvalu. ...

Des enfants font du vélo sur la piste d'atterrissage de l'aéroport international de Funafuti à Tuvalu. Il n'y a que très peu de vols par semaine dans l'atoll. Lorsqu'elle n'est pas utilisée, la piste d'atterrissage est l'endroit où se déroulent des activités communautaires.

PHOTOGRAPHIE DE Kalolaine Fainu, Guardian, Redux

« Quand j'étais plus jeune, la vie était différente », souligne Menimei Melton, âgée de vingt-cinq ans. « J'ai connu le changement climatique lorsque j'étais enfant, mais je ne voyais pas vraiment à quel point ça nous affectait. »

Bien que le changement climatique ait contribué à rehausser le profil du pays sur la scène internationale, les habitants veulent s'assurer que Tuvalu n'est pas défini uniquement par sa relation avec une crise qu'ils n'ont que peu contribué à produire. D'après Climate Watch, Tuvalu est l'un des vingt-cinq pays dont l'empreinte carbone par habitant est la plus faible au monde.

« Je pense que les nouvelles effraient inutilement les gens », soupire Afelee Falema Pita, l'ancien ambassadeur de Tuvalu auprès des Nations unies, qui a quitté une vie à New York pour ouvrir avec sa femme un centre de villégiature écologique. « Nous pouvons organiser un atelier après l'autre, mais si nous passons 365 jours par an à parler du changement climatique, nous ne vivons pas nos vies ici. »

C'est un équilibre délicat à trouver. D'une part, le changement climatique n'est pas un phénomène lointain à Tuvalu : il exige une attention immédiate. Et pourtant, Tuvalu ne se résume pas à ses marées montantes.

En marchant dans les rues de Funafuti, les mélodies des hymnes religieux se mêlent aux voix des familles qui chantent au karaoké. Vous tomberez peut-être sur quarante personnes âgées jouant au bingo sous le toit de chaume de la salle des fêtes, ou sur un groupe de jeunes d'une vingtaine d'années pratiquant le fatele, la danse traditionnelle des Tuvalais, où les danseurs se déplacent sur un rythme de plus en plus rapide jusqu'à ce qu'ils soient pris d'un fou rire contagieux.

À Tuvalu, les valeurs ne sont pas juste évoquées, elles sont vécues. Falepili se manifeste de multiples façons, qu'il s'agisse de l'absence de criminalité et de sans-abri, des fréquents repas publics ou de la politique étrangère du pays. La culture qui fait de cet État ce qu'il est n'est pas facilement transposable sur un autre continent.

COMPORTEMENTS INSULAIRES

En novembre dernier, Tuvalu et l'Australie ont signé un accord bilatéral sur le climat et la migration, l'accord Falepili, qui offre à Tuvalu 16,9 millions de dollars australiens (environ 10 millions d'euros) pour des projets de restaurations côtières et des visas pour 280 Tuvalais qui deviendront des résidents permanents de l'Australie la même année. Les habitants de Funafuti ont des opinions mitigées concernant cet accord. Certains le voient comme un parcours de bienvenue pour ceux souhaitant partir. D'autres ont peur que cet accord empiète sur la souveraineté de Tuvalu.

« La meilleure chose que l'Australie puisse faire pour soutenir des pays comme Tuvalu est d'arrêter ses industries de combustibles fossiles », déclare Richard Gorkrun, directeur exécutif du Tuvalu Climate Action Network.

Le gouvernement essaie d'assurer que Tuvalu gardera sa souveraineté et ses droits dans ses territoires de pêche même si le changement climatique rend les îles inhabitables. En septembre dernier, le Parlement de Tuvalu a adopté à l'unanimité un amendement visant à conserver son statut d'État à perpétuité, qu'il demande à présent aux autres nations de reconnaître officiellement.

Le pays fait également l'objet de deux projets d'infrastructure de grande envergure. La première est une initiative de récupération des terres, principalement financée par le Fonds vert pour le climat des Nations Unies, qui consiste à transporter du sable depuis le milieu de l'océan pour construire cinq kilomètres carrés de nouvelles terres protégées à Funafuti. Le second est le projet Future Now, une « migration touristique » des services gouvernementaux et des objets historiques vers le métavers, qui permettra à Tuvalu de conserver son identité culturelle même si sa terre disparaît sous les flots.

Un projet de récupération des terres dans le centre de Funafuti vise à fournir de nouveaux ...

Un projet de récupération des terres dans le centre de Funafuti vise à fournir de nouveaux bâtiments pour le gouvernement local. Du sable transporté depuis le milieu de l'océan a permis de créer cinq kilomètres carrés de terre à Tuvalu.

PHOTOGRAPHIE DE Sean Gallagher

Dans la mesure de ses possibilités, Tuvalu essaie de laisser ses valeurs communautaires guider sa façon de naviguer dans l'incertitude de l'avenir. Lorsque des feux de forêt meurtriers ont ravagé l'Australie en 2020, par exemple, le gouvernement tuvalais a fait don de près de 280 000 € pour soutenir les opérations de secours, même s'il s'agissait, à l'époque, d'un don plus important en proportion du PIB que ce que l'Australie avait jamais donné à Tuvalu. Certains fonctionnaires du gouvernement ont refusé : « 300 000 $, c'est qu'une goutte d'eau dans l'océan pour un pays aussi gros que l'Australie, ont-ils pensé. Quelle différence cela ferait-il ? »

Mais le montant du don n'a pas d'importance. « Il ne peut y avoir de décalage entre la manière dont nous agissons au sein du gouvernement et la façon dont nous vivons au niveau communautaire », a déclaré Simon Kofe, qui était à l'époque ministre des Affaires étrangères de Tuvalu. « Si c'est le cas, nous nous comportons comme n'importe quelle autre nation, guidés uniquement par notre intérêt général. »

Ainsi, si la communauté internationale prend Tuvalu en pitié en raison de sa vulnérabilité à l'élévation du niveau des mers, ce sont peut-être les Tuvalais qui devraient plaindre les pays occidentaux développés qui, dans leur quête d'une richesse matérielle et d'une croissance sans fin, ont largement perdu de vue l'action collective nécessaire pour faire face à la crise climatique.

« C'est parce que chaque nation pense à son propre intérêt que nous nous sommes retrouvés dans ce pétrin », relève Kofe. « Nous devons cesser de nous comporter comme si nous étions tous sur des îles. »

Rendre des comptes

Par Le 24/11/2025

"Il est impératif que les responsables rendent des comptes"

 

On pourrait en rire si ce n'était si grave. Jamais, aucun gouvernement, n'attaquera les multinationales responsables des atteintes à la vie de la planète. Personne ne touchera jamais à la croissance même si cette croissance accélère d'autant le processus de dévastation. Et je ne limite bien évidemment pas cette dévastation à l'humanité mais bien à l'ensemble du vivant. Et le jour où l'ensemble de l'humanité prendra conscience que l'atteinte à l'ensemble du vivant condamne l'humanité toute entière, il sera trop tard. Et il ne sera plus temps de trouver des coupables. 

 

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme dénonce les résultats "faibles" de la COP30 et déplore "l'inaction fatale" des dirigeants

 

La 30e conférence des Nations unies sur le climat s'est achevée samedi à Belem au Brésil par l'adoption d'un accord a minima.

Article rédigé par franceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 24/11/2025 13:40

Temps de lecture : 2min Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk, à Genève, en Suisse, le 8 septembre 2025. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk, à Genève, en Suisse, le 8 septembre 2025. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Il ne mâche pas ses mots. Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a déploré, lundi 24 novembre, les "faibles résultats" de la COP30 au Brésil. L'inaction fatale" des dirigeants pourrait un jour être considérée comme un "crime contre l'humanité", prévient-il. (C'est déjà le cas, dans les faits.)

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Lors d'une intervention au Forum des Nations unies sur les entreprises et les droits de l'homme à Genève, Volker Türk, a mis en lumière un arrêt récent de la Cour internationale de Justice stipulant que
"les gouvernements doivent prévenir toute atteinte grave à notre climat, notamment en réglementant les entreprises".

La Cour interaméricaine des droits de l'homme a également reconnu le droit à un climat stable et a appelé les pays à "imposer aux entreprises le devoir de diligence et à prévoir des réparations pour les préjudices liés au climat", a-t-il rappelé.

"Il est impératif que les responsables rendent des comptes"

La 30e conférence des Nations unies sur le climat s'est achevée samedi à Belém, au Brésil, par l'adoption d'un accord a minima, sans évocation explicite des énergies fossiles, mais salué par certains comme une preuve que le multilatéralisme fonctionnait encore. Volker Türk a estimé pour sa part que les "maigres résultats" illustraient comment "les déséquilibres de pouvoir des entreprises se manifestent dans l'urgence climatique". "L'industrie des combustibles fossiles génère des profits colossaux tout en dévastant certaines des communautés et des pays les plus pauvres du monde", a-t-il déclaré. "Il est impératif que les responsables de cette injustice, et de tous les autres préjudices liés au dérèglement climatique, rendent des comptes".

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Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait salué samedi, l'adoption de plusieurs textes au terme de la COP30 au Brésil(Nouvelle fenêtre) tout en reconnaissant que "beaucoup peuvent se sentir déçus" par le résultat des discussions. "Les COP fonctionnent par consensus, et en période de fractures géopolitiques, parvenir à un consensus est plus difficile que jamais", a-t-il observé. En matière de lutte contre le changement climatique, "je continuerai à plaider pour une ambition plus élevée et une plus grande solidarité", a encore dit le chef de l'ONU.

Droit dans le mur

Par Le 24/11/2025

Pour ceux et celles qui n'auraient pas percuté sur le message d'hier, il suffira de lire le compte-rendu de la COP 30 pour constater qu'il n'est jamais question de décroissance...

Jamais.

Donc, en conclusion, on va droit dans le mur. 

 

Adaptation au changement climatique, énergies fossiles, forêts tropicales... Ce qu'il faut retenir de la COP30 après l'accord trouvé à Belém

 

Article rédigé par Camille Adaoust, Robin Prudent

France Télévisions

Publié le 22/11/2025 18:42 Mis à jour le 22/11/2025 18:44

Temps de lecture : 13min Le président de la COP30, Andre Correa do Lago, applaudit lors de la plénière de clôture du sommet de Belém (Brésil), le 22 novembre 2025. (PABLO PORCIUNCULA / AFP)

Le président de la COP30, Andre Correa do Lago, applaudit lors de la plénière de clôture du sommet de Belém (Brésil), le 22 novembre 2025. (PABLO PORCIUNCULA / AFP)

Le sommet pour le climat qui se déroulait à Belém, au Brésil, s'est terminé samedi, après deux semaines de négociations. Franceinfo résume les avancées obtenues.

Pendant deux semaines sous la chaleur et les averses torrentielles, les négociateurs ont eu un aperçu de la vie sous un climat équatorial. La COP30 s'est terminée à Belém, au Brésil, samedi 22 novembre, et le coup de marteau du président du sommet, André Correa do Lago, a officialisé l'adoption, par près de 200 pays, d'un texte commun(Nouvelle fenêtre) sur l'action climatique.

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Titré "Mutirão(Nouvelle fenêtre) mondial : unir l'humanité dans une mobilisation mondiale contre le changement climatique", le document rappelle la "décennie cruciale" qui est en cours, acte le retard pris dans la lutte mondiale contre le phénomène et annonce plusieurs avancées. Voici ce qu'il faut retenir de cette COP30, qui s'est déroulée aux portes de l'Amazonie brésilienne.

Pas de feuille de route de sortie des énergies fossiles

Le sujet a fait l'objet de négociations acharnées : certains pays, dont ceux de l'Union européenne, souhaitaient réaffirmer l'objectif de sortir des énergies fossiles, comme l'avait vivement souhaité le président brésilien Lula lors de l'ouverture. Le texte final ne mentionne finalement pas le sujet. "Les combustibles fossiles sont la cause profonde de la crise climatique et il n'existe aucune voie crédible pour atteindre des objectifs climatiques fondés sur la science sans une sortie rapide, équitable et financée de ces énergies", a commenté Rachel Cleetus, directrice de la politique pour le programme Climat et Energie de l'Union des scientifiques préoccupés.

A la COP28 de Dubaï en 2023, plus de 190 pays s'étaient engagés(Nouvelle fenêtre) à "opérer une transition juste, ordonnée et équitable vers une sortie des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques". Mais depuis deux ans, les négociations n'ont pas produit d'avancées notables sur sa mise en pratique. "La feuille de route [de sortie des énergies fossiles] telle qu'on l'imaginait inscrite dans le texte n'est plus là", a déploré la ministre de la Transition écologique française, Monique Barbut. Toutefois, André Correa do Lago a annoncé la création d'une feuille de route sur le sujet pour les pays volontaires, une initiative en dehors des négociations officielles, qui sera "guidée par la science".

Le texte de Belém fait toutefois référence au consensus de Dubaï, et lance un "Accélérateur mondial de la mise en œuvre", une "initiative coopérative, facilitatrice et volontaire" pour constater le retard pris et y remédier. "Le nouveau texte mentionne bien explicitement un programme de travail sur l'accélération avec un focus sur le consensus des Emirats Arabes unis, ce qui revient dans les faits aux mêmes effets que d'avoir une feuille de route sur la transition vers l'abandon des énergies fossiles", note depuis Belém Sébastien Treyer, directeur général de l'Institut du développement durable et des relations internationales. Ce n'est pas pour moi un échec sur ce sujet, parce que ça permet aussi de ne pas rouvrir la discussion sur la formulation de cet objectif durement gagné à la COP28."

En parallèle, la Colombie a rassemblé une coalition de pays du Pacifique, d'Amérique latine et d'Europe (mais pas la France) pour soutenir "l'appel à élaborer une feuille de route pour une transition juste, ordonnée et équitable vers l'abandon des combustibles fossiles, afin d'intensifier l'action collective et sa mise en œuvre". Le pays a aussi annoncé la tenue de la première conférence internationale sur la sortie des énergies fossiles les 28 et 29 avril 2026, en partenariat avec les Pays-Bas.

Un meilleur financement pour l'adaptation au changement climatique

Alors que 71 pays ont soumis des plans nationaux d'adaptation au changement climatique, la plupart d'entre eux manquent de financements. Le texte final de la COP souligne donc "l'urgence de fournir et de mobiliser des ressources publiques et des subventions ainsi que des financements à des conditions très avantageuses pour l'adaptation dans les pays en développement, en particulier ceux qui sont particulièrement vulnérables (...), tels que les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires en développement".

Les pays réunis à la COP30 ont décidé de tripler les financements alloués à l'adaptation d'ici à 2035. "La COP30 n'a pas répondu à toutes les attentes de l'Afrique, mais elle a permis de faire progresser les choses. Il est désormais plus clair que les acteurs historiques ont des devoirs spécifiques en matière de financement climatique", a salué Jiwoh Abdulai, ministre de l'Environnement et du Changement climatique de Sierra Leone.

Une réaffirmation de l'accord de Paris

Dix ans après la COP21 et l'accord de Paris qui, pour la première fois,(Nouvelle fenêtre) avait fixé un cap et des objectifs de réduction des gaz à effet de serre, les Etats devaient présenter, lors de cette conférence au Brésil, leurs nouveaux plans climatiques pour maintenir le réchauffement mondial sous la barre de +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Si cet objectif est désormais jugé hors d'atteinte, l'accord de Paris a permis de limiter les dégâts : au lieu de se diriger vers un réchauffement de l'ordre de 4°C, la planète suit une pente l'amenant vers +2,5°C.(Nouvelle fenêtre)

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A la COP30, les pays ont ainsi constaté ces "lacunes". "Malgré les progrès accomplis, les trajectoires mondiales des émissions de gaz à effet de serre ne sont pas encore conformes à l'objectif de température de l'accord de Paris, et la fenêtre d'opportunité pour rehausser les ambitions et mettre en œuvre les engagements existants afin d'y parvenir se réduit rapidement", déplore le texte. Les Etats "réaffirment avec force" leur engagement envers le multilatéralisme et les objectifs de l'accord de Paris et s'engagent "à rester unis dans la poursuite des efforts". Et ce avec "l'espoir que l'accord bénéficiera à nouveau d'une quasi-universalité", référence à la sortie récente des Etats-Unis(Nouvelle fenêtre).

Une petite piqûre de rappel est faite aux pays qui n'ont pas encore publié leur feuille de route nationale, puisque seuls 122 l'ont fait dans les temps. La COP30 lance par ailleurs une "Mission Belém pour 1,5°C", afin de "renforcer l'ambition et la mise en œuvre" de ces plans.

Un fonds d'un nouveau genre pour protéger les forêts tropicales

La COP30, qui s'est déroulée en Amazonie, souligne "l'importance de conserver, protéger et restaurer la nature et les écosystèmes". Elle affiche ainsi la volonté d'intensifier "les efforts visant à stopper et inverser la déforestation et la dégradation des forêts d'ici à 2030". C'est cet enjeu même qui a fait l'objet de l'une des premières grandes annonces du sommet : le président brésilien a créé un mécanisme d'un nouveau genre pour protéger les forêts tropicales, la Facilité de financement des forêts tropicales(Nouvelle fenêtre) (TFFF). Concrètement, il s'agit d'un fonds d'investissements, qui sera abondé d'abord par des Etats, puis par des entreprises pour investir sur les marchés et financer la transition énergétique. Les profits, après paiement des intérêts aux investisseurs, seront reversés aux pays tropicaux présentant de faibles taux de déforestation.

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L'objectif est de rendre plus rentable la préservation des arbres par rapport à leur abattage, surtout dans les pays en développement, où se situent la majeure partie des forêts primaires. Ce fonds vise un rendement moyen de 5,5% sur vingt ans, soit 3,4 milliards de dollars de liquidités par an. De quoi tripler le financement international non remboursable alloué aux forêts. Plusieurs pays ont déjà annoncé qu'ils participeraient à ce fonds, dont le Brésil, l'Indonésie, la Norvège, le Portugal, l'Allemagne et la France.

Ce nouveau système ne fait toutefois pas fait l'unanimité : "Sans une réglementation stricte visant à mettre fin aux flux financiers vers les industries destructrices, le TFFF risque de devenir un énième mécanisme bien intentionné pris au piège dans un système défaillant", a réagi Tom Picken, de l'organisation environnementale Rainforest Action Network. La Global Forest Coalition estime de son côté que ce fonds est une "fausse solution" et dénonce le "capitalisme vert". Malgré les réticences, ce nouveau fonds "vaut mieux que d'attendre la solution parfaite, nuance Mauricio Voivodic, de l'ONG WWF, qui a participé à son élaboration. Il n'y a pas de solution miracle." Une feuille de route pour arrêter la déforestation a par ailleurs été annoncée par la présidence de la COP, samedi.

Une meilleure prise en compte des peuples autochtones

C'est l'image qui restera de la COP30. Des dizaines de représentants des peuples autochtones ont bloqué pacifiquement l'entrée de la conférence de l'ONU(Nouvelle fenêtre), samedi 15 novembre. "Nous espérons que les dirigeants mondiaux réunis à la COP30 prendront en considération notre existence et respecteront nos droits", ont notamment réclamé les membres du peuple des Munduruku.

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Réunis samedi 22 novembre, les pays du monde entier ont signé en faveur d'une reconnaissance "des droits des peuples autochtones, ainsi que leurs droits fonciers, et leurs savoirs traditionnels", et souligné leur "rôle important et [leur] engagement". Lors de la clôture du sommet des Peuples(Nouvelle fenêtre), organisés en marge de la COP30, dimanche 16 novembre, le gouvernement brésilien a annoncé que plus de démarcations – et donc de protection – de leur territoires seraient actées dans l'année à venir. La démarcation est une étape intermédiaire dans le processus de reconnaissance des terres appartenant aux autochtones, qui obtiennent le statut de réserves inviolables et protégées après homologation par le président. De nouveaux territoires ont déjà été délimités dans sept Etats du pays, au bénéfice des peuples munduruku, tupinamba, guarani-kaiwa et pataxo notamment, selon un communiqué de l'exécutif brésilien.

Des engagements pour diminuer les émissions de méthane 

Invisible, inodore, mais très nocif… Plusieurs engagements ont vu le jour durant la COP30 concernant le méthane(Nouvelle fenêtre). Généré par les bovins et les rizières et par les fuites de gaz fossile dans les gazoducs et les installations gazières, il est le deuxième plus important gaz à effet de serre après le CO2. Sept pays, dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et le Canada, se sont engagés à réduire presque à zéro leurs émissions de méthane liées aux énergies fossiles, "le moyen le plus rapide de ralentir le réchauffement climatique" selon une déclaration commune.

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Egalement à l'occasion de la COP30, le Brésil et le Royaume-Uni ont lancé un programme de trois ans visant à réduire les émissions de super-polluants dans les pays éligibles à l'aide publique au développement, visant à enrôler 30 pays d'ici à 2030 en mobilisant 150 millions de dollars. Enfin, deux organisations, le Global Methane Hub et le Global Green Growth Institute ont annoncé un partenariat pour accélérer la réduction des émissions de méthane dans les pays en développement, avec l'espoir de mobiliser 400 millions de dollars.

Une déclaration pour accélérer la transition vers des carburants durables

Les dirigeants de 19 pays, dont le Brésil, le Canada et le Japon, ont adopté une déclaration visant à accélérer la transition vers les carburants durables, et ainsi s'éloigner de la dépendance persistante au gaz et au pétrole. Concrètement, l'objectif annoncé est de multiplier par quatre l'utilisation des carburants durables d'ici 2035, par rapport à 2024, en passant notamment par une utilisation plus importante de l'hydrogène, des biogaz et des biocarburants.

 

 

 

 

 

Survie de l'espèce humaine.

Par Le 23/11/2025

Rien à ajouter.

Sinon que nous sommes tous concernés. Huit milliards. Mais dans le tas, il y a un nombre conséquent d'abrutis. C'est ça le problème. 

 

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Le Fipronil ou l'hypocrisie des marchands

Par Le 20/11/2025

Je voudrais que tous ces chimistes crèvent des poisons qu'ils fabriquent, que tous les marchands les accompagnent dans leur agonie, je voudrais que tous les politiciens qui mangent dans la main des financiers se cancérisent.

 

"Je vais vous parler d’un produit qu’on appelle le Fipronil.

Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais vos abeilles, elles, s’en souviennent. 

ACTE 1 — Le poison parfait

Le Fipronil, c’est un insecticide neurotoxique, conçu pour dérégler le système nerveux des insectes.

Mais il a une autre spécialité : il empoisonne la chaîne alimentaire. 

Les études sont claires :

Il provoque des convulsions, des atteintes du foie et des reins,

Il agit comme un perturbateur hormonal,

Et chez les abeilles, il détruit la mémoire de vol, la communication, la reproduction, bref, tout ce qui fait une ruche vivante. 

Résultat ? Des ruches entières s’effondrent, silencieusement. Et pendant qu’on accuse les frelons asiatiques, le véritable assassin, lui, s’appelle BASF Saint-Aubin-lès-Elbeuf.

ACTE 2 — Interdit chez nous, exporté ailleurs

Car oui, tenez-vous bien :

le Fipronil est interdit d’usage agricole en Europe depuis 2017.

Mais il est toujours produit en France.

À Saint-Aubin-lès-Elbeuf, en Normandie, derrière les murs d’une usine BASF, on fabrique ce pesticide interdit.

Pas pour nos champs, bien sûr !

Non, pour l’export. 

C’est “légal”, disent-ils.

On n’a pas le droit de l’utiliser ici, mais on a le droit de l’expédier là-bas.

Autrement dit : “Trop dangereux pour nos abeilles, parfait pour les leurs.”

Et tant pis si les populations locales en crèvent, ou si la molécule finit dans les rivières tropicales.

ACTE 3 — Les abeilles du Sud meurent pour nos biscuits

Le Fipronil part en Indonésie, pour les plantations d’huile de palme. 

Il part aussi au Brésil, pour la canne à sucre. 

Et là-bas, il fait le même carnage : abeilles foudroyées, biodiversité lessivée, sols stérilisés.

Mais, attention, le plus beau, c’est le retour :

le sucre et l’huile produits avec ce poison… reviennent chez nous. 

Ils reviennent dans vos biscuits, vos desserts, vos sauces, vos shampoings.

Et l’Union européenne, dans sa grande sagesse bureaucratique, vient même de doubler le seuil de résidus autorisés dans ces produits importés.

Autrement dit : on sait qu’il y en a plus, alors on relève la tolérance.

 ACTE 4 — Le marché du cynisme

On appelle ça le libre-échange.

Moi, j’appelle ça le libre empoisonnement. 

Grâce au futur accord Mercosur, les échanges entre l’Europe et l’Amérique latine seront encore facilités :

 le sucre du Brésil entrera sans droits de douane jusqu’à 180 000 tonnes par an,

et nos usines pourront exporter leurs pesticides sans presque aucune taxe.

Vous la sentez, la petite odeur d’hypocrisie ?

On interdit ici, on vend ailleurs, et on réimporte la conséquence, estampillée “conforme”.

C’est du commerce triangulaire, version chimique. 

ACTE 5 — L’empoisonnement réglementaire

Tout ça, bien sûr, dans le respect des lois.

Car les lois, chez nous, sont faites pour protéger les industriels — pas les abeilles.

On a remplacé le “principe de précaution” par le “principe de dérogation”. 

Et on ose encore parler de “transition écologique”, pendant qu’on laisse circuler librement un insecticide classé “trop dangereux pour nos sols”.

ACTE FINAL — Le poison du double standard

Alors, on fait quoi ?

On arrête de jouer les vierges effarouchées pendant qu’on fabrique des bombes chimiques en douce ?

On continue de prêcher la sobriété pendant qu’on vend la mort en barils ?

Si c’est interdit chez nous, ça doit être interdit à la vente tout court.

Si c’est dangereux pour nos abeilles, c’est dangereux pour les leurs.

Et si on tolère ça encore, alors nous ne valons pas mieux que ceux qui profitent du désastre.

Les abeilles n’ont pas de syndicats.

Elles ne signent pas d’accords commerciaux.

Elles crèvent, en silence. 

Pendant ce temps, on se gave de sucre à bas prix, importé à “0 % de droits de douane”… et à 100 % de honte.

Ce poison, c’est notre hypocrisie distillée.

Et il est temps d’en être malades pour de bon — mais cette fois, moralement.

✍️ Martine Montvernay REVOL

 

 

« Leur chimie, notre chimio » : plus de 300 manifestants ont manifesté devant le site BASF près de Rouen

 

Plus de 300 militants, notamment à l’appel de la Confédération paysanne, ont manifesté ce lundi matin, à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, contre l’agrochimiste, accusé d’y produire, pour l’exportation vers l’Amérique du Sud, du fipronil, un pesticide interdit en Europe.

Opération coup de poing hier matin à l’appel de la Confédération paysanne, du Collectif de soutien aux victimes de pesticides de l’Ouest, Cancer colère, Faucheurs volontaires et Soulèvements de la Terre, devant le site de production de produits phytosanitaires de BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, près de Rouen (Seine-Maritime).

Opération coup de poing hier matin à l’appel de la Confédération paysanne, du Collectif de soutien aux victimes de pesticides de l’Ouest, Cancer colère, Faucheurs volontaires et Soulèvements de la Terre, devant le site de production de produits phytosanitaires de BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, près de Rouen (Seine-Maritime). | CHARLES BURY / OUEST-FRANCE

Ouest-France https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/leur-chimie-notre-chimio-plus-de-300-manifestants-ont-manifeste-devant-le-site-basf-pres-de-rouen-e4895bcc-c3c2-11f0-8509-2c0807403e46

Guillaume LE DU. Publié le 17/11/2025 à 18h26

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Il est interdit d’utiliser cet insecticide dans les champs en Europe. Mais ça n’empêche pas le fipronil de continuer d’y être produit. C’est ce qu’auraient constaté des membres des militants de la cause environnementale, ce lundi 17 novembre, en s’introduisant dans l’usine BASF de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, près de Rouen.

« Une inspection citoyenne », a indiqué Thomas Gibert, porte-parole national de la Confédération paysanne, une des cinq organisations avec le  Collectif de soutien aux victimes de pesticides de l’Ouest ,  Cancer colère ,  Faucheurs volontaires  et les  Soulèvements de la Terre , à l’origine de cette action coup de poing. « Dans l’usine, nous avons trouvé des stocks de substances actives du fipronil destinés au marché export, principalement l’Amérique du Sud. Mais les biens alimentaires, traités avec ce pesticide interdit, sont ensuite autorisés en Europe dans le cadre d’accords de libre-échange. Comme le Mercosur…  »

L’important dispositif policier déployé a mis fin, dès potron-minet, à l’intrusion des activistes qui avaient revêtu une combinaison blanche. Deux d’entre eux ont été arrêtés pour « outrage » et « rébellion », selon la préfecture de Seine-Maritime. « Des coups de matraque ont été donnés et des gaz lacrymogènes lancés », a regretté Thomas Gibert.

Regroupés devant les grilles de l’usine, plus de 300 manifestants (« 500 agriculteurs et citoyens » selon le comptage des organisateurs), aidés d’une dizaine de tracteurs, d’antiques Fiat ou Delfino 35 mais aussi des John Deere ou Case flambant neufs, ont bloqué les entrées et les sorties jusqu’à 12 h 30. Les manifestants avaient accroché des banderoles  BASF exportateur de poison ,  Fipronil = mort ,  Leur chimie, notre chimio … pour rappeler que les pesticides posent un « problème majeur de santé publique ».

Des rejets de polluants dans la Seine

Parmi les victimes présentes, Gisèle Garreau. L’agricultrice retraitée de 64 ans avait fait le déplacement depuis le centre Bretagne, pour témoigner des conséquences néfastes des pesticides : « J’ai arrêté de travailler à 57 ans à cause de la maladie de Parkinson provoquée par la roténone, un insecticide qu’on utilisait sans précaution particulière ». Sa demande de reconnaissance en maladie professionnelle a été acceptée mais elle conteste le taux d’indemnisation : « Je reçois 200 € par mois. »

Face aux sécheresses récurrentes, les politiques régionales de gestion de l’eau doivent-elles devenir plus contraignantes pour l’agriculture et l’industrie ?

« Dans ma commune, quand ils ont épandu le prosulfocarbe (un herbicide), ça sentait à 900 mètres à la ronde », a témoigné Joris Soenen, assis sur son tracteur devant le site de BASF. « Cette pollution coûte 100 000 € à Biocer, ma coopérative, car ça pollue les cultures bio (tournesol, sarrasin) environnantes », a affirmé le céréalier et producteur de lait bio du Bec-Thomas (Eure).

Les manifestants ont mis en cause d’autres pollutions comme celle des PFAS. En janvier, plusieurs associations avaient dénoncé l’impact du site normand de BASF sur l’environnement avant de porter plainte en juin. Elles affirmaient que cette usine détenait le « record français, et de très loin, de rejets de TFA dans la Seine », un polluant éternel de la famille des PFAS.

BASF a indiqué qu’un plan mené depuis janvier a permis « une réduction de 85 % des émissions de TFA. » Ce lundi, dans un communiqué, la direction de BASF France a dénoncé « des intrusions, des dégradations de matériels, des comportements pouvant porter atteinte à la sécurité du site et des attitudes d’intimidation à l’égard des personnels » et a annoncé son intention de déposer plainte.

Lobbyistes de l'industrie agroalimentaire

Par Le 19/11/2025

Comment envisager un avenir plus positif ?

Les forces en présence sont d'une telle inégalité.

Ces gens qui travaillent pour les lobbies de l'agro-alimentaire, comment font-ils pour se sentir en paix, sereins ?

Comment lutter contre ces armées destructrices ?

1) ne plus manger d'animaux

2) ne rien acheter qui ne soit produit sur le sol français. Pour le riz, le sucre et autres denrées exotiques, ne prendre que des productions bio. 

3) limiter toutes les dépenses qui ne soient vitales afin de pouvoir concentrer son pouvoir d'achat sur les produits qui répondent au 1 et au 2.

4) garder à l'esprit que nous sommes responsables par nos achats de la dévastation ou de la protection et que nous avons le choix. 

 

 

Plus de 300 lobbyistes de l'industrie agroalimentaire sont présents à la COP30 de Belém, dont cinq dans la délégation française

 

Parmi les 530 personnes que la France a invitées au sommet pour le climat, cinq représentent les intérêts de grands groupes du secteur agroalimentaire, révèle un décompte du média d'investigation DeSmog, avec qui franceinfo a travaillé.

Article rédigé par Camille Adaoust

France Télévisions

Publié le 18/11/2025 13:00 Mis à jour le 19/11/2025 10:30

Temps de lecture : 5min Des participants à la COP30 entrent dans le site des négociations, le 10 novembre 2025 à Belém (Brésil). (MAURO PIMENTEL / AFP)

Des participants à la COP30 entrent dans le site des négociations, le 10 novembre 2025 à Belém (Brésil). (MAURO PIMENTEL / AFP)

D'ordinaire, lors des COP, les ONG dénoncent la présence des lobbyistes des énergies fossiles(Nouvelle fenêtre). Mais à Belém, au Brésil, où se tient jusqu'au vendredi 21 novembre le 30e sommet mondial pour le climat, les représentants du secteur agricole se sont déplacés en masse. Selon les analyses du média d'investigation britannique DeSmog, soutenu par la coalition Kick Big Polluters Out ("Virez les gros pollueurs"), que franceinfo a consultées, 302 lobbyistes de l'industrie agroalimentaire sont présents dans les couloirs de la COP30(Nouvelle fenêtre), organisée dans un pays où l'agriculture est reine.(Nouvelle fenêtre) Soit 14% de plus qu'en 2024 à Bakou, en Azerbaïdjan.

Un lobbyiste sur quatre du secteur est venu avec la délégation officielle de son pays et bénéficie donc d'un accès privilégié aux salles de négociations. Et la France ne fait pas exception, avec cinq représentants. Parmi eux, quatre personnes défendent les intérêts du spécialiste des produits laitiers Danone à la COP30. Le groupe explique sa présence par la volonté d'"avancer sur des sujets liés au changement climatique et à la transformation des systèmes alimentaires". A franceinfo, Danone cite "la réduction des émissions de méthane dans l'agriculture ou le soutien des agriculteurs dans l'adoption de pratiques agricoles régénératrices et durables". Il souligne aussi avoir "été la première entreprise agroalimentaire à s'engager à réduire les émissions de méthane de 30% dans le lait frais d'ici à 2030".

Carrefour fait également partie de la délégation française, avec un délégué. Le groupe de grande distribution explique à franceinfo profiter de la COP30 pour "contribuer à faire de l'alimentation un point central des discussions sur le climat". Il dit être "invité [pour] témoigner des actions [qu'il met] en œuvre et qui pourraient être répliquées, par exemple sur le gaspillage alimentaire ou la lutte contre la déforestation". Carrefour assure avoir participé à "une quinzaine d'interventions pour partager des bonnes pratiques".

Le Brésil reste le pays qui a accrédité le plus de membres de l'agro-industrie (26), notamment issues de l'entreprise JBS, principal producteur de viande dans le monde. Suivent l'Indonésie (11 membres), le Japon (neuf), le Honduras (six), puis la France, la Chine et la Norvège (cinq représentants pour chacun des pays). 

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Danone figure parmi les groupes les plus présents, avec un total de 10 participants à la COP30, invités par la France donc, mais aussi par l'association patronale européenne BusinessEurope, la Chambre de commerce internationale, la plateforme du Partenariat français pour l'eau et la coalition d'entreprises du Conseil mondial des affaires pour le développement durable.

L'entreprise allemande pharmaceutique et agrochimique Bayer est davantage présente, avec 19 représentants dans la COP30. "Pour Bayer, la COP30 constitue une étape importante, d'autant plus au Brésil, deuxième marché mondial de l'entreprise", commente auprès de franceinfo Felipe Albuquerque, directeur durabilité de la branche d'Amérique latine de l'entreprise. Sont également présents, en plus petit nombre, la multinationale suisse Nestlé (neuf délégués), le géant américain de l'exportation Cargill (cinq délégués), son équivalent anciennement français et désormais néerlandais Louis Dreyfus (un), le géant américain des snacks et des boissons Pepsico (six) ou encore la chaîne de restauration rapide McDonald's (deux).  

Le secteur de la viande en tête

 

DeSmog complète son état des lieux par une analyse par secteur. Celui de la viande arrive en tête – le Brésil est le premier exportateur de bœuf et de volaille au monde –,(Nouvelle fenêtre) devant ceux de l'agroalimentaire et les boissons, des négociants en matières premières, des entreprises laitières, des pesticides ou des engrais.

Autant de conclusions que déplorent les militants pour l'environnement et le climat. "L'agriculture industrielle, troisième contributeur mondial aux émissions, a été autorisée à coopter la convention sur le climat", dénonce Lidy Nacpil, du Mouvement des peuples asiatiques sur la dette et le développement. "Il n'est pas surprenant que les négociations sur l'alimentation et l'agriculture à la COP aient été réduites à un simple forum de discussion. La COP ne permettra jamais de mettre en place de véritables mesures climatiques tant que les lobbyistes industriels seront autorisés à influencer les gouvernements et les négociateurs."

Méthodologie : DeSmog, qui effectue ce travail depuis quatre ans, s'est basé sur la liste provisoire des 56 000 participants(Nouvelle fenêtre) à la COP30. Le média y a identifié les plus grandes entreprises des principaux secteurs alimentaires : viande et produits laitiers, pesticides et engrais, transformation alimentaire, vente de matières premières et de semences, distribution alimentaire et biocarburants. Sont également pris en compte les groupes commerciaux industriels mondiaux et régionaux, des syndicats agricoles nationaux et des instituts ayant des affiliations avec des entreprises et/ou un historique de lobbying aligné sur les demandes de l'industrie.

"Ça fend le cœur de les voir là" : le lobby de l'agrobusiness s'invite en force à la COP30 de Belém

 

Consulter le Dossier : Cop 30 : nos reportages au Brésil

Article rédigé par Camille Adaoust - envoyée spéciale à Belém (Brésil)

France Télévisions

Publié le 18/11/2025 13:00 Mis à jour le 18/11/2025 13:15

Temps de lecture : 8min Une action pour dénoncer la présence de l'agrobusiness à Belém (Brésil) lors de la COP30, le 10 novembre 2025. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

Une action pour dénoncer la présence de l'agrobusiness à Belém (Brésil) lors de la COP30, le 10 novembre 2025. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

Au sommet annuel pour le climat, les représentants de multinationales sont à la manœuvre pour vanter leur vision de l'agriculture de demain, un secteur clé au Brésil.

"La nourriture, c'est pour les gens, pas pour le profit." Ils sont une trentaine de militants, venus du monde entier, lundi 10 novembre à Belém, pour dénoncer la présence de géants de l'agroalimentaire à la COP30. Réunis devant "l'Agrizone", un espace situé à dix minutes de bus de celui des négociations climatiques, consacré à "l'agriculture durable" et accueillant les grands groupes du secteur, ces manifestants critiquent une "exposition de drones et de capteurs sensoriels". Des gadgets technologiques, à leurs yeux, défendus par les acteurs agro-industriels.

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"C'est à rebours de la transition juste pour l'agriculture", pointe Marie Cosquer, chargée de plaidoyer sur les systèmes alimentaires pour l'ONG Action contre la faim. A ses côtés, d'autres s'indignent. "Les lobbyistes sont les bienvenus. Par contre, les gens des pays du Sud, les plus vulnérables, ne le sont-ils pas ? Je suis déçue qu'ils prennent autant d'espace, on se sent exclus", regrette la Colombienne Andrea Echeverri. "C'est notre COP, la COP du peuple. Ça fend le cœur de les voir là", acquiesce le Népalais Prayash Adhikari.

Le poids colossal de l'agro-industrie au Brésil

Coorganisée par le gouvernement brésilien et logée dans les locaux de l'Embrapa, l'agence brésilienne de recherche agricole (l'équivalent de l'Inrae en France), l'Agrizone est une première dans l'histoire des sommets pour le climat. Elle illustre l'importance de l'agro-industrie au Brésil, devenu un poids lourd à l'échelle mondiale. La preuve en chiffres : le secteur représente pas moins de cinq millions d'exploitations, 39% de la superficie du pays, un quart de l'économie nationale, 20% des emplois et près de la moitié des exportations, liste le gouvernement français(Nouvelle fenêtre). Et c'est aussi la cause de 97%(Nouvelle fenêtre) de la déforestation du pays.

"Lors de la COP30, l'agrobusiness est présent de manière à refléter l'importance d'un secteur qui nourrit plus d'un milliard de personnes et se conforme à la législation environnementale la plus stricte au monde", se défend Muni Lourenço, président de la commission environnementale au sein de la Confédération brésilienne de l'agriculture et de l'élevage (CNA).

Plus grande entité représentative de l'agro-industrie brésilienne, la CNA avait pourtant milité(Nouvelle fenêtre) cet été pour la suspension d'un moratoire visant à ne pas commercialiser le soja cultivé dans les zones de l'Amazonie touchées par la déforestation. "L'objectif de l'Agrizone est de montrer que la production alimentaire et la préservation de l'environnement vont de pair au Brésil", avance aujourd'hui Muni Lourenço.

Robot, IA et agriculture "régénérative"

Dans ce lieu plus vaste que celui de la COP30 officielle, les solutions technologiques s'affichent au premier plan. Dès l'entrée, les visiteurs découvrent un robot capable de grimper aux arbres pour récolter de l'Açaï, ce fruit rouge issu de certains palmiers, cher à la région du Para. Plus loin, un appareil de plusieurs mètres de long, muni de panneaux solaires, propose d'analyser la nature des sols à l'aide de l'intelligence artificielle pour répandre des pesticides "uniquement là où c'est nécessaire".

Sur son stand, Nestlé promeut une agriculture régénérative, pratique qui vise à stocker plus de carbone dans les sols, mais limitée, rappelle le média d'investigation Desmog(Nouvelle fenêtre). A quelques pas de là, Bayer, le géant allemand de la chimie et de la pharmacie(Nouvelle fenêtre), sponsor dit "diamant" de l'événement, met en avant le même argument sur son stand. "Pour nous, la COP30 constitue une étape importante, d'autant plus au Brésil, deuxième marché mondial de l'entreprise", commente Felipe Albuquerque, directeur durabilité de l'entreprise en Amérique latine.

Les stands de Nestlé et Bayer sont voisins dans "l'Agrizone" à Belém (Brésil), le 12 novembre 2025. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

Les stands de Nestlé et Bayer sont voisins dans "l'Agrizone" à Belém (Brésil), le 12 novembre 2025. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

Pour les différents acteurs présents, l'Agrizone fait office de vitrine pour un secteur qui "doit être vu comme une solution face aux enjeux climatiques", résume Muni Lourenço. Lors d'une conférence organisée sur place, le message diffusé est sensiblement le même : "Cette zone montre la réalité de l'agriculture au Brésil, ce qu'elle a de meilleur. Elle permet d'échanger des expériences et des techniques. Ce serait formidable de l'avoir dans chaque COP".

Plus de 300 délégués de l'agrobusiness

"Le secteur agro-industriel s'approprie et produit des discours environnementaux", alerte cependant Ludivine Eloy, agronome et géographe, directrice de recherche au CNRS. Ses acteurs "utilisent des arguments vantant les progrès technologiques, mais leurs discours masquent beaucoup de choses, comme les inégalités d'accès aux ressources sur le terrain."

Si les ONG s'inquiètent chaque année de la présence des lobbyistes des énergies fossiles à la conférence pour le climat, les grandes entreprises de l'agro-industrie ne sont, cette fois, pas en reste, avec au moins 302 délégués, selon le décompte de l'organisation d'investigation britannique Desmog. C'est 14% de plus que lors de la COP29, l'an dernier à Bakou (Azerbaïdjan). Bayer compte par exemple 19 délégués dans les zones de négociations. "Bayer participe régulièrement aux COP depuis 2015, lorsque la coalition du Conseil mondial des entreprises pour le développement durable a officiellement demandé la présence d'entreprises plus engagées", plaide Felipe Albuquerque.

Plusieurs événements organisés durant cette COP incluent ces représentants. Comme le 11 novembre, avec un "panel de JBS", la principale multinationale brésilienne de l'industrie agroalimentaire, sur "les transformations du système alimentaire" organisé sur le stand baptisé "business durable". Le pavillon du Consortium interétatique de l'Amazonie affiche également JBS comme l'un de ses "soutiens".

L'agriculture familiale moins exposée

Au Brésil, ces géants ne représentent pourtant qu'une partie de l'équation agricole. Face à cet "agronégoce", une agriculture familiale, aux exploitations plus petites, subsiste. Le gouvernement brésilien compte d'ailleurs deux ministères pour illustrer cette dualité : celui de l'Agriculture et de l'Elevage, qui exporte majoritairement, et celui du Développement agraire et de l'Agriculture familiale. Cette agriculture-là représente près de 4 millions d'exploitations dans le pays, emploie plus de 10 millions de personnes et nourrit deux tiers des Brésiliens.

Mais "les moyens sont très inégaux entre les deux, le budget de l'agronégoce est plus important", déplore un employé gouvernemental qui souhaite rester anonyme. "Et ce déséquilibre se retrouve ici, à Belém." Dans l'Agrizone, rares sont les stands qui représentent l'agriculture familiale. "Alors qu'on a beaucoup de solutions issues des connaissances ancestrales des peuples indigènes et des communautés traditionnelles", souligne la même source.

"Ces événements organisés avec les représentants de l'agrobusiness créent une résonance. Leurs arguments arrivent aux oreilles des négociateurs" de la COP30, s'inquiète Marie Cosquer. De quoi influencer les discussions dans les espaces fermés des Nations unies. A Belém, l'un des enjeux concerne l'adaptation des systèmes agroalimentaires face au changement climatique, alors que le secteur est responsable de plus d'un tiers (37%) des émissions mondiales de gaz à effet de serre, d'après le Giec(Nouvelle fenêtre). Mais le sujet est "au point mort", rapportait la semaine dernière la chargée de plaidoyer d'Action contre la faim, lors d'un point-presse sur l'avancée des négociations générales.

"Des solutions problématiques pour l'agriculture"

"Il y a un brouillon qui sera renvoyé à la prochaine session de négociations, avec des solutions problématiques pour l'agriculture", déplore-t-elle. Elle cite les innovations en faveur d'une "agriculture intelligente pour le climat", des nouvelles technologies "non accessibles pour la plupart des petits paysans" ou encore des "liens avec les marchés carbone".

"Les paysans, l'agroécologie [qui diminue les pressions sur l'environnement] et la transition juste sont ignorés lors des discussions." Lot de consolation : ils sont bien présents dans les assiettes des négociateurs. Dans les offres de restauration, les organisateurs de la COP30(Nouvelle fenêtre) ont assuré que "30% des aliments provenaient" d'une agriculture écologique à plus petite échelle.

Mercosur : juste un exemple

Par Le 18/11/2025

Je rappelle que l'Uruguay fait partie des pays du Mercosur.

On voit bien ici à quoi on ouvre les portes...

Si jamais les agriculteurs décident enfin de passer aux grandes manoeuvres, cette fois, je me joindrai à eux, FNSEA ou pas.  

 

Un enclos surpeuplé, une soixantaine de bovins morts... L'interminable périple en bateau de près de 3 000 vaches entre l'Uruguay et la Turquie

 

Ces animaux, qui devaient être vendus, n'ont pas foulé la terre ferme depuis deux mois, après le refus de débarquement des autorités turques. Ils sont donc repartis en direction de l'Amérique du Sud.

Article rédigé par franceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 18/11/2025 15:29

Temps de lecture : 4min Le navire "Spiridon II" lors de son escale en Turquie, le 9 novembre 2025. (ANIMAL WELFARE FOUNDATION)

Le navire "Spiridon II" lors de son escale en Turquie, le 9 novembre 2025. (ANIMAL WELFARE FOUNDATION)

Le cargo de l'enfer. Près de 3 000 vaches sont entassées dans un navire depuis deux mois, alerte l'ONG Robin des bois, dans un communiqué(Nouvelle fenêtre) publié lundi 17 novembre. Après un voyage d'un mois au départ de l'Uruguay pour rejoindre la Turquie, les animaux ont été bloqués à l'intérieur du bateau durant plusieurs semaines, faute de certificats en règle. Ils ont finalement repris la mer le 9 novembre en direction de l'Amérique du Sud, où leur retour est prévu en décembre, après un périple qui a provoqué la mort de plusieurs dizaines de bovins. "Les génisses Holstein du cheptel uruguayen vont battre le record mondial du plus long parcours hors du plancher des vaches", écrit l'ONG.

L'interminable périple de ces animaux a débuté le 19 septembre, lorsque le cargo Spiridon II a quitté Montevideo, en Uruguay. Ce navire bétailler géant, de près de 100 mètres de long, est en réalité un ancien cargo polyvalent russe datant des années 1970. "Il aurait dû partir à la casse depuis une bonne vingtaine d’années", selon l'ONG Robin des bois, qui liste les nombreuses défaillances relevées sur le navire depuis 2019. Après plusieurs changements de mains, le bateau navigue désormais sous pavillon togolais, selon le site Vessel Finder(Nouvelle fenêtre). Un pays inscrit "sur la liste noire des pavillons établie par le Mémorandum d’entente de Paris sur le contrôle des navires", pointe l'ONG.

Des dizaines d'animaux morts

A l'intérieur de ce cargo se trouvent 2 901 bovins et un équipage d'une vingtaine de personnes qui étaient censés rejoindre la Turquie, où les animaux devaient être débarqués et vendus. Mais après un mois de navigation, les autorités turques ont finalement refusé de les laisser sortir, faute de certificats sanitaires et commerciaux en règle. "Les inspections ont révélé que certains animaux ne portaient ni boucles auriculaires, ni puces d'identification électronique, et que 469 animaux n'étaient pas conformes aux listes fournies", explique le gouvernement turc pour justifier sa décision.

Après plusieurs semaines de négociations, le bateau a pu accoster brièvement dimanche 9 novembre au port turc de Bandirma pour charger de la paille et de la nourriture, détaille la Fondation pour le bien-être animal (AWF) dans un communiqué(Nouvelle fenêtre). Mais la situation à bord continue de se dégrader. "Après le long voyage de l’Uruguay à la Turquie, les animaux sont déjà affaiblis. Chaque nouveau retard signifie des souffrances immenses", dénonce Maria Boada Saña, responsable de projet au sein de l'AWF.

Cinquante-huit bovins sont morts durant la traversée et au moins 140 vaches ont mis bas à bord, d'après des documents judiciaires. "Les nouveau-nés vivants ont une existence très difficile", dans "un enclos surpeuplé", estime l'ONG, précisant qu'il est "fort probable que la plupart des veaux soient morts".

"Des navires inadaptés et hors d'âge"

Face à cette situation, l'ONG a demandé aux autorités turques de débarquer immédiatement les animaux, mais dit ne pas avoir reçu de réponse. Les autorités européennes ont également été sollicitées par courrier. De leur côté, les exportateurs qui devaient vendre les bovins ont contesté la décision des autorités vétérinaires turques et engagé des poursuites judiciaires. Sans résultat pour le moment.

Après cette brève escale, le navire a donc repris la route en direction de l'Uruguay avec des milliers de vaches toujours à son bord. "Pour le retour au pays, elles risquent d’affronter dans l’océan Atlantique nord des tempêtes redoutables", prévient l'ONG Robin des bois. De quoi inquiéter de nombreuses associations de défense des animaux.

"Ces blocages justifiés par des raisons sanitaires, voire politiques, mettent leur vie en péril et témoignent du peu de considération portée à ces animaux destinés à être abattus et consommés", a réagi Lorène Jacquet, responsable des campagnes et du plaidoyer à la Fondation 30 Millions d'Amis(Nouvelle fenêtre). Elle demande la fin "des transports de longue durée, a fortiori lorsqu'ils sont réalisés sur des navires inadaptés et hors d'âge !"

 

 

 

 

 

 

 

Pacte pour le climat

Par Le 17/11/2025

Un site que je trouve très intéressant. 

 

 

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Un monde en burn out

Par Le 17/11/2025

Je n'ai jamais parlé ici du génocide en Palestine, ni celui au Soudan, ni de la guerre en Ukraine, ni de toutes les aberrations folles de l'humain. 
Je ne vais pas dire que ça ne m'intéresse pas mais c'est juste que je n'y peux rien, absolument rien. Je ne vais pas aller en Palestine, ni au Soudan, ni en Ukraine et je pourrais toujours clâmer haut et fort ma colère, ça n'y changera rien. 

Sur le problème écologique de la planète, j'ai une possibilité d'intervention. Non pas au niveau planétaire, ni même au niveau national, ni même régional... mais juste là où je vis. On a planté aujourd'hui le centième arbre ( chênes, châtaigners, bouleaux, hêtres, tilleul, pawlonia, saule, frênes, robiniers, divers résineux etc...) depuis notre arrivée au mois de mars. Durant l'automne et l'hiver, on va doubler encore ce nombre. L'agroforesterie, c'est ce qui occupe nos journées, nos pensées, nos réflexions. Que la biodiversité soit la plus riche possible, que le potager nous nourrisse, que nos arbres greffés nous donnent de beaux fruits. Il ne s'agit pas seulement de "profiter" des richesses de la nature dans le cadre alimentaire mais de rendre à la nature plus que ce qu'elle nous offre et donc de faire en sorte que le terrain soit un refuge, un lieu préservé. Donnant-donnant.

Pour ce qui est des anticipations sur un futur chaotique, je n'en ai aucun doute. Il n'y a que la date que nous ne connaissons pas. Le monde humain ne m'intéresse que dans cette optique et je pense même que tout le reste est anecdotique. Ca n'enlève rien à l'aspect dramatique des guerres, des crises sociales, de la violence, etc ... mais au regard de ce vers quoi nous allons, c'est dérisoire. 

 

 

112 720 vues 2 nov. 2025 ✪ Priorité aux membres le 2 novembre 2025 GÉOPOLITIQUE

L'humanité entre dans une phase chaotique. Un monde instable. Pour Olivier Hamant, le monde va radicalement changer dans les années à venir. Notre monde, basé sur un climat stable, va en grande partie s'effondrer. L'économie globalisée, reposant sur des infrastructures, des transports, ou des technologies ultra-performantes va être violemment percutée par un climat chaotique comme par l'effondrement du vivant. Pour Olivier Hamant, le paradigme de la performance va être remplacé par celui de la robustesse.

L'hôpital en urgence

Par Le 15/11/2025

 On parle de soins, de santé, de survie parfois. Et les gens censés assurés cette priorité absolue sont eux-mêmes dans une situation si lourde que leurs compétences ne suffisent plus.

Il y a bien longtemps déjà, j'avais écrit ici que deux secteurs seraient considérablement attaqués par les directives gouvernementales : l'éducation nationale et le milieu hospitalier.

Est-ce que les alertes lancées depuis bien longtemps ont été entendues ? On peut supposer que oui.

Est-ce qu'elles ont été suivies de décisions positives ? Non

 

"Je croisais les doigts pour que rien de grave n'arrive" : des internes en médecine racontent la rudesse de leurs stages aux urgences

Article rédigé par Florence Morel

France Télévisions

Publié le 15/11/2025 07:06

Temps de lecture : 8min Un soignant à l'hôpital de Périgueux (Dordogne) le 20 novembre 2020. (ROMAIN LONGIERAS / HANS LUCAS / AFP)

Un soignant à l'hôpital de Périgueux (Dordogne) le 20 novembre 2020. (ROMAIN LONGIERAS / HANS LUCAS / AFP)

Les urgences du CHU de Caen sont contraintes de travailler sans internes pendant six mois, faute de médecins expérimentés pour les encadrer. La crise traversée par l'hôpital normand illustre les difficultés rencontrées par les étudiants en médecine dans d'autres établissements.

Une situation exceptionnelle qui trahit les maux de l'hôpital public. Au CHU de Caen, les urgences sont contraintes de fonctionner sans internes pour les six prochains mois. Faute de médecins expérimentés pour encadrer ces étudiants en médecine, l'agrément a été suspendu, et les stages avec. Face à cette crise, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé qu'elle faisait appel à la réserve sanitaire, d'ordinaire mobilisée pour des épidémies ou des catastrophes naturelles, afin que des praticiens viennent en renfort assurer l'accueil des patients 24 h/24 et sept jours sur sept. Au CHU de Caen, "les internes étaient arrivés au bout du bout, avec une surcharge de travail, psychologique et émotionnelle. Il y avait un risque de burn-out", affirme Mélanie Debarreix, présidente de l'Intersyndicale nationale des internes (Isni), à l'origine de la procédure.

"Les difficultés des urgences de Caen ne sont malheureusement pas isolées et les services d'urgences à gros volume d'activité [comme les CHU] connaissent actuellement des tensions sans précédent sur les ressources médicales", ont dénoncé dans un communiqué(Nouvelle fenêtre) plusieurs organisations de médecine d'urgence. "Ce sont les internes qui portent les CHU à bout de bras. On représente 40% des effectifs et 70% des actes médicaux, évalue Mélanie Debarreix. L'hôpital de Caen est juste une illustration des difficultés de notre système de santé." Franceinfo a interrogé des internes en poste dans plusieurs régions. Ils décrivent un manque d'encadrement, un sentiment de solitude et une surcharge de travail qui peuvent affecter leur santé mentale et la qualité des soins.

"L'interne doit s'occuper de tout"

A seulement 23 ans, Charly* a choisi d'effectuer son premier stage d'internat aux urgences d'un petit centre hospitalier, "bien réputé", car "à cheval sur les horaires et les heures dédiées à la formation, ce qui n'est pas le cas partout". La nuit, le service est composé de "trois médecins, dont un de Smur", le service mobile d'urgence et de réanimation, qui est envoyé sur le terrain avec une ambulance quand le patient se trouve dans un état grave. Charly se souvient que, lors de gros accidents de la route, quand deux des trois médecins de garde sont dépêchés sur place et que le troisième dort, "l'interne doit s'occuper de tout". "On peut essayer de rappeler celui qui est en train de dormir, mais ça dépend lequel, explique-t-il. Certains sont à l'écoute, mais d'autres moins et quand on les appelait, ils refusaient de venir. Plus la nuit avance, plus il y a de chances qu’on se retrouve seul, alors que ça n’est pas censé se produire. Pendant ces situations, je croisais les doigts pour que rien de grave n’arrive."

Des moments de solitude également vécus par Redwan*, qui se serait bien vu urgentiste en commençant ses études de médecine. Au moment d'entamer son troisième semestre d'internat, il n'en est plus si sûr. "Je n'évolue qu'avec des adultes tristes, qui ne sont pas forcément malveillants à la base, mais le deviennent", déplore-t-il.

"Ce n'est pas normal d'appeler un médecin à 2 heures du matin pour une chirurgie viscérale, qui te répond : 'Pourquoi tu m'appelles ? Tu me casses les c... !'"

Redwan, interne

à franceinfo

Une violence verbale que Redwan a du mal à accepter, même s'il est conscient que ses supérieurs sont aussi sujets au stress et à la fatigue. "Dans un service où il faudrait cinq médecins seniors, ils ne sont parfois qu'un ou deux et ont déjà fait deux ou trois gardes dans la semaine, ils sont épuisés", précise Atika Bokhari, présidente du Syndicat des internes en médecine générale (Isnar-IMG).

"J'ai laissé un patient repartir avec une fracture"

Son stage aux urgences, Agathe* aimerait même l'oublier. "Je l'ai très mal vécu, même si on était bien formés et encadrés", se souvient-elle. Les urgentistes plus âgés étaient disposés à répondre à ses questions (et à se lever la nuit), mais il était généralement impossible de les solliciter. "Notre médecin référent était souvent en train de gérer des urgences vitales, et nous, on devait faire la petite traumatologie, se remémore la future généraliste. Une fois, je me suis dit : 'Fais-toi confiance'. J'ai laissé un patient repartir avec une fracture. Il a dû revenir se faire opérer quelques semaines plus tard." Depuis, quand elle sélectionne ses stages, elle veille à ce qu'aucune garde aux urgences ne soit prévue.

En choisissant la médecine générale, les internes doivent effectuer au moins un stage aux urgences pour valider leur diplôme. Ils peuvent aussi en choisir deux en médecine de ville (dans un cabinet libéral ou une maison de santé, par exemple). "On chérit ces stages, confie Atika Bokhari. Contrairement aux centres hospitaliers, on a un encadrant qui a une responsabilité pédagogique et qui a été formé. Dans les hôpitaux, ce sont les services qui ont les agréments de stage. Il faudrait que l'ensemble des personnes qui encadrent les internes aient été formés, ce qui n'est pas le cas", déplore-t-elle. Car les internes peuvent prescrire des médicaments et des examens médicaux, mais ils doivent le faire sous la supervision d'un médecin senior. Et cet encadrement est essentiel, surtout lorsque le jeune médecin fait ses premiers pas à l'hôpital.

"J'ai dépassé les 80 heures hebdomadaires"

Comme Agathe, Jonathan* s'est d'abord estimé chanceux lors de son premier stage aux urgences d'un centre hospitalier de la côte Atlantique. Avec une "équipe très à l'écoute des internes", soucieuse de les "encadrer, surtout au début, en leur offrant de l'autonomie au fur et à mesure". Toutefois, cette "bienveillance" n'a pas évité le surmenage. "J'ai lâché, souffle-t-il deux ans plus tard. J'avais des difficultés lors de certaines gardes, alors j'ai dû me mettre en arrêt de travail. Ce sont des journées denses, l'environnement est stressant, contrairement à d'autres services." Lors d'une enquête réalisée en 2023(Nouvelle fenêtre) par plusieurs syndicats d'internes (dont l'Isni), 80% de ces étudiants disaient dépasser les 48 heures de travail hebdomadaires réglementaires, avec une moyenne à 59 heures, et 10% affirmaient même aller au-delà de 80 heures travaillées en sept jours. Le tout pour un salaire compris entre 1 763 euros net mensuels en première année et près de 2 300 euros en cinquième année (hors primes et gardes), selon les données de l'Isni.

Inès*, qui vient d'entamer son troisième stage d'internat en urologie, "aime toujours" ce métier qu'elle exerce et apprend avec passion, même s'il lui arrive de "craquer".

"Lors de la dernière semaine de mon précédent poste, j'ai fait trois gardes de 24 heures et ensuite trois journées, donc j'ai dépassé les 80 heures hebdomadaires. Et c'est un stage réputé plutôt cool."

Inès, interne

à franceinfo

"Parfois, je me dis que j'ai fait trop d'efforts pour subir tout ça, lâche la future chirurgienne. La charge de travail, le fait de ne pas être en confiance... Et cette impression qu'on ne m'aide pas comme il faudrait."

Jonathan, Charly et Agathe se disent "écœurés" de l'hôpital. "Je suis encore plus convaincu de m'en éloigner le plus possible, affirme Charly, qui nuance : "Cela ne m'empêchera pas de faire des gardes jusqu'à minuit en tant que médecin généraliste." Redwan, lui, a déjà fait quelques recherches pour s'expatrier. Inès, quant à elle, a "encore envie d'y croire et de transmettre". Elle l'assure : "Tant que je tiendrai et qu'on voudra de moi, je resterai à l'hôpital."

*Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés.

 

 

 

 

 

Vendredi noir : 13 novembre 2015

Par Le 08/11/2025

Il ne faut pas laisser ces vidéos se perdre. Et toutes les autres.

Maintenant, je sais qu'elles sont archivées ici.

Les otages, les hommes du BRI, les soignants.

 

Pris dans la nasse

Par Le 06/11/2025

Avec Nathalie, on ne voit quasiment personne. 

Jamais de resto, jamais de cinéma, le moins possible de "sorties" en ville pour les courses et quand c'est inévitable, on a une liste, on s'y tient. L'idée, c'est de repartir le plus vite possible. 

Mais là, on a été invités par les gens qui nous ont vendu la maison pour une représentation théâtrale, une pièce dans laquelle, l'ancien propriétaire jouait deux rôles. Ce sont des gens qu'on aime bien, qu'on estime. On a accepté l'invitation.

La salle des fêtes était pleine comme un oeuf, principalement des gens de notre âge, le troisième âge. 

Dans notre dos, on a entendu deux personnes qui toussaient.

La pièce de théâtre était bien amusante et on a trouvé très impressionnant pour ces acteurs et actrices d'assumer des rôles bien atypiques, de se lâcher, de se mettre en scène devant une salle bondée. Quelque chose que je serais incapable de faire.

C'était un samedi soir. 

Dimanche, on a travaillé sur le terrain.

Lundi, Nathalie a commencé à se sentir mal. 

Mardi matin pour moi.

Et maintenant, depuis onze jours, on se bat avec le covid. Et c'est rude... Très, très grosse fatigue, difficultés à respirer juste à monter l'escalier, perte partielle de l'odorat et du goût et de l'appétit, des nuits très agitées, des quintes de toux jusqu'à en vomir, des frissons, des bouffées de chaleur et des tremblements, des courbatures, partout, et pour moi des crampes dans les jambes encore plus fréquentes et violentes que d'habitude.

On n'avait pas de médecin généraliste. On n'en avait pas eu besoin depuis qu'on est arrivé. Je comprends pourquoi les urgences sont débordées. Pour avoir un RDV chez un médecin, il faut être persévérant. On pourra voir un généraliste la semaine prochaine... En attendant, c'est huiles essentielles, artémisia, miel et citron.

Le problème, en fait, c'est de voir dans quel état psychologique, ça nous met. Onze jours, sans aucune activité physique, sans même s'occuper du potager, c'est un calvaire, une épreuve morale. Et ça me renvoie à la fin de vie de mes parents. Ma mère est morte le 12 septembre, grabataire, démence sénile, alzheimer, elle avait 89 ans. Deux ans qu'elle ne me reconnaissait plus, ni même son mari, elle appelait juste sa mère, plus aucune relation sociale, le regard vide ou empli d'une terreur sans nom. L'équipe médicale m'avait demandé l'autorisation d'arrêter les traitements médicamenteux (multiples pathologies) Des anxiolitiques géraient les angoisses au mieux. Elle est morte dans son sommeil.

Quand à mon père, il a 90 ans, lui aussi en fauteuil roulant, aveugle, démence sénile, plus aucune autonomie, il pense que je suis son petit-frère. Il ne lui reste rien de son passé. Il dort. Il peut même s'endormir quand je suis en train de lui parler. Parfois, il comprend ce que je raconte. Quand je lui parle de son travail de représentant de commerce. Il adorait son métier. Il ne sait plus rien du reste, ni de la mort de mon frère, ni de celle de sa femme, ni de leurs nombreux voyages, tout a été effacé. Il suffirait que le traitement chimique qui le maintient en vie soit stoppé pour que ça s'arrête. J'en ai déjà parlé avec l'équipe médicale mais pour les professionnels de la santé, tant qu'il y a encore un semblant de "relation", on ne parle pas d'acharnement thérapeutique.

Ma mère avait des angoisses très, très importantes et des crises de hurlements. Elle n'entendait plus les intervenants, elle était ailleurs. Mon père a encore une "conscience" qui fait que la question du maintien en vie ne se pose pas.

Bon, ok, je les laisse gérér mais je ne veux pas de cette nasse pour moi, je la refuse catégoriquement. Il me suffit de voir déjà combien il m'est douloureux de rester inactif, physiquement, pour savoir que la fin de vie de mes parents, je n'en veux pas. 

Onze jours à me traîner de la chaise à mon lit. 

Je lis et je dors. 

Je n'écris plus, j'ai tout arrêté. Aucun retour sur "Jarwal", c'est bon, j'ai compris, j'attends les retours chiffrés des ventes de l'année 2025 pour dire à l'éditrice si je lui envoie les deux romans finis et pour me décider à terminer celui en cours. Il est fort probable que ça sera un arrêt final. 

Je n'ai pas l'énergie pour regarder un documentaire, trop fébrile, trop de toux, d'éternuements, de frissons, je peux lire dix minutes puis je ferme les yeux et je pense aux montagnes, je m'accroche à l'idée que c'est une sale période, que ça va s'arranger. Oui, il est probable que ça va s'arranger mais ça ne sera plus jamais le cas pour mon père.

Il est pris dans une nasse.

Et j'en arrive donc à la conclusion de tout ça : si un jour, au bout d'un an, il n'y a pas eu de publication d'au moins un article sur le blog, c'est que je serai mort. Probablement en montagne ou sur mon vélo.

Et il restera à vous réjouir pour moi puisque ça signifiera que j'aurai échappé à la nasse. 

Manifeste pour une science post-matérialiste

Par Le 31/10/2025

 

Ce manifeste a dix ans et même si le chemin à parcourir est encore très long, il est certain que la médecine est davantage réceptive à la spiritualité. 

 

Manifeste pour une science post-matérialiste

Publié le 26/01/2015 - Enquêtes 8min

https://www.inexplore.com/articles/Manifeste-science-Beauregard

La science matérialiste ne serait-elle pas un peu dépassée aujourd’hui ? Un comité de scientifiques, participants au Sommet international sur la science post-matérialiste, la spiritualité et la société, a élaboré un Manifeste arguant pour une ouverture des esprits scientifiques, au delà du matérialisme et vers une meilleure compréhension de l’esprit comme un aspect majeur de la fabrique de l’univers.

Manifeste pour une science post-matérialiste

Sciences

f1.online

Nous sommes un groupe de scientifiques reconnus internationalement et œuvrant dans divers champs d'expertise (biologie, neurosciences, psychologie, médecine, psychiatrie). Nous avons participé à un Sommet international sur la science post-matérialiste, la spiritualité et la société. Ce sommet, qui était co-organisé par Gary E. Schwartz, PhD, et Mario Beauregard, PhD, de l’Université de l’Arizona, ainsi que Lisa Miller, PhD, de l’Université Columbia, a été tenu à Canyon Ranch (Tucson, Arizona, É-U) du 7 au 9 février 2014.

L’objectif de ce sommet était de discuter de l’impact de l’idéologie matérialiste sur la science et de l’influence du paradigme post-matérialiste émergent sur la science, la spiritualité et la société. Nous sommes arrivés aux conclusions suivantes, qui forment notre Manifeste pour une science post- matérialiste. Ce Manifeste a été préparé par Mario Beauregard, PhD (Université de l’Arizona), Gary E. Schwartz, PhD (Université de l’Arizona), et Lisa Miller, PhD (Université Columbia), en collaboration avec Larry Dossey, MD, Alexander Moreira-Almeida, MD, PhD, Marilyn Schlitz, PhD, Rupert Sheldrake, PhD, et Charles Tart, PhD.


1. La vision du monde scientifique moderne repose en grande partie sur des postulats étroitement associés à la physique classique. Le matérialisme—l’idée que la matière est la seule réalité—est l’un de ces postulats. Un autre postulat est le réductionnisme, la notion selon laquelle les choses complexes ne peuvent être comprises qu’en les réduisant à l’interaction de leurs parties ou à des choses plus simples ou fondamentales telles que des particules matérielles.

2. Durant le 19e siècle, ces postulats se changèrent en dogmes et s’unirent pour former un système de croyances qui devint connu sous le nom de « matérialisme scientifique ». Selon ce système de croyances, l’esprit n’est rien de plus que l’activité physique du cerveau, et nos pensées ne peuvent avoir aucun effet sur nos cerveaux et nos corps, sur nos actions et sur le monde physique.

3. L’idéologie scientifique matérialiste devint dominante dans le milieu académique au cours du 20e siècle. Tellement dominante qu’une majorité de scientifiques se mirent à croire que cette idéologie reposait sur des évidences empiriques et qu’elle représentait la seule conception rationnelle possible du monde.

4. Les méthodes scientifiques basées sur la philosophie matérialiste se sont avérées hautement fructueuses car elles ont permis une meilleure compréhension de la nature, ainsi qu’un plus grand contrôle et une liberté accrue par le biais des avancées technologiques.

5. Toutefois, la dominance quasi absolue du matérialisme dans le milieu académique a étouffé les sciences et entravé le développement de l’étude scientifique de l’esprit et de la spiritualité. La foi en cette idéologie, comme cadre explicatif exclusif de la réalité, a amené les scientifiques à négliger la dimension subjective de l’expérience humaine. Cela a conduit à une conception fortement déformée et appauvrie de nous-mêmes et de notre place dans la nature.

6. La science est d’abord et avant tout une méthode non dogmatique et ouverte d’acquisition de connaissances au sujet de la nature. Cette méthode est basée sur l’observation, l’investigation expérimentale et l’explication théorique de phénomènes. La méthode scientifique n’est pas synonyme de matérialisme et ne doit être influencée par aucune croyance, dogme ou idéologie.

7. Vers la fin du 19e siècle, les physiciens découvrirent des phénomènes qui ne pouvaient être expliqués par la physique classique. Cela mena au développement, durant les années 1920 et le début des années 1930, d’une nouvelle branche de la physique appelée mécanique quantique (MQ). La MQ a remis en question les fondations matérielles du monde en montrant que les atomes et les particules subatomiques ne sont pas réellement des objets solides—ils n’existent pas de manière certaine en des endroits et des temps définis. Plus important encore, la MQ a introduit l’esprit dans sa structure conceptuelle de base puisqu’il a été découvert que les particules observées et l’observateur—le physicien et la méthode utilisée pour l’observation—sont liés. Selon l’une des interprétations de la MQ, ce phénomène implique que la conscience de l’observateur est vitale pour l’existence des événements physiques mesurés, et que les événements mentaux peuvent influencer le monde physique. Les résultats d’études récentes supportent cette interprétation. Ces résultats suggèrent que le monde physique n’est pas la composante unique ou primaire de la réalité, et qu’il ne peut être pleinement compris sans faire référence à l’esprit.

8. Des études en psychologie ont montré que l’activité mentale consciente peut affecter causalement le comportement, et que la valeur explicative et prédictive des processus mentaux subjectifs (par exemple : croyances, buts, désirs, attentes) est très élevée. De surcroît, des travaux en psychoneuroimmunologie indiquent que nos pensées et nos émotions peuvent grandement influencer l’activité des systèmes physiologiques (par exemple : immunitaire, endocrinien, cardiovasculaire) connectés au cerveau. Par ailleurs, les études de neuroimagerie de l’autorégulation émotionnelle, de la psychothérapie et de l’effet placebo, démontrent que les événements mentaux affectent significativement l’activité du cerveau.

9. L’étude des soi-disant « phénomènes psi » indique que nous pouvons parfois recevoir de l’information significative sans l’utilisation des sens ordinaires, d’une manière qui transcende les contraintes habituelles d’espace et de temps. De plus, la recherche sur le psi démontre que nous pouvons mentalement influencer à distance des appareils physiques et des organismes vivants (incluant les êtres humains). La recherche sur le psi montre également que l’activité mentale d’individus éloignés peut être corrélée de manière non-locale. En d’autres termes, les corrélations entre l’activité mentale d’individus éloignés ne semblent pas être médiatisées (elles ne sont pas liées à un signal énergétique connu); en outre, ces corrélations n’apparaissent pas se dégrader avec une plus grande distance et elles semblent immédiates (simultanées). Les phénomènes psi sont tellement communs qu’ils ne peuvent plus être vus comme anormaux ou des exceptions aux lois naturelles. Nous devons plutôt considérer ces phénomènes comme un signe que nous avons besoin d’un cadre explicatif plus large, qui ne peut être basé exclusivement sur le matérialisme.

10. Une activité mentale consciente peut être expérimentée durant un état de mort clinique induit par un arrêt cardiaque (une telle activité mentale consciente est appelée « expérience de mort imminente » [EMI]). Certains expérienceurs ont rapporté des perceptions véridiques (c’est- à–dire, des perceptions dont on peut attester qu’elles ont coïncidé avec la réalité) durant des expériences hors du corps survenues durant un arrêt cardiaque. Les expérienceurs rapportent aussi de profondes expériences spirituelles durant les EMI déclenchées par un tel arrêt. Il est à noter que l’activité électrique du cerveau disparaît après quelques secondes suite à un arrêt cardiaque.

11. Des études en laboratoire dans des conditions contrôlées indiquent que des médiums (individus affirmant qu’ils peuvent communiquer mentalement avec des individus décédés) doués peuvent parfois obtenir de l’information hautement précise au sujet de personnes décédées. Cela s’ajoute aux autres évidences supportant l’idée que l’esprit peut exister séparément du cerveau.

12. Certains scientifiques et philosophes matérialistes refusent de reconnaître ces phénomènes parce qu’ils ne s’intègrent pas à leur conception exclusive du monde. Le rejet d’une exploration post-matérialiste de la nature ou le refus de publier de solides travaux de recherche supportant une vision post-matérialiste, sont contraires au véritable esprit d'investigation scientifique, selon lequel toutes les données empiriques doivent être considérées. Les données qui ne sont pas compatibles avec les théories et croyances des scientifiques ne peuvent être rejetées a priori. Un tel rejet appartient au domaine de l’idéologie, pas à celui de la science.

13. Il est important de réaliser que les phénomènes psi, les EMI durant un arrêt cardiaque et les évidences reproductibles provenant des études de médiums doués, n’apparaissent anormaux que lorsqu’ils sont appréhendés à travers les lentilles du matérialisme.

14. Les théories matérialistes échouent à expliquer comment le cerveau pourrait générer l’esprit et elles sont incapables de rendre compte des évidences empiriques discutées dans ce manifeste. Cet échec indique qu’il est maintenant temps de nous libérer des chaînes de la vieille idéologie matérialiste, d’élargir notre conception du monde naturel et d’embrasser un paradigme post-matérialiste.

15. Selon le paradigme post-matérialiste:
a) L’esprit représente un aspect de la réalité tout aussi primordial que le monde physique. L’esprit joue un rôle fondamental dans l’univers, il ne peut être dérivé de la matière et réduit à quelque chose de plus basique.
b) Il existe une interconnexion profonde entre l’esprit et le monde physique.
c) L’esprit (la volonté/l’intention) peut affecter l’état du monde physique et opérer de manière non-locale, c’est- à–dire qu’il n’est pas confiné à des points spécifiques dans l’espace (tels que le cerveau et le corps) et le temps (tel que le présent). Puisque l’esprit peut influencer non-localement le monde physique, les intentions, émotions et désirs d’un expérimentateur peuvent affecter les résultats expérimentaux, même lorsque des approches contrôlées expérimentales (par exemple, en double aveugle) sont utilisées.
d) Les esprits individuels ne sont apparemment pas limités et peuvent s’unir. Cela suggère l’existence d’un Esprit qui englobe tous les esprits individuels.
e) Les EMI survenant durant un arrêt cardiaque suggèrent que le cerveau agit comme un transcepteur de l’activité mentale, c’est- à–dire que l’esprit se manifeste à travers le cerveau mais qu’il n’est pas produit par cet organe. Les EMI survenant durant un arrêt cardiaque, combinées aux évidences provenant des études de médiums doués, suggèrent la survie de la conscience après la mort et l’existence de domaines de réalité qui ne sont pas physiques.
f) Les scientifiques ne devraient pas être effrayés d’étudier la spiritualité et les expériences spirituelles car elles constituent un aspect central de l’existence humaine.

16. La science post-matérialiste ne rejette pas les observations empiriques et la grande valeur des accomplissements scientifiques réalisés jusqu’à présent. Elle cherche plutôt à accroître notre capacité à comprendre les merveilles de la nature et, ce faisant, à nous permettre de redécouvrir que l’esprit est un aspect majeur de la fabrique de l’univers. La science post-matérialiste est inclusive de la matière, qu’elle perçoit comme un constituant fondamental de l’univers.

17. Le paradigme post-matérialiste a de profondes implications. Il change fondamentalement la vision que nous avons de nous-mêmes, nous redonnant dignité et pouvoir en tant qu’êtres humains et en tant que scientifiques. Ce paradigme encourage des valeurs positives telles que la compassion, le respect et la paix. En mettant l’emphase sur la connexion intime entre nous-mêmes et la nature, le paradigme post-matérialiste promeut aussi la conscience environnementale et la préservation de notre biosphère. Ce paradigme nous permet également de redécouvrir ce qui a été oublié pendant 400 ans, à savoir qu’une compréhension transmatérielle vécue peut être la pierre angulaire de la santé et du bien-être. Cela a été enseigné pendant longtemps par les anciennes approches corps-esprit ainsi que par les traditions religieuses et contemplatives.

18. Le passage de la science matérialiste à la science post-matérialiste peut être d’une importance vitale pour l’évolution de la civilisation humaine. Ce passage peut être encore plus crucial que la transition du géocentrisme à l’héliocentrisme.

Nous vous invitons, scientifiques du monde entier, à
lire le Manifeste pour une Science Post-Matérialiste et à le signer si vous désirez montrer votre appui.

Médecine et spiritualité

Par Le 31/10/2025

Mario BEAUREGARD est médecin. 

Je le précise afin que ses propos ne soient pas perçus comme venant d'un "illuminé" quand ce terme est associé à un état pathologique, voire psychiatrique.

 

Un lien vers un ancien articleMario Beauregard

 

TERRE SANS HOMMES (6)

Par Le 29/10/2025

 

Je relis et travaille et je repensais à l'article que j'ai posté sur la concordance entre l'état d'esprit d'un personnage et la nature qui l'environne.

TERRE SANS HOMMES

 chapitre 7

Francis aimait tenir la barre, une roue comme dans les navires de corsaire. Le compas devant les yeux, à l’abri du cockpit, il avait bien compris le système, juste garder le cap, le réglage des voiles, la surveillance, ne pas les laisser faseyer, jouer avec les winchs, les écoutes, les drisses, il avait appris des dizaines de termes de marin, les haubans, les barres de flèches, la trinquette, le génois, le foc, le tangon, le spi, le safran, ça lui plaisait, une expérience qu’il n’aurait jamais engagée de lui-même. Mais qu’aurait-il pu imaginer de tout ce qu’il avait vécu depuis le jour où il avait volé l’argent de Laure ? Rien, impossible.

Il était parti pour vivre tranquille sous les tropiques, avec le poker, les filles, le soleil, une vie de rentier. Une vie de rentier. Putain, comme il se serait fait chier. Il en éclata de rire, intérieurement. Et maintenant, il naviguait dans le Pacifique, il allait passer le Cap Horn, rentrer en France, avec un gars complètement imprévisible, capable de tout plaquer pour un projet démentiel qui aujourd’hui le ravissait. L’aventure. Il était devenu flic parce qu’il voulait de l’aventure et de l’adrénaline, des rencontres qui secouent, des gens hors cadre.

De quoi aurait-il pu se plaindre ?

Il balaya l’horizon et contempla la masse liquide, cette immensité qui est au-delà du connu. Les risées du soleil sur la houle, le bleu du ciel coulant dans celui de l’océan, des nuages blancs comme des flocons géants, le scintillement de la lumière sur les crêtes des vagues, ce parfum iodé qui collait à sa peau et le souffle léger du vent comme une comptine murmurée, la simplicité des gestes répétés, cette sérénité des choses simples. Un sourire de bienheureux sur son visage. 

Depuis combien de temps n’avaient-ils pas vu de terres et combien de temps encore avant que ça arrive. La planète bleue. Oui, il comprenait l’expression. Et lui, le terrien n’avait jamais pris conscience de cette présence, de ce monde si beau, si étrange, si absorbant. Le terme lui plût. Il se sentait absorbé, comme dilué, effacé, comme s’il n’était plus qu’un point vivant, insignifiant, dérisoire, il aurait pu disparaître que rien autour de lui n’en aurait été affecté et simultanément à cette conscience, il éprouvait une sorte de puissance, une énergie étrange, quelque chose dont il ignorait l’existence. De n’être rien que ce point vivant et de survivre pourtant et de rester maître de chaque instant, c’était fascinant et il en arriva à se dire que l’humanité, dans ses premiers temps, chaque individu, chaque point vivant, avait dû ressentir cette puissance de vie au cœur de l’immensité, dans la matrice. Nous étions emplis encore de cette effervescence de l’homme préhistorique qui se réjouissait, parfois, d’être encore en vie et parvenait à se projeter sur le jour à venir, sur les espaces à explorer, sur la nourriture à trouver et sur les combats remportés et le courage à trouver pour ceux à venir. De la petitesse de chacun dans un monde illimité naissait le goût de la lutte.

Il guidait maintenant un voilier de quinze mètres à travers l’océan Pacifique sans rien savoir de ce qu’il advenait du reste de l’humanité. Lui, infime point vivant, au milieu de nulle part, tenait la barre et des frissons de bonheur l’électrisèrent.

C’était donc ça l’aventure, l’exploration des grands marins qui étaient partis sur des navires fragiles, peu manœuvrables, sans aucune carte, avec les étoiles pour se guider, sans aucune certitude de retour, partir pour conquérir des terres nouvelles. Il ne connaissait pas grand-chose à ces époques de découvertes mais il savait bien que les soifs de richesse en avaient été le moteur essentiel. Et que les massacres et les pillages et l’esclavage et les dévastations de peuples entiers traçaient une ligne sanglante à travers l’histoire. Lui ne cherchait aucune terre à piller et découvrait en lui un espace délaissé. L’immensité liquide révélait l’immensité du territoire intérieur. Des idées inconnues qui jaillissaient, des pensées dont il se serait moqué dans sa vie passée, des réflexions qui le plongeaient dans un état méditatif, une bulle qu’il aimait désormais, ni joie, ni mélancolie, ni bonheur, ni détresse, ni euphorie, ni désœuvrement, rien d’exagéré, rien de déstabilisant, rien qui ne l’emportait au-delà de lui-même mais bien au contraire l’entraînait dans une exploration délicieuse. Oui, le mot lui plaisait. Délicieuse, ni trop puissant, ni trop fade. Un état de conscience qui favorisait le saisissement de tout, loin de l’excitation, loin de l’apathie. Il repensait à son travail, à l’adrénaline et à cette fièvre qu’il adorait puis à ces moments de naufrage quand après une mission de long cours et les risques assumés, il s’offrait des nuits d’alcools forts et de filles, suivies de journées nauséeuses parsemées de cafés forts avant de remonter au front. Cette alternance qui ne connaissait jamais cet état de plénitude qu’il ressentait maintenant en balayant des yeux l’immensité du ciel couché sur la mer. Et surgit alors l’évidence ignorée, l’incommensurable profondeur sous ses pieds et l’immensité de surface lui parut dérisoire. Les noirceurs des abysses où la lumière du soleil n’arrivait pas, combien de kilomètres sous lui, combien d’animaux qu’il ne verrait jamais, cette masse gigantesque de vie, il lui était impossible de la quantifier, que connaissait-il de la vie dans les océans en dehors du nom des poissons qu’il lui arrivait de manger et que connaissait-il d’ailleurs de la vie toute entière sur la planète, hormis celle de sa propre existence et le vertige l’obligea à serrer la barre, cette vie qu’il avait toujours limitée à son environnement immédiat, n’était-ce pas le symbole de nos limites humaines, de notre égocentrisme, de l’insignifiance de notre conscience, n’était-ce pas la raison première de notre indifférence pour la dévastation que nous menions, les éléments vitaux que nous arrachions à la terre, nous ne les jugions pas démesurés parce que nous limitions ce fait à notre existence. Le poisson que je mange n’est qu’un poisson et il ne me vient pas à l’idée d’imaginer que des millions d’êtres humains en font tout autant, au même instant. Un dialogue en sourdine qui ne voulait plus se taire. Nous étions des individus limités par une conscience personnelle, juste un regard tourné vers nous-mêmes, un point d’ancrage qui nous privait des horizons, c’était ça la cause du désastre. Il s’obligea à bouger la tête, à regarder la direction indiquée par le compas, à observer le gonflement du gennaker. Puis le vertige apaisé, l’observation intérieure reprit son cheminement, la plongée dans l’abîme, le soulèvement de l’inconscience, le déchirement de l’indifférence, et lui vint l’idée que la mort du poisson qu’il allait manger était ressenti par la totalité du vivant, qu’il existait un lien, un contact jamais identifié, que la terre et l’ensemble du vivant étaient, elles deux réunies, une entité indissociable, insécable, que nous n’avions rien compris, que nous étions enfermés dans une vision terriblement limitée, cette chaleur dans son ventre, là, maintenant, au milieu de ce rien empli de vie, de ce néant humain où il se sentait plus vivant que jamais, est-ce que la planète le ressentait, est-ce que la vie sentait en elle l’amour qu’il éprouvait pour elle à cet instant, l’émerveillement devant son gigantisme, la richesse cachée dans cette démesure liquide ? La vie toute entière avait-elle conscience de son éveil ? S’en réjouissait-elle ? Il faillit crier son bonheur, cette joie inconnue qui le transperçait, courait en lui comme un flux électrique, clamer à la planète sa reconnaissance, était-ce le symptôme d’une folie passagère ou le silence dans lequel nous nous tenions au regard de cet amour représentait-il le pire des outrages ?

Il essuya des larmes qui le ravirent.

Humanité et nature

Par Le 29/10/2025

 

Je sais pourquoi je ne supporte pas les villes, pourquoi je m'y sens si mal. C'est comme être dissous par des acides dans le ventre d'une bête.

 

"Les développements de l'humanité se lient de la manière la plus intime avec la nature environnante.

Une harmonie secrète s'établit entre la terre et les peuples qu'elle nourrit, et quand les sociétés se permettent de porter la main sur ce qui fait la beauté de leur domaine elles finissent toujours par s'en repentir.

Là où le sol s'est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s'éteignent, les esprits s'appauvrissent, la routine et la servilité s'emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la nuit "

Elisée Reclus géographe, pédagogue et écrivain français 1830-1905

Elisée Reclus : une philosophie de la nature

La nature, reflet de l'âme

Par Le 28/10/2025

C'est fou comme je me retrouve dans cette façon de concevoir l'écriture au regard des personnages. Je pourrais mettre ici des dizaines d'extraits répondant à cette méthode. Je ne veux pas dire par là que c'est réussi mais c'est ce que je cherche à produire :) 

 

La nature comme reflet de l’âme des personnages

 

https://www.uneautrevoix.com/points-de-vue/la-nature-comme-reflet-de-lame-des-personnages/

Quand la nature dévoile ce que les mots cachent : l'art oublié de faire ressentir sans dire. Une technique narrative subversive à l'ère de l'émotion étiquetée.

@Litt.et.ratures

10 juin 2025

L’écrivain moderne se trouve souvent piégé dans une description plate des émotions de ses personnages. « Elle était triste », « il se sentait anxieux »… Ces formulations directes, si elles ont le mérite de la clarté, privent le lecteur d’une expérience plus riche, plus subtile, plus immersive. Et si le véritable art résidait dans la capacité à faire ressentir sans nommer, à montrer sans dire ? C’est là qu’intervient la puissance évocatrice du paysage littéraire, cette toile de fond qui, loin d’être un simple décor, devient le miroir de l’âme des protagonistes.

Cette technique, utilisée par les plus grands auteurs, n’est pas le fruit du hasard mais d’une compréhension profonde des mécanismes d’identification et de projection du lecteur. Alors que notre société contemporaine semble vouloir tout étiqueter, tout catégoriser, tout expliquer de façon didactique, ouvrons les yeux sur cette magie subtile qui opère quand le ciel s’assombrit au même rythme que l’humeur du personnage, quand la forêt s’éclaire pour refléter une renaissance intérieure.

Les paysages émotionnels : une grammaire secrète de l’écriture

Le paysage littéraire fonctionne comme un langage parallèle qui vient enrichir, contredire ou amplifier le récit principal. Cette grammaire secrète repose sur plusieurs techniques éprouvées que tout écrivain devrait maîtriser :

Le parallélisme direct : La tempête qui fait rage pendant une dispute, le soleil qui perce les nuages lors d’une réconciliation. Ce procédé, s’il peut sembler évident, reste d’une efficacité redoutable lorsqu’il est manié avec subtilité. Il crée une résonance immédiate entre l’état d’âme du personnage et l’environnement du lecteur.

Un orage menaçant avec un éclair

Des Rois (aux échecs) sont sur des case noir et blanches

Le contraste ironique : À l’inverse, placer un personnage désespéré dans un décor idyllique crée une tension narrative puissante. Ce décalage souligne la solitude émotionnelle du protagoniste, incapable de s’accorder au monde qui l’entoure.

La transformation progressive : Plus subtil encore, le paysage qui se métamorphose graduellement pour accompagner l’évolution psychologique d’un personnage. Un procédé qui permet au lecteur de ressentir le changement avant même qu’il ne soit formulé.

Des petits fruits et des gros fruits

Un enfant est debout sur un bout de bois au sol, les pieds nus

L’ancrage sensoriel : Odeurs, textures, sons du paysage qui deviennent indissociables d’un état émotionnel précis, créant ainsi des repères sensoriels que l’auteur peut réactiver plus tard pour évoquer instantanément une émotion.

Ces techniques, loin d’être de simples ornements stylistiques, constituent de véritables outils narratifs. Elles permettent de contourner la censure contemporaine qui tend à standardiser l’expression des émotions en catégories facilement identifiables et donc contrôlables.

Mère Gothel : quand la nature révèle la dualité

Examinons maintenant un cas particulièrement frappant de cette symbiose entre personnage et environnement : celui de Mère Gothel, cette figure d’autorité ambivalente tirée d’un conte populaire moderne.

Ce personnage fascinant illustre parfaitement notre propos par la dualité de sa relation à l’environnement. Dans la tour isolée où elle maintient captive sa « fille » (Raiponce), Gothel resplendit de jeunesse, entourée de plantes luxuriantes et de fleurs éclatantes qui symbolisent sa vitalité usurpée. Cette tour, nichée dans une vallée verdoyante et inaccessible, représente le cocon de mensonges qu’elle a tissé, un écosystème artificiel où elle règne en maître absolu.

Mais dès qu’elle s’aventure à l’extérieur, dans le monde réel, sa transformation est saisissante : son corps se flétrit, les rides apparaissent, sa silhouette se voûte. Ce vieillissement n’est pas simplement physique ; il est la manifestation visible de sa corruption intérieure, de cette soif de jeunesse qui l’a transformée en prédatrice.

Ce que l’auteur réussit admirablement ici, c’est d’établir une correspondance parfaite entre trois éléments : le paysage (tour fleurie/monde extérieur hostile), l’apparence physique (jeunesse/vieillesse) et l’état émotionnel (contrôle/vulnérabilité). Cette triangulation crée une cohérence narrative qui ancre profondément le personnage dans notre imaginaire.

Plus subtilement encore, la capuche noire dont se drape Gothel pour ses sorties devient l’extension de ses ombres intérieures, tandis que ses mouvements, vifs et gracieux dans la tour, deviennent furtifs et craintifs à l’extérieur. Le paysage ne fait pas que refléter ses émotions ; il les révèle, les amplifie, les rend tangibles pour le lecteur ou le spectateur.

Une fillette ressemblant à Raiponce est dans un champ

Manipulation narrative ou enrichissement émotionnel ?

Face à ces techniques, une question mérite d’être posée : s’agit-il d’une manipulation du lecteur ou d’un véritable enrichissement de l’expérience littéraire ? La réponse est nuancée. Toute narration est, par essence, une forme de manipulation. L’auteur guide notre regard, oriente nos émotions, modèle notre perception du récit. Mais contrairement à certains discours contemporains qui imposent une lecture unique et standardisée des émotions humaines, la technique du paysage émotionnel ouvre un espace d’interprétation. Elle invite le lecteur à ressentir plutôt qu’à simplement comprendre, à s’approprier l’émotion plutôt qu’à l’enregistrer passivement.

Dans notre ère de communication directe et sans filtre, où les émotions sont cataloguées, étiquetées, et parfois censurées, cette approche indirecte constitue paradoxalement un acte de liberté. Elle permet d’exprimer des nuances émotionnelles que le vocabulaire conventionnel peine à capturer, de décrire des états d’âme complexes sans les réduire à des catégories simplistes.

C’est précisément cette liberté d’interprétation qui rend la technique si précieuse. Différents lecteurs pourront percevoir différentes nuances dans un même paysage littéraire, en fonction de leur propre sensibilité, de leur histoire personnelle, de leur bagage culturel. Cette polysémie constitue une richesse inestimable à l’heure où les récits dominants tendent à imposer une lecture univoque du monde.

Libérer sa plume : vers une écriture authentiquement émotionnelle

La maîtrise du paysage émotionnel ne s’improvise pas. Elle exige une perception aiguisée du monde naturel et une compréhension profonde de la psychologie humaine. À une époque où l’on nous incite à exprimer nos émotions de façon codifiée, presque algorithmique, il devient révolutionnaire de revenir à cette forme d’expression plus organique, plus instinctive.

L’écrivain contemporain se trouve souvent contraint par les attentes éditoriales, les tendances du marché, voire par une certaine police de la pensée qui dicte comment et quand certaines émotions peuvent être exprimées. Face à ces pressions, le recours au paysage comme vecteur émotionnel offre un espace de liberté inestimable. Il permet de contourner les censures explicites et implicites pour toucher le lecteur à un niveau plus viscéral, plus authentique.

Un livre en noir et blanc avec un stylo dessus

Pour développer cette technique et l’intégrer harmonieusement à votre écriture, voici quatre principes fondamentaux qui vous guideront vers une expression libérée des carcans contemporains :

Observer sans filtre : avant de pouvoir écrire la nature comme miroir des émotions, il faut savoir l’observer dans toute sa complexité. Pratiquer l’observation directe, sans le filtre des clichés littéraires ou des images toutes faites. Notez les contradictions, les détails inattendus, les mouvements subtils qui échappent au regard distrait. C’est dans cette richesse d’observation que vous puiserez pour créer des paysages authentiquement évocateurs.

Créer des correspondances personnelles : plutôt que de s’appuyer sur des associations conventionnelles (orage = colère), développer des liens propres à l’univers de son récit et à la psychologie spécifique de ses personnages. Un même paysage désertique pourra évoquer la liberté pour un personnage et l’angoisse pour un autre. Cette personnalisation des correspondances enrichit considérablement la texture émotionnelle de votre récit.

Doser la subtilité : éviter tant la surexplication que l’hermétisme. Le lecteur doit pouvoir saisir intuitivement la correspondance entre paysage et émotion, sans qu’elle lui soit imposée. Trop explicite, le procédé perd de sa magie ; trop obscur, il devient inaccessible. L’art réside dans cette tension maîtrisée entre suggestion et clarté.

Ancrer dans la cohérence : établir dès le début du récit un système de correspondances entre éléments naturels et états émotionnels, puis s’y tenir pour créer un réseau de sens qui se renforce au fil de la lecture. Cette cohérence interne crée une grammaire émotionnelle propre à votre œuvre, que le lecteur apprend progressivement à déchiffrer.

Ces principes ne sont pas de simples astuces techniques ; ils constituent une véritable philosophie de l’écriture qui place l’authenticité émotionnelle au cœur du processus créatif. Ils permettent d’éviter l’écueil d’une écriture standardisée, formatée selon les canons contemporains qui privilégient souvent l’explicite au détriment de la suggestion, la catégorisation au détriment de la nuance. En définitive, ils vous aident à retrouver cette voix singulière que notre époque s’acharne parfois à étouffer.

À l’heure où certains voudraient nous faire croire que les émotions humaines peuvent être réduites à quelques étiquettes consensuelles, facilement partageables sur les réseaux sociaux, le recours au paysage comme vecteur émotionnel constitue un acte de résistance créative. Il s’agit de briser le déni d’une certaine complexité émotionnelle, de refuser l’appauvrissement de notre palette expressive.

En utilisant la nature comme reflet de l’âme des personnages, l’écrivain renoue avec une tradition littéraire millénaire tout en la réinventant. Il crée un espace de liberté où les émotions peuvent s’exprimer dans toute leur richesse, loin des injonctions contemporaines à la transparence et à la simplification.

La symbiose entre paysage et émotion n’est donc pas qu’une technique littéraire parmi d’autres ; elle est une voie vers une écriture plus authentique, plus profonde, plus respectueuse de la complexité humaine. Une autre voix, en somme, qui s’élève contre l’uniformisation de notre rapport au monde et à nous-mêmes.

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@Litt.et.ratures

Une étudiante passionnée par les lettres et la philosophie, pour qui la remise en question et la bienveillance sont des valeurs fondamentales. Comme tout un chacun, elle est confrontée à différentes opinions, collectées auprès des proches, dans les livres, dans les médias, au quotidien. @Litt.et.ratures, c’est également un compte dédié aux écrits ainsi qu’à un partage d’idées, de pensées, parfois divergentes, mais qui suscitent au moins une réflexion.

Expériences de mort imminente sur France culture

Par Le 26/10/2025

A mes yeux, il ne s'agit pas d'y croire ou de ne pas y croire mais simplement de s'y intéresser.

 

Expérience de mort imminente (EMI), Expérience de fin de vie (EFV), Vécu subjectif de contact avec un défunt (VSCD… certains phénomènes humains semblent contredire l’affirmation quasi unanime de la communauté scientifique selon laquelle la conscience ne serait qu’une simple production de notre cerveau.
Nourri des traditions spirituelles (bouddhistes, hindouiste), dont le discours sur la nature de la conscience fait écho aux enseignements de la physique quantique, Christophe Fauré est l’un de ces médecins qui s’interrogent. En unité de soins palliatifs, il a constaté le réconfort et l’apaisement que ces expériences avaient apporté aux nombreuses personnes les ayant vécues. Il a alors entrepris d’étudier tous les travaux scientifiques sur la question.
Cet ouvrage, fruit de ses investigations, enquête aussi troublante que passionnante, apporte des réponses à des interrogations universelles : Qu’y a-t-il après un décès ? Notre conscience perdure-t-elle après la mort physique ? Quelle est la nature de notre conscience ?

428 112 vues 13 nov. 2024 #mort #conscience #emi

Que se passe-t-il après la mort ? Des milliers de témoignages à travers le monde décrivent des expériences bouleversantes : sorties de corps, visions de proches disparus, ou encore le ressenti apaisant d’une présence défunte. Christophe Fauré, psychiatre et psychothérapeute, explore ces phénomènes qui transcendent les cultures et les croyances, et nous invite à repenser la nature de notre conscience.

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